Séminaire euro-méditér. Léo Lagrange sur l’éducat° au DD

Sud-ouest, Chantal Sancho, le 29 Octobre 2008

DÉVELOPPEMENT DURABLE. Les représentants de sept pays se sont réunis pour partager leurs expériences et agir

Unis pour demain

Dans le cadre du Programme européen jeunesse en action, l’établissement Léo-Lagrange Sud Ouest a organisé du 21 au 27 octobre au Château Betailhe, un séminaire euro-méditérranéen de réflexion sur l’éducation au développement durable. Guillaume Barri, Muriel Delprat et Laurence Lagière, tous trois employés de Léo-Lagrange, ont réuni une cinquantaine de personnes arrivant tout droit d’Espagne, de Grèce, d’Italie (pour la première fois), de France, de Tunisie, d’Algérie et du Maroc. Si ces séminaires (deux ont déjà eu lieu à Cenon et à Marrakech), sont d’abord et avant tout la meilleure façon de se connaître, il n’en demeure pas moins que des séances de travail permettent d’envisager des projets communs.

« Travailler ensemble ».

Aujourd’hui, les organisateurs ont bien compris que l’éducation au développement durable était chose très importante et qu’il fallait tous jouer dans la même cour. Ce ne sont pas les participants qui diront le contraire. Mustapha Souhail, de l’association marocaine Twizabenqueriz, n’a pas raté une seule séance « Ce séminaire nous permet de partager les pratiques à l’éducation du développement durable, pratiques qui nous manquent un peu au Maroc. Cela nous permet surtout de nous ouvrir sur des expériences qui se déroulent près de chez nous ». Fabio Santos, quant à lui, arrive de Barcelone, il est conquis par ce séminaire : « Chaque pays a évoqué ses problèmes liés à l’écologie et finalement chaque pays a reçu une proposition intéressante, c’est tout de même mieux de travailler ensemble ».

Pour mieux expliquer et par là même faire comprendre les propositions, plusieurs visites ont été organisées sur la CUB, la ferme pédagogique de Mérignac, le parc de l’Ermitage à Lormont, la mission coopérative décentralisée du Conseil général, le magasin Biocoop à Artigues. Lire la suite

Publicités

Médoc : Le parc naturel régional en route

Sud-Ouest, Julien Lestage, le 29 Octobre 2008

PARC NATUREL RÉGIONAL. Avec la visite d’Alain Rousset en Médoc, le projet de PNR est officiellement lancé. Aux élus locaux de plancher sur le périmètre et la charte

Le parc naturel en route

Lundi, après une balade sur l’île de Patiras pour l’inauguration du phare, Alain Rousset, le président de la région Aquitaine, est venu parler aux élus médocains du projet de Parc naturel régional (PNR). Visiblement, le sujet ne laisse pas indifférent. Une bonne partie des maires du Médoc était au rendez-vous de cette première réunion d’information qui s’est déroulée dans la salle des fêtes de Saint-Laurent.

Dans ce dossier, il s’agit de rappeler que le lundi 20 octobre dernier, c’est à l’unanimité que le Conseil régional a adopté une délibération proposant de lancer les premières études de faisabilité d’un PNR du Médoc.

Pas de craintes à avoir.

C’est Yves Lecaudey, vice-président du Conseil général et patron du Pays Médoc qui a ouvert la « séance » par un mot d’introduction. Dans son discours, il a notamment rappelé qu’il ne fallait pas faire l’amalgame entre parc national et parc naturel régional. Selon Yves Lecaudey, « il n’y a pas de désavantage » à être en PNR, et en particulier pour tout ce qui concerne le volet du développement économique. En clair, pas question de figer un territoire. À titre d’exemple, il a été évoqué lors des échanges avec l’assemblée le Parc naturel des Landes de Gascogne sur lequel est venu s’installer le laser mégajoule, et d’autres projets d’entreprises. On comprend donc que les projets industriels et le PNR sont compatibles. Un message réitéré à plusieurs reprises lors de la réunion.

Un projet pour avancer.

C’est au début de l’année 2007, au moment où le débat sur le terminal méthanier au Verdon animait la presqu’île, que l’idée du PNR s’est imposée à Alain Rousset. Lundi, il a aussi indiqué que c’est après quelques conversations avec Henri Sabarot, maire de Carcans-Maubuisson et président de la Fédération girondine de chasse, aussi Pascale Got, la députée du Médoc, et Yves Lecaudey, que cette évolution s’était précisée.

Sur le fond, tout en revenant sur l’identité forte du Médoc, et ce « caractère » qui s’est largement manifesté lors du dossier du contournement de Bordeaux, et plus récemment sur le Méthanier, Alain Rousset a posé le problème du développement de ce territoire. « Comment l’ensemble du Médoc avance ? » Lire la suite

Agriculture biologique : la guerre des labels ?

Novethic, le 14 octobre 2008, Rouba Naaman

Agriculture biologique : la guerre des labels ?

Le nouveau règlement européen sur l’agriculture biologique a été présenté lors d’une conférence de l’Agence bio, jeudi 9 octobre. Pas de grands changements sur le fond, mais l’imposition, dès le 1er janvier 2009, d’un label bio européen qui remplacera les labels nationaux des pays de l’Union. Les agriculteurs craignent que le bio français ne perde de sa valeur.

« Pas de panique » martèle Mariane Monod, chargée de mission au Bureau de la gestion des signes de qualité et de l’agriculture biologique, au Ministère de l’agriculture et de la pêche. La nouvelle règlementation européenne pour l’agriculture bio, qui doit entrer en application le 1er janvier 2009, ne devrait pas bouleverser la vie des exploitants agricoles. Il s’agit essentiellement d’inclure l’aquaculture, la vinification, la semence, les plants et les levures dans le champ d’application du label bio européen. L’instauration d’une règlementation commune à tous les pays européens rendra homogènes les appellations “biologiques”. « Le but est de simplifier les échanges de produits bio dans l’Union européenne » explique Mariane Monod.

Rendre homogène, cela signifie, pourtant, revoir à la baisse les critères actuels de l’agriculture biologique en France. C’est en tout cas l’avis de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB). Ce nouveau règlement suppose la disparition des cahiers des charges des labels nationaux, mais permet le double affichage du visuel européen et national. En d’autres termes, la certification AB française n’existera plus en tant que telle à partir du 1er janvier 2009 ; en revanche, le logo AB, bien reconnu par les consommateurs, pourra continuer à être apposé à côté du logo européen. Or, sur certains points, la FNAB reproche au label européen de ne pas être aussi strict que le français, notamment pour l’élevage.

Mieux que l’ancien label européen, moins bon que le français

« Ça reste un bon label bio, et il y a même des améliorations sur certains points » explique Juliette Leroux, chargée de mission réglementation à la FNAB. Les éleveurs devront prendre en compte le bien-être des animaux, et les nourrir avec des aliments bio à 100% et issus de la région. Des listes des intrants utilisables et interdits seront dressées. L’étiquetage sera également plus strict : le logo ne sera apposé que sur les produits contenants plus de 95% d’ingrédients d’origine biologique, et si les autres ingrédients n’existent pas dans l’agriculture bio. Dans les autres cas, l’indication “agriculture biologique” pourra être précisée pour les ingrédients bio, mais le logo sera banni.  « Mais beaucoup de caractéristiques françaises seront perdues » regrette-t-elle. Par exemple, l’obligation pour un éleveur de posséder une surface agricole à proximité, la limitation des traitements vétérinaires et allopathiques, ou l’alimentation par ensilage. Lire la suite

Henri sabarot : Non au gaz et aux éoliennes en Médoc

Sud-Ouest, Henri Sabarot, le 29 Octobre 2008

TRIBUNE LIBRE. Henri Sabarot, maire de Carcans et président de la CdC des lacs médocains, s’exprime

« Non au gaz et aux éoliennes en Médoc »

 « Le Médoc, qui aurait pourtant tellement besoin d’unir ses efforts et d’avancer d’un même pas s’il veut dépasser un jour le stade du discours, n’en finit décidément pas de se faire des crocs en jambes. Après le feuilleton encore inachevé du projet méthanier à la Pointe de Grave, à deux pas du plus important investissement touristique de la presqu’île, voici venir les éoliennes. Et pas n’importe où : au coeur du Médoc le plus emblématique, le plus naturel, le plus conforme à son image la plus séduisante ; c’est-à-dire sur la commune de Naujac-sur-Mer, territoire préservé entre tous.

« Le gaz du Verdon amène avec lui sa dangerosité et ses risques, son image négative et la face mal cachée de ses véritables intentions. L’éolienne, elle, promène encore son visage propret, sa réputation de modernité post-industrielle et son aptitude à fasciner les babas cool. Elle est plus pernicieuse. Pourtant, sachant qu’elle brasse du vent, la méfiance devait être de rigueur.

« On imagine donc d’implanter un champ d’éoliennes à deux kilomètres d’une réserve naturelle, auprès d’une côte aquitaine intacte, admirée par l’Europe entière, au milieu d’un des principaux couloirs de migration d’Europe et à quelques jours de la mise en place d’un Parc naturel régional en Médoc. Superbe paradoxe ! Et l’on va jusqu’à tenter de nous faire croire que cet équipement va générer une activité touristique. Alors qu’il est interdit d’en mettre sur un site classé. Vous connaissez quelqu’un qui soit allé visiter des éoliennes ? Il irait contempler les cuves de gaz dans la foulée…

« Ayant participé à maintes réunions sous l’égide du Grenelle de l’environnement, je ne suis pas trop mal placé pour dire que les pouvoirs publics sont en train d’ouvrir les yeux sur la réalité du phénomène éoliennes, son utilité, son coût, son impact local. Des centaines d’éoliennes sur un site off shore peuvent peut-être se justifier, pas du tout une poignée de moulins à vent jetée au petit bonheur des appétits communaux.

« L’identité réelle du pays ».

« De grâce, cessons de nous torturer l’esprit pour faire du Médoc autre chose que ce qu’il est. Que penserions-nous de château Latour s’il arrachait sa vigne pour planter des pommes de terre ? Lire la suite

Agriculture. C’est l’avenir du bio

LaDepeche.fr, le 24 octobre 2008

Agriculture. C’est l’avenir du bio

Publi-information. Le bio arrive en masse dans les rayons des supermarchés et sur les étals des marchés. Beaucoup d’agriculteurs changent leur façon de travailler.

Les agriculteurs se convertissant à l’agriculture biologique ont été très nombreux depuis plusieurs années. Le travail aux champs en a été modifié. Les rayons des supermarchés se mettent au bio.

Le célèbre logo AB, caractéristique des produits mbio, se remarque de plus en plus dans les cabas des consommateurs et dans les rayons de nos magasins. « Le bio n’est plus une mode, c’est une nécessité », assure Cédric, 30 ans, croisé dans les allées de ce supermarché spécialisé en produits biologiques dans la banlieue de Toulouse. « S’il y avait un côté snob auparavant à consommer du bio, ce n’est plus le cas, explique le jeune homme. Il va bien falloir se rendre compte que continuer à exploiter la nature comme nous le faisions jusqu’à maintenant ce n’est plus possible. Sans compter les problèmes de santé dus aux pesticides ». C’est le sentiment qui ressort lorsqu’on interroge les consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le bio, même si le prix reste en moyenne 30 % plus élevé que le traditionnel.

Il faut dire que la quantité ne suit pas la demande en France. Fin 2007, seulement 12000 exploitations agricoles étaient engagées dans la production biologique avec environ 557000 ha, soit 2 % de la surface agricole utilisée (SAU) nationale. Toujours l’an dernier, le marché des produits alimentaires issus de l’agriculture biologique était évalué à 1,9 milliard d’euros, soit 1,2 % du marché alimentaire total. Mais ce marché est en augmentation constante.

Dans cette optique, le ministère de l’agriculture vient d’accorder un coup de pouce à la filière avec une enveloppe supplémentaire annuelle de 12 millions d’euros. L’objectif du plan du ministre est que « l’offre française réponde, à horizon 2012, à la demande de nos consommateurs ». Car pour le moment, la France importe des produits bio, notamment d’Europe de l’Est.

Dans le Grand Sud, le nombre d’agriculteurs se convertissant au bio n’a cessé d’augmenter depuis plusieurs années. Les régions Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Aquitaine font d’ailleurs parties des six régions qui comptent le plus d’exploitations agricoles bio. Lire la suite

Les Etats-Unis s’apprêtent à verdir

Eco-Life, Diana Semaska, le 27 octobre 2008

L’Amérique s’apprête à verdir

Spéciale élection américaine – Républicain ou démocrate, l’homme choisi par les Américains pour siéger à la tête de la nation la plus puissante du monde, mettra de toute façon un terme à la politique environnementale inexistante des années Bush

Tous deux le martèlent haut et fort, et ils n’ont pas le choix. Après huit ans de cynisme affiché vis-à-vis des politiques environnementales, les deux futurs préposés à la Maison Blanche ont compris que le réchauffement climatique relevait d’une problématique internationale, à laquelle les Etats-Unis ne pouvaient se permettre de tourner le dos. Que ce soit pour John McCain, prétendant républicain, ou Barack Obama le démocrate, les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont dans le collimateur. Le premier souhaite diminuer celles-ci de 60% par rapport au niveau de 1990 d’ici 2050. Son rival affiche une volonté de les faire fondre de 80%. « Ils sont plus ambitieux que le président sortant, dont le refus de signer le protocole de Kyoto signifiait clairement que pour les Etats-Unis, l’environnement n’était pas du ressort de la politique », explique Olivier Delbard, docteur en études anglo-américaines et professeur à l’ESCP-EAP. Désireux de rattraper ce retard, les deux candidats au pouvoir fédéral se rejoignent sur la nécessité de fixer des normes d’efficacité pour les voitures, le développement des énergies renouvelables et la protection des parcs naturels.

Encore faut-il que le Congrès, « jaloux de l’indépendance américaine, approuve d’une part toutes les idées du président, et d’autre part, accepte de se lier à des traités internationaux« , tempère Bernard Laponche, consultant international en politique énergétique. Un Congrès qui, via ses puissants lobbies pétroliers ou charbonniers, a refusé depuis les années 70 de ratifier une quarantaine de Conventions internationales sur l’environnement, « dont celle sur la biodiversité du Sommet de Rio, en 1992 », précise Olivier Delbard.

Derrière la forêt de belles intentions pointe le vert… du dollar. L’économie du pays reste l’argument majeur pour la création de nouvelles législations. Et le prochain président souhaite avant tout garder une mainmise sur les règles du jeu mondiales, dans l’espoir de toucher du doigt cette « indépendance énergétique, chère aux Américains », Lire la suite

Jancovici : Taxer le carbone… pour éviter le « subprime »

Les Echos, Jean-Marc Jancovici, le 22 octobre 2008

Taxer le carbone… pour éviter le « subprime »

Economistes et élus continuent à raisonner comme si la production dépendait uniquement du capital humain et du travail humain, ce qui revient à croire que les ressources naturelles procèdent de la génération spontanée. A mesure que nous approchons des limites physiques de la planète, les raisonnements prospectifs basés sur cette économie « classique » feront faillite les uns après les autres. Les ressources gratuites étant partout dans l’économie, notre myopie, si nous ne la corrigeons pas, va entraîner un effondrement économique généralisé. Il est ainsi impossible de démontrer formellement que la crise financière actuelle est la conséquence de la hausse du prix des hydrocarbures, mais elle est cohérente avec cette hausse, tout comme l’été 2003 n’est peut-être pas la conséquence du changement climatique, mais c’est un processus cohérent avec ce qui est attendu. Fannie Mae et AIG, victimes du baril ? L’enchaînement serait le suivant : un renchérissement trop rapide de l’énergie entraîne récession et chômage, qui provoquent des défauts de paiement des emprunteurs qui ont emprunté à des banquiers pensant que les insolvables d’aujourd’hui seraient solvables demain grâce à la croissance, qui entraînent à leur tour des faillites en chaîne d’établissements de crédit. Avec un pic de production du pétrole qui se profile pour les cinq à dix ans à venir, tous les détenteurs d’un emprunt immobilier correspondant à l’acquisition d’un pavillon de banlieue vont devenir des débiteurs à risque.

Face à ce constat, c’est la plus orthodoxe logique économique, c’est-à-dire la gestion des ressources rares, qui doit nous conduire à mettre en place un système où les acteurs économiques intègrent la contrainte énergétique à venir en la voyant apparaître progressivement dans les prix. Faute de quoi, personne ne prendra à son niveau les décisions nécessaires à temps, et c’est alors la crise et l’effondrement qui se chargeront de régler le problème. Notre espèce s’adaptera, mais dans la souffrance.

Nous avons eu en France une occasion de nous pencher sur ce problème avec le Grenelle de l’environnement. Hélas, la réponse actuellement proposée par le gouvernement est la plus mauvaise qui soit. Lire la suite