Appel à propositions de recherche – Transition(s) vers une économie écologique ?

agora21.org, Karim Hammou, le 21 juin 2010

http://www.agora21.org/transitions/community/pg/pages/view/258/

Transition(s) vers une économie écologique ?

La Mission prospective du MEEDDM lance un appel à propositions de recherches consacré au verdissement à long terme de l’économie française. En complément aux réflexions en cours et stratégies à l’œuvre sur le thème de la croissance verte, cet appel vise à fournir un éclairage spécifique sur les modalités et enjeux de transition, dans l’hypothèse d’un changement structurel de nos économies à l’horizon 2030-2050. Des contributions sont attendues tant en matière d’évaluation économique et environnementale que d’analyse des freins à l’innovation sociale ou institutionnelle. La date limite de réception des projets est fixée au 30 juillet 2010.

Annonce

La Mission Prospective du MEEDDM pilote et réalise des travaux de prospective sur les modèles et transitions de long terme vers un développement durable au travers de cinq programmes  dont un traite spécifiquement des hypothèses et enjeux de transition relatifs au « verdissement » à long terme de l’économie française. A l’appui de ce dernier programme, la Mission souhaite engager trois types de réflexions complémentaires (1) en organisant un séminaire de prospective, (2) en initiant un appel à projets de recherche et (3) en contribuant à une mise en débat avec les secteurs et territoires concernés. Pour ce faire, le présent appel à propositions s’ouvre sur un rappel du contexte et des enjeux caractérisant la démarche d’ensemble (§.I), avant de proposer un cadre commun aux trois volets évoqués (§.II), puis d’entrer dans le détail des réponses attendues pour chacun d’eux (§.III).

I – Contexte et enjeux du programme 

La reconnaissance du caractère irréversible et globalisé des menaces que l’activité humaine fait peser sur le climat, les ressources ou la biodiversité a conduit les principales économies mondiales à s’engager, au cours de la dernière décennie, dans la voie d’un découplage – entre développement économique et pression environnementales – dont la part d’incertitude et les impacts potentiels sont d’une ampleur considérables. Comme l’illustrent à la fois l’ambition des orientations et la diversité des mesures issues du Grenelle de l’environnement, contenir de tels risques suppose en effet d’agir simultanément sur les modèles productifs, les processus d’innovation, les instruments de régulation et les comportements. Ce qui, à long terme, et du point de vue des stratégies publiques aussi bien que privées, revient ni plus ni moins qu’à devoir accompagner ou conduire – et a fortiori anticiper – une mutation structurelle de nos économies.

Au regard de ce changement de trajectoire conçu en régime permanent et amorcé à des rythmes sensiblement variés selon les secteurs ou les pays concernés, la conjonction récente d’une crise économique mondiale et d’alarmes environnementales majeures (alertes climatiques, choc pétrolier, crise alimentaire) constitue une véritable rupture

de par le caractère d’urgence politique soudainement conféré à la recherche d’un nouveau sentier de Lire la suite

Face aux enjeux de la technoscience : notre démocratie sommée de se métamorphoser

mediapart.fr, Xavier Thibert, le 7 mars 2010

Face aux enjeux de la technoscience : notre démocratie sommée de se métamorphoser

Selon Dominique Bourg, philosophe et directeur de l’Institut des politiques territoriales et de l’environnement humain, la démocratie moderne serait atteinte de cécité : pour retrouver un regard responsable sur le long terme, le système représentatif de nos démocraties est sommé de se métamorphoser. Dans cet objectif, de nouveaux contours institutionnels, de nouvelles pratiques doivent émerger, notamment pour mettre des limites aux manipulations et contrôles technologiques. Avec une nouvelle approche des institutions démocratiques plus participatives et délibératives, Dominique Bourg nous propose de construire une véritable  » démocratie écologique « .

Le système représentatif de nos démocraties peut-il aborder le développement à long terme de nos sociétés ?

Aujourd’hui, le système de gouvernement représentatif est trop fixé sur le court terme : nos démocraties sont caractérisées, pour reprendre une expression de Pierre Rosenvallon, par  » une myopie vis-à-vis du futur « . Le mot d’ordre de la démocratie moderne est : j’obéis au présent. Nous sommes là pour jouir au présent et le temps démocratique devient une espèce d’éternel présent, sans passé ni futur. Avec ce mot d’ordre, la question du futur est mise aux oubliettes faute de personnes pour la représenter. Du coup, notre système n’est pas en mesure d’apprécier et de répondre aux problèmes environnementaux qui se pose sur le long terme.

Pourquoi cette impuissance ?

Cela tient principalement au fait que c’est le marché qui décide de tout. Nous n’avons aucune prise sur les logiques économiques et sur l’influence qu’elles exercent sur notre vie quotidienne par l’intermédiaire des nouveaux objets produits par les sciences et les techniques. Regardez le problème des OGM, ce n’est pas les citoyens qui ont décidé, c’est un système économique qui a dit :  » tu auras ça dans ton assiette et tu le mangeras « .

Pour vous, pas de doute, le principe du gouvernement représentatif est prisonnier de logiques économiques pernicieuses.

Le principe du gouvernement représentatif ne peut plus jouer le rôle qu’il a joué dans le monde classique, au XIXème et dans le première partie du XXème siècle car aujourd’hui l’innovation scientifique et technique obéit à une logique économique qui est la logique de croissance du PIB. On sait très bien maintenant que le développement de la technoscience est complètement déconnecté de la poursuite du bonheur, du bien-être ou de la satisfaction des citoyens. C’est une espèce de machine économique internationale qui nous dépasse et semble nous écraser. Dans certain cas, l’innovation scientifique et technique est bien reçue, pensez aux gens qui se précipitent pour avoir la dernière génération de l’i phone. Sur d’autres aspects, elle peut être très contestée, regardez le débat public sur les nanotechnologies. Je pense que c’est une situation qui va nous échoir pendant longtemps.

Quelles solutions proposez-vous ?

Nous n’avons plus le choix : il faut reprendre en main Lire la suite

Alain Rousset annonce la création d’un fonds carbone de compensation en citant l’A 65

aqui.fr, Solène Méric, le 11 septembre 2009

Alain Rousset annonce la création d’un fonds carbone de compensation en citant l’A 65

A l’occasion de la conférence de presse de rentrée d’Alain Rousset ce jeudi 10 septembre, le Président du Conseil Régional d’Aquitaine a fait le tour des priorités inscrites au calendrier régional pour 2009-2010. Parmi elles il énonce la relance économique, le soutien aux filières agricoles en difficultés, ainsi qu’un certain nombre d’initiatives en matière de développement durable. Première de ces initiatives la création d’un « fonds carbone », pour compenser les émissions de CO2 générées par la construction de l’A65 Pau-Bordeaux.

Dans le contexte actuel de crise, « la première de mes bagarres c’est l’emploi ». Or, selon, Alain Rousset, le soutien aux entreprises en difficulté doit passer par le soutien à l’innovation et à la recherche et au développement. Dans ce but, la région compte lancer le 17 septembre prochain, un appel à projet baptisé ELAN, ayant pour objectif d’accompagner les PME d’Aquitaine dans leurs initiatives en matière d’innovations et de recherche et développement. Dans le même ordre d’idée, Alain Rousset s’est dit très attaché à la mise en place d’un pôle de compétence académique et industriel dans le secteur des matériaux composites, dont le marché est chaque année croissant.

La création d’un « fonds carbone »

Côté développement durable et à l’heure du débat sur la « taxe carbone », le Président de la région Aquitaine a annoncé la création, avant la fin de l’année 2009, d’un fonds de compensation carbone. L’idée ici est de mesurer le rejet de carbone généré par une activité humaine, puis de l’évaluer en numéraire, sur la base du prix du carbone. Une fois le fonds constitué et alimenté, il sera utilisé pour financer des projets permettant la capture ou, la réduction des émissions des gaz à effet de serre, tel que la replantation de la forêt des Landes.

Le premier projet soumis à compensation par le biais de ce fonds est la construction de l’A65 Bordeaux-Pau qui, selon les évaluations des associations environnementales, aurait rejeté environ 1 million de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Le reste est arithmétique : le prix de la tonne de CO2 se situant à environ 14 euros, la compensation totale de l’A65 se chiffrerait donc à 14 millions d’euros. Mais la contribution au fonds ne se base que « sur un acte volontaire et citoyen. Ce n’est pas une taxe » a tenu à préciser le Président du Conseil régional.

« Un élan citoyen écologique et économique »

Annonçant une participation de la région à hauteur de 5 millions d’euros pour la période 2010- 2015, Alain Rousset invite les parties prenantes ou futurs bénéficiaires de l’A65 à participer à « cet élan citoyen écologique et économique ». Par ailleurs, Lire la suite

Claude Allègre : L’écologie non productive, c’est quoi ?

liberation.fr, Claude Allègre, ancien ministre, le 17 juillet 2009

L’écologie non productive, c’est quoi ?

Présentant la fondation que je suis entrain de créer avec pour titre Ecologie productive, un journaliste s’est interrogé. Qu’est ce que l’écologie non-productive ? Il m’incombait donc d’éclairer sa lanterne.

L’écologie productive est la démarche qui consiste à résoudre les problèmes écologiques en créant de nouveaux emplois et de nouvelles richesses. C’est ce que l’on appelle parfois la croissance verte, concept que j’ai contribué à définir et à développer depuis vingt ans (dans mes livres Economiser la planète, Fayard, 1990 et Ecologie des villes, écologie des champs, Fayard, 1993). Cette démarche s’oppose radicalement à la vision, hélas très répandue, qui a vu le jour dans les années 1970 avec le fameux rapport du Club de Rome «Halte à la croissance» et qui s’est prolongée plus récemment avec les concepts de décroissance et de frugalité prospective, qui constituent la base du livre de Nicolas Hulot le Pacte écologique aussi bien que le programme des Verts.

A une écologie dénonciatrice et punitive, qui ne voit l’écologie que comme l’annonce de catastrophes, la multiplication de taxes, des interdictions diverses et, l’arrêt du progrès, («le progrès pose problème», écrit Hulot), nous souhaitons substituer une écologie de la création, de l’invention, du dépassement, de la réparation qui débouche sur la croissance économique en même temps que l’établissement d’une certaine harmonie entre l’homme et la nature mais dans laquelle l’homme n’est jamais sacrifié aux exigences écologiques.

Prenons trois exemples pour illustrer cette démarche. L’énergie nucléaire est à l’évidence une source d’énergie essentielle à notre développement futur et l’on ne dénoncera jamais assez les dommages créés à l’Europe par les verts allemands en interdisant à ce pays cette source d’énergie ! Mais peut-on, d’un autre côté, ignorer qu’avec la technologie actuelle nous produisons des déchets potentiellement dangereux et que les réserves d’uranium ne dépassent pas un siècle ? La solution ce n’est pas l’abandon du nucléaire, c’est de développer la technologie dite de «quatrième génération» qui utilisera 97 % de l’uranium multipliant les réserves par 100 et qui détruira les déchets à vie longue rendant cette filière plus sûre.

Second exemple, les pesticides, insecticides et engrais. Il est exact que le développement excessif de la «chimie agricole» a conduit à créer des problèmes de pollution alimentaire pour les humains, les animaux domestiques mais aussi les animaux sauvages. La décroissance des populations d’oiseaux, des rivières trouve sans aucun doute sa source dans la pollution. Faire semblant de l’ignorer n’est pas responsable pas plus qu’accuser les agriculteurs et leur interdire les moyens de continuer a être compétitifs sur un marché désormais international de plus en plus sévère. La solution, c’est de développer les plantes génétiquement modifiées qui permettront d’éviter les pesticides, les insecticides, en partie les engrais et qui permettront de minimiser les besoins en eaux ou les contraintes de salinité. L’avenir de l’agriculture est là !

Troisième exemple, le contrôle du gaz carbonique. Laissons de côté la question des prévisions climatiques car elle sera réglée par les faits d’observations à condition de ne pas les masquer (pourquoi cache-t-on ces jours-ci le fait que la banquise arctique Lire la suite

L’innovation au cœur de la crise… et de la reprise

blogs.lesechos.fr, Philippe Escande, le 20 juillet 2009

L’innovation au cœur de la crise… et de la reprise

Au cœur des grandes crises économiques, se love toujours un couple infernal, celui formé par l’innovation, entendue comme une invention qui trouve son marché, et son double, la consommation. C’est cet extraordinaire mouvement qui traverse les siècles et reste central dans l’explication de nos déboires actuels, que raconte le nouvel et foisonnant ouvrage des économistes Jean-Hervé Lorenzi et Alain Villemeur (1).

Quel rapport entre la crise actuelle et l’innovation ? Côté pile, l’innovation est un peu responsable de nos malheurs. Ce sont les technologies de l’information, grande révolution industrielle de la fin du siècle dernier, qui ont permis la circulation continue des capitaux, l’imagination financière débridée et la connexion en temps réel de toutes les économies de la planète.
Côté face, le choc de l’environnement et des matières premières nous renvoie aujourd’hui en pleine figure l’impréparation de nos sociétés à des mouvements pourtant visibles depuis de nombreuses années. On n’a pas assez innové dans ce domaine. C’est pourquoi, pour les auteurs, le tremblement de terre actuel n’est pas uniquement une crise de la demande et de la finance, comme l’affirment certains, mais aussi une crise de la consommation et de l’innovation. D’un coup, il n’y a plus adéquation entre le consommateur, ses désirs, ses moyens financiers et les produits qu’on lui propose. La norme de consommation est en train de changer.

L’économiste David Flacher distingue 4 normes dans l’histoire récente. La première, la plus rudimentaire, était celle d’avant le XVII siècle, la seconde est apparue au XVIII avec le développement fantastique des indiennes, ces cotonnades venues d’Asie, mais aussi de la porcelaine. On passe de l’inusable au cassable et l’on découvre la mode. La troisième norme est celle du XIX, caractérisée par l’apparition d’un début de classe moyenne avide de produits moins haut de gamme, plus industriels, donc moins chers. La quatrième est la société de consommation de l’après-guerre, enfantée dans la douleur par la crise de 1929. Celle-ci est née d’une inadéquation entre une innovation technologique et industrielle débridée, notamment dans l’automobile, face à l’absence d’une vraie classe moyenne solvable. Les profits des entreprises, insuffisamment redistribués, ont alimenté une spéculation boursière effrénée. Dix ans de récession et une guerre ont été nécessaires pour donner naissance à une grande classe moyenne qui a alimenté la croissance des Trente Glorieuses.
La mondialisation a cassé ce progrès continu, maintenu artificiellement par l’endettement au début des années 2000. Une nouvelle norme émerge donc avec de nouveaux besoins, plus qualitatifs, plus en phase avec les nouvelles préoccupations mondiales, du moins dans les pays développés : l’énergie, l’écologie, la démographie et le vieillissement. Or l’histoire nous enseigne que ces normes de consommation ne naissent pas des innovations mais souvent les précèdent, puis les accompagnent et les attisent, comme le vent sur la braise. La folie des indiennes du XVIII siècle a créé le terreau pour le développement de l’industrie du tissage, point de départ de la première révolution industrielle. C’est donc maintenant que se jouent les vingt prochaines années et qu’il faut mettre en place des structures et des moyens pour favoriser et accélérer l’émergence de cette nouvelle innovation répondant à ces nouveaux besoins. Cela passe à la fois par une stimulation financière forte. On en trouve la trace dans de nombreux plans de relance, en Amérique, au Japon ou en Corée.
Mais cela demande aussi la mise en place de ce qu’Alain Villemeur appelle le « système d’innovation ». C’est-à-dire l’environnement favorable au Lire la suite

Energies renouvelables : un recueil d’expériences européennes

projetdeterritoire.com, Jérémie Bernard, le 7 juillet 2009

Energies renouvelables : un recueil d’expériences européennes

Vous voulez connaitre des initiatives européennes dans le domaine de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables ? C’est désormais possible en téléchargeant de nouvelles brochures en ligne sur le site de  l’Agence exécutive pour la compétitivité et l’innovation (1). Elles présentent les projets d’innovation qui ont été cofinancé par le programme Energie intelligente Europe (EIE) dans le domaine de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, en particulier dans les secteurs du bâtiment, de l’industrie, des transports,… Ces brochures thématiques (éducation, transport, industrie, bâtiments, etc.) sont disponibles en français et peuvent être commandées en format papier si vous souhaitez contribuer à leur diffusion. Chacune d’elles présentent entre 15 et 50 projets de tous les pays d’Europe. Une fiche décrit chaque projet – partenaires, objectifs, financements, résultats – et renvoie vers un site sur lequel de nombreuses informations complémentaires sont disponibles (notamment des enseignements issus de bonnes pratiques).

[1] L’agence exécutive pour l’énergie intelligente (EACI) est une agence de l’Union européenne chargée de la mise en place de programmes et d’initiatives dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’environnement, de la compétitivité et de l’innovation.

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Voyage dans l’innovation sociale britannique (1/3) : Qu’est-ce que l’innovation sociale ?

internetactu.net, Hubert Guillaud, le 5 juin 2009

Voyage dans l’innovation sociale britannique (1/3) : Qu’est-ce que l’innovation sociale ?

A l’occasion d’un voyage d’études organisé par la 27e Région, nous sommes allés à la découverte de l’innovation sociale britannique, en rencontrant la plupart des cabinets de design et les principaux acteurs qui participent à redéfinir le rôle des usagers dans les services publics. Comment l’innovation s’inscrit-elle concrètement dans la vie des gens ? Peut-on faire de l’innovation sans technologie ? L’innovation sert-elle à faire de la politique ? Immersion.

L’innovation sociale : redonner le pouvoir aux utilisateurs

L’innovation sociale désigne un ensemble de stratégies, de concepts, d’idées et de formes d’organisation qui cherchent à étendre et renforcer le rôle de la société civile dans la réponse à la diversité des besoins sociaux (éducation, culture, santé…). Dans ce vaste creuset, le terme désigne à la fois des techniques et processus d’innovation et des innovations elles-mêmes (comme le microcrédit, l’apprentissage à distance…) ainsi que tout le champ d’action que cette innovation recouvre : entrepreneuriat social, mouvement coopératif, et plus généralement l’économie sociale et solidaire, comme on l’appelle plus traditionnellement en France ; un terme qui désigne à la fois les organisations qui jouent ce rôle et les processus qui expérimentent de nouveaux “modèles” de fonctionnement de l’économie (comme le commerce équitable ou l’insertion par l’activité économique). Le périmètre de l’innovation sociale est à la fois plus vaste et plus précis que celui de la démocratie participative à la française, qui concerne surtout le moment de la prise de décision politique.

Image : L’un des slogans du cabinet Think Public, tiré de leur plaquette de présentation : “Nous pensons que les gens qui utilisent et délivrent des services ont l’expérience et les idées pour les améliorer”.

L’innovation sociale est un mode de pensée qui met l’accent sur la personnalisation et la cocréation, explique Catherine Fieschi directrice de CounterPoint, le think tank du British Council, l’agence britannique internationale chargée des échanges éducatifs et des relations culturelles (et ancienne directrice de Demos, un think tank britannique lui aussi spécialisé sur ce sujet, comme elle nous le confiait en mai 2008). C’est-à-dire que l’individu est appelé à cocréer les biens et services collectifs qu’il veut utiliser et ne pas en être seulement consommateur. Le projet consiste à redonner du pouvoir à l’utilisateur, l’aider à s’émanciper, développer ses “capacités” ou plus précisément encore développer sacapacitation“, c’est-à-dire faire que chacun exprime et cherche des solutions à ses demandes individuelles tout en créant de nouvelles formes de sociabilité pour éviter de se diriger vers une société trop fragmentée.

L’idée qui sous-tend le principe de l’innovation sociale est d’autonomiser l’individu tout en renforçant le lien social, en mettant l’accent sur l’analyse des comportements pour mieux y répondre. Pour Charles Leadbeater de Participlequi travaille notamment à construire des solutions sociales pour les plus âgés -, si nous concevons l’innovation sociale comme nous concevons un bien de consommation, nous allons rater l’essentiel. “Les professionnels ont tendance à penser que les solutions aux problèmes passent toujours par l’augmentation des moyens consacrés aux solutions traditionnelles et professionnelles : si nous voulons plus de sécurité, il faut plus de policiers, si nous voulons une meilleure école, il faut plus de professeurs, si nous voulons un meilleur système de soin, il faut plus de services et de personnels… Quand on a un problème de service public, on a tendance à vouloir y répondre par plus de services publics, alors que bien souvent les solutions sont ailleurs.” Et de prendre l’exemple de la diminution des incendies domestiques. Faut-il mieux équiper les pompiers pour qu’ils puissent maîtriser les incendies ou développer des programmes d’installation de détecteurs de fumée ou de raccordement des appareils ménagers au gaz de ville… ou encore convaincre les gens d’arrêter de fumer ? “La solution ne consiste pas toujours à réorganiser les services, mais plutôt de regarder les besoins et les demandes des gens. Portons le regard sur les utilisateurs plutôt que sur le système en place”, assure le consultant.

Pour l’agence de design social Think Public, l’innovation sociale consiste à impliquer les gens dans les processus d’amélioration, de rénovation et de création des services publics. Là encore, il s’agit de Lire la suite