Bombay – Retour à la terre en pleine ville

vert.courrierinternational.com, Smita Mitra, le 1er décembre 2010

http://vert.courrierinternational.com/article/2010/12/01/retour-a-la-terre-en-pleine-ville

Retour à la terre en pleine ville

Agacés de payer le prix fort pour se nourrir sainement, de plus en plus de citadins indiens cultivent leur petit jardin. Des formations à l’agriculture bio et urbaine connaissent un franc succès.

Soixante habitants de Bombay suivent avec attention les mouvements de Preeti Patil. Elle découpe devant eux une pomme censée représenter notre planète. “C’est toute la terre dont nous disposons pour cultiver des denrées alimentaires”, dit-elle.

Dans cette salle du centre de formation du parc naturel du Maharashtra, on croise des informaticiens, des avocats, des médecins, des étudiants, des personnes âgées et des adolescents boutonneux. Pour eux, Preeti est une célébrité.

Ils ont tous lu comment cette femme, responsable de la restauration au sein de l’administration portuaire de Bombay, a galvanisé son service en transformant la terrasse de 280 mètres carrés jouxtant la cantine en une “forêt” luxuriante. Ils sont sidérés d’apprendre que son potager recycle les 20 kilos de déchets produits quotidiennement par la cuisine de la cantine. Et qu’elle y récolte des légumes incroyablement savoureux, parmi lesquels des épinards, des gombos, des aubergines et des tomates cerises, que les salariés mangent souvent crus et, bien sûr, des fruits comme les goyaves, les pommes cannelle, les mangues, les bananes et même les noix de coco d’un gigantesque palmier planté contre le mur de la terrasse. Ils ont renoncé à leur repos dominical pour apprendre à devenir des cultivateurs urbains.

Dans le monde entier, les citadins ont recours aux fermes urbaines en période de crise. Au lendemain des deux guerres mondiales, des jardins de la victoire ont fait leur apparition dans les zones urbaines britanniques, américaines, canadiennes et allemandes pour renforcer la sécurité alimentaire. Comme le soulignent Preeti et d’autres membres du mouvement d’agriculture urbaine, l’Inde est elle aussi au bord d’une crise. Pour nourrir une population citadine en plein essor, nous empiétons de plus en plus sur les zones péri-urbaines, qui satisfont la majeure partie de nos besoins alimentaires. Dans l’avenir, les denrées vont donc être transportées sur de plus longues distances encore, ce qui va accroître notre empreinte carbone. Avec l’accroissement de la demande, nous devrons également payer plus cher nos légumes et nos fruits. Et comme nous sommes tributaires de l’agriculture chimique, les produits que nous mangeons sont déjà bourrés de pesticides et d’engrais et très pauvres en nutriments.

Pour faire face à tous ces problèmes, Preeti a créé en 2009 Urban Leaves, une ONG destinée à promouvoir l’agriculture “natueco”, une méthode organique qui utilise des déchets biologiques faciles à se procurer pour produire une terre riche en nutriments mais légère. En moins d’un an, la participation à ses ateliers – 30 personnes au début – a doublé et il y a déjà une liste d’attente pour les prochains. Les participants présentent des profils très disparates, depuis Ubai Hussein, un ancien cuisinier converti dans l’agriculture organique qui était consterné par la qualité des légumes vendus sur les marchés de Bombay, jusqu’à Mavis D’Souza, une employée d’aéroport passionnée d’agriculture depuis le jour où elle a fait pousser des pastèques sur sa terrasse et qui cultive un petit potager à Borivili, une banlieue de Bombay.

Quand B. N. Vishwanath, l’un des pionniers de l’agriculture organique sur terrasse, a commencé à organiser des ateliers en 1996, la plupart des participants étaient Lire la suite

Formations « développement durable » : quels débouchés ?

novethic.fr, Anne Farthouat le 2 septembre 2009

Formations « développement durable » : quels débouchés ?

L’offre de formation aux métiers de l’environnement, au développement durable ou à la finance responsable a explosé ces dernières années. Des milliers de jeunes étudiants et salariés en reconversion se tournent désormais vers ces différents métiers. Avec un poste à la clé ?

600 000. C’est le nombre d’emplois que devrait générer le Grenelle de l’Environnement d’ici 2020, d’après une étude du Boston Consulting Group, commandée par le ministère de l’écologie. Une prévision à peine plus optimiste que celle du gouvernement, qui vise les 535 000 créations ou maintiens de postes. Effectivement, pour remplir les objectifs nationaux et européens en matière de développement durable, il faudra faire appel à une nouvelle main d’œuvre qualifiée et spécialisée. Une nécessité que les acteurs de l’enseignement supérieur ont su anticiper, en proposant depuis quelques années des formations spécifiques. Mais ces nouveaux diplômes sont ils réellement un sésame pour entrer dans la vie active ?

Depuis octobre 2008, crise oblige, les offres d’emplois se font plus rares. D’après l’enquête « Besoin de main d’œuvre 2009 » du Pôle Emploi, seulement 16,9% des employeurs envisagent de recruter en 2009, contre 23,4% en 2008. Une tendance qui n’épargne pas les métiers de l’environnement, comme le confirme David Ascher, directeur de publication du site internet Emploi-Environnement. « Il y a un an, nous avions en permanence 1 200 offres d’emploi sur le site. Aujourd’hui, on atteint péniblement les 700. Mais c’est un phénomène conjoncturel, les offres repartiront, surtout dans le secteur des énergies renouvelables. » La crise économique est donc un frein, certes, mais un frein temporaire.

Les métiers de l’environnement promis à un bel avenir

Côté embauches, c’est effectivement le pilier environnemental du développement durable qui remporte la mise. Pour l’heure, le secteur des énergies renouvelables reste celui qui émet le plus d’offres d’emploi, notamment via la création de nombreuses éco-industries. Techniciens et ingénieurs issus de formations en la matière ont donc de grandes chances de trouver un poste. Colette Pilon, chargée de projet emploi dans le secteur Environnement de Pôle Emploi, observe toutes les tendances du marché : « aujourd’hui, les secteurs porteurs sont ceux de l’efficacité énergétique du bâtiment, de l’assainissement, ou encore du traitement des eaux. Des filières de recyclage se mettent en place, comme les DEEE (Déchets d’équipements électriques et électroniques, directive européenne de 2003). Elles seront très vite un véritable creuset d’emplois. Tout comme le secteur de la biomasse, encore en phase de développement, qui génèrera de l’emploi d’ici quelques mois, voire quelques années. Mais on voit aussi de plus en plus d’offres pour les éco-conseillers, et autres métiers dédiés à la pédagogie ».

Quant aux piliers sociaux et financiers du développement durable, s’ils Lire la suite

« Un plan des métiers verts » pour la rentrée 2009

nordjob.com, le 3 août 2009

« Un plan des métiers verts » pour la rentrée 2009

Le gouvernement vient d’annoncer la mise en place d’un plan des métiers verts pour la rentrée 2009, et souhaite ainsi faire le point sur les besoins en recrutement et formation liées au développement durable.

Annoncé par Valérie Létard, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Ecologie, le « Plan des métiers verts » qui verra le jour à la rentrée 2009 recensera tous les besoins concernant le développement durable, en termes d’emplois ou de formations. Dans un entretien à l’agence de presse Reuters, la Secrétaire d’Etat se veut rassurante. Le développement durable permettra selon elle de créer de l’activité durable en dépit de tous les doutes émis sur le véritable taux de création d’emplois. « Le Grenelle de l’environnement est l’un des vecteurs les plus dynamiques de croissance et de résorption de la crise« , explique-t-elle. Respecter les objectifs de réduction de CO2, cela a un impact sur le développement économique. Quand on construit des tramways, on crée de l’emploi. » Valérie Létard souhaite également « rendre le développement durable accessible à tous », surtout aux personnes les plus modestes, et ainsi éviter toute nouvelle « fracture sociale ». Autre idée : réactiver des métiers « en voie de disparition » comme par exemple conducteurs de péniche, ceci afin de développement le transport fluvial.

De nombreuses prévisions

Ainsi, les différents chiffres annoncés sur la création d’emplois verts ne sont pas forcément contradictoires selon la Secrétaire d’Etat et ils ne concernent pas tous les mêmes filières. Elle prend en considération deux prévisions majeures : celle du service public de l’emploi qui table sur 220.000 emplois en France d’ici 2012 et celle du Boston Consulting Group commandée par son ministère, qui prévoit 600.000 créations d’emplois sur la période 2009-2020. Mais il faudra donc attendre la rentrée 2009 pour cerner concrètement Lire la suite