Les Surfrider de Gironde chassent les déchets de la Garonne à Bordeaux

Les Surfrider chassent les déchets

sudouest.fr, Thierry Magnol, le 6 août 2010

http://www.sudouest.fr/2010/08/06/les-surfrider-chassent-les-dechets-155082-2780.php

Pour alerter le public à la pollution par les macrodéchets, des surfeurs ont traversé hier la Garonne à Bordeaux. Des surfeurs ont traversé la Garonne pour sensibiliser le public aux déchets issus de l’activité humaine.

Hier, sur le coup de 16 heures, des surfeurs confirmés ont abandonné les plages atlantiques pour se rendre à Bordeaux avec leurs planches et se lancer dans une traversée de la Garonne en plein cœur de ville. À leur arrivée les attendait une cérémonie inspirée de la tradition hawaïenne du Ho’okupu, mais au lieu du collier de fleurs de tiaré, ils se sont vu remettre un collier de macrodéchets (1).

Cette manifestation organisée par Surfrider Foundation Europe s’inscrivait dans le cadre de la Fête de la glisse et de l’océan organisée par Quai des sports. Les membres de Surfrider ont ajouté une petite surprise au programme en décorant plusieurs statues de la ville avec les mêmes colliers de macrodéchets.

Une île de déchets ?

Pour l’association, dont le siège français est installé au Pays basque, cette opération avait pour but de sensibiliser le public à la pollution par ces déchets qui serait de plus en plus forte. Cette année, le littoral du sud de l’Aquitaine serait particulièrement touché selon les témoignages de plusieurs surfeurs. Côté espagnol, la plage de Saint-Sébastien a été recouverte de détritus entre le 24 et le 26 juillet.

Alberto Rodriguez, conseiller municipal chargé de l’entretien des plages, assure : « Cela fait douze ans que je suis en fonction et c’est la première fois que je vois une telle quantité de déchets sans que l’on sache vraiment d’où ils viennent. » À cette période-là, le vent venait du nord et Alberto Rodriguez rapporte que plusieurs pêcheurs auraient signalé la formation d’une poubelle flottante d’environ 5 hectares à l’intérieur du golfe de Gascogne.

Le poids des rivières

Cette information n’est pas confirmée par les autorités, mais elle n’aurait rien de surprenant car on sait aujourd’hui que plusieurs îles de ce type existent dans l’Atlantique et le Pacifique. Pour Surfrider qui organise chaque printemps une journée de collecte des déchets, il s’agit de mobiliser les citoyens et pas seulement ceux qui vivent ou sont en vacances sur le littoral. « La principale source de pollution de la mer, c’est la terre, rappelle Brice Cholon, responsable de l’antenne girondine de l’association. Les macrodéchets s’accumulent d’abord dans les estuaires. Ils arrivent par les fleuves. Partout où il y a des hommes, on jette les déchets dans les rivières et c’est particulièrement vrai dans les villes. Cela a toujours existé. Même si aujourd’hui, le tri s’améliore, la mer continue de recevoir cette pollution. Nous sommes venus à Bordeaux pour montrer que Lire la suite

900 ha de friches urbaines pour l’avenir de Bordeaux

Le Monde, Claudia Courtois, le 3 mars 2009

900 hectares de friches urbaines pour l’avenir de la ville

L’évolution de la forme, de l’image et de l’usage de Bordeaux a été le pari de la ville et l’obsession de son maire actuel, Alain Juppé (UMP). « Il y a une équation particulière à Bordeaux, reconnaît Bruno Fortier, Grand Prix de l’urbanisme 2002 et urbaniste conseil de la municipalité depuis cinq ans. Alain Juppé est passionné par le sujet. »

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Un an après son élection à la tête de la capitale girondine en 1995, M. Juppé, alors premier ministre, avait présenté le premier acte de son projet urbain. Avec, à la clé, deux révolutions : la construction du tramway, qui désormais quadrille la ville en étoile, et l’ouverture de Bordeaux sur la Garonne. Le but était d’éviter l’étalement urbain sur une vaste zone continue, de Libourne à Arcachon.

Treize ans plus tard, cette première phase est achevée « à presque 100 % », selon le maire de Bordeaux, qui vient de présenter l’acte II du projet urbain. Lundi 2 mars, dans les salons de l’hôtel de ville, devant un parterre d’architectes, d’urbanistes et de promoteurs immobiliers, il a présenté sa vision de la ville « à vingt ans » qui doit servir de base à la concertation avec les professionnels et les habitants. « L’objectif est de faire de Bordeaux une métropole durable à l’échelle humaine, a déclaré M. Juppé. Je suis au début de mon nouveau mandat de maire, il est temps de passer à une autre étape et de faire passer un message de confiance dans cette période de crise. »

Aujourd’hui, Bordeaux et huit communes périphériques comptabilisent 43,8 kilomètres de tramway, transportant 170 000 voyageurs par jour avec, sur certains secteurs, une fréquentation supérieure de 20 % à celle des bus avant l’arrivée du tramway. L’immobilier d’entreprises a connu des années euphoriques jusqu’à fin 2008 et les prix ont retrouvé des valeurs dignes d’une capitale régionale. Enfin, la ville, qui avait perdu 22 % de ses habitants entre 1962 et 2000, a connu une des plus fortes poussées démographiques françaises sur la période 1999-2006 (+ 7 %). La population nouvelle est plutôt jeune, familiale, diplômée, soucieuse de l’environnement et de la vie urbaine. « Les quartiers bourgeois traditionnels n’ont pas bougé alors que les anciens quartiers populaires (Chartrons, Saint-Pierre, la Bastide) se sont « boboïsés », confirme Thierry Oblet, maître de conférences en sociologie à l’université Bordeaux-II, spécialiste des politiques urbaines.

L’acte II du projet urbain de la ville vise à mettre en cohérence des projets pour la plupart déjà connus. Il s’appuie sur une situation unique : de Bordeaux-Nord à la gare Saint-Jean, la ville dispose d’un chapelet de friches, d’anciens terrains industriels ou laissés à l’état sauvage, soit près de 360 hectares le long de la Garonne, 900 en intégrant le bâti existant. Le maire et les techniciens appellent cet axe « l’arc de développement durable » : six zones identifiées avec, pour chacune d’elles, un projet mixant habitat, bureaux et espaces publics. Le tout sous la double contrainte du développement durable et de la mixité sociale, des mentions désormais obligatoires dans tout programme urbain. « Ces friches sont une chance fantastique pour l’avenir de Bordeaux et de l’agglomération, assure Michel Duchène, adjoint d’Alain Juppé et vice-président à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) chargé de l’urbanisme. Elles sont idéalement placées, souvent à une dizaine de minutes du centre-ville. »

Ce projet s’articule aussi autour des deux futurs franchissements de la Garonne. De nouveaux quartiers doivent sortir de terre, irrigués par un transport en commun en site propre : deux au nord, autour du pont levant Bacalan-Bastide, avec l’aménagement des bassins à flot rive gauche et, sur l’autre rive, la création ex nihilo d’un quartier d’habitations et de bureaux jouxtant un vaste parc longeant les quais.

Au sud, Lire la suite

Journées mondiales des zones humides du 27 janv. au 8 fév.

aqui.fr, le 29 janvier 2009

Manifestations dans le cadre de la journée mondiale des zones humides du 27/01 au 08/02/09.

Les choix d’Aqui !

Un grand nombre de manifestations sont proposées au public du 27 janvier au 8 février. C’est au total 70 animations qui sont prévues dans les cinq départements aquitains afin de permettre à tous les aquitains de découvrir ou redécouvrir ces milieux riches d’une faune et d’une flore particulièrement remarquables. Ne pouvant toutes les citer, Aqui! a selectionné pour vous quelques unes de ces animations dans chaque département d’Aquitaine.

Landes :

Suite à la tempête, un arrêté préfectoral interdit, pour des question de sécurité, les sorties en forêt jusqu’à fin février. Par conséquent, un grand nombre d’animations prévues dans le département sont soit annulées en application de cet arrêté, soit suspendues, au jour de la rédaction de cet article en raison des dégâts causés par la tempête.

Dordogne :

Le samedi 31 janvier à partir de 15h30 est organisée une conférence d’environ 2 heures portant sur le thème « De l’intérêt des zones humides aux actions de leur préservation et de leur gestion ». L’entrée libre.

Organisation : Association Patrimoine et environnement de Bergerac-SEPANSO Dordogne.
Lieu : salle de conférence C.I.V.R.B. (cloître des Récollets près du port) à Bergerac.
Informations : Georges Barberolle, 06 82 42 05 41

Le dimanche 1er février, Le CREN Aquitaine prévoit à 14h30 une sortie nature sur le site des tourbières de Vendoire comprenant une visite guidée (découverte de la faune, flore, gestion, …) puis un échange dans le musée des tourbières autour d’une boisson chaude. Durée d’environ 2h30.

Organisation : CREN Aquitaine, CPIE Périgord-Limousin.

Lieu : RdV à la maison des tourbières de Vendoire. Tout public (25 personnes max.)
Inscription avant le 30/01 : Elodie Gras (CPIE), 05 53 56 23 66.

Gironde :

Le dimanche 1er février à partir de 10h, l’ Association Curuma vous accompagne en randonnée autour de la Pointe de Grave à la découverte du patrimoine du Verdon (14km). Pensez à prévoir un pique-nique.

Organisation : Association CURUMA.

Lieu : RdV parking de la Pointe de Grave – Le Verdon-sur-Mer

Informations : CURUMA, 05 56 09 65 57.

La journée du samedi 7 février, plusieurs animations seront consacrées au thème Lire la suite

Le futur pont levant de Bordeaux attaqué

Sud-Ouest, le 15 Janvier 2009

Le futur pont levant attaqué

BORDEAUX. Le commissaire du gouvernement a demandé devant le tribunal administratif, l’annulation de la délibération de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) qui décidait la réalisation d’un pont-levant dans le nord de la ville

Le commissaire du gouvernement a demandé jeudi à Bordeaux l’annulation de la délibération de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) déclarant d’intérêt général la construction d’un pont levant en centre-ville, suivant la requête d’une quinzaine d’associations bordelaises.  

L’avis du commissaire du gouvernement, Antoine Bec, magistrat indépendant qui dit le droit et dont les préconisations sont le plus souvent suivies par les juges administratifs, fragilise un peu plus un projet de pont sur la Garonne aux dimensions impressionnantes (426 m de long, 55 m de hauteur de levage).

L’Unesco, après avoir labellisé Bordeaux au patrimoine mondial à l’été 2007, demande aujourd’hui des comptes « sur l’impact visuel des nouveaux franchissements envisagés » de la Garonne, notamment ce pont, et des experts de l’organisation internationale doivent venir sur place le 20 janvier.

M. Bec a estimé qu’il y avait des « irrégularités substantielles » en l’absence de véritable « évaluation financière des modalités de financement ».

Il a également relevé que les aménagements des abords n’étaient pas compris dans l’enveloppe globale de plus de 120 millions d’euros mais a surtout remis en cause l’utilité même du projet.

Le magistrat a estimé que les plus gros bateaux de croisière pourraient être dans l’impossibilité « de franchir l’ouvrage » dont le coût représente « un montant triple de celui d’un pont fixe ».   

Par ailleurs, a-t-il souligné, les croisiéristes n’ont pas été consultés sur leurs intentions à maintenir Bordeaux comme destination alors même que la raison d’être de ce pont levant est de permettre le passage des paquebots jusque dans le centre de Bordeaux.
Le projet de pont levant entre les quartiers de Bacalan et de Bastide a été approuvé par la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) en septembre 2007. Il doit combler le déficit d’une ville qui ne compte que quatre ponts, dont seulement deux dans le centre.

Cet ouvrage comporte une travée mobile de 110 m, pouvant être relevée à 55 m de hauteur. Il pourrait accueillir les automobilistes sur 2×2 voies (40.000 véhicules par jour attendus), les cyclistes, les piétons ainsi que le tramway.

Le chantier a été confié au groupement GTM/GCS, pour un budget de Lire la suite

Lot et Garonne : lâcher de cistude à la réserve de la Mazière

Sud-ouest, Daniel Bozec, le 7 Octobre 2008

NATURE. A la réserve de la Mazière de Villeton, il a fallu employer les grands moyens pour perpétuer la tortue d’eau douce, menacée de disparition depuis la reconversion des prairies en champs de maïs

Le lâcher de cistudes. Une trentaine de cistudes ont été relâchées ces dernières semaines dans le marais par Laurent Joubert

La fin de la cistude, peu s’en préoccuperaient. Au bord de la Garonne, la culture du maïs anéantissait pourtant les efforts de ponte de la tortue d’eau douce du marais de la Mazière. Une espère dont les rangs s’étaient singulièrement clairsemés depuis des années, faute de nouvelles naissances. Une vingtaine d’individus, tout au plus, dont l’âge dépasse la bonne quarantaine. La réserve de la Mazière a engagé un pointilleux programme de sauvegarde en 2006. Les premières cistudes ont été relâchées dans le marais ces dernières semaines.

1. Un radio émetteur sur mon dos

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point », dit la fable. Trop beau pour être vrai. À la Mazière, les cistudes s’en allaient pondre en vain. Elles qui abandonnaient de nuit leur marais pour échapper aux prédateurs, elles qui s’imposaient une distance longue de plusieurs centaines de mètres, au-delà des terres humides, pour trouver un endroit au sec où creuser un puits de 10 centimètres de profondeur. Et, au bout de trois quatre heures de labeur, y fourrer une huitaine d’œufs. Du temps des prairies ancestrales, tout allait bien. Elles ont été reconverties en champs de maïs depuis les années 60.

2. Au chaud dans mon incubateur

Malheur aux tortues. Le maïs pousse très haut en quelques semaines et plonge dans l’ombre ces puits de ponte. Alors même que la chaleur est indispensable à l’éclosion des oeufs. Une hécatombe. Seules deux tortues sont nées en vingt ans – elles ont aujourd’hui 6 ans. Depuis l’été 2006, le garde technicien Laurent Joubert s’échine à coller un émetteur sur le dos de ces vieilles tortues femelles. Il les piste la nuit sur leur chemin de ponte, entre la fin du printemps et le début de l’été. Au petit matin, il vient retirer un à un les oeufs tout juste enfouis et les place dans un incubateur, au chaud dans un bureau de la Mazière. La nature est joliment faite : à une température oscillant entre 27,5 °C et 28 °C, l’embryon sera un mâle. Entre 28,5 °C et 29 °C, ce sera une femelle. D’où le puits creusé en hauteur par la cistude : les oeufs logés tout en bas donneront des mâles, à l’étage supérieur, des femelles. Laurent Joubert doit veiller à moduler la température de son incubateur tous les deux jours…

3. Il faut consolider sa carapace

Financé par l’unité Bristol-Myers Squibb du Passage, le programme de la Mazière peut s’enorgueillir de compter pas moins de 178 jeunes tortues. A elles de consolider leur caparace dans un aquarium puis une mare semi-artificielle aménagée selon le milieu de vie de la réserve. « Un fac-similé », explique Laurent Joubert. « L’important pour nous, c’est que les animaux que l’on relâche puissent être viables dans le milieu naturel. Je n’élève pas des tortues pour élever des tortues. » Lire la suite