Séminaire euro-méditér. Léo Lagrange sur l’éducat° au DD

Sud-ouest, Chantal Sancho, le 29 Octobre 2008

DÉVELOPPEMENT DURABLE. Les représentants de sept pays se sont réunis pour partager leurs expériences et agir

Unis pour demain

Dans le cadre du Programme européen jeunesse en action, l’établissement Léo-Lagrange Sud Ouest a organisé du 21 au 27 octobre au Château Betailhe, un séminaire euro-méditérranéen de réflexion sur l’éducation au développement durable. Guillaume Barri, Muriel Delprat et Laurence Lagière, tous trois employés de Léo-Lagrange, ont réuni une cinquantaine de personnes arrivant tout droit d’Espagne, de Grèce, d’Italie (pour la première fois), de France, de Tunisie, d’Algérie et du Maroc. Si ces séminaires (deux ont déjà eu lieu à Cenon et à Marrakech), sont d’abord et avant tout la meilleure façon de se connaître, il n’en demeure pas moins que des séances de travail permettent d’envisager des projets communs.

« Travailler ensemble ».

Aujourd’hui, les organisateurs ont bien compris que l’éducation au développement durable était chose très importante et qu’il fallait tous jouer dans la même cour. Ce ne sont pas les participants qui diront le contraire. Mustapha Souhail, de l’association marocaine Twizabenqueriz, n’a pas raté une seule séance « Ce séminaire nous permet de partager les pratiques à l’éducation du développement durable, pratiques qui nous manquent un peu au Maroc. Cela nous permet surtout de nous ouvrir sur des expériences qui se déroulent près de chez nous ». Fabio Santos, quant à lui, arrive de Barcelone, il est conquis par ce séminaire : « Chaque pays a évoqué ses problèmes liés à l’écologie et finalement chaque pays a reçu une proposition intéressante, c’est tout de même mieux de travailler ensemble ».

Pour mieux expliquer et par là même faire comprendre les propositions, plusieurs visites ont été organisées sur la CUB, la ferme pédagogique de Mérignac, le parc de l’Ermitage à Lormont, la mission coopérative décentralisée du Conseil général, le magasin Biocoop à Artigues. Lire la suite

Médoc : Le parc naturel régional en route

Sud-Ouest, Julien Lestage, le 29 Octobre 2008

PARC NATUREL RÉGIONAL. Avec la visite d’Alain Rousset en Médoc, le projet de PNR est officiellement lancé. Aux élus locaux de plancher sur le périmètre et la charte

Le parc naturel en route

Lundi, après une balade sur l’île de Patiras pour l’inauguration du phare, Alain Rousset, le président de la région Aquitaine, est venu parler aux élus médocains du projet de Parc naturel régional (PNR). Visiblement, le sujet ne laisse pas indifférent. Une bonne partie des maires du Médoc était au rendez-vous de cette première réunion d’information qui s’est déroulée dans la salle des fêtes de Saint-Laurent.

Dans ce dossier, il s’agit de rappeler que le lundi 20 octobre dernier, c’est à l’unanimité que le Conseil régional a adopté une délibération proposant de lancer les premières études de faisabilité d’un PNR du Médoc.

Pas de craintes à avoir.

C’est Yves Lecaudey, vice-président du Conseil général et patron du Pays Médoc qui a ouvert la « séance » par un mot d’introduction. Dans son discours, il a notamment rappelé qu’il ne fallait pas faire l’amalgame entre parc national et parc naturel régional. Selon Yves Lecaudey, « il n’y a pas de désavantage » à être en PNR, et en particulier pour tout ce qui concerne le volet du développement économique. En clair, pas question de figer un territoire. À titre d’exemple, il a été évoqué lors des échanges avec l’assemblée le Parc naturel des Landes de Gascogne sur lequel est venu s’installer le laser mégajoule, et d’autres projets d’entreprises. On comprend donc que les projets industriels et le PNR sont compatibles. Un message réitéré à plusieurs reprises lors de la réunion.

Un projet pour avancer.

C’est au début de l’année 2007, au moment où le débat sur le terminal méthanier au Verdon animait la presqu’île, que l’idée du PNR s’est imposée à Alain Rousset. Lundi, il a aussi indiqué que c’est après quelques conversations avec Henri Sabarot, maire de Carcans-Maubuisson et président de la Fédération girondine de chasse, aussi Pascale Got, la députée du Médoc, et Yves Lecaudey, que cette évolution s’était précisée.

Sur le fond, tout en revenant sur l’identité forte du Médoc, et ce « caractère » qui s’est largement manifesté lors du dossier du contournement de Bordeaux, et plus récemment sur le Méthanier, Alain Rousset a posé le problème du développement de ce territoire. « Comment l’ensemble du Médoc avance ? » Lire la suite

Agriculture biologique : la guerre des labels ?

Novethic, le 14 octobre 2008, Rouba Naaman

Agriculture biologique : la guerre des labels ?

Le nouveau règlement européen sur l’agriculture biologique a été présenté lors d’une conférence de l’Agence bio, jeudi 9 octobre. Pas de grands changements sur le fond, mais l’imposition, dès le 1er janvier 2009, d’un label bio européen qui remplacera les labels nationaux des pays de l’Union. Les agriculteurs craignent que le bio français ne perde de sa valeur.

« Pas de panique » martèle Mariane Monod, chargée de mission au Bureau de la gestion des signes de qualité et de l’agriculture biologique, au Ministère de l’agriculture et de la pêche. La nouvelle règlementation européenne pour l’agriculture bio, qui doit entrer en application le 1er janvier 2009, ne devrait pas bouleverser la vie des exploitants agricoles. Il s’agit essentiellement d’inclure l’aquaculture, la vinification, la semence, les plants et les levures dans le champ d’application du label bio européen. L’instauration d’une règlementation commune à tous les pays européens rendra homogènes les appellations “biologiques”. « Le but est de simplifier les échanges de produits bio dans l’Union européenne » explique Mariane Monod.

Rendre homogène, cela signifie, pourtant, revoir à la baisse les critères actuels de l’agriculture biologique en France. C’est en tout cas l’avis de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB). Ce nouveau règlement suppose la disparition des cahiers des charges des labels nationaux, mais permet le double affichage du visuel européen et national. En d’autres termes, la certification AB française n’existera plus en tant que telle à partir du 1er janvier 2009 ; en revanche, le logo AB, bien reconnu par les consommateurs, pourra continuer à être apposé à côté du logo européen. Or, sur certains points, la FNAB reproche au label européen de ne pas être aussi strict que le français, notamment pour l’élevage.

Mieux que l’ancien label européen, moins bon que le français

« Ça reste un bon label bio, et il y a même des améliorations sur certains points » explique Juliette Leroux, chargée de mission réglementation à la FNAB. Les éleveurs devront prendre en compte le bien-être des animaux, et les nourrir avec des aliments bio à 100% et issus de la région. Des listes des intrants utilisables et interdits seront dressées. L’étiquetage sera également plus strict : le logo ne sera apposé que sur les produits contenants plus de 95% d’ingrédients d’origine biologique, et si les autres ingrédients n’existent pas dans l’agriculture bio. Dans les autres cas, l’indication “agriculture biologique” pourra être précisée pour les ingrédients bio, mais le logo sera banni.  « Mais beaucoup de caractéristiques françaises seront perdues » regrette-t-elle. Par exemple, l’obligation pour un éleveur de posséder une surface agricole à proximité, la limitation des traitements vétérinaires et allopathiques, ou l’alimentation par ensilage. Lire la suite

Henri sabarot : Non au gaz et aux éoliennes en Médoc

Sud-Ouest, Henri Sabarot, le 29 Octobre 2008

TRIBUNE LIBRE. Henri Sabarot, maire de Carcans et président de la CdC des lacs médocains, s’exprime

« Non au gaz et aux éoliennes en Médoc »

 « Le Médoc, qui aurait pourtant tellement besoin d’unir ses efforts et d’avancer d’un même pas s’il veut dépasser un jour le stade du discours, n’en finit décidément pas de se faire des crocs en jambes. Après le feuilleton encore inachevé du projet méthanier à la Pointe de Grave, à deux pas du plus important investissement touristique de la presqu’île, voici venir les éoliennes. Et pas n’importe où : au coeur du Médoc le plus emblématique, le plus naturel, le plus conforme à son image la plus séduisante ; c’est-à-dire sur la commune de Naujac-sur-Mer, territoire préservé entre tous.

« Le gaz du Verdon amène avec lui sa dangerosité et ses risques, son image négative et la face mal cachée de ses véritables intentions. L’éolienne, elle, promène encore son visage propret, sa réputation de modernité post-industrielle et son aptitude à fasciner les babas cool. Elle est plus pernicieuse. Pourtant, sachant qu’elle brasse du vent, la méfiance devait être de rigueur.

« On imagine donc d’implanter un champ d’éoliennes à deux kilomètres d’une réserve naturelle, auprès d’une côte aquitaine intacte, admirée par l’Europe entière, au milieu d’un des principaux couloirs de migration d’Europe et à quelques jours de la mise en place d’un Parc naturel régional en Médoc. Superbe paradoxe ! Et l’on va jusqu’à tenter de nous faire croire que cet équipement va générer une activité touristique. Alors qu’il est interdit d’en mettre sur un site classé. Vous connaissez quelqu’un qui soit allé visiter des éoliennes ? Il irait contempler les cuves de gaz dans la foulée…

« Ayant participé à maintes réunions sous l’égide du Grenelle de l’environnement, je ne suis pas trop mal placé pour dire que les pouvoirs publics sont en train d’ouvrir les yeux sur la réalité du phénomène éoliennes, son utilité, son coût, son impact local. Des centaines d’éoliennes sur un site off shore peuvent peut-être se justifier, pas du tout une poignée de moulins à vent jetée au petit bonheur des appétits communaux.

« L’identité réelle du pays ».

« De grâce, cessons de nous torturer l’esprit pour faire du Médoc autre chose que ce qu’il est. Que penserions-nous de château Latour s’il arrachait sa vigne pour planter des pommes de terre ? Lire la suite

Agriculture. C’est l’avenir du bio

LaDepeche.fr, le 24 octobre 2008

Agriculture. C’est l’avenir du bio

Publi-information. Le bio arrive en masse dans les rayons des supermarchés et sur les étals des marchés. Beaucoup d’agriculteurs changent leur façon de travailler.

Les agriculteurs se convertissant à l’agriculture biologique ont été très nombreux depuis plusieurs années. Le travail aux champs en a été modifié. Les rayons des supermarchés se mettent au bio.

Le célèbre logo AB, caractéristique des produits mbio, se remarque de plus en plus dans les cabas des consommateurs et dans les rayons de nos magasins. « Le bio n’est plus une mode, c’est une nécessité », assure Cédric, 30 ans, croisé dans les allées de ce supermarché spécialisé en produits biologiques dans la banlieue de Toulouse. « S’il y avait un côté snob auparavant à consommer du bio, ce n’est plus le cas, explique le jeune homme. Il va bien falloir se rendre compte que continuer à exploiter la nature comme nous le faisions jusqu’à maintenant ce n’est plus possible. Sans compter les problèmes de santé dus aux pesticides ». C’est le sentiment qui ressort lorsqu’on interroge les consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le bio, même si le prix reste en moyenne 30 % plus élevé que le traditionnel.

Il faut dire que la quantité ne suit pas la demande en France. Fin 2007, seulement 12000 exploitations agricoles étaient engagées dans la production biologique avec environ 557000 ha, soit 2 % de la surface agricole utilisée (SAU) nationale. Toujours l’an dernier, le marché des produits alimentaires issus de l’agriculture biologique était évalué à 1,9 milliard d’euros, soit 1,2 % du marché alimentaire total. Mais ce marché est en augmentation constante.

Dans cette optique, le ministère de l’agriculture vient d’accorder un coup de pouce à la filière avec une enveloppe supplémentaire annuelle de 12 millions d’euros. L’objectif du plan du ministre est que « l’offre française réponde, à horizon 2012, à la demande de nos consommateurs ». Car pour le moment, la France importe des produits bio, notamment d’Europe de l’Est.

Dans le Grand Sud, le nombre d’agriculteurs se convertissant au bio n’a cessé d’augmenter depuis plusieurs années. Les régions Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Aquitaine font d’ailleurs parties des six régions qui comptent le plus d’exploitations agricoles bio. Lire la suite

Les Etats-Unis s’apprêtent à verdir

Eco-Life, Diana Semaska, le 27 octobre 2008

L’Amérique s’apprête à verdir

Spéciale élection américaine – Républicain ou démocrate, l’homme choisi par les Américains pour siéger à la tête de la nation la plus puissante du monde, mettra de toute façon un terme à la politique environnementale inexistante des années Bush

Tous deux le martèlent haut et fort, et ils n’ont pas le choix. Après huit ans de cynisme affiché vis-à-vis des politiques environnementales, les deux futurs préposés à la Maison Blanche ont compris que le réchauffement climatique relevait d’une problématique internationale, à laquelle les Etats-Unis ne pouvaient se permettre de tourner le dos. Que ce soit pour John McCain, prétendant républicain, ou Barack Obama le démocrate, les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont dans le collimateur. Le premier souhaite diminuer celles-ci de 60% par rapport au niveau de 1990 d’ici 2050. Son rival affiche une volonté de les faire fondre de 80%. « Ils sont plus ambitieux que le président sortant, dont le refus de signer le protocole de Kyoto signifiait clairement que pour les Etats-Unis, l’environnement n’était pas du ressort de la politique », explique Olivier Delbard, docteur en études anglo-américaines et professeur à l’ESCP-EAP. Désireux de rattraper ce retard, les deux candidats au pouvoir fédéral se rejoignent sur la nécessité de fixer des normes d’efficacité pour les voitures, le développement des énergies renouvelables et la protection des parcs naturels.

Encore faut-il que le Congrès, « jaloux de l’indépendance américaine, approuve d’une part toutes les idées du président, et d’autre part, accepte de se lier à des traités internationaux« , tempère Bernard Laponche, consultant international en politique énergétique. Un Congrès qui, via ses puissants lobbies pétroliers ou charbonniers, a refusé depuis les années 70 de ratifier une quarantaine de Conventions internationales sur l’environnement, « dont celle sur la biodiversité du Sommet de Rio, en 1992 », précise Olivier Delbard.

Derrière la forêt de belles intentions pointe le vert… du dollar. L’économie du pays reste l’argument majeur pour la création de nouvelles législations. Et le prochain président souhaite avant tout garder une mainmise sur les règles du jeu mondiales, dans l’espoir de toucher du doigt cette « indépendance énergétique, chère aux Américains », Lire la suite

Jancovici : Taxer le carbone… pour éviter le « subprime »

Les Echos, Jean-Marc Jancovici, le 22 octobre 2008

Taxer le carbone… pour éviter le « subprime »

Economistes et élus continuent à raisonner comme si la production dépendait uniquement du capital humain et du travail humain, ce qui revient à croire que les ressources naturelles procèdent de la génération spontanée. A mesure que nous approchons des limites physiques de la planète, les raisonnements prospectifs basés sur cette économie « classique » feront faillite les uns après les autres. Les ressources gratuites étant partout dans l’économie, notre myopie, si nous ne la corrigeons pas, va entraîner un effondrement économique généralisé. Il est ainsi impossible de démontrer formellement que la crise financière actuelle est la conséquence de la hausse du prix des hydrocarbures, mais elle est cohérente avec cette hausse, tout comme l’été 2003 n’est peut-être pas la conséquence du changement climatique, mais c’est un processus cohérent avec ce qui est attendu. Fannie Mae et AIG, victimes du baril ? L’enchaînement serait le suivant : un renchérissement trop rapide de l’énergie entraîne récession et chômage, qui provoquent des défauts de paiement des emprunteurs qui ont emprunté à des banquiers pensant que les insolvables d’aujourd’hui seraient solvables demain grâce à la croissance, qui entraînent à leur tour des faillites en chaîne d’établissements de crédit. Avec un pic de production du pétrole qui se profile pour les cinq à dix ans à venir, tous les détenteurs d’un emprunt immobilier correspondant à l’acquisition d’un pavillon de banlieue vont devenir des débiteurs à risque.

Face à ce constat, c’est la plus orthodoxe logique économique, c’est-à-dire la gestion des ressources rares, qui doit nous conduire à mettre en place un système où les acteurs économiques intègrent la contrainte énergétique à venir en la voyant apparaître progressivement dans les prix. Faute de quoi, personne ne prendra à son niveau les décisions nécessaires à temps, et c’est alors la crise et l’effondrement qui se chargeront de régler le problème. Notre espèce s’adaptera, mais dans la souffrance.

Nous avons eu en France une occasion de nous pencher sur ce problème avec le Grenelle de l’environnement. Hélas, la réponse actuellement proposée par le gouvernement est la plus mauvaise qui soit. Lire la suite

OGM : débat au sein du Conseil de l’UE

Journal de l’environnement, Francesco Martucci, Envirodroit-europe.net pour le JDLE, le 27 octobre 2008

OGM : débat au sein du Conseil de l’UE

Lors de sa réunion des 20 et 21 octobre 2008, le Conseil de l’UE, en sa formation Environnement, a tenu un échange de vues sur les « questions de fond concernant les organismes génétiquement modifiés (OGM) ». Les discussions du Conseil de l’UE se sont articulées autour de trois points : renforcement de l’évaluation environnementale ; prise en compte des critères socio-économiques ; prise en compte de certains territoires sensibles et / ou protégés.

Gouverner

Renforcement de l’évaluation environnementale

Actuellement, l’Agence Européenne de la Sécurité des aliments (AESA) confie aux Etats membres  l’évaluation des risques environnementaux liées à la culture d’OGM. Il en résulte une disparité entre les Etats membres du fait d’une divergence de méthodes. Aussi des Etats membres ont-ils, à la suite de la Commission européenne, appelé de leurs voeux la révision des lignes directrices de l’AESA relatives à l’évaluation environnementale. Il s’agirait de conférer une valeur obligatoire à ces lignes directrices de sorte que les Etats membres soient tenus de les suivre. Il a également été insisté sur la nécessité d’une mise à jour régulière des lignes directrices compte tenu des avancées scientifiques.

De nombreux Etats membres ont saisi l’occasion pour souligner « l’importance de la question des impacts sur les espèces non cibles, des PGM en général y compris des PGM tolérantes à des herbicides ou encore produisant des molécules insecticides ».

Prise en compte des critères socio-économiques

Les critères socio-économiques doivent-ils être pris en compte dans le processus d’autorisation ? Des Etats membres se prononcent en ce sens. Des difficultés apparaissent. En droit, il n’est pas certain que ces critères soient conformes aux obligations de l’OMC Lire la suite

Pesticides et développement cérébral, résidus …

Pesticides et développement cérébral, résidus …

…nos enfants nous accuseront !

De nombreux pesticides pourraient affecter le développement cérébral des foetus et des jeunes enfants

De nombreux pesticides utilisés par les agriculteurs européens pourraient affecter le développement cérébral des fœtus et des jeunes enfants, selon une étude menée par Philippe Granjean, chercheur à Harvard et à l’université du Sud-Danemark, qui invite Bruxelles à en réduire l’usage.

( L’Union Européenne prépare en cette fin d’année un paquet de législations sur les pesticides. Le futur règlement pour la mise sur le marché des pesticides pourrait exclure certaines substances en fonction de leurs propriétés, cancérigène, mutagène, reprotoxique..ou toxique du développement du système nerveux. Pour en savoir plus : http://www.mdrgf.org/news/news271008_Legislation_UE_pesticides.html )

« La toxicité pour le cerveau ne fait pas partie des tests de routine pour les pesticides. Dans la mesure où beaucoup d’entre eux sont toxiques pour le cerveau des insectes, il est très probable qu’ils le soient également pour le cerveau humain« , a déclaré le scientifique, qui a passé en revue près de 200 rapports de recherches sur le sujet.

« Les études expérimentales qui recourent à des modèles complexes suggèrent que les pesticides utilisés actuellement en Europe (…) peuvent s’avérer toxiques pour le développement du système nerveux », écrivent Granjean et deux de ses collègues danois dans le journal Environnemental Health.

« Le cerveau en développement des foetus et des jeunes enfants est beaucoup plus sensible que celui des adultes aux perturbations chimiques », ajoutent-ils, recommandant davantage de tests et de précautions dans la délivrance des autorisations.

Leur étude porte sur les pesticides utilisés dans les 27 Etats membres de l’Union, qui procède actuellement à une réforme de la législation en la matière.

retrouver l’étude originale à l’adresse :

http://www.ehjournal.net/content/7/1/50

Sortie le 5 novembre du film ‘Nos enfants nous accuseront’ : diffusez l’info dans vos réseaux !

Diffusez largement dans vous réseaux l’information sur la sortie du film événement de Jean Paul Jaud le 5 novembre prochain dans les salles de cinéma. Allez le voir nombreux dès la première semaine car la vie d’un film se joue dans les premiers jours de son existence.

Le film :

« …. Dans un petit village français au pied des Cévennes, le maire a décidé de faire face et de réagir en faisant passer la cantine scolaire en bio. Lire la suite

La crise d’une civilisation parasitaire

Dedefensa, le 18 octobre 2008

La crise d’une civilisation parasitaire

18 octobre 2008 — Deux nouvelles parues simultanément éclairent un aspect “marginal” de la crise financière qui, par son ampleur comptable, occupe d’une façon significative une place importante dans cette crise. Le même jour, le Guardian et l’Independent révèlent etrapportent des chiffres de salaires et de bonus des cadres dirigeants financiers respectivement à Wall Street et à la City.

(Nous ne parlons pas de l’aspect “moral” de cette crise. Il doit être expédié de quelques qualificatifs méprisants et dérisoires, cela impliquant le jugement qui va de soi. La crise ne mérite pas plus. On ferait trop d’honneur à cette crise en montant un procès à propos de son aspect “moral” puisque cela impliquerait qu’il y a effectivement la conscience d’un aspect “moral”. Cette conscience n’existe pas. Le vide est de rigueur.)

Ces faits concernent ce que nous avions nommé dans une chronique de defensa de notre Lettre d’Analyse de defensa & eurostratégie (dd&e) du 10 février 2008 (voir plus loin) “les marges de la crise”, – les “parasites de la crise” devenus acteurs principaux de cette crise. Le phénomène tout à fait impressionnant est que ces “marges” occupent une place comptable considérable, capable de déséquilibrer ou d’annihiler selon les circonstances l’effet des aides décidées par les gouvernements respectifs (USA et UK) pour tenter de résoudre la crise. Les textes parlent d’eux-mêmes, ils mettent en lumière la perversion devenue absurdité à laquelle parvient le système. (On observera d’ailleurs que ces “parasites” peuvent aisément être associés à la catégorie des “termites”, par la forme de l’esprit et par l’activité, catégorie par ailleurs identifiée comme la cause principale de la crise générale des USA.)

• Ce matin, le Guardian révèle les données chiffrées des salaires et bonus des cadres dirigeants des principales banques de Wall Street, celles qui vont bénéficier du fameux “plan de sauvetage” Paulson. Le décompte que donne le Guardian porte sur une somme de $70 milliards, soit 10% du volume du plan Paulson. Dans certains cas de banques dont la valeur s’est effondrée, le volume des salaires et bonus des cadres dirigeants est supérieur à la valeur cotée en bourse de la banque, – cas de la JP Morgan la semaine dernière.

«Financial workers at Wall Street’s top banks are to receive pay deals worth more than $70bn (£40bn), a substantial proportion of which is expected to be paid in discretionary bonuses, for their work so far this year – despite plunging the global financial system into its worst crisis since the 1929 stock market crash, the Guardian has learned. Lire la suite

Foie gras : contestation à Arcachon le 30 octobre

Notre-planète.info, marjo, le 28 octobre 2008

Foie gras : contestation à Arcachon le 30 octobre

Recherches d’alternatives au gavage : la France aux abonnés absents

À Arcachon, le 30 octobre, une délégation de Stop Gavage rappellera les engagements européens de la France

Les 30 et 31 octobre 2008 se tiendront à Arcachon les 8e Journées de la Recherche sur les Palmipèdes à Foie Gras, organisées conjointement par l’INRA, le CIFOG (l’interprofession du foie gras) et d’autres partenaires.

À cette occasion, Stop Gavage [www.stopgavage.com] (L214 [www.l214.com]) soulèvera de nouveau la question de l’indépendance et des financements de la recherche publique. Nous avons déjà révélé les biais des recherches menées à l’INRA [www.stopgavage.com] (1), financées et utilisées par les producteurs de foie gras pour tenter de faire oublier le rapport scientifique européen [www.stopgavage.com] (2) qui démontrait la nocivité du gavage pour la santé des oiseaux.

Nous constatons aujourd’hui que la recherche publique, à l’image de la filière, continue d’ignorer toute étude d’alternatives au gavage, contrairement aux engagements pris par la France [www.stopgavage.com] (3) auprès du Conseil de l’Europe.

Une délégation de Stop Gavage (L214) sera présente place Thiers à Arcachon de 10h à 14h.

Le programme des 8e Journées de la Recherche sur les Palmipèdes à Foie Gras [www.journees-de-la-recherche-avicole.org] (4) laisse perplexe. Il y est seulement question de rentabilité et d’amélioration des “performances”. Passées sous silence, les blessures, les maladies et les morts provoquées par le gavage et la détention en cage sauf dans la mesure où ces problèmes affectent la rentabilité.

Il apparaît que les recommandations européennes – qui demandent clairement [www.stopgavage.com] la recherche d’alternatives – et nos discussions avec l’INRA sont restées lettres mortes.

En 2007, la direction scientifique de l’INRA avait en effet annoncé [www.stopgavage.com] (5) qu’elle allait organiser une réflexion interne pour étudier les éventuelles recherches qui pourraient être entreprises dans des domaines qui n’avaient pas ou peu été étudiés (mortalité et pathologies provoquées par le gavage, alternatives au gavage, etc.). À notre connaissance, aucune disposition dans ce sens n’a été prise à ce jour.

Lorsque nous pointons du doigt les souffrances que vivent les animaux dans les élevages ou les abattoirs, il nous est rétorqué que notre position ne sera prise en compte que sur des bases scientifiques. Lire la suite

Bayonne 31 oct au 2 nov, Lurrama : La ferme Pays Basque

Lurrama : La ferme Pays Basque

Lurrama a lieu à Bayonne les 31 octobre 1 et 2 novembre.

En favorisant l’échange entre citadins et ruraux et en provoquant la rencontre sincère des consommateurs et des producteurs, le salon Lurrama a pour objectif une véritable sensibilisation à l’importance d’une agriculture de qualité, avec des modes de production soucieux du bien être des bêtes, des paysans, des consommateurs et des générations futures.

L’agriculture n’est pas uniquement l’affaire des initiés. Le citoyen veut et doit être informé des enjeux de l’agriculture, qui touchent directement son mode de vie. A Lurrama l’agriculture se discute et s’explique, car c’est dans le débat et l’information que nous nous responsabilisons.

Ainsi, tables rondes, débats, prises de paroles par les éleveurs et producteurs, films, expositions, démonstrations, ateliers ponctuent l’ensemble du salon pour favoriser un véritable échange entre producteurs et consommateurs.

Vendredi 31 octobre de 15h à 17h à la Librairie Elkar, table-ronde : « Les carburants d’origine végétale : intérêts et limites de cette solution énergétique ».

Avec Frédéric PERRIN de l’ Institut Français des Huiles Végétales Pures, Prisca Boitea Di Marco de Euskal Herriko Laborantza Ganbara, et Oscar Burguera d’ItsasMendikoi dans le cadre du projet « Eguzki berdea ».

Samedi 1er novembre 11H00 Table ronde : « L’agriculture bio de demain : enjeux de la nouvelle règlementation européenne de 2009 »

Présentation générale du contexte européen. Présentation de la démarche entreprise entre BLE et Ekonekazaritza pour étudier la faisabilité de la création d’un identifiant Bio « Euskal Herria »

Samedi 1er novembre de 17h à 19h à l’amphithéâtre de la nouvelle faculté : « Nourrir le monde avec les agricultures paysannes ». Conférence menée par Marc Dufumier, chercheur agronome à l’INA Paris-Vrignon.

Professeur d’agriculture comparée et développement agricole à l’Institut National Agronomique Paris-Grignon (INA-PG), Marc Dufumier est membre du conseil d’administration de l’Institut de Recherches et d’Applications des Méthodes de développement (IRAM). Il réalise chaque année des missions d’expert en appui à la conception, la formulation, la gestion, le suivi et l’évaluation, de politiques, programmes et projets de développement agricole et rural, dans diverses régions du « Sud «  : Asie du Sud-Est, Amérique latine, Afrique subsaharienne, etc. Il est notamment l’auteur de l’ouvrage « Projets de développement agricole. Manuel d’expertise » et de « Agricultures et paysanneries des Tiers mondes ».

Un espace ludique et pédagogique est spécialement dédié aux enfants.

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José Bové condamné à 200 jours amendes soit 12 000 €

Aqui.fr, Nicolas César, 23 octobre 2008

José Bové : « Ce jugement du tribunal de Bordeaux sur cette action contre les OGM traduit l’indépendance de la justice »

Ce 22 octobre, le tribunal correctionnel de Bordeaux rendait sa décision concernant une action anti-OGM, menée en 2006 par José Bové et 150 « faucheurs volontaires » dans une exploitation agricole à Lugos en Gironde. Un délibéré très attendu, car, cette fois, José Bové n’était pas seulement sur le banc des accusés, mais aussi celui des victimes. En effet, l’agriculteur, propriétaire de ces champs OGM, n’avait pas hésité, dans un mouvement de colère, à tirer, avec son fusil de chasse sur les faucheurs, sans blesser personne fort heureusement. Mais, alors que le réquisitoire du procureur était très sévère, allant jusqu’à demander la privation des droits civiques, José Bové a été condamné à « seulement » 200 jours-amende à 60 euros, soit 12.000 euros.

« C’est un jugement qui traduit l’indépendance de la magistrature. Le procureur avait requis contre moi huit mois fermes et même une privation des droits civiques« , rappelle José Bové, candidat aux élections européennes de l’an prochain. Aujourd’hui, le tribunal correctionnel de Bordeaux ne l’a condamné « qu’à » 200 jours-amende à 60 euros, soit 12.000 euros. Dans le même temps, l’agriculteur, Marc Giblet, propriétaire du champ « fauché, qui avait tiré, avec son fusil, sur les militants écologistes, a été condamné à 160 jours d’amende à 60 euros, soit 9.600 euros pour « violences volontaires avec armes ».

Une « victoire » pour les faucheurs volontaires

« Le motif de légitime défense n’a donc pas été retenu. Ce jugement montre que les magistrats ne veulent plus être instrumentalisés par le ministère de la justice. Les juges n’ont pas voulu entrer dans une logique de répression » Lire la suite

« Zones de rencontres » : les centre-villes à 20 km/h

Le Figaro, Angélique Négroni, le 28 octobre 2008

Les « zones de rencontres » préfigurent les centre-villes à 20 km/heure

SÉCURITÉ ROUTIÈRE Les piétons pourront marcher au beau milieu des voitures. Saint-Malo, Metz et Strasbourg sont intéressées.

CE POURRAIT être le nom d’un nouveau site pour célibataires à la recherche de l’âme sœur. On en est loin… « Zone de rencontre » désigne un nouveau concept de circulation adopté par la France et qui, par un décret du 30 juillet dernier, a rejoint le Code de la route.

Pour comprendre ce qui pourrait se passer, il suffit d’imaginer une place ou encore une rue où le piéton sera roi. Fini pour lui les accès limités aux trottoirs et aux passages piétons qui disparaîtront. Dans cette espèce de loft urbain où l’espace sera décloisonné pour le passant, ce dernier pourra se balader sur la chaussée au milieu des voitures, marcher aussi dans les couloirs de bus ou de taxis et être à chaque fois prioritaire. Quant aux vélos, ils pourront rouler à contresens de la circulation dès qu’on les y autorisera !

La contrepartie de cette joyeuse confusion organisée : la vitesse devra obligatoirement être limitée à 20 km/h et des aménagements particuliers – comme des bandes rugueuses au sol ou des revêtements de couleurs différentes – aideront l’automobiliste à lever le pied. « Le respect de la vitesse, c’est la règle d’or pour que ça marche. Dès qu’elle est baissée d’un kilomètre par heure, le nombre d’accidents chute de 4 % », rappelle Benoît Hiron, chef du groupe sécurité des déplacements et usagers au Certu (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme).

L’objectif d’un tel aménagement : parvenir à une certaine mixité entre les usagers et améliorer leur sécurité. Pure folie ? Dès les prochains jours, une fois l’arrêté publié, les maires pourront s’emparer de ce nouveau concept qui a déjà séduit la Suisse depuis plusieurs années. Des centaines de zones de rencontre émaillent le paysage urbain helvétique.

« Quasiment pas d’accidents »

L’une d’elles ne passe pas inaperçue puisqu’elle est située devant la gare de Genève. Avec les 100 000 usagers qui rejoignent chaque jour les trains, le pari était audacieux. Et pourtant… « Il n’y a quasiment pas d’accidents. Au début, les bus et les taxis ont eu un peu de mal à s’y faire et il a fallu recourir à quelques aménagements pour les obliger à respecter la vitesse », Lire la suite

Les planteurs volontaires bloquent le chantier de l’A65

Communiqué de presse ARLP, Bostens (Landes), le 28 octobre 2008

« Les planteurs volontaires bloquent le chantier de l’A65 »

Suivant les consignes du Conseil Régional d’Aquitaine, les Planteurs Volontaires occupent le site des 9 fontaines à Bostens, dans les Landes, situé sur le tracé de l’autoroute A65. Ce lieu classé Natura 2000, sur lequel vivent plusieurs espèces protégées, est bénévolement entretenu depuis plusieurs années par les bostensois, qui y font concilier, sans grande déclaration sur le « développement durable », respect de la nature et présence des hommes.

Les Planteurs Volontaires demandent à Alain Rousset, Président de la région, de venir symboliquement y couper le premier arbre, en signe de son engagement résolu à voir se réaliser le projet d’autoroute A65. Il a en effet acté la destruction de ce site en étant depuis plusieurs années, et contre toute logique écologique et économique, le principal promoteur de ce dinosaure autoroutier.

Dans l’attente de sa venue, les Planteurs Volontaires appellent tous les citoyens attachés à la protection de leurs milieux naturels et opposés à ce projet absurde à les rejoindre sur le site des 9 fontaines. Lire la suite

Fin d’extraction de granulats dans l’estuaire de la Gironde ?

Sud-Ouest, Nancy Ladde, le 28 Octobre 2008

ENVIRONNEMENT. L’extraction de granulats pourrait à terme être totalement interdite sur l’estuaire de la Gironde, au grand dam des professionnels du secteur

Des granulats dans l’air

«La profession ne comprend pas vraiment pourquoi l’État interdirait l’extraction de granulats dans l’estuaire », remarque Frédéric Dudilot, secrétaire général Aquitaine de l’Union nationale des industries de carrière et matériaux de construction (Unicem). Or, une décision d’interdiction d’extraction des granulats sur l’estuaire a été prise lors d’une réunion de travail sur le projet de Schéma directeur de gestion et d’aménagement des eaux (SAGE) qui prévaudra de 2010 à 2015 (lire aussi en page 2-2). « La profession est prête à réfléchir, mais nous n’avons pas de nouvelles du groupe de travail depuis décembre dernier », regrette Frédéric Dudilot. Depuis quatre ans, maintenant, il n’y a plus aucune carrière de sable et de gravier installé le long de l’estuaire. « Les autorisations ne sont plus délivrées par le préfet », explique le secrétaire général de l’Unicem. « La seule chose que nous ayons sur ce dossier est un refus d’autorisation en date de février 2007 », confirme-t-on à la préfecture de Bordeaux.

Études d’impact.

À l’époque, la société des Graviers de Saintonge souhaitait s’installer à Saint-Ciers-sur-Gironde pour y ouvrir une extraction de granulats. « Nous avons fait de très nombreuses et très sérieuses études d’impact. Elles n’ont pas révélé de menace majeure sur l’environnement », argumente Frédéric Dudilot. Pourtant, selon la préfecture, cette exploitation a été interdite en raison « du risque qu’elle pourrait faire peser sur la sauvegarde de l’espèce de l’esturgeon européen ». Selon l’Unicem, les raisons de l’interdiction restent « floues et basées sur le principe de précaution ». « Nous avons un impact maîtrisé en terme de bruit et de poussière et, sur l’estuaire, l’impact du transport est réduit puisqu’il se fera par bateau », poursuit Frédéric Dudilot.

Pour le collectif de l’Estuaire, créé en 2000, les risques sont pourtant nombreux. « Cela peut déstabiliser les rives, modifier les courants et réactiver la pollution au cadmium », relève Alain Cotten, président du Conservatoire de l’estuaire de la Gironde à Blaye et membre du collectif. Lire la suite

Jadins d’aujourd’ui : cours de jardinage au jardin botanique

Sud-ouest, Isabelle Castéra, le 27 Octobre 2008

JARDIN BOTANIQUE. Tous les quinze jours, Émeric Delanchy enseigne le jardinage aux amoureux des plantes. Rencontre

La passion du jardin

Tout seul. Il pleuvait ce soir-là du côté de la rive droite. Une pluie d’automne, molle et collante. Et pourtant, Émeric Delanchy souriait dans son jardin. « Ils n’aiment pas la pluie mes élèves », lâche-t-il un peu déçu. Au sein du Jardin botanique, l’association Les Jardins d’aujourd’hui a créé un petit îlot pédagogique pour les amateurs de plantes.

Tous les quinze jours, Émeric Delanchy, jardinier animateur et passionné, dispense des cours qui évoluent au rythme des saisons. En ce moment, il s’agit de planter des bulbes en jardin et jardinières, des bulbes à fleurs et comestibles.

L’association, qui compte une cinquantaine d’adhérents, propose une initiation à un jardinage écolo. On y apprend à faire son compost et à utiliser un minimum, voire pas du tout, d’engrais chimiques.

Élevage de vers.

« J’enseigne à des personnes d’une cinquantaine d’années, des jeunes retraités mais aussi des jeunes couples qui viennent d’acquérir une maison avec un bout de terrain. Ils ont envie de se faire un potager. On trouve ce cas de figure de plus en plus », note Émeric. « Je me contente de transmettre mon savoir et ma passion. Je suis fou des plantes et des animaux. »

Émeric Delanchy, toujours au sein du Jardin botanique, assure un élevage de vers Eisenia. Dans le cadre des animations du Jardin, il enseigne à des scolaires le vermicompostage à base d’Eisenia. Des soirées Théma sont également organisées autour de ce thème, car le vermicompost se révèle être un stimulant de la végétation, en plus d’être écologique. « Grâce à Eisenia, on recycle le tiers des déchets d’un ménage. Réaliser un élevage est à la portée de tout le monde et on peut fabriquer son propre compost », ajoute le jardinier.

En attendant, il papote et la pluie continue à tomber. Les amateurs de jardinage ne sont pas venus au rendez-vous de ce mardi. Ils pourront se rattraper le Lire la suite

Semeurs volontaires avec Kokopelli à Bègles

Sud-Ouest, Gilles Guitton, le 24 Octobre 2008

BÈGLES. Semailles militantes hier dans le « jardin partagé » de la commune de Noël Mamère. Au nom de la défense de la bio-diversité, contre les OGM

Semeurs volontaires

En principe, c’est José Bové qui a lancé l’idée des « semeurs volontaires », comme version « positive » et pacifique de l’action des faucheurs volontaires. Mais hier, bien qu’annoncé de longue date, le porte-parole de Via campesina n’était pas à Bègles pour saluer « la première commune donnant une réalité à ce mouvement », selon la formule de Noël Mamère, maire de la ville. « Problème d’agenda », a-t-on expliqué.

Le député des Verts n’était cependant pas seul au moment de lâcher des graines de… soucis, dans les plates-bandes potagères du « jardin partagé » que la ville inaugurait ainsi. Nombre de militants anti-OGM avaient fait le déplacement, ainsi que des Béglais, Gilles Clément, paysagiste « jardinier » de renom international, Raoul Jacquin, porte-parole de l’association de défense des semences fermières Kokopelli, ou Angela Mallaroni, coordinatrice de l’agriculture bio en Aquitaine.

L’Amazonie et Bègles.

Naturellement, tout est bio dans cette histoire. C’est une question de « résistance » puisque Kokopelli a été condamnée récemment pour diffusion de semences interdites. Pas de plants hallucinogènes, mais de variétés non homologuées à un catalogue officiel des semences dont chacun a dit hier qu’il était dicté « par les intérêts des grands groupes semenciers ». Les mêmes qui développent les OGM dénoncés sur les t-shirts.

Gilles Clément, qui a notamment conçu le jardin du parc André Citroën à Paris, a signalé qu’il a aussi réalisé à Melle (Deux-Sèvres) un « jardin d’orties dont on tire un excellent purin », en réaction à la loi qui a placé hors-la-loi cette vieille recette potagère artisanale.

Noël Mamère, réfutant pour cette fois l’idée de désobéissance citoyenne en la matière, a expliqué que si la défense de la bio-diversité passe par les forêts primaires d’Amazonie ou d’Afrique, « il faut se battre ici, chez nous, là où nous vivons ».

Blé rouge.

Donc à coups de radis, l’emblème de Bègles, entre autres armes potagères. « C’est le sens de notre jardin partagé, que nous inaugurons ainsi, où les Béglais peuvent venir à leur guise cueillir des fleurs des champs, et où nous avons planté des arbres fruitiers qu’ils pourront récolter. L’écologie, c’est aussi la convivialité, une façon de vivre ensemble. » Lire la suite

Kosciusko-Morizet : Ecologie-économie, même combat

Ecologie-économie, même combat

Le Monde, Point de vue Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat à l’écologie, secrétaire nationale de l’UMP, le 24 octobre 2008

L’horizon de nos sociétés et celui de l’écologie sont longs. Or, cette crise, qui nous dévore, risque de nous rendre aveugles, si nous ne parvenons pas à sortir des enchaînements de court terme dans lesquels les financiers nous ont égarés. Les urgences ne doivent rien effacer.

Cette crise est le résultat de l’action de tous ceux qui ont couru après des gains excessifs, qui n’ont eu de cesse de proclamer la recherche de rendements excessifs. Il fallait gagner, amasser le plus vite possible, au meilleur prix… Il va falloir changer les horloges. Retrouver une conjugaison nouvelle entre justice sociale et progrès. Nous poser la question des équilibres indispensables à notre survie. C’est le moment de nous projeter vers le futur. De l’imaginer. De le construire.

L’actualité a bousculé tous les calendriers. Il faut donc se tenir à distance du bruit et de la fureur, et bien regarder, dans le labyrinthe des prochains mois, le chemin à parcourir. Avec le Grenelle de l’environnement, le président de la République a inscrit pour longtemps une méthode et des résultats inattendus. Aucun gouvernement n’a jamais engagé une révolution écologique aussi profonde et tranquille. Ce projet peut-il être interrompu ? La loi, qui vient d’être votée en première lecture à l’Assemblée nationale, révèle trop d’enjeux et illustre trop de débats pour qu’il puisse être mis fin à ce travail. Le président de la République a toujours tenu le cap.

Mais c’est l’instant de tous les dangers. Nombreux sont encore ceux qui seraient prêts à tout remettre en cause. J’entends déjà les colporteurs de vieilles lunes qui se poussent du col : Comment imaginer mettre 1 liard sur un avenir dont on ne sait rien ? Pourquoi entretenir ces peurs dont la réalité est si controversée ? Faisons confiance aux ressorts du bon vieux progrès technique ! Ceux-là imaginent que les écologistes ne sont que des bobos et que ces politiques ne valent que par grand beau temps. Erreur.

D’abord, il y a deux ou trois choses qu’il ne faut pas oublier. Dans ces moments d’affolement, ceux qui de l’accessoire ont voulu faire le principal nous pousseraient bien à commettre un deuxième péché de vanité en écartant l’essentiel : l’éthique de nos comportements. L’écologie contient en elle-même une dimension éthique non contestable, elle proclame l’urgence climatique et environnementale qui sont autant d’exigences et de nécessités politiques de nos sociétés contemporaines.

Fort de ce constat d’évidence, désormais, le Grenelle ajoute une tout autre dimension en additionnant économie et écologie. Nous ne sommes plus dans les années 1980 : l’écologie n’est plus cette imprécation marginale, la croissance verte n’est pas un slogan… Nous avons changé de monde.

Nous faisons le pari d’une économie nouvelle qui sait que l’environnement est un investissement, Lire la suite

Scot des Lacs médocains, réaction de Vive la forêt

Sud-Ouest, le 24 Octobre 2008

VIVE LA FORÊT. L’association de défense de l’environnement réagit au projet de Scot des Lacs médocains

L’explosion urbanistique des bourgs redoutée

Vive la forêt, association agréée pour la protection de l’environnement, regrette de ne pas avoir pu participer aux travaux du Scot des Lacs médocains comme la loi le permet aux associations. Vendredi dernier, en réunion publique, la CdC des Lacs médocains a présenté le Document d’orientations générales (DOG) de son Scot (notre édition du mercredi 22 octobre). Aujourd’hui, Dominique Gisson, présidente de Vive la forêt, réagit au contenu de ce DOG.

Extraits du communiqué de VLF.

« Une importante extension des bourgs de Lacanau, Carcans et Hourtin est envisagée. Si VLF a toujours été favorable à la revitalisation des bourgs, elle craint, dans sa première approche du DOG, que l’on assiste plutôt à une explosion de ces bourgs ! VLF s’étonne par exemple que sur Lacanau, on envisage l’urbanisation à l’intérieur du futur contournement. Pourquoi, s’interroge-t-elle, avoir reclassé en 2007, à Lacanau-bourg, zone à caractère d’habitat individuel qui constitue l’extension naturelle du bourg, en zone destinée à accueillir une grande surface commerciale ? »

« Certes, le Scot évoque nombre de textes de protections applicables aux communes des lacs médocains. On ne peut que s’en réjouir. Mais lorsqu’on regarde de plus près les documents graphiques, on constate que les projets ne prennent pas toujours en compte les lois citées comme incontournables… Ces supports graphiques exposent des grands principes d’aménagement qui doivent trouver leur prolongement dans les documents d’urbanisme locaux », nous dit-on…

« De gros ronds figurent des urbanisations sur des sites particulièrement sensibles Lire la suite

Permettre à un territoire et à sa population de se nourrir

Blog Ventenac Equitable, 12 octobre 2008

« Permettre à un territoire et à sa population d’être capables de se nourrir: Une question d’ordre public. » (Stéphane Linou)

« Dans l’Aude, à Castelnaudary, j’ai entamé dès le 9 Septembre 2008, une expérience : celle de me nourrir exclusivement, durant une année, de produits ayant poussé à moins de 150 km de chez moi et en faisant mon possible pour consommer le maximum dans un rayon de 15 km…

Nous vivons avec une épée de Damoclès : celle de la raréfaction et de l’augmentation du prix du pétrole. Notre nourriture dépend de lui pour sa production comme pour son acheminement. Dans ce contexte, que se passe-t-il si l’on enlève à nos sociétés cet élément déterminant ? » 

 Nous saluons, ici, l’initiative  de Stéphane Linou car elle se passe dans notre Département! et elle pose de bonnes questions :

« J’ai souhaité constituer, pour me suivre, une équipe qui pourra répondre aux questions qu’une multitude de personnes m’ont posées:

Devient-on malade en mangeant local ? Un Médecin suivra mon état général trimestriellement.

Mange-t-on toujours la même chose, avons-nous des repas déséquilibrés et nous exposons-nous à des carences nutritionnelles en mangeant local ? Une Diététicienne donnera ses avis sur la qualité nutritionnelle et la composition des repas…

– Est-on obligé d’aller voir son banquier et de contracter un prêt, se priver d’autre chose ou manger quantitativement moins si l’on veut manger local ? Lire la suite

Transports de la CUB : Keolis préféré à Véolia

Sud Ouest, le jeudi 23 octobre 2008

Keolis préféré à Véolia pour les transports de la CUB

Le président de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), Vincent Feltesse, a retenu l’offre de l’opérateur Keolis en vue de l’attribution, pour 2009-2013, de la délégation du service publique des transports détenue depuis 2001 par Véolia Transport, a indiqué la CUB jeudi.

M. Feltesse « a choisi de retenir l’offre de Keolis pour la délégation du service public des transports et a présenté cette décision aux membres du Bureau », a indiqué la CUB dans un communiqué.  

« Il soumettra ce choix à l’approbation du Conseil de Communauté de novembre », précise le communiqué.

La délégation de service public sera conclue, à partir du 1er janvier 2009, pour la période 2009-2013 et représente pour l’agglomération une dépense de l’ordre de 750 millions d’euros pour ces cinq ans, a précisé la CUB.

Keolis était en concurrence avec Véolia Transport, actuel titulaire du marché.

« En masses financières, le différentiel entre les deux propositions est très faible », souligne le communiqué de la CUB. « En 2013, Keolis table globalement sur 66,8 millions d’euros de recettes et une contribution de la CUB s’élevant à quelque 150 millions d’euros (83,2 millions d’euros restant donc à la charge de la CUB) », selon la CUB.

Keolis, qui se présente comme le premier opérateur public de transport public de voyageur, est une filiale d’Axa Private Equity, la Caisse de dépôt et placement du Québec et la SNCF.

Retrouvez plus d’informations dès demain dans votre édition locale de Sud Ouest.

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 24 Octobre 2008

TRANSPORTS À BORDEAUX. La décision formelle sera prise le 28 novembre en conseil de CUB. Mais il y a consensus chez les élus pour changer d’opérateur

Keolis les a bluffés

La réunion du bureau des élus de la communauté urbaine a duré plus de deux heures. Elle fut, de l’avis de nombreux observateurs, calme et sereine. Et pourtant c’est bien un coup de tonnerre qui s’annonce à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB).

Appelés à trancher hier soir sur les deux dossiers qui leur étaient soumis pour assumer le pilotage du tram et du bus début 2009, les élus se sont prononcés en faveur de la proposition de Keolis, le challenger de Véolia transport dans cette affaire. Le bureau des élus de la CUB n’est pas un organe délibérant mais rarement, voire jamais, un tel consensus a conduit à un vote contraire en séance plénière. Tout le monde l’a bien compris.

Audace.

C’est apparemment l’audace contenue dans la proposition de la filiale de la SNCF qui semble séduire les élus. Keolis propose en effet 17 % d’offres de services supplémentaires, pour un coût final pour la communauté urbaine finalement assez voisin du solde financier de la proposition de Veolia Transport. Lire la suite

Les motions PS passées au crible du Pôle écologique du PS

Le blog du Monde sur le PS, Jean-Michel Normand, le 23 octobre 2008

Les motions passées au crible du Pôle écologique

Médiatiquement réduits à la portion congrue, les animateurs du Pôle écologique ne s’en activent pas moins. Ces derniers jours, ils ont pris plusieurs initiatives. Satisfaits de voir le groupe PS voter la loi sur le Grenelle de l’environnement, les six députés que compte la motion B (Christophe Caresche, Pascal Deguilhem, Geneviève Gaillard, Jean Launay, Philippe Plisson, Philippe Tourtelier) ont déposé un amendement au projet de budget destiné à créer « une taxe carbone » dès 2009 sur les consommations d’énergie. Jeudi 23 octobre, le Pôle a aussi organisé un colloque sur le thème « Crise financière, crise sociale, crise écologique : Quelles leçons ? » à l’Assemblée.

Les écolo-socialistes ont également conçu un argumentaire dans lequel ils passent au crible le contenu « écologique » des autres motions. S’ils considèrent que la plupart de ces textes « sont en amélioration par rapport aux contributions », ils estiment que « leur contenu montre qu’il reste un écart non négligeable avec » leur propre motion. L’objectif visant à « faire de la lutte contre l’urgence sociale et écologique un élément majeur de cohérence de nos propositions et de réorientation de notre stratégie politique, (…) ne figure dans aucune autre motion » font-ils remarquer.

Extraits choisis :

Motion A (Delanoë). Le Pôle se dit « décu ». Pour ce texte « il ne s’agit non pas d’utiliser le développement durable comme levier du progrès, comme nous le proposons, mais de « construire une pensée cohérente et lisible sur la connaissance sur l’innovation (…) dans le respect des exigences du développement durable ».

Motion B (Hamon). Ce texte « ne cite ni le principe de précaution, ni la priorité de diminution des ressources non renouvelables, ni les choix opérés en matière de politique énergétique et de filière nucléaire, en dehors de la constitution d’un pôle public de l’énergie ».

Motion C (Aubry). « Rien n’est indiqué sur la nécessité d’un nouveau mode de consommation, avec des produits durables et recyclables. Sur le nucléaire, il est affirmé que « le renouvellement du parc doit se faire », « en réduisant sa part dans la production d’électricité ». Mais la question de l’EPR n’est pas traitée ».

Motion E (Collomb-Royal). « L’urgence écologique fait l’objet d’un chapitre, mais sans lien établi avec l’urgence sociale. l’impact d’un nouveau modèle de développement n’est pas abordé, par exemple sur la vie chère ».

Motion F (Utopia). « Outre la démarche générale fondée d’abord sur l’utopie plutôt que sur des propositions concrètes et réalisables, la vraie différence sur le fond avec notre motion repose sur l’absence de la priorité à l’urgence sociale, qui doit pour nous être mise sur le même plan que l’urgence écologique». Lire la suite

Le fossé entre les riches et les pauvres s’est creusé

OCDE, octobre 2008

Croissance et inégalités. L’évolution de la pauvreté et des revenus ces 20 dernières années : nouvelles données.

Le fossé entre les riches et les pauvres s’est creusé dans la plupart des pays de l’OCDE ces 2 dernières décennies. Davantage d’individus risquent d’être marginalisés dans une économie mondiale en constante mutation. Mais la tendance à plus d’inégalités n’est pas inévitable : les gouvernements peuvent réduire la fracture en prenant des mesures efficaces qui, très souvent, ne nécessiteront pas d’alourdir les dépenses sociales.

Accéder à l’étude (10 pages) Croissance et inégalités. L’évolution de la pauvreté et des revenus ces 20 dernières années : nouvelles données

Check-up complet pour la passerelle Eiffel Saint Jean à Bx

Sud-Ouest, Jean-Paul Vigneaud, le 23 Octobre 2008

PASSERELLE SAINT-JEAN. Des études d’un coût total de 300 000 euros vont être réalisées pour voir si la conservation de l’ouvrage est techniquement possible

Un diagnostic vital Le vrai berceau d’Eiffel ?

La passerelle Saint-Jean n’a pas encore sauvé sa peau. Même si certains le pensent en continuant de faire germer des projets d’aménagement (lire notre édition d’hier), la question n’est toujours pas réglée.

L’inscription pour un classement de l’ouvrage au titre des monuments historiques (accordée le 26 juin dernier à la suite d’une intervention urgente d’Alain Juppé) n’est vraiment qu’un sursis. Avant d’aller plus loin, il faut démontrer que la passerelle peut supporter une restauration. « Nous devons absolument vérifier si la conservation de l’ouvrage est techniquement possible. Si ce n’est pas le cas, rien ne pourra se faire », résume Alain Rieu, conservateur régional des Monuments historiques.

Mise en sécurité.

Cette phase de contrôle est engagée. Réseau Ferré de France qui demeure propriétaire de la passerelle s’est d’ores et déjà chargé de la sécuriser. Avec barriérage et autre clôture de façon à ce qu’elle reste en état. Qu’elle ne soit pas dégradée par des vandales, par exemple. D’où une surveillance régulière.

De son côté, la direction régionale des affaires culturelles (Drac) a pris en main la maîtrise d’oeuvre des études indispensables. Ce qui n’est pas rien. Lire la suite

Marsas : l’ortie fait découvrir les plantes sauvages comestibles

Sud-Ouest, Françoise Chouvac, le 23 Octobre 2008

MARSAS. L’association L’Ortie a organisé au domaine de La Bernade un week-end sur le thème des plantes sauvages

Deux jours au vert

Samedi et dimanche dernier, René et Marie-France Gallet recevaient dans leur réserve de la Bernarde, à Marsas, un groupe de 18 personnes venus des confins du département en passant par l’Oise, dans le cadre des week-ends organisés par l’association L’Ortie, sur le thème « Découverte des plantes sauvages comestibles et médicinales ».

Cette association a été créée en mai 1998 avec pour objectifs de proposer un autre regard sur l’environnement, par une approche écologique, par l’étude des ressources naturelles des écosystèmes et de leur biodiversité. L’Ortie sensibilise un large public aux problèmes environnementaux, tels que la disparition de la biodiversité, la pollution de l’eau, des sols et de l’air ; des pollutions souvent dues à une méconnaissance des bases de l’écologie. Autre objectif de l’association : faire se rencontrer des personnes de divers horizons et permettre un échange des savoirs.

Une terre en bonne santé.

Des idées que soutient pleinement le maître de lieux de la Bernade, René Gallet, et qu’il met en œuvre et applique avec acharnement depuis de nombreuses années. Il a donc tout de suite été d’accord pour que son domaine soit le lieu de ce stage.

L’animateur de ces deux jours était Gérard Ducerf, botaniste, conseiller en agrobiologie, et auteur de « L’Encyclopédie des plantes bio médicinales ». Cet excellent pédagogue a consacré la matinée à la théorie : ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour avoir une terre en bonne santé ; comment structurer les sols pour assurer une production à haute valeur nutritive et durable.

L’après-midi, ce fut sur le terrain que se continua le stage, autour des plantes rares et exceptionnelles que l’on trouve sur la propriété des hôtes marsacais.

« Je suis satisfait de la réussite de ces deux journées grâce au talent de l’animateur, et au temps clément et ensoleillé, témoignait René Gallet. Et je suis heureux aussi de constater que des jeunes s’intéressent aux problèmes de la biodiversité, car ce sont eux qui apporteront les solutions. » Lire la suite

Pas de vents dans l’Entre-Deux-Mers ?

Sud-Ouest, Pierre Lascourrèges, le 23 Octobre 2008

MOURENS. Faut-il installer des éoliennes en Entre-deux-Mers ? La société Abowind dresse un mât pour faire une mesure des vents en altitude

A la vitesse du vent

L’Entre-deux-Mers est-elle une région à vents ? Si l’on en croit les indications portées par l’Ademe (Agence de développement et de maîtrise des énergies) et la Région Aquitaine, les appréciations sont assez peu flatteuses où l’on parle « d’une zone sans vent et pas intéressante ».

Or, aucune mesure du vent en altitude n’a été effectuée pour déterminer l’intérêt d’exploiter un gisement éolien. Chacun sait que le vent est présent ici toute l’année, notamment sur les points hauts, l’Entre-deux-Mers était un pays de moulins à vent, comme en témoignent certains vestiges dans le paysage mais aussi à partir des cartes de Cassini qui en donnent un emplacement assez précis sur l’ensemble de la France au XVIIIe siècle.

À 165 mètres de haut.

Une société, Abowind, s’est intéressée au sujet, qui a réalisé plusieurs campagnes de mesure en Charente et se propose d’en démarrer une en Entre-deux-Mers. En choisissant un point culminant à 116 mètres d’altitude en bout de rangs de vignes, sur la propriété de M. Pueyot, à Mourens, la société compte ériger un mât de mesure de 49 mètres de haut. Ce qui doit permettre de faire une mesure des vents à 165 mètres.

« Le mât sera équipé d’une girouette, pour indiquer le sens du vent, d’un anémomètre pour définir la vitesse et la densité du vent et d’un baromètre, pour donner la pression et la température », explique Corentin Sivy, chef de projet basé à Orléans, accompagné d’Alexandre Belkadi, chef de projet au siège de la société à Toulouse.

Des mesures sur un an.

« Comme toute l’année, nous vivons avec le vent, nous avons comme une intuition positive qu’il nous fallait valider par une campagne de mesure. Cette connaissance est un préalable à tout débat. Rien ne sert de se poser la question de l’installation d’éoliennes, tant que l’on ne sait pas si cela a un intérêt énergétique », Lire la suite

CATA 33 installe un maraîcher bio près de Castillon la B.

Sud-Ouest, Willy Dallay, le 23 Octobre 2008

TERROIR. Via une SCI, des consommateurs soucieux de qualité, de Gironde et notamment de Bordeaux, aident un maraîcher à s’installer près de Castillon

Une agriculture citoyenne

Non seulement la terre est basse, mais elle est chère, sans doute parce que le béton pousse mieux que les radis. Avec un nom qui est un véritable défi à la superstition, Cata 33 a décidé de prendre le problème à bras-le-corps en installant un maraîcher sur une terre qu’il est en train d’acheter. C’est ce que veut dire son nom qui vaut mieux que son sigle : Collectif d’achat de terres agricoles Gironde. Et ça marche, comme marchent les Amap (Associations de maintien de l’agriculture paysanne) et Gels (Groupes d’échanges locaux et solidaires), réseau court consommateurs-producteurs dont beaucoup de ses membres sont issus.

Le week-end dernier, 150 personnes ont visité les Terres de Fougueyra, sur la commune de Flaujagues, près de Castillon-la-Bataille. Plusieurs soirées, notamment à l’Utopia de Bordeaux et au Jean-Eustache de Pessac, ont amené la participation de 262 souscripteurs. Réunis en société civile immobilière, ils ont amassé la somme de 60 400 euros. Il faut 80 000 euros pour acquérir les 10 hectares de Fougeyra. Cela n’inquiète pas Didier Guyot, membre du collectif et cogérant de la SCI : « Nous avons signé un sous-seing en juillet et d’ici l’achat en décembre nous serons certainement plus nombreux. Des gens ont fait des promesses d’apport, d’autres sont prêts à donner plus. Les parts sont à 100 euros. La moyenne est de deux par personne. Mais quelqu’un en a pris 50. »

Message aux politiques.

Le projet était lancé avant la crise financière et le but n’est pas de faire une opération juteuse : « C’est d’abord un engagement citoyen. Il ne faut pas espérer faire de bénéfice. Lire la suite

Hossegor : attaque des huîtres par un virus

Sud-Ouest, Pierre Penin, le 23 Octobre 2008

HOSSEGOR. La production des six ostréiculteurs landais implantés sur le lac subit depuis juin les assauts d’un virus

Un os dans l’huître

L’ostréiculteur Jérôme Labeguerie, comme ses confrères, doit faire face à l’attaque d’un virus sur ses huîtres

Les coquilles d’huîtres bouchent les trous de l’entrée cabossée vers l’exploitation de Jérôme Labeguerie. « On en fait des chemins », ironise l’ostréiculteur. Comme ses cinq confrères du lac d’Hossegor, sa production souffre. « On nous parle d’une bactérie mélangée à un virus. » Selon l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) la bactérie Vibrio splendidus aurait pu affaiblir les jeunes huîtres et favoriser le développement du virus OsHV-1. Derrière l’obscure terminologie scientifique, la réalité pour les producteurs est très simple : les jeunes huîtres meurent. L’état de calamité agricole a été reconnu (1).

Depuis le mois de juin, c’est donc l’hécatombe. Les professionnels constatent une surmortalité inquiétante des naissains (huîtres embryonnaires) et huîtres juvéniles de leurs parcs. Jérôme Labeguerie a déploré « 100 % de perte sur un lot ». « Ce lot devait donner 5 tonnes d’huîtres à la vente, il en donnera zéro », illustre-t-il. 65 % morts sur un autre lot et la comptabilité conduit ainsi jusqu’à un total de 15 tonnes qui ne verront jamais les étals.

Chiffre d’affaires touché.

« Cette mortalité est surtout forte dans les naissains d’écloserie. Ce sont ceux que l’on achète dans les six écloseries françaises pour les implanter chez nous. » Les naissains dits « naturels », développés directement par les producteurs, sont plus faiblement touchés.

Cela accrédite l’idée d’une contamination extérieure. En clair, importée des écloseries. D’autant que « la mortalité est apparue en même temps dans tous les sites ostréicoles de France, de la Méditerranée à la Manche ». Lire la suite

La Fondation Nicolas Hulot se félicite du vote du Grenelle 1

Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, communiqué, le 22 octobre 2008

Le 21 octobre, le projet de loi Grenelle 1 a été voté en première lecture à l’Assemblée nationale à 526 voix contre 4. Grâce à votre engagement et à la mobilisation de toutes les ONG, le projet de loi Grenelle 1 a connu une première belle avancée avec ce vote quasi unanime des députés…

Au-delà des manques que l’on peut regretter dans cette loi, un signal positif est lancé. Comme nous l’avions souhaité en lançant le Pacte écologique, ce vote quasi unanime démontre que la question écologique transcende les clivages politiques. Les débats qui se sont déroulés à l’Assemblée Nationale ont, par ailleurs, montré une prise de conscience et un niveau de connaissance croissants des députés de tous les partis sur ces sujets.

Souhaitons que les sénateurs amendent ce texte à la hausse et le votent dans le même esprit. Une analyse détaillée par la Fondation est en cours.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Nous nous situons au milieu d’un processus qui est encore loin d’avoir abouti. Le projet de loi Grenelle 1 pourra encore être amélioré lors de la navette parlementaire (va-et-vient avec le Sénat). Nous ferons des propositions en ce sens aux élus. Enfin, le projet de loi Grenelle 2 devrait bientôt être rendu public : il s’agit d’une étape essentielle car ce texte précisera les modalités concrètes de mise en œuvre des grands objectifs inscrits dans le projet de loi Grenelle 1.

La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a été créée en 1990 et reconnue d’utilité publique en 1996. ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation a pour but de développer l’éducation à l’environnement. Il s’agit d’un engagement éducatif, scientifique et culturel au service du patrimoine naturel de l’humanité.

Les Engagements de la Fondation

La Fondation participe à la diffusion des connaissances sur l’état écologique de notre planète et met en œuvre tous les moyens à sa disposition pour convaincre le plus grand nombre de la nécessité de passer à l’acte afin de freiner l’impact des activités humaines. Lire la suite

Bilan en demi-teinte pour le Conseil européen de l’environ.

Actu-Environnement.com, F.Roussel, le  22 octobre 2008

Bilan en demi-teinte pour le Conseil européen de l’environnement

Après deux jours de discussions, les ministres de l’environnement des 27 Etats membres ont accordé leurs positions concernant les OGM, les déchets et la qualité de l’eau. Le paquet/climat énergie reste en revanche l’objet de nombreux désaccords.

Réunis lundi et mardi à Luxembourg, les ministres de l’environnement des 27 Etats membres de l’Union européenne ont tenté de se mettre d’accord sur plusieurs points sous la présidence française représentée par Jean-Louis Borloo, Ministre français de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de l’Écologie.

Adoption de nouvelles directives

Les 27 ministres ont officiellement adopté la nouvelle directive-cadre sur les déchets après plus de deux ans de négociations. Ce texte institue notamment une hiérarchisation dans le traitement des déchets en donnant la priorité à la prévention et au recyclage. D’ici 2020, 50% des déchets ménagers comme le papier, le métal, le verre devront être recyclés ou réemployés, tout comme 70% minimum des déchets de construction et de démolition non dangereux. L’incinération est par ailleurs clairement définie comme un moyen de valorisation lorsqu’elle est associée à de la production d’énergie (chaleur ou électricité). Elle est privilégiée par rapport à la mise en décharge.

La directive instaurant des normes de qualité concernant 33 agents polluants des eaux a elle aussi été adoptée. Le texte fixe des valeurs limites pour des pesticides, des métaux lourds ou autres biocides. Ces limites portent sur les pics de pollution ainsi que sur les valeurs moyennes annuelles. La directive ne demande pas seulement aux Etats membres de surveiller la pollution des fleuves et d’en établir les tendances à long terme, mais aussi d’en analyser l’origine et de dresser un inventaire. Le nouvel acte législatif abroge cinq directives* et les Etats membres de l’UE sont tenus de le transposer dans un délai de dix-huit mois.

Bientôt de nouvelles méthodes d’évaluation des risques pour les OGM

Le Conseil a tenu par ailleurs à faire avancer la réflexion sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Les ministres se sont prononcés en faveur d’un renforcement de l’évaluation environnementale des plantes génétiquement modifiées (PGM) ainsi qu’une plus grande harmonisation des pratiques et des méthodes d’évaluation des risques environnementaux. En effet, à l’heure actuelle, l’évaluation des risques est déléguée par l’Agence Européenne de la Sécurité des aliments (AESA) à un Etat membre. Or les méthodes employées peuvent être variables et certains Etats demandent par conséquent une modification des lignes directrices de l’AESA afin d’harmoniser les pratiques et prendre en compte au fur et à mesure les avancées scientifiques les plus récentes.

Les ministres européens ne se sont en revanche pas mis d’accord sur les moyens de mettre en place des zones sans OGM. Lire la suite

Audition de M.Edgard Morin, sociologue et philosophe

Assemblée Nationale

Groupe de suivi du « Grenelle de l’environnement »

Jeudi 11 octobre 2007, Séance de 10 heures, Compte rendu n° 4

Présidence de M. Patrick Ollier, Président

– Audition de M.Edgard Morin, sociologue et philosophe.

Le président Patrick Ollier. Monsieur Edgar Morin, je suis heureux et impressionné de vous recevoir. Notre souci est de recueillir la plus large information possible sur les questions qui ressortiront du Grenelle de l’environnement, afin que les députés puissent faire leurs choix en leur âme et conscience, lorsque le Gouvernement leur aura proposé les siens.

Nous avons déjà entendu des climatologues nous parler de la planète, mais nous n’avons pas encore entendu de sociologue ni de philosophe. Un de ces experts, M. Jancovici, nous a prévenus qu’il nous serait très difficile, en tant qu’élus, de faire passer le message sur les dépenses qu’il faudra engager dans le domaine environnemental et qu’il nous faudrait agir avec beaucoup d’autorité. Il nous a même conseillé de laisser à des gens comme lui le soin de communiquer sur l’effet de serre, pour éviter qu’on n’en fasse une affaire purement politique. En tant que spécialiste de la communication de masse, que pensez-vous de cette analyse ?

D’une manière générale, nous aimerions savoir ce que vous pensez du Grenelle de l’environnement et de la réception, par le public, des messages qui en sortiront. Comment notre société pourra-t-elle évoluer vers un mode de vie différent ?

M. Edgar Morin. Merci de m’avoir invité.

Comment me suis-je senti impliqué dans cette problématique écologique ? En 1970, alors que j’étais en Californie, je me suis trouvé en contact, à Berkeley, avec des amis écologistes ; et je me souviens d’un article, certes prématuré, intitulé « La mort de l’océan ». Le rapport Meadows du Club de Rome m’a ouvert les yeux et j’ai publié en 1972 un texte, intitulé L’An I de l’ère écologique.

La conscience d’un problème a beaucoup de difficulté à parvenir jusqu’à l’opinion, qui trouve cela « bizarre ». Toujours en Californie, un administrateur de l’institut d’écologie où j’étais m’avait demandé mon avis sur la tenue d’un colloque sur les pollutions. Or je n’en voyais pas moi-même l’importance. Les pollutions, en effet, ne se traduisent pas seulement pas de mauvaises odeurs, mais par toute une série de problèmes et de maux comme de l’asthme, des angines et autres malaises.

La prise de conscience est donc lente. Hegel disait que l’oiseau de Minerve, celui de la sagesse et de la raison, prend son vol au crépuscule. Le retard de la conscience sur l’évènement est inévitable.

Les accidents comme Tchernobyl et les phénomènes comme celui des pluies acides se généralisent. Il se forme un peu partout des mouvements verts, comme en France. Seulement, ils n’apportent pas toujours quelque chose de global ou d’articulé et se focalisent parfois sur des sujets secondaires ; c’est le cas avec l’ours des Pyrénées. Reste, et c’est curieux à constater, qu’à un moment donné, un individu bien placé fait progresser les choses. Ainsi Nicolas Hulot a-t-il déclenché chez le président Chirac une réunion internationale sur la gouvernance planétaire et lancé le pacte écologique au moment de la campagne présidentielle.

Les problèmes d’environnement se déclinent au niveau national, européen et planétaire. À ce propos, je suis très réservé sur le terme même d’environnement, trop superficiel. Le terme d’écologie est préférable. Il vient du mot grec « oikos », la maison et exprime le fait que nous sommes, sinon dans une maison, du moins à l’intérieur de quelque chose.

C’est en partie la raison pour laquelle je n’étais pas séduit par le terme de « Grenelle de l’environnement ». Lire la suite

Jeudi 23 octobre, les semeurs volontaires à Bègles

Sud-Ouest, Gilles Guitton, le 22 Octobre 2008

ENVIRONNEMENT. Les « semeurs volontaires » seront à Bègles, demain, pour une défense et illustration de la biodiversité, au « jardin partagé » de Passerat

La biodiversité en prend de la graine… militante

Cette fois, c’est à de la désobéissance civile maraîchère que Noël Mamère et José Bové convient les Béglais, demain à 17 h 30. Avec aussi le paysagiste et écrivain Gilles Clément, inventeur du parc André-Citroën et de ces « jardins en mouvement » dont Bègles voudrait s’inspirer, et Raoul Jacquin le porte-parole des carottes et autres radis sauvages, le maire de Bègles pourrait pourtant bien être dans l’illégalité comme il l’aime. Du moins s’il sème dans « le jardin partagé », situé entre Passerat et le rond-point Louis-Delgrès, des graines « illicites ».

Pour l’heure, Clément Rossignol, adjoint Vert du maire et vice-président de la CUB, ne communique que des noms de variétés très banales : cresson alénois, mâche à grande feuille et autres choux – et forcément des radis. Banales quoique « bio », mais pas inscrites sur les catalogues officiels d’espèces validées par les autorités.

« C’est dans le droit fil du fauchage des OGM », explique l’élu. Il s’agit d’interpeller les citoyens et l’état sur deux sujets : la lutte pour la biodiversité et contre le brevetage du vivant. Et défendre l’association Kokopelli, qui fait ce travail quotidiennement. Cela a valu à Raoul Jacquin d’être condamné à 3 000 euros d’amende pour « vente de semences potentiellement dangereuses », et cette initiative vise à le soutenir contre l’État, le Groupement national interprofessionnel des semences et la Fédération nationale de producteurs de semence qui en ont fait un bouc émissaire.

C’est la lutte des classes au potager, la rébellion par l’épeautre, le pot de terre paysanne contre le pot de fer des charrues 12 socs. Kokopelli ne se contente pas de collectionner, reproduire et diffuser des variétés anciennes de graines et de plants qu’ignore l’agriculture conventionnelle. Elle se refuse aussi à accepter « le critère de valeur agricole technologique imposé par les semenciers Lire la suite

SCOT des lacs médocains : un pacte avec la nature ?

Sud-Ouest, Robert Boivinet, Pierre Vallade, Julien Lestage, le 22 Octobre 2008

SCOT LACS MÉDOCAINS. Le document d’orientations générales affirme un pacte avec la nature. L’urbanisme sera surtout développé sur la zone des bourgs

Les bourgs plus urbanisés

Selon le document d’orientations générales, les coupures d’urbanisation seront préservées.

Tout en affirmant un pacte avec la nature, les élus des communes de Lacanau, Carcans, et Hourtin veulent donner un nouveau souffe au développement urbanistique et économique de leurs communes. Il sera maîtrisé, mais bien réel. À la lecture du document d’orientations générales (DOG) du schéma de cohérence territorial (SCOT), c’est ce qui ressort du contenu de ce rapport. Il permet de comprendre comment les maires et leurs équipes pensent l’avenir du territoire des Lacs Médocains. Il a été présenté vendredi dernier à Hourtin, à l’occasion d’une réunion publique.

1 Le développement des bourgs sera significatif

Si la vocation touristique des Lacs Médocains est une priorité inscrite dans le document d’orientations générales, la dynamique résidentielle, qui participe à augmenter la population permanente, est assumée. L’extension de l’aire d’influence de l’agglomération bordelaise semble inévitable. Et les élus se sont engagés à l’encadrer. Dans les années à venir, ce sont les bourgs des trois communes qui vont connaître un développement urbanistique significatif. Dans le détail, l’essentiel de l’extension urbaine de Lacanau-bourg est prévu sur sa partie est. Entre le centre-ville et le quartier du lac, « un processus d’achèvement de l’urbanisation » est aussi programmé. Enfin, une ouverture à l’urbanisation est envisagée à l’intérieur de « l’enveloppe constituée par la future déviation de Lacanau (RD6) ». À Carcans-bourg, la stratégie repose sur un « processus d’achèvement de l’urbanisation en continuité des quartiers existants ». En clair, au nord, au sud, à l’est et à l’ouest, des espaces à urbaniser sont dessinés sur une carte. À Hourtin-bourg, c’est le centre-ville et sa partie nord qui devraient bénéficier d’un « complément d’opérations de structuration de l’urbanisation ».

2 Un attachement réaffirmé à la nature

L’océan, les lacs, la forêt. « La volonté affichée dans le Scot confirme la place dévolue à ces espaces qui s’imposent comme des entités durables devant être préservées et valorisées ». Dans DOG, les élus mettent en avant le principe du « pacte avec la nature ». La transmission d’un « capital nature préservé » pour les générations futures est revendiquée. Le fondement de ce pacte s’articule en trois points. Soit garantir une emprise des espaces naturels à hauteur de 80% du territoire communautaire, préserver les emprises et les conditions nécessaires au maintien et à l’évolution de la filière sylvicole. Enfin, s’appliquer à une gestion économe des espaces en « privilégiant le renouvellement urbain et l’urbanisation de terrains en continuité des quartiers existants ».

3 Une évolution pour les stations balnéaires

Le rôle « moteur » de la station balnéaire canaulaise a été reconnu. À plus grande échelle, les élus souhaitent développer autour de Lacanau « un pôle d’économie touristique ». Il devrait jouer un rôle « majeur ». Lire la suite

24 octobre, librairie Elkar à Bayonne, paroles du chef Seattle

Le journal du Pays Basque, Jean Sébastien Mora, le 22 octobre 2008

Leçon de sagesse du chef indien

L’édition associative Astobelarra publie son nouveau livre, les Seattle buruzagiaren hitzak – (Les paroles du chef Seattle). Un texte traduit par Janine Urruty et illustré par le peintre Gonzalo Etxebarria.

C’est un des petits groupes de passionnés souletins qui est à l’origine de l’édition associative Astoloberra. En 2006, Laurent Caudine, artisan d’art à Moncayolle souhaite rassembler une cinquantaine de ses chroniques dans un ouvrage.

Il crée l’édition associative et publie Les pansements un recueil de texte de la Soule et d’ailleurs, marqué par une sensibilité toute particulière et un goût prononcé pour l’art et la nature.

La littérature

«Nous avons voulu promouvoir la littérature, la littérature bien sûr et notre goût marqué pour la nature» explique Laurent Caudine. Au même moment, le peintre Gonzalo Etxebarria se joint au projet en réalisant la couverture du livre et l’OPLB (l’office public de la langue basque) soutient financièrement l’édition naissante. Laurent Caudine fait également le choix de reverser ses droits d’auteurs à l’association.

Aujourd’hui après Mauvais berger d’Etienne Boyer et Elefanteari gutunea la traduction en basque de Lettre à l’éléphant de Romain Gary, l’édition associative revient avec Seattle buruzagiaren hitzak (Les paroles du Chef Seattle).

En 1854, le président des USA fit savoir aux Indiens Duwamish des plaines du nord-ouest que le gouvernement proposait d’acheter leurs terres.

Le chef de la tribu des Duwamish prononça un discours en réponse à la proposition d’achat du gouvernement.

Un texte fondateur

Un discours de sagesse qui n’est pas un inédit. Lire la suite

Bois énergie : la saison de chauffe débute à Gironde-sur-D

Sud-Ouest, Pierre Lascourrèges, le 22 Octobre 2008

FILIÈRE BOIS ÉNERGIE. La saison de chauffe commence à Gironde-sur-Dropt

Gironde fait feu de tout bois

Le réseau de chaleur alimenté par une chaudière automatique au bois déchiqueté vient d’être mis en service à Gironde-sur-Dropt, qui permet désormais de chauffer les bâtiments communaux : mairie, école, salle des fêtes, locaux associatifs, 25 logements sociaux, 69 logements privés ainsi que des bureaux d’une entreprise de négoce de vin.

La commune de Gironde a engagé un investissement de 2 millions d’euros subventionnés par l’Ademe, la Région, le Département et un crédit Feder. Dans chaque foyer, les consommateurs raccordés au réseau sont équipés d’un échangeur de chaleur et d’un compteur d’énergie. Cette démarche paraît en tout cas intéresser nombre de représentants de collectivités, comme ce fut le cas, hier matin, dans le cadre d’une journée d’échanges technique et économique animée par les élus (Yolande Lachaize et Michel Feyrit) et personnels du Siphem (Syndicat mixte interterritorial du Pays du Haut-entre-deux-Mers). Réunion à laquelle s’était joint une délégation d’élus et techniciens venus de Dordogne et des Pyrénées-Atlantiques.

900 tonnes de bois.

Précédant une visite des installations, la signature d’une convention de partenariat pour l’approvisionnement de la chaufferie engage l’Ustom (Union des syndicats de traitement des ordures ménagères) à fournir une quantité de 900 tonnes de bois déchiqueté selon la consommation annuelle prévisionnelle. Lire la suite

Transports publics de la CUB : Kéolis ou Véolia ?

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 22 Octobre 2008

TRANSPORTS PUBLICS. Le bureau de la Communauté urbaine dira demain soir qui de Kéolis ou de Veolia exploitera le réseau TBC au 1er janvier. Les candidats s’engagent fortement sur les recettes

Négociation à 750 millions d’euros

De la fréquentation, des recettes commerciales et une amélioration de l’efficacité du réseau de bus sont proposées par les deux groupes challengers. Le suspense est, il faut l’avouer, bien ménagé. Bien malin qui peut dire ce matin qui de Veolia ou de Kéolis gérera, à compter du 1er janvier et pour cinq ans, le réseau de transports en commun (tramway et bus) de l’agglomération bordelaise. Vincent Feltesse (PS), Jean-Marc Gaüzère (UMP), Michel Olivier (PC) et Gérard Chausset (Verts), les membres de la commission qui depuis plus de trois mois mènent les négociations ont chacun aujourd’hui leur idée.

Les membres du bureau de la CUB disposent d’un rapport de 10 pages offrant un comparatif précis des deux offres encore en concurrence. Les groupes politiques s’en sont saisis et en débattent. Le bureau de CUB de demain soir décidera. Le choix de Vincent Feltesse, très impliqué depuis le début sur ce dossier, sera t-il celui de la majorité ? Verdict demain soir.

Compétition.

« On a eu deux offres de deux vrais challengers », a estimé Jean-Marc Gaüzère. La contribution apportée par la Communauté urbaine pour équilibrer financièrement le service public local de transport, estimée à 135 millions d’euros au budget 2008, va certes croître jusqu’à 142 voire 150 millions d’euros en 2013 selon les candidats. Ce qui est normal et même inévitable compte tenu de l’offre accrue de services qui est proposée. Mais dans cette négociation à quelque 750 millions d’euros sur cinq ans, les candidats promettent un bond spectaculaire de la fréquentation, donc des recettes. Celle-ci passerait selon les offres de 91 millions de voyageurs en 2008 à 135 voire 146 millions de voyageurs en 2013. « Avec le quasi-doublement de recettes que cela induit, nous améliorons de manière significative la rentabilité du système pour la collectivité », s’est réjoui Vincent Feltesse. Le président est même convaincu que la CUB sera en mesure de financer les 24 kilomètres de la troisième phase d’ici à 2013, « avec l’aide de la Région de 20 millions d’euros sur le tram-train du Médoc et une contribution de 51 millions d’euros de la part de l’État, sur laquelle nous ne transigerons pas », a-t-il prévenu.

Réorganisation des bus.

Le prochain opérateur de transport sur l’agglomération bordelaise devra aussi singulièrement améliorer le réseau de bus. Lire la suite

Le projet de grand contournement de Bx refait surface ?

Sud-Ouest, Jean-Paul Vigneaud, le 22 octobre 2008

GRAND CONTOURNEMENT. Alors qu’on le croyait moribond, le dossier est rouvert par la cour administrative

Le projet refait surface

Le projet du grand contournement autoroutier paraissait définitivement enter-ré, voilà qu’il resurgit. Le 5 novembre prochain, en effet, la cour administrative d’appel de Bordeaux va rouvrir le dossier.

À la demande de l’État, plus précisément du ministère de l’Équipement, lequel a interjeté appel à la suite du jugement du tribunal administratif de mars 2007, jugement qui annulait les conclusions de la commission du premier grand débat public organisé en 2003.

Un paradoxe.

Une suite judiciaire étonnante. Pourquoi remettre le sujet sur le tapis alors que le gouvernement fait régulièrement état du Grenelle de l’environnement et affirme que les grands projets autoroutiers d’hier sont définitivement mis au placard ?

« On est en plein paradoxe » reconnaît Me Pierre Hurmic, l’avocat des neuf associations (Aquitaine Alternatives en tête) qui se battent contre le grand contournement et ont gagné la première manche devant le tribunal administratif.

Cela précisé, l’avocat ne voit pas d’inconvénient à ce que l’affaire suive son cours. Au contraire. « Il y a un problème de droit que les associations veulent voir définitivement trancher. Une jurisprudence capitale pour les débats publics futurs. »

La bourde du ministre.

Pour bien comprendre, ici, il est nécessaire de revenir à décembre 2003. En cette fin d’année, on était en plein débat public en Gironde autour d’une question majeure : où fallait-il faire passer le contournement autoroutier ? C’est là que Gilles de Robien, alors ministre de l’Équipement, faisait une bourde. Lors d’une réunion décentralisée à Limoges, il annonçait, alors que le débat bordelais n’était pas terminé, que l’autoroute passerait par l’ouest.

Quelle valeur pouvait-on donner à cette consultation si tout avait été décidé avant que les uns et les autres n’échangent sur la question ? Les opposants ont donc saisi le tribunal administratif pour dénoncer cette façon de faire. Ceci a abouti à l’annulation des conclusions du débat et, par ricochet évidemment, à celle aussi des épisodes suivants – dont la réflexion engagée sur les lieux de passage possibles de la future autoroute.

Un coup dur pour les services de l’État. Aussi ont-ils fait appel. Les mois ont passé, Lire la suite

OCL et LPO comptent rapaces, cigognes, grues, alouettes…

Sud-Ouest, Marcel Bedaxagar, le 22 Octobre 2008

MIGRATION. Fidèles au poste depuis plus de trente ans, les observateurs du col d’Organbidexka enregistrent les passages

Chasse aux chiffres

Il n’y a pas que la palombe. En poste depuis le 15 juillet, les observateurs du col d’Organbidexka, salariés ou bénévoles de l’association Organbidexka col libre ou de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), enregistrent le passage de tous les migrateurs. Les rapaces, les cigognes, les grues, les alouettes, les faucons, les milans noirs ou les milans royaux et, bien sûr, les colombins puis les pigeons ramiers : tous ces migrateurs – la liste n’est pas exhaustive – sont observés, comptés et enregistrés sur ce col situé à 1 300 mètres sur les hauteurs de Larrau (1). Avec une vue imprenable à 360°, idéale pour l’observation.

« Du 15 juillet au 15 novembre, du lever au coucher du soleil, du moins si les conditions météorologiques le permettent, on repère les oiseaux, on les identifie, on les compte et on les suit jusqu’à ce qu’ils aient franchi la crête de façon à ne pas compter deux fois les mêmes passages », explique Jules Chiffard-Carricaburu, salarié de la LPO.

Un site internet.

Éprouvée depuis plus de trente ans, la méthode, qui consiste à juger à plusieurs le nombre d’oiseaux dans un vol et à recouper ces informations, est fiable. Elle permet surtout d’avoir du recul sur l’évolution de la migration (tous ces chiffres sont mis en ligne tous les soirs, grâce à une parabole installée depuis peu dans la « ruche » en forme d’igloo qui sert d’abri. On peut les vérifier sur le site http://www.migraction.net.

« Le passage a été précoce cette année », poursuit Jules Chiffard-Carricaburu. « Dès le 15 juillet, on a vu 600 milans noirs. Globalement, c’est une bonne saison. Il y a vingt ans, on ne comptait que 20 cigognes noires. Maintenant, on en est à presque 500 individus. L’augmentation du nombre de milans se confirme également. Il y a une dynamique positive pour les cigognes ou les rapaces parce qu’ils sont protégés depuis plus de trente ans. »

Seule ombre au tableau, le milan royal est toujours assez fragile. « Une campagne de sensibilisation est menée par la LPO auprès des agriculteurs pour qu’ils n’utilisent plus de bromadiolone (2). Elle porte ses fruits, car au bout de quelques années, on compte un peu plus de milans royaux en migration. »

Mais en ce mois d’octobre, c’est évidemment le pigeon ramier qui occupe le plus les spécialistes et bénévoles de ce col. « Palombe, c’est joli aussi et ça leur va bien. En trente ans, on ne constate pas d’effondrement de la population », Lire la suite

Quasi unanimité pour le Grenelle de l’environnement

Sud-Ouest, Bruno Dive, rédaction parisienne, le 22 Octobre 2008

GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT. Projet de loi adopté hier. Pour la première fois depuis quatre ans, les députés socialistes ont approuvé un plan gouvernemental

Une quasi-unanimité

Nicolas Hulot peut être content, lui qui appelait de ses vœux lundi soir un vote unanime. Une quasi-unanimité à l’Assemblée nationale, ce n’était pas arrivé depuis 2004, avec l’adoption de la loi sur le respect de la laïcité – les conseillers de Jean-Louis Borloo ont vérifié. 526 députés ont adopté le premier texte à traduire les engagements du Grenelle de l’environnement (lire ci-contre). Seulement 4 – tous communistes ou apparentés – ont voté contre ; 21 se sont abstenus (communistes et Verts, ainsi que Jean Lassalle). Les Verts estiment en effet que tous les engagements du Grenelle n’ont pas été respectés, notamment à propos de l’isolation des logements, des incinérateurs et des autoroutes. Mais l’un d’entre eux (soit le quart des effectifs…) a voté le texte.

La messe avait été dite le matin même à la réunion du groupe socialiste qui, pour une fois et sans trop de déchirements, avait opté pour un vote positif. « Ne boudons pas notre plaisir », a lancé Jean-François Copé devant les députés UMP qui ont applaudi lorsqu’ils ont appris la nouvelle. Le président du groupe UMP a salué « un signe de modernité ». « Quand l’avenir de la planète et nos engagements européens sont en cause, il n’y a plus de clivages politiques qui demeurent », expliquait ensuite François Hollande. Qui tient néanmoins le gouvernement « comptable » des engagements pris.

Borloo conforté.

Il faut dire que Jean-Louis Borloo et ses deux secrétaires d’État, Nathalie Kosciusko-Morizet et Dominique Bussereau, qui se sont relayés sans relâche depuis deux semaines au banc du gouvernement, ont tout fait pour entendre et prendre en compte les arguments des députés, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition. Lire la suite

L’Europe mise 1 milliard d’euros sur l’hydrogène

Le Monde, Pierre Le Hir, 22 octobre 2008.

L’Europe mise 1 milliard d’euros sur l’hydrogène

Près de 1 milliard d’euros sur six ans. C’est la somme que l’Europe, soucieuse de rattraper son retard sur les Etats-Unis, le Canada ou le Japon, vient de décider d’injecter dans la filière énergétique de l’hydrogène. Aux côtés de la Commission de Bruxelles, qui financera la moitié de cet effort, sont engagés une soixantaine d’entreprises privées et autant de centres de recherche et d’universités, dans une « initiative technologique commune ». Ambition affichée : « Accélérer le développement des piles à combustible et des technologies de l’hydrogène en Europe », en vue d’une commercialisation de masse « entre 2010 et 2020« . De son côté, la France vient d’annoncer qu’elle subventionnera, à hauteur de 68 millions d’euros, le programme de recherche et de développement H2E (Horizon Hydrogène Energie) associant, autour d’Air Liquide, une quinzaine d’industriels et de laboratoires nationaux.

Le développement des énergies marines se heurte à un certain nombre d’obstacles que la technologie de l’hydrogène pourrait contribuer à lever. La majeure partie des ressources en énergie des océans se trouve, par définition, à grande distance des côtes, et donc très éloignée des zones de consommation de l’électricité. Son exploitation – par le biais d’éoliennes flottantes, de procédés de récupération de l’énergie des vagues ou de l’énergie thermique des mers – achoppe sur les questions du stockage et du transport de l’électricité produite. Si celle-ci pouvait être transformée sur place en hydrogène, le problème se trouverait en grande partie résolu.

« Un (…) intérêt majeur de la production d’hydrogène par les énergies renouvelables marines est que les installations de production pourraient alors s’éloigner des côtes, ce qui augmenterait la ressource exploitable et limiterait les risques de conflits d’usages, note l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), dans la synthèse d’une étude à paraître en 2009. Des sites d’exploitation éloignés, l’hydrogène produit en mer pourrait alors être transporté dans des navires spécialisés. »

La voiture à hydrogène n’est plus le seul ni même le premier objectif visé. Le modèle du futur est plutôt le suivant. Sur le toit des immeubles ou des maisons, un capteur photovoltaïque qui, aux heures d’ensoleillement, fournira le courant électrique nécessaire aux besoins domestiques. Dans la cave ou le grenier, un électrolyseur qui, avec l’électricité non consommée, produira de l’hydrogène. A côté, un système de stockage de cet hydrogène. Pour compléter l’ensemble, une pile à combustible qui, une fois le soleil couché, utilisera l’hydrogène pour générer du courant destiné aux foyers et aux voitures électriques…

Ce cycle vertueux n’est plus une utopie de doux rêveurs écologistes. Lire la suite

Bazens Lot et Garonne, une famille en agriculture biologique

Sud-Ouest, Christine Antheaume, le 21 Octobre 2008

BAZENS. La famille Breille a opté pour l’agriculture biologique et plus particulièrement la viticulture bio

On veille au grain

Ce sont les grandes manœuvres à Tricaut, la propriété de la famille Bielle. Dans les rangs, les ouvriers s’affairent, aidés dans leur tâche par une vendangeuse de taille : plusieurs mètres de long, quelques tonnes… Avec ses grands bras mécaniques, elle rassemble les cageots chargés de grappes et les transporte sur des palettes.

Cette machine à vendanger est un prototype expérimental conçu sur mesure par le propriétaire des lieux. A améliorer, certes. Mais qui se révèle une aide précieuse quand la météo est favorable : à elle seule, elle abat le travail de huit personnes et permet au vendangeur de travailler sans lever de poids, sans se baisser. Cette semaine, la demoiselle est de sortie tous les jours, car le temps sec le permet.

Trésors des Coteaux, la ferme familiale, produit des fruits, des légumes, mais surtout du raisin de table, avec 50 000 pieds de vigne répartis sur divers cépages… Un savoir qui se transmet de père en fils depuis des générations, mais qui a su évoluer : depuis 20 ans, Jean-René et Christine Brielle sont passés de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique.

Changer les habitudes.

C’est à la suite d’une intoxication par un insecticide, dont Jean-René est victime, qu’ils décident de changer leurs habitudes, et d’utiliser des produits moins nocifs pour la santé, plus respectueux de la nature. En même temps, ils observent autour d’eux un intérêt croissant pour le bio. Des structures se montent dans les environs, des agriculteurs s’installent, une usine de conserves bio s’est implantée et a besoin de produits.

Comment satisfaire la demande ? La réponse semble évidente. Onze longues années seront nécessaires à Christine et Jean-René pour convertir la totalité de leur exploitation en bio. Ils ne le regrettent pas. « En agriculture biologique, on travaille avec des techniques moins agressives. Le travail du sol se fait uniquement par chaussage et déchaussage des pieds. On composte, on sulfate, avec des produits autorisés par le cahier des charges bio. Pour lutter contre les insectes, on a recours au piégeage par les diffuseurs ou les luminaires. Et puis, il faut faire appel à son sens de l’observation. »

Filet Paligrêle.

Pour se prémunir de la grêle, Jean-René Bielle a même conçu une installation de filets dont il a déposé le brevet : le filet Paligrêle. Ce système est également utile pour palisser la vigne, maintenir les bois, la végétation, le positionnement de la grappe.

La récolte sera répartie entre Lire la suite

Médoc : Vers la création d’un parc naturel régional

Sud-Ouest, le 21 Octobre 2008

Vers la création d’un parc régional

C’est à l’unanimité que le Conseil régional a adopté hier la délibération proposée par François Deluga visant à lancer les premières études de faisabilité d’un parc naturel régional du Médoc. Sur un territoire à forte identité géographique, sociale et culturelle, le projet est apparu comme une évidence.

Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine, qui en avait lancé l’idée au début de l’année 2007 au moment où le débat faisait rage sur le terminal méthanier au Verdon, pensait avoir trouvé une excellente porte de sortie. François Deluga est bien du même avis qui insistait : « Il ne s’agit pas de mettre un territoire sous cloche. Mettre en place un parc cela veut dire adopter ensemble des règles communes sous la forme d’une charte pour demander ce label à l’état ».

En revanche, le label ne signifie pas transformer le territoire en vaste espace touristique ou en sanctuaire naturel. Il rappelait ainsi la volonté qui avait présidé à la création du parc naturel régional des Landes de Gascogne, à savoir aider le développement économique de ce territoire.

Éoliennes, la polémique.

Claire Le Lann (Verts), après avoir rappelé le combat mené sur le terrain contre le terminal méthanier et le contournement autoroutier de Bordeaux, a souhaité que ce territoire, « venteux à souhait », puisse être choisi pour l’implantation des éoliennes Lire la suite

SEPANSO, UNIMATE, CAET : Gave de Pau, eaux secours…

Sud Ouest, Odile Faure, le 22 avril 2008

GAVE DE PAU. Plusieurs associations de protection de l’environnement, comme la Sepanso Béarn, dénoncent la mauvaise qualité de l’eau dans le département

A contre-courant

 « Eau secours ». Les représentants de la Sepanso Béarn, Uminate-65, Uminate-Midi Pyrénées et le collectif Adour eau transparente estiment que l’on incrimine trop le consommateur et pas assez les agriculteurs et les industriels

«Eau secours ! » Tel est le cri d’alarme poussé par les associations de protection de l’environnement (1) concernant la qualité des eaux du Gave de Pau. Hier, elles avaient invité la presse, au pont d’Espagne à Jurançon, afin de faire entendre leur voix à l’heure où la thématique de l’eau est sur toutes les lèvres. Une date également opportune puisque la consultation du public, organisée par le biais des centres permanents d’initiative à l’environnement (CPIE), a pris fin le 15 octobre. À partir de janvier 2009, démarrera la consultation des institutionnels.

Tout ceci dans le but d’atteindre un bon état des eaux à l’horizon 2015, en conformité avec la Directive cadre sur l’eau (DCE), décidée par l’Europe.

Pour Michel Rodes, vice-président de la Sepanso Aquitaine, représentant des consommateurs au comité national sur l’eau et au comité de bassin Adour-Garonne, « on en est encore très loin » malgré les résultats affichés par l’agence de l’eau Adour-Garonne et les bons sentiments liés à l’Exposition internationale de Saragosse.

« Il existe une pollution bactérienne du Gave de Pau incontestable », explique l’ancien conseiller municipal d’Orthez, chargé de l’environnement. Et de fournir aux journalistes le rapport 2007 du contrôle sanitaire des eaux de baignade à Jurançon, qui démontre un mauvais état de l’eau, en tout cas impropre à la baignade. En juin dernier, le même service confirmait et mettait en garde les baigneurs tentés par une brasse dans le gave, et notamment en aval de l’agglomération paloise («Sud Ouest » du 24 juin).

Une situation également dégradée en amont, et notamment à Assat, où la présence de streptocoques issus de matières fécales reste importante. « À cet endroit, la norme est cinq fois dépassée. Sur 34 stations d’épuration en amont de Lourdes, sept seulement sont en bon état de marche », s’indignent les associations.

Pollution aux métaux.

Sans compter la pollution aux métaux que les écologistes dénoncent (2). « La présence de cadmium, mercure et plomb a été démontrée en 2000 par le réseau hydraulique piscicole. Nous avons été obligés de batailler en comité de bassin pour obtenir des études plus approfondies. Les analyses ont été faites sur des anguilles de 40 grammes, c’est-à-dire des poissons qui avaient à peine vécu ! Je dis que c’est de la fausse science », Lire la suite

Aucun business possible sur une planète crevée

Six pieds sur terre, blog de Laure Noualhat, le 20 octobre 2008

Aucun business possible sur une planète crevée

La crise financière occulte temporairement les questions climatiques, et plus encore les questions environnementales, les reléguant à une place de simple variable d’ajustement. Les emplois que nos dirigeants veulent désespérément sauver n’auront aucun sens dans l’Europe de demain, soumise à des modifications climatiques extrêmes. Et il en va de même pour les Etats-Unis, l’Inde ou la Chine. There is no business on a dead planet.

D’après le patron de Greenpeace France, Pascal Husting, écouté hier à l’Université de la Terre, il nous reste 100 mois, c’est-à-dire même pas 10 ans, pour inverser la courbe d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Si nous n’inversons pas la tendance actuelle –une progression des émissions mondiales de l’ordre de 3% par an-, nous n’échapperons pas à une augmentation de la température de l’ordre de 2°C, au minimum. Ce qui veut dire que la partie basse du scénario du GIEC est déjà jouée. Le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat a prévu une augmentation de la température globale de 2,1°C à 5,6°C d’ici à la fin du siècle en fonction des efforts déployés par les pays du monde entier pour réduire leurs émissions.

Parallèlement, le WWF a publié une étude rassemblant de nouveaux éléments scientifiques. Et le constat –je parle bien de constat pas de projections futuristes-, c’est que le réchauffement climatique est plus rapide, plus fort et survient plus tôt que prévu. En anglais, ça donne: faster, stronger, sooner. Ainsi, au rythme actuel de la fonte des glaces, la disparition totale du pôle Nord surviendra entre 2013 et 2040, 30 ans plus tôt que le Giec ne l’avait prévu. Entre autres friandises prévues dans ce siècle.

« Il est clair que le changement climatique a déjà un plus gros impact que ce que la plupart des scientifiques avaient imaginé, il est donc capital que les réactions internationales pour réduire les émissions et s’adapter aux conséquences soient plus vives et plus ambitieuses« , estime Pascal van Ypersele, prof de climatologie et de sciences de l’environnement à l’Université catholique de Louvain et récemment élu vice-président du Giec. « Le dernier rapport du Giec a montré que les raisons de se sentir concerné sont maintenant plus fortes, et devraient mener l’UE à plaider pour un objectif plus ambitieux que celui de maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2°C adopté en 1996. Mais même avec cet objectif, des réductions de l’ordre de 25 à 40% par rapport au niveau d’émissions de 1990 sont nécessaires d’ici à 2020 de la part des pays développés. Des réductions de 20% sont tout à fait insuffisantes. » Elles sont probablement insuffisantes, et la sale nouvelle, c’est qu’elles risquent d’être encore minimisées par les pays membres de l’Union.

Après le sommet européen de la semaine dernière, les ministres de l’environnement se réunissent aujourd’hui à Luxembourg. Mais le plan européen –réduire de 20% les gaz à effet de serre, atteindre 20% d‘énergies renouvelables, réaliser 20% d‘économie d‘énergie, le tout pour 2020– va probablement se fissurer à cause du credit crunch. Lire la suite

Les assoc. écologiques aussi importantes que les syndicats

Le Monde, propos d’Arnaud Gossement recueillis par Laurence Caramel, le 21 octobre 2008

« Les associations écologiques sont aussi importantes que les syndicats »

Créée en 1968, la fédération écologiste France Nature Environnement (FNE), qui regroupe 3 000 associations, a participé aux rencontres du Grenelle de l’environnement organisées, en octobre 2007, par le gouvernement, sous l’égide de Jean-Louis Borloo, ministre en charge du dossier. Ces travaux ont donné lieu, en fin de course, à la rédaction d’un premier projet de loi soumis aujourd’hui au vote des parlementaires. Avocat, docteur en droit et enseignant à l’université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) en droit de l’environnement, Arnaud Gossement, porte-parole de FNE, explique, ici, la portée de ce texte qui, selon lui, « bouleverse le rapport de notre société à la nature » car il va contraindre les décideurs à « penser différemment les politiques d’aménagement ».

FNE salue la création d’un mécanisme de « compensation de la biodiversité », comme une petite révolution. Pourquoi est-ce si important ?

Jusqu’à présent on ne se souciait que du coût de la protection de l’environnement, en ignorant le coût de sa destruction. Admettre que la nature a une valeur et que lui porter atteinte a donc un prix constitue une avancée majeure. Dorénavant, un projet d’aménagement urbain, une route, une implantation industrielle… devra être envisagé en prenant mieux en compte l’impact sur l’environnement. Car les dommages qui n’auront pu être évités devront être compenser.

De quelle façon ?

Cela n’est pas encore arrêté. Notre idée est que la compensation doit avoir lieu au plus près de l’espace où l’atteinte se produit. Il ne s’agit pas de compenser la disparition d’espèces, comme le Grand Hamster en Alsace ou le vison d’Europe en Aquitaine, en plantant des palmiers sur la Côte d’Azur. Il ne s’agit pas que les opérateurs versent de l’argent pour se dédouaner mais d’organiser réellement des actions qui assurent la préservation des écosystèmes.

Les députés ont aussi acté la création d’une trame verte. En quoi consistera-t-elle ?

L’étalement des villes, la multiplication des infrastructures de transports – routes, chemin de fer, etc – ont segmenté les espaces naturels en supprimant des points de passages indispensables à la survie des écosystèmes. La trame verte a pour objectif de recréer ces passages en établissant des corridors écologiques. De notre point de vue, Lire la suite

Une ferme pilote d’hydroliennes en Bretagne

NouvelObs.com, Rachel Mulot pour Sciences et Avenir.com, le 21 octobre 2008

Une ferme pilote d’hydroliennes en Bretagne

EDF va implanter quatre à dix hydroliennes sous-marines pour capter l’énergie des courants au large des Côtes d’Armor. La technologie retenue est irlandaise.

« L’important, au fond, c’est qu’elles tournent ! » Maurice Goarin, maire de Lanleff et président de la Communauté de communes de Paimpol-Goëlo résume bien l’état d’esprit des élus bretons, à la fois pragmatiques et déçus, au lendemain de la décision d’EDF de choisir des turbines irlandaises –et non bretonnes- pour la première ferme pilote d’hydroliennes sous-marines de France, prévue dans les eaux tumultueuses de Paimpol-Bréhat. L’annonce est intervenue le17 octobre à Brest au cours de la seconde conférence internationale sur les énergies marines renouvelables (ICOE 2008), qui réunissait environ 300 participants (1).

Quatre à dix turbines géantes OpenHydro vont donc être immergées d’ici quelques mois pour convertir l’énergie des courants des marées en électricité. Développées depuis près de quinze ans par la société dublinoise du même nom, les hydroliennes OpenHydro ont été apparemment retenues en raison de leur technologie simple et pratique.

«Leur installation ne nécessite pas de travaux sous marins de type forage ou ancrage» explique ainsi le chef du projet pour EDF, Bernard Mahiou, directeur délégué à la Coordination de l’eau et au Développement  .Reconnaissables à leur «centre ouvert», dotées de génératrices périphériques à aimants permanents, fixées chacune sur un tripode métallique, ces turbines conçues pour fonctionner en immersion totale seraient faciles à déplacer. Un catamaran spécialement conçu pour l’opération les dépose sur les fonds marins et peut les faire émerger pour des opérations de maintenance ou d’enlèvement.

Une technologie simple

Même si leur diamètre -vraisemblablement supérieur à 10 mètres- reste à déterminer, EDF devrait installer entre quatre et dix turbines OpenHydro d’une capacité totale de 2 à 4 mégawatts et les raccorder progressivement au réseau de distribution d’électricité à partir de 2011. De quoi alimenter l’équivalent de 2.500 à 5.000 foyers bretons. Le coût du projet oscillerait entre 23 et 27 millions d’euros, selon le quotidien irlandais Irish Times, alors que ni EDF, ni OpenHydro n’ont fixé le coût de l’opération. Lire la suite

Corinne Lepage : Eviter l’effondrement

Corinne Lepage: Tribune France Culture du lundi 20 octobre, le 20 octobre2008

Eviter l’effondrement

Dans son livre « Effondrement » consacré aux choix des sociétés de survivre ou de disparaître, Jared Diamond identifie 4 formes de comportement collectif qui ont été fatals aux sociétés qui les ont choisis :

– L’incapacité d’identifier un problème avant qu’il ne se manifeste

– L’incapacité de percevoir un problème alors qu’il est présent

– L’incapacité à résoudre – voire même à réellement chercher des solutions lorsque le problème est identifié

– Et surtout le maintien d’un système de valeurs sociales inadaptées à la situation nouvelle.

Et Jiamond écrit à ce propos :  » il est douloureusement difficile de décider qu’il faut abandonner certaines de ses valeurs centrales quand elles sont devenues incompatibles avec la survie« .

Je laisse nos auditeurs s’interroger sur notre incapacité plus ou moins manifeste à répondre aux trois premier enjeux s’agissant non seulement de la crise financière et économique, mais surtout de la crise énergético-écologique qui est celle de la prise de conscience de nos limites.

Je voudrais m’arrêter sue la question du système de valeurs qui est en réalité la clé du reste. Dans un ouvrage remarquable intitulé l’enfermement planétaire, André Lebeau traite de la question de la confrontation de la logique libérale au problème des limites de la terre, générant une régression économique, voire un effondrement. Or, nous ne parvenons pas à traiter la question de la démographie pas plus que celle de la gestion dans un intérêt commun des ressources naturelles nécessaires à notre survie. Le fait que les ressources soient localisées et les pollutions souvent diffuses accroît encore les sources d’interdépendance mais aussi d’inégalités croissantes, l’accroissement des revenus se faisant sur l’exploitation des richesses. Croissance est synonyme d’augmentation du revenu et non pas d’augmentation du patrimoine collectif. Notre système de valeurs est donc inadapté et ce d’autant plus que la croissance des 30 dernières années s’est accompagnée d’un accroissement des inégalités entre personnes et entre pays qui a servi de moteur à ladite croissance.

Eviter l’effondrement, c’est-à-dire faire le choix de la survie, c’est donc s’attaquer à notre système de valeurs qui est la cause profonde du crach financier. En admettant nos erreurs et en refusant que les responsables physiques des drames actuels tentent de s’autojustifier en nous proposant de continuer sur le même système, voire même comme Alain Madelin en accablant les victimes que sont les emprunteurs américains. Il est nécessaire de commencer avec des mesures symboliques mais fortes comme la suppression des parachutes dorés et bonus de dirigeants financiers par la loi, le droit de vote étendu des Etats dans les banques dans lesquelles il aura investi et une législation rigoureuse excluant toute autorégulation dont on a vu où elle conduisait. Pendant « les affaires » les affaires ne sauraient continuer.

En second lieu, en évitant à tout prix que les Etats qui sont derniers garants de la vie collective ne soient déstabilisés, car ce serait alors un risque de chaos pour les nations. Les Etats sont aujourd’hui les seuls à pouvoir faire face aux réorientations économiques et sociales majeures auxquelles il faut procéder sans délai. Lire la suite

Lester Brown : bâtir une nouvelle économie de l’énergie

Le Monde, 20 octobre 2008, propos de Lester Brown recueillis par Hervé Kempf

« Bâtir une nouvelle économie de l’énergie »

La crise économique est bonne pour l’environnement, parce qu’elle pousse à réduire la consommation matérielle, comme cela arrive en ce moment aux Etats-Unis. Les gens découvrent que ce qu’ils doivent pour finir de payer leur maison est supérieur à ce qu’elle vaut maintenant, que ce qu’ils doivent pour payer leur 4×4 dépasse sa valeur actuelle. Ils commencent à sortir de la mentalité du « bigger is better », « plus c’est gros, mieux c’est ». Mais cela pourrait n’être que temporaire, et la crise pourrait nous distraire de problèmes de plus long terme, tel le changement climatique. Or nous assistons à une détérioration dramatique des systèmes naturels : déforestation, érosion des sols, épuisement des nappes phréatiques, pêcheries qui s’effondrent. L’histoire nous montre qu’une économie qui détruit les systèmes qui la supportent finit par s’effondrer. C’est la situation où nous sommes aujourd’hui. Durant la deuxième guerre mondiale, nous avons su nous mobiliser pour sauvegarder la démocratie. Aujourd’hui, c’est la civilisation elle-même qu’il faut sauver. Mais la question de la répartition des richesses est également importante. Barack Obama a indiqué qu’il voulait renverser la tendance à l’accroissement des inégalités, en augmentant les impôts sur les 5 % les plus riches, et en diminuant les impôts sur les contribuables les moins riches. Il s’agit d’éviter que ce soient les pauvres qui paient la crise. On assiste à une augmentation forte du chômage et, si l’on cherche une solution à long terme sur le problème principal, qui est le changement climatique, elle pourrait être de bâtir une nouvelle économie de l’énergie, combinant énergies renouvelables et efficacité énergétique. Cela représente un énorme gisement de créations d’emplois. »

L’environnement pourrait tirer bénéf. de la crise économique

Le Monde, Hervé Kempf, 20 octobre 2008

L’environnement pourrait tirer bénéfice de la crise économique

Le trafic aérien ralentit, les ventes d’automobiles diminuent : la contraction de l’activité économique devrait mécaniquement réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans le même ordre d’idées, le ralentissement de l’immobilier va freiner l’étalement urbain ; des projets d’infrastructures détruisant des écosystèmes naturels pourraient être remis en cause du fait de leur mauvaise rentabilité ; le cours du soja chute et « la réduction du prix des matières premières va réduire la pression sur la forêt », comme l’a observé Carlos Minc, le ministre brésilien de l’environnement.

Pour les économistes et les experts de l’environnement interrogés par Le Monde, l’effet bénéfique de la crise sur l’environnement est réel. « Mais si la crise va entraîner une moindre consommation, cela repoussera le problème, cela ne le résoudra pas« , dit Sylvie Faucheux, de l’université de Versailles. De même, Nicholas Stern, de la London School of Economics, auteur de l’important rapport sur les conséquences économiques du changement climatique (publié en novembre 2006), estime que « deux à trois ans de faible croissance des émissions de gaz carbonique ne changent pas beaucoup la donne. Le vrai objectif est de passer à une croissance qui émet peu de CO2« .

Un effet pervers pourrait même être que, « comme en 1973, la crise fasse oublier la préoccupation écologique« , remarque Jean-Marie Harribey, de l’université de Montesquieu-Bordeaux-IV, et vice-président de l’organisation non gouvernementale ATTAC.

Or, rappelle Christian Coméliau, de l’Institut universitaire d’études du développement, à Genève, « les crises écologique, pétrolière et alimentaire ne s’arrêtent pas parce qu’il y a une crise économique« . Un rappel en a été récemment fait par Pavan Sukhdev, économiste de la Deutsche Bank, dont l’étude sur l’économie des systèmes naturels a estimé entre 2 000 et 5 000 milliards de dollars par an la perte annuelle des services rendus par la nature, perte due à la destruction des écosystèmes.

« Il y a un enseignement à tirer de la crise financière, dit Nicholas Stern. Si nous ignorons les risques qui se développent dans un système, nous finissons par des troubles graves. C’est une leçon très puissante pour le changement climatique, dont les conséquences, si l’on n’agit pas, seront beaucoup plus grandes que la crise actuelle. »

Un autre aspect observé dans la crise est la question sociale : « S’il y a récession et ralentissement de la production, cela permettra une moindre pression sur l’environnement, remarque Benjamin Grebot, un expert du mouvement Utopia. Mais ce sera subi, pas choisi, et ce seront les plus modestes qui en paieront les premiers les conséquences. »

« Tout le monde ne sera pas frappé de la même manière, confirme Jean-Marie Harribey, cela implique la remise en cause de la répartition des revenus. » Pour Sylvie Faucheux, « on est arrivé aux limites de la décence en ce qui concerne la répartition des richesses. Lire la suite

6 secteurs économiques négligent le changement climatique

EcoLife, Victor Mendras, le 20 octobre 2008

6 secteurs montrés du doigt

Le cabinet d’audit et de conseil KPMG a publié une étude sur l’impact du réchauffement climatique et la manière dont il est pris en compte par les entreprises. Les résultats révèlent que six secteurs d’activité négligent encore cet enjeu.

L’énergie pétrolière et gazière, l’aviation, le transport, le tourisme, les services médicaux et la finance ne sont pas suffisamment préparés pour faire face aux prochaines contraintes environnementales, selon KPMG. L’étude menée par le cabinet d’audit avait pour objectif d’identifier les risques et les impacts économiques provoqués par le changement climatique pour aider les entreprises à mieux comprendre le phénomène. « KPMG porte un intérêt tout particulier au réchauffement climatique devenu un enjeu majeur », explique Philippe Arnaud, responsable du développement durable au sein du cabinet d’audit. Quatre risques sont mis en avant. 72% des entreprises considèrent que la réglementation représente pour elles une menace. Elles sont la moitié à prendre en compte l’importance de l’impact physique du changement climatique sur leur secteur. Mais la mauvaise réputation et les litiges judiciaires engendrés par celui-ci restent largement sous-évalués.

Le risque dans un futur proche est réel

Le danger pour le pétrole et le transport aérien ou routier paraît évident. Le pétrole, ressource extrêmement polluante, sert à faire fonctionner voitures et avions. Alertés par les enjeux écologiques, les gouvernements donnent aujourd’hui une réelle importance au développement durable. Réglementations et taxes augmentent, pour inciter ces trois secteurs à être davantage responsables. « Il est désormais nécessaire d’investir pour développer les réseaux ferroviaires », indique Philippe Arnaud. Bien plus écologique, le train devient moins coûteux et donc plus rentable pour effectuer certaines distances. Lire la suite

Les subprimes de la Nature

Six pieds sur terre, le blog de Laure Noualhat (Libération), le 1er octobre 2008

Les subprimes de la Nature

Quand vous allez à la cantine et que vous demandez du rab d’épinards, s’il n’y en a plus, que faites-vous? Vous prenez autre chose, rien d’autre ou vous agressez le cuistot ? Avec la planète, quand il n’y a plus rien, on continue: on défonce les placards, on fouille dans le frigidaire et on racle les fonds de tiroir.

Cela fait plus d’une semaine que nous vivons au-dessus de nos moyens. Nous sommes à découvert et notre compte plonge chaque jour un peu plus profond dans le rouge. Ca ressemble comme deux gouttes d’eau à un scénario qui se joue aujourd’hui à Wall Street, Tokyo, Paris, Londres et ailleurs, mais c’est en réalité beaucoup plus terre à terre que cela.

Le 23 septembre, c’était la date clef à partir de laquelle nous, les Humains, avions consommé tout ce que la planète s’évertue à produire en un an pour subvenir à nos besoins. C’était le «jour du dépassement», un concept anglais venu du Global Footprint Network, réseau dont le principal objectif est de fournir des outils pour mesurer l’impact des activités humaines sur la planète.

Alors imaginons ce monde où depuis le 23 septembre, c’est ceinture. On ne se déplace plus, on ne s’achète plus de vêtements, ni de crèmes pour le corps, ni de nouvel iPod, ni de voiture au Mondial de l’auto. Et cette diète totale doit durer jusqu’au 31 décembre. Autant vous dire que pour Noël, il faudra confectionner de jolies écharpes à partir de la laine de vos vieux pulls!

«A partir d’aujourd’hui jusqu’à la fin de l’année, nous puisons dans les réserves écologiques de la Terre aux dépens des générations futures» expliquait le fondateur du Global Footprint Network, Mathis Wackernaegel le 23 septembre. «Ca peut fonctionner pendant un temps, mais les déchets s’accumulent inexorablement et nous épuisons les ressources naturelles sur lesquelles l’économie mondiale est fondée.» Laquelle ne se porte déjà pas terriblement bien.

Depuis le 23 septembre, toutes les ressources naturelles que la Terre aura produites entre le 1er janvier et le 31 décembre 2008 ont été entièrement consommées par anticipation. Certes, la Terre a une capacité naturelle à renouveler ces ressources, mais notre demande actuelle dépasse de 40% cette capacité et nous consommons en un an ce que la planète met un an et quatre mois à produire.

Pourquoi le 23 septembre ? Lire la suite

Béarn : projet de production de méthane à partir de lisier

Sud-Ouest, Jean-Jacques Nicomette, le 20 Octobre 2008

ESCOUBÈS. Des éleveurs de porcs, canards et bovins s’unissent pour produire du méthane à partir du lisier. Et s’en servir pour fabriquer de l’électricité qu’ils revendront. Un projet original en Aquitaine

La campagne « branchée »

D’ici deux ans, un projet unique en son genre en Aquitaine – et l’un des tous premiers en France – devrait voir le jour à Escoubès. Il permettra à plus d’une vingtaine d’agriculteurs des cantons de Thèze et Morlaàs, associés à des producteurs de déchets agroalimentaires, de collecter les lisiers provenant de leurs élevages pour en faire du méthane. Puis d’utiliser ce gaz afin de produire de l’électricité qui sera vendue et injectée sur le réseau local.

Déjà très répandue dans les pays du nord de l’Europe, en particulier en Allemagne, la méthanisation de la matière organique répond à un vrai besoin dans cette partie du Béarn.

Une question de survie.

Sur cette zone d’élevage où la réforme de la PAC (Politique agricole commune) a entraîné la mise en jachère d’une partie des terres et où de plus en plus de gens qui travaillent à Pau font construire leur maison, le manque de surfaces agricoles se fait en effet sentir fortement. « Qui plus est, les réglementations sur la protection de l’environnement sont de plus en plus draconiennes », expliquent André Candau et Gilles Marquis, deux des porteurs du projet.

Pour assurer l’avenir de leurs exploitations, une quinzaine d’éleveurs de porcs, de canards et de bovins du secteur ont donc décidé d’unir leurs efforts en 2001. En créant l’association Airpur. « Celle-ci avait pour mission de réfléchir aux problèmes environnementaux et d’y trouver des solutions. »

Une énergie renouvelable.

Soutenus par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) ainsi que par la Région Aquitaine, les éleveurs ont travaillé avec trois cabinets spécialisés pour obtenir un diagnostic de chacune de leurs exploitations.

« Celui-ci a révélé que notre souci majeur était le traitement de nos effluents. » En clair, les lisiers que, de manière traditionnelle, les agriculteurs stockent et épandent dans leurs champs. « On a aussi réalisé rapidement que l’une des solutions les plus intéressantes était la méthanisation. Car elle permet de produire une énergie renouvelable qui, grâce à la vente de l’électricité, engendre des recettes. »

« Une étude confiée à l’Association pour le développement agro-environnemental du Sud-Ouest a enfin montré que, pour faciliter la production de gaz, le mieux était de faire appel à des lisiers de diverses natures. Et qu’une installation collective serait beaucoup plus économique que quinze installations séparées. Car nous nous trouvons tous assez proches les uns des autres. »

L’idée était lancée. Lire la suite

Création d’un Parc naturel régional dans le Médoc ?

Sud-Ouest, Jean-Pierre Deroudille, le 20 Octobre 2008

AQUITAINE. Alors que la tempête financière s’abat sur la planète, le budget régional reste à l’abri. Mais les perspectives restent inquiétantes pour l’avenir

2009, année du répit fiscal

Le Conseil régional d’Aquitaine, qui se réunit aujourd’hui dans le climat de crise économique qui secoue la planète, trouvera au moins une satisfaction à l’occasion de son débat sur les orientations budgétaires : l’exécutif ne lui demandera pas d’augmenter les impôts dont les taux resteront inchangés en 2009, et les finances régionales resteront indemnes de toute répercussion l’an prochain.

L’âge d’or.

Alain Rousset a confirmé vendredi que tous les emprunts du Conseil régional avaient été souscrits à taux fixe, aujourd’hui très avantageux. Par ailleurs, la croissance économique de l’Aquitaine, ces dernières années, a contribué à augmenter son potentiel, puisque les rentrées fiscales attendues en 2009 progresseront de 5 % sans qu’il soit nécessaire d’en augmenter les taux.

Ainsi, Alain Rousset, qui a déjà annoncé la suppression de la taxe sur les permis de conduire dès l’an prochain, pourra le faire sans augmenter les impôts. Cependant, le budget 2009 sera certainement le dernier sur lequel l’Aquitaine pourra bénéficier de la politique de désendettement qui l’a placée, en dix ans, parmi les régions dotées d’une certaine marge de manœuvre financière.

Des nuages sur 2010.

Par exemple, la part variable de TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) qui avait été concédée aux Régions pourrait ne pas être prolongée à partir de 2010, d’autant plus qu’elle avait été accordée à titre provisoire par Bruxelles. Les dotations de l’État en faveur des collectivités territoriales seront encadrées elles aussi, tout comme le fonds de compensation de la TVA. Le Conseil économique et social régional, dans son avis voté jeudi, s’inquiétait à ce sujet du contexte financier actuel qui risque de rendre plus douloureux le recours à l’emprunt. Rien que pour le ferroviaire, Alain Rousset chiffrait l’investissement nécessaire à deux milliards d’euros.

Les nuages qui s’avancent sur les budgets des Régions sont accompagnés des incertitudes qui pèsent sur leur avenir en lui-même. La réforme annoncée par le chef de l’État et confirmée par la responsabilité confiée à Édouard Balladur devrait mieux définir les responsabilités des collectivités, mais personne ne sait ce qui va en sortir. Les « régionalistes » craignent que ce soient les départements qui en bénéficient le plus.

Un parc régional du Médoc.

Aujourd’hui, le Conseil régional est amené à se prononcer sur le lancement des études visant à la création d’un Parc naturel régional du Médoc. Lire la suite

2030 : 5 scénarios du monde du changement climatique

Actualités News Environnement, Sandra Besson, le 14 octobre 2008

Horizon 2030 : Différents scénarios du monde du changement climatique

Le Forum pour le Futur, forum britannique de discussions, et des chercheurs des laboratoires de la compagnie Hewlett-Packard, ont proposé plusieurs scénarios possibles du monde du futur, un monde dans lequel les individus auront dû gérer le changement climatique, avec succès ou non.

Les réfugiés se rendront en Antarctique d’ici 2030, les Jeux Olympiques seront organisés seulement dans le cyberespace, et l’Australie centrale aura été abandonnée pour cause de sécheresse : voilà ce à quoi pourrait ressembler le monde du changement climatique dans trente ans selon un groupe de chercheurs britanniques.

Le Forum pour le Futur, forum britannique de discussions, et des chercheurs des laboratoires de la compagnie Hewlett-Packard, ont déclaré qu’ils voulaient lancer le débat autour de la manière dont on peut éviter les pires effets du réchauffement climatique, en présentant un ensemble radical d’avenirs possibles.

« Le changement climatique affectera l’économie au moins autant que la crise financière actuelle » écrivent-ils dans leur rapport de 76 pages.

Les scénarios vont d’un passage à l’efficience énergétique, dans lequel les usines de dessalement, fonctionnant à l’énergie solaire, aideront à transformer le Sahara en une immense prairie, jusqu’à un autre scénario dans lequel des réfugiés s’exileront en Antarctique à cause de l’augmentation des températures.

 « Nous avons encore une chance d’altérer le futur » a déclaré Peter Madden, directeur du Forum.  « Voilà ce à quoi le monde pourrait ressembler et certaines de ces options ne sont pas très plaisantes ».

Peter Madden a déclaré que la plupart des études au sujet du changement climatique se concentraient sur les découvertes scientifiques concernant les émissions dioxyde de carbone, provenant principalement de la combustion des carburants fossiles, sans prendre en compte les conséquences psychologiques ou sociales de ces changements.

 « Les historiens du futur pourraient appeler cette période « les années du changement climatique » » a-t-il déclaré. « Ils pourraient tout aussi bien considérer notre génération comme héroïque ou également nous considérer avec incompréhension et dégoût –comme actuellement nous considérons les personnes qui ont permis l’esclavage ».

Il a ajouté que l’étude du Forum ne cherchait pas à prévoir ce qui va le plus probablement se passer, mais seulement à établir quelques possibilités.

L’étude décline cinq scénarios.

Le premier, celui de l’efficience énergétique, est un monde dans lequel l’innovation technologique aidera à résoudre le problème du changement climatique et à encourager la croissance et la consommation. Le Sahara est une prairie et la côte est des Etats-Unis est « protégée par un mur en béton écologique qui génère de l’électricité grâce à la marée ». Lire la suite

FNE : 1ère analyse du projet de loi Grenelle 1

Communiqué de presse France Nature Environnement, le 20 octobre 2008

Projet de loi Grenelle I : pour un vote à la hauteur de l’enjeu

L’Assemblée nationale vient d’achever l’examen du projet de loi Grenelle I de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. Analyse de FNE avant le vote en séance du mardi 21 octobre 2008.

Pour un vote des objectifs du Grenelle. Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « Le projet de loi débattu par l’Assemblée nationale est une bonne feuille de route et il faut saluer les travaux des parlementaires. Un vote le plus large possible de cette loi, qui peut encore être améliorée, serait la meilleure garantie qu’elle soit appliquée et non enterrée. Si des acteurs qui ne se parlaient pas ont réussi, l’an dernier, à accorder leurs violons lors du Grenelle, les députés peuvent aussi le faire sur des objectifs. La preuve : plusieurs articles importants du texte ont été votés à l’unanimité ».

Une loi importante : passons aux travaux pratiques. Pour Arnaud Gossement, porte parole de FNE « C’est la première fois depuis le début de la Vème République que le Parlement est sur le point de voter une loi qui traite de la protection de l’environnement dans toutes ses composantes (eau, air, déchets…). Cette loi comporte des avancées mais aussi des faiblesses qui sont d’abord le reflet des faiblesses du compromis du Grenelle, sur certains dossiers. Pour FNE, il s’agit d’abord d’une loi d’objectifs et il faut maintenant passer aux travaux pratiques ».

Les principales mesures du projet de loi.

La transition vers un modèle de développement durable (art. 1er). A la suite du vote de l’amendement n°41, le Grenelle de l’environnement devra permettre une transition vers ce modèle plutôt que vers « une nouvelle économie compétitive ». L’amendement prévoit que ce « ce nouveau modèle de développement durable » « se combine avec une diminution des consommations ».

Le principe d’inversion de la charge de la preuve (art 1er). A la suite du vote de l’amendement n°43 rect. l’article 1er dispose « Pour les décisions publiques susceptibles d’avoir une incidence significative sur l’environnement, les procédures de décision seront révisées pour privilégier les solutions respectueuses de l’environnement, en apportant la preuve qu’une décision alternative plus favorable à l’environnement est impossible à un coût raisonnable ».

Le dialogue du Grenelle devient permanent (art.1er) : Le sous amendement n°1633 à l’amendement n°45 fait du Grenelle de l’environnement un processus permanent. Le comité de suivi du Grenelle est institutionnalisé et devient une « conférence des parties prenantes ».

Lutte contre le changement climatique : confirmation des objectifs « Facteur 4 » et de réduction de 3% par an (art.2). Lire la suite

Les émissions de CO² excèdent les prévis. les + pessimistes

Le Monde, Stéphane Foucart, 26 septembre 2008

Les émissions de CO2 excèdent largement les prévisions

Beaucoup de bruit pour rien ? L’intense activité diplomatique déployée ces dernières années sur le front climatique n’a eu, jusqu’à présent, aucun impact. C’est, en substance, ce qu’il faut retenir de la publication, vendredi 26 septembre par le Global Carbon Project (GCP), des données mondiales d’émissions de dioxyde de carbone (CO2) pour l’année 2007.

Les cimenteries et la combustion des ressources fossiles (pétrole, charbon, gaz) ont émis 8,5 milliards de tonnes (Gt) de carbone ; les activités de déforestation ont été, pour leur part, responsables de l’émission d’environ 1,5 Gt de carbone. « Ce niveau d’émissions se situe un peu au-dessus des scénarios de développement les plus pessimistes que le GIEC [Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat] a utilisés pour prévoir le changement climatique à la fin du siècle », précise Philippe Ciais (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement), membre du GCP.

VITESSE PRÉOCCUPANTE

La vitesse à laquelle progressent les émissions est plus préoccupante encore que leur valeur absolue de 2007. « Depuis 2000, les émissions ont crû en moyenne de 3,5% par an, soit quatre fois plus vite qu’entre 1990 et 2000, où cette augmentation annuelle n’avait été que de 0,9% environ« , explique Corinne Le Quéré (université d’East Anglia et British Antarctic Survey), membre du GCP. A titre de comparaison, le pire scénario du GIEC prévoit seulement une augmentation de 2,7% par an.

« Cela s’explique par le fait que les pays industrialisés n’ont globalement pas diminué leurs émissions depuis les années 1990 tandis que le développement économique des pays en voie de développement, en particulier la Chine et l’Inde, a été beaucoup plus rapide que prévu », ajoute Corinne Le Quéré.

Pourquoi une telle hausse ? « D’abord, il faut avouer qu’il n’y a pas eu d’avancée technologique déterminante, au cours des quinze dernières années, à même de les ralentir significativement », Lire la suite

Communiqué de l’association IDEAL (Adour et littoral)

Association I.D.E.A.L

Information Défense de l’Environnement de l’Adour et du Littoral

Chemin de Matignon 64340 BOUCAU Tel : 05 59 64 23 03

64 Avenue Lénine 40220 TARNOS Tel 05 59 64 28 63/06 99 72 39 51

Communiqué de presse du 15 octobre 2008

Moutons, poissons, infections, pollutions…

Mer poubelle et bouillon de culture

L’océan vient de nous présenter une facture salée : après les 3 globicéphales morts sur les plages de Biarritz et Guéthary, ce sont des milliers de poissons qui trépassent depuis plus de trois semaines sur l’ensemble du littoral, « sacrifiés sur l’autel de la consommation et des pollutions exponentielles ».

Les autorités se sont empressées…. de communiquer : « pêcheurs, consommateurs, baigneurs, surfeurs : vous ne risquez rien ! ».

Au moment où le développement difficilement contrôlable de la fièvre catarrhale dans les troupeaux d’ovins et de bovins – dont bien évidemment, « nous ne risquons rien ! »-  voilà que la faune aquatique est frappée à son tour par une infection microbiologique de type « pasteurellose » nous dit-on. Aucune information  ne semble pouvoir indiquer quelle en est la cause ou l’origine.

22 ans après  Tchernobyl (dont le nuage radioactif s’est arrêté à nos frontières, bien sur), le doute reste permis. Comme l’indiquent les publications médicales, la contamination par la « Pasteurellose vraie » est très répandue chez les oiseaux (choléra aviaire) et chez les mammifères. L’homme peut être contaminé à la suite d’une morsure ou d’une griffure ou par muqueuse interposée. Le développement de cette infection pouvant aller jusqu’à la septicémie. Le risque est donc patent et lorsqu’on voit les pompiers manipuler ces poissons morts sans gants ou autre protection, que doit-on penser de ces soi-disant spécialistes qui jurent qu’il n’y a pas de risque pour l’homme ? Tchernobyl quand tu nous tiens !

Et les malheureux poissons, depuis trois semaines, agonisent devant nos yeux et sans autres effets que celui du constat attristé des uns ou des autres ! Au fait, où en sommes nous de ces recherches lancées tous azimut ? Plus de com’ ? A quand l’information permanente ?

Il est vrai que, pour le moment, c’est la crise ! Il n’empêche que les poissons crèvent toujours.

Tout le monde feint d’ignorer que la vraie crise, la plus effroyable, est la crise écologique qui se profile et dont le rapport STERN, ancien directeur de la Banque Mondiale, annonçait il y a un an, des effets dévastateurs partout sur la planète.

Pour IDEAL, la situation nous apparaît suffisamment grave pour que ces catastrophes  ne restent pas enfermées dans une simple gestion des administrations concernées. Lire la suite

Conférence sur le DD : CRA, CG33, CUB, Bx exemplaires ?

Sud-Ouest, le 20 Octobre 2008

Les collectivités locales en exemple

« Les quatre piliers du développement durable sont la protection de l’environnement, le social, l’économie, mais aussi le patrimoine culturel. » Michel Ricard, professeur d’écologie à l’université Bordeaux III, préside le Conseil national de développement durable. Il est aussi l’un des ordonnateurs de la Conférence internationale sur l’éducation pour un développement durable, qui se tiendra du 27 au 29 octobre au Palais des congrès de Bordeaux, sous le haut patronage de l’Unesco.

Bordeaux, l’épicentre.

Bordeaux devient d’ailleurs l’épicentre de la réflexion interétatique sur cette thématique ! Au début du mois, la capitale aquitaine accueillait déjà la conférence annuelle du Conseil européen des conseils nationaux du développement durable.

Organisateur de la prochaine conférence liée au « DD », le Comité français de la décennie des Nations-Unies a décidé de consacrer l’une des trois journées (mardi 28) à l’action des collectivités. La région Aquitaine, le Département, la Communauté urbaine et la ville de Bordeaux ont, selon le comité, « développé en coopération des démarches exemplaires ». Les quatre collectivités présenteront leurs réalisations.

Soixante pays.

On attend 800 participants venant de 60 pays. Lire la suite

Terre et humanisme : pour une insurrection des consciences

Cdurable, le 19 octobre 2008.

Manifeste pour la Terre et l’humanisme : pour une insurrection des consciences

Que réunit les adhérents de l’association Terre et Humanisme fondée par Pierre Rabhi ? Une même conscience. La nécessité de trouver un nouveau projet de société, qui replace l’homme et la nature au cœur des préoccupations.

Conscience manifeste, puisque Terre et Humanisme a même édicté une charte internationale pour inciter à de nouveaux comportements. Un cri d’espoir ? Pourtant, le postulat de départ est des plus pessimistes : « La crise est alimentaire, économique, sociale et climatique ; on va vers un désastre annoncé », lance Cyril Dion, directeur de l’association. « Mais on est de plus en plus nombreux à vouloir agir, et il existe énormément d’alternatives, dans tous les domaines« .

Le site : colobris-lemouvement.org se propose justement de mettre en relation les « bonnes intentions » et les moyens de les mettre en application. Par exemple, si vous voulez consommer bio localement, on vous indique pourquoi, comment, où et avec qui . L’objectif est de constituer un réseau, véritable contre-pouvoir au mode de vie établi, même s’il résulte de la volonté de chacun.

« Très souvent, nous oublions de percevoir toutes nos richesses propres. Dans notre microcosme personnel, nous pouvons agir, malgré tout », fait remarquer Pierre Rabhi. « Au-delà des catégories, des nationalismes, des idéologies, des clivages politiques et de tout ce qui fragmente notre réalité commune, c’est à l’insurrection et à la fédération des consciences que je fais aujourd’hui appel, Lire la suite

Pétition de Greenpeace pour l’efficacité énergétique

CDurable, le 16 octobre 2008.

Maintenant c’est quand ? Déjà 30 ans qu’il faut agir maintenant

La première des solutions : l’efficacité énergétique

Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour dire que développer un ambitieux programme d’économies d’énergie et de maîtrise de la consommation est la meilleure façon de répondre à la fois au défi de la lutte contre les changements climatiques, aux enjeux de sécurité énergétique et à la nécessité de défendre le pouvoir d’achat. Et pourtant, l’efficacité énergétique reste le parent pauvre de la politique énergétique européenne.

Greenpeace France organise une pétition demandant au Président de la République de soutenir l’efficacité énergétique et la réglementation sur le CO2 des automobiles.

Monsieur le Président,

Commission européenne, Agence internationale de l’énergie, experts du Giec : tout le monde s’accorde aujourd’hui pour souligner l’importance de l’efficacité énergétique. Développer un ambitieux programme d’économies d’énergie et de maîtrise de la consommation permettrait de répondre à la fois au défi de la lutte contre les changements climatiques, aux enjeux de sécurité énergétique et à la nécessité de défendre le pouvoir d’achat.

Et pourtant, la maîtrise de la consommation est le parent pauvre du paquet « énergie climat ». À la différence des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développement des renouvelables, la réduction de la consommation d’énergie ne revêt aucun caractère obligatoire. Seule une décision du Conseil européen de rendre contraignant cet objectif de 20% d’efficacité énergétique permettra que l’Europe exploite le formidable gisement des économies d’énergie.

Monsieur le Président, qui êtes à la tête de l’Union européenne jusqu’à la fin de l’année, je vous demande dont de mettre à l’agenda de l’UE cette question de l’efficacité énergétique, pour que l’objectif de réaliser 20% d’économie d’énergie en 2020 soit assorti d’un caractère juridiquement contraignant. Lire la suite

Janco : la fonte accéléré du Groenland, mauvaise nouvelle

Paris-Match,  Antoine Bayle, 16 Octobre 2008

Jean-Marc Jancovici : «La fonte accélérée du Groenland est une très mauvaise nouvelle»

Interview. En Arctique, la glace fond vite, bien trop vite. Face aux menaces que fait peser le réchauffement climatique, Jean-Marc Jancovici fait le point pour ParisMatch.com.

Les effets du réchauffement climatique se font chaque jour un peu plus pressants. L’Arctique a été plus qu’éprouvé par cet été 2008. La région du pôle Nord n’en finit pas de fondre et de se délester de sa glace. D’après un Centre scientifique américain, les glaces arctiques ont enregistré en août la deuxième plus forte fonte pour une saison estivale depuis le début des observations satellitaires… il y a 30 ans. Preuve de cette cure d’amincissement forcée, des plateaux de glace pouvant atteindre 50 km2 se sont détachés de la côte dans le Grand Nord canadien cet été. Cette déliquescence semble prendre les scientifiques de court. À tel point que de nouveaux travaux publiés sur le site internet de la revue scientifique britannique Nature Geoscience promettent un avenir funeste au Groenland. La fonte des glaciers de cette région de l’Arctique pourrait être bien plus rapide que prévu.

Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil sur les questions de l’énergie et du climat et expert sur la question du réchauffement climatique, revient sur cette actualité pour le moins inquiétante.

ParisMatch.com : L’Arctique est touché de plein fouet par le changement climatique. À quoi l’humanité doit-elle s’attendre dans les prochaines décennies si la fonte des glaces devaient s’amplifier ?

Jean-Marc Jancovici* : Quatre grands sujets mobilisent les glaciologues. Le premier, ce sont les glaciers continentaux des moyennes latitudes (la Mer de glace, les glaciers de la Cordillère des Andes…). Avec quelques degrés de plus sur la planète, une large partie pourrait fondre. Le deuxième endroit qui intéresse les scientifiques est le Groenland. Jusqu’à une époque récente, il semblait trop massif pour être significativement touché par le réchauffement climatique au 21e siècle. Mais les scientifiques en sont revenus, et c’est une très mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, si l’on fait le bilan de masse du Groenland, autrement dit ce qui rentre (les précipitations) et ce qui sort (la fonte et la production d’iceberg), il est négatif. Et tout s’accélère. Tant et si bien que la fonte partielle ou totale du Groenland à l’échelle de quelques siècles est maintenant envisagée. Cette angoisse est renforcée par certaines études paléoclimatiques. Elles montrent que la dernière fois que la Terre a vécu un climat du même type que celui que l’on connaît aujourd’hui, mais avec 1 ou 2°C de plus en moyenne, une partie importante du Groenland avait fondu. Le niveau de la mer avait augmenté de plusieurs mètres. On estime aujourd’hui que la fonte totale du Groenland pourrait provoquer une élévation de la mer de sept mètres.

Le troisième sujet d’inquiétude des glaciologues est la calotte occidentale de l’Antarctique. La glace pourrait glisser vers l’océan. On parle ici aussi d’une élévation possible des océans de six mètres. Certains scientifiques estiment qu’au-dessus de 450 parties par million de CO2 dans l’atmosphère, cette calotte pourrait finir par se désagréger. Or nous sommes actuellement à presque 400 parties par million. Nous avons 10 ans pour inverser la machine !

Enfin, le quatrième sujet reste la banquise. D’après le principe d’Archimède, la fonte de la banquise n’a pas d’effet direct sur l’élévation du niveau de la mer. Par contre, il y a un effet indirect. La glace est très réfléchissante et renvoie donc l’essentiel de la lumière solaire, sans réchauffement. Lorsque la banquise fond, elle se retrouve remplacée par les océans qui eux absorbent les rayons du Soleil et chauffent la surface de notre planète. Ce mécanisme accélère la fonte de la calotte groenlandaise, proche de la banquise. Lire la suite

22 oct conférence Bx IV : la crise financière internationale

La crise financière internationale : mécanismes et enseignements

Université Montesquieu – Bordeaux IV

Mercredi 22 octobre 2008 de 14h à 17h – Amphithéâtre Bernard

Années 2000, années subprimes. Les banquiers américains octroient des crédits immobiliers à des ménages aux revenus très modestes peu solvables, en calculant leur capacité d’emprunt sur la valeur de la maison achetée. Tant que les prix immobiliers progressaient et que les taux d’intérêt restaient faibles, ce système fonctionnait. Mais 7 ans plus tard, lorsque les taux d’intérêt s’accroissent, l’immobilier commence à se replier aux États-Unis ; l’effet pervers de cette mécanique s’enclenche : les ménages ne sont plus capables de rembourser leurs emprunts et les établissements de crédit qui les avait accordés s’effondrent.

Aujourd’hui, la crise touche l’ensemble des institutions financières et suscite de nombreuses questions : pourquoi, quels sont ses mécanismes de propagation, était-ce prévisible ? Quel rôle le système bancaire a-t-il joué ? Est-il le seul responsable ?

Une autre série de questions est posée par le coût possible de cette crise qui pourrait être très important : 700 milliards de dollars prévus par les États Unis pour sauver les banques, plus de 400 milliards d’euros pour l’Allemagne et 300 milliards d’euros en France. Pour autant, ces politiques publiques pourront-elles empêcher la contagion au secteur réel (hausse du chômage, baisse de la production…) ? Va-t-on connaître une récession d’amplitude équivalente à celle qui avait suivi le fameux jeudi noir d’octobre 1929 ?

D’autres questionnements sur les conséquences économiques et politiques de cette crise se posent également : quelles sont les leçons pour le fonctionnement du capitalisme financier ? Comment les entreprises – et plus particulièrement les entreprises de la région Aquitaine – arrivent-elles à faire face ?

Cinq spécialistes répondent à ces questions :

Catherine LUBOCHINSKY, Professeur de sciences économiques à l’Université Paris II-Panthéon-Assas, membre du Cercle des économistes,

Christian BORDES, professeur de sciences économiques à l’Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), membre du conseil scientifique de la Fondation Banque de France,

Dominique LACOUE-LABARTHE, Professeur de sciences économiques à l’Université Montesquieu – Bordeaux IV, LARE-efi,

Thierry PIECHAUD, Directeur Général de Pouey International

Bertrand BLANCHETON, Professeur de sciences économiques à l’Université Montesquieu – Bordeaux IV, responsable du programme de recherche “Structure de marché et finance”, GREThA UMR CNRS 5113.

Cette conférence est organisée par le Groupe de Recherche en Économie Théorique et Appliquée de l’Université Montesquieu – Bordeaux IV, en partenariat avec Cap Sciences.

Contacts : Lire la suite

Bx du 18 au 26 oct : 1er Festival du film Cinéma Sciences

1er Festival International du film Cinéma Sciences

Un événement CNRS

Du 18 au 26 octobre, le CNRS, la ville de Bordeaux, la région Aquitaine et la CUB mettront à l’honneur la science, le cinéma et l’imaginaire.

Dédiée au plus grand nombre, la première édition du Festival CinaméScience déclinera les formes multiples que la recherche scientifique explore au regard de films de fiction venus du monde entier, certains encore inédits en salles, d’autres à découvrir…

Qu’est-ce que le Festival Cinémascience ?

Du 18 au 26 octobre, le CNRS, la ville de Bordeaux et la Région Aquitaine mettront à l’honneur la science, le cinéma et l’imaginaire. Dédiée au plus grand nombre, la première édition du Festival Cinémascience déclinera les formes multiples que la recherche scientifiques explore au regard de films de fiction venus du monde entier, certains encore inédits en salles, d’autres à redécouvrir.

Un événement CNRS ?

Avec 30 000 personnes, une implantation sur l’ensemble du territoire national, le CNRS exerce son activité dans tous les champs de la connaissance en s’appuyant sur 1260 laboratoires. Il produit à l’échelle internationale du savoir et met ce savoir au service de la société. Le festival Cinémascience est l’occasion pour le CNRS de faire découvrir les métiers de la recherche aux plus jeunes, de vulgariser la science auprès du plus grand nombre et de créer de nouvelles passerelles entre le 7e art et la recherche scientifique.

Pourquoi le festival est-il en Aquitaine, à Bordeaux ?

« Parce qu’elle est la première Région française par ses dépenses de recherche. Parce qu’elle est une terre d’excellence scientifique et technologique. Parce qu’elle a mis en place une véritable filière d’appui au cinéma et à l’audiovisuel : pour tout cela, la Région Aquitaine se devait de prendre part à l’aventure du festival Cinémascience. » [1]

Comment sont sélectionnés les films du festival ?

Pour mener à bien ce programme ambitieux, le CNRS a consulté des spécialistes reconnus – programmateurs, scientifiques, universitaires, journalistes – qui ont ainsi exploré les aspects les plus récents de la production cinématographique internationale et retrouvé curiosités ou grands classiques du patrimoine.

Qui peut venir au festival ?

Le Festival est destiné à tous les publics. Le jeune public y trouvera aussi l’occasion d’appréhender la science de façon ludique et originale. Certaines séances seront réservées aux scolaires.

Au tarif exceptionnel de 5€ la séance [2], venez assister à la 1ère édition du Festival Cinémascience, un événement culturel et scientifique inédit ! Lire la suite

La droite défaite de sa victoire idéologique

Les Echos, Jean-françois Pécresse, le 17 octobre 2008

La droite défaite de sa victoire idéologique

La tempête financière a emporté la belle assurance de la droite française. Il paraît loin le temps où les dirigeants de la majorité pouvaient se targuer d’avoir emporté sur la gauche une triple victoire : celle des valeurs, celle des idées, celle des projets. D’avoir, en somme, assuré sa suprématie intellectuelle. Avant l’été, la droite exultait d’occuper en maître ce terrain idéologique laissé pendant deux décennies à la gauche. Le Premier ministre, François Fillon, pouvait revendiquer ouvertement cette « victoire »-là. De fait, un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, le succès paraissait consommé, à en juger par l’impressionnante série de réformes emblématiques engagées sans avoir provoqué plus de réaction que cela de la part du corps social – rien de comparable, en tout cas, avec l’émotion suscitée, à la rentrée 2008, par le fichier Edvige : incitation à « travailler plus pour gagner plus » par le biais d’heures supplémentaires défiscalisées, conversion de l’impôt sur la fortune en investissement dans les PME, quasi-suppression des droits de succession, autonomie des universités, instauration d’un service minimum dans les transports, réforme des régimes spéciaux de retraite et, même, modification des règles de représentativité syndicale et des conditions de validation des accords.

Peu importe que certaines laissent, en pratique, un goût d’inachevé, l’essentiel est que toutes aient agi comme des marqueurs idéologiques, estime-t-on dans la majorité. Ajoutons à cela l’échec des mobilisations contre le détricotage des 35 heures, et l’on comprend que, face à une gauche en plein brouillard, le chef de l’Etat ait pu, début juillet, se juger en position d’ironiser sur ces grèves, dont « personne en France ne s’aperçoit » plus. Fanfaronnade ? Bien plus que cela, l’expression d’une conviction forte, celle d’une rupture profonde à l’œuvre dans la société française. Dans le texte de sa motion en vue du congrès socialiste de Reims, le maire de Paris, Bertrand Delanoë y voit d’ailleurs la « jubilation de constater la relative faiblesse des mouvements sociaux et l’absence de débouché politique à la contestation, la morgue d’une droite arrogante convaincue d’avoir gagné contre nous la bataille idéologique ».

De quoi s’agit-il ? D’abord de la victoire d’une « éthique » propre à Nicolas Sarkozy et qui tient lieu de ciment à un programme aux lignes idéologiques confuses. Cette éthique-là repose sur des références plutôt conservatrices comme le travail, le mérite et la responsabilité, censées s’opposer à une culture de l’assistanat, des droits acquis et du laisser-faire. Mais l’emprise intellectuelle de la droite, jusqu’à la crise, était bien, aussi, celle d’un libéralisme décomplexé, assumé au nom de la « modernité ». Certes pas dénué de contradictions et de complexités. Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a assez pourfendu le « capitalisme financier », qui « marche sur la tête », celui des « spéculateurs plutôt que des entrepreneurs » pour être, a posteriori, suspecté d’opportunisme dans sa critique des origines de la crise. Depuis son élection, il s’était montré suffisamment étatiste – par exemple en mariant Suez à Gaz de France ou encore en confiant la surveillance de la concurrence à une autorité aux pouvoirs étendus mais clairement placée sous la responsabilité de Bercy – pour ne pas se renier totalement en intervenant aujourd’hui au coeur du système bancaire. Mais Nicolas Sarkozy a trop placé au coeur de son projet – et, parfois, mais pas toujours, de son action – la création de richesses préalable à la redistribution, la compétitivité des entreprises, la baisse des impôts et la maîtrise de la dépense publique pour ne pas avoir réconcilié le libéralisme, fût-il social, avec toute la droite.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, ne s’y est pas trompé, qui a lancé à la majorité, mercredi 8 octobre, lors du débat parlementaire sur la crise financière : « Pour tout dire, ce qui s’effondre aujourd’hui, c’est une partie de ce que vous appeliez la bataille idéologique, c’est-à-dire le libéralisme économique ». Président des députés PS, Jean-Marc Ayrault appuie la même analyse : « On avait l’impression que les idées de gauche, de régulation, étaient battues en brèche et que le libéralisme avait gagné la bataille des idées ; aujourd’hui, cette page est tournée ». La crise n’est pas seulement financière, économique, voire sociale, elle est aussi idéologique. Et, de ce point de vue, elle contraint les deux camps à se réinventer. Lire la suite

Icronos : festival du film d’archéologie de Bx du 21 au 25 oct

Icronos Festival International du Film d’Archéologie de Bordeaux

 “VIVRE AU MOYEN AGE…”

21 au 25 octobre 2008

Athénée Municipal de Bordeaux – Ilôt Saint-Christoly.

Quarante deux films seront proposés gratuitement au public à raison de deux séances par jour (à 14h30 et 20h).

Le festival International du Film d’archéologie de Bordeaux est le fruit d’une démarche associative. 

 

Icronos a lieu tous les deux ans à Bordeaux depuis 1988 et se fonde sur trois idées essentielles :

– Répondre aux attentes d’un public enthousiaste en diffusant une sélection d’œuvres couvrant les divers champs de l’archéologie actuelle.

– Tisser des liens entre la communauté scientifique et ce public en présentant sous forme vivante, actuelle et accessible les résultats des travaux menés à ce jour.

– Favoriser les initiatives et les échanges entre les différents acteurs du monde du film archéologique dont les productions, souvent de qualité, sont méconnues et souffrent de la faiblesse des réseaux traditionnels de diffusion.

Dès sa création, partenaires publics et privés ont apporté leur concours à ce projet original.
Le principe de programmation

La programmation est établie par un comité de sélection chargé de sélectionner parmi les films inscrits à notre festival ceux qui seront diffusés lors du festival. Ce comité de sélection est composé d’archéologues, historiens, personnes du public.

Elle s’organise en deux pôles distincts :

des séances consacrées au thème choisi. Cette année : «Vivre au Moyen Age…».

– des séances consacrées aux films archéologiques récents qui traitent de sujets divers et variés.

Du mardi au samedi, Icronos propose 10 séances de projection. Elles ont lieu à 14h30 et 20h00.

La matinée du mardi et la soirée du jeudi sont consacrées au thème majeur. Sept autres séances présentent les films archéologiques les plus récents. La dernière séance du samedi soir propose quelques uns des films primés. Lire la suite

La CES : Le changement climatique doit rester une priorité

Confédération européenne des syndicats (CES), Bruxelles, le 17 octobre 2008

Conseil environnement : Le changement climatique doit rester une priorité malgré la tourmente financière

Suite au conseil européen, la CES souhaite que la lutte contre le changement climatique demeure une priorité. Mais la crise financière renforce en particulier la nécessité d’un vaste plan européen d’investissement pour améliorer l’efficacité énergétique, soutenir la création d’emplois verts et alléger la facture énergétique des plus démunis. La CES demande également des instruments européens pour anticiper et accompagner les conséquences inévitables sur les travailleurs de la transition vers une économie bas carbone.  

 « La crise financière ne doit pas conduire à affaiblir les objectifs du paquet énergie et changement climatique ou même à en reporter l’adoption prévue pour la fin de l’année 2008. Au contraire, la crise renforce la nécessité d’investir massivement dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables, pour rendre nos économies moins dépendantes des importations de pétrole et de gaz » déclare Joël Decaillon, secrétaire confédéral de la CES.

Toutefois, la CES constate avec inquiétude que le paquet climat-énergie est loin de convaincre les syndicats européens qu’il générera vraiment la création d’emplois promise et garantira une transition socialement responsable pour les travailleurs des secteurs affectés.

C’est la raison pour laquelle la CES demande, dans le cadre d’une relance de l’économie visant une croissance durable : 

– que la Commission présente un Livre blanc sur le changement climatique, les compétences et les emplois en 2009, formulant des propositions concrètes afin de promouvoir une action coordonnée des Etats membres en faveur de la formation aux nouvelles compétences dans des secteurs tels que Lire la suite

Alternatives éco : les clés pour comprendre la crise financière

Alternatives Economiques, octobre 2008

Dossier: les clés pour comprendre la crise financière

La crise financière qui se déroule sous nos yeux a d’ores et déjà été qualifiée d’« historique » : si ses mécanismes sont classiques, son ampleur est inédite, et ses conséquences sont très difficiles à prévoir. Retour sur les événements qui ont secoué la finance mondiale.

La lutte contre la panique :

Après les banques, l’économie réelle

Les marchés redoutent désormais une récession profonde et durable, tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Sans une politique budgétaire plus offensive, leurs craintes risquent d’être autoréalisatrices.

Un week-end politique historique

Les marchés boursiers vont fermer pendant deux jours, offrant un bref répit dans une période tendue. Les politiques ont donc deux jours pour accoucher d’un plan d’action fort et coordonné, au minimum au niveau du G8, voire au-delà avec les pays émergents. Que peuvent-ils proposer ?

Après une première chute brutale lundi 6 octobre, les marchés financiers ont poursuivi leur plongée. L’épargne des ménages est-elle menacée ? Et que peuvent faire les pouvoirs publics ?

Fait rare dans l’histoire des politiques monétaires, les banques centrales des Etats-Unis, d’Europe, du Canada, de la Suède et de la Suisse ont baissé simultanément leur taux directeur d’un demi pour cent.

Le plan de sauvetage américain pourra-t-il ramener le calme ? Analyse de Christian Chavagneux, rédacteur en chef adjoint d’Alternatives Economiques.

Repères : Lire la suite

Transports de la CUB : l’option régie publique est écartée

Sud-Ouest,  Jean-Bernard Gilles, le 17 Octobre 2008

GRAND BORDEAUX. Un groupe privé continuera à gérer les transports publics dès le 1er janvier 2009

L’option régie publique est écartée

Le réseau transports de la Communauté urbaine de Bordeaux affiche 90 millions de passagers par an. Deux candidats se disputent ce marché : Keolis et Veolia. Le choix sera entériné vers la fin novembre

Ce n’est pas ce que dit explicitement le communiqué officiel de la Communauté urbaine de Bordeaux. Mais il apparaît clair, au lendemain de la longue réunion de bureau des élus d’hier soir, que c’est bien Keolis ou Veolia qui gérera probablement pour cinq ans les tramways et bus bordelais, et ce à partir du 1er janvier prochain. C’est avec ces deux groupes que sont menées les dernières négociations. Et elles sont rudes, car le duel entre les concurrents est déclaré (lire par ailleurs).

Hier, les élus avaient sous la main un rapport que « Sud Ouest » s’est procuré. Il présente les conséquences financières et d’organisation d’une reprise en régie, c’est-à-dire sous gestion directe de la Communauté urbaine, du service public des transports, selon des formules juridiques diverses. Vincent Feltesse, en pilote du tramway, en quelque sorte.

Long et cher.

« Dans le cadre d’une délégation de service public, les candidats prennent par contrat des engagements financiers vis-à-vis de la collectivité. Dans le cadre d’une régie, c’est à la collectivité d’équilibrer le budget du service, sans garantie de recette » précise le rapport.

Soit : gérer le réseau de tram et de bus. Ce que des villes comme Toulouse ou Marseille font, n’est pas d’actualité à la CUB. « On peut dire qu’hier soir l’option régie a été enterrée avec délicatesse » a bien compris Max Guichard (PC) qui dirige le seul groupe politique partisan d’un service public de transport sur l’agglomération. L’option retour dans le giron de la CUB serait plus chère. « D’abord parce que la fiscalité est moins favorable » explique-t-on à la Direction générale des services. Elle serait aussi plus coûteuse car c’est tout une organisation nouvelle que devrait mettre en place la CUB : nouvelles équipes de direction, nouveaux services à mettre en route… Il faudrait au moins six mois pour la mettre en place alors que la CUB est à deux mois de l’échéance.

Dernier point mis en exergue dans ce rapport et non le moindre : l’équilibre de la section exploitation du budget annexe de la Communauté urbaine serait, en régie, moins intéressant que les deux offres privées en compétition, d’au moins 10 millions d’euros, et nettement plus coûteuse en emprunt, d’au moins 10 millions là encore.

Salariés vigilants.

La messe est donc dite pour la régie. D’ailleurs, le président Vincent Feltesse n’a jamais montré un enthousiasme militant pour cette option. Pour deux raisons au moins qui s’imposent aux négociateurs de la commission délégation transport. Lire la suite

Centrale photovoltaique à suiveurs solaires en Gironde

DDmagazine, Alexandra Lianes, le16 octobre 2008

Centrale photovoltaïque à suiveurs solaires en Gironde

Le site pilote de la centrale photovoltaïque d’EDF Energies Nouvelles dotée de suiveurs solaires a démarré sa production  fin septembre à Montesquieu, près de Bordeaux. Cette centrale d’une puissance de 100 kilowatt crête sur une surface de 3 500 m² est équipée de 126 suiveurs solaires à deux axes.

La centrale, propriété de EDF Energies Nouvelles, filiale d’EDF, a été développée et installée par Exosun, une start-up de la Gironde à l’origine d’un brevet international sur les suiveurs solaires aussi appelés ‘trackers solaires’.

« Grâce aux  » trackers « , qui portent chacun 6 m² de modules photovoltaïques à technologie polycristalline, la production de cette centrale est augmentée de 30% en moyenne par rapport à des systèmes fixes inclinés, équipés des mêmes modules », indique Exosun sur son site internet.

Les suiveurs solaires Exotract fondé sur une structure préfabriquée en béton peuvent accueillir de 6 à 9 m² de panneaux photovoltaïques (PV), photovoltaïques à concentration (CPV), ou miroirs dédiés aux technologies solaires thermodynamiques. L’innovation du système repose sur sa conception modulaire.

Cette centrale constitue « un site pilote » Lire la suite

Grenelle I : la course contre la montre des députés

Le journal de l’environnement, Victor Roux-Goeken, 17 octobre 2008 

Grenelle I : la course contre la montre des députés

Après avoir examiné les articles relatifs aux transports, les députés ont débattu des économies d’énergie et du soutien aux énergies renouvelables. A trois jours du début de l’examen du projet de loi de finances 2009, la conclusion, dans des conditions sereines, de l’examen du projet de loi Grenelle I paraît hypothétique.

Gouverner

Les députés pourront-ils finir à temps l’examen du projet de loi Grenelle I? Jeudi 16 octobre vers 15h, les députés avaient encore 1139 amendements et plus d’une trentaine d’articles à examiner. Le tout avant la fin de ce week-end, puisque l’examen du projet de loi de finances 2009, qui ne peut être reporté pour des raisons de calendrier, doit impérativement commencer lundi 20 octobre.

L’examen du projet de loi Grenelle I a été considérablement ralenti, mercredi et jeudi, au moment des débats parlementaires relatifs aux transports. Mercredi 15 octobre, les députés ont adopté «l’éco-redevance» pour les poids lourds à partir de 2011, sur le réseau routier national non concédé (hors autoroutes à péages, donc). Cette taxe, qui constitue l’une des pierres angulaires du Grenelle, pourra être modulée selon les régions. Elle est encadrée par un nombre de garde-fous tel que les associations s’inquiètent quant à sa mise en place effective. La taxe «ne sera jamais nulle», a affirmé le secrétaire d’Etat aux transports, Dominique Bussereau, à France nature environnement (FNE) dans un communiqué publié vendredi 17 octobre par l’association.

Le produit de la taxe sera affecté à l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) et pourrait rapporter entre 800 millions et 1,5 milliards d’euros par an, selon les estimations respectives du gouvernement et des professionnels du secteur. Ces derniers, qui militent contre un tel dispositif, pourraient se voir proposer des mesures d’accompagnement que l’Etat «devra» étudier.

La hausse de la part du non-routier de 14% en 2012 à 25% d’ici 2022 et la priorité au réseau ferroviaire existant ont bien été entérinées. Pour autant, elles sont «très insuffisantes» pour atteindre l’objectif de baisse de 20% des émissions de gaz à effet de serre des transport d’ici 2020, écrivent plusieurs associations (1) dans un communiqué.

Lors des débats, une grande majorité de députés ont prétexté l’enclavement de leur circonscription pour adopter le principe d’une hausse des capacités routières pour raisons de sécurité, suppression de points de congestion ou d’intérêt local. Des arguments qui sont brandis depuis plus de 20 ans pour développer les infrastructures routiers, ont rétorqué des députés tels qu’Yves Cochet et Noël Mamère.

Les débats ont aussi porté sur un programme de réalisation de lignes ferroviaires. Un amendement proposé par le gouvernement stipule que l’Etat pourrait investir 16 milliards d’euros d’ici 2020 pour réaliser 2.000 km de lignes ferroviaires à grande vitesse – une ligne Sud-Europe-Atlantique, Bretagne-Pays-de-la-Loire et une ligne le long du contour de la Méditerranée. Lire la suite

Bx 27 au 29 octobre : Conférence Education pour un DD

Le comité français de la Décennie

CONFERENCE INTERNATIONALE SUR L’EDUCATION POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE

BORDEAUX 27 au 29 OCTOBRE 2008

Sous le haut patronage de l’UNESCO chargé de la mise en œuvre de la Décennie 2005-2014 des Nations Unies de l’Éducation pour un Développement Durable (EDD), et à l’occasion de la présidence de la France de l’Union Européenne, le comité français de la Décennie organise à Bordeaux, du 27 au 29 octobre 2008, une conférence internationale réunissant les acteurs français et étrangers de l’éducation, de la formation et de l’information au développement durable.

OBJECTIFS DE LA CONFÉRENCE

Notre planète est confrontée à de graves menaces, qu’il s’agisse du changement climatique, de l’épuisement des ressources, de la baisse de la biodiversité ou d’une pression démographique chaque jour accrue. Face à ces menaces, l’éducation, la formation et l’information se révèlent essentielles pour doter l’ensemble des citoyens des connaissances et des compétences les amenant non seulement à saisir les enjeux du développement durable, mais surtout à adopter et promouvoir les changements de comportement indispensables pour inverser les modes de vie actuels antinomiques de la durabilité.

Comment l’éducation sous toutes ses formes peut-elle amener l’ensemble des citoyens, à toutes les étapes de leur vie, à être en situation de capacité et de responsabilité pour gérer le présent, tout en étant préparés à faire face à un futur incertain dans une société complexe en perpétuelle mutation ? Telle est la question qui touche à la fois aux acteurs et aux dispositifs mis en œuvre pour développer une réelle démarche éducative.

À la veille de la conférence mondiale du mi-parcours de la Décennie qui se tiendra à Bonn (Allemagne) en mars 2009, la manifestation de Bordeaux réunira les spécialistes français et étrangers de l’Éducation pour un Développement Durable, d’une part, afin de faire le bilan des avancées réalisées durant la période 2005-2008, et de définir les stratégies à mettre en oeuvre pour la période 2009-2014 et, d’autre part, Lire la suite

Marché Victor-Hugo à Bègles : les doutes du carré bio

Sud-Ouest, Gilles Guitton, le 17 Octobre 2008

BEGLES. Un an après son ouverture, l’espace bio du marché Victor-Hugo peine à trouver sa place, ses producteurs et sa clientèle. Mais il ne baisse pas pavillon

Les doutes du carré bio

Le marché bio cherche des solutions pour capter l’attention des clients du marché conventionnel

Pas si facile de faire vivre un marché biologique, même à Bègles. Un an après le lancement de « l’espace bio » du marché du cours Victor-Hugo, une matinée d’animations bien timides tentait, mercredi, de relancer cette initiative qui est encore loin d’avoir trouvé ses marques.

À l’entrée du passage, la boulangère est là comme chaque semaine. Tout comme la vendeuse de cidre, jus de pomme et de poire de Normandie, et le marchand de légumes adossé au Festival. La boucherie est revenue pour l’occasion, le marchand de vin et celui de miel aussi. Mais entre-temps, d’autres ont lâché prise.

Lassitude, ou simplement calcul économique de base, comme celui que fait le vigneron de la Vrille têtue, Jean-Joseph Brandeau : « Si je ne fais pas 135 euros de chiffre d’affaires à chaque fois, je perds de l’argent, en calculant le temps de travail et le déplacement. Or à Bègles, je n’y arrive pas. Donc pour moi, c’est de l’investissement. »

Synergie.

Le vigneron à la barbe blanche ne jette pas l’éponge, et reviendra tous les quinze jours. « Mais il faut que les gens qui ont lancé ça à la mairie se bougent. Je trouve qu’ils ne font pas grand-chose. »

Le maraîcher voisin s’en sort mieux : « Je travaille avec un collègue qui est au marché du 14-Juillet le samedi. Ça fait une synergie et on ne s’en sort pas trop mal. On a de bons rapports avec les gens qui viennent nous voir. » Mais l’autre producteur qui avait ouvert le marché il y a un an n’est plus là. « Il change d’orientation, vers l’élevage. » Et le maraîcher d’évoquer un contexte plus général en Gironde : « Il manque des producteurs ». Lire la suite

Dordogne : extension du site d’enfouissement de Milhac ?

Sud-Ouest, Hervé Chassain, le 17 Octobre 2008

DÉCHETS. Une étude est lancée au centre d’enfouissement de Milhac-d’Auberoche pour éviter sa saturation en 2010

Extension prévue

Le chantier de creusement du prochain casier entamé et son approfondissement étudié par une enquête

Exploité depuis vingt ans, le centre d’enfouissement des déchets de Milhac-d’Auberoche devrait bientôt arriver à saturation, comme prévu depuis l’origine, vers 2010 (à raison de 100 000 tonnes par an).

Voilà pourquoi la société Sita (groupe Suez) qui l’exploite, a lancé cette année une grosse étude d’impact afin de pouvoir autoriser une extension. « La procédure est achevée, l’enquête publique devrait avoir lieu fin novembre début décembre », pense Christel Guerci, directrice régionale de l’agence de traitement de Sita.

Cette première extension se fera sur le site avec un approfondissement des casiers. Avec cinq mètres de plus en profondeur sur les trois derniers à creuser, on gagnera près de cinq ans de capacité. Bientôt, une installation de traitement mécano biologique sera testée pour permettre d’alléger le volume des matières enfouies en y enlevant tout ce qui est décomposable.

Électricité au biogaz.

La Sita va aussi installer un système pour utiliser les gaz de fermentation afin de produire de l’électricité. Ces biogaz servent déjà à assécher les jus qui sortent de la décharge, mais l’installation d’une microturbine permettra de ne plus en laisser perdre dans la nature en les brûlant en torchères.

Aujourd’hui, un tel centre est bien loin des décharges d’antan. Les ordures sont tassées dans de vastes casiers étanches avec un fond en argile et avec une solide membrane qui doit empêcher tout écoulement. Le drainage des jus est assuré par des graviers et maintenant des chips de pneus.

De nouveaux terrains.

Mais la Sita prépare aussi l’avenir. Le site actuel de 35 hectares (dont une douzaine de stockages), devra forcément être étendu à l’extérieur. D’autres terrains devront être achetés, suffisamment vastes pour limiter les problèmes de voisinage. Une soixantaine d’hectares seraient en cours d’acquisition aux alentours, mais la société est très discrète sur le sujet.

Du côté des riverains constitués en association, cette perspective provoque une nette opposition. « 21 ans ça suffit » proteste Michel Laroumagne, l’un des animateurs de Sauvegarde de la forêt Barade. Lire la suite

Les Cochons solidaires du conseil général de l’Hérault

Midi Libre, Cathy SOUN, le 11 octobre 2008

Alimentation Ils prennent leur assiette en main

Article associé Paysans et citoyens invités à se rencontrer

Rencontre avec les Cochons solidaires du conseil général

Chaque mardi, en fin d’après- midi, un drôle d’attroupement se forme devant les portes du conseil général. Des employés, leur service terminé, viennent chercher leur caissette de cochonnaille. Employés territoriaux, profs au lycée voisin, agents de la Poste, ils sont une vingtaine, tous membres des Cochons solidaires. Cette Amap, association pour le maintien d’une agriculture paysanne, est née sous l’impulsion du syndicat Sud. Après une première expérience avortée avec un maraîcher de Roujan, l’année passée, un nouveau contrat a été passé avec un éleveur de cochons, à La Boissière. « L’objectif e st à la fois politique et alimentaire, rappelle Olivier Mas, l’un des « mangeurs » (terme préféré à celui de « consommateurs »).

Nous souhaitons promouvoir une agriculture de qualité qui soit justement rémunérée. Le circuit de la grande distribution affame les paysans. Nous voulons savoir ce qu’il y a dans notre assiette. Notre éleveur n’est pas certifié « bio » mais les produits sont garantis sans OGM ni antibiotique. Il n’y a pas d’insémination artificielle. On mange du cochon heureux. » Chaque « mangeur » signe un contrat de six mois avec l’éleveur. « Nous sommes partenaires, ajoute Olivier Mas. En cas de pépin, nous sommes solidaires. On ne demande pas de remboursement. On a déjà donné des coups de main, même si cela n’a rien d’obligatoire. » Philippe, l’un des instigateurs du mouvement, enfonce le clou : « Je ne dépense pas 1 € dans les supermarchés. Je me fournis en fruits et légumes auprès des Paniers du Pré, entreprise d’insertion à Aniane. Il y a aussi les coopératives d’approvisionnement où chacun est responsable d’un produit. » Ce syndicaliste, qui ne cache pas ses idées libertaires, dresse un sombre tableau pour l’avenir : « Si on ne renoue pas avec une production alimentaire locale, on va à la catastrophe. Lire la suite

Une Maison de la nature en plein cœur de l’Alsace

Bati-Actu, Céline Galoffre, le 16 octobre 2008

Une Maison de la nature en plein cœur de l’Alsace (diaporama)

Hissée sur le terrain d’une ancienne ferme alsacienne, la Maison de la nature de Muttersholtz va accueillir dès le mois de novembre le grand public mais également des groupes scolaires afin de les initier et de les sensibiliser à la protection de l’environnement. Pour y parvenir, l’établissement se devait de répondre à certains critères de construction de développement durable. Présentation.

Située au bord de l’Ille, la nouvelle Maison de la nature de Muttersholtz va prochainement ouvrir ses portes au public.

Installée dans une zone inondable, la maison, dont une partie est sur pilotis, aura pour mission de former au comportement éco-citoyen et de sensibiliser les jeunes aux problématiques environnementales. La structure qui a été conçue pour recevoir toutes sortes de visiteurs mise sur la pédagogie. L’établissement abrite des salles de cours, des espaces de détente et de réunion, des chambres d’hébergements pour les groupes scolaires, mais également un restaurant et un atelier-cuisine.

Afin d’appuyer sa démarche environnementale, la Maison de la nature se devait de développer des qualités de construction durable. C’est donc tout naturellement que le cabinet IXO architecture, en charge du projet, a choisi d’utiliser le matériau bois sous toutes ses formes. Ainsi, toutes les ossatures du bâtiment et les bardages extérieurs ont été élaborés en bois. Le bâtiment dispose également d’une chaufferie bois pour l’hiver qui est complété par une chaudière gaz. Pour la production d’eau chaude, 35 m2 de panneaux solaires thermiques ont été installés sur le toit d’un des bâtiments.

Une isolation soignée

Côté isolation, le choix s’est porté sur la ouate de cellulose afin d’atteindre un coefficient de transmission thermique de U de 0,29 W/m2K. Le cabinet IXO architecture a également tenu à apporter une attention particulière à l’acoustique des murs et des plafonds : «Nous avons opté pour des plaques à perforations Cleaneo de chez Knauf car elles offraient des avantages en matière de qualité de l’air et de confort acoustique», explique Laurence Gourio, une des architectes du projet. Au programme également : la récupération des eaux de pluies pour les chasses d’eau sanitaires. Et dans un souci pédagogique, des compteurs individuels seront visibles un peu partout à proximité des points d’eau : «Nous voulons que les enfants prennent conscience de la quantité d’eau qu’ils utilisent en se lavant les mains. Dans le même esprit, le local de la chaufferie bois et du silo à combustible est vitré pour qu’on puisse voir ce qui s’y passe», précise l’architecte. Quant à la gestion des déchets, elle n’est pas oubliée, avec la mise en place de containers pour le recyclage. Enfin, si le projet, d’un montant de 2,8 millions d’euros, n’a pas fait l’objet d’une demande de démarche HQE pour des raisons budgétaires, il n’en reste pas moins engagé dans la défense de l’environnement. Lire la suite

La traction animale remise au goût du jour

Univers Nature, Cécile Cassier, 14 juillet 2008

La traction animale remise au goût du jour

Grande consommatrice de pesticides et d’engrais chimiques, l’agriculture est souvent pointée du doigt pour la pollution qu’elle génère. Il existe pourtant aujourd’hui des alternatives à ces méthodes agricoles, à l’image de l’agriculture biologique, lesquelles ne s’accompagnent pas nécessairement d’un ralentissement de la production.

Si l’agriculture bio peut embrasser de multiples définitions, un critère reste commun à toutes : le souci d’améliorer les qualités environnementales. C’est dans cette optique que Bernhard Pelzer prône depuis plusieurs années le retour à la traction animale pour suppléer les moyens mécaniques d’exploitation. En plaçant le cheval de trait au cœur de cette agriculture, il tente de lever les préjugés qui pèsent sur cette pratique. En effet, bon nombre voit en ce retour aux sources une régression. Pourtant, la réintroduction du cheval dans les travaux agricoles et la revalorisation du travail manuel offrent des avantages non négligeables.

Criminologue de formation, Bernhard Pelzer a également été débardeur (1) pendant deux ans. Jugeant ce métier « très dur », il s’en détourne mais conserve un goût prononcé pour l’attelage dont il a pu avoir un aperçu. Cette passion naissante le conduit à racheter une jument issue du débardage. Au cours des trois années qui vont suivre, il propose son équipage pour animer des mariages, des anniversaires…

Puis, petit à petit, se forge l’idée que l’attelage pourrait s’avérer jouer un rôle beaucoup plus utile que le simple divertissement. Après avoir restauré une vieille herse, Bernhard Pelzer décide alors d’employer ses deux chevaux de trait, Obélia et Marino, pour entretenir une permaculture (2) aux Tawes, terres situées sur les hauteurs de la ville de Liège, en Belgique. Il se convertit rapidement à la kassine, sorte de herse perfectionnée, polyvalente et plus légère, qu’il utilise pour mélanger le sol après la semaison de seigle et de vesce (3). Il met également ses chevaux à contribution pour tirer l’arracheuse dont la fonction est de faire jaillir du sol les pommes de terre arrivées à maturation.

Allant à l’encontre de l’idéologie commune, l’ex-débardeur ne ressent pas ce travail comme une corvée, bien au contraire. Pour lui, faucher est un savoir-faire qui nécessite un apprentissage spécifique, à l’instar de n’importe quelle autre discipline. Les maux de dos ou d’épaules, souvent imputés à cette activité, ne résultent selon lui que d’une mauvaise façon de procéder.

Pour convaincre ceux qui resteraient sceptiques devant ce travail réputé physique, cet agriculteur d’adoption s’est fixé pour objectif de démontrer que, pour des cultures allant jusqu’à 10 ou 15 hectares, le rapport qualité-prix du cheval est plus intéressant que celui des machines en réduisant la consommation d’énergies fossiles. Il suggère par ailleurs que les produits issus de cette permaculture soient revalorisés en vertu de leur valeur écologique.

S’additionnant aux bienfaits environnementaux, ces gains économiques ne sont pas entamés par l’hectare nécessité par l’alimentation de l’équidé, lequel produit en retour du fumier.

L’ultime avantage de la présence du cheval dans les champs est sa polyvalence. Lire la suite

Pour une écologie anticapitaliste

Site NPA, octobre 2008

Pour une écologie anticapitaliste.

Écologie et anticapitalisme, intrinsèquement liés, doivent être au centre du projet politique du NPA, tant théoriquement que pratiquement.

Après avoir détruit une partie de notre environnement, la folle course au profit menace désormais les équilibres de la planète. Cette dernière traverse une crise écologique sans précèdent due aux conséquences désastreuses d’un système économique et énergétique fondé sur les énergies fossiles, le gaspillage, l’utilisation de technologies dangereuses et l’absence de principe de précaution. La pollution et la destruction engendrées par les activités humaines croissent et s’étendent au même rythme que le capitalisme.

Ces crises inédites ne peuvent aller qu’en s’amplifiant : les combattre, c’est remettre en cause le capitalisme. La période tourmentée, et durable, que traverse le cours du pétrole n’est qu’un nouvel exemple d’un système incapable de résoudre ses contradictions. Cette crise pétrolière a des conséquences sur le quotidien de chacun. On ne la résoudra pas par des demi-mesures, qui ne pourront qu’atténuer ces conséquences et ne feront que reculer de quelques années l’échéance d’une catastrophe d’ampleur. C’est dès maintenant qu’une alternative à la société pétrolière est indispensable.

Les partis politiques qui défendent ce système et qui, en même temps, prétendent protéger l’environnement sont au mieux inconséquents, au pire hypocrites. L’exercice de tartufferie, auquel s’est livré Nicolas Sarkozy lors du Grenelle de l’environnement, ne doit pas créer d’illusions quant au vernis vert de ce gouvernement : sitôt les micros des journalistes éteints, ce sont les industriels du pétrole, du nucléaire, de l’agrobusiness, les défenseurs du transport routier et des OGM qui ont repris le pouvoir pour qu’au final, tout continue comme avant. On ne peut pourtant pas lutter contre la prédation des sociétés humaines sur l’environnement si on ne se bat pas contre la prédation de quelques-uns sur tous les autres.

De son côté, la gauche traditionnelle, qui refuse de s’en prendre aux causes profondes des pollutions, n’est pas en capacité de mettre en œuvre un programme réellement écologiste. Quant à la direction des Verts, sa participation croissante aux rouages de la cogestion sociale-libérale lui fait accepter nombre de compromis, y compris en matière environnementale, l’empêchant d’être porteuse d’une écologie radicale.

Il y a pourtant urgence, comme le montrent les nombreuses luttes écologistes qui se mènent sur des terrains aussi variés que le nucléaire, les OGM en plein champ, la poursuite des projets autoroutiers, la défense du transport ferré, le maintien d’une agriculture paysanne, le droit à la santé en particulier pour les salariés des industries polluantes, la défense du climat, la préservation de la biodiversité, la défense de services publics respectueux de l’environnement… Mais celles-ci restent souvent locales et isolées. Lire la suite

ONG-entreprises : des relations constructives ?

Novethic, Rouba Naaman, le 9 octobre 2008

ONG-entreprises : des relations constructives ?

De plus en plus d’entreprises développent des partenariats stratégiques avec des ONG. Au-delà de la visibilité, quel est l’intérêt d’une telle démarche, pour le groupe comme pour l’association ?

Unilever et Rainforest Alliance, Carrefour et le FIDH, Lafarge et le WWF, Leclerc et la Fondation Nicolas Hulot… Certains partenariats stratégiques durent, d’autres moins ; certains sont discrets, d’autres donnent lieu à une campagne de communication massive. Les raisons qui motivent les entreprises sont diverses. Souvent, l’ONG apporte son savoir pour la mise en place d’une politique de développement durable. Parfois, c’est un réel échange de bons procédés qui s’instaure.

Le WWF France remporte, de loin, la palme des partenariats stratégiques. En plus des “produits partages” (des produits sur lesquels est apposé le logo “Panda”), l’ONG s’est associée avec Lafarge, La Poste, Rip Curl, Lafuma, Rainett, Carrefour, Castorama, la Caisse d’Epargne, et dernièrement Orange. « Les entreprises nous sollicitent beaucoup, mais il y a de tout dans leurs demandes » avoue Julia Haake, directrice des partenariats entreprises du WWF France. Pour faire le tri entre les prétendants, l’ONG a dressé une liste noire des secteurs qu’elle évite, et étudie en amont chaque proposition. L’association aide ses partenaires à mettre en place une politique environnementale, tout en les faisant profiter de son image verte et populaire. « Nous ne sommes pas des consultants, mais sur le marché une telle expertise coûterait cher » affirme Julia Haake.

Expertise, sensibilisation, mais surtout visibilité

Marie Balmain, responsable du développement durable chez Pierre & Vacances, explique que le groupe s’est tourné vers le WWF pour des conseils dans l’élaboration de son plan d’action développement durable. « A l’époque, peu d’ONG acceptaient des partenariats, et le WWF avait la meilleure visibilité auprès du grand public ». Aucun intérêt économique dans cette alliance ? « Non, ça n’encourage pas les clients à venir chez nous plutôt que chez le concurrent » soutient Marie Balmain. De même, l’enseigne Carrefour « souhaitait bénéficier de l’expertise, de la caution, de la reconnaissance internationale et du réseau de bénévoles du WWF ». Sur ce point, les ONG jouent donc le rôle de conseillers techniques. Lire la suite

Eco-hameau dans les Landes de Gascogne

Sud-Ouest,  Jean-François Renault, le 16 Octobre 2008

LANDES DE GASCOGNE. Garein, petit village landais de 422 âmes, fait bâtir un écohameau, enfant du développement durable et du pin maritime. C’est une première. Chronique d’un succès annoncé ?

Le pin, le maire et le hameau

Modèles. Il existe trois types de maison différents, entre 100 et 120 m2 de surface, avec ou sans étage image dr

Garein, 422 habitants, à 20 kilomètres au nord de Mont-de-Marsan, au coeur du Parc naturel régional des Landes de Gascogne et du pays du même nom. Pas besoin d’un dessin, on est là dans le plus grand massif forestier d’Europe. À Garein, comme dans toutes les communes voisines, les pins sont nettement plus nombreux que les habitants, chevreuils et sangliers compris. Pourtant, après trois décennies d’exode rural, la population augmente. C’est récent, quelques années tout au plus, et presque infime, 1 % de population supplémentaire par an.

Parallèlement, l’industrie forestière, longtemps en perte de vitesse, a enfin ressenti la nécessité d’innover. Philippe Sartre, premier magistrat de Garein, encouragé par le Parc comme par le Pays, a souhaité utiliser l’une, la diversification et les progrès de la filière bois, pour amplifier l’autre, l’arrivée de nouveaux habitants.

75 % en pin des Landes.

L’homme n’en est pas à son coup d’essai en matière d’innovation. à Garein, l’assainissement collectif se fait par phytoépuration. Le bourg, coupé en deux par la nationale, était, selon ses termes, « minéralisé et en déshérence ». Il a peu à peu retrouvé vie. Philippe Sartre estime à juste titre que les lotissements stéréotypés, avec le même modèle de maison posé sur un mouchoir de poche et dupliqué à l’envi par les promoteurs, ont fait leur temps.

« Notre souhait, sans vision passéiste, est de créer un quartier d’ici comme peut l’être un airial. » La ressemblance avec Marquèze n’est absolument pas fortuite. « Nous voulons un hameau qui soit en phase avec son environnement et son temps. » L’idée d’écohameau est née.

Un architecte bordelais, Stéphane Giet, a été choisi pour matérialiser cette vue de l’esprit. Le cahier des charges est à la fois ambitieux et contraignant. Le pin des Landes doit représenter 75 % des matériaux de fabrication. Il est partout, en fait : structure des façades, bardage extérieur, parquet, terrasse, menuiseries, volets, escalier…

Cahier exigeant.

Nouveauté, le pin constitue aussi la charpente. En la matière, il a pâti de longueurs de sciage historiquement trop courtes. Ce n’est plus un obstacle. On colle, on aboute et le tour est joué. Autres exigences du maître d’ouvrage qu’est la mairie de Garein : chauffage aux granulés de bois et à l’aide de panneaux solaires, intégration paysagère, haute qualité environnementale à tous les étages, pas de fibres minérales pour l’isolation, récupération des eaux pluviales, ventilation, pas de solvant organique dans les peintures, les lasures et les colles, pas de produits chimiques pour le traitement des bois… Lire la suite

Eoliennes : Valorem a ciblé le Médoc

Sud-Ouest, Julien Lestage, le 16 Octobre 2008

ÉOLIENNES. Pour Valorem, société spécialisée dans le développement de parcs éoliens, le Médoc est un site d’implantation idéal. Reste à convaincre les autochtones

Valorem a ciblé le Médoc

Valorem, bureau d’études spécialisé dans le développement de parcs éoliens, a jeté son dévolu sur le Médoc. Même s’il n’emploie pas le terme, la presqu’île est bien une terre promise pour Vincent Vignon. Le chef de projet de cette société, dont le siège est implanté à Bègles, est clair. « En Gironde, on trouve du vent au nord, et à proximité du littoral. Inutile de penser au Bassin d’Arcachon, nous sommes donc remontés vers le Médoc, en évitant la zone des lacs sur laquelle on ne peut pas se développer ». Un simple coup d’œil sur une carte permet de comprendre la stratégie. Les communes du Porge, Hourtin, Vendays-Montalivet, Le Verdon si le projet du Méthanier échoue, et Naujac-sur-Mer au dossier déjà bien avancé, sont ciblées.

Le projet de Naujac.

« Alors que de nombreuses régions ont leurs éoliennes, la région Aquitaine ne compte aucun parc à ce jour » rappelle Vincent Vigon. Et c’est en Gironde, à Naujac-sur-mer, à moins de 4 km de l’océan, que les premières machines, entre 5 et 10 au total, pourraient voir le jour. « L’étude de faisabilité touche à son terme. L’enquête publique sera déterminante. Si tout se passe bien, il y aura un parc en 2011-2012 » confie le chef de projet. Dans ce village du nord Médoc, Jean-Bernard Dufourd, le maire, défend bec et ongles le dossier. « Notre commune est inconnue. Elle dort depuis des années. Nous allons pouvoir développer le tourisme industriel à travers une énergie propre. Ici, la plupart des habitants sont favorables. C’est une chance pour nous« . Frédéric Dubosc, gérant du groupement forestier de la Côte d’Argent, sur lequel le parc éolien doit être implanté, relève aussi l’intérêt économique d’un tel projet, mais sous un autre angle. « Depuis 1999, nous vivons dans la crainte d’une deuxième tempête. Sans les aides de l’État, nous n’aurions pas pu relever la tête. Dans la perspective d’un scénario catastrophe, l’éolien représente un revenu complémentaire très intéressant. En louant quelques parcelles, nous ne prenons aucun risque à tenter le projet ».

La parole des opposants.

Dans le Médoc, Vive la Forêt, association de défense du massif forestier, s’inquiète de la multiplication des projets « qui risquent de dénaturer les paysages du littoral« . Sans être opposée par principe à l’énergie éolienne, elle craint « le massacre des plus beaux sites si des règles strictes ne sont pas fixées par l’État« . Francis Magenties, Conseiller général CPNT du canton de Lesparre, défend l’éolien offshore (installé en mer). Dans le Médoc, pour lui, « ce n’est pas possible ». Il développe. « C’est un hachoir à oiseaux. Les migrateurs vont se mettre dedans. Lire la suite

Le BTP dans le train de la construction économe en énergie

Sud-ouest, le 16 Octobre 2008, Jean-Bernard Gilles

ÉCONOMIE. Une centaine d’entrepreneurs ont participé, hier, au colloque Bâtiment et Energie à la maison du BTP de Bruges.

Le BTP dans le train de la construction économe en énergie

Les entrepreneurs du Bâtiment ne sont pas du genre à jouer des rôles qui ne sont pas les leurs. Ils savent qu’ils ont un gros effort à accomplir avant de prétendre tous assumer l’ensemble des futures normes thermiques et exigences de performances énergétiques qui se profilent.

Mais ils ont participé à l’élaboration, au niveau national, du Grenelle de l’environnement. Et veulent être dans la course lorsque les premiers textes de loi s’imposeront, vraisemblablement début 2009, à toute la filière de l’acte de construire. » Nous avons pleinement conscience que nous sommes à la croisée des chemins mais nous voulons aujourd’hui anticiper nos besoins de formation pour être prêt quand le train accélèrera « explique Bruno Louges. Il préside la commission environnement de la Fédération.

Formation.

Une soixantaine de formations aux économies d’énergie des entreprises et artisans du bâtiment, des modules de deux jours- ont été dispensés dans toute la région dont une trentaine en Gironde. La fédération fait un incontestable effort de communication et de formation à l’adresse de ses ouailles.

La partie n’est pas commode car il ne s’agit pas seulement de sensibiliser, ou de transférer quelques savoirs faire techniques « mais bel et bien d’imaginer de nouvelles façon de construire » comme le note Eric Auffaure, chargé de mission à l’Ademe.

Prêts bonifies.

Les objectifs de construction de logements en basse consommation d’énergie, d’ici à 2012, voire de bâtiments à énergie positive, d’ici à 2020, impose des pratiques de chantiers plus transversales. Le peintre, le plâtrier, l’électricien et le chauffagiste vont devoir apprendre à parler ensemble régulation thermique avant d’intervenir. Les clients du bâtiment savent que cette coordination ne va pas toujours de soi.

Mais l’autre souci pointé hier à Bruges est celui du financement. Lire la suite

Périgord : 3ème fête des cueilleurs volontaires de biodiversité

Devenez cueilleurs volontaires et fêtez la biodiversité

Le 25 octobre à St Martial d’Artenset

La 3ème Fête des Cueilleurs Volontaires de Biodiversité aura lieu pour la 1ère fois en Périgord le samedi 25 octobre 2008 à St Martial d’Artenset.

Cet évènement est le moment phare du programme « l’Aquitaine cultive la biodiversité » piloté par Bio d’Aquitaine, fédération régionale des agriculteurs bio.

AU PROGRAMME :

09h00 Initiation aux techniques de sélection de semences paysannes   Application pratique dans un champ de maïs de pays

10h30 Cueillette de maïs de pays en musique avec Samba Garage

13h00 Apéro & Repas bio Produits bio du Périgord et polenta de maïs de pays seront au menu

14h00 Après-midi festive à la découverte de la biodiversité Animations, forums, expos, démonstrations de matériels agricoles, stand jardinage, ateliers enfants…

19h00 Grand Concert (avec Wombolombakéhé Orchestra, Ska Pute Orchestra, Soupe aux Trolls et Mama Soda)

Opération « les viticulteurs bio de Bergerac soutiennent la biodiversité » :

Pour patienter jusqu’au 25 octobre, vous pouvez dès à présent découvrir les coffrets de vins bio disponibles dans tous les magasins Biocoop d’Aquitaine. Cette opération est l’occasion pour Biocoop Bio d’Aquitaine et vous, consommateurs, d’affirmer ensemble que la biodiversité est, aujourd’hui et plus que jamais, le patrimoine de notre futur.

A la saison de récolte, agriculteurs et citoyens sont invités à une cueillette musicale de maïs de pays. Cette journée conviviale mais aussi éducative et pédagogique est l’occasion pour tout un chacun de découvrir les intérêts et enjeux de la biodiversité cultivée et des semences paysannes.

Contacts : Lire la suite

Agen : le SIFEL se met au bio

Sud-Ouest, JR, le 16 Octobre 2008

SIFEL 2009. Le comité d’organisation annonce une place importante accordée au bio pour cette trentième édition. Une première

Sur le chemin de l’ « écocompétitivité »

L’édition 2009 du Salon international des fruits et légumes (Sifel) aura lieu du 10 au 12 février prochain à Agen. Ce sera la trentième. L’anniversaire fera date puisque, pour la première fois, une place importante sera accordée à l’agriculture biologique. Les objectifs du Grenelle ne sont pas étrangers à cet intérêt nouveau. Il s’agit, rappelons-le, de porter le bio à 6 % de la surface agricole utile (SAU) d’ici à 2012. Il s’agit par ailleurs de réduire de moitié l’emploi des produits phytopharmaceutiques dans l’agriculture dite conventionnelle. S’ajoute une particularité locale : le département du Lot-et-Garonne représente le tiers (600 hectares) des surfaces bio cultivées actuellement en Aquitaine.

 « Notre ambition est de faire du Sifel le premier salon bio de France », affirme Yves Bertand, l’un des deux coprésidents. Pour autant, l’intégration du bio ne signifie pas une adhésion pleine ni un revirement à 180 degrés. « On se dit simplement qu’entre le tout bio et le tout productiviste, il y a une troisième voie à explorer », explique-t-il.

Durable et compétitif.

L’autre coprésident, François Lafitte, confirme : « L’idée, c’est de sortir de l’affrontement souvent très caricatural entre le bio et le conventionnel. Nous voulons mettre en avant le fait que se dessine devant nous une voie de synthèse entre des approches a priori antagonistes. »

Cette « voie de synthèse » ou « troisième voie » est, selon les coprésidents, celle de « l’écocompétitivité ». Concrètement, cela signifie « comment continuer à produire, tout en le faisant de manière propre, écologique, durable, compétitive, avec des méthodes naturelles. Préservation de l’humus pour la fertilisation des sols, valorisation des déchets, protection raisonnée, tout ça est en marche ! » À cet égard, l’ingénieur agronome Claude Bourguignon, le « pape » de la microbiologie des sols, tiendra dans le cadre du Sifel une conférence très attendue.

Recherche.

Mais il ne s’agit pas non plus à ce stade de manifester un enthousiasme trop excessif. « Quand on prend l’exemple du verger témoin du Temple-sur-Lot (1), on mesure bien le chemin qu’il reste à parcourir » souligne François Lafitte : « Nous disons aux pouvoirs publics que nous savons que nous devons changer nos méthodes de travail et que nous sommes prêts à le faire. Mais pas pour tomber dans des impasses ! Or en fruits et légumes nous accusons un retard important en termes de recherche et d’expérimentation. Depuis vingt ans, il n’y a pas eu d’investissements significatifs. Nous disons donc aux pouvoirs publics : si la société veut qu’on évite le recours aux pesticides, nous sommes d’accord, mais donnez-nous des alternatives ! » Lire la suite

Principe de précaution pour les nanomatériaux

Blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération, un site de Libération Network, 10 octobre 2008

L’Afsset recommande l’application du principe de précaution pour les nanomatériaux

rapport sur les nanomatériaux. L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail  y recommande « l’application du principe de précaution » au sujet des nanomatériaux en raison de « l’incertitude scientifique » qui règne sur de nombreuses questions quant à leur impact sanitaire.

Application du principe de précaution qui ne signifie pas, selon l’Afsset, renoncer à les utiliser – déjà 2000 nanomatériaux sont incorporés à plus de 600 objets – mais les manipuler, en particulier sur les lieux de fabrication, avec la même « prudence » que celle exigée pour « les matières dangereuses ».

Depuis quelques années, le discours des pouvoirs publics sur les nanomatériaux évolue. Ces derniers constituent un pan des nanotechnologies, celui qui semble se développer le plus vite et pour lequel la société semble également la moins désarmée en termes de stratégie de protection à déployer contre leurs éventuels dangers. Les nanomatériaux sont des ensembles de nanoparticules, dont l’une des dimensions au moins se situe entre un et cent nanomètres (un nanomètre égale un millionnième de millimètre) fabriquée par l’homme et qui sont utilisés en général englobés dans une matrice solide ou fluide.

Il existe bien sûr des quantités astronomiques de nanoparticules dans l’environnement, d’origine naturelle ou créées involontairement par l’homme (comme les particules très fines issues des processus de combustion), mais le sujet nanomatériaux est restreint à celles qui sont intentionnellement produites.

Devant les potentialités de ces technologies, les responsables politiques, saisis par les scientifiques puis par les industriels de soutenir la recherche en ce domaine, ont d’abord crié au miracle. Puis, instruits et rendus soupçonneux par leurs expériences récentes de crises de santé publique (sang contaminé par le virus du Sida, amiante) ils ont à l’inverse entamé le discours de la « précaution »… mais plus pour se protéger d’une future accusation que pour ralentir vraiment le mouvement. En parallèle, des ONG se mobilisaient, à des degrés divers (certaines poussant très loin la critique comme PMO), pour accuser pouvoirs publics et industriels de prendre des risques inconsidérés. Du coup, de nombreuses initiatives de débats publics (conférence de citoyens en Ile de France, débat à la Cité des Sciences de la Villette, débats à Grenoble…) ont été prises. Au point que des « spécialistes » du débat public sur les technologies ont pu développer une expertise de ce genre d’interactions souvent compliquées entre public, scientifiques, industriels, pouvoirs publics (voir Vivagora). Débats dont j’ai rendu compte largement dans Libération (liens en fin de note).

Le dernier rapport de l’Afsset dont voici le dossier de presse complet (23 pages) illustre l’évolution du dossier avec ce titre « Nanomatériaux : concilier l’innovation et la sécurité sanitaire ».

D’abord, avec un constat répétitif : les propriétés mécaniques, chimiques, électriques… des nanomatériaux et nanoparticules sont si souvent différentes de celles des matériaux constitués des mêmes atomes mais en grandes quantités qu’il demeure difficile de les prévoir à partir des connaissances antérieures.  Du coup, il est encore plus délicat d’en déduire les propriétés biologiques, toxicologique et écotoxicologiques, tant pour l’homme que pour les espèces animales et végétales, en cas d’inhalation, d’ingestion ou de contact. Leur extrême petite taille peut ainsi permettre à des nanoparticules de se jouer des barrières biologiques et passer de l’air au cerveau via les poumons.

Il y a là un champ entier de connaissances à acquérir… Lire la suite

L’Italie et la Pologne menacent de bloquer le plan climat

Le Monde, le 16 octobre 2008,

L’Italie et la Pologne menacent de bloquer le plan climat européen

Menaces de veto, débats houleux, manœuvres en tout genre, la crise financière risque de compliquer les négociations engagées en Europe au sujet de la lutte contre le réchauffement du climat. L’Italie et la Pologne ont annoncé, mercredi 15 octobre à Bruxelles lors du conseil des chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept, qu’elles envisageaient de mettre leur veto au « paquet climat/énergie » en cours de discussion si celui-ci n’était pas assoupli pour tenir compte du contexte économique.

Il ne sert à rien de jouer les Don Quichotte », a lancé Silvio Berlusconi, tandis que Nicolas Sarkozy espère boucler les pourparlers d’ici à la fin de la présidence française de l’Union, en décembre. De son côté, la Pologne a réussi à convaincre sept autres nouveaux membres d’exiger, avec elle, davantage de flexibilité, afin d’éviter que ce train de mesures ne freine leur rattrapage économique, en alimentant la hausse de prix de l’énergie.

« La crise ne doit pas diminuer nos ambitions mais au contraire il faut sortir du dilemme croissance ou protection de l’environnement« , a répliqué M. Sarkozy, à l’issue d’un dîner agité avec ses homologues : « On va démontrer que la croissance propre est une possibilité de rebond de la croissance« .

Mercredi soir, Varsovie et Rome ont refusé de reprendre à leur compte le calendrier très serré proposé par M. Sarkozy, mais sans remettre en cause les trois grands objectifs agréés en mars 2007 par les Vingt-sept : 20 % de réduction des gaz à effet de serres, 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation, et 20 % d’économies d’énergie d’ici à 2020.

L’Italie et la Pologne se disent proches des préoccupations exprimées de longue date par l’Allemagne, où la grande coalition plaide pour l’attribution généralisée de quotas gratuits de pollution aux entreprises les plus énergétivores. Ces pays relaient la très vive opposition des milieux industriels, qui craignent que le « paquet climat » ne les désavantage par rapport à leurs concurrents mondiaux originaires de pays non engagés contre le changement climatique.

« LE RÉCHAUFFEMENT DE LA PLANÈTE SE POURSUIT, CRISE OU PAS »

Pour le président du conseil italien, qui demande « un peu de souplesse », mettre en place une bourse d’échange des quotas payants de CO2 est « ridicule » dans le contexte actuel. Or il s’agit de la principale mesure imaginée par les Européens pour tenir leurs engagements internationaux.

Quant aux Polonais, qui mettent en avant leur dépendance à 94 % au charbon, ils formulent trois exigences : obtenir des permis de polluer gratuits pour leurs centrales électriques les plus performantes, alors que la Commission entend les faire payer en totalité dès 2013. Lire la suite

Saint-Gobain parie sur l’énergie solaire

Le Figaro, 16 octobre 2008, Keren Lentschner

Saint-Gobain parie sur l’énergie solaire 

Il faut une douzaine d’heures pour transformer une simple plaque de verre d’un mètre carré en panneau solaire.

Le fabricant français de verre vient d’inaugurer en Allemagne une usine de panneaux photovoltaïques.

À Torgau, près de Leipzig, dans l’usine inaugurée avant-hier par Saint-Gobain et Shell, il faut une douzaine d’heures pour transformer une simple plaque de verre d’un mètre carré en panneau solaire, à la teinte légèrement fumée. Ouverte l’été dernier, l’usine – est une filiale détenue à parité par les deux groupes qui ont investi 65 milliards d’euros sur les bords de l’Elbe. Shell apporte les brevets achetés à Siemens il y a quelques années ; Saint-Gobain, fabricant de verre, son savoir-faire. Ensemble, ils devraient ouvrir sept usines de panneaux solaires d’ici à cinq ans. Ceux qui sortiront de Torgau seront vendus autour de 200 à 250 euros pièce.

Vingt-quatre étapes composent le processus de fabrication très automatisée et 95 personnes seulement s’affairent autour des machines. En rythme de croisière, cela prendra cinq heures pour fabriquer un panneau. Saint-Gobain espère réduire ce délai à trois heures. La production annuelle correspond à une capacité de 20 mégawatts, soit l’équivalent des besoins en électricité de 6 000 foyers sur une année. La production de l’an prochain est déjà vendue.

20% du marché mondial

L’usine a été baptisée Avancis. Les trois dernières lettres désignent la technologie utilisée qui combine cuivre, indium et sélénium. Le panneau solaire s’apparente à un millefeuille et c’est la couche de « CIS » qui est conductrice et transforme 11 % de la lumière solaire captée en électricité. Saint-Gobain a préféré cette technique plus esthétique et moins coûteuse que le classique silicium actuellement frappé de pénurie. Outre l’ouverture d’usines, Saint-Gobain n’exclut pas d’être présent, via des acquisitions, sur l’ensemble de la chaîne : de la distribution à l’installation des panneaux solaires.

Dans le contexte actuel de hausse des prix de l’énergie, le solaire est un marché d’avenir qui croît de façon exponentielle (+30 % par an) Lire la suite

Méthanisation: encore trop de barrières

Journal de l’environnement, 16 octobre 2008, Victor Roux-Goeken

Méthanisation: encore trop de barrières

L’absence d’une réglementation adaptée et de flux continus de déchets constitue une entrave au développement de la méthanisation en France. Cette «nouvelle» technologie, à la frontière entre production d’énergie et gestion des déchets, pourrait contribuer aux objectifs d’énergie renouvelable.

Analyser

Comment développer la méthanisation en France? Cette technique, à la frontière entre production d’énergie et gestion de flux de déchets, consiste notamment à transformer les déchets en biogaz. Permettant la valorisation énergétique de la biomasse, cette production d’énergie renouvelable est décentralisée, renouvelable et peut avoir plusieurs sources de déchets, servant d’exutoire pour certains industriels ou collectivités locales.

Deux grands types d’installation existent: les usines de méthanisation des déchets ménagers et les unités agricoles. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), en France, 6 usines sont en fonctionnement. Et 15 à 20 usines devraient voir le jour à l’orée 2015. Du côté des unités agricoles, 11 sont en marche, dont 5 de petite puissance électrique (30 kilowatts -kW) construites jusqu’en 2005/2006. 200 projets seraient en cours de réflexion ou de réalisation.

Car la France est à la traîne par rapport à certains de ses voisins européens. Le Danemark, la Suède et la Suisse comptent déjà plusieurs unités de méthanisation. A elle seule, l’Allemagne produit 2,4 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) grâce à ce procédé. Soit un peu plus du tiers de la production européenne (7,8 Mtep), bien loin de l’objectif européen de production de biogaz issu de la méthanisation de 15 Mtep, fixé à 2010.

A l’origine du début d’un intérêt en France: le tarif d’achat de l’électricité issue du biogaz est passé de 5 centimes d’euros par kilowattheure (c€/kWh) à 12 c€/kWh en 2006 en moyenne (1). Alain Femenias, du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD, ex-Inspection générale de l’environnement -IGE), co-auteur d’un rapport (2) sur la méthanisation des effluents d’élevage, estime que la rentabilité des installations de méthanisation «à la ferme» se situe au-delà de 100 kWh.

Car plusieurs obstacles subsistent. L’utilisation de déchets pour produire de l’énergie entraîne des obligations, relatives aux réglementations sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et sur les sous-produits animaux. Et la nomenclature ICPE ne connaît pas la méthanisation. «Il existe une dizaine de rubriques [ICPE] possibles en fonction de l’origine du substrat, de l’installation de valorisation du biogaz et de la production du digestat», explique Guillaume Bastide, du département Gestion optimisée des déchets à l’Ademe.

Mais «une nouvelle rubrique devrait être opérationnelle au printemps 2009», Lire la suite

Eco-PTZ : Garantir l’efficacité énergétique après travaux !

Actu-Environnement.com, le 15 octobre 2008, propos recueillis par Camille Saïsset

 »Reste à garantir le résultat de l’efficacité énergétique après travaux »

Arnaud Berger est responsable du développement durable au Groupe Banque Populaire. Cet établissement, membre fondateur du groupe Effinergie, participe aux discussions actuelles sur l’éco-prêt à taux zéro pour l’amélioration énergétique de l’habitat.

Actu-Environnement : En ce moment, dans le cadre du projet de loi de Finances 2009 se discute l’éco-prêt à taux zéro, de quoi s’agit-il ?

Arnaud Berger : L’éco-prêt à taux zéro ou éco-PTZ sera la deuxième mesure nationale impliquant le monde bancaire dans l’accompagnement des particuliers engagés dans une démarche de développement durable. La première fut le verdissement du livret d’épargne Codevi, devenu début 2007 le Livret de Développement Durable (LDD). Bien que l’Etat n’ait jamais donné les grilles du reporting des fonds épargnés par les LDD, depuis 2007 les banques doivent utiliser une fraction des ressources capitalisées pour financer les équipements des particuliers dans leurs travaux de rénovation donnant droit au crédit d’impôt. Même en période de crise, le LDD fait partie, comme le livret A, d’un placement sûr en terme de disponibilité et de rendement, qui plus est doublé d’un sens écologique pour une partie des fonds gérés.

AE : L’éco-PTZ va-t-il remplacer le PTZ existant ?

AB : L’éco-PTZ constitue un nouvel outil bancaire qui s’ajoute au prêt LDD existant, destiné à encourager les Français à réaliser un ensemble de travaux d’amélioration globale de la performance énergétique de leur habitat. Il résulte des discussions du Grenelle de l’environnement. Dans l’immobilier ancien, on peut en effet parler d’un nouveau PTZ, avec une aide attribuée plafonnée à un prêt de 30 000 euros et 300 euros par m2. Pour que l’aide de l’Etat soit attribuée, il faudra réaliser des « bouquets de travaux ». Si le particulier veut installer une installation solaire thermique sans autres travaux, il ne pourra bénéficier que du crédit d’impôt et du prêt sur LDD. Par contre, s’il souhaite en plus changer ses fenêtres par d’autres plus isolantes – équipements là-aussi éligibles au crédit d’impôt – il aura droit à l’éco-PTZ car il effectue plus de deux travaux à la fois. Contrairement au crédit d’impôt, l’éco-PTZ permet de toucher lors du financement l’aide publique sous forme de bonification d’intérêt. Mais attention, pour pouvoir bénéficier du PTZ pour la rénovation d’un bâtiment, il faudra prouver que les travaux sont non seulement faits dans les règles de l’art, mais aussi qu’ils aboutissent effectivement à une efficacité énergétique.

AE : Et comment le particulier peut-il faire preuve de l’efficacité énergétique des travaux réalisés auprès de son banquier ?

AB : La méthodologie n’est pas arrêtée. Le particulier comme le banquier vont se trouver confrontés au problème d’évaluer le gain énergétique à partir de multiples factures issues d’autant de corps d’artisans différents. Le rôle des coordonnateurs de chantiers et des syndics de copropriété vont devenir de plus en plus importants. Bien sûr, on peut s’appuyer sur le concept du diagnostic de performance énergétique (DPE), maintenant exigé lors de la vente ou de la location immobilière. Mais cet outil est léger… Il existe bien des méthodes telles que la mesure de l’étanchéité à l’air ou la thermographie. La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) a créé le label ECO Artisan, pour développer la vision d’un logement dans son ensemble. Reste à garantir le résultat de l’efficacité énergétique après travaux. Or dans ce domaine, il n’existe ni fonds de garantie ni assurance spécifique, sans compter une variable aléatoire de taille : les habitudes de vie du client pour garantir ce résultat. Lire la suite

Consommation : prix coûtant contre valeur écologique

Novethic, Rouba Naaman, le 10 octobre 2008

Consommation : prix coûtant contre valeur écologique

Alors que les députés viennent de supprimer tout principe de “fiscalité écologique” dans le projet de loi du Grenelle, l’environnement entre peu à peu dans le choix des consommateurs. Pour autant, peu d’informations leur permettent de connaître l’empreinte écologique d’un produit. Et les prix n’en tiennent pas compte.

Le paquet de pâtes aura-t-il bientôt un prix en grammes de gaz à effet de serre (GES) en plus de son prix en euro ? Aux dires de nombreuses associations, c’est une étape indispensable pour rendre les consommateurs responsables. L’idée d’une “étiquette carbone”, qui indiquerait la quantité de CO2 produite pendant la vie de l’article, tourne depuis déjà quelques temps. Plus facile à dire qu’à faire, cependant. Entre le coût en CO2, en déchets, et en énergie, l’étiquette écologique risque d’être chargée ! Sans compter le surcoût qu’entrainerait l’analyse du cycle de vie (ACV) du produit, c’est-à-dire l’étude de toutes les émissions, de la production de l’article à son recyclage. Les demandes des consommateurs se font pourtant pressantes…

« Aujourd’hui, le prix d’un produit en supermarché ne reflète pas l’impact environnemental qui se cache derrière » rappelle Julia Haake, directrice des partenariats entreprises du WWF France. Difficile donc d’être un vrai citoyen responsable. Pourtant les initiatives ne manquent pas pour informer le consommateur sur l’empreinte des produits proposés. Nadia Boeglin, conseillère de la commissaire générale au développement durable Michèle Pappalardo, explique que de nombreux projets d’étiquetage arrivent sur son bureau. Très peu, cependant, aboutissent. « L’information fournie doit être fiable, significative et claire, pour être crédible et séduisante » explique-t-elle.

Aucun affichage idéal en vue

Pour l’instant, aucun étiquetage ne propose d’information suffisamment complète. Orange vient de lancer, en partenariat avec le WWF, un affichage informatif pour chacun des téléphones proposés avec l’abonnement. Mais, à part la quantité de CO2, les critères (déchets, efficacité énergétique…) sont exprimés en valeur relative et non en valeur absolue. Les informations restent donc approximatives. Le succès de l’étiquette énergétique sur l’électroménager devrait pourtant encourager à la création d’un affichage écologique. Les puristes maintiennent en outre que l’efficacité énergétique d’un produit n’est pas la seule information importante pour juger de sa qualité environnementale. « Il serait également stupide et contre productif de se limiter à signaler les émissions de CO2 » affirme Nadia Boeglin.

A l’inverse, l’excès d’information peut être nuisible. Lire la suite

Pour un keynésianisme vert !

Le monde, 16 octobre 2008, Susan George, politologue, présidente d’honneur d’Attac France

Des nouvelles règles pour sortir d’un système toxique

Panique à bord ! Péril en la demeure ! Feu au lac ! La situation est-elle devenue suffisamment dramatique pour qu’enfin les dirigeants européens prêtent l’oreille à ceux qui dénoncent depuis de longues années l’économie-casino, le tout-marché et l’empire de la finance déchaînée ? Ceux qui ont gobé l’idéologie, affirmé comme Mme Thatcher qu’il n’y avait « pas d’alternative », ou cru pouvoir « humaniser » le néolibéralisme en sont pour leurs frais. Ecouteront-ils à présent ?

Les partis sociaux-démocrates qui ont choisi d’accompagner ce système se sont rendus complices de son projet : enrichir indécemment une minorité, augmenter substantiellement la part du capital dans le partage de la valeur ajoutée, mettre les salariés partout sur la défensive, se faire aider des Etats, de la Commission et de la Banque centrale européennes (BCE).

La crise vient de l’explosion du crédit, surtout aux Etats-Unis, de « l’effet de levier » permettant la création de 40 dollars et plus pour chaque dollar « réel ». Elle résulte des « innovations » des banques, débarrassées de toute entrave. Leur métier ? Mélanger toutes sortes de dettes, en faire des saucissons, les trancher et vendre les tranches à d’autres avec l’aide des agences de notation accordant des labels AAA de complaisance.

Se lançant dans le jeu de la patate chaude, les banques croyaient se dégager de tout risque. Elles ont si bien manœuvré qu’à présent nul ne sait qui doit quoi à qui, combien valent les tranches pourries de saucissons-dettes ni combien la banque voisine a réellement en caisse. Du coup, personne ne veut prêter à quiconque, d’où le gel du crédit, ce sang vital au système circulatoire financier. Ce ne sont pas hélas les 700 milliards de dollars (513,7 milliards d’euros) de M. Paulson qui vont changer la donne.

La solution est ailleurs. D’abord imposer des règles que tout le monde ou presque préconise à présent : pas d’opérations bancaires hors bilan, ratios de crédit strictement imposés, fermeture des marchés de ces produits dérivés dont on se passait parfaitement il y a dix ans. Soutenir les ménages et les PME et PMI qui ont emprunté plutôt que ceux qui leur ont prêté. Mettre fin au socialisme pour riches qui privatise les profits et fait payer les pertes aux contribuables. Accepter qu’une banque qui est « too big to fail » – « trop grande pour faire faillite »- est aussi trop grande pour rester aux mains du secteur privé. La FED, la BCE, les gouvernements qui trouvent instantanément des milliards pour renflouer telle ou telle grande maison n’ont rien obtenu en retour : c’est là le vrai scandale. Il est temps de se servir du pouvoir politique pour sortir de ce système toxique et saisir l’occasion que cette crise nous offre.

Car elle ouvre en effet une piste pour résoudre deux autres crises reléguées, à tort, au second plan. La crise de la pauvreté et des inégalités s’aggrave avec l’augmentation des prix de l’énergie et des aliments. Le réchauffement planétaire deviendra vite irréversible avec son cortège de catastrophes – tempêtes, sécheresses, inondations, millions de « réfugiés climatiques ».

Nous pouvons résoudre les trois crises à la fois à condition de changer de regard et d’échelle. La Grande Dépression bis n’est pas inévitable, mais il faut se servir immédiatement de la crise financière pour l’empêcher de s’installer. Souvenons-nous du New Deal du président Franklin Roosevelt et de la conversion de l’économie américaine à une économie de guerre dans les années 1930-1940. C’est d’un effort de cette envergure dont nous avons besoin.

Il faudrait réduire rapidement nos émissions de gaz à effet de serre d’au moins 90 %. Impossible ? Lire la suite

RAPPORT : Impacts du bruit généré par les éoliennes

AFSSET et ADEME, 2008

Impacts sanitaires du bruit généré par les éoliennes – Etat des lieux de la filière éolienne : Propositions pour la mise en œuvre de la procédure d’implantation

AGENCE FRANCAISE DE SECURITE SANITAIRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DU TRAVAIL et AGENCE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA MAITRISE DE L’ENERGIE

Maisons-Alfort, Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail, 124 pages

La part des énergies renouvelables est en augmentation constante en France et dans le monde. Cette orientation est notamment due à la volonté de diversification des sources d’énergie afin de réduire la dépendance énergétique aux énergies fossiles importées sur le territoire et de garantir l’approvisionnement. De plus, les énergies renouvelables s’inscrivent dans un contexte de préoccupations sanitaires et environnementales, en particulier par la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Le développement de l’énergie éolienne, quoique modeste en France malgré un fort gisement éolien, est ainsi en augmentation, passant d’environ 0,75 GW en 2005 à plus de 2 GW en 2008 avec l’installation d’environ 2000 aérogénérateurs dans plus de 250 parcs éoliens. Toutefois, malgré l’intérêt croissant de la population pour les énergies renouvelables, l’implantation d’éoliennes ou aérogénérateurs suscite des interrogations de la part des riverains quant aux impacts sur l’environnement et sur la santé. En particulier, de nombreux riverains se plaignent du bruit généré par les éoliennes. A la suite du rapport de l’Académie nationale de médecine publié en mars 2006, évaluant le retentissement du fonctionnement des éoliennes sur la santé de l’homme, l’Afsset a été saisie en juin 2006 par les ministères en charge de la santé et de l’environnement afin de conduire une analyse critique du rapport de l’Académie et d’évaluer en particulier la pertinence de sa recommandation visant à éloigner certaines éoliennes (d’une puissance supérieure à 2,5 MW) des habitations à une distance minimale de 1 500 mètres. Consulter le rapport : Lire la suite

Les « Bio » avancent

Sud-Ouest, le 16 octobre 2008, Sylvain Viaut

VITICULTURE. Les vignerons bio taillent leur route dans les Côtes. Exemple en Bourgeais avec Gilles Bergon, militant de la cause au château de Côts, à Bayon

Les « Bio » avancent

C’est un état d’esprit, résume Gilles Bergon, vigneron en Côtes de Bourg au château de Côts, à Bayon, pour expliquer son engagement « bio ». « Je n’ai jamais désherbé ma vigne. Je l’ai toujours labourée. Et j’en suis venu à des pratiques bio tout seul, tout doucement, petit à petit. »

Membre fondateur, en 1999, du Syndicat des vignerons bio d’Aquitaine, qui regroupe aujourd’hui près de 80 producteurs, il ne regrette ni son choix. Ni ses conséquences. Aussi bien sur l’état sanitaire de sa vigne, de sa terre, et de… ceux qui y travaillent. Que sur l’impact qualitatif et commercial de la démarche (1).

Et alors que les pratiques bio ne concernent que 2 % des viticulteurs en Aquitaine, elles rassemblent en Bourgeais 5 % des producteurs. Pas beaucoup, certes, mais plus du double !

Le pas franchi en 1999.

Revenu au pays pratiquer un métier inscrit dans la tradition familiale, après avoir mené des carrières professionnelles dans d’autres secteurs d’activité, il a très vite retrouvé ses bases : « Déjà, je n’employais pas de produits systémiques (2). Seulement des produits de contact (sulfate de cuivre et soufre, en quantités homéopathiques). J’ai donc franchi le pas sans problème en 1999. »

À mi-vendanges cette année (il vient de ramasser les malbecs, et doit vendanger les cabernets sauvignons dans quelques jours), son constat est clair : « Ma vigne est pareille que les autres. En excellent état sanitaire, sans couverture chimique. C’est pareil pour les rendements. Avec 53 hl/ha en 2007, et 30 à 35 hl/ha cette année, c’est la même chose. »

Pesticides prohibés.

Signataire d’un cahier des charges, et d’une charte, qui imposent une discipline stricte à chacun des adhérents au syndicat, le vigneron bourgeais cite l’exemple des contrôles, pour bien souligner la rigueur des pratiques bio.

« Nous avons deux contrôles des pesticides tous les ans, à la vigne et au chai, par un organisme certificateur indépendant, Ecocert en ce qui me concerne. Leurs prélèvements et leurs analyses portent sur pas moins de 450 molécules différentes, et indésirables, dont on recherche la présence. Le dernier prélèvement chez moi date du 23 juillet dernier. Et, se félicite-t-il, les résultats sont de 0,00…, inférieurs à l’incertitude de la mesure ! »

Charte européenne.

Désormais adhérent à la charte Fnivab, Lire la suite

10 communes du bassin d’Arcachon : haro sur les pesticides

Sud-Ouest, Sabine Menet, le 15 Octobre 2008

ÉCOLOGIE. Le Syndicat intercommunal engage les dix communes du bassin d’Arcachon à réduire leur usage de produits phytosanitaires. Une première étape

Haro sur les pesticides

Elus en charge de l’environnement, directeurs des services techniques et responsables des espaces verts : tous se sont retrouvés lundi après-midi au Siba (Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon) à l’occasion d’une journée de sensibilisation à l’usage des produits phytosanitaires.

Cette initiative s’inscrit dans le plan national Ecophyto 2018 qui prévoit de réduire de 50 % l’usage des pesticides en dix ans. Une première approche pour Michel Sammarcelli, le président qui entend bien ne pas en rester là et montrer l’exemple. « Vous allez devoir vous battre contre votre propre commune », a-t-il lancé. « Notre objectif est de protéger le bassin. Nous devons le transmettre mieux que nous l’avons reçu. »

1 Un constat : la présence dans l’eau

Des traces de produits phytosanitaires sont présentes dans l’eau. Si la teneur est faible, elle n’en témoigne pas moins de leur transfert. Les produits phytosanitaires ou, plus communément, pesticides sont en effet employés comme herbicides (afin d’éliminer les mauvaises herbes), fongicides (pour lutter contre les maladies) ou insecticides (pour protéger des insectes). Les herbicides représentant 50 % des pesticides utilisés en France.

Les collectivités en usent pour entretenir leurs espaces verts et leurs voiries. C’est auprès d’elles que le Siba a décidé dans un premier temps de communiquer.

2 Ce que prévoit la loi

Le plan Ecophyto 2018 prévoit une réduction de moitié de l’usage des produits phytosanitaires en zones agricoles et non agricoles dans un délai de dix ans. Membre du service régional de protection des végétaux, Philippe Reulet a présenté la réglementation en cours. Il se montre optimiste quant à la réduction drastique des herbicides. « Il existe des alternatives », Lire la suite

L’écologie profonde est-elle un humanisme ?

Mouvement, Baptiste Lanaspeze

L’écologie profonde est-elle un humanisme ? I

Qu’est-ce que le courant de l’écologie profonde et pourquoi est-il assimilé en France à un « totalitarisme vert » ? Premier volet de l’analyse de Baptiste Lanaspeze.

« La Terre a 4 600 millions d’années… alors peu importe ce qu’ils peuvent bien dire de mon livre [1] . » Arundhati Roy

En décembre 2006, Télérama faisait sa une sur ces mots : « Écologie : le silence des intellectuels français ». L’hebdomadaire constatait : « Alors que l’environnement devient un enjeu central de la présidentielle grâce à Nicolas Hulot, les intellectuels français, eux, restent absents du débat. Pourquoi un tel silence [2] ? » L’article, qui ne répond malheureusement pas à la question, fait reprendre ce constat par différentes personnalités. Le militant Nicolas Hulot se plaint ainsi de manquer de soutien théorique : « Où sont-ils donc ? Pourquoi sommes-nous seuls à porter ce discours ? Du coup, on nous demande d’assumer toutes les missions : alerter, agir, théoriser et repenser le monde. Peut-être sommes-nous des crétins absolus, mais qu’on nous le dise [3] ! » Edgar Morin, l’un des rares philosophes avec Michel Serres et Catherine Larrère [4] à s’être intéressés en France à l’écologie, déplore lui aussi le manque d’intérêt de nos intellec-tuels : « Je me suis sensibilisé à l’écologie à partir d’un séjour en Californie. Je me souviens notamment d’un article de Paul Ehrlich [5] sur la mort des océans. Comme tant d’autres là-bas, j’ai compris que c’était un problème mondial. Mais ici, les rapports de l’homme à la nature, ça n’intéresse personne ! Comment mes confrères, qui vivent avec leurs critères anciens, pourraient-ils comprendre que le développement engendre la dégradation de la biosphère [6] ? »

La bibliographie qui accompagne l’article de Télérama ne déroge pourtant pas à ce qui est une règle des bibliographies françaises sur l’écologie : elle ne compte aucun représentant, direct ou indirect, de l’écologie philosophique, de l’éthique environnementale, ou de la « deep ecology ». Ni le Norvégien Arne Naess (né en 1912), ni les Américains John Baird Callicott (né en 1941), Aldo Leopold (1887-1948), Edward Abbey (1927-1989), Edward O. Wilson (né en 1929), ni le Britannique James Love-lock (né en 1919) n’y figure. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pour ainsi dire pas traduits en français. Pourquoi ne sont-ils pas traduits en français ? Parce que l’écologie philosophique a chez nous la réputation d’être une pensée « controversée ». Le silence des intellectuels français à l’égard de l’écologie n’est en effet pas tant un silence d’indifférence que de méfiance, voire d’hostilité déclarée. En tant que mouve-ment intellectuel, l’écologie est en France hautement suspecte. Dans un appendice à son roman Le Parfum d’Adam, publié en janvier 2007, Jean-Christophe Rufin dénonce à son tour avec virulence la deep ecology qui serait, selon lui, l’ancrage théorique d’un « totalitarisme vert », selon le mot de Jacques Attali dans Le Monde [7] . « L’écoterrorisme s’ancre dans une réflexion théorique largement ignorée en France. L’ouvrage de Luc Ferry Le Nouvel ordre écologique a été le premier à attirer l’attention sur l’ampleur des travaux consacrés à ce que l’on appelle parfois l’écologie profonde (deep ecology) [8] . » Sans aborder ici la question de cet « écoterrorisme », le fait est que depuis la parution de l’ouvrage de Luc Ferry en 1992, un cordon sanitaire s’est formé pour maintenir la pensée écologiste à l’extérieur de la Cité intellectuelle française. Tout en déplorant l’absence d’une pensée écologiste digne de ce nom, on n’en maintient donc pas moins l’embargo sur ce qui est précisément une philosophie de l’écologie, Lire la suite

Quand les États-Unis luttaient contre le gaspillage

Mouvement, Mike Davis, article initialement paru sous le titre « Home-Front Ecology » dans le Magazine Sierra Club (juillet-août 2007), traduction : Hugues Jallon pour Mouvements

Écologie en temps de guerre. Quand les États-Unis luttaient contre le gaspillage des ressources

FABRIQUE DES IDEES. « Notre mode de vie n’est pas négociable » a déclaré G. W. Bush. Pourtant, pendant la Seconde guerre mondiale, les citoyens américains ont renoncé un moment à la culture de la consommation et du gaspillage. 11 juin 2008

Aux États-Unis, les générations actuelles sont-elles équipées pour répondre au défi homérique que représente le réchauffement climatique ? Si les grands médias glosent à longueur de page sur les « crédits de carbone », les « voitures hybrides » et l’« urbanisme intelligent », il n’en reste pas moins que notre empreinte écologique ne cesse d’augmenter. À titre d’exemple, la maison américaine typique est aujourd’hui 40 % plus grande qu’il y a vingt-cinq ans, alors même que la taille de chaque foyer s’est réduite. Dans le même temps, les mammouths du genre 4×4 (qui représentent 50 % des voitures particulières) ont envahi les autoroutes, tandis que la taille des surfaces commerciales par habitant – un moyen indirect, mais fiable, de mesurer l’augmentation de la consommation – a quadruplé.

Autrement dit, nous sommes trop nombreux à parler d’écologie tout en conservant un mode de vie surdimensionné – donnant ainsi du grain à moudre aux conservateurs qui multiplient les tribunes fustigeant cyniquement les factures d’électricité d’Al Gore. Nous sommes désespérément drogués aux énergies fossiles, au shopping compulsif, à l’expansion suburbaine et au régime carnivore. Les Américains pourront-ils jamais renoncer volontairement à leurs 4×4, à leurs hamburgers, à leurs énormes manoirs de banlieue et à leurs sacro-saintes pelouses ? Surprise : la bonne nouvelle nous vient du passé. Dans les années 1940, les Américains combattaient simultanément le fascisme à l’étranger et le gaspillage chez eux. Mes parents, leurs voisins, et des millions d’autres Américains laissaient la voiture au garage pour se rendre au travail à vélo, retournaient leur pelouse pour planter des choux, recyclaient les tubes de dentifrice et l’huile de cuisson, prêtaient bénévolement leurs services aux crèches et aux centres de l’United Service Organization [1], offraient le gîte et le couvert à des inconnus, et s’efforçaient consciencieusement de réduire leur consommation et d’éviter le gaspillage inutile. La Seconde Guerre mondiale donna ainsi lieu à la plus grande expérience d’écologie populaire de l’histoire des États-Unis. Lessing Rosenwald, le directeur du Bureau pour la conservation des matériaux industriels, exhortait ses compatriotes « à passer d’une économie de gaspillage – et on connaît les habitudes de ce pays en matière de gaspillage – à une économie de préservation. » Une majorité de civils répondit à l’appel, certains à contrecoeur, beaucoup avec enthousiasme.

Le symbole le plus célèbre de ce nouvel état d’esprit était les « jardins de la victoire ». Lire la suite

Le diplo : Repeindre en vert la société de marché

Le Monde diplomatique, Agnès Sinaï, lundi 13 octobre 2008

Grenelle de l’environnement

Repeindre en vert la société de marché

Depuis le 9 octobre, les députés français ont engagé l’examen des articles et amendements du projet de loi d’orientation visant à donner une traduction législative aux engagements du Grenelle de l’environnement.

Depuis une trentaine d’années, les sociétés industrielles savent que le modèle de la croissance sans fin est insoutenable en regard des limites des ressources naturelles. Elles n’en ont pas moins poursuivi leur « développement » à une cadence soutenue, malgré les avertissements de lanceurs d’alerte divers, du Club de Rome des années 1970 au Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). A fortiori, elles sont su élaborer des stratégies et une rhétorique ayant vocation à occulter la face cachée de la surabondance.

En France, après la laborieuse stratégie nationale de développement durable inspirée des recommandations du Sommet de la Terre de Rio (1992), après la Charte de l’environnement intégrée à la Constitution en 2005, la loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement se veut un texte de rupture sur fond de révolution écologique. L’annonce de ce dispositif a fait l’objet d’une mise en scène médiatique de grande envergure, le président Nicolas Sarkozy s’affichant aux côtés de l’ancien vice-président américain Albert Gore et de Wangari Maathai, prix Nobel de la paix, le 25 octobre 2007, à l’occasion de la restitution des conclusions de la réunion.

M. Sarkozy en appelle alors à « une révolution dans nos façons de penser et dans nos façons de décider. Une révolution dans nos comportements, dans nos politiques, dans nos objectifs et dans nos critères ». Il annonce : « Il faut avoir le courage de reconnaître que nous ne pouvons plus définir des politiques en ignorant le défi climatique, en ignorant que nous détruisons les conditions de notre survie. Premier principe : tous les grands projets publics, toutes les décisions publiques seront désormais arbitrées en intégrant leur coût pour le climat, leur “coût en carbone”. Toutes les décisions publiques seront arbitrées en intégrant leur coût pour la biodiversité. « Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé. » Belle rhétorique, bientôt perdue dans les labyrinthes de la nouvelle expertocratie environnementale.

Une approche fragmentée

Au nom de la concertation, les lobbies de la chimie, du BTP (bâtiment, travaux publics), de l’agroalimentaire, les publicitaires, les industries de l’automobile et les patrons de la grande distribution ont autant voix au chapitre que les associations environnementales. Quelque deux cent soixante-treize engagements sont initialement élaborés à un rythme effréné par six groupes de travail, relatifs à l’énergie et au changement climatique, à la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles, à l’instauration d’un environnement respectueux de la santé, aux modes de production et de consommation « durables », à des modes de production écologiques « favorables à la compétitivité et à l’emploi », à la construction d’une « démocratie écologique (1) » .

Mais, entre les propositions initiales et le texte final de la « loi d’accélération de la mutation environnementale » (sic) débattue au Parlement, les organisations non gouvernementales (ONG) se sont vu confisquer le processus. Lire la suite

Imaginons l’inimaginable : demandons l’impossible !

Blog de Michel Lesbats, le 10 octobre 2008

Soyons fous ! Imaginons l’inimaginable : demandons l’impossible !

La crise profonde de la finance se mondialise et atteint progressivement tous les secteurs de l’économie. Tous les spécialistes de ces domaines consultés depuis ces derniers jours le reconnaissent : les règles de l’économie et du capitalisme financier sont dérogées par ceux qui faisaient la leçon, il y a encore quelques jours, pour les respecter. De fait l’économie de marché, l’orthodoxie dite néo-libérale est moribonde en effet tous imaginent maintenant l’inimaginable :

  • Mettre de la « régulation » ( de la rétro-action ou du Droit , c’est à dire de l’obligation sociétale pour certains) pour faire fonctionner un système qui doit « naturellement s’auto-réguler grâce au marché.
  • Nationaliser le système bancaire que tous cherchaient hier à privatiser.
  • Amnistier les délinquants financier pour rapatrier les « capitaux exilés » pour cause de fiscalité française trop contraignante (en favorisant un emprunt pour des Etats « en faillite » et insolvable puisqu’endêté jusqu’au cou-
  • Privatiser les profits et à mutualiser les déficits.
  • Proposer que les Etats endettés se portent caution de l’argent des déposants privés alors que ces mêmes Etats sont incapable de maîtriser leurs propres dépenses et bientôt sans aucun doute ne pourront plus rembourser les intérêts qu’ils doivent.
  • -Empêcher la spéculation financière et la mise en place d’ « innovations » financières (sur-primes) c’est à dire empêcher aujourd’hui ce que l’on présentait comme « incontournable » ou comme « indispensable » hier.
  • Savoir éliminer des règles et fausses valeurs aussi naïves que malhonnêtes nommées  » attrape gogos  » : Lire la suite

Barcelone : l’UICN déterminée à sauver la biodiversité

Développement durable – Le journal, 15 octobre 2008, Patrick Cros

 

Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN a clôturé le Congrès mondial de la nature de Barcelone par un message sur le rôle de la biodiversité dans « le bien-être des sociétés humaines et de leurs économies »

Après dix jours de débats, le Congrès mondial de la nature de l’UICN s’est achevé hier à Barcelone. Les 8 000 participants, décideurs du monde entier dans le domaine du développement durable, ont souligné que « les coûts liés à la perte de biodiversité sont non seulement plus chers que ceux liés aux problèmes financiers courants, mais également, dans de nombreux cas, irréparables ». La France a confirmé son engagement aux côtés de organisation de défense de la biodiversité en signant un second accord cadre.

Le 4e Congrès mondial de la nature de l’UICN s’est achévé hier à Barcelone dans une atmosphère déterminée. « Ensemble, nous utiliserons le savoir-faire et les réseaux de l’UICN pour influencer les décideurs afin de garantir un avenir à la nature et mieux intégrer les préoccupations liées à la biodiversité dans les politiques et les pratiques relatives au changement du climat, à l’énergie, au développement, à la sécurité humaine, aux marchés et au commerce », a lancé Julia Marton-Lefèvre, directrice de l’Union Mondiale pour la Nature.

Après dix jours de débats, les 8 000 participants ont proposé une voie pour « sortir de la crise environnementale », soulignant que les coûts liés à la perte de biodiversité « sont non seulement plus chers que ceux liés aux problèmes financiers courants, mais également, dans de nombreux cas, irréparables ». Pour Julia Marton-Lefèvre, le Congrés a démontré « comment la sauvegarde de la nature doit faire partie de la solution à la crise mondiale ». Selon elle, la biodiversité est étroitement liée au bien-être des sociétés humaines et de leurs économies. « La conservation ne peut atteindre ses objectifs que si nous nous attaquons aux causes sous-jacentes à la perte de la biodiversité tout en entreprenant simultanément des actions pour réduire les impactes de cette perte ».

Parmi les stratégies envisagées pour renforcer les actions de l’UICN : la participation « réfléchie » des entreprises privées, qui a été longement débattue avant d’être acceptée. Autre sujet délicat abordé : Les biocarburants. L’UICN a demandé aux gouvernements de mieux les réguler et de les gérer « afin de limiter leur impact potentiel sur les personnes et la nature ». Un appel a été lancé pour « développer des directives et améliorer les standards utilisés lors de la considération de projets liés à ces nouveaux carburants ».

Signature d’un accord cadre avec la France

 

Congrès mondial de la nature de Barcelone : L’UICN déterminée à sauver la biodiversité

La France a tenu à être présente dans ce mouvement de défense de la biodiversité. Nathalie Kosciusko-Morizet a profité du congrès pour confirmer la signature d’un nouvel accord cadre avec l’UICN, annonçant « l’engagement de la France auprès de l’Union Mondiale pour la Nature » et de son réseau de 11 000 experts scientifiques, gouvernements et associations de protection de l’environnement. Lire la suite

Voyage dans la galaxie décroissante

Par

La décroissance : le terme interpelle, pose question, se retrouve dans des endroits improbables et prend bien des gens au dépourvu. Nous en traçons ici un petit panorama descriptif, en attendant d’entrer dans le détail des problématiques qui sont ainsi mises à l’agenda.

La décroissance gagne en audience à gauche. Ce terme, utilisé par J. Grinevald pour traduire le titre de l’ouvrage de Nicholas Georgescu-Roegen [1], dont le titre original était The Entropy Law and the Economic Process [2], n’était connu que de groupes d’experts quand le journal La décroissance, né en mars 2004, a relancé ce concept dans l’espace public. Le journal tire à 45 000 exemplaires, dont 25 000 vendus. Il a doublé sa fréquence de parution, en devenant mensuel. Plusieurs sites web sont consacrés à la décroissance. Decroissance.info est un site autogéré par des groupes locaux. Decroissance.net est le site officiel de l’Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable, de même tendance que le journal La Décroissance. Ladecroissance.org est le site du journal La Décroissance.

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Lipietz : compte rendu de l’atelier Biodiversité 2010 de l’UICN

Lipietz, Congrès de l’UICN, Barcelone

Compensations et régulations : deux conditions pour sauver la biodiversité en réduisant la pauvreté

Intervention à la plénière :  » Atteindre l’objectif Biodiversité 2010 : une contribution à la réduction de la pauvreté, au bénéfice de la vie sur la planète »

Il faut se rendre à l’évidence, l’objectif de stopper l’érosion de la biodiversité en 2010 ne sera pas atteint, et il faut comprendre pourquoi.

Il y a à la fois des raisons réelles et des raisons formelles. Les raisons réelles d’abord. Aussi bien les pauvres que les riches ont un intérêt immédiat à exploiter un écosystème, voire à le supprimer pour remplacer l’espace qu’il occupe par un autre écosystème.. Raser une forêt, assécher une zone humide pour en faire des champs ou des prairies, c’est ce qu’on appelle « défricher » et c’est un terme positif en français.

Il y a par ailleurs des raisons formelles : un écosystème n’est en général pas correctement protégé par des lois, conventions ou règles d’usage.

Dans ces conditions, il est normal que, si l’on ne prend pas en compte ces intérêts, si on ne prend pas des mesures légales, rien n’empêchera l’effondrement de la biodiversité. Que faire ?

D’abord, expliquer pourquoi le maintien de la biodiversité est une cause d’intérêt général, global, pour tous les Terriens et en particulier les plus démunis. Et là il faut comprendre qu’il existe une échelle de cas.

Cas le plus direct : l’écosystème est lui-même le stock ou le lieu de reproduction d’une ressource exploitée localement (typiquement, c’est le cas de la chasse et de la pêche). Le poisson est bon pour les humains, le métier de pécheur est dangereux et fatigant, mais c’est un beau métier. Mais si l’on pêche trop, le stock de poisson s’épuise et ne peut plus se reproduire. Plus de poisson, plus de pêcheur.

Mais il y a des cas plus indirects. Par exemple les forêts d’altitude comme le Paramo andin jouent un rôle d’éponge qui retient et filtre l’eau, eau qui sera utilisée à des centaines de kilomètres en aval. Encore plus diffus est l’effet global des grandes forêts tropicales sur la stabilisation du climat. Dans ces deux derniers cas, ce sont les Terriens vivant parfois à des centaines, voire à des milliers de kilomètres qui ont intérêt à ce qu’un écosystème local, avec toute sa biodiversité, ne soit pas détruit.

Quand le rapport est direct, certaines sociétés ou communautés locales ont appris au cours des siècles à gérer correctement l’écosystème pour ne pas en épuiser les ressources. Mais ils peuvent se trouver confrontés à des rivaux plus riches ou plus puissants qu’eux, qui viennent s’approprier le territoire de l’écosystèmes pour en faire autre chose (un immense champ de soja, une mine à ciel ouvert).

Et quand l’intérêt d’un écosystème n’est pas direct et local, à ce moment-là, la demande de respect de l’écosystème et de sa biodiversité ne peut venir que de l’autorité politique d’un espace géographiquement supérieur, et doit être négocié avec la population locale.

Comment une autorité politique peut-elle protéger un écosystème ? Lire la suite

Paroles du chef indien Seattle

PAROLES DU CHEF INDIEN SEATTLE texte extrait de « Pieds nus sur la Terre Sacrée ».

« Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos moeurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

Je ne sais pas. Nos moeurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l’homme rouge. Mais peut-être est-ce parce que l’homme rouge est un sauvage et ne comprend pas. Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas. L’indien préfère le son doux du vent s’élançant au-dessus de la face d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi ou parfumé par le pin pignon.

L’air est précieux à l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle – la bête, l’arbre, l’homme, ils partagent tous le même souffle. L’homme blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur.

Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, que l’air partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit ou même l’homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? Lire la suite

Corinne Lepage : la crise peut être salutaire si…………

 Tribune France-Culture du lundi 13 octobre, Corinne Lepage

La crise peut être salutaire si…………

La gravité de la crise, qu’on ne peut mesurer aujourd’hui en particulier dans ses conséquences sociales et géostratégiques et d’autant  plus forte que la crise est mondialisée, est largement due au fait que, comme l’a si bien dit Jean-Pierre Dupuy nous ne croyons pas ce que nous savons. C’est bien pour n’avoir pas cru possible le crach qu’ils savaient inévitable que les traders et autres financiers parfaitement avisés en ce qui concerne leurs intérêts personnels et parfaitement fous pour le reste de la société nous ont conduits au gouffre. Il ne faudrait pas qu’au tsunami financier vienne s’ajouter le tsunami climatique et écologique que les rapports du GIEC d’une part, des organismes mondiaux de protection de la nature d’autre part ne cessent de nous annoncer.

Or, ce que n’ont pas compris ceux qui torpillent le Grenelle ou qui veulent remettre son examen à plus tard pour cause de crise financière, c’est que les deux sujets sont étroitement liés car c’est le système qui doit changer dans un nouveau paradigme autour de l’écolonomie. Si nous y parvenions, alors, paradoxalement cette crise serait salutaire.

 A court terme, il est impératif que l’effort colossal que font les Etats pour injecter des liquidités ne soient pas détournés de leur but : financer l’économie réelle et non pas faire perdurer un  système spéculatif, qui parie aujourd’hui sur la baisse pour gagner deux fois : une fois en vendant grâce aux nouvelles liquidités, ensuite en rachetant à « la ramasse » les actions décotées d’entreprises parfaitement saines. Pour ce faire, il est indispensable, comme le propose Jacques Attali, que les banques ne puissent jouer sur les dérivés et les marchés à terme . De la même manière, toute relation avec les hedge funds situés dans les paradis fiscaux, auxquels il conviendrait une fois pour toute, de mettre un terme devrait être proscrite. Cela rendrait beaucoup plus difficile la vie de l’économie noire et grise – dont on ignore aujourd’hui comment elle se comporte dans cette crise – et permettrait de s’attaquer réellement à la corruption dont le coût démocratique et économique est immense.

Cette politique permettrait de réintroduire dans le système financier une finalité, non pas celle de vider la substance du reste de la société pour assurer des profits réels reposant sur des richesses virtuelles, mais de financer une économie utile au reste de la société. La nationalisation partielle ou totale des banques rend incontournable  cette nouvelle orientation, faute de quoi le comble du cynisme et de la bêtise serait atteint : le contribuable, lésé par le crach, lésé par le détournement des fonds au profit de quelques uns, le serait une troisième fois en voyant les fonds publics alimenter le capitalisme financier. C’est également dans cette optique que le crédit aux PME est fondamental.

Ce choix est impératif car la question du travail et de la redistribution va se poser avec acuité. Il est indispensable de sauver aussi les ménages confrontés à des prêts relais en fin de course, à tous ceux qui ont empruntés avec des taux variables et confrontés au surendettement. La question des salaires va se reposer d’autant plus sévèrement que le crédit ne remplira plus la mission que les américains lui ont conféré. Lire la suite

Déclin des abeilles : vers de nouvelles mesures ?

Journal de l’environnement, Sabine Casalonga,  14 octobre 2008

Déclin des abeilles : vers de nouvelles mesures?

Afin de lutter contre la surmortalité des abeilles, un rapport parlementaire présenté vendredi 10 octobre (1) préconise la création d’une véritable filière apicole ainsi que le retour à une déclaration annuelle des ruches.

«Le taux de surmortalité de 30 à 35% des abeilles n’est plus contestable», a souligné le député de Haute-Savoie Martial Saddier, en présentant ses travaux au ministre de l’agriculture Michel Barnier et à la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, rapporte l’AFP.

Le rapport recommande donc «d’organiser de toute urgence une filière apicole» et «de revenir à une déclaration annuelle des ruches d’ici le 1er janvier 2010». Cette dernière mesure avait été supprimée en 2005 à des fins de simplification administrative.

Michel Barnier a annoncé la nomination d’un «Monsieur Abeille, unique et compétent» pour répondre «aux justes critiques quant à la dispersion des interlocuteurs». Jean-Pierre Comparot, chargé de la coordination de l’administration sur ce sujet transversal, assumera cette fonction.

Dans l’attente de la création d’une véritable filière, le rapport préconise la mise en place «immédiate» d’une plate-forme de travail type «comité opérationnel» du Grenelle, réunissant tous les acteurs concernés. Il recommande également la création d’un institut technique et scientifique de l’abeille, ainsi que celle d’une filière de reproduction d’abeilles reines afin d’assurer le renouvellement des ruches.

Plusieurs de ces propositions ont été -ou seront- intégrées sous forme d’amendements aux projets de loi Grenelle I et II. Le rapport a été bien accueilli par le monde apicole. Le Réseau biodiversité pour les abeilles a ainsi appelé dans un communiqué de presse à «la réconciliation et au dialogue entre tous les acteurs (apiculteurs, agriculteurs, scientifiques, collectivités locales, entreprises et associations)».

(1) «Pour une filière apicole durable: les abeilles et les pollinisateurs sauvages», rapport parlementaire de Martial Saddier, député de la Haute-Savoie

pour aller plus loin Lire la suite

Ecologie et énergie : une bataille perdue ?

Le Monde, Hervé Kempf, le 14 octobre 2008

Ecologie et énergie : une bataille perdue ?

Le mouvement écologiste est-il en retard d’une guerre énergétique ? Pendant qu’il se focalise sur la promotion des énergies renouvelables, la bataille sur le front principal, celui de l’efficacité énergétique, est en train d’être discrètement perdue, dans les replis des discussions européennes. En mars 2007, le conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement adoptait plusieurs objectifs pour 2020 : « Une proportion contraignante de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique » ; « l’engagement ferme de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 20 % ». Si ces décisions étaient « fermes » ou « contraignantes », la troisième restait indicative : le conseil se bornant à « souligner qu’il est nécessaire d’accroître l’efficacité énergétique dans l’UE afin d’économiser 20 % de la consommation énergétique ».

Ces délibérations allaient être mises en oeuvre dans un projet législatif dit « Paquet énergie climat ». Celui-ci, proposé par la Commission en janvier, est âprement discuté cet automne. La négociation communautaire se focalise sur deux sujets : le marché des émissions de gaz à effet de serre et le statut des énergies renouvelables. Mais, comme le relève l’association Greenpeace, aucun des textes en discussion n’aborde la question de l’efficacité énergétique, alors même que tous les experts reconnaissent que les économies d’énergie constituent le moyen le plus avantageux pour prévenir le changement climatique.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, les actions d’efficacité énergétique qu’elle a présentées au G8 en juillet « pourraient éviter l’émission de 8,2 milliards de tonnes de gaz carbonique par an en 2030 », soit plus du tiers des émissions actuelles mondiales de CO2.

Autre intérêt majeur d’une telle politique : elle est la plus rentable sur le plan économique. Un investissement initial dans la maîtrise de l’énergie est rapidement remboursé, puis profitable, du fait de la réduction des dépenses d’importation de combustibles qu’il permet. Selon le Livre vert sur l’efficacité énergétique publié par la Commission européenne en 2005, l’Union « pourrait économiser au moins 20 % de sa consommation d’énergie actuelle avec un bon rapport coût-efficacité, équivalent à 60 milliards d’euros par année ». Cette estimation était opérée en 2005, lorsque le prix du baril de pétrole était inférieur à 50 dollars. Fin 2006, les experts européens l’ont portée à 100 milliards d’euros. Une étude de l’institut allemand Wuppertal, que va prochainement publier le WWF, situe maintenant, avec un baril de pétrole à 100 dollars, l’économie possible sur les importations d’énergie à 220 milliards d’euros.

Cette démarche est aussi le meilleur moyen d’assurer la sécurité énergétique, en limitant la dépendance à l’égard de la Russie et du Moyen-Orient. Dans son rapport au premier ministre, « Sécurité énergétique et Union européenne », rendu en avril, Claude Mandil écrivait :  » Il importe de se rendre compte, et de faire clairement savoir à l’opinion publique, que (l’efficacité énergétique) est aussi un moyen extrêmement efficace et peu coûteux d’accroître la sécurité énergétique. » Lire la suite

A 65 : les opposants sont toujours là

Sud-Ouest, Jean-Louis Hugon, le 14 Octobre 2008

AUTOROUTE LANGON-PAU. Toujours le même débat entre partisans et opposants, hier, lors du comité de suivi de Mont-de-Marsan. Mais les questions demandant l’étude de rentabilité sont restées sans réponse

Les opposants sont toujours là

Les opposants à l’A 65 n’en démordent pas. Bien que la plupart de leurs recours en justice aient été repoussés, ils continuent à ferrailler avec les élus et les responsables administratifs chaque fois qu’ils en ont l’occasion. Comme hier après-midi à Mont-de-Marsan, où se tenait la deuxième réunion du comité de suivi des engagements de l’État, sous la présidence du préfet de Région Francis Idrac.

Sur le terrain, malgré les trois à six mois de retard pris à cause des recommandations du Conseil national de protection de la nature, tout se passe comme prévu. Les travaux ont commencé dans à peu près deux tiers des communes concernées par le tracé de 150 kilomètres. Le beau temps actuel étant très favorable aux terrassements difficiles, l’objectif de mise en service reste fixé à la fin 2010.

Bons élèves et cancres.

Mais quand on en est arrivé aux questions de la salle, il y a eu comme d’habitude deux types de comportement. Les « bons élèves », comme Geneviève Darrieussecq, maire (Modem) de Mont-de-Marsan, remarquant que « c’était méconnaître les habitudes des gens de la région que de nier le besoin de cette autoroute, demandée depuis longtemps par la population ». Jean-Louis Carrère, vice-président (PS) du Conseil régional, « satisfait que les travaux aient démarré », précise qu’il « lui tarde qu’ils soient menés à terme ». Quant à Robert Cabé, maire (PS) d’Aire-sur-l’Adour, il se dit « impressionné par le sérieux du concessionnaire A’liénor dans l’écoute, sa disponibilité et dans l’impact des compensations prévues ».

En face, toujours les mêmes critiques, de la part des « cancres ». Daniel Delestre (Sepanso) dit que contrairement à ce que le préfet lui reproche, « l’acharnement vient plutôt de l’État, qui continue à croire en l’utilité de ces axes alors qu’il faudrait diminuer les gaz à effet de serre et la consommation d’énergie fossile ». Soulignant l’opacité du financement des travaux, il parle d’« endettement durable pour les générations futures ». Julien Milanesi (Alternative régionale Langon-Pau) demande pourquoi « on refuse de nous communiquer les études financières ayant précédé l’appel d’offres. Vous nous répondez par un bilan économique et social, qui figure sur le site de l’A 65, mais la question n’est pas là. La rentabilité économique, c’est la comparaison entre les coûts prévisionnels et les bénéfices attendus. Cette étude existe, mais nous n’y avons pas accès. Pourtant, si elle était sur la place publique, on discuterait dans la transparence. Qu’on nous la donne. »

« Un zéro de trop ».

Il posait aussi la question du surcoût de 300 millions d’euros, Lire la suite

Panorama du photovoltaïque en France et perspectives 2020

Synthèse de l’étude : Panorama du photovoltaïque en France et perspectives 2020

Source : Enerplan – Association professionnelle de l’énergie solaire

C’est Lire la suite

L’eau du robinet coule les eaux minérales 200 fois plus cher

Ouest-France, Jean-Pierre Buisson,  le 5 octobre 2008

L’eau du robinet coule les eaux minérales

Vie chère, sensibilisation écologique, nous consommons plus d’eau du robinet. À Besançon, on la met aussi en bouteille. Les eaux minérales se rebiffent.

Les deux tiers des Français disent préférer l’eau du robinet et 71 % la jugent « bonne ». Les campagnes des associations écologiques ont payé. Révolue la mode de la bouteille branchée dépassant du sac à main. Pour être « in » il faut se connecter sur l’évier. Le marketing y trouve son compte : l’an dernier, la machine à gazéifier « l’eau de la ville » a crevé le plafond des ventes des produits électroménagers, juste devant le GPS.

Nouvelle lubie de bobos écolos ? Pas si sûr. Pour étayer leurs campagnes, les associations ont avancé des arguments de poids. « La fabrication, le transport et le retraitement des 140 000 tonnes de bouteilles plastiques qui finissent en déchets chaque année en France pèsent sur l’environnement. Quel est l’impact réel d’un litre d’eau italienne bue à Bruxelles ou d’un litre d’Evian en bouteille dégusté à Los Angeles ? »

200 à 300 fois moins cher

Clara Osadtchy, d’Agir pour l’environnement, dénonce aussi « l’opacité de l’industrie des eaux minérales. Elle ne dit pas tout, notamment sur la présence d’antimoine.(1) » L’argumentaire est également économique. « L’eau du robinet coûte 200 à 300 fois moins cher. » En période de pouvoir d’achat en berne, le slogan fait mouche. Comme pour l’utilisation de la voiture, de nouvelles habitudes de consommation émergent. Ainsi à Besançon, le conseil municipal a décidé de gazéifier son eau sur place et de la vendre en bouteille dans les restaurants de l’agglomération. « Nous tablons sur 100 000 bouteilles de « Bisontine » par an, relate Catherine Adam, en charge de la communication de la ville. Elle est vendue en bouteille en verre. Il s’agit, pour nous, d’une démarche de développement durable. » À voir : le verre pèse lourd à transporter et dévore de l’énergie pour être refondu.

Pour les embouteilleurs d’eaux minérales (10 000 emplois) en revanche, la source des profits se tarit depuis plusieurs années. « En 2007, nos ventes ont diminué de 6,5 % et de 5 % depuis le début 2008 », Lire la suite

Lyon : arrivée des premières maisons « passives » ?

Développement durable – Le journal, 14 octobre 2008, William Bolle

Architecture : Arrivée des 1ères maisons passives françaises

D’une superficie comprise entre 110 et 155 m2, les maisons passives de Saint-Priest auront une consommation énergétique inférieure à 15 kWh/m2/an.

Dans quelques mois devraient être livrées dans la périphérie de Lyon les premières maisons « passives » françaises réalisées par un promoteur privé. Les 31 logements de la ZAC des « Hauts de Feuilly » auront une consommation énergétique inférieure à 15 kWh/m2/an, grâce notamment à une architecture bioclimatique, une isolation thermique optimale et une ventilation performante.

Dans six mois seront livrées à Saint-Priest, près de Lyon, les premières maisons passives réalisées en France par un promoteur privé. Sur la ZAC des « Hauts de Feuilly », le groupe MCP Promotion met en effet la dernière main à un programme de construction de 31 maisons chauffées sans installation thermique et dont les besoins énergétiques n’excéderont pas les 15 kWh/m2/an. Pour bénéficier de l’appellation « passive », ces logements ont dû satisfaire à cinq critères. Premier d’entre eux : répondre aux préceptes de l’architecture « bioclimatique ». « Chaque maison est compacte, orientée plein Sud, et n’a pas d’ouverture sur sa face Nord, pour être protégée des vents d’hiver », explique l’architecte Thierry Roche, partenaire du projet. Les maisons passives présentent aussi une isolation thermique renforcée, afin d’éviter les pertes de chaleur. « On a 28 cm de polyester spécial au sol, 25 cm de laine de verre dans les murs, 40 cm de laine minérale dans les combles, un triple vitrage, et une ossature en bois, qui est un matériau isolant… c’est une véritable bouteille thermos », assure Gilbert Goutheraud, président de MCP Promotion.

A peine plus chère qu’une maison standard

L’étanchéité à l’air est également optimale. Et la ventilation, particulièrement performante. Un système « double flux thermodynamique » et une pompe à chaleur tempèrent les maisons de Saint-Priest tout en maîtrisant les pertes énergétiques. Enfin, la maison passive est dotée d’équipements (éclairage, électroménager…) efficaces sur le plan énergétiques. Les habitats des « Hauts de Feuilly » produisent également une partie de leur électricité à l’aide de panneaux photovoltaïques, et leur production d’eau chaude est assurée par des capteurs solaires. « Nous sommes allés au-delà des performances énergétiques de la maison passive, et nos logements sont en fait une préfiguration de ce qu’il faudra construire en 2020, conformément aux objectifs du Grenelle  », selon Thierry Roche.

Et, ce, pour un prix raisonnable, Lire la suite

Après l’ENITA nouvelle AMAP à Gradignan

Sud-Ouest, Patrick Faure, le 14 Octobre 2008

DEVELOPPEMENT DURABLE. Après celle de l’Enita, une deuxième Amap vient de se créer sur la commune. Avec la nécessité, pour les acteurs, de s’impliquer

L’acte de foi « écolo »

Son récent engagement dans la politique locale, où elle se retrouve désormais conseillère municipale de la majorité de Michel Labardin, en témoigne. Karine Roux a la foi du charbonnier. Active dans la commission vie associative et développement durable, elle souhaite aussi apporter un plus sur le plan associatif. « Les thématiques de ces commissions sont des thématiques qui me ressemblent, » assure-t-elle.

Du panier au cabas.

La voilà donc mettant sur pied ce que le bon sens en matière de défense de l’environnement et de développement durable impose, une Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne).

Il en existait déjà une sur la commune, organisée à l’Enita (École nationale des ingénieurs agronomes) et intitulée en toute ingénuité paysanne… « La main au panier ».

« Ils sont arrivés au nombre limite de quarante adhérents, avec une liste d’attente. Nous avons donc décidé, en compagnie de Corinne Pereur et Nicole Dousse, d’en créer une autre. » Celle-ci est moins malicieusement, mais avec réalisme, appelée le Cabas (Contrat pour une agriculture bio entre acteurs solidaires).

Même livraison.

« C’est facile à créer, car beaucoup de gens sont intéressés par le principe. Nous avons trouvé un agriculteur bio en Charente-Maritime qui dispose du label « éco-cert » et fournit déjà trois Amap sur l’agglomération, dont celle de l’Enita. Et nous nous sommes entendu sur le même soir de livraison, chaque mardi. »

La toute jeune association compte déjà vingt-cinq adhérents, sans avoir fait de publicité. Lire la suite

CUB : la parole aux citoyens

Sud-Ouest, Maryan Charruau, le14 Octobre 2008

CUB. Fabienne Brugère a été nommée fin juin pour trois ans présidente du Conseil de développement durable. Philosophe, universitaire, elle explique sa mission

La parole aux citoyens

Fabienne Brugère: «Il y a moyens de faire bouger les choses »

Paris, Berlin, Londres, Nantes, Toulouse, Hambourg, Laval au Québec. Et aujourd’hui, Bordeaux. Fabienne Brugère a beaucoup bourlingué. Et pas mal étudié : prépa littéraire, école normale supérieure, agrégée de philosophie, maître de conférence… Elle est également féministe et mère de famille. Depuis le début de l’été, elle préside le Conseil de développement durable de la Communauté urbaine de Bordeaux.

« J’ai appris à aller à l’essentiel. A travailler vite. Et je vis dans un couple où se pratique une politique de l’égalité. Certes, je n’ai que très peu de temps pour moi ! », souffle Fabienne Brugère. Le temps de (re) lire des ouvrages de philosophie, d’aller au cinéma _ « Je suis très attachée à Wim Wenders et « les Ailes du désir », j’adore « Rosetta » des frères Dardenne _ et d’évoquer « le parcours atypique de Coluche. J’ai la quarantaine et Coluche, ça me parle ! »

Fabienne Brugère revient de Montréal où elle a notamment travaillé avec l’office de consultation publique. Un bon exemple québécois de ce qu’elle veut faire à Bordeaux, « donner du sens ». Elle a été nommée pour trois au Conseil de développement, par Vincent Feltesse, président de la CUB.

Sud Ouest. Qu’est-ce qui vous a séduit dans la proposition de la CUB ?

Fabienne Brugère. J’ai un rapport particulier avec Bordeaux. C’est une ville que j’aime, tolérante et plus diverse qu’on ne le dit. En fait, cette image de Bordeaux la bourgeoise ne correspond pas à la réalité de cette ville. Il y a moyens de faire bouger les choses.

Je me dois de réfléchir à la question : qu’est-ce qui fait son identité ? Donc, je tiens pour important tout ce qui touche à la prospection et à l’interrogation : quel devenir pour Bordeaux à l’horizon 2025 ?

Justement, vous avez participé au séminaire concernant Bordeaux Euratlantique. Qu’en tirez-vous comme principaux enseignements ?

L’idée centrale est que l’agglomération bordelaise doit être pensée en terme de synergies, via des actions transversales : recherche, économie, culture, social. Ce que j’appelle une mixité fonctionnelle. Les acteurs du séminaires sont tombés d’accord pour dire qu’il y a là une véritable attente. Nous sommes dans une société de réseaux. Et il convient de donner une direction pour répondre à cette attente.

Dans quel état d’esprit abordez-vous votre mission ?

Il ne s’agit pas que d’une histoire de planète et d’environnement. Mais de développement harmonieux au sens large. Je suis favorable à une gouvernance territoriale intégrant plus de concertation citoyenne. Lire la suite

Vayres : les Jardins Pop, veut des potagers sur la commune

Sud-Ouest, Jean-Pierre Nowak, le 14 Octobre 2008

VAYRES. Une association locale, Les Jardins Pop, veut lancer des projets de potagers sur la commune. Une réunion est prévue en ce sens le 25 octobre

Des jardins pour s’épanouir

À l’initiative d’Isabelle Leparoux, l’association les Jardins Pop a été créée pour initier un projet de jardin associatif sur la commune, avec plusieurs orientations qui favorisent l’épanouissement personnel au travers d’activités en étroite relation avec la nature et dans le respect de l’environnement.

Tout d’abord, la création d’un jardin d’agrément public, par la réalisation d’un site végétalisé écologique et artistique qui proposera de nombreuses manifestations à caractère socioculturel comme de la musique, danse, théâtre, exposition, chant, conférence, atelier d’écriture, calligraphie ou peinture, favorisant les rencontres humaines.

Puis la mise en route d’un jardin créé collectivement par des habitants qui souhaitent s’investir dans ce projet original et apporter leur savoir-faire dans une idée d’échanges intergénérationnels.

Enfin la mise en place d’un jardin pédagogique en direction des enfants des écoles et des centres de loisirs dans un objectif d’éducation à l’environnement et un axe jardins familiaux, qui pourra proposer des parcelles de terrain à la location pour la culture potagère ou florale.

Pour ce dernier point, l’association demande aux personnes intéressées de se faire connaître afin d’évaluer les possibilités. Pour s’investir dans ce projet, il n’y a pas besoin d’avoir des connaissances spéciales en horticulture, l’idée étant de partager ses connaissances et ses idées.

Pour en savoir plus, une réunion d’information sera organisée le samedi 25 octobre, Lire la suite

La crise financière occulte la crise alimentaire

Libération, le 13 octobre 2008, propos recueilli par Eliane Patriarca

La crise financière occulte la crise alimentaire

Sébastien Fourmy, porte-parole d’Oxfam France, de retour des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, déplore l’écart entre les moyens mis en œuvre dans un cas et la passivité dans l’autre.

Hier à l’issue des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, plusieurs ONG se sont inquiétées que la crise financière ait relégué les difficultés des pays pauvres au second plan. Aux côtés des représentants des pays en développement, elles ont multiplié les appels à ne pas réduire l’aide dans ces temps difficiles pour les budgets des Etats.

Ainsi, dans un communiqué, l’organisation non gouvernementale Oxfam affirme que «ces réunions ont offert un nombre de solutions scandaleusement faible pour les pays les plus pauvres. Les dirigeants mondiaux reconnaissent qu’il y a une crise mondiale de la pauvreté, mais l’ont ignorée». Or, la faim et la malnutrition ne cessent de progresser : plus de 925 millions de personnes souffrent de la faim. «Alors que le monde développé a dégagé plus de 1000 milliards de dollars en quelques semaines pour empêcher ses banques de faire faillite, il ne parvient pas à trouver 1% de cette somme pour aider les pays les plus pauvres à surmonter la crise alimentaire», ajoute Oxfam. Entretien avec Sébastien Fourmy, coordinateur des campagnes d’Oxfam France-Agir Ici, et de retour de Washington.

L’aide au développement et la crise alimentaire ont-elles été abordées durant ces assemblées ?

La crise financière a occulté les discussions sur la crise alimentaire. On a très peu parlé agriculture, et probablement que si on n’avait pas été là, on n’en aurait pas parlé du tout !

Or la Banque mondiale est l’une des principales institutions à promouvoir depuis des années, par ses programmes d’aide, les monocultures d’exportation dans les pays du Sud au détriment de la petite agriculture familiale et vivrière. Et les pays du Sud en paient aujourd’hui les conséquences avec la flambée des prix alimentaires et la crise qui en découle.

Finalement, en insistant, on a réussi à parler d’aide au développement le dernier jour, dimanche, alors que la plupart des ministres des Finances des pays du Nord étaient déjà repartis pour aller s’occuper de la crise fnancière en Europe !

Ces derniers jours, plusieurs organisations ou experts de l’aide alimentaire se sont dit choqués par la disproportion des moyens.

En effet, il y a un écart patent entre les moyens mis en oeuvre pour tentre de juguler la crise financière mondiale et la passivité de la communauté internationale face à la crise alimentaire et humanitaire. Lire la suite

Une loi pour clarifier les liens entre élus et lobbyists ?

Actu-Environnement.com, le 10 octobre 2008, M.Duchesne

Syndicats et associations réclament une loi pour clarifier les liens entre élus et lobbyists en France

Jeudi 9 octobre, à l’Assemblée Nationale, dix-huit associations et syndicats ont lancé un appel citoyen pour un encadrement et une transparence des activités de lobbying en direction des pouvoirs publics. Pourquoi y a-t-il urgence ? Explications.

Les lobbys sont dangereux et nous ne sommes pas les seuls à le penser expliquait, jeudi 9 octobre à l’Assemblée Nationale, la coordinatrice de l’Appel citoyen pour un encadrement et une transparence des activités de lobbying en direction des instances de décisions publiques lancé hier par dix-huit syndicats et associations françaises. Engagée au sein d’Adéquations, une association qui appuie et facilite des initiatives collectives visant à renforcer le débat démocratique, Yveline Nicolas se félicite d’ailleurs du soutien populaire auquel peut présumer le collectif : pour 85% des 1550 personnes qui se sont exprimées ces derniers jours sur le site Internet de la radio France-Inter, les lobbys représentent un danger. Seuls 12% d’entre eux les considèrent comme acceptables Question : Que reproche t-on à ces groupes de pression ? Pour Claude Lavalle, membre d’ATTAC, le métier de lobbyiste a toujours existé, y compris du temps des rois à la cours ou dans l’antiquité avec les druides. Toutefois, selon lui, le lobbying est devenu un vrai bizness très lucratif et un vrai contre pouvoir : un lobbyiste est aujourd’hui payé 300.000 $ par an aux Etats-Unis. Et de citer en exemple qu’un fabricant de matériel informatique a récemment chargé un lobbyiste d’influencer des membres du Congrès à Washington. Rémunéré  »seulement » 8.000 dollars, il a permis à l’entreprise de faire ensuite un retour sur investissement de 14 milliards dollards. Autrement dit le lobbying c’est parfois fructeux !

Tous lobbyists ?

Quelle définition donner au terme  »lobbyiste » ? La question divise. Fondée en 1991, la principale association de lobbyistes en France, l’Association Française des Conseils en Lobbying et affaires publiques (AFCL) livre une définition officielle sur son site internet. L’article 1 du code de déontologie des lobbyistes français stipule sobrement que le conseil en lobbying ou lobbyiste conseille des entreprises, associations ou collectivités territoriales dans la défense de leurs droits et intérêts auprès d’organismes susceptibles de prendre des décisions les affectant, au moyen de la diffusion d’une information rigoureuse, reflet de l’état des connaissances disponibles. Pour le député Jean-Pierre Roux, venu soutenir le lancement de  »l’appel des 18 », il y a plusieurs types de lobbying. Membre de l’association Anticor, une structure transpartisane rassemblant des élus de droite et de gauche, il relativise : Demain si je coopte la candidature d’un jeune étudiant auprès d’un collègue susceptible de pouvoir l’embaucher, c’est aussi du lobbying !. Toutefois les enjeux ne sont pas toujours les mêmes…

Yvelyne Nicolas, pour sa part, souligne à quel point le sujet est d’actualité : Alors que la loi du Grenelle 1 est en discussion, nous voyons bien l’influence néfaste de ceux qui, en matière d’énergie ou d’agriculture par exemple, détricottent aujourd’hui le formidable travail collectif réalisé l’an passé. Pour elle, comme pour tous ceux qui lancent cet appel citoyen, la définition du lobbying est donc simple : Il y a ceux qui agissent en fonction de l’intérêt général, aux faibles moyens financiers, et il y a les autres qui protègent eux des intérêts particuliers grâce à de gros investissements… Lire la suite

Nicolas Hulot, la vision d’un éco-réaliste

France-Amérique, le 08 octobre 2008

Nicolas Hulot, la vision d’un éco-réaliste

Il y a deux ans, Nicolas Hulot secouait la sphère politique française en parvenant à imposer l’environnement au cœur de la campagne présidentielle. Son Pacte écologique, signé par les principaux candidats, a depuis permis des progrès notables lors du Grenelle de l’environnement. Pourtant, aujourd’hui encore, tout reste à faire. A la tête de sa Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, le présentateur d’Ushuaïa Nature, âgé de 53 ans, milite pour un changement radical des comportements et une réponse globale aux défis environnementaux actuels.

France-Amérique : Dans un récent discours, Al Gore souhaitait que les Américains renoncent sous dix ans à l’intégralité de leurs énergies fossiles. Est-ce envisageable, ou est-ce seulement un avertissement nécessaire ?

Nicolas Hulot : Ce qui n’est pas réaliste, c’est de subir les changements et de laisser les phénomènes s’emballer. Cela revient à naviguer par temps de brouillard, en pleine nuit et les yeux bandés. Maintenant, les États-Unis sont-ils capables de s’affranchir du pétrole en dix ans ? J’avoue ne pas y croire. Mais ils peuvent déjà commencer à s’affranchir de leur dépendance au pétrole, et investir dans de nouvelles techniques… L’addition des crises alimentaires, climatiques, énergétiques et matérielles, enveloppées d’une crise financière, pèsent aujourd’hui gravement sur nos sociétés. Nous sommes à un moment critique, où il ne s’agit pas de s’effrayer, mais de se mobiliser à la hauteur de l’enjeu. C’est pourquoi j’appelle la communauté internationale à un véritable plan Marshall en termes d’investissements écologiques. Ceux qui parviendront à l’avenir à trouver les techniques, les économies, et les nouvelles orientations pour s’affranchir du pétrole s’en sortiront le mieux. Ceux qui attendent que la réalité s’impose devront en subir les conséquences et aller acheter des équipements ailleurs. Les Etats-Unis ne sont d’ailleurs pas les plus attentistes : il y a en Californie de nombreux acteurs économiques privés qui investissent énormément dans la « green technology » (ndlr, technologie verte). Il faut désormais que tout le monde aille dans ce sens-là.

F.-A. : La nouvelle administration post-Bush pourra-t-elle contribuer à ce changement ?

N.H. : Les États-Unis devront être un pays moteur lors de la prochaine conférence sur le climat à Copenhague, fin 2009. Tous les experts s’accordent à dire que si des accords ne sont pas trouvés à ce moment-là, on basculera alors dans l’irréversible. De plus, l’opinion de la société civile américaine me semble avoir déjà largement évolué. Il faut se rappeler que, au cours des dernières années, les Américains ont dû affronter durement les conséquences directes des changements climatiques. J’ai quelques doutes si c’est John McCain qui est élu, car je ne l’ai pas trouvé très velléitaire sur ce sujet-là. J’en ai beaucoup moins si c’est Barack Obama, qui m’y paraît plus sensible.

F.-A. : Faut-il instaurer une organisation type « Nations unies pour l’environnement » ?

N.H. : On y viendra de gré ou de force. Seulement, si on y vient de force, ce sera dans un contexte géopolitique très tendu, avec des économies et des démocraties très affectées. Aujourd’hui, pour résoudre les crises économiques et écologiques, il ne manque au monde qu’une volonté coordonnée et partagée. C’est la fameuse phrase d’Einstein que j’ai déjà mise en exergue d’un livre : « Notre époque se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions ». Il nous faut donc une institution qui, sur ces sujets, coordonne et décide. Lire la suite

Vers une désagrégation des sociétés humaines

Le Point N°1882, André Lebeau propos recueillis par Frédéric Lewino,  le 9 octobre 2008

Interview André Lebeau, ancien président du CNES, ex-directeur de Météo France –

«Vers une désagrégation des sociétés humaines»

Enfermée dans un monde devenu trop petit, l’humanité est menacée d’implosion écologique, économique et sociale. André Lebeau, ancien président du CNES, lance un cri d’alarme.

La thèse développée par André Lebeau, ancien président du Centre national d’études spatiales (CNES) et ex-directeur général de Météo France, dans son dernier ouvrage (« L’enfermement planétaire », Gallimard) est d’une brutalité inouïe : trop nombreuse, gaspillant les ressources terrestres et polluant tous azimuts, l’humanité fonce irrémédiablement vers la catastrophe finale. Quand ? Dans un siècle ou deux, c’est-à-dire demain ! André Lebeau n’espère rien de la technologie, il fustige le néolibéralisme fondé sur la croissance, il dénonce la mondialisation. Il accuse le développement durable d’hypocrisie, car il ne sert qu’à amplifier les inégalités planétaires. Décidément, l’homme tape fort et souvent juste.

Est-il encore temps d’enrayer le mécanisme fatal ? André Lebeau en doute : l’évolution a génétiquement programmé l’homme pour conquérir des territoires et dominer son prochain, absolument pas pour affronter une Terre peau de chagrin. Si des solutions existent-enrayer la démographie galopante, consommer moins et mieux partager-, comment en convaincre l’humanité ? Sur quels leviers culturels agir pour qu’elle se mobilise enfin ? Lebeau n’a pas de réponse, mais au moins a-t-il le mérite de poser la question.

Le Point : Qu’appelez-vous l’enfermement planétaire ?

André Lebeau : C’est une notion simple. Elle consiste à constater que l’humanité n’a aucun moyen de s’échapper massivement de la planète sur laquelle elle s’est développée et n’a nulle part où aller ailleurs que sur cette Terre. Les ressources en énergie, en matières premières, en production alimentaire, en eau potable et en espace vital sont soumises à des tensions qui ne peuvent s’accroître indéfiniment sans que se produisent soit des ruptures, soit de profondes transformations des comportements collectifs.

Le Club de Rome avait déjà prédit l’épuisement des ressources en son temps. Or il s’était trompé.

Il s’est trompé sur les délais, mais que font un ou deux siècles d’erreur à l’échelle de l’Histoire, qui compte en siècles, alors que la myopie prospective utilise la décennie pour sonder l’avenir ?

Vous, l’ancien président du CNES, ne faites-vous pas confiance au progrès technologique pour résoudre ce problème ?

La technique est intrinsèquement inapte à rompre cet enfermement, quels que soient les fantasmes que suscite la « conquête de l’espace ». Concevoir l’avenir comme une extrapolation directe du passé, c’est vraiment s’en tenir au degré zéro de la prévision. Ce que je dis, c’est qu’un élément nouveau est en train d’émerger et de s’imposer : le caractère fini de notre habitat terrestre avec l’interaction globale qui s’établit entre cet habitat et l’humanité.

La taille de la population terrestre a-t-elle dépassé les capacités de notre planète ?

Il est probable que la Terre pourra nourrir 9 milliards d’habitants (population prévue en 2050), mais il est certain qu’on ne peut le faire en assurant à chacun une part de ressources équivalente à ce dont dispose aujourd’hui un Européen et encore moins un Américain. Le niveau de vie de certains est dès maintenant inséparable de l’inégalité, c’est-à-dire de la misère d’autres. Lire la suite

Profitons de la crise pour refonder la société

Le Monde, Gérard Mermet, le 13 octobre 2008

Profitons de la crise pour refonder la société,

La bulle financière explose, la pauvreté, la faim et les inégalités gagnent du terrain dans le monde, au moment même où celui-ci prend conscience que la planète est dégradée, que les ressources sont limitées et que la survie des espèces vivantes n’est plus assurée. Y compris la nôtre. Cette concomitance inédite de difficultés, contraintes et menaces constitue pourtant une chance historique de transformer le monde et d’y vivre mieux. La France pourrait, si elle le voulait, être à la pointe de ce combat.

Si la crise est inquiétante, voire obsédante dans la plupart des pays développés (les enquêtes manquent sur les autres), elle l’est plus encore dans notre pays. Le moral est plus bas qu’ailleurs, l’inquiétude plus mal vécue, la méfiance plus forte, le cynisme plus apparent, la cohabitation plus difficile. Certaines exceptions nationales sont des handicaps à l’adaptation (sans même parler d’innovation) : irréalisme ; uniformisme ; amoralisme ; « petisme » ; culture de l’affrontement… Notre société « mécontemporaine » cultive ainsi le pessimisme et la peur. L’économie souffre d’anémie et la société d’anomie (disparition des repères et valeurs collectifs permettant de guider les comportements individuels).

Comment, dans ces conditions, aider les Français à garder (ou plutôt à retrouver) le moral ? On peut faire trois suggestions. La première, en forme de clin d’oeil, serait de s’éloigner davantage encore de la réalité. Outre le recours (déjà massif) aux antidépresseurs, on pourrait se conformer au précepte chinois des trois singes : ne rien voir (jeter les postes de télévision, ne plus lire les journaux) ; ne rien entendre (éteindre la radio, ne pas écouter les conversations) ; ne pas parler (sauf pour commenter les bonnes nouvelles, si l’on en trouve encore !). Mais cette inconscience volontaire ne ramènerait pas l’insouciance. Mieux vaut pour la démocratie et pour les générations futures favoriser le débat entre Mutants et Mutins que de voir s’accroître le nombre des Moutons (ou autruches).

La seconde suggestion, a priori plus facile à mettre en oeuvre, serait de relativiser la misère nationale. Le paupérisme, le misérabilisme, le dolorisme et le victimisme ambiants ne sont pas en effet des facteurs de dynamisation mais d’insatisfaction et de tension. Cela ne saurait empêcher de reconnaître et de déplorer la recrudescence récente des inégalités de revenus ou, surtout, des patrimoines.

La croissance n’a pas profité uniformément à tous, et la solidarité nationale devra mieux faire son travail de redistribution. Pour y parvenir, la réduction sensible ou la suppression de certains écarts inacceptables est un préalable : stock-options ; parachutes dorés ; niches fiscales ; retraites « coup de chapeau » ; rentes de situation et autres privilèges « haut de gamme ».

Avant de demander aux classes moyennes de faire des efforts, il faudra demander (ou imposer) à la tranche supérieure une participation plus grande à la solidarité, un peu plus de décence et de vertu. Lire la suite

La crise écologique, facteur croissant de migrations

Le Monde, Hervé Kempf, le 14 octobre 2008

La crise écologique, facteur croissant de migrations

Les effets de la crise économique commencent à se faire sentir sur les phénomènes migratoires. Selon l’anthropologue mexicaine Ursula Oswald Spring, « la crise aux Etats-Unis a provoqué, depuis un an, le retour de 200 000 migrants vers le Mexique ». « Et les envois d’argent par les travailleurs migrants, qui constituent la deuxième source de revenus du Mexique, ont baissé de 24 % cet été », ajoute-t-elle.

Une protection juridique inexistante

L’Organisation internationale des migrations a donné, en 2007, une définition des migrants environnementaux, personnes qui « pour des raisons contraignantes de changement soudain ou progressif de l’environnement (…) sont obligées de quitter leur résidence habituelle ».

Mais ces migrants ne bénéficient d’aucune protection juridique. La Convention sur les réfugiés de 1951 ne concerne que les personnes « craignant avec raison d’être persécutées du fait de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un certain groupe social ou de leurs opinions politiques ». Une députée suédoise, Tina Acketoft, a proposé à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe d’élaborer une Convention relative au statut et aux droits de ces « migrants écologiques ».

Mme Oswald Spring intervenait lors de la première conférence sur les migrations liées à l’environnement, qui s’est achevée à Bonn, samedi 11 octobre, sous l’égide de l’université des Nations unies. Le contexte économique y était dans tous les esprits. « La récession économique va ralentir la croissance et peut-être éloigner nos esprits de questions moins immédiates, comme le changement climatique, a souligné Theodore Skylakakis, un représentant du ministère grec des affaires étrangères. Nous ne devrions cependant pas oublier ce problème majeur. »

Car les bouleversements écologiques en cours n’en continuent pas moins, et les chercheurs présents à Bonn ont souligné le caractère inéluctable de nouvelles migrations dues à la dégradation environnementale. La projection effectuée il y a quelques années par le biologiste Norman Myers, qui évaluait à 200 millions le nombre de réfugiés climatiques en 2050, reste une valeur guide, qui aboutirait au doublement du nombre actuel des migrants internationaux.

« Ce chiffre est potentiel, nuance Johannes Frühmann, du SERI, un institut de recherche basé à Vienne. Pour savoir s’il se réalisera, il faudrait mieux connaître le rôle des réseaux sociaux, du niveau économique, des facteurs culturels… Nous avons besoin de plus étudier ces questions. » Ce champ de recherche, où se croisent deux domaines qui s’ignoraient, l’environnement et les migrations, reste largement à défricher. Lire la suite

Dordogne : le grand défi du bio dans les écoles

Sud-Ouest, Christine Heim, le 13 Octobre 2008

SEMAINE DU GOÛT. Du bio dans les assiettes de la cantine? Toutes les collectivités en parlent. Encore faut-il donner aux producteurs de la filière les moyens de se structurer et de répondre à la demande

Le grand défi du bio

Entre autres initiatives lancées dans les établissements scolaires à l’occasion de la Semaine du goût, qui débute aujourd’hui, plusieurs écoles du département proposeront à leurs élèves des repas préparés à partir de produits bio. Un projet mené notamment dans les écoles de Saussignac ou de Saint-Nexans, à partir des réseaux de producteurs locaux.

Parallèlement, le Conseil général a mené une expérimentation au collège de Montignac : les élèves y ont mangé bio pendant toute la semaine dernière. « Cette opération doit permettre de sensibiliser les élèves mais aussi leurs parents à l’alimentation bio, explique Bernard Noël, responsable du service éducation et culture au Conseil général. Un groupe de réflexion est au travail sur le sujet. L’objectif est qu’en 2009 tous les collèges proposent une fois par mois un repas bio. »

Actuellement, seuls les élèves de l’école de Tursac mangent bio toute l’année, et ce depuis 2000. Dans les autres établissements, ce type de repas reste proposé de façon ponctuelle, même si la volonté de s’y mettre est très souvent évoquée par les élus, comme c’est le cas à Périgueux.

Structurer la filière.

« Le bio dans les écoles, il n’y a pas une commune en Dordogne qui ne l’ait évoqué lors d’un Conseil municipal, souligne Emmanuel Marseille, directeur de l’association Agrobio. Mais il faudrait commencer par structurer la filière et lui donner les moyens de produire avant de penser à la restauration collective. »

À l’heure actuelle, la production départementale suffit à peine à couvrir les besoins des marchés et des associations de vente directe du consommateur au producteur. « Nous avons en Dordogne la plus grande coopérative bio de la région, mais seulement 2 % des produits viennent du département.»

Bien sûr, Agrobio soutient les initiatives dans les écoles, mais dans certaines limites. « On accompagne les collectivités dans des démarches à petite échelle, comme à l’école de Campsegret et au collège de Thenon. C’est valorisant pour les chefs qui cuisinent les produits, et proposent des plats moins uniformes. Et les élèves apprécient. »

Se donner les moyens.

En revanche, l’idée de proposer un repas bio par mois dans les collèges « ne nous semble pas pertinente. La filière bio en Dordogne n’est pas prête à répondre à des demandes de cette quantité. Lire la suite

Astobelarra : Le message écolo du chef Seattle en basque

Sud-Ouest, le 13 Octobre 2008

MAULÉON-LICHARRE. « Les paroles du chef Seattle », édité par Astobelarra, était présenté chez Allande Etxart le 4 octobre

Leçons de vie

Astobelarra (le grand chardon), association principalement composée de Souletins mais également de Basques de toutes les provinces, édite depuis quelques temps des textes d’auteurs locaux. Après la parution l’an passé de « La lettre à l’éléphant », l’association a décidé de lancer une collection, au rythme d’une publication par an, dont le thème principal est l’écologie.

« En réponse aux problèmes de pollution qui font partie intégrante des tristes actualités de notre époque, nous avons envie d’ouvrir les yeux aux hommes. Le défi paraîtra prétentieux à la plupart, mais si nous ne bougeons pas, qui le fera ? », interroge Laurent Caudine, membre d’Astobelarra. « Les paroles du chef Seattle » est donc le deuxième opus de cette collection.

« Le message écologique de ce texte est fort et simple, nous espérons que les gens sauront l’intercepter et le comprendre pour, qu’en fait, chacun fasse un petit geste pour sauver la planète à laquelle nous appartenons », explique Piarres Erdozaintzi, membre de l’association. « Le but de la publication de ce texte avant-gardiste, puisque datant du milieu du 19e siècle, est d’enrayer la vision homo-centriste que nous avons du monde. Nous essayons de faire absorber ce message universel pour que les gens voient de quelle manière prétentieuse l’homme gère la planète alors qu’il n’en est qu’une partie » continue Laurent Caudine.

Un texte contesté.

Ce discours aurait été prononcé par un grand chef amérindien, le chef Seattle, auquel le président des États-Unis demandait de lui vendre sa terre. Le chef Seattle lui aurait donc fait cette réponse où il explique qu’il ne comprend pas comment il pourrait vendre ce à quoi il appartient. Le texte a été retranscrit par un certain docteur Phillips, trente années après son élocution. Il en existerait trois versions différentes.

« Ces textes sont fortement contestés par les historiens qui pensent qu’il s’agit en fait de la réunion de plusieurs discours de plusieurs chefs amérindiens. Mais, en fait, la véracité de ces propos et leur appartenance à tel ou tel personnage n’est pas ce qui importe. Ce qui compte, c’est le message universel qu’il passe », confie Laurent Caudine.

Support.

 

Ce livret est bilingue parce que Lire la suite

Gujan-Mestras : AG de l’asso de défense des eaux du bassin

Sud-Ouest, Jacky Donzeaud, le 13 Octobre 2008

GUJAN-MESTRAS. Assemblée générale de l’association de Défense des eaux du Bassin

Débats autour de l’eau

L’association de Défense des eaux du bassin a réuni son assemblée générale, jeudi soir, à la salle des fêtes

L’association de Défense des eaux du bassin a réuni son assemblée générale, jeudi soir, à la salle des fêtes. Cette assemblée s’est tenue en présence de Jacques Chauvet, conseiller général et premier adjoint. Dans son préambule, le président, Jean-Claude Daisson, a regretté l’absence des professionnels de la mer.

«J’aurais aimé qu’il y ait davantage d’ostréiculteurs. Ils sont directement concernés par la qualité des eaux.» Cette association de défense du plan d’eau créée par Charles Martin et Jean Dupin en 1964 a toujours œuvré contre la pollution du bassin. Trois fois par an, l’association fait réaliser des prélèvements. Jean-Claude Daisson a regretté que la CLIS (Commission locale d’information et de suivi des eaux du bassin) «ne distille ses informations qu’au compte-gouttes».

Une volonté de transparence.

Lors de cette AG, Jacques Chauvet, conseiller général, a pris la parole: «Il y a une volonté des politiques d’aller vers plus de transparence, la CLIS est sûrement imparfaite mais ne demande qu’à évoluer. Ce sont vos actions qui ont conduit les politiques à mieux communiquer car nous sommes tous concernés par le plan d’eau, c’est notre intérêt.»

Les différents intervenants ont salué les travaux réalisés par le Siba en matière d’assainissement avec l’ouverture des stations d’épuration de Biganos et de La Teste mais ont dénoncé un réseau vieillissant et loin d’être adapté à l’augmentation démographique. Le nombre de bateaux sur le plan d’eau et la présence d’irgarol dans les peintures anti-salissures est un autre sujet d’inquiétude pour les membres de l’association.

Les eaux pluviales. Lire la suite

Se préparer à une longue et grave période de récession

La Réforme, 9 octobre 2008, par Jean-Luc Mouton

Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de la haute finance:

« Il nous reste à gérer la catastrophe financière» Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de la haute finance, analyse les raisons de la crise financière et ses conséquences sur notre quotidien. Une vision pessimiste, mais lucide sur la récession qui ne manquera pas de toucher les économies occidentales. Quelles mesures convient-il de prendre pour limiter les effets du séisme ?

Entretien. Fragments de l’entretien paru dans Réforme de cette semaine

Où en sommes-nous de cette crise économique ?

Nous avons évité la très grosse catastrophe. Le refus du plan Paulson aurait eu des conséquences si néfastes qu’il ne pouvait que recevoir l’approbation du Congrès américain. Le problème est que ce plan n’est pas bon. Il est très compliqué à mettre en œuvre et ses conséquences favorables ne se feront sentir que tardivement et partiellement. Ce plan ne vise que les problèmes de l’industrie financière américaine et n’apporte aucune réponse à la récession qui est en train de se profiler. Le plan Paulson a évité une spirale d’effondrement de tout le système financier à très court terme mais, à échéance d’un mois, la glissade peut reprendre de plus belle et n’être point seulement financière, mais bouleverser l’économie réelle. La vraie conséquence de cette crise financière que l’on attendait pour le moins de novembre est en train d’advenir, d’abord aux Etats-Unis, où les chiffres du chômage sont d’ores et déjà désastreux.

La situation est vraiment dramatique. Je suis assez pessimiste depuis quelques temps, mais nous sommes aujourd’hui appuyés par des chiffres officiels. Pendant quelques jours, nous avons été trop focalisés par le problème de la crise financière, la vraie difficulté est la récession qui se profile.

Ces derniers temps, nous étions dans la hantise des problèmes d’épargnants. Le pire serait, bien sûr, une panique généralisée des épargnants qui videraient leurs comptes. Il faut évidemment espérer que ce phénomène ne se produise pas. Mais dans ce contexte, affirmer qu’il n’y a pas de risques sur les banques françaises parce que l’Etat va assumer les risques – ce qui a semblé soulager les épargnants – peut se transformer en une véritable menace pour la suite. En effet, quand la crise va se prolonger, les Etats – et en particulier l’Etat français très endetté – auront de moins en moins de possibilités d’action à moins de faire à nouveau appel à l’emprunt et à de nouveaux endettements. Car cette dépression risque bien de durer. On peut dire aujourd’hui que les deux prochaines années seront extrêmement mauvaises, mais on peut aussi penser que le redressement prendra de longues années, à l’exemple de ce qui s’est passé au Japon, où la récession a duré dix ans. Lire la suite

Après 500 ans, le capitalisme touche t’il à sa fin ?

Le Monde, Immanuel Wallerstein propos recueillis par Antoine Reverchon, le 11 octobre 2008

« Le capitalisme touche à sa fin »

Signataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre (« Douze propositions pour un autre monde possible »), en 2005, vous êtes considéré comme l’un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l’étude de l’économie des systèmes historiques et des civilisations de l’université de l’Etat de New York, à Binghamton.  

Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le « temps long » de l’histoire du capitalisme ?

Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la « longue durée », qui voit se succéder dans l’histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l’homme à son environnement matériel, et, à l’intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd’hui clairement dans une phase B d’un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d’histoire du système capitaliste.

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s’endettent, massivement. Nous sommes aujourd’hui dans la dernière partie d’une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l’économie connaît une situation de déflation réelle.

Mais, aujourd’hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c’est que le capitalisme ne parvient plus à « faire système », au sens où l’entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l’équilibre, et l’on assiste alors à une bifurcation.

La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu’alors, et l’on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l’usage du mot « crise » à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin. Lire la suite

Jean Zin : la fin du capitalisme, vraiment ?

Blog de Jean Zin, le 12 octobre 2008

La fin du capitalisme, vraiment ?

Il faut raison garder, toute réussite dépend de la justesse de l’analyse. Suite à l’avalanche d’articles qui annoncent la fin du capitalisme, l’interview d’Immanuel Wallerstein dans Le Monde du 11 octobre, titré justement « Le capitalisme touche à sa fin » me fournit l’occasion de préciser brièvement pourquoi il ne faut pas faire preuve de trop de précipitation en l’affaire, jusqu’à prendre vainement ses désirs pour la réalité…

J’aime beaucoup Immanuel Wallerstein, avec qui je partage le souci du temps long (Braudel) et des cycles mais là, il se pourrait qu’il se laisse aveugler par le court terme. Si je suis d’accord avec lui que nous sortons du capitalisme, il ne me semble pas que cela puisse être de façon aussi immédiate que certains l’imaginent, dans un lendemain de crise. D’ailleurs comparer notre moment historique à la fin du féodalisme qui a pris plus de 2 siècles, voilà qui n’a rien à voir avec les 30 prochaines années, même si on peut admettre que l’histoire s’accélère. On serait plutôt dans un cycle libéralisme -> totalitarisme -> socialdémocratie -> néolibéralisme -> écologie ?

De plus, de façon assez orthodoxe d’ailleurs d’un point de vue marxiste, Wallerstein semble prédire la fin du capitalisme par épuisement des capacités de profit (baisse tendancielle du taux de profit), alors que les cycles démontrent que ça repart toujours : Kondratieff a été envoyé en Sibérie parce qu’il ne voyait dans 1929 qu’une crise cyclique du système et non pas son effondrement final ! Pour moi, comme pour Gorz, la sortie du capitalisme est plutôt liée à l’économie immatérielle, ce qui est tout autre chose, se situant dans le temps long et qui n’implique pas l’effondrement du capitalisme industriel mais seulement son déclin relatif, très loin de pouvoir dire qu’il touche à sa fin…

Ceci dit il y en a d’autres qui fustigent ces déclarations prophétiques mais qui s’imaginent qu’il n’y a eu qu’un incident technique et que presque rien ne changera, ce qui est aussi idiot. C’est entre ces deux extrêmes qu’il faudrait se tenir. Je pense qu’il y aura une récession (relativement courte espérons le, pas sûr) mais aussi des révolutions sans doute, une refondation de nos institutions, au moins, et l’émergence d’une économie immatérielle hors salariat, le déclin du dollar roi et de l’hégémonie américaine enfin, un capitalisme plus régulé donc mais pas encore sa fin. A noter que Wallerstein imagine que les USA pourraient être le lieu où le conflit sera le plus aigu puisqu’il pense possible une révolte armée ! Si la révolution américaine était victorieuse cela leur redonnerait sans doute un rôle de leadership, il faut donc être prudent quand on parle de la fin de l’Empire américain dont commence seulement le déclin. Lire la suite

L’épopée de l’écoquartier H Nord à Bordeaux

Sud-Ouest, Julien Rousset, le 11 Octobre 2008

CHARTRONS. Réunion nationale, ce week-end, des coopératives d’habitants. Parmi elles : H Nord, asso qui porte le projet d’écoquartier à Dupaty. Un sacré pari

L’épopée de l’écoquartier

L’association H Nord, hier à Cap Sciences, où elle organise les Rencontres nationales Habicoop photo dr

Venus de Suisse, de Belgique ou encore d’Auvergne, les représentants d’une trentaine de coopératives d’habitants ont rendez-vous ce week-end à Cap Sciences pour évoquer les vertus et les aléas de l’écohabitat (1).

C’est H Nord qui reçoit. Cette association bordelaise regroupe, depuis deux ans, quarante adhérents mobilisés pour construire un écoquartier par eux imaginé. Ce morceau de ville, « écologique et participatif », devrait commencer à émerger « en 2011 », s’il vient à bout d’un parcours jonché de cactus.

Le terrain. H Nord vise une friche d’un hectare, située au coeur de Dupaty, entre les rues Chantecrit et Surson. L’une des principales difficultés du projet, c’est que ces chais en jachère appartiennent à plusieurs propriétaires. Un gros tiers à la CUB, les deux autres tiers à des propriétaires privés. L’association envisage de se constituer en société civile immobilière pour acheter ces parcelles. L’acquisition de l’ensemble du site devrait coûter un million d’euros.

La voirie. Aucune construction ne sera possible dans cet îlot sans l’aménagement d’une voie traversante. Nouveau casse-tête : la voie doit être dessinée par la mairie et créée par la CUB.

L’architecture. 80 logements sont prévus, de 80 m2 en moyenne. Deux architectes de l’association, Marc Lasaygues et Piou Lacoste, s’y collent. Il s’agira de petits immeubles, à R+2, et non de maisons individuelles. Question d’éthique ! « Nous ne voulions pas créer un ghetto bobo ; et contre l’étalement urbain, il faut densifier en centre-ville », rappelle Thomas Nesme, le président d’H Nord. Autres trames : beaucoup de parties communes, comme les buanderies ou les garages à vélo. Et bien sûr, tout l’arsenal du biotope écolo. Tri des déchets, Amap, autopartage, réutilisation des eaux de pluie, bâtiments économes en énergie…

La gouvernance. Une coopérative gérera les logements, selon des modalités encore en débat. C’est le charme des démarches participatives ! « Nous nous sommes entendus sur une règle de base : deux voix par logement, pour que, par exemple, soient traités de la même façon des célibataires et des familles », note Thomas Nesme. Par ailleurs, pas de loyer dans un écoquartier : chaque habitant paie une « redevance mensuelle », qui permet de participer aux charges et d’acquérir des parts sociales de la coopérative. Ainsi, chaque habitant est propriétaire de parts de la coopérative, mais simple locataire de son appartement. Objectif : responsabiliser les habitants, tous liés par la bonne gestion de la coopérative, et lutter contre la spéculation. La valeur des parts sociales suivra les indices du coût de la construction et du coût de la vie. « Pas plus ».

Le coût. Lire la suite

Alain Lipietz : compte rendu de l’atelier climat de l’UICN

Congrès de l’UICN (Union Mondiale pour la nature), Barcelone, compte rendu d’Alain Lipietz

De Barcelone à Copenhague : peut-on atteindre un accord équitable sur le climat pour l’après-2012 ? La parole aux pays d’Afrique, Amérique Latine et Asie

Conclusion de l’atelier

Cette discussion aura montré la considérable évolution des esprits en cinq ans (disons, depuis la Conférence des Parties à la Convention sur la biodiversité de La Haye et le précédent congrès de l’UICN à Bangkok), notamment dans le dialogue entre l’UICN, les organisations non gouvernementales et les organisations officielles.

On identifie clairement la situation de blocage, sur le climat, due à la rivalité-complicité entre les États-unis et les pays émergents comme la Chine : chacun des deux tire parti du refus de l’autre de faire le premier pas pour n’en faire aucun lui-même. Cette situation dessine une solution pour la conférence post-Kyoto (Copenhague) : tout pays dépassant une certaine limite d’émission de gaz à effet de serre par habitant devrait devenir automatiquement membre de l’annexe B, c’est à dire des pays soumis à des contraintes de réduction (proposition que j’avais faite à l’OCDE dès 1999)

La convention sur la biodiversité et la convention sur le climat ne sont plus séparées et opposées. Chacun comprend : « Oui, le changement climatique bouleverse les écosystèmes et réduit la biodiversité, oui, le bouleversement des écoystèmes par l’homme à des effets climatiques. Il n’est plus question de contester les efforts sur les écosystèmes, tels que la reforestation, dans la lutte contre le changement climatique. La réflexion au sein de la Convention Climat sur le projet REDD (Réduction des émissions par déforestation et dégradation des écosystèmes) qui a été aujourd’hui discuté, avec subtilité, en témoigne.

La responsabilité conjointe et différenciée des différents pays vis à vis du changement climatique n’est plus envisagée à travers une division à la serpe entre le Nord et le Sud (l’annexe B et les autres) mais bien selon des critères sociaux de riches et de pauvres : c’est le projet eco-equity.

Les Mécanismes de Développement Propre sont désormais acceptés, mais ils sont discutés selon des critères exigeants.

Enfin, parler « d’adaptation au changement climatique » n’est plus un crime qui reviendrait à « accepter le changement climatique », puisque désormais tout le monde se résigne à une augmentation de +2° de la température de la planète, ce qui aura forcément des effets désastreux sur les ressources des terriens les plus pauvres : il faut donc prévoir une « adaptation ». Lire la suite

Les premiers jardins familiaux du bassin à La Teste-de-Buch

Sud-Ouest, Sabine Menet, le 11 Octobre 2008

LA TESTE-DE-BUCH. Les premiers jardins familiaux du bassin sont inaugurés ce matin. Leur succès (il y a une liste d’attente) semble inspirer d’autres communes

Mains vertes en famille

Il est 17 heures. Marie-Claude s’affaire. Elle a embauché son mari et ses enfants pour lui prêter main-forte. Bottes aux pieds et bêche à la main, ils plantent, sèment, récoltent. À côté de leur parcelle, d’autres amateurs s’occupent de leurs plans. Tous sont membres de l’association « Les Jardiniers du Pays de Buch ». Tous louent un coin de verdure au sein des jardins familiaux ouverts depuis cet été à proximité de la zone industrielle.

Des jardins qui sont ce matin même inaugurés (1) en grande pompe. La concrétisation d’un projet mené depuis deux ans par Gérard Lemaire, le président de l’association.

« Nous sommes complets ».

« J’ai été contacté en août 2006 par l’ancienne municipalité qui souhaitait se doter de jardins familiaux », explique-t-il. Une association idoine est créée et commence alors la quête d’un terrain. « Nous en avions trouvé un… sur le site qui fut ensuite dévolu au futur pôle hospitalier », poursuit Gérard Lemaire en justifiant le retard pris par le projet.

La période électorale, puis le changement de majorité ont ensuite retardé sa mise en application. Le terrain fut finalement trouvé, en bordure de la zone industrielle, à proximité des Restos du coeur. Un terrain qui dut être entièrement débroussaillé avant que les 42 parcelles ne prennent forme. Celles-ci, dès la communication du projet, avaient trouvé des preneurs. « Nous sommes complets », reconnaît Gérard Lemaire qui a dû ouvrir une liste d’attente.

Partage des plans et des idées.

Quant aux conditions nécessaires à l’obtention d’un carré dans les jardins familiaux, elles sont au nombre de trois : être majeur, être Testerin et ne pas avoir de jardin chez soi. Moyennant une cotisation de 30 euros par an et un droit d’entrée de 10 euros (auquel s’ajoute une caution de 20 euros récupérée le jour où l’usager se délaisse de sa parcelle), les locataires peuvent jouir de leur jardin. Deux tailles de parcelles sont proposées : 100 et 200 m². Une dernière surface que Marie-Claude Chef a choisie.

« Je suis Réunionnaise et je voulais planter des légumes de chez moi. J’ai eu vent des jardins familiaux par Internet (2). » Un peu plus loin Liliane, une autre usagère, explique : « Ce que je souhaitais, c’était rencontrer du monde. Ici, on partage. On se donne des plans et des idées. Lorsque je suis arrivée, je n’y connaissais rien. Je viens tous les jours. Parfois on s’assied, on discute… »

Le Teich intéressé. Lire la suite

Bègles : TACA se mobilise pour la taxe carbone

Sud-Ouest, Gilles Guitton, le 11 Octobre 2008

ÉCOLOGIE. Cinq Béglais mobilisés contre le réchauffement climatique ont créé l’association Taca. Son but est de promouvoir l’idée d’une « taxe carbone »

Pique-nique contre CO2

Ils ont lu « Le plein s’il vous plaît », de Jean-Marc Jancovici. Ils ont vu le film de l’ancien vice-président américain Al Gore, « Une vérité qui dérange ». Ils sont à Bègles, donc au centre du monde. Et ils veulent « agir tout de suite » contre le réchauffement climatique, « sans attendre les politiques », pour qu’une majorité de Français demande une taxe carbone et s’impliquent dans ce combat.

Voilà comment est née l’association béglaise Taca, si on résume le propos de Jean Sireyjol, président de cette poignée de prosélytes.

Une poignée de quinquas.

« Taca, c’est comme taxe carbone, mais c’est aussi  »t’as qu’à », parce qu’il faut un peu d’humour. T’as qu’à changer de mode de vie, c’est une incantation. On veut aller plus loin », explique cet ingénieur informaticien.

Pas spécialement militant mais ancien de Transcub et adepte de la semaine de quatre jours façon Larouturrou. Habitué donc des chemins de traverse, comme Martine Alcorta, autre membre du groupe, ex-élue d’une « autre gauche » béglaise qui se cherche toujours.

« Tout le monde, comme le secrétaire général de l’ONU, dit que le réchauffement est le premier problème de la planète. Pas seulement une poignée de quinquas béglais », sourit Jean Sireyjol.

Pourquoi ne sont-ils pas allés du côté de Nicolas Hulot ou des Verts ? « Ils sont sur plusieurs sujets, ils sont plus gros. Nous, on veut se centrer sur la taxe carbone. On veut faire un truc à la base, citoyen. Mais on est en contact avec la Fondation Hulot. » Et puis, ajoute Jean Sireyjol citant Alain Juppé, « un homme politique ne peut pas être un oiseau de mauvais augure ».

Comment voient-ils la taxe qu’ils appellent de leurs voeux ? Assez universelle, à vrai dire. Sur le carburant des voitures, le kérosène de l’avion, le fuel du chauffage voire même « la viande rouge, dont le bilan carbone comporte pas mal de CO2 ». Un système de redistribution rendrait la chose supportable aux foyers modestes et aux faibles consommateurs, et « incitative ». Lire la suite

Utopia : Rencontre politique et médias le 21 octobre

Le prochain rendez-vous des Rencontres politique et médias aura lieu, comme les fois précédentes, au cinéma Utopia, salle de la cheminée le mardi 21 Octobre à 19h30

Rencontres politique et médias

Élection présidentielle américaine. Le point sur la campagne, le programme des candidats. Pour nous éclairer sur la partie économique des programmes des candidats, la crise financière… seront présents :

Pascal Kauffman, professeur d’économie à l’Université Montesquieu-Bordeaux 4,

Bernard Broustet, journaliste économique à la rédaction du journal Sud ouest,

Fabienne Brugère, professeur de philosophie (sous réserve),

Thierno Ibrahima Dia, enseignant en cinéma

Je vous remercie de confirmer votre participation par courriel à Lire la suite

VALOREM et AAER : production d’éoliennes dans le Médoc ?

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 10 Octobre 2008

ÉOLIEN. Une entreprise canadienne a confirmé son intention d’investir dans une unité industrielle d’assemblage de turbines

200 emplois à la clé

L’investissement d’AAER se traduirait par des créations de postes à Bègles et dans le Médoc.

Les dirigeants canadiens de l’entreprise AAER, basée à Blamont dans la banlieue de Montréal, ont confirmé avant-hier leur intention d’investir en Gironde dans une unité industrielle d’assemblage de turbines d’éoliennes. Plusieurs sites sont encore en compétition, mais tout indique que l’entreprise négocie actuellement la réutilisation d’un bâtiment d’au moins 50 000 mètres carrés en Médoc.

Toute une filière.

Les élus girondins présents lors de cette visite au siège canadien de l’entreprise en sont ressortis avec la conviction qu’AAER SAS, filiale béglaise d’AAER et du bureau d’études girondin Valorem, investiront, dans un premier temps, 2 à 3 millions d’euros dans un outil industriel.

Même s’il faut toujours prendre ces annonces avec précaution, cet investissement pourrait se traduire par la création, d’ici à 2010-2011, d’au moins 200 emplois. Tant au siège béglais que dans le Médoc. « Ce qui est très intéressant dans ce projet, c’est la volonté de l’entreprise de créer ici, en Gironde, toute une filière éolienne industrielle avec sa sous-traitance », note Alain Rousset, le président du Conseil régional, en visite au Québec cette semaine. Ce serait aussi « une première en France », précise Jean-Yves Grandidier, le patron de Valorem. Une société qui pèse aujourd’hui 10 millions de chiffre d’affaires et qui, récemment recapitalisée, s’est lancée dans la production d’électricité éolienne.

Dans un premier temps, le projet industriel consistera en l’assemblage sur place des turbines, c’est-à-dire les nacelles, des retors et des tours. Les pales, pour lesquelles AAER dispose également d’une licence, seront d’abord importées d’Amérique du Nord. Mais leur production pourrait connaître, dans un deuxième temps, une traduction industrielle en Gironde.

Le premier prototype de la nouvelle turbine de 2 mégawatts (2,5 millions d’euros pièce) va être installé en France, à Criel-sur-Mer en Normandie, dans les prochaines semaines. « Elle nous permettra d’obtenir toutes les certifications nécessaires avant l’entrée en production, que nous envisageons pour mi-2009 », explique Jean-Yves Grandidier. Lire la suite

Les Régions aiment l’économie solidaire ?

Tessolidaire.com, le 9 octobre 2008

Les Régions aiment l’économie solidaire !

Les Régions plébiscitent l’ESS ! Après les élections régionales de 2004, elles ont été quasi unanimes à se pourvoir d’une délégation à l’économie sociale et solidaire. La loi du 13 août 2004 a donné aux exécutifs régionaux les moyens de leur politique, en leur permettant de se doter d’un SRDE (schéma régional de développement économique), un outil de coordination des politiques économiques territoriales, dans le cadre duquel l’économie solidaire a généralement trouvé sa place. En 2005, l’Association des Régions de France a entériné cette évolution en créant une sous-commission à l’ESS, pour travailler sur ces thèmes. Aujourd’hui, elle lance le Manifeste des Régions pour une économie sociale et solidaire. Pour Philippe Chesneau, vice-président de la région PACA, le Manifeste est un engagement fort des Régions pour amplifier le rôle de l’ESS dans le développement économique et l’emploi, même si le secteur de l’emploi n’est pas stricto sensu dans le champ de compétences des Conseils régionaux. Il estime que l’ESS répond en même temps à des urgences économiques, sociales, environnementales et démocratiques. Il prend l’exemple de sa Région, où le poids de l’ESS est équivalent à celui de l’industrie ou du tourisme. Chaque année, l’ESS y a grossi de 3 % et sa masse salariale de 6 %. Concrètement, le Manifeste indique que les Régions poursuivront leurs actions par des soutiens financiers, par la mise en place d’outils, par la structuration des réseaux et par l’amélioration de l’information. Sur le premier point, François Patriat, président de la Région Bourgogne a rappelé que les budgets ESS avaient été multipliés par 5 dans les Régions (ils partaient de très bas !). Lire la suite

Grenelle I : ça passe mais le plus dur reste à faire !

Le blog d’Arnaud Gossement, le 10 octobre 2008, Communiqué de presse

Projet de loi Grenelle I : ça passe mais le plus dur reste à faire !

L’Assemblée a achevé cette nuit la discussion des amendements déposés sur articles 1 à 4 du projet de loi de programme « Grenelle I » de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement.

Réaction de FNE.

FNE salue les parlementaires de la majorité et de l’opposition qui ont débattu de manière constructive du texte jusque tard dans la nuit. FNE, qui avait appelé à un vote massif de la loi, se réjouit de l’adoption à l’unanimité de plusieurs dispositions comme celle relative à la part des énergies renouvelables.

Toutefois, pour Sébastien Genest : « Le plus dur reste à faire. Les députés ont en effet débattu des articles 1 à 4 sur l’énergie et le climat qui sont en grande partie la reprise et la traduction d’engagements européens qu’il nous faut respecter. FNE attend et espère que les débats sur l’agriculture ou les déchets par exemple seront constructifs. »

Sébastien Genest poursuit : « Sans nier l’importance politique de ce projet de loi « Grenelle I », le Grenelle ne s’arrête pas à cette loi ! Nous attendons avec impatience le projet de loi Grenelle II et des mesures concrètes pour changer la vie des français et répondre à l’urgence sociale, économique et écologique »

Le résultat des débats

La transition vers un modèle de développement durable. A la suite du vote de l’amendement n°41, le Grenelle de l’environnement devra permettre une transition vers ce modèle plutôt que vers « une nouvelle économie compétitive ». Plus encore, l’amendement prévoit que ce « ce nouveau modèle de développement durable » « se combine avec une diminution des consommations ».

Cette précision est importante car elle peut permettre une rupture avec une conception du développement durable uniquement axée sur la croissance et le marketing vert. Reste à appliquer cette disposition dans les faits !

Le principe d’inversion de la charge de la preuve. Lire la suite

L’agriculture, combien de (di)visions ?

Agrisalon.com, le 9 octobre 2008

L’agriculture, combien de (di)visions ?

Organisé par le Copa-Cogeca, le Congrès des agriculteurs européens s’est tenu la semaine dernière à Bruxelles. Cette manifestation, à laquelle participait une délégation du Crédit Mutuel Agricole et Rural, a mis en lumière les divergences de vue existant au sein de l’Union européenne quant à l’avenir de son agriculture.

Depuis les années 1990, la politique agricole commune (Pac) a connu plusieurs réformes. Avec jusque là, en arrière-plan, toujours le même contexte : des prix mondiaux bas et une abondance de l’offre. Mais voilà, la donne a changé. Hausse de la demande alimentaire mondiale, accroissement de la volatilité des prix et turbulences des marchés, flambée des prix de l’énergie…, tels sont les défis que l’agriculture européenne doit aujourd’hui affronter. Reste maintenant à s’accorder sur la meilleure manière de les relever.

Pour Jean-Michel Lemétayer, les choses sont claires : « le libre marché sans règle n’est pas l’avenir de l’agriculture ». Aux yeux du Président du Comité des organisations professionnelles agricoles (Copa), la crise actuelle des marchés financiers démontre l’impasse à laquelle conduit l’ultra-libéralisme et confirme la nécessité d’une régulation. Il estime, par ailleurs, que l’une des principales responsabilités des gouvernements européens est d’assurer un approvisionnement alimentaire indépendant, « c’est une question stratégique, la nouvelle Pac doit y répondre ».

De son côté, Mariann Fischer Boel souligne que « la préférence communautaire n’est pas inscrite dans ses priorités ». Préférant tabler sur une « agriculture européenne performante qui participe aux échanges mondiaux », la Commissaire en charge de l’Agriculture et du développement durable promet toutefois que l’Union veillera très scrupuleusement à ce que les produits importés respectent les normes européennes.

Plaidoyer pour l’innovation

Michel Barnier a, lui, rappelé d’emblée que l’alimentation, « vitale pour l’homme », ne constituait pas un produit de consommation comme les autres et que son commerce devait faire l’objet de régulation. Martelant combien « une UE forte avait besoin d’une agriculture forte », le ministre français a plaidé en faveur de l’innovation, seul moyen d’obtenir une agriculture compétitive, capable de « produire plus, mieux et partout ». Et pour pouvoir lutter à armes égales avec des mastodontes comme les USA, la Chine, l’Inde, la Russie ou le Brésil, pas de secret, « il faut se coordonner, mutualiser la recherche ».

Kristen Silverberg, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’UE, a indiqué que les investissements américains dans le secteur de la recherche avaient permis ces dernières années d’augmenter considérablement les rendements des agriculteurs tout en diminuant l’utilisation des produits phytosanitaires et des engrais. Et cette native du Texas de regretter que les fruits de la biotechnologie américaine ne soient pas tolérés au sein de l’UE et des pays en voie de développement…

Une position qui pourrait devenir de plus en plus difficile à tenir. Lire la suite

Les départements français les plus écologiques

La vie, 9 octobre 2008

L’indice de la volonté écologique des départements français

Après notre « indice de la volonté écologique » des régions françaises, créé et publié par La Vie en octobre 2007, nous avons souhaité, un an après, décliner l’exercice au plus près du terrain et des préoccupations des Français. Ce nouvel « indice de la volonté écologique » des départements métropolitains, très proche de celui de l’an passé, agrège trois données significatives d’une évolution « verte » (valorisation des déchets, agriculture biologique, espaces protégés Natura 2000), une autre portant sur un point sensible depuis de nombreuses années (pollution aux nitrates), une mesure de l’effort financier des collectivités locales en matière d’environnement, et les résultats d’une enquête d’opinion sur le degré de préoccupation des citoyens en ce domaine. D’autres données, bien que pertinentes, ont dû être écartées en l’absence d’éléments significatifs ou exploitables au niveau départemental : poids des énergies renouvelables, qualité de l’air, émissions de gaz à effet de serre, densité d’installations classées dangereuses ou radioactives… Précisons qu’il ne s’agit pas d’un classement des départements « où il fait bon vivre » ou les plus préservés, mais d’un reflet de la dynamique impulsée par les acteurs locaux sur les enjeux écologiques. Et qu’il ne saurait être question de décerner bons et mauvais points aux conseils généraux, puisque l’environnement ne figure pas parmi leurs compétences principales.

[Pour l’Aquitaine, sur 96 départements : Pyrénées-Atlantiques 10è, Landes 23è, Gironde et Lot-et-Garonne 29è, Dordogne 68è et pour le critère niveau de préoccupation évalué par le pourcentage de citoyens citant l’environnement comme leur principal souci nous avons : Gironde 39è, Pyrénées-Atlantiques 50è, Dordogne 77è, Landes 82è et Lot-et-Garonne 94è]

Les six critères retenus Lire la suite

4ème Insurrection des Semences le 18 octobre à Grignols

4ème Insurrection des Semences pour la sauvegarde des anciennes variétés de plantes.

Diffusion d’un reportage audiovisuel nous invitant à observer la Nature avec bienveillance, et pour un échange convivial, n’oubliez pas vos graines de légumes, de fleurs !

Samedi 18 octobre 2008 à 14 h 30 au Rouchet (Grignols)

Dans un monde où tout s’achète où tout se vend, où le vivant devient la propriété de quelques-uns, échanger des graines, c’est entrer fertilement dans la résistance de ce système et assurer la pérennité du vivant, bien de tous. De nos jours, il paraît primordial de se mobiliser.

Entrée libre

Il sera possible de se restaurer sur place (vente de parts de gâteaux et/ou de cakes bio et boissons chaudes offertes)

Pour une meilleure organisation, nous vous demandons de penser à nous faire part de votre venue. Merci.

Association Instants de Vie Lire la suite

Pétrole : pourquoi la hausse va reprendre

Le Point, le 8 octobre 2008

Pétrole : pourquoi la hausse va reprendre

Un timide rayon de soleil dans la grisaille ambiante. En ce début d’automne, la planète pétrole se prend à rêver d’un baril abordable. Redescendus sous la barre symbolique des 100 dollars, les cours de l’or noir ont perdu près de 60 dollars depuis les sommets historiques de juillet. Soudain, c’est comme si les cyclones, les menaces géopolitiques et les problèmes d’approvisionnement n’avaient jamais existé. Exit la théorie du  » pic pétrolier  » ! Hantés par le spectre d’une récession mondiale, qui ferait plonger la demande de produits pétroliers, certains experts en viennent à prédire un retour du brut aux environs de 50 dollars par baril. Scénario réaliste ? L’espace de quelques mois, peut-être. Mais l’éclaircie risque d’être de courte durée. En réalité, les facteurs de hausse restent prédominants. Et, pour au moins cinq raisons, les prix du pétrole n’ont sans doute pas fini de grimper…

Les cinq raisons pour lesquelles l’accalmie des cours du brut ne durera pas

1 – Des gisements de plus en plus chers à exploiter

Les 80 dollars par baril constituent désormais un prix plancher que ni les compagnies ni les pays producteurs ne souhaitent voir enfoncer. A cela une raison objective : avec la montée en puissance de projets complexes, comme l’exploitation des sables bitumineux du Canada, le coût marginal de production a littéralement explosé ces dernières années. Il avoisine aujourd’hui les 75 à 80 dollars par baril pour les pétroles les plus chers, alors qu’il dépassait rarement les 20 dollars il y a cinq ans. Une partie de l’offre serait donc détruite si les cours de l’or noir retombaient durablement sous ce seuil.

2 – Des capacités de production proches de la saturation

Rarement l’équilibre entre offre et demande de brut avait été aussi précaire. Pendant longtemps, les capacités de production excédentaires de l’Opep – qui assure à elle seule 40 % de l’approvisionnement mondial – ont permis d’absorber les chocs, en répondant presque en temps réel aux besoins des pays consommateurs. Cette flexibilité-là n’existe plus. Durant les années 1990, les capacités disponibles du cartel représentaient plus de 5 % de la consommation mondiale. Elles totalisent à ce jour environ 3 % de la demande. Faute d’un  » matelas  » suffisant, tout ce qui affecte l’offre risque donc, désormais, de se lire dans les prix.

3 – Des stocks de fioul insuffisants avant l’hiver

Un oeil sur les stocks, l’autre sur le thermomètre. Les experts pétroliers scrutent avec inquiétude l’évolution des réserves américaines. En particulier celles de  » produits distillés « , qui englobent le fioul domestique. Un carburant clef à l’approche de l’hiver. Or, selon les chiffres publiés chaque semaine par le département américain de l’Energie, les stocks de  » distillats  » sont à des niveaux beaucoup trop bas pour la saison Lire la suite

Economie sociale et solidaire : Entreprendre autrement

Alternatives Economiques, septembre 2008

Nairi Nahapétian et Pascal Canfin

Entreprendre autrement

Comment entreprendre, et ce faisant réussir, sans pour autant se focaliser uniquement sur le profit ? Cette question est d’une actualité d’autant plus brûlante que l’image de l’entreprise classique est aujourd’hui souvent associée aux licenciements, aux dégâts écologiques et aux scandales financiers. Ces scandales ont montré en particulier combien la question de la gouvernance était centrale. Les activités économiques ne peuvent être menées sans une réflexion approfondie sur le pouvoir et la démocratie dans l’entreprise.

Intérêt collectif, utilité sociale, démocratie…, autant de problématiques depuis longtemps déjà au cœur de ce qu’on appelle l’économie sociale et solidaire. Dans ce secteur, les logiques marchandes sont loin d’être absentes, mais ces entrepreneurs un peu à part s’efforcent de réconcilier recherche du profit et intérêt général, en garantissant, suivant des règles précises, la participation des salariés ou des usagers aux décisions concernant l’activité.

Mais quand on veut « entreprendre autrement », vaut-il mieux, pour tel ou tel projet, créer une association, une entreprise d’insertion, une coopérative, une mutuelle ? Dans ce dossier, nous donnons des pistes pour aider à choisir la formule la plus adaptée. Nous présentons donc les différentes formes que peut prendre cet « entreprendre autrement », leur histoire, leurs avantages et leurs limites en termes de démocratie interne, mais aussi de viabilité économique ou d’accompagnement par des réseaux spécialisés. Ces derniers jouent également un rôle important : ils ne se contentent, en effet, pas d’assurer un soutien financier, ils sont aussi en mesure de donner des conseils et de former les acteurs (ou les futurs acteurs) de l’économie sociale.

Bonne chance.

Accès au dossier électronique Lire la suite

6ème crise d’extinction des espèces : liste rouge de l’UICN

Actu-environnement, F.Roussel, le 7 octobre 2008

Liste rouge de l’UICN : l’édition 2008 confirme la crise d’extinction des mammifères

La nouvelle liste rouge de l’UICN dévoilée lors du Congrès mondial de la nature de Barcelone alerte sur l’extinction qui touche les mammifères. Quelques résultats témoignent néanmoins que les efforts de conservation commencent à payer.

À l’occasion du 4eme Congrès mondial de la nature qui se tient à l’heure actuelle et jusqu’au 14 octobre à Barcelone, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a présenté l’édition 2008 de sa Liste Rouge. Cette nouvelle évaluation mondiale des espèces en danger confirme la crise d’extinction des mammifères : 20% des 5487 mammifères de la planète sont menacés d’extinction et depuis l’année 1500, 76 espèces se sont éteintes. En réalité, la situation pourrait être pire car l’UICN estime qu’elle manque de données pour plus de 800 espèces. En réalité, le nombre de mammifères menacés pourrait atteindre 36 %, indique Jan Schipper, de Conservation International.

Selon la Liste Rouge 2008, 188 mammifères se trouvent dans la catégorie la plus menacée à savoir « en danger critique d’extinction » parmi lesquels le lynx ibérique (Lynx pardinus) dont la population ne comprend que 84 à 143 adultes et continue de décliner en raison de la raréfaction de sa proie principale, le lapin européen (Oryctolagus cuniculus).

Près de 450 espèces de mammifères sont classées « en danger », dont le diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii), passé de la catégorie « préoccupation mineure » à « en danger » après un déclin de plus de 60% de sa population mondiale dans la dernière décennie en raison d’une tumeur cancéreuse faciale transmissible et fatale.

La destruction et la dégradation des habitats sont les causes principales d’extinction et touchent 40% des mammifères. Le phénomène est plus grave en Amérique Centrale et du Sud, en Afrique Orientale et Centrale, à Madagascar et en Asie du Sud et du Sud-est. La destruction des zones humides en Asie du Sud-Est entraîne par exemple la disparition progressive du chat viverrin ou chat pêcheur (Prionailurus viverrinus) qui passe de la classe « vulnérable » à « en danger ». Le phoque de la Caspienne (Pusa caspica) est également passé de « vulnérable » à « en danger ». Sa population a diminué de 90 % depuis un siècle et continue de décroître en raison d’une chasse non durable et de la dégradation des habitats.

Au total, la Liste Rouge de l’UICN comprend maintenant 44.838 espèces, dont 16.928 sont menacées d’extinction (38 %). Parmi ces dernières, 3.246 se trouvent dans la catégorie la plus menacée, « en danger critique d’extinction », 4.770 sont « en danger » et 8.912 « vulnérables » à l’extinction. Lire la suite

Novembre, mois de l’économie sociale et solidaire

Le site Internet officiel du  Mois de l’ESS est en ligne !

Pour accéder au site, cliquez ici : http://www.lemois-ess.org/

Découvrez les manifestations d’envergure nationale inscrites au Mois de l’ESS 2008 et ce qui se prépare dans les régions de France. Vous retrouverez également le programme du Mois de l’ESS en Aquitaine, édition 2008.

Il est toujours possible de vous inscrire au Mois de l’ESS en Aquitaine en contactant la CRESS Aquitaine ou en téléchargeant le dossier d’inscription sur le site de la CRESS Aquitaine : http://www.cressaquitaine.org, rubrique « Actualité ».

* Clôture des inscriptions le vendredi 19 septembre 2008 : pour être inscrit au programme (support papier) qui sera diffusé en Aquitaine Lire la suite

Protégé : Etude centre documentaire

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La vague écolo des salons à Bordeaux

Sud-Ouest, Patrick Faure, 8 octobre 2008

ENVIRONNEMENT. Fin de semaine chargée à Bordeaux sur les thèmes de l’écologie, de l’éco-habitat et du cadre de vie

La vague écolo

«II existe maintenant énormément de salons et de foires consacrées à l’environnement. Pour le particulier, il n’est pas facile de s’y retrouver, de savoir où l’on peut récupérer l’information neutre et objective. » Sylvain Krumenacher, en charge de la communication à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) de Bordeaux, explique la position de cet établissement public, de plus en plus sollicité pour ses conseils. Car rien qu’en cette fin de semaine, se tiendront à Bordeaux quatre événements liés à la thématique du développement durable et cadre de vie.

Trois salons en un.

L’Ademe sera ainsi seulement « présente » sur le stand du Conseil régional à l’occasion d’un nouveau salon, Viv’Expo, qui se tiendra de vendredi à dimanche au Parc des expositions de Bordeaux. « Nous aurons un espace info-énergie neutre et gratuit. »

Le concept de Viv’expo est de réunir « trois salons en un » : santé et bien-être ; éco-habitat ; tourisme vert et sport nature. Une agence « d’événemenentiel » cenonnaise le porte, annonçant une profusion de participants (1).

Sylvain Krumenacher précise : « À l’Ademe, nous souhaitons appuyer seulement les salons avec lesquels nous avons effectué la recherche des exposants. Ainsi entretenons-nous un partenariat avec le salon de l’environnement de Bordeaux, qui s’inscrit dans le cadre de la Foire internationale. Là, nous établissons un choix d’exposants qui ont une vraie légitimité. Mais c’est un travail de quatre années. Nous ne souhaitons pas multiplier notre présence dans des endroits où l’on ne sait pas trop ce qui est présenté. »

L’Ademe n’est cependant pas toujours sollicitée. C’est le cas avec deux autres rendez-vous ce week-end, davantage institutionnels, qui sont donc réservés aux décideurs et professionnels. Ainsi, l’amphithéâtre de la Caisse d’épargne accueillera vendredi (de 9 heures à 18 heures), la conférence annuelle du Réseau européen des conseils nationaux du développement durable. Cela dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne. Assisteront à cette conférence les seuls accrédités. Elle porte le label du Conseil national du développement durable et celui de l’Union européenne.

Estampillé UE aussi, le Forum européen des politiques architecturales, organisé sous l’égide du ministère de la Culture et de la communication, jeudi et vendredi, au Centre d’architecture Arc-en-rêve. On y proposera notamment des expositions comme « Habiter autrement Bordeaux » ou « L’habitat collectif en Europe ».

Habitat coopératif.

Signe des temps en plus décontracté, l’association bordelaise H-Nord choisit aussi ce week-end – du 10 au 12 – pour organiser, dans les locaux de Cap-Sciences, les 3e rencontres nationales des coopératives d’habitants.

Effectivement, là, on change de registre. Isabelle, l’une des responsables de l’association, insiste sur le fait qu’il « vaut mieux venir nous voir que d’aller dans ces grands salons. Nous présentons la forme coopérative de l’habitat groupé et notre projet d’éco-quartier à Bordeaux. » Lire la suite

Légumes bio à Flaujagues, rencontre le 11 octobre

CATA invite à Flaujagues près de Castillon la Bataille, le samedi 11 octobre à 17h00, afin de rencontrer Julien Bonnet le jeune maraîcher bio, qui est sur le point de finaliser son installation, et de visiter le terrain de 10 ha du Fougueyra.

A 18h30 à la salle des fêtes de la mairie de Flaujagues, présentation du projet et projection du film « bio attitude »

Le Collectif d’achat de terres agricoles Gironde a pour objectif de défendre et de promouvoir une agriculture vivrière et de proximité, qui soit socialement équitable, économiquement viable tout en étant respectueuse de la biodiversité, du paysage et de l’environnement.

L’association a créé et soutient la SCI « Terres du Fougueyra » dont le but est d’acquérir des terres pour ensuite les louer à un agriculteur. Pour la somme de 100 € on peut devenir actionnaire et participer à cette initiative citoyenne.

CATA 33 réunit des participants d’AMAP, de différents GELS (Groupe d’échanges locaux et solidaire), agriculteurs et consommateurs préoccupés par la disparition progressive des paysans ici et partout dans le monde, par la destruction de la terre nourricière, par les atteintes à la biodiversité

Contacts : Lire la suite

Loi Genelle : FNE, LPO et ROC appelle à un vote massif

Communiqué de presse FNE, LPO et Ligue ROC, le 7 octobre 2008

Grenelle de l’environnement : FNE appelle à un vote massif de la loi « Grenelle I »

L’Assemblée nationale devrait débattre du premier projet de loi de mise en œuvre du Grenelle à compter de mardi. FNE souhaite que les débats soient à la hauteur de l’enjeu. Analyse.

Pour Sébastien Genest, président de FNE : « Nous sommes convaincus que les parlementaires peuvent faire converger leurs positions : les acteurs du Grenelle de l’environnement ont, eux, réussi à trouver un compromis. Un vote massif voire unanime du projet de loi Grenelle I, qui peut encore être amélioré, serait un signal formidable, pour donner le départ d’une vraie transformation de notre société ».

Pour Allain Bougrain-Dubourg : « Nous prenons acte de certaines avancées du texte en Commission, laquelle a notamment enrichi les dispositions du projet de loi relatives à la biodiversité notamment. Ainsi, le projet de loi engage le débat sur le prix du vivant ou la compensation de la biodiversité. Il est encore possible de donner plus de souffle à ce projet de loi et un vote massif des parlementaires sera la meilleure garantie pour qu’il ne demeure pas un chiffon de papier, comme tant de lois restées inappliquées ! »

Christophe Aubel, directeur de la Ligue ROC ajoute : « En Commission, les députés ont fait progresser la prise en compte de la biodiversité en introduisant le respect des continuités écologiques dans le droit de l’urbanisme. Nous espérons que les débats permettront de poursuivre sur cet élan favorable en plaçant les sciences naturelles à tous les niveaux de l’éducation et de la formation. Permettre à tous d’appréhender que la biodiversité conditionne notre avenir et celui de nos enfants est vital ».

FNE a suivi avec attention les débats au sein de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Depuis la récente révision de la constitution, c’est en effet la copie de la Commission et non celle du Gouvernement qui sera débattue en séance publique par les députés.

Les points noirs qui demeurent dans le texte :

– Le privilège accordé à l’énergie, essentiellement nucléaire, dans la recherche de l’objectif de 50kwh/an

– Le principe d’une compensation de l’éco-taxe acquittée par les poids lourds

– La priorité donnée à la valorisation énergétique des déchets, par manque de précisions, ouvre la porte à plus d’incinération

Les avancées du texte en Commission : Lire la suite

Bx : subvention pour composteur ou récupérateur d’eau

Sud-Ouest, le 7 Octobre 2008

Depuis septembre 2007, les ménages bordelais souhaitant s’équiper d’un composteur ou d’un récupérateur d’eau bénéficiaient d’une subvention de la CUB, gérée par la mairie de Bordeaux. Ce dispositif, initialement prévu pour un an, arrivait à échéance le 29 septembre 2008. La Ville a décidé de prolonger cette mesure pour une durée d’un an.

Montant de l’aide accordée : 30 euros maximum pour l’achat d’un composteur ; 60 euros maximum pour l’achat d’un récupérateur d’eau.

En revanche, la Ville a élargi les bénéficiaires, ces aides étant désormais accordées non seulement aux foyers mais également aux associations bordelaises.

Cette aide est limitée à un seul équipement de chaque type par adresse.

Pour tout renseignement, Lire la suite

Lot et Garonne : lâcher de cistude à la réserve de la Mazière

Sud-ouest, Daniel Bozec, le 7 Octobre 2008

NATURE. A la réserve de la Mazière de Villeton, il a fallu employer les grands moyens pour perpétuer la tortue d’eau douce, menacée de disparition depuis la reconversion des prairies en champs de maïs

Le lâcher de cistudes. Une trentaine de cistudes ont été relâchées ces dernières semaines dans le marais par Laurent Joubert

La fin de la cistude, peu s’en préoccuperaient. Au bord de la Garonne, la culture du maïs anéantissait pourtant les efforts de ponte de la tortue d’eau douce du marais de la Mazière. Une espère dont les rangs s’étaient singulièrement clairsemés depuis des années, faute de nouvelles naissances. Une vingtaine d’individus, tout au plus, dont l’âge dépasse la bonne quarantaine. La réserve de la Mazière a engagé un pointilleux programme de sauvegarde en 2006. Les premières cistudes ont été relâchées dans le marais ces dernières semaines.

1. Un radio émetteur sur mon dos

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point », dit la fable. Trop beau pour être vrai. À la Mazière, les cistudes s’en allaient pondre en vain. Elles qui abandonnaient de nuit leur marais pour échapper aux prédateurs, elles qui s’imposaient une distance longue de plusieurs centaines de mètres, au-delà des terres humides, pour trouver un endroit au sec où creuser un puits de 10 centimètres de profondeur. Et, au bout de trois quatre heures de labeur, y fourrer une huitaine d’œufs. Du temps des prairies ancestrales, tout allait bien. Elles ont été reconverties en champs de maïs depuis les années 60.

2. Au chaud dans mon incubateur

Malheur aux tortues. Le maïs pousse très haut en quelques semaines et plonge dans l’ombre ces puits de ponte. Alors même que la chaleur est indispensable à l’éclosion des oeufs. Une hécatombe. Seules deux tortues sont nées en vingt ans – elles ont aujourd’hui 6 ans. Depuis l’été 2006, le garde technicien Laurent Joubert s’échine à coller un émetteur sur le dos de ces vieilles tortues femelles. Il les piste la nuit sur leur chemin de ponte, entre la fin du printemps et le début de l’été. Au petit matin, il vient retirer un à un les oeufs tout juste enfouis et les place dans un incubateur, au chaud dans un bureau de la Mazière. La nature est joliment faite : à une température oscillant entre 27,5 °C et 28 °C, l’embryon sera un mâle. Entre 28,5 °C et 29 °C, ce sera une femelle. D’où le puits creusé en hauteur par la cistude : les oeufs logés tout en bas donneront des mâles, à l’étage supérieur, des femelles. Laurent Joubert doit veiller à moduler la température de son incubateur tous les deux jours…

3. Il faut consolider sa carapace

Financé par l’unité Bristol-Myers Squibb du Passage, le programme de la Mazière peut s’enorgueillir de compter pas moins de 178 jeunes tortues. A elles de consolider leur caparace dans un aquarium puis une mare semi-artificielle aménagée selon le milieu de vie de la réserve. « Un fac-similé », explique Laurent Joubert. « L’important pour nous, c’est que les animaux que l’on relâche puissent être viables dans le milieu naturel. Je n’élève pas des tortues pour élever des tortues. » Lire la suite

Les partisans du tout électrique s’attaquent à la loi Grenelle

Libération, Guillaume Launay, le 7 octobre 2008

Les partisans du tout électrique s’attaquent à la loi Grenelle

C’est un de ces amendements qui pourraient rendre le débat sur la loi Grenelle électrique. Trois petites lignes qui «menacent toute la cohérence du Grenelle», dénoncent des associations et collectifs (1). Promu par l’UMP Patrick Ollier, président de la commission des Affaires économiques, l’amendement modifie substantiellement l’article 4 du projet de loi Grenelle 1 – dont la discussion à l’Assemblée doit démarrer demain -, concernant la réduction de consommation d’énergie dans le bâtiment, le secteur le plus consommateur d’énergie en France.

«Catastrophe». Si ses motivations semblent simples («ne pas privilégier une énergie par rapport à une autre»), il a semé l’émoi chez plusieurs acteurs du Grenelle qui dénoncent l’influence des promoteurs du tout électrique et des fabricants de convecteurs. «Ça n’a l’air de rien, explique Olivier Sidler, ingénieur et membre de l’association Negawatt, qui milite pour l’efficacité et la sobriété énergétiques. Mais on va vers une catastrophe. Cela fait dire au texte l’inverse de ce qu’il signifiait. Ceux qui ont perdu la bataille pendant le Grenelle reviennent par une autre porte.» Dans sa formulation initiale, l’article 4 prévoit que toutes les constructions neuves «présentent une consommation d’énergie primaire inférieure à 50 kWh par mètre carré et par an» à partir de 2012. Un texte qui «signait la mort à terme du convecteur, ce chauffage électrique un peu stupide, qui doit disparaître», décode un associatif. Sauf à modérer les normes en fonction des émissions de CO2. Dans l’amendement adopté en commission, cela donne «ce seuil (50 kWh/m2/an) sera relevé à raison inverse des émissions de gaz à effet de serre générée». Sous-entendu, grâce à notre électricité majoritairement nucléaire et hydraulique, on peut faire moins d’économies d’énergie puisqu’on émet peu de CO2.

Pour les associations, cela revient à délaisser l’isolation et à «orienter le marché du neuf vers des performances au rabais». «De plus, le chauffage électrique est souvent un chauffage de pointe, qui utilise donc l’électricité des centrales thermiques, très émettrices de CO2», souligne Raphaël Claustre, administrateur du Réseau action climat-France.

Chez EDF, on se refuse à commenter. Lire la suite

Charte de l’environnement : sa valeur juridique est affirmée

Journal de l’environnement, Victor Roux-Goeken, le 7 octobre 2008

Charte de l’environnement : sa valeur juridique est affirmée

En annulant pour incompétence un décret relatif aux lacs de montagne, le Conseil d’Etat vient de consacrer la valeur juridique de la Charte de l’environnement. Et de lever l’incertitude quant à sa valeur constitutionnelle.

Gouverner

Au même titre que la déclaration des droits de l’homme de 1789 et que le préambule de la Constitution de 1946, la Charte de l’environnement – adoptée le 1er mars 2005 – figure dans le préambule de la Constitution française. Deux arguments récurrents mettaient en cause sa valeur constitutionnelle: «la Charte de l’environnement consacre des principes trop imprécis» et «certains de ses articles renvoient à l’intervention d’une loi».

Pour la première fois, le Conseil d’Etat a rendu un arrêt en assemblée, sa formation la plus solennelle, consacrant la valeur juridique de la Charte de l’environnement. Vendredi 3 octobre, la plus haute juridiction administrative française a annulé un décret pour violation de la Charte de l’environnement. Dorénavant, «tout justifiable pourra invoquer la Charte de l’environnement pour contester une décision administrative», explique Yann Aguila, commissaire du gouvernement au Conseil d’Etat, qui a rendu la décision.

A l’origine de cet arrêt, un décret du 1er août 2006 relatif aux grands lacs de montagne dont la superficie est supérieure à 1.000 hectares. Ces lacs sont doublement protégés par la loi Montagne et par la loi Littoral. Un amendement parlementaire a réduit la protection de ces lacs: la loi Littoral serait applicable uniquement sur un secteur défini autour de ce lac. La ville d’Annecy (Haute-Savoie) a fait un recours contre ce décret d’application (1), au motif qu’il n’associait pas le public dans la définition du périmètre (2). «Une disposition contraire à l’article 7 de la Charte», rappelle Yann Aguila.

Le Conseil d’Etat a donc annulé ce décret pour incompétence, puisque le gouvernement est intervenu, là où le Parlement aurait dû. Pour rendre à nouveau applicable l’article concernant les grands lacs de montagne, le législateur devra prévoir la participation du public.

Cet arrêt ne signifie pas que la Charte de l’environnement n’avait, auparavant, aucune valeur juridique. Mais il met fin aux incertitudes sur sa valeur constitutionnelle. Lire la suite

La citation du jour : Edgar Morin « Vers l’abîme ? » 2007

Or ce chaos où l’humanité risque de sombrer porte en lui son ultime chance. Pourquoi ? parce que nous devons savoir que quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, soit il se désintègre, soit il est capable dans sa désintégration de se métamorphoser en un méta système plus riche, capable de traiter ses problèmes. Et ici l’idée de feed-back positif, nous est utile. Dans le monde physique, un feed-back positif conduit inévitablement à la désintégration ou à l’explosion. Mais dans le monde humain… le feed-back positif en désintégrant d’anciennes structures sclérosées, peut susciter l’apparition de forces de transformation et de régénération.

La métamorphose de la chenille en papillon nous offre une métaphore intéressante Lire la suite

Grand parc à Bordeaux : conseils de jardinage bio gratuit

Sud-Ouest, Isabelle Camus, la 7 octobre 2008

GRAND PARC. Le parc Rivière est aux soins de Bernard le jardinier, fervent défenseur du zéro phyto

Les conseils du jardinier

Aménagé par le Baron Alfred de Luze qui y fit construire, à la fin du XIXe siècle, un château aujourd’hui en ruines, le parc Rivière fut racheté par la ville en 1977 pour être ouvert au public en 1982. Depuis 2004, la rénovation des écuries de l’ancienne demeure a donné naissance à une Maison du jardinier, qui abrite un atelier de jardinage, un espace de documentation ainsi qu’une tisanerie. Une serre à l’ancienne, longue de 25 mètres, est adossée contre la façade.

Bernard Roussel, en est le grand coordinateur. Apprenti jardinier dès l’âge de 14 ans, celui que l’on nomme Bernard le jardinier a derrière lui plus de 45 ans de métier. Bernard le jardinier travaille à l’ancienne et pratique depuis plusieurs années le zéro phyto, autrement dit l’arrêt total des pesticides et des insecticides. Pratique qu’il s’efforce de développer auprès du grand public.

Charte d’écologie.

L’usage des produits phytosanitaires a encore la vie dure auprès de nombreux jardiniers. C’est ainsi que, depuis environ 6 mois, une formation est dispensée auprès de tous les jardiniers de la ville, afin de se conformer aux exigences de la charte d’écologie urbaine.

Et si Bernard Roussel s’autorise un peu de bouillie bordelaise, il préfère presque que la plante soit malade tant qu’elle n’est pas en danger de mort. Car ce lieu de rencontres et de conseils pour les amateurs de plantes expérimente volontairement tout ce qui peut arriver dans un jardin ou un potager afin de prodiguer les méthodes de lutte les plus naturelles. Pieds d’herbes, pucerons, maladies cryptogamiques ont un rôle pédagogique, et Bernard le jardinier d’expliquer que c’est avant tout une question d’équilibre, un savant dosage entre ravageurs et auxiliaires (coccinelles…).

Stages.

Une maison à insectes vient tout récemment d’être construite pour permettre à tout ce petit monde d’hiverner jusqu’aux beaux jours. Un atelier PBI (spécial protection biologique intégrée), ou utilisation des insectes et des bactéries pour lutter contre les ravageurs, est dispensé parmi d’autres stages (compostage, circuit de découverte des arbres du parc).

Chaque mois, répartis entre les écoles, les centres d’animation, les maisons de quartier ou les associations, 400 enfants fréquentent le parc Rivière. Et depuis quatre ans, les non-voyants de l’Unadev (Union nationale des aveugles et déficients visuels) s’y rendent tous les jeudis.

3 Les mercredis après-midi de 14 h à 16 h, il répond à toutes les questions sur le jardinage. Lire la suite

Bruges : après les AMAP le MIAM !

Sud-Ouest,  Guy Faydi, le 7 Octobre 2008

ALIMENTATION. Un groupe de consommateurs s’est lié à un maraîcher pour un an renouvelable dans la vallée du parc des Jalles. C’est le Miam. Explications

Un panier hebdomadaire garanti

On connaissait l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), un partenariat entre un groupe de consommateurs et une ferme. On découvre à Bruges son cousin le Miam (Mouvement informel d’aide aux maraîchers). Le Miam est né d’une rencontre entre un producteur et une consommatrice, en l’occurrence Philippe Laville, maraîcher à Bruges (dans la vallée du parc des Jalles) qui présentait des produits lors d’une réunion, et Catherine Cestari séduite par la qualité de l’offre et de la culture raisonnée.

D’autres objectifs ont contribué à l’éclosion d’un partenariat qui regroupe aujourd’hui une trentaine de consommateurs : « La pérennisation de la longue histoire des maraîchers par le fait que le producteur soit Brugeais, raconte Catherine Cestari. La disparition progressive de la profession nous affecte. L’ambiance que crée ce système de commerce en favorisant les contacts croisés, la convivialité, le covoiturage pour récupérer les paniers chaque vendredi ont stimulé cette démarche jusqu’à son aboutissement. »

Travail planifié.

Le principe est le suivant : le consommateur s’engage pour un an à acheter un panier à 12 euros par semaine (possibilité de demi-panier à 6 euros). À la charge de chacun en cas d’absence de trouver un autre preneur, puisque la vente est garantie au producteur et payée d’avance mensuellement. Le producteur, connaissant ainsi à l’avance le volume de ses ventes, peut planifier son travail.

Philippe Laville espère parvenir à 100 paniers par semaine : « Si les estimations se confirment, je prévois l’embauche d’un salarié dès le début de l’année prochaine, ce qui est déjà une performance dans une activité en crise, affirme-t-il. D’autre part, je travaille depuis une quinzaine d’années à la mise au point de la production de kiwis bio dont la production s’élève maintenant à 25-30 tonnes. » Le reste de l’exploitation fonctionne avec appui technique, selon la méthode de la culture raisonnée, afin de limiter les apports et les traitements au niveau minimum indispensable.

L’autre aspect du panier hebdomadaire est, selon les consommateurs, Lire la suite