Changer de mode de vie

Changer de mode de vie

http://www.decroissance.ch/index.php/Changer_de_mode_de_vie

decroissance.ch. NC, le 17 juin 2011

Un article paru le MERCREDI, 15 JUIN, 2011 dans le Courrier, et qui a le très grand mérite de traduire en un texte court pourquoi il est temps de remettre en cause la croissance.

Merci à Philippe Roch*, son auteur (qui n’est pas un « petit agitateur altermondialiste » *…), et au Courrier pour ouvrir ses colonnes régulièrement à cette question souvent méprisée ailleurs.

ENVIRONNEMENT • La situation environnementale exige que les anciens pays industriels modifient profondément leurs modes de vie. Sans quoi, ce changement s’imposera de façon brutale. Dans cette perspective, une rencontre interdisciplinaire est organisée les 15 et 16 juin à l’UNIL.

Des exemples du passé montrent que des sociétés qui abusent des ressources disponibles finissent par s’effondrer dans la douleur. C’est ainsi qu’ont disparu la civilisation Maya vers l’an 900, celle de l’île de Pâques au XVIIe siècle, les colonies vikings du Groenland et bien d’autres2. Des exemples des crises plus actuelles, comme au Rwanda et en Haïti, montrent des mécanismes semblables. Ces effondrements font intervenir à chaque fois les mêmes facteurs: une augmentation de la population, la déforestation, une surconsommation des ressources disponibles, parfois accentuée par des pressions extérieures comme un changement climatique, des conflits pour l’accès aux dernières ressources, et une incapacité politique de prévoir les évènements et de prendre les décisions nécessaires au rétablissement d’un équilibre. Cette brève énumération suggère déjà que notre société pourrait bien se trouver elle-même au seuil d’un effondrement.

Un monde en rupture

En effet nos consommations excèdent la capacité de production de la nature. Pour l’ensemble de l’humanité, il faudrait aujourd’hui une planète et demie pour atteindre l’équilibre entre ce que produit la nature, et ce que nous consommons en énergie, aliments, et minerais. Malgré cela, la plus grande partie de l’humanité vit dans la pauvreté ou la misère, et plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau propre. Si tous vivaient au niveau européen, il faudrait trois planètes, et sept pour vivre au niveau des Américains du Nord. Cette situation fait suite à une forte croissance démographique –la population mondiale a été multipliée par douze depuis 1800, et par deux depuis 1960– et à une boulimie inextinguible de ressources et d’énergie. Les énergies non renouvelables polluent l’environnement et s’épuisent, le cycle de l’eau est perturbé à grande échelle, la déforestation continue à un rythme effréné, de nombreuses espèces et les écosystèmes régressent.

Des solutions techniques?

Beaucoup espèrent dans l’efficacité énergétique, l’amélioration des procédés de production et l’augmentation des taux de recyclage pour redresser la situation. Isolation des bâtiments, moteurs plus performants, appareils moins gourmands en énergie, collecte et recyclage des déchets, énergies renouvelables nous font rêver d’un nouveau monde, plus écologique, plus durable. Malheureusement tant que les politiques sociales et économiques de la plupart des pays du monde reposeront sur l’idée de croissance, le taux de consommation des ressources rattrapera l’amélioration de l’efficacité. Notre économie est devenue dépendante de la croissance, et il suffit qu’elle ralentisse quelque peu pour que l’ensemble de notre système se fragilise, que le chômage augmente, que l’équilibre financier des Etats soit rompu et que le filet social soit menacé. L’idéologie de la croissance est un mensonge et une absurdité: un mensonge parce que la croissance dont on parle est celle du PIB, c’est-à-dire du niveau d’activité économique et des flux financiers. Elle ne tient pas compte du capital le plus important, celui des ressources naturelles, qui décroît depuis une cinquantaine d’années, et qui n’entre pas dans les comptabilités nationales. La croissance est aussi une absurdité, car il est impossible de croître indéfiniment dans un monde limité. Pour ces deux raisons la croissance n’est pas possible dans la durée: elle nous confrontera forcément à des ruptures, qui seront d’autant plus sévères qu’elles interviendront tardivement. Plus nos sociétés seront dépendantes de ressources vouées à se raréfier ou à disparaître, plus la chute sera douloureuse.

De nouvelles valeurs

Le matérialisme a peu à peu instauré un système de valeurs fondé sur l’arrogance, la domination, la compétition, l’envie, la démesure, au détriment des valeurs écologistes et humanistes. Puisque le matérialisme ne parviendra jamais à combler les besoins profonds de l’humain, il engendre des frustrations, génératrices de nouveaux besoins et de nouvelles consommations. Pour sortir de ce cercle vicieux avant l’effondrement, et rétablir un équilibre entre l’humanité et la nature, il faut provoquer un sursaut moral et restaurer des valeurs collectives de respect, d’humilité, de solidarité, de sobriété, de partage et de coopération. C’est seulement si nous devenons plus sobres que le progrès technique pourra réellement nous aider à réduire notre pression sur la nature.

Ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, Philippe Roch est, avec le Pr Dominique Bourg, coorganisateur du colloque interdisciplinaire «Modes de vie», à l’Université de Lausanne, 15 et 16 juin 2011.

 

Jean Ziegler : Le massacre de la faim se déroule dans une normalité glacée – Des crises ou une crise planétaire ?

humanité.fr, propos recueillis par J. S., février 2011

http://www.humanite.fr/04_02_2011-%C2%AB-le-massacre-de-la-faim-se-d%C3%A9roule-dans-une-normalit%C3%A9-glac%C3%A9e-%C2%BB-464377

« Le massacre de la faim se déroule dans une normalité glacée »

Par Jean Ziegler, membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (*).

Des crises ou une crise planétaire ?

Dans la crise planétaire où se croisent plusieurs crises, la crise alimentaire est singulière. Parmi tous les droits humains, le droit à l’alimentation est celui qui est le plus cyniquement, le plus brutalement violé aujourd’hui. Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Près d’un milliard d’êtres humains sont gravement sous-alimentés. La courbe des victimes dépasse celle de la croissance démographique. Selon la FAO, l’agriculture mondiale pourrait nourrir sans problème 12 milliards d’êtres humains, or nous sommes 6,7 milliards sur la planète. Un enfant qui meurt de faim est donc un enfant assassiné.

Quelles sont les causes de cette crise ? Pour la population rurale, celle qui produit sa nourriture (3,2 milliards de personnes), plusieurs raisons structurelles sont identifiables. D’abord, le dumping agricole. Les pays de l’OCDE ont versé, l’an dernier, 345 milliards de dollars de subventions pour leurs productions et exportations agricoles, ce qui fait que, sur n’importe quel marché africain, on achète des légumes grecs, français, portugais, allemands pour le tiers ou la moitié du prix du produit africain correspondant. Pendant ce temps, le paysan africain, sa femme et ses enfants s’épuisent au travail sans la moindre chance d’atteindre le minimum vital convenable. L’hypocrisie des commissaires de Bruxelles est abyssale. Ils organisent la faim sur le continent africain et déploient des forces militaires pour intercepter les survivants qui essaient de passer les frontières sud de l’Europe.

La deuxième raison est la vente de terres. L’an dernier, 41 millions d’hectares de terres arables africaines ont été achetés ou louées pour 99 ans par les hedge funds ou par des pays comme la Corée du Sud. La Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, etc, financent ce vol en arguant que seuls des groupes financiers sont capables de rendre ces terres réellement productives. Les familles d’agriculteurs dépossédées vont alors grossir les bidonvilles avec les conséquences qu’on connaît : prostitution enfantine, sous-alimentation, etc.

Troisième raison : la dette extérieure. Au 31 décembre 2009, celle des 122 pays dits du « tiers-monde », était de 2 100 milliards de dollars. La presque totalité de leurs gains à l’exportation est donc absorbée par les intérêts de la dette.

Quant aux populations urbaines, selon la Banque mondiale, 2,2 milliards de personnes vivent avec 1,25 dollar par jour, en dessous du seuil d’extrême pauvreté. Les prix des trois aliments de base – riz, maïs, blé – ont explosé. La tonne de blé meunier a doublé en un an – le prix de la baguette, multiplié par trois, a été un facteur essentiel dans la formidable révolution tunisienne. On peut expliquer ces augmentations de prix en partie par Lire la suite

Note PAC des Parcs naturels régionaux de France : Réforme de la Politique agricole commune (PAC) 2014-2020 – L’approche territoriale, vecteur d’un développement agricole durable

http://www.cdurable.info/L-approche-territoriale-vecteur-d-un-developpement-agricole-durable,3230.html

Note PAC des Parcs naturels régionaux de France : Réforme de la Politique agricole commune (PAC) 2014-2020 – L’approche territoriale, vecteur d’un développement agricole durable

Cdurable.info, Cyrille Souche, le 3 février 2011

Européen à l’agriculture des propositions relatives à la réforme de la Politique agricole commune dans un document intitulé : « L’approche territoriale, vecteur d’un développement agricole durable ». Dans ce document, la Fédération, qui rassemble un réseau de 46 Parcs naturels en France, part d’un constat qu’elle connaît bien : la diversité de l’agriculture et de ses enjeux sur des territoires marqués par la diminution du nombre d’agriculteurs ; ses nouvelles chartes de Parcs répondant déjà aux grands objectifs de la réforme dans des domaines aussi essentiels que la sécurité alimentaire, la protection des ressources naturelles, la lutte contre le changement climatique, le développement rural et l’emploi. Elle propose donc d’accompagner une agriculture fondée sur la diversité des territoires et des ressources naturelles.

1. Introduction : la réforme de la dernière chance pour une agriculture durable ?

2. L’approche territoriale, gage d’une agriculture plus durable

3. Les Parcs naturels régionaux : une approche territoriale de l’agriculture qui va dans le sens des défis de la réforme de la PAC

4. Un Ier pilier à rapprocher de la dimension territoriale et à rééquilibrer en faveur du second pilier

5. Un second pilier outil d’une approche territoriale combinant les enjeux environnementaux, climatiques et de compétitivité

6. Les 3 options proposées par la Commission ; proposition d’une quatrième voie

7. Conclusion : un retour au bon sens agronomique, enrichi par l’innovation agro-écologique et une approche territoriale

L’agriculture doit en effet être soutenue pour répondre à une demande croissante de qualité des productions et pour développer les pratiques respectueuses de l’environnement. Il en va de même pour la protection et la valorisation des paysages qui vont bien au-delà d’un intérêt touristique évident.

Même si elle évolue dans le bon sens, la Politique agricole commune n’a pas toujours favorisé ces approches. En concentrant les aides sur certaines productions intensives, la PAC a entraîné la spécialisation des productions qui ont eu un impact désastreux sur l’environnement. Pour réussir le tournant environnemental de l’agriculture européenne, la PAC doit s’appuyer sur les ressources des territoires et les projets collectifs qui s’y développent en respectant les spécificités locales, comme le font depuis toujours les Parcs naturels régionaux.

La PAC doit être incitative sur le volet environnemental du premier pilier pour enclencher une évolution vers des pratiques durables qui Lire la suite

Patrick Artus de NATIXIS : « Le pétrole restera cher et même extrêmement cher »

lemonde.fr, propos recueillis par Alain Faujas, le 2 février 2011

http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=ae398500f046d8e8a7b56f79a9922b7357ce80fa473ff2b5

Patrick Artus « Le pétrole restera cher et même extrêmement cher »

Poussé par la crise égyptienne, le baril de Brent a franchi, lundi 31 janvier à Londres, la barre des 100 dollars, au plus haut depuis plus deux ans. Patrick Artus, directeur de la recherche de la banque Natixis, revient sur les raisons et les conséquences de cette hausse.

Pourquoi le prix du baril dépasse-t-il à nouveau les 100 dollars ?

Toutes les matières premières sont en hausse depuis début 2009 et le phénomène s’est accéléré en 2010. Mais les causes ne sont pas les mêmes. Dans les cas des métaux ou des céréales, les banques privées et les fonds d’investissements destinés aux particuliers poussent ceux-ci à y investir.

Dans le cas du pétrole, on ne constate pas de positions financières importantes. En revanche, la demande a progressé en un an de presque 3 %, alors que la production stagne. Il existe bien un spéculateur, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui crée la rareté en refusant de suivre la demande. Son argumentaire est le suivant : « Pourquoi voulez-vous que nous extrayions plus de barils pour recevoir en échange un dollar qui se déprécie ? Nous préférons conserver notre pétrole sous terre dans l’attente d’une meilleure rémunération. »

Le baril à 100 dollars est-il une catastrophe pour les pays consommateurs ?

C’est un énorme problème pour les pays développés. Mais la situation est très différente des chocs pétroliers de 1974 et de 1980 : les salaires étaient alors indexés sur l’évolution des prix. Aujourd’hui, les salariés ne bénéficient plus d’un rapport de forces favorable et les profits ont la part belle. Calculons : le déficit en énergie de la zone euro représente 2,5 % du produit intérieur brut (PIB). Imaginons que le pétrole reste à 100 dollars, contre 80 en moyenne en 2010, et que l’euro baisse de 10 % ; rapporté aux 2,5 % de PIB, cela donne 0,75 % de PIB perdu. Affinons encore : quand nous achetons pour 100 euros aux pays pétroliers, nous leur vendons environ 40 euros de biens divers, soit 60 % de déficit. Rapporté au 0,75 % de PIB perdu, ce rattrapage réduit la perte de croissance à un demi-point. Cela fait mal, sauf aux pays exportateurs comme l’Allemagne. Pour les pays en développement, la réalité est tout autre. Ce n’est pas la hausse du prix du pétrole qui les plombe, mais celle de l’alimentation, qui pèse un tiers dans les dépenses des ménages.

Jusqu’où le prix du baril montera-t-il ?

Pour l’heure, ce n’est donc pas une question de ressources, puisque la capacité de production est de 4 millions de barils/jour au-dessus de la demande mondiale de pétrole. En revanche, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et les pétroliers nous annoncent que celle-ci va croître de 1,5 % par an et la capacité de production de 0,4 %. Dans cinq ans, au prix actuel, nous serons en présence d’une insuffisance physique. Nous manquerons de pétrole. Compte tenu de l’élasticité faible de la consommation pétrolière par rapport au prix, soit 0,005, il faudrait que les prix augmentent jusqu’à 200 dollars en 2020 pour susciter les investissements qui permettraient une hausse plus rapide de la production. On peut prédire que le pétrole restera cher et même extrêmement cher.

Peut-on maîtriser les fluctuations des cours des matières premières – dont le pétrole -, comme le souhaite l’Elysée ?

En matière de métaux ou de denrées alimentaires, il serait sage de Lire la suite

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Cdurable.info, David Naulin, vendredi 28 janvier 2011

http://www.cdurable.info/Rapport-25-propositions-pour-une-consommation-durable-Centre-Analyse-Strategique,3223.html

Les études réalisées par le Crédoc montrent que nous sommes de plus en plus nombreux à avoir conscience de la nécessité de protéger notre planète et de s’engager vers le développement durable, mais, que seule une minorité d’entre nous agit en ce sens. Le paradoxe est encore plus important dans la consommation. Les « consomm’acteurs », qui privilégient au moins occasionnellement les produits issus du commerce équitable, de l’agriculture biologique ou de circuits de production régionaux, ne représenteraient environ que 20 % de la population. Face à ces constats, le gouvernement a souhaité que le Centre d’analyse stratégique (CAS) établisse le bilan des pratiques actuelles de « consommation durable », explicite les leviers d’action dont dispose la puissance publique pour modifier les pratiques en faveur d’une consommation plus durable et propose des recommandations en ce sens. Commandé par le Gouvernement, ce rapport du groupe de travail présidé par Elisabeth Laville, présente 25 recommandations pour diffuser pleinement les réflexes de consommation durable au sein de la société française.

Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

Encourager les initiatives pionnières de terrain dans une logique « ascendante »

Soutenir l’innovation au service de la consommation durable

Mettre en place les outils économiques nécessaires

Encourager l’État et les collectivités territoriales à adopter des politiques de consommation et de commande publique durables

Assurer un suivi pérenne de la politique nationale de consommation durable

Télécharger le rapport

Synthèse du rapport

Avant toute politique de consommation durable, il s’agit de déterminer dans quelle mesure une alternative au modèle de la « consommation-accumulation » est possible. Il ne s’agit aucunement de prôner l’émergence d’une société de la décroissance, qui ne serait compatible ni avec la prospérité de l’économie française ni avec la soutenabilité de notre endettement. Si une évolution vers une société durable doit être amorcée le plus tôt possible, elle ne doit pas être imposée brutalement. Elle devra être suffisamment attractive pour motiver les changements de comportements et se construire en collaboration avec les parties prenantes, comme le souligne le récent livre de Dominique Bourg et Kerry Whiteside, qui propose de « repenser la démocratie » pour répondre au défi écologique [1]. Une politique de consommation durable ne peut de fait se concevoir que dans la mesure où elle s’intègre dans la vision partagée d’une société qui relativise l’importance de la consommation dans nos vies, nos relations sociales, notre culture.

Nous devons faire décroître dès aujourd’hui notre impact environnemental, nos émissions de gaz à effet de serre et les prélèvements de ressources naturelles de manière sélective, dans certains secteurs. Dans le même temps, il est urgent d’explorer les opportunités de croissance liées à la consommation de produits et services durables, innovants (économie de fonctionnalité, écoconception, circuits courts…). Les fondements d’une politique spécifique de consommation durable pourraient donc être posés sous forme d’objectifs simples visant à réduire l’impact des modes de consommation français, en concertation avec les parties prenantes. Cette stratégie devra ensuite être déclinée dans des secteurs prioritaires compte tenu de leur impact (essentiellement l’alimentation, le logement dont l’électronique, le transport dont le tourisme).

L’implication de l’ensemble des acteurs, notamment des ménages dont la contrainte de revenu est la plus forte, est un aspect central et devra conduire à adopter des approches différenciées pour qu’ils ne restent pas à l’écart de cette politique.

Plusieurs facteurs devront être pris en compte pour assurer son efficacité :

  • reconnaître la consommation durable comme un sujet à part entière ;
  • considérer l’ensemble du cycle de vie des produits et services ;
  • instituer une gouvernance mêlant l’approche descendante traditionnelle (réglementation, contrôle, information, incitation, etc.) à une approche plus ascendante, volontaire, participative, à l’écoute des initiatives innovantes, en soutien des groupes sociaux pionniers et déjà convaincus, qui peuvent avoir un effet d’entraînement ;
  • faire évoluer notre modèle de consommation en s’appuyant sur des relais culturels ;
  • adapter la stratégie aux évolutions sociales et technologiques ;
  • viser la réorientation des comportements des producteurs et des consommateurs à long terme.
  • Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

L’éducation à la consommation devrait amener chaque citoyen, à tout âge, à intégrer le développement durable dans ses réflexes et habitudes de consommation. L’une des difficultés consistera à Lire la suite

Prochaine réunion mensuelle de Gironde en transition le mardi 1er février 2011 à 19h00 à la MNE Bordeaux-Aquitaine – L’après-pétrole a commencé… en 2006 ! C’est confirmé !

Prochaine réunion mensuelle de Gironde en transition le mardi 1er février 2011 à 19h00 à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, 3 rue de Tauzia à Bordeaux, suivi d’un pique-nique partagé tiré du sac. Ouvert à toutes et à tous.

EDITO [imagine 83 – janvier & février 2011]

http://www.imagine-magazine.com/lire/spip.php?article1287

La Transition

L’après-pétrole a commencé… en 2006 ! C’est confirmé !

2006 fut l’année du pic pétrolier. Et maintenant, que fait-on ? Le mouvement de la transition a lancé un séduisant plan B : il propose une renaissance économique, culturelle et sociale, par une relocalisation de l’économie. En se passant progressivement du pétrole et, surtout, en valorisant tous les talents. Une piste à découvrir !

Le pic pétrolier a eu lieu en 2006 ! C’est l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui l’annonce dans le World Energy Outlook 2010, son rapport annuel publié le 9 novembre dernier [1] Le pic pétrolier, c’est ce moment où la production commence à plafonner et puis à décroître, et cela à l’échelle de la planète entière. Dans une économie mondiale fondée sur le pétrole, le temps est donc venu de se poser des questions de civilisation !

La fin du pétrole abondant et bon marché

Dans les années 40, le géophysicien Hubbert suggéra que la production d’une matière première donnée, et en particulier du pétrole, suivait une courbe en forme de cloche (voir ci-contre). L’extrapolation de la première partie de la courbe devait permettre de la dessiner complètement. Et donc de déduire les réserves de pétrole d’une région donnée, ainsi que le maximum de sa production. Pour confirmer son hypothèse, Hubbert annonça que la production de pétrole des Etats-Unis atteindrait son niveau maximal en 1970. Sa présentation fut oubliée… jusqu’en 1971, année où la production américaine atteignit effectivement son maximum, puis déclina, confirmant l’hypothèse du pic de Hubbert. Depuis lors, si la communauté internationale s’est trouvée d’accord pour dire que ce pic allait arriver pour toutes les réserves pétrolières de la planète, il restait à en déterminer la date.
Les spécialistes de l’Aspo [2] annonçaient comme imminente l’arrivée du pic pétrolier, et depuis peu, les plus clairvoyants n’hésitaient pas à affirmer que nous étions « déjà dedans ».
La confirmation est aujourd’hui apportée par le secteur lui-même : le « pic historique » a été franchi en 2006 et la production de pétrole conventionnel n’augmentera « plus jamais  », précise le rapport 2010 de l’Agence internationale de l’énergie.

Cette importante nouvelle n’a pas vraiment fait les grands titres de l’information internationale. « Il y a bien eu quelques papiers plus ou moins inquiets », relève Matthieu Auzanneau, un journaliste indépendant, sur son blog spécialisé [3]. L’AIE prévoit que « la production de pétrole brut se stabilise plus ou moins autour de 68-69 Mb/j (millions de barils par jour) à l’horizon 2020, mais ne retrouve jamais le niveau record de 70 Mb/j qu’elle a atteint en 2006 », relève pour sa part Hervé Kempf, dans un petit article du journal Le Monde marquant l’événement [4].

Pas de panique toutefois : on ne verra pas les stations-service à sec dès demain. Les prix, par contre, risquent bien de monter progressivement. La surconsommation de biens en tous genres, dont beaucoup fabriqués à partir ou consommant des produits pétroliers (avions, autos, plastiques, agriculture intensive, chimie…), continuant à être présentée comme « le » moyen d’accéder au bonheur, chacun revendique – bien légitimement – sa part d’or noir. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que demain, par on ne sait quel coup de baguette magique, nos économies dépendantes puissent se passer de pétrole bon marché.

Le début d’un pétrole encore plus polluant ?

Le déclin rapide de la production de pétrole bon marché risque de ne pas être une sinécure pour les populations, si on ne s’y prépare pas dès aujourd’hui. Les plus pauvres seront les premiers à souffrir de la pénurie. Et les risques de conflits, notamment pour les ressources, sont évidents. Il semble que, pour les politiques, soumis aux échéances électorales tous les quatre ou cinq ans, le pic pétrolier soit une question à trop long terme pour être véritablement prise en considération. Se saisir de cette question à bras-le-corps serait en effet choisir de ramer à contre-courant des grandes industries du secteur (pétrole, gaz, automobile…), qui disposent de la puissance de la propagande publicitaire, et qui font tout pour nier l’évidence, dans le but de prolonger autant que possible le business as usual. Car, malgré l’arrivée du pic, le secteur pétrolier prévoit – ce qui est un comble – une augmentation de la production de pétrole et de gaz d’ici 2035 ! Pour y arriver, les pétroliers comptent sur l’exploitation des ressources non conventionnelles, comme les sables bitumineux du Canada, et sur une augmentation de la production de gaz liquide, notamment pour les transports. Mais le secteur table surtout sur l’exploitation de nouveaux gisements situés dans les zones maritimes à grandes profondeurs, ainsi que dans l’océan Arctique (voir le graphique ci-dessous dans l’article d’origine).

L’important à noter dans ce graphique est bien sûr le Lire la suite

Edgar Morin, une voie pour éviter le désastre annoncé

rue89.com, Zineb Dryef et Pierre Haski, le 23 janvier 2011

http://www.rue89.com/entretien/2011/01/23/edgar-morin-une-voie-pour-eviter-le-desastre-annonce-187032

Edgar Morin, une voie pour éviter le désastre annoncé

A 89 ans, Edgar Morin continue de produire une réflexion riche et tournée vers l’avenir. Cet ancien résistant, ex-communiste, sociologue et philosophe, à qui, sans le savoir, Nicolas Sarkozy empruntait il y a quelques années le concept de « politique de civilisation », vient de produire un nouvel ouvrage, « La Voie », dans laquelle il fait à la fois un constat sévère et angoissant des maux de notre époque, et tente de donner quelques pistes pour l’avenir. Entretien avec Rue89.

Rue89 : Nous avons été frappés par votre pessimisme en lisant votre livre. Vous prédisez une catastrophe de l’humanité tout en disant que le pire n’est jamais sûr. La note d’espoir de la fin s’adresse à ceux qui survivront au cataclysme…

Edgar Morin : Ecrire 300 pages de propositions pour l’avenir n’est pas pessimiste. Si j’avais été pessimiste, j’aurais été Cioran, j’aurais écrit quelques maximes disant « tout est foutu ».

Je me place d’un point de vue qui est celui de la distinction entre le probable de l’improbable. Le probable, pour un observateur donné dans un lieu donné, consiste à se projeter dans le futur à partir des meilleures informations dont il dispose sur son temps.

Evidemment, si je projette dans le futur le cours actuel du devenir de la planète, il est extrêmement inquiétant. Pourquoi ?

Non seulement il y a la dégradation de la biosphère, la propagation de l’arme nucléaire mais il y a aussi une double crise : crise des civilisations traditionnelles sous le coup du développement et de la mondialisation, qui n’est rien d’autre que l’occidentalisation, et crise de notre civilisation occidentale qui produit ce devenir accéléré où la science et la technique ne sont pas contrôlées et où le profit est déchaîné.

La mort de l’hydre du totalitarisme communiste a provoqué le réveil de l’hydre du fanatisme religieux et la surexcitation de l’hydre du capital financier.

Ces processus semblent nous mener vers des catastrophes dont on ne sait pas si elles vont se succéder ou se combiner. Tous ces processus, c’est le probable.

Seulement, l’expérience de l’histoire nous montre que l’improbable bénéfique arrive. L’exemple formidable du monde méditerranéen cinq siècles avant notre ère : comment une petite cité minable, Athènes, a-t-elle pu résister deux fois à un gigantesque empire et donner naissance à la démocratie ?

J’ai vécu autre chose. En l’automne 1941, après avoir quasi détruit les armées soviétiques qu’il avait rencontrées, Hitler était arrivé aux portes de Leningrad et de Moscou. Or à Moscou, un hiver très précoce a congelé l’armée allemande. Les soviétiques étaient déjà partis de l’autre côté de l’Oural.

L’histoire aurait pu être différente si Hitler avait déclenché son offensive en mai comme il l’avait voulu et non pas en juin après que Mussolini lui eut demandé de l’aide, ou si Staline n’avait pas appris que le Japon n’attaquerait pas la Sibérie, ce qui lui a permis de nommer Joukov général sur le front du Moscou.

Le 5 décembre, la première contre-offensive soviétique a libéré Moscou sur 200 kilomètres et deux jours plus tard, les Américains sont entrés en guerre. Voilà un improbable qui se transforme en probable.

Aujourd’hui, quel est le nouvel improbable ? La vitalité de ce l’on appelle la Lire la suite

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

vertigo.revues.org, volume 10, numéro 2, Emmanuel Pezrès, septembre 2010

http://vertigo.revues.org/9941

Volume 10 numéro 2 | septembre 2010

Dossier : L’agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le développement des villes et des communautés

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

La permaculture est souvent considérée comme un procédé « alternatif » de production alimentaire écologique en ville ou à la campagne. Cependant, et bien que la définition et les principes de la permaculture soient en constante évolution, il apparaît que la permaculture n’est pas simplement une autre façon de jardiner, mais une autre façon de concevoir le monde. Considérant la place de la permaculture dans le processus de l’agriculture urbaine, nous remarquons que la conception permaculturelle est, bien entendu, différent de l’agriculture conventionnelle, mais nous observons également que le projet permaculturel est fondamentalement différente de l’urbanisme. De là, face à la crise écologique mondiale croissante, nous interrogeons la permaculture comme une possibilité de re-conception de la structure urbaine existante. Enfin, nous nous questionnons sur les bases épistémologiques de la permaculture en vue de susciter un changement philosophique et matériel global.

Plan

La permaculture : une définition en mouvement.

Permaculture versus urbanisme.

La permaculture et la culture de la ville.

Le travail permaculturel de l’urbain

Cultiver un paradigme alternatif.

1. Stimulée par une recherche contemporaine de relations environnementales et collectives plus harmonieuses, l’ambition d’une agriculture intégrée à des cycles écologiques durables rencontre un souhait citoyen de réinvestir la ville. Les expériences présentes de permaculture et leurs développements dans le mouvement des villes en transition tendent vers ces objectifs. Cet article, prolongeant les potentialités d’aménagement de l’agriculture urbaine au travers de la permaculture se propose de décrire les possibilités de mise en œuvre de production de « cultures alternatives » dans leurs sens le plus large. Pour cela, nous essayerons d’abord de définir la permaculture à partir d’elle-même. Puis, nous chercherons sa spécificité dans ses contrastes avec les disciplines qui travaillent l’agriculture urbaine : l’agriculture et l’urbanisme. Ensuite, nous envisagerons la permaculture, non plus comme seule méthode d’agriculture dans la ville, mais comme une méthode de conception de l’urbain. Enfin, la dernière partie exposera la possibilité de création d’une autre façon de vivre la ville et la mise en place d’une nouvelle urbanité qui pourrait être aussi un nouveau paradigme civilisationnel.

La permaculture : une définition en mouvement.

2. Afin d’éviter que la permaculture ne soit réduite à une simple modalité de l’agriculture urbaine, il nous faut d’abord essayer de définir ce qu’elle est et quel est son objet. Toutefois, fixer le concept de permaculture n’est pas forcément possible car sa définition est mouvante, elle varie selon les auteurs et évolue avec le temps. Du mot, on peut dire qu’il a été formé dans les années soixante-dix, par Mollison et Holmgren à partir de deux termes anglais : « permanent » et « agriculture ». Les créateurs du concept définissent en premier lieu la permaculture comme « (…) un système évolutif intégré, d’auto-perpétuation d’espèces végétales et animales utiles à l’homme. C’est, dans son essence, un écosystème agricole complet, façonné sur des exemples existants, mais plus simples » (1986 :15). Cependant au lieu de rester classiquement dans le domaine agricole comme pourrait le faire l’agriculture biologique, le premier et unique livre en commun des deux co-inventeurs du terme permaculture, lui donne tout de suite un champ d’action plus large : « Nous n’avons pas voulu établir un schéma fixe et dogmatique mais un modèle qui intègre plusieurs principes appartenant à de nombreuses disciplines l’écologie, la conservation de l’énergie, l’aménagement du paysage, la rénovation urbaine, l’architecture, l’agriculture (sous tous ses aspects) et les théories de localisation en géographie. » (1986 :16). De même, bien que l’élaboration du concept de permaculture et son étude, soit d’abord destinés à une population ayant Lire la suite

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

terrecooperative.ouvaton.org, Alain Marcom, le 13 avril 2008

http://terrecooperative.ouvaton.org/spip.php?article24

Ce texte fait partie du « Petit Précis d’Agroécologie » Nourriture, Autonomie, Paysannerie, sous la direction de Silvia Perez-Vitoria et Eduardo Sevilla Guzman, édité par La Ligne d’Horizon, 7 villa Bourgeois 92240 Malakoff et qu’on peut le commander pour la somme redoutable de 6 € + frais de port

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

Jusqu’en 1750, origine de la mécanisation, les maisons de la grande majorité de la population mondiale étaient forcément des maisons à faible impact environnemental. Elles étaient issues de matériaux de proximité, montés avec un savoir faire local et dans le cadre d’une économie faiblement marchande. Le travail de mise en oeuvre était basé sur la consommation d’une énergie métabolique humaine ou animale. On était parfois aidé par les cours d’eau ou le vent à fin de transport ou d’aide mécanique au sciage des arbres ou de taille des pierres, pour la très ténue minorité des puissants économiques, politiques ou religieux.

Mais pour l’immense majorité de l’humanité, c’était le contexte général de l’architecture de cueillette. Ce qui ne servait pas, voire ce qui gênait dans l’agriculture, était utilisé en construction. On gérait plus qu’on ne cultivait des matériaux comme le bois ou les roseaux. On construisait avec les pierres qui affleuraient à la surface du champ et avec la terre des coins les moins fertiles. L’impact environnemental principal était du à la cuisson de la terre pour les briques ou les tuiles, et à la cuisson de la chaux, dans les régions où ces cuissons étaient pratiquées. Mais ces derniers matériaux étaient utilisés avec une grande parcimonie, surtout que la population mondiale était bien inférieure à la population actuelle, puisqu’elle n’atteint son premier millard d’habitants qu’au début du 19 ème siécle….

Seuls les monuments, bâtiments des puissants, s’exonéraient de cette pratique par l’importation de matières venues de loin, quand les matériaux locaux n’étaient pas assez prestigieux et coûteux pour éblouir les passants. En effet les matières pour construire étaient, et restent encore aujourd’hui lourdes et leur transport avant le règne des camions, des autoroutes et du pétrole, avait un coût considérable. A partir de 1850, la machine thermique a peu à peu permis de transformer la matière, de la transporter plus facilement sur de plus grandes distances. Le train, l’acier, le bateau à vapeur, le ciment, les engins de carrière ont transformé les matériaux et les savoir faire dans les pays en voie d’industrialisation tout au long du 19 ème siècle.

La croissance des villes dans le « premier monde » a participé à la naissance d’un marché du travail dans le bâtiment. Un secteur important de l’économie est né à partir de la révolution industrielle. Alors que le ciment est inventé au début du 19 ème, c’est vers le milieu de ce siècle qu’est déposé le premier brevet du béton armé, et c’est dans la dernière décennie du 19 ème qu’on voit apparaître des chantiers de construction d’immeubles en béton armé en Belgique, chantiers effectués par des entreprises allemandes. A ce moment, nous sommes au début de l’« art nouveau », et ce sont les capacités plastiques du béton qui sont recherchées.

L’industrialisation du bâtiment en France

La reconstruction après la première guerre mondiale a vu la première tentative de bétonnisation dans le Nord Est de la France. Cette tentative parfaitement réussie du point de vue économique, fera du chemin, bien que la ligne Maginot ait peu convaincu. L’occupation allemande, avec le chantier du mur de l’Atlantique a confirmé le formidable potentiel du béton et la facilité de façonnage, aussi appelée formation, de la main d’oeuvre. C’est fort de ces réussites économiques et mécaniques resplendissantes que le gouvernement provisoire de 1944 va se lancer dans une stratégie d’industrialisation à outrance sous prétexte de « reconstruction ». Les écoles d’ingénieurs formatés à ce projet, et les recherches pour la modélisation de ce matériau emblématique de la modernité, vont fleurir un peu partout en France.

Les tâches de la chaîne de production du bâti vont être finement découpées et séparées, atomisées, taylorisées. C’est à l’aune de la flèche de la grue que vont se concevoir les cités de banlieue. De véritables usines de béton armé vont se monter à une extrémité du chemin de grue. Celle-ci distribuera les coffrages-tunnels ou les éléments préfabriqués au bout de sa flèche de chaque côté du rail, donnant naissance à deux barres parallèles. Sur ce process industriel de conception et de réalisation, un peu partout des cités des mille, deux mille, jusqu’à quatre mille logements vont être construites. La puissance publique ne va pas ménager ses commandes, en cités-dortoirs de banlieue, hôpitaux, écoles, bâtiment administratifs, barrages, ponts, etc… Le béton über alles établira de la sorte sa domination actuellement encore sans partage. Un hasard bien planifié fait donc que nous avons aujourd’hui en France les deux plus puissants groupes de bâtiment mondiaux, et le premier producteur mondial de ciment.

De l’autre côté du Rhin, la tradition fédéraliste a engagé l’Allemagne dans une autre stratégie. Le montant des destructions était bien supérieur là-bas qu’ici. Mais là bas on a investi les fonds du plan Marshall dans le redressement du capital industriel lourd. Les régions, avec de très faibles moyens, ont eu en charge la « reconstruction ». Ainsi, on a pu voir des techniques traditionnelles régionales normalisées, et des ouvrages pédagogiques de vulgarisation de techniques constructives simples à base de matériaux peu transformés et de proximité diffusés, favorisant l’autoconstruction, l’apprentissage et la reconstruction d’un tissu économique constitué essentiellement de petites entreprises. L’organisation politique a produit une forme de retour à l’architecture de cueillette. Les savoir faire locaux, Lire la suite

Tim Jackson, économiste britannique – « Notre modèle actuel de croissance crée des dommages irréversibles sur l’environnement »

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2011/01/03/tim-jackson-notre-modele-actuel-de-croissance-cree-des-dommages-irreversibles-sur-l-environnement_1460320_3244.html

lemonde.fr, Tim Jackson, propos recueillis par Hervé Kempf, le 3 janvier 2011

Tim Jackson, économiste britannique

« Notre modèle actuel de croissance crée des dommages irréversibles sur l’environnement »

Professeur et chercheur à l’université du Surrey (Grande-Bretagne), Tim Jackson est un économiste atypique. En 2000, il devient le titulaire de la première chaire de développement durable créée au Royaume-Uni, à l’université de Surrey. Il y fonde aussi une unité de recherche croisant l’économie, la psychologie et la sociologie.

En 2004, nommé à la commission du développement durable créée par le gouvernement de Tony Blair, le chercheur dirige le travail du groupe « Redefining Prosperity » qui le conduit à écrire Prospérité sans croissance, livre publié en 2007 au Royaume-Uni, et deux ans plus tard en France (De Boeck). C’est l’un des ouvrages d’économie environnementale les plus marquants de ces dernières années. Alors que 2011 débute, M. Jackson livre son pronostic sur la croissance et sur les moyens de faire évoluer le modèle économique actuel, qu’il critique largement.

La croissance peut-elle reprendre en 2011 ?

En ce qui concerne les économies occidentales, la réponse est probablement non. Les mécanismes destinés à maintenir la croissance ont fragilisé le système économique en développant un endettement toxique qui a conduit à l’effondrement des marchés financiers. Or les éléments de cette dynamique de crise restent à l’oeuvre aujourd’hui, car l’expansion monétaire illimitée est par nature instable. De surcroît, le prix du pétrole repart à la hausse.

L’autre aspect de la question est de savoir si l’on peut poursuivre la croissance sans dommages environnementaux irréversibles, sachant que nous vivons dans un monde fini. Pour y parvenir, il faudrait découpler la croissance de la production matérielle, créer de la valeur économique non dans les biens, mais dans les services : loisir, santé, éducation…

Est-ce la tendance suivie jusqu’à présent ?

Non. Les progrès d’efficacité énergétique restent inférieurs à l’expansion de l’économie. De même, les tendances en ce qui concerne la forêt, l’eau ou l’érosion des sols vont dans le mauvais sens. Depuis vingt ans, le discours officiel proclame que la technologie, en dématérialisant l’économie, va résoudre l’impact environnemental négatif de la croissance. Mais ce découplage ne se produit pas. Le niveau de technologie nécessaire pour y parvenir est irréaliste. Ce n’est pas très populaire de le dire, mais la technologie ne peut plus être considérée comme la solution à nos difficultés.

La croissance verte est-elle une piste crédible ?

Il est bien sûr utile d’investir dans une meilleure productivité des ressources et dans les technologies faiblement carbonées. Mais Lire la suite

Eloge de la métamorphose, par Edgar Morin

lemonde.fr, Edgar Morin, le 9 janvier 2010

Eloge de la métamorphose, par Edgar Morin

Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un meta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s’organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s’aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l’arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation.

L’amplification et l’accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d’un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système.

Le probable est la désintégration. L’improbable mais possible est la métamorphose. Qu’est-ce qu’une métamorphose ? Nous en voyons d’innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s’enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d’une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles.

La formation des sociétés historiques, au Moyen-Orient, en Inde, en Chine, au Mexique, au Pérou constitue une métamorphose à partir d’un agrégat de sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs, qui a produit les villes, l’Etat, les classes sociales, la spécialisation du travail, les grandes religions, l’architecture, les arts, la littérature, la philosophie. Et cela aussi pour le pire : la guerre, l’esclavage. A partir du XXIe siècle se pose le problème de la métamorphose des sociétés historiques en une société-monde d’un type nouveau, qui engloberait les Etats-nations sans les supprimer. Car la poursuite de l’histoire, c’est-à-dire des guerres, par des Etats disposant des armes d’anéantissement, conduit à la quasi-destruction de l’humanité. Alors que, pour Fukuyama, les capacités créatrices de l’évolution humaine sont épuisées avec la démocratie représentative et l’économie libérale, nous devons penser qu’au contraire c’est l’histoire qui est épuisée et non les capacités créatrices de l’humanité.

L’idée de métamorphose, plus riche que l’idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, de l’héritage des cultures). Pour aller vers la métamorphose, comment changer de voie ? Mais s’il semble possible d’en corriger certains maux, il est impossible de même freiner le déferlement techno-scientifico-économico-civilisationnel qui conduit la planète aux désastres. Et pourtant l’Histoire humaine a souvent changé de voie. Tout commence, toujours, par une innovation, un nouveau message déviant, marginal, modeste, souvent invisible aux contemporains. Ainsi ont commencé les grandes religions : bouddhisme, christianisme, islam. Le capitalisme se développa en parasite des sociétés féodales pour finalement prendre son essor et, avec l’aide des royautés, les désintégrer.

La science moderne s’est formée à partir de quelques esprits déviants dispersés, Galilée, Bacon, Descartes, puis créa ses réseaux et ses associations, s’introduisit dans les universités au XIXe siècle, puis au XXe siècle dans les économies et les Etats pour devenir l’un des quatre puissants moteurs du vaisseau spatial Terre. Le socialisme est né dans quelques esprits autodidactes et marginalisés au XIXe siècle pour devenir une formidable force historique au XXe. Aujourd’hui, tout est à repenser. Tout est à recommencer.

Tout en fait a recommencé, mais sans qu’on le sache. Nous en sommes au stade de commencements, modestes, invisibles, marginaux, dispersés. Car il existe déjà, sur tous les continents, un bouillonnement créatif, une multitude d’initiatives locales, dans le sens de la régénération économique, ou sociale, ou politique, ou cognitive, ou éducationnelle, ou éthique, ou de la réforme de vie.

Ces initiatives ne se connaissent pas les unes les autres, nulle administration ne les dénombre, nul parti n’en prend connaissance. Mais elles sont le vivier du futur. Il s’agit de Lire la suite

Hervé Kempf : Transition optimiste – Du pic pétrolier à la résilience

Transition optimiste

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 28 décembre 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/12/28/transition-optimiste_1458454_3232.html

A suivre le courant des affaires du monde, on pourrait croire que, finalement, tout ne va pas si mal. Oui, c’est la crise, il y a des guerres, des chômeurs, des tensions – mais cela a toujours eu lieu, non ? Et tout pourrait continuer de ce pas, grosso modo. Le discours des écologistes est radicalement différent. Ils affirment que, derrière le déroulement usuel des événements, s’approfondissent les fissures qui, transformées en fractures, peuvent mener à la débâcle de la civilisation. Qu’avec le pic pétrolier, notre société fondée sur l’abondance énergétique va rapidement découvrir la restriction, tandis que le changement climatique, par la transformation rapide de la biosphère qu’il prépare, va déstabiliser le système économique.

On comprend que ce catastrophisme assumé soit refoulé par l’idéologie dominante, puisqu’il en dresse le constat d’échec. Mais une autre raison du refoulement est qu’une prévision présentée sous le mode de la fatalité est paralysante. Les écologistes ne parviennent pas encore à proposer une vision positive. Certes, on observe énormément de propositions, d’initiatives et de démarches préparant une façon de vivre collectivement qui permettrait d’éviter la catastrophe – ou de s’y adapter. Mais elles sont disséminées, parcellaires, et donc presque invisibles. Il faut une vision commune et, sans doute, une méthode.

C’est à ce manque que pallie en partie le Manuel de transition, écrit par Rob Hopkins (coédition Silence et Ecosociété, 216 p., 20 €), et qui suscite un intérêt justifié dans le landerneau écologiste. Hopkins a lancé, en 2006, à Totnes, en Angleterre, le réseau des « villes en transition ». Il s’agit de s’organiser en communauté pour mettre en oeuvre la transition vers une économie sobre. La transition comporte un « plan de descente énergétique », la baisse de la consommation d’énergie étant la priorité pour s’adapter aux conditions nouvelles. Le moyen, outre la sobriété matérielle, en est de relocaliser au maximum les activités : il ne s’agit pas d’être totalement autonome, mais de limiter la dépendance aux importations lointaines.

Plusieurs idées rendent attractive la démarche de la transition. Elle ne rejette pas la crise écologique vers les générations futures, mais affirme qu’elle est déjà là, et qu’on n’échappera pas à plusieurs de ses conséquences, même s’il est vital de la limiter. Catastrophiste dans l’analyse, elle est positive dans l’action, force de proposition et de réalisation. Elle ne s’en remet pas à l’individu isolé et impuissant ni à l’Etat lointain et souvent démuni, mais à la communauté agissant collectivement, sur son terrain. Elle est… Lire la suite

Séminaire sur « Villes et villages en transition, Démocratie directe » les 5 & 6 mars 2011 à Saint-Jean du Gard (30)

http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=1088  

Les Objecteurs de Croissance,  Attac-Alès/Cévennes, l’Association Abraham Mazel, communiqué, le 1er décembre 2010

Séminaire sur « Villes et villages en transition, Démocratie directe » les 5 & 6 mars 2011 à Saint-Jean du Gard (30)

Les Objecteurs de Croissance,  Attac-Alès/Cévennes, l’Association Abraham Mazel organisent un Séminaire francophone sur « Villes et villages en transition, Démocratie directe », avec le soutien du journal régional de la relocalisation, proXimités.

Ce Séminaire s’organisera sur deux grands axes :

Territoires en transition, comment nos quartiers, villes et villages peuvent parvenir à réduire leur consommation énergétique et ainsi parvenir à l’autonomie énergétique, à l’autosuffisance alimentaire, en préservant les ressources naturelles. En bref, passer de la dépendance au pétrole à la résilience locale.

La démocratie directe territoriale, comment de nouvelles formes d’organisation sociale basées sur l’autonomie, la solidarité et la coopération, peuvent nous permettre de retrouver la maîtrise de nos usages, dans une économie sobre et responsable vis à vis des générations futures. Y seront abordé à partir d’expériences concrètes le municipalisme libertaire, les coopératives municipales, les monnaies locales.

Ce Séminaire sera précédé, du 14 au 19 février, d’une semaine d’intervention du Pavé en Cévennes : série de stages, d’ateliers et de conférences gesticulées, sur les mêmes thèmes, organisée avec  la Scop « le Pavé ».

Nous proposons de travailler en deux axes, Territoires en transition et démocratie directe territoriale. Chacun d’eux abordera les thématiques qui lui sont propres et devra aboutir à des propositions de transition et d’alternatives concrètes immédiates.

Les travaux se feront en ateliers qui aborderont Lire la suite

Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ?

http://www.rue89.com/passage-a-lacte/2010/11/30/apres-petrole-et-si-les-habitants-initiaient-la-transition-des-villes-178

rue89.com, Cécile Cailliez  le 30 novembre 2010

Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ?

Les « villes en transition » imaginent la cité de l’après-pétrole, moins dépendante de l’or noir. Une initiative citoyenne d’origine anglo-saxonne qui essaime désormais en France.

Un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) l’a prouvé récemment : les ressources de pétrole s’épuisent indéniablement.

Pire, selon l’AIE, le pic pétrolier, cette phase où la production de pétrole conventionnel sera en déclin par rapport à la demande, serait désormais atteint.

Si l’Agence rassure en tablant sur la découverte et la mise en production de nouveaux champs, le constat est là : il faut dès à présent penser la ville de demain, moins dépendante de l’or noir.

Mais comment envisager l’après-pétrole sans tomber dans le catastrophisme ? Les partis politiques écologiques ont du mal à mobiliser et tous les citoyens ne se reconnaissent pas dans les mouvements associatifs ou décroissants.

La solution : susciter au sein de la communauté un mouvement de réflexion et d’action, s’appuyer sur les ressources et les compétences locales, afin de mettre en place et de diffuser au niveau local les bonnes pratiques.

Comment la mettre en pratique ?

En 2006, à Totnes, une bourgade de 8 000 habitants, Rob Hopkins enseigne la permaculture, une philosophie du développement durable par l’aménagement du territoire et le renforcement de la communauté.

Convaincu de la réalité du pic pétrolier, il tente alors un pari fou : miser sur la participation des habitants pour favoriser la « transition » en douceur de sa ville à l’horizon 2030.

Ainsi naît le mouvement des « villes en transition », qui se fonde avant tout sur la notion de Lire la suite

Hervé Kempf, l’AIE et le pétrole – Le pic a eu lieu en 2006 !

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/23/le-pic-a-eu-lieu-en-2006_1443881_3232.html

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 23 novembre 2010

Le pic pétrolier s’est produit en 2006, indique l’Agence internationale de l’énergie. En bonne logique, cette phrase aurait dû faire la « une » de la presse mondiale, les Bourses auraient chuté, et l’on aurait enfin répondu à la question : « Sachant que ce système est totalement vermoulu, à quel moment en change-t-on ? » La réponse aurait été : « Maintenant ! »

Reprenons les faits. Le pic pétrolier est le moment où la production de pétrole commence à décroître. Depuis une quinzaine d’années, nombre de géologues avertissent de l’imminence de ce moment capital : il signifie en effet que le régime énergétique du monde, fondé sur l’or noir depuis près d’un siècle, va devoir changer radicalement. On ne va pas manquer de carburant du jour au lendemain, mais il va falloir diminuer sa consommation. La théorie du pic pétrolier s’est imposée. Et la question est devenue : quand aura-t-il lieu ?

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de répondre dans son rapport annuel, intitulé World Energy Outlook 2010, publié à la mi-novembre. Elle énonce ainsi sa prévision : « La production de pétrole brut se stabilise plus ou moins autour de 68-69 Mb/j [millions de barils par jour] à l’horizon 2020, mais ne retrouve jamais le niveau record de 70 Mb/j qu’elle a atteint en 2006. » Autrement dit, le pic s’est produit en 2006.

Depuis 2006, justement, il y a eu une forte hausse des prix du pétrole (en partie spéculative), puis une crise économique. Cette augmentation des prix a rentabilisé l’exploitation de pétroles « non conventionnels », tels que les sables bitumineux, qui compensent en partie le déclin du pétrole.

L’AIE prévoit une augmentation mondiale de la consommation d’ici à 2035. Comment la satisfaire ? En pompant davantage les réserves de l’Arabie saoudite, et en développant sables bitumineux, pétrole de l’Arctique et pétrole sous-marin très profond. Problème : ces exploitations sont encore plus polluantes que la production de pétrole classique, et l’on peut douter des capacités de l’Arabie saoudite. Conclusion mezza voce : la crise pétrolière approche à grands pas.

Comment y échapper ? Le moins mauvais des scénarios de l’AIE est dit « 450 » : on limite les émissions de gaz à effet de serre pour ne pas dépasser un réchauffement de 2o C. Il suppose de Lire la suite

Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

bastamag.net, Sophie Chapelle, Chris Jordan, le 25 novembre 2010

http://www.bastamag.net/article1145.html

Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

Tout le monde n’attend pas que gouvernements et chefs d’État s’entendent sur un hypothétique accord pour sauver le climat. Loin de Cancún, où se tiendra le prochain sommet sur le réchauffement climatique, des réseaux associatifs et des municipalités se lancent dans d’ambitieux programmes pour libérer leurs villes de la dépendance pétrolière. Comment font ces « villes en transition » ? Exemple à Boulder, près de Denver, aux États-Unis.

Aux pieds des montagnes Rocheuses, dans le Colorado, la ville de Boulder, tente l’impossible : se libérer du pétrole au pays des road movies, des drive in, de l’essence peu chère… et des plus grosses émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde. L’objectif, pour les 300.000 résidents de ce bastion démocrate, est de passer d’une consommation annuelle de neuf barils de pétrole par personne, à un seul.

L’une des chevilles ouvrières de cette révolution locale s’appelle Michael Brownlee. Ancien journaliste, il a été chercher l’inspiration en Grande-Bretagne, là où est né un étrange mouvement, celui des « villes en transition ». Le concept est lancé en 2006 par un enseignant en permaculture, Rob Hopkins. Celui-ci demande à ses étudiants d’identifier les dépendances au pétrole de la ville de Kinsale, dans le Sud de l’Irlande. Dans la foulée, les chercheurs élaborent un scénario de descente énergétique ambitieux, mais réaliste, d’ici 2030. C’est de cette expérience qu’émerge le concept de « transition ». Le défi est majeur : éviter aux populations les dramatiques conséquences d’un pic pétrolier trop brutal (l’épuisement progressif des ressources pétrolières) et contribuer concrètement à la lutte contre les dérèglements climatiques, sans attendre d’hypothétiques accords internationaux. Le Manuel de Transition : De la dépendance au pétrole à la résilience locale de Rob Hopkins vient d’ailleurs d’être traduit en français (aux éditions Ecosociété avec la revue Silence).

Transition écologique rime avec processus démocratique

À son retour, Michael Brownlee lance le Transition Boulder County pour transformer cette agglomération moyenne en ville « décarbonée ». « Nous avions besoin de modèles à suivre. Le mouvement de la transition nous en fournit un », explique-t-il. Le terrain est favorable. La ville de Boulder et son comté sont déjà en pointe en matière environnementale. Dès 2002, la ville adopte la résolution dite « de Kyoto » pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre [1] puis adopte dans la foulée un plan action climat avec un budget annuel avoisinant un million de dollars. Chaque grande mesure est soumise par référendum à la population. Un premier amendement impose ainsi que 10% de l’énergie consommée provienne Lire la suite

Rapport d’évaluation du Grenelle de l’environnement

Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, novembre 2010

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000587/index.shtml?xtor=EPR-526

Rapport d’évaluation du Grenelle de l’environnement

FRANCE. Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer

Ce rapport élaboré par le comité d’évaluation du Grenelle Environnement et par le cabinet Ernst and Young fait le point, thématique par thématique, sur les actions engagées ces trois dernières années en matière de gouvernance, d’énergie et de climat, de politique des déchets, de gestion des risques, de traitements des déchets, de transport, d’urbanisme…

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222 pages

Sommaire

Préambule

Synthèse de l’évaluation

1. Bâtiment et urbanisme

2. Transport et mobilité

3. Énergie

4. Biodiversité

5. Agriculture et milieux aquatiques

6. Risques, santé, environnement

7. Déchets

8. Gouvernance Lire la suite

5ème rassemblement annuel à Bordeaux « Ni nucléaire, ni effet de serre » le Samedi 4 décembre 2010 – 11h – Miroir des quais

TchernoBlaye, communiqué, le 27 octobre 2010

5ème rassemblement annuel à Bordeaux  « Ni nucléaire, ni effet de serre »

Samedi 4 décembre 2010 – 11h – Miroir des quais

Amenez SVP masques, tubas, palmes, etc…

Tchernoblaye amène les « déchets nucléaires » !

Après le fameux (et catastrophique) rendez-vous de Copenhague de l’an dernier,  la 16ème Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques a lieu du 29 novembre au 10 décembre 2010 à Cancun (Mexique).

Il est nécessaire que les citoyens expriment leur inquiétude face au dérèglement climatique, mais aussi leur rejet du nucléaire, abusivement présenté comme une option favorable au climat.

A Bordeaux, comme tous les ans depuis 2006 (avec même une première initiative en 2000, mais le miroir des quais n’existait pas encore), Tchernoblaye vous invite : Lire la suite

« Adieu à la croissance », de Jean Gadrey : l’écologie, c’est l’emploi

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 21 octobre 2010

http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2010/10/21/adieu-a-la-croissance-de-jean-gadrey_1429314_3260.html

« Adieu à la croissance », de Jean Gadrey : l’écologie, c’est l’emploi

Dans le numéro marquant le trentième anniversaire d’Alternatives économiques, le deuxième magazine économique français, son fondateur, Denis Clerc, fait part d’un regret : « Il y a un point sur lequel je m’interroge : l’ambiguïté entretenue sur la question de la croissance depuis le début du journal. » Certes attentif aux questions d’environnement, Alternatives économiques juge pourtant trop souvent le bien-fondé d’une mesure ou d’une donnée à son effet sur la croissance du produit intérieur brut (PIB). « Il nous faut cesser d’être chauves-souris, mammifères à certains moments, mais animaux volants quand ça nous arrange. Le dernier livre de Jean Gadrey m’a convaincu qu’il faudra finir par trancher. On ne peut plus

Il faut saluer l’honnêteté de Denis Clerc, et y voir un tournant : la doxa de la croissance est enfin remise en cause par la fraction la plus éclairée des économistes. Et il faut lire le livre de Jean Gadrey, pour comprendre la pertinence de ce tournant.

Jean Gadrey est professeur honoraire d’économie à l’université de Lille. C’est un expert des comptes de la richesse, et il a participé au travail de la commission Stiglitz sur la mesure du PIB. Son livre commence par un exposé clair des imperfections de cet indice qui fascine politiques et économistes. Jean Gadrey rappelle que le PIB ne mesure ni le bien-être, ni la soutenabilité écologique et sociale. Et que, en revanche, sa croissance est clairement associée avec les dommages à l’environnement. Le livre démontre qu’on ne peut attendre du progrès technologique qu’il résolve le problème écologique dans une société qui voudrait maintenir un taux de croissance de 2 % par an.

Mais Jean Gadrey va plus loin : organisant sa réflexion autour de la nécessité de parer à l’aggravation de la crise écologique, il va chercher à démontrer qu' »une société post-croissance est non seulement une nécessité, mais, moyennant une redéfinition des priorités, correspond à une perspective désirable et crédible de progrès social et de développement humain ».

Une condition en est la remise en question de l’augmentation de la productivité du travail, habituellement considérée par les économistes comme un bien en soi. En réalité, elle est destructrice : produire plus avec autant de travail serait une bonne chose, sauf que, rappelle Jean Gadrey, « il faut en général plus de matériaux, d’eau et d’énergie, que les uns et les autres sont disponibles en quantités limitées, et que certaines ressources naturelles sont proprement vitales ».

Voie féconde

L’abandon de la recherche de gain de productivité est la clé de la nouvelle économie écologique : la plupart des modes de production écologiques demandent plus de travail que les productions polluantes. Une politique environnementale est donc créatrice d’emplois.

Jean Gadrey dresse une prospective pour les principaux secteurs d’activité des créations et des destructions d’emplois entraînées par une politique écologique. Le bilan est sommaire, mais Lire la suite

Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables

cdurable.info, David Naulin, le 17 octobre 2010

http://www.cdurable.info/Ecovillages-laboratoires-modes-de-vie-eco-responsables-Jonathan-DAWSON,2939.html

Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables

Déjà fortement implanté aux Etats-Unis, en Allemagne ou encore en Ecosse notamment à Findhorn, les écovillages – des communautés locales visant à réduire leur impact écologique tout en optimisant le bien-être et le bonheur des hommes – prolifèrent chaque jour un peu plus partout dans le monde. Voici un des premiers ouvrages publiés en français décrivant l’histoire ainsi que l’énorme potentiel que représente ce mouvement qui intègre une multitude d’idées et d’approches radicales qui remontent à Schumacher, Gandhi, l’éco-féminisme et le mouvement de l’éducation alternative.

Dans une période de pénuries et de crises multiples, ce livre examine les leçons que nous pouvons tirer d’ecovillages qui nous montrent comment vivre dans un monde plus écologique et durable :

– Tirer un apprentissage du meilleur des cultures traditionnelles et indigènes ;

– Économie alternative : banques et monnaies communautaires, simplicité volontaire ;

– Concevoir avec la nature : permaculture, éco-construction, production d’énergie à petite échelle, gestion des déchets, systèmes de transport à faible impact sur l’environnement, etc. ;

– Production et traitement de la nourriture biologique locale ;

– Renaissance de la gouvernance participative à petite échelle, facilitation des conflits, intégration sociale et communauté inter-générationnelle active ;

– Création d’une culture de la paix, et méthodes d’éducation alternatives.

Ce livre est une excellente introduction pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de la création d’un écovillage. Il comporte notamment de nombreuses ainsi qu’une liste des sites web d’écovillages à travers le monde.

L’auteur : Jonathan Dawson est auteur, éducateur et consultant sur le développement durable. Président du Réseau Mondial des Ecovillages (GEN) entre 2005 et 2008, il est actuellement consultant pour les Nations-Unies en Afrique de l’est, travaillant sur les initiatives qui promeuvent les petites et moyennes entreprises. Il est également fortement connu et reconnu pour ses nombreux travaux au sein de la communauté de Findhorn, écovillage que vous pourrez découvrir dans ce livre.

Références : Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables de Jonathan Dawson – Editeur : Yves Michel – Date de publication : 18 octobre 2010 – 168 pages – Prix public : 11 €. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

Je vous invite également à lire sur le même sujet « Ecovillages, écoquartiers, habitat groupé : vivre ensemble autrement » de Pascale D’Erm publié en 2009 chez Ulmer. Dans cet ouvrage préfacé par Pierre Rabhi, vous pourrez notamment découvrir le hameau coopératif Le viel Audon en Ardèche et le hameau écologique de Carapa dans les Cévennes. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Vous pouvez télécharger un extrait de l’ouvrage au format PDF en cliquant ici.

www.souffledor.fr

© LE SOUFFLE D’OR Editions Le Souffle d’Or – 5 allée du Torrent – 05000 GAP

04 92 65 52 24 – contact@souffledor.frhttp://www.souffledor.fr – wwww.yvesmichel.org

Les écovillages

Laboratoires de modes de vie éco-responsables

Jonathan DAWSON

Extrait Chapitre 2 : À quoi ressemblent les écovillages ? Six études de cas

Le mouvement visant à créer des écovillages est peut-être le meilleur antidote contre la dépendance à l’économie globale. Dans le monde entier, des gens construisent des communautés pour tourner le dos au gaspillage, à la pollution, à la concurrence et à la violence de la vie moderne.

Helena Norberg-Hodge, directrice de la Société internationale pour l’écologie et la culture

Les écovillages sont si hétérogènes qu’il est impossible de décrire un seul modèle englobant tous les cas. La définition des Gilman selon laquelle un écovillage est « un établissement de taille humaine, disposant de toutes les fonctions nécessaires à la vie, dans lequel les activités s’intègrent sans dommage à l’environnement naturel tout en soutenant le développement harmonieux des habitants et de manière à pouvoir se prolonger avec succès dans un futur indéfini » est trop imprécise pour faire office de définition stricte. De plus, il s’agit plus d’une aspiration que Lire la suite

Europe écologie : Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

europe-ecologie.fr, octobre 2010

http://www.europe-ecologie.fr/2010/09/20/manifeste-pour-un-nouveau-cours-ecologique-et-social/comment-page-6/#comments

Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

L’humanité est aujourd’hui devant un choix qui détermine son avenir. Un choix à assumer collectivement et qui requiert, en outre, l’implication de chacune et de chacun. Sous l’impact d’un système aveuglément productiviste et violemment inégalitaire, le train du progrès s’égare. Il faut de toute urgence le remettre sur une autre voie. C’est le sens de l’engagement des écologistes et leur responsabilité, ici et maintenant : ils refusent d’assister passivement au scénario d’une nature qui s’épuise et de sociétés qui se désagrègent ; ils veulent, en association avec les forces vives de la société et les partenaires politiques susceptibles de partager l’essentiel de leur projet, tracer une nouvelle ligne d’horizon sur la base d’une démarche de transition réaliste.

Tel qu’il s’applique, le système de création et de redistribution des richesses ne fonctionne plus. Retournement inédit qui, d’un même mouvement, précipite prédations du vivant et déchirures sociales, déséquilibres et discriminations, pollutions et récessions. Ce bouleversement majeur épuise les ressources aussi bien qu’il creuse les inégalités et déprime les consciences, dressant la biosphère contre les êtres humains et les êtres humains entre eux. Au point que le spectre d’un collapsus historique sans précédent hante l’avenir : celui d’un déclin écologique, économique et social brutal et simultané.

Néanmoins, une aspiration grandissante à refuser la défaite de l’Homme émerge partout dans le monde.

Une multitude d’initiatives entame le modèle dominant et ouvre des voies nouvelles. C’est l’autre visage de la mondialisation et il concerne tous les peuples, toutes les cultures. De nombreux acteurs et actrices de la société et des communautés locales cherchent et trouvent des issues. Ils interviennent dans toutes les couches de la société. Ce sont souvent ceux et celles que la crise fragilise en premier. Ils résistent, s’organisent, innovent, multiplient les initiatives. Chacun et chacune à leur façon, dans leur discipline, leur quartier ou leur village, ils esquissent les contours d’une alternative globale porteuse d’avenir. Des hommes et des femmes luttent et s’engagent, et c’est le seul espoir tangible, le seul point d’appui pour inverser le cours des choses.

Un choc sans précédent

Car les crises n’ont plus de limites. Elles surgissent dans tous les domaines de l’environnement et des activités. Elles se cumulent et s’alimentent pour mettre à nu un système en déroute. Nous sommes parvenus à ce moment clé où la croissance, moteur de l’histoire moderne, a atteint la frontière du possible. L’insoutenable est là, inscrit dans les réalités physiques de la planète et les souffrances des populations : les modes de production et les standards de vie, indexés sur l’imaginaire de la démesure et la boulimie des privilégiés, soumis à la surenchère de la marchandisation et de l’endettement massif, entraînent une consommation de ressources excédant leurs capacités de renouvellement. Elles provoquent un déséquilibre majeur des fondamentaux de la vie et de la culture.

Les conséquences sont sans appel : les modèles économiques et les pactes sociaux d’hier ne résistent pas aux sols qui s’épuisent, aux fleuves et aux mers qui se dépeuplent, aux forêts qui reculent et aux déserts qui avancent, aux séquences brutales d’inondations et de sécheresses, à la disparition des biotopes et à l’érosion de la diversité des espèces, à l’empoisonnement des airs et des eaux.

Déjà, dans les prémisses du chaos énergétique, climatique, alimentaire et sanitaire, dans la mise à sac des biens communs et publics que les logiques financières et marchandes provoquent, un nouveau monde émerge avec Lire la suite

Troisièmes rencontres francophones des ateliers vélos associatifs chez Récup’R à Bordeaux

sudouest.com, le 11 octobre 2010, Willy Dallay

http://www.sudouest.fr/2010/10/11/au-rayon-recup-208293-729.php

Au rayon récup’

Récup’R a accueilli ce week-end dans ses locaux les troisièmes rencontres francophones des ateliers vélos associatifs.

Le parking des troisièmes rencontres internationales du réseau « L’Heureux cyclage » tenait sur un bout de trottoir. Les cinquante participants qui s’occupent de 27 ateliers associatifs de réparation de vélo, semblaient venus de toute la France et de Belgique à bicyclette. Et en guise de récompense, après les quatre ateliers studieux, du samedi après-midi, ils ont eu droit à une balade à vélo concoctée par le Guidon futé.

N’en jetez plus

Auparavant, ils avaient pédalé sur quatre thèmes : la pédagogie, les ateliers mobiles, la création d’un atelier, la gestion. C’est la « ressourcerie » Récup’R qui invitait. L’association bordelaise, créée en 2008, s’est fixée pour objectif de réemployer, ou revaloriser les objets de la vie quotidienne que l’on a vite tendance à considérer comme jetables. « On a décidé de commencer par le vélo », explique Guillaume Sorel, l’un des huit coprésidents. « On en voit trop qui finissent prématurément à la décharge. »

 « Convivial et économique »

Dans un local loué par la CUB, un salarié stocke, classe ces petites reines décaties, fruits de collectes et de dons, avant de leur donner une seconde jeunesse ou de récupérer leurs organes.

« Nous vendons les vélos entre 35 et 70 euros. Tout acheteur devient adhérent pour trois mois », précise Guillaume. « Cela lui permet de bénéficier gratuitement de l’atelier Rustine : il peut utiliser l’outillage, se servir en pièces, voire se monter une bicyclette. On ne lui fera payer que le cadre (10 euros) et les roues (5 euros chacune). C’est lui qui fait, mais avec les conseils de notre salarié. » On peut aussi adhérer à l’année pour 20 euros.

« Les gens apprennent, ils échangent, c’est convivial et économique. » Mais pour Guillaume Sorel, c’est aussi une façon de changer notre rapport à la consommation : « Recycler au lieu de produire toujours plus a une incidence sur les matières premières, l’énergie, les déchets et ça ouvre les portes de l’imagination. » Car certains réformés du macadam deviennent des œuvres d’art.

Projet couture

Dans un coin du local, des machines à coudre de récupération donnent une idée du deuxième projet de Récup’R : la Lire la suite

Bill McKibben, fondateur de la campagne internationale 350.org : Il faut mener des actions de désobéissance civile aux Etats-Unis

 http://www.terra-economica.info/Les-ecolos-americains-pronent-la,12794.html

terra-economica.info, Anne Sengès, le 10 octobre 2010

« Il faut mener des actions de désobéissance civile aux Etats-Unis »

Interview – Radicaliser le mouvement et mettre les corps en première ligne : face au changement climatique, ce sont des impératifs pour la cause écolo aujourd’hui, d’après Bill McKibben, fondateur de la campagne internationale 350.org.

Terra eco : Dans une lettre ouverte aux Américains que vous cosignez avec Philip Radford, président de Greenpeace USA, et Rebecca Tarbotton, du Rainforest Action Network, vous appelez les écologistes à radicaliser leurs actions. Pourquoi ?

Bill McKibben : Nous savions que notre combat contre le changement climatique serait une bataille difficile. Nous affrontons des adversaires qui représentent les industries les plus riches et les plus rentables du monde et dont les profits dépendent justement de leur capacité à utiliser l’atmosphère comme un gigantesque égout libre et gratuit. Et force est de constater que pour le moment, la communauté environnementale n’a pas bâti de mouvement suffisamment grand pour mener un combat digne de ce nom. Nous devons donc remédier à cela rapidement. Ce combat prendra plusieurs formes comme la désobéissance civile et l’action de masse.

Qu’entendez-vous par désobéissance civile et action de masse ?

Par exemple, ce dimanche 10 octobre aura lieu la Global Work Party (journée du travail, ndlr), gigantesque événement annuel qui va rassembler des millions de participants aux quatre coins de la planète. L’an dernier, il y a eu 5 200 « work parties » dans 181 pays et CNN avait alors jugé qu’il s’agissait de la plus grosse journée d’activisme politique de l’histoire. Cette année, nous allons battre ce record avec au moins 7 000 événements dans presque tous les pays. Les gens vont installer des panneaux solaires ou planter des jardins communautaires. Mais il ne s’agira pas de prouver qu’on peut résoudre le changement climatique à coups de panneaux solaires. Nous savons qu’il faut des lois pour le combattre mais nous voulons, par cette action, à la fois faire le bien dans nos communautés mais aussi envoyer un message fort à nos dirigeants : « Pendant que nous retroussons nos manches, que faites-vous ? Pendant que je passe un week-end à suer pour installer des panneaux solaires, vous pourriez au moins vous contenter de faire votre travail et accoucher d’un traité. »

Ce type d’action constitue un moyen de bâtir un mouvement mais il va falloir aussi songer à signaler l’urgence de la situation en n’hésitant pas à mettre nos corps en première ligne. C’est ce que nous entendons par désobéissance civile. Nous savons qu’il est illusoire de croire que nous pouvons anéantir l’industrie fossile – omniprésente dans notre société – via l’action directe. Mais nous pouvons mener des actions symboliques qui permettront de mettre en lumière l’urgence de la crise et prouveront notre engagement à lutter contre le réchauffement de la planète. Le défi sera de faire en sorte que ce type d’actions attire les gens au lieu de les rebuter. D’où la nécessité d’agir dans la non violence. C’est pourquoi nous sollicitons des idées en ce moment : on peut par exemple cibler une centrale à charbon, une ville ou encore la Maison-Blanche.

La marée noire qui a ravagé pendant cinq mois le golfe du Mexique n’a curieusement pas fait pencher la balance en faveur du camp des défenseurs de l’environnement ou incité les sénateurs à adopter une loi sur le climat. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Pour justifier ce qui s’est passé dans le golfe, nos dirigeants se sont contentés de Lire la suite

Parution d’Entropia N° 9 – Contre-pouvoirs et décroissance – A mettre dans toutes les mains…

http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article81

entropia-la-revue.org, lundi 27 septembre 2010

N° 9 – Contre-pouvoirs & décroissance

Contre-pouvoirs & décroissance en Amérique latine

L’Amérique latine n’échappe pas aux ravages de l’utilitarisme productiviste. Pour Anna Bednik, les mouvements « socio-environnementaux  » qui s’y développent « se rapprochent autant de la décroissance que de toute forme d’engagement qui conteste la centralité de l’économie dans la vie ». Pour eux, le territoire est « un espace pour être, qui se construit socialement et culturellement, à l’image du peuple qui l’habite ». Les luttes pour empêcher la destruction des ressources naturelles sont l’expression d’une conception de la vie et le changement qui s’attaque aux constructions mentales. Elles rejoignent les engagements des objecteurs de croissance, sans les nommer comme tels.

Raul Zibechi considère que la version latino-américaine de la décroissance pourrait correspondre au « bien-vivre » qui est au coeur des luttes de l’Équateur à l’Argentine. « Il s’agit de vivre, d’établir une manière de vivre qui permette une relation harmonieuse entre les êtres humains, donc entre eux et la nature ». Ces choix entrent en conflit avec l’exploitation des ressources fossiles, comme avec l’idéologie du progrès. La créativité à la base est la seule activité transformatrice. Elle ne peut se réaliser qu’en dehors du système, dans la marge du monde réellement existant. « Dans ces conditions, ce qu’on crée peut-être réellement différent de ce qui est institué. »

Pour lutter contre toutes les formes de corruption, Antonio Gustavo Gomez, en tant que juge, doit s’appuyer sur la volonté et le courage des communautés locales à dénoncer les destructions environnementales et les conséquences sociales qui les accompagnent. Il est évident que « le pouvoir économique multinational, représenté dans la formule consommation/production/croissance, ne sera pas redéfini sans combat  ». L’espoir d’un changement radical ne peut venir que des peuples indigènes qui se coordonnent localement pour s’opposer au désastre et pour affirmer leurs valeurs où les savoirs ancestraux peuvent rejoindre les sciences modernes au service du vivant.

Le concept de communalité est apparu, il y a plus de vingt ans, dans les hautes montagnes de l’Oaxaca, au sud du Mexique. Il est lié à la résistance des peuples indiens de cette région. On l’a retrouvé lors de l’insurrection de la ville d’Oaxaca en 2006 chez les populations des quartiers périphériques et sur les barricades. Pour Georges Lapierre, parce que ces sociétés locales ne voient pas la vie comme une accumulation de biens, d’argent et de pouvoir, mais dans l’art d’être ensemble, dans l’esprit qui préside aux échanges et aux réciprocités, elles constituent un repère précieux, sinon un exemple, en particulier dans la vie politique où les charges sont bénévoles et attribuées pour une durée d’un an par les assemblées générales.

Carlos Manzo complète la contribution précédente en lui apportant de nombreuses précisions en situation et territorialement situées. Il avance que la communalité et le dialogue culturel sont les instruments conceptuels et pratiques de la résistance des peuples indiens au Mexique. « Aujourd’hui, dans le contexte de la crise la plus aiguë que le capitalisme ait connue non seulement comme système historique, mais comme modèle civilisateur, la communalité est amenée à s’affronter aux entreprises transnationales voraces, intéressées par le dépouillement et l’usufruit capitaliste de nos territoires comprenant le patrimoine bioculturel. »

L’objectif des zapatistes est « la construction d’une pratique politique qui ne cherche pas la prise du pouvoir, mais l’organisation de la société ». Jérôme Baschet nous rappelle que, dans chaque commune autonome, ceux qui occupent les fonctions municipales sont élus par leurs communautés pour des mandats de deux ou trois ans révocables à tout moment. « Il est temps d’admettre que la construction du bien commun n’est pas vouée à s’incarner nécessairement dans l’État. À l’opposé d’une politique de la compassion, omniprésente à l’ère de l’humanitarisme, il faut faire de la dignité partagée le fondement d’une lutte pour l’auto-émancipation, sans messies et sans guides, sans spécialistes et sans États. »

Serge Latouche, brossant une fresque de l’histoire sociale et culturelle des Amérindiens, estime que leur réveil contient des promesses, des attitudes et des réalisations locales qui convergent avec les projets de l’objection de croissance. « La lutte pour la dignité et la reconnaissance de la joie de vivre comme partie du processus de changement résonne par-delà les mers avec notre combat. » Toutefois, comme en Afrique, « la rhétorique de l’autre développement, de l’économie solidaire et du commerce équitable, portée surtout par les experts blancs pleins de bonnes intentions est déjà à l’œuvre pour éviter que soit réalisée la sortie de l’économie et la marche vers la décroissance ».

Autres aspects critiques

Bertrand Méheust soutient que le trait dominant de notre époque, c’est l’impuissance de la connaissance, « son apparente inutilité ». Nous croulons, en effet, sous des informations qui convergent toutes vers la probabilité d’une catastrophe écologique et sociale totalement inédite à cette échelle, et pourtant « la pression du confort » est telle que nous sommes incapables d’un agir collectif à la mesure des enjeux. « Quelle contre-violence convient-il légitimement d’exercer contre la prédation financière, contre l’emprise publicitaire, contre la destruction de la biosphère, contre la dépossession lente de notre humanité ? »

Pour Claude Llena, le mouvement de la décroissance n’est pas un enfermement idéologique dans lequel les critiques les plus virulentes veulent l’isoler. « Il est l’expression d’une volonté d’agir sur les écosystèmes biologiques et sociaux à l’intérieur des territoires de vie. Il cherche à minimiser l’empreinte écologique des pratiques productives et participe d’une relation sociale revitalisée par la recherche du sens. » C’est une mutualisation des pratiques d’auto-éco-organisation qui permet Lire la suite

Isolation thermique écologique : Conférence de JP Oliva les 5 et 6 octobre chez Mollat et à Beychac et Caillau

altern’éco.com, communiqué, le 23 septembre 2010

www.altern-eco.com

Souhaitant poursuivre son action de prise de conscience des enjeux du développement soutenable et de diffusion d’un habitat respectueux de notre santé et de l’environnement, ALTERN ECO organise des conférences – rencontres – débats.

A l’occasion de notre deuxième anniversaire, nous avons le grand plaisir d’accueillir Jean-Pierre Oliva, pionnier de l’éco-construction en France et auteur de plusieurs ouvrages de références (dont dernièrement « L’isolation thermique écologique »).

Lors de sa venue exceptionnelle en Gironde, il donnera deux conférences les 5 et 6 octobre 2010 à Bordeaux et Beychac-et-Caillau.

Pour toute information complémentaire, vous pouvez nous joindre au 05 56 21 30 67. Merci de nous confirmer votre venue à Beychac et Caillau (pour une question de places !) avant le 4/10 !

En collaboration avec Terre Vivante et la Librairie Mollat, Altern’éco a le plaisir de vous inviter à rencontrer Jean-Pierre Oliva, consultant en éco-architecture & éco-construction, membre du réseau éco-bâtir lors de deux conférences les 5 et 6 octobre 2010

A l’occasion de son deuxième anniversaire, ALTERN ECO a l’honneur de recevoir Jean-Pierre Oliva, pionnier de l’habitat écologique en France, qui abordera deux thèmes chers à ses principes d’écologie appliquée au bâti :

repenser le rôle de la conception architecturale par une approche multicritères en y intégrant une analyse bioclimatique,

 et démontrer la pertinence et l’avenir des savoir-faire traditionnels pour préparer au mieux nos bâtiments à un monde post industriel appauvri en ressources énergétiques.

Ces conférences vous offriront l’opportunité d’échanger sur les applications concrètes de ces thématiques et nous donneront l’occasion de nous réunir en toute convivialité.

« Performance énergétique versus Architecture » le mardi 5 octobre 2010, à 18h00 – Librairie Mollat Bordeaux – Entrée gratuite,

« Pénurie énergétique: comment y préparer nos bâtiments ? » le Lire la suite

Geneviève Azam – Nous vivons plus qu’une convergence de crises, l’effondrement est déjà là

Nous vivons plus qu’une convergence de crises, l’effondrement est déjà là

bastamag.net,  Agnès Rousseaux, le 13 septembre 2010

http://www.bastamag.net/article1174.html

Nous vivons plus qu’une convergence de crises, l’effondrement est déjà là

Crise après crise, le système capitaliste semble perdurer. Spéculation financière, dégâts environnementaux et inégalités mondiales repartent de plus belle. Et pourtant… Pour Geneviève Azam, économiste et co-présidente du conseil scientifique d’Attac, les illusions d’un monde aux ressources infinies et à la croissance illimitée sont tombées. Le modèle capitaliste n’est plus porteur de rêves. Un nouveau rapport au monde émerge, aux contours encore incertains. Réussira-t-il à opérer la transition vers un « postcapitalisme civilisé » ? Entretien avec l’auteure du livre « Le temps du monde fini ».

Basta ! : La succession des crises – financière, sociale, écologique… – n’entraînent toujours pas de changements radicaux au sein du système capitaliste. Faut-il attendre son effondrement total pour que ce modèle soit remis en question ?

L’effondrement est déjà là. Nous vivons plus qu’une crise, plus qu’une convergence des crises, mais l’imbrication de toutes les crises. Des émeutes de la faim viennent de nouveau d’éclater au Mozambique. Un tel événement est quasiment impensable dans nos sociétés ! Ces émeutes sont le résultat d’un modèle agricole productiviste et de la spéculation sur les produits agricoles, sur les terres, donc du système financier. C’est également une conséquence de la crise écologique, avec le réchauffement climatique, et de la crise énergétique, avec le développement des agrocarburants pour remplacer le pétrole. Chaque manifestation de l’effondrement que nous vivons combine toutes ces crises.

Nous nous acharnons à repousser toute limite. C’est, selon vous, ce qui caractérise deux siècles d’histoire économique. Sentez-vous une prise de conscience de la rareté, voire de la finitude, de nos ressources et des limites intrinsèques à notre planète ?

Si on fait l’hypothèse que le capital technique peut se substituer indéfiniment au capital naturel, il n’existe effectivement aucune limite. La pensée économique reste prisonnière de cette hypothèse, et de celle de la réversibilité du temps, du possible retour en arrière. La crise écologique montre au contraire que des phénomènes irréversibles, que des destructions définitives sont à l’œuvre. Depuis une vingtaine d’années, les mouvements sociaux ont pris conscience de ces limites. Une expertise citoyenne s’est peu à peu construite sur l’énergie, les semences ou le climat, démontant l’illusion que la technique pourrait remplacer ce qui est détruit.

Les théories économiques oublient la nature. Quand elle est prise en compte, on parle « d’externalités ». On lui attribue un prix comme s’il existait une mesure commune entre nature et marchandises. Cela me gêne. Fixer un prix laisse penser qu’une compensation est possible, qu’il suffit de payer. Certaines dégradations sont irréversibles, et payer ne remplacera jamais les pertes. Parler d’externalités est aussi très révélateur, comme si c’était juste quelque chose de regrettable. C’est le processus lui-même qui doit être modifié et pas simplement ses effets « regrettables ».

Ne risque-t-on pas de s’enfermer dans une gestion économique de la crise écologique, avec, par exemple, le « marché des droits à polluer » ou le principe pollueur-payeur ?

Donner un prix à des pollutions traduit une prise de conscience. Il est logique que ceux qui abiment l’espace public pour des motifs de rentabilité privée soient Lire la suite

Les écolos américains appellent à « l’action directe de masse »

Les écolos américains appellent à « l’action directe de masse »

rue89.com, Hélène Crié-Wiesner, le 12 septembre 2010 

http://www.rue89.com/american-ecolo/2010/09/12/les-ecolos-americains-appellent-a-laction-directe-de-masse-165943

Le Congrès des Etats-Unis s’est dégonflé cet été en abandonnant son projet contre les changements climatiques. Tout espoir de voir le pays adopter une législation sérieuse s’est envolé. Dégoûtées, trois organisations majeures de la lutte pour l’environnement en appellent maintenant à l’action directe.

J’ai déjà raconté la radicalisation de nombreux écolos américains. Il semble que le fossé entre « verts radicaux » et « écolos mous » soit en train de se combler tout seul. Les partisans de la discussion (Al Gore et ses disciples) n’ont pu que constater l’échec de leur stratégie.

Outre une reprise acharnée des luttes de terrain -notamment dans les Appalaches charbonnières -, un appel spectaculaire vient d’être adressé aux environnementalistes américains.

Publiée sur Grist, site phare du mouvement vert, cette lettre parue le 7 septembre est signée par le directeur de Greenpeace USA, son homologue du Rainforest Action Network, et par le leader du réseau 350.org. En voici une traduction-adaptation.

Je suis curieuse de voir ce que va donner cet appel, comment vont y répondre les groupes locaux, s’ils vont saisir la perche que leur tendent ces professionnels de la lutte. Car pratiquer l’action directe dans son coin, c’est une chose. A l’échelle des Etats-Unis, c’est un défi autrement complexe.

Chers amis,

Bon sang, quel été ! Les scientifiques viennent d’annoncer que nous venons de vivre les six mois les plus chauds, l’année la plus chaude, et la décennie la plus chaude de l’histoire humaine. Dix-neuf pays ont enregistré des records absolus de température : le thermomètre a grimpé à 54°C au Pakistan, un record en Asie.

Quand on voit l’impact de ces chiffres sur les incendies en Russie, ou sur le Pakistan noyé par des inondations sans précédent, on comprend qu’il n’y a rien d’abstrait dans tout ça.

Cet été, justement, le Sénat américain a décidé de reconduire un accord bipartisan en vigueur depuis vingt ans : l’immobilisme politique face aux changements climatiques. Lesquels, rappelons-le, ne résultent pas d’une quelconque volonté divine.

Nous sommes face aux industries les plus puissantes et les plus profitables du monde : celles qui tirent leurs bénéfices de l’exploitation des combustibles fossiles.

Nous ne les vaincrons pas en restant gentils. Nous devons construire un vrai mouvement, d’une ampleur sans commune mesure avec ce que nous avons bâti dans le passé. Un mouvement capable de contrer le pouvoir financier de Big Oil (pétrole) et Big Coal (charbon). Ce mouvement est notre seul espoir, et nous avons besoin de votre aide.

Honte aux leaders politiques

Quelles sont les priorités ? Dans l’immédiat, en ce moment partout dans le monde, des groupes préparent la Global Work Party du 10 octobre. Ce sera l’occasion de présenter nos solutions concrètes pour résoudre la crise climatique.

On ne se contentera pas de sortir quelques panneaux solaires. L’objectif est de faire honte à nos leaders politiques, de les apostropher : « On fait notre boulot. Et vous ? »

En attendant, dans tout le pays, des avocats et des associations locales abattent un travail d’enfer en combattant Lire la suite

Appel aux associations pour participation au Forum Alterrnativa le 10/10/10 à Bayonne, Bordeaux , Pau…

​Collectif Copenhague, communiqué, septembre 2010

Appel aux associations pour participation au Forum Alterrnativa le 10/10/10 à Bayonne, Bordeaux , Pau…

Votre travail représente une des nombreuses alternatives concrètes  existant dés aujourd’hui et préfigurant le monde de demain, la société que nous voulons et devons construire si nous voulons éviter le pire en matière de changements climatiques.

​C’est à ce titre que nous avons le plaisir d’inviter votre association à être présente au forum ALTERNATIVA qui sera organisé à Bordeaux, comme à Bayonne, Dax, Pau… le dimanche 10 octobre 2010 dans le cadre de la journée internationale de mobilisation pour le climat du 10/10/10 http://www.350.org/fr en perspective des négociations de Cancun en décembre.

​Alternativa constituera un espace de transition vers le monde de demain. Il aura lieu à Cap Sciences, au Hangar 20, quai de Bacalan à Bordeaux.

​On pourra ainsi voir quelles sont les réalisations et alternatives concrètes (AMAP, jardins partagés, agriculture paysanne, écoconstruction, autopartage, commerce équitable, éducation à l’environnement, économies d’énergie, déplacements doux, pédibus, banque éthique, recyclerie…) permettant dès aujourd’hui à chacun (individus, collectivités, associations et entités diverses) de diminuer concrètement ses émissions de gaz à effet de serre.

​Les participants découvriront quelles pratiques alternatives existent et s’engageront à en adopter une, ou deux, ou trois dans l’année qui vient.

​Cet espace sera également un lieu d’échanges, de rencontres, de convivialité, agrémenté d’animations musicales, de spectacles de rue… Tout cela aura des allures à la fois de fête et de mobilisation populaire, de village post-carbone et convivial, de salon des alternatives existantes…

Nous proposerons des Lire la suite

Der Spiegel a révélé fin août l’existence d’un rapport de l’armée allemande – Le Peak Oil en 2010 ?

http://www.hns-info.net/spip.php?article25269

hns-info.net, jesusparis, le 3 septembre 2010

Le Peak Oil en 2010 ?

Le journal Der Spiegel a révélé fin août l’existence d’un rapport de l’armée allemande évoquant la survenue probable du Peak Oil courant de l’année 2010, avec des conséquences sur l’économie et la sécurité mondiale à court-terme.

Et si c’était pour 2010 ?

La demande sur le pétrole ne cesse d’augmenter et de faire pression sur les pays producteurs alors même que la production serait en passe d’atteindre ce que l’on nomme le Peak oil, c’est-à-dire le moment où les réserves de pétrole exploitables sont à leur sommet de production. Une fois ce sommet passé, cette production entrera dans une phase de déclin rapide, qui entraînera de très fortes hausses des prix du pétrole en particulier et de l’énergie en général, et aura des répercussions sur l’économie mondiale et la sécurité mondiale.

La fin du pétrole abondant, de bonne qualité et exploitable facilement

Il restera certainement encore du pétrole en réserve pour longtemps mais le problème est de l’extraire : la plus grande partie est inaccessible ou nécessiterait de très lourds investissements économiques et technologiques pour procéder à une extraction. Les sables bitumineux de l’Alberta et les forages offshores sont déjà en passe de devenir économiquement rentables en dépits des dommages environnementaux et sociaux qu’ils génèrent !

L’alerte est donnée mais peu entendue

Depuis des années le problème est connu et encore aujourd’hui un rapport de l’armée allemande évoque une menace pour la pérennité de la démocratie et de l’économie mondiale ! Mise en garde qui intervient après celles de l’AIE, du Pentagone et du département de l’énergie à Washington, de la Lloyd’s et de Chatham House à Londres cet été. D’après ce rapport « A moyen terme, le système économique global et chaque économie de marché nationale pourraient s’effondrer », écrivent les analystes. Des pénuries de biens vitaux et de matières premières, notamment de nourriture, sont à prévoir, entrainant de graves crises sociales si les gouvernements ne prennent pas la mesure exacte de ce problème.

Anticiper et adapter nos territoires maintenant !

FNE ne cesse de le répéter. L’adaptation aux changements climatiques est un enjeu de Lire la suite

Lagraulet-du-Gers – Projet de centre d’accueil écologique

sudouest.fr, Franck Meslin, le  27 août 2010

http://www.sudouest.fr/2010/08/27/un-centre-ecologique-pour-retrouver-le-bonheur-dans-le-pre-170401-736.php

Un centre écologique pour retrouver le bonheur dans le prè

Anne Gouyon va construire un centre d’accueil pour développer l’écologie positive.

Après dix ans en Asie du Sud-Est à développer des projets d’agriculture durable, l’ingénieure agronome Anne Gouyon est arrivée dans le Gers, en octobre 2009, un peu par hasard. «Je recherchais un lieu dans le Sud où installer un centre d’expérimentation et de transmission du concept d’écologie positive, lorsque j’ai revu le film Le bonheur est dans le prè», raconte-t-elle amusée.

Séduite, la jeune femme pose ainsi ses valises à Lagraulet-du-Gers avec sa famille pour y réaliser son vieux projet. Le couple y achète 18 hectares de terres agricoles, dont 6ha de bois et 7 ha de surfaces constructibles pour y ériger un éco-centre. «L’ambition de ce lieu est avant tout de mettre mes recherches en pratique, de témoigner de ce qui est possible et d’y former ceux qui voudront y venir», explique la jeune femme.

Une maison positive

Dans un premier temps, le couple y construira sa propre maison à partir des quelques murs en ruine d’une bâtisse, selon les techniques d’éco construction. «Les bâtiments seront le premier témoignage d’une autre voie et devront produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment».

Le temps de ce premier chantier sera l’occasion pour Anne Gouyon d’affiner le contenu de son éco centre en rencontrant les acteurs locaux de l’environnement, l’artisanat, l’agriculture et le tourisme afin que son offre soit adaptée aux besoins. Déjà ses champs produisent du chanvre pour initier une filière locale d’isolation écologique des habitations. Un potager bio y donnent également de beaux légumes et pourra servir de lieux d’apprentissage des règles du jardinage bio.

Baptisé l’Orta Nou (le jardin neuf, en occitan), l’éco centre d’Anne Gouyon invite chacun à «cultiver son jardin» pour «tisser une relation positive avec notre environnement».

Des colos dès 2011

Déjà la Stéphanoise a tissé des liens avec des associations condomoises œuvrant dans la même direction, telle que Gascogna Terra ou le salon Bio Gascogne. D’autres sont en cours de réflexion, notamment avec l’équipe de l’ancien Carmel de Condom.

Spécialiste en agroforesterie, l’ingénieure agronome souhaite également démontrer dans ce centre son Lire la suite

Espagne – Enfin une touche de vert dans le paysage politique

courrierinternational.com, Hebdo n° 1034, Rafael Méndez, le 26 août 2010

http://www.courrierinternational.com/article/2010/08/26/enfin-une-touche-de-vert-dans-le-paysage-politique

Espagne – Enfin une touche de vert dans le paysage politique

Longtemps inexistants, les écologistes espagnols ont décidé de se constituer en parti et entendent imposer leur présence dès les élections locales de 2011. Avec Europe Ecologie comme modèle.

Juantxo López de Uralde vient de quitter Greenpeace Espagne, qu’il a dirigée pendant dix ans, pour lancer un parti vert, avec le soutien de tous les groupes écologistes. Difficile de prévoir ce que donnera son entrée en politique. Les optimistes ont quelques raisons de penser que ce sera un succès. Les enquêtes montrent que les Espagnols s’intéressent autant que les autres Européens à l’écologie, le sujet est négligé par le Parti socialiste au pouvoir et le désenchantement vis-à-vis des grands partis peut donner des ailes aux écologistes. Il est temps que l’Espagne ait un parti vert. C’est maintenant ou jamais.

Les pessimistes, eux, invoquent la crise économique, disent que les gens sont plus préoccupés par l’emploi que par le changement climatique et que les verts ne parviendront pas à surmonter leurs divisions ataviques. Ce sera quitte ou double, l’avenir le dira. En attendant, l’écologie politique espagnole vit un moment de grande excitation.

Le parti se démarquera de la gauche traditionnelle

Uralde et Alejandro Sánchez, qui a quitté la direction de l’ONG environnementale SEO/BirdLife pour le rejoindre, sont les figures de proue d’un processus d’union plus large. Le troisième pilier est le Parti vert européen, quatrième force politique du Parlement européen, qui appuie l’initiative espagnole. “Les eurodéputés verts ne peuvent pas se permettre de n’obtenir qu’un seul représentant [Raúl Romeva, du parti écolo-communiste Initiative pour la Catalogne Verts (ICV)] dans le cinquième pays de l’UE par son PIB, c’est pourquoi ils soutiennent ce processus d’union”, confie Florent Marcellesi, porte-parole de la Coordination verte, qui apporte au projet des groupes de militants disséminés dans toute l’Espagne.

Le dernier pilier de la future formation est le parti ICV, qui possède un député au Parlement espagnol, Joan Herrera, et des représentants au gouvernement régional de Catalogne et à Bruxelles, et qui est membre du Parti vert européen.

Depuis deux ans, tous ces acteurs parlent de s’unir pour de bon, de présenter une candidature commune aux élections et d’en finir avec cette anomalie qu’est l’inexistence des verts en Espagne. Dans un premier temps, ils vont créer une fondation pour fédérer tout ce monde et chercher des soutiens en vue des élections législatives de 2012 et des européennes de 2014. S’ils parviennent à se présenter aux municipales et régionales de 2011, cela pourrait avoir valeur de test. Mais les délais sont courts.

Ils n’aspirent pas à faire aussi bien que les Verts allemands, qui ont obtenu 10,7 % des voix aux législatives de 2009 (17 % à Berlin). Ils regardent plutôt du côté d’Europe Ecologie, le parti français qui a obtenu 13 eurodéputés et 16,28 % des voix aux européennes de 2009.

“L’environnement est absent du débat politique en Espagne, déplore Uralde. En Europe, 10 % des électeurs votent écolo. Et nous pensons qu’en Espagne aussi on peut Lire la suite

Yves Cochet : Quel projet pour Europe Ecologie ?

lemonde.fr, Yves Cochet, député de Paris (Verts), ancien ministre, le 16 août 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/08/16/quel-projet-pour-europe-ecologie_1399408_3232.html#ens_id=1400349

Quel projet pour Europe Ecologie ?

La situation se résume en une phrase : l’économie mondiale se contracte tendanciellement, mais personne ne pense ou ne gère cette décroissance-là. Ou en une autre phrase : aucun gouvernement, aucune organisation internationale (FMI, OCDE…), aucun institut universitaire établi ne publie d’étude qui ne prévoit pas un retour à une croissance économique continue.

Comment expliquer cet aveuglement général autrement que par l’attachement irrationnel des dirigeants économiques et politiques à la croissance comme panacée universelle ? Bien que l’hypothèse de la décroissance objective – correspondant fidèlement aux faits matériels (déplétion des ressources, catastrophes écologiques) – soit plus explicative du mouvement réel du monde que toute théorie de la reprise possible, les responsables de droite comme de gauche continuent d’imaginer des plans à l’ancienne pour retrouver la croissance perdue.

L’unique politique publique mise en œuvre partout, de type keynésien, est de gagner du temps en imprimant plus de monnaie ou en empruntant plus pour quelque relance, en espérant qu’une nouvelle croissance future permettra de rembourser les dettes présentes. Cela marchait jadis, ça ne marche plus aujourd’hui : nous vivons l’époque où la croissance rencontre les limites de la planète.

Les évolutions aux Etats-Unis illustrent notre propos. La récession promet une fin d’année difficile pour le peuple américain, alors même que la « relance » du président Obama est censée être à son apogée. Malgré le maquillage des statistiques par Washington, la dégradation de la situation des ménages se poursuit : le chômage réel est de l’ordre de 20 %, les saisies immobilières continuent, le surendettement s’accroît, le déficit fédéral et celui des Etats se creusent. Comme en Grèce, mais avec un tout autre retentissement international, le gouvernement Obama sera bientôt contraint à un plan d’austérité budgétaire et à une hausse de la pression fiscale. Le mythe de l’indestructible croissance américaine s’effondrera et, avec lui, la majeure partie du système financier international.

C’est dans ce paysage de décroissance que doit s’élaborer le projet d’Europe Ecologie pour la décennie 2010-2020, autour de trois exigences : dire la vérité, garantir la justice, proposer une vision.

Nous n’aimons pas la vérité. Mais les faits n’ont que faire de notre déni. Les sombres perspectives économiques et, surtout, l’immensité du désastre écologique et géologique qui s’avance doivent être reconnues, partagées et diffusées par toute formation politique sérieuse, c’est-à-dire débarrassée de l’hypocrisie de programmes qui se résument tous à : « Votez pour nous, ça ira mieux demain. » S’il est une « politique autrement », sa première qualité est d’annoncer le plus probable – une longue récession -, non de vendre une illusion – la croissance retrouvée.

Dans cette optique, on ne pourra éviter le chaos social que par Lire la suite

Rapport Roussely : sauver le nucléaire français à coup de mesures scandaleuses

sortirdunucleaire.org, communiqué de presse, le 30 juillet 2010

http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=roussely&page=index

Nucléaire français : ça sent le Roussely…

Rapport Roussely : sauver le nucléaire français à coup de mesures scandaleuses

Les grandes lignes du rapport Roussely, remis au Président de la République en mai dernier et classé secret défense, ont été rendues publiques par l’Elysée, le mardi 27 juillet 2010.

Nucléaire français : un bilan économique et industriel désastreux

Le rapport Roussely reconnaît l’ampleur des déboires que rencontrent Areva et EDF sur les chantiers des réacteurs EPR en construction, en France et en Finlande : « la crédibilité du modèle EPR et de la capacité de l’industrie nucléaire française à réussir de nouvelles constructions de centrales ont été sérieusement ébranlées par les difficultés rencontrées sur le chantier finlandais d’Olkiluoto et sur celui de la troisième tranche de Flamanville« . En cause, « la complexité de l’EPR » qui « est certainement un handicap pour sa réalisation et donc ses coûts ».

Estimant que « la filière nucléaire doit atteindre une compétitivité attractive pour l’investissement privé« , Roussely reconnaît que le nucléaire n’a jusqu’ici jamais été compétitif ni économiquement efficace, contrairement à ce que clame le marchand de centrales Areva. Roussely pointe la contre-performance du parc nucléaire français : « alors que la disponibilité moyenne mondiale des centrales nucléaires a significativement augmenté au cours des 15 dernières années, la disponibilité des centrales nucléaires françaises diminue fortement depuis quelques années« .

La déroute de l’EPR est telle que, selon Roussely, « c’est la crédibilité, et donc l’existence même » de l’industrie nucléaire française qui est en jeu. Pour faire face, Roussely fait feu de tout bois, en préconisant des « mesures d’urgence » toutes plus scandaleuses les unes que les autres.

Faire payer le consommateur et détourner des financements publics

Roussely préconise « une hausse modérée mais régulière des tarifs de l’électricité afin de permettre la préparation du financement du renouvellement du parc« . Le nucléaire coûte trop cher? Qu’à cela ne tienne, il suffit de faire payer le consommateur. A force d’être « régulière », la hausse des tarifs risque de ne pas rester « modérée » très longtemps…

Roussely propose de détourner une partie des financements destinés aux énergies renouvelables, au profit de l’industrie nucléaire. L’uranium qui permet aux centrales de fonctionner est un minerai épuisable, non renouvelable : le nucléaire est une énergie fossile, au même titre que le pétrole et le charbon. Pourtant, Roussely propose de « poursuivre une action politique résolue pour obtenir que tous les financements multilatéraux destinés aux énergies renouvelables soient aussi Lire la suite

Pourquoi le PS est incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

developpementdurable.com, Propos recueillis par Yann Cohignac, le 30 décembre 2009

http://www.developpementdurable.com/interview/2010/08/I72/eric-loiselet.html

Eric Loiselet, tête de liste Europe Ecologie en Champagne-Ardenne pour les régionales de 2010

Consultant expert dans le développement durable et la RSE, Eric Loiselet a longtemps bataillé au sein du PS pour intégrer l’écologie politique à gauche. Il fut cofondateur du Pôle écologique du parti puis secrétaire national adjoint à l’environnement. Avant de renoncer à son engagement socialiste, lassé par les atermoiements de la rue Solferino, pour rejoindre Europe Ecologie en octobre. Aujourd’hui, il est membre du CAP (Comité d’animation et de pilotage) national du rassemblement écologiste et tête de liste en Champagne-Ardenne pour les élections régionales de 2010. Sans concession avec le PS, il nous parle de son parcours politique, des raisons qui l’ont poussé à entrer chez Europe Ecologie, des actions du gouvernement, et de son programme pour les régionales.

Developpementdurable.com : Consultant expert dans le développement durable et la RSE, vous avez aussi décidé de mener une carrière en politique. Pourquoi cette décision ?

Eric Loiselet : C’est pour moi la poursuite d’un itinéraire citoyen : j’ai été assez jeune engagé politiquement. Ma première carte dans un parti, je l’ai prise en 1979, au PS, à l’époque où il était en pleine ascension puisque c’était deux ans avant la victoire historique de François Mitterrand aux élections présidentielles (mai 1981). J’y suis resté jusqu’en 1992-1993. J’ai ensuite quitté la vie politique militante pendant une dizaine d’années pour me consacrer à mon métier et pour fonder une famille. Avant de renouer avec l’engagement politique au travers d’un club, le Cercle Galilée. J’y ai travaillé sur une thématique qui correspondait à une mon expertise professionnelle : la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Ce club avait la vocation de réfléchir à la manière d’actualiser le logiciel intellectuel et socialiste en prenant en compte la question posée par les mouvements altermondialistes : comment envisager une nouvelle régulation de l’activité des entreprises en prenant plus largement en compte la question des impacts environnemental, social et sociétal de leur activité ? J’ai alors eu l’occasion de travailler sur la préparation de ce qui a été l’article 116 de la loi NRE, dans la zone grise qui précède la décision politique où des professionnels sont consultés pour affiner les projets. J’étais déjà donc à la charnière du professionnel et du citoyen. Comme beaucoup, je voulais donner un sens à ma vie professionnelle.

Puis en 2002, après l’échec de la gauche au premier tour de la présidentielle, j’ai décidé de ré-adhérer au PS pour rejoindre directement sa sensibilité rénovatrice : le Nouveau Parti Socialiste.

dd.com : Quand avez-vous commencé à tenter de « verdir le PS » ?

E. L. : A ce moment-là. Etant donné mon activité « d’expert » au sein du Club Galilée, j’étais devenu « Monsieur écologie » au NPS. J’ai alors essayé de convaincre les socialistes de voter pour la Charte de l’environnement, sans grand succès, et j’ai mené différents combats de cette nature parce que j’avais déjà la conviction que la promesse socialiste était essoufflée : l’élection de 2002 avait clairement montré le décrochage des catégories populaires. Pour moi, il était évident qu’il fallait intégrer au parti les apports de l’écologie politique.
Puis arrivent les présidentielles de 2007 : ayant rejoint Rénover Maintenant, je participe presque machinalement à la candidature, aux primaires, de Ségolène Royal. Pour une raison simple : parmi les trois candidats (avec Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius), je me suis dit qu’elle était celle qui avait le mieux compris les enjeux environnementaux. Elle avait en effet gardé un souvenir de son bref passage au ministère de l’Environnement. Le début de la campagne présidentielle m’avait d’ailleurs conforté dans ma décision : la nomination de Bruno Rebelle (ex-directeur de Greenpeace) comme conseiller à l’Environnement était un choix original. C’était la première fois qu’un ancien dirigeant d’ONG était intégré à ce point dans une équipe de campagne présidentielle. On assistait à une espèce d’ouverture à d’autres filières de recrutement que les grands corps de l’Etat, des filières en phase avec les changements importants et rapides de la société.

dd.com : Expliquez-nous comment vous vous êtes rendu compte que le PS était, selon vos propres mots, incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

E. L. : Cela a été un long processus : après l’échec de Ségolène Royal, je l’ai entendu dire qu’elle était pour le retour de la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante. Je me suis dit alors, avec quelques « écolos » du parti, que tout cela commençait à bien faire ! Nous n’avions, au sein de nos différentes sensibilités socialistes, jamais réussi à convaincre au-delà de la rédaction de quelques textes témoignant d’une ouverture intellectuelle. Dès qu’il s’agissait de prendre des décisions, l’écologie politique était exclue. Nous avons donc décidé de créer le Lire la suite

Samedi 18 et dimanche 19 septembre – 4ème EcoFestival de l’Ecocentre du Périgord, de la permaculture, de l’habitat écologique et de la résistance écocitoyenne

Ecocentre du Périgord, communiqué, le 7 juillet 2010

Merci de diffuser largement à vos réseaux

Samedi 18 et dimanche 19 septembre aura lieu le 4ème EcoFestival de l’Ecocentre du Périgord, de la permaculture, de l’habitat écologique et de la résistance écocitoyenne

Il n’y a pas de schéma type de l’auto-constructeur écologique, ni de portrait robot de l’agriculteur biologique; encore moins de formule scientifique pour faire des enfants heureux et des citoyens solidaires.

Simplement il est évident que des choix s’imposent de temps en temps, quelle que soit notre façon de vivre (de se nourrir et de se loger).

Nous somme alors libres ! de décider. Ah ! La bonne nouvelle, mais qu’est-ce qu’on en fait au juste de cette liberté ? Il n’y a pas de recette magique, ni de réponse sous le bon chapeau et encore moins de mode d’emploi…

On voit sans doute des connections se faire, des rencontres s’improviser, des amitiés qui naissent et des actions qui s’engagent.

L’Ecofestival c’est :

– En avant première, le vendredi 17 septembre à 20h30, le dernier film de Coline Serreau au cinéma Le Clair à Thiviers, « Solution locale pour un désordre global »

– Des conférences avec : 

Paul Ariès : « de la décroissance et de la gratuité » et « la révolution alimentaire »

Patrick Baronnet « l’écologie : ça se vit »

Yann Fiévet : « qu’est devenu le concept de consommation responsable face à la consommation raisonnée ? »

Bernard Alonso « permacultez votre vie au sein de votre communauté » (avec un cours pratique)

Bernard Menguy « éco-hameaux / éco-villages »

– Des stands de professionnels et de constructeurs sur les thèmes des énergies, des matériaux, du bois, du chanvre, de l’eau, de la permaculture, de la biodiversité…

– « Le carré des architectes », des professionnels de l’écoconstruction, qui seront là pour répondre à vos questions

– Des ateliers adultes pour apprendre à faire soi même la vannerie, la lessive à la cendre, les murs en paille et la teinture végétale

– Des animations enfants avec la fabrication d’instruments de musique en matériaux recyclés, de l’éducation aux médias, la fabrication de modules en terre, un club nature, la fabrication d’objets avec des briques de lait ou de jus de fruits,…

– Un forum associatif pour rencontrer les acteurs associatifs locaux, connaître les actions menées dans la région

– Des stands d’artisans qui vous présenteront leurs produits locaux, vous feront des démonstrations de fabrication et vendront leurs produits

– Des contes pour enfants et adultes

– Un concert le samedi soir avec « Lentement Mademoiselle », veillée tzigane

– La projection de courts métrages adultes et enfants

– Des visites des modules éco-construits et du jardin expérimental inspiré de la philosophie de la permaculture

– … et pleins d’autres surprises !

L’Écocentre existe depuis 2004. C’est un lieu pionnier vivant de formation autour de l’éco construction et de l’habitat basse consommation ; il est né d’un chantier-école de 6 mois avec des bénévoles, des stagiaires et des professionnels: Aujourd’hui il existe 5 pavillons qui témoignent de différentes techniques de construction saine, dont certaines sont reliées à un système de production d’énergie.

L’association Pégase Périgord est engagée dans les pratiques écocitoyennes et vise à les améliorer à chaque nouvel écofestival. Cela se manifeste à différents niveaux : choix des exposants (locaux de préférence), gestion de la consommation de l’eau sur le site, limitation de la consommation en énergie, gestion des déchets, et la proposition d’animations de sensibilisation ludique à l’écocitoyenneté pour les enfants et les grands.

Ce week-end de fête sera aussi le coup d’envoi de l’Écocentre II. Le bâtiment est en chantier. Il fait appel aux compétences locales en utilisant des matériaux sains. Il sera le nouveau centre de formations professionnelles et sera un fort pôle vivant de compétences, avec une matériauxthèque, une bibliothèque et une librairie de très grande qualité.

L’Écofestival aura lieu cette année sur deux sites :

A l’écocentre, d’une part, où seront particulièrement développées les questions de l’habitat sain et des énergies

Au village de St Pierre de Frugie, distant de 3,5km. A Saint Pierre de Frugie sera présentée la permaculture aux curieux et à ceux qui veulent en savoir beaucoup plus. Nous invitons des producteurs biologiques, des pépiniéristes locaux… Le public pourra participer à des ballades botaniques sur le site et à des animations diverses concernant la biodiversité, les gestes écocitoyens…

Ce festival sera, de plus, l’opportunité de présenter le projet de l’EcoParc de St Pierre de Frugie…

TOUTES LES INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES SONT SUR LE SITE DE L’ECOCENTRE

www.ecocentre.org

Marina Soriano & Camille Bourgois

Pour l’équipe de l’Ecocentre du Périgord

Edouard Bard : Si nous ne changeons pas nos habitudes, les jeunes générations connaitront, d’ici la fin du siècle, les estimations les plus hautes du réchauffement mondial : entre 2 et 6°C

place-publique.fr, Yan de Kerorguen, le 7 décembre 2009

http://www.place-publique.fr/spip.php?article5517

* Une version de cet article est parue dans la revue Dirigeants n°87 (Septembre 2009)

Edouard Bard met en évidence le lien intime entre climat et océan*

En chercheur engagé, Edouard Bard n’hésite pas à aller au front pour défendre ses convictions. Pour atténuer le risque d’une dérive climatique, au cours de la seconde moitié du siècle, cet « archéologue du climat » pense qu’une mutation technologique et économique s’impose.

« Si nous ne changeons pas nos habitudes, les jeunes générations connaitront, d’ici la fin du siècle, les estimations les plus hautes du réchauffement mondial : entre 2 et 6°C en moyenne planétaire en fonction des scénarios d’émissions et de la sensibilité plus ou moins grande du climat à cette perturbation ».

Edouard Bard, professeur au Collège de France et titulaire de la chaire d’évolution du climat et de l’océan, n’est pas un homme à dire les choses à la légère. D’abord, c’est un chercheur à l’état pur qui cultive le doute scientifique et cumule les distinctions : médaille de bronze du CNRS, Grand Prix Gérard Mégie du CNRS et de l’Académie des Sciences et bien d’autres honneurs reçus à l’étranger. Ensuite, sa matière à lui, c’est le temps, plus exactement la paléoclimatologie. Elle lui fournit la possibilité d’obtenir des séries temporelles indispensables pour une vision claire des variations naturelles et des incertitudes associées.

«  Mon travail consiste à comprendre le lien intime qui existe entre l’océan et l’atmosphère sur des échelles de temps allant de quelques siècles à plusieurs millions d’années », explique-t-il.

Avec ses collaborateurs du CEREGE (Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement), basé à Aix-en-Provence, il a mis en évidence des périodes de refroidissement abrupt de l’océan Atlantique Nord en liaison avec des débâcles d’icebergs au cours de la dernière déglaciation. Il a également établi une chronologie précise de la remontée du niveau de la mer depuis 20 000 ans et découvert de brusques variations de ce niveau à des taux supérieurs à un mètre par siècle. Il a aussi réalisé plusieurs autres découvertes majeures notamment sur les méthodes de datation utilisant le carbone14.

Cet archéologue du climat utilise des méthodes de chimie analytique pour déterminer l’ampleur et la chronologie des variations climatiques. De nouvelles méthodes quantitatives lui ont permis de reconstruire les climats passés avec des archives variées comme les sédiments océaniques, les coraux, les stalagmites, les sédiments lacustres et les glaces polaires. Très récemment, lui et son équipe ont mesuré et comparé des enregistrements du Pacifique et de l’Atlantique, ce qui leur a permis d’identifier un nouveau mécanisme d’amplification de ces changements climatiques faisant intervenir l’atmosphère et l’océan tropical

En chercheur engagé, E. Bard n’hésite pas à aller au front pour défendre ses convictions. Par exemple lorsqu’il s’emporte, dans le journal Libération (19 décembre 2007) contre une « malhonnêteté scientifique » aboutissant à nier le rôle des rejets anthropiques de gaz à effet de serre dans le changement climatique en cours.

Pour lui, des scénarios d’augmentation de température de plus de 2 degrés par rapport à aujourd’hui ne sont pas à exclure. En clair, Lire la suite

Climat : les négociations internationales enlisées

lemonde.fr, Grégoire Allix, le 7 août 2010

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2010/08/07/climat-les-negociations-internationales-enlisees_1396723_3244.html

Climat : les négociations internationales enlisées

Les négociations sur le climat ne sont pas sorties de l’ornière où les a laissées l’échec de la conférence de Copenhague, en décembre 2009. Les délégués de 178 pays réunis à Bonn, du 2 au 6 août, pour aplanir la route vers un accord international avant la Conférence des Nations unies sur le climat, à Cancun, au Mexique, du 29 novembre au 10 décembre, se sont séparés sur un constat d’échec. Baisse des émissions, aide aux pays pauvres, protection des forêts… aucun des sujets sur la table n’a connu d’avancée.

L’annonce, fin juillet, de l’ajournement du projet de loi sur l’énergie aux Etats-Unis, interprétée par des gouvernements du Sud comme le signal que Washington ne tiendrait pas ses engagements sur le climat, a largement contribué à crisper les négociations.

Les discussions ont repris sur la base d’une nouvelle version du texte proposé au mois de juin par la diplomate zimbabwéenne Margaret Mukahanana-Sangarwe. Cette synthèse, qui reprend les termes de l’accord de Copenhague et les propositions de différentes parties, doit servir de base à un accord.

Mais loin de permettre de choisir parmi les nombreuses options entre crochets laissées à la décision des négociateurs, le travail en groupes thématiques de la semaine écoulée n’aura fait que compliquer le paysage. Des délégations, notamment celles des pays en développement et des grands émergents, qui jugent ce texte trop favorable aux pays riches, ont réintroduit certaines de leurs exigences initiales. Et de 45 pages le 2 août, le document était passé à 100 feuillets vendredi.

Les tensions restent vives entre pays riches et monde en développement. Si les discussions entre pays industrialisés ont permis d’affiner les mécanismes qui succéderont au protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012, les représentants du Sud ont rappelé que les engagements actuels des gouvernements du Nord ne suffiront pas à limiter le réchauffement à 2°C.

DÉCISIONS SECTORIELLES

La Costaricienne Christiana Figueres, qui a succédé, le 1er juillet, au Néerlandais Yvo de Boer à la tête de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, a appelé les pays du Nord à honorer d’urgence l’engagement, pris à Copenhague, de Lire la suite

Villes en transition : Le futur en marche

http://www.lecourrier.ch/index.php?name=News&file=article&sid=446506

Le futur en marche

Lecourrier.ch, Annie Pitteloud, le 31 Juillet 2010

LA VILLE (V)

Nées en Grande-Bretagne, les Villes en transition essaiment en terres francophones. Objectif : préparer aujourd’hui un monde sans pétrole. Entretien avec Rob Hopkins, à l’origine du mouvement.

Des villes en transition ? Mais de quoi vers quoi ? De l’ère du pétrole à celle de sa fin programmée. Les experts peinent à s’accorder sur une date, mais le pic pétrolier devrait se produire avant 2030 : la demande croissante en énergie excédera dès lors une offre en constante diminution1. Sans attendre cette pénurie annoncée, qui fait planer sur notre monde dépendant de l’or noir la menace de crises énergétiques, alimentaires et sociales, des militants s’attèlent à sortir dès à présent de la dépendance au pétrole. Afin de faire face au double défi du pic pétrolier et du réchauffement climatique, le réseau des Villes en transition (Transition Towns) en Grande-Bretagne imagine depuis quatre ans de nouveaux paradigmes, et invente des modèles alternatifs dans une révolution des consciences bien loin des discours culpabilisants qui réduisent à l’impuissance. En 2006, la petite ville de Totnes est la première à se lancer dans l’aventure. Aujourd’hui, plus de 250 initiatives de Transition ont vu le jour dans une quinzaine de pays, réunies dans le réseau de Transition (Transition Network). Le mouvement a commencé à essaimer dans le monde francophone (lire en page suivante).

Tout démarre en 2005 à Kinsale, en Irlande: Rob Hopkins, enseignant de permaculture2, imagine avec ses étudiants un moyen de mettre en pratique cette «culture permanente». Ils élaborent des outils conceptuels et un cadre pratique pour motiver les citoyens à agir à l’échelle locale: c’est à ce niveau que le changement est possible, que la population peut passer à l’action sans attendre d’hypothétiques résolutions issues des Sommets sur le climat. Par ailleurs, afin de sortir de sa dépendance au pétrole, l’économie devra en grande partie se relocaliser.

outils psychologiques

La Transition aborde la sortie du pétrole avec les outils utilisés pour traiter les dépendances. Afin d’aider les communautés qui se lancent, la démarche est résumée dans le Guide des initiatives de Transition en douze étapes – non contraignantes, le propre de ces initiatives étant d’être concrètes et pratiques, chaque communauté trouvant les solutions qui lui conviennent en fonction de ses ressources et de ses enjeux. La Transition se base également sur le concept de la résilience, emprunté à la psychologie, pour définir la capacité d’un système social à encaisser sans s’effondrer un choc – énergétique, climatique ou économique – et à rebondir, grâce notamment à son autonomie locale en matière alimentaire et énergétique.

Son originalité est d’offrir une vision positive de la sortie du pétrole. Après avoir pris conscience du pic pétrolier, de ses conséquences et de l’urgence de s’y préparer en réduisant ses émissions de CO2, chaque communauté définit et met en oeuvre un «plan d’action de descente énergétique» (PADE). Pour cela, elle dessine une vision à Lire la suite

Marée noire et fin du monde

vert.courrierinternational.com, John Leland, le 23 juin 2010

http://vert.courrierinternational.com/article/2010/06/23/maree-noire-et-fin-du-monde

Voir l’article original du « New York Times »

Marée noire et fin du monde

La fin du pétrole est un scénario catastrophe dont les conséquences pourraient être dramatiques. De plus en plus d’Américains s’y préparent et envisagent la vie d’après, raconte le New York Times.

Ce samedi-là, pendant que le pétrole continue de se déverser dans le golfe du Mexique, Jennifer Wilkerson passe trois heures au téléphone à parler de la vie après le pétrole. Trente-trois ans, démocrate modérée, conceptrice d’interfaces informatiques, elle vit à Oakton, en Virginie. La marée noire renforce son obsession : la consommation de pétrole épuise les réserves mondiales. Elle s’inquiète de l’après : pénurie alimentaire, effondrement de l’économie, disparition de l’ordre civil. Son coup de téléphone entre dans le cadre d’un cours de survie.

En période de crise, la fin du monde fait fureur. Les Américains sont depuis longtemps fascinés par les scénarios catastrophe, de l’explosion démographique au réchauffement climatique, en passant par la guerre froide. Les Cassandre font aujourd’hui une nouvelle fixation : la fin du pétrole. Pour eux, les réserves ont atteint leur niveau maximum en 2008 et vont rapidement décliner, entraînant l’économie avec elles. En 2005, Roscoe G. Bartlett, représentant républicain du Maryland, et Tom Udall, représentant démocrate du Nouveau-Mexique (aujourd’hui sénateur) ont même créé au Congrès la commission sur la fin du pétrole.

André Angelantoni, lui, n’entend pas prendre de risques. Il a stocké des provisions dans sa maison de San Rafael, en Californie, et converti ses investissements en or et en argent. La baisse des ressources pétrolières aura des effets brutaux, assure-t-il.

M. Angelantoni, 40 ans, est concepteur de sites web et fondateur de la société Post Peak Living, qui propose des cours par téléphone et en ligne pour survivre après le pétrole. Il a commencé à s’intéresser à la fin du pétrole après s’être penché sur le réchauffement climatique parce qu’il pensait que l’impact en serait plus brutal. “Le débat sur la fin du pétrole en est là où en était le débat sur le réchauffement climatique il y a vingt ans.” Comme pour plusieurs des participants au cours par téléphone, ses préoccupations ont tendu sa relation avec sa femme et créé une distance “infranchissable” entre eux. “Les gens ont beaucoup de mal à comprendre que notre forme d’économie est en train de s’écrouler. Ils pensent que, comme ça ne s’est pas encore produit, ça n’arrivera jamais”, déplore-t-il.

Les livres sinistres se vendent comme des petits pains, comme La Fin du pétrole : le vrai défi du XXIe siècle, de James Howard Kunstler, ou Pétrole : la fête est finie !, de Richard Heinberg. Jennifer Wilkerson a lu une vingtaine d’ouvrages sur le sujet et ce qui s’ensuivra. A un moment, elle s’est sentie déprimée à son travail et a eu du mal à discuter avec son mari. Ses collègues de travail lui ont carrément dit qu’ils “en avaient marre d’entendre parler de ça, raconte-t-elle. Ils trouvaient que j’exagérais de penser que tout allait s’effondrer.” Elle ajoute : “J’étais prête à quitter le pays pour me lancer dansa l’agriculture bio mais j’ai appris que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Il faut une communauté. »

Transition US, rejeton d’une association britannique qui aide les villes à se préparer à une vie après le pétrole, a commencé avec deux cellules en 2008 et en compte aujourd’hui 68. Entre autres projets, elle propose la création de Lire la suite

Le maire, acteur clé des enjeux énergétiques

localtis.info, Anne Lenormand, le 22 juin 2010

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?c=artJour&pagename=Localtis%2FartJour%2FartJour&cid=1250260023793

Le maire, acteur clé des enjeux énergétiques

Rénovation thermique des bâtiments, transports, urbanisme, chauffage urbain, déchets… : les politiques locales sont au coeur des enjeux de la sobriété énergétique et de la lutte contre le changement climatique. Un colloque organisé par l’Association des maires de France le 16 juin a fait le tour de ces questions en mettant en avant des expériences locales innovantes.

« On ne peut aménager une ville sans avoir en tête les questions de consommations d’énergie de nos bâtiments et de nos transports« , a lancé Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France (AMF), en introduisant le 16 juin à Paris un colloque sur le thème « Le maire et l’énergie : de la sobriété énergétique à la lutte contre les changements climatiques« . A l’occasion de cette rencontre, organisée par l’AMF avec le soutien de la Caisse des Dépôts, les élus ont pu présenter leurs actions en la matière et leurs attentes à l’égard de l’Etat au moment où le Grenelle de l’environnement entre dans sa phase de mise en œuvre.

Deux chiffres suffisent à résumer les enjeux et la puissance d’action des collectivités territoriales : elles gèrent près de 240 millions de mètres carrés de bâtiments et sont en lien direct avec 36 millions d’usagers potentiels des transports publics. Les émissions résultant directement de la gestion de leur patrimoine (flottes de véhicules, bâtiments publics, etc.) et de l’exercice de leurs compétences (transports, déchets, chauffage urbain, etc.) représenteraient plus de 12% du total des émissions de gaz à effet de serre en France. Autant dire qu’elles détiennent en grande partie les clés de la réussite des objectifs du Grenelle.

Rénovation thermique des bâtiments : le double défi technique et financier

Le projet de loi portant engagement national pour l’environnement (Grenelle 2) prévoit d’abord l’obligation de réaliser des travaux d’amélioration énergétique dans tous les bâtiments tertiaires entre 2012 et 2020. Un chantier colossal pour les communes qui disposent d’un patrimoine bâti important. Comme l’a souligné Pierre Jarlier, sénateur-maire de Saint-Flour et vice-président de l’AMF, en charge du groupe de travail collectivités du Plan Bâtiment Grenelle, le défi n’est pas seulement financier. Il passe aussi par des diagnostics solides. « Sans ingénierie territoriale, on ne pourra mettre en œuvre une politique efficace d’amélioration de la performance énergétique car on manque aujourd’hui de connaissances sur l’état du patrimoine et de professionnels qualifiés pour répondre aux questions des élus et des habitants dans ce domaine. »

Comme les investissements en matière d’économies d’énergie s’amortissent sur des périodes longues, il faut aussi réfléchir à de nouveaux modes de calcul. « Le Code des marchés publics va devoir évoluer car on ne peut pas continuer à faire des appels d’offres en prenant uniquement en compte les coûts d’investissement », a souligné Pierre Jarlier. Et de suggérer : « La notion de coût global devrait s’imposer de façon à Lire la suite

Energie solaire en Aquitaine : la course contre la montre

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Des poules dans les vignes du château Tour du Pas à Montagne Saint Emilion

sudouest.fr, Sarah Bourhis, le 30 juillet 2010

http://www.sudouest.fr/2010/07/30/des-poules-dans-les-vignes-150066-3009.php

Des poules dans les vignes du château Tour du Pas

Halte aux mauvaises herbes. Les poules arrivent à la rescousse et picorent même le chiendent dans les vignes du Château Tour du Pas Saint-Georges à Montagne.

L’idée était de trouver un désherbant qui pollue un minimum. Pour cela, il suffisait d’une pincée de savoir-faire et d’un grain d’imagination.

« Depuis l’hiver 2009, une dizaine de poules se baladent dans trois fonds de vignes pour nettoyer le sol », explique Pascal Berger, propriétaire du Château Tour du Pas-Saint-Georges à Montagne.

 « Cette période d’essai nous permet de mieux connaître leurs mets préférés. Sans manières, elles becquettent le chiendent, les dactyles, le ray-grass mais nous laissent le liseron. »

Malgré cette légère déception, le visage de Pascal Berger s’illumine à nouveau : « Non seulement ces poules à cou-nu grattent bien le sol mais elles pondent près d’un œuf par jour. » Alors sans conteste, ces petites bêtes méritent de l’attention.

Pour se reposer, elles disposent d’un poulailler mobile, fabriqué par les salariés du vignoble. La nuit, les poules sont donc en sécurité dans leur cabane en bois de 3 m². La journée en revanche, les renards sont aux aguets et menacent les « pondeuses ». Une barrière électrique s’est vite imposée pour les protéger des prédateurs. « Cependant, il arrive qu’elles reçoivent un coup de jus lorsqu’elles se frottent trop près. Mais généralement, leur plumage les protège du courant », affirme Cédric Berger, viticulteur et neveu du propriétaire.

Les mini-kangourous

Si la période de test s’avère être un succès, les viticulteurs espèrent introduire jusqu’à 2 000 volailles dans leur vignoble. Reste encore à peaufiner quelques aspects techniques pour garder les « cocottes » sur l’exploitation.

Et comme ces vignerons débordent d’imagination, ils ne seraient pas contre réitérer l’expérience avec des bêtes plus atypiques. « En Angleterre, des particuliers introduisent des Lire la suite

La politique énergétique française vue par l’Agence Internationale de l’Energie : une analyse sourde, aveugle et muette !

Revue de l’AIE sur la politique énergétique française : une analyse sourde, aveugle et muette !

cdurable.info, le 27 juillet 2010.

http://www.cdurable.info/+Revue-de-l-AIE-sur-la-politique-energetique-francaise-une-analyse-sourde-aveugle-et-muette-pour-le-CLER,1766+.html

Tous les 4 ans, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) – organe de coopération entre les 28 pays membres de l’OCDE centré sur l’énergie – réalise une revue de la politique énergétique de chacun de ses pays membres.

Le rapport concernant la France publié le 26 Juillet 2010 se montre très décevant et même inquiétant. Les experts associatifs pointent les défauts du processus de concertation sur la forme et le manque d’analyse critique de la revue sur le fond.

Un rapport sourd aux ONG

Le processus d’élaboration du rapport comprend plusieurs phases de débat et de concertation entre les représentants des ministères des pays membres et le Secrétariat de l’AIE. Les autres acteurs concernés sont en principe eux aussi associés à la démarche.

Contrairement à ce qui se fait dans les autres pays, le Ministère du développement durable (MEEDDM), en l’occurrence la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), a refusé d’inclure les acteurs associatifs français de l’énergie et de l’environnement (si ce n’est ponctuellement la Fondation Nicolas Hulot) dans le programme de réunions consultatives.

Ce faisant, la DGEC a privé l’équipe de revue de toute possibilité de discussion directe avec des représentants de la société civile dont la connaissance et l’expertise – notamment en terme d’énergie durable – ont pourtant été largement reconnus durant tout le processus d’élaboration du Grenelle de l’environnement. L’ambitieuse future réglementation thermique RT 2012, dont se félicite l’AIE, est par exemple le fruit des propositions des associations.

Rappelons que le dialogue avec la société civile fait intégralement partie des engagements des pays membres de l’OCDE, ce qu’ont bien compris de nombreux pays membres qui ont pleinement intégré les associations dans le processus de concertation.

Un rapport aveugle vis à vis du nucléaire

Le processus de Grenelle avait été marqué par l’exclusion d’entrée du nucléaire – pourtant placé au centre de la politique énergétique française depuis 1973 – du champ des discussions. Si cette séparation artificielle a sans doute favorisé les avancées de la concertation sur les autres volets de la politique énergétique, elle ne saurait demeurer dans la mise en œuvre concrète des orientations correspondantes.

Les projections officielles « post-Grenelle » du gouvernement français prévoient explicitement, à la fois de stabiliser la consommation d’électricité et de développer la part de la production électrique d’origine renouvelable… tout en assurant le maintien voire l’augmentation de la capacité de production nucléaire. Pour « boucler » le scénario, le Gouvernement ne peut que parier sur une augmentation sans précédent des exportations d’électricité qui n’a aucune chance de se réaliser, ce qui ne peut en retour qu’entraver les progrès sur la demande ou les renouvelables sur un marché national saturé.

L’AIE ignore ou feint d’ignorer dans son analyse cette Lire la suite

Les « SCoT-Grenelle » se mesurent à la maîtrise de la consommation d’espace

projetdeterritoire.com, Christopher de Laburthe, le 2 juillet 2010

http://www.projetdeterritoire.com/index.php/Espaces-thematiques/Gestion-de-l-espace/Actualites/Les-SCoT-Grenelle-se-mesurent-a-la-maitrise-de-la-consommation-d-espace

Les « SCoT-Grenelle » se mesurent à la maîtrise de la consommation d’espace

Le Ministère de l’Ecologie de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer a lancé en mars 2009, une démarche partenariale d’accompagnement de douze SCoT sur les thématiques mises en avant par le Grenelle de l’environnement : énergie, biodiversité, densification, gestion économe des espaces, déplacements. Baptisée « SCoT-Grenelle » cette démarche rassemble également les acteurs des SCoT lors de deux rencontres annuelles pour débattre des thématiques retenues. Les actes de la première journée d’échanges du 30 septembre 2009 consacrés à « la maîtrise et la mesure de la consommation d’espace dans les SCoT » viennent d’être publiés par le MEEDDM.

Dans le préambule des actes, Jean-Marc Michel, le Directeur général de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN), insiste sur la place du SCoT comme pièce maîtresse dans l’échiquier des stratégies de lutte contre les consommations d’espaces pour l’urbanisme et met en avant sa place essentielle dans la nécessaire mise en œuvre d’une «densification acceptée des territoires ».

Consommation foncière. La première partie des actes débute par la restitution d’une étude du CETE qui fait un état de l’art sur les méthodes de suivi des consommations de l’espace, et se poursuit avec des échanges des participants qui, tous, insistent sur la difficulté d’identifier et d’accéder à des sources de données simples et fiables en matière de consommation foncière. Partant du constat alarmant d’une urbanisation annuelle de 75 000 hectares, les intervenants de la table ronde se sont employés à identifier les enjeux et les armes dont disposent, ou non, les SCoT en la matière. Toutes les interventions des représentant de ministères ou des têtes de réseaux impliqués dans les thématiques Grenelle (FNAU, GART, FNSAFER, Ministères de l’agriculture, de l’environnement) ont insisté sur le rôle de pivot du SCoT dans la mise en œuvre des différentes facettes du Grenelle. A ce titre le représentant des agences d’urbanisme a particulièrement insisté sur l’importance de l’émergence d’un portage politique des orientations du SCoT afin d’asseoir sa mise en œuvre locale. Les acteurs des transports et de l’agriculture ont également rappelé la nécessaire articulation des réflexions thématiques trop souvent cloisonnées ainsi que la nécessité de donner une visibilité aux acteurs économiques, particulièrement à la profession agricole. L’attention des acteurs des SCoT a été spécialement attiré sur l’enjeu important de la prise en compte de la biodiversité tant en termes de méthodes de travail, de compétences, d’investissements nécessaires – notamment à l’identification des trames vertes et bleues- que sur la complexité du traitement de la biodiversité ordinaire.

SCoT Grenelle. La seconde partie de la publication est consacrée à la restitution du tour d’horizon des «SCoT –Grenelle» suivis par le CERTU puis à une série de retours d’expériences de SCoT « pionniers » approuvés.

Du suivi des « SCoT –Grenelle », il ressort plusieurs traits saillants. Parmi ceux-ci on peut noter celui d’une très forte hétérogénéité tant en termes de périmètre (de 12 à 465 communes) que de structure porteuse ou de moyens techniques et humains. Le CERTU a également relevé la difficulté générale à cerner la thématique de l’étalement urbain et à envisager des outils de mesure. A ce titre l’ensemble des maîtres d’ouvrage sont en attente de Lire la suite

Pour ERDF, le photovoltaïque serait dangereux

developpementdurable.com, Héloïm Sinclair, le 21 juillet 2010

http://www.developpementdurable.com/technologie/2010/07/U195/pour-erdf-le-photovoltaique-serait-dangereux.html

Pour ERDF, le photovoltaïque serait dangereux

Cette semaine du début de l’été 2010 nous vaut une parfaite illustration du tropisme français : une culture anti-énergies renouvelables héritée de l’atom’cratie. Ainsi, lors du congrès de l’Union Française de l’Electricité du 22 juin, Mme Bellon, présidente d’Electricité réseau de France (ERDF), a créé le buzz médiatique en affirmant que le développement du photovoltaïque en France pourrait dans les prochaines années, être cause de « black-out ». En clair, pour la présidente d’ERDF, le photovoltaïque va faire courir des risques de rupture de l’alimentation électrique aux Français, pour cause de surproduction d’électricité solaire.

Michèle Bellon, présidente du directoire d’ERDF, a mis en garde «contre la prolifération des panneaux photovoltaïques, qui pourrait se traduire par des coupures de courant… Je suis assez inquiète car tout cela va très vite. D’ici deux ou trois ans, on sera confronté à de vrais problèmes d’équilibre entre l’offre et la demande sur la boucle locale… ».

Quand j’ai lu cela, j’ai en premier lieu cru qu’il s’agissait d’une blague. La France cumulait moins de 300 MW connectés au réseau électrique fin 2009, l’Allemagne près de 10 000 MW. Alors que l’Allemagne a déjà atteint en 2010 l’objectif officiel français pour l’électricité solaire (1 % de la consommation) pour 2020, force est de constater que le réseau allemand se révèle robuste pour absorber la contribution solaire.

Le gestionnaire du réseau électrique français est-il parano ou juste de mauvaise foi ? L’un n’empêchant pas l’autre… Avec 1/30ème de la puissance solaire installée en Allemagne, la France a de quoi voir venir sans se faire peur… Qui plus est, les réseaux intelligents permettront d’accroître encore les possibilités de raccordement du solaire de nos pays.

Pour que Madame Bellon se rassure (et nous rassure), elle pourrait utilement consulter l’étude européenne « European Distributed EnErgy Partnership – Eu DEEP », regroupant toutes les parties prenantes (distributeurs, producteurs, fabricants, agences nationales de l’énergie et laboratoires de recherche,…). Cette initiative pour l’intégration de sources d’énergies décentralisées dans le système électrique est réellement crédible, de par ses 42 partenaires (RWE, Iberdrola, GDFSUEZ, SAFT, Siemens, …). Elle conclut que Lire la suite

Energie éolienne : la leçon danoise – Un mélange de volonté politique

lemonde.fr, Bertrand d’Armagnac, le 27 juillet 2010

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2010/07/27/energie-eolienne-la-lecon-danoise_1392444_3244.html

Energie éolienne : la leçon danoise

Le parc Horns Rev 1, au large du port d’Esbjerg sur la mer du Nord, dépoie 80 éoliennes d’une puissance de 160 MW.

A 30 km de la côte ouest du Danemark, au large du port d’Esbjerg, les 91 turbines du parc éolien de Horns Rev 2 tournent jour et nuit, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve. Au total, 209 MW sont déployés depuis septembre 2009 sur près de 35 km2. Un peu plus près de la côte, le parc Horns Rev 1, mis en place en 2002, déploie 80 machines d’une puissance de 160 MW. Cet ensemble constitue actuellement le plus grand parc offshore au monde. Il est aussi le plus récent exemple de la politique du Danemark en matière de promotion des énergies renouvelables.

Alors qu’en France l’adoption tumultueuse de la loi Grenelle 2 a ouvert une période d’incertitude pour l’éolien, les Danois affichent les résultats flatteurs d’un développement construit, depuis une trentaine d’années, sur un mélange de volonté politique, de simplification administrative et de coopération avec les populations locales.

Plus de 22 % de l’électricité produite au Danemark provient de l’éolien, terrestre ou marin, contre environ 1,5 % en France. Pour en arriver là, les Danois ont joué sur plusieurs leviers. Tout d’abord, cette énergie est ici un peu plus « l’affaire de tous » que dans d’autres pays. « Le mouvement pour les éoliennes est parti du terrain », explique Ann Pedersen Bouisset, du ministère des affaires étrangères, « les premières petites éoliennes ont été installées par des coopératives issues de communautés ou de municipalités ».

L’IMPLICATION DE LA POPULATION

Cette démarche participative est toujours présente dans l’accord de politique énergétique, élaboré en février 2008 par le gouvernement et le Parlement afin de tracer la stratégie énergétique du pays. Le texte permet aux citoyens de prendre des participations dans les projets de parcs éoliens proches de chez eux. Et un fonds aide les associations de propriétaires locaux de turbines à financer les études préliminaires sur les projets d’implantation.

Cette méthode a facilité l’acceptabilité sociale de l’éolien en garantissant aux populations qu’elles auraient voix au chapitre. Ainsi 90 % des Danois citent en priorité l’éolien pour le développement des énergies renouvelables, selon un récent sondage.

Pour les parcs Horns Rev 1 et 2, le dialogue avec les pêcheurs s’est aussi fait en amont. Les pêcheurs d’Esbjerg ne se sont pas opposés au projet, convaincus Lire la suite

Comité interministériel du développement durable : Les ministres planchent sur une croissance verte adaptée à la crise

lesechos.fr, Julie Chauveau, le 27 juillet

http://www.lesechos.fr/info/energie/020682617442-les-ministres-planchent-sur-une-croissance-verte-adaptee-a-la-crise.htm

Les ministres planchent sur une croissance verte adaptée à la crise

Le Comité interministériel du développement durable se réunit aujourd’hui. Il doit adopter un texte dont « Les Echos » ont eu copie, résumant la stratégie française d’ici à 2013. La prise en compte des déficits publics est mise en avant.

Le symbole fera sourire les défenseurs de l’environnement. Aujourd’hui, doit se tenir la réunion du Comité interministériel du développement durable (CIDD) sous l’égide de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, et du Développement durable. En 2003 et en 2007, les deux premières réunions de ce comité avaient été présidées par le Premier ministre afin d’adopter la stratégie nationale de développement pour les années à venir. Doit-on y voir un symbole du fait que ce sujet est passé au second rang des préoccupations du gouvernement à la faveur de la crise économique et de l’échec des négociations sur le changement climatique à Copenhague ? Une chose est sûre, le titre du document sur la future stratégie nationale du développement durable, sur laquelle doivent se pencher les ministres et les secrétaires d’Etat aujourd’hui et dont « Les Echos » ont eu copie, est dans l’air du temps : « Vers une économie verte et équitable ».

Lors du sommet de la Terre à Rio en 1992, les gouvernements avaient pris l’engagement d’adopter des stratégies nationales de développement durable. Alors qu’on prépare déjà en coulisse les vingt ans de cet événement qui devrait être célébré en grande pompe dans la capitale Brésilienne en 2012, ce texte d’une quarantaine de pages porte sur la période 2010-2013. Trois ans après le démarrage des débats du Grenelle de l’environnement, il en reprend les principaux objectifs… tout en insistant sur la nécessité de prendre en compte la crise économique et la détérioration des finances publiques. « La stratégie doit à l’évidence inclure la question de la soutenabilité des finances publiques. […] Elle doit s’interdire toute dépense nouvelle qui ne correspondrait pas à un investissement profitable aux générations futures », peut-on lire dans l’introduction, qui précise que cette préoccupation a « sous-tendu » toute l’élaboration de la démarche. Mais si chacun des neuf défis proposés sont assortis d’indicateurs le plus précis possible afin d’en suivre l’application, aucun détail n’est donné sur la manière dont les investissements nécessaire à la réalisation des objectifs seront financés.

Un contenu social enrichi

Pour les profanes, la principale surprise vient du fait que le changement climatique n’est pas le premier mais le Lire la suite

L’autre écologie : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives

cip-idf.org, 2010

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5220

L’autre écologie – Le Sabot, outil de liaison locale sur Rennes et ses environs

L’autre écologie

L’omniprésence de la « question » écologique ne fait maintenant plus de doute. D’une part, les données écologiques prennent une place centrale dans un « système-monde » en perpétuelle mutation et d’autre part, l’incapacité des états à établir des accords mondiaux sur les émissions de gaz à effets de serre marque un réel échec pour le capitalisme.

Cette incapacité chronique confirme qu’il n’y a rien à attendre d’une conversion verte du capitalisme, celle-ci signifiant généralement une accentuation des inégalités sociales et un écrasement de toutes expressions populaires, elle confirme également que l’écologie n’est pas l’apanage des nouveaux entrepreneurs de l’économie verte et des apprentis sorciers de la gestion écologique mondiale. Une autre idée de l’écologie persiste, une idée démocratique : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives, mais aussi de ceux qui dans certaines luttes s’emparent de cette question alors qu’ils sont jugés a priori incompétents dans ce domaine.

1. L’écologie au cœur des mutations du capitalisme

L’émergence depuis quarante ans de la question écologique, du dérèglement climatique ou de la destruction des écosystèmes et des espèces vivantes a mis en cause les principes du capitalisme industriel. Sous l’influence d’un renouveau dans la théorie économique, les entreprises et les états sont en train d’opérer une modification de leurs modèles productifs sur la base d’une maîtrise des milieux complexes (1) et de la biosphère. Ce renouveau de la théorie économique et cette tentative de maîtrise signifient que l’économie va désormais intégrer des éléments occultés auparavant : les interactions non-économiques ; et analyser quels bénéfices ou pertes elles provoquent sur les échanges économiques. Ainsi la prise en compte et la maîtrise des ressources naturelles rares, des ressources énergétiques, ou des ressources en eau ou en matériaux nécessaires au processus de production, et qui sont le fruit de processus naturels longs de plusieurs millions d’années, deviennent des tâches primordiales pour l’économie et cela constitue une modification fondamentale du capitalisme, celui-ci reposant jusqu’à il y a peu sur un principe de non-limitation des ressources (2).

Si cette révolution écologique est pour le moment sans grandes conséquences visibles sur la destruction des écosystèmes ou sur le réchauffement climatique, c’est que comme le dirait Yann Moulier Boutang ou comme ne cessent de le répéter les cabinets de management : les entreprises et les états n’ont pas encore pris toute la mesure de la mutation qui leur est demandée. Pour ce faire, les états doivent adopter de nouvelles réglementations qui encouragent les entreprises à intégrer la protection de l’environnement et ainsi leur faire prendre conscience que cette question n’est pas réservée aux secteurs spécialisés mais qu’elle concerne toutes les entreprises et que cela constitue un potentiel de croissance important, les premières entreprises à prendre en compte la protection de l’environnement étant celles qui Lire la suite

Isabelle Autissier : « N’attendons pas que de belles décisions nous tombent sur la tête et qu’il y ait des sauveurs de la planète qui se manifestent. »

actu-environnement.com, Propos recueillis par Agnès Sinaï, le 19 juillet 2010

http://www.actu-environnement.com/ae/news/interview-isabelle-autissier-wwf-10714.php4#xtor=EPR-1

Mieux vaut inventer une autre façon de faire pour continuer à naviguer ensemble

 « N’attendons pas que de belles décisions nous tombent sur la tête et qu’il y ait des sauveurs de la planète qui se manifestent. » C’est en substance la doctrine du PANDA que nous relaie Isabelle Autissier, présidente du WWF France.

Actu Environnement : Quels sont les dossiers qui vous occupent actuellement ?

Isabelle Autissier : Il y a eu les discussions autour du Grenelle 2, la marée noire du Golfe du Mexique, bien que le WWF France ne soit pas en première ligne sur ce dossier. Et tout ce qui tourne autour de l’année de la biodiversité, avec la création de l’IPBES (Intergovernmental Science Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services). Et il y a le dossier de l’eau, grande oubliée du Grenelle, qui est lié à l’agriculture, sur lequel je rencontre beaucoup d’acteurs. Il y a longtemps que le WWF travaille sur la qualité de l’eau, sur les raisons des pollutions, en particulier la question agricole, qui n’a pas beaucoup avancé. Or c’est une des causes majeures de la pollution des eaux. Il se trouve que la France est en train d’affiner ses arguments pour la renégociation de la PAC. C’est l’occasion de pousser le plus fort possible pour que soit reconnue à un certain type d’agriculture la qualité de l’environnement, de la biodiversité et de la nature et que ce soit cette agriculture là qu’on favorise au détriment de celle qui consomme beaucoup de polluants et qui ne donne pas une nourriture extraordinaire. Malheureusement ce n’est pas si simple que ça. On en est encore à subventionner des exploitations agricoles qui utilisent beaucoup d’intrants et qui sont très mécanisées, par rapport à des agricultures, biologiques ou durables – qui emploient de la main d’œuvre et permettent aux gens de vivre correctement. Même dans la logique actuelle du marché, ces agricultures fonctionnent. Du point de vue des comptes, il est évident que même l’agriculture productiviste a des coûts lourds. Le WWF a d’ailleurs demandé un rapport de la Cour des comptes sur la responsabilité des pouvoirs publics et le coût supporté par les Français depuis 1980 pour ces aides dommageables à l’environnement.

AE : La trame verte a été remise en question par la commission mixte paritaire du Grenelle II. Comment réagissez-vous à cette décision ?

Isabelle Autissier : On est extrêmement déçus ! On avait déjà vigoureusement protesté sur le fait que la trame verte n’était pas opposable localement ou régionalement. Et maintenant voilà qu’elle n’est pas opposable nationalement ! En résumé, on vous demande d’être gentil avec la nature, et puis s’il y a une autoroute à faire passer, excusez-moi M’sieursdames ! En gros, on n’a aucune compensation à envisager, on n’a pas à se poser la question de savoir s’il faut aménager des passerelles pour que les animaux puissent migrer, donc on fait comme d’habitude, et ce n’est pas la peine d’avoir inventé le concept de trame verte et bleue si c’est pour ne rien en faire. A partir du moment où cette mesure n’est plus obligatoire, elle sera laissée au bon vouloir des acteurs locaux. Or l’érosion de la biodiversité devait être stoppée en 2010, selon l’engagement de la communauté internationale, ce qui est loin d’être le cas. D’un côté on voit que les choses se dégradent, de l’autre on invente des outils pour ne pas les utiliser !

AE : Quels sont les prochains grands rendez-vous environnementaux de l’année ?

IA : Il semblerait que la Plate-forme scientifique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) soit sur les rails, ce qui est une bonne nouvelle, si cet organisme acquiert la même puissance que celui sur le climat. Reste à voir jusqu’où Lire la suite

Vers la décroissance : quelles actions ? Essai de classification

apeas.fr, Christian Araud, auteur dans la revue Entropia, le  20 juillet 2010

http://www.apeas.fr/Vers-la-decroissance-quelles.html

Vers la décroissance : quelles actions ? Essai de classification

Face à la crise climatique et à la fin du pétrole bon marché, toute personne convaincue qu’on va « dans le mur » à belle allure peut se poser la question concrète suivante : « Que faire pour ralentir, éviter l’obstacle, ou amortir le choc ? »

Une réponse typique se trouve dans le livre de Matthew Stein [1] dont le sous-titre est très explicite : A Manual for Self-Reliance, Sustainability, and Surviving the Long Emergency (un manuel pour l’autonomie durable et la survie pendant la longue situation d’urgence). Dans ce manuel de savoir-survivre à l’usage des nouvelles générations, l’auteur énonce à la fin de son ouvrage quelques actions, individuelles ou collectives, pour participer au changement nécessaire :

– conservation, recyclage,

– action collective,

– acheter local,

– diète adaptée,

– action politique,

– restructurer les affaires,

– remplacer les ampoules électriques,

– choisir une automobile peu consommatrice,

– aller en bicyclette, prendre le train, covoiturage,

– réduire le chauffage et la climatisation de l’habitat,

– installer des systèmes d’énergie renouvelable chez soi,

– développer ses capacités personnelles d’autonomie,

– participer à des communautés autonomes.

Cette liste est sans doute assez représentative de ce qui s’énonce dans les articles consacrés à ce qu’il faudrait faire pour répondre aux défis posés par le changement climatique. En fait, c’est un peu un inventaire à la Prévert. Il est indéniable que chacune des pistes proposées, si elle était mis en œuvre, serait « bénéfique pour la planète » en utilisant un cliché courant chez les chantres du « développement durable ».

Nous ne sommes pas dans une réflexion « compréhensive » sur la décroissance, tout en ayant une série d’indications concrètes sur ce qui serait « utile » de faire pratiquement pour traduire dans la réalité quelques-unes des idées des objecteurs de croissance. Par ailleurs du point de vue de la personne « active » (ou voulant le devenir), cette liste est fondamentalement hétéroclite.

Dans une première tentative de classification, en me plaçant sur un plan plus descriptif que philosophique, avec une approche résolument pragmatique, je distinguerais volontiers quatre niveaux, de plus en plus éloignés de « l’acteur » et donc embrassant un champ de plus en plus vaste.

Ces niveaux sont :

L’action personnelle et immédiate dont on est le seul maître, compatible avec l’environnement général, la société dans laquelle on vit, mais néanmoins Lire la suite

Les décroissantistes contre la société d’abondance

pauljorion.com, Pierre-Yves D,.le 19 juillet 2010

http://www.pauljorion.com/blog/?p=14018

Les décroissantistes contre la société d’abondance

L’abaissement de l’âge du départ à la retraite et plus généralement la diminution du temps de travail n’ont rien à voir avec le gaspillage des ressources naturelles.

Les décroissantistes se trompent de combat lorsque, au prétexte de sauver la planète et ses humains, ils font passer au second plan, voire éludent, le problème des inégalités, alors que ce sont bien elles qui sont à la source des gaspillages et destructions de nos milieux de vie.

J’appelle décroissantistes ceux qui parmi les décroissants se font forts de tout faire décroître indistinctement : d’abord bien entendu le niveau de consommation des matières premières et sources d’énergies non renouvelables. Sur ce point, rien à redire, tous ceux que préoccupent l’avenir immédiat et à plus long terme de l’humanité pensent depuis longtemps déjà que l’on ne peut faire croître cette consommation indéfiniment car plusieurs terres n’y suffiraient pas. Et d’ailleurs, quand bien même pourrions-nous coloniser des planètes lointaines, cela devrait-il nous dispenser de pendre soin de notre petite planète bleue et d’en dilapider les ressources parce que nous aurions des planètes de rechange ? Sans parler bien sûr du caractère fortement connoté de l’idée de colonisation elle-même.

Mais les décroissantistes vont plus loin, beaucoup plus loin. Pour eux il y aurait trop d’êtres humains, donc autant de consommateurs en trop. Ainsi pour eux la solution à nos maux est toute trouvée : diminuer le nombre total de consommateurs pour assurer la décroissance. On n’ose leur demander comment ils pensent s’y prendre pour diminuer leur nombre, tant les « solutions » qui furent testées grandeur nature étaient radicales et surtout la négation de tout humanisme : guerres, eugénisme, planning familial autoritaire. Pourtant la surpopulation est d’ores et déjà devenue une question tout à fait secondaire puisque les démographes nous apprennent que tous les pays qui voyaient leur population beaucoup augmenter accomplissent, plus tôt que prévu, leur transition démographique. Le spectre fantasmatique d’une terre surpeuplée s’éloigne. Comble de l’ironie, ce sont les pays qui consomment le plus qui voient diminuer leur croissance démographique, certains empruntant même la voie de la régression démographique !

L’hyper-consommation est le produit d’un système : en régime capitaliste il faut sans cesse créer de nouveaux besoins, créer de nouveaux marchés, c’est à dire entretenir la prédation pour reproduire l’ordre social pyramidal. Ainsi, la prémisse fondamentale pour tout raisonnement constructif devrait être d’abord : « Le monde actuel est très inégalitaire ». Et non pas : « la planète et ses ressources limitées ». Poser en première prémisse les ressources limitées c’est potentiellement faire de la pénurie un principe d’organisation sociale. C’est une façon de naturaliser au delà du raisonnable un problème qui a d’abord une origine humaine. Les ressources disponibles ne constituent pour nous des limites infranchissables que pour autant que nous renoncions à toute forme d’abondance. Pour ne l’avoir pas compris, les décroissantistes apportent sur un plateau des motifs supplémentaires pour justifier la rigueur, laquelle ne permet guère mieux, et même au contraire, que l’argent aille là où il serait le plus nécessaire pour créer justement les conditions de la sortie de la société de consommation, ce qui était pourtant, semble-t-il, leur objectif premier.

Et c’est bien ici que se trouve l’écueil principal de l’idéologie décroissantiste. Elle fait de la rigueur, de l’auto-limitation, un parangon de vertu, un principe philosophique, ce en quoi elle se fait l’alliée objective des Lire la suite

Le « Bristol Peak Oil Report » : Préparer l’après pétrole

decroissance.blog.lemonde.fr, Thierry Caminel, Ingénieur, le 12 juin 2010

http://decroissance.blog.lemonde.fr/

Notes sur le “Bristol Peak Oil Report”

Le « Bristol Peak Oil Report »

Note de lecture

Saviez-vous qu’on anticipe des émeutes de la faim, en ce début du 21 ° siècle, dans la 6e économie mondiale, et que des villes importantes estiment que les crises énergétiques à venir auront des conséquences locales majeures, et s’y préparent ?

Cette note présente le « Bristol Peal Oil Report » [1],  un document officiel d’une ville anglaise de 430.000 habitants publié récemment.  Après une exposition du contexte de ce rapport,  son contenu est présenté sommairement, et l’on essaie ensuite de montrer les profondes différences d’appréciation de la situation énergétique mondiale entre le France et l’Angleterre.

Contexte

Anciens exportateurs d’hydrocarbures, les Britanniques voient leurs champs de pétrole et de gaz de la mer du Nord décliner depuis 10 ans. L’information concernant l’état des réserves de pétroles mondiales est largement relayée par la presse, alimentant le débat public, renforçant la lutte contre le réchauffement climatique

Au plus haut niveau sont écrits des rapports sur le ‘peak oil’ et ces possibles conséquences économiques et sociales [2]. Les Anglais investissent par ailleurs massivement dans des sources d’énergie non fossile (éolien offshore, nucléaire,…), dans les transports collectifs et vélos, etc. Ils ont introduit une taxe carbone, et prennent en compte le carbone contenu dans la commande publique.

Au niveau local se met en place un réseau de ‘villes en transition’ [3], regroupant plus d’un millier de villes, quartier ou district, destinés à renforcer la résilience de ces communautés, c’est-à-dire leur capacité à résister à un choc externe. Certaines sont de véritables laboratoires,  expérimentant des monnaies complémentaires, des cartes de rationnement ou de nouvelles techniques agricoles.

Bristol s’inscrit dans ce mouvement de ville en transition. La taille de la ville, son importance économique et la qualité de son rapport en font un bon exemple de ce qui se passe outre-Manche et du niveau de prise de conscience des problématiques énergétiques.

« Peak oil Report – Building a positive future for Bristol after Peak Oil »

Ce rapport de 100 pages, publié il y a quelques mois par le conseil municipal de Bristol, commence par expliquer en quoi le pétrole est important, et les raisons qui font qu’il va devenir de plus en plus rare et cher. Il cite les études de l’Agence Internationale de l’Énergie [4], des agences nationales, de Total, Shell ou Aramco, explique qu’il n’y pas d’alternative au pétrole disponible suffisamment rapidement, et rappelle le lien avec le réchauffement climatique.

Le rapport synthétise ensuite les vulnérabilités de Bristol au Peak Oil, telles que Lire la suite

10 octobre 2010, 10/10/10 : AlternativA en Aquitaine à Bayonne, Bordeaux, Dax, Pau… réservez cette date

350.org, Diana, juillet 2010

http://www.350.org/fr/about/blogs/marquez-cette-date-et-allez-voir-le-nouveau-350org

10/10/10 : Réservez cette date (et allez voir le nouveau 350.org!)

Chers amis,

Ces derniers mois ont été incroyables ici à 350.org: des mois de campagne ininterrompue – et nous allons encore passer à la vitesse supérieure. 

A compter d’aujourd’hui, nous sortons le grand jeu et nous nous lançons à l’assaut du 10/10/10, la « Fête Globale du Travail ». Elle a été décrite comme « journée de fête autour des solutions au réchauffement climatique » – et effectivement, il s’agit sans doute de notre meilleure chance cette année de faire pression sur nos dirigeants, tout en s’amusant. Si vous ne connaissez pas encore tous les détails du 10/10/10, lisez ci-dessous la nouvelle lettre d’invitation de Bill McKibben.

Si vous connaissez déjà tous les détails, c’est une occasion parfaite pour en informer quiconque ne serait pas au courant. Le nouveau 350.org peut être diffusé en quelques clics sur Facebook ou Twitter; vous pouvez aussi simplement faire passer la lettre de Bill à 10 de vos amis (nous aimons assez le chiffre 10 cette année), et faire ainsi prendre 10 fois plus d’ampleur au mouvement pour des conditions climatiques plus sûres. 

En avant pour le 10/10/10

Cher Monde,

L’année a été rude: en Amérique du Nord, la marée noire a submergé le Golfe du Mexique; en Asie, jamais température aussi élevée n’avait été enregistrée; dans l’Arctique, la fonte des glaces s’est accélérée jusqu’à un rythme jamais vu auparavant; en Amérique latine, des pluies torrentielles ont dévasté des flancs entiers de la montagne.

Et donc, nous allons faire la fête. 

Marquez le 10/10/10 sur votre calendrier: c’est la date. Le lieu, votre lieu de résidence. Le but, agir pour tenter d’enrayer le changement climatique depuis votre ville ou votre collectivité

Nous l’avons nommée « Fête du Travail Globale« , en insistant sur « travail » autant que sur « fête ». A Auckland, en Nouvelle Zélande, aura lieu un gigantesque atelier de réparation de vélos, pour que tous les vélos de la ville soient remis en circulation. Dans les Maldives, des panneaux solaires vont être mis en place sur les bâtiments présidentiels. A Kampala, en Uganda, des milliers d’arbres seront plantés, et en Bolivie des fours solaires vont être installés, et seront mis à profit dans un immense pique-nique écologiquement neutre. 

Nous avons déjà appelé, écrit, pétitionné, manifesté, par tous les moyens possibles pour faire bouger les hommes politiques: ils ont été trop lents; aussi est-il temps à présent de leur montrer que nous disposons des moyens nécessaires pour corser notre action climatique. 

Le 10/10/10 montrera que Lire la suite

Appel à propositions de recherche – Transition(s) vers une économie écologique ?

agora21.org, Karim Hammou, le 21 juin 2010

http://www.agora21.org/transitions/community/pg/pages/view/258/

Transition(s) vers une économie écologique ?

La Mission prospective du MEEDDM lance un appel à propositions de recherches consacré au verdissement à long terme de l’économie française. En complément aux réflexions en cours et stratégies à l’œuvre sur le thème de la croissance verte, cet appel vise à fournir un éclairage spécifique sur les modalités et enjeux de transition, dans l’hypothèse d’un changement structurel de nos économies à l’horizon 2030-2050. Des contributions sont attendues tant en matière d’évaluation économique et environnementale que d’analyse des freins à l’innovation sociale ou institutionnelle. La date limite de réception des projets est fixée au 30 juillet 2010.

Annonce

La Mission Prospective du MEEDDM pilote et réalise des travaux de prospective sur les modèles et transitions de long terme vers un développement durable au travers de cinq programmes  dont un traite spécifiquement des hypothèses et enjeux de transition relatifs au « verdissement » à long terme de l’économie française. A l’appui de ce dernier programme, la Mission souhaite engager trois types de réflexions complémentaires (1) en organisant un séminaire de prospective, (2) en initiant un appel à projets de recherche et (3) en contribuant à une mise en débat avec les secteurs et territoires concernés. Pour ce faire, le présent appel à propositions s’ouvre sur un rappel du contexte et des enjeux caractérisant la démarche d’ensemble (§.I), avant de proposer un cadre commun aux trois volets évoqués (§.II), puis d’entrer dans le détail des réponses attendues pour chacun d’eux (§.III).

I – Contexte et enjeux du programme 

La reconnaissance du caractère irréversible et globalisé des menaces que l’activité humaine fait peser sur le climat, les ressources ou la biodiversité a conduit les principales économies mondiales à s’engager, au cours de la dernière décennie, dans la voie d’un découplage – entre développement économique et pression environnementales – dont la part d’incertitude et les impacts potentiels sont d’une ampleur considérables. Comme l’illustrent à la fois l’ambition des orientations et la diversité des mesures issues du Grenelle de l’environnement, contenir de tels risques suppose en effet d’agir simultanément sur les modèles productifs, les processus d’innovation, les instruments de régulation et les comportements. Ce qui, à long terme, et du point de vue des stratégies publiques aussi bien que privées, revient ni plus ni moins qu’à devoir accompagner ou conduire – et a fortiori anticiper – une mutation structurelle de nos économies.

Au regard de ce changement de trajectoire conçu en régime permanent et amorcé à des rythmes sensiblement variés selon les secteurs ou les pays concernés, la conjonction récente d’une crise économique mondiale et d’alarmes environnementales majeures (alertes climatiques, choc pétrolier, crise alimentaire) constitue une véritable rupture

de par le caractère d’urgence politique soudainement conféré à la recherche d’un nouveau sentier de Lire la suite

Landes, une centrale solaire de 300 ha – Energie solaire : trouver l’équilibre

sudouest.fr, Bernard Broustet, le 10 juillet 2010

Energie solaire : trouver l’équilibre

Après la mise en service de l’immense centrale du Gabardan (40), seule une partie des projets régionaux devrait voir le jour.

La plus grande centrale photovoltaïque développée à ce jour en France a été inaugurée hier à Losse (Landes). Pour l’heure, cette centrale du Gabardan, nom du territoire où elle est installée, a une puissance installée d’une quarantaine de mégawatts (MW), dont 12 alimentent d’ores et déjà le réseau. D’ici au début 2011, les panneaux photovoltaïques devraient s’étendre sur une superficie de quelque 300 hectares, délivrant une puissance maximale de 44 MW, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 40 000 habitants.

L’entrée en service de la centrale marque l’aboutissement d’une démarche menée conjointement par EDF Énergies Nouvelles, filiale de l’électricien français, et par la Communauté de communes du Gabardan, qui s’efforce d’enrayer le déclin démographique de ce territoire de l’Est landais, où les tempêtes et le pernicieux champignon Fomes ont causé de graves dégâts au massif forestier.

Une usine à Blanquefort

L’opération s’est accompagnée de l’aide au reboisement d’une surface équivalente à celle de la centrale (environ 300 hectares) auprès d’une cinquantaine de propriétaires forestiers du canton. Par ailleurs, la création de la centrale a donné en quelque sorte le coup d’envoi du partenariat entre EDF Énergies Nouvelles et la société américaine First Solar, qui a équipé le site en panneaux. Ce partenariat va se concrétiser par la construction à Blanquefort d’une usine de First Solar, engendrant la création annoncée de quelque 400 emplois. Une opération dans laquelle EDF Énergies Nouvelles, dont le président Pâris Mouratoglou se trouvait hier à Losse, est fortement impliqué.

La réalisation du Gabardan ne constitue que le premier chapitre d’un feuilleton photovoltaïque régional à la fois fourni et incertain. Car l’Aquitaine, et notamment le massif forestier gascon, a été un véritable aimant pour les entreprises désireuses de développer des installations au sol. La présence de grandes disponibilités foncières, accrues par la tempête Klaus, a déclenché une véritable ruée. Selon le préfet des Landes Evence Richard, on compte quelque 110 projets dans le seul département, dont une bonne partie émane d’EDF Énergies Nouvelles. L’on sait par ailleurs que celle-ci a obtenu le feu vert pour une installation à Saint-Symphorien (Gironde), tandis qu’une enquête publique est en cours à Cestas pour un projet de First Solar, presque équivalent à celui du Gabardan.

Tarifs avantageux

Mais, comme l’a souligné hier Henri Emmanuelli, seule une fraction des multiples projets en gestation devrait aboutir. D’une part, en effet, il n’est pas sûr que le tarif de rachat Lire la suite

Les Lloyd’s nous assurent d’une crise énergétique et appellent à décarboniser l’économie

journaldelenvironnement.net, Valéry Laramée de Tannenberg, le 12 juillet 2010

Les Lloyd’s nous assurent d’une crise énergétique

Les Lloyds appellent à décarboniser l’économie.

Dans une étude réalisée avec Chattham House, les Lloyd’s appellent gouvernements et entreprises à préparer la révolution énergétique.

Les responsables du marché des Lloyd’s ne sont pas de grands bavards. Aussi, quand ces très sérieux organisateurs du plus grand marché mondial de l’assurance tirent la sonnette d’alarme, il y a tout lieu de s’inquiéter. Leur dernière contribution n’est effectivement pas des plus rassurantes. Réalisé en collaboration avec un centre d’études des relations internationales réputé, Chattham House, le dernier rapport des Lloyd’s porte sur la sécurité énergétique « durable ».

En une cinquantaine de pages, le document brosse le contexte énergétique actuel et esquisse son futur annoncé. Reprenant presque mot pour mot les discours de certains écologistes, le document rappelle que notre développement s’est construit sur l’accès, presque illimité, d’une source d’énergie carbonée (charbon, pétrole, gaz) et très bon marché. Or, ce temps a vécu, estiment les experts britanniques.

Les cyclones Rita et Katrina nous ont prouvé (en mettant hors circuit une bonne part du système de production et de transformation des hydrocarbures américains pendant plusieurs mois) qu’un événement climatique extrême pouvait gravement perturber notre alimentation en pétrole ou en gaz. L’histoire et la géographie nous rappellent que la plupart des pays producteurs d’hydrocarbures sont politiquement fragiles. Et que les routes qu’empruntent pétroliers, méthaniers et pipelines ne sont pas sans risques.

Les Lloyd’s et Chattham House soulignent aussi qu’avec la montée en puissance des grands émergents (Chine, Inde, Brésil, Indonésie), l’accès aux ressources pétrolières, charbonnières et gazières devient plus difficile pour les pays les plus industrialisés. Or, les producteurs d’huile, de houille et de précieuses molécules ne seront probablement pas au rendez-vous fixé par les consommateurs. La raison ? des décennies de sous-investissements, notamment dans les domaines de l’exploration-production pétrolière et gazière et dans les infrastructures de transport (gazoducs et oléoducs). Une critique que l’on peut aussi adresser à nombre de compagnies électriques. Des industriels qui savent pertinemment qu’il se passe au moins une décennie entre le moment où un investissement est décidé et où il fournit ses premiers kilowattheures (kWh).

Reprenant les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, les auteurs du rapport soulignent que les énergéticiens devront investir 26.000 milliards de dollars (20.691 milliards d’euros) d’ici 2030 pour satisfaire, collectivement, nos besoins énergétiques les plus élémentaires. Pas simple en période de récession.

D’autant que la facture pourrait être plus lourde encore. Car nombre de pays industrialisés se sont engagés à maîtriser leurs émissions de gaz à effet de serre. Ce qui les obligera à investir davantage dans l’efficacité énergétique ou les énergies « bas carbone » ou renouvelables.

Première conclusion du document : « La sécurité d’approvisionnement énergétique est inséparable de la transition vers Lire la suite

« Le Monde émergent (tome 1) », sous la direction d’Yves Charles Zarka : pour une philosophie de l’écologie

lemonde.fr, Roger-Pol Droit, le 7 juillet 2010

« Le Monde émergent (tome 1) », sous la direction d’Yves Charles Zarka : pour une philosophie de l’écologie

Nous sommes en train de changer de monde. Sans l’avoir voulu, sans le comprendre encore clairement. Sans le penser encore à la hauteur qui convient. Telles sont les convictions de départ qui ont donné naissance à un vaste programme de recherche du CNRS, en collaboration avec l’université Paris-Descartes (Sorbonne). L’objectif est pour le moins ambitieux : dresser un premier état des lieux de toutes les dimensions de la crise écologique dont la planète commence à prendre conscience.

Il ne s’agit pas seulement, on s’en doute, du réchauffement climatique, mais aussi de la fin des ressources énergétiques, des modifications de la biodiversité, de l’interdépendance entre les activités humaines et les équilibres du globe. Sans oublier les multiples mutations de nos comportements, de nos gestes quotidiens aussi bien que de nos horizons politiques. Ce « monde émergent » soulève donc quantité de questions économiques, sociales, politiques, que des problématiques philosophiques nouvelles doivent aborder.

Il ne faudra pas moins de trois volumes pour embrasser les lignes de force et les perspectives de ces changements en cours. Maître d’œuvre de cet ensemble original, le philosophe Yves Charles Zarka, qui dirige notamment la revue Cités, réunit dans ce premier tome onze contributions d’économistes, géographes, sociologues, juristes et philosophes.

Ces études portent sur les problèmes cruciaux qui se posent à présent dans l’espace social et politique. L’urgence écologique et le politique, les nouveaux territoires urbains, les cycles de vie des produits, la diversité des cultures et l’universalité de l’environnement, l’Europe et le développement durable figurent parmi les thèmes retenus.

Si la diversité des analyses et des objets d’étude interdit tout résumé laconique de l’ensemble, il saute aux yeux que ce livre devrait devenir une référence importante pour ceux que préoccupe le renouvellement de la réflexion qu’exige le basculement du monde. Car l’intérêt de ce vaste projet, on l’aura compris, n’est pas de proposer une prospective de plus, mais bien de contribuer à poser les questions de fond.

C’est pourquoi il s’intéresse notamment à l’impact politique des changements d’attitude envers la consommation et la production, et demande, par exemple, comment le passage à une société différente est possible sans détruire la démocratie.

Réflexion interdisciplinaire

Après ce volume consacré aux « Lieux », doivent paraître dans les mois à venir un volume sur les « Défis » et un troisième intitulé « Dénouement ». Outre cette trilogie collective, la collection Emergences, que ce volume inaugure, doit également accueillir un Manifeste sur l’urgence du Lire la suite

Peut-on s’en sortir dans le cadre d’un capitalisme réformé ?

pressegauche.org, Jean Gadrey, le 6 juillet 2010

Peut-on s’en sortir dans le cadre d’un capitalisme réformé ?

La crise actuelle, ainsi que la montée des périls écologiques (composante de cette crise), renforcent les doutes sur la possibilité de concilier capitalisme et société solidaire et soutenable, ou développement humain durable.

Je n’ai pas de réponse ferme et définitive à cette redoutable question. Il me semble quand même que la crise actuelle, ainsi que la montée des périls écologiques (composante de cette crise), renforcent les doutes sur la possibilité de concilier capitalisme et société solidaire et soutenable, ou développement humain durable.

Voici neuf caractéristiques structurelles du capitalisme qui font douter de sa capacité à nous sortir de la zone des tempêtes à répétition. Sans doute chacune d’entre elles n’est-elle pas décisive. Mais leur ensemble l’est peut-être plus.

1. Le capitalisme s’est historiquement développé sur la base (entre autres) de la destruction et de la privatisation de biens naturels « communs » (en propriété commune : terres, forêts…), aussi bien au centre que dans la périphérie colonisée ou dominée. Ces expropriations/privatisations ont d’ailleurs beaucoup contribué à la « mise au travail salarié ». Et cela continue allègrement aujourd’hui. Or on ne voit pas comment on pourra sortir de la crise écologique sans reprendre le contrôle collectif, ou « communal », ou coopératif de ces biens communs privatisés : la terre, les sources d’énergie, l’eau, les forêts, etc. Il faut y ajouter aujourd’hui le climat et la maîtrise de son changement. Pour l’instant, les acteurs dominants du capitalisme résistent puissamment à toute maîtrise collective des risques écologiques majeurs où ils nous ont entrainés.

2. Les dirigeants politiques libéraux ont offert sur un plateau au capital financier le pouvoir de contrôler la monnaie et le crédit, qui sont ou devraient être eux aussi des biens communs, et de créer tous les outils d’une spéculation permanente sur tout. On ne s’en sortira pas sans remettre les pouvoirs financiers à des pôles publics ou coopératifs débarrassés de la pression des actionnaires. Mais enlever au capitalisme les possibilités de la spéculation monétaire et financière, les paradis fiscaux reconnus ou de fait (comme la City), c’est le priver d’une de ses sources majeures de profit et de domination. Aux Etats-Unis, la part des banques dans les profits des entreprises est passée de 10 % en 1980 à 40 % en 2007 !

3. Le capitalisme ne cesse par ailleurs de s’en prendre aux biens communs sociaux que sont le droit du travail, la protection sociale et d’autres droits humains, les services publics, etc. et il est souvent parvenu à les faire régresser depuis les années 1980. S’agissant du travail, toute perspective de société soutenable passe par la promotion du travail décent partout. Le travail indécent est probablement la principale source de profit des multinationales (dumping social). Mais il est devenu aussi, dans les pays dits développés, sous la forme du travail précaire et des petits boulots, sous la forme de la pression à la baisse de la part de la valeur ajoutée revenant aux salaires, sous la forme de l’intensification du travail, un mode d’emploi hautement profitable que les entreprises revendiquent comme une nécessité pour leur « compétitivité ». 4. Le capitalisme global s’est développé sur le terreau d’inégalités sociales mondiales (prenant la forme du colonialisme puis du néocolonialisme : voir le film « La fin de la pauvreté ») qu’il a eu tendance à renforcer depuis trente ans et dont il tire une large part de ses profits. Or on ne résoudra pas la crise écologique sans les réduire fortement. Voir par exemple mon post du 3 septembre 2008.

5. Le capitalisme a besoin de susciter sans cesse des désirs de possession de marchandises en faisant passer le futile pour l’utile et les pulsions pour des besoins, en poussant au renouvellement rapide des achats. C’est pour cela qu’il dépense 500 milliards de dollars par an en publicité et sponsoring. Cette course mortelle devra cesser pour qu’on sorte des crises. Il faudra quitter la voie de la croissance quantitative et s’orienter vers une « prospérité sans croissance ». Je ne développe pas cette hypothèse, j’en ai souvent parlé.

6. Le capitalisme résiste férocement à Lire la suite

La maison écologique est-elle trop chère ?

sudouest.com, Thierry Magnol, le 5 juillet 2010

La maison écologique est-elle trop chère ?

Le logement à faible consommation d’énergie est en plein essor. Mais à quel prix et pour quelles économies ? Éléments de réponse et comparatif détaillé dans la région

BBC, HQE, RT 2012… Difficile de se repérer dans la forêt de ces sigles barbares (lire le lexique ci-contre) qui servent à identifier des labels ou des normes que bien souvent les professionnels du bâtiment sont les seuls à comprendre.

Ils traduisent en fait la révolution qui est en train de se dérouler en matière de construction de logements neufs. La nécessité de réduire notre facture énergétique et d’améliorer la qualité de notre environnement entraîne de profondes modifications traduites notamment par le Grenelle de l’environnement. Une nouvelle réglementation, la RT 2012, imposera à partir du 1er janvier… 2013 que la consommation énergétique d’une construction neuve ne dépasse pas 45 kWh/m²/an, hors appareils électriques. Sachant que la norme actuelle est de 100 kWh, il faudra donc parvenir à une division par deux. Ce n’est pas un exploit car cela correspond en fait à celle du bâtiment basse consommation (BBC). Toutefois, ces nouvelles exigences qui concerneront tous les types de logements ne sont pas forcément faciles à mettre en œuvre.

Traquer les kWh

« Ce qui va changer, c’est qu’il faudra traquer les kWh partout et cela demandera une réalisation parfaite, notamment au niveau des ponts thermiques, explique Éric Aufaure, animateur du pôle bâtiment durable à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Par ailleurs, il faudra sans doute utiliser de l’énergie renouvelable, au moins pour l’eau chaude. Nous sommes en effet sur un niveau de performances élevées qui nécessitera une formation de tous les acteurs du bâtiment. »

En revanche, il n’est pas forcément utile d’employer des matériaux d’un nouveau type. On peut très bien respecter la norme avec du traditionnel. Le Cerib (Centre d’études et de recherche de l’industrie du béton) propose par exemple une maison en blocs béton creux qui consomme moins de 45 kWh/m²/an.

Mais la première question que se pose l’acheteur potentiel, c’est de savoir si ce type de construction est économiquement rentable. Selon l’Ademe, le coût est en moyenne supérieur de 15 % à celui d’un logement construit selon les normes actuelles.

Pour être concret, une maison de 100 m² vendue 100 000 euros en construction classique (donc consommant 100 kWh/m²/an) reviendra à 115 000 euros avec une consommation réduite à 45 kWh/m²/an.

Les aides proposées par l’État, notamment le crédit d’impôt, permettent Lire la suite

« Philosophie et écologie », ouvrage de Anne Dalsuet chez Gallimard

nonfiction.fr, Manola ANTONIOLI, le 1er juillet 2010

« Philosophie et écologie », ouvrage de Anne Dalsuet chez Gallimard

Résumé : Un ouvrage qui présente à un vaste public les enjeux éthiques et philosophiques des questions environnementales.

Dans un contexte planétaire marqué par le dérèglement climatique, la disparition de la biodiversité, les grandes catastrophes environnementales et la perspective de l’épuisement des ressources énergétiques, on commence à voir apparaître, depuis une quarantaine d’années, un vaste renouvellement conceptuel axé sur les multiples dimensions de l’urgence écologique. Dans le domaine philosophique, le souci de l’environnement dépasse largement les acquis de la science écologique et vise à repenser radicalement les échanges entre la nature, la culture et la technique, à poser un nouveau regard sur les environnements naturels, les environnements sociaux et les environnements techniques contemporains, au-delà de l’ambition exclusive de maîtrise et de domination de la nature qui s’est imposée en Occident au moins depuis la modernité. La réflexion philosophique peut proposer une alternative à l’approche dominante et purement technocratique des problèmes environnementaux et aider à concevoir une vision plus authentiquement démocratique des rapports entre les sociétés humaines et les environnements naturels. L’ouvrage d’Anne Dalsuet, qui a été conçu pour les classes de terminale mais qui s’adresse visiblement à un public plus large, constitue une excellente introduction à ce nouveau champ de la réflexion philosophique, notamment grâce aux analyses consacrées aux approches théoriques d’auteurs étrangers dont la pensée et les travaux ont été longtemps ignorés en France.

La nature en crise

L’ouverture de l’ouvrage (structuré selon six grandes « perspectives ») vise à définir les caractéristiques de la crise écologique contemporaine qui ne fait que traduire une crise plus profonde. S’appuyant sur l’excellent ouvrage d’Isabelle Stengers intitulé Au temps des catastrophes, résister à la barbarie qui vient  , Anne Dalsuet affirme en effet dès le début de sa réflexion que la crise écologique ne demande pas seulement des réponses scientifiques ou techniques (dans l’esprit du « Grenelle de l’environnement », du « développement durable » ou de la « croissance verte »), puisqu’elle implique également une crise morale, métaphysique, sociale et politique, dont il faudra constater l’ampleur et la gravité. Dans cette perspective, nous n’avons plus affaire à des problèmes isolés, puisque les catastrophes environnementales entraînent toujours des effets en cascade sur tous les êtres vivants et notamment « sur la manière même dont les hommes pourront “habiter” cette Terre, s’y nourrir, y travailler, s’y loger, s’y déplacer, s’y gouverner » (p. 8). Les limites de la planète et de ses ressources nous imposent désormais de repenser le rapport de l’homme à la technique : recourir au catastrophisme ou à la déploration mélancolique d’une nature perdue sont deux postures insuffisantes et politiquement dangereuses, qui nous empêchent de comprendre la portée authentiquement politique des questions environnementales.

Cette dimension essentielle du problème écologique est très présente dans les pages des « bilans » qui concluent le livre, où l’auteure interroge les perspectives d’une écologie politique, à la suite de Bruno Latour et de ses Politiques de la nature  . Les analyses de Latour, qui s’efforcent de modifier les termes classiques du débat en renouant différemment les liens entre sciences et politiques, sont ainsi définies « capitales, Lire la suite

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

lemonde.fr, Rémi Barroux, le 28 juin 2010

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

« Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi » a fait valoir le directeur international de Greenpeace lors du congrès international des syndicats à Vancouver.

Vancouver

Le syndicalisme international veut faire de la croissance verte un de ses combats. C’est le message fort du congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI), qui s’est achevé vendredi 25 juin à Vancouver (Canada).

Manifestation la plus visible de cette évolution : le directeur international de Greenpeace, le Sud-Africain Kumi Naidoo, était présent au même titre que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ou celui du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. « La CSI oeuvrera pour un travail décent dans le cadre d’une économie verte« , a déclaré l’Australienne Sharan Burrow, la nouvelle secrétaire générale de l’organisation, élue vendredi, en remplacement du Britannique Guy Rider. La CSI regroupe 311 organisations de travailleurs représentant 168 millions de membres dans 155 pays et territoires.

Le rapprochement entre les syndicats et le mouvement écologiste est récent. Chaque partie souligne les efforts mutuels qui ont été accomplis. « Les mouvements comme Greenpeace reconnaissent dorénavant que nos préoccupations en matière d’emplois et de salaires sont légitimes, explique Guy Rider. Il y a cinq ans, ils refusaient de nous entendre au motif que l’environnement devait être défendu quel qu’en soit le prix. »

Les écologistes assument cette mutation. « Pour ma part, j’ai toujours pensé qu’il fallait rapprocher les points de vue, malgré les tensions. Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi », fait valoir Kumi Naidoo. Greenpeace se bat pour l’abandon des énergies fossiles et prône la transition vers des sources d’énergies renouvelables sans oublier désormais de mettre en avant les emplois qui seront créés. Dans la dernière version, publiée en juin, de son document de référence sur la « révolution énergétique », l’Organisation non gouvernementale estime que d’ici à 2030, 12 millions d’emplois « verts » peuvent être créés.

Côté syndical, l’optimisme reste tempéré. « Dans les Asturies, les mines de charbon employaient 45 000 personnes. Aujourd’hui, il ne reste que 6 500 mineurs et nous n’avons pas trouvé d’activité de remplacement », constate Javier Doz, des Commissions ouvrières, la principale organisation syndicale espagnole. « Le secteur de la construction, pilier de la miraculeuse croissance espagnole qui s’est effondrée avec la crise, devrait être un des secteurs de cette transition vers l’économie verte. Mais nous attendons. », poursuit-il.

Comment marier croissance économique et développement durable ? « Petit à petit, notre réflexion syndicale, fondée sur l’analyse des rapports entre le capital et le travail, a intégré Lire la suite

Enchaînement des crises et moyens d’en sortir

politique.eu, François Houtart , septembre 2009

Enchaînement des crises et moyens d’en sortir

Prêtre, sociologue, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, co-fondateur du Forum social mondial, auteur de « L’agroénergie, solution pour le climat ou sortie de crise pour le (…)

L’effet de loupe médiatique sur les crises financière et climatique occulte d’autre crises en cours (alimentaire, sociale, énergétique), qui s’enchevêtrent. Cet empilement concouret à une crise générale de sens, de civilisation.

Quand 850 millions d’êtres humains vivent sous la barre de la pauvreté et que leur nombre augmente, quand chaque vingt quatre heures, des dizaines de milliers de gens meurent de faim, quand disparaissent jour après jour des ethnies, des modes de vie, des cultures, mettant en péril le patrimoine de l’humanité, quand le climat se détériore et que l’on se demande s’il vaut encore la peine de vivre à la Nouvelle Orléans, au Sahel, dans les Iles du Pacifique, en Asie centrale ou en bordure des océans, on ne peut se contenter seulement de parler de crise financière. Déjà les conséquences sociales de cette dernière sont ressenties bien au delà des frontières de sa propre origine : chômage, chèreté de la vie, exclusion des plus pauvres, vulnérabilité des classes moyennes et allongement dans le temps de la liste des victimes.

Soyons clairs, il ne s’agit pas seulement d’un accident de parcours ou d’abus commis par quelques acteurs économiques qu’il faudra sanctionner, nous sommes confrontés à une logique qui parcourt toute l’histoire économique des deux derniers siècles De crises en régulations, de dérégulations en crises, le déroulement des faits répond toujours à la pression des taux de profit : en hausse on dérégule, en baisse on régule, mais toujours en faveur de l’accumulation du capital, elle-même définie comme le moteur de la croissance. Ce que l’on vit aujourd’hui n’est donc pas nouveau. Ce n’est pas la première crise du système financier et certains disent que ce ne sera pas la dernière.

Cependant, la bulle financière créée au cours des dernières décennies, grâce, entre autres, au développement des nouvelles technologies de l’information et des communications, a surdimensionné toutes les données du problème. L’économie est devenue de plus en plus virtuelle et les différences de revenus ont explosé. Pour accélérer les taux de profits, une architecture complexe de produits dérivés fut mise en place et la spéculation s’est installée comme un mode opératoire du système économique. Cependant, ce qui est nouveau, c’est la convergence de logique entre les dérèglements que connaît aujourd’hui la situation mondiale.

La crise alimentaire en est un exemple. L’augmentation des prix ne fut pas d’abord le fruit d’une moindre production, mais bien le résultat combiné de la diminution des stocks, de manœuvres spéculatives et de l’extension de la production d’agrocarburants. La vie des personnes humaines a donc été soumise à la prise de bénéfices. Les chiffres de la bourse de Chicago en sont l’illustration.

Gaspillage énergétique

La crise énergétique, quant à elle, va bien au-delà de l’explosion conjoncturelle des prix du pétrole. Elle marque la fin du cycle de l’énergie fossile à bon marché (pétrole et gaz) dont le maintien à un prix inférieur provoqua une utilisation inconsidérée de l’énergie, favorable à un mode de croissance accéléré, qui permit une rapide accumulation du capital à court et moyen terme. La surexploitation des ressources naturelles et la libéralisation des échanges, surtout depuis les années 1970, multiplia le transport des marchandises et encouragea les moyens de déplacement individuels, sans considération des conséquences climatiques et sociales. L’utilisation de dérivés du pétrole comme fertilisants et pesticides se généralisa dans une agriculture productiviste. Le mode de vie des classes sociales supérieures et moyennes se construisit sur le gaspillage énergétique. Dans ce domaine aussi, la valeur d’échange prit le pas sur la valeur d’usage.

Aujourd’hui, cette crise risquant de nuire gravement à l’accumulation du capital, on découvre l’urgence de trouver des solutions. Elles doivent cependant, dans une telle perspective, respecter la logique de base : maintenir le niveau des taux de profit, sans prendre en compte les externalités, c’est-à-dire ce qui n’entre pas dans le calcul comptable du capital et dont le coût doit être supporté par les collectivités ou les individus. C’est le cas des agrocarburants et de leurs conséquences écologiques (destruction par la monoculture, de la biodiversité, des sols et des eaux souterraines) et sociales (expulsion de millions de petits paysans qui vont peupler les bidonvilles et aggraver la pression migratoire).

Crise de civilisation

La crise climatique, dont l’opinion publique mondiale n’a pas encore pris conscience de toute la gravité, est, selon les experts du Giec [1], le résultat de l’activité humaine. Nicolas Stern, ancien collaborateur de la Banque mondiale, n’hésite pas à dire que « les changements climatiques sont Lire la suite

Développer les filières courtes d’écomatériaux – Guide à destination des collectivités territoriales

amisdelaterre.org, Cyrielle Den Hartigh, communiqué, le 3 juin 2010,

Développer les filières courtes d’écomatériaux – Guide à destination des collectivités territoriales

Les Amis de la Terre publient un nouveau guide sur le développement des écomatériaux, avec le soutien de plusieurs associations de collectivités territoriales. Y sont proposées des pistes d’actions pour soutenir l’émergence de filières locales d’écomatériaux et leur utilisation dans les constructions et réhabilitations de bâtiments : soutien aux professionnels, aides aux particuliers, sensibilisation, information, politiques d’achats publics notamment.

Le dernier projet de loi Grenelle 2, qui doit encore passer en commission mixte paritaire, aborde du bout des lèvres la question des écomatériaux dans ses articles 4 et 71. Aucune mesure concrète n’y est proposée qui pourrait réellement soutenir le développement des écomatériaux dans la construction et la réhabilitation des bâtiments. La seule réelle avancée est que le mot « écomatériaux » existe maintenant dans un texte ayant une valeur juridique. En savoir plus.

Pour Martine Laplante, Présidente des Amis de la Terre, « Les solutions sont dans les territoires : initiatives citoyennes, associations locales, actions des collectivités territoriales. Nous ne pouvons pas attendre que les solutions viennent des avancées législatives. Nous mettons donc toute notre énergie dans le soutien à ces initiatives locales, respectueuses de l’environnement et intégrées dans un développement social au bénéfice de tous. »

Bois, paille, chanvre, lin… les écomatériaux font de plus en plus parler d’eux. Mais il est encore complexe de se les approprier et des les utiliser sans information adéquate ou ressources financières suffisantes. Le guide Développer les filières courtes d’écomatériaux (1) donne des clefs aux collectivités territoriales pour soutenir l’émergence et la structuration de filières locales d’écomatériaux pour les constructions et rénovations de bâtiments.

Exemples concrets et explications pratiques sont détaillés pour les thèmes suivants :

– Le soutien aux acteurs professionnels ;

– Les incitations à l’amélioration de l’habitat ciblées sur l’utilisation des écomatériaux ;

– Les achats publics et l’utilisation des écomatériaux par les collectivités territoriales ;

– L’information et la sensibilisation du grand public et des professionnels ;

– La structuration et le soutien aux filières courtes d’écomatériaux.

« Pour les collectivités territoriales engagées sur des chantiers publics respectueux de l’environnement, les écomatériaux constituent un outil stratégique et incontournable, développe Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne Habitat Écologique aux Amis de la Terre. Parce qu’ils sont susceptibles d’apporter des Lire la suite

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde – Un déclin de la production pétrolière est probable à court ou moyen terme

petrole.blog.lemonde.fr, Matthieu Auzanneau, le 16 juin 2010

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde

« Un déclin de la production pétrolière est probable à court ou moyen terme. »

Deux institutions anglaises au combien prestigieuses viennent de rejoindre la liste déjà longue des lanceurs d’alerte sur le ‘peak oil’ (ou ‘pic pétrolier’, c’est-à-dire l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin irréversible).

Dans un rapport publié le 8 juin, la Lloyd’s, l’un des leaders mondiaux de l’assurance, et Chatham House, l’institut royal des affaires internationales, s’alarment à leur tour de l’éventualité d’un choc pétrolier imminent. Les auteurs, deux chercheurs de Chatham House, soulignent qu’un déclin de la production pétrolière est « probable à court ou moyen terme », et évoquent la nécessité d’une « troisième révolution industrielle ». Ils préviennent :

« Même avant que nous atteignions le pic pétrolier, nous pourrions assister à une pénurie de pétrole à cause de la hausse de la demande en Asie. »

Richard Ward, directeur général de la Lloyd’s, écrit : « Nous sommes entrés dans une période de profonde incertitude vis-à-vis de la façon dont nous nous fournirons en énergie pour produire de l’électricité, nous chauffer et nous déplacer, et sur le prix que nous devrons payer cette énergie. »

Le rapport met en cause l’analyse de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui compte sur le cartel de l’Opep pour compenser la baisse de la production hors-Opep, précise l’Agence France Presse dans une dépêche titrée : « Une pénurie de pétrole menace le monde ». Les auteurs du rapport indiquent :

« En comparant les prévisions et les chiffres actuels des capacités de production de l’Opep et de la production non-Opep, on voit que les attentes de l’AIE et les objectifs des pays producteurs n’ont pas été remplis. »

Cette critique fait écho à l’analyse historique publiée sur ce blog par Lionel Badal, un thésard du King’s College de Londres, selon laquelle l’AIE dissimule depuis 1998 le problème du peak oil.

La Grande-Bretagne est la pointe du débat sur le peak oil, depuis que Lord Hunt, ministre de l’énergie britannique, a accepté de répondre aux interrogations pressantes d’une Peak Oil Task Force fondée par le groupe Virgin et par d’autres industriels britanniques inquiets. David King, ex-principal conseiller scientifique des premiers ministres britanniques Tony Blair et Gordon Brown, affirme que les rapports officiels surestiment de 30 % le montant réel des réserves de pétrole conventionnel.

Chatham House, fondée en 1920, est le temple de la géopolitique (une invention d’outre-Manche) [DR]

La Lloyd’s et Chatham house, deux vénérables institutions (l’histoire de la Lloyd’s remonte au XVIIe siècle) rejoignent les nombreuses sources solides qui mezza vocce ou pas, sonnent l’alarme. Parmi ces sources figurent Lire la suite

Bordeaux – Machine à lire – 18h30 : Vendredi 18 juin à 18h30, rencontre autour du dernier numéro d’EcoRev’ : « Urgence écologique, urgence démocratique : vers une sortie civilisée du productivisme ? ».

ecorev.org, communiqué, 3 juin 2010

Bordeaux : rencontre autour de notre n°34, vendredi 18 juin

jeudi 3 juin 2010

Vendredi 18 juin à 18h30, rencontre autour du dernier numéro d’EcoRev’ : « Urgence écologique, urgence démocratique : vers une sortie civilisée du productivisme ? ».

Florent Marcellesi, coordinateur du dossier et consultant en participation citoyenne, présentera un tour d’horizon de mécanismes participatifs, à interroger et comparer « pour repenser la démocratie ».

F. Marcellesi, Isabelle Lamaud et Aude Vidal, tous trois membres du comité de rédaction de la revue, animeront ensuite un débat sur les tensions qui peuvent exister entre les nécessités démocratiques et la question écologique.

A la librairie La Machine à Lire – 8, place du Parlement à Bordeaux

Editorial du N°34

Crise climatique, crise énergétique, crise alimentaire, crise économique, crise de sens, crise de civilisation… La crise écologique, d’ampleur mondiale et aux conséquences « glocales » et transgénérationnelles, n’est plus une menace. C’est une réalité, une urgence. Face à cet impératif écologique, André Gorz nous mettait en garde contre la tentation du « fascisme vert » où « la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes » (Écologie et liberté) et où il expliquait que « la sortie du capitalisme aurait lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare » (ÉcoRev’ 28). Parce que nous croyons que l’écologie politique peut apporter une réponse civilisée à l’urgence écologique, il est indispensable de se pencher sur la théorie et la praxis démocratiques qui peuvent accompagner cette sortie du productivisme et la mise en place d’une gestion soutenable, respectant libertés individuelles et intérêt général aujourd’hui et demain, au Nord et au Sud.

De son côté, Cornelius Castoriadis, qui est ici notre classique, rappelait de même qu’il n’était pas impossible que, face à une catastrophe écologique mondiale, des régimes autoritaires imposent des restrictions draconiennes à une population affolée et apathique. Ce pour quoi il prônait une indispensable « insertion de la composante écologique dans un projet politique démocratique radical » et, comme l’expliquent Antoine Chollet et Romain Felli – qui nous proposent une vision condensée de la pensée du philosophe de Socialisme ou barbarie – un nécessaire passage de l’autonomie à l’écologie et d’une l’émancipation vis-à-vis du système technico-productif.

Pour réaliser cette émancipation Bruno Latour réfléchit, dans un entretien réalisée par Isabelle Lamaud, à la place, et à la signification, de la nature et des non-humains en politique et à la redéfinition de fond en comble de « la fonction politique, du rôle même des parlements, de la notion de porte-parole pour retrouver des règles d’autorité, de procédure, de débats » pour décider de notre futur. Bruno Villalba et Luc Semal nous incitent à intégrer le plus tôt possible dans nos sociétés démocratiques les contraintes Lire la suite

Un éco-hameau à Captieux en Sud-Gironde – Il reste de la place pour quelques familles !

adiu.fr, site, mai 2010

Un éco-hameau en Sud-Gironde – Il reste de la place pour quelques familles !

11 mai 2010 Enfin du neuf !

Nous attendions la réponse de la DDE quant à son positionnement par rapport à ce projet. Il est favorable à condition que la surface globale constructible soit réduite. La surface totale de la location par la commune reste la même (environ 5 hectares) mais la partie constructible sera au maximum de 3000m², d’un seul tenant, pour l’ensemble du projet (10 habitations maxi et parties collectives).

Il faudra donc envisager l’habitat de façon plus regroupée. Une des conséquences positives est d’aller plus loin dans l’aspect écologique : moins d’emprise, distribution des réseaux plus courte, chauffage collectif envisageable, etc. Pour l’aspect social, il faudra que nous soyons suffisamment créatifs pour inventer un lieu à la fois ouvert sur les autres, et respectueux de l’intimité.

A nous maintenant de recréer rapidement un groupe prêt à affronter la dernière ligne droite, alors si vous z’avez même pas peur, téléphonez à Hubert au 05 56 65 25 17.

19 janvier 2010 DDE

Nous sommes en discussion actuellement avec la DDE quant aux lieux et la faisabilité du projet. Nous devons travailler en parallèle sur les questions juridiques et légales, sur le fonctionnement du groupe et sur les deux autres volets (éducatif et social) ; pas de quoi s’ennuyer ! Nous sommes 5 foyers, le groupe est toujours ouvert… pendant les travaux.

15 septembre 2009 Nous partîmes 500…

Le projet d’éco-hameau en Sud gironde se poursuit. Nous sommes en phase de constitution du groupe d’habitants depuis fin juin. Nous avons à la date d’aujourd’hui une trentaine de contacts parmi lesquels 5 ou 6 foyers très intéressés. Bienvenue à toute personne souhaitant participer au projet (nous nous fixons la fin de l’année 2009 comme date butoir).

1 juillet 2009 Quelques précisons :

– le lieu se nomme Marahan, au Nord-Ouest de la commune de Captieux, au bord de la Gouaneyre… Une vue d’avion est disponible ici (Géoportail) ; plus de détails très bientôt

21 mai 2009 Champagne !

Le conseil municipal d’une commune du Sud Gironde a voté (le 29 avril) pour l’accompagnement de notre projet d’éco-hameau :

– sur un terrain communal forestier d’environ 5ha

– dans des parcelles forestières de Lire la suite

Transition vers une « prospérité sans croissance »?

transitioneconomique.blogspot.com, Christian Arnsperger, le 11 juin 2010

Transition vers une « prospérité sans croissance »?

L’ouvrage de Tim Jackson, Prosperity Without Growth (Earthscan, Londres, 2009), récemment traduit en français sous le titre Prospérité sans croissance (De Boeck & Etopia, Bruxelles, 2010), est un jalon très important dans la réflexion sur l’écologie politique. Il sera incontournable, à l’avenir, dans tous les débats sur les orientations à donner à nos économies et à nos sociétés dans une perspective de transition. (Le sous-titre français, d’ailleurs, est « La transition vers une économie durable », reprenant celui du rapport préalable de la Sustainable Development Commission qui a servi de base pour le livre.)

Jackson offre une analyse remarquable du contexte dans lequel se posent actuellement les enjeux de la transition: une logique de la dette écologique et économique, impulsée par un impératif de croissance perpétuelle, lui-même ancré dans un consumérisme basé sur la quête effrénée de la nouveauté, au sein d’un monde social où le « langage des biens matériels » prédomine comme moyen de communication entre les gens. Il explique aussi (dans un vocabulaire très clair, qui est l’une des vertus constantes de l’ouvrage) pourquoi il est absurde de vouloir invoquer la notion de « déconnexion » comme solution aux enjeux du changement climatique et de la rareté des ressources. En effet, cela revient à terme à croire que l’on pourra maintenir, voire dépasser, les rythmes actuels d’accumulation en utilisant des flux de ressources énergétiques sans cesse réduits. L’auteur démontre, preuves chiffrées à l’appui (et le degré de documentation statistique de son travail est impressionnant à travers tout son livre), que les chances d’une telle « déconnexion absolue » sont quasiment nulles. Jackson ne nie pas — loin de là — l’importance des progrès technologiques dans le combat environnemental, mais il ferme définitivement (et salutairement) la porte aux fantasmes d’un « productivisme de l’immatériel » qui voudrait que l’on puisse, un jour, produire tous les biens demandés par les consommateurs avec un grain de sable, à la faveur d’une technologie hyper-performante.

Il faudra donc inéluctablement, selon Jackson, en venir à réduire nos rythmes de consommation, et donc de production. Sans toutefois devenir un adversaire dogmatique de la croissance, car notre auteur — en grand pragmatique qu’il semble être — n’utilise jamais le mot « décroissance ». L’expression, en effet plus heureuse, de « prospérité sans croissance » lui permet de ménager la chèvre et le chou: il faut des limites à l’émission de polluants (dont le CO2), mais pas nécessairement un changement radical de rapport à la nature; il faut des investissements « verts » à rentabilité réduite, mais pas nécessairement un abandon de la logique financière en tant que telle; il faut abandonner l’obsession de la productivité du travail, mais pas dans tous les secteurs (car il reste des secteurs où être plus productif restera un impératif), et il ne faut certainement pas contester la logique du salariat comme telle; il faut mettre en question les causes sociales du consumérisme (langage des biens matériels, course au statut social, compulsion de la nouveauté), mais il ne s’agit pas de questionner la « nature humaine ».

Plus généralement, si l’économie de marché contient certes en germes des problèmes qui nous poussent à rechercher la croissance à tout prix, aux yeux de Jackson rien ne nous oblige à lier nécessairement croissance et capitalisme. (Il s’oppose, en cela, notamment à Richard Douthwaite dans son ouvrage The Growth Illusion, selon qui la structure même de l’endettement bancaire dans le capitalisme impulse un impératif absolu de croissance.) De sorte que la question de l’anti-capitalisme et du post-capitalisme est évacuée par l’auteur en deux coups de cuillères à pot. La société sans croissance sera-t-elle capitaliste ou non? Ce n’est pas important à ses yeux. Seules comptent Lire la suite

Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage ; quelques retours d’expérience – Conférence-débat le lundi 14 juin à 18h30 à Floirac

Université populaire de l’environnement, communiqué, le 8 juin 2010

Hauts-de-Garonne Développement et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de la 5ème édition de la Quinzaine de l’éco construction qui se tiendra du 14 au 25 juin à Floirac et de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à une conférence-débat

Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage ; quelques retours d’expérience

Lundi 14 juin à 18h30 au Centre d’innovation et de formation (CIF) Avenue Jean Alfonséa à Floirac

Avec la participation de :

Grace Yepez-Salmon

Architecte et urbaniste à NOBATEK

Centre de ressources régional dans les domaines de l’aménagement et de la construction durables http://www.nobatek.com/structure.html

Jean-Marc Gancille

Directeur du développement durable du groupe Evolution

En charge du projet Darwin à Bordeaux, 20.000 m² d’entreprises éco-innovantes, d’associations culturelles… http://www.projetdarwin.eu/

Piou Lacoste

Architecte, membre du bureau de l’association H’Nord

Projet d’écoquartier en coopérative d’habitants à Bordeaux 

http://www.hnord.org/doku.php?id=accueil

Pour accéder au CIF http://www.hdgdev.com/contact.php

L’urbanisme des 50 dernières années a vu s’effacer les quartiers des villes denses, au profit de blocs d’appartements et de pavillons éparpillés sur le territoire au milieu de raccordements routiers. Sur cette période, les villes européennes se sont étendues en moyenne de 78 % alors que les populations ne grossissaient que de 33 %. Les conséquences de ce manque total de maîtrise des sols sont aussi graves que peu connues : perte de précieuses terres fertiles, allongement des distances provoquant une explosion du trafic automobile, de la consommation d’énergie fossile et donc du CO2 responsable du changement climatique.

L’utilisation d’énergie pour le logement, la mobilité et l’alimentation représente 70 à 80 % de l’impact écologique de la consommation des personnes. La marée noire dans le golfe du Mexique comme le désastre écologique des pétroles bitumineux, sont symboliques d’un pétrole de plus en plus difficile à extraire. L’énergie va fortement augmenter dans les prochaines années.

C’est dans ce contexte que l’écoquartier cristallise une énorme attention. C’est vrai aussi bien dans des initiatives citoyennes qu’au sein des Lire la suite

Un rapport du Conseil d’Etat passe en revue tous les aspects du droit de l’eau

localtis.info, le 7 juin 2010

Un rapport du Conseil d’Etat passe en revue tous les aspects du droit de l’eau

Le Conseil d’Etat a présenté le 4 juin 2010 un rapport public consacré à « L’eau et son droit ». La Haute Juridiction s’attache ainsi à un sujet qui intéresse au premier plan les collectivités territoriales comme le rappelle l’actualité (reprise en régie de la gestion des eaux à Paris et dans quelques grandes villes, pollution par les nitrates et développement des algues vertes en Bretagne, tempête Xynthia et inondations en Charente-Maritime…), les projets de réforme en cours touchant au domaine de l’eau (réforme des collectivités territoriales et simplification de l’intercommunalité, vote de la loi Grenelle 2, plans d’accompagnement du Grenelle 1, proposition de loi Cambon au Sénat sur la tarification sociale de l’eau, ouverture prochaine des concessions hydroélectriques à la concurrence…) ou l’agenda international (6e Forum mondial de l’eau à Marseille en 2012, reconquête du bon état des eaux fixée par l’Union européenne à l’horizon 2015).

Présenté comme un document de référence qui englobe pour la première fois tous les aspects du droit de l’eau (problèmes de quantité, de qualité et de risque), le rapport du Conseil d’Etat comporte, à l’appui des problématiques soulevées au fil de 245 pages, de nombreuses données chiffrées, les textes applicables, l’état de la jurisprudence ainsi qu’une description des organisations et des moyens utilisés dans l’application de ce droit. Le rapport est par ailleurs enrichi de nombreuses annexes et de diverses contributions portant sur les aspects internationaux et nationaux de la gestion de l’eau. Il aborde plusieurs débats nationaux très sensibles sur l’application du principe pollueur-payeur, le rôle et les responsabilités des collectivités territoriales, les limites inhérentes en la matière du droit de propriété, l’articulation future entre tous les documents d’aménagement relatifs à l’eau (Sdage, Sage, Scot, PPRN, documents d’urbanisme, schémas de cohérence écologiques, schémas agricoles, trames bleue et verte…) ou encore le modèle de développement agricole et formule de très nombreuses recommandations et pistes de solution.

Les considérations générales exposées dans le rapport invitent l’Etat à ne pas se désengager, notamment au regard des nouvelles questions qui lui seront rapidement posées avec le réchauffement climatique. « Tout en laissant la gestion du petit cycle de l’eau aux collectivités territoriales qui s’en acquittent plutôt bien, il lui revient de se saisir de la gestion de son grand cycle et de l’organiser« , souligne Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’Etat dans son éditorial.

Montée en puissance de l’intercommunalité

La première partie du rapport établit  un panorama des utilisations de la ressource en eau et dresse un état des lieux des différentes sources du droit applicables (au sein desquelles le droit communautaire est en constante expansion), de l’organisation, de la gestion, du financement et de la gouvernance de l’eau, caractérisée par la surabondance des textes et des organismes chargés de la gestion de l’eau. Sont en particulier abordés le rôle accru des collectivités territoriales (au premier chef celui des communes en matière de distribution d’eau potable et d’assainissement), la montée en puissance de l’intercommunalité avec des régimes dissemblables et l’enchevêtrement des compétences qui en résulte. Le rapport attire l’attention sur l’insuffisant renouvellement des infrastructures, spécialement dans le domaine de l’assainissement. Des efforts sont également à faire s’agissant du taux de perte des réseaux d’alimentation en eau potable et des normes techniques de dimensionnement des réseaux de collecte des eaux pluviales ou d’assainissement.

Le rapport identifie par ailleurs les causes d’augmentation du prix de l’eau, encourage à Lire la suite

Landes : Le solaire des villes contre le solaire des champs

sud-ouest.fr, Thierry Magnol, le 6 juin 2010

Le solaire des villes contre le solaire des champs

La plus grande installation photovoltaïque de France est en cours de construction à Losse (Landes). En outre, la région pullule de projets du même type (nous avions consacré un long dossier à ce sujet en décembre dernier). Cet engouement pour l’énergie solaire devrait enchanter les défenseurs de l’environnement et les partisans d’un développement durable. Pourtant, c’est exactement le contraire qui se produit. Récemment, Jean-Claude Lefeuvre, président du Conseil national de la protection de la nature dont l’avis est en principe obligatoire, s’est étonné de ces projets « censés être verts et qui ne tiennent aucun compte de la nature ».

D’abord recouvrir les toits

Tout comme il existe une forte opposition à la prolifération des éoliennes, une vive contestation des fermes photovoltaïques est en train de naître. Toutefois, elle n’est pas de même nature car elle émane de partisans convaincus des énergies renouvelables.

La Sepanso (Fédération des sociétés pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest) appartient aux opposants de la première heure. « Mais nous restons de chauds partisans de l’énergie solaire, assure son président, Philippe Barbedienne. Nous pensons seulement qu’avant de s’implanter dans des espaces naturels, il vaut mieux occuper des espaces artificialisés. Tant que tous nos toits ne sont pas recouverts de panneaux, nous estimons inutile d’empiéter sur le foncier. »

Autre argument de la Sepanso : le solaire de plein champ n’aurait pas toutes les vertus qu’on lui prête. Alors que la centrale de Losse permettra d’économiser 16 000 tonnes de CO2 en vingt ans, la Fédération écologiste a calculé que dans le même temps, le défrichement et la masse non stockée de CO2 par la forêt aboutiront à 11 380 tonnes d’émissions. Le bénéfice serait donc moins important qu’on ne le prétend.

Chez les politiques, on commence aussi à s’interroger, à commencer par les Verts. « Le photovoltaïque en pleine nature, c’est un peu comme les biocarburants : une fausse bonne solution, tranche Michel Daverat, conseiller régional aquitain délégué aux associations environnementales. Lors des discussions sur le Grenelle, il avait été demandé de ne pas installer de panneaux sur les terres agricoles. Pour l’instant, il manque un plan d’ensemble, ce qui laisse le champ libre à des projets discutables. »

D’autant plus discutables que dans notre région, le passage de la tempête Klaus a ouvert de nouvelles perspectives. Plutôt que de replanter, les propriétaires sont facilement tentés par des propositions alléchantes d’aménagements photovoltaïques, ce qui ne manque pas d’inquiéter leur organisme représentatif, le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest. « Nous comprenons que la tentation est grande, explique leur secrétaire général, Christian Pinaudeau. Un hectare de pins rapporte en moyenne 100 euros par an sans tenir compte des aléas climatiques.

Aujourd’hui, on leur propose 2 à 3 000 euros par hectare pour installer des panneaux. Comment résister ? En Espagne, il s’est passé la même chose. La surenchère a été telle que le prix des terres agricoles a Lire la suite

Marée noire : un avertissement

cyberpresse.ca, Kenneth Rogoff, le 4 juin 2010

L’auteur est un ancien économiste en chef du Fonds monétaire international. Il est actuellement professeur d’économie et de sciences politiques à l’Université de Harvard.

Marée noire : un avertissement

La marée noire de BP – parlez-en aux résidents de la Louisiane – est l’avertissement dont les sociétés occidentales ont besoin pour les inciter à repenser leur dépendance à l’égard d’une innovation technologique de plus en plus rapide destinée à soutenir une consommation pétrolière toujours à la hausse.

Alors que la plateforme endommagée de BP laisse échapper des millions de litres de pétrole des profondeurs du golfe du Mexique, la priorité est de parvenir à arrêter ce désastre environnemental qui prend des proportions catastrophiques. Espérons que l’on va pouvoir bientôt contenir la fuite et que les prévisions les plus funestes ne se réaliseront pas.

Cette catastrophe soulève cependant un problème fondamental quant à la manière dont les sociétés modernes réagissent face aux technologies complexes. Le rythme de plus en plus rapide de l’innovation semble dépasser la capacité de l’État à établir une réglementation et des contrôles adaptés aux risques qu’elles présentent, et encore plus à les anticiper.

Faire le parallèle entre la fuite de pétrole et la récente crise financière revient à tourner le couteau dans la plaie: la promesse d’innovation, une complexité difficilement gérable et le manque de transparence (les scientifiques disent que l’on ne sait pas grand-chose de ce qui se passe dans les profondeurs océaniques). Des lobbies disposant de moyens financiers considérables et politiquement très influents exercent une pression énorme sur la structure de gouvernance, aussi résistante soit-elle. Il est très embarrassant pour le président Obama d’avoir proposé – il est vrai sous la pression de l’opposition républicaine – d’accroître fortement les forages en mer peu avant la catastrophe de la plateforme pétrolière.

Le développement de la technologie pétrolière, comme celle des instruments financiers exotiques, forçait l’attention et entraînait l’adhésion. Les dirigeants des compagnies pétrolières se vantaient de pouvoir forer jusqu’à deux kilomètres en profondeur puis un kilomètre à l’horizontale pour atteindre leur cible presque au mètre près. Soudain, au lieu du «pic du pétrole» dû à des ressources de plus en plus rares qui se profilaient à l’horizon, la technologie offrait la promesse de ressources suffisantes pour encore une génération.

Les dirigeants occidentaux y étaient d’autant plus sensibles en raison des préoccupations liées à la stabilité des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient qui compte pour une grande proportion des réserves prouvées de la planète. Certains pays en développement, notamment le Brésil, ont découvert un énorme potentiel de richesses offshore.

Maintenant les paris sont clos. Aux États-Unis, le forage offshore va sans doute suivre la voie des centrales nucléaires, avec la mise au rancart des nouveaux projets pour des dizaines d’années. Et comme c’est souvent le cas, une crise qui survient dans un pays peut atteindre une dimension Lire la suite

Prochain numéro de LaRevueDurable « Energie : les territoires sur la voie de la transition »

larevuedurable.com, comuniqué, le 3 juin 2010

Parution du prochain numéro de LaRevueDurable

« Energie : les territoires sur la voie de la transition »

Le numéro 38 (juin-août 2010) de LaRevueDurable sort fin juin

Pour préparer l’avenir, il faut sortir au plus vite de l’ère éphèmere du pétrole et, d’une manière générale, des énergies fossiles. Face à la myopie des Etats et du monde de la finance sur ce chapitre et à l’incapacité des actes individuels seuls à répondre à un tel défi, les territoires ont une réelle marge de manœuvre pour faire émerger sans tarder une autre culture de l’énergie.

Ce 38e dossier de LaRevueDurable met à l’honneur le mouvement, dit de la transition, qui rassemble des milliers de personnes qui élaborent des plans de descente énergétique locaux pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau lorsque le cours du pétrole explosera. Il publie le premier inventaire exhaustif des groupes de transition actifs en Europe francophone avec leurs coordonnées.

D’autres réponses locales au défi énergétique sont au sommaire de ce nouveau dossier de LaRevueDurable : les villes à basse consommation d’énergie et haute qualité de vie pour tous, les plans climat qui fleurissent en France, la planification territoriale de l’énergie du canton de Genève, les réseaux électriques intelligents testés en Allemagne et l’urbanisme solaire, balbutiant dans plusieurs pays européens.

Le contenu détaillé de ce dossier figure dans le sommaire ci-joint.

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La marée noire dans le golfe du Mexique : Un Tchernobyl américain ?

ledevoir.com, François Brousseau, le 31 mai 2010 

Un Tchernobyl américain

Depuis maintenant six semaines, le golfe du Mexique, vaste mer intérieure nourricière des États-Unis, saigne depuis ses profondeurs et se souille peut-être jusqu’à l’irréparable.

Depuis une vingtaine d’années, on nous prophétise un désastre environnemental venu du ciel et de l’atmosphère. Mais dans la vie, rien ne se produit jamais comme on l’attend: c’est aujourd’hui du fond de l’océan, par un viol de main humaine inspiré par la voracité énergétique, que le malheur arrive.

L’échec, ce week-end, d’une nouvelle tentative de colmatage de la fuite de la plate-forme Deepwater Horizon — un nom faussement prophétique — laisse maintenant entrevoir des mois supplémentaires de fuite purulente et de catastrophe démultipliée.

Crise écologique, crise économique : la catastrophe de l’environnement s’est vite doublée, dans plusieurs États du sud, d’un désastre économique local et régional. Des dizaines de milliers de personnes ont vu leur gagne-pain disparaître sous une repoussante glu d’hydrocarbures.

Crise politique aussi. Il est ironique que dans ce pays qui a érigé en religion la détestation de Washington, de l’administration et des pouvoirs publics, on crie maintenant — y compris parmi cette droite pro-business et antigouvernementale qui se découvre écologique — «Mais que fait donc le gouvernement?».

C’est qu’aux États-Unis, curieusement, on hait le gouvernement fédéral en même temps que l’on idéalise la fonction présidentielle et sa puissance supposée (comme dans la stupide expression «l’homme le plus puissant du monde»). D’où ces demandes d’intervention adressées à un deus ex machina que Barack Obama n’a jamais été et ne sera jamais.

Dans ce pays qui se réfère toujours à sa propre histoire et rarement à celle des autres, un mot est sur toutes les lèvres pour désigner la calamité qui menace maintenant Barack Obama : Katrina.

Katrina, du nom de cet ouragan qui avait ravagé La Nouvelle-Orléans en août 2005. Katrina ou l’incompétence, l’autisme d’une administration — l’administration Bush — envers les petites gens aux vies disloquées. Katrina ou le choix politique de laisser-faire, de temporiser. Katrina ou la fin piteuse d’un président incapable.

L’actuel président reçoit depuis deux semaines le même genre de reproches. S’il est vrai que le Barack Obama cérébral et analytique a paru quelque peu décalé devant le drame, s’il a mis trop de temps à mesurer la véritable dimension de la crise, la comparaison avec Katrina est injuste.

La catastrophe du golfe du Mexique a certes de lointaines causes politiques. On a laissé agir à leur guise les sociétés pétrolières. On a distribué les permis de creuser aux petits copains. On a laissé faire des opérations extrêmes comme Deepwater Horizon dans des eaux poissonneuses, à 60 km de côtes densément peuplées.

Mais à partir du moment où la plate-forme explose, et qu’un problème technique se pose — et un seul —, que peut le président ?

Une meilleure gestion de crise dans l’ordre symbolique (déclarations outragées, visites plus fréquentes sur les lieux, injonctions à la haute administration et à la compagnie pétrolière coupable, voire prise en charge directe des opérations par l’armée américaine…) n’aurait sans doute pas changé grand-chose au drame tel qu’il se vit sur le terrain, depuis le 20 avril, dans l’attente d’une prouesse salvatrice par 1500 mètres de fond.

Un second Katrina ? Que diriez-vous plutôt d’un second Tchernobyl ? Tchernobyl, Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

lesechos.fr, Julie Chaveau, le 28 mai 2010

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

La fondation Nicolas Hulot a publié un premier bilan à la fois positif et critique du Grenelle de l’environnement. Pour l’avenir, elle demande des moyens supplémentaires et souhaite élargir le débat à la politique agricole commune.

Il a pris le temps de la réflexion. Deux semaines après le vote par l’Assemblée du projet de loi Grenelle de l’environnement, Nicolas Hulot, président de la Fondation pour la nature et l’homme, est sorti du silence. Dans une tribune intitulée « Grenelle, merci et encore ! », et publiée dans « Le Figaro », l’animateur délivre une sorte de satisfecit au gouvernement, immédiatement modéré par des critiques sur ceux qui « s’obstinent à opposer les questions sociales, économiques et écologiques ». Simultanément, sa fondation a publié hier un premier bilan des engagements pris dans le cadre du Grenelle, assorti de propositions.

· Bâtiment et énergie.

Si les mesures en faveur du bâtiment sont les plus connues (relèvement des normes de construction dans le neuf, prêts à taux zéro), la Fondation considère que les moyens mis en oeuvre pour accompagner la rénovation thermique des logements anciens sont « limités ». Il préconise la création d’un éco-prêt à taux zéro spécifique pour les propriétaires modestes qui réaliseront des travaux d’isolation, leur permettant de ne rembourser que ce qu’ils auront économisé sur leur facture énergétique. Les experts de la fondation insistent également sur la nécessité de fixer, dès maintenant dans la loi, l’objectif de rendre obligatoire à partir de 2015 la rénovation d’un logement quand il est vendu. L’ONG demande par ailleurs l’annualisation du malus sur les véhicules dont les émissions de CO2 dépassent 130 grammes de CO2 à partir du 1 er janvier prochain.

· Biodiversité.

Si l’inscription de la « trame verte et bleue » (des corridors de nature) dans la loi est jugée positive, le rapport souligne qu’il manque toujours les plans d’action et des outils juridiques pour la mettre en place. En plein débat sur les niches fiscales, la fondation estime qu’il n’existe pas d’instrument économique pour inciter les collectivités locales à préserver la biodiversité alors que le système fiscal actuel pousse plutôt les élus à construire pour dégager des redevances locales nouvelles. Elle dénonce par ailleurs la manière dont le gouvernement a organisé la création de la future agence de la nature par le simple rapprochement de trois organismes publics spécialisés dans la protection des espaces protégés. « Un regroupement pourrait mener à des réductions de moyens dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, alors qu’au contraire il faudrait renforcer leurs moyens. Il y a là un vrai déficit de concertation », souligne le rapport.

· Gouvernance.

Le gouvernement a créé le Comité national du développement durable et du Grenelle de l’environnement. Composé de 80 personnes (dont 11 femmes), de représentants des élus, du patronat, des syndicats des ONG et des associations, il sera chargé de Lire la suite

Crise écologique, énergétique et crise de civilisation sont étroitement liées

La MNE développe depuis juillet 2007 un projet de « mobilisation des associations environnementales d’Aquitaine ». Nous avons travaillé sur l’analyse qui guide ce projet. Il s’agit d’une position à un moment donné. Elle a vocation à être mise en débat et à évoluer dans le cadre d’une « démocratie participative écologique » à inventer.

La crise écologique : conséquences prévisibles et enjeu

Si l’on prolonge la courbe d’évolution de la température annuelle moyenne en France, nous arrivons d’ici 2100 à une augmentation d’environ 5°. Cinq degrés, en moins cette fois ci, c’est la température qui nous sépare de la dernière glaciation il y a 20 000 ans (un niveau des mers inférieur de 100 m, une agriculture impossible du fait des sols gelés, une population « française » de quelques dizaines de milliers de chasseurs de rennes…).

Les indicateurs environnementaux (réchauffement climatique, biodiversité, pollutions, ressources naturelles non renouvelables…) passent les uns après les autres au rouge. Au delà des conséquences environnementales, sociales et économiques prévisibles (catastrophes climatiques, réduction de la production agricole, pénurie d’eau potable, élévation du niveau des mers, afflux de réfugiés climatiques….) nous savons que les effets cumulés de changements continus dans l’environnement peuvent atteindre des seuils qui se traduisent par des changements brutaux et irréversibles.

Cette idée de point de basculement Lire la suite

Notre tâche centrale de survie pour les décennies à venir, en tant qu’individus et en tant qu’espèces, doit être de…

http://www.a-brest.net/rubrique62.html

a.brest.net, Christian Bucher, le 14 mai 2010

 » Notre tâche centrale de survie pour les décennies à venir, en tant qu’individus et en tant qu’espèces, doit être de faire une transition vers l’utilisation de combustibles fossiles – et pour ce faire, pacifiquement, de manière équitable, et aussi intelligemment que possible  » – Richard Heinberg

Le mouvement « Villes en Transition » provient du terme anglais : « Transition Town network ». Il est né d’une prise de conscience du pic pétrolier et du dérèglement climatique, de leurs profondes conséquences, et de l’urgence à agir localement.

Il a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande), mais c’est en Grande-Bretagne, en septembre 2006, qu’il a été mis en œuvre la première fois dans la petite ville de Totnes.

Après avoir essaimé en Grande-Bretagne et en Irlande, le concept de transition town a fait des émules aux Etats Unis, en Nouvelle-Zélande, au Japon et au Chili. Des projets sont en gestation en France et en Italie. En Belgique aussi, Il y a aujourd’hui plus de 250 initiatives de Transition dans une quinzaine de pays (anglo-saxons pour la plupart) réunies dans le réseau de Transition (Transition Network).

En France, Bordeaux, Grenoble, Saint Quentin-en-Yvelynes, Salies-de-Béarn, Sucy-en-Brie, Trièves s’inscrivent dans la démarche, plusieurs centaines d’autres s’apprêtent à le faire…

Qu’est ce qu’une ville en transition ?

L’idée centrale des villes en transition, la résilience, est directement inspirée des écosystèmes naturels. En effet, ces derniers ont la propriété d’être stables, diversifiés, de consommer un minimum d’énergie, d’être autonomes (cycles fermés) et de ne pas produire de pollution (grâce à la forte interconnexion de ses éléments : les déchets d’un système sont utilisés par d’autres systèmes).

La spécificité des villes en transition réside dans le fait qu’elles émanent de la population et non des autorités.

Le concept a plutôt pour ambition d’assurer un rôle d’inspirateur, de facilitateur ou de coordinateur, et de fournir un « toit » commun à l’action des uns et des autres qui reconnaît les réalisations portées par d’autres (associations, Agenda 21, entreprises etc.) et s’articule complètement avec les mesures prises au niveau national ou international. C’est un cadre de travail cohérent, incitatif.

L’originalité réside aussi dans le fait que les crises sont vues comme des opportunités de changer radicalement la société actuelle.

La vision se veut optimiste. Même la question des moyens nécessaires est vécue sur un autre plan : Lire la suite

James Hansen : « Nous devons fixer un prix au carbone »

terra-economica.info, Karine Le Loët, le 12 mai 2010

James Hansen : « Nous devons fixer un prix au carbone »

Interview – De passage à Paris, le climatologue de la Nasa – l’un des premiers à avoir affirmé le lien entre actions humaines et changement climatique – ne mâche pas ses mots. Reçu ce mercredi à l’Assemblée, il a confié à « Terra eco » son ras-le-bol de l’inaction politique.

Terra eco : Quelle est pour vous la meilleure façon de lutter efficacement contre le réchauffement climatique ?

James Hansen : « Tant que les énergies fossiles resteront les énergies les moins chères, nous continuerons à les brûler. Si elles sont si peu chères aujourd’hui, c’est parce qu’on ne prend pas en compte leur impact sur la société. La pollution de l’air et de l’eau tue près d’un million de personnes par an. Et qui paye la facture ? Le public évidemment. On n’oblige pas les compagnies pétrolières ou charbonnières à vous rembourser si vous êtes affecté par la pollution atmosphérique. Il faut fixer un prix au carbone. Ça n’est que justice. Et cela nous permettrait d’éliminer progressivement le recours aux énergies fossiles dans les prochaines décennies. C’est seulement ainsi que nous pourrons contenir la concentration de carbone dans l’atmosphère à 350 particules par million et que nous éviterons peut-être de franchir certains seuils critiques. Des seuils qui entraîneraient la disparition de la calotte glaciaire et l’extinction des espèces. »

Mais pour que cette taxe soit efficace, il faudrait qu’elle soit mondiale. Pensez-vous vraiment que les gouvernements de tous les pays sont prêts à l’imposer ?

« Aujourd’hui, les hommes politiques essayent de fixer des objectifs de réduction d’émission. Mais ça ne peut pas fonctionner. La Chine, l’Inde n’accepteront pas ces limites alors qu’elles sont en plein développement. En revanche, la Chine pourrait accepter un prix sur le carbone parce qu’elle ne veut pas développer une dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, comme c’est le cas aux États-Unis. En fait, ce n’est pas si difficile. Il suffirait que la Chine, l’Europe et les États-Unis se mettent d’accord sur un prix. Ils pourraient ensuite fixer des taxes à l’importation sur les produits fabriqués à partir d’énergies fossiles pour entraîner le reste du monde. Et pour que le public accepte que les prix augmentent, il faut redistribuer un chèque vert. Ceux qui auront une petite empreinte carbone gagneront de l’argent, les autres paieront plus cher. Il n’est pas nécessaire que ça représente un sacrifice. »

Vous pensez donc qu’en tentant d’imposer des limites aux émissions, les gouvernements ne font pas ce qu’il faut ?

« Non. D’ailleurs, la plupart du temps, les mesures qu’ils prennent ne sont rien d’autre que du greenwashing. Prenez l’accord de Kyoto. Avant sa signature, la concentration de CO2 augmentait de 1,5% par an. Depuis la signature, elle augmente de 3%. Tandis que la seule réussite de Copenhague c’est de n’être pas parvenu à un accord sur les marchés d’échange de CO2 qui ne servirait à rien. »

Mais les États peuvent déjà peut-être avancer en interne. Aux États-Unis, Obama essaye de passer sa loi sur le climat par exemple…

« Je ne crois pas qu’Obama comprenne vraiment le problème. On ne peut pas lui en vouloir. Il croit ce que ses conseillers lui disent. Le problème c’est Lire la suite

« Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? »le Jeudi 20 mai à 20h30 au Centre Culturel de Créon

MNE Bordeaux-Aquitaine, communiqué, le 12 mai 2010

Le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à un cycle de deux conférences-débat sur le thème de « L’Entre-deux-Mers en 2030 ».

La deuxième de ces conférences-débat publique aura lieu : « Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? »

Avec la participation de deux architectes bordelais spécialistes de l’éco-construction

Marc Lasaygues et Olivier Lehmans

La conférence débat sera précédée de la diffusion d’un film documentaire de Matthieu Lietaert « Vivre en co-habitat »

La première conférence « La construction du paysage et de l’urbanisme dans l’Entre-deux-Mers » a eu lieu le 25 mars à Créon avec la participation de Jean-Claude Hinnewinkel, professeur honoraire de géographie de l’Université de Bordeaux 3 et François Gondran, Directeur du service départemental de l’architecture et du patrimoine de la Gironde. Elle a été précédée de la diffusion d’un film documentaire de Pierre Pommier, « La vigne de Montgirard » qui évoque la vie au fil des jours au cours de l’année 1977 à Cénac, village de l’Entre-deux-Mers à l’est de Bordeaux.

Ville et humanité

En 1800, environ 3 % de la population mondiale vivait en ville, en 1900 près de 14 % et pour une population totale de 6,4 milliard d’urbains, on table sur 70 % en 2030. Avec l’usage intensif des ressources énergétiques fossiles et suivant la formule de l’historien Lewis Mumford, le monde entier est « devenu une ville », ou plutôt, une constellation en réseau de pôles urbains démesurés. Ils forment les nœuds de l’espace économique mondialisé, avec pour finalité l’accélération permanente de la production et de la consommation de biens et de services.

Nous habitons désormais des milieux artificiels, hypersophistiqués, enveloppés d’outils, de claviers, de rues et de places, de réseaux et d’écrans qui, petit à petit, effacent de nos perceptions la présence de la nature et la consistance réelle de la planète. Les relations entre pôles urbains sont devenues aujourd’hui plus déterminantes que les relations entre ces pôles et leurs arrières pays. Cette évolution est en train de faire disparaitre les circuits économiques entre la ville centre et sa campagne périphérique.

Le cocktail que constituent : croissance démographique exponentielle, concentration urbaine, environnement techno-scientifique de plus en plus complexe et fragile, fin de l’énergie bon marché et de nombreuses ressources naturelles, incapacité à contrôler le changement climatique, incapacité à résoudre les injustices sociales (nord/sud comme nord/nord), incapacité à repenser la relation homme/nature… ne comprend-il pas les ingrédients d’une crise écologique et sociale majeure, qui assombrit très sérieusement notre avenir commun ? Pour ne citer que des exemples récents, l’analyse des causes et/ou des conséquences de la tempête Xhyntia, de l’irruption de l’Eyjafjöll ou de la marée noire dans le golf du Mexique ne révèle-t-elle pas les limites de ce modèle de développement ? L’espèce humaine ne serait-elle qu’une espèce invasive tropicale en train de détruire sa niche écologique !?

Flux et reflux des modèles d’urbanisation

Dans l’ensemble que constitue l’agglomération bordelaise, le bassin d’Arcachon, le libournais, le langonnais et le Médoc, il y a ici comme sur tous les territoires plusieurs Lire la suite

Hervé Kempf : La vraie dette

reporterre.net, Hervé Kempf, le 5 mai 2010

La vraie dette

Nouvelles en vrac. On apprenait, le 30 avril, que deux membres du peuple surayaku, au sud de l’Equateur, avaient été blessés par un groupe d’hommes armés – les Surayaku s’opposent à l’exploitation du pétrole sur leur territoire.

Le 30 avril, des manifestants ont protesté à Madrid devant le siège du géant pétrolier hispano-argentin Repsol-YPF contre son projet de prospection pétrolière en Amazonie péruvienne.

Le 5 mai, l’organisation Friends of the Earth (Les Amis de la Terre) publie un rapport montrant que les compagnies européennes investissent massivement dans l’exploitation des sables bitumineux au Canada et ailleurs ; ces sables contiennent du pétrole, dont l’extraction est particulièrement polluante et destructrice de l’environnement.

Le 29 avril, la Norvège et la Russie ont passé un accord sur leur frontière en mer de Barents, afin de faciliter l’exploitation du pétrole dans cette mer arctique.

Le 4 mai, une marée noire provoquée par l’explosion d’une plate-forme pétrolière, le 22 avril, continue à faire sentir ses effets catastrophiques dans le golfe du Mexique.

Que se passe-t-il ? Le pic pétrolier commence à se manifester et de plus en plus de pays producteurs voient diminuer le volume de pétrole qu’ils peuvent extraire de leur territoire. Mais la demande de pétrole se maintient. Alors on cherche du pétrole ailleurs : en Amazonie, sous les mers, en Arctique. C’est-à-dire dans des écosystèmes fragiles, et dans des conditions de plus en plus difficiles. Cela promet des destructions écologiques quasi certaines, sans pour autant garantir de repousser le pic pétrolier global très longtemps.

Trois possibilités s’ouvrent alors : on continue en se disant qu’on verra ce qui arrivera ; on parie que la fée technologie résoudra les problèmes, que nucléaire et éoliennes prendront le relais dans quelques décennies ; on s’organise pour réduire la demande. Le chroniqueur ne croit pas exagérer en estimant que cette dernière possibilité suscite assez peu d’intérêt. C’est pourtant la seule qui permettra d’éviter la grande crise, sachant que le temps est compté. Elle n’exclut pas la technologie, mais elle pose que l’enjeu principal est celui du changement des modes de vie.

Nous avons développé une dette écologique énorme. Pour tenter d’éviter l’épreuve de vérité, nous inventons des « actifs écologiques pourris » : exploitation pétrolière en Arctique et offshore profond, multiplication des déchets et des risques nucléaires, banalisation des environnements. Mais toutes les bulles explosent un jour. Il faut payer la dette, dit-on aux Grecs. Quand paierons-nous la dette Lire la suite

Etats-Unis et pétrole : L’overdose

liberation.fr, Laurent Joffrin, le 30 avril 2010

Overdose

L’Amérique, il faut bien le dire, est droguée au pétrole. On dira que les toxicomanes sont légion à la surface du globe, au sud comme au nord. Mais les Etats-Unis souffrent, dans ce domaine, d’une dépendance particulière. Pays de l’automobile reine, pays du camion triomphant, l’Amérique voit dans le véhicule à moteur une métaphore de la liberté. L’électeur sanctionne tout candidat qui fait mine de taxer le carburant ; les investissements dans les transports collectifs, moins accros à l’hydrocarbure, affichent un retard historique ; le lobby pétrolier dispose d’une audience malsaine ; les républicains militent avec une virulence extrême pour la liberté de forage et d’exploitation, persuadés que ce qui est bon pour Exxon ou BP est bon pour les Etats-Unis.

Et comme toute toxicomanie, la pétrodépendance comporte ses effets seconds et ses overdoses. Telle est l’origine réelle du tsunami gluant qui menace les bayous mélancoliques, les pélicans placides et ce delta du Mississippi qui irrigue tant de légendes américaines. L’extraction frénétique du pétrole au large de la Nouvelle-Orléans suppose, quelles que soient les précautions prises par les compagnies, une acceptation du risque. Cet impératif pour ainsi dire culturel se double d’une tension financière. Les multinationales privées qui alimentent les circuits de la drogue pétrolière sont naturellement enclines à limiter les dépenses de sécurité au nom du profit. Une polémique se développe autour de la responsabilité de British Petroleum, accusé, avec des arguments sérieux, d’avoir fait preuve de négligence. Accoutumance pétrolière et obsession de la rentabilité : voilà pourquoi Lire la suite

Ville en transition, nouvelle initiative en Gironde

wikipedia.org, avril 2010

Ville en transition

(Une initiative de transition vient de débuter en Gironde, 2ème rencontre à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine 3 rue de Tauzia à Bordeaux le mardi 4 mai à 18h30. Il est proposé d’amener de quoi pique-niquer sur place. Ouvert à toutes et à tous.)

Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule une initiative de transition, c’est-à-dire un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

Ce processus a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture[1]. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume Uni. Depuis, le mouvement est devenu international et compte plus de 150 initiatives officielles[2].

L’originalité du mouvement des initiatives de transition sur les mouvements écologistes ou sociaux existants tient en plusieurs points. Tout d’abord, la vision de l’avenir est résolument optimiste, et les crises sont vues comme des opportunités de changer radicalement la société actuelle. La deuxième originalité est que le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c’est cette dernière qui doit porter le changement. L’action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation. C’est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apolitique et ne choisit pas les confrontations (manifestations, …). Ensuite, le mouvement a développé une théorie psychologique inspirée de celle des traitements des dépendances toxicologiques pour tenter de traduire le désespoir ou le déni souvent consécutifs à la découverte du pic pétrolier et de notre dépendance au pétrole, en actions concrètes. Cette originalité semble à la source du succès que connait le mouvement des villes en transition[2], mais elle suscite aussi des critiques, notamment sur le manque d’engagement politique.

Le double défi du pic pétrolier et du dérèglement climatique [modifier]

Le pic pétrolier [modifier]

Article détaillé : Pic pétrolier.

Courbe théorique du pic de production

La notion de pic pétrolier n’exprime pas la fin des réserves de pétrole, mais traduit la fin du pétrole conventionnel bon marché. À l’échelle d’une région, la production de pétrole suit une courbe de distribution normale (voir le cycle d’exploitation d’un gisement), c’est-à-dire que la production croît rapidement, avant de s’infléchir, de passer par un plateau de production, pour suivre le mouvement inverse. Le pic pétrolier est la date à laquelle la courbe de production mondiale n’augmentera plus, traduisant le maximum de production atteint. À ce moment-là, et pour la première fois, la demande excèdera durablement la production, provoquant une hausse des prix qui s’intensifiera à mesure que la production décroîtra.

L’estimation de la date du pic pétrolier varie suivant les compagnies pétrolières, les institutions officielles et les associations d’étude du pic. Ces différences peuvent provenir d’une vision différente (vision économiciste dans laquelle la production suit la demande), d’une divergence sur la théorie (la notion même de pic pétrolier), de l’incertitude sur l’estimation de certaines données (les réserves sont des données géostratégiques) ou sur différents modes opératoires de calcul (prise en compte ou non du pétrole non conventionnel). De plus, la consommation, autre variable affectant le pic, est soumise à des évènements (externes ou issus de rétroactions), par exemple politiques ou économiques. Les différents pronostiques vont donc du déni d’un pic pétrolier pour l’OPEP[3], à l’horizon 2020 pour Lire la suite

Dominique Bourg : « La nature est devenue abstraite pour l’homme »

terra-economica.info, Karen Bastien, avril 2010

Dominique Bourg : « La nature est devenue abstraite pour l’homme »

Interview – SERIE : QUEL AVENIR POUR LA BIODIVERSITE ? 1/5

Cela fait 2 000 ans que l’homme croit vivre dans un immense décor, où il peut puiser sur les ressources naturelles sans compter. Le philosophe Dominique Bourg nous explique les origines religieuses et culturelles de cette relation distanciée entre l’homme et la nature.

Si l’on vous dit que vous faites partie intégrante de la biodiversité au même titre que l’oursin, le pivert, le poisson-lune, la hyène, le géranium ou l’ortie, ça vous chiffonne, n’est-ce pas ? Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas le (la) seul(e). Cela fait plus de 2 000 ans que ça dure. La faute à l’Homo sapiens qui a toujours cherché à s’émanciper de la tutelle de la nature, en la dominant, en la domestiquant et en l’exploitant. L’homme a si bien réussi qu’il est aujourd’hui contraint de prendre en charge des régulations autrefois naturelles : tenir la comptabilité des gaz rejetés dans l’atmosphère, protéger la pureté des nappes phréatiques, sauvegarder des espèces animales et végétales… Il est devenu « comptable de ses propres conditions naturelles d’existence et du sort des générations futures », comme le souligne le philosophe Dominique Bourg. Comment en est-on arrivé là ? Réponses avec ce spécialiste des questions de philosophie politique et de durabilité, membre actif du comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot et ancien vice-président d’une commission du Grenelle de l’environnement.

Depuis janvier, la biodiversité agite colloques et sommets internationaux, s’invite à la une des journaux. Pourquoi faut-il décréter une année internationale pour s’intéresser à la nature ?

Car nous entretenons depuis longtemps une relation distanciée avec elle. Nous n’avons pas l’impression d’en dépendre, nous continuons à supporter l’image d’une nature décor. Ce n’est que lorsque le baril de pétrole atteindra des sommets ou que nous manquerons d’eau que nous réaliserons ce que signifie de piller les ressources naturelles. Les services écologiques que nous rendent les écosystèmes sont aujourd’hui dégradés pour 60 % d’entre eux. Et à consommation constante, les réserves connues d’or, d’argent et de palladium s’élèvent à une quinzaine d’années. Le mot « nature » est lui-même en crise. Que recouvre-t-il ? Le pétrole, l’eau, le renard, le changement climatique, la plage ? Dans nos têtes, c’est un kaléidoscope de tout cela. Des années de célébration comme 2010 ont le mérite de remettre cette nature au centre de nos préoccupations. C’est sûrement nécessaire car nous ne prenons jamais conscience des choses de façon progressive. Il faut choquer, bousculer. 

Selon les spécialistes, nous serions au tout début d’une extinction de masse provoquée par l’homme. Le taux d’extinction actuel est 10 000 fois supérieur au taux naturel. Mesurons-nous ce qui est en train de se dérouler ?

Difficile à dire car la nature est en partie devenue abstraite à nos yeux. Elle n’est plus de l’ordre du sensible. Nous sommes en effet incapables de percevoir par nos sens les grandes dégradations que nous lui infligeons, par exemple Lire la suite

Gan et Billère (64), prochaines villes en transition ? – Projection du film « En transition » le mardi 4 mai à 20h30

amapdegan.over-blog.com, article, le 23 avril 2010

Gan, prochaine ville en transition?

Les associations APQV, Slow Food Béarn, Tiss’liens64 et les Petits Hommes de la Terre, ont le plaisir de vous convier à la projection du film « EN TRANSITION » à la salle Robert De Lacaze, place de la Mairie à Billère, près de la route de Bayonne, le mardi 4 mai 2010 à 20h30.

Un co-voiturage sera organisé au départ de Gan.

La projection du film (50 minutes) sera suivie d’un débat ouvert à tous.

Entrée gratuite

Billère, prochaine ville française en transition : rêve ou réalité ?

VILLES EN TRANSITION est un mouvement citoyen démarré il y a seulement 3 ans un peu partout dans le monde.

Considérant l’épuisement des ressources pétrolières imminent et un réchauffement climatique en plein expansion, Transition considère que notre société moderne (et ses dirigeants politiques et économiques) ne réagit pas de façon suffisante à ces changements profonds. En s’appuyant sur les capacités créatrices du groupe sur la base d’une vision positive de l’avenir, le mouvement local de transition définit des propositions concrètes pour diminuer la dépendance pétrolière (estimée à 4000 litres par personne et par an en France !), résister aux impacts de l’environnement extérieur et survivre par ses propres moyens.

Face à une situation qui nous imposera de vivre dans un monde « plus petit » et de proximité, Transition nous prépare à reconstruire une économie à partir d’initiatives locales, écologiques, solidaires basée sur nos besoins réels et sur la qualité de vie.

Le film ( en anglais sous-titré en français) explique la notion de Lire la suite

« No impact man » de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective

Biosphère – INFO n° 240 : « No impact man »

Contact : biosphere@ouvaton.org

No impact man de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective. Ces deux aspects sont absolument complémentaires d’autant plus que nous agissons par mimétisme ou interaction spéculaire : tu fais parce que je fais parce que nous faisons tous. Colin Beaval espère une « réaction en chaîne » : plus nous serons nombreux à imiter le no impact man, plus la nécessité de faire de même se répandra dans la société. Mais dans une société bercée par le confort  et la sidération des masses, il n’est pas évident aujourd’hui de se diriger vers la simplicité volontaire et le refus de l’ascenseur quand il faut grimper 9 étages.

Pourtant, c’est possible, et la réduction des ressources naturelles nous incitera de toute façon à limiter notre empreinte écologique. Sauf régime autoritaire et inégalitaire, les politiques suivront alors l’exemple des objecteurs de croissance et seront eux-mêmes en nombre croissant à modifier leur mode de vie…

Voici quelques extraits du livre :

1/7) introduction

Pendant un an (en 2007), ma femme Michelle, ma fille Isabella et moi, qui habitons en plein cœur de New York, avons essayé de vivre sans causer d’impact sur l’environnement. Autrement dit, nous avons fait de notre mieux pour éviter de produire des déchets (finis les plats à emporter), réduire nos émissions de dioxyde de carbone (finis la voiture et l’avion), ne plus rejeter de substances toxiques dans l’eau (fini les détergents), arrêter d’acheter des denrées de contrées lointaines (finis les fruits de Nouvelle-Zélande). Evidemment, finis aussi : l’ascenseur, les aliments conditionnés, le plastique, la climatisation, la télé, les articles neufs…

Je n’avais pas l’intention de faire dans la demi-mesure, de me contenter d’utiliser des ampoules basse consommation ou de recycler à tout-va. L’idée était d’aller aussi loin que possible, d’atteindre le zéro impact environnemental. Je visais non seulement le zéro carbone mais aussi le zéro déchet, zéro pollution dans l’air, zéro toxine dans l’eau, zéro ressource pompée à la planète. Je ne voulais aucune empreinte écologique. J’avais décidé de contrebalancer tout impact négatif par un impact positif. J’avais conscience que ce serait dur. J’ai donc décidé que nous procéderions par étapes. Je ne tenais pas à ce que ma femme et ma fille me quittent. Mais en faisant du mal à ma famille pour ne pas faire du mal à la planète, j’ai mis le doigt sur des choses importantes.

2/7) les raisons d’un engagement

– Dans notre société, il est quasiment impossible d’assouvir ses besoins sans laisser derrière soir une traînée de détritus, de pollution et de gaz à effet de serre. Le jour où la planète ne pourra plus nous offrir cette abondance de ressources, l’humanité tout entière devra faire preuve d’une abstinence surhumaine.

– Evidemment que les Américains achètent des voitures ! L’industrie automobile a fait en sorte que Lire la suite

Stephane Foucart dans Le Monde : Qui finance le climato-scepticisme ?

lemonde.fr, Stéphane Foucart, le 19 avril 2010

Qui finance le climato-scepticisme ?

Washington Envoyé spécial

En 2009, le lobbying des entreprises américaines pour peser sur le projet de loi climat-énergie – aujourd’hui moribond, selon une majorité d’observateurs – a battu tous les records. C’est la conclusion d’analyses indépendantes du Center for Public Integrity (CPI) et du Center for Responsive Politics (CRP), qui fondent leurs travaux sur les chiffres officiels du secteur privé américain. Sur le dossier climatique, ce dernier exerce une influence sur les opinions publiques en finançant des think tanks qui combattent l’idée d’une responsabilité humaine au réchauffement.

LES DÉPENSES DE LOBBYING SUR LE CLIMAT ONT AUGMENTÉ DE 400 %

Le lobbying est très réglementé aux Etats-Unis. Toute organisation, association ou entreprise doit déclarer, chaque trimestre, les sommes qu’elle investit dans les cabinets de lobbyisme pour faire valoir ses points de vue auprès des parlementaires. « Elles doivent aussi déclarer les sujets sur lesquels elles font du lobbying, mais n’ont pas d’obligation d’attribuer une somme précise à chacun de ces sujets, explique Kate Willson, enquêtrice au CPI. Il est donc difficile d’évaluer l’ampleur du lobbying spécifiquement dédié à la question climatique. En prenant une option basse, c’est-à-dire en considérant que le lobbying climatique ne représente que 10 % de l’ensemble des sommes dépensées par des entreprises ayant déclaré faire du lobbying sur le sujet du climat, nous parvenons à une estimation d’environ 90 millions de dollars [67 millions d’euros] spécifiquement dépensés en 2009 sur le climat. Avec une forte accélération au dernier trimestre, au cours duquel environ 30 millions de dollars ont été dépensés selon ce calcul. » Selon les estimations du CPI, l’activité de lobbying sur le dossier climatique a augmenté, aux Etats-Unis, de près de 400 % au cours des six dernières années.

Cette tendance est aussi mesurable, selon David Levinthal, analyste au CRP, à l’explosion du lobbying pratiqué par les producteurs d’énergie fossile, qui seraient les plus touchés par une loi réglementant les émissions. « Par exemple, Exxon dépensait, il y a encore quelques années, entre 6 et 7 millions de dollars par an en lobbying, dit M. Levinthal. Ils ont dépensé entre 25 et 30 millions en 2008 et 2009. Tout n’a pas été consacré au climat, mais cela donne une idée. » En moyenne, sur la période 1998-2009, Exxon arrive à la neuvième place des plus gros lobbyistes ; sur la période 2008-2009, il est deuxième. « En 2009, il y a quatre producteurs d’énergies fossiles – BP, ConocoPhillips, Chevron et Exxon – dans les vingt entreprises américaines les plus dépensières en matière de lobbying« , résume M. Levinthal.

Le lobby des énergies renouvelables – éolien, solaire, ONG, etc. – a aussi accru ses dépenses ces deux dernières années. « Mais les lobbyistes qui travaillent pour les industriels émetteurs de carbone sont à huit contre un, si on les compare à ceux des énergies renouvelables, des ONG, etc. », dit David Kaplan, directeur éditorial du CPI.

SEMER LE DOUTE SUR LA CLIMATOLOGIE

Si elle passe par le Congrès, la lutte d’influences autour du changement climatique se joue aussi dans l’opinion. Cette bataille-là, assure Kert Davies, directeur des recherches de la branche américaine de Greenpeace, « remonte à plus de vingt ans ». M. Davies cite, entre autres, un célèbre mémo révélé en 1998 par le New York Times. Le texte exposait un plan de communication établi par des responsables de géants des énergies fossiles (Exxon, Chevron, Southern Co.) et de think tanks conservateurs (George C. Marshall Institute, Frontiers of Freedom, Advancement of Sound Science Coalition, etc.). « La victoire sera complète », détaillait le document, quand « les citoyens moyens « comprendront » [reconnaîtront] les incertitudes de la science climatique », ou encore quand « la couverture des médias » admettra « la validité des points de vue qui vont à l’encontre de l’actuelle « sagesse conventionnelle » » en science climatique…

EXXON TANCÉ PAR L’ACADÉMIE DES SCIENCES BRITANNIQUE

Selon M. Davies, le « climategate » – le piratage et l’exposition sur Internet, fin novembre 2009, de courriels embarrassants échangés entre plusieurs chercheurs – est le dernier événement de cette Lire la suite

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

MNE Bordeaux-Aquitaine, Communiqué, le 19 avril 2010

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

I. L’Université nomade d’Aquitaine

1.) 15 janvier – Une conférence-débat à l’IJBA (Institut de journalisme de Bordeaux) [150 participants] avec Marie Monique Robin, journaliste, cinéaste et écrivain sur le thème de « Ecologie et journalisme d’investigation » en partenariat avec Greenpeace Bordeaux et une diffusion du documentaire « Le Monde selon Monsanto » au cinéma l’Utopia de Bordeaux [180 participants] suivi d’un débat avec MM Robin

2.) 4 février et 4 mars – Deux ateliers pratiques écolo au Jardin botanique de Bordeaux [55 participants] sur le thème « Ecologie et numérique » avec Michel Lesbats, enseignant chercheur en biologie, et Anne-Sophie Novel, doctorante en économie politique

3.) 3 avril – Une conférence-débat au cinéma le Festival à Bègles [80 participants] en partenariat avec la municipalité sur le thème « L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ? » avec 4 universitaires : Dominique Prost, Enseignante-chercheuse en géographie, Martine Alcorta, enseignante-chercheuse en psychologie, Charlie Grandjeat, enseignant-chercheur en littérature nord-américaine et Catherine Thomas, enseignante-chercheuse en océanographie

4.) 20 mars, 10 et 24 avril Trois conférences-débats à Cap-Sciences Bordeaux « Changements climatiques et énergie » [80 participants] :

« Le changement climatique : pas plus de 2° C », par Jean-Yves Rossignol, Ingénieur-consultant

« Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 », par Gilles Drogou des Amis de la terre

« Crise climatique et énergétique : la taxe carbone peut-elle être une réponse appropriée ? », par Jean Sireyjol, association TACA

5.) 16 mai – Une conférence débat à Mérignac sur le thème « Environnement et nouvelles solidarités » [50 participants] en partenariat avec les associations des Amis Aquitains des semaines sociales de France et Pratiques et dialogues. Après une présentation des enjeux climatiques, énergétiques, écologiques et sociaux par Jean-Yves Rossignol, 4 ateliers ont travaillés sur les thèmes de agriculture / consommation, énergie/habitat, déplacements et formation/insertion avant une restitution des ateliers

6.) Quinze émissions de radio sur la Clé des ondes en partenariat avec Chiche ! Bordeaux [ 3 000 auditeurs cumulés estimés] :

La MNE Bx Aquitaine

AutoCool/L’autopartage

TACA/Changement climatique et taxe carbone

Greenpeace et Vigilance OGM/Les OGM

Droits du piéton 33/Journée de la courtoisie

CATA/Projet collectif d’achat de terre agricole

Débat Ecologie et libertés publiques

Maisons paysannes 33/L’habitat rural

Vélo Cité/Jeu concours mes courses à vélo

Récup’R/Projet de recyclerie / ressourcerie

ICARE/Le jardin d’inspiration médiévale de Gradignan

H’Nord/Le projet d’Ecoquartier de Bordeaux Bacalan

Séphir/La barre d’outil Ecolo-info

SEPANSO 33/Les nouveaux OGM

L’agenda 21 des familles de Bordeaux

7.)1er avril, 6 mai, 3 juin et 1er juillet – Quatre cours au Jardin botanique de Bordeaux « Petite écologie de l’homme et de ses techniques »  [80 participants] avec Michel Lesbats

La main de l’Homme et ses techniques – Evolution des risques techniques de l’Homme préhistorique à nos jours

Autopsie d’un accident / Les mots des maux, les mots du risque – Définitions et polysémie des termes du domaine des risques d’origine technique

Citoyenneté et culture du risque – La participation des citoyens à la Gestion des risques techniques

Table ronde et débat sur la concertation et la démocratie écologique : « Echanges entre les acteurs locaux du Grenelle » suivi d’un Apéros’Ecolos (ex GreenDrinks)

8.) 16 au 25 mai – Sept conférences-débats lors du Salon de l’environnement de Bordeaux [150 participants] :

Au fil des Séounes/Abeilles et frelons asiatiques

CREAQ/Les aides à l’éco-habitat (2 interventions)

AutoCool/L’auto-partage

Achillée et ciboulette/Le compost

Achillée et ciboulette/Le purin d’ortie

Le collectif réduisons nos déchets en Aquitaine/La prévention des déchets

La MNE Bordeaux-Aquitaine/L’Université populaire de l’environnement

9.) 27 mai –  Une conférence-débat à l’IJBA « Quelle Europe pour la planète ? » [50 participants] avec les représentants des principales listes aux Européennes : Europe écologie, Front de gauche, NPA, PS et UMP/NC (Le Modem n’avait pas répondu à l’invitation)

10.) 27 et 28 juin – Deux conférences-débats à Nérigean (Libournais) dans le cadre du marché paysan du Château  Fourton-La Garenne (vignoble en maraîchage biologique) [55 participants]

« Libournais 2020 : quelle agriculture et quelle alimentation voulons-nous ? » avec Philippe Roudié – Professeur émérite de géographie et Jean-Pierre Leroy – Syndicaliste – Confédération paysanne

« Crises climatique, écologique, énergétique… quel rôle pour les associations environnementales ? » avec CATA, Achillée et ciboulette, Auto Cool et la MNE Bordeaux-Aquitaine

11.) Du 24 septembre au 4 novembre, mise en place d’un « module d’appui au développement associatif et aux porteurs de projets », premier cours le jeudi 24 septembre à 18h15 à la MNE Bordeaux-Aquitaine : « Le suivi évaluation dans les projets associatifs ». 5 cours du jeudi 1er octobre au mercredi 4 novembre à 18h30 à l’Athénée : « L’amélioration des moyens de communication des associations ». Ouvert à tous et gratuit, sur réservation.

12.) Du vendredi 25 au dimanche 27 septembre, Salon Viv’Expo à Bordeaux Lac avec des conférences-débat et la participation de nombreuses associations environnementales : AutoCool, Greenpeace, H’Nord, ICARE/Jardin de Pierral, MNE Bordeaux-aquitaine, Réseau des mille-pattes, SEPANSO, Solar Rives de Garonne/Ecocentre de Gironde, Surfrider Foundation…

13.) 7 et 15 octobre et 4 novembre à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres – « Crise climatique, énergétique, écologique…, état des lieux » avec Gilbert Haumont, universitaire, « Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 » avec Gilles Drogou des Amis de la terre et « Vers une révolution des transports » avec Simon Charbonneau, Universitaire

14.) Le vendredi 9 octobre à 21h00, Salle du Foyer Municipal d’Arbis (7 km de Targon), « Crise climatique, écologique et des ressources naturelles : quelles conséquences pour l’Entre-deux-Mers ? » avec Gilbert Haumont, enseignant à la Faculté  de Pharmacie de l’Université de Bordeaux 2. Manifestation dans le cadre du Colloque 12 « De Benauge à Verdelais » organisée par les Amis du château de Benauge, l’Association des Amis du Musée de l’Art Religieux de Verdelais et le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers (CLEM) à Arbis, Benauge et Verdelais les 9, 10 et 11 octobre 2009

15.) Lundi 16 novembre – Conférence débat avec diffusion du film documentaire Live-bicycle sur « La mobilité urbaine » organisée par le PUMA (Pôle alternatif des Mobilités urbaines) : Vélo Cité, AutoCool, Droits du piéton 33, AIR…à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres

16.) Début 2010 une conférence débat sur « La transition » à la Communauté urbaine de Bordeaux jeudi 11 mars avec Pierre Radanne et Simon Charbonneau, deux conférences débat sur « Urbanisme, paysage, architecture dans l’Entre-deux-Mers… » la première à Créon le jeudi 25 mars, un Concert pour le climat à Bègles le jeudi 1er avril et une conférence sur « Climat et viticulture » à Montagne-Saint-Emilion le jeudi 6 mai

II. Soutien de l’UPE aux actions d’adhérents de la MNE et de partenaires

Du 12 au 27 septembre : Quinzaine de l’écologie en Agenais, Samedi 12 à 20h30  « Mieux comprendre les OGM » par Christian Vélot, Dimanche 13  à 10h30 « De jardin en jardin », Mercredi 16 à 20h00 « Nos enfants nous accuseront » Ciné/ débat, Vendredi 18 à 20h00 « Les papillons, indicateurs de bonne santé écologique », Dimanche 20 à partir de 8h30 « Ecorurale des Séounes » à la Sauvetat de Savères, Mercredi 23  à 19h30 « La taxe carbone » Conférence-débat avec TACA et Dimanche 27 à 14h00 « Visite d’une maison écolo » à Pennes d’Agenais.

Le mercredi 16 septembre à 19h30, Conférence-débat avec Hervé Le Treut, membre du GIEC, à l’Athénée municipale de Bordeaux organisée à l’occasion des 40 ans de la SEPANSO Aquitaine.

Du 28 septembre au 2 octobre 2009 « Stage chaux » et du 16 au 20 novembre « Formation à la restauration écologique dans le bâtiment ancien » organisé par l’Ecocentre de Gironde à Toulenne près de Langon.

Le vendredi 2 octobre manifestation du Collectif 33 Copenhague 09 à la gare Saint Jean de Bordeaux

Le dimanche 4 octobre « Picnic sans carbone » à partir de 12h sur les quais au Parc des Sports en face de St Michel (à coté du Pont de Pierre). Ce picnic doit nous permettre de rassembler le plus grand nombre de citoyens désireux d’agir pour protéger le climat. Ceux qui aiment Taca viendront en vélo et les rangeront en forme de 3 5 0 pour la traditionnelle photo, et cette fois nous l’espérons, l’objectif atteint de 350 vélos. Nous souhaitons organiser des vélo-bus, regroupement de cyclistes pédalant ensemble, convergeant  le dimanche matin depuis les 27 communes de la CUB vers le lieu du picnic à coté du Pont de Pierre.

Samedi 24 octobre – Manifestation du Collectif Copenhague au lion bleu sur la rive droite « 350 idées pour la planète »

Le vendredi 6 novembre un film-débat à l’Utopia de Bordeaux « Le syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot avec le Collectif associatif Gironde Copenhague 09

Jeudi 10 décembre à 19h00 à l’Athénée municipal de Bordeaux avec la Confédération Paysanne de Gironde Conférence-Débat sur le thème : Agriculture et changement climatique. Comment assurer une production agricole répondant aux besoins des populations, dans un climat bouleversé,  tout en minorant radicalement les dégagements de gaz à effet de serre ?

samedi 12 décembre – Manifestation « Ni nucléaire, ni effet de serre » de 11h00 à 12h00 au miroir d’eau sur les quais face à la Bourse à Bordeaux avec TchernoBlaye, à partir de 12h00 déambulation festive dans Bordeaux avec une Batucada, musique brésilienne, tout le monde habillé en bleu, avec chapeau et lunette de soleil, vers 14h00 arrivée de la vague bleue au grand théâtre, place de la comédie, ou l’association TACA sera présente du samedi de midi à minuit. Veillée climatique sur place : amenez des pots de yaourts en verre peints en bleu pour poser des loupiotes (fournies par TACA), musiciens et chanteurs bienvenus pour réchauffer ceux qui vont veiller pour le climat sur les marches du théâtre comme beaucoup d’autres groupes à travers le monde (350.org, tck tck tck, …). A 19h regroupement des jeûneurs volontaires en soutien des militants de Climate Justice Fast en grève de la faim pour le Climat depuis le 6 novembre.

II. Le blog de la MNE https://mneaquitaine.wordpress.com/

Il fonctionne depuis août 2008 et propose 2 200 articles et 230 adresses de Sites Internet et de blogs dont 120 Aquitains

En 20 mois, près de 300 000 pages ont été consultées par environ 120 000 visiteurs, nous estimons qu’environ 50 % des visiteurs sont Aquitains.

1. TOP 25 des articles depuis 20 mois

Thermographie aérienne infrarouge de la CUB                                10 351

Le tracé sud de la future LGV Bordeaux –                                        10 273

Thermographie aérienne des 27 communes de la CUB                 9 199

La MNE Bordeaux-Aquitaine                                                             7 894

Ligne grande vitesse en 33, 40, 47 et 64                                          4 277

Communauté urbaine de Bordeaux : Isolez                                                 2 630

Langon : ouverture d’un supermarché bio                                        2 549

Centrales photovoltaïques au sol : la crainte de la trame grise       1 998

PAC : La France redistribue et dévoile les aides                             1 679

Appel à la création d’une ressourcerie /                                           1 647

Eco-PTZ : l’éco-prêt à taux zéro pour éc                                         1 499

La grande distribution s’empare du commerce équitable                1 367

Liste des 12 marchés bio et 78 magasins bio d’aquitaine              1 193

EnR : développement de l’énergie solaire                                        1 176

UPE – L’Université nomade d’Aquitaine                                            1 148

Formation à l’agroécologie en Ardèche av                                                   1 065

Eco-prêt à taux zéro et crédit d’impôt «                                             1 051

NON aux LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeau                                1 020

Recycleries & Ressourceries : réseau                                            985

« Home » : Yann Arthus-Bertrand rend-il tr                              944

Soustons (40) : Une ferme photovoltaïque                                       904

Huitres du bassin : Du test de la souris                                            848

Bon ap’ avec l’Amap de Mérignac                                                    834

Transports de la CUB : Keolis préféré à                                          779

Toilettes sèches : soulagez l’environnem                                        747

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Le “peak oil” vu de France : des moulins, ma parole !

petrole.blog.lemonde.fr, Matthieu Auzanneau, le 13 avril 2010

Le “peak oil” vu de France : des moulins, ma parole !

Il paraît qu’un blog, ça sert aussi à défendre ses propres analyses. Alors résumons-nous.

Nous avons :

– le patron de la prospective sur le pétrole à Washington qui nous dit que la production mondiale de carburants pourrait décliner à partir de l’an prochain, et qui s’inquiète d’un manque de nouveaux projets d’extraction ;

– un rapport du Pentagone qui table sur de fortes pénuries de pétrole d’ici à 2015, évoquant des conséquences “économiques, politiques et stratégiques” graves ;

– un économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie qui prévient depuis cinq ans que le monde doit “sortir du pétrole” aussi vite que possible, afin d’éviterun mur, un grand test devant nous, si les puissances occidentales et aussi la Chine et l’Inde ne révisent par leur politique énergétique de façon substantielle” ;

– un ancien n°2 de l’Aramco, la compagnie pétrolière nationale saoudienne (de loin la première du monde), qui clame que les réserves mondiales officielles de pétroles sont exagérées d’un quart ;

et j’en passe

Mais pendant ce temps-là, dans notre beau pays…

Pas d’inquiétude, citoyens.

Le 9 avril se tenait à la Grande Arche de La Défense une conférence intitulée “Repenser la ville dans une société post-carbone“, parrainée par le ministère de l’écologie et de l’énergie. Ouf, comme toujours, les ingénieurs qui nous gouvernent ont tout prévu.

Ministère de l’écologie et de l’énergie, La Défense, 9/4/10. A droite, Jean Laherrère, co-fondateur de l’Association pour l’étude du peak oil (ASPO)

Sauf que…

cette réflexion autour d’une ville capable de fonctionner avec beaucoup moins de pétrole zyeute vers des horizons lointains, 2030, 2050,… alors que le danger pointé par Glen Sweetnam, Fatih Birol, Sadad al-Husseini et bien d’autres sources solides (voir plus haut) est là, imminent.

Les chiffres officiels sur les réserves de pétrole dites “prouvées” sont opaques : secrets industriels, voire politiques. Des secrets qu’il faut percer d’urgence : si le “peak oil“ n’intervient pas avant la prochaine génération, comme l’affirment la plupart des compagnies pétrolières, alors nous pouvons espérer avoir le temps de nous y préparer, et y faire face. Mais s’il advient plus tôt, je crois que nous risquons gros.

En 2005, j’ai publié une enquête dans Le Monde 2 (pdf) qui tentait d’expliquer les tenants de cette opacité, et surtout ses conséquences. Lire la suite

Éoliennes collectives sur le causse du Larzac : un projet dans la tourmente

midilibre.com, Patrick Nappez, le 4 avril 2010

Éoliennes collectives sur le causse du Larzac : un projet dans la tourmente

Parfum de paradoxe ! Le discours dominant promeut la nécessité absolue de développer des énergies alternatives pour le XXIe siècle. Via le fameux Grenelle de l’environnement, des objectifs ont été définis, dont celui de produire 10 % d’électricité éolienne en 2020 ! Or, tous les programmes éoliens en cours doivent faire face à mille obstacles, parfois encouragés par les mêmes qui fixent les objectifs. Un exemple parmi d’autres : un projet inédit porté par des habitants du Larzac est contesté localement. Au même moment, les pro et les anti-éolien s’affrontent par mission parlementaire interposée. Tout cela ne manque pas de souffle mais risque bien de sombrer dans la perte d’énergie.

Un plateau, c’est exposé à tous les vents ! Le causse du Larzac n’y échappe pas, souvent au désagrément de ses habitants. Pourtant, au pied de fantomatiques tours de calcaire et autour de discrètes dolines s’est insinuée dernièrement la promesse d’un vent meilleur. 

Il apporterait tout à la fois un début de réponse aux défis énergétiques du XXIe siècle, une source de revenus et une dynamique de développement en complément des activités agricoles, commerciales et artisanales, et encore une forme de citoyenneté et de lien social dont ici aussi on aurait bien besoin. 

Tout cela réside dans un projet éolien modeste par sa taille (trois machines de 800 kilowatts et une de 600 kilowatts) mais inédit par son montage et sa philosophie : l’opération n’est pas portée par un major du secteur éolien, mais par une centaine de co-actionnaires, représentant les forces vives des hauts cantons, à la frontière de l’Hérault et de l’Aveyron. 

« Des habitants ont décidé de s’approprier le développement économique et de diversifier les sources de revenus, notamment ceux d’une agriculture en plein bouleversement. Il s’agit de montrer aux jeunes qu’il y a des possibilités pour l’avenir… », s’enthousiasme Jean-Louis Vidal, éleveur au domaine de Tapié (sur la commune aveyronnaise de Cornus) et initiateur de ce projet éolien en propriété collective. 

Via un comité de développement agricole de la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, diverses associations et organismes, Jean-Louis Vidal et quelques pionniers ont construit le projet pas à pas, chaque fois surpris par l’engouement recueilli dans les villages concernés : Cornus en Aveyron, Le Caylar, Les Rives et Roqueredonde dans l’Hérault. 

« Le côté fédérateur a permis de surmonter les rivalités de clocher », estime Jean- Louis Vidal. Cependant, il n’a pas réussi à faire l’unanimité dans cette partie du Larzac. Comme partout, dès qu’il s’agit d’éoliennes, des particuliers ont intenté un recours administratif pour s’opposer au permis de construire délivré en décembre 2009, par le préfet de l’Aveyron, après un premier refus en juin 2007. 

Les motivations paysagères Lire la suite

L’abandon de la taxe carbone, une triple erreur

energie.lexpansion.com, Alain Grandjean, le mardi 30 mars 2010

L’abandon de la taxe carbone, une triple erreur

L’annonce de la taxe carbone au lendemain des régionales ne laisse pas de doute à l’interprétation : il s‘agit bien d’une décision politique qui vise à tenter de rassembler la majorité en supprimant un foyer de discorde.

Une erreur politique

Pour autant, c’est une erreur au plan politique : notre pays n’a jamais eu autant besoin de direction et de sens. Cet volte-face de plus est l’aveu d’un manque de vision. D’autant qu’il  a été annoncé par le premier ministre puis par le président de la République dans des  discours ne faisant pas la moindre allusion  à la nécessité de tenir compte des enjeux écologiques et énergétiques ni du développement durable, alors que le numéro 2 du gouvernement, Jean Louis Borloo également ministre d’Etat,  est toujours le ministre de l’Ecologie. Il est évident que le repli annoncé sur des valeurs traditionalistes ne constitue pas un cadre politique suffisant dans un monde aux incertitudes croissantes et confronté à des risques nouveaux qu’ils soient géopolitiques, sanitaires, énergétiques ou écologiques. Or il est difficile de croire que ces enjeux ne seront pas présents aux élections présidentielles de 2012. Il est encore plus difficile de croire à l’efficacité d’une politique qui ne serait pas fondée sur des processus d’écoute et de concertation permettant de tenir compte sérieusement de l’ensemble des informations disponibles.

Le gouvernement était divisé sur la manière de piloter le passage à une économie durable, avec des missions contradictoires (la relance de la croissance confiée à la commission Attali, la remise en cause du concept et de sa mesure confiée à la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi), avec des difficultés de communication et de coopération bien connues entre le MEEDM (Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer) et Bercy. Il était sans doute préférable de procéder un remaniement ministériel d’envergure, par exemple en réunissant  l’économie et le développement durable, pour impulser un nouveau souffle et un nouveau mode de travail, seul à même de redonner cette direction et  ce sens.

Une erreur économique et sociale

Au plan économique, le refus manifeste d’envoyer un « signal carbone », même limité et cantonné (du fait des exemptions du projet de loi),  est une grave erreur. Sans ce signal,  comment orienter les acteurs économiques vers une économie moins dépendante d’énergies fossiles dont le prix va augmenter inévitablement dans les très prochaines années ? Comment  inciter les entreprises à investir dans des produits et des services « bas carbone », dont les ménages et les entreprises auront le plus grand besoin ? Comment préparer les esprits à la grave menace, celle d’une hausse du prix des énergies,  qui pèse sur tous ? Rappelons qu’un « signal prix » est entendu par tous les agents économiques contrairement à des discours, et surtout dans une période de perte de confiance dans les autorités, notamment politiques. Ne rien faire sur ce plan c’est laisser les forces de marché décider de ce prix et de ces aléas. C’est laisser les plus précaires dans des difficultés croissantes. C’est ne pas se préparer à un prochain choc pétrolier (annoncé à horizon de 2 ou 3 ans par les entreprises du secteur et  par les économistes), dont les effets économiques et sociaux seront insupportables à beaucoup d’entreprises et de ménages.

Une erreur écologique

Inutile de dire qu’au plan écologique, c’est aussi une erreur. A supposer que l’Europe retrouve le chemin de la croissance, sans taxation progressivement plus forte du carbone dans les secteurs diffus, ce qui était l’objet de la taxe, cette expansion s’accompagnera Lire la suite

Fondation Nicolas Hulot, Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Fondation Nicolas Hulot, Cécile Ostria Directrice générale de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, lettre ouverte, le 30 mars 2010

Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Cher-e-s ami-e-s,

En 2007, vous avez signé, comme 750 000 Français le Pacte écologique porté par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. Votre mobilisation sans précédent a permis d’obtenir l’engagement de Nicolas Sarkozy, de 9 autres candidats à la présidentielle, et de plus de 400 députés et sénateurs de faire de l’environnement une priorité de l’action publique. Des avancées concrètes ont été obtenues : création d’un n°2 du gouvernement en charge du développement durable, les conclusions du Grenelle de l’Environnement et le vote à l’unanimité de la loi Grenelle I… qui ont suscité beaucoup d’espoir.

Le Pacte Ecologique n’est plus respecté

Avec le Grenelle de l’Environnement, nous pensions le constat partagé, nous pensions pouvoir nous concentrer sur la recherche de solution, il n’en est rien. Les mots clefs des années à venir sont désormais exclusivement la compétitivité, l’emploi, la santé comme si toutes ces problématiques ne dépendaient pas profondément de l’état de notre environnement. Le développement durable n’est décidément pas l’axe structurant de l’ensemble des politiques publiques. C’est au mieux un axe parmi d’autres : l’économie, le social, l’agriculture, la culture. Au pire, un axe opposé aux autres. Le discours dominant redevient celui d’il y a plusieurs années : la réponse aux défis écologiques est de nouveau systématiquement opposée à la compétitivité économique et à la protection des emplois. L’environnement redevient un simple enjeu électoral, une variable d’ajustement. Ce n’est pas l’esprit du Pacte écologique.

Il nous faut changer de modèle économique, poser les bases d’une croissance sélective, ancrées sur la préservation et un meilleur partage des ressources naturelles. Les emplois, la compétitivité des entreprises, sont menacés par les crises environnementales. La raréfaction des ressources énergétiques, la destruction des écosystèmes vont accentuer la vulnérabilité des plus faibles d’entre nous, fragiliser nos économies et nos démocraties et générer de nouvelles sources d’affrontements. C’est ce que n’ont pas compris la plupart des responsables politiques et économiques.

Une suspension nécessaire pour plus d’efficacité

C’est pourquoi, la Fondation Nicolas Hulot décide de suspendre sa participation aux groupes de travail mis en place par le gouvernement jusqu’à ce que des décisions fortes remettent le développement durable au cœur des politiques publiques. Depuis 3 ans, Lire la suite

Positionnement de la SEPANSO sur les LGV

sepanso.org, Pierre Delacroix, Président d’Honneur de la SEPANSO, le 19 mars 2010

Positionnement de la SEPANSO sur les LGV

1.- Rappel historique

Le développement du système TGV date des années 70. A cette époque, le lancement du système avait un double but :

– D’abord, irriguer le territoire national par un réseau modernisé de chemin de fer, s’inscrivant dans une perspective volontariste d’Aménagement du Territoire.

– Ensuite, mettre ce réseau en position d’alternative à la tentation de développement d’un Réseau aérien qui aurait mis les principales métropoles du territoire national à quelques heures de la capitale. Comme on le voit, c’est une vision « hyper-centralisatrice », celle qui a dominé pendant le XIXe siècle et les trois quarts du XXe siècle.

Ces deux finalités ont eu pour effet, par leur logique de modernisation et d’aménagement du territoire, de conduire les écologistes des décennies 70-80 à juger « acceptable » le système TGV, malgré les problèmes déjà perceptibles et déjà analysés à l’époque.

Géographes et économistes discutent encore du résultat de la première option. Elle a été reconnue comme positive de façon générale, à partir des hypothèses de départ, et ce n’est que quelques décennies plus tard (disons en gros à partir de 2000) que le principal effet négatif a été mis en évidence, un effet lié très étroitement au facteur vitesse. Comme prévisible, le système a polarisé positivement les extrémités des lignes : en général, des métropoles régionales, aux dépens des pôles urbains intermédiaires sur lesquels les lignes, par définition, faisaient l’impasse.

Tout autant pour des raisons de capacité des lignes que de sécurité, la grande vitesse à la française (>250 km/h) ne supporte pas le partage des lignes avec des convois lents, malgré les affirmations de ses défenseurs. Il n’existe aucun cas de ce genre en France. Cela ne serait possible qu’avec des vitesses telles que celles pratiquées par nos voisins européens. Cette vitesse élevée impose également une distance de séparation des voies[1] un peu plus importante que sur les lignes classiques afin de limiter les effets de souffle lors des croisements. Ceci a conduit à vouloir créer systématiquement des lignes nouvelles dédiées à la grande vitesse plutôt que de réutiliser le réseau existant.

Compte tenu des contraintes de pente et de courbure imposées par la grande vitesse d’exploitation recherchée, la construction de lignes nouvelles à grande vitesse occasionne des dommages environnementaux très importants et totalement irréversibles sur leur tracé, et impose des contraintes très lourdes (altération des paysages, coupures de voirie, bruits et vibrations, dépréciation du foncier) aux nouveaux riverains qui, des lignes nouvelles, ne subissent que les inconvénients. En effet, non seulement ils ne bénéficient pas de la desserte par TGV qui sera réservée aux métropoles situées aux extrémités des lignes, mais encore ils perdent la qualité du service jusque là offert par le réseau classique puisque les efforts financiers très importants consentis en direction des lignes nouvelles se traduisent systématiquement par un abandon progressif des lignes qui assuraient la desserte fine des territoires.

Aujourd’hui, les Régions ont pris le relais pour les dessertes locales, Le système des TER s’efforce de compenser non sans difficultés la polarisation des villes extrêmes. Mais c’est une des raisons qui a soulevé peu à peu, et de plus en plus vigoureusement, une profonde remise en cause des LGV par les populations régionales, réduites à Lire la suite

L’écologie contre l’économie ? Dialogue sur le développement-durable, la décroissance sélective et la gestion écologique

cairn.info, Jean-Paul Gaudillière et Gilbert Wasserman, mars 2010

L’écologie contre l’économie ? Dialogue sur le développement-durable, la décroissance sélective et la gestion écologique

Table ronde avec Bernard Guibert et Jean-Marie Harribey Economistes. Respectivement responsable de la commission économique des Verts, et membre du Conseil scientifique d’Attac.

Jean-Paul Gaudillière et Gilbert Wasserman – L’écologie contre l’économie ? Dialogue sur le développement-durable, la décroissance sélective et la gestion écologique », Mouvements 4/2005 (no 41), p. 24-35.

 1 Mouvements : La notion de développement-durable est-elle encore utile ? Tout le monde en parle, tout le monde semble d’accord sur son importance, des chefs de gouvernement aux dirigeants de grande entreprise. Le terme n’est-il pas devenu vide de sens puisque ce succès même fait qu’on l’associe à un modèle de croissance inchangé, que l’on rend de plus en plus synonyme d’une simple adaptation des techniques aux « contraintes » d’environnement ?

2 Jean-Marie Harribey : C’est devenu un mot d’ordre officiel. Mais le problème n’est pas simplement celui d’une récupération. La faille était contenue dès l’origine, dès la définition du développement-durable comme enjeu de politique internationale. Le rapport Brundtland présentait le développement-durable comme moyen de répondre aux besoins du présent et à ceux des générations futures mais, quelques pages plus loin, il affirmait qu’une croissance économique vigoureuse était absolument indispensable et, sous-entendu, indispensable pour toujours.

3 Bernard Guibert : Hans Jonas a fourni l’une des critiques les plus pertinentes du développementisme : il y a en effet plus que « la satisfaction des besoins matériels des générations présentes sans compromettre celle des générations futures ». Il faut non seulement prendre en compte les besoins matériels des générations futures, mais permettre à ces générations futures d’avoir une existence authentiquement humaine et pas seulement animale. Par là, il pose la question anthropologique sur laquelle l’idéologie développementiste dominante fait l’impasse : qu’est-ce qu’être un être humain, qu’est-ce qu’une vie humaine digne d’être vécue ? Pour qu’un être humain puisse être considéré comme un être humain et non pas un animal, il faut qu’il soit libre, qu’il ait le choix. Et donc les générations présentes n’ont pas le droit de faire des choix économiques qui referment l’éventail des possibles des générations futures. En conséquence certaines formes de développement-durable ne sont tout simplement pas légitimes. Il y a plusieurs théories économiques du développement-durable. Dans la soutenabilité faible, on suppose qu’il peut y avoir substitution sans limite de capital artificiel au capital naturel. À terme, il pourrait ne plus y avoir de nature au sens traditionnel du mot. Ainsi cette substitution du capital artificiel au capital naturel ferme l’éventail des possibles. Cela n’est pas acceptable selon Jonas, puisqu’il y a un minimum de « naturalité » à maintenir. C’est pour respecter un minimum de contraintes de reproduction des écosystèmes naturels que l’artificialisation de la nature doit rester en deçà de certains seuils : c’est ce que les économistes appellent la soutenabilité forte. Dans la soutenabilité poly-dimensionnelle enfin, on suppose une pluralité de critères, techniques, monétaires, sociaux qu’il convient de combiner pour faire des choix qui engagent l’avenir.

4 J.-M. H. : Si l’on suit les initiateurs de la réflexion sur la décroissance, il y a une loi de l’entropie qui s’applique aux activités économiques et qu’il faut prendre en compte. On peut rétorquer que la planète Terre n’est pas un système isolé, qu’elle reçoit de l’énergie solaire en permanence et que cette seconde loi de la thermodynamique ne lui est pas applicable. C’est sans doute vrai globalement. Mais lorsque je brûle une molécule de pétrole dans mon moteur et qu’il sort du tuyau d’échappement des molécules de carbone, il m’est impossible de reconstituer avec cette molécule de carbone une nouvelle molécule de pétrole sauf à une échelle de temps qui dépasse tout horizon humain et ce qui nous ramène à la rareté incontournable de certaines ressources naturelles et nous impose des contraintes qu’on ne peut plus sous-estimer. Il y a donc un hiatus énorme, une dissociation énorme, entre Lire la suite

Parution du prochain numéro de LaRevueDurable « La petite agriculture familiale peut nourrir le monde »

LaRevueDurable, Communiqué, le 17 mars 2010

Parution du prochain numéro de LaRevueDurable

« La petite agriculture familiale peut nourrir le monde »

Le numéro 37 (mars-mai 2010) de LaRevueDurable sort fin mars

Aucun sujet ne cristallise à lui tout seul autant d’enjeux vitaux que l’avenir de l’agriculture mondiale : faim, pauvreté, climat (émissions et adaptation), énergie, biodiversité, eau, justice et équilibres économiques locaux et globaux.

La réponse du 37e dossier de LaRevueDurable à tous ces défis s’articule autour de l’agriculture familiale et de l’agriculture biologique. Leur défense va de pair avec la remise en cause de l’élevage industriel et la mise en garde contre l’accaparement des terres et le marché du carbone appliqué à l’agriculture.

« La petite agriculture familiale peut nourrir le monde » aborde les atouts clefs de l’agriculture biologique pour lutter et s’adapter au réchauffement climatique, le programme pionnier du Limousin pour réduire la dépendance alimentaire et énergétique de ses élevages, la renaissance de variétés de blé oubliées en Italie, des exemples concrets d’adaptation au réchauffement chez les petits paysans du Sud, etc.

Toutes ces initiatives donnent l’espoir que le défi agricole du XXIe siècle sera relevé dans des conditions écologiques et sociales acceptables. Un guide très complet fait le panorama de l’actualité éditoriale et audiovisuelle sur l’agriculture durable.

Le contenu détaillé de ce dossier figure dans le sommaire ci-joint.

Vous voulez recevoir ce numéro et n’êtes pas abonné-e ? Réservez-le dès maintenant au prix de 9 euros en indiquant bien votre adresse postale, par retour de ce courriel.

Les envois se font uniquement après Lire la suite

Taxe carbone : Ca commence à bien faire aussi !

developpementdurablelejournal.com, Pierre Magnetto, le 15 mars 2010,

Taxe carbone : Ca commence à bien faire aussi !

La France n’adoptera certainement pas de taxe carbone en juillet comme s’y était engagé le chef de l’Etat. Dans un entretien accordé au Figaro vendredi 12 mars, Nicolas Sarkozy a lié la mise en œuvre du dispositif français à l’adoption par l’UE d’un dispositif similaire, question qui n’est pas à l’ordre du jour européen dans l’immédiat.

Après le « ça commence à bien faire ! » lancé le 6 mars à propos des contraintes environnementales dans l’agriculture, voici maintenant que la mise en place par la France d’une taxe carbone serait liée à l’adoption à l’échelle européenne d’un dispositif similaire. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Nicolas Sarkozy dans une interview accordée au Figaro vendredi 12 mars, juste avant la fin de la clôture officielle de la campagne du premier tour des élections régionales. « Nous prendrons le temps de la concertation au niveau européen comme au niveau national« , a indiqué lé chef de l’Etat à nos confrères avant d’ajouter :  » je dis très clairement que la France montrera l’exemple, que nous voulons tenir nos engagements de limitation des émissions de gaz à effet de serre, mais que nous voulons dans le même temps une taxe carbone aux frontières de l’Europe« . Il a aussi indiqué en direction des industriels français qu’aucune contrainte ne leur serait imposée « si, dans le même temps, on autorise les importations venant de pays qui ne respectent aucune des règles environnementales à inonder nos marchés« .

Le parcours « lumineux » d’un texte qui se voulait phare

Ces déclarations font suite à plusieurs autres exprimant un point de vue analogue dans les rangs de l’UMP, telle celle de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin pour qui, « la taxe carbone pose un problème parce qu’au fond, elle n’est pas applicable à court terme en Europe ». Elément clef et concret du Grenelle de l’environnement, la taxe carbone devait être appliquée à partir du 1er janvier 2010. 48 heures avant son entrée en vigueur, elle avait été annulée par le conseil constitutionnel qui avait estimé que les régimes d’exemption dont bénéficiaient certains secteurs d’activités étaient « contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique  » et qu’en outre, ils introduisaient « une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques ». Les principes d’un nouveau textes avaient été communiqués début janvier en conseil des ministres et les modifications envisagées ne portant que sur la contribution des activités industrielles avait fait l’objet d’une concertation avec les représentant de ces dernières en février. Nicolas Sarkozy avait lui-même annoncé que le nouveau projet de loi serait présenté après les régionales, mais avant juillet.

La France règle son pas sur celui de l’UE

En calquant le tempo de la France sur celui de l’Union européenne, la France ne se donne aucune chance de respecter les échéances qu’elle s’était elle-même fixé. L’Union européenne, qui a plutôt les yeux rivés sur les négociations internationales sur le climat, pense surtout à Cancun, la ville du Mexique où doit de dérouler la conférence des nations unies fixée à Copenhague pour décembre 2010. Les chances d’aboutir à un accord à cette réunion semblent de toute façon dores et déjà bien Lire la suite

Le pic pétrolier mondial : on doit s’y préparer dès maintenant !

notre-planète.info, Louis Servant, le 10 mars 2010

Le pic pétrolier mondial : on doit s’y préparer dès maintenant !

On sait que le pétrole est une ressource énergétique non renouvelable car sa formation nécessita des millions d’années. Il est donc épuisable. On annonce régulièrement dans les médias que les réserves prouvées (celles que l’on sait exploiter dans les conditions économiques et techniques actuelles) représentent une quarantaine d’années de consommation courante. Doit-on en conclure que l’on est tranquille pour 40 ans? Absolument pas.

Les professionnels du pétrole utilisent cet indicateur car il donne une idée de l’importance de la quantité de pétrole exploitable à ce jour. Mais pour le public il est trompeur à un double titre.

Tout d’abord il s’applique à la consommation de l’année en cours ; or, hors crise financière et économique, la consommation mondiale croît. Ainsi de 1998 à 2007 elle est passée de 3,439 à 3,939 millions de tonnes, soit une croissance moyenne de 1,5% par an[1]. En 2008 les réserves prouvées étaient estimées à 170,8 milliards de tonnes soit 43 années de consommation 2008. Si on suppose que la croissance de la consommation reprend au même rythme qu’avant la crise (1,5% par an), le calcul aboutit à une durée de 33 ans seulement.

Ensuite, et c’est même le point le plus important, la production ne peut être indéfiniment croissante jusqu’à épuisement des réserves … puis plus rien. La production d’un gisement pétrolier croît, atteint un maximum, puis décroît. Ce maximum est atteint bien avant épuisement du pétrole ultimement extractible ; une règle approchée est : le maximum apparaît quand la production cumulée devient égale à la moitié de la production ultime du gisement. Comme on le verra plus loin, ce pic a déjà été dépassé dans de nombreux pays. Au niveau mondial on aura le même phénomène : la production de pétrole aura un maximum[2]. Le tout est de savoir quand.

Afin de mieux comprendre ce phénomène on va d’abord regarder de plus près ce que l’on entend par Lire la suite

Alsace : des programmes toujours plus verts

journaldelenvironnement.net,  Valréy Laramée de Tanneberg, le 12 mars 2010

Alsace : des programmes toujours plus verts

L’Alsace est l’une des rares régions françaises où l’écologie a toujours fait partie du débat politique. Les associations écologistes y sont influentes depuis longtemps. Pour preuve: 6 des principales formations en lice accordent à l’environnement une large place dans leur programme.

1.827.248 habitants – Densité 221 hab./km² – Superficie 8.280 km² – Président sortant: André Reichardt (UMP) – Nombre de listes en présence: 9 – Nombre de conseillers régionaux: 47 – Résultats au 1er tour des listes se réclamant de l’écologie en 2004 : 4,17%

Créditée de 18% d’intentions de vote dans le sondage Opinion Way publié le 8 mars dans le Figaro, Europe Ecologie espère, à la faveur d’une alliance avec le PS, emporter la région. Le programme est donc ciselé pour répondre aux attentes des Alsaciens : aide à l’industrie automobile pour développer les véhicules sobres, soutien massif aux transports collectifs (création d’une carte orange régionale et développement des trains régionaux), application de critères environnementaux à l’octroi d’aides publiques, développement des énergies renouvelables, plan de réhabilitation des logements, application de la taxe poids lourds. Un programme auquel ont également souscrit Cap 21 (l’organisation de Corinne Lepage, vice-présidente du Modem!) et le mouvement des écologistes indépendants d’Antoine Waechter.

Le Front de gauche l’annonce clairement: il se bat pour une «Alsace écologique». Ce qui passe, pour la liste créditée de 1% d’intention de vote, par la gratuité des transports publics pour les chômeurs, les bénéficiaires des minima sociaux, les étudiants et les salariés. Ce rassemblement de partis d’extrême gauche entend aussi ouvrir des maisons de l’eau «afin d’inciter les collectivités à gérer ce bien commun en régie publique».

L’UMP veut faire entrer l’Alsace dans l’ère de l’après-pétrole. Un comble dans une région où fut construite la première raffinerie de France ! Plus sérieusement, la formation majoritaire (36% d’intentions de vote) veut implanter localement une industrie des énergies renouvelables: photovoltaïque à couche mince, géothermie. Anticipant l’adaptation des lois Grenelle I et II, le parti du président de la République propose le lancement d’un vaste plan de rénovation des bâtiments régionaux. La mobilité n’est pas oubliée. L’UMP veut multiplier les plates-formes multimodales. Plus original, la formation sortante propose que la région soit chargée de la coordination des schémas régionaux de transport, ferroviaires, fluviaux, mais aussi routiers.

Affaibli par la défection de sa vice-présidente, le Modem présente un programme environnemental bien plus consistant que son crédit d’intentions de vote: 5%. Pesant 47 pages, le projet du parti centriste est très riche. Dans le domaine industriel, Lire la suite

Jean Zin : La transition énergétique

jeanzin.fr, Jean Zin, 12 mars 2010

La transition énergétique

On n’a rien vu encore. La crise économique s’aggrave en devenant crise politique mais ce n’est pas notre seul problème, ni peut-être le pire car la crise énergétique va rapidement revenir sur le devant de la scène. En effet, le pic de la production pétrolière pourrait bien être atteint en 2014. Oui, dans 4 ans seulement, vous avez bien lu ! Ces annonces sont toujours sujettes à caution, très dépendantes du niveau des cours, mais justement la retombée de ce qu’on a pris pour une bulle du pétrole (à l’origine de l’écroulement financier) a découragé des investissements qui auraient pu exploiter d’autres sources et, c’est un fait, les capacités actuelles sont à leur maximum. On va donc se trouver avec des risques de pénurie sur une période de plus de 10 ans sans doute. Ce n’est pas la fin du pétrole, bien sûr, encore moins l’apocalypse mais du moins le signe de la remontée des prix parallèlement à l’activité économique.

On pourrait s’en réjouir si ce qu’on risquait surtout, c’est que le charbon ne se substitue au pétrole ! De quoi nous sauver de la déflation au moins mais en nous enfonçant un peu plus dans la crise… sauf si on décidait de prendre la question énergétique au sérieux et qu’on s’engageait résolument dans la transition énergétique avec une véritable économie de guerre destinée à un basculement rapide vers les énergies renouvelables. C’est ce que proposait Lester Brown dans son « Plan B. », prenant modèle sur la reconversion industrielle opérée par les USA au début de la guerre de 1940 pour produire des avions en masse, ce qu’on pourrait faire pour produire des éoliennes en masse de la même façon sur quelques années. J’avais critiqué ces propositions comme trop éloignées d’un projet écologiste mais, dans le contexte actuel, cela vaudrait quand même mieux qu’une guerre ou de prendre le risque d’un nucléaire mal maîtrisé comme l’EPR, et, sur le court terme, il n’y a pas tellement mieux à faire.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire des économies d’énergie une priorité mais qui n’empêchent pas l’effet rebond s’il n’y a pas d’énergies alternatives. On sera bien obligé de faire feu de tout bois dans la période de vaches maigres qui s’annonce, et même si à plus long terme l’énergie devrait être abondante puisqu’il y a plus de soleil qu’il ne nous en faut. Appeler à un capitalisme vert et la reconversion des industries automobiles en fabricants d’éolienne ou de panneaux photovoltaïque n’est pas non plus renoncer à sortir du capitalisme, ce qui prendra plus que quelques années. Il ne s’agit pas de faire de l’idéologie mais de bonne stratégie puisque le système de production capitaliste existe, faisons lui produire ce dont nous avons besoin, et puisque l’alternative n’existe pas, construisons-la. Combiner alternative, économie d’énergie et capitalisme vert est incontournable dans cette période de transition.

Il y a le risque bien réel que ce soit la Chine qui rafle la mise, il n’est pas sûr que le secteur florissant jusqu’alors en Allemagne survive à la baisse des soutiens de l’Etat. Il est certain que, pour que ce soit viable, avec l’effet d’entraînement suffisant pour nous sortir à la fois de la crise économique et énergétique, il faudrait l’équivalent Lire la suite

ENERCOOP – Electricité verte : Soyez branché écologie !

enercoop.fr, communiqué, mars 2010

Soyez branché écologie !

Depuis le 1er juillet 2007, tout consommateur, qu’il soit particulier ou professionnel, locataire ou propriétaire, peut choisir son fournisseur d’électricité. Une chance ? Oui ! Celle de pouvoir choisir un fournisseur éthique et écologique, en accord avec ses valeurs.

Éthique et écologique ?

Enercoop (http://www.enercoop.fr/) est le seul fournisseur à s’approvisionner à 100% et directement auprès de producteurs d’énergies renouvelables : éolien, solaire, hydraulique, biogaz.

En plus de cela, Enercoop est une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Cela signifie :

un réinvestissement de ses bénéfices dans les énergies renouvelables et l’aide à la maîtrise de la consommation,

– la possibilité pour le consommateur de devenir sociétaire de la coopérative, et donc de voter lors des AG et élire des représentants au conseil d’administration.

Comment ça marche ?

Il existe un seul réseau de transport d’électricité, sur lequel les producteurs injectent leur électricité renouvelable et auprès duquel les clients la soutirent. Il n’y a pas d’électrons verts, Enercoop s’engage tout simplement à ce que ses producteurs injectent au moins autant d’électricité verte que vous en consommez. Votre facture vient rémunérer ces producteurs.

C’est super mais comment faire ?

C’est très simple, il suffit Lire la suite

Stéphane Hallegate – L’épuisement d’un monde fini

mediapart.fr, Stéphane Hallegate, le 8 Mars 2010

Stéphane Hallegatte est économiste, ingénieur climatologue à Météo-France et chercheur au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired).

L’épuisement d’un monde fini

Pour le chercheur Stéphane Hallegate, la crise financière et la crise environnementale ont des causes du même type: l’absence d’anticipation de la fin des stocks. Stocks de dette absorbable par les ménages américains dans le premier cas, stocks de gaz à effet de serre à émettre, d’eau ou de pétrole à puiser dans le second. 

Le monde vit aujourd’hui une double crise d’une ampleur peu commune. D’abord, la crise financière et bancaire commencée en 2008 aux Etats-Unis s’est transformée en une profonde crise économique, créant des dizaines de millions de chômeurs supplémentaires, repoussant des millions de personnes dans la pauvreté, et augmentant le sentiment général d’insécurité économique. Et la durée de cette crise reste incertaine, les économistes et les politiques oscillant, en fonction du signe de la dernière statistique publiée, entre un optimisme forcené et le pessimisme le plus noir.

Mais nous vivons aussi les conséquences de l’échec de la conférence de Copenhague, où devait se décider l’avenir du protocole de Kyoto et les objectifs de tous les pays du monde concernant le changement climatique. En l’absence d’une réelle volonté des grands pays de prendre des engagements contraignants, la conférence s’est soldée par un accord a minima, qui rend quasiment inatteignable l’objectif européen de limiter le réchauffement à 2°C. Et au-delà de la question climatique, le contexte environnemental est tendu sur l’ensemble du globe : la possibilité d’une raréfaction proche des ressources pétrolières a été rendue plus tangible par l’envolée des prix du pétrole en 2008, des crises alimentaires ont parcouru les pays en développement en 2007, les ressources en eau deviennent de plus en plus insuffisantes dans de nombreuses régions du monde, du Moyen-Orient aux Etats-Unis, et les ressources halieutiques [1] semblent plus menacées que jamais.

Ces deux crises parallèles sont liées à des processus bien différents, purement économiques dans un cas, en lien avec l’environnement et la nature dans l’autre. Mais elles ont des causes communes : elles sont liées aux comportements d’agents économiques qui consomment une ressource d’une manière incompatible avec l’exploitation durable du stock.

L’origine des crises financière et environnementale

L’origine première de la crise financière et économique de 2008 et 2009 ne se trouve pas dans le monde de la finance. La cause initiale est la stagnation du revenu des classes moyennes aux Etats-Unis, elle-même liée aux évolutions technologiques et à la globalisation, qui mettent les travailleurs en compétition à l’échelle mondiale et engendrent un tassement des revenus des travailleurs les moins qualifiés dans les pays riches. Or, comment maintenir un taux de croissance élevé quand les revenus de la majorité de la population –et donc sa consommation– stagnent ? Lire la suite

Conférence débat le jeudi 11 mars : « Crise climatique, énergétique, écologique… : l’approche des territoires en transition est-elle adaptée à l’agglomération bordelaise » ?

MNE Bordeaux-Aquitaine – Université populaire de l’environnement, Communiqué, le 4 mars 2010

La Communauté Urbaine de Bordeaux et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre du Plan climat de la CUB et de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à une conférence-débat publique : le jeudi 11 mars de 18h00 à 20h00

Hôtel de la Cub (Esplanade Charles de Gaulle) – salle des commissions réunies 

« Crise climatique, énergétique, écologique… : l’approche des territoires en transition est-elle adaptée à l’agglomération bordelaise » ? 

Assurer la transition d’un mode de vie qui repose sur une énergie disponible et bon marché, à un mode de vie plus sobre, avec une énergie rare et chère, pourrait bien être une des priorités de cette nouvelle décennie. 

Avec Pierre Radanne (consultant, ancien président de l’ADEME)

et Simon Charbonneau (juriste en droit de l’environnement, militant associatif). 

En présence de Laure Curvale, Vice Présidente de la Cub en charge du plan climat.

Nous vous invitons, en amont de cette conférence, à découvrir plusieurs initiatives qui se mettent en place en Europe :

Lors des négociations de Copenhague en décembre 2009 un collectif de communautés locales a adopté Une déclaration des peuples au Klimaforum09 – Changeons le système ! Pas le climat ! Parmi les revendications : trouver de vraies solutions à la crise climatique basées sur une utilisation sécurisée, propre, renouvelable et durable des ressources naturelles, ainsi qu’une transition vers une souveraineté alimentaire et énergétique, foncière et sur les ressources en eau.

http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Declaration_des_Peuples_au_Klimaforum_-_Changeons_le_Systeme_Pas_le_Climat_Ultimate_Version.pdf

Le Parlement Wallon a adopté à l’unanimité le 18 juillet 2008 une Résolution sur les pics du pétrole et du gaz. Elle manifeste la prise de conscience du défi majeur que représente le pic pétrolier, tout en prenant en considération le changement climatique. En effet, si les experts ne s’entendent pas sur la date du pic, ils conviennent qu’il est inéluctable et qu’il n’y a pas d’alternative unique au pétrole. Il est donc urgent pour les députés wallons d’adopter des mesures de transition.

http://www.weblex.irisnet.be/data/crb/Doc/2008-09/113709/images.pdf

Une petite ville du Sud-Ouest de l’Angleterre s’est mobilisée depuis septembre 2006, pour vivre sans dépendre des apports extérieurs. L’objectif : réduire la consommation de produits transportés qui ont une lourde empreinte carbone. Il s’agit de la ville en transition [transition town] la plus avancée du monde, pionnière d’un mouvement qui, face au double défi du changement climatique et de la fin prochaine du pétrole à bon marché, a pour objectif de réduire sa consommation énergétique et son empreinte carbone

Le site francophone des villes et communautés en transition http://www.villesentransition.net/

Les sites des territoires français en transition Lire la suite

La première bordelaise des Déboulonneurs

sudouest.com, Julien Rousset, le 7 Mars 2010

ANTIPUB. Ce collectif anti-pub tout juste implanté sur l’agglomération a organisé hier sa première action : le bâchage d’un panneau 4×3 dans le quartier de la gare Saint-Jean

La première bordelaise des Déboulonneurs

Hier à 14 heures, sur le parvis de la gare Saint-Jean, une demi-douzaine de jeunes gens se signalent par des gilets jaune fluo : ce petit groupe a monté en janvier une antenne bordelaise des Déboulonneurs, collectif anti-pub créé à Paris. Il organise cet après-midi sa première action.

L’initiative a été relayée sur des sites internet : une soixantaine de personnes est là. Beaucoup d’étudiants, des chercheurs, quelques artistes, de « vieux écolos » d’au moins 50 ans… Les policiers aussi ont eu l’info, qui veillent, à distance.

« Non-violence »

L’un des animateurs saisit le haut-parleur pour donner quelques instructions à ce commando de circonstance : « Il s’agit d’une action de bâchage et non de barbouillage. C’est une opération non violente, symbolique. En cas d’interpellation, il ne faut aucun débordement » explique l’orateur, insistant, habilement, sur le fait que « les policiers font leur travail ».

La perspective d’une interpellation n’inquiète guère les Déboulonneurs. Au contraire. « S’il y a procès, cela médiatise notre cause »… Fûté !

Le groupe prend la direction de Belcier. À vélo ou à pieds bien entendu. La cible de cet après-midi est un 4×3 planté au pied du pont du Guit.

Les militants anti-pub sont venus avec une bâche dont ils veulent recouvrir le panneau, mission accomplie en quelques minutes (voir la photo). Au pied du panneau par eux rhabillé, les Déboulonneurs précisent leur théorie, plus modérée que celle des Casseurs de pub : « Nous ne demandons pas la disparition de la pub, mais sa limitation à un format 50×70, le format accordé aux associations ou aux partis politiques. Il n’est pas normal que des marchands aient plus d’espace que des forces citoyennes ».

Les interventions épinglent aussi le « formatage » induit par la pub, la surconsommation et « l’hédonisme marchand », rappellent que « le paysage urbain appartient à tous, y compris à ceux qui le regardent », ou déplorent la consommation électrique des panneaux éclairés de nuit…

À 15 h 15, Lire la suite

Jean-Marie Pelt : Faire coïncider écologie et économie

lalibre.be, Charles Delhez, le 17 février 2010

Entretien avec Jean-Marie Pelt, président de l’Institut européen d’écologie.

Faire coïncider écologie et économie

Dossier « Notre planète »

Fils et petit-fils d’horticulteur, botaniste, Jean-Marie Pelt est un amoureux de la nature. Fondateur de l’Institut européen d’écologie à Metz, voici déjà quarante ans, il est de plus en plus préoccupé de l’avenir de notre la petite Planète bleue, riche jusqu’à présent, d’une étonnante biodiversité, véritable assurance-vie de l’humanité. Elle met en effet des ressources à notre disposition, que nous prélevons directement pour nous nourrir, nous vêtir Elle nous fait également bénéficier de sols fertiles, de forêts prospères, d’eau pure, d’insectes pollinisateurs Et, s’exclame Jean-Marie Pelt, ces services-là sont gratuits ! Rencontre à Metz, dans les bureaux de l’Institut, abrités dans le cloître des Récollets du XIVe siècle.

Jean-Marie Pelt, quel est donc votre vocabulaire actuel ? Parleriez-vous de développement durable, de modération joyeuse, de décroissance ?

Je ne parlerais pas de décroissance, car on reste alors dans le vocabulaire usuel. Or, il faut aujourd’hui percevoir les choses autrement. Je préfère donc parler d’économie durable, d’économie verte, d’économie en équilibre. L’économie doit devenir le mode ordinaire de production et de consommation des biens et services, et le lieu ordinaire où les gens trouvent un emploi. La croissance, elle, fait la part grande à la production de richesses, expression que je n’aime pas. En effet, en créant des richesses, on épuise les ressources qui serviraient aux suivants pour en produire eux-mêmes. Il faut repenser les axiomes de l’économie. Cette science s’est installée uniquement dans la société humaine et n’a pas du tout tenu compte des ressources de leurs limites. Economie et écologie doivent finir par coïncider, sinon l’économie sera une sorte de cancer se développant sur le monde des vivants, qui va finir par s’épuiser et tomber gravement malade.

Dans notre évaluation de la croissance des entreprises, par exemple, n’oublie-t-on pas la variable écologique et la variable humaine ? Sous cet angle, n’est-on pas en décroissance ?

Tout à fait ! Je vois que des gens souffrent au travail, à cause de la non-lisibilité des buts de l’entreprise, à cause de l’encadrement, de la pression au travail. Le bonheur intérieur brut n’y est pas. Il faut changer le fonctionnement de l’économie. Cette science récente repose sur des axiomes et des postulats qui n’ont jamais été démontrés, ainsi celui que plus on a de biens et de richesses, plus on est heureux. Côté écologie, rappelons-nous le procès Erika : on a évalué le prix des oiseaux mazoutés et la compagnie a dû payer. On a donné un prix à la nature pour qu’elle puisse entrer dans la mécanique économique. Mais en fait, c’est à la mécanique économique d’entrer dans la nature. L’économie est un sous-système de l’écologie et pas l’inverse.

Michel Serres reproche d’avoir pensé toujours les choses à deux termes, maîtres et esclaves, riches et pauvres, Nord et Sud… Il nous faudrait aujourd’hui les penser à trois termes, en donnant la parole à ce qu’il appelle la “Biogée”, la sphère des vivants. Serait-ce cela l’économie verte ?

Oui. Il s’agit de voir les choses en cohérence, de manière transversale (pluridisciplinaire aurait-on dit jadis). La vie, en effet, fonctionne en réseau. Les choses les plus lointaines peuvent avoir des rapports entre elles sans que le lien ne soit perceptible par nous. Au Canada, par exemple, les orques, qui sont carnivores, finissent par dévorer les loutres, parce qu’ils n’ont plus de poissons à manger. Du coup, les oursins – nourriture des loutres – se sont mis à proliférer, et le matelas d’algues, à diminuer. Mais c’est là que se logent les coquillages et les alvins. La population de poissons est donc menacée. Nous revoilà à la case départ : les orques dévorent désormais les loutres. C’est en interrelation subtile, avec des effets qui sont parfois éloignés de la cause première par un jeu de causes secondes, comme aux dominos.

L’écologie ne serait-elle pas aussi vieille que l’humanité, datant du jour où l’homme s’est distancé de la nature, tout en disant : et pourtant j’en fais partie ?

Justement, depuis quelques siècles, nous ne parlons plus ainsi en Occident. Les peuples premiers, eux, les Indiens, par exemple, ont un rapport fusionnel avec la nature. A la Renaissance, nous nous en sommes séparés. Cette dernière, devenue inerte, a perdu son sens. On en a fait un objet des sciences et de l’exploitation. C’est à tel point que Descartes Lire la suite

Climat, tabac : une même stratégie de dénigrement de la science

lesechos.fr, Jeffrey D. Sachs, le 1er mars 2010

Jeffrey D. Sachs est professeur d’économie et directeur de l’Institut de la terre (Columbia University)

Climat, tabac : une même stratégie de dénigrement de la science

Depuis, et avant même, la conférence de décembre à Copenhague sur le changement climatique, les critiques se sont multipliées contre la communauté scientifique.  Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a été accusé d’avoir fait preuve de partialité. Ce qui a suscité une certaine émotion dans l’opinion publique. S’il n’y a pas d’accord sur l’existence d’une crise climatique, pourquoi alors dépenser des milliards pour sauver la planète ? 

Ces critiques existent pourtant depuis longtemps. La tactique, qui a été affinée pendant plus de vingt-cinq ans, consiste à faire croire que d’importants désaccords existent afin d’empêcher toute action contre le réchauffement climatique. Le tout financé par des groupes d’intérêt comme Exxon.

Un ouvrage à paraître prochainement, « Merchants of Doubt » (les marchands du doute), de Naomi Oreskes et Erik Conway, s’intéresse aux petits jeux des « climato-sceptiques ».  Selon les auteurs, le même groupe d’agitateurs a constamment essayé de discréditer les travaux sur le réchauffement climatique.

Ceux qui aujourd’hui plaident pour l’inaction face au réchauffement climatique sont en général soutenus par les mêmes groupes de pression, les mêmes organisations qui hier défendaient les fabricants de tabac en discréditant le travail scientifique établissant un lien entre cigarette et cancer. Ensuite, les mêmes s’attaquèrent à ceux qui, scientifiquement, démontraient que les rejets des centrales à charbon étaient à l’origine des « pluies acides ». Ce qui est incroyable : c’est que, même sans fondement, ces critiques continuent de semer le doute. La vérité c’est qu’il y a beaucoup d’argent derrière les détracteurs du changement climatique, que ce soit des entreprises qui ne veulent pas payer le coût de nouvelles réglementations, que ce soit des idéologues de l’économie de marché qui s’opposent à toute forme de contrôle de l’Etat.

La dernière salve s’articule autour de deux épisodes. Le premier est le piratage du système informatique d’un centre de recherche en Angleterre. Les courriels détournés suggèrent un manque de bonne foi dans la présentation de certaines données climatiques. Quels que soient les détails de ce cas particulier, les études en question ne représentent qu’une infime partie de l’ensemble imposant de preuves prouvant la réalité et l’urgence du changement climatique dû à l’activité humaine.

Le second épisode fut une grossière erreur à propos des glaciers apparue dans une étude du Giec. Il faut savoir que le Giec peut, parfois, se tromper. Mais il s’agit plus de la preuve de l’imperfection de la nature humaine que de défauts fondamentaux dans la recherche. A la suite de ces révélations, une violente campagne a été lancée dans le « Wall Street Journal ». Ces critiques prétendent que les scientifiques fabriquent des preuves pour obtenir des fonds publics pour la recherche. Une accusation sans fondement, avais-je d’abord pensé, car ces chercheurs ont voué leur vie à la quête de la vérité et n’ont certainement pas amassé des richesses comme celles des financiers.

Mais l’un de leurs arguments – sur la conspiration visant à se rallier le monde des affaires – est identique à celui mis en avant par le passé pour le tabagisme, actif et passif, le trou dans la couche d’ozone, les pluies acides…  

L’objectif de ces idéologues, de ces « think tanks » conservateurs est le même : Lire la suite

Demain, tous producteurs et consommateurs d’énergie verte ?

mycoop.coop, Déli Royo, le 23 février 2010

Demain, tous producteurs et consommateurs d’énergie verte ?

La question de l’énergie est primordiale voire vitale pour nos sociétés car, outre la prise de conscience des effets dévastateurs de l’utilisation d’énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre et l’épuisement des ressources, nous sommes face à des enjeux sociétaux importants. La dernière soirée Mycoop posait le débat sur le lien entre production et consommation d’énergie verte, ou comment participer à un changement de paradigme ?

Pour intervenir au cours de cette soirée MyCoop, animée par Jean-Michel Youinou du Crédit Coopératif, étaient invités : Stéphanie Lacomblez de Enercoop, Bernard Delville de Vents d’Houyet, Françoise Ledos de Coop de France et Pierre Ducray de l’Union de la Coopération Forestière Française.

Tout d’abord a été évoquée la question de la production. Comment produire une énergie 100% verte et répondre aux besoins exprimés ? Quel circuit de production mettre en place et avec quels acteurs ? Les participants à la soirée ont apporté des éléments de réponse, mais à chaque source d’énergie sont liées des problématiques particulières. D’où la nécessité de mettre en place des solutions locales comme l’a expliqué Bernard Delville de l’association Vents d’Houyet, porteuse du projet d’éoliennes citoyennes en Wallonie, ou tout du moins de mettre en place des solutions prenant en compte les spécificités de chaque territoire. Par exemple, Pierre Ducray de l’UCFF expliquait le travail qui était mené dans le but de valoriser les chutes de bois, liées à l’exploitation des forêts, par la filière énergétique en les mettant à disposition pour la production d’énergie verte. De même,  Françoise Ledos de Coop de France Ouest expliquait le projet Géotexia de méthanisation pour produire du biogaz à partir de lisier et de coproduits* issus de l’agroalimentaire.

Une production relocalisée et inclue dans un schéma où production et consommation se rejoignent grâce à un nouveau modèle de distribution, voilà le second point important qui a été débattu au cours de cette soirée MyCoop. Ainsi, de la production à la consommation, il a été débattu de la manière dont chacun peut se réapproprier la question énergétique. Au cœur de cette démarche, le projet porté par Enercoop, entreprise coopérative créée en 2004 suite à l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, qui réunit aujourd’hui plus de 5000 consommateurs et 3000 sociétaires. Leur créneau, une offre d’énergie 100% verte à destination de leurs clients, c’est-à-dire de l’énergie produite à partir de sources renouvelables (éolien, solaire, hydraulique, biomasse, etc.). Un engagement qui permet de prendre conscience de l’impact de sa propre consommation d’énergie sur l’ensemble de la chaine, du producteur au consommateur, en passant par le distributeur. En effet, Enercoop, en tant que coopérative, appartient à ses sociétaires qui peuvent être producteurs, consommateurs ou encore producteurs et consommateurs de l’énergie distribuée. C’est là un véritable renversement dans la relation entre producteur et consommateur, car en devenant sociétaire d’Enercoop on devient propriétaire et responsable des moyens de production de l’énergie consommée. Dès lors le rôle du distributeur évolue, il n’est plus seulement le maillon entre production et consommation, mais bien le point de rencontre et d’échange entre les deux.

Le but est d’offrir aux clients la possibilité de Lire la suite

Steven Vromman : L’homme à la faible empreinte écologique – Douze gestes pour la planète

lalibre.be, Samuel Hoste, le 09 février 2010

Douze gestes pour la planète

Au nord du pays vit un homme aux pieds légers pour l’environnement. Son exemple montre qu’il est possible de polluer moins. Tout est question de choix.

Figure atypique à la notoriété grandissante en Flandre, Steven Vromman, dynamique quadragénaire gantois, a décidé après une vingtaine d’années d’une vie professionnelle bien remplie de changer radicalement sa façon de vivre. Son objectif est simple: prouver qu’il est possible à notre époque de vivre bien et durable. Il se lance le défi de réduire un maximum son empreinte écologique pendant 6 mois – celle-ci est calculée en nombre d’hectares nécessaires pour produire ce que nous consommons – et de consigner son histoire dans un livre intitulé « Low impact man« . Cela fait maintenant presque deux ans que Steven poursuit l’expérience et apparemment, il n’a aucune intention de revenir en arrière.

« Bien plus que des gadgets technologiques, ce qui fait la différence dans la lutte pour l’environnement c’est un changement de comportement, explique-t-il. Nous vivons dans une société jetable, il faut toujours avoir plus et changer souvent; pourtant on n’a pas l’impression que les gens soient vraiment plus heureux. Les gens optent souvent pour des choses matérielles à la place de choses vraiment importantes telles que l’amitié, le contact social, un travail enrichissant, etc. » Steven affirme que son changement de mode de vie a augmenté sa qualité de vie, « j’ai moins de produits toxiques dans la maison, je mange plus sain et je fais plus d’exercice. »

Tirés de son expérience quotidienne, voici douze gestes que tout un chacun peut facilement mettre en pratique.

1. Consommer moins. « Pour produire de nouveaux objets il faut beaucoup d’énergie et de matières premières qu’il a fallu extraire ou fabriquer. Ensuite, il y a encore le transport. Tout cela pollue énormément. Or, il n’est pas toujours nécessaire de posséder quelque chose pour en profiter.  » Partant de ce principe, Steven s’est abonné à la bibliothèque et à la médiathèque. Il a ainsi accès à des centaines de livres, CD et DVD. Ces supports resteront dans le circuit du prêt et l’impact écologique que leur production a nécessité est ainsi divisé par le nombre d’emprunteurs.

2. Réutiliser. Dans le même état d’esprit, Steven achète presque exclusivement des articles de seconde main: vêtements, mobilier, vaisselle « On trouve de tout sur les brocantes et dans les magasins de seconde main. C’est aussi une façon d’acheter moins cher.  » Mais Steven concède que certaines choses s’achètent difficilement de seconde main, comme les chaussures par exemple. Dans ce cas, il privilégie des articles de bonne qualité qu’il gardera longtemps.

3. Réduire ses poubelles. Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas. Pour réduire ses poubelles, rien de tel que d’acheter un maximum de produits sans emballage, et quand ce n’est pas possible, il vaut mieux privilégier les emballages recyclables (verre, carton ) ou recyclés. Steven va plus loin: « je bois l’eau du robinet, donc pas de déchets. Quand je vais acheter du fromage, j’emporte ma boîte à fromage. Je réutilise les sachets à pain. Je fais aussi beaucoup mes courses sur le marché car les produits n’y sont pas préemballés. »

4. Manger moins de viande. « 18 % de la production mondiale de CO2 provient du bétail élevé pour nous nourrir.  » Dès lors, Steven a opté pour une alimentation végétarienne (dans son cas, sans viande ni poisson). « Si tous les Belges mangeaient végétarien un jour de la semaine, cela équivaudrait à Lire la suite

Dur de se mettre au vert ! – Pionnière en matière d’environnement, Boulder (Colorado) a bien du mal à réduire ses émissions de GES

courrierinternational.com, N° 1008, The Wall Street Journal, Stephanie Simon, le 25 février 2010

Dur de se mettre au vert !

Réputée pionnière en matière de respect de l’environnement, la ville universitaire de Boulder, dans le Colorado, a pourtant bien du mal à réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Au printemps 2010, des techniciens embauchés par la mairie seront déployés aux quatre coins de la ville pour remplacer, aux frais des contribuables, les ampoules électriques de milliers de foyers par des modèles basse consommation. Pourtant, lorsque les responsables municipaux ont décidé, en 2006, de faire de Boulder une ville pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique, ils ne s’imaginaient pas qu’ils devraient jouer les nounous. La cause semblait parfaitement correspondre aux idéaux des résidents, pour la plupart progressistes et passionnés de plein air. “Mais nous nous sommes rendu compte qu’il est extrêmement difficile de convaincre une majorité de personnes d’agir”, souligne Kevin Doran, chercheur à l’université du Colorado.

Les objectifs de Barack Obama en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont ambitieux. Pour les atteindre, le gouvernement compte notamment adopter des mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique. Le plan de relance de l’économie voté en 2009 prévoyait également des milliards de dollars pour l’isolation des bâtiments. Les autorités locales ont cependant découvert que les incitations financières et les campagnes de sensibilisation n’étaient pas suffisantes pour pousser les particuliers à agir. Boulder est pourtant l’une des villes les plus écolos du pays : on ne peut même pas acheter de chips à la buvette du stade parce que leur emballage n’est pas recyclable.

Les climatosceptiques ne se cachent plus

Prenez George Karakehian. Il se dit plutôt écolo. Il conduit une voiture hybride, recycle et utilise des ampoules basse consommation. Il refuse pourtant d’adopter les mesures d’efficacité énergétique les plus élémentaires et laisse la porte de sa galerie d’art ouverte même quand le chauffage ou l’air climatisé fonctionne. Il sait qu’il gaspille de l’énergie et s’en moque. “On m’a toujours dit que laisser les portes ouvertes incite les visiteurs à entrer”, explique-t-il. Et il n’est pas le seul dans ce cas. Depuis 2006, la ville de Boulder a accordé des subventions pour la réalisation d’audits énergétiques dans 750 foyers. Comme les propriétaires devaient tout de même débourser 200 dollars, seuls les plus motivés ont participé. Des études ont par la suite révélé que la moitié d’entre eux n’avaient pas suivi les recommandations, malgré de généreuses incitations. “Nous avons encore beaucoup de chemin à faire”, estime Paul Sheldon, consultant auprès des autorités municipales. Les habitants “devraient conduire des véhicules propres, mais ce n’est pas le cas. Ils devraient pratiquer le covoiturage, mais ils ne le font pas.” Et ils devraient changer eux-mêmes leurs ampoules, ajoute-t-il.

La validité scientifique du réchauffement climatique a récemment été contestée. Les auteurs d’un rapport phare sur le changement climatique, publié en 2007, ont admis certaines erreurs dans leurs travaux. Ils continuent cependant de penser que le réchauffement climatique est “sans équivoque” et “fort probablement” dû à l’activité humaine. Des experts britanniques du climat ont également fait l’objet de critiques à la suite de la publication d’extraits de leur correspondance électronique. Ceux-ci semblaient indiquer qu’ils cherchaient à étouffer les opinions divergentes. A Boulder, certains climatosceptiques ont commencé à exprimer leurs doutes en public. Les autorités municipales affirment cependant encore bénéficier du soutien de la majorité de la population, mais le plus difficile, c’est de pousser les citoyens à passer aux actes.

Située au pied des Rocheuses, cette ville de 100 000 habitants a souvent montré l’exemple en matière d’écologie. Elle a été l’une des premières à créer Lire la suite

A quoi servent les climato-sceptiques ?

alternatives-économiques.fr, Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, le 22 février 2010

A quoi servent les climato-sceptiques ?

L’offensive des climato-sceptiques contre le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a ruiné en l’espace de quelques mois le consensus qui s’était presque établi sur les dangers du dérèglement climatique. C’est humain : on prête toujours une oreille attentive aux gens qui vous disent qu’il n’y a pas besoin de changer de mode de vie. Ceux qui les soutiennent et leur donnent des tribunes portent une lourde responsabilité vis-à-vis de l’avenir.

Jeudi dernier, Yvo de Boer a démissionné de son poste aux Nations unies. Ce Néerlandais n’était pas connu du grand public, mais il jouait un rôle clé dans les négociations mondiales contre le changement climatique, un sujet qui ne peut avoir de solution que dans un cadre global. On peut en effet agir au niveau local pour préserver les sols, la biodiversité, l’eau. Mais pour le climat, si tout le monde ne marche pas, il ne se passera rien.

Des négociations qui patinent

Jusqu’ici, les choses n’ont guère bougé en pratique. Le sommet de Rio de 1992 n’avait débouché que sur des déclarations et il avait fallu attendre Kyoto, en 1997, pour concrétiser un peu les choses. Mais les Etats-Unis, le principal pollueur de la planète, n’avaient pas ratifié le protocole et nombre de pays signataires n’ont absolument pas respecté leurs engagements, à commencer par l’Espagne ou l’Italie. Et pendant ce temps, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter…

Depuis le succès des films d’Al Gore, Une vérité qui dérange, et de Yann Arthus-Bertrand, Home, on pouvait avoir l’impression que la bataille de l’opinion commençait à être gagnée. Mais patatras, à la fin de l’année dernière, des climato-sceptiques ont piraté les e-mails des climatologues de l’université d’East Anglia au Royaume-Uni et réussi à monter en épingle un ou deux échanges douteux. Quelques semaines plus tard, le sommet de Copenhague, dans lequel on avait mis des espoirs sans doute excessifs suite à la victoire de Barack Obama, tournait au vinaigre. Du fait notamment des Chinois qui y ont testé leur nouveau statut de superpuissance. La négociation est bloquée et Barack Obama a perdu, avec le siège de sénateur du Massachussetts, le dernier espoir d’obtenir une majorité au Sénat en faveur d’une loi sur le climat. Et en l’espace de quelques mois, l’opinion s’est retournée. Les climato-sceptiques pérorent sur tous les écrans, à commencer par notre Claude Allègre national.

Faut-il prendre les climato-sceptiques au sérieux ?

Certes, les scientifiques peuvent se tromper. Ils peuvent être tentés, dans un monde ultracompétitif, de tordre un peu leurs résultats. Mais je ne crois pas un instant que cela puisse avoir été le fait de la communauté des climatologues tout entière, quasiment unanime sur le sujet. Et de toute façon, sans être un spécialiste, je ne vois pas comment le fait d’avoir décoffré depuis plus de deux siècles maintenant les millions de tonnes de charbon, gaz, pétrole enfermées depuis des millions d’années dans les replis de la croûte terrestre pourrait rester sans conséquences sensibles sur le climat.

Pourquoi ça marche alors ?

L’écho que trouvent les climato-sceptiques auprès de l’opinion tient, je pense, davantage à Lire la suite

Conseil Economique pour le Développement Durable : Les pouvoirs publics appelés à renforcer leur action en matière d’adaptation au changement climatique

actu-environnement.com, Rachida Boughriet, le 18 février 2010

Les pouvoirs publics appelés à renforcer leur action en matière d’adaptation au changement climatique

Pour s’adapter au changement climatique, les pouvoirs publics auront un triple défi à relever : investissements, diffusion de l’information, définitions d’outils de pilotage adaptables aux incertitudes des évolutions climatiques. Explications.

Alors qu’un plan national d’adaptation au changement climatique est prévu pour 2011 en France, le Conseil Economique pour le Développement Durable (CEDD) a publié le 17 février le rapport intitulé  »Economie de l’adaptation au changement climatique », qui vise à donner  »un cadrage économique général facilitant la mise en oeuvre de stratégies efficaces d’adaptation par les décideurs publics et privés ».

Prévu dans la loi Grenelle 1, rappelons que ce plan national rassemblera des orientations sur des sujets comme la lutte contre les inondations et l’adaptation des zones littorales, l’évolution des forêts, la question de l’eau et l’adaptation de l’économie. Il doit trouver sa déclinaison territoriale dans les futurs  »schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie » proposés par le projet de loi Grenelle 2, en cours d’examen au Parlement, et dans les  »Plans climat énergie territoriaux » qui devront être établis par les départements, communautés urbaines, communautés d’agglomérations, communes et communautés de communes de plus de 50.000 habitants avant 2012.

L’objectif du rapport, réalisé à la demande du ministère du Développement Durable, est de mobiliser pouvoirs publics et acteurs privés pour que l’adaptation  »restée pendant longtemps le parent pauvre, à la fois intellectuel et pratique, du débat sur le changement climatique » soit reconnue au même titre que l’atténuation et la limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES). Des stratégies d’adaptation,  »nécessaires » pour faire face aux conséquences du réchauffement. D’autant plus qu’un rapport de l’ONERC*, publié en septembre dernier, chiffre les coûts liés au changement climatique à  »plusieurs centaines de millions d’euros par an » pour plusieurs secteurs d’activités (agriculture, tourisme, énergie, tourisme, BTP…) d’ici 2050,  »en cas d’adaptation insuffisante ».

Des incertitudes autour des impacts

Mais au-delà des investissements, la question de l’adaptation au changement climatique s’avère  »complexe », explique Christian de Perthuis, l’un des auteurs du rapport et membre du programme de recherche économie du climat. Et ceci, compte tenu de  »l’incertitude liée notamment à l’évolution future du climat » selon qu’on se situe dans un scénario de hausse moyenne des températures de 2°C ou de 4°C , de celle sur les conséquences possibles d’un scénario climatique donné au plan local et celle sur l’évolution des capacités d’adaptation de  »nos sociétés dans le futur », précise Stéphane Hallegatte du Centre International de Recherche sur l’environnement et le développement (CIRED).

Si l’adaptation peut être définie comme l’ensemble des évolutions que les sociétés  »devront opérer pour limiter les impacts négatifs du changement climatique et en maximiser les effets bénéfiques », les stratégies sont difficiles à élaborer. Par exemple, concernant la traduction locale de ces scénarios climatiques,  »les modèles divergent en France sur la façon dont le changement climatique va affecter la fréquence et l’intensité des épisodes de tempêtes dans le nord du pays ».

Selon les auteurs, les impacts du changement climatique, et donc les bénéfices des mesures d’adaptation,  »dépendent non seulement du scénario climatique, mais aussi Lire la suite

Et si on s’unissait pour produire notre énergie renouvelable ?

rue89.com, Andrea Paracchini, le 21 février 2010 

Et si on s’unissait pour produire notre énergie renouvelable ?

Pas question de tapisser de panneaux photovoltaïques tous ses biens ou d’installer une éolienne sur sa casquette pour recharger la batterie du portable. Mieux vaudrait unir ses efforts à ceux des autres partisans des énergies renouvelables et financer la création d’installations de taille.

En effet, malgré une augmentation de 11% par rapport à 2007, notamment grâce à la progression de l’hydraulique, la production d’énergie issue de sources renouvelables (hydraulique, photovoltaïque et éolien) reste marginale. Elle ne représentait que 13% des 549 077 gigawatt heure (GWh) d’électricité produits en 2008.

L’idée

Mais pourquoi attendre que les gros acteurs nationaux du marché de l’électricité passent à la vitesse supérieure alors qu’il est d’ores et déjà possible de booster la croissance des énergies renouvelables ?

Le statut coopératif permet à tout particulier de financer la création de centrales hydrauliques, parcs éoliens ou solaires.

En Flandre (Belgique), la coopérative Ecopower a démarré en 1991 avec le financement de petites installations hydrauliques. « Aujourd’hui, notre parc génère 19 200 mégawatt heure (MWh), distribués à 21 000 clients », explique la directrice Relinde Baeten.

Entretemps, 200 panneaux photovoltaïques, cinq éoliennes, trois moulins hydrauliques et une centrale de cogénération ont fait leur apparition. Cela grâce aux 24 500 sociétaires qui ont cru dans la démarche, permettant à Ecopower d’atteindre un capital de 13 millions d’euros.

Et en France ?

Enercoop est la seule société coopérative d’intérêt collectif (Scic) présente sur l’ensemble du territoire métropolitain. Le principe : distribuer à ses 5 000 clients l’énergie issue de sources renouvelables générée par des producteurs indépendants.

Créée en 2004, lors de l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence, elle réinvestit une partie des bénéfices (s’il y en a) pour encourager la création de nouvelles centrales. Moins de la moitié des 19 000 MWh distribués en 2009 par la coopérative vient de ses membres producteurs (60 des 3 000 sociétaires). Patrick Behm, directeur général d’Enercoop admet : « Aujourd’hui, on est obligé d’acheter Lire la suite

Paléolithique, mais presque : Être permaculteur

madeinearth.wordpress.com, Nicollas, le 21 février 2010

Paléolithique, mais presque : Être permaculteur

Définir ce qu’est un permaculteur permet d’enrichir la compréhension que l’on a de la permaculture, puisque par définition, un permaculteur fait de la permaculture.

La permaculture s’est concentrée à l’origine sur la gestion, l’entretien et la restauration des terres et de la nature. Cette approche (de même que la naissance de la permaculture) est due à de multiples facteurs caractéristiques de l’Australie —aux niveaux géologique, climatique, historique, politique et économique— et a amené la permaculture à se focaliser sur les systèmes agricoles en vue de fournir de la nourriture, de l’énergie ou des matériaux pour les besoins locaux des populations. Cette représentation occupe une large part des bouquins de permaculture (surtout les plus anciens) et la figure dominante du permaculteur dans nos esprits devient celle du propriétaire terrien, paysan informel, qui fait son potager, élève des animaux et creuse des retenues d’eau au tractopelle. Cependant cela ne concerne qu’une petite fraction des domaines d’application de la permaculture, comme en témoigne la fleur de la permaculture imaginée par David Holmgren.

Il est évident que l’Australie et la vieille Europe se ressemblent peu en terme d’occupation du territoire. Peu de gens possèdent des terres, et les populations sont concentrées dans les villes (la population française est à plus des trois quarts urbaine*). La permaculture serait-elle réservée à une minorité de privilégiés ?

L’apport de la permaculture dans la conception des systèmes agricoles est inestimable, et sera une pièce majeure d’une société durable. À ce titre, le Designer’s Manual est un livre important, car il montre l’étendue de l’application des principes de design permacoles. La citation qui servira d’élargissement à cette réflexion en est d’ailleurs tirée :

Nous pouvons aussi prendre part à la production de nourriture. Cela ne veut pas dire que nous devons tous faire pousser nos propres pommes de terre, mais cela peut signifier que nous allons les acheter directement à une personne qui fait déjà pousser des patates de manière responsable. En fait, il serait probablement préférable d’organiser localement une coopérative d’achat aux producteurs plutôt que de faire pousser des pommes de terre.

Un permaculteur n’est pas un crocodile dundee capable de tout produire lui-même, mais une personne qui veille à ce que tous ses besoins soient satisfaits tout en respectant l’éthique de la permaculture (ce qui revient à dire qu’ils proviennent de systèmes conçus en permaculture). On peut classer les stratégies pour combler ses besoins en plusieurs niveaux :

Zones et secteurs — Les concepts de zones et secteurs permettent de voir l’application d’outils de conception aux différents niveaux cités. Ces outils sont un guide pour le placement d’éléments suivant l’attention qu’ils nécessitent ou la fréquence d’usage (de 1 très intensif, à 5 sauvage) et les énergies extérieures au site (vents, bruits, soleil …).
Au niveau 1, il suffit de regarder n’importe quel livre de permaculture, pour savoir à quelle zone correspond une production (z1: légumes, z2: volaille et fruitiers, z3: céréales, z4: pâtures et arbres, z5: zone naturelle). Les secteurs guident également le placement, pour se protéger ou utiliser le vent (dévier le froid, faciliter la pollinisation), éviter les risques d’incendies (lors du placement des pins pignons), etc.

Au niveau 2, on modifie l’échelle des zones et les secteurs d’influence. Pour la nourriture, on peut estimer que la zone 1 devient la ville (les légumes sont produits sur les balcons, toits, jardins partagés), la zone 2 Lire la suite

Alain Lipietz – Climat, emploi, même combat !

alternative-economiques.fr, Alain Lipietz, le 22 février 2010

Climat, emploi, même combat !

Il n’y a plus grand monde aujourd’hui pour opposer l’écologie à l’emploi. La crise du modèle libéral-productiviste qui fut, pendant un quart de siècle, « la seu