CUB : L’agenda de 10 000 écoliers s’appelle 21

sudouest.com, Laurie Bosdecher, le 19 Juin 2009

BLANQUEFORT. Jusqu’à ce soir, ils montrent les actions qu’ils réalisent dans leur établissement

L’agenda de 10 000 écoliers s’appelle 21

De la difficulté de communiquer « durable » 500 000

 «Mon père, maintenant, ne laisse plus le robinet ouvert pendant une heure quand il se brosse les dents. Si c’est le cas, je vais le fermer moi-même. » Margault, 9 ans, en CM1 à l’école Saint-Gery à Gradignan, est incollable sur le sujet de l’eau. Et même bavarde. Devant le stand de sa classe dans le parc Fongravey à Blanquefort, elle avertit les petits comme les grands. « Il faut arrêter de gaspiller. L’eau est précieuse. »

Toute la journée d’hier, elle a participé avec sa classe aux Juniors du développement durable. La manifestation aura réuni d’ici ce soir 3 500 enfants de l’agglomération sur le site blanquefortais. Son objectif ? Montrer pendant une semaine les actions concrètes pour le développement durable mises en place dans les écoles. Le programme qui concerne 10 000 enfants, soit un tiers des élèves en maternelle et élémentaire sur l’agglomération, est piloté par la Communauté urbaine.

Trousse et quiz écolos

L’initiative peut surprendre. Ce sont les mairies, et non la collectivité intercommunale, qui gèrent les écoles. Le dispositif est né au début des années 2000. Il s’appelait alors Tram’minots. Alain Juppé, président de la CUB à cette époque, propose aux écoliers de découvrir le chantier du tramway. Outre des visites sur le terrain, des actions sont montées dans quelques classes.

« Les années suivantes, d’autres thèmes se sont ajoutés à l’opération », explique Alexandra Siarri, qui travaille au service écocitoyenneté de la CUB. L’énergie, le recyclage des déchets, l’eau ont ainsi intégré les projets pédagogiques. En 2003, l’Inspection d’académie signe une convention avec la collectivité pour s’associer au dispositif.

« Le développement durable est l’un des objectifs prioritaires de l’Éducation nationale. Il ne s’ajoute pas aux programmes, il est transversal », souligne André Mercier, l’inspecteur d’académie.

La classe de Margault a créé une fontaine à pompe et une expo sur l’eau. Au Taillan, les CM1 et CM2 ont fabriqué un quiz interactif sur l’éco-consommation. Au Bouscat centre, un spectacle sous forme de manifestation appelant à soigner la planète a été préparé. Derrière chaque projet, une ou plusieurs associations ont apporté l’expertise aux enseignants. Une vingtaine gravite aujourd’hui autour de ces actions. « L’idée est que ces projets ne finissent pas au placard à la fin de l’année scolaire. Ils doivent être vivants », relève Stéphanie Baltardive, au service écocitoyenneté de la CUB.

Moins de viande à la cantine

Toujours dans le cadre de cette action, 14 écoles de la Communauté urbaine ont aujourd’hui un Agenda 21. « Mais c’est lourd à mettre en oeuvre », relève le président de la CUB, Vincent Feltesse. Les enseignants souvent à l’initiative et garants de la réussite de ses actions, « vont à partir de la rentrée pouvoir suivre des formations », annonce-t-il. Comment être sûr que cette démarche pédagogique, très dans le vent, soit bien suivie d’effets ? Des indicateurs de changements de comportement ont été mis en place dans tous les établissements participants. « La concertation est également importante dans ce dispositif », poursuit le président.

À Floirac, par exemple, on s’est ainsi aperçu que 80 % de la viande à la cantine finissait à la poubelle. Depuis ce constat et des rencontres entre parents, personnel et enfants, les assiettes en contiennent moins et sont devenus bio.

« Les enfants sont réceptifs au thème du développement durable. Le fait de bâtir un projet les motive plus, pour les autres matières qui gravitent autour aussi », remarque la maîtresse de Margault, Valérie Bobier.

Pour Samuel Moktar, président de l’association Meduli nature qui est intervenue dans trois écoles pour réaliser des potagers et monter une expo autour des espèces en voie de disparition, « tout dépend de l’âge. Quand les enfants sont petits, ça marche. Cette éducation peut aussi avoir un écho sur l’environnement familial mais il faut quand même rabâcher pas mal ».

L’autre institutrice de Margault, Beryl Saint-Paul, elle, a trouvé l’expérience enrichissante, « même s’il y a des parents qui viennent nous voir, pour nous dire qu’ils en ont un peu assez de se faire remonter les bretelles par leurs enfants ».

À grande manifestation, grande communication. La Communauté urbaine, qui cette année a rebaptisé ces journées les Juniors du développement durable, avait convié les médias nationaux pour parler ce « dispositif unique en France », selon les mots du président Vincent Feltesse.

Une agence de communication parisienne a été sollicitée pour inviter les journalistes plusieurs semaines à l’avance et pour préparer le dossier de presse sur la manifestation avec les services de la CUB. Dans l’avion d’hier matin en provenance de Paris, ils étaient trois et sans caméra. Un journaliste du quotidien « La Croix », un du magazine « Terra Nova » et un dernier travaillant pour un support sur l’environnement pour les adolescents. Au total, une dizaine de professionnels de la presse seulement s’étaient déplacés. « Mobiliser sur un thème comme celui-ci n’est pas évident », reconnaît un proche du président.

Pourtant, l’occasion était rêvée pour Vincent Feltesse qui accueillait pour la première fois sur son territoire l’événement de faire parler de sa ville. Commune qui depuis un an sensibilise à travers de nombreux ateliers, conférences et manifestations le thème du développement durable. L’opération s’appelle « Toute la ville se met sur son 21 ». Le président de la CUB en a parlé à plusieurs reprises durant la conférence de presse. Les journalistes sont d’ailleurs repartis avec un petit cadeau made in Blanquefort : un sac en toile de jute estampillé aux couleurs de la ville.

L’Échappée belle, festival jeune public qui vient de s’achever dans la ville et dont certaines compagnies sont restées sur place pour la manifestation des Juniors du développement durable n’a pas non plus été oubliée.

C’est, en euros, le montant investi chaque année par la Communauté urbaine dans le dispositif. L’Ademe (Agence pour l’environnement et la maîtrise de l’énergie) a participé au financement avec trois enveloppes de 5 000 euros ces trois dernières années. En 2008-2009, le dispositif a permis de financer 55 actions concrètes dans les écoles de l’agglomération.

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