Edgar Morin – La voie : Les 7 réformes pour le XXIè siècle

dialoguesenhumanité.free, 2009

Edgar Morin – La voie : Les 7 réformes pour le XXIè siècle

Sparsa colligo

« Il y a ceux qui voudraient améliorer les hommes et il y a ceux qui estiment que cela ne se peut qu’en améliorant d’abord les conditions de leur vie. Mais il apparaît que l’un ne va pas sans l’autre et on ne sait par quoi commencer » André Gide Journal 194249, p.31

« Les forces « extérieures » du monde sont les mêmes que celles qui nous agitent intérieurement ; ses drames, ses tentations, ses lâchetés, ses cruautés –pour peu qu’on ait l’occasion,la volonté, la franchise, l’intelligence de les voir, de leur résister, de les combattre en soi-même procèdent aussi de la vie intérieure de tous les autres êtres humains….Les cruautés des tyrans leur viennent d’une vie intérieure qui nous est commun à tous » Pierre Guyotat

« Il faudrait voir d’une part si le projet humain réalisé durant ces six millénaires par l’homo historicus est le seul projet humain possible et d’autre part voir s’il ne faudrait pas faire aujourd’hui quelque chose d’autre » Raimundo Pannikar

« Si le domaine des idées est révolutionné, la réalité ne peut demeurer telle qu’elle est » Hegel

« Nous continuons à chercher des dépanneurs de la planète alpha, alors que nous sommes sur la planète bêta, où seuls les questionneurs peuvent nous aider » Ph. Caillé

Je ne cesse d’avoir de nouvelles preuves qu’un grand potentiel de bonne volonté sommeille en nous. Celleci n’est qu’atomisée, intimidée, piégée, paralysée et désemparée. Dans cette situation, il est du devoir des hommes politiques de ramener à la vie ce potentiel timide et sommeillant, de lui proposer une voie, de lui frayer un passage, de lui redonner assurance, possibilité de se réaliser, bref espoir. Vaclav Havel

Première partie

  1. La difficulté de penser le présent « no sabemos lo que pasa y eso es lo que pasa » (Ortega y Gasset) Il y a toujours retard de la conscience par rapport à l’immédiat.
    Il y a la rapidité des processus en cours. Il y a la complexité propre à la globalisation : inter-rétroactions innombrables entre processus extrêmement divers (économiques, sociaux, démographiques, politiques, idéologiques, religieux, etc.).
  2. Le paradoxe de la mondialisation La mondialisation est à la fois le meilleur (inter solidarité et communauté de destin, symbioses et métissages culturels, possibilité d’émergence d’un monde nouveau) et le pire (les dégradations, régressions et menaces mortelles sur l’espèce humaine).
  3. La crise planétaire
    1. situation chaotique du point de vue de la multiplicité des nations et des déchaînements ethnico-politico-religieux
    2. contradiction entre les souverainetés nationales absolues et la nécessité d’une autorité supranationale pour traite les problèmes vitaux de la planète
    3. interdépendance accrue de chacun et de tous (l’ONU pourrait se fonder sur une déclaration d’interdépendance ONU)
    4. infra-texture d’une société-monde que les processus techno-économiques ont fait émerger, mais que la crise planétaire empêche d’émerger
    5. communauté de destin des humains (l’interdépendance, les menaces nucléaires et écologiques) mais faible conscience de cette communauté de destin
       
      L’ensemble des multiples crises interférentes (sociétés traditionnelles, sociétés développées, crises religieuses, crise des laïcités, crises démographiques, crise économique, crises politiques, crise des relations internationales) constitue la crise planétaire. L’entrée en virulence de la crise économique va rendre virulente la crise planétaire.
      La crise planétaire est la crise de l’humanité qui n’arrive pas à accéder à l’humanité.
       
      Comme toute crise : potentialités régressives, progressives, risque (probable), chance (improbable).

 

  1. Vers l’abîme

– le vaisseau spatial terre propulsé par les 4 moteurs : science,
technique, économie, profit, chacun incontrôlé.

– le déferlement idéo-logico-religieux.

Chacune des crises aggravant les autres crises, tout cela mène à des catastrophes.

D’où la nécessité de changer de voie.

a) est ce possible ?

Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un méta-système capable de traiter ses problèmes : il se métamorphose.

Incapacité du système-terre à traiter des problèmes vitaux:

– périls nucléaires

– conflits ethno-politico-religieux

– dégradation de la biosphère

– économie

– faim

b) le probable et l’improbable

Le probable est la régression ou la désintégration, l’improbable est la métamorphose.

– Expliquer improbable :

– Expliquer métamorphose :

La métamorphose dans le règne animal (insectes) : autodestruction qui est en même temps auto-construction, identité maintenue dans l’altérité.

La naissance de la vie : métamorphose d’une organisation chimico-physique.

Les sociétés historiques : métamorphose à partir d’un agrégat de sociétés archaïques.

Problème de la métamorphose en une société-monde d’un type nouveau, qui engloberait les états-nations sans les supprimer.

Comme l’histoire conduit à la mort (développement de la capacité à détruire l’humanité), il y a la nécessité vitale d’une métahistoire (le contraire de Fukuyama : les capacités créatrices ne sont pas épuisées c’est l’histoire qui est épuisée)

c) les raisons d’espérer

I. les vertus génératrices/créatrices inhérentes à l’humanité (cf. l’homme générique de Marx, métaphore des cellules souches dormantes dans l’organisme adulte).

II. dans les sociétés normalisées, stabilisées, rigidifiées, les forces génératrices / créatrices se manifestent chez les marginaux souvent déviants que sont artistes, musiciens, poètes, peintres, écrivains, philosophes, vrais scientifiques, bricoleurs, inventeurs.

III. vertus de la crise : ces forces génératrices créatrices s’éveillent dans les sociétés en crise.

La crise de la mondialisation, la crise du néolibéralisme, la crise de l’humanité à l’ère planétaire qui sont riches de périls sont aussi riches en possibilités transformatrices. Ainsi, de Seattle à Porto Alegre s’est formée une volonté de répondre à la mondialisation techno-économique en développant d’autres formes de mondialisation, ce qui pourrait conduire à l’élaboration d’une véritable « politique de l’humanité » qui, à mon sens, devra dépasser l’idée de développement (cf. plus loin).

IV. l’aspiration multimillénaire de l’humanité à l’harmonie (paradis, puis utopies, puis les idéologies libertaire/socialiste/communiste puis les révoltes juvéniles des années 60 Peace&Love, grouillent de façons multiples et dispersées à la base des sociétés civiles, mais sont ignorées de toutes les structures politiques et administratives sclérosées).

V. la conscience que tous les grands mouvements de transformation commencent toujours de façon marginale, déviante, modeste voire invisible (les religions Bouddha, Jésus, Mahomet, le capitalisme, la science moderne, le socialisme et l’alter-mondialisme terme à prendre à la lettre aspiration à un autre monde).

Pour préparer la métamorphose : nécessité de changer de voie.

Deuxième partie : Les 7 réformes

Associer dans ce sens 7 voies réformatrices.

Elles sont interdépendantes

Les réformes politiques seules, les réformes économiques seules, les réformes éducatives seules, les réformes de vie seules ont toutes été condamnées à l’insuffisance et à l’échec. Les réformes sont corrélatives, interactives, interdépendantes.

Plus profondément encore, la conscience de la nécessité vitale de changer de voie est désormais inséparable de la conscience que le grand problème de l’humanité est celui de l’état souvent monstrueux et misérable des relations entre individus, groupes, peuples. La question très ancienne de l’amélioration des relations entre humains, qui a suscité tant d’aspirations révolutionnaires et tant de projets de réformes, politiques, économiques, sociales, éthiques, est désormais indissolublement liée à la question vitale du 21ème siècle qui est celui de la Voie nouvelle et de la Métamorphose.

Je vais indiquer qu’à la base, dans toutes les sociétés civiles, il y a multiplicité d’initiatives dispersées, ignorées des partis, des administrations, des médias, mais dont les développements et les convergences permettraient de frayer des voies qui convergeraient pour former La Voie.

1. Réforme politique : politique de l’humanité et politique de civilisation.

  1. Régénération de la pensée politique

La voie indiquée dans « Introduction à une politique de l’homme », « Pour une   politique de civilisation », « Terre Patrie ».

Dans ce contexte nouveau, la politique doit obéir à une double orientation, celle d’une politique de l’humanité et celle d’une politique de la civilisation. Même si nous ne sommes qu’aux préliminaires d’un commencement, nous devons travailler dans cette direction. Et nous devons veiller à penser en permanence et simultanément : planétaire continental, national et local.

  1. Politique de l’humanité

 

  1.  
    1. Politique planétaire

La « terre patrie » héritière concrète des internationalismes, encore en germe au sein de l’alter-mondialisme comporte le souci de sauvegarder indissolublement l’UNITE/DIVERSITE humaine (le trésor de l’unité humaine est la diversité, le trésor de la diversité est l’unité), d’où la nécessité d’institutions planétaires pour la sauvegarde de l’humanité, c’est à dire compétentes pour traiter les problèmes vitaux et mortels de l’économie, de la biosphère, des armes de destruction massive.

Le développement d’une conscience planétaire, encore embryonnaire et dispersée, inséparable d’une conscience du destin commun de l’humanité », est indispensable afin de pouvoir, à partir d’une ONU réformée, élaborer les premières institutions d’une société-monde dotée d’un système juridique, d’une gouvernance et d’une conscience commune, avec en horizon la démocratisation de la planète.

  1.  
    1. dépassement ou développement de l’idée de développement :
      Sa carence tient à son noyau techno-économique fondé sur le seul calcul : le développement techno-économique, conçu comme locomotive entraînant démocratie et vie meilleure, augmente les corruptions, détruit les solidarités traditionnelles, exacerbe les égoïsmes, ignore les contextes humains et culturels.

La notion vraiment humaine de développement doit se référer à sa source anthropo-biologique : le développement à partir d’un embryon jusqu’à l’âge adulte constitue un progrès non seulement en extension (quantitatif) mais aussi en qualités, en complexité et en solidarités.

Le développement tel qu’il est conçu s’applique de façon indifférenciée à des sociétés et cultures très diverses, sans tenir compte de leurs singularités, de leurs savoirs, savoir-faire, arts de vivre, y compris chez les peuples que l’on réduit à leur analphabétisme, dont on ignore par la même les richesses de leurs cultures orales traditionnelles.

Le développement repensé comporte le respect des cultures (y compris orales, lesquelles comportent comme toute culture y compris la nôtre, superstitions, illusions, erreurs mais aussi savoirs, savoir faire (en médecine par exemple), arts de vivre. Il intègre ce qu’il y a de valable dans l’idée actuelle de développement mais pour le concevoir dans les contextes singuliers de chaque culture ou nation.

  1.  
    1. politique de symbioses culturelles planétaires :

(rv du donner-recevoir). Ainsi pour les médecines : introduction de l’apport des médecines occidentales en hygiène, médicaments anti-sidas, etc., mais intégration de l’apport des médecines indigènes, non seulement dans les nations de traditions médicales millénaires, Inde, Chine, mais aussi peuples archaïques d’Amazonie connaissant vertus et venins des plantes ainsi que les thérapies chamaniques.

Ce qui signifie : fin de l’arrogance intellectuelle occidentalo-centrique beaucoup plus évidente que les sanglots de l’homme blanc.

  1.  
    1. politique réforme de civilisation :

Pas seulement pour les sociétés occidentales « développées », mais aussi les parties du monde occidentalisé.

La politique réforme de civilisation s’exercerait contre les effets négatifs croissants du développement de notre civilisation occidentale (cf. diagnostic in livre « politique de civilisation »): elle viserait à restaurer les solidarités, à rehumaniser les villes, revitaliser les campagnes, (cf. livre « politique de civilisation »). Elle renverserait l’hégémonie du quantitatif au profit de celle du qualitatif, au profit de la qualité de la vie, « moins mais mieux » et contribuerait à la réforme de vie (6ème réforme).

Elle reconsidérerait nécessairement la notion de croissance, dépassant l’alternative croissance/décroissance dans la considération de ce qui doit croître/décroître/demeurer stationnaire.

Une telle réforme, tout en étant de portée planétaire, pourrait et devrait être entreprise à l’échelle d’une nation et pourrait contribuer à développer une réforme à l’échelle du continent pour l’Europe ou l’Amérique latine. 

2. Réformes économiques

  1. L’établissement d’une institution permanente (conseil de sécurité économique ?) vouée aux régulations de l’économie planétaire et au contrôle des spéculations financières.
  2. Le développement d’une économie plurielle comportant le développement des mutuelles, coopératives, entreprises citoyennes, agriculture fermière, agriculture biologique, alimentation de proximité (en même temps que régression de l’agriculture et de l’élevage industrialisés), du micro-crédit, du commerce équitable.
  3. Le maintien ou la résurrection des services publics nationaux (poste, télécommunications, chemins de fer et l’institution de services publics européens.
  4. Un New Deal de grands travaux de salut collectif (énergies renouvelables, ceinture de parkings autour des villes, transports publics non polluants, aménagement des chemins de fer pour le ferroutage).

3. Réformes sociales

  1. En réponse à l’accroissement des inégalités, institution d’un « observatoire des inégalités » déterminant les régressions progressives des inégalités par le haut et par le bas.
  2. En réponse à l’accroissement de la misère, politique d’allocation de logement et nourriture aux démunis.
  3. Débureaucratisation des administrations devenues sous-efficientes et inhumaines (cf. mes indications dans la conférence de Madrid).
  4. Régénération des solidarités par institutions de maisons de la solidarité dans les villes et d’un service civique de solidarité obligatoire.

4. Réforme de la pensée

Enfermés dans des disciplines rend inaptes à percevoir et concevoir les problèmes fondamentaux et globaux, d’où la nécessité d’une pensée complexe qui puisse relier les connaissances et relier les parties au tout, le tout aux parties, qui puisse concevoir la relation du global au local et celle du local au global. Nos modes de pensée doivent intégrer un va et vient constant entre ces niveaux (cf. « Introduction à la pensée complexe »). Si nos esprits restent dominés par une façon mutilée, abstraite de connaitre, par l’incapacité de saisir les réalités dans leur complexité et dans leur globalité, si la pensée philosophique au lieu d’affronter le monde, demeure enfermée dans des jeux de dentelle et des préciosités moliéresques, alors, nous allons vers les catastrophes. Seule une pensée apte à saisir la complexité non seulement de nos vies, de nos destins, de la relation individu/société/espèce mais aussi de l’ère planétaire, peut opérer le diagnostic du cours actuel de la planète, de la course actuelle vers l’abime, et définir les orientations qui permettraient d’amorcer conjointement les réformes vitalement nécessaires. Seule une pensée complexe peut nous nous armer pour préparer la métamorphose à la fois sociale, individuelle et anthropologique.

5. Réforme de l’éducation

  • Introduction des problèmes vitaux, fondamentaux et globaux occultés par le morcellement disciplinaire (cf. les 7 savoirs nécessaires à l’éducation).
  • Introduction d’un enseignement de civilisation portant sur les médias, la publicité, la consommation, la famille, les relations entre générations, la culture adolescente et indiquant les addictions et intoxications de civilisation (le consumérisme, l’intoxication automobile, etc.).

6. La réforme de vie

C’est le problème concret sur lequel devraient converger toutes les autres réformes.

Nos vies sont dégradées et polluées par l’état monstrueux des relations entre les humains, individus, peuples, par l’incompréhension généralisée d’autrui, par la prosaïsation de l’existence consacrée aux taches obligatoires qui ne donnent pas de satisfaction, par opposition à la poésie de l’existence qui est congénitale à l’amour, l’amitié, la communion, le jeu.

La recherche d’un art de vivre est un problème très ancien abordé par les traditions de sagesse des différentes civilisations et en occident par la philosophie grecque. La réforme de vie vise à régénérer l’art de vivre en art de vivre poétiquement. Elle se présente de manière particulière dans notre civilisation occidentale caractérisée par l’industrialisation, l’urbanisation, la recherche du profit, la suprématie donnée au quantitatif… civilisation qui déferle aujourd’hui sur la planète apportant non seulement ses indéniables vertus mis aussi ses non moins indéniables vices et dégradations ; qui se sont révélées dans le monde occidental d’abord et qui déferlent à présent dans le monde entier. Montrer que la mécanisation de la vie (l’hyperspécialisation, la chronométrisation, l’application du calcul et de la logique de la machine artificielle à la vie des individus, en même temps que la généralisation d’un mal-être au sein du bien-être, provoque en réaction une aspiration à la « vraie vie ».

Cette aspiration se manifeste dans la recherche des antidotes au mal être moral et spirituel (psychiatres, psychanalystes, recours aux psychotropes, addictions aux drogues diverses, et également besoins spirituels étouffés dans une civilisation vouée aux biens matériels, à l’efficacité et à la puissance).

La réforme de vie doit nous conduire à vivre les qualités de la vie, à retrouver un sens esthétique, à travers l’art bien sûr mais également dans la relation à la nature, dans la relation au corps, et à revoir nos relations les uns aux autres, à nous inscrire dans des communautés sans perdre notre autonomie. C’est le thème de la convivialité évoqué par Illich dans les années 70. Il existe aujourd’hui, un peu partout, des germes de cette réforme. Ils apparaissent à travers l’aspiration à une autre vie, le renoncement à une vie lucrative pour une vie d’épanouissement, les choix de vie visant à mieux vivre avec soi-même et autrui, ainsi que dans une recherche d’accord avec soi même et le monde que l’on constate dans les attractions vers le yogisme, le bouddhisme zen, les sagesses orientales, dans la recherche de l’alimentation saine que propose l’agriculture fermière et l’agriculture biologique… Cette aspiration à vivre « autrement » se manifeste de façons multiples et l’on assiste à des recherches tâtonnantes. Un peu partout, recherche de la poésie de la vie, amours, fêtes, copains, rave parties. Les vacances sont des antidotes à la vie prosaïque. Une partie des citadins partage le temps entre, d’un côté une vie urbaine à laquelle ils sont soumis avec ses contraintes et d’obligations, et d’un autre côté une vie de week-end ou de vacances durant laquelle ils se déprogramment, échappent à la chronométrie, abandonnent les vêtements citadins pour des rustiques voire la nudité, et vivent plus librement : le club méditerranée est l’utopie concrète d’une vie libérée même de la monnaie (il faut évidemment payer au préalable pour y vivre sans argent) Le contraste est aussi fort que celui évoqué par Mauss lorsqu’il nous apprend que les esquimaux ont une religion d’été et une religion d’hiver, avec des dieux différents en fonction des saisons. Tout se passe comme si nous n’avions, nous aussi, des dieux différents en fonction des périodes de la semaine ou de l’année. Mais il ne suffit pas d’alterner : nous devons intégrer dans nos vies quelques-unes des vertus que nous pouvons trouver dans nos vacances et loisirs. Il y a mille ébauches de réforme de vie, d’aspirations à bien vivre, à échapper au mal-être qu’a produit la civilisation du bien-être matériel, à pratiquer la convivialité, et qui ne sont pas encore reliées. Mais si on considère ensemble ces éléments qui, séparément, semblent insignifiants, il est possible de montrer que la réforme de vie est inscrite dans les possibilités de notre civilisation. Le dénominateur commun en est : la qualité prime sur la quantité, le besoin d’autonomie est lié au besoin de communauté, la poésie de l’amour est notre vérité suprême.

Relater ici l’expérience du Monte Verita, celle de communes californiennes, qui ont voulu réaliser la réforme de vie, mais ont échoué faute de le conjonction avec les autres réformes.

La prise de conscience que « la réforme de vie » est une des aspirations fondamentales dans nos sociétés. C’est un levier qui peut puissamment nous aider à ouvrir la Voie.

7. La réforme morale

La barbarie de nos vies. Nous ne sommes pas intérieurement civilisés : la possessivité, la jalousie, l’incompréhension, le mépris, la haine. L’aveuglement sur soi même et sur autrui, est un phénomène général quotidien. Que d’enfers domestiques, microcosmes des enfers plus vastes des relations humaines.

Nous retombons là sur une préoccupation très ancienne puisque les principes moraux sont présents tant dans les grandes religions universalistes que dans la morale laïque. Mais les religions qui ont prôné l’amour du prochain ont déchaîné des haines épouvantables, et rien n’a été plus cruel que ces religions d’amour. Il semble donc évident que la morale mérite d’être repensée et qu’une réforme doit l’inscrire dans le vif du sujet.

Si on définit le sujet humain comme un être vivant capable de dire «je», autrement dit d’occuper une position qui le met au centre de son monde, il s’avère que chacun de nous porte en lui un principe d’exclusion (personne ne peut dire «je» à ma place). Ce principe agit comme un logiciel d’auto-affirmation égocentrique, qui donne priorité à soi sur toute autre personne ou considération et favorise les égoïsmes. Dans le même temps, le sujet porte en lui un principe d’inclusion qui nous donne la possibilité de nous inclure dans une relation avec autrui, avec les « nôtres » (famille, amis, patrie), et qui apparaît dès la naissance où l’enfant ressent un besoin vital d’attachement. Ce principe est un quasi logiciel d’intégration dans un nous, et il subordonne le sujet, parfois jusqu’au sacrifice de sa vie. L’être humain est caractérisé par ce double principe, un quasi double logiciel: l’un pousse à l’égocentrisme, à sacrifier les autres à soi; l’autre pousse à l’altruisme, à l’amitié, à l’amour… Tout, dans notre civilisation, tend à favoriser le logiciel égocentrique. Le logiciel altruiste et solidaire est partout présent, inhibé et dormant, et il peut se réveiller. C’est donc ce logiciel qui doit être développé.

Il faut concevoir également une éthique à trois directions, en vertu de la trinité humaine : Individu/société/espèce :

  1. l’éthique individuelle

La réforme morale nécessite l’intégration, dans sa propre conscience et sa propre personnalité, d’un principe d’auto-examen permanent, car, sans le savoir, nous nous mentons à nous-mêmes, nous nous dupons sans cesse. Nos souvenirs se transforment, nous avons une vision de ce que nous sommes et des autres entièrement pervertie par l’égocentrisme. Nous ne pouvons donc faire l’économie de pratiquer l’auto-examen et l’autocritique. Or, là encore, dans notre civilisation, il semble que nous ayons complètement oublié cette possibilité, préférant confier la recherche de la solution à nos maux moraux et psychiques à des tiers tels les psychiatres, les psychanalystes. . . Autrui nous est important pour nous connaître nous-mêmes, mais seul l’auto-examen nous permet d’intégrer le regard d’autrui, dans notre effort pour mieux nous comprendre nous-mêmes, avec nos carences, nos lacunes, nos faiblesses. . .

Se comprendre est indispensable si l’on veut comprendre l’autre. Cette compréhension, nous l’avons potentiellement. Nous la manifestons lorsque nous sommes au théâtre, au cinéma, ou lorsque nous lisons un roman. Nous sommes alors capables de comprendre des personnages totalement éloignés de nous, vivant dans des mondes exotiques, ou de personnages ambigus, parfois criminels, comme le parrain de Coppola ou les personnages de Shakespeare. Nous comprenons la misère du clochard, nous comprenons un vagabond comme Charlot. Mais lorsque nous retournons dans la vie courante, nous perdons notre capacité à comprendre autrui. Alors que nous l’avons dans l’imaginaire, nous la perdons dans la réalité.

La réforme morale doit développer deux caractéristiques fondamentales chez tout être humain : l’auto-examen permanent et l’aptitude à la compréhension d’autrui. La réforme morale doit bien évidemment être conjuguée avec la réforme de l’éducation et avec la réforme de vie, qui elles mêmes doivent être conjuguées avec les autres réformes.

  1. l’éthique civique

C’est l’éthique du citoyen qui, dans une société où il dispose de droits, doit assumer ses devoirs pour la collectivité.

  1. l’éthique du genre humain

Autant une éthique universelle concernant tous les hommes était abstraite avant l’ère planétaire, autant la communauté de destin de tous les humains la rend concrète. Nous pouvons aujourd’hui tenter d’agir pour l’humanité, c’est-à-dire d’abord contribuer à la prise de conscience de la communauté de destin humain et à notre inscription comme citoyen de la terre-patrie.

Les réformes sont interdépendantes : la réforme morale, la réforme de pensée, la réforme de l’éducation, la réforme de civilisation, la réforme politique, la réforme de vie s’entr’appellent les unes les autres et par là même leurs développements leur permettraient de s’entre dynamiser.

Nous devons être conscients de la limite des réformes (de vie, éthique, donc aussi des autres). Homo est non seulement sapiens, faber, economicus, mais aussi demens, mythologicus, ludens. On ne pourra jamais éliminer la capacité délirante, on ne pourra jamais rationaliser l’existence (ce qui serait la normaliser, la standardiser, la mécaniser). On ne pourra jamais réaliser l’utopie de l’harmonie permanente, du bonheur assuré.

Ce qu’on peut espérer, c’est non plus le meilleur des mondes, mais un monde meilleur. Seule la Voie des sept réformes régénérera assez le monde pour faire advenir la métamorphose. Seule la métamorphose pourra améliorer le monde.

 

Contrairement à toutes les autres questions, la question humaine n’a aucun expert :

elle est l’affaire de tous et de chacun d’entre nous ; elle est une affaire d’expérience de vie, de sensibilité, de conscience.  Chacun a à apprendre de l’autre.

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13 Réponses

  1. Quel programme politique remarquable ! Tout y est – et aussi la hauteur de vue.
    Malheureusement, depuis la mort de Pierre Mendès-France, nous n’avons plus que des politiciens carriéristes alors que seuls des hommes d’Etat pourraient saisir la profondeur d’un tel programme et le porter.
    Comment diffuser ce texte auprès des citoyens ouverts qui désespèrent souvent ? Il serait bon de le faire éditer pour en faire la base de rencontres citoyennes.

  2. Cher Monsieur Hervé,

    Vous parlez d’or et je ne peux que vous inviter à rejoindre l’Institut du même nom (PMF) pour essayer effectivement de refaire vivre une pensée que l’on sait aussi complexe que nécessaire.
    Bien à vous,
    Th
    http://www.mendes-france.fr

  3. Je le ferais très volontiers si je n’étais pas si loin de Paris – et si j’étais plus jeune aussi. J’ai eu l’immense privilège de rencontrer PMF dans ma jeunesse ( en 1956), à Poigny la Forêt à l’occasion de stage de formation des cadres du Parti Radical, puis à Mulhouse où je résidais alors et où j’avais organisé une soirée publique à la Maison du Peuple. La salle était comble et PMF avait tenu à ce que ce soit moi, le jeunot timide et inexpérimenté, qui le présente… Le lendemain matin, nous fîmes les cent pas sur le quai de la gare en attendant son train : il m’encouragea vivement dans mon engagement politique. J’en conserve le précieux souvenir d’un homme simple, d’une profonde humanité.
    Par la suite, j’assistais à la trahison de nombreux politicards qui l’avaient rejoint un moment, espérant en tirer des avantages personnels. Cela me dégoûta définitivement de la politique politicienne. Suivirent 28 mois de service militaire et, à mon retour, j’adhérais brièvement au PSU, avant de me lancer à corps perdu dans l’éducation dite « nouvelle »… J’ai eu, longtemps, le sentiment que ce combat serait plus utile. Je le crois toujours, mais j’ai perdu mes illusions de jeunesse : il y a le probable de la régression, de l’abîme et la voie improbable de la métamorphose.
    A l’automne de ma vie, je mesure la chance que j »ai eu de rencontrer trois hommes d’exception : PMF en 56, Freinet en 61, Edgar Morin ces dernières années. Les trois ont en commun d’être – ou d’avoir été, pour les deux premiers, – d’abord des éducateurs au sens fort du terme. Je me souviens avoir entendu PMF dire que tout homme politique devait d’abord être un pédagogue, et en fut un remarquable.
    Si la République est une affaire d’institutions, la Démocratie n’existe que si des démocrates la font exister.
    Le rôle premier de l’éducation est de former des démocrates. C’est ce que se sont appliqués à faire PMF, Freinet, c’est ce que continue de faire Edgar Morin.

    Pour en revenir au texte d’Edgar Morin, je pense qu’il s’agit de notes – soit de l’auteur – soit de notes prises par un auditeur au cours d’un exposé à l’occasion des Dialogues en humanité. Je sais Edgar Morin « surbooké » en ce moment. Je pense qu’il serait utile de mettre ce texte en forme (quelques notes devraient être développées quelque peu à l’intention des personnes qui n’ont pas lu ses ouvrages). Le texte ainsi recomposé pourrait être soumis à Edgar Morin qui, le cas échéant, l’amenderait en vue d’une publication. Je veux bien participer, avec d’autres, à ce travail de réécriture, ayant lu les ouvrages cités.
    Ce texte, édité, pourrait servir de base à des débats organisés localement…
    Peut-être est-ce une voie utopique, mais comme l’écrit Albert Jacquard, j’ai atteint l’êge où l’utopie est un devoir !
    Cordialement,
    Georges HERVE
    http://assoreveil.org

  4. En fait, ce texte est, selon Edgar Morin lui-même, un premier jet, qui a été diffusé prématurément et qu’il a l’intention de retravailler en vue d’une diffusion plus large. Ma suggestion de mise en forme par un petit groupe n’a donc pas de sens.
    Je maintiens par contre que toute action politique, aujourd’hui plus que jamais, doit d’abord être « pédagogique » car le travail essentiel est d’aider nos contemporains à sortir des vieux schémas de pensée dans lesquels ils sont enfermés, qui limitent leurs possibilités de comprendre le monde actuel.
    Et dans cette tâche, Edgar Morin est le penseur qui a ouvert les voies les plus fécondes.

  5. Je me lance..la nécessité et notre besoin d’avancer me conforte et me donne de l’audace! A priori je ne suis pas à ma place..mais en fin d’article Edgar Morin dit bien que la « question humaine est l’affaire de tous et de chacun ».
    Il parle de la nécessité de créer des Maisons de la Solidarité. Notre petite association, créée par un groupe de personnes, accompagnants, ( formateurs, conseillers à l’emploi, au logement, à la santé, surendettement…) et accompagnés, ( RMISTES, etc..), avons justement voulu cette association pour remettre de l’humanité; nous ne parlons pas d’aide, ( les prestations publiques enferment trop dans des droits et devoirs, et petit à petit la personne perd « l’envie », la petite marge d’action, de liberté qui est indispensable pour avancer), nous parlons d’entraide, de lieu convivial où rien n’est instaurer d’emblée, un lieu où l’on réapprend à quel point un groupe peut déplacer des montagnes..bref, nous existons, avons même été évaluer, ( !), à notre demande, par sciences po grenoble: ce qui a rassuré l’institution, les elus…nous avons un local plein coeur de ville que nous louons; Nous voulons aller plus loin: construire avec tous les acteurs du territoire une maison de la solidarité qui soit exemplaire en ce qui concerne sa construction, ( mixant profs et citoyens prêts à donner un coup de main pour un lieu qui appartiendra à tt le monde et à personne; exemplaire en ce qui concerne l’environnement, ( maison basse consommation d’energie), et exemplaire pour ce à quoi elle servira: constituée d’un conseil dont majorité membres seront precaires mais aussi élus, chefs d’entreprises, assocs, travailleurs sociaux..Depuis plus de trois ans maintenant nous commençons à avoir un réseau d’acteurs prêts à s’impliquer en toute sincèrité. Les autres nous les connaissons et les décourageons..
    Si quelqu’un va au bout de ces lignes, mon discours bavard est pour solliciter de l’aide: comment contacter serieusement E Morin, ( lui envoyer un petit dossier, le rencontrer), et lui demander de nous parrainer? pour cette maison de la solidarité?

    • Chère Elisabeth,
      Où l’on voit qu’Internet peut avantageusement remplacer la bouteille à la mer pour établir de nouveaux contacts !
      Oui, vous avez raison, la “question humaine est l’affaire de tous et de chacun”. Votre discours n’est nullement bavard : il serait souhaitable qu’il ne reste pas isolé !

      Votre projet rejoint l’un des miens que j’ai concocté récemment. Voici ce que j’écrivais à Edgar Morin à ce sujet.
      « La première voie m’a été inspirée par votre idée de créer des maisons de la solidarité. Le terme de solidarité me paraissant quelque peu ambigu dans le contexte actuel, j’ai pensé à les lier plus explicitement au don « maussien » et à l’échange qui à la fois valorise celui qui donne et, comme le don, crée des liens personnels. L’initiative de la construction de telles maisons devra venir des acteurs locaux qui consacreront un peu de leur temps à concevoir et réaliser ces constructions. Mon expérience personnelle de bâtisseur ( j’ai conçu et construit trois maisons de mes mains, seul) m’a montré tout ce qu’une telle expérience de travail manuel pouvait apporter et les apports seront encore plus importants s’il s’agit d’un projet émanant d’un groupe de personnes qui l’auront conçu et réalisé ensemble.
      Ces maisons, construites dans des villes moyennes au départ, pourront se prolonger par la construction de maisons de la petite enfance si chères à notre ami Hubert Montagner. Elles constitueront un lieu de rencontre (on pourrait reprendre le voeu d’Albert Jacquard qui souhaitait écrire au fronton des écoles « ici, on fait des rencontres »), mais aussi le centre de diverses activités coopératives comme les SELs (Services d’échanges locaux) et les BLESs (Bourses locales d’échanges), ou des réseaux d’échanges locaux (Claire Héber Suffrin), ou des universités populaires et citoyennes, etc. D’une façon générale, elles constitueraient des lieux où les « contre courants régénérateurs » que vous évoquez pourraient localement se rencontrer et s’entre transformer pour se dynamiser réciproquement.
      Ces maisons locales gagneraient à se regrouper en un réseau national ou, mieux, européen.  »
      Pour l’instant, je n’ai pas encore reçu de réponse de sa part : je pense qu’il se repose quelque part, après avoir déployé une activité intense ces derniers mois. Vous êtes sans doute au courant de sa participation active à l’Université européenne qu’il coorganise à Poitiers, du 1er au 4 octobre prochain. Ce pourrait être une occasion pour présenter votre projet et rencontrer EM. J’avais l’intention de m’y rendre, mais un cancer déja avancé vient d’être découvert chez ma femme : je vais être obligé de réduire fortement mes activités militantes. Par contre, je ferai tout mon possible pour conserver mes contacts par Internet. Pour me contacter directement, vous trouverez mon mail sur le site du réseau REVEIL.
      J’ai quelques idées en matière d’architecture pour un tel projet. Je ne prétends pas qu’elles soient géniales, mais je suis prêt à les verser au pot commun.
      Je vais transmettre votre message à Edgar Morin pour qu’il le trouve lorsqu’il refera surface !
      Gardons e contact, voulez-vous ?

      Très fraternellement à vous,
      Georges HERVE

  6. Ce texte n’était qu’un avant projet non destiné à une large diffusion. Edgar Morin vient de rédiger une version détaillée de son texte et souhaiterait qu’il remplace les anciennes versions.
    Il m’a chargé de le diffuser : merci de me faire connaître une adresse électronique sur laquelle je pourrai vous envoyer cette nouvelle mouture (précisez le format souhaité : rtf ou pdf).
    Cordialement,
    GH

  7. Bonjour cher monsieur que je ne connais pas… mais, suite à différentes interventions de Stéphane Hessel, nous avons eu à connaitre ce texte de Edgar Morin.Mon mari et moi venons de lire avec un grand intérêt tout ce qui précède au sujet de La Voie et notamment vos commentaires suivis de ceux d’Elisabeth Sénégas.Nous sommes engagés dans des démarches de solidarité : SEL, Amnesty… et avons participé à la création et au fonctionnement d’une Ecole Nouvelle dans le Rhône dans les années 70 et malgré notre âge, nous aussi, restons en éveil pour tout ce qui pourrait se jouer dans le domaine de la pédagogie et de la solidarité.Ce long préambule pour vous donner notre adresse électronique et vous demander si nous pourrions aussi être destinataires de la nouvelle version des textes d’Edgar Morin.Ceci en format PDF.A l’avance nous vous remercions et vous souhaitons courage, confiance et voeux de bon rétablissemnt pour votre épouse. Maurice et Chantal.

    • J’ai cru comprendre que vous souhaitiez recevoir le texte revu et corrigé de LA VOIE d’Edgar Morin. Je vous l’enverrais volontiers mais je n’ai pas trouvé votre e-mail. Voici le mien : herve.georges63@orange.fr.
      Si j’ai mal interprêté votre message, merci de ne pas tenir compte de celui-ci.
      D’autre part, je mense que vous seriez aussi passionné que moi par la lecture des sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur d’Edgar morin (Seuil). C’est une très bonne synthèse de sa pensée, pas seulement en matière d’éducation.
      Cordialement
      GH
      P.S.
      Les SEL s’intègrent parfaitement comme action concrète locale dans le contexte de LA VOIE. Ils représentent une porte d’entrée vers les Maisons de la Fraternité – je préfère au terme de solidarité.

      • Bonjour,

        Je suis actuellement en formation à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne. Je me propose de faire un mémoire sur l’utilisation de de la Méthode en « sciences » de l’éducation. Je constate que le la réforme de l’éducation est au sommaire de ce document (2ème partie §5). Pouvez-vous m’indiquer, une source quelle qu’elle soit (personne, texte, site,…) qui ferait déjà l’état des lieux de la démarche d’EM (la Méthode et sa suite « la complexité ») et ses prolongement en éducation/pédagogie. Mon sujet en l’état actuel est: « Utilisation de la pensée complexe (La Méthode) afin de penser la complexité en science de l’éducation ».

        Je vous donne directement mon contact: jgfsgodard@wanadoo.fr

        Merci d’avance

        Jean-Francois GODARD

        PS: Il faudrait revoir la mise ne page du document! La numérotation pose problème

        1. La difficulté de penser le présent
        et
        1. Vers l’abîme

        Puis:
        1. Réforme politique : politique de l’humanité et politique de civilisation.
        1. Régénération de la pensée politique

        1. Politique de l’humanité

        1.
        1. Politique planétaire

        1.
        1. dépassement ou développement de l’idée de développement :
        1.
        1. politique de symbioses culturelles planétaires :
        1.
        1. politique réforme de civilisation :

        Si cela pouvait être corrigé pour mieux la structuration de l’auteur.

  8. Bonjour,
    Je suis en train de lire « la voie, pour un avenir de l’humanité » d’Edgar Morin et je trouve le texte excellent. Je participe par ailleurs à des discussions sur un forum systémique sur LinkedIn qui cherche à proposer une réponse à l’appel de Ban Ki Moon (Nations Unies) pour une réforme de l’économie et des modes de vie planétaire (L’avancée des réflexions est ici, en anglais: http://www.systemswiki.org/blog/?p=285)

    Je suis convaincu que le texte d’Edgar Morin est une excellente réponse à cet appel. Qu’en pensez-vous?

  9. Edgar Morin tient exactement la place du philosophe, aider à mettre en forme les idées sous-jacentes à l’ébullition de notre monde, où idées, groupes, mouvements, associations foisonnent, mais ne parviennent pas toujours à une efficacité suffisante par rapport aux enjeux. En faisant connaître ce livre parmi ces groupes auxquels nous appartenons, nous pouvons contribuer à ce lien entre action et pensée, qui seul donne la force pour faire basculer le monde, changer de civilisation, restaurer l’humain.

  10. Aux fondements du capitalisme, la rémunération du capital.

    Que l’argent fasse de l’argent, c’est à quel mépris?

    Il faut proscrire l’usure comme principe favorable à une minorité (système économique socialiste) et comme moyen de parasiter l’économie.

    À ceux qui répondront que cela serait la fin de la « croissance » je répondrai que les valeurs produites par notre civilisation du « peuple de la marchandise » (selon un chaman indien d’Amazonie) sont à l’opposé de celle que demande l’avenir pour la lucidité et la sagesse qui l’accompagnent : la sobriété.

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