Patrick Artus de NATIXIS : « Le pétrole restera cher et même extrêmement cher »

lemonde.fr, propos recueillis par Alain Faujas, le 2 février 2011

http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=ae398500f046d8e8a7b56f79a9922b7357ce80fa473ff2b5

Patrick Artus « Le pétrole restera cher et même extrêmement cher »

Poussé par la crise égyptienne, le baril de Brent a franchi, lundi 31 janvier à Londres, la barre des 100 dollars, au plus haut depuis plus deux ans. Patrick Artus, directeur de la recherche de la banque Natixis, revient sur les raisons et les conséquences de cette hausse.

Pourquoi le prix du baril dépasse-t-il à nouveau les 100 dollars ?

Toutes les matières premières sont en hausse depuis début 2009 et le phénomène s’est accéléré en 2010. Mais les causes ne sont pas les mêmes. Dans les cas des métaux ou des céréales, les banques privées et les fonds d’investissements destinés aux particuliers poussent ceux-ci à y investir.

Dans le cas du pétrole, on ne constate pas de positions financières importantes. En revanche, la demande a progressé en un an de presque 3 %, alors que la production stagne. Il existe bien un spéculateur, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui crée la rareté en refusant de suivre la demande. Son argumentaire est le suivant : « Pourquoi voulez-vous que nous extrayions plus de barils pour recevoir en échange un dollar qui se déprécie ? Nous préférons conserver notre pétrole sous terre dans l’attente d’une meilleure rémunération. »

Le baril à 100 dollars est-il une catastrophe pour les pays consommateurs ?

C’est un énorme problème pour les pays développés. Mais la situation est très différente des chocs pétroliers de 1974 et de 1980 : les salaires étaient alors indexés sur l’évolution des prix. Aujourd’hui, les salariés ne bénéficient plus d’un rapport de forces favorable et les profits ont la part belle. Calculons : le déficit en énergie de la zone euro représente 2,5 % du produit intérieur brut (PIB). Imaginons que le pétrole reste à 100 dollars, contre 80 en moyenne en 2010, et que l’euro baisse de 10 % ; rapporté aux 2,5 % de PIB, cela donne 0,75 % de PIB perdu. Affinons encore : quand nous achetons pour 100 euros aux pays pétroliers, nous leur vendons environ 40 euros de biens divers, soit 60 % de déficit. Rapporté au 0,75 % de PIB perdu, ce rattrapage réduit la perte de croissance à un demi-point. Cela fait mal, sauf aux pays exportateurs comme l’Allemagne. Pour les pays en développement, la réalité est tout autre. Ce n’est pas la hausse du prix du pétrole qui les plombe, mais celle de l’alimentation, qui pèse un tiers dans les dépenses des ménages.

Jusqu’où le prix du baril montera-t-il ?

Pour l’heure, ce n’est donc pas une question de ressources, puisque la capacité de production est de 4 millions de barils/jour au-dessus de la demande mondiale de pétrole. En revanche, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et les pétroliers nous annoncent que celle-ci va croître de 1,5 % par an et la capacité de production de 0,4 %. Dans cinq ans, au prix actuel, nous serons en présence d’une insuffisance physique. Nous manquerons de pétrole. Compte tenu de l’élasticité faible de la consommation pétrolière par rapport au prix, soit 0,005, il faudrait que les prix augmentent jusqu’à 200 dollars en 2020 pour susciter les investissements qui permettraient une hausse plus rapide de la production. On peut prédire que le pétrole restera cher et même extrêmement cher.

Peut-on maîtriser les fluctuations des cours des matières premières – dont le pétrole -, comme le souhaite l’Elysée ?

En matière de métaux ou de denrées alimentaires, il serait sage de Lire la suite

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Cdurable.info, David Naulin, vendredi 28 janvier 2011

http://www.cdurable.info/Rapport-25-propositions-pour-une-consommation-durable-Centre-Analyse-Strategique,3223.html

Les études réalisées par le Crédoc montrent que nous sommes de plus en plus nombreux à avoir conscience de la nécessité de protéger notre planète et de s’engager vers le développement durable, mais, que seule une minorité d’entre nous agit en ce sens. Le paradoxe est encore plus important dans la consommation. Les « consomm’acteurs », qui privilégient au moins occasionnellement les produits issus du commerce équitable, de l’agriculture biologique ou de circuits de production régionaux, ne représenteraient environ que 20 % de la population. Face à ces constats, le gouvernement a souhaité que le Centre d’analyse stratégique (CAS) établisse le bilan des pratiques actuelles de « consommation durable », explicite les leviers d’action dont dispose la puissance publique pour modifier les pratiques en faveur d’une consommation plus durable et propose des recommandations en ce sens. Commandé par le Gouvernement, ce rapport du groupe de travail présidé par Elisabeth Laville, présente 25 recommandations pour diffuser pleinement les réflexes de consommation durable au sein de la société française.

Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

Encourager les initiatives pionnières de terrain dans une logique « ascendante »

Soutenir l’innovation au service de la consommation durable

Mettre en place les outils économiques nécessaires

Encourager l’État et les collectivités territoriales à adopter des politiques de consommation et de commande publique durables

Assurer un suivi pérenne de la politique nationale de consommation durable

Télécharger le rapport

Synthèse du rapport

Avant toute politique de consommation durable, il s’agit de déterminer dans quelle mesure une alternative au modèle de la « consommation-accumulation » est possible. Il ne s’agit aucunement de prôner l’émergence d’une société de la décroissance, qui ne serait compatible ni avec la prospérité de l’économie française ni avec la soutenabilité de notre endettement. Si une évolution vers une société durable doit être amorcée le plus tôt possible, elle ne doit pas être imposée brutalement. Elle devra être suffisamment attractive pour motiver les changements de comportements et se construire en collaboration avec les parties prenantes, comme le souligne le récent livre de Dominique Bourg et Kerry Whiteside, qui propose de « repenser la démocratie » pour répondre au défi écologique [1]. Une politique de consommation durable ne peut de fait se concevoir que dans la mesure où elle s’intègre dans la vision partagée d’une société qui relativise l’importance de la consommation dans nos vies, nos relations sociales, notre culture.

Nous devons faire décroître dès aujourd’hui notre impact environnemental, nos émissions de gaz à effet de serre et les prélèvements de ressources naturelles de manière sélective, dans certains secteurs. Dans le même temps, il est urgent d’explorer les opportunités de croissance liées à la consommation de produits et services durables, innovants (économie de fonctionnalité, écoconception, circuits courts…). Les fondements d’une politique spécifique de consommation durable pourraient donc être posés sous forme d’objectifs simples visant à réduire l’impact des modes de consommation français, en concertation avec les parties prenantes. Cette stratégie devra ensuite être déclinée dans des secteurs prioritaires compte tenu de leur impact (essentiellement l’alimentation, le logement dont l’électronique, le transport dont le tourisme).

L’implication de l’ensemble des acteurs, notamment des ménages dont la contrainte de revenu est la plus forte, est un aspect central et devra conduire à adopter des approches différenciées pour qu’ils ne restent pas à l’écart de cette politique.

Plusieurs facteurs devront être pris en compte pour assurer son efficacité :

  • reconnaître la consommation durable comme un sujet à part entière ;
  • considérer l’ensemble du cycle de vie des produits et services ;
  • instituer une gouvernance mêlant l’approche descendante traditionnelle (réglementation, contrôle, information, incitation, etc.) à une approche plus ascendante, volontaire, participative, à l’écoute des initiatives innovantes, en soutien des groupes sociaux pionniers et déjà convaincus, qui peuvent avoir un effet d’entraînement ;
  • faire évoluer notre modèle de consommation en s’appuyant sur des relais culturels ;
  • adapter la stratégie aux évolutions sociales et technologiques ;
  • viser la réorientation des comportements des producteurs et des consommateurs à long terme.
  • Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

L’éducation à la consommation devrait amener chaque citoyen, à tout âge, à intégrer le développement durable dans ses réflexes et habitudes de consommation. L’une des difficultés consistera à Lire la suite

Prochaine réunion mensuelle de Gironde en transition le mardi 1er février 2011 à 19h00 à la MNE Bordeaux-Aquitaine – L’après-pétrole a commencé… en 2006 ! C’est confirmé !

Prochaine réunion mensuelle de Gironde en transition le mardi 1er février 2011 à 19h00 à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, 3 rue de Tauzia à Bordeaux, suivi d’un pique-nique partagé tiré du sac. Ouvert à toutes et à tous.

EDITO [imagine 83 – janvier & février 2011]

http://www.imagine-magazine.com/lire/spip.php?article1287

La Transition

L’après-pétrole a commencé… en 2006 ! C’est confirmé !

2006 fut l’année du pic pétrolier. Et maintenant, que fait-on ? Le mouvement de la transition a lancé un séduisant plan B : il propose une renaissance économique, culturelle et sociale, par une relocalisation de l’économie. En se passant progressivement du pétrole et, surtout, en valorisant tous les talents. Une piste à découvrir !

Le pic pétrolier a eu lieu en 2006 ! C’est l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui l’annonce dans le World Energy Outlook 2010, son rapport annuel publié le 9 novembre dernier [1] Le pic pétrolier, c’est ce moment où la production commence à plafonner et puis à décroître, et cela à l’échelle de la planète entière. Dans une économie mondiale fondée sur le pétrole, le temps est donc venu de se poser des questions de civilisation !

La fin du pétrole abondant et bon marché

Dans les années 40, le géophysicien Hubbert suggéra que la production d’une matière première donnée, et en particulier du pétrole, suivait une courbe en forme de cloche (voir ci-contre). L’extrapolation de la première partie de la courbe devait permettre de la dessiner complètement. Et donc de déduire les réserves de pétrole d’une région donnée, ainsi que le maximum de sa production. Pour confirmer son hypothèse, Hubbert annonça que la production de pétrole des Etats-Unis atteindrait son niveau maximal en 1970. Sa présentation fut oubliée… jusqu’en 1971, année où la production américaine atteignit effectivement son maximum, puis déclina, confirmant l’hypothèse du pic de Hubbert. Depuis lors, si la communauté internationale s’est trouvée d’accord pour dire que ce pic allait arriver pour toutes les réserves pétrolières de la planète, il restait à en déterminer la date.
Les spécialistes de l’Aspo [2] annonçaient comme imminente l’arrivée du pic pétrolier, et depuis peu, les plus clairvoyants n’hésitaient pas à affirmer que nous étions « déjà dedans ».
La confirmation est aujourd’hui apportée par le secteur lui-même : le « pic historique » a été franchi en 2006 et la production de pétrole conventionnel n’augmentera « plus jamais  », précise le rapport 2010 de l’Agence internationale de l’énergie.

Cette importante nouvelle n’a pas vraiment fait les grands titres de l’information internationale. « Il y a bien eu quelques papiers plus ou moins inquiets », relève Matthieu Auzanneau, un journaliste indépendant, sur son blog spécialisé [3]. L’AIE prévoit que « la production de pétrole brut se stabilise plus ou moins autour de 68-69 Mb/j (millions de barils par jour) à l’horizon 2020, mais ne retrouve jamais le niveau record de 70 Mb/j qu’elle a atteint en 2006 », relève pour sa part Hervé Kempf, dans un petit article du journal Le Monde marquant l’événement [4].

Pas de panique toutefois : on ne verra pas les stations-service à sec dès demain. Les prix, par contre, risquent bien de monter progressivement. La surconsommation de biens en tous genres, dont beaucoup fabriqués à partir ou consommant des produits pétroliers (avions, autos, plastiques, agriculture intensive, chimie…), continuant à être présentée comme « le » moyen d’accéder au bonheur, chacun revendique – bien légitimement – sa part d’or noir. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que demain, par on ne sait quel coup de baguette magique, nos économies dépendantes puissent se passer de pétrole bon marché.

Le début d’un pétrole encore plus polluant ?

Le déclin rapide de la production de pétrole bon marché risque de ne pas être une sinécure pour les populations, si on ne s’y prépare pas dès aujourd’hui. Les plus pauvres seront les premiers à souffrir de la pénurie. Et les risques de conflits, notamment pour les ressources, sont évidents. Il semble que, pour les politiques, soumis aux échéances électorales tous les quatre ou cinq ans, le pic pétrolier soit une question à trop long terme pour être véritablement prise en considération. Se saisir de cette question à bras-le-corps serait en effet choisir de ramer à contre-courant des grandes industries du secteur (pétrole, gaz, automobile…), qui disposent de la puissance de la propagande publicitaire, et qui font tout pour nier l’évidence, dans le but de prolonger autant que possible le business as usual. Car, malgré l’arrivée du pic, le secteur pétrolier prévoit – ce qui est un comble – une augmentation de la production de pétrole et de gaz d’ici 2035 ! Pour y arriver, les pétroliers comptent sur l’exploitation des ressources non conventionnelles, comme les sables bitumineux du Canada, et sur une augmentation de la production de gaz liquide, notamment pour les transports. Mais le secteur table surtout sur l’exploitation de nouveaux gisements situés dans les zones maritimes à grandes profondeurs, ainsi que dans l’océan Arctique (voir le graphique ci-dessous dans l’article d’origine).

L’important à noter dans ce graphique est bien sûr le Lire la suite

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

vertigo.revues.org, volume 10, numéro 2, Emmanuel Pezrès, septembre 2010

http://vertigo.revues.org/9941

Volume 10 numéro 2 | septembre 2010

Dossier : L’agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le développement des villes et des communautés

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

La permaculture est souvent considérée comme un procédé « alternatif » de production alimentaire écologique en ville ou à la campagne. Cependant, et bien que la définition et les principes de la permaculture soient en constante évolution, il apparaît que la permaculture n’est pas simplement une autre façon de jardiner, mais une autre façon de concevoir le monde. Considérant la place de la permaculture dans le processus de l’agriculture urbaine, nous remarquons que la conception permaculturelle est, bien entendu, différent de l’agriculture conventionnelle, mais nous observons également que le projet permaculturel est fondamentalement différente de l’urbanisme. De là, face à la crise écologique mondiale croissante, nous interrogeons la permaculture comme une possibilité de re-conception de la structure urbaine existante. Enfin, nous nous questionnons sur les bases épistémologiques de la permaculture en vue de susciter un changement philosophique et matériel global.

Plan

La permaculture : une définition en mouvement.

Permaculture versus urbanisme.

La permaculture et la culture de la ville.

Le travail permaculturel de l’urbain

Cultiver un paradigme alternatif.

1. Stimulée par une recherche contemporaine de relations environnementales et collectives plus harmonieuses, l’ambition d’une agriculture intégrée à des cycles écologiques durables rencontre un souhait citoyen de réinvestir la ville. Les expériences présentes de permaculture et leurs développements dans le mouvement des villes en transition tendent vers ces objectifs. Cet article, prolongeant les potentialités d’aménagement de l’agriculture urbaine au travers de la permaculture se propose de décrire les possibilités de mise en œuvre de production de « cultures alternatives » dans leurs sens le plus large. Pour cela, nous essayerons d’abord de définir la permaculture à partir d’elle-même. Puis, nous chercherons sa spécificité dans ses contrastes avec les disciplines qui travaillent l’agriculture urbaine : l’agriculture et l’urbanisme. Ensuite, nous envisagerons la permaculture, non plus comme seule méthode d’agriculture dans la ville, mais comme une méthode de conception de l’urbain. Enfin, la dernière partie exposera la possibilité de création d’une autre façon de vivre la ville et la mise en place d’une nouvelle urbanité qui pourrait être aussi un nouveau paradigme civilisationnel.

La permaculture : une définition en mouvement.

2. Afin d’éviter que la permaculture ne soit réduite à une simple modalité de l’agriculture urbaine, il nous faut d’abord essayer de définir ce qu’elle est et quel est son objet. Toutefois, fixer le concept de permaculture n’est pas forcément possible car sa définition est mouvante, elle varie selon les auteurs et évolue avec le temps. Du mot, on peut dire qu’il a été formé dans les années soixante-dix, par Mollison et Holmgren à partir de deux termes anglais : « permanent » et « agriculture ». Les créateurs du concept définissent en premier lieu la permaculture comme « (…) un système évolutif intégré, d’auto-perpétuation d’espèces végétales et animales utiles à l’homme. C’est, dans son essence, un écosystème agricole complet, façonné sur des exemples existants, mais plus simples » (1986 :15). Cependant au lieu de rester classiquement dans le domaine agricole comme pourrait le faire l’agriculture biologique, le premier et unique livre en commun des deux co-inventeurs du terme permaculture, lui donne tout de suite un champ d’action plus large : « Nous n’avons pas voulu établir un schéma fixe et dogmatique mais un modèle qui intègre plusieurs principes appartenant à de nombreuses disciplines l’écologie, la conservation de l’énergie, l’aménagement du paysage, la rénovation urbaine, l’architecture, l’agriculture (sous tous ses aspects) et les théories de localisation en géographie. » (1986 :16). De même, bien que l’élaboration du concept de permaculture et son étude, soit d’abord destinés à une population ayant Lire la suite

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

terrecooperative.ouvaton.org, Alain Marcom, le 13 avril 2008

http://terrecooperative.ouvaton.org/spip.php?article24

Ce texte fait partie du « Petit Précis d’Agroécologie » Nourriture, Autonomie, Paysannerie, sous la direction de Silvia Perez-Vitoria et Eduardo Sevilla Guzman, édité par La Ligne d’Horizon, 7 villa Bourgeois 92240 Malakoff et qu’on peut le commander pour la somme redoutable de 6 € + frais de port

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

Jusqu’en 1750, origine de la mécanisation, les maisons de la grande majorité de la population mondiale étaient forcément des maisons à faible impact environnemental. Elles étaient issues de matériaux de proximité, montés avec un savoir faire local et dans le cadre d’une économie faiblement marchande. Le travail de mise en oeuvre était basé sur la consommation d’une énergie métabolique humaine ou animale. On était parfois aidé par les cours d’eau ou le vent à fin de transport ou d’aide mécanique au sciage des arbres ou de taille des pierres, pour la très ténue minorité des puissants économiques, politiques ou religieux.

Mais pour l’immense majorité de l’humanité, c’était le contexte général de l’architecture de cueillette. Ce qui ne servait pas, voire ce qui gênait dans l’agriculture, était utilisé en construction. On gérait plus qu’on ne cultivait des matériaux comme le bois ou les roseaux. On construisait avec les pierres qui affleuraient à la surface du champ et avec la terre des coins les moins fertiles. L’impact environnemental principal était du à la cuisson de la terre pour les briques ou les tuiles, et à la cuisson de la chaux, dans les régions où ces cuissons étaient pratiquées. Mais ces derniers matériaux étaient utilisés avec une grande parcimonie, surtout que la population mondiale était bien inférieure à la population actuelle, puisqu’elle n’atteint son premier millard d’habitants qu’au début du 19 ème siécle….

Seuls les monuments, bâtiments des puissants, s’exonéraient de cette pratique par l’importation de matières venues de loin, quand les matériaux locaux n’étaient pas assez prestigieux et coûteux pour éblouir les passants. En effet les matières pour construire étaient, et restent encore aujourd’hui lourdes et leur transport avant le règne des camions, des autoroutes et du pétrole, avait un coût considérable. A partir de 1850, la machine thermique a peu à peu permis de transformer la matière, de la transporter plus facilement sur de plus grandes distances. Le train, l’acier, le bateau à vapeur, le ciment, les engins de carrière ont transformé les matériaux et les savoir faire dans les pays en voie d’industrialisation tout au long du 19 ème siècle.

La croissance des villes dans le « premier monde » a participé à la naissance d’un marché du travail dans le bâtiment. Un secteur important de l’économie est né à partir de la révolution industrielle. Alors que le ciment est inventé au début du 19 ème, c’est vers le milieu de ce siècle qu’est déposé le premier brevet du béton armé, et c’est dans la dernière décennie du 19 ème qu’on voit apparaître des chantiers de construction d’immeubles en béton armé en Belgique, chantiers effectués par des entreprises allemandes. A ce moment, nous sommes au début de l’« art nouveau », et ce sont les capacités plastiques du béton qui sont recherchées.

L’industrialisation du bâtiment en France

La reconstruction après la première guerre mondiale a vu la première tentative de bétonnisation dans le Nord Est de la France. Cette tentative parfaitement réussie du point de vue économique, fera du chemin, bien que la ligne Maginot ait peu convaincu. L’occupation allemande, avec le chantier du mur de l’Atlantique a confirmé le formidable potentiel du béton et la facilité de façonnage, aussi appelée formation, de la main d’oeuvre. C’est fort de ces réussites économiques et mécaniques resplendissantes que le gouvernement provisoire de 1944 va se lancer dans une stratégie d’industrialisation à outrance sous prétexte de « reconstruction ». Les écoles d’ingénieurs formatés à ce projet, et les recherches pour la modélisation de ce matériau emblématique de la modernité, vont fleurir un peu partout en France.

Les tâches de la chaîne de production du bâti vont être finement découpées et séparées, atomisées, taylorisées. C’est à l’aune de la flèche de la grue que vont se concevoir les cités de banlieue. De véritables usines de béton armé vont se monter à une extrémité du chemin de grue. Celle-ci distribuera les coffrages-tunnels ou les éléments préfabriqués au bout de sa flèche de chaque côté du rail, donnant naissance à deux barres parallèles. Sur ce process industriel de conception et de réalisation, un peu partout des cités des mille, deux mille, jusqu’à quatre mille logements vont être construites. La puissance publique ne va pas ménager ses commandes, en cités-dortoirs de banlieue, hôpitaux, écoles, bâtiment administratifs, barrages, ponts, etc… Le béton über alles établira de la sorte sa domination actuellement encore sans partage. Un hasard bien planifié fait donc que nous avons aujourd’hui en France les deux plus puissants groupes de bâtiment mondiaux, et le premier producteur mondial de ciment.

De l’autre côté du Rhin, la tradition fédéraliste a engagé l’Allemagne dans une autre stratégie. Le montant des destructions était bien supérieur là-bas qu’ici. Mais là bas on a investi les fonds du plan Marshall dans le redressement du capital industriel lourd. Les régions, avec de très faibles moyens, ont eu en charge la « reconstruction ». Ainsi, on a pu voir des techniques traditionnelles régionales normalisées, et des ouvrages pédagogiques de vulgarisation de techniques constructives simples à base de matériaux peu transformés et de proximité diffusés, favorisant l’autoconstruction, l’apprentissage et la reconstruction d’un tissu économique constitué essentiellement de petites entreprises. L’organisation politique a produit une forme de retour à l’architecture de cueillette. Les savoir faire locaux, Lire la suite

La multiplication des désordres climatiques coûtera très cher aux assureurs

lemonde.fr, Pascale Santi, le 12 décembre 2010

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2000/12/12/la-multiplication-des-desordres-climatiques-coutera-tres-cher-aux-assureurs_126801_3244.html#ens_id=1459414

La multiplication des désordres climatiques coûtera très cher aux assureurs

Lothar et Martin, les noms des deux tempêtes qui ont balayé l’Europe les 26 et 27 décembre 1999, touchant particulièrement la France, resteront dans la mémoire des victimes… et de leurs assureurs. Ils n’avaient pas vu une telle catastrophe depuis plus d’un siècle. Ces tempêtes ont joué le rôle d’un électrochoc. Elles ont fait prendre conscience des conséquences pour la profession de l’assurance des bouleversements climatiques en cours sur la planète. Inondations, coulées de boues, cyclones… se sont multipliés l’an dernier. Le climat de la planète change et augure de vastes bouleversements pour le prochain millénaire.

C’est « une révolution en marche, une nouvelle problématique », selon les termes des assureurs et réassureurs. « Nous sommes entrés dans une période de variations considérables du climat« , a affirmé Alexis Ruset, PDG de Sorema (filiale de réassurance de Groupama), et président de l’association des réassureurs français, aux Entretiens de l’assurance, organisés par la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), lundi 11 décembre.

Ces désordres climatiques vont coûter très cher aux assureurs et aux réassureurs qui partagent le risque. Particulièrement pessimiste, l’allemand Munich Ré, le premier réassureur mondial, affirmait dans la revue Environnement et finance de septembre que, si la tendance actuelle des catastrophes se poursuit sur le même rythme jusqu’en 2065, « l’ensemble des acteurs de l’assurance va droit à la faillite ». De nombreuses compagnies se retrouveraient en faillite du jour au lendemain si elles devaient faire face à une tempête dont les dégâts assurés se monteraient à 100 milliards de dollars.

La FFSA a de son côté effectué des simulations, qui n’ont pas été rendues publiques, se fondant à chaque fois sur deux scénarios climatiques. Les conclusions ne sont guère réjouissantes. S’agissant des tempêtes, le surcoût global pour les cinquante années à venir varierait de 10 milliards de francs (hypothèse la plus optimiste) à 50 milliards de francs (hypothèse la plus pessimiste) pour l’ensemble des dommages aux biens. Pour les inondations, ce n’est guère mieux : le surcoût se situerait cette fois entre 35 et 47 milliards pour l’ensemble du marché dommages aux biens, selon le scénario. Ces deux seuls désordres climatiques pourraient coûter en plus 27,5 à 97 milliards de francs aux assureurs… et donc à leurs clients dans les cinquante ans à venir.

DES TARIFS INADAPTÉS

Selon ces schémas, les tarifs actuels en matière de dommages pour les entreprises et les particuliers ne sont pas du tout adaptés, plaide la profession. Les réassureurs ont déjà augmenté leurs tarifs de 30 % à 50 % et considèrent que cela reste totalement insuffisant. Mais la concurrence très vive entre les compagnies ne leur permet pas d’augmenter aussi brutalement leurs tarifs. Pour contourner la difficulté, les réassureurs mettent au point de nouveaux produits spécialement conçus pour se prémunir contre les conséquences des variations du climat.

Les assureurs sont aujourd’hui convaincus que les catastrophes liées aux modifications climatiques vont se multiplier dans les prochaines années. Si de nombreuses incertitudes scientifiques demeurent, les études sur l’évolution du climat sont plutôt Lire la suite

Hervé Kempf : Transition optimiste – Du pic pétrolier à la résilience

Transition optimiste

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 28 décembre 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/12/28/transition-optimiste_1458454_3232.html

A suivre le courant des affaires du monde, on pourrait croire que, finalement, tout ne va pas si mal. Oui, c’est la crise, il y a des guerres, des chômeurs, des tensions – mais cela a toujours eu lieu, non ? Et tout pourrait continuer de ce pas, grosso modo. Le discours des écologistes est radicalement différent. Ils affirment que, derrière le déroulement usuel des événements, s’approfondissent les fissures qui, transformées en fractures, peuvent mener à la débâcle de la civilisation. Qu’avec le pic pétrolier, notre société fondée sur l’abondance énergétique va rapidement découvrir la restriction, tandis que le changement climatique, par la transformation rapide de la biosphère qu’il prépare, va déstabiliser le système économique.

On comprend que ce catastrophisme assumé soit refoulé par l’idéologie dominante, puisqu’il en dresse le constat d’échec. Mais une autre raison du refoulement est qu’une prévision présentée sous le mode de la fatalité est paralysante. Les écologistes ne parviennent pas encore à proposer une vision positive. Certes, on observe énormément de propositions, d’initiatives et de démarches préparant une façon de vivre collectivement qui permettrait d’éviter la catastrophe – ou de s’y adapter. Mais elles sont disséminées, parcellaires, et donc presque invisibles. Il faut une vision commune et, sans doute, une méthode.

C’est à ce manque que pallie en partie le Manuel de transition, écrit par Rob Hopkins (coédition Silence et Ecosociété, 216 p., 20 €), et qui suscite un intérêt justifié dans le landerneau écologiste. Hopkins a lancé, en 2006, à Totnes, en Angleterre, le réseau des « villes en transition ». Il s’agit de s’organiser en communauté pour mettre en oeuvre la transition vers une économie sobre. La transition comporte un « plan de descente énergétique », la baisse de la consommation d’énergie étant la priorité pour s’adapter aux conditions nouvelles. Le moyen, outre la sobriété matérielle, en est de relocaliser au maximum les activités : il ne s’agit pas d’être totalement autonome, mais de limiter la dépendance aux importations lointaines.

Plusieurs idées rendent attractive la démarche de la transition. Elle ne rejette pas la crise écologique vers les générations futures, mais affirme qu’elle est déjà là, et qu’on n’échappera pas à plusieurs de ses conséquences, même s’il est vital de la limiter. Catastrophiste dans l’analyse, elle est positive dans l’action, force de proposition et de réalisation. Elle ne s’en remet pas à l’individu isolé et impuissant ni à l’Etat lointain et souvent démuni, mais à la communauté agissant collectivement, sur son terrain. Elle est… Lire la suite

Bassin d’Arcachon écologie « entendue, mais pas suffisamment écoutée »

sudouest.fr, David Patsouris, le 22 décembre 2010

http://www.sudouest.fr/2010/12/22/entendue-mais-pas-suffisamment-ecoutee-273348-662.php

Bassin d’Arcachon écologie « entendue, mais pas suffisamment écoutée »

L’association Bassin d’Arcachon écologie a été très active en 2010, notamment sur le dossier du futur pôle de santé qui ouvrira en 2012 à La Teste-de-Buch.

Voilà presque vingt ans que l’association Bassin d’Arcachon écologie (BAE) travaille sur les dossiers environnementaux de la Petite Mer. Jeudi soir, elle dressait le bilan de l’année 2011.

1 Comment travaille l’association ?

Le bénévolat est aussi un sacrifice. Forte d’une grosse centaine de membres, BAE travaille sur des dossiers aussi sensibles que complexes. « Au sein du bureau, nous échangeons des mails tous les jours, explique Françoise Branger la présidente. Il n’y a ni vacances ni jours fériés. Certains membres de BAE sont spécialisés en droit. D’autres ont en main ponctuellement certains dossiers. On essaie de travailler sur les plus urgents. On est toujours sur la brèche. »

La reconnaissance a son revers. Peu à peu depuis 1989, BAE a gagné une réelle légitimité auprès des autorités du Bassin. Du coup, l’association est invitée dans bien des instances. Elle siège au conseil de développement du Pays du bassin d’Arcachon et Val de l’Eyre. Elle participe au comité de suivi du schéma de mise en valeur de la mer, au comité de concertation pour le projet de Parc naturel marin, collabore aux réflexions pour la gestion intégrée des zones côtières lancées par le Département. BAE est aussi membre du conseil de gestion de l’île aux Oiseaux et du comité de gestion des domaines de Certes et Graveyron…

2 Entendue sur le pôle de santé

« Nous sommes parfois écoutés, raconte Françoise Branger, mais pas toujours assez. Si nous l’avions été sur le futur pôle de santé, lorsque nous nous sommes exprimé au moment de l’enquête publique, nous n’aurions pas eu besoin de faire des recours. » Résultat, BAE a été au centre d’une polémique déclenchée par Yves Foulon, président du conseil d’administration de l’hôpital et maire UMP d’Arcachon qui avait jugé ce recours sur le permis « irresponsable ».

« Il fallait absolument préserver le corridor écologique sur ce site inondable et écosensible très proche du canal des Landes, insiste Françoise Branger. Les élus parlent d’environnement, mais les faits sont souvent loin des discours. Ce corridor était identifié par les services de l’état et il n’était pas respecté par ce projet qui aggravait les risques d’inondation et posait problème par rapport à la biodiversité. Notre recours a fait prendre conscience de ces risques. »

Ce fut du travail : « Il y a eu deux mois et demi de négociation, avec Lire la suite

La transition en chemin – Victor Pachon : « Nous sommes à la fin du modèle TGV »

sudouest.com, Jean-Bernard Gilles, le 11 décembre 2010

http://www.sudouest.fr/2010/12/10/victor-pachon-nous-sommes-a-la-fin-du-modele-tgv-263681-4018.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20101211-[zone_info]

Victor Pachon : « Nous sommes à la fin du modèle TGV »

Alors que se tient aujourd’hui samedi  à Bayonne une manifestation contre le projet de ligne nouvelle à grande vitesse, Victor Pachon, un des leaders de la contestation explique pourquoi, selon lui, ce projet est inutile et trop coûteux.

Pourquoi manifestez vous aujourd’hui à Bayonne ?

Nous protestons contre un projet ruineux et inutile. Nous avons calculé qu’il allait coûter environ 5000 euros par foyer fiscal au Pays Basque, que l’on soit riverain ou non de la ligne, compte tenu des emprunts que vont devoir faire les collectivités locales. Les études existantes montrent que nous avons la capacité avec des aménagements mineurs à accueillir les trafics affichés par Réseau ferré de France qui sont surévalués.

Vous contestez les estimations de trafic de Réseau ferré de France ?

Oui énormément. C’est une étude diligentée par la  commission du débat public qui le dit. Le bureau d’études suisse qu’elle a mandaté dit que les chiffres du frêt avancés sont trop optimistes et doivent être revus à la baisse. C’est fondamental car ce sont eux qui justifient la création d’une ligne nouvelle pour RFF. Pour arriver au chiffre de 13 millions  de tonnes de marchandises transitant par Hendaye en 2020, ce qui implique un trafic de 20 millions de tonnes à Bordeaux, il faudrait être fin 2010 à 8 millions de tonnes. Alors que nous enregistrons le trafic est au plus bas depuis 30 ans, soit 1,6 millions de tonnes.

La ligne nouvelle ne serait donc pas nécessaire ?

Nous maintenons que pour le Pays Basque, mais c’est aussi vrai ailleurs au sud ou au sud est de Bordeaux, il y a la place pour le fret, les TER et les trains à grande vitesse sur la même voie. Pour Hendaye Bayonne, nous avons 264 trains de capacités quotidiennes et nous  accueillons une cinquantaine de trains aujourd’hui. Même à dix millions de tonnes de frêt soit 5 fois plus qu’aujourd’hui, les lignes existantes répondent aux besoins.

La grande vitesse ferroviaire irrigue toute la France. Pourquoi, au fond, devrait-elle s’arrêter à Bordeaux ?

La grande vitesse ferroviaire est morte aujourd’hui. Nous sommes à la fin du modèle TGV. En terme associations, CADE, d’aménagement du territoire la grande vitesse est une aberration. Elle va favoriser les grandes métropoles européennes et affaiblir le reste du territoire. Voyez le gigantisme de l’Opération d’intérêt national Euratlantique et son projet 30.000 êtres carrés de bureaux par an pendant 15 ans et la nouvelle ambition métropolitaine bordelaise d’un million d’habitants. Il n’y aura pas de magie. Les populations et les emplois de Bayonne, de Mont de Marsan, de Dax, d’Agen ou d’Angoulême vont être aspirés demain par la métropole bordelaise. Même Toulouse est aujourd’hui inquiète de l’essor bordelais. C’est pourquoi Martin Malvy met autant de conditions à son engagement financier. Le défaut majeur du modèle TGV est qu’il assèche le territoire autour des métropoles. Parfois même les métropoles ne sont pas gagnantes avec la grande vitesse comme Reims, aujourd’hui desservie, et qui Lire la suite

Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ?

http://www.rue89.com/passage-a-lacte/2010/11/30/apres-petrole-et-si-les-habitants-initiaient-la-transition-des-villes-178

rue89.com, Cécile Cailliez  le 30 novembre 2010

Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ?

Les « villes en transition » imaginent la cité de l’après-pétrole, moins dépendante de l’or noir. Une initiative citoyenne d’origine anglo-saxonne qui essaime désormais en France.

Un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) l’a prouvé récemment : les ressources de pétrole s’épuisent indéniablement.

Pire, selon l’AIE, le pic pétrolier, cette phase où la production de pétrole conventionnel sera en déclin par rapport à la demande, serait désormais atteint.

Si l’Agence rassure en tablant sur la découverte et la mise en production de nouveaux champs, le constat est là : il faut dès à présent penser la ville de demain, moins dépendante de l’or noir.

Mais comment envisager l’après-pétrole sans tomber dans le catastrophisme ? Les partis politiques écologiques ont du mal à mobiliser et tous les citoyens ne se reconnaissent pas dans les mouvements associatifs ou décroissants.

La solution : susciter au sein de la communauté un mouvement de réflexion et d’action, s’appuyer sur les ressources et les compétences locales, afin de mettre en place et de diffuser au niveau local les bonnes pratiques.

Comment la mettre en pratique ?

En 2006, à Totnes, une bourgade de 8 000 habitants, Rob Hopkins enseigne la permaculture, une philosophie du développement durable par l’aménagement du territoire et le renforcement de la communauté.

Convaincu de la réalité du pic pétrolier, il tente alors un pari fou : miser sur la participation des habitants pour favoriser la « transition » en douceur de sa ville à l’horizon 2030.

Ainsi naît le mouvement des « villes en transition », qui se fonde avant tout sur la notion de Lire la suite

Hervé Kempf, l’AIE et le pétrole – Le pic a eu lieu en 2006 !

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/23/le-pic-a-eu-lieu-en-2006_1443881_3232.html

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 23 novembre 2010

Le pic pétrolier s’est produit en 2006, indique l’Agence internationale de l’énergie. En bonne logique, cette phrase aurait dû faire la « une » de la presse mondiale, les Bourses auraient chuté, et l’on aurait enfin répondu à la question : « Sachant que ce système est totalement vermoulu, à quel moment en change-t-on ? » La réponse aurait été : « Maintenant ! »

Reprenons les faits. Le pic pétrolier est le moment où la production de pétrole commence à décroître. Depuis une quinzaine d’années, nombre de géologues avertissent de l’imminence de ce moment capital : il signifie en effet que le régime énergétique du monde, fondé sur l’or noir depuis près d’un siècle, va devoir changer radicalement. On ne va pas manquer de carburant du jour au lendemain, mais il va falloir diminuer sa consommation. La théorie du pic pétrolier s’est imposée. Et la question est devenue : quand aura-t-il lieu ?

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de répondre dans son rapport annuel, intitulé World Energy Outlook 2010, publié à la mi-novembre. Elle énonce ainsi sa prévision : « La production de pétrole brut se stabilise plus ou moins autour de 68-69 Mb/j [millions de barils par jour] à l’horizon 2020, mais ne retrouve jamais le niveau record de 70 Mb/j qu’elle a atteint en 2006. » Autrement dit, le pic s’est produit en 2006.

Depuis 2006, justement, il y a eu une forte hausse des prix du pétrole (en partie spéculative), puis une crise économique. Cette augmentation des prix a rentabilisé l’exploitation de pétroles « non conventionnels », tels que les sables bitumineux, qui compensent en partie le déclin du pétrole.

L’AIE prévoit une augmentation mondiale de la consommation d’ici à 2035. Comment la satisfaire ? En pompant davantage les réserves de l’Arabie saoudite, et en développant sables bitumineux, pétrole de l’Arctique et pétrole sous-marin très profond. Problème : ces exploitations sont encore plus polluantes que la production de pétrole classique, et l’on peut douter des capacités de l’Arabie saoudite. Conclusion mezza voce : la crise pétrolière approche à grands pas.

Comment y échapper ? Le moins mauvais des scénarios de l’AIE est dit « 450 » : on limite les émissions de gaz à effet de serre pour ne pas dépasser un réchauffement de 2o C. Il suppose de Lire la suite

Le sommet de Cancun sur le climat s’ouvre sans grand espoir

lemonde.fr, NC, le 29 novembre 2010

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/11/29/le-sommet-de-cancun-sur-le-climat-s-annonce-laborieux_1445512_3244.html

Le sommet de Cancun sur le climat s’ouvre sans grand espoir

Plus de 190 pays se retrouvent lundi au Mexique pour tenter de redynamiser la lutte contre le changement climatique.

L’ONU cherche à donner un nouveau souffle aux négociations sur le changement climatique. A partir du lundi 29 novembre, jusqu’au vendredi 10 décembre, 194 pays se retrouvent à Cancun, au Mexique, pour la 16e Conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Ils vont ainsi tenter de parvenir à un accord visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre et tourner enfin la page de Copenhague, après l’échec de décembre 2009.

Quel est l’objectif du sommet de Cancun ?

L’enjeu de cette 16e conférence, surnommée COP16, est le même que celui de la 15e qui s’était tenue à Copenhague : fixer les règles de l’après-Kyoto. Car le protocole à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, adopté à Kyoto le 11 décembre 1997, fixait des engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et principalement de CO2, par rapport au niveau de 1990, pour la période 2008-2012.

Entré en vigueur en 2005 et ratifié par 183 pays, le traité arrive à échéance le 31 décembre 2012. A Cancun, les délégations doivent plancher sur les bases d’un nouvel accord, pour s’engager à des objectifs pour la période 2013-2020.

Qui va participer aux négociations ?

Les délégations des 194 pays membres de la CCNUCC ont rejoint la station balnéaire mexicaine pour participer aux négociations qui se tiennent au centre des congrès et au Moon Palace, un complexe hôtelier en bord de mer. Mais cette fois, ce ne sont plus les chefs d’Etat et de gouvernement qui conduisent ces délégations, comme pour Copenhague, mais les ministres de l’environnement.

Selon les associations écologistes, cette nouvelle organisation pourrait alléger la pression sur le sommet et faciliter les débats. Les négociations seront orchestrées par la Costaricaine Christiana Figueres, nouvelle secrétaire exécutive de la CCNUCC, qui succède au Néerlandais Yvo de Boer. La délégation européenne sera menée par Joke Schauvliege, la ministre  de l’environnement flamande, tandis que Brice Lalonde se chargera des négociations pour la France.

Quel avait été le bilan de Copenhague ?

Le 18 décembre 2009, après douze jours de négociations, la COP15 s’était soldée par un bilan des plus décevants : un accord non contraignant, signé par seulement 140 pays et obtenu par des négociations de couloirs entre une vingtaine de chefs d’Etat, au premier rang desquels les Etats-Unis et la Chine. Son contenu est par ailleurs loin d’être à la hauteur des attentes que la conférence avait soulevées : s’il réitère la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la « coopération » pour limiter les émissions « aussi tôt que possible ».

En France, comme partout ailleurs dans le monde, associations et partis écologistes avaient dénoncé cet Lire la suite

Action anti-LGV: pour Bizi!, l’heure est à la  »désobéissance civile »

http://www.eitb.com/infos/environnement-et-science/detail/552642/action-anti-lgv-bizi-lheure-est-desobeissance-civile/

eitb.com, rédaction, le 27novembre 2010

Action anti-LGV: pour Bizi!, l’heure est à la  »désobéissance civile »

Affirmant « Nous n’avons pas de planète B » et évoquant l’urgence climatique, Bizi a dénoncé samedi à Bayonne l’impact écologique de la LGV et plaidé pour la modernisation des voies existantes.

Trois activistes du mouvement altermondialiste basque Bizi ont déployé sur la façade de la mairie de Bayonne une immense banderole appelant à la désobéissance civile contre le projet de LGV.

Après avoir descendu en rappel le long de la façade, ils ont rejoint quinze autres militants en bas qui actionnaient une sirène et distribuaient des tracts dans le marché de Noël, critiquant notamment le député-maire UMP de Bayonne, M. Jean Grenet, pour son soutien à la LGV.

Affirmant que « nous n’avons pas de planète B » et évoquant l’urgence climatique, le mouvement altermondialiste basque a voulu ainsi dénoncer l’impact écologique de la LGV et plaider pour la modernisation des voies existantes.

« L’heure est aujourd’hui à la désobéissance civile et il va falloir s’opposer concrètement aux sondages de terrain prévus sur le parcours de la LGV, » a estimé Mattin Ihidope, porte-parole des manifestants de Bizi. « L’heure est également à Lire la suite

Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

bastamag.net, Sophie Chapelle, Chris Jordan, le 25 novembre 2010

http://www.bastamag.net/article1145.html

Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

Tout le monde n’attend pas que gouvernements et chefs d’État s’entendent sur un hypothétique accord pour sauver le climat. Loin de Cancún, où se tiendra le prochain sommet sur le réchauffement climatique, des réseaux associatifs et des municipalités se lancent dans d’ambitieux programmes pour libérer leurs villes de la dépendance pétrolière. Comment font ces « villes en transition » ? Exemple à Boulder, près de Denver, aux États-Unis.

Aux pieds des montagnes Rocheuses, dans le Colorado, la ville de Boulder, tente l’impossible : se libérer du pétrole au pays des road movies, des drive in, de l’essence peu chère… et des plus grosses émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde. L’objectif, pour les 300.000 résidents de ce bastion démocrate, est de passer d’une consommation annuelle de neuf barils de pétrole par personne, à un seul.

L’une des chevilles ouvrières de cette révolution locale s’appelle Michael Brownlee. Ancien journaliste, il a été chercher l’inspiration en Grande-Bretagne, là où est né un étrange mouvement, celui des « villes en transition ». Le concept est lancé en 2006 par un enseignant en permaculture, Rob Hopkins. Celui-ci demande à ses étudiants d’identifier les dépendances au pétrole de la ville de Kinsale, dans le Sud de l’Irlande. Dans la foulée, les chercheurs élaborent un scénario de descente énergétique ambitieux, mais réaliste, d’ici 2030. C’est de cette expérience qu’émerge le concept de « transition ». Le défi est majeur : éviter aux populations les dramatiques conséquences d’un pic pétrolier trop brutal (l’épuisement progressif des ressources pétrolières) et contribuer concrètement à la lutte contre les dérèglements climatiques, sans attendre d’hypothétiques accords internationaux. Le Manuel de Transition : De la dépendance au pétrole à la résilience locale de Rob Hopkins vient d’ailleurs d’être traduit en français (aux éditions Ecosociété avec la revue Silence).

Transition écologique rime avec processus démocratique

À son retour, Michael Brownlee lance le Transition Boulder County pour transformer cette agglomération moyenne en ville « décarbonée ». « Nous avions besoin de modèles à suivre. Le mouvement de la transition nous en fournit un », explique-t-il. Le terrain est favorable. La ville de Boulder et son comté sont déjà en pointe en matière environnementale. Dès 2002, la ville adopte la résolution dite « de Kyoto » pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre [1] puis adopte dans la foulée un plan action climat avec un budget annuel avoisinant un million de dollars. Chaque grande mesure est soumise par référendum à la population. Un premier amendement impose ainsi que 10% de l’énergie consommée provienne Lire la suite

France Nature Environnement – Réchauffement climatique : les français, eux, sont convaincus

France Nature Environnement, le 22 novembre 2010, communiqué de presse

Réchauffement climatique : les français, eux, sont convaincus

Le climat est en train de changer et les rejets anthropiques de gaz à effet de serre ont contribué à ce réchauffement. C’est ce dont sont convaincus près de 75% des français et que révèle une enquête exclusive de l’IFOP publiée dans le Monde du 18 novembre. Analyse de France Nature Environnement.

Les français ne sont pas climato-sceptiques

N’en déplaise aux climato-sceptiques récemment « taclés » par l’Académie des Sciences en octobre dernier, c’est pourtant l’opinion de la majorité des français : l’augmentation de la température observée depuis le début du 20è siècle est largement due à l’activité humaine (transport, industrie, agriculture …). En plus d’être persuadés de l’existence et des causes de ce réchauffement global, les français placent le réchauffement climatique en tête des menaces environnementales.

Les convictions des français doivent assoir une stratégie solidaire de lutte

Fort de ce soutien populaire, l’Etat français doit porter une position ambitieuse à Cancún*. Il s’agit d’obtenir des objectifs contraignants de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre à un niveau suffisant pour tenter de ne pas dépasser +2°C, augmentation au-delà de laquelle nous ne saurions plus nous protéger contre les dérèglements. Les règles de la solidarité internationale pour parvenir à financer l’adaptation et la lutte contre le changement climatique constituent l’autre enjeu de ce nouveau rendez-vous. Comment les pays du Nord vont-ils aider ceux du sud ?

Des négociations internationales en mal de concrétisation

Pour Adeline Mathien, chargée de mission Climat Territoires à FNE : « Nous sommes pour l’instant mal engagés et depuis les négociations de Copenhague en 2009, peu de choses ont réellement bougé. Mal engagés aujourd’hui, au point que la prolongation du protocole de Kyoto qui arrivera à échéance en 2012 pourrait Lire la suite

Rapport d’évaluation du Grenelle de l’environnement

Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, novembre 2010

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000587/index.shtml?xtor=EPR-526

Rapport d’évaluation du Grenelle de l’environnement

FRANCE. Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer

Ce rapport élaboré par le comité d’évaluation du Grenelle Environnement et par le cabinet Ernst and Young fait le point, thématique par thématique, sur les actions engagées ces trois dernières années en matière de gouvernance, d’énergie et de climat, de politique des déchets, de gestion des risques, de traitements des déchets, de transport, d’urbanisme…

Télécharger le rapport

(3090  Ko, PDF)

222 pages

Sommaire

Préambule

Synthèse de l’évaluation

1. Bâtiment et urbanisme

2. Transport et mobilité

3. Énergie

4. Biodiversité

5. Agriculture et milieux aquatiques

6. Risques, santé, environnement

7. Déchets

8. Gouvernance Lire la suite

La nouvelle donne du ministère de l’écologie

novethic.fr, Véronique Smée, le 15 octobre 2010

http://www.novethic.fr/novethic/planete/institution/etats/la_nouvelle_donne_ministere_ecologie/131839.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

La nouvelle donne du ministère de l’écologie

Nathalie Kosciusko-Morizet est nommée ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement dans le nouveau gouvernement annoncé dimanche 14 novembre. Elle devient numéro quatre du gouvernement mais n’est pas ministre d’État, contrairement à Jean-Louis Borloo, qui quitte le gouvernement.

François Fillon a nommé Nathalie Kosciusko-Morizet ministre de l’Écologie. Elle était auparavant secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique. Agée de 37 ans, elle a occupé la fonction de secrétaire d’Etat à l’écologie de juin 2007 à janvier 2009, date du dernier remaniement. Beaucoup avaient évoqué à l’époque sa nomination à l’économie numérique comme une « punition » , après ses prises de position et ses critiques contre les lobbies lors du vote de la loi sur les OGM, dont elle s’était finalement excusée sous la pression du Premier ministre, François Fillon.

Député de l’Essonne avant son entrée au gouvernement, elle a également été rapporteur de la Charte de l’environnement à l’Assemblée nationale et a participé au processus du Grenelle de l’environnement.

Si NKM conserve deux secrétaires d’Etat qui lui sont rattachés -Benoist Apparu, qui demeure secrétaire d’État au Logement, mais plus à l’Urbanisme; et Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse qui devient secrétaire d’Etat aux Transports à la suite de Dominique Bussereau-, elle perd en revanche Valérie Létard, en charge des technologies vertes auprès du ministère, qui quitte le gouvernement. Enfin, l’ex-secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno est nommée secrétaire d’Etat aux sports.

Un portefeuille plus restreint

Lors du précédent remaniement, le portefeuille de Jean-Louis Borloo (numéro 2 du gouvernement) avait été élargi à la Mer, aux technologies vertes et aux négociations climatiques. Quatre pôles opérationnels avaient été définis : transports, aménagement du territoire, politiques énergétiques, ressources naturelles et biodiversité. Ce n’est plus le cas dans les nouvelles attributions du Ministère : l’énergie est confiée à Eric Besson, nommé ministre de l’Industrie, de l’énergie, de l’économie numérique. L’aménagement du territoire intègre le portefeuille de Bruno Le Maire, désormais ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire.

Critiques des écologistes

S’ils saluent la compétence de NKM et son courage politique, le fait que l’énergie soit retirée du nouveau ministère fait l’objet de vives critiques de la part des écologistes. « Pour l’avenir des énergies renouvelables, c’est catastrophique », a déclaré Arnaud Gossement (Droit et Environnement). « Il y a des forces hostiles à nos propositions, le monde de l’industrie fossile et nucléaire. Ils ont gagné ce soir », a également déclaré à l’AFP le directeur-général du WWF Serge Orru. Le parti de Corinne Lepage CAP 21 a indiqué dans un communiqué que Lire la suite

LGV en Aquitaine : la carte mise à jour des tracés envisagés

 sudouest.fr, le 15 novembre 2010

 http://www.sudouest.fr/2010/11/12/lgv-en-aquitaine-la-carte-mise-a-jour-des-traces-envisages-237448-4755.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20101116-[les_plus_envoyes]

LGV en Aquitaine : la carte mise à jour des tracés envisagés

[DOCUMENTS] La Ligne à Grande Vitesse (LGV) doit traverser quatre départements de la Région Aquitaine. SudOuest.fr vous propose de consulter les différentes hypothèses de tracés, segment par segment, sur les documents originaux de Réseau ferré de France (RFF)

Suite à des remarques d’internautes, qui constataient des différences entre les cartes qu’ils ont en eu main par d’autres moyens et celles publiées par nos soins, GPSO nous a communiqué les derniers tracés officiels, identiques à ceux fournis aux élus locaux.

Cliquez sur le lien pour télécharger le fichier pdf (nécessite le logiciel Adobe Acrobat Reader). Attention, les documents sont volumineux (jusqu’à 40 mégaoctets pour certains). L’affichage peut donc prendre un peu de temps.

La légende pour lire les cartes élaborées par réseau ferré de France

Gironde

1    km 1-9 Bordeaux-Cadaujac

2    km 8-23 Villenave-d’Ornon – Arbanats

3    km 19-30 Castres-sur-Gironde – Landiras

4    km 28-40 Landiras-Balizac

5    km 38-53 Balizac – Peyredieu

6    km 52-67 Peyredieu  – Bernos-Beaulac

7    km 66-80 Bernos-Beaulac  – Lerm-et-Musset

8    km 69-72 Embranchement Bernos-Beaulac direction Captieux km 69-78

9    km 77-88 Captieux – Bourriot-Bergonce

10  km 75–90 Cudos – Saint-Michel-de-Castelnau

Landes

1    km 86-100 Bourriot-Bergonce – Retjons : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couche zones sensibles sans rétablissement.

2    km 97-111 Retjons – Pouydesseaux : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couche zones sensibles sans rétablissement.

3    km 107-118 Roquefort – Lucbardez-et-Bargues : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couche zones sensibles sans rétablissement.

4    km 115-125 Lucbardez-et-Bargues – Uchacq-et-Parentis : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couche zones sensibles sans rétablissement.

5    km 125-141 Uchacq-et-Parentis  – Ousse-Suzan : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couche zones sensibles sans rétablissement.

6    km 140-156 Ousse-Suzan – Lesgors : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couche zones sensibles sans rétablissement.

7    km 152-172 Lesgors-Gourbera : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couche zones sensibles sans rétablissement.

8    km 116-120 Embranchement Lucbardez-et-Bargues – Bougue via Saint-Avit (près Mont-de-Marsan) : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couche zones sensibles sans rétablissement.

9    km 173-187 Saint-Paul-les-Dax – Saint-Geours-de-Maremne : hypothèse 1 / hypothèse 2.
10  km 185-205 Saint-Geours-de-Maremne – Benesse-Maremne

11  km 204-213 Benesse-Maremne – Ondres

12  km 212-223 Labenne-Lahonce (avec embranchement Bayonne)

Lot-et-Garonne

1    km 82-99 Saint-Michel-de-Castelnau – Pompogne : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couches zones sensibles sans rétablissement

2    km 96-113 Pompogne – Fargues-sur-Ourbise : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couches zones sensibles sans rétablissement

3   km 109-123 Fargues-sur-Ourbise – Vianne : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couches zones sensibles sans rétablissement

4    km 120-134 Vianne – Montesquieu : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couches zones sensibles sans rétablissement

5    km 133-145 Sérignac-sur-Garonne – Estillac : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couches zones sensibles sans rétablissement

6    km 143-159 Estillac – Caudecoste : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couches zones sensibles sans rétablissement

7    km 139-142 Embranchement Estillac – Colayrac-Saint-Cirq (près Agen) : avec couche rétablissement sans zones sensibles / avec couches zones sensibles sans rétablissement

Pyrénées-Atlantiques

1    km 221-235 Saint-Martin-de-Seignanx – Ustaritz : hypothèse 1 / hypothèse 2

2    km 235-249 Ustariz – Ciboure

3    km 248 -257 Ciboure – frontière espagnole

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liberation.fr, Politiques, débat animé par Max Armanet, retranscrit par Tania Kahn, émission réalisée par Luc-Jean Reynaud et diffusée sur France Culture de 18h20 à 19 heures, le  29 octobre 2010

http://www.liberation.fr/politiques/01012299105-le-catastrophisme-maladie-infantile-de-l-ecologie-politique

Après bien d’autres organismes, l’Académie des sciences vient de confirmer l’essentiel des thèses du Giec, l’instance de l’ONU chargée de synthétiser le savoir scientifique sur le climat. Les émissions de gaz à effet de serre modifient les conditions climatiques qui prévalent sur la planète. Il faut admettre que le modèle de développement posé par l’Occident a atteint des limites, qu’il faut en inventer un autre privilégiant un équilibre à long terme. Pour y parvenir, faut-il jouer sur la peur ? Le catastrophisme est devenu l’un des termes du débat politique porté par une partie du mouvement écologiste. Le pire est-il certain ? Agiter la menace de la catastrophe est-ce le meilleur moyen de mobiliser nos concitoyens ? Cela ne révèle-t-il pas un pessimisme viscéral quant à la nature humaine ?

Yves Cochet : Je récuse la connotation négative du catastrophisme. Il y a bien une maladie sénile, celle du productivisme, du gâchis des ressources naturelles et humaines, qui nous amène vers le pire. L’espèce humaine a depuis deux siècles une empreinte écologique c’est-à-dire un impact sur la nature. 80% de notre mode de vie vient du sous-sol, d’une dotation initiale en matières premières et en énergies fossiles. Or elles s’épuisent au fur et à mesure qu’on les consomme, sans possibilité d’être renouvelées. Ces richesses sont le système de sustentation de notre vie individuelle et collective et leur diminution se ressent au niveau de l’économie, du social et des relations internationales. Tout est lié. Il est probable que la catastrophe soit inévitable. La suite dépendra de la démocratie, des élections et des politiques publiques à tous les échelons. Pour l’instant, la différence entre le constat scientifique et les politiques publiques est accablante. Le but des écologistes politiques est de changer cela.

Pascal Bruckner : Le contexte actuel me rappelle cet album de Tintin, l’Île mystérieuse, dont l’histoire débute par l’arrivée d’une météorite à proximité de la terre. Il fait chaud, l’asphalte fond, le prophète Philippulus annonce la fin du monde et exhorte la population à se repentir. Bien sûr, Tintin s’y refuse et la météorite passe à 45 000 km de la terre. Les savants sont désespérés de s’être trompés et font de nouveaux calculs pour voir si la fin du monde ne serait tout de même pas proche. Cette attitude de catastrophisme contraste avec l’euphorie d’il y a vingt ans. Souvenez-vous de la bonne humeur des démocraties occidentales. On avait gagné contre le communisme, la démocratie allait s’étendre naturellement en même temps que l’économie de marché. Ce conte de fée ne s’est pas produit. L’écologie est devenue l’idéologie dominante, nous avons une vision négative du genre humain et vivons sous l’épée de Damoclès d’un désastre imminent. Il y a une crise du progrès, ce n’est plus l’expansion, la joie de vivre mais l’obsession de la survie et de la longévité. Depuis un siècle, la question que se sont posé nos sociétés est «qui est mon ennemi ?» Les marxistes ont répondu le capitalisme. Les tiers-mondistes ont désigné l’occident impérialiste. L’écologie politique a apporté une réponse tout à fait nouvelle : l’homme serait coupable par nature, il doit se racheter. C’est un retour au péché originel. La notion d’empreinte carbone que vous employez me dérange, elle induit qu’en vivant, en respirant, nous laissons une marque nuisible sur la terre. Ce pessimisme culturel me rappelle les hérésies millénaristes qui ont émaillé l’histoire du christianisme.

Y.C. : L’écologie politique n’est pas une secte millénariste annonçant la fin du monde. Nous ne sommes pas des obscurantistes s’opposant au siècle des lumières. Notre approche est scientifique et quantitative, dans la clarté et la raison. Vous faites une confusion entre des mouvements irrationnels et l’écologie qui tente d’analyser les déterminants de la vie individuelle et collective. Parmi ces déterminants, il y a des phénomènes naturels dont l’évolution est incontestable. Nous avons à cet égard, en tant qu’humanité organisée de manière industrielle, les citoyens de l’OCDE en particulier, une responsabilité différenciée mais commune. Dire que l’homme est coupable n’est pas un discours antihumaniste. Nous appelons simplement à une modération dans l’utilisation de tout ce qui est extrait de la terre, en particulier les ressources énergétiques. Je ne me réfère à aucune religion mais au travail d’Aristote sur le vice d’avidité, l’être humain aura toujours envie de plus. La planète étant finie, nos consommations et nos productions devront l’être également. Nous ne pourrons plus vivre de la même manière d’ici quelques décennies.

P.B. : Vous avez là un discours très rationnel mais l’idéologie politique n’emprunte pas toujours les voies de la raison. Je pense à toutes ces images de catastrophes naturelles diffusées à la télévision pour étayer la thèse du réchauffement climatique : la banquise qui s’effondre, la désertification… J’entends les médecins moliéresques du Malade imaginaire crier au poumon, aujourd’hui c’est le réchauffement climatique. Sans nier le réchauffement, je me demande Lire la suite

Présentation du “Petit traité de la décroissance sereine” de Serge Latouche

ecoloinfo.com, Nicolas, le 18 octobre 2010

Présentation du “Petit traité de la décroissance sereine” de Serge Latouche

http://www.ecoloinfo.com/2010/10/18/presentation-decroissance-sereine-latouche/

Tout le monde (du moins beaucoup de monde) est d’accord: les choses, les usages, les gens doivent changer. Là où les divergences apparaissent, c’est dans la manière de traduire cette volonté en actions. La décroissance est une option… Késako ? Vous ne connaissez pas, ou que de nom? Alors cet article est fait pour vous !

Explications sur un ouvrage qui présente ce mouvement de façon globale sans être simpliste…

Ça parle de quoi ?

Serge Latouche est professeur émérite à la faculté de droit de Sceaux, créateur de la revue du MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste en Sciences Sociales) et directeur du GRAEEP (Groupe de Recherche en Anthropologie, Epistémologie et Economie de la Pauvreté)… Son “Petit traité de la décroissance sereine” s’inscrit comme le dernier volet d’un triptyque, également composé de “Survivre au développement” et du “Pari de la décroissance”. Ayant involontairement commencé ma lecture par le dernier opus de cette réflexion, je vous livre ici un rapide panorama de ce que vous pourrez y trouver…

La 4ème de couverture est assez éloquente :

La décroissance n’est pas la croissance négative. Il conviendrait de parler d’a-croissance, comme on parle d’athéisme.

C’est tout à fait de cela dont il est question : l’abandon d’une foi, d’une religion qui est aujourd’hui tellement intégrée dans notre vie que nous ne voyons plus que par elle. Cette religion, c’est le culte de la croissance, du développement non maîtrisé et de l’économie en tant que fin et non moyen. Les constats de ce dysfonctionnement, aussi simples et édifiants soient-ils (notre empreinte écologique que l’on sait être bien trop importante, les modes de calcul des indicateurs économiques régissant les marché tels que le PIB qui ne tiennent pas compte de l’aspect fini des ressources…) ne sont pas suffisants pour changer notre trajectoire.

La décroissance, c’est possible ?

Le concret : c’est une des choses qui m’a le plus séduit dans ce livre. Etant par nature assez pragmatique, je dois dire que je craignais la description d’une utopie, certes nécessaire (les concepts ayant donné lieu à de grandes idées appliquées aujourd’hui sont souvent partis d’idées “folles” et irréalisables en leur temps) mais incompatible avec la nécessité urgente d’agir. Voici le plan de ce petit livre, partagé en 3 axes qui j’en suis sûr, vous parleront :

Le territoire de la décroissance (définition, analogie, fausses solutions…)

La décroissance : une utopie concrète (réformiste ou révolutionnaire, le défi pour le sud, le cercle vertueux de la décroissance…)

La décroissance : un programme politique (programme électoral, est-ce soluble dans le capitalisme, est-elle de droite ou de gauche…)

Ceci étant dit, les 150 pages de ce format poche ne laissent que peu de chance à notre mode de vie actuel. Les mots de Serge Latouche sont percutants, surtout lorsqu’il Lire la suite

« Adieu à la croissance », de Jean Gadrey : l’écologie, c’est l’emploi

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 21 octobre 2010

http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2010/10/21/adieu-a-la-croissance-de-jean-gadrey_1429314_3260.html

« Adieu à la croissance », de Jean Gadrey : l’écologie, c’est l’emploi

Dans le numéro marquant le trentième anniversaire d’Alternatives économiques, le deuxième magazine économique français, son fondateur, Denis Clerc, fait part d’un regret : « Il y a un point sur lequel je m’interroge : l’ambiguïté entretenue sur la question de la croissance depuis le début du journal. » Certes attentif aux questions d’environnement, Alternatives économiques juge pourtant trop souvent le bien-fondé d’une mesure ou d’une donnée à son effet sur la croissance du produit intérieur brut (PIB). « Il nous faut cesser d’être chauves-souris, mammifères à certains moments, mais animaux volants quand ça nous arrange. Le dernier livre de Jean Gadrey m’a convaincu qu’il faudra finir par trancher. On ne peut plus

Il faut saluer l’honnêteté de Denis Clerc, et y voir un tournant : la doxa de la croissance est enfin remise en cause par la fraction la plus éclairée des économistes. Et il faut lire le livre de Jean Gadrey, pour comprendre la pertinence de ce tournant.

Jean Gadrey est professeur honoraire d’économie à l’université de Lille. C’est un expert des comptes de la richesse, et il a participé au travail de la commission Stiglitz sur la mesure du PIB. Son livre commence par un exposé clair des imperfections de cet indice qui fascine politiques et économistes. Jean Gadrey rappelle que le PIB ne mesure ni le bien-être, ni la soutenabilité écologique et sociale. Et que, en revanche, sa croissance est clairement associée avec les dommages à l’environnement. Le livre démontre qu’on ne peut attendre du progrès technologique qu’il résolve le problème écologique dans une société qui voudrait maintenir un taux de croissance de 2 % par an.

Mais Jean Gadrey va plus loin : organisant sa réflexion autour de la nécessité de parer à l’aggravation de la crise écologique, il va chercher à démontrer qu' »une société post-croissance est non seulement une nécessité, mais, moyennant une redéfinition des priorités, correspond à une perspective désirable et crédible de progrès social et de développement humain ».

Une condition en est la remise en question de l’augmentation de la productivité du travail, habituellement considérée par les économistes comme un bien en soi. En réalité, elle est destructrice : produire plus avec autant de travail serait une bonne chose, sauf que, rappelle Jean Gadrey, « il faut en général plus de matériaux, d’eau et d’énergie, que les uns et les autres sont disponibles en quantités limitées, et que certaines ressources naturelles sont proprement vitales ».

Voie féconde

L’abandon de la recherche de gain de productivité est la clé de la nouvelle économie écologique : la plupart des modes de production écologiques demandent plus de travail que les productions polluantes. Une politique environnementale est donc créatrice d’emplois.

Jean Gadrey dresse une prospective pour les principaux secteurs d’activité des créations et des destructions d’emplois entraînées par une politique écologique. Le bilan est sommaire, mais Lire la suite

Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables

cdurable.info, David Naulin, le 17 octobre 2010

http://www.cdurable.info/Ecovillages-laboratoires-modes-de-vie-eco-responsables-Jonathan-DAWSON,2939.html

Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables

Déjà fortement implanté aux Etats-Unis, en Allemagne ou encore en Ecosse notamment à Findhorn, les écovillages – des communautés locales visant à réduire leur impact écologique tout en optimisant le bien-être et le bonheur des hommes – prolifèrent chaque jour un peu plus partout dans le monde. Voici un des premiers ouvrages publiés en français décrivant l’histoire ainsi que l’énorme potentiel que représente ce mouvement qui intègre une multitude d’idées et d’approches radicales qui remontent à Schumacher, Gandhi, l’éco-féminisme et le mouvement de l’éducation alternative.

Dans une période de pénuries et de crises multiples, ce livre examine les leçons que nous pouvons tirer d’ecovillages qui nous montrent comment vivre dans un monde plus écologique et durable :

– Tirer un apprentissage du meilleur des cultures traditionnelles et indigènes ;

– Économie alternative : banques et monnaies communautaires, simplicité volontaire ;

– Concevoir avec la nature : permaculture, éco-construction, production d’énergie à petite échelle, gestion des déchets, systèmes de transport à faible impact sur l’environnement, etc. ;

– Production et traitement de la nourriture biologique locale ;

– Renaissance de la gouvernance participative à petite échelle, facilitation des conflits, intégration sociale et communauté inter-générationnelle active ;

– Création d’une culture de la paix, et méthodes d’éducation alternatives.

Ce livre est une excellente introduction pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de la création d’un écovillage. Il comporte notamment de nombreuses ainsi qu’une liste des sites web d’écovillages à travers le monde.

L’auteur : Jonathan Dawson est auteur, éducateur et consultant sur le développement durable. Président du Réseau Mondial des Ecovillages (GEN) entre 2005 et 2008, il est actuellement consultant pour les Nations-Unies en Afrique de l’est, travaillant sur les initiatives qui promeuvent les petites et moyennes entreprises. Il est également fortement connu et reconnu pour ses nombreux travaux au sein de la communauté de Findhorn, écovillage que vous pourrez découvrir dans ce livre.

Références : Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables de Jonathan Dawson – Editeur : Yves Michel – Date de publication : 18 octobre 2010 – 168 pages – Prix public : 11 €. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

Je vous invite également à lire sur le même sujet « Ecovillages, écoquartiers, habitat groupé : vivre ensemble autrement » de Pascale D’Erm publié en 2009 chez Ulmer. Dans cet ouvrage préfacé par Pierre Rabhi, vous pourrez notamment découvrir le hameau coopératif Le viel Audon en Ardèche et le hameau écologique de Carapa dans les Cévennes. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Vous pouvez télécharger un extrait de l’ouvrage au format PDF en cliquant ici.

www.souffledor.fr

© LE SOUFFLE D’OR Editions Le Souffle d’Or – 5 allée du Torrent – 05000 GAP

04 92 65 52 24 – contact@souffledor.frhttp://www.souffledor.fr – wwww.yvesmichel.org

Les écovillages

Laboratoires de modes de vie éco-responsables

Jonathan DAWSON

Extrait Chapitre 2 : À quoi ressemblent les écovillages ? Six études de cas

Le mouvement visant à créer des écovillages est peut-être le meilleur antidote contre la dépendance à l’économie globale. Dans le monde entier, des gens construisent des communautés pour tourner le dos au gaspillage, à la pollution, à la concurrence et à la violence de la vie moderne.

Helena Norberg-Hodge, directrice de la Société internationale pour l’écologie et la culture

Les écovillages sont si hétérogènes qu’il est impossible de décrire un seul modèle englobant tous les cas. La définition des Gilman selon laquelle un écovillage est « un établissement de taille humaine, disposant de toutes les fonctions nécessaires à la vie, dans lequel les activités s’intègrent sans dommage à l’environnement naturel tout en soutenant le développement harmonieux des habitants et de manière à pouvoir se prolonger avec succès dans un futur indéfini » est trop imprécise pour faire office de définition stricte. De plus, il s’agit plus d’une aspiration que Lire la suite

Europe écologie : Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

europe-ecologie.fr, octobre 2010

http://www.europe-ecologie.fr/2010/09/20/manifeste-pour-un-nouveau-cours-ecologique-et-social/comment-page-6/#comments

Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

L’humanité est aujourd’hui devant un choix qui détermine son avenir. Un choix à assumer collectivement et qui requiert, en outre, l’implication de chacune et de chacun. Sous l’impact d’un système aveuglément productiviste et violemment inégalitaire, le train du progrès s’égare. Il faut de toute urgence le remettre sur une autre voie. C’est le sens de l’engagement des écologistes et leur responsabilité, ici et maintenant : ils refusent d’assister passivement au scénario d’une nature qui s’épuise et de sociétés qui se désagrègent ; ils veulent, en association avec les forces vives de la société et les partenaires politiques susceptibles de partager l’essentiel de leur projet, tracer une nouvelle ligne d’horizon sur la base d’une démarche de transition réaliste.

Tel qu’il s’applique, le système de création et de redistribution des richesses ne fonctionne plus. Retournement inédit qui, d’un même mouvement, précipite prédations du vivant et déchirures sociales, déséquilibres et discriminations, pollutions et récessions. Ce bouleversement majeur épuise les ressources aussi bien qu’il creuse les inégalités et déprime les consciences, dressant la biosphère contre les êtres humains et les êtres humains entre eux. Au point que le spectre d’un collapsus historique sans précédent hante l’avenir : celui d’un déclin écologique, économique et social brutal et simultané.

Néanmoins, une aspiration grandissante à refuser la défaite de l’Homme émerge partout dans le monde.

Une multitude d’initiatives entame le modèle dominant et ouvre des voies nouvelles. C’est l’autre visage de la mondialisation et il concerne tous les peuples, toutes les cultures. De nombreux acteurs et actrices de la société et des communautés locales cherchent et trouvent des issues. Ils interviennent dans toutes les couches de la société. Ce sont souvent ceux et celles que la crise fragilise en premier. Ils résistent, s’organisent, innovent, multiplient les initiatives. Chacun et chacune à leur façon, dans leur discipline, leur quartier ou leur village, ils esquissent les contours d’une alternative globale porteuse d’avenir. Des hommes et des femmes luttent et s’engagent, et c’est le seul espoir tangible, le seul point d’appui pour inverser le cours des choses.

Un choc sans précédent

Car les crises n’ont plus de limites. Elles surgissent dans tous les domaines de l’environnement et des activités. Elles se cumulent et s’alimentent pour mettre à nu un système en déroute. Nous sommes parvenus à ce moment clé où la croissance, moteur de l’histoire moderne, a atteint la frontière du possible. L’insoutenable est là, inscrit dans les réalités physiques de la planète et les souffrances des populations : les modes de production et les standards de vie, indexés sur l’imaginaire de la démesure et la boulimie des privilégiés, soumis à la surenchère de la marchandisation et de l’endettement massif, entraînent une consommation de ressources excédant leurs capacités de renouvellement. Elles provoquent un déséquilibre majeur des fondamentaux de la vie et de la culture.

Les conséquences sont sans appel : les modèles économiques et les pactes sociaux d’hier ne résistent pas aux sols qui s’épuisent, aux fleuves et aux mers qui se dépeuplent, aux forêts qui reculent et aux déserts qui avancent, aux séquences brutales d’inondations et de sécheresses, à la disparition des biotopes et à l’érosion de la diversité des espèces, à l’empoisonnement des airs et des eaux.

Déjà, dans les prémisses du chaos énergétique, climatique, alimentaire et sanitaire, dans la mise à sac des biens communs et publics que les logiques financières et marchandes provoquent, un nouveau monde émerge avec Lire la suite

Troisièmes rencontres francophones des ateliers vélos associatifs chez Récup’R à Bordeaux

sudouest.com, le 11 octobre 2010, Willy Dallay

http://www.sudouest.fr/2010/10/11/au-rayon-recup-208293-729.php

Au rayon récup’

Récup’R a accueilli ce week-end dans ses locaux les troisièmes rencontres francophones des ateliers vélos associatifs.

Le parking des troisièmes rencontres internationales du réseau « L’Heureux cyclage » tenait sur un bout de trottoir. Les cinquante participants qui s’occupent de 27 ateliers associatifs de réparation de vélo, semblaient venus de toute la France et de Belgique à bicyclette. Et en guise de récompense, après les quatre ateliers studieux, du samedi après-midi, ils ont eu droit à une balade à vélo concoctée par le Guidon futé.

N’en jetez plus

Auparavant, ils avaient pédalé sur quatre thèmes : la pédagogie, les ateliers mobiles, la création d’un atelier, la gestion. C’est la « ressourcerie » Récup’R qui invitait. L’association bordelaise, créée en 2008, s’est fixée pour objectif de réemployer, ou revaloriser les objets de la vie quotidienne que l’on a vite tendance à considérer comme jetables. « On a décidé de commencer par le vélo », explique Guillaume Sorel, l’un des huit coprésidents. « On en voit trop qui finissent prématurément à la décharge. »

 « Convivial et économique »

Dans un local loué par la CUB, un salarié stocke, classe ces petites reines décaties, fruits de collectes et de dons, avant de leur donner une seconde jeunesse ou de récupérer leurs organes.

« Nous vendons les vélos entre 35 et 70 euros. Tout acheteur devient adhérent pour trois mois », précise Guillaume. « Cela lui permet de bénéficier gratuitement de l’atelier Rustine : il peut utiliser l’outillage, se servir en pièces, voire se monter une bicyclette. On ne lui fera payer que le cadre (10 euros) et les roues (5 euros chacune). C’est lui qui fait, mais avec les conseils de notre salarié. » On peut aussi adhérer à l’année pour 20 euros.

« Les gens apprennent, ils échangent, c’est convivial et économique. » Mais pour Guillaume Sorel, c’est aussi une façon de changer notre rapport à la consommation : « Recycler au lieu de produire toujours plus a une incidence sur les matières premières, l’énergie, les déchets et ça ouvre les portes de l’imagination. » Car certains réformés du macadam deviennent des œuvres d’art.

Projet couture

Dans un coin du local, des machines à coudre de récupération donnent une idée du deuxième projet de Récup’R : la Lire la suite

Bill McKibben, fondateur de la campagne internationale 350.org : Il faut mener des actions de désobéissance civile aux Etats-Unis

 http://www.terra-economica.info/Les-ecolos-americains-pronent-la,12794.html

terra-economica.info, Anne Sengès, le 10 octobre 2010

« Il faut mener des actions de désobéissance civile aux Etats-Unis »

Interview – Radicaliser le mouvement et mettre les corps en première ligne : face au changement climatique, ce sont des impératifs pour la cause écolo aujourd’hui, d’après Bill McKibben, fondateur de la campagne internationale 350.org.

Terra eco : Dans une lettre ouverte aux Américains que vous cosignez avec Philip Radford, président de Greenpeace USA, et Rebecca Tarbotton, du Rainforest Action Network, vous appelez les écologistes à radicaliser leurs actions. Pourquoi ?

Bill McKibben : Nous savions que notre combat contre le changement climatique serait une bataille difficile. Nous affrontons des adversaires qui représentent les industries les plus riches et les plus rentables du monde et dont les profits dépendent justement de leur capacité à utiliser l’atmosphère comme un gigantesque égout libre et gratuit. Et force est de constater que pour le moment, la communauté environnementale n’a pas bâti de mouvement suffisamment grand pour mener un combat digne de ce nom. Nous devons donc remédier à cela rapidement. Ce combat prendra plusieurs formes comme la désobéissance civile et l’action de masse.

Qu’entendez-vous par désobéissance civile et action de masse ?

Par exemple, ce dimanche 10 octobre aura lieu la Global Work Party (journée du travail, ndlr), gigantesque événement annuel qui va rassembler des millions de participants aux quatre coins de la planète. L’an dernier, il y a eu 5 200 « work parties » dans 181 pays et CNN avait alors jugé qu’il s’agissait de la plus grosse journée d’activisme politique de l’histoire. Cette année, nous allons battre ce record avec au moins 7 000 événements dans presque tous les pays. Les gens vont installer des panneaux solaires ou planter des jardins communautaires. Mais il ne s’agira pas de prouver qu’on peut résoudre le changement climatique à coups de panneaux solaires. Nous savons qu’il faut des lois pour le combattre mais nous voulons, par cette action, à la fois faire le bien dans nos communautés mais aussi envoyer un message fort à nos dirigeants : « Pendant que nous retroussons nos manches, que faites-vous ? Pendant que je passe un week-end à suer pour installer des panneaux solaires, vous pourriez au moins vous contenter de faire votre travail et accoucher d’un traité. »

Ce type d’action constitue un moyen de bâtir un mouvement mais il va falloir aussi songer à signaler l’urgence de la situation en n’hésitant pas à mettre nos corps en première ligne. C’est ce que nous entendons par désobéissance civile. Nous savons qu’il est illusoire de croire que nous pouvons anéantir l’industrie fossile – omniprésente dans notre société – via l’action directe. Mais nous pouvons mener des actions symboliques qui permettront de mettre en lumière l’urgence de la crise et prouveront notre engagement à lutter contre le réchauffement de la planète. Le défi sera de faire en sorte que ce type d’actions attire les gens au lieu de les rebuter. D’où la nécessité d’agir dans la non violence. C’est pourquoi nous sollicitons des idées en ce moment : on peut par exemple cibler une centrale à charbon, une ville ou encore la Maison-Blanche.

La marée noire qui a ravagé pendant cinq mois le golfe du Mexique n’a curieusement pas fait pencher la balance en faveur du camp des défenseurs de l’environnement ou incité les sénateurs à adopter une loi sur le climat. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Pour justifier ce qui s’est passé dans le golfe, nos dirigeants se sont contentés de Lire la suite

Territoires en transition : un chemin d’auto-organisation de la société

TERRITOIRES EN TRANSITION : UN CHEMIN D’AUTO-ORGANISATION DE LA SOCIETE

alterautogestion.blogspot.com, Joël MARTINE, Marseille, août 2010

http://alterautogestion.blogspot.com/2010/09/territoires-en-transition-un-chemin.html

Parti de petites villes anglaises en 2006, le mouvement des Territoires en transition est une méthode de l’action collective nouvelle et prometteuse en réponse au pic pétrolier et au dérèglement climatique. On demande aux gens de s’interroger sur ce qu’ils peuvent faire avec les ressources existant autour d’eux sur un territoire précis, et pouvant être mises en œuvre sans attendre des décisions des pouvoirs publics (mais en créant le rapport de force qui rendra ces décisions possibles). Par cette prise de conscience et cette prise en main collective de la vie locale, les gens sortent de l’alternance entre insouciance irresponsable et angoisse paralysante.

Il est décisif que cette démarche soit reprise par les citoyens, les collectifs militants, et les élus : c’est une approche pragmatique qui pourrait transformer les conditions mêmes de l’action politique et contribuer à débloquer l’auto-transformation de la société.

Le point de départ n’est pas un parti pris idéologique, mais la force d’une évidence : le pic pétrolier qui est maintenant sous nos yeux provoquera tôt ou tard, mais bientôt, un traumatisme dans la vie de nos sociétés ou tout est dépendant du pétrole : hausse des prix de l’essence et de l’électricité, rupture des approvisionnements alimentaires qui à l’heure actuelle passent par des trajets de longue distance, fermeture d’entreprises, paupérisation rampante ou galopante d’une grande partie de la population, spirale de récession, et développement de logiques politiques ségrégationnistes et autoritaires.

D’autre part, faire comme si on pouvait repousser le pic pétrolier en relançant, même provisoirement, l’exploitation des énergies fossiles (par exemple les forages pétroliers dans le grand nord), ne fait qu’enfoncer le monde dans une autre crise, encore plus grave, qui est le dérèglement climatique. Au contraire, une « décarbonisation » de l’économie (sobriété énergétique, relocalisation de la production, énergies renouvelables, etc.) permettrait à la fois d’amortir les dommages du pic pétrolier et de diminuer radicalement les émissions de gaz à effet de serre.

Donc des alternatives existent. Mais dans l’ensemble ni le système de production ni les consommateurs n’ont été préparés à une transition en douceur vers l’après-pétrole, car les décideurs économiques, pris dans une compétition incessante, guidés par le profit capitaliste ou par la maximisation de la puissance des Etats, misent toujours et encore sur la croissance des richesses et des moyens de pouvoir qui sont à leur disposition à court terme et qui sont massivement pétro-dépendants. C’est pourquoi le pic pétrolier aura inéluctablement des aspects de catastrophe.

Il faut donc, et c’est là l’apport original de la démarche dite « en transition », que la société se prépare à tenir le coup face à des changements brutaux ; qu’elle acquière un pouvoir sur elle-même pour anticiper son auto-transformation, et cela est possible dès à présent par l’auto-organisation à l’échelle locale. En positif, c’est l’occasion de rompre avec Lire la suite

Appel aux associations pour participation au Forum Alterrnativa le 10/10/10 à Bayonne, Bordeaux , Pau…

​Collectif Copenhague, communiqué, septembre 2010

Appel aux associations pour participation au Forum Alterrnativa le 10/10/10 à Bayonne, Bordeaux , Pau…

Votre travail représente une des nombreuses alternatives concrètes  existant dés aujourd’hui et préfigurant le monde de demain, la société que nous voulons et devons construire si nous voulons éviter le pire en matière de changements climatiques.

​C’est à ce titre que nous avons le plaisir d’inviter votre association à être présente au forum ALTERNATIVA qui sera organisé à Bordeaux, comme à Bayonne, Dax, Pau… le dimanche 10 octobre 2010 dans le cadre de la journée internationale de mobilisation pour le climat du 10/10/10 http://www.350.org/fr en perspective des négociations de Cancun en décembre.

​Alternativa constituera un espace de transition vers le monde de demain. Il aura lieu à Cap Sciences, au Hangar 20, quai de Bacalan à Bordeaux.

​On pourra ainsi voir quelles sont les réalisations et alternatives concrètes (AMAP, jardins partagés, agriculture paysanne, écoconstruction, autopartage, commerce équitable, éducation à l’environnement, économies d’énergie, déplacements doux, pédibus, banque éthique, recyclerie…) permettant dès aujourd’hui à chacun (individus, collectivités, associations et entités diverses) de diminuer concrètement ses émissions de gaz à effet de serre.

​Les participants découvriront quelles pratiques alternatives existent et s’engageront à en adopter une, ou deux, ou trois dans l’année qui vient.

​Cet espace sera également un lieu d’échanges, de rencontres, de convivialité, agrémenté d’animations musicales, de spectacles de rue… Tout cela aura des allures à la fois de fête et de mobilisation populaire, de village post-carbone et convivial, de salon des alternatives existantes…

Nous proposerons des Lire la suite

Pourquoi le PS est incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

developpementdurable.com, Propos recueillis par Yann Cohignac, le 30 décembre 2009

http://www.developpementdurable.com/interview/2010/08/I72/eric-loiselet.html

Eric Loiselet, tête de liste Europe Ecologie en Champagne-Ardenne pour les régionales de 2010

Consultant expert dans le développement durable et la RSE, Eric Loiselet a longtemps bataillé au sein du PS pour intégrer l’écologie politique à gauche. Il fut cofondateur du Pôle écologique du parti puis secrétaire national adjoint à l’environnement. Avant de renoncer à son engagement socialiste, lassé par les atermoiements de la rue Solferino, pour rejoindre Europe Ecologie en octobre. Aujourd’hui, il est membre du CAP (Comité d’animation et de pilotage) national du rassemblement écologiste et tête de liste en Champagne-Ardenne pour les élections régionales de 2010. Sans concession avec le PS, il nous parle de son parcours politique, des raisons qui l’ont poussé à entrer chez Europe Ecologie, des actions du gouvernement, et de son programme pour les régionales.

Developpementdurable.com : Consultant expert dans le développement durable et la RSE, vous avez aussi décidé de mener une carrière en politique. Pourquoi cette décision ?

Eric Loiselet : C’est pour moi la poursuite d’un itinéraire citoyen : j’ai été assez jeune engagé politiquement. Ma première carte dans un parti, je l’ai prise en 1979, au PS, à l’époque où il était en pleine ascension puisque c’était deux ans avant la victoire historique de François Mitterrand aux élections présidentielles (mai 1981). J’y suis resté jusqu’en 1992-1993. J’ai ensuite quitté la vie politique militante pendant une dizaine d’années pour me consacrer à mon métier et pour fonder une famille. Avant de renouer avec l’engagement politique au travers d’un club, le Cercle Galilée. J’y ai travaillé sur une thématique qui correspondait à une mon expertise professionnelle : la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Ce club avait la vocation de réfléchir à la manière d’actualiser le logiciel intellectuel et socialiste en prenant en compte la question posée par les mouvements altermondialistes : comment envisager une nouvelle régulation de l’activité des entreprises en prenant plus largement en compte la question des impacts environnemental, social et sociétal de leur activité ? J’ai alors eu l’occasion de travailler sur la préparation de ce qui a été l’article 116 de la loi NRE, dans la zone grise qui précède la décision politique où des professionnels sont consultés pour affiner les projets. J’étais déjà donc à la charnière du professionnel et du citoyen. Comme beaucoup, je voulais donner un sens à ma vie professionnelle.

Puis en 2002, après l’échec de la gauche au premier tour de la présidentielle, j’ai décidé de ré-adhérer au PS pour rejoindre directement sa sensibilité rénovatrice : le Nouveau Parti Socialiste.

dd.com : Quand avez-vous commencé à tenter de « verdir le PS » ?

E. L. : A ce moment-là. Etant donné mon activité « d’expert » au sein du Club Galilée, j’étais devenu « Monsieur écologie » au NPS. J’ai alors essayé de convaincre les socialistes de voter pour la Charte de l’environnement, sans grand succès, et j’ai mené différents combats de cette nature parce que j’avais déjà la conviction que la promesse socialiste était essoufflée : l’élection de 2002 avait clairement montré le décrochage des catégories populaires. Pour moi, il était évident qu’il fallait intégrer au parti les apports de l’écologie politique.
Puis arrivent les présidentielles de 2007 : ayant rejoint Rénover Maintenant, je participe presque machinalement à la candidature, aux primaires, de Ségolène Royal. Pour une raison simple : parmi les trois candidats (avec Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius), je me suis dit qu’elle était celle qui avait le mieux compris les enjeux environnementaux. Elle avait en effet gardé un souvenir de son bref passage au ministère de l’Environnement. Le début de la campagne présidentielle m’avait d’ailleurs conforté dans ma décision : la nomination de Bruno Rebelle (ex-directeur de Greenpeace) comme conseiller à l’Environnement était un choix original. C’était la première fois qu’un ancien dirigeant d’ONG était intégré à ce point dans une équipe de campagne présidentielle. On assistait à une espèce d’ouverture à d’autres filières de recrutement que les grands corps de l’Etat, des filières en phase avec les changements importants et rapides de la société.

dd.com : Expliquez-nous comment vous vous êtes rendu compte que le PS était, selon vos propres mots, incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

E. L. : Cela a été un long processus : après l’échec de Ségolène Royal, je l’ai entendu dire qu’elle était pour le retour de la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante. Je me suis dit alors, avec quelques « écolos » du parti, que tout cela commençait à bien faire ! Nous n’avions, au sein de nos différentes sensibilités socialistes, jamais réussi à convaincre au-delà de la rédaction de quelques textes témoignant d’une ouverture intellectuelle. Dès qu’il s’agissait de prendre des décisions, l’écologie politique était exclue. Nous avons donc décidé de créer le Lire la suite

La biodiversité remarquable en France : un diagnostic alarmant

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 3 mai 2010

http://www.journaldelenvironnement.net/article/la-biodiversite-remarquable-en-france-un-diagnostic-alarmant,17376

La biodiversité remarquable en France : un diagnostic alarmant

Plus de 50 % des espèces et près de 75 % des habitats, parmi les plus menacés d’Europe, ne sont pas en bon état de conservation en France, premier pays européen abritant cette biodiversité. C’est ce que révèle la première évaluation de la directive « Habitats » publiée par le Service d’observation et des statistiques de l’environnement (SOeS).

Les mauvaises nouvelles continuent de pleuvoir en cette année internationale de la biodiversité. Après la récente étude confirmant le recul des espèces et des écosystèmes de la planète depuis 40 ans (1), le premier bilan de santé de la directive « Habitats » ne se montre guère plus rassurant.

Seuls 1 habitat sur 6 et 1 espèce sur 5 d’intérêt communautaire sont en bon état de conservation en France, selon les résultats de cette première évaluation, publiés dans la lettre d’information du Commissariat général au développement durable, en avril. La directive de 1992 (2) à l’origine du réseau Natura 2000, vise à protéger 216 types d’habitats et 1.180 espèces considérés comme les plus menacés car en danger ou rares. Et elle oblige également les Etats membres à réaliser tous les 6 ans une évaluation de leur état de conservation. La première évaluation a porté sur la période 2001-2006.

Supervisé par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), le volet français a concerné 131 habitats et 290 espèces « remarquables », sur tout le territoire métropolitain et dans les zones Natura 2000. La France est le pays de l’UE le plus concerné, avec 962 évaluations réalisées sur 2.941 en Europe.

17 % des habitats en bon état

Trois quarts des habitats évalués étaient dans un état défavorable de conservation (41 % en «mauvais» état et 35 % classé en « inadéquat ») contre 17 % seulement dans un état favorable, valeur analogue à celle observée au niveau européen. Les 3 états de conservation -« favorable », « défavorable inadéquat », « défavorable mauvais » sont établis en fonction de paramètres comme la surface estimée et la viabilité à moyen terme des habitats, ou l’état de population et de leurs habitats pour les espèces.

La région « atlantique » -qui correspond grossièrement à la moitié ouest de notre pays- est la région biogéographique la plus mal classée, avec 53 % d’habitats en mauvais état. L’agriculture et l’urbanisation du littoral sont notamment pointées du doigt. La région alpine (Alpes et Pyrénées) est en revanche Lire la suite

L’environnement est-il une préoccupation majeure pour les Français ? Oui et ils sont prêts à payer plus pour vivre mieux !

cdurable.info, le 25 mai 2010.

http://www.cdurable.info/+L-environnement-est-il-une-preoccupation-majeure-pour-les-francais-Sondage-IPSOS-France-Bleu,1730+.html  

L’environnement est-il une préoccupation majeure pour les Français ? Oui et ils sont prêts à payer plus pour vivre mieux !

Publication des résultats du Sondage Ipsos/France bleu : mardi 25 mai, 5h

Le mardi 25 mai, journée spéciale sur les 41 stations du réseau France Bleu.

La Tempête Xynthia, la marée noire au large des côtes américaines, l’éruption du volcan islandais… les événements récents et la prise de conscience collective font de l’environnement un acteur déterminant dans le monde d’aujourd’hui.

Avec l’appui d’un sondage IPSOS exclusif, le réseau France Bleu interroge les Français sur leur manière de préserver ou non l’environnement, sur leurs motivations et les gestes concrets pour « sauver la planète » ; il leur demande s’ils sont prêts à payer plus pour vivre mieux, si le changement climatique les inquiète, s’ils souffrent de la pollution.

A la lumière du sondage, les 41 radios de France Bleu vont enquêter : reportages, interviews, avis de spécialistes, réactions et témoignages d’auditeurs. Tout au long de la journée, elles apporteront des trucs et astuces, des conseils pour préserver l’environnement.

Porteur d’informations exclusives, le réseau France Bleu délivre ici des clés pour comprendre et pour décrypter l’état d’esprit des Français.

RESULTATS

Les Français prédisposés à une augmentation modérée de leurs impôts en faveur de la protection de l’environnement

Les résultats de l’enquête Ipsos / France Bleu [1] confirment, malgré la crise économique et l’émergence de discours écolo-sceptiques, l’importance accordée par les Français à la protection de l’environnement. Elle révèle par ailleurs à quel point cette thématique est présente dans leur vie de tous les jours.

La majorité des Français se déclare inquiète face au changement climatique.

La sensibilisation des Français aux problèmes environnementaux et à leurs effets semble bien résister aux dernières polémiques (remise en cause du réchauffement climatique, taxe carbone) et plus largement à l’émergence récente de discours écolo-sceptiques.

Ainsi, même s’il ne s’agit pas de leur principale préoccupation,  une large majorité de Français (69%) demeure aujourd’hui inquiète face au changement climatique,  contre seulement 31% qui déclarent le contraire.

La multiplication des catastrophes naturelles (séismes en Haïti, au Chili et en Chine, tempête en Vendée) contribue certainement à renforcer ce sentiment.

L’inquiétude est particulièrement marquée chez les jeunes générations

 79% chez les moins de 35 ans,

 les personnes les plus âgées étant en revanche plus Lire la suite

L’habitat collectif de demain : écolo, coopératif, intelligent et solidaire ! et Helvètes underground

mescoursespourlaplanete.com, le 29 avril 2010 et liberation.fr, Laure Noualhat, le 13 octobre 2007

http://www.mescoursespourlaplanete.com/Actualites/L_habitat_collectif_de_demain___aecolo__coopaeratif__intelligent_et_solidaire___836.html

http://www.liberation.fr/cahier-special/0101113044-helvetes-underground

L’habitat collectif de demain : écolo, coopératif, intelligent et solidaire !

Depuis sa création il y a une dizaine d’années, la coopérative suisse INTI existe et s’attire régulièrement l’intérêt de la presse pour son caractère innovant (voir notamment cet article de Libération) : cet immeuble jaune de dix-huit appartements,  du 2 au 6 pièces, est un modèle d’habitat coopératif. Né dans les années 70 en Scandinavie, puis étendu sur la côte Ouest américaine sous le nom de co-housing puis en Allemagne ou en Suisse, ce type d’habitat remet en cause le sacro-saint modèle de l’habitat individuel, avec une touche d’écologie en plus – puisqu’il part du principe qu’un certain nombre de pièces voire d’objets peuvent être partagés, ce qui dispense les habitants de la nécessité de disposer chacun de la même chose chez soi. Ainsi, chez INTI, une pièce au sous-sol sert,  selon les âges et les envies, de dortoir, de studio de répétition ou de salle de jeux ; un appartement est réservé à une association qui fait cohabiter cinq personnes âgées dans ce 80 m2,  avec médecins et infirmiers qui passent régulièrement ; un potager est également disponible en partage, ainsi qu’une buanderie dotée de six machines (lave et sèche-linge), réservables sur planning, des cours de taï-chi, un local à vélos,  une voiture en auto-partage, une terrasse en toiture,  et une grande salle commune au rez-de-chaussée (équipée d’une cuisine, d’une grande table et d’un salon pour fêtes, repas, concerts…). A noter : sur le toit, outre la terrasse, 140 m2 de panneaux solaires produisent de l’électricité que la coopérative loue à une opérateur spécialisé (Inti ne se fournit pas en solaire car l’eau chaude et le chauffage de l’immeuble proviennent de l’usine d’incinération plantée à proximité).

Et INTI fait école dans l’hexagone : à Villeurbane, dans le Rhône, des citoyens sont réunis depuis 2005 au sein de l’association « Village Vertical ». Cette coopérative d’habitants fait construire un ensemble de logements écologiques dont ils deviendront locataires (pour le loyer attractif de 12€/m2/mois) et gèreront les parties communes dans un esprit de solidarité et de vie collective. La construction,  d’un budget avoisinant les 2,3 millions d’euros pour quatorze logements,  devrait démarrer en 2010 pous installation en 2012. A Lyon, plusieurs autres quartiers sont actuellement en discussion pour le développement d’initiatives du même type. Au total, on ne compterait pas moins de 50 projets d’habitat coopératif en France, notamment dans le Maine-et-Loire (Angers) ou le Finistère (Loperhet).

Helvètes underground

A Confignon, les habitants de l’immeuble jaune partagent l’abri antiatomique, la table de ping-pong, la buanderie et les panneaux solaires. Cette «coopérative d’habitation», sise près de Genève, préfigure l’immeuble collectif de demain.

NOUALHAT Laure

Sur les dix-huit boîtes aux lettres de cet immeuble jaune canari, dix-huit autocollants «Pas de pub» qui annoncent la couleur. Ici, on refuse d’être pollué par les prospectus. Dans le canton de Genève, la coopérative d’habitation Inti («soleil» en quechua) a fait sortir de terre l’un des prototypes de l’habitat collectif de demain : l’immeuble écolo, coopératif, intelligent et social. Il se présente sous la forme d’un Lire la suite

Du Vert dans le Rouge : renforcer la prise en compte de l’écologie mais rester à gauche.

legrandsoir.info, Christian Delarue, le 3 août 2010

http://www.legrandsoir.info/Du-Vert-dans-le-Rouge-renforcer-la-prise-en-compte-de-l-ecologie-mais-rester-a-gauche.html

Du Vert dans le Rouge : renforcer la prise en compte de l’écologie mais rester à gauche.

Pour des raisons de fond comme pour des raisons d’alliances politiques contre le sarkozysme en France il importe de relier l’écologie et le social. Pour ce faire, une maitrise politique et démocratique de l’économie est nécessaire au lieu de la laisser à la logique marchande (produire des marchandises) et capitaliste (faire du profit). Il n’y a pas de capitalisme vert dit Michel Husson (1) ! La question dépasse évidemment l’horizon national.

I – Avancer des positions théoriques conséquentes à gauche sur le respect de la nature.

1. QUELLE CROISSANCE ? QUELLE PRODUCTION ?

La gauche de gauche écologiste et socialiste (pas au sens de social-démocrate) pense qu’il faut sortir du dogme de la croissance infinie et de la production anarchique non pas pour tordre le bâton dans l’autre sens avec un dogme de la décroissance généralisée et du ne rien produire du tout mais en se posant des questions sur le contenu et les modalités de la production . Il y a toujours besoin de construire des écoles, des logements, des hôpitaux, et nombres de biens utiles. D’autres productions sont inutiles voire nuisibles. La production de voitures ne va pas baisser sans une politique sectorielle transitoire.

Pour avancer, il faut lier les deux questions celle du contenu et celle du mode de production : Si vous voulez construire moins de voitures, moins d’avions et plus de trains par exemple il faut, outre le changement d’imaginaire, surement changer le mode de production tellement les paramètres en jeux sont importants. On peut user de façon transitoire de certaines taxes pour interdire l’accès aux voitures mais cela ne portera que contre les moins solvables (qui sont nombreux) mais c’est un capitalisme dictatorial qui est alors en place ; clairement contre les intérêts du peuple. On s’en approche ceci dit. On peut aussi baisser beaucoup plus les tarifs de transport ferroviaire ce qui suppose une très forte réhabilitation des services publics et de la fiscalité pour les faire fonctionner. Même ainsi, cela ne résoudra pas toutes les questions.

En fait, il est fort peu probable que le mode de production capitaliste orienté vers a valeur d’échange et le profit sache aller vers cette orientation. Dépasser les régulations marginales suppose d’aller vers le socialisme et pour cela il faut mettre le politique et la démocratie au poste de commande, pas le marché et le capital même avec quelques régulations.

2. TOUS RICHES AU NORD ?

Faut-il faire ici la critique de l’empreinte écologique ou celle de son usage ? Si l’empreinte écologique est pertinente, il faut alors se garder d’une interprétation intégriste de cet outil d’analyse. En effet, à écouter certains écologistes, usant de l’empreinte écologique comme critère, la question de la répartition des richesses est mondiale et oppose le Nord surconsommateur au Sud insolvable. Pourtant disposer d’une automobile ne fait pas le riche dans le vécu ordinaire des travailleurs. Ce qui n’empêche pas qu’ une ville comme Londres a une empreinte écologique 120 fois supérieure à sa superficie . La répartition des richesses se pose aussi au Nord. Il faut continuer à défendre le bouclier social et fiscal des 3000 euros et moins par mois dans les pays comme la France. Cela n’empêche pas de vouloir une bonne répartition des revenus au plan mondial et un meilleur accès au services publics. Mieux, il y a tout lieu de penser que si l’égalité avance au Nord, la volonté de justice sociale grandira alors pour le Sud. Il faut enfin préciser aussi qu’il y a du nord au sud. Il y a dans de nombreux pays du sud une bourgeoisie compradores qui émarge à la mondialisation capitaliste et qui place ses fortunes en Suisse et dans les paradis fiscaux.

3. POUR UN DÉVELOPPEMENT SOCIALISTE SOUTENABLE

Le socialisme c’est la démocratisation de l’économie qui devient un moyen au lieu d’être une fin en soi, un fétiche au-dessus des humains. Le socialisme c’est Lire la suite

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ? et Des motifs de discorde subsistent dans la plupart des exécutifs régionaux

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

lemonde.fr, Béatrice Jérôme avec Yan Gauchard (Nantes), Luc Leroux (Marseille), Claudia Courtois (Bordeaux) et Jacques Boucaud (Lyon), le 3 août 2010

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

Quatre mois après les élections régionales, l’heure est au bilan pour les écologistes. A Nantes, du 19 au 21 août, leurs Journées d’été auront pour thème « L’écologie à l’épreuve du pouvoir ». Pour l’heure, leurs victoires sont encore modestes.

Pour sceller l’alliance des listes Europe Ecologie avec celles menées par le Parti socialiste, entre les deux tours du scrutin de mars, ils ont dû accepter des compromis sur des dossiers emblématiques pour eux : aéroport Notre-Dame-des-Landes, en Pays de la Loire, projet ITER en Provence-Alpes-Côte d’Azur… Au-delà de l’environnement, ils s’attachent à imposer une « nouvelle offre politique », singulièrement en matière économique. Mais derrière ce qu’ils appellent le « greenwashing » (récupération ou dévoiement des idées écologistes) des exécutifs de gauche, ils peinent à infléchir le modèle du PS, « productiviste » à leurs yeux.

AGENTS D’UN NOUVEAU CLIMAT

Avec 12,4 % des votes au premier tour des régionales, le 14 mars, les écologistes ont pu négocier 58 vice-présidences dans l’exécutif des 19 régions qu’ils gouvernent aux côtés du PS. Contrairement à la précédente mandature, ils occupent des postes stratégiques. Ils ont obtenu la responsabilité des transports, des lycées ou de l’emploi dans quelques régions. Par petites touches, ils s’efforcent de se démarquer du PS par un exercice, à leurs yeux, moins « notabilisé » du pouvoir. « Nous sommes les « sans-cravate » », plaisante Philippe Meirieu, chef de file d’Europe Ecologie, en Rhône-Alpes. Son groupe a déclaré la guerre aux « petits fours » et demandé la réduction du parc de voitures de fonction des élus.

A Paris, Cécile Duflot a d’emblée renoncé à la sienne. A la tête des troupes écologistes d’Ile-de-France, la patronne des Verts a demandé et obtenu le remboursement des frais de garde d’enfant pour les élus qui siègent en séances de nuit. Un acquis féministe, selon elle. La requête a suscité une colère noire du président (PS) Jean-Paul Huchon, qui y a vu une simple mesure de « confort ». Une alliance de revers entre écologistes et UMP a finalement permis que la mesure soit votée. En Aquitaine, Alain Rousset, patron (PS) de la région, a fait modifier le règlement intérieur pour lutter contre l’absentéisme dans les commissions, une demande des Verts qui remontait à la précédente mandature.

PETITS CLASHES ENTRE « AMIS »

Les sortants Verts avaient pris le pli de la cogestion dans les régions de gauche. Avec les nouveaux entrants, les relations avec le PS sont plus tendues. Et les bras de fer plus fréquents. « On s’est rendu compte qu’on n’obtient rien sans établir un rapport de forces », assume un proche de Mme Duflot. Encore, n’est-il pas toujours suffisant. Le 8 juillet, la région Ile-de-France a donné son accord à la construction d’un « village nature » de 8 000 résidences près d’Euro Disney, en Seine-et-Marne. Les écologistes ont voté contre, en commission permanente, hostiles au principe d’une nature « clôturée, tarifée et réservée à des touristes européens aisés« . En vain. Un accord PS-UMP a permis l’adoption du projet.

Les écologistes ne vont pas pour autant jusqu’à remettre en cause les accords de gouvernement passés avec le PS. Dans les dix régions où ils disposent d’une minorité de blocage, Lire la suite

Villes en transition : Le futur en marche

http://www.lecourrier.ch/index.php?name=News&file=article&sid=446506

Le futur en marche

Lecourrier.ch, Annie Pitteloud, le 31 Juillet 2010

LA VILLE (V)

Nées en Grande-Bretagne, les Villes en transition essaiment en terres francophones. Objectif : préparer aujourd’hui un monde sans pétrole. Entretien avec Rob Hopkins, à l’origine du mouvement.

Des villes en transition ? Mais de quoi vers quoi ? De l’ère du pétrole à celle de sa fin programmée. Les experts peinent à s’accorder sur une date, mais le pic pétrolier devrait se produire avant 2030 : la demande croissante en énergie excédera dès lors une offre en constante diminution1. Sans attendre cette pénurie annoncée, qui fait planer sur notre monde dépendant de l’or noir la menace de crises énergétiques, alimentaires et sociales, des militants s’attèlent à sortir dès à présent de la dépendance au pétrole. Afin de faire face au double défi du pic pétrolier et du réchauffement climatique, le réseau des Villes en transition (Transition Towns) en Grande-Bretagne imagine depuis quatre ans de nouveaux paradigmes, et invente des modèles alternatifs dans une révolution des consciences bien loin des discours culpabilisants qui réduisent à l’impuissance. En 2006, la petite ville de Totnes est la première à se lancer dans l’aventure. Aujourd’hui, plus de 250 initiatives de Transition ont vu le jour dans une quinzaine de pays, réunies dans le réseau de Transition (Transition Network). Le mouvement a commencé à essaimer dans le monde francophone (lire en page suivante).

Tout démarre en 2005 à Kinsale, en Irlande: Rob Hopkins, enseignant de permaculture2, imagine avec ses étudiants un moyen de mettre en pratique cette «culture permanente». Ils élaborent des outils conceptuels et un cadre pratique pour motiver les citoyens à agir à l’échelle locale: c’est à ce niveau que le changement est possible, que la population peut passer à l’action sans attendre d’hypothétiques résolutions issues des Sommets sur le climat. Par ailleurs, afin de sortir de sa dépendance au pétrole, l’économie devra en grande partie se relocaliser.

outils psychologiques

La Transition aborde la sortie du pétrole avec les outils utilisés pour traiter les dépendances. Afin d’aider les communautés qui se lancent, la démarche est résumée dans le Guide des initiatives de Transition en douze étapes – non contraignantes, le propre de ces initiatives étant d’être concrètes et pratiques, chaque communauté trouvant les solutions qui lui conviennent en fonction de ses ressources et de ses enjeux. La Transition se base également sur le concept de la résilience, emprunté à la psychologie, pour définir la capacité d’un système social à encaisser sans s’effondrer un choc – énergétique, climatique ou économique – et à rebondir, grâce notamment à son autonomie locale en matière alimentaire et énergétique.

Son originalité est d’offrir une vision positive de la sortie du pétrole. Après avoir pris conscience du pic pétrolier, de ses conséquences et de l’urgence de s’y préparer en réduisant ses émissions de CO2, chaque communauté définit et met en oeuvre un «plan d’action de descente énergétique» (PADE). Pour cela, elle dessine une vision à Lire la suite

Le maire, acteur clé des enjeux énergétiques

localtis.info, Anne Lenormand, le 22 juin 2010

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?c=artJour&pagename=Localtis%2FartJour%2FartJour&cid=1250260023793

Le maire, acteur clé des enjeux énergétiques

Rénovation thermique des bâtiments, transports, urbanisme, chauffage urbain, déchets… : les politiques locales sont au coeur des enjeux de la sobriété énergétique et de la lutte contre le changement climatique. Un colloque organisé par l’Association des maires de France le 16 juin a fait le tour de ces questions en mettant en avant des expériences locales innovantes.

« On ne peut aménager une ville sans avoir en tête les questions de consommations d’énergie de nos bâtiments et de nos transports« , a lancé Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France (AMF), en introduisant le 16 juin à Paris un colloque sur le thème « Le maire et l’énergie : de la sobriété énergétique à la lutte contre les changements climatiques« . A l’occasion de cette rencontre, organisée par l’AMF avec le soutien de la Caisse des Dépôts, les élus ont pu présenter leurs actions en la matière et leurs attentes à l’égard de l’Etat au moment où le Grenelle de l’environnement entre dans sa phase de mise en œuvre.

Deux chiffres suffisent à résumer les enjeux et la puissance d’action des collectivités territoriales : elles gèrent près de 240 millions de mètres carrés de bâtiments et sont en lien direct avec 36 millions d’usagers potentiels des transports publics. Les émissions résultant directement de la gestion de leur patrimoine (flottes de véhicules, bâtiments publics, etc.) et de l’exercice de leurs compétences (transports, déchets, chauffage urbain, etc.) représenteraient plus de 12% du total des émissions de gaz à effet de serre en France. Autant dire qu’elles détiennent en grande partie les clés de la réussite des objectifs du Grenelle.

Rénovation thermique des bâtiments : le double défi technique et financier

Le projet de loi portant engagement national pour l’environnement (Grenelle 2) prévoit d’abord l’obligation de réaliser des travaux d’amélioration énergétique dans tous les bâtiments tertiaires entre 2012 et 2020. Un chantier colossal pour les communes qui disposent d’un patrimoine bâti important. Comme l’a souligné Pierre Jarlier, sénateur-maire de Saint-Flour et vice-président de l’AMF, en charge du groupe de travail collectivités du Plan Bâtiment Grenelle, le défi n’est pas seulement financier. Il passe aussi par des diagnostics solides. « Sans ingénierie territoriale, on ne pourra mettre en œuvre une politique efficace d’amélioration de la performance énergétique car on manque aujourd’hui de connaissances sur l’état du patrimoine et de professionnels qualifiés pour répondre aux questions des élus et des habitants dans ce domaine. »

Comme les investissements en matière d’économies d’énergie s’amortissent sur des périodes longues, il faut aussi réfléchir à de nouveaux modes de calcul. « Le Code des marchés publics va devoir évoluer car on ne peut pas continuer à faire des appels d’offres en prenant uniquement en compte les coûts d’investissement », a souligné Pierre Jarlier. Et de suggérer : « La notion de coût global devrait s’imposer de façon à Lire la suite

La politique énergétique française vue par l’Agence Internationale de l’Energie : une analyse sourde, aveugle et muette !

Revue de l’AIE sur la politique énergétique française : une analyse sourde, aveugle et muette !

cdurable.info, le 27 juillet 2010.

http://www.cdurable.info/+Revue-de-l-AIE-sur-la-politique-energetique-francaise-une-analyse-sourde-aveugle-et-muette-pour-le-CLER,1766+.html

Tous les 4 ans, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) – organe de coopération entre les 28 pays membres de l’OCDE centré sur l’énergie – réalise une revue de la politique énergétique de chacun de ses pays membres.

Le rapport concernant la France publié le 26 Juillet 2010 se montre très décevant et même inquiétant. Les experts associatifs pointent les défauts du processus de concertation sur la forme et le manque d’analyse critique de la revue sur le fond.

Un rapport sourd aux ONG

Le processus d’élaboration du rapport comprend plusieurs phases de débat et de concertation entre les représentants des ministères des pays membres et le Secrétariat de l’AIE. Les autres acteurs concernés sont en principe eux aussi associés à la démarche.

Contrairement à ce qui se fait dans les autres pays, le Ministère du développement durable (MEEDDM), en l’occurrence la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), a refusé d’inclure les acteurs associatifs français de l’énergie et de l’environnement (si ce n’est ponctuellement la Fondation Nicolas Hulot) dans le programme de réunions consultatives.

Ce faisant, la DGEC a privé l’équipe de revue de toute possibilité de discussion directe avec des représentants de la société civile dont la connaissance et l’expertise – notamment en terme d’énergie durable – ont pourtant été largement reconnus durant tout le processus d’élaboration du Grenelle de l’environnement. L’ambitieuse future réglementation thermique RT 2012, dont se félicite l’AIE, est par exemple le fruit des propositions des associations.

Rappelons que le dialogue avec la société civile fait intégralement partie des engagements des pays membres de l’OCDE, ce qu’ont bien compris de nombreux pays membres qui ont pleinement intégré les associations dans le processus de concertation.

Un rapport aveugle vis à vis du nucléaire

Le processus de Grenelle avait été marqué par l’exclusion d’entrée du nucléaire – pourtant placé au centre de la politique énergétique française depuis 1973 – du champ des discussions. Si cette séparation artificielle a sans doute favorisé les avancées de la concertation sur les autres volets de la politique énergétique, elle ne saurait demeurer dans la mise en œuvre concrète des orientations correspondantes.

Les projections officielles « post-Grenelle » du gouvernement français prévoient explicitement, à la fois de stabiliser la consommation d’électricité et de développer la part de la production électrique d’origine renouvelable… tout en assurant le maintien voire l’augmentation de la capacité de production nucléaire. Pour « boucler » le scénario, le Gouvernement ne peut que parier sur une augmentation sans précédent des exportations d’électricité qui n’a aucune chance de se réaliser, ce qui ne peut en retour qu’entraver les progrès sur la demande ou les renouvelables sur un marché national saturé.

L’AIE ignore ou feint d’ignorer dans son analyse cette Lire la suite

Les « SCoT-Grenelle » se mesurent à la maîtrise de la consommation d’espace

projetdeterritoire.com, Christopher de Laburthe, le 2 juillet 2010

http://www.projetdeterritoire.com/index.php/Espaces-thematiques/Gestion-de-l-espace/Actualites/Les-SCoT-Grenelle-se-mesurent-a-la-maitrise-de-la-consommation-d-espace

Les « SCoT-Grenelle » se mesurent à la maîtrise de la consommation d’espace

Le Ministère de l’Ecologie de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer a lancé en mars 2009, une démarche partenariale d’accompagnement de douze SCoT sur les thématiques mises en avant par le Grenelle de l’environnement : énergie, biodiversité, densification, gestion économe des espaces, déplacements. Baptisée « SCoT-Grenelle » cette démarche rassemble également les acteurs des SCoT lors de deux rencontres annuelles pour débattre des thématiques retenues. Les actes de la première journée d’échanges du 30 septembre 2009 consacrés à « la maîtrise et la mesure de la consommation d’espace dans les SCoT » viennent d’être publiés par le MEEDDM.

Dans le préambule des actes, Jean-Marc Michel, le Directeur général de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN), insiste sur la place du SCoT comme pièce maîtresse dans l’échiquier des stratégies de lutte contre les consommations d’espaces pour l’urbanisme et met en avant sa place essentielle dans la nécessaire mise en œuvre d’une «densification acceptée des territoires ».

Consommation foncière. La première partie des actes débute par la restitution d’une étude du CETE qui fait un état de l’art sur les méthodes de suivi des consommations de l’espace, et se poursuit avec des échanges des participants qui, tous, insistent sur la difficulté d’identifier et d’accéder à des sources de données simples et fiables en matière de consommation foncière. Partant du constat alarmant d’une urbanisation annuelle de 75 000 hectares, les intervenants de la table ronde se sont employés à identifier les enjeux et les armes dont disposent, ou non, les SCoT en la matière. Toutes les interventions des représentant de ministères ou des têtes de réseaux impliqués dans les thématiques Grenelle (FNAU, GART, FNSAFER, Ministères de l’agriculture, de l’environnement) ont insisté sur le rôle de pivot du SCoT dans la mise en œuvre des différentes facettes du Grenelle. A ce titre le représentant des agences d’urbanisme a particulièrement insisté sur l’importance de l’émergence d’un portage politique des orientations du SCoT afin d’asseoir sa mise en œuvre locale. Les acteurs des transports et de l’agriculture ont également rappelé la nécessaire articulation des réflexions thématiques trop souvent cloisonnées ainsi que la nécessité de donner une visibilité aux acteurs économiques, particulièrement à la profession agricole. L’attention des acteurs des SCoT a été spécialement attiré sur l’enjeu important de la prise en compte de la biodiversité tant en termes de méthodes de travail, de compétences, d’investissements nécessaires – notamment à l’identification des trames vertes et bleues- que sur la complexité du traitement de la biodiversité ordinaire.

SCoT Grenelle. La seconde partie de la publication est consacrée à la restitution du tour d’horizon des «SCoT –Grenelle» suivis par le CERTU puis à une série de retours d’expériences de SCoT « pionniers » approuvés.

Du suivi des « SCoT –Grenelle », il ressort plusieurs traits saillants. Parmi ceux-ci on peut noter celui d’une très forte hétérogénéité tant en termes de périmètre (de 12 à 465 communes) que de structure porteuse ou de moyens techniques et humains. Le CERTU a également relevé la difficulté générale à cerner la thématique de l’étalement urbain et à envisager des outils de mesure. A ce titre l’ensemble des maîtres d’ouvrage sont en attente de Lire la suite

Fret ferroviaire : la France prend un train de retard

http://www.actu-environnement.com/ae/news/fret-rail-10690.php4

actu-environnement.com, Sophie Fabrégat, le 13 juillet 2010

Fret ferroviaire : la France prend un train de retard

Alors que le ministère des Transports annonce des avancées lors du comité de suivi de l’engagement national pour le fret ferroviaire et que la SNCF confirme sa stratégie d’abandon du wagon isolé, les associations et les industriels s’inquiètent.

Comme d’autres engagements du Grenelle, l’objectif de croissance de 25 % de la part du non routier et du non aérien dans le transport de marchandises d’ici 2012 ne devrait rester qu’une douce utopie. Car si le ministère des Transports, tout comme la SNCF, se veulent rassurant, voire enthousiastes quant à l’avenir du fret ferroviaire, les associations et les chargeurs sont plutôt pessimistes, voire alarmistes.  »On marche sur la tête, on va à l’inverse de ce qu’il faut faire, constate Olivier Louchard, coordinateur du Réseau Action Climat. Alors que le non routier représentait 14 % du transport de marchandises en 2006, on est passé à 12 % en 2009. On décroît au lieu de progresser ».

Engagement national pour le fret ferroviaire : un train sans locomotive ?

Le compte rendu publié à l’issue de la deuxième réunion du comité de suivi de l’Engagement national pour le fret ferroviaire, organisée et présidée par Dominique Bussereau le 8 juillet, dresse un bilan d’étape optimiste de l’avancement des mesures engagées depuis le 16 septembre 2009,  »date de l’annonce de cet ambitieux programme d’actions représentant un montant de 7 milliards d’euros d’investissements de l’Etat ».

Dominique Bussereau  »s’est félicité des appels d’offres en cours pour les autoroutes ferroviaires Atlantique et Alpine, ainsi que de l’augmentation du nombre de trains sur l’autoroute ferroviaire Perpignan – Luxembourg, dont la fréquence est désormais de 3 allers-retours quotidiens ». D’après le communiqué de presse, il  »a également mentionné que le transport combiné est en plein essor et bénéficie désormais d’une aide de l’Etat augmentée de 50 %. Il a insisté sur l’importance de la mise en service des opérateurs ferroviaires de proximité (OFP) dès 2010 ».

Du côté des participants, c’est un tout autre son de cloche.  »Un an après le lancement de ce plan, il y a eu beaucoup de paroles mais pas beaucoup de choses faites. Comme l’a rappelé Dominique Bussereau, les objectifs initiaux risquent fortement de ne pas être atteints. Face à ce constat, aucune décision énergique n’est prise, on se trouve face à un gouvernement indifférent qui, pendant ce temps-là, fait des cadeaux au transports routiers », constate à regret Michel Dubromel, responsable transports à France Nature Environnement (FNE). L’autorisation des 44 tonnes pour le transport de produits agricoles ( »alors que le fret ferroviaire se prêtre très bien au transport de céréales »), le report d’une année de la taxe poids lourd, l’autorisation de trois nouveaux projets d’autoroutes ( »dont la mise en concession autoroutière de la RN154 qui relie Chartres au port de Rouen et sur laquelle on sait qu’il y a un important trafic de céréales ») restent en travers de la gorge des défenseurs du rail.

Parallèlement,  »si le ministère admet que la mise en place des OFP a été  »sabotée » (il y aurait eu des manœuvres pour l’empêcher), aucune mesure est annoncée pour y remédier. Le ministère Lire la suite

Relocalisons !

relocalisons.org, communiqué et appel, juillet 2010

Relocalisons !

www.relocalisons.org

Les 1ères Rencontres de la Relocalisation ont eu lieu les 3 et 4 juillet à Notre-Dame des Landes (44). En soutien aux opposants au projet d’aéroport, ces journées ont rassemblé des militants venus de toute la France, dont des élus de grandes villes et de milieux ruraux.

Elles ont donné lieu à des échanges très nourris et très riches, construits à partir de présentations d’acteurs impliqués et portant sur l’origine des échanges et les systèmes d’échanges locaux (SEL), sur les monnaies complémentaires locales, sur comment manger local et assurer la souveraineté alimentaire des territoires.

Dans le prolongement de notre appel « Relocalisons » puis de l’appel « Relocalisons Copenhague », lancés en Août 2009, les participants à ces Rencontres, dont l’association RELOCALISONS, lancent un appel pour développer partout des initiatives de relocalisation.

Nous appelons à renforcer le rapprochement entre producteurs, consomm-acteurs et citoyens, et au développement d’initiatives pour nous réapproprier nos conditions de vie.

Nous ne partons pas de rien, de nombreuses expériences de relocalisation existent déjà depuis des années et se développent rapidement : AMAPs, SELs, monnaies locales, jardins et éco-habitats partagés, coopératives de producteurs, associations de consomm’acteurs, organisations de financement solidaire et local, producteurs locaux d’énergie renouvelable, villes sobres, etc.

Il ne s’agit ni de repli sur soi, ni de nationalisme. Il s’agit de reprendre pouvoir sur nos conditions d’existence, dans la solidarité et la coopération. Il s’agit également de participer activement à la construction de la transition vers une société fraternelle en rupture avec le dogme de la croissance et le productivisme.

Nous appelons tous ces acteurs de la relocalisation :

– à se connecter par tous moyens et constituer des Lire la suite

Abandon et artificialisation des sols agricoles en Aquitaine : la déprise s’accélère

agreste.agriculture.gouv.fr, Agreste Aquitaine, N° 38, juin 2010

Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt Aquitaine, Enquête Utilisation du territoire (TERUTI), Analyses et résultats

http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf_R7210A19.pdf

Abandon et artificialisation des sols agricoles : la déprise s’accélère

Le territoire aquitain ne cesse d’évoluer…

Sous une apparente stabilité, l’espace régional ne cesse de se modifier. Les évolutions des usages des sols aquitains résultent d’échanges mutuels entre ces différentes composantes. Entre 2006 et 2009, ce sont près de cent cinquante mille hectares, soit 4% du sol aquitain qui ont changé d‘orientation.

A cela, il convient d’y adjoindre les surfaces ayant changé d‘assolement, mais au sein d’une même famille. Ce phénomène est marqué en agriculture à l‘exemple de terres en jachères en 2006 cultivées en céréales en 2009. Au total en Aquitaine sur la période, près d’un hectare sur dix a connu au moins un changement de statut.

… selon des rythmes différents et différenciés

Les espaces naturels occupent en moyenne, en 2009, 91% du territoire régional. Ils comprennent les sols boisés (47%), les sols cultivés (23%) les sols toujours en herbe à usage agricole ou non (13%) ainsi que les espaces non valorisés tels que landes, friches, roches, dunes et zones humides (8%).

Les espaces artificialisés sont le complément dans le territoire des espaces naturels. Ils occupent donc 9% de l’espace aquitain. Ils regroupent les sols bâtis (maisons d’habitation, bureaux, usines,…) les sols de formes aréolaires (place, square, parking,…) et les sols linéaires (routes, ponts, voies ferrées,…).

Entre 2006 et 2009, les sols artificialisés progressent de 20 000 hectares. Avec 8% d’augmentation, les sols bâtis grignotent près de 5 000 hectares par rapport à 2006. Hausse identique pour les autres sols urbanisés mais non bâtis, mais cette fois, ce sont 15 000 hectares de plus qui viennent grossir leurs rangs.

Entre 1992 et 1999, l’urbanisation consommait près de 4 500 hectares de sols naturels chaque année, 5 500 hectares entre 2000 et 2004. Depuis 2006, ce sont 6 500 hectares qui sortent du giron des sols naturels annuellement.

Sans pour autant remettre en cause le caractère rural de l’Aquitaine, cette accélération l’entame.

20 000 hectares de sols urbanisés de plus entre 2006 et 2009, en Aquitaine. Ces derniers continuent de poursuivre leur extension. Démographie, habitat, transports et loisirs sont le moteur de cette croissance.

Les changements d’occupation des sols d’Aquitaine au cours des trois dernières années confirment la tendance observée entre 1992 et 2004. L’artificialisation progresse plus vite que la population.

Toutefois par rapport à la période précédente, de nouveaux éléments apparaissent. Les surfaces en sols boisés Lire la suite

A qui profite la construction de nouvelles autoroutes ?

rue89.com, David Servenay, le 24 juillet 2010

http://www.rue89.com/explicateur/2010/07/24/a-qui-profite-la-construction-de-nouvelles-autoroutes-159791

A qui profite la construction de nouvelles autoroutes ?

Anti-Grenelle selon les associations, « indispensable » pour Borloo, le projet devrait bénéficier aux sociétés privées.

Trois ans après le Grenelle de l’environnement, le ministère de l’Ecologie vient de publier son Schéma national des infrastructures de transport (SNIT). Ce document prospectif prévoit de construire 879 kilomètres d’autoroutes supplémentaires. Un vrai reniement pour les associations écologistes, une « révolution » pour Jean-Louis Borloo.

1. Le SNIT remet-il en cause les engagements du Grenelle de l’environnement ?

« La priorité ne sera plus au rattrapage routier, mais au rattrapage des autres modes de transport. »

Octobre 2007, la promesse de Nicolas Sarkozy ravit les protagonistes du Grenelle de l’environnement qui s’achève. Fini le « tout-routier » dominant, car compte-tenu de sa position géographique en Europe, la France est un pays suréquipé :

11 042 kilomètres d’autoroutes,

20 000 kilomètres de nationales,

377 984 kilomètres de départementales,

630 000 kilomètres de routes communales et de rues.

La promesse du président de la République sonne donc le glas du tout-puissant lobby routier qui, associé aux constructeurs automobiles, a façonné la politique d’aménagement du territoire durant les Trente glorieuses.

Pour les associations écologistes, les dix-neuf projets prévus au SNIT pour les vingt ans à venir constituent donc un virage à 180 degrés. Sans remettre à l’ordre du jour de nouveaux grands axes, ces projets sont parfois conséquents : 80 km entre Langres et Vesoul, 160 km pour la route Centre Europe-Atlantique… Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, l’a dénoncé sur le blog Reporterre :

« Alors que le Grenelle énonçait un certain nombre de principes assez flous, le ministre adopte, a contrario, un vaste programme autoroutier qui marque le grand retour de l’Etat pollueur et décomplexé !

La croissance verte de Borloo ressemble à s’y méprendre à Lire la suite

L’autre écologie : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives

cip-idf.org, 2010

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5220

L’autre écologie – Le Sabot, outil de liaison locale sur Rennes et ses environs

L’autre écologie

L’omniprésence de la « question » écologique ne fait maintenant plus de doute. D’une part, les données écologiques prennent une place centrale dans un « système-monde » en perpétuelle mutation et d’autre part, l’incapacité des états à établir des accords mondiaux sur les émissions de gaz à effets de serre marque un réel échec pour le capitalisme.

Cette incapacité chronique confirme qu’il n’y a rien à attendre d’une conversion verte du capitalisme, celle-ci signifiant généralement une accentuation des inégalités sociales et un écrasement de toutes expressions populaires, elle confirme également que l’écologie n’est pas l’apanage des nouveaux entrepreneurs de l’économie verte et des apprentis sorciers de la gestion écologique mondiale. Une autre idée de l’écologie persiste, une idée démocratique : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives, mais aussi de ceux qui dans certaines luttes s’emparent de cette question alors qu’ils sont jugés a priori incompétents dans ce domaine.

1. L’écologie au cœur des mutations du capitalisme

L’émergence depuis quarante ans de la question écologique, du dérèglement climatique ou de la destruction des écosystèmes et des espèces vivantes a mis en cause les principes du capitalisme industriel. Sous l’influence d’un renouveau dans la théorie économique, les entreprises et les états sont en train d’opérer une modification de leurs modèles productifs sur la base d’une maîtrise des milieux complexes (1) et de la biosphère. Ce renouveau de la théorie économique et cette tentative de maîtrise signifient que l’économie va désormais intégrer des éléments occultés auparavant : les interactions non-économiques ; et analyser quels bénéfices ou pertes elles provoquent sur les échanges économiques. Ainsi la prise en compte et la maîtrise des ressources naturelles rares, des ressources énergétiques, ou des ressources en eau ou en matériaux nécessaires au processus de production, et qui sont le fruit de processus naturels longs de plusieurs millions d’années, deviennent des tâches primordiales pour l’économie et cela constitue une modification fondamentale du capitalisme, celui-ci reposant jusqu’à il y a peu sur un principe de non-limitation des ressources (2).

Si cette révolution écologique est pour le moment sans grandes conséquences visibles sur la destruction des écosystèmes ou sur le réchauffement climatique, c’est que comme le dirait Yann Moulier Boutang ou comme ne cessent de le répéter les cabinets de management : les entreprises et les états n’ont pas encore pris toute la mesure de la mutation qui leur est demandée. Pour ce faire, les états doivent adopter de nouvelles réglementations qui encouragent les entreprises à intégrer la protection de l’environnement et ainsi leur faire prendre conscience que cette question n’est pas réservée aux secteurs spécialisés mais qu’elle concerne toutes les entreprises et que cela constitue un potentiel de croissance important, les premières entreprises à prendre en compte la protection de l’environnement étant celles qui Lire la suite

Isabelle Autissier : « N’attendons pas que de belles décisions nous tombent sur la tête et qu’il y ait des sauveurs de la planète qui se manifestent. »

actu-environnement.com, Propos recueillis par Agnès Sinaï, le 19 juillet 2010

http://www.actu-environnement.com/ae/news/interview-isabelle-autissier-wwf-10714.php4#xtor=EPR-1

Mieux vaut inventer une autre façon de faire pour continuer à naviguer ensemble

 « N’attendons pas que de belles décisions nous tombent sur la tête et qu’il y ait des sauveurs de la planète qui se manifestent. » C’est en substance la doctrine du PANDA que nous relaie Isabelle Autissier, présidente du WWF France.

Actu Environnement : Quels sont les dossiers qui vous occupent actuellement ?

Isabelle Autissier : Il y a eu les discussions autour du Grenelle 2, la marée noire du Golfe du Mexique, bien que le WWF France ne soit pas en première ligne sur ce dossier. Et tout ce qui tourne autour de l’année de la biodiversité, avec la création de l’IPBES (Intergovernmental Science Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services). Et il y a le dossier de l’eau, grande oubliée du Grenelle, qui est lié à l’agriculture, sur lequel je rencontre beaucoup d’acteurs. Il y a longtemps que le WWF travaille sur la qualité de l’eau, sur les raisons des pollutions, en particulier la question agricole, qui n’a pas beaucoup avancé. Or c’est une des causes majeures de la pollution des eaux. Il se trouve que la France est en train d’affiner ses arguments pour la renégociation de la PAC. C’est l’occasion de pousser le plus fort possible pour que soit reconnue à un certain type d’agriculture la qualité de l’environnement, de la biodiversité et de la nature et que ce soit cette agriculture là qu’on favorise au détriment de celle qui consomme beaucoup de polluants et qui ne donne pas une nourriture extraordinaire. Malheureusement ce n’est pas si simple que ça. On en est encore à subventionner des exploitations agricoles qui utilisent beaucoup d’intrants et qui sont très mécanisées, par rapport à des agricultures, biologiques ou durables – qui emploient de la main d’œuvre et permettent aux gens de vivre correctement. Même dans la logique actuelle du marché, ces agricultures fonctionnent. Du point de vue des comptes, il est évident que même l’agriculture productiviste a des coûts lourds. Le WWF a d’ailleurs demandé un rapport de la Cour des comptes sur la responsabilité des pouvoirs publics et le coût supporté par les Français depuis 1980 pour ces aides dommageables à l’environnement.

AE : La trame verte a été remise en question par la commission mixte paritaire du Grenelle II. Comment réagissez-vous à cette décision ?

Isabelle Autissier : On est extrêmement déçus ! On avait déjà vigoureusement protesté sur le fait que la trame verte n’était pas opposable localement ou régionalement. Et maintenant voilà qu’elle n’est pas opposable nationalement ! En résumé, on vous demande d’être gentil avec la nature, et puis s’il y a une autoroute à faire passer, excusez-moi M’sieursdames ! En gros, on n’a aucune compensation à envisager, on n’a pas à se poser la question de savoir s’il faut aménager des passerelles pour que les animaux puissent migrer, donc on fait comme d’habitude, et ce n’est pas la peine d’avoir inventé le concept de trame verte et bleue si c’est pour ne rien en faire. A partir du moment où cette mesure n’est plus obligatoire, elle sera laissée au bon vouloir des acteurs locaux. Or l’érosion de la biodiversité devait être stoppée en 2010, selon l’engagement de la communauté internationale, ce qui est loin d’être le cas. D’un côté on voit que les choses se dégradent, de l’autre on invente des outils pour ne pas les utiliser !

AE : Quels sont les prochains grands rendez-vous environnementaux de l’année ?

IA : Il semblerait que la Plate-forme scientifique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) soit sur les rails, ce qui est une bonne nouvelle, si cet organisme acquiert la même puissance que celui sur le climat. Reste à voir jusqu’où Lire la suite

Vers la décroissance : quelles actions ? Essai de classification

apeas.fr, Christian Araud, auteur dans la revue Entropia, le  20 juillet 2010

http://www.apeas.fr/Vers-la-decroissance-quelles.html

Vers la décroissance : quelles actions ? Essai de classification

Face à la crise climatique et à la fin du pétrole bon marché, toute personne convaincue qu’on va « dans le mur » à belle allure peut se poser la question concrète suivante : « Que faire pour ralentir, éviter l’obstacle, ou amortir le choc ? »

Une réponse typique se trouve dans le livre de Matthew Stein [1] dont le sous-titre est très explicite : A Manual for Self-Reliance, Sustainability, and Surviving the Long Emergency (un manuel pour l’autonomie durable et la survie pendant la longue situation d’urgence). Dans ce manuel de savoir-survivre à l’usage des nouvelles générations, l’auteur énonce à la fin de son ouvrage quelques actions, individuelles ou collectives, pour participer au changement nécessaire :

– conservation, recyclage,

– action collective,

– acheter local,

– diète adaptée,

– action politique,

– restructurer les affaires,

– remplacer les ampoules électriques,

– choisir une automobile peu consommatrice,

– aller en bicyclette, prendre le train, covoiturage,

– réduire le chauffage et la climatisation de l’habitat,

– installer des systèmes d’énergie renouvelable chez soi,

– développer ses capacités personnelles d’autonomie,

– participer à des communautés autonomes.

Cette liste est sans doute assez représentative de ce qui s’énonce dans les articles consacrés à ce qu’il faudrait faire pour répondre aux défis posés par le changement climatique. En fait, c’est un peu un inventaire à la Prévert. Il est indéniable que chacune des pistes proposées, si elle était mis en œuvre, serait « bénéfique pour la planète » en utilisant un cliché courant chez les chantres du « développement durable ».

Nous ne sommes pas dans une réflexion « compréhensive » sur la décroissance, tout en ayant une série d’indications concrètes sur ce qui serait « utile » de faire pratiquement pour traduire dans la réalité quelques-unes des idées des objecteurs de croissance. Par ailleurs du point de vue de la personne « active » (ou voulant le devenir), cette liste est fondamentalement hétéroclite.

Dans une première tentative de classification, en me plaçant sur un plan plus descriptif que philosophique, avec une approche résolument pragmatique, je distinguerais volontiers quatre niveaux, de plus en plus éloignés de « l’acteur » et donc embrassant un champ de plus en plus vaste.

Ces niveaux sont :

L’action personnelle et immédiate dont on est le seul maître, compatible avec l’environnement général, la société dans laquelle on vit, mais néanmoins Lire la suite

Le « Bristol Peak Oil Report » : Préparer l’après pétrole

decroissance.blog.lemonde.fr, Thierry Caminel, Ingénieur, le 12 juin 2010

http://decroissance.blog.lemonde.fr/

Notes sur le “Bristol Peak Oil Report”

Le « Bristol Peak Oil Report »

Note de lecture

Saviez-vous qu’on anticipe des émeutes de la faim, en ce début du 21 ° siècle, dans la 6e économie mondiale, et que des villes importantes estiment que les crises énergétiques à venir auront des conséquences locales majeures, et s’y préparent ?

Cette note présente le « Bristol Peal Oil Report » [1],  un document officiel d’une ville anglaise de 430.000 habitants publié récemment.  Après une exposition du contexte de ce rapport,  son contenu est présenté sommairement, et l’on essaie ensuite de montrer les profondes différences d’appréciation de la situation énergétique mondiale entre le France et l’Angleterre.

Contexte

Anciens exportateurs d’hydrocarbures, les Britanniques voient leurs champs de pétrole et de gaz de la mer du Nord décliner depuis 10 ans. L’information concernant l’état des réserves de pétroles mondiales est largement relayée par la presse, alimentant le débat public, renforçant la lutte contre le réchauffement climatique

Au plus haut niveau sont écrits des rapports sur le ‘peak oil’ et ces possibles conséquences économiques et sociales [2]. Les Anglais investissent par ailleurs massivement dans des sources d’énergie non fossile (éolien offshore, nucléaire,…), dans les transports collectifs et vélos, etc. Ils ont introduit une taxe carbone, et prennent en compte le carbone contenu dans la commande publique.

Au niveau local se met en place un réseau de ‘villes en transition’ [3], regroupant plus d’un millier de villes, quartier ou district, destinés à renforcer la résilience de ces communautés, c’est-à-dire leur capacité à résister à un choc externe. Certaines sont de véritables laboratoires,  expérimentant des monnaies complémentaires, des cartes de rationnement ou de nouvelles techniques agricoles.

Bristol s’inscrit dans ce mouvement de ville en transition. La taille de la ville, son importance économique et la qualité de son rapport en font un bon exemple de ce qui se passe outre-Manche et du niveau de prise de conscience des problématiques énergétiques.

« Peak oil Report – Building a positive future for Bristol after Peak Oil »

Ce rapport de 100 pages, publié il y a quelques mois par le conseil municipal de Bristol, commence par expliquer en quoi le pétrole est important, et les raisons qui font qu’il va devenir de plus en plus rare et cher. Il cite les études de l’Agence Internationale de l’Énergie [4], des agences nationales, de Total, Shell ou Aramco, explique qu’il n’y pas d’alternative au pétrole disponible suffisamment rapidement, et rappelle le lien avec le réchauffement climatique.

Le rapport synthétise ensuite les vulnérabilités de Bristol au Peak Oil, telles que Lire la suite

10 octobre 2010, 10/10/10 : AlternativA en Aquitaine à Bayonne, Bordeaux, Dax, Pau… réservez cette date

350.org, Diana, juillet 2010

http://www.350.org/fr/about/blogs/marquez-cette-date-et-allez-voir-le-nouveau-350org

10/10/10 : Réservez cette date (et allez voir le nouveau 350.org!)

Chers amis,

Ces derniers mois ont été incroyables ici à 350.org: des mois de campagne ininterrompue – et nous allons encore passer à la vitesse supérieure. 

A compter d’aujourd’hui, nous sortons le grand jeu et nous nous lançons à l’assaut du 10/10/10, la « Fête Globale du Travail ». Elle a été décrite comme « journée de fête autour des solutions au réchauffement climatique » – et effectivement, il s’agit sans doute de notre meilleure chance cette année de faire pression sur nos dirigeants, tout en s’amusant. Si vous ne connaissez pas encore tous les détails du 10/10/10, lisez ci-dessous la nouvelle lettre d’invitation de Bill McKibben.

Si vous connaissez déjà tous les détails, c’est une occasion parfaite pour en informer quiconque ne serait pas au courant. Le nouveau 350.org peut être diffusé en quelques clics sur Facebook ou Twitter; vous pouvez aussi simplement faire passer la lettre de Bill à 10 de vos amis (nous aimons assez le chiffre 10 cette année), et faire ainsi prendre 10 fois plus d’ampleur au mouvement pour des conditions climatiques plus sûres. 

En avant pour le 10/10/10

Cher Monde,

L’année a été rude: en Amérique du Nord, la marée noire a submergé le Golfe du Mexique; en Asie, jamais température aussi élevée n’avait été enregistrée; dans l’Arctique, la fonte des glaces s’est accélérée jusqu’à un rythme jamais vu auparavant; en Amérique latine, des pluies torrentielles ont dévasté des flancs entiers de la montagne.

Et donc, nous allons faire la fête. 

Marquez le 10/10/10 sur votre calendrier: c’est la date. Le lieu, votre lieu de résidence. Le but, agir pour tenter d’enrayer le changement climatique depuis votre ville ou votre collectivité

Nous l’avons nommée « Fête du Travail Globale« , en insistant sur « travail » autant que sur « fête ». A Auckland, en Nouvelle Zélande, aura lieu un gigantesque atelier de réparation de vélos, pour que tous les vélos de la ville soient remis en circulation. Dans les Maldives, des panneaux solaires vont être mis en place sur les bâtiments présidentiels. A Kampala, en Uganda, des milliers d’arbres seront plantés, et en Bolivie des fours solaires vont être installés, et seront mis à profit dans un immense pique-nique écologiquement neutre. 

Nous avons déjà appelé, écrit, pétitionné, manifesté, par tous les moyens possibles pour faire bouger les hommes politiques: ils ont été trop lents; aussi est-il temps à présent de leur montrer que nous disposons des moyens nécessaires pour corser notre action climatique. 

Le 10/10/10 montrera que Lire la suite

Appel à propositions de recherche – Transition(s) vers une économie écologique ?

agora21.org, Karim Hammou, le 21 juin 2010

http://www.agora21.org/transitions/community/pg/pages/view/258/

Transition(s) vers une économie écologique ?

La Mission prospective du MEEDDM lance un appel à propositions de recherches consacré au verdissement à long terme de l’économie française. En complément aux réflexions en cours et stratégies à l’œuvre sur le thème de la croissance verte, cet appel vise à fournir un éclairage spécifique sur les modalités et enjeux de transition, dans l’hypothèse d’un changement structurel de nos économies à l’horizon 2030-2050. Des contributions sont attendues tant en matière d’évaluation économique et environnementale que d’analyse des freins à l’innovation sociale ou institutionnelle. La date limite de réception des projets est fixée au 30 juillet 2010.

Annonce

La Mission Prospective du MEEDDM pilote et réalise des travaux de prospective sur les modèles et transitions de long terme vers un développement durable au travers de cinq programmes  dont un traite spécifiquement des hypothèses et enjeux de transition relatifs au « verdissement » à long terme de l’économie française. A l’appui de ce dernier programme, la Mission souhaite engager trois types de réflexions complémentaires (1) en organisant un séminaire de prospective, (2) en initiant un appel à projets de recherche et (3) en contribuant à une mise en débat avec les secteurs et territoires concernés. Pour ce faire, le présent appel à propositions s’ouvre sur un rappel du contexte et des enjeux caractérisant la démarche d’ensemble (§.I), avant de proposer un cadre commun aux trois volets évoqués (§.II), puis d’entrer dans le détail des réponses attendues pour chacun d’eux (§.III).

I – Contexte et enjeux du programme 

La reconnaissance du caractère irréversible et globalisé des menaces que l’activité humaine fait peser sur le climat, les ressources ou la biodiversité a conduit les principales économies mondiales à s’engager, au cours de la dernière décennie, dans la voie d’un découplage – entre développement économique et pression environnementales – dont la part d’incertitude et les impacts potentiels sont d’une ampleur considérables. Comme l’illustrent à la fois l’ambition des orientations et la diversité des mesures issues du Grenelle de l’environnement, contenir de tels risques suppose en effet d’agir simultanément sur les modèles productifs, les processus d’innovation, les instruments de régulation et les comportements. Ce qui, à long terme, et du point de vue des stratégies publiques aussi bien que privées, revient ni plus ni moins qu’à devoir accompagner ou conduire – et a fortiori anticiper – une mutation structurelle de nos économies.

Au regard de ce changement de trajectoire conçu en régime permanent et amorcé à des rythmes sensiblement variés selon les secteurs ou les pays concernés, la conjonction récente d’une crise économique mondiale et d’alarmes environnementales majeures (alertes climatiques, choc pétrolier, crise alimentaire) constitue une véritable rupture

de par le caractère d’urgence politique soudainement conféré à la recherche d’un nouveau sentier de Lire la suite

Les Lloyd’s nous assurent d’une crise énergétique et appellent à décarboniser l’économie

journaldelenvironnement.net, Valéry Laramée de Tannenberg, le 12 juillet 2010

Les Lloyd’s nous assurent d’une crise énergétique

Les Lloyds appellent à décarboniser l’économie.

Dans une étude réalisée avec Chattham House, les Lloyd’s appellent gouvernements et entreprises à préparer la révolution énergétique.

Les responsables du marché des Lloyd’s ne sont pas de grands bavards. Aussi, quand ces très sérieux organisateurs du plus grand marché mondial de l’assurance tirent la sonnette d’alarme, il y a tout lieu de s’inquiéter. Leur dernière contribution n’est effectivement pas des plus rassurantes. Réalisé en collaboration avec un centre d’études des relations internationales réputé, Chattham House, le dernier rapport des Lloyd’s porte sur la sécurité énergétique « durable ».

En une cinquantaine de pages, le document brosse le contexte énergétique actuel et esquisse son futur annoncé. Reprenant presque mot pour mot les discours de certains écologistes, le document rappelle que notre développement s’est construit sur l’accès, presque illimité, d’une source d’énergie carbonée (charbon, pétrole, gaz) et très bon marché. Or, ce temps a vécu, estiment les experts britanniques.

Les cyclones Rita et Katrina nous ont prouvé (en mettant hors circuit une bonne part du système de production et de transformation des hydrocarbures américains pendant plusieurs mois) qu’un événement climatique extrême pouvait gravement perturber notre alimentation en pétrole ou en gaz. L’histoire et la géographie nous rappellent que la plupart des pays producteurs d’hydrocarbures sont politiquement fragiles. Et que les routes qu’empruntent pétroliers, méthaniers et pipelines ne sont pas sans risques.

Les Lloyd’s et Chattham House soulignent aussi qu’avec la montée en puissance des grands émergents (Chine, Inde, Brésil, Indonésie), l’accès aux ressources pétrolières, charbonnières et gazières devient plus difficile pour les pays les plus industrialisés. Or, les producteurs d’huile, de houille et de précieuses molécules ne seront probablement pas au rendez-vous fixé par les consommateurs. La raison ? des décennies de sous-investissements, notamment dans les domaines de l’exploration-production pétrolière et gazière et dans les infrastructures de transport (gazoducs et oléoducs). Une critique que l’on peut aussi adresser à nombre de compagnies électriques. Des industriels qui savent pertinemment qu’il se passe au moins une décennie entre le moment où un investissement est décidé et où il fournit ses premiers kilowattheures (kWh).

Reprenant les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, les auteurs du rapport soulignent que les énergéticiens devront investir 26.000 milliards de dollars (20.691 milliards d’euros) d’ici 2030 pour satisfaire, collectivement, nos besoins énergétiques les plus élémentaires. Pas simple en période de récession.

D’autant que la facture pourrait être plus lourde encore. Car nombre de pays industrialisés se sont engagés à maîtriser leurs émissions de gaz à effet de serre. Ce qui les obligera à investir davantage dans l’efficacité énergétique ou les énergies « bas carbone » ou renouvelables.

Première conclusion du document : « La sécurité d’approvisionnement énergétique est inséparable de la transition vers Lire la suite

Paul Virilio: « La Terre est devenue trop petite pour le progrès. »

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 5 juillet 2010

Paul Virilio: « La Terre est devenue trop petite pour le progrès. »

Paul Virilio est un urbaniste d’origine devenu peu à peu sociologue et philosophe à force de penser inlassablement la vitesse. Depuis 1977, date à laquelle il a publié Vitesse et politique, essai sur la dromologie, il réfléchit à l’accélération du monde et à ses conséquences sur l’homme, l’économie, l’environnement, la géopolitique. L’urbaniste a travaillé sur la ville et son territoire. Très vite, il lie le territoire aux technologies qui permettent de le parcourir et de le contrôler. TGV, pigeon voyageur ou internet, avion ou minitel, qu’il s’agisse des techniques de communication ou des techniques de déplacement, le territoire est défini, selon lui, comme un espace-temps qui, finalement, rapetisse.

Dans L’administration de la peur, vous soutenez que la peur est un moyen de gouverner utilisé sans cesse.

Dans nos sociétés, depuis l’origine monarchique jusqu’à nos sociétés démocratiques, la peur fait partie des moyens de gouverner. On le voit bien avec les politiques sécuritaires actuelles. Le pouvoir de la peur domine le pouvoir de la reconnaissance du bien public. Dans ce livre, ce qui parle à travers moi, c’est ma génération qui constate que la même situation revient sans cesse, celle de la peur continuée par d’autres moyens, d’abord atomiques, puis terroristes et écologistes. Ainsi, je réactualise la maxime de Clausewitz selon laquelle «la politique est la guerre continuée par d’autres moyens». Non, la politique, c’est la peur continuée par d’autres moyens. Les trois peurs que j’évoque dans mon livre sont les suivantes: l’équilibre de la terreur, le déséquilibre de la terreur et la peur écologique. L’équilibre de la terreur a cessé avec la chute du mur de Berlin, laissant place au déquilibre de la terreur qui correspond au terrorisme qui peut survenir à tout instant, partout, à Londres, New York ou Madrid. Puis aujourd’hui, nous vivons la dernière grande peur: la peur écologique.

Equilibrer nature et homme, une nouvelle façon de gouverner par la peur?

Oui, l’écologie arrive après et il faut absolument éviter qu’elle conduise aux mêmes paniques. Après la forme interétatique de la guerre froide, la forme plus complexe du terrorisme, la peur écologique me rappelle le Lebensraum, cette notion géopolitique de l’espace vital. Je l’ai bien connue lorsque je travaillais en Allemagne où je voyais des pancartes qui signalaient des « forêts interdites aux Juifs ». L’espace vital niait la présence d’une frange de la population dans un lieu considéré comme sacré… Et bien l’idéologie de l’espace vital peut se superposer à l’idéologie de l’écologie aujourd’hui. Mais attention, je ne suis pas contre l’écologie, il est évident qu’il faut préserver notre lieu de vie. Je dis qu’il faut fse méfier énormément l’idéologie de cet espace qui nous manquerait.

Sans aller jusqu’à qualifier l’écologie d’idéologie totalitaire, pourquoi fait-elle si peur?

Nous sommes mortels et tout ce qui menace notre vie fait peur. Notre survie en tant qu’espèce devient notre grande peur. Il ne faut pas avoir peur, mais faire face car la peur fait partie des questions ancestrales. Dans la crise écologique actuelle, domaine extrême s’il en est, la tentation est grande de vouloir vaincre plutôt que convaincre. Il faut toujours refuser le globalitarisme écologique imposé par la peur parce que c’est toujours au nom du bien que l’on terrorise. En cela, les écologistes ont la tentation de gouverner par la peur. Mais je préfère vous convaincre que vous contraindre. Or, la conviction n’est pas la provocation de la peur, c’est Lire la suite

Projet Euratlantique : crispations sur le pont JJ Bosc

sudouest.com, Yannick Delneste, le 24 juin 2010

Projet Euratlantique : crispations sur le pont JJ Bosc

L’envergure du projet Euratlantique inquiète des associations, qui regrettent que la concertation initiée par la CUB ne devienne « obsolète ».

Demain lors du Conseil de la Communauté urbaine de Bordeaux, une délibération abordera la poursuite de la concertation sur le futur franchissement de la Garonne entre Bègles et Floirac. Démarrée en février 2009 par l’ouverture au public de registres d’expression dans les mairies concernées (Bordeaux et Bouliac aussi), elle est destinée dans l’esprit à associer le plus grand nombre sur toute la durée de la conception. Structure-clé du processus : le Comité permanent de la concertation (CPC) qui regroupe élus, techniciens, associations locales et environnementales diverses.

Si la délibération envisage de poursuivre des études sur la solution tunnel, c’est bel et bien la piste d’un pont qui semble faire l’unanimité, complétée à la marge par l’activité d’une navette fluviale. Mais quel pont ? Pour qui ? C’est autour de ces enjeux que se crispent depuis quelques mois les discussions, et qu’aujourd’hui certaines associations ont tendance à penser que leur travail est vain au regard des enjeux du projet-mastodonte qui entoure le franchissement : l’opération d’intérêt national Euratlantique.

Courrier à Feltesse

Le 17 juin dernier, Philippe Courtois, directeur de la structure qui pilote l’aménagement de ce périmètre de 738 hectares répartis sur les communes de Bègles, Bordeaux et Floirac, est intervenu devant le CPC. « J’avais appris qu’il y avait des demandes d’explication sur le rôle d’Euratlantique », explique le technicien. Le regard clair sur les enjeux et les ambitions affichées sur ce franchissement ont effrayé certains. « On a l’impression qu’Euratlantique est un rouleau-compresseur et que notre concertation ne sert plus à grand-chose », déclare Vincent Labeyrie, président de Relai-C, association de Floirac.

Et d’écrire au président de la CUB Vincent Feltesse, déplorant que la concertation sur le franchissement ne soit pas intégrée dans une réflexion globale sur les projets du secteur (OIN, Arena, etc.). « Le CPC apparaît même comme une instance totalement obsolète », écrit ainsi M.Labeyrie. Au comité de quartier du Prêche à Bègles, siégeant aussi dans l’instance, on se veut plus modéré, mais son vice-président Michel Lalanne regrette aussi cette « parcellisation » de la réflexion.

Courtois veut rassurer

Au cœur de cette tension donc, le profil du pont : chez Relai. C, on milite pour un pont exclusivement réservé aux transports en commun et cheminements doux.

La délibération de demain évoque un pont urbain, pouvant « accueillir tous les modes de déplacements en privilégiant les modes doux et les transports collectifs, […] mais par principe interdit aux poids lourds, sauf cas particuliers, notamment les véhicules de service. » « Nous désirons un pont urbain, ouvert à tous », précise quant à lui Philippe Courtois.

« Une ville mixte, c’est une ville où on peut aussi Lire la suite

Lettre ouverte – LGV: Les Conseillers Généraux de Gironde vont-ils signer un chèque en blanc ?

Information à faire circuler

Coordination des Associations Vigilance LGV, communiqué, le 21 juin 2010

BP 3 – 33720 LANDIRAS

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

LGV: Les Conseillers Généraux de Gironde vont-ils signer un chèque en blanc ?

Lors de la prochaine séance plénière du Conseil Général de la Gironde, le jeudi 24 juin , le Président Philippe Madrelle  doit  proposer aux Conseillers Généraux l’approbation, dans la plus totale opacité, du protocole d’intention pour la réalisation de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (Tours-Bordeaux, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne).

Extrêmement surprises par le soutien apporté par le Président du Conseil Général de la Gironde aux projets qui menacent de dévaster le territoire du département et contre lesquels se sont élevés de nombreux élus, les associations réunies au sein de la Coordination Vigilance LGV dénoncent :

– qu’il soit demandé aux collectivités territoriales de s’engager sur des pourcentages de montants de travaux dont les estimations sont approximatives selon les propres termes de Philippe Madrelle

– que les représentants des partenaires au financement, Etat, Régions, Conseils Généraux, CUB et Communautés d’agglomération aient signé une charte de confidentialité portant sur toutes les informations relatives à la préparation du contrat de concession,

– que dans ces conditions, il soit demandé aux Conseillers Généraux de voter l’approbation d’un protocole dans l’ignorance des informations essentielles à la formation de leur jugement.

– que le Président Philippe Madrelle, et lui seul, soit proposé pour signer la convention, sans que les Conseillers Généraux n’aient plus à se prononcer, portant ainsi une grave atteinte à leur représentation démocratique.

C’est pourquoi les associations  adressent une « LETTRE OUVERTE » à tous les Conseillers Généraux de la Gironde, leur demandant de refuser de signer ce protocole qui risque d’entraîner le département dans des difficultés financières sans précédent.

Contact Presse : Denise Cassou – Tél 05 56 62 99 57

LETTRE OUVERTE  

Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux de Gironde

Que diriez-vous d’un smicard ayant du mal à nourrir et à loger sa famille s’il décidait, un beau matin, de prendre un crédit sur cinquante ans pour s’acheter une rutilante voiture de sport vantée par la publicité et dont le prix, déjà excessif, peut encore doubler après la signature du contrat de vente ? Vous diriez, à juste titre, que cette personne est totalement irresponsable ! 

Et pourtant c’est ce qu’envisage de vous proposer votre président Philippe Madrelle puisque, lors de la séance plénière du 24 juin prochain, il va vous demander de Lire la suite

Conférence débat sur l’avenir du Bassin d’Arcachon le samedi 26 juin de 18h00 à 20h00 à Andernos

Collectif interassociatif du Bassin d’Arcachon, communiqué, juin 2010

Réunion d’information « écocitoyenne » avec le concours d’écocitoyen(ne)s, Associations « Le Betey, plage boisée à sauvegarder », « Les Ecocitoyens du Bassin d’Arcachon », « Vive la Forêt », des adhérents de « Bassin Arcachon Ecologie », de « La Sepanso »….

Samedi 26 juin 2010

De 18 h à 20 h, à la salle RPA au Port Ostréicole Andernos

Conférence-Débat

Avenir du Bassin d’Arcachon

–          Impacts des projets locaux (SCOT/PADD/PLU)

–          Equilibre écologique du Bassin d’Arcachon

–          Les projets PADD/PLU  et ses impacts :

–          Terminologie, Scot, Plu, Padd, cos

–          Extension du port du Betey,

–          Foret du Coulin et pointe des quinconces

–          Golf immobilier Développement de l’aérodrome

–          Allongement de la jetée,

–          Matoucat et logements sociaux

–          Etalement Urbain

–          Mitage des zones naturelles

–          Les zones écosensibles

Des solutions alternatives existent : vous nous en Lire la suite

Landes Environnement Attitude (LEA) et LGV : Maintenir la vigilance

sudouest.fr, Axelle Maquin-Roy, le 14 juin 2010

Maintenir la vigilance

L’association de Landiras s’est fixée pour mission cette année de poursuivre les actions contre les LGV. Et de promouvoir le territoire, si le dossier LGV leur en laisse le temps.

Les statuts de Landes Environnement Attitude (LEA) n’ont de cesse de le rappeler : l’objet de l’association est de « promouvoir en toute indépendance, dans les landes girondines, tout ce qui touche à la protection de l’environnement au quotidien ». À l’heure de l’assemblée générale annuelle, force est de constater pour les membres du bureau que l’action de l’année 2009 aura essentiellement été de défendre le territoire, plus que de le promouvoir. Un regret pour Denise Cassou qui ne cache pas que « c’est assez épuisant » de porter cette bataille contre les LGV.

Quatre à l’action

Car si l’association compte une soixantaine d’adhérents, les actions de l’année auront été coordonnées par les quatre seuls membres du conseil d’administration, composant également le bureau. Denise Cassou, présidente, Dominique Orgeron et Annie Descot, secrétaires et Monique Dubos, trésorière, ont été rejointes à l’issue de cette assemblée par Raymonde Vandamme.

Reste qu’à elles quatre, elles auront permis à LEA d’occuper le devant de la scène dans ce dossier européen qu’est GPSO, et ses deux lignes vers Toulouse et l’Espagne. Si l’action la plus percutante de LEA a été la manifestation organisée en novembre à Langon et ayant rassemblé quelque 3 000 personnes opposées aux LGV, Dominique Orgeron rapporte également que la présidente « a aidé à la constitution d’associations dans d’autres départements » et animé un nombre important de réunions d’informations sur ce même dossier, parfois à la demande d’élus. L’action de LEA a également été capitale au sein de la coordination Vigilance LGV, initiatrice d’une pétition ayant à ce jour recueilli quelque 6 000 signatures. « On a fait un tel battage que l’info est remontée à Paris », sourit avec une certaine fierté le bureau dont l’une des secrétaires fut, il y a peu, l’objet d’un reportage télévisé.

Mais le combat qui oppose LEA à GPSO est loin d’être emporté. Les orientations pour cette année, certes déjà bien entamée, seront d’autant plus capitales que le dossier montre, aux dires de l’association, certaines failles. « Alors que l’actualité nous fournit des arguments supplémentaires à l’opposition », souligne Denise Cassou. Et le bureau de développer à la vingtaine de membres présents : « Les fréquentations qui ne sont pas annoncées à l’équilibre » ; « le retrait de la commission permanente du 26 juin (NDLR au Conseil régional) du protocole de financement, qui montre bien la fragilité du dossier encore à l’étape de négociations » ; et plus récemment « l’avis d’économistes et de spécialistes des infrastructures qui laissent penser que les LGV ne sont plus au goût du jour de par leur aspect déficitaire ».

Contexte économique

Cette dernière donnée est d’autant plus tangible pour LEA que les problèmes économiques de l’Espagne laissent augurer un possible désengagement. De quoi remettre en question une partie du projet dans sa dimension européenne, alors même que la situation financière de la France Lire la suite

Comment les métropoles vont détruire les régions

marianne2.fr, L’Hérétique – Blogueur associé, le 31 Mai 2010

Comment les métropoles vont détruire les régions

Le blogueur L’Hérétique, à l’image de François Bayrou, fustige l’instauration de nouvelles métropoles. Elles signifient pour lui la démolition des départements et de bon nombre de régions.

Intéressantes réflexions de Bayrou sur les métropoles prévues par le projet de loi de l’actuel gouvernement…

L’introduction des métropoles va créer un désordre gravement dommageable à l’organisation des collectivités locales en France. Combien seront-elles, ces métropoles ? Peut-être une quinzaine, car je ne crois pas une seconde que le seuil des 450 000 habitants ne résistera. Vous êtes partis de 700 000, puis on est passé à 600 000, nous en sommes à 450 000… Expliquez-moi la différence qu’il y a entre Strasbourg et Montpellier en terme de rôle, de place ! Pourquoi ne pas descendre jusqu’à Belfort, dans le du Territoire du même nom, si vous me permettez cette parenthèse souriante ?

Pour commencer, vous donnez aux métropoles toutes les compétences des communes qui les forment. Il n’est jusqu’aux cimetières et aux abattoirs que vous ne leur ayez confiés… Qui plus est, vous transférez aux métropoles la totalité – ce sera possible – des compétences des départements et des régions.

Monsieur le secrétaire d’État, nous ne sommes pas seulement des législateurs pour 2010 ; nous sommes les héritiers d’un très long temps, deux cents ans. Expliquez-moi ce qu’il restera du département de la Gironde ou du département de la Haute-Garonne lorsque vous leur aurez enlevé Bordeaux ou Toulouse ? Que reste-t-il de l’Alsace sans Strasbourg ?

Que restera-t-il de la réalité du département, et même de la réalité des régions, lorsque vous aurez transféré la totalité des compétences touchant à l’économie, au social, aux lycées et aux collèges, y compris en termes de communication autour de l’image de la collectivité, de la région à l’extérieur et à l’étranger ? Que restera-t-il ?

En vérité, c’est à la démolition du département et d’un bon nombre de régions françaises que vous êtes en train de procéder. C’est regrettable et cela va semer un grand désordre, d’autant que personne ne vous le demandait – si ce n’est les maires de grandes villes de tous bords, de droite comme de gauche, tous unis pour prendre les compétences des départements et des régions.

À cette exception près, bien aisée à comprendre, je suis persuadé que personne dans l’opinion publique française n’était disposé à ce que l’on aille dans ce sens. Je crois que l’on se trompe, je crois que c’est une erreur.

Dernière observation, qui n’a pas été faite jusqu’à présent. Vous allez vous trouver dans la situation où les métropoles ayant extrait leurs compétences des départements et des régions, ces départements et ces régions n’en seront pas moins gérés par les élus de ces métropoles… Leur poids sera déterminant. Je m’interroge sur la constitutionnalité de la situation dans laquelle des élus très nombreux pèsent un poids déterminant sur le conseil d’une assemblée sans que cette assemblée n’ait la moindre compétence réelle sur le territoire qu’ils représentent ! Il y a là quelque chose d’extrêmement curieux, et à mes yeux très déstabilisant au regard de l’idée que les citoyens devraient avoir de la simplicité et de la lisibilité de leurs collectivités locales.

Pour conclure, bon nombre de dispositions dans ce texte me semblent procéder d’une idéologie que je crois fausse, celle du big is beautiful. Je sais que la pensée technocratique va souvent dans ce sens : plus c’est gros, mieux c’est ; plus c’est fusionné, plus c’est rapproché, plus on donne la compétence à des fonctionnaires plutôt qu’à des élus de terrain, mieux c’est. Je crois le contraire : l’histoire de la France montre aussi que Lire la suite

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde – Un déclin de la production pétrolière est probable à court ou moyen terme

petrole.blog.lemonde.fr, Matthieu Auzanneau, le 16 juin 2010

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde

« Un déclin de la production pétrolière est probable à court ou moyen terme. »

Deux institutions anglaises au combien prestigieuses viennent de rejoindre la liste déjà longue des lanceurs d’alerte sur le ‘peak oil’ (ou ‘pic pétrolier’, c’est-à-dire l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin irréversible).

Dans un rapport publié le 8 juin, la Lloyd’s, l’un des leaders mondiaux de l’assurance, et Chatham House, l’institut royal des affaires internationales, s’alarment à leur tour de l’éventualité d’un choc pétrolier imminent. Les auteurs, deux chercheurs de Chatham House, soulignent qu’un déclin de la production pétrolière est « probable à court ou moyen terme », et évoquent la nécessité d’une « troisième révolution industrielle ». Ils préviennent :

« Même avant que nous atteignions le pic pétrolier, nous pourrions assister à une pénurie de pétrole à cause de la hausse de la demande en Asie. »

Richard Ward, directeur général de la Lloyd’s, écrit : « Nous sommes entrés dans une période de profonde incertitude vis-à-vis de la façon dont nous nous fournirons en énergie pour produire de l’électricité, nous chauffer et nous déplacer, et sur le prix que nous devrons payer cette énergie. »

Le rapport met en cause l’analyse de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui compte sur le cartel de l’Opep pour compenser la baisse de la production hors-Opep, précise l’Agence France Presse dans une dépêche titrée : « Une pénurie de pétrole menace le monde ». Les auteurs du rapport indiquent :

« En comparant les prévisions et les chiffres actuels des capacités de production de l’Opep et de la production non-Opep, on voit que les attentes de l’AIE et les objectifs des pays producteurs n’ont pas été remplis. »

Cette critique fait écho à l’analyse historique publiée sur ce blog par Lionel Badal, un thésard du King’s College de Londres, selon laquelle l’AIE dissimule depuis 1998 le problème du peak oil.

La Grande-Bretagne est la pointe du débat sur le peak oil, depuis que Lord Hunt, ministre de l’énergie britannique, a accepté de répondre aux interrogations pressantes d’une Peak Oil Task Force fondée par le groupe Virgin et par d’autres industriels britanniques inquiets. David King, ex-principal conseiller scientifique des premiers ministres britanniques Tony Blair et Gordon Brown, affirme que les rapports officiels surestiment de 30 % le montant réel des réserves de pétrole conventionnel.

Chatham House, fondée en 1920, est le temple de la géopolitique (une invention d’outre-Manche) [DR]

La Lloyd’s et Chatham house, deux vénérables institutions (l’histoire de la Lloyd’s remonte au XVIIe siècle) rejoignent les nombreuses sources solides qui mezza vocce ou pas, sonnent l’alarme. Parmi ces sources figurent Lire la suite

Les consommateurs-citoyens défendent l’avenir des paysans en soutenant les circuits courts

actionconsommation.com, communiqué, le 16 Juin 2010

Les consommateurs-citoyens défendent l’avenir des paysans en soutenant les circuits courts

Les circuits courts d’approvisionnement alimentaire sont aujourd’hui une réelle alternative au mode de distribution des centrales d’achat.

Des magasins de paysans producteurs et transformateurs s’ouvrent dans les régions et proposent des produits en vente directe. D’autres consommateurs développent des comportements citoyens et s’éloignent de la consommation de masse en créant des réseaux qui permettent le maintien et l’installation d’agriculteurs sur le territoire respectant la charte de l’agriculture paysanne. Des liens de confiance se sont créés entre ces consommateurs et les paysans producteurs qui respectent les normes d’hygiène et de qualité de la législation française et assurent la traçabilité des aliments jusqu’à la livraison. Cette traçabilité est la garantie de la qualité et la conformité des produits.

La confiance s’établit entre producteurs et consommateurs dans des relations commerciales tout à fait légales. Elles ont permis le maintien de paysans en France et la défense de leurs revenus en démontrant que les consommateurs souhaitent choisir eux-mêmes leur alimentation (mode de production, provenance et respect du savoir-faire). Les circuits courts en limitant les intermédiaires sont garants de la qualité de fraîcheur, gustative et nutritionnelle des aliments fournis par de petits producteurs.

Si, de plus, ces filières courtes respectent au maximum les principes d’une économie équitable (respect entre partenaires – producteurs, transformateurs, transporteurs, distributeurs, salariés, consommateurs, mais aussi de la nature), elles sont non seulement une alternative crédible à la grande distribution mais aussi participantes d’une transformation économique et sociale plus que nécessaire.

Nous, organisations favorisant le rapprochement entre paysans et consommateurs, soutenons les producteurs et les citoyens engagés dans ces réseaux de proximité qui oeuvrent au quotidien pour la défense d’une autre agriculture respectueuse de l’environnement et de ses acteurs !

Plus d’infos : Lire la suite

Histoires d’eau sur l’A 65 – Les travaux auraient entamé le réservoir du miocène

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 14 juin 2010

Histoires d’eau sur l’A 65

La couche du miocène a-t-elle été entamée lors du chantier ? La polémique reprend.

Au cours de l’hiver, la Sepanso, association de protection de l’environnement, s’est étonnée de la quantité d’eau sur le chantier à hauteur de Bazas. archives olivier escots

La couche géologique du miocène va finir par gagner une vraie renommée. Généralement située entre 20 et 150 mètres sous le sol girondin, épaisse de 30 mètres, elle recèle une des ressources en eau les plus précieuses du département : la nappe captive du miocène, qui alimente les réseaux d’eau potable, surtout dans le Sud-Gironde où elle affleure par endroits.

Visée au Sage (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux) « nappes profondes » du département, cette nappe est protégée. L’arrêté de mars 2008 qui autorise la réalisation de l’autoroute A 65 par la société A’lienor en souligne l’importance, en indiquant qu’aucun prélèvement ne saurait y être toléré dans le cadre des travaux. C’est tout l’objet du litige qui oppose depuis deux mois la Sepanso, association de protection de l’environnement, à A’lienor et à la préfecture de la Gironde. Au cours de l’hiver, la Sepanso s’est étonnée de la quantité d’eau sur le chantier à hauteur de Bazas. En furetant sur les lieux, elle a acquis la conviction que les équipes avaient décaissé trop profondément et qu’elles avaient entamé le réservoir du miocène, qui affleurerait à cet endroit-là. Ce qui provoquerait des résurgences permanentes. « Ils ont créé des sources », résume Philippe Barbedienne, le directeur de la Sepanso.

A’lienor a immédiatement balayé ces soupçons. Dans nos colonnes, Olivier de Guinaumont, le patron d’A’lienor, soutenait ainsi que l’eau qui imbibait le chantier à Bazas provenait du ruissellement et non d’une nappe profonde (notre édition du 3 avril). Il était bien aidé en cela par la préfecture d’Aquitaine qui, quelques jours plus tard, se fendait d’un communiqué affirmant que les travaux d’aménagement n’avaient pas intercepté la nappe du miocène « mais la nappe superficielle des sables, comme prévu dans le dossier loi sur l’eau présenté par A’lienor ». Cette dernière n’est pas protégée par le Sage.

Changement de vocabulaire

La Sepanso se montre très pugnace sur le sujet. Elle a les compétences pour. À titre d’exemple, elle compte dans ses rangs Gilbert Le Pochat, un géologue retraité du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). « Je dois avoir 10 kilos de roches collectées sur le chantier, des calcaires coquilliers caractéristiques du miocène. A’lienor a aussi posé des drains au fond. La seule explication plausible, c’est que les eaux remontent d’en bas sous la pression de la nappe. Si c’était de l’eau de ruissellement, des fossés latéraux suffiraient », appuie Philippe Barbedienne. Sûre de son fait, la Sepanso a demandé à Dominique Schmitt, le préfet d’Aquitaine, d’associer ses propres experts à l’enquête.

La préfecture a refusé mais elle a quelque peu changé de vocabulaire. Le mois dernier, dans un nouveau courrier à la Sepanso, elle avançait que les prélèvements « étaient réalisés majoritairement dans la nappe des sables ». La nouveauté vient du « majoritairement »… La préfecture évoquait aussi Lire la suite

Un éco-hameau à Captieux en Sud-Gironde – Il reste de la place pour quelques familles !

adiu.fr, site, mai 2010

Un éco-hameau en Sud-Gironde – Il reste de la place pour quelques familles !

11 mai 2010 Enfin du neuf !

Nous attendions la réponse de la DDE quant à son positionnement par rapport à ce projet. Il est favorable à condition que la surface globale constructible soit réduite. La surface totale de la location par la commune reste la même (environ 5 hectares) mais la partie constructible sera au maximum de 3000m², d’un seul tenant, pour l’ensemble du projet (10 habitations maxi et parties collectives).

Il faudra donc envisager l’habitat de façon plus regroupée. Une des conséquences positives est d’aller plus loin dans l’aspect écologique : moins d’emprise, distribution des réseaux plus courte, chauffage collectif envisageable, etc. Pour l’aspect social, il faudra que nous soyons suffisamment créatifs pour inventer un lieu à la fois ouvert sur les autres, et respectueux de l’intimité.

A nous maintenant de recréer rapidement un groupe prêt à affronter la dernière ligne droite, alors si vous z’avez même pas peur, téléphonez à Hubert au 05 56 65 25 17.

19 janvier 2010 DDE

Nous sommes en discussion actuellement avec la DDE quant aux lieux et la faisabilité du projet. Nous devons travailler en parallèle sur les questions juridiques et légales, sur le fonctionnement du groupe et sur les deux autres volets (éducatif et social) ; pas de quoi s’ennuyer ! Nous sommes 5 foyers, le groupe est toujours ouvert… pendant les travaux.

15 septembre 2009 Nous partîmes 500…

Le projet d’éco-hameau en Sud gironde se poursuit. Nous sommes en phase de constitution du groupe d’habitants depuis fin juin. Nous avons à la date d’aujourd’hui une trentaine de contacts parmi lesquels 5 ou 6 foyers très intéressés. Bienvenue à toute personne souhaitant participer au projet (nous nous fixons la fin de l’année 2009 comme date butoir).

1 juillet 2009 Quelques précisons :

– le lieu se nomme Marahan, au Nord-Ouest de la commune de Captieux, au bord de la Gouaneyre… Une vue d’avion est disponible ici (Géoportail) ; plus de détails très bientôt

21 mai 2009 Champagne !

Le conseil municipal d’une commune du Sud Gironde a voté (le 29 avril) pour l’accompagnement de notre projet d’éco-hameau :

– sur un terrain communal forestier d’environ 5ha

– dans des parcelles forestières de Lire la suite

Train : une ceinture toute neuve dans l’agglomération bordelaise

sudouest.fr, Jean-Paul Vigneaud, le 8 juin 2010

Train : une ceinture toute neuve dans l’agglomération bordelaise

Le chantier de régénération de la double voie de contournement va… bon train. Il sera terminé en septembre.

Le train de la société Meccoli est là pour bourrer et tasser le ballast sous les nouvelles voies. Fermée à la circulation des trains voyageurs depuis fin mars, la voie ferroviaire de ceinture sera à nouveau opérationnelle en septembre. Les travaux de régénération de voies (15 millions d’euros) sont effectivement menés à un rythme soutenu et aucune mauvaise surprise n’est venue jusque-là compromettre le calendrier.

« Tout sera fini au moment de la rentrée scolaire. Même la gare multimodale d’Arlac », a précisé hier matin Bruno de Monvallier, directeur régional de Réseau ferré de France (maître d’ouvrage) à Dominique Schmitt, préfet de région et aux élus réunis sur place pour une visite de chantier. Alain Rousset, président de Région, Alain Juppé maire de Bordeaux, Michel Sainte-Marie, maire de Mérignac et Jean-Jacques Benoit, maire de Pessac entre autres.

En pleine ville

Mérignac – St-Jean en 12 minutes

Parallèlement à la régénération des voies du chemin de ceinture, RFF (maître d’ouvrage) et la SNCF (maître d’œuvre) construisent la gare multimodale de Mérignac-Arlac. À petite échelle, la copie conforme de la gare multimodale de Cenon. Ici, le voyageur SNCF pourra directement accéder au réseau tram et vice-versa. 4 millions d’euros de travaux.

Pierre Boutier, le nouveau directeur régional de la SNCF, et Alain Rousset, président de la Région chargé des trains express régionaux (TER) n’ont pas caché hier matin l’intérêt de cette nouvelle halte ferroviaire. Pour les mois à venir et surtout pour les années à venir.

22 TER s’arrêteront ici chaque jour à compter du mois de septembre soit en gros, un train express régional toutes les heures. Un « plus » indéniable pour les voyageurs de la ligne. Un « plus » également pour les habitants de Mérignac-Arlac, « un quartier en plein développement » comme se plaît à le souligner le maire Michel Sainte-Marie.

Les habitants pourront directement accéder au réseau ferroviaire alors que jusque-là ils devaient se contenter de voir passer les trains. Ils pourront ainsi se rendre à la gare Saint-Jean, en une douzaine de minutes alors qu’il leur en faut une quarantaine en tram à ce jour (avec correspondance à la porte de Bourgogne).

Et ce n’est qu’un début ! « Sur cette voie, nous pourrions facilement doubler le nombre de TER », précise Alain Rousset. Pour lui, cette voie de ceinture est une chance à saisir pour augmenter le nombre de liaisons entre Bordeaux et le Médoc et multiplier les liaisons à l’ouest de l’agglomération. Pour permettre aux gens d’Arcachon d’aller jusqu’à Ravesies en train par exemple ou aux gens du Médoc et du secteur de Ravesies de se rendre plus facilement à la zone universitaire.

« Cela sera possible lorsque nous aurons Lire la suite

Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage ; quelques retours d’expérience – Conférence-débat le lundi 14 juin à 18h30 à Floirac

Université populaire de l’environnement, communiqué, le 8 juin 2010

Hauts-de-Garonne Développement et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de la 5ème édition de la Quinzaine de l’éco construction qui se tiendra du 14 au 25 juin à Floirac et de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à une conférence-débat

Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage ; quelques retours d’expérience

Lundi 14 juin à 18h30 au Centre d’innovation et de formation (CIF) Avenue Jean Alfonséa à Floirac

Avec la participation de :

Grace Yepez-Salmon

Architecte et urbaniste à NOBATEK

Centre de ressources régional dans les domaines de l’aménagement et de la construction durables http://www.nobatek.com/structure.html

Jean-Marc Gancille

Directeur du développement durable du groupe Evolution

En charge du projet Darwin à Bordeaux, 20.000 m² d’entreprises éco-innovantes, d’associations culturelles… http://www.projetdarwin.eu/

Piou Lacoste

Architecte, membre du bureau de l’association H’Nord

Projet d’écoquartier en coopérative d’habitants à Bordeaux 

http://www.hnord.org/doku.php?id=accueil

Pour accéder au CIF http://www.hdgdev.com/contact.php

L’urbanisme des 50 dernières années a vu s’effacer les quartiers des villes denses, au profit de blocs d’appartements et de pavillons éparpillés sur le territoire au milieu de raccordements routiers. Sur cette période, les villes européennes se sont étendues en moyenne de 78 % alors que les populations ne grossissaient que de 33 %. Les conséquences de ce manque total de maîtrise des sols sont aussi graves que peu connues : perte de précieuses terres fertiles, allongement des distances provoquant une explosion du trafic automobile, de la consommation d’énergie fossile et donc du CO2 responsable du changement climatique.

L’utilisation d’énergie pour le logement, la mobilité et l’alimentation représente 70 à 80 % de l’impact écologique de la consommation des personnes. La marée noire dans le golfe du Mexique comme le désastre écologique des pétroles bitumineux, sont symboliques d’un pétrole de plus en plus difficile à extraire. L’énergie va fortement augmenter dans les prochaines années.

C’est dans ce contexte que l’écoquartier cristallise une énorme attention. C’est vrai aussi bien dans des initiatives citoyennes qu’au sein des Lire la suite

Lot-et-garonne : La LGV clouée au pilori par 500 personnes

sudouest.fr, Christine Caubet-Boullière, le 29 mai 2010

La LGV clouée au pilori par 500 personnes

Le grand débat public proposé jeudi soir a rassemblé un demi-millier de Lot-et-Garonnais.

Pas moins de 500 personnes se sont déplacées jeudi soir, à Casteljaloux, pour assister, dans la belle salle de la Bartère, au « débat citoyen sur la LGV » proposé par l’Association de sauvegarde des coteaux et landes de Gascogne (ASCLG) et le maire. Preuve que le sujet de la ligne à grande vitesse mobilise dans les landes lot-et-garonnaises. Mais, c’est à noter, des gens étaient aussi venus d’ailleurs (Nérac, Marmande, Tonneins, Villeneuve-sur-Lot, l’Agenais…).

Fin mai, parce que l’union fait la force, l’ASCLG et les sept autres associations qui se sont constituées en Lot-et-Garonne pour s’opposer à la LGV, se sont fédérées en une Coordination 47. Des représentants de ces autres structures étaient là, jeudi soir.

Le débat, qui a duré de 20 h 30 à 23 h 30, a permis de passer en revue les griefs et les arguments amassés, depuis le début de la mobilisation, contre la création d’une nouvelle ligne ferroviaire. Ils étaient nombreux et certains, d’ailleurs, plutôt convaincants.

Un débat « contre »

Pour autant, cette soirée avait été présentée comme un débat « contradictoire », où le public était censé entendre « les différents points de vue » afin de se forger sa propre opinion. Rien de tel ne s’est passé : ce n’était pas un débat contradictoire, c’était un débat « contre », tout court. Car personne n’était là pour s’opposer aux « anti-LGV », pour réfuter ou tempérer tel ou tel raisonnement.

Très remarquée, bien sûr, l’absence des représentants de RFF (Réseaux ferrés de France), qui se sont désistés à peine 48 heures avant la réunion (1). Mais d’aucuns se sont aussi étonnés de l’absence de représentants de l’État et de la Région, qui sont les deux grands porteurs du projet LGV.

Dans ce contexte, le vice-président de la Chambre de commerce et le président de la Chambre de métiers se sont retrouvés dans le rôle inconfortable de boucs émissaires. Eux qui avaient été invités pour exprimer le point de vue de la sphère économique, se sont fait conspuer. Ils n’avaient pourtant porté au débat que des arguments très basiques (et forcément attendus). En substance, l’importance de désenclaver le Lot-et-Garonne afin de stimuler son tonus économique. Propos aussitôt déformés et caricaturés par la salle.

« Contre-enquête »

Que ressort-il de tout cela ? Une évidence : la grogne prenant de l’ampleur, les conseillers généraux sont dans leurs petits souliers. Pas Raymond Girardi (canton de Bouglon), pas Francis Da Ros (canton d’Houeillès) : eux étaient montés d’emblée au créneau contre la LGV, préconisant que l’on améliore plutôt la ligne Toulouse-Bordeaux existante. Tous deux, jeudi, buvaient du petit-lait.

Jean-Claude Guénin (canton de Casteljaloux) et Christian Férullo (canton de Castillonnès) étaient moins décontractés. Christian Férullo (qui représentait le président Camani) avait bien du mal à justifier, devant ce parterre « d’anti », la motion favorable à la LGV votée en son temps (avec des réserves, mais votée tout de même) par l’assemblée départementale.

Cependant, en parallèle, le Département, cautionne l’idée d’une « contre-enquête ». Elle serait commandée Lire la suite

Prochain numéro de LaRevueDurable « Energie : les territoires sur la voie de la transition »

larevuedurable.com, comuniqué, le 3 juin 2010

Parution du prochain numéro de LaRevueDurable

« Energie : les territoires sur la voie de la transition »

Le numéro 38 (juin-août 2010) de LaRevueDurable sort fin juin

Pour préparer l’avenir, il faut sortir au plus vite de l’ère éphèmere du pétrole et, d’une manière générale, des énergies fossiles. Face à la myopie des Etats et du monde de la finance sur ce chapitre et à l’incapacité des actes individuels seuls à répondre à un tel défi, les territoires ont une réelle marge de manœuvre pour faire émerger sans tarder une autre culture de l’énergie.

Ce 38e dossier de LaRevueDurable met à l’honneur le mouvement, dit de la transition, qui rassemble des milliers de personnes qui élaborent des plans de descente énergétique locaux pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau lorsque le cours du pétrole explosera. Il publie le premier inventaire exhaustif des groupes de transition actifs en Europe francophone avec leurs coordonnées.

D’autres réponses locales au défi énergétique sont au sommaire de ce nouveau dossier de LaRevueDurable : les villes à basse consommation d’énergie et haute qualité de vie pour tous, les plans climat qui fleurissent en France, la planification territoriale de l’énergie du canton de Genève, les réseaux électriques intelligents testés en Allemagne et l’urbanisme solaire, balbutiant dans plusieurs pays européens.

Le contenu détaillé de ce dossier figure dans le sommaire ci-joint.

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La marée noire dans le golfe du Mexique : Un Tchernobyl américain ?

ledevoir.com, François Brousseau, le 31 mai 2010 

Un Tchernobyl américain

Depuis maintenant six semaines, le golfe du Mexique, vaste mer intérieure nourricière des États-Unis, saigne depuis ses profondeurs et se souille peut-être jusqu’à l’irréparable.

Depuis une vingtaine d’années, on nous prophétise un désastre environnemental venu du ciel et de l’atmosphère. Mais dans la vie, rien ne se produit jamais comme on l’attend: c’est aujourd’hui du fond de l’océan, par un viol de main humaine inspiré par la voracité énergétique, que le malheur arrive.

L’échec, ce week-end, d’une nouvelle tentative de colmatage de la fuite de la plate-forme Deepwater Horizon — un nom faussement prophétique — laisse maintenant entrevoir des mois supplémentaires de fuite purulente et de catastrophe démultipliée.

Crise écologique, crise économique : la catastrophe de l’environnement s’est vite doublée, dans plusieurs États du sud, d’un désastre économique local et régional. Des dizaines de milliers de personnes ont vu leur gagne-pain disparaître sous une repoussante glu d’hydrocarbures.

Crise politique aussi. Il est ironique que dans ce pays qui a érigé en religion la détestation de Washington, de l’administration et des pouvoirs publics, on crie maintenant — y compris parmi cette droite pro-business et antigouvernementale qui se découvre écologique — «Mais que fait donc le gouvernement?».

C’est qu’aux États-Unis, curieusement, on hait le gouvernement fédéral en même temps que l’on idéalise la fonction présidentielle et sa puissance supposée (comme dans la stupide expression «l’homme le plus puissant du monde»). D’où ces demandes d’intervention adressées à un deus ex machina que Barack Obama n’a jamais été et ne sera jamais.

Dans ce pays qui se réfère toujours à sa propre histoire et rarement à celle des autres, un mot est sur toutes les lèvres pour désigner la calamité qui menace maintenant Barack Obama : Katrina.

Katrina, du nom de cet ouragan qui avait ravagé La Nouvelle-Orléans en août 2005. Katrina ou l’incompétence, l’autisme d’une administration — l’administration Bush — envers les petites gens aux vies disloquées. Katrina ou le choix politique de laisser-faire, de temporiser. Katrina ou la fin piteuse d’un président incapable.

L’actuel président reçoit depuis deux semaines le même genre de reproches. S’il est vrai que le Barack Obama cérébral et analytique a paru quelque peu décalé devant le drame, s’il a mis trop de temps à mesurer la véritable dimension de la crise, la comparaison avec Katrina est injuste.

La catastrophe du golfe du Mexique a certes de lointaines causes politiques. On a laissé agir à leur guise les sociétés pétrolières. On a distribué les permis de creuser aux petits copains. On a laissé faire des opérations extrêmes comme Deepwater Horizon dans des eaux poissonneuses, à 60 km de côtes densément peuplées.

Mais à partir du moment où la plate-forme explose, et qu’un problème technique se pose — et un seul —, que peut le président ?

Une meilleure gestion de crise dans l’ordre symbolique (déclarations outragées, visites plus fréquentes sur les lieux, injonctions à la haute administration et à la compagnie pétrolière coupable, voire prise en charge directe des opérations par l’armée américaine…) n’aurait sans doute pas changé grand-chose au drame tel qu’il se vit sur le terrain, depuis le 20 avril, dans l’attente d’une prouesse salvatrice par 1500 mètres de fond.

Un second Katrina ? Que diriez-vous plutôt d’un second Tchernobyl ? Tchernobyl, Lire la suite

Infos vélorution Bordeaux : Rassemblement Vélocité le 27 mai, picnic écomobilité le 6 juin, vélorution spéciale françafrique le 17 juin

Vélorution Bordeaux, communiqué, mai 2010

Plusieurs infos sur des dates à venir :

– JEUDI 27 MAI : Vélocité organise un rassemblement à 18 à Gambetta pour revendiquer l’installation de places de stationnement pour les bicyclettes http://gironde.demosphere.eu/node/219 

– DIMANCHE 6 JUIN : Picnic écomobilité organisé par plein de gens (PUMA, TACA…) sur la rive droite, dans la prairie des angéliques : http://gironde.demosphere.eu/node/130

– JEUDI 17 JUIN : Prochaine vélorution sur le thème de la françafrique, rendez-vous à 18h devant la mairie. Vélorution organisée avec Survie Gironde (http://surviegironde.blogspot.com/)

réunion de préparation de cette vélorution le MERCREDI 9 JUIN à 18h30 au local de Récup’r, 4 rue des terres de Bordes (c’est la rue derrière la sortie Belcier de la gare, côté Garonne)

– 1, 2, 3, 4 JUILLET : Vélorution universelle de Paris : Cet évènement s’annonce terrible ! Si vous souhaitez faire un départ groupé (avec ou sans vélo), vous retrouver là-bas ou négocier un tarif spécifique pour le transport…, n’hésitez pas à Lire la suite

Bio : la demande et la production augmentent, les importations aussi

terra-eco.info, Thibaut Schepman, le 25 mai 2010

Bio : la demande et la production augmentent, les importations aussi

Malgré la crise, les Français ont acheté beaucoup plus de bio l’an dernier. Et de plus en plus d’agriculteurs se sont lancés dans l’agriculture verte. Mais la filière reste loin des objectifs du Grenelle et beaucoup de produits doivent encore être importés.

3 milliards d’euros. C’est le poids du marché français du bio en 2009. Presque deux fois mieux qu’en 2005 et 19% de plus qu’en 2008. En temps de crise et de diminution du pouvoir d’achat, la hausse de la demande pour ces produits réputés (trop) chers est une bonne surprise. Le bonheur est dans le pré bio ? Pas vraiment. Car depuis plusieurs années, la France doit importer une bonne partie – environ 30% – de ses denrées biologiques. De quoi aggraver leur bilan carbone et diminuer l’intérêt même de produire en bio. Et cette tendance s’aggrave cette année : les importations représentent plus de 38% des produits bio consommés en 2009. Pire, 40% de ces importations concernent des « produits pour lesquels la France a une forte vocation naturelle mais manque de volume », selon les chiffres de l’Agence bio, qui vient de publier son dernier rapport.

Pour s’approvisionner en aliments verts, la France importe en effet 25% de son lait, 30% de sa charcuterie ou encore 65% de ses fruits et légumes labellisés, alors qu’elle pourrait en produire une bonne partie. « La demande a crû plus rapidement que l’offre en raison de la durée de la période de conversion [des exploitations] », avance l’Agence bio. « La faiblesse de notre production n’est pas due à la lenteur de la conversion mais au manque de volonté et d’incitations politiques avant 2008 », rétorque Dominique Marion, président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB). D’après lui, le passage au bio dure « aussi longtemps que dans les autres pays européens », c’est-à-dire « entre trois et quatre ans selon les types de cultures ». La France paierait en fait aujourd’hui le retard accumulé entre 2003 et 2006, lorsque le nombre d’exploitations augmentait très peu voire diminuait comme en 2004.

De plus en plus de conversions au bio

Aujourd’hui, la dynamique semble repartie à la hausse. En 2009, tous les mois, 300 agriculteurs se sont engagés dans le bio. Et le nombre total d’exploitations a augmenté de 24% : du jamais vu depuis les balbutiements du secteur à la fin des années 1990. Et le nombre d’agriculteurs en conversion vers le bio s’est accru de 86% par rapport à 2008, notamment grâce aux aides de l’Etat. Dans ce contexte, L’Agence bio assure que « les achats extérieurs sont appelés à diminuer à partir de 2011 dans le secteur du lait et un peu moins vite dans le secteur des céréales et dérivés ».

Reste que l’augmentation de la production devra être très importante pour atteindre les objectifs du Grenelle premier du nom. Le texte préconise 6% de la surface agricole utilisée (SAU) consacrée au bio en 2010 et 20% en 2020. Selon Dominique Marion, l’objectif n’est pas atteignable. « Il faudrait réorienter complètement la politique agricole européenne », assure-t-il. Après la hausse historique de la production en 2009, la part du bio dans la SAU totale ne se hisse en effet aujourd’hui qu’à 2,46%. A peine quelques grains de blé dans le silo.

Sources de cet article

 Le rapport de l’Agence bio

 Pour en savoir plus sur les conversions au bio

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Jeudi 27 mai à 20h à Casteljaloux – Débat citoyen – LGV Bordeaux-Toulouse – Quel transport ferroviaire voulons-nous ? et « Un débat citoyen sur l’utilité de la LGV »

Jeudi 27 mai à 20h à Casteljaloux, salle La Bartère (derrière les thermes)

Débat citoyen

LGV Bordeaux-Toulouse

Quel transport ferroviaire voulons-nous ?

Avec des représentants de RFF, la CCI, la chambre des métiers, des élus (conseillers généraux, maires, députés), de nombreuses associations…

(pour un covoiturage depuis le Sud-Gironde, prendre contact avec les correspondants locaux de la Coordination)

http://www.sudouest.fr/2010/05/22/un-debat-citoyen-sur-l-utilite-de-la-lgv-98770-3651.php

sudouest.fr, le 22 mai 2010

Un débat citoyen sur l’utilité de la LGV

Alain Dewerdt, président de l’Association de sauvegarde des Landes et Coteaux de Gascogne (ASLCG) accompagné de Philippe Campana (vice-président) ont divulgué la date du « grand débat citoyen » concernant la Ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, qui aura lieu jeudi 27 mai, à 20 heures, à la salle d’animation de La Bartère.

Le président a tout d’abord précisé que le but de ce débat n’était pas de provoquer de nouvelles adhésions (près de 900 à ce jour), mais d’informer les élus et la population pour que chacun puisse avoir un avis sur le tracé de la LGV en toute connaissance de cause.

 « Insulte à la démocratie »

De nombreux élus (conseillers généraux, maires, députés), des représentants de Réseau ferré de France (RFF), de la Chambre de commerce et d’industrie, de la Chambre de métiers, d’associations voisines (LEA environnement, TGV en Albret, TGV en Bruilhois, les chasseurs, les cheminots…), un juriste et de très nombreuses associations du département et de la région sont conviés.

Sauvegarder et défendre l’environnement naturel et économique fait partie des actions prioritaires de l’ASLCG, mais l’association s’inscrit également dans toutes les initiatives portant atteinte à la qualité de la vie dans le secteur et s’associe à tout groupement menant les mêmes actions en France et en Europe.

Chacun pourra s’exprimer

Concernant la LGV, la position de l’ASLCG est connue : la LGV serait inutile, ruineuse, dévastatrice pour l’environnement, ne serait plus adaptée à l’économie d’aujourd’hui où les chefs des petites et moyennes entreprises utilisent l’ADSL et les vidéoconférences sans se déplacer. L’association estime également que la LGV est « une insulte à la démocratie », car réalisée sa concertation réelle. L’ASLCG est pour la LHP (ligne à haute performance sur les voies existantes), plus économique selon elle, qui permettrait de développer utilement le réseau TER (trains express régionaux).

Le 27 mai, à Casteljaloux, chacun pourra s’exprimer, de « Réseau ferré de France au citoyen lambda », en passant par les élus que l’association compte bien sensibiliser.

Jean-Claude Guénin, présent à la conférence de presse, assistera également à la réunion. Le premier édile casteljalousain est favorable à ce débat. Il estime qu’une expertise contradictoire permettrait de se faire une idée précise et avoir une opinion personnelle sur le projet actuel de la LGV.

Pour l’association, « il faut que les décideurs prennent en considération les réactions et les remarques de la population, car ce sont tous les habitants du Lot-et-Garonne qui sont concernés » (plus de 300 euros par personne, enfants compris). Car si le débat public est clos, il n’est pas question de ne plus s’exprimer et le 27 mai, toutes les idées seront représentées pour que de la discussion jaillisse la lumière.

Rencontre – Quel climat pour les associations en Aquitaine ? – Samedi 29 mai de 14h00 à 19h00 à Cap Sciences à Bordeaux

Collectif Gironde Copenhague 09, communiqué, 21 mai 2010

Rencontre – Quel climat pour les associations en Aquitaine ?

Samedi 29 mai de 14h00 à 19h00 à Cap Sciences à Bordeaux

Depuis quelques années nous avions le sentiment d’une prise de conscience progressive des crises émergeantes, qu’elles soient climatique, écologique, énergétique… : Une vérité qui dérange d’Al Gore, le rapport Stern, le Nobel au GIEC, 750 000 signataires du pacte écologique de Nicolas Hulot, création d’un grand ministère du développement durable, Grenelle de l’environnement, score de 20 % pour l’écologie politique aux européennes, tempêtes Martin, Lhotar, Klaus, Xynthia…

Mais réduire dans des proportions conséquentes notre production de CO2 et donner les moyens aux pays du sud de le faire, impliquent un changement radical et rapide de notre mode de production et de consommation. L’échec de Copenhague est le révélateur de l’incapacité des lobbies économiques de changer le mode de production. Cet échec a donné le signal d’une contre offensive caractérisée par la montée en puissance du climato-scepticisme et le reflux de la prise de conscience des conséquences prévisibles. Les lobbies reproduisent efficacement la stratégie utilisée pour le tabac ou l’amiante : semer le doute pour gagner (perdre ?) du temps.

Ce doute permet de justifier le refus de certain de nos concitoyens de réduire l’empreinte écologique de leur consommation. Ils trouvent là les arguments qui justifient leur immobilisme : les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, le GIEC est incompétent… Il y a convergence d’intérêts entre lobbies et hyper-consommateurs.

Nous n’avons rien à attendre des entreprises et des élus paralysés par des logiques courtermistes. Seul un mouvement de fond de la société pourra leur imposer démocratiquement et pacifiquement les indispensables réformes qui traiteront les causes profondes de ces crises, aux effets désastreux tant sur le plan écologique que social.

Les associations, qui ont été très présentes à Copenhague et partout sur la planète pour mettre la pression sur les négociateurs, rassemblent les citoyens les plus sensibilisés à ces enjeux. Elles vont avoir un rôle déterminant à jouer. Elles doivent devenir l’aiguillon qui remet la société en mouvement, et faire évoluer notre démocratie pour que le citoyen y trouve une vraie place. La solution ne sera pas scientifique et bureaucratique, elle sera humaine. Seules les associations peuvent aujourd’hui permettre cette révolution. Leur pluralité sera le garant de la qualité de la réflexion et de l’action.

Objectifs de la rencontre  :

– produire notre bilan de Copenhague

– présenter et échanger sur Lire la suite

Chantal Jouanno : « Il faut maintenant un Grenelle 3 »

lemonde.fr, Propos recueillis par Gaëlle Dupont et Pierre Jaxel-Truer, le 19 mai 2010

Chantal Jouanno : « Il faut maintenant un Grenelle 3 »

Chantal Jouanno, 41 ans, est secrétaire d’Etat à l’écologie depuis janvier 2009, après avoir été la conseillère de Nicolas Sarkozy pour le développement durable. Appréciée des écologistes, elle a défendu, avec le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo, la loi Grenelle 2 à l’Assemblée nationale, prenant position contre son propre camp sur certains dossiers.

La loi Grenelle 2 a été adoptée par l’Assemblée nationale le 11 mai. L’opposition vous reproche des « reculs »…

Il ne faut pas tomber dans la caricature. La loi n’est pas en recul par rapport à l’existant, c’est une avancée énorme. Le problème de l’écologie, c’est qu’on ne la juge que sur des symboles : les OGM, les pesticides, la taxe carbone… Avec Jean-Louis Borloo, nous demandons à être jugés sur les résultats, le nombre d’éoliennes implantées, le nombre de produits phytosanitaires retirés du marché… Maintenant, la balle est dans notre camp. A nous de mettre en œuvre le Grenelle sur le terrain. Le drame français, c’est qu’on croit que quand on a voté une loi, la messe est dite. Au contraire, tout commence maintenant. Il faut que les élus se saisissent du Grenelle. C’est pour ça que je vais reprendre mon tour de France pour aller « vendre » le Grenelle sur le terrain.

Etes-vous satisfaite, ou déçue, du texte adopté ?

On ne peut pas dire que c’est 100 % de ce qu’on voulait. C’est normal, c’est la démocratie. Mais le bilan global est positif. Avec les dispositions sur le bâtiment, la biodiversité, l’agriculture, l’eau, les risques, on a de quoi avancer. Sur certains sujets, on aurait pu aller plus loin, c’est vrai. J’ai toujours été réservée sur l’application du régime des installations classées pour la protection de l’environnement aux éoliennes, car ce ne sont pas des installations à risque. J’étais favorable à la possibilité d’expérimenter des péages urbains. Sur l’étiquetage environnemental, on aurait pu passer toute de suite à l’obligation sur certains produits.

Le contexte économique et politique n’est-il pas devenu défavorable aux ambitions écologiques ?

Ce sera moins simple qu’avant la conférence de Copenhague sur le climat . A l’époque tout était « vert », il n’y avait pas une voix discordante. Cela ne pouvait pas durer. Je ne suis pas favorable au consensus absolu sur l’écologie, car seules les modes sont consensuelles. Heureusement qu’il n’y a pas une pensée unique sur le sujet, sinon on entrerait dans une dictature technocratique. L’écologie doit rester un sujet politique, qui questionne notre organisation de la société.

En 2007, Nicolas Sarkozy parlait de « New Deal », l’écologie devait être placée au cœur de toutes les politiques publiques. Cette ambition a-t-elle été abandonnée ?

Certainement pas par le président de la République, qui a Lire la suite

Simon Charbonneau : Le prix de la démesure

Simon Charbonneau, mai 2010

A propos de la crise – Le prix de la démesure

La cigale ayant chanté tout l’été ……… Il semble que La Fontaine ait anticipé la crise actuelle qui frappe les économies des pays surdéveloppés dont les peuples ont vécu depuis près de cinquante ans au-dessus de leurs moyens en tirant toujours plus de chèques sans provision sur l’avenir tout en provoquant une empreinte écologique démesurée. Et aujourd’hui, ce qui est en train de se passer démontre que nous nous heurtons aux limites socio-économiques d’un système fondé sur l’utopie d’une croissance éternelle. Le cas de la Grèce est certes révélateur, mais il ne fait qu’illustrer la situation des autres pays de la zone euro, comme l’ont bien compris les dirigeants pompiers de la crise. Car, par delà la spéculation financière, la question des causes économiques structurelles qui en sont à l’origine est rarement posée.

Dans le cas de la Grèce, ce sont les dépenses pharaoniques engagées par ce pays pour les jeux olympiques (9 milliards d’euros selon un article du Figaro) aggravées par un énorme budget militaire causé par le vieux contentieux avec la Turquie. D’où un déficit public important (23 milliards d’euros) entraînant un endettement insupportable pour un petit pays. Mais d’autres pays européens sont aussi concernés par de tels déficits comme l’Angleterre (179 milliards) qui était jadis montré en exemple pour l’efficacité de son économie, suivie par la France (144 milliards). A l’origine de tels déficits, il y a souvent des programmes technologiques d’infrastructures de transport (autoroutes, LGV etc…), ou de grands aménagements urbains (Grand Paris et métropoles régionales) fondés sur l’idéologie de la performance qui, dans le cas d’un pays comme la France, sont aggravés par un budget militaire surdimensionné (force de frappe avec le laser mégajoule du CEA et présence dans plusieurs régions du monde). L’Europe, elle-même, a encouragé cet endettement par l’intervention des fonds structurels (FEDER, Fond de Cohésion) destinés à faire rattraper leur retard économique à un certain nombre de pays du sud comme l’Espagne et le Portugal. Elle est aussi engagée dans le financement du projet ITER, fondé sur l’utopie techno-scientifique d’une production d’énergie inépuisable, dont le budget a récemment explosé (15 milliards d’euros).

Cet endettement public se combine avec un endettement privé des ménages piégés par la surconsommation, mais également des entreprises auprès des banques d’affaires qui, elles mêmes, sont obligées d’emprunter auprès d’autres banques. De là résulte une pyramide de dettes fondée sur de l’argent virtuel et dont la solidité repose sur la confiance dans l’avenir, une croyance collective qui peut parfaitement s’effondrer d’un jour à l’autre, comme l’a parfaitement montré la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2008. Pour alimenter cette confiance ébranlée par la défiance croissante des opinions en l’avenir, contrairement à la période des trente glorieuses, les Etats sont alors obligés d’injecter massivement d’énormes sommes d’argent (750 milliards d’euros alimentant un Fond Européen) pour pérenniser le système. Or en agissant ainsi, les Etats s’endettent bien sûr un plus pour alimenter une croissance  de plus en hypothétique. Le cercle vicieux est alors complètement bouclé par une accumulation les dettes au fil des ans pouvant provoquer un effondrement économique comme celui de Dubaï dont la tour inachevée de 1 km en est le symbole. C’est ainsi que la cigale se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue !

A l’origine de cette situation pourtant prévisible, il y a la course à l’investissement, tant privé que public qui est au cœur de l’idéologie de la croissance. Alors que les dépenses de fonctionnement sont toujours Lire la suite

Pic-Nic écomobilité le 6 juin à 12h30 sur les quais de Queyries à Bordeaux

velo-cite.org, communiqué, le 9 mai 2010

Une seule adresse pour le 6 juin ! Les quais à Bordeaux!

Vélo-Cité fête ses trente ans, + un pic-nic écomobilité piloté par le PUMA (Pôle Urbain des Mobilités Alternatives) et d’autres associations + la Fête du Vélo avec 7 concentrations sur les quais.

Participez à cette grande manifestation ! de nombreuses associations présentes.

A la suite de l’exposition photographique « Vélo-Cité a 30 ans », exposée tout le mois d’avril, sur les Grilles du Jardin Public de Bordeaux, Vélo-Cité poursuit les invitations festives et continue de fêter ses trente ans d’existence pour La Fête du Vélo édition 2010.

Toujours sous son label « Vélo-Cité a 30 ans », l’association organise le Dimanche 6 Juin, en collaboration avec d’autres associations d’écomobilité de Bordeaux et de la CUB : « PUMA » , « Autocool » , « AIR » , »Mille Pattes » « TACA » , « Droits du Piéton » et « Oui au Tram », un grand rassemblement écomobile pour tous avec stands et animations d’une rive à l’autre de la Garonne, une « Fête du Vélo spéciale 30 ans » et un « Grand Déjeuner sur L’Herbe » rive droite Quai de Queyries.

Des vélobus encadrés par des bénévoles de l’association partiront de 7 points de la CUB en direction des Quinconces en matinée.

Sinon, vous pouvez venir dès 10 heures, rive gauche, quai Louis 18, esplanade face aux Allées de Munich. Vélo-Cité y présentera des sensibilisations et ateliers pédagogiques (atelier camion « angles-morts » de la CUB, plateau de maniabilité-vélo…), mais aussi des animations culturelles et artistiques :

– des chanteurs d’opéra à vélo « Les Vélomanes » donneront trois récitals d’une rive à l’autre du fleuve, guidant la déambulation

– les auteurs du livre-BD « Les Petites Reines de Bordeaux », présents sur site, dédicaceront leur oeuvre sur le stand de Vélo-Cité.

De là, la caravane de vélocipèdes partira à 12h30 pour la rive droite, traversera le Pont de Pierre et viendra s’installer pour ce grand déjeuner champêtre sur l’herbe du Quai de Queyries au  » Parc des Angéliques » (entre les restaurants « l’Estacade » et « La Petite Gironde ») ! C’est la première fois que les associations de l’écomobilité de l’agglomération bordelaise se réunissent pour une manifestation conviviale, artistique et festive de cette ampleur. Amenez vos Lire la suite

Ressourcerie de Bordeaux : Ces vélos que l’on recycle

sudouest.fr, Isabelle Castéra, le 13 mai

Ces vélos que l’on recycle

L’association Récup’R utilise des vélos destinés à être jetés pour en créer de nouveaux, et prévoit de faire la même chose pour le textile et l’électroménager.

Ils sont les chouchous des collectivités locales. Yann Perotto, Deil Toussaint et Julien Peponnet, qui ont inventé la première « Ressourcerie » bordelaise, ont bénéficié du parrainage presque affectueux d’Alain Juppé notamment. Une convention est en cours de signature avec la ville de Bordeaux, qui permettra à l’association Récup’R de bénéficier des vélos cassés, usés de la Maison du vélo pour en fabriquer de nouveaux. Afin de les vendre à bas prix.

Récup’R, donc, s’est installé rue Terres de Bordes, à Bordeaux, il y a quelques semaines. Un petit atelier de réparation de bicyclettes où l’on peut amener son vieux biclou plutôt que le jeter à la déchetterie. Car la ressourcerie c’est l’anti-déchetterie. « Une structure associative qui travaille à la réduction des déchets dans une perspective de réutilisation, de réparation et de recyclage. Voilà ce que nous sommes », assure Deil Toussaint.

Ces trois jeunes hommes travaillent depuis plusieurs mois à l’élaboration de ce projet. Quelle idée ? « Nous sommes écolos en fait, concernés par l’abus de déchets et nous voulons lutter à notre manière contre la destruction de ces déchets, simplement en limitant leur quantité, ajoute Deil. Ce concept existe depuis longtemps au Canada. Ressourcerie est d’ailleurs un mot québécois. »

Un atelier Rustine

Récup’R ne se limite pas à réparer de vieilles bécanes, pour les vendre en parfait état entre 35 et 70 euros pièce. Un technicien vélo a été embauché par l’association, qui s’occupe de la réparation des cycles en vue de la vente, en même temps, il participe à un atelier de dépannage participatif.

Chaque samedi entre 14 heures et 19 heures, les adhérents peuvent venir ici, rue Terres de Bordes afin de profiter des outils, du local et des conseils du pro, pour réparer son propre vélo. Pneu crevé, freins usés, roues voilées, autant de petits problèmes qui peuvent à la longue coûter cher au cycliste du quotidien. L’atelier Rustine œuvre aussi dans le sens de la responsabilisation de chacun vis-à-vis des objets usuels. L’atelier fonctionne vraiment bien, on vient de loin, bien au-delà des frontières du quartier de la gare. Les pièces sont également récupérées, répertoriées et mises à disposition des réparateurs.

Viser l’autonomie

« Notre projet s’il commence par les vélos, ne s’arrêtera pas à cette seule fonction. Ce n’est qu’un point de départ, ajoute Julien Peponnet. Nous comptons mettre en place à l’étage un atelier Lire la suite

« Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? »le Jeudi 20 mai à 20h30 au Centre Culturel de Créon

MNE Bordeaux-Aquitaine, communiqué, le 12 mai 2010

Le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à un cycle de deux conférences-débat sur le thème de « L’Entre-deux-Mers en 2030 ».

La deuxième de ces conférences-débat publique aura lieu : « Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? »

Avec la participation de deux architectes bordelais spécialistes de l’éco-construction

Marc Lasaygues et Olivier Lehmans

La conférence débat sera précédée de la diffusion d’un film documentaire de Matthieu Lietaert « Vivre en co-habitat »

La première conférence « La construction du paysage et de l’urbanisme dans l’Entre-deux-Mers » a eu lieu le 25 mars à Créon avec la participation de Jean-Claude Hinnewinkel, professeur honoraire de géographie de l’Université de Bordeaux 3 et François Gondran, Directeur du service départemental de l’architecture et du patrimoine de la Gironde. Elle a été précédée de la diffusion d’un film documentaire de Pierre Pommier, « La vigne de Montgirard » qui évoque la vie au fil des jours au cours de l’année 1977 à Cénac, village de l’Entre-deux-Mers à l’est de Bordeaux.

Ville et humanité

En 1800, environ 3 % de la population mondiale vivait en ville, en 1900 près de 14 % et pour une population totale de 6,4 milliard d’urbains, on table sur 70 % en 2030. Avec l’usage intensif des ressources énergétiques fossiles et suivant la formule de l’historien Lewis Mumford, le monde entier est « devenu une ville », ou plutôt, une constellation en réseau de pôles urbains démesurés. Ils forment les nœuds de l’espace économique mondialisé, avec pour finalité l’accélération permanente de la production et de la consommation de biens et de services.

Nous habitons désormais des milieux artificiels, hypersophistiqués, enveloppés d’outils, de claviers, de rues et de places, de réseaux et d’écrans qui, petit à petit, effacent de nos perceptions la présence de la nature et la consistance réelle de la planète. Les relations entre pôles urbains sont devenues aujourd’hui plus déterminantes que les relations entre ces pôles et leurs arrières pays. Cette évolution est en train de faire disparaitre les circuits économiques entre la ville centre et sa campagne périphérique.

Le cocktail que constituent : croissance démographique exponentielle, concentration urbaine, environnement techno-scientifique de plus en plus complexe et fragile, fin de l’énergie bon marché et de nombreuses ressources naturelles, incapacité à contrôler le changement climatique, incapacité à résoudre les injustices sociales (nord/sud comme nord/nord), incapacité à repenser la relation homme/nature… ne comprend-il pas les ingrédients d’une crise écologique et sociale majeure, qui assombrit très sérieusement notre avenir commun ? Pour ne citer que des exemples récents, l’analyse des causes et/ou des conséquences de la tempête Xhyntia, de l’irruption de l’Eyjafjöll ou de la marée noire dans le golf du Mexique ne révèle-t-elle pas les limites de ce modèle de développement ? L’espèce humaine ne serait-elle qu’une espèce invasive tropicale en train de détruire sa niche écologique !?

Flux et reflux des modèles d’urbanisation

Dans l’ensemble que constitue l’agglomération bordelaise, le bassin d’Arcachon, le libournais, le langonnais et le Médoc, il y a ici comme sur tous les territoires plusieurs Lire la suite

Neuvième lettre de l’Université populaire de l’environnement

MNE Bordeaux-Aquitaine, communiqué, 5 mai 2010

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT

L’Université nomade d’Aquitaine

Neuvième lettre de l’UPE [Saison 2].

Aujourd’hui mardi 4 mai à 18h30 nouvelle réunion du Groupe Transition à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, 3 rue de Tauzia. Ouvert à tous, repas auberge espagnole  https://mneaquitaine.wordpress.com/2010/04/30/ville-en-transition-nouvelle-initiative-en-gironde/

Jeudi 6 mai 18h30 – Conférence-débat – Quelle conséquences du changement climatique pour la viticulture dans le libournais ? au Lycée agricole Montagne-Saint Emilion

Du samedi 8 mai au lundi 17 mai – Présence de nombreuses associations adhérentes à la MNE au Salon de l’environnement dans le cadre de la Foire internationale de Bordeaux

Jeudi 20 mai – Conférence-débat débat « Entre-deux-Mers 2030 : Quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? » à Créon (lieu à confirmer)

Jeudi 20 mai – Collectif réduisons nos déchets en Gironde film-débat à l’Utopia

Samedi 29 mai 14h00 – Organisé par le Collectif Copenhague à Cap Sciences Bordeaux  – Forum régional à destination des associations – Quel climat pour les associations en Gironde ?

Dimanche 6 juin à 12h30 – Pic-nic écomobilité sur la rive droite de Bordeaux organisé par AIR, AutoCool, Vélo Cité, Droits du Piéton, Oui au Tram, réseau Mille Pattes et TACA

Jeudi 17 juin (date à confirmer) à 18h00 – Conférence-débat – Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage, quelques retours d’expérience – Floirac

Vendredi 18 juin – Colloque – Le développement durable dans tous ses états – Centre Condorcet à Pessac organisé par le département HSE de l’IUT Bordeaux 1

Les prochains stages de l’Ecocentre de Gironde à Toulenne près de Langon : la chaux 6 jours en 3 fois : 28 et 29 mai, 18 et 19 juin, 25 et 36 juin et la géobiologie les 4 et 5 juin

2009 – Bilan de l’Université populaire de l’environnement : Université nomade d’Aquitaine et blog revue de presse écolo de la MNE

Le blog de la MNE : https://mneaquitaine.wordpress.com/

Conférence-débat

en partenariat avec l’Ecomusée et le Lycée agricole de Montagne Saint-Emilion

Jeudi 6 mai à 18h30

 « Quelles conséquences du changement climatique

pour la viticulture dans le Libournais ? »

avec la participation de Lire la suite

LGV basque : la médiatrice annoncera mardi que ce n’est pas gagné

eitb.com, Ramuntxo Garbisu, le 30 avril 2010

LGV basque : la médiatrice annoncera mardi que ce n’est pas gagné

Mardi 4 mai, Mme Meaux annoncera aux élus et à la presse les conclusions auxquelles elle est arrivée : si le projet ne sera pas remis en doute, on sera loin des déclarations rassurantes des pro-LGV.

Le projet de nouvelles voies LGV en Pays Basque nord connaitra un nouvel épisode ce mardi 4 mai 2010, avec la convocation à 17h à la sous-Préfecture de Bayonne de tous les élus concernés par son tracé, puis par une convocation de presse à l’ensemble des médias.

C’est à cette date que Marie-Line Meaux communiquera officiellement ses premières conclusions quant aux conditions dans lesquelles ce projet peut s’inscrire, et non sur sa remise en question, comme elle l’avait clairement exprimé dès sa prise de fonctions à Bayonne, après sa nomination par le Premier Ministre François Fillon.

« Ce projet de nouvelles voies a été acté au niveau gouvernemental, je suis là pour voir comment intégrer au mieux ce projet en Pays Basque, et il n’est pas question de revenir sur l’opportunité de toute autre hypothèse alternative« , avait-t-elle déclaré le 4 février dernier à la sous-Préfecture de Bayonne.

Chargée d’écouter l’ensemble des acteurs de ce dossier vivement combattu par une grande partie de la population sur son tronçon Bayonne-Biriatou, Mme Meaux n’a pas failli à cette partie de sa mission, ayant effectivement reçu nombre d’élus et d’associations depuis deux mois.

Malgré tout, les nombreuses incohérences du tracé défendu par l’opérateur Réseau Ferré de France (RFF) et les difficultés quant à parvenir à un taux de 60% de lignes enterrées en Pays Basque nord tel que mis en avant par les élus pro-LGV vont compliquer la tâche du rapport final qui doit être rendu à Matignon le 31 mai prochain.

Soulevée de maintes fois par le collectif d’opposition aux nouvelles voies du CADE, il existe bien une différence considérable de hauteur au niveau de la jonction entre la LGV Sud-Atlantique et le Y basque venu de la péninsule ibérique, ce qui obligera un des opérateurs à revoir sa copie : vu l’avancement des travaux en Pays Basque sud, il appartiendra donc à la France de relever ses voies LGV, rendant ainsi caduque ce chiffre de 60%.

Dans le meilleur des cas, le taux de voies enterrées tournerait autour de 40%, et il s’agira pour beaucoup d’entre elles de voies décaissées et non recouvertes qui déboucheront ensuite (avec un niveau phonique qui sera comparé à celui des cloches des vaches sur les zones agricoles) sur des ouvrages aériens qu’il sera difficile de ne pas remarquer : l’Adour et la Nive devront être franchies avec un nouveau pont ferroviaire d’une vingtaine de mètres de haut.

Dans ce paysage grandement modifié, l’opérateur RFF n’échappera donc pas à quelques Lire la suite

Etats-Unis et pétrole : L’overdose

liberation.fr, Laurent Joffrin, le 30 avril 2010

Overdose

L’Amérique, il faut bien le dire, est droguée au pétrole. On dira que les toxicomanes sont légion à la surface du globe, au sud comme au nord. Mais les Etats-Unis souffrent, dans ce domaine, d’une dépendance particulière. Pays de l’automobile reine, pays du camion triomphant, l’Amérique voit dans le véhicule à moteur une métaphore de la liberté. L’électeur sanctionne tout candidat qui fait mine de taxer le carburant ; les investissements dans les transports collectifs, moins accros à l’hydrocarbure, affichent un retard historique ; le lobby pétrolier dispose d’une audience malsaine ; les républicains militent avec une virulence extrême pour la liberté de forage et d’exploitation, persuadés que ce qui est bon pour Exxon ou BP est bon pour les Etats-Unis.

Et comme toute toxicomanie, la pétrodépendance comporte ses effets seconds et ses overdoses. Telle est l’origine réelle du tsunami gluant qui menace les bayous mélancoliques, les pélicans placides et ce delta du Mississippi qui irrigue tant de légendes américaines. L’extraction frénétique du pétrole au large de la Nouvelle-Orléans suppose, quelles que soient les précautions prises par les compagnies, une acceptation du risque. Cet impératif pour ainsi dire culturel se double d’une tension financière. Les multinationales privées qui alimentent les circuits de la drogue pétrolière sont naturellement enclines à limiter les dépenses de sécurité au nom du profit. Une polémique se développe autour de la responsabilité de British Petroleum, accusé, avec des arguments sérieux, d’avoir fait preuve de négligence. Accoutumance pétrolière et obsession de la rentabilité : voilà pourquoi Lire la suite

Ville en transition, nouvelle initiative en Gironde

wikipedia.org, avril 2010

Ville en transition

(Une initiative de transition vient de débuter en Gironde, 2ème rencontre à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine 3 rue de Tauzia à Bordeaux le mardi 4 mai à 18h30. Il est proposé d’amener de quoi pique-niquer sur place. Ouvert à toutes et à tous.)

Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule une initiative de transition, c’est-à-dire un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

Ce processus a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture[1]. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume Uni. Depuis, le mouvement est devenu international et compte plus de 150 initiatives officielles[2].

L’originalité du mouvement des initiatives de transition sur les mouvements écologistes ou sociaux existants tient en plusieurs points. Tout d’abord, la vision de l’avenir est résolument optimiste, et les crises sont vues comme des opportunités de changer radicalement la société actuelle. La deuxième originalité est que le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c’est cette dernière qui doit porter le changement. L’action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation. C’est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apolitique et ne choisit pas les confrontations (manifestations, …). Ensuite, le mouvement a développé une théorie psychologique inspirée de celle des traitements des dépendances toxicologiques pour tenter de traduire le désespoir ou le déni souvent consécutifs à la découverte du pic pétrolier et de notre dépendance au pétrole, en actions concrètes. Cette originalité semble à la source du succès que connait le mouvement des villes en transition[2], mais elle suscite aussi des critiques, notamment sur le manque d’engagement politique.

Le double défi du pic pétrolier et du dérèglement climatique [modifier]

Le pic pétrolier [modifier]

Article détaillé : Pic pétrolier.

Courbe théorique du pic de production

La notion de pic pétrolier n’exprime pas la fin des réserves de pétrole, mais traduit la fin du pétrole conventionnel bon marché. À l’échelle d’une région, la production de pétrole suit une courbe de distribution normale (voir le cycle d’exploitation d’un gisement), c’est-à-dire que la production croît rapidement, avant de s’infléchir, de passer par un plateau de production, pour suivre le mouvement inverse. Le pic pétrolier est la date à laquelle la courbe de production mondiale n’augmentera plus, traduisant le maximum de production atteint. À ce moment-là, et pour la première fois, la demande excèdera durablement la production, provoquant une hausse des prix qui s’intensifiera à mesure que la production décroîtra.

L’estimation de la date du pic pétrolier varie suivant les compagnies pétrolières, les institutions officielles et les associations d’étude du pic. Ces différences peuvent provenir d’une vision différente (vision économiciste dans laquelle la production suit la demande), d’une divergence sur la théorie (la notion même de pic pétrolier), de l’incertitude sur l’estimation de certaines données (les réserves sont des données géostratégiques) ou sur différents modes opératoires de calcul (prise en compte ou non du pétrole non conventionnel). De plus, la consommation, autre variable affectant le pic, est soumise à des évènements (externes ou issus de rétroactions), par exemple politiques ou économiques. Les différents pronostiques vont donc du déni d’un pic pétrolier pour l’OPEP[3], à l’horizon 2020 pour Lire la suite

Gan et Billère (64), prochaines villes en transition ? – Projection du film « En transition » le mardi 4 mai à 20h30

amapdegan.over-blog.com, article, le 23 avril 2010

Gan, prochaine ville en transition?

Les associations APQV, Slow Food Béarn, Tiss’liens64 et les Petits Hommes de la Terre, ont le plaisir de vous convier à la projection du film « EN TRANSITION » à la salle Robert De Lacaze, place de la Mairie à Billère, près de la route de Bayonne, le mardi 4 mai 2010 à 20h30.

Un co-voiturage sera organisé au départ de Gan.

La projection du film (50 minutes) sera suivie d’un débat ouvert à tous.

Entrée gratuite

Billère, prochaine ville française en transition : rêve ou réalité ?

VILLES EN TRANSITION est un mouvement citoyen démarré il y a seulement 3 ans un peu partout dans le monde.

Considérant l’épuisement des ressources pétrolières imminent et un réchauffement climatique en plein expansion, Transition considère que notre société moderne (et ses dirigeants politiques et économiques) ne réagit pas de façon suffisante à ces changements profonds. En s’appuyant sur les capacités créatrices du groupe sur la base d’une vision positive de l’avenir, le mouvement local de transition définit des propositions concrètes pour diminuer la dépendance pétrolière (estimée à 4000 litres par personne et par an en France !), résister aux impacts de l’environnement extérieur et survivre par ses propres moyens.

Face à une situation qui nous imposera de vivre dans un monde « plus petit » et de proximité, Transition nous prépare à reconstruire une économie à partir d’initiatives locales, écologiques, solidaires basée sur nos besoins réels et sur la qualité de vie.

Le film ( en anglais sous-titré en français) explique la notion de Lire la suite

Récup’R ça démarre ! Ressourcerie & Atelier vélo à Bordeaux

recup’r.org, Communiqué, le 23 avril

Récup’R ça démarre ! Ressourcerie & Atelier vélo à Bordeaux

A deux pas de la gare St Jean à Bordeaux, un lieu essentiellement tourné vers le vélo pour le moment avec trois grandes activités :

– Collecte de vélos, pièces détachées, outils, carcasse…

Mardi au samedi et sur rdv à domicile mardi et jeudi.

– Vente de vélos

Mercredi, vendredi et samedi de 10h à 12h et de 14h à 19h

– L’atelier Rustine (atelier associatif)

Samedi de 14h à 19h

Récup’r est une association qui développe une ressourcerie sur le territoire de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Les ressourceries, aussi appelées recycleries, sont des structures qui travaillent à la réduction des déchets dans une perspective de réutilisation, de réparation et de recyclage.

Leur activité passe par divers modes d’action : sensibilisation /collecte / réparation / détournement d’usage – création / vente.

Les vélos : La 1ère filière mise en place par Récup’R.

D’autres filières se développeront peu à peu. Si vous souhaitez vous investir dans ce projet, contactez-nous Lire la suite

Le réveil d’un volcan islandais : une poussière dans l’œil de la mondialisation et une occasion exceptionnelle pour la relocalisation !

mouvementutopia.org, communiqué, le 19 avril 2010

Le réveil d’un volcan islandais : une poussière dans l’œil de la mondialisation et une occasion exceptionnelle pour la relocalisation !

Un phénomène naturel aura montré la fragilité de l’organisation mondiale du système économique fondé sur les échanges internationaux.

Cette « crise » éphémère préfigure ce que nous promet la fragilité d’un système d’échanges reposant sur l’exploitation sans limite du pétrole, ressource naturelle pourtant limitée. Elle révèle une nouvelle fois l’aveuglement et le court termisme d’un modèle économique mondialisé dont le seul moteur est le profit immédiat en même temps qu’elle nous donne à réfléchir sur le sens de cette organisation productiviste.

Fabriquer et produire loin au moindre coût, dans un système d’échange fondé sur la délocalisation,  n’est possible qu’en sous évaluant le coût réel et global du transport, et en exploitant le déséquilibre économique et social entre pays producteur et pays consommateur.

Une part importante des échanges internationaux se fait par voie aérienne.

Il s’agit principalement des produits à forte obsolescence : les fruits, les légumes, les fleurs…

Sous l’effet de la suie, les roses et les haricots verts devront patienter au Kénya avant de retrouver nos étals de marchés.

Les conséquences mondiales d’un tel système sont désastreuses !

La délocalisation a totalement déstructuré les économies locales. Au delà de la casse industrielle dont sont victimes les ouvriers des bassins de production, elle est à l’origine de la paupérisation des peuples du sud privés volontairement de leurs moyens de subsistance.

70% des habitants de bidonvilles péri-urbains sont d’anciens paysans qui forment la masse corvéable des nouvelles usines ou champs de production agricoles du monde.

Plus, plus loin, moins cher, plus souvent, plus vite !

Un nuage de suie et ce sont plus de 16.000 vols qui sont annulés et 7 millions de passagers bloqués.

200 millions de dollars de pertes journalières pour les compagnies aériennes, et aussitôt une demande de soutien public autorisée par l’union européenne ! Face à ce constat nous ne soutiendrons pas les amoureux des safaris et autres plages exotiques qui auront dû « patienter » quelques jours avant de retrouver le soleil printanier de l’Europe. Un comble pour ces inconditionnels du consommer vite, loin, pas cher !

Cette logique est celle d’un système de croissance économique reposant sur la consommation et l’assouvissement immédiat de « désirs » devenus des « besoins » pour le seul bénéfice immédiat d’une minorité.

Ce volcan islandais pourrait ainsi être un bon augure.

Au delà du signal pédagogique qui préfigure l’ère de l’après pétrole, la pollution induite par ce phénomène naturel sera Lire la suite

« No impact man » de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective

Biosphère – INFO n° 240 : « No impact man »

Contact : biosphere@ouvaton.org

No impact man de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective. Ces deux aspects sont absolument complémentaires d’autant plus que nous agissons par mimétisme ou interaction spéculaire : tu fais parce que je fais parce que nous faisons tous. Colin Beaval espère une « réaction en chaîne » : plus nous serons nombreux à imiter le no impact man, plus la nécessité de faire de même se répandra dans la société. Mais dans une société bercée par le confort  et la sidération des masses, il n’est pas évident aujourd’hui de se diriger vers la simplicité volontaire et le refus de l’ascenseur quand il faut grimper 9 étages.

Pourtant, c’est possible, et la réduction des ressources naturelles nous incitera de toute façon à limiter notre empreinte écologique. Sauf régime autoritaire et inégalitaire, les politiques suivront alors l’exemple des objecteurs de croissance et seront eux-mêmes en nombre croissant à modifier leur mode de vie…

Voici quelques extraits du livre :

1/7) introduction

Pendant un an (en 2007), ma femme Michelle, ma fille Isabella et moi, qui habitons en plein cœur de New York, avons essayé de vivre sans causer d’impact sur l’environnement. Autrement dit, nous avons fait de notre mieux pour éviter de produire des déchets (finis les plats à emporter), réduire nos émissions de dioxyde de carbone (finis la voiture et l’avion), ne plus rejeter de substances toxiques dans l’eau (fini les détergents), arrêter d’acheter des denrées de contrées lointaines (finis les fruits de Nouvelle-Zélande). Evidemment, finis aussi : l’ascenseur, les aliments conditionnés, le plastique, la climatisation, la télé, les articles neufs…

Je n’avais pas l’intention de faire dans la demi-mesure, de me contenter d’utiliser des ampoules basse consommation ou de recycler à tout-va. L’idée était d’aller aussi loin que possible, d’atteindre le zéro impact environnemental. Je visais non seulement le zéro carbone mais aussi le zéro déchet, zéro pollution dans l’air, zéro toxine dans l’eau, zéro ressource pompée à la planète. Je ne voulais aucune empreinte écologique. J’avais décidé de contrebalancer tout impact négatif par un impact positif. J’avais conscience que ce serait dur. J’ai donc décidé que nous procéderions par étapes. Je ne tenais pas à ce que ma femme et ma fille me quittent. Mais en faisant du mal à ma famille pour ne pas faire du mal à la planète, j’ai mis le doigt sur des choses importantes.

2/7) les raisons d’un engagement

– Dans notre société, il est quasiment impossible d’assouvir ses besoins sans laisser derrière soir une traînée de détritus, de pollution et de gaz à effet de serre. Le jour où la planète ne pourra plus nous offrir cette abondance de ressources, l’humanité tout entière devra faire preuve d’une abstinence surhumaine.

– Evidemment que les Américains achètent des voitures ! L’industrie automobile a fait en sorte que Lire la suite

Stephane Foucart dans Le Monde : Qui finance le climato-scepticisme ?

lemonde.fr, Stéphane Foucart, le 19 avril 2010

Qui finance le climato-scepticisme ?

Washington Envoyé spécial

En 2009, le lobbying des entreprises américaines pour peser sur le projet de loi climat-énergie – aujourd’hui moribond, selon une majorité d’observateurs – a battu tous les records. C’est la conclusion d’analyses indépendantes du Center for Public Integrity (CPI) et du Center for Responsive Politics (CRP), qui fondent leurs travaux sur les chiffres officiels du secteur privé américain. Sur le dossier climatique, ce dernier exerce une influence sur les opinions publiques en finançant des think tanks qui combattent l’idée d’une responsabilité humaine au réchauffement.

LES DÉPENSES DE LOBBYING SUR LE CLIMAT ONT AUGMENTÉ DE 400 %

Le lobbying est très réglementé aux Etats-Unis. Toute organisation, association ou entreprise doit déclarer, chaque trimestre, les sommes qu’elle investit dans les cabinets de lobbyisme pour faire valoir ses points de vue auprès des parlementaires. « Elles doivent aussi déclarer les sujets sur lesquels elles font du lobbying, mais n’ont pas d’obligation d’attribuer une somme précise à chacun de ces sujets, explique Kate Willson, enquêtrice au CPI. Il est donc difficile d’évaluer l’ampleur du lobbying spécifiquement dédié à la question climatique. En prenant une option basse, c’est-à-dire en considérant que le lobbying climatique ne représente que 10 % de l’ensemble des sommes dépensées par des entreprises ayant déclaré faire du lobbying sur le sujet du climat, nous parvenons à une estimation d’environ 90 millions de dollars [67 millions d’euros] spécifiquement dépensés en 2009 sur le climat. Avec une forte accélération au dernier trimestre, au cours duquel environ 30 millions de dollars ont été dépensés selon ce calcul. » Selon les estimations du CPI, l’activité de lobbying sur le dossier climatique a augmenté, aux Etats-Unis, de près de 400 % au cours des six dernières années.

Cette tendance est aussi mesurable, selon David Levinthal, analyste au CRP, à l’explosion du lobbying pratiqué par les producteurs d’énergie fossile, qui seraient les plus touchés par une loi réglementant les émissions. « Par exemple, Exxon dépensait, il y a encore quelques années, entre 6 et 7 millions de dollars par an en lobbying, dit M. Levinthal. Ils ont dépensé entre 25 et 30 millions en 2008 et 2009. Tout n’a pas été consacré au climat, mais cela donne une idée. » En moyenne, sur la période 1998-2009, Exxon arrive à la neuvième place des plus gros lobbyistes ; sur la période 2008-2009, il est deuxième. « En 2009, il y a quatre producteurs d’énergies fossiles – BP, ConocoPhillips, Chevron et Exxon – dans les vingt entreprises américaines les plus dépensières en matière de lobbying« , résume M. Levinthal.

Le lobby des énergies renouvelables – éolien, solaire, ONG, etc. – a aussi accru ses dépenses ces deux dernières années. « Mais les lobbyistes qui travaillent pour les industriels émetteurs de carbone sont à huit contre un, si on les compare à ceux des énergies renouvelables, des ONG, etc. », dit David Kaplan, directeur éditorial du CPI.

SEMER LE DOUTE SUR LA CLIMATOLOGIE

Si elle passe par le Congrès, la lutte d’influences autour du changement climatique se joue aussi dans l’opinion. Cette bataille-là, assure Kert Davies, directeur des recherches de la branche américaine de Greenpeace, « remonte à plus de vingt ans ». M. Davies cite, entre autres, un célèbre mémo révélé en 1998 par le New York Times. Le texte exposait un plan de communication établi par des responsables de géants des énergies fossiles (Exxon, Chevron, Southern Co.) et de think tanks conservateurs (George C. Marshall Institute, Frontiers of Freedom, Advancement of Sound Science Coalition, etc.). « La victoire sera complète », détaillait le document, quand « les citoyens moyens « comprendront » [reconnaîtront] les incertitudes de la science climatique », ou encore quand « la couverture des médias » admettra « la validité des points de vue qui vont à l’encontre de l’actuelle « sagesse conventionnelle » » en science climatique…

EXXON TANCÉ PAR L’ACADÉMIE DES SCIENCES BRITANNIQUE

Selon M. Davies, le « climategate » – le piratage et l’exposition sur Internet, fin novembre 2009, de courriels embarrassants échangés entre plusieurs chercheurs – est le dernier événement de cette Lire la suite

NON AUX LIGNES LGV, OUI au TGV sur les voies existantes : samedi 24 avril manifestation à Montauban

Coordination assos vigilance lgv, communiqué, avril 2010

Manifestation à MONTAUBAN (82)

Samedi 24 avril 

NON AUX LIGNES LGV, OUI au TGV sur les voies existantes

Rendez-vous à 10h30 précises à la gare de Montauban 

L’opposition aux projets de Lignes Nouvelles Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne est toujours aussi vive et déterminée.

Après les grandes manifestations de Bayonne, Langon, Hendaye et Nérac, c’est en Tarn et Garonne qu’aura lieu le prochain grand rendez-vous:

Manifestation contre le projet de la nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse et pour l’amélioration des lignes existantes

Evénement à l’initiative du Collectif de villages du Val de Garonne et de la Lomagne

Prenez votre GILET FLUO

Apportez également le plus grand nombre de documents de communication diffusés par GPSO dont vous disposez (Lettres d’information, Flash Infos, Fiches pédagogiques, etc) … il en sera fait bon usage !

Pour plus d’information : tgv.wifeo.com  et lgv.sabstenir.over-blog.com

Il est très important que des délégations de tous les départements d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées viennent apporter leur soutien au Collectif d’associations qui organise cette manifestation très clairement opposée au projet de ligne nouvelle quel que soit le tracé. 

Ils comptent très fort sur notre présence !

Le Collectif 82 demande aux associations des départements, des régions et des pays voisins de confirmer leur présence à l’adresse: <lgvcollectif82@orange.fr>

Merci de diffuser l’information.

= Message à faire circuler

En Gironde un co-voiturage est organisé pour se rendre à la manifestation à Montauban samedi: 

Rendez-vous à 8h sur le parking de la gare de Lire la suite

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

MNE Bordeaux-Aquitaine, Communiqué, le 19 avril 2010

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

I. L’Université nomade d’Aquitaine

1.) 15 janvier – Une conférence-débat à l’IJBA (Institut de journalisme de Bordeaux) [150 participants] avec Marie Monique Robin, journaliste, cinéaste et écrivain sur le thème de « Ecologie et journalisme d’investigation » en partenariat avec Greenpeace Bordeaux et une diffusion du documentaire « Le Monde selon Monsanto » au cinéma l’Utopia de Bordeaux [180 participants] suivi d’un débat avec MM Robin

2.) 4 février et 4 mars – Deux ateliers pratiques écolo au Jardin botanique de Bordeaux [55 participants] sur le thème « Ecologie et numérique » avec Michel Lesbats, enseignant chercheur en biologie, et Anne-Sophie Novel, doctorante en économie politique

3.) 3 avril – Une conférence-débat au cinéma le Festival à Bègles [80 participants] en partenariat avec la municipalité sur le thème « L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ? » avec 4 universitaires : Dominique Prost, Enseignante-chercheuse en géographie, Martine Alcorta, enseignante-chercheuse en psychologie, Charlie Grandjeat, enseignant-chercheur en littérature nord-américaine et Catherine Thomas, enseignante-chercheuse en océanographie

4.) 20 mars, 10 et 24 avril Trois conférences-débats à Cap-Sciences Bordeaux « Changements climatiques et énergie » [80 participants] :

« Le changement climatique : pas plus de 2° C », par Jean-Yves Rossignol, Ingénieur-consultant

« Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 », par Gilles Drogou des Amis de la terre

« Crise climatique et énergétique : la taxe carbone peut-elle être une réponse appropriée ? », par Jean Sireyjol, association TACA

5.) 16 mai – Une conférence débat à Mérignac sur le thème « Environnement et nouvelles solidarités » [50 participants] en partenariat avec les associations des Amis Aquitains des semaines sociales de France et Pratiques et dialogues. Après une présentation des enjeux climatiques, énergétiques, écologiques et sociaux par Jean-Yves Rossignol, 4 ateliers ont travaillés sur les thèmes de agriculture / consommation, énergie/habitat, déplacements et formation/insertion avant une restitution des ateliers

6.) Quinze émissions de radio sur la Clé des ondes en partenariat avec Chiche ! Bordeaux [ 3 000 auditeurs cumulés estimés] :

La MNE Bx Aquitaine

AutoCool/L’autopartage

TACA/Changement climatique et taxe carbone

Greenpeace et Vigilance OGM/Les OGM

Droits du piéton 33/Journée de la courtoisie

CATA/Projet collectif d’achat de terre agricole

Débat Ecologie et libertés publiques

Maisons paysannes 33/L’habitat rural

Vélo Cité/Jeu concours mes courses à vélo

Récup’R/Projet de recyclerie / ressourcerie

ICARE/Le jardin d’inspiration médiévale de Gradignan

H’Nord/Le projet d’Ecoquartier de Bordeaux Bacalan

Séphir/La barre d’outil Ecolo-info

SEPANSO 33/Les nouveaux OGM

L’agenda 21 des familles de Bordeaux

7.)1er avril, 6 mai, 3 juin et 1er juillet – Quatre cours au Jardin botanique de Bordeaux « Petite écologie de l’homme et de ses techniques »  [80 participants] avec Michel Lesbats

La main de l’Homme et ses techniques – Evolution des risques techniques de l’Homme préhistorique à nos jours

Autopsie d’un accident / Les mots des maux, les mots du risque – Définitions et polysémie des termes du domaine des risques d’origine technique

Citoyenneté et culture du risque – La participation des citoyens à la Gestion des risques techniques

Table ronde et débat sur la concertation et la démocratie écologique : « Echanges entre les acteurs locaux du Grenelle » suivi d’un Apéros’Ecolos (ex GreenDrinks)

8.) 16 au 25 mai – Sept conférences-débats lors du Salon de l’environnement de Bordeaux [150 participants] :

Au fil des Séounes/Abeilles et frelons asiatiques

CREAQ/Les aides à l’éco-habitat (2 interventions)

AutoCool/L’auto-partage

Achillée et ciboulette/Le compost

Achillée et ciboulette/Le purin d’ortie

Le collectif réduisons nos déchets en Aquitaine/La prévention des déchets

La MNE Bordeaux-Aquitaine/L’Université populaire de l’environnement

9.) 27 mai –  Une conférence-débat à l’IJBA « Quelle Europe pour la planète ? » [50 participants] avec les représentants des principales listes aux Européennes : Europe écologie, Front de gauche, NPA, PS et UMP/NC (Le Modem n’avait pas répondu à l’invitation)

10.) 27 et 28 juin – Deux conférences-débats à Nérigean (Libournais) dans le cadre du marché paysan du Château  Fourton-La Garenne (vignoble en maraîchage biologique) [55 participants]

« Libournais 2020 : quelle agriculture et quelle alimentation voulons-nous ? » avec Philippe Roudié – Professeur émérite de géographie et Jean-Pierre Leroy – Syndicaliste – Confédération paysanne

« Crises climatique, écologique, énergétique… quel rôle pour les associations environnementales ? » avec CATA, Achillée et ciboulette, Auto Cool et la MNE Bordeaux-Aquitaine

11.) Du 24 septembre au 4 novembre, mise en place d’un « module d’appui au développement associatif et aux porteurs de projets », premier cours le jeudi 24 septembre à 18h15 à la MNE Bordeaux-Aquitaine : « Le suivi évaluation dans les projets associatifs ». 5 cours du jeudi 1er octobre au mercredi 4 novembre à 18h30 à l’Athénée : « L’amélioration des moyens de communication des associations ». Ouvert à tous et gratuit, sur réservation.

12.) Du vendredi 25 au dimanche 27 septembre, Salon Viv’Expo à Bordeaux Lac avec des conférences-débat et la participation de nombreuses associations environnementales : AutoCool, Greenpeace, H’Nord, ICARE/Jardin de Pierral, MNE Bordeaux-aquitaine, Réseau des mille-pattes, SEPANSO, Solar Rives de Garonne/Ecocentre de Gironde, Surfrider Foundation…

13.) 7 et 15 octobre et 4 novembre à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres – « Crise climatique, énergétique, écologique…, état des lieux » avec Gilbert Haumont, universitaire, « Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 » avec Gilles Drogou des Amis de la terre et « Vers une révolution des transports » avec Simon Charbonneau, Universitaire

14.) Le vendredi 9 octobre à 21h00, Salle du Foyer Municipal d’Arbis (7 km de Targon), « Crise climatique, écologique et des ressources naturelles : quelles conséquences pour l’Entre-deux-Mers ? » avec Gilbert Haumont, enseignant à la Faculté  de Pharmacie de l’Université de Bordeaux 2. Manifestation dans le cadre du Colloque 12 « De Benauge à Verdelais » organisée par les Amis du château de Benauge, l’Association des Amis du Musée de l’Art Religieux de Verdelais et le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers (CLEM) à Arbis, Benauge et Verdelais les 9, 10 et 11 octobre 2009

15.) Lundi 16 novembre – Conférence débat avec diffusion du film documentaire Live-bicycle sur « La mobilité urbaine » organisée par le PUMA (Pôle alternatif des Mobilités urbaines) : Vélo Cité, AutoCool, Droits du piéton 33, AIR…à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres

16.) Début 2010 une conférence débat sur « La transition » à la Communauté urbaine de Bordeaux jeudi 11 mars avec Pierre Radanne et Simon Charbonneau, deux conférences débat sur « Urbanisme, paysage, architecture dans l’Entre-deux-Mers… » la première à Créon le jeudi 25 mars, un Concert pour le climat à Bègles le jeudi 1er avril et une conférence sur « Climat et viticulture » à Montagne-Saint-Emilion le jeudi 6 mai

II. Soutien de l’UPE aux actions d’adhérents de la MNE et de partenaires

Du 12 au 27 septembre : Quinzaine de l’écologie en Agenais, Samedi 12 à 20h30  « Mieux comprendre les OGM » par Christian Vélot, Dimanche 13  à 10h30 « De jardin en jardin », Mercredi 16 à 20h00 « Nos enfants nous accuseront » Ciné/ débat, Vendredi 18 à 20h00 « Les papillons, indicateurs de bonne santé écologique », Dimanche 20 à partir de 8h30 « Ecorurale des Séounes » à la Sauvetat de Savères, Mercredi 23  à 19h30 « La taxe carbone » Conférence-débat avec TACA et Dimanche 27 à 14h00 « Visite d’une maison écolo » à Pennes d’Agenais.

Le mercredi 16 septembre à 19h30, Conférence-débat avec Hervé Le Treut, membre du GIEC, à l’Athénée municipale de Bordeaux organisée à l’occasion des 40 ans de la SEPANSO Aquitaine.

Du 28 septembre au 2 octobre 2009 « Stage chaux » et du 16 au 20 novembre « Formation à la restauration écologique dans le bâtiment ancien » organisé par l’Ecocentre de Gironde à Toulenne près de Langon.

Le vendredi 2 octobre manifestation du Collectif 33 Copenhague 09 à la gare Saint Jean de Bordeaux

Le dimanche 4 octobre « Picnic sans carbone » à partir de 12h sur les quais au Parc des Sports en face de St Michel (à coté du Pont de Pierre). Ce picnic doit nous permettre de rassembler le plus grand nombre de citoyens désireux d’agir pour protéger le climat. Ceux qui aiment Taca viendront en vélo et les rangeront en forme de 3 5 0 pour la traditionnelle photo, et cette fois nous l’espérons, l’objectif atteint de 350 vélos. Nous souhaitons organiser des vélo-bus, regroupement de cyclistes pédalant ensemble, convergeant  le dimanche matin depuis les 27 communes de la CUB vers le lieu du picnic à coté du Pont de Pierre.

Samedi 24 octobre – Manifestation du Collectif Copenhague au lion bleu sur la rive droite « 350 idées pour la planète »

Le vendredi 6 novembre un film-débat à l’Utopia de Bordeaux « Le syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot avec le Collectif associatif Gironde Copenhague 09

Jeudi 10 décembre à 19h00 à l’Athénée municipal de Bordeaux avec la Confédération Paysanne de Gironde Conférence-Débat sur le thème : Agriculture et changement climatique. Comment assurer une production agricole répondant aux besoins des populations, dans un climat bouleversé,  tout en minorant radicalement les dégagements de gaz à effet de serre ?

samedi 12 décembre – Manifestation « Ni nucléaire, ni effet de serre » de 11h00 à 12h00 au miroir d’eau sur les quais face à la Bourse à Bordeaux avec TchernoBlaye, à partir de 12h00 déambulation festive dans Bordeaux avec une Batucada, musique brésilienne, tout le monde habillé en bleu, avec chapeau et lunette de soleil, vers 14h00 arrivée de la vague bleue au grand théâtre, place de la comédie, ou l’association TACA sera présente du samedi de midi à minuit. Veillée climatique sur place : amenez des pots de yaourts en verre peints en bleu pour poser des loupiotes (fournies par TACA), musiciens et chanteurs bienvenus pour réchauffer ceux qui vont veiller pour le climat sur les marches du théâtre comme beaucoup d’autres groupes à travers le monde (350.org, tck tck tck, …). A 19h regroupement des jeûneurs volontaires en soutien des militants de Climate Justice Fast en grève de la faim pour le Climat depuis le 6 novembre.

II. Le blog de la MNE https://mneaquitaine.wordpress.com/

Il fonctionne depuis août 2008 et propose 2 200 articles et 230 adresses de Sites Internet et de blogs dont 120 Aquitains

En 20 mois, près de 300 000 pages ont été consultées par environ 120 000 visiteurs, nous estimons qu’environ 50 % des visiteurs sont Aquitains.

1. TOP 25 des articles depuis 20 mois

Thermographie aérienne infrarouge de la CUB                                10 351

Le tracé sud de la future LGV Bordeaux –                                        10 273

Thermographie aérienne des 27 communes de la CUB                 9 199

La MNE Bordeaux-Aquitaine                                                             7 894

Ligne grande vitesse en 33, 40, 47 et 64                                          4 277

Communauté urbaine de Bordeaux : Isolez                                                 2 630

Langon : ouverture d’un supermarché bio                                        2 549

Centrales photovoltaïques au sol : la crainte de la trame grise       1 998

PAC : La France redistribue et dévoile les aides                             1 679

Appel à la création d’une ressourcerie /                                           1 647

Eco-PTZ : l’éco-prêt à taux zéro pour éc                                         1 499

La grande distribution s’empare du commerce équitable                1 367

Liste des 12 marchés bio et 78 magasins bio d’aquitaine              1 193

EnR : développement de l’énergie solaire                                        1 176

UPE – L’Université nomade d’Aquitaine                                            1 148

Formation à l’agroécologie en Ardèche av                                                   1 065

Eco-prêt à taux zéro et crédit d’impôt «                                             1 051

NON aux LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeau                                1 020

Recycleries & Ressourceries : réseau                                            985

« Home » : Yann Arthus-Bertrand rend-il tr                              944

Soustons (40) : Une ferme photovoltaïque                                       904

Huitres du bassin : Du test de la souris                                            848

Bon ap’ avec l’Amap de Mérignac                                                    834

Transports de la CUB : Keolis préféré à                                          779

Toilettes sèches : soulagez l’environnem                                        747

2. Visite sur les sites et blogs des adhérents depuis le blog MNE depuis 20 mois

colibri33.fr                                                      429

collectif.terres.free.fr                                     427

maisons-paysannes.org                                418

recupr.org                                                      383

pagesperso-orange.fr/federation.sepan…    374

creaq.org                                                       284

lesptitsgratteurs.blogspot.com                      278

asso.burdivega.free.fr                                   269

itinerancesculturelles.asso.fr                        262

greenpeace.org/france                                  252

collectif-dechets-girondin.com                      246

sephir.org                                                      201

belcier.eco.quartier.free.fr/sommaire…        177

hnord.org/doku.php                                       169

velo-cite.org                                                   161

taca.asso-web.com                                      147

aramaquitaine.fr                                            141

autocool.fr1                                                    139

Le “peak oil” vu de France : des moulins, ma parole !

petrole.blog.lemonde.fr, Matthieu Auzanneau, le 13 avril 2010

Le “peak oil” vu de France : des moulins, ma parole !

Il paraît qu’un blog, ça sert aussi à défendre ses propres analyses. Alors résumons-nous.

Nous avons :

– le patron de la prospective sur le pétrole à Washington qui nous dit que la production mondiale de carburants pourrait décliner à partir de l’an prochain, et qui s’inquiète d’un manque de nouveaux projets d’extraction ;

– un rapport du Pentagone qui table sur de fortes pénuries de pétrole d’ici à 2015, évoquant des conséquences “économiques, politiques et stratégiques” graves ;

– un économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie qui prévient depuis cinq ans que le monde doit “sortir du pétrole” aussi vite que possible, afin d’éviterun mur, un grand test devant nous, si les puissances occidentales et aussi la Chine et l’Inde ne révisent par leur politique énergétique de façon substantielle” ;

– un ancien n°2 de l’Aramco, la compagnie pétrolière nationale saoudienne (de loin la première du monde), qui clame que les réserves mondiales officielles de pétroles sont exagérées d’un quart ;

et j’en passe

Mais pendant ce temps-là, dans notre beau pays…

Pas d’inquiétude, citoyens.

Le 9 avril se tenait à la Grande Arche de La Défense une conférence intitulée “Repenser la ville dans une société post-carbone“, parrainée par le ministère de l’écologie et de l’énergie. Ouf, comme toujours, les ingénieurs qui nous gouvernent ont tout prévu.

Ministère de l’écologie et de l’énergie, La Défense, 9/4/10. A droite, Jean Laherrère, co-fondateur de l’Association pour l’étude du peak oil (ASPO)

Sauf que…

cette réflexion autour d’une ville capable de fonctionner avec beaucoup moins de pétrole zyeute vers des horizons lointains, 2030, 2050,… alors que le danger pointé par Glen Sweetnam, Fatih Birol, Sadad al-Husseini et bien d’autres sources solides (voir plus haut) est là, imminent.

Les chiffres officiels sur les réserves de pétrole dites “prouvées” sont opaques : secrets industriels, voire politiques. Des secrets qu’il faut percer d’urgence : si le “peak oil“ n’intervient pas avant la prochaine génération, comme l’affirment la plupart des compagnies pétrolières, alors nous pouvons espérer avoir le temps de nous y préparer, et y faire face. Mais s’il advient plus tôt, je crois que nous risquons gros.

En 2005, j’ai publié une enquête dans Le Monde 2 (pdf) qui tentait d’expliquer les tenants de cette opacité, et surtout ses conséquences. Lire la suite

Le débat : la gratuité des Transports Collectifs Urbains ?

certu.com, Transflash, avril 2010

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Contacter la rédaction : Cliquez ici

A la une ce mois-ci :

Le débat : la gratuité des Transports Collectifs Urbains ?

La gratuité totale des TCU est une question complexe, et l’objet de débats quelquefois passionnés. Nous avons demandé leur avis à des élus, des experts, des chercheurs, des transporteurs… À vous de vous faire votre idée !

Pour télécharger le dernier numéro, cliquer ci-dessous Lire la suite

Vient de paraître : Entropia n°8 – Territoires de la décroissance

atheles.org, avril 2010

Entropia n°8 – Territoires de la décroissance

L’effondrement en cours possède une origine lointaine et toujours négligée. Il provient en partie d’une amnésie funeste et déterminante ayant fait oublier que l’économie s’exerçait bien sur la Terre et non pas sur Sirius. Les conséquences écologiques et sociales de cette négligence commencent à troubler sérieusement nos sociétés qui subissent une montée des périls et souffrent de leur extension qui menace la pérennité de notre espèce. Partant de cette observation banale que l’humanité ne possède pas de planète de rechange, l’objection de croissance s’affirme donc comme un bouleversement du regard, de la pensée et de l’action qui tend à se refléter et à se mettre en œuvre dans les territoires de la vie réelle et non pas à être relégué dans quelque chimérique empyrée.

L’objection de croissance est une option philosophique et politique. Elle se traduit par des engagements de vie sur des territoires matériels, immatériels et spirituels où se manifestent les capacités de résistance et création de celles et ceux qui affrontent les enjeux de notre temps sans renoncer aux rêves qui les habitent. Mais, c’est aussi une vision dérangeante, une conception et une construction du monde qui intègrent le moyen et le long terme, depuis si longtemps délaissés par les tenants du mythe de la croissance sans limites comme par les politiques autophages des choix à court terme.

Quand, désormais, la moitié de l’humanité est « logée dans des villes », n’est-il pas opportun de questionner les contradictions et les infernales difficultés liées à cet agglutinement ? Quand la globalisation mercantile déchire le tissu des souverainetés locales et territoriales, n’est-il pas légitime de replacer la question de l’échelle humaine au cœur d’un nouvel usage du monde et de son « habiter ».

Quand le livre est inquiété par l’écran, quand la beauté du monde est mutilée par l’injustice et la laideur, quand, de Tchernobyl dévastée aux fragiles territoires des Aborigènes, se répandent comme une peste les séquelles de la domination, de l’irresponsabilité, de l’argent roi, de la démence technologique et du mépris de « l’autre », le devoir d’insurrection est un impératif catégorique.

Sommaire

Territoires de la décroissance

Habiter en poète. Jean-Claude Besson-Girard

1. La ville questionnée

La ville cannibale. Rousseau, le grand nombre et l’abus du lien social. Marcel Hénaff

Un anthropologue en ville. Michael Singleton

Les territoires du temps. Thierry Paquot

La décroissance à l’âge de la révolution urbaine : écologie politique et hyperpolis. Tiziana Villani

L’empreinte écologique des villes. Aurélien Boutaud

2. Échelle humaine et territoires

Des abîmes quotidiens aux limites de la terre. David Besson-Girard

Guerres d’entropie négative Lire la suite

Positionnement de la SEPANSO sur les LGV

sepanso.org, Pierre Delacroix, Président d’Honneur de la SEPANSO, le 19 mars 2010

Positionnement de la SEPANSO sur les LGV

1.- Rappel historique

Le développement du système TGV date des années 70. A cette époque, le lancement du système avait un double but :

– D’abord, irriguer le territoire national par un réseau modernisé de chemin de fer, s’inscrivant dans une perspective volontariste d’Aménagement du Territoire.

– Ensuite, mettre ce réseau en position d’alternative à la tentation de développement d’un Réseau aérien qui aurait mis les principales métropoles du territoire national à quelques heures de la capitale. Comme on le voit, c’est une vision « hyper-centralisatrice », celle qui a dominé pendant le XIXe siècle et les trois quarts du XXe siècle.

Ces deux finalités ont eu pour effet, par leur logique de modernisation et d’aménagement du territoire, de conduire les écologistes des décennies 70-80 à juger « acceptable » le système TGV, malgré les problèmes déjà perceptibles et déjà analysés à l’époque.

Géographes et économistes discutent encore du résultat de la première option. Elle a été reconnue comme positive de façon générale, à partir des hypothèses de départ, et ce n’est que quelques décennies plus tard (disons en gros à partir de 2000) que le principal effet négatif a été mis en évidence, un effet lié très étroitement au facteur vitesse. Comme prévisible, le système a polarisé positivement les extrémités des lignes : en général, des métropoles régionales, aux dépens des pôles urbains intermédiaires sur lesquels les lignes, par définition, faisaient l’impasse.

Tout autant pour des raisons de capacité des lignes que de sécurité, la grande vitesse à la française (>250 km/h) ne supporte pas le partage des lignes avec des convois lents, malgré les affirmations de ses défenseurs. Il n’existe aucun cas de ce genre en France. Cela ne serait possible qu’avec des vitesses telles que celles pratiquées par nos voisins européens. Cette vitesse élevée impose également une distance de séparation des voies[1] un peu plus importante que sur les lignes classiques afin de limiter les effets de souffle lors des croisements. Ceci a conduit à vouloir créer systématiquement des lignes nouvelles dédiées à la grande vitesse plutôt que de réutiliser le réseau existant.

Compte tenu des contraintes de pente et de courbure imposées par la grande vitesse d’exploitation recherchée, la construction de lignes nouvelles à grande vitesse occasionne des dommages environnementaux très importants et totalement irréversibles sur leur tracé, et impose des contraintes très lourdes (altération des paysages, coupures de voirie, bruits et vibrations, dépréciation du foncier) aux nouveaux riverains qui, des lignes nouvelles, ne subissent que les inconvénients. En effet, non seulement ils ne bénéficient pas de la desserte par TGV qui sera réservée aux métropoles situées aux extrémités des lignes, mais encore ils perdent la qualité du service jusque là offert par le réseau classique puisque les efforts financiers très importants consentis en direction des lignes nouvelles se traduisent systématiquement par un abandon progressif des lignes qui assuraient la desserte fine des territoires.

Aujourd’hui, les Régions ont pris le relais pour les dessertes locales, Le système des TER s’efforce de compenser non sans difficultés la polarisation des villes extrêmes. Mais c’est une des raisons qui a soulevé peu à peu, et de plus en plus vigoureusement, une profonde remise en cause des LGV par les populations régionales, réduites à Lire la suite

Jeudi 25 mars à 20h30 au Centre Culturel de Créon « La construction du paysage et de l’urbanisme dans l’Entre-deux-Mers »

MNE Bordeaux-Aquitaine, Université populaire de l’environnement, communiqué, le 17 mars 2010

Le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à un cycle de deux conférences-débat sur le thème de « L’Entre-deux-Mers en 2030 »

La première de ces conférences-débat publique aura lieu : Jeudi 25 mars à 20h30 au Centre Culturel de Créon  « La construction du paysage et de l’urbanisme dans l’Entre-deux-Mers »

avec Jean-Claude Hinnewinkel, professeur honoraire de géographie de l’Université de Bordeaux 3

et François Gondran, Directeur du service départemental de l’architecture et du patrimoine de la Gironde.

La Conférence-débat sera précédée de la diffusion d’un film documentaire de Pierre Pommier, « La vigne de Montgirard » qui évoque la vie au fil des jours au cours de l’année 1977 à Cénac, village de l’Entre-deux-Mers à l’est de Bordeaux.

La seconde conférence « Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? » (date et lieu à définir) sera précédée de la diffusion d’un film documentaire de Matthieu Lietaert « Vivre en co-habitat » avec la participation de deux architectes bordelais spécialistes de l’éco-construction Olivier Lehmans et Marc Lasaygues.

Le mois dernier, Télérama a publié une enquête intitulée « Comment la France est devenu moche ». Cette formule lapidaire résume parfaitement le sentiment de beaucoup de membres d’associations historique, environnementale, de patrimoine…

Le Corbusier qui avait compris l’hégémonie à venir de la voiture, a imaginé de découper les villes de façon rationnelle, en quatre zones correspondant à quatre « fonctions » : la vie, le travail, les loisirs et les infrastructures routières.

Ceux qui ont vite compris le potentiel que leur offrait ce quadrillage de bitume – foncier pas cher et abondant, accessibilité et visibilité formidables –, ce sont les nouveaux opérateurs du commerce. Conçus à l’américaine – « no parking, no business » –, les hypermarchés raisonnent en termes de « flux » de voitures et de « zones de chalandise » : ils commencent par aspirer les consommateurs des centres-villes en attendant que les lotissements viennent boucher les trous du maillage routier…  Pour quel bilan ?

Tandis que nos compatriotes s’accoutumaient à naviguer le week-end d’un parking à l’autre, les quartiers pavillonnaires ont fleuri. Ce sera, pendant vingt ans, la politique des grands ensembles. Le rêve pavillonnaire lui succèdera. Les centres-villes étant devenus inabordables, les familles sont condamnées à l’exil périurbain, alors « on tartine du lotissement au kilomètre », c’est facile et pas cher. Le Moyen Age a eu ses villes fortifiées et ses cathédrales, le XIXe siècle ses boulevards et ses lycées. Nous avons nos hangars commerciaux et nos lotissements.

Alors, il n’y aurait pas d’autre mode de vie que Lire la suite

Dimanche 4 avril : 13ème édition de la bourse au vélo – Allée de Tourny à Bordeaux

Vélo Cité, communiqué, mars 2010

Dimanche 4 avril

Allée de Tourny à Bordeaux

13ème édition de la bourse au vélo

Dépôt-vente de vélo

Accueil dépôt de 9h30 à 11h00

Vernte de 11h00 à 16h30

Informations Lire la suite

Du 1er au 18 avril :1ères Semaines Intercommunales du DD Pessac/ Mérignac

agenda21.mairie-pessac.fr, communiqué, le 24 mars 2010

1ères Semaines Intercommunales du Développement Durable Pessac/ Mérignac : un grand cru exceptionnel cette année, avec plus de 25 animations prévues sur les 2 villes, qui s’étaleront du 1er au 18 avril 2010.

En temps forts :

– les Forums publics climat Pessac/Mérignac : élaborons ensemble le Plan climat de la CUB

– des ciné-conférences, cafés ecolos, spectacles de danse, marches parrainées, fêtes du DD,

– le 11/04 : nettoyage de plages

– formation gratuite : comment organiser une manifestation de façon éco-responsable

– en clôture, le Printemps du Bourgailh (cf programme détaillé bientôt en ligne sur notre site http://agenda21.mairie-pessac.fr/)  

Le programme est actualisable en continu : aussi, si votre animation n’apparaît pas, merci de la proposer directement par mail à Saida Benidir, chargée de mission Eco-citoyenneté et modes de vie durables / contact : saida.benidir@mairie-pessac.fr.   

Si votre animation a lieu après le 18/04, contactez également Saïda : un agenda permanent du DD, newsletter mensuelle, est en préparation pour Pessac !

*Vous habitez, travaillez ou étudiez à Pessac et êtes motivés par le développement durable de votre territoire ? Déposez votre candidature pour participer au Conseil de Développement Durable de Pessac, nouvelle instance participative pessacaise ! Plus d’infos sur http://agenda21.mairie-pessac.fr/

Contact :  Lire la suite

LGV : les points chauds

sud-ouest.com, Jean-Bernard gilles, le 21 Mars 2010

TRANSPORTS. La manifestation de samedi à Toulouse rappelle que construire la ligne à grande vitesse ne sera pas un long fleuve tranquille

LGV : les points chauds

Ils étaient environ 150 manifestants hier à la gare Matabiau de Toulouse. Leur but : protester contre les tracés envisagés par Réseau ferré de France pour la construction de la ligne nouvelle à grande vitesse entre Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) et Saint-Jory (Haute-Garonne). Il faut rappeler qu’en Midi-Pyrénées, peu de monde conteste la création d’une ligne nouvelle. L’abandon du projet du second aéroport toulousain a créé un consensus politique et territorial autour du TGV. C’est davantage le futur tracé de la ligne nouvelle qui est ici remis en cause que la ligne elle-même.

Proposition à Montauban

La députée maire de Montauban, Brigitte Barèges (UMP), et le président du Conseil général du Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Baylet (PRG), ont chacun un projet de gare TGV distinct au sud du chef-lieu. Prudemment, le comité de pilotage de janvier dernier, présidé par le préfet d’Aquitaine, a mis le sujet entre parenthèses le temps de la campagne, à la demande des Toulousains. Le second tour à peine terminé, les associations sont déjà mobilisées.
Au sud de Bressols, le fuseau envisagé par RFF traverse plusieurs zones habitées et empiète sur le vignoble du Frontonnais. Fin mai, de nouvelles variantes seront révélées, le long de la vallée de la Garonne ou vers la zone d’activités départementale de Montbartier, le long ou à travers la forêt du Montech. « Nous, nous souhaitons un autre tracé le long de l’autoroute entre Castelsarrasin et Bruguières, six fois moins dommageable pour les populations et qui épargne le vignoble », explique Thierry Fourcassier, porte-parole du collectif d’associations réunies hier à Toulouse devant la permanence électorale de Martin Malvy.

Vigilance en Albret

En Aquitaine, les manifestations ont eu davantage de succès : 2 500 personnes ont défilé le 6 mars dernier à Nérac (47). Sur les coteaux de Feugarolles et de Vianne en Lot-et-Garonne, le fuseau annoncé quitte la vallée de la Garonne pour sinuer au-dessus de la Baïse, où la construction de ponts sera nécessaire. « Nous voulons que la priorité soit donnée à l’utilisation de la voie existante », défend Catherine Aime, vice-présidente de Très grande vigilance en Albret, une association opposée à la LGV dont l’audience va croissant. Pendant ce temps, le consensus s’est tout de même réalisé à Agen pour bâtir une nouvelle gare sur la rive gauche de la Garonne capable d’accueillir le TGV. Elle nécessitera d’importants aménagements routiers de raccordement, en discussion.

« À la sortie de Bordeaux, la ligne nouvelle empiétera sur les Graves »

En Gironde, des isolations phoniques à Ambarès, au nord de Sainte-Eulalie mais aussi à Talence, à Bègles et à Villenave-d’Ornon, sont à l’étude. « Nous progressons mais cela coûtera cher », estime Gilles Savary, vice-président du Conseil général de la Gironde.

À la sortie de l’agglomération bordelaise, du côté de Saint-Médard-d’Eyrans, la ligne nouvelle empiétera sur les Graves, où s’annoncent aussi des négociations délicates. Enfin, l’avenir dira si le Sud-Gironde, déjà traversé par l’A 65, l’itinéraire à grand gabarit de l’A380 et un gazoduc se satisfera de la nouvelle gare TER de Captieux, actée en janvier.

Le refus basque

Au-delà de ces points de fixation, c’est surtout au Pays basque que la colère Lire la suite

Mardi 23 Mars – 18h00 : Conférence-débat d’Anne-Sophie Novel « Le guide du locavore – Pour mieux consommer local » chez Mollat

Université populaire de l’environnement, communiqué, le 18 mars 2010

En partenariat avec Ecolo-Info et Cap Sciences, dans le cadre de la saison 2009-2010 du Théâtre de la science sur le thème de la consommation en mouvement

Conférence d’Anne-Sophie Novel le Mardi 23 Mars 2010 à 18h00 : Le guide du locavore aux éditions Eyrolles dans les locaux de la librairie Mollat à Bordeaux (salle située au 91 rue Porte Dijeaux). La conférence sera animée par Joël Aubert, directeur d’aqui.fr

Les enjeux liés à nos modes de consommation et à notre alimentation et comment adopter de bons réflexes.

Le terme nous vient des États-Unis et désigne les personnes qui ont décidé de ne s’alimenter qu’avec des produits locaux (dans un rayon de moins de 160 km de là où l’on vit). Parce qu’à force de négliger la provenance de nos aliments et de favoriser le toujours moins cher, nous oublions trop souvent que ce sont nos propres conditions de vie que nous estimons au rabais : notre santé, notre environnement, notre économie, notre Terre… et le bien-être des générations futures.

Sans tomber dans le protectionnisme à outrance, ni moraliser vos modes de consommation, voici comment favoriser l’achat de produits locaux et de saison, et devenir un parfait locavore !

Anne-Sophie Novel est Lire la suite

Le pic pétrolier mondial : on doit s’y préparer dès maintenant !

notre-planète.info, Louis Servant, le 10 mars 2010

Le pic pétrolier mondial : on doit s’y préparer dès maintenant !

On sait que le pétrole est une ressource énergétique non renouvelable car sa formation nécessita des millions d’années. Il est donc épuisable. On annonce régulièrement dans les médias que les réserves prouvées (celles que l’on sait exploiter dans les conditions économiques et techniques actuelles) représentent une quarantaine d’années de consommation courante. Doit-on en conclure que l’on est tranquille pour 40 ans? Absolument pas.

Les professionnels du pétrole utilisent cet indicateur car il donne une idée de l’importance de la quantité de pétrole exploitable à ce jour. Mais pour le public il est trompeur à un double titre.

Tout d’abord il s’applique à la consommation de l’année en cours ; or, hors crise financière et économique, la consommation mondiale croît. Ainsi de 1998 à 2007 elle est passée de 3,439 à 3,939 millions de tonnes, soit une croissance moyenne de 1,5% par an[1]. En 2008 les réserves prouvées étaient estimées à 170,8 milliards de tonnes soit 43 années de consommation 2008. Si on suppose que la croissance de la consommation reprend au même rythme qu’avant la crise (1,5% par an), le calcul aboutit à une durée de 33 ans seulement.

Ensuite, et c’est même le point le plus important, la production ne peut être indéfiniment croissante jusqu’à épuisement des réserves … puis plus rien. La production d’un gisement pétrolier croît, atteint un maximum, puis décroît. Ce maximum est atteint bien avant épuisement du pétrole ultimement extractible ; une règle approchée est : le maximum apparaît quand la production cumulée devient égale à la moitié de la production ultime du gisement. Comme on le verra plus loin, ce pic a déjà été dépassé dans de nombreux pays. Au niveau mondial on aura le même phénomène : la production de pétrole aura un maximum[2]. Le tout est de savoir quand.

Afin de mieux comprendre ce phénomène on va d’abord regarder de plus près ce que l’on entend par Lire la suite

Alsace : des programmes toujours plus verts

journaldelenvironnement.net,  Valréy Laramée de Tanneberg, le 12 mars 2010

Alsace : des programmes toujours plus verts

L’Alsace est l’une des rares régions françaises où l’écologie a toujours fait partie du débat politique. Les associations écologistes y sont influentes depuis longtemps. Pour preuve: 6 des principales formations en lice accordent à l’environnement une large place dans leur programme.

1.827.248 habitants – Densité 221 hab./km² – Superficie 8.280 km² – Président sortant: André Reichardt (UMP) – Nombre de listes en présence: 9 – Nombre de conseillers régionaux: 47 – Résultats au 1er tour des listes se réclamant de l’écologie en 2004 : 4,17%

Créditée de 18% d’intentions de vote dans le sondage Opinion Way publié le 8 mars dans le Figaro, Europe Ecologie espère, à la faveur d’une alliance avec le PS, emporter la région. Le programme est donc ciselé pour répondre aux attentes des Alsaciens : aide à l’industrie automobile pour développer les véhicules sobres, soutien massif aux transports collectifs (création d’une carte orange régionale et développement des trains régionaux), application de critères environnementaux à l’octroi d’aides publiques, développement des énergies renouvelables, plan de réhabilitation des logements, application de la taxe poids lourds. Un programme auquel ont également souscrit Cap 21 (l’organisation de Corinne Lepage, vice-présidente du Modem!) et le mouvement des écologistes indépendants d’Antoine Waechter.

Le Front de gauche l’annonce clairement: il se bat pour une «Alsace écologique». Ce qui passe, pour la liste créditée de 1% d’intention de vote, par la gratuité des transports publics pour les chômeurs, les bénéficiaires des minima sociaux, les étudiants et les salariés. Ce rassemblement de partis d’extrême gauche entend aussi ouvrir des maisons de l’eau «afin d’inciter les collectivités à gérer ce bien commun en régie publique».

L’UMP veut faire entrer l’Alsace dans l’ère de l’après-pétrole. Un comble dans une région où fut construite la première raffinerie de France ! Plus sérieusement, la formation majoritaire (36% d’intentions de vote) veut implanter localement une industrie des énergies renouvelables: photovoltaïque à couche mince, géothermie. Anticipant l’adaptation des lois Grenelle I et II, le parti du président de la République propose le lancement d’un vaste plan de rénovation des bâtiments régionaux. La mobilité n’est pas oubliée. L’UMP veut multiplier les plates-formes multimodales. Plus original, la formation sortante propose que la région soit chargée de la coordination des schémas régionaux de transport, ferroviaires, fluviaux, mais aussi routiers.

Affaibli par la défection de sa vice-présidente, le Modem présente un programme environnemental bien plus consistant que son crédit d’intentions de vote: 5%. Pesant 47 pages, le projet du parti centriste est très riche. Dans le domaine industriel, Lire la suite

Stéphane Hallegate – L’épuisement d’un monde fini

mediapart.fr, Stéphane Hallegate, le 8 Mars 2010

Stéphane Hallegatte est économiste, ingénieur climatologue à Météo-France et chercheur au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired).

L’épuisement d’un monde fini

Pour le chercheur Stéphane Hallegate, la crise financière et la crise environnementale ont des causes du même type: l’absence d’anticipation de la fin des stocks. Stocks de dette absorbable par les ménages américains dans le premier cas, stocks de gaz à effet de serre à émettre, d’eau ou de pétrole à puiser dans le second. 

Le monde vit aujourd’hui une double crise d’une ampleur peu commune. D’abord, la crise financière et bancaire commencée en 2008 aux Etats-Unis s’est transformée en une profonde crise économique, créant des dizaines de millions de chômeurs supplémentaires, repoussant des millions de personnes dans la pauvreté, et augmentant le sentiment général d’insécurité économique. Et la durée de cette crise reste incertaine, les économistes et les politiques oscillant, en fonction du signe de la dernière statistique publiée, entre un optimisme forcené et le pessimisme le plus noir.

Mais nous vivons aussi les conséquences de l’échec de la conférence de Copenhague, où devait se décider l’avenir du protocole de Kyoto et les objectifs de tous les pays du monde concernant le changement climatique. En l’absence d’une réelle volonté des grands pays de prendre des engagements contraignants, la conférence s’est soldée par un accord a minima, qui rend quasiment inatteignable l’objectif européen de limiter le réchauffement à 2°C. Et au-delà de la question climatique, le contexte environnemental est tendu sur l’ensemble du globe : la possibilité d’une raréfaction proche des ressources pétrolières a été rendue plus tangible par l’envolée des prix du pétrole en 2008, des crises alimentaires ont parcouru les pays en développement en 2007, les ressources en eau deviennent de plus en plus insuffisantes dans de nombreuses régions du monde, du Moyen-Orient aux Etats-Unis, et les ressources halieutiques [1] semblent plus menacées que jamais.

Ces deux crises parallèles sont liées à des processus bien différents, purement économiques dans un cas, en lien avec l’environnement et la nature dans l’autre. Mais elles ont des causes communes : elles sont liées aux comportements d’agents économiques qui consomment une ressource d’une manière incompatible avec l’exploitation durable du stock.

L’origine des crises financière et environnementale

L’origine première de la crise financière et économique de 2008 et 2009 ne se trouve pas dans le monde de la finance. La cause initiale est la stagnation du revenu des classes moyennes aux Etats-Unis, elle-même liée aux évolutions technologiques et à la globalisation, qui mettent les travailleurs en compétition à l’échelle mondiale et engendrent un tassement des revenus des travailleurs les moins qualifiés dans les pays riches. Or, comment maintenir un taux de croissance élevé quand les revenus de la majorité de la population –et donc sa consommation– stagnent ? Lire la suite

LGV Nérac. Hier, Très Grande Vigilance en Albret a rassemblé 4000 personnes en ville

ladepeche.fr, Cathy Montaut, le 7 mars 2010

La manifestation a drainé des opposants de toute la région

Nérac. Hier, Très Grande Vigilance en Albret a rassemblé 4000 personnes en ville.

Les banderoles étaient signées des diverses associations militant contre le projet de LGV Sud Europe Atlantique. « Non aux lignes LGV, oui aux lignes existantes », affichait la banderole du collectif des élus ALT LGV, tandis que d’autres étaient plus imagées : « Le bonheur est dans le pré, avec la LGV, le malheur est dans le prêt. Endettement, 45 ans », « Adieu chasse et pêche, la nouvelle LGV clôturera la région » ; « Forêts massacrées, impôts multipliés », « Qui paiera la folie LGV, vous bien sûr », « IVG oui (en référence à la Journée de la femme du 8 mars), LGV non » pour n’en citer que quelques-unes. À l’appel de l’association Très Grande Vigilance en Albret (TGV), les manifestants sont venus nombreux, hier, à Nérac, pour dire leur mécontentement et affirmer haut et fort qu’ils ne veulent pas ici ou ailleurs d’une LGV. Ils se sont déplacés des départements voisins mais aussi de plus loin, comme du Pays basque. Le rendez-vous était fixé au foirail afin que le cortège défile dans les rues de la ville, en passant par le Vieux-Nérac, empruntant le pont Neuf et le pont Vieux. Ce fut un long serpent qui traversa la commune puisque 4 000 personnes se sont rendues au rendez-vous. Pour se convaincre d’un chiffre correct, ils furent massés, lors du meeting sous la halle, tandis que les élus de tous bords, au milieu desquels on a pu voir Noël Mamère, se retrouvaient sur les gradins.

Tout se passa dans une ambiance bon enfant, l’association TGV ayant souhaité, avant tout, défiler en respectant la population néracaise.

Les agriculteurs ainsi que les vignerons, arboriculteurs, forestiers avaient également pris part au cortège, huit tracteurs ouvraient la marche. Et de mémoire de Néracais, on n’avait certainement pas vu de tracteurs depuis une éternité empruntant le pont Vieux.

Prises de parole

Tous les intervenants à la tribune, responsables d’associations ou élus, ont tous abondé dans le même sens, à savoir que le projet « n’est ni favorable à la planète ni à l’intérêt général, ne bénéficiant qu’à une minorité au détriment des autres et ne servirait qu’à balafrer les forêts, terres agricoles et nature », lançait le responsable de la Sepanso. Au nom des Basques, Victor Pachon, précisait : « On ne veut pas qu’on décide à notre place, nous sommes 4 000 à savoir lire, écrire, compter. … Nous voulons vivre et travailler au pays, avec la LGV, c’est le contraire… » « Le devoir de parler est plus important que le devoir de se taire », concluait J. Giraud, pour les Landes, tandis que D. Cassou, pour LEA 33 : « Une population bien informée ne peut pas Lire la suite

TRANSPORTS. Nérac a accueilli, samedi, des militants anti-LGV venus de tout le grand Sud-Ouest

sudouest.com, NC, le 8 mars 2010

TRANSPORTS. La cité d’Henri IV a accueilli, samedi, des militants anti-LGV venus de tout le grand Sud-Ouest

Le train de l’opposition à la LGV à Nérac

Sur la place du Foirail, la manifestation a pris une tournure de grande réunion de famille. Ils sont nombreux à avoir « fait Hendaye » en janvier, ou encore Auvillar et Castelsarrasin… Appareil photo en main, chacun guette l’affiche percutante, le déguisement original, comme ces Cadets de Gascogne venus de Pindères, Pompogne ou Saint-Julien. « Dix milliards pour un quart d’heure, quel malheur », scandent les manifestants.

Cette opposition draine aussi bien des écologistes que des chasseurs, des agriculteurs ou de simples particuliers. « C’est vrai, nous sommes entrés dans cette opposition pour défendre ce qui nous appartient », expliquent Charles d’Huyvetter et Catherine Aime, président et vice-présidente de l’association Très Grande Vigilance en Albret. Puis, ils ont creusé la question avant qu’on ne creuse chez eux. Et sur plus de 2 100 lèvres, samedi, cette même question, qui se transforme en exigence : « Pourquoi ne pas moderniser l’existant ? ».

Le long cortège, ouvert par une dizaine de tracteurs a d’abord descendu les grandes artères des allées d’Albret, avenues Lafayette et Mondenard, avant de s’engouffrer dans les rues étroites du centre-ville. Des tracteurs sur le Pont-Vieux, remontant la rue Puzoque, c’est un spectacle aussi inédit que l’ampleur de la manifestation. Sur le chemin, des riverains sur le pas de leur porte encouragent les manifestants. Même si le nombre de 4 000 personnes annoncées au micro par les organisateurs n’est pas atteint, on n’a pas vu pareille contestation dans la capitale de l’Albret depuis mai 1968.

Echarpes tricolores

Depuis la fenêtre de la mairie, le maire, Nicolas Lacombe, qui voulait pourtant rester discret, se fait interpeller. Les élus lot-et-garonnais qui ouvrent la marche font une pause. Séparés par la place, une vitre et le projet de LGV, Bernard Faucon-Lambert et les élus qui viennent de tenir la première assemblée générale de leur association (voir par ailleurs), se tournent vers le maire de Nérac et conseiller général qui, lui, a voté le projet. Silence. Et le long cortège des manifestants repart avec toujours autant Lire la suite

Conférence débat le jeudi 11 mars : « Crise climatique, énergétique, écologique… : l’approche des territoires en transition est-elle adaptée à l’agglomération bordelaise » ?

MNE Bordeaux-Aquitaine – Université populaire de l’environnement, Communiqué, le 4 mars 2010

La Communauté Urbaine de Bordeaux et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre du Plan climat de la CUB et de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à une conférence-débat publique : le jeudi 11 mars de 18h00 à 20h00

Hôtel de la Cub (Esplanade Charles de Gaulle) – salle des commissions réunies 

« Crise climatique, énergétique, écologique… : l’approche des territoires en transition est-elle adaptée à l’agglomération bordelaise » ? 

Assurer la transition d’un mode de vie qui repose sur une énergie disponible et bon marché, à un mode de vie plus sobre, avec une énergie rare et chère, pourrait bien être une des priorités de cette nouvelle décennie. 

Avec Pierre Radanne (consultant, ancien président de l’ADEME)

et Simon Charbonneau (juriste en droit de l’environnement, militant associatif). 

En présence de Laure Curvale, Vice Présidente de la Cub en charge du plan climat.

Nous vous invitons, en amont de cette conférence, à découvrir plusieurs initiatives qui se mettent en place en Europe :

Lors des négociations de Copenhague en décembre 2009 un collectif de communautés locales a adopté Une déclaration des peuples au Klimaforum09 – Changeons le système ! Pas le climat ! Parmi les revendications : trouver de vraies solutions à la crise climatique basées sur une utilisation sécurisée, propre, renouvelable et durable des ressources naturelles, ainsi qu’une transition vers une souveraineté alimentaire et énergétique, foncière et sur les ressources en eau.

http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Declaration_des_Peuples_au_Klimaforum_-_Changeons_le_Systeme_Pas_le_Climat_Ultimate_Version.pdf

Le Parlement Wallon a adopté à l’unanimité le 18 juillet 2008 une Résolution sur les pics du pétrole et du gaz. Elle manifeste la prise de conscience du défi majeur que représente le pic pétrolier, tout en prenant en considération le changement climatique. En effet, si les experts ne s’entendent pas sur la date du pic, ils conviennent qu’il est inéluctable et qu’il n’y a pas d’alternative unique au pétrole. Il est donc urgent pour les députés wallons d’adopter des mesures de transition.

http://www.weblex.irisnet.be/data/crb/Doc/2008-09/113709/images.pdf

Une petite ville du Sud-Ouest de l’Angleterre s’est mobilisée depuis septembre 2006, pour vivre sans dépendre des apports extérieurs. L’objectif : réduire la consommation de produits transportés qui ont une lourde empreinte carbone. Il s’agit de la ville en transition [transition town] la plus avancée du monde, pionnière d’un mouvement qui, face au double défi du changement climatique et de la fin prochaine du pétrole à bon marché, a pour objectif de réduire sa consommation énergétique et son empreinte carbone

Le site francophone des villes et communautés en transition http://www.villesentransition.net/

Les sites des territoires français en transition Lire la suite

Les solutions alternatives et locales d’encouragement de la consommation responsable se multiplient

mescoursespourlaplanete.com, NC, le 22 février 2010

Les solutions alternatives et locales d’encouragement de la consommation responsable se multiplient (1/2)

Après les cartes de fidélité locales et communautaires, les communes européennes redoublent d’initiatives pour encourager la consommation responsable. Ainsi, les monnaies alternatives et parallèles à la monnaie officielles visant à encourager les achats locaux et à stimuler la vie de la communauté se développent depuis quelques années.

Premier exemple : la petite ville de Langenegg (1 100 habitants), dans la région autrichienne du Vorarlberg, a inclus depuis quelques années, dans son programme pour stopper le déclin de son économie rurale, le soutien au commerce de proximité à travers un système d’économie locale appelé « billets-talents », accompagné du slogan « Vivre et acheter à Langenegg ! Utilisez vos talents ».

Les Talents d’une valeur d’un, cinq, dix, cinquante ou cent euros peuvent être acquis à la Raiffeisen Bank ou au bureau de poste : ils sont acceptés, par exemple, à l’épicerie, au salon de coiffure, à la fromagerie ou chez le menuisier (une réduction de 5% est même consentie la première année sur les achats pour ceux qui ont pris un abonnement mensuel aux « billets-talents »). Il est même possible de payer les loyers et les charges en Talents, ou de faire des dons aux associations !

Mais cette monnaie interne à la collectivité n’est ensuite échangée en euros qu’à la banque locale, avec une taxe de 10% qui est versée à un projet municipal.  Avantage constaté par les initiateurs du programme : les cycles économiques courts réduisent le transport motorisé, consolident la production locale et augmentent les contacts sociaux.

Dans le même genre, la ville anglaise de Brixton, dans le cadre de son engagement dans le mouvement dit de la  « transition » (qui vise à faire évoluer les villes vers l’indépendance énergétique et un mode de vie bas-carbone) a lancé en septembre dernier sa monnaie locale, le Brixton Pound.  Là encore, il s’agit d’une monnaie complémentaire à la Livre Sterling (la première lancée en Angleterre en zone urbaine), doublée d’un système de Lire la suite

Manifestation à Nérac – Samedi 6 mars – NON aux lignes LGV – OUI au TGV sur les lignes existantes

Coordination Vigilance LGV, Communiqué, le 2 mars 2010

Message à faire circuler

Manifestation à Nérac 

Samedi 6 mars

NON aux lignes LGV

OUI au TGV sur les lignes existantes

DEUX BUS partiront de 

 – LANDIRAS: 8h45 place de l’église – Inscription 05 56 62 50 28, 05 56 62 50 28 et 05 56 25 41 42

 – BERNOS-BAULAC: 9h devant le stade – Inscription 05 56 25 41 42

Après les manifestations de Bayonne (12 000 personnes), Langon (3 000) et Hendaye (15 000) la prochaine mobilisation contre les projets de Lignes Nouvelles à Grande Vitesse aura lieu à Nérac samedi 6 mars.

Car aujourd’hui c’est de toutes parts que les habitants du Sud-Ouest s’élèvent contre ce projet insensé.

La Coordination Vigilance LGV appelle à participer en nombre à cette manifestation.

Lors de la manifestation de novembre 2009 à Langon, des centaines de personnes sont venus du Lot-et-Garonne pour grossir le cortège des opposants aux voies nouvelles

A notre tour d’exprimer notre solidarité !

La stratégie de RFF et des porteurs du projet est de diviser … notre force est l’union et la solidarité !

10h30 : Rendez-vous Lire la suite

Steven Vromman : L’homme à la faible empreinte écologique – Douze gestes pour la planète

lalibre.be, Samuel Hoste, le 09 février 2010

Douze gestes pour la planète

Au nord du pays vit un homme aux pieds légers pour l’environnement. Son exemple montre qu’il est possible de polluer moins. Tout est question de choix.

Figure atypique à la notoriété grandissante en Flandre, Steven Vromman, dynamique quadragénaire gantois, a décidé après une vingtaine d’années d’une vie professionnelle bien remplie de changer radicalement sa façon de vivre. Son objectif est simple: prouver qu’il est possible à notre époque de vivre bien et durable. Il se lance le défi de réduire un maximum son empreinte écologique pendant 6 mois – celle-ci est calculée en nombre d’hectares nécessaires pour produire ce que nous consommons – et de consigner son histoire dans un livre intitulé « Low impact man« . Cela fait maintenant presque deux ans que Steven poursuit l’expérience et apparemment, il n’a aucune intention de revenir en arrière.

« Bien plus que des gadgets technologiques, ce qui fait la différence dans la lutte pour l’environnement c’est un changement de comportement, explique-t-il. Nous vivons dans une société jetable, il faut toujours avoir plus et changer souvent; pourtant on n’a pas l’impression que les gens soient vraiment plus heureux. Les gens optent souvent pour des choses matérielles à la place de choses vraiment importantes telles que l’amitié, le contact social, un travail enrichissant, etc. » Steven affirme que son changement de mode de vie a augmenté sa qualité de vie, « j’ai moins de produits toxiques dans la maison, je mange plus sain et je fais plus d’exercice. »

Tirés de son expérience quotidienne, voici douze gestes que tout un chacun peut facilement mettre en pratique.

1. Consommer moins. « Pour produire de nouveaux objets il faut beaucoup d’énergie et de matières premières qu’il a fallu extraire ou fabriquer. Ensuite, il y a encore le transport. Tout cela pollue énormément. Or, il n’est pas toujours nécessaire de posséder quelque chose pour en profiter.  » Partant de ce principe, Steven s’est abonné à la bibliothèque et à la médiathèque. Il a ainsi accès à des centaines de livres, CD et DVD. Ces supports resteront dans le circuit du prêt et l’impact écologique que leur production a nécessité est ainsi divisé par le nombre d’emprunteurs.

2. Réutiliser. Dans le même état d’esprit, Steven achète presque exclusivement des articles de seconde main: vêtements, mobilier, vaisselle « On trouve de tout sur les brocantes et dans les magasins de seconde main. C’est aussi une façon d’acheter moins cher.  » Mais Steven concède que certaines choses s’achètent difficilement de seconde main, comme les chaussures par exemple. Dans ce cas, il privilégie des articles de bonne qualité qu’il gardera longtemps.

3. Réduire ses poubelles. Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas. Pour réduire ses poubelles, rien de tel que d’acheter un maximum de produits sans emballage, et quand ce n’est pas possible, il vaut mieux privilégier les emballages recyclables (verre, carton ) ou recyclés. Steven va plus loin: « je bois l’eau du robinet, donc pas de déchets. Quand je vais acheter du fromage, j’emporte ma boîte à fromage. Je réutilise les sachets à pain. Je fais aussi beaucoup mes courses sur le marché car les produits n’y sont pas préemballés. »

4. Manger moins de viande. « 18 % de la production mondiale de CO2 provient du bétail élevé pour nous nourrir.  » Dès lors, Steven a opté pour une alimentation végétarienne (dans son cas, sans viande ni poisson). « Si tous les Belges mangeaient végétarien un jour de la semaine, cela équivaudrait à Lire la suite

Dur de se mettre au vert ! – Pionnière en matière d’environnement, Boulder (Colorado) a bien du mal à réduire ses émissions de GES

courrierinternational.com, N° 1008, The Wall Street Journal, Stephanie Simon, le 25 février 2010

Dur de se mettre au vert !

Réputée pionnière en matière de respect de l’environnement, la ville universitaire de Boulder, dans le Colorado, a pourtant bien du mal à réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Au printemps 2010, des techniciens embauchés par la mairie seront déployés aux quatre coins de la ville pour remplacer, aux frais des contribuables, les ampoules électriques de milliers de foyers par des modèles basse consommation. Pourtant, lorsque les responsables municipaux ont décidé, en 2006, de faire de Boulder une ville pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique, ils ne s’imaginaient pas qu’ils devraient jouer les nounous. La cause semblait parfaitement correspondre aux idéaux des résidents, pour la plupart progressistes et passionnés de plein air. “Mais nous nous sommes rendu compte qu’il est extrêmement difficile de convaincre une majorité de personnes d’agir”, souligne Kevin Doran, chercheur à l’université du Colorado.

Les objectifs de Barack Obama en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont ambitieux. Pour les atteindre, le gouvernement compte notamment adopter des mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique. Le plan de relance de l’économie voté en 2009 prévoyait également des milliards de dollars pour l’isolation des bâtiments. Les autorités locales ont cependant découvert que les incitations financières et les campagnes de sensibilisation n’étaient pas suffisantes pour pousser les particuliers à agir. Boulder est pourtant l’une des villes les plus écolos du pays : on ne peut même pas acheter de chips à la buvette du stade parce que leur emballage n’est pas recyclable.

Les climatosceptiques ne se cachent plus

Prenez George Karakehian. Il se dit plutôt écolo. Il conduit une voiture hybride, recycle et utilise des ampoules basse consommation. Il refuse pourtant d’adopter les mesures d’efficacité énergétique les plus élémentaires et laisse la porte de sa galerie d’art ouverte même quand le chauffage ou l’air climatisé fonctionne. Il sait qu’il gaspille de l’énergie et s’en moque. “On m’a toujours dit que laisser les portes ouvertes incite les visiteurs à entrer”, explique-t-il. Et il n’est pas le seul dans ce cas. Depuis 2006, la ville de Boulder a accordé des subventions pour la réalisation d’audits énergétiques dans 750 foyers. Comme les propriétaires devaient tout de même débourser 200 dollars, seuls les plus motivés ont participé. Des études ont par la suite révélé que la moitié d’entre eux n’avaient pas suivi les recommandations, malgré de généreuses incitations. “Nous avons encore beaucoup de chemin à faire”, estime Paul Sheldon, consultant auprès des autorités municipales. Les habitants “devraient conduire des véhicules propres, mais ce n’est pas le cas. Ils devraient pratiquer le covoiturage, mais ils ne le font pas.” Et ils devraient changer eux-mêmes leurs ampoules, ajoute-t-il.

La validité scientifique du réchauffement climatique a récemment été contestée. Les auteurs d’un rapport phare sur le changement climatique, publié en 2007, ont admis certaines erreurs dans leurs travaux. Ils continuent cependant de penser que le réchauffement climatique est “sans équivoque” et “fort probablement” dû à l’activité humaine. Des experts britanniques du climat ont également fait l’objet de critiques à la suite de la publication d’extraits de leur correspondance électronique. Ceux-ci semblaient indiquer qu’ils cherchaient à étouffer les opinions divergentes. A Boulder, certains climatosceptiques ont commencé à exprimer leurs doutes en public. Les autorités municipales affirment cependant encore bénéficier du soutien de la majorité de la population, mais le plus difficile, c’est de pousser les citoyens à passer aux actes.

Située au pied des Rocheuses, cette ville de 100 000 habitants a souvent montré l’exemple en matière d’écologie. Elle a été l’une des premières à créer Lire la suite

A quoi servent les climato-sceptiques ?

alternatives-économiques.fr, Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, le 22 février 2010

A quoi servent les climato-sceptiques ?

L’offensive des climato-sceptiques contre le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a ruiné en l’espace de quelques mois le consensus qui s’était presque établi sur les dangers du dérèglement climatique. C’est humain : on prête toujours une oreille attentive aux gens qui vous disent qu’il n’y a pas besoin de changer de mode de vie. Ceux qui les soutiennent et leur donnent des tribunes portent une lourde responsabilité vis-à-vis de l’avenir.

Jeudi dernier, Yvo de Boer a démissionné de son poste aux Nations unies. Ce Néerlandais n’était pas connu du grand public, mais il jouait un rôle clé dans les négociations mondiales contre le changement climatique, un sujet qui ne peut avoir de solution que dans un cadre global. On peut en effet agir au niveau local pour préserver les sols, la biodiversité, l’eau. Mais pour le climat, si tout le monde ne marche pas, il ne se passera rien.

Des négociations qui patinent

Jusqu’ici, les choses n’ont guère bougé en pratique. Le sommet de Rio de 1992 n’avait débouché que sur des déclarations et il avait fallu attendre Kyoto, en 1997, pour concrétiser un peu les choses. Mais les Etats-Unis, le principal pollueur de la planète, n’avaient pas ratifié le protocole et nombre de pays signataires n’ont absolument pas respecté leurs engagements, à commencer par l’Espagne ou l’Italie. Et pendant ce temps, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter…

Depuis le succès des films d’Al Gore, Une vérité qui dérange, et de Yann Arthus-Bertrand, Home, on pouvait avoir l’impression que la bataille de l’opinion commençait à être gagnée. Mais patatras, à la fin de l’année dernière, des climato-sceptiques ont piraté les e-mails des climatologues de l’université d’East Anglia au Royaume-Uni et réussi à monter en épingle un ou deux échanges douteux. Quelques semaines plus tard, le sommet de Copenhague, dans lequel on avait mis des espoirs sans doute excessifs suite à la victoire de Barack Obama, tournait au vinaigre. Du fait notamment des Chinois qui y ont testé leur nouveau statut de superpuissance. La négociation est bloquée et Barack Obama a perdu, avec le siège de sénateur du Massachussetts, le dernier espoir d’obtenir une majorité au Sénat en faveur d’une loi sur le climat. Et en l’espace de quelques mois, l’opinion s’est retournée. Les climato-sceptiques pérorent sur tous les écrans, à commencer par notre Claude Allègre national.

Faut-il prendre les climato-sceptiques au sérieux ?

Certes, les scientifiques peuvent se tromper. Ils peuvent être tentés, dans un monde ultracompétitif, de tordre un peu leurs résultats. Mais je ne crois pas un instant que cela puisse avoir été le fait de la communauté des climatologues tout entière, quasiment unanime sur le sujet. Et de toute façon, sans être un spécialiste, je ne vois pas comment le fait d’avoir décoffré depuis plus de deux siècles maintenant les millions de tonnes de charbon, gaz, pétrole enfermées depuis des millions d’années dans les replis de la croûte terrestre pourrait rester sans conséquences sensibles sur le climat.

Pourquoi ça marche alors ?

L’écho que trouvent les climato-sceptiques auprès de l’opinion tient, je pense, davantage à Lire la suite

Conseil Economique pour le Développement Durable : Les pouvoirs publics appelés à renforcer leur action en matière d’adaptation au changement climatique

actu-environnement.com, Rachida Boughriet, le 18 février 2010

Les pouvoirs publics appelés à renforcer leur action en matière d’adaptation au changement climatique

Pour s’adapter au changement climatique, les pouvoirs publics auront un triple défi à relever : investissements, diffusion de l’information, définitions d’outils de pilotage adaptables aux incertitudes des évolutions climatiques. Explications.

Alors qu’un plan national d’adaptation au changement climatique est prévu pour 2011 en France, le Conseil Economique pour le Développement Durable (CEDD) a publié le 17 février le rapport intitulé  »Economie de l’adaptation au changement climatique », qui vise à donner  »un cadrage économique général facilitant la mise en oeuvre de stratégies efficaces d’adaptation par les décideurs publics et privés ».

Prévu dans la loi Grenelle 1, rappelons que ce plan national rassemblera des orientations sur des sujets comme la lutte contre les inondations et l’adaptation des zones littorales, l’évolution des forêts, la question de l’eau et l’adaptation de l’économie. Il doit trouver sa déclinaison territoriale dans les futurs  »schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie » proposés par le projet de loi Grenelle 2, en cours d’examen au Parlement, et dans les  »Plans climat énergie territoriaux » qui devront être établis par les départements, communautés urbaines, communautés d’agglomérations, communes et communautés de communes de plus de 50.000 habitants avant 2012.

L’objectif du rapport, réalisé à la demande du ministère du Développement Durable, est de mobiliser pouvoirs publics et acteurs privés pour que l’adaptation  »restée pendant longtemps le parent pauvre, à la fois intellectuel et pratique, du débat sur le changement climatique » soit reconnue au même titre que l’atténuation et la limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES). Des stratégies d’adaptation,  »nécessaires » pour faire face aux conséquences du réchauffement. D’autant plus qu’un rapport de l’ONERC*, publié en septembre dernier, chiffre les coûts liés au changement climatique à  »plusieurs centaines de millions d’euros par an » pour plusieurs secteurs d’activités (agriculture, tourisme, énergie, tourisme, BTP…) d’ici 2050,  »en cas d’adaptation insuffisante ».

Des incertitudes autour des impacts

Mais au-delà des investissements, la question de l’adaptation au changement climatique s’avère  »complexe », explique Christian de Perthuis, l’un des auteurs du rapport et membre du programme de recherche économie du climat. Et ceci, compte tenu de  »l’incertitude liée notamment à l’évolution future du climat » selon qu’on se situe dans un scénario de hausse moyenne des températures de 2°C ou de 4°C , de celle sur les conséquences possibles d’un scénario climatique donné au plan local et celle sur l’évolution des capacités d’adaptation de  »nos sociétés dans le futur », précise Stéphane Hallegatte du Centre International de Recherche sur l’environnement et le développement (CIRED).

Si l’adaptation peut être définie comme l’ensemble des évolutions que les sociétés  »devront opérer pour limiter les impacts négatifs du changement climatique et en maximiser les effets bénéfiques », les stratégies sont difficiles à élaborer. Par exemple, concernant la traduction locale de ces scénarios climatiques,  »les modèles divergent en France sur la façon dont le changement climatique va affecter la fréquence et l’intensité des épisodes de tempêtes dans le nord du pays ».

Selon les auteurs, les impacts du changement climatique, et donc les bénéfices des mesures d’adaptation,  »dépendent non seulement du scénario climatique, mais aussi Lire la suite

Lettre ouverte aux élus et habitants du bassin d’Arcachon et du val de l’Eyre : Contrat de Pays, SCOT… Les élus à contre-courant

capferret.over-blog.com, communiqué, le jeudi 25 février,

Contrat de Pays, SCOT Les élus à contre-courant

Le Pays du Bassin d’Arcachon et du Val de Leyre constitue une entité écologique exceptionnelle du fait de l’étroite interdépendance du Bassin d’Arcachon d’une part avec l’Océan atlantique, d’autre part avec son arrière-pays abreuvé de zones humides et de précieux cours d’eau. L’extrême fragilité de ces milieux nécessite, de toute urgence, une attention particulière et une démarche protectrice liées à la protection de la biodiversité et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Aucun développement n’est concevable sans qu’une place centrale soit faite à la protection de l’intégrité des territoires naturels et à leur rôle pour la préservation du vivant.

CONTRAT DE PAYS Bassin d’Arcachon et Val de Leyre 2010-2012

Lors de la session du Conseil de Développement (CODEV) du 06 octobre 2009, en tant que représentants d’associations de protection de la Nature et de l’Environnement siégeant au CODEV, nous avons assistés au projet de contrat de Pays du Bassin d’Arcachon et du Val de Leyre 2010-2012, que nous devons désapprouver, tel qu’il nous a été présenté.

LETTRE OUVERTE AUX ELUS ET HABITANTS DU BASSIN D’ARCACHON ET DU VAL DE L’EYRE.

Depuis leur fondation, la Coordination Environnement du Bassin d’Arcachon (CEBA) et la SEPANSO regroupent les structures associatives qui ont, de par leurs statuts et leurs agréments, vocation sur le Bassin d`Arcachon et le Val de l’Eyre à être reconnues partenaires de l’Etat et des collectivités.

Depuis de nombreuses années, nous faisons prévaloir, tant auprès des services de l’Etat, des Communautés de communes et des collectivités territoriales que le Bassin d’Arcachon et le Val de l’Eyre sont identifiés au plan aquitain, national et auprès de la Communauté Européenne comme un territoire d’exception, aux caractéristiques géomorphologique et hydrogéologique très rares et pour lequel la préservation des écosystèmes, des milieux remarquables, sont à la base de la pérennité d’un extraordinaire patrimoine naturel au sein duquel les activités humaines doivent s’intégrer en respectant la biodiversité et les fonctions évolutives d’un gisement environnemental unique au bord du littoral Atlantique.

A l’issue d’une année de participation dans les commissions thématiques du SCOT, et après transmission de plusieurs rapports au SYBARVAL, nous observons que devant l’affirmation que ce territoire est quasiment unique en Europe du point de vue environnemental, les formulations, les concepts économiques, urbains, touristiques, démographiques, qui nous sont proposés ont tous pour dénominateur commun un projet de développement par lequel les choix et objectifs escomptés sont, à l’évidence, susceptibles de remettre en cause irréversiblement les équilibres fragiles des milieux, des paysages, des sites, dont l’état actuel est déjà profondément perturbé.

Au-delà de l’immense déception causée par l’observation des options qui n’ont cessé de jalonner les exposés fournis, nous sommes aujourd’hui consternés du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) que le cabinet A’urba ose présenter au nom du SYBARVAL, projet où à l’évidence les facteurs accélérateurs d’un aménagement voué à la reconnaissance d’une future super-agglomération ainsi que les aspects démographiques, d’évolution urbaine, touristiques basés sur une consommation « libérée » des espaces, vont profondément mutiler l’identité environnementale et patrimoniale du Pays Bassin d’Arcachon et Val de L’Eyre.

Dès lors, il nous parait primordial de souligner que Lire la suite

Alain Lipietz – Climat, emploi, même combat !

alternative-economiques.fr, Alain Lipietz, le 22 février 2010

Climat, emploi, même combat !

Il n’y a plus grand monde aujourd’hui pour opposer l’écologie à l’emploi. La crise du modèle libéral-productiviste qui fut, pendant un quart de siècle, « la seule politique possible » est passée par là. Crise à la fois financière, économique, sociale écologique… Même les ouvriers des l’industrie de l’automobile et des camions en sont convaincus : l’ancien modèle est mort, et seule une reconversion vers de nouvelles lignes de production est susceptible de sauver leurs emplois.

Mais peut–être ne mesure-t-on pas assez que tout retard dans la « conversion verte » est un retard à la création d’emplois. Là, on rencontre souvent des intérêts en place (et des hommes politiques, même de gauche !) pour objecter : « D’accord, rien ne sera plus comme avant, on repartira vers un autre modèle. Mais il faut tenir compte des emplois existants, ne pas aller trop vite ». Tenir compte de l’existant ? D’accord si l’on veut dire « utiliser au mieux les compétences et même les installations existantes pour la conversion verte. » Mais la seconde phrase est absurde. Retarder les reconversions et les nouvelles activités vertes, c’est retarder la création d’emplois. Sans compter l’aspect strictement écologique du problème : tout retard dans la lutte contre le changement climatique est définitif.

Cette pression du temps perdu, qui joue non seulement contre le climat mais contre l’emploi, résulte de la double nature économique de la conversion verte : comme « conversion » et comme « verte ». Nous savons qu’il faut réorienter les transports vers les transports en commun, isoler tout le bâti (en particulier le bâti ancien), et rétablir les circuits courts et si possible « bio » dans l’agriculture et l’alimentation. Or le simple fait de « réorienter » implique du travail, et le futur régime stabilisé sera plus créateur d’emploi. C’est un peu comme dans les 10 premières années du fordisme en France (1945-55) : d’une part il fallait reconstruire le pays, et d’autre part ce qu’on reconstruisait était un régime de quasi-plein emploi. Les deux effets sont indiscernables au départ, ce qui a fait craindre le retour de la Grande Dépression une fois achevée la Reconstruction… Il n’en a rien été.

Le premier effet est facile à comprendre. Dans la « fenêtre de dix ans pour sauver le climat » d’ici 2020, que nous indiquent le rapport Stern et le rapport du GIEC, les politiques régionales, nationales, etc. devront être entièrement tendues vers la conversion verte. La France, l’Europe devraient déjà se couvrir de chantiers. Nos économies devraient fonctionner selon ce que le grand économiste Janos Kornai appelait « économie mobilisée », c’est-à-dire orientée par une demande publique pressante. Les périodes de reconstruction, de reconversion, ou encore plus typiquement de guerre, sont typiques de cette économie mobilisée. Quelques mois après Pearl Harbour, les usines Ford aux Etats-Unis travaillaient 24 heurs sur 24 à produire… des bombardiers, les femmes et les afro-américains avaient envahi les usines qui jusque-là leur étaient interdites.

Question : une fois le régime « soutenable » stabilisé, que va-t-il se passer ? Ici, la réponse notionnelle des économistes invoque ce qu’ils appellent « fonction de Cobb-Douglas », qui formalise le rapport entre usage du travail et usage d’autres facteurs. On admet en général que les techniques qui économisent le travail réclament de ponctionner plus intensément la Nature… et réciproquement. Si l’on veut faire « décroître notre empreinte écologique », eh bien, il va falloir retrousser nos manches et faire fonctionner notre cerveau !

Quand on essaie de planifier (en vue ne serait-ce que de la formation professionnelle) les facteurs techniques du nouveau modèle, on voit tout de suite que cette intuition générale se confirme dans les principales branches de la conversion verte. Il faut 30 à 50% de travail paysan en plus pour produire « bio ». Pour passer de la voiture individuelle aux transports en commun, il faut d’abord construire les sites propres et le matériel roulant (c’est l’aspect « reconversion ») puis conduire ces engins, gérer ces réseaux (c’est l’aspect « régime »). Un immeuble neuf à 0 kilowatt-heure par mètre carré demande pour l’instant 15 % de travail en plus qu’un immeuble standard actuel, mais reconvertir tout le parc ancien mobilisera durablement une armée d’artisan…

On voit aussi qu’il faut distinguer des emplois directs (par exemple Lire la suite

LGV : Manifestation à Nérac le samedi 6 mars 2010

Coordination vigilance LGV, communiqué, le 22 février 2010

Manifestation à Nérac le samedi 6 mars 2010

NON aux lignes LGV

OUI au TGV sur les lignes existantes

10h30 : Rendez-vous  devant la gare

11h00 : Manifestation

13h00 : Casse-croûte gascon et animations sous la halle

Après les manifestations de Bayonne (12 000 personnes), Langon (3 000) et Hendaye (15 000) la prochaine mobilisation contre les projets de Lignes Nouvelles à Grande Vitesse aura lieu à Nérac samedi 6 mars.

Car aujourd’hui c’est de toutes parts que les habitants du Sud-Ouest s’élèvent contre ce projet insensé.

La Coordination Vigilance LGV appelle à participer en nombre à cette manifestation.

Les habitants du Lot-et-Garonne Lire la suite

La querelle des vacants ou l’histoire édifiante d’une Ligne à grande vitesse

mediapart.fr, Patrick Rodel, Edition : Bordeaux sur Garonne, le 20 Février 2010

La querelle des vacants ou l’histoire édifiante d’une Ligne à grande vitesse

Au Moyen-age, les pauvres avaient le droit de faire paître leurs quelques animaux sur des zones de terre des Landes qui n’appartenaient à personne.

Vint une époque où les riches propriétaires s’indignèrent de cet obstacle à la rationalisation de l’agriculture et, puisqu’ils étaient les plus forts, ils s’emparèrent des « vacants ». Il y eut des procès. Certaines communes purent se porter acquéreurs de ces terrains. Les conflits durèrent longtemps.

Pourquoi rappeler cette histoire qui semble n’intéresser plus que quelques érudits locaux ? parce qu’elle a laissé des traces dans la mémoire collective et lorsqu’il a été question de revenir sur certains droits de passage, lors du projet de création d’une LGV, un vent de jacquerie a soufflé sur les Landes et Coteaux de Gascogne.

Association de sauvegarde des landes et coteaux de Gascogne, c’est le nom de la jeune association qui s’est constituée en décembre 2009, mais qui est déjà forte de quelques centaines de membres, pour poser des questions, embarrassantes, aux promoteurs de ce projet. Après tout, la population avait été consultée sur le principe d’une telle ligne et une majorité s’y était montrée favorable – qui refuserait de gagner du temps  lors d’un voyage, et qui pourrait s’opposer à un développement des transports ferroviaires en une période de pétrole cher ? personne, à l’image des politiques qui, du PS à l’UMP en passant par le PC et quelques autres, présentaient la LGV comme l’occasion de désenclaver (?) la région, de créer des emplois, d’impulser le développement économique.

Quel fut donc le déclencheur de la révolte ? la découverte que RFF (Réseau Ferré de France) avait décidé de ne pas suivre le circuit existant mais d’en créer un de toutes pièces – ce qui allait entraîner la destruction de 3 600 hectares de coteaux et de forêts. Sans raisons valables. Suivons l’argumentaire que présente l’Association.

La LGV est inutile : en effet, le TGV passe déjà entre Bordeaux et  Hendaye, entre Bordeaux et Toulouse. Il s’agit simplement de le faire aller plus vite. On pourrait raisonnablement penser qu’il suffit de transformer les voies existantes pour y parvenir. Tous calculs faits, les nouveaux tracés ne feraient gagner, respectivement, que 5 et 15 minutes  sur les tracés existants et rénovés. On peut s’en étonner à juste titre.

D’autant que la LGV est ruineuse. Qu’on en juge ! Bordeaux/Hendaye : 12,5 milliards d’euros (1 seul milliard pour l’aménagement des lignes déjà existantes) Bordeaux/Toulouse : 7 milliards. Sans compter que la facture grimpera nécessairement au fil des ans. (A titre de comparaison, je rappelle que l’on estime à 14 milliards de dollars le coût de la reconstruction de Haïti !!!)

Ruineuse donc pour l’Etat, mais également pour les collectivités locales qui devront participer à hauteur de 50 % au prix de ces investissements. Pour exemple, le Lot-et-Garonne, qui ne roule pas sur l’or, devra s’acquitter d’une centaine de millions d’euros – ce qui correspond à son budget annuel (combien de maisons de retraite auraient pu être construites, combien d’établissements scolaires et sportifs, combien de logements sociaux ?)

Le contre argument avancé par les promoteurs de la LGV est qu’elle va permettre de développement des TER qui s’y raccorderont. Belle réponse, qui oublie seulement que ce sont les régions qui ont en charge les TER – que leur développement donc ne peut s’effectuer que par l’augmentation de l’impôt et la disparition des lignes de proximité et des lignes réservées au fret.

Elle est dévastatrice pour l’environnement : 3 600 hectares de Lire la suite

Totnes, pionnière européenne de l’autarcie verte

Totnes, pionnière européenne de l’autarcie verte

pouvoirdecreation.blogspot.com, Rafael Ramos Marín, le 6 février 2010

Une petite ville du Sud-Ouest de l’Angleterre s’est mobilisée pour vivre sans dépendre des apports extérieurs. L’objectif : réduire la consommation de produits transportés qui ont une lourde empreinte carbone.

A première vue, Totnes est une petite ville anglaise comme tant d’autres : 8 500 habitants, un château, un marché, des pubs fleuris, une rue principale, des commerces et des supermarchés, le même rythme paresseux de la campagne, les mêmes campagnards grognons qui traitent avec une certaine hostilité les Londoniens qui viennent acheter ici leur résidence secondaire où ils mènent leur vie de citadins sophistiqués…Typique. Mais Totnes est différente, ô combien différente ! Il s’agit de la ville en transition [transition town] la plus avancée du monde, pionnière d’un mouvement qui, face au double défi du changement climatique et de la fin prochaine du pétrole à bon marché, a pour objectif de réduire sa consommation énergétique et son empreinte carbone. Cette petite communauté souhaite atteindre l’autarcie.

Totnes offrait le terreau idéal pour une révolution qui a commencé il y a seulement quatre ans à Kinsale (Cork, Irlande) quand un groupe d’étudiants de troisième cycle a rédigé une étude sur le sujet dont les conclusions ont rapidement été adoptées par la mairie locale dans le but de poursuivre ce même objectif. Le professeur Rob Hopkins, qui a participé à la réalisation de cette étude, a choisi de s’installer à Totnes, une petite ville du comté de Devon dans le Sud-Ouest de l’Angleterre dont il est lui-même originaire, pour y mettre en pratique ses idées. Avec sa population diplômée et un peu hippie de la classe moyenne supérieure, dotée d’un énorme pouvoir d’achat et dont les intérêts sont à la fois conventionnels et alternatifs, Totnes était déjà connue comme la capitale du New Age Chic.

Ce qui surprend d’abord dans cette capitale mondiale des villes en transition, c’est que Totnes possède sa propre monnaie : la livre de Totnes. Au total, 10 000 billets d’une livre (une livre de Totnes vaut une livre sterling) ont été imprimés et sont acceptés par une centaine de commerces qui ont choisi de prendre part au mouvement. L’objectif est évident : favoriser l’achat de produits locaux dans les commerces de la ville afin de limiter le gaspillage d’énergie (transport, etc.) et à la survie des petites entreprises. En parallèle, un système d’échange de biens et de services à base de crédits a été mis en place sans prendre pour base les conventions de l’économie formelle.

Au centre-ville, quatre distributeurs permettent de changer des pièces d’une livre pour des billets d’une livre de Totnes. L’initiative a d’abord provoqué une formidable polémique à cause de la distinction qu’elle établit entre les établissements solidaires et ceux qui ne le sont pas – en particulier ceux qui font partie d’une chaîne, dont la clientèle vient d’ailleurs et ne souhaite pas employer une monnaie qui n’a pas cours dans le reste du pays. « Il est vrai qu’une distinction s’établit : d’un côté, ceux qui assument la responsabilité d’acheter local et, de l’autre, ceux qui suivent d’autres modèles. C’est inévitable », explique Noel Longhurst, pionnier de l’organisation Transition Town Totnes.

Un modèle qui s’exporte

Des villes en transition existent en Grande-Bretagne, en Irlande, au Canada, au Chili, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis. Elles représentent un mouvement qui Lire la suite

Le rendez-vous raté de la lutte contre le déclin de la biodiversité et six pistes pour trouver des solutions

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 19 février 2010

Le rendez-vous raté de la lutte contre le déclin de la biodiversité

Depuis 2002, les chefs d’Etat ou de gouvernement ont adopté, au moins à quinze reprises, l’objectif de « réduire fortement le rythme actuel de perte de la biodiversité d’ici à 2010 ». Ils ont aussi réaffirmé une cinquantaine de fois – dont lors de trois G8 – leur soutien à cet objectif et la nécessité de prendre des mesures pour l’atteindre, selon le décompte établi par Jean-Patrick Le Duc, du Muséum national d’histoire naturelle.

Pour inaugurer l’Année internationale de la biodiversité, les responsables de la Convention sur la biodiversité biologique (CBD) des Nations unies, chargés aujourd’hui de faire le bilan, n’ont pas sorti les flonflons. Il n’y a, en effet, pas de quoi pavoiser. Aucun pays n’est au rendez-vous.

Le bulletin de santé de la biodiversité mondiale, qui sera officiellement dévoilé au mois de mai, à l’occasion de la publication des « Perspectives mondiales de la biodiversité », montre que les cinq pressions majeures exercées sur la diversité biologique « sont restées constantes, voire ont augmenté » par rapport au diagnostic établi en 2006.

Ces pressions sont le changement d’affectation des sols qui transforme les espaces naturels en surfaces agricoles ou en villes, la surexploitation des ressources, les pollutions, la progression des espèces invasives et le changement climatique.

PRUDENCE ET DOUTE

Irréaliste ! Huit ans après avoir décrété cette urgence mondiale, les gouvernements ont beau jeu de dénoncer un objectif perdu d’avance, faute d’avoir été défini avec précision et de disposer des bons outils pour faire un véritable état des lieux et mesurer le chemin parcouru. Du côté des scientifiques, le discours est très semblable.

En 2010, il est néanmoins question de se fixer un nouveau rendez-vous pour freiner le rythme d’extinction des espèces et la destruction des écosystèmes que les scientifiques jugent aussi menaçants pour l’avenir de l’humanité que le changement climatique. Les deux sont au demeurant étroitement liés.

2020 est l’année souvent évoquée. Il en sera débattu lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, en septembre, puis à la conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique, en octobre, à Nagoya, au Japon.

Mais, au lendemain de l’échec de la conférence mondiale sur le climat à Copenhague (7-18 décembre), la prudence et le doute se sont immiscés dans les esprits. La directrice des biens publics mondiaux au ministère des affaires étrangères, Laurence Tubiana, s’interroge sur la stratégie : « Est-ce vraiment la bonne chose à faire ? Cela ne risque-t-il pas de décrédibiliser un peu plus le processus de gouvernance mondiale ? », demande-t-elle.

Les scientifiques continuent, eux, de se lamenter sur « cette maison qui brûle », pour reprendre la formule lancée par le président de la République, Jacques Chirac, à la tribune du Sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002, tout en reconnaissant qu’ils Lire la suite

Le VCub arrive : Bordeaux et son agglo feront du vélo en libre-service – Inauguration le 20 février aux Quinquonces à 14h00

aqui.fr, Isabelle Camus, le 17 février 2010

Le VCub arrive : dès le 20 février, Bordeaux et son agglo feront du vélo en libre-service

A quelques jours du lancement du nouveau réseau Tram et Bus de la Cub – l’acronyme Tbc faisant déjà partie du langage courant – focus sur la mise en place des vélos en libre-service qui vont accompagner la mutation des transports sur Bordeaux et sa périphérie. Clément Rossignol, vice-président CUB (Vert) en charge des déplacements doux et des mobilités alternatives connait le sujet. C’est son bébé. Il est bien placé pour en parler et dévoiler le mode de fonctionnement d’un système qui, rajouté à celui existant de la Ville de Bx, devrait permettre d’endiguer significativement le flot des voitures, faciliter les déplacements de la vie courante, compléter l’intermodalité et désaturer l’espace urbain et atmosphérique.
Vcub ou V3, comme m3 ou mètre cube, V graphique d’un logo évoquant les ailes des 1ers avions de l’aéropostale du début du XXème siècle, les sigles se mélangent pour mieux signifier tant l’appartenance que la démarche du projet : développer un réseau de vélos sur la ville et ses 27 communes afin de réduire les émissions de CO2. La CUB réinvente les déplacements cyclables et piétons sur 700 km, dans le cadre de sa politique globale sur la mobilité.

Aqui ! : Bordeaux est en train de ressembler à Paris avec ses stations de vélib. Chez nous ce sera le Vcub. Quel  est son mode d’emploi ?

 Clément Rossignol : 1545 vélos, disponibles tout le temps, dans 139 stations réparties de manière stratégique pour permettre aux usagers de se déplacer le plus rationnellement possible.  Proches d’un arrêt de bus, du tram ou d’une gare. Dans un premier temps, il faut adhérer au service VCub. Ce qui est possible dans les 4 agences de Gambetta, aux Quinconces, St Jean et à la Buttinière, à l’une des 80 bornes, sur internet, avec la connexion WAP de son portable ou en téléphonant à  Allovcub *. Outre la gratuité pour un trajet de moins de 30mn, 2 formules  : une occasionnelle et ponctuelle (1 € les 24 h ou 5 € les 7 jours).  Une autre, longue durée, avec 2 abonnements possibles : Vélo (7 € adhésion mensuelle ou 25 € adhésion annuelle) ou Tbc/Modalis + vélo (4 € adhésion mensuelle ou 15 € adhésion annuelle) avec des avantages (tarifs préférentiels et gratuité) pour encourager et développer le réflexe de se rendre sur son lieu de travail autrement qu’en voiture, en combinaison avec le tram, le bus ou le train.

 Aqui ! : quelle est la fiche signalétique du VCub ?

Clément Rossignol : C’est un vélo français, fabriqué dans l’usine de cycle de Machecoul, près de Nantes. Equipé d’un cardan, il évite de s’en mettre plein les mains, comme avec une chaine. Il pèse 17 k, possède 3 vitesses, un panier qui peut contenir 15 kg de charge. Les lumières à l’avant et à l’arrière, sont allumées en permanence. 

Il est recommandé de s’y prendre dès à présent pour se pré-abonner et éviter les embouteillages qui ne manqueront pas, il faut l’espérer, de se produire dans la mise en route d’un système  qui ambitionne de modifier le rapport de force entre autos et vélos. Il sera inauguré Lire la suite

La revue Entropia : Le laboratoire des objecteurs de croissance

lemonde.fr, Nicolas Truong, le 14 février 2010

Le laboratoire des objecteurs de croissance

Un spectre hante l’Occident : celui de l’effondrement. Du 11-Septembre à l’actuelle implosion de la bulle spéculative, l’ombre portée des Twin Towers effondrées ne cesse d’imprégner nos mentalités collectives. Du crash au krach, tout serait donc en voie d’effondrement : la banquise comme la social-démocratie, la Banque mondiale comme l’autorité parentale… Notre début de siècle semble s’apparenter au portrait dressé par le biogéographe américain Jared Diamond qui, dans Effondrement (Gallimard, 2006), compare notre situation à celle des habitants de l’île de Pâques, disparus après avoir détruit leur environnement, à force de vouloir ériger leurs mystérieuses statues.

Il n’est donc pas étonnant que les « objecteurs de croissance » se soient penchés sur la question. Car la religion du progrès a conduit les économies mondialisées droit dans le mur, constatent les partisans de la critique radicale du développement – durable ou non – réunis autour du septième numéro de la revue Entropia, publication semestrielle fondée en 2006.

Le député Vert Yves Cochet y explique que la crise des subprimes de l’été 2007, comme celle des « émeutes de la faim » du printemps 2008, sont des conséquences de la hausse des produits pétroliers. Car, d’un côté, l’explosion du cours du baril a empêché les ménages américains de rembourser leurs emprunts, et de l’autre, ruiné les Etats dépendant de cette matière première à cause du productivisme de leur industrie agroalimentaire. Il y a donc une corrélation entre crise économique et dépression écologique, explique le juriste Simon Charbonneau. D’où l’urgence de la décroissance, poursuit l’universitaire Serge Latouche, qui ironise : « Si la croissance engendrait mécaniquement le bien-être, nous devrions vivre aujourd’hui dans un vrai paradis. » Or, le pire est à venir, prévient-il, puisque les rapports internationaux annoncent de sombres scénarios : pénurie globale des ressources non renouvelables en 2030, pic de la pollution en 2040, crise de l’alimentation en 2070…

Mais comment décroître ? En se défaisant des « sortilèges de l’argent », assure l’économiste Bernard Guibert. De la « permaculture » (production agricole économe en énergie) aux « villes lentes » (agglomérations à basse consommation), des « initiatives de transition » s’inventent. Ainsi le polytechnicien Christian Araud relate l’expérience de la petite ville anglaise de Totnes (Devon) qui, dès 2005, a amorcé sa conversion vers une « économie soutenable », notamment grâce à une Bourse d’échange de surplus ou une monnaie du cru qui a revitalisé le commerce local.

Si la décroissance lui apparaît comme l’horizon indépassable de notre temps, Entropia souhaite cependant « ne pas confondre la conviction avec la certitude », indique Jean-Claude Besson-Girard, directeur de la publication. Ainsi a-t-elle invité à dialoguer l’économiste Jean-Marie Harribey, qui maintient l’idée d’un développement qualitatif afin de « démarchandiser nos sociétés ». La revue est consciente du risque que ferait également peser sur son projet une rhétorique de l’excès. Au point que Vincent Cheynet, rédacteur en chef du mensuel La Décroissance, rappelle que « les discours sur la fin du monde peuvent être pénibles et contre-productifs ».

Alors, décroissance ou barbarie ? Lorsqu’elle n’érige pas la nature en valeur, la décroissance peut se présenter comme Lire la suite

En Pays basque, la campagne se cristallise sur la LGV

lefigaro.fr, Anne Rovan, le 15 février 2010

En Pays basque, la campagne se cristallise sur la LGV 

Le projet de ligne à grande vitesse est un dossier crucial en vue des négociations d’entre deux tours.

Début janvier, la tête de liste Europe Écologie en Aquitaine, Monique De Marco, avait donné le ton. Qualifiant le projet de ligne à grande vitesse (LGV) «d’inutile, ruineux et destructeur», elle envoyait ainsi un message clair à Alain Rousset. Car contrairement à elle, le président PS de la région Aquitaine est un ardent défenseur du projet de LGV de Bordeaux vers l’Espagne et Toulouse, deux nouvelles liaisons qui, à l’horizon 2020, doivent achever le grand projet Sud Europe-Atlantique.

Monique De Marco, favorable au réaménagement des lignes existantes, a participé le 23 janvier à Hendaye à une importante manifestation anti-LGV qui a réuni pas moins de 15 000 personnes. Elle a indiqué que la LGV serait «un dossier crucial» pour les discussions d’entre deux tours. Jean Lissar, vice-président (Verts) sortant du conseil régional, en troisième position sur la liste départementale Europe Écologie, affirme quant à lui qu’un accord est inconcevable, si «le PS campe sur ses positions».

On pourrait penser que cette dissonance à gauche serait de nature à donner du baume au cœur à Xavier Darcos. Il n’en est rien, car au moins au Pays basque, la LGV divise au sein même de l’UMP. Si la tête de liste départementale, Alain Lamassoure, affirme, bravache, qu’il n’a accepté à ses côtés «que des personnalités qui feront campagne pour la LGV», il est en permanence démenti par ses colistiers.

«Au détriment du trafic de proximité» 

Le maire de Saint-Jean-de-Luz, Peyuco Duhart, en position éligible à la 5e place, affirme ainsi que «les passagers doivent passer par la ligne actuelle, jusqu’à sa saturation». Une position que partage sa première adjointe, la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. Et il n’est pas acquis que la désignation récente par le premier ministre d’une médiatrice permette d’harmoniser les positions. D’ailleurs, les premiers propos publics de Marie-Line Meaux, qui a indiqué le 4 février à Bayonne que sa mission «n’était pas de revenir sur la question de l’opportunité d’une voie nouvelle», ont très clairement déçu.

Parallèlement, les anti-LGV ont depuis structuré leurs revendications dans un texte, la «Charte d’Hendaye». Ils dénoncent «la priorité octroyée aux LGV» «à un coût colossal et au détriment du trafic de proximité» et appellent la Commission européenne et le Parlement européen à une «réflexion sur l’absurdité et la non-nécessité de grandes infrastructures». Un discours qui séduit tout autant les autonomistes basques Abertzale que les principaux candidats du MoDem, comme le député Jean Lassalle ou le vice-président délégué du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Jacques Lasserre.

Le débat autour de la LGV ne devrait pas modifier les rapports de force en Aquitaine pour ces élections. Il va en revanche peser durablement sur Lire la suite

L’urbanisme à la française – Comment la France est devenue moche

telerama.fr, Xavier de Jarcy et Vincent Remy, Télérama n° 3135, le 11 février 2010

L’urbanisme à la française

Comment la France est devenue moche

LE MONDE BOUGEEchangeurs, lotissements, zones commerciales, alignements de ronds-points… Depuis les années 60, la ville s’est mise à dévorer la campagne. Une fatalité ? Non : le résultat de choix politiques et économiques. Historique illustré de ces métastases pé­riurbaines.

Un gros bourg et des fermes perdues dans le bocage, des murs de granit, des toits d’ardoise, des tas de foin, des vaches… Et pour rejoindre Brest, à quelques kilomètres au sud, une bonne route départementale goudronnée. C’était ça, Gouesnou, pendant des décennies, un paysage quasi immuable. Jean-Marc voit le jour dans la ferme de ses parents en 1963. Il a 5 ans lorsqu’un gars de Brest, Jean Cam, a l’idée bizarre d’installer en plein champ un drôle de magasin en parpaing et en tôle qu’il appelle Rallye. Quatre ans plus tard, les élus créent un peu plus au nord, à Kergaradec, un proto­­type, une ZAC, « zone d’aménagement concerté » : les hangars y poussent un par un. Un hypermarché Leclerc s’installe au bout de la nouvelle voie express qui se cons­truit par tronçons entre Brest et Rennes. Puis viennent La Hutte, Conforama et les meubles Jean Richou… 300 hectares de terre fertile disparaissent sous le bitume des parkings et des rocades. Quelques maisons se retrouvent enclavées çà et là. La départementale devient une belle quatre-voies sur laquelle filent à vive allure R16, 504 et Ami 8. Un quartier chic voit le jour, toujours en pleine nature, qui porte un nom de rêve : la Vallée verte…

C’est à ce moment-là que ça s’est compliqué pour les parents de Jean-Marc. Avec l’élargissement de la départementale, ils sont expropriés d’un bon bout de terrain et ne peuvent plus emmener leurs vaches de l’autre côté de la quatre-voies. Ils s’adaptent tant bien que mal, confectionnent des produits laitiers pour le centre Leclerc, avant de se reconvertir : la jolie ferme Quentel est au­jourd’hui une des salles de réception les plus courues de Bretagne. Les fermes voisines deviennent gîte rural ou centre équestre. La Vallée verte, elle, se retrouve cernée de rangées de pavillons moins chics : « Nous, on a eu de la chance, grâce à la proximité de l’aéroport, les terres tout autour de la ferme sont restées inconstructibles. » Aujourd’hui, quand il quitte son bout de verdure préservé pour aller à Brest, Jean-Marc contourne juste la zone de Kergaradec, tellement il trouve ça moche : « C’est à qui fera le plus grand panneau, rajoutera le plus de fanions. Comme si tout le monde hurlait en même temps ses messages publicitaires. » 

Ça s’est passé près de chez Jean-Marc, à Brest, mais aussi près de chez nous, près de chez vous, à Marseille, Toulouse, Lyon, Metz ou Lille, puis aux abords des villes moyennes, et désormais des plus petites. Avec un formidable coup d’accélérateur depuis les années 1982-1983 et les lois de décentralisation Defferre. Partout, la même trilogie – infrastructures routières, zones commerciales, lotissements – concourt à l’étalement urbain le plus spectaculaire d’Europe : tous les dix ans, l’équivalent d’un département français disparaît sous le béton, le bitume, les panneaux, la tôle.

Il n’y a rien à comprendre, a-t-on jugé pendant des années, juste à prendre acte de la modernité à l’œuvre, une sorte de chaos naturel et spontané, prix à payer pour la « croissance » de notre bien-être matériel. Les élites intellectuelles de ce pays oscillent entre répulsion (« c’est moche, les entrées de ville »), fascination (« vive le chaos, ça fait Wim Wenders ! ») et indifférence : elles habitent en centre-ville… Rien à comprendre, vraiment ? En 2003, l’architecte urbaniste David Man­gin prend le temps d’y réfléchir quelques mois et sort un an plus tard son formidable bouquin, La Ville franchisée, qui reste l’analyse la plus pertinente des métastases pé­riurbaines. Il faut en finir, dit Mangin, avec l’idée que ce « chaos sort de terre tout seul ». Il résulte au contraire « de rapports de forces politiques, de visions idéologiques, de cultures techniques ».

Lorsque apparaissent les premiers supermarchés, au début des années 60, la France ne compte que Lire la suite

Les résultats de la contre-étude diligentée par les élus de Nive-Adour, Errobi et Sud Pays Basque : la ligne actuelle est sous utilisée

sudouest.com, Pierre Sabathié, le 9 Septembre 2009

CONTRE-ÉTUDE. Les résultats de la contre-étude diligentée par les élus de Nive-Adour, Errobi et Sud Pays Basque renforcent les convictions des opposants à une ligne nouvelle

« La ligne actuelle est sous utilisée »

Les 29 élus représentant les trois communautés de communes (soit 100 000 habitants), Sud Pays Basque, Nive-Adour et Errobi, ont souhaité faire les choses dans l’ordre. Informer d’abord le sous-préfet des résultats de la contre-étude, avant de les présenter à la presse, puis aux populations concernées. Ils l’ont fait avec d’autant plus de plaisir hier soir que les conclusions du cabinet suisse qu’ils avaient mandaté, renforcent leur position. La ligne de chemin de fer actuelle entre Bayonne et la frontière espagnole est loin d’être saturée. Contredisant ainsi les prévisions et les motivations de Réseau ferré de France (RFF) pour construire une ligne nouvelle.

Le fret en question

À l’horizon 2050, en poursuivant les aménagements de la voie actuelle, il pourrait passer un maximum de 320 trains par jour quand RFF prévoit à cette même échéance un trafic maximal de 180. « La ligne actuelle est sous-utilisée, résume Michel Hiriart, président de la Communauté de communes Sud Pays Basque, à l’initiative de cette étude. Elle peut, non seulement, répondre aux besoins actuels (80 trains par jour), mais aussi à ceux de l’avenir avec 190 trains possibles en aménageant la voie, et même 320 avec des aménagements supplémentaires. Cette étude prend en compte toutes les contraintes pour éviter les saturations. »

Le président de Sud Pays Basque fait notamment référence au fret dont personne aujourd’hui ne peut prévoir l’avenir du trafic à moyen terme. « Avec 60 % de capacité des trains utilisée, on peut faire passer de 25 millions de tonnes de marchandises aujourd’hui à 40 millions par an », explique-t-il.

Pour renforcer la thèse du maintien, Michel Hiriart insiste sur l’absence de gain de temps d’une ligne nouvelle au sud de Bayonne « car les trains de marchandises ne peuvent dépasser les 100 km/h ». Et termine sa démonstration par l’argument massue : le coût, ou plutôt l’économie d’argent public réalisée sans ligne nouvelle. « La ligne nouvelle coûterait 27,5 millions d’euros le km, si elle est enterrée comme le prévoit le périmètre d’études à l’est d’Ascain, cela représente un coût de 53 millions d’euros le km. » Soit une dépense totale de 900 millions d’euros ou 1,2 milliard d’euros. Les chiffres de l’aménagement de la ligne actuelle ne sont pas connus, mais ils sont bien en deçà. « Il y a mieux à faire des deniers publics qu’une voie nouvelle », ajoute le président de Sud Pays Basque. « On est tous solidaires pour dire qu’il ne faut pas saccager notre territoire », insiste-t-il.

Confronter les avis

Les élus attendent maintenant de connaître la réaction de RFF à cette étude. Ils se disent prêts à Lire la suite

Nouvelle LGV : un gouffre qui nuit au Pays basque

sudouest.com, Eric Mailharrancin, Professeur agrégé d’économie lycée Louis-de-Foix (Bayonne), tribune libre, le 13 Février 2010

Nouvelle LGV : un gouffre qui nuit au pays basque

Comme la réforme des collectivités locales, le schéma national des infrastructures ferroviaires renforce le pouvoir des métropoles régionales. La création de la nouvelle LGV atlantique ne fait pas exception. En Aquitaine, elle bénéficiera à l’agglomération bordelaise qui sera mieux reliée à Paris au nord, à Bilbao et Madrid au sud.

Quand des élus basques invoquent l’argument du développement économique du Pays basque pour défendre la construction d’une ligne nouvelle entre Bayonne et Hendaye, ils sont naïfs ou de mauvaise foi. Le couloir LGV est conçu pour aller vite de Paris à Madrid via Bordeaux et non pour satisfaire les intérêts des zones traversées.

La création d’une gare TGV à Bayonne n’est qu’un leurre destiné à rallier le député Jean Grenet à la cause de la LGV. En effet, il est peu vraisemblable que les trains s’écartent de leur parcours pour desservir Bayonne. Si ce détour était effectué, les TGV n’atteindraient jamais la grande vitesse jusqu’à Hendaye et l’investissement pharaonique de la nouvelle ligne ne serait plus justifié. Quelques TGV de voyageurs transiteront peut-être chaque jour par la gare de Bayonne, mais les autres fileront tout droit à travers les Landes et le Pays basque. En fin de compte, les Basques paieront des impôts pour financer des trains qui ne s’arrêteront pas.

Le scandale du recours aux impôts locaux pour financer la nouvelle LGV

La mise à contribution des taxes locales pour financer la nouvelle LGV est une anomalie antidémocratique qu’un seul de nos conseillers généraux, Alain Iriart, a eu le courage de dénoncer.

Ces impôts sont destinés à créer des services de proximité et non à financer une politique ferroviaire internationale ! Si on poursuit dans cette voie, les taxes locales seront bientôt affectées au budget de l’armée ou de la justice !

Tous les habitants du Pays basque et pas uniquement les riverains de la nouvelle ligne paieront donc le prix fort pour un investissement démentiel aux arguments écologiques non démontrés.

Les dégâts environnementaux de la nouvelle LGV

Le nouveau couloir LGV détruirait des milliers d’habitations, saccagerait les paysages basques en créant une hideuse balafre du nord au sud, avec une enfilade de tunnels et de viaducs en béton. Solution moins coûteuse, l’aménagement des voies existantes éviterait ces dégâts irrémédiables pour l’environnement.

Sur le plan écologique, il est possible que la croissance du fret ferroviaire désengorge le trafic routier et réduise les émissions de carbone dans l’atmosphère. Mais toutes les études montrent que les lignes actuelles sous-utilisées absorberaient une forte augmentation du transport de marchandises.

La limite principale des autoroutes ferroviaires est Lire la suite

Coopérative d’habitants à Villeurbanne – Le Village vertical : habiter écologique et solidaire

novethic.fr, Philippe Chibani-Jacquot, le 8 février 2010

Le Village vertical : habiter écologique et solidaire

Pour la première fois en France, une coopérative d’habitants voit le jour à Villeurbanne. Cette forme d’habitat groupé, très développée en Suisse ou en Norvège, vise le respect de l’environnement, la création de lien social et le refus de la spéculation foncière. Un projet pionnier qui attend une reconnaissance légale pour garantir sa pérennité.

Depuis cinq ans, le Village vertical, c’était beaucoup de réunions, des discussions sur des plans d’architectes et un idéal pour la dizaine de familles qui participent au projet : créer un modèle solidaire et écologique d’accès à la propriété. Le 27 janvier, le concept devient réalité avec le dépôt du permis de construire de la première coopérative d’habitants en France. L’immeuble sera édifié d’ici 2012 sur un terrain de la zone d’aménagement concertée (ZAC) des Maisons neuves à Villeurbanne.

Propriétaire-locataire

« Nous serons locataires de notre espace privé et propriétaires d’un espace plus grand », résume Chikh Chemman, membre du Village vertical. Chaque sociétaire de la coopérative s’est engagé à apporter l’équivalent de 20 % du coût de construction (1360 €/m2) de son appartement sous forme de capital. Une part des loyers mensuels (780 € pour 85 m2) est destinée à rembourser progressivement les 80 % restants. Un coût relativement peu élevé pour habiter un immeuble qui se veut exemplaire sur le plan écologique. L’énergie « grise » (la pollution engendrée par la construction et la confection des matériaux) sera réduite par l’usage de bois et d’isolant écologique pour l’enveloppe du bâtiment, seule la structure porteuse utilisant le béton. Côté consommation, un toit solaire de plus de 600 m2 produira électricité et eau chaude. « Au minimum, ce sera un bâtiment basse consommation (BBC), mais nous visons mieux », explique Marine Morain, du cabinet d’architectes Arbor&Sens.

L’expérience Suisse et Norvégienne

Les coopératives d’habitant sont naissantes en France, en Espagne ou en Italie, mais elles sont ancrées dans le paysage suisse et norvégien. Dans le pays scandinave, 15 % du parc immobilier est composé de coopératives d’habitants instituées depuis 1960. Le chiffre monte à 40 % dans la capitale Oslo. En Suisse, les coopératives d’habitant représentent 8 % du foncier d’habitation avec une forte proportion en région alémanique. En Norvège, l’ampleur des coopératives d’habitants (près de 800 000 membres pour 4,5 millions d’habitants) est dû à une politique de reconstruction, dès le lendemain de la Seconde guerre mondiale, en faveur de l’accès à la propriété des ménages modestes. Une loi de 1960 a institutionnalisé le système qui repose sur l’appui financier à des associations de coopératives chargées d’accompagner la création et le développement du modèle.

Les futurs locataires et associés du Village vertical ont planché sur l’intégration environnementale du bâtiment. Tout en répondant à l’obligation légale de créer des places de parking, la coopérative louera Lire la suite

La part de la voiture en recul dans toutes les grandes villes françaises

lesechos.fr, Olivier Noyer, le 1er février 2010

La part de la voiture en recul dans toutes les grandes villes françaises

La part modale de la voiture dans les déplacements urbains a diminué dans les plus grandes agglomérations françaises. Strasbourg et Lyon font figure de très bonnes élèves grâce, entre autres, à des politiques persévérantes.

Le centre d’études sur les réseaux, les transports et l’urbanisme (Certu) effectue régulièrement depuis plus de trente ans, à la demande, des « Enquêtes ménages déplacements » dans les plus grandes agglomérations. Ces solides enquêtes de terrain permettent de suivre, à méthode comparable, l’évolution dans le temps et entre villes de tous les modes de transports, y compris les deux-roues et la marche à pied. Trois études récentes publiées à Bordeaux, puis à Strasbourg et Toulon, confirment qu’une évolution, qui avait surpris en 2006 à Lille et à Lyon, s’est généralisée dans toutes les villes importantes : partout la voiture cède du terrain par rapport au transport public et aux modes doux.

Cette tendance lourde est corroborée par d’autres approches nationales (Comptes de la nation, ventes de carburants, enquêtes Insee-Inrets) et par les observations des autres pays ouest-européens. Pour Jean-Marie Guidez, expert en mobilités au Certu, « il est maintenant certain qu’une rupture s’est produite aux environs de 2004-2005. Jusqu’à cette époque, après des décennies d’envolée de l’usage de la voiture, les experts pensaient que 1 point de part de marché gagné serait une performance. Or on constate des gains de 7 points à Strasbourg et de 4 à 5 points dans plusieurs villes ».

Lyon, trente ans d’efforts

Les causes du reflux sont multiples : prix du carburant, politiques de transport et d’urbanisme sur plusieurs mandats électifs (lignes de métros, trams, train en périurbain, transports en sites propres, « effet réseau », limites à la circulation et au stationnement, plans de déplacements urbains (PDU)…), floraison de modes doux alternatifs (vélo, covoiturage, autopartage), glissement de la « voiture objet et patrimoine » vers la « voiture service », hausse de la conscience environnementale, proportion plus importante de retraités moins mobiles que les actifs…

Pour Jean-Marie Guidez, « les mêmes causes produisant les mêmes effets, la tendance devrait se confirmer : l’énergie pas chère est finie, les politiques de rééquilibrage urbain se renforcent, le vieillissement de la population s’accentue… » De nouvelles causes agissent dans le même sens, comme le resserrement des budgets des ménages, le développement de la journée continue qui supprime les déplacements du déjeuner, ou l’émergence d’un « e-comportement » qui rend plus sédentaire (on peut tout faire à la maison : courses, rencontres familiales…).

Toutes les municipalités aux politiques volontaristes n’ont pas forcément mené des enquêtes standardisées de ce type qui permettent la comparaison entre villes et dans le temps. Mais la synthèse (voir ci-dessus) met en valeur quelques « villes vitrines » aux politiques persévérantes qui ont le plus comprimé la part de la voiture comme Lire la suite

Les militants du climat restent mobilisés après Copenhague

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 8 février 2010

Les militants du climat restent mobilisés après Copenhague

Comment rebondir après Copenhague ? La question ne se pose pas seulement aux diplomates et aux gouvernements, mais aussi au mouvement social. Elle a été au coeur des discussions du collectif Urgence climatique, justice sociale, réuni à Paris samedi 6 février. Plus de cent délégués y ont participé, représentant des partis (Verts, Parti de gauche, NPA), syndicats (FSU, Solidaires), associations (Attac, Amis de la Terre, Réseau action climat), et des collectifs locaux (Bordeaux, Rouen, Lille, Marseille, Saint-Nazaire…).

Créé avant Copenhague, Urgence climatique, justice sociale vise à articuler l’enjeu écologique et la question sociale. Il a rejoint pendant la conférence tenue dans la capitale danoise, en décembre 2009, les mouvements internationaux Climate Justice Action et Climate Justice Now, qui ont organisé des manifestations réussies pendant la durée de la conférence sur le thème : « Changez le système, pas le climat« . Mais après le succès militant de Copenhague, le retour à la maison a été décevant.

« Il y a un sentiment d’impuissance dans la population qui pense que l’ONU, c’est le bazar », a résumé Chantal Delmas, du Val-d’Oise. « On subit le contrecoup de l’échec de Copenhague« , juge Sophie Zafari, de la FSU, tandis que la poussée des « climato-sceptiques » pèse aussi sur l’opinion.

Mais l’atmosphère n’était pas au pessimisme. Laurent Hutinet, des Amis de la Terre, a rappelé que « l’analyse écologique est née dans les années 1970 de la critique du système énergétique, indépendamment de la question du changement climatique. Même si le GIEC avait tout faux, cela ne changerait rien : l’explosion à venir des prix de l’énergie va rendre intenable le modèle de la maison et de la voiture individuelles. »

« L’universel, c’est le local »

Et, résumant un avis largement partagé, il a conclu : « Pour mobiliser nos concitoyens, il faut préciser les analyses, mais aussi les solutions : la relocalisation, qu’il faut mettre en oeuvre comme le paradigme universel. L’universel, c’est le local ! » « Mais sans s’y enfermer ! », s’est exclamée Geneviève Azam, d’Attac, selon qui « il faut travailler la question de la transition vers une économie écologique et sociale, et présenter les alternatives crédibles« .

Proposer des alternatives, mais aussi lutter différemment : l’association Bizi de Bayonne a ainsi été présentée comme un modèle – ses représentants étaient absents en raison d’une manifestation conduite le même jour au Pays basque : « Ils sont partis de questions très concrètes sur le transport et le travail le dimanche, a expliqué un militant de Nanterre, et, surtout, ils mènent une lutte joyeuse, pleine d’humour, les gens prennent du plaisir à militer dans ce mouvement qui a un fonds théorique très important. »

L’assemblée a aussi réfléchi au suivi des Lire la suite

L’artificialisation des terres agricoles s’accélère, un phénomène qualifié de « catastrophe » par Nicolas Sarkozy

lemonde.fr, le 8 février 2010, Hervé Kempf et Clément Lacombe

La forêt ne gagne plus de terrain en France

L’artificialisation des terres agricoles s’accélère, un phénomène qualifié de « catastrophe » par Nicolas Sarkozy

C’est la rupture d’une tendance historique de plus d’un siècle : en 2008, la forêt a cessé de gagner du terrain en France, après une progression continue pendant plus de cent cinquante ans. Ce tournant majeur dans l’occupation du territoire a été observé par les statisticiens du ministère de l’agriculture, dont l’enquête Teruti sur l’utilisation du territoire a été publiée fin 2009 (Agreste, Chiffres et données, n° 208). Menée chaque année depuis les années 1960, l’enquête observe l’occupation des terrains sur plus de 300 000 points du territoire. En 2008, il est apparu que les sols boisés reculaient (16,946 millions d’hectares) par rapport au relevé précédent (16,974).

Ce tournant s’inscrit dans un phénomène général et continu de conversion des terres agricoles vers d’autres usages : jusqu’à présent, ce mouvement s’opérait partie par boisement, partie par urbanisation. C’est maintenant l’urbanisation, ou « artificialisation des sols », qui absorbe les terres agricoles abandonnées. Les chiffres montrent aussi que l’urbanisation des sols s’accélère : de 54 000 hectares par an dans la décennie 1982-1992 à 74 000 hectares par an sur les années 2006-2008. Ce rythme dépasse largement la croissance de la population.

Le sujet est pris au sérieux au plus haut niveau : le 25 janvier, lors de l’émission télévisée « Paroles de Français », Nicolas Sarkozy a ainsi dit : « Nous avons besoin de protéger les terres agricoles, parce que les terres agricoles, c’est l’équivalent d’un département qui disparaît par an, c’est une catastrophe. » C’est en fait en dix ans que l’équivalent d’un département est absorbé par l’artificialisation, mais le danger est réel. « Le gaspillage des terres agricoles continue inexorablement, écrit André Thévenot, président de la fédération des Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer). L’étalement urbain ne cesse de s’amplifier au détriment des espaces agricoles, forestiers et naturels périurbains, au risque de perturber les équilibres écologiques et territoriaux. »

Un spécialiste du cabinet d’études Solagro, Philippe Pointereau, s’inquiète même pour l’autonomie du pays : « Au rythme actuel de perte des terres agricoles, la France pourrait devenir franchement importatrice de denrées agricoles en 2050, et perdre son indépendance alimentaire. »

La cause essentielle du gaspillage de l’espace est le décalage entre le revenu agricole et le prix du foncier : il est toujours plus intéressant de vendre une terre à la construction que de la conserver en culture. Ainsi, le prix national des terres et prés libres est d’environ 5 170 euros l’hectare en 2008, selon les Safer. Mais si le terrain devient constructible, sa valeur est d’un coup multipliée par quatorze dans la Creuse, par cinquante dans la région toulousaine et même par… trois cents en région parisienne. Rares sont d’ailleurs les agriculteurs à tirer profit de cette culbute, puisque plus des deux tiers des exploitations sont en fermage.

Taxer les plus-values

Quelles solutions envisager ? Lire la suite

«Le Grenelle I ne remet en cause ni les autoroutes, ni le transport aérien»

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 6 janvier 2010

«Le Grenelle I ne remet en cause ni les autoroutes, ni le transport aérien»

Philippe Billet, professeur de droit public à l’université Jean Moulin (Lyon 3) et président de la Société française pour le droit de l’environnement, analyse pour le JDLE le volet Transports de la loi «Grenelle I». Il estime que nombre de ses objectifs en termes de transport «propre» seront difficiles à atteindre.

Quel état des lieux pour les transports en France ?

La France est très en retard en ce qui concerne le développement des transports en commun par rapport à d’autres pays européens comme l’Allemagne, la Belgique ou la Suisse. Dans ce dernier pays par exemple, la fréquence des trains et des cars postaux -l’équivalent des bus- est de loin supérieure à celle de l’Hexagone, où le réseau des trains express régionaux (TER) est également trop faible, même si on peut saluer l’effort de certaines régions. En conséquence, l’emploi de la voiture y est beaucoup plus répandu. Il en va de même pour le transport routier de marchandises, qui domine le marché au détriment du fret ferroviaire ou du ferroutage, pour des raisons autant économiques que politiques.

Quels changements la loi «Grenelle I» introduit-elle (1) ?

La loi est très marquée par la question des transports du fait de leur forte contribution aux émissions globales de gaz à effet de serre qu’elle vise à réduire de 20% d’ici 2020. Concernant le transport de voyageurs, elle promeut l’augmentation des «transports doux» d’ici 2015. Est prévu le financement de la rénovation du réseau de lignes secondaires SNCF ainsi que de nouvelles voies de TGV. Mais celles-ci ne pourront pas se substituer aux autoroutes à distance égale compte tenu de la fréquence des trains et du nombre de passagers.
Par ailleurs, la loi introduit plusieurs mesures incitatives comme les plans d’entreprise avec incitation au co-voiturage et à l’auto-partage. Autre mesure forte : tout nouveau centre commercial devra prévoir un accès par transport collectif, à l’instar de ce qui se fait déjà en Allemagne et en Suisse.

Quid du transport de marchandises ?

D’après le Grenelle I, la part du fret non routier et non aérien (fluvial, ferroviaire et maritime) devra passer de 14 à 25% de à l’échéance 2022. Le projet des «autoroutes ferroviaires» qui vise à remplacer 2 millions de camions risque toutefois de se heurter à la vétusté des voies existantes et aux cadences insuffisantes pour absorber le volume du trafic routier. Il faut compter avec leur impact environnemental, au même titre que la réalisation de plusieurs grands canaux pourrait être freinée en raison de leurs impacts néfastes sur la biodiversité et l’environnement.

Mais au-delà de ces mesures positives, le «Grenelle I» servirait, selon vous, de caution «verte» au plan de relance et aux projets d’infrastructures ?

En effet, la loi ne remet en cause ni le transport aérien ni les autoroutes, puisque les projets d’autoroutes déjà programmés seront financés par le fonds de capitalisation ad hoc du Grenelle I [voir encadré]. Par ailleurs, les liaisons par TGV sont privilégiées -16 milliards pour 2.000 km d’ici 2020- au détriment des dessertes locales. Globalement, on peut reprocher à ce texte de Lire la suite

Valeurs, consommation, engagement, possession, convivialité – Ecologie : nos 5 révolutions

psychologies.com, NC, décembre 2009

Ecologie : nos 5 révolutions

Nous sommes de plus en plus responsables. En atteste la dernière édition de Francoscopie, qui met en évidence, entre autres, nos évolutions dans le domaine environnemental. Remise en question de nos valeurs, consommation introspective et engagée, création de nouvelles convivialités… Nous nous détachons de plus en plus du matérialisme pour nous ouvrir aux autres. Mais il nous reste toujours des progrès à faire. Panorama.

1. Un changement de valeurs

En chiffres :

En 2009, 83 % des Français estimaient que « le niveau de vie de l’ensemble des Français allait un peu ou beaucoup moins bien depuis une dizaine d’années ». 51 % d’entre eux pensaient que leurs propres conditions de vie allaient progressivement se déteriorer. (Source Crédoc)

Aujourd’hui, nous semblons de plus en plus conscients que le progrès ne fait pas le bonheur. Une évidence ? Loin de là, explique Gérard Mermet : « nous avons longtemps été guidés par l’idée que plus le développement économique est fort, plus nous pouvons améliorer notre pouvoir d’achat. L’équation traditionnelle était donc progrès = bonheur ».

Il aura fallu une réelle remise en question pour bouleverser cette vision du bonheur qui nous guide depuis plus de deux siècles. Et, à en croire Gérard Mermet, ce travail de longue haleine n’a eu qu’un aboutissement récent : « Cette réflexion de sens a été initiée dès les années 60, mais elle a pris une nouvelle tournure avec la crise actuelle. Nous remettons désormais en cause le système de consommation et recherchons ce qui est mieux pour nous et pour les autres en tentant d’éviter les voies conventionnelles.» De nouvelles valeurs, gage d’un engagement nouveau ?

Les Psychonautes témoignent : simplicité, sciences, Nous sommes nombreux, à l’image d’Apex 42 à nous interroger sur le sens à donner à nos vies. Ce qui est certain : aux yeux des Psychonautes, l’argent ne fait plus le bonheur :

« L’art de la simplicité, c’est la découverte qu’on peut vivre beaucoup mieux avec moins de possessions matérielles. Il ne s’agit pas de rejeter le progrès scientifique, mais de ne pas oublier que le véritable bien-être vient d’une attitude mentale et relationnelle et non de l’accumulation de nouvelles possibilités techniques, » explique-t-il.

Et à Valérie, 42 ans, de renchérir : « Je n’en peux plus de cette course à la possession. Pour mes enfants, je veux un monde où l’on saura que la véritable valeur passe par les gens et non pas par ce que l’on a dans notre placard. »

2. Une consommation introspective

Remettre en question les valeurs qui nous guident, mais aussi les comportements qu’elles engendrent. Nous sommes ainsi de plus en plus nombreux à raisonner nos actes d’achat. « Nous assimilons la consommation à une forme de destruction, selon l’etymologie même du terme – du latin consumere, consumer -, et nous ressentons une certaine forme de culpabilité, analyse le sociologue. Nous sommes progressivement passés d’une consommation ‘vitrine’ à une consommation ‘miroir’, plus réfléchie, plus intériorisée. »

L’explication : nous avons longtemps cherché, à travers la consommation à donner Lire la suite

L’habitat groupé, ou comment vivre ensemble chacun chez soi

lemonde.fr, Catherine Rollot, le 28 décembre 2009

L’habitat groupé, ou comment vivre ensemble chacun chez soi

Laure Teulières, 40 ans, n’a jamais eu de « rêve pavillonnaire ». L’habitat idéal pour cette historienne, maître de conférences à l’université de Toulouse II-Le Mirail, rime plutôt avec « écologie, solidarité, mixité sociale et générationnelle ».

Depuis 2007, avec une vingtaine de familles toulousaines, elle travaille à deux projets d’habitat groupé coopératif. Le petit groupe, qui s’est constitué en association, La Jeune Pousse, comprend des chômeurs, un ingénieur, un artisan chauffagiste, une assistante sociale, des retraités… tous unis par le même désir de vivre dans des habitations écologiques gérées collectivement. Chacun y aura son appartement mais les familles se partageront des parties communes (buanderies, atelier, salle polyvalente et chambres pour y recevoir les hôtes de passage…).

Les différents statuts pour les projets collectifs

Plusieurs statuts sont possibles pour les projets collectifs d’habitat : les cohabitants peuvent se constituer en copropriété, en société civile immobilière (SCI), ou en société civile coopérative de construction (SCCC). Ces différentes solutions ne sont pas toujours bien adaptées notamment en cas de départ et de remplacement d’un propriétaire de l’habitat groupé. Contrairement aux coopératives d’habitants, toutes ces solutions laissent possible une spéculation sur la valeur immobilière des biens construits.

Depuis trois ans, des dizaines de collectifs comme La Jeune Pousse se sont créés autour de projets d’habitat groupé. Derrière ce terme se cachent des formules diverses qui vont de la bande de copains, prêts à partager quelques espaces communs, à des projets plus ambitieux autour de familles réunies dans une coopérative d’habitants. Une centaine de projets seraient en cours dans toute la France.

L’habitat groupé n’est pas vraiment une nouveauté. Dans les années 1970, ce concept collait à l’air du temps. De nombreux collectifs d’habitants fonctionnaient alors sur le mode de l’autogestion. Si quelques-uns survécurent à la décennie suivante, la dynamique était bel et bien cassée. « Les dernières réalisations ont plus de vingt-cinq ans, explique Philippe Yven, chargé de mission habitat durable au sein de l’association Cohérence. Au milieu des années 1980, c’est clairement le modèle de l’habitat individuel qui s’est imposé. »

Aujourd’hui, l’envolée des prix de l’immobilier, les préoccupations environnementales et le désir de retrouver du lien social expliquent ce regain d’intérêt. « Aucun d’entre nous n’aurait les moyens d’habiter dans une maison en ville avec un jardin. Ce rêve devient possible en se regroupant« , témoigne Carole Contant, présidente de l’association Parasol, qui soutient le projet rennais « Les Graines urbaines ».

La conscience écologique est aussi un moteur. Grâce à des achats groupés et à l’autopromotion, la construction à plusieurs permet de faire des économies d’échelle et rend plus accessible le bâti à haute performance énergétique. L’empreinte écologique peut aussi être réduite en mettant en place un système de covoiturage.

Mais la motivation principale reste l’envie de Lire la suite