La biodiversité remarquable en France : un diagnostic alarmant

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 3 mai 2010

http://www.journaldelenvironnement.net/article/la-biodiversite-remarquable-en-france-un-diagnostic-alarmant,17376

La biodiversité remarquable en France : un diagnostic alarmant

Plus de 50 % des espèces et près de 75 % des habitats, parmi les plus menacés d’Europe, ne sont pas en bon état de conservation en France, premier pays européen abritant cette biodiversité. C’est ce que révèle la première évaluation de la directive « Habitats » publiée par le Service d’observation et des statistiques de l’environnement (SOeS).

Les mauvaises nouvelles continuent de pleuvoir en cette année internationale de la biodiversité. Après la récente étude confirmant le recul des espèces et des écosystèmes de la planète depuis 40 ans (1), le premier bilan de santé de la directive « Habitats » ne se montre guère plus rassurant.

Seuls 1 habitat sur 6 et 1 espèce sur 5 d’intérêt communautaire sont en bon état de conservation en France, selon les résultats de cette première évaluation, publiés dans la lettre d’information du Commissariat général au développement durable, en avril. La directive de 1992 (2) à l’origine du réseau Natura 2000, vise à protéger 216 types d’habitats et 1.180 espèces considérés comme les plus menacés car en danger ou rares. Et elle oblige également les Etats membres à réaliser tous les 6 ans une évaluation de leur état de conservation. La première évaluation a porté sur la période 2001-2006.

Supervisé par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), le volet français a concerné 131 habitats et 290 espèces « remarquables », sur tout le territoire métropolitain et dans les zones Natura 2000. La France est le pays de l’UE le plus concerné, avec 962 évaluations réalisées sur 2.941 en Europe.

17 % des habitats en bon état

Trois quarts des habitats évalués étaient dans un état défavorable de conservation (41 % en «mauvais» état et 35 % classé en « inadéquat ») contre 17 % seulement dans un état favorable, valeur analogue à celle observée au niveau européen. Les 3 états de conservation -« favorable », « défavorable inadéquat », « défavorable mauvais » sont établis en fonction de paramètres comme la surface estimée et la viabilité à moyen terme des habitats, ou l’état de population et de leurs habitats pour les espèces.

La région « atlantique » -qui correspond grossièrement à la moitié ouest de notre pays- est la région biogéographique la plus mal classée, avec 53 % d’habitats en mauvais état. L’agriculture et l’urbanisation du littoral sont notamment pointées du doigt. La région alpine (Alpes et Pyrénées) est en revanche Lire la suite

Les éco-activités et l’emploi environnemental ont le vent en poupe

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, le 10 juillet 2009

Les éco-activités et l’emploi environnemental ont le vent en poupe

Le Service d’observation et statistiques (SOeS) du Meeddm publie ce mois-ci un premier rapport sur les éco-activités et l’emploi environnemental, qui définit le périmètre des éco-produits et dresse le bilan de ces activités entre 2004 et 2007. Pour cela, 4 indicateurs ont été étudiés: la production, dont les exportations, la valeur ajoutée et l’emploi généré par les éco-activités, définies comme comprenant «la production de bien ou de services concourant à la protection de l’environnement et à la gestion des ressources naturelles».

Dans le cadre de ce périmètre, le SOeS a établi que le rythme de croissance de la production d’éco-produits s’établit à 7,7% en moyenne annuelle de 2004 à 2007, avec une croissance particulièrement soutenue pour le domaine des énergies renouvelables puisqu’elle atteint 19,5% par an.

En 2007, la production des biens et services environnementaux s’élève à 59 milliards d’euros. Le domaine des déchets, grâce aux services de gestion des eaux usées est le premier contributeur avec environ 14 milliards €. Les exportations représentent 7 milliards, la plus grande partie concernant le domaine de la récupération. Si les résultats de 2008 ne sont pas encore connus, les auteurs du rapport indiquent cependant que ce classement sera perturbé par la crise économique mondiale et la chute des cours des matières premières secondaires qui lui est liée.

Enfin, le SOeS estime que les éco-activités représentent environ 400.000 emplois en France, dont 282.000 sont attribuables aux éco-activités marchandes des éco-entreprises, 89.000 à celles des administrations publiques et 29.000 aux services internes de protection de l’environnement des entreprises. Entre 2004 et 2007, le Meeddm constate que les emplois environnementaux ont augmenté de Lire la suite

Quels indicateurs pour compenser les faiblesses du PIB ?

journaldelenvironnement.net,  Victor Roux-Goeken, le 1er juin 2009

Quels indicateurs pour compenser les faiblesses du PIB ?

Comment prendre en compte les atteintes à l’environnement, non comprises dans le calcul de la croissance économique ? Dans un avis consacré aux «indicateurs du développement durable» et à l’empreinte écologique, le CESE propose de mettre sur pied une douzaine d’indicateurs, en plus du PIB.

Elaboré pendant la Grande dépression aux Etats-Unis, le produit intérieur brut (PIB) a perdu de sa pertinence. Ne mesurant que les activités transitant par les marchés, il ne dit rien de la qualité de la vie, de la répartition des richesses et des atteintes à l’environnement, relève le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Dans un rapport intitulé «Les indicateurs du développement durable et l’empreinte écologique», Philippe Le Clézio, membre de la section des questions économiques générales et de la conjoncture au CESE, propose à la demande du gouvernement plusieurs pistes pour compenser ces lacunes. Le rapport a été adopté en plénière mercredi 27 mai.

Philippe Le Clézio propose de mettre au point, en concertation avec l’opinion publique, une douzaine d’indicateurs de développement durable, fréquemment mis à jour et soumis au Parlement. Les députés ont d’ailleurs rejeté la proposition de loi de leur confrère Yves Cochet (Verts, Paris) tendant à réduire l’empreinte écologique de la France. Elle prévoyait que la France divise par deux son empreinte entre 2009 et 2025 et une évaluation par les régions avant la fin 2012 (1).

Ces indicateurs pourraient être : le taux de croissance du PIB par habitant, les émissions totales de GES, la part des énergies renouvelables dans la consommation intérieure brute d’énergie, la consommation d’énergie des transports, la productivité des ressources, l’indice d’abondance des populations d’oiseaux communs, les prises de poissons en dehors des limites biologiques de sécurité, l’espérance de vie en bonne santé, les taux de risque de pauvreté après transferts sociaux, les taux d’emploi des travailleurs âgés et l’aide publique au développement.

Avant ce stade, le CESE propose de compléter cette mesure rénovée du PIB par un nombre d’indicateurs réduit: l’évolution des inégalités de revenus, des émissions de CO2 ou de la biodiversité. Le rapporteur s’est aussi exprimé sur l’empreinte écologique (GFN, Global footprint network), Lire la suite

Les 10 indicateurs clés de l’environnement.

actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 11 mars 2009

Les 10 indicateurs clés de l’environnement.

En terme de dégradation de l’environnement, les Français sont 52% à s’inquiéter du réchauffement de la planète (et l’effet de serre), 40% de la pollution de l’air, et 39% de la pollution de l’eau.

Le Service de l’observation et des statistiques du Commissariat général au développement durable (anciennement l’Ifen) a publié ses 10 indicateurs clés de l’environnement.

Ces 10 indicateurs clés de l’environnement concernent : la pollution de l’air en milieu urbain, la pollution de l’eau par les nitrates, la perte de biodiversité avec les oiseaux communs, l’occupation des sols, la consommation de matières, les déchets municipaux, l’effet de serre et les émissions de gaz à effet de serre (GES), les énergies renouvelable, les dépenses pour la protection de l’environnement, et les préoccupations des Français en matière de dégradation de l’environnement.

Indicateurs clés de l’environnement et pollution de l’air en milieu urbain : La qualité de l’air des villes françaises s’est globalement améliorée depuis 2000, au vu des teneurs de 4 polluants. La baisse des concentrations en SO2 contribue beaucoup à cette amélioration. À l’opposé, les teneurs en ozone (O3) restent au-dessus de leur niveau de 2000. Les concentrations en NO2 sont en légère baisse, surtout dans les agglomérations de plus d’un million d’habitants. Aucune tendance significative n’est observée pour les particules PM10. La dégradation observée en 2003 est attribuable à des conditions météorologiques particulières. Source : SOeS, d’après données BDQA (Dom inclus).

En terme de dégradation de l’environnement, les Français sont 52% à s’inquiéter du réchauffement de la planète (et l’effet de serre), 40% de la pollution de l’air, et 39% de la pollution de l’eau.

Indicateurs clés de l’environnement et pollution par les nitrates des cours d’eau : Les nitrates proviennent de l’utilisation des engrais en agriculture et dans une moindre mesure des rejets des stations d’épuration. Après deux décennies de détérioration, la qualité des cours d’eau vis-à-vis des nitrates est relativement stable depuis 1990. La moitié environ des points de mesure est classée en bonne ou très bonne qualité. La proportion des points en médiocre et mauvaise qualité oscille autour de 17 %. Source : agences de l’Eau (France métropole).

Indicateurs clés de l’environnement et biodiversité avec les oiseaux communs : Les populations d’oiseaux communs s’affaiblissent depuis 1989 : la tendance générale d’évolution des 65 espèces suivies est de -18 %. Elle traduit le déclin des espèces agricoles (-28 %), sensibles à la dégradation des habitats, des espèces des milieux bâtis (-27 %) et forestiers (-18 %). Les espèces généralistes s’adaptent mieux et progressent (+10 %). Les mêmes tendances s’observent en Europe. L’objectif de l’Europe et de la France est de stopper la perte de biodiversité à l’horizon 2010. Source : Muséum national d’histoire naturelle (France métropole).

Indicateurs clés de l’environnement et occupation des sols : En 2006, les surfaces artificialisées occupent 5 % du territoire. Zones industrielles ou commerciales, tissu urbain discontinu et infrastructures de transport s’accroissent depuis 1990, consommant beaucoup d’espace et fragmentant les milieux. Cet étalement se fait principalement aux dépens des terres agricoles, qui représentent 60 % des surfaces en 2006. Les forêts et autres milieux naturels occupent 34 % du territoire, les surfaces en eau 1 %. Source : UE-SOeS, Corine Land Cover 2006 (France métropole).

Indicateurs clés de l’environnement et consommation de matières : L’intensité de matières a baissé de 23 % depuis 1990, traduisant un moindre besoin en matières pour produire une même quantité de valeur ajoutée. Cependant, les matières consommées n’ont pas diminué en seize ans, Lire la suite

Un rapport du SOeS sur l’enherbement des vignes

journaldelenvironnement.net, Victor Roux-Goeken, le 16 février 2009

Un rapport du SOeS sur l’enherbement des vignes

Désormais rebaptisé «le point sur», le 4 pages du SOeS (ex- Institut français de l’environnement) de janvier 2009, mis en ligne le 2 février, est consacré à l’enherbement des vignes. Une pratique qui «permet de maîtriser la vigueur de la vigne, améliore la portance du sol, lutte contre l’érosion et diminue les quantités d’herbicides utilisées», indique le rapport. L’enquête a porté sur 5.200 parcelles de vignes à raisin de cuve.

En 2006, un tiers du vignoble français était couvert d’herbe. En recourant respectivement à 85% et 80% à l’enherbement permanent, l’Alsace et le Bordelais se distinguent des autres vignobles. Les Charentes sont troisièmes, avec 61%.

Le faible écartement des rangs d’un vignoble, la concurrence entre l’herbe et la vigne sous les climats marqués par une forte sécheresse estivale et la recherche de la qualité du raisin au lieu des quantités peuvent expliquer ces différences.

En moyenne, un hectare de vigne à raisin de cuve a reçu 14,8 traitements en 2006. «Une moyenne qui masque des disparités dues à des différences de pression parasitaire selon les régions et à la stratégie adoptée par les viticulteurs»: les viticulteurs champenois appliquent 22 traitements, contre 9 pour les provençaux.

Si l’enherbement n’implique pas de renoncer au désherbage chimique et n’en réduit pas la fréquence, il permet de réduire les quantités d’herbicide jusqu’à trois fois selon le type d’enherbement des vignes.

Plus que le désherbage thermique, pratique «confidentielle à l’échelle du vignoble français» et requérant main-d’œuvre et carburant, «l’enherbement permanent et le travail du sol apparaissent comme des alternatives au désherbage chimique exclusif», conclut le SOeS. Et aussi comme une contribution à l’objectif du Grenelle de réduction de 50% d’usage des produits phytosanitaires en 10 ans.

Pour aller plus loin Lire la suite