Vincent Feltesse : L’écologie politique, ce n’est pas juste le compost individuel, c’est un modèle de société

20minutes.fr, Marion Guillot, le 11 septembre 2009

« Oui au Grand Stade, à certaines conditions »

Le pont-levant Bacalan-Bastide est-il sûr de sortir de terre ?

Il y a toujours des risques de retard, en raison des recours juridiques et des mécanismes d’appel. Mais les politiques ont leur responsabilité. On a délibéré vendredi dernier de manière plus que large, et les travaux devraient démarrer entre fin septembre et début octobre, pour une livraison à l’été 2012.

Avez-vous trouvé la bonne formule, qui satisfait à la fois l’Unesco, les élus et les habitants ?

On a trouvé la meilleure formule. C’est un point d’équilibre entre toutes les contraintes : la nécessité d’accueillir le tram, les piétons, les vélos et les automobilistes, et de laisser passer les bateaux. La deuxième voie automobile pourrait être dédiée aux véhicules de covoiturage, bus et taxis.

N’y a-t-il pas urgence à faire le pont Jean-Jacques-Bosc, au débouché des boulevards ?

Il est prévu à l’horizon 2016-2017. Nous l’avons lancé en octobre 2007, et il faut au moins dix ans pour faire un pont. On ne pourra pas aller plus vite.

Le Grand Stade, autre grand projet, est-il un investissement nécessaire, selon vous ?

La mairie de Bordeaux en a pris l’initiative et a sollicité la CUB. Dégager de 10 à 15 millions d’euros ne semble pas inaccessible pour un tel équipement, qui coûterait 230 millions d’euros. Mais si l’on devait mettre 100 millions, cela ne serait pas envisageable. J’y mets aussi des conditions : si le public participe, il faut de la transparence sur les financements privés, et l’UEFA ne doit pas nous imposer un projet pharaonique. S’il doit y avoir des surfaces commerciales associées, je suis d’accord pour 5 000 m2, mais pas pour 50 000 m2.

Au sujet de la taxe carbone. Pensez-vous que ce soit le bon moment ?

Malgré le scepticisme de la population, passer à une fiscalité écologique est absolument indispensable. Aujourd’hui, cette taxe prend malheureusement des allures d’injustice sociale. D’un côté, les ménages entendent parler de la hausse du forfait hospitalier, et de l’autre, on trouve des milliards lorsqu’il faut sauver les banques…

Côté transports, quelles solutions sont envisagées contre l’engorgement de l’agglomération ?

Il faut rappeler qu’on prend environ deux fois moins les transports en commun dans l’agglomération bordelaise qu’à Nantes ou Lyon. Et le réseau représente une dépense nette annuelle de 100 millions d’euros pour la CUB. Donc, cela ne fonctionne pas. Pour inverser la vapeur, il ne suffit pas d’augmenter les fréquences du tram, car seuls 30 % de la population l’utilise. Il faut Lire la suite

Ancienne voie ferrée Bordeaux-Eymet : Un nouvel accès à Bordeaux pour l’Entre-deux-Mers ?

sudouest.com, Jean-Paul vigneaud, le 10 Juillet 2009

TRANSPORT. L’association des usagers de transport du département incite les élus de la CUB à acheter les onze kilomètres de voie ferrée déclassée par Réseau ferré de France

«Nous ne sommes pas là seulement pour protester lorsque cela ne va pas, nous sommes là aussi pour lancer des idées et faire des propositions. C’est ce que nous faisons aujourd’hui ! »

Christian Broucaret, le président de l’Association des usagers des transports de la région Aquitaine (l’Autra, représentation régionale de la Fnaut) et Guy d’Arripe, délégué régional tenaient une conférence de presse hier matin pour suggérer aux collectivités locales d’acquérir «avant qu’il ne soit trop tard »l’ex-voie ferrée la Benauge- Latresne, les premiers kilomètres de l’ex-ligne Bordeaux-Eymet via l’Entre -deux -mers.

Onze kilomètres inutilisés

Cette voie ferroviaire part de Bordeaux-Bastide et va en droite à Lastresne en traversant Floirac et Bouliac. Onze kilomètres de double voie, onze kilomètres abandonnés et inutilisés depuis le début des années 90. Au delà de Latresne, l’emprise de l’ex-voie existe toujours mais elle n’a plus la même fonction. Le passage a été acquis par le Conseil général pour être transformé en piste cyclable, la fameuse piste Roger-Labepie.

Pas d’acquéreur

Pour le tronçon « urbain », aucune collectivité n’a pris un engagement à ce jour. Juste des intentions. D’où l’inquiétude de Christian Broucaret : « La fermeture de la voie a été officialisée le 9 avril, si nos informations sont bonnes, le déclassement définitif est imminent. Réseau ferré de France va ainsi pouvoir vendre très vite. Si la CUB ne réagit pas tout de suite, le terrain va lui passer sous le nez ! »

Il serait bien dommage de laisser s’échapper ce lieu de passage déjà tracé au milieu du tissu urbain.

Cette ancienne voie pourrait devenir le tronçon de transport en commun qui manque dans le secteur : un train-tram, un tram classique ou un busway. Pour capter, notamment, toute la clientèle de l’Entre-deux- Mers, laquelle est bien gênée aujourd’hui lorsqu’elle arrive dans l’agglomération. En effet, il lui faut entrer en ville alors qu’elle pourrait emprunter dès son arrivée à Bouliac le réseau de transport en commun ! Autre avantage : Lire la suite

Déplacements, crise, Jancovici, vélo électrique…

sud-ouest.com,  Bernard Broustet, le 9 Mai 2009

Alors que les réseaux de transport des grandes villes sont de plus en plus utilisés, les autoroutes sont moins fréquentées, et l’avion plonge

La crise chamboule nos déplacements

Entre 2005 et 2008, la fréquentation du tram à Bordeaux a grimpé de 31, 3 %.

Il serait prématuré d’affirmer que nous sommes devenus moins mobiles. Mais les effets successifs de la hausse des carburants et de la crise ont infléchi le rythme et la nature de nos déplacements. Tandis que les transports collectifs ne cessaient de gagner du terrain dans les grandes villes, la circulation automobile marquait le pas. Quant au transport aérien, qui avait paradoxalement à peu près résisté à l’explosion du prix du kérosène, il est aujourd’hui en déroute. Ces évolutions, auxquelles la hantise du réchauffement planétaire n’est peut-être pas totalement étrangère, appellent les commentaires suivants.

1) Un vrai trou d’air pour l’avion

Le transport aérien, dont la croissance mondiale atteignait bon an mal an un rythme de 5 %, connaît depuis la fin de l’année dernière une véritable glaciation. Les chiffres de l’Iata, association internationale regroupant la plupart des compagnies aériennes à l’exception des low-cost, sont sans équivoque. Au premier trimestre 2009, les revenus du trafic international ont ainsi baissé de plus de 9 % par rapport à 2008.

Amorcée en septembre, cette dégringolade s’est ensuite quasiment aggravée de mois en mois. Elle s’explique sans doute pour l’essentiel par l’énorme coup de frein qui frappe les voyages d’affaires. Obsédées par la crainte de gaspiller leurs liquidités, les entreprises taillent à la hache dans ces dépenses. Le volume global des déplacements d’affaires est restreint, tandis que la part relative des billets de première et de classe affaires ne cesse de se réduire au profit des places arrière.

Dans la région comme ailleurs, tous les aéroports ne sont pas touchés au même point. En dépit de la déroute de l’économie britannique, et d’une mauvaise fin d’année 2008, Bergerac s’en sort plutôt pas mal, grâce au low-cost, qui représente la totalité de son activité, et qui, globalement, souffre plutôt moins que les compagnies traditionnelles. Biarritz-Parme, voué dans une large mesure au loisir, et partiellement au bas coût, a connu un mois de mars difficile, mais a fait, semble-t-il, mieux en avril.

À l’inverse, Pau, très dépendant des voyages d’affaires (Turbomeca, Total, etc.), recule de plus de 7 % depuis le début de l’année. À Bordeaux, le premier trimestre s’inscrit en baisse de 7,7 %, pénalisé entre autres par la désaffection pour la navette d’Orly (- 8 %), le désengagement partiel d’Air France sur les lignes à destination de la péninsule Ibérique, et la baisse des échanges avec Londres.

2) Vive le tram et le métro

Très minoritaires par rapport à la voiture, les transports en commun ne cessent cependant de gagner du terrain. Entre 2005 et 2008, leur fréquentation a connu une croissance à deux chiffres Lire la suite