Europe écologie : Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

europe-ecologie.fr, octobre 2010

http://www.europe-ecologie.fr/2010/09/20/manifeste-pour-un-nouveau-cours-ecologique-et-social/comment-page-6/#comments

Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

L’humanité est aujourd’hui devant un choix qui détermine son avenir. Un choix à assumer collectivement et qui requiert, en outre, l’implication de chacune et de chacun. Sous l’impact d’un système aveuglément productiviste et violemment inégalitaire, le train du progrès s’égare. Il faut de toute urgence le remettre sur une autre voie. C’est le sens de l’engagement des écologistes et leur responsabilité, ici et maintenant : ils refusent d’assister passivement au scénario d’une nature qui s’épuise et de sociétés qui se désagrègent ; ils veulent, en association avec les forces vives de la société et les partenaires politiques susceptibles de partager l’essentiel de leur projet, tracer une nouvelle ligne d’horizon sur la base d’une démarche de transition réaliste.

Tel qu’il s’applique, le système de création et de redistribution des richesses ne fonctionne plus. Retournement inédit qui, d’un même mouvement, précipite prédations du vivant et déchirures sociales, déséquilibres et discriminations, pollutions et récessions. Ce bouleversement majeur épuise les ressources aussi bien qu’il creuse les inégalités et déprime les consciences, dressant la biosphère contre les êtres humains et les êtres humains entre eux. Au point que le spectre d’un collapsus historique sans précédent hante l’avenir : celui d’un déclin écologique, économique et social brutal et simultané.

Néanmoins, une aspiration grandissante à refuser la défaite de l’Homme émerge partout dans le monde.

Une multitude d’initiatives entame le modèle dominant et ouvre des voies nouvelles. C’est l’autre visage de la mondialisation et il concerne tous les peuples, toutes les cultures. De nombreux acteurs et actrices de la société et des communautés locales cherchent et trouvent des issues. Ils interviennent dans toutes les couches de la société. Ce sont souvent ceux et celles que la crise fragilise en premier. Ils résistent, s’organisent, innovent, multiplient les initiatives. Chacun et chacune à leur façon, dans leur discipline, leur quartier ou leur village, ils esquissent les contours d’une alternative globale porteuse d’avenir. Des hommes et des femmes luttent et s’engagent, et c’est le seul espoir tangible, le seul point d’appui pour inverser le cours des choses.

Un choc sans précédent

Car les crises n’ont plus de limites. Elles surgissent dans tous les domaines de l’environnement et des activités. Elles se cumulent et s’alimentent pour mettre à nu un système en déroute. Nous sommes parvenus à ce moment clé où la croissance, moteur de l’histoire moderne, a atteint la frontière du possible. L’insoutenable est là, inscrit dans les réalités physiques de la planète et les souffrances des populations : les modes de production et les standards de vie, indexés sur l’imaginaire de la démesure et la boulimie des privilégiés, soumis à la surenchère de la marchandisation et de l’endettement massif, entraînent une consommation de ressources excédant leurs capacités de renouvellement. Elles provoquent un déséquilibre majeur des fondamentaux de la vie et de la culture.

Les conséquences sont sans appel : les modèles économiques et les pactes sociaux d’hier ne résistent pas aux sols qui s’épuisent, aux fleuves et aux mers qui se dépeuplent, aux forêts qui reculent et aux déserts qui avancent, aux séquences brutales d’inondations et de sécheresses, à la disparition des biotopes et à l’érosion de la diversité des espèces, à l’empoisonnement des airs et des eaux.

Déjà, dans les prémisses du chaos énergétique, climatique, alimentaire et sanitaire, dans la mise à sac des biens communs et publics que les logiques financières et marchandes provoquent, un nouveau monde émerge avec Lire la suite

Pic-Nic écomobilité le 6 juin à 12h30 sur les quais de Queyries à Bordeaux

velo-cite.org, communiqué, le 9 mai 2010

Une seule adresse pour le 6 juin ! Les quais à Bordeaux!

Vélo-Cité fête ses trente ans, + un pic-nic écomobilité piloté par le PUMA (Pôle Urbain des Mobilités Alternatives) et d’autres associations + la Fête du Vélo avec 7 concentrations sur les quais.

Participez à cette grande manifestation ! de nombreuses associations présentes.

A la suite de l’exposition photographique « Vélo-Cité a 30 ans », exposée tout le mois d’avril, sur les Grilles du Jardin Public de Bordeaux, Vélo-Cité poursuit les invitations festives et continue de fêter ses trente ans d’existence pour La Fête du Vélo édition 2010.

Toujours sous son label « Vélo-Cité a 30 ans », l’association organise le Dimanche 6 Juin, en collaboration avec d’autres associations d’écomobilité de Bordeaux et de la CUB : « PUMA » , « Autocool » , « AIR » , »Mille Pattes » « TACA » , « Droits du Piéton » et « Oui au Tram », un grand rassemblement écomobile pour tous avec stands et animations d’une rive à l’autre de la Garonne, une « Fête du Vélo spéciale 30 ans » et un « Grand Déjeuner sur L’Herbe » rive droite Quai de Queyries.

Des vélobus encadrés par des bénévoles de l’association partiront de 7 points de la CUB en direction des Quinconces en matinée.

Sinon, vous pouvez venir dès 10 heures, rive gauche, quai Louis 18, esplanade face aux Allées de Munich. Vélo-Cité y présentera des sensibilisations et ateliers pédagogiques (atelier camion « angles-morts » de la CUB, plateau de maniabilité-vélo…), mais aussi des animations culturelles et artistiques :

– des chanteurs d’opéra à vélo « Les Vélomanes » donneront trois récitals d’une rive à l’autre du fleuve, guidant la déambulation

– les auteurs du livre-BD « Les Petites Reines de Bordeaux », présents sur site, dédicaceront leur oeuvre sur le stand de Vélo-Cité.

De là, la caravane de vélocipèdes partira à 12h30 pour la rive droite, traversera le Pont de Pierre et viendra s’installer pour ce grand déjeuner champêtre sur l’herbe du Quai de Queyries au  » Parc des Angéliques » (entre les restaurants « l’Estacade » et « La Petite Gironde ») ! C’est la première fois que les associations de l’écomobilité de l’agglomération bordelaise se réunissent pour une manifestation conviviale, artistique et festive de cette ampleur. Amenez vos Lire la suite

Le printemps de la Maison de l’environnement

sudouest.fr, Julien Rousset, le 27 avril 2010

Le printemps de la Maison de l’environnement

Doublement du nombre d’associations membres, rénovation des locaux : la méconnue Maison de la nature et de l’environnement veut s’ouvrir, et gagner en visibilité.

Connaissez-vous la MNE, Maison de la nature et de l’environnement ? Non, ou à peine, et cela n’est pas étonnant : ce réseau, qui regroupe une trentaine d’associations s’occupant d’environnement, souffre d’être peu visible, et d’avoir longtemps paru replié sur lui-même. D’ailleurs, il n’a pas encore de ligne téléphonique.

Cette plate-forme occupe pourtant des locaux de 400 mètres carrés au 3 de la rue de Tauzia, dans le quartier de la gare Saint-Jean. Des locaux « un peu glauques » de l’aveu même de leurs occupants. Passé un hall d’entrée qui plaira aux amateurs de pénombre, apparaît la vaste salle principale, pas mieux éclairée ; elle sert de cœur battant pour la MNE, accueillant réunions, séminaires, assemblées générales… Autour de cet espace commun rayonnent les bureaux où les associations travaillent et stockent du matériel.

31 assos membres

Ce QG compte 31 « associations membres », plus ou moins impliquées dans son activité quotidienne. Ce nombre a doublé en deux ans (1), si bien que la MNE a gagné, l’an dernier, un étage de cet immeuble qui lui prête la mairie. « La Ville ne nous demande pas de loyer. C’est une aide précieuse. Nous devons juste, à partir de cette année, payer les fluides », précise Dominique Hofmann, vice-présidente de la MNE.

Ces locaux seront bientôt rafraîchis. Cette fois avec l’appui du Conseil général : Jacques Respaud s’est engagé sur une subvention de 40 000 euros. Un accès handicapé va être aménagé, les issues de secours remaniées, un coup de pinceau général apporté, et le chauffage sera révisé de sorte à remplacer les actuels radiateurs électriques, pas vraiment appropriés à une Maison de l’environnement.

« Contre-pouvoir »

Pour l’instant surtout fréquentée par les salariés des associations, ou par leurs bénévoles, la MNE veut s’ouvrir sur l’extérieur. Elle le fait déjà depuis deux ans via l’Université populaire de l’environnement, cycle de rencontres délocalisées à l’Utopia ou à l’Athénée municipal…

Les animateurs de la MNE projettent de créer un site Internet qui serait « la référence en matière d’environnement à l’échelle régionale » ; ils prévoient également la mise en place d’un centre de documentation, où reposeront par exemple les archives des associations membres, et souhaitent la transformation de la MNE en vrai « centre de ressources ».

Tout cela nécessite des moyens. La MNE fonctionne avec trois fois rien : elle n’a pas Lire la suite

« No impact man » de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective

Biosphère – INFO n° 240 : « No impact man »

Contact : biosphere@ouvaton.org

No impact man de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective. Ces deux aspects sont absolument complémentaires d’autant plus que nous agissons par mimétisme ou interaction spéculaire : tu fais parce que je fais parce que nous faisons tous. Colin Beaval espère une « réaction en chaîne » : plus nous serons nombreux à imiter le no impact man, plus la nécessité de faire de même se répandra dans la société. Mais dans une société bercée par le confort  et la sidération des masses, il n’est pas évident aujourd’hui de se diriger vers la simplicité volontaire et le refus de l’ascenseur quand il faut grimper 9 étages.

Pourtant, c’est possible, et la réduction des ressources naturelles nous incitera de toute façon à limiter notre empreinte écologique. Sauf régime autoritaire et inégalitaire, les politiques suivront alors l’exemple des objecteurs de croissance et seront eux-mêmes en nombre croissant à modifier leur mode de vie…

Voici quelques extraits du livre :

1/7) introduction

Pendant un an (en 2007), ma femme Michelle, ma fille Isabella et moi, qui habitons en plein cœur de New York, avons essayé de vivre sans causer d’impact sur l’environnement. Autrement dit, nous avons fait de notre mieux pour éviter de produire des déchets (finis les plats à emporter), réduire nos émissions de dioxyde de carbone (finis la voiture et l’avion), ne plus rejeter de substances toxiques dans l’eau (fini les détergents), arrêter d’acheter des denrées de contrées lointaines (finis les fruits de Nouvelle-Zélande). Evidemment, finis aussi : l’ascenseur, les aliments conditionnés, le plastique, la climatisation, la télé, les articles neufs…

Je n’avais pas l’intention de faire dans la demi-mesure, de me contenter d’utiliser des ampoules basse consommation ou de recycler à tout-va. L’idée était d’aller aussi loin que possible, d’atteindre le zéro impact environnemental. Je visais non seulement le zéro carbone mais aussi le zéro déchet, zéro pollution dans l’air, zéro toxine dans l’eau, zéro ressource pompée à la planète. Je ne voulais aucune empreinte écologique. J’avais décidé de contrebalancer tout impact négatif par un impact positif. J’avais conscience que ce serait dur. J’ai donc décidé que nous procéderions par étapes. Je ne tenais pas à ce que ma femme et ma fille me quittent. Mais en faisant du mal à ma famille pour ne pas faire du mal à la planète, j’ai mis le doigt sur des choses importantes.

2/7) les raisons d’un engagement

– Dans notre société, il est quasiment impossible d’assouvir ses besoins sans laisser derrière soir une traînée de détritus, de pollution et de gaz à effet de serre. Le jour où la planète ne pourra plus nous offrir cette abondance de ressources, l’humanité tout entière devra faire preuve d’une abstinence surhumaine.

– Evidemment que les Américains achètent des voitures ! L’industrie automobile a fait en sorte que Lire la suite

GIEC dénigré, Copenhague déraillé – Le message dérange, visez le messager

lemonde.fr, Alain Brunel, le 1er mars 2010

GIEC dénigré, Copenhague déraillé

Sociologue des organisations chez Technologia, à Paris, et cofondateur de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique

Pendant que la fonte des glaces s’accélère, les sceptiques, négateurs et manipulateurs de tout acabit font flèche de tout bois. Le message dérange, visez le messager. Piratage sophistiqué de dix ans de courriels des climatologues de l’université East Anglia (le prétendu « Climategate ») ; dénigrement du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) par l’Arabie saoudite dès le premier jour du sommet de Copenhague ; échec de ce sommet où, finalement, les Etats se fixent des objectifs insuffisants pour contenir le réchauffement moyen à + 2 °C et même, pour le Canada, en retrait sur ses précédents « engagements » (!) ; révélation d’une grossière erreur relative au rythme de fonte des glaciers himalayens dans le dernier rapport du GIEC et atteintes à la réputation de son président ; certains faiseurs d’opinion sautent sur l’occasion pour insinuer que tous les propos du GIEC seraient douteux, à l’instar de l’essayiste Guy Sorman, qui ose parler d' »idéologie réchauffiste » à l’émission « Vous aurez le dernier mot » de Franz-Olivier Giesbert. Et il suffit d’une accumulation de neige exceptionnelle sur Washington ou d’une vague de froid et de neige relativement rare en Europe et Adios Global Warming ! Les chacals borgnes sont lâchés…

Les négateurs font douter de plus en plus de gens de la menace climatique, tandis que la réalité des faits dépasse les pronostics scientifiques les plus pessimistes. On croirait rêver. Beau travail de propagande. Mission accomplie pour les agents du Climate Crash ?!

CES VÉRITÉS QUI DÉRANGENT

J’appelle « agents du Climate Crash », ou « climato-crashistes », ceux dont les actions ont pour but ou pour conséquence d’empêcher la mise en place d’un processus international efficace de réduction des gaz à effet de serre (GES) fondé sur les recommandations scientifiques. Soyons clair : des incertitudes subsistent bien évidemment dans la compréhension de dynamiques aussi complexes que celles du climat planétaire. Mais le déni des vérités scientifiques déjà acquises et le refus d’agir résolument dès maintenant aggraveront les bouleversements climatiques et biologiques annoncés aussi sûrement que le jour succède à la nuit et le printemps à l’hiver. C’est de la science dure.

Ainsi, la propriété physique dite d’effet de serre du dioxyde de carbone (CO2) est connue depuis le milieu du XIXe siècle. Toutes choses égales par ailleurs, il est parfaitement logique de penser que l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère finisse par la réchauffer. Selon le GIEC, le réchauffement constaté depuis quelques décennies ne peut s’expliquer sans l’action des GES. La dernière décennie a été l’une des plus chaudes jamais recensée, selon l’Organisation météorologique mondiale et, soulignons-le, pendant une période de basse activité du Soleil. Les mesures par satellite indiquent également que l’humidité atmosphérique a augmenté depuis 1998 dans cet air plus chaud, comme le prévoit la théorie. D’ailleurs, les chercheurs du programme Epica sur les glaces des calottes polaires ont établi que les variations de température de l’air sont corrélées avec le niveau de CO2 depuis 800 000 ans… Notez qu’aucune des teneurs en CO2 et en méthane enregistrées au cours des 800 000 ans passés n’a été aussi élevée que celles d’aujourd’hui… Où est l’idéologie ?

L’acidification de l’océan est une menace crainte même par le sceptique Claude Allègre. Elle résulte Lire la suite

Conseil Economique pour le Développement Durable : Les pouvoirs publics appelés à renforcer leur action en matière d’adaptation au changement climatique

actu-environnement.com, Rachida Boughriet, le 18 février 2010

Les pouvoirs publics appelés à renforcer leur action en matière d’adaptation au changement climatique

Pour s’adapter au changement climatique, les pouvoirs publics auront un triple défi à relever : investissements, diffusion de l’information, définitions d’outils de pilotage adaptables aux incertitudes des évolutions climatiques. Explications.

Alors qu’un plan national d’adaptation au changement climatique est prévu pour 2011 en France, le Conseil Economique pour le Développement Durable (CEDD) a publié le 17 février le rapport intitulé  »Economie de l’adaptation au changement climatique », qui vise à donner  »un cadrage économique général facilitant la mise en oeuvre de stratégies efficaces d’adaptation par les décideurs publics et privés ».

Prévu dans la loi Grenelle 1, rappelons que ce plan national rassemblera des orientations sur des sujets comme la lutte contre les inondations et l’adaptation des zones littorales, l’évolution des forêts, la question de l’eau et l’adaptation de l’économie. Il doit trouver sa déclinaison territoriale dans les futurs  »schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie » proposés par le projet de loi Grenelle 2, en cours d’examen au Parlement, et dans les  »Plans climat énergie territoriaux » qui devront être établis par les départements, communautés urbaines, communautés d’agglomérations, communes et communautés de communes de plus de 50.000 habitants avant 2012.

L’objectif du rapport, réalisé à la demande du ministère du Développement Durable, est de mobiliser pouvoirs publics et acteurs privés pour que l’adaptation  »restée pendant longtemps le parent pauvre, à la fois intellectuel et pratique, du débat sur le changement climatique » soit reconnue au même titre que l’atténuation et la limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES). Des stratégies d’adaptation,  »nécessaires » pour faire face aux conséquences du réchauffement. D’autant plus qu’un rapport de l’ONERC*, publié en septembre dernier, chiffre les coûts liés au changement climatique à  »plusieurs centaines de millions d’euros par an » pour plusieurs secteurs d’activités (agriculture, tourisme, énergie, tourisme, BTP…) d’ici 2050,  »en cas d’adaptation insuffisante ».

Des incertitudes autour des impacts

Mais au-delà des investissements, la question de l’adaptation au changement climatique s’avère  »complexe », explique Christian de Perthuis, l’un des auteurs du rapport et membre du programme de recherche économie du climat. Et ceci, compte tenu de  »l’incertitude liée notamment à l’évolution future du climat » selon qu’on se situe dans un scénario de hausse moyenne des températures de 2°C ou de 4°C , de celle sur les conséquences possibles d’un scénario climatique donné au plan local et celle sur l’évolution des capacités d’adaptation de  »nos sociétés dans le futur », précise Stéphane Hallegatte du Centre International de Recherche sur l’environnement et le développement (CIRED).

Si l’adaptation peut être définie comme l’ensemble des évolutions que les sociétés  »devront opérer pour limiter les impacts négatifs du changement climatique et en maximiser les effets bénéfiques », les stratégies sont difficiles à élaborer. Par exemple, concernant la traduction locale de ces scénarios climatiques,  »les modèles divergent en France sur la façon dont le changement climatique va affecter la fréquence et l’intensité des épisodes de tempêtes dans le nord du pays ».

Selon les auteurs, les impacts du changement climatique, et donc les bénéfices des mesures d’adaptation,  »dépendent non seulement du scénario climatique, mais aussi Lire la suite

Quand le vélo prend le pouvoir ! Diffusion du film documentaire « Live Bicycle »et débat lundi 16 Novembre 18H00 Université Bordeaux 2 place de la Victoire

MNE Bx Aquitaine et PUMA, le 16 novembre 2009

« Le vélo prend le pouvoir! »

Lundi 16 Novembre, à 18H00, à l’Université Bordeaux 2, place de la Victoire, amphithéâtre Pitres.
Dans le cadre de l’Université populaire de l’environnement mise en place par la MNE Bordeaux-Aquitaine, le Pôle urbain des mobilités alternatives (PUMA) qui rassemblent Vélo-Cité, AutoCool, Droit du piéton 33 et AIR organise une soirée débat après la diffusion du film documentaire « Live Bicycle ».

Quand le vélo prend le pouvoir !

Les négociations internationales de Copenhague qui vise à renouveler le protocole de Kyoto n’avance pas. Nous sommes encore très loin d’un engagement à la baisse de 30 à 40 % de la consommation énergétique des pays riches d’ici à 2030 et d’une aide suffisante à l’adaptation des pays les moins développés. L’échec semble inévitable.

Le discours de nos élus locaux s’écologise à grande vitesse, mais ils semblent avoir un problème d’imaginaire et être incapables de proposer autre chose que de préhistoriques projets d’aménagements énergivores à la construction et à l’utilisation, consommateur d’espaces et destructeurs de ressources non renouvelables : A 65, grand contournement autoroutier de Bordeaux, port méthanier du Verdon, pont levant autoroutier de Bordeaux, doublement de LGV, grand stade de Bordeaux… Le grand écart entre les discours et les actes va grandissant.

Fort heureusement, depuis 2 ans la prise de conscience de la réalité des crises énergétique, climatique, écologique… et du changement radical de mode de vie et de consommation, subi ou choisi qu’elle implique, grandi dans l’opinion publique. Près d’un quart des Français (27%) se déclare « prêt à changer en profondeur son mode de vie et à restreindre sa consommation de manière significative » (Sondage IFOP Sud-Ouest Dimanche du 10 octobre 2009).

Quel doit être le rôle des citoyens face à l’incapacité grandissante de nos représentants à prendre les décisions, où se joue l’avenir de l’espèce humaine ?

Quelle est dans la population, la masse critique pour que s’opère le changement de paradigme, la métamorphose nécessaire ?

Live Bicycle est un documentaire consacré au vélo, au mouvement de la Critical Mass (Vélorution en VF) et au thème de la mobilité durable/soustenable. La Critical Mass est un mouvement planétaire de cyclistes qui exige que le vélo reprenne sa place dans l’espace public de la rue. Le vélo, seul moyen de transport individuel absolument non polluant, qui, au lieu d’être encouragé, est poursuivi par la plupart des réglementations et des gouvernements de par le monde.

Le film a été tourné pendant les trois jours de la Critical Mass mondiale qui a eu lieu à Rome les 26, 27 et 28 mai 2006.

Deux mille cyclistes, arrivés du monde entier pour occuper pacifiquement les rues de Rome, interrompent le flux des milliers d’automobiles qui, chaque jour, s’entassent en files interminables et créent un maximum de pollution, de tension et d’accident.

Ce film parle aussi des automobilistes et explore, au-delà du rideau de fumée doré du monde publicitaire, les intérêts liés au pétrole, met en évidence Lire la suite

Pourquoi le changement climatique n’est pas une question environnementale

hns-info.net, Ludo, le 5 novembre 2009

Pourquoi le changement climatique n’est pas une question environnementale

Le COP 15 réunira prochainement « dirigeants » mondiaux, multinationales et grosses ONG pour dessiner l’après-Kyoto et tenter d’empêcher une crise climatique catastrophique. L’objectif de ce texte n’est pas de monter à bord du train fonçant des élites et de dépeindre une apocalypse imminente, encourageant les politiques basées sur la peur. Il est, en reliant les différents points que sont les différentes luttes, de faire apparaître l’image dans sa globalité. De montrer les enjeux réels des négociations sur le changement climatique, et de dénoncer ce dernier, non comme une question purement « environnementale », mais comme le symptôme qu’il est de la faillite d’un système qui nous détruit et ravage notre planète.

Les « solutions » de ce système, dont on sait déjà qu’elles seront les seules abordées à Copenhague, sont basées sur le marché, afin de satisfaire les puissants lobbies des multinationales. Marché du carbone, agrocarburants, énergie nucléaire, mécanismes de « compensation »… Ces fausses solutions n’envisagent pas un instant de réduire les émissions de gaz à effet de serre directement à la source, dans nos pays industrialisés, et sont par conséquent très loin de permettre les réductions d’émissions réellement nécessaires. Elles se révèlent par ailleurs parfois extrêmement dangereuses dans leurs applications, en accroissant dramatiquement les inégalités Nord/Sud, les problèmes environnementaux et l’injustice sociale au sein des pays en voie de développement. Ces pays, ces paysan-ne-s, ont pourtant des solutions. La justice climatique, ces alternatives et solutions réelles qui viennent de la base, sont les enjeux de la lutte globale à laquelle appellent des réseaux comme CJA et CJN (« Climate Justice Network », Réseau pour la Justice Climatique, qui regroupe de nombreux groupes des pays du Sud).

Le capitalisme, ou à qui profite le crime climatique ?

La prise de conscience environnementale généralisée actuelle est utile à ceux qui développent activement la notion de « capitalisme vert ». Il permet de recréer l’adhésion citoyenne à des structures dépassées et discréditées par la crise systémique qui les secoue.

Les multinationales repeignent leurs enseignes en vert, leurs campagnes publicitaires rivalisent de « greenwashing » [1], et elles poursuivent les mêmes pratiques destructrices.

Avec l’effondrement des marchés financiers, la foi dans le futur du capitalisme a été sérieusement ébranlée. Malgré cela, le même principe qui a conduit à la crise, celui de marché immatériel de produits dérivés [2], est à l’origine de la création du marché du carbone, qui invente un prix au CO2 contenu dans l’air. C’est cela, la proposition principale de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC) : un marché du carbone mondialisé, au sein duquel les entreprises vendent et achètent des crédits symbolisant leur droit à polluer. Ce type de marché immatériel, dont le prix du « bien » est inventé, conduit immanquablement à une spéculation et des pratiques frauduleuses gigantesques, puis à une bulle géante, et à son éclatement. Or cette fois, ce ne sont pas les profits des banques et des multinationales ou nos emplois qui sont en jeu, mais un changement climatique irréversible de grande ampleur qui pourrait laisser nos enfants hériter d’un terrain vague.

Le nouveau « COLONIALISME »

Les multinationales qui en ont les moyens peuvent obtenir des crédits-carbone ; et des mécanismes à la complexité bien pratique peuvent leur en faire obtenir encore davantage, comme le « mécanisme de développement propre », MDP (en anglais Clean Development Mechanism ou CDM). Au sein de ces « mécanismes flexibles », Lire la suite

Claude Lévi-Strauss: «La difficulté croissante de vivre ensemble…»

bibliobs.nouvelobs.com, Claude Lévi-Strauss, paru dans «l’Obs» le 9 juin 2005, source: «le Nouvel Observateur» du 1er mai 2008.

Les leçons d’un ethnologue

En mai 2005, le grand anthropologue reçut le prestigieux prix international de Catalogne. Ce fut alors, pour lui, l’occasion de méditer sur l’homme et le monde

Parce que je suis né dans les premières années du XXe siècle et que, jusqu’à sa fin, j’en ai été l’un des témoins, on me demande souvent de me prononcer sur lui. Il serait inconvenant de me faire le juge des événements tragiques qui l’ont marqué. Cela appartient à ceux qui les vécurent de façon cruelle, alors que des chances successives me protégèrent, si ce n’est que le cours de ma carrière en fut grandement affecté.

L’ethnologie, dont on peut se demander si elle est d’abord une science ou un art (ou bien, peut-être, tous les deux), plonge ses racines en partie dans une époque ancienne et en partie dans une autre récente. Quand les hommes de la fin du Moyen Age et de la Renaissance ont redécouvert l’Antiquité gréco-romaine et quand les jésuites ont fait du grec et du latin la base de leur enseignement, ne pratiquaient-ils pas une première forme d’ethnologie? On reconnaissait qu’aucune civilisation ne peut se penser elle-même si elle ne dispose pas de quelques autres pour servir de terme de comparaison. La Renaissance trouva dans la littérature ancienne le moyen de mettre sa propre culture en perspective, en confrontant les conceptions contemporaines à celles d’autres temps et d’autres lieux.

La seule différence entre culture classique et culture ethnographique tient aux dimensions du monde connu à leurs époques respectives. Au début de la Renaissance, l’univers humain est circonscrit par les limites du bassin méditerranéen. Le reste, on ne fait qu’en soupçonner l’existence. Au XVIIIe et au XIXe siècle, l’humanisme s’élargit avec le progrès de l’exploration géographique. La Chine, l’Inde s’inscrivent dans le tableau. Notre terminologie universitaire, qui désigne leur étude sous le nom de philologie non classique, confesse, par son inaptitude à créer un terme original, qu’il s’agit bien du même mouvement humaniste s’étendant à un territoire nouveau. En s’intéressant aux dernières civilisations encore dédaignées – les sociétés dites primitives -, l’ethnologie fit parcourir à l’humanisme sa troisième étape.

Les modes de connaissance de l’ethnologie sont à la fois plus extérieurs et plus intérieurs que ceux de ses devancières. Pour pénétrer des sociétés d’accès particulièrement difficile, elle est obligée de se placer très en dehors (anthropologie physique, préhistoire, technologie) et aussi très en dedans, par l’identification de l’ethnologue au groupe dont il partage l’existence et l’extrême importance qu’il doit attacher aux moindres nuances de la vie physique des indigènes.

Toujours en deçà et au-delà de l’humanisme traditionnel, l’ethnologie le déborde dans tous les sens. Son terrain englobe la totalité de la terre habitée, tandis que sa méthode assemble des procédés qui relèvent de toutes les formes du savoir: sciences humaines et sciences naturelles.

Mais la naissance de l’ethnologie procède aussi de considérations plus tardives et d’un autre ordre. C’est au cours du XVIIIe siècle que l’Occident a acquis la conviction que l’extension progressive de sa civilisation était inéluctable et qu’elle menaçait l’existence des milliers de sociétés plus humbles et fragiles dont les langues, les croyances, les arts et les institutions étaient pourtant des témoignages irremplaçables de la richesse et de la diversité des créations humaines. Si l’on espérait savoir un jour ce que c’est que l’homme, il importait de rassembler pendant qu’il en était encore temps toutes ces réalités culturelles qui ne devaient rien aux apports et aux impositions de l’Occident. Tâche d’autant plus pressante que ces sociétés sans écriture ne fournissaient pas de documents écrits ni, pour la plupart, de monuments figurés.

Or, avant même que la tâche soit suffisamment avancée, tout cela est en train de disparaître ou, pour le moins, de très profondément changer. Les petits peuples que nous appelions indigènes reçoivent maintenant l’attention de l’Organisation des Nations unies. Conviés à des réunions internationales, ils prennent conscience de l’existence les uns des autres. Les Indiens américains, les Maoris de Nouvelle-Zélande, les Aborigènes australiens découvrent qu’ils ont connu des sorts comparables, et qu’ils possèdent des intérêts communs. Une conscience collective se dégage au-delà des particularismes qui donnaient à chaque culture sa spécificité. En même temps, chacune d’elles se pénètre des méthodes, des techniques et des valeurs de l’Occident. Sans doute cette uniformisation ne sera jamais totale. D’autres différences se feront progressivement jour, offrant une nouvelle matière à la recherche ethnologique. Mais, dans une humanité devenue solidaire, ces différences seront d’une autre nature: non plus externes à la civilisation occidentale, mais internes aux formes métissées de celle-ci étendues à toute la terre.

La population mondiale comptait à ma naissance 1,5 milliard d’habitants. Quand j’entrai dans la vie active, vers 1930, ce nombre s’élevait à 2 milliards. Il est de 6 milliards aujourd’hui, et il atteindra 9 milliards dans quelques décennies, à croire les prévisions des démographes. Ils nous disent certes Lire la suite

L’écologie sera rentable ou ne sera pas !

latribube.fr, Charles Beigbeder, vice-président de la Fondation pour l’innovation politique (FIP), coordinateur du pôle « Ecologie », président de Poweo, et Dominique Reynié, directeur général de la FIP, professeur à Sciences Po, le 21 octobre 2009

L’écologie sera rentable ou ne sera pas !

Nous n’avons pas à choisir entre la croissance et la planète parce que cela reviendrait à choisir entre l’homme et la nature. La cause de l’environnement ne vaut que parce qu’elle sert la cause de l’humanité et l’écologie sera progressiste ou ne sera pas. Tel est l’objet du colloque que la Fondation pour l’innovation politique consacre ce jeudi à la question sur le thème: « réussir la croissance verte ».

Plus personne ne conteste l’importance de l’enjeu écologique. La cause de l’environnement est définitivement installée au cœur du débat et de l’action politiques. Mais il y a deux conceptions de l’écologie : l’une prétend changer l’homme en contraignant sa capacité d’action, quand l’autre propose d’agir sur les conséquences de cette action. La première est culpabilisante et régressive. L’autre se veut incitative, rationnelle et progressiste : elle parie sur la croissance verte.

L’écologie régressive oppose, de façon plus ou moins assumée, la production de richesses à la protection de l’environnement. Le marché, l’activité économique, l’industrie ou les entrepreneurs sont désignés comme les ennemis de la nature. De cette condamnation a priori peut naître la tentation de réduire l’activité économique, de limiter, voire d’empêcher, les progrès de la connaissance. Certains fondamentalistes de l’écologie vont jusqu’à prôner la décroissance, nous sommant de choisir entre le progrès économique et la planète. Ce discours bénéficie d’un certain écho parce qu’il prend en charge une partie de l’hostilité à l’économie de marché dans un monde désormais sans communisme. Il jouit aussi d’un authentique privilège médiatique parce que le ton sur lequel il est tenu est volontiers alarmiste et qu’il permet des mises en scène spectaculaires. C’est le syndrome du tétanisé !

Nous nous inscrivons en faux contre cette vision rétrograde de l’écologie. La cause de l’environnement ne vaut en effet que parce qu’elle sert le développement humain et ne peut être invoquée pour empêcher l’homme d’avancer, d’innover, d’améliorer son sort. Comment expliquer aux pays en développement qu’ils doivent ralentir leur croissance pour préserver notre environnement ? Et comment prétendre maîtriser les dangers qui menacent la planète en renonçant à la science et au progrès technique ? Ouvrons les yeux : l’écologie sera donc progressiste ou ne sera pas. C’est par l’innovation et l’investissement que nous relèverons ces défis. L’écologie est une formidable promesse de prospérité pour nos universités et notre recherche. De même, la protection de l’environnement ouvre des opportunités de marché considérables. Ils contribueront à l’avènement d’une croissance durable.

Tous les domaines d’activité sont concernés. Il s’agit de rendre l’ensemble de notre économie moins émettrice de carbone, plus sobre en énergie, plus respectueuse de la biosphère. Quelques secteurs clés sont en pointe de cette révolution verte. C’est le cas des procédés d’efficacité énergétique. En changeant nos comportements, en améliorant nos installations, nous sommes dès aujourd’hui capables de réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre. Et ce n’est qu’un début : Lire la suite

Résumé de l’article collectif de la revue Entropia n° 6 : Crise éthique, éthique de crise ?

biosphere.ouvaton.org, printemps 2009

Résumé de l’article collectif de la revue Entropia n° 6 : Crise éthique, éthique de crise ?

Entropia, terme grec signifiant « se retourner », a été introduit dans le vocabulaire scientifique en 1874 par le physicien Clausius pour désigner la dégradation de l’énergie, ce qui condamne l’humanité à limiter sa consommation aux capacités de régénération de la biosphère. Ce nom était donc tout indiqué pour désigner la muse inspiratrice d’une revue des objecteurs de croissance.

1/3) Résumé du chapitre Objections d’ici et d’ailleurs à l’éthique de la croissance de Pierre Charbonnier

Les étapes de la modernité sont bien connues : l’éthique anthropocentrée des religions du livre et le désenchantement de la nature qu’elle implique ; le mouvement d’objectivation de la nature au tournant du XVIIe siècle, ainsi que les révolutions techniques qu’il a suscitées ; la mise en place progressive d’institutions juridiques et économiques garantissant l’accès des individus aux espaces et ressources à exploiter ainsi qu’aux moyens de les échanger. Mais comme tout ce qui domine, l’éthique moderne de la croissance a dû gagner sa place contre des morales et des pratiques rebelles. L’ethnologie accumule depuis un bon siècle les témoignages d’hommes et de femmes qui ne regardent pas leur environnement comme un espace étranger à eux et offert à leur emprise. On a affaire à des éthiques et pratiques profondément marquées par l’idée de sobriété.

Le fait qu’une société donnée se reconnaisse une identité avec les non-humains en général, avec une partie d’entre eux, ou même avec aucun d’entre eux, comme c’est le cas de notre société, est le fait de l’arbitraire des constructions symboliques humaines. Autrement dit, chaque être humain dispose des aptitudes mentales qui peuvent faire de lui un Occidental, un Achuar (de l’ethnie Jivaro), ou un membre de n’importe quelle société. Une fois ces dispositions éduquées et spécialisées, l’individu perd son humanité générique pour endosser celle, plus restreinte, qui domine à l’endroit et au moment où il vit.

La neutralisation éthique du rapport à la nature dans l’Occident moderne, qu’Aldo Leopold identifie comme la raison principale de l’absence d’une véritable « éthique de la terre » dans notre société, doit s’inverser. Au modèle dualiste qui suppose l’extériorité réciproque entre le milieu exploité et la société qui l’exploite, doit succéder un modèle moniste, où les activités humaines prennent place comme un des aspects intégrés d’un ensemble plus vaste de relations. Informée et guidée par la science écologique, cette praxis socio-environnementale doit s’accompagner d’une représentation de l’homme où celui-ci n’est qu’un segment du cycle total des dons et contre-dons que se font entre eux les êtres naturels. La formule de communauté biotique est l’appui nécessaire d’une redéfinition radicale de ce qu’est la vie bonne, et cela à l’échelle collective.

 Mais que peut valoir ce manifeste pour reconnaître la valeur culturelle de la nature sauvage ? Entre l’expérience individuelle d’un écologue philosophe et la mutation historique qui se fait attendre, l’écart est immense. Que peut-on faire de l’écho que se renvoient anthropologie et éthique environnementale ? Le constat des crises environnementales présentes et à venir ne semble avoir pour l’instant fait son effet qu’au niveau des dispositions psychiques, suscitant un décalage ontologique. La justification écologique des choix individuels se répand aujourd’hui autour de nous sans que son corrélat institutionnel n’intègre ces représentations à une légitimité publique. Il est légitime d’espérer que de la culture moderne naîtra une autre culture, pour laquelle la responsabilité écologique sera toute autre chose qu’un compromis factice avec le système actuel.

2/3) Résumé du chapitre Vie et Lumière, Croissance et Décroissance de Philippe Leconte

Ernst Schumacher avait tiré la sonnette d’alarme : « Toute multiplication des besoins tend à augmenter la dépendance à l’égard des forces extérieures qui échappent à notre contrôle, et alimente par conséquent la peur existentielle. Ce n’est qu’en réduisant ses besoins que l’on peut encourager une authentique réduction des tensions fondamentalement responsables des luttes et des guerres (in Small is beautiful) ».

La nature a le pouvoir d’arrêter les processus de croissance. Chez l’animal supérieur par exemple, la croissance est très finement contrôlée. Seuls la peau, les ongles et les poils croissent sans cesse comme chez des végétaux. Après une blessure, une intense activité de division cellulaire reconstitue la peau. Puis une fois la plaie refermée, le processus cesse. Une cellule normale a constamment besoin que l’organisme lui envoie des signaux pour confirmer son utilité. Elle peut mourir sur ordre, c’est l’apoptose. Ainsi, la beauté de la vie s’épanouit à chaque instant dans un équilibre entre l’impulsion de croissance et sa retenue. De même, des peuples entiers ne sont pas entrés dans la course à la croissance. Et Pierre Rabhi pose justement la question de la décroissance en terme de sens : « Je préconise une réorganisation dans laquelle la satisfaction d’être et la satisfaction d’agir puissent avoir du sens. Ce qui a du sens, c’est d’avoir l’impression que notre vie n’est pas en train d’être gaspillée à faire des choses inutiles, voire du rebut et des déchets. »

Il est très difficile de dire ce que signifie le mot sens. Lire la suite

Voiture à air comprimé, le bout du tunnel approche !

univers-nature.com, Pascal Farcy, le 29 juillet 2009

Voiture à air comprimé, le bout du tunnel approche !

Si jusqu’alors la voiture à air comprimé faisait office d’arlésienne, elle nous revient aujourd’hui dans une version différente, plus adaptée au marché auquel elle se destine et avec une appellation ‘tendance’ : AIRPod, qui n’est pas sans rappeler la dénomination des célèbres baladeurs MP3 d’Apple (1). A l’inverse des nombreux autres prototypes du fabricant MDI (Motor Development International), l’AIRPod est présenté dans une version d’ores et déjà fort aboutie, dont sept exemplaires vont être testés dès ce mois, par Air France et KLM sur les sites de Paris-Charles de Gaulle et Amsterdam-Schiphol.

Le concept de ce véhicule, initié par Guy Nègre (2), repose sur un moteur mono-énergie à air comprimé, sans aucun rejet polluant à l’utilisation. Alimenté par un réservoir de 200 litres, à une pression de 350 bars, l’AIRPod offre une autonomie variant entre 120 et 200 km selon l’utilisation qui en est faite (charge, vitesse, etc.). Affichant clairement sa vocation urbaine : 2,07 m de long, 1,60 m de large et 1,74 m de haut pour un rayon de braquage record de 1,90 m, la MDI AIRPod se limite à une vitesse maxi comprise entre 45 et 70 km/h selon sa version.
Reposant sur 4 roues, dont 2 jumelées à l’avant en position centrale, elle se présente sous un design étonnant, qui ne laissera personne indifférent. En accédant à l’intérieur, par le hayon situé à l’avant du véhicule, le conducteur trouve en lieu et place du traditionnel volant un simple levier se terminant par un joystick, tandis qu’au plancher les choses sont plus conventionnelles avec deux pédales (frein et accélérateur). Malgré son gabarit très réduit (60 cm de moins qu’une Smart !), son habitabilité est étonnante. En effet, selon la version, plus d’un mètre cube de marchandise ou deux adultes et un enfant peuvent y prendre place en plus du conducteur, le tout pour un poids en charge d’environ 500 kg.

Le plein d’air s’effectue à l’aide d’un compresseur électrique du commerce (entre 3 et 4 heures de charge), mais la mise en place de stations d’air à haute pression promet un remplissage en 3 minutes. Economiquement, le coût d’utilisation oscille entre 0,5 et 1 € d’électricité aux 100 km. Au niveau tarif, la facture d’achat devrait s’élever à environ 6 000 € selon MDI, un montant qui semble nettement plus réaliste que ceux des annonces précédentes.

Selon Guy Nègre, prévu pour une commercialisation en fin d’année 2009, début 2010, ce véhicule devrait essentiellement intéresser les flottes de location de véhicules urbains type Autolib’, et des structures aux besoins spécifiques de déplacement/livraison en milieu urbain ou en recherche d’image ‘propre’ comme des compagnies aériennes, par exemple. Une fois l’homologation obtenue, les premiers exemplaires destinés à la vente seront fabriqués en France à Lire la suite

Miel : Les ruches envahissent Paris

moniblog.lemoniteur-expert.com, août 2009

Miel

Les ruches envahissent Paris. Après le traditionnel jardin du Luxembourg et son école d’apiculture, on a vu le Conseil régional d’Ile-de-France, et plus récemment le Grand Palais, l’Opéra, et  bien d’autres installations plus modestes mais tout aussi bourdonnantes. La banlieue n’est pas en reste. Les apiculteurs deviennent la coqueluche des grandes agglomérations.

La raison en serait la pollution. Non pas celle des villes, mais celle des campagnes. Peut-être parce que de nombreux services municipaux des parcs et jardins, à Paris et dans de grandes villes, réduisent leur consommation de produits phytosanitaires, l’air urbain est plus respirable par les abeilles que l’air des champs. On nous affirme que le miel de nos ruches citadines est exempt de toute pollution urbaine. Bonne nouvelle, qui ne compense guère la mauvaise, à savoir que les abeilles ne sont plus persona grata à la campagne.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel phénomène se produit. Telle petite ville de Bretagne a conservé ses haies dans son espace bâti, la partie cultivée les ayant perdues à l’occasion d’un remembrement trop brutal. Résultat : les oiseaux sont plus dans la ville que dans les champs, et les citadins sont heureux d’entendre leurs gazouillis au printemps dès 5 heures du matin. La nature en ville, quel bonheur !

Les paradoxes de ce type sont nombreux. Les zones les plus artificielles deviennent des conservatoires de biodiversité. Une illustration intéressante de ce retournement de situation est donnée par les parcs zoologiques. Au début, on est dans le spectacle. Des animaux sauvages, voire féroces, vous sont donnés à voir, pour vous procurer des émotions et éveiller votre curiosité. Nous sommes dans l’exotisme, la découverte de ce monde qu’il nous est donné de conquérir, de domestiquer. Le prix à payer est lourd. Pour la nature, bien sûr. Des aventuriers se lancent dans ce business, braconnent à volonté, tuent les mères pour récupérer des petits. Ce sont les grandes chasses qui ont nourri le cinéma à une certaine époque. L’épopée des grands explorateurs et l’aventure coloniale sont implicitement présents dans ces zoos dont l’objectif premier était de montrer le maximum de bêtes sauvages dans le minimum d’espace. Les conditions de vie des animaux étaient souvent déplorables. Elles interdisaient dans les faits leur reproduction, et provoquaient une forte mortalité. Il fallait donc prélever dans la nature, encore et encore, pour satisfaire la curiosité et l’envie de frisson des populations de nos contrées. Le volet scientifique, naturaliste, était bien secondaire, surtout dans les nombreux établissements privés, plus proches du cirque et du parc d’attraction que de l’observation des mœurs animales.

Les choses ont bien changé. Des conventions internationales régissent la manière de prélever des animaux sauvages dans la nature ; la loi, en France et dans de nombreux pays, impose des garanties sur le traitement des animaux en captivité, de manière à leur laisser l’espace nécessaire pour une vie en bonne santé et pouvoir se reproduire. Et il se passe un autre phénomène, du type abeilles en ville. Ces zoos sont devenus des conservatoires de la biodiversité. Ils détiennent et protègent les derniers spécimens d’espèces en danger, parfois même disparues dans leur habitat d’origine et le monde sauvage. C’est le triste constat de l’appauvrissement de certains milieux, ou de leur évolution en peau de chagrin, comme des forêts primaires durement touchées par le défrichement.

Une partie du patrimoine génétique, animal ou végétal, qui y prospérait, a été quasiment Lire la suite

Enquête sur les associations environnementales d’Aquitaine

La mobilisation des associations environnementales d’Aquitaine contre la crise écologique, MNE, Avril 2008

  • 500 associations environnementales en Aquitaine
  • 60 000 adhérents / 2 % des Aquitains
  • 5 000 administrateurs, cadres bénévoles
  • 850 salariés / 1 % de l’emploi associatif de la région
  • Des milliers d’actions directes ou indirectes de préservation de l’environnement
  • Quatre « grands » réseaux associatifs : la SEPANSO Aquitaine, le GRAINE Aquitaine, les Maisons de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine et de Pau

Les activités principales : Lire la suite

Quand M. Allègre invente « l’écologie productive », la planète pleure

lespetitspoissonsrouges.org, Corinne Morel Darleux, le 17 juillet 2009

Quand M. Allègre invente « l’écologie productive », la planète pleure

Dans une tribune publiée ce jour dans Libération, M. Allègre poursuit son entreprise de sape. Avec des positions pour le moins partielles et partiales…

Mal informé, l’ancien Ministre ? Aidons-le un peu.

Quand il mentionne le Club de Rome, le concept de décroissance et la notion de frugalité (pour les taxer d’écologie « dénonciatrice et punitive »), on mesure bien l’étendue de son cadre de référence politique. Le plus loin qu’il daigne aller sur le terrain de la radicalité, c’est Nicolas Hulot et les Verts, ces dangereux extrémistes… Visiblement M. Allègre n’a jamais entendu parler des objecteurs de croissance ni de la sobriété joyeuse… Chiche, on l’abonne à la Décroissance ?

Quand il évoque le nucléaire, c’est pour nous annoncer que la 4e génération multipliera les réserves d’uranium par 100 (il doit vouloir dire le temps d’épuisement des réserves, mais passons) et détruira les déchets à vie longue. Petit décryptage d’utilité publique : sous l’appellation de « 4e génération », c’est en fait le retour en fanfare du projet Superphénix, pourtant fermé en 1997 sous la pression de l’opinion publique (aka nous, les rétrogrades). Et ce, après avoir englouti 10 milliards d’euros ! Un réacteur fonctionnant au sodium, hautement inflammable au contact de l’air et de l’eau, une centrale toujours en cours de démantèlement et à hauts risques… La seule chose certaine dans ce type de projet, c’est sa capacité à engloutir plusieurs milliards d’euros, sans garantie de résultats. Autant d’argent public qui ne sera pas affecté aux nécessaires programmes de maîtrise de l’énergie ou de développement des renouvelables… On l’inscrit à Sortir du Nucléaire ?

Quand il dénonce les méfaits de l’agriculture chimique, on se prend à espérer à un salutaire retour à la réalité. Raté. C’est pour mieux nous livrer sa solution miracle : les plantes génétiquement modifiés (PGM) ! On se pince. Et si on suggérait à Sarkozy, qui voulait en faire son Ministre, de l’inviter lors de son prochain déplacement éclair dans les pays du Sud ? Pourquoi pas en Inde, tiens, où les paysans sont acculés à la ruine par Monsanto, ou en Afrique du Sud où 82 000 hectares de maïs génétiquement modifiés se sont avérés stériles ? Mais fi de la souveraineté alimentaire ! Pour M. Allègre, l’avenir de l’agriculture doit être envisagé à l’aune du droit des agriculteurs (du Nord, sans doute) à « être compétitifs sur un marché désormais international de plus en plus sévère ». Allez, on l’abonne à une AMAP ?

Enfin, la coupe ne saurait être pleine sans cette bonne tarte à la crème de la foi scientiste volant au secours du climat. Kyoto est un fiasco, Copenhague ne sera pas mieux ? Pourquoi pas… Une seule solution : l’innovation ? Pourquoi pas… Mais pas n’importe laquelle, attention, car après quelques considérations floues sur les renouvelables, on sent bien que l’avenir de l’ « écologie dynamique », celle qui crée des emplois et relance la compétitivité, s’appelle pour M. Allègre : capture et stockage du CO2 ou encore voitures électriques (voilà qui assurerait la croissance de l’industrie nucléaire, au moins ce monsieur est cohérent). Dites, on lui offre un vélo ?

Pour Allègre, l’écologie « non productive » signerait l’arrêt du progrès. Lui appelle de ses voeux une « société de liberté, de libre entreprise et de progrès constant », enfin, une « vision Lire la suite

Le vélo couché, véhicule d'(après-)demain

 lemonde.fr, Romain Vaslot, le 21 juillet 2009

Le vélo couché, véhicule d'(après-)demain

Tous les matins, Jérôme Chappellaz va au travail couché. Chercheur au laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement, à Grenoble, il parcourt quotidiennement les 25 km aller-retour qui séparent son domicile de son bureau sur un drôle de vélo couché. A première vue, cet engin n’est encore qu’un objet étrange susceptible d’attiser la curiosité des passants et des automobilistes. Pourtant, le vélo couché semble devoir faire de nouveaux adeptes. Le « vélorizontal », comme on l’appelle également, apparaît comme un bon compromis entre déplacement rapide et protection de l’environnement. « Avec un vélo classique, en appuyant bien sur les pédales, je fais du 28 km/h. Couché, je suis à 38 voire 40 km/h, explique Jérôme Chappellaz. La raison tient à l’aérodynamisme. A partir de 30 km/h environ, 80 % de l’énergie du cycliste sert à déplacer de l’air en vélo droit. Le coefficient de pénétration dans l’air d’un vélo couché est meilleur de 30 % à 40%. »

Selon le chercheur, cette position épargnerait aussi davantage le coeur : « On observe souvent une différence de 10 à 15 pulsations par minute à effort équivalent. » La ville de Detroit, berceau de l’industrie automobile américaine et fief de General Motors, vient d’accueillir une compétition réunissant les meilleurs spécialistes de la discipline. La Française Barbara Buatois y a établi un nouveau record de l’heure féminin en parcourant 82 766 km. Ce qui fait croire à Jérôme Chappellaz qu’avec une assistance électrique, le vélo couché préfigure le véhicule de demain.

Avec à peine 5 000 pratiquants, le vélo couché n’en est qu’à ses débuts en France. Difficile à trouver, il reste onéreux. « Il faut compter entre 1 100 et 1 200 euros pour s’équiper d’un vélo de bonne qualité », assure Philippe Dussart, responsable de Pulsar Cycles à Savigny-sur-Orge (Essonne), seul magasin spécialisé dans le vélo couché en Ile-de-France. Autre handicap de taille : il est peu adapté au déplacement urbain. Au sein d’un trafic dense, l’assise basse réduit la visibilité et le visage se trouve au niveau des pots d’échappement. Il est moins aisé de poser le pied à terre pour marquer un arrêt. Les premiers coups de pédale sont plus lourds et, en montée, il est impossible de se relancer en danseuse. En résumé, mieux vaut pouvoir rouler sur du plat et des pistes cyclables. Il faudra donc encore patienter pour voir des Vélib’ couchés dans Paris. Aux Pays-Bas, peut-être, où le vélo couché se développe comme Lire la suite

Elections européennes : Le développement durable au programme

developpementdurablelejournal, Jacques Cortie, le 3 juin 2009

Elections européennes : Le développement durable au programme

Le développement durable est un des sujets centraux de la campagne électorale européenne

Les grands partis politiques redoublent de propositions pour envisager un avenir durable à l’Europe. Tour d’horizon des axes de leurs engagements à l’approche du scrutin du 7 juin.

Ce n’est pas forcément en tête de leurs propositions mais les préoccupations environnementaliste et les engagements pour l’avenir de la planète figurent en bonne place dans le programme des partis et des regroupements qui briguent les votes des Français le 7 juin prochain. Il y a l’UMP qui, préoccupée par la crise actuelle, fait figurer ses axes écologistes sous l’intitulé « dessiner le monde d’après ». Trois points résument la volonté du parti présidentiel : faire de la France l’économie la plus sobre en carbone et en énergie au monde ; proposer un « Stockholm de l’environnement » sous forme d’un grand débat européen sur le modèle du Grenelle en France qui pourrait s’engager sous la future Présidence suédoise afin d’établir l’ensemble des mesures qui convertiront l’Europe au développement durable ; définir enfin, les secteurs stratégiques où l’Europe devra concentrer ses investissements pour bâtir l’ « éco-croissance ». Sans renvoyer à plus tard l’action pour le développement durable l’UMP souligne aussi la nécessité de « poursuivre le combat » en assurant le suivi des  » objectifs fixés et l’application des textes adoptés sous la Présidence française sur tous les sujets : eau, biodiversité, transport, produits chimiques, déchets… » L’engagement de campagne européen affirme aussi la volonté de l’UMP d’assumer le « leadership dans la lutte contre la déforestation au niveau international, notamment par le recours au marché du carbone ».

La taxation des pollueurs en débat

Une problématique du carbone, avec les marchandages qu’elle implique, qui ne recueille pas, en revanche, l’approbation des candidats qui se présentent sous la bannière du Front de Gauche et qui préfèrent insister sur la « promotion des investissements dans les énergies renouvelables et propres, les économies d’énergie, le développement du transport ferroviaire et de la voie d’eau, la protection des milieux naturels » ainsi que sur « une agriculture paysanne non soumise à la logique productiviste ». Ce qui se résume dans un engagement public pour « une Europe à l’avant-garde du développement durable », car « l’urgence écologique impose une nouvelle vision du développement, qui amène à repenser l’ensemble de notre système économique et social. De nouveaux emplois naîtront de ce mode de croissance plus durable ». Du côté du Modem il s’agit de repenser « nos modes de transports, de production et de logement » pour « permettre d’importantes économies d’énergie ». Dans cette logique le Mouvement des Démocrates affirme aussi vouloir fortement stimuler à la recherche des énergies du futur et approuve tout processus de taxation carbone au niveau européen qui permettait de pénaliser les industries fossiles les plus polluantes. Soit, « taxer les pollueurs pour qu’ils soient incités à modifier leurs comportements ». Dans le collimateur du Modem également la problématique des OGM avec une proposition simple : « Instaurer un moratoire sur les OGM tant qu’un organisme de recherche indépendant n’aura pas évalué tous leurs effets ». Créer, enfin, un « corps de garde-côtes européen pour lutter contre les pollutions maritimes ».

Pour un accord mondial sur le climat

Le Parti Socialiste se place d’emblée Lire la suite

Appel à propositions Life + 2009

projetdeterritoire.com, Welcomeurope, le 27 mai 2009

Appel à propositions Life + 2009

L’appel à projets du programme LIFE+ pour 2009 est lancé. Cet appel vise à financer des projets autour de 3 volets : la protection de la nature et de la biodiversité (protéger, conserver, restaurer, surveiller et faciliter le fonctionnement des systèmes naturels, des habitats naturels et de la faune et de la flore sauvages), la politique et la gouvernance en matière d’environnement (enrayer le changement climatique, meilleure gestion des ressources naturelles et déchets, protection de la qualité de l’air, de l’eau et des sols, des forêts, gestion des risques posés par les substances chimiques) et la diffusion de l’information sur les questions environnementales.

Actions éligibles

Cet appel s’adresse à tout porteur de projets situé dans un des Etats-membres de l’UE, qu’il s’agisse d’institutions ou d’organismes publics et/ou privés tels que des autorités locales et régionales, des entreprises privées, des associations, des centres de recherche, des ONG, des universités etc.

Il financera à une hauteur maximale de 50% des coûts éligibles les projets sélectionnés. A noter qu’un taux maximal de cofinancement de 75% est exceptionnellement applicable aux propositions qui ciblent les habitats/espèces prioritaires des directives « Oiseaux » et « Habitats ».

Le budget global pour les subventions d’aide aux projets au titre de LIFE+ en 2009 s’élève à 250 000 000 euros. 50% au moins de ce montant sera alloué à des mesures en faveur de la protection de la nature et de la biodiversité. En effet, les projets portant sur la biodiversité et sur le changement climatique seront considérés comme prioritaires pour cette année.

Les propositions de projets doivent être remises aux autorités nationales compétentes avant le 15 septembre 2009. Elles seront transmises aux Lire la suite

Quels indicateurs pour compenser les faiblesses du PIB ?

journaldelenvironnement.net,  Victor Roux-Goeken, le 1er juin 2009

Quels indicateurs pour compenser les faiblesses du PIB ?

Comment prendre en compte les atteintes à l’environnement, non comprises dans le calcul de la croissance économique ? Dans un avis consacré aux «indicateurs du développement durable» et à l’empreinte écologique, le CESE propose de mettre sur pied une douzaine d’indicateurs, en plus du PIB.

Elaboré pendant la Grande dépression aux Etats-Unis, le produit intérieur brut (PIB) a perdu de sa pertinence. Ne mesurant que les activités transitant par les marchés, il ne dit rien de la qualité de la vie, de la répartition des richesses et des atteintes à l’environnement, relève le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Dans un rapport intitulé «Les indicateurs du développement durable et l’empreinte écologique», Philippe Le Clézio, membre de la section des questions économiques générales et de la conjoncture au CESE, propose à la demande du gouvernement plusieurs pistes pour compenser ces lacunes. Le rapport a été adopté en plénière mercredi 27 mai.

Philippe Le Clézio propose de mettre au point, en concertation avec l’opinion publique, une douzaine d’indicateurs de développement durable, fréquemment mis à jour et soumis au Parlement. Les députés ont d’ailleurs rejeté la proposition de loi de leur confrère Yves Cochet (Verts, Paris) tendant à réduire l’empreinte écologique de la France. Elle prévoyait que la France divise par deux son empreinte entre 2009 et 2025 et une évaluation par les régions avant la fin 2012 (1).

Ces indicateurs pourraient être : le taux de croissance du PIB par habitant, les émissions totales de GES, la part des énergies renouvelables dans la consommation intérieure brute d’énergie, la consommation d’énergie des transports, la productivité des ressources, l’indice d’abondance des populations d’oiseaux communs, les prises de poissons en dehors des limites biologiques de sécurité, l’espérance de vie en bonne santé, les taux de risque de pauvreté après transferts sociaux, les taux d’emploi des travailleurs âgés et l’aide publique au développement.

Avant ce stade, le CESE propose de compléter cette mesure rénovée du PIB par un nombre d’indicateurs réduit: l’évolution des inégalités de revenus, des émissions de CO2 ou de la biodiversité. Le rapporteur s’est aussi exprimé sur l’empreinte écologique (GFN, Global footprint network), Lire la suite

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

altermonde-sans-frontière.com, Guillaume Duval, Christine Mounier, le 21 avril 2009

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

À en croire les principaux média, le bien-être de tous passe par une croissance soutenue. Pourtant, pour un nombre croissant de personnes, un modèle économique d´avenir et responsable ne passe plus forcément par la croissance économique, mais au contraire par la décroissance.
Décroissance ou développement durable ? : Deux camps s’opposent sur les réponses à apporter aux problèmes environnementaux et aux besoins de la population.

Les événements climatiques extrêmes se multiplient, les déchets s’amoncellent, les nappes phréatiques s’épuisent ou sont polluées, le pétrole va devenir rare et son contrôle fait l’objet de conflits de plus en plus violents, que ce soit en Irak ou en Tchétchénie. Dans le même temps, la capacité du système économique à répondre aux besoins sociaux est de plus en plus contestée. Les inégalités mondiales se creusent et si une partie de l’Asie est en train de sortir du sous-développement, c’est en adoptant un mode de vie dévoreur de ressources non renouvelables. Bref, et chacun (ou presque) en convient désormais : on va dans le mur et il faut changer de mode de développement. Et pas dans un siècle, dès les prochaines années. Mais comment faire ? Un débat de plus en plus vif oppose les partisans d’une « décroissance soutenable », organisant le recul de l’économie monétaire, aux tenants d’un « développement durable » permettant de concilier croissance et écologie.

Sur la gravité de la situation, il n´y a pas de désaccord majeur entre les tenants du développement durable et les partisans de la décroissance. Ernst Ulrich von Weizsäcker, Amory et Hunter Lovins, tenants du développement durable, reprennent à leur compte, dans leur rapport « Facteur 4 », les très sombres prévisions établies par les Meadows dans leur célèbre rapport de 1972 au Club de Rome sur « les limites de la croissance ». Ils envisagent notamment le risque d´un effondrement brutal des productions agricole et industrielle et de la population mondiale dans les prochaines décennies. Quant à Lester Brown, autre tenant du développement durable, il consacre, dans Éco-économie, des pages aux « signes de la tension » qui ne rassurent pas davantage sur l’avenir. Il n’y a pas non plus de divergence sur la nécessité d’une décroissance très rapide de la consommation de matières premières et d’énergie, en particulier, bien sûr, des énergies fossiles.

L’éco-efficience au secours de la croissance

En revanche, les avis s’opposent sur le moyen d’y parvenir. Les tenants de l’éco-économie mettent en évidence les nombreux moyens techniques déjà connus pour consommer beaucoup moins de matières premières et d’énergie tout en produisant autant de biens et de services (à travers le recyclage et une autre conception des produits). C´est le fameux « facteur 4 » d’Ernst Ulrich von Weizsäcker : on peut produire autant avec quatre fois moins d’énergie et de matières premières. D’autres, plus ambitieux encore, parlent de facteur 10. Sans être des ennemis du marché, les tenants de l´éco-économie ne croient pas que les mécanismes marchands sont susceptibles de rétablir seuls les équilibres écologiques. Ils misent sur des politiques publiques très actives et sur une refonte des systèmes fiscaux en fonction de priorités écologiques. De plus, ils soulignent qu´il va falloir changer en un temps record l´essentiel de nos infrastructures : remodeler l’urbanisme, changer d´habitat, reconfigurer les moyens de production dans la plupart des industries, etc. Cet énorme effort d’investissement est générateur de croissance et, à la fois, nécessite de la croissance pour être mis en oeuvre : la croissance faible des vingt dernières années en Europe a plus freiné la transformation écologique des modes de production et de consommation qu´elle ne l’a accélérée.

Attention à l´effet rebond

Les tenants de la décroissance ne croient pas du tout à un tel scénario. Lire la suite

Chantal Jouanno : Energique et durable

lemonde.fr, Gérard Davet, le 18 mai 2009

Energique et durable

Elle doit sa carrière à Martine Aubry et reconnaît bien volontiers ne « pas se sentir totalement de droite ». N’allez pas en tirer de conclusions hâtives. Alors qu’elle débute un tour de France destiné à vendre « son Grenelle de l’environnement », à 39 ans, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, est un pur produit de la filière Sarkozy, du temps où ce dernier régnait Place Beauvau.

Du président de la République, elle connaît tout ou presque. Elle sait, par exemple, désamorcer ses humeurs agressives. Comme ce jour où elle vit débarquer un Sarkozy rouge de colère, dans son bureau d’alors, au conseil général des Hauts-de-Seine. Les travaux de rénovation n’étaient pas terminés à temps, les architectes et ouvriers étaient blêmes. Elle sut, alors, user de son calme, de son charme discret, pour s’interposer. Douze titres de championne de France de karaté, ça vous confère une forme d’autorité.

Elle aime bien Nicolas Sarkozy. Ils n’ont pourtant pas grand-chose en commun. Elle se souvient encore de cette confidence, lâchée par son patron, Place Beauvau : « La politique coule dans mes veines. » Ce n’est pas le cas de Chantal Jouanno. Mais elle l’admire. « Il ose, dit-elle. Il sort des sentiers battus, va au contact. Et il sait reconnaître quand il a tort. Certes, il n’est pas tout en douceur, mais il reste très humain. J’ai quand même réussi à lui coller deux grossesses, il m’a juste dit : « Tu fais comme tu veux. » Et il m’envoyait des fleurs tous les jours à la maternité. »

Pour autant, Chantal Jouanno n’a jamais fait partie du carré des fidèles. Elle n’est pas courtisane ni intrigante. « Tu es la seule qui ne me demande jamais rien », lui dit-il un jour. Trop prudente. « Je n’ai jamais été dans des stratégies d’influence, assure-t-elle. Et je trouve que bon nombre de gens qui l’entourent sont d’une immense prétention. D’abord, on dit merci… »

Elle sait ce que sa carrière lui doit. Même si la politique n’est pas toute sa vie. Quand elle a été nommée secrétaire d’Etat, en janvier, elle a croisé Nicolas Sarkozy, au détour d’un couloir, à l’Elysée. « Alors, il faut que je fasse de la politique, maintenant ? » a-t-elle lancé, amusée. Et lui de répondre, ferme : « Evidemment ».

Parce que Chantal Jouanno, en politique, cela sonne comme une évidence. Il faut la voir, en déplacement à Grenoble, devant une assemblée de militants UMP, entre deux morceaux de pizza et trois rondelles de saucisson, vanter les mérites du gouvernement, rappeler les avancées du Grenelle de l’environnement. Elle sait faire, louvoie dans le ballet des élus locaux, sans flatteries excessives, en toute simplicité. Elle parle un langage clair, comme son mentor, mais sans rouler les épaules.

Elle a retenu l’essentiel, lorsqu’elle écrivait les discours de Nicolas Sarkozy, Lire la suite

Economie verte : comment réinventer un modèle ?

Actu-Environnement.com, Agnès SINAI, le 3 avril 2009

Economie verte : comment réinventer un modèle ?

Organisée à l’initiative du quotidien Le Monde, une conférence sur le « green business » a présenté les résultats d’un sondage réalisé dans 17 pays qui révèle un certain scepticisme des opinions vis-à-vis des stratégies « vertes » des entreprises…Apparue dans les années 90 à la faveur du Sommet de la Terre de Rio (Brésil), la notion d’économie verte s’est d’abord manifestée à travers l’intérêt porté au développement durable par une centaine de firmes internationales rassemblées, dès 1992, au sein du World Business Council for Sustainable Development. La vocation de ce réseau est, depuis sa création, d’impliquer les entreprises, notamment les plus polluantes, dans des initiatives volontaires de développement durable, les firmes étant désormais présentées comme « parties de la solution » à la crise écologique.

Près de vingt ans plus tard, quel bilan tirer de l’engouement pour ces stratégies vertes, célébrées chaque année à l’occasion de la semaine du développement durable ? A en croire une étude internationale réalisée en juillet 2008 par l’institut TNS Sofres, la réponse à la crise écologique est jugée insuffisante par les quelques 13.000 personnes interrogées dans dix-sept pays, industrialisés ou « émergents ». Or, l’état de la planète est perçu comme « mauvais » par 93% des sondés japonais, 92% des Français, 90% des Russes et 64% des Américains.
Scepticisme des citoyens

Diffusés le 31 mars 2009 à l’occasion de la conférence sur le Green business organisée par Le Monde, les résultats de ce sondage traduisent un scepticisme largement partagé quant aux engagements « verts » des entreprises. Une grande majorité des citoyens interrogés dans les 17 pays, du Brésil à la Corée du Sud, ont le sentiment que les entreprises prennent des initiatives vertes soit pour vendre plus, soit pour améliorer leur image. En France et en Allemagne, seules 4% des personnes interrogées pensent que les entreprises sont animées par une réelle motivation en faveur de la protection de l’environnement, aux Etats-Unis 16%, et au Japon 38%. C’est à se demander si le développement durable n’est pas, fondamentalement, une valeur vouée à demeurer étrangère au « business ».

Selon Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS, les résultats de ce sondage sont liés à la diversité de l’insertion de l’entreprise dans son environnement. En France, par exemple, l’idée d’éthique est vue comme de la « com » par les salariés. Alors qu’aux Etats-Unis, l’entreprise est perçue autant comme un business que comme un membre de la communauté, en France l’initiative éthique est mise en doute par la prétention de l’entreprise à faire le bien autour d’elle, à se mettre au-dessus de ses sujets.

Alors, le business vert peut-il convaincre ? Selon Yves Cochet, député (Verts) de Paris, invité par Le Monde à alimenter le débat, une entreprise devrait d’abord mettre en cohérence non seulement ses modes de production, mais surtout les objets qu’elle produit, avec les finalités du développement durable : « Quel est l’objet que je vends ? Est-ce qu’il est d’intérêt général ? ». Evoquant comme exemple le Koléos, modèle de 4×4 lancé par Renault en 2008, le député interroge : Est-ce un objet socialement, citoyennement et écologiquement utile ?. Ce questionnement rejoint celui de près d’un quart des Américains et de 30% des Brésiliens, pour qui le surdéveloppement apparaît comme un facteur majeur de la crise écologique, après la pollution de l’air, la déforestation, et à égalité avec la pollution de l’eau. Selon le sondage TNS-Sofres, l’hyperconsommation et les modes de production sont clairement identifiés parmi les grands maux de la crise écologique. Et l’imagerie « verte » des entreprises ne suffit plus à occulter le problème. Les citoyens attendent des preuves. La communication ne peut plus être séparée de l’action. Lire la suite

Opinion : Un monde vert d’inquiétude

developpementdurablelejournal.com, Pierre Magnetto, le 1er avril 2009,

Opinion : Un monde vert d’inquiétude

Selon « Our green world », une étude internationale menée par TNS Sofres et présentée hier dans le cadre des rencontres professionnelles du Monde, 78% des personnes trouvent la situation environnementale de la planète mauvaise. En France, cette opinion touche 92% des sondés, mais les consommateurs n’en tirent pas encore majoritairement de conséquences dans leurs achats. En question aussi, l’image des entreprises ou des leaders d’opinion communiquant sur le thème de l’environnement.

Comment va le monde ? A en croire « Our green world », étude de TNS Sofres présentée hier dans le cadre des Rencontres professionnelles du Monde, sur le plan environnemental il pourrait aller mieux. L’institut a réalisé en juin dernier une enquête internationale dans 17 pays(1) au cours de laquelle 13 000 personnes ont été interrogées via internet sur leurs « attitudes, perceptions et comportements d’achat face aux problématiques environnementales ». « Le sentiment que la situation de l’environnement se dégrade au niveau mondial est assez homogène », a expliqué Dominique Lévy (78% des sondés trouvent très mauvaises les conditions environnementales au niveau mondial). La directrice associée de TNS Sofres relève cependant un « paradoxe » puisque les sondés estiment majoritairement, mais dans des proportions moindres, que la situation est moins critique dans leur propre pays (62%), sauf en France où s’exprime un pessimisme certain avec 92% des personnes interrogées qui n’ont pas une bonne opinion « des conditions naturelles environnementales » du pays.

Etats-Unis et Chine montrés du doigt

Avec des disparités parfois importantes selon les pays, les problématiques qui inquiètent le plus sont la pollution de l’air, qui constitue la principale atteinte à l’environnement pour 28% des personnes interrogées, avant la déforestation (19%), la pollution de l’eau (16%), le surdéveloppement (16%), les déchets toxiques (10%) ou nucléaires (6%). Si l’environnement ne va pas bien, à qui est-ce la faute ? ont encore demandé les sondeurs. Les pays montrés du doigt sont principalement les Etats-Unis et la Chine. De manière implicite, cette perception désigne « l’hyperconsommation et les mauvais systèmes de production » comme premières sources de nuisances environnementales, commente Dominique Lévy.

Sur le plan des comportements d’achat, l’enquête de TNS souligne que 59% des personnes interrogées se disent prêtes à payer plus cher pour des produits verts. Mais seulement 26% affirment être « très influencées » (6%) ou « influencées » (20%) par l’environnement lors du choix de leurs achats quotidiens, la France présentant des résultats sensiblement similaires. L’étude montre encore que les éco-gestes semblent s’installer dans la vie quotidienne : 46% des sondés éteignent leur ordinateur quand il est inutilisé (idem pour la France), 39% pratiquent le tri sélectif (65% dans l’hexagone), 39% font réviser leur voiture une fois par an (44% des sondés français)…

Méfiance envers les entreprises et les politiques

TNS a encore cherché à comprendre ce que les perceptions de la situation environnementale et les comportements pouvaient induire sur le plan des stratégies de communication. Le moins que l’on puisse dire est que, face au « greenwashing », la stratégie utilisée par une entreprise pour donner d’elle-même une image écologiquement responsable, la méfiance est de mise. Pour 72% des sondés en effet, les entreprises mènent des actions en faveur de l’environnement pour répondre à des enjeux de marketing ou pour améliorer leur image auprès de l’opinion publique. Lire la suite

L’archevêque écolo veut sauver les hautes terres andines

Le Monde, Paulo A. Paranagua, le 27 mars 2009

L’archevêque de l’écologie, Pedro Barreto, veut sauver les hautes terres andines

Ses ouailles l’appellent le « pasteur de l’écologie ». Pedro Barreto Jimeno est l’archevêque de Huancayo, une ville de 340 000 habitants, perchée à 3 200 mètres d’altitude sur les Andes péruviennes. Il est à la tête d’un forum de dialogue environnemental qui regroupe une soixantaine d’institutions et d’acteurs de la société civile de la région. Leur but est de trouver « une solution intégrale et durable » à la pollution provoquée par la compagnie minière Doe Run Peru, appartenant à une holding américaine.

« Lorsque je suis allé voir la cheminée de la Doe Run à Saint-Louis, dans l’Etat du Missouri, j’ai cru qu’elle était hors service, parce qu’elle ne dégageait pas de fumée, confie Mgr Barreto, de passage à Paris. En revanche, la fonderie péruvienne, installée dans les années 1920, possède une technologie du XIXe siècle qui était déjà obsolète à l’époque. »

A l’origine, la fonderie appartenait à la Cerro de Pasco Mining Company, une puissante multinationale. Dans les années 1970, elle a été nationalisée, avant d’être privatisée à nouveau, sans être jamais vraiment modernisée.

La Doe Run Peru travaille avec des minerais « sales » importés d’autres pays sud-américains et même d’Asie. Résultat : l’air et l’eau de la vallée du fleuve Mantaro sont pollués. Les enfants du district de La Oroya sont contaminés par le plomb et l’arsenic. En 2006, l’Institut Blacksmith a placé La Oroya parmi les cinq localités les plus polluées au monde.

« L’affaire est emblématique de l’irresponsabilité de l’entreprise, de l’Etat et de la société civile« , assure l’archevêque. La Doe Run Peru a fait 150 millions de dollars (110,6 millions d’euros) de bénéfices, tout en respectant des exigences légales manifestement insuffisantes. Les paysans ont aussi contribué à polluer le fleuve Mantaro par l’utilisation de pesticides. Et le syndicat des 3 500 employés de Doe Run Peru a longtemps fermé les yeux sur l’impact environnemental.

« LA TERRE, NOTRE MAISON »

Dans un pays où les récents conflits suscités par l’exploitation minière ont parfois pris une tournure violente, Mgr Barreto se réjouit « des méthodes pacifiques » désormais adoptées. « Nous sommes passés de la protestation à la proposition », se réjouit-t-il. Ainsi, un programme de nutrition et santé a été mis en oeuvre à destination de 1 500 enfants de La Oroya. Cette action a d’ores et déjà suscité une réduction de la contamination sanguine, et des cas d’anémie et malnutrition chronique ou aiguë. En outre, les analyses de l’air, des sols et des eaux de la région ont obtenu le financement d’un fonds italo-péruvien, affirme Mgr Barreto.

A la mi-mars, la Doe Run Peru a accusé le coup des turbulences qui affectent le cours des minerais et a Lire la suite

Les 10 indicateurs clés de l’environnement.

actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 11 mars 2009

Les 10 indicateurs clés de l’environnement.

En terme de dégradation de l’environnement, les Français sont 52% à s’inquiéter du réchauffement de la planète (et l’effet de serre), 40% de la pollution de l’air, et 39% de la pollution de l’eau.

Le Service de l’observation et des statistiques du Commissariat général au développement durable (anciennement l’Ifen) a publié ses 10 indicateurs clés de l’environnement.

Ces 10 indicateurs clés de l’environnement concernent : la pollution de l’air en milieu urbain, la pollution de l’eau par les nitrates, la perte de biodiversité avec les oiseaux communs, l’occupation des sols, la consommation de matières, les déchets municipaux, l’effet de serre et les émissions de gaz à effet de serre (GES), les énergies renouvelable, les dépenses pour la protection de l’environnement, et les préoccupations des Français en matière de dégradation de l’environnement.

Indicateurs clés de l’environnement et pollution de l’air en milieu urbain : La qualité de l’air des villes françaises s’est globalement améliorée depuis 2000, au vu des teneurs de 4 polluants. La baisse des concentrations en SO2 contribue beaucoup à cette amélioration. À l’opposé, les teneurs en ozone (O3) restent au-dessus de leur niveau de 2000. Les concentrations en NO2 sont en légère baisse, surtout dans les agglomérations de plus d’un million d’habitants. Aucune tendance significative n’est observée pour les particules PM10. La dégradation observée en 2003 est attribuable à des conditions météorologiques particulières. Source : SOeS, d’après données BDQA (Dom inclus).

En terme de dégradation de l’environnement, les Français sont 52% à s’inquiéter du réchauffement de la planète (et l’effet de serre), 40% de la pollution de l’air, et 39% de la pollution de l’eau.

Indicateurs clés de l’environnement et pollution par les nitrates des cours d’eau : Les nitrates proviennent de l’utilisation des engrais en agriculture et dans une moindre mesure des rejets des stations d’épuration. Après deux décennies de détérioration, la qualité des cours d’eau vis-à-vis des nitrates est relativement stable depuis 1990. La moitié environ des points de mesure est classée en bonne ou très bonne qualité. La proportion des points en médiocre et mauvaise qualité oscille autour de 17 %. Source : agences de l’Eau (France métropole).

Indicateurs clés de l’environnement et biodiversité avec les oiseaux communs : Les populations d’oiseaux communs s’affaiblissent depuis 1989 : la tendance générale d’évolution des 65 espèces suivies est de -18 %. Elle traduit le déclin des espèces agricoles (-28 %), sensibles à la dégradation des habitats, des espèces des milieux bâtis (-27 %) et forestiers (-18 %). Les espèces généralistes s’adaptent mieux et progressent (+10 %). Les mêmes tendances s’observent en Europe. L’objectif de l’Europe et de la France est de stopper la perte de biodiversité à l’horizon 2010. Source : Muséum national d’histoire naturelle (France métropole).

Indicateurs clés de l’environnement et occupation des sols : En 2006, les surfaces artificialisées occupent 5 % du territoire. Zones industrielles ou commerciales, tissu urbain discontinu et infrastructures de transport s’accroissent depuis 1990, consommant beaucoup d’espace et fragmentant les milieux. Cet étalement se fait principalement aux dépens des terres agricoles, qui représentent 60 % des surfaces en 2006. Les forêts et autres milieux naturels occupent 34 % du territoire, les surfaces en eau 1 %. Source : UE-SOeS, Corine Land Cover 2006 (France métropole).

Indicateurs clés de l’environnement et consommation de matières : L’intensité de matières a baissé de 23 % depuis 1990, traduisant un moindre besoin en matières pour produire une même quantité de valeur ajoutée. Cependant, les matières consommées n’ont pas diminué en seize ans, Lire la suite

Premiers pas au jardin bio

lefigaro.fr, Caroline Sallé, le 9 mars 2009

Premiers pas au jardin bio

Le printemps arrive, c’est le moment de retrouver son jardin et d’y semer quelques bonnes «écorésolutions» : aérer le sol, recourir aux amendements naturels, favoriser la mixité végétale… Petit inventaire des solutions alternatives pour bien préparer le terrain et limiter l’usage des produits phytosanitaires.

Une poignée de granulés antilimaces par-ci, une goutte de désherbant par-là, quelques pschitts d’insecticides contre les pucerons un peu plus loin… Même si environ 13 millions de Français possèdent un jardin, pas sûr qu’ils aient tous la main très verte. Les bêcheurs du dimanche et autres horticulteurs amateurs épandraient ainsi près de 8 000 tonnes de pesticides par an, soit 8 % du total utilisé sur le territoire. Et à trop multiplier les produits chimiques, on finit inéluctablement par contaminer les nappes phréatiques, appauvrir les sols, polluer l’air… Bref, par faire peser une menace sur la biodiversité en même temps que sur notre santé. La nature ayant bien fait les choses, il existe pourtant des techniques de jardinage plus respectueuses de l’environnement. Et pas forcément plus contraignantes. Démonstration.

• Sol : préparer le terrain

L’hiver a été rude, la terre est probablement lessivée, fatiguée, en un mot : «raplapla». Or, pour réussir un jardin écolo, tous les manuels vous le diront : il est indispensable de disposer d’un sol vivant, riche en humus, capable de nourrir efficacement les plantes. Afin de redonner un équilibre à la terre, François Pauly, responsable de la filière végétale chez Jardiland, recommande «un bon bêchage, à la fois pour aérer le sol et réactiver le travail des micro­organismes». Une manière, en somme, de réveiller la terre en douceur. Dans un second temps, on introduira des amendements organiques ou naturels (compost, fumier, débris végétaux, paillis…) afin de booster sa fertilité. Les plus paresseux pourront toujours se tourner vers des «biofertilisants» prêts à l’emploi, vendus en jardinerie. À condition de les utiliser avec parcimonie…

• Retrouver le bon sens paysan

On ne cesse de nous le répéter : dans un jardin écolo, il faut laisser la nature reprendre ses droits et ne pas multiplier les traitements pour ci ou contre ça. Mais encore faut-il savoir aider la nature… Mieux vaut réviser donc quelques principes de base : identifier la nature de son sol afin d’y cultiver des végétaux qui s’y plairont, être attentif au climat, à l’orientation du soleil et du vent, privilégier les variétés «locales», planter au bon moment, organiser le jardin en fonction des besoins en eau de chaque plante, utiliser un paillis (pas trop tôt au printemps) pour éviter d’avoir ensuite à désherber ou à trop arroser… «En somme, il s’agit de substituer aux produits chimiques et traitements fastidieux un peu de bon sens paysan», résume François Pauly.

• Militer pour la cohabitation végétale

Lorsque le moment est venu de planter ou de semer, l’«écojardinier» applique la technique du «compagnonnage», véritable éloge de la mixité végétale. Comment ? En associant certaines plantes ou légumes entre eux afin qu’ils se protègent mutuellement. «C’est un domaine encore mystérieux sur lequel beaucoup d’informations contradictoires circulent. Ce qui marche pour un jardinier ne fonctionne pas toujours pour un autre, sans que l’on sache très bien pourquoi», Lire la suite

Le Sénat boucle l’examen du projet de loi Grenelle 1

localtis.info, Anne Lenormand, le 9 février 2009

Développement durable

Le Sénat boucle l’examen du projet de loi Grenelle 1

Les sénateurs ont achevé le 6 février l’examen article par article du projet de loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, dit Grenelle 1. Au total, ils ont adopté plus de 260 amendements. Le vote solennel sur le texte intervient ce 10 février. Les députés se saisiront ensuite du texte en deuxième lecture.

C’est finalement avec une semaine de retard que prend fin l’examen en première lecture du projet de loi Grenelle 1 au Sénat. Ce 10 février à partir de 16 heures, la séance publique sera consacrée aux explications de vote puis au vote solennel sur l’ensemble du texte. Le 6 février, les sénateurs ont achevé l’examen des différents articles. Sur un total de 830 amendements, ils en ont adopté quelque 260 dont un certain nombre défendus par l’opposition.
Le rythme des débats s’est accéléré le 5 février avec l’examen de chapitres importants : l’agriculture durable, la gestion intégrée de la mer et du littoral, la prévention des risques pour l’environnement et la santé et la prévention des déchets.

Limiter l’artificialisation des terres agricoles

A l’article 28 fixant les objectifs et les axes d’action de l’agriculture en matière environnementale, Daniel Soulage (Union centriste, Lot-et-Garonne) a obtenu l’ajout d’une phrase indiquant qu' »il est indispensable de préserver les surfaces agricoles, notamment en limitant leur consommation et leur artificialisation ». Pour le sénateur, « il est urgent de mener une politique de protection des terres agricoles car chaque année 60.000 hectares de terres cultivables sont perdus » et « l’artificialisation est difficilement réversible« . Le Sénat a par ailleurs voté un amendement de Didier Guillaume, sénateur socialiste de la Drôme, concernant l’agriculture biologique. Le texte indique désormais que « l’Etat favorisera la production et la structuration de cette filière pour que la surface agricole utile en agriculture biologique atteigne 6% en 2012 et 20% en 2020« . Les sénateurs ont aussi ajouté un article 28 bis qui indique qu' »un plan d’urgence en faveur de la préservation des abeilles sera mis en place en 2009 et s’appuiera notamment sur une évaluation toxicologique indépendante relative aux effets, sur les abeilles, de l’ensemble des substances chimiques« .

Concernant la gestion durable de la mer et du littoral (article 30), le Sénat a voté un amendement présenté par Roland Courteau (PS, Aude) précisant que « toutes les mesures seront mises en œuvre pour renforcer la lutte contre les pratiques illégales et réduire à la source et prévenir les pollutions maritimes, y compris les macro déchets et déchets flottants, les dégazages et déballastages, et les espèces exotiques envahissantes, notamment dans les zones portuaires et les zones de protection écologique« . Enfin, « des mesures seront également prises pour réduire l’impact sur la mer des activités humaines venant du continent », précise le texte.

Des conseillers en environnement intérieur

Au chapitre environnement et santé, le deuxième plan national Santé Environnement (article 32) devra comporter « un plan destiné à réduire les rejets des substances les plus préoccupantes, au sens du règlement (CE) 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 dit règlement Reach. Les sénateurs ont ajouté à la liste des substances les plus préoccupantes « le trichloroéthylène, les perturbateurs endocriniens, le perchloroéthylène », Lire la suite

SOeS (Ex IFEN) : Les pesticides dans les eaux

SOeS (ex IFEN), février 2009

Les pesticides dans les eaux

Le terme pesticide désigne les substances ou les préparations utilisées pour la prévention, le contrôle ou l’élimination d’organismes jugés indésirables, qu’il s’agisse de plantes, d’animaux, de champignons ou de bactéries.

Les pesticides sont majoritairement utilisés en agriculture ; on parle alors de produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques. Ils font également l’objet d’un usage non agricole par les gestionnaires d’équipements ou de réseaux de transport, les collectivités locales ou les particuliers.

La plupart des substances actives contenues dans les pesticides sont des molécules organiques de synthèse. L’agriculture française en utilise environ cinq cents. Elles entrent dans la composition de plus de huit mille produits commercialisés. Ceux-ci bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par le ministre chargé de l’Agriculture, après une procédure d’évaluation du risque pour le consommateur, l’utilisateur et l’environnement.

En fonction des conditions d’utilisation et selon les caractéristiques du milieu, ces substances actives sont susceptibles de se retrouver dans les différents compartiments de l’environnement (air, sol, eau, sédiments, etc.) ainsi que dans les denrées alimentaires. Elles peuvent présenter, en plus de leurs effets intentionnels sur les parasites ou organismes visés, des dangers  variables pour l’homme et les écosystèmes, avec un impact immédiat ou sur le long terme.

Compte-tenu des risques qu’ils représentent tant pour les milieux aquatiques que pour la production d’eau potable, la présence de pesticides dans les cours d’eau et dans les eaux souterraines fait l’objet d’un suivi régulier qui n’a cessé de se renforcer lors de la dernière décennie.

Ces suivis mettent en évidence une dispersion importante et une présence généralisée des pesticides dans les milieux aquatiques. Si les niveaux de contamination sont très variables, ils sont cependant souvent significatifs. Les teneurs en pesticides issues des résultats d’analyse permettent de définir, pour chacun des points de mesure, une classe de qualité. Lire la suite

Science et conscience comme philosophie environnementale

bulletins-electroniques.com, le 2 février 2009

Science et conscience comme philosophie de gouvernance pour l’EPA

La « dream team » environnementale du Président vient d’être confirmée par le Sénat, après une brève suspension de la procédure par les Sénateurs républicains, lesquels souhaitaient simplement des éclaircissements sur l’articulation des rôles entre l’administration de l’EPA et la future tsarine « Energie et changement climatique » de la Maison Blanche – Carol Browner. Quelques instants après sa confirmation, la nouvelle administratrice a adressé une note aux salariés de l’Environmental Protection Agency (EPA) annonçant clairement la philosophie de gouvernance qui serait la sienne et les priorités thématiques qu’elle poursuivrait.
Trois valeurs au centre du processus de décision

Rappelant les trois valeurs énoncées par le Président Obama, elle a affirmé que ces valeurs modèleraient chacune de ses actions à la tête de l’agence. En premier lieu, elle a annoncé que la science formera la « colonne vertébrale » de l’EPA, confortant ainsi les espoirs des scientifiques et des experts au sein de l’administration environnementale, et donnant un coup de patte au passage à son prédécesseur, souvent accusé d’avoir supprimé ou déformé les conclusions scientifiques à des fins politiques. « Les orientations décidées (« policy decisions ») ne doivent pas être déguisées en résultats scientifiques. Je promets que je ne compromettrai pas l’intégrité des experts de l’EPA en vue de promouvoir une décision réglementaire plutôt qu’une autre » assène la nouvelle administratrice.

La seconde valeur fondamentale est de l’Etat de droit (« rule of law »). Le texte de Lisa Jackson affirme que les lois ratifiées par le Congrès des Etats-Unis doivent être appliquées, de même que les décisions de la Cour Suprême, faisant là aussi référence aux errements passés de l’EPA, (notamment dans la carence d’application de la décision « Massachusetts vs EPA » de 2007 qui oblige l’agence à déterminer si le CO2 est un polluant, et à ce titre, réglementé par elle). « L’EPA ne peut pas tourner la tête ailleurs à une décision de justice ni ralentir le processus de mise en conformité« .

La troisième valeur est la transparence : « je promets que j’entreprendrai le travail de l’agence sous l’oeil du public afin que la porte soit ouverte aux parties intéressées et qu’il n’y ait aucun doute sur ce que nous faisons ni sur la manière dont nous sommes parvenus à notre décision« .
Concluant cette profession de foi, Lisa Jackson demande à ses collaborateurs de lui rappeler si jamais elle venait à déroger à ces trois valeurs.

Cinq domaines d’action prioritaires

La deuxième partie du memo vise à mettre en lumière les domaines d’actions qu’elle considère comme les plus urgents dans la protection de la santé humaine et de l’environnement. Les 5 priorités qui bénéficieront de son « attention personnelle » seront :

La réduction des Gaz à Effet de Serre (GES). Sur ce point, dont Mme Jackson rappelle combien il est cher au 44è Président, elle s’engage à aider le Congrès dans la préparation d’une législation – basée sur la science- visant à lutter contre le changement climatique. Elle s’engage également à appliquer la décision de la Cour Suprême dans le cadre du Clean Air Act. Lire la suite

Fred Vargas et la planète : « On s’est bien amusé »

marcelgreen.com, Fred Vargas, le 21 Janvier 2009

Fred Vargas et la planète : « On s’est bien amusé »

L’écrivain Fred Vargas nous présente dans un texte saisissant, sa vision des enjeux environnementaux. De manière simple et directe, elle nous explique que nous nous sommes franchement bien amusés. Mais que maintenant il va falloir respecter cette terre, si l’on veut pouvoir un jour se remettre à danser avec elle. Voici l’intégralité du texte.

Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Après le climat, la biodiversité est notre plus grand défi

metrofrance.com, le 20 janvier 2009

«Après le climat, la biodiversité est notre plus grand défi»

Interview de Sébastian Winkler, responsable du « compte à rebours » pour la biodiversité au sein de l’IUCN (Union mondiale pour la nature). L’UICN est la principale ONG mondiale consacrée à la cause de la préservation de la biodiversité. Elle réunit 83 États, 114 agences gouvernementales, plus de 800 ONG et plus de 10 000 experts et de scientifiques de plus de 180 pays.  

Qu’est-ce que c’est le « Compte à rebours 2010 » ?

Le « compte à rebours 2010 » a été décidé premièrement en Europe en 2001 au sommet de Gothenburg où les chefs d’Etat  ont décidé d’arrêter la perte de biodiversité d’ici à 2010. Puis au sommet mondial de la Terre de Johannesburg en 2002. Je crois qu’après le réchauffement climatique,  la biodiversité est notre plus grand défi. Aujourd’hui, selon les statistiques, on perd 150 espèces par jour. Et au niveau européen, selon la Commission, il y a 80% des écosystèmes dans des conditions de préservation défavorables. C’est une grosse crise.

La perte de biodiversité qu’est ce que cela implique pour l’homme ?

La biodiversité est le fondement de tout développement économique. La nature nous rend d’innombrables services comme la filtration des eaux, de l’air, la pollinisation. On est en train de perdre cette richesse et des solutions potentielles de développement futur. Si on regarde par exemple le secteur de l’innovation technologique, ils s’inspirent souvent des mécanismes qu’on trouve dans la nature. Dans une étude globale réalisée par sir Nicolas Stern sur les conséquences économiques du réchauffement climatique, on estime que le coût de l’inaction vis-à-vis de la perte de biodiversité, nous serait de 6% de notre PIB.

On est en janvier 2009… il nous reste à peine deux ans pour agir. Comment arrêter la perte de biodiversité d’ici-là ?

Ce que le « compte à rebours » essaie de faire est de mobiliser tous les acteurs. Même si c’est une décision des Etats, ceux-ci ne peuvent pas atteindre ces objectifs tous seuls. Il faut donc fédérer les autorités locales, comme aujourd’hui à Paris. En signant la Déclaration du Compte-à-rebours 2010 pour la Biodiversité, des collectivités locales franciliennes s’engagent et témoignent de leur volonté d’enrayer la perte de la Biodiversité. Comme c’est le cas au Danemark où un maire sur cinq a signé la déclaration. Il faut sensibiliser et agir. Depuis 2007, plus de 50% de la population mondiale vit en ville. Ces populations se concentrent sur 2% de la superficie de la planète, mais en consomment 75% des ressources naturelles.  Lire la suite

L’AEE publie 8 récits sur l’environnement

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le16 janvier 2009

L’AEE publie 8 récits sur l’environnement

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a publié le 9 janvier un rapport sur l’environnement à destination du grand public (1).

Dans ce document, baptisé «Signaux 2009», 8 récits, destinés à susciter l’intérêt du grand public, donnent un aperçu des sujets environnementaux clés de l’année à venir en Europe. Parmi les thèmes abordés figurent le changement climatique, la biodiversité, les déchets, l’utilisation des ressources naturelles, la pollution de l’air, ainsi que l’agriculture et la pêche.
Lancé à Prague par Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’AEE et Martin Bursík,

ministre tchèque en charge de l’environnement, le rapport sera publié en 26 langues et devrait être renouvelé chaque année. «Alors qu’il devient urgent d’atténuer le changement climatique et de nous y adapter, nous avons de plus en plus notre besoin de communiquer auprès d’un large public», a expliqué la directrice de l’AEE dans un communiqué du 9 janvier.
L’AEE, en partenariat avec un réseau de 32 pays membres, a pour mission de surveiller l
’état de l’environnement en Europe.

(1) Signaux de l’AEE 2009

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Découvrez l’environnement de la Gironde avec l’Ortie

L’association l’Ortie a été créée en mai 1998 avec pour objectifs de :

proposer un autre regard sur notre environnement par une approche écologique, une étude des ressources naturelles, des écosystèmes et de leur biodiversité.

sensibiliser un large public aux problèmes environnementaux, tels que la disparition de la biodiversité, la pollution de l’eau, des sols et de l’air, souvent due à une méconnaissance des bases de l’écologie.

faire se rencontrer des personnes de divers horizons et permettre un échange des savoirs.

Une animatrice, ethnobotaniste, aborde différents thèmes tels que : l’identification des plantes sauvages, les plantes médicinales et comestibles, le jardinage écologique, l’étude des divers écosystèmes, la relation plantes et insectes, la relation plantes et sol, l’ortie…

Programme En savoir plus Lire la suite

Le « verdissement » de l’opinion publique

Jean-Paul Bozonnet dans Sciences Humaines N° 40 de juillet/août 2005

Si l’écologisme a fluctué au cours des trente dernières années, le consensus autour des questions environnementales est toujours solide. Seules les formes d’engagement et la sociologie des militants semblent s’être transformées.

Une légende contemporaine attribue volontiers la paternité de l’écologisme au grand chef indien Seattle ; les historiens des idées, comme Luc Ferry, souvent moins bien intentionnés, en découvrent les prémices dans les procès médiévaux contre les animaux ou dans le régime hitlérien. Ils font remonter l’écologisme loin dans le passé, aux romantiques, à Jean-Jacques Rousseau, et même à François d’Assise : en fait, ces reconstructions téléologiques ignorent la spécificité de cette pensée contemporaine qui naît à la fin des années 60. C’est en effet en 1962 que Rachel Carson, avec Le Printemps silencieux, sensibilise l’opinion publique américaine aux agressions chimiques. Puis en 1971, Barry Commoner, dans son ouvrage fondateur, L’Encerclement, élargit le propos à la société industrielle entière et vulgarise l’écologie politique. Enfin, en 1972, le Club de Rome avertit solennellement l’opinion mondiale des « limites de la croissance » et des catastrophes écologiques à venir, prophétie vite réalisée par la crise du pétrole.

L’écologisme est alors pleinement constitué et très largement diffusé dans les opinions publiques occidentales. Lire la suite

Les 18 derniers rapports sur les chantiers du Grenelle

Pour faire suite au discours du Président de la République du 25 octobre 2007 et aux conclusions des tables rondes du Grenelle de l’environnement du 24, 25 et 26 octobre 2007, trente-trois chantiers opérationnels ont été lancés courant décembre, au nombre desquels de nombreux comités opérationnels, des groupes d’étude ou groupes ad hoc et des missions parlementaires.

Chantier n°1 « Bâtiments neufs publics et privés »

Chantier n° 2 « Logements sociaux et rénovation urbaine »

Chantier n°3 « Rénovation des bâtiments existants »

Chantier n° 4 « Etat exemplaire » Lire la suite

Deuxième appel à propositions de Life+

Depuis le 15 juillet, la Commission européenne appelle les acteurs intéressés à transmettre leurs propositions dans le cadre du deuxième appel à projets Life+ 2008.

Le présent avis couvre les thèmes suivants :

1. LIFE+ Nature et biodiversité

Objectif principal : protéger, conserver, restaurer, surveiller et faciliter le fonctionnement des systèmes naturels, des habitats naturels et de la faune et de la flore sauvages, en vue d’enrayer la perte de biodiversité, y compris la diversité des ressources génétiques, au sein de l’Union européenne, et ce pour 2010.

2. LIFE+ Politique et gouvernance en matière d’environnement

Objectifs principaux :

Changement climatique : stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre de sorte que le réchauffement mondial ne soit pas supérieur à 2 degrés Celsius.

Eau : contribuer à l’amélioration de la qualité de l’eau Lire la suite

Qu’est-ce qu’un Freegan ?

Les freegans ont fait le choix stratégique d’un mode de vie alternatif qui limite leur participation dans l’économie conventionnelle et qui limite au maximum leur consommation de matières premières. Les freegans se retrouvent dans la communauté, la générosité, le souci social, la liberté, la solidarité et le partage et sont en total opposition avec une société basée sur le matérialisme, l’apathie morale, la concurrence, la conformité et l’avarice.

Après avoir essayé de boycotter pendant des années les produits de firmes responsables de violations des droits de l’homme ; de destruction de l’environnement ; de maltraitance sur les animaux, beaucoup d’entre nous ont réalisé que quoi que nous achetions nous nous retrouvions à supporter un système déplorable. Nous avons réalisé que le problème ne réside pas dans quelques entreprises seulement mais bien dans le système lui-même.

Le freeganisme est le boycott total d’un système économique dans lequel le souci de rentabilité a totalement balayé toute considération éthique Lire la suite

Le portail de l’éco-innovation en Aquitaine

Le portail de l’éco-innovation en Aquitaine sera présenté au salon Pollutec du 2 au 5 décembre 2008. Cette action, entièrement financée par le Conseil Régional et conduite par la Chambre Régionale de Commerce et Industrie Aquitaine, vise à valoriser les éco-entreprises de la région.

L’environnement se situe aujourd’hui au coeur de la stratégie d’entreprise, tant au niveau du développement de nouveaux produits ou procédés plus respectueux que dans la gestion des déchets, effluents et résidus de production. Lire la suite