Le nouveau film de Marie-Monique Robin « Notre poison quotidien  » sera diffusé le 15 mars sur ARTE, à 20 heures 40. Article suivi de la recette à a cerise !

http://www.ecoattitude.org/accueil/node/606

Un message de Marie-Monique Robin, auteur du film « Le monde selon Monsanto »

Madame, Monsieur,

J’ai le plaisir de vous informer que mon film « Notre poison quotidien « sera
diffusé le 15 mars sur ARTE, à 20 heures 40
– (PS et précédemment sur la TV romande le 7 février !! http://robin.blog.arte.tv/2011/01/23/diffusion-de-notre-poison-quotidien-en-belgique-et-suisse/)

 Le même jour mon livre éponyme sera dans les librairies ainsi que le DVD.

Je commence aujourd’hui une série de papiers qui vont expliquer la démarche que j’ai suivie pour réaliser cette longue enquête qui m’a conduite dans six pays européens (France, Italie, Allemagne, Suisse, Grande Bretagne, Danemark), aux Etats Unis, au Canada, au Chili, et en Inde.

Pourquoi cette enquête ?

Alors que je travaillais sur le passé et le présent peu glorieux de Monsanto et que je découvrais comment depuis sa création au début du XXème siècle la firme n’a cessé de cacher la haute toxicité de ses produits, je me suis posé trois questions :

 – Est-ce que le comportement de Monsanto constitue une exception dans l’histoire industrielle ?

 – Comment sont réglementés les 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement depuis la fin de la seconde guerre mondiale

– Y-a-t il un lien entre l’exposition à ces produits chimique et « l’épidémie de maladies chroniques évitables » que l’Organisation mondiale de la santé OMS) a constatée surtout dans les pays dits « développés » ( les termes que j’ai mis entre guillemets sont ceux utilisés par l’OMS) ?
 Consciente que le champ d’investigation était très vaste, j’ai décidé de ne m’intéresser qu’aux seuls produits chimiques qui entrent en contact avec notre chaîne alimentaire du champ du paysan (pesticides) à l’assiette du consommateur (additifs et plastiques alimentaires).

Avant d’entreprendre mon nouveau tour du monde, j’ai réalisé un long travail de recherche* préparatoire qui a consisté à lire de nombreux livres (une centaine, essentiellement anglophones), rapports, études scientifiques et j’ai rencontré des experts (toxicologues, biologistes, représentants des agences de réglementation) , soit directement lors de rendez-vous personnels ou lors de colloques spécialisés. J’ai aussi consulté les *archives d’organisations internationales comme l’OMS ou le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui dépend de la première.

plus d’infos sur http://robin.blog.arte.tv/category/notre-poison-quotidien/

Marie-Monique Robin

 
Et pour … vous mettre en appétit, voici  la « Recette de la tarte aux cerises » de Claude Bourguignon :
 Voici, la liste des produits chimiques utilisés pour la fabrication d’une tarte aux cerises de  supermarché, depuis le champ de blé jusqu’à l’usine agro-alimentaire. Bon appétit ! 

 Histoire de la Pâte

Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d’un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter la verse et 1 dose importante d’engrais: 240 kg d’azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l’hectare, tout de même !

Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl.
Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l’acide ascorbique, de la
farine de fève, du gluten et de l’amylase. Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium.

Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l’hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.

Histoire de la Crème

La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des oeufs, du lait, et même de l’huile.
* Les oeufs proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries avec des granulés contenant des :

– antioxydants (E300 à E311),

– arômes,

– émulsifiants: alginate de calcium,

– conservateurs : acide formique,

– colorants : capsanthéine,

– agents liants: lignosulfate

– et enfin des appétants : glutamate de sodium, pour qu’elles puissent avaler tout ça.

Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens. Les oeufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.

* Le lait provient d’un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :

– antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714)

– antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307), buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324),

– émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol (F496),

– conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique (F280) et ses drivés (F281 à E284),

– composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803),

– agents liants : stéarate de sodium,

– colorants : F131 ou F142

– et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout ça, comme le glutamate de sodium.

* Les huiles, quant à elles, ont été :

– extraites par des solvants comme l’acétone,

– puis raffinées par action de l’acide sulfurique,

– puis lavageà chaud,

– neutralisées à la lessive de soude,

– décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium

– et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc.

– Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.

La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l’acide alginique (E400).

Histoire des Cerises (complété d’après des éléments de « Aromatherapie » Jean Valnet 1990, Maloine)
Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années.
* Les cerises sont :

– décolorées à l’anhydride sulfureux

– et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine.

– Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium

– et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium

(E202).
Elles sont enfin enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui, comme
les blés, ont reçu leur bonne dose d’engrais et de pesticides. Ce sucre est
extrait par :

– défécation à la chaux et à l’anhydride sulfureux,

– puis décoloré au sulfoxylate de sodium,

– puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique.

– Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.

Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est necessaire d’ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthetique du goût et de l’odeur à partir d’éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient extrêmement faibles- par économie d’echelle – en comparaison du parfum naturel de fruit.

L’exemple developpé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien des parfums artificiels de fraise, d’ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet..

etc.

* Le parfum artificel de cerise se compose donc des molécules synthetiques (donc à la stéréochimie inversée) suivantes :

– acétate d’ethyle

– acéthyl méthylcarbinol

– butyrate d’isoamyle

– caproate d’ethyle

– caprylate d’isoamyle

– caprate d’ethyle

– butyrate de terpenyle

– geraniol

– butyrate de geranyl – acetylacetate d’ethyle

– heptanoate d’ethyle

– aldéhyde benzoique

– aldéhyde p-toluique

– vanilline

– essence artificielle d’amande amère SAP

– essence artificielle de girofle Bourbon

– essence artificielle de cannelle Ceylan

– essence de lie de vin

Ce texte, consacré à « la tarte aux cerises de supermarché » a été rédigé par Claude Bourguignon, un ingénieur agronome qui travailla à l’INRA, avant de quitter l’honorable maison pour cause de désaccord. Spécialiste de la microbiologie des sols, c’est lui qui démontra, pour la première fois, que les sols cultivés à grand renfort d’engrais chimiques et de pesticides, étaient biologiquement … morts. Tout ce qui fait la vie, et donc la qualité des terres, à savoir les populations microbiennes et fongiques, est détruit par les produits chimiques, conduisant à une perte des nutriments et à l’érosion des sols. Membre de la Société américaine de microbiologie – en France , il n’ y a plus aucune chaire de microbiologie des sols, y compris à l’INRA! – Claude Bourguignon a créé avec sa femme le Laboratoire d’analyse microbiologique des sols, qui intervient dans de nombreux pays, pour aider les agriculteurs à retrouver la fertilité de leurs sols.

Note PAC des Parcs naturels régionaux de France : Réforme de la Politique agricole commune (PAC) 2014-2020 – L’approche territoriale, vecteur d’un développement agricole durable

http://www.cdurable.info/L-approche-territoriale-vecteur-d-un-developpement-agricole-durable,3230.html

Note PAC des Parcs naturels régionaux de France : Réforme de la Politique agricole commune (PAC) 2014-2020 – L’approche territoriale, vecteur d’un développement agricole durable

Cdurable.info, Cyrille Souche, le 3 février 2011

Européen à l’agriculture des propositions relatives à la réforme de la Politique agricole commune dans un document intitulé : « L’approche territoriale, vecteur d’un développement agricole durable ». Dans ce document, la Fédération, qui rassemble un réseau de 46 Parcs naturels en France, part d’un constat qu’elle connaît bien : la diversité de l’agriculture et de ses enjeux sur des territoires marqués par la diminution du nombre d’agriculteurs ; ses nouvelles chartes de Parcs répondant déjà aux grands objectifs de la réforme dans des domaines aussi essentiels que la sécurité alimentaire, la protection des ressources naturelles, la lutte contre le changement climatique, le développement rural et l’emploi. Elle propose donc d’accompagner une agriculture fondée sur la diversité des territoires et des ressources naturelles.

1. Introduction : la réforme de la dernière chance pour une agriculture durable ?

2. L’approche territoriale, gage d’une agriculture plus durable

3. Les Parcs naturels régionaux : une approche territoriale de l’agriculture qui va dans le sens des défis de la réforme de la PAC

4. Un Ier pilier à rapprocher de la dimension territoriale et à rééquilibrer en faveur du second pilier

5. Un second pilier outil d’une approche territoriale combinant les enjeux environnementaux, climatiques et de compétitivité

6. Les 3 options proposées par la Commission ; proposition d’une quatrième voie

7. Conclusion : un retour au bon sens agronomique, enrichi par l’innovation agro-écologique et une approche territoriale

L’agriculture doit en effet être soutenue pour répondre à une demande croissante de qualité des productions et pour développer les pratiques respectueuses de l’environnement. Il en va de même pour la protection et la valorisation des paysages qui vont bien au-delà d’un intérêt touristique évident.

Même si elle évolue dans le bon sens, la Politique agricole commune n’a pas toujours favorisé ces approches. En concentrant les aides sur certaines productions intensives, la PAC a entraîné la spécialisation des productions qui ont eu un impact désastreux sur l’environnement. Pour réussir le tournant environnemental de l’agriculture européenne, la PAC doit s’appuyer sur les ressources des territoires et les projets collectifs qui s’y développent en respectant les spécificités locales, comme le font depuis toujours les Parcs naturels régionaux.

La PAC doit être incitative sur le volet environnemental du premier pilier pour enclencher une évolution vers des pratiques durables qui Lire la suite

La « démocratie écologique » de Dominique Bourg n’est pas la solution

alternatives-ecologique.fr, Jean Gadrey, le 18 janvier 2011

La « démocratie écologique » de Dominique Bourg n’est pas la solution

http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/01/18/la-%C2%AB-democratie-ecologique-%C2%BB-de-dominique-bourg-n%E2%80%99est-pas-la-solution/

Un débat existe sur la démocratie écologique (et plus généralement sur la démocratie scientifique). Il serait dommage de le caricaturer, comme c’est le cas avec certaines critiques des thèses de Dominique Bourg. Deux livres récents et importants peuvent l’éclairer. D’une part celui d’Hervé Kempf, « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie » (Seuil). D’autre part celui de Jacques Testart, Agnès Sinaï et Catherine Bourgain, « Labo planète, ou comment 2030 se prépare sans les citoyens » (Mille et une nuits).

Les idées de Dominique Bourg sont explicitées dans un article qu’il a publié avec Kerry Whiteside dans « La vie des idées » le 1° septembre 2009. Il est accessible via ce lien. Ceux qui y voient une « dictature écologique » (voir ce lien) exagèrent beaucoup. D. Bourg ne propose nullement d’abolir le système actuel mais de l’enrichir, il met en avant le rôle de la société civile et des ONG, le rôle de la démocratie « participative et délibérative » venant compléter la démocratie dite représentative.

J’ai toutefois un sérieux problème avec une partie de ces thèses où est affirmée une sorte d’impuissance des citoyens à prendre en charge les grands enjeux écologiques à long terme, enjeux qui ne pourraient être défendus que par l’alliance de scientifiques et d’ONG environnementales.

Cela conduit D. Bourg à préconiser de nouveaux arrangements institutionnels pour surmonter ce qu’il désigne comme une incapacité du système de la « démocratie » actuelle « à répondre au défi environnemental ». Avec la création 1) d’une « académie du futur » composée de « chercheurs internationalement reconnus » ayant pour mission de veiller à l’état de la planète, et 2) d’un nouveau Sénat. Ce dernier, « formé pour deux tiers au moins de personnalités qualifiées – proposées, par exemple, par les organisations non gouvernementales environnementales – et pour un tiers de citoyens, aurait pour rôle d’élaborer, en amont de l’Assemblée nationale, les grands mécanismes législatifs, par exemple fiscaux, permettant de répondre aux nouveaux objectifs constitutionnels. Ce Sénat pourrait, avec l’aval de conférences de citoyens, opposer son veto aux propositions de loi contraires à ces objectifs. » (Le Monde du 31 octobre 2010).

Je retiens évidemment de l’analyse de D. Bourg le fait que, dans le système de la démocratie et de l’information TEL QU’IL FONCTIONNE – très mal, comme le démontre Hervé Kempf – nombre de risques vitaux pour l’humanité, dont le réchauffement climatique, ne sont pas « ressentis » avec la même acuité et la même urgence que, par exemple, le chômage ou la pauvreté. Je constate aussi que les principales alertes écologiques proviennent de l’alliance de scientifiques (par exemple le GIEC) et d’ONG écolos.

Mais on pourrait faire le même constat de mise à l’écart des citoyens pour d’autres enjeux non écologiques au départ mais essentiels, y compris à long terme : les retraites, la construction européenne, la reprise en main de la finance, les dettes publiques, la création monétaire et les investissements du futur, etc.

L’information déversée sur les citoyens par l’alliance terrible des grands médias, de l’argent et de la publicité bloque la démocratie et conforte l’oligarchie. Elle a pour but Lire la suite

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Cdurable.info, David Naulin, vendredi 28 janvier 2011

http://www.cdurable.info/Rapport-25-propositions-pour-une-consommation-durable-Centre-Analyse-Strategique,3223.html

Les études réalisées par le Crédoc montrent que nous sommes de plus en plus nombreux à avoir conscience de la nécessité de protéger notre planète et de s’engager vers le développement durable, mais, que seule une minorité d’entre nous agit en ce sens. Le paradoxe est encore plus important dans la consommation. Les « consomm’acteurs », qui privilégient au moins occasionnellement les produits issus du commerce équitable, de l’agriculture biologique ou de circuits de production régionaux, ne représenteraient environ que 20 % de la population. Face à ces constats, le gouvernement a souhaité que le Centre d’analyse stratégique (CAS) établisse le bilan des pratiques actuelles de « consommation durable », explicite les leviers d’action dont dispose la puissance publique pour modifier les pratiques en faveur d’une consommation plus durable et propose des recommandations en ce sens. Commandé par le Gouvernement, ce rapport du groupe de travail présidé par Elisabeth Laville, présente 25 recommandations pour diffuser pleinement les réflexes de consommation durable au sein de la société française.

Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

Encourager les initiatives pionnières de terrain dans une logique « ascendante »

Soutenir l’innovation au service de la consommation durable

Mettre en place les outils économiques nécessaires

Encourager l’État et les collectivités territoriales à adopter des politiques de consommation et de commande publique durables

Assurer un suivi pérenne de la politique nationale de consommation durable

Télécharger le rapport

Synthèse du rapport

Avant toute politique de consommation durable, il s’agit de déterminer dans quelle mesure une alternative au modèle de la « consommation-accumulation » est possible. Il ne s’agit aucunement de prôner l’émergence d’une société de la décroissance, qui ne serait compatible ni avec la prospérité de l’économie française ni avec la soutenabilité de notre endettement. Si une évolution vers une société durable doit être amorcée le plus tôt possible, elle ne doit pas être imposée brutalement. Elle devra être suffisamment attractive pour motiver les changements de comportements et se construire en collaboration avec les parties prenantes, comme le souligne le récent livre de Dominique Bourg et Kerry Whiteside, qui propose de « repenser la démocratie » pour répondre au défi écologique [1]. Une politique de consommation durable ne peut de fait se concevoir que dans la mesure où elle s’intègre dans la vision partagée d’une société qui relativise l’importance de la consommation dans nos vies, nos relations sociales, notre culture.

Nous devons faire décroître dès aujourd’hui notre impact environnemental, nos émissions de gaz à effet de serre et les prélèvements de ressources naturelles de manière sélective, dans certains secteurs. Dans le même temps, il est urgent d’explorer les opportunités de croissance liées à la consommation de produits et services durables, innovants (économie de fonctionnalité, écoconception, circuits courts…). Les fondements d’une politique spécifique de consommation durable pourraient donc être posés sous forme d’objectifs simples visant à réduire l’impact des modes de consommation français, en concertation avec les parties prenantes. Cette stratégie devra ensuite être déclinée dans des secteurs prioritaires compte tenu de leur impact (essentiellement l’alimentation, le logement dont l’électronique, le transport dont le tourisme).

L’implication de l’ensemble des acteurs, notamment des ménages dont la contrainte de revenu est la plus forte, est un aspect central et devra conduire à adopter des approches différenciées pour qu’ils ne restent pas à l’écart de cette politique.

Plusieurs facteurs devront être pris en compte pour assurer son efficacité :

  • reconnaître la consommation durable comme un sujet à part entière ;
  • considérer l’ensemble du cycle de vie des produits et services ;
  • instituer une gouvernance mêlant l’approche descendante traditionnelle (réglementation, contrôle, information, incitation, etc.) à une approche plus ascendante, volontaire, participative, à l’écoute des initiatives innovantes, en soutien des groupes sociaux pionniers et déjà convaincus, qui peuvent avoir un effet d’entraînement ;
  • faire évoluer notre modèle de consommation en s’appuyant sur des relais culturels ;
  • adapter la stratégie aux évolutions sociales et technologiques ;
  • viser la réorientation des comportements des producteurs et des consommateurs à long terme.
  • Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

L’éducation à la consommation devrait amener chaque citoyen, à tout âge, à intégrer le développement durable dans ses réflexes et habitudes de consommation. L’une des difficultés consistera à Lire la suite

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

vertigo.revues.org, volume 10, numéro 2, Emmanuel Pezrès, septembre 2010

http://vertigo.revues.org/9941

Volume 10 numéro 2 | septembre 2010

Dossier : L’agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le développement des villes et des communautés

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

La permaculture est souvent considérée comme un procédé « alternatif » de production alimentaire écologique en ville ou à la campagne. Cependant, et bien que la définition et les principes de la permaculture soient en constante évolution, il apparaît que la permaculture n’est pas simplement une autre façon de jardiner, mais une autre façon de concevoir le monde. Considérant la place de la permaculture dans le processus de l’agriculture urbaine, nous remarquons que la conception permaculturelle est, bien entendu, différent de l’agriculture conventionnelle, mais nous observons également que le projet permaculturel est fondamentalement différente de l’urbanisme. De là, face à la crise écologique mondiale croissante, nous interrogeons la permaculture comme une possibilité de re-conception de la structure urbaine existante. Enfin, nous nous questionnons sur les bases épistémologiques de la permaculture en vue de susciter un changement philosophique et matériel global.

Plan

La permaculture : une définition en mouvement.

Permaculture versus urbanisme.

La permaculture et la culture de la ville.

Le travail permaculturel de l’urbain

Cultiver un paradigme alternatif.

1. Stimulée par une recherche contemporaine de relations environnementales et collectives plus harmonieuses, l’ambition d’une agriculture intégrée à des cycles écologiques durables rencontre un souhait citoyen de réinvestir la ville. Les expériences présentes de permaculture et leurs développements dans le mouvement des villes en transition tendent vers ces objectifs. Cet article, prolongeant les potentialités d’aménagement de l’agriculture urbaine au travers de la permaculture se propose de décrire les possibilités de mise en œuvre de production de « cultures alternatives » dans leurs sens le plus large. Pour cela, nous essayerons d’abord de définir la permaculture à partir d’elle-même. Puis, nous chercherons sa spécificité dans ses contrastes avec les disciplines qui travaillent l’agriculture urbaine : l’agriculture et l’urbanisme. Ensuite, nous envisagerons la permaculture, non plus comme seule méthode d’agriculture dans la ville, mais comme une méthode de conception de l’urbain. Enfin, la dernière partie exposera la possibilité de création d’une autre façon de vivre la ville et la mise en place d’une nouvelle urbanité qui pourrait être aussi un nouveau paradigme civilisationnel.

La permaculture : une définition en mouvement.

2. Afin d’éviter que la permaculture ne soit réduite à une simple modalité de l’agriculture urbaine, il nous faut d’abord essayer de définir ce qu’elle est et quel est son objet. Toutefois, fixer le concept de permaculture n’est pas forcément possible car sa définition est mouvante, elle varie selon les auteurs et évolue avec le temps. Du mot, on peut dire qu’il a été formé dans les années soixante-dix, par Mollison et Holmgren à partir de deux termes anglais : « permanent » et « agriculture ». Les créateurs du concept définissent en premier lieu la permaculture comme « (…) un système évolutif intégré, d’auto-perpétuation d’espèces végétales et animales utiles à l’homme. C’est, dans son essence, un écosystème agricole complet, façonné sur des exemples existants, mais plus simples » (1986 :15). Cependant au lieu de rester classiquement dans le domaine agricole comme pourrait le faire l’agriculture biologique, le premier et unique livre en commun des deux co-inventeurs du terme permaculture, lui donne tout de suite un champ d’action plus large : « Nous n’avons pas voulu établir un schéma fixe et dogmatique mais un modèle qui intègre plusieurs principes appartenant à de nombreuses disciplines l’écologie, la conservation de l’énergie, l’aménagement du paysage, la rénovation urbaine, l’architecture, l’agriculture (sous tous ses aspects) et les théories de localisation en géographie. » (1986 :16). De même, bien que l’élaboration du concept de permaculture et son étude, soit d’abord destinés à une population ayant Lire la suite

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

terrecooperative.ouvaton.org, Alain Marcom, le 13 avril 2008

http://terrecooperative.ouvaton.org/spip.php?article24

Ce texte fait partie du « Petit Précis d’Agroécologie » Nourriture, Autonomie, Paysannerie, sous la direction de Silvia Perez-Vitoria et Eduardo Sevilla Guzman, édité par La Ligne d’Horizon, 7 villa Bourgeois 92240 Malakoff et qu’on peut le commander pour la somme redoutable de 6 € + frais de port

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

Jusqu’en 1750, origine de la mécanisation, les maisons de la grande majorité de la population mondiale étaient forcément des maisons à faible impact environnemental. Elles étaient issues de matériaux de proximité, montés avec un savoir faire local et dans le cadre d’une économie faiblement marchande. Le travail de mise en oeuvre était basé sur la consommation d’une énergie métabolique humaine ou animale. On était parfois aidé par les cours d’eau ou le vent à fin de transport ou d’aide mécanique au sciage des arbres ou de taille des pierres, pour la très ténue minorité des puissants économiques, politiques ou religieux.

Mais pour l’immense majorité de l’humanité, c’était le contexte général de l’architecture de cueillette. Ce qui ne servait pas, voire ce qui gênait dans l’agriculture, était utilisé en construction. On gérait plus qu’on ne cultivait des matériaux comme le bois ou les roseaux. On construisait avec les pierres qui affleuraient à la surface du champ et avec la terre des coins les moins fertiles. L’impact environnemental principal était du à la cuisson de la terre pour les briques ou les tuiles, et à la cuisson de la chaux, dans les régions où ces cuissons étaient pratiquées. Mais ces derniers matériaux étaient utilisés avec une grande parcimonie, surtout que la population mondiale était bien inférieure à la population actuelle, puisqu’elle n’atteint son premier millard d’habitants qu’au début du 19 ème siécle….

Seuls les monuments, bâtiments des puissants, s’exonéraient de cette pratique par l’importation de matières venues de loin, quand les matériaux locaux n’étaient pas assez prestigieux et coûteux pour éblouir les passants. En effet les matières pour construire étaient, et restent encore aujourd’hui lourdes et leur transport avant le règne des camions, des autoroutes et du pétrole, avait un coût considérable. A partir de 1850, la machine thermique a peu à peu permis de transformer la matière, de la transporter plus facilement sur de plus grandes distances. Le train, l’acier, le bateau à vapeur, le ciment, les engins de carrière ont transformé les matériaux et les savoir faire dans les pays en voie d’industrialisation tout au long du 19 ème siècle.

La croissance des villes dans le « premier monde » a participé à la naissance d’un marché du travail dans le bâtiment. Un secteur important de l’économie est né à partir de la révolution industrielle. Alors que le ciment est inventé au début du 19 ème, c’est vers le milieu de ce siècle qu’est déposé le premier brevet du béton armé, et c’est dans la dernière décennie du 19 ème qu’on voit apparaître des chantiers de construction d’immeubles en béton armé en Belgique, chantiers effectués par des entreprises allemandes. A ce moment, nous sommes au début de l’« art nouveau », et ce sont les capacités plastiques du béton qui sont recherchées.

L’industrialisation du bâtiment en France

La reconstruction après la première guerre mondiale a vu la première tentative de bétonnisation dans le Nord Est de la France. Cette tentative parfaitement réussie du point de vue économique, fera du chemin, bien que la ligne Maginot ait peu convaincu. L’occupation allemande, avec le chantier du mur de l’Atlantique a confirmé le formidable potentiel du béton et la facilité de façonnage, aussi appelée formation, de la main d’oeuvre. C’est fort de ces réussites économiques et mécaniques resplendissantes que le gouvernement provisoire de 1944 va se lancer dans une stratégie d’industrialisation à outrance sous prétexte de « reconstruction ». Les écoles d’ingénieurs formatés à ce projet, et les recherches pour la modélisation de ce matériau emblématique de la modernité, vont fleurir un peu partout en France.

Les tâches de la chaîne de production du bâti vont être finement découpées et séparées, atomisées, taylorisées. C’est à l’aune de la flèche de la grue que vont se concevoir les cités de banlieue. De véritables usines de béton armé vont se monter à une extrémité du chemin de grue. Celle-ci distribuera les coffrages-tunnels ou les éléments préfabriqués au bout de sa flèche de chaque côté du rail, donnant naissance à deux barres parallèles. Sur ce process industriel de conception et de réalisation, un peu partout des cités des mille, deux mille, jusqu’à quatre mille logements vont être construites. La puissance publique ne va pas ménager ses commandes, en cités-dortoirs de banlieue, hôpitaux, écoles, bâtiment administratifs, barrages, ponts, etc… Le béton über alles établira de la sorte sa domination actuellement encore sans partage. Un hasard bien planifié fait donc que nous avons aujourd’hui en France les deux plus puissants groupes de bâtiment mondiaux, et le premier producteur mondial de ciment.

De l’autre côté du Rhin, la tradition fédéraliste a engagé l’Allemagne dans une autre stratégie. Le montant des destructions était bien supérieur là-bas qu’ici. Mais là bas on a investi les fonds du plan Marshall dans le redressement du capital industriel lourd. Les régions, avec de très faibles moyens, ont eu en charge la « reconstruction ». Ainsi, on a pu voir des techniques traditionnelles régionales normalisées, et des ouvrages pédagogiques de vulgarisation de techniques constructives simples à base de matériaux peu transformés et de proximité diffusés, favorisant l’autoconstruction, l’apprentissage et la reconstruction d’un tissu économique constitué essentiellement de petites entreprises. L’organisation politique a produit une forme de retour à l’architecture de cueillette. Les savoir faire locaux, Lire la suite

A 46 ans, Jean-François Noubel, spécialiste des monnaies libres, a décidé d’abandonner les euros

tempsreel.nouvelobs.com, Malika Elkord, le 18 septembre 2010

[ILS FONT AUTREMENT] 2. Vivre sans l’euro

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20100918.OBS0021/ils-font-autrement-2-vivre-sans-l-euro.html

A 46 ans, Jean-François Noubel, spécialiste des monnaies libres, a décidé d’abandonner les euros.

Peut-on vivre en France avec autre chose que l’euro ? C’est le pari de Jean-François Noubel qui mène des recherches en intelligence collective et étudie les monnaies libres, c’est à dire « décentralisées, citoyennes, plurielles« . Il y a un an, il a décidé d’abandonner les euros et d’explorer d’autres systèmes monétaires.

Son constat : « Partout où l’on regarde, les problèmes de guerre, de corruption, de santé publique, d’esclavage, d’environnement, etc., ont tous un dénominateur commun : l’argent. Et l’argent est une forme de monnaie prédominante et rare. Rare car la majeure partie des gens en manque et est obligée d’entrer dans des chasses à la monnaie très dures qui incitent à des attitudes prédatrices, compétitives… M’intéresser à des monnaies qui n’attisent pas ces comportements prédateurs fait partie de mes recherches en intelligence collective ».

Plus de 5000 monnaies « dites complémentaires » à travers le monde.

Quelles sont donc ces monnaies ? On entend de plus en plus parler aujourd’hui de monnaies dites « complémentaires ». On les appelle ainsi car elles complètent le système officiel ou pallient ses défaillances: chômage, crise, spéculation, économie locale en panne… Elles se créent, en marge des monnaies officielles, à l’échelle d’une ville, d’un quartier, d’une association, d’une communauté ou même d’un Etat. Ces monnaies, qui ne sont pas illégales, prennent la forme de billets, de cartes à puce ou de lignes de crédit ou débit.

La plus ancienne, le WIR, est née en Suisse, en 1934, au cœur de la crise économique, à l’initiative d’une quinzaine d’entreprises qui voulaient pouvoir s’échanger leur produit alors même que faute d’argent le commerce était au point mort. Le principe est simple : les uns, ceux qui achètent, comptabilisent des débits envers les autres, ceux qui vendent. À l’inverse, ces derniers bénéficient de crédits envers les premiers. Ce système monétaire, est aujourd’hui utilisé par plus de 70.000 PME suisses.`

Aux Etats Unis, le Timebanking a été créé dans des quartiers défavorisés, où la population n’a pas d’argent mais du temps et s’appuie sur Lire la suite

Industrie chimique et cancers, le cercle infernal

rue89.com, Christelle Destombes, le 21 décembre 2010 

http://www.rue89.com/planete89/2010/12/21/industrie-chimique-et-cancers-le-cercle-infernal-181646

Industrie chimique et cancers, le cercle infernal

Dow Chemical, BASF, Bayer, Monsanto, Dupont … Ces géants de l’industrie chimique, à l’origine de nombreux cancers, fabriquent aussi les traitements pour ces mêmes maladies. Le documentaire « The Idiot Cycle » décortique ces liens. Rencontre avec la réalisatrice franco-hispano-canadienne Emmanuelle Schick-Garcia.

Le pire est à venir, craint la réalisatrice, alors que ces compagnies partent désormais à l’assaut des biotechnologies, nous rejouant le mythe du progrès déjà vendu avec le plastique… (Voir la bande-annonce)

Projeté dans de nombreux festivals, ce film autoproduit -et le site dédiépropose des actions en vue de limiter l’exposition aux produits cancérigènes. Rencontre avec une femme qui sait que chacun d’entre nous peut refuser de prendre part à ce cercle absurde.

Christelle Destombes : Qu’est-ce qui a déclenché ce travail ?

Emmanuelle Schick-Garcia : C’est le cancer de ma mère. Elle avait 49 ans, ne buvait pas, ne fumait pas, faisait du sport… A l’époque, j’étais à l’école de cinéma et ma sœur en médecine, elle est devenue docteure et j’ai fait ce film.

La moitié de mes amis ont perdu leurs parents d’un cancer et j’avais aussi dans mon entourage des amis atteints très jeunes : l’un est mort d’un cancer de la langue à 22 ans, l’autre d’un cancer à l’estomac… C’est ce qui a déclenché le film.

Pendant combien de temps avez-vous fait des recherches ?

Près de dix ans. Il y a sept ans, j’ai commencé à lire des études scientifiques, à vérifier qui les faisait et avec quel argent, qui finançait les associations et les universités… Les trois dernières années, j’ai vraiment plongé dans la préparation du film.

Au départ, je me suis préoccupée des causes du cancer, je n’ai pas commencé l’enquête en me disant : « Les gens qui produisent des cancérigènes sont les mêmes que ceux qui font les traitements, et c’est la raison pour laquelle on ne nous parle pas des causes du cancer. »

On dit toujours qu’il y a d’énormes doutes sur les causes des cancers, alors que 15% seulement sont héréditaires. Et il y a une grande confusion chez les gens : « mutation génétique » ne signifie pas « héréditaire », elle peut être induite par le fait de respirer du benzène et transmise à un enfant sans que ce soit héréditaire. Idem pour les dioxines, qui passent la barrière du fœtus. Mais les docteurs sont là pour traiter la maladie, ils n’abordent pas les causes du cancer.

Vous pensez qu’il n’y a pas assez de recherches scientifiques ?

En 1998, on répertoriait 18 millions de produits chimiques, pas forcément commercialisés. Aujourd’hui, il y en a 50 millions dont 100 000 utilisés quotidiennement. Ne pas faire de tests sur ces produits carcinogènes n’a aucun sens. Faire de vraies études sur ces produits prend trois ans et coûte 2 millions de dollars…

Ce n’est rien comparé au coût payé par la société pour nettoyer, dépolluer et traiter les gens qui ont des cancers ! Mais ce n’est pas intéressant pour les hommes d’affaires.

En France, la compagnie qui a produit l’amiante est aussi celle qui dépollue : ils sont gagnants économiquement et, de plus, ils ressemblent à des héros parce qu’ils trouvent une solution à un problème qu’ils ont posé… Pour le film, on a rencontré la fondation Ramazzini, le seul laboratoire au monde à faire des tests extrêmement pointus.

Ils attendent la fin de vie du rat, contrairement à d’autres qui tuent les rats à l’âge de 3 ans. Ils regardent tous les organes, pas seulement le foie ou le cerveau. Et ils sont indépendants, financés par les citoyens. Les compagnies sont poussées par la compétition, elles veulent être les premières sur les marchés, les premières à breveter… D’où leur peu d’intérêt pour les études. Les gouvernements devraient imposer des tests de trois ans.

Vous dénoncez également le lobbying exercé par les industriels dans votre film…

En 1971, le ministère de la Justice américain a dit aux industriels Lire la suite

Les assiettes de nos enfants sont truffées de produits chimiques

http://www.leparisien.fr/environnement/les-assiettes-de-nos-enfants-sont-truffees-de-produits-chimiques-01-12-2010-1173231.php

leparisien.fr, Frédéric Mouchon, le 1er décembre 2010

Les assiettes de nos enfants sont truffées de produits chimiques

On savait déjà que la majorité de nos fruits et légumes étaient gorgés de résidus de pesticides. Mais l’étude dévoilée ce matin par un collectif d’associations écologistes, fait froid dans le dos. En faisant analyser quatre repas types consommés par un enfant d’une dizaine d’années en une seule journée, l’association Générations Futures a découvert pas moins de 81 substances chimiques différentes.

 «Nos analyses montrent qu’en 24 heures, un enfant est susceptible d’être exposé, uniquement par son alimentation, à des dizaines de molécules soupçonnées d’être cancérigènes ou d’être des perturbateurs endocriniens», détaille François Veillerette, le porte-parole de l’association Générations futures.

Les mesures, effectuées par plusieurs laboratoires spécialisés dans les analyses alimentaires, ont notamment montré la présence de PCB, de pesticides, de dioxine, de métaux lourds, etc. Pour mener leur enquête, les militants associatifs ont acheté dans différents supermarchés de l’Oise et de Paris, entre le mois de juillet et le mois de septembre, des aliments non bio.

Ils ont ensuite composé quatre repas et un encas en prenant bien soin de respecter les recommandations du ministère de la Santé : à savoir la présence de cinq fruits et légumes, de trois produits laitiers et d’1,5 litres d’eau. Pour le seul petit déjeuner, qui comprenait un thé au lait, du pain de mie, du beurre, de la confiture et un jus de fruit, les analyses ont montré la présence de 28 résidus de produits chimiques, dont 21 considérés comme des cancérigènes possibles, trois comme des cancérigènes certains et dix-neuf comme des perturbateurs endocriniens.

Pas moins de quinze traces de polluants ont été trouvées dans le beurre doux et sept dans le lait entier vendu en brique. Quant au thon contenu dans la salade composée du déjeuner, des traces d’arsenic, de cadmium, de mercure et de PCB ont été découvertes. Enfin, l’analyse effectuée sur le chewing-gum pour enfant montrait des traces de dioxyde de titane.

 «Même si, dans la quasi totalité des cas, les limites légales pour chaque substance chimique prise individuellement ne sont pas dépassées, ces résultats montrent que les consommateurs ingèrent quotidiennement un impressionnant cocktail de molécules chimiques, constate François Veillerette. Il est urgent que Lire la suite

La nouvelle donne du ministère de l’écologie

novethic.fr, Véronique Smée, le 15 octobre 2010

http://www.novethic.fr/novethic/planete/institution/etats/la_nouvelle_donne_ministere_ecologie/131839.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

La nouvelle donne du ministère de l’écologie

Nathalie Kosciusko-Morizet est nommée ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement dans le nouveau gouvernement annoncé dimanche 14 novembre. Elle devient numéro quatre du gouvernement mais n’est pas ministre d’État, contrairement à Jean-Louis Borloo, qui quitte le gouvernement.

François Fillon a nommé Nathalie Kosciusko-Morizet ministre de l’Écologie. Elle était auparavant secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique. Agée de 37 ans, elle a occupé la fonction de secrétaire d’Etat à l’écologie de juin 2007 à janvier 2009, date du dernier remaniement. Beaucoup avaient évoqué à l’époque sa nomination à l’économie numérique comme une « punition » , après ses prises de position et ses critiques contre les lobbies lors du vote de la loi sur les OGM, dont elle s’était finalement excusée sous la pression du Premier ministre, François Fillon.

Député de l’Essonne avant son entrée au gouvernement, elle a également été rapporteur de la Charte de l’environnement à l’Assemblée nationale et a participé au processus du Grenelle de l’environnement.

Si NKM conserve deux secrétaires d’Etat qui lui sont rattachés -Benoist Apparu, qui demeure secrétaire d’État au Logement, mais plus à l’Urbanisme; et Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse qui devient secrétaire d’Etat aux Transports à la suite de Dominique Bussereau-, elle perd en revanche Valérie Létard, en charge des technologies vertes auprès du ministère, qui quitte le gouvernement. Enfin, l’ex-secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno est nommée secrétaire d’Etat aux sports.

Un portefeuille plus restreint

Lors du précédent remaniement, le portefeuille de Jean-Louis Borloo (numéro 2 du gouvernement) avait été élargi à la Mer, aux technologies vertes et aux négociations climatiques. Quatre pôles opérationnels avaient été définis : transports, aménagement du territoire, politiques énergétiques, ressources naturelles et biodiversité. Ce n’est plus le cas dans les nouvelles attributions du Ministère : l’énergie est confiée à Eric Besson, nommé ministre de l’Industrie, de l’énergie, de l’économie numérique. L’aménagement du territoire intègre le portefeuille de Bruno Le Maire, désormais ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire.

Critiques des écologistes

S’ils saluent la compétence de NKM et son courage politique, le fait que l’énergie soit retirée du nouveau ministère fait l’objet de vives critiques de la part des écologistes. « Pour l’avenir des énergies renouvelables, c’est catastrophique », a déclaré Arnaud Gossement (Droit et Environnement). « Il y a des forces hostiles à nos propositions, le monde de l’industrie fossile et nucléaire. Ils ont gagné ce soir », a également déclaré à l’AFP le directeur-général du WWF Serge Orru. Le parti de Corinne Lepage CAP 21 a indiqué dans un communiqué que Lire la suite

Chartier et Deléage – Ecologies politiques : crise, blocages et raisons d’agir

Écologie & Politique, n° 40, juin, 2010, Denis Chartier et Jean-Paul Deléage

http://www.ecologie-et-politique.info/?Introduction,577

Mise à jour des écologies politiques pour une politique de l’anthropocène

Crise, blocages et raisons d’agir

La crise est là, systémique. On la croit parfois seulement financière, économique, sociale ou écologique, mais elle est totale et globale. L’Université, le monde de l’éducation et de la santé, les hôpitaux sont touchés. Les mondes agricoles, les villes, nos lieux d’habitation le sont aussi. Les causes de cette crise ? Un modèle économique et social en faillite et des bouleversements majeurs de notre condition d’être humain, d’être au monde. En doublant au cours du siècle dernier, notre espérance de vie a changé notre rapport au corps et à la nature. Sous l’impulsion d’une croissance démographique accélérée et en déployant une puissance des techniques sans précédent historique, l’humanité s’est donné les outils pour muter en phénomène géobiologi­que. Est-il vraiment nécessaire de poursuivre ? Faut-il en rajouter tant les bouleversements qui nous touchent ont été abondamment décrits, analysés, voire théoriquement résolus ? Faut-il continuer à répéter ce que tout le monde sait désormais alors que rien ne bouge, le cap politique restant le même, droit sur les récifs ?

Ni les conférences internationales, ni les manifestations altermon­dialistes, ni les sempiternels discours du « sommet de la dernière chance pour la Terre et l’humanité » ne réussissent à modifier le cap. Pour­quoi ? Que peut-on y faire ? Existe-t-il un moyen d’adapter nos institutions, nos modèles politiques et économiques aux mutations en cours ? Peut-on inventer et construire une nouvelle vie politique, économique ou sociale ? Peut-on inventer de nouvelles relations au monde vivant et entre nous, un après-capitalisme ? Finalement, peut-on trancher le nœud gordien ? Peut-on sortir de cet état d’immobilisme, d’incapacité à prendre la mesure et les mesures, collectivement et individuellement, pour faire face aux dangers présents ?

C’est à ces questions que ce dossier s’efforce de répondre. Les penseurs de l’écologie politique ayant été parmi les premiers à dénoncer, comprendre et chercher des alternatives à la crise écologique et systé­mique qui touche le monde, nous avons la conviction que de cette pensée hétérogène et diverse émergent les solutions, trop souvent moquées. C’est pourquoi ce numéro initie une série consacrée à un panorama contemporain des différents domaines de ce qu’on peut appeler les écologies politiques, en portant une attention particulière aux spécificités locales, nationales, régionales ou continentales. Notre projet consiste à contribuer au rapprochement et au dialogue de ces différentes écologies politiques dans le but de déchiffrer, à travers ces échanges, les lignes de force et les perspectives futures d’une véritable politique de l’anthropo­cène. Ce projet éditorial qui se déroulera sur deux ans s’ouvre, avec ce numéro, par des contributions françaises.

Écologies politiques et communautés linguistiques

Nous pouvons nous interroger sur la pertinence d’un regroupement des auteurs par continent, par origine culturelle ou communauté linguistique. Pourquoi s’intéresser par exemple et spécifiquement aux contributions d’origine française ? Pas par chauvinisme, mais parce qu’il existe bel et bien une altérité des écologies politiques made in France, comme il peut en exister pour celles provenant du monde anglo-saxon. Comme l’exprime Kerry Whiteside dans son ouvrage Divided natures [1], les théoriciens de l’écologie politique de langue anglaise se lisent, se critiquent, se rencontrent dans des conférences et échanges leurs positions académiques. Il suffit d’analyser les bibliographies de ces différents auteurs pour constater à quel point les travaux des Anglais, des Américains du nord ou des Australiens se croisent et dialoguent les uns avec les autres. L’observation de cette bibliographie permet aussi de constater qu’à l’exception de quelques-uns d’entre eux, les théoriciens français sont rarement référencés, sont absents des débats [2]. Dans l’autre sens, cette constatation vaut aussi pour les travaux en langue française. À l’exception de quelques livres traitant abondamment de cette littérature anglo-saxonne, comme celui de Raphaël et Catherine Larrère, Du bon usage de la nature [3], et de quelques traductions qui ont pu donner lieu à des discussions, en particulier au sein de la revue Écologie & Politique [4], ces travaux n’ont eu en général qu’une faible résonance sur les écrits des théoriciens français. Ce quasi désert d’échange, qui se peuple tout de même depuis quelques années, a induit ce que Kerry Whiteside appelle un champ rhétorique spécifique. La facilité avec laquelle certains penseurs dialoguent les uns avec les autres implique en effet certains types d’argumentaires, une terminologie spécifique, un choix particulier des problèmes exemplaires et des partialités inintentionnées. Ainsi, les théoriciens français prennent pour acquis le rôle que doit jouer (ou pas) l’État-nation alors que cette question peut ailleurs être controversée. Dans un même ordre d’idées, ces théoriciens ont une conception très spécifique de la wilderness (la nature sauvage) ou de la pollution [5]. Par conséquent, dans le pays de Descartes, la question essentielle pour les Anglo-Saxons de l’anthropo­centrisme ou de l’écocentrisme est moins présente dans les débats. Elle n’est en tout cas pas centrale pour comprendre la variété des écologies politiques françaises [6]. Selon Whiteside, l’absence de cette question aurait même permis d’ouvrir un champ discursif permettant de développer ce qui fait une spécificité française, un attachement plus fort à une problématisation réciproque de la nature et de l’humanité qu’à l’affinage de leur distinction. En d’autres termes, un des objectifs communs aux théoriciens français serait de savoir comment les conceptions de la nature et de l’identité humaine s’entrelacent, ce qui les conduirait, au-delà de leurs différences, à concevoir l’écologie politique comme une forme d’humanisme renouvelé, un humanisme écologique [7]. C’est cette existence d’une communauté linguistique et culturelle en matière d’écologie politique qui a justifié de réaliser un diaporama actualisé et de mettre en dialogue ces différentes écologies politiques [8].

Diversité des écologies politiques, diversité des alternatives…

Si nous n’avons bien entendu pas réuni l’ensemble des auteurs qui comptent, tant la production scientifique en matière d’écologie politique est abondante en France depuis une cinquantaine d’années, ce dossier fait la part belle à la plupart des auteurs et des courants de pensées importants en présentant quelques-uns des axes forts de ces théories.

Au-delà des réflexions essentielles ayant trait à ce qu’est l’écologie politique et du constat généralisé de l’ampleur de la crise, la plupart des auteurs appellent et réfléchissent aux moyens nécessaires pour sortir de l’immobilisme et contre les stratégies actives de pérennisation de systèmes qui ont montré leurs limites. Aucun des auteurs n’élude la question : comment l’écologie politique peut-elle répondre aux défis posés par la synergie, inédite dans l’histoire, de la remise en cause des fondamentaux du vivant et de la crise systémique, économique et sociale, de la société productiviste industrielle ? Si le premier constat est celui de l’entrée dans une nouvelle ère géohistorique, l’anthropocène, c’est à la hauteur des enjeux qu’implique la reconnaissance de ce changement d’ère que doit désormais se situer toute pensée de l’écologie politique, ainsi que le précise Jean-Paul Deléage dans ce dossier. Cette société que Mathias Lefèvre persiste à qualifier d’industrielle est instituée à partir de l’improbable imaginaire d’une « expansion illimitée de la maîtrise rationnelle de la nature et des êtres humains », d’où l’importance de la visée d’autonomie afin d’en briser la clôture pour se libérer de solutions ne visant qu’à pérenniser des institutions et un système d’interprétation qui entravent la construction de véritables alternatives. D’où aussi la diversité des écologies analysée par Jean Zin qui insiste pour sa part sur la nécessité d’une écologie politique responsable et tournée vers l’avenir, « afin de continuer l’aventure humaine et l’his­toire de l’émancipation ».

La question posée par les « décroissants » est une question centrale et il doit bien s’agir d’une décroissance choisie plutôt que d’une décroissance subie imposée à des dizaines de millions d’êtres humains par la crise en cours du capitalisme mondialisé, comme le souligne le vigoureux plaidoyer de Serge Latouche. Ce théoricien de l’objection de croissance rappelle la formalisation de la rupture par un cercle vertueux de la sobriété choisie en huit « R » : « Réévaluer, Reconceptualiser, Res­tructurer, Réduire, Relocaliser, Redistribuer, Réutiliser, Recycler ». Avec ces objectifs interdépendants, « construction intellectuelle d’un fonctionnement idéal » retenue parce qu’elle paraît susceptible « d’enclencher une dynamique de décroissance sereine, conviviale et soutenable », l’auteur expose un plan massif de reconversions pour « tenter de construire un autre monde, une nouvelle civilisation ».

Avec son apologue des mille personnes, Denis Duclos analyse quant à lui le chaînage de propositions suivant : toute augmentation de productivité déséquilibre une société stable ; une augmentation forte de la productivité rend contestable la valeur de l’activité humaine ; les producteurs voient alors se dévaloriser leur statut social au profit de celui des improductifs ; plus l’activité des improductifs l’emporte, plus grandit la contestation réciproque des activités ; la promotion de l’État, du Marché et de la Technogestion est le résultat automatique de l’hégémonie des actifs improductifs. Cette suite conduit Denis Duclos à l’hypothèse d’une certaine partition des gigantesques populations du temps présent « dont on peut d’ailleurs se demander si le concept de “société” s’applique encore à elles ? »

Pour Bruno Latour, si l’écologie doit procéder à une redistribution du discutable et de l’indiscutable, le problème est de savoir « comment basculer de la question philosophique des politiques de la nature à l’instrumentation permettant d’équiper les citoyens dans les situations

Les écologies politiques aujourd’hui (1) de débat concernant les objets ci-devant naturels ? » Il faut selon lui inventer une rhétorique et des outils ajustés à un monde où il n’y aurait plus de séparations entre scientifiques et politiques. Sans cela, la politique est condamnée à échouer dans ses tentatives d’extériorisation des questions réputées naturelles, et la science dans sa volonté d’expulsion des questions de la politique.

Finalement, selon Bruno Villalba, l’écologie politique est sommée de réévaluer son projet, car ni l’urgence écologique ni l’urgence sociale ne sont plus à démontrer. L’écologie doit produire une proposition adaptée à cette difficulté de concilier temporalités politiques et écologiques et le cumul des urgences nous met face à la réalité d’une contraction du délai démocratique. La notion de délai, loin de constituer un renoncement, « propose au contraire une méthode pour débrider l’imagination politique », en réconciliant la nécessité de prendre sur le court terme des décisions majeures pour le long terme. C’est bien en cela que « l’écologie politique doit avant tout demeurer une pensée politique des conséquences ».

… mais pour quel engagement des intellectuels ?

Reste à savoir qui voudra bien ou pourra se charger de l’expérimentation ou de la mise en application des solutions évoquées. On peut tourner son regard du côté des mouvements résilients, on peut aussi l’orienter vers les tentatives originales de renouveau du politique qui semblent émerger de mouvements tels qu’Europe Écologie. Mais, sans présager du futur, une chose est certaine, les intellectuels au sens large (nous entendons par là les artistes, les écrivains, les savants qui s’engagent dans une action politique) doivent agir et « opposer les productions de réseaux critiques, rassemblant des “intellectuels spécifiques” (au sens de Foucault) dans un véritable intellectuel collectif capable de définir lui-même les objets et les fins de sa réflexion et de son action, bref, autonome [9] ». Pierre Bourdieu pensait ces réseaux critiques en miroir du rôle joué par les think tanks dans la production et l’imposition de l’idéologie néolibérale aujourd’hui dominante. L’intellectuel devait et doit pour lui « remplir […] des fonctions négatives, critiques, en travaillant à produire et à disséminer des instruments de défense contre la domination symbolique qui s’arme aujourd’hui, le plus souvent, de l’autorité de la science ; fort de la compétence et de l’autorité du collectif réuni, il peut soumettre le discours dominant à une critique logique qui s’en prend notamment au lexique (“mon­dialisation”, “flexibilité”, etc.), mais aussi à l’argumentation, et en particulier à l’usage des métaphores ; il peut aussi le soumettre à une critique sociologique, qui prolonge la première, en mettant au jour les déterminants qui pèsent sur les producteurs du discours dominant (à commencer par les journalistes, économiques notamment) et sur leurs produits ; il peut enfin opposer une critique proprement scientifique à l’autorité à prétention scientifique des experts, surtout économiques [10] ». Plus largement, et toujours selon les mots de Bourdieu, « il peut organiser ou orchestrer la recherche collective de nouvelles formes d’action politique, de nouvelles façons de mobiliser et de faire travailler ensemble les gens mobilisés, de nouvelles façons d’élaborer des projets et de les réaliser en commun [11] ». Il peut finalement contribuer à créer les conditions sociales d’une production collective d’utopies réalistes. Telle est notre ambition avec ce premier dossier en contribuant à ce que nous voulons être, au-delà du travail scientifique, un travail collectif d’invention politique de l’anthropocène.

 [1] K. H. Whiteside, Divided natures. French contributions to political ecology, The MIT Press, Cambridge, 2002.

[2] Mais cela est aussi valable pour les théoriciens italiens, allemands, espagnols, etc.

[3] C. et R. Larrère, Du bon usage de la nature. Pour une philosophie de l’environnement, Aubier, Paris, 1997.

[4] La revue a en effet réalisé depuis 1992 un gros travail de traduction et de discussion d’auteurs étrangers. Parmi eux, citons Barry Commoner, John Baird Callicott, Donald Worster, Richard Grove, Günther Anders, George P. Marsh, William Cronon, Paul J. Crutzen, Anil Agarwal, Isabel Do Carmo, Eduardo Galeano, Joan Martinez Alier, Frieder Otto Wolf, etc.

[5] K. Whiteside, op. cit., p. 5.

[6] Sauf peut-être pour Luc Ferry qui a tenté d’analyser les écologistes français à la lumière de l’écologisme anglo-saxon, tentative pour le moins maladroite et discutable que la revue Écologie & Politique a abondamment traité (B. Latour, « Arrachement ou attachement à la nature », Écologie Politique, n° 5, 1993, p. 15-26, J.-P. Deléage, « L’écologie, humanisme de notre temps, Écologie Politique, n° 5, 1993, p. 1-14, M. Saint-Upery, « L’anti-écologisme stérile de Luc Ferry ?, Écologie Politique, n° 2, 1992, p. 141-147).

[7] K. Whiteside, op. cit., p. 5.

[8] Ce panorama et cette mise en dialogue sont d’autant plus nécessaires que, si certaines traditions, anglo-saxonnes, allemandes ou françaises, sont relativement bien définies, d’autres ne le sont pas encore et méritent de l’être.

 [9] P. Bourdieu, Contre-feux 2, Raisons d’agir, Paris, 2001, p. 35-36.

[10] Ibid., p. 36.

[11] Ibid.

Europe écologie : Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

europe-ecologie.fr, octobre 2010

http://www.europe-ecologie.fr/2010/09/20/manifeste-pour-un-nouveau-cours-ecologique-et-social/comment-page-6/#comments

Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

L’humanité est aujourd’hui devant un choix qui détermine son avenir. Un choix à assumer collectivement et qui requiert, en outre, l’implication de chacune et de chacun. Sous l’impact d’un système aveuglément productiviste et violemment inégalitaire, le train du progrès s’égare. Il faut de toute urgence le remettre sur une autre voie. C’est le sens de l’engagement des écologistes et leur responsabilité, ici et maintenant : ils refusent d’assister passivement au scénario d’une nature qui s’épuise et de sociétés qui se désagrègent ; ils veulent, en association avec les forces vives de la société et les partenaires politiques susceptibles de partager l’essentiel de leur projet, tracer une nouvelle ligne d’horizon sur la base d’une démarche de transition réaliste.

Tel qu’il s’applique, le système de création et de redistribution des richesses ne fonctionne plus. Retournement inédit qui, d’un même mouvement, précipite prédations du vivant et déchirures sociales, déséquilibres et discriminations, pollutions et récessions. Ce bouleversement majeur épuise les ressources aussi bien qu’il creuse les inégalités et déprime les consciences, dressant la biosphère contre les êtres humains et les êtres humains entre eux. Au point que le spectre d’un collapsus historique sans précédent hante l’avenir : celui d’un déclin écologique, économique et social brutal et simultané.

Néanmoins, une aspiration grandissante à refuser la défaite de l’Homme émerge partout dans le monde.

Une multitude d’initiatives entame le modèle dominant et ouvre des voies nouvelles. C’est l’autre visage de la mondialisation et il concerne tous les peuples, toutes les cultures. De nombreux acteurs et actrices de la société et des communautés locales cherchent et trouvent des issues. Ils interviennent dans toutes les couches de la société. Ce sont souvent ceux et celles que la crise fragilise en premier. Ils résistent, s’organisent, innovent, multiplient les initiatives. Chacun et chacune à leur façon, dans leur discipline, leur quartier ou leur village, ils esquissent les contours d’une alternative globale porteuse d’avenir. Des hommes et des femmes luttent et s’engagent, et c’est le seul espoir tangible, le seul point d’appui pour inverser le cours des choses.

Un choc sans précédent

Car les crises n’ont plus de limites. Elles surgissent dans tous les domaines de l’environnement et des activités. Elles se cumulent et s’alimentent pour mettre à nu un système en déroute. Nous sommes parvenus à ce moment clé où la croissance, moteur de l’histoire moderne, a atteint la frontière du possible. L’insoutenable est là, inscrit dans les réalités physiques de la planète et les souffrances des populations : les modes de production et les standards de vie, indexés sur l’imaginaire de la démesure et la boulimie des privilégiés, soumis à la surenchère de la marchandisation et de l’endettement massif, entraînent une consommation de ressources excédant leurs capacités de renouvellement. Elles provoquent un déséquilibre majeur des fondamentaux de la vie et de la culture.

Les conséquences sont sans appel : les modèles économiques et les pactes sociaux d’hier ne résistent pas aux sols qui s’épuisent, aux fleuves et aux mers qui se dépeuplent, aux forêts qui reculent et aux déserts qui avancent, aux séquences brutales d’inondations et de sécheresses, à la disparition des biotopes et à l’érosion de la diversité des espèces, à l’empoisonnement des airs et des eaux.

Déjà, dans les prémisses du chaos énergétique, climatique, alimentaire et sanitaire, dans la mise à sac des biens communs et publics que les logiques financières et marchandes provoquent, un nouveau monde émerge avec Lire la suite

Isolation thermique écologique : Conférence de JP Oliva les 5 et 6 octobre chez Mollat et à Beychac et Caillau

altern’éco.com, communiqué, le 23 septembre 2010

www.altern-eco.com

Souhaitant poursuivre son action de prise de conscience des enjeux du développement soutenable et de diffusion d’un habitat respectueux de notre santé et de l’environnement, ALTERN ECO organise des conférences – rencontres – débats.

A l’occasion de notre deuxième anniversaire, nous avons le grand plaisir d’accueillir Jean-Pierre Oliva, pionnier de l’éco-construction en France et auteur de plusieurs ouvrages de références (dont dernièrement « L’isolation thermique écologique »).

Lors de sa venue exceptionnelle en Gironde, il donnera deux conférences les 5 et 6 octobre 2010 à Bordeaux et Beychac-et-Caillau.

Pour toute information complémentaire, vous pouvez nous joindre au 05 56 21 30 67. Merci de nous confirmer votre venue à Beychac et Caillau (pour une question de places !) avant le 4/10 !

En collaboration avec Terre Vivante et la Librairie Mollat, Altern’éco a le plaisir de vous inviter à rencontrer Jean-Pierre Oliva, consultant en éco-architecture & éco-construction, membre du réseau éco-bâtir lors de deux conférences les 5 et 6 octobre 2010

A l’occasion de son deuxième anniversaire, ALTERN ECO a l’honneur de recevoir Jean-Pierre Oliva, pionnier de l’habitat écologique en France, qui abordera deux thèmes chers à ses principes d’écologie appliquée au bâti :

repenser le rôle de la conception architecturale par une approche multicritères en y intégrant une analyse bioclimatique,

 et démontrer la pertinence et l’avenir des savoir-faire traditionnels pour préparer au mieux nos bâtiments à un monde post industriel appauvri en ressources énergétiques.

Ces conférences vous offriront l’opportunité d’échanger sur les applications concrètes de ces thématiques et nous donneront l’occasion de nous réunir en toute convivialité.

« Performance énergétique versus Architecture » le mardi 5 octobre 2010, à 18h00 – Librairie Mollat Bordeaux – Entrée gratuite,

« Pénurie énergétique: comment y préparer nos bâtiments ? » le Lire la suite

Corinne Lepage : « La décroissance n’est pas porteuse d’espoir »

lemonde.fr, Corinne Lepage, députée européenne et présidente de CAP 21, le 20 août 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/08/20/corinne-lepage-la-decroissance-n-est-pas-porteuse-d-espoir_1400812_3232.html

Corinne Lepage : « La décroissance n’est pas porteuse d’espoir »

Pour Corinne Lepage, « nous devons faire du ‘bien-vivre’ un objectif partagé qui repose sur la sécurité humaine« .

Si l’écologie politique décide d’être le porteur de la décroissance et d’un projet défini comme avant tout anticapitaliste et antilibéral, alors elle ratera le coche de l’Histoire qui propose au monde multiple de l’écologie politique d’être le passeur d’une civilisation à à une autre, et ce grâce à un projet de transition.

Les drames climatiques de l’été ont une fois de plus illustré ce que sera le monde du changement climatique avec ses tragédies individuelles et ses risques collectifs. Pour autant, le prochain sommet sur le climat à Cancún s’annonce très mal !

Certes, les menaces économiques font planer les plus grands doutes sur la reprise. La faiblesse de la création d’emplois, la persistance d’un chômage à deux chiffres et touchant, dans le monde entier, les jeunes de plein fouet rendent très pessimiste. Et pourtant, la transformation du système financier apparaît des plus modestes.

Mais le projet d’une décroissance, même qualifiée de prospère (ce qui est un oxymore du même ordre qu’une croissance durable), ne peut aucunement fédérer nos concitoyens et constituer un projet porteur d’espoir. D’ailleurs, les décroissants l’abandonnent progressivement.

Dans un ouvrage, Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable (De Boeck, « Planète en jeu », 248 p., 17euros), Tim Jackson, de la Commission du développement durable du Royaume-Uni, propose d’abandonner le terme et l’idée pour proposer un autre modèle, proche de ce que j’ai appelé l’évolution soutenable.

Plusieurs changements sont nécessaires : il faut avant tout passer d’un modèle économique à deux dimensions (travail et capital) à un modèle macroéconomique à au moins trois dimensions, introduisant le principal facteur de rareté issu de la finitude de notre planète. Il est également indispensable de modifier notre rapport au travail.

Dans le système actuel, le travail est avant tout un coût de production qu’il convient de réduire pour les entreprises, et le moyen d’assurer son existence, qu’il convient donc de conserver coûte que coûte, pour le travailleur.

En prenant la dimension sociale du travail comme un des éléments d’existence dans une société, on ajoute une nouvelle valeur à ce travail. Le travail devient une valeur sociale centrale du modèle macroéconomique qu’il faut à tout prix préserver, développer, voire partager.

Mettre l’emploi au cœur des politiques permet de Lire la suite

Les revues écologistes françaises : S!lence, Ecorev, L’écologiste, La Revue durable et Entropia

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 11 août 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/08/11/les-ecologistes-c-est-le-bouquet_1397910_3232.html

27/30 Les écologistes, c’est le bouquet

Une revue écologiste, une seule ? Impossible. Cela ne peut être qu’un bouquet, une flore sauvage, des adventices poussant au bord des autoroutes de papier, des fleurs inattendues prospérant sur le compost de projets évanouis. Car depuis quelques années, la réflexion écologiste a refleuri et, si elle ne connaît ni gros tirages ni forte visibilité – les milieux dits intellectuels ne s’intéressant pas réellement à la thématique -, elle manifeste une vitalité revigorante. En même temps, aucune n’émerge réellement comme le donneur de ton du débat écologique. Elles composent ensemble un paysage chatoyant et assez cohérent, mais où aucun relief accusé n’émerge vraiment.

A mi-chemin entre le journal, la revue et l’expérience militante, S ! lence mérite la palme de la ténacité : lancée en 1982 au moment d’un vif reflux de l’écologisme en France, elle a toujours assuré une parution mensuelle marquée par un dossier thématique complété d’une multitude de petites informations. S ! lence a bien souvent été la première à repérer des thèmes émergents dans la communauté écologiste radicale avant de connaître une assez large fortune publique. Elle a ainsi lancé la thématique de la décroissance, en février 2002, reprise avec succès ensuite par le journal La Décroissance, lancé en 2004. S ! lence diffuse près de 5 000 exemplaires, surtout par abonnements. Issue, de son côté, de militants des Verts, Ecorev a publié son premier numéro en janvier 2000, sous le parrainage d’André Gorz, après un numéro zéro consacré à « Survivre au capitalisme ». Elle est née, selon Jérôme Gleizes, un de ses animateurs, d’un « refus de l’écologie d’accompagnement » incarnée par Dominique Voynet, lors de son passage dans le gouvernement de Lionel Jospin. « Nous allons des écologistes de gauche à des décroissants qui ne veulent pas se positionner à gauche. » La revue trimestrielle, animée par des normaliens ou des universitaires, se définit comme « revue critique de l’écologie politique« , selon son sous-titre, plutôt que théorique. Elle recherche – et obtient – une bonne lisibilité, par des articles concis, sans lourd appareil de notes, et souvent illustrés. Cette volonté pédagogique a fait d’Ecorev l’explorateur de thématiques transversales (le corps, la démocratie, la science, l’histoire de l’écologie, la mondialisation, la décroissance…). Mais ce choix rédactionnel l’a conduite à délaisser des interrogations plus concrètes du débat politique ou économique, si bien que la revue semble parfois en apesanteur par rapport au combat des idées. Ses scores sont modestes mais réguliers, avec une diffusion moyenne de plus de 500 exemplaires.

C’est aussi en 2000 qu’est né L’Ecologiste, version française du mensuel The Ecologist fondé par Teddy Goldsmith, en 1970. Trimestriel, L’Ecologiste a tout de suite pris, tout en se présentant comme un magazine (couverture en couleurs, format A4), une forme de revue centrée sur un dossier écrit par des auteurs souvent scientifiques, et intégrant nombre d’articles traduits de l’anglais. Animé par Thierry Jaccaud, L’Ecologiste a pris son autonomie par rapport à son parrain britannique, tout en restant sur la ligne d’une écologie naturaliste, portant une grande attention aux questions de biodiversité, de forêts, d’agriculture, mais aussi de santé ou de pesticides. Diffusant à plusieurs milliers d’exemplaires, la revue doit trouver un nouveau souffle après le décès de son fondateur et mécène, Teddy Goldsmith, en août 2009.

Fondée en 2002, à Genève, par Susana Jourdan et Jacques Mirenowicz, La Revue durable, sous une forme assez comparable à L’Ecologiste (aspect magazine, un dossier central par numéro), a progressivement gagné une visibilité en adoptant un angle axé sur la question de l’intégration des pratiques écologiques dans les sociétés modernes. S’intéressant davantage à l’économie qu’à la nature, La Revue durable cherche un équilibre entre le pragmatisme du « développement durable », honni par nombre d’écologistes comme un faux nez du capitalisme, et la radicalité des choix qu’impose la crise écologique. Cela compose des numéros intéressants et bien informés de l’état des questions traitées, mais où la dimension conflictuelle des choix sociaux semble évacuée.

Dernier venu dans le champ de la réflexion écologiste, Entropia est née, en novembre 2006, avec un premier numéro consacré à « Décroissance et politique ». La revue, lancée par Jean-Claude Besson-Girard, Serge Latouche, Alain Gras, Agnès Sinaï, et d’autres, affichait une ligne claire définie par son sous-titre : « Revue d’étude théorique et politique de la décroissance« . Editée par la maison d’édition Parangon à raison de deux numéros par an, Entropia assume l’austérité de sa présentation : « Les mots sont importants », résume son principal animateur, Jean-Claude Besson-Girard. Entropia poursuit son chemin avec ténacité, s’interrogeant au fil des numéros sur « Crise éthique, éthique de crise ? », « L’effondrement : et après ? » ou « Territoires de la décroissance », attirant parfois des signatures situées hors du champ de l’écologie comme Zygmunt Bauman ou Hervé Le Bras.

Si l’on en croit le paysage intellectuel dessiné par les revues, la réflexion écologique va à rebours des politiques concrètement mises en place par les gouvernements sous l’étendard du développement durable. Il n’y a guère pour défendre celui-ci que Terra Eco, sous-titré « mensuel du développement durable », qui se présente comme un magazine sans ambition intellectuelle. En ce sens, l’écologie reste une pensée du Lire la suite

France Nature Environnement : Déluge nucléaire au cœur de l’été !

fne.asso.fr, communiqué de presse, le 30 juillet 2010

http://www.fne.asso.fr/fr/deluge-nucleaire-au-cur–de-lete-.html?cmp_id=33&news_id=1751&vID=1

Déluge nucléaire au cœur de l’été !

Le rapport Roussely sur l’avenir de la filière française du nucléaire civil enfin rendu public, sous forme de synthèse (expurgée du confidentiel défense ?). Le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire qui remet son avis sur la gestion des matières et déchets radioactifs. Le Président de la république annonçant que EDF sera le chef de file du nucléaire français à l’exportation associé à AREVA. EDF qui reconnaît deux nouvelles années de retard pour l’EPR de Flamanville. N’en jetez plus ! Tout ceci part du fait que le nucléaire français va mal, à l’intérieur comme à l’extérieur. C’est la raison du rapport Roussely.

Des projets de réacteurs en forme de chantiers-écoles

Un premier élément commun réside dans les déboires graves des deux chantiers des réacteurs EPR, celui d’AREVA en Finlande et celui d’EDF à Flamanville. Pour Maryse Arditi, pilote du réseau Risques industriels de FNE : « Rappelons que cela fait 20 ans que ni EDF, ni AREVA n’ont construit un réacteur de A à Z et que les compétences se sont estompées. Tous les intervenants doivent réapprendre à faire. En fait, ces 2 réacteurs sont des chantiers-écoles comme il en existe dans tout le secteur de la formation professionnelle, mais on n’a pas osé nous les présenter ainsi ! ». Dans ces conditions, FNE rappelle sa demande de moratoire sur Penly 3, le temps que Flamanville soit terminé et expérimenté 3 années.

Des exportations menacées

Depuis des années, EDF exporte le courant (la France garde les déchets) et AREVA exporte (ou tente d’exporter) les réacteurs. Pour poursuivre l’exportation du courant, EDF est confronté à une indisponibilité croissante du parc de réacteurs pour cause, entre autres, de vieillissement. Cela ne va pas s’arranger avec le temps ! Le rapport Roussely part de l’idée que nos réacteurs vont durer non pas 40 ans, mais 50 ans, voire 60 ans, ce qui n’est pas sans soulever des questions fondamentales sur la sûreté, comme l’illustre l’état de santé de Fessenheim, centrale de seulement 40 ans ! Il en déduit que la seule activité possible pour le nucléaire civil français est à l’exportation. Et Roussely de s’apercevoir que l’EPR est inadapté pour des pays sans compétences fortes en nucléaire : trop gros, trop complexe, trop dangereux, nécessitant un surcroît de sécurité difficile à opérer ! D’où l’idée de créer de nouveaux « objets nucléaires » plus aisément commercialisables.

De la mine aux déchets

L’uranium que nous utilisons vient du monde entier, sauf de la France. Au Niger, Lire la suite

Le « Bristol Peak Oil Report » : Préparer l’après pétrole

decroissance.blog.lemonde.fr, Thierry Caminel, Ingénieur, le 12 juin 2010

http://decroissance.blog.lemonde.fr/

Notes sur le “Bristol Peak Oil Report”

Le « Bristol Peak Oil Report »

Note de lecture

Saviez-vous qu’on anticipe des émeutes de la faim, en ce début du 21 ° siècle, dans la 6e économie mondiale, et que des villes importantes estiment que les crises énergétiques à venir auront des conséquences locales majeures, et s’y préparent ?

Cette note présente le « Bristol Peal Oil Report » [1],  un document officiel d’une ville anglaise de 430.000 habitants publié récemment.  Après une exposition du contexte de ce rapport,  son contenu est présenté sommairement, et l’on essaie ensuite de montrer les profondes différences d’appréciation de la situation énergétique mondiale entre le France et l’Angleterre.

Contexte

Anciens exportateurs d’hydrocarbures, les Britanniques voient leurs champs de pétrole et de gaz de la mer du Nord décliner depuis 10 ans. L’information concernant l’état des réserves de pétroles mondiales est largement relayée par la presse, alimentant le débat public, renforçant la lutte contre le réchauffement climatique

Au plus haut niveau sont écrits des rapports sur le ‘peak oil’ et ces possibles conséquences économiques et sociales [2]. Les Anglais investissent par ailleurs massivement dans des sources d’énergie non fossile (éolien offshore, nucléaire,…), dans les transports collectifs et vélos, etc. Ils ont introduit une taxe carbone, et prennent en compte le carbone contenu dans la commande publique.

Au niveau local se met en place un réseau de ‘villes en transition’ [3], regroupant plus d’un millier de villes, quartier ou district, destinés à renforcer la résilience de ces communautés, c’est-à-dire leur capacité à résister à un choc externe. Certaines sont de véritables laboratoires,  expérimentant des monnaies complémentaires, des cartes de rationnement ou de nouvelles techniques agricoles.

Bristol s’inscrit dans ce mouvement de ville en transition. La taille de la ville, son importance économique et la qualité de son rapport en font un bon exemple de ce qui se passe outre-Manche et du niveau de prise de conscience des problématiques énergétiques.

« Peak oil Report – Building a positive future for Bristol after Peak Oil »

Ce rapport de 100 pages, publié il y a quelques mois par le conseil municipal de Bristol, commence par expliquer en quoi le pétrole est important, et les raisons qui font qu’il va devenir de plus en plus rare et cher. Il cite les études de l’Agence Internationale de l’Énergie [4], des agences nationales, de Total, Shell ou Aramco, explique qu’il n’y pas d’alternative au pétrole disponible suffisamment rapidement, et rappelle le lien avec le réchauffement climatique.

Le rapport synthétise ensuite les vulnérabilités de Bristol au Peak Oil, telles que Lire la suite

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

lemonde.fr, Rémi Barroux, le 28 juin 2010

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

« Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi » a fait valoir le directeur international de Greenpeace lors du congrès international des syndicats à Vancouver.

Vancouver

Le syndicalisme international veut faire de la croissance verte un de ses combats. C’est le message fort du congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI), qui s’est achevé vendredi 25 juin à Vancouver (Canada).

Manifestation la plus visible de cette évolution : le directeur international de Greenpeace, le Sud-Africain Kumi Naidoo, était présent au même titre que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ou celui du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. « La CSI oeuvrera pour un travail décent dans le cadre d’une économie verte« , a déclaré l’Australienne Sharan Burrow, la nouvelle secrétaire générale de l’organisation, élue vendredi, en remplacement du Britannique Guy Rider. La CSI regroupe 311 organisations de travailleurs représentant 168 millions de membres dans 155 pays et territoires.

Le rapprochement entre les syndicats et le mouvement écologiste est récent. Chaque partie souligne les efforts mutuels qui ont été accomplis. « Les mouvements comme Greenpeace reconnaissent dorénavant que nos préoccupations en matière d’emplois et de salaires sont légitimes, explique Guy Rider. Il y a cinq ans, ils refusaient de nous entendre au motif que l’environnement devait être défendu quel qu’en soit le prix. »

Les écologistes assument cette mutation. « Pour ma part, j’ai toujours pensé qu’il fallait rapprocher les points de vue, malgré les tensions. Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi », fait valoir Kumi Naidoo. Greenpeace se bat pour l’abandon des énergies fossiles et prône la transition vers des sources d’énergies renouvelables sans oublier désormais de mettre en avant les emplois qui seront créés. Dans la dernière version, publiée en juin, de son document de référence sur la « révolution énergétique », l’Organisation non gouvernementale estime que d’ici à 2030, 12 millions d’emplois « verts » peuvent être créés.

Côté syndical, l’optimisme reste tempéré. « Dans les Asturies, les mines de charbon employaient 45 000 personnes. Aujourd’hui, il ne reste que 6 500 mineurs et nous n’avons pas trouvé d’activité de remplacement », constate Javier Doz, des Commissions ouvrières, la principale organisation syndicale espagnole. « Le secteur de la construction, pilier de la miraculeuse croissance espagnole qui s’est effondrée avec la crise, devrait être un des secteurs de cette transition vers l’économie verte. Mais nous attendons. », poursuit-il.

Comment marier croissance économique et développement durable ? « Petit à petit, notre réflexion syndicale, fondée sur l’analyse des rapports entre le capital et le travail, a intégré Lire la suite

La chasse aux pesticides bientôt ouverte

sudouest.fr, Jacques Ripoche, le 27 avril 2010

La chasse aux pesticides bientôt ouverte

Paquet pesticides, directive cadre sur l’eau, Grenelle de l’environnement : la chimie agricole est cernée par les réglementations européenne et nationale. Le plan Écophyto 2018, qui vise à réduire de 50 % l’usage des pesticides d’ici à 2018, en est le fruit. Vivement discuté, il entre désormais dans une phase opérationnelle qui va se traduire par la mise en place, dans les prochaines semaines, des comités régionaux d’orientation et de suivi (Cros).

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a commencé à déblayer le terrain en publiant au début de l’année les résultats de son étude « Écophyto R & D » dont l’objet est d’esquisser un scénario possible pour atteindre l’objectif visé. Troisième utilisateur européen, l’agriculture française consomme, en moyenne, 5,4 kg de pesticides par hectare et par an, soit environ 72 000 tonnes. En 2006, année de référence de l’étude, les exploitations professionnelles en ont acheté globalement pour 2,3 milliards d’euros.

De 2 à… 36 traitements

Compte tenu de la superficie qu’elles occupent, les grandes cultures sont, en volume, les premières utilisatrices (68 %) de substances actives. Viennent ensuite la vigne (14 %), les fruits et l’horticulture (5 %). Mais ces chiffres reflètent de grandes disparités. L’indice de fréquence de traitement (IFT) peut aller de 2 pour le maïs et le colza jusqu’à 16 pour la pomme de terre. En viticulture, le nombre annuel de traitements est compris entre 9 et 15 dans les régions atlantiques. En arboriculture, il peut monter jusqu’à 36. Et si un agriculteur en grandes cultures dépense en moyenne 134 euros par an et par hectare en pesticides, un viticulteur investit 394 euros, un horticulteur 527 euros, un arboriculteur 590 euros.

L’étude « Écophyto R & D » considère que « l’engagement du Grenelle de réduire les pesticides de moitié, en moyenne, par rapport au niveau actuel (2006) est un objectif ardu ». Pour autant, elle est porteuse d’une bonne nouvelle : « Une baisse de l’ordre du tiers serait atteignable en grandes cultures avec des changements significatifs de pratique mais sans bouleversements majeurs des systèmes de production ». La baisse de la production serait de l’ordre de 6 % et les marges n’en seraient « peu ou pas touchées ».

En revanche, la généralisation de la production intégrée (1) entraînerait une baisse des rendements de 25 % en viticulture et de 20 % en cultures fruitières. Or tout l’enjeu d’Écophyto 2018 est de réduire significativement l’emploi des pesticides tout en préservant la compétitivité et la performance économique de l’agriculture française.

Philippe Reulet, expert pesticides, eau et environnement à la Draaf Aquitaine et auprès de la Direction générale de l’alimentation (DGAL, ministère de l’Agriculture), est de ceux qui préparent la mise en place du Comité régional d’orientation et de suivi.

Alternatives et… impasses

« On ne part pas de rien », explique-t-il. Sur la vigne, par exemple, Lire la suite

« No impact man » de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective

Biosphère – INFO n° 240 : « No impact man »

Contact : biosphere@ouvaton.org

No impact man de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective. Ces deux aspects sont absolument complémentaires d’autant plus que nous agissons par mimétisme ou interaction spéculaire : tu fais parce que je fais parce que nous faisons tous. Colin Beaval espère une « réaction en chaîne » : plus nous serons nombreux à imiter le no impact man, plus la nécessité de faire de même se répandra dans la société. Mais dans une société bercée par le confort  et la sidération des masses, il n’est pas évident aujourd’hui de se diriger vers la simplicité volontaire et le refus de l’ascenseur quand il faut grimper 9 étages.

Pourtant, c’est possible, et la réduction des ressources naturelles nous incitera de toute façon à limiter notre empreinte écologique. Sauf régime autoritaire et inégalitaire, les politiques suivront alors l’exemple des objecteurs de croissance et seront eux-mêmes en nombre croissant à modifier leur mode de vie…

Voici quelques extraits du livre :

1/7) introduction

Pendant un an (en 2007), ma femme Michelle, ma fille Isabella et moi, qui habitons en plein cœur de New York, avons essayé de vivre sans causer d’impact sur l’environnement. Autrement dit, nous avons fait de notre mieux pour éviter de produire des déchets (finis les plats à emporter), réduire nos émissions de dioxyde de carbone (finis la voiture et l’avion), ne plus rejeter de substances toxiques dans l’eau (fini les détergents), arrêter d’acheter des denrées de contrées lointaines (finis les fruits de Nouvelle-Zélande). Evidemment, finis aussi : l’ascenseur, les aliments conditionnés, le plastique, la climatisation, la télé, les articles neufs…

Je n’avais pas l’intention de faire dans la demi-mesure, de me contenter d’utiliser des ampoules basse consommation ou de recycler à tout-va. L’idée était d’aller aussi loin que possible, d’atteindre le zéro impact environnemental. Je visais non seulement le zéro carbone mais aussi le zéro déchet, zéro pollution dans l’air, zéro toxine dans l’eau, zéro ressource pompée à la planète. Je ne voulais aucune empreinte écologique. J’avais décidé de contrebalancer tout impact négatif par un impact positif. J’avais conscience que ce serait dur. J’ai donc décidé que nous procéderions par étapes. Je ne tenais pas à ce que ma femme et ma fille me quittent. Mais en faisant du mal à ma famille pour ne pas faire du mal à la planète, j’ai mis le doigt sur des choses importantes.

2/7) les raisons d’un engagement

– Dans notre société, il est quasiment impossible d’assouvir ses besoins sans laisser derrière soir une traînée de détritus, de pollution et de gaz à effet de serre. Le jour où la planète ne pourra plus nous offrir cette abondance de ressources, l’humanité tout entière devra faire preuve d’une abstinence surhumaine.

– Evidemment que les Américains achètent des voitures ! L’industrie automobile a fait en sorte que Lire la suite

Quand le lobby des pesticides empêche la commercialisation de produits naturels

bastamag.net, Sophie Chapelle, le 14 avril 2010

Quand le lobby des pesticides empêche la commercialisation de produits naturels

Insecticides naturels ou fertilisants bio s’échangent sans problème ailleurs en Europe. Pas en France. Se procurer un tel produit pour entretenir son potager ou protéger son champ y est puni par la loi. Le purin d’ortie ou l’huile de neem sont considérés comme des produits toxiques au même titre qu’un pesticide de synthèse. Qu’importe, particuliers et paysans pratiquent la désobéissance civile.

L’annonce avait fait sourciller les multinationales de l’agro-business comme Syngenta, Bayer ou BASF. En septembre 2008, Michel Barnier, alors ministre de l’Agriculture et de la Pêche, présente le plan « Ecophyto 2018 » en Conseil des ministres. S’inscrivant dans la suite du Grenelle de l’environnement, ce plan vise à réduire de 50 % l’usage des pesticides, en 10 ans « si possible ». « C’est un nouveau modèle agricole français qui se construit », s’enthousiasmait à l’époque Michel Barnier.

Un an et demi plus tard, les impasses réglementaires continuent de se dresser devant les agriculteurs, arboriculteurs et jardiniers en quête d’alternative aux pesticides. « Nous avons l’impression que les services de la protection des végétaux s’inquiètent beaucoup plus des préparations naturelles peu préoccupantes que des produits chimiques et toxiques qui peuvent être cancérigènes », s’indigne Jean Sabench, responsable de la commission pesticides à la Confédération paysanne.

« L’industrie a gagné »

« Préparations naturelles peu préoccupantes » ? Ce terme est issu de la Loi sur l’eau et désigne les préparations à base de composant naturel comme la prêle, l’ortie, la fougère, l’argile, le vinaigre blanc ou le petit lait. Utilisées pour renforcer la capacité des plantes, ces préparations prennent la forme d’extrait fermenté, de décoction, d’infusion ou de macération. Le purin d’ortie en est devenu l’emblème quand, fin 2005, la Loi d’orientation agricole contraint ces produits à subir les mêmes tests, contrôles et procédures que les produits « phytopharmaceutiques » – un qualificatif juridique appliqué aux pesticides chimiques – en vue d’obtenir une autorisation de mise sur le marché national.

En 2006, la mobilisation des associations permet d’amender la loi. Les préparations naturelles pourront bénéficier d’une procédure simplifiée. Mais le décret du ministère de l’Agriculture publié en juin 2009 continue d’exiger l’inscription sur la liste européenne des produits « phytopharmaceutiques ». « Au dernier moment, l’industrie a gagné car l’administration a mis une contrainte supplémentaire inadmissible », explique Jean Sabench. Problème pour les structures de l’agriculture bio : les études exigées avant la commercialisation sont excessivement coûteuses. « Le ministère de l’Environnement voulait nous aider à financer les études. Quand ils ont vu le nombre de préparations et le coût global ils nous ont dit qu’ils n’avaient pas les moyens de le faire », raconte l’agriculteur de la conf’.

Désobéissance civile

Producteur de fruits bio dans la Loire, Jean-Luc Juthier assure ne pas pouvoir vivre de son travail sans ces produits-là. « En agriculture biologique, on connait certaines impasses techniques avec le puceron ou le ver de la cerise par exemple. Nous avons donc décidé de continuer à utiliser ces préparations dans la transparence avec les services de l’État et nos organismes certificateurs. C’est en quelque sorte de la désobéissance civile. » Une situation difficilement tenable sur le long terme. « Il y a eu un contrôle chez Lire la suite

Serge Orru – L’écologie va réinventer la politique et la politique va réinitialiser l’écologie.

lexpress.fr, Serge Orru, le 6 avril 2010

Flagrant état d’hybridité de l’écologie avec la politique

L’écologie va réinventer la politique et la politique va réinitialiser l’écologie.

La chronique de Serge Orru, du WWF.

Autrefois dédaignée et souvent raillée, l’écologie est aujourd’hui un argument électoral, un véritable sujet de société. L’écologie atterrit en politique et se retrouve tant aimée ou vilipendée. Elle butine à gauche, elle butine au centre et butine à droite. Elle est verte, rose, bleue. Chaque parti politique offre opportunément ses arguments environnementaux. Mais pourquoi ne reste-t-elle encore qu’une simple variable d’ajustement dans une France qui se hâte lentement vers sa transformation verte. L’écologie ne peut rester en ballottage car elle est la problématique d’émancipation de l’homme au XXIe siècle.

L’actualité montre que la politique et l’économie se sont engouffrées dans l’écologie. Car c’est un atout pour gagner des voix en proposant la prospérité verte.

L’écologie non politique, celle des naturalistes, ne dérange guère de monde, et est hélas ignorée. On aime les baleines et les pandas, mais dès que l’on évoque les émissions de gaz à effet de serre, les déchets nucléaires, les OGM, les incinérateurs, le tout-routier, l’agriculture intensive et ses pesticides, le lien environnement-santé, l’écologie devient alors trop visible voire agaçante et gênante. Car elle demande des changements rapides et radicaux. Face aux récents reculs, les écologistes restent déterminés et toujours impatients.

Les enjeux sont toujours là. Les enjeux, justement… le plus connu, le péril climatique, est remis en question malgré l’avis de milliers de scientifiques que d’aucuns transforment pernicieusement en comploteurs… Et quand bien même les écologistes se tromperaient-ils… serait-ce une raison pour continuer à dilapider notre patrimoine naturel et dévorer la biodiversité de notre unique planète bleue comme une orange ? Une raison pour éventrer les forêts boréales de la Colombie Britannique pour en extraire des sables chargés de pétrole ? D’applaudir des deux mains la fonte des glaces qui permettra d’aller puiser d’autres ressources ? Combien de temps resterons-nous fossiles dans ce monde fini à l’inconscience infinie…

Ce que propose l’écologie n’est pas une punition. Ni une contrition face à l’apocalypse. Il s’agit de revoir le sens du progrès, de nos vies et celles des générations futures. L’écologie politique connaîtra l’âge de raison. Aujourd’hui, c’est une période plus instable qui s’ouvre. Place à son adolescence et à sa créativité bouillonnante. Mais l’écologie est entrée dans la Cité et dans les consciences. Elle n’en sortira plus. N’en déplaise aux rois du carbone.

Progressivement, l’écologie politique sera intégrée dans les programmes des partis politiques avec la même force que Lire la suite

L’abandon de la taxe carbone, une triple erreur

energie.lexpansion.com, Alain Grandjean, le mardi 30 mars 2010

L’abandon de la taxe carbone, une triple erreur

L’annonce de la taxe carbone au lendemain des régionales ne laisse pas de doute à l’interprétation : il s‘agit bien d’une décision politique qui vise à tenter de rassembler la majorité en supprimant un foyer de discorde.

Une erreur politique

Pour autant, c’est une erreur au plan politique : notre pays n’a jamais eu autant besoin de direction et de sens. Cet volte-face de plus est l’aveu d’un manque de vision. D’autant qu’il  a été annoncé par le premier ministre puis par le président de la République dans des  discours ne faisant pas la moindre allusion  à la nécessité de tenir compte des enjeux écologiques et énergétiques ni du développement durable, alors que le numéro 2 du gouvernement, Jean Louis Borloo également ministre d’Etat,  est toujours le ministre de l’Ecologie. Il est évident que le repli annoncé sur des valeurs traditionalistes ne constitue pas un cadre politique suffisant dans un monde aux incertitudes croissantes et confronté à des risques nouveaux qu’ils soient géopolitiques, sanitaires, énergétiques ou écologiques. Or il est difficile de croire que ces enjeux ne seront pas présents aux élections présidentielles de 2012. Il est encore plus difficile de croire à l’efficacité d’une politique qui ne serait pas fondée sur des processus d’écoute et de concertation permettant de tenir compte sérieusement de l’ensemble des informations disponibles.

Le gouvernement était divisé sur la manière de piloter le passage à une économie durable, avec des missions contradictoires (la relance de la croissance confiée à la commission Attali, la remise en cause du concept et de sa mesure confiée à la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi), avec des difficultés de communication et de coopération bien connues entre le MEEDM (Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer) et Bercy. Il était sans doute préférable de procéder un remaniement ministériel d’envergure, par exemple en réunissant  l’économie et le développement durable, pour impulser un nouveau souffle et un nouveau mode de travail, seul à même de redonner cette direction et  ce sens.

Une erreur économique et sociale

Au plan économique, le refus manifeste d’envoyer un « signal carbone », même limité et cantonné (du fait des exemptions du projet de loi),  est une grave erreur. Sans ce signal,  comment orienter les acteurs économiques vers une économie moins dépendante d’énergies fossiles dont le prix va augmenter inévitablement dans les très prochaines années ? Comment  inciter les entreprises à investir dans des produits et des services « bas carbone », dont les ménages et les entreprises auront le plus grand besoin ? Comment préparer les esprits à la grave menace, celle d’une hausse du prix des énergies,  qui pèse sur tous ? Rappelons qu’un « signal prix » est entendu par tous les agents économiques contrairement à des discours, et surtout dans une période de perte de confiance dans les autorités, notamment politiques. Ne rien faire sur ce plan c’est laisser les forces de marché décider de ce prix et de ces aléas. C’est laisser les plus précaires dans des difficultés croissantes. C’est ne pas se préparer à un prochain choc pétrolier (annoncé à horizon de 2 ou 3 ans par les entreprises du secteur et  par les économistes), dont les effets économiques et sociaux seront insupportables à beaucoup d’entreprises et de ménages.

Une erreur écologique

Inutile de dire qu’au plan écologique, c’est aussi une erreur. A supposer que l’Europe retrouve le chemin de la croissance, sans taxation progressivement plus forte du carbone dans les secteurs diffus, ce qui était l’objet de la taxe, cette expansion s’accompagnera Lire la suite

Mardi 23 Mars – 18h00 : Conférence-débat d’Anne-Sophie Novel « Le guide du locavore – Pour mieux consommer local » chez Mollat

Université populaire de l’environnement, communiqué, le 18 mars 2010

En partenariat avec Ecolo-Info et Cap Sciences, dans le cadre de la saison 2009-2010 du Théâtre de la science sur le thème de la consommation en mouvement

Conférence d’Anne-Sophie Novel le Mardi 23 Mars 2010 à 18h00 : Le guide du locavore aux éditions Eyrolles dans les locaux de la librairie Mollat à Bordeaux (salle située au 91 rue Porte Dijeaux). La conférence sera animée par Joël Aubert, directeur d’aqui.fr

Les enjeux liés à nos modes de consommation et à notre alimentation et comment adopter de bons réflexes.

Le terme nous vient des États-Unis et désigne les personnes qui ont décidé de ne s’alimenter qu’avec des produits locaux (dans un rayon de moins de 160 km de là où l’on vit). Parce qu’à force de négliger la provenance de nos aliments et de favoriser le toujours moins cher, nous oublions trop souvent que ce sont nos propres conditions de vie que nous estimons au rabais : notre santé, notre environnement, notre économie, notre Terre… et le bien-être des générations futures.

Sans tomber dans le protectionnisme à outrance, ni moraliser vos modes de consommation, voici comment favoriser l’achat de produits locaux et de saison, et devenir un parfait locavore !

Anne-Sophie Novel est Lire la suite

Le 7 avril – Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau

arnanermad.overblog.com, NC, le 7 mars 2010

Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau

Sujet : Re-voici Coline Serreau avec son nouveau film qui sort en France le 7 avril…

Sortie nationale au cinéma le 7 avril 2010

Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau

Des films catastrophes ont été tournés, des messages alarmistes lancés, ils ont eu leur utilité mais il faut désormais montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions de ceux qui inventent et expérimentent des alternatives. Dépassant la simple dénonciation d’un système agricole perverti par une volonté de croissance irraisonnée, Coline Serreau nous invite dans « Solutions locales pour un désordre global » à découvrir de nouveaux systèmes de production agricole, des pratiques qui fonctionnent, réparent les dégâts et proposent une vie et une santé améliorées en garantissant une sécurité alimentaire pérenne. Caméra au poing, Coline Serreau a parcouru le monde pendant près de trois ans à la rencontre de femmes et d’hommes de terrain, penseurs et économistes, qui expérimentent localement, avec succès, des solutions pour panser les plaies d’une terre trop longtemps maltraitée.

Pierre Rabhi, Claude et Lydia Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde, M. Antoniets en Ukraine… tour à tour drôles et émouvants, combatifs et inspirés, ils sont ces résistants, ces amoureux de la terre, dont le documentaire de Coline Serreau porte la voix. Cette série d’entretiens d’une incroyable concordance prouve un autre possible : une réponse concrète aux défis écologiques et plus largement à la crise de civilisation que nous traversons.

Oui, des solutions locales et des alternatives concrètes pour un meilleur partage des avoirs et des savoirs existent. Cinéaste à succès, Coline Serreau s’engage depuis toujours pour un monde plus juste et plus humain. La réalisatrice a démarré sa carrière en 1976 par un documentaire féministe et ponctue depuis sa filmographie de productions militantes. Loin d’un effet de mode, l’environnement, l’écologie et la décroissance constituent les fondements de sa personnalité et de son discours. En 1996, Coline Serreau nous invitait déjà à une réflexion écologique et sociale avec « La Belle Verte » pour dénoncer les méfaits d’une société de consommation délirante. La réalisatrice a entamé depuis une profonde réflexion sur la façon même d’exercer son travail. « Solutions locales pour un désordre global » film documentaire écologiste et engagé, est l’un des aboutissements artistiques et intellectuels de son parcours de cinéaste.

« Solutions locales pour un désordre global » est réalisé en partenariat avec l’association Colibris, mouvement pour la Terre et L’humanisme (pour en savoir plus sur Colibris, cliquez ici). L’association créée à l’initiative de Pierre Rabhi a réalisé un entretien avec Coline Serreau qui fait le bilan de ces trois ans de tournage : http://www.youtube.com/watch?v=Etp2_-eqVKU

Coline Serreau , à propos de sa collaboration avec Colibris : « Il faut aujourd’hui montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. Le film que nous réalisons se voudrait un objet Lire la suite

Enquête sur la BIOmania

lefigaro.fr, Sophie Roquelle, le 19 février 2010

Enquête sur la biomania

Alimentation, cosméto, mode, techno… la vague bio déferle sur la France, avec ses codes, ses tribus et ses rites. Enquête sur un phénomène de société devenu un vrai business.

Peut-être avez-vous échappé, mesdames, au cadeau écolo chic de cette Saint-Valentin 2010 : un ensemble lingerie en copeaux de pin recyclés. Ras surez-vous, ce n’est que partie remise car tout porte à croire que ces dessous «sexy et responsables» ont de beaux jours devant eux. Depuis octobre, la petite société qui les fabrique à partir de déchets d’élagage voit ses ventes plus que doubler. Un engouement que sa fondatrice, Sophie Young (1), explique notamment par «le désir de bio».

Plus rien n’arrête la biomania qui déferle sur la France ! Du panier bio au savon au lait de jument en passant par le tee-shirt en chanvre et les ordinateurs en bambou, tout le monde veut consommer bio. C’est d’ailleurs le seul secteur à avoir échappé à la crise l’an dernier. Selon le baromètre 2009 de l’Agence Bio, nous sommes 46 % à avoir mangé au moins une fois par mois un produit issu de l’agriculture biologique, contre 44 % en 2008 et 42 % en 2007. La tendance va se poursuivre puisqu’un quart des consommateurs de bio déclarent vouloir en faire encore plus cette année, tandis que 71 % envisagent de maintenir leurs achats. Autrement dit, les adeptes du bio ne se détournent pas, même s’ils sont encore une petite minorité (2,5 % des achats alimentaires).

Il a fallu attendre 2008 pour que le bio quitte le marché ultraconfidentiel des néo-babas cool, rurbains et autres bobos pour devenir un vrai business. Cette année-là, les ventes de l’alimentation bio explosent (+ 25 %), atteignant 2,6 milliards d’euros. Et selon les premières estimations, elles auraient à nouveau connu une croissance à deux chiffres l’an dernier. Incroyable quand on sait qu’un panier de produits bio est en moyenne 22 % plus cher qu’un panier équivalent de produits « conventionnels » ! Selon l’UFC-Que Choisir (2), qui a passé au scanner 120 000 prix alimentaires dans près de 1 800 magasins, l’écart est encore plus important (57 %) si l’on compare notre panier bio avec un panier de marques distributeur.

L’autre grande nouveauté est que le bio sort de la table et envahit tout le champ de la consommation : déco, textile, high-tech… En témoigne le développement de l’enseigne Ekyog et de son «univers du doux-être» – vêtements et cosmétiques bio – créés par un couple de jeunes Rennais.

Les experts mettent en garde contre tout emballement. Le bio reste un marché de «niche» : à terme, il ne devrait guère dépasser les 10 à 15 % de la consommation alimentaire. Mais c’est un marché rentable, très rentable même. Les bio-consommateurs sont souvent issus «des classes moyennes supérieures», explique la sociologue Michelle Dobré (3), qui précise : «C’est bien plus une question de ressources culturelles que financières : le pratiquant intellectualise, il est critique sur sa consommation

Tout le monde veut aujourd’hui sa part du gâteau bio. A commencer par la grande distribution qui, selon l’UFC-Que Choisir, «a intégré ce Lire la suite

Agriculture – Paris prêt à bouger sur l’Europe verte, selon Bruno Le Maire

rmc.fr, Avec Gus Trompiz, édité par Gilles Trequesser, le 17 février 2010

Paris prêt à bouger sur l’Europe verte, selon Bruno Le Maire

PARIS (Reuters) – La France est prête à faire preuve d’audace sur la réforme de la Politique agricole commune pour peu qu’elle débouche sur des perspectives d’avenir et de revenus pour les agriculteurs, a dit mercredi Bruno Le Maire.

Le ministre français de l’Agriculture n’aborde pas les discussions sur le budget de l’UE après 2013, et donc de la première politique commune européenne, comme l’a souvent fait la France dans le passé, défendant derrière une ligne Maginot une Europe verte dont elle est la principale bénéficiaire.

« La France est prête à bouger, à faire preuve d’audace, à faire preuve de mouvement« , a-t-il déclaré dans une interview à Reuters. « La France n’est pas dans une position figée. »

Pour l’étoile montante du gouvernement de François Fillon qui, à 40 ans, a connu une ascension fulgurante sans renier son amitié avec l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, rival de Nicolas Sarkozy, un système qui fait que le prix de vente est inférieur aux coûts de production doit être changé.

« Le modèle n’est plus le bon« , a-t-il dit.

La négociation-clé de l’Union européenne, qui se déroule tous les sept ans et provoque souvent des psychodrames internes, commence selon lui sous de meilleurs auspices que dans le passé.

« Je suis persuadé que nous trouverons un accord. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir politique européen« , a-t-il dit.

LES LIBÉRAUX ALLEMANDS CHANGENT LA DONNE

Le temps où l’Europe verte, qui absorbera en 2010 45% des 123 milliards d’euros de budget de l’UE, était considérée comme un dinosaure voué à la disparition est d’après lui révolu.

L’incertitude sur la capacité à nourrir la planète en 2025, des phénomènes comme le rachat des terres agricoles par des pays riches dans le tiers monde, la déstabilisation d’un certain nombre de pays par les émeutes de la faim et les déplacements de populations rurales vers les villes prouvent sa nécessité.

Vingt-deux pays européens se sont en outre mis d’accord en décembre dernier à l’instigation de la France sur quelques grands principes qui assureraient la pérennité d’une Pac modifiée, même si cinq pays manquent à l’appel — Malte, Danemark, Pays-Bas, Suède et, surtout, Royaume-Uni.

Mais Bruno Le Maire sait qu’il se heurtera à forte opposition et prévoit des négociations « longues et difficiles ».

Grand connaisseur de la politique allemande, parfait germanophone, il n’ignore pas que la situation a changé en Allemagne avec l’arrivée dans la coalition avec les chrétiens-démocrates des libéraux, qui ont toujours voulu rogner les ailes de la Politique agricole commune.

« L’Allemagne a changé en matière agricole, cela, chacun doit en avoir conscience », a-t-il souligné.

Alors que tous les pays, dont l’Allemagne, font la chasse aux dépenses pour Lire la suite

La réduction des pesticides ne se fera pas sans une révolution des pratiques

actu-environnement.com, Sophie Fabrégat, le 28 janvier 2010

La réduction des pesticides ne se fera pas sans une révolution des pratiques

Menée par l’INRA dans le cadre du plan Ecophyto 2018 qui vise à réduire l’usage des produits phytosanitaires, l’étude Ecophyto R&D évalue les techniques et les pratiques pour dessiner des scénarios réalistes de réduction progressive des substances

Avec 76.000 tonnes de substances actives vendues par an, la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial. L’utilisation régulière de ces produits a des conséquences néfastes pour l’environnement et la santé. En 2007, selon le MDRGF (Mouvement pour les droits et le respect des générations futures), 52,1 % des fruits et légumes (contre 45 % en 2006) contenaient des résidus de pesticides en France, avec 7,6 % de dépassement des limites maximales en résidus (LMR) contre 6 % l’année précédente. Les produits phytosanitaires sont soupçonnés d’être cancérigènes et perturbateurs endocriniens…

Pourtant, les pratiques intensives, qui utilisent près de 50 % de pesticides en plus que la moyenne française ont des gains de production modérés (5 % pour les grandes cultures).

Le Grenelle de l’environnement a pointé du doigt l’usage intensif de pesticides dans les cultures françaises. Les recommandations ont abouti à la mise en place du plan Ecophyto 2018 qui vise une réduction de 50 % des produits phytosanitaires d’ici huit ans  »si possible » et le retrait progressif du marché des produits contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes. Mais les moyens à mettre en œuvre pour réaliser cet objectif n’ont pas réellement été définis. L’étude Ecophyto R&D, commandée à l’INRA par les ministères en charge de l’Agriculture et de l’Environnement, visait à préciser les contours de la mise en œuvre de cet objectif. Les différentes cultures françaises et les pratiques inhérentes à ces cultures ont été étudiées sur l’année 2006 afin de pouvoir dessiner différents scénarios réalistes de réduction progressive des substances actives.

Les grandes cultures et la vigne, grandes consommatrices de pesticides

Selon le Réseau d’information comptable agricole, sur les 25,4 millions d’hectares de surface agricole cultivée (SAU) des exploitations, 14,4 millions consomment 96 % des pesticides (11,7 millions d’ha correspondent à la jachère ou aux surfaces toujours en herbe). En 2006, la pression pesticide globale en France incombe à 67 % aux grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux, betteraves, pommes de terre…). La viticulture représente 14 % de la pression alors qu’elle ne constitue que 3,3 % de la SAU. De plus, cette production peut donner lieu à des pressions locales fortes, tout comme l’arboriculture (5 % de la pression pesticide) et l’horticulture (5 %). La pression varie selon les cultures : la pomme de terre et le colza sont très consommateurs de substances actives contrairement à la culture du tournesol, la pomme de table est le fruit qui nécessite le plus une assistance chimique (36 traitements) contre 2 à 5 pour les kiwis.

Alors que les zones herbagères sont les régions où la pression pesticide est la plus faible, les régions de grandes cultures (nord de la France), les régions spécialisées dans les cultures fruitières (Vallée du Rhône et sud-Ouest notamment) et les zones pratiquant l’horticulture et les légumes en plein champ (ceinture parisienne, Bretagne, Provence, Landes) sont fortement impactées. Les vignobles sont les plus touchés par la pression pesticide.
Grandes cultures : des progrès plus ou moins importants selon les cultures

Près de 30 % des parcelles de grandes cultures utilisent Lire la suite

Pierre Rabhi : L’Autonomie… Le temps de l’insécurité créative est venu

pierrerabhi.org, Pierre Rabhi, le 8 février 2008

L’Autonomie… Le temps de l’insécurité créative est venu.

L’écologie une grande leçon d’autonomie

Le terme « autonomie » suggère une organisation, une situation fondée sur la non dépendance. Celle ci nécessite une détermination, une volonté et des actes pour lui donner réalité. Elle concerne aussi bien un individu, qu’un groupe d’individus ; elle a trait également à un état intérieur, à la subjectivité humaine.

L’autonomie s’applique à des domaines très divers comme le territoire, la nation, la politique, l’économie… Traitée d’une façon exhaustive, cette question nous entraînerait trop loin. Pour éviter toute confusion, nous nous bornerons par conséquent à quelques considérations en rapport avec notre engagement pour la Terre et l’Humanisme. D’une façon générale, l’autonomie s’inscrit dans un contexte qui lui donne sa raison d’être, qui la détermine : on est autonome à l’égard de quelque chose. L’écologie bien comprise est, par excellence, une grande leçon d’autonomie. Elle est fondée sur l’interdépendance des règnes et des espèces. Chaque espèce garde sa spécificité propre mais ne peut survivre sans relation avec les autres espèces. La rupture de cette relation génère la sclérose, une dévitalisation qui, faute de la circulation des énergies vitales, peut aller jusqu’à la mort. Ainsi, paradoxalement, l’interdépendance des espèces a pour finalité et résultat l’autonomie de la totalité d’un écosystème. En préconisant, par exemple, la fertilisation de la terre par de la matière organique, issue des déchets végétaux et animaux habituellement gratuits et transformée en humus, l’agroécologie que nous essayons de propager le plus largement possible respecte le cycle des échanges entre la terre, le végétal, l’animal et l’humain, avec bien sûr tous les éléments et conformément aux règles établies par la vie depuis les origines. L’agroécologie concilie ainsi la nécessité de s’alimenter avec l’indispensable intégrité et pérennité de la dynamique du vivant. Elle est donc facteur d’autonomie. A contrario, l’usage des engrais chimiques, des pesticides de synthèse coûteux à produire (il faut environ trois tonnes de pétrole pour la production d’une tonne d’engrais), est facteur de dépendance ; par leur constitution, ces produits détruisent la dynamique en question. Car cela introduit dans le cycle comme des « corps étrangers » que le métabolisme du sol ne peut ni générer, ni recycler. Le principe élémentaire biologique s’applique à tous les domaines de la vie. La planète Terre est dans sa totalité régie par cette intelligence. Bien qu’elle fût à l’origine peuplée par des créatures innombrables, cela ne s’est jamais traduit sur la biosphère par l’épuisement des ressources. La sphère terrestre dépend bien entendu des énergies cosmiques directes et indirectes – soleil, énergies subtiles -, et probablement de cette mécanique céleste qui nous fascine tant. L’espace écologique est par conséquent infini et notre planète exalte en quelque sorte cette intelligence qui, avec la diversité, la complexité illimitée, crée de la vie et de l’autonomie dans la pérennité et la continuité. C’est une des raisons pour lesquelles la planète terre est un miracle et un prodige inégalable de l’intelligence de la vie. Il y a là un phénomène grandiose digne de toute notre admiration. L’autonomie de la planète se fonde également sur le non gaspillage. La nature n’a pas de poubelle parce qu’elle ne crée pas de déchets. Cette loi est exprimée par le fameux « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Cette logique inspire la réflexion de l’écologie d’aujourd’hui pour le durable et le reproductible. Cependant, on a tendance à confondre l’autonomie et l’autarcie. On peut définir cette dernière comme un système clos qui prétend suffire à tous ses besoins sans échange avec l’extérieur. Et cela va à l’encontre de l’autonomie telle que la nature nous en donne le principe. Il s’agit donc d’une enclave dans un ordre global, du rejet de tout le contexte dans laquelle elle s’inscrit. Cette option contre nature devient trop souvent le terreau du sectarisme avec le repliement sur une idéologie ou un principe métaphysique qui ne souffre aucun échange ni aucune remise en cause. Les extrémismes ne sont rien d’autre qu’une conviction pathologique de détenir la seule vérité qui soit. Biologiquement, l’autarcie poussée à l’extrême est facteur de dégénérescence. Les anthropologues ont parfois découvert des communautés humaines dites « isolats » qui, faute d’échange avec les populations extérieures, cumulaient les tares par consanguinité et avec un appauvrissement génétique chronique s’acheminaient vers l’extinction. Que ce soit dans l’espace psychique ou physique, il semble que tout confinement va à l’encontre de la dynamique de la vie. Toujours en référence à notre pratique agroécologique, nous faisons une grande distinction entre l’aérobie et l’anaérobie. Un compost aéré donne une matière humique, fermentée et bénéfique ; un compost confiné donne une matière putride et toxique. Les deux principes contraires, autonomie et autarcie, que nous avons essayé d’élucider, devraient nous éclairer pour construire un futur autonome qui s‘avère indispensable pour la survie de notre espèce.

Le hiatus du « pétrolitique »

Cependant, cette nécessité d’autonomie sera mise en échec si nous ne prenons pas en compte, pour nous en affranchir, certains mythes fondateurs de la modernité particulièrement destructeurs d’autonomie. Depuis la révolution industrielle nous avons affaire, pour le meilleur et le pire, à un modèle dominant hégémonique à l’échelle planétaire. Ce modèle, nous le constatons clairement aujourd’hui, repose sur l’option la plus absurde, dépendante et dispendieuse que l’humanité ait imaginé. Cela a donné une civilisation technico-scientifique productiviste et marchande, dont la survie dépend essentiellement d’une matière combustible nauséabonde exhumée des entrailles de la terre, où elle sommeillait depuis des millénaires. Compte tenu de la gigantesque chaotisation qu’elle a provoquée dans l’histoire de l’humanité et de la nature, nous aurions été plus avisés de la laisser où elle était. Car elle est responsable d’un hiatus gigantesque dans le processus de la vie. Avec la thermodynamique, nous sommes entre Prométhée et Vulcain dans la civilisation de la combustion énergique à des fins d’efficacité, de vitesse… La voiture comme l’un des symboles du miracle de la rationalité industrielle chargée de phantasmes – évasion, liberté, emblème social -, est justement l’une des inventions faite du cumul de critères irrationnels. Une analyse objective nous permet de constater que nous avons affaire avec la voiture à un outil qui pèse en moyenne une tonne et demi pour déplacer des individus de plus ou moins 80 kilos. 80% du combustible destiné à le faire se mouvoir servent à produire de la chaleur et à permettre aux usagers de se gazer mutuellement et d’intoxiquer l’atmosphère. Cet outil a inspiré un mode d’organisation de l’espace de vie basé sur la dispersion avec un habitat éloigné des lieux de travail, de commerce, d’éducation… qui ne peut plus fonctionner sans lui. Il pèse lourdement Lire la suite

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au pic du pétrole

internationalnews.fr, Megan QUINN, le 5 mars 2006

Comment Cuba a survécu au Peak Oil

Cuba Solidarity Project

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au peak oil

Traduction « à Cuba, on n’a pas de pétrole, mais on a la Révolution » par CSP Diffusion autorisée et même encouragée Merci de mentionner les sources (de pétrole)

From TheWilderness.com 26 février 2006.

A l’Organiponico d’Alamar, un projet agricole communautaire, un collectif de travailleurs gère une grande ferme urbaine, un marché et un restaurant. Les outils manuels et la main d’œuvre ont replacé les machines consommatrices de pétrole. Les engrais sont produits par des vers de terre et le compostage. L’eau est économisée par un système irrigation au goutte-à-goutte et la communauté est approvisionnée par toute une variété de produits sains.

Dans d’autres communautés à la Havane, où la pénurie de terrains se fait sentir pour mener des projets d’une telle ampleur, les habitants ont crée des jardins sur des terrains de parking et ont planté des légumes sur les toits des maisons et dans les patios.

Depuis le début des années 90, le mouvement d’agriculture urbaine a balayé toute l’île, et la capitale est sur le point d’assurer son autosuffisance alimentaire.

Un petit groupe d’Australiens a participé à ces efforts et s’est rendu sur l’île en 1993 pour enseigner les techniques de permaculture, un système basé sur l’agriculture durable beaucoup plus économe en termes de consommation d’énergie.

Cette nécessité d’introduire l’agriculture au cœur des villes a commencé à la chute de l’Union Soviétique et la perte pour Cuba de plus de 50% des importations de pétrole, d’une bonne partie de ses aliments et de 85% de ses échanges économiques. Les transports furent paralysés, la faim fit son apparition et le cubain moyen perdit environ 15 kgs. (30 livres – ndt)

« En réalité, lorsque tout a commencé, ce fut par nécessité. Les gens ont commencé à cultiver des légumes là où ils pouvaient » explique un guide à l’équipe venue tourner un documentaire en 2004 pour montrer comment Cuba avait survécu à la pénurie de pétrole.

Cette équipe était composée, entre autres, de membres de The Community Solution (la Solution Communautaire), une ONG basée à Yellow Springs, Ohio, qui dispense des formations sur le pic pétrolier (peak oil) – le moment où la production mondiale de pétrole entamera son irréversible déclin. Certains analystes pensent que le phénomène pourrait se produire dans les dix prochaines années, ce qui donnerait à Cuba le statut d’un modèle à suivre.

« Nous voulions découvrir ce qu’il y avait chez le peuple cubain et la culture cubaine qui leur permettait de survire en ces temps si difficiles », dit Pat Murphy, directeur exécutif de Community Solution. « Cuba a beaucoup à nous montrer sur la manière de gérer la crise énergétique. »

La pénurie de pétrole n’a pas transformé uniquement l’agriculture cubaine. Le pays s’est aussi tourné vers de petites unités d’énergies renouvelables et a développé un système de transports publics économe, tout en préservant son système de santé par une politique de prévention et l’application de solutions locales qui permet d’économiser les faibles ressources.

L’époque qui a suivi la chute de l’Union Soviétique est connue à Cuba comme la Période Spéciale. Cuba perdit Lire la suite

Eco-développement – Villes en transition, l’expérience anglaise : Pour des villes moins dépendantes du pétrole

salades-nicoises.net, NC, le 4 janvier 2010

[Article plus complet sur le site d’origine]

Eco-développement : Villes en transition, l’expérience anglaise

Pour des villes moins dépendantes du pétrole

Voir en ligne : http://villesentransition.net

La dépendance de notre société au pétrole est grossièrement sous-évaluée. Un pétrole peu cher a entrainé des bouleversements énormes dans notre mode de vie ces trente derniéres années (nourriture, travail, mobilité, loisirs). Les trente prochaines seront source d’encore plus de changements a notre vie quotidienne.

40 % de notre nourriture est importée. Légumes, fruits et blé le sont a 85 %. Cette dependance sur des produits venus d’aussi loin n’est pas sans risque et a la merci de beaucoup d’aléas. Tout repose sur une chaine d’approvisionnement de plateformes logistiques régionales travaillant en flux tendu, avec peu de réserves et de lieux de stockage, par rentabilité financière. Une menace d’interruption de la chaine met tout de suite en péril l’approvisionnement alimentaire de la population, pouvant entrainer de graves pénuries, puis des troubles etc.

En 2000 durant la greve des routiers en Grande Bretagne, le patron de Sainsbury’s (l’equivalent du group Carrefour chez nous) a contacté dans l’urgence le premier ministre Tony Blair pour l’alerter que les reserves de nourriture de premiére necessité seraient epuisées en quelques jours.

Les supermarchés rationnerent pain, sucre et lait.

Aujourd’hui les réserves mondiales de matiéres alimentaires de première necessité sont au plus bas suite a plusieurs années de mauvaises récoltes et leur prix s’envole faisant l’objet d’une frénésie speculative par la communauté financiére. Cette année de nombreux pays exportateurs ont cessé de l’etre afin d’assurer leur propre souveraineté alimentaire ***.

Le pic pétrolier * c’est pour 2020 estime Fatih Birol économiste en chef de l’Agence Internationale de l’Energie **, les reserves mondiales ont passé un cap, le déclin de la production de pétrole est inéluctable.

En réponse à la double pression du pic pétrolier* et du changement climatique, quelques communes pionnières au Royaume Uni, en Irlande et ailleurs ont adopté une approche fédératrice et globale pour réduire leur bilan carbone et mieux se préparer aux bouleversements qui accompagneront le déclin de la production de pétrole dans les dix ans a venir.*

De la dépendance au pétrole à la résilience des communautés

Bristol (population 416 000 habitants) a été la première grande ville a financer une étude d’impact sur la vie locale ( transport, nourriture, santé, energie, economie, services publics etc) en cas de pic petrolier* et a en tirer des conclusions ( recherche d’autosuffisance alimentaire, relocalisation) pour preparer l’aprés-pétrole.

Bristol en Transition la première initiative d’échelle urbaine, met en réseau, inspire, forme, favorise et soutient les initiatives a l’echelle locale des quartiers et villages – Redland en Transition, Withywood en Transition, etc. – dans leurs propres Initiatives de Transition.

« Les villes en transition sont une manière concrète pour les individus d’agir sur le climat et le défi du pic du pétrole ». C’est ce qu’on appelle un « grassroots movement » mouvement d’autonomisation ** partant de la base, inversant la pyramide decisionnelle.

*Pic pétrolier

*************

Le pic pétrolier c’est en 2020, estimait Fatih Birol économiste en chef de l’Agence Internationale de l’Energie dans son rapport annuel 2008

(Créée en 1974 suite au premier choc pétrolier, l’AIE Lire la suite

ARCACHON. Les huîtres seront désormais soumises à un test chimique

sudouest.com, Chantal roman, le 2 Janvier 2010

ARCACHON. Les huîtres seront désormais soumises à un test chimique

Le test de la souris a vécu

Les douze coups de minuit de l’année 2010 n’avaient pas encore sonné, jeudi soir, que déjà tous les ports ostréicoles étaient au courant : le fameux test souris était abandonné au profit du test chimique. Autant dire que les voeux de bonne année, envoyés par textos de cabane en cabane, ont tous salué la bonne nouvelle. Une mesure appliquée, bien évidemment, à tout le littoral français, mais qui réjouit avant tout le bassin d’Arcachon, dont les fermetures ont été récurrentes depuis cinq ans (lire ci-contre).

Olivier Laban, président de la Section régionale conchylicole, explique : « Nous avons eu la communication officielle par un courrier du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, daté du 31 décembre. Aussi ai-je voulu annoncer tout de suite la nouvelle aux collègues. Nous l’avons envoyée, par SMS, sur les téléphones portables, comme nous l’avons fait tout cet été lors de l’annonce des résultats des tests hebdomadaires. Ces fameux SMS qui terrorisaient la profession chaque semaine… »

Un grand ouf

Exit, donc, le test souris, contesté depuis des années par les ostréiculteurs ? « Il existera toujours, mais ne sera plus prédominant dans les décisions de fermeture des bassins ostréicoles, précise Olivier Laban. Ce seront les résultats des tests chimiques qui en décideront. Mais le maintien du bio test sur souris permettra d’être vigilant quant à l’apparition éventuelle de nouvelles toxines émergentes. » (1)

Dès ce mois de janvier, dans le cadre de la surveillance mensuelle des huîtres et des moules, c’est donc le test chimique qui servira d’indicateur. « Avec des prélèvements effectués le 16 janvier pour un résultat donné le 22 janvier », selon le président Laban.

On imagine volontiers que les ostréiculteurs ont poussé hier un grand ouf de soulagement. « Nous avions grand espoir, dit encore Olivier Laban. Bruno Le Maire avait réaffirmé à plusieurs reprises que le test chimique serait appliqué au 1er janvier, la France pouvant obtenir une dérogation dans le cas où ce nouveau test ne pourrait être validé à temps par les tous les pays européens. Mais voir enfin noir sur blanc la décision entérinée, c’est autre chose… Et nous allons pouvoir nous consacrer à des dossiers autrement essentiels pour le Bassin, à savoir le réensemencement des parcs ostréicoles afin de pallier le manque de stocks. »

« Le ministre a tenu parole »

Hier, Marc Druart, ancien président des ostréiculteurs, ne cachait pas non plus sa joie. Il faut dire qu’il avait démissionné de la présidence, n’en pouvant plus de se battre contre « des moulins à vent ». « Aujourd’hui, je suis heureux, dit-il. Et pour les ostréiculteurs, et pour Olivier Laban qui a repris le combat. Ce n’était pas facile. Il a fallu trois ministres, Dominique Bussereau, Michel Barnier et enfin Bruno Le Maire, pour arriver à obtenir le test chimique ! Et je dois dire que Bruno Le Maire est le seul à avoir tenu sa parole. Il a pris ses responsabilités, il a fait son boulot. »

Marc Druart garde cependant une amertume : « Je ne peux pas oublier l’annonce faite le 6 septembre 2006 par Dominique Bussereau à propos de deux personnes décédées « après avoir mangé des huîtres ». La suite a bien sûr innocenté les huîtres, nous n’en avions jamais douté, mais je l’avoue, j’en garde un souvenir très amer. Cela nous a fait très mal. À tous. »

(1) Le bio test consiste à injecter des extraits de glandes digestives de coquillages à des souris. Si deux souris sur trois meurent dans les vingt-quatre heures, les coquillages sont interdits à la vente.

La qualité des eaux en question

L’abandon du test de la souris ne va pas magiquement résoudre tous les problèmes du Bassin. Le plan d’eau subit les conséquences d’une pression démographique galopante. Entre 1999 et 2006, le Bassin a gagné 18 000 habitants, pour un total avoisinant désormais les 130 000. Plus d’habitants, c’est plus de rejets d’eaux usées, plus d’espaces bitumés et plus de ruissellement et de pollution dans le milieu marin.

La tendance se poursuit. Dans une note datée de 2008, les services de l’État estiment que le Bassin gagnera à ce rythme Lire la suite

Pourquoi le monde gaspille autant de nourriture

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 11 décembre 2009

Pourquoi le monde gaspille autant de nourriture

Et si, au lieu de chercher à augmenter la production agricole pour nourrir le monde, les hommes commençaient par cesser de gaspiller la nourriture ? Une étude, parue dans la revue scientifique PLOS One de novembre, démontre que, chaque année, 40 % de l’alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée. Ce gâchis entraîne la dilapidation d’un quart de l’eau douce consommée annuellement dans le pays (utilisée pour produire ces aliments) et de l’équivalent en énergie de 300 millions de barils de pétrole par an. Ces données confirment des estimations antérieures du gaspillage alimentaire dans les pays développés, évalué de 30 % à 40 % des denrées.

Le phénomène touche également les pays en développement. Les chiffres sont discutés, mais les pertes atteindraient entre 10 % et 60 % des récoltes, en fonction des produits agricoles. « La pensée dominante veut que pour répondre au doublement de la demande alimentaire dans les décennies à venir, il faut augmenter la production, affirme Jan Lundqvist, directeur du comité scientifique du Stockholm International Water Institute (SIWI). Il serait plus rationnel de chercher d’abord à réduire le gaspillage. Celui-ci conduit à une dilapidation de ressources qui se font de plus en plus rares, notamment l’eau. »

Pour aboutir à leur estimation du gaspillage outre-Atlantique, des physiologistes de l’Institut national de la santé américain ont calculé la différence entre les quantités de nourriture disponibles dans le pays et la consommation des habitants, estimée à partir de l’évolution de leur poids moyen.

Résultat : en 1970, chaque Américain absorbait en moyenne 2 100 calories par jour, tandis que la nourriture disponible par personne équivalait à 3 000 calories. Aujourd’hui, ces chiffres atteignent respectivement 2 300 et 3 800 calories. Dans l’intervalle, le poids moyen a augmenté de 10 kg. « La différence entre les deux chiffres correspond aux quantités jetées, explique Kevin Hall, responsable de l’étude. Elles s’élevaient à un peu moins de 30 % de l’alimentation disponible en 1970, contre 40 % aujourd’hui. »

Dans les pays riches, l’essentiel des pertes a lieu « en bout de chaîne ». La distribution rejette une partie des produits en fonction de critères esthétiques, et applique des marges de sécurité importantes sur les dates limites de consommation. Mais des pertes considérables ont également lieu dans la restauration collective et… dans les cuisines des particuliers.

Une étude détaillée du contenu des poubelles en Grande-Bretagne, parue en novembre 2009, estime que 25 % des aliments achetés par les ménages sont jetés. On trouve dans les détritus, par ordre d’importance, des légumes frais et des salades, des boissons, des fruits, des produits de boulangerie, de la viande et du poisson… Selon WRAP (Waste and resources action programme), l’organisme public qui a mené l’enquête, l’essentiel de ce gaspillage est évitable : soit Lire la suite

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

prix-pinocchio.org, communiqué, le 25 novembre 2009

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

Les Amis de la Terre ont décerné hier soir à Paris les prix Pinocchio du développement durable 2009, sur la base des votes des internautes. Cette année, les lauréats sont Bolloré dans la catégorie « droits humains », Total dans la catégorie « environnement » et EDF dans la catégorie « greenwashing ».

Dans la catégorie « droits humains », c’est le groupe Bolloré qui a reçu le prix avec 35 % des votes pour les conditions de travail déplorables des travailleurs dans les plantations d’huile de palme de sa filiale Socapalm (Cameroun), dont elle est actionnaire majoritaire.

Le groupe Total a quant à lui reçu le prix Pinocchio dans la catégorie « environnement » avec 29 % des votes de cette même catégorie. Les internautes condamnent la multinationale française pour son implication dans le méga-projet pétrolier Kashagan (Kazakhstan), qui s’annonce comme une catastrophe environnementale et sanitaire. Ce cas illustre le double discours du groupe qui, loin de l’image moderne et éthique qu’il cherche désespérément à se donner, continue à investir massivement dans des projets fossiles polluants et archaïques.

Pour le « greenwashing » enfin, c’est EDF qui remporte le prix avec 42 % des votes de cette catégorie pour sa récente campagne de communication « Changer d’énergie ensemble » qui a coûté plus cher que les dépenses du groupe en recherche et développement dans les énergies renouvelables. Ces dernières ne représentent elles-mêmes qu’une part infime du chiffre d’affaires du groupe par rapport au nucléaire.

Les Amis de la Terre organisent chaque année les Prix Pinocchio du développement durable pour dénoncer le bilan désastreux de grandes multinationales, en termes économiques, environnementaux ou sociaux. Les multinationales, toujours aussi peu encadrées, ont de plus bénéficié de financements publics sans précédent pour éviter de pâtir de la crise et ce sont les contribuables et les salariés qui doivent assumer les coûts.

Pour Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, « malgré les beaux discours, les multinationales continuent à faire ce qu’elles veulent sans être inquiétées, en s’en tenant à des accords volontaires dont l’inefficacité est flagrante. Dans la crise systémique actuelle, il est plus que jamais temps que les décideurs prennent leurs responsabilités et mettent enfin en place des lois contraignantes. Il n’est plus admissible que les intérêts privés des multinationales continuent à primer sur l’intérêt général, l’avenir de la planète et le bien-être de ses habitants ».

Les résultats des votes détaillés par catégorie sont accessibles sur Lire la suite

Nanotechnologies : s’informer, s’exprimer… et après ?

lemonde.fr, Jean-Marc Manach, le 6 novembre 2009

Cet article a été publié originellement sur Internetactu.net.

Nanotechnologies : s’informer, s’exprimer… et après ?

A peine lancé, le débat public sur les nanotechnologies, intitulé Je m’informe, je m’exprime, censé éclairer l’Etat sur « l’organisation du contrôle et du suivi des nanomatériaux, la caractérisation de l’exposition et l’évaluation de la toxicité sur l’homme et les écosystèmes, l’information et la protection du travailleur et du consommateur, les modalités de soutien à la recherche et aux innovations dans ce domaine », fait déjà polémique.

Le collectif Pièces et Mains d’Oeuvre, connu pour ses enquêtes, analyses, ses actions d’éclat et son refus critiques des nanotechnologies, refuse ainsi de participer à ce qu’il qualifie de campagne nationale d’acceptabilité des nanotechnologies destinée à “vaincre la méfiance de citoyens- consommateurs échaudés par trop de scandales techno-industriels : amiante, vache folle, OGM” (voir aussi Aujourd’hui le nanomonde, site qu’ils consacrent à cette opération).

Rappelant avec ironie que pour Paul Valéry “La politique est un mécanisme qui sert à empêcher les gens de prendre part à ce qui les concerne directement“, Dorothée Benoit-Browayes, déléguée générale de l’association Vivagora et auteure de Le Meilleur des nanomondes, estime pour sa part qu’il s’agit là d’un « vaste chantier dans un paysage pourtant déjà bien construit », et d’ores et déjà financé, à concurrence de plusieurs centaines de millions d’euros, par le gouvernement français :

« Alors que les dés sont largement lancés en France comme dans le monde, un tel processus de discussions sera-t-il en mesure de faire changer d’opinion les sceptiques qui sont légions ?

De quoi sera-t-il question tout au long de ces débats ? De technique ou de politique ? On peut craindre que l’explication cache la forêt, la plupart des Français n’ayant jamais entendu parler de ces nanoobjets. Difficile de débattre sur un tsunami resté invisible. Les nanotechnologies – qui désignent les interventions sur la matière pour réarranger ses briques élémentaires ou atomes – déferlent en effet depuis dix ans sur le marché sans crier gare. »

UN DÉBAT MORT-NÉ ?

Dimitri Granger, professionnel des relations publiques et blogueur sur Pr2Peer, blog consacré à “la communication corporate à l’âge de la mise en réseau des hommes et des idées” se demande quant à lui si, à peine lancé, le débat public ne serait pas mort-né :

« Si l’initiative semble louable et pleine de bonnes intentions, les objectifs paraissent Lire la suite

Le réchauffement pourrait coûter très cher à la France

lefigaro.fr, Marielle Court, le 6 novembre 2009

Le réchauffement pourrait coûter très cher à la France

Sécheresse, inondations de zones côtières, etc. : le surcoût se chiffrerait à plusieurs milliards d’euros par an.

Déficit en eau, impact sur la forêt, nécessaire évolution du tourisme, risque de submersion… À l’heure où tous les yeux sont braqués sur Copenhague dans l’espoir d’un grand accord international sur le climat, la France se penche sur son territoire. Objectif : mesurer chez nous les effets et le coût du changement climatique pour les vingt ou cinquante ans à venir. Et le constat est sans surprise : bien que pour certains secteurs «on observe des coûts et des opportunités… On peut s’attendre à un impact global négatif», précise l’Onerc (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) qui vient de remettre son travail à Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Écologie. L’Observatoire, qui a pratiqué plusieurs chiffrages, évoque, selon qu’il s’appuie sur un scénario optimisme ou pessimiste du Giec (Groupe d’experts sur le climat), une charge financière supplémentaire de plusieurs milliards d’euros par an. Les quelque 200 spécialistes qui ont travaillé durant deux ans sur ce document ont abordé la question par grands secteurs sur la base d’une situation économique constante.

• Raréfaction des ressources en eau

Si la demande en eau reste identique, le déficit sera de 2 milliards de m3 par an (sur 32 milliards de m3). Les zones les plus touchées seront les mêmes qu’actuellement, à commencer par le grand Sud-Ouest. Une multiplication des conflits d’usage est à craindre entre agriculteurs, industriels et particuliers. Les agriculteurs sont les plus gros utilisateurs (48 % de la consommation totale).

• Des risques naturels accrus

Certaines régions sont en première ligne avec la montée du niveau de la mer. Dans le seul Languedoc-Roussillon, des milliers de logements sont concernés avec un coût évalué à plusieurs dizaines de milliards d’euros. De même, les dégâts causés par la sécheresse aux maisons construites sur des sols argileux devraient faire passer le coût des réparations de 220 millions d’euros par an à 700 millions, voire 1,3 milliard d’euros, selon les scénarios les plus noirs d’ici 2100.

• Des coûts indirects en matière de santé

Les impacts potentiels sur la santé n’ont pas été évalués. Ils pourraient être considérables étant donné que la valeur des années de vie perdues du fait de la canicule de 2003 a été chiffrée à 500 millions d’euros. La seule augmentation de consommation de psychotropes après l’inondation du Gard en 2002 a représenté une charge supplémentaire de 245 euros par personne concernée.

• Les saisons touristiques chamboulées

À l’horizon 2100, l’attractivité touristique de la France pourrait diminuer en été et en hiver. Dans un cas en raison de trop fortes chaleurs, dans l’autre, faute d’un bon enneigement. Pour les sports d’hiver, Lire la suite

Débat public sur les nanos le 3 novembre à Bordeaux : Process industriels, nanotechnologies et protection des travailleurs

debatpublic-nano.org, communiqué, le 19 octobre 2009

Nanotechnologies : s’informer et donner son avis en ligne

Bordeaux le 3 novembre 2009 – Process industriels / Nanotechnologies et protection des travailleurs

Les thématiques qui seront abordées :

1/ Sujets techniques en lien avec les activités locales : Nanotubes de carbone et applications / Santé

2/ Thématiques générales : Process industriels / Nanotechnologies et protection des travailleurs

19 h 30 – L’Athénée Municipal – Salle Joseph Wresinski

Place Saint Christoly – 33000 Bordeaux

En application des engagements adoptés à l’issue du Grenelle de l’environnement, un débat public sur les nanotechnologies est organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP) du 15 octobre 2009 au 24 février 2010. Chacun peut s’informer et participer au débat à partir du site « http://www.debatpublic-nano.org/« , ainsi qu’en prenant part aux 17 réunions thématiques organisées en régions.

Les nanotechnologies, sciences de l’infiniment petit, recouvrent de multiples domaines d’application : les technologies de l’information (possibilités de stockage accrues des nanomatériaux), les technologies médicales (implants bioactifs, aide aux tests par usage de puces à ADN, traitement ciblé de cellules malades, etc.), les écotechnologies (détection et neutralisation de micro-organismes et de pesticides par exemple), les technologies de l’énergie (économies d’énergie améliorées dans le transport), etc.

Si les nanotechnologies ouvrent de nombreuses perspectives, leur développement n’est cependant pas exempt de risques potentiels. Les débats devraient donc porter sur les perspectives socio-économiques du développement des nanotechnologies, mais aussi sur leurs enjeux sanitaires, environnementaux et éthiques.

Le site de la Commission Nationale du Débat public : http://www.debatpublic-nano.org/

Autres sites à visiter :

Les Amis de la Terre : Lire la suite

Fabrice Nicolino : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille »

bastamag.net, Agnès Rousseaux, le 16 octobre 2009

Industrie de la viande

Fabrice Nicolino : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille »

Inquiétante pour la santé humaine, menaçante pour la diversité des espèces, dangereuse pour le climat, l’industrie de la viande a échoué à résoudre le problème de la faim. C’est ce que démontre le journaliste Fabrice Nicolino dans un essai intitulé Bidoche. Il aurait très bien pu s’intituler « barbaque » ou « charogne »… Les Français mangent en moyenne, chaque année, 92 kg de chair fraîche, congelée ou stérilisée, une carne produite presque exclusivement par l’industrie. Autant dire que les questions soulevées par cette antithèse d’un livre de cuisine nous concernent tous, en tant que consommateurs et citoyens. Attention, l’interview qui suit peut pousser à devenir végétarien.

Quels sont réellement les risques sanitaires concernant la consommation de viande ?

Il faudrait être bien naïf pour croire qu’il n’y a pas d’impact pour l’homme à farcir les animaux d’antibiotiques, d’hormones, de tranquillisants, de stimulateurs d’appétit, de tout ce qui passe dans les mains des industriels. Nous sommes juste derrière dans la chaîne alimentaire. Nous ingérons forcément ce que mange le cheptel, on ramasse tout. Depuis une dizaine d’années, des études de plus en plus nombreuses montrent d’importantes concordances entre la consommation de viande et les maladies, comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, le cancer. L’Institut national du cancer (INCa) a lancé une alerte en février 2009 et a publié des chiffres inquiétants sur les risques liés à la consommation de viande rouge et de charcuterie [1]. Un ensemble de faits s’accumulent. On peut clairement dire aujourd’hui que manger de la viande attire des ennuis de santé.

La plus vaste des études jamais menée sur la nutrition, dirigée par l’éminent nutritionniste T. Colin Campbell, impliquant 500.000 personnes en Chine et aux États-Unis, a montré que le meilleur régime est très largement végétarien. Cela va à l’encontre de ce qui est raconté depuis des décennies, toute cette propagande en faveur de la consommation de la viande. C’est profondément enraciné dans esprit humain : la viande serait bonne pour la santé. C’est surtout un signe extérieur de richesse, le symbole d’un statut social.

Les contrôles sanitaires ne permettent-ils pas de diminuer les risques liés aux manipulations génétiques, à l’injection de substances, à la transformation des animaux en produits industriels ?

Que veut dire « contrôle sanitaire » quand il y a des milliers de points de vente ? Le business fait la loi. Il n’y a qu’à voir comment George Bush, et Reagan avant lui, ont choisi des industriels comme conseillers. Même si les contrôles avaient montré quelque chose, il y aurait eu blocage au niveau politique. Regardez comment Bush a fait peu de cas de l’Agence de protection environnementale (EPA), comment il l’a censuré. L’industrie de la viande est une industrie reine, enracinée dans l’histoire américaine. On ne peut pas espérer la contrôler efficacement aux États-Unis. En France, le nombre de contrôleurs est ridicule, ça n’a aucun sens.

Le problème n’est pas tant le contrôle que la production. Quand on voit qu’on est capable Lire la suite

L’impact du réchauffement en France se précise

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 26 septembre 2009

L’impact du réchauffement en France se précise

La France peut s’attendre à un impact globalement négatif du changement climatique, avec des coûts supérieurs à plusieurs centaines de millions d’euros par an dans les secteurs économiques qui n’auront pas pris des mesures d’adaptation suffisantes : telle est la conclusion du rapport sur « l’évaluation du coût des impacts du changement climatique et de l’adaptation en France », publié très discrètement, lundi 21 septembre, par l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), placé sous la tutelle du ministère de l’écologie.

Cette photographie de la France face au réchauffement nuance l’idée selon laquelle les pays tempérés peuvent se sentir relativement à l’abri. Certes, les enjeux ne sont pas comparables à ceux auxquels certains pays en développement seront confrontés, mais l’étude montre que la France aussi, devra faire un important effort d’adaptation si elle veut limiter les effets négatifs du réchauffement.

L’exercice de prospective de l’Onerc prend pour hypothèse que l’élévation des températures atteindra entre 3 °C et 4 °C à la fin du siècle. La répétition des événements climatiques extrêmes (canicules, tempêtes, inondations) ressort comme le risque majeur pour plusieurs secteurs comme l’agriculture, la forêt, ou la production d’énergie. Sans être encore en mesure de les quantifier avec précision, les auteurs mettent aussi en avant « l’existence de seuils au-delà desquels les impacts du changement climatique auront des conséquences graves voire irréversibles ».

Toutes les régions – ce n’est pas surprenant – ne seront pas logées à la même enseigne, mais il faudra aussi gérer l’inégalité des individus face au bouleversement climatique. « Les plus défavorisés seront probablement les plus affectés et le plus rapidement (…) les inégalités pourraient alors se creuser« , avertissent les auteurs. Le travail, destiné à éclairer les décideurs publics et privés, balaie tous les grands domaines sur lesquels le réchauffement aura le plus de prise.

Eau. A demande constante, la France pourrait connaître un déficit de 2 milliards de m3 par an pour satisfaire les besoins de l’industrie, de l’agriculture et de l’alimentation en eau potable à l’horizon 2050. Cela représente 13 % des besoins actuels. Les zones les plus touchées seraient les zones déjà concernées aujourd’hui par des déficits structurels comme le Sud-Ouest.

Agriculture. La hausse des températures serait globalement une bonne nouvelle si elle ne s’accompagnait pas d’une multiplication de pics climatiques et de tempêtes, de sécheresses et d’une grande variabilité d’une année sur l’autre. En prenant l’exemple du blé, l’étude arrive à la conclusion que la récurrence de canicules comparables à celle de 2003, « pourrait, en l’absence de mesures d’adaptation, représenter un coût annuel de plus de 300 millions d’euros » à l’horizon de la fin du siècle.

Il y aura également des gagnants et des perdants dans la viticulture. Avec des rendements en hausse pour Lire la suite

Enchaînement des crises et moyens d’en sortir

politique.eu, article paru dans POLITIQUE hors-série n°12, septembre 2009, Crises et sortie de crises, par François Houtart

Enchaînement des crises et moyens d’en sortir

L’effet de loupe médiatique sur les crises financière et climatique occulte d’autre crises en cours (alimentaire, sociale, énergétique), qui s’enchevêtrent. Cet empilement concoure à une crise générale de sens, de civilisation.

Quand 850 millions d’êtres humains vivent sous la barre de la pauvreté et que leur nombre augmente, quand chaque vingt quatre heures, des dizaines de milliers de gens meurent de faim, quand disparaissent jour après jour des ethnies, des modes de vie, des cultures, mettant en péril le patrimoine de l’humanité, quand le climat se détériore et que l’on se demande s’il vaut encore la peine de vivre à la Nouvelle Orléans, au Sahel, dans les Iles du Pacifique, en Asie centrale ou en bordure des océans, on ne peut se contenter seulement de parler de crise financière. Déjà les conséquences sociales de cette dernière sont ressenties bien au delà des frontières de sa propre origine : chômage, chèreté de la vie, exclusion des plus pauvres, vulnérabilité des classes moyennes et allongement dans le temps de la liste des victimes. Soyons clairs, il ne s’agit pas seulement d’un accident de parcours ou d’abus commis par quelques acteurs économiques qu’il faudra sanctionner, nous sommes confrontés à une logique qui parcourt toute l’histoire économique des deux derniers siècles De crises en régulations, de dérégulations en crises, le déroulement des faits répond toujours à la pression des taux de profit : en hausse on dérégule, en baisse on régule, mais toujours en faveur de l’accumulation du capital, elle-même définie comme le moteur de la croissance. Ce que l’on vit aujourd’hui n’est donc pas nouveau. Ce n’est pas la première crise du système financier et certains disent que ce ne sera pas la dernière.

Cependant, la bulle financière créée au cours des dernières décennies, grâce, entre autres, au développement des nouvelles technologies de l’information et des communications, a surdimensionné toutes les données du problème. L’économie est devenue de plus en plus virtuelle et les différences de revenus ont explosé. Pour accélérer les taux de profits, une architecture complexe de produits dérivés fut mise en place et la spéculation s’est installée comme un mode opératoire du système économique. Cependant, ce qui est nouveau, c’est la convergence de logique entre les dérèglements que connaît aujourd’hui la situation mondiale.

La crise alimentaire en est un exemple. L’augmentation des prix ne fut pas d’abord le fruit d’une moindre production, mais bien le résultat combiné de la diminution des stocks, de manœuvres spéculatives et de l’extension de la production d’agrocarburants. La vie des personnes humaines a donc été soumise à la prise de bénéfices. Les chiffres de la bourse de Chicago en sont l’illustration.

Gaspillage énergétique

La crise énergétique, quant à elle, va bien au-delà de l’explosion conjoncturelle des prix du pétrole. Elle marque la fin du cycle de l’énergie fossile à bon marché (pétrole et gaz) dont le maintien à un prix inférieur provoqua une utilisation inconsidérée de l’énergie, favorable à un mode de croissance accéléré, qui permit une rapide accumulation du capital à court et moyen terme. La surexploitation des ressources naturelles et la libéralisation des échanges, surtout depuis les années 1970, multiplia le transport des marchandises et encouragea les moyens de déplacement individuels, sans considération des conséquences climatiques et sociales. L’utilisation de dérivés du pétrole comme fertilisants et pesticides se généralisa dans une agriculture productiviste. Le mode de vie des classes sociales supérieures et moyennes se construisit sur le gaspillage énergétique. Dans ce domaine aussi, la valeur d’échange prit le pas sur la valeur d’usage.

Aujourd’hui, cette crise risquant de nuire gravement à l’accumulation du capital, on découvre l’urgence de trouver des solutions. Elles doivent cependant, dans une telle perspective, respecter la logique de base : maintenir le niveau des taux de profit, sans prendre en compte les externalités, c’est-à-dire ce qui n’entre pas dans le calcul comptable du capital et dont le coût doit être supporté par les collectivités ou les individus. C’est le cas des agrocarburants et de leurs conséquences écologiques (destruction par la monoculture, de la biodiversité, des sols et des eaux souterraines) et sociales (expulsion de millions de petits paysans qui vont peupler les bidonvilles et aggraver la pression migratoire).

Crise de civilisation

La crise climatique, dont l’opinion publique mondiale n’a pas encore pris conscience de toute la gravité, est, selon les experts du Giec |1|, le résultat de l’activité humaine. Nicolas Stern, ancien collaborateur de la Banque mondiale, n’hésite pas à dire que « les changements climatiques sont le plus grand échec de l’histoire de l’économie de marché ». En effet, ici comme précédemment, la logique du capital ne connaît pas les « externalités », sauf quand elles commencent à réduire les taux de profit.

L’ère néolibérale qui fit croître ces derniers, coïncide également avec Lire la suite

Santé environnementale: «La politique nationale est encore frileuse»

journaldelenvironnement.org, Sabine Casalonga, le 22 septembre 2009 

Santé environnementale: «La politique nationale est encore frileuse»

Joël Spiroux, médecin généraliste, membre du Criigen (1) explique sa vision du lien entre santé et environnement, à l’occasion du congrès européen sur les pathologies environnementales que l’Union régionale des médecins libéraux de Haute-Normandie (URMLHN) organise les 9 et 10 octobre à Rouen.

A quand remonte votre intérêt pour la santé environnementale ?

Technicien agricole avant de devenir médecin, je m’étais déjà beaucoup intéressé aux impacts des pesticides sur les milieux naturels. J’ai suivi une formation en écologie fondamentale puis j’ai passé, dans le cadre de mes études de médecine, un diplôme d’écologie humaine. En tant que praticien généraliste, j’observe depuis plus de 20 ans une augmentation des cancers, des troubles de la fécondité, des malformations néonatales et des pathologies respiratoires et allergiques.

Les médecins sont-ils suffisamment formés sur ce thème?

Non, d’ailleurs, les études de médecine n’intègrent pas cette discipline qui mérite pourtant d’être placée au carrefour de toutes les autres. Par ailleurs, dans les hôpitaux, en cas de pathologie lourde, cancer du sein par exemple, on ne prescrit aucun test pour détecter la présence de produits toxiques dans le sang. Cela permettrait pourtant de mieux cerner le lien entre polluants et certaines maladies. Il faut dire que la réalisation de ces tests en laboratoire a un coût très élevé.

Que pensez-vous des politiques actuelles en santé environnementale ?

La politique française est encore frileuse. La mise en place des Plans nationaux santé-environnement (PNSE I et II) est une très bonne chose, mais je regrette qu’ils ne prennent pas en compte la notion d’environnement dans sa globalité. Il faut en effet proposer une nouvelle définition de l’environnement. Einstein a dit que l’environnement, c’est «tout ce qui n’est pas moi». C’est une vision en accord avec celle de l’écologie fondamentale –la discipline scientifique à distinguer du courant politique. L’environnement peut se décliner en plusieurs catégories: biologique (tout le vivant, dont l’espèce humaine), physique (rayonnements), chimique (substances), sensoriel (bruit, odeurs), cognitif (culture, médias, éducation) socio-anthropologique (milieu social et culturel) et l’aspect comportemental qui en découle. L’homme s’est positionné comme s’il était extérieur à son environnement. Pourtant, le milieu de vie influence l’état de santé et peut entraîner des pathologies, comme il entraîne des dégâts sur l’écosystème.

Au-delà, il faudrait augmenter le nombre de toxicologues et développer les études de toxicité chronique et croisée (effet cocktail des substances). A l’échelle européenne, il existe quelques mesures intéressantes telles que le règlement Reach sur les produits chimiques, mais elles sont encore peu nombreuses. Les pays du Nord, l’Allemagne en particulier, sont toutefois plus avancés en termes de politique de santé environnementale.

Quelle est la part des pathologies environnementales ?

Jusqu’à très récemment, le cancer, première cause de mortalité en France, était imputé dans 30% des cas à des facteurs reconnus (tabac, alcool, etc.) et 1 à 2% à l’environnement, la majorité des cas n’étant pas expliqués. Or il est évident que l’environnement –tel que défini précédemment- contribue à ces 70% de cas de cancers pour lesquels on ne retrouve pas de cause exacte. Mais, Lire la suite

Le Livre Vert du Plan Climat Energie girondin est disponible en ligne

Conseil général de la Gironde, Communiqué, le 21 septembre 2009

Le Livre Vert du Plan Climat Energie girondin est disponible en ligne

Toute association et tout citoyen (e),  peuvent y émettre leurs observations ou répondre aux questions posées, en ligne, relatives aux thématiques suivantes :

– transport et planification urbaine

– habitat, bâtiment, éco-construction

– industrie et énergies renouvelables

– agriculture, viticulture et forêt

– prévention et valorisation des déchets

– littoral et tourisme

– précarité énergétique et santé

Pour accéder au livre vert Lire la suite

Jean Gadrey et Enrico Giovaninni – Rapport Stiglitz : accords et désaccords

planete-terra.fr, Karine Le Loët, septembre 2009

Rapport Stiglitz : accords et désaccords

Jean Gadrey et Enrico Giovaninni, deux économistes qui ont participé au travaux de la commission, divergent sur les recommandations du rapport Stiglitz visant à développer de nouveaux indicateurs pour mesurer la richesse des nations.

Terra eco : Que pensez-vous du rapport de la commission ?

Jean Gadrey : « C’est évidemment un événement à saluer. Un nombre important d’experts de renom a reconnu les fortes limites au PIB. C’est une victoire. J’ai néanmoins des réserves vis-vis de ce rapport. La méthode a laissé peu de place à la société civile. On a fait de l’expertise en chambre. La commission était composée à 90% d’économistes. Ce n’est pas la même chose que si on avait eu autour de la table WWF, les Amis de la Terre ou le réseau Alerte. Du coup, j’étais par exemple le seul à soutenir l’empreinte écologique, un indicateur qui, s’il a beaucoup de défaut, permet à mon sens de faire adhérer la population aux efforts environnementaux. Inversement dans le rapport final, on trouve une très forte domination des indicateurs monétaires de progrès. Le rapport propose par exemple l’adoption d’un indicateur de l’Épargne nette ajustée. C’est une mesure qui vise à transformer en monnaie le capital économique, humain ou les dégâts environnementaux. On met tout dans la même boîte et on pense que cet indicateur va mesurer le développement humain. C’est aberrant. On risque de se retrouver dans le même genre d’impasse qu’avec le PIB. Et de ne pas avoir à temps les bons signaux, notamment face au risque environnemental ! »

Enrico Giovaninni : « Nous n’avons pas trouvé le Saint Graal. Mais le rapport comporte trois points essentiels à mon sens. D’abord il montre un glissement essentiel de la production au bien-être. Ensuite, il reconnaît que les mesures subjectives sont aussi importantes que les mesures objectives. Et pas seulement pour mesurer le bonheur mais dans tous les domaines : santé, relations inter-personnelles… Enfin, il a mis au point une liste de domaines essentiels : l’éducation, la santé… qui pourront fournir un cadre à l’élaboration de nouveaux indicateurs. »

Vous êtes quand même arrivés à un consensus ?

Jean Gadrey : « Joseph Stiglitz a fait état du plaisir qu’il a eu à travailler au sein de cette Commission. Il a parlé des échanges cordiaux, du consensus. Mais il y a eu de vrais désaccords qui n’ont pas toujours donné lieu à des débats riches. Les trois sous-groupes [mesure du PIB, environnement et qualité de la vie, Ndlr] travaillaient de façon étanche… Oui, c’est vrai, nous avons tous signé le résumé de douze pages du rapport. Mais Joseph Stiglitz n’a pas tenté de nous faire signer le rapport complet. Pour ma part, je ne l’aurais pas fait. Il y a dans ce rapport des éléments et des analyses que je ne peux pas endosser. »

Enrico Giovaninni : « Il n’y a pas un consensus sur chaque mot. Mais tout le monde a souscrit aux conclusions du rapport et j’en suis content. Évidemment, les discussions ont vu s’opposer différents points de vue. Certains poussaient vers la simple adoption d’un indicateur du bonheur, d’autres vers la mesure des choses intangibles comme les relations inter-personnelles. D’autres encore insistaient pour qu’on n’incluent pas dans la mesure de la production les activités du foyer ou les moments de loisir. Mais tout le monde a fait des concessions. Et ça ne veut pas dire pour autant que nous sommes arrivés à une solution au rabais ou à une juxtaposition de propositions ! Il y a un vrai fil rouge dans toutes ces recommandations. »

Et maintenant ?

Jean Gadrey : « Joseph Stiglitz l’a bien dit : le rapport n’est pas la fin d’un processus mais bien un début. Lire la suite

Grenelle 2, les principales modifications apportées par le Sénat.

reglementation-environnement.com, le 16 septembre 2009, Laurent Vassallo

Grenelle 2, les principales modifications apportées par le Sénat.

Le Sénat est saisi en première lecture du projet de loi portant engagement national pour l’environnement, dit « Grenelle 2 », qui vise à appliquer concrètement les orientations fixées par la loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, dite « Grenelle 1 ». Voici les principales modifications proposées par la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat.

Le Sénat est saisi en première lecture du projet de loi portant engagement national pour l’environnement, dit « Grenelle 2 », qui vise à appliquer concrètement les orientations fixées par la loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, dite « Grenelle 1 », que le Parlement a définitivement votée le 23 juillet dernier.

Le projet de loi Grenelle 2, qui comporte plus de 120 articles répartis en sept titres, traite de sujets aussi divers que la performance énergétique des bâtiments, l’urbanisme, les transports, l’énergie et le climat, la biodiversité, les risques pour la santé, les déchets et la gouvernance en matière de protection de l’environnement.

Compte tenu de l’ampleur de ce projet de loi Grenelle 2, la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat a nommé quatre rapporteurs différents : Dominique Braye (UMP – Yvelines) pour l’urbanisme et les déchets, Daniel Dubois (UC – Somme) pour la gouvernance, Louis Nègre (UMP – Alpes maritimes) pour les transports et les risques, et Bruno Sido (UMP – Haute-Marne) pour l’énergie et la biodiversité.

Au cours de ses réunions des 27 mai, 10 et 11 juin, et 8 juillet 2009, la commission a examiné 1089 amendements. Le texte qu’elle a adopté, sur la base duquel la discussion s’engagera en séance publique selon la nouvelle procédure issue de la dernière révision constitutionnelle, intègre de nombreuses précisions et améliorations proposées par ses rapporteurs ou d’autres sénateurs. Les débats en séance publique du projet de loi Grenelle 2 sont prévus du mardi 15 septembre au jeudi 8 octobre.

Ci-après, voici les principales modifications proposées par la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat.

Les bâtiments et l’urbanisme

La commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat a adopté des dispositions rendant obligatoire l’affichage des performances énergétiques dans les annonces immobilières.

La commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat a par ailleurs souhaité inciter les collectivités à s’engager dans l’élaboration d’un schéma de cohérence territoriale (SCOT) et renforcer la capacité de ces schémas à mettre en cohérence les politiques publiques locales d’urbanisme, d’habitat et de transport.

Tout en renforçant le rôle des SCOT dans l’orientation de l’aménagement du territoire, la commission a cependant veillé à préserver le domaine propre des plans locaux d’urbanisme, qui restent le document de référence en matière de droit du sol opposable aux personnes.

Les transports

La commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat a voté la création d’une taxe sur Lire la suite

Chantal Jouanno – Ne laissons pas les idéologues de tout poil monopoliser l’écologie

lemonde.fr, Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’écologie, le 7 septembre 2009

Ne laissons pas les idéologues de tout poil monopoliser l’écologie

L’humanité a le choix de sa régression ou de son développement face à la crise écologique. A quelques semaines de la négociation internationale sur le climat à Copenhague, les enjeux sont connus. Le dramatisme du film Home, de Yann Arthus Bertrand, a ouvert nombre d’yeux. Allons au-delà pour mesurer notre dépendance aveugle à ce modèle de vie.

La vie comme l’écologie nous enseignent le doute, un doute qui fait défaut aux idéologies. L’écologie productiviste comme l’écologie radicale ont le même fondement. Contester la démocratie et le débat de société au nom de pseudo-certitudes scientifiques. Nous ne trouverons pas de solution à la crise écologique dans une économie administrée ou une idéologie de la technologie. La solution est 50 % dans la technologie, 50 % dans les changements de comportement.

Certains politiques ex-scientifiques prônent l’écologie productiviste, le 100 % technologie. C’est une impasse pour la société. Notre mode de consommation est responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Nous jetons nos aliments quand les enfants du Sud meurent de faim et de soif. Nous n’avons pas d’autre choix que de tourner le dos aux excès de la société de consommation. A défaut, nous accepterions implicitement d’accroître les inégalités.

Plus encore, chaque nouvelle technologie induit des changements dans nos sociétés. Certaines ne sont pas acceptées, souvent faute de prouver leur intérêt, comme les organismes génétiquement modifiés (OGM) aujourd’hui. D’autres modifient radicalement nos modes de vie, comme Internet hier et les énergies renouvelables demain.

Enfin, sommes-nous certains que le progrès est linéaire ? Certaines grandes civilisations ont disparu faute d’avoir pris en compte les limites de la nature.

L’écologie radicale prônée par certains partis glorifie la décroissance absolue et le refus de la technologie. Certes, les émissions de gaz à effet de serre sont le fait des pays développés. Mais ce sont les pays les moins développés qui souffrent le plus des pollutions. Un enfant meurt toutes les dix-sept secondes, victime d’une eau sale.

Dans un monde en croissance démographique, il faut des ressources économiques pour traiter l’eau ou les déchets. Plus encore, ce n’est pas la croissance qui pose problème, c’est son « carburant », c’est-à-dire le pétrole, le charbon ou le gaz, responsable des changements climatiques. Et ce sont ses excès, principalement ceux de la société de consommation, qui sont responsables de l’épuisement de nos ressources.

Il faut avoir l’audace de faire confiance à la démocratie et à la société. Or la société, par la voix du Grenelle, a eu l’audace de croire qu’une autre voie est possible. Jamais ce gouvernement ne renoncera aux engagements du Grenelle de l’environnement.

Encore insuffisamment relayé, le débat mené par la commission Amartya Sen et Joseph Stiglitz est à l’évidence le plus crucial. Le président de la République a chargé cette commission de corriger le PIB, qui ignore notre patrimoine humain et écologique. Il augmente avec les accidents de la route ou la destruction des forêts. Comme le PIB a été créé pour donner une valeur à la société industrielle contre la société agraire, ce nouvel indicateur donnera une valeur à la société écologique après la société industrielle.

Un progrès différent, une croissance « soutenable », est possible. Avec Lire la suite

Michel Serres :  » La société préfère son argent à ses enfants « 

lesechos.fr, Michel Serres, propos recueillis par Jean-Claude Hazera, le 24 août 2009  

Michel Serres :  » La société préfère son argent à ses enfants  »

Infatigable questionneur du monde, le philosophe nous invite à relativiser la crise économique et financière en la mettant en perspective avec d’autres bouleversements de grande ampleur dont nous ne prenons pas la mesure, en particulier dans l’éducation. 

Pour vous qui affirmez n’être ni économiste ni financier et qui trouvez le discours économique trop envahissant, est-ce que cette crise a changé votre point de vue ?

Cette crise financière n’est qu’un des multiples feux rouges qui s’est allumé. Mais si on pense que c’est le seul, on se trompe. Citez-moi aujourd’hui, je vous prie, ce qui n’est pas en crise. Je suis universitaire ; j’enseigne dans de nombreuses universités dans le monde. L’université est en crise mondiale depuis vingt-cinq ans. La planète est en crise écologique ; tout le monde le sait. La santé, les hôpitaux sont en crise. Je ne vois pas de lieu de notre habitat qui ne soit pas dans une crise aussi considérable que celle que vous notez pour la finance et l’économie.

Est-ce que l’ampleur de la tempête de l’automne a modifié un peu votre vision ?

Si nous nous étions vus n’importe quand au cours des vingt-cinq dernières années j’aurais pu vous décrire l’ampleur de la tempête que subissent les instituteurs, les professeurs du secondaire et du supérieur. La génération a changé, le savoir a changé, la transmission a changé… Ce que nous avons subi dans l’enseignement est un tsunami de la même importance que ce que vous avez vécu dans la finance. La vôtre de crise a fait plus de bruit, mais la société n’a pas prêté au tsunami vécu par ses enfants une attention à la mesure de l’événement. Elle préfère son argent à ses enfants. Je me dis souvent que les gens ne se rendent pas compte de ce que vont être les prochaines générations adultes. Je vois l’importance de votre crise, les milliards en jeu, l’effondrement de certaines fortunes. Mais avez-vous conscience de l’effondrement des savoirs ? Il n’y a plus de latin, il n’y a plus de grec, il n’y a plus de poésie, il n’y a plus d’enseignement littéraire. L’enseignement des sciences est en train de s’effondrer partout.

Ce n’est pas une crise française celle-là non plus ?

Erreur colossale. J’enseigne aux Etats-Unis. L’effondrement est beaucoup plus important aux Etats-Unis. Tous les enseignements secondaires se sont effondrés. Tout le monde croit que c’est la faute de tel ministre. Elle a commencé en 1968 cette crise, elle était mondiale, elle reste mondiale. Vous voulez que je vous en donne une autre, de crise ? Nous étions 40 % d’agriculteurs parmi les actifs en 1900 et sur les 60 % autres combien de métiers étaient en liaison avec l’agriculture ? Aujourd’hui, en France, les agriculteurs sont moins de 4 %. C’est un autre tsunami gigantesque. Quand je suis né, nous étions un milliard et demi sur la Terre. Nous sommes sept milliards bientôt. Toutes ces crises ­débutent après la Seconde Guerre mondiale et commencent à se voir dans la décennie 1960-1970. Tout bouge en même temps : l’agriculture, la religion… Vatican 2, c’est l’amorce d’une crise formidable du catholicisme. On assiste à la précipitation des intégrismes dans la plupart des monothéismes. Il y a une crise du militaire. Il existe dans le monde une hyperpuissance – personne ne pourrait faire la guerre aux Etats-Unis – qui dépense 1.000 milliards pour une guerre contre un des pays les plus faibles du monde – l’Irak – et qui ne la gagne pas. C’est l' » Homo sapiens  » qui s’est complètement transformé depuis cinquante ans. Ce n’est pas la société qui a changé, c’est la condition humaine. Regardez l’espérance de vie qui est passée en quelques générations de 30 ans à 75 ans. Beaucoup d’hommes atteignent la soixantaine sans avoir jamais souffert. Le corps a changé, le rapport à la nature a changé, le rapport à la naissance et à la mort a changé et rien n’a changé dans nos institutions politiques et économiques. Les institutions font comme si rien n’avait changé et vous ne voudriez pas que ce soit une crise ? Les politiques mais aussi les médias et les entreprises font comme si on était en 1950.

La faute à qui ?

C’est la faute des philosophes. Les philosophes n’ont pas Lire la suite

Découvrez le site du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du DD et de la Mer

Site du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du DD et de la Mer, août 2009

Un ministère présent pour l’avenir

La création de ce ministère, sans équivalent en Europe, reflète la volonté du président de la République de se doter d’un outil institutionnel performant, véritable autorité environnementale en charge du portage des politiques exemplaires de l’État. Le ministère joue un rôle majeur de proposition et d’innovation dans les instances européennes et internationales.

Une action fondée sur huit objectifs de résultat et un de méthode

Relever le défi du changement climatique, en soutenant le développement d’une économie « décarbonée », efficace en énergie et en réduisant les émissions de tous les gaz à effet de serre.

Inventer une croissance responsable pour un avenir durable, fondée sur de nouveaux modes de production, de consommation et de déplacement, et qui respecte l’environnement tout en recherchant le progrès social et l’épanouissement de l’Homme.

Faciliter de nouveaux modes de production et de consommation reposant sur la sobriété dans l’utilisation des matières premières, des énergies fossiles et des ressources naturelles dans leur ensemble.

Construire davantage, construire mieux et participer à l’aménagement de quartiers durables et de villes porteuses d’urbanité ; développer une ville durable en recherchant des modèles urbains économes en espace, qui répondent aux besoins de développement d’offres de logements ou de services, tout en améliorant la qualité de vie, la diversité des activités et la mixité sociale, en réduisant les besoins de déplacements et en multipliant les modes de transport durables.

Sauvegarder la biodiversité et la qualité des milieux, un enjeu aussi important que le changement climatique.

Maîtriser les risques naturels et réduire les risques technologiques et sanitaires pour préserver la santé et la vie de nos concitoyens ainsi que la qualité du milieu naturel par un usage raisonné et adapté du principe de précaution.

Faire de nos territoires des lieux d’application des démarches de développement durable en mobilisant l’ensemble des acteurs locaux.

Renforcer la compétitivité des territoires dans le cadre d’un développement solidaire et équilibré de toutes leurs composantes : meilleure attractivité des territoires, amélioration de leur desserte, meilleur accès aux services…

Impliquer tous les acteurs socio-économiques et tous les citoyens dans la poursuite des 8 premiers objectifs et mettre la société en mouvement en la rendant plus participative, en adaptant les modes de gouvernance et de décision publique et en généralisant la concertation avec les parties prenantes.

Budget

20 milliards d’euros.

Les moyens du ministère progresseront de Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le texte

citron-vert.info, Philippe Ladame, le 6 août 2009

Grenelle de l’environnement : le texte

La loi relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, adoptée par l’Assemblée, est publiée au Journal Officiel.

En voici le sommaire (avec l’indication des pages) :

TITRE I : Lutte contre le réchauffement climatique – p 3

CHAPITRE I : Réduction des consommations d’énergie des bâtiments – p 5

CHAPITRE II : Urbanisme – p 9

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 9

SECTION 2 : Disposition relatives à l’urbanisme et au patrimoine – p 10

CHAPITRE III : Transports – p 10

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 11

SECTION 2 : Dispositions modifiant la loi d’orientation des transports intérieurs – p 19

CHAPITRE IV : Energie – p 20

CHAPITRE V : La recherche dans le domaine du développement durable – p 22

TITRE II : Biodiversité, écosystèmes et milieux naturels – p 24

CHAPITRE I : Stopper la perte de biodiversité sauvage et domestique. Restaurer et maintenir ses capacités d’évolution – p 24

CHAPITRE II : Retrouver une bonne qualité écologique de l’eau et assurer son caractère renouvelable dans le milieu et abordable pour le citoyen – p 26

CHAPITRE III : Uune agriculture et une sylviculture diversifiées et de qualité, productive et durables – p 28

CHAPITRE IV : La gestion intégrée de la mer et du littoral – p 32

 TITRE III : Prévention des risques pour l’environnement et la santé, prévention des déchets – p 33

CHAPITRE IER : L’environnement et la santé – p 33

CHAPITRE II : Les déchets – p 37

TITRE IV : État exemplaire – p 40

TITRE V : Gouvernance, information et formation – p 42

TITRE VI : Dispositions propres à l’outre-mer – p 47

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Les défenseurs du bio rappellent son rôle écologique

lemonde.fr, Rafaële Rivais et Marc Roche (Londres, correspondant), le 4 août 2009

Les défenseurs du bio rappellent son rôle écologique

La publication d’une étude de l’Ecole d’hygiène et de médecine tropicale de Londres, affirmant que le contenu nutritionnel des produits bio ne serait pas supérieur à celui des produits conventionnels provoque un vif émoi au Royaume-Uni, où la mode bio fait fureur, mais aussi en France : en effet, elle passe sous silence l’absence de pesticides que cette alimentation garantit.

La Soil Association, qui représente les producteurs de bio au Royaume-Uni, proteste contre cette étude fondée sur l’analyse des données publiées depuis cinquante ans sur le sujet, et commanditée par la Food Standard Agency (FSA), l’agence gouvernementale des normes alimentaires : « Elle ne tient pas compte de l’impact des pesticides, des herbicides sur l’environnement en général et la pollution des rivières, ainsi que sur le bien-être animal ! », déplore-t-elle.

Elle accuse la FSA d’avoir publié ce travail dans le très respecté American Journal of Clinical Nutrition pour court-circuiter une autre étude européenne sur le sujet, qui doit être rendue publique à la fin de l’année. Selon les conclusions préliminaires du rapporteur européen, Carlo Leifert, professeur d’agriculture écologique à l’université de Newcastle, le bio contient davantage d’antioxydants utiles dans la lutte contre le cancer et les maladies cardiovasculaires.

De surcroît, aux yeux des critiques, la Food Standard Agency, fondée après la crise de la vache folle de 1999-2000, défend les intérêts des organisations paysannes traditionnelles et des gros producteurs, plutôt que ceux des artisans du bio. La FSA a ainsi reçu le soutien de Justin King, directeur général du géant de la distribution britannique Sainsbury pour qui « l’industrie bio n’a pas répondu aux questions que se posent les consommateurs ».

La controverse s’explique par la vogue du naturel, au Royaume-Uni, qui génère deux milliards de livres sterling (2,35 milliards d’euros) de ventes et un chiffre d’affaires qui a doublé au cours des cinq dernières années. Des chaînes, des boutiques spécialisées et des marchés hebdomadaires fleurissent dans toutes les villes. Les supermarchés ont leur espace « organic foods ».

Bien qu’en France seuls 8 % de la population consomment au moins un produit bio par jour, l’étude a aussi soulevé des critiques. « C’est la énième (étude) qui arrive à cette conclusion, du fait qu’elle se limite à l’analyse des nutriments ! », soupire Claude Aubert, ingénieur agronome et consultant en agriculture biologique, auteur de nombreux ouvrages, notamment Une autre assiette.

En 2003 déjà, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) trouvait « peu de différences significatives (…) entre la composition chimique des matières premières » issues de l’agriculture biologique et de l’agriculture conventionnelle. Elle observait certes, Lire la suite

La « police verte » a du mal à faire respecter la loi

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 4 août 2009

La « police verte » a du mal à faire respecter la loi

Constructions illégales, pollution des eaux, abandon de déchets en pleine nature, forages non déclarés, braconnage, trafic de plantes ou d’animaux protégés, enfouissement ou exportation illicite de substances toxiques, circulation motorisée dans des espaces protégés… Quelque 60 000 infractions à la législation sur la protection de l’environnement sont constatées chaque année en France et environ 4 000 condamnations sont prononcées par les tribunaux.

Combien d’infractions restent impunies ? Sans doute la plus grande part. Il est peu question de renforcement de la police de l’environnement dans le projet de loi « Grenelle 1 », adopté le 23 juillet. Pourtant, les organisations non gouvernementales (ONG) environnementalistes, les avocats spécialisés et les pouvoirs publics eux-mêmes constatent l’existence d’un gouffre entre l’inflation des textes de loi et l’application du droit de l’environnement sur le terrain.

Dès 2005, un rapport de l’inspection générale de l’environnement sonnait l’alarme. Très sévère, il dénonçait un manque d’efficacité de la répression dû au morcellement et au manque de coordination des multiples corps de police concernés, à l’absence de priorités dictées par l’Etat et à la faible activité des tribunaux en la matière. Peu de choses ont changé depuis lors.

La liste des divers agents habilités à constater les infractions est pourtant très longue. Mais, dans les faits, seuls quelques corps spécialisés, dont les effectifs sont limités, s’y consacrent à plein temps : les inspecteurs des installations classées, les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), et ceux de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema).

Les services déconcentrés des ministères de l’agriculture et de l’écologie exercent aussi des missions de police. Soit en moyenne cinquante personnes par département. « On nous demande d’accomplir une mission sans nous en donner les moyens, affirme Nicolas Incarnato, secrétaire général du syndicat national des ingénieurs de l’industrie et des mines (Sniim). Certaines entreprises ne peuvent être contrôlées que tous les dix ans, sans parler de celles soumises à déclaration, que nous visitons seulement sur plainte. »

Ces agents ne peuvent guère compter sur le renfort de la gendarmerie et de la police. Les gendarmes sont certes plus actifs, du fait de leur ancrage territorial, mais les atteintes à l’environnement ne représentent qu’une faible part de leur activité. « Ils ont d’autres chats à fouetter », résume Patrick Lavarde, directeur de l’Onema. En outre, le droit de l’environnement est d’une extrême complexité. « Les conditions concrètes de constatation sont compliquées, ajoute Adrien Debré, avocat de l’association France nature environnement (FNE). Les pollueurs font tout pour ne pas se faire prendre : une entreprise qui veut se débarrasser de ses déchets toxiques dans une rivière agira de nuit, ou en été quand la surveillance se relâche. »

ECODÉLINQUANCE ÉMERGENTE

Le constat effectué en 2005 a poussé les pouvoirs publics à réagir. Les différents agents de l’Etat concernés vont Lire la suite

Pesticides : les écologistes ont gagné la bataille de l’opinion

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 28 juillet 2009

Pesticides : les écologistes ont gagné la bataille de l’opinion

On pourrait les croire ennemis jurés, mais ils ne sont pas loin de s’apprécier. L’un, François Veillerette, préside le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), fer de lance de la dénonciation des dangers des pesticides pour la santé et l’environnement. L’autre, Jean-Charles Bocquet, dirige l’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP). Il défend l’utilité de ces produits et les intérêts des entreprises « phytopharmaceutiques ».

« M. Bocquet est un lobbyiste redoutable, parce qu’il est très sympathique, s’amuse M. Veillerette. Il nous arrive de discuter après nous être écharpés dans des débats. Nous avons des attaches dans le même département. » M. Bocquet, de son côté, ne cache pas son « respect » pour la personne de M. Veillerette, et admet que les écologistes « ont fait progresser » les industriels.

Cette courtoisie n’empêche pas les deux adversaires de ferrailler sans pitié. Depuis quelques années, ils se concurrencent auprès des administrations, des élus, des médias et de l’opinion, pour faire valoir leur point de vue. Le MDRGF a été créé en 1996. « Rien de sérieux ne se faisait sur l’impact des pesticides en France, alors que les publications scientifiques se multipliaient aux Etats-Unis« , se souvient M. Veillerette.

Un petit frère de cette association, le Réseau environnement santé (RES), est né en mars 2009. Tous les produits chimiques sont dans sa ligne de mire. RES prône un « nouvel âge de la prévention », où l’on agirait avant que les dégâts sur la santé ne se soient produits, contrairement à ce qui a été fait pour l’amiante. « Cent mille substances ont été mises sur le marché sans évaluation« , rappelle le chercheur en évaluation des risques sanitaires André Cicolella, porte-parole du RES avec M. Veillerette.

Pour faire progresser leurs idées, les militants organisent des colloques, envoient des courriers, sollicitent des rendez-vous après de l’administration, des cabinets ministériels et des élus. « Les parlementaires de tous bords politiques sont sollicités, pas seulement les Verts« , souligne M. Veillerette.

LE POIDS DE L’AMIANTE

En face, les industriels font le même travail. M. Bocquet ne refuse jamais un débat, prêt s’il le faut à affronter des huées. L’UIPP a en outre recours à un cabinet de lobbying qui lui fournit une « cartographie des acteurs » à contacter. « Nous devons avoir connaissance le plus tôt possible des projets de loi et de réglementation« , explique M. Bocquet.

Les entreprises adhérentes de l’Union des industries chimiques (UIC, dont fait partie l’UIPP) emploient 180 000 personnes en France. Ces chiffres sont mis en avant. Mais aussi « les bénéfices des produits chimiques, qui sont toujours considérés comme acquis », selon Jean Pelin, le directeur de l’UIC. « Nos produits fournissent une alimentation en quantité et en qualité satisfaisante, à bas prix. Même s’ils ne veulent pas de nos produits, les consommateurs en bénéficient », renchérit M. Bocquet.

Qui domine le combat ? Lire la suite

Enquête sur les associations environnementales d’Aquitaine

La mobilisation des associations environnementales d’Aquitaine contre la crise écologique, MNE, Avril 2008

  • 500 associations environnementales en Aquitaine
  • 60 000 adhérents / 2 % des Aquitains
  • 5 000 administrateurs, cadres bénévoles
  • 850 salariés / 1 % de l’emploi associatif de la région
  • Des milliers d’actions directes ou indirectes de préservation de l’environnement
  • Quatre « grands » réseaux associatifs : la SEPANSO Aquitaine, le GRAINE Aquitaine, les Maisons de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine et de Pau

Les activités principales : Lire la suite

Grenelle environnement, le Grenelle 1 adopté à la quasi-unanimité.

actualites-news-environnement.com, Jean-Charles Batenbaum, le 24 juillet 2009

Grenelle environnement, le grenelle 1 adopté à la quasi-unanimité.

Le projet de loi de mise en œuvre du Grenelle environnement, dite Grenelle 1, a été adopté à la quasi-unanimité par le parlement. Jean-Louis Borloo a remercié le Parlement français qui, selon le ministre de l’environnement, « se situe à l’avant-garde de la mutation écologique ».

Après deux lectures dans chaque chambre du Parlement, l’Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi Grenelle 1, par un vote quasi unanime, projet de loi qui transcrit les engagements pris par les acteurs du Grenelle de l’environnement.

Selon le ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo, les chantiers engagés dans le cadre du projet de loi Grenelle 1 permettront de réduire « de 25% la consommation d’énergie fossile de la France d’ici 2020. » Ces chantiers permettront aussi « de maintenir ou de créer plus de 600 000 emplois sur 2009-2020 dans tous les secteurs de la croissance verte. »

A noter que les parlementaires ont introduit des avancées au projet de loi Grenelle 1 comme le renversement de la charge de la preuve au bénéfice des décisions respectueuses de l’environnement, la création d’un carnet de santé individuel pour les salariés, ou l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique français de 20% à 23% à l’horizon 2020.

France Nature Environnement et ses associations membres, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et la Ligue ROC ainsi que la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme dressent un premier bilan non exhaustif du processus Grenelle environnement.

Lancée au début de l’été 2007, ce processus a commencé par la mise en place de groupes de travail thématiques associant différents acteurs de la société française regroupés dans 5 collèges (Etat, collectivités territoriales, ONG, syndicat, patronat). Ces groupes de travail avaient pour mission de faire émerger des propositions consensuelles pour amorcer la transition écologique de notre pays. Fin octobre 2007, les négociations finales entre les 5 collèges du Grenelle ont abouti à l’adoption de 273 engagements.

La seconde étape du Grenelle environnement, celle de la mise en œuvre des engagements a alors démarré. Elle prend différentes formes : les lois spécifiquement dédiées au Grenelle mais aussi d’autres lois intégrant certaines mesures (cf. OGM, loi de finance et responsabilité environnementale), des textes réglementaires ou des accords volontaires entre acteurs.

La loi Grenelle 1, rendue publique par le gouvernement en avril 2008, a pour objet d’entériner les grands objectifs et les principales mesures adoptées en octobre 2007. C’est une loi de caractère général. Son adoption est loin de marquer la fin du processus : la direction générale est désormais fixée mais la traduction réelle, dans notre quotidien, de la majorité des engagements du Grenelle devra attendre l’adoption d’autres textes législatifs (Grenelle 2 en particulier) et surtout réglementaires déclinant concrètement les grands objectifs.

Ainsi, au-delà de l’analyse du contenu de Grenelle 1, les organisations « tiennent à souligner la lenteur du processus. Il a fallu deux ans pour inscrire dans la loi les grands objectifs et les principaux outils. Certes, de nombreux chantiers ont avancé en parallèle. Ainsi, l’étude sur la Contribution Climat Energie ou le doublement du crédit d’impôt pour les installations en agriculture biologique prévus dans Grenelle 1 ont déjà été réalisés. De même le processus de création de parcs nationaux a débuté. »

De façon générale, les organisations écologistes « tiennent à souligner l’investissement des parlementaires sur la loi Grenelle 1 dont témoigne le fait qu’à chaque lecture le Sénat et l’Assemblée Nationale ont voté de façon quasi unanime. Les débats ont, par ailleurs, révélé une prise de conscience croissante de ces enjeux parmi les parlementaires. Les travaux parlementaires ont enrichi la loi sur certains points, comme le renversement de la charge de la preuve. »

Grenelle 1 et renversement de la charge de la preuve

Dans son discours de restitution des tables rondes d’octobre 2007, le Président de la République avait insisté sur un principe essentiel : le renversement de la charge de la preuve. L’adoption de ce principe pour structurer la prise de décision serait véritablement le signe d’une transformation de notre société.

En effet, il revient aujourd’hui aux autorités publiques ou aux acteurs de la société civile de prouver qu’un projet porte atteinte à l’environnement pour empêcher sa mise en œuvre. Le renversement de la charge de la preuve se manifesterait par le fait que ce serait désormais à l’initiateur d’un projet de démontrer que celui-ci n’a pas Lire la suite

Environnement : Dernière ligne droite pour le Grenelle ?

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 20 juillet 2009

Environnement : Dernière ligne droite pour le Grenelle ?

Adopté le 17 juin, en deuxième lecture, par l’Assemblée nationale, puis le 2 juillet par le Sénat, le projet de loi « Grenelle I », qui fixe les grandes orientations de la France en matière de transports, d’énergie et d’habitat dans le souci de préserver l’environnement et le climat, poursuit son processus avant validation définitive par le Parlement. Un interminable, parcours selon les mouvements écologistes qui déplorent la lenteur du processus. Une Commission mixte paritaire se réunit cette semaine pour établir un texte de compromis qui pourrait être adopté par les deux assemblées.

Le Grenelle avance lentement … mais sûrement ? Trop lentement jugent les mouvements écologistes comme France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot qui s’interrogent sur la lenteur du processus. Adopté jeudi 2 juillet en deuxième lecture par le Sénat après avoir été approuvé le 17 juin par l’Assemblée nationale, le projet de loi « Grenelle I » doit maintenant passer devant la Commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) chargée d’établir un texte de compromis qui sera soumis aux deux assemblées pour une adoption définitive.

La CMP devra se pencher, entre autres, sur une demande d’étude controversée demandée par le Sénat en vue d’autoriser la circulation dans l’hexagone de poids lourds jusqu’à 44 tonnes (contre 40 aujourd’hui). Elle décidera aussi de la pertinence de certaines dispositions rétablies par les sénateurs (qui les avaient votées en première lecture) et que l’Assemblée nationale avait supprimées lors de sa deuxième lecture. Ils ont ainsi réintégré, par exemple, l’avis conforme des architectes des Bâtiments de France pour les autorisations de travaux dans les zones de protection du patrimoine auquel les députés avaient substitué un avis simple. Ils ont également demandé de subordonner la production des biocarburants à des critères de performances énergétiques. 

Un « long » processus

Mais le projet de loi Grenelle I n’est qu’une première étape. Loi de programmation, elle entérine des objectifs, donne un statut juridique au processus du Grenelle et retranscrit les principales mesures adoptées à l’issue des tables rondes d’octobre 2007. « Elle ne détaille pas les modalités concrètes de mise en œuvre de ces mesures qui seront prévues dans la loi portant engagement national pour l’environnement dite « Grenelle 2 », explique la FNE. « Deux ans après le lancement du Grenelle, la majorité des engagements est encore loin d’être déclinée concrètement sur le terrain. Dans le même temps, les indicateurs environnementaux n’ont cessé de s’aggraver », s’inquiète l’association de défense de l’environement.
La loi d’orientation « Grenelle I » sera en effet complétée de son application technique, dite « Grenelle II », sorte de « boîte à outils » de la première, qui sera discutée à l’automne par le Parlement. En attendant, la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat l’a examinée et adoptée le 8 juillet. Les sénateurs de la commission ont voté l’ensemble du texte après 35 heures de discussion et l’examen de pas moins de 1.089 amendements. Déposé maintenant en première lecture au Sénat, ce projet de loi permettra de transcrire dans le droit les objectifs généraux définis par le projet de loi de programmation relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. 
Un spécialiste du développement durable

Dans le cadre du titre V du Grenelle 2 consacré aux « risques, santé et déchets », Lire la suite

Les enjeux de l’agriculture de demain

actu-environnement.com, S.Fabregat, le 9 juillet 2009

Les enjeux de l’agriculture de demain

Les systèmes de production actuels, hérités de la phase de modernisation agricole, doivent évoluer pour répondre aux défis de demain. Enjeux environnementaux et sanitaires en font partie. Le pôle EGER de l’INRA fait le point

L’agriculture doit évoluer. L’utilisation excessive de produits phytosanitaires, les techniques de travail des sols et l’organisation de la production doivent nécessairement s’adapter pour répondre aux enjeux actuels. Changement climatique, épuisement des ressources fossiles mais aussi enjeux environnementaux (protection de la biodiversité, lutte contre les pollutions…) et sanitaires imposent un changement de modèle pour tendre vers plus de durabilité.
Le système de culture intensif, fondé sur la recherche de forts rendements et donc très consommateur de pesticides, lancé après-guerre, reste le modèle dominant aujourd’hui en France. Pourtant, d’autres voies montrent que d’autres modes de productions sont possibles : l’agriculture intégrée voire raisonnée ou encore biologique.

Le pôle EGER de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) fédère des unités de recherche travaillant sur les thématiques de l’agriculture et l’environnement. L’objectif est de répondre aux demandes sociétales d’adaptation des systèmes de production. Une dizaine d’unités pluridisciplinaires travaillent actuellement sur ces sujets. Un forum était organisé le 25 juin dernier sur le thème « concevoir l’agriculture du futur ».

Emettre moins de gaz à effet de serre

Comme toutes les activités humaines, l’agriculture est source de gaz à effet de serre. Selon l’INRA, elle aurait contribué en 2008 à 20 % du pouvoir de réchauffement global. Les principales émissions directes concernent le méthane et le protoxyde d’azote. L’agriculture serait à l’origine de 80 % des émissions de méthane, principalement liée à la fermentation entérique des ruminants. 83 % des émissions de protoxyde d’azote en France proviendraient des sols cultivés, conséquence de la fertilisation azotée des cultures et prairies, incluant les apports d’effluents organiques. Les émissions de dioxyde de carbone sont quant à elles limitées (2 %) car seule la consommation de carburants fossiles est prise en compte.
La recherche travaille aujourd’hui à l’élaboration de systèmes de production avec pour objectif de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre. Mais il reste difficile d’évaluer précisément ces flux d’émissions diffuses, qui dépendent également d’autres variantes (climat, sol…).

Utiliser moins de pesticides

Les pesticides utilisés pour traiter les cultures persistent en partie dans les sols et sont également transférés dans les eaux de surface et l’atmosphère. Cette dispersion dans l’environnement est problématique en France, d’autant que le pays est le premier consommateur de produits phytosanitaires européen. La société s’oppose d’ailleurs de plus en plus à l’usage de ces substances, en raison de leur dangerosité pour la santé et l’environnement. Selon un sondage Ifop / Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF), paru en octobre 2008, 95 % des personnes interrogées jugeaient très important (70 %) ou important (25 %) que les agriculteurs diminuent de moitié la fréquence des traitements des cultures par des pesticides dans les 10 ans à venir.
Si la recherche travaille à Lire la suite

RAPPORT : « L’utilisation des pesticides en France »

ladocumentationfrancaise.fr, GEST Alain , juin 2009

Rapport d’information déposé en application de l’article 145 du Règlement par la Commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire sur les pesticides

FRANCE. Assemblée nationale. Commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire

Paris ; Assemblée nationale

(Documents d’information de l’Assemblée nationale, n° 1702)

Ce rapport fait le point sur l’usage des pesticides en France, dont les effets sanitaires et environnementaux sont encore mal connus. Il note que le cadre réglementaire, résultant du droit communautaire, est contraignant et sera probablement renforcé dans le cadre des lois du Grenelle de l’environnement. Il s’interroge sur les objectifs de protection de la santé publique, la manière dont la réduction de l’usage des pesticides peut être compatible avec la sécurité alimentaire ainsi que sur l’opportunité d’une concertation européenne sur le sujet.

juin 2009, 35 pages

Titre de couverture : « L’utilisation des pesticides en France »

INTRODUCTION

DE QUOI PARLE-T-ON ?

À QUOI SERVENT LES PRODUITS PHYTOSANITAIRES ?

Protéger les cultures contre les organismes nuisibles

Assurer des récoltes régulières

Maintenir la qualité des aliments

UNE UTILISATION DES PESTICIDES IMPORTANTE, DES EFFETS SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTAUX ENCORE MAL CONNUS

Même si les quantités mises sur le marché tendent à diminuer, la France reste un grand pays consommateur de pesticides

Une présence de pesticides dans les milieux naturels assez répandue, dont les effets doivent encore être étudiés

Des effets sur la santé encore mal connus

Une inquiétude dans l’opinion publique que Lire la suite

La ville… avec quelques degrés de plus

novethic.fr, Béatrice Héraud, le 2 juillet 2009

La ville…avec quelques degrés de plus

A la fin du 21ème siècle, les températures augmenteront de 2 à 5°C. Pour Paris, cela signifie un climat équivalent à celui actuellement en vigueur dans le sud de l’Espagne. Or, comme l’ont montré les épisodes de canicules, particulièrement en 2003, nos villes ne sont pas adaptées à ces vagues de chaleur. Comment vivra-t-on dans la ville de demain ?

4°C. C’est ce que pourrait gagner la ville de Paris à la fin de ce siècle selon le scénario du Hadley center. Quelques petits degrés qui transformeraient le climat de la capitale française en celui d’une ville andalouse, telle que celle de Badajoz, près de Cordoue, aujourd’hui « caractérisée par des étés brûlants et arides ». Or, Paris, comme les villes françaises, n’est absolument pas adaptée à de telles températures. La canicule de 2003 et ses 15 000 victimes nous l’ont largement prouvé. Et dans des périodes aussi extrêmes, les villes sont encore plus vulnérables : « à l’époque, les nuits parisiennes affichaient 9°C de plus que celles des communes de la petite couronne », fait remarquer Denis Baupin, adjoint au maire chargé de l’environnement.

Pourtant, aujourd’hui, peu de villes prennent en compte cette donnée, même dans leurs plans climat énergie, souligne Antoine Charlot, responsable « territoires durables » du Comité 21 : « pour répondre à cet enjeu, il faut absolument articuler les plans climats avec les plans d’urbanisme, en intégrant une forte densité urbaine tout en maintenant une qualité de vie notamment. » Car celles-ci vont en effet devoir gérer des objectifs parfois contradictoires comme la baisse des émissions de gaz à effet de serre et le confort de vie au sein de la ville. Pour l’urbaniste Patrice Denoyer de Segonzac, qui a travaillé sur la ville face au changement climatique en 2040, cela pourrait même être source de vives tensions. «  Alors qu’on annonce le réchauffement climatique depuis des années, rien n’a été anticipé. Or, les changements urbains se préparent 30 ans à l’avance », explique-t-il. Résultat : « il faut s’attendre à une phase extrêmement compliquée d’ici à 2020 avant que la ville ne puisse totalement se réinventer » Les urbanistes vont ainsi devoir jouer les équilibristes. « En réponse à l’élévation des températures estivales on pourrait créer plus d’espaces verts au cœur des villes, ainsi que des plans d’eau mais on ferait alors diminuer la densité de l’habitat, créant ainsi des villes plus étendues qui imposent des temps de transport plus long donc des consommation de carburant plus importante avec des émissions supplémentaires de gaz à effet de serre », soulignent ainsi Sébastian Kopf, Stéphane Hallegatte et Minh Ha-Duong, auteurs d’une note sur l’évolution climatique des villes européennes pour le Cired.

Une ville sous tension

La ville post Kyoto s’oriente toutefois davantage sur une très forte densité. Concrètement, Patrice Dunoyer de Segonzac prévoit peu de modification en centre-ville, où le patrimoine urbain est déjà dense et de qualité, mais les franges des centres, elles, devraient continuer à se densifier. Un peu sur le modèle de La Défense, « un exemple convaincant qui réussit à densifier un secteur déjà très bien équipé », estime l’urbaniste. Mais c’est surtout la périphérie qui fera les plus grands frais de cette nouvelle donne. « L’étalement urbain a certainement atteint ses limites : Lire la suite

Les assiettes européennes, combien de pesticides ?

liberation.fr, Laure Noualhat, le 13 juillet 2009

Les assiettes européennes, combien de pesticides ?

Alimentation. Une étude présente les résultats d’analyses massives.

L’Union européenne vient de publier les résultats d’une étude sur les résidus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales européens. Au fil des préoccupations environnementales, c’est devenu un sujet de saison qui pousse chaque été à l’ombre d’une liste angoissante de molécules chimiques. La France est toujours l’une des plus mauvaises élèves de la classe européenne…

En a-t-on trouvé beaucoup ?

Oui en quantité, non en dose. Le rapport annuel de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (1) distingue deux choses : la présence du pesticide et les limites maximales résiduelles (LMR), la première n’induisant pas le dépassement de la seconde. Le rapport révèle donc la présence de produits phytosanitaires de synthèse dans 45 % des céréales, fruits et légumes analysés dans les 27 Etats membres, mais 96 % des denrées testées ne dépassent pas les limites. L’analyse des 74 305 échantillons de plus de 350 marchandises a permis de détecter 374 pesticides différents, dont 72 dans les céréales. Et 25 % contiennent plusieurs molécules simultanément, contre 15 % il y a dix ans. En France, 52,24 % des échantillons contiennent des produits phytosanitaires de synthèse et 8,54 % dépassent les LMR. Plus grosse consommatrice de pesticides en Europe (110 000 tonnes, dont 100 000 pour l’agriculture), la France est un des cancres de l’Union.

Leur présence est-elle un scoop ?

Non. Les pratiques de l’agriculture intensive rendent inévitable la présence de ces produits dans les aliments. Leur usage et leur présence sont sous surveillance depuis 1995. En 2007, le dernier rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a montré des résidus dans un fruit ou un légume sur deux. Mais tout est question de quantité : 44,5 % des échantillons présentaient des teneurs inférieures aux LMR. Seuls 7,6 % les dépassaient. Au rayon des moins respectueux des limites, on compte poivrons, tomates, poireaux, laitues pour les légumes ; fraises, raisins et mandarines pour les fruits.

Est-il possible de les éviter ?

Non. Les LMR de pesticides correspondent aux quantités maximales attendues. Elles sont établies à partir des bonnes pratiques agricoles fixées lors de l’autorisation de mise sur le marché du produit phytosanitaire. C’est donc à l’agriculteur de respecter les informations fournies sur l’étiquette du bidon : la dose, le nombre et le rythme d’applications. Il existe donc une LMR pour chaque fruit, légume (ni lavé, ni épluché) ou céréale. Et pour chaque pesticide. Lors de la mise sur le marché de ce dernier, on mène aussi des essais sur les produits transformés (jus de tomates, farine, bière…). Le Grenelle de l’environnement prévoit de diviser par deux l’usage de pesticides d’ici à 2017. Même les produits issus de l’agriculture biologique, qui bannit l’usage de pesticides de synthèse, présentent des résidus ; 1,24 % seulement dépasse les LMR.

Est-ce dangereux pour la santé ?

Tout dépend Lire la suite

Salon Viv’expo Bordeaux les 25, 26 et 27 septembre 2009

Viv’expo, Communiqué, le 15 juillet 2009

Viv’expo Bordeaux les 25, 26 et 27 septembre 2009

Parc des Expositions de Bordeaux Lac

Le salon Viv’expo a été conçu pour sensibiliser le grand public à de nouveaux modes de vie et de consommation plus sains et plus respectueux de l’environnement.

Parce que chaque geste compte, Viv’expo vous apporte des réponses et des solutions concrètes afin de :

–          mieux s’alimenter tout en protégeant l’environnement

–          prendre soin de son corps grâce aux produits naturels

–          se remettre en forme

–          faire des économies d’énergies tout en bénéficiant de crédits d’impôts

–          construire une maison saine

–          pratiquer des sports de plein air…

–          découvrir de nouvelles destinations nature

–          voyager en citoyen responsable

3 salons complémentaires, 250 exposants sur 7 000 m² d’exposition

Salon Santé, Bien-être et Alimentation

–          Alimentation et diététique : Producteurs, transformateurs, distributeurs de produits alimentaires Compléments alimentaires Matériel culinaire.

–          Médecines douces : Produits naturels et de confort Soins naturels (aromathérapie, phytothérapie…).
Cosmétique naturelle : Produits d’hygiène et de soins…

–          Remise en forme : Lire la suite

Du Conseil régional d’Aquitaine qui passe au vert à l’attaque de Tchernoblaye

sudouest.com, Bruno Béziat, le 7 Juillet 2009

Le Conseil régional passe clairement au vert

AQUITAINE. La prochaine séance plénière sera très développement durable

Promis, juré. Alain Rousset, le président du Conseil régional d’Aquitaine, l’affirme. Cet ordre du jour de l’assemblée régionale de jeudi et vendredi n’a rien à voir avec le résultat des dernières élections européennes. Toujours est-il que la prochaine séance plénière de la Région va clairement passer au vert, avec plusieurs dossiers à forte connotation écologiste.

Le premier d’entre eux est la publication d’un rapport de « développement durable », dont la Région Aquitaine est la première à se doter. En résumé, l’institution va s’appuyer sur des critères européens pour calculer sa capacité à tenir compte des enjeux environnementaux et sociaux. Une première évaluation de ses performances montre que 44 % du budget régional contribue au développement durable, dont 3 % pour l’environnement et la santé publique, 19 % les transports durables, 17 % les solidarités et 5 % l’emploi et l’économie.

Attaque de Tchernoblaye

Une démarche qui n’aurait probablement pas convaincu Tchernoblaye de la volonté écologiste de la Région et de son président Alain Rousset. Cette association, qui s’oppose avec véhémence à l’énergie nucléaire, l’a accusé hier d’attribuer une subvention de 155 000 euros à l’entreprise SEIV. Cette société travaille sur un programme d’éléments pour réacteurs nucléaires et civils.

Alain Rousset a profité de la présentation de cette séance plénière pour répondre : « On peut légitimement s’interroger sur l’énergie nucléaire et la question des déchets. Mais cela n’a rien à voir avec l’attribution d’une subvention à une entreprise selon certains critères. »

Au-delà de cette polémique, les élus du Conseil régional pourront toujours trouver un autre point d’appui à leur volonté de contribuer au développement durable. Il s’agit de l’approbation du schéma des infrastructures des transports et de l’intermodalité (Srit), au patronyme franchement barbare. C’est pourtant de modernité qu’il s’agit, avec la ligne grande vitesse d’abord (600 millions du Conseil régional) pour les TGV. Mais pas seulement puisque cette LGV est critiquée par des écologistes qui déplorent les milliards dépensés au nom d’une idéologie de la vitesse.

« Tout ferroviaire »

La Région va, au contraire, mettre l’accent, lors de cette session, sur le développement des trains régionaux de proximité (TER) dont elle a la charge. La nouvelle convention passée avec la SNCF correspond à Lire la suite

Le N° 34 de LaRevueDurable consacré aux matériaux de construction durables sortira mi-juillet.

larevuedurable.com, communiqué, le 2 juillet 2009

Le numéro 34 de LaRevueDurable consacré aux matériaux de construction durables sortira mi-juillet.
Bois, pierre naturelle, paille, chanvre, ouate de cellulose et métisse : parmi d’autres, ces écomatériaux constituent une piste hautement prometteuse pour changer la face du monde de la construction. Ils signifient moins d’énergie – dite grise – et plus d’emplois, moins d’émissions de gaz à effet de serre et des métiers plus sains, moins d’édifices standardisés et une profession plus riche, créative, souvent héritière de savoir-faire régionaux. Les écomatériaux contribuent à réconcilier l’espace bâti avec la biosphère, l’espèce humaine avec son milieu de vie.

Le trente-quatrième dossier de LaRevueDurable porte notamment sur les isolants thermiques d’origine végétale à faible énergie grise. Il est possible de les utiliser dans des édifices de plusieurs étages, y compris dans des bâtiments publics, comme par exemple des écoles. Ces isolants verts prennent une part de plus en plus importantes dans la formation des professionnels du bâtiment et les assurances acceptent désormais des les prendre en charge. Les différents corps de métiers doivent appendre à se coordonner différemment. L’ensemble de la filière est en train de se structurer pour offrir des prestations à un meilleur prix et pour une qualité de service supérieure. Les écomatériaux concourent ainsi à promouvoir un environnement construit plus écologique, durable et solidaire.
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Université populaire de l’environnement – Table ronde et débat sur la concertation et la démocratie écologique suivi d’un Apéro Ecolo

MNE Bordeaux Aquitaine, Communiqué, le 30 juin 2009

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT – L’Université nomade d’Aquitaine

Cours – « Petite écologie de l’Homme et de ses techniques »

Mercredi 1er juillet de 18h30 à 20h00

Michel Lesbats – Professeur à l’IUT Bordeaux 1 Département HSE et  membre de l’Association Aquitaine Alternatives

Locaux du Jardin botanique de Bordeaux, Esplanade Linné, Rive droite (tram station jardin botanique)

Ouvert à tous – Entrée libre et gratuite

Suivi d’un Apéros’Ecolos (ex Green Drinks) – Bar-restaurant « Les temps modernes » – Allée de Serr, Bordeaux-Bastide à 2 minutes à pied du Jardin Botanique

Organisation : Maison de la nature et de l’environnement (MNE) Bordeaux-Aquitaine https://mneaquitaine.wordpress.com/, renseignements mnebxaquitaine@aol.com

Table ronde et débat sur la concertation et la démocratie écologique : « Echanges entre les acteurs locaux du Grenelle »

1. Présentation de l’objectif du débat M Lesbats

2. Présentation d’une concertation réussie entre un industriel et une association de la Presqu’île d’Ambès-Foresa (M Sévenier) et l’association Sabaréges (M Ménézo responsable de la communication) dans le domaine de problèmes « d’environnement »

3. Nous élargirons le débat à d’autres représentants des « parties prenantes » et thèmes des domaines de la Sécurité, de la Santé, de l’Ecologie et du Développement Durable :

Mme Walryck, Adjointe au Maire de Bordeaux avec qui nous débattrons de « concertation avec les bordelais ».

Un représentant de la DRIRE (DREAL) M. Courret -Ingénieur chargé de la concertation/membre du S3PI Presqu’île d’Ambès et CLIC Aquitaine.

Deux ou trois représentants d’associations Lire la suite

EFSA : Génétiquement pro-OGM

lemonde.fr, Pierre Le Hir, le 29 juin 2009

Génétiquement pro-OGM

Parme, sa cathédrale, son baptistère, ses fresques du Correggio, son parmigiano reggiano et son prosciutto. Les guides touristiques ajoutent désormais : son Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). L’agence chargée, au niveau communautaire, d’évaluer les risques liés à la chaîne alimentaire. En particulier aux organismes génétiquement modifiés (OGM). C’est sur ses avis que s’appuient les décisions de la Commission de Bruxelles, du Parlement européen et des Etats membres de l’Union européenne. D’où son rôle crucial.

Loin des marbres patinés des palais des Farnèse, l’institution s’est installée dans un moderne bâtiment de verre. Façon, peut-être, d’afficher sa « transparence », l’une de ses vertus cardinales, annonce sa directrice, la Française Catherine Geslain-Lanéelle, avec l' »excellence scientifique », l' »indépendance » et la « réactivité ». L’affirmation fait s’étrangler les écologistes. « Autant demander à un renard de surveiller un poulailler ! » s’écrit Greenpeace.

Les ministres de l’environnement des pays européens ne sont pas loin de penser la même chose. Au point que onze d’entre eux – Autriche, Bulgarie, Chypre, Grèce, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Pays-Bas et Slovénie -, affichant leur défiance à l’égard des instances communautaires, viennent de réclamer la possibilité d’interdire, de leur propre initiative, la culture de séquences génétiquement modifiées sur leur territoire. Sans souscrire à cette demande de nationalisation des autorisations de culture, la secrétaire d’Etat française à l’écologie, Chantal Jouanno, plaide elle aussi pour « que les procédures d’expertise soient revues ».

Quand l’EFSA voit le jour, en janvier 2002, l’Europe sort des crises de la vache folle et du poulet à la dioxine belge. La confiance des consommateurs est ébranlée. La filière agroalimentaire discréditée. L’Union européenne décide de se doter d’une expertise scientifique incontestable. Et de séparer l’évaluation des risques de la décision politique.

Maladies animales, additifs alimentaires, OGM, pesticides, risques biologiques… L’agence ne chôme pas. Chaque année, sa charge de travail double : en 2009, elle rendra un millier d’avis scientifiques. Trop, trop vite ? Avec 400 permanents et un financement communautaire de 73 millions d’euros, elle a atteint « la taille critique » et « la maturité » qui garantissent aux citoyens européens « un système d’évaluation des risques extrêmement robuste« , assure Mme Geslain-Lanéelle. Dix panels de scientifiques externes ont été mis en place pour couvrir les différentes disciplines, soit un réseau de 200 experts, réunis 10 à 12 fois par an. S’y ajoutent un millier de spécialistes consultés ponctuellement, dont la directrice souhaite tripler ou quadrupler le nombre.

Sur certains dossiers, l’EFSA a fait la preuve de l’indépendance qu’elle revendique. Par exemple en concluant, en 2007, que le colorant alimentaire Rouge 2G (E128), utilisé depuis trente ans dans les saucisses et les hamburgers, pouvait avoir des effets cancérigènes. Son bilan en matière d’OGM laisse en revanche perplexe.

Depuis sa création, l’autorité a reçu des industries agroalimentaires 119 demandes d’autorisation ou de renouvellement d’organismes génétiquement modifiés. Plus de la moitié (69) sont encore à l’étude, tandis que 8 ont été finalement retirées. Elle a donc rendu 42 avis… tous positifs. Qui plus est, adoptés à l’unanimité – le vote se faisant à main levée – des membres du panel OGM présents.

Pour les écologistes, la cause est entendue. Lire la suite

La Maison Blanche présente un rapport sur le changement climatique

toutsurle bio-nature.com, U.S. Global Change Research Program, date NC

La Maison Blanche présente un rapport sur le changement climatique

Lors d’une conférence de presse, la Maison Blanche a présenté le rapport sur le changement climatique intitulé « Global Climate Change Impacts in the United States » réalisé par le U.S. Global Change Research Program (USGCRP).

Le U.S. Global Change Research Program coordonne et intègre la recherche au niveau national sur les changements environnementaux et leurs impacts sur la société. Ce programme a démarré à la suite d’une initiative présidentielle en 1989 et a été mandaté par le Congrès en 1990 dans le Global Change Research Act qui avait pour objectif d’avoir « un programme de recherche globale et intégrée aux États-Unis qui aidera la nation et le monde entier à comprendre, évaluer, prévoir et répondre aux changement globaux induits par l’homme et de manière naturelle« .

Le rapport apporte une synthèse de la recherche et des impacts actuels à venir du changement climatique auxles Etats-Unis. En outre, il met l’accent sur les impacts dans différentes régions des États-Unis et sur les différents éléments de la société et de l’économie comme l’énergie, l’eau, l’agriculture et de la santé.

« Il est clair que les impacts  sont déjà en cours aux Etats-Unis et que ces impact vont augmenter à l’avenir, surtout si la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère continue d’augmenter« , peut on lire dans le rapport. Une affirmation qui fait suite à la reconnaissance par le gouvernement américain en avril dernier du lien entre les gaz a effet de serre et le changement climatique à la suite des conclusions de l’EPA (Environmental Protection Agency ) qui indiquaient que les GES (Gaz à Effet de Serre) doivent désormais être considérés comme des polluants responsables du réchauffement climatique et « menaçant la santé actuelle et le bien être des générations avenir ».

Le rapport souligne aussi notamment que l’élevage et l’agriculture seront de plus en plus affectés, « l’augmentation de la chaleur, les parasites, le stress hydrique, les maladies et les phénomènes météorologiques extrêmes posant des défis pour l’adaptation dans ces deux domaines » et que les menaces pour la santé de l’homme vont augmenter.

Les 10 éléments clés du rapport

1- Le réchauffement climatique est sans équivoque et surtout lié à l’activité de l’homme.

2- Les changements climatiques sont en cours aux États-Unis et vont s’accroitre dans le futur

3- Les impacts liés au climat se produisent d’ores et déjà vont augmenter à l’avenir

4- Le changement climatique aura un impact sur les réserves en eau

5- L’élevage et l’agriculture seront de plus en plus affectés

6- Les zones côtières sont de plus en plus face au risque de hausse du niveau des mers et des tempêtes

7- Les menaces pour la santé Lire la suite

Pr David Servan-Schreiber : Eau potable et cancer, recommandations de consommation

actualités-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 23 juin 2009

Article supprimé à la demande du site guérir.fr à l’origine de l’article, voir commentaire

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

actu-environnement.com, C.Seghier, le 11 juin 2009

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

À quelques mois de la fin de son mandat, la Commission de José Manuel Barroso s’est vue décerner, par un groupe de dix ONG, une note globale de 4,4 sur 10 pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années. Explications.

4,4 sur 10 ! C’est l’évaluation donnée par un groupe de dix ONG environnementales (Green 10) qui représente l’union des dix plus grandes organisations environnementales européennes, à la Commission de José Manuel Barroso pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années.

À quelques mois de la fin de son mandat, le constat se veut sévère ! Le groupe d’associations qui regroupe notamment Greenpeace, le WWF, Bird Life ou le Climate Action Network, a noté l’action de la Commission Barroso, entrée en fonction en novembre 2004, dans douze domaines allant de la lutte contre le changement climatique, à la santé, en passant par les transports, l’agriculture, la transparence ou encore la biodiversité.

Sa politique de stratégie pour un développement durable obtient un 2/10. Son action en matière de transparence décroche un 3/10 tout comme son action dans la protection des ressources naturelles. La Commission n’obtient que la note de 4/10 en agriculture, dans le domaine de la biodiversité, du commerce extérieur et concernant le budget et la politique de cohésion de l’UE. Concernant l’agriculture notamment, le rapport des ONG reproche à la Commission d’avoir trop souvent cédé aux intérêts professionnels dans ses décisions concernant l’agriculture et les écosystèmes marins. Le bilan de santé de la Politique Agriculture Commune, en particulier, a été une opportunité ratée de réformer en profondeur la PAC , commente un communiqué de la coalition. Au sujet de la biodiversité, les ONG expliquent la mauvaise note attribuée par son soutien constant aux OGM, sa proposition initiale faible pour la nouvelle directive sur la stratégie marine qui n’a pas permis de répondre aux pressions sur l’environnement marin et son échec à trouver un financement adéquat au réseau Natura 2000.

Son action dans l’application des directives européennes est, elle, notée d’un 5/10, tout comme son action en matière de santé. Le résultat positif d’une interdiction totale du mercure et les propositions pour réduire la pollution de l’air ont été contrebalancés par les désaccords au sein de la Commission sur la législation visant à interdire les produits chimiques dangereux , expliquent les ONG.

Parmi les bonnes notes, grâce à l’action du commissaire à l’Environnement Stavros Dimas, Lire la suite

Un nouveau réseau pour défendre les victimes des pesticides

lemonde.fr, Claire Ané, le 18 juin 2009

Un nouveau réseau pour défendre les victimes des pesticides

Aurèle Clémencin est chargé de mission santé au sein de l’ONG Mouvement pour les droits et le respect des générations futures, affiliée à l’organisation européenne Health and environment alliance (HEAL).

Quel est l’objectif du réseau des victimes des pesticides lancé aujourd’hui ?

Nous voulons rassembler les victimes au niveau national, les conseiller et les soutenir, pour montrer qu’il y a un véritable problème. Le site victimes-pesticides.org, lancé jeudi 18 juin, rassemble notamment les témoignages d’une dame en Isère dont le fils a développé une leucémie après une surexposition aux pesticides, d’un particulier dont le fils a des problèmes de tyroïde, et d’un agriculteur atteint de la maladie de Parkinson après un accident.

Nous souhaitons mettre en place des actions juridiques, en faisant valoir le principe de précaution inscrit dans la législation française. Il faut engager la responsabilité des pollueurs, qu’ils soient agriculteurs ou fabricants de pesticides, et obtenir des pouvoirs publics une restriction de l’usage de ces substances.

Quels sont les dangers de l’exposition aux pesticides ?

Certaines des substances qui les composent sont cancerogènes, tout particulièrement pour les professionnels, ou mutagènes (elles induisent des mutations des gènes, pouvant causer des déséquilibres physiologiques ou des cancers), ou encore toxiques pour la reproduction : on parle alors de substances CMR. Et certains pesticides contiennent des perturbateurs endocrinaux, qui modifient les systèmes hormonaux, pouvant entraîner des problèmes des organes sexuels, et des problèmes neurologiques (maladie de Parkinson, troubles psychomoteurs).

Existe-t-il des lois permettant de diminuer les risques et de condamner les dérives ?

Oui, mais pas assez. Au niveau européen les molécules classées CMR 1 et 2 sont interdites. Mais elles sont peu nombreuses. Nous avons recensé, en croisant les listes d’autres organismes à l’international, tels le Centre international contre le cancer et l’Agence américaine pour l’environnement (EPA), plus de 70 molécules CMR sur les 350 autorisées en France. La classification des perturbateurs endocrinaux n’en est qu’à ses balbutiements, donc ces substances peuvent être commercialisées.

Il est aberrant qu’aujourd’hui, il n’y ait pas de normes fixant un seuil de concentration maximale des pesticides dans l’air. Pour l’eau, ces normes fixent un maximum de Lire la suite

Du 15 au 26 juin à Floirac : Quinzaine de l’ecoconstruction

Hauts de Garonne développement, Communiqué, le 5 juin 2009

Du 15 au 26 juin à Floirac : Quinzaine de l’ecoconstruction

Hauts de Garonne Développement avec le partenariat de la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Gironde, la CAPEB, la FFB et l’Espace Info Energie de la MPS à Artigues, met en place pour sa 4ème édition, 

la quinzaine de l’écoconstruction du lundi 15 juin au vendredi 26 juin 2009 au CIF à Floirac

Du 15 au 26 juin, 6 tables rondes, à destination des particuliers et des professionnels, permettront d’appréhender les solutions techniques, écologiquement cohérentes, qui sauront à la fois répondre aux projets de constructions neuves et de rénovation mais aussi aux contraintes de budget.

Par ailleurs, une demi-journée entièrement dédiée aux démonstrations, permettra  d’appréhender les techniques de mises en œuvre de produits et matériaux écologiques.

 Enfin, une exposition permanente intitulée « La maison d’aujourd’hui : une maison écologique à basse consommation d’énergie » sera inaugurée le lundi 22 juin à 19h.

Cette exposition de sur le thème des maisons écologiques à faible consommation d’énergie permettra de s’informer des dernières règlementations et sur le choix des matériaux et matériels.

Améliorer les performances énergétiques des bâtiments tout en préservant l’environnement et la santé de leurs habitants, tels sont les maîtres mots de cette quinzaine….

Plus d’infos Lire la suite

Lacq : Feu vert au projet Total de stockage souterrain de CO2

France Nature Environnement, Sepanso Béarn, Côteaux du Jurançon, Communiqué de presse, le 28 mai 2009

Feu vert au projet Total de stockage souterrain de CO2

Les associations vont saisir la justice

La société Total vient d’obtenir l’autorisation d’enfouir 120000 tonnes de C02 pendant deux ans, sur Ie site industriel de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Les associations déposent un recours.

La stratégie du Shadok ?

Pour Total, lutter contre les émissions de gaz à effet de serre est très simple : il suffit de pomper ! Malheureusement les choses ne sont pas aussi simples et la technique de Capture et de Stockage de Carbone présente plusieurs risques inacceptables :

La CSC est énergivore : Le rapport parlementaire de M Birraux du 3 mars 2009 note sur ce point: « Le CSC est d’ailleurs présenté comme une technologie de l’énergie, alors qu’en soi, il ne procure aucun apport nouveau d’énergie (. ..) il induit au contraire une consommation supplémentaire d’énergie ». La CSC utilise en effet de l’énergie pour les opérations de capture, de transport et d’injection souterraine.

La CSC est polluante : cette technologie a pour raison première Ie développement des centrales thermiques au charbon à I‘heure ou il faut au contraire développer les sources d’énergies renouvelables, les économies d’énergie et l’efficacité énergétique. Le rapport Birraux note que la CSC « conforte aussi l’utilisation des énergies carbonées dans les pays qui les importent avec même le risque d’accroître leur dépendance énergétique, puisque l’implantation d’un dispositif de CSC impose un supplément de consommation d’énergie » ;

La CSC présente des risques pour l’environnement : L’enfouissement industriel de carbone sous terre présente des risques pour la santé et l’environnement qui ne sont pas maîtrisés. Aucune expertise indépendante et contradictoire n’a été financée à ce sujet. Total a préféré faire appel au BRGM qui …  est engagé en faveur de la CSC !

La CSC est coûteuse : Elle peut « doubler Ie coût de fonctionnement d’une centrale et, par conséquent, aboutir a une augmentation du coût de l’électricité de 21 à 91% » (cf. rapport Greenpeace « Faux espoir » de mai 2008).

La CSC est tardive : ainsi que Ie précise Ie PNUE : « Le CSC arrive beaucoup trop tard sur Ie champ de bataille pour aider Ie monde a éviter Ies changements climatiques ». Rappelons que les industriels eux-mêmes rappellent que la CSC ne sera pas opérationnelle avant 2030. Or, il nous faut réduire drastiquement nos émissions de GES dès 2015….

La CSC n’est pas viable : selon l’Agence internationale de l’énergie, Lire la suite

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

altermonde-sans-frontière.com, Guillaume Duval, Christine Mounier, le 21 avril 2009

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

À en croire les principaux média, le bien-être de tous passe par une croissance soutenue. Pourtant, pour un nombre croissant de personnes, un modèle économique d´avenir et responsable ne passe plus forcément par la croissance économique, mais au contraire par la décroissance.
Décroissance ou développement durable ? : Deux camps s’opposent sur les réponses à apporter aux problèmes environnementaux et aux besoins de la population.

Les événements climatiques extrêmes se multiplient, les déchets s’amoncellent, les nappes phréatiques s’épuisent ou sont polluées, le pétrole va devenir rare et son contrôle fait l’objet de conflits de plus en plus violents, que ce soit en Irak ou en Tchétchénie. Dans le même temps, la capacité du système économique à répondre aux besoins sociaux est de plus en plus contestée. Les inégalités mondiales se creusent et si une partie de l’Asie est en train de sortir du sous-développement, c’est en adoptant un mode de vie dévoreur de ressources non renouvelables. Bref, et chacun (ou presque) en convient désormais : on va dans le mur et il faut changer de mode de développement. Et pas dans un siècle, dès les prochaines années. Mais comment faire ? Un débat de plus en plus vif oppose les partisans d’une « décroissance soutenable », organisant le recul de l’économie monétaire, aux tenants d’un « développement durable » permettant de concilier croissance et écologie.

Sur la gravité de la situation, il n´y a pas de désaccord majeur entre les tenants du développement durable et les partisans de la décroissance. Ernst Ulrich von Weizsäcker, Amory et Hunter Lovins, tenants du développement durable, reprennent à leur compte, dans leur rapport « Facteur 4 », les très sombres prévisions établies par les Meadows dans leur célèbre rapport de 1972 au Club de Rome sur « les limites de la croissance ». Ils envisagent notamment le risque d´un effondrement brutal des productions agricole et industrielle et de la population mondiale dans les prochaines décennies. Quant à Lester Brown, autre tenant du développement durable, il consacre, dans Éco-économie, des pages aux « signes de la tension » qui ne rassurent pas davantage sur l’avenir. Il n’y a pas non plus de divergence sur la nécessité d’une décroissance très rapide de la consommation de matières premières et d’énergie, en particulier, bien sûr, des énergies fossiles.

L’éco-efficience au secours de la croissance

En revanche, les avis s’opposent sur le moyen d’y parvenir. Les tenants de l’éco-économie mettent en évidence les nombreux moyens techniques déjà connus pour consommer beaucoup moins de matières premières et d’énergie tout en produisant autant de biens et de services (à travers le recyclage et une autre conception des produits). C´est le fameux « facteur 4 » d’Ernst Ulrich von Weizsäcker : on peut produire autant avec quatre fois moins d’énergie et de matières premières. D’autres, plus ambitieux encore, parlent de facteur 10. Sans être des ennemis du marché, les tenants de l´éco-économie ne croient pas que les mécanismes marchands sont susceptibles de rétablir seuls les équilibres écologiques. Ils misent sur des politiques publiques très actives et sur une refonte des systèmes fiscaux en fonction de priorités écologiques. De plus, ils soulignent qu´il va falloir changer en un temps record l´essentiel de nos infrastructures : remodeler l’urbanisme, changer d´habitat, reconfigurer les moyens de production dans la plupart des industries, etc. Cet énorme effort d’investissement est générateur de croissance et, à la fois, nécessite de la croissance pour être mis en oeuvre : la croissance faible des vingt dernières années en Europe a plus freiné la transformation écologique des modes de production et de consommation qu´elle ne l’a accélérée.

Attention à l´effet rebond

Les tenants de la décroissance ne croient pas du tout à un tel scénario. Lire la suite

Le Parlement européen, un poids lourd en environnement

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 22 mai 2009

Le Parlement européen, un poids lourd en environnement

Boudé par les électeurs si l’on en croit les prévisions d’abstention record pour les élections européennes du 7 juin, le Parlement européen est pourtant le meilleur allié des citoyens en matière d’environnement. L’Assemblée sortante, bien que conservatrice, a ainsi démontré sa capacité à renforcer plusieurs textes dans ce domaine. Premier volet d’un dossier du JDLE consacré aux élections européennes.

«La protection de l’environnement et de la santé est l’un des domaine sur lequel le Parlement européen est le plus mobilisé», souligne Yves Bertoncini, enseignant à Sciences-Po et à l’Ecole nationale d’administration (Ena), expert des questions européennes (1). De fait, un tiers des directives adoptées par le Parlement durant la dernière législature (2004-2009) concernaient ce secteur. A l’échelle nationale, «70% de la réglementation en matière de pollution urbaine et industrielle, d’eau et de protection de la nature depuis 10 ans est d’essence communautaire», indique Raphaël Romi, professeur de droit à l’université de Nantes et titulaire d’une chaire Jean Monnet de droit européen de l’environnement.
Depuis le Traité de Maastricht de 1992, le Parlement européen a vu ses compétences environnementales renforcées par l’instauration de la procédure de co-décision (2). «Cela signifie que le Parlement ni le Conseil ne peuvent adopter de législation sans l’assentiment de l’autre», précise Françoise Grossetête, eurodéputée française, membre du groupe du Parti populaire européen (PEE) et de la commission Environnement. Avant cette date, les textes en environnement -dont plus de 800 ont été adoptés depuis 1973- relevaient uniquement du Conseil. «Dans le cadre de la co-décision, le Parlement européen et le Conseil donnent tour à tour leur avis sur le projet de la Commission. Entre 2004 et 2007, 64% des textes ont ainsi été adoptés en première lecture, contre 30% sur la période 1999-2004», explique Yves Bertoncini. En cas de désaccord, les deux instances tentent de trouver un compromis en deuxième lecture. Lors d’un nouvel échec, est mise en place une procédure de conciliation au cours de laquelle les représentants du Parlement et du Conseil tentent de trouver un ultime accord ou rejettent le texte. Ce qui a été le cas très récemment pour la directive sur le temps de travail (2). «Le rejet du texte par le Parlement en raison d’un différend avec le Conseil démontre son véritable pouvoir», souligne Anne Ferreira, eurodéputée française membre du Parti socialiste européen (PSE) et de la commission Environnement.
Plusieurs textes ont été renforcés par les eurodéputés durant la période 2004-2009. «Sur le paquet Energie-climat, les eurodéputés ont, pour la première fois, radicalisé l’objectif politique du texte, alors que leur rôle se limite souvent à apporter une amélioration technique», juge Raphaël Romi. «Le Parlement a renforcé les objectifs de promotion des énergies renouvelables [20% d’ici 2020]», confirme Mark Breddy, responsable de la communication de Greenpeace Europe. Françoise Grossetête cite le règlement Reach: «Nous nous sommes battus pour conserver le principe selon lequel les substances extrêmement préoccupantes devaient être remplacées par des substances alternatives plus sûres». Raphaël Romi a un avis plus mitigé: «Même s’il représente une avancée considérable, Reach est issu d’un compromis avec le Conseil». Greenpeace Europe estime toutefois que le Parlement a renforcé la position de la Commission.

Le Parlement, bien que sensible à l’opinion publique, est aussi influencé par des lobbys économiques. «Sur le paquet Pesticides, le lobby agricole Lire la suite

Appel à projet ANR : Changements Environnementaux Planétaires

agence-nationale-recherche.fr, appel à projet, mai 2009

Appel à projet ANR : Changements Environnementaux Planétaires (CEP)

Les changements environnementaux sont désormais perceptibles à l’échelle de la planète, d’où le terme « changements environnementaux planétaires » ou « changement global ». Un des enjeux majeurs de la recherche consiste à faire émerger une approche systémique, profondément multi- et trans-disciplinaire sur ce domaine, à l’interface des sciences humaines et sociales, des sciences de la vie et de la matière.

L’objectif de ce nouveau  programme est d’accélérer les recherches françaises ayant une approche intégrée de ces processus se développant à l’échelle de la planète mais générant des impacts d’ordres régionaux. Le programme visera à faire émerger des projets portant sur l’impact, la mitigation et/ou l’adaptation aux changements environnementaux planétaires.

Le programme est structuré en six axes :

Axe thématique 1 : Vulnérabilité et Adaptation des sociétés aux CEP

Axe thématique 2 : Aménagement des Territoires et Occupation Des Sols  dans le contexte des CEP

Axe thématique 3 : Rôle de la biodiversité sur le fonctionnement des écosystèmes dans le contexte des CEP

Axe thématique 4 : Ressources naturelles et sécurité alimentaire dans le contexte de CEP

Axe thématique 5 : Changements environnementaux planétaires et effets sur la santé

Axe thématique Transverse 6 : Outils et méthodes pour la science du système Terre

Date limite de soumission des dossiers Lire la suite

La peste porcine, dernier fléau de l’industrie de la viande

grain.org, NC, avril 2009

Un système alimentaire qui tue : La peste porcine, dernier fléau de l’industrie de la viande

Le Mexique assiste à une répétition infernale de l’histoire de la grippe aviaire asiatique, mais à une échelle encore plus tragique. Une fois de plus, la réponse officielle arrive trop tard et entachée de mensonges. Une fois de plus, l’industrie mondiale de la viande est au centre de l’histoire, s’obstinant à nier toute responsabilité, alors que le poids de l’évidence concernant son rôle ne cesse de s’accroître. Cinq ans après le début de la crise de grippe aviaire H5N1 et après cinq ans aussi d’une stratégie mondiale contre les pandémies de grippe coordonnée par l’Organisation mondiale de la santé (l’OMC ou WHO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le monde chancelle sous les coups d’un nouveau désastre, la grippe porcine. La stratégie mondiale a échoué et doit être remplacée par un nouveau système de santé publique qui puisse inspirer confiance au public.

Ce que nous savons de la situation au Mexique, c’est que, officiellement, plus de 150 personnes sont mortes d’une nouvelle souche de grippe porcine qui est en fait un cocktail génétique de plusieurs souches de virus de grippe : grippe porcine, grippe aviaire et grippe humaine. Celle-ci a évolué en une forme qui se transmet facilement d’humain à humain et qui peut tuer des gens en parfaire santé. Nous ne savons pas exactement où ont eu lieu cette recombinaison et cette évolution, mais il semble évident qu’il faut chercher du côté des élevages industriels mexicains et américains.[1]

Cela fait des années que les experts avertissent que le développement des grandes fermes d’élevage industriel en Amérique du Nord ont créé un foyer idéal pour que puissent émerger et se répandre de nouvelles souches de grippe extrêmement virulentes. « Parce que les élevages fortement concentrés ont tendance à rassembler d’importants groupes d’animaux sur une surface réduite, ils facilitent la transmission et le mélange des virus », expliquaient des scientifiques de l’agence nationale des instituts de santé publique américaine (NIH).[2]  Trois ans plus tôt, Science Magazine avait sonné l’alarme en montrant que la taille croissante des élevages industriels  et l’usage répandu des vaccins qui y est fait accéléraient le rythme d’évolution de la grippe porcine.[3] C’est la même chose avec la grippe aviaire : l’espace surpeuplé et les conditions insalubres  qui règnent dans ces élevages permettent au virus de se recombiner et de prendre de nouvelles formes très aisément. Quand on en est à ce stade, la  centralisation inhérente à l’industrie garantit que la maladie est disséminée partout, par l’intermédiaire des matières fécales, de la nourriture animale, de l’eau ou même des bottes des ouvriers.[4] Et pourtant, si l’on en croit les centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), «  il n’existe pas de système national officiel de surveillance pour déterminer quels sont les virus les plus répandus dans la population porcine américaine.”[5] La situation est la même au Mexique.

Les communautés à l’épicentre

Ce que nous savons encore à propos de l’épidémie de grippe porcine mexicaine est que la communauté de La Gloria dans l’état de Veracruz a désespérément essayé d’obtenir une réaction des autorités face à l’étrange maladie Lire la suite

Le Titanic de l’économie carbonique

altermonde-sans-frontières.com, Yann Fiévet, le 30 avril 2009

For Le Peuple Breton, mai 2009

Le Titanic de l’économie carbonique

L’Histoire retiendra dans son œuvre d’établissement des faits aux conséquences gravissimes que le récent sommet du G20 est l’une des preuves les plus flagrantes de l’incurie actuelle des Maîtres du Monde. L’économie mondialisée est un navire démesuré aux multiples voies d’eau dont on a décidé de maintenir la route incertaine afin de sauver le plus longtemps possible les intérêts des occupants de la Première Classe. Le discours tenu aux passagers des classes subalternes n’affiche évidemment pas ce but cardinal ; on leur assure au contraire que pour sauver tout le monde il n’est qu’un seul cap à suivre. Mais, peu importent les paroles du Commandement : son attitude obstinée révèle une coupable sous-estimation du danger qui menace de dislocation le Titanic planétaire.

Ce Titanic-là est un trop vieux rafiot pour pouvoir tenir la mer démontée qui l’assaille de toute part. Il est d’un autre temps, celui où la prospérité économique provenait de l’abondance des sources d’énergie d’origine fossile. La première méprise du Commandement est de croire qu’il va pouvoir maintenir le coût de l’énergie à 5% du PIB, indicateur par ailleurs fièrement conservé comme référence de la richesse produite grâce à ce volume d’énergie. La vénération du mythe de la Croissance alors que les gisements de matières fossiles desquels elle dépend étroitement diminuent devrait imparablement apparaître absurde. Dans l’économie carbonique, produire va coûter de plus en plus cher à mesure que l’on va découvrir qu’aucune alternative crédible aux « fossiles » n’existe dans un avenir raisonnable. Ces considérations nous feraient presque oublier le désastreux bilan écologique de l’usage démentiel de ces sources d’énergie qui firent la fortune de l’ère industrielle. C’est la deuxième illusion du Commandement : croire qu’il va être possible de repeindre en vert la titanesque croissance.

L’abondance énergétique n’est pas le seul attribut de l’économie carbonique. Un autre attribut mortifère la condamne au regard de la nécessaire intelligence à (re)construire : elle s’est développée au mépris des limites qu’imposent la nature en général et le vivant en particulier. La transgression de ces limites, après avoir été longtemps prétendue inoffensive, est aujourd’hui payée au prix fort par les sociétés humaines. Les dérèglements climatiques, l’appauvrissement des sols, le dépérissement avancé de la biodiversité ou le développement exponentiel des maladies « environnementales » devraient nous imposer le réapprentissage des limites. La Croissance verte est toujours la Croissance, c’est-à-dire la poursuite du renoncement à prendre en considération impérative les limites physiques et biologiques. Les hommes devraient inventer l’économie biophysique. Cette économie « révolutionnaire » ne se préoccuperait pas seulement de connaître les limites de son emprise sur les écosystèmes, elle produirait surtout les conditions de son existence pérenne par l’équilibre des flux entre elle et la nature dans toutes ses dimensions. La Culture n’est pas supérieure à la Nature ; elles doivent marcher de front pour un dialogue permanent. Ici, la Croissance verte échouera encore : l’allègement de la domination de l’économique sur la nature ne remet pas en cause le caractère essentiel de cette domination. Adoucir le joug pour mieux le maintenir, telle est la nouvelle et dérisoire frontière offerte aux peuples par le Commandement aveugle du navire en perdition.

Le Commandement, régulièrement conforté par les analyses macro-économiques de ses nombreux conseillers, se méprend encore en ignorant superbement la contre productivité manifeste de la « société de marché ». L’archéologue américain Joseph Tainter a étudié le développement et le déclin de nombreuses civilisations pour mettre à jour les raisons communes de leurs destins fatals. Confrontées aux problèmes inhérents à leur fonctionnement, ces civilisations accroissent la complexité de celui-ci en augmentant encore les moyens qui ont permis leur développement. L’accroissement de la complexité signifie la diversification des rôles sociaux, économiques et politiques ainsi que l’essor des moyens de communication et la croissance de l’économie des services, tout cela étant soutenu par une consommation d’énergie sans cesse en augmentation. Il est incontestable qu’aujourd’hui la satisfaction sociale par habitant augmente de moins en moins vite, alors que les coûts écologiques croissent chaque jour davantage. La contre productivité globale de la société de marché est désormais palpable puisque son bénéfice net, différence entre la satisfaction sociale et les coûts conjoints de l’organisation sociale et de la crise écologique, diminue. L’effondrement de cette société interviendra quand son bénéfice net deviendra nul. Hérétique prédiction !

L’erreur majeure des économistes de la théorie orthodoxe est de raisonner exclusivement sur la combinaison de deux facteurs de production, le travail et le capital, et d’ignorer ainsi le moteur même de l’économie que constitue les matières minérales et énergétiques fournies par la nature. L’épuisement de ces richesses premières en amont de la production et les dégâts occasionnés à l’environnement naturel en aval de la consommation ne sont jamais sérieusement chiffrés économiquement. À cet égard, le développement durable, déclinaison publicitaire de la théorie économique dominante, ne résout rien. En dernière instance, c’est toujours l’économique qui l’emportera sur le social et l’environnemental. À la figure des trois cercles ne se chevauchant que sur une portion congrue, il nous faudrait substituer celle de trois cercles concentriques : le petit cercle de l’économie contenu dans celui plus large du social lui-même inscrit dans le vaste cercle de l’environnement naturel. Cela s’appelle reconstruire notre imaginaire.

À cette nécessité impérieuse, le Commandement préfère l’enthousiasme pour une prédiction minuscule érigée en chaloupe providentielle : la Chine devrait faire 8% de Croissance en 2009.

Cerexagri à Bassens : Avis favorable

sudouest.com,  Yannick Delneste, le 29 Avril 2009

BASSENS, CEREXAGRI. Le rapport d’enquête publique s’avère bienveillant envers la demande d’exploitation de nouveaux produits phyto-sanitaires dont les opposants restent mobilisés

L’avis favorable du commissaire enquêteur

La conclusion est volontiers longue mais mérite de la retranscrire dans sa quasi-intégralité (lire ci-dessous). Son avis est consultatif mais il marque une nouvelle étape dans le dossier Cerexagri et son projet de nouvelles activités (1) soumis à une enquête publique qui a pris fin à la mi-mars : le commissaire enquêteur a rendu il y a quelques jours un avis favorable au dossier de demande d’autorisation d’exploiter. Son rapport est consultable en mairie. Cet avis n’est donc pas décisif, mais dans le climat actuel régnant autour de Cerexagri (filiale du groupe indien United Phosphorus Limited), il revêt une importance plus attendue que sur d’autres dossiers plus classiques. Depuis un mois, le projet de transfert de deux activités, jusque-là développées sur le site sarthois de Vaas par Cerexagri, fait l’objet de vifs débats. En conseil municipal de Bassens d’abord où l’avis favorable a été voté d’une courte tête, tandis que l’ensemble des communes consultées des alentours ont voté contre. Sur la place publique enfin via un mouvement de protestation emmené par des proches riverains du site, demandant le retrait pur et simple du projet.

Incompréhension « logique »

En cause notamment : le methyl parathion, l’un des trois pesticides que Cerexagri compte micro-encapsuler à l’avenir. D’une toxicité importante, le produit est interdit d’utilisation en France comme dans l’Union européenne, mais autorisé dans des pays comme l’Australie, les États-Unis ou la Turquie. Selon le commissaire enquêteur visiblement, la société aurait apporté les garanties et les engagements suffisants quant aux observations déposées sur le registre de l’enquête publique.

Dans son rapport, le rédacteur rappelle la dangerosité du produit en question et la « logique » incompréhension d’une population sur son interdiction d’utilisation mais sa possibilité de fabrication. Rappelant les vingt ans d’activités à Vaas, il reconnaît à la société Cerexagri sa volonté de réduire le nombre de molécules utilisées en agro-pharmacie. Les opposants pétitionnaires n’étant pas intervenus sur ce registre, les principales questions émanaient en effet du comité de veille de Bassens, structure composée d’élus locaux, habitants des quartiers et représentants associatifs. Il a notamment interpellé l’entreprise sur la mesure des rejets, le périmètre de toxicité et bien sûr concernant le méthyl parathion. Rappelant l’interdiction d’utilisation en Europe, ce comité faisait part de sa « grande inquiétude », souhaitant que, « à brève échéance, la société Cerexagri remplace le méthyl parathion par d’autres molécules moins dangereuses ». Sur cette observation, aucune de réponse de la société n’est consignée dans le rapport au contraire des huit autres.

Dans les mains du préfet

Après cet avis rendu par le commissaire enquêteur, le dossier Lire la suite

Comment se fabriquer un cerveau vert ?

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 22 avril 2009

Comment se fabriquer un cerveau vert?

Dans l’édition du NYT Magazine parue le 19 avril, il se trouve un extraordinaire papier sur le cerveau vert. Pourquoi est-ce si compliqué de convertir nos cerveaux aux grands enjeux environnementaux tels que le changement climatique ou pire encore, l’effondrement de la biodiversité ? D’après les chercheurs en sciences cognitives, les comportementalistes et ceux qui planchent sur les caractéristiques de nos prises de décision, ces sujets de recherche pourraient porter en eux bien plus de solutions que les sauts technologiques dont on nous rabâche l’impérieuse nécessité. Et si les clefs de la lutte contre les périls climatiques et écologiques, qui implique de multiples changements de comportement, étaient en nous ? Tout simplement.

Le journaliste Jon Gertner a passé deux jours à l’Université de Columbia où un colloque sur l’environnement a réuni la crème de la science cognitive. Les recherches sur l’être humain confronté à des choix simples ou multiples dans les domaines de l’économie, de la santé ou de la consommation, …, existent depuis longtemps. Mais rien de similaire n’avait jusqu’alors été tenté en matière d’environnement. C’est chose faite avec les travaux du Centre de recherches sur les décisions environnementales (Cred), une branche de la recherche comportementale, à l’intersection entre la psychologie, l’économie et la science qui s’intéresse aux processus déterminant nos choix et nos comportements. Pourquoi devient-on écolo ? Pourquoi pas ? Pourquoi accepte-t-on de changer ? Pourquoi reste-t-on aveugle ? De quoi se contente-t-on ? Etc. Le sujet est, avouons-le, passionnant.

« Commençons par considérer que le changement climatique est anthropique. », démarre Elke Weber, l’une des chercheuses de Columbia. « Les gens sont tombés plus ou moins d’accord avec cela. Cela signifie que le changement climatique est causé par le comportement humain. Ce qui ne signifie pas que les solutions techniques n’ont pas leur place. Mais si ce phénomène est causé par le comportement humain, alors la solution réside aussi, probablement, dans le changement des comportements humains. »

J’en vois d’ici opiner du chef, considérant cela comme évident. Tant mieux, alors c’est aux autres que ce papier s’adresse, en priorité ! Le journaliste a assisté aux tests du Cred. D’après ses chercheurs, le changement climatique est une opportunité en or pour étudier nos réactions et nos arbitrages sur des problématiques au long cours. Quels sacrifices serions-nous prêts à mettre en œuvre aujourd’hui pour obtenir des bénéfices climatiques incertains et surtout très lointains ? En gros, qui accepte de monter dans un avion dont les probabilités d’arriver à bon port sont de 15% ? Hmmm, qui ?

La prise de décision –c’est-à-dire l’évaluation des risques- est communément considérée comme deux systèmes travaillant en parallèle. L’un bosse de façon analytique, pèse le pour et le contre, les coûts et les bénéfices de telle décision. L’autre, plus instinctif, envisage le risque comme un sentiment: une réaction primitive et urgente au danger, basée sur l’expérience personnelle. Le problème du système analytique, c’est qu’il considère que le bénéfice au court terme est préférable au bénéfice à long terme. En gros, nous ne sommes guère incités à changer de mode de vie pour garantir –et encore, rien ne le garantit- un meilleur avenir climatique. Et avec le système basé sur l’émotion, ce n’est pas mieux : difficile d’évaluer les dangers de périls que l’on ne vit pas ou par télé interposée (sécheresses, montée du niveau des océans, …).

Les travaux d’Elke Weber montrent aussi que nous avons un quota d’inquiétudes au-delà duquel on interchange les problèmes. Nous sommes incapables de maintenir notre peur du changement climatique lorsque Lire la suite

Programme complet du Contre-Grenelle 2 du 2 mai à Lyon

bellaciao.org, Paul Aries, le 19 avril 2009

Programme complet du Contre-Grenelle 2 du 2 mai à Lyon

Contre-grenelle du 2 mai 2009 à Lyon Le rendez-vous national des antiproductistes à la veille de la campagne des européennes.

NON au bradage de l’écologie politique sous couvert d’une ouverture aux écologistes de marché. NON aux capitulards du développement durable même maquillés en défenseurs d’une nouvelle régulation capitaliste. NON aux tartufes de l’écologie médiatique qui pillent le vocabulaire de la décroissance et de l’antiproductivisme sans jamais parler une seule fois d’anticapitalisme.

OUI à un autre partage du gâteau : la première des décroissances doit être celle des inégalités. OUI à un vrai débat démocratique dans la clarté : on ne changera pas le monde dans la confusion idéologique et avec comme partenaires les grandes transnationales. OUI à une autre Europe démocratique où chaque pays soit capable de relocaliser ses activités économiques.

PROGRAMME

Matinée (9h30-12h) Qu’est-ce que le capitalisme vert ? 9 h 30 – Introduction : Paul Ariès (Le Sarkophage)
Démontage du capitalisme de Nicolas Sarkozy et du productivisme de la gauche : Yannis Youlountas (philosophe)

Le vrai visage de Cohn-Bendit : Sophie Divry (La Décroissance)

L’idéologie nucléaire : Cédric Lucas du Réseau Sortir du nucléaire Pause musicale par François Gaillard* 10 h 30 – La santé en danger : Catherine Levraud (médecin)

Marketing, commerce et hyperconsommation : Véronique Gallais (Action Consommation)

La civilisation de la voiture : Gilbert Dumas (enseignant)

Les pièges de la monnaie carbone : Aurélien Bernier (altermondialiste)

Midi : Une assiette paysanne (7,20 euros) est proposée par la ferme des sources (Confédération Paysanne d’Isère) Tables de presse…

Après-midi Lire la suite

Québec : Un nouveau livre pour Hervé Kempf

cyberpresse.ca, Le Soleil, Éric Moreault, le 18 avril 2009

Un nouveau livre pour Hervé Kempf

(Québec) L’actuelle crise économique va de pair avec une crise écologique sans précédent. Ce qui a inspiré à Hervé Kempf un essai percutant et radical : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme. Le journaliste en environnement au quotidien Le Monde et écrivain voit dans la dérive du capitalisme une forme qui privilégie le gaspillage, le saccage de la planète, l’inégalité et la consommation ostentatoire. Pour cette suite logique à Comment les riches détruisent la planète (2007), il fallait néanmoins «aller au-delà du diagnostic et démontrer qu’il y a des voies pour se sortir de cette situation». Entretien.

Q    Votre livre arrive à point nommé, non ?

R Que la crise se manifeste ne m’a pas étonné. J’avais écrit dans mon livre précédent que, logiquement, l’économie des États-Unis allait s’effondrer et qu’il y aurait aussi un ralentissement en Inde et en Chine. Si ça ne s’était pas produit, on serait allé encore plus rapidement vers la catastrophe écologique.

Q    Croyez-vous que les gens risquent d’être moins réceptifs ici qu’en Europe à cette critique du capitalisme ?

R Aux États-Unis, cette mise en cause du capitalisme risque d’être plus difficile à avaler. Mais au Québec, je retrouve une attention et une compréhension semblables à celles que j’ai eues en France. Ce sont des questions qu’on se pose en ce moment. Le système perd de sa légitimité. Il y a un désir de trouver des réponses et de chercher des solutions.

Q    Pour dénoncer le capitalisme, sentiez-vous le besoin de faire le procès de l’individualisme ?

R Tout à fait. C’est même le coeur de l’argument du livre. L’évolution du capitalisme, dans les 30 dernières années, a exacerbé l’individualisme et l’a porté à un degré jamais atteint. Il enferme les personnes dans cette idée que chacun n’est que soi-même et ne doit viser que sa satisfaction personnelle. Pour faire évoluer la société, il faut interroger nos relations à l’autre, ce qu’est la société, et aller beaucoup plus vers des valeurs de solidarité, de coopération et de bien commun, qui ont été extrêmement affaiblies et dévalorisées depuis 30 ans.

Q    N’est-ce pas une nostalgie soixante-huitarde ?

R Je suis plus tourné vers le présent et l’avenir que le passé. Cette période avait peu de points communs avec maintenant. La politique était plus présente et vivante. Il n’y avait pas cette aliénation par la consommation causée par la télévision et la publicité omniprésente. Il faut secouer les chaînes de ce confort et de cet attrait permanent à avoir toujours plus. Il y a aussi un élément tout à fait nouveau : la question écologique a atteint un degré d’urgence qui n’existait pas du tout à l’époque. Je suis très frappé par les signes très évidents de dégradation, même au Québec : le fleuve Saint-Laurent, les cyanobactéries dans les lacs, le plan Nord qui est une destruction organisée de l’environnement, les sociétés minières. Il faut changer ce modèle.

Q    Le ton utilisé, sans être provocateur, vise-t-il à secouer une certaine apathie des gens face à la situation environnementale ?

R Oui, mais je le fais en m’appuyant sur les faits, en projetant de la lumière sur les coins habituellement laissés dans l’ombre. C’est mon obsession. Je m’engage un peu plus que comme journaliste, parce que l’écriture me permet d’aller plus loin et d’articuler mieux les faits et les idées.

Q    Vous déboulonnez certains mythes environnementaux, n’avez-vous pas peur de décourager les gens ? Lire la suite

Adaptation au changement climatique : l’UE doit se préparer

notre-planete.info, le 16 avril 2009, CEE

Adaptation au changement climatique: l’Union européenne doit se préparer aux conséquences

La Commission européenne a présenté début avril un livre blanc exposant les mesures nécessaires afin de renforcer la capacité de résilience de l’Union face au changement climatique. Selon des études récentes, les effets du changement climatique se feront sentir plus rapidement et seront plus graves que ne l’indiquait le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat dans son rapport de 2007. L‘Europe n’échappera pas à ces effets et doit donc se préparer à y faire face. Les conséquences du changement climatique seront différentes d’une région à l’autre, de sorte que la plupart des mesures d’adaptation devront être prises aux niveaux national et régional. Le cadre présenté par la Commission établit une approche stratégique en deux phases pour l’adaptation aux effets du changement climatique dans l’UE, qui vient compléter les mesures adoptées par les États membres au moyen d’une approche intégrée et coordonnée.

M. Stavros Dimas, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement, a déclaré à ce propos: «La gravité du changement climatique s’accentue et devient de plus en plus inquiétante au fil des ans. Nous devons tout mettre en œuvre pour réduire les émissions de carbone ; cependant, même avec les réductions d’émission que nous nous sommes engagés à réaliser, un certain degré de changement climatique est inévitable. Il est donc essentiel que nous commencions à travailler dès maintenant avec les gouvernements, les entreprises et les communautés locales afin de mettre en place une stratégie d’adaptation globale pour l’UE et de garantir l’intégration de l’adaptation dans les principales politiques de l’UE
Mme Mariann Fischer Boel, membre de la Commission européenne chargé de l’agriculture, a quant à elle déclaré: «L’agriculture européenne sera touchée de plein fouet par le changement climatique. Je veux que les agriculteurs soient totalement conscients des défis qui les attendent et je souhaite lancer un débat sur les mesures spécifiques susceptibles d’aider nos agriculteurs à s’adapter. En particulier, je voudrais que nous prenions des mesures dites «sans regret» qui engendrent des bénéfices sur les plans économique et environnemental, quelle que soit la façon dont le climat évolue. Ce sont les principaux éléments du document sur l’agriculture et le changement climatique qui a été adopté aujourd’hui en liaison avec le livre blanc

Mme Androulla Vassiliou, membre de la Commission européenne chargé de la santé, s’est exprimée en ces termes: «Face à l’évolution des modèles climatiques, il y a lieu d’accorder une attention particulière au renforcement de la surveillance sanitaire des personnes, des animaux et des plantes. En outre, l’intégration de programmes d’action sanitaire en cas de conditions météorologiques extrêmes dans les plans de préparation des autorités sanitaires est fondamentale. Nous devons également veiller à ce que les effets du changement climatique sur les catégories sociales vulnérables soient évalués. La collaboration internationale est essentielle pour atteindre ces objectifs

M. Joe Borg, membre de la Commission européenne chargé de la pêche et des affaires maritimes, a fait la déclaration suivante: «Les côtes et les zones marines de l’Europe se trouvent en première ligne face au changement climatique. Nous devons être prêts à relever les défis à venir, tels que la montée du niveau des mers, les inondations côtières, les incidences sur le tourisme côtier, sur les ports et le transport maritime, ainsi que sur les pêcheries. Nous ne pouvons pas nier l’importance des écosystèmes côtiers pour notre économie. Aujourd’hui, près de 50 % de la population européenne vit dans des zones côtières. C’est pourquoi il est primordial et urgent de Lire la suite

Pierre Rabhi : « Je préconise la sobriété heureuse »

toogezer.com, Marie Ernoult, avril 2009

Pierre Rabhi : « Je préconise la sobriété heureuse »

Depuis plus de quarante ans, Pierre Rabhi consacre sa vie à alerter l’opinion publique sur la tragédie alimentaire mondiale qui se profile. Originaire d’Algérie et installé depuis 1960 en Ardèche où il a opéré un retour à la terre, Pierre Rabhi est un pionnier de l’agro-écologie en France. Ses idées et ses valeurs sont le reflet d’une vie qu’il a voulu simple, en harmonie avec la nature, loin du tumulte d’une société de consommation guidée par une économie de marché qui nous mènera, selon lui, sans une rapide insurrection des consciences, à notre perte…

Comment est né votre intérêt pour l’écologie ?

Dans les années 50, ma femme et moi avions la volonté de fonder une famille, mais de la fonder en assurant son destin. Nous avons donc fait un retour à la terre, bien que je n’aie aucune qualification en agriculture. Il a fallu que j’acquière ces connaissances. Nous étions en plein dans la crise de l’agriculture moderne, c’est donc là que j’ai pu observer qu’elle était terrifiante : usage massif d’engrais, de produits de synthèse, mécanisation de plus en plus en violente, tout cela pour produire, mais produire en détruisant. C’est le défaut de l’agriculture moderne, elle produit beaucoup mais elle produit mal. J’ai compris qu’il y a avait une problématique du rapport de l’être humain avec la terre et la nature. C’est de là qu’est née petit à petit en moi, une nouvelle protestation qui m’a amené à essayer de réfléchir : savoir si on était condamné à cette agronomie destructrice ou bien s’il existait d’autres solutions. Et c’est comme ça que j’ai découvert que ces questions là, des gens plus compétents se l’étaient posée, et qu’il existait des solutions qui associent la nécessité de produire avec celle de respecter les milieux naturels, ayant des effets positifs collatéraux. C’est  donc par l’agriculture que je suis devenu écologiste.

Le mode de production agro-écologique pourrait-il nourrir la planète ?

C’est une question qui n’a pas de sens. L’agriculture moderne a eu les coudées franches pendant des décennies, elle a été préconisée comme étant la solution au problème de la famine. Et, ce que  l’on constate aujourd’hui, c’est qu’elle na pas résolu les problèmes de famine, mais qu’elle les a aggravés par une surproduction qui a anéanti l’autonomie des populations locales. J’affirme avoir préconisé l’agriculture écologique dans les pays du tiers monde et les paysans ont déclaré que cela leur convenait, elle leur permettait de nourrir sans se ruiner avec des intrants, des pesticides… L’agriculture écologique est la mieux adaptée à la résolution des problèmes alimentaires.

Quelle serait selon vous un mode de consommation alimentaire durable et équilibré ?

Pendant des millénaires, les êtres humains, et c’est ce que l’on a appelé la révolution néolithique, ont pratiqué l’agriculture et ont vécu de l’agriculture. Ils sont rentrés dans une forme de durabilité. Ils n’ont pas attendu le XIXème siècle pour résoudre ce problème millénaire, mais ils étaient dans le cadre d’une civilisation agraire, où les gens étaient proches de la source de leur survie. On n’était pas des salariés allant travailler, donner notre temps dans les entreprises et ensuite recevoir de l’argent pour acheter notre nourriture. Cet ordre là a modifié énormément notre comportement avec la terre qui nous nourrit, il nous en a éloigné et a provoqué une civilisation hors-sol, fondée sur la combustion énergétique. La révolution industrielle a tout désorganisé. Désormais, vous avez une masse de gens concentrés dans les villes qu’il faut nourrir, et sans qu’ils participent à la production de leur nourriture. Il y a un énorme déséquilibre entre les sociétés agraires où tout le monde était mobilisé pour produire et se nourrir, et un système où une minorité nourrit une majorité. Cela amène à des déséquilibres énormes. La nourriture est devenue insalubre, les produits toxiques Lire la suite

Stage CRIIRAD : dimanche 5 avril 2009 à Bordeaux

CRIIRAD, Communiqué, le 20 mars 2009

Stage CRIIRAD

Le dimanche 5 avril 2009 à Bordeaux

La CRIIRAD organise un stage pratique pour découvrir et mesurer la radioactivité et ses effets sur la santé. Ouvert à tous les publics : aucune connaissance scientifique particulière n’est requise.

Animateur: Roland Desbordes (président de la CRIIRAD).

Frais d’inscription : 40 euros (sans le repas du midi)

Horaires: 10-13h, 14-18h au cinéma Utopia à Bordeaux (attention, journée sans voiture)

PROGRAMME :

Qu’est-ce que la Radioactivité

Les moyens de détection

Effets des rayonnements ionisants sur la santé

Renseignements et inscriptions : Lire la suite

L’archevêque écolo veut sauver les hautes terres andines

Le Monde, Paulo A. Paranagua, le 27 mars 2009

L’archevêque de l’écologie, Pedro Barreto, veut sauver les hautes terres andines

Ses ouailles l’appellent le « pasteur de l’écologie ». Pedro Barreto Jimeno est l’archevêque de Huancayo, une ville de 340 000 habitants, perchée à 3 200 mètres d’altitude sur les Andes péruviennes. Il est à la tête d’un forum de dialogue environnemental qui regroupe une soixantaine d’institutions et d’acteurs de la société civile de la région. Leur but est de trouver « une solution intégrale et durable » à la pollution provoquée par la compagnie minière Doe Run Peru, appartenant à une holding américaine.

« Lorsque je suis allé voir la cheminée de la Doe Run à Saint-Louis, dans l’Etat du Missouri, j’ai cru qu’elle était hors service, parce qu’elle ne dégageait pas de fumée, confie Mgr Barreto, de passage à Paris. En revanche, la fonderie péruvienne, installée dans les années 1920, possède une technologie du XIXe siècle qui était déjà obsolète à l’époque. »

A l’origine, la fonderie appartenait à la Cerro de Pasco Mining Company, une puissante multinationale. Dans les années 1970, elle a été nationalisée, avant d’être privatisée à nouveau, sans être jamais vraiment modernisée.

La Doe Run Peru travaille avec des minerais « sales » importés d’autres pays sud-américains et même d’Asie. Résultat : l’air et l’eau de la vallée du fleuve Mantaro sont pollués. Les enfants du district de La Oroya sont contaminés par le plomb et l’arsenic. En 2006, l’Institut Blacksmith a placé La Oroya parmi les cinq localités les plus polluées au monde.

« L’affaire est emblématique de l’irresponsabilité de l’entreprise, de l’Etat et de la société civile« , assure l’archevêque. La Doe Run Peru a fait 150 millions de dollars (110,6 millions d’euros) de bénéfices, tout en respectant des exigences légales manifestement insuffisantes. Les paysans ont aussi contribué à polluer le fleuve Mantaro par l’utilisation de pesticides. Et le syndicat des 3 500 employés de Doe Run Peru a longtemps fermé les yeux sur l’impact environnemental.

« LA TERRE, NOTRE MAISON »

Dans un pays où les récents conflits suscités par l’exploitation minière ont parfois pris une tournure violente, Mgr Barreto se réjouit « des méthodes pacifiques » désormais adoptées. « Nous sommes passés de la protestation à la proposition », se réjouit-t-il. Ainsi, un programme de nutrition et santé a été mis en oeuvre à destination de 1 500 enfants de La Oroya. Cette action a d’ores et déjà suscité une réduction de la contamination sanguine, et des cas d’anémie et malnutrition chronique ou aiguë. En outre, les analyses de l’air, des sols et des eaux de la région ont obtenu le financement d’un fonds italo-péruvien, affirme Mgr Barreto.

A la mi-mars, la Doe Run Peru a accusé le coup des turbulences qui affectent le cours des minerais et a Lire la suite

Un avenir sans pesticides ?

metrofrance.com, Nadia Loddo, le 22 mars 2009

Un avenir sans pesticides ?

La Semaine sans pesticides (du 20 au 30 mars) est l’occasion de faire un point sur l’utilisation des pesticides en France

Chiffres clé

50%
Les chiffres du plan de surveillance de la DGCCRF publiés en janvier indiquent qu’en 2007, près de 50% des fruits et des légumes contrôlés ne contenaient pas de résidus. Les limites maximales de résidus ont été dépassées dans plus de 7% des cas.

1
La France est le premier consommateur de pesticides de l’Union européenne et le quatrième au niveau mondial. Ce classement s’explique aussi car la France est le premier producteur agricole en Europe.

4,45 kg

C’est la quantité de pesticides par hectare en France, ce qui est dans la moyenne européenne. Malgré une tendance générales à la baisse, ces deux dernières années ont vu une augmentation de l’utilisation de phytosanitaires qui s’expliquerait par des conditions météo défavorables.

91%
Selon le rapport 2007 de l’Ifen, 91% des eaux des rivières et 55% des nappes souterraines contiennent des résidus de pesticides.

Des solutions existent

Basée à St Malo, la société Goëmar, crée en 1974, propose des engrais et des pesticides 100% naturels fabriqués à base d’algues. 100% naturels, ils permettent aujourd’hui de réduire de 50 à 60% l’utilisation de phytosanitaires chimiques dans les cultures céréalières et de fraises. Une preuve qu’avec la recherche, des solutions alternatives peuvent être trouvées.

Les pesticides font peur. Les associations de protection de l’environnement ainsi que de nombreux documentaires dénoncent régulièrement leur impact sur la santé humaine et leur responsabilité dans la disparition des abeilles, ces insectes pollinisateurs auxquels on doit l’existence de 80% des végétaux de la planète. La Semaine sans pesticides, qui se déroule jusqu’au 30 mars, est l’occasion de faire un point sur l’utilisation de ces produits, appelés phytosanitaires, et des risques éventuels sur notre santé.

A la suite du Grenelle de l’environnement, le ministère de l’Agriculture a mis en place le plan d’action « Ecophyto 2018 » dont l’objectif est Lire la suite

La liste noire de la malbouffe

lepoint.fr, N°1905, Christophe Labbé et Olivia Recasens, le 19 mars 2009

La liste noire de la malbouffe

Alerte. Dans son livre, Laurent Chevallier explique comment survivre au désastre nutritionnel annoncé.

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Recherche Se nourrir contre le cancer

Chaque année en France, la malbouffe provoque trois fois plus de morts que le tabac et cinquante fois plus que les accidents de la route. Elle est en partie responsable de 30 % de nos cancers, de nos 500 000 insuffisants cardiaques, de 2 millions de diabétiques et de 8 millions d’obèses. Effarant. En un demi-siècle, le contenu de notre assiette s’est radicalement transformé. Aujourd’hui, 80 % des aliments que nous avalons sont industriels. Souvent trop gras, trop sucrés, trop salés et bourrés de chimie.

Un constat dénoncé dans un livre qui paraît cette semaine aux éditions Fayard (voir ci-contre). Son auteur, le docteur Laurent Chevallier, met les pieds dans le plat. « Plus personne ne peut nier le lien entre les dérives d’une certaine forme d’alimentation industrielle et l’augmentation significative de certains cancers et maladies cardiovasculaires, explique ce consultant en nutrition attaché au CHU de Montpellier. Je tire la sonnette d’alarme parce que, lors de mes consultations, je suis confronté tous les jours aux victimes de la malbouffe. »

Comment en est-on arrivé là ? Pour produire en quantité, le plus vite possible, au plus bas coût, les ingénieurs agronomes ont créé des variétés de légumes, de fruits et de céréales qui poussent plus vite, « boostées » à coups d’engrais et de pesticides dont on retrouve les résidus sous notre fourchette. De la même façon, on a sélectionné des races d’animaux à gros rendements. Des « usines sur pattes » qui fonctionnent avec des granulés hautement énergétiques. Un super-carburant qui a altéré la composition de la viande, du lait ou des oeufs.

Une matière première bas de gamme, qui est ensuite transformée au point de perdre une partie de ses nutriments, vitamines et arômes. Au milieu des années 80 la chimie s’est invitée en cuisine. Pour ressusciter le goût perdu dans le processus industriel, on a réinjecté en bout de chaîne des arômes artificiels, mais aussi des conservateurs pour allonger la durée de vie des produits, des colorants pour les rendre plus tape-à-l’oeil, des correcteurs d’acidité, sans oublier les émulsifiants, antiagglomérants, gélifiants et autres agents d’enrobage… Aujourd’hui, l’industrie agroalimentaire dispose de 357 additifs autorisés qui remplissent 24 fonctions différentes. « Un cocktail chimique dont on évalue mal tous les effets sur notre organisme », avertit Laurent Chevallier. Ajoutez-y des emballages en plastique dont certains composants ont une fâcheuse tendance à migrer vers les aliments…

« Notre nourriture n’est plus adaptée à nos gènes. Non seulement on y a ajouté des substances chimiques mais on l’a bourrée de mauvais gras pas cher à produire, hypercalorique comme l’huile de palme. Et surtout de sucre et de sel. » Trois ingrédients que l’on trouvait rarement au menu de l’omnivore tendance frugivore qu’était l’homme préhistorique et vers lesquels nous sommes naturellement attirés. Lire la suite

Antennes-relais : consensus impossible ?

journaldelenvironnement.net, Victor Roux-Goeken, le 24 mars 2009 

Antennes-relais : consensus impossible ?

Tenir compte d’un potentiel impact sanitaire des ondes, sans mécontenter les opérateurs de téléphonie mobile, ni les associations. C’est l’équation que devra résoudre le gouvernement lors de la table ronde «Radiofréquences, santé, environnement», le 23 avril prochain. Afin d’apaiser les débats parlementaires lors de l’examen du projet de loi Grenelle II.

Augmenter le nombre d’antennes pour réduire les risques sanitaires présumés liés aux ondes électromagnétiques ? C’est une des conclusions à laquelle la réunion «Radiofréquences, santé, environnement» pourrait aboutir le 23 avril prochain. La table ronde a déjà été reportée deux fois pour des raisons d’agenda, selon le ministère.
Bien que plusieurs décisions judiciaires récentes aient invoqué l’«angoisse subie» par la population pour justifier le démantèlement des antennes-relais (1), le délégué général d’Agir pour l’environnement Stéphane Kerckhove estime qu’une augmentation du nombre d’antennes ne posera pas de problème d’acceptabilité «tant que les seuils d’exposition mesurés sont réellement inférieurs à 0,6 volt par mètre». Cette valeur est celle considérée par les associations comme seule susceptible d’écarter tout risque lié aux ondes électromagnétiques.
En attendant, les associations se plaignent du manque d’informations sur les modalités de ces futurs Etats généraux. Discussion dans l’esprit du Grenelle ? Tables rondes ? Colloques ? Les pouvoirs publics eux-mêmes ne le savent pas, de l’aveu d’un représentant du Meeddat. Et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, n’a pas encore rencontré toutes les parties. La table ronde devrait toutefois prendre la forme d’un «Grenelle des fréquences», hors lignes à très haute tension (THT), «le sujet étant déjà suffisamment complexe», indique-t-on au Meeddat.

Sur la téléphonie mobile, le gouvernement a des propositions à faire: restrictions d’usage pour les enfants de moins de 12 ans et vente obligatoire, si l’Union européenne le permet, de portables avec kit mains libres. Des mesures déjà présentes dans le projet de loi de transition environnementale, dit «Grenelle II» (2). La réunion doit aussi servir à apaiser les débats parlementaires.

Le gouvernement n’a pas de position officielle sur les antennes-relais. C’est sur ce sujet que le consensus sera le plus difficile à atteindre. Les pouvoirs publics n’ont pas fait preuve d’une grande diplomatie sur ce sujet sensible pour les associations. «(…) l’hypothèse d’un risque pour la santé pour les populations vivant à proximité des antennes-relais de téléphonie mobile ne peut être retenue», Lire la suite

Le nucléaire au Niger fait débat

lejdd.fr, Gaël Vaillant, le 25 Mars 2009

Le nucléaire au Niger fait débat

Vendredi, Nicolas Sarkozy sera au Niger pour défendre le contrat qui lie Areva, le géant du nucléaire français, et Niamey pour la création de la plus grand mine d’uranium au monde. Pour le réseau « Sortir du nucléaire » et plusieurs politiques comme Olivier Besancenot ou Corinne Lepage, il s’agit d’un déshonneur pour la France qui se rend complice du « matage » des Touaregs du nord du Niger.

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Joyandet: « Une nouvelle relation » entre la France et l’Afrique »

Ils ont presque tous répondu présents à l’appel de Stéphane Lhomme, héraut controversé du réseau « Sortir du nucléaire ». Même Olivier Besancenot, qui tenait le piquet de grève à la Poste, a pu grimper sur une moto et rejoindre la conférence de presse sur la politique nucléaire de Nicolas Sarkozy en Afrique. S’ils viennent d’horizons politiques différents, les participants – Corinne Lepage (Cap21), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Olivier Besancenot (NPA), Cécile Duflot et Hélène Flautre (Verts) – partagent une même conviction: la France prend un retard considérable en termes d’énergie et sa forte position actuelle sur le marché du nucléaire n’a aucun avenir.

Mais cette fois, l’actualité leur permet de dénoncer les dégâts causés à l’étranger par Areva, la multinationale française qui implante à force de contrats spectaculaires ses centrales et technologies dans le monde entier. Le cas du Niger reste toutefois particulier. L’entreprise veut créer dans le nord du pays la plus grande mine mondiale d’uranium, l’énergie fossile à la base du nucléaire. La mine d’Arlit devrait ainsi propulser Areva en leader planétaire de l’enrichissement d’uranium. Un projet qui « doit » réussir pour Nicolas Sarkozy, prêt à défendre en toute occasion les bienfaits de cette énergie. Pour cette raison, il fera étape vendredi à Niamey, capitale du Niger, pour superviser la signature d’un accord sur le site d’Arlit entre les autorités locales et Anne Lauvergeon, la patronne d’Areva. Une pratique présidentielle qui rappelle les grandes heures de la Françafrique, dans les années 80-90, quand l’Elysée usait de ses réseaux pour le bien-être des entreprises françaises sur le continent africain.
Les richesses minières, nerf de la guerre

Dans un souci de pédagogie, Stéphane Lhomme, qui a médiatisé le réseau « Sortir du nucléaire », a détaillé à la presse les conditions d’implantation d’Areva au Niger, un des pays les plus pauvres du monde. Pour mieux les comprendre, un peu de géopolitique s’impose. Le Niger peut grossièrement être divisé en deux zones: le Sud du pays, plus urbanisé, se concentre sur les rives du fleuve Niger et autour de la capitale Niamey ; le Nord du pays correspond à de vastes territoires peuplés de populations nomades ou semi-sédentaires – notamment des Touaregs. L’Etat nigérien mène une guerre qui s’est intensifiée ces dernières années contre les Touaregs considérés comme rebelles.

C’est alors que débarque Areva, fleuron industriel de la France, l’ancienne puissance coloniale du Niger. Très rapidement, le spécialiste de l’énergie jette son dévolu sur la zone d’Arlit, où des chercheurs ont détecté une certaine quantité – sous-estimée à l’époque – d’uranium. Après une décennie de tractations, un accord est enfin conclu. Le contrat, signé définitivement vendredi, permet à Areva d’exploiter les vastes terrains à condition de reverser « seulement » 33% des revenus du site à l’Etat du Niger. En parallèle, Paris Lire la suite

Bibliothèque de Bx – Alimentation : conférence le 26 mars

Dans le cadre des conférences du jeudi sur « l’alimentation en questions », organisées par Médiaquitaine, Centre de formation aux carrières des bibliothèques, service rattaché à l’Université Montesquieu Bordeaux IV, et la Bibliothèque municipale de Bordeaux, nous avons le plaisir de vous inviter à deux conférences à la bibliothèque de Bordeaux, salle de conférences, sur les thèmes :

Alimentation et prix agricoles : la politique agricole commune en question

Jeudi 19 février à 18h00

Aurélie Trouvé

Ingénieure agronome, enseignante chercheuse à l’Etablissement National d’Enseignement Supérieur Agronomique de Dijon et dans le laboratoire « CESAER » (INRA-ENESEAD)

Les conseils pour manger mieux : science ou propagande ?  

Jeudi 26 mars à 18h00

Thierry Souccar

Il répondra à vos questions et proposera un modèle alimentaire qui reflète vraiment les connaissances scientifiques indépendantes.  

Les Français sont assaillis de conseils pour mieux manger, donnés par les pouvoirs publics, les médecins, l’industrie agroalimentaire… Ces recommandations reflètent-elles vraiment l’état des connaissances ? Comment le marketing utilise-t-il ces messages pour vendre plus ? Quelles sont les relations entre les experts officiels et l’industrie ? Lire la suite

La grande catastrophe écologique est prévue pour 2030

 

libertesinternets.wordpress.com, Gregor Seither – IES News Service, le 21 mars 2009]

La grande catastrophe écologique est prévue pour 2030, dite le chef du conseil scientifique britannique

Si vos gosses vous demandent quel métier choisir quand ils seront grands, dites leur que paysan/marraicher c’est un métier d’avenir… Et commencez déjà à leur chercher un lopin de terre à exploiter…

Le directeur du conseil scientifique du gouvernement britannique, le Professeur John Beddington, tire la sonnette d’alarme : les effets combinés de la crise alimentaire, de la limitation d’accès à de l’eau potable et de la raréfaction des sources d’énergie risquent de provoquer des émeutes, des conflits transfrontaliers et une vague massive d’immigration de réfugiés cherchant à fuir les régions les plus affectées. Pour le professeur Beddington, ces crises deviendront aigues dès 2030.

Dans un discours devant les participants de la conférence Sustainable Development UK, organisée par le gouvernement britannique à Westminster, Beddington a expliqué que l’accroissement démographique, les succès des programmes d’amélioration de la santé et de lutte contre la pauvreté ainsi que la croissance économique des nations émergentes ont pour conséquence un accroissement exponentiel de la demande en nourriture, eau potable et ressources énergétiques. L’accroissement de cette demande, qui devrait aller en s’accélérant au cours des 20 prochaines années, survient à un moment où les pays de la planète sont confrontés à une autre urgence : modifier leurs comportements énergétiques et de consommation afin de lutter contre l’émission des gaz à effet de serre. (…)

Toujours selon le Prof. Beddington, si les prix alimentaires se sont à nouveau tassés après leur forte augmentation l’an dernier, la production mondiale de céréales telles que le blé ou le mais n’arrive toujours pas à suivre la demande. Aujourd’hui les réserves mondiales ne représentent que 14% de la demande annuelle, un taux tellement bas qu’il suffirait d’une sécheresse, d’une inondation ou d’une mauvaise récolte dans une région productrice majeure pour faire à nouveau exploser les prix.

“Une inondation comme celle qui a frappé les Etats-unis l’an dernier ou encore un été trop sec en Chine suffiraient à faire basculer la situation. Les prix grimperaient à nouveau, déclenchant des émeutes de la faim à travers le monde. Et cette fois ci la gouvernance mondiale alimentaire n’a plus les moyens de réguler les prix en mettant des réserves sur le marché” explique Beddington, “car la majorité des réserves ne sont pas stockées dans des hangars mais sont simplement des tonnages d’aliments actuellement en transit entre les différents ports“.

Nos réserves alimentaires n’ont jamais été aussi basses depuis 50 ans, alors que nous devons accroître notre production alimentaire de 50% d’ici à 2030. Et simultanément il va nous falloir 50% de plus d’énergie et 30% de plus d’eau potable.”

Cette situation explosive représente la plus grande menace pour la stabilité et la paix mondiale qui ait jamais existé. Des centaines de millions d’hommes et de femmes vivent dans les régions les plus exposées et n’auront pas d’autre choix que de partir pour tenter de survivre ailleurs. Les sources de conflits, d’épidémies, de guerres seront innombrables… et jusqu’à présent l’humanité n’a encore jamais apporté la preuve qu’elle savait gérer ce genre de situation.“

Avant d’occuper le poste de Conseil scientifique en chef du gouvernement, John Beddington était professeur de Biologie démographique appliquée (population biology) au Imperial College de Londres. Il est reconnu comme un expert mondial sur Lire la suite

Le potager des Obama creuse le sillon du bio

liberation.fr, Maria PIia Mascaro, le 24 mars 2009

Le potager des Obama creuse le sillon du bio

Etats-Unis. Le jardin présidentiel se met au développement durable.

Michelle Obama adore les gestes symboliques. Dans le potager biologique de la Maison Blanche, «il n’y aura pas de betteraves, Barack ne les aime pas, mais il y aura de la roquette», disait-elle il y a quelques mois. Quand son mari, alors en campagne électorale, avait mentionné son goût pour cette salade et son coût exorbitant devant des fermiers de l’Iowa, ceux-ci avaient fait les yeux ronds. Ils n’avaient jamais entendu parler de roquette. L’incident fut exploité par ses rivaux pour dénoncer le côté élitiste de Barack Obama. Un an plus tard, la First Lady remet la roquette au goût du jour. Vendredi, râteau en main, elle a inauguré le nouveau jardin de la Maison Blanche entourée d’écoliers de Washington.

Barack et Michelle ont depuis longtemps vanté les mérites de la nourriture biologique et des produits locaux sous les hourras des agriculteurs bio et des locavores, ces adeptes de produits frais cultivés localement, réjouis d’avoir enfin des alliés à la Maison Blanche. Les principales associations de défense de l’agriculture bio espèrent surtout que la nouvelle administration fera changer les mentalités au Congrès et modifiera le système de subventions agricoles qui privilégie, à leurs yeux, les grandes exploitations peu soucieuses de l’environnement.

«Bras musclés». Michelle Obama ne s’aventure pas sur ce terrain très politique. Mais sa popularité fait d’elle une ambassadrice de premier plan. Elle rate rarement une occasion de mentionner les bienfaits d’une alimentation saine, à l’heure où le diabète et l’obésité font figure d’épidémie nationale. «J’espère qu’à travers les enfants nous commencerons à éduquer leurs familles, et à travers elles des communautés entières», a-t-elle dit. Fidèle à son image de femme forte, la première dame a insisté sur le fait que toute la famille participera au désherbage. Barack compris. «Que ça leur plaise ou non», Lire la suite

Audenges : La nappe phréatique pourrait être polluée

Sud-Ouest, Sabine Menet, le 20 Mars 2009

ZONES EXPLOITÉES, AUDENGE. Vigidécharges et la Sepanso s’inquiètent d’une possible pollution de la nappe phréatique sous le centre d’enfouissement

La nappe phréatique pourrait être polluée

Des taux d’ammonium et de manganèse dépassant de plus de 40 fois les seuils maximaux de classe 3, définis par l’agence de l’eau. Voilà ce que les rapports annuels, émis entre 1998 et 2008 par la Drire sur la qualité des eaux de la nappe phréatique sous le Centre d’enfouissement d’Audenge (CET), révèlent.

Des données qui viennent d’être mises en lumière par deux associations, Vigidécharges et la Sepanso. « À notre demande, nous avons eu pour la première fois accès à ces rapports » explique Anne-Aurélie Raymond, la présidente de Vigidécharges. Des rapports qui devraient être présentés lors du rendu de l’étude, actuellement en cours menée par le cabinet Antéa dans le cadre de la réhabilitation du site.

Deux ans d’attente

Le centre d’enfouissement d’Audenge a fermé ses portes le 31 décembre 2007. L’étude complémentaire en vue de sa réhabilitation aurait dû être livrée six mois avant. Elle n’a été diligentée que récemment, après le changement de municipalité. Cette étude porte sur les trois zones qui furent exploitées (voir encadré).

La mairie d’Audenge est titulaire de l’arrêté d’exploitation et donc responsable légal. Pour autant, elle a toujours confié l’exploitation à une société privée. La dernière en date, Edisit, a déposé le bilan fin janvier 2009, laissant la collectivité seule face à la fermeture des casiers (qui n’était toujours pas achevée) et surtout à la post-exploitation.

« Nous sommes en possession du site depuis trois semaines » explique Nathalie Le Yondre, le maire d’Audenge, élue en 2008, qui ne cache pas que « la situation est plus grave » qu’elle ne le pensait.

Sécurité et odeurs

L’édile a d’ores et déjà engagé 70 000 euros de travaux, visant à enrayer les nuisances olfactives dues au fait que certains casiers ne sont toujours pas fermés. Elle a également chargé le cabinet d’étude de plancher sur des mesures de sécurité. « Le dépôt de bilan d’Edisit a tout ralenti », poursuit-elle en espérant avoir les résultats de ladite étude au mois de mai. Résultats que Nathalie Le Yondre entend rendre entièrement publics.

Si Anne-Aurélie Raymond réserve ses conclusions lors de la présentation complète de ces résultats, elle n’en tire pas moins, d’ores et déjà, la sonnette d’alarme.

« Menace pour la santé »

« L’ammonium et le manganèse ne sont pas des éléments toxiques, précise-t-elle. Pour autant, ce sont des indicateurs de pollution, et l’Agence de l’eau considère que les eaux qui sont au-delà de la classe 3 sont inaptes à la plupart des usages et pouvant constituer une menace pour la santé publique et l’environnement. »

Et de rappeler que l’association Vigidécharges avait déjà mis à jour, en 2006, la présence anormalement élevée d’ammonium dans le ruisseau du Ponteil jouxtant le CET. Pour Vigidécharges comme pour la Sepanso, ces premières données révèlent « une situation grave qui démontre une mauvaise gestion du site ». Et de poser une fois de plus la question des responsabilités (1). « Les associations ont été intégrées aux Clis (Commissions locales d’information et de surveillance), depuis plus de dix ans, or aucune Clis n’a fait état de cette pollution. Par ailleurs, la Clis, qui devait se tenir en 2008, ne s’est toujours pas réunie… »

Contre la « polémique »

Contacté hier, le sous-préfet du bassin d’Arcachon, Philippe Ramon, Lire la suite

Bazadais, Des alternatives aux pesticides le 21 mars

Sud-Ouest, Sylvie Mellies, le 19 Mars 2009

Des alternatives aux pesticides

Dans le cadre de la Semaine sans pesticides, les Amis de la Brèche accueillent, ce samedi 21 mars, à 16 h 30, salle des conférences, Édith Smeesters, biologiste, auteure et conférencière du Québec.

Elle présentera un exposé sur les « solutions écologiques pour l’entretien des espaces verts ».

Une discussion s’engagera ensuite avec Philippe Meynard, maire de Barsac, qui témoignera sur l’action entreprise par sa commune en matière de gestion des espaces verts.

« En optant pour la suppression du désherbage chimique sur les trottoirs et les caniveaux, la commune de Barsac a fait le choix d’une gestion écologique. Entretenir ses haies et ses clôtures sans utiliser de produits chimiques nocifs, c’est contribuer à préserver la santé de tous, la qualité des nappes phréatiques et du milieu aquatique », peut-on lire dans « Barsac infos » du premier trimestre 2009.

Édith Smeesters, biologiste et militante environnementale québécoise, est en tournée en France et en Europe.

Venue du Québec

Diplômée de botanique à l’Université de Louvain, elle a fondé l’organisme Nature-Action Québec (1987) et la Coalition pour les alternatives aux pesticides (1999) dans le but de réunir toutes les énergies disponibles pour diminuer l’usage abusif de ces produits toxiques au Québec.

Elle cherche à préserver l’environnement naturel en luttant contre les pesticides.

Actuellement porte-parole pour Equiterre, elle a publié plusieurs articles et livres sur l’horticulture écologique dont, entre autres, « Le Compostage domestique » (1993), « Pelouses et couvre-sols » (2000), « Solutions écologiques en horticulture » (2005).

C’est une conférencière recherchée à travers le Québec, avec ses quelque trente années d’expérience en horticulture et en environnement.

Actions citoyennes

Des collectivités, des entreprises, des associations mettent en place, en France, mais aussi dans le monde, des conférences, des projections, des débats, des expositions, des sorties sur le terrain, des visites et portes ouvertes en jardins ou exploitations agricoles.

Toutes ces actions citoyennes démontrent que les risques sanitaires et environnementaux liés à l’utilisation des pesticides sont désormais inacceptables et que les alternatives aux traitements chimiques existent et qu’elles sont viables.

Depuis sa création en 2006, la Semaine pour les alternatives aux pesticides est l’événement fédérateur et novateur qui permet de maintenir la pression sur les décideurs et de prouver que l’on peut et que l’on doit aujourd’hui se passer des pesticides.

Manifestation gratuite et ouverte à tous proposée par Lire la suite

63 % des français opposés au nucléaire

enviro2b.com, NC, le18 mars 2009

De plus en plus de citoyens séduits par l’énergie nucléaire, à l’exception des européens

Plus de deux tiers des consommateurs à travers le monde pensent que leur pays devrait adopter ou utiliser davantage l’énergie nucléaire… mais seulement 37% en France. C’est ce que révèle une enquête internationale dont les résultats sont publiés aujourd’hui par le cabinet international Accenture.

Cette enquête, réalisée auprès de plus de 10 000 personnes dans 20 pays, indique que 29 % des consommateurs interrogés sont partisans sans réserve d’une adoption ou d’un renforcement du nucléaire, tandis que 40 % y seraient favorables si leurs inquiétudes à ce sujet étaient dissipées. Toutefois, et cela doit servir de mise en garde pour les producteurs d’énergie nucléaire et les responsables politiques, les avis se sont polarisés au cours des dernières années.

L’enquête constate que, globalement, l’opinion a basculé en faveur de l’énergie nucléaire : 29 % des personnes interrogées se disent plus favorables au lancement ou au renforcement d’un programme nucléaire dans leur pays qu’elles ne l’étaient il y a trois ans. Toutefois, près d’une sur cinq (19 %) déclare l’inverse.

« Les préoccupations quant à la sécurité énergétique, à la volatilité des cours des combustibles fossiles et au changement climatique font remonter la cote du nucléaire chez les consommateurs », observe Jean-Marc Ollagnier, Directeur Général Europe de l’activité Energie et Ressources d’Accenture. « Cependant, les responsables politiques et les producteurs d’énergie ne doivent pas considérer le consentement du public comme acquis. Les pouvoirs publics et le secteur énergétique doivent être conscients de la fragilité persistante de ce soutien au nucléaire. »

Alors que, dans leur grande majorité (88 %), les consommateurs estiment important pour leur pays de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, ils ne sont que 43 % à penser que les énergies renouvelables ne peuvent pas à elles seules pallier la pénurie de ces derniers, 39 % étant de l’avis contraire. Plus de quatre consommateurs sur dix (43 %) voient dans l’énergie nucléaire un moyen de réduire les émissions de carbone à l’avenir, parmi lesquels 9 % appellent exclusivement à une intensification des programmes nucléaires pour lutter contre la dépendance aux combustibles fossiles, tandis que 34 % souhaitent un panachage du nucléaire et des énergies renouvelables.

Les consommateurs demandent plus d’information

Parmi les opposants à la production d’énergie nucléaire dans leur pays, les trois principales motivations tiennent à des inquiétudes concernant l’efficacité des solutions de retraitement des déchets (91 %), la sécurité des centrales (90 %) et leur démantèlement (80 %). Dans chaque cas, près de la moitié (45 %) de ces opposants déclarent que, s’ils étaient davantage informés sur ces trois aspects, ils pourraient changer d’avis, du moins dans une certaine mesure.

Un peu plus d’un quart seulement (28 %) des personnes interrogées se jugent bien ou très bien informées sur la politique nucléaire de leur pays, alors que près de trois quarts d’entre elles (72 %) déplorent une insuffisance, voire une absence totale d’information.

Manque de transparence des pouvoirs publics

« La transparence de l’information est le facteur le plus important du soutien des consommateurs et les résultats de notre enquête montrent que l’opinion publique peut évoluer de manière significative en fonction des informations disponibles », Lire la suite

Projet d’AMAP à Blaye : réunion publique le jeudi 19

Sud-Ouest, le 18 Mars 2009

CONSOMMATION. Les Amap séduisent de plus en plus de monde. Demain, Blaye pourrait avoir la sienne

Manger sain et bon marché au fil des saisons

Dans les Amap, la vente se fait directement du producteur au consommateur, qui vient chercher ses légumes de façon régulière.

De la terre à l’assiette : tel est le sujet de la réunion publique qui se tiendra salle Liverneuf demain jeudi à 20 h 30. Une réunion qui devrait déboucher sur la création à Blaye d’une Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) Un titre qui indique également bien ce qui constitue le principe des Amap.

L’idée est née il y a quelques mois en Blayais. Tassadit Frappé, bientôt suivie par Virginie Fruchet et Jacqueline Zolla, ont décidé d’appeler cette nouvelle Amap « Au fil des saisons ». Elles sont en relation avec des producteurs de Saint-Ciers-de-Canesse, les établissements Dalongeville, qui sont d’ailleurs déjà connus sur le marché de Blaye où ils viennent régulièrement.

Ils seront présents à la réunion de jeudi et répondront aux questions. « Logiquement, pour bien fonctionner, nous devrions être une trentaine d’adhérents », précise Tassadit Frappé.

Triple intérêt

Edmée Neboit, conseillère municipale de la ville, adhère depuis un an à une Amap de Berson. L’intérêt pour elle est triple : « Il s’agit de manger sain car le producteur est en bio, d’acheter des produits de la région, ce qui évite les pollutions des transports et enfin, de ne pas utiliser d’emballages inutiles. »

Pour Edmée Neboit, appartenir à une Amap, c’est être un « consomm’acteur ». « C’est un engagement citoyen. Non seulement écologique puisque les produits sont sans pesticides, sans engrais, que nous évitons ainsi les transports de denrées et les emballages, mais aussi nous nous engageons vis-à-vis du producteur, nous sommes solidaires. » En effet, dans une Amap, les adhérents payent à l’avance le producteur, elle est donc d’abord basée sur une solidarité économique avec celui-ci.

Consommer autrement

Adhérer à une Amap, c’est également Lire la suite

Croisade judiciaire contre les antennes-relais

journaldelenvironnement.net, Francesco Martucci, envirodroit-europe.net, le 17 mars 2009

Croisade judiciaire contre les antennes-relais

Plusieurs décisions récentes limitent la possibilité pour les opérateurs téléphoniques d’implanter des antennes-relais. Motif: le risque sanitaire encouru par les populations riveraines constitue un trouble anormal de voisinage.

Une jurisprudence se forme-t-elle sur les antennes-relais ? Le 4 février 2009, la cour d’appel de Versailles a confirmé le jugement du tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre du 18 septembre 2008 ordonnant à Bouygues Telecom de démanteler un mât d’antenne-relais afin de faire cesser le préjudice moral résultant de l’angoisse subie par les riverains, en raison de l’«exposition à un risque sanitaire» constitutive d’un trouble anormal de voisinage.
C’est à cet arrêt que le jugement du TGI de Carpentras, en date du 16 février 2009, se réfère pour condamner SFR au démontage d’antennes en raison du trouble anormal de voisinage causé par l’installation.

Enfin, le 5 mars 2009, le juge des référés du TGI d’Angers a ordonné à la société Orange d’interdire l’installation d’une antenne-relais au motif qu’un «risque sanitaire pour les populations riveraines» était caractérisé.

Dans les décisions de la Cour d’appel de Versailles, des TGI de Nanterre et de Carpentras, les juges fondent leur raisonnement sur l’article 544 du code civil, qui indique notamment que «la propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé dans les lois ou les règlements». Dans l’application de cet article, la Cour de cassation a traditionnellement consacré le principe selon lequel nul ne doit causer à autrui un trouble anormal de voisinage. Peu importe que les antennes-relais respectent les normes en vigueur et qu’elles aient été autorisées par l’autorité administrative. Seul compte ici qu’un trouble anormal soit causé.
Or, et c’est là la novation de ces décisions, le trouble anormal de voisinage a été caractérisé au motif que le requérant a établi que l’antenne-relais présente «un risque potentiel» pour la santé. Le «risque sanitaire» peut donc constituer, au gré des espèces, un trouble anormal de voisinage.
Risque sanitaire et angoisse subie

La cour d’appel, et dans une moindre mesure le TGI de Carpentras, consacrent une longue partie des motifs au débat relatif à la dangerosité potentielle des antennes-relais sur la santé. Les thèses scientifiques et juridiques en présence sont exposées avec soin. Les juges soulignent également que dans d’autres Etats (Autriche, Italie, Pologne, mais aussi Russie, Chine et Lichtenstein!), le législateur, l’administration, voire le juge, se fondent sur des normes plus contraignantes que celles retenues en France pour apprécier cette dangerosité. La cour d’appel de Versailles ajoute que «si la réalisation du risque reste hypothétique, il ressort de la lecture des contributions et publications scientifiques produites aux débats et des positions législatives divergentes entre les pays, que l’incertitude sur l’innocuité d’une exposition aux ondes émises par les antennes-relais, demeure et qu’elle peut être qualifiée de sérieuse et raisonnable».

Ainsi, les particuliers «qui ne peuvent se voir garantir une absence de risque sanitaire généré par l’antenne-relais (…) à proximité immédiate de leur domicile familial, justifient être dans une crainte légitime constitutive d’un trouble». Afin de faire cesser «le préjudice moral résultant de l’angoisse créée et subie» du fait de l’installation de l’antenne, l’opérateur doit procéder au démantèlement.

Ces décisions sont-elles fondées sur le principe de précaution ? Lire la suite

Les végétariens sont moins touchés par le cancer

lefigaro.fr, Anne Jouan, le 17 mars 2009

Les végétariens sont moins touchés par le cancer

Si les végétariens ont un régime alimentaire plus sain pour l’organisme, ils sont aussi généralement non-fumeurs, ne boivent pas d’alcool et pratiquent une activité physique régulière. L’incidence du cancer diminue de 11% chez les personnes qui ne consomment pas de viande. Toutes les pathologies sont concernées à l’exception de celles du colon et de la prostate.

Le régime végétarien serait un rempart contre le cancer. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par une équipe d’épidémiologistes de l’université d’Oxford (Royaume-Uni) dans The American Journal of Clinical Nutrition.

Son principal auteur, le professeur Timothy Key, a passé au crible les comportements alimentaires de 63 500 hommes et femmes britanniques depuis les années 1990. Il en ressort que l’incidence de cancer en général est moins élevée – de l’ordre de moins 11 % – chez les personnes qui ne consomment pas de viande. Tous les cancers, quelle que soit leur localisation – seins, poumons, cerveau, foie, gorge… -, sont concernés par cette diminution, sauf paradoxalement ceux du côlon (pour les deux sexes) et de la prostate chez l’homme.

«C’est normal, relève Bernard Guy-Grand, vice-président de l’Institut français pour la nutrition (IFN) et ancien chef de service à l’Hôtel-Dieu (Paris). Généralement les végétariens ne fument pas, ne boivent pas et pratiquent une activité physique, autant d’éléments connus pour leurs effets protecteurs en matière de cancer.» Une analyse confirmée par Marina Touil­laud, docteur en santé publique à l’Inserm, spécialisée en nutrition, hormones et cancer. «Si l’incidence du cancer du poumon est divisée par trois pour les végétariens, c’est tout simplement parce qu’ils ne fument pas !», observe la chercheuse.

La nouveauté de cette étude, c’est de montrer que, malgré tout, les végétariens présentent plus de risques que les autres de souffrir d’un cancer colorectal alors que l’on a longtemps pensé que ce type de cancer était dû notamment à une consommation excessive de viande rouge.

Biais statistique

«Ces résultats sont pour le moins surprenants, déclare au Figaro le Dr Nadia Slimani, du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) de Lyon. Selon elle, le nombre de cas de cancer du côlon de la population étudiée est trop faible (62 cas) pour en déduire que les végétariens sont moins sujets que les autres à ce cancer. Ces résultats seraient donc imputables à un biais statistique. «Sans compter que l’étude ne prend pas en compte des facteurs comme l’alcool ou la pratique d’une activité physique alors que l’on sait pertinemment qu’ils peuvent jouer un rôle pour le cancer colorectal», tempère encore Mazda Jenab, du Circ.

Un point de vue que partage Marina Touillaud, de l’Inserm, qui insiste : «On sait que la consommation de viande rouge augmente le risque de cancer colorectal, que le poisson fait baisser ce risque et que la viande blanche ne le modifie pas.» Sur ce point, les résultats de l’étude britannique ne sont donc pas significatifs.

Il convient de s’en tenir à ce que l’on sait déjà en matière de viande rouge. En 2007, l’Institut national du cancer (l’Inca) et l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) relevaient que la consommation de viande rouge et de charcuterie est associée à une augmentation du risque de cancer colorectal.

L’Inca estimait que le risque de cancer colorectal est augmenté de 29 % par portion de 100 g de viande rouge consommée par jour et de 21 % par portion de 50 g de charcuterie consommée quotidiennement. Plusieurs mécanismes peuvent expliquer ce phénomène : Lire la suite

Enquête : Ce qui dérègle nos hormones

lunion.presse.fr, Yves Sciama, le 16 mars 2009

Enquête : Ce qui dérègle nos hormones

L’appareil reproducteur humain est-il en train de devenir fou ? C’est un fait en tous les cas aussi établi qu’inquiétant.

Quelque chose sème le chaos dans notre système reproducteur. Il ne s’agit pas de la génétique. Parce que tous les dérèglements observés se sont produits en l’espace de deux ou trois générations, ce qui est bien trop court pour une dérive aussi radicale. S’il n’y a pas d’absolues certitudes, il existe « une suspicion extraordinairement forte » que le responsable de tous ces troubles soit la pollution chimique qui déréglerait nos hormones. Les hormones ? Une vaste famille de substances par lesquelles un grand nombre d’organes et de cellules se synchronisent et se « parlent ». Le système hormonal (on dit aussi endocrinien) est, avec le système nerveux, un des deux mécanismes de communication de l’organisme – une communication qui semble désormais brouillée par les milliers de produits chimiques apparus dans notre environnement au cours des cinquante dernières années. Brouillée comment ? Tout simplement par la ressemblance entre les composés chimiques créés par l’homme et les hormones. On peut comparer les hormones à des clés, dont le rôle est de déverrouiller des serrures situées dans nos cellules. Une fois la « serrure » ouverte, la cellule effectue une action particulière : elle grandit, meurt, se contracte, sécrète, entre en sommeil, etc. Or, ces « serrures » – de leur vrai nom des récepteurs – semblent être insuffisamment sélectives : depuis une vingtaine d’années, on découvre que de nombreuses « clés » qui ne leur sont pas destinées parviennent à s’y introduire, les ouvrant ou les bloquant, selon les cas. Le groupe de Virginie Rouiller-Fabre, dirigé par le professeur René Habert, a ainsi exposé pendant trois jours seulement des testicules fœtaux humains à un phtalate, un plastifiant largement produit par l’industrie et désormais omniprésent dans le sang humain. Résultat ? la mort de 42 % des cellules germinales, c’est-à-dire les cellules qui donneront plus tard les spermatozoïdes. Le fait que les troubles se manifestent des décennies après la contamination responsable (cancer chez l’adulte à la suite d’une exposition fœtale, par exemple) fait de l’étude des perturbateurs endocriniens un véritable casse-tête. L’individu a absorbé d’innombrables substances. Pollution urbaine, cigarette, alcool, pesticides… pour ne rien dire des différents rayonnements. Il y a dans tout cela des milliers d’agents potentiellement dangereux. Ce qui signifie que démontrer la responsabilité d’une substance donnée dans un tel capharnaüm n’est pas simple. Sans compter que deux autres spécificités des hormones compliquent la tâche des chercheurs. Ces produits ont parfois des effets seulement lors de Lire la suite

Epandages sauvages de pseudo-composts en Gironde

ecoloinfo.com, Agnès , le 5 mars 2009

Epandages sauvages

Les habitants de trois bourgs du nord Gironde (Asques, Saint-Romain la Virvée et Cubzac) se seraient volontiers passés d’un tel cadeau de Noël. C’est en effet dans le courant du mois de décembre et totalement par hasard qu’ils ont eu connaissance d’un projet déjà bien entamé, d’épandages de composts devant être réalisés sur leurs communes.

Où le hasard fait bien les choses

Alors qu’il attendait d’être reçu en rendez-vous à la mairie, un habitant de la commune d’Asques a mis son temps à profit pour feuilleter un dossier de Déclaration d’Utilité Publique concernant un projet d’épandage de composts. C’est parce qu’il avait déjà eu à subir des nuisances inhérentes à de précédents épandages de boues et de résidus que ce citoyen a cherché à se renseigner davantage sur ce projet et qu’il a finalement touché du doigt le gros point noir du dossier : la nature de ces “composts”.

La situation est la suivante : certains propriétaires de terres sur les communes d’Asques, Saint-Romain la Virvée et Cubzac ont signé des conventions d’épandage de compost avec SEDE Environnement, filiale de Veolia, Jusque là rien d’anormal, chacun disposant comme il le désire de ses terres.

Des coteaux, proches de Saint-Romain la Virvée

C’est néanmoins autour de la dénomination du terme de “compost” que les habitants des communes concernées bloquent. Selon eux et après enquête (notamment dans les propres analyses du dossier de Déclaration d’Utilité Publique), ce qui est abusivement nommé du compost serait en réalité un assemblage des boues de stations d’épuration (industrielles ou de collectivité), mélangées à des produits de désencrages d’imprimerie, des fientes de poulets d’élevage industriel (en provenance d’une unité située au sud de Bordeaux), de boues industrielles de traitements des effluents des industries laitières ainsi que des chutes d’atelier d’ameublement (bois aggloméré essentiellement).

Ce “compost” contiendrait également des métaux lourds (type cadmium, plomb, mercure…), des PCB, et autres “benzo fluoranthène“, “benzopyrènes” dont les quantités restent difficiles à évaluer.

Les opposants à ces épandages craignent, en autres effets néfastes, que les fientes de poulet ne présentent un risque majeur pour la propagation des virus H5N1 et H5N2 (grippe aviaire), sans compter les antibiotiques, médicaments ou  autres “facteurs de croissance” et “stimulateurs de ponte” qui vont immanquablement, selon eux, se retrouver dans les eaux de ruissellement ou d’infiltration.

Des zones à risques et protégées retenues

Outre la composition de ce “compost”, les endroits retenus pour son épandage posent aussi un très gros problème aux opposants. Les épandages ont ainsi été prévu dans les paluds, marais et les zones humides bordant la Dordogne, des zones inondables et concernées par un Plan de Prévention des Risques d’inondation (PPRI), classées en Zone Naturelle d’Intérêt Faunistique et Floristique (ZNIEFF).

Les opposants redoutent que tout le réseau hydrographique, constitué de fossés, vannes, esteys, digues… ne se trouve affecté en cas de pluies abondantes (les premiers épandages étant prévus pour ce mois de mars et avril, à la conjonction des pluies de printemps et de la fonte des neiges, toujours sources d’inondations), contaminant toute la biodiversité et polluant la Dordogne et tout l’estuaire, jusqu’à l’océan.

De plus, les habitants des communes concernées par ces épandages craignent que les odeurs Lire la suite

Combattre la crise de l’eau, une urgence pour l’ONU

Le Monde, Gaëlle Dupont, le 11 mars 2009

Combattre la crise de l’eau, une urgence pour l’ONU

Une crise planétaire des ressources en eau menace. Si rien n’est fait, le développement humain, économique et la stabilité politique de nombreuses régions du monde seront en péril. Tel est en substance le message des Nations unies, qui publient, jeudi 12 mars, le troisième rapport mondial sur les ressources en eau, à quelques jours du Forum mondial de l’eau, qui rassemblera quelque 15 000 personnes à Istanbul, à partir du 16 mars.

Les pénuries à venir

2030 A cette date, 47 % de la population mondiale vivra dans des régions exposées aux pénuries.

Secteurs Agriculture : 70 % des volumes consommés (jusqu’à 90 % dans certains pays en développement). Energie et industrie : 20 % des besoins.

Eau potable : 10 %.

Inégalités Si la tendance se poursuit, 90 % de la population mondiale aura accès à l’eau potable en 2015, avec de très fortes disparités régionales. Quelque 340 millions d’Africains en sont privés. A la même échéance, 2,4 milliards de personnes ne disposeront pas d’un service d’assainissement minimal.

Dégradation Un dollar investi dans les infrastructures d’eau et d’assainissement rapporte de 4 à 12 dollars (de 3 à 9,5 euros).

Les pertes économiques dues au déficit d’infrastructures en Afrique sont estimées à 28,4 milliards de dollars par an (22,4 milliards d’euros). Celles liées à la dégradation des ressources en eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont évaluées à 9 milliards dollars par an (7 milliards d’euros).

Sous l’égide de l’Unesco, vingt-six agences de l’ONU ont travaillé sur ce document, publié tous les trois ans avant chaque forum. Pour la première fois, le ton est alarmant. « En dépit du caractère vital de l’eau, le secteur souffre d’un manque chronique d’intérêt politique, d’une mauvaise gouvernance, et de sous-investissement, affirme en préambule du texte Koïchiro Matssura, le directeur de l’Unesco. Il faut agir d’urgence pour éviter une crise globale. »

Démographie La croissance de la population mondiale, de 80 millions de personnes par an, augmente les besoins en eau de 64 milliards de mètres cubes chaque année. Facteur aggravant, cette croissance est concentrée dans les villes, dont l’approvisionnement sera l’un des grands défis à venir.

Besoins La part de l’eau potable dans les besoins reste cependant faible. C’est pour l’agriculture, la production d’énergie et le développement économique que les exigences sont les plus importantes. En matière agricole, l’évolution des habitudes alimentaires pèse lourdement. « La croissance économique dans les pays émergents conduit à l’apparition d’une classe moyenne consommatrice de lait, de pain, de viande« , relève le texte. La production d’un kilo de blé nécessite de 400 à 2 000 litres d’eau, selon les régions, et celle d’un kilo de viande de 1 000 à 20 000 litres.

Industrie L’énergie est le deuxième secteur utilisateur. La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre stimule le développement de l’hydroélectricité, qui assure aujourd’hui 20 % de la production électrique mondiale, et des agrocarburants. Or 2 500 litres d’eau sont nécessaires à la fabrication d’un litre de carburant « vert ». Une ressource abondante est aussi indispensable au refroidissement des centrales thermiques et nucléaires. Les entreprises, en particulier dans les secteurs du textile, de l’électronique, de l’agroalimentaire, des mines et de la métallurgie, ont elles aussi besoin de grandes quantités d’eau pour fonctionner.

Changement climatique Dans le même temps, les régimes hydrologiques sont déréglés par le réchauffement. Les modèles climatiques s’accordent à prévoir Lire la suite

Amis de la terre : Les écomatériaux sont marginalisés

amisdelaterre.org, Cyrielle Den Hartigh, le 9 mars 2009,

Nouveau rapport : Pourquoi les écomatériaux restent marginalisés dans la rénovation des logements

Alors que le Grenelle de l’environnement et le plan de relance misent sur la rénovation thermique des logements, les Amis de la Terre sortent leur nouveau rapport  » Les écomatériaux en France, état des lieux et enjeux dans la rénovation thermique des logements « . Les travaux d’économie d’énergie dans les logements sont indispensables pour lutter contre les changements climatiques et réduire la facture énergétique des ménages. Encore faut-il être vigilant sur les matériaux utilisés. Le nouveau rapport des Amis de Terre décrit comment les écomatériaux, bien que présentant de multiples avantages, sont actuellement freinés dans leur développement. Il propose également une liste de recommandations.

La fabrication de nombreux matériaux d’isolation utilisés lors des réhabilitations de logements sont très consommateurs d’énergie et certains ont de nombreuses conséquences sanitaires, à la fois pour les artisans et pour les habitants. Ainsi, l’Afsset vient d’émettre un avis défavorable concernant les laines minérales (1). Les écomatériaux (2) tels le chanvre, le liège ou la paille, apportent des réponses concrètes à ces préoccupations. Le rapport se penche sur l’ensemble des atouts des écomatériaux : création d’emplois non délocalisables, bien-être global dans l’habitat, faibles répercussions environnementales (ponction sur les ressources naturelles, émission de gaz à effet de serre), etc.

Pourtant, le développement des écomatériaux en France ne décolle pas. Les Amis de la Terre ont voulu savoir pourquoi en faisant la lumière sur le fonctionnement de la filière matériaux de construction/rénovation. De nombreux freins réglementaires et économiques handicapent leur développement, ce qui leur permettrait pourtant de devenir plus accessible au plus grand nombre. L’image encore trop souvent  » baba-cool  » des écomatériaux leur porte également préjudice alors que leurs atouts techniques sont reconnus par les experts de la construction.

Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne climat aux Amis de la Terre :  » Nous avons été désagréablement surpris de constater à quel point le secteur de l’évaluation des matériaux de construction en France est rouillé. Le CSTB (Conseil Scientifique et Technique du Bâtiment) est difficilement accessible aux PME/TPE alors que c’est là que se trouve le vivier d’emplois et de R&D dont nous avons besoin en ces temps de crise ! « .

Les Amis de la Terre listent 12 propositions à destination du gouvernement, des industriels des matériaux, des professionnels du bâtiments, des fabricants d’écomatériaux, du CSTB, des Assurances, des collectivités locales, de l’ADEME et des organismes de formations.

Ainsi, par exemple, les Amis de la Terre invitent les collectivités locales à avoir recours aux écomatériaux dans les constructions publiques, à soutenir l’émergence de filières locales de fabrication et à organiser la sensibilisation des acteurs et des particuliers. L’association espère ainsi que les écomatériaux pourront constituer une part de la lutte contre les changements climatiques, de l’amélioration de la qualité des logements et du développement économique local.

Contact presse : Caroline Prak, 06 86 41 53 43

(1) L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a sorti le 12 février son rapport d’expertise relatif aux laines minérales ? Les fibres minérales artificielles siliceuses ?.

(2) Il n’existe pas à ce jour de définition officielle des écomatériaux, ou matériaux écologique. Pour leur rapport, les Amis de la Terre ont adopté une définition basée sur 4 critères : mise en œuvre, santé et confort, environnement et développement local équitable.

Télécharger l’étude Lire la suite

Observatoire des pesticides : un bilan des actions 2006-2008

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 13 mars 2009

Observatoire des pesticides : un bilan des actions 2006-2008

L’Observatoire des résidus de pesticides, placé sous l’égide de l’Afsset depuis 2005, a présenté les résultats de son plan d’actions 2006-2008, à l’occasion d’un colloque qui s’est tenu à Paris les 11 et 12 mars. Le plan 2009-2011 appuiera quant à lui la mise en œuvre du plan Ecophyto 2018.

Après l’annonce en septembre du plan Ecophyto 2018 –qui vise la réduction de 50% de l’usage des pesticides d’ici 10 ans (1)-, l’adoption du paquet Pesticides par le Parlement européen en janvier dernier (2) signe le renforcement du contrôle de leur usage. Il était temps. Surtout en France, premier consommateur de pesticides en Europe (77.300 tonnes utilisées en 2007, soit plus de 5 kg/ha/an). La présence de pesticides dans l’environnement et les aliments est en effet attestée par de nombreuses études. Cette contamination généralisée expose tout un chacun à des doses infimes de résidus divers potentiellement toxiques et pose la question de l’impact sanitaire pour la population. De fait, l’exposition à long terme à de faibles doses, bien que difficile à évaluer, est suspectée d’être à l’origine de cancers, de neuropathologies et de troubles de la reproduction ou du développement (3). C’est dans ce contexte qu’est né l’Observatoire des résidus de pesticides (ORP) en 2001, à l’initiative des 4 ministères chargés de l’écologie, de la santé, de l’agriculture et de l’économie. L’ORP a pour mission de caractériser les expositions aux pesticides de la population et des écosystèmes en exploitant les données existantes, et d’identifier les besoins de recherche complémentaires. L’ORP avait notamment vocation à mettre en œuvre deux actions (4) du Plan national santé environnement (PNSE I: 2004-2008). Coordonné depuis 2005 par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), l’ORP rassemble 25 agences sanitaires, instituts, et organismes de recherche.

Le premier plan d’actions (2006-2008), doté d’un budget de 4 millions d’euros, était structuré autour de 22 actions, dont 19 seront finalisées début 2009, les trois autres étant achevées. Des constats et des propositions ont déjà pu être établis. En premier lieu, afin de mieux valoriser les informations existantes, des listes prioritaires en fonction des milieux ont été créées, totalisant 70 substances. Ensuite, plusieurs travaux ont permis de mettre en lumière la présence de pesticides dans des milieux jusqu’alors peu investigués (sols, mer). Ainsi, une étude-pilote menée sur le grand nord de la France par l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Sols, a montré la présence de lindane, un insecticide interdit depuis 1998, dans 100% des échantillons de sols analysés. L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) ont également montré l’importance des dépôts aériens de pesticides dans la mer et sur le littoral.

Parmi les autres résultats marquants figurent ceux d’une étude de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sur l’exposition aux pesticides via des aliments réellement consommés, c’est-à-dire après préparation ou cuisson. «On constate que la transformation des produits ne fait pas disparaître les résidus», relate François Veillerette du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), présent au colloque et plutôt insatisfait. «Plusieurs projets intéressants ont été présentés mais leur financement n’est pas encore garanti. En outre, nous n’avons toujours pas la moindre idée de l’exposition de la population générale», souligne-t-il. Face à la lenteur des recherches, MDRGF prône Lire la suite

Gujan-Mestras le 13 mars, film débat sur les pesticides

Sud-Ouest, Jacky Donzeaud, le 13 Mars 2009

Une oeuvre engagée

 « Nos enfants nous accuseront », réalisé par Jean-Paul Jaud et consacré à l’alimentation biologique, est projeté ce soir.

Les services culturels et développement durable s’associent pour présenter le rendez-vous du cinéphile de soir, qui a lieu à 21 heures, au cinéma Gérard-Philipe (1). Au programme de cette soirée cinéma, « Nos enfants nous accuseront », un documentaire réalisé par Jean-Paul Jaud qui a souffert d’un cancer du colon. En se renseignant sur les causes de son mal, il a découvert que la cause première était la présence de résidus toxiques dans l’alimentation. Indigné, il s’est alors mis en quête d’une vérité.

Du bio à la cantine

Ce film relate la courageuse initiative de Barjac, une municipalité du Gard, qui décide d’introduire le bio dans la cantine scolaire du village. Le réalisateur brosse un portrait sans concession sur la tragédie environnementale qui guette la jeune génération, sur l’empoisonnement des campagnes par la chimie agricole (76 000 tonnes de pesticides épandus chaque année) et les dégâts occasionnés sur la santé publique.

Un seul mot d’ordre : Ne pas seulement constater les ravages mais trouver tout de suite les moyens d’agir pour que nos enfants ne nous accusent pas demain.

Échange avec le public

À l’issue de la projection, une discussion autour des thèmes abordés par Jean-Paul Jaud sera animée par Gaëlle Bertoneche, coordonnatrice des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), et par Lire la suite

Agenda 21de Mérignac : Forum public le 14 mars

Sud-ouest, Olivier Delhoumeau, le 12 Mars 2009

AGENDA 21. Un forum public, ouvert à tous, se déroule samedi à la Maison des associations

Un ancrage à approfondir

Comment agir concrètement contre le réchauffement climatique ? Quelles sont les opportunités pour développer l’économie solidaire à Mérignac ?

Ces questions, et d’autres, seront posées au Forum Agenda 21 de samedi, à la Maison des associations. L’objectif sera double : dresser le bilan du premier programme d’actions et réfléchir aux initiatives futures. Quatre ateliers se tiendront à cette fin. « Beaucoup limitent le développement durable à l’environnement. Je ne cesse de rappeler que cette notion s’articule aussi autour du social et de l’économie. C’est un triptyque, avec une interdépendance entre ces domaines », soutient Marie Recalde, adjointe en charge du dossier.

Tables rondes

Le premier atelier est intitulé « Pour un plan climat/mobilité communale ». Les autres approfondiront les thèmes de l’économie solidaire, la santé dans un environnement sain et la valorisation de la citoyenneté. Chaque table ronde sera chapeautée par deux présidents, un témoin, un animateur et un rapporteur. Précision : les témoins et animateurs seront des personnes qualifiées de la société civile. Les réflexions alimenteront les conseils de quartiers qui reprennent du service à la fin du mois. La maturation des idées se poursuivra jusqu’en octobre, date à laquelle un second forum arrêtera le futur programme d’actions.

Parmi les dispositifs concrets ayant déjà fait leurs preuves, citons les packs écologiques, qui favorisent la pratique du compost et les économies d’énergie, la clause d’insertion dans les marchés publics. Mérignac s’est aussi distinguée avec Lire la suite

Consommer autrement pour produire moins de déchets

cean.nanterre.free.fr, Marjorie, le 8 mars 2009

Alain Delacour et Véronique Gallais, Biocontact, n°189, mars 2009

Consommer autrement pour produire moins de déchets

CONSOMMER AUTREMENT

Dossier « Recyclons ! »

Quiconque est attentif à rester en bonne santé, sensible à la préservation de l’environnement et soucieux de limiter ses dépenses ne peut faire l’impasse d’une réflexion sur les déchets qu’il produit. Une réflexion qui nous conduit à poser un regard plus éclairé et plus responsable sur nos actes d’achat et à leur substituer, quand cela est possible, des alternatives. Pour le plus grand bien de l’homme et de la Terre.

Notre modèle de société, qui place la consommation au centre de nos vies et de nos ambitions, nous pousse à acheter toujours plus de produits. Pourtant, les déchets générés ont des conséquences inévitables sur notre santé et sur notre environnement, sans parler des coûts générés par la consommation au-delà des besoins et le gaspillage, par le traitement des pollutions tout au long du cycle de vie des produits et par celui des déchets.
En effet, que les déchets soient stockés, incinérés ou recyclés, leur collecte, leur transport et leur transformation sont fortement consommateurs en énergie, contribuant ainsi à l’augmentation de la pollution et au changement climatique par la production de gaz à effet de serre. Sans compter le coût élevé de la collecte sélective auquel les ménages participent à travers les taxes à l’achat ou leurs impôts locaux.

De plus, si ces déchets sont brûlés dans des incinérateurs ou stockés par enfouissement, les substances toxiques qu’ils libèrent dans l’air, les sols et les eaux seront un jour ou l’autre directement ou indirectement absorbées par nous autres humains via les végétaux et les animaux que nous mangeons ou l’air que nous respirons.

Manger bio, local, de saison, utiliser les produits les moins polluants possibles pour l’entretien, la décoration ou la construction de notre maison ne suffit donc pas : il est également essentiel de réduire le volume et la toxicité de nos déchets.

Nous sommes maintenant habitués à trier nos déchets pour leur recyclage. Mais il existe bien d’autres solutions, bien plus satisfaisantes en matière de préservation de notre santé, de celle des milieux de vie et d’économies de ressources naturelles.

Nous allons les passer en revue, de la meilleure à la moins mauvaise. En termes de production de déchets, bien sûr ! Sachant que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ! Que le meilleur moyen de ne pas produire de déchet est encore de limiter ses achats. Mais si nous choisissons d’acheter, c’est avant de le faire qu’il convient de se poser les bonnes questions sur les déchets que nos achats vont générer. Dans la suite de cet article, nous allons développer successivement quatre séries de propositions : renoncer à un achat ; trouver des alternatives à l’achat; acheter des produits recyclés ou d’occasion ; choisir les articles dont les déchets seront les moins volumineux et les moins toxiques possible.
*Renoncer à un achat*

Avant tout acte d’achat, l’idéal serait de nous interroger sur la réalité et la nature de nos besoins et de nous demander si nous ne pourrions pas les satisfaire autrement… Ce qui n’exclut pas de se faire plaisir, bien sûr !

Pour nous y aider, voici quelques suggestions de questions à se poser avant de prendre la décision d’acheter ou non : Lire la suite

Carmantrand : Notre planète va mal, c’est à chacun d’agir

Sud-Ouest, Christophe Berliocchi, le 6 mars 20009

ENVIRONNEMENT. Le Royal diffuse le 14 mars « Nos enfants nous accuseront », suivi d’un débat animé par Daniel Carmantrand, spécialiste des questions environnementales

« Notre planète va mal, c’est à chacun d’agir »

 «Si l’on n’agit pas pour préserver notre environnement, d’ici 50 ans, Anglet sera sous l’eau ! Notre planète est très malade. Mais rien n’est encore inéluctable, à condition de se réveiller, et d’agir chacun à notre petite échelle. »

Daniel Carmantrand, qui vit au Pays Basque n’est pas un écologiste radical. Son action, à travers l’association qu’il a créée Planet it’s up to you est plutôt d’informer et éduquer.

« Je suis là pour éveiller les consciences », dit cet architecte et conférencier, qui interviendra au Royal le samedi 14 mars à 9 h 30 après le film de Jean-Paul Jaud, « Nos enfants nous accuseront » (1).

« Sud Ouest ».- Vous sentez-vous proche de Nicolas Hulot ?

Daniel Carmantrand. Je soutiens bien sûr son engagement, car notre planète est malade. Il s’était beaucoup investi avant le Grenelle de l’environnement, là on le voit moins, je crois savoir qu’il est touché, car cela n’a pas donné grand-chose en réalité. Le combat écologique n’est pas que politique, je crois davantage aux actions de prévention et d’information, auprès des enfants notamment.

Vous êtes engagé dans ce combat depuis combien de temps ?

Depuis tout petit, j’ai toujours été sensibilisé par la nature, l’environnement. J’ai été marqué par le livre d’Yves Coppens quand j’avais 13 ans, il disait que l’homme ne pouvait évoluer qu’en tenant compte de son environnement. Je voulais être vétérinaire, j’ai fait des études d’ingénieur agronome avant de devenir architecte ! J’ai beaucoup voyagé et des séjours à Madagascar m’ont, par exemple, profondément marqué quant à la préservation de notre planète.

L’état de la planète et la crise actuelle ne sont pas dissociables ?

Tout est lié, au moment où la Terre est malade, la crise économique, sociale et humaine n’a jamais été aussi forte. Il faut relire « Effondrement » de Jared Diamon, un livre référence où il explique le déclin des sociétés, comme les Mayas, qui n’ont pas su maîtriser leur croissance en respectant l’environnement. Elles n’ont pas pris le recul nécessaire et l’ont payé cash.

Vous ne croyez pas à l’action des politiques ?

Les politiques sont soumis à la pression des lobbies et en terme d’écologie, les dossiers n’ont pas vraiment avancé ! Aujourd’hui, les consciences s’éveillent, les gens sont en train de prendre la mesure du problème, on le voit avec le succès du bio. Je pense que les politiques et les lobbies ne pourront que suivre la pression populaire.

Sinon que va-t-il se passer ?

On court à la catastrophe ! Lire la suite

Le film « Gerboise bleue », débat à l’Utop le 10 mars

Réseau Sortir du nucléaire, Communiqué, le 25 février 2009

Le film « Gerboise bleue » retrace pour la première fois à l’écran une histoire inédite et encore classée « Secret Défense »

Du 4 mars au 24 mars au cinéma Utopia, 5 Place Camille Jullian 33000 Bordeaux

Rencontre-débat le mardi 10 mars

avec J.Luc Sans (Vice-Président de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires)
Pourquoi la France refuse-t-elle d’ouvrir les archives classées « Secret Défense », de ses premiers essais atomiques en Algérie ?

Le film documentaire du cinéaste franco-algérien Djamel Ouahab raconte l’histoire des vétérans de l’armée française et des Touaregs algériens, victimes des premiers essais atomiques français en Algérie de 1960 à 11966.

Les derniers survivants révèlent dans quelles conditions les tirs se sont véritablement déroulés et témoignent de leurs combats pour la reconnaissance des maladies liées à la radioactivité.
Ne manquez pas ce documentaire de qualité, qui aborde avec une grande humanité ce sujet resté trop longtemps occulté.

Information relayée par le Réseau Sortir du nucléaire, Fédération de 800 associations –
Consultez l’Agenda des actions organisées partout en France sur : http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?rubrique1

Dossier de presse et bande-annonce Lire la suite

Le silence des nanos : Utop Bx le 3 mars, Bègles le 4 et Talence le 5

Sud-ouest, NC, Mardi 03 Mars 2009

SCIENCE. Les nanotechnologies se sont glissées dans nos vies. Pour le meilleur ou pour le pire ?

La grande controverse du minuscule

La Nano. C’est le nom choisi par le constructeur indien Tata pour baptiser sa prochaine voiture, et c’est un signe. Nano, comme « nano technologies », ou « nanosciences » (NST) est un mot à la mode. Ou qui doit le devenir. Mais c’est déjà une réalité bien présente : les nano-particules se sont déjà glissées dans plus d’une centaine de produits plus ou moins courants, de l’électronique grand public aux cosmétiques et aux médicaments, en passant par la peinture en bâtiment, le béton ou la chirurgie. Elles sont dans les laboratoires de recherche, mais aussi au supermarché.

C’est une « révolution en cours, qui va transformer la société, l’économie, l’environnement, les relations entre les hommes, autant que l’informatique et l’Internet », affirme Clément Rossignol.

Un documentaire

Il est chercheur au laboratoire de mécanique physique de Talence, et a fait son quotidien de ce domaine du minuscule. Par ailleurs élu Vert à Bègles, il est de ceux qui estiment urgent que ladite révolution sorte des cénacles de la science et de l’industrie, pour être expliquée et débattue sur la place publique.

Avec lui, Benjamin Caillard, du laboratoire d’intégration des matériaux et systèmes, le docteur Annie Sasco, directrice de recherche en épidémiologie du cancer à l’Inserm, et Olivier Sigaut, chercheur en sciences sociales et professeur à Sciences Po, sont parmi les organisateurs de trois présentations cette semaine à Bordeaux, Bègles et Talence (1) du « Silence des nanos », documentaire de Julien Colin.

Eldorado et santé publique

« Nano » est le préfixe tiré du nom que les mathématiciens ont donné au milliardième de mètre, le nanomètre. C’est l’échelle de l’atome, brique élémentaire de la matière, vivante ou non. Les NST ont découvert un monde aux propriétés physiques insoupçonnées, exploitables dans des domaines innombrables (lire aussi Sud Ouest du 2 mars). Un Eldorado technologique du XXIe siècle.

Ce sont notamment les effets possibles des nano-particules en matière d’environnement et de santé publique qui préoccupent le quatuor, qui tire exemple de l’amiante, Tchernobyl ou de la querelle sur la téléphonie mobile. « Avant les problèmes, on nous dit : on ne peut pas savoir si c’est dangereux, il ne faut pas affoler les gens. Après, on nous dit : c’est trop tard pour arrêter. À quel moment est-on un citoyen responsable ? » résume Benjamin Caillard.

Annie Sasco : « Est-ce que les nano-matériaux sont dangereux ? Aujourd’hui, c’est trop récent pour avoir le recul nécessaire », convient l’épidémiologiste. « Mais, poursuit-elle, on a l’expérience des effets des particules fines et ultrafines présentes depuis longtemps dans l’air. De la même façon qu’elles, les nanoparticules en raison de leur toute petite taille ont tendance à se disséminer dans le corps, à rester dans des recoins, souvent pulmonaires. En général, cela entraîne une inflammation, une accélération de la reproduction cellulaire, qui peut aboutir à un cancer ou à des phénomènes d’athérosclérose. Il est logique de penser que les nanos particules peuvent produire les mêmes effets. Il y a eu quelques expériences sur des rongeurs. Et le rat est proche de l’humain de ce point de vue ! »

Mais les travaux sont rares, donc pas encore scientifiquement décisifs. Comme trop souvent, les industriels vont plus vite que la recherche d’une toxicité éventuelle. « Si on n’a pas une recherche publique capable d’évaluer les effets secondaires, on n’aura jamais les données », Lire la suite

Conseil rég. et Sud-Ouest : Chronique du DD en Aquitaine

 Sud-Ouest, Publi-info, Alain Rousset, Conseil régional d’Aquitaine, le 1er Mars 2009

Rendez-vous chaque première semaine du mois dans Sud Ouest, afin de vous présenter à travers ces chroniques du développement durable les réalisations, les partenariats, les projets que nous sommes fiers d’engager en Aquitaine

La chronique du développement durable dans votre région

En ce début d’année, les éléments ne nous ont pas épargnés. La tempête a meurtri l’Aquitaine toute entière. Le tissu économique et social de notre région est aujourd’hui dans une situation encore plus difficile qu’en 1999 du fait de l’ampleur des dégâts et d’un contexte de récession qui a touché en premier lieu l’industrie du papier avant de s’étendre au reste de l’économie. Au delà de la crise, la répétition des tempêtes que l’on n’ose plus qualifier d’exceptionnelles questionne directement l’impact du changement climatique sur les activités et les milieux naturels aquitains.

S’il faut dans l’urgence répondre par un effort de solidarité à tous les niveaux, nous devons inscrire notre action dans la durée. Il ne s’agit pas en effet de se borner à reconstruire, il importe aujourd’hui d’offrir des perspectives à long terme à des populations désabusées voire découragées face à l’ampleur de la tâche : il faut en effet 40 ans au pin maritime pour arriver à maturité. Dans cet esprit, la Région a débloqué immédiatement 20 Millions d’euros pour venir en aide aux filières sinistrées tout en lançant dans le même temps une réflexion globale avec l’INRA et les pôles de compétitivité sur les conditions de reforestation en Aquitaine et sur la diversification des débouchés pour l’industrie du bois.
C’est ce même souci de l’anticipation et de l’adaptation aux changements climatiques que nous portons dans l’ensemble de nos politiques publiques car, nous disent les scientifiques, l’Aquitaine sera la région la plus affectée par ces mutations. Le Conseil régional s’engage ainsi à améliorer l’empreinte écologique, la solidarité et la viabilité économique de toutes ses actions qui touchent autant les transports et la mobilité douce que l’éducation, la recherche, les éco-technologies, l’emploi, la formation, l’agriculture, la santé ou le cadre de vie des Aquitains.

Nous devons nous mobiliser ensemble afin que nos actions contribuent, par cet effort collectif, à réduire les conséquences néfastes de nos activités et de nos modes de vie sur notre milieu et pour les générations futures. Une vie sociale et économique renouvelée, plus saine et plus dynamique, ce sont des femmes et des hommes plus heureux, plus épanouis. Du moins, c’est le défi que nous entendons relever, avec vous et pour vous.

Je vous donne donc rendez-vous chaque première semaine du mois dans Sud Ouest, afin de vous présenter à travers ces chroniques du développement durable les réalisations, les partenariats, les projets que nous sommes fiers d’engager en Aquitaine. Notre objectif et notre vision sont clairs : Lire la suite

CNRS : dossier « biodiversité »

cnrs.fr, février 2009

Parler de la vie et de sa diversité revient à parler de tout ce qui existe sur la planète Terre…

Car le mot biodiversité ne recouvre pas la seule description des espèces, mais également les liens existant entre elles, entre ces espèces et leurs milieux, et cela à toutes les échelles du temps et de l’espace.

Ce dossier « Biodiversité » souhaite donc aider à la perception du fait que tout est interdépendant sur Terre et qu’en conséquence, l’espèce humaine –si nombreuse et si active– a un impact majeur sur ce Vivant dont elle dépend et dont elle fait partie.

Face à cette complexité du Vivant, impossible à décrire simplement, ce dossier a opté pour une double démarche :

– donner les informations scientifiques de base

– établir des « parcours scientifiques » au sein de cette complexité : ces itinéraires qui prennent chacun pour fil d’Ariane un mot-clé tel que santé, sol, alimentation, climat, ville, sont évidemment amenés à se croiser.

Le souhait est que tout visiteur perçoive encore mieux :

– qu’il est de l’intérêt bien compris de l’espèce humaine de sauvegarder le tissu vivant dont elle fait si intimement partie

– que l’être humain qui se pose tant de questions sur sa vie doit encore s’élever en prenant en considération toute vie.

Ce dossier a reçu le label de l’Année internationale de la Planète Terre

Appel à la communauté scientifique française

Dans son contenu ce dossier est sans doute incomplet et perfectible. Il est prévu de le mettre à jour régulièrement, pendant au moins cinq ans.

Appel est lancé aux Lire la suite

Robin, OGM: Il faut une étude sur plusieurs années

lexpress.fr, Sandra Gérard, le 17 février 2009

OGM: « Une étude sur plusieurs années est indispensable »

La France a obtenu lundi 16 février le maintien de sa clause de sauvegarde interdisant la culture du maïs transgénique MON810 de Monsanto sur son territoire. Réaction de Marie-Monique Robin, journaliste et auteure du « Monde selon Monsanto ».

La France a réussi à maintenir sa clause de sauvegarde interdisant la culture du MON810. Quel est votre sentiment ?

Je suis très heureuse et satisfaite. C’est une décision courageuse de la part du gouvernement français que de défendre cette clause malgré les pressions très fortes qu’il subit de la part des lobbies. J’ai été plutôt surprise de l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) (NDLR : qui considère le MON810 sans danger pour la santé). On ne sait pas sur quoi ils se basent pour faire une telle affirmation, on n’a pas accès aux données brutes qui pourraient confirmer leurs dires. Cette affaire me rappelle celle du MON863, en 2007. Corinne Lepage, présidente du Crii-Gen, une association de lutte contre les OGM, avait dû saisir la Commission d’accès aux données administratives (Cada) pour contraindre l’Afssa à communiquer les données brutes de l’étude qu’elle avait réalisée. Lorsque des scientifiques indépendants se sont penchés sur ces résultats, ils se sont rendu compte qu’il y avait des problèmes avec les rats nourris avec le MON863. Finalement, la Commission européenne a étouffé l’affaire et il n’a pas été autorisé. Aujourd’hui, c’est la même avec le 810. S’il n’existe pas de problèmes sanitaires avec ce maïs, pourquoi alors ne pas fournir ces données ?

La firme Monsanto ne va sûrement pas en rester là. Que pensez-vous qu’elle va mettre en oeuvre pour imposer la culture de son maïs?

Elle va continuer le lobbying en infiltrant le gouvernement, comme cela s’est fait en Allemagne. Au printemps 2007, le ministre de l’Agriculture allemand a demandé au BVSL, l’équivalent de l’Afssa française, d’interdire le MON810 en raison des potentiels dangers environnementaux qu’il présente, notamment sur les insectes dont on a besoin, comme les abeilles. Mais Hans Jörg Bukh, responsable du département des biotechnologies au sein du BVSL, a alors affirmé que rien ne permettait de s’opposer à la culture ou à l’utilisation de ce maïs. Il avait, en 2002, participé à la promotion vidéo d’OGM, financée par Monsanto. Fin 2007, le BVSL a autorisé sa culture…

Concrètement, que connaît-on aujourd’hui des dangers potentiels du MON810 ?

Aujourd’hui on n’a rien, aucune étude sérieuse portant sur l’impact possible sur l’environnement. La seule chose dont nous disposons est cet avis de l’Afssa qui ne se base que sur une recherche de trois mois, pour lequel nous n’avons aucune donnée brute et qui ne concerne que les risques sanitaires… Une étude sur plusieurs années menées par des scientifiques indépendants me semble indispensable.

Pourtant, la clause de sauvegarde va bientôt être à nouveau remise en cause puisqu’au printemps, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) doit statuer sur le renouvellement de l’autorisation du MON810…

Le comité OGM de l’Efsa, chargé de leur évaluation, est composé à 80% de personnes travaillant aussi pour l’industrie des biotechnologies. Il ne peut être indépendant avec des liens aussi étroits. Comment peut-on faire confiance à des personnes qui sont clairement en faveur de ce qu’ils sont censés évaluer ? Lire la suite

L’industrie des biotechnologies fait obstacle à la recherche !

amisdelaterre.org, Christian Berdot, le 23 février 2009

OGM : des scientifiques US, spécialistes du maïs, l’affirment « L’industrie fait obstacle à la recherche ! »

Dans une réclamation inhabituelle, un groupe de scientifiques universitaires [1] affirment que les compagnies de biotechnologies les empêchent de pouvoir mener des recherches complètes sur l’efficacité et les impacts des plantes modifiées génétiquement, commercialisées par l’industrie. (Article d’Andrew Pollack, paru le 19 Février 2009, dans le New York Times – Traduction : Christian Berdot, Amis de la Terre)

Dans une déclaration présentée au Ministère de la Protection de l’Environnement (EPA), les scientifiques écrivent que « aucune recherche vraiment indépendante ne peut être légalement menée sur de nombreuses questions critiques ». L’EPA recherche des commentaires scientifiques provenant de la recherche publique pour des conférences sur les plantes biotechnologiques, qui doivent se tenir la semaine prochaine.

Cette déclaration viendra certainement soutenir les groupes critiques vis-à-vis des plantes génétiquement modifiées, comme les groupes écologistes, qui se plaignent depuis longtemps déjà, que les plantes n’ont pas été étudiées de façon complète et suffisante et pourraient avoir des effets inattendus sur la santé et l’environnement.

Les chercheurs, 26 scientifiques spécialisés dans l’étude des insectes du maïs, ont retiré leur nom car ils craignaient que les compagnies ne les excluent de leurs recherches. Cependant, plusieurs d’entre acceptèrent, lors d’interviews, que leur nom soit cité.

Pour les scientifiques, il est problématique que les agriculteurs et les autres acheteurs de semences génétiquement modifiées aient à signer un accord visant à garantir que, lors de la culture, les droits des compagnies sur les brevets ainsi que les règlements environnementaux sont bien respectés. Cet accord interdit aussi l’utilisation des plantes à des fins de recherches.

Ainsi, alors que des chercheurs universitaires peuvent acheter librement des pesticides ou des semences conventionnelles pour leurs recherches, ils ne peuvent le faire avec des semences modifiées génétiquement. Il leur faut obtenir la permission des compagnies semencières. Et parfois, la permission leur est refusée ou bien les compagnies insistent pour examiner toutes les conclusions avant qu’elles ne puissent être publiées.

Pour les scientifiques, ces accords sont depuis longtemps un problème, mais ils le font savoir publiquement car la frustration s’est accumulée.

Pour Ken Ostlie, entomologiste à l’Université du Minnesota et lui-même signataire de la déclaration, « Si une compagnie peut contrôler les recherches qui paraissent dans le domaine public, elle peut réduire les aspects négatifs potentiels qui peuvent survenir dans toute étude ».

Il est frappant de constater que les scientifiques qui ont exprimé cette protestation – et qui proviennent en grande partie d’universités financées par les états avec de grands programmes agricoles – affirment ne pas être opposés à la technologie. Au contraire, pour eux, en étranglant la recherche, l’industrie les empêche de fournir aux agriculteurs des informations sur les meilleurs moyens de faire pousser les plantes. De plus, ajoutent-ils, les données fournies aux organismes de contrôle gouvernementaux sont « excessivement restreintes ».

Pour Elson J. Shields, professeur d’entomologie à l’Université de Cornell, les firmes « peuvent potentiellement pratiquer le blanchissage des données et des informations soumises Lire la suite

Le filon juteux du Bio

marianne2.fr, Isabelle Saporta, le 23 Février 2009

Le filon juteux du Bio

Le bio est partout, et notamment au Salon de l’agriculture, dans les hypermarchés, dans les textes de l’Union européenne. Trop de bio tue le Bio…

On devrait s’en réjouir : les gens sont de plus en plus nombreux à écouter les sirènes du Programme national nutrition santé. La crise a achevé de nous inciter à arbitrer entre des cochonneries trop sucrées dont nous savons pertinemment qu’elles sont nocives à notre santé et des produits nutritionnellement très correct comme le bio et les fruits et légumes.
D’après le baromètre CSA-Agence Bio 2008, nous serions déjà tous acquis à la «green attitude» : 85% d’entre nous connaissent la marque AB  et 84% s’en servent comme repère pour acheter. Bien sûr, vertueux que nous sommes, nous privilégions à 91% les produits de saison, et à 80% les productions locales… Et d’ailleurs, si les grandes surfaces sont encore prises d’assaut tous les week-end, ce n’est pas uniquement parce que nous nous payons de mots, mais aussi parce que  la grande distribution s’est engouffrée dans la brèche du Bio, multipliant  sans vergogne les références vertes dans leurs marques distributeurs. Idem pour les hard discounters qui n’auraient laissé passer pour rien au monde une si belle aubaine…

Bref, le Bio est devenu un filon juteux. Et un bon moyen pour redorer le blason de certains produits trop gras et trop sucrés. Ainsi, depuis 6 mois, les biscuitiers, les vendeurs de confitures et de compotes en conserves comme les chocolatiers  se sont comme par miracle massivement convertis au Bio…

Malignes, les marques sont aussi parvenues à détourner les messages du programme national nutrition santé en jouant sans cesse sur l’ambiguïté ! Un récent sondage mené par l’institut BVA avance que 54 % des sondés confondent le sens du message officiel avec le produit promu dans la publicité. Ils sont ainsi 44 % à penser, à tort, qu’une publicité pour un yaourt aux fruits accompagnée du message «manger cinq fruits et légumes par jour», signifie que ce yaourt fournit une portion de fruit. Or les apports en nutriments essentiels d’un yaourt trop sucré ne sont en rien comparables avec ceux d’un fruit frais.

Rattrapé par l’industrie qui pourrait bien le galvauder, le label bio est également en passe d’être détricoté par la Commission Européenne. Ainsi, depuis le premier janvier 2009, le cahier des charges Bio est commun aux 27 Etats Membres. Et sans surprise, cette harmonisation, s’est faite, une fois encore, par le bas. L’élevage bio devrait en faire les frais puisque Bruxelles vient d’autoriser une augmentation significative des traitements antibiotiques et antiparasitaires… Désemparés par ce coup de boutoir porté au Bio, la FNAB (Fédération nationale de l’AB), le synabio (syndicat des distributeurs bio) et Bio Consom’acteurs présenteront jeudi prochain au salon de l’agriculture un projet de label plus restrictif afin de pouvoir se distinguer du logo Européen.

Le cynisme libéral est décidément sans limite : Lire la suite

Limousin : l’IRSN critique la gestion des déchets d’uranium

actu-environnement.com, R Boughriet, le 12 février 2009

L’IRSN critique la gestion des déchets des mines d’uranium dans le Limousin

Dans un rapport, l’IRSN estime que les cessions des stériles, issus des anciennes mines d’uranium dans le Limousin, ne sont pas assez encadrées ni vérifiées et déplore un manque d’informations pour exclure tout impact environnemental.

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a publié le 9 février son dernier rapport concernant l’expertise globale du Bilan Décennal Environnemental réalisé par Areva NC, qui évalue l’impact des anciennes mines d’uranium dans le Limousin.

Ce bilan rédigé par l’industriel exploitant a notamment pour vocation de rassembler et d’analyser les données relatives à la surveillance des anciennes exploitations d’uranium de la division minière de la Crouzille (Haute-Vienne) et de leur environnement, acquises au cours des dix dernières années.

Dans son analyse critique, l’IRSN a examiné la réutilisation dans le domaine public des stériles miniers, ces produits constitués par les sols et roches excavés lors de l’exploitation d’une mine, après récupération de la partie commercialement valorisable qui constitue le minerai.
A ce jour, les connaissances sur les cessions de stériles miniers et leur utilisation dans le domaine public reposent sur les données consignées dans un registre mis en place depuis 1984 par la Cogema (Areva NC) afin d’encadrer la demande croissante d’entreprises locales, et notamment de carriers. Ce registre vise ainsi à limiter les risques liés à la réutilisation de ces matériaux (au niveau de radioactivité), notamment afin d’en imposer l’interdiction d’utilisation pour des soubassements ou en tant que matériaux de construction.

Une gestion de déchets miniers pas assez encadrée ni vérifiée

Si l’IRSN note  »l’utilité et la pertinence » de ce registre, il déplore un manque de précisions concernant certaines cessions de stériles miniers et une absence de vérification sur les lieux de réutilisation en particulier.

En ce qui concerne les cessions antérieures à 1984, les informations sur les cessions notamment des lieux de destination et des usages restent également  »pauvres », ajoute l’Institut. En effet, les matériaux ayant servi de remblais avant 1984 restent souvent non répertoriés, même si une partie d’entre eux a été mise en évidence par des campagnes radiamétriques réalisées par Areva NC en 2000 dans les villages limitrophes des sites miniers.
Pour l’IRSN, cette absence de connaissance des cessions antérieures à 1984 constitue une faiblesse dans la maîtrise des impacts liés à la réutilisation de stériles miniers dans le domaine public pour cette période.

Un manque d’informations et de connaissances Lire la suite

Jouanno, les OGM, « le dentiste » et la « fracture »

tempsreel.nouvelobs.com,  NC, le 12 février 2009

Jouanno, les OGM, « le dentiste » et la « fracture »

Interrogée sur l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, qui juge que le maïs OGM Monsanto est sans danger pour la santé, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie assure que cela « ne change en rien » la position de France.

L’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), selon lequel le maïs OGM Monsanto est sans danger pour la santé, « ne change en rien » la position de France, a souligné, jeudi 12 février, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Chantal Jouanno. Avant d’ajouter : « C’est comme si on se basait sur l’avis d’un dentiste pour soigner une fracture du bras ».
L’avis de l’Afssa porte sur la sécurité sanitaire, a rappelé la ministre à l’AFP.
Or « la France n’a jamais dit qu’il y avait un problème sanitaire. Elle a dit qu’il y avait un problème environnemental, de risque de dissémination, de résistance à des produits ou d’impact sur d’autres espèces« , a-t-elle expliqué.

« L’Afssa se prononce sur un sujet qui n’est pas celui de la clause de sauvegarde, donc cela ne remet pas en question la position de la France », a-t-elle ajouté.

Faisant par ailleurs remarquer que le MON810 fait l’objet d’une réévaluation au niveau européen, elle a estimé qu’il serait « totalement illogique de lever la clause de sauvegarde alors qu’on n’a pas finalisé cette procédure de réévaluation ».

« Des risques jugés sérieux pour l’environnement » Lire la suite

OGM : « Il n y a pas assez de science dans ce domaine »

metrofrance.com, Yvon Le Maho, le12 février 2009

OGM : « Il n y a pas assez de science dans ce domaine »

Interview d’Yvon Le Maho, directeur de recherche au CNRS, auteur d’un rapport sur le MON 810 pour le compte du gouvernement.

Le Figaro a publié ce matin des extraits d’un rapport de l’Agence française de sécurité des aliments (Afssa) qui conclut à l’innocuité pour la santé du maïs MON 810. La culture de cette plante génétiquement modifiée est interdite en France depuis l’activation de la clause de sauvegarde demandée par le gouvernement français à l’Union européenne en janvier 2008 et appuyée par un rapport élaboré par le professeur Yvon Le Maho membre de l’Académie des sciences. Dans ses conclusions, le rapport de l’Afssa affirme que le « rapport du Pr le Maho n’apporte aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité sanitaire des maïs portant l’événement MON810 ». Réactions d’Yvon Le Maho.

Comment réagissez-vous à la publication du rapport de l’Afssa ?

J’en ai appris l’existence ce matin dans la presse. Mon rapport a été commandé par le gouvernement à la suite des critiques avancées par la firme Monsanto contre l’avis du comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM. Monsanto affirmait que l’innocuité pour la santé de l’homme et pour l’environnement du Mais MON 810 était prouvée. Mon rapport ne partage pas ce point de vue et relève des incertitudes qui justifient l’invocation du principe de précaution. Concernant les enjeux sanitaires, l’agence Afssa estime que nourrir un nombre limité de rats pendant 90 jours suffit à conclure à l’innocuité de ce produit sur la santé humaine. Moi, je pense que non. Puisque les Français sont inquiets des éventuels effets sur la santé des OGM, qu’on fasse des études plus longues !

L’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) estime que la France n’a pas apporté de preuves qui mettraient en cause l’innocuité du MON 810, pour justifier l’invocation de la clause de sauvegarde…

Comment apporter des preuves scientifiques de la nocivité de ce produit quand les études nécessaires pour le déterminer n’ont pas été faites. La clause de sauvegarde appliquée par la France se base sur des aspects environnementaux. Or, des chercheurs de l’Inra montrent, dans leurs études, que le problème de la dissémination ne peut pas être maîtrisé. Ce qui ne permet pas d’affirmer l’innocuité de ce maïs pour la faune et pour la flore, ni sa nocivité d’ailleurs. C’est pourquoi, mon rapport concluait à la nécessité d’appliquer le principe de précaution.
Comment se repérer alors dans cet affrontement d’avis contradictoires ?

Je ne suis pas un militant anti-ogm. J’y étais même plutôt favorable. Mais en tant que chercheur, je base mon jugement sur des critères scientifiques. Or, Lire la suite

Afssa : Le maïs OGM sans danger pour l’homme

Sud-Ouest, Marc Mennessier et Martine Perez, le 12 février 2009

Le maïs OGM est sans danger pour l’homme, selon l’Afssa

EXCLUSIF – Dans un rapport tenu secret, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) conclut à l’innocuité pour la santé de ce maïs OGM dont la culture est interdite en France.

Les agriculteurs français vont-ils être de nouveau autorisés à semer du maïs transgénique MON 810 dès le printemps prochain ? Dans un avis daté du 23 janvier dernier, mais jusque là tenu secret, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) vient en effet de récuser les arguments contenus dans le rapport du professeur Yvon le Maho, sur lequel la France s’était appuyée, l’an dernier, pour interdire la culture de ce maïs produit par la firme américaine Monsanto, en invoquant la «clause de sauvegarde» auprès de Bruxelles.

«L’Afssa considère que les éléments du rapport le Maho (…) n’apportent aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité sanitaire des maïs portant l’événement (le transgène, ndlr) MON 810», peut-on lire en conclusion de ce document dont Le Figaro s’est procuré une copie. Qu’il s’agisse de la toxicité de la protéine insecticide (CRY1Ab) qui permet à ce maïs OGM de se protéger contre ses principaux ravageurs (la pyrale et la sésamie), d’un lien éventuel avec des maladies à prion (vache folle) ou d’un possible pouvoir cancérigène : les experts de l’Afssa, saisis le 5 septembre dernier par la Direction générale de la Santé (DGS), ont retoqué tous les griefs d’ordre sanitaire, tant vis-à-vis de l’homme que de l’animal, invoqués contre le MON 810.

Un coup dur pour le gouvernement français, et notamment pour le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, qui doit défendre, le 16 février prochain devant la Commission européenne, la clause de sauvegarde activée par la France début 2008.

Cette procédure permet à un État membre d’interdire sur son territoire la culture d’une plante transgénique autorisée en Europe, comme c’est le cas pour le MON 810. Mais le pays doit pour cela s’appuyer sur des informations scientifiques validées signalant un risque réel pour la santé ou l’environnement. Ce n’est manifestement pas le cas.

D’autant que l’avis de l’Afssa va dans le même sens que les conclusions déjà publiées le 31 octobre dernier par l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa). «Les données fournies par la France n’ont pas apporté de preuve scientifique qui contredirait ce que l’Efsa a déjà dit à propos de ce maïs, à savoir qu’il est sain pour la santé humaine, animale et sans danger pour l’environnement», indiquait le rapport de l’agence européenne.

En clair, les risques de dissémination du transgène dans l’environnement (par le biais du pollen notamment), d’apparition d’insectes résistants au maïs MON 810 ou d’impact négatifs sur des organismes non-ciblés, comme les vers de terre, n’ont pas non plus convaincu la vingtaine d’experts européens mandatés par l’Efsa et rétribués par elle.

La France va-t-elle entrer dans une phase de guérilla judiciaire avec l’exécutif européen, à l’instar de l’Autriche qui bataille depuis dix ans pour empêcher l’importation et la commercialisation d’OGM sur son territoire  ? Le processus enclenché en janvier 2008 avec la publication très médiatisée de l’avis du comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM a visiblement du plomb dans l’aile. Les «éléments scientifiques nouveaux» et les «doutes sérieux» invoqués à l’époque par le président de ce comité, le sénateur (UMP) de la Manche, Jean-François Le Grand, peuvent-ils encore être pris au sérieux ? Lire la suite

Le Sénat boucle l’examen du projet de loi Grenelle 1

localtis.info, Anne Lenormand, le 9 février 2009

Développement durable

Le Sénat boucle l’examen du projet de loi Grenelle 1

Les sénateurs ont achevé le 6 février l’examen article par article du projet de loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, dit Grenelle 1. Au total, ils ont adopté plus de 260 amendements. Le vote solennel sur le texte intervient ce 10 février. Les députés se saisiront ensuite du texte en deuxième lecture.

C’est finalement avec une semaine de retard que prend fin l’examen en première lecture du projet de loi Grenelle 1 au Sénat. Ce 10 février à partir de 16 heures, la séance publique sera consacrée aux explications de vote puis au vote solennel sur l’ensemble du texte. Le 6 février, les sénateurs ont achevé l’examen des différents articles. Sur un total de 830 amendements, ils en ont adopté quelque 260 dont un certain nombre défendus par l’opposition.
Le rythme des débats s’est accéléré le 5 février avec l’examen de chapitres importants : l’agriculture durable, la gestion intégrée de la mer et du littoral, la prévention des risques pour l’environnement et la santé et la prévention des déchets.

Limiter l’artificialisation des terres agricoles

A l’article 28 fixant les objectifs et les axes d’action de l’agriculture en matière environnementale, Daniel Soulage (Union centriste, Lot-et-Garonne) a obtenu l’ajout d’une phrase indiquant qu' »il est indispensable de préserver les surfaces agricoles, notamment en limitant leur consommation et leur artificialisation ». Pour le sénateur, « il est urgent de mener une politique de protection des terres agricoles car chaque année 60.000 hectares de terres cultivables sont perdus » et « l’artificialisation est difficilement réversible« . Le Sénat a par ailleurs voté un amendement de Didier Guillaume, sénateur socialiste de la Drôme, concernant l’agriculture biologique. Le texte indique désormais que « l’Etat favorisera la production et la structuration de cette filière pour que la surface agricole utile en agriculture biologique atteigne 6% en 2012 et 20% en 2020« . Les sénateurs ont aussi ajouté un article 28 bis qui indique qu' »un plan d’urgence en faveur de la préservation des abeilles sera mis en place en 2009 et s’appuiera notamment sur une évaluation toxicologique indépendante relative aux effets, sur les abeilles, de l’ensemble des substances chimiques« .

Concernant la gestion durable de la mer et du littoral (article 30), le Sénat a voté un amendement présenté par Roland Courteau (PS, Aude) précisant que « toutes les mesures seront mises en œuvre pour renforcer la lutte contre les pratiques illégales et réduire à la source et prévenir les pollutions maritimes, y compris les macro déchets et déchets flottants, les dégazages et déballastages, et les espèces exotiques envahissantes, notamment dans les zones portuaires et les zones de protection écologique« . Enfin, « des mesures seront également prises pour réduire l’impact sur la mer des activités humaines venant du continent », précise le texte.

Des conseillers en environnement intérieur

Au chapitre environnement et santé, le deuxième plan national Santé Environnement (article 32) devra comporter « un plan destiné à réduire les rejets des substances les plus préoccupantes, au sens du règlement (CE) 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 dit règlement Reach. Les sénateurs ont ajouté à la liste des substances les plus préoccupantes « le trichloroéthylène, les perturbateurs endocriniens, le perchloroéthylène », Lire la suite

L’agriculture doit changer pour nourrir le monde

notre-planète.info, le 4 février 2009

L’agriculture doit changer pour nourrir le monde

Les agriculteurs du monde doivent se convertir sans tarder à des systèmes agricoles plus durables et plus productifs si l’on veut nourrir la population croissante de la planète et relever le défi du changement climatique, selon M. Shivaji Pandey, un des meilleurs experts de la FAO en matière de cultures, qui s’adressait aux participants du IVème Congrès mondial sur l’agriculture de conservation (New Delhi, 4-7 février 2009)

Dans une allocution liminaire prononcée devant 1 000 personnes, M. Pandey, Directeur de la Division de la production végétale et de la protection des plantes de la FAO, considère l’agriculture de conservation comme un pilier de ce changement.

« Le monde n’a d’autre choix que d’intensifier la production agricole durable afin de satisfaire la demande croissante d’aliments pour les hommes et les animaux, réduire la pauvreté et protéger les ressources naturelles. L’agriculture de conservation est un volet essentiel de cette intensification« , souligne M. Pandey.

L’agriculture de conservation vise des systèmes agricoles durables et rentables. Répudiant les opérations comme le labour mécanique, elle repose sur trois principes fondamentaux : le travail minimal du sol, les associations et les rotations culturales et la couverture permanente du sol. Cela permet d’optimiser la santé et la productivité des terres. Introduite il y a 25 ans environ, elle est désormais pratiquée sur 100 millions d’hectares dans le monde entier.

Dommages à l’environnement

Les méthodes traditionnelles de culture intensive ont, dans de nombreux cas, contribué aux dommages occasionnés à l’environnement, faisant reculer les taux de productivité agricole, alors que le monde a besoin de doubler sa production vivrière pour nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050, affirme M. Pandey.

« Dans maintes régions du monde, au nom de l’intensification, les agriculteurs ont pratiqué à outrance le labour, la fertilisation, l’irrigation et l’application de pesticides« , rappelle-t-il. « Ce faisant, nous avons perturbé tous les aspects du sol, de l’eau, des terres, de la biodiversité et des services que fournit un écosystème en bonne santé. Cela a eu pour conséquence la réduction progressive du taux de croissance des rendements. »

Si les tendances actuelles se poursuivent, le taux de croissance de la productivité agricole devrait tomber à 1,5% d’ici à 2030, puis à 0,9% de 2030 à 2050, contre une croissance de 2,3% par an enregistrée depuis 1961.

Dans les pays en développement, la croissance des rendements de blé a chuté d’environ 5% en 1980 à 2% en 2005. Pour le riz, elle est passée de 3,2% à 1,2% pour le riz, et de 3,1% à 1% pour le maïs au cours de la même période.

Réduire l’empreinte écologique

L’agriculture de conservation pourrait non seulement aider à relever les rendements mais aussi à fournir divers avantages importants pour l’environnement, poursuit M. Pandey. Outre le rétablissement de la santé des sols, elle abaisse également la consommation énergétique dans l’agriculture, réduisant l’empreinte d’un secteur qui représente actuellement quelque 30 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Elle pourrait atténuer davantage les effets du changement climatique en aidant à Lire la suite

Le DD : quelle réalité pour les Français ?

cdurable.info, David Naulin, le mardi 3 février 2009

Enquête Ipsos : les français et le développement durable

Le développement durable : quelle réalité pour les Français ?

A l’occasion des 5èmes Assises Nationales du Développement Durable et à la demande du Conseil régional Rhône-Alpes organisateur de cette manifestation en janvier 2009, Ipsos a réalisé une enquête auprès de la population française sur sa connaissance, ses convictions et ses pratiques en matière de développement durable. Il en ressort une maturité croissante de la population sur le sujet, non seulement sous l’angle des convictions mais aussi sur celui de l’engagement personnel.

Le développement durable : qu’en sait-on d’abord ?

Quel est le degré de prise de conscience à fin 2008 de la population ? Est-on prêt à changer de cap ?

De la prise de conscience au geste concret individuel : une évolution très notable.

L’action concertée de tous peut-elle permettre d’améliorer la situation pour les générations futures ?

Quels repères dans le monde d’aujourd’hui et pour celui de demain ?

Réformer seulement ou repenser totalement les modèles économiques ?

François de Sars, Directeur Général d’Ipsos Lyon apporte les principaux enseignements de cette étude [1].

 Visionner le diaporama présentant les conclusions de l’enquête sur le site d’Ipsos

Le développement durable : qu’en sait-on d’abord ?

Consacré par le sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 et médiatisé depuis cette date, le concept relativement complexe de « développement durable » est un terme aujourd’hui totalement vulgarisé auprès du grand public. L’enquête réalisée en fin d’année 2008 révèle en effet que 97% des Français déclarent avoir déjà entendu parler de l’expression « développement durable ». Le chemin parcouru est grand, ne serait-ce que depuis ces deux dernières années où près d’un tiers de la population ignorait ce concept et, parmi ceux qui disaient le connaître, un tiers seulement déclarait avoir une idée précise de sa signification. Force est de reconnaître que les alertes successives sur la pénurie potentielle des ressources énergétiques naturelles (avec leurs conséquences sur le budget des ménages), tout comme la crise économique, ont largement contribué à cette vulgarisation.

Spontanément, le concept de développement durable connote le plus souvent (cité par près de 2 répondants sur 3) la dimension environnementale mais pas seulement. Pour près d’1 Français sur 4 le développement durable est aussi associé à la sphère de l’économie, à la notion de long terme et, presque dans la même proportion, au champ social.

Sur relance et à partir de choix proposés, pour 87% des personnes interrogées l’environnement est bien le premier domaine concerné par le développement durable, devant l’activité économique et financière (56%) et la solidarité – l’équilibre social (50%). Dans le triptyque – Environnement, Economie, Social – la dimension environnementale est toujours la première citée comme étant concernée par le développement durable, mais de façon beaucoup plus appuyée par les plus jeunes (citée en premier rang par 69% des moins de 35 ans vs 48% par des 60 ans et plus).

En outre, ce qui est vraisemblablement la conséquence des semaines de crise économique précédant la mesure, c’est la restitution par 45% des interviewés, parmi les domaines concernés par le développement durable, du « mode de gouvernance ou façon de gérer de l’Etat, des collectivités et des entreprises ». Etaient ensuite restituées la santé (40%) et, dans une moindre mesure, l’éducation (22%).

Quel est le degré de prise de conscience à fin 2008 de la population ? Est-on prêt à changer de cap ? Lire la suite

Colloque Bx le 27 fév : démographie, mobilité et logement

projetdeterritoire.com, le 5 février 2009

Le CECODHASi, Comité européen de Coordination de l’Habitat Social, organise le vendredi 27 février 2009 une conférence européenne sur le thème : »Changement démographique, mobilité et logement, un défi de la cohésion territoriale en Europe ».

Le vieillissement de la population européenne oblige à repenser les modes d’organisation de nos sociétés, non seulement dans le domaine des systèmes de santé, de retraite, mais également dans l’aménagement physique de nos territoires. Le logement est un élément-clé dans ce dispositif, mais ne peut se penser sans réseaux de services, de transports coordonnés, qui permettent aux personnes âgées de rester mobiles et en prise directe avec la société.

Dans une approche résolument européenne, cette conférence s’organisera autour de deux tables rondes, une première consacrée à la prise en compte du vieillissement dans l’aménagement du territoire en Europe, et une seconde plus particulièrement axée sur les engagements des organismes de logement social européens.

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Science et conscience comme philosophie environnementale

bulletins-electroniques.com, le 2 février 2009

Science et conscience comme philosophie de gouvernance pour l’EPA

La « dream team » environnementale du Président vient d’être confirmée par le Sénat, après une brève suspension de la procédure par les Sénateurs républicains, lesquels souhaitaient simplement des éclaircissements sur l’articulation des rôles entre l’administration de l’EPA et la future tsarine « Energie et changement climatique » de la Maison Blanche – Carol Browner. Quelques instants après sa confirmation, la nouvelle administratrice a adressé une note aux salariés de l’Environmental Protection Agency (EPA) annonçant clairement la philosophie de gouvernance qui serait la sienne et les priorités thématiques qu’elle poursuivrait.
Trois valeurs au centre du processus de décision

Rappelant les trois valeurs énoncées par le Président Obama, elle a affirmé que ces valeurs modèleraient chacune de ses actions à la tête de l’agence. En premier lieu, elle a annoncé que la science formera la « colonne vertébrale » de l’EPA, confortant ainsi les espoirs des scientifiques et des experts au sein de l’administration environnementale, et donnant un coup de patte au passage à son prédécesseur, souvent accusé d’avoir supprimé ou déformé les conclusions scientifiques à des fins politiques. « Les orientations décidées (« policy decisions ») ne doivent pas être déguisées en résultats scientifiques. Je promets que je ne compromettrai pas l’intégrité des experts de l’EPA en vue de promouvoir une décision réglementaire plutôt qu’une autre » assène la nouvelle administratrice.

La seconde valeur fondamentale est de l’Etat de droit (« rule of law »). Le texte de Lisa Jackson affirme que les lois ratifiées par le Congrès des Etats-Unis doivent être appliquées, de même que les décisions de la Cour Suprême, faisant là aussi référence aux errements passés de l’EPA, (notamment dans la carence d’application de la décision « Massachusetts vs EPA » de 2007 qui oblige l’agence à déterminer si le CO2 est un polluant, et à ce titre, réglementé par elle). « L’EPA ne peut pas tourner la tête ailleurs à une décision de justice ni ralentir le processus de mise en conformité« .

La troisième valeur est la transparence : « je promets que j’entreprendrai le travail de l’agence sous l’oeil du public afin que la porte soit ouverte aux parties intéressées et qu’il n’y ait aucun doute sur ce que nous faisons ni sur la manière dont nous sommes parvenus à notre décision« .
Concluant cette profession de foi, Lisa Jackson demande à ses collaborateurs de lui rappeler si jamais elle venait à déroger à ces trois valeurs.

Cinq domaines d’action prioritaires

La deuxième partie du memo vise à mettre en lumière les domaines d’actions qu’elle considère comme les plus urgents dans la protection de la santé humaine et de l’environnement. Les 5 priorités qui bénéficieront de son « attention personnelle » seront :

La réduction des Gaz à Effet de Serre (GES). Sur ce point, dont Mme Jackson rappelle combien il est cher au 44è Président, elle s’engage à aider le Congrès dans la préparation d’une législation – basée sur la science- visant à lutter contre le changement climatique. Elle s’engage également à appliquer la décision de la Cour Suprême dans le cadre du Clean Air Act. Lire la suite

Changer de modèle de développement économique

projetdeterritoire.com, Bertrand Mary, le 28 janvier 2009

Changer de modèle de développement économique

Les 5èmes Assises du Développement Durable, organisées par la Région Rhône-Alpes, en partenariat avec l’ARF, la Ville et la Communauté urbaine de Lyon se sont déroulées du 19 au 21 janvier.

Intitulé “Trouvons la richesse : qu’est-ce qui compte vraiment pour vous ?”, le thème des Assises était placé cette année sous le signe de la crise de la croissance et de “la fin de partie pour le modèle productiviste”, selon les termes de Didier Jouve, vice-président à l’aménagement, à l’animation des territoires et au développement durable du conseil régional Rhône-Alpes.

Rencontres-débat autour d’enjeux majeurs

Représentants de collectivités, d’entreprises et d’associations, syndicalistes, chercheurs et consultants, mais aussi simples citoyens, ont participé à des dizaines de tables-rondes, débats et ateliers. En mettant au coeur des travaux la thème de “la richesse”, ces journées ont permis de traiter sous des angles multiples la question – trop rarement abordée dans les territoires – d’une meilleure prise en compte de la dimension économique du développement durable.

Plusieurs sujets majeurs, fondateurs d’une approche renouvelée de l’économie ont été abordés : la définition des valeurs données aux biens, le choix de la bonne échelle pour articuler l’économie, l’homme et son territoire ou encore un mode de partage des savoirs favorable à une économie plus démocratique … Les échanges et témoignages ont permis d’apporter un éclairage sur des avancées – certes progressives, mais parfois très concrètes – vers une économie plus respectueuse des ressources et du facteur humain, conduites souvent avec des entreprises : dans le domaine du management environnemental, de l’”éco-conception”, de l’économie de fonctionnalité (remplaçant la vente d’un bien par la vente de son usage) , de l’implication des salariés dans des démarches de “responsabilité sociétale” des entreprises, etc.

Synthèse des propositions

Parallèlement aux rencontres-débat, les participants étaient invités à contribuer à l’élaboration de propositions. Les travaux issus de cet exercice de construction collective ont été présentés au cours d’une séance finale de restitution, devant près de 500 personnes.

Pour le thème “Changer de cap”, l’accent a été mis sur la notion de “sphère publique”, permettant de maintenir des services tels que l’eau, la santé, les transports ou le logement social sous le contrôle de l’autorité publique, afin de les soustraire à la seule loi du marché. Le territoire fut par ailleurs évoqué comme le cadre d’organisation de l’offre de l’ensemble de ces services, mais aussi des activités économiques elles-mêmes – dans une démarche de “relocalisation de l’économie”…

Pour le thème “Changer de repères”, il a été proposé de faire évoluer les indicateurs économiques de référence ; en élargissant la mesure de la création des richesses mesurées par le PIB et sa croissance à celle de l’”évolution du niveau de bien-être”. D’autres repères ont été mis en avant pour appuyer la transformation du modèle de développement dans un sens plus durable : Lire la suite

Sainte Foy la G. Pesticides, « il faut retrouver la raison »

Sud-Ouest,  Christine Dufour, le 2 Février 2009

 « Il faut retrouver la raison »

Jean-Paul Jaud, réalisateur du documentaire « Nos enfants nous accuseront », est venu le présenter au cinéma La Brèche devant un public fourni. Un gros succès pour ce film sorti en salle le 5 novembre dernier et qui fait déjà grandement parler de lui. Rencontre avec ce réalisateur.

« Sud Ouest ». Quels ont été vos contacts pour réaliser ce film ?

J.-P. Jaud. Pour réaliser ce documentaire, je me suis appuyé sur des travaux de scientifiques, de médecins. Des gens qui ont des preuves mais qui ne sont pas entendus. Ils sont victimes de la censure. Tout ça au nom de lobbies, de l’argent, de la spéculation financière. Le documentaire s’articule autour d’un colloque à l’Unesco en 2006 sur la santé et l’environnement, qui réunissait 76 scientifiques et médecins européens et américains. C’est autour de ce colloque que s’étayent toutes les données scientifiques et tous les constats. Le profit nous amène droit dans le mur. Je n’ai pas de contact, par contre, avec les politiques. Mais j’ai apprécié le discours d’investiture d’Obama. Il symbolise la biodiversité.

Qu’en disent les agriculteurs ?

J’écoute les agriculteurs ; en grande majorité, ces gens-là font part de leur malaise ; ils sont eux aussi en plein désarroi. Je considère que les agriculteurs conventionnels sont les victimes du système, d’un système mercantile et pollueur. Mais, pour moi, ce sont avant tout des victimes qu’il faut aider à sortir de là. Certains membres de la FNSEA (1) ont eux aussi pris conscience qu’il fallait changer certaines choses. Beaucoup ont des cancers ou des débuts de cancers, ou ce sont leurs enfants qui sont malades. C’est très grave. Dans le film, on voit notamment un membre de la FNSEA qui a changé son activité pour devenir viticulteur bio.

Quels sont vos projets ?

Je poursuis mes tournées en France pour présenter le film avec des débats à la clé. Ensuite, j’irai en Belgique, puis au Japon. Je vais sortir en 2010 un autre film documentaire (2).

Le 18 juin sera une journée d’appel dans toute la France pour des repas bio en cantine.

Que proposez-vous ? En quoi croyez-vous ?

Il faut retrouver la raison. Il n’est pas encore trop tard. Avoir un changement d’attitude. Réapprendre à manger. Et je crois beaucoup au monde rural. Pour le documentaire, je suis parti d’une cantine, d’un maire qui a décidé que la cantine des écoles de sa commune serait « bio ». C’est un devoir pour un pays de donner des repas corrects à ses enfants. Je mets beaucoup d’espoir dans les mamans, qu’elles reviennent à une alimentation naturelle pour leurs enfants. Un bébé, aujourd’hui, naît avec près de 300 substances chimiques dans son cordon ombilical, Lire la suite

Eco’vie : Le premier salon de la vie écologique

Sud-Ouest, Dominique Bayle-Siot, le 21 Janvier 2009

ECO’VIE. Du 30 janvier au 1er février, la Maison des associations se met à l’heure écolo

En lieu et place du classique dossier de presse papier, une petite clé USB avec habillage bois certifié PEFC (bois issu de forêts gérées durablement). Un pot de l’amitié version 100 % bio (d’ailleurs savoureux). La conférence de presse de présentation du premier salon Eco’vie, organisée hier en fin de matinée dans les salons de la mairie, a donné le ton. La manifestation proposée les 30, 31 janvier et 1er février à la Maison des associations, à Glain, ne ressemblera à aucune autre.

Marina Michallet et Luc Petit (Vent d’idées) annoncent la couleur : vert. « Ce salon est organisé pour promouvoir un mode de vie plus sain, plus équilibré, non polluant, économe en énergie et en matières premières », préviennent-ils. Le couple organisateur ne s’arrête pas au discours, il montre l’exemple.

À pied et à vélo

Zéro papier, pas de moquette sur les stands, des lampes basse consommation, des cloisons en sapin EPFC, du tri sélectif, des partenariats passés avec des prestataires et des institutions pour favoriser les transports collectifs, navettes électriques, covoiturage, et transports super-doux, bicyclettes (mises à disposition gratuitement depuis les parkings), marche à pied, etc, « nous avons voulu un salon écoresponsable ». Les voitures qui arriveront avec au moins quatre passagers bénéficieront d’un emplacement privilégié aux portes du salon, les insouciants marcheront un peu plus… Non mais !