La « démocratie écologique » de Dominique Bourg n’est pas la solution

alternatives-ecologique.fr, Jean Gadrey, le 18 janvier 2011

La « démocratie écologique » de Dominique Bourg n’est pas la solution

http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/01/18/la-%C2%AB-democratie-ecologique-%C2%BB-de-dominique-bourg-n%E2%80%99est-pas-la-solution/

Un débat existe sur la démocratie écologique (et plus généralement sur la démocratie scientifique). Il serait dommage de le caricaturer, comme c’est le cas avec certaines critiques des thèses de Dominique Bourg. Deux livres récents et importants peuvent l’éclairer. D’une part celui d’Hervé Kempf, « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie » (Seuil). D’autre part celui de Jacques Testart, Agnès Sinaï et Catherine Bourgain, « Labo planète, ou comment 2030 se prépare sans les citoyens » (Mille et une nuits).

Les idées de Dominique Bourg sont explicitées dans un article qu’il a publié avec Kerry Whiteside dans « La vie des idées » le 1° septembre 2009. Il est accessible via ce lien. Ceux qui y voient une « dictature écologique » (voir ce lien) exagèrent beaucoup. D. Bourg ne propose nullement d’abolir le système actuel mais de l’enrichir, il met en avant le rôle de la société civile et des ONG, le rôle de la démocratie « participative et délibérative » venant compléter la démocratie dite représentative.

J’ai toutefois un sérieux problème avec une partie de ces thèses où est affirmée une sorte d’impuissance des citoyens à prendre en charge les grands enjeux écologiques à long terme, enjeux qui ne pourraient être défendus que par l’alliance de scientifiques et d’ONG environnementales.

Cela conduit D. Bourg à préconiser de nouveaux arrangements institutionnels pour surmonter ce qu’il désigne comme une incapacité du système de la « démocratie » actuelle « à répondre au défi environnemental ». Avec la création 1) d’une « académie du futur » composée de « chercheurs internationalement reconnus » ayant pour mission de veiller à l’état de la planète, et 2) d’un nouveau Sénat. Ce dernier, « formé pour deux tiers au moins de personnalités qualifiées – proposées, par exemple, par les organisations non gouvernementales environnementales – et pour un tiers de citoyens, aurait pour rôle d’élaborer, en amont de l’Assemblée nationale, les grands mécanismes législatifs, par exemple fiscaux, permettant de répondre aux nouveaux objectifs constitutionnels. Ce Sénat pourrait, avec l’aval de conférences de citoyens, opposer son veto aux propositions de loi contraires à ces objectifs. » (Le Monde du 31 octobre 2010).

Je retiens évidemment de l’analyse de D. Bourg le fait que, dans le système de la démocratie et de l’information TEL QU’IL FONCTIONNE – très mal, comme le démontre Hervé Kempf – nombre de risques vitaux pour l’humanité, dont le réchauffement climatique, ne sont pas « ressentis » avec la même acuité et la même urgence que, par exemple, le chômage ou la pauvreté. Je constate aussi que les principales alertes écologiques proviennent de l’alliance de scientifiques (par exemple le GIEC) et d’ONG écolos.

Mais on pourrait faire le même constat de mise à l’écart des citoyens pour d’autres enjeux non écologiques au départ mais essentiels, y compris à long terme : les retraites, la construction européenne, la reprise en main de la finance, les dettes publiques, la création monétaire et les investissements du futur, etc.

L’information déversée sur les citoyens par l’alliance terrible des grands médias, de l’argent et de la publicité bloque la démocratie et conforte l’oligarchie. Elle a pour but Lire la suite

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Cdurable.info, David Naulin, vendredi 28 janvier 2011

http://www.cdurable.info/Rapport-25-propositions-pour-une-consommation-durable-Centre-Analyse-Strategique,3223.html

Les études réalisées par le Crédoc montrent que nous sommes de plus en plus nombreux à avoir conscience de la nécessité de protéger notre planète et de s’engager vers le développement durable, mais, que seule une minorité d’entre nous agit en ce sens. Le paradoxe est encore plus important dans la consommation. Les « consomm’acteurs », qui privilégient au moins occasionnellement les produits issus du commerce équitable, de l’agriculture biologique ou de circuits de production régionaux, ne représenteraient environ que 20 % de la population. Face à ces constats, le gouvernement a souhaité que le Centre d’analyse stratégique (CAS) établisse le bilan des pratiques actuelles de « consommation durable », explicite les leviers d’action dont dispose la puissance publique pour modifier les pratiques en faveur d’une consommation plus durable et propose des recommandations en ce sens. Commandé par le Gouvernement, ce rapport du groupe de travail présidé par Elisabeth Laville, présente 25 recommandations pour diffuser pleinement les réflexes de consommation durable au sein de la société française.

Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

Encourager les initiatives pionnières de terrain dans une logique « ascendante »

Soutenir l’innovation au service de la consommation durable

Mettre en place les outils économiques nécessaires

Encourager l’État et les collectivités territoriales à adopter des politiques de consommation et de commande publique durables

Assurer un suivi pérenne de la politique nationale de consommation durable

Télécharger le rapport

Synthèse du rapport

Avant toute politique de consommation durable, il s’agit de déterminer dans quelle mesure une alternative au modèle de la « consommation-accumulation » est possible. Il ne s’agit aucunement de prôner l’émergence d’une société de la décroissance, qui ne serait compatible ni avec la prospérité de l’économie française ni avec la soutenabilité de notre endettement. Si une évolution vers une société durable doit être amorcée le plus tôt possible, elle ne doit pas être imposée brutalement. Elle devra être suffisamment attractive pour motiver les changements de comportements et se construire en collaboration avec les parties prenantes, comme le souligne le récent livre de Dominique Bourg et Kerry Whiteside, qui propose de « repenser la démocratie » pour répondre au défi écologique [1]. Une politique de consommation durable ne peut de fait se concevoir que dans la mesure où elle s’intègre dans la vision partagée d’une société qui relativise l’importance de la consommation dans nos vies, nos relations sociales, notre culture.

Nous devons faire décroître dès aujourd’hui notre impact environnemental, nos émissions de gaz à effet de serre et les prélèvements de ressources naturelles de manière sélective, dans certains secteurs. Dans le même temps, il est urgent d’explorer les opportunités de croissance liées à la consommation de produits et services durables, innovants (économie de fonctionnalité, écoconception, circuits courts…). Les fondements d’une politique spécifique de consommation durable pourraient donc être posés sous forme d’objectifs simples visant à réduire l’impact des modes de consommation français, en concertation avec les parties prenantes. Cette stratégie devra ensuite être déclinée dans des secteurs prioritaires compte tenu de leur impact (essentiellement l’alimentation, le logement dont l’électronique, le transport dont le tourisme).

L’implication de l’ensemble des acteurs, notamment des ménages dont la contrainte de revenu est la plus forte, est un aspect central et devra conduire à adopter des approches différenciées pour qu’ils ne restent pas à l’écart de cette politique.

Plusieurs facteurs devront être pris en compte pour assurer son efficacité :

  • reconnaître la consommation durable comme un sujet à part entière ;
  • considérer l’ensemble du cycle de vie des produits et services ;
  • instituer une gouvernance mêlant l’approche descendante traditionnelle (réglementation, contrôle, information, incitation, etc.) à une approche plus ascendante, volontaire, participative, à l’écoute des initiatives innovantes, en soutien des groupes sociaux pionniers et déjà convaincus, qui peuvent avoir un effet d’entraînement ;
  • faire évoluer notre modèle de consommation en s’appuyant sur des relais culturels ;
  • adapter la stratégie aux évolutions sociales et technologiques ;
  • viser la réorientation des comportements des producteurs et des consommateurs à long terme.
  • Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

L’éducation à la consommation devrait amener chaque citoyen, à tout âge, à intégrer le développement durable dans ses réflexes et habitudes de consommation. L’une des difficultés consistera à Lire la suite

Texte inédit de mars 2010 d’Edgar Morin : LA VOIE

Un texte inédit d’Edgar Morin (nouvelle version : mars 2010).

LA VOIE

Sparsa colligo[1]

La grande Voie n’a pas de porte. Des milliers de routes y débouchent – Proverbe zen

Il y a ceux qui voudraient améliorer les hommes et il y a ceux qui estiment que cela ne se peut qu’en améliorant d’abord les conditions de leur vie. Mais il apparaît que l’un  ne  va pas sans l’autre et on ne sait par quoi commencer – André Gide Journal 1942-49, p.31

Les forces « extérieures » du monde sont les mêmes que celles qui nous agitent intérieurement ; ses drames, ses tentations, ses lâchetés, ses cruautés  procèdent aussi de la vie intérieure de tous les autres êtres humains….Les cruautés des tyrans leur viennent d’une vie intérieure qui nous est commune  à tous – Pierre Guyotat

Il faudrait voir d’une part si le projet humain réalisé durant ces six millénaires par l’homo historicus est le seul projet humain possible et d’autre part voir s’il ne faudrait pas faire aujourd’hui quelque chose d’autre. – Raimundo Pannikar

Si le domaine des idées est révolutionné, la réalité ne peut demeurer telle qu’elle est – Hegel

Nous continuons à chercher des dépanneurs de la planète alpha, alors que nous sommes sur la planète beta – Ph. Caillé

Une terre finie peut-elle supporter un projet infini ? – Leonardo Boff

Quiconque croit qu’une croissance exponentielle peut durer toujours dans un monde fini, est ou un fou ou un économiste – Kenneth Boulding

Nous sommes condamnés à mûrir si nous ne voulons pas être condamnés à mourir – XX

Je ne cesse d’avoir de nouvelles preuves qu’un grand potentiel de bonne volonté sommeille en nous.  Celle-ci n’est qu’atomisée, intimidée, piégée, paralysée et désemparée. Dans cette situation, il est du devoir des hommes politiques de ramener à la vie ce potentiel timide et sommeillant, de lui proposer une  voie, de lui frayer un passage, de lui redonner assurance, possibilité de se réaliser, bref espoir. – Vaclav Havel

Chaque chose en tout temps marche avec son contraire – Les mille et une nuits

Liez les extrêmes et vous aurez le véritable milieu – Fiedrich Schlegel

Pour atteindre l’humanité il faut le sens d’un au-dela de l’humanité – Friedrich Schlegel

Notre temps n’est pas assez mûr pour cela, disent-ils toujours. Est ce une raison pour y renoncer ? – Friedrich Schlegel

La réalité envoie des signes annonciateurs à l’humanité – Peter Sloterdyk

Tout se passe comme si nous savions que quelque chose d’énorme va soit se produire, soit échouer lamentablement – Mahaswata Devi

La crise sociale, économique et spirituelle actuelle peut être dépassée grâce à la science, la spiritualité et la fraternité – Krishnammal Jagannathan

Il ne s’agit pas de trouver des « solutions » pour certains « problèmes » mais de viser à une alternative globale à l’état de choses existant, une civilisation nouvelle, un mode de vie autre, qui ne serait pas la négation abstraite de la modernité, mais son dépassement (aufhebung), sa négation déterminée, la conservation de ses meilleurs acquis, et son au-delà vers une forme supérieure de la culture – une forme qui restituerait à la société certaines qualités humaines détruites par la civilisation bourgeoise industrielle. Cela ne signifie pas un retour au passé, mais un détour par le passé, vers un avenir nouveau… – Michaël Lowy

Première partie :

La difficulté de penser le présent

– la conscience est toujours en retard par rapport à l’immédiat : « no sabemos lo que pasa y eso es lo que pasa » (Ortega y Gasset)

– il y a la rapidité  des processus en cours

– il y a la complexité propre à la globalisation : inter-retro-actions innombrables entre processus extrêmement divers (économiques, sociaux, démographiques, politiques, idéologiques, religieux, etc)

– il y a nos carences cognitives :

les cécités d’une connaissance qui, compartimentant les savoirs, désintègre les problèmes fondamentaux et globaux qui nécessitent une connaissance transdisciplinaire

l’occidentalo-centrisme qui nous situe sur le trône de la rationalité et nous donne l’illusion d’être dans l’universel

Ainsi ce n’est pas seulement notre ignorance, c’est aussi notre connaissance qui  nous aveugle.

De la mondialisation à la globalisation

Le processus de mondialisation commence à la fin du XVe siècle avec Lire la suite

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

terrecooperative.ouvaton.org, Alain Marcom, le 13 avril 2008

http://terrecooperative.ouvaton.org/spip.php?article24

Ce texte fait partie du « Petit Précis d’Agroécologie » Nourriture, Autonomie, Paysannerie, sous la direction de Silvia Perez-Vitoria et Eduardo Sevilla Guzman, édité par La Ligne d’Horizon, 7 villa Bourgeois 92240 Malakoff et qu’on peut le commander pour la somme redoutable de 6 € + frais de port

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

Jusqu’en 1750, origine de la mécanisation, les maisons de la grande majorité de la population mondiale étaient forcément des maisons à faible impact environnemental. Elles étaient issues de matériaux de proximité, montés avec un savoir faire local et dans le cadre d’une économie faiblement marchande. Le travail de mise en oeuvre était basé sur la consommation d’une énergie métabolique humaine ou animale. On était parfois aidé par les cours d’eau ou le vent à fin de transport ou d’aide mécanique au sciage des arbres ou de taille des pierres, pour la très ténue minorité des puissants économiques, politiques ou religieux.

Mais pour l’immense majorité de l’humanité, c’était le contexte général de l’architecture de cueillette. Ce qui ne servait pas, voire ce qui gênait dans l’agriculture, était utilisé en construction. On gérait plus qu’on ne cultivait des matériaux comme le bois ou les roseaux. On construisait avec les pierres qui affleuraient à la surface du champ et avec la terre des coins les moins fertiles. L’impact environnemental principal était du à la cuisson de la terre pour les briques ou les tuiles, et à la cuisson de la chaux, dans les régions où ces cuissons étaient pratiquées. Mais ces derniers matériaux étaient utilisés avec une grande parcimonie, surtout que la population mondiale était bien inférieure à la population actuelle, puisqu’elle n’atteint son premier millard d’habitants qu’au début du 19 ème siécle….

Seuls les monuments, bâtiments des puissants, s’exonéraient de cette pratique par l’importation de matières venues de loin, quand les matériaux locaux n’étaient pas assez prestigieux et coûteux pour éblouir les passants. En effet les matières pour construire étaient, et restent encore aujourd’hui lourdes et leur transport avant le règne des camions, des autoroutes et du pétrole, avait un coût considérable. A partir de 1850, la machine thermique a peu à peu permis de transformer la matière, de la transporter plus facilement sur de plus grandes distances. Le train, l’acier, le bateau à vapeur, le ciment, les engins de carrière ont transformé les matériaux et les savoir faire dans les pays en voie d’industrialisation tout au long du 19 ème siècle.

La croissance des villes dans le « premier monde » a participé à la naissance d’un marché du travail dans le bâtiment. Un secteur important de l’économie est né à partir de la révolution industrielle. Alors que le ciment est inventé au début du 19 ème, c’est vers le milieu de ce siècle qu’est déposé le premier brevet du béton armé, et c’est dans la dernière décennie du 19 ème qu’on voit apparaître des chantiers de construction d’immeubles en béton armé en Belgique, chantiers effectués par des entreprises allemandes. A ce moment, nous sommes au début de l’« art nouveau », et ce sont les capacités plastiques du béton qui sont recherchées.

L’industrialisation du bâtiment en France

La reconstruction après la première guerre mondiale a vu la première tentative de bétonnisation dans le Nord Est de la France. Cette tentative parfaitement réussie du point de vue économique, fera du chemin, bien que la ligne Maginot ait peu convaincu. L’occupation allemande, avec le chantier du mur de l’Atlantique a confirmé le formidable potentiel du béton et la facilité de façonnage, aussi appelée formation, de la main d’oeuvre. C’est fort de ces réussites économiques et mécaniques resplendissantes que le gouvernement provisoire de 1944 va se lancer dans une stratégie d’industrialisation à outrance sous prétexte de « reconstruction ». Les écoles d’ingénieurs formatés à ce projet, et les recherches pour la modélisation de ce matériau emblématique de la modernité, vont fleurir un peu partout en France.

Les tâches de la chaîne de production du bâti vont être finement découpées et séparées, atomisées, taylorisées. C’est à l’aune de la flèche de la grue que vont se concevoir les cités de banlieue. De véritables usines de béton armé vont se monter à une extrémité du chemin de grue. Celle-ci distribuera les coffrages-tunnels ou les éléments préfabriqués au bout de sa flèche de chaque côté du rail, donnant naissance à deux barres parallèles. Sur ce process industriel de conception et de réalisation, un peu partout des cités des mille, deux mille, jusqu’à quatre mille logements vont être construites. La puissance publique ne va pas ménager ses commandes, en cités-dortoirs de banlieue, hôpitaux, écoles, bâtiment administratifs, barrages, ponts, etc… Le béton über alles établira de la sorte sa domination actuellement encore sans partage. Un hasard bien planifié fait donc que nous avons aujourd’hui en France les deux plus puissants groupes de bâtiment mondiaux, et le premier producteur mondial de ciment.

De l’autre côté du Rhin, la tradition fédéraliste a engagé l’Allemagne dans une autre stratégie. Le montant des destructions était bien supérieur là-bas qu’ici. Mais là bas on a investi les fonds du plan Marshall dans le redressement du capital industriel lourd. Les régions, avec de très faibles moyens, ont eu en charge la « reconstruction ». Ainsi, on a pu voir des techniques traditionnelles régionales normalisées, et des ouvrages pédagogiques de vulgarisation de techniques constructives simples à base de matériaux peu transformés et de proximité diffusés, favorisant l’autoconstruction, l’apprentissage et la reconstruction d’un tissu économique constitué essentiellement de petites entreprises. L’organisation politique a produit une forme de retour à l’architecture de cueillette. Les savoir faire locaux, Lire la suite

Tim Jackson, économiste britannique – « Notre modèle actuel de croissance crée des dommages irréversibles sur l’environnement »

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2011/01/03/tim-jackson-notre-modele-actuel-de-croissance-cree-des-dommages-irreversibles-sur-l-environnement_1460320_3244.html

lemonde.fr, Tim Jackson, propos recueillis par Hervé Kempf, le 3 janvier 2011

Tim Jackson, économiste britannique

« Notre modèle actuel de croissance crée des dommages irréversibles sur l’environnement »

Professeur et chercheur à l’université du Surrey (Grande-Bretagne), Tim Jackson est un économiste atypique. En 2000, il devient le titulaire de la première chaire de développement durable créée au Royaume-Uni, à l’université de Surrey. Il y fonde aussi une unité de recherche croisant l’économie, la psychologie et la sociologie.

En 2004, nommé à la commission du développement durable créée par le gouvernement de Tony Blair, le chercheur dirige le travail du groupe « Redefining Prosperity » qui le conduit à écrire Prospérité sans croissance, livre publié en 2007 au Royaume-Uni, et deux ans plus tard en France (De Boeck). C’est l’un des ouvrages d’économie environnementale les plus marquants de ces dernières années. Alors que 2011 débute, M. Jackson livre son pronostic sur la croissance et sur les moyens de faire évoluer le modèle économique actuel, qu’il critique largement.

La croissance peut-elle reprendre en 2011 ?

En ce qui concerne les économies occidentales, la réponse est probablement non. Les mécanismes destinés à maintenir la croissance ont fragilisé le système économique en développant un endettement toxique qui a conduit à l’effondrement des marchés financiers. Or les éléments de cette dynamique de crise restent à l’oeuvre aujourd’hui, car l’expansion monétaire illimitée est par nature instable. De surcroît, le prix du pétrole repart à la hausse.

L’autre aspect de la question est de savoir si l’on peut poursuivre la croissance sans dommages environnementaux irréversibles, sachant que nous vivons dans un monde fini. Pour y parvenir, il faudrait découpler la croissance de la production matérielle, créer de la valeur économique non dans les biens, mais dans les services : loisir, santé, éducation…

Est-ce la tendance suivie jusqu’à présent ?

Non. Les progrès d’efficacité énergétique restent inférieurs à l’expansion de l’économie. De même, les tendances en ce qui concerne la forêt, l’eau ou l’érosion des sols vont dans le mauvais sens. Depuis vingt ans, le discours officiel proclame que la technologie, en dématérialisant l’économie, va résoudre l’impact environnemental négatif de la croissance. Mais ce découplage ne se produit pas. Le niveau de technologie nécessaire pour y parvenir est irréaliste. Ce n’est pas très populaire de le dire, mais la technologie ne peut plus être considérée comme la solution à nos difficultés.

La croissance verte est-elle une piste crédible ?

Il est bien sûr utile d’investir dans une meilleure productivité des ressources et dans les technologies faiblement carbonées. Mais Lire la suite

Dossier de la revue Vertigo : L’agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le développement des villes et des communautés

vertigo.revues.org, Rédacteurs associés : Eric Duchemin (VertigO – La revue électronique en sciences de l’environnement) (Institut des sciences de l’environnement, Université du Québec à Montréal), Luc Mougeot (CRDI, Canada) et Joe Nasr (Collège Ryerson, Canada), Volume 10 numéro 2, septembre 2010

http://vertigo.revues.org/9848

Dossier : L’agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le développement des villes et des communautés

Depuis maintenant plus d’une décennie – selon la plus récente estimation disponible – ils sont mondialement environ 800 millions à pratiquer l’agriculture urbaine (AU). 200 millions d’entre eux réalisent de la production de marché et 150 millions le font à plein temps. Ces gens produisent environ 15% de la production mondiale de nourriture. Selon les prédictions, ce pourcentage pourrait doubler dans la prochaine génération. Depuis 1996, les chiffres disponibles pour certaines villes ont démontré une augmentation du nombre de producteurs, de production et de valeur dans cette activité urbaine. Si la plupart des gens pratiquant l’agriculture urbaine vivent majoritairement dans les pays en développement, plusieurs se retrouvent également dans les pays industrialisés. Ce dossier de VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement publie des textes abordant cet outil de développement mais aussi utilisé pour la sociabilisation des citadins, l’aménagement viable de la ville, etc. Ce dossier montre que l’agriculture urbaine est un élément clef de la viabilité.

Eric Duchemin, Fabien Wegmuller et Anne-Marie Legault

Agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le développement des quartiers [Texte intégral]

Louiza Boukharaeva et Marcel Marloie

L’apport du jardinage urbain de Russie à la théorisation de l’agriculture urbaine [Texte intégral]

Manon Boulianne, Geneviève Olivier-d’Avignon et Vincent Galarneau

Les retombées sociales du jardinage communautaire et collectif dans la conurbation de Québec [Texte intégral]

Emmanuel Pezrès

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société [Texte intégral]

Fabien Wegmuller et Eric Duchemin

Multifonctionnalité de l’agriculture urbaine à Montréal : étude des discours au sein du programme des jardins communautaires [Texte intégral]

Christian Peltier

Agriculture et projet urbain durables en périurbain : la nécessité d’un réel changement de paradigme [Texte intégral]

Conchita M. G. Kêdowidé, Michel P. Sedogo et Guéladio Cisse Lire la suite

Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ?

http://www.rue89.com/passage-a-lacte/2010/11/30/apres-petrole-et-si-les-habitants-initiaient-la-transition-des-villes-178

rue89.com, Cécile Cailliez  le 30 novembre 2010

Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ?

Les « villes en transition » imaginent la cité de l’après-pétrole, moins dépendante de l’or noir. Une initiative citoyenne d’origine anglo-saxonne qui essaime désormais en France.

Un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) l’a prouvé récemment : les ressources de pétrole s’épuisent indéniablement.

Pire, selon l’AIE, le pic pétrolier, cette phase où la production de pétrole conventionnel sera en déclin par rapport à la demande, serait désormais atteint.

Si l’Agence rassure en tablant sur la découverte et la mise en production de nouveaux champs, le constat est là : il faut dès à présent penser la ville de demain, moins dépendante de l’or noir.

Mais comment envisager l’après-pétrole sans tomber dans le catastrophisme ? Les partis politiques écologiques ont du mal à mobiliser et tous les citoyens ne se reconnaissent pas dans les mouvements associatifs ou décroissants.

La solution : susciter au sein de la communauté un mouvement de réflexion et d’action, s’appuyer sur les ressources et les compétences locales, afin de mettre en place et de diffuser au niveau local les bonnes pratiques.

Comment la mettre en pratique ?

En 2006, à Totnes, une bourgade de 8 000 habitants, Rob Hopkins enseigne la permaculture, une philosophie du développement durable par l’aménagement du territoire et le renforcement de la communauté.

Convaincu de la réalité du pic pétrolier, il tente alors un pari fou : miser sur la participation des habitants pour favoriser la « transition » en douceur de sa ville à l’horizon 2030.

Ainsi naît le mouvement des « villes en transition », qui se fonde avant tout sur la notion de Lire la suite

Rapport d’évaluation du Grenelle de l’environnement

Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, novembre 2010

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000587/index.shtml?xtor=EPR-526

Rapport d’évaluation du Grenelle de l’environnement

FRANCE. Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer

Ce rapport élaboré par le comité d’évaluation du Grenelle Environnement et par le cabinet Ernst and Young fait le point, thématique par thématique, sur les actions engagées ces trois dernières années en matière de gouvernance, d’énergie et de climat, de politique des déchets, de gestion des risques, de traitements des déchets, de transport, d’urbanisme…

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(3090  Ko, PDF)

222 pages

Sommaire

Préambule

Synthèse de l’évaluation

1. Bâtiment et urbanisme

2. Transport et mobilité

3. Énergie

4. Biodiversité

5. Agriculture et milieux aquatiques

6. Risques, santé, environnement

7. Déchets

8. Gouvernance Lire la suite

La nouvelle donne du ministère de l’écologie

novethic.fr, Véronique Smée, le 15 octobre 2010

http://www.novethic.fr/novethic/planete/institution/etats/la_nouvelle_donne_ministere_ecologie/131839.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

La nouvelle donne du ministère de l’écologie

Nathalie Kosciusko-Morizet est nommée ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement dans le nouveau gouvernement annoncé dimanche 14 novembre. Elle devient numéro quatre du gouvernement mais n’est pas ministre d’État, contrairement à Jean-Louis Borloo, qui quitte le gouvernement.

François Fillon a nommé Nathalie Kosciusko-Morizet ministre de l’Écologie. Elle était auparavant secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique. Agée de 37 ans, elle a occupé la fonction de secrétaire d’Etat à l’écologie de juin 2007 à janvier 2009, date du dernier remaniement. Beaucoup avaient évoqué à l’époque sa nomination à l’économie numérique comme une « punition » , après ses prises de position et ses critiques contre les lobbies lors du vote de la loi sur les OGM, dont elle s’était finalement excusée sous la pression du Premier ministre, François Fillon.

Député de l’Essonne avant son entrée au gouvernement, elle a également été rapporteur de la Charte de l’environnement à l’Assemblée nationale et a participé au processus du Grenelle de l’environnement.

Si NKM conserve deux secrétaires d’Etat qui lui sont rattachés -Benoist Apparu, qui demeure secrétaire d’État au Logement, mais plus à l’Urbanisme; et Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse qui devient secrétaire d’Etat aux Transports à la suite de Dominique Bussereau-, elle perd en revanche Valérie Létard, en charge des technologies vertes auprès du ministère, qui quitte le gouvernement. Enfin, l’ex-secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno est nommée secrétaire d’Etat aux sports.

Un portefeuille plus restreint

Lors du précédent remaniement, le portefeuille de Jean-Louis Borloo (numéro 2 du gouvernement) avait été élargi à la Mer, aux technologies vertes et aux négociations climatiques. Quatre pôles opérationnels avaient été définis : transports, aménagement du territoire, politiques énergétiques, ressources naturelles et biodiversité. Ce n’est plus le cas dans les nouvelles attributions du Ministère : l’énergie est confiée à Eric Besson, nommé ministre de l’Industrie, de l’énergie, de l’économie numérique. L’aménagement du territoire intègre le portefeuille de Bruno Le Maire, désormais ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire.

Critiques des écologistes

S’ils saluent la compétence de NKM et son courage politique, le fait que l’énergie soit retirée du nouveau ministère fait l’objet de vives critiques de la part des écologistes. « Pour l’avenir des énergies renouvelables, c’est catastrophique », a déclaré Arnaud Gossement (Droit et Environnement). « Il y a des forces hostiles à nos propositions, le monde de l’industrie fossile et nucléaire. Ils ont gagné ce soir », a également déclaré à l’AFP le directeur-général du WWF Serge Orru. Le parti de Corinne Lepage CAP 21 a indiqué dans un communiqué que Lire la suite

Le dimanche 10/10/10 – Retrouvons-nous à ALTERNATIVA à Cap Sciences Bordeaux de 10h10 à 19h

Le dimanche 10/10/10   Retrouvez-nous à ALTERNATIVA à Cap Sciences de 10h10 à 19h       

AlternativA, c’est un temps de rencontres et de débats, un événement festif organisé à  Bordeaux par le Collectif Climat Gironde, à Bayonne  par l’association Bizi !, à Pau par le collectif CocliPau, le dimanche 10 octobre, journée d’action mondiale en faveur du climat.

AlternativA, c’est le lieu où les alternatives s’exposent, se créent… c’est un espace de transition écologique et sociale vers le monde de demain…

Les effets du changement climatique se précisent et pourtant, le Sommet de Cancun prévu en décembre s’engage, comme celui de Copenhague, dans une impasse.  

Notre système économique, social et démocratique est profondément en crise. Il remet en cause aujourd’hui les conditions mêmes de survie de l’espèce humaine sur notre planète. Mais envisager cette crise comme un possible levier de changement, reprendre du pouvoir sur notre avenir, c’est le défi que nous voulons relever.

Place à l’action locale et au penser global, place à l’inventivité, à l’imagination, au travail solidaire et au plaisir de faire ensemble !

Rendez-vous à Cap Sciences le dimanche 10/10/10 à partir de 10h10

Collectif Climat Gironde : http://collectifgirondecopenhague.eklablog.net   

Contacts : alain.blanc22@orange-ftgroup.com  et brigthomas@free.fr

Le 10/10/10 : ce qui vous attend !

Le matin accueil-café : 10h10 rencontre avec les associations présentes, ateliers-débats  sur les quais : déambulation avec la Batucada Zumbi Rei    

12h30 Apéro-repas avec la fanfare rock  La Collectore  (buvette et brasserie bio sur place)

L’après-midi  rencontre avec les associations, atelier-débats récréation musicale avec Éric Brocard projection du film « The Story of stuff »

17 h Débat « Travailler plus pour (se) détruire plus ? » avec la participation du philosophe et sociologue Daniel Cerezuelle.

18h30 Et après ? Lire la suite

Isolation thermique écologique : Conférence de JP Oliva les 5 et 6 octobre chez Mollat et à Beychac et Caillau

altern’éco.com, communiqué, le 23 septembre 2010

www.altern-eco.com

Souhaitant poursuivre son action de prise de conscience des enjeux du développement soutenable et de diffusion d’un habitat respectueux de notre santé et de l’environnement, ALTERN ECO organise des conférences – rencontres – débats.

A l’occasion de notre deuxième anniversaire, nous avons le grand plaisir d’accueillir Jean-Pierre Oliva, pionnier de l’éco-construction en France et auteur de plusieurs ouvrages de références (dont dernièrement « L’isolation thermique écologique »).

Lors de sa venue exceptionnelle en Gironde, il donnera deux conférences les 5 et 6 octobre 2010 à Bordeaux et Beychac-et-Caillau.

Pour toute information complémentaire, vous pouvez nous joindre au 05 56 21 30 67. Merci de nous confirmer votre venue à Beychac et Caillau (pour une question de places !) avant le 4/10 !

En collaboration avec Terre Vivante et la Librairie Mollat, Altern’éco a le plaisir de vous inviter à rencontrer Jean-Pierre Oliva, consultant en éco-architecture & éco-construction, membre du réseau éco-bâtir lors de deux conférences les 5 et 6 octobre 2010

A l’occasion de son deuxième anniversaire, ALTERN ECO a l’honneur de recevoir Jean-Pierre Oliva, pionnier de l’habitat écologique en France, qui abordera deux thèmes chers à ses principes d’écologie appliquée au bâti :

repenser le rôle de la conception architecturale par une approche multicritères en y intégrant une analyse bioclimatique,

 et démontrer la pertinence et l’avenir des savoir-faire traditionnels pour préparer au mieux nos bâtiments à un monde post industriel appauvri en ressources énergétiques.

Ces conférences vous offriront l’opportunité d’échanger sur les applications concrètes de ces thématiques et nous donneront l’occasion de nous réunir en toute convivialité.

« Performance énergétique versus Architecture » le mardi 5 octobre 2010, à 18h00 – Librairie Mollat Bordeaux – Entrée gratuite,

« Pénurie énergétique: comment y préparer nos bâtiments ? » le Lire la suite

Geneviève Azam – Nous vivons plus qu’une convergence de crises, l’effondrement est déjà là

Nous vivons plus qu’une convergence de crises, l’effondrement est déjà là

bastamag.net,  Agnès Rousseaux, le 13 septembre 2010

http://www.bastamag.net/article1174.html

Nous vivons plus qu’une convergence de crises, l’effondrement est déjà là

Crise après crise, le système capitaliste semble perdurer. Spéculation financière, dégâts environnementaux et inégalités mondiales repartent de plus belle. Et pourtant… Pour Geneviève Azam, économiste et co-présidente du conseil scientifique d’Attac, les illusions d’un monde aux ressources infinies et à la croissance illimitée sont tombées. Le modèle capitaliste n’est plus porteur de rêves. Un nouveau rapport au monde émerge, aux contours encore incertains. Réussira-t-il à opérer la transition vers un « postcapitalisme civilisé » ? Entretien avec l’auteure du livre « Le temps du monde fini ».

Basta ! : La succession des crises – financière, sociale, écologique… – n’entraînent toujours pas de changements radicaux au sein du système capitaliste. Faut-il attendre son effondrement total pour que ce modèle soit remis en question ?

L’effondrement est déjà là. Nous vivons plus qu’une crise, plus qu’une convergence des crises, mais l’imbrication de toutes les crises. Des émeutes de la faim viennent de nouveau d’éclater au Mozambique. Un tel événement est quasiment impensable dans nos sociétés ! Ces émeutes sont le résultat d’un modèle agricole productiviste et de la spéculation sur les produits agricoles, sur les terres, donc du système financier. C’est également une conséquence de la crise écologique, avec le réchauffement climatique, et de la crise énergétique, avec le développement des agrocarburants pour remplacer le pétrole. Chaque manifestation de l’effondrement que nous vivons combine toutes ces crises.

Nous nous acharnons à repousser toute limite. C’est, selon vous, ce qui caractérise deux siècles d’histoire économique. Sentez-vous une prise de conscience de la rareté, voire de la finitude, de nos ressources et des limites intrinsèques à notre planète ?

Si on fait l’hypothèse que le capital technique peut se substituer indéfiniment au capital naturel, il n’existe effectivement aucune limite. La pensée économique reste prisonnière de cette hypothèse, et de celle de la réversibilité du temps, du possible retour en arrière. La crise écologique montre au contraire que des phénomènes irréversibles, que des destructions définitives sont à l’œuvre. Depuis une vingtaine d’années, les mouvements sociaux ont pris conscience de ces limites. Une expertise citoyenne s’est peu à peu construite sur l’énergie, les semences ou le climat, démontant l’illusion que la technique pourrait remplacer ce qui est détruit.

Les théories économiques oublient la nature. Quand elle est prise en compte, on parle « d’externalités ». On lui attribue un prix comme s’il existait une mesure commune entre nature et marchandises. Cela me gêne. Fixer un prix laisse penser qu’une compensation est possible, qu’il suffit de payer. Certaines dégradations sont irréversibles, et payer ne remplacera jamais les pertes. Parler d’externalités est aussi très révélateur, comme si c’était juste quelque chose de regrettable. C’est le processus lui-même qui doit être modifié et pas simplement ses effets « regrettables ».

Ne risque-t-on pas de s’enfermer dans une gestion économique de la crise écologique, avec, par exemple, le « marché des droits à polluer » ou le principe pollueur-payeur ?

Donner un prix à des pollutions traduit une prise de conscience. Il est logique que ceux qui abiment l’espace public pour des motifs de rentabilité privée soient Lire la suite

Paul Ariès – « Décroissance », le mot qui met les écolos en ébullition

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le 20 août 2010

http://www.rue89.com/planete89/2010/08/20/decroissance-le-mot-qui-met-les-ecolos-en-ebullition-163260  

« Décroissance », le mot qui met les écolos en ébullition

(De Nantes) « Le terme de décroissance a au moins un mérite aujourd’hui, c’est qu’il remplit les salles », se réjouit Paul Ariès, politologue, à la tête du mouvement des « objecteurs de croissance ». Invité à débattre aux Journées d’été Verts-Europe Ecologie, à Nantes, il est vainqueur à égalité à l’applaudimètre avec… Corinne Lepage, l’ancienne ministre de l’Environnement de Jacques Chirac, récemment démissionnaire du MoDem.

C’est son camarade Yves Cochet, « écolo de souche » et vieux théoricien de la fin de la croissance qui l’a invité, au grand dam de Dany Cohn-Bendit, déjà exaspéré lors du premier jour de ces rencontres par l’incantation « anticapitaliste » de Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts. Dany avait boudé et filé à la plage, puis au théâtre.

Dans l’amphi bondé de près d’un millier de sympathisants venus de toutes les familles de l’écologie politique, chacun semble d’accord sur le constat que « la décroissance est une réalité qui s’impose », mais entre l’avocate centriste et l’apôtre de la décroissance, il y a un monde.

Corinne Lepage, en pleine opération séduction, se la joue modeste et s’attend à se faire huer à chaque phrase. Elle fait le plus grand pas possible en direction de la frange rouge d’Europe Ecologie : « J’arrive, au bout de trente-cinq ans de combat écologique, au constat que le développement durable nous propose de continuer avec un modèle qui ne tient pas la route. Je n’aime pas le terme de croissance, je ne l’emploie jamais. Mais il est impossible à court terme d’instaurer la décroissance. »

« Des slogans qui ont une barbe incroyable »

Son discours rejoint largement celui de Daniel Cohn-Bendit. Je le croise errant comme une âme en peine dans les couloirs de la fac de droit, un peu plus tôt dans la matinée. Il refuse lui aussi de se laisser enfermer dans le débat croissance/décroissance : « On a besoin d’une transformation écologique des entreprises, ça ne se fera qu’avec des entrepreneurs. L’anticapitalisme, c’est la recherche de slogans qui ne fonctionnent pas. L’attraction d’Europe Ecologie, c’est d’accepter la complexité. On ne réduit pas cette complexité en sortant des slogans qui ont une barbe incroyable. Si on a envie de ça, on revient à 1,5% des voix. »

La position de l’eurodéputé José Bové n’est pas si éloignée. Sans s’être concerté avec son camarade de Strasbourg, il lance : « Le terme de décroissance a été un très bon slogan coup de poing face à tous ceux qui croyaient au dogme de la croissance, indépassable. Ecrouler ce mythe, c’était important mais la réponse n’est pas dans le slogan. Il faut se demander comment on fait croître la solidarité, la défense de la planète, une économie plus sobre et comment on fait décroître l’impact sur le climat, etc. Il n’y a pas une réponse en noir et blanc, pas un mot qui peut résumer tout. »

A la tribune aux cotés de Corinne Lepage, le député de Paris Yves Cochet réjouit les militants lorsqu’il dénonce « la croissance actuelle au sens d’Aubry et de Fillon qui est antisociale, anti-économique et anti-écologique. » Et de proposer, puisque « la décroissance est notre destin », quatre solutions :

– l’autosuffisance locale et régionale ;

– la décentralisation Lire la suite

Les revues écologistes françaises : S!lence, Ecorev, L’écologiste, La Revue durable et Entropia

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 11 août 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/08/11/les-ecologistes-c-est-le-bouquet_1397910_3232.html

27/30 Les écologistes, c’est le bouquet

Une revue écologiste, une seule ? Impossible. Cela ne peut être qu’un bouquet, une flore sauvage, des adventices poussant au bord des autoroutes de papier, des fleurs inattendues prospérant sur le compost de projets évanouis. Car depuis quelques années, la réflexion écologiste a refleuri et, si elle ne connaît ni gros tirages ni forte visibilité – les milieux dits intellectuels ne s’intéressant pas réellement à la thématique -, elle manifeste une vitalité revigorante. En même temps, aucune n’émerge réellement comme le donneur de ton du débat écologique. Elles composent ensemble un paysage chatoyant et assez cohérent, mais où aucun relief accusé n’émerge vraiment.

A mi-chemin entre le journal, la revue et l’expérience militante, S ! lence mérite la palme de la ténacité : lancée en 1982 au moment d’un vif reflux de l’écologisme en France, elle a toujours assuré une parution mensuelle marquée par un dossier thématique complété d’une multitude de petites informations. S ! lence a bien souvent été la première à repérer des thèmes émergents dans la communauté écologiste radicale avant de connaître une assez large fortune publique. Elle a ainsi lancé la thématique de la décroissance, en février 2002, reprise avec succès ensuite par le journal La Décroissance, lancé en 2004. S ! lence diffuse près de 5 000 exemplaires, surtout par abonnements. Issue, de son côté, de militants des Verts, Ecorev a publié son premier numéro en janvier 2000, sous le parrainage d’André Gorz, après un numéro zéro consacré à « Survivre au capitalisme ». Elle est née, selon Jérôme Gleizes, un de ses animateurs, d’un « refus de l’écologie d’accompagnement » incarnée par Dominique Voynet, lors de son passage dans le gouvernement de Lionel Jospin. « Nous allons des écologistes de gauche à des décroissants qui ne veulent pas se positionner à gauche. » La revue trimestrielle, animée par des normaliens ou des universitaires, se définit comme « revue critique de l’écologie politique« , selon son sous-titre, plutôt que théorique. Elle recherche – et obtient – une bonne lisibilité, par des articles concis, sans lourd appareil de notes, et souvent illustrés. Cette volonté pédagogique a fait d’Ecorev l’explorateur de thématiques transversales (le corps, la démocratie, la science, l’histoire de l’écologie, la mondialisation, la décroissance…). Mais ce choix rédactionnel l’a conduite à délaisser des interrogations plus concrètes du débat politique ou économique, si bien que la revue semble parfois en apesanteur par rapport au combat des idées. Ses scores sont modestes mais réguliers, avec une diffusion moyenne de plus de 500 exemplaires.

C’est aussi en 2000 qu’est né L’Ecologiste, version française du mensuel The Ecologist fondé par Teddy Goldsmith, en 1970. Trimestriel, L’Ecologiste a tout de suite pris, tout en se présentant comme un magazine (couverture en couleurs, format A4), une forme de revue centrée sur un dossier écrit par des auteurs souvent scientifiques, et intégrant nombre d’articles traduits de l’anglais. Animé par Thierry Jaccaud, L’Ecologiste a pris son autonomie par rapport à son parrain britannique, tout en restant sur la ligne d’une écologie naturaliste, portant une grande attention aux questions de biodiversité, de forêts, d’agriculture, mais aussi de santé ou de pesticides. Diffusant à plusieurs milliers d’exemplaires, la revue doit trouver un nouveau souffle après le décès de son fondateur et mécène, Teddy Goldsmith, en août 2009.

Fondée en 2002, à Genève, par Susana Jourdan et Jacques Mirenowicz, La Revue durable, sous une forme assez comparable à L’Ecologiste (aspect magazine, un dossier central par numéro), a progressivement gagné une visibilité en adoptant un angle axé sur la question de l’intégration des pratiques écologiques dans les sociétés modernes. S’intéressant davantage à l’économie qu’à la nature, La Revue durable cherche un équilibre entre le pragmatisme du « développement durable », honni par nombre d’écologistes comme un faux nez du capitalisme, et la radicalité des choix qu’impose la crise écologique. Cela compose des numéros intéressants et bien informés de l’état des questions traitées, mais où la dimension conflictuelle des choix sociaux semble évacuée.

Dernier venu dans le champ de la réflexion écologiste, Entropia est née, en novembre 2006, avec un premier numéro consacré à « Décroissance et politique ». La revue, lancée par Jean-Claude Besson-Girard, Serge Latouche, Alain Gras, Agnès Sinaï, et d’autres, affichait une ligne claire définie par son sous-titre : « Revue d’étude théorique et politique de la décroissance« . Editée par la maison d’édition Parangon à raison de deux numéros par an, Entropia assume l’austérité de sa présentation : « Les mots sont importants », résume son principal animateur, Jean-Claude Besson-Girard. Entropia poursuit son chemin avec ténacité, s’interrogeant au fil des numéros sur « Crise éthique, éthique de crise ? », « L’effondrement : et après ? » ou « Territoires de la décroissance », attirant parfois des signatures situées hors du champ de l’écologie comme Zygmunt Bauman ou Hervé Le Bras.

Si l’on en croit le paysage intellectuel dessiné par les revues, la réflexion écologique va à rebours des politiques concrètement mises en place par les gouvernements sous l’étendard du développement durable. Il n’y a guère pour défendre celui-ci que Terra Eco, sous-titré « mensuel du développement durable », qui se présente comme un magazine sans ambition intellectuelle. En ce sens, l’écologie reste une pensée du Lire la suite

Pourquoi le PS est incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

developpementdurable.com, Propos recueillis par Yann Cohignac, le 30 décembre 2009

http://www.developpementdurable.com/interview/2010/08/I72/eric-loiselet.html

Eric Loiselet, tête de liste Europe Ecologie en Champagne-Ardenne pour les régionales de 2010

Consultant expert dans le développement durable et la RSE, Eric Loiselet a longtemps bataillé au sein du PS pour intégrer l’écologie politique à gauche. Il fut cofondateur du Pôle écologique du parti puis secrétaire national adjoint à l’environnement. Avant de renoncer à son engagement socialiste, lassé par les atermoiements de la rue Solferino, pour rejoindre Europe Ecologie en octobre. Aujourd’hui, il est membre du CAP (Comité d’animation et de pilotage) national du rassemblement écologiste et tête de liste en Champagne-Ardenne pour les élections régionales de 2010. Sans concession avec le PS, il nous parle de son parcours politique, des raisons qui l’ont poussé à entrer chez Europe Ecologie, des actions du gouvernement, et de son programme pour les régionales.

Developpementdurable.com : Consultant expert dans le développement durable et la RSE, vous avez aussi décidé de mener une carrière en politique. Pourquoi cette décision ?

Eric Loiselet : C’est pour moi la poursuite d’un itinéraire citoyen : j’ai été assez jeune engagé politiquement. Ma première carte dans un parti, je l’ai prise en 1979, au PS, à l’époque où il était en pleine ascension puisque c’était deux ans avant la victoire historique de François Mitterrand aux élections présidentielles (mai 1981). J’y suis resté jusqu’en 1992-1993. J’ai ensuite quitté la vie politique militante pendant une dizaine d’années pour me consacrer à mon métier et pour fonder une famille. Avant de renouer avec l’engagement politique au travers d’un club, le Cercle Galilée. J’y ai travaillé sur une thématique qui correspondait à une mon expertise professionnelle : la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Ce club avait la vocation de réfléchir à la manière d’actualiser le logiciel intellectuel et socialiste en prenant en compte la question posée par les mouvements altermondialistes : comment envisager une nouvelle régulation de l’activité des entreprises en prenant plus largement en compte la question des impacts environnemental, social et sociétal de leur activité ? J’ai alors eu l’occasion de travailler sur la préparation de ce qui a été l’article 116 de la loi NRE, dans la zone grise qui précède la décision politique où des professionnels sont consultés pour affiner les projets. J’étais déjà donc à la charnière du professionnel et du citoyen. Comme beaucoup, je voulais donner un sens à ma vie professionnelle.

Puis en 2002, après l’échec de la gauche au premier tour de la présidentielle, j’ai décidé de ré-adhérer au PS pour rejoindre directement sa sensibilité rénovatrice : le Nouveau Parti Socialiste.

dd.com : Quand avez-vous commencé à tenter de « verdir le PS » ?

E. L. : A ce moment-là. Etant donné mon activité « d’expert » au sein du Club Galilée, j’étais devenu « Monsieur écologie » au NPS. J’ai alors essayé de convaincre les socialistes de voter pour la Charte de l’environnement, sans grand succès, et j’ai mené différents combats de cette nature parce que j’avais déjà la conviction que la promesse socialiste était essoufflée : l’élection de 2002 avait clairement montré le décrochage des catégories populaires. Pour moi, il était évident qu’il fallait intégrer au parti les apports de l’écologie politique.
Puis arrivent les présidentielles de 2007 : ayant rejoint Rénover Maintenant, je participe presque machinalement à la candidature, aux primaires, de Ségolène Royal. Pour une raison simple : parmi les trois candidats (avec Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius), je me suis dit qu’elle était celle qui avait le mieux compris les enjeux environnementaux. Elle avait en effet gardé un souvenir de son bref passage au ministère de l’Environnement. Le début de la campagne présidentielle m’avait d’ailleurs conforté dans ma décision : la nomination de Bruno Rebelle (ex-directeur de Greenpeace) comme conseiller à l’Environnement était un choix original. C’était la première fois qu’un ancien dirigeant d’ONG était intégré à ce point dans une équipe de campagne présidentielle. On assistait à une espèce d’ouverture à d’autres filières de recrutement que les grands corps de l’Etat, des filières en phase avec les changements importants et rapides de la société.

dd.com : Expliquez-nous comment vous vous êtes rendu compte que le PS était, selon vos propres mots, incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

E. L. : Cela a été un long processus : après l’échec de Ségolène Royal, je l’ai entendu dire qu’elle était pour le retour de la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante. Je me suis dit alors, avec quelques « écolos » du parti, que tout cela commençait à bien faire ! Nous n’avions, au sein de nos différentes sensibilités socialistes, jamais réussi à convaincre au-delà de la rédaction de quelques textes témoignant d’une ouverture intellectuelle. Dès qu’il s’agissait de prendre des décisions, l’écologie politique était exclue. Nous avons donc décidé de créer le Lire la suite

Pacte de solidarité écologique : Mardi 31 août à 9h30 à Bordeaux – Organisation d’un Forum sur les initiatives écologiques et solidaires

Mairie de Bordeaux, communiqué, le 26 juillet 2010

http://tr1.bp51.net/do?7DE7A357E64C4202C664308A23765FE9102BD607664D01B52A58856DE799876278CD1F60BAF58FF391A2D309FB97EFAD88C9B0D264BDFC8B

Pacte de solidarité écologique : Organisation d’un Forum sur les initiatives écologiques et solidaires

Alain Juppé, ancien Premier Ministre et maire de Bordeaux et Valérie Létard, secrétaire d’Etat au développement durable vous invitent à participer au Forum : « le développement durable, créateur de lien social« , qui se tiendra :

Le mardi 31 août 2010 de 9h30 à 12h30

Maison Polyvalente Bastide Queyries

13 allée Jean Giono

33100 Bordeaux

Ce Forum s’inscrit dans le cadre du pacte de solidarité écologique, lancé le 18 février dernier par Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat et Valérie Létard, Secrétaire d’Etat au développement durable. Ce pacte, conçu de manière concertée avec des associations de protection de l’environnement et du secteur de la solidarité, a pour ambition de concilier environnement et solidarité. Il comporte un important volet « mobilisation citoyenne et sociale« .

L’objectif du rendez-vous du 31 août est ainsi de donner la parole aux citoyens et aux associations ayant imaginé et réalisé des actions positives en faveur du développement durable et génératrices de lien social. Le Forum sera l’occasion de valoriser les bonnes pratiques, les difficultés rencontrées et les perspectives de diffusion de ces initiatives sur d’autres territoires.

9h30 – 11h : associations, élus et experts présenteront leurs Lire la suite

Du Vert dans le Rouge : renforcer la prise en compte de l’écologie mais rester à gauche.

legrandsoir.info, Christian Delarue, le 3 août 2010

http://www.legrandsoir.info/Du-Vert-dans-le-Rouge-renforcer-la-prise-en-compte-de-l-ecologie-mais-rester-a-gauche.html

Du Vert dans le Rouge : renforcer la prise en compte de l’écologie mais rester à gauche.

Pour des raisons de fond comme pour des raisons d’alliances politiques contre le sarkozysme en France il importe de relier l’écologie et le social. Pour ce faire, une maitrise politique et démocratique de l’économie est nécessaire au lieu de la laisser à la logique marchande (produire des marchandises) et capitaliste (faire du profit). Il n’y a pas de capitalisme vert dit Michel Husson (1) ! La question dépasse évidemment l’horizon national.

I – Avancer des positions théoriques conséquentes à gauche sur le respect de la nature.

1. QUELLE CROISSANCE ? QUELLE PRODUCTION ?

La gauche de gauche écologiste et socialiste (pas au sens de social-démocrate) pense qu’il faut sortir du dogme de la croissance infinie et de la production anarchique non pas pour tordre le bâton dans l’autre sens avec un dogme de la décroissance généralisée et du ne rien produire du tout mais en se posant des questions sur le contenu et les modalités de la production . Il y a toujours besoin de construire des écoles, des logements, des hôpitaux, et nombres de biens utiles. D’autres productions sont inutiles voire nuisibles. La production de voitures ne va pas baisser sans une politique sectorielle transitoire.

Pour avancer, il faut lier les deux questions celle du contenu et celle du mode de production : Si vous voulez construire moins de voitures, moins d’avions et plus de trains par exemple il faut, outre le changement d’imaginaire, surement changer le mode de production tellement les paramètres en jeux sont importants. On peut user de façon transitoire de certaines taxes pour interdire l’accès aux voitures mais cela ne portera que contre les moins solvables (qui sont nombreux) mais c’est un capitalisme dictatorial qui est alors en place ; clairement contre les intérêts du peuple. On s’en approche ceci dit. On peut aussi baisser beaucoup plus les tarifs de transport ferroviaire ce qui suppose une très forte réhabilitation des services publics et de la fiscalité pour les faire fonctionner. Même ainsi, cela ne résoudra pas toutes les questions.

En fait, il est fort peu probable que le mode de production capitaliste orienté vers a valeur d’échange et le profit sache aller vers cette orientation. Dépasser les régulations marginales suppose d’aller vers le socialisme et pour cela il faut mettre le politique et la démocratie au poste de commande, pas le marché et le capital même avec quelques régulations.

2. TOUS RICHES AU NORD ?

Faut-il faire ici la critique de l’empreinte écologique ou celle de son usage ? Si l’empreinte écologique est pertinente, il faut alors se garder d’une interprétation intégriste de cet outil d’analyse. En effet, à écouter certains écologistes, usant de l’empreinte écologique comme critère, la question de la répartition des richesses est mondiale et oppose le Nord surconsommateur au Sud insolvable. Pourtant disposer d’une automobile ne fait pas le riche dans le vécu ordinaire des travailleurs. Ce qui n’empêche pas qu’ une ville comme Londres a une empreinte écologique 120 fois supérieure à sa superficie . La répartition des richesses se pose aussi au Nord. Il faut continuer à défendre le bouclier social et fiscal des 3000 euros et moins par mois dans les pays comme la France. Cela n’empêche pas de vouloir une bonne répartition des revenus au plan mondial et un meilleur accès au services publics. Mieux, il y a tout lieu de penser que si l’égalité avance au Nord, la volonté de justice sociale grandira alors pour le Sud. Il faut enfin préciser aussi qu’il y a du nord au sud. Il y a dans de nombreux pays du sud une bourgeoisie compradores qui émarge à la mondialisation capitaliste et qui place ses fortunes en Suisse et dans les paradis fiscaux.

3. POUR UN DÉVELOPPEMENT SOCIALISTE SOUTENABLE

Le socialisme c’est la démocratisation de l’économie qui devient un moyen au lieu d’être une fin en soi, un fétiche au-dessus des humains. Le socialisme c’est Lire la suite

Le maire, acteur clé des enjeux énergétiques

localtis.info, Anne Lenormand, le 22 juin 2010

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?c=artJour&pagename=Localtis%2FartJour%2FartJour&cid=1250260023793

Le maire, acteur clé des enjeux énergétiques

Rénovation thermique des bâtiments, transports, urbanisme, chauffage urbain, déchets… : les politiques locales sont au coeur des enjeux de la sobriété énergétique et de la lutte contre le changement climatique. Un colloque organisé par l’Association des maires de France le 16 juin a fait le tour de ces questions en mettant en avant des expériences locales innovantes.

« On ne peut aménager une ville sans avoir en tête les questions de consommations d’énergie de nos bâtiments et de nos transports« , a lancé Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France (AMF), en introduisant le 16 juin à Paris un colloque sur le thème « Le maire et l’énergie : de la sobriété énergétique à la lutte contre les changements climatiques« . A l’occasion de cette rencontre, organisée par l’AMF avec le soutien de la Caisse des Dépôts, les élus ont pu présenter leurs actions en la matière et leurs attentes à l’égard de l’Etat au moment où le Grenelle de l’environnement entre dans sa phase de mise en œuvre.

Deux chiffres suffisent à résumer les enjeux et la puissance d’action des collectivités territoriales : elles gèrent près de 240 millions de mètres carrés de bâtiments et sont en lien direct avec 36 millions d’usagers potentiels des transports publics. Les émissions résultant directement de la gestion de leur patrimoine (flottes de véhicules, bâtiments publics, etc.) et de l’exercice de leurs compétences (transports, déchets, chauffage urbain, etc.) représenteraient plus de 12% du total des émissions de gaz à effet de serre en France. Autant dire qu’elles détiennent en grande partie les clés de la réussite des objectifs du Grenelle.

Rénovation thermique des bâtiments : le double défi technique et financier

Le projet de loi portant engagement national pour l’environnement (Grenelle 2) prévoit d’abord l’obligation de réaliser des travaux d’amélioration énergétique dans tous les bâtiments tertiaires entre 2012 et 2020. Un chantier colossal pour les communes qui disposent d’un patrimoine bâti important. Comme l’a souligné Pierre Jarlier, sénateur-maire de Saint-Flour et vice-président de l’AMF, en charge du groupe de travail collectivités du Plan Bâtiment Grenelle, le défi n’est pas seulement financier. Il passe aussi par des diagnostics solides. « Sans ingénierie territoriale, on ne pourra mettre en œuvre une politique efficace d’amélioration de la performance énergétique car on manque aujourd’hui de connaissances sur l’état du patrimoine et de professionnels qualifiés pour répondre aux questions des élus et des habitants dans ce domaine. »

Comme les investissements en matière d’économies d’énergie s’amortissent sur des périodes longues, il faut aussi réfléchir à de nouveaux modes de calcul. « Le Code des marchés publics va devoir évoluer car on ne peut pas continuer à faire des appels d’offres en prenant uniquement en compte les coûts d’investissement », a souligné Pierre Jarlier. Et de suggérer : « La notion de coût global devrait s’imposer de façon à Lire la suite

Les « SCoT-Grenelle » se mesurent à la maîtrise de la consommation d’espace

projetdeterritoire.com, Christopher de Laburthe, le 2 juillet 2010

http://www.projetdeterritoire.com/index.php/Espaces-thematiques/Gestion-de-l-espace/Actualites/Les-SCoT-Grenelle-se-mesurent-a-la-maitrise-de-la-consommation-d-espace

Les « SCoT-Grenelle » se mesurent à la maîtrise de la consommation d’espace

Le Ministère de l’Ecologie de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer a lancé en mars 2009, une démarche partenariale d’accompagnement de douze SCoT sur les thématiques mises en avant par le Grenelle de l’environnement : énergie, biodiversité, densification, gestion économe des espaces, déplacements. Baptisée « SCoT-Grenelle » cette démarche rassemble également les acteurs des SCoT lors de deux rencontres annuelles pour débattre des thématiques retenues. Les actes de la première journée d’échanges du 30 septembre 2009 consacrés à « la maîtrise et la mesure de la consommation d’espace dans les SCoT » viennent d’être publiés par le MEEDDM.

Dans le préambule des actes, Jean-Marc Michel, le Directeur général de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN), insiste sur la place du SCoT comme pièce maîtresse dans l’échiquier des stratégies de lutte contre les consommations d’espaces pour l’urbanisme et met en avant sa place essentielle dans la nécessaire mise en œuvre d’une «densification acceptée des territoires ».

Consommation foncière. La première partie des actes débute par la restitution d’une étude du CETE qui fait un état de l’art sur les méthodes de suivi des consommations de l’espace, et se poursuit avec des échanges des participants qui, tous, insistent sur la difficulté d’identifier et d’accéder à des sources de données simples et fiables en matière de consommation foncière. Partant du constat alarmant d’une urbanisation annuelle de 75 000 hectares, les intervenants de la table ronde se sont employés à identifier les enjeux et les armes dont disposent, ou non, les SCoT en la matière. Toutes les interventions des représentant de ministères ou des têtes de réseaux impliqués dans les thématiques Grenelle (FNAU, GART, FNSAFER, Ministères de l’agriculture, de l’environnement) ont insisté sur le rôle de pivot du SCoT dans la mise en œuvre des différentes facettes du Grenelle. A ce titre le représentant des agences d’urbanisme a particulièrement insisté sur l’importance de l’émergence d’un portage politique des orientations du SCoT afin d’asseoir sa mise en œuvre locale. Les acteurs des transports et de l’agriculture ont également rappelé la nécessaire articulation des réflexions thématiques trop souvent cloisonnées ainsi que la nécessité de donner une visibilité aux acteurs économiques, particulièrement à la profession agricole. L’attention des acteurs des SCoT a été spécialement attiré sur l’enjeu important de la prise en compte de la biodiversité tant en termes de méthodes de travail, de compétences, d’investissements nécessaires – notamment à l’identification des trames vertes et bleues- que sur la complexité du traitement de la biodiversité ordinaire.

SCoT Grenelle. La seconde partie de la publication est consacrée à la restitution du tour d’horizon des «SCoT –Grenelle» suivis par le CERTU puis à une série de retours d’expériences de SCoT « pionniers » approuvés.

Du suivi des « SCoT –Grenelle », il ressort plusieurs traits saillants. Parmi ceux-ci on peut noter celui d’une très forte hétérogénéité tant en termes de périmètre (de 12 à 465 communes) que de structure porteuse ou de moyens techniques et humains. Le CERTU a également relevé la difficulté générale à cerner la thématique de l’étalement urbain et à envisager des outils de mesure. A ce titre l’ensemble des maîtres d’ouvrage sont en attente de Lire la suite

L’écorésistance ?

voie-militante.com, Virginie, le 29 juillet 2010, Catégorie: Environnement

http://www.voie-militante.com/politique/environnement/lecoresistance/

L’écorésistance ?

L’écologie en aura fait des déçus tout au long de son histoire… l’attrape couillons qu’est – ou plutôt qu’a été – Europe Ecologie en est le dernier exemple, significatif !

Mais est-ce utile de s’apitoyer sur son sort ? Non ! Mieux vaut agir ou réagir !

Michel TARRIER, écologue et écosophe, notamment reconnu pour ses publications en tant qu’entomologiste, a ainsi poussé un cri d’alerte et a créé le groupe ECORESISTANCE !
Si cela vous intéresse, vous pouvez le rejoindre sur Facebook en cliquant ici.

Voici son argumentaire, tiré d’un article paru sur l’excellent site notre-planete.info et dont je ne partage pas l’intégralité des propos mais que je mets simplement à votre disposition :

Causes de cette prise de position

L’écocitoyen français est aujourd’hui plus que perplexe, dubitatif et écœuré. Au moins trois évènements, vécus comme d’irréparables désillusions ou outrages, ont fait de lui un insurgé.

1.- Le formidable dîner de cons qu’a constitué la mascarade du Grenelle de l’environnement ; On sait maintenant de quoi il s’agissait et où nous en sommes…

2.- L’impensable déception qui résulta de l’échec du Sommet de Copenhague dont le battage préalable, du type ultimatum, allait jusqu’à l’envisager comme une opération de dernière chance pour sauver la planète ; Depuis : rien, et les lanceurs de la méga alarme sont passés à autre chose ! Ne s’agissait-il donc qu’un effet d’annonce tout autant hyperbolique que gratuit  à l’échelle mondiale ?

3.- La création, sous l’impulsion de Claude Allègre, d’une fondation intitulée  « Écologie d’avenir », qui serait indûment hébergée par l’Institut de France (rien que ça !), rassemblant un cartel de grands prédateurs que sont des leaders mondiaux de la finance, d’industries de luxe, de l’énergie, de la chimie, de l’agroalimentaire, etc. (Alstom, EDF, Limagrain, Axa, groupe LVMH avec Moët & Chandon, Louis Vuitton, Christian Dior et autres marques prestigieuses…). « Même si l’homme casse et dégrade, la science peut toujours réparer. », tel est l’inacceptable précepte de C. Allègre.

En conséquence :

L’écologie comme confessionnal du consumérisme, ou pire comme caution verte du capitalisme, y’en a un peu-beaucoup marre !

La charte

Il s’agit tant d’entrer en dissidence qu’en résistance afin de pouvoir retrouver les marques principielles d’une écologie-sagesse, d’une écologie contre-culture, d’une écologie-conscience, tout à l’opposé de ce qu’est devenue l’écologie dévoyée, c’est à dire un Lire la suite

Comité interministériel du développement durable : Les ministres planchent sur une croissance verte adaptée à la crise

lesechos.fr, Julie Chauveau, le 27 juillet

http://www.lesechos.fr/info/energie/020682617442-les-ministres-planchent-sur-une-croissance-verte-adaptee-a-la-crise.htm

Les ministres planchent sur une croissance verte adaptée à la crise

Le Comité interministériel du développement durable se réunit aujourd’hui. Il doit adopter un texte dont « Les Echos » ont eu copie, résumant la stratégie française d’ici à 2013. La prise en compte des déficits publics est mise en avant.

Le symbole fera sourire les défenseurs de l’environnement. Aujourd’hui, doit se tenir la réunion du Comité interministériel du développement durable (CIDD) sous l’égide de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, et du Développement durable. En 2003 et en 2007, les deux premières réunions de ce comité avaient été présidées par le Premier ministre afin d’adopter la stratégie nationale de développement pour les années à venir. Doit-on y voir un symbole du fait que ce sujet est passé au second rang des préoccupations du gouvernement à la faveur de la crise économique et de l’échec des négociations sur le changement climatique à Copenhague ? Une chose est sûre, le titre du document sur la future stratégie nationale du développement durable, sur laquelle doivent se pencher les ministres et les secrétaires d’Etat aujourd’hui et dont « Les Echos » ont eu copie, est dans l’air du temps : « Vers une économie verte et équitable ».

Lors du sommet de la Terre à Rio en 1992, les gouvernements avaient pris l’engagement d’adopter des stratégies nationales de développement durable. Alors qu’on prépare déjà en coulisse les vingt ans de cet événement qui devrait être célébré en grande pompe dans la capitale Brésilienne en 2012, ce texte d’une quarantaine de pages porte sur la période 2010-2013. Trois ans après le démarrage des débats du Grenelle de l’environnement, il en reprend les principaux objectifs… tout en insistant sur la nécessité de prendre en compte la crise économique et la détérioration des finances publiques. « La stratégie doit à l’évidence inclure la question de la soutenabilité des finances publiques. […] Elle doit s’interdire toute dépense nouvelle qui ne correspondrait pas à un investissement profitable aux générations futures », peut-on lire dans l’introduction, qui précise que cette préoccupation a « sous-tendu » toute l’élaboration de la démarche. Mais si chacun des neuf défis proposés sont assortis d’indicateurs le plus précis possible afin d’en suivre l’application, aucun détail n’est donné sur la manière dont les investissements nécessaire à la réalisation des objectifs seront financés.

Un contenu social enrichi

Pour les profanes, la principale surprise vient du fait que le changement climatique n’est pas le premier mais le Lire la suite

Entretien avec Dominique Bourg : Démocratie, le défi écologique

scienceshumaines.com, Article de la rubrique « Les pensées vertes », Grands Dossiers N° 19, – juin-juillet-août 2010

Entretien avec Dominique Bourg : Démocratie, le défi écologique

http://www.scienceshumaines.com/articleprint2.php?lg=fr&id_article=25631

Démocratie participative et démocratie délibérative sont les deux pistes à explorer pour enrichir la démocratie représentative et se donner les moyens de répondre aux enjeux environnementaux qui se présentent à nous.

Née dans les années 1970, l’écologie politique a jusqu’à présent peu pesé dans les grandes démocraties, dans lesquelles semblent primer les intérêts de court terme et la satisfaction des besoins individuels. Le mariage entre écologie et démocratie serait-il difficile à réaliser ?

Il est vrai qu’il existe une certaine incompatibilité entre l’écologie et nos démocraties représentatives telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui. J’y vois deux raisons.

D’une part, le mécanisme même de la représentation : nos élus doivent régulièrement rendre des comptes aux électeurs, élevés en juges ultimes de leur action. Ils s’adressent alors à la conscience spontanée de chaque citoyen : chacun de nous est considéré comme le meilleur juge de sa situation, en termes de souffrance sociale, de sentiment de bien-être, de satisfaction économique. Or les questions d’environnement sont inaccessibles aux sens, à la « conscience spontanée » du citoyen. Ce dernier perçoit la météo du jour mais il est insensible aux variations de la moyenne des températures sur une longue durée, ou au phénomène de raréfaction globale des ressources. Il est donc difficile de prendre en compte les enjeux environnementaux dans le fonctionnement électoral : ils sont trop abstraits et éloignés.

D’autre part, il y a un problème de fins. Le gouvernement représentatif, tel qu’il est notamment apparu à la fin du XVIIIe siècle dans les écrits d’auteurs modernes tels que Benjamin Constant, est censé limiter l’intervention de la sphère publique et protéger les droits des individus (encadré ci-dessous). Pour les Modernes, le gouvernement a plutôt pour fonction de contribuer à la maximisation des intérêts individuels et de faciliter le commerce entre les nations. Cette conception très individualiste et économiciste était pertinente dans un monde où la croissance de la production et de la consommation n’avait pas de limites perceptibles. Elle est aujourd’hui inadaptée à un monde de ressources limitées et d’équilibres écologiques menacés par les activités humaines…

Cela signifie-t-il que l’écologie aurait besoin d’un cadre autoritaire minimal, d’une « dictature bienveillante » ? Hans Jonas propose par exemple la création d’un Conseil de sages, non tributaires des élections, pour s’assurer que nos choix politiques ne mettent pas en péril les générations futures…

H. Jonas a effectivement prôné l’instauration d’une « tyrannie bienveillante et bien informée ». Il s’agirait de refonder le « Conseil nocturne » imaginé par Platon, agissant dans le secret, sans aucune forme de contrôle et indépendamment des contraintes électorales. On construirait ainsi une Lire la suite

A qui profite la construction de nouvelles autoroutes ?

rue89.com, David Servenay, le 24 juillet 2010

http://www.rue89.com/explicateur/2010/07/24/a-qui-profite-la-construction-de-nouvelles-autoroutes-159791

A qui profite la construction de nouvelles autoroutes ?

Anti-Grenelle selon les associations, « indispensable » pour Borloo, le projet devrait bénéficier aux sociétés privées.

Trois ans après le Grenelle de l’environnement, le ministère de l’Ecologie vient de publier son Schéma national des infrastructures de transport (SNIT). Ce document prospectif prévoit de construire 879 kilomètres d’autoroutes supplémentaires. Un vrai reniement pour les associations écologistes, une « révolution » pour Jean-Louis Borloo.

1. Le SNIT remet-il en cause les engagements du Grenelle de l’environnement ?

« La priorité ne sera plus au rattrapage routier, mais au rattrapage des autres modes de transport. »

Octobre 2007, la promesse de Nicolas Sarkozy ravit les protagonistes du Grenelle de l’environnement qui s’achève. Fini le « tout-routier » dominant, car compte-tenu de sa position géographique en Europe, la France est un pays suréquipé :

11 042 kilomètres d’autoroutes,

20 000 kilomètres de nationales,

377 984 kilomètres de départementales,

630 000 kilomètres de routes communales et de rues.

La promesse du président de la République sonne donc le glas du tout-puissant lobby routier qui, associé aux constructeurs automobiles, a façonné la politique d’aménagement du territoire durant les Trente glorieuses.

Pour les associations écologistes, les dix-neuf projets prévus au SNIT pour les vingt ans à venir constituent donc un virage à 180 degrés. Sans remettre à l’ordre du jour de nouveaux grands axes, ces projets sont parfois conséquents : 80 km entre Langres et Vesoul, 160 km pour la route Centre Europe-Atlantique… Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, l’a dénoncé sur le blog Reporterre :

« Alors que le Grenelle énonçait un certain nombre de principes assez flous, le ministre adopte, a contrario, un vaste programme autoroutier qui marque le grand retour de l’Etat pollueur et décomplexé !

La croissance verte de Borloo ressemble à s’y méprendre à Lire la suite

Vers la décroissance : quelles actions ? Essai de classification

apeas.fr, Christian Araud, auteur dans la revue Entropia, le  20 juillet 2010

http://www.apeas.fr/Vers-la-decroissance-quelles.html

Vers la décroissance : quelles actions ? Essai de classification

Face à la crise climatique et à la fin du pétrole bon marché, toute personne convaincue qu’on va « dans le mur » à belle allure peut se poser la question concrète suivante : « Que faire pour ralentir, éviter l’obstacle, ou amortir le choc ? »

Une réponse typique se trouve dans le livre de Matthew Stein [1] dont le sous-titre est très explicite : A Manual for Self-Reliance, Sustainability, and Surviving the Long Emergency (un manuel pour l’autonomie durable et la survie pendant la longue situation d’urgence). Dans ce manuel de savoir-survivre à l’usage des nouvelles générations, l’auteur énonce à la fin de son ouvrage quelques actions, individuelles ou collectives, pour participer au changement nécessaire :

– conservation, recyclage,

– action collective,

– acheter local,

– diète adaptée,

– action politique,

– restructurer les affaires,

– remplacer les ampoules électriques,

– choisir une automobile peu consommatrice,

– aller en bicyclette, prendre le train, covoiturage,

– réduire le chauffage et la climatisation de l’habitat,

– installer des systèmes d’énergie renouvelable chez soi,

– développer ses capacités personnelles d’autonomie,

– participer à des communautés autonomes.

Cette liste est sans doute assez représentative de ce qui s’énonce dans les articles consacrés à ce qu’il faudrait faire pour répondre aux défis posés par le changement climatique. En fait, c’est un peu un inventaire à la Prévert. Il est indéniable que chacune des pistes proposées, si elle était mis en œuvre, serait « bénéfique pour la planète » en utilisant un cliché courant chez les chantres du « développement durable ».

Nous ne sommes pas dans une réflexion « compréhensive » sur la décroissance, tout en ayant une série d’indications concrètes sur ce qui serait « utile » de faire pratiquement pour traduire dans la réalité quelques-unes des idées des objecteurs de croissance. Par ailleurs du point de vue de la personne « active » (ou voulant le devenir), cette liste est fondamentalement hétéroclite.

Dans une première tentative de classification, en me plaçant sur un plan plus descriptif que philosophique, avec une approche résolument pragmatique, je distinguerais volontiers quatre niveaux, de plus en plus éloignés de « l’acteur » et donc embrassant un champ de plus en plus vaste.

Ces niveaux sont :

L’action personnelle et immédiate dont on est le seul maître, compatible avec l’environnement général, la société dans laquelle on vit, mais néanmoins Lire la suite

Le « Bristol Peak Oil Report » : Préparer l’après pétrole

decroissance.blog.lemonde.fr, Thierry Caminel, Ingénieur, le 12 juin 2010

http://decroissance.blog.lemonde.fr/

Notes sur le “Bristol Peak Oil Report”

Le « Bristol Peak Oil Report »

Note de lecture

Saviez-vous qu’on anticipe des émeutes de la faim, en ce début du 21 ° siècle, dans la 6e économie mondiale, et que des villes importantes estiment que les crises énergétiques à venir auront des conséquences locales majeures, et s’y préparent ?

Cette note présente le « Bristol Peal Oil Report » [1],  un document officiel d’une ville anglaise de 430.000 habitants publié récemment.  Après une exposition du contexte de ce rapport,  son contenu est présenté sommairement, et l’on essaie ensuite de montrer les profondes différences d’appréciation de la situation énergétique mondiale entre le France et l’Angleterre.

Contexte

Anciens exportateurs d’hydrocarbures, les Britanniques voient leurs champs de pétrole et de gaz de la mer du Nord décliner depuis 10 ans. L’information concernant l’état des réserves de pétroles mondiales est largement relayée par la presse, alimentant le débat public, renforçant la lutte contre le réchauffement climatique

Au plus haut niveau sont écrits des rapports sur le ‘peak oil’ et ces possibles conséquences économiques et sociales [2]. Les Anglais investissent par ailleurs massivement dans des sources d’énergie non fossile (éolien offshore, nucléaire,…), dans les transports collectifs et vélos, etc. Ils ont introduit une taxe carbone, et prennent en compte le carbone contenu dans la commande publique.

Au niveau local se met en place un réseau de ‘villes en transition’ [3], regroupant plus d’un millier de villes, quartier ou district, destinés à renforcer la résilience de ces communautés, c’est-à-dire leur capacité à résister à un choc externe. Certaines sont de véritables laboratoires,  expérimentant des monnaies complémentaires, des cartes de rationnement ou de nouvelles techniques agricoles.

Bristol s’inscrit dans ce mouvement de ville en transition. La taille de la ville, son importance économique et la qualité de son rapport en font un bon exemple de ce qui se passe outre-Manche et du niveau de prise de conscience des problématiques énergétiques.

« Peak oil Report – Building a positive future for Bristol after Peak Oil »

Ce rapport de 100 pages, publié il y a quelques mois par le conseil municipal de Bristol, commence par expliquer en quoi le pétrole est important, et les raisons qui font qu’il va devenir de plus en plus rare et cher. Il cite les études de l’Agence Internationale de l’Énergie [4], des agences nationales, de Total, Shell ou Aramco, explique qu’il n’y pas d’alternative au pétrole disponible suffisamment rapidement, et rappelle le lien avec le réchauffement climatique.

Le rapport synthétise ensuite les vulnérabilités de Bristol au Peak Oil, telles que Lire la suite

Education nationale : La géographie, l’écologie, l’esprit critique et… les nouveaux programmes

lemonde.fr  (Point de vue), Aurélien Dupouey-Delezay, professeur d’histoire et géographie, le 13 juillet 2010

La géographie, l’écologie, l’esprit critique et… les nouveaux programmes

Certaines personnes se piquent d’esprit critique. On ne saurait trop s’en réjouir ; à condition pourtant de se souvenir que « de tous les animaux l’homme a le plus de pente à se porter dedans l’excès ». Eh oui ! Il est même possible de pécher par excès de vertu.

Ainsi, un esprit critique poussé à outrance peut facilement devenir borné : on tombe alors dans une attitude facile qui consiste à regarder de haut, avec condescendance et même dédain, tout ce qui est « à la mode », tout ce que transmettent « les médias », et plus généralement tout ce que le monde tient pour acquis. L’esprit critique oublie, paradoxalement, de faire son propre examen critique : il devient alors bien plus (ou bien moins) qu’un doute méthodique et raisonné : on affiche face à toute affirmation un scepticisme de principe d’autant plus fort qu’elle est davantage présentée comme une certitude.

Une telle attitude garantit le succès de celui qui l’adopte, car qui se démarque tend toujours à briller par sa différence si celle-ci se fonde sur un principe universellement reconnu comme positif. L’impression de ne pas tomber dans les mêmes pièges que le vulgaire fait le reste : c’est ainsi que l’on assiste, par exemple, au succès populaire de L’imposture climatique, de Claude Allègre, alors même que le livre se fonde sur de nombreuses approximations ou erreurs.

Mais ce genre de scepticisme ne se rencontre pas que parmi les géologues. Depuis plusieurs années, un certain nombre de géographes semble également s’être lancé sur cette voie.

Pour illustrer ce phénomène, l’application qui semble devoir être faite des nouveaux programmes de géographie en classe de seconde est éclairante. Précisons tout d’abord que le programme en lui-même semblait aller dans la bonne direction. Intitulé Sociétés et développement durable, il était certainement critiquable : qu’est-ce que le « développement durable » ? Est-ce un concept véritablement pertinent ? Dans quelle mesure un développement peut-il être durable ? Mais enfin, il avait au moins le mérite de se saisir de l’enjeu écologique, un des plus fondamentaux de notre temps.

Un programme n’est rien cependant à côté de la manière dont il est mis en œuvre. Face à la nécessité de traiter dès la rentrée prochaine des thèmes qu’ils n’auront encore jamais travaillés, les enseignants vont naturellement se ruer sur les spécimens des manuels qui ont déjà commencé à sortir, ainsi que sur leurs inséparables « livres du professeur ». Bien sûr, ils ne sont pas tous parus, et il est donc un peu tôt pour se faire une idée. On peut toutefois commencer avec les premiers.

Ainsi, prenons le Magnard. Le « livre du professeur » s’ouvre sur un interview d’Yvette Veyret, géographe spécialiste du développement durable, par Jacqueline Jalta, de l’équipe de coordination du manuel. On peut remarquer que nous sommes entre amis, les deux géographes ayant déjà travaillé ensemble. Mais c’est surtout le fond qui interpelle : on nous invite ainsi, au nom de l’esprit critique bien évidemment, à « ne pas faire du développement durable un dogme », à bannir les « solutions clés en main », à « éviter le catastrophisme », les discours « passéistes » et une « vision rousseauiste de la nature ». On vante la qualité de la vie en ville ; on qualifie d’inutiles, voire de néfastes, les « parcs et autres réserves » d’Afrique et de Madagascar ; on parle avec dédain des « ONG protectrices du panda ou de l’éléphant ». La ligne directrice est clairement posée.

Le manuel lui-même, le livre donc que nos élèves sont destinés à tenir en main, ne la trahit pas. La dernière « question en débat », par exemple, se demande si le réchauffement du climat constitue Lire la suite

Décroissance ou développement durable ? – Pour le bonheur national brut !

actualites.ca.msn.com, Éric Darier, Directeur de Greenpeace au Québec, le 2 juillet 2010

Décroissance ou développement durable ?

Pour le bonheur national brut !

Les symptômes de la crise économique actuelle (forte fluctuation de la bourse et des devises, instabilité des prix des matières premières, montée du chômage, déficits publics, actifs toxiques dans les institutions bancaires, endettement accrus des ménages, etc.) révèlent un malaise plus profond.

Même la relative reprise économique dans certains endroits comme au Québec ne doit pas être interprétée comme étant la fin de la crise pour autant. Derrière l’instabilité économique se cache une crise bien plus grave qui risque de faire empirer à terme… l’économie. Je veux parler notamment de l’effondrement de la biodiversité et des changements climatiques aux conséquences extrêmes et imprévisibles. Bref, on parle ici d’une crise écologique planétaire qui rend la survie de l’humanité plus incertaine. Vue de cette perspective, la crise économique n’est que le symptôme… de la crise écologique.

Croissance perverse

L’orthodoxie de la croissance illimitée se base un mode de calculs pervers. Par exemple, un accident sur la route va générer des dépenses en services d’urgence, en soin de santé, en réparation, etc. Toutes ces dépenses seront comptabilisées dans les indicateurs d’activités économiques additionnelles et positives alors qu’on devrait les comptabiliser comme une activité… négative.

Même chose, lorsqu’on coupe une forêt intacte, l’économie conventionnelle comptabilisera la vente du bois et les coûts d’extraction comme un plus dans l’activité économique. Nulle part ne sera comptabilisée la perte nette des services écologiques que nous fournissait gratuitement, et jusqu’alors, cette forêt intacte comme la filtration de l’eau et de l’air, la capture du CO2, un milieu de vie pour de nombreuses espèces, un paysage, etc.

Bref, l’orthodoxie de la croissance illimitée dans un contexte de finitude écologique n’est pas durable. Voilà la source fondamentale de la crise actuelle. Ne pas vouloir le reconnaître et faire comme si elle n’existait pas ne fera que retarder et rendre encore plus difficile notre adaptation collective à cette nouvelle réalité.

Le pire est que nous connaissons ce problème depuis longtemps. Déjà dans les années 1970, un groupe d’experts (le Club de Rome) avait, en vain, tiré la sonnette d’alarme dans leur livre sur les limites à la croissance : Halte à la croissance. Aurait-on perdu une génération à la course à la croissance illimitée?

Décroissance ou développement durable ?

Le concept de « développement durable », adopté en 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio, représentait, à l’époque, une prise de conscience internationale sur les limites de la croissance illimitée sur une planète aux ressources, elles limitées. Le problème est que le terme de « développement durable » qui signifie un développement des activités humaines qui soit écologiquement et socialement durable, s’est retrouvé perverti avec le temps par les partisans de la croissance illimitée. En effet, pour ces derniers, l’expression « développement durable » signifie pour eux que la croissance (développement!) est durable, c’est-à-dire illimitée!

C’est pour cela que bon nombre d’écologistes actuels sont de plus en plus critiques par rapport au concept de « développement durable » et à juste titre!

Il existe actuellement un foisonnement de critiques notamment regroupé autour de la « décroissance » qui Lire la suite

« Le Monde émergent (tome 1) », sous la direction d’Yves Charles Zarka : pour une philosophie de l’écologie

lemonde.fr, Roger-Pol Droit, le 7 juillet 2010

« Le Monde émergent (tome 1) », sous la direction d’Yves Charles Zarka : pour une philosophie de l’écologie

Nous sommes en train de changer de monde. Sans l’avoir voulu, sans le comprendre encore clairement. Sans le penser encore à la hauteur qui convient. Telles sont les convictions de départ qui ont donné naissance à un vaste programme de recherche du CNRS, en collaboration avec l’université Paris-Descartes (Sorbonne). L’objectif est pour le moins ambitieux : dresser un premier état des lieux de toutes les dimensions de la crise écologique dont la planète commence à prendre conscience.

Il ne s’agit pas seulement, on s’en doute, du réchauffement climatique, mais aussi de la fin des ressources énergétiques, des modifications de la biodiversité, de l’interdépendance entre les activités humaines et les équilibres du globe. Sans oublier les multiples mutations de nos comportements, de nos gestes quotidiens aussi bien que de nos horizons politiques. Ce « monde émergent » soulève donc quantité de questions économiques, sociales, politiques, que des problématiques philosophiques nouvelles doivent aborder.

Il ne faudra pas moins de trois volumes pour embrasser les lignes de force et les perspectives de ces changements en cours. Maître d’œuvre de cet ensemble original, le philosophe Yves Charles Zarka, qui dirige notamment la revue Cités, réunit dans ce premier tome onze contributions d’économistes, géographes, sociologues, juristes et philosophes.

Ces études portent sur les problèmes cruciaux qui se posent à présent dans l’espace social et politique. L’urgence écologique et le politique, les nouveaux territoires urbains, les cycles de vie des produits, la diversité des cultures et l’universalité de l’environnement, l’Europe et le développement durable figurent parmi les thèmes retenus.

Si la diversité des analyses et des objets d’étude interdit tout résumé laconique de l’ensemble, il saute aux yeux que ce livre devrait devenir une référence importante pour ceux que préoccupe le renouvellement de la réflexion qu’exige le basculement du monde. Car l’intérêt de ce vaste projet, on l’aura compris, n’est pas de proposer une prospective de plus, mais bien de contribuer à poser les questions de fond.

C’est pourquoi il s’intéresse notamment à l’impact politique des changements d’attitude envers la consommation et la production, et demande, par exemple, comment le passage à une société différente est possible sans détruire la démocratie.

Réflexion interdisciplinaire

Après ce volume consacré aux « Lieux », doivent paraître dans les mois à venir un volume sur les « Défis » et un troisième intitulé « Dénouement ». Outre cette trilogie collective, la collection Emergences, que ce volume inaugure, doit également accueillir un Manifeste sur l’urgence du Lire la suite

Peut-on s’en sortir dans le cadre d’un capitalisme réformé ?

pressegauche.org, Jean Gadrey, le 6 juillet 2010

Peut-on s’en sortir dans le cadre d’un capitalisme réformé ?

La crise actuelle, ainsi que la montée des périls écologiques (composante de cette crise), renforcent les doutes sur la possibilité de concilier capitalisme et société solidaire et soutenable, ou développement humain durable.

Je n’ai pas de réponse ferme et définitive à cette redoutable question. Il me semble quand même que la crise actuelle, ainsi que la montée des périls écologiques (composante de cette crise), renforcent les doutes sur la possibilité de concilier capitalisme et société solidaire et soutenable, ou développement humain durable.

Voici neuf caractéristiques structurelles du capitalisme qui font douter de sa capacité à nous sortir de la zone des tempêtes à répétition. Sans doute chacune d’entre elles n’est-elle pas décisive. Mais leur ensemble l’est peut-être plus.

1. Le capitalisme s’est historiquement développé sur la base (entre autres) de la destruction et de la privatisation de biens naturels « communs » (en propriété commune : terres, forêts…), aussi bien au centre que dans la périphérie colonisée ou dominée. Ces expropriations/privatisations ont d’ailleurs beaucoup contribué à la « mise au travail salarié ». Et cela continue allègrement aujourd’hui. Or on ne voit pas comment on pourra sortir de la crise écologique sans reprendre le contrôle collectif, ou « communal », ou coopératif de ces biens communs privatisés : la terre, les sources d’énergie, l’eau, les forêts, etc. Il faut y ajouter aujourd’hui le climat et la maîtrise de son changement. Pour l’instant, les acteurs dominants du capitalisme résistent puissamment à toute maîtrise collective des risques écologiques majeurs où ils nous ont entrainés.

2. Les dirigeants politiques libéraux ont offert sur un plateau au capital financier le pouvoir de contrôler la monnaie et le crédit, qui sont ou devraient être eux aussi des biens communs, et de créer tous les outils d’une spéculation permanente sur tout. On ne s’en sortira pas sans remettre les pouvoirs financiers à des pôles publics ou coopératifs débarrassés de la pression des actionnaires. Mais enlever au capitalisme les possibilités de la spéculation monétaire et financière, les paradis fiscaux reconnus ou de fait (comme la City), c’est le priver d’une de ses sources majeures de profit et de domination. Aux Etats-Unis, la part des banques dans les profits des entreprises est passée de 10 % en 1980 à 40 % en 2007 !

3. Le capitalisme ne cesse par ailleurs de s’en prendre aux biens communs sociaux que sont le droit du travail, la protection sociale et d’autres droits humains, les services publics, etc. et il est souvent parvenu à les faire régresser depuis les années 1980. S’agissant du travail, toute perspective de société soutenable passe par la promotion du travail décent partout. Le travail indécent est probablement la principale source de profit des multinationales (dumping social). Mais il est devenu aussi, dans les pays dits développés, sous la forme du travail précaire et des petits boulots, sous la forme de la pression à la baisse de la part de la valeur ajoutée revenant aux salaires, sous la forme de l’intensification du travail, un mode d’emploi hautement profitable que les entreprises revendiquent comme une nécessité pour leur « compétitivité ». 4. Le capitalisme global s’est développé sur le terreau d’inégalités sociales mondiales (prenant la forme du colonialisme puis du néocolonialisme : voir le film « La fin de la pauvreté ») qu’il a eu tendance à renforcer depuis trente ans et dont il tire une large part de ses profits. Or on ne résoudra pas la crise écologique sans les réduire fortement. Voir par exemple mon post du 3 septembre 2008.

5. Le capitalisme a besoin de susciter sans cesse des désirs de possession de marchandises en faisant passer le futile pour l’utile et les pulsions pour des besoins, en poussant au renouvellement rapide des achats. C’est pour cela qu’il dépense 500 milliards de dollars par an en publicité et sponsoring. Cette course mortelle devra cesser pour qu’on sorte des crises. Il faudra quitter la voie de la croissance quantitative et s’orienter vers une « prospérité sans croissance ». Je ne développe pas cette hypothèse, j’en ai souvent parlé.

6. Le capitalisme résiste férocement à Lire la suite

« Philosophie et écologie », ouvrage de Anne Dalsuet chez Gallimard

nonfiction.fr, Manola ANTONIOLI, le 1er juillet 2010

« Philosophie et écologie », ouvrage de Anne Dalsuet chez Gallimard

Résumé : Un ouvrage qui présente à un vaste public les enjeux éthiques et philosophiques des questions environnementales.

Dans un contexte planétaire marqué par le dérèglement climatique, la disparition de la biodiversité, les grandes catastrophes environnementales et la perspective de l’épuisement des ressources énergétiques, on commence à voir apparaître, depuis une quarantaine d’années, un vaste renouvellement conceptuel axé sur les multiples dimensions de l’urgence écologique. Dans le domaine philosophique, le souci de l’environnement dépasse largement les acquis de la science écologique et vise à repenser radicalement les échanges entre la nature, la culture et la technique, à poser un nouveau regard sur les environnements naturels, les environnements sociaux et les environnements techniques contemporains, au-delà de l’ambition exclusive de maîtrise et de domination de la nature qui s’est imposée en Occident au moins depuis la modernité. La réflexion philosophique peut proposer une alternative à l’approche dominante et purement technocratique des problèmes environnementaux et aider à concevoir une vision plus authentiquement démocratique des rapports entre les sociétés humaines et les environnements naturels. L’ouvrage d’Anne Dalsuet, qui a été conçu pour les classes de terminale mais qui s’adresse visiblement à un public plus large, constitue une excellente introduction à ce nouveau champ de la réflexion philosophique, notamment grâce aux analyses consacrées aux approches théoriques d’auteurs étrangers dont la pensée et les travaux ont été longtemps ignorés en France.

La nature en crise

L’ouverture de l’ouvrage (structuré selon six grandes « perspectives ») vise à définir les caractéristiques de la crise écologique contemporaine qui ne fait que traduire une crise plus profonde. S’appuyant sur l’excellent ouvrage d’Isabelle Stengers intitulé Au temps des catastrophes, résister à la barbarie qui vient  , Anne Dalsuet affirme en effet dès le début de sa réflexion que la crise écologique ne demande pas seulement des réponses scientifiques ou techniques (dans l’esprit du « Grenelle de l’environnement », du « développement durable » ou de la « croissance verte »), puisqu’elle implique également une crise morale, métaphysique, sociale et politique, dont il faudra constater l’ampleur et la gravité. Dans cette perspective, nous n’avons plus affaire à des problèmes isolés, puisque les catastrophes environnementales entraînent toujours des effets en cascade sur tous les êtres vivants et notamment « sur la manière même dont les hommes pourront “habiter” cette Terre, s’y nourrir, y travailler, s’y loger, s’y déplacer, s’y gouverner » (p. 8). Les limites de la planète et de ses ressources nous imposent désormais de repenser le rapport de l’homme à la technique : recourir au catastrophisme ou à la déploration mélancolique d’une nature perdue sont deux postures insuffisantes et politiquement dangereuses, qui nous empêchent de comprendre la portée authentiquement politique des questions environnementales.

Cette dimension essentielle du problème écologique est très présente dans les pages des « bilans » qui concluent le livre, où l’auteure interroge les perspectives d’une écologie politique, à la suite de Bruno Latour et de ses Politiques de la nature  . Les analyses de Latour, qui s’efforcent de modifier les termes classiques du débat en renouant différemment les liens entre sciences et politiques, sont ainsi définies « capitales, Lire la suite

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

lemonde.fr, Rémi Barroux, le 28 juin 2010

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

« Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi » a fait valoir le directeur international de Greenpeace lors du congrès international des syndicats à Vancouver.

Vancouver

Le syndicalisme international veut faire de la croissance verte un de ses combats. C’est le message fort du congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI), qui s’est achevé vendredi 25 juin à Vancouver (Canada).

Manifestation la plus visible de cette évolution : le directeur international de Greenpeace, le Sud-Africain Kumi Naidoo, était présent au même titre que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ou celui du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. « La CSI oeuvrera pour un travail décent dans le cadre d’une économie verte« , a déclaré l’Australienne Sharan Burrow, la nouvelle secrétaire générale de l’organisation, élue vendredi, en remplacement du Britannique Guy Rider. La CSI regroupe 311 organisations de travailleurs représentant 168 millions de membres dans 155 pays et territoires.

Le rapprochement entre les syndicats et le mouvement écologiste est récent. Chaque partie souligne les efforts mutuels qui ont été accomplis. « Les mouvements comme Greenpeace reconnaissent dorénavant que nos préoccupations en matière d’emplois et de salaires sont légitimes, explique Guy Rider. Il y a cinq ans, ils refusaient de nous entendre au motif que l’environnement devait être défendu quel qu’en soit le prix. »

Les écologistes assument cette mutation. « Pour ma part, j’ai toujours pensé qu’il fallait rapprocher les points de vue, malgré les tensions. Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi », fait valoir Kumi Naidoo. Greenpeace se bat pour l’abandon des énergies fossiles et prône la transition vers des sources d’énergies renouvelables sans oublier désormais de mettre en avant les emplois qui seront créés. Dans la dernière version, publiée en juin, de son document de référence sur la « révolution énergétique », l’Organisation non gouvernementale estime que d’ici à 2030, 12 millions d’emplois « verts » peuvent être créés.

Côté syndical, l’optimisme reste tempéré. « Dans les Asturies, les mines de charbon employaient 45 000 personnes. Aujourd’hui, il ne reste que 6 500 mineurs et nous n’avons pas trouvé d’activité de remplacement », constate Javier Doz, des Commissions ouvrières, la principale organisation syndicale espagnole. « Le secteur de la construction, pilier de la miraculeuse croissance espagnole qui s’est effondrée avec la crise, devrait être un des secteurs de cette transition vers l’économie verte. Mais nous attendons. », poursuit-il.

Comment marier croissance économique et développement durable ? « Petit à petit, notre réflexion syndicale, fondée sur l’analyse des rapports entre le capital et le travail, a intégré Lire la suite

Développer les filières courtes d’écomatériaux – Guide à destination des collectivités territoriales

amisdelaterre.org, Cyrielle Den Hartigh, communiqué, le 3 juin 2010,

Développer les filières courtes d’écomatériaux – Guide à destination des collectivités territoriales

Les Amis de la Terre publient un nouveau guide sur le développement des écomatériaux, avec le soutien de plusieurs associations de collectivités territoriales. Y sont proposées des pistes d’actions pour soutenir l’émergence de filières locales d’écomatériaux et leur utilisation dans les constructions et réhabilitations de bâtiments : soutien aux professionnels, aides aux particuliers, sensibilisation, information, politiques d’achats publics notamment.

Le dernier projet de loi Grenelle 2, qui doit encore passer en commission mixte paritaire, aborde du bout des lèvres la question des écomatériaux dans ses articles 4 et 71. Aucune mesure concrète n’y est proposée qui pourrait réellement soutenir le développement des écomatériaux dans la construction et la réhabilitation des bâtiments. La seule réelle avancée est que le mot « écomatériaux » existe maintenant dans un texte ayant une valeur juridique. En savoir plus.

Pour Martine Laplante, Présidente des Amis de la Terre, « Les solutions sont dans les territoires : initiatives citoyennes, associations locales, actions des collectivités territoriales. Nous ne pouvons pas attendre que les solutions viennent des avancées législatives. Nous mettons donc toute notre énergie dans le soutien à ces initiatives locales, respectueuses de l’environnement et intégrées dans un développement social au bénéfice de tous. »

Bois, paille, chanvre, lin… les écomatériaux font de plus en plus parler d’eux. Mais il est encore complexe de se les approprier et des les utiliser sans information adéquate ou ressources financières suffisantes. Le guide Développer les filières courtes d’écomatériaux (1) donne des clefs aux collectivités territoriales pour soutenir l’émergence et la structuration de filières locales d’écomatériaux pour les constructions et rénovations de bâtiments.

Exemples concrets et explications pratiques sont détaillés pour les thèmes suivants :

– Le soutien aux acteurs professionnels ;

– Les incitations à l’amélioration de l’habitat ciblées sur l’utilisation des écomatériaux ;

– Les achats publics et l’utilisation des écomatériaux par les collectivités territoriales ;

– L’information et la sensibilisation du grand public et des professionnels ;

– La structuration et le soutien aux filières courtes d’écomatériaux.

« Pour les collectivités territoriales engagées sur des chantiers publics respectueux de l’environnement, les écomatériaux constituent un outil stratégique et incontournable, développe Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne Habitat Écologique aux Amis de la Terre. Parce qu’ils sont susceptibles d’apporter des Lire la suite

Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage ; quelques retours d’expérience – Conférence-débat le lundi 14 juin à 18h30 à Floirac

Université populaire de l’environnement, communiqué, le 8 juin 2010

Hauts-de-Garonne Développement et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de la 5ème édition de la Quinzaine de l’éco construction qui se tiendra du 14 au 25 juin à Floirac et de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à une conférence-débat

Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage ; quelques retours d’expérience

Lundi 14 juin à 18h30 au Centre d’innovation et de formation (CIF) Avenue Jean Alfonséa à Floirac

Avec la participation de :

Grace Yepez-Salmon

Architecte et urbaniste à NOBATEK

Centre de ressources régional dans les domaines de l’aménagement et de la construction durables http://www.nobatek.com/structure.html

Jean-Marc Gancille

Directeur du développement durable du groupe Evolution

En charge du projet Darwin à Bordeaux, 20.000 m² d’entreprises éco-innovantes, d’associations culturelles… http://www.projetdarwin.eu/

Piou Lacoste

Architecte, membre du bureau de l’association H’Nord

Projet d’écoquartier en coopérative d’habitants à Bordeaux 

http://www.hnord.org/doku.php?id=accueil

Pour accéder au CIF http://www.hdgdev.com/contact.php

L’urbanisme des 50 dernières années a vu s’effacer les quartiers des villes denses, au profit de blocs d’appartements et de pavillons éparpillés sur le territoire au milieu de raccordements routiers. Sur cette période, les villes européennes se sont étendues en moyenne de 78 % alors que les populations ne grossissaient que de 33 %. Les conséquences de ce manque total de maîtrise des sols sont aussi graves que peu connues : perte de précieuses terres fertiles, allongement des distances provoquant une explosion du trafic automobile, de la consommation d’énergie fossile et donc du CO2 responsable du changement climatique.

L’utilisation d’énergie pour le logement, la mobilité et l’alimentation représente 70 à 80 % de l’impact écologique de la consommation des personnes. La marée noire dans le golfe du Mexique comme le désastre écologique des pétroles bitumineux, sont symboliques d’un pétrole de plus en plus difficile à extraire. L’énergie va fortement augmenter dans les prochaines années.

C’est dans ce contexte que l’écoquartier cristallise une énorme attention. C’est vrai aussi bien dans des initiatives citoyennes qu’au sein des Lire la suite

Landes : Le solaire des villes contre le solaire des champs

sud-ouest.fr, Thierry Magnol, le 6 juin 2010

Le solaire des villes contre le solaire des champs

La plus grande installation photovoltaïque de France est en cours de construction à Losse (Landes). En outre, la région pullule de projets du même type (nous avions consacré un long dossier à ce sujet en décembre dernier). Cet engouement pour l’énergie solaire devrait enchanter les défenseurs de l’environnement et les partisans d’un développement durable. Pourtant, c’est exactement le contraire qui se produit. Récemment, Jean-Claude Lefeuvre, président du Conseil national de la protection de la nature dont l’avis est en principe obligatoire, s’est étonné de ces projets « censés être verts et qui ne tiennent aucun compte de la nature ».

D’abord recouvrir les toits

Tout comme il existe une forte opposition à la prolifération des éoliennes, une vive contestation des fermes photovoltaïques est en train de naître. Toutefois, elle n’est pas de même nature car elle émane de partisans convaincus des énergies renouvelables.

La Sepanso (Fédération des sociétés pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest) appartient aux opposants de la première heure. « Mais nous restons de chauds partisans de l’énergie solaire, assure son président, Philippe Barbedienne. Nous pensons seulement qu’avant de s’implanter dans des espaces naturels, il vaut mieux occuper des espaces artificialisés. Tant que tous nos toits ne sont pas recouverts de panneaux, nous estimons inutile d’empiéter sur le foncier. »

Autre argument de la Sepanso : le solaire de plein champ n’aurait pas toutes les vertus qu’on lui prête. Alors que la centrale de Losse permettra d’économiser 16 000 tonnes de CO2 en vingt ans, la Fédération écologiste a calculé que dans le même temps, le défrichement et la masse non stockée de CO2 par la forêt aboutiront à 11 380 tonnes d’émissions. Le bénéfice serait donc moins important qu’on ne le prétend.

Chez les politiques, on commence aussi à s’interroger, à commencer par les Verts. « Le photovoltaïque en pleine nature, c’est un peu comme les biocarburants : une fausse bonne solution, tranche Michel Daverat, conseiller régional aquitain délégué aux associations environnementales. Lors des discussions sur le Grenelle, il avait été demandé de ne pas installer de panneaux sur les terres agricoles. Pour l’instant, il manque un plan d’ensemble, ce qui laisse le champ libre à des projets discutables. »

D’autant plus discutables que dans notre région, le passage de la tempête Klaus a ouvert de nouvelles perspectives. Plutôt que de replanter, les propriétaires sont facilement tentés par des propositions alléchantes d’aménagements photovoltaïques, ce qui ne manque pas d’inquiéter leur organisme représentatif, le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest. « Nous comprenons que la tentation est grande, explique leur secrétaire général, Christian Pinaudeau. Un hectare de pins rapporte en moyenne 100 euros par an sans tenir compte des aléas climatiques.

Aujourd’hui, on leur propose 2 à 3 000 euros par hectare pour installer des panneaux. Comment résister ? En Espagne, il s’est passé la même chose. La surenchère a été telle que le prix des terres agricoles a Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

lesechos.fr, Julie Chaveau, le 28 mai 2010

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

La fondation Nicolas Hulot a publié un premier bilan à la fois positif et critique du Grenelle de l’environnement. Pour l’avenir, elle demande des moyens supplémentaires et souhaite élargir le débat à la politique agricole commune.

Il a pris le temps de la réflexion. Deux semaines après le vote par l’Assemblée du projet de loi Grenelle de l’environnement, Nicolas Hulot, président de la Fondation pour la nature et l’homme, est sorti du silence. Dans une tribune intitulée « Grenelle, merci et encore ! », et publiée dans « Le Figaro », l’animateur délivre une sorte de satisfecit au gouvernement, immédiatement modéré par des critiques sur ceux qui « s’obstinent à opposer les questions sociales, économiques et écologiques ». Simultanément, sa fondation a publié hier un premier bilan des engagements pris dans le cadre du Grenelle, assorti de propositions.

· Bâtiment et énergie.

Si les mesures en faveur du bâtiment sont les plus connues (relèvement des normes de construction dans le neuf, prêts à taux zéro), la Fondation considère que les moyens mis en oeuvre pour accompagner la rénovation thermique des logements anciens sont « limités ». Il préconise la création d’un éco-prêt à taux zéro spécifique pour les propriétaires modestes qui réaliseront des travaux d’isolation, leur permettant de ne rembourser que ce qu’ils auront économisé sur leur facture énergétique. Les experts de la fondation insistent également sur la nécessité de fixer, dès maintenant dans la loi, l’objectif de rendre obligatoire à partir de 2015 la rénovation d’un logement quand il est vendu. L’ONG demande par ailleurs l’annualisation du malus sur les véhicules dont les émissions de CO2 dépassent 130 grammes de CO2 à partir du 1 er janvier prochain.

· Biodiversité.

Si l’inscription de la « trame verte et bleue » (des corridors de nature) dans la loi est jugée positive, le rapport souligne qu’il manque toujours les plans d’action et des outils juridiques pour la mettre en place. En plein débat sur les niches fiscales, la fondation estime qu’il n’existe pas d’instrument économique pour inciter les collectivités locales à préserver la biodiversité alors que le système fiscal actuel pousse plutôt les élus à construire pour dégager des redevances locales nouvelles. Elle dénonce par ailleurs la manière dont le gouvernement a organisé la création de la future agence de la nature par le simple rapprochement de trois organismes publics spécialisés dans la protection des espaces protégés. « Un regroupement pourrait mener à des réductions de moyens dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, alors qu’au contraire il faudrait renforcer leurs moyens. Il y a là un vrai déficit de concertation », souligne le rapport.

· Gouvernance.

Le gouvernement a créé le Comité national du développement durable et du Grenelle de l’environnement. Composé de 80 personnes (dont 11 femmes), de représentants des élus, du patronat, des syndicats des ONG et des associations, il sera chargé de Lire la suite

Chantal Jouanno : « Il faut maintenant un Grenelle 3 »

lemonde.fr, Propos recueillis par Gaëlle Dupont et Pierre Jaxel-Truer, le 19 mai 2010

Chantal Jouanno : « Il faut maintenant un Grenelle 3 »

Chantal Jouanno, 41 ans, est secrétaire d’Etat à l’écologie depuis janvier 2009, après avoir été la conseillère de Nicolas Sarkozy pour le développement durable. Appréciée des écologistes, elle a défendu, avec le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo, la loi Grenelle 2 à l’Assemblée nationale, prenant position contre son propre camp sur certains dossiers.

La loi Grenelle 2 a été adoptée par l’Assemblée nationale le 11 mai. L’opposition vous reproche des « reculs »…

Il ne faut pas tomber dans la caricature. La loi n’est pas en recul par rapport à l’existant, c’est une avancée énorme. Le problème de l’écologie, c’est qu’on ne la juge que sur des symboles : les OGM, les pesticides, la taxe carbone… Avec Jean-Louis Borloo, nous demandons à être jugés sur les résultats, le nombre d’éoliennes implantées, le nombre de produits phytosanitaires retirés du marché… Maintenant, la balle est dans notre camp. A nous de mettre en œuvre le Grenelle sur le terrain. Le drame français, c’est qu’on croit que quand on a voté une loi, la messe est dite. Au contraire, tout commence maintenant. Il faut que les élus se saisissent du Grenelle. C’est pour ça que je vais reprendre mon tour de France pour aller « vendre » le Grenelle sur le terrain.

Etes-vous satisfaite, ou déçue, du texte adopté ?

On ne peut pas dire que c’est 100 % de ce qu’on voulait. C’est normal, c’est la démocratie. Mais le bilan global est positif. Avec les dispositions sur le bâtiment, la biodiversité, l’agriculture, l’eau, les risques, on a de quoi avancer. Sur certains sujets, on aurait pu aller plus loin, c’est vrai. J’ai toujours été réservée sur l’application du régime des installations classées pour la protection de l’environnement aux éoliennes, car ce ne sont pas des installations à risque. J’étais favorable à la possibilité d’expérimenter des péages urbains. Sur l’étiquetage environnemental, on aurait pu passer toute de suite à l’obligation sur certains produits.

Le contexte économique et politique n’est-il pas devenu défavorable aux ambitions écologiques ?

Ce sera moins simple qu’avant la conférence de Copenhague sur le climat . A l’époque tout était « vert », il n’y avait pas une voix discordante. Cela ne pouvait pas durer. Je ne suis pas favorable au consensus absolu sur l’écologie, car seules les modes sont consensuelles. Heureusement qu’il n’y a pas une pensée unique sur le sujet, sinon on entrerait dans une dictature technocratique. L’écologie doit rester un sujet politique, qui questionne notre organisation de la société.

En 2007, Nicolas Sarkozy parlait de « New Deal », l’écologie devait être placée au cœur de toutes les politiques publiques. Cette ambition a-t-elle été abandonnée ?

Certainement pas par le président de la République, qui a Lire la suite

« Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? »le Jeudi 20 mai à 20h30 au Centre Culturel de Créon

MNE Bordeaux-Aquitaine, communiqué, le 12 mai 2010

Le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à un cycle de deux conférences-débat sur le thème de « L’Entre-deux-Mers en 2030 ».

La deuxième de ces conférences-débat publique aura lieu : « Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? »

Avec la participation de deux architectes bordelais spécialistes de l’éco-construction

Marc Lasaygues et Olivier Lehmans

La conférence débat sera précédée de la diffusion d’un film documentaire de Matthieu Lietaert « Vivre en co-habitat »

La première conférence « La construction du paysage et de l’urbanisme dans l’Entre-deux-Mers » a eu lieu le 25 mars à Créon avec la participation de Jean-Claude Hinnewinkel, professeur honoraire de géographie de l’Université de Bordeaux 3 et François Gondran, Directeur du service départemental de l’architecture et du patrimoine de la Gironde. Elle a été précédée de la diffusion d’un film documentaire de Pierre Pommier, « La vigne de Montgirard » qui évoque la vie au fil des jours au cours de l’année 1977 à Cénac, village de l’Entre-deux-Mers à l’est de Bordeaux.

Ville et humanité

En 1800, environ 3 % de la population mondiale vivait en ville, en 1900 près de 14 % et pour une population totale de 6,4 milliard d’urbains, on table sur 70 % en 2030. Avec l’usage intensif des ressources énergétiques fossiles et suivant la formule de l’historien Lewis Mumford, le monde entier est « devenu une ville », ou plutôt, une constellation en réseau de pôles urbains démesurés. Ils forment les nœuds de l’espace économique mondialisé, avec pour finalité l’accélération permanente de la production et de la consommation de biens et de services.

Nous habitons désormais des milieux artificiels, hypersophistiqués, enveloppés d’outils, de claviers, de rues et de places, de réseaux et d’écrans qui, petit à petit, effacent de nos perceptions la présence de la nature et la consistance réelle de la planète. Les relations entre pôles urbains sont devenues aujourd’hui plus déterminantes que les relations entre ces pôles et leurs arrières pays. Cette évolution est en train de faire disparaitre les circuits économiques entre la ville centre et sa campagne périphérique.

Le cocktail que constituent : croissance démographique exponentielle, concentration urbaine, environnement techno-scientifique de plus en plus complexe et fragile, fin de l’énergie bon marché et de nombreuses ressources naturelles, incapacité à contrôler le changement climatique, incapacité à résoudre les injustices sociales (nord/sud comme nord/nord), incapacité à repenser la relation homme/nature… ne comprend-il pas les ingrédients d’une crise écologique et sociale majeure, qui assombrit très sérieusement notre avenir commun ? Pour ne citer que des exemples récents, l’analyse des causes et/ou des conséquences de la tempête Xhyntia, de l’irruption de l’Eyjafjöll ou de la marée noire dans le golf du Mexique ne révèle-t-elle pas les limites de ce modèle de développement ? L’espèce humaine ne serait-elle qu’une espèce invasive tropicale en train de détruire sa niche écologique !?

Flux et reflux des modèles d’urbanisation

Dans l’ensemble que constitue l’agglomération bordelaise, le bassin d’Arcachon, le libournais, le langonnais et le Médoc, il y a ici comme sur tous les territoires plusieurs Lire la suite

Izon : Le naturel revient au galop

sudouest.com, Jean-François Harribey, le 6 mai 2010

Le naturel revient au galop

Le site d’Anglade exploité par la Cemex devient un parc écologique. Il ouvrira ses portes au public à compter du 1er janvier 2011 avec des vaches et des abeilles.

La dernière usine de la Cemex destinée à concasser la grave extraite du site d’Anglade est partie à la ferraille en juin 2009. À sa place, l’exploitant a créé une zone de hauts fonds qui va favoriser la biodiversité de la faune et de la flore. Ses roselières fourniront en quelque sorte le gîte et le couvert à des espèces aussi variées que le héron cendré et l’aigrette garzette, ou le blongios nain, le râle d’eau et la rousserolle effarvatte.

Autrement dit, la gravière qui était exploitée depuis une quinzaine d’années a cessé de livrer son granulat (entre 3 et 4 millions de tonnes). Et aujourd’hui, la nature reprend ses droits. Avec la complicité de l’exploitant et de la mairie qui ont décidé de transformer le site en parc écologique pour recevoir du public.

Plus de 40 hectares

« Le réaménagement du site a été pensé dès sa mise en exploitation », explique Vincent Raynaud, directeur environnement et foncier régional de la Cemex. C’est ainsi que les premiers lieux d’extraction ont donné naissance à l’étang de pêche de Mandron, aujourd’hui loué à Veolia transports. « Au départ, conformément aux accords liés à son exploitation, le site devait être réaménagé en base de loisirs. C’était la mode il y a une dizaine d’années », poursuit Vincent Arnaud. Et puis il y a eu le Grenelle de l’environnement, l’année de la biodiversité et le changement de municipalité en 2008. Le projet initial qui nécessitait la prise en compte d’importants frais de fonctionnement, d’une réglementation draconienne sur la qualité des eaux et des contraintes liées à la sécurité et à la surveillance, a peu à peu dérivé sur l’idée d’un réaménagement plus naturel des 40 hectares du site compris entre la Dordogne et le bourg.

Des radeaux à sternes

Christian Robin, l’adjoint en charge de l’environnement et du développement urbain, porte aujourd’hui le dossier élaboré en étroite concertation avec les élus du nouveau Conseil municipal qui ont fait de l’environnement une de leurs priorités du mandat. Un projet également porté par la Cemex à la recherche de nouvelles aires d’extraction et qui entend laisser une trace positive de son passage à Izon, et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO Aquitaine) qui milite pour la sauvegarde de zones humides sur cet important couloir de migration. Rappelons que la Cemex a développé déjà avec le Muséum national d’histoire naturelle une méthode de suivi scientifique normalisé, dans le but d’évaluer statistiquement l’état initial et l’évolution des milieux, pendant et après l’exploitation de la carrière.

Outre la création de la zone de hauts fonds et de sa roselière, les aménagements en cours porteront sur Lire la suite

Neuvième lettre de l’Université populaire de l’environnement

MNE Bordeaux-Aquitaine, communiqué, 5 mai 2010

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT

L’Université nomade d’Aquitaine

Neuvième lettre de l’UPE [Saison 2].

Aujourd’hui mardi 4 mai à 18h30 nouvelle réunion du Groupe Transition à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, 3 rue de Tauzia. Ouvert à tous, repas auberge espagnole  https://mneaquitaine.wordpress.com/2010/04/30/ville-en-transition-nouvelle-initiative-en-gironde/

Jeudi 6 mai 18h30 – Conférence-débat – Quelle conséquences du changement climatique pour la viticulture dans le libournais ? au Lycée agricole Montagne-Saint Emilion

Du samedi 8 mai au lundi 17 mai – Présence de nombreuses associations adhérentes à la MNE au Salon de l’environnement dans le cadre de la Foire internationale de Bordeaux

Jeudi 20 mai – Conférence-débat débat « Entre-deux-Mers 2030 : Quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? » à Créon (lieu à confirmer)

Jeudi 20 mai – Collectif réduisons nos déchets en Gironde film-débat à l’Utopia

Samedi 29 mai 14h00 – Organisé par le Collectif Copenhague à Cap Sciences Bordeaux  – Forum régional à destination des associations – Quel climat pour les associations en Gironde ?

Dimanche 6 juin à 12h30 – Pic-nic écomobilité sur la rive droite de Bordeaux organisé par AIR, AutoCool, Vélo Cité, Droits du Piéton, Oui au Tram, réseau Mille Pattes et TACA

Jeudi 17 juin (date à confirmer) à 18h00 – Conférence-débat – Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage, quelques retours d’expérience – Floirac

Vendredi 18 juin – Colloque – Le développement durable dans tous ses états – Centre Condorcet à Pessac organisé par le département HSE de l’IUT Bordeaux 1

Les prochains stages de l’Ecocentre de Gironde à Toulenne près de Langon : la chaux 6 jours en 3 fois : 28 et 29 mai, 18 et 19 juin, 25 et 36 juin et la géobiologie les 4 et 5 juin

2009 – Bilan de l’Université populaire de l’environnement : Université nomade d’Aquitaine et blog revue de presse écolo de la MNE

Le blog de la MNE : https://mneaquitaine.wordpress.com/

Conférence-débat

en partenariat avec l’Ecomusée et le Lycée agricole de Montagne Saint-Emilion

Jeudi 6 mai à 18h30

 « Quelles conséquences du changement climatique

pour la viticulture dans le Libournais ? »

avec la participation de Lire la suite

L’Europe épingle la chasse dans les sites Natura 2000

sudouest.fr, Jean-Michel Desplos, le 30 avril 2010

L’Europe épingle la chasse dans les sites Natura 2000

Un arrêt de la Cour de justice européenne condamne la France pour avoir affirmé que la pêche et la chasse n’étaient pas des activités perturbantes.

L’inquiétude est forte chez les chasseurs. Dans les assemblées générales des fédérations qui se tiennent partout en France, le sujet revient sur toutes les lèvres. La semaine dernière, les spécialistes de la chasse au gibier d’eau de la Gironde se sont réunis dans la commune du Porge pour dénoncer la décision des « cravatés » de Luxembourg, siège de la Cour de justice européenne. En ligne de mire, les magistrats de l’Union européenne qui, le 4 mars 2010, ont condamné la France pour manquement de la directive 92/43 CEE, dite « habitats, faune, flore » sur les zones classées Natura 2000.

L’arrêt a mis le feu aux poudres. Parmi les griefs soulevés, la Cour estime que la France a affirmé, de manière un peu trop formelle au regard du Code de l’environnement, que « la chasse et la pêche et les autres activités aquacoles et cynégétiques ne constituent pas des activités perturbantes ou ayant de tels effets ».

La France, épinglée, est considérée hors de l’esprit Natura 2000. La copie est donc à revoir urgemment. À ce jour, les chasseurs, comme les pêcheurs, craignent pour leur avenir. « Une interdiction de la pratique sur ces zones serait prise comme une déclaration de guerre contre la chasse mais aussi contre la biodiversité entretenue par tous les acteurs que sont les chasseurs », assure Henri Sabarot, président de la fédération départementale des chasseurs de la Gironde. « Nous tiendrons le porte-plume dans les comités de pilotage où sont établis les documents d’objectifs, les fameux Docob », confie Jésus Veiga, directeur de la fédération girondine. Une fois approuvés, les Docob orientent la gestion des sites par les représentants des collectivités territoriales pour une durée de trois ans.

Pas d’interdiction

« L’exécution de cet arrêt ne remet en cause ni la pratique de la chasse, ni celle de la pêche dans les sites Natura 2000, ni les modalités de gestion du réseau Natura 2000 », s’empresse de préciser Gilbert Tarozzi, chef du bureau des milieux naturels et de la biodiversité à la Direction départementale des territoires et de la mer à la préfecture des Landes.

Tous les préfets ont, en effet, reçu la semaine dernière une instruction ministérielle d’Odile Gauthier, directrice de l’eau et de la biodiversité, stipulant que « si l’exécution de l’arrêt de la Cour impose de supprimer la phrase litigieuse à l’article L. 414-1 du Code de l’environnement, elle ne conduira aucunement à interdire la pratique de la pêche et de la chasse dans les sites Natura 2000 ».

Une réflexion interministérielle est d’ailleurs menée depuis quelques jours, en concertation avec la Fédération nationale des chasseurs, afin de déterminer Lire la suite

La Lettre Nature Humaine n°7, revue d’écologie et de sciences humaines, vient de sortir

nature-humaine.fr, avril 2010

La Lettre Nature Humaine n°7, revue d’écologie et de sciences humaines, vient de sortir.

Elle est téléchargeable gratuitement sur www.nature-humaine.fr/archives.

Au programme :

L’écologie, le temps et l’urgence.

– Le vécu du temps, cause et solution de la crise écologique.

– Aspects pratiques du changement de sa perception temporelle.

– Un autre regard sur le temps – perception des Indiens Kogis.

– Agir pour l’environnement – mieux gérer son temps et concilier ses priorités.

Du nouveau pour Nature Humaine en 2010 : moins d’écriture et plus de terrain. La Lettre fait une pause, et reprendra sous un autre format qui sera déterminé dans les prochains mois. Elle nécessite 1 mois de travail et doit donc se faire plus légère pour son auteure principale (Séverine Millet).

Ensuite, avec le soutien de la Région Rhône-Alpes, Nature Humaine va réaliser une enquête auprès des acteurs de protection de l’environnement et du DD de la région afin de connaitre Lire la suite

Consommation durable : avant de changer, les Français veulent être convaincus

lesinfosvertes.hautefort.com, NC, le 5 avril 2010

Consommation durable : avant de changer, les Français veulent être convaincus

Faire peur en annonçant l’Apocalypse climatique ou prétendre sauver la planète en vendant du yaourt bio ne suffira pas à convaincre les Français de changer de comportement en matière de consommation durable !

Désormais, ils demandent des preuves, du concret, des résultats vérifiables.

C’est l’enseignement principal de l’enquête Ethicity menée en février et mars 2010 auprès d’un panel de 4 373 Français, menée en collaboration avec Aegis Media Expert et en partenariat avec l’Ademe à l’occasion de la Semaine du développement durable.

Ras-le-bol du marketing sur le développement durable

Le sondage montre que les Français sont saturés, parfois même exaspérés, des discours écolos utilisés par les publicitaires pour vendre des voitures en montrant des ours blancs …

54 % d’entre eux déclarent être méfiants sur le discours des marques et des entreprises en matière de développement durable ;

53 % des Français pensent qu’il y a trop de messages publicitaires sur la consommation durable ;

43 % d’entre eux vont jusqu’à ne plus supporter les messages des marques sur l’environnement, un constat particulièrement marqué chez les seniors ;

65 % estiment qu’il y a trop de labels pour les produits durables : cette profusion d’information tend à créer de la confusion ;

62 % disent ne pas pouvoir juger de la meilleure qualité des produits durables.

Le développement durable, une valeur en baisse

Cette saturation du discours commercial, qui s’ajoute peut-être à la crise économique et aux échecs de la négociation climatique, se lit dans les réponses aux questions sur les comportements des consommateurs.

75% des Français croient toujours à une consommation plus responsable : cela reste élevé mais on note une baisse de 6 points par rapport à l’an passé.

60 % (- 9 points) déclarent avoir changé leur comportement en faveur du développement durable en 2009.

47 % ont opté pour une consommation plus Lire la suite

Hervé Kempf : Les colonnes du dogme ont été ébranlées « La décroissance va devenir le courant majeur de l’économie. »

 lemonde.fr, Hervé Kempf, le 31 mars 2010

Objecteur de croissance

L’habit ne fait pas le moine, bien sûr, mais une belle apparence inspire le respect. C’est pourquoi il est tout sauf anecdotique que l’idée de décroissance, si allègrement injuriée par les thuriféraires du dogme « croissanciste », ait été accueillie dans un lieu imprégné de pensée. Du 26 au 29 mars s’est tenue dans la belle université de Barcelone la deuxième conférence sur la décroissance économique.

Ouverte par le recteur, organisée par l’Institut de science et de technologie environnementales (ICTA) de la capitale catalane, elle a réuni plus de 500 chercheurs et activistes venus de nombreux pays européens et américains. On sait maintenant que décroissance se dit degrowth en anglais, decrecimiento en espagnol, decreixement en catalan, decrescita en italien.

Pourquoi ce mot suscite-t-il tant d’intérêt ? Parce qu’il repose les questions radicales qui sont au cœur de l’écologie et que les logiques de développement durable, de croissance verte et de capitalisme vert ont affadies.

En se voulant « réalistes », nombre d’écologistes se retrouvent à teinter de vert un système économique qui ne change pas sa logique de destruction de l’humain et de la biosphère. Radicaux, les objecteurs de croissance affirment que la crise de l’orée du troisième millénaire ne peut se résoudre selon les voies suivies depuis le XIXe siècle.

Sous l’étendard de cette posture peut se redéployer la liberté de pensée contre le dogme, dont un autre important colloque, à Paris, en 2002, avait défini le programme : « Défaire le développement, refaire le monde ».

On ne saurait résumer ici la variété des pistes de recherche présentées à Barcelone et la vivacité des discussions qui s’y sont tenues. Le programme, consultable sur le site Degrowth.eu, en donne un aperçu. Deux idées, rapidement, émergent. La préoccupation de la justice sociale est au coeur du projet de refondation écologique, et Barcelone a continué sur la route ouverte à Copenhague par les mouvements de la société civile avec la revendication de la justice climatique : « Changer le système, pas le climat ». Et pour les « objecteurs de croissance », le système, c’est le capitalisme.

Autre élément nouveau, la parole des mouvements du Sud, qui disent que, chez eux aussi, le développement tel qu’il est porté par les gouvernements est Lire la suite

L’abandon de la taxe carbone, une triple erreur

energie.lexpansion.com, Alain Grandjean, le mardi 30 mars 2010

L’abandon de la taxe carbone, une triple erreur

L’annonce de la taxe carbone au lendemain des régionales ne laisse pas de doute à l’interprétation : il s‘agit bien d’une décision politique qui vise à tenter de rassembler la majorité en supprimant un foyer de discorde.

Une erreur politique

Pour autant, c’est une erreur au plan politique : notre pays n’a jamais eu autant besoin de direction et de sens. Cet volte-face de plus est l’aveu d’un manque de vision. D’autant qu’il  a été annoncé par le premier ministre puis par le président de la République dans des  discours ne faisant pas la moindre allusion  à la nécessité de tenir compte des enjeux écologiques et énergétiques ni du développement durable, alors que le numéro 2 du gouvernement, Jean Louis Borloo également ministre d’Etat,  est toujours le ministre de l’Ecologie. Il est évident que le repli annoncé sur des valeurs traditionalistes ne constitue pas un cadre politique suffisant dans un monde aux incertitudes croissantes et confronté à des risques nouveaux qu’ils soient géopolitiques, sanitaires, énergétiques ou écologiques. Or il est difficile de croire que ces enjeux ne seront pas présents aux élections présidentielles de 2012. Il est encore plus difficile de croire à l’efficacité d’une politique qui ne serait pas fondée sur des processus d’écoute et de concertation permettant de tenir compte sérieusement de l’ensemble des informations disponibles.

Le gouvernement était divisé sur la manière de piloter le passage à une économie durable, avec des missions contradictoires (la relance de la croissance confiée à la commission Attali, la remise en cause du concept et de sa mesure confiée à la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi), avec des difficultés de communication et de coopération bien connues entre le MEEDM (Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer) et Bercy. Il était sans doute préférable de procéder un remaniement ministériel d’envergure, par exemple en réunissant  l’économie et le développement durable, pour impulser un nouveau souffle et un nouveau mode de travail, seul à même de redonner cette direction et  ce sens.

Une erreur économique et sociale

Au plan économique, le refus manifeste d’envoyer un « signal carbone », même limité et cantonné (du fait des exemptions du projet de loi),  est une grave erreur. Sans ce signal,  comment orienter les acteurs économiques vers une économie moins dépendante d’énergies fossiles dont le prix va augmenter inévitablement dans les très prochaines années ? Comment  inciter les entreprises à investir dans des produits et des services « bas carbone », dont les ménages et les entreprises auront le plus grand besoin ? Comment préparer les esprits à la grave menace, celle d’une hausse du prix des énergies,  qui pèse sur tous ? Rappelons qu’un « signal prix » est entendu par tous les agents économiques contrairement à des discours, et surtout dans une période de perte de confiance dans les autorités, notamment politiques. Ne rien faire sur ce plan c’est laisser les forces de marché décider de ce prix et de ces aléas. C’est laisser les plus précaires dans des difficultés croissantes. C’est ne pas se préparer à un prochain choc pétrolier (annoncé à horizon de 2 ou 3 ans par les entreprises du secteur et  par les économistes), dont les effets économiques et sociaux seront insupportables à beaucoup d’entreprises et de ménages.

Une erreur écologique

Inutile de dire qu’au plan écologique, c’est aussi une erreur. A supposer que l’Europe retrouve le chemin de la croissance, sans taxation progressivement plus forte du carbone dans les secteurs diffus, ce qui était l’objet de la taxe, cette expansion s’accompagnera Lire la suite

Fondation Nicolas Hulot, Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Fondation Nicolas Hulot, Cécile Ostria Directrice générale de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, lettre ouverte, le 30 mars 2010

Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Cher-e-s ami-e-s,

En 2007, vous avez signé, comme 750 000 Français le Pacte écologique porté par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. Votre mobilisation sans précédent a permis d’obtenir l’engagement de Nicolas Sarkozy, de 9 autres candidats à la présidentielle, et de plus de 400 députés et sénateurs de faire de l’environnement une priorité de l’action publique. Des avancées concrètes ont été obtenues : création d’un n°2 du gouvernement en charge du développement durable, les conclusions du Grenelle de l’Environnement et le vote à l’unanimité de la loi Grenelle I… qui ont suscité beaucoup d’espoir.

Le Pacte Ecologique n’est plus respecté

Avec le Grenelle de l’Environnement, nous pensions le constat partagé, nous pensions pouvoir nous concentrer sur la recherche de solution, il n’en est rien. Les mots clefs des années à venir sont désormais exclusivement la compétitivité, l’emploi, la santé comme si toutes ces problématiques ne dépendaient pas profondément de l’état de notre environnement. Le développement durable n’est décidément pas l’axe structurant de l’ensemble des politiques publiques. C’est au mieux un axe parmi d’autres : l’économie, le social, l’agriculture, la culture. Au pire, un axe opposé aux autres. Le discours dominant redevient celui d’il y a plusieurs années : la réponse aux défis écologiques est de nouveau systématiquement opposée à la compétitivité économique et à la protection des emplois. L’environnement redevient un simple enjeu électoral, une variable d’ajustement. Ce n’est pas l’esprit du Pacte écologique.

Il nous faut changer de modèle économique, poser les bases d’une croissance sélective, ancrées sur la préservation et un meilleur partage des ressources naturelles. Les emplois, la compétitivité des entreprises, sont menacés par les crises environnementales. La raréfaction des ressources énergétiques, la destruction des écosystèmes vont accentuer la vulnérabilité des plus faibles d’entre nous, fragiliser nos économies et nos démocraties et générer de nouvelles sources d’affrontements. C’est ce que n’ont pas compris la plupart des responsables politiques et économiques.

Une suspension nécessaire pour plus d’efficacité

C’est pourquoi, la Fondation Nicolas Hulot décide de suspendre sa participation aux groupes de travail mis en place par le gouvernement jusqu’à ce que des décisions fortes remettent le développement durable au cœur des politiques publiques. Depuis 3 ans, Lire la suite

Dossier le Monde magazine sur les écolo-sceptiques – Les orphelins du progrès

lemonde.fr, Laurent Carpentier, le 26 mars 2010

Les orphelins du progrès

Dans sa petite bibliothèque des horreurs, Jean-Paul Krivine a rangé homéopathes, militants anti-OGM, agriculteurs biodynamiques, sourciers et chiropracteurs au même rayon que les anti-évolutionnistes à crucifix et les amateurs d’ovni. A la tête de l’AFIS, l’Association française pour l’information scientifique, cet « ingénieur en intelligence artificielle » est un rationaliste qui bataille contre le plus grand risque qui puisse, selon lui, nous frapper : la remise en question de sa sainte trinité, « progrès, humanisme et universalité ».

L’homme est nerveux. Il se demande ce que je lui veux. J’ai bien précisé au téléphone que la revue dont il est le rédacteur en chef, Science et pseudo-sciences, m’avait il y a deux ans étrillé pour un reportage en Suède à la rencontre de ces « électro-sensibles » qui fuient dans les forêts les ondes des portables et de la Wi-Fi. Crime de lèse-science : la revue expliqua comment je manipulais le lecteur, l’amenant à penser qu’une technologie inoffensive pouvait être un risque pour la santé. Disons-le simplement : je n’ai pas d’avis sur la dangerosité des ondes. Et je n’ai pas pris rendez-vous avec Jean-Paul Krivine pour régler des comptes mais pour tenter de comprendre d’où vient ce sentiment de citadelle assiégée qui l’anime.

« LE PRINCIPE D’INCERTITUDE »

« Nous sommes un lobby rationaliste raisonnable, explique-t-il scrupuleusement. Parce que je crois en la notion de progrès. Parce que je ne crois pas que la nature soit bonne. Parce que l’on vit aujourd’hui plus longtemps et en meilleure santé qu’autrefois et que, lorsque sa voiture est en panne, on ne va pas dans un garage alternatif. » Réponse tranchée ? Certes, mais expression d’un malaise qui traverse la recherche française, écartelée entre le primat de l’ingéniosité humaine promettant des lendemains toujours meilleurs et l’émergence, mise en lumière par la crise climatique, d’un sentiment nouveau de finitude du monde. Hors de la science, point de salut ?

Il aura suffi d’un hiver froid pour que les tenants de la suprématie du génie humain reprennent du poil de la bête. Le Mythe climatique, titre le mathématicien Benoît Rittaud (Le Seuil), L’Imposture climatique, confirme Claude Allègre (Plon), CO2 un mythe planétaire, ajoute Christian Gerondeau (Editions du Toucan). Et dans Libération, Pascal Bruckner, nouveau philosophe devenu néoconservateur, dénonce ces climatologues qui jettent le discrédit sur notre modèle de société : « Un nouvel obscurantisme se propage qui avance sous le masque de la science. (…) Sur le thème de l’effroi, une tribu de pythies, mages, utopistes, vaticine et menace. Il manque à ces prophètes de se soumettre aux bénéfices du doute et d’inclure dans leurs prédictions le principe d’incertitude. » Un simple renversement du baromètre et ce n’est pas seulement le spectre du réchauffement climatique qui repart aux oubliettes mais tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une critique de notre modèle de société.

AU COIN DU BON SENS

« Pourquoi voulez-vous un développement durable? Notre développement est durable« , s’amuse Christian Gerondeau, de ses mots toujours « frappés au coin du bon sens ». Ne croyez pas que ce robuste et charmant giscardien soit le représentant d’un lobby, ce n’est pas vrai. Oui, bon, d’accord, il reçoit dans ses bureaux à l’Automobile club, mais son livre, CO2 un mythe planétaire, n’est pas du tout le brûlot qu’il semble être, où Al Gore serait décrit comme un « charlatan » et les travaux de Nicholas Stern ne reposeraient « sur aucun chiffrage sérieux ». Non, Christian Gerondeau est un ingénieur, « c’est-à-dire quelqu’un qui regarde les faits et en tire des conclusions ». Son père, son grand-père avant lui, son fils, sa petite-fille après lui… Tous ont fait Polytechnique. Lui-même en est sorti en 1957 pour l’Ecole des ponts et chaussées. Un pedigree qui ne pousse pas à la remise en cause. « Les gens qui ont faim, qui logent dans des huttes et dont les enfants meurent, veulent tous se développer… », déclame-t-il, plein de sa propre sagesse.

Christian Gerondeau est le parangon de cette classe sociale d’ingénieurs née de la révolution industrielle, qui conquit d’abord le pouvoir technique, puis le pouvoir social et enfin politique. Et d’affirmer, dépositaire assumé d’une modernité prospère : « On sous-estime toujours la capacité du progrès technique! Ne nous posons pas aujourd’hui les problèmes de demain. »

« DES GENS DANGEREUX »

Aux gémonies, ces nostalgiques passéistes qui prônent le ferroutage, s’opposent au nucléaire ou firent interdire le DDT, causant, dit-il, Lire la suite

Du 1er au 18 avril :1ères Semaines Intercommunales du DD Pessac/ Mérignac

agenda21.mairie-pessac.fr, communiqué, le 24 mars 2010

1ères Semaines Intercommunales du Développement Durable Pessac/ Mérignac : un grand cru exceptionnel cette année, avec plus de 25 animations prévues sur les 2 villes, qui s’étaleront du 1er au 18 avril 2010.

En temps forts :

– les Forums publics climat Pessac/Mérignac : élaborons ensemble le Plan climat de la CUB

– des ciné-conférences, cafés ecolos, spectacles de danse, marches parrainées, fêtes du DD,

– le 11/04 : nettoyage de plages

– formation gratuite : comment organiser une manifestation de façon éco-responsable

– en clôture, le Printemps du Bourgailh (cf programme détaillé bientôt en ligne sur notre site http://agenda21.mairie-pessac.fr/)  

Le programme est actualisable en continu : aussi, si votre animation n’apparaît pas, merci de la proposer directement par mail à Saida Benidir, chargée de mission Eco-citoyenneté et modes de vie durables / contact : saida.benidir@mairie-pessac.fr.   

Si votre animation a lieu après le 18/04, contactez également Saïda : un agenda permanent du DD, newsletter mensuelle, est en préparation pour Pessac !

*Vous habitez, travaillez ou étudiez à Pessac et êtes motivés par le développement durable de votre territoire ? Déposez votre candidature pour participer au Conseil de Développement Durable de Pessac, nouvelle instance participative pessacaise ! Plus d’infos sur http://agenda21.mairie-pessac.fr/

Contact :  Lire la suite

Conférence-débat : « Eco-Consommation et Croissance verte » le Mercredi 7 Avril à 18h30 à Cap Sciences

DREAL, Communiqué, mars 2010

Dans le cadre de la semaine du développement durable du 1er au 7 avril,

La Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL), la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIRECCTE) et Cap Sciences présentent

Une conférence débat sur

« Eco-Consommation et Croissance verte » le Mercredi 7 Avril à 18h30 à Cap Sciences en présence de M. Francis Ribeyre, Professeur des Universités (écologie, écologie humaine) à l’Université Michel de Montaigne Bordeaux III, Directeur du certificat international d’écologie humaine et de M. Benoît de Guillebon, Directeur de l’APESA et Animateur du collège des Hautes Etudes du Développement Durable Aquitain

Ce débat sera animé par M. Patrick Troude-Chastenet, Professeur des Universités (Science Politique) à l’Université Montesquieu Bordeaux IV, Président de l’Association Internationale Jacques Ellul.

Cap Sciences – Hangar 20 – Quai de Bacalan. Contact Lire la suite

L’écologie contre l’économie ? Dialogue sur le développement-durable, la décroissance sélective et la gestion écologique

cairn.info, Jean-Paul Gaudillière et Gilbert Wasserman, mars 2010

L’écologie contre l’économie ? Dialogue sur le développement-durable, la décroissance sélective et la gestion écologique

Table ronde avec Bernard Guibert et Jean-Marie Harribey Economistes. Respectivement responsable de la commission économique des Verts, et membre du Conseil scientifique d’Attac.

Jean-Paul Gaudillière et Gilbert Wasserman – L’écologie contre l’économie ? Dialogue sur le développement-durable, la décroissance sélective et la gestion écologique », Mouvements 4/2005 (no 41), p. 24-35.

 1 Mouvements : La notion de développement-durable est-elle encore utile ? Tout le monde en parle, tout le monde semble d’accord sur son importance, des chefs de gouvernement aux dirigeants de grande entreprise. Le terme n’est-il pas devenu vide de sens puisque ce succès même fait qu’on l’associe à un modèle de croissance inchangé, que l’on rend de plus en plus synonyme d’une simple adaptation des techniques aux « contraintes » d’environnement ?

2 Jean-Marie Harribey : C’est devenu un mot d’ordre officiel. Mais le problème n’est pas simplement celui d’une récupération. La faille était contenue dès l’origine, dès la définition du développement-durable comme enjeu de politique internationale. Le rapport Brundtland présentait le développement-durable comme moyen de répondre aux besoins du présent et à ceux des générations futures mais, quelques pages plus loin, il affirmait qu’une croissance économique vigoureuse était absolument indispensable et, sous-entendu, indispensable pour toujours.

3 Bernard Guibert : Hans Jonas a fourni l’une des critiques les plus pertinentes du développementisme : il y a en effet plus que « la satisfaction des besoins matériels des générations présentes sans compromettre celle des générations futures ». Il faut non seulement prendre en compte les besoins matériels des générations futures, mais permettre à ces générations futures d’avoir une existence authentiquement humaine et pas seulement animale. Par là, il pose la question anthropologique sur laquelle l’idéologie développementiste dominante fait l’impasse : qu’est-ce qu’être un être humain, qu’est-ce qu’une vie humaine digne d’être vécue ? Pour qu’un être humain puisse être considéré comme un être humain et non pas un animal, il faut qu’il soit libre, qu’il ait le choix. Et donc les générations présentes n’ont pas le droit de faire des choix économiques qui referment l’éventail des possibles des générations futures. En conséquence certaines formes de développement-durable ne sont tout simplement pas légitimes. Il y a plusieurs théories économiques du développement-durable. Dans la soutenabilité faible, on suppose qu’il peut y avoir substitution sans limite de capital artificiel au capital naturel. À terme, il pourrait ne plus y avoir de nature au sens traditionnel du mot. Ainsi cette substitution du capital artificiel au capital naturel ferme l’éventail des possibles. Cela n’est pas acceptable selon Jonas, puisqu’il y a un minimum de « naturalité » à maintenir. C’est pour respecter un minimum de contraintes de reproduction des écosystèmes naturels que l’artificialisation de la nature doit rester en deçà de certains seuils : c’est ce que les économistes appellent la soutenabilité forte. Dans la soutenabilité poly-dimensionnelle enfin, on suppose une pluralité de critères, techniques, monétaires, sociaux qu’il convient de combiner pour faire des choix qui engagent l’avenir.

4 J.-M. H. : Si l’on suit les initiateurs de la réflexion sur la décroissance, il y a une loi de l’entropie qui s’applique aux activités économiques et qu’il faut prendre en compte. On peut rétorquer que la planète Terre n’est pas un système isolé, qu’elle reçoit de l’énergie solaire en permanence et que cette seconde loi de la thermodynamique ne lui est pas applicable. C’est sans doute vrai globalement. Mais lorsque je brûle une molécule de pétrole dans mon moteur et qu’il sort du tuyau d’échappement des molécules de carbone, il m’est impossible de reconstituer avec cette molécule de carbone une nouvelle molécule de pétrole sauf à une échelle de temps qui dépasse tout horizon humain et ce qui nous ramène à la rareté incontournable de certaines ressources naturelles et nous impose des contraintes qu’on ne peut plus sous-estimer. Il y a donc un hiatus énorme, une dissociation énorme, entre Lire la suite

Nouveau blog pour le projet d’écoquartier Darwin à Bordeaux

Rendre compte à nos partenaires et parties-prenantes des avancées du projet DARWIN figure depuis toujours dans nos intentions. L’urgence du quotidien ne nous l’a pas pleinement permis jusqu’à présent. Mais les choses évoluent !

Afin que l’information circule davantage entre nous, que chacun puisse réagir et s’exprimer sur notre actualité, nous avons repensé notre site web et l’avons transformé en blog pour le rendre plus collaboratif.

http://www.projetdarwin.eu

Nous vous invitons à intégrer ce blog dans vos favoris, à vous y rendre régulièrement et à y poster le cas échéant vos commentaires afin que le projet bénéficie de tout le potentiel d’intelligence collective qu’il entend susciter dans sa gouvernance.

N’hésitez pas à en parler autour de vous et à vos claviers !

Contact Lire la suite

Education au développement durable : « Réinterroger la nature de nos rapports à l’environnement »

vousnousils.fr, Laura Houeix, le 24 février 2010

EDD : « Réinterroger la nature de nos rapports à l’environnement »

Ré-orienter la sensibilisation au développement durable vers une éducation à l’environnement, telle est la proposition d’Yves Girault, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle. Rencontre avec ce chercheur qui prône un retour à la nature.

Alors que les initiatives fleurissent pour éduquer les plus jeunes au développement durable, quel est votre avis, en tant que chercheur, sur la manière dont est abordé ce sujet ?

Je pense tout d’abord que nous avons beaucoup perdu en passant d’une éducation à l’environnement, à une éducation au développement durable. En effet l’éducation au développement durable s’inscrit exclusivement dans le cadre d’une éthique anthropocentrée pour laquelle la seule valeur attribuée aux entités naturelles est une valeur instrumentale. La nature devient un moyen pour parvenir aux fins fixées par les êtres humains. L’éducation relative à l’environnement était plus riche puisque cette approche anthopocentrée était complétée par trois autres : une approche biocentrée, permettant d’appréhender la faune et la flore ; écocentrée pour aborder le fonctionnement des écosystèmes et enfin sociocentrée pour inscrire la problématique de l’environnement dans un contexte social, économique et politique. Aujourd’hui, même si beaucoup d’initiatives prises dans le milieu scolaire et associatif sont tout à fait louables, il est difficile de nier le fait que de très nombreux projets éducatifs privilégient une approche comportementaliste (tris des déchets, économie d’énergie) parfois même moralisatrice au détriment d’un enseignement pluridisciplinaire, qui permettrait aux élèves de réinterroger la nature de nos rapports à l’environnement, tant sur des aspects éthiques que sociologiques, économiques…

Y a-t-il une ou des approches plus adaptées ?

Suite à la recommandation de l’ONU de promouvoir le développement durable, nous pouvons observer des positionnements entre deux pôles : l’un adoptant, comme en France, une stratégie autoritaire de généralisation et, à l’autre extrémité, des propositions nationales plus distantes de la prescription onusienne, au sein desquelles le rapport à l’environnement est envisagé dans une perspective socioécologique, plus ample que la seule utilisation rationnelle des ressources. Bien entendu, entre ces deux pôles, on trouve divers positionnements comme en Norvège où cohabitent une éducation à l’environnement et une éducation au développement durable. Les enseignants sont alors libres de s’inscrire dans l’une ou l’autre de ces approches. Quel que soit son propre positionnement par rapport à l’EDD, il semble bien difficile, et certainement prématuré, de proposer cet enseignement très complexe aux jeunes élèves des cycles 1 et 2 du primaire pour qui la notion de temps est déjà un obstacle. Il serait certainement plus pertinent à leur égard de revenir sur une éducation à l’environnement, par le biais des classes vertes, par l’apprentissage du cycle des saisons, par exemple, qui reposent sur le contact direct et l’interaction entre l’apprenant et son environnement pour acquérir des connaissances et surtout permettre de s’imprégner physiquement et affectivement de cet environnement.

Les enseignants ont-ils les ressources et les moyens suffisants pour mettre en œuvre ce projet de sensibilisation au développement durable ?

Il existe à ce jour de très nombreuses ressources sur l’EDD pour aider les enseignants. Cependant, au vu de la complexité de la tâche, la question est de savoir si celles-ci sont suffisantes. Le premier obstacle, Lire la suite

Jean-Marie Pelt : Faire coïncider écologie et économie

lalibre.be, Charles Delhez, le 17 février 2010

Entretien avec Jean-Marie Pelt, président de l’Institut européen d’écologie.

Faire coïncider écologie et économie

Dossier « Notre planète »

Fils et petit-fils d’horticulteur, botaniste, Jean-Marie Pelt est un amoureux de la nature. Fondateur de l’Institut européen d’écologie à Metz, voici déjà quarante ans, il est de plus en plus préoccupé de l’avenir de notre la petite Planète bleue, riche jusqu’à présent, d’une étonnante biodiversité, véritable assurance-vie de l’humanité. Elle met en effet des ressources à notre disposition, que nous prélevons directement pour nous nourrir, nous vêtir Elle nous fait également bénéficier de sols fertiles, de forêts prospères, d’eau pure, d’insectes pollinisateurs Et, s’exclame Jean-Marie Pelt, ces services-là sont gratuits ! Rencontre à Metz, dans les bureaux de l’Institut, abrités dans le cloître des Récollets du XIVe siècle.

Jean-Marie Pelt, quel est donc votre vocabulaire actuel ? Parleriez-vous de développement durable, de modération joyeuse, de décroissance ?

Je ne parlerais pas de décroissance, car on reste alors dans le vocabulaire usuel. Or, il faut aujourd’hui percevoir les choses autrement. Je préfère donc parler d’économie durable, d’économie verte, d’économie en équilibre. L’économie doit devenir le mode ordinaire de production et de consommation des biens et services, et le lieu ordinaire où les gens trouvent un emploi. La croissance, elle, fait la part grande à la production de richesses, expression que je n’aime pas. En effet, en créant des richesses, on épuise les ressources qui serviraient aux suivants pour en produire eux-mêmes. Il faut repenser les axiomes de l’économie. Cette science s’est installée uniquement dans la société humaine et n’a pas du tout tenu compte des ressources de leurs limites. Economie et écologie doivent finir par coïncider, sinon l’économie sera une sorte de cancer se développant sur le monde des vivants, qui va finir par s’épuiser et tomber gravement malade.

Dans notre évaluation de la croissance des entreprises, par exemple, n’oublie-t-on pas la variable écologique et la variable humaine ? Sous cet angle, n’est-on pas en décroissance ?

Tout à fait ! Je vois que des gens souffrent au travail, à cause de la non-lisibilité des buts de l’entreprise, à cause de l’encadrement, de la pression au travail. Le bonheur intérieur brut n’y est pas. Il faut changer le fonctionnement de l’économie. Cette science récente repose sur des axiomes et des postulats qui n’ont jamais été démontrés, ainsi celui que plus on a de biens et de richesses, plus on est heureux. Côté écologie, rappelons-nous le procès Erika : on a évalué le prix des oiseaux mazoutés et la compagnie a dû payer. On a donné un prix à la nature pour qu’elle puisse entrer dans la mécanique économique. Mais en fait, c’est à la mécanique économique d’entrer dans la nature. L’économie est un sous-système de l’écologie et pas l’inverse.

Michel Serres reproche d’avoir pensé toujours les choses à deux termes, maîtres et esclaves, riches et pauvres, Nord et Sud… Il nous faudrait aujourd’hui les penser à trois termes, en donnant la parole à ce qu’il appelle la “Biogée”, la sphère des vivants. Serait-ce cela l’économie verte ?

Oui. Il s’agit de voir les choses en cohérence, de manière transversale (pluridisciplinaire aurait-on dit jadis). La vie, en effet, fonctionne en réseau. Les choses les plus lointaines peuvent avoir des rapports entre elles sans que le lien ne soit perceptible par nous. Au Canada, par exemple, les orques, qui sont carnivores, finissent par dévorer les loutres, parce qu’ils n’ont plus de poissons à manger. Du coup, les oursins – nourriture des loutres – se sont mis à proliférer, et le matelas d’algues, à diminuer. Mais c’est là que se logent les coquillages et les alvins. La population de poissons est donc menacée. Nous revoilà à la case départ : les orques dévorent désormais les loutres. C’est en interrelation subtile, avec des effets qui sont parfois éloignés de la cause première par un jeu de causes secondes, comme aux dominos.

L’écologie ne serait-elle pas aussi vieille que l’humanité, datant du jour où l’homme s’est distancé de la nature, tout en disant : et pourtant j’en fais partie ?

Justement, depuis quelques siècles, nous ne parlons plus ainsi en Occident. Les peuples premiers, eux, les Indiens, par exemple, ont un rapport fusionnel avec la nature. A la Renaissance, nous nous en sommes séparés. Cette dernière, devenue inerte, a perdu son sens. On en a fait un objet des sciences et de l’exploitation. C’est à tel point que Descartes Lire la suite

Dur de se mettre au vert ! – Pionnière en matière d’environnement, Boulder (Colorado) a bien du mal à réduire ses émissions de GES

courrierinternational.com, N° 1008, The Wall Street Journal, Stephanie Simon, le 25 février 2010

Dur de se mettre au vert !

Réputée pionnière en matière de respect de l’environnement, la ville universitaire de Boulder, dans le Colorado, a pourtant bien du mal à réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Au printemps 2010, des techniciens embauchés par la mairie seront déployés aux quatre coins de la ville pour remplacer, aux frais des contribuables, les ampoules électriques de milliers de foyers par des modèles basse consommation. Pourtant, lorsque les responsables municipaux ont décidé, en 2006, de faire de Boulder une ville pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique, ils ne s’imaginaient pas qu’ils devraient jouer les nounous. La cause semblait parfaitement correspondre aux idéaux des résidents, pour la plupart progressistes et passionnés de plein air. “Mais nous nous sommes rendu compte qu’il est extrêmement difficile de convaincre une majorité de personnes d’agir”, souligne Kevin Doran, chercheur à l’université du Colorado.

Les objectifs de Barack Obama en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont ambitieux. Pour les atteindre, le gouvernement compte notamment adopter des mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique. Le plan de relance de l’économie voté en 2009 prévoyait également des milliards de dollars pour l’isolation des bâtiments. Les autorités locales ont cependant découvert que les incitations financières et les campagnes de sensibilisation n’étaient pas suffisantes pour pousser les particuliers à agir. Boulder est pourtant l’une des villes les plus écolos du pays : on ne peut même pas acheter de chips à la buvette du stade parce que leur emballage n’est pas recyclable.

Les climatosceptiques ne se cachent plus

Prenez George Karakehian. Il se dit plutôt écolo. Il conduit une voiture hybride, recycle et utilise des ampoules basse consommation. Il refuse pourtant d’adopter les mesures d’efficacité énergétique les plus élémentaires et laisse la porte de sa galerie d’art ouverte même quand le chauffage ou l’air climatisé fonctionne. Il sait qu’il gaspille de l’énergie et s’en moque. “On m’a toujours dit que laisser les portes ouvertes incite les visiteurs à entrer”, explique-t-il. Et il n’est pas le seul dans ce cas. Depuis 2006, la ville de Boulder a accordé des subventions pour la réalisation d’audits énergétiques dans 750 foyers. Comme les propriétaires devaient tout de même débourser 200 dollars, seuls les plus motivés ont participé. Des études ont par la suite révélé que la moitié d’entre eux n’avaient pas suivi les recommandations, malgré de généreuses incitations. “Nous avons encore beaucoup de chemin à faire”, estime Paul Sheldon, consultant auprès des autorités municipales. Les habitants “devraient conduire des véhicules propres, mais ce n’est pas le cas. Ils devraient pratiquer le covoiturage, mais ils ne le font pas.” Et ils devraient changer eux-mêmes leurs ampoules, ajoute-t-il.

La validité scientifique du réchauffement climatique a récemment été contestée. Les auteurs d’un rapport phare sur le changement climatique, publié en 2007, ont admis certaines erreurs dans leurs travaux. Ils continuent cependant de penser que le réchauffement climatique est “sans équivoque” et “fort probablement” dû à l’activité humaine. Des experts britanniques du climat ont également fait l’objet de critiques à la suite de la publication d’extraits de leur correspondance électronique. Ceux-ci semblaient indiquer qu’ils cherchaient à étouffer les opinions divergentes. A Boulder, certains climatosceptiques ont commencé à exprimer leurs doutes en public. Les autorités municipales affirment cependant encore bénéficier du soutien de la majorité de la population, mais le plus difficile, c’est de pousser les citoyens à passer aux actes.

Située au pied des Rocheuses, cette ville de 100 000 habitants a souvent montré l’exemple en matière d’écologie. Elle a été l’une des premières à créer Lire la suite

Conseil Economique pour le Développement Durable : Les pouvoirs publics appelés à renforcer leur action en matière d’adaptation au changement climatique

actu-environnement.com, Rachida Boughriet, le 18 février 2010

Les pouvoirs publics appelés à renforcer leur action en matière d’adaptation au changement climatique

Pour s’adapter au changement climatique, les pouvoirs publics auront un triple défi à relever : investissements, diffusion de l’information, définitions d’outils de pilotage adaptables aux incertitudes des évolutions climatiques. Explications.

Alors qu’un plan national d’adaptation au changement climatique est prévu pour 2011 en France, le Conseil Economique pour le Développement Durable (CEDD) a publié le 17 février le rapport intitulé  »Economie de l’adaptation au changement climatique », qui vise à donner  »un cadrage économique général facilitant la mise en oeuvre de stratégies efficaces d’adaptation par les décideurs publics et privés ».

Prévu dans la loi Grenelle 1, rappelons que ce plan national rassemblera des orientations sur des sujets comme la lutte contre les inondations et l’adaptation des zones littorales, l’évolution des forêts, la question de l’eau et l’adaptation de l’économie. Il doit trouver sa déclinaison territoriale dans les futurs  »schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie » proposés par le projet de loi Grenelle 2, en cours d’examen au Parlement, et dans les  »Plans climat énergie territoriaux » qui devront être établis par les départements, communautés urbaines, communautés d’agglomérations, communes et communautés de communes de plus de 50.000 habitants avant 2012.

L’objectif du rapport, réalisé à la demande du ministère du Développement Durable, est de mobiliser pouvoirs publics et acteurs privés pour que l’adaptation  »restée pendant longtemps le parent pauvre, à la fois intellectuel et pratique, du débat sur le changement climatique » soit reconnue au même titre que l’atténuation et la limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES). Des stratégies d’adaptation,  »nécessaires » pour faire face aux conséquences du réchauffement. D’autant plus qu’un rapport de l’ONERC*, publié en septembre dernier, chiffre les coûts liés au changement climatique à  »plusieurs centaines de millions d’euros par an » pour plusieurs secteurs d’activités (agriculture, tourisme, énergie, tourisme, BTP…) d’ici 2050,  »en cas d’adaptation insuffisante ».

Des incertitudes autour des impacts

Mais au-delà des investissements, la question de l’adaptation au changement climatique s’avère  »complexe », explique Christian de Perthuis, l’un des auteurs du rapport et membre du programme de recherche économie du climat. Et ceci, compte tenu de  »l’incertitude liée notamment à l’évolution future du climat » selon qu’on se situe dans un scénario de hausse moyenne des températures de 2°C ou de 4°C , de celle sur les conséquences possibles d’un scénario climatique donné au plan local et celle sur l’évolution des capacités d’adaptation de  »nos sociétés dans le futur », précise Stéphane Hallegatte du Centre International de Recherche sur l’environnement et le développement (CIRED).

Si l’adaptation peut être définie comme l’ensemble des évolutions que les sociétés  »devront opérer pour limiter les impacts négatifs du changement climatique et en maximiser les effets bénéfiques », les stratégies sont difficiles à élaborer. Par exemple, concernant la traduction locale de ces scénarios climatiques,  »les modèles divergent en France sur la façon dont le changement climatique va affecter la fréquence et l’intensité des épisodes de tempêtes dans le nord du pays ».

Selon les auteurs, les impacts du changement climatique, et donc les bénéfices des mesures d’adaptation,  »dépendent non seulement du scénario climatique, mais aussi Lire la suite

Renouveau de l’écologie politique : la décroissance en débat

mediapart.fr, Stéphane Lavignotte, le 20 février 2010

Renouveau de l’écologie politique: la décroissance en débat

Pasteur écolo-libertaire, Stéphane Lavignotte présente son livre La décroissance est-elle souhaitable?, un des quatre premiers titres de la collection «Petite Encyclopédie Critique» des éditions Textuel

La thématique de la décroissance a fait florès, des débats entre écologistes, aux échanges avec la gauche de la gauche, jusqu’aux pages de la grande presse. Mais rarement un débat – hormis celui sur l’islam ! – aura été aussi confus. Il me semblait important de commencer par clarifier le débat, en présentant les thèmes de la décroissance, puis étudier la justesse des critiques qui leur étaient adressées, avant d’avancer des éléments plus personnels notamment en terme de stratégie politique et d’éthique.

Vitalité intellectuelle des objecteurs de croissance

Un des intérêts – et pas des moindres – du courant de la décroissance est de donner une seconde jeunesse à l’écologie politique. D’abord parce qu’il reprend les thèmes de l’écologie au moment de sa naissance, tels que René Dumont, Jacques Ellul, Ivan Illich ou André Gorz les ont développés à partir du début des années 1970 : une mise en cause des dogmes de la croissance et du bonheur par la consommation, leurs conséquences pour la planète, la critique de la technique… Ensuite parce qu’il redonne un ton radical à l’écologie après trente cinq ans de participation de ce courant au débat politique et un certain assagissement : la relative institutionnalisation des Verts et des grandes associations écologistes, « le développement durable » comme nouveau consensus (au moins apparent), la naissance du mythe de « la croissance verte »… Des auteurs comme Paul Ariès, Vincent Cheynet, Bruno Clémentin, Serge Latouche sont apparus dans le débat à travers leur critique de ces évolutions. Ils démontrent combien le « développement durable » est une contradiction dans les termes, un oxymore selon Serge Latouche. Par exemple en raison de l’effet rebond : chaque voiture pollue moins – ce qu’on appelle « l’éco-efficience » – mais comme il en y a de plus en plus, au total, le secteur automobile pollue plus… Cette logique de polluer moins pour polluer plus longtemps est dénoncée. Mais la polémique ne se tourne pas uniquement sur la « droite » de l’écologie, elle critique aussi sa gauche altermondialiste : est-ce seulement la croissance qui doit être mise en cause ou toute logique de développement ? Les débats sont vifs notamment avec l’association ATTAC.

Cette approche décapante a d’abord cela de souhaitable qu’elle oblige non seulement l’écologie a se poser la question de sa radicalité, mais à la gauche – notamment radicale – à se poser la question de l’écologie au delà de la seule dénonciation des conséquences de la logique de profit sur la planète. Ce n’est pas seulement la question de la propriété des moyens de production qui doit être posée, mais celle de la croissance des forces productives : pas seulement qui contrôle les usines, mais quelles machines pour quelle production ?

Apports de l’écosocialisme

Cette mise en cause oblige la gauche radicale à accorder plus d’attention au courant de l’écosocialisme qui en son sein tente depuis des années de faire entendre ces problématiques et apporte au débat des éléments nouveaux. Ainsi en est-il de la question de l’élargissement de l’analyse des contradictions principales du capitalisme : de l’analyse (jadis privilégiée) de la contradiction Lire la suite

Elections régionales : 10 propositions pour développer l’éducation à l’environnement vers un DD

actu-environnement.com, Rachida Boughriet, le 19 février 2010

Elections régionales : 10 propositions pour développer l’EEDD

A la veille des élections régionales de mars, le Collectif français pour l’éducation à l’environnement vers un développement durable (CFEEDD) interpelle les candidats et proposent dix mesures  »concrètes » pour développer l’EEDD.

Le collectif propose tout d’abord aux candidats de mettre en œuvre des projets et actions d’EEDD sur le terrain auprès de la population et des jeunes et de mettre en place des débats citoyens sur tous les grands thèmes de l’environnement : climat, biodiversité, eau, pollutions. Le CFEEDD leur propose également de créer les conditions de mise en relation des acteurs de l’EEDD (soutien des réseaux d’éducateurs, plates-formes, espaces de concertation) ou encore de construire une démarche éducative en accompagnement de chaque politique publique  »pour y définir ensemble un volet éducatif ».

Le collectif recommande aussi de développer les partenariats, d’intégrer les notions d’environnement et de développement durable dans toutes les formations professionnelles, de soutenir la formation des animateurs et des enseignants de la maternelle au supérieur, et celle des élus, ou encore de généraliser les démarches de développement durable dans les lycées et les CFA.

Le collectif appelle également à sensibiliser la population aux questions environnementales et de développement durable, à soutenir la professionnalisation et à développer la recherche. Il appelle aussi à consacrer  »un réel budget à l’EEDD », en mettant notamment en place des fonds de financement de l’éducation à l’environnement vers un développement durable à tous les échelons de territoire.

Accéder aux 10 propositions Lire la suite

La revue Entropia : Le laboratoire des objecteurs de croissance

lemonde.fr, Nicolas Truong, le 14 février 2010

Le laboratoire des objecteurs de croissance

Un spectre hante l’Occident : celui de l’effondrement. Du 11-Septembre à l’actuelle implosion de la bulle spéculative, l’ombre portée des Twin Towers effondrées ne cesse d’imprégner nos mentalités collectives. Du crash au krach, tout serait donc en voie d’effondrement : la banquise comme la social-démocratie, la Banque mondiale comme l’autorité parentale… Notre début de siècle semble s’apparenter au portrait dressé par le biogéographe américain Jared Diamond qui, dans Effondrement (Gallimard, 2006), compare notre situation à celle des habitants de l’île de Pâques, disparus après avoir détruit leur environnement, à force de vouloir ériger leurs mystérieuses statues.

Il n’est donc pas étonnant que les « objecteurs de croissance » se soient penchés sur la question. Car la religion du progrès a conduit les économies mondialisées droit dans le mur, constatent les partisans de la critique radicale du développement – durable ou non – réunis autour du septième numéro de la revue Entropia, publication semestrielle fondée en 2006.

Le député Vert Yves Cochet y explique que la crise des subprimes de l’été 2007, comme celle des « émeutes de la faim » du printemps 2008, sont des conséquences de la hausse des produits pétroliers. Car, d’un côté, l’explosion du cours du baril a empêché les ménages américains de rembourser leurs emprunts, et de l’autre, ruiné les Etats dépendant de cette matière première à cause du productivisme de leur industrie agroalimentaire. Il y a donc une corrélation entre crise économique et dépression écologique, explique le juriste Simon Charbonneau. D’où l’urgence de la décroissance, poursuit l’universitaire Serge Latouche, qui ironise : « Si la croissance engendrait mécaniquement le bien-être, nous devrions vivre aujourd’hui dans un vrai paradis. » Or, le pire est à venir, prévient-il, puisque les rapports internationaux annoncent de sombres scénarios : pénurie globale des ressources non renouvelables en 2030, pic de la pollution en 2040, crise de l’alimentation en 2070…

Mais comment décroître ? En se défaisant des « sortilèges de l’argent », assure l’économiste Bernard Guibert. De la « permaculture » (production agricole économe en énergie) aux « villes lentes » (agglomérations à basse consommation), des « initiatives de transition » s’inventent. Ainsi le polytechnicien Christian Araud relate l’expérience de la petite ville anglaise de Totnes (Devon) qui, dès 2005, a amorcé sa conversion vers une « économie soutenable », notamment grâce à une Bourse d’échange de surplus ou une monnaie du cru qui a revitalisé le commerce local.

Si la décroissance lui apparaît comme l’horizon indépassable de notre temps, Entropia souhaite cependant « ne pas confondre la conviction avec la certitude », indique Jean-Claude Besson-Girard, directeur de la publication. Ainsi a-t-elle invité à dialoguer l’économiste Jean-Marie Harribey, qui maintient l’idée d’un développement qualitatif afin de « démarchandiser nos sociétés ». La revue est consciente du risque que ferait également peser sur son projet une rhétorique de l’excès. Au point que Vincent Cheynet, rédacteur en chef du mensuel La Décroissance, rappelle que « les discours sur la fin du monde peuvent être pénibles et contre-productifs ».

Alors, décroissance ou barbarie ? Lorsqu’elle n’érige pas la nature en valeur, la décroissance peut se présenter comme Lire la suite

L’urbanisme à la française – Comment la France est devenue moche

telerama.fr, Xavier de Jarcy et Vincent Remy, Télérama n° 3135, le 11 février 2010

L’urbanisme à la française

Comment la France est devenue moche

LE MONDE BOUGEEchangeurs, lotissements, zones commerciales, alignements de ronds-points… Depuis les années 60, la ville s’est mise à dévorer la campagne. Une fatalité ? Non : le résultat de choix politiques et économiques. Historique illustré de ces métastases pé­riurbaines.

Un gros bourg et des fermes perdues dans le bocage, des murs de granit, des toits d’ardoise, des tas de foin, des vaches… Et pour rejoindre Brest, à quelques kilomètres au sud, une bonne route départementale goudronnée. C’était ça, Gouesnou, pendant des décennies, un paysage quasi immuable. Jean-Marc voit le jour dans la ferme de ses parents en 1963. Il a 5 ans lorsqu’un gars de Brest, Jean Cam, a l’idée bizarre d’installer en plein champ un drôle de magasin en parpaing et en tôle qu’il appelle Rallye. Quatre ans plus tard, les élus créent un peu plus au nord, à Kergaradec, un proto­­type, une ZAC, « zone d’aménagement concerté » : les hangars y poussent un par un. Un hypermarché Leclerc s’installe au bout de la nouvelle voie express qui se cons­truit par tronçons entre Brest et Rennes. Puis viennent La Hutte, Conforama et les meubles Jean Richou… 300 hectares de terre fertile disparaissent sous le bitume des parkings et des rocades. Quelques maisons se retrouvent enclavées çà et là. La départementale devient une belle quatre-voies sur laquelle filent à vive allure R16, 504 et Ami 8. Un quartier chic voit le jour, toujours en pleine nature, qui porte un nom de rêve : la Vallée verte…

C’est à ce moment-là que ça s’est compliqué pour les parents de Jean-Marc. Avec l’élargissement de la départementale, ils sont expropriés d’un bon bout de terrain et ne peuvent plus emmener leurs vaches de l’autre côté de la quatre-voies. Ils s’adaptent tant bien que mal, confectionnent des produits laitiers pour le centre Leclerc, avant de se reconvertir : la jolie ferme Quentel est au­jourd’hui une des salles de réception les plus courues de Bretagne. Les fermes voisines deviennent gîte rural ou centre équestre. La Vallée verte, elle, se retrouve cernée de rangées de pavillons moins chics : « Nous, on a eu de la chance, grâce à la proximité de l’aéroport, les terres tout autour de la ferme sont restées inconstructibles. » Aujourd’hui, quand il quitte son bout de verdure préservé pour aller à Brest, Jean-Marc contourne juste la zone de Kergaradec, tellement il trouve ça moche : « C’est à qui fera le plus grand panneau, rajoutera le plus de fanions. Comme si tout le monde hurlait en même temps ses messages publicitaires. » 

Ça s’est passé près de chez Jean-Marc, à Brest, mais aussi près de chez nous, près de chez vous, à Marseille, Toulouse, Lyon, Metz ou Lille, puis aux abords des villes moyennes, et désormais des plus petites. Avec un formidable coup d’accélérateur depuis les années 1982-1983 et les lois de décentralisation Defferre. Partout, la même trilogie – infrastructures routières, zones commerciales, lotissements – concourt à l’étalement urbain le plus spectaculaire d’Europe : tous les dix ans, l’équivalent d’un département français disparaît sous le béton, le bitume, les panneaux, la tôle.

Il n’y a rien à comprendre, a-t-on jugé pendant des années, juste à prendre acte de la modernité à l’œuvre, une sorte de chaos naturel et spontané, prix à payer pour la « croissance » de notre bien-être matériel. Les élites intellectuelles de ce pays oscillent entre répulsion (« c’est moche, les entrées de ville »), fascination (« vive le chaos, ça fait Wim Wenders ! ») et indifférence : elles habitent en centre-ville… Rien à comprendre, vraiment ? En 2003, l’architecte urbaniste David Man­gin prend le temps d’y réfléchir quelques mois et sort un an plus tard son formidable bouquin, La Ville franchisée, qui reste l’analyse la plus pertinente des métastases pé­riurbaines. Il faut en finir, dit Mangin, avec l’idée que ce « chaos sort de terre tout seul ». Il résulte au contraire « de rapports de forces politiques, de visions idéologiques, de cultures techniques ».

Lorsque apparaissent les premiers supermarchés, au début des années 60, la France ne compte que Lire la suite

Nouvelle LGV : un gouffre qui nuit au Pays basque

sudouest.com, Eric Mailharrancin, Professeur agrégé d’économie lycée Louis-de-Foix (Bayonne), tribune libre, le 13 Février 2010

Nouvelle LGV : un gouffre qui nuit au pays basque

Comme la réforme des collectivités locales, le schéma national des infrastructures ferroviaires renforce le pouvoir des métropoles régionales. La création de la nouvelle LGV atlantique ne fait pas exception. En Aquitaine, elle bénéficiera à l’agglomération bordelaise qui sera mieux reliée à Paris au nord, à Bilbao et Madrid au sud.

Quand des élus basques invoquent l’argument du développement économique du Pays basque pour défendre la construction d’une ligne nouvelle entre Bayonne et Hendaye, ils sont naïfs ou de mauvaise foi. Le couloir LGV est conçu pour aller vite de Paris à Madrid via Bordeaux et non pour satisfaire les intérêts des zones traversées.

La création d’une gare TGV à Bayonne n’est qu’un leurre destiné à rallier le député Jean Grenet à la cause de la LGV. En effet, il est peu vraisemblable que les trains s’écartent de leur parcours pour desservir Bayonne. Si ce détour était effectué, les TGV n’atteindraient jamais la grande vitesse jusqu’à Hendaye et l’investissement pharaonique de la nouvelle ligne ne serait plus justifié. Quelques TGV de voyageurs transiteront peut-être chaque jour par la gare de Bayonne, mais les autres fileront tout droit à travers les Landes et le Pays basque. En fin de compte, les Basques paieront des impôts pour financer des trains qui ne s’arrêteront pas.

Le scandale du recours aux impôts locaux pour financer la nouvelle LGV

La mise à contribution des taxes locales pour financer la nouvelle LGV est une anomalie antidémocratique qu’un seul de nos conseillers généraux, Alain Iriart, a eu le courage de dénoncer.

Ces impôts sont destinés à créer des services de proximité et non à financer une politique ferroviaire internationale ! Si on poursuit dans cette voie, les taxes locales seront bientôt affectées au budget de l’armée ou de la justice !

Tous les habitants du Pays basque et pas uniquement les riverains de la nouvelle ligne paieront donc le prix fort pour un investissement démentiel aux arguments écologiques non démontrés.

Les dégâts environnementaux de la nouvelle LGV

Le nouveau couloir LGV détruirait des milliers d’habitations, saccagerait les paysages basques en créant une hideuse balafre du nord au sud, avec une enfilade de tunnels et de viaducs en béton. Solution moins coûteuse, l’aménagement des voies existantes éviterait ces dégâts irrémédiables pour l’environnement.

Sur le plan écologique, il est possible que la croissance du fret ferroviaire désengorge le trafic routier et réduise les émissions de carbone dans l’atmosphère. Mais toutes les études montrent que les lignes actuelles sous-utilisées absorberaient une forte augmentation du transport de marchandises.

La limite principale des autoroutes ferroviaires est Lire la suite

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 22 janvier 2010

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

Ambiance morose que celle dans laquelle s’est déroulé, vendredi 22 janvier, le comité de suivi du Grenelle de l’environnement, qui réunit tous les trois mois les cinq collèges participant au processus (ONG, syndicats, patronat, collectivités locales, Etat).

Echec de la négociation sur le climat à Copenhague ; censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel ; report après les élections régionales (14-21 mars) de l’examen de la loi Grenelle II par l’Assemblée nationale, alors qu’il était initialement prévu en janvier ; regain de l’affrontement entre lobbies patronaux et écologistes… L’élan consensuel qui avait abouti, en octobre 2007, aux 273 engagements censés impliquer la France dans une « évolution écologique » semble bien loin. Deux ans et demi plus tard, le Grenelle est-il en panne ? Si l’impatience monte dans les syndicats et les ONG, certains acteurs soulignent, eux, les premiers progrès accomplis.

Les commentaires les plus acerbes viennent des associations écologistes de terrain. « C’est comme si le Grenelle n’avait pas existé, affirme Gilles Huet, délégué général d’Eaux et rivières de Bretagne. Il n’a pas eu de traduction concrète sur le terrain. La dynamique n’est pas portée au niveau régional, notamment par les fonctionnaires. » Même son de cloche chez Alsace Nature. « Ça n’a pas changé la face du monde, dit son directeur, Stéphane Giraud. L’autoroute de contournement de Strasbourg a été maintenue. Dans le dossier du grand hamster, une espèce au bord de l’extinction, c’est la Commission européenne qui pousse le gouvernement à réagir, pas le Grenelle. »

Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, ONG écologiste du Sud-Ouest, est sévère, lui aussi. « Seuls les discours ont changé, affirme le militant. Les projets sont badigeonnés en vert, comme la ligne à grande vitesse qui va passer dans notre région. On continue à grignoter la biodiversité. »

Nombreuses sont les associations qui se battent contre les projets d’aménagement jugés « contraires » au Grenelle, souvent portés par des élus locaux.

« Le Grenelle n’a pas été territorialisé, analyse Arnaud Gossement, ancien porte-parole de France nature Eevironnement (FNE), qui fédère ces associations. L’Etat n’a pas non plus donné les moyens de fonctionner aux ONG locales, qui sont dans une situation financière extrêmement difficile. La déclinaison dans les territoires doit avoir lieu rapidement, sinon le processus sera en grand danger. »

Mais au niveau national aussi, un malaise est perceptible, ravivé par le débat sur l’assiette de la taxe carbone. « L’argument de la compétitivité revient très fort de la part du patronat, constate Jean-Pierre Sotura, à la CGT. Les intérêts pèsent pour éviter que les choses se mettent en place ». « On sent très bien que plus le Grenelle s’éloigne dans le temps, plus le ton se durcit, confirme François Veillerette, président de l’association écologiste Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF). Le rapport de forces entre les ONG et l’industrie reprend du poil de la bête. »

Dans le même temps, il devient « plus difficile » de parler de développement durable aux salariés, selon Jean-Pierre Bompard, à la CFDT. « Le Grenelle remonte à 2007, il a perdu une partie de son attractivité, la crise économique est passée par là, estime le syndicaliste. Aujourd’hui les salariés sont confrontés à une crise de l’emploi, et ont en même temps le sentiment que Copenhague a été un échec. L’idée qu’il faut d’abord résoudre les problèmes urgents progresse. »

Le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo sent le danger. Il a Lire la suite

Le père Noël ne passera pas à Copenhague ! ou la gouvernance de l’échec

portaildurisque.over-blog.com, Michel Lesbats, le 23 décembre 2009

Le père Noël ne passera pas à Copenhague ! ou la gouvernance de l’échec

Dans les domaines de la gouvernance globale l’heure était à la remise en cause des modèles dominants : la « réalité » géopolitique, la force, l’économie devait être tempérées par l’écologie et le social au niveau mondial. De plus la crise financière récente  devrait nous inciter à prendre le virage. Le GIEC, MM. Gore et Obama ne venaient ils pas d’obtenir le prix Nobel de la Paix ?

Quelle occasion d’espérer que le monde progresse par « bifurcation » et se mette sur les rails du changement de mentalités et de comportements en se montrant exemplaire au niveau de la gouvernance mondiale. Même l’apparition récente des climato-sceptiques semblait être le dernier sursaut d’une société  « has been  » qui avait vécue et que tout le monde (en Europe) semblait vouloir abandonner.

Quelle erreur collective d’appréciation : il est d’actualité de dire que nous croyions tous au Père Noël– le sommet de Copenhague  a servi de plateforme géopolitique et économique aux hommes d’affaires et aux politiques qui les soutiennent… un G20  pour régler des petits problèmes entre amis, sans se préoccuper de l’intérêt général. Tout le monde, à quelques exceptions près, n’a vu que ses intérêts géostratégiques et s’est intéressé qu’à son « petit commerce » ! Les intérêts particuliers des Etats et/ou des marchands priment, une fois de plus, sur l’intérêt général : espérons que cela ne soit pas une fois de trop !

Quelle déception pour les peuples pragmatiques, quelle victoire pour les gouvernants et les affairistes dominants. La rationalité est désormais du coté des peuples éclairés puisque la diplomatie internationale (ONU) qui devait nous accompagner pour changer le monde a accouché d’une souris.

Les Grands de ce Monde ont désormais perdu toute crédibilité et attitude de rationalité aux yeux des Petits. Comment cela sera – il perçu et analysé dans quelques années par les peuples qui seront inévitablement touchés directement ou indirectement par le réchauffement climatique et ses cascades d’effets associés… cet échec va accentuer le nombre de morts et de réfugiés sur la planète… tout le monde le sait !

Le crime contre l’Humanité  pourrait se découvrir deux nouvelles modalités dans les années qui viennent : l’ « inconscience écologique » et la « délinquance écologique mondiale » qui va tuer des millions de personnes, des espèces de la biocénose et de nombreux écosystèmes qui les hébergent – cette modalité devrait permettre, à terme, de condamner les Grands de la  planète, y compris lorsqu’ils  «auront pêché par omission de prendre des décisions ».

Comment mobiliser et demander aux entreprises et aux citoyens français de consentir et d’accentuer les efforts en matière d’écologie sans les contraindre trop…  alors que d’autres vont ruiner ces efforts en quelques semaines aux Etats Unis, en Chine ou en Inde et que le comportement incontrôlé de ces derniers vont de toutes les façons nous précipiter vers la catastrophe ?

Pas mal d’argent et d’intelligence ont été gaspillé ces derniers temps pour mobiliser les « citoyens éclairés » et organiser le Sommet de Copenhague ; cela aurait été mieux utilisé à la prévention sur le terrain du drame humain qui se prépare.

Le Président Sarkozy lui même pensait que le sommet ne pouvait pas échouer parce que Lire la suite

Surfrider Foundation : Bayonne, Anglet et Biarritz en concurrence pour le siège européen

sudouest.com, Pierre Penin, le 22 Décembre 2009

SURFRIDER. La Ville propose l’ancien site de l’université à l’organisation. Mais Anglet et Biarritz sont en lice

Bayonne en concurrence pour le siège européen

Où Surfrider foundation installera-t-elle son siège européen ? Actuellement à l’étroit dans ses locaux biarrots (avenue de Verdun), l’organisation écologiste a fait savoir au printemps dernier sa volonté de déménager. La Ville de Bayonne est sur les rangs. Jean Grenet observe une grande prudence : « Rien n’est signé, il est donc prématuré d’évoquer ce sujet », pose le maire. Le dossier est très sensible, car Bayonne, Anglet et Biarritz se disputent Surfrider.

« On est en début de négociation », tempère Xavier Giamporcaro, chef de projet partenariat et développement pour Surfrider Europe. « Nous avons sollicité la Communauté d’agglomération du BAB, nous avons précisé nos besoins. » Soit, au grand minimum, « le double » des 225 m2 de surface utile actuels. Plutôt dans les 1 000 m2, pour loger son équipe actuelle et anticiper son développement. « Nous explosons depuis quatre ans, les nouveaux locaux devront répondre à nos besoins futurs. »

L’option Saint-Crouts

Initialement, l’association envisageait une construction, évidemment en haute qualité environnementale (HQE). « L’idée de départ est celle-là, confirme le président Gilles Asenjo. Mais on s’interroge aussi sur la possibilité d’adapter des locaux existants. » C’est la proposition bayonnaise. La Ville ouvre l’espace encore vacant sur le site de l’ancienne université, à Saint-Crouts.

Surfrider l’envisage et ne s’en cache pas, affirme « avancer dans les discussions avec Bayonne ». Mais son président nuance dans la seconde : « Il n’y a rien de figé. On n’a pas pris de décision. Toutes les possibilités ont leur intérêt. On est encore à l’écoute des trois municipalités. »

Pour Biarritz, l’adjoint aux sports Michel Poueyts revendique la légitimité des origines. Les surfeurs mobilisés pour l’environnement ont toujours siégé à Biarritz. « Surfrider a toute sa place chez nous. Nous sommes des partenaires privilégiés et naturels. » La perspective de la Cité de l’océan renforce, pour l’élu biarrot, la candidature de sa ville. Ne pas comprendre ici que la cité côtière envisage un lieu sur ladite cité. C’est dans le futur quartier Kleber que Biarritz envisage de loger Surfrider. Ce ne sera pas avant deux ans : l’association attendra-t-elle ?

Quant à Anglet, elle suggère deux espaces. L’un à la Barre, face à l’ancien camping éponyme, avec vue sur l’Adour. L’autre pourrait être Baia parc, sur le domaine portuaire.

« Pas un choix politique »

L’organisation réserve donc son choix. Mais les concurrents devraient bientôt savoir. Courant janvier, l’association réunira un conseil d’administration censé trancher la destination du déménagement.

Les administrateurs seront guidés par « des impératifs professionnels, techniques uniquement », appuie Gilles Asenjo. Pour être plus clair encore : « On ne fera pas un choix politique. » Précision d’importance dans ce dossier aux enjeux certains, sur fond de rivalité entre les villes. Le siège de Surfrider est une Lire la suite

Climat : qui est responsable du Flopenhague ?

sciences.blogs.liberation.fr, sylvestre Huet, le 21 décembre 2009

Climat : qui est responsable du Flopenhague ?

Qui est responsable du Flopenhague ? La question est posée dans nombre d’éditoriaux depuis ce matin, après le résultat de la COP-15 de Copenhague, et la réponse est souvent naïve.

Les méchants gouvernements n’auraient pas écouté les gentilles ONG environnementalistes. La solution au problème serait de les écouter plus à l’avenir, dans un système de gouvernement mondial miraculeusement compétent, honnête et n’écoutant que les impératifs du développement durable et l’intérêt des générations futures.

Cette vision relève plus des bisounours au pays des négociations mondiales sur le climat que d’une analyse lucide des raisons de leur enlisement actuel.

Comme l’affiche ci-dessus le suggère, le plus gros lobby ayant conduit Obama à la position minimaliste adoptée à Copenhague, c’est tout simplement… celui de ses électeurs. Et c’est pourquoi il ne suffit pas de rompre avec la brutalité d’expression de Georges Bush – l’auteur de «American way of life is not negociable» – pour rejoindre le bal des bons sentiments et des Yaka professés par la plupart des ONG. La grande majorité du peuple américain ne veut pas bouleverser en profondeur un mode de vie énergivore, n’entend ne le négocier avec personne, et c’est cela le « problème » – si problème il y a – d’Obama.

Si Hu Jintao ne veut pas de contrôle sur les émissions de son pays et refuse d’aller plus loin qu’une croissance des émissions inférieure à celle de son PIB, c’est que 200 millions de chinois ont les moyens d’acquérir une voiture et ont bien l’intention de le faire. Et les deux milliards d’être humains qui n’ont pas d’électricité aimeraient bien en avoir… or, elle se fabrique à plus de 60% avec du charbon et du gaz. Toute approche du problème ne partant pas du fait suivant : 80% de l’énergie consommée dans le monde – pour se nourrir, se loger, se chauffer, se déplacer, travailler et commercer – provient de combustibles fossiles, n’a aucune chance de déboucher sur des solutions efficaces. Dénouer le noeud gordien climat/développement constitue le point de passage obligé d’une politique lucide.

Qu’avions nous à Copenhague ?

► Des gouvernements de pays industrialisés et démocratiques – USA, Canada, Europe de l’Ouest, Japon… – contraints de reconnaître la solidité du dossier scientifique des climatologues. Mais incapable de construire un programme économique, technologique, mais surtout social voire culturel, susceptible de conduire à l’objectif des 80% de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Le volet international d’un tel programme consisterait à une réorientation massive des investissements vers des activités peu ou pas carbonées, à l’aide d’encouragements (prêts à taux zéro….) pour ces derniers, et à des mécanismes défavorisants (prêts à taux élevés, taxes) les activités fortement carbonées. En l’absence de miracle technologique, un tel programme suppose en effet non seulement d’utiliser massivement toutes les technologies connues non ou peu émettrices de carbone, mais également de réduire des consommations, des activités, les importations massives d’objets fabriqués dans les nouvelles usines du monde, en Chine et ailleurs. Ou alors il faut remplacer les charters de retraités allant passer une semaine à Louxor ou Marrakech par des bateaux à voiles. Ces réductions d’activités ne seraient aujourd’hui pas acceptées par les électeurs, donc il faudrait choisir entre démocratie et bonne politique climatique si ce choix avait un sens.

La vérité, désagréable, c’est que même les leaders politiques ayant compris (si l’on en croit leurs discours) la direction à long terme, ne savent pas comment y parvenir… en restant au Lire la suite

Bordeaux : Le projet Darwin bien lancé

sudouest.com, Yann Saint-Sernin, le 19 Décembre 2009

BORDEAUX. La transformation de la caserne Niel débutera au printemps 2010

Le projet Darwin bien lancé

 «Doux rêveurs », entendait-on parfois pour qualifier les porteurs du projet Darwin. Aujourd’hui, Philippe Barre et ses acolytes de la holding spécialisée dans le soutien d’entreprises impliquées dans le développement durable, Évolution, savourent. Hier matin, la CUB a finalement voté à l’unanimité la cession de 10 000 mètres carrés de foncier sur l’ancienne caserne de Niel à la Bastide, pour un montant de 1,3 million d’euros. Soit le prix réclamé par l’entreprise.

Après l’avis favorable obtenu le 15 décembre sur le permis de construire déposé en juillet dernier, autant dire que le projet semble bel et bien sur les rails. « Nous attendions ce vote depuis plusieurs mois. C’était le verrou principal pour la réalisation du projet. Désormais, le calendrier est ouvert », se réjouit Jean-Marc Gancille, directeur du développement durable de la société.

15 millions d’euros

Le rêve quelque peu pharaonique du PDG d’Évolution, Philippe Barre, devrait donc devenir réalité. Il s’agit à terme de transformer les 20 000 mètres carrés de la vieille caserne militaire en pépinière écoresponsable où cohabiteraient entreprises, commerces, associations culturelles et institutions. Le tout dans une enveloppe la plus respectueuse possible de l’environnement. « Nous voulons en faire un lieu d’échange et de décloisonnement avec des espaces communs », explique-t-il.

Les travaux, dont le montant est toujours estimé à 15 millions d’euros (foncier compris), devraient débuter par le curage des bâtiments dès le mois de mars, selon Olivier Martin, l’un des deux architectes en charge du projet. Le gros de la rénovation devrait suivre dans l’été. Objectif : livrer les premières tranches en 2011.

Il s’agira du « volet économique » du projet. C’est-à-dire celui portant deux des quatre magasins militaires dont Évolution vient de se porter acquéreur. « La quasi-totalité des locaux est déjà réservée », indique Philippe Barre. En tout, douze PME écocréatives devraient signer les baux courant janvier. Selon la société, « le groupe Suez pourrait aussi se joindre au lot ».

L’endroit devrait aussi comporter notamment des chambres d’hôte « écolodge », des salles de décompression, une crèche écoresponsable, ainsi qu’une « cathédrale d’eau » destinée à recueillir l’eau de pluie et à alimenter une climatisation naturelle.

L’économie avant la culture

Bref, une véritable Sillicon valley du troisième type où chaque élément se verra estampillé du label « éco »… et Évolution. Car outre son rôle de promoteur et d’initiateur du projet, la holding financière devrait prendre des parts dans plusieurs sociétés qui s’implanteront sur le site.

Philippe Barre ne semble d’ailleurs pas refuser le costume de démiurge : « Ce sera une vitrine. Une entreprise doit partager un projet de société, nous voulons montrer la voie d’une sobriété heureuse. » Sobre mais visible, le chantier devrait être Lire la suite

La trajectoire verte de Nicolas Sarkozy

lefigaro.fr, Charles Jaigu, le 16 décembre 2009

La trajectoire verte de Nicolas Sarkozy 

Le chef de l’État arrive ce jeudi à Copenhague, où se tient la conférence sur le climat. Depuis 2002, il s’est progressivement rallié aux idées écologistes.

C’était pendant la traversée du désert de Nicolas Sarkozy, il y a plus de dix ans. Sonné par la défaite de Balladur, le quadra du RPR avait du temps. Et, comme il le dira plus tard, il «prend conscience de ses manques». Un jour, il croise dans un mariage à Neuilly Allain Bougrain-Dubourg, le fondateur de la Ligue pour la protection des oiseaux. Le maire de la ville le salue d’un «vous savez je ne suis pas chasseur !» «Ça tombe bien, moi non plus», répond l’ancien compagnon de Brigitte Bardot et militant antichasse. Ce dernier lui explique que l’écologie n’a pas vocation à être le monopole de la gauche. Le propos intéresse Nicolas Sarkozy, qui lui demande de venir le voir. «Nous avons eu depuis de nombreuses réunions de travail.» Au menu : biodiversité, règne animal en péril. Nicolas Sarkozy papillonne autour de ces sujets désertés par la droite, mais il est loin, très loin d’avoir accompli sa mue. Il se montre simplement conscient que la droite doit élargir son spectre vers les sujets plus sociétaux.

En 2002, Claude Guéant devient son directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur, et il demande à la toute jeune Chantal Jouanno de suivre les dossiers environnementaux. «J’étais l’emmerdeuse qui travaille sur les sujets considérés comme risibles», se souvient-elle. Ancien haut fonctionnaire au ministère de l’Environnement, Guillaume Sainteny se souvient d’ailleurs que le ministère de l’Intérieur restait «totalement indifférent à ces problématiques». Aujourd’hui Chantal Jouanno est devenue secrétaire d’État chargée de l’Écologie. Elle a été la première issue du cabinet de Nicolas Sarkozy à entrer au gouvernement. Quand elle se retourne sur la trajectoire verte du président, elle indique une date : le début du mois de janvier 2007, quand Nicolas Sarkozy, qui a accepté de signer le pacte de Nicolas Hulot, se présente devant un parterre de militants associatifs au Musée de l’homme, pour y lire un texte dont la durée a été limitée à dix minutes précises. Mais le candidat dépasse d’une minute le temps prescrit : il est sifflé par une partie de la salle. Il ressort ulcéré de ces mauvaises manières. Pourtant, selon Jouanno, ce fut un moment décisif : «Nicolas Sarkozy avait mal vécu la pression exercée par Hulot pour signer le pacte. Dans les coulisses ils se sont expliqués franchement, mais il a apprécié des vrais pros qui connaissaient leur sujet», explique la secrétaire d’État.

Sarkozy endosse donc le combat de Hulot, qui fut si longtemps celui de Chirac. Il y voit un intérêt politique – ne pas laisser Ségolène Royal coloniser cet espace politique. Et il y est sans cesse encouragé par une partie de son cabinet, dont Claude Guéant et Emmanuelle Mignon.

La rencontre avec Al Gore

Dans l’intervalle, Sarkozy fait la connaissance de Yann Arthus-Bertrand, lors d’un déplacement resté fameux en Guyane, où il est accompagné de Cécilia Sarkozy. Survol en hélicoptère de la marée verte des huit millions d’hectares de la forêt guyanaise. Le photographe lui parle beaucoup de l’importance capitale des forêts primaires. Message reçu : c’est devenu, au fil des rencontres, l’un des sujets de prédilection du chef de l’État. Le jour de son arrivée à l’Élysée, le 18 mai 2007, le premier hôte de Nicolas Sarkozy sera d’ailleurs Arthus-Bertrand. «On a découvert ensemble son bureau de président», avoue le photographe qui a renoncé au vote vert pour voter Sarkozy, encore tout étonné de voir le tout nouveau chef d’État essayer devant lui le fauteuil de Chirac, et ouvrir la fenêtre pour admirer la vue.

Dès les premières semaines de son quinquennat, Nicolas Sarkozy reçoit les grands experts en matière d’écologie, avant de lancer le Grenelle de l’environnement. Il voit l’économiste Nicholas Stern, auteur d’un rapport sur le péril climatique commandé par Tony Blair, ou Al Gore, alors en tournée de présentation de son film, Une vérité qui dérange, qu’il rencontre trois fois en 2007. «C’est à ce moment-là qu’il s’est forgé une vraie conviction», raconte Chantal Jouanno : «Il était devant des experts de renommée internationale, ce qui le sortait du débat politicien avec les Verts.» Ils lui expliquent alors, diagrammes à l’appui, que le réchauffement climatique actuel – plusieurs degrés en trente ans – n’a rien à voir avec le cycle interglaciaire classique qui s’étale sur 150.000 ans, objection classique des «climato-sceptiques de droite devenus aujourd’hui pro-Allègre», résume l’un de ses collaborateurs. «Sur l’environnement, Sarkozy est à 50% sincère et à 50% dans la stratégie politique», conclut Nicolas Hulot. «C’est lui qui a porté le paquet climat en Europe, c’est lui qui Lire la suite

Les ONG et l’alerte écologique

laviedesidées.fr, Sylvie Ollitrault, le 8 décembre 2009

Les ONG et l’alerte écologique

La préoccupation écologique semble aujourd’hui faire consensus. On en oublierait presque que ce sont des ONG, longtemps perçues comme marginales, qui les premières ont donné l’alerte et porté le mouvement pour la protection de la planète. Retour sur trente années de mobilisations qui ont changé les représentations.

La défense de l’environnement appartient à la catégorie de ces grandes causes mondialisées comme la lutte contre les discriminations ou la promotion des droits de l’homme. Ce qui se joue à Copenhague relève d’un agenda international qui réunit les représentants des gouvernements, les experts internationaux et les organisations non-gouvernementales (ONG). Le rôle de ces dernières en matière de protection de la planète est complexe ; toutefois, depuis l’origine, le cœur de leur action consiste à informer l’opinion publique et à diffuser l’idée que les enjeux environnementaux réclament des décisions d’urgence. Il s’agit pour elles d’alerter l’opinion, de souligner les paradoxes des politiques publiques internationales – notamment les écarts de conduite des États.

Cependant, à l’occasion de cette conférence, on peut constater que les ONG ont peu renouvelé leur répertoire d’action collective, c’est-à-dire les manières et les mises en scènes permettant de porter la plainte ou de défendre un intérêt (en l’occurrence, la défense de l’environnement). Si le scénario est si bien réglé que les acteurs ne font pas preuve d’inventivité, c’est que les organisations sont de véritables professionnelles de la contestation et que leur savoir-faire militant est extrêmement bien rôdé.

Dans la galaxie des contestataires écologistes, certains groupuscules affectionnent l’action directe sans pesanteur organisationnelle (anti-pub, antivivisection, etc.), d’autres réseaux d’obédience anarchiste et antimondialisation peuvent choisir des modes de vie radicalement alternatifs (squatt, retour à la nature). Les partis politiques écologistes, quant à eux, impulsent de nouvelles orientations, relaient des préoccupations notamment environnementales. Tous ces acteurs interagissent, parfois se connaissent, se croisent au moment des grandes mobilisations fédératrices. Néanmoins, les ONG ont un profil tout à fait singulier et incontournable au niveau des négociations internationales. Tour à tour expertes mandatées par les institutions internationales (onusiennes) ou agitatrices maniant l’arme de la mobilisation de l’opinion publique, certaines savent jouer des deux registres tandis que d’autres, en raison de leur histoire, excellent dans l’un plutôt que dans l’autre. WWF, Sierra Club ou IUCN sont reconnus par leurs travaux d’expertise sur les questions de protection, tandis que Greenpeace ou Les Amis de la Terre ont une image de trublion qu’elles utilisent à dessein. Le paysage français de la défense de l’environnement à un niveau planétaire s’est trouvé, depuis le milieu des années 1990, transformé par l’action locale de ces ONG, nées outre-Atlantique, et par l’émergence d’un nouvel entrepreneur en mobilisation, Nicolas Hulot, qui reprend des registres d’action déjà éprouvés mais en y ajoutant son aura médiatique et son style personnel.

Au moment où commence la conférence de Copenhague, cet article se penche sur le dynamisme de la mobilisation écologiste qui, à force de persévérance, a réussi à imposer ses préoccupations sur les agendas internationaux. Les ONG, aux profils si variés, sont parvenues à impulser des orientations environnementales ambitieuses alors que les acteurs politiques locaux peinaient à exiger l’application de ces mesures internationales. Dans un contexte où les questions environnementales sont prises au sérieux par les opinions publiques nationales et où les bonnes volontés politiques s’affichent de toutes parts, les ONG doivent-elles renouveler leur positionnement ? En effet, de nouveaux acteurs se déclarent écologistes (entreprises) et d’autres se disent prêts à réformer dans ce sens (les dirigeants politiques). Par exemple, le style de la Fondation de Nicolas Hulot est-il Lire la suite

Régionales : après la sécurité, l’UMP mise sur l’écologie

developpementdurable.com, Yann Cohignac, le  27 novembre 2009

Régionales : après la sécurité, l’UMP mise sur l’écologie

Quatre mois avant le scrutin des régionales, l’UMP se réunit demain (28 novembre) en conseil national à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, pour investir ses têtes de liste. La sécurité devrait rester un argument de campagne, mais l’écologie prend de plus en plus de place.

Lors de son conseil national, le parti de la majorité adoptera une double tactique pour les élections régionales : comme d’habitude, la droite jouera sur le terrain de la sécurité, et réaffirmera l’importance du débat sur l’identité nationale, histoire de capter les voix du FN. Mais séduire les électeurs frontistes ne sera pas la seule ambition de l’UMP : elle s’attachera aussi à rallier l’électorat écologiste, qui progresse en France depuis les européennes (Europe Ecologie y a talonné le PS avec 16,28 % des voix), en mettant l’accent sur la protection de l’environnement.

Et même si cette stratégie fait débat au sein de la formation politique, elle semble faire son chemin. Elle est notamment soutenue par le président de la République en personne, qui assistera d’ailleurs au conseil national. Chantal Jouanno, elle, plaide même pour que chaque candidat adopte des engagements concrets en matière de développement durable. Signe que le combat écologiste est devenu important pour l’UMP : l’invitation, demain, de Rajendra K. Pachauri, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Une polémique malvenue

La présence du climatologue parviendra peut-être à calmer la polémique qui enfle sur le vote de parlementaires UMP à Strasbourg, lors de la résolution sur les négociations de Copenhague le 25 novembre. Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie, a en effet constaté que les membres français du Parti populaire européen (PPE) ont « systématiquement tenté de réduire l’ambition du projet ».

« En supprimant la possibilité de recourir à une taxe sur les transactions financières pour financer le soutien aux pays du Sud, les députés UMP ont indiqué leur désaccord avec les propos du Président Sarkozy et, plus gravement, avec le Plan Borloo présenté comme l’étendard de l’ambition climatique française », lance-t-il.

Et d’ajouter : « En demandant explicitement que les pays émergents Chine, Brésil et Inde, aient des objectifs de lutte contre les changements climatiques équivalents aux pays riches, les députés UMP remettent en cause rien de moins que la structure de la négociation internationale et le principe inhérent au protocole de Kyoto : la responsabilité première des pays développés dans l’accumulation des gaz à effet de serre et donc dans la lutte pour leur réduction. En contradiction complète avec la ligne officielle française ».

Selon lui, « la position française dans les négociations, généralisée à l’ensemble de la planète, conduirait Lire la suite

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

prix-pinocchio.org, communiqué, le 25 novembre 2009

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

Les Amis de la Terre ont décerné hier soir à Paris les prix Pinocchio du développement durable 2009, sur la base des votes des internautes. Cette année, les lauréats sont Bolloré dans la catégorie « droits humains », Total dans la catégorie « environnement » et EDF dans la catégorie « greenwashing ».

Dans la catégorie « droits humains », c’est le groupe Bolloré qui a reçu le prix avec 35 % des votes pour les conditions de travail déplorables des travailleurs dans les plantations d’huile de palme de sa filiale Socapalm (Cameroun), dont elle est actionnaire majoritaire.

Le groupe Total a quant à lui reçu le prix Pinocchio dans la catégorie « environnement » avec 29 % des votes de cette même catégorie. Les internautes condamnent la multinationale française pour son implication dans le méga-projet pétrolier Kashagan (Kazakhstan), qui s’annonce comme une catastrophe environnementale et sanitaire. Ce cas illustre le double discours du groupe qui, loin de l’image moderne et éthique qu’il cherche désespérément à se donner, continue à investir massivement dans des projets fossiles polluants et archaïques.

Pour le « greenwashing » enfin, c’est EDF qui remporte le prix avec 42 % des votes de cette catégorie pour sa récente campagne de communication « Changer d’énergie ensemble » qui a coûté plus cher que les dépenses du groupe en recherche et développement dans les énergies renouvelables. Ces dernières ne représentent elles-mêmes qu’une part infime du chiffre d’affaires du groupe par rapport au nucléaire.

Les Amis de la Terre organisent chaque année les Prix Pinocchio du développement durable pour dénoncer le bilan désastreux de grandes multinationales, en termes économiques, environnementaux ou sociaux. Les multinationales, toujours aussi peu encadrées, ont de plus bénéficié de financements publics sans précédent pour éviter de pâtir de la crise et ce sont les contribuables et les salariés qui doivent assumer les coûts.

Pour Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, « malgré les beaux discours, les multinationales continuent à faire ce qu’elles veulent sans être inquiétées, en s’en tenant à des accords volontaires dont l’inefficacité est flagrante. Dans la crise systémique actuelle, il est plus que jamais temps que les décideurs prennent leurs responsabilités et mettent enfin en place des lois contraignantes. Il n’est plus admissible que les intérêts privés des multinationales continuent à primer sur l’intérêt général, l’avenir de la planète et le bien-être de ses habitants ».

Les résultats des votes détaillés par catégorie sont accessibles sur Lire la suite

Kempf – Une mesure écologique : réduire l’inégalité

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 25 novembre 2009

Une mesure écologique : réduire l’inégalité

Et le social ? C’est le troisième « pilier » du développement durable, avec l’environnement et l’économie, mais il semble toujours oublié du tableau. Sociologues et géographes rappellent cependant avec insistance que la question sociale s’articule fortement avec la crise écologique. L’université de Paris-X vient ainsi de tenir un colloque sur la justice environnementale, l’Agence française de sécurité sanitaire organise le 10 avril des débats sur le rapport entre inégalités environnementales et risques sanitaires, l’université de Bruxelles vient de publier un recueil sur Environnement et inégalités sociales…

Comme l’expliquent dans ce livre les sociologues Edwin Zaccaï et Pierre Cornut, l’inégalité environnementale revêt plusieurs aspects : d’une part, « les impacts subis par les populations du fait d’une dégradation de l’environnement, et les inégalités sociales face à ces impacts » et, d’autre part, « les impacts générés sur l’environnement par les comportements humains et les inégalités sociales relatives à ces impacts ».

De longue date, il a été observé que les couches sociales les plus défavorisées sont les plus exposées aux nuisances environnementales, que ce soit par leur habitat, situé dans les zones les plus polluées, ou par leur incapacité à s’en prémunir, faute de moyens. Le phénomène a été le mieux quantifié à propos du bruit : « Un ménage à faible revenu a quatre à cinq fois plus de probabilité d’être exposé à un bruit très gênant qu’un ménage à revenu élevé« , écrit Jacques Theys, chercheur au ministère de l’équipement.

L’impact environnemental des individus diffère par ailleurs selon leur degré de prospérité. Et de nombreuses études convergent pour conclure que les riches polluent plus que les pauvres, ou, pour le dire autrement, que l’ampleur de la nuisance environnementale des individus est liée à leur niveau de revenu. Par exemple, une note publiée en février par la direction des études économiques et de l’évaluation environnementale du ministère de l’écologie montre que 5 % seulement des Français contribuent à 50 % des émissions de gaz à effet de serre dus aux déplacements touristiques.

Les riches ont un effet négatif d’une autre manière, du fait que « la consommation est tirée par le mode de consommation ostentatoire des plus riches, qui, érigé en modèle, engendre envie et frustration dans le reste de la population« , rappelle Philippe Frémeaux dans L’Etat de l’économie 2008 (hors-série d’Alternatives économiques).

On redécouvre ainsi la pensée de l’économiste Thorstein Veblen qui, à la fin du XIXe siècle, avait analysé l’importance des phénomènes de rivalité ostentatoire et de consommation statutaire. Une leçon en est que réduire la surconsommation matérielle passe par un changement du modèle culturel dominant, donc par la réduction des inégalités.

Dans la foulée du rapport officiel Reconsidérer la richesse, animé par Patrick Viveret en 2002, l’idée d’un revenu maximal admissible (RMA) fait ainsi son chemin. Aux Pays-Bas, une loi va limiter en 2009 Lire la suite

Flipo et Gaudillière : Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.

mediapart.fr, Fabrice Flipo, Jean-Paul Gaudillière, le 23 Novembre 2009

Première publication par Mouvements

Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.

Les auteurs de ce texte, tout en définissant la notion de « décroissance », déclinent trois priorités : reconnaître une « valeur » et non un prix à la nature ; redistribuer et réduire les inégalités tant celles sous-jacentes à la crise écologique que celle induites par les mesures imaginées pour y remédier ; relocaliser et resocialiser l’économie pour démocratiser les choix.

La crise écologique et financière oblige les décideurs à se pencher sur les scénarios de sortie de crise verte. Mais cette prise de conscience court le risque de s’arrêter à mi-chemin. « Capitalisme vert », « croissance verte », « keynésianisme vert » et « technologies propres » constituent autant de confortables mirages destinés à nous épargner les nécessaires remises en cause liées aux limites écologiques d’une planète aux ressources finies. La prise en compte conséquente de ces limites amène à aborder de front la question des inégalités écologiques et sociales et à changer les modes de production, de consommation et donc les modes de vie les plus prédateurs. Sans autre échappatoire, dans cette redistribution des richesses à opérer, que la redéfinition collective du sens de ces richesses elles-mêmes.

Grenelle de l’environnement, succès aux élections européennes, invitation des leaders écologistes à l’Élysée, débat (difficile) sur une loi créant une taxe carbone…L’écologie politique semble avoir gagné un statut nouveau sur la scène politique française. La crise écologique et la dégradation de notre environnement ont apparemment cessé d’exister comme cette chose dont il faut parler en fin de discours pour faire bonne mesure pour devenir un enjeu à propos duquel il est bon de réfléchir, voire même d’inventer des événements.

Cette nouvelle donne doit beaucoup à la conjonction des deux crises : la crise climatique et la crise financière. La visibilité de la première tient bien sûr à l’agenda des négociations internationales, aux discussions sur l’après Kyoto. Au-delà de la conjoncture, en matière de climat, tous les signaux sont en effet au rouge. Les organisations internationales, du GIEC aux grandes ONG environnementales en passant par le PNUD, multiplient les mises en garde sur l’accélération du réchauffement, sur l’ampleur de ses effets à relativement court terme, sur la vulnérabilité phénoménale des pays d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Amérique Latine, sur les inégalités que le changement climatique va créer ou renforcer. Les médias européens et nord-américains relaient désormais le consensus des experts du climat sur la réalité du phénomène et font largement écho à la fonte des calottes glaciaires, aux migrations d’espèces ou encore aux nouvelles « guerres » de l’eau. Parallèlement, l’éclatement de la crise financière a rouvert un espace pour discuter des changements du capitalisme, du fonctionnement des marchés financiers, des effets « pervers » du déplacement de pouvoir vers l’actionnariat et les places boursières, des défauts de « l’auto-régulation » des marchés et du même coup signé le retour en grâce de l’intervention publique, ne serait-ce que pour sauver les banques et assurer la pérennité d’un régime d’accumulation (légèrement) amendé.

À gauche, cette conjonction des deux crises a paradoxalement des effets délétères. En rendant la question écologique plus visible et urgente, elle rend encore plus patente la difficulté à proposer des réponses autres que cosmétiques. La vivacité et surtout la nature des dénonciations venant tant du parti socialiste que de la gauche de la gauche d’un projet de taxe carbone présenté comme « anti-sociale » alors qu’il s’agit au contraire de le configurer pour en faire un outil liant redistribution et changement des façons de produire en a été un bien triste révélateur.

On n’aurait toutefois tort de considérer que les discours sur la sortie de crise « verte » ou le Green Deal ne sont que des temporaires, de simple effet de couverture médiatique grâce auxquels on découvre ces exotiques décroissants du midi de la France. Bénéficiant des acquis de l’expertise économico-climatique poursuivie depuis une dizaine d’années dans et autour du GIEC et des institutions en charge des politiques énergétiques, les propositions – voire les scénarios – liant réponse à la crise financière, re-régulation et investissements écologiques massifs tendent à faire référence, y compris du côté de la présidence américaine. Les registres varient, depuis la simple mise en avant d’un recours significatif aux sources d’énergie renouvelables dans le « bouquet » énergétique jusqu’à des argumentations plus fondamentales sur la nécessité d’une politique écologique globale faisant intervenir des transferts importants de ressources vers les pays du Sud. Dans un ouvrage récent, Lester Brown évoquait ainsi la perspective d’une « éco-écologie » Lire la suite

Alexandra Siarri, « l’inattendue » : Portrait de la N°2, peu connue et non encartée, de la liste Darcos (UMP)

sudouest.com, Julien Rousset, le 24 Novembre 2009

RÉGIONALES. Portrait de la numéro deux, peu connue et non encartée, de la liste Darcos (UMP)

Alexandra Siarri, « l’inattendue »

Elle est peu connue, et n’a sa carte dans aucun parti : Alexandra Siarri figurera, en Gironde, à la deuxième place de la liste UMP, entre Xavier Darcos, numéro un, et Nicolas Florian, numéro trois (1).

Une surprise ? Oui et non : il fallait, en vertu de la parité, une femme. Une femme bordelaise, pour représenter la ville-centre et Alain Juppé. Et une candidate jeune, pour incarner le renouveau dans une équipe dont les piliers sont plutôt… expérimentés – Xavier Darcos, ministre, Nicolas Florian, secrétaire départemental, Jean-Paul Garraud, député…

Une jeune élue bordelaise donc ? Le choix s’est vite orienté sur Alexandra Siarri, 37 ans, entrée en politique lors de la réélection, en 2008, d’Alain Juppé. Encore que la politique lui soit familière depuis l’enfance. « Ma famille compte beaucoup d’agriculteurs, de fibre gaulliste, qui se sont impliqués dans des mandats locaux. »

Internaute militante

À la mairie de Bordeaux, Alexandra Siarri est simple conseillère municipale déléguée, mais elle s’est bâtie une légitimité sur l’éco-habitat ou sur le développement durable. Et sur la forme, son sens du contact et son accent charentais, que certains prennent à tort pour un accent québécois, font mouche. Y compris parmi les opposants à la majorité municipale, qui saluent sa « pêche ». Dynamique, Alexandra Siarri l’est aussi sur le Net : elle a animé sur le web des croisades pour le boycott des fraises espagnoles, des annuaires papier, ou dénoncé dans un blog l’excès de marketing Nespresso…

C’est Alain Juppé qui a proposé son nom pour la deuxième place de la liste UMP. L’info a été rendue publique ce week-end, et, depuis, c’est l’emballement. « Mon portable ne cesse de sonner », confiait hier la candidate, dont la désignation devra toutefois être validée officiellement samedi par le conseil national du parti. Et si elle l’a eu au téléphone, Alexandra Siarri n’a pas encore rencontré son coéquipier Darcos. « Tout va se mettre en place : l’équipe, le projet, les thèmes de chacun… »

À la CUB comme Marie Bové

Ses envies la portent vers « l’aménagement du territoire », la « recherche », et le développement durable, dans une approche plus globale que la simple défense de l’environnement : « Le développement durable, c’est Lire la suite

Le mouvement politique des Objecteurs de Croissance vient officiellement de voir le jour en Belgique : « Les réalistes, c’est nous ! »

mondequibouge.be, Céline Teret, le 16 novembre 2009

Interview réalisée dans le cadre du dossier « Moins de biens, plus de liens », de Symbioses (n°84 – automne 2009), magazine d’éducation à l’environnement du Réseau IDée

« Les réalistes, c’est nous ! »

Le mouvement politique des Objecteurs de Croissance vient officiellement de voir le jour en Belgique. Bernard Legros, l’un de ses membres, revient sur le parcours du mouvement, ses réflexions, ses actions à venir… et fustige ceux qui accusent les objecteurs de croissance d’être des rêveurs.

Le mouvement politique des Objecteurs de Croissance vient d’être lancé. Quel est son parcours ?

Au départ il y a une initiative du Grappe, Groupe d’action pour une politique écologique, en 2006, qui désirait rassembler les associations ayant pour objectif commun de trouver des alternatives au système économique actuel. Donc, des associations qui se reconnaissaient dans une démarche d’écologie politique, et même d’objection de croissance. De ces 20 associations, des points communs ont été dégagés. La phase d’incubation avançant, on s’est retrouvé à une dizaine d’associations. Il y a eu des perspectives sans lendemain, puis l’idée est venue de fonder un mouvement politique d’objecteurs de croissance en Belgique. Nous avons décidé de commencer par une journée de réflexion et d’information sur ce qu’est la décroissance « soutenable » et l’objection de croissance. Cette journée s’est tenue le 21 février 2009, avec deux prestigieux conférenciers, Serge Latouche et Marie-Dominique Perrot, avec un panel d’associations liées à l’objection de croissance, et avec la présence d’intellectuels qui ont donné leur avis sur la décroissance (voir les actes de cette journée sur www.objecteursdecroissance.be).

Une journée qui a rencontré un vif succès… Comment expliquez-vous cet engouement ?

En effet, nous nous attendions à avoir 200 ou 300 personnes, nous en avons eu 800. Ca a été un succès inattendu. Ca s’explique peut-être parce que l’idée de la décroissance a fait son chemin dans les têtes, dans les consciences. Suffisamment de monde a entendu parler de décroissance pour se décider à venir à une séance d’information afin d’en savoir plus. Le fait, évidemment, qu’on ait eu un nom aussi connu que Serge Latouche, a également beaucoup joué. Nous avons été grisé par notre succès, nous n’en revenions pas !

Cette journée marquait le premier pas vers la création du mouvement politique…

L’un des objectifs de cette journée était de « prendre la température », de voir comment était perçue l’objection de croissance et quel est le public que ce courant rassemble. La journée a été un succès, et elle s’est donc clôturée par un appel à nous rejoindre pour fonder un mouvement politique nouveau basé sur l’objection de croissance. Parmi les 800 personnes qui étaient présentes à la journée, une bonne centaine étaient intéressées par l’idée. Nous avons fait une première plénière en mai, où nous avons commencé à mettre en place les étapes qui mènent à la fondation d’un mouvement. Pendant ce temps-là, il y a toujours un groupe de pilotage, appelé AdOC pour Association d’Objecteurs de Croissance, qui continue à fixer le cadre et la marche à suivre pour y aller par étapes. Nous avons rédigé un manifeste et les statuts du mouvement. Le 18 octobre a été lancé officiellement le mouvement politique des Objecteurs de Croissance.

Pourquoi un « mouvement politique » ?

Il n’a jamais été question de faire un parti politique et de foncer aux élections. Et en même temps, on voulait aussi éviter la dépolitisation, c’est-à-dire penser qu’on peut changer la société uniquement par l’activité associative ou par la transformation personnelle, via la simplicité volontaire. Nous ne pensons pas que ce soit suffisant. Il faut Lire la suite

Jean-Marc Jancovici : A quoi sert le développement durable ?

manicore.com, Jean-Marc Jancovici, décembre 2002

A quoi sert le développement durable ?

Les modes sont des facteurs puissants pour guider le comportement des représentants de notre espèce. Que les résultats en aient été heureux ou malheureux, le propre de la mode a toujours été de substituer l’émotion à la réflexion, et de remplacer l’analyse par le mimétisme. Cela a bien sûr valu pour les idées encore plus que pour les objets.

Aujourd’hui, l’unes des idées très à la mode est la notion de « développement durable », imparfaite traduction du terme anglais « sustainable development » (développement « soutenable »), et qui se définit comme « un développement qui satisfait les besoins de la génération actuelle sans compromettre ceux des générations futures« .

Cela part assurément d’un bon sentiment de souhaiter l’épanouissement de tout le genre humain, présent et à venir, partout et tout le temps, mais l’existence d’un tel concept est-il d’un quelconque intérêt pratique pour mieux y parvenir ? Permet-il de déboucher sur un projet de société particulier, ou de tracer des voies particulières pour l’avenir ? A bien y regarder, cela n’est hélas pas le cas : cette définition n’a malheureusement aucune portée opérationnelle, en ce sens qu’elle ne fournit de réponse objective ou d’aide à la décision pour aucune des deux questions précédentes.

Parlons environnement, tout d’abord : le développement durable nous aide-t-il à fixer des limites à notre empreinte sur la planète ? Non : il est parfaitement impossible de faire correspondre à la définition du « développement durable » un état particulier du monde physique, car personne ne sait définir les besoins des générations présentes de manière univoque, et donc la quantité de ressources nécessaires qui y correspond. Avons nous « satisfait nos besoins » depuis que notre espérance de vie a dépassé 40 ans ? Où faudra-t-il attendre que chacun d’entre nous vive 120 ans pour que nous nous estimions repus ? Avons nous « satisfait nos besoins » lorsque nous disposons de 10 m2 chauffés par personne, ou cela sera-t-il le cas uniquement quand tout terrien disposera de 150 m2 chauffés, plus un jacuzzi et un sauna privé par personne ? Avons nous satisfait nos besoins lorsque chaque terrien dispose de 0,5 tonne équivalent pétrole d’énergie (niveau d’un Indien, en gros), ou est-ce 7 tonnes équivalent pétrole par habitant de la planète (niveau d’un Américain) qui correspond à cet état de plénitude ?

Avons nous « besoin » de prendre l’avion 1, 50, ou zéro fois au cours de notre existence ? Avons nous « besoin » de manger 20, ou 100 kg de viande par an ? Avons nous « besoin » d’avoir 1, ou 10 cadeaux à chaque anniversaire ? Avons nous « besoin » de zéro, une ou deux voiture(s) par ménage ? Il faut bien admettre que c’est la notion même de « besoin » qui, passés les besoins vitaux (boire, manger, dormir, se protéger du froid et des prédateurs, perpétuer l’espèce) sur lesquels il est à la rigueur possible de s’accorder, ne correspond à aucune consommation de ressources précise : aucune aide pour fixer un objectif ou une limite n’est donc fournie par l’énoncé du développement durable, or gérer c’est souvent fixer des objectifs et des limites.

Enfin « besoins » individuels et « besoins » collectifs peuvent être parfaitement antagonistes, et le « développement durable » ne nous fournit alors pas non plus l’ombre d’une solution pour arbitrer entre les deux : au nom de considérations sociales et économiques, nous avons « besoin » de garantir à tout le monde le droit de rouler en voiture, mais au nom de considérations environnementales nous avons aussi « besoin » d’émettre de moins en moins de gaz à effet de serre, ce qui est difficile à envisager avec la mobilité actuelle. Où est la solution pour choisir entre les deux dans l’énoncé du développement durable ?

***

Voilà pour le présent, mais il est tout aussi impossible de faire correspondre à cette définition du développement durable un état particulier du monde futur. D’abord, quel horizon de temps Lire la suite

Edgar Morin : Pour une politique de l’humanité

futurchaos.blogs.nouvelobs.com, liberation.fr, Edgar MORIN, Johannesburg 2002, le 28 octobre 2009, le 26 août 2002

Pour une politique de l’humanité

Moteur d’occidentalisation, le développement est un mythe qu’il faut aujourd’hui abandonner au profit d’une politique de l’homme et de la civilisation.

Ne faut-il pas nous défaire du terme de développement, même amendé ou amadoué en développement durable, soutenable ou humain ?

L’idée de développement a toujours comporté une base technique-économique, mesurable par les indicateurs de croissance et ceux du revenu. Elle suppose de façon implicite que le développement techno-économique est la locomotive qui entraîne naturellement à sa suite un «développement humain» dont le modèle accompli et réussi est celui des pays réputés développés, autrement dit occidentaux. Cette vision suppose que l’état actuel des sociétés occidentales constitue le but et la finalité de l’histoire humaine.

 Le développement «durable» ne fait que tempérer le développement par considération du contexte écologique, mais sans mettre en cause ses principes ; dans le développement «humain», le mot humain est vide de toute substance, à moins qu’il ne renvoie au modèle humain occidental, qui certes comporte des traits essentiellement positifs, mais aussi, répétons-le, des traits essentiellement négatifs.

Aussi le développement, notion apparemment universaliste, constitue un mythe typique du sociocentrisme occidental, un moteur d’occidentalisation forcenée, un instrument de colonisation des «sous-développés» (le Sud) par le Nord. Comme dit justement Serge Latouche, «ces valeurs occidentales [du développement] sont précisément celles qu’il faut remettre en question pour trouver solution aux problèmes du monde contemporain» (le Monde diplomatique, mai 2001).

Le développement sans qualités

Le développement ignore ce qui n’est ni calculable ni mesurable, c’est-à-dire la vie, la souffrance, la joie, l’amour, et sa seule mesure de satisfaction est dans la croissance (de la production, de la productivité, du revenu monétaire). Conçu uniquement en termes quantitatifs, il ignore les qualités : les qualités de l’existence, les qualités de solidarité, les qualités du milieu, la qualité de la vie, les richesses humaines non calculables et non monnayables ; il ignore le don, la magnanimité, l’honneur, la conscience. Sa démarche balaie les trésors culturels et les connaissances des civilisations archaïques et traditionnelles ; le concept aveugle et grossier de sous-développement désintègre les arts de vie et sagesses de cultures millénaires.

Sa rationalité quantifiante en est irrationnelle lorsque le Lire la suite

Ecocentre de Gironde : Un nouveau cycle de vie pour le Solar

sudouest.com, Olivier Escots, le 27 Octobre 2009

TOULENNE. Gérard et Arnaud Blasquez développent un projet d’Ecocentre. C’est une histoire de famille qui se conjugue aujourd’hui avec des objectifs écologiques

Un nouveau cycle de vie pour le Solar

Bien entendu, l’écologie et le développement durable sont au coeur de la raison d’être de l’Ecocentre de Toulenne. Mais cette structure, qui vit ses balbutiements en suivant le modèle du « grand frère » historique de Saint-Pierre-de-Frugie, dans le Périgord, est avant tout l’histoire de la rencontre d’une famille avec un lieu.

Le lieu, c’est le Solar, à Toulenne, une bâtisse de 2 000 mètres carrés qui domine la Garonne. Achevé à la fin du XIXe siècle, l’imposant édifice fut un collège puis un hôpital auxiliaire de guerre. Il fut aussi une colonie de vacances pour enfants d’immigrés espagnols.

C’est là que se fait le lien entre le Solar et les Blasquez. Gérard, le chef de famille et « copilote » de l’Ecocentre, y a râpé ses genoux quand il était gamin. L’histoire s’arrêterait là, si Gérard, aujourd’hui retraité de Gironde Habitat, n’avait eu l’opportunité de racheter le Solar il y a une dizaine d’années. Le lieu devait être démoli. La transaction s’est faite à un prix très raisonnable. Les Blasquez y feront dans un premier temps deux gîtes et quatre logements sociaux.

C’est lors de ce début de réhabilitation du bâtiment, qu’Arnaud, le fils, se rend compte de la difficulté d’avoir, avec les outils et matériaux classiques, une démarche « propre » vis-à-vis de l’environnement. Laissant de côté ses études de sociologie, Arnaud concrétise alors son interêt croissant pour l’éco-construction en suivant une formation à Saint-Pierre-de-Frugie.

Formation et démonstration

« Peu à peu est née l’idée de créer nous aussi un Ecocentre à Toulenne », raconte son père. La définition de ce type de site est assez simple : il s’agit « d’un lieu de formation et de démonstration pédagogique qui a pour objectif d’expérimenter des techniques écologiques portant sur le bâtiment, l’énergie, l’eau et le paysage ».

Pour porter le projet girondin, Gérard et Arnaud Blasquez ont créé en février 2009 une association dont le nom, Solar Rives de Garonne, a été trouvé tout naturellement.

Suivant le cahier des charges rédigé par l’Ecocentre du Périgord, soutenu par une quarantaine d’adhérents et par le maillage du réseau associatif environnemental, aidé notamment par une subvention abondée principalement par l’Europe et les collectivités locales, le site du Solar a donc entamé sa reconversion à vocation écologique.

Des premiers stages, animés par l’ancien étudiant en sociologie sont proposés depuis la rentrée (lire ci-dessous). « Un des objectifs majeurs est de devenir un centre de ressources », précise son père.

À terme, le Solar sera équipé Lire la suite

Communauté urbaine de Bordeaux et DD – Fabienne Brugère : « Faire ensemble suppose engagement et conflit »

sudouest.com, Catherine Darfay et Dominique De Laage, le 26 Octobre 2009

COMMUNAUTÉ URBAINE. Cela fait un an que la philosophe Fabienne Brugère préside le conseil de développement durable. L’heure d’un premier bilan et perspectives

Fabienne Brugère : « Faire ensemble suppose engagement et conflit »

Le nouveau conseil de développement durable de la CUB a été installé le 12 novembre 2008 sous la présidence de Fabienne Brugère, philosophe et professeur à Bordeaux III. Depuis, les 100 membres actifs du C2D, sur 140 au total, choisis avec un louable souci d’ouverture parmi des personnalités, des experts des domaines évoqués ou de « simples » citoyens, ont suivi 61 réunions, auditionné 55 structures ou témoins et travaillé 2 721 heures… bénévolement.

Plus précisément, les groupes de travail sont censés plancher sur quatre domaines imposés par la CUB et quatre autres en auto-saisine. Les sujets les plus urgents réclamés par la CUB portaient sur le mode de scrutin et l’intercommunalité et une charte de la participation citoyenne. Ils ont déjà fait l’objet de propositions. Le C2D travaille également en saisine directe sur l’identité de l’agglomération et sur les déplacements urbains et, en auto-saisine, sur les discriminations, la culture, la jeunesse et l’environnement.

À l’heure de la réforme des collectivités territoriales, que préconise le groupe de travail chargé du mode de scrutin ?

Que les conseillers communautaires soient élus au suffrage universel, mais pas forcément par un « fléchage » des candidats aux municipales. Il faut une élection spécialement dédiée au registre intercommunal qui en rende les enjeux plus lisibles pour les citoyens. La représentativité des communes ne doit pas disparaître pour autant. L’idée est donc d’une double désignation pour le conseil communautaire. Avec une assemblée composée pour moitié d’élus au suffrage universel, dans le cadre d’une circonscription unique d’agglomération, et pour l’autre moitié d’élus représentant les communes, comme aujourd’hui. Cette proposition a été faite en liaison avec la coordination des autres conseils de développement et relayée par l’Association des communautés urbaines de France. La balle est désormais dans le camp des sénateurs.

Et sur la charte de la participation citoyenne, où en êtes-vous ?

Le groupe concerné a beaucoup travaillé à partir du fonctionnement de l’Office de consultation publique de Montréal. Il s’agit de revendiquer l’importance de la maîtrise d’usage qui appartient aux citoyens. Ceux-ci devraient être associés à tout projet, dès le départ et en amont, aux côtés des décideurs et des services. Un comité de suivi, où le C2D revendique un rôle, pourrait garantir le procédé jusqu’au bout. Le conseil de CUB en discutera le 6 novembre.

À propos de concertation, les élus la mettent souvent en avant alors que les citoyens n’ont pas le sentiment d’être associés aux décisions. Comment expliquez-vous ce hiatus ?

Tout ne peut pas venir des élus. La démocratie participative, faire ensemble, suppose de l’engagement et même du conflit de la part des citoyens. Or, même si, à travers l’expérience des groupes de travail, je suis étonnée par le nombre de personnes prêtes à s’engager au service d’un intérêt commun, Bordeaux est bel et bien une ville Lire la suite

L’écologie sera rentable ou ne sera pas !

latribube.fr, Charles Beigbeder, vice-président de la Fondation pour l’innovation politique (FIP), coordinateur du pôle « Ecologie », président de Poweo, et Dominique Reynié, directeur général de la FIP, professeur à Sciences Po, le 21 octobre 2009

L’écologie sera rentable ou ne sera pas !

Nous n’avons pas à choisir entre la croissance et la planète parce que cela reviendrait à choisir entre l’homme et la nature. La cause de l’environnement ne vaut que parce qu’elle sert la cause de l’humanité et l’écologie sera progressiste ou ne sera pas. Tel est l’objet du colloque que la Fondation pour l’innovation politique consacre ce jeudi à la question sur le thème: « réussir la croissance verte ».

Plus personne ne conteste l’importance de l’enjeu écologique. La cause de l’environnement est définitivement installée au cœur du débat et de l’action politiques. Mais il y a deux conceptions de l’écologie : l’une prétend changer l’homme en contraignant sa capacité d’action, quand l’autre propose d’agir sur les conséquences de cette action. La première est culpabilisante et régressive. L’autre se veut incitative, rationnelle et progressiste : elle parie sur la croissance verte.

L’écologie régressive oppose, de façon plus ou moins assumée, la production de richesses à la protection de l’environnement. Le marché, l’activité économique, l’industrie ou les entrepreneurs sont désignés comme les ennemis de la nature. De cette condamnation a priori peut naître la tentation de réduire l’activité économique, de limiter, voire d’empêcher, les progrès de la connaissance. Certains fondamentalistes de l’écologie vont jusqu’à prôner la décroissance, nous sommant de choisir entre le progrès économique et la planète. Ce discours bénéficie d’un certain écho parce qu’il prend en charge une partie de l’hostilité à l’économie de marché dans un monde désormais sans communisme. Il jouit aussi d’un authentique privilège médiatique parce que le ton sur lequel il est tenu est volontiers alarmiste et qu’il permet des mises en scène spectaculaires. C’est le syndrome du tétanisé !

Nous nous inscrivons en faux contre cette vision rétrograde de l’écologie. La cause de l’environnement ne vaut en effet que parce qu’elle sert le développement humain et ne peut être invoquée pour empêcher l’homme d’avancer, d’innover, d’améliorer son sort. Comment expliquer aux pays en développement qu’ils doivent ralentir leur croissance pour préserver notre environnement ? Et comment prétendre maîtriser les dangers qui menacent la planète en renonçant à la science et au progrès technique ? Ouvrons les yeux : l’écologie sera donc progressiste ou ne sera pas. C’est par l’innovation et l’investissement que nous relèverons ces défis. L’écologie est une formidable promesse de prospérité pour nos universités et notre recherche. De même, la protection de l’environnement ouvre des opportunités de marché considérables. Ils contribueront à l’avènement d’une croissance durable.

Tous les domaines d’activité sont concernés. Il s’agit de rendre l’ensemble de notre économie moins émettrice de carbone, plus sobre en énergie, plus respectueuse de la biosphère. Quelques secteurs clés sont en pointe de cette révolution verte. C’est le cas des procédés d’efficacité énergétique. En changeant nos comportements, en améliorant nos installations, nous sommes dès aujourd’hui capables de réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre. Et ce n’est qu’un début : Lire la suite

Bertrand Méheust, La Politique de l’oxymore. Comment ceux qui nous gouvernent nous masquent la réalité du monde

developpementdurable.revues.org, Luc Semal, 2009

Bertrand Méheust, 2009, La Politique de l’oxymore. Comment ceux qui nous gouvernent nous masquent la réalité du monde, La Découverte, 161 p.

1 Avec La Politique de l’oxymore, le philosophe Bertrand Méheust a signé un excellent essai, qui aurait tout aussi bien pu s’intituler La Saturation du monde. Moins accrocheur, moins communicatif, ce titre aurait cependant davantage souligné ce qui fait la stimulante originalité de la démarche choisie et de la thèse défendue.

2 L’idée selon laquelle la gravité de la crise écologique globale – pour ne pas dire de l’effondrement écologique global – est sans cesse euphémisée par des oxymores n’est pas une thèse d’une grande nouveauté : la dénonciation du développement durable comme oxymore, devenue l’un des arguments incontournables des objecteurs de croissance, en est la preuve.1 Sur ce thème, Bertrand Méheust va simplement un peu plus loin en soutenant que l’invention et l’utilisation massive des oxymores par le pouvoir en place a aujourd’hui atteint un degré inédit dans l’histoire : croissance négative, marché civilisationnel, financiarisation durable, etc. « Les oxymores ainsi utilisés peuvent alors favoriser la déstructuration des esprits, devenir des facteurs de pathologie et des outils de mensonge » (p. 121). « Utilisé à dose massive, l’oxymore rend fou. […] Transformé en « injonction contradictoire », il devient un poison social. Le langage exprime déjà ces tensions et cette fuite devant le réel. Une novlangue libérale dont la fonction principale est de gommer les réalités qui fâchent, les aspects de la condition humaine qu’il convient de masquer, est en train de prendre la suite de l’ancienne novlangue nazie ou communiste. » (pp. 147-148).

3 Mais cette dénonciation de l’usage d’expressions vides de sens pour « masquer la réalité du monde », aussi intéressante soit-elle, non seulement n’est pas fondamentalement nouvelle, mais en plus (et malgré le titre du livre) n’occupe que le dernier tiers du texte. Or ce sont peut-être les deux premiers tiers qui sont les plus audacieux et les plus originaux du livre : ce sont les pages consacrées à la description de cette fameuse « réalité du monde » que l’usage massif des oxymores participe à masquer.

4 Cette réalité, Bertrand Méheust la voit d’un œil très sombre. Et en cela, il prend nettement et explicitement ses distances avec la perspective de son proche collègue Dominique Bourg, qui tend à penser que les démocraties ont en elles les ressorts nécessaires au dépassement de la crise écologique et à l’invention d’un développement durable.2 Pour Bertrand Méheust, au contraire, les démocraties ne disposent pas de ressources particulières qui leur permettraient de mieux surmonter ces épreuves.

5 Pour arriver à ce terrible constat, l’auteur adopte un « pessimisme méthodique » (p.7), consistant à « [appliquer] « l’heuristique de la peur » de Jonas à la sociologie spéculative » (p.29), parce qu’en situation d’incertitude radicale « nous avons le devoir d’examiner le pire, de le regarder en face » (p.14). Résultat de cette démarche : « Je crains que la métamorphose espérée n’intervienne trop tard pour enrayer la crise écologique, et ne manifeste pleinement ses effets que pendant et après la catastrophe, un peu comme le pacifisme n’empêche pas les guerres mais se développe dans leur sillage. » (p.9).Pourquoi une telle certitude que nous ne parviendrons pas à anticiper la catastrophe, que nous irons Lire la suite

Prix Pinocchio 2009 : le vote est lancé !

amisdela terre.org, communiqué, le 8 octobre 2009

Prix Pinocchio 2009 : le vote est lancé ! 

Les Amis de la Terre, en partenariat avec Peuples Solidaires, lancent aujourd’hui le vote public des internautes pour l’élection des Prix Pinocchio 2009. Douze entreprises françaises sont été nominées et concourent dans trois catégories : environnement, droits humains et greenwashing. Toutes se disent en faveur du « développement durable » alors que leurs impacts réels sont lourds et négatifs pour l’environnement ou les populations locales. A l’issue du vote, une cérémonie publique de remise des prix sera organisée le 24 novembre 2009 à Paris.

 Bientôt un an après la première édition des prix Pinocchio du développement durable, qui avait récompensé Areva dans les catégories « environnement » et « greenwashing » et le groupe Louis Dreyfus dans la catégorie « droits humains », les Amis de la Terre lancent l’édition 2009 des Prix Pinocchio. Les entreprises nominées sont les suivantes : Total, Michelin, BNP Paribas, EDF, Bolloré, Accor, Peugeot, Crédit Agricole, Perenco, Herta, Société Générale, et France Betteraves.

Gwenael Wasse, chargé de campagne Responsabilité des entreprises aux Amis de la Terre, explique : « Cette seconde édition promet malheureusement d’être à nouveau un « grand cru ». Violation des droits sociaux, destruction de forêts, pollution locale, émission de gaz à effet de serre, communication biaisée, publicité trompeuse, etc : les doubles discours des multinationales n’ont pas cessé avec la crise et les promesses de réforme. Les citoyens vont pouvoir choisir leurs pires entreprises françaises de l’année 2009 ! »

Pour Fanny Gallois, chargée de campagne Droits de l’Homme au travail à Peuples Solidaires, « cet événement est également un moyen de donner une voix et une visibilité aux femmes et aux hommes qui se battent au quotidien contre les impacts négatifs des entreprises sur leur environnement de travail et de vie, pour faire valoir leurs droits ».

Les Prix Pinocchio mettent en lumière de nombreux abus concrets. Dans le cadre de leur campagne sur la responsabilité des entreprises, les Amis de la Terre demandent un encadrement juridique des impacts environnementaux et sociaux des multinationales, pour que cesse leur quasi-impunité de fait dans les pays du Sud.

Les résultats seront annoncés le 24 novembre, avec une cérémonie de remise des prix le soir même par les Amis de la Terre et Peuples Solidaires à Paris. Les journalistes intéressés pour y participer sont d’ores-et-déjà invités à contacter les Amis de la Terre.

La présentation des 12 cas et des Prix Pinocchio est accessible sur le site suivant Lire la suite

Oecuménique, le « Picnic » sans carbone

sudouest.com, Yannick Delneste,  le 5 Octobre 2009

BORDEAUX. Plus de 500 personnes dont des élus de tous bords ont participé hier au rassemblement de l’association Taca

Oecuménique, le « Picnic » sans carbone

Romain a 11 ans et se tourne vers son père. « Mais Papa, quand on expire, on dégage du gaz carbonique. Ce carbone-là, il est bon ? » Les enfants sont formidables. Hier midi, sur les quais bordelais, Bastien le père s’en est sorti avec un « Regarde la pièce de théâtre, tu vas comprendre », pas franchement glorieux mais efficace. La réussite du pique-nique sans carbone est parfois à ce prix. Il est 13 h 30 près du parc des sports Saint-Michel et à défaut d’être un sommet artistique, la petite pièce de théâtre a le grand mérite de la pédagogie. Une planète aux criantes inégalités environnementales, une Amérique du Nord et une Europe surproductrices de gaz à effets de serre dont la réduction (diviser par 4 en France par exemple) est une urgence absolue.

Un fonds « climat »

Après le premier acte du constat, le second de la réponse : l’association Taca (comme taxe carbone) milite depuis plusieurs années pour son instauration. Sans citer la gouvernementale, Taca (1) rappelle les valeurs de la sienne : avoir le courage d’augmenter d’un euro le litre d’essence, un chèque vert identique pour tous pour la moitié de la taxe, un fonds climat pour aider les plus démunis à s’isoler par exemple, mais aussi la moitié de ce fonds pour aider les pays du tiers-monde à s’équiper durable. À cette heure-là, la troisième édition est d’ores et déjà une réussite : près de 500 vélos ont été comptabilisés, garés sur les nombreuses barrières. Créé à Bègles qui a abrité les deux premières éditions, le pique-nique prenait cette année une dimension d’agglomération avec recentrage sur la ville-centre et démarche de consensus au service de la plus grande mobilisation.

De 17 des 27 communes de l’agglo, des « vélobus » sont partis, cortèges de cyclistes convergeant verts les quais bordelais. Tables de pique-nique et stands d’associations les deux-roues et les pedibus. Celui venu en voiture ne le criait pas sur les toits mais était aussi le bienvenu. « Enlevez les élus et leurs familles et vous n’aurez plus grand monde… ». Il est des Brugeais sarcastiques. Le maire Bernard Seurot emmenait un cortège de près de 80 personnes au tee-shirt consensuel où on lisait « Bruges, en vert et avec tous ». Le carbone est-il politique ?

Le maire de Bordeaux Alain Juppé (UMP), le maire de Bègles Noël Mamère (Verts), le président de la CUB et maire de Blanquefort Vincent Feltesse (PS), le président de la Région Alain Rousset… le gratin politique en bras de chemise, tous hérauts de la cause du développement durable et pourfendeurs du vilain carbone. « La taxe carbone est un gâchis », s’énervait Noël Mamère vannant les ralliés tardifs du combat écologique. « Nous sommes à un basculement de civilisation et il va falloir en prendre conscience », soulignait Vincent Feltesse. Mais malgré la belle agora, la chose politique n’a pas pris le pas sur un rassemblement qui se voulait avant tout œcuménique.

Soumis gentiment à la Question par Taca sur leur durable engagement personnel et collectif, les élus rivalisaient alors de certificats de bonne conduite : « Je circule en vélo », insistait Lire la suite

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

cdurable.info, Dorothée Briaumont, le 4 octobre 2009.

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

Rapports développement durable : vers une standardisation ? Comme chaque année, le Comité 21 passe au crible les rapports de développement durable de ses entreprises adhérentes afin de mieux valoriser leurs initiatives. Le cru 2008 se distingue de celui de 2007 à la fois sur la forme et sur le fond.

Sur la forme, les rapports sont mieux structurés. Un certain nombre d’enjeux clés, pour la plupart déjà présents dans les rapports 2007 (achats durables, sécurité, mobilisation des équipes, biodiversité, dialogue avec les parties prenantes, etc.), se distinguent plus clairement, rendant les comparaisons plus aisées entre rapports. Cela est évidement lié à la pénétration des standards de reporting comme la GRI 3 [1], qui tendent à les harmoniser.

Par ailleurs, les entreprises font de plus en plus appel à un cabinet d’audit pour faire certifier les informations délivrées dans leur rapport. Cela peut s’interpréter comme la mise au même niveau stratégique des informations financières et extra-financières ou comme une garantie contre l’accusation de greenwashing.

D’une manière générale, le dialogue avec les parties prenantes se renforce et s’affiche. Il peut prendre plusieurs formes : panel de citoyens, consultation, concertation avec des parties prenantes. Le Comité 21 vient de publier une note méthodologique assortie de retours d’expérience. Les entreprises traduisent par ces démarches leur volonté d’écouter leurs attentes, ce qui se traduit par la prise en compte de nouveaux enjeux.

Parmi les domaines mis en avant figure la biodiversité qui s’affirme comme un enjeu de plus en plus stratégique et un terrain propice aux partenariats avec les associations. Par ailleurs, le contexte de crise explique sans doute la mise en oeuvre d’actions BOP [2] visant des populations précaires (accès à l’énergie, à l’eau, par exemple). L’éducation au développement durable se développe à travers des sites internet, des brochures, des conférences. Le thème de la diversité a pris de l’importance avec la création en 2008 par l’Etat d’un Label dédié. Enfin, le marketing durable fait une timide percée dans certains rapports.

Le projet de loi Grenelle 2 prévoit l’extension de l’obligation de fournir des informations en matière de développement durable à toutes les entreprises, sauf les PME, et aux collectivités locales. Anticipant sans doute ces futures dispositions, quelques collectivités publient déjà un rapport développement durable.

De grands témoins viennent compléter ces éléments d’analyse et nous apportent leur vision d’experts : Michèle Pappalardo, Lire la suite

Le jardin d’Icare à Gradignan : Leçon de botanique médiévale

sudouest.com, José Farina, le 23 Septembre 2009

JARDIN. L’Institut national des jeunes sourds (INJS) abrite un jardin d’inspiration médiévale

Leçon de botanique médiévale

Le vaste parc de l’Institut national des jeunes sourds (INJS), planté de chênes, de charmes, de hêtres abrite aussi deux carrés de plantes médicinales, condimentaires, tinctoriales. Ce jardin respecte un agencement médiéval.

Myriam Reffay, ethnobotaniste, intervient dans les écoles primaires sur le développement durable. Animatrice de l’association Icare, elle avait défriché le terrain comme en témoigne l’organisation du lieu, et la présence d’une multitude de variétés : « Ce jardin est né, en 2004, dans le but de rendre compatible l’héritage du Moyen Âge et l’expression de la modernité. »

Des plantes sauvages

Sélectionné par la Fondation de France et soutenu par la Fondation de la Caisse d’épargne, l’association Icare, présidée par Dominique Reffay, a mis en œuvre un travail portant sur les plantes sauvages du jardin d’inspiration médiévale, le jardin de Pierral, et le bois situé derrière le château. Un projet en partenariat avec l’école Martinon de Gradignan, a été mis en place cette année pour apprendre aux élèves de CE2, CM1, CM2, à aimer ce patrimoine végétal, à le préserver.

Pour les enfants c’est une évasion, un enchantement. Une exposition symbiose de l’art et de l’écologie se tenait déjà dans une salle du château, dans le cadre des Journées du patrimoine. Hélaine Charbonnier a présenté des toiles à l’acrylique, des sujets inspirés du Moyen Âge. Une très belle série de photos instantanées d’enfants se donnant à coeur joie autour d’ateliers de l’odorat et des parfums, du goût et des saveurs.

Contact : Lire la suite

Entreprises – Développement durable: entre discours et stratégie

novethic.fr, Béatrice Héraud, le 18 septembre 2009

Développement durable: entre discours et stratégie

Toutes les grandes entreprises ou presque déclarent aujourd’hui avoir une stratégie de développement durable. Mais si le sujet est largement au cœur de leur communication, leurs pratiques doivent encore s’améliorer.

« Traité de manière plus mâture, le développement durable devient désormais stratégique pour  les entreprises ». Luc Laurentin, fondateur de Limelight consulting, voit dans la deuxième édition de l’Observatoire de la communication et du marketing responsables, toutes les raisons de se réjouir. Preuve en est selon lui : son étude* menée début septembre montre que 90% des entreprises affirment avoir une stratégie de développement durable contre 76% en 2008. Et pour celles qui avouent être à la traîne, ce ne serait qu’une question de temps. L’obligation prochaine pour les entreprises de plus de 500 salariés de produire un bilan social et environnemental, inscrite dans le « Grenelle 2 », n’y est peut-être pas étrangère… Le sujet devient si important que le comité de direction est aujourd’hui autant ou presque à l’initiative des actions de développement durable que le service spécifiquement dédié. Service d’ailleurs de plus en plus courant dans les entreprises, puisque 62% des interviewés déclarent en disposer contre 55% l’an dernier.

« Il y a deux ans, le développement durable était la jolie danseuse de la communication, aujourd’hui, il s’agit d’un sujet débattu au moins une fois par mois dans les comités de direction », confirme Fabio Brusa, responsable de la communication pour Nestlé Waters France. Et tous les services sont aujourd’hui sollicités, de la communication, aux RH en passant par les achats et le juridique. Les résultats se feraient donc sentir dans la communication et le développement de produits responsables: « Nous sommes passés d’une communication corporate faite de grandes déclarations généreuses à une communication plus axée produits, basée sur des preuves factuelles et donc plus efficace », estime ainsi Dominique Candellier, directrice communication et développement durable de l’Union des annonceurs (UDA). Exemple : La Poste qui communique sur son parc de vélos et de voitures électriques ou IBM qui présente ses solutions pour permettre aux entreprises de faire des économies d’énergie. Une « preuve de maturité », selon Luc Laurentin, rendue possible par le développement tout azimut de nouveaux produits ou services intégrants les enjeux de développement durable.

Et dans les faits ?

Même la crise n’aurait finalement aucun impact sur les stratégies de responsabilité sociale des entreprises (RSE). « Le développement durable est justement une réponse à la crise », s’enthousiasme Fabio Brusa. Jusqu’ici donc, tout irait bien. Pourtant, peut-on réduire la stratégie RSE au développement de produits et à un marketing plus « responsables » ? Certainement pas. Et c’est bien là les limites de l’étude, qui semble parfois confondre stratégie et communication. Car communiquer sur des produits verts et des éco-gestes est une chose, mais intégrer une politique développement durable à sa stratégie implique aussi des critères sociaux et de gouvernance en interne… Ainsi, les engagements Lire la suite

Indicateur de développement durable — L’empreinte écologique discréditée

ruefrontenac.com, Jessica Nadeau, le 17 septembre 2009

Indicateur de développement durable — L’empreinte écologique discréditée

L’empreinte écologique, utilisée de plus en plus par les organisations environnementales pour sensibiliser la population aux incidences de leurs modes de consommation, est jugée « peu pertinente » comme indicateur de développement durable par l’Institut de la statistique du Québec.

C’est la conclusion de la nouvelle étude L’empreinte écologique : revue de littérature et analyse critique, publiée jeudi par l’Institut de la statistique du Québec.

Dans le document, rédigé par Stéphanie Uhde, économiste pour l’institut, on soutient que même si l’évaluation des mesures de suivi en matière de développement durable est « cruciale » pour la société québécoise, « l’empreinte écologique se révèle peu pertinente comme indicateur de développement durable ».

« Bien qu’elle soit utile pour sensibiliser les individus aux conséquences de leur mode de consommation, sa démarche vis-à-vis du développement durable tranche avec l’approche théorique que la communauté internationale tend à privilégier. De plus, son cadre statistique est loin de constituer un standard qui fasse consensus dans la littérature ou la pratique. »

L’empreinte écologique ne serait donc « pas un bon outil pour orienter la prise de décision politique ». D’autant plus que, toujours selon l’Institut, son utilisation demeure controversée et que les gouvernements l’ayant adoptée sont peu nombreux.

En entrevue à RueFrontenac.com, l’auteure affirme que « les résultats de l’empreinte sont trop agrégés pour qu’ils puissent être utiles à la prise de décisions », d’autant plus qu’ils ne prennent pas en considération les effets qualitatifs comme la pollution ou l’érosion des sols.

Marginalisation des indicateurs environnementaux

Pour Karel Mayrand de la Fondation David Suzuki, nul besoin d’une étude pour démontrer que l’empreinte écologique n’est pas un indicateur de développement durable. Il s’agit selon lui d’une évidence puisque l’empreinte écologique est d’abord et avant tout un outil d’éducation permettant aux citoyens d’évaluer leur propre impact sur la planète. D’ailleurs, dans un récent rapport du Vérificateur général du Québec, le commissaire au développement durable soutenait que, si tous les habitants du monde consommaient comme le Québec, on aurait besoin de trois planètes pour répondre à la demande.

« L’argument principal de l’institut de la statistique est que l’empreinte écologique ne tient pas compte des aspects sociaux et économiques alors que les trois piliers du développement durable Lire la suite

Bordeaux les 20 et 21 octobre 2009 – 6èmes Ateliers du Développement Durable « Le développement durable, levier pour sortir de la crise ? »

reseau-tee.net, Communiqué, le 17 septembre 2009

Bordeaux les 20 et 21 octobre 2009 – 6èmes  Ateliers du Développement Durable « Le développement durable, levier pour sortir de la crise ? »

La crise actuelle nous inciterait-elle à changer de système ? C’est le parti pris de ces 6èmes  Ateliers du Développement Durable. Les entreprises, les collectivités, ou encore les acteurs économiques et sociaux ont en effet besoin d’idées, d’inspirations, de méthodes et de retours d’expériences novatrices pour s’installer durablement dans le XXIe siècle, en considérant cette crise comme un prétexte pour modifier nos comportements.

Organisés par IDEAL Connaissances, avec le Conseil régional d’Aquitaine, le Conseil général de Gironde et la Communauté urbaine de Bordeaux, les Ateliers du Développement Durable attendent une quarantaine d’intervenants et plus de 500 participants.

Un programme riche de 16 conférences et ateliers : Répartis en 4 grandes thématiques, correspondant aux 4 grandes crises actuelles, les Ateliers du Développement Durable apporteront des solutions pour chacune des problématiques abordées :

1. Le dysfonctionnement urbain

– Urbanisme durable : au delà des éco-quartiers…

– Quelles solutions pour maîtriser l’étalement urbain ?

– Logement social durable : comment agir sur l’existant et adapter les logements sociaux ?

– Comment mettre en œuvre un développement urbain, intégré, durable et solidaire ?

2. La crise alimentaire

– L’agriculture et crise alimentaire : la fin d’un modèle

– Comment adapter l’agriculture et la sylviculture au changement de demain ?

– Quelles stratégies de développement du mode de production biologique adopter ?

– Comment généraliser la mise en place de cantines « bio » dans la restauration collective ?

3. L’accroissement de la précarité

– Développement durable et fracture sociale

– Au delà du traitement de l’urgence sociale, Lire la suite

Grenelle 2, les principales modifications apportées par le Sénat.

reglementation-environnement.com, le 16 septembre 2009, Laurent Vassallo

Grenelle 2, les principales modifications apportées par le Sénat.

Le Sénat est saisi en première lecture du projet de loi portant engagement national pour l’environnement, dit « Grenelle 2 », qui vise à appliquer concrètement les orientations fixées par la loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, dite « Grenelle 1 ». Voici les principales modifications proposées par la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat.

Le Sénat est saisi en première lecture du projet de loi portant engagement national pour l’environnement, dit « Grenelle 2 », qui vise à appliquer concrètement les orientations fixées par la loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, dite « Grenelle 1 », que le Parlement a définitivement votée le 23 juillet dernier.

Le projet de loi Grenelle 2, qui comporte plus de 120 articles répartis en sept titres, traite de sujets aussi divers que la performance énergétique des bâtiments, l’urbanisme, les transports, l’énergie et le climat, la biodiversité, les risques pour la santé, les déchets et la gouvernance en matière de protection de l’environnement.

Compte tenu de l’ampleur de ce projet de loi Grenelle 2, la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat a nommé quatre rapporteurs différents : Dominique Braye (UMP – Yvelines) pour l’urbanisme et les déchets, Daniel Dubois (UC – Somme) pour la gouvernance, Louis Nègre (UMP – Alpes maritimes) pour les transports et les risques, et Bruno Sido (UMP – Haute-Marne) pour l’énergie et la biodiversité.

Au cours de ses réunions des 27 mai, 10 et 11 juin, et 8 juillet 2009, la commission a examiné 1089 amendements. Le texte qu’elle a adopté, sur la base duquel la discussion s’engagera en séance publique selon la nouvelle procédure issue de la dernière révision constitutionnelle, intègre de nombreuses précisions et améliorations proposées par ses rapporteurs ou d’autres sénateurs. Les débats en séance publique du projet de loi Grenelle 2 sont prévus du mardi 15 septembre au jeudi 8 octobre.

Ci-après, voici les principales modifications proposées par la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat.

Les bâtiments et l’urbanisme

La commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat a adopté des dispositions rendant obligatoire l’affichage des performances énergétiques dans les annonces immobilières.

La commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat a par ailleurs souhaité inciter les collectivités à s’engager dans l’élaboration d’un schéma de cohérence territoriale (SCOT) et renforcer la capacité de ces schémas à mettre en cohérence les politiques publiques locales d’urbanisme, d’habitat et de transport.

Tout en renforçant le rôle des SCOT dans l’orientation de l’aménagement du territoire, la commission a cependant veillé à préserver le domaine propre des plans locaux d’urbanisme, qui restent le document de référence en matière de droit du sol opposable aux personnes.

Les transports

La commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat a voté la création d’une taxe sur Lire la suite

Parution du numéro 35 de LaRevueDurable (septembre-octobre 2009) consacré au changement climatique le 29 septembre

 larevuedurable.com, Communiqué, le 17 septembre 2009

Parution du numéro 35 de LaRevueDurable (septembre-octobre 2009) consacré au changement climatique le 29 septembre

Le changement climatique menace d’ébranler tout ce qu’il y a de plus précieux pour la plupart d’entre nous : nos familles, nos idéaux de justice et d’équité, nos idées d’un monde meilleur en devenir. A la veille du Sommet de Copenhague sur le climat, qui aura lieu en décembre, LaRevueDurable consacre son numéro de rentrée à l’enjeu climatique afin de donner un éclairage maximal à cet événement majeur, à sa préparation, à son rôle. Magnifiquement illustré par les photos du collectif Argos, le 35e dossier de LaRevueDurable donne tous les éléments scientifiques, économiques, géopolitiques, éthiques, de justice et de simple bon sens qui fondent l’objectif de ramener au plus vite la concentration de CO2 dans l’atmosphère à 350 parties par million (ppm) (elle atteint aujourd’hui 385 ppm et augmente de 2 ppm par an).

LaRevuedurable souhaite à ce titre relayer pleinement la journée mondiale d’action en faveur du climat, le 24 octobre, autour du chiffre 350. Cette initiative vise à créer un mouvement planétaire qui transcende les frontières nationales et les barrières sociales et politiques pour demander aux dirigeants des pays les plus émetteurs de prendre les mesures qui s’imposent pour faire de la Terre un havre de paix pour l’Humanité.

Vous voulez recevoir ce numéro et n’êtes pas abonné-e ? Réservez-le dès maintenant au prix de 9 euros (port inclus) en indiquant votre adresse postale, par retour de ce courriel. Les envois se font uniquement après paiement, par chèque à l’ordre de Cerin Sàrl, ou par carte de crédit (appelez le +41 26 321 37 11).

Tour de France de LaRevueDurable :

Retrouvez LaRevueDurable au Salon Horizon Vert à Villeneuve sur Lot les 3-4 octobre au Parc des Expositions, ainsi que de nombreux autres exposants. 21ème salon de l’écologie et de l’habitat. « Du concret à partager » – horizon vert

LaRevueDurable est partenaire de la 3e université d’automne du WWF France qui aura lieu les 20 et 21 octobre au Pavillon de l’Eau, Paris 16e , sur le thème : Quel accord à Copenhague pour faire face à l’ultimatum climatique ? Cette université de rentrée s’intègre dans le cadre de la campagne de mobilisation inter-ONG l’ultimatum climatique : copenhague. Contact : universite2009@wwf.fr – 01 55 25 84 37. LaRevueDurable animera la conférence  intitulée « Le climat peut-il encore attendre ? » qui aura lieu le 20 octobre de 9h30 à 11h00

LaRevueDurable soutient les Ateliers du Développement Durable, qui se déroulent à Bordeaux (Mériadeck) les 20 et 21 octobre. Les ateliers et conférences portent sur la question : « Le développement durable, un levier pour sortir de la crise ? » add – Caroline Queillé – 01 45 15 50 38

LaRevueDurable est partenaire des 2è Assises Nationales de l’Education à l’environnement vers un développement durable (EEDD), qui ont lieu à Caen du Lire la suite

A bas le développement durable ! Vive la décroissance conviviale !

eco.loucevenol.com, Serge Latouche, le 16 septembre 2009

A bas le développement durable ! Vive la décroissance conviviale !

 «Il n’y a pas le moindre doute que le développement durable est l’un des concepts les plus nuisibles». Nicholas Georgescu-Roegen, (correspondance avec J. Berry, 1991) (1).

On appelle oxymore (ou antinomie) une figure de rhétorique consistant à juxtaposer deux mots contradictoires, comme «l’obscure clarté», chère à Victor Hugo, «qui tombe des étoiles…». Ce procédé inventé par les poètes pour exprimer l’inexprimable est de plus en plus utilisé par les technocrates pour faire croire à l’impossible. Ainsi, une guerre propre, une mondialisation à visage humain, une économie solidaire ou saine, etc. Le développement durable est une telle antinomie.

En 1989, déjà, John Pessey de la Banque mondiale recensait 37 acceptions différentes du concept de «sustainable development» (2). Le seul Rapport Bruntland (World commission 1987) en contiendrait six différentes. François Hatem, qui à la même époque en répertoriait 60, propose de classer les théories principales actuellement disponibles sur le développement durable en deux catégories, «écocentrées» et «anthropocentrées», suivant qu’elles se donnent pour objectif essentiel la protection de la vie en général (et donc de tous les êtres vivants, tout au moins de ceux qui ne sont pas encore condamnés) ou le bien-être de l’homme (3).

Développement durable ou comment faire durer le développement

Il y a donc une divergence apparente sur la signification du soutenable/durable. Pour les uns, le développement soutenable/durable, c’est un développement respectueux de l’environnement. L’accent est alors mis sur la préservation des écosystèmes. Le développement signifie dans ce cas, bien-être et qualité de vie satisfaisants, et on ne s’interroge pas trop sur la compatibilité des deux objectifs, développement et environnement. Cette attitude est assez bien représentée chez les militants associatifs et chez les intellectuels humanistes. La prise en compte des grands équilibres écologiques, doit aller jusqu’à la remise en cause de certains aspects de notre modèle économique de croissance, voire même de notre mode de vie. Cela peut entraîner la nécessité d’inventer un autre paradigme de développement (encore un ! mais lequel ? On n’en sait rien). Pour les autres, l’important est que le développement tel qu’il est puisse durer indéfiniment. Cette position est celle des industriels, de la plupart des politiques et de la quasi-totalité des économistes. A Maurice Strong déclarant le 4 avril 1992 : «Notre modèle de développement, qui conduit à la destruction des ressources naturelles, n’est pas viable. Nous devons en changer», font écho les propos de Georges Bush (senior) : «Notre niveau de vie n’est pas négociable» (4). Dans la même veine, à Kyoto, Clinton déclarait sans prendre de gants : «Je ne signerai rien qui puisse nuire à notre économie» (5). Comme on sait, Bush junior a fait mieux…

Le développement soutenable est comme l’enfer, il est pavé de bonnes intentions. Lire la suite

FNE – Rapport Stigllitz : Les indicateurs économiques ne sont pas les seuls malades !

France Nature Environnement, Communiqué, le 14 septembre 2009

Rapport Stiglitz : LES INDICATEURS ECONOMIQUES NE SONT PAS SEULS MALADES !

La commission sur les nouveaux indicateurs de croissance économique a remis son rapport à Nicolas Sarkozy lundi matin. Elle y suggère notamment de créer des indicateurs de bien-être venant s’ajouter à la mesure du PIB. Réaction de FNE.

Après des mois de réflexion sur fond de crise économique mondiale, la commission propose notamment de compléter la mesure du PIB par une série de nouveaux indicateurs, sans les énoncer, sur le bien-être des ménages, le développement durable et l’écologie. Le rapport Stiglitz remet en cause la position prédominante du PIB et de ce que cet indicateur mesure : la production et l’accumulation de biens.  

Les limites du PIB reconnues

Sébastien Genest est président de FNE : « Enfin, on ne se fie plus au seul et déréglé thermomètre économique pour contrer la fièvre climatique. Le PIB ne constitue plus une aide à la décision publique pertinente de l’avis général. Il induit même des erreurs qui peuvent être fatales pour l’état de la planète, puisque sa destruction ne freine pas la croissance du PIB. »

FNE souhaite une meilleure articulation de l’économie, de l’environnement et de l’éthique. Elle encourage toute prise en compte des limites de la planète et des intérêts des générations futures dans les indicateurs. FNE se félicite par ailleurs que la Commission ne propose pas de remplacer un indicateur agrégé comme le PIB par un autre : le PIB vert. Un seul indicateur ne peut refléter la situation économique. Et les indicateurs agrégés, même pour des questions simplistes comme le PIB, sont des instruments souvent grossiers, certes intéressants, mais dont l’interprétation politique peut être dangereuse.

Sébastien  Genest ajoute : « Dans un monde marqué par la complexité, les indicateurs doivent en rendre compte et être suffisamment fins. Un indicateur unique ne serait donc pas suffisant. »   

La nécessité d’indicateurs spécifiques pour l’environnement et les questions sociales

La comptabilisation économique de l’environnement  (patrimoines, services rendus, pertes par pollution ou dégradation), etc… est nécessaire. « Mais pour en avoir une idée juste, précise Christian Garnier, vice-président de FNE, il est fondamental de disposer de plusieurs indicateurs spécifiques quantitatifs chiffrés (eaux consommées et polluées, stocks de biodiversité, nombre d’espèces en danger, niveaux de bruit, formation des professionnels, etc.) ou qualitatifs (vulnérabilité des milieux, qualité des paysages, sensibilisation des citoyens et des responsables…). » 

Sur le même principe, si l’évaluation monétaire de phénomènes sociaux a son intérêt (aménités, efficacité des services publics, coût sanitaire des pollutions, coûts sociaux divers,..), les réalités sociales ne peuvent être appréciées sérieusement sans Lire la suite

Consommation écologique, écologie dans les têtes, ruée sur les AMAP et liens écolos sur le web

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 12 Septembre 2009

Le développement durable se mesure aussi à l’aune des comportements individuels. Le tour des bonnes résolutions, sans douleur pour le budget

Cinq manières de réussir sa rentrée écolo

1 Les étiquettes je regarderai

La vogue de « l’écologiquement correct » ne facilite pas la consommation vertueuse, bien des produits s’autoproclamant plus verts que le voisin de rayon. L’écolabel européen et la marque NF Environnement ont tous deux le mérite du sérieux. Ils garantissent le respect d’un cahier des charges qui vise à restreindre l’impact sur l’environnement de quelque 600 articles non alimentaires. À l’heure de la rentrée, on trouve ainsi le logo NF Environnement apposé sur des colles de papeterie, des cahiers ou des produits textiles.

Pour le reste, la mention du bilan carbone (mesuré en émission de gaz à effet de serre) ou de l’empreinte écologique (mesurée en surface au sol) demeure embryonnaire. Deux enseignes, Leclerc et Casino, ont adopté ce type d’étiquetage.

Par ailleurs, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a lancé au printemps dernier une expérience sur l’étiquetage de 10 produits pilotes – jus d’orange, eau minérale, T-shirt en coton. Un accord avec le ministère de l’Écologie prévoit une expérimentation plus large, sur 300 produits. La loi Grenelle 1 du 3 août dernier pousse dans le même sens à l’horizon 2011.

Dans l’intervalle, il n’est pas interdit de s’abîmer les yeux dans la lecture des étiquettes pour faire la chasse aux cauchemars écologiques. L’huile de palme, par exemple, qui dégouline dans les aliments industriels et les cosmétiques. La Malaisie et l’Indonésie, ses deux principaux producteurs, détruisent joyeusement leurs forêts primaires pour favoriser l’installation d’immenses exploitations qui signent la mort de la biodiversité tropicale.

2 Localo-local j’achèterai

Que vous fassiez vos courses à Condom, à Libourne ou à Dax, que vaut-il mieux choisir à votre avis ? Une poire comice du Sud-Ouest, une passe-crassane de la même région de production ou une poire importée du Chili qui aura effectué 11 650 kilomètres entre le pied des Andes et le marché de Rungis ? Encore un effort, la réponse n’est pas extrêmement difficile à trouver…

L’étiquetage du pays d’origine étant obligatoire pour le frais, il suffit de lever le nez pour bannir de vos assiettes le melon charentais du… Maroc qui précède le « vrai » en tout début de saison, les tomates pleines de flotte d’Almería ou le raisin rosé d’Égypte qui voisine ces temps-ci avec un chasselas bien de chez nous.

La plupart du temps, se limiter à des fruits et légumes de saison permet d’éviter l’écueil. Mais l’expérience prouve que, même en juillet-août, mettre la main sur une aubergine française dans la grande distribution peut relever de l’exploit olympique. Il vaut mieux se rabattre sur les marchés, où les circuits de commercialisation sont en général plus courts, du producteur au consommateur. Voire embrasser la cause des Amap (lire ci-contre).

3 La chasse au superflu je ferai

52 % des émissions de gaz à effet de serre du quidam moyen proviennent des objets qu’il possède. Plus exactement de l’énergie qu’il a fallu utiliser pour la fabrication et le transport desdits objets. Selon l’Ademe Lire la suite

Vincent Feltesse : L’écologie politique, ce n’est pas juste le compost individuel, c’est un modèle de société

20minutes.fr, Marion Guillot, le 11 septembre 2009

« Oui au Grand Stade, à certaines conditions »

Le pont-levant Bacalan-Bastide est-il sûr de sortir de terre ?

Il y a toujours des risques de retard, en raison des recours juridiques et des mécanismes d’appel. Mais les politiques ont leur responsabilité. On a délibéré vendredi dernier de manière plus que large, et les travaux devraient démarrer entre fin septembre et début octobre, pour une livraison à l’été 2012.

Avez-vous trouvé la bonne formule, qui satisfait à la fois l’Unesco, les élus et les habitants ?

On a trouvé la meilleure formule. C’est un point d’équilibre entre toutes les contraintes : la nécessité d’accueillir le tram, les piétons, les vélos et les automobilistes, et de laisser passer les bateaux. La deuxième voie automobile pourrait être dédiée aux véhicules de covoiturage, bus et taxis.

N’y a-t-il pas urgence à faire le pont Jean-Jacques-Bosc, au débouché des boulevards ?

Il est prévu à l’horizon 2016-2017. Nous l’avons lancé en octobre 2007, et il faut au moins dix ans pour faire un pont. On ne pourra pas aller plus vite.

Le Grand Stade, autre grand projet, est-il un investissement nécessaire, selon vous ?

La mairie de Bordeaux en a pris l’initiative et a sollicité la CUB. Dégager de 10 à 15 millions d’euros ne semble pas inaccessible pour un tel équipement, qui coûterait 230 millions d’euros. Mais si l’on devait mettre 100 millions, cela ne serait pas envisageable. J’y mets aussi des conditions : si le public participe, il faut de la transparence sur les financements privés, et l’UEFA ne doit pas nous imposer un projet pharaonique. S’il doit y avoir des surfaces commerciales associées, je suis d’accord pour 5 000 m2, mais pas pour 50 000 m2.

Au sujet de la taxe carbone. Pensez-vous que ce soit le bon moment ?

Malgré le scepticisme de la population, passer à une fiscalité écologique est absolument indispensable. Aujourd’hui, cette taxe prend malheureusement des allures d’injustice sociale. D’un côté, les ménages entendent parler de la hausse du forfait hospitalier, et de l’autre, on trouve des milliards lorsqu’il faut sauver les banques…

Côté transports, quelles solutions sont envisagées contre l’engorgement de l’agglomération ?

Il faut rappeler qu’on prend environ deux fois moins les transports en commun dans l’agglomération bordelaise qu’à Nantes ou Lyon. Et le réseau représente une dépense nette annuelle de 100 millions d’euros pour la CUB. Donc, cela ne fonctionne pas. Pour inverser la vapeur, il ne suffit pas d’augmenter les fréquences du tram, car seuls 30 % de la population l’utilise. Il faut Lire la suite

Alain Rousset annonce la création d’un fonds carbone de compensation en citant l’A 65

aqui.fr, Solène Méric, le 11 septembre 2009

Alain Rousset annonce la création d’un fonds carbone de compensation en citant l’A 65

A l’occasion de la conférence de presse de rentrée d’Alain Rousset ce jeudi 10 septembre, le Président du Conseil Régional d’Aquitaine a fait le tour des priorités inscrites au calendrier régional pour 2009-2010. Parmi elles il énonce la relance économique, le soutien aux filières agricoles en difficultés, ainsi qu’un certain nombre d’initiatives en matière de développement durable. Première de ces initiatives la création d’un « fonds carbone », pour compenser les émissions de CO2 générées par la construction de l’A65 Pau-Bordeaux.

Dans le contexte actuel de crise, « la première de mes bagarres c’est l’emploi ». Or, selon, Alain Rousset, le soutien aux entreprises en difficulté doit passer par le soutien à l’innovation et à la recherche et au développement. Dans ce but, la région compte lancer le 17 septembre prochain, un appel à projet baptisé ELAN, ayant pour objectif d’accompagner les PME d’Aquitaine dans leurs initiatives en matière d’innovations et de recherche et développement. Dans le même ordre d’idée, Alain Rousset s’est dit très attaché à la mise en place d’un pôle de compétence académique et industriel dans le secteur des matériaux composites, dont le marché est chaque année croissant.

La création d’un « fonds carbone »

Côté développement durable et à l’heure du débat sur la « taxe carbone », le Président de la région Aquitaine a annoncé la création, avant la fin de l’année 2009, d’un fonds de compensation carbone. L’idée ici est de mesurer le rejet de carbone généré par une activité humaine, puis de l’évaluer en numéraire, sur la base du prix du carbone. Une fois le fonds constitué et alimenté, il sera utilisé pour financer des projets permettant la capture ou, la réduction des émissions des gaz à effet de serre, tel que la replantation de la forêt des Landes.

Le premier projet soumis à compensation par le biais de ce fonds est la construction de l’A65 Bordeaux-Pau qui, selon les évaluations des associations environnementales, aurait rejeté environ 1 million de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Le reste est arithmétique : le prix de la tonne de CO2 se situant à environ 14 euros, la compensation totale de l’A65 se chiffrerait donc à 14 millions d’euros. Mais la contribution au fonds ne se base que « sur un acte volontaire et citoyen. Ce n’est pas une taxe » a tenu à préciser le Président du Conseil régional.

« Un élan citoyen écologique et économique »

Annonçant une participation de la région à hauteur de 5 millions d’euros pour la période 2010- 2015, Alain Rousset invite les parties prenantes ou futurs bénéficiaires de l’A65 à participer à « cet élan citoyen écologique et économique ». Par ailleurs, Lire la suite

Nocolas Hulot – Taxe carbone: «Ne rien faire est irresponsable»

liberation.fr, par Matthieu Ecoiffier et Guillaume Launay, le 7 septembre 2009

Taxe carbone : «Ne rien faire est irresponsable»

Pour Nicolas Hulot, la querelle politique sur la taxe carbone masque les enjeux. Il livre son mode d’emploi d’une fiscalité écologique et sociale.

Comme prévu, la taxe carbone et le cafouillage gouvernemental sur le dossier ont largement occupé le campus d’été de l’UMP, qui se déroulait ce week-end à Seignosse (Landes). Cafouillage ? Pas du tout, selon le conseiller élyséen Henri Guaino : «Il n’y a pas de cafouillage, il y a des discussions.» Mais rien d’anormal, officiellement, dans le désaveu infligé au Premier ministre sur les arbitrages. Les modalités de la taxe, les vraies, devraient être connues jeudi, selon Christine Lagarde. Sauf si les «discussions» s’éternisent…

Agacé par la tournure très politicienne prise par le débat, Nicolas Hulot, qui avec sa Fondation a porté et médiatisé la Contribution climat énergie (CCE) depuis le Grenelle, lance dans Libération un appel à la raison.

A entendre ses adversaires, Ségolène Royal en tête, la taxe carbone c’est 7 centimes de plus à la pompe et c’est inefficace…

C’est une présentation étriquée et simpliste des choses. Aucun expert objectif ne doute de l’efficacité du signal prix pour agir sur les comportements. Si, simple exemple inversé, le parc de diesel a tant augmenté en France, c’est parce que les gens ont intégré que le prix à la pompe du diesel serait durablement moins cher que celui du super. Si on veut créer de la vertu collective, que l’industrie propose des biens et des services de plus en plus sobres, il faut que chacun ait à l’esprit que le prix ne baissera plus jamais. Que l’horizon soit bien défini pour orienter ses investissements. Ceci dit, le contexte de la rentrée politique, a sans doute pesé notamment à gauche… Certains ont trouvé un point d’accroche, je ne trouve pas ça très adroit, ce n’est pas un sujet sur lequel il faut polémiquer. C’est trop grave, ne faisons pas de démagogie. C’est d’ailleurs contraire à l’esprit du Pacte Ecologique que tous avaient signé.

Quel est l’intérêt de la taxe carbone ?

Donner un prix au carbone fait consensus chez tous les économistes qui se sont penchés sur ces problématiques. Rappelons le contexte. Il y a deux contraintes majeures, le changement climatique et la raréfaction des ressources. Pour lutter contre le réchauffement, on s’est engagé à Kyoto à diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Ca ne se fera pas avec des petites corrections à la marge. Nous aurons tous des efforts très importants à faire et plus l’on ajourne la transition plus ce sera lourd voir insupportable notamment pour les plus démunis.

«Si on ne fait rien, les plus précaires subiront»

Et sur les ressources ?

On va vers la fin des énergies fossiles et notamment du pétrole. L’idée qu’on ait le choix entre faire ou ne rien faire est fausse. Soit on organise cette mutation, soit on la subit. Les choses vont changer de gré ou de force. Et si c’est de force, par la raréfaction, les prix vont augmenter très brutalement… et ce sont les plus précaires qui vont subir. Planifier la hausse c’est pouvoir aussi amortir les crises à venir. C’est bien une préoccupation éminemment sociale, ce n’est pas juste histoire d’embêter le monde.

Ne faut-il pas d’abord se concentrer sur l’industrie ?

Le marché des quotas existe déjà : il touche les émissions industrielles concentrées. Il faudra Lire la suite

La décroissance, une idée qui chemine sous la récession

bloguez.com, Eric Dupin, le 5 septembre 2009

La décroissance, une idée qui chemine sous la récession

Avec la crise écologique s’impose peu à peu la nécessité de définir le progrès humain autrement que par le productivisme et la confiance aveugle dans l’avancée des sciences et des techniques. En France, les penseurs et militants de la décroissance, qui prônent un mode de vie plus simple et plus riche de sens, voient ainsi croître leur audience, tant auprès des partis de la gauche antilibérale que parmi le grand public. Ils représentent pourtant des sensibilités politiques et philosophiques très diverses.

Il fallait voir l’air interloqué de M. François Fillon. Ce 14 octobre 2008, M. Yves Cochet défendait les thèses de la décroissance du haut de la tribune de l’Assemblée nationale. Diagnostiquant une « crise anthropologique », le député Vert de Paris affirmait, sous les exclamations de la droite, que « la recherche de la croissance est désormais antiéconomique, antisociale et antiécologique ». Son appel à une « société de sobriété » n’avait guère de chances d’emporter l’adhésion de l’hémicycle. Toutefois, l’idée provocatrice de « décroissance » avait forcé les portes du débat public.

La récession est passée par là. Bien sûr, la décroissance « n’a rien à voir avec l’inverse arithmétique de la croissance », comme le souligne M. Cochet (1), le seul homme politique français d’envergure à défendre cette idée. La mise en examen de la croissance apparaît toutefois comme une conséquence logique de la double crise économique et écologique qui secoue la planète. Les penseurs de la décroissance sont subitement écoutés d’une oreille plus attentive. « Je suis beaucoup plus sollicité », se réjouit Serge Latouche, l’un de ses pionniers. « Les salles sont pleines dans nos débats », lui fait écho Paul Ariès, un autre intellectuel de référence de ce courant de pensée.

Le mot même de « décroissance » est de plus en plus repris, bien au-delà des cercles restreints de l’écologie radicale. « Au moment où les adeptes de la décroissance voient leur argumentaire conforté par la réalité, y a-t-il une alternative entre la décroissance subie ou non dite, comme l’est la récession actuelle, et la décroissance conduite (2) ? », s’interrogeait, pendant la campagne européenne, Nicolas Hulot, pourtant régulièrement qualifié d’« écotartuffe » par les objecteurs de croissance. Soutien d’Europe Ecologie, l’animateur avouait douter de la « croissance verte » et envisageait plutôt une « croissance sélective doublée d’une décroissance choisie ». « Seule la décroissance sauvera la planète », lâcha même le photographe Yann Arthus-Bertrand, dont le film Home, au demeurant largement financé par le groupe de luxe Pinault-Printemps-Redoute (PPR), semble avoir contribué au succès électoral printanier des écologistes (3).

Certains partisans de la décroissance sont convaincus que la crise actuelle constitue une formidable opportunité pour leur cause. « Que la crise s’aggrave ! », s’exclame Latouche, reprenant le titre d’un ouvrage du banquier repenti François Partant. « C’est une bonne nouvelle : la crise est enfin arrivée, et c’est l’occasion pour l’humanité de se ressaisir (4) », explique ce tenant de la « pédagogie des catastrophes » jadis développée par l’écrivain Denis de Rougemont.

Sans aller aussi loin, M. Cochet estime que c’est en butant sur les limites de la biosphère que l’humanité sera contrainte de devenir raisonnable. « Il n’y aura plus de croissance pour des raisons objectives. La décroissance est notre destin obligé », prévient le député écologiste, « géologue politique et profond matérialiste ». Ne reste alors qu’à espérer que la crise accélère les prises de conscience, et à « préparer la décroissance afin qu’elle soit démocratique et équitable ».

Mais ce point de vue optimiste est loin d’être partagé par tous. « Cette pédagogie des catastrophes, on n’est pas du tout là-dedans », se démarque Vincent Cheynet. Le rédacteur en chef du journal La Décroissance estime que, « si la crise offre une opportunité de s’interroger et de se remettre en cause, elle risque aussi Lire la suite

Formations « développement durable » : quels débouchés ?

novethic.fr, Anne Farthouat le 2 septembre 2009

Formations « développement durable » : quels débouchés ?

L’offre de formation aux métiers de l’environnement, au développement durable ou à la finance responsable a explosé ces dernières années. Des milliers de jeunes étudiants et salariés en reconversion se tournent désormais vers ces différents métiers. Avec un poste à la clé ?

600 000. C’est le nombre d’emplois que devrait générer le Grenelle de l’Environnement d’ici 2020, d’après une étude du Boston Consulting Group, commandée par le ministère de l’écologie. Une prévision à peine plus optimiste que celle du gouvernement, qui vise les 535 000 créations ou maintiens de postes. Effectivement, pour remplir les objectifs nationaux et européens en matière de développement durable, il faudra faire appel à une nouvelle main d’œuvre qualifiée et spécialisée. Une nécessité que les acteurs de l’enseignement supérieur ont su anticiper, en proposant depuis quelques années des formations spécifiques. Mais ces nouveaux diplômes sont ils réellement un sésame pour entrer dans la vie active ?

Depuis octobre 2008, crise oblige, les offres d’emplois se font plus rares. D’après l’enquête « Besoin de main d’œuvre 2009 » du Pôle Emploi, seulement 16,9% des employeurs envisagent de recruter en 2009, contre 23,4% en 2008. Une tendance qui n’épargne pas les métiers de l’environnement, comme le confirme David Ascher, directeur de publication du site internet Emploi-Environnement. « Il y a un an, nous avions en permanence 1 200 offres d’emploi sur le site. Aujourd’hui, on atteint péniblement les 700. Mais c’est un phénomène conjoncturel, les offres repartiront, surtout dans le secteur des énergies renouvelables. » La crise économique est donc un frein, certes, mais un frein temporaire.

Les métiers de l’environnement promis à un bel avenir

Côté embauches, c’est effectivement le pilier environnemental du développement durable qui remporte la mise. Pour l’heure, le secteur des énergies renouvelables reste celui qui émet le plus d’offres d’emploi, notamment via la création de nombreuses éco-industries. Techniciens et ingénieurs issus de formations en la matière ont donc de grandes chances de trouver un poste. Colette Pilon, chargée de projet emploi dans le secteur Environnement de Pôle Emploi, observe toutes les tendances du marché : « aujourd’hui, les secteurs porteurs sont ceux de l’efficacité énergétique du bâtiment, de l’assainissement, ou encore du traitement des eaux. Des filières de recyclage se mettent en place, comme les DEEE (Déchets d’équipements électriques et électroniques, directive européenne de 2003). Elles seront très vite un véritable creuset d’emplois. Tout comme le secteur de la biomasse, encore en phase de développement, qui génèrera de l’emploi d’ici quelques mois, voire quelques années. Mais on voit aussi de plus en plus d’offres pour les éco-conseillers, et autres métiers dédiés à la pédagogie ».

Quant aux piliers sociaux et financiers du développement durable, s’ils Lire la suite

Découvrez le site du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du DD et de la Mer

Site du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du DD et de la Mer, août 2009

Un ministère présent pour l’avenir

La création de ce ministère, sans équivalent en Europe, reflète la volonté du président de la République de se doter d’un outil institutionnel performant, véritable autorité environnementale en charge du portage des politiques exemplaires de l’État. Le ministère joue un rôle majeur de proposition et d’innovation dans les instances européennes et internationales.

Une action fondée sur huit objectifs de résultat et un de méthode

Relever le défi du changement climatique, en soutenant le développement d’une économie « décarbonée », efficace en énergie et en réduisant les émissions de tous les gaz à effet de serre.

Inventer une croissance responsable pour un avenir durable, fondée sur de nouveaux modes de production, de consommation et de déplacement, et qui respecte l’environnement tout en recherchant le progrès social et l’épanouissement de l’Homme.

Faciliter de nouveaux modes de production et de consommation reposant sur la sobriété dans l’utilisation des matières premières, des énergies fossiles et des ressources naturelles dans leur ensemble.

Construire davantage, construire mieux et participer à l’aménagement de quartiers durables et de villes porteuses d’urbanité ; développer une ville durable en recherchant des modèles urbains économes en espace, qui répondent aux besoins de développement d’offres de logements ou de services, tout en améliorant la qualité de vie, la diversité des activités et la mixité sociale, en réduisant les besoins de déplacements et en multipliant les modes de transport durables.

Sauvegarder la biodiversité et la qualité des milieux, un enjeu aussi important que le changement climatique.

Maîtriser les risques naturels et réduire les risques technologiques et sanitaires pour préserver la santé et la vie de nos concitoyens ainsi que la qualité du milieu naturel par un usage raisonné et adapté du principe de précaution.

Faire de nos territoires des lieux d’application des démarches de développement durable en mobilisant l’ensemble des acteurs locaux.

Renforcer la compétitivité des territoires dans le cadre d’un développement solidaire et équilibré de toutes leurs composantes : meilleure attractivité des territoires, amélioration de leur desserte, meilleur accès aux services…

Impliquer tous les acteurs socio-économiques et tous les citoyens dans la poursuite des 8 premiers objectifs et mettre la société en mouvement en la rendant plus participative, en adaptant les modes de gouvernance et de décision publique et en généralisant la concertation avec les parties prenantes.

Budget

20 milliards d’euros.

Les moyens du ministère progresseront de Lire la suite

David Holmgren : les quatre scénarios de la décroissance

bellaciao.org et damienperrotin.com, Damien Perrotin, le 14 août 2009

David Holmgren : les quatre scénarios de la décroissance

David Holmgren n’est pas un inconnu dans le monde de l’écologie et de la soutenabilité. Cet australien né en 1955 a été avec Bill Mollison l’inventeur du concept de Permaculture. Son premier ouvrage Permaculture One, basé sur les travaux de l’écologue américain T. Howard Odum, a posé les bases du mouvement pour une agriculture durable en Australie et plus largement dans les pays anglo-saxons. Son dernier livre Future Scenarios : how communities can adapt to peak oil and climate change a donc suscité un intérêt certain dans le monde, malheureusement restreint, de ceux qui s’intéressent au pic énergétique et ses conséquences sur nos sociétés, tout comme d’ailleurs son site : future scenario.org

Dans ce petit livre d’environ 120 pages, David Holmgren examine notre avenir à la lumière de la situation écologique présente. Il n’est certainement pas le premier à l’avoir fait. Le Club de Rome en son temps, et John Michael Greer plus récemment s’y sont également essayé. Leurs conclusions se rejoignent d’ailleurs. Holgrem envisage d’abord quatre futurs possible pour notre civilisation :

La techno-explosion prévoit une croissance indéfinie de notre richesse matérielle et de notre capacité à surmonter les contraintes environnementales. Elle dépend de la disponibilité en grande quantité d’une énergie concentrée et de haute qualité. Poussée au bout de sa logique elle aboutit à la colonisation de l’espace. Il s’agit en gros de la continuation du modèle actuel de développement.

La techno-stabilité suppose une conversion sans accrocs à une économie de non-croissance basée sur des énergies renouvelables et capable de garantir au moins le même niveau de richesse que celle d’aujourd’hui. C’est en gros ce dont rêvent les Verts.

L’effondrement envisage une destruction de la société industrielle sous l’effet combiné de l’épuisement des ressources du changement climatique. Cet effondrement serait rapide et plus ou moins continu et aboutirait à la disparition de la plus grande partie de la population humaine, ainsi que l’essentiel de son héritage culturel. C’est un scénario « à la Mad Max »

La descente énergétique correspond plus ou moins à la longue descente de Greer ou à la longue urgence de Kunstler. Elle implique une réduction progressive de l’activité économique, de la population et la complexité de la société au fur et à mesure que s’accentuera l’épuisement de nos ressources. L’importance croissante des énergies renouvelables fera évoluer nos sociétés vers des structures proches de celles qui prévalaient avant la révolution industrielle. Cela suppose une ruralisation progressive de l’économie et de la société et un déclin également progressif de la population.

Holmgren n’écarte pas à priori l’effondrement mais le juge peu probable. Comme Greer, il fait remarquer que dans le passé les civilisations ont décliné plus qu’elles se sont effondré brutalement et que ce processus a toujours été graduel. Par ailleurs, ce scénario, populaire dans certaines franges du mouvement écologiste, n’est pas très constructif. Il conduit à une attitude fataliste, axée sur la survie individuelle ou en petites communautés.

Il récuse également les scénarios de la techno-explosion et de la techno-stabilité. Ils reposent en effet sur toute une série de présupposés dont tout indique qu’ils sont faux.

–          La production des matières premières non-renouvelables Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le texte

citron-vert.info, Philippe Ladame, le 6 août 2009

Grenelle de l’environnement : le texte

La loi relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, adoptée par l’Assemblée, est publiée au Journal Officiel.

En voici le sommaire (avec l’indication des pages) :

TITRE I : Lutte contre le réchauffement climatique – p 3

CHAPITRE I : Réduction des consommations d’énergie des bâtiments – p 5

CHAPITRE II : Urbanisme – p 9

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 9

SECTION 2 : Disposition relatives à l’urbanisme et au patrimoine – p 10

CHAPITRE III : Transports – p 10

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 11

SECTION 2 : Dispositions modifiant la loi d’orientation des transports intérieurs – p 19

CHAPITRE IV : Energie – p 20

CHAPITRE V : La recherche dans le domaine du développement durable – p 22

TITRE II : Biodiversité, écosystèmes et milieux naturels – p 24

CHAPITRE I : Stopper la perte de biodiversité sauvage et domestique. Restaurer et maintenir ses capacités d’évolution – p 24

CHAPITRE II : Retrouver une bonne qualité écologique de l’eau et assurer son caractère renouvelable dans le milieu et abordable pour le citoyen – p 26

CHAPITRE III : Uune agriculture et une sylviculture diversifiées et de qualité, productive et durables – p 28

CHAPITRE IV : La gestion intégrée de la mer et du littoral – p 32

 TITRE III : Prévention des risques pour l’environnement et la santé, prévention des déchets – p 33

CHAPITRE IER : L’environnement et la santé – p 33

CHAPITRE II : Les déchets – p 37

TITRE IV : État exemplaire – p 40

TITRE V : Gouvernance, information et formation – p 42

TITRE VI : Dispositions propres à l’outre-mer – p 47

Télécharger le texte complet Lire la suite

« Un plan des métiers verts » pour la rentrée 2009

nordjob.com, le 3 août 2009

« Un plan des métiers verts » pour la rentrée 2009

Le gouvernement vient d’annoncer la mise en place d’un plan des métiers verts pour la rentrée 2009, et souhaite ainsi faire le point sur les besoins en recrutement et formation liées au développement durable.

Annoncé par Valérie Létard, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Ecologie, le « Plan des métiers verts » qui verra le jour à la rentrée 2009 recensera tous les besoins concernant le développement durable, en termes d’emplois ou de formations. Dans un entretien à l’agence de presse Reuters, la Secrétaire d’Etat se veut rassurante. Le développement durable permettra selon elle de créer de l’activité durable en dépit de tous les doutes émis sur le véritable taux de création d’emplois. « Le Grenelle de l’environnement est l’un des vecteurs les plus dynamiques de croissance et de résorption de la crise« , explique-t-elle. Respecter les objectifs de réduction de CO2, cela a un impact sur le développement économique. Quand on construit des tramways, on crée de l’emploi. » Valérie Létard souhaite également « rendre le développement durable accessible à tous », surtout aux personnes les plus modestes, et ainsi éviter toute nouvelle « fracture sociale ». Autre idée : réactiver des métiers « en voie de disparition » comme par exemple conducteurs de péniche, ceci afin de développement le transport fluvial.

De nombreuses prévisions

Ainsi, les différents chiffres annoncés sur la création d’emplois verts ne sont pas forcément contradictoires selon la Secrétaire d’Etat et ils ne concernent pas tous les mêmes filières. Elle prend en considération deux prévisions majeures : celle du service public de l’emploi qui table sur 220.000 emplois en France d’ici 2012 et celle du Boston Consulting Group commandée par son ministère, qui prévoit 600.000 créations d’emplois sur la période 2009-2020. Mais il faudra donc attendre la rentrée 2009 pour cerner concrètement Lire la suite

Technologies de l’information : quels impacts environnementaux et sociétaux ?

novethic.fr, Anne Farthouat, le 24 juillet 2009

Technologies de l’information : quels impacts environnementaux et sociétaux ?

Fabrice Flipo est Maître de conférences en philosophie à l’école Télécom et Management, où il anime également le groupe de recherche « l’ambivalence des TIC numériques dans la globalisation ». Il revient sur l’impact environnemental et sociétal des TIC.

Peut-on quantifier l’impact environnemental des technologies de l’information et de la communication (TIC) ?

Fabrice Flipo. Le cabinet de consulting américain Gartner l’a fait en 2007. Il affirmait à l’époque que le secteur représentait 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) mais cela dépend du périmètre que l’on étudie. Si l’on s’en tient aux strictes télécoms, que sont Internet et la téléphonie, c’est un chiffre certainement valable. Mais aujourd’hui, les TIC sont partout. On trouve des puces électroniques dans nos voitures par exemple. En élargissant le périmètre à l’ensemble des TIC, je pense que l’on peut atteindre facilement les 53 ou 54% !

Concrètement, comment cela se traduit-il ?

Fabrice Flipo. L’impact des TIC sur l’environnement provient essentiellement de la forte consommation d’énergie du secteur. D’après un rapport du Conseil général des technologies de l’information, les TIC pèsent 13,5% de la consommation électrique française. Cette consommation implique des  émissions de CO2 mais ce n’est pas le seul impact. Il faut également considérer les matériaux utilisés pour leur fabrication. Ce sont surtout des matériaux épuisables, comme le lithium qui entre dans la composition des batteries. Sa raréfaction a d’ailleurs entraîné une flambée des prix sur le marché.

La question des déchets électroniques et de leur gestion devient donc primordiale. En France, nous sommes très en retard sur le sujet. A vrai dire, on ne sait pas trop où nos déchets finissent. Il faut savoir que nous produisons chaque année 16 kg de déchets électriques et électroniques ménagers par habitant, même si les TIC représentent une petite partie seulement de ce total. Au final, cela représente environ un million de tonnes annuelles. Or, dans le cadre de la directive européenne DEEE, il nous était imposé d’en recycler au moins 4 kg/hab/an fin 2006. Aujourd’hui, nous arrivons à peine à en traiter 2,5. C’est dire si cette directive a été bien transposée en France !

Le secteur semble pourtant s’engager dans la voie du développement durable, notamment en investissant dans les Green IT, ces technologies vertes que l’on qualifie souvent d’informatique « écologique ». Cet engagement est-il réel et global ?

Fabrice Flipo. Effectivement, quand Gartner a sorti son rapport, les constructeurs l’ont vécu comme une sorte d’électrochoc. Le consultant mondial le plus reconnu dans le domaine leur annonçait quand même que les TIC émettaient autant de GES que le transport aérien ! Du coup, certains ont réellement intégré les enjeux du développement durable dans leur stratégie. C’est le cas du Lire la suite

Plans Climat territoriaux : «Répondre à un déploiement massif»

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, le 22 juillet 2009 

Plans Climat territoriaux : «Répondre à un déploiement massif»

Le projet de loi dit Grenelle I incite les régions, les départements, les communes et groupements de communes de plus de 50.000 habitants à mettre en œuvre un plan Climat territorial (PCT). S’ils relèvent encore aujourd’hui d’une démarche volontaire, le Grenelle II les rendrait obligatoires. Julie Laulhère, experte à l‘Ademe sur le sujet, explique comment préparer leur généralisation.

Maîtriser

Que doit contenir un PCT ?

Un PCT est un projet territorial de développement durable mis en place par une ou plusieurs collectivités ; il vise la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation du territoire aux effets du changement climatique. Il doit mobiliser l’ensemble des partenaires de la collectivité et des acteurs locaux pour atteindre les objectifs de réduction des émissions définis dans le PCT. En lien avec les autres finalités du développement durable, il sert également des objectifs économiques et sociaux tels que le développement de filières locales d’emploi et la lutte contre la précarité énergétique.

La construction du PCT débute par la mise en place d’une organisation interne solide, la réalisation du diagnostic initial (repérer notamment les sources d’émissions de GES les plus importantes sur le territoire), la détermination d’objectifs de réduction et la définition de moyens pour les atteindre ; il s’agit ensuite de construire, en lien avec les acteurs du territoire, un plan d’actions pour le territoire, s’organiser pour le mettre en œuvre et en évaluer les résultats. Comme tout projet de territoire, le PCT doit s’inscrire dans une boucle d’amélioration continue, rythmée par des programmes pluriannuels d’actions opérationnelles, des phases importantes de concertation et des temps d’évaluation.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les collectivités ?

La principale difficulté consiste à fixer des objectifs de réduction des émissions à long terme (de nombreux facteurs présentant des incertitudes comme l’évolution des contextes politiques, des progrès technologiques ou des coûts de l’énergie) et à mesurer les effets des actions engagées. Généralement, les collectivités essaient de se caler sur les objectifs nationaux et européens : le facteur 4 et le «3 fois 20» (20% d’énergie renouvelable, 20% de réduction des émissions et 20% d’économies d’énergie). Certaines collectivités développent des méthodes de prospective pour vérifier la tenue de leurs engagements : c’est le cas de la communauté urbaine de Nantes par exemple.

Autres difficultés : le manque de moyens humains et financiers pour les petites collectivités. Les leviers d’actions sont très différents d’une collectivité à une autre en fonction de la disponibilité de ces moyens, mais aussi des compétences associées au statut. Une petite collectivité ou une collectivité plus démunie en terme de compétences aura tout intérêt à s’inscrire dans une dynamique portée Lire la suite

Environnement : Dernière ligne droite pour le Grenelle ?

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 20 juillet 2009

Environnement : Dernière ligne droite pour le Grenelle ?

Adopté le 17 juin, en deuxième lecture, par l’Assemblée nationale, puis le 2 juillet par le Sénat, le projet de loi « Grenelle I », qui fixe les grandes orientations de la France en matière de transports, d’énergie et d’habitat dans le souci de préserver l’environnement et le climat, poursuit son processus avant validation définitive par le Parlement. Un interminable, parcours selon les mouvements écologistes qui déplorent la lenteur du processus. Une Commission mixte paritaire se réunit cette semaine pour établir un texte de compromis qui pourrait être adopté par les deux assemblées.

Le Grenelle avance lentement … mais sûrement ? Trop lentement jugent les mouvements écologistes comme France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot qui s’interrogent sur la lenteur du processus. Adopté jeudi 2 juillet en deuxième lecture par le Sénat après avoir été approuvé le 17 juin par l’Assemblée nationale, le projet de loi « Grenelle I » doit maintenant passer devant la Commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) chargée d’établir un texte de compromis qui sera soumis aux deux assemblées pour une adoption définitive.

La CMP devra se pencher, entre autres, sur une demande d’étude controversée demandée par le Sénat en vue d’autoriser la circulation dans l’hexagone de poids lourds jusqu’à 44 tonnes (contre 40 aujourd’hui). Elle décidera aussi de la pertinence de certaines dispositions rétablies par les sénateurs (qui les avaient votées en première lecture) et que l’Assemblée nationale avait supprimées lors de sa deuxième lecture. Ils ont ainsi réintégré, par exemple, l’avis conforme des architectes des Bâtiments de France pour les autorisations de travaux dans les zones de protection du patrimoine auquel les députés avaient substitué un avis simple. Ils ont également demandé de subordonner la production des biocarburants à des critères de performances énergétiques. 

Un « long » processus

Mais le projet de loi Grenelle I n’est qu’une première étape. Loi de programmation, elle entérine des objectifs, donne un statut juridique au processus du Grenelle et retranscrit les principales mesures adoptées à l’issue des tables rondes d’octobre 2007. « Elle ne détaille pas les modalités concrètes de mise en œuvre de ces mesures qui seront prévues dans la loi portant engagement national pour l’environnement dite « Grenelle 2 », explique la FNE. « Deux ans après le lancement du Grenelle, la majorité des engagements est encore loin d’être déclinée concrètement sur le terrain. Dans le même temps, les indicateurs environnementaux n’ont cessé de s’aggraver », s’inquiète l’association de défense de l’environement.
La loi d’orientation « Grenelle I » sera en effet complétée de son application technique, dite « Grenelle II », sorte de « boîte à outils » de la première, qui sera discutée à l’automne par le Parlement. En attendant, la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat l’a examinée et adoptée le 8 juillet. Les sénateurs de la commission ont voté l’ensemble du texte après 35 heures de discussion et l’examen de pas moins de 1.089 amendements. Déposé maintenant en première lecture au Sénat, ce projet de loi permettra de transcrire dans le droit les objectifs généraux définis par le projet de loi de programmation relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. 
Un spécialiste du développement durable

Dans le cadre du titre V du Grenelle 2 consacré aux « risques, santé et déchets », Lire la suite

Bordeaux 20 et 21 octobre 2009, le DD : un levier pour sortir de la crise

cdurable.info, David Naulin, le 15 juillet 2009

Les 6es Ateliers du Développement Durable

Le développement durable : un levier pour sortir de la crise ?

Bordeaux 20 et 21 octobre 2009

La crise actuelle nous inciterait-elle à changer de système ? C’est le parti pris de ces 6es Ateliers du Développement Durable. Les entreprises, les collectivités, ou encore les acteurs économiques et sociaux ont en effet besoin d’idées, d’inspirations, de méthodes et de retours d’expériences novatrices pour s’installer durablement dans le XXIe siècle, en considérant cette crise comme un prétexte pour modifier nos comportements.

« Le développement durable : un levier pour sortir de la crise ? » est donc le thème central cette année. Concrètement, les deux journées démontreront comment et pourquoi la prise en compte du développement durable dans les politiques publiques peut contribuer à résoudre la crise actuelle. Bordeaux accueillera les Ateliers du Développement Durable du 20 au 21 octobre.

Organisés par IDEAL Connaissances, avec le Conseil régional d’Aquitaine, le Conseil général de Gironde et la Communauté urbaine de Bordeaux, en partenariat avec la Ville de Bordeaux, les Ateliers du Développement Durable attendent une quarantaine d’intervenants et plus de 500 participants. Un programme riche de 16 conférences et ateliers !

Répartis en 4 grandes thématiques, correspondant aux 4 grandes crises actuelles, les Ateliers du Développement Durable apporteront des solutions pour chacune des problématiques abordées :

Le dysfonctionnement urbain

 Urbanisme durable : au delà des éco-quartiers…

 Quelles solutions pour maîtriser l’étalement urbain ?

 Logement social durable : comment agir sur l’existant et adapter les logements sociaux ?

 Comment mettre en oeuvre un développement urbain, intégré, durable et solidaire ?

La crise alimentaire

 L’agriculture et crise alimentaire : la fin d’un modèle

 Comment adapter l’agriculture et la sylviculture au changement de demain ? Lire la suite

Projet d’aéroport à Notre-dame-des-Landes : A vous de jouer, par Hervé Kempf

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 18 juillet 2009

A vous de jouer

Il paraît que le développement durable est la nouvelle boussole des politiques. Il paraît que le Grenelle de l’environnement a marqué une rupture dans la façon de décider. Il paraît qu’il y a un ministre de l’écologie. Il paraît que Parti socialiste et UMP sont opposés. Il paraît…

Voici un jeu d’été. Au terme de cet article, choisissez une réponse parmi les suivantes : 1 – Les décideurs sont menteurs et hypocrites ; 2 – Il y a enfin une vraie politique écologique dans ce pays ; 3 – Toutes vos histoires d’environnement, on s’en bat l’oeil ; 4 – Les responsables sont irresponsables ; 5 – Le capitalisme continue de saccager l’environnement au nom de la « croissance verte » ; 6 – Je cherchais où passer mes vacances, j’ai trouvé.

Or, donc, en la belle ville de Nantes, administrée par Jean-Marc Ayrault, maire et député PS, il y a un aéroport. Son trafic est réduit, mais la disposition de la piste fait que les avions passent au-dessus de l’agglomération, générant des nuisances sonores. Le remède à cet inconvénient est connu de longue date : une piste perpendiculaire à l’existante et-ou divers dispositifs techniques, comme de nouvelles procédures d’atterrissage

Mais cela n’est pas assez beau, pas assez grand, pas assez puissant pour les édiles PS et UMP confondus dans le même enthousiasme bétonneur. Leur rêve ? Un nouvel aéroport dévorant 2 000 hectares de terres agricoles. La rationalité de ce projet s’éclaire quand on sait que, par exemple, l’aéroport de Genève, avec une seule piste et 340 hectares, accueille chaque année 10 millions de passagers. L’aéroport de Nantes actuel a un trafic de 2,8 millions de passagers.

L’aérodrome projeté sur le site de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) expulserait cinquante exploitations agricoles, bétonnerait des centaines d’hectares et stimulerait l’étalement urbain. Son coût global, présenté à 560 millions d’euros, est manifestement sous-évalué.

Ce projet contredit incontestablement une politique de prévention du changement climatique, de préservation de l’agriculture, de recherche d’autres modes de vie et de transport. Qu’il soit porté par un hiérarque du Parti socialiste confirme l’état de déliquescence de ce parti. Mais l’UMP est tout aussi enthousiaste. Les observateurs s’interrogent : M. Borloo va-t-il sortir de son prudent mutisme ? « Allô, le Grenelle de l’environnement ? »

C’est la mobilisation des citoyens qui fera pencher la balance. Depuis des années, les associations locales se battent, de plus en plus nombreuses et avec un écho grandissant. Elles sont rejointes par un collectif de plus de 200 élus de terrain. Elles organisent du 2 au 9 août la Semaine de la résistance, à Notre-Dame-des-Landes, ainsi qu’un camp « Action climat », pour la première fois en France. On pourra planter sa tente. Pour l’instant, Lire la suite

J’ai testé pour vous l’écologie au quotidien

lemonde.fr, Frédéric Potet, le 17 juillet 2009

J’ai testé pour vous l’écologie au quotidien

C’est l’histoire d’un type qui, un soir, en rentrant du boulot, lance à sa femme :  » Chérie, il faut sauver la planète.  » Carrément ! Ce type n’est autre que… ma pomme – expression (fruitière) appropriée s’il en est. Ma pomme est, au départ, un écologiste  » théorique  » : en accord avec les grands principes environnementaux, mais moyennement regardant sur leur application au jour le jour ; familier avec les terminaisons en  » able  » (équitable, durable, raisonnable, responsable, soutenable, renouvelable…), mais coupable de ne pas passer plus souvent à l’acte. Ma pomme est propriétaire (depuis peu) d’une maison mal isolée, roule dans une voiture vieille de bientôt dix ans, trie ses déchets sans toujours faire très attention, aime traîner sous la douche et oublie souvent d’éteindre ses appareils électroménagers.

Sauver la planète ? Oui, bien sûr ! N’est-ce pas le message dominant du moment ? Partout – à la radio, dans le métro, sur les paquets de céréales, dans les magazines (comme Le Monde 2) –, il n’est question que de  » gestes citoyens  » et d' » éco-attitude « . Pas un jour ne passe sans que nous soient chantés les mérites des maisons passives et des panneaux photovoltaïques. Impossible de regarder tranquillement les réclames à la télévision sans entendre parler de développement durable – pour un peu, la pub nous demanderait presque de réduire nos achats, ce qui serait bien le comble ! Résister à cet épanchement d’exhortations et de grands sentiments relève, au choix, de l’exploit ou du déni. Alors, chiche ! Adoptons les recommandations tambourinées quotidiennement. Bio-responsabilisons-nous. Testons la  » vie écolo  » à la micro-échelle d’un foyer moyen (deux adultes, deux enfants). Dans la mesure du possible, s’entend.

EMPREINTE. Ce qui compte, en priorité, c’est de voir d’où l’on part. Faire un diagnostic environnemental de son propre mode de vie. Plusieurs outils existent pour cela. Premièrement, l’ » empreinte écologique «  individualisée que l’association WWF (World Wide Fund for Nature) vous propose d’établir sur Internet en quelques clics. Une dizaine de questions vous est posée afin de savoir si vous êtes plus surgelés que produits frais, plus mazout que bois de chauffage, plus voiture individuelle que transports en commun… A la faveur d’on ne sait quel algorithme, le résultat est alors mesuré en hectares, l’empreinte écologique se définissant comme une estimation de la superficie nécessaire à un individu pour répondre à ses besoins en ressources naturelles.

Nous concernant, la sentence est cruelle : avec Lire la suite

La démocratie est une promesse, la participation une nécessité

agoravox.fr, Céline Ertalif, le 16 juillet 2009

La démocratie est une promesse, la participation une nécessité

La démocratie participative a sans doute de belles perspectives parce que la démocratie représentative connaît l’usure. L’une ne remplacera pas l’autre, mais le suffrage universel ne pourra plus assurer cette légitimité monopolistique qu’il détient encore. Les idéologues de la démocratie directe vont pourtant être déçus, la démocratie participative répond à d’autres nécessités.

Qu’elle soit représentative ou participative, la démocratie est une promesse qui se révèle toujours difficile à tenir dès lors que les usagers ont un peu trop de mémoire. D’ailleurs, en principe, on ne parle pas d’usagers, ni de consommateurs, mais de citoyens – ces admirables individus conscients, rationnels et en activité politique permanente. La démocratie exprime une mythique volonté générale. Néanmoins, dans la réalité, les membres actifs de la société politique se reposent de temps en temps, préfèrent souvent déléguer à des personnes plus qualifiées qu’elles-mêmes pour des raisons qui mêlent la confiance, l’incompréhension devant la chose politique ou le désintérêt. Ainsi, parfois, les citoyens aiment aller à la pêche le dimanche.

Malgré l’idéal démocratique, nos concitoyens vaquent à leurs occupations privées plus qu’ils ne se consacrent au choix des politiques publiques. La démocratie active et directe peut être une passion exaltante en assemblée générale quelques heures, quelques jours, voire tout un mois de mai 1968, mais il est tout de même plus raisonnable de râler contre les responsables publics, même si on les a parfois élus soi-même. Ils sont d’ailleurs en représentation publique continue, chez soi, il suffit de tourner le bouton dès qu’on prend un peu trop conscience du caractère épuisant des contraintes des affaires publiques.

Je me souviens de ce cours de sciences politiques où le professeur Mabileau expliquait aux étudiants l’abstention électorale par un impressionnant catalogue de raisons qui faisaient disparaître intégralement la fainéantise des électeurs. Cela faisait beaucoup rire les étudiants, et cette idéologie au cœur d’un cours de la « science (politique) » me fait encore sourire 30 ans après.

Néanmoins, le niveau culturel de nos concitoyens ayant progressé, la tartine électorale paraît un peu mince pour satisfaire la demande démocratique d’aujourd’hui. Et voilà donc l’entrée en scène de la démocratie participative qui exige évidemment plus de temps que la démocratie passive, pardon représentative. L’obligation de rencontrer, d’écouter et de prendre position de vive voix, au lieu de déposer un bulletin muet dans l’urne, restreint tout de même le périmètre des participants actifs à la politique. La participation est un effort et il est intéressant d’identifier les motivations pour comprendre la chose.

C’est ce à quoi se sont appliqués trois chercheurs de Paris XIII dans un ouvrage consacré au développement durable et à la démocratie participative. Outre la grave hémorragie qui atteint les groupes participatifs si l’on n’est pas très attentif à la méthode, 4 types de motivations s’expriment :

– le désir d’informer les décideurs, cela recouvre soit un grand altruisme soit un sens du lobbying contenu dans une grande discrétion ;

– la volonté d’apporter Lire la suite

Du Conseil régional d’Aquitaine qui passe au vert à l’attaque de Tchernoblaye

sudouest.com, Bruno Béziat, le 7 Juillet 2009

Le Conseil régional passe clairement au vert

AQUITAINE. La prochaine séance plénière sera très développement durable

Promis, juré. Alain Rousset, le président du Conseil régional d’Aquitaine, l’affirme. Cet ordre du jour de l’assemblée régionale de jeudi et vendredi n’a rien à voir avec le résultat des dernières élections européennes. Toujours est-il que la prochaine séance plénière de la Région va clairement passer au vert, avec plusieurs dossiers à forte connotation écologiste.

Le premier d’entre eux est la publication d’un rapport de « développement durable », dont la Région Aquitaine est la première à se doter. En résumé, l’institution va s’appuyer sur des critères européens pour calculer sa capacité à tenir compte des enjeux environnementaux et sociaux. Une première évaluation de ses performances montre que 44 % du budget régional contribue au développement durable, dont 3 % pour l’environnement et la santé publique, 19 % les transports durables, 17 % les solidarités et 5 % l’emploi et l’économie.

Attaque de Tchernoblaye

Une démarche qui n’aurait probablement pas convaincu Tchernoblaye de la volonté écologiste de la Région et de son président Alain Rousset. Cette association, qui s’oppose avec véhémence à l’énergie nucléaire, l’a accusé hier d’attribuer une subvention de 155 000 euros à l’entreprise SEIV. Cette société travaille sur un programme d’éléments pour réacteurs nucléaires et civils.

Alain Rousset a profité de la présentation de cette séance plénière pour répondre : « On peut légitimement s’interroger sur l’énergie nucléaire et la question des déchets. Mais cela n’a rien à voir avec l’attribution d’une subvention à une entreprise selon certains critères. »

Au-delà de cette polémique, les élus du Conseil régional pourront toujours trouver un autre point d’appui à leur volonté de contribuer au développement durable. Il s’agit de l’approbation du schéma des infrastructures des transports et de l’intermodalité (Srit), au patronyme franchement barbare. C’est pourtant de modernité qu’il s’agit, avec la ligne grande vitesse d’abord (600 millions du Conseil régional) pour les TGV. Mais pas seulement puisque cette LGV est critiquée par des écologistes qui déplorent les milliards dépensés au nom d’une idéologie de la vitesse.

« Tout ferroviaire »

La Région va, au contraire, mettre l’accent, lors de cette session, sur le développement des trains régionaux de proximité (TER) dont elle a la charge. La nouvelle convention passée avec la SNCF correspond à Lire la suite

Comité 21 : Tirer les leçons de la crise

actu-environnement.com, S Fabregat, le 29 juin 2009

Tirer les leçons de la crise

Le Comité 21 a présenté un rapport sur la crise, ses enjeux, contradictions et opportunités :

Une occasion de transformer en profondeur l’économie et les questions de gouvernance. Pour autant le green business constitue-il La solution ? Pas si sûr !

Le Comité 21, comité français pour l’environnement et le développement durable, créé au lendemain du sommet de Rio, a présenté un rapport rédigé par son comité de prospective sur les crises financière, économique, écologique et sociale. Pour sa présidente, Bettina Laville, le temps de crise est un catalyseur qui révèle que derrière ces différentes crises, il y a une crise de civilisation. Si l’ensemble de ces crises n’ont pas forcément la même origine pour les observateurs, le Comité 21 juge néanmoins qu’elles sont la conséquence d’un système qui n’évalue pas les risques que son fonctionnement génère, qui ne tient pas compte du fait qu’il peut aboutir à une destruction supérieure au bénéfice immédiat qu’il procure. L’ubris, c’est-à-dire la démesure, est à l’origine du contexte actuel. Nous ne sommes pas les premiers à le dire mais ce discours reste encore original aujourd’hui. Pourtant, il y a un problème d’immoralité dans notre système, dont il faut complètement refonder les bases, analyse Bettina Laville. Aujourd’hui pourtant, la première réponse apportée à la crise ne suggère pas une transformation du système mais une adaptation :

L’économie de marché n’est pas remise en cause. Pour le comité 21, ce n’est pas le capitalisme qu’il faut refonder mais le fonctionnement entier de nos sociétés. Stimuler et sauvegarder l’économie, comme on l’entend actuellement, revient trop souvent à repousser l’échéance du changement requis, pour être contraint finalement à laisser se produire sans contrôle le nécessaire processus de destruction créatrice.

Une autre voie propose l’abandon des règles économiques actuelles et des comportements des agents économiques pour une société de la décroissance, de la sobriété. Pour le Comité 21, cette proposition est davantage une aspiration éthique qu’une proposition économique et n’est pas assortie d’un appareil théorique et instrumental à l’échelle internationale. S’il faut refonder une doctrine économique qui assoie la richesse sur les valeurs des réseaux tant immatériels que solidaires, l’environnement peut-il être le nouveau moteur de croissance et de compétitivité ?

Le mythe de la croissance verte

Si la lutte contre le changement climatique constitue un véritable vivier d’emplois (le green business est un marché mondial déjà supérieur à 1.000 milliards d’euros soit l’équivalent de l’industrie aéronautique ou pharmaceutique), le Comité 21 reste prudent quant à l’idée qu’une croissance verte constitue la solution à la crise. Une telle présentation est positive en ce qu’elle montre que le monde économique a enfin compris les effets dévastateurs de la croissance carbonée et la nécessité de changer la structure des investissements. Mais elle peut aussi, lorsqu’elle ne s’accompagne pas de vraies transformations, illustrer la confiance abusive à perdurer au moyen de simples adaptations techniques qui semble ainsi aller dans le sens des propos récents tenus par Nicolas Hulot. L’écologiste a rappelé Lire la suite

Parlement européen : Et si les Écolos faisaient la PAC ?

le-mag.fr, Benjamin Masson, le 26 juin 2009, paru dans Le M.A.G. Cultures N°62

Parlement européen : Et si les Écolos faisaient la Pac ?

Les Verts ont créé la surprise aux européennes. En Europe, la poussée est moins marquée, elle est pourtant bien là. Pour les agriculteurs, l’enjeu tient en une date : 2013. Que préparent-ils ?

Avec 52 sièges sur plus de 700 parlementaires, les écologistes n’ont pas encore pris le pouvoir à Strasbourg. Le pouvoir non, mais le siège de l’arbitre, très certainement. Car entre socialistes, centristes et droite, le nouvel équilibre est fragile et la majorité penchera selon le bon vouloir des Verts européens et de leur chef de file : Daniel Cohn-Bendit. Ce dernier l’a évidemment compris et s’est empressé de dévoiler sa stratégie pour le groupe écologiste : nouer des alliances au coup par coup avec les autres partis de manière à démultiplier le poids de sa formation au Parlement, et sans doute de monnayer son soutien contre quelques notes vertes au sein des causes auxquelles il accepte de se rallier. Premier test : l’éjection de José-Manuel Barroso, président sortant de la Commission européenne. Que Cohn-Bendit y parvienne ou non, l’une des étapes suivantes sera forcément la préparation de la Pac 2013 pour laquelle le traité de Lisbonne lui ouvrirait un boulevard s’il était ratifié ; et il ne s’en cache pas (lire notre interview exclusive P6).

Vert et rose

Car grâce au traité de Lisbonne, le Parlement peut désormais faire jeu égal avec le Conseil des ministres européens et modifier tout ou partie des textes qui lui sont soumis en matière agricole. En d’autre termes, la politique agricole commune ne sera plus seulement le fruit d’un marchandage entre Etats aux intérêts divergents, ce sera aussi une affaire de partis politiques. Et cela change tout, surtout avec un parti écologiste pour mener la fronde et capable de supplanter la majorité européenne par le jeu des alliances. Faut-il pour autant crier au loup, mettre ses terres en jachère et partir s’exiler en Ukraine ? Plongeant dans le programme d’Europe Ecologie, une lecture en diagonale peut effectivement inquiéter : « Il est vital pour la population et les écosystèmes de tourner la page du productivisme agricole et d’écrire celle de la soutenabilité et de la diversité », proclame le mouvement. Oui mais « mon pote », cela dépendra d’abord du rapport de force entre les « décroissants » et les « développement durable ». Chez les écologistes comme chez leurs alliés. Et Dany le Vert lui même semble pencher pour le second camp, mettant en avant le maintien d’une agriculture permettant aux agriculteurs de vivre de leur travail.

Dans la lignée de l’UMP

D’autant que le jeu des alliances poussera forcément au réalisme : la charge contre l’agriculture industrielle, et donc son aval, est claire. Mais difficile d’imaginer les députés PSE, généralement très ancrés localement, se ranger derrière un projet qui aboutirait à la perte de centaines d’emplois dans les coops ou les abattoirs de leurs circonscriptions. Les verts risquent donc de mettre de l’eau dans leur vin bio lors de la conclusion de leur alliance. Lire la suite

Lyon, 27 et 28 novembre : Journées doctorales sur la participation du public et la démocratie participative

calenda.revues.org, Delphine Cavallo, le 3 juillet 2009

Premières journées doctorales sur la participation du public et la démocratie participative

Appel à contribution, date limite : Vendredi 18 septembre 2009  |  Lyon (69)

Résumé

Le Groupement d’intérêt scientifique « Participation du public, décision, démocratie participative » sera officiellement constitué en septembre 2009, et démarre son activité en organisant les Premières journées doctorales sur la participation du public et la démocratie participative, à Lyon, les vendredi 27 et samedi 28 novembre 2009, à l’École normale supérieure Lettres et sciences humaines (lieu en cours de confirmation).

Annonce

Lyon, les vendredi 27 et samedi 28 novembre 2009, à l’ENS-LSH

Les premières journées doctorales du Groupement d’intérêt scientifique « Participation du public, décision, démocratie participative » ont pour objet de permettre à l’ensemble des doctorants travaillant sur les thématiques de la démocratie participative et de la participation du public aux processus décisionnels de se rencontrer, d’exposer leurs travaux, de confronter leurs hypothèses, leurs méthodes et leurs résultats avec les travaux des chercheurs de ce domaine émergent.

Ces journées doctorales sont la première manifestation publique du GIS. Celui-ci a pour objet de développer la recherche sur la participation du public aux processus décisionnels et la démocratie participative. Le GIS s’intéresse à la contribution des citoyens, au-delà du fonctionnement habituel de la vie politique institutionnelle, aux choix engageant la vie en société, à leur discussion dans de multiples espaces civiques et à leur réalisation par la mise en œuvre des politiques publiques. Le GIS ne se donne pas une définition de la démocratie participative ou de la participation du public aux processus décisionnels qui délimiterait étroitement ses travaux. Au contraire, l’activité du GIS vise la confrontation de travaux puisant aux diverses conceptions de la démocratie, conduits dans une distance critique ou une proximité vis-à-vis de la démocratie participative, relevant des différents courants de recherche qui traversent les disciplines des sciences humaines et sociales.

Ces premières journées doctorales prennent place dans un programme qui ambitionne d’appréhender la multiplicité des expériences qui voient le jour dans le monde, de rendre compte de leur émergence dans des contextes politiques variés, et de leur adaptation à des situations de décision différenciées, d’analyser leurs fondements normatifs et juridiques, leur déroulement et leurs résultats, d’étudier leurs multiples effets, d’éclairer les enjeux de leur institutionnalisation en norme de gouvernement. Ces expériences peuvent porter sur des objets très divers — développement durable, réchauffement climatique, égalité sociale, redistribution et solidarité, rapports science-société, libertés et élargissement des droits, territorialisation et métropolisation, mondialisation, etc. Les travaux pris en considération s’étendent ainsi à Lire la suite

L’Europe accélère le développement en Aquitaine

sudouest.com, Publi-info, le 30 Juin 2009

L’Europe accélère le développement en Aquitaine

Relayée par des acteurs locaux, la politique régionale de l’Union a une traduction concrète en termes de projets. Le point sur une stratégie qui fait la part belle à l’innovation et au développement durable

Lire aussi

 » Priorité à l’énergie et à l’environnement

 » Un tremplin pour la reconversion

 » Alain Rousset, Président du conseil régional d’Aquitaine

 » Dominique Schmitt, Préfet de la région Aquitaine

 » Coup de pouce aux projets ruraux innovants

 » Vous avez un projet?

Souvent jugée complexe et éloignée des préoccupations des citoyens, l’Europe fait peut-être l’objet d’un procès abusif si on l’observe dans le détail de ses actions locales. Eloignée des citoyens, rien de moins sûr dès lors qu’il s’agit de sa politique d’intervention dans les régions.

Sans être d’une simplicité ébouriffante, cette politique régionale peut néanmoins se résumer en quelques lignes : elle vise à assurer un développement solidaire, équilibré et cohérent de l’ensemble du territoire européen. A cette fin, des programmes encadrent la mise en place d’une stratégie concernant toutes les régions. Ils sont définis pour une période de sept ans afin de permettre une action dans la durée. Le dernier programme (2000-2006) s’était fixé pour objectif d’apporter un soutien financier aux territoires les plus fragiles. A sa suite, l’actuel programme, qui court jusqu’en 2013, entend appuyer les stratégies régionales fondées sur l’innovation et le développement durable, en vue notamment de favoriser la compétitivité et l’emploi. Pas de distinction territoriale donc, mais une volonté de valoriser les projets les plus performants où qu’ils se trouvent, à la condition qu’ils relèvent de l’innovation et du développement durable et soient ainsi en accord avec la stratégie européenne de Lisbonne pour la croissance et l’emploi.

Contribuer à la création de 9 000 emplois

Voilà pour les principes. Mais quelle est leur traduction concrète en Aquitaine ? Lire la suite

Arcachon le 12 octobre, Colloque « Littoral Aquitain, sports de nature, loisirs, tourisme et DD »

DRJS et CREPS Aquitaine, Communiqué, le 2 juillet 2009

La direction régionale de la jeunesse et des sports et le CREPS d’Aquitaine organisent le 12 octobre prochain au Palais des congrès d’Arcachon un colloque intitulé « Littoral Aquitain, sports de nature, loisirs, tourisme et développement durable »

Attention : colloque gratuit mais inscription obligatoire

Nous vous remercions de bien vouloir faire circuler cette information dans votre réseau…

Toutes les informations et tous les moyens pour vous inscrire, dès maintenant et pour participer à ce temps, très important, d’informations et d’échanges sont sur le site Lire la suite

Les Français consommateurs durables… en théorie !

2.cnrs.fr, Patricia Chairopoulos, date NC

Les Français consommateurs durables… en théorie !

Nicolas Herpin, sociologue à l’Observatoire sociologique du changement (OSC), directeur de recherche au CNRS et chargé de mission à l’Insee (1)

Les opérations de sensibilisation à une meilleure consommation se multiplient (Semaine du développement durable, Assises nationales du développement durable, Journée de la Terre…) et nous semblons de plus en plus acquis à la cause qu’il faut faire durer les ressources de la planète. Cela se traduit-il dans les pratiques des Français au quotidien ? Nicolas Herpin : Au-delà du tri sélectif des ordures, que les ménages respectent assez largement, leur comportement vertueux ne va pas beaucoup plus loin. Les évolutions récentes de la consommation ne sont globalement pas en phase avec la réforme écologique. Prenons l’exemple de l’alimentation : les produits « bio » commercialisés à des prix relativement plus élevés que les autres peinent à s’installer dans le panier de la ménagère. Des produits industriels trop sucrés, trop gras et dont la valeur nutritionnelle est faible mais qui ne demandent aucune préparation constituent l’essentiel de l’alimentation de nombreux jeunes.
Dans l’habillement, rien n’indique non plus un retour du goût vers des articles durables voire recyclables. Au contraire, la tendance est de faire des modes s’adressant à toutes les strates de la société, donc à petits prix. C’est ce que les anglo-saxons appellent des « fast clothes », dont la caractéristique essentielle est d’être « tape-à-l’œil » et de ne pas résister au-delà du premier lavage.

Comment expliquer ces tendances ?

N.H. : C’est d’abord l’information du consommateur qui est déficiente. Reprenons le cas des vêtements. Un rapport de l’Université de Cambridge compare l’empreinte carbone des tissus, en particulier celle du coton et celle des fibres synthétiques. Les résultats remettent en question l’usage du coton, généralement considéré comme « durable ». Si sa fabrication est assez faible en énergie, son coût d’entretien est très élevé (lavage à haute température, emploi de détergents très polluants pour l’eau, repassage, etc.) par rapport à la viscose. Il y a ensuite la contrainte budgétaire, particulièrement serrée pour les milieux modestes. Les produits bio coûtent plus cher. Il y a aussi et surtout le mode de vie qui crée des besoins. Habiter une maison dans la périphérie d’une grande agglomération oblige à avoir deux voitures si les deux membres du couple sont actifs. Enfin, une fois que l’individu s’est habitué à vivre d’une certaine façon, il peut trouver beaucoup de bonnes raisons de ne pas changer son mode de vie. En se passant de voiture, une personne estimera qu’elle contribue généreusement au développement durable… mais, à côté de cela, elle fait deux longs trajets touristiques par avion et par an, engendrant autant de gaz à effet de serre qu’une voiture sur toute l’année. Face à ces tendances lourdes, les convictions écologiques restent à l’état de bonnes intentions.

Par ailleurs, la crise financière n’incite pas les consommateurs à modifier leurs comportements dans un sens écolo. Le parc automobile, en particulier, en fait les frais : avant la crise, le renouvellement de ce parc laissait apparaître un intérêt pour les voitures hybrides. Mais avec la baisse des prix des carburants, les bonnes résolutions semblent oubliées. Même les voitures hybrides sont en fort recul, alors que leurs constructeurs n’arrivaient pas à satisfaire la demande au premier semestre 2008.
Mais à votre avis, existe-t-il une déception à l’égard de la consommation de masse ?

N.H. : Oui, effectivement, mais la contestation de la société de consommation n’est pas nouvelle. Rappelez-vous Lire la suite

Université populaire de l’environnement – Table ronde et débat sur la concertation et la démocratie écologique suivi d’un Apéro Ecolo

MNE Bordeaux Aquitaine, Communiqué, le 30 juin 2009

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT – L’Université nomade d’Aquitaine

Cours – « Petite écologie de l’Homme et de ses techniques »

Mercredi 1er juillet de 18h30 à 20h00

Michel Lesbats – Professeur à l’IUT Bordeaux 1 Département HSE et  membre de l’Association Aquitaine Alternatives

Locaux du Jardin botanique de Bordeaux, Esplanade Linné, Rive droite (tram station jardin botanique)

Ouvert à tous – Entrée libre et gratuite

Suivi d’un Apéros’Ecolos (ex Green Drinks) – Bar-restaurant « Les temps modernes » – Allée de Serr, Bordeaux-Bastide à 2 minutes à pied du Jardin Botanique

Organisation : Maison de la nature et de l’environnement (MNE) Bordeaux-Aquitaine https://mneaquitaine.wordpress.com/, renseignements mnebxaquitaine@aol.com

Table ronde et débat sur la concertation et la démocratie écologique : « Echanges entre les acteurs locaux du Grenelle »

1. Présentation de l’objectif du débat M Lesbats

2. Présentation d’une concertation réussie entre un industriel et une association de la Presqu’île d’Ambès-Foresa (M Sévenier) et l’association Sabaréges (M Ménézo responsable de la communication) dans le domaine de problèmes « d’environnement »

3. Nous élargirons le débat à d’autres représentants des « parties prenantes » et thèmes des domaines de la Sécurité, de la Santé, de l’Ecologie et du Développement Durable :

Mme Walryck, Adjointe au Maire de Bordeaux avec qui nous débattrons de « concertation avec les bordelais ».

Un représentant de la DRIRE (DREAL) M. Courret -Ingénieur chargé de la concertation/membre du S3PI Presqu’île d’Ambès et CLIC Aquitaine.

Deux ou trois représentants d’associations Lire la suite

Christian Brodhag : de l’écologie politique au développement durable

enviscope.com, Henri Colomb, le 29 juin 2009

Christian Brodhag : de l’écologie politique au développement durable 

Ingénieur civil des Mines, militant des Verts jusqu’en 1994, ancien Délégué interministériel au Développement durable, aujourd’hui responsable de plusieurs insitutions actives dans le développement durable, Christian Brodhag estime que trop de débats en France restent hexagonaux. Pour lui, les Verts devraient ouvrir le dialogue avec l’ensemble de l’échiquier politique.

Christian Brodhag, 57 ans, ingénieur civil des Mines, docteur es sciences physiques, directeur de recherche à l’École nationale supérieure des Mines de Saint-Étienne, dont il est aussi délégué au développement durable, est depuis plus de trente ans un des pionniers de l’écologie politique en France. Il est aussi devenu  au cours des missions et fonctions qu’il a exercées (1), un expert internationalement reconnu du développement durable, concept qu’il a été un des premiers à développer en France il y a plus de vingt ans. Ce scientifique atypique, Alsacien de souche mais Stéphanois d’adoption, amateur de randonnée et fou d’opéra, a longuement  répondu aux questions d’Enviscope.com sur l’écologie, le développement, les relations internationales, mais aussi sur les relations Lyon-Saint-Etienne et le développement régional, illustrant ainsi une maxime fondatrice de la pensée écologiste qui lui est chère : « penser globalement, agir localement » :

 Avant tout, vous qui avez été un membre historique des Verts, quelle est votre réaction au score de la liste Europe Ecologie aux dernières élections européennes ?

 Christian Brodhag : «  C’est une satisfaction. Le score des Verts met l’écologie au centre du débat. Maintenant la question est : comment la classe politique va intégrer ces questions de développement durable ? C’est un vrai défi pour les forces politiques. J’ai vécu tous les hauts et les bas de l’écologie politique. Là, il me semble que les bases de diagnostic, notamment sur le climat, sont beaucoup plus solides et partagées qu’à l’époque. Le vrai succès de l’écologie ce sera que l’ensemble des forces politiques la reprenne. Il ne faut pas le mesurer au seul score des Verts à une élection. Ma seconde analyse c’est que Daniel Cohn-Bendit est le seul à avoir fait une campagne vraiment européenne. Trop de débats en France sont hexagonaux, trop franco-français. En France on a trop l’impression que tout peut se régler par la seule volonté politique des dirigeants français, alors qu’il faut une vraie stratégie européenne et mondiale. Il y a, hélas, de nombreuses instances internationales où on n’est pas assez présents, et souvent la France a une gestion trop administrative de l’international… »

 Justement vous êtes intervenu début mai à New-York devant la commission du développement durable des Nations Unies. Pour y dire et y faire quoi ?

 Christian Brodhag : « Cette commission, qui se réunit annuellement, est chargée de la mise en œuvre et du suivi des accords internationaux sur le climat de Rio 92 et de Johannesbourg 2002. Cette année, le thème en était l’agriculture. Mais j’y étais surtout pour préparer la prochaine réunion d’avril-mai 2010, dont le thème sera les modes de consommation et de production. Pour préparer cette prochaine session, sept groupes de travail internationaux ont été mis en place. Pour la France, j’ai présidé un de ces sept groupes de travail, sur le tourisme durable. J’étais donc à New-York pour présenter ces travaux qui ont très bien marché, et pour préparer la communauté francophone à ces sujets. Car ces questions de développement durable évoluent très vite. J’ai animé en particulier un cours de trois heures sur les modes de production et de consommation pour les délégués des pays francophones.  Car j’étais aussi à New-York au titre de l’organisation de la Francophonie, parce que ces questions de développement durable se posent aussi pour de nombreux pays en développement. 

Si on veut faire évoluer les habitudes des consommateurs, il faut pouvoir les mobiliser sur des produits et des services plus vertueux pour l’environnement. Il faut donc que la production de nouveaux biens et services et les nouvelles pratiques de consommation avancent à la même vitesse. Par exemple la ville de Saint-Etienne Lire la suite

RAP et les Déboulonneurs lancent un appel à soutien associatif

cdurable.info, cyrille souche,  le 24 juin 2009

RAP et les Déboulonneurs lancent un appel à soutien associatif

Affichage publicitaire : 6 propositions citoyennes

CDURABLE.info publie cet appel pour une Communication Publicitaire Responsable

Parce que l’affichage publicitaire n’est pas qu’une question de paysage, RAP et les Déboulonneurs lancent un appel à soutien citoyen autour de 6 propositions, pour lutter contre la pollution visuelle, la privatisation de l’espace public, pour protéger les enfants et les écoles, pour lutter contre le gaspillage énergétique et la pollution émis par ces dispositifs publicitaires, pour retrouver la beauté des villes et reconquérir les espaces péri-urbains.

Appel pour encadrer l’affichage publicitaire dans l’espace public

6 propositions pour lutter contre les nuisances de l’affichage publicitaire

La protection du paysage a été une des grandes absentes du dernier Grenelle de l’environnement. Plusieurs associations ont fait savoir leur mécontentement concernant cette lacune. Ces protestations ont été entendues par le gouvernement. Il est donc question de réformer la loi de 1979 concernant la publicité, les enseignes et préenseignes lors des prochaines discussions du Grenelle de l’environnement.

Pour ce faire, le Conseil National du Paysage a été réactivé, et a été réuni à 3 reprises de janvier à mars, afin de faire des propositions concrètes de modifications de la loi notamment sur les publicités, enseignes et préenseignes. Quelques associations ou collectifs ont fait entendre leurs voix, certaines en tant qu’auditeur (RAP, Les Déboulonneurs, etc.), d’autres en tant que membres du Conseil National du Paysage (Paysage de France, France Nature Environnement, etc.). Nous ne connaissons toujours pas les conclusions que va en tirer le gouvernement et le Sénateur Dupont (en charge d’un rapport sur la question), mais, à ce stade des débats, nous aimerions que la parole soit donnée à tout le milieu associatif, car la question de la publicité ne se résume pas au seul côté paysager.

Il semble désormais inconcevable de nier les conséquences désastreuses de la publicité sur l’environnement ou la société. En effet, la publicité déconnecte l’acte d’achat des causes et conséquences qu’il peut avoir sur l’environnement ou la société. Elle incite au gaspillage et souvent à l’achat de produits nocifs pour l’environnement. Elle pousse au surendettement et à l’achat du moins cher sans regard sur les conditions sociales des travailleurs. A l’heure où le développement durable est prôné, on ne peut plus faire l’impasse sur la question publicitaire. Oublier cette donnée, c’est traiter les effets sans s’occuper d’un des fondements du problème. Alors qu’on invite le consommateur à adopter des gestes simples pour préserver la planète, il est un geste simple que l’on pourrait adopter : la diminution de la place de la publicité dans l’espace public.

Les dispositifs publicitaires sont parfois eux-mêmes sources de pollution et de gaspillage énergétique : panneaux déroulant et éclairés, écrans plasma ou LCD, enseignes lumineuses allumées toute la nuit, véhicules publicitaires, écrans équipés de dispositifs Bluetooth générant une pollution électromagnétique…

De même la question démocratique est posée. L’espace public, en tant que bien commun, est déjà largement privatisé au profit de la publicité, alors même que la liberté d’expression est plus que jamais à défendre pour l’opinion, les associations et l’art.

Enfin, l’affichage publicitaire a aussi sa place dans un débat relatif à l’enfance et à l’éducation. La prolifération Lire la suite

LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 1er juillet

decroissance.over-blog.org, Communiqué, le 26 juin 2009

LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 1er juillet

I – LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 1er JUILLET 2009

Le numéro de juillet-août de La Décroissance « Listes Cohn-Bendit : Ils ont vendu l’écologie » sera en kiosque le mercredi 1er juillet 2009. Reportage au salon du « luxe et du développement durable ». Serge Orru, du WWF, décoré de l’ordre de l’écotartuferie.

http://www.ladecroissance.net

II – EXPEDITION DE LA DECROISSANCE LE 29 JUIN 2009

Le numéro 61 de La Décroissance sera expédié le Lundi 29 juin 2009 de 14h à 20h dans le local de Casseurs de pub-La Décroissance : la Fondation Nicolas Bertrand, 52 rue Crillon, Lyon 6e. Nous expédions le journal sous bande papier grâce à votre aide, ce qui évite l’emballage plastique. N’hésitez pas à passer nous prêter main-forte, d’une demi-heure à toute la soirée. Un repas ensemble clôture la soirée.

Fondation Nicolas Bertrand, 52, rue Crillon, Lyon 6e. Métro Masséna.

http://www.ladecroissance.net/

III – LE VRAI VISAGE DE DANIEL COHN-BENDIT : LE FILM

Pour Daniel Cohn-Bendit, les objecteurs de croissance, « c’est des cinglés. (…) La décroissance c’est un gros mot. Les gens, y vivent la décroissance aujourd’hui. (…) J’ai pas envie d’en parler. Moi, je dis, ce débat là personne le comprend. Donc, il est terminé pour moi. » Global Mag, Arte, 6-6-2009. Mais qui est réellement « L’enfant chéri des médias » ? A voir à ce sujet le film éclairant « Le vrai visage de Daniel Cohn-Bendit » sur le site de l’IEESDS : où vous retrouverez toute l’actualité de la Décroissance :

http://www.decroissance.org/

IV – SOUTENEZ LE PORTE-PAROLE DU RESEAU SORTIR DU NUCLEAIRE

Merci de signer l’appel pour un classement « sans suites » en faveur de Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire », menacé de 5 ans de prison pour avoir révélé la vulnérabilité du réacteur nucléaire EPR en cas de crash d’avion de ligne :

http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=slhomme&page=index

V – COMMENT CASSEURS DE PUB A CONTRIBUE A LA SUPPRESSION DU GRAND-PRIX DE FRANCE DE FORMULE 1

C’est aussi grâce à Casseurs de pub que vous serez épargné du Grand Prix de France de Formule 1 Lire la suite

CESE : Les indicateurs du DD et l’empreinte écologique

ladocumentationfrancaise.fr, LE CLEZIO Philippe, Conseil économique, social et environnemental, 23 juin 2009

Les indicateurs du développement durable et l’empreinte écologique

Le 20 janvier 2009, le Premier ministre a saisi le Conseil économique, social et environnemental de la question des indicateurs du développement durable et, plus spécifiquement, de l’empreinte écologique. Cet avis définit le champ des informations nécessaires pour enrichir la mesure du PIB et l’associer, au sein d’un tableau de bord, à une douzaine d’indicateurs permettant d’apprécier les évolutions sociales et environnementales tout en traçant les voies d’une association de la société civile et des citoyens à leur choix. Lire la suite

Remaniement : Borloo, toujours plus super ministre

developpementdurablele journal.com, Jacques Cortie, le 25 juin 2009

Remaniement : Borloo, toujours plus super ministre

La nouvelle équipe Fillon, dévoilée hier par le secrétaire général de l’Elysée fait la part belle au ministère de Jean-Louis Borloo qui voit ses prérogatives accrues et son champ d’action élargi. Flanqué de quatre secrétaires d’état, il devient, notamment, le négociateur en chef pour la France dans la perspective du sommet de Copenhague sur le climat en décembre.

L’appellation devra changer. L’on avait à peine commencé à intégrer le sigle Meeddat que l’aménagement du territoire quitte les dossiers du cabinet Borloo et la fin de l’intitulé de son ministère. Le territoire et son aménagement passe sous la coupe d’un nouveau venu, Michel Mercier, dont le portefeuille ministériel concerne aussi l’Espace rural. Hormis ce problème sémantique Jean-Louis Borloo a tout pour être satisfait. Il reste ministre d’Etat et se retrouve aux commandes d’un super ministère dont la dénomination montre l’importance des thèmes qui lui sont confiés : ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat.

Borloo, super promu

Conséquence, avouée ou pas, de la percée écologiste aux dernières élections européennes, Jean-Louis Borloo, que l’on disait lassé de la bataille durable et des enjeux écologiques, se retrouve en fait en porte-drapeau de la volonté gouvernementale d’agir sur le front de la planète. Selon ses premières déclarations cela lui convient et lui redonne même un regain notable d’énergie. Ses nouvelles attributions étant justifiées selon lui par « la course contre la montre du défi écologique ». Preuves du nouveau statut de l’ancien député-maire de Valenciennes les apparitions des intitulés « mer », «  technologies vertes » et « négociations sur le climat  ». Le premier intitulé valide ses efforts avec le Grenelle de la Mer. Les deux suivants des enjeux importants. Les technologies vertes peuvent constituer, pour le Président de la République, la possibilité d’un point de croissance dans un contexte de récession. Il s’agit donc d’un dossier où des résultats seront attendus très vite. Les négociations sur le climat, enfin, sont l’élément qui confortent la nouvelle épaisseur du statut de Borloo dans le panorama. Voilà le ministre d’Etat mandaté pour mener, au nom de la France, des négociations importantes et très suivies par l’opinion publique. Dès août à Bonn, puis en septembre à Bangkok, à Barcelone en novembre et finalement à Copenhague en décembre Jean-Louis Borloo sera l’un des acteurs essentiels du devenir de la planète. D’autant que, hier, Nicolas Sarkozy a affirmé à Rajendra Kumar Pachauri, président du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec), que le « défi » à relever était de parvenir à « un accord mondial » sur ce sujet. Voilà Borloo prévenu.

Une équipe élargie

Pour mener à bien ses multiples tâches, le ministre se voit adjoindre quatre secrétaires d’état. Lire la suite

Un projet d’écologie sociale dans les zones rurales

bulletins-electroniques.com, Julien Sialelli, le 17 juin 2009

Un projet d’écologie sociale dans les zones rurales

Toutes les structures de gouvernance doivent se mobiliser et définir des alternatives efficaces en réponse aux changements climatiques et énergétiques actuels, ce sont les grands défis environnementaux de la société moderne. Au niveau local, les communes peuvent notamment privilégier les énergies propres au détriment des énergies fossiles. Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » (EE-Regionen: Sozial-Okologie der Selbstversorgung) s’inscrit dans cette volonté et vise à promouvoir et à développer l’utilisation de sources d’énergies propres dans quatre communes test en Allemagne.
Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » est le premier de douze projets de recherche dans le domaine de l’écologie sociale, que le Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche (BMBF) prévoit de soutenir dans les quatre prochaines années. Avec ce projet, le BMBF souhaite également soutenir de jeunes groupes de scientifiques dans des champs d’étude aussi variés que la biodiversité, les biocarburants, les politiques énergétiques, les initiatives civiles en faveur de la protection de la nature, l’éthique dans les activités commerciales, etc. Le BMBF a mis à disposition des groupes de chercheurs impliqués dans le projet une enveloppe de 22 millions d’euros jusqu’à 2013.

« Avec ces projets, les spécialistes de demain peuvent se qualifier sur une thématique importante pour le futur« , a affirmé, lundi 17 juin 2009, le secrétaire d’Etat au BMBF, Frieder Meyer-Krahmer. Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » doit contribuer à une utilisation effective des potentiels d’économie d’énergie. La conversion aux énergies renouvelables de la part d’un grand nombre de communes constituerait, au niveau national, une avancée considérable dans le domaine de l’approvisionnement en énergie. En formulant de nouvelles approches en termes d’approvisionnement en énergies renouvelables, le projet permettra aux communes de subvenir à leurs propres besoins énergétiques et calorifiques.

L’Université de Fribourg-en-Brisgau, l’Université Hohenheim de Stuttgart et l’Institut d’économie écologique de Berlin participent à ce projet. Les communes choisies pour le projet EE-Régions sont les suivantes : Lüchow-Dannenberg, Schwäbisch Hall, Morbach et Wolpertshausen. Les régions et les communes sélectionnées seront accompagnées et bénéficieront d’un soutien scientifique au cours des quatre années à venir.

Au terme du projet, les connaissances acquises sur les quatre sites test permettront Lire la suite

Forum régional de l’agriculture à Bordeaux : état des lieux, enjeux et perspectives

aqui.fr, Solène Méric, le 19 juin 2009

Forum régional de l’agriculture à Bordeaux : état des lieux, enjeux et perspectives

Comment nourrir l’humanité à l’horizon 2050, avec ses 9 à 10 milliards de personnes ? Quelles conséquences les réformes de la PAC ont-elles pour la France ? Quelles sont les perspectives de l’agriculture en Aquitaine, au regard des enjeux économiques, climatiques et écologiques ? Ces questions fondamentales influenceront directement les choix des politiques agricoles de demain. Cela dit, si la situation de l’agriculture aquitaine est globalement satisfaisante à l’heure actuelle, demain est à notre porte et c’est dès aujourd’hui que les acteurs agricoles se sont emparés de la question, lors du forum régional sur l’agriculture, organisé ce jeudi 18 juin, à l’Hôtel de Région.

Un signal d’alarme pour le monde de demain

Béatrice Gendreau, Vice-présidente du Conseil régional d’Aquitaine, chargée de l’agriculture et de l’agroalimentaire, a ouvert ce forum en dressant un état des lieux positif, si ce n’est élogieux, de l’agriculture en Aquitaine. Cela dit, si la situation est globalement prospère à l’heure actuelle, M. Bruno Parmentier, Directeur de l’école de l’agriculture d’Angers, tire le signal d’alarme pour les années à venir. Surpopulation, réchauffement climatique, sécheresse, développement de maladies, diminution de la surface des terres agricoles, urbanisation, pénurie d’énergie (pétrole), disparition de la bio-diversité… et ces problèmes ne s’arrêteront pas aux frontières de l’Aquitaine. En bref, moins de terre pour plus de monde dans un contexte environnemental incertain. Mais, « si la situation est grave, elle n’est pas désespérée ». Parmi les premières urgences : « ne plus gaspiller, développer massivement les énergies naturelles à grands coups d’éoliennes et de capteurs solaires, inventer une agriculture « écologiquement intensive », promouvoir l’agriculture vivrière dans les pays où l’on a faim, et soutenir les agriculteurs en intervenant sur le marché… »

Une PAC en perte de cohérence

Sur les instruments économiques justement, et plus précisément sur la Politique Agricole Commune, l’intervenant suivant, Hervé Guyomard, Directeur de recherche à l’INRA Rennes dresse un bilan de santé mitigé de la nouvelle réforme de la PAC du 20 novembre 2008. « Ce processus de réformes constantes fait face à un contexte nouveau alliant les difficultés déjà décrites, les incertitudes quant à la volatilité des prix des productions agricoles dans le futur, et enfin les fortes pressions des Etats et des secteurs économiques ». De ces éléments Hervé Guyomard constate que la PAC, laissant désormais aux Etats membres d’importantes marges de manœuvre dans la mise en œuvre nationale, « a perdu de sa cohérence ». Suite à cette réforme, la France a quant à elle opté pour le soutien de quatre axes principaux : l’élevage à l’herbe, les productions fragiles, le développement d’outils de couverture des risques climatiques et sanitaires, et enfin « l’accompagnement d’un mode de développement durable de l’agriculture via un soutien augmenté à des systèmes de production plus respectueux de l’environnement, dan lequel nous avions beaucoup de retard ». Cela dit, les nombreuses incertitudes économiques et environnementales commandent, selon Hervé Guyomard, de réfléchir d’ores et déjà à une nouvelle réforme de la PAC.

L’Aquitaine en 2020, disparition des productions moyennes ?

Enfin, le dernier intervenant de la matinée, Pierre Blézat, consultant, a quant à lui tracé quelques lignes prospectives de l’agriculture en Aquitaine à l’horizon 2020. Il suppose une agriculture aquitaine Lire la suite

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

actu-environnement.com, C.Seghier, le 11 juin 2009

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

À quelques mois de la fin de son mandat, la Commission de José Manuel Barroso s’est vue décerner, par un groupe de dix ONG, une note globale de 4,4 sur 10 pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années. Explications.

4,4 sur 10 ! C’est l’évaluation donnée par un groupe de dix ONG environnementales (Green 10) qui représente l’union des dix plus grandes organisations environnementales européennes, à la Commission de José Manuel Barroso pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années.

À quelques mois de la fin de son mandat, le constat se veut sévère ! Le groupe d’associations qui regroupe notamment Greenpeace, le WWF, Bird Life ou le Climate Action Network, a noté l’action de la Commission Barroso, entrée en fonction en novembre 2004, dans douze domaines allant de la lutte contre le changement climatique, à la santé, en passant par les transports, l’agriculture, la transparence ou encore la biodiversité.

Sa politique de stratégie pour un développement durable obtient un 2/10. Son action en matière de transparence décroche un 3/10 tout comme son action dans la protection des ressources naturelles. La Commission n’obtient que la note de 4/10 en agriculture, dans le domaine de la biodiversité, du commerce extérieur et concernant le budget et la politique de cohésion de l’UE. Concernant l’agriculture notamment, le rapport des ONG reproche à la Commission d’avoir trop souvent cédé aux intérêts professionnels dans ses décisions concernant l’agriculture et les écosystèmes marins. Le bilan de santé de la Politique Agriculture Commune, en particulier, a été une opportunité ratée de réformer en profondeur la PAC , commente un communiqué de la coalition. Au sujet de la biodiversité, les ONG expliquent la mauvaise note attribuée par son soutien constant aux OGM, sa proposition initiale faible pour la nouvelle directive sur la stratégie marine qui n’a pas permis de répondre aux pressions sur l’environnement marin et son échec à trouver un financement adéquat au réseau Natura 2000.

Son action dans l’application des directives européennes est, elle, notée d’un 5/10, tout comme son action en matière de santé. Le résultat positif d’une interdiction totale du mercure et les propositions pour réduire la pollution de l’air ont été contrebalancés par les désaccords au sein de la Commission sur la législation visant à interdire les produits chimiques dangereux , expliquent les ONG.

Parmi les bonnes notes, grâce à l’action du commissaire à l’Environnement Stavros Dimas, Lire la suite

CUB : L’agenda de 10 000 écoliers s’appelle 21

sudouest.com, Laurie Bosdecher, le 19 Juin 2009

BLANQUEFORT. Jusqu’à ce soir, ils montrent les actions qu’ils réalisent dans leur établissement

L’agenda de 10 000 écoliers s’appelle 21

De la difficulté de communiquer « durable » 500 000

 «Mon père, maintenant, ne laisse plus le robinet ouvert pendant une heure quand il se brosse les dents. Si c’est le cas, je vais le fermer moi-même. » Margault, 9 ans, en CM1 à l’école Saint-Gery à Gradignan, est incollable sur le sujet de l’eau. Et même bavarde. Devant le stand de sa classe dans le parc Fongravey à Blanquefort, elle avertit les petits comme les grands. « Il faut arrêter de gaspiller. L’eau est précieuse. »

Toute la journée d’hier, elle a participé avec sa classe aux Juniors du développement durable. La manifestation aura réuni d’ici ce soir 3 500 enfants de l’agglomération sur le site blanquefortais. Son objectif ? Montrer pendant une semaine les actions concrètes pour le développement durable mises en place dans les écoles. Le programme qui concerne 10 000 enfants, soit un tiers des élèves en maternelle et élémentaire sur l’agglomération, est piloté par la Communauté urbaine.

Trousse et quiz écolos

L’initiative peut surprendre. Ce sont les mairies, et non la collectivité intercommunale, qui gèrent les écoles. Le dispositif est né au début des années 2000. Il s’appelait alors Tram’minots. Alain Juppé, président de la CUB à cette époque, propose aux écoliers de découvrir le chantier du tramway. Outre des visites sur le terrain, des actions sont montées dans quelques classes.

« Les années suivantes, d’autres thèmes se sont ajoutés à l’opération », explique Alexandra Siarri, qui travaille au service écocitoyenneté de la CUB. L’énergie, le recyclage des déchets, l’eau ont ainsi intégré les projets pédagogiques. En 2003, l’Inspection d’académie signe une convention avec la collectivité pour s’associer au dispositif.

« Le développement durable est l’un des objectifs prioritaires de l’Éducation nationale. Il ne s’ajoute pas aux programmes, il est transversal », souligne André Mercier, l’inspecteur d’académie.

La classe de Margault a créé une fontaine à pompe et une expo sur l’eau. Au Taillan, les CM1 et CM2 ont fabriqué un quiz interactif sur l’éco-consommation. Au Bouscat centre, un spectacle sous forme de manifestation appelant à soigner la planète a été préparé. Derrière chaque projet, une ou plusieurs associations ont apporté l’expertise aux enseignants. Une vingtaine gravite aujourd’hui autour de ces actions. « L’idée est que ces projets ne finissent pas au placard à la fin de l’année scolaire. Ils doivent être vivants », relève Stéphanie Baltardive, au service écocitoyenneté de la CUB.

Moins de viande à la cantine

Toujours dans le cadre de cette action, 14 écoles de la Communauté urbaine ont aujourd’hui un Agenda 21. « Mais Lire la suite

Michel Serres à Bordeaux le 18 juin « Remarques sur la crise »

Bordeaux, communiqué, le 15 juin 2009

La Mairie de Bordeaux vous convie à la rencontre éco-citoyenne animée par Michel Serres, de l’Académie française, philosophe, sur le thème « Remarques sur la crise »,

le jeudi 18 juin 2009, de 20h30 à 22h30, au Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine TNBA, square Jean Vauthier, place Sainte Croix à Bordeaux (tram C – Sainte Croix).

Ce rendez-vous s’inscrit dans le cadre de Lire la suite

Evaluation de l’Agenda 21 du CG33

sudouest.com, Dominique Andrieux, le 15 Juin 2009

ARTIGUES-PRÈS-BORDEAUX, AGENDA 21. Une quarantaine de personnes ont participé à l’évaluation sur les actions du Conseil général. Ce dernier va devoir imaginer un moyen d’informer le plus grand nombre

Un besoin d’information

En venant à Artigues-près-Bordeaux, jeudi soir, Philippe Madrelle, président du Conseil général de la Gironde, n’a pas manqué de faire allusion aux élections européennes et au « score réalisé par le mouvement écologiste », témoignage d’« une véritable préoccupation du sort de la planète ».

Le lien était tout trouvé avec le motif de la rencontre. Le Conseil général poursuivait sa consultation, la troisième du genre, auprès du public pour savoir ce qu’il retire après deux années de la politique d’Agenda 21 qu’il a mise en place.

L’assistance, une quarantaine de personnes alors que tout le secteur de la rive droite était invité, est inversement proportionnelle à l’épaisseur des actions menées dans le sens du développement durable.

Le président se consolait en prenant à témoin Françoise Cartron, la sénatrice maire artiguaise, il rappelait que le Département est non seulement pionnier dans ce domaine mais aussi celui qui est le plus représentatif au niveau national (500 collectivités) avec 50 communes, intercommunalités ou Pays parties prenantes d’un Agenda 21.

Rencontre artiguaise

La rencontre artiguaise ne se distingue pas des deux précédentes, le public méconnaît la politique d’Agenda 21 qu’il réduit souvent au seul champ de « la protection de l’environnement ».

À sa décharge, elle est si vaste et complexe qu’elle en serait presque rébarbative. L’échange étant organisé sous forme d’ateliers, les huit participants à celui consacré au thème « territoire et participation » ont régulièrement séché quand on leur demandait s’il connaissait des actions menées, à propos de « dialoguer sur et avec les territoires », « aider à la décision », la « citoyenneté locale ».

« Vous n’avez pas peur que ça fasse gadget, que ça n’intéresse pas grand monde », Lire la suite

Bordeaux : La boîte à idées écolos de Copenhague

sud-ouest.com, Anne-Marie Siméon, le 12 Juin 2009

La boîte à idées écolos de Copenhague

BORDEAUX. Une délégation de la mairie rentre de la capitale danoise qui ambitionne d’être la première capitale neutre en CO2

Les installations portuaires ont cédé la place à de nouveaux bâtiments dont l’opéra. Carlsberg souhaite reconvertir son site de 33 hectares en éco-quartier

Être exemplaire dans le domaine du développement durable ? Tel est le souhait émis régulièrement pour Bordeaux par son maire Alain Juppé. Comment se désintéresser alors de ce qui se passe ailleurs ? Après un premier voyage à Fribourg en Allemagne en décembre 2007, une délégation municipale rentre de Copenhague (1) où l’ambition est de faire de cette cité danoise de 500 000 habitants la première capitale mondiale neutre en CO2 d’ici 2025. Une ambition d’autant plus forte et affichée que la ville accueillera cet hiver la 15e conférence des parties des nations unies (COP 15) que l’on dit décisive pour l’avenir de la planète.

Copenhague ne part pas de rien. Cela fait des années que les édiles travaillent dans ce sens. Et si Bordeaux n’est pas en reste avec son bilan carbone, son plan climat, son agenda 21, ses projets bien avancés de deux écoquartiers au Lac et à la Bastide, la ville est manifestement prête à rallonger la liste en s’inspirant de ses voisins européens.

Le vélo roi

Le plus frappant dès que l’on pénètre dans la capitale danoise est de découvrir une circulation automobile apaisée, sans aucun bouchon. Le métro et le réseau de bus ne justifient pas tout. L’incroyable maillage de pistes cyclables est éloquent. 37 % des déplacements se font en effet à vélo, contre 5 à 10 % sur l’agglomération bordelaise. « C’est le fruit de l’histoire » explique l’adjoint au maire de Copenhague chargé de l’environnement qui précise que l’objectif est d’atteindre 50 % d’ici 10 ans. De quoi faire rêver la municipalité bordelaise. La législation danoise est très dissuasive puisque « la voiture est taxée à 180 % », que le stationnement est payant 24 heures sur 24 sauf pour les handicapés. Résultat ? Il faut attendre d’être déjà bien installé dans la vie pour s’offrir ce luxe.

Vive le vent

La bicyclette n’est pas le seul symbole fort de Copenhague. Les éoliennes font bel et bien partie du paysage et sont une des fiertés des habitants qui n’hésitent pas à Lire la suite

La troisième édition des Trophées Agenda 21 de la Gironde vient d’être lancée

CG33, communiqué, le 8 juin 2009

La troisième édition des  Trophées Agenda 21 de la Gironde vient d’être lancée.

L’objectif de cette action est la valorisation et la diffusion des réalisations exemplaires de Développement Durable.

 7 catégories de participants peuvent concourir :

– citoyens

– associations

– établissements scolaires ou universitaires

– entreprises

– exploitations agricoles (nouvelle catégorie)

– collectivités et établissements publics

– entrepreneurs et créateurs Créagir 33

N’hésitez pas à faire passer l’info !!

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 25 septembre et tous ces documents sont téléchargeables sur Lire la suite

Colloque – “Pour la suite du monde” : développement durable ou décroissance soutenable ?

expertise.hec.ca, mai 2009

“Pour la suite du monde” : développement durable ou décroissance soutenable ?

Un projet de publication des Actes de ce colloque est désormais en cours, en collaboration avec les éditions “Écosociété”. Comme nous l’avions annoncé, nous avons par conséquent décidé de retirer du site les textes présentés à l’occasion de ces deux journées de conférence.  L’ouvrage sur lequel nous travaillons devrait paraître d’ici quelques mois. Il  comprendra également la retranscription de certaines parties des débats et des interventions prononcées par nos conférenciers invités.

Nous laissons en ligne les diaporamas que certains conférenciers nous ont confiés.

Développement durable ou décroissance soutenable : les termes du débat

–  Corinne GENDRON, Penser l’économie du futur: de la croissance aux passifs écologiques. (texte non disponible)

–  Maria del rosario ORTIZ QUIJANO, Au-delà des mots qu’y-a-t-il ?(Diaporama)

–  Bernard BILLAUDOT, Ghislaine DESTAIS, Les analyses de la durabilité en économie. Fondements théoriques et implications normatives. — (Diaporama)

–  Bernard BILLAUDOT, Développement durable ou décroissance soutenable : faux procès et vrai débat. — (Diaporama)

–  Andreu SOLÉ, Développement durable et décroissance : le point aveugle des débats.

Fortunes et infortunes du « développement durable »

–  Pascal VAN GRIETHUYSEN, Pourquoi le développement durable s’est-il imposé là où l’écodéveloppement a échoué ?(Diaporama)

–  Elisabeth MICHEL-GUILLOU, Lise BIHANNIC, Le développement durable en question : sens du concept du point de vue des agriculteurs.(Diaporama)

–  Philippe ROBERT-DEMONTROND, Anne JOYEAU, Du développement durable à la décroissance : l’émergence d’un nouveau pôle du commerce équitable.

–  Reiner KELLER, Le développement durable n’existe pas. (Diaporama)

–  Gilles ROTILLON, Qui veut vraiment du développement durable ?(Diaporama)

–  Harvey Mead, Croissance, décroissance, développement : l’économie écologique, une approche pour éviter les pièges (texte non disponible)

On n’arrête pas le Progrès ? Lire la suite

Vers la bio-civilisation

mediapart.fr, Jade Lindgaard, le 9 Janvier 2009

Vers la bio-civilisation

Quelles nouvelles idées pour le nouveau monde dans lequel nous plonge le clash des crises économique et écologique ? Pour Ignacy Sachs, théoricien de l’éco-développement et précurseur à ce titre de la notion de développement durable, l’avenir devrait être à la «bio civilisation».

 

J’ai eu la chance d’assister en début de semaine au séminaire d’Amy Dahan, historienne des sciences et directrice-adjointe du centre de recherche Alexandre Koyré qui s’intéresse notamment à l’histoire des politiques environnementales. Ignacy Sachs en était l’invité. Il y a expliqué son concept novateur de «bio civilisation».

Pour lui, nous «sommes aujourd’hui assis sur des ruines de paradigme» : celles du socialisme réel et du capitalisme financier. Il nous faut donc repenser les modèles. A commencer par celui de l’énergie : agir sur la demande (cela pose la question des styles de vie), l’offre (améliorer l’efficacité énergétique), et substituer aux hydrocarbures tout l’éventail des énergies renouvelables. Or, la dimension sociale de ces nouvelles énergies est fondamentale.

Qu’est-ce que la biocivilisation ?  

L’assemblage d’un trio : biodiversité + biomasse + biotechnologies. Il y est donc question de préservation de la biodiversité, de révolution énergétique et de progrès technologique. Selon Ignacy Sachs,  l’exploitation -économe- de la  biomasse créera de nouveaux emplois. L’enjeu central de cette nouvelle forme de développement durable est de créer de nouvelles opportunités de travail. Et donc de revenus. Cela pose la question des réformes agraires puisque une partie substantielle du labeur de la biocivilisation se déroulera à la campagne. Quelle place pour le travail rural dans nos sociétés contemporaines ? «Ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant la biomasse en tant que telle que les emplois qui peuvent lui être liées». En premier lieu, cela implique de revoir l’attitude contemporaine cataloguant le rural comme obsolète.

Pour Sachs, le gouffre entre la progression des idées écologiques et les pratiques des gouvernements n’a cessé de s’agrandir depuis le sommet de la terre à Rio en 1992. Pourquoi ? Parce que l’écodéveloppement a besoin pour exister d’un Etat proactif. C’est-à-dire un Etat Lire la suite

CESE : Les indicateurs du développement durable et l’empreinte écologique

Les indicateurs du développement durable et l’empreinte écologique

Conseil économique, social et environnemental, Notes d’Iena n°338, le 20 mai 2009

Aux termes de la loi de programme relative a la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement adoptée par le Parlement en février 2009, l’Etat se fixe pour objectif de disposer, en 2010, d’indicateurs a l’échelle nationale. Dans cette perspective, le Premier ministre, par lettre du 20 janvier 2009, a soumis au Conseil économique, social et environnemental les trois questions suivantes : « De quelle information les hommes politiques, les citoyens et les acteurs économiques doivent-ils disposer pour prendre des décisions ou adopter des comportements favorables a un développement durable ? Quels indicateurs phares doit-on retenir pour envoyer les signaux les plus lisibles ?

L’empreinte écologique doit-elle en faire partie ? ».

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Paul Aries sur France-Inter – La décroissance : nouvelle mode ou phénomène durable

France-Inter, Isabelle Giordano, Service public, le 3 juin 2009

La décroissance : nouvelle mode ou phénomène durable

Paul Ariès, politologue, auteur de « Apprendre à faire le vide » (éditions Milan) et directeur du Sarkophage, nouveau journal des gauches antiproductivistes (en kiosque depuis le 14 juillet 2007)

Philippe Frémeaux, Directeur des publications d’Alternatives économiques

Eric Allodi, directeur de Integral Vision, conseils en stratégie alternative

Martine Picouet, Journaliste Le Monde pour son article sur le boom des campings à paraître dans l’édition datée du jeudi 4 juin.

Le reportage

Ils s’appellent Christian et Monique. Ils habitent un pavillon à Bondy, en Seine Saint Denis. Depuis les années 70, ils pratiquent une forme de simplicité volontaire, ou une forme de décroissance, ou attention au développement durable… bref, ils font attention, notamment aux matières premières, sans pour autant se revendiquer d’un mouvement particulier, et encore moins militant. La première action qu’ils ont menée, c’est quand ils ont agrandi leur maison, c’est de faire une isolation parfaite. Résultat : ils ont divisé par deux leur consommation de fuel. (et ont la même chaudière depuis les années 70). Je suis donc allé chez eux, voir comment simplement, on peut faire un geste. Thomas Chauvineau Ré-écouter l’émission Lire la suite

Elections européennes : Le développement durable au programme

developpementdurablelejournal, Jacques Cortie, le 3 juin 2009

Elections européennes : Le développement durable au programme

Le développement durable est un des sujets centraux de la campagne électorale européenne

Les grands partis politiques redoublent de propositions pour envisager un avenir durable à l’Europe. Tour d’horizon des axes de leurs engagements à l’approche du scrutin du 7 juin.

Ce n’est pas forcément en tête de leurs propositions mais les préoccupations environnementaliste et les engagements pour l’avenir de la planète figurent en bonne place dans le programme des partis et des regroupements qui briguent les votes des Français le 7 juin prochain. Il y a l’UMP qui, préoccupée par la crise actuelle, fait figurer ses axes écologistes sous l’intitulé « dessiner le monde d’après ». Trois points résument la volonté du parti présidentiel : faire de la France l’économie la plus sobre en carbone et en énergie au monde ; proposer un « Stockholm de l’environnement » sous forme d’un grand débat européen sur le modèle du Grenelle en France qui pourrait s’engager sous la future Présidence suédoise afin d’établir l’ensemble des mesures qui convertiront l’Europe au développement durable ; définir enfin, les secteurs stratégiques où l’Europe devra concentrer ses investissements pour bâtir l’ « éco-croissance ». Sans renvoyer à plus tard l’action pour le développement durable l’UMP souligne aussi la nécessité de « poursuivre le combat » en assurant le suivi des  » objectifs fixés et l’application des textes adoptés sous la Présidence française sur tous les sujets : eau, biodiversité, transport, produits chimiques, déchets… » L’engagement de campagne européen affirme aussi la volonté de l’UMP d’assumer le « leadership dans la lutte contre la déforestation au niveau international, notamment par le recours au marché du carbone ».

La taxation des pollueurs en débat

Une problématique du carbone, avec les marchandages qu’elle implique, qui ne recueille pas, en revanche, l’approbation des candidats qui se présentent sous la bannière du Front de Gauche et qui préfèrent insister sur la « promotion des investissements dans les énergies renouvelables et propres, les économies d’énergie, le développement du transport ferroviaire et de la voie d’eau, la protection des milieux naturels » ainsi que sur « une agriculture paysanne non soumise à la logique productiviste ». Ce qui se résume dans un engagement public pour « une Europe à l’avant-garde du développement durable », car « l’urgence écologique impose une nouvelle vision du développement, qui amène à repenser l’ensemble de notre système économique et social. De nouveaux emplois naîtront de ce mode de croissance plus durable ». Du côté du Modem il s’agit de repenser « nos modes de transports, de production et de logement » pour « permettre d’importantes économies d’énergie ». Dans cette logique le Mouvement des Démocrates affirme aussi vouloir fortement stimuler à la recherche des énergies du futur et approuve tout processus de taxation carbone au niveau européen qui permettait de pénaliser les industries fossiles les plus polluantes. Soit, « taxer les pollueurs pour qu’ils soient incités à modifier leurs comportements ». Dans le collimateur du Modem également la problématique des OGM avec une proposition simple : « Instaurer un moratoire sur les OGM tant qu’un organisme de recherche indépendant n’aura pas évalué tous leurs effets ». Créer, enfin, un « corps de garde-côtes européen pour lutter contre les pollutions maritimes ».

Pour un accord mondial sur le climat

Le Parti Socialiste se place d’emblée Lire la suite

Européennes : les programmes en environnement

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, 29/05/2009

Européennes : les programmes en environnement

Le 7 juin, la veille pour l’Outre-mer, les Français ont rendez-vous dans les isoloirs pour élire 72 eurodéputés dans 8 circonscriptions électorales. Pour ce troisième volet de son dossier consacré aux élections européennes, le JDLE passe en revue les programmes nationaux en matière d’environnement des principales listes.

Evaluer

Rares sont les listes candidates à ne pas afficher un volet environnemental à leur programme pour les européennes. Il faut dire qu’en la matière, le Parlement européen (PE) dispose d’un pouvoir important (1), et que les électeurs européens placent la lutte contre le changement climatique comme la troisième priorité à promouvoir par leur assemblée (2). Si certains candidats font des propositions concrètes, d’autres préfèrent présenter leurs idées de façon plus générale, le Parlement européen n’ayant pas vocation à faire des propositions de loi, mais plutôt à s’exprimer sur celles de la Commission européenne. Voici donc, pour les principales listes présentes dans plusieurs circonscriptions, les volets écologiques des programmes (3).

Alliance Ecologiste Indépendante

La liste d’Antoine Waechter, Francis Lalanne ou encore Patrice Drevet se veut «indépendante, positionnée au-delà du clivage gauche/droite contrairement à Europe-Ecologie», indique Jean-Marc Governatori, tête de liste en Ile-de-France. «Les Verts existent depuis longtemps, et ils ont échoué», estime-t-il. Ses membres militent pour l’accès, via des subventions, à une agriculture européenne 100% biologique d’ici 15 à 20 ans ainsi qu’à un «rétablissement de la ruralité» grâce à une modification de l’orientation des fonds publics. Côté énergies, ils s’opposent à une taxe carbone et souhaitent privilégier en priorité une réduction de la consommation d’énergie. Ils prônent également une sortie du nucléaire d’ici 25 ans et le développement des énergies renouvelables. Enfin, ils souhaitent que «la législation européenne intègre le fait que les animaux sont des êtres sensibles à la douleur physique ou psychique».

Debout la République

Les listes gaullistes, emmenées par Nicolas Dupont-Aignan, sont plus qu’avares en propositions environnementales. Seul un chapitre du programme, sur la qualité de vie, y fait référence, à propos des OGM. «Nous souhaitons privilégier la qualité de nos aliments plutôt que le principe de libre concurrence, en laissant aux Etats la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir, s’ils le souhaitent, mettre en œuvre leur droit de veto», indique Debout la Réublique, qui précise aussi vouloir en finir avec la comitologie, «qui vide de sa substance le débat démocratique».

Europe Ecologie

Rassemblés autour de Daniel Cohn-Bendit, José Bové, ou encore Eva Joly, pour ne citer que quelques-unes des figures les plus connues, la liste des Verts européens se mobilise autour d’une idée phare : «la transformation écologique de l’économie est la clé de la solution à la crise actuelle», comme Lire la suite

Quels indicateurs pour compenser les faiblesses du PIB ?

journaldelenvironnement.net,  Victor Roux-Goeken, le 1er juin 2009

Quels indicateurs pour compenser les faiblesses du PIB ?

Comment prendre en compte les atteintes à l’environnement, non comprises dans le calcul de la croissance économique ? Dans un avis consacré aux «indicateurs du développement durable» et à l’empreinte écologique, le CESE propose de mettre sur pied une douzaine d’indicateurs, en plus du PIB.

Elaboré pendant la Grande dépression aux Etats-Unis, le produit intérieur brut (PIB) a perdu de sa pertinence. Ne mesurant que les activités transitant par les marchés, il ne dit rien de la qualité de la vie, de la répartition des richesses et des atteintes à l’environnement, relève le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Dans un rapport intitulé «Les indicateurs du développement durable et l’empreinte écologique», Philippe Le Clézio, membre de la section des questions économiques générales et de la conjoncture au CESE, propose à la demande du gouvernement plusieurs pistes pour compenser ces lacunes. Le rapport a été adopté en plénière mercredi 27 mai.

Philippe Le Clézio propose de mettre au point, en concertation avec l’opinion publique, une douzaine d’indicateurs de développement durable, fréquemment mis à jour et soumis au Parlement. Les députés ont d’ailleurs rejeté la proposition de loi de leur confrère Yves Cochet (Verts, Paris) tendant à réduire l’empreinte écologique de la France. Elle prévoyait que la France divise par deux son empreinte entre 2009 et 2025 et une évaluation par les régions avant la fin 2012 (1).

Ces indicateurs pourraient être : le taux de croissance du PIB par habitant, les émissions totales de GES, la part des énergies renouvelables dans la consommation intérieure brute d’énergie, la consommation d’énergie des transports, la productivité des ressources, l’indice d’abondance des populations d’oiseaux communs, les prises de poissons en dehors des limites biologiques de sécurité, l’espérance de vie en bonne santé, les taux de risque de pauvreté après transferts sociaux, les taux d’emploi des travailleurs âgés et l’aide publique au développement.

Avant ce stade, le CESE propose de compléter cette mesure rénovée du PIB par un nombre d’indicateurs réduit: l’évolution des inégalités de revenus, des émissions de CO2 ou de la biodiversité. Le rapporteur s’est aussi exprimé sur l’empreinte écologique (GFN, Global footprint network), Lire la suite

Bordeaux : Tout savoir sur la croissance verte

sudouest.com, Isabelle Castéra, le 1er Juin 2009

Tout savoir sur la croissance verte

Évidemment, Bordeaux ne pouvait pas passer à côté. « Développement durable : la croissance verte, comment ? » Le thème choisi par l’Université de tous les savoirs, cycle de conférences de haut niveau qui se tient à Paris depuis 2000, ne pouvait qu’interpeller la capitale girondine.

L’UTLS initiative du gouvernement a pour mission de diffuser le savoir dans la cité, depuis 2000, sous la direction du philosophe Yves Michaud. Pour la première fois cette Université va se délocaliser et c’est Bordeaux qui a tendu la main grâce à Josy Reiffers, adjoint. Constance Mollat, conseillère municipale déléguée auprès de Josy Reiffers, sur l’université et la diffusion des savoirs a travaillé d’arrache-pied avec Daniel Truong-Loï, afin de mettre en place, à Bordeaux un cycle de conférence, de même qualité qu’à Paris.

« Les conférences bordelaises vont se dérouler en simultané avec celles de Paris, les intervenants ne seront pas les mêmes, à une ou deux exception près, explique-t-elle. Évidemment, le thème du développement durable nous a particulièrement intéressés. »

Sept conférences sont prévues du 2 juin au 22 juin, elles se tiendront à l’amphithéâtre Léon Duguit, université de Bordeaux IV, place Pey-Berland à Bordeaux. François Moisan, directeur scientifique de l’Ademe entame le cycle le 2 juin à 18 h 30 pour parler de l’écologie mode de vie. Le 3 juin à la même heure, Jean-Louis Bergey, directeur régional de l’Ademe traitera de consommation durable.

Le 4, Benoît de Guillebon, abordera l’économie verte et l’architecte Duncan Lewis expliquera comment construire avec la nature, le mardi 9 juin. Didier Roux, directeur du développement et de la recherche chez Saint-Gobain, se penchera sur les enjeux de l’habitat de deamin, le 11 juin et le Dr Hélène Budzinski, du laboratoire de physico-toxico-chimie de l’environnement de Bordeaux 1 soulèvera le problème des substances toxiques qui contaminent le système aquatique le 12 juin. Luc Ferry, philosophe et ancien ministre, clôturera ce premier cycle de conférences, le lundi 22 juin à 18 h 30.

Cette initiative a toutes les chances de Lire la suite

Pédibus : Sur le chemin de l’école à petits pas

sudouest.com, Laurie Bosdecher, le 30 Mai 2009

MODES DE VIE. Fini la voiture. Des ramassages scolaires à pied s’organisent dans de plus en plus d’écoles de l’agglo

Sur le chemin de l’école à petits pas

La maman d’Adèle le reconnaît. Presque gênée. « Nous habitons à 800 mètres de l’école. Nous essayons de venir à pied, mais c’est plus souvent en voiture. » Depuis lundi, c’est terminé. Sophie Gombeau et sa fille laissent le véhicule au garage et marchent matin et soir. Même sous la pluie.

Cette mère de famille s’est portée volontaire pour devenir parent conducteur du « Pédipuyre », nom qu’ont trouvé les enfants pour le ramassage scolaire à pied qui vient d’être mis en place à l’école élémentaire Jean Jaurès à Parempuyre. Deux lignes d’environ un kilomètre ont été ouvertes.

Matin et soir, ce mode de transport, communément appelé pedibus, fonctionne comme un autobus, mais sans roues, ni pollution et avec des parents bénévoles qui accompagnent le groupe d’écoliers. Sur le trajet, ils récupèrent ou ramènent les enfants à des arrêts où attendent les familles. Entre vingt et trente lignes fonctionnent de la même manière dans l’agglomération aujourd’hui.

« Se rendre la vie plus facile »

Pour Adèle, « venir à l’école à pied, c’est bien pour la planète ». « Cela permet de faire du sport », dit aussi Lucie, sa camarade de classe. À Parempuyre, ce sont les associations de parents d’élèves qui ont mis sur pied cette initiative. Ils se sont appuyés sur le dispositif « Car à pattes » (voir ci-dessous). « Cela a permis aux parents accompagnateurs d’avoir un appui pour créer les lignes, notre charte de fonctionnement et apprendre à arrêter les voitures sur le trajet », explique Guylaine Bourgeois, la maman d’élève qui a piloté le projet. La mairie, elle, a fourni les gilets fluorescents.

« C’est pour l’environnement que je me suis impliquée dans cette démarche. Et si je calcule bien, aller à l’école à pied est quasiment aussi rapide que de s’y rendre en voiture », raconte Sophie Gombeau, la mère d’Adèle, qui désormais peut oublier les embouteillages devant l’école à l’entrée et la sortie des classes.

À Mérignac, où deux lignes fonctionnent depuis octobre dernier au groupe scolaire Marcelin Berthelot, Thierry Godard, le directeur du centre socioculturel qui a appuyé la mise en place du pedibus, évoque une autre raison. « Cela permet de créer une solidarité entre les parents. Ils font mieux connaissance. Surtout, en accompagnant tour à tour les enfants à l’école, ils se rendent la vie plus facile. »

15 nouvelles lignes en un an

Pourtant, ce n’est ni pour l’écocitoyenneté, ni l’activité physique, ni le lien social qu’a été créé le premier pedibus dans le monde en 1976, mais pour Lire la suite

Elections européennes et débats citoyens : « Quelle Europe pour notre planète ? »

aqui.fr, Solène Méric, le 29 mai 2009

Elections européennes et débats citoyens : « Quelle Europe pour notre planète ? »

Le second débat citoyen de la semaine relatif aux élections européennes, s’est tenu le mercredi 27 mai à l’Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA). Organisé en partenariat avec la Maison de la Nature et de l’Environnement, le sujet traité, l’était via le prisme essentiel de la protection de l’environnement. Etaient présents un représentant d’Europe écologie, du NPA, du Parti Socialiste, du Parti Radical et un militant du Front de Gauche, pour répondre, chacun selon leur programme, à la question « Quelle Europe pour notre planète ? ».

Valoriser les énergies renouvelables

Sans décrire ici les programmes de chacun, des axes forts se retrouvent au sein de chaque parti. En effet, les divers intervenants ont tous mis en avant la nécessaire valorisation des secteurs des énergies renouvelables et du développement durable, étant par ailleurs considérés comme une source d’emplois non négligeable. Le PS et Europe-écologie, chiffrent a environ 10 millions le nombre de ces emplois verts envisageables en Europe. Ils sont également d’accord sur une diminution d’émission de CO2 et autres gazs à effet de serre, même si les taux espérés diffèrent, de – 20 % pour les radicaux à – 30 % pour le Front de gauche. Sur la question de l’énergie, et d’une manière plus générale, selon le Front de Gauche, « il faut mettre fin à la libéralisation portée par le Traité de Lisbonne ». En effet, celle-ci « pousse à la sur -consommation et participe donc à la catastrophe écologique ». Le Front de Gauche prône à l’opposé des privatisations, en faveur d’un « Pôle européen de l’énergie » à caractère public qui « aura pour rôle de garantir un droit à l’énergie pour tous ».

Sur les transports les avis divergent

La question des transports a également été abordée par les intervenants, mais ici les propositions divergent. Le NPA, pour qui « le combat écologique ne peut pas être autre chose qu’un combat anti-capitalistique », propose par exemple la gratuité des transports en commun et le renforcement du rail pour le transport des marchandises. Les radicaux, quant à eux mettent l’accent sur une « amélioration des trafics aériens pouvant permettre ainsi une diminution de 10 % du CO2 émis ». Europe- écologie s’axe sur une « conversion écologique de l’industrie automobile » qui au-delà d’une forte valorisation des transports en commun, conditionne notamment, « tout soutien public à des critères environnementaux strictes ». Le Parti socialiste, enfin souhaiterait encourager un service public des transports et développer un réseau grande vitesse dense sur l’ensemble de l’Europe.

« Pour ou contre la taxe carbone ? »

Un autre point de discordance à été soulevé par une question du public : « Pour ou contre la taxe carbone, Lire la suite

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

altermonde-sans-frontière.com, Guillaume Duval, Christine Mounier, le 21 avril 2009

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

À en croire les principaux média, le bien-être de tous passe par une croissance soutenue. Pourtant, pour un nombre croissant de personnes, un modèle économique d´avenir et responsable ne passe plus forcément par la croissance économique, mais au contraire par la décroissance.
Décroissance ou développement durable ? : Deux camps s’opposent sur les réponses à apporter aux problèmes environnementaux et aux besoins de la population.

Les événements climatiques extrêmes se multiplient, les déchets s’amoncellent, les nappes phréatiques s’épuisent ou sont polluées, le pétrole va devenir rare et son contrôle fait l’objet de conflits de plus en plus violents, que ce soit en Irak ou en Tchétchénie. Dans le même temps, la capacité du système économique à répondre aux besoins sociaux est de plus en plus contestée. Les inégalités mondiales se creusent et si une partie de l’Asie est en train de sortir du sous-développement, c’est en adoptant un mode de vie dévoreur de ressources non renouvelables. Bref, et chacun (ou presque) en convient désormais : on va dans le mur et il faut changer de mode de développement. Et pas dans un siècle, dès les prochaines années. Mais comment faire ? Un débat de plus en plus vif oppose les partisans d’une « décroissance soutenable », organisant le recul de l’économie monétaire, aux tenants d’un « développement durable » permettant de concilier croissance et écologie.

Sur la gravité de la situation, il n´y a pas de désaccord majeur entre les tenants du développement durable et les partisans de la décroissance. Ernst Ulrich von Weizsäcker, Amory et Hunter Lovins, tenants du développement durable, reprennent à leur compte, dans leur rapport « Facteur 4 », les très sombres prévisions établies par les Meadows dans leur célèbre rapport de 1972 au Club de Rome sur « les limites de la croissance ». Ils envisagent notamment le risque d´un effondrement brutal des productions agricole et industrielle et de la population mondiale dans les prochaines décennies. Quant à Lester Brown, autre tenant du développement durable, il consacre, dans Éco-économie, des pages aux « signes de la tension » qui ne rassurent pas davantage sur l’avenir. Il n’y a pas non plus de divergence sur la nécessité d’une décroissance très rapide de la consommation de matières premières et d’énergie, en particulier, bien sûr, des énergies fossiles.

L’éco-efficience au secours de la croissance

En revanche, les avis s’opposent sur le moyen d’y parvenir. Les tenants de l’éco-économie mettent en évidence les nombreux moyens techniques déjà connus pour consommer beaucoup moins de matières premières et d’énergie tout en produisant autant de biens et de services (à travers le recyclage et une autre conception des produits). C´est le fameux « facteur 4 » d’Ernst Ulrich von Weizsäcker : on peut produire autant avec quatre fois moins d’énergie et de matières premières. D’autres, plus ambitieux encore, parlent de facteur 10. Sans être des ennemis du marché, les tenants de l´éco-économie ne croient pas que les mécanismes marchands sont susceptibles de rétablir seuls les équilibres écologiques. Ils misent sur des politiques publiques très actives et sur une refonte des systèmes fiscaux en fonction de priorités écologiques. De plus, ils soulignent qu´il va falloir changer en un temps record l´essentiel de nos infrastructures : remodeler l’urbanisme, changer d´habitat, reconfigurer les moyens de production dans la plupart des industries, etc. Cet énorme effort d’investissement est générateur de croissance et, à la fois, nécessite de la croissance pour être mis en oeuvre : la croissance faible des vingt dernières années en Europe a plus freiné la transformation écologique des modes de production et de consommation qu´elle ne l’a accélérée.

Attention à l´effet rebond

Les tenants de la décroissance ne croient pas du tout à un tel scénario. Lire la suite

À la recherche de l’indicateur idéal de développement durable

À la recherche de l’indicateur idéal de développement durable

actu-environnement.com, F. Roussel,  le 27 mai 2009

Attendus pour 2010 conformément aux engagements du Grenelle, les indicateurs développement durable nationaux sont à l’étude. La commission Stiglitz et le Conseil économique, social et environnemental proposent deux approches différentes.
Depuis les années 1930, le développement et les progrès d’un pays se traduisent en termes de croissance et de performances économiques illustrées par le sacro-saint Produit Intérieur Brut (PIB). Mais l’émergence sur le devant de la scène des questions environnementales pousse à remettre en cause cet indicateur qui ne prend en compte ni la répartition des richesses ni les atteintes à l’environnement. Comme l’a indiqué le Comité économique et social européen dans un avis adopté et publié en octobre 20081, le PIB est un bon indicateur du rythme de l’économie qui montre les efforts consentis pour gagner plus d’argent, sans se soucier si cela génère des produits et services utiles ou si cela nuit à l’homme et à l’environnement.
Elaboration d’un « PIB vert »

En réponse à cette situation, certains pays développent de nouveaux indicateurs à l’image du Bhoutan, pays d’Asie qui prône son « Bonheur national brut » (BNB) en lieu et place de son « Produit National Brut ». Les pays occidentaux se penchent aussi sur la question des nouveaux indicateurs. En 2007, les représentants de la Commission européenne, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation de la conférence islamique, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la Banque mondiale ont signé la déclaration d’Istanbul invitant à aller au-delà des indicateurs habituels.

En France, le groupe de travail n°6 mis en place en 2007 dans le cadre du Grenelle de l’environnement a défini un premier programme d’actions visant à « améliorer et mieux diffuser les indicateurs du développement durable ». Le projet de loi Grenelle 1 prévoit d’ailleurs de disposer en 2010 d’indicateurs du développement durable à l’échelle nationale.
Une commission présidée par Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, a été mise en place en 2008 dans ce sens. Elle travaille à l’élaboration d’un « PIB vert » également appelé « Epargne nette ajustée ». Indicateur développé à l’origine par la Banque mondiale, l’Epargne nette ajustée cherche à mettre en évidence le surplus de ressources dont dispose une économie à l’issue d’un cycle de production et de consommation une fois compensée la dépréciation du capital économique humain et naturel. Cet indicateur se base par conséquent sur l’évaluation monétaire des dommages environnementaux et des bénéfices économiques procurés par l’environnement pour les compenser et réajuster le PIB initial. Si cet indicateur présente le mérite de coupler les enjeux économiques, humains et environnementaux, il est le fruit d’une réflexion basée uniquement sur les mécanismes financiers actuels. La commission Stiglitz souhaite le compléter par un indicateur de développement humain et un indicateur d’empreinte écologique.

L’autre approche du Conseil économique, social et environnemental

En parallèle, le Premier ministre a saisi le Conseil économique, social et environnemental en janvier 2009 sur cette question. Dans son avis adopté et publié hier2, le CESE propose une autre approche que celle de la commission Stiglitz. Il recommande de privilégier une logique de tableau de bord intégrant une douzaine d’indicateurs rattachés aux trois piliers du développement durable que sont l’économie, le social et l’environnement. Chaque indicateur serait associé à des objectifs quantifiés et Lire la suite

Appel pour une France durable : Interpellons les décideurs politiques et économiques

naturavox.fr, Gilles VANDERPOOTEN, Président de l’Association Vive la Terre (Etudiant, 23 ans) pour le collectif de l’Appel pour une France durable, le 25 mai 2009

Isabelle Autissier, Allain BOUGRAIN-DUBOURG, Robert BARBAULT, Dominique Belpomme, Dominique BOURG, Gilles ClÉment, Philippe Desbrosses, Jean-Pierre DOUSSIN, Caline JACONO, Jean Jouzel, Tristan Lecomte, Amélie Nothomb, Jéromine PASTEUR, Nicolas VANIER…

Appel pour une France durable

Interpellons les décideurs politiques et économiques

En 1987, le rapport Brundtland énonçait le « développement durable » et se préoccupait des « générations futures ». C’était il y a plus de vingt ans. Les « générations futures » sont là. Ne nous limitons pas à parler d’elles tout en continuant à accroître leur dette… Prenons garde au décalage entre les discours et les actes.

A l’heure de la crise économique, en période de Grenelle de l’environnement, et alors que partout l’on se réclame du « développement durable », exigeons des décideurs économiques et politiques qu’ils mettent résolument en œuvre des alternatives afin de répondre aux enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux qui engagent notre responsabilité collective et l’avenir des jeunes générations.

Pas un jour sans que les thèmes de la responsabilité sociale, environnementale et sociétale ne soient évoqués dans les déclarations des responsables et experts économiques et politiques, dans les médias, dans les conversations citoyennes.

L’ensemble des acteurs économiques se réclame aujourd’hui du « développement durable » – une expression qui trop souvent se limite à de bonnes intentions ou à des effets d’annonce, et peine à se traduire en actes. Au risque de se transformer en alibi pour continuer comme avant et poursuivre les atteintes portées à l’homme et à son environnement.

A force d’utiliser sans discernement cette expression commode mais ambiguë, on finit par la vider de son sens, par en réduire les exigences et les ambitions.

Le caractère durable d’une activité ne peut se résumer à l’accroissement de la richesse économique, et il est incompatible avec l’utilisation sans limite des ressources naturelles ; la responsabilité environnementale et sociétale de l’entreprise ne peut se réduire au respect minimal de la législation en vigueur.

En cette période de Grenelle de l’environnement et malgré les avancées, force est de constater la distance entre l’intérêt que suscitent les enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux dans l’ensemble de la nation, et la frilosité de bon nombre de décideurs économiques et politiques.

Prenons garde au Lire la suite

DD : la croissance verte, comment ? Bordeaux du 2 au 22 juin

u-bordeaux2.fr, communiqué, mai 2009

Développement durable : la croissance verte, comment ?

Conférence / Débat

Du mardi 2 juin 2009 au lundi 22 juin 2009 de 18h30 à 19h45

L’Université de tous les savoirs, en partenariat avec la ville de Bordeaux et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), présente un cycle de conférences sur le thème de la croissance verte. Des architectes, des philosophes et des acteurs du secteur public comme privé viennent à la rencontre du public.

Thème : La croissance verte, comment ?

Programme :

Mardi 2 juin : « Ecologie et modes de vie » Par François Moisan, directeur scientifique de l’Ademe.

Mercredi 3 juin : « Consommation durable et responsable » Par Jean-Louis Bergey, directeur régional de l’Ademe.

Jeudi 4 juin : « L’économie verte : un nouveau modèle pour l’entreprise » Par Benoît de Guillebon, Collège des hautes études de l’environnement et du développement durable.

Mardi 9 juin « Construire avec la nature » Par Duncan Lewis, architecte.

Jeudi 11 juin : « Les enjeux de l’habitat de demain : en quoi l’innovation peut y répondre ? » Par Didier Roux, directeur du développement et de la recherche de la société Saint-Gobain.

Vendredi 12 juin : « Substances pharmaceutiques : nouveaux contaminants du système aquatique » Par le docteur Hélène Budzinski, Laboratoire de physico- et toxico-chimie de l’environnement (LPTC) – Université Bordeaux 1.

Lundi 22 juin « Face à la crise : développement durable et mondialisation » Par Luc Lire la suite

Blanquefort : Amaplanète souffle sa première bougie

sud-ouest.com, Marie-Françoise Jay, le 25 Mai 2009

Amaplanète souffle sa première bougie

BLANQUEFORT, PRODUCTEURS. Le bilan de l’association est plus que satisfaisant. En projet : la mise en vente d’huîtres pour le plaisir des adhérents

En mai 2008, débutait la première distribution de l’Amap de Blanquefort sur des contrats légumes et volailles. Dimanche dernier, l’association a soufflé sa première bougie autour d’un pique-nique avec 192 familles contre 50 Amapiens l’an dernier, et divers contrats : légumes avec Aurore Sournac d’Eysines, bœuf et veau avec Laurent Labégurie de Blanquefort, agneau avec Pascal Sancier de Saint-Antoine-sur-l’Isle, fromage de brebis avec la famille Sarres du château Sénéjac au Pian-Médoc, fromage de chèvre avec la famille Serrano de Courpiac, miel avec Mme Purrey de Saint-Hélène, volaille avec M. Petit de la ferme de Vertessec à Avensan, pommes avec M. Bourg des Esseintes, kiwis avec M. Ducos des Esseintes, poisson avec Nicolas Brin jeune marin pêcheur d’Arcachon.

Des produits de qualité

« Les producteurs, explique Joëlle Corral, une des responsables de l’Amap, ont été choisis pour la qualité de leurs produits relevant de l’agriculture bio ou raisonnée ; pour leur proximité, il ne doit pas y avoir plus d’une heure de transport ; pour la possibilité de faire un contrat satisfaisant pour les deux parties ; la base de l’Amap restant la solidarité et le soutien aux producteurs. Et dans ce domaine, nous avons été gâtés, depuis janvier avec deux catastrophes : la tempête et la grêle !

Ces contrats Amap leur permettent d’assurer une production et surtout une vente directe, qui crée des relations appréciées par tous, des contacts, des échanges, le plaisir de connaître les gens qui achètent leurs produits. »

Actuellement pour l’Amaplanète, c’est la ressouscription des contrats légumes, une centaine au total, sans dépasser 200 sur tous les contrats cumulés. La progression a été particulièrement rapide, l’Amap est devenue une des plus importantes de la CUB. Le contrat huîtres pourrai