Paul Ariès – « Décroissance », le mot qui met les écolos en ébullition

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le 20 août 2010

http://www.rue89.com/planete89/2010/08/20/decroissance-le-mot-qui-met-les-ecolos-en-ebullition-163260  

« Décroissance », le mot qui met les écolos en ébullition

(De Nantes) « Le terme de décroissance a au moins un mérite aujourd’hui, c’est qu’il remplit les salles », se réjouit Paul Ariès, politologue, à la tête du mouvement des « objecteurs de croissance ». Invité à débattre aux Journées d’été Verts-Europe Ecologie, à Nantes, il est vainqueur à égalité à l’applaudimètre avec… Corinne Lepage, l’ancienne ministre de l’Environnement de Jacques Chirac, récemment démissionnaire du MoDem.

C’est son camarade Yves Cochet, « écolo de souche » et vieux théoricien de la fin de la croissance qui l’a invité, au grand dam de Dany Cohn-Bendit, déjà exaspéré lors du premier jour de ces rencontres par l’incantation « anticapitaliste » de Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts. Dany avait boudé et filé à la plage, puis au théâtre.

Dans l’amphi bondé de près d’un millier de sympathisants venus de toutes les familles de l’écologie politique, chacun semble d’accord sur le constat que « la décroissance est une réalité qui s’impose », mais entre l’avocate centriste et l’apôtre de la décroissance, il y a un monde.

Corinne Lepage, en pleine opération séduction, se la joue modeste et s’attend à se faire huer à chaque phrase. Elle fait le plus grand pas possible en direction de la frange rouge d’Europe Ecologie : « J’arrive, au bout de trente-cinq ans de combat écologique, au constat que le développement durable nous propose de continuer avec un modèle qui ne tient pas la route. Je n’aime pas le terme de croissance, je ne l’emploie jamais. Mais il est impossible à court terme d’instaurer la décroissance. »

« Des slogans qui ont une barbe incroyable »

Son discours rejoint largement celui de Daniel Cohn-Bendit. Je le croise errant comme une âme en peine dans les couloirs de la fac de droit, un peu plus tôt dans la matinée. Il refuse lui aussi de se laisser enfermer dans le débat croissance/décroissance : « On a besoin d’une transformation écologique des entreprises, ça ne se fera qu’avec des entrepreneurs. L’anticapitalisme, c’est la recherche de slogans qui ne fonctionnent pas. L’attraction d’Europe Ecologie, c’est d’accepter la complexité. On ne réduit pas cette complexité en sortant des slogans qui ont une barbe incroyable. Si on a envie de ça, on revient à 1,5% des voix. »

La position de l’eurodéputé José Bové n’est pas si éloignée. Sans s’être concerté avec son camarade de Strasbourg, il lance : « Le terme de décroissance a été un très bon slogan coup de poing face à tous ceux qui croyaient au dogme de la croissance, indépassable. Ecrouler ce mythe, c’était important mais la réponse n’est pas dans le slogan. Il faut se demander comment on fait croître la solidarité, la défense de la planète, une économie plus sobre et comment on fait décroître l’impact sur le climat, etc. Il n’y a pas une réponse en noir et blanc, pas un mot qui peut résumer tout. »

A la tribune aux cotés de Corinne Lepage, le député de Paris Yves Cochet réjouit les militants lorsqu’il dénonce « la croissance actuelle au sens d’Aubry et de Fillon qui est antisociale, anti-économique et anti-écologique. » Et de proposer, puisque « la décroissance est notre destin », quatre solutions :

– l’autosuffisance locale et régionale ;

– la décentralisation Lire la suite

Corinne Lepage : « La décroissance n’est pas porteuse d’espoir »

lemonde.fr, Corinne Lepage, députée européenne et présidente de CAP 21, le 20 août 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/08/20/corinne-lepage-la-decroissance-n-est-pas-porteuse-d-espoir_1400812_3232.html

Corinne Lepage : « La décroissance n’est pas porteuse d’espoir »

Pour Corinne Lepage, « nous devons faire du ‘bien-vivre’ un objectif partagé qui repose sur la sécurité humaine« .

Si l’écologie politique décide d’être le porteur de la décroissance et d’un projet défini comme avant tout anticapitaliste et antilibéral, alors elle ratera le coche de l’Histoire qui propose au monde multiple de l’écologie politique d’être le passeur d’une civilisation à à une autre, et ce grâce à un projet de transition.

Les drames climatiques de l’été ont une fois de plus illustré ce que sera le monde du changement climatique avec ses tragédies individuelles et ses risques collectifs. Pour autant, le prochain sommet sur le climat à Cancún s’annonce très mal !

Certes, les menaces économiques font planer les plus grands doutes sur la reprise. La faiblesse de la création d’emplois, la persistance d’un chômage à deux chiffres et touchant, dans le monde entier, les jeunes de plein fouet rendent très pessimiste. Et pourtant, la transformation du système financier apparaît des plus modestes.

Mais le projet d’une décroissance, même qualifiée de prospère (ce qui est un oxymore du même ordre qu’une croissance durable), ne peut aucunement fédérer nos concitoyens et constituer un projet porteur d’espoir. D’ailleurs, les décroissants l’abandonnent progressivement.

Dans un ouvrage, Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable (De Boeck, « Planète en jeu », 248 p., 17euros), Tim Jackson, de la Commission du développement durable du Royaume-Uni, propose d’abandonner le terme et l’idée pour proposer un autre modèle, proche de ce que j’ai appelé l’évolution soutenable.

Plusieurs changements sont nécessaires : il faut avant tout passer d’un modèle économique à deux dimensions (travail et capital) à un modèle macroéconomique à au moins trois dimensions, introduisant le principal facteur de rareté issu de la finitude de notre planète. Il est également indispensable de modifier notre rapport au travail.

Dans le système actuel, le travail est avant tout un coût de production qu’il convient de réduire pour les entreprises, et le moyen d’assurer son existence, qu’il convient donc de conserver coûte que coûte, pour le travailleur.

En prenant la dimension sociale du travail comme un des éléments d’existence dans une société, on ajoute une nouvelle valeur à ce travail. Le travail devient une valeur sociale centrale du modèle macroéconomique qu’il faut à tout prix préserver, développer, voire partager.

Mettre l’emploi au cœur des politiques permet de Lire la suite

L’autre écologie : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives

cip-idf.org, 2010

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5220

L’autre écologie – Le Sabot, outil de liaison locale sur Rennes et ses environs

L’autre écologie

L’omniprésence de la « question » écologique ne fait maintenant plus de doute. D’une part, les données écologiques prennent une place centrale dans un « système-monde » en perpétuelle mutation et d’autre part, l’incapacité des états à établir des accords mondiaux sur les émissions de gaz à effets de serre marque un réel échec pour le capitalisme.

Cette incapacité chronique confirme qu’il n’y a rien à attendre d’une conversion verte du capitalisme, celle-ci signifiant généralement une accentuation des inégalités sociales et un écrasement de toutes expressions populaires, elle confirme également que l’écologie n’est pas l’apanage des nouveaux entrepreneurs de l’économie verte et des apprentis sorciers de la gestion écologique mondiale. Une autre idée de l’écologie persiste, une idée démocratique : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives, mais aussi de ceux qui dans certaines luttes s’emparent de cette question alors qu’ils sont jugés a priori incompétents dans ce domaine.

1. L’écologie au cœur des mutations du capitalisme

L’émergence depuis quarante ans de la question écologique, du dérèglement climatique ou de la destruction des écosystèmes et des espèces vivantes a mis en cause les principes du capitalisme industriel. Sous l’influence d’un renouveau dans la théorie économique, les entreprises et les états sont en train d’opérer une modification de leurs modèles productifs sur la base d’une maîtrise des milieux complexes (1) et de la biosphère. Ce renouveau de la théorie économique et cette tentative de maîtrise signifient que l’économie va désormais intégrer des éléments occultés auparavant : les interactions non-économiques ; et analyser quels bénéfices ou pertes elles provoquent sur les échanges économiques. Ainsi la prise en compte et la maîtrise des ressources naturelles rares, des ressources énergétiques, ou des ressources en eau ou en matériaux nécessaires au processus de production, et qui sont le fruit de processus naturels longs de plusieurs millions d’années, deviennent des tâches primordiales pour l’économie et cela constitue une modification fondamentale du capitalisme, celui-ci reposant jusqu’à il y a peu sur un principe de non-limitation des ressources (2).

Si cette révolution écologique est pour le moment sans grandes conséquences visibles sur la destruction des écosystèmes ou sur le réchauffement climatique, c’est que comme le dirait Yann Moulier Boutang ou comme ne cessent de le répéter les cabinets de management : les entreprises et les états n’ont pas encore pris toute la mesure de la mutation qui leur est demandée. Pour ce faire, les états doivent adopter de nouvelles réglementations qui encouragent les entreprises à intégrer la protection de l’environnement et ainsi leur faire prendre conscience que cette question n’est pas réservée aux secteurs spécialisés mais qu’elle concerne toutes les entreprises et que cela constitue un potentiel de croissance important, les premières entreprises à prendre en compte la protection de l’environnement étant celles qui Lire la suite

Sondage CSA : les associations, des acteurs majeurs face à la crise

cides.chorum.fr, NC, le 5 novembre 2009

Sondage CSA : les associations, des acteurs majeurs face à la crise

 « Les Français, les associations et la crise », tel est le thème du sondage réalisé par l’institut de sondage CSA pour Chorum, le Crédit coopératif et la Maif, et présenté au Forum national des associations et des fondations, le 5 novembre. Les résultats sont probants : les associations sont un acteur majeur pour faire face aux difficultés issues de la crise économique en ayant un rôle social fondamental et de lien social et un rôle important pour le développement économique régional ; elles devraient même relever d’un investissement stratégique dans le cadre de l’emprunt national révèle le sondage.

Dans la première partie du sondage qui porte sur les « associations, acteur social et économique », 68 % des personnes interrogées sur un échantillon national représentatif de 1010 personnes, estiment que « dans la période actuelle, pour agir efficacement face aux difficultés provoquées par la crise », les associations sont les plus efficaces, juste devant les citoyens eux-mêmes (65 %), et bien devant les entreprises (46 %), les syndicats (40 %) et les pouvoirs publics (38 %). Autres volets figurant toujours dans cette même partie : qui sont les acteurs les plus efficaces face à la crise pour le développement économique et social des régions ? Les collectivités locales (63 %) et les associations (63 %) arrivent en tête, l’Etat ne recueillant que 35 % de la confiance des Français ; le sondage approfondit ensuite les points précédents et une nette majorité (76 %) des personnes interrogées estime que les actions des associations en faveur des populations sont plus efficaces et plus adaptées que celles des entreprises, et que celles de l’Etat à 72 % ; dernier éclairage de cette première partie du sondage, il en ressort que dans un contexte de crise, les associations jouent un rôle certain en matière économique, mais elles sont toujours davantage perçues comme un acteur social (81 % dans l’aide aux personnes en difficulté, 79 % dans le maintien du lien social, et 61 % dans le développement des emplois).

La deuxième partie du sondage CSA aborde les « besoins de ressources des associations ». Dans le domaine du financement, une majorité de Français (55 %) considère que les associations n’ont pas les financements nécessaires pour mener à bien leurs missions et seulement 13 % « tout à fait ». Autre question en ce qui concerne l’emprunt national qui sera prochainement destiné à financer des investissements stratégiques, 50 % des personnes interrogées jugent nécessaire que l’on « y intègre le financement direct des associations ». Les deux derniers points du sondage ont trait au financement et à l’engagement des citoyens, 49 % des Français estiment que Lire la suite

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

cdurable.info, Dorothée Briaumont, le 4 octobre 2009.

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

Rapports développement durable : vers une standardisation ? Comme chaque année, le Comité 21 passe au crible les rapports de développement durable de ses entreprises adhérentes afin de mieux valoriser leurs initiatives. Le cru 2008 se distingue de celui de 2007 à la fois sur la forme et sur le fond.

Sur la forme, les rapports sont mieux structurés. Un certain nombre d’enjeux clés, pour la plupart déjà présents dans les rapports 2007 (achats durables, sécurité, mobilisation des équipes, biodiversité, dialogue avec les parties prenantes, etc.), se distinguent plus clairement, rendant les comparaisons plus aisées entre rapports. Cela est évidement lié à la pénétration des standards de reporting comme la GRI 3 [1], qui tendent à les harmoniser.

Par ailleurs, les entreprises font de plus en plus appel à un cabinet d’audit pour faire certifier les informations délivrées dans leur rapport. Cela peut s’interpréter comme la mise au même niveau stratégique des informations financières et extra-financières ou comme une garantie contre l’accusation de greenwashing.

D’une manière générale, le dialogue avec les parties prenantes se renforce et s’affiche. Il peut prendre plusieurs formes : panel de citoyens, consultation, concertation avec des parties prenantes. Le Comité 21 vient de publier une note méthodologique assortie de retours d’expérience. Les entreprises traduisent par ces démarches leur volonté d’écouter leurs attentes, ce qui se traduit par la prise en compte de nouveaux enjeux.

Parmi les domaines mis en avant figure la biodiversité qui s’affirme comme un enjeu de plus en plus stratégique et un terrain propice aux partenariats avec les associations. Par ailleurs, le contexte de crise explique sans doute la mise en oeuvre d’actions BOP [2] visant des populations précaires (accès à l’énergie, à l’eau, par exemple). L’éducation au développement durable se développe à travers des sites internet, des brochures, des conférences. Le thème de la diversité a pris de l’importance avec la création en 2008 par l’Etat d’un Label dédié. Enfin, le marketing durable fait une timide percée dans certains rapports.

Le projet de loi Grenelle 2 prévoit l’extension de l’obligation de fournir des informations en matière de développement durable à toutes les entreprises, sauf les PME, et aux collectivités locales. Anticipant sans doute ces futures dispositions, quelques collectivités publient déjà un rapport développement durable.

De grands témoins viennent compléter ces éléments d’analyse et nous apportent leur vision d’experts : Michèle Pappalardo, Lire la suite

Hervé Kempf et Pascal Canfin: « Le capitalisme vert, ça n’existe pas ! »

ecolosphere.net, Sabrina Kassa et Emmanuelle Cosse, mai 2009

Hervé Kempf et Pascal Canfin: « Le capitalisme vert, ça n’existe pas ! »

Le revirement écologique appelé à « bonifier » le capitalisme est-il possible ? Les journalistes Pascal Canfin et Hervé Kempf restent sceptiques. Entretien.

Qu’est ce que le concept de « capitalisme vert » évoque pour vous ? Que représente-t-il dans la réalité, notamment en termes de poids économique ?

Hervé Kempf. Le « capitalisme vert », c’est la continuation du capitalisme et donc la continuation d’un système qui dans son principe est destructeur de l’environnement et qui, dans sa dernière phase, s’est traduit par une expansion extraordinaire des inégalités. Donc, le capitalisme vert, ce n’est même pas un oxymore, ça n’existe pas. C’est seulement une construction et un habillage idéologique pour faire croire que l’on peut évoluer par rapport à l’environnement sans changer les déterminants fondamentaux de nos régulations sociales, de notre système économique et de la répartition des pouvoirs dans cette société.

Pascal Canfin. La question est complexe car le capitalisme n’est pas quelque chose qui se distingue de la société. La société nourrit le capitalisme comme le capitalisme nourrit la société. Et une des alternatives au capitalisme qui est l’économie sociale et solidaire n’a de sens que si les personnes qui y participent ont des valeurs et des modes de fonctionnement qui ne sont pas ceux du capitalisme. Avec, par exemple, un partage du pouvoir qui ne dépend pas de la détention du capital. Donc ce sont les valeurs que porte la société qui vont permettre le dépassement du capitalisme. L’autre question, c’est celle du productivisme. On a bien vu que l’on pouvait être dans un système non capitaliste, comme l’Union soviétique, mais totalement productiviste, concept qui me semble encore plus difficile à déconstruire que celui du capitalisme. Donc j’ai envie de dire que ça va au-delà du capitalisme. L’aspiration à vouloir contrôler la nature, c’est la modernité, c’est Descartes… dont le capitalisme est la conséquence et non la cause.

H.K. La question essentielle, aujourd’hui, c’est la transformation des systèmes de valeurs. Une chose est sûre, il y aura toujours des entreprises. En revanche, la question du pouvoir dans les entreprises, de l’appropriation des moyens de production, ou plus simplement le contrôle des travailleurs, des consommateurs sur l’entreprise mais aussi des citoyens et des contribuables redevient tout à fait d’actualité. Par exemple, on aura toujours besoin d’entreprises qui gèrent des déchets mais il y a une différence entre Véolia environnement, qui a un capital mis en bourse et est possédé par un petit nombre de gens, et une entreprise de déchets qui assumerait ces mêmes fonctions avec une partie d’actionnariat privé, un d’actionnariat public et avec une vraie participation des travailleurs au conseil d’administration.
P.C. Par rapport aux systèmes de valeurs, je crois qu’il faut comprendre « valeur » au double sens du terme, c’est-à-dire à la fois ce qui fait sens et ce qui rentre dans les comptes. Aujourd’hui, il faut changer les deux. Par exemple, faire payer le CO2 aux entreprises qui en émettent via une taxe carbone est un élément important pour changer nos modes de production et de consommation dans la mesure où, jusqu’à présent, on surconsomme parce que l’on n’intègre pas au juste prix les ressources écologiques utilisées. Il faut par ailleurs faire la distinction entre capitalisme et économie de marché. Lire la suite

Les Français à l’écoute de leur consommation

eco-life.fr, Julie Renauld, le 6 avril 2009

Les Français à l’écoute de leur consommation

90% des Français estiment que la crise est une bonne occasion de revoir nos modes de vie et de consommation. Une bonne nouvelle qui devrait inspirer les entreprises. Chaque année depuis 2004, le cabinet de conseil en développement durable et marketing éthique, Ethicity, se penche sur l’évolution des comportements. L’étude 2009, menée par TNS Media intelligence, en partenariat avec l’Ademe, révèle une vraie volonté de changement.

« Les enjeux prioritaires sont différents d’une année sur l’autre. L’an dernier, le changement climatique était au cœur des préoccupations. Cette année, il a laissé place à la pollution et la pénurie d’eau. Cela traduit une tendance à un certain individualisme. Les personnes interrogées sont intéressées par ce qui les touche directement« , analyse Elizabeth Pastore Reiss, fondatrice d’Ethicity. La fonte des glaces et les inondations de l’autre côté de nos frontières étant encore réduites à des images derrière un écran de télévision.

C’est sans doute pour cette raison que les Chinois se mobilisent autant. Car l’air qu’ils respirent, le nuage toxique stagnant en permanence au-dessus de leurs têtes, créent, très concrètement, ne leur laissent plus le choix que de contrôler et réduire leur consommation énergétique.

Pour les Français interrogés, le développement durable est à l’heure actuelle, associé aux enjeux environnementaux, devant les volets social et économique. Parmi leurs priorités, la protection de l’environnement a gagné 19 points depuis 2004, avec 75,7%, tandis que la nouvelle forme de croissance économique a perdu 22 points, glissant à 38,1%. L’équité sociale et la lutte contre les inégalités, en baisse de près de 13 points, atteint 37,3%.

– 85,5% des Français souhaitent voir afficher l’impact environnemental sur les étiquettes –

L’objectif de cette étude est avant tout d’aider les entreprises à faire évoluer leur offre marketing en fonction des attentes. Or la consommation se révèle être un bon levier d’action. Près de 70% des sondés ont conscience que leur choix de consommation peut entraîner un changement positif sur le plan environnemental, 40% sur le plan social et 51% sur le plan économique.
Ils sont très nombreux (près de 70%) à déclarer avoir changé de comportement pour le développement durable ces douze derniers mois. Mais dans les faits, ils sont moins de 20% à avouer réaliser des achats responsables régulièrement
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« A l’origine de ce faible score, un problème d’offres. Les gens Lire la suite