Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Cdurable.info, David Naulin, vendredi 28 janvier 2011

http://www.cdurable.info/Rapport-25-propositions-pour-une-consommation-durable-Centre-Analyse-Strategique,3223.html

Les études réalisées par le Crédoc montrent que nous sommes de plus en plus nombreux à avoir conscience de la nécessité de protéger notre planète et de s’engager vers le développement durable, mais, que seule une minorité d’entre nous agit en ce sens. Le paradoxe est encore plus important dans la consommation. Les « consomm’acteurs », qui privilégient au moins occasionnellement les produits issus du commerce équitable, de l’agriculture biologique ou de circuits de production régionaux, ne représenteraient environ que 20 % de la population. Face à ces constats, le gouvernement a souhaité que le Centre d’analyse stratégique (CAS) établisse le bilan des pratiques actuelles de « consommation durable », explicite les leviers d’action dont dispose la puissance publique pour modifier les pratiques en faveur d’une consommation plus durable et propose des recommandations en ce sens. Commandé par le Gouvernement, ce rapport du groupe de travail présidé par Elisabeth Laville, présente 25 recommandations pour diffuser pleinement les réflexes de consommation durable au sein de la société française.

Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

Encourager les initiatives pionnières de terrain dans une logique « ascendante »

Soutenir l’innovation au service de la consommation durable

Mettre en place les outils économiques nécessaires

Encourager l’État et les collectivités territoriales à adopter des politiques de consommation et de commande publique durables

Assurer un suivi pérenne de la politique nationale de consommation durable

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Synthèse du rapport

Avant toute politique de consommation durable, il s’agit de déterminer dans quelle mesure une alternative au modèle de la « consommation-accumulation » est possible. Il ne s’agit aucunement de prôner l’émergence d’une société de la décroissance, qui ne serait compatible ni avec la prospérité de l’économie française ni avec la soutenabilité de notre endettement. Si une évolution vers une société durable doit être amorcée le plus tôt possible, elle ne doit pas être imposée brutalement. Elle devra être suffisamment attractive pour motiver les changements de comportements et se construire en collaboration avec les parties prenantes, comme le souligne le récent livre de Dominique Bourg et Kerry Whiteside, qui propose de « repenser la démocratie » pour répondre au défi écologique [1]. Une politique de consommation durable ne peut de fait se concevoir que dans la mesure où elle s’intègre dans la vision partagée d’une société qui relativise l’importance de la consommation dans nos vies, nos relations sociales, notre culture.

Nous devons faire décroître dès aujourd’hui notre impact environnemental, nos émissions de gaz à effet de serre et les prélèvements de ressources naturelles de manière sélective, dans certains secteurs. Dans le même temps, il est urgent d’explorer les opportunités de croissance liées à la consommation de produits et services durables, innovants (économie de fonctionnalité, écoconception, circuits courts…). Les fondements d’une politique spécifique de consommation durable pourraient donc être posés sous forme d’objectifs simples visant à réduire l’impact des modes de consommation français, en concertation avec les parties prenantes. Cette stratégie devra ensuite être déclinée dans des secteurs prioritaires compte tenu de leur impact (essentiellement l’alimentation, le logement dont l’électronique, le transport dont le tourisme).

L’implication de l’ensemble des acteurs, notamment des ménages dont la contrainte de revenu est la plus forte, est un aspect central et devra conduire à adopter des approches différenciées pour qu’ils ne restent pas à l’écart de cette politique.

Plusieurs facteurs devront être pris en compte pour assurer son efficacité :

  • reconnaître la consommation durable comme un sujet à part entière ;
  • considérer l’ensemble du cycle de vie des produits et services ;
  • instituer une gouvernance mêlant l’approche descendante traditionnelle (réglementation, contrôle, information, incitation, etc.) à une approche plus ascendante, volontaire, participative, à l’écoute des initiatives innovantes, en soutien des groupes sociaux pionniers et déjà convaincus, qui peuvent avoir un effet d’entraînement ;
  • faire évoluer notre modèle de consommation en s’appuyant sur des relais culturels ;
  • adapter la stratégie aux évolutions sociales et technologiques ;
  • viser la réorientation des comportements des producteurs et des consommateurs à long terme.
  • Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

L’éducation à la consommation devrait amener chaque citoyen, à tout âge, à intégrer le développement durable dans ses réflexes et habitudes de consommation. L’une des difficultés consistera à Lire la suite

Comment concilier rêve pavillonnaire et ville durable ?

lemonde.fr, Grégoire Allix, le 12 novembre 2009

Comment concilier rêve pavillonnaire et ville durable ?

C’est devenu le leitmotiv des urbanistes et des élus : il faut densifier la ville, éradiquer la banlieue pavillonnaire et son cortège de déplacements automobiles. Mais voilà, sondage après sondage, la maison individuelle reste le rêve de plus de 80 % des Français et 65 % de nos concitoyens se hérissent au seul mot de densité.

Ce grand écart entre le modèle idéal des professionnels et les aspirations de la population est l’objet de l’exposition « Villes rêvées, villes durables ? », présentée à l’Espace Fondation EDF, à Paris, avec l’Institut pour la ville en mouvement. « Le cauchemar de l’étalement urbain, c’est le rêve de maison de beaucoup de gens« , résument les commissaires de l’exposition, les urbanistes Taoufik Souami et Eric Charmes, maîtres de conférence à l’Institut français d’urbanisme et chercheurs au CNRS.

La densité n’est pas la panacée, remarquent les deux auteurs. « Des études norvégiennes montrent que les habitants des zones très denses utilisent certes peu leur voiture en semaine, mais partent davantage en week-end. C’est ce qu’on appelle l’effet barbecue. Le bilan carbone de leurs déplacements est finalement équivalent à celui des habitants de la périphérie« , explique Eric Charmes.

Les écoquartiers, qui bourgeonnent en France vingt ans après les pionniers d’Europe du Nord, sauront-ils faire rêver avec leur modèle d’habitat collectif aéré et économe en énergie ? S’attardant dans les rues d’Hammarby Sjöstad à Stockholm, l’exposition rappelle que si ces quartiers ont du succès, « c’est aussi parce qu’ils ont développé des espaces urbains agréables et une grande qualité de vie« , au-delà de la préservation de l’environnement.

Défi aux urbanistes

Autre rêve aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, où le New Urbanism dépoussière l’esprit villageois : maisons accolées, rues agréables aux piétons, pastiches d’architectures traditionnelles, boutiques. Modèles : les villes de Celebration, en Floride, et Poundbury, en Angleterre. « Ces villes donnent des boutons aux architectes à cause de leur esthétique néovillageoise, mais elles réussissent à faire accepter un habitat individuel dense, avec un mode de vie avant tout urbain, estime M. Charmes. En traitant la densité par l’architecture contemporaine, comme le fait la France, on ne dépasse pas le stade expérimental. »

Réussir la ville peu dense, créer de la centralité en périphérie, introduire de l’urbanité dans les zones pavillonnaires, c’était le défi lancé aux urbanistes par le chercheur François Ascher, à qui doit être décerné le Grand Prix de l’urbanisme 2009 à titre posthume, le 24 novembre.

Des urbanistes dont il regrettait qu’ils « ne se saisissent pas de ce thème, car ils n’acceptent pas que Lire la suite

Les écoquartiers relancés par la Caisse des dépôts

Le Monde, Grégoire Allix, le 27 mars 2009

Les écoquartiers relancés par la Caisse des dépôts

L’initiative pourrait aider à rattraper le retard français en matière de ville durable. Alors que nombre de projets d’aménagement urbain sont paralysés par la crise économique et l’assèchement du crédit, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a décidé de financer un programme expérimental d’appui aux écoquartiers.

Définition. Un quartier conçu dans une démarche de développement durable doit intégrer la préservation de l’environnement, l’intégration sociale et le développement économique. Un écoquartier doit donc mêler logements et activités, veiller à la mixité sociale, à la performance énergétique des bâtiments et à la place des espaces verts, privilégier les déplacements « doux » et les transports en commun.

Sites. L’Europe du Nord reste le modèle en matière d’écoquartiers. Le plus célèbre, le quartier Vauban, aménagé entre 1996 et 2006 sur un ancien terrain militaire de 38 hectares à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, est visité par des délégations du monde entier. La Suède a, depuis, créé deux quartiers de référence, Hammarby Sjöstad à Stockholm (200 hectares) et Bo01 à Malmö (18 hectares), bâtis sur des friches portuaires. On peut ajouter à ces sites exemplaires le quartier de Kronsberg à Hanovre, achevé en 2000, et GWL Terrein à Amsterdam, terminé en 1998.

Chantiers. La prochaine génération d’écoquartiers est en cours de construction. Lanxmeer, dans la région d’Utrecht (Pays-Bas), compte 250 logements et 40 000 m2 de bureaux. Viikki, à Helsinki, devrait afficher 13 000 habitants et 6 000 emplois en 2010. Greenwich Millennium Village, dans la banlieue Est de Londres, attend 10 000 habitants en 2014.

Le dispositif devait être annoncé, vendredi 27 mars, par le directeur général du groupe public, Augustin de Romanet, lors d’un déplacement sur le site de La Courrouze, à Rennes. C’est l’un des quinze écoquartiers déjà retenus – dix autres devraient s’y ajouter d’ici à la fin de l’année. Pour M. de Romanet, la CDC ne pouvait ignorer plus longtemps la question : elle a inscrit la ville et le développement durable parmi les quatre priorités de son plan stratégique. Et ses missions lui commandent d’investir à long terme, au service de l’intérêt général et en soutien des collectivités territoriales.

« Les écoquartiers réunissent trois de nos spécialités : le logement, le développement durable et les mobilités, résume M. de Romanet. Il y a dans notre écosystème interne des intelligences à mettre en commun, des fertilisations croisées à opérer pour mixer nos cultures du public et du privé, du long terme et de l’opérationnel. Nous voulons, à la mesure de nos moyens, donner un élan à ces innovations. »

La Caisse va mobiliser l’ensemble de ses filiales et de ses métiers pour Lire la suite