Allemagne : Rai-Breitenbach, village énergétiquement indépendant

novethic.fr, Claire Stam à Francfort (Allemagne), le 24 novembre 2009

Allemagne : Rai-Breitenbach, village énergétiquement indépendant

Autosuffisante, la commune de Rai-Breitenbach,produit électricité et chauffage à partir de copeaux de bois, sans émissions de carbone. Alors que les tractations diplomatiques précédant Copenhague s’avèrent difficiles, le concept des villages énergétiquement indépendants « Bioenergiedörfer », gagne toujours plus de terrain en Allemagne.

« Notre village ne fait plus parti du problème. Si la lutte contre le réchauffement climatique capote, nous n’y serons pour rien », déclare, non sans fierté, Horst Stapp, le maire de Rai-Breitenbach, un village situé au sud de Francfort. Cela fait maintenant plus d’un an que cette petite commune de 900 habitants, située dans l’Odenwald, la région forestière qui s’étend au sud de Francfort, se chauffe et s’éclaire grâce aux copeaux de bois de la région. Ce sont 600 000 litres de fuel et 1 200 tonnes de CO2 qui sont ainsi économisés chaque année.

Un projet qui part de la base

Cinq ans auront été nécessaires entre la visite à Jühnde, le premier village énergétiquement autosuffisant d’Allemagne, et la mise en service de la centrale à cogénération à Rai-Breitenbach en août 2008. Mais contrairement à Jühnde, le projet de Rai-Breitenbach « est parti du bas vers le haut », insiste Horst Stapp. De fait, Jühnde, devenu entre-temps une référence mondiale, est l’aboutissement d’un projet d’étude mené par l’université de Göttingen et encadré à l’époque par le Ministère de l’éducation et de la recherche. Le but de la démarche universitaire était de démontrer qu’il était possible de transformer un village classique en un village autosuffisant, en faisant de Jühnde un modèle à suivre. Un pari gagnant : « Ce qui est faisable à Jühnde l’est également à Rai-Breitenbach », conclut l’ingénieur. 

Or, si Jühnde a pu profiter des subsides de l’Etat prodigués dans le cadre du programme de recherche (environ deux millions d’euros), le village de Rai-Breitenbach n’a pas eu d’autre choix que de s’appuyer sur ses propres deniers. Première étape : convaincre les habitants du village de l’opportunité économique du projet, son coût total s’élevant à 3,5 millions d’euros. Le maire de la petite commune ne s’appesantit pas sur l’énergie qu’il a fallu déployer pour convaincre les 150 ménages… Toujours est-il qu’une coopérative a été créée, chaque ménage ayant versé 4500 euros – auxquels il a fallu ajouter les frais individuels de démontage des chaudières de fuel. Le Land de Hesse a participé à hauteur de 300 000 euros et le canton à 130 000 euros. Les 2,4 millions d’euros restant ont été financés via la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW), le pendant allemand de la Caisse des dépôts.

Un projet politique

La coopérative engendre actuellement un chiffre d’affaires de 500 000 euros et fixe elle-même ses tarifs à l’énergie. Pour le moment, le prix du kilowatt/heure est fixé à 11 centimes – contre une moyenne nationale oscillant autour des 20 centimes. « Nous travaillons de manière neutre : nous ne voulons pas Lire la suite

Tout ce qu’il faut savoir sur la taxe carbone

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le 26 juillet 2009 

Tout ce qu’il faut savoir sur la taxe carbone

Qui paiera ? Quel prix ? Où ira l’argent ? Rue89 décrypte les enjeux de cette future taxe, qui pourrait être appliquée dès janvier 2010.

Peut-être que si on l’appelait par son vrai nom, « contribution climat énergie  », ça passerait mieux. La commission Rocard, chargée d’y réfléchir, n’a pas encore rendu son rapport que les premières déclarations de l’ancien Premier ministre socialiste font déjà vivement réagir… Décryptage.

1. Donner un prix au carbone

Pour décourager l’usage des énergies fossiles, sources principales d’émissions de gaz à effets de serre, l’idée est de les taxer et avant cela de donner un prix au carbone (plus exactement aux émissions de CO2). Et ce afin d’encourager les ménages et les entreprises à adopter d’autres technologies (énergies renouvelables par exemple) ou à faire des économies d’énergie.

Comme le fait remarquer Jacques Le Cacheux, directeur du département des études de l’OFCE, la France est très en retard par rapport aux pays Scandinaves, où des taxes carbone existent depuis des années. De plus, en France toujours, « le prix du carburant relativement au coût de la vie n’est pas plus haut que dans les années 60 » (voir le graphique reproduit sur ce site).

Concrètement, un consensus semble se dégager pour facturer le CO2 à 32 euros la tonne aujourd’hui (certains vont jusqu’à 45), 100 euros en 2030, 150 à 350 en 2050.

Ce qui provoquerait une hausse des prix à la pompe : 8 centimes aujourd’hui, 25 centimes en 2030, 40 à 80 euro en 2050. Et une hausse de la facture de chauffage évaluée entre 60 euros (logement collectif au gaz) et 170 euros par an (maison individuelle au fioul).

2. Du prix du carbone pour quelques uns au prix du carbone pour tous

Le marché du carbone existe déjà pour les plus gros pollueurs, à travers la bourse d’échange d’émissions de CO2, qui concerne 1000 à 1200 sites industriels, qui représentent environ la moitié des émissions françaises et à qui l’Etat a attribué des quotas d’émissions autorisées. C’est pour mettre sous pression l’autre moitié des pollueurs français que le gouvernement souhaite que la taxe soit votée dans le prochain budget et soit applicable au 1er janvier 2010.

3. Quelle forme aura la taxe ?

La taxe carbone augmente le prix des énergies fossiles, pétrole, gaz, charbon (dont la combustion émet des gaz effet de serre), sur la base de ce prix de 32 euros la tonne de CO2. Ce qui représenterait un coût total pour les ménage de 300 euros par an.

Le gouvernement aurait pu choisir de taxer le carbone contenu dans chaque produit de consommation vendu, c’est-à-dire de rendre la « vérité des coûts en carbone », ce qui aurait été plus limpide pour le consommateur. Mais c’était Lire la suite

Amory Lovins : En 2040, plus besoin de pétrole aux USA

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 16 mai 2009

En 2040, plus besoin de pétrole aux USA

Cela fait bientôt 33 ans que cet homme détient la solution aux problèmes énergétiques. Time magazine vient d’ailleurs de lui rendre hommage en le classant parmi les 100 personnalités de l’année. Amory Lovins, de passage à Paris pour la promotion de son ouvrage consacré au capitalisme naturel (publié aux Etats-Unis en 1999, ndlr), est un pionnier discret. Au sein de l’Institut Rocky Mountain, think-tank qu’il a créé en 1983, il conseille de grosses entreprises comme le constructeur automobile Ford ou le chimiste Dow Chemical en matière d’efficacité énergétique, et peut se targuer d’avoir l’oreille des plus proches conseillers d’Obama sur la question. Ce type voit loin: il promet que les Etats-Unis pourront intégralement se passer de pétrole en 2040. Entre deux coups de fourchette, interview.

Quel rôle joue l’Institut Rocky Mountain ?

Nous pratiquons ce que j’appelle l’acupuncture institutionnelle. Nous intervenons auprès des grosses entreprises comme Ford, Dow Chemical, Boeing, …, pour les convertir à l’efficacité énergétique. Investir dans une usine qui fabrique des fenêtres super isolantes coûte 1000 fois moins cher que de produire toujours plus d’électricité en construisant de nouvelles centrales. Nous pensons qu’il faut échanger les megawatts par des negawatts, c’est à dire des watts que l’on n’a pas besoin de produire puisqu’on ne les consomme pas. Et les grandes entreprises comprennent très bien cela. Et je pense que les changements majeurs sont souvent conduits par les grosses entreprises. Ce n’est pas surprenant quand on comprend qu’économiser de l’énergie et des ressources peut s’avérer très profitable. Dow Chemical a investi un milliard de dollars dans les économies d’énergie et ils ont économisé 9 milliards de dollars en quelques années. Dupont de Nemours a diminué ses émissions de CO2 de 80% par rapport à son niveau de 1990. La flotte de camions de Walmart consomme 25% de carburant en moins. Et il existe de nombreux autres exemples.

Pensez-vous que les choses sont en train de changer ?

Oui. A la création de l’Institut, nous étions une poignée d’amis sans argent. Aujourd’hui, nous avons près de 90 employés et un chiffre d’affaires de 13 millions de dollars. Il existe une profusion de gisements de negawatts: dans le bâtiment, les transports, le chauffage, … De la même façon, il y a les barils de pétrole et ceux que l’on ne consomme pas, les nega-barils.

Que pensez-vous du modèle énergétique français basé sur le nucléaire?

La France me fait l’effet d’une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s’appelle le marché économique. L’industrie nucléaire pense que ses principaux concurrents sont les usines à charbon ou à gaz, bref, les grosses centrales d’énergies fossiles, alors que ses principaux concurrents, à mon sens, sont l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Les adeptes du nucléaire pensent que les centrales énergétiques doivent être grosses alors que le futur appartient aux petites centrales électriques. Lire la suite

Reims vise 95 000 m2 de toits solaires

Greenunivers, NC, le 2 mars 2009

Reims vise 95 000 m2 de toits solaires

C’est le projet le plus ambitieux porté par une collectivité française à ce jour : l’agglomération de Reims (Marne) veut louer à un opérateur le droit d’exploiter 95 000 m2 de terrasses de bâtiments publics et de terrains municipaux et communautaires pour y installer des panneaux photovoltaïques.

Ce programme d’environ 10 MW devrait permettre de produire 10 millions de kw/h par an et rapporter 300 000 euros chaque année à la collectivité, selon la ville.

Plusieurs opérateurs auraient déjà manifesté leur intérêt. L’appel d’offres sera lancé en mai et la désignation de l’operateur est prévue pour septembre prochain.

Ce projet est l’action la plus spectaculaire de la nouvelle politique de développement durable présentée par Adeline Hazan, maire (PS) de Reims (188 000 habitants) et présidente de Reims Métropole. L’objectif est de diviser par quatre les émissions de CO2 de l’agglomération d’ici à 2050.

D’autres actions sont prévues. A partir de septembre prochain, Reims Métropole versera une aide aux taxis s’équipant de véhicules neufs faiblement émetteurs de CO 2, équivalente à la prime accordée aux particuliers par l’Etat pour l’achat d’un véhicule peu polluant.

La ville veut aussi encourager les bâtiments verts. Elle a établi un label « Reims Métropole Développement durable », avec l’aide de maîtres d’ouvrages et d’organismes de certification, qui comporte un volet HQE (Haute qualité environnementale) et un volet énergétique.  Il comporte quatre catégories Lire la suite

ADEME : Des travaux pour rendre votre logement économe

Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie , le 27 février 2009

Un bouquet de travaux pour rendre votre logement économe

Pour rénover de façon performante un logement gourmand en énergie, la note est parfois lourde ! Vous avez identifié les travaux nécessaires pour rendre votre logement vraiment économe en énergie et vous vous demandez comment les financer : l’éco-prêt à taux zéro est là pour vous aider.

Il est destiné au financement de bouquets de travaux. Ce sont des ensembles de travaux cohérents dont la réalisation simultanée apporte une amélioration très sensible de l’efficacité énergétique du logement.

Il peut aussi être accordé dès que les travaux projetés amènent la consommation en énergie du logement au-dessous d’un niveau plancher.

Les résultats à obtenir

Le niveau d’amélioration de la performance énergétique de votre logement peut aussi vous donner droit à l’éco-prêt à taux zéro.

Il faut vous adresser à un bureau d’études thermiques qui calculera l’efficacité énergétique du bâtiment et proposera les travaux nécessaires.

Une palette de travaux éligibles

Pour améliorer la performance énergétique d’un bâtiment, certains travaux sont plus efficaces que d’autres. Et certaines combinaisons de travaux sont très performantes, d’autres moins.

Pour composer un bouquet éligible à l’éco-prêt à taux zéro, choisissez des travaux dans au moins des catégories de la partie gauche du tableau ci-dessous.

Catégories de travaux éligibles

Travaux réalisables

Isolation performante de la toiture

Isolation en combles perdus ; isolation en combles aménagés ; isolation en toiture terrasse

Isolation performante des murs extérieurs

Isolation par l’intérieur ; isolation par l’extérieur

Isolation performante des parois vitrées extérieures

Fenêtres performantes ; bloc baies performants ; doubles fenêtres performantes

Installation ou remplacement d’un chauffage ou d’une production d’eau chaude sanitaire performants

Chaudière à condensation ; chaudière basse température pour certains bâtiments collectifs ; pompe à chaleur

Installation d’un chauffage utilisant les énergies renouvelables

Chaudière bois ; système de chauffage par poêle à bois, foyer fermé ou insert

Installation d’une production d’eau chaude sanitaire utilisant les énergies renouvelables

Chauffe-eau solaire

Chaque matériau ou équipement doit être performant pour bénéficier de l’éco-prêt à taux zéro.

 

Le système électrique français est terriblement inefficace

Libération, recueilli par Laure Noualhat, le 3 janvier 2009

«Le système électrique français est terriblement inefficace»

Avec l’hiver vient la saison du chauffage. Au bois, au gaz, au fioul, mais aussi au radiateur électrique, ce qui a le don de faire grimper les consommations en période de pointe. Comme chaque fois en cette période de l’année, ces pics de consommation imposent d’importer de l’électricité venue d’Europe. Et celle-ci, produite à partir d’énergies fossiles, n’est pas faiblement émettrice en CO2. Mycle Schneider est consultant international en matière d’énergie et de nucléaire. Il vient de rendre un rapport au Parlement européen sur le mythe de la politique énergétique française.

Quel est l’impact de la vague de froid sur les consommations électriques françaises ?

En hiver, la puissance électrique appelée est presque trois fois plus élevée le jour le plus chargé que le jour le moins chargé de l’été. On a donc besoin des vieilles centrales au fioul, dont EDF vient de remettre 2 600 mégawatts en service, parce qu’on manque cruellement d’électricité de pointe. Depuis 1990, la part des énergies fossiles dans l’électricité a crû de près de 25 %. En parallèle, les importations de courant, essentiellement à base d’énergies fossiles, ne cessent d’augmenter. La France est ainsi devenue importatrice nette de courant charbon allemand.

Mais l’électricité française est faiblement émettrice en gaz à effet de serre…

C’est vrai, les émissions totales par habitant de gaz à effet de serre en France sont – encore – plus faibles que chez nos voisins. Mais elles varient fortement d’une année à l’autre en fonction du climat et on n’identifie plus de baisse structurelle depuis longtemps. En fait, en 2005, les émissions de CO2 dues à la production publique d’électricité et de chaleur étaient de 5 % supérieures à 1990, pour se trouver en 2006 à 2 % en dessous du niveau de 1990. Le rôle du nucléaire y est complexe. Le système nucléaire, et les surcapacités qu’il a engendrées, a conduit à une perversion du système électrique. On a massivement introduit le chauffage électrique parce qu’EDF avait des kilowattheures à vendre, ce qui a conduit à une augmentation du recours aux combustibles fossiles. Le contenu en CO2 du kWh pour les besoins du chauffage électrique se situe entre 500 et 600 grammes, soit environ trois fois les émissions d’un chauffage central au gaz.

Le recours au nucléaire augmenterait les émissions de CO2 dans l’électricité ?

Indirectement, par effet systémique, surtout pour tout nouveau projet. L’investissement dans le nouveau réacteur EPR augmentera ainsi les émissions car si on investissait les 4 milliards d’euros nécessaires à sa construction dans l’isolation de l’habitat existant, on éviterait réellement des émissions.

Vous assurez qu’en dépit du nucléaire, la France n’est pas indépendante du point de vue énergétique. Pourquoi ?

En France, le premier programme électronucléaire massif a été lancé en 1974, après le premier choc pétrolier. Le but affiché était de rendre le pays indépendant vis-à-vis du pétrole. C’était déjà un mythe à l’époque car l’électricité ne représentait alors que 12 % de la consommation de pétrole en France. En 2007, après trente-cinq ans de nucléaire en France, la consommation de pétrole par habitant – 1,5 tonnes d’équivalent pétrole (tep) – était plus élevée que la moyenne de l’Union européenne, alors que la consommation en Italie, qui a arrêté le nucléaire, et en Allemagne, était de 1,4 tep. Les autres secteurs comme le résidentiel, et surtout les transports, consomment la plus grande partie du pétrole et cette consommation n’a pas cessé d’augmenter depuis 1973. Le système électrique est incroyablement inefficace : entre l’énergie primaire, contenue dans l’uranium ou le charbon, et l’énergie finale utilisée sous forme de kilowattheure, les trois quarts sont perdus dans le réseau de distribution.

Et alors ? Lire la suite

Conséquences du Grenelle pour le secteur du bâtiment

Batissor

Le Bâtiment est en première ligne des domaines d’activités visés par le Grenelle de l’Environnement. Ce secteur et particulièrement le logement, qui est le plus grand consommateur d’énergie, doit réduire sa consommation d’énergie. Le point sur le projet de loi.

Le Bâtiment en première ligne

Aujourd’hui, en France, le seul secteur du Bâtiment consomme 42,5 % de l’énergie finale totale et contribue pour près du quart aux émissions nationales de gaz à effet de serre. Cette énergie est consommée pour les 2/3 dans les logements individuels et pour 1/3 dans le secteur tertiaire. Le chauffage représentant à lui seul 70 % de la consommation générée par le logement, la mise en œuvre à grande échelle de travaux de rénovation thermique tend à réduire durablement les dépenses énergétiques. Le gouvernement espère ainsi contribuer à l’amélioration du pouvoir d’achat des Français. Lire la suite