«Cradle to cradle», les mille et une vies des objets

Libération, Laure Noualhat, le 24 décembre 2008

«Cradle to cradle», les mille et une vies des objets

Le C2C, «berceau au berceau» en français, permet de recycler à l’infini les produits.

Le berceau, là où tout commence, et où tout pourrait finir. La vague du recyclage à peine déferlée, voici venu le concept du recyclage permanent, aussi appelé cradle to cradle et originaire des Etats-Unis (le C2C en langue business acronymique). Littéralement, cela signifie du berceau au berceau, et c’est la nouvelle devise du design écologiquement correct. Le principe est simple : le déchet devient nourriture et réintègre les process de production. Un genre de «rien ne se perd, rien ne se crée», version éco-conception.

«Habituellement, la fin de vie d’un produit n’est pas prise en compte dès sa conception, en clair, un produit n’est pas pensé pour être recyclé», explique Eric Allodi, patron d’Integral Vision, agence qui promeut le concept en France. Considérés comme des nutriments, les déchets peuvent alimenter des sols en se décomposant ou servir de matière première pour la génération de produits suivante. En C2C, le déchet ne doit contenir aucune substance toxique, si bien qu’il peut être réutilisé, enfoui, composté ou incinéré sans danger. Chez le fabricant de textile suisse Rhoner, depuis que les teintures sont naturelles, les chutes de tissu alimentent les plantes en se décomposant sur les semis. Le produit «cradeulisé» doit aussi être facilement démontable pour le désassemblage, le tri et l’envoi vers une chaîne de valorisation adaptée. C’est le cas des chaises de l’Américain Herman Miller, démontables en quinze minutes. «Un produit C2C peut être conçu pour être recyclé indéfiniment en utilisant, par exemple dans le cas des plastiques, des opérations de dépolymérisation/repolymérisation pour revenir au monomère de base et ainsi refabriquer des produits sans dégradation de qualité», poursuit Eric Allodi.

Label. Le C2C va plus loin que le simple recyclage. On réinjecte le produit à l’infini dans un autre. «Le déchet ne sera pas recyclé en un produit identique ou de qualité similaire, mais on va utiliser ses déchets pour fabriquer d’autres produits de moindre qualité», explique Eric Allodi. C’est le cas des plastiques nobles qui composent une coque d’ordinateur : ils sont sous-cyclés en plastiques de basse qualité utiles pour des pots de fleur ou des sièges bébé. Et ainsi de suite. Le déchet-nourriture perd sa qualité au fil des transformations sur la voie de la poubelle.

A l’origine de ce concept, deux hommes : Michael Braungart et William McDonough. Le premier est un chimiste allemand, patron de l’Agence pour l’encouragement à la protection de l’environnement, le second un industriel américain. En 2002, ils publient un ouvrage (1) qui devient la bible de ceux qui veulent marier réussite entrepreunariale et bien-être environnemental. Désignés héros de la planète par Time Magazine, tous deux développent une certification et labellisent eux-mêmes les produits «cradeulisés», via leur agence MBDC. «C’est probablement le label qui va le plus loin en matière d’éco-conception, estime Elisabeth Laville, de l’agence Utopies. Le problème, c’est qu’on ne sait pas ce que comprend précisément cette certification.» Lire la suite

France-Culture, le 7 janvier 19h30, Hervé Kempf

France-Culture

Nouveau rendez-vous sur France-Culture de « Terre à Terre » pour des débats en public au Phyto Bar le premier mercredi du mois

Mercredi 07 janvier 2009, en faux direct de 19h00 à 20h30
« Pour sauver la planète, sortez du capitalisme »

Son dernier livre avait déjà un titre étrangement naïf : « Comment les riches détruisent la planète« . Avec cet ouvrage, Hervé Kempf, très sérieux journaliste au Monde, spécialiste des questions d’environnement, a été convié à d’innombrables débats aux quatre coins du pays, preuve que cette question faisait écho. Le livre qu’il publie aujourd’hui tente de répondre à la question qui lui a été posée inlassablement :  » que faire ? » Avec cette fois encore un titre faussement naïf pour un livre qui ne l’est pas.

Avec Hervé Kempf, auteur de : « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » (Seuil)

(Entrée dans la limite des places disponibles)

Un autre monde est possible, il est indispensable, il est à notre portée. Le capitalisme, après un règne de deux cents ans, est entré dans une phase mortifère : il génère tout à la fois une crise économique majeure et une crise écologique d’ampleur historique. Pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme, en reconstruisant une société où l’économie n’est pas reine mais outil, où la coopération l’emporte sur la compétition, où le bien commun est plus important que le profit.

Hervé Kempf explique comment le capitalisme a changé de régime depuis les années 1980 et a réussi à imposer son modèle individualiste de comportement, marginalisant les logiques collectives. Pour sortir du capitalisme, il faut prioritairement se défaire de ce conditionnement psychique.

L’oligarchie cherche à détourner l’attention d’un public de plus en plus conscient du désastre imminent en lui faisant croire que la technologie pourrait surmonter l’obstacle. Cette illusion ne vise qu’à perpétuer le système de domination en vigueur.

L’avenir n’est pas dans la technologie, mais dans un nouvel agencement des relations sociales. Lire la suite

Et la décroissance sauvera le Sud…

Le Monde diplomatique, Serge Latouche, novembre 2004

Contre l’ethnocentrisme du développement

Et la décroissance sauvera le Sud…

En novembre 2003, Le Monde diplomatique publiait un article intitulé « Pour une société de décroissance ». Depuis, ce thème fait débat au sein du mouvement altermondialiste, voire d’un public plus vaste. Quel projet alternatif les « partisans de la décroissance » entendent-ils proposer au Sud, modèle propre ou nouvelle occidentalisation ?

Par Serge Latouche

Dans le sillage des publicitaires, les médias appellent « concept » tout projet se limitant au lancement d’un nouveau gadget y compris culturel. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, qu’ait été posée la question du contenu de ce « nouveau concept » qu’est la décroissance. Au risque de décevoir, répétons que la décroissance n’est pas un concept, au sens traditionnel du terme, et qu’il n’y a pas à proprement parler de « théorie de la décroissance » comme les économistes ont pu élaborer des théories de la croissance. La décroissance est simplement un slogan, lancé par ceux qui procèdent à une critique radicale du développement afin de casser la langue de bois économiciste et de dessiner un projet de rechange pour une politique de l’après-développement (1).

En tant que telle, la décroissance ne constitue pas vraiment une alternative concrète, mais c’est bien plutôt la matrice autorisant un foisonnement d’alternatives (2). Il s’agit donc d’une proposition nécessaire pour rouvrir les espaces de l’inventivité et de la créativité bloqués par le totalitarisme économiciste, développementiste et progressiste. Attribuer à ceux qui portent cette proposition le projet d’une « décroissance aveugle », c’est-à-dire d’une croissance négative sans remise en question du système, et les soupçonner, comme le font certains « alteréconomistes », de vouloir interdire aux pays du Sud de résoudre leurs problèmes, participe de la surdité, sinon de la mauvaise foi.

Le projet de construction, au Nord comme au Sud, de sociétés conviviales autonomes et économes implique, à parler rigoureusement, davantage une « a-croissance », comme on parle d’a-théisme, qu’une dé-croissance. C’est d’ailleurs très précisément de l’abandon d’une foi et d’une religion qu’il s’agit : celle de l’économie. Par conséquent, il faut inlassablement déconstruire l’hypostase du développement.

En dépit de tous ses échecs, l’attachement irrationnel au concept fétiche de « développement », vidé de tout contenu et requalifié de mille façons, traduit cette impossibilité de rompre avec l’économicisme et, finalement, avec la croissance elle-même. Le paradoxe est que, poussés dans leurs retranchements, les « alteréconomistes » finissent par reconnaître tous les méfaits de la croissance, tout en continuant à vouloir en faire « bénéficier » les pays du Sud. Et ils se limitent, au Nord, à sa « décélération ». Un nombre grandissant de militants altermondialistes concèdent désormais que la croissance que nous avons connue n’est ni soutenable, ni souhaitable, ni durable, tant socialement qu’écologiquement. Toutefois, la décroissance ne serait pas un mot d’ordre porteur et le Sud devrait avoir droit un « temps » à cette maudite croissance, faute d’avoir connu le développement.

Coincé dans l’impasse d’un « ni croissance ni décroissance », on se résigne à une problématique « décélération de la croissance » qui devrait, selon la pratique éprouvée des conciles, mettre tout le monde d’accord sur un malentendu. Cependant, une croissance « décélérée » condamne à s’interdire de jouir des bienfaits d’une société conviviale, autonome et économe, hors croissance, sans pour autant préserver le seul avantage d’une croissance vigoureuse injuste et destructrice de l’environnement, à savoir l’emploi. Lire la suite

Blasimon : Un îlot de céréales bio au milieu des vignes

Sud-Ouest, Olivier Escots, le 23 décembre 2008

BLASIMON. Depuis 1985, Éric et Marie-Lise Berjon produisent des huiles et farines biologiques

Un îlot de céréales bio au milieu des vignes

L’exploitation d’Éric et Marie-Lise Berjon s’apparente à un îlot céréalier en plein vignoble de l’Entre-deux-Mers. Mais le couple de producteurs serait plutôt du genre à revendiquer le statut de naufragés volontaires. Installés depuis une trentaine d’années, les Berjon prouvent que dans ce secteur il est possible de vivre d’autre chose que de la vigne. En production biologique depuis 1985, ils ont également démontré l’existence de débouchés pour leurs farines et huiles bio.

« Pas des babas cool »

Originaire du Nord Blayais, Éric avait de qui tenir puisque sa famille avait déjà développé une démarche bio dans la viticulture. Avec Marie-Lise, venue de Charente-Maritime, ils ont décidé de s’installer à Blasimon en 1978, avec, très vite, la volonté « de développer une production biologique pour tous ».

« Nous mangeons ce que nous produisons. Nous avons avant tout le souci de la qualité de l’alimentation », explique Marie-Lise. « Attention, nous sommes des agriculteurs, nous n’avons jamais été des babas cool », précise son mari. « Nous avons appris sur le tas, nous avons parfois commis des erreurs, mais nous avons toujours eu le même état d’esprit, celui d’une agriculture propre. »

Des 65 hectares des débuts, la superficie de l’exploitation de Blasimon s’étend désormais sur 110 hectares. « Auxquels il faut ajouter 13 hectares de bois, qui servent de barrière naturelle », précise Éric. Blé, épeautre (grand et petit), seigle, avoine, orge, lentilles vertes, tournesol, colza et soja poussent sur les terres de l’Entre-deux-Mers, selon le principe de la rotation des cultures.

Marché de proximité

Le couple produit ses propres huiles et farines, avec une presse à vis tournant à 10 litres par heure et des moulins Astrié permettant un rythme horaire de 30 kg. « Nous avons énormément de plaisir et de satisfaction à assumer l’ensemble du processus de production », observent les exploitants, dont les derniers investissements ont été en partie subventionnés par le Conseil général.

Les huiles et farines s’écoulent sur un marché de proximité, dans un rayon de 150 kilomètres autour de Blasimon. Le réseau des bio-coop est principalement sollicité. Lire la suite

Monsanto « Nous ne comptons pas … sur la France »

La Tribune.fr, le 22 décembre 2008

Interview de Brett Begemann, vice-président exécutif de Monsanto

« Nous ne comptons pas particulièrement sur la France » estime Monsanto

Le patron du leader mondial des OGM revient sur les pratiques du groupe et répond aux critiques.

La Tribune : Monsanto a publié ses résultats annuels le mois dernier. Comment évoluent vos performances depuis, sur fond de crise financière et économique ?

Brett Begemann : Nous avons réalisé en 2008 (exercice clos à fin août) des ventes record pour la troisième année consécutive, avec un chiffre d’affaires de 11,4 milliards de dollars [8,8 milliards d’euros], en hausse de 36%. Notre bénéfice d’exploitation (Ebit) a plus que doublé, à 2,9 milliards de dollars. Ces résultats tiennent largement à la forte augmentation de la demande mondiale en céréales. En revanche, depuis juin, le marché a changé. En parallèle aux turbulences des marchés financiers, le prix des matières premières a significativement reculé. Les activités de Monsanto (semences et pesticides) permettent aux agriculteurs d’augmenter leur productivité. C’est un avantage pour nous dans la situation actuelle, car cette nécessité perdure même -et surtout- en période de prix bas. Nous avons cependant aussi des clients, notamment les plus petits, qui ont davantage de difficultés pour acheter nos semences car l’accès au crédit s’est restreint. C’est le cas en Europe de l’Est et en Amérique du Sud. Ainsi au Brésil, certains fermiers pourraient décider de ne pas planter cette année certaines surfaces devenues non rentables en raison de la baisse des prix des céréales.
Notre situation générale demeure cependant satisfaisante car nos principaux marchés, les Etats-Unis (46% des ventes l’an dernier) et l’Europe (17%), résistent bien.

Quel a été l’impact de la crise alimentaire survenue au début de l’année pour le groupe ?

Cette crise a permis à de nombreux pays de prendre conscience de l’urgence d’augmenter les rendements agricoles. Sur sept des huit dernières années, la production mondiale de céréales a été inférieure à la consommation mondiale. Cela est dû à la hausse des revenus disponibles en Asie, qui conduit à une hausse de la consommation de protéines animales donc de céréales pour nourrir ces animaux, mais aussi à l’augmentation de la demande mondiale. Entre aujourd’hui et 2050, les besoins mondiaux en nourriture vont doubler ! Autrement dit, il va falloir produire davantage avec les mêmes surfaces. C’est pourquoi Monsanto s’est fixé depuis cette année un objectif de «rendement durable»: il s’agit d’une part de doubler le rendement des cultures de maïs, soja et coton entre 2000 et 2030. Cela correspondrait par exemple, aux Etats-Unis, à faire passer le rendement du maïs de 137 à 274 quintaux par hectare, et celui du soja de 35 à environ 75 quintaux par hectare. D’autre part, sachant que les surfaces cultivées ne sont pas extensibles, nous nous engageons à réduire d’un tiers les intrants (eau, engrais, pesticides…) à l’unité produite. A l’heure actuelle, l’agriculture utilise déjà 70% des ressources en eau de la planète. Ce domaine de recherche est prépondérant chez Monsanto: nous pensons pouvoir commercialiser un maïs résistant à la sécheresse à l’horizon 2012. Ce faisant, l’objectif est aussi de contribuer à améliorer la vie de nos clients agriculteurs, comme avec la culture du coton OGM en Inde.

Dans quelles régions enregistrez-vous les plus forts taux de croissance ? Que représentent les organismes génétiquement modifiés (OGM) dans votre activité ?

Les régions les plus dynamiques pour Monsanto sont les Etats-Unis et l’Amérique du Sud. Nos ventes se décomposent quasiment à parts égales entre d’un côté les semences conventionnelles et biotechs (OGM), et de l’autre les pesticides (sous la marque RoundUp essentiellement). Pour les semences génétiquement modifiées (OGM), les régions de plus forte croissance sont également les Etats-Unis et l’Amérique du Sud. Mais la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud ou l’Europe sont également des zones stratégiques. Lire la suite

Politiques agricoles et crise alimentaire dans le monde

lejournaldupaysbasque.com, propos recueillis pas Claire Revenu-Jomier, le 20 décembre 2008

70 % des gens qui souffrent de la faim sont des paysans

ENTRETIEN/ Paul Nicholson/ membre de EHNE et de Via Campesina

Paul Nicholson donnait jeudi soir une conférence sur le thème «Politiques agricoles et crise alimentaire dans le monde», au siège de Laborantza Ganbara à Ainhice Mongelos.

Membre du syndicat agricole basque EHNE (Euskal Herriko Nekazarien Elkartasuna), Paul Nicholson est citoyen du Pays Basque et vit à Gazteiz. Il est l’un des deux représentants européens de la Commission de Coordination Internationale de Via Campesina, le mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de femmes rurales et de communautés indigènes d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Afrique.

À l’heure du bilan de 2008, à travers la crise que nous traversons, quel est le message que vous voulez faire passer à travers cette conférence ?

La convergence des crises énergétique, climatique, alimentaire et financière révèle la crise du modèle néolibéral. Nous nous trouvons aujourd’hui à un carrefour où aucune route ne nous permet de revenir en 2007. Cette crise demande que soit mise en avant une économie plus locale, davantage liée au principe de souveraineté alimentaire.

Dans ce contexte, quelle politique agricole préconisez-vous pour le Pays Basque ?

Il faut un modèle plus adapté à la réalité sociale d’ici, plus lié aux besoins du Pays Basque. Il faut éviter d’entrer dans une démarche de technification de l’agriculture. Le Pays Basque y résiste bien. Mais 2 008 a été une année de crise et 2009 pourrait bien amener de la confusion dans les solutions à envisager. Il faut plus que jamais défendre une agriculture paysanne liée à l’économie locale.

La crise peut-elle faire changer les politiques agricoles européennes ?

Les accords de libre-échange détruisent l’agriculture d’ici mais aussi celle des pays du tiers-monde. L’Europe est responsable du bien être de tous les paysans dans le monde. 70 % des personnes qui souffrent de la faim dans le monde sont des paysans ! C’est la conséquence directe de l’échec des politiques agricoles et économiques qui donnent le pouvoir aux multinationales et privilégient les exportations au détriment de la production et de la consommation locales. Et la crise alimentaire est aggravée par les agrocarburants. Leur production a déplacé le problème sur la planète. Les cultures nécessaires à leur fabrication ont réduit les territoires auparavant utilisés pour la production alimentaire.

Comment le consommateur peut-il être acteur de la souveraineté alimentaire ?

Il faut travailler à un autre type de relation entre campagnes et villes, envisager une façon de consommer davantage liée à la réalité dans le monde. Le consommateur doit intervenir en tant que citoyen dans toutes les décisions qu’il prend, que ce soit dans la gestion du territoire, la gestion de la nature, dans ses choix alimentaires, dans ses choix de transport, dans ses modèles de société.

Via Campesina présent dans 60 pays Lire la suite

Atteintes à l’environnement en France : 60 000 PV par an

Le Figaro, Jean-Marc Leclerc, le 23 décembre 2008.

Atteintes à l’environnement : 60 000 PV par an

Pour la première fois, une étude recense les infractions pour pollution, dépôt sauvage d’ordures, braconnage ou destruction de la faune et de la flore. Infractions constatés en 2007 : non respect des règles administratives (19 573), protection de la faune et de la flore (16 677), nuisances sonores et visuelles (12 735) et pollutions (8 282).

Ce sont les atteintes du quotidien : l’exploitation agricole dont les rejets s’écoulent discrètement dans le fossé, la cidrerie qui verse à la rivière le surplus de ses cuves, le sac de déchets mis au fossé par une main anonyme, le feu aux émanations irrespirables que l’on allume un jour de pluie pour se débarrasser de ses vieux pneus. Et puis les agressions contre la faune et la flore : braconnage, cueillette intempestive, destruction d’espèces rares. Autant de manquements qui brossent le tableau des atteintes à l’écologie, telles qu’elles ressortent du premier bilan exhaustif établi par l’Observatoire national de la délinquance (OND).

Sur la foi des statistiques de l’Office national de la chasse, de son équivalent pour l’eau et les milieux aquatiques, ainsi que de la gendarmerie, police rurale par excellence, les experts de l’OND ont pu recenser près de 60 000 infractions au droit de l’environnement pour la seule année 2007. Ce qui correspond à plus de 150 procès-verbaux dressés chaque jour par la police, la maréchaussée, les gardes forestiers et autres gardes-pêche, sans oublier l’activité des lieutenants de louveterie, spécialisés dans la traque aux mauvais chasseurs. Voilà des chiffres qui fleurent bon le terroir.

L’Office national de la chasse et de la faune sauvage nous révèle ainsi que les Raboliot pullulent en campagne, puisque deux tiers de ses saisies sont constituées de filets, de pièges, de lunettes de visée et qu’il a, par ailleurs, confisqué 66 véhicules et 476 armes l’an dernier.

Une police spéciale dans les parcs nationaux

La sanction se solde à 80 % par une contravention. «L’unique infraction au Code de l’environnement qui soit qualifiée de crime concerne la destruction par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation, dès lors qu’elle cause des dommages irréversibles à l’environnement», explique Christophe Soullez, chef de département à l’OND. Elle s’est appliquée à six reprises en 2007.

Dans un tiers des cas, ce n’est pas une atteinte directe à l’environnement qui est sanctionnée, mais le non-respect de règles administratives. Par exemple, l’allumage d’un feu «à moins de 200 mètres d’un terrain boisé».

Les atteintes directes à la faune et à la flore ont représenté 16 677 infractions l’an dernier, parmi lesquelles 161 départs de feu. Il faut y ajouter des milliers de dépôts d’ordures sauvages. La gendarmerie, à elle seule, a vu ces infractions exploser en trois ans, de 837 PV établis en 2005 à 3 849 en 2007 ! Elle a aussi pu constater un cas d’incinération frauduleuse de déchets sur le site d’une installation de stockage.

L’Office national de l’eau et des milieux aquatiques a, pour sa part, relevé 1 162 rejets polluants dans les eaux superficielles ou souterraines, sur les quelque 1 808 infractions de ce type constatées l’an dernier.

Dans les parcs nationaux, une police spéciale a vu le jour. Lire la suite

Pourquoi … il faut lutter contre le changement climatique !

Croissance Verte, Karl Desfontaines, le 27 octobre 2008

Pourquoi, malgré d’inévitables incertitudes, il faut lutter contre le réchauffement climatique !

Ce court article a pour objectif de faire comprendre simplement la notion de changement climatique, et les grands dangers associés qui pèsent sur l’humanité le jour où un changement brutal adviendra.

Le climat terrestre est en effet un système de type « chaotique », avec de nombreux états d’équilibre.
Un de ces états d’équilibre est celui du climat actuel dans le monde, en place depuis la dernière glaciation il y a environ 10 000 ans : il est caractérisé par une bonne stabilité, des écarts de températures de l’ordre du °C sur l’ensemble du globe et pas de changements majeurs des équilibres atmosphériques et océaniques. Il y a bien eu quelques modifications non négligeables du climat depuis (ex : la « mini-ère glaciaire » du 15è au 17è siècle), qui semble correspondre à un état d’équilibre distinct mais « assez voisin » de l’état actuel.
A l’inverse, les périodes glaciaires et inter-glaciaires des derniers millions d’années correspondaient à d’autres états d’équilibres, manifestement distincts de l’état d’équilibre actuel.

Afin de mieux comprendre la situation du climat, faisons un parallèle avec un ballon lancé sur un terrain vallonné : le ballon va rouler et finir par se stabiliser au fond d’une vallée / d’un trou, qui est un point d’équilibre (ce qu’on appelle un « minimum local » en physique). Même s’il y a quelques perturbations (ex : un peu de vent tourbillonnant qui le fait bouger légèrement), le ballon va rester dans ce trou. Aujourd’hui et depuis quelques millénaires, le climat terrestre est dans un minimum local : de même, les quelques perturbations du système (éruption volcanique du Krakatoa, déforestation de l’amazonie, hausse du taux de CO2, etc …) perturbent le système mais n’ont pas remis en cause jusqu’à présent l’équilibre global du climat terrestre.

Maintenant, voyons de manière plus détaillée les impacts d’une perturbation du ballon (resp. du climat) par un coup de vent ou de pied (resp. une déforestation massive, une injection de CO2 dans l’atmosphère, un météorite qui tomberait sur la terre, …). Les perturbations vont faire bouger le ballon (resp. modifier le climat) :

Si la perturbation est faible et ponctuelle (petit coup de pied), il va bouger légèrement et revenir approximativement à sa position initiale. Pour le climat, ça peut-être la conséquence d’un gros volcan qui modifie le climat à cause des cendres envoyées dans l’atmosphère : après quelques années, c’est « oublié » (les cendres sont retombées).

Si la perturbation est faible et continue (le vent souffle faiblement dans un direction donnée à une force donnée sur le ballon), le ballon va un peu monter la pente du trou où il est (tout en y restant, le vent étant faible). Pour le climat, un taux de CO2 un peu plus élevé réchauffe légèrement la terre, sans plus de conséquences : c’est apparemment ce que nous observons depuis quelques décennies.

Si le vent souffle plus fort, le ballon va plus remonter (resp. le climat plus se réchauffer) mais l’équilibre reste le même : le ballon ne change pas de vallée. Pour le climat, la température augmente significativement mais l’équilibre global ne change pas vraiment : c’est la seule chose modélisable par les modèles de réchauffement climatique (« x% de CO2 en plus génère une modification de y degrés »). Les modèles climatiques essaient de déterminer la relation complexe entre taux de CO2 et température, et si possible de la différencier par région du globe.

Maintenant, si le vent se met à souffler suffisamment fort, il peut emporter le ballon qui sort de sa vallée et « part à l’aventure », jusqu’à ce qu’il trouve une nouvelle vallée suffisamment profonde et/ou à l’abri du vent pour se stabiliser : cela peut-être 2 mètres plus loin, ou potentiellement des km plus loin … Et généralement, il est très difficile de savoir là où le ballon va se stabiliser. Pour le climat, c’est le basculement d’un état d’équilibre à un autre : l’excès de température « casse » l’équilibre actuel et le système part à la recherche d’un nouvel équilibre (comme lors des passages d’un âge glaciaire à un âge inter-glaciaire). Malheureusement, pour le climat, de nombreux paramètres changent simultanément : les courants océaniques, la circulation atmosphérique, les couvertures nuageuses, la couverture glaciaire, la végétation, etc …, le tout de manière fortement corrélée avec d’innombrables rétro-actions positives et négatives : il est donc absolument impossible de prédire dans quel nouvel état d’équilibre le climat va se stabiliser ! Lire la suite

Biodiversité UE : d’importants efforts à accomplir

Actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 20 décembre 2008

Environnement et perte de la biodiversité : d’importants efforts à accomplir. L’Union européenne (UE) ne pourra pas à atteindre son objectif de mettre un terme à la perte de la biodiversité à l’horizon 2010 si elle ne consent pas à des efforts supplémentaires importants au cours des deux prochaines années.

En matière d’environnement, selon l’Union Européenne (UE), d’importants efforts restent à accomplir pour enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2010.

Voici la principale conclusion de la première évaluation globale des progrès réalisés dans la mise en œuvre du plan d’action en faveur de la diversité biologique qui vise à enrayer la perte de biodiversité dans l’Union Européenne (UE).

Malgré des résultats encourageants, notamment grâce à une nouvelle extension du réseau Natura 2000 de zones protégées et à d’importants investissements en faveur de la protection de la biodiversité, l’intégration de la problématique de la biodiversité et des écosystèmes dans d’autres politiques sectorielles demeure un véritable défi. La nouvelle communication de la Commission définit des priorités d’action pour l’avenir.

Pour Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, « cette diminution continue de la biodiversité est grave non seulement en raison de la valeur intrinsèque de la nature, mais aussi parce qu’elle entraîne le déclin de services écosystémiques vitaux. »

En Europe, « nous nous sommes fixés un objectif ambitieux en matière de biodiversité pour 2010, nous savons quelles actions sont à mener et nous avons les instruments pour y parvenir. J’appelle donc tous les États membres à redoubler d’efforts pour maintenir la diversité de la vie et le bon état des écosystèmes sur lesquels reposent notre prospérité et notre bien-être » a précisé Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement.

Pour Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, « un effort considérable » est donc « nécessaire » pour parvenir aux objectifs du plan d’action fixé par la Commission européenne de 2006, un plan d’action visant à enrayer la diminution de la biodiversité à l’horizon 2010, et qui définit les actions concrètes à mener par les États membres.

Le rapport publié il y a quelques jours donne un aperçu des progrès réalisés et constitue la dernière véritable occasion de faire un état des lieux avant 2010. Le rapport aborde quatre domaines stratégiques principaux: la biodiversité dans l’UE, l’UE et la biodiversité dans le monde, la biodiversité et le changement climatique, et enfin la base de connaissances. Il synthétise également pour la première fois les progrès accomplis dans chaque État membre.

Les principales conclusions de ce rapport montrent que l’UE doit faire un effort considérable pour atteindre son objectif à l’horizon 2010 et que la Communauté européenne tout comme les États membres doivent intensifier leurs efforts pour pouvoir ne serait-ce que s’approcher de cet objectif.

En effet, les politiques et la législation communautaires en matière d’environnement offrent « déjà une base solide pour faire face au défi de la biodiversité, mais elles doivent faire l’objet d’une mise en œuvre efficace. » La nouvelle évaluation met en évidence les priorités pour les années à venir, telles que des mesures supplémentaires pour gérer et restaurer les sites du réseau Natura 2000, ou la restauration du bon état des écosystèmes et des services écosystémiques dans les zones rurales de l’Union européenne non protégées ainsi que dans les milieux marins et d’eau douce.

Cette évaluation de la biodiversité dans l’Union européenne fait état de nombreux éléments positifs. Lire la suite

Pesticides : pourquoi les inquiétudes sont légitimes

novethic, Rouba Naaman, le 19 décembre 2008

Pesticides : pourquoi les inquiétudes sont légitimes

L’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP) veut rassurer l’opinion publique sur la dangerosité supposée des pesticides. Indispensables, inoffensifs, très réglementés, peu persistants, les arguments ne manquent pas pour la promotion des produits phytosanitaires. Deux experts commentent les affirmations de l’UIPP pour Novethic.

Après la sortie du rapport annuel de la Direction général de la santé et de la protection du consommateur (DG SANCO), l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) contre-attaque. Pour la fédération, qui regroupe 19 entreprises de l’industrie des phytosanitaires, les résidus de pesticides dans les aliments ne doivent pas être source d’inquiétude. André Picot, toxico-chimiste, directeur de recherche honoraire au CNRS et expert français auprès de l’Union européenne pour la fixation des normes de produits chimiques, et François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), répondent aux arguments des porte-parole de l’UIPP.

« La balance bénéfice/risque est favorable aux pesticides »

Les phytosanitaires ne sont pas des produits anodins, mais ils sont très utiles, explique l’UIPP. « Aucun produit ne peut couvrir la santé du consommateur, celle de l’agriculture et celle de la plante aussi bien qu’un phytosanitaire » soutient Jean-Charles Bocquet, directeur de l’UIPP.

La réponse des experts

Pour André Picot, « c’est valable dans une économie de surproduction ». L’agriculture biologique prouve que les pesticides sont substituables. « L’INRA montre qu’un agriculteur peut utiliser deux fois moins de pesticides, en perdant très peu de rendement, et en faisant des économies » avance François Veillerette. Par ailleurs, une application stricte du principe de précaution supposerait qu’un risque, même infime, annihile tout bénéfice d’un produit.

« C’est la dose qui fait le poison »

Paraphrasant Paracelse, alchimiste du XVIe siècle, l’UIPP soutient qu’aux doses infimes auxquelles le consommateur est exposé, il n’y a aucun risque pour la santé. « Aujourd’hui, on peut détecter des quantités minimes de substances chimiques dans l’organisme. Mais il faut distinguer présence d’un produit et impact sur la santé » insiste Vincent Gros, vice-président de l’UIPP.

La réponse des experts

Cette affirmation est valable pour de nombreux produits mais pas pour les génotoxiques, substances qui peuvent modifier l’ADN et entraîner des cancers. C’est le cas pour un certain nombre de pesticides. « La toxicité dépend aussi de l’effet de la substance » précise André Picot. Même schéma pour les perturbateurs endocriniens : ils agissent comme des hormones, qui ont justement des effets à des doses très basses. « De petites doses de produits chimiques suffisent aussi à atteindre les systèmes nerveux et immunitaire » ajoute André Picot. C’est surtout l’exposition prolongée aux pesticides dont l’effet est encore mal connu.

« Il n’y a pas de preuve de l’effet cocktail des pesticides »

L’UIPP cite l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) et le Fond mondial de recherche contre le cancer (WCRF), qui affirment qu’il n’existe « aucune preuve épidémiologique » d’un effet combiné synergique des pesticides.

La réponse des experts

En effet, il existe peu de preuves… pour la bonne raison qu’il y a eu très peu d’études sur le sujet. Lire la suite

Monsanto : Nos OGM sont totalement sûrs

lejdd, Le Journal du Dimanche, propos recueillis par Soazig QUEMENER, le 15 Décembre 2008

« Nos OGM sont totalement sûrs »

Pour ses détracteurs comme André Chassaigne, député PC du Puy-de-Dôme, la firme américaine représente rien moins que « l’arme alimentaire qui, en contrôlant les semences, cherche à dominer le monde ». Espérant réhabiliter une image écornée, le leader des OGM se décide à sortir du silence par la voix de Laurent Martel, son directeur pour la France.

L’année 2008 a été marquée par le livre-enquête Le Monde selon Monsanto*, écoulé à 80 000 exemplaires. Qu’en avez-vous pensé ?

C’est un livre à charge qui assène tout un tas d’erreurs. En France, nous sommes avant tout des agronomes qui travaillent au service des agriculteurs. Monsanto participe à des défis essentiels. Nous sommes 6,5 milliards d’habitants sur Terre, nous serons 9 milliards d’ici quarante ans. Dans ce laps de temps, il va falloir produire autant d’aliments qu’au cours des 10 000 dernières années. Pour y parvenir, nous lançons une initiative sur vingt ans, le rendement durable : doubler les rendements sur trois espèces – le maïs, le soja et le coton -, tout en réduisant d’un tiers les quantités d’eau, de pesticides ou d’engrais.
Etes-vous aujourd’hui convaincu de l’innocuité pour les hommes des semences que vous vendez ?

Nous en sommes certains, car dans tous les pays du monde, nos produits passent au travers des contrôles les plus stricts. J’en veux pour preuve que le maïs MON 810 vient de passer avec succès la 24e évaluation de l’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) qui confirme, une fois de plus, qu’il s’agit d’un produit totalement sûr.
Comment expliquez-vous alors que la culture du MON 810 soit interdite en France ?

Je pense que c’est une posture qui n’a rien de scientifique, qui est totalement politique. En France, l’accumulation des prises de position fait qu’il est difficile de parler des biotechnologies de manière positive.

Quelle conséquence économique cette interdiction a-t-elle pour vous ?

N’oubliez pas que nous vendons d’abord des semences conventionnelles et que nous sommes leader en France sur le maïs, le colza et le tournesol. Sinon, il faudrait poser la question à un agriculteur du sud-ouest de la France qui a pu cultiver des OGM en 2007, obtenir des rendements 20 à 25 % supérieurs avec une qualité sanitaire de récolte tout à fait spectaculaire, et à qui l’on demande dès l’année suivante de renoncer à cet outil.
Quel regard portez-vous sur les faucheurs d’OGM ?

La désobéissance civique est inacceptable.

Les ministres européens de l’Environnement viennent de se mettre d’accord sur un durcissement de l’encadrement des plantes transgéniques. Craignez-vous une « Europe, zone sans OGM » prônée par les ONG ? Lire la suite

CNRS : Comment les plantes acquièrent-elles leur forme ?

CNRS, communiqué, le 12 décembre 2008

Comment les plantes acquièrent-elles leur forme ?

Une équipe composée de chercheurs français, américains et suédois, pilotée par des chercheurs lyonnais de l’INRA, en collaboration avec l’ENS de Lyon, le CNRS et l’Université Claude Bernard Lyon I, vient de mettre en lumière un mécanisme fondamental de la morphogénèse (1) des plantes. Au terme d’un travail interdisciplinaire combinant expérimentation et modèles informatiques, ils ont montré que les forces physiques générées par des tissus en croissance déterminent l’orientation du cytosquelette (2) des cellules. Celui-ci, à son tour, contrôle la forme des cellules et détermine en grande partie celle de la plante. Ces travaux sont publiés dans SCIENCE le 12 décembre 2008.

L’un des grands thèmes de la biologie du développement est de comprendre comment les réseaux de régulation génétique sont liés à la forme des êtres multicellulaires. Les gènes contrôlent indirectement la géométrie des tissus en affectant les propriétés chimiques et mécaniques des cellules individuelles. Mais réciproquement, les propriétés des tissus peuvent affecter l’activité des gènes. L’enjeu est donc de déchiffrer le dialogue entre gènes et formes. L’équipe pilotée par les chercheurs de l’INRA vient de réaliser une percée dans ce domaine grâce à l’étude du méristème (3) d’Arabidopsis, une plante à fleurs très utilisée en biologie végétale.

Les différentes vitesses de croissance des cellules dans le méristème créent collectivement des champs de forces dans les tissus. Ces champs sont issus des pressions mécaniques qu’exercent les cellules les unes sur les autres. Grâce à des modèles informatiques validés par de nombreux dispositifs expérimentaux, les chercheurs ont montré que les microtubules, constituants principaux du cytosquelette, s’orientent de façon parallèle aux directions des forces. Les cellules réagissent ainsi au stress mécanique. Or, il est admis que les microtubules contrôlent le dépôt orienté des fibrilles de cellulose dans la paroi cellulaire, donnant ainsi aux cellules à la fois leur rigidité et un axe de croissance préférentiel.  Ainsi, via l’organisation des microtubules dans chaque cellule individuelle, les tissus peuvent changer de forme, se plier et adopter des formes caractéristiques dans le méristème d’Arabidopsis. Réciproquement, les formes en croissance génèrent les contraintes mécaniques qui contrôlent l’organisation des microtubules. 

D’un point de vue plus général, ces travaux s’inscrivent dans un changement de paradigme en cours dans la biologie du développement : les chercheurs ne considèrent plus le développement embryonnaire comme un processus sous le contrôle strict de la génétique, mais plutôt comme un processus à plusieurs niveaux qui interagissent entre eux. Lire la suite

Les murs végétalisés de Patrick Blanc

Le Point N°1891,  Marie-Christine Morosi, le 11 décembre 2008

Les murs verts de Patrick Blanc

Le fameux mur végétalisé du musée du Quai-Branly, à Paris, est son œuvre. Ce chercheur au CNRS a réalisé plus de 200 jardins verticaux dans le monde.

Pour Patrick Blanc, « Mur » prend désormais une majuscule. Son concept très original de murs végétalisés dont il a déposé le brevet en 1988 a lancé la mode des jardins verticaux. Aujourd’hui, il court le monde pour répondre à des demandes toujours plus spectaculaires d’architectes et d’urbanistes qui ne peuvent plus se passer de ce botaniste artiste qui redessine la nature pour citadins coupés de leurs racines. A lui de végétaliser murs aveugles, piles de ponts, centres commerciaux sans âme et parkings sans vie. Depuis son premier mur en 1986 à la Cité des sciences, à Paris, Patrick Blanc a créé près de 200 jardins verticaux et une cinquantaine de projets l’attendent. Un de ses prochains défis est une « série d’arches végétales de 150 mètres de longueur enjambant des avenues de Dubai à 200 mètres de hauteur ».

« Je n’ai jamais aimé la campagne, jamais aimé les jardins, à l’exception des jardins botaniques. Je n’ai toujours aimé que les grandes villes et les milieux naturels les moins perturbés possible […]. Je n’ai jamais vécu qu’en ville et, depuis trente-cinq ans, je parcours les forêts primaires du monde », écrit-il. Cela pourrait paraître paradoxal, mais c’est justement sa fabuleuse connaissance des plantes qui lui permet de tapisser de vert des murs urbains, du Blanc-Mesnil à São Paulo.

Mèches de cheveux verts, tuniques à motifs de feuillages et pantalons-chaussures-chaussettes, tantôt mousse, tantôt anis. Cette panoplie chlorophylle, adoptée dès ses premières expéditions en forêt tropicale, lui sert de passeport entre Singapour et Athènes, Gênes et New York. Pied de nez aussi d’un adulte de 55 ans qui s’amuse comme l’enfant qu’il était découvrant l’aquarium du médecin de famille à Suresnes. Surpris par les poissons multicolores et les plantes aquatiques étranges, autant que par les glouglous du filtre. Le jeune Patrick apprendra vite que pompes et plantes régénèrent l’eau et maintiennent vivant l’écosystème de ce micro-univers. Son propre aquarium devient bientôt un laboratoire où prennent racines des boutures du philodendron maternel. Puis viendront divers stratagèmes d’alimentation en eau des lianes qui escaladent les murs de l’appartement familial.

Exposé tel un artiste

En 1972, l’année de son deug en sciences naturelles à Jussieu, il s’envole le temps d’un été parcourir les sous-bois de Thaïlande et de Malaisie, milieu d’origine de ses plantes d’appartement. Il découvre alors « des fougères dégoulinant le long des troncs d’arbre, des pans de végétation disparaissant derrière des rideaux d’eau, des rochers recouverts de petites plantes délicates et la capacité des plantes à coloniser tous les supports disponibles, en pleine lumière ou dans l’ombre profonde et dans les sites les plus inaccessibles ». Il comprend aussi que les plantes peuvent s’installer à toute hauteur et pas simplement à partir du bas pour s’élever en grimpant. Il n’aura alors de cesse d’essayer de reproduire cette végétation qui le fascine et il consacre ses recherches aux plantes dites de « basses énergies », qui bénéficient d’à peine 1 % de lumière à travers la canopée (1) et poussent dix à vingt fois moins vite que les autres. A celles qui peuplent les sources chaudes de Java, aux algues qui prolifèrent dans les cascades au Venezuela ou encore à cette petite fougère de Sumatra qui survit dans les courants violents. Bref, à ces modestes qui font preuve d’ingéniosité pour résister aux conditions extrêmes.

« J’utilise beaucoup d’espèces, jusqu’à 400 pour le musée du CaixaForum de Madrid. » Ses murs ne sont pas tapissés de plantes rares, au contraire. « Je n’utilise que des espèces qui poussent dans la nature, sur pentes, troncs, branches, sous-bois. » Comme ces belles indigènes communes que sont les buddleias, les figuiers ou les hortensias, Lire la suite

Les ONG environnement. reçues le 19 décembre à l’Elysée

developpementdurablele journal, 23 décembre 2008, Stéphane Davin

Energie Climat : Vers un verdissement du plan de relance

Les représentants des ONG environnementales reçues vendredi à l’Elysée

A l’issue d’une rencontre avec les ONG du Grenelle pour une présentation du Paquet Energie Climat européen, le cher de l’Etat a accepté la proposition d’une réunion début janvier des acteurs du Grenelle, afin d’examiner des propositions en faveur d’un verdissement du plan de relance économique en discussion à l’Assemblée depuis hier.

« Accord historique » pour le chef de l’Etat et le gouvernement, « compromis non satisfaisant » pour Serge Oru président de WWF, « un paquet énergétique au rabais » pour Karine Gavand de Greenpeace, un PEC « victime de la politique du plus petit dénominateur commun » pour Sébastien Genest de France Nature Environnement : la rencontre vendredi entre le président de la République et les ONG1 partie prenante du Grenelle, pour examiné le Paquet Energie Climat signé dans le cadre de la Présidence Française de l’UE, a été l’occasion, comme le résume l’une d’entre elles, d’ « une explication franche mais utile ».
Entouré de Jean-Louis Borloo ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire et de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Nicolas Sarkozy a présenté son analyse en insistant sur la difficulté de pays de l’Union, et notamment des nouveaux Etats membres, d’adapter rapidement leurs économies aux exigences du PEC. Toutefois, « face au défi mondial du climat, l’Union européenne a su prendre ses responsabilités » a-t-il indiqué, rappelant « la volonté de la France de contribuer à un accord international sur la lutte contre le changement climatique d’ici à la fin de l’année 2009, pour la conférence de Copenhague ».
Un Grenelle du verdissement de la relance

Les associations ont demandé à Nicolas Sarkozy d’aller plus loin en France. Elles ont notamment estimé que le contexte environnemental et économique et exigeait «  le verdissement du plan de relance de l’économie » présenté il y a quelques jours et qui est entré en discussion hier à l’Assemblée nationale. Le Plan de relance « est l’occasion de traduire dans les faits, non seulement les engagements du Grenelle mais aussi les objectifs du Paquet énergie climat » a indiqué FNE. « Il s’agit maintenant de faire le pari de l’économie de demain en donnant à la France un objectif de réduction de 30% des gaz à effet de serre d’ici 2020 sur le territoire national sachant que cet objectif créera 684 000 emplois nets soit 200 000 emplois nouveaux de plus que ce que prévoit, au mieux, le Grenelle de l’environnement » a ajouté WWF.

A l’issue de la réunion Nicolas Sarkozy a pris plusieurs engagements.  Lire la suite

Rapport AfSSET et INSERM : Cancer et environnement

La documentation française, décembre 2008

Cancer et environnement

Institut national de la santé et de la recherche médicale, 2008

Cet ouvrage présente les travaux de deux groupes d’experts réunis par l’Inserm dans le cadre de la procédure d’expertise collective, pour répondre à la demande de l’Afsset concernant l’impact de l’environnement sur certains cancers dont l’incidence a augmenté au cours des vingt dernières années. Ce travail s’appuie sur les données scientifiques disponibles en date du premier semestre 2007. Près de 1 800 articles ont constitué la base documentaire de cette expertise.

> Consulter le rapport :   [PDF] 10381 Ko / 

 Sommaire /

I Mécanismes généraux de toxicité

1. Mécanismes fondamentaux

2. Analyse de la toxicité de quelques polluants

Principaux constats et propositions

II Cancer du poumon

3. Classification histologique et pathologie moléculaire

4. Incidence et évolution

5. Mortalité et évolution

6. Polymorphismes génétiques

7. Facteurs de risque reconnus

8. Facteurs de risque débattus

9. Pollutions atmosphériques

10. Interactions gènes-environnement

Principaux constats et propositions

III Mésothéliome

11. Classification histologique et pathologie moléculaire

12. Incidence et évolution

13. Mortalité et évolution

14. Facteurs de risque reconnus1

15. Facteurs de risques débattus5

Principaux constats et propositions

IV Hémopathies malignes

16. Classification

17. Incidence et mortalité chez l’adulte

18. Incidence et mortalité chez l’enfant

19. Facteurs de risque chez l’adulte

20. Facteurs de risque chez l’enfant

Principaux constats et propositions

V Tumeurs cérébrales

21. Classification histologique et pathologie moléculaire Lire la suite

Cap Sciences, Aménagement du paysage : Et les citoyens ?

aqui.fr, Virginie Wojtkowski, le 17 décembre 2008

Aménagement du territoire : la consultation fait débat sous l’égide de Cap Sciences

Pour son 13e Théâtre de la science, Cap Sciences s’est lancé dans un programme estampillé environnement. Il est question d’homme, de paysage et de coexistence entre les deux. Les rencontres ont débuté le samedi 8 décembre et s’achèveront en mai de l’année prochaine. Le temps pour les intervenants d’aborder les enjeux et les concepts qui se cachent derrière le simple mot de « paysage ». La conférence qui s’est déroulée ce lundi 15 décembre à l’Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine (IJBA) s’inscrit dans cette droite ligne. Avec comme thème « Aménagement du paysage : affaire d’élus ou d’experts ? Et les citoyens ? », la réflexion a porté sur la compétence du citoyen à se mêler des bouleversements paysagers de sa commune.

PLU, AEU, ENR : des sigles dont peu connaissent le secret. Des sigles sur lesquels les citoyens sont pourtant de plus en plus invités à se prononcer au sein de leur commune. Pour les implantations écologiques ou pour tout autre type d’aménagement du territoire. En matière de consultation des administrés sur les bouleversements touchant à leur cadre de vie, il y a deux écoles. L’une pense que l’aménagement paysager ne peut se faire qu’avec une participation démocratique. L’autre veut croire que l’avis du citoyen lambda, parce qu’il est non expert de la question, nuit à la cohésion de l’ensemble. Ces deux avis ont été représentés et défendus à la conférence.

Démarche participative

« Sur la ville d’Artigueloutan, dans la communauté de communes de Pau, où l’on m’a demandé d’intervenir, la consultation publique a été faite dans l’intérêt de la mairesse. Elle estimait important de savoir ce que les habitants pensaient de l’aménagement de leur territoire, pour mieux agir dans leur intérêt ensuite ». Eva Bigando est géographe. Elle a innové dans la démarche de consultation du public. A travers des photos prises dans leur village, les habitants se sont approprié la question de son aménagement. Pas illogique. Bernard Brunet, le paysagiste de la conférence, parle d’une réelle « conscience paysagère » et ajoute : « La question du paysage doit s’aborder en débat publique. C’est inscrit comme d’intérêt général ». Partant du principe qu’un cadre de vie est « une chose sentimentale » pour la personne qui l’emprunte, la perception de l’administré sur le bouleversement que va subir « son » paysage serait primordiale. Sans cela, l’aménagement pourrait être un processus mal vécu. Pas de quoi ravir les élus politiques qui en sont à l’origine.
Vitrification
« Oui, mais ». C’est là qu’intervient Serge Morin, professeur de géographie et maire de Branne en Gironde. Lui est d’avis contraire. Il pense qu’un citoyen n’est pas apte à juger du travail d’un expert. Lire la suite

Naissance de l’Agenda 21 de Bordeaux

Sud-Ouest,  Julien Rousset, le 23 Décembre 2008

MAIRIE. Le conseil municipal s’est réuni hier pour une séance longue et copieuse comme un réveillon. Autour de deux plats de résistance : l’agenda 21 et le budget primitif 2009

Un conseil vert et argent

Le « marathon » annoncé a tenu ses promesses, si bien qu’il a fallu jouer les prolongations : entamé hier à 15 heures, le conseil s’est poursuivi toute la soirée. Longue séance donc, tout de même entrecoupée d’un buffet de Noël à l’occasion duquel le jeune Capricorne Fabien Robert, 24 ans depuis hier, a eu droit à une chanson d’anniversaire.

C’était l’une des curiosités de ce conseil atypique, à cheval entre le répit d’un jour de vacances (peu de journalistes et de public dans les loges) et la densité d’un ordre du jour dominé par deux gros morceaux : l’Agenda 21 et le budget 2009, qui, à eux seuls, ont occasionné respectivement deux et trois heures de débats…

Agenda 21. Après le tram, le plan Vert et la charte d’écologie urbaine, la mairie franchit un nouveau cap sur le chemin du développement durable avec l’Agenda 21 présenté hier. 260 mesures balisent cette feuille de route dont les Bordelais auront, en janvier, une synthèse. Utiliser des fruits et légumes crus de saison dans les cantines scolaires, équiper les parcs en gestion centralisée de l’arrosage, développer un réseau de découverte de Bordeaux à vélo… ce plan d’action émerge d’une concertation qui a impliqué, d’ateliers de quartier en rencontres éco-citoyennes, de nombreux Bordelais (18 000 selon les chiffres de la mairie) ; sa conception doit beaucoup à l’énergie de l’adjointe Anne Walryck.

Le grand défaut des Agendas 21, c’est que, souvent, ils finissent au vaste cimetière des bonnes intentions : face à ce péril, la plupart des actions de cet agenda bordelais sont assorties d’objectifs chiffrés -pas assez du point de vue de Jacques Respaud pour le PS.

Pierre Hurmic a pour sa part reconnu les vertus de ce petit livre vert, tout en jugeant qu’il arrivait tard, et que la concertation n’avait pas été assez profonde. D’où l’abstention de l’élu, qui a décroché la formule du jour en indiquant ne pas vouloir adresser un « chèque en vert » à la mairie. Son collègue Patrick Papadato devait confier un peu plus tard que cette abstention a « fait débat » au sein des Verts, tandis qu’Alain Juppé regrettait un « exercice d’équilibriste ». Abstentions également du groupe socialiste et des élus communistes, ces derniers avançant des propositions concrètes pour améliorer l’Agenda 21, comme une meilleure utilisation, pour les transports doux, du fleuve et de la ligne de chemin de fer ceinturant la ville.

Budget 2009. Les recettes de la Ville de Bordeaux devraient s’élever l’an prochain à 378 millions d’euros. Les dépenses de fonctionnement représentent 293 millions d’euros ; le désendettement se poursuit (69 millions d’euros ont été gagnés depuis 95 sur la dette, qui se situe cette année à 180 millions d’euros) ; l’investissement dépassera cette année la barre les 60 millions d’euros.

Chaque adjoint a détaillé ses projets pour l’année à venir, avant les bémols de l’opposition, dont plusieurs élus ont estimé que le budget primitif ne tenait pas assez compte des « dégâts » de la crise. Lire la suite

Langoiran 4 janvier, Etavie et Gafet, nouveau marché bio

Sud-Ouest, Gilbert Habatjou, le 23 Décembre 2008

LANGOIRAN.

Les producteurs bio ont maintenant leur marché

Nathalie Orsoni (Étavie) et Stéphane Pigot (Gafet) lors du premier marché Traditions et Nature. Un marché bio et naturel vient de voir le jour, à l’initiative d’Étavie et Gafet, deux associations locales. Ces deux associations se sont fixé pour objectif la sensibilisation à l’écologie, au respect de l’environnement et de mener des actions en faveur du développement durable.

ETA… vie (Eau Terre Air… vie) favorise et développe des actions écocitoyennes en direction du public et des collectivités. Elle mène des actions pédagogiques sur les thèmes de l’écologie, la protection de la terre, l’air l’eau et l’homme.

Gafet initie et sensibilise les enfants aux sciences, à l’environnement et monte des actions de prévention santé et risques de la vie courante en utilisant la méthodologie et les outils pédagogiques de Fun Science. Au-delà du grand public, l’association vise surtout le jeune public par une médiation scientifique et environnementale sous forme d’ateliers ou de spectacles dans le cadre scolaire ou dans les centres de loisirs.

Énergie en commun

Les sensibilités de ces deux associations se rejoignent. Aussi, c’est tout naturellement qu’elles ont décidé de mettre leur énergie en commun.

« Lors de nos échanges, il nous est apparu essentiel de réconcilier les populations avec les  »cultures » traditionnelles et le bon sens que portaient nos campagnes. Il est clair pour nous qu’il nous appartient d’aider à la promotion d’une agriculture respectueuse et protectrice de la santé, des espaces. Cela nous a naturellement conduits au projet d’organiser un marché des producteurs bio et du naturel », expliquent Nathalie Orsoni et Stéphane Pigot, que nous avons rencontrés lors du premier marché, qui s’est tenu en même temps que la Foire au gras.

Tous les mois

Le premier dimanche de chaque mois, les deux associations proposeront un marché Traditions et Nature, Lire la suite

Pour 16 000 €, il a construit son éolienne

Le Parisien, Pascal Villebeuf, 22 décembre 2008

Pour 16 000 €, il a construit son éolienne

Un habitant du sud de Nemours a réussi à construire sa propre éolienne. Il espère réduire sa facture d’électricité de 80 %.

Il est technicien technicien chez Air France. Jean-Pierre Poirier était donc destiné à jouer les aventuriers de l’éolien. Echappé d’une région parisienne étouffante, il s’est réfugié avec sa famille sur le plateau de Paley-Lorrez-le-Boccage, près de Nemours. « C’est en voyant un reportage à la télévision que j’ai eu le déclic.

Je me suis dit : J’ai construit ma maison tout seul, ce n’est pas quelques boulons et un cube de béton qui vont m’effrayer. » Mais quand Jean-Pierre se renseigne, il est affolé par le coût du projet. « On m’annonçait un prix de 40 000 €. C’était trop cher. »

Pendant quelques semaines, il tâtonne. Puis se décide à monter une station météo afin de voir si la force moyenne du vent est suffisante à cet endroit. Il s’aperçoit qu’implanter une éolienne de moins de douze mètres (10 kW) ne nécessite aucun permis de construire. Bingo ! Il déniche sur Internet le contact d’un directeur commercial chinois, qui fournit de nombreuses entreprises françaises. Et en plus, il obtient des tarifs défiant toute concurrence. « Cela m’a coûté au total 16 000 €. Soit trois fois moins cher qu’en passant par un installateur français. Et si j’avais investi dans des panneaux solaires, la facture s’élèverait à 60 000 € ! »

Bien sûr, Jean-Pierre en a un peu bavé pour voir son éolienne tourner au fond du jardin. « Il a fallu aller chercher le mat au Havre (76), couler un bloc de béton de 17 t pour ancrer l’éolienne, assembler le tout, installer le récupérateur de tension… Heureusement, des amis et des voisins m’ont aidé. » Auparavant, Jean-Pierre a négocié un simple prêt à la consommation. Mais n’a pas eu droit à un crédit d’impôts nouvelles énergies, faute d’installateur officiel. Mais le jeu en valait la chandelle. « Elle est en test depuis un mois et ça marche, assure-t-il. Je devrais réduire ma facture d’électricité de 80 %. Soit 1 200 € par an. Je pourrais faire un vrai bilan dans un an. » Que du bonheur. Lire la suite

Scénarios du GIEC : comment sera le monde en 2100 ?

Prévisions du GIEC sur le climat et son impact économique : comment sera le monde en 2100 ?

Joaquim Da costa – Green-Ethic , le 17 décembre 2008

Une chose est certaine, le climat de demain dépend de nos choix économiques, technologiques et sociaux. Et ce climat qui va se modifier de manière importante aura des conséquences aussi spectaculaires que dramatiques sur notre façon de vivre !
Afin d’anticiper de telles évolutions, les chercheurs du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ont imaginé et mis au point de nombreux scénarios qui présentent les divers changements climatiques possibles et leur impact sur nos sociétés. Pour étayer leur thèse, ces « futurologues » du GIEC ont rendu disponibles ces multiples scénarios dans différentes bases de données. A partir de cela, ils ont élaboré quatre récits qui représentent ce que pourrait être notre monde en 2100. Vous en trouverez ci-après un résumé.

Récit baptisé A1B : Technologies de pointe et mondialisation

Le scénario A1 comporte trois variantes. La plus équilibrée, A1B, prévoit une intensification des échanges, favorisant une croissance rapide fondée sur les nouvelles technologies et associant tous types d’énergie. Les inégalités Nord-Sud se réduisent, tandis que la courbe du C02 croît.

Récit baptisé A2 : Consommation soutenue et inégalités accrues

Une croissance économique forte repose encore sur de « vieilles » technologies dans un monde devenu plus protectionniste : c’est l’hypothèse sur laquelle repose ce scénario A2 qui voit les inégalités se creuser entre Nord et Sud. Un scénario qui entraîne une véritable explosion des émissions polluantes.

Récit baptisé B1 : Economie de services et développement durable

Dans ce scénario B1, la courbe du CO2 évolue plus lentement grâce, notamment, à un recours accru aux énergies renouvelables et à une utilisation plus rationnelle des ressources. L’économie mondialisée n’en reste pas moins dynamique, mais se tourne essentiellement vers le tertiaire.

Récit baptisé B2 : Economie solidaire et régionalisation

Une économie qui met la pédale douce sur les énergies fossiles, favorise l’agriculture biologique et tourne le dos à la mondialisation… Le scénario B2 voit pourtant les émissions de CO2 croître, conséquence d’une trop lente évolution technologique et d’une population qui augmente.

Selon le GIEC, la population humaine pourrait selon les différents scénarios passer de 7 à 15 milliards d’habitants.

Plus intéressante encore, l’évolution des gaz polluants. Il apparaît globalement évident qu’une population qui s’accroît rejette plus de carbone… Néanmoins, cette donnée n’est pas suffisante pour tout expliquer ! Ainsi, dans les scénarios A1 et B1, qui s’appuient sur une augmentation démographique relativement modérée, la variation d’émissions de 5 à 20 gigatonnes de carbone est surtout liée à nos choix économiques et technologiques. Donc en fonction des modèles que nous adopterons, les 20 gigatonnes de carbone pourront aussi bien être atteintes pour une population de 7 milliards d’habitants que de 15 milliards !

Quant au développement économique, aucune des hypothèses ne prévoit un monde appauvri. Lire la suite

Canfin : La croissance verte n’est pas un but en soi

Politis, propos recueillis par Patrick Piro, décembre 2008

« La croissance verte n’est pas un but en soi »

Pour Pascal Canfin, responsable de la commission économie des Verts, la croissance verte prônée par le gouvernement est une manière d’inféoder l’écologie à une économie de croissance classique.

La « croissance verte », nouveau slogan à la mode, ne tente-t-elle pas de faire cohabiter deux principes antagonistes – le productivisme et l’écologie ?

Pascal Canfin : La croissance verte ne peut pas être un objectif en elle-même. Le but, à nos yeux, c’est la décroissance de l’empreinte écologique, la conversion écologique de l’économie et une meilleure qualité de vie pour tous. Certaines mesures de cette conversion écologique feront augmenter le PIB, car elles créeront des activités nouvelles, d’autres non. La croissance du PIB pour des raisons écologiques sera peut-être une conséquence de la conversion de l’économie, mais ce n’est en aucun cas un but en tant que telle.

Au contraire, faire de la croissance verte un objectif peut être très limitatif, car cela revient à tenter de confiner l’écologie dans une niche, et à en apprécier l’utilité au regard de ce qu’elle peut apporter au PIB. Résultat, si l’écologie ne favorise pas la croissance, alors il faudrait y renoncer.

Or, on sait que certaines mesures écologiques auront un impact négatif sur le PIB. Prenons l’exemple des transports aériens : dans le modèle de la « croissance verte », on parle à la rigueur d’avions moins gourmands en carburant, mais il n’est dit nulle part que le trafic doit être réduit.

Le recours à la technologie et aux grands travaux est le grand axe directeur de cette nouvelle approche. Un non-sens ?

Il faut bien sûr encourager une révolution technologique verte pour inventer des produits écoconçus, entièrement recyclables, économes en énergies. Mais il ne faut pas s’en tenir à l’aspect technologique, sinon cette révolution se heurtera à ce que les économistes appellent l’effet rebond : on aura des voitures plus sobres, mais s’il y a toujours plus de voitures qui parcourent toujours plus de kilomètres, on ne réduira pas les émissions globales de gaz à effet de serre.

C’est l’Agence internationale de l’énergie elle-même qui le dit : pour diviser nos émissions de gaz à effet de serre par quatre d’ici à 2050, ce qui est la préconisation minimale des scientifiques du Giec pour les pays riches, la moitié du chemin peut être fait grâce à la technologie, mais l’autre moitié implique une modification de nos comportements, et une mise à distance de notre société de l’hyperconsommation. Cette partie, qui est la partie la plus radicale de l’écologie, est totalement absente des raisonnements sur la croissance verte.

Peut-on même encore parler de « croissance verte » au regard du plan de relance de l’économie présenté par Nicolas Sarkozy ?

Le Grenelle de l’environnement, avec 400 milliards d’euros d’investissements sur les prochaines décennies environ, aurait pu constituer un cadre minimal pour la « relance verte » de l’économie. Le président avait l’occasion de s’appuyer sur ce socle, il aurait pu décréter l’urgence sur l’application des mesures du Grenelle. Mais la majeure partie du plan de relance, c’est la relance classique des traditionnels secteurs porteurs de notre économie : le bâtiment, les routes et l’automobile. Le plan Sarkozy est même par endroits en totale contradiction avec les mesures récemment annoncées par le Grenelle. Par exemple, lorsqu’il renoue avec le programme autoroutier ou avec l’affaiblissement de la réglementation contraignant les constructeurs de grands équipements à procéder à de vraies études d’impacts préliminaires sur l’environnement. Au nom de l’urgence économique, on va donner des passe-droits aux « bétonneurs ». Lire la suite

Jean Zin : La conjonction des crises

Blog de Jean Zin, le 19 décembre 2008

La conjonction des crises

Tout pourrait revenir comme avant ou presque, semble-t-il, avec quelques règles en plus, quelques ajustements, de sévères corrections même, mais tout cela n’aurait été au fond qu’un mauvais moment à passer, une simple réduction de l’activité, des bénéfices, des revenus. On nous annonce pour l’année prochaine une récession entre 1% et 5%, la belle affaire ! Pas de quoi faire un plat pour cela, chacun peut retourner à ses petites affaires et joyeuses fêtes à tous ceux qui croient au Père Noël !

L’optimisme forcé des économistes a été dénoncé comme un des facteurs de la crise, il ne semble pas qu’on en soit sorti pour autant, passant de l’affirmation que « le plus dur est derrière nous » à ces prévisions qui ne prévoient rien mais ne font que faire tourner des modèles qui viennent pourtant de démontrer leur incapacité d’intégrer les hypothèses extrêmes, les facteurs externes, les ruptures de seuil et, donc, de calculer les risques réels alors même qu’on assiste au télescopage de toute une série de crises pas seulement économique et financière.

Ainsi, ce ne serait pas si grave, à ce qu’on nous dit, juste quelques mois de vaches maigres, une parenthèse dans l’expansion de l’économie financière et l’histoire du libéralisme. Sauf que cela suppose qu’il n’y aurait pas d’effondrement du dollar, pas de credit crunch, pas de faillite de l’industrie automobile ou d’entreprises aussi stratégiques, pas de faillite des Etats, pas de tensions graves entre pays, pas de troubles sociaux généralisés dans le monde entier ! Ce n’est pas complètement impossible mais le plus probable reste une désorganisation totale du système dans les mois qui viennent malgré toutes les mesures prises (les taux américains ne peuvent plus baisser, il n’y a plus que l’hyperinflation pour effacer leur dette).

On sait que lorsqu’il y a des tremblements de Terre cela provoque des éruptions volcaniques à retardement dans un rayon de 1000 km les années suivantes. De la même façon, il ne serait pas raisonnable de penser que tout rentrera dans l’ordre sans autre forme de procès alors qu’il y a une telle tectonique des plaques avec les bouleversements actuels qui déstabilisent déjà les points les plus fragiles (comme en Grèce).

Tout cela semble impliquer que la crise ne durera pas 1 an comme on nous le répète constamment mais qu’on pourrait en prendre pour 10 ans peut-être ! Il est raisonnable de penser que la crise sera durable et profonde mais les premiers signes et les politiques menées en renforcent l’hypothèse. On peut légitimement craindre que l’énormité des moyens mis en jeu ne fasse que faire durer le supplice en creusant un peu plus le gouffre… Non seulement, l’économie démontre encore une fois son incapacité à rendre compte du caractère non-linéaire et systémique des crises mais il n’y a pas de véritable autonomie de la sphère économique. On assiste en fait à une conjonction sans précédent des crises économique, écologique, sociale, politique, géopolitique, technologique, générationnelle, idéologique, civilisationnelle, dont les temporalités très différentes pourtant convergent ici de façon explosive. On éprouve ainsi de façon tangible à quel point la réalité n’est pas univoque mais comporte une multitude de strates. Cela devrait être l’occasion de sortir des points de vue trop simplistes et unilatéraux pour essayer de comprendre la complexité des interactions entre différents niveaux de réalité. Même des écologistes peuvent avoir une approche trop unilatérale des questions, ce qui est un comble, négligeant trop souvent les dimensions économiques et sociales en particulier.

D’une certaine façon, cette convergence exceptionnelle de différentes crises pourrait constituer une chance pour résoudre l’ensemble de ces crises à la fois. Lire la suite

Architecture : protéger l’environnement, source d’inspiration

tv5.org, le 22 décembre 2008

Pour Renzo Piano, le grand architecte italien de renommée mondiale, la protection de l’environnement, loin d’être une contrainte, doit être une « source d’inspiration ».

« On découvre que la terre est fragile : faut-il le vivre obligatoirement comme un drame ? », feint de s’interroger l’architecte, dont la dernière oeuvre, l’Académie des sciences de San Francisco, a reçu cet automne la note la plus élevée jamais attribuée à un musée par le « Green Building Council », agence américaine de notation des constructions « vertes ».

Le chantier de l’Académie des sciences de San Francisco, conçue par Renzo Piano

« Les contraintes liées à l’environnement ne doivent pas être vécues comme une mutilation de la liberté. L’écologie peut-être une belle source d’inspiration, et une énorme opportunité« , affirme le « père » du Centre Pompidou (Beaubourg) de Paris, interrogé dans son atelier de Gênes (nord-ouest de l’Italie).

« Les architectes doivent savoir interpréter les évolutions de leur époque et vivre avec leur temps. Le musée de San Francisco est une interprétation de la révolution verte en marche« , poursuit Renzo Piano, 71 ans, lauréat 1998 du « Nobel » de l’architecture, le Prix Pritzker.

Le bâtiment, inauguré cet été, multiplie les innovations écologiques : l’isolation est faite de jeans recyclés, le toit est entouré de capteurs photovoltaïques qui fournissent 10% de l’énergie consommée par le site, et il est recouvert d’un jardin luxuriant, où les visiteurs peuvent se promener.

« Notre devoir est de transformer de façon poétique les codes de ce langage écologique, afin d’allier respect de l’environnement et beauté« , souligne cet homme élancé à la barbe poivre et sel qui a l’allure d’un capitaine de vaisseau.

« Je crois au bénéfice poétique de la légèreté et de la transparence« , ajoute-t-il, dans un français chantant teinté des accents de sa Gênes natale.

Dans son atelier, construit il y a une quinzaine d’années en haut d’une falaise dominant la mer, l’architecte montre le toit en verre, qui « capte les rayons du soleil pour réchauffer et illuminer les pièces », diffusant une agréable chaleur « naturelle ».

« On est en décembre, pourtant il n’y a pas de chauffage! », se réjouit Renzo Piano, qui partage sa vie entre Gênes, Paris et New York, où il vient d’ouvrir une agence afin de mieux gérer ses nombreux projets aux Etats-Unis (extension du campus de Columbia University, musée de l’université d’Harvard à Boston…).

« L’architecte doit se sentir responsable vis-à-vis de l’environnement, d’a Lire la suite

Sortie au Brésil de l’ouvrage Le Monde selon Monsanto

Le Monde, Annie Gasnier, le 20 décembre 2008

Monsanto fustige « ceux qui ont pour stratégie de discréditer la biotechnologie », à l’occasion de la sortie d’un livre au Brésil

La sortie au Brésil de l’ouvrage Le Monde selon Monsanto n’est pas passée inaperçue aux yeux de la multinationale américaine. Pour la première fois depuis la divulgation de l’enquête journalistique de Marie-Monique Robin, sous forme d’un livre et d’un documentaire diffusé par Arte au mois de mars, l’entreprise, qui produit 90 % des organismes génétiquement modifiés (OGM) utilisés dans le monde, a pris note des accusations qui la visent. Et Monsanto avance des réponses, via Internet, en portugais.

« La direction du groupe au Brésil a voulu présenter son point de vue, pour ne pas laisser sans réponse des attaques qui ont déjà eu un écho mondial« , explique-t-on au service de communication de Monsanto, à Sao Paulo, en précisant qu’il s’agit d’une traduction littérale du texte envoyé par le siège américain de la firme.

Plusieurs pages du site brésilien reprennent des points développés dans le film, en avertissant : « Un documentaire français tente de dénigrer l’image de Monsanto », avec une enquête de « ceux qui ont une stratégie pour discréditer la biotechnologie« . « C’est amusant de les voir enfin réagir, a déclaré Marie-Monique Robin, venue à Curitiba (Etat du Parana) lors d’une tournée au Brésil. Mais si leurs arguments étaient solides, ils m’auraient attaquée en justice depuis longtemps. »

La réaction publiée témoigne de l’importance du Brésil dans la stratégie de la multinationale : ce pays a récolté 60 millions de tonnes de soja cette année, soit 25 % de la production mondiale, et Monsanto a déjà introduit son soja Roundup Ready, légalisé en 2005.

La moitié de la récolte brésilienne est certifiée « sans OGM », le reste est transgénique ou contaminé.

RENDEMENTS DÉCEVANTS

Des neuf OGM autorisés par les autorités de Brasilia, entre soja, maïs et coton, la moitié porte la marque Monsanto. Dans l’Etat de Bahia, à Camaçari, fonctionne la plus grande entreprise d’herbicides d’Amérique latine.

« Ces enquêtes nous aident à lutter contre les OGM, expliquait Marcelo Durao, du Mouvement des paysans sans terre, Lire la suite

Sortir du nucléaire porte plainte contre AREVA

Le Monde, Pascale Santi, le 18 décembre 2008

Communiquer sur le nucléaire n’est jamais anodin

Le réseau Sortir du nucléaire a déposé plusieurs plaintes devant le Jury de déontologie publicitaire (JDP), (ex-Bureau de vérification de la publicité) contre le groupe français Areva qui a publié des publicités dans plusieurs magazines « jugées trompeuses ». Objet du différend : le magazine Science & Vie Junior (groupe Mondadori) a publié dans son numéro de novembre des encarts financés par le groupe nucléaire. Ceux-ci portaient la mention « Jeu concours » et non celle de « Publicité ».

Sciences et Vie Junior « a pris les devants et a répondu qu’il avait fait une erreur« , nous indique-t-on au JDP. Dans un courrier du 1er décembre, l’instance a répondu à Sortir du nucléaire que Sciences et Vie Junior avait « mis en conformité ces encarts avec les règles déontologiques relatives à l’identification de la publicité ». Dans ce contexte, le JDP a considéré qu’il « n’avait plus à se prononcer sur cette plainte ».

« Nous avons fait une erreur technique en ne mentionnant pas « Publicité » sur ces encarts, concède Jean Lopez, rédacteur en chef de Sciences et Vie Junior, mais on ne peut pas nous faire le procès de vouloir manipuler les esprits, alors que notre magazine sensibilise les jeunes sur ces sujets, notamment sur le nucléaire. »

Mais Sortir du nucléaire a déposé une nouvelle plainte devant le JDP le 16 décembre sur le numéro de décembre de Sciences et Vie Junior. « On ne peut interdire la publication d’une publicité, si cette communication ne porte pas atteinte aux valeurs recommandées par le JDP », se justifie Jean-Jacques Benezech, directeur des opérations spéciales chez Mondadori France. Sortir du nucléaire a également déposé d’autres plaintes contre Areva au sujet de publicités parues dans Images Doc (Bayard), dans Les Clés de l’actualité et Les Clés de l’actualité junior (Milan).

« Il y a tromperie dans la forme, car il n’y a pas de mention « publicité », et dans le fond, car les jeunes ont naturellement tendance à faire confiance à leur magazine et sont donc abusés par la caution de ce dernier qui mêle la marque nucléaire à son nom« , souligne Stéphane Lhomme, porte-parole de Sortir du nucléaire.

De nombreux parents ont réagi à ces publicités et ont adressé des plaintes aux journaux. Lire la suite

Chute du prix du pétrole et développement des EnR

La chute du prix du pétrole rend plus exigeant sur les énergies renouvelables

Greenunivers, le 17 décembre 2008

Les investisseurs vont chercher à faire baisser les coûts de revient des énergies renouvelables, analyse Thierry Lefrançois, économiste énergie et matières premières chez Natixis. Mais ils ne vont pas renoncer à leurs projets car il y a d’autres incitations que le cours du pétrole, à commencer par la réglementation.

GreenUnivers : L’effondrement du cours du pétrole depuis l’été dernier menace-t-elle le développement des énergies renouvelables ?

Il est clair qu’entre un pétrole à 147 dollars le baril, son record de juillet dernier, et un pétrole à 45 dollars le baril, non niveau actuel, la donne change ! Il faut cependant relativiser : même si certains anticipaient il y a quelques mois un cours de 200 dollars à court terme, les décisions d’investissement se font sur des hypothèses beaucoup plus basses. Total, par exemple, a annoncé il y a six mois qu’il tablait sur un baril à 80 dollars pour lancer ses projets de développement dans les schistes bitumineux au Canada. L’approche est la même pour les énergies renouvelables.

GU : Mais les énergies renouvelables deviennent moins attractives ?

La chute des cours conduit évidemment les investisseurs à regarder de plus près les coûts de revient et d’exploitation de ces projets. Et ils vont tout faire pour les réduire au maximum, ce qui était moins un impératif quand le pétrole allait de sommet en sommet. A cela s’ajoute la crise du crédit qui rend les gros projets plus difficiles à financer pour l’instant. Mais les énergies renouvelables bénéficient d’avantages spécifiques, comme les tarifs d’achat imposés dans la plupart des pays européens. Grâce à ces mesures, l’éolien est aujourd’hui quasiment rentable. Et les coûts de l’énergie solaire baissent de près de 15% par an.

GU : D’autres éléments peuvent-ils compenser la chute du prix du baril ?

L’évolution de la réglementation va constituer une très forte pression. Avec l’adoption la semaine dernière du paquet climat-énergie, l’Union européenne s’est clairement engagée dans la voie des énergies renouvelables avec son objectif de 20% en 2020. Dans les années 80, des groupes pétroliers avaient commencé à se diversifier dans les énergies renouvelables mais ils ont vite arrêté par manque d’incitation. Le contexte est aujourd’hui radicalement différent et on assiste à une nouvelle offensive de ces entreprises dans les renouvelables. Total vient d’annoncer en début de semaine un investissement dans la start up américaine Konarka, spécialisée dans le photovoltaïque organique. Et le groupe est déjà présent dans la filière du silicium cristallin via ses participations dans Tenesol (avec EDF) et Photovoltech. Les énergies renouvelables ont longtemps été considérées comme une danseuse par les pétroliers, ce n’est plus le cas. Les pétroliers sont poussés par la réglementation et la nécessité de trouver de nouveaux relais de croissance en prévision du « peak oil ». Et en plus, ces opérations améliorent leur image.

GU : La crise économique ne va-t-elle pas retarder le « peak oil » ?

La baisse de la demande aura évidemment un impact. Elle pourrait croître de 1% par an dans les prochaines années, voire moins, Lire la suite

L’Europe s’engage vers une économie plus “verte”

Greenunivers, le 12 décembre 2008

L’Europe s’engage vers une économie plus “verte”

L’adoption du paquet « climat-énergie » par les 27 dirigeants européens, aujourd’hui à Bruxelles, donne un signal fort de sa volonté de prendre le chemin d’une économie plus “verte”. « Nous sommes en route vers un New Deal vert », s’est félicité Stavros Dimas, le Commissaire européen chargé de l’environnement, reprenant une formule qui fait florès depuis quelques mois.

L’Europe s’engage sur les trois « 20 » : une réduction de 20% de ses émissions de gaz à effet de serre en 2020, au moins 20% d’énergies renouvelables et une amélioration de 20% de l’efficacité énergétique.

L’Union portera son objectif de réduction des émissions à 30% si d’autres pays développés la rejoignent avec des efforts similaires dans le cadre de l’accord qui sera négocié en décembre 2009 à Copenhague sur l’après-Kyoto. La décision sera prise après présentation d’une analyse des résultats de la conférence de Copenhague en mars 2010 par la Commission et une évaluation de l’impact sur la compétitivité de l’industrie européenne.

Les actions destinées à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et les infrastructures énergétiques, à promouvoir les produits « verts » et à soutenir l’industrie automobile à produire des véhicules plus propres seront intensifiées dans le cadre du plan de relance économique.

Pour les entreprises, l’impact le plus important concerne la réglementation sur les quotas de CO2 qui leur sont alloués : leur plafond sera revu à la baisse et surtout les quotas vont progressivement devenir payants via un système de mise aux enchères à partir de 2013.

C’est d’ailleurs ce point qui a failli faire achopper la signature de l’accord. Lire la suite

Rapport du PNUE : Stimuler la construction verte

PNUE, le 6 décembre 2008

Stimuler la construction verte – Une réforme du Mécanisme de Développement Propre (MDP) est cruciale pour un secteur du bâtiment et de la construction respectueux de l’environnement

Des économies de carbone sont possibles dans l’environnement construit selon un rapport soutenu par le PNUE

Le potentiel énorme du secteur du bâtiment et de la construction dans le combat contre le changement climatique reste virtuellement inexploité, selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

En octobre 2008, seuls dix des quelques 4 000 projets en cours dans le cadre du MDP – le principal outil international fondé sur le marché du carbone du Protocole de Kyoto – cherchaient à réduire la consommation d’énergie des bâtiments, responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde.

Ceci en dépit du potentiel important du secteur dans la réduction des GES responsables du réchauffement climatique. Une réduction des émissions de près de 30 pour cent par rapport aux niveaux de référence dans les bâtiments résidentiels et commerciaux peut être atteinte d’ici 2030 à un coût net négatif, d’après les résultats de plus de 80 études à travers le monde citées dans le nouveau rapport.

« Tous les rapports soulignent que des économies considérables sont possibles en traitant les émissions de bâtiments existants tout en concevant de nouveaux bâtiments incluant le solaire passif et actif, des systèmes de chauffage et de climatisation faibles en énergie et des appareils éco-énergétiques. En effet, l’environnement construit est au centre de la croissance et de l’économie mondiale vertes, en termes d’emplois verts, d’innovation, d’un monde plus efficients en ressources et de l’opportunité pour les citoyens et les communautés d’adopter un mode de vie à faibles, voire à zéro, émissions », a dit le Secrétaire Général  Adjoint de l’ONU et Directeur exécutif du PNUE Achim Steiner.

« Le Mécanisme de Développement Propre du Protocole de Kyoto a été une réponse créative au défi du changement climatique, lançant de nouveaux projets en matière d’énergie renouvelable tout en encourageant la production de carburants comme le méthane issu des décharges et le torchage du gaz. Mais le MDP pourrait évoluer vers un mécanisme encore plus créatif, capable de mener à des bâtiments et constructions, ainsi que des transports, respectueux de l’environnement et à des programmes de villes entières à faible carbone. La réunion de l’ONU sur le climat à Poznan offre une occasion en or pour appréhender comment le MDP pourrait évoluer dans les années à venir, y compris comment rationaliser la manière dont il fonctionne », il a ajouté.

Verdir le boom de la construction

Les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments à travers le monde vont augmenter en flèche pendant les deux prochaines décennies, principalement à cause des booms de la construction en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

Estimées à 8,6 milliards de tonnes en 2004, les émissions de GES liées aux bâtiments pourraient presque doubler d’ici 2030 pour atteindre 15,6 milliards de tonnes dans le scénario de forte croissance, d’après le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

En même temps, les technologies actuellement commercialisées permettent de réduire de moitié la consommation d’énergie tant dans les nouveaux que dans les anciens bâtiments sans investissement significatif, Lire la suite

Automobiles : Errare Humanum Ouest

naturavox.fr, Aerobar Films, le 19 décembre 2008

Automobiles : Errare Humanum Ouest

On a attiré notre attention sur un très intéressant rapport toujours confidentiel concernant la voiture de 2030.

Pour la partie prospective, l’auteur a hélas dû faire appel à la méthode Delphi, dont nous avons déjà dénoncé le faible potentiel prophétique  : individuellement, chacun ayant tendance à s’imaginer un avenir qui lui convient, la synthèse de points de vue d’acteurs de la filière auto actuelle est donc forcément convenue et conservatrice.

Heureusement. L’auteur a aussi mené quelques instructives analyses : ainsi, il nous chiffre l’impact de la Vmax sur la consommation, à savoir en quoi le fait de prendre en compte une certaine vitesse maximale – même si en pratique, elle n’est atteinte que quelques minutes durant toute la durée de vie du véhicule ; lors de la conception du véhicule influe sur sa consommation moyenne, même en ville (page 102) : l’accroissement de la vitesse de pointe de 10 km/h à la construction d’un modèle se traduisait par une augmentation de consommation de 0,4 à 0,7 l/100 km en ville et de 0,2 à 0,3 l/km sur route.

N’importe quelle voiture moderne (smart exceptée) est aujourd’hui conçue pour aller au moins à 180 km/h. Cela signifie qu’elle consomme de 2 à 3 litres de trop aux 100 km en ville par rapport à ce que fixerait son bon usage, notamment du fait du strict respect des limitations de vitesse.

S’il enterre avec nous le mythe de la voiture à hydrogène, le rapport tord trop vite le cou de l’auto électrique. Il souligne certes quelques inconvénients dont on parle peu, par exemple le chauffage de l’habitacle qui nécessitera une source annexe d’énergie. Mas des solutions existent, comme de petites cartouches de gaz type camping, qui permettent aisément de faire « sauter la contrainte ».

Face au véhicule thermique quasi-parfait que nous connaissons, aucune alternative n’est aujourd’hui à la hauteur. Mais c’est aussi parce qu’on refuse d’envisager différemment l’usage de la voiture. Si on acceptait qu’il est rigoureusement interdit de dépasser les 130 km/h et que les voitures émettant du CO2 et des particules soient strictement bannies des centres villes, nul doute que les choses évolueraient. Mais pas forcément dans le sens des constructeurs, qui se verraient condamner à faire des voitures de moins en moins nombreuses et de moins en moins coûteuses.

Toute civilisation a le moyen de transport qu’il mérite, et non l’inverse : nous faisons une erreur en refusant d’adapter notre mode de vie pour satisfaire la viabilité à court terme d’une industrie. Alors que GM et Chrysler sont sur le point de disparaître, comment croire que l’Asie refera la même bêtise, de construire une industrie automobile incapable de se réinventer périodiquement, en fonction de l’évolution du contexte économique, environnemental et sociétal ?

Le développement durable de l’automobile, ce n’est pas de repeindre ses derniers modèles en vert, Lire la suite

Hertz se lance dans l’auto-partage

Le Monde, Nathalie Brafman, le 20 décembre 2008

Hertz se lance dans l’auto-partage

Après Caisse commune, Mobizen et Okigo, un loueur de voitures se lance dans l’auto-partage. Depuis le 16 décembre, Hertz, le numéro un mondial de la location de véhicules, a mis en place une offre dans trois villes, Paris, New York et Londres.

« L’auto-partage répond à une double préoccupation : la prise de conscience de l’environnement et des consommateurs qui cherchent en ville des modes de transport alternatifs. C’est donc le bon moment pour se lancer« , explique Michel Taride, président de Hertz Europe et vice-président de Hertz Corporation. Cette société expérimente l’auto-partage au Danemark depuis cinq ans.

L’offre, baptisée « Connect by Hertz », permet après un abonnement de 120 euros par an d’utiliser une voiture pour un tarif allant de 4 euros à 6 euros par heure, 32 à 48 euros pour 24 heures, selon le véhicule. Ces tarifs comprennent l’assurance mais aussi le carburant. L’abonné reçoit alors une carte qui permet de réserver et de faire démarrer sa voiture.

Les réservations peuvent couvrir une durée d’une heure à sept jours. Mais si l’automobiliste opte pour une semaine de location, l’offre n’est intéressante que s’il roule peu. En effet, il faut rajouter à l’abonnement et au tarif horaire 35 centimes d’euro par kilomètre parcouru. Or pour la location de voiture traditionnelle et pour faire de longs trajets, les loueurs, à l’instar de Hertz, commercialisent des tarifs plus avantageux. Mais quoi qu’il en soit, M. Taride affirme que l’auto-partage revient de toute façon moins cher que d’être propriétaire de sa voiture. « Le coût d’achat et d’entretien d’une voiture revient à 5 400 euros par an. Avec notre offre, dix heures par semaine reviennent à 2 200 euros par an », souligne M. Taride.

Pour l’instant, une vingtaine de véhicules seulement sont disponibles, Lire la suite

Fiscalité verte : des mesurettes, pas des mesures de fond

Actu-Environnement.com, le 17 décembre 2008, propos recueillis par Camille Saïsset

Toutes les mesures actuelles de fiscalité verte sont des mesurettes, mais pas des mesures de fond

A l’heure où se discute au Sénat la loi de Finances 2009, actu-environnement pose la question de l’efficacité de la fiscalité verte comme moyen d’un développement économicosocial plus respectueux de l’environnement. Point de vue d’Hélène Blanchard, vice-présidente de la Région Rhône-Alpes en charge de l’Environnement et de la Prévention des risques.

Actu-Environnement : Bonus-malus, prêt à taux zéro, crédits d’impôts, subventions… Autant de mesures de fiscalité verte adoptées pour inciter tout un chacun à agir en faveur de l’environnement. Ont-elles l’effet escompté ?

Helene Blanchard : D’une façon générale, je suis très dubitative. A l’origine, la fiscalité verte a pour vocation d’inciter les entreprises et toutes les organisations qui émettent des substances polluantes à faire des efforts. Or, cette fiscalité n’a pas forcément les ambitions qu’elle s’était fixée : elle est indolore pour ces organisations. La Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP), par exemple, était au départ dédiée à un fond spécial qui alimentait les caisses de la sécurité sociale. Aujourd’hui, elle est devenue une recette budgétaire et sert de fait à équilibrer le budget général. Non seulement elle n’a plus d’effet sur l’action polluante, mais en plus, on ne peut plus la supprimer. Le bonus-malus automobile était une mesure courageuse de l’ancien ministre en charge de l’écologie, Serge Lepeltier. Aujourd’hui, le bonus-malus est devenu un argument commercial, comme la prime à la casse relancée récemment. Il est compris dans le prix de vente des voitures neuves. Les constructeurs automobiles en font un argument publicitaire. Et les premiers à en bénéficier, ce sont leurs collaborateurs qui revendent les voitures au bout de six mois. La fiscalité verte devient recette budgétaire, alors qu’elle n’est pas une fin en soit. Le drame, c’est quand cette recette fiscale environnementale va dans une caisse qui alimente une activité qui est elle même polluante… Il faut regarder le bilan coût/avantage global de chaque mesure. Sans quoi, il y a perversion du système.

AE : La fiscalité verte permet-elle un développement socio-économique équitable de la protection de l’environnement ?

HB : Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) pour l’équipement dans l’habitat a été institué en juillet 2007, dans le souci de le destiner aux personnes à revenus faibles ou modestes. Quand on regarde l’image sociologique de ceux qui accèdent aux énergies renouvelables, on constate que les revenus aidés ne sont pas dans cette catégorie. Les subventions et le PTZ sont dédiés à tous les revenus et payés après coût. N’en disposent que ceux qui n’ont pas de difficulté à avancer les frais sur investissement. Or déjà, dans l’habitat privé, beaucoup peinent à accéder à la propriété. Et s’il faut ensuite revoir la performance énergétique du logement pour sortir du tout électrique, ça revient très cher… On peut regretter le manque de volonté politique. Changer sa chaudière à gaz par une chaudière à condensation représente un surcoût correspondant exactement au montant du crédit d’impôt. Et depuis vingt ans, le coût des équipements n’a pas changé. Pourtant depuis, la recherche et l’innovation ont permis des avancées dans les performances des matériaux, avec les emplois et les besoins en formation qui en découlent. Et aujourd’hui, des produits arrivent de Chine, à moindre coût. Avec la Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers (TIPP), on peut agir à la marge sur les moyens de déplacement, et pourtant… En fait, toutes les mesures actuelles de fiscalité verte sont des mesurettes, mais pas des mesures de fond.

AE : Le Grenelle de l’environnement a-t-il contribué à améliorer l’efficacité de ces mesures ?

HB : Durant le Grenelle, l’aspect « obligation » m’a laissée très dubitative. Qui paye ?

souvent, c’est le consommateur. Lire la suite

Et les lauréats des Prix Pinocchio du DD sont…

Les amis de la terre, 16 décembre 2008

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable sont…
Les Amis de la Terre ont décerné mardi 16 décembre à l’Entrepôt à Paris les prix Pinocchio du développement durable 2008, à trois entreprises parmi les 12 nominées pour des pratiques allant à l’encontre du développement durable, ou des campagnes de communication abusives. Sur la base de cas concrets en Europe ou dans les pays du Sud, plus de 4100 citoyens ont élu cette année deux lauréats : Louis Dreyfus (droits humains) et Areva (environnement et greenwashing).

Les concepts de développement durable et de responsabilité sociale et environnementale des entreprises sont des avancées essentielles de ces dernières années. Toutefois, en l’absence de cadre juridique clair et contraignant, ils ont souvent été récupérés par les entreprises qui, les vidant de leur sens, les utilisent pour redorer leur image auprès des citoyens, des actionnaires et des décideurs publics.

C’est pour dénoncer cette situation que les Amis de la Terre ont décernés mardi 16 décembre à Paris trois prix Pinocchio du développement durable, dans les catégories « environnement », « droits humains », et « greenwashing ». Ces prix se basent sur douze cas concrets au Sud ou en Europe, particulièrement révélateurs du double discours d’entreprises qui se présentent souvent comme irréprochables, mais dont les impacts des activités sont en réalité beaucoup plus négatifs.

Dans la catégorie « Droits humains », le prix Pinocchio a été remis au groupe Louis Dreyfus, deuxième plus gros producteur d’agroéthanol et de sucre au Brésil. Après avoir exploité des populations indigènes Guarani dans des conditions proches de l’esclavage, sa décision récente d’automatiser la récolte de la canne à sucre conduira à plus de 10 000 licenciements. Cet exemple rappelle à quel point le développement des agrocarburants, inutiles en terme de lutte contre le réchauffement climatique, représente en outre une véritable menace sociale et économique pour les pays du Sud.

Dans le catégorie « Environnement », le géant du nucléaire AREVA a été récompensé d’un prix Pinocchio pour les pollutions radioactives graves survenues début juillet sur le site français du Tricastin (Drôme), suite à ce que les autorités ont décrit comme une « série de dysfonctionnements et de néglicences humaines ». Ces événements rappellent à quel point le nucléaire est une énergie dangereuse, malgré ce qu’Areva, soutenu par de nombreux responsables politiques, veut faire croire aux citoyens.

Enfin, dans la catégorie « Greenwashing », c’est également AREVA qui a obtenu le prix Pinocchio 2008 pour son slogan « Nos énergies ont de l’avenir, un avenir sans CO2 ». Malgré les tentatives du groupe pour présenter le nucléaire comme une solution propre et positive en matière de réchauffement climatique, son bilan en la matière reste très loin derrière les énergies renouvelables, que ce soit en termes d’efficacité ou de coût financier, et l’omission permanente dans ses publicités des risques spécifiques au nucléaire (déchets, fuites, démantèlement, etc.) scandalise plus d’un citoyen.

Pour Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la Responsabilité sociale et environnementale aux Amis de la Terre, « cette première édition des prix Pinocchio a été un véritable succès, avec plus de 4000 votes en l’espace de quelques semaines. Cela montre que les citoyens ne sont pas dupes des beaux discours des entreprises lorsqu’elles se présentent comme des parangons de vertu. Il faut désormais que les pouvoirs publics légifèrent ! ». Lire la suite

Fiches d’information sur les énergies renouvelables

Fiches d’information sur les énergies renouvelables

Syndicat des énergies renouvelables, France énergies Eolienne, Soler

48, boulevard des Batignolles

75017 Paris

Les professionnels des énergies renouvelables ont créé des fiches d’information sur ces énergies (éolien, solaire thermique, biomasse, géothermie et voltaïque) synthétisant les nombreux avantages générés par leur développement sur notre territoire.
Destinées à tout public, n’hésitez pas à les imprimer – au format une page recto/verso – et à les diffuser autour de vous !

Fiches d’information sur l’énergie éolienne

Le développement de l’éolien dans le monde

L’énergie éolienne en France : chiffres clés

Le vent, un moyen efficace pour réduire la dépendance énergétique de la France et de l’Europe

L’énergie éolienne contribue à la protection de l’environnement en réduisant nos émissions de CO2

L’énergie éolienne, une énergie fiable et sûre

Le financement de l’électricité éolienne

L’éolien, une filière dynamique et créatrice d’emplois

L’insertion des éoliennes dans le paysage

Les éoliennes sont implantées de manière cohérente et transparente

L’énergie éolienne : un enjeu pour le territoire

Fiches d’information sur le solaire thermique

Le solaire thermique dans le monde

Le solaire thermique en France

Les applications du solaire thermique

Les technologies du solaire thermique

Fiches d’information sur la biomasse

Origines et usages de la biomasse Lire la suite

Prendre en compte l’agriculture dans les SCoT

Projet de territoire, Anne Chobert, le 17 décembre 2008

Prendre en compte l’agriculture dans les SCoT

Comment prendre en compte l’agriculture et ses espaces dans les schémas de cohérence territoriale ? Huit ans après la création des SCoT, qu’en est-il de leur contenu concernant cette question ? C’est à ces questions que le Certu s’est attaché à répondre dans un Cd-rom intitulé « Prendre en compte l’agriculture et ses espaces dans les SCoT ».
Contexte. Les analyses résultent principalement de travaux conduits par le CERTU et l’ensemble des CETE sur l’agriculture dans le cadre de la démarche SCoT témoins, ainsi que de l’examen d’un échantillon de SCoT, approuvés avant 2008, issus du réseau « Terres en villes ».

A destination des équipes chargées de l’élaboration des SCoT et de leurs partenaires (dans les services de l’Etat, les villes, les conseils régionaux et généraux, les associations… ainsi que les chambres consulaires au premier rang desquelles on trouve les chambres d’agriculture), ce Cd-rom aborde dans un ordre chronologique les principales étapes d’un SCoT : le périmètre et la gouvernance locale, le diagnostic agricole, le SCoT et son projet agricole, le document d’orientations générales et enfin les outils de mise en œuvre.
Principaux éléments. La création des SCoT constitue un progrès très significatif dans la prise en compte de l’agriculture dans les territoires français, notamment grâce à leur périmètre plus étendu que celui des schémas directeurs, à l’association de la Chambre d’agriculture à leur élaboration ou encore à la nécessité de définir un projet d’aménagement et de développement durable (PADD). Le Certu voit dans la place faite aux espaces agricoles et l’émergence de catégories comme la trame verte, l’armature verte voire le système vert, autant de signes d’un renouvellement de la représentation du territoire de la planification. L’acquis principal du SCoT en matière agricole réside avant tout dans cette démarche de projet qui intègre la problématique agricole et associe ses organismes représentatifs, dont l’élaboration du SCoT contribue à modifier les conceptions et les pratiques.

Pour mieux prendre en compte l’agriculture et ses espaces dans les SCoT, le Certu propose quelques pistes d’action : Lire la suite

L’Agapes distribue sur Libourne des paniers bio

Sud-Ouest, Isabelle Leparoux, le 22 Décembre 2008

ARVEYRES.

Directement de la terre à la fourchette

L’association pour garantir une agriculture paysanne équitable et solidaire (Agapes), a été créée officiellement en janvier 2006 à Arveyres mais, dès 2004, un mouvement était lancé. Construite sur le modèle d’une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), avec un cadre plus léger, l’Agapes distribue sur Libourne des paniers alimentaires biologiques à des consommateurs acteurs.

« L’engagement dans la vie de l’association est un point important de notre charte », explique Sandrine Durand, coprésidente avec Agnès Séjournet, au même titre que la solidarité avec les producteurs. S’inscrire pour les permanences de distribution, participer aux réunions, accepter les aléas de la production, entretenir des liens actifs avec les producteurs font partie intégrante de la réussite de l’association qui n’a plus rien à prouver : 28 adhérents en 2006, 63 à l’heure actuelle avec une liste d’attente.

Appel à maraîcher

Le règlement à l’avance des produits permet aux agriculteurs d’avoir un fonds de roulement suffisant, mais aussi de vendre et de vivre décemment.

« Nous travaillons avec un maraîcher de Montpon avec qui cela fonctionne très bien et nous en cherchons un second, ajoute Sandrine, mais nous ne voulons pas nous étendre davantage en terme d’adhérents. Par contre, si des personnes souhaitent monter des projets similaires, nous sommes prêts à les soutenir. Mailler un territoire serait plus cohérent écologiquement que de faire venir les gens de loin. »

L’Agapes propose des paniers de légumes de saison, mais aussi des laitages, farine, bière et limonade, fromage de chèvre, cochon, volaille ou miel. Tout cela dans le respect de la nature, des animaux et des hommes.

Pour tous renseignements, Lire la suite

Dune du Pyla : extension du camping de Bernard Laporte

Sud-Ouest, Sabine Menet, le 22 Décembre 2008

LA TESTE-DE-BUCH. Sorti de son droit de réserve après la période électorale, le sous-préfet du bassin d’Arcachon revient sur l’extension du camping de Bernard Laporte

Camping de Laporte : « il n’y a pas eu d’exception »

Le mois dernier, avant le premier tour de l’élection législative partielle sur la 8e circonscription, une association, Vive la forêt, relance la polémique autour de l’extension du Pyla Camping. Elle dépose une requête en intervention volontaire, demandant « l’annulation du permis de construire délivré le 18 janvier 2008 par la commune de La Teste-de-Buch ».

Propriété, pour 50 %, de Bernard Laporte, actuel secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports, le Pyla Camping avait en effet obtenu l’autorisation de s’étendre sur 1,4 hectare dans un périmètre de la Dune du Pyla, site classé. Une autorisation qui avait déjà conduit une autre structure, l’Association de défense et de promotion de Pyla-sur-Mer (ADDPM), à ester en justice au mois de juillet.

Avancée de la dune

Dans son argumentaire, l’association Vive la forêt parle notamment de faits de « suspicion de délivrance et obtention frauduleuse d’autorisation administrative ». En clair, elle pointe directement le ministère de l’Environnement, qui délivre les autorisations idoines.

Tenu à une période de réserve durant les dernières élections, le sous-préfet du bassin d’Arcachon, Philippe Ramon, tient aujourd’hui à clarifier la situation.

« Tout d’abord, ce n’est pas le ministre lui-même qui a signé l’autorisation, c’est la sous-directrice des sites et paysages. Mais surtout, il n’y a eu aucun caractère d’exception sur ce dossier. »

Et le représentant de l’État de rappeler que la demande déposée par le Pyla Camping avait été instruite durant deux ans. « Elle a été présentée devant la commission des sites en 2005 et portait non pas sur une extension mais sur une compensation. »

En effet, le Pyla Camping, tout comme ses voisins, est victime de l’avancée de la dune et voit ses places initiales grignotées par le sable.

Deux ans d’instruction

« L’instruction a duré deux ans et a été extrêmement précise. Fin 2007, le dossier est repassé devant la commission, a été approuvé, puis transmis au ministère. »

Rappelant que la commission était alors composée, outre les services de l’État et la Sepanso (1), du maire PS de La Teste-de-Buch, Jean-François Acot-Mirande, et du conseiller général socialiste René Serano, le sous-préfet rejette le caractère politique du dossier.

Pourquoi la demande du Pyla Camping a-t-elle reçu un accueil favorable ? Lire la suite

Les évêques de France et « l’écologie de fondation »

La Croix, Claire Lesegretain, le 17 décembre 2008

Les évêques de France promeuvent une « écologie de fondation »

Dans un document récent, la Conférence épiscopale invite les chrétiens à réfléchir au sens de l’aventure humaine sur terre et à faire des choix de vie en conséquence

Alors que se tenait, la semaine dernière, le sommet européen sur la lutte contre le changement climatique, la Conférence des évêques de France a rendu publique mercredi 17 décembre une étude conjointe de son Service pour les questions familiales et sociales, dirigé par le P. Jacques Turck, et de l’antenne Environnement et modes de vie, fondée en 1997 et présidée par Mgr Marc Stenger.

Cette étude, intitulée La Création au risque de l’environnement (1), est le fruit d’un long travail.
A la suite de la publication de Planète vie-planète mort, l’heure des choix en 2005 (2), et après avoir étudié différents rapports scientifiques récemment publiés – notamment le rapport du groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) –, l’antenne Environnement et modes de vie, composée d’une quinzaine de membres, avait organisé un colloque de théologie en septembre 2007 à Troyes, pour se demander ce que l’Église pouvait avoir à dire d’original.

Un parti pris théologique et pastoral

Dans le prolongement du colloque, le P. Turck a rédigé l’essentiel de ce document, avec un « parti pris théologique et pastoral » – car, pour le reste, « l’Église avalise les rapports scientifiques et n’a pas à les répéter ».

C’est d’ailleurs ce que Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi-France, et Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon, accompagnés du P. Turck et de Jean-Pierre Chaussade (membre de l’antenne), ont signifié à la secrétaire d’État chargée de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors du « Grenelle Off » sur l’environnement.

« Nous avons pris acte des réalités en termes d’épuisement des ressources de la planète, de pollution et d’accumulation de déchets, et de dérèglement climatique, qui, tous, appellent à une transformation urgente de nos modes de production et de consommation, de nos modes de vie, explique le P. Turck. Mais donner des consignes pratiques n’a pas de sens si on ne dit pas d’abord la finalité. »

Réfléchir à la finalité de l’aventure humaine

De fait, à travers ce document, l’épiscopat n’indique pas de moyens concrets pour la sauvegarde de l’environnement, mais il invite à réfléchir à la finalité de l’aventure humaine et à en tirer les conséquences. Car la mission de l’Église est d’inciter à dépasser une « écologie de correction » –«comme s’il s’agissait de redonner un coup de peinture », selon l’expression du P. Turck – pour s’engager vers une « écologie de fondation ».
Le texte des évêques propose donc de revenir aux fondements de la Création telle qu’elle a été voulue par le Créateur, c’est-à-dire comme une alliance.

Certes, aucun des deux récits de la Création dans la Genèse ne prétend répondre aux questions que se pose la science d’aujourd’hui. Mais les deux montrent que « Dieu est engagé dans l’aventure en son principe et en sa finalité ». Et l’homme avec lui, du fait de « la responsabilité souveraine qui nous incombe.

Nous devons construire une société plus respectueuse de l’environnement

« Nous sommes responsables d’un développement durable », Lire la suite

L’Australie accablée par la sécheresse

Le Monde, Marie-Morgane Le Moël, le 17 décembre 2008

Accablée par la sécheresse, l’Australie cherche à sauver son principal bassin agricole

Le bassin de Murray-Darling, principale région agricole d’Australie, continue de souffrir de la sécheresse. Alors que la crise menace agriculteurs et citadins, le gouvernement fédéral va prendre le contrôle de la région, dont les ressources en eau étaient jusqu’ici administrées par quatre Etats, la Nouvelle-Galles du Sud, le Victoria, l’Australie-Méridionale et le Queensland, ainsi que par le territoire de la capitale.

En outre, le gouvernement fédéral a décidé de débloquer 13 milliards de dollars australiens (6,4 milliards d’euros) pour un plan d’urgence. C’est une nécessité, car cette vaste zone couvrant plusieurs Etats sur 1 million de kilomètres carrés – un septième du continent – est un grenier fertile d’où proviennent 40 % de la production agricole nationale. Les terres irriguées par les trois plus importants cours d’eau du pays, la rivière Darling, le fleuve Murray et la rivière Murrumbidgee, permettent à plus de 60 000 exploitations de produire céréales, fruits, coton ou viande.

Une sécheresse sévère avait déjà touché la région entre 1997 et 2006. « Nous venons de vivre dix années en dessous de la moyenne des précipitations. Et malgré des pluies sur les côtes, l’intérieur du pays est toujours en difficulté », juge Tom Mollenkopf, directeur de l’association australienne de l’eau (AWA).

UNE AGRICULTURE D’IRRIGATION

La sécheresse n’est pas la seule explication : depuis les années 1950, une agriculture d’irrigation, très gourmande en eau, a été développée. Presque 70 % de l’eau prélevée sur le système sont ainsi consacrés à l’agriculture, avec des techniques d’irrigation parfois très peu rentables. Conséquence : non seulement les rivières s’assèchent, mais la qualité de l’eau diminue. « Le système se dégrade : il y a de graves problèmes de salinisation. Nous sommes aussi confrontés à l’apparition d’algues toxiques dans les réservoirs« , observe Dhia Al-Bakri, spécialiste de la gestion de l’eau à l’université de Sydney.

D’ores et déjà, des agriculteurs ne reçoivent plus leurs allocations en eau. Et la situation est particulièrement difficile en aval. En Australie-Méridionale, Adelaide, ville proche de l’embouchure du Murray, va ainsi devoir acheter de l’eau aux Etats voisins. Selon un rapport récent du CSIRO, l’organisme national de recherche scientifique, en raison du réchauffement climatique, les agriculteurs du bassin pourraient se voir privés de la totalité de leurs allocations en eau 80 % du temps, d’ici à 2030.

Avec le nouveau système mis en place, le gouvernement fédéral aura davantage de pouvoirs et sera en mesure de trancher les différends opposant les Etats de la région. Une autorité unique a été mise en place pour coordonner les quantités d’eau qui pourront être prélevées. « Cela va dans le bon sens. Car on ne peut pas gérer les ressources correctement lorsque l’on ignore qui reçoit quoi », salue Tom Mollenkopf.

Le plan ne suffira pas à résoudre une crise de cette ampleur critiquent des environnementalistes. « Nous devons changer notre mode de vie. Lire la suite

AAER et VALOREM : fabrication des éoliennes à Pauillac ?

Sud-Ouest, Julien Lestage, le 18 Décembre 2008

ÉOLIENNES. La société AAER SAS projette d’installer à Pauillac une unité de fabrication de nacelles d’éoliennes

Pauillac au centre d’un projet de fabrication d’éoliennes

Fin 2009, une unité de fabrication de nacelles d’éoliennes (1) pourrait voir le jour à Pauillac. Elle pourrait créer 38 emplois. Le projet est porté par AAER SAS, un « partenariat » entre la société québécoise AAER Systems (spécialisée dans la fabrication d’éoliennes) et la société béglaise Valorem (ingénierie et développement de parcs éoliens). Les associés (2) viennent de solliciter une subvention du Conseil général d’un montant de 306 000 euros. La somme apparaît dans le plan de financement prévisionnel qui prépare l’opération.

Au total, pour aboutir, les investisseurs comptent sur un budget de 3,2 millions d’euros. Et c’est bien à Pauillac, comme le confirme un document du Conseil général, que AAER SAS compte s’installer. Un certain suspens est donc levé. Car Mérignac, Bassens, Blanquefort, Salaunes, étaient aussi des villes pressenties pour accueillir cette unité de fabrication.

Une porte sur l’Europe

Alors que Valorem indique que « rien n’est fait pour le moment », Robert Gilardi, en charge de l’Agence pour le développement économique du Conseil général, assure, lui, assure qu’une étape importante a été franchie. Joint par téléphone hier, il précise : « Lorsque l’on arrive à ce niveau de traitement d’un dossier, on peut dire que les choses sont plutôt bien engagées ».

Malgré un contexte économique difficile, les Québécois et les Béglais poursuivent donc dans leur stratégie. Le but étant de développer l’éolien sur le marché européen et d’Afrique du Nord, sans avoir à importer les machines. Si la Gironde a été choisie pour l’implantation d’un site de fabrication d’éoliennes, c’est parce que selon les investisseurs, elle dispose notamment « d’un bassin de main d’œuvre qualifiée en matériaux composites et en génie électromécanique, puis d’une situation géographique au coeur des marchés ».

Des bâtiments adaptés

Dans ce dossier, Pauillac a pu faire valoir deux atouts majeurs qui ont séduit AAER SAS. Lire la suite

Transports CUB : Keolis attaque Véolia et Deutsche Bahn

Sud-Ouest, propos recueillis par Jean-Bernard Gilles, le 18 Décembre 2008

BORDEAUX. Le PDG de Keolis réagit à l’annulation de la procédure. Et attaque Veolia

« La victime est l’usager des transports bordelais »

 « Sud Ouest ». Comment réagissez-vous à l’annulation de la procédure de délégation de service public pour les trams et bus ?

Michel Bleitrach. Nous ne souhaitons pas commenter une décision de justice, mais je constate que les magistrats placent ces procédures dans une grande insécurité juridique. Il y a quelques semaines un juge des référés de Saint-Brieuc où nous étions l’opérateur sortant était saisi d’un recours voisin de celui défendu à Bordeaux par la Deutsche Bahn. Mais il a considéré, à l’inverse de Bordeaux, que la publicité nationale pour cette passation de marché était adéquate. Les collectivités locales et autres autorités organisatrices de transport ne savent plus ce qu’elles doivent faire. Le Conseil d’État dira le droit.

Il ne semble pas extravagant de publier des annonces pour des contrats de ce montant à l’échelle européenne ?

Le juge bordelais a estimé que les 300 abonnements de « Ville et transport » en Europe n’offraient pas une publicité suffisante. Les opérateurs de transport de l’UE sont bien moins nombreux. Que faut-il faire ? Publier ici dans le « Financial Times », là dans « Les échos », ou encore dans le « Frankfuter Allgemeine » Cela devient très compliqué.

Quant au « Journal officiel » de l’Union européenne, il n’accepte pas les annonces par Internet pour les délégations de service public. Le résultat pour nous est simple. Nous avons gagné ce marché à la loyale, avec une offre améliorée. Et nous nous sentons lésés par la décision du tribunal administratif. L’usager des transports bordelais sera la victime, au moins dix-huit mois, de cette décision de forme.

Veolia voulait aussi plaider une concurrence déloyale avec la filiale de la SNCF qu’est Keolis, notamment sur le volet intermodal… ?

Veolia plaide volontiers pour une vraie concurrence depuis Paris, mais ne s’applique pas la consigne, notamment à Bordeaux. Le maintien de son recours devant le tribunal administratif de Bordeaux démontre qu’il n’accepte toujours pas le choix des élus et prouve que cette société est mauvaise perdante. À Nantes ou à Grenoble, Transdev et une société d’économie mixte ont remporté des marchés avec une vraie offre intermodale. Que dire de surcroît, en terme de concurrence des agglomérations où Veolia Environnement gère les transports, l’eau, les réseaux de chaleurs…

« Le Figaro » évoque une concertation sur le dossier bordelais, à Berlin, entre les dirigeants de Veolia et ceux de la Deutsche Bahn. Qu’en pensez-vous ?

Nous laissons le journaliste libre de ses propos. Nous n’avons pas d’éléments concrets qui nous permettent de dire qu’il y avait entre les deux sociétés une concertation « juridique » au sujet de ce gros contrat bordelais. Nous sommes juste étonnés de constater que certains éléments contenus dans le recours de la Deutsche Bahn n’étaient connus que de la CUB, de Keolis et de Veolia Transport. Je ne serai d’ailleurs pas surpris que D Bahn et Veolia fassent une offre commune à Bordeaux, lors de la prochaine consultation.

Keolis ou Veolia gagnent des contrats en Allemagne mais Deutsch Bahn est absente du marché français des transports urbains… ?

La société allemande exagère sur ce point. Lire la suite

La pauvreté, 1er frein à la conservation de la biodiversité

novethic.fr, Hélène Huteau, le 11 décembre 2008

La pauvreté, principal frein à la conservation de la biodiversité

S’inspirer du marketing pour sensibiliser à la protection de la biodiversité ? Au Gabon, la méthode fonctionne mais la biodiversité continue de disparaître… Le changement des comportements ne se fera pas sans progrès économique, social et sanitaire. Les ONG environnementales sont sur tous les fronts face à l’urgence.

Les ONG américaine Wildlife Conservation Society (WCS) et RARE Pride ont développé, avec les Parcs Nationaux du Gabon, une méthode innovante, efficace et toute américaine pour sensibiliser les Gabonais vivant à proximité des parcs nationaux à préserver la nature et notamment les espèces menacées de la faune. Il s’agit d’appliquer les techniques du marketing social, en adaptant le message aux « supports » les plus populaires. Ainsi, le pangolin géant a été choisi comme mascotte suite à un sondage montrant qu’il s’agit de l’animal préféré de la population. Les messages sont également diffusés dans les bars ou lors des matchs de foot. La démarche ne se veut ni intrusive ni condescendante, mais participative. Elle va également au-delà de la plus classique « consultation des parties prenantes ». Entreprises, chefs de populations locales, chasseurs, pêcheurs, orpailleurs, etc. ont été associés et sondés pour identifier les menaces pesant sur le parc, puis développer un programme personnalisé. Une messe a aussi été organisée à cette intention, car la population est à 70 ou 80 % chrétienne.

76% de chômage

Les résultats, mesurés, de la campagne de sensibilisation montrent que la connaissance des espèces protégées a cru de plus de 15%. Pourtant, on continue d’acheter de la viande de brousse, souvent issue du braconnage. « Nous avons identifié des barrières au changement de comportement qui ne dépendent pas des individus » explique Martin F. Hega, directeur de projet pour WCS « la première est la pauvreté : 76% des gens sont sans emploi ». A partir de là commence le travail concret de conservation : comment permettre aux habitants de se nourrir, selon leurs traditions sans qu’ils déciment la viande de brousse ? « On ne peut pas demander aux chasseurs d’arrêter la chasse, surtout quand c’est leur seule source alimentaire, souligne Martin F. Hega. Mais il faut qu’ils gèrent la ressource de façon responsableLa vente de viande de brousse en ville a en effet cassé l’équilibre prélèvement-reproduction qui existait ancestralement, quand les villageois ne chassaient que pour leur propre consommation. Mais la chasse dite « commerciale » assure aux villageois des revenus financiers pour l’école des enfants, le pétrole et des biens de consommation.

Le Gabon, poumon écologique mondial

Le Gabon est au cœur du bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial après l’Amazonie. Son territoire est recouvert à 80% de forêt tropicale et abrite une extraordinaire biodiversité, dont de nombreuses populations de grands singes. « Le Gabon est, en Afrique centrale, un pays pionnier en matière de préservation de l’environnement » selon l’Institut Jane Goodall, qui souligne la volonté politique de conservation. Mais malgré la création de 13 parcs nationaux en 2002, les pressions démographiques et économiques (braconnage, déforestation et commerce illégal) sont considérables et représentent une menace permanente pour la survie des gorilles et chimpanzés, entre autres espèces. Les grands singes risquent de disparaître dans les 10 prochaines années. Leur effectif a diminué de moitié en vingt ans. Lire la suite

Mérignac Arlac, mise en place d’un réseau Pédibus

Sud-Ouest,  Olivier Delhoumeau, le 17 Décembre 2008
MÉRIGNAC, ARLAC. Le quartier vient de mettre en place une ligne de ramassage scolaire pédestre. Une première à Mérignac. La création d’un deuxième trajet dans le même secteur est à l’étude

Avec le dispositif pédibus, aller à l’école c’est le pied

Pédibus, quèsaco ? Un mode de ramassage scolaire correspondant à un autobus pédestre.

Rien de révolutionnaire, en somme, mais une vieille recette dont la remise au goût du jour génère de plus en plus d’adeptes. Bizarrement, la ville de Mérignac en était dépourvue jusque-là. La municipalité qui se targue d’être à la pointe des préoccupations écologiques, n’avait jamais expérimenté ce mode de déplacement où l’énergie du bipède remplace les roues de la voiture. Une erreur désormais réparée. La première ligne vient de naître à Arlac.

Place Campana, 8 heures du matin. Le jour n’est pas encore levé. Une dizaine de gamins en anoraks, et bonnets enfoncés jusqu’aux oreilles se retrouvent au point de ralliement. Jean-Philippe, un parent volontaire, gilet fluo sur le dos, encadre les enfants en compagnie de Nathalie, maman du petit Jules scolarisé en maternelle.

Lien social

Sans trop tarder, le cortège s’engage dans l’avenue du Vallon, une rue calme, en direction du groupe scolaire Marcelin-Berthelot. Au gré de sa progression, l’autobus pédestre récupère des enfants sur les pas-de-porte avant d’accrocher une grappe plus conséquente, avenue Victor-Hugo.

Nathalie ne voit que du positif dans cette démarche. « Les enfants sont moins stressés en arrivant à l’école. Ils se racontent leurs petites histoires, plaisantent parfois, l’ambiance est plus sympa qu’en voiture. »

Au-delà du service rendu, l’ouverture de cette ligne permet aux parents de lier connaissance. « On sort du traditionnel bonjour adressé devant l’école », Lire la suite

CREDOC : Baromètre de la perception de l’alimentation

Baromètre de la perception de l’alimentation en FRANCE

Crédoc, Ministère de l’agriculture et de la pêche, septembre 2008

 

ONU : La libéralisation nuisible pour les agricultures fragiles

Le Monde, Jean-Pierre Stroobants, le 17 décembre 2008

Le rapporteur spécial des Nations unies juge la libéralisation nuisible pour les agricultures fragiles

Olivier De Schutter, un universitaire belge, actuellement rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, va remettre un rapport très attendu à Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il concerne, d’une part, l’impact du commerce mondial libéralisé sur la faim dans le monde et, d’autre part, sa capacité à influer sur la politique des Etats, tenus d’assurer l’accès de tous à l’alimentation.

M. De Schutter plaide pour une révision des conceptions qui président à la libéralisation. Celle-ci, souligne-t-il, menace la situation, déjà précaire, de dizaines de millions de petits agriculteurs et engendre des « coûts cachés », sociaux, environnementaux et sanitaires notamment. « Elle n’est pas plus favorable au consommateur, confronté à une forte hausse des prix, qu’au petit producteur, auquel on paye un prix de plus en plus faible. En revanche, la chaîne de distribution s’allonge, ce qui contribue à enrichir divers intermédiaires« , explique le rapporteur.

Dans le monde, 500 millions de producteurs sont contraints d’acheter cher leurs semences et leur engrais à une douzaine d’oligopoles et de revendre à un prix dérisoire leur production. « Il faut améliorer la gouvernance de ce commerce, généraliser l’échange équitable« , plaide M. De Schutter.

Près de 900 millions de personnes souffrent de la faim alors que la planète produit, en théorie, suffisamment de nourriture pour tous ses habitants. Les accords sur lesquels se basent l’OMC prévoient un meilleur accès de tous les produits agricoles au marché, une diminution des programmes de subventions à la production et la réduction – voire l’élimination – des subventions à l’exportation.

Un programme qui est loin d’être réalisé, le chapitre agricole formant l’un des obstacles à la conclusion des négociations sur la libéralisation des échanges. Les négociations engagées à Doha, en 2001, pour faire bénéficier les pays en développement de la libéralisation du commerce, piétinent.

DÉPENDANCE

Le rapport de M. De Schutter s’interroge non pas sur un avenir idéal, mais sur la situation actuelle. « La position de l’OMC est, en gros, que les impacts négatifs résultant de la libéralisation, notamment pour les petits paysans et les populations marginalisées seront compensés par l’expansion des secteurs exportateurs, explique-t-il. Cette approche, qui établit le bilan des gains et des pertes, n’est pas satisfaisante car, dans biens des cas, les gouvernements ne sont pas en mesure de compenser ces impacts négatifs pour leur population. »

Des pays ont été incités à se spécialiser dans des secteurs où ils bénéficiaient d’avantages comparatifs : le coton pour l’Afrique de l’Ouest, le café pour la Colombie et l’Ethiopie, le sucre pour d’autres. On leur a promis qu’avec les devises ainsi engrangées, ils pourraient importer de quoi nourrir leur population pour un prix inférieur à ce qu’ils auraient pu produire eux-mêmes.

Problème : on a engendré leur dépendance par rapport à des indices boursiers de plus en plus volatils. Après une baisse des cours de leurs produits, ils ne peuvent plus payer leurs importations, dont la valeur a, elle, été parfois multipliée par cinq ou six. L’évolution encouragée par l’OMC a même transformé en importateurs des pays qui étaient autosuffisants. Lire la suite

PNUE VIENT DE PARAITRE : Atlas Carbone et biodiversité

actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 9 décembre 2008

Environnement, le PNUE publie son atlas Carbone et Biodiversité. Le nouvel atlas Carbone et Biodiversité du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) montre comment la protection des écosystèmes riches en carbone peut permettre à la fois de combattre le changement climatique et la perte de biodiversité.

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a publié une carte des zones riches en biodiversité qui stockent le carbone. Il s’agit de son nouvel atlas Carbone et Biodiversité.

Le nouvel atlas Carbone et Biodiversité du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) montre comment la protection des écosystèmes riches en carbone peut permettre à la fois de combattre le changement climatique et la perte de biodiversité.

L’atlas Carbone et Biodiversité a été produit par le Centre de surveillance continue de la conservation mondiale de la nature (UNEP-WCMC) avec le soutien du gouvernement allemand et des fonds initiaux de la Humane Society International. L’atlas Carbone et Biodiversité est disponible sur papier et en version électronique sur Internet.

Premier du genre, l’atlas Carbone et Biodiversité du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) arrive au moment où les Etats Membres de l’ONU sont réunis à Poznan en Pologne pour des négociations ultimes pour une convention sur le climat. Les négociateurs cherchent notamment à promouvoir le financement du Programme pour la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD) dans un accord post-2012 sur le climat.

L’atlas Carbone et Biodiversité du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) inclut des cartes régionales ainsi que des cartes nationales pour six pays tropicaux indiquant les endroits où le stockage de carbone est élevé et coïncide avec des régions d’importance pour la biodiversité. On estime que les écosystèmes terrestres de la planète stockent 2.000 milliards de tonnes (gigatonnes) de carbone (GtC) dans la biomasse au-dessus du sol et dans le sol, avec une proportion importante de ce carbone localisée dans les écosystèmes tropicaux.

Pour Achim Steiner, directeur du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), « en localisant les endroits où des hautes densités de carbone chevauchent des hauts niveaux de biodiversité, l’atlas met en lumière les endroits où les gouvernements et les investisseurs peuvent aborder deux crises pour le prix d’une ».

 « La nature a passé des millions d’années à perfectionner la capture et le stockage de carbone dans les forêts, les terres de tourbe, les sols et les océans tout en faisant évoluer la biodiversité, centrale pour des écosystèmes sains et économiquement productifs. Les méthodes technologiques pour la capture et le stockage auront leur rôle à jouer, mais les retours les plus importants et étendus reviendront sur des investissements dans les systèmes naturels de capture et de stockage de carbone et leur optimisation », précise le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dans un communiqué, qui explique que près de 20% des émissions de gaz à effet de serre proviennent de la déforestation.

Les Andes tropicales sont, à titre d’exemples, le « point chaud » de biodiversité le plus riche et varié du monde alors que la forêt vierge de l’Amazone, la zone continue de forêt pluviale la plus vaste du monde, héberge environ un quart des espèces terrestres du monde. Lire la suite

Landes : Utovie édite des guides pratiques écolos

aqui.fr, MP Mémy ,15 décembre 2008

Du côté des éditeurs Aquitains : Utovie joue la carte des guides pratiques écolos

Marie Fougère et Jean-Marc Carité installés depuis 1971 à Geaune dans les Landes se sont spécialisés dans l’écologie pratique. «Nous avons toujours été éditeurs écolos, même lorsque nous avons fait du livre jeunesse, un créneau où il y a énormément de choses superbes mais sur lequel nous, petits éditeurs, étions mal placés sur les prix». Utovie décline des titres autour d’un produit avec sa collection l’Encyclopédie d’Utovie, fait le tour de l’argile, du chardon de bois, du GPL ou du mur solaire. Le tout constitue une sorte de « Que sais-je » sur des sujets ayant un rapport avec les bonnes pratiques ménageant l’environnement. L’éditeur veut aider ses lecteurs à mettre en pratique le jardinage, l’élevage le cas échéant. Habitat, alimentation, santé figurent parmi les principaux centres d’intérêts.

On peut apprendre à faire sa bière, ses liqueurs ou son vinaigre; se pencher sur les vertus de l’ortie ou du miel. Utovie avait déjà exploré le principe un produit-un livre avec la cuisine. Le fromage de chèvre la courgette et les poireaux, par exemple, ont été mitonnés en moult recettes. Le titre phare du catalogue, un guide des vins biologiques, a 25 ans, en est à sa treizième édition et fait aujourd’hui autorité. Pour asseoir leur notoriété sur le créneau environnemental, Marie Fougère et Jean-Marie Carité sont présents sur une demi-douzaine de salons spécialisés sur l’environnement, Marjolaine à Paris, Asphodèle à Pau, Biozone à Mur de Bretagne, Fougère à Tours.

Derniers titres parus : Lire la suite

Terre vivante : Un nouveau portail de l’écologie

Un nouveau portail de l’écologie

 . / Terre vivante,  le 9 décembre 2008

Terre vivante (coopérative de Mens – Isère) met en ligne un nouveau portail de l’écologie pratique www.terrevivante.org… Le magazine Les 4 Saisons du jardin bio, les livres et le Centre écologique attendaient l’arrivée de leur petit frère avec impatience !…

Il est déjà costaud

Plus de 400 pages d’informations, 3500 bonnes adresses validées, les archives du magazine papier, une découverte en images du Centre…

Et bien éveillé

Avec un moteur de recherches qui cherche vraiment partout, dans les thématiques du jardin bio, de l’habitat écologique, de l’alimentation et du bien-être.

C’est fou comme il est réactif

Il trouve l’événement qui se passe près de chez vous, la formation qui vous intéresse, le professionnel qualifié correspondant à vos besoins, le livre qu’il vous faut…

Et il est très partageur !

Vous pouvez déposer un « truc et astuce », poser une question sur les Forums, proposer un événement…  

Bien sûr, c’est le plus beau ! …

Allez le voir ! Lire la suite

RAPPORT CE : « Régions 2020 » Mondialisat°, climat, énergie

Commission européenne, novembre 2008

Prospective territoriale : la Commission européenne présente un rapport sur les défis qui attendent les régions en 2020

Danuta Hübner, commissaire européenne à la politique régionale, a présenté le 9 décembre 2008 les résultats du rapport «Régions 2020», qui livre une première analyse prospective de l’impact régional probable de quatre des principaux défis auxquels l’Europe est confrontée, à savoir la mondialisation, l’évolution démographique, le changement climatique et l’enjeu énergétique (consommation et approvisionnement). Les conclusions de ce rapport, élaboré par la direction générale « Politique régionale » de la Commission, viendront enrichir le processus de réflexion sur la future politique européenne de cohésion.

Voir l’étude : Lire la suite

La grille Développement Durable du Grand Lyon

http://www.actualites-news-environnement.com/19110-grille-developpement-durable-grand-lyon.html

actualites-news.com, Pierre MELQUIOT, 9 décembre 2008

La grille Développement Durable du Grand Lyon.

L’usage de la grille Développement Durable, systématisé lors de la définition des projets (c’est-à-dire en amont du projet, lors de la décision de faire), permettra de positionner l’engagement du Grand Lyon en matière de développement durable.

La grille de questionnement développement durable est un outil du Grand Lyon afin d’apprécier la prise en compte du développement durable dans les pratiques et projets communautaires. La grille Développement Durable du Grand Lyon est à la disposition des élus Développement durable des 57 communes de la communauté urbaine.

En 2005, il a été proposé qu’une grille de questionnement développement durable, sorte de chek-list, soit disponible pour les élus et les techniciens. Cet outil permet d’intégrer le développement durable en amont de toute démarche en identifiant des critères de choix.

Cet outil a été testé auprès de différents services et de différents projets (Anneau Bleu, projet urbain, projet de voirie, etc.). Une version remaniée est proposée dans le cadre de l’actualisation de l’Agenda 21 afin de l’officialiser et de la diffuser largement auprès des services.

Son usage, systématisé lors de la définition des projets (c’est-à-dire en amont du projet, lors de la décision de faire), permettra de positionner l’engagement du Grand Lyon en matière de développement durable. L’identification des critères de développement durable qui conditionneront les projets permettra de suivre, d’évaluer et de réorienter les projets. De la sorte, le développement durable sera pris en compte dans l’ensemble des politiques communautaires sans exception.

La grille Développement Durable du Grand Lyon a pour objectifs de : accompagner en amont la prise en compte du développement durable ; fixer un curseur en matière de développement durable : jusqu’où le Grand Lyon souhaite aller dans cette prise en compte ; suivre dans le temps cette prise en compte ; rendre compte aux acteurs locaux et aux habitants.

La grille de questionnement accompagne les 5 principes d’action mobilisant le Grand Lyon pour aller vers un développement durable : principe de solidarité, principe de précaution, principe de qualité environnementale, principe de participation citoyenne, principe de partenariat.

Chacun de ces principes est décliné en critères plus précis : Lire la suite

Téléphone : nouvelle offensive contre les ondes

Ouest-France, Philippe Richard, le 17 décembre 2008

Téléphone : nouvelle offensive contre les ondes

Dix associations ont lancé, hier, une campagne contre l’utilisation du téléphone portable. Elles disent craindre un « Tchermobile ».

La campagne.

La campagne implique plusieurs associations environnementales (Agir pour l’environnement, Priartem…), la FCPE, la Ligue de l’enseignement, l’association de bibliothécaires parisiens SUPAP-FSU, ainsi que l’Association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse lancée par le Pr Belpomme. Ce cancérologue controversé est sur tous les fronts des causes environnementales du cancer. Agir pour l’environnement propose des cartes postales aux slogans plus ou moins chocs (dont un qui emploie la formule « Tchermobile »), à envoyer aux ministères concernés : santé, éducation nationale ou écologie.

Précautions. En juin, le très médiatique psychiatre David Servan-Schreiber avait lui aussi lancé un appel à la prudence… qui reprenait globalement un communiqué diffusé, début janvier, par le ministère de la Santé. En gros : ne pas abuser du téléphone, utiliser un kit mains libres, ne pas téléphoner dans des conditions de mauvaise réception…
Téléphones pour enfants. La campagne vise tout particulièrement l’usage des téléphones portables par les enfants, d’où l’implication des associations d’enseignants et de parents. Dans son expertise de 2005, l’Affset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) avait souligné que, si des effets sanitaires étaient mis en évidence, les enfants pourraient être plus sensibles.

Le wi-fi dangereux ? C’est le nouveau cheval de bataille des associations. À la suite de plaintes du personnel, en septembre, la Mairie de Paris a dû enlever des bornes wi-fi de quatre bibliothèques. À la demande des ministères de la Santé et de l’Écologie, l’Affset a été chargée d’évaluer les dangers du wi-fi et de la télé mobile personnelle.

Risques de cancer : du nouveau ? Pas vraiment. On n’en finit pas d’attendre les résultats complets de l’étude Interphone, menée depuis 1999 dans treize pays, dont la France. Lire la suite

Fondation Hulot « Poznan: On a perdu notre temps »

leJDD.fr, propos recueillis par Rémi Duchemin, le 13 Décembre 2008

La conférence de Poznan sur le réchauffement climatique s’est conclue samedi sur un bilan mitigé. Si un calendrier de négociations a été dégagé, avec en point de mire Copenhague, où l’accord remplaçant le protocole de Kyoto doit être signé en décembre 2009, le fossé s’est agrandi entre pays riches et du Sud. Présent en Pologne, Benoît Faraco, de la Fondation Nicolas Hulot, fait le point.

On parle d’un bilan mitigé à Poznan, partagez-vous ce sentiment ?

Ce n’est pas ce à quoi on s’attendait. Même si ce n’était qu’une étape vers Copenhague, où on va négocier l’accord qui remplacera le protocole de Kyoto, on pensait qu’on avancerait quand même un peu plus ici. On a l’impression que depuis un an et la conférence de Bali, qui avait été un grand moment dans ces négociations, on a un peu perdu notre temps. Parce que sur les principales décisions qui doivent préparer cet accord, on a repris les mêmes textes qu’à Bali, on a fait du copier-coller. Donc c’est un bilan en demi-teinte, et les quelques rares avancées qu’on a obtenues ne sont pas à la hauteur de ce qu’il fallait faire pour vraiment préparer Copenhague.

Quelles sont ces quelques rares avancées que vous évoquiez ?

Il y’a deux choses. La première, c’est la définition d’un calendrier. On a confié à deux personnes la responsabilité de préparer le nouveau texte qui remplacera le protocole de Kyoto, en leur demandant de venir en juin avec des éléments précis pour qu’enfin on puisse commencer à négocier sur du concret. C’est intéressant et important, car il ne nous reste plus qu’un an, et il fallait vraiment qu’on ressorte de Poznan avec cette avancée. Le deuxième point un peu positif, c’est qu’on va enfin pouvoir financer des projets d’adaptation dans des pays du Sud. Car le réchauffement climatique est déjà là, et il impacte des populations, avec des sécheresses, des famines, des inondations dans certains pays en développement. Et à Poznan, on a débloqué le fonds qui va pouvoir permettre de financer des projets pour répondre à ces problèmes dans les pays du Sud.

Ce fonds sera-t-il doté de moyens suffisants ?

Pour l’instant, il est relativement modeste, mais ce fonds va être un peu plus élevé parce qu’il est financé par une taxe sur les mécanismes de flexibilité, c’est-à-dire les mécanismes de Kyoto qui permettent au pays industrialisés d’atteindre leurs objectifs en finançant des projets au Sud. Donc le fonds sera de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars. Cela dit, les financements restent hyper-modestes. Les grandes ONG estiment que les besoins seraient plutôt de l’ordre de dizaines de milliards de dollars, donc on n’est pas au niveau.
« Une vraie déception sur la question des financements »

Les Pays en voie de développent son apparus mécontents de leur sort…
A Bali, les pays riches et les pays du Sud avaient passé un contrat. Les pays en développement avaient promis de présenter des projets pour lutter contre le réchauffement climatique, ce qui constituait une première, et les pays industrialisés devaient faire des propositions pour financer ces projets. Des pays comme l’Afrique du Sud ou le Brésil sont donc venus avec des propositions, mais les pays industrialisés sont restés très, très frileux sur les financements, et c’est quelque chose de vraiment décevant. Au moment de la conclusion de la conférence, l’ensemble des pays en développement avaient l’impression d’avoir fait une grande partie du chemin et que les pays riches n’avaient pas répondu. Toute une série d’interventions ont montré que pour eux, Poznan était une vraie déception. Lire la suite

L’industrie écolo crée partout des emplois et de la croissance

La croix,  Tristan de BOURBON (à Pékin), Flore GEFFROY (à San Diego), Gilles de LESDAIN (à Tokyo), Valérie DEMON (à Madrid), Michel VERRIER (à Berlin), le 10 décembre 2008

L’industrie écologique crée partout des emplois et de la croissance

Des secteurs industriels entiers nés de la préoccupation d’économiser l’énergie et de s’émanciper du pétrole et du charbon créent des emplois et du dynamisme économique

En Chine, les panneaux solaires s’exportent bien

Shi Zhengrong ne peut rester assis plus de quelques minutes au même endroit. Il bouge de sa chaise à son canapé, de son bureau à sa salle de réunion, de Wuxi à Munich. Intenable, peut-être pour rattraper les années passées assis derrière les ordinateurs de l’université de Nouvelle-Galles du Sud, dans la banlieue de Sydney, en Australie, à étudier le laser puis la technologie photovoltaïque. Rentré dans son pays, il crée en janvier 2001 son entreprise, Suntech, à Wuxi, tout près de sa ville natale. Sa première ligne de fabrication de modules de cellules photovoltaïques en verre et en fer entre en opération en mai 2002. Aujourd’hui, grâce à son introduction en Bourse à New York en décembre 2005 et à de nombreux emprunts, il a pu agrandir ses usines, dont la capacité de production de modules est passée de 360 mégawatts (MW) en août dernier à 750 MW à la fin septembre, et devrait atteindre un gigawatt à la fin décembre. Le site de Wuxi emploie 7 000 ouvriers.

Suntech n’existe que par l’exportation : l’entreprise n’a réalisé en 2007 que 1,9 % de ses ventes sur le territoire chinois. « Produire de l’électricité grâce à des panneaux solaires coûte bien plus cher qu’à partir du charbon et, comme nous ne recevons toujours pas d’encouragement fiscal à la production de la part de l’État, contrairement à ce qui se fait pour l’éolien, notre succès demeure limité en Chine », explique Shi Zhengrong. En 2007, 85,5 % de la production de Suntech ont été exportés par bateau en Allemagne et en Espagne. Et la société entend ouvrir prochainement un bureau en France.

Aux États-Unis, le recyclage crée l’emploi

En Californie, le recyclage devient un état d’esprit, avec plus de 2 400 centres de recyclage recensés dans tout l’état, 1 800 entreprises qui font tourner 3 000 installations utilisant des produits recyclés (usines à papier, usines de pneus) et 16 millions de Californiens directement concernés par des programmes de ramassage de biens usagés. Chaque année, les économies obtenues grâce au recyclage permettent d’alimenter en énergie 1,4 million de maisons.
Le 1er janvier dernier, un programme de récupération des sacs en plastique a été mis en place pour recycler les 19 milliards de sacs qui sont utilisés chaque année. À ce jour, seuls 5 % de ces emballages sont traités, ce qui laisse entrevoir de jolies possibilités de développement du secteur. Command Packaging, qui compte déjà 200 employés, a commencé : cette entreprise installée depuis l’an dernier à Vernon, près de Los Angeles, transforme les sacs en plastique en d’autres types d’emballages, eux-mêmes recyclables.
Dans toute la Californie, 85 000 personnes – soit l’équivalent de 4 milliards de dollars de salaires – travaillent dans l’industrie du recyclage, pour des ventes qui génèrent plus de 10 milliards de dollars, soit environ 8 milliards d’euros, chaque année. À la clé, une volonté politique : le California Integrated Waste Management Board, une entité gouvernementale, qui a calculé que parvenir à un recyclage de 50 % des déchets de toute nature verrait la création de 45 000 nouveaux emplois d’ici à sept ans et injecterait 2 milliards de dollars, soit 1,5 milliard d’euros supplémentaires, dans l’économie du « Golden State ».

Au Japon, la voiture propre innove encore

En 2010, Nissan se lancera dans l’exploitation commerciale de voitures à 100 % électriques. Avec pour cible les flottes urbaines de livraison qui effectuent moins de 100 km par jour. Le grand public devra encore attendre : l’autonomie des voitures électriques ne peut dépasser ces 100 km quotidiens, à moins d’utiliser des batteries plus performantes… et bien trop chères pour être commercialisées. Lire la suite

Bassin d’Arcachon : Une évolution dans le sens de l’écologie

Sud-Ouest, Sabine Menet, le 15 Décembre 2008

ENVIRONNEMENT. La Ceba dresse un bilan positif de l’après Grenelle. Tout en restant vigilante sur les sujets sensibles du lieu

« Une évolution dans le sens de l’écologie »

Jean Mazodier affiche son optimisme. À l’issue de son assemblée générale, jeudi soir à Gujan-Mestras, le président de la coordination environnement du bassin d’Arcachon (Ceba) confesse que 2008 a été une année importante.

« L’an un du post Grenelle de l’environnement », dit-il, en estimant que l’administration et les services de l’État suivaient une « très bonne évolution ». Comprenez une « très bonne évolution dans le sens de l’écologie », cheval de bataille de la coordination qui rassemble 15 associations de défense de l’environnement.

Prés salés et Quinconces

Associée à la réflexion ayant précédée la rédaction du schéma de mise en valeur de la mer (SMVM), la Ceba s’est également trouvée invitée à participer au porté à connaissance du Schéma de cohérence territoriale (Scot), aux discussions du conseil de développement du Pays (Codev) ou plus récemment au débat portant sur le parc marin. « Politiques, milieux institutionnels et associations convergent », résume Jean Mazodier, qui ne gomme pas pour autant les batailles qu’il reste à mener sur le terrain.

Ainsi, la Ceba garde-t-elle un oeil vigilant sur l’évolution des Près salés ouest à La Teste-de-Buch. « Nous demandons à ce que l’écosystème soit protégé et que l’on reste fidèle à la convention passée avec l’État », résume Françoise Branger, vice-présidente de la Ceba et présidente de l’Association bassin d’Arcachon écologie.

La coordination rive également son regard vers Andernos-les-Bains suivant le projet du golf, la sauvegarde du site des Quinconces et l’extension du port du Betey.

Liste non exhaustive

À Audenge, son attention reste aussi soutenue. « Nous souhaiterions que l’ensemble des communes qui ont déversé leurs déchets au centre d’enfouissement participent aujourd’hui à sa réhabilitation », expose Jean Mazodier. Attentif aux coupes d’arbres sur le site du Truc vert au Cap-Ferret, le président de la Ceba dresse une liste non exhaustive des sujets sensibles : disparition des zostères, comblements des esteys et de manière plus générale la question de l’eau douce.

Une question que la structure a pris à bras-le-corps en éditant un document de référence récapitulant toutes les préoccupations idoines : abaissement de la nappe aquifère du sable des Landes, hausse des températures des eaux souterraines, pollution, industrie, effluents rejetés en mer, etc.

Wharf et Natura 2000

« Nous avons une vision globale » Lire la suite

A Poznan, l’accord européen est arrivé trop tard

la-croix.com, Marie Verdier, le 14 décembre 2009

A Poznan, l’accord européen est arrivé trop tard

La conférence de Poznan s’est soldée par un mandat clair pour négocier en 2009 les futurs accords de Copenhague sur le climat. Mais l’accord européen a été conclu trop tard pour influencer véritablement les débats

« Ni rupture, ni dynamique », conclut laconique Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État à l’écologie, à l’issue des deux semaines de conférence des Nations unies sur le climat qui ont mobilisé 12 000 délégués de 190 pays à Poznan, en Pologne.

Il est vrai que Poznan était un rendez-vous « ingrat », une simple étape dans le calendrier onusien, alors même que les opinions publiques pouvaient s’estimer en droit d’attendre des engagements à la hauteur du problème planétaire. « On ne négociait pas un texte, mais les chances de réussir Copenhague », poursuit Nathalie Kosciusko-Morizet. Car Copenhague, en décembre 2009, sera le grand rendez-vous de la planète au chevet du climat pour donner un avenir au protocole de Kyoto qui s’achève en 2012.

L’accueil du « paquet climat-énergie » européen

Comme un invité trop longtemps attendu dont on ne goûte plus la présence, le « paquet climat-énergie » européen fut une bonne nouvelle trop tardive. Bien sûr, celle-ci a été saluée in extremis, à quelques heures de la clôture à Poznan.

Mais cela n’a pas empêché que cette conférence a navigué à vue, entre un leadership européen mis entre parenthèses et une Amérique encore absente, et a suscité une immense frustration parmi les pays en développement, les promesses financières étant, une fois de plus, reportées à des lendemains meilleurs. Poznan fut de ce point de vue un rendez-vous manqué. « Il va falloir recoller les morceaux dans les mois à venir », s’inquiète Karim Haris, de l’ONG Oxfam.

« Il faut bien dire que cette conférence a causé une certaine amertume », a reconnu Yvo de Boer, secrétaire de l’ONU sur les changements climatiques.

À l’applaudimètre, Al Gore a volé la vedette à l’Union européenne. Le prix Nobel de la paix américain a reconnu que les progrès étaient « douloureusement lents » mais estimé qu’il y avait motif d’espérer aujourd’hui et a, en ce sens, promis au nom de la future équipe présidentielle de Barack Obama que les États-Unis seraient au rendez-vous de Copenhague.

Le bilan de Poznan

Poznan a adopté un calendrier et un mandat clair de négociation pour l’année 2009. Le texte de base du futur protocole de Copenhague devra être prêt en juin. « On peut remercier les pays en développement d’avoir accepté ces mandats », a insisté Sigmar Gabriel, ministre allemand de l’environnement, alors que les pays développés ont tergiversé sur leurs objectifs et ont, en ce sens, marqué un recul par rapport aux positions prises à Bali l’année précédente.
Autres avancées modestes de Poznan, les pays les plus démunis ont « arraché » l’autorisation d’accéder directement au fonds d’adaptation – créé par le protocole de Kyoto et qui devrait devenir opérationnel en 2009 – sans transiter par les fourches caudines de la Banque mondiale.

Et la question de la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD), jusqu’ici restée en marge des négociations, devrait faire partie des engagements de Copenhague. Dix-huit pays en développement et industrialisés ont signé une déclaration commune en ce sens.

La brûlante question du financement

Pas un sou ni un mécanisme financier ne sont sortis de Poznan. Marthinus Van Schalkwyk, ministre sud-africain de l’environnement, a stigmatisé le « silence assourdissant » des pays développés, Lire la suite

La terre, un habitat menacé

ledevoit.com, Mélanie Roy, Cégep du Vieux-Montréal, le 13 décembre 2008

La terre, un habitat menacé

Par le règne de l’industrie, de l’automobile et du plastique, l’homme altère depuis plusieurs décennies la qualité de son environnement, altération qui atteint aujourd’hui des niveaux inouïs

Le concours «Philosopher» invite chaque année les étudiants du réseau collégial québécois à proposer leur réflexion sur un thème d’actualité. Le texte gagnant a permis à son auteur de remporter le premier prix, soit une somme de 1500 $ à laquelle s’ajoute une bourse de 500 $ offerte par Chenelière Éducation. Le thème de cette année était: «Crise environnementale et changements climatiques : l’humanité manque-t-elle à l’éthique de la responsabilité?» Voici le texte gagnant de cette année.

L’histoire humaine renferme l’exemple d’un peuple qui, par quête d’immortalité, a frôlé l’autodestruction, celui de l’île de Pâques. Selon une hypothèse, afin d’illustrer la gloire de leur civilisation, les habitants de l’île entamèrent la construction de gigantesques idoles de pierre, qu’ils parvenaient à déplacer sur des billots de bois.

Leur ambition eut vite raison de l’intégralité des forêts de l’île. Ayant pillé sans réfléchir les précieuses ressources de son environnement, le peuple de l’île de Pâques fut décimé par sa propre irresponsabilité.

De nos jours, l’histoire des habitants de cette île peut sembler un triste présage, à une échelle réduite, du futur de l’humanité actuellement lancée dans une quête de croissance et de pillage de la nature à grande échelle. Par le règne de l’industrie, de l’automobile et du plastique, l’homme altère depuis plusieurs décennies déjà la qualité de son environnement, altération qui atteint aujourd’hui des niveaux inouïs.

En effet, la Terre est actuellement la scène d’une crise environnementale due à des siècles d’irresponsabilité humaine. L’homme, armé de son savoir et de sa technique, a causé des dommages, en partie irrévocables, à la nature.

Les cours d’eau ont été contaminés, les déchets domestiques et industriels ont été accumulés, les ressources naturelles ont été épuisées.

Le bouleversement de l’équilibre de la nature a récemment atteint un niveau tout autre avec la menace des changements climatiques, dont les conséquences seront multiples: pénurie d’eau potable, sécheresses, fonte des glaciers et inondations massives sont au programme.
Essentiellement, la question du changement climatique évoque celle de la responsabilité humaine.
Par ses actes, l’humanité a gravement manqué à l’éthique de la responsabilité telle que présentée par Hans Jonas. Résultat : la vie sur Terre est menacée.

D’ailleurs, la question de l’éthique en suppose une autre, plus fondamentale, celle du rapport technique et économique de l’homme à son habitat, dont la nocivité est actuellement démontrée par une crise environnementale à grande échelle. L’homme manque à l’éthique de la responsabilité en ne repensant pas ce rapport, malgré ses impacts tangibles.
Hans Jonas et l’éthique de la responsabilité

Comme l’a démontré Hans Jonas, l’éthique classique est essentiellement anthropocentrique et se limite à l’immédiat de l’acte. Traditionnellement, même si l’homme est «l’être qui tourmente la déesse auguste entre toutes, la Terre», celle-ci demeure «éternelle et infatigable».
Depuis toujours, en effet, la nature était amplement capable d’autoconservation et parvenait à fournir tous les éléments nécessaires à la vie sur Terre. Les actes de l’homme n’affectaient que superficiellement sa capacité d’autorégénération. Lire la suite

Al Gore relance le débat sur le négationnisme climatique

planetdestroy.canalblog.com, Véronique Smée, 03 septembre 2007

Al Gore relance le débat sur le négationnisme climatique

Dans une intervention au Global Brand Forum de Singapour, l’ancien vice-président américain a dénoncé devant un parterre de dirigeants la campagne de désinformation menée par plusieurs multinationales sur la réalité des changements climatiques. Parmi elles, le leader mondial du pétrole ExxonMobil, chef de file des « négationnistes ».

Invité à participer au « Forum mondial des marques »–qui réunit les leaders de la publicité, des médias et des technologies de l’information-, Al Gore en a profité pour rappeler que « certains des plus grands groupes énergétiques mondiaux, dont ExxonMobil, financent des études destinées à remettre en question le concept de réchauffement climatique dans le cadre d’une campagne mondiale de désinformation ». Certes, la chose est connue, mais la popularité et la légitimité de l’ancien vice-président relancent opportunément le débat sur le lobbying américain en matière climatique. « Il s’agit d’une campagne organisée, financée à hauteur de dix millions de dollars (7,2 millions d’euros) par an par certains des plus grands émetteurs de gaz carbonique afin de donner l’impression qu’il existe un désaccord au sein de la communauté scientifique » sur le réchauffement, a lancé Al Gore. « Certaines compagnies de tabac ont dépensé des millions de dollars pour faire croire à des divergences parmi les scientifiques. Certains groupes industriels et le numéro un mondial du pétrole ExxonMobil en ont fait autant ces dernières années », a-t-il poursuivi, rappelant que le réchauffement climatique donne lieu à « l’un des plus forts consensus de l’histoire de la science ».
L’auteur du documentaire « Une vérité qui dérange » a également précisé qu’ « une prime de 10.000 dollars pour chaque article publié qui contesterait ce consensus » avait été proposée par le lobby négationniste.

Think tanks

Déjà, en janvier dernier, un rapport publié par un groupe d’experts américains a montré comment le géant pétrolier a organisé et financé une campagne de désinformation sur les changements climatiques. ExxonMobil aurait ainsi distribué près de 16 millions de dollars entre 1998 et 2005 à un réseau composé d’une quarantaine de think tanks et de lobbystes. Intitulé « Smoke, Mirrors & Hot Air » (« Fumée, miroirs et air chaud » ), le rapport de l’Union of Concerned Scientists, un groupe d’experts environnementaux, a été publié début janvier aux Etats-Unis pour dénoncer la manipulation et le  » négationnisme  » orchestré par le leader pétrolier. Celui-ci a financé à hauteur de 16 millions de dollars -une goutte d’eau dans les 36 milliards de son résultat net annuel- 43 organismes chargés de manipuler l’information sur le réchauffement de la planète et nier les impacts des activités industrielles sur le climat. Dès 1989, Exxon participe au Global Climate Coalition, qui regroupe à l’époque d’autres multinationales Texaco, General Motors, Ford, British Petroleum…., qui ont depuis pris d’autres positions. Le but de la structure était alors de lutter contre le Protocole de Kyoto et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en constestant systématiquement les conclusions du GIEC (groupement interntional d’experts climatiques). Par la suite, Exxon fonde divers groupes de lobbying, comme le Competitive Enterprise Institute -à hauteur de 2 millions de dollars-, qui a récemment réalisé un spot télévisé vantant les bénéfices du dioxyde de carbone, « un gaz inoffensif, indispensable à la croissance des plantes », Lire la suite

Université populaire de l’environnement, cours le 16 déc.

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT

L’Université nomade d’Aquitaine

COURS TOUT PUBLIC : LA NAISSANCE DE L’ENVIRONNEMENT

Une première série de trois cours, entrée libre et gratuite, va être proposée de 18h30 à 20h00 à l’IEP de Bordeaux, amphi Jacques Ellul, 11 allée Ausone, Domaine universitaire de Pessac (A coté de Bordeaux IV et 3), en partenariat avec l’association étudiante Echo’Logik (Association écologique de l’IEP de Bordeaux)

Lundi 17 novembre 2008 « La nature mise à prix » par Julien Milanesi, économiste, chercheur associé à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour.

Lundi 1er décembre 2008 « La place nouvelle accordée à la nature dans la ville » par Dominique Prost, géographe

Mardi 16 décembre 2008 « La naissance de la question environnementale » par Simon Charbonneau, juriste

Il est indispensable aujourd’hui de procéder à un rappel historique sur la question car la jeune génération a l’impression que cette question a toujours été d’actualité. Il faut au préalable distinguer la naissance des problèmes d’environnement nés avec le développement de l’industrie et avec l’urbanisation de la prise de conscience de ces problèmes qui ne date que d’une trentaine d’années. Le décalage historique existant entre ces deux choses mérite toute une analyse sur l’aveuglement des sociétés. Car il y a eu bien sûr des esprits libres qui très tôt ont pris conscience de la crise environnementale. Aujourd’hui, ce décalage apparaît d’autant plus dramatique que le contexte environnemental planétaire est en train de se dégrader d’autant plus vite que les nouveaux pays industriels apparaissent surtout focalisés par leur désir de rattraper notre niveau de vie.

1. MAISON DE LA NATURE ET DE L’ENVIRONNEMENT BORDEAUX-AQUITAINE

Créé en 1983 le Centre régional d’information des associations de protection de l’environnement (CRIE) se transforme en 1995 en Maison de la nature et de l’environnement (MNE) Bordeaux-Aquitaine. Son objet est de mener une action globale de réflexion, de sensibilisation et d’éducation en matière de connaissance et de protection de la nature et de l’environnement ainsi que d’être une interface entre le monde associatif, les autres acteurs de l’environnement et le public.

En novembre 2008, 17 associations sont adhérentes de la MNE  : Aquitaine Alternatives, Burdivéga, Cauderes, Colibri 33, Collectif pour l’achat de terre agricole (CATA), Collectif réduisons nos déchets en Gironde, CREAQ, Greenpeace Bordeaux, ICARE / Le jardin de Perral, Les droits du piéton en Gironde, Les p’tits gratteurs, Maisons paysannes de Gironde, SEPANSO Aquitaine, Séphir / Ecolo-Info, Trans’Cub, Vélo Cité et Villes et perspectives. Elles regroupent 7 000 adhérents aquitains.

En juillet 2007, confronté à la montée en puissance des crises écologique, climatique, énergétique… le Conseil d’administration réoriente son projet associatif autour de la mobilisation des associations environnementales d’Aquitaine décliné en trois axes :

Les associations : nous connaître, nous reconnaître et nous mobiliser collectivement

Nouer une relation constructive avec les pouvoirs publics

Convaincre et mettre en mouvement les citoyens

Parmi les actions de la MNE une analyse des crises et une étude sur les associations environnementales d’Aquitaine au nombre de 500 elles regroupent entre 60 et 80 000 aquitains.

 2. UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT – L’UNIVERSITE NOMADE D’AQUITAINE

Les différentes crises, notamment écologique, climatique et énergétique, vont impliquer de considérables changements de comportements individuels et collectifs. L’ambition du projet est de sensibiliser, informer, former, convaincre, mobiliser… les citoyens aquitains sur les conséquences environnementales de ces crises, de leur permettre d’en comprendre les grands enjeux et d’en connaître les acteurs.

Cette démarche d’éducation populaire s’inscrit dans la logique de l’après Grenelle de l’environnement. La finalité est de permettre au plus grand nombre de construire sa propre opinion sur les mutations en cours, de comprendre le pourquoi de ces changements personnels et collectifs nécessaires et de faciliter leurs mises en œuvre.

Différents outils ont vocation à répondre à ces objectifs : Ciné club, Forum, Cours tout public, Grand témoin, Auditeur libre… Ils devraient être complétés par un Centre ressource documentaire intégrant un Site Internet dont nous souhaitons faire le site de référence sur l’environnement en Aquitaine. Un blog de préfiguration fonctionne depuis août 2008 

3. COURS TOUT PUBLIC : « LA NAISSANCE DE L’ENVIRONNEMENT »

La prise de conscience de l’existence d’un environnement fini et fragile, méritant attention et protection, s’est développée par vague et de manière différente selon les époques, les régions et les cultures humaines. L’art et la culture ont été les premiers vecteurs d’une valeur particulière donnée à l’environnement, en Europe au 19ème siècle, les paysages ont joué ce rôle.

Au 20ème siècle les catastrophes écologiques visibles, les crises pétrolières font comprendre ou admettre une dépendance croissante des économies et des pays à des ressources limitées dont le pétrole, l’eau potable, le bois, la ressource halieutique, les sols cultivables… Dans les pays industriellement développés, l’environnement est de plus en plus perçu comme une ressource finie et non plus inépuisable, comme un bien commun, que nous avons le devoir de léguer aux générations futures.

La préoccupation environnementale est devenue mondiale, incluant le changement climatique, avec l’émergence de l’idée d’un environnement mondial « bien commun » fortement validée à Rio en juin 1992, lors du Sommet de la Terre. De nombreux traités de protection de l’environnement ont depuis été signés sous l’égide de l’ONU ou d’autorités plus régionales, mais ils n’ont à ce jour que freiné et réorienté la dégradation croissante de l’environnement biophysique et humain planétaire.

Depuis le dernier quart du XXe siècle la prise de conscience des modifications environnementales (changement climatique, réduction de la biodiversité, pollutions…) amorce le débat sur le statut de l’environnement au sein de nos sociétés. Désormais, les questions environnementales font partie intégrante des préoccupations des citoyens, des scientifiques et des gouvernements.

Cependant, la question du contenu auquel renvoie le terme d’environnement est rarement discutée et partagée. C’est l’objectif de cette série de cours qui aborde les avancées disciplinaires dans le domaine de l’environnement et la nécessité de faire dialoguer les disciplines entre elles sur une thématique se situant au carrefour des relations nature et société.

Un regard croisé, au travers essentiellement des disciplines des Sciences Humaines et Sociales, mais aussi des Sciences de la Vie et de la Terre, qui permettra d’explorer la façon dont les discours scientifiques se sont progressivement construits dans le champ de l’environnement et dans la pratique de l’interdisciplinarité.

 

 

Nicholas Stern : La crise, une chance de sauver la planète

 Le Monde, propos recueillis par Antoine Reverchon, le 13 décembre 2008

La crise, une chance de sauver la planète

Lord Nicholas Stern, professeur à la London School of Economics, a été reçu docteur honoris causa de Paris-Dauphine le 24 novembre.

Votre rapport sur l’économie du changement climatique, publié en octobre 2006, avait eu un impact considérable, car il chiffrait pour la première fois le coût économique de différents scénarios du réchauffement climatique. Mais la crise actuelle ne risque-t-elle pas de faire passer la réduction des émissions de gaz à effet de serre au second plan des priorités politiques et économiques ?

La crise économique fera perdre 4 ou 5 points de produit intérieur brut (PIB) mondial pendant deux ou trois années. Alors que la crise planétaire – j’utilise plus volontiers ce mot que celui de crise environnementale, à mon avis trop limité – aura des effets de plus en plus graves si nous n’agissons pas aujourd’hui, et ce sur des échelles de temps qui vont d’une cinquantaine à une centaine d’années. Non seulement en termes de destruction de valeur, mais aussi de catastrophes naturelles, de migrations humaines et de conflits entre communautés qu’elle engendrera.

Si j’avais à refaire aujourd’hui mon rapport de 2006, je serais encore plus alarmiste, car nous avons constaté depuis une accélération et une aggravation des conséquences du réchauffement. Cela dit, ces deux crises, économique et planétaire, ont un point commun : elles sont la conséquence d’un système qui n’évalue pas les risques que son fonctionnement génère, qui ne tient pas compte du fait qu’il peut aboutir à une destruction supérieure au bénéfice immédiat qu’il procure, et enfin qui sous-estime l’interdépendance des acteurs.

A cet égard, ne pas sauver Lehman Brothers (la banque d’affaires américaine mise en faillite le 15 septembre) a été une erreur d’appréciation typique, car elle négligeait non seulement la réaction en chaîne que cela allait déclencher, mais surtout l’impossibilité de connaître le degré d’exposition réel des acteurs à cette réaction – c’est ce qui a en définitive ruiné la confiance dans le système financier.

A l’époque de la crise du peso mexicain (1994), on pouvait réunir toutes les personnes concernées autour d’une table, évaluer les risques encourus et juguler la crise. C’est devenu aujourd’hui impossible, il y aurait trop de monde autour de la table !

La crise économique actuelle est-elle cyclique, ou bien, comme le suggère son ampleur, une crise systémique beaucoup plus grave ?

Elle est essentiellement le résultat de trois facteurs : Lire la suite

Poznan : pauvres et riches se déchirent sur le financement

nouvelobs.com avec AP, le 13 décembre 2008

Poznan : pauvres et riches se déchirent sur le financement

Si les participants repartent avec un calendrier de négociations, les questions de financement ont accentué les divisions entre pays industrialisés et ceux en développement.

La conférence des Nations unies sur le climat s’est achevée dans la nuit de vendredi à samedi 13 décembre à Poznan (Pologne) sur des résultats très mitigés. Les délégués repartent avec un calendrier de négociations en vue de la conclusion d’un nouvel accord sur le changement climatique, mais les questions de financement ont accentué les divisions entre pays industrialisés et ceux en développement.

Sommes dérisoires pour les pays pauvres

Ouverte le 1er décembre, la conférence de Poznan, qui réunissait les représentants de quelque 190 pays, visait à avancer sur la voie d’un nouveau texte remplaçant et prolongeant le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre (GES), qui expire en 2012. Les participants sont convenus de plusieurs sessions de négociations avant de se retrouver du 7 au 18 décembre 2009 à Copenhague, où doit être conclu un nouvel accord.
« Nous avons un programme de travail pour l’année prochaine, qui va conduire à intensifier les négociations », a expliqué Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il s’est également félicité de la mise en place d’un « fonds d’adaptation d’une importance critique pour les pays en voie de développement ».
Ce fonds doit leur permettre d’affronter les conséquences du réchauffement climatique: construction de digues pour faire face à la montée du niveau des mers, meilleurs systèmes d’irrigation pour lutter contre la sécheresse, nouvelles techniques agricoles, etc. Mais les sommes disponibles, quelque 60 millions de dollars (45 millions d’euros), sont jugées dérisoires par les pays en voie de développement comparativement aux besoins réels, estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

« Colère et frustration »

Les pays industrialisés et ceux en voie de développement restent par ailleurs divisés sur la question des financements. Les pays en voie de développement ont demandé une taxe de 2% sur toutes les transactions du marché du carbone, mais les pays industrialisés autour de l’Union européenne ont renvoyé la question à plus tard. Ce marché, en très forte expansion dans le monde depuis quelques années, consiste en un système d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone (CO2).
Le délégué indien Prodipto Ghosh a dénoncé « le refus de certaines parties de consentir une minuscule perte de profits sur le marché du carbone« , alors que les conséquences du changement climatique sont déjà là, privant les plus démunis « de toit et de pain« .
Yvo de Boer a reconnu que les pourparlers avaient « suscité de l’amertume » chez les pays en voie de développement. Kim Carstensen, directeur des questions climatiques du Fonds Mondial pour la Nature (WWF) a souligné qu’il y avait « beaucoup de colère et de frustration parmi les pays en voie de développement« .

« Il y a un long chemin jusqu’à Copenhague », estime-t-il. « Il y a un fossé, des divisions entre pays riches et en développement« . Lors de la dernière session plénière, « les pays en voie de développement ont déploré que l’on n’ait pas avancé sur les questions de financement. C’est un vrai problème, qui doit être résolu en 2009 », a-t-il résumé.

Moins de 10 ans pour changer

Durant la conférence, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé les Etats-Unis à assumer un rôle de leader sur le changement climatique, Lire la suite

Un VP du GIEC annonce « une aggravation du diagnostic »

blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération, le 12 décembre 2008

Climat : un vice-président du GIEC annonce « une aggravation du diagnostic. »

Jean-Pascal van Ypersele, professeur à l’Université catholique de Louvain (Belgique) est vice-président du GIEC , le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, mis en place par le programme des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation Météorologique Mondiale.

Depuis Poznan, où se tiennent des négociations sur l’avenir de la Convention Climat de l’ONU, il réaffirme le message des scientifiques dans l’interview ci dessous qu’il m’a accordée.
Alors que la plupart des gouvernements sont représentés à la Conférence de Poznan dans le cadre de la Convention climat de l’ONU quelles sont les dernières nouvelles de la recherche dans ce domaine ?

Jean-Pascal van Ypersele : Je n’ai rien lu ces trois dernières années dans les revues scientifiques spécialisées qui aille à l’encontre des conclusions majeures du dernier rapport du GIEC. C’est déjà un élément de réflexion important. Des articles complètent ce que nous avons écrit à propos de l’élévation du niveau des océans qui pourrait être bien supérieure aux chiffres du dernier rapport (60 cm au maximum d’ici 2100, et plus ensuite), en raison de phénomènes liés aux glaces de l’Antarctique et du Groënland.

Mais ce sont des travaux qui donnent encore lieu à des discussions entre spécialistes. Il faut les prendre avec prudence, même si la communauté concernée semble évoluer vers une alerte renforcée sur ce point. Des données sur la fonte de la banquise arctique (image ci dessous) qui a connu deux minima historiques en 2007 et 2008 à la fin de l’été en termes de surface couvertes sont un nouvel indice montrant que le changement climatique dépasse déjà nettement les fluctuations naturelles connues.

Du côté du Soleil, il semble marquer une petite pause dans le niveau bas de son cycle d’activité d’environ 11 ans. Des astrophysiciens russes ont avancé l’idée d’une baisse de l’activité solaire durant les prochaines vingt années qui pourrait ralentir le réchauffement provoqué par l’effet de serre renforcé par nos émissions. Je suis pour ma part assez sceptique devant cette théorie. Il est bien trop tôt pour tirer des conclusions de cette petite pause. Et surtout le Soleil n’est pas le facteur principal de l’évolution du climat aujourd’hui.

Du côté des solutions, je note l’évolution des idées sur les agrocarburants. Le dernier rapport du Giec, affirmait qu’il y avait là un potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais attirait l’attention sur leurs inconvénients, qui ont été confirmés par plusieurs études scientifiques. Elles montrent que la majorité des agrocarburants actuels, sauf la canne a sucre ou le jatropha (une herbe), n’ont qu’un potentiel médiocre de réduction des émissions quant on analyse l’ensemble de leur cycle de vie et, en outre, entrent bien souvent en conflit avec les impératifs de sécurité alimentaire.

Est-il apparu des données nouvelles qui pourraient faire espérer que les changements climatiques seront moins importants que ne le prévoient les simulations informatiques ?

Jean-Pascal van Ypersele : Le contraire me semble plutôt vérifié. La plupart des nouveaux articles publiés depuis trois ans vont dans le sens inverse et débouchent sur une aggravation du diagnostic. La saturation des puits végétaux et océanique de gaz carbonique semble se rapprocher. En ce cas, une part croissante de nos émissions resterait dans l’atmosphère au lieu de disparaître dans les océans et les sols ou d’être stocké durant plusieurs décennies par des arbres. Ce changement du cycle biogéochimique du gaz carbonique constitue une mauvaise nouvelle.

Si l’on cherche une bonne nouvelle, ce n’est donc pas du côté des sciences du climat qu’il faut se tourner, mais dans le fait que de plus en plus d’acteurs économiques et politiques, de pays, de citoyens, sont maintenant au courant du problème, conscients que l’on ne peut pas continuer comme cela. Même si tous n’ont pas compris que des changements radicaux sont nécessaires dans l’économie, la politique énergétique, les transports, l’urbanisme…

En revanche, ce qui n’a que peu évolué, c’est la traduction de cette perception renforcée du problème en actions Lire la suite

Partager sa voiture, le concept qui monte

Le Figaro avec, GreenUnivers, le 12 décembre 2008

Partager sa voiture, le concept qui monte

Après Nantes et Antibes, Paris prépare Autolib’, son dispositif d’autopartage.

Comment réduire le nombre de voitures en ville pour diminuer la pollution ? Il suffit de les partager ! L’idée séduit de plus en plus de collectivités et de loueurs de voitures. Le calcul est rapide : une voiture particulière restant en stationnement 95% de son temps, le partage permettrait de remplacer entre six et dix véhicules.

Des expérimentations d’autopartage ont démarré dans plusieurs villes françaises, comme Antibes ou Nantes. Baptisé «Marguerite», le dispositif nantais permet de louer une voiture à l’heure dans l’une des onze stations ouvertes 24H/24 et 7 jours sur 7. Moyennant un droit d’inscription de 80 à 100 euros, un abonnement de 9,90 euros par mois, les véhicules sont disponibles pour 3,90 à 4,90 euros de l’heure, selon les modèles, plus un forfait au kilomètre. Le prix incite évidemment à réserver le dispositif à des petits trajets ou des courtes durées.

Paris prépare aussi son dispositif Autolib’, qui donnera accès à 4 000 véhicules électriques en libre-service, sur le principe du Velib’. 1 400 stations avec des bornes de recharge seront installées dans la capitale. L’appel d’offres doit avoir lieu au premier trimestre 2009 pour un démarrage en 2010.

Ce concept séduit également les loueurs de voitures. Lire la suite

Keolis privé de tram par la Deutsche Bahn

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 12 Décembre 2008

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF ANNULE LA PROCÉDURE. La publicité nationale n’est pas conforme avec la libre concurrence européenne

Keolis privé de tram

En publiant son appel à candidature pour la gestion des transports publics de l’agglomération dans le « Moniteur des travaux publics », les « Échos judiciaires girondins » et le magazine « Ville et transport », la Communauté urbaine de Bordeaux pensait sans doute avoir fait ce qu’il fallait à l’automne 2007.

Ce n’est pas l’avis du juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux, qui a annulé hier toute la procédure. Il estime que les opérateurs européens de transport n’ont pas bénéficié d’une information suffisante pour pouvoir être candidats. C’est ce qu’avait plaidé l’avocat de la filiale de la Deutsche Bahn à l’audience, à Bordeaux, le 3 décembre. Il a été entendu.

« En l’absence de publication spécialisée dans les transports urbains bénéficiant d’une diffusion européenne, le respect du principe de transparence impliquait pour la CUB de publier un avis au « Journal officiel » de l’Union européenne ou dans un journal économique d’audience internationale », indique l’ordonnance de renvoi. Celle-ci est parvenue hier à Vincent Feltesse, à quelques minutes de la fin de la réunion du bureau.

Dans les arrêts de jeu

Le coup est rude pour le jeune président de la CUB. Le 28 novembre dernier, il obtenait, à une majorité relative il est vrai, le vote de la délibération lui permettant de signer avec Keolis, la filiale de la SNCF, le contrat des transports pour 5 ans.

On peut dire que la décision du juge tombe dans les arrêts de jeu de cette procédure, car le contrat avec Keolis devait prendre effet au 1er janvier. Avant-hier, Keolis présentait d’ailleurs son réseau aux maires de l’agglomération. Hier, le président Feltesse se refusait à tout commentaire.

La semaine avait commencé joyeusement avec les conclusions de la commission de conciliation sur le contrat assainissement, favorable à la collectivité. Elle se termine tristement pour de nombreux agents et élus de la CUB, qui ont le sentiment « que des centaines d’heures de travail viennent d’être perdues ». Lire la suite

St Jean de Luz : du bio à la cantine ?

Sud-Ouest, Pierre Sabathié, le 12 décembre 2008

ALIMENTATION. Le débat de lundi au Rex a montré que le bio est au coeur des préoccupations des parents d’élèves

Le bio dans les assiettes de la cantine est à l’étude

Le film « Nos enfants nous accuseront », diffusé lundi soir au Rex, a été suivi d’un long et animé débat sur les dangers des pesticides et l’alimentation. L’exemple de ce village du Gard, qui a passé sa cuisine centrale (et donc sa cantine) au bio, interpelle les parents d’élèves.

Faut-il passer au bio ? La réponse, spontanée après avoir vu le film, est oui. Et les parents d’élèves se sont tournés vers Patricia Arribas -Olano, adjointe au maire en charge de la famille, la petite enfance, l’éducation, la jeunesse et les animations intergénérationnelles, qui était présente au débat. La mairie est effectivement compétente en matière des cantines des écoles.

Et la question qui en découle est : peut-on passer au bio ? La municipalité y réfléchit, et le débat de lundi ne fait que remettre l’ouvrage sur le métier. « Nous sommes en train d’étudier cette possibilité, explique Patricia Arribas-Olano. Est-ce-que l’on peut faire du bio à la cantine ? Tout bio ? Un plat bio ? Nous avons aussi pris contact avec des agriculteurs du coin pour envisager ce qu’il était possible de faire. »

Un plan alimentaire

Jusqu’à présent, les 600 repas des cantines de Saint-Jean-de-Luz sont préparés à la cuisine centrale du lycée Maurice-Ravel Lire la suite

St Paul les Dax 12 décembre : Jean-Marie Harribey ATTAC

Sud-Ouest, Emma Saint-Genez, le 12 Décembre 2008

ATTAC. Selon le coprésident national Jean-Marie Harribey, en conférence ce soir à Saint-Paul-lès-Dax, le plan de relance gouvernemental ne suffira pas à endiguer la crise sociale

« Le plan de l’esbroufe »

Agrégé d’économie, Jean-Marie Harribey enseigne à Bordeaux IV et sera ce soir à St-Paul-lès-Dax

Agrégé de sciences économiques et sociales, maître de conférences à l’université Bordeaux IV, Jean-Marie Harribey copréside depuis 2006 avec Aurélie Trouvé, Attac France, l’Association pour la taxation des transactions et pour l’aide aux citoyens. Dans le cadre du 10e anniversaire de l’association, le comité Attac Landes Côte sud a invité l’universitaire ce soir à Saint-Paul-lès-Dax pour une conférence-débat sur le thème : « Pour sortir de la crise, désarmons les marchés ! »

« Sud Ouest ». Depuis quand êtes-vous adhérent d’Attac et pourquoi ?

Jean-Marie Harribey. Depuis les débuts, en 1998-99. Je suis un des membres fondateurs au niveau girondin. Mais en tant que citoyen et économiste, je critique le système capitaliste depuis 40 ans. L’association s’est créée au moment où l’idéologie libérale était la plus cynique en nous promettant une mondialisation heureuse et le bonheur pour tous grâce aux privatisations. Nous pressentions au contraire que nous étions à l’aube de catastrophes magistrales.

La crise actuelle semble vous donner raison. Un motif de satisfaction ?

Elle ne semble pas : elle accrédite totalement nos thèses ! La crise du capitalisme a commencé dès 1973, avec le début de la libre circulation des capitaux et le démantèlement des accords de Bretton Woods. On nous a alors raconté l’histoire du choc pétrolier. C’est à partir de ce moment-là que les acquis sociaux ont commencé à être remis en cause et que la part salariale a connu une chute vertigineuse dans le PIB. Ce que reconnaissent aujourd’hui le FMI et l’Union européenne. Mais nous ne pouvons être satisfaits de voir les choses empirer. Il nous faut au contraire redoubler d’efforts pour reprendre en main les services publics, lutter contre les privatisations et la remise en cause de l’assurance-maladie ou des retraites que certains voulaient, il y a peu encore, confier à des fonds de pension américains. Il faut refuser cette politique qui enrichit les riches, appauvrit les pauvres et nous conduit à la catastrophe écologique.

Cette approche environnementale est nouvelle dans le discours d’Attac ?

Oui. Nous l’avons intégrée dans notre critique du système capitaliste qui est aussi incapable de répondre à l’urgence climatique, et qui, au contraire, arrive à faire de nouvelles affaires en surfant sur la croissance verte.

Que pensez-vous du plan de relance annoncé la semaine dernière par Nicolas Sarkozy ?

Qu’il n’est pas à la hauteur de cette crise générale et mondiale, la plus importante depuis 1929. L’Europe a prouvé sa totale inefficacité et chaque État travaille dans son coin. Il faut remettre en cause notre mode de production et de consommation. Au lieu de cela, on annonce des aides au secteur automobile. C’est de l’esbroufe. Sur les 26 milliards annoncés, 11 étaient déjà actés. De l’argent que l’État aurait de toutes façons dû reverser aux entreprises. Ce plan n’a aucune chance de répondre à la multiplication des crises sociales.

Dans l’annonce de votre conférence, vous rassemblez les crises financière, économique, alimentaire, politique, sociale et écologique. Toutes sont liées ?

Bien sûr ! Lire la suite

L’agriculture bio est en train de germer

eco-life.fr, Diana Semaska, le 8 décembre 2008

La France veut consacrer 6 % de ses surfaces agricoles à l’agriculture biologique d’ici à 2012. Cette dernière se voit reprocher une baisse de la productivité. Un a priori qui ne prend pas en compte la notion de durabilité.

Nous sommes en 2050. Le triplement des surfaces agricoles consacrées à l’agriculture bio – à la demande du Grenelle de l’Environnement trente ans auparavant – a été largement dépassé. Plus besoin d’engrais chimiques. Les agriculteurs cultivent leur blé en alternance avec du pois fourrager, une légumineuse qui nourrit le sol en azote. L’appel de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation) de 2007, qui invitait à faire du bio une priorité internationale, a porté ses fruits. Les grands gagnants sont les pays en voie de développement. Au Burkina Faso, les rendements ont triplé, sans recours au défrichement de forêts. Fruits et légumes, de meilleure qualité, nourrissent les populations locales au lieu d’être exportés. L’érosion des sols, due aux jachères, a été stoppée ; tandis que les abeilles, pas rancunières, sont revenues polliniser les fleurs de coton.

Nourrir le monde grâce à une agriculture bio, une vision idyllique ? Nombre d’études l’estiment réaliste. En 2007, l’équipe de Carine Badgley, de l’Université du Michigan, analyse les bénéfices mondiaux que pourrait apporter sa généralisation. Celle-ci, en prenant davantage en compte l’activité microbienne du sol, favorise l’autonomie des cultures par rapport aux intrants chimiques. L’étude montre qu’ « une utilisation élargie des engrais verts permettrait de produire chaque année 58 millions de tonnes d’azote de plus que la quantité totale d’engrais synthétiques azotés utilisés dans le monde, sans augmenter les surfaces cultivées« . L’agriculture bio redonne à la diversité sa juste valeur. Les insectes auxiliaires ont là un rôle-clef. En protégeant les cultures contre les ravageurs (pucerons, mouches…), les coccinelles, guêpes et autres coléoptères ont l’avantage d’éviter l’usage de pesticides. Donc, de diminuer les risques de maladies professionnelles.

– « Pour que l’agriculture bio se banalise, il faut travailler sur les prix » –

Trois à cinq ans sont nécessaires pour qu’un sol s’habitue aux nouveaux traitements, ce qui s’accompagne d’une baisse de rendement pour l’agriculteur qui souhaite se convertir à l’agriculture bio. « Plus l’agriculture est intensive, donc dépendante des intrants, plus on observe une diminution des rendements durant les premières années« , explique Stéphane Bellon, agronome à l’Inra (Institut national de recherche agronomique) d’Avignon, qui commente l’étude de Bagdley. Encore faut-il favoriser les transitions d’une agriculture conventionnelle vers une agriculture bio. En France, un verrou a été levé mi-septembre 2008, lorsque Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a annoncé le déplafonnement des aides à la conversion à l’agriculture bio. Stéphane Bellon ajoute que l’étude de Bagdley « fait la différence entre pays en voie de développement et pays développés ». Dans les pays du sud, qui utilisent moins d’engrais chimiques que les pays industrialisés, le passage à une agriculture bio augmente clairement les rendements.

Par ailleurs, l’agriculture conventionnelle « n’est plus compétitive face aux agricultures galopantes d’Argentine, du Brésil et d’Australie« , Lire la suite

Toulouse 16 décembre : Eco-quartiers, qu’es aquo ?

L’association Actions études et recherches autour de la production de l’architecture et de la ville (AERA), organise une rencontre intitulée : « Eco-quartiers, qu’es aquo ? ». Inscrite dans le cadre des Mardis de l’architecture et de la ville, cette rencontre se déroulera le 16 décembre au Centre méridional de l’architecture et de la ville, à Toulouse.

Mardi 16 décembre 2008 à 18h30 à l’auditorium du CMAV

En présence de (liste non exhaustive, en cours d’actualisation)

Regis GODEC    Adjoint au maire de Toulouse en charge des éco-quartiers

Régine LANGE Adjointe au maire de Toulouse, en charge du développement durable

Nicole DEDEBAT    Adjointe au maire de Toulouse, en charge des handicaps, membre du bureau régional des verts

Marie-Martine LISSARAGUE    Présidente du CROA

Jean-Yves PUYO    Architecte, urbaniste OPQU, Vice président de l’Apump

Alain CIEKANSKI  Architecte, Président des Amis de la Terre Midi Pyrénées

Bruno THOUVENIN    Architecte, Association L’Atelier Blanc

Bob LAIGNELOT    Architecte, adjoint au Maire de Ventenac-Cabardes (11) en charge d’un éco-quartier

François PLASSARD    Initiateur de la démarche des éco-hameaux (jardins d’habitats bioclimatiques groupés)

Frédéric GODEREL    Responsable de CGB Concept

Informations Lire la suite

Rapport : Le DD dans l’action de l’Etat

Cour des comptes, 2008

Les engagements, les objectifs et les indicateurs du développement durable dans l’action de l’Etat – Rapport d’étape

Comité d’enquête sur le coût et le rendement des services publics

Le présent rapport du Comité d’enquête sur le coût et le rendement des services publics s’intéresse à la prise en compte du développement durable dans le fonctionnement de l’administration. Il revient tout d’abord sur les origines du concept de développement durable et en rappelle les objectifs, a priori contradictoires, d’ordre environnemental, économique et social. Il fait l’état des lieux des actions de la France en la matière, soit dans le cadre d’engagements internationaux et européens, soit par le biais d’initiatives nationales (Stratégie nationale du développement durable, Charte de l’environnement, Grenelle de l’environnement). Constatant l’ampleur et le coût des transformations et des dégradations irréversibles de l’environnement naturel par l’activité humaine, le rapport appelle à une nouvelle manière de gérer l’économie publique. Il présente une série de propositions, par exemple, la mise en œuvre d’une révision générale des politiques publiques du point de vue de développement durable, l’intégration d’objectifs et d’indicateurs de développement durable dans la loi de finances (LOLF) ou encore l’incitation à « l’administration durable ».

Consulter le rapport : Lire la suite

Eco-emballages voit son agrément menacé de suspension

actu-environnement.com, F. Roussel, le 10 décembre 2008

Eco-emballages voit son agrément menacé de suspension pour cause de gestion financière à risque

Suite à des placements non sécurisés d’une partie de sa trésorerie, Eco-emballages doit faire face à un risque de perte financière de 55 millions d’euros, ce qui conduit le ministère de l’écologie à renforcer l’encadrement des eco-organismes.

Eco-Emballages, l’éco-organisme en charge du recyclage des emballages ménagers en France, a informé le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire (MEEDDAT) d’un risque de pertes financières, lié à des placements non sécurisés d’une partie de sa trésorerie.

Au titre de la responsabilité élargie des producteurs, les fabricants d’emballages sont en effet invités à verser à Eco-Emballages une contribution financière s’ils souhaitent que ce dernier s’occupe du recyclage des déchets résultants de leurs produits. Calculée en fonction des tonnages mis sur le marché, cette contribution est par la suite reversée aux collectivités sous forme de dédommagement pour les frais de collecte qu’elles engagent. Pendant le laps de temps qui s’écoule entre la perception et le versement de la contribution, Eco-Emballages place cette trésorerie.

Or, l’eco-organisme explique avoir placé 20% de sa trésorerie globale, soit 55 millions d’euros dans deux fonds de placements non monétaires à risque basés à Zurich en Suisse. Dans le contexte de crise financière actuelle, l’eco-organisme doit donc faire face à un risque de perte financière.

Pour le MEEDDAT, l’emploi de ce type de fonds à risques qu’il qualifie de paradis fiscaux est inacceptable au regard de la morale républicaine, s’agissant de fonds publics. Le ministre Jean-Louis Borloo a donc convoqué une réunion avec la cellule de crise constituée au sein d’Eco-Emballages par son conseil d’administration afin que l’ensemble des explications nécessaires puissent être délivrées. Le ministre a demandé que l’ensemble de la trésorerie soit replacé sur des fonds sécurisés aussi vite que possible et que le conseil d’administration tire rapidement en termes de gouvernance toutes les conséquences pour que ce risque ne se reproduise pas. Faute d’une action exemplaire, l’agrément dont bénéficie Eco-Emballages sera suspendu, prévient le ministère.

Le ministère se veut toutefois rassurant en précisant que ces pertes ne remettent pas en cause le fonctionnement de la filière.

Eco-Emballages tient également à rassurer les collectivités et les entreprises contributrices : la situation de trésorerie est saine et n’engendre aucune remise en cause du respect de ses engagements vis-à-vis des parties prenantes, et notamment des collectivités locales sur le court, moyen et long terme, précise l’eco-organisme. Eco-Emballages précise également que ces placements ne relèvent d’aucune forme d’illégalité ou de malversation. Nous avons toujours travaillé avec des institutions financières uniquement européenne, se défend l’eco-organisme.
Selon les premières explications de la société, le Conseil d’Administration d’Eco-Emballages a décidé en avril 2008 par précaution face à un contexte financier incertain, de procéder à un désengagement total des placements non monétaires. Lire la suite

Green new deal : luxe ou nécessité

Libération, Guillaume Launay et Christian Losson, le 5 décembre 2008

Sortir du rouge par le vert

Entre le krach et la récession, des chefs d’Etat ne font plus des dépenses pour l’environnement une priorité. Pourtant, les chantiers écolos constituent un socle idéal pour une relance.

C’est le dilemme qui agite la conférence de Poznan (Pologne) depuis lundi. La lutte contre le réchauffement climatique est-elle un luxe que la planète ne peut plus se payer en temps de crise ou une nécessité qui prime sur tout, voire un remède à la crise financière et aux perspectives de récession mondiale ? Alors que la conférence de l’ONU sur le climat doit préparer l’après-protocole de Kyoto, plusieurs dirigeants s’alarment du coût des politiques environnementales et du plan climat européen. Opposent compétitivité et limitation des émissions de CO2. Et appellent à la suspension de ces mesures, le temps de remettre l’économie mondiale à flot. Avec l’argument qui tue : qui dit récession, dit mécaniquement réduction des émissions. Laissons donc le marché faire…

«Green New Deal». Autant de raisonnements à courte vue pour les tenants de la croissance verte. Parce que les crises financières et écologiques sont liées, fruits d’un modèle de croissance périmé et victime de ne s’être jamais préoccupé des conséquences de son développement. En remettant les priorités dans le bon ordre, l’environnement sera pour eux le tremplin du rebond et, au-delà, de la survie de la planète. Et même, peut-être, un moyen de rééquilibrer les distorsions entre Nord et Sud.

Leur mot d’ordre : jeter les bases d’un Green New Deal, Roosevelt version XXIe siècle : des investissements au service de la lutte contre le changement climatique. Histoire de remettre – à coups de cash dans l’énergie, le transport et l’habitat – l’économie sur les rails d’un développement vraiment durable. «C’est LA réponse aux deux crises, financière et climatique», assure le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Un principe de réalité que le directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), Achim Steiner, résume ainsi : «Investir dans le capital naturel est la seule solution ; si on ne le fait pas, les crises actuelles paraîtront douces par rapport à celles à venir

Cela se chiffre en centaines de milliards de dollars. Pour sortir de la récession, Barack Obama entend investir 150 milliards de dollars (119 milliards d’euros) en dix ans et créer 5 millions d’emplois. Cela reste maigre par rapport aux 500 milliards par an jusqu’en 2030 nécessaires, selon l’ONU, pour s’adapter et atténuer les changements climatiques. Insuffisant si l’on compare aux 1 900 milliards à investir d’ici à 2020 dans les énergies propres, selon le Pnue. «L’occasion est historique : la relance keynésienne doit être verte, mettre l’accent sur les transports collectifs plutôt que l’automobile à l’ancienne, sur la réhabilitation haute qualité environnementale plutôt, par exemple, que les constructions en zone inondables», souffle Cédric Philibert, responsable de l’«efficacité énergétique et environnement» à l’Agence internationale de l’énergie.

«Jeter les bases». Simple toilettage vert du capitalisme ou véritable révolution conceptuelle ? «La croissance verte est présentée comme une solution à la crise, mais encore faut-il qu’elle permette de jeter les bases d’un modèle alternatif au système actuel», Lire la suite

En Bretagne, un écohameau économe sort de terre

Libération, Pierre-Henri Allain, le 5 décembre 2008

En Bretagne, un écohameau économe sort de terre

Voilà quelques mois que le projet d’écohameau de Chevaigné, une bourgade de 2 000 habitants près de Rennes (Ille-et-Vilaine), est sur les rails. Objectif : construire un ensemble de logements dans une démarche participative, écologique et économique, dont le prix ne devra pas dépasser les 2 500 euros le mètre carré habitable. Une dizaine d’acquéreurs potentiels se sont portés candidats. Animés pour la plupart par une forte conscience des enjeux environnementaux comme par l’intérêt d’une «démarche citoyenne», leur motivation est restée intacte, sinon renforcée.

Pêle-mêle. Pour Guillaume Porcher, 31 ans, ingénieur en maîtrise de l’énergie à Rennes Métropole, la crise n’a rien changé à la donne. «Je fais partie des gens privilégiés qui ont des revenus suffisants pour s’engager dans ce genre de projet, dit-il d’emblée. Mais il faut aussi raisonner en coût global. Ce que l’on va dépenser au début pour éviter de surconsommer de l’énergie, ce sera autant d’économisé sur vingt ans. Je n’en peux plus d’être dans un appartement où je chauffe les petits oiseaux.» Autre avantage selon lui, une «logique de mutualisation» susceptible d’entraîner des économies dans l’achat des matériaux, les démarches auprès d’artisans, mais aussi avec la réalisation d’espaces communs.

Lors d’une première réunion ont été évoqués, pêle-mêle, une buanderie, un potager, une salle de loisirs et même une chambre d’amis, gérés collectivement. Delphine Guay, 33 ans, cadre dans l’administration judiciaire, y voit l’un des principaux atouts de l’opération. «En période de crise, on a besoin de complémentarité, et il vaut mieux faire les choses collectivement, estime-t-elle. On est plus intelligents à plusieurs, et c’est plus sécurisant. A travers nos échanges, on a moins de risques de faire des erreurs ou de passer à côté de quelque chose.» La jeune femme, dont le compagnon est ingénieur thermique et maîtrise les techniques de maisons passives sans chauffage conventionnel, se dit tout aussi enthousiaste, à l’idée d’une plus grande indépendance. Dans l’énergie, l’alimentation (le potager) mais aussi les transports. Chevaigné est en effet très bien desservi par les bus et une gare SNCF située à quelques dizaines de mètres du futur écohameau. «Je ne prendrai plus la voiture», assure-t-elle.

Thomas Burel, 31 ans et patron d’une petite entreprise de distribution de produits biologiques et «équitables» campe sur la même longueur d’ondes. «Il faut renforcer ce mouvement des gens qui cherchent à vivre autrement», Lire la suite

Climat : les assureurs en ligne de mire

novethic.fr, A.C. Husson-Traoré, le 9 décembre 2008

Climat : les assureurs en ligne de mire

Alors que les Amis de la Terre publient un rapport très critique sur la politique climatique des 15 plus gros assureurs français, le secteur de l’assurance se mobilise pour parler d’une seule voix sur les enjeux du développement durable et veut adopter, dès le début de l’année prochaine, une charte ambitieuse.

« Assurances françaises : changements climatiques garantis ? », le titre du rapport publié par les Amis de la terre, le 8 décembre 2008, est volontairement provocateur. L’ONG environnementale qui s’est spécialisée dans l’interpellation du secteur financier, a décidé d’enquêter sur les pratiques du secteur de l’assurance. Elle a mené une enquête, pendant huit mois, auprès des 15 plus grosses compagnies d’assurances françaises * pour mesurer leur contribution aux stratégies de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les Amis de la terre ont analysé trois dimensions : la politique climatique globale, les produits d’assurance et la gestion d’actifs. Son rapport conclue qu’aucune des entreprises étudiées ne « dispose aujourd’hui, selon les dix critères analysés, d’une politique climatique complète et à la hauteur des enjeux ». 

L’ONG a entamé depuis plusieurs années une campagne de longue haleine pour que le secteur financier prenne en compte ses impacts environnementaux indirects c’est-à-dire ceux générés par les entreprises ou les projets auxquels il apporte de l’argent. En 2007, elle s’était adressée aux banques (voir article lié), en 2008, elle s’est intéressée aux assureurs dont elle constate qu’ils témoignent « d’une ouverture à l’enjeu climatique nettement supérieure à celle du secteur bancaire» et ont d’ores et déjà des bonnes pratiques dans la majorité des critères et plus particulièrement sur les assurance auto et habitation.

« Un business model qui n’intègre pas le climat »

La partie la plus critique du rapport porte sur la gestion d’actifs qui, de façon indirecte, serait à l’origine d’un volume d’émissions, équivalent à 90 % de celui d’un pays comme la France en 2006. Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes des Amis de la terre, s’indigne : « Les assurances françaises gèrent la somme colossale de 1500 milliards d’euros (l’équivalent de 80 % du PIB français). Avec des critères environnementaux et sociaux explicites, cette somme pourrait être un levier formidable dans la crise économique actuelle, pour orienter rapidement l’économie vers des modèles très économes en énergie et en ressources naturelles, et créateurs d’emplois. Mais le business model de la gestion d’actifs des assureurs n’intègre l’enjeu climatique qu’à la marge : aucun objectif chiffré, pratiquement pas d’activisme actionnarial, aucune politique de réduction ou d’exclusion des investissements dans les entreprises les plus polluantes. »

Le rapport des Amis de la terre souligne que les assureurs semblent bien se préoccuper de développement durable mais pas au point d’intégrer le paramètre climat dans leur gestion. Cette position tranche avec celle de leurs homologues internationaux (voir article lié) qui ont signé une déclaration commune aux négociateurs de la conférence de Poznan sur le climat. Et pourtant …les assureurs français bougent. L’Association Française de l’Assurance (AFA), qui rassemble tout le secteur de l’assurance, va publier, en janvier 2009, une charte ambitieuse, destinée à « responsabiliser et engager la profession ». Elle comporte 5 axes : se positionner en tant qu’acteur responsable sur le développement durable ; contribuer à la lutte contre le changement climatique, ses conséquences et plus généralement à la préservation de l’environnement ; accompagner le développement économique, participer à la réduction des vulnérabilités sociales et contribuer à une protection sociale durable ; développer au sein des entreprises de l’assurance des pratiques exemplaires, sur un plan environnemental, social et aussi de gouvernance ; et enfin favoriser une politique d’investissements responsable. Lire la suite

Le vert pour sortir du rouge

Libération, 5 décembre 2008,  Guillaume Launay

Le vert pour sortir du rouge

Et si, face à la récession, l’environnement était la solution…

Trois secteurs à un embranchement

Voilà trois secteurs clés, qui représentent près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre selon le Giec : la production d’énergie (26 % des émissions en 2004), les transports (13 %) et le bâtiment (8 %). Des secteurs particulièrement menacés par la crise financière et la récession qui pointe, et dont les perspectives de sortie de crise se trouvent, au moins en partie, dans le virage vert.

L’avenir en renouvelable ?

C’est un des plus grands chantiers éoliens du monde, une ferme de 2 700 éoliennes en plein Texas, prévue pour 2014. Mais c’est un projet en suspens : le milliardaire T. Boone Pickens, légende du pétrole reconvertie dans le renouvelable, a annoncé mi-novembre que le programme était «ralenti», sans pour autant être abandonné. La cause ? La chute des prix du pétrole, qui a rendu l’éolien moins compétitif.

Le cas n’est pas isolé. Pour la première fois depuis quatre ans, les investissements dans les énergies renouvelables seront en (légère) baisse cette année. Très gourmand en capitaux, le secteur craint la frilosité bancaire et le resserrement du crédit. Or, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande d’énergie primaire va augmenter de 1,6 % par an jusqu’en 2030, tirée par la Chine et l’Inde. «Nous avons besoin d’une révolution énergétique, plaide l’AIE. La prospérité de l’humanité dépend de la réponse à ces deux défis : sécuriser l’approvisionnement et réussir une transition rapide vers une énergie sans carbone.»

Les renouvelables comptent pour environ 18 % de la production mondiale d’électricité, essentiellement de l’hydroélectricité. Les observateurs veulent donc croire au grand virage vers, sinon la sortie du fossile, du moins une baisse significative de la part du pétrole, du gaz et du charbon. La société d’analyse New Energy Finance reste optimiste : «La préoccupation à propos de la sécurité énergétique et du climat ne sera pas annulée par la baisse à court terme du prix du pétrole» ; elle continue de prévoir que les nouveaux investissements dans le secteur atteindront, en 2020, 500 milliards de dollars par an (142 milliards cette année).

En Europe, les tarifs de rachat nationaux, et la perspective de l’objectif de 20 % d’énergies renouvelables en 2020 offrent un cadre relativement sécurisant aux investisseurs pour voir au-delà de la crise. Et les producteurs sont même prêts à abandonner leurs vieux schémas. Sharp, numéro 1 japonais de l’énergie solaire, annonce un partenariat avec Enel pour produire des cellules photovoltaïques en Italie, alors qu’il cantonnait jusqu’ici la fabrication à son territoire. Objectif affiché : doper la production, pour faire chuter de moitié le prix de revient d’un kilowattheure solaire d’ici à 2010, le rapprochant du coût de l’électricité issue du charbon. Et rivaliser avec le nucléaire en 2030.

Le salut de l’automobile ?

Octobre 2008 a tout simplement été qualifié de «pire mois pour les ventes automobiles de l’après-guerre», par un cadre du numéro 2 mondial General Motors. Ni Toyota, ni Ford, ni les constructeurs européens ne sont épargnés. Et novembre confirme la tendance. Or, moins renouveler le parc, c’est laisser les voitures les plus polluantes en circulation. La baisse du pétrole plombe l’argument massue pour réorienter les consommateurs vers des voitures plus sobres (ou moins de voitures). L’effet bonus-malus, qui a soutenu les constructeurs français pendant un semestre, semble s’émousser en France. Lire la suite

J. Marieu : urbanisme, à Bx on a pris l’habitude de se ruiner

Sud-Ouest,  Jean-Denis Renard, le 4 Décembre 2008

JEAN MARIEU. Spécialiste des rapports entre ville et transports, l’universitaire pointe les difficultés à remédier à l’étalement urbain bordelais. Et les coûts financiers et environnementaux de cette dérive, vieille de plusieurs décennies

« À Bordeaux, on a pris l’habitude de se ruiner »

Professeur émérite des universités, Jean Marieu a fondé et travaillé jusqu’à sa retraite à l’Institut d’aménagement, de tourisme et d’urbanisme de l’université Michel-de-Montaigne (Bordeaux 3). Professeur en aménagement de l’espace et urbanisme, il a notamment planché sur les interactions entre ville, mobilité et transports.

 « Sud Ouest ». Comment définir aujourd’hui une agglomération telle que Bordeaux ?

Jean Marieu. Il y a deux villes à Bordeaux. Il y a d’abord la ville intra-muros, dont les murs seraient la rocade. À l’intérieur de ce périmètre, autour de la colonne vertébrale des lignes de tramway, on aura sans doute un basculement assez fort de l’automobile vers les transports collectifs. La ville intra-muros va fonctionner de mieux en mieux sur le modèle rhénan, celui de la Suisse, de l’Allemagne et de la Hollande qui ont produit des villes compactes, relativement denses et bien desservies en transport collectif ou en transport doux. Ceci étant, Bordeaux reste une ville très vaste. L’intérieur de la rocade correspond à la surface de Paris. On y dénombre 450 000 habitants quand Paris, à l’intérieur des boulevards des Maréchaux, en compte 2,1 millions. Cette ville-là est très peu dense.

Et l’autre ville ?

C’est la périphérie, grosso modo à l’extérieur de la rocade. Elle correspond au modèle pompidolien : les gens deviennent propriétaires et font appel à l’automobile. Cette ville est globalement moins chère, les coûts sont accessibles pour la classe moyenne. Elle s’articule sur des grands terrains, des draps de lit comparés aux mouchoirs de poche du centre-ville. Le foncier semble abondant, à condition qu’il soit équipé. Tout ceci se paie. Par l’éloignement – du travail, des écoles, des commerces, l’éloignement social – et par la médiocrité des services de proximité. Le problème de fond de l’étalement urbain, c’est savoir où va la croissance de la ville. Où vont les 0,4-0,5 % d’augmentation annuelle de la population sur les 900 000 habitants de l’agglomération bordelaise au sens large ? Cette croissance profite massivement à la ville extra-muros. La ville intra-muros n’est pas compétitive pour les classes moyennes en termes de coût et d’avantages.

Le politique peut-il influer sur cette tendance ?

On peut manier la carotte et le bâton. Le bâton, c’est la capacité à poser des limites à la croissance urbaine périphérique par l’entremise d’un Scot (NDLR : schéma de cohérence territoriale) dirigiste. Un Scot qui dessine, qui édicte et qui est appliqué. Et pour cela, il faut une autorité. Je prétends qu’on n’applique rien ici. Le Sysdau (NDLR : le syndicat mixte du Scot de l’aire métropolitaine bordelaise, qui regroupe 93 communes) est tout sauf une autorité. Par ailleurs, l’État n’a plus d’autorité, il n’a plus de force idéologique ni de présence technique sur le terrain. On peut certes espérer faire avancer les choses grâce aux plans locaux d’urbanisme, les PLU. Mais un PLU à l’échelle communale dans chacune des soixante communes de la périphérie du Scot bordelais est une absurdité. Lire la suite

Françoise-H. Jourda : La priorité, c’est de réparer nos villes

Sud-Ouest,  Dominique Godfrey, le 4 Décembre 2008

BÂTIMENT. Construire de manière « écoresponsable » est devenu une priorité pour les années à venir. L’architecte Françoise-Hélène Jourda, pionnière dans ce domaine, trace quelques pistes

« La priorité, c’est de réparer nos villes »

Le secteur du bâtiment en France est à lui seul responsable de 43 % de la consommation d’énergie et de 40 % des rejets de gaz à effet de serre. Le Grenelle de l’environnement en a fait l’une de ses priorités, et a fait appel à l’expertise de Françoise-Hélène Jourda, la plus « verte » des architectes français.

Cette dernière, après avoir fait ses classes dans les pays nordiques et germaniques, précurseurs en matière d’architecture durable, a terminé en 1999, après huit ans de recherches, un centre de formation devenu une référence dans ce domaine. Auteur de plusieurs constructions, dont les serres du Jardin botanique de Bordeaux, et enseignante à l’École d’architecture de Vienne, elle a reçu en 2007 le prix international d’architecture durable. Aujourd’hui, elle remet les choses en perspective.

« Sud Ouest ». Pensez-vous que la crise économique risque de ralentir les progrès du développement durable dans la construction ?

Françoise-Hélène Jourda.

Non. Je crois qu’à la limite, cela va même aller plus vite. Ce ne sont pas les quelques pour cent de surcoût induits par une construction écoresponsable qui justifieront l’annulation d’une opération. Le problème est de savoir si, globalement, il est possible ou pas d’emprunter et de financer les opérations. La crise peut même avoir un effet bénéfique. Certaines opérations pas du tout écoresponsables étaient en cours de lancement, elles vont être arrêtées. Il n’est pas interdit de s’en réjouir. Par exemple, certaines tours ne se feront pas. Comme toutes les crises, c’est un moment de remise en question.

Pour vous, les tours sont une mauvaise solution ?

Oui. Leur empreinte écologique ramenée au mètre carré est très défavorable. Elles n’utilisent pas des matériaux renouvelables. Construire en bois sur 100 étages, ça ne marche pas. Il faut employer du béton, et surtout de l’acier. Si nous utilisons l’acier maintenant, il ne sera plus disponible pour les générations futures. Le grand nombre d’étages oblige à construire de très gros poteaux pour les porter, et les questions d’incendie exigent un noyau central énorme. La surface construite est donc considérable par rapport à la surface habitable. Et à 300 mètres de haut, les gens ne peuvent pas ouvrir leurs fenêtres pour respirer. Les consommations énergétiques sont importantes.

Elles posent aussi d’autres problèmes ?

La ville doit être mixte. Des tours peuvent superposer des logements, des bureaux et des activités. Mais quand les coûts de construction sont de 4 000 à 6 000 euros le mètre carré, comment insérer du logement social ? Et où se passe la vie publique, la fameuse démocratie participative, quand vous avez une entrée en bas contrôlée par des gardiens avec des chiens ? On parle de ville verticale, mais qui va accéder aux espaces publics de la ville verticale ? Avec les tours, on fait des ghettos.

La construction en bois est-elle une bonne chose en soi ?

Bien sûr, à condition que ce soit du bois de forêt gérée, c’est-à-dire replantée régulièrement. Dans ce cas-là, c’est idéal parce c’est une incitation à replanter du bois. Or il absorbe 1,6 tonne de carbone et dégage une tonne d’oxygène. Et il est renouvelable.

L’habitat collectif est préférable à la construction individuelle ?

Oui, par définition. Lire la suite

Thermographie aérienne des 27 communes de la CUB

Sud-Ouest, le 4 Décembre 2008

THERMOGRAPHIE. Entre le 1er décembre 2008 et le 31 mars 2009, la société ITC réalise une thermographie de la CUB afin de mesurer la qualité de l’isolation des bâtiments de 27 communes

519 kilomètres carrés aux infrarouges

Un outil pour une meilleure maîtrise de la consommation d’énergie. Entre le 1er décembre 2008 et le 31 mars 2009, la CUB (Communauté urbaine de Bordeaux) va procéder à une thermographie de tous les immeubles (publics et privés) des 27 communes que compte la collectivité, ce dont se réjouit Laure Curval, élue des Verts et vice-présidente de la CUB.

« Cette thermographie va nous permettre de mener des actions d’information, de sensibilisation, afin, c’est notre souhait le plus cher, d’inciter entreprises et particuliers à mieux isoler leurs bâtiments pour réaliser des économies d’énergie. »

De quoi s’agit-il au juste ? À l’instar de ce qu’a réalisé la Ville de Bordeaux au début de l’année 2008, la CUB a décidé de mesurer les déperditions thermiques. Cette opération d’envergure, puisque concernant une zone de 519 kilomètres carrés, s’effectuera grâce à des caméras infrarouges embarquées à bord d’un avion. À une altitude de 400 mètres, ce dernier opérera un relevé très précis des sources de chaleur de tous les bâtiments survolés et le restituera sur des cartes dont les couleurs préciseront le niveau de déperdition (de très important à insignifiant). La fiabilité de cette opération est soumise à un certain nombre de conditions climatiques, parmi lesquelles la température extérieure (pas plus de 5 degrés) et une absence de brouillard ou de couverture nuageuse. C’est pourquoi la société ITC, dans le devis qu’elle a proposé aux élus de la CUB, a indiqué qu’elle travaillerait entre le 1er décembre et le 31 mars au plus tard.

Des applications concrètes

« Ce qui est important, c’est d’arriver ensuite à des applications concrètes », poursuit Laurence Curval. « Si les conditions météo sont réunies pour boucler la thermographie avant la fin du mois de mars, nous envisageons de présenter les résultats au grand public lors de la Foire internationale de Bordeaux. L’intérêt général est bien sûr de mettre à profit cette étude pour améliorer l’isolation des immeubles.

Bien sûr, c’est un outil plus ou moins exact et qui ne prend en compte que la déperdition sur la toiture, mais c’est néanmoins une bonne base de travail. Comment allons-nous procéder ensuite ? Lire la suite

Climat : les grands hommes verts à Poznan

Libération, 10 décembre, Christian Losson

Climat : les grands hommes verts à Poznan

Etats, industriels et ONG se retrouvent pour la conférence de l’ONU. La «diplomatie verte» est à l’œuvre. L’occasion de découvrir cinq acteurs clés qui s’activent dans les couloirs ou en séance plénière.

Bluff avant l’arrivée, aujourd’hui, de tous les ministres de l’Environnement ? Pression sur les chefs d’Etat de l’UE qui, au même moment, se retrouvent à Bruxelles pour mettre sur les rails le paquet énergie-climat ? Toujours est-il que le boss de l’ONU pour le changement climatique, Yvo de Boer, a douché, hier, les 12.000 délégués de 192 Etats venus pour le sommet de Poznan.

Le deal, espéré en 2009 à Copenhague pour lancer l’après Protocole de Kyoto, ne sera, au mieux, pas «détaillé». Ce ne sera «pas faisable, assure-t-il. Il faut faire attention à ne pas viser trop haut pour, finalement, ne rien atteindre».

Entre les réunions des délégués, le lobby du business et les happenings des ONG, les interrogations fusent. Les pays industrialisés vont-ils suivre l’avis des scientifiques et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40 % d’ici à 2020 ? Quels types d’engagements les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil…) prendront-ils ? Quels fonds les pays pauvres recevront-ils pour faciliter leur adaptation ? En attendant le grand rendez-vous de l’année prochaine, Poznan est une négociation de transition, loin d’être négligeable pour autant. La diplomatie verte est à l’œuvre pendant quatre jours. L’occasion d’en découvrir cinq des figures clés, en action dans les couloirs ou en séance plénière.

La diplomatie verte nécessite la constance du jardinier en période de canicule. Il y faut forger des consensus, trouver des coalitions, forcer les souverainetés. «C’est la première question planétaire obligatoire, rappelle Pierre Radanne, du cabinet de consultants Futur Facteur 4. Chacun ne peut plus faire ce qu’il veut chez lui sans emmerder son voisin.» «C’est vrai, approuve le Sierra-léonais Ogulade Davidson, scientifique de l’ONU. Nous avons enclenché un compte à rebours qui définit un calendrier à suivre.» Sinon, direction le chaos. La diplomatie verte, c’est donc «un nouveau job où il faut inventer dans l’urgence une nouvelle gouvernance pour la planète», résume Brice Lalonde, ambassadeur français du climat. Et la conférence onusienne tient de laboratoire in vivo des forces en présence.

John Kerry, le nouvel air américain

«L’Amérique est de retour.» C’est avec ce message en bandoulière que John Kerry, ex-candidat à la présidentielle, battu par George Bush en 2004, va venir porter la bonne parole de Barack Obama. Lundi soir, des émissaires de la délégation démocrate étaient venus préparer le terrain dans une salle bondée où des haut-parleurs tentaient de relayer les assurances du retour dans le jeu climatique des Etats-Unis. «Après huit ans d’obstruction, de délai et de déni, les Etats-Unis vont rejoindre la communauté mondiale pour combattre ce défi planétaire»,a répété le futur président de la commission des affaires étrangères du Sénat (il remplacera Joe Biden, élu vice-président des Etats-Unis). Washington va s’engager à ramener ses émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990 d’ici à 2020. Trop peu, pour l’Inde ou la Chine, comme pour les ONG. Des sceptiques s’interrogent, çà et là, sur les habits d’homme providentiel que les partisans d’un deal veulent faire porter au président élu. «Ne tirez pas sur le pianiste, laissez-le commencer à jouer», dit Whitney Smith, une conseillère de John Kerry. On l’interroge : «L’attente étant tellement grande , la déception pourrait-elle l’être, aussi ?» Réponse : «Nous mènerons le leadership.»

Van Schalkwyk, le franc-tireur du Sud

Dans un univers peuplé de novlangue et de langue de bois, Marthinus Van Schalkwyk, le ministre de l’Environnement et du tourisme sud-africain, détonne. Il pointe du doigt. Dénonce. Cogne. Lire la suite

Paul Ariès : Leur récession n’est pas notre décroissance…

La décroissance, Paul Ariès, octobre 2008

Leur récession n’est pas notre décroissance…

Ne prenons pas les vessies pour des lanternes : la crise économique qui nous pend au nez ne constitue pas le quart du commencement d’une décroissance équitable et solidaire. Au pays de la croissance, la récession n’augure rien de bon. Remettons les mots à leur juste place.

Oyez objecteurs de croissance : la décroissance sonne à nos portes. Le PIB a baissé de 0,3 %, le système financier vacille sur ses bases et l’OCDE considère que « l’Europe est désormais plus proche de la récession que les États-Unis ». Depuis plusieurs mois chacun y va de sa petite formule pour dire que la décroissance est pour demain matin, à moins qu’elle n’ait déjà commencé. L’économiste Jean-Paul Fitoussi ouvre le bal avec une formule choc : « La Banque centrale européenne n’a pas vu venir le vent de la décroissance. Résultat, on se retrouve dans une situation où personne ne peut faire quoi que ce soit vu les contraintes budgétaires », dit-il dans Libération, qui s’empresse de titrer « La France en pleine crise de décroissance » (15-8-2008). Le Nouvel Observateur et France Info titrent, eux, « Le choc de la décroissance », en paraphrasant le livre de Vincent Cheynet. Selon Alain Jeannet, « ça y est : nous serions repartis pour dix années de crise, un peu comme après le premier choc pétrolier ou la grande récession des années 1990, avec leurs cortèges de licenciements, la décroissance, le blues à tous les étages… » (28-8-2008, L’Hebdo, Suisse).

Corinne Lepage en rajoute une couche avec un texte paru dans La Tribune le 26 août dernier. L’ancienne ministre de l’Écologie de droite, vice-présidente du Modem, précise que « nous sommes entrés dans une phase de décroissance subie et n’avons pas fait le choix d’une décroissance organisée comme certains le prônaient (…) Nous sommes entrés dans une phase de décroissance qui ne se traduit pas seulement dans une stagnation voire une récession de nature purement cyclique, liée aux conséquences de la crise des subprimes. »

Ni joyeuse ni pédagogique

Le seul hic c’est que leur récession n’a rien de commun avec notre décroissance. Pourquoi s’entêter à parler de décroissance pour ce qui est une crise économique ? La France fanfaronne encore par la voix de la sinistre Christine Lagarde qui assène savamment cet été qu’« il serait totalement inexact de parler de récession » tandis que les autres grands pays annoncent, eux, piteusement, qu’ils sont entrés en récession.

Le Japon, l’Angleterre et même les États-Unis avouent leur incompréhension de la situation actuelle : voilà que le paradis croissanciste promis prend un petit air de purgatoire… loin encore de l’enfer que sont en train de vivre les pays les plus pauvres.
Les éminents économistes appelés au chevet de l’économie productiviste capitaliste rappellent qu’il faut distinguer le ralentissement du PIB d’une véritable dépression : on ne pourrait parler de récession qu’au bout de deux trimestres de baisse du PIB. Le capitalisme nous a habitués en effet depuis sa naissance à une succession de crises, certaines passagères (la récession), d’autres plus profondes : la dépression. Les objecteurs de croissance ne sont donc pas de ceux qui fêtent au champagne l’annonce de ces crises (contrairement à certains spéculateurs capables de faire du fric avec la croissance comme avec la récession). Nous ne savons que trop ce que la grande crise de 1929 a causé de misère, surtout pour les pauvres. Nous savons aussi qu’on ne guérit pas du mirage croissanciste à coups de récession. De fait, sitôt l’économie rétablie, on poursuit la guerre des uns contre les autres et de tous contre la nature. La récession n’est donc jamais joyeuse ni même pédagogique.

Surchauffe
La récession qui s’annonce est leur crise et non pas une décroissance involontaire. Elle rappelle que le capitalisme est un régime d’accumulation qui fonctionne un peu à l’image d’une bicyclette (je m’excuse pour les objecteurs de croissance à vélo), c’est-à-dire que s’il cesse d’avancer, le système tombe. Lire la suite

Un ex-golden boy tient les rênes de Greenpeace

eco-life, Diana Semaska, le 8 décembre 2008

Un ex-golden boy tient les rênes de Greenpeace

Ex-financier au Luxembourg, le directeur général de Greenpeace France a la lucidité d’un entrepreneur. Radical, il a hérité de ce passé le goût de faire des choix. La catastrophe planétaire tambourine à sa porte ? Pascal Husting fait deux pas et l’ouvre d’une seule volée, histoire qu’elle trébuche. « Si on est lucide sur ce qui nous attend, on peut se forger des mécanismes de défense adaptés« , lance-t-il avec fermeté. Viser loin et haut, c’est ce qui semble avoir toujours motivé ce Luxembourgeois de 47 ans. Né dans une famille de sidérurgistes issus de l’immigration italienne et française, Pascal Husting a participé très jeune à de grandes discussions sur la justice, la politique, la société. 

Entre les débats sur la déforestation dans les cours de récré, et le poste de Junior partner dans un cabinet de conseillers fiscaux, sa philosophie de vie a eu le temps de se forger. « A la fin des années 70, les blocs occidental et soviétique faisaient encore la course aux armements, avec le nucléaire. Des milliers de personnes ont manifesté, ce qui ne s’était pas vu depuis mai 68, et j’en étais », confie-t-il convaincu. Citant Locke, Hume et Jean-Pierre Dupuy, ce médaillé d’athlétisme se destinait, à 25 ans, à être prof de sport. Pour autant, il ne s’imagine pas toute sa vie dans les couloirs de l’Education nationale. D’autres horizons l’attirent dont le Brésil qu’il décide de visiter. Est-ce la compagnie des chercheurs d’or sur l’Amazone qui le mènera aux affaires ? De retour au pays, il devient comptable chez Grant Thornton Luxembourg, et suit des cours théoriques de finance.

– « La prise de risques du monde de l’entreprise me manquent dans la vie associative » –

« Comme tout bon Luxembourgeois, je me suis tourné vers le milieu financier. C’était une période propice, car le pays voyait débarquer d’énormes arrivées d’argent en provenance des pays de l’est », raconte-t-il. D’audits en Audi, il se couvrira durant cinq ans de richesses matérielles, jusqu’à ce que le goût du lucre l’écoeure. Il rejoint alors Greenpeace Luxembourg en 1995, en tant que directeur financier et de collecte de fonds. « Pour moi, Greenpeace, c’était les phoques, les baleines, au mieux l’anti-nucléaire », admet-il. « Ce n’est pas le fond qui m’attirait ». Pascal Husting veut faire de cet organisme militant une machine efficace. « Je voulais canaliser ce grand bouillonnement d’énergie, faire des choix dans les projets mis en compétition, selon leur pertinence ».

Son esprit logique le mène au poste de directeur exécutif de l’ONG, puis de Greenpeace Méditerranée en 2003, dont le siège est à Istanbul. En mars 2005, il prend la direction de Greenpeace France.

Philanthrope, il trouve dans l’ONG une façon de mobiliser les gens, et revendique son côté « brut de décoffrage ». « La préservation de la vie est cruciale parce qu’elle est favorable à l’homme. On ne peut prendre une position neutre par rapport à sa propre espèce ». Ce qu’il cherche à placer le plus possible dans la vie associative, « c’est le goût du risque, qu’on trouve dans le milieu de l’entreprise, ce que j’appelle la radicalisation positive ». Le « vrai scandale, explique-t-il, c’est que 20% de l’humanité s’approprient 80% des ressources naturelles ».

Persuadé qu’une refonte totale du système économique, basée sur la taxe carbone, est incontournable, il considère la question du bonus-malus comme un non-sens. « Dans ce contexte économique, il paraît évident de fiscaliser les valeurs naturelles très limitées, et de défiscaliser les valeurs travail, quasi-illimitées », affirme-t-il.

– « C’est tous les jours Noël en Europe » –

« Je suis adepte d’un catastrophisme éclairé. L’homme est fautif de ce qui lui arrive, mais s’il connaît la catastrophe, il peut lui faire face ». Lire la suite

Mouvement altermondialiste et crise de la mondialisation

france.attac, Gustave Massiah, le 4 décembre 2008

Le mouvement altermondialiste et la crise de la mondialisation

Gustave Massiah, président du CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement) et membre du Conseil scientifique d’Attac-France, publie un article intitulé « Le mouvement altermondialiste et la crise de la mondialisation ».

Gus Massiah, militant actif du mouvement altermondialiste dès avant même sa naissance, montre que la convergence des combats pour « un autre monde » de nombreux mouvements constitue partout ce qu’il dénomme « un mouvement des mouvements ».

Le capitalisme néolibéral est en crise profonde, pour autant la suite n’est pas écrite quel que soit le discrédit qui pèse sur lui. Dans l’état actuel du monde, l’altermondialisme doit s’appuyer sur l’ONU, qui, à l’encontre des autres « instances » internationales jouit de la légitimité qui repose sur le principe « un pays une voix ».

Gus Massiah montre que la crise actuelle présente bien des dangers mais aussi autant d’opportunités. Parmi celles-ci, il signale notamment la réapparition de l’exigence de la régulation publique, celle d’une autre répartition des richesses et de rapports Nord-Sud totalement différents et hors du colonialisme, celle aussi de la démocratie.
Il note enfin que l’altermondialisme a tout à gagner à éviter que ne se forment des alliances entre néo libéraux et néo keynésiens qui seraient une manière de freiner, voire de faire obstacle, aux opportunités évoquées.

Sommaire

Un mouvement des mouvements

La crise de la mondialisation

Les opportunités ouvertes par la crise de la mondialisation

Gustave Massiah – Président du CRID – 24 novembre 2008

Le Forum Social Mondial (FSM) de Bélèm, ouvre un nouveau cycle du mouvement altermondialiste. Le FSM aura lieu en Amazonie au cœur des limites de l’écosystème planétaire et devra se poser la question majeure des contradictions entre la crise écologique et la crise sociale. Il sera marqué par le nouveau mouvement social et citoyen en Amérique Latine, l’alliance des peuples indigènes, des femmes, des ouvriers, des paysans et des sans-terre, de l’économie sociale et solidaire. Ce mouvement civique a construit des nouveaux rapports entre le social et le politique qui ont débouché sur de nouveaux régimes et ont renouvelé la compréhension de l’impératif démocratique. Il a infléchi l’évolution du continent montrant ainsi l’importance des grandes régions dans la mondialisation et face à la crise de l’hégémonie des États-Unis. Le mouvement altermondialiste devra aussi répondre à la nouvelle situation mondiale née de la crise ouverte de la phase néolibérale de la mondialisation capitaliste.

Un mouvement des mouvements

Le mouvement altermondialiste dans ses différentes significations est porteur d’un nouvel espoir né du refus de la fatalité ; c’est le sens de l’affirmation « un autre monde est possible ». Nous ne vivons pas « La Fin de l’Histoire » ni « Le Choc des civilisations ». La stratégie du mouvement altermondialiste s’organise autour de la convergence des mouvements sociaux et citoyens qui mettent en avant la solidarité, les libertés et la paix. Dans l’espace du FSM, ils confrontent leurs luttes, leurs pratiques, leurs réflexions et leurs propositions. Ils construisent aussi une nouvelle culture politique fondée sur la diversité, les activités autogérées, la mutualisation, « l’horizontalité » préférée à la hiérarchie. Lire la suite

Les réseaux d’échanges réciproques de savoirs

tessolidaire, le 5 décembre 2008

Vers les échanges réciproques

Ils existent depuis presque 30 ans et restent toujours aussi discrets ! Les rencontres internationales des réseaux d’échanges réciproques de savoirs (RERS) ont eu lieu la semaine dernière à Evry (Essonne), sans beaucoup d’écho médiatique. Pourtant, ils n’étaient pas loin de 500 inscrits, venus de France, mais aussi du Québec, de Belgique, du Sénégal, du Mali et du Brésil, pour échanger sur les bonnes pratiques entre ces réseaux, qui pratiquent l’échange de savoirs dans une logique de réciprocité.

Christiane Saget, adjointe aux solidarités de la Ville d’Evry, a ouvert ces rencontres au centre de conférences du Génocentre. Elle est elle-même une ancienne du réseau d’Evry, un des premiers à s’être développé :  » l’échange de savoirs, c’est le contraire de l’assistanat. C’est la découverte des richesses de chacun. Une ville comme Evry a besoin d’écoles, mais elle a aussi besoin de réseaux citoyens pour le lien social « . Pour Claire Héber-Suffrin, la créatrice des réseaux à partir de son expérience d’enseignante à Orly (Val de Marne), c’est le moyen de construire des solidarités nouvelles entre personnes de tous âges et de tous milieux.

Ces rencontres étaient en effet l’occasion de manifester la vitalité du mouvement, après les soucis financiers connus en 2005. Entretemps, un Mouvement international pour la réciprocité active (Mira) a été fondé en 2007 et un programme européen, FRESC-EU (Formation réciproque et solidaire entre collectifs européens), a été lancé la même année pour créer une banque de données européennes sur les initiatives prises dans les réseaux locaux. L’Italie et la Belgique se sont associées à la France pour développer ces échanges. Parmi les partenaires participant au projet, on trouve le réseau Arbor et Sens, le réseau Repas (entreprises alternatives) ou les Cités des métiers. Lire la suite

UNESCO : Chgt climatique et patrimoine mondial

UNESCO, Convention du patrimoine mondial, novembre 2008

Document d’orientation sur les effets du changement climatique sur les biens du patrimoine mondial

La problématique des effets du changement climatique sur les biens du patrimoine mondial, naturel et culturel a été portée à l’attention du Comité du patrimoine mondial en 2005 par un groupe d’organisations et de personnalités concernées. Ce comité a demandé au centre du patrimoine mondial… de créer un large groupe de travail composés d’experts charger d’étudier la nature et l’étendue des risques dus au changement climatique et d’établir une stratégie et un rapport pour traiter la question.

Sommaire :

          Préambule et objectif

          Synergies avec les autres conventions et organisations internationales

          Besoins de recherche

          Question juridiques et mécanismes alternatifs

          Réduction des émissions par la communauté du patrimoine mondial

          Conclusions

Consulter le document en PDF Lire la suite

La faim touche près d’un milliard de personnes

Le Monde, Laetitia Clavreul, le 9 décembre 2009

La faim touche près d’un milliard de personnes

La faim progresse de nouveau dans le monde. Ce sont les plus pauvres, ruraux mais aussi urbains désormais, qui gonflent les rangs des sous-alimentés. Selon les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui publie, mardi 9 décembre, son rapport annuel sur l’insécurité alimentaire, 963 millions de personnes souffrent de la faim en 2008. Soit 40 millions de plus qu’en 2007, année qui avait déjà vu leur nombre gonfler de 75 millions par rapport à la période 2003-2005. Le bilan s’est surtout alourdi du fait de l’envolée des prix alimentaires, et la crise économique pourrait aggraver la situation.

La production réservée aux pays riches

L’envolée des prix agricoles n’a pas eu pour effet de relancer l’agriculture des pays pauvres. Selon la FAO, la production de céréales devrait augmenter de 2,8 % dans le monde en 2008. Dans les pays en développement, elle devrait progresser de 0,9 %, mais si l’on exclut le Brésil, l’Inde et la Chine, elle devrait régresser de 1,6 %. A l’inverse, dans les pays développés, elle devrait grimper de 11 %.

Les prix élevés des semences et des engrais, le manque d’accès aux infrastructures (silos, routes…) et au crédit expliquent que les petits agriculteurs aient peiné à augmenter les rendements et à profiter de la hausse des prix dans les pays les plus pauvres.

Le taux des personnes sous-alimentées, de 20 % dans les années 1990, était descendu à 16 % avant 2005. En 2007, il est remonté à 17 %. Une évolution qui a sapé les progrès accomplis ici ou là, et semble rendre plus inatteignable encore l' »Objectif du millénaire » de réduction de moitié, d’ici à 2015, du nombre de personnes souffrant de la faim. C’est en Asie et en Afrique subsaharienne que l’augmentation est la plus forte. Sept pays rassemblaient, en 2007, 65 % des sous-alimentés : Inde, Chine, République démocratique du Congo, Bangladesh, Indonésie, Pakistan et Ethiopie. Cependant, certains pays, comme le Vietnam ou la Thaïlande, sont sur la bonne voie pour réduire le phénomène.

SOUTIEN AUX PETITS PRODUCTEURS

Les plus pauvres sont les principales victimes de ce retournement. Les ménages ne disposant pas de terres sont les plus vulnérables, notamment ceux dirigés par des femmes, qui tendent à consacrer davantage de leur budget à la nourriture et ont moins accès au crédit et à la terre pour saisir l’occasion des hausses de cours pour augmenter leur production.

L’ampleur du choc dépend en partie des régimes alimentaires, précise le rapport. Les familles acheteuses d’aliments faisant l’objet d’un commerce mondial, comme le riz ou le maïs, sont plus exposées. Lire la suite

De Jérôme Kerviel à Julien Coupat ; avoir 30 ans en 2008

cozop.com, Francesco Casabaldi, le 9 décembre 2008

De Jérôme Kerviel à Julien Coupat ; avoir 30 ans en 2008

Jérôme est né en janvier 77 dans le Finistère, il a 31 ans. Julien est né en juin 74 à Bordeaux, 34 ans.
L’un et l’autre font des études supérieures plutôt brillantes, DESS de finance à Lyon puis Master pour l’un, ESSEC puis DEA et thèse à l’EHESS, à Paris, pour l’autre.
L’un et l’autre ont ce qu’il est convenu d’appeler « tout ce qu’il faut pour réussir »
Le premier est placé en garde à vue le 26 janvier 2008, le second le 11 novembre.

Et le parallèle s’arrête là.
Je ne connais ni JK, ni JC. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait ou pas, je ne sais surtout pas pourquoi ils ont fait ce qu’ils n’ont peut-être pas fait.
Je ne connais d’eux que ce que quelques dépêches éphémères en ont laissé : des symboles.
Des symboles, différents, extrêmes, d’un monde en ruine.

D’un côté un jeune trader qui veut « réussir », qui cherche à cacher ce qu’il fait pour être, lui, remarqué.
De l’autre, un intellectuel engagé qui veut que ce qu’il fait se voit, en restant, lui, dans l’ombre.

L’un veut devenir riche en endormant les gens, l’autre a choisi d’être pauvre et de les réveiller.

Toute l’ironie de l’histoire est que Jérôme Kerviel a peut-être fait plus de mal à un système qu’il acceptait que Julien Coupat qui, semble-t-il, le combattait.
Peut-être seulement, car si ce qui est reproché à Jérôme Kerviel est synonyme de jeunesse perdue, désabusée et impuissante dans un monde devenu fou, c’est paradoxalement Julien qui symbolise surement, pour certains, une forme d’espoir.

Celui d’une génération qui veut croire à un autre avenir que celui de gruger avec l’argent ou le travail des autres pour se construire une place au soleil, seul.

Et si l’un et l’autre ont été traités de terroristes, un seul, évidemment, en est accusé.
Qui y a-t-il en effet de plus dangereux que l’espoir pour un système qui ne survit que parce que tous courbent l’échine ? Lire la suite

OGM et Poznam : avis des ministres et des associations

actualites-news-environnement, Pierre Melquiot, le 5 décembre 2008

Conseil des ministres de l’Environnement et OGM avis des ministres et des associations. Ce texte sur les OGM jugé « ambitieux et consensuel constitue une véritable avancée sur un sujet tout à fait prioritaire pour la Présidence française. » Avis des associations.

Au cours du dernier Conseil des ministres de l’environnement, présidé par Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet, selon le ministère, des conclusions ont été adoptées à l’unanimité qui ouvrent la voie à un renforcement des exigences en matière d’évaluation et d’autorisation des Organisme Génétiquement Modifié (OGM) sur le territoire de l’Union européenne.

Ce texte jugé « ambitieux et consensuel constitue une véritable avancée sur un sujet tout à fait prioritaire pour la Présidence française. » Il s’inscrit dans la continuité du débat que les Ministres ont tenu lors du Conseil Environnement du 20 octobre dernier.

Les conclusions du Conseil des ministres de l’environnement s’accordent sur 5 actions pour mieux encadrer les OGM : le renforcement de l’évaluation des impacts environnementaux, à moyen et long termes, des OGM cultivés, notamment ceux produisant des pesticides ou résistant à des herbicides ; le lancement en 2009 d’une réflexion communautaire, par les Etats membres et la Commission, pour définir et prendre en compte des facteurs d’appréciation socio-économiques relatifs aux OGM.

Un rapport de la Commission est programmé d’ici 2010 ; l’amélioration du fonctionnement de l’expertise, notamment en associant d’avantage les Etats membres au processus d’expertise confié à l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) ; la fixation de seuils communautaires de présence d’OGM dans les semences conventionnelles, seuils qui doivent contribuer à garantir aux utilisateurs un libre choix réel entre semences OGM, conventionnelles et biologiques ; la protection, au cas par cas, de zones sensibles et/ou protégées, telles que Natura 2000, et la prise en compte des pratiques agricoles spécifiques.

 « L’adoption de ces conclusions est un démenti manifeste adressé à tous ceux qui prétendent que l’Union européenne serait sourde aux attentes de ses citoyens. Ce matin, les ministres de l’Environnement ont montré leur volonté commune de renforcer la responsabilité comme la transparence en matière d’OGM, signe que les opinions des différents Etats membres ont bien été prises en considération » se sont félicités Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Après l’avis « officiel », voici la réaction des associations de protection de l’environnement.

Alors qu’à Poznan se tient la 14e conférence internationale sur le climat, les ministres européens de l’environnement se réunissent pour obtenir enfin un accord sur le paquet énergie-climat, plan d’action contre le changement climatique de l’Union européenne. FNE appelle les chefs d’Etat et de gouvernements européens à prendre des décisions à la hauteur des enjeux.

Pour Christian Garnier, vice-président de FNE et représentant de notre fédération à Poznan : « L’enjeu climatique concerne toute la planète. Si un accord européen aboutit, les objectifs et les moyens devront rester ambitieux pour pousser les négociations internationales vers le haut. La priorité doit être à la sobriété et l’efficacité énergétique. » Au lieu de cela, la directive sur le stockage souterrain du carbone pousse, comme l’Europe l’a déjà fait avec les OGM et les agrocarburants, vers des solutions purement techniciennes, qui restent peu efficaces, mal évaluées et porteuses de nouveaux risques.

FNE dénonce la dérive qui tend à faire passer cette technique du stade de l’expérimentation directement à celui du développement industriel, et à reporter la responsabilité à long terme de ces expériences sur le budget des États. Lire la suite

Greenpeace satisfait de la position européenne sur les OGM ?

actualités-news-environnement, Pierre Melquiot, le 6 décembre

Système d’autorisation des OGM et environnement, Greenpeace s’est déclaré satisfait de la position européenne. Dans la cadre du système d’autorisation des OGM, pour Greenpeace, les « ministres européens de l’environnement donnent un bon signal à confirmer dans les faits ».

Système d’autorisation des OGM, pour Greenpeace, les « ministres européens de l’environnement donnent un bon signal à confirmer dans les faits ». L’association écologiste semble relativement satisfaite de la position prise par les ministres européens de l’environnement sur le système d’autorisation des OGM.

 « Malgré les efforts d’un petit groupe de pays pour saboter la discussion, les ministres européens de l’environnement ont envoyé un message fort en réclamant une amélioration de l’évaluation des impacts des Organisme Génétiquement Modifié (OGM). Ce Conseil des ministres de l’environnement marque la fin de six mois de débats sur les OGM initiés par la Présidence française, » estime l’ONG dans un communiqué.

 « Les Etats membres ont envoyé un signal clair à la Commission européenne en exigeant l’amélioration du processus d’évaluation des impacts à long terme des cultures d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sur l’environnement, la santé, et la vie de millions d’agriculteurs », a déclaré Arnaud Apoteker, chargé de la campagne OGM de Greenpeace France.

 « Il revient maintenant à la Commission européenne et à l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) de mettre à exécution ces recommandations. Et tant que ce n’est pas fait, il est totalement illogique d’autoriser de nouveaux OGM en Europe ».

Les ministres européens de l’environnement ont demandé à ce que les effets à long terme des OGM sur l’environnement, les organismes vivants et la santé soient correctement évalués. Selon l’ONG écologiste, les ministres européens de l’environnement « encouragent les études scientifiques indépendantes sur les OGM et l’accès aux informations qui sont aujourd’hui gardées secrètes par les compagnies de biotechnologie. »

Les ministres européens de l’environnement « ont également appelé l’AESA (qui est au cœur des décisions prises par l’Union européenne sur les OGM) à prendre en considération l’impact des herbicides utilisés sur les cultures d’OGM tolérants aux herbicides. » Les ministres européens de l’environnement « ont par ailleurs souligné que les plantes qui produisent des insecticides doivent être évaluées de la même façon que les pesticides chimiques. Ils ont enfin reconnu le droit aux régions et aux communautés locales de mettre en place des zones sans OGM » ajoute Greenpeace.

Seule fausse note ? Selon l’ONG, « sous la pression du Royaume-Uni et de la Commission européenne », les ministres européens de l’environnement « ont finalement cédé sur la question des semences », et ont « renoncé à protéger les semences conventionnelles ou biologiques achetées et vendues en Europe de la contamination génétique. » « En acceptant de cautionner la contamination des semences, c’est le futur même de l’agriculture que le Conseil met en danger », déclare Arnaud Apoteker.

Mais, déplore l’ONG, « le jour même où les ministres de l’environnement se prononcent pour une révision importante des procédures d’évaluation des OGM en Europe, la Commission européenne annonce l’autorisation d’un nouveau soja tolérant au Roundup (le MON89788) pour la consommation humaine et animale en Europe. Greenpeace s’insurge contre le mépris total de la Commission envers les inquiétudes et les recommandations des Etats membres. » Lire la suite

CES : Changement climatique, un accord européen necessaire

La Confédération européenne des syndicats (CES), Bruxelles, Communiqué, le 8 décembre 2008 

Paquet changement climatique : un accord européen est plus que jamais nécessaire

La Confédération européenne des syndicats (CES) souhaite vivement qu’un accord ambitieux sur le paquet changement climatique soit trouvé lors du Conseil européen des 11 et 12 décembre. Le mouvement syndical européen demande des instruments européens pour anticiper et maîtriser les transitions vers une économie bas carbone, afin d’accompagner les conséquences inévitables sur les travailleurs.

Cet accord doit mettre l’Union européenne (UE) sur la voie d’une économie économe en énergie, à faibles émissions de carbone et offrant des emplois de bonne qualité dans les industries et services respectueux de l’environnement.  

Les crises financière et climatique montrent, s’il en est encore besoin, qu’il est urgent de mettre en place un autre modèle de développement tourné vers le développement durable, où l’industrie respectueuse de l’environnement doit avoir toute sa place.

Or, un retard dans l’introduction de normes strictes sur les émissions de CO2 des voitures ne résoudra pas la grave crise que traverse l’industrie automobile. Le CES estime qu’il est urgent d’engager un véritable plan européen pour l’industrie automobile permettant de répondre à long terme à l’avenir de ce secteur.

Joël Decaillon, secrétaire confédéral de la CES déclare: « La transition vers une économie bas carbone ne se fera pas sans heurts ni sans difficulté, notamment pour les travailleurs des secteurs gros consommateurs d’énergie fossile. Les syndicats européens refusent que le coût de cette transition repose sur les salariés, et les plus vulnérables d’entre eux. C’est pourquoi la CES exige la création d’un fonds européen d’ajustement à une économie bas carbone afin d’accompagner les transitions subies par les travailleurs déplacés, du fait des mesures liées au changement climatique ».

La CES demande qu’une réponse soit apportée pour les secteurs exposés à des risques avérés de fuite de carbone, en précisant que la réponse apportée ne devra pas conduire à remettre en question l’objectif de réduction de 21% des émissions de ces secteurs d’ici à 2020. Le mouvement syndical européen est favorable à l’inclusion des importateurs dans le marché du carbone européen, et souligne que cela aurait pour avantage d’inciter les industries des autres pays industrialisés à rejoindre l’UE dans son effort. 

D’autre part, la CES n’acceptera pas que certains employeurs et grandes entreprises justifient, du fait de la réduction des émissions de CO2, des restructurations, des licenciements, ou des délocalisations, alors que dans le même temps, ils continuent de verser des dividendes très importants à leurs actionnaires.

Pour plus d’informations : Lire la suite

Crédit agricole : Crises et sorties de crises

Crédit agricole, Eclairages, mensuel N° 127, Novembre 2008

Crises et sorties de crises

          Comment s’en sortir ?

          Les grandes phases de la crise

          Les banques centrales à la manœuvre

          Le système bancaire à l’aube d’une nouvelle ère

          L’économie mondiale à la recherche d’un nouvel équilibre

Accéder à l’étude  Lire la suite

Bx 12 décembre : L’appel pour déterrer l’écologie politique

Ecologie politique, le 19 septembre 2008 et le 8 décembre 2008

L’appel pour déterrer l’écologie-politique

L’été dernier, des jeunes écolos, issu-e-s de différents horizons dont Chiche !, se sont retrouvé-e-s pour définir ensemble leur vision de l’écologie-politique.

Il est sorti de cette rencontre « l’appel pour déterrer l’écologie politique », un texte à faire lire, à commenter, à critiquer, à compléter, à diffuser, à faire circuler, à déclamer ….bref, pas un appel à signer, mais plutôt un prétexte à la rencontre et la discussion autour des idées de l’écologie politique, et de sa pertinence (ou non ?) dans la situation actuelle.

Chiche! Bordeaux vous invite donc pour une première discussion autour de ce texte, de ce que chacun-e en pense, de ce qu’il est possible d’en faire, 

Vendredi 12 décembre à 20h au Samovar, 18 rue Camille Sauvageau 

En espérant vous voir à cette occasion, en attendant, n’hésitez pas à faire circuler ce texte dans vos réseaux respectifs

Si vous ne pouvez pas venir à cette date, mais que ça vous intéresse, faites nous signe !  bordeaux(at)chicheweb.org

La compréhension (enfin !) de l’urgence environnementale s’accompagne d’une ignorance toujours plus grande des propositions que l’écologie-politique fait à la société depuis les années 1970, entre les premières vélorutions, les Amis de la Terre, les écrits d’Ivan Illich et le verre d’eau de René Dumont. La recomposition du paysage électoral apportera-t-elle du nouveau ? Nous sommes jeunes et impatient-e-s, nous préférons agir dès maintenant pour faire renaître une culture à proprement parler écologiste

La révolte commence dans l’imaginaire

Travailler-consommer est un impératif majeur dans notre société. C’est surtout le fruit de l’imaginaire capitaliste sur lequel notre civilisation est basée. Il nous impose une façon unique de penser, de s’accomplir, bref d’exister. Mais il ne s’agit pas d’un horizon indépassable, puisque tous les imaginaires sont possibles pour construire une société. L’écologie-politique a pour ambition de ré-inventer une utopie émancipatrice pour tou-te-s.

Elle souhaite mettre fin à toute forme de domination : racisme, sexisme, (néo-)colonialisme, nationalisme… C’est que l’hétérogénéité de ces phénomènes sociaux n’est qu’apparente. Toutes ces formes d’oppression nous apparaissent indissociables de la domination de l’être humain sur son semblable (aujourd’hui par le capitalisme), elle-même inséparable de la domination de l’être humain sur la nature. L’écologie-politique mène ces deux combats de front

L’autonomie à la base

L’une de ces dominations, et la moins mise en cause, est celle des Etats sur les peuples. L’élection a créé une classe politique qui s’auto-entretient et prétend nous représenter. Mais nous ne débattons plus. Les classes dominantes s’appliquent à ce que nous n’ayons plus que des idées préconçues qui guideront ensuite l’action politique. Aucun temps à consacrer à la vie de la cité, des médias manipulateurs, cela concourt à confisquer le pouvoir au peuple.

Sur la question environnementale par exemple, nous sommes tenu-e-s d’accepter la mise en place d’une gestion autoritaire, centralisée et technicienne des ressources naturelles et des contraintes qui l’accompagnent. La contrainte est subie à travers les politiques publiques (de l’énergie nucléaire, de l’agriculture…), la fiscalité « verte », etc. Ou bien elle est intériorisée avec le renforcement d’une « éco-citoyenneté » bien-pensante. N’est-ce pas seulement ralentir la vitesse à laquelle on dégrade l’environnement, pour se donner bonne conscience ?

L’écologie-politique passe par une véritable démocratie directe. Lire la suite

Société de conso. face aux défis écolo.

La Documentation française

La société de consommation face aux défis écologiques (N° 954 novembre 2008)

EDWIN ZACCAIISABELLE HAYNES

Problèmes politiques et sociaux

La Documentation française, Edwin Zaccai, Isabelle Haynes

Du tourisme ou des transports « durables » au commerce équitable, de l’attention portée à notre « empreinte écologique » à la décroissance, peut-on adopter des comportements différents dans nos sociétés de consommation ?

Les atteintes aux équilibres naturels qui résultent de nos modes de vie, et notamment le réchauffement climatique, appellent des réponses vigoureuses. Du tourisme ou des transports  » durables  » au commerce équitable, de l’attention portée à notre  » empreinte écologique  » à la décroissance, peut-on adopter des comportements différents ?
Processus qui épuise des ressources naturelles existant en quantités limitées, la consommation doit en effet être envisagée dans une optique de durabilité pour permettre d’augmenter la richesse, sans menacer la planète et sans condamner pour autant la consommation d’une planète en pleine expansion démographique.
Concilier écologie et développement des sociétés
, telle est l’orientation majeure des politiques de développement durable engagées au niveau mondial depuis les années 1990. En France, le Grenelle de l’environnement a défini des stratégies et des mesures concernant, entre autres, la consommation, qui se sont concrétisées dans la loi dite  » Grenelle 1  » votée en novembre 2004.

Les grands axes de l’étude :

Évolutions de la consommation dans un contexte de dégradation de l’environnement

– Un essor sans précédent de la consommation

– Des impacts écologiques préoccupants

Approches conceptuelles et critiques

– Croissance et écologie : des impératifs contradictoires ?

– Quel rôle peuvent jouer les consommateurs ?

Les leviers de mise en œuvre d’une consommation durable

– Applications sectorielles

– Stratégies d’entreprise

Jalons politiques

– Des stratégies internationales

– Les orientations récentes de la politique nationale

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Crises et réalité, sommes-nous en train de perdre pied ?

Ecolo-Info, David, le 30 novembre 2008

Crises et réalité, sommes-nous en train de perdre pied ?

A force d’entendre parler de crise, il a bien fallu un moment ou un autre que vous tombiez sur un sujet comme celui-ci sur Ecolo-Info. J’essaye donc de me lancer sur ce sujet de manière transversale en vous exposant mon humble point de vue.

En ces temps de crise financière, économique, politique, sociale mais aussi écologique, il m’est apparu, au cours de mes réflexions, un point commun à toutes ces crises que nous traversons: elles ont toutes quelque part comme cause fondamentale: une perte de connexion, non pas de ligne ADSL, mais une déconnexion avec le monde du réel. Elles seraient toutes générées par la perte de lien avec la réalité ?

Comment cela…? Une déconnexion avec le monde réel ? Etudions chaque crise, une à une.

La crise financière: déconnexion de la sphère économique ?

Revenons à la crise financière qui nous secoue actuellement. Beaucoup d’analystes le disent, cette crise financière, c’est avant tout une déconnexion du monde financier de la sphère économique. C’est là un point intéressant. Certains disent qu’à vouloir faire de l’argent uniquement avec de l’argent, de manière totalement déconnectée de la réalité économique (des acteurs de l’économie, sur le terrain), cela ne pouvait durer et la crise que nous traversons n’est qu’un triste retour à la réalité.

Comme tout retour à la réalité, cela s’accompagne souvent d’une phase de panique, de doute, parfois d’une bonne gueule de bois et au final un réveil matinal très difficile. Ce n’est pas pour rien, si on parle parfois de “dépression”.

Le système financier a sa raison d’être (soutenir l’économie), mais certains ont cru qu’on pouvait s’en passer finalement. La machine s’est emballée. Les fondamentaux se sont avérés ne pas être solides (exemple de la crise des subprimes) et “crise, nous voilà”! Certains d’ailleurs opposent la finance en tant que système “virtuel” à l’économie le monde “réel”.

La crise politique: déconnexion des élites de la réalité du terrain ?

Qu’en est-il de la politique ? Nous pouvons aussi parler de déconnexion de la réalité en cette matière, lorsque les élites sont complètement déconnectées de la réalité du terrain, que les décisions politiques ne sont plus prises par rapport aux réalités du terrain, mais basées sur des vues de l’esprit ou des perceptions idéologiques.

D’ailleurs, on évoque souvent les termes de “rupture”, de “décalage”, de “fracture” qui peut exister entre les élites et les gens sur le terrain. On parle d’ailleurs de “crise de confiance”. Cela génère en général mécontentement, méfiance, perte de confiance vis à vis de l’autorité et des politiques, et multiples crises sociales.

La crise économique: déconnexion du marché de la réalité économique ?

Les crises économiques ont toujours été complexes. Il n’y a à priori pas une seule explication mais plusieurs. Je tacherais ici de me concentrer sur une qui me semble importante: la déconnexion du marché face aux réalités économiques.

La majorité des français n’ont pas vu leurs salaires augmenter alors que les prix ont flambé: le passage à l’euro, l’augmentation du prix du logement, du prix à la pompe, des prix des produits alimentaires etc. Certains statisticiens de l’INSEE nous affirment que le pouvoir d’achat n’a pas diminué. Pourtant, la réalité démontre que plus en plus de gens sont pauvres, précaires, plafonnant au SMIC.

Des critiques fusent concernant la façon dont est mesuré ce fameux pouvoir d’achat. Cette mesure serait elle déconnectée de la réalité? Un indicateur que l’on a peut être oublié: la durée moyenne des crédits immobiliers n’a fait qu’augmenter (on est passé de 15 ans en 1997 à 20 ans en 2007 en moyenne, selon une étude récente d’un courtier dans l’immobilier). Personnellement, j’en connais même qui sont allés jusqu’à s’endetter à plus de 20 ans (quelle folie).

Au bout d’un moment, les salaires ne peuvent plus suivre et les achats ne peuvent être uniquement financés par des crédits, c’est la rupture, la réalité nous rattrape, les gens réfléchissent deux fois avant de dépenser… On se serre la ceinture, c’est la crise de la consommation avec comme conséquence directe une crise de la production, se transformant en crise économique et renforçant la crise financière actuelle.

La crise écologique: déconnexion de notre société de la réalité physique

Enfin nous arrivons à la thématique qui nous intéresse plus particulièrement sur Ecolo-Info, la crise écologique. Ou comment nos sociétés se déconnectent totalement de la réalité du monde physique. Lire la suite

Le boom des réseaux sociaux écolos

Ecolo-Info, Anne-sophie, le 7 décembre 2008

Le boom des réseaux sociaux écolos

Dans l’activité de veille internet que nous effectuons avec Ecolo-Info,  nous saisissons facilement les tendances et les vogues de la toile verte. Il y a eu depuis 2006 un boom des sites de vente de cosmétiques bio, qui a laissé place à une autre tendance l’été dernier avec le boom des sites et des initiatives d’éco-tourisme. Aujourd’hui nous sommes dans le boom des réseaux sociaux écolos. Décryptage.

Cette tendance a naturellement été lancée par Facebook, génial outil créé dans une chambre d’étudiant à Harvard par Mark Zuckerberg. Les ONG, les associations, tout comme les entreprises ont rapidement compris l’intérêt de créer un groupe, de fédérer une communauté d’acteurs, de facilement diffuser de l’information et, chose non négligeable, de lever des fonds. Plusieurs groupes écolos existent sur Facebook, mais leur fonctionnement peut faire face à certaines limites: ainsi que me le spécifiait Bix (à l’origine du groupe J’économie l’énergie sur Facebook – 3541 membres) le week end dernier, au-delà d’un certain nombre de membres (5 000 je crois), il n’est plus possible d’envoyer des messages et il faut alors fractionner sa communauté pour communiquer. Personnellement, la dernière fois que j’ai envoyé un message on m’a traité de spameuse, j’ai fait « gloops ». Bizarre.

L’identité de Facebook est très large et ne suffit plus pour certaines causes semble-t-il: d’autres réseaux ont entrepris de se créer depuis. Dans la sphère écolo, le DD Network (réseau de professionnels de 290 membres) a été lancé cet été par l’agence de communication Patte Blanche sur la plateforme de création de réseaux personnalisés Ning. Cap21, le parti politique de Corine Lepage désormais attaché au Modem, avait également, dès le mois d’avril, entrepris de créer un réseau de ce type sur Ning (Cap 21 Lab, 99 membres à l’heure actuelle).

Nous vous avons parlé il y a peu de Tinkuy, un projet communautaire lancé par Renaud le Chatelier et 4 de ses amis, ayant pour vocation de motiver les consciences, de fédérer et stimuler les internautes inscrits. Dans une logique d’intelligence collective, les meilleures idées et propositions vertes remontent vers le haut, les internautes les plus actifs gagnent des points, échangeables par la suite en bon d’achat vert ou soutien pour les ONG partenaires.

Au passage, en parlant de points et d’achats verts sachez que Maximiles vient de lancer un système de points pour la planète, Fideleamaplanete.com (en partenariat avec le WWF, Action Carbone, Direct Energie, Daniel Jouvance, Paru Vendu et Sncf.com… on regrette juste que le premier prix à gagner du jeu mis en place pour l’occasion soit un voyage au Maroc… mais l’idée globale du programme de points est bonne !)

Communautés, villages, partage, échange, services…

La semaine dernière, c’était au tour du WWF de “lancer son Ning”, en personnalisant entièrement la plateforme à ses couleurs. Planète Attitude est passé d’une quarantaine de membres le 27 novembre à 1 001 membres aujourd’hui. Vous y trouvez des groupes, des vidéos, des images, etc. Un moyen de rester relié à d’autres là aussi, d’avoir un agenda des événements, de communiquer facilement et d’acquérir une force de frappe lors de pétitions ou de besoin mobilisation massive. Un moyen d’obtenir plus facilement des dons aussi.

 

La COCIPE est aussi un projet fédérateur et citoyen: le projet est né dans la tête de Didier Laurent il y a 2 ans, et devrait prendre une grande ampleur en 2010. Fondé sur le désir d’agir de nombreux citoyens, la COCIPE tend à regrouper et unir ceux qui ont envie de faire quelque chose, d’échanger et partager un savoir faire, de créer un projet ou simplement donner du temps. L’originalité de la COCIPE réside dans son indépendance vis-à-vis des partis politiques, des associations et ONG. Lire la suite

Jean-Marc Jancovici : Poznam vu de l’intérieur

Parismatch.com, Antonin Sabot, le 5 Décembre 2008

Climat : la réunion de Poznan vue de l’intérieur

Environnement. Les représentants de près de 180 pays et de dizaines d’associations débattent du changement climatique, en plus de centaines d’observateurs indépendants. Jean-Marc Jancovici, spécialiste de la fiscalité carbone, pose un regard éclairé sur la réunion.

Comment la réunion de Poznan se déroule-t-elle ?

Au départ cela fait l’impression d’une grande foire. On ne sait pas trop qui négocie quoi et avec qui ni où se passent toutes les négociations. En réalité les discussions sont découpées en plusieurs niveaux et sujets. Chaque atelier discute d’une partie des négociations et tente de voir jusqu’où il peut aller. Ensuite, les ateliers font remonter leurs conclusion à un atelier d’un niveau supérieur qui valide à son tour plusieurs éléments et fait remonter à un autre niveau. Ce sont des discussions techniques qui remontent petit à petit pour aboutir à un accord global.

Ce qu’il y a de difficile pour l’observateur extérieur, c’est qu’on à affaire à une énorme négociation et qu’il est donc difficile de dire dans quel sens ça va, puisque ce sont des petits bouts qui s’ajoutent. Autre difficulté, comme il y a 180 membres, et que les décisions se font par consensus, un membre acharné sur un point peut bloquer la discussion. Mais on part du principe que s’il souhaite ensuite faire entendre son avis sur un autre point il doit lâcher quelque chose sur le premier. Ça ressemble finalement beaucoup à des discussions diplomatiques.

Sur les nombreux participants, il y a des industriels venus défendre leurs intérêts ?

Il y en a, mais les industriels ne peuvent pas recevoir d’accréditation (une accréditation est une autorisation d’entrer dans l’enceinte de la conférence et d’assister à tout ou partie des négociations) au nom de leur entreprise. Les accréditations sont données aux représentants des gouvernements (fonctionnaires ou salariés d’institutions publiques) et aux représentants d’associations qui travaillent dans l’environnement. Les représentants d’industriels présents sont reconnus seulement au titre des associations professionnelles dont ils sont membres par ailleurs.

Quels sont les principaux axes de travail qui se détachent ?

Ça va vraiment dans tous les sens. Dans certaines négociations, les observateurs extérieurs dont je fais partie ne sont pas admis et ne peuvent pas savoir ce qui se passe. Sur d’autres en revanche nous sommes admis. Et il y a de très nombreux « side events » qui se passent en marge des négociations. L’un des sujets du moment c’est la « capture et séquestration » qui permettrait de récupérer le gaz carbonique provenant de centrales au charbon puis de l’enfouir sous terre pour éviter de le mettre dans l’atmosphère. L’Europe propose par exemple de déployer une douzaine de prototypes d’ici 2020 pour démarrer une phase industrielle ensuite.

Le risque est grand de voir les négociations capoter. C’est une issue que vous envisagez ?

Il est difficile de répondre à une question posée de cette manière, car quand on négocie sur des dizaines de points il faudrait pouvoir dire à quel moment il y a échec ! S’il y a 125 points dans un texte et que l’on se met d’accord sur 124, est-ce que c’est un échec ? De plus, le traité qui prendra le relais du protocole de Kyoto ne sera signé qu’à Copenhague, l’année prochaine. Ici on cherchera à se mettre d’accord sur certains points Lire la suite

Brice Lalonde : « L’Europe prête à une relance verte »

leJDD.fr, Soazig Quemener, envoyée spéciale à Poznan, le 6 Décembre 2008

Lalonde : « L’Europe prête à une relance verte »

A Poznan, à l’ouest de la Pologne, s’achève la première semaine de la 14e conférence des Nations unies sur le changement climatique. Une conférence d’étape avant Copenhague en décembre 2009, qui dessinera l’après-Kyoto. Brice Lalonde, ambassadeur chargé pour la France des négociations sur le changement climatique, nous livre son avis sur cette réunion mondiale qui se poursuit jusqu’au 12 décembre.

L’ambassadeur de la France pour les négociations sur le changement climatique, Brice Lalonde, estime que les discussions à Poznan  »s’engagent plutôt bien ». (Reuters)

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Quel bilan tirez-vous de cette première semaine de tractations ?

Les discussions s’engagent plutôt bien. Déjà, les négociateurs de tous les pays ici présents (pas moins de 180!) sont d’accord pour que la préservation des forêts figure en bonne place dans l’accord de Copenhague, et ça c’est formidable. N’oublions pas que la déforestation est responsable de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ! Ensuite, il y a le coeur de la discussion, le pourcentage de réduction des émissions des gaz à effet de serre que chacun consentira dans le cadre d’un nouvel accord international. Nous, pays de l’Union européenne, nous sommes fixés pour objectif de contenir le réchauffement à 2°C, ce qui nécessite de réduire les émissions mondiales d’au moins 50% d’ci 2050 par rapport au niveau de 1990. Pour ce faire, les pays développés devront réduire leurs émissions de 80 à 95% d’ici à 2050, comme vient de le promettre Barack Obama pour les Etats-Unis. En échange, il faut que les grands pays qui ont pris leur essor au début de ce siècle et deviennent des superpuissances, acceptent également des concessions. La plupart des participants sont tout de même favorables à un accord. La discussion porte surtout sur les délais.
Poznan est justement présentée par les ONG comme la conférence de la dernière chance. Ressentez-vous cette urgence ?

Les communications scientifiques auxquelles nous pouvons assister ici sont en effet assez angoissantes: les émissions augmentent, la capacité d’absorption des océans diminue. Mais il y a des obstacles. En particulier cette crise financière qui risque de détourner l’attention et les financements. Parce qu’il faut de l’argent pour sauver le système économique mondial. Lorsqu’on est un chef d’Etat ou de gouvernement, on est plus concentré sur la résolution du problème immédiat. Il faut effectivement profiter de cette conférence pour affirmer que la crise financière n’est pas une excuse pour retarder un accord sur le climat : on a au contraire tout intérêt à avancer sur les deux fronts.

A-t-on suffisamment pris en compte le potentiel de croissance que pouvait receler une relance verte ?

Les Etats prennent conscience qu’il faut investir. En faveur des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique, de la recherche, dont l’effort a été ralenti ces dernières décennies. C’est une réponse à la fois à la crise économique et à la crise climatique. Dans ce domaine, l’Union européenne est le bon élève de la classe. L’Europe est le seul continent ayant ratifié Kyoto et respectant ses engagements : nous sommes actuellement en dessous de presque 3% de notre niveau d’émissions de gaz à effet de serre de 1990. Lire la suite

Jean Zin : L’écologie politique, une éthique de libération

Jean Zin, le 21 juin 2008

L’écologie politique, une éthique de libération

André Gorz n’a certes pas inventé l’écologie, se situant notamment dans le sillage d’Ivan Illich, mais il y a ajouté une dimension politique pleinement assumée. Son recueil d’articles, paru en 1975, avait d’ailleurs pour titre « Ecologie et politique ». Il commençait significativement par un texte de rupture entre « Leur écologie et la nôtre« , texte décisif où, contre l’écologie de marché et l’expertocratie verte, il prenait ouvertement le parti d’une écologie émancipatrice basée sur l’autonomie et clairement anticapitaliste.

Ecologie et politique

Avant d’être une idéologie, l’écologie est une urgence à laquelle il faut répondre. On peut dire qu’elle s’impose matériellement, que ce soit par le choc pétrolier ou le réchauffement climatique. En faire une question politique pose la question non seulement du possible mais du souhaitable (p68) et donc de nos finalités. Dès lors l’écologie va se décliner de multiples façons, n’étant pas du tout unifiée idéologiquement. C’est le premier acte fondateur d’André Gorz d’avoir amené la division entre différentes visions de l’écologie, de l’avoir politisée : division entre hétéronomie et autonomie, expertocratie et défense de notre « monde vécu », capitalisme salarial et travail autonome. En même temps qu’il apporte cette clarification politique, il élargit le champ de l’écologie, l’ouvre aux dimensions spécifiquement humaines, jusqu’à unifier les finalités écologiques, économiques, émancipatrices, existentielles enfin, portant l’écologie politique bien au-delà d’une écologie scientifique ou même d’une écologie sociale, tout en restant au plus près du réel le plus concret.

Cette politisation permet de mettre en évidence, à rebours de ce que certains prétendent, qu’il y a bien une écologie de droite et une écologie de gauche. En fait, l’opposition entre les écologies n’est pas seulement une opposition politique reflétant les divisions sociales mais elle recouvre aussi une divergence cognitive, divergence sur les causes qui ne sont pas métaphysiques ou morales, comme on voudrait nous en persuader, mais bien systémiques. En situant la cause du productivisme dans le capitalisme et sa course au profit le contraignant à l’augmentation constante de la productivité et de la consommation, André Gorz situe clairement l’écologie dans le camp de l’anticapitalisme, et donc dans la continuité du marxisme, des luttes ouvrières et de la tradition révolutionnaire. On est très loin de l’environnementalisme, corrigeant les effets les plus voyants du système, à remonter aux causes systémiques autant qu’à nos motivations les plus profondes, à ce qui fait enfin qu’une vie vaut la peine d’être vécue.

« Il faut d’emblée poser la question franchement : que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et, par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature ? Réforme ou révolution ?

Ne répondez surtout pas que cette question est secondaire et que l’important, c’est de ne pas saloper la planète au point qu’elle devienne inhabitable. Car la survie non plus n’est pas une fin en soi : vaut-il la peine de survivre dans « un monde transformé en hôpital planétaire, en école planétaire, en prison planétaire et où la tâche principale des ingénieurs de l’âme sera de fabriquer des hommes adaptés à cette condition » (Illich) ? EP, p9-10 »

Ce ne sont plus des questions qu’on se pose et tout cela sonnera fort étrange à la plupart des écologistes qui s’occupent des urgences immédiates et de solutions techniques ou comportementales, très peu de prospective à plus long terme, encore moins d’émancipation ni de véritable alternative… Lire la suite

Salon Asphodèle à Pau les 12, 13 et 14 décembre

ASPHODELE 2008

PAU parc des expositions (parking gratuit)

Vendredi 12 décembre, de 15h à 21h

Samedi 13 et dimanche 14 décembre, de 10h à 19h.

Entrée : 4 Euros donnant accès aux trois halls avec 250 exposants, dégustations, conférences, ateliers, animations. Tarif réduit : 2,50 Euros. Gratuit pour les moins de 14 ans.

Passe trois jours : 6 Euros

Téléchargez une entrée à tarif réduit !

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Pierre Radanne : Les enjeux de la conférence de Poznan

terranova, Pierre Radanne, le 3 décembre 2008

Les enjeux de la conférence de Poznan

La conférence internationale sur le climat de Poznań s’est ouverte lundi 1er décembre. Il s’agit d’un rendez-vous important, qui donne le départ d’une course contre la montre dans les négociations internationales de l’après-Kyoto. Pierre Radanne, président de l’association 4D et ancien directeur de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, décrypte pour Terra Nova les enjeux de la conférence de Poznań. Selon lui, il faut tirer toutes les leçons de l’échec de la conférence de Bali pour ouvrir ce nouveau cycle, et prendre acte du besoin de solidarité entre pays industrialisés et pays du sud.

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La conférence de Poznań s’est ouverte lundi 1er décembre avec un objectif : préparer le « post-Kyoto ». Le cycle des engagements de Kyoto se termine en effet en 2012. De nouveaux engagements doivent être pris pour l’après-2012. Les négociations ont commencé à Bali, en décembre dernier. Elles doivent s’achever au sommet de Copenhague, en 2009. Un échec remettrait en cause tous les efforts engagés dans la lutte contre le changement climatique à l’échelle mondiale.

La conférence de Bali a marqué un faux départ. Son objectif était la définition d’un mandat politique clair constituant le cadre des décisions à prendre à Copenhague, Bali s’est achevé par un bien vague « Plan d’action », sans avancées notoires.

Pour avancer à Poznań, il s’agit de tirer les leçons de ce faux départ. D’abord, il faut prendre acte du rôle de la Chine et de l’Inde dans les négociations climat. Leur position de « tête de pont » des autres pays émergents, leur niveau d’émissions croissants et donc leur responsabilité dans le changement climatique en font des acteurs-clé du succès des négociations à venir. Ensuite, le développement doit être intégré à part entière dans les problématiques de lutte contre le changement climatique. Une solution durable ne pourra pas être envisagée sans avancées en direction des pays en développement.

La conférence de Poznań doit prendre acte de cette nouvelle donne. D’ici à la conférence de Copenhague en 2009, les enjeux sont identifiés :

–    Partir d’une réflexion sur un mode de développement compatible avec la croissance démographique mondiale, en prenant acte de l’interdépendance sud-nord dans la lutte contre le changement climatique;

–    Fixer clairement des objectifs de stabilisation du climat terrestre ;

–    Différencier les types d’engagement des pays, selon leur niveau de développement ;

–    Intégrer les questions énergétiques (prix du pétrole et du gaz, notamment) dans le débat sur le climat ;

    Construire un cadre d’action détaillé au niveau territorial.

L’échec de Bali, paradoxalement, a ouvert une fenêtre d’opportunités : il a permis de clarifier les enjeux.  Poznań s’ouvre sur une référence politique appuyée en faveur d’une solidarité collective, nécessaire au plan planétaire.  

LE CALENDRIER DE LA NEGOCIATION CLIMAT

La première séquence d’engagement des pays industrialisés du Protocole de Kyoto, qui visait une réduction de 2% des émissions, arrivera à échéance fin 2012.  Il en faudra donc une deuxième, à moins de revenir à l’imprécision de la Convention initiale de Rio de 1992. Ces premiers engagements quantitatifs ont permis d’avancer dans la gouvernance internationale face à cette menace et par la création des mécanismes financiers du Protocole de Kyoto, dont les « crédits d’émission » échangeables et le mécanisme de développement propre. En cas d’absence de nouvel accord international entrant en vigueur en janvier 2013, la valeur du carbone sur les marchés s’effondrerait. Le compte à rebours est donc clair. Lire la suite

JP Besset « Ecologie politique : le rassemblement jusqu’où ? »

Les invités de Mediapart, Jean-Paul Besset, 5 décembre 2008

Ecologie politique : le rassemblement jusqu’où ?

 «La question sociale a longtemps mis en selle la social-démocratie. La question de la nature met aujourd’hui en scène les écologistes», estime Jean-Paul Besset, membre fondateur d’Europe Ecologie, rassemblement de mouvements écologistes en vue notamment des élections européennes de 2009. Et «si les astres électoraux sont favorables», au delà: «élargissement ou refondation d’un parti de l’écologie politique, mouvement populaire et citoyen, parti-mouvement, “écologisation” des grands partis ?»

En apparence, la différence est flagrante: d’un coté on voit un Parti socialiste qui se déchire à belles dents, de l’autre on assiste à un rassemblement des écologistes qui additionnent leurs différences pour engager une dynamique politique. Surprenant paradoxe ! Le parti de gouvernement est saisi de frénésie suicidaire tandis que les trublions imprévisibles et passablement narcissiques font assaut de raison et de responsabilité (jusqu’au parti des Verts, partie prenante et convaincue de ce rassemblement, qui devrait afficher un visage apaisé et uni à son congrès… C’est dire!).

Donc, au moment où les socialistes entretiennent ad nauseam leurs plaies, exacerbant leurs différenciations internes (sur des questions aussi décisives que le niveau de cotisation), les écologistes travaillent à dresser des passerelles en direction de la société au sein de leur nouveau mouvement, Europe Ecologie. Deux attitudes différentes, deux signaux divergents.

Contraste d’image, affaire de circonstances, que des événements aléatoires et imprévisibles — surtout en politique — se chargeront vite de modifier? Peut être que non cette fois. Car, de notre point de vue, il y a une explication de fond à ce double mouvement sur les formes; la forme qui n’est souvent que le fond qui remonte.

Si les socialistes sont aspirés dans un tunnel sans issue, où la détestation et les rivalités tiennent lieu désormais d’identité, c’est parce qu’ils n’ont plus rien à dire sur les enjeux de l’époque. Depuis deux siècles, cahin-caha, le projet social démocrate a accompagné le progrès de l’humanité. Aujourd’hui, il est mort. Confronté à l’ébranlement colossal et inédit que la conjonction des crises actuelles annonce, il se découvre pétrifié. On peut le comprendre. Voici qu’en quelques courtes années nous passons sans transition du temps de l’abondance garantie, celui de la croissance, du développement et du progrès infini, à celui de la rareté des ressources élémentaires, de la rupture des équilibres naturels et de l’extension de la précarité sociale. Et voila que la question de la répartition des richesses produites — question identitaire du socialisme — se trouve devoir être réexaminée à l’aune de nouveaux critères, dont la sobriété n’est pas le moindre.

La trajectoire rectiligne de l’insouciance progressiste vient soudainement se briser sur l’imaginaire de la catastrophe planétaire. Lire la suite

Bx le 9 février « La préhistoire : les plantes et l’alimentation »

Myriam Reffay Figarède présentera une conférence dans le cadre de l’Université du Temps Libre Bordeaux-CUB

« La préhistoire : les plantes et l’alimentation »

le Lundi 9 février 2009 à 15 heures

à l’Athénée Municipal, Place Saint-Christoly à Bordeaux

Que vaut le bio des grandes surfaces ?

Le Figaro, Jean-Bernard Litzler, le 5 décembre 2008

Que vaut le bio des grandes surfaces ?

Les hypers sont-ils le fer de lance de la démocratisation du bio ? Ou au contraire le signe d’une dégradation de la filière ? Réponse en cinq points. 

• Les produits sont-ils vraiment bio ?

Oui. Avec la généralisation des produits bio jusque dans les enseignes de hard discount, le doute s’instaure. S’agirait-il d’un bio au rabais, voire d’un faux bio ? Aucune crainte. Pour être certifié bio, tout produit doit être soumis au moins une fois par an à un contrôle (sur rendez-vous) de l’un des six organismes certificateurs français (EcoCert, Qualité France…). À cela peuvent s’ajouter des contrôles inopinés et la vigilance de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). L’organisme, qui s’attache notamment à assurer la loyauté des appellations, a rarement pris le bio en défaut. Depuis vingt-trois ans, la marque AB, créée et gérée par le ministère de l’Agriculture, a prouvé son sérieux. «Les accidents sont très rares, ce qui contribue à la solidité de la marque», souligne Élisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio, chargée de la promotion des produits bio.

Mais malgré leur sérieux, les labels AB ou l’européen Agriculture biologique, quasiment seuls présents en grandes surfaces, ne satisfont pas tous les consommateurs. Les amateurs de bio les plus convaincus estiment que ces appellations ne sont plus assez restrictives aujourd’hui. Les produits portant cette mention peuvent par exemple contenir jusqu’à 4,99 % d’ingrédients non biologiques et la présence accidentelle d’OGM est autorisée à hauteur de 0,9 %. D’où le choix des puristes de privilégier des labels privés (Demeter, Nature & Progrès…) intégrant des exigences plus sévères.

• Affichent-ils les meilleurs prix ?

Souvent. Si 37 % des Français estiment normal de payer plus cher des produits bio (sondage CSA/Agence bio), le prix reste un frein majeur au développement de l’agriculture biologique. Or, la force de frappe des grandes surfaces, c’est justement de proposer des marques de distributeurs bio à des prix très proches de ceux des produits conventionnels de qualité. Ce n’est donc pas un hasard si près des trois quarts des acheteurs de produits bio se fournissent en super et hypermarchés.

Malgré cette prédominance, les autres modes de distribution tirent plutôt bien leur épingle du jeu Lire la suite

Le monde a besoin d’alternatives et pas seulement de régulations

Mondialisation.ca, Michel Collon info , François Houtart, le 4 décembre 2008

Le monde a besoin d’alternatives et pas seulement de régulations

Assemblée générale des Nations Unies

Le 31 octobre dernier, notre ami le chanoine François Houtart a été invité à présenter ses vues sur la crise financière en cours à l’assemblée générale de l’ONU. Les dirigeants du monde capitaliste l’écouteront-ils ? Voici en tout cas le texte de son discours qu’il nous a communiqué…

Mesdames et Messieurs les Délégués, Chers Amis,

Le monde a besoin d’alternatives et pas seulement de régulations. Il ne suffit pas de réaménager un système, il s’agit de le transformer. C’est un devoir moral et pour le comprendre, adopter le point de vue des victimes permet à la fois de faire un constat et d’exprimer une conviction ; le constat que l’ensemble des crises, financière, alimentaire, énergétique, hydrique, climatique, sociale, relèvent d’une cause commune, et la conviction que nous pouvons transformer le cours de l’histoire.

Le constat

Quand 850 millions d’êtres humains vivent sous la barre de la pauvreté et que leur nombre augmente, quand chaque vingt quatre heure, des dizaines de milliers de gens meurent de faim, quand disparaissent jour après jour des ethnies, des modes de vie, des cultures, mettant en péril le patrimoine de l’humanité, quand le climat se détériore et que l’on se demande s’il vaut encore la peine de vivre à la Nouvelle Orléans, au Sahel, dans les Iles du Pacifique, en Asie centrale ou en bordure des océans, on ne peut se contenter seulement de parler de crise financière.

Déjà les conséquences sociales de cette dernière sont ressenties bien au delà des frontières de sa propre origine : chômage, chèreté de la vie, exclusion des plus pauvres, vulnérabilité des classes moyennes et allongement dans le temps de la liste des victimes. Soyons clairs, il ne s’agit pas seulement d’un accident de parcours ou d’abus commis par quelques acteurs économiques qu’il faudra sanctionner, nous sommes confrontés à une logique qui parcourt toute l’histoire économique des deux derniers siècles. De crises en régulations, de dérégulations en crises, le déroulement des faits répond toujours à la pression des taux de profit : en hausse on dérégule, en baisse on régule, mais toujours en faveur de l’accumulation du capital, elle-même définie comme le moteur de la croissance. Ce que l’on vit aujourd’hui n’est donc pas nouveau. Ce n’est pas la première crise du système financier et certains disent que ce ne sera pas la dernière. Lire la suite

Du bon usage du spectre de la crise

actionconsommation.org, Yann Fiévet, 4 décembre 2008

Du bon usage du spectre de la crise

Il paraît que la crise est enfin là. Il n’est rien de plus faux que cette apparente vérité dévoilée par les multiples conséquences de la crise financière sur l’économie réelle. En fait, la crise est là depuis longtemps et dans des dimensions qui dépassent de loin le strict cadre de l’économique. Elle ne nous a jamais quittés depuis le premier choc pétrolier de 1973. Les crises – écologique, économique, sociale et politique – ont précédé la crise financière qui en révèle à grande échelle toutes les attentes prévisibles si longtemps dissimulées au plus grand nombre. L’aggravation de la crise frappe un peu plus ceux qui étaient déjà frappés ; elle frappe désormais aussi les franges inférieures des classes moyennes. C’est probablement ce dernier fait qui décuple l’inquiétude d’une société qui s’est habituée depuis longtemps à la « nouvelle pauvreté » au point de ne jamais la regarder en face.

Le spectre de la crise est terrifiant. Il est probable que tout à la fois les citoyens ordinaires et leurs « représentants » politiques éclairés ne mesurent pas la démesure de ce spectre aux contours certes mouvants. Cependant, cela n’empêche pas les pouvoirs, économiques et politiques, de se servir abondamment de ce spectre menaçant aux fins de prolonger par un acharnement thérapeutique indécent, la triste réalité d’un système à bout de souffle. Il existe pourtant un autre usage potentiel de la menace : profiter de la gravité insondable de la crise systémique pour vite inventer les formes et les principes d’une autre réalité, plus douce aux hommes et aux écosystèmes dont ils dépendent. Deux voies s’opposent qui sont donc inconciliables. Tenter de les concilier nous fait perdre un temps précieux et peut-être irrattrapable demain.

L’imagination n’est vraiment pas au pouvoir. Il paraît que nous allons sortir du gouffre dans lequel nous plonge la crise par la relance de la consommation. La consommation responsable ? Nenni ! La consommation telle qu’en elle-même, telle que le consommationnisme échevelé l’a modelé au nom du mythe de la Croissance illimitée. Le bon diagnostic n’étant pas établi, les remèdes prescrits vont exacerber le mal. De plus, les remèdes sont risibles ou plutôt sont tristes à pleurer. Lire la suite

L’Ifen disparaît, et avec lui sa mission d’évaluation

Journaldelenvironnement.net, Victor Roux-Goeken, le 4 décembre 2008

L’Ifen disparaît, et avec lui sa mission d’évaluation

Un décret publié le 29 novembre dissout l’Institut français de l’environnement (Ifen) et le remplace par un service statistique au sein du ministère de l’environnement. Le nouveau service perd au passage la mission d’évaluation des politiques environnementales. Ce dont s’émeuvent plusieurs observateurs.

En dissolvant l’Institut français de l’environnement (Ifen), la France vient de perdre sa capacité d’évaluer de manière objective ses politiques environnementales. Tel est le constat fait par plusieurs observateurs ou acteurs de l’Ifen après la publication, le 29 novembre, du décret (1) entraînant sa dissolution.

Créé en 1991 dans le cadre du Plan national de l’environnement, célèbre notamment pour son rapport quadriennal sur l’état de l’environnement en France, l’Ifen est remplacé par un Service de l’observation et des statistiques (SOeS), au sein du Commissariat général au développement durable (CGDD), qui dépend du Meeddat (2). Au passage, la mission d’évaluation a été supprimée. C’est elle qui faisait la renommée internationale de l’Ifen, et de la France un précurseur européen en la matière.

La dissolution était en germe depuis que l’Ifen avait perdu, en 2004, son statut d’établissement public pour devenir un service à compétence nationale, moins autonome. Une nouvelle qui n’a donc rien de surprenant, selon un représentant du Syndicat national de l’environnement (SNE-FSU) à l’ex-Ifen. Super-ministère oblige, «le SOeS est fait de ‘bric et de broc’: il a ramassé tous les services statistiques des ministères réunis au sein du Meeddat: ceux de l’environnement, de l’équipement, une partie de l’industrie…» L’environnement n’est plus qu’une «composante» de ce nouveau service. «Il risque d’y avoir une confusion entre l’information et la communication politique du ministre.»

Directeur général de l’institut de 2000 à 2003, Vincent Jacques-le-Seigneur regrette l’autonomie perdue. «Le ministère de l’environnement était le seul ministère dont le service statistique était indépendant, ce qui énervait les gens de l’Insee [Institut national de la statistique et des études économiques] et les autorités. Mais une telle structure ne peut pas être dépendante, car l’évaluation est une mission pour laquelle des statisticiens ne sont pas faits

Exemple de l’autonomie dont jouissait l’Ifen: en 2001-2002, la France recevait une lettre de mise en demeure de la Commission européenne sur la qualité des eaux de baignade, sur la base de données fournies par l’institut. Le directeur général de la santé s’en émeut auprès du directeur général de l’Ifen. Les données provenaient pourtant des directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass), qui dépendent du ministère de la santé. Lire la suite

Le retour annoncé de la famine

Le Monde, Dominique Dhombres, le 3 décembre 2008

Le retour annoncé de la famine

La famine, terreur des sociétés archaïques, pourrait bien devenir le fléau du XXIe siècle. C’est ce qu’affirment Yves Billy et Richard Prost dans un remarquable documentaire diffusé mardi 2 décembre sur Arte. La crise financière de l’automne a occulté la pénurie alimentaire qui se profile et dont les premiers signes ont été les émeutes de la faim du début de l’année 2007. Cela avait commencé par la « crise de la tortilla », cette galette de maïs qui est l’aliment de base de nombreux Mexicains. Son prix a brutalement augmenté lorsque les Etats-Unis se sont mis à transformer une part croissante de leur récolte de maïs en éthanol. Au lieu d’exporter leur maïs vers leurs clients traditionnels, comme le Mexique, ils ont commencé à le mettre dans le moteur de leurs voitures… Des émeutes de la faim ont eu lieu au Sénégal, en Egypte, en Haïti, au Honduras. C’était un spectacle qu’on croyait disparu pour toujours. Un sommet international sur la sécurité alimentaire a été convoqué d’urgence à Rome, en juin 2008. Puis la panique bancaire a éclipsé tout le reste. Les cours des céréales, qui avaient flambé depuis deux ans, sont retombés comme ceux des autres matières premières. Mais ce n’est que partie remise. « Les solutions qui ont permis de nourrir plus de gens au XXe siècle ne marchent plus au XXIe. On a produit plus, mais avec plus, beaucoup plus de terre, beaucoup plus d’eau, plus d’énergie, beaucoup plus de chimie. Et justement, tous ces plus qui marchaient au XXe siècle ne marchent plus au XXIe. On est au bout d’un modèle, et il y a trois milliards d’habitants de plus à accueillir« , explique Bruno Parmentier, directeur de l’Ecole supérieure d’agriculture. Ce retour de la pénurie alimentaire a plusieurs causes. La diminution des terres arables en raison de l’urbanisation, les immeubles, routes et parkings réduisant l’espace cultivable. Le manque de plus en plus criant d’eau, avec l’épuisement, comme on le voit actuellement en Chine, des nappes phréatiques profondes. Et enfin, l’utilisation de plus en plus fréquente des céréales pour produire du carburant. La population de la planète augmente, les habitudes alimentaires évoluent avec la croissance de la consommation de viande, alors que les ressources en terre et en eau s’épuisent. Lire la suite

Vent mauvais pour les oiseaux en France

Libération, E.Pa., le 3 décembre 2008

Vent mauvais pour les oiseaux en France

Une espèce d’oiseaux sur quatre nidifiant en France métropolitaine est menacée, prévient l’Union internationale de conservation de la nature.

Alors que 12% des espèces d’oiseaux sont menacées d’extinction au niveau mondial, 26% des espèces nichant en France métropolitaine risquent de disparaître du territoire national. 73 espèces sur 277 d’oiseaux nicheurs dans l’Hexagone sont actuellement menacées selon l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) qui élabore actuellement la liste rouge des espèces menacées en France.

Réalisée par le Muséum national d’Histoire naturelle et le Comité français de l’UICN, en partenariat avec la Ligue pour la protection des oiseaux, la Société d’études ornithologiques de France et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, cette étude, la première réalisée sur l’ensemble des espèces nidifiant en métropole, montre que les oiseaux sont confrontés à d’importantes menaces sur le territoire national.

D’abord, l’intensification des pratiques agricoles et la régression des prairies naturelles qui ont entraîné le déclin de nombreuses espèces comme le Râle des genêts, classé «en danger», et la Pie-grièche à poitrine rose, «en danger critique». Cette dernière, en situation extrêmement précaire, ne compte plus aujourd’hui que 30 à 40 couples en France.

Persécutés par le passé, certains rapaces comme le Milan royal restent aujourd’hui victimes de tirs au fusil et d’empoisonnements par des appâts toxiques, malgré leur protection réglementaire. L’Aigle de Bonelli est quant à lui menacé par la raréfaction de ses proies (le lapin de garenne) et par son électrocution sur les lignes haute-tension. Le premier est classé «vulnérable» et le second «en danger».

Parmi les espèces marines, le Pingouin torda et le Macareux moine, déjà victimes de la pollution due aux hydrocarbures, seraient désormais affectés par une réduction de leurs ressources alimentaires liée au changement climatique.

Enfin, le réchauffement du climat entraînera sans doute à l’avenir la modification de l’aire de répartition de nombreuses espèces d’oiseaux, certaines pouvant disparaître de métropole du fait de leur déplacement vers le Nord. Lire la suite

Mode de vie ou changement climatique, il vous faut choisir

Le Monde, propos recueillis par Hervé Kempf, le 4 décembre 2008

Sunita Narain, directrice du Centre for Science and Environment

« Mode de vie ou changement climatique, il vous faut choisir »

Indienne et spécialiste des questions d’écologie, qu’attendez-vous de la conférence sur le réchauffement climatique qui se tient jusqu’au 12 décembre à Poznan (Pologne) ?

Des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les pays développés. Et pas à long terme, mais pour 2020. Or les pays riches – si l’on met à part l’ex-bloc soviétique – ont laissé croître leurs émissions de 14,5 % entre 1990 et 2006, trahissant leurs engagements de Kyoto.

N’y a-t-il pas une divergence d’intérêts entre l’Afrique d’une part, la Chine et l’Inde de l’autre ?

Non. La question centrale, pour le monde, est de savoir comment partager le fardeau du changement climatique. L’Afrique est autant victime de celui-ci que l’Inde ou que la Chine. Mais les pays d’Afrique veulent assurer leur développement, comme l’Inde ou la Chine. A Bali, en 2007, les pays en développement ont fait une énorme concession : ils ont accepté de lancer des actions nationales pour prévenir le changement climatique. Mais combien cela coûtera-t-il et comment payer ? Pour répondre à ces questions, Afrique, Chine, Inde, Brésil et tous les autres ont à travailler ensemble. Les technologies propres sont coûteuses. Nous voulons un mécanisme pour les payer. C’est là-dessus que l’accent doit être mis à Poznan.

Pourtant, la Chine est devenue le premier émetteur de gaz à effet de serre du monde…

Pour ce qui est des émissions actuelles. Mais nous avons calculé la somme de celles de différents pays sur la période 1980-2005 : celles des Etats-Unis font à peu près le double de celles de la Chine, et plus de sept fois celles de l’Inde. Le monde occidental doit nous expliquer ce qu’il compte faire pour réduire ses émissions.

Accepterez-vous une diminution globale des émissions de 50 % en 2050 si les pays riches diminuent les leurs de 80 % ?

D’abord, je veux voir des objectifs pour 2020, et voir des réductions effectives. Après, on pourra parler d’objectifs à long terme.

Quelle est la position du gouvernement indien ?

La même que celle de la Chine et du « G 77 » : « Nous ne sommes pas les coupables, mais les victimes du changement climatique. Nous sommes préparés à agir, mais nous voudrions vous voir d’abord faire ce que vous êtes supposés faire. » Il est temps que vous agissiez, Lire la suite

Poznan : au seuil d’une nouvelle ère de négociations

Actu-Environnement.com, Agnès SINAÏ, le 3 décembre 2008

14e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Poznan : au seuil d’une nouvelle ère de négociations

Sur la voie de la décarbonisation des sociétés industrielles et du changement de paradigme énergétique, la conférence de Poznan (Pologne) sur le changement climatique clôt la première période du Protocole de Kyoto et prépare le bouclage ultime des prochains scénarios d’émissions pour le XXIème siècle, qui seront adoptés dans un an à Copenhague au Danemark.

Aux dernières nouvelles, la concentration mondiale de CO2 est désormais proche de 385 parties par million (ppm), niveau jamais atteint depuis 800.000 ans. L’atmosphère contient près de 800 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, soit deux fois plus de carbone qu’elle n’en comptait au cours de la dernière grande glaciation, et un tiers de plus que lors des précédentes ères interglaciaires. Cet excédent de CO2 ne provient pas des cycles naturels. Il résulte du fait que, en moins de deux siècles, les sociétés industrielles ont brûlé des stocks gigantesques de charbon et de pétrole, ces énergies fossiles qui ont mis 500 millions d’années à se constituer.

Selon le rapport de 2007 du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), si le réchauffement allait au-delà d’une hausse de 2,5 à 3 degrés, les puits de carbone végétaux deviendraient des sources nettes d’émissions de CO2 et l’Amazonie se transformerait en savane, ce qui entraînerait un réchauffement supplémentaire du climat de plus de 1°C. Cette situation ne serait plus maîtrisable. Comme l’a rappelé en ouverture de la conférence de Poznan, le 1er décembre, le ministre polonais de l’environnement, Maciej Nowicki, l’humanité a poussé le système de la planète Terre à ses limites, poursuivre ainsi provoquerait des menaces de très forte intensité : sécheresses, inondations, pandémie de maladies tropicales (…) et même conflits armés et migrations sans précédent.

En moyenne, d’ici à 2050, chaque habitant des pays industrialisés devrait donc raisonnablement émettre 20 fois moins de gaz à effet de serre (GES) qu’aujourd’hui pour éviter un réchauffement de plus de deux degrés. Plus vite chacun y parviendra, moins de carbone, principal gaz de réchauffement, s’accumulera dans l’atmosphère. Une course contre la montre est désormais engagée. En regard de tels enjeux, deux semaines de travaux difficiles attendent les négociateurs de Poznan.

Entériner une vision partagée de l’urgence

Sur la voie de la décarbonisation des économies et du changement de paradigme énergétique, la conférence de Poznan est une étape décisive, même si la conférence ne porte pas tant sur des textes négociés, que sur des débats thématiques. Lire la suite

Cap Sciences : 9 manifestations sur « L’homme et le paysage »

Le théâtre de la science – Saison 2008/2009

L’homme et le paysage

Le Théâtre de la Science est un programme culturel qui propose d’aborder sous des formes variées (conférences, controverse, spectacles, cinéma, exposition…) et approches plurielles des thèmes qui s’articulent autour de l’homme et de la société.

Pour sa 13ème édition, Cap Sciences propose d’explorer le thème des rapports que l’homme entretient avec le paysage « L’homme et le paysage ».

Aujourd’hui il est au cœur de préoccupations aussi bien écologiques, économiques que culturelles. Qu’est-ce qui constitue le paysage? Sur quelles bases orienter l’aménagement du paysage ?

Les éléments du paysage participent-ils à la formation d’une identité ? Quelle valeur donne-t-on au paysage ? Comment concilier le paysage hérité avec le projet de paysage ? …
Les rencontres multiformes proposées dans le cadre du Théâtre de la Science permettront aux publics de rencontrer des paysagistes, chercheurs, historiens, sociologues, géographes… et d’échanger avec eux sur une question qui concerne directement notre cadre de vie.

Ces questions seront développées dans le cadre des différentes rencontres qui jalonneront l’année 2008 et 2009. Les premières rencontres du Théâtre de la Science démarreront les 6 et 15 décembre.

La rencontre inaugurale du Théâtre de la Science a lieu le samedi 6 décembre 2008 de 14h à 18h à la Bibliothèque Mériadeck de Bordeaux. « Qu’est-ce que l’homme nomme paysage ? » est le thème de cette rencontre.

Invités : Serge Briffaud, historien enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux, Pierre Donadieu, géographe et agronome enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles et Graziella Barsacq, paysagiste, Atelier Paysages Barsacq.

La rencontre sera suivie à 18h du vernissage de l’exposition de photographies de Bruno Lasnier : Terres Atlantiques.

Le photographe Bruno Lasnier a parcouru l’arc atlantique de l’Islande aux Açores, réalisant un travail original qui révèle la dimension maritime de l’Europe. Ses photographies en noir et blanc captent l’essence d’un paysage et d’un patrimoine commun fait de lumière, d’eau et d’horizon. L’exposition a été réalisée avec le soutien du Conseil Régional d’Aquitaine et présentée en partenariat avec « Itinéraires des photographes voyageurs ».
Cette exposition est présentée à la Bibliothèque Mériadeck de Bordeaux du 6 décembre au 17 janvier 2009 (salle d’exposition, rez-de-rue)

Lundi 15 décembre à 18h00 à l’Institut de journalisme Bordeaux-Aquitaine « Aménagement du paysage : affaire d’élus ou d’experts ? Et les citoyens ? »

Samedi 17 janvier à 14h00 à Cap-Sciences – Hangar 20 à Bordeaux « Paysages, pays et identités »

Lundi 26 janvier à 20h00 au Cinéma Jean Eustache à Pessac projection du documentaire « Paysages manufacturés »

Jeudi 12 février à 15h00 avec l’OAREIL à l’Athénée de Bordeaux « Bordeaux Unesco, patrimoine sanctuaire ou patrimoine vivant »

Samedi 14 mars à la Médiathèque de Pessac « Paysage et patrimoine : Quels enjeux ? »

Jeudi 8 avril à l’Ecole Nationale Supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux « Le paysage entre protection et évaluation »

Jeudi 16 avril à 20h30 à l’Utopia de Bordeaux, diffusion du film « My Winnipeg »

Samedi 30 mai à 14h30, parcours-découverte, départ à Coté Sciences à Floirac « Paysages du quotidien à Floirac »

Accès gratuit aux rencontres.

Renseignements et programme complet : Lire la suite

Pour des listes décroissance aux européennes de 2009

Europe décroissance, le 27 novembre 2008

Pour des listes décroissance aux européennes de 2009

Nous ne sommes pas dupes : le “développement durable” ou “le capitalisme vert” promus, par exemple, lors du “Grenelle de l’environnement”, ne sont qu’une façon de relancer la fuite en avant dans la croissance infinie. Portée par la liste de Daniel Cohn-Bendit, la version ultra-light de la « décroissance » prônant de “scinder les flux entre la croissance économique et la croissance des flux de matière et énergétique” est une ultime escroquerie destinée à vider la décroissance de son sens politique et à récupérer l’avancée de ces thèses dans la société.

Aucune formation politique représentative n’apporte aujourd’hui de réponse crédible face aux enjeux représentés par les crises environnementale ou sociale. En voulant relancer la croissance économique (capitaliste, rouge ou même verte), toutes vont nous précipiter davantage dans le mur des limites des ressources de la planète et engendrer une nouvelle récession. Il est temps de lever le nez du guidon.

Face à l’absence d’une alternative crédible, nous souhaitons la présence de listes “décroissance” pour les élections européennes de 2009. Nous appelons à la constitution de groupes locaux, les plus larges possible, pour défendre :

Une décroissance qui soit d’abord une décroissance des inégalités, localement, mais aussi à l’échelle de l’Europe comme à celle de la planète. Nous voulons l’instauration d’un revenu minimum et d’un revenu maximum, avec un différentiel maximum de 1 à 4. Puisqu’il n’est plus possible de faire croître le gâteau, la question de sa recette et de son partage redevient première ;

Une décroissance du transport des marchandises à travers la planète, pour une relocalisation de la production et de la consommation, contre l’“économie de marché” (c’est-à-dire le capitalisme), mais pour une “économie des marchés” fondée sur des petites entités économiques. Nous voulons, par exemple, démanteler progressivement la grande distribution, au profit d’emplois de qualité, écologiques, qui permettent à tous mais notamment aux jeunes de trouver une place épanouissante et qui ait du sens ;

Une décroissance du gigantisme, pour une société, une économie et des villes à taille humaine, où chacun-e puisse vivre et faire vivre sa famille dans la dignité. Nous voulons une agriculture locale, écologique et paysanne ;

Une décroissance de la vitesse, dans une société dont l’accélération exclut chaque jour davantage d’entre nous, en commençant par les plus faibles, et nous condamne à une folle fuite en avant. Non au TGV, oui au TER. La civilisation de l’automobile n’est pas soutenable ; nous devons en sortir ;

La décroissance de la tyrannie de la finance, pour une Europe où chaque démocratie maîtrise sa monnaie. Nous refusons la marchandisation du monde. Nous défendrons et étendrons tous les espaces de gratuité comme tous les temps de pause communs, à commencer par le dimanche ;

Une décroissance de la déresponsabilisation sur la technique et la science. Nous faisons face à une problématique d’abord culturelle, politique et démocratique. Lire la suite

ENQUETE Grenelle: l’enjeu, la formation des professionnels

Actu-Environnement.com, le 2 décembre 2008, Sophie Fabrégat, Introduction de Carine Seghier

Enquête – Grenelle de l’environnement : l’enjeu de la formation des professionnels

Dans un contexte de crise financière mondiale et de ralentissement de l’économie, les activités associées à la protection de l’Environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique offrent l’opportunité d’une croissance, désormais plus vertueuse. Le Grenelle de l’Environnement qui fait la part belle à la performance énergétique des bâtiments devrait par exemple apporter un vrai ballon d’oxygène à toutes les entreprises du BTP.
Selon les secteurs, des milliers, des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d’emplois seraient créés pour se conformer aux objectifs du Grenelle de l’Environnement
. En avril 2008, le Ministre du Développement Durable, Jean-Louis Borloo estimait que les investissements engagés dans le bâtiment, dans les énergies renouvelables et la rénovation thermique permettront de gagner 0,8 point de croissance supplémentaire et de créer environ 500.000 emplois sur la période 2009-2020. Un chiffre maintenu depuis, malgré la crise financière et les inquiétudes qu’elle entraîne quant aux financements des mesures du Grenelle.
Pourtant sur le terrain, les entreprises peinent d’ores et déjà à recruter du personnel technique et qualifié. Les jeunes diplômés sont rarement formés à la maîtrise de l’énergie, les professionnels ne sont pas forcément familiarisés aux nouvelles techniques… Le défi ne se situe donc peut-être pas uniquement au niveau du financement des mesures.
Si les objectifs du Grenelle sont ambitieux, les compétences nécessaires pour les atteindre sont loin d’être disponibles à ce jour. Le seront-elles rapidement ? On peut en douter : alors que les estimations de création d’emploi sont toutes plus optimistes les unes que les autres, les chiffres qui attestent de la capacité de formation sont inexistants. Pire, l’heure est encore à la réflexion quant à la manière de former… Si des initiatives se distinguent et de nouvelles formations se développent dans l’urgence, la démarche globale reste confuse. Or, sans une action rapide et cohérente en la matière, c’est bel et bien la réussite du pan réduction des émissions de gaz à effet de serre du Grenelle qui serait remise en cause.
En l’état, la formation constitue donc de toute évidence LE talon d’Achille du Grenelle de l’Environnement.

Sommaire de l’enquête : Lire la suite

Etats-Unis : Comment faire face à la disparition des abeilles ?

america.gov, le 12 novembre 2008, Daniel Gorelick

Une conférence internationale sur la pollinisation souligne l’importance des abeilles

Comment faire face à la disparition massive des abeilles ?

La Californie, un des plus gros producteurs d’amandes du monde, se heurte actuellement à un grave manque d’abeilles.

Washington – Le nombre d’abeilles, d’oiseaux et d’autres insectes pollinisateurs est en voie de diminution, ce qui constitue une menace pour des milliers de végétaux utilisés à des fins alimentaires, médicales et industrielles, ont indiqué des scientifiques et de hauts fonctionnaires lors de la huitième conférence internationale annuelle de la Campagne pour la protection des pollinisateurs en Amérique du Nord.

Des scientifiques, des agriculteurs et des écologistes se sont réunis à Washington, du 22 au 24 octobre, en vue de trouver les moyens de sensibiliser davantage l’opinion publique à une situation que le président de cette campagne, M. Robert Lang, a qualifiée de « crise sanitaire potentielle pour notre planète ».

La pollinisation est indispensable pour que les plantes et les arbres à fleurs puissent se reproduire et donner des fruits. Les abeilles, les oiseaux, les chauves-souris, les papillons et même le vent transportent le pollen d’une fleur à une autre.

Selon une étude récente publiée dans la revue Ecological Economics, on estime que la valeur économique de la pollinisation dans le monde atteint plus de 215 milliards de dollars, soit environ 9,5 % de la production agricole mondiale.

La Campagne pour la protection des pollinisateurs en Amérique du Nord (NAPCC) est administrée par une association à but non lucratif, Pollinator Partnership, qui regroupe quelque 120 organismes publics et privés ainsi que des particuliers qui encouragent et mettent en œuvre des mesures destinées à protéger tous les insectes et animaux pollinisateurs en Amérique du Nord. Sa conférence annuelle a été organisée cette année sous l’égide du département d’État.

La pollinisation à des fins commerciales

Les abeilles en particulier jouent un rôle fondamental en matière de pollinisation. Des agriculteurs louent fréquemment des colonies d’abeilles pour la pollinisation de leurs végétaux. Des ruches peuvent être ainsi transportées d’une exploitation agricole à une autre dans divers coins du pays.

Selon un spécialiste du ministère américain de l’agriculture, le nombre des colonies d’abeilles utilisées à des fins commerciales a diminué de 31 % en 2007.

En outre, un rapport publié en 2006 par le Conseil national de la recherche indique que le nombre d’abeilles était si faible aux États-Unis qu’il a fallu en importer, pour la première fois depuis 1922, de pays situés en dehors de l’Amérique du Nord, en dérogation à la loi qui interdit cette importation de crainte que les abeilles importées introduisent de nouveaux insectes nuisibles.

Ces statistiques alarmantes ont poussé certains à comparer la diminution de la population des pollinisateurs aux indicateurs économiques annonçant la crise financière de 2008.

Le directeur général du Pollinator Partnership, Mme Laurie Davies Adams, a déclaré aux participants de la conférence que la forte diminution du nombre des pollinisateurs constituait un signe avant-coureur de l’effondrement de la production agricole. Le Pollinator Partnership, a-t-elle dit, veut sensibiliser l’opinion publique en vue d’empêcher une telle crise. « Si une vache sur trois mourait, on ferait quelque chose », a-t-elle fait remarquer.

La disparation massive des colonies d’abeilles

Une des causes principales de la mort des abeilles est ce qu’on appelle en anglais « Colony Collapse Disorder » (CCD, « trouble lié à l’effondrement d’une colonie »), phénomène qui se manifeste par l’absence à peu près complète d’abeilles adultes. Sans leur travail, une colonie ne peut que disparaître.

Les scientifiques ne savent pas exactement quelles sont les causes du CCD. Lire la suite

Une éolienne chez soi, la mode qui gagne la France

Le Figaro, GreenUnivers, le 2 décembre 2008

Une éolienne chez soi, la mode qui gagne la France

Davantage productrices d’énergie que les installations solaires, les éoliennes individuelles connaissent un succès grandissant, si bien que leur nombre devrait quadrupler en 2009.

Les éoliennes individuelles se multiplient en France : exactement comme les panneaux solaires pour les particuliers (quoique à moindre échelle), ces petites éoliennes à planter sur le toit de sa maison ont la cote, à tel point que leur nombre, inférieur à 1.000 cette année en France, devrait quadrupler en 2009. Comme pour le solaire, la France sort des années 70, où panneaux et éoliennes personnelles étaient l’apanage de fermes isolées — dont celles du Larzac –et de militants passionnés.

Un virage qui donne des ailes à la jeune société Weole Energy, née l’an dernier, l’un des trois principaux groupes français de ce secteur, avec le leader France Eoliennes et Joliet.

Weole vient de lever cette semaine 2 millions d’euros, et table sur des ventes multipliées par six ou sept l’an prochain : d’environ 150 éoliennes en 2008, elles devraient atteindre 1.000 en 2009, a déclaré à GreenUnivers son président, Michel Galligo.

La France ne fait que suivre une vogue internationale du mini-éolien, notamment aux Etats-Unis, où elle gagne même les villes où pourtant le vent ne passe guère.

«Pour alimenter une maison de 4 personnes, il faut une éolienne de 5 KW environ. Elle produira 8.000 kilowatts-heure par an, de quoi fournir 50 à 100% de l’énergie de la maison», explique Michel Galligo.

«Une telle éolienne a généralement un diamètre de 6,4 mètres, sur un mât de 12 mètres (la limite maximale en France pour se passer d’un permis de construire). Il faut un jardin ou un terrain d’au moins 500 m2 et généralement, on la place à une quinzaine de mètres de la maison. Elle sera pratiquement inaudible de l’intérieur», selon lui. Certains utilisateurs installent des batteries, pour disposer d’électricité quand il n’y a pas de vent.

Il en coûte aux particuliers environ 26.000 euros (comme une installation solaire, en gros, mais cela produit davantage d’énergie, car la maison peut être complètement autonome). On peut déduire de ce coût les crédits d’impôts, qui vont jusqu’à 8.000 euros.

Depuis juillet 2007, EDF n’a plus l’obligation de racheter l’électricité des petites éoliennes à un tarif subventionné. Mais on peut revendre son surplus (celui généré la nuit, pas exemple) à un autre opérateur d’énergie, comme la coopérative enercoop qui rachète à 6 centimes le kilowatt-heure ou encore à la compagnie Direct Energie.

Le marché du petit éolien suit le boom du grand éolien qui, malgré les critiques, a doublé en 2007 et devrait atteindre en France, selon l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), plus de 2 milliards d’euros en 2012.

Ailleurs dans le monde, notamment en Allemagne, pionnière depuis des années, mais maintenant aux Etats-Unis et en Asie, le mini-éolien gagne des partisans tous les jours, y compris en ville. Pour les fabricants, c’est la promesse d’un fabuleux marché de masse. Lire la suite

Réchauffement climatique : Un an pour sauver la Terre

developpementdurablelejournal.fr, 2 décembre 2008, Patrick Cros

Réchauffement climatique : Un an pour sauver la Terre

La conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tient depuis hier à Poznan (Pologne) tire la sonnette d’alarme : il ne reste plus qu’un an avant de trouver une entente mondiale pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Un désaccord aurait, à terme, des conséquences dramatiques, a indiqué le président des travaux Maciej Nowicki : « énormes sécheresses et inondations, cyclones dévastateurs, pandémie de maladies tropicales, … ».

Le ton a été donné, hier, pour le lancement de la conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tient du 1er au 12 décembre à Poznan, en Pologne. « L’humanité par ses comportements a déjà poussé le système de la planète Terre jusqu’à ses limites », a expliqué en guise de préambule le président des travaux et hôte de la réunion, le ministre polonais de l’Environnement Maciej Nowicki. « Poursuivre ainsi provoquerait des menaces d’une intensité jamais vue : énormes sécheresses et inondations, cyclone dévastateurs, pandémie de maladies tropicales (…) et même conflits armés et migrations sans précédent », a-t-il poursuivi en demandant aux 9 000 délégués de 185 pays présents de ne pas « céder à d’obscurs intérêts particuliers ».

Copenhague en ligne de mire

Par cette mise en garde, les Nations Unies espèrent bien faire avancer un processus qu’elles craignent de voir s’enliser face à la crise économique mondiale qui s’annonce. Comme l’a défini la « feuille de route » de la Conférence de Bali, en décembre 2007, il ne reste plus qu’un an pour valider, fin 2009 à Copenhague, de nouveaux engagements internationaux contre l’effet de serre. Pour être efficace, ceux-ci doivent inclure non seulement l’Europe mais aussi les Etats-Unis et les grandes économies émergentes, dont la Chine devenue premier pollueur mondial. Car, après 2012, plus rien n’est prévu pour stopper le réchauffement que connaît actuellement la planète et poursuivre le Protocole de Kyoto, ratifié par la plupart des pays industrialisés (à l’exception notable des Etats-Unis).
Le marché du carbone en débat

Poznan est une nouvelle fois l’occasion de s’interroger sur le marché international du carbone, initié par Kyoto et mis en place au siège de la convention sur le changement climatique à Bonn. Le principe est simple : pour ne pas faire subir un coup trop fort à l’industrie, un marché des émissions de CO2 se met en place où les plus débiteurs achètent des droits à émettre aux plus économes en CO2.

Ce marché est à l’origine de la position en retrait de l’Union européenne qui ne parvient pas à proposer une position commune à ses pays membres. Lire la suite

La croissance verte au coeur du redémarrage de l’économie

lesechos, Julie Chaveau et Véronique le Bihan, le 1er décembre 2008

« La croissance verte sera au coeur du redémarrage de l’économie »

Depuis dix-huit mois, vous poussez le Grenelle de l’environnement. Ne craignez-vous pas que la crise économique mette le holà à vos ambitions ?

Il ne faut pas raisonner comme cela. La croissance verte sera, au contraire, au coeur du redémarrage de l’économie. Nous construisons un nouveau concept de « keynésianisme vert ». L’écologie et la lutte contre le changement climatique sont devenues un élément important de la stratégie économique française, sous l’impulsion du président de la République. L’ensemble des acteurs estiment que l’on peut créer plus de 500.000 emplois entre 2009 et 2020.

Mais les entreprises sont plutôt en train de licencier que d’investir…

Il faut être pragmatique. Tout un ensemble de mesures, prêtes à être mises en oeuvre, vont créer de l’activité. Prenez le programme de rénovation thermique du bâtiment. Il permettra à long terme de renforcer l’indépendance énergétique de la France. Et pour les citoyens, les administrations et les collectivités locales qui accepteront d’investir, ce sera des charges de chauffage en moins. Dans l’immédiat, ces programmes peuvent créer des milliers d’emplois dans le secteur du bâtiment et sur l’ensemble du territoire. Ces travaux ne sont pas délocalisables, puisqu’il s’agit de mieux isoler les maisons, d’installer des fenêtres, des chauffe-eau solaires. Les négociations sont en cours avec des banques pour que les Français puissent bénéficier, dès février, d’un prêt à taux zéro, l’« éco-PTZ ». Ce prêt allant jusqu’à 30.000 euros sera accordé sans conditions de ressources, et les ménages pourront en même temps bénéficier du crédit d’impôt développement durable. Le programme de rénovation thermique des HLM va, lui aussi, démarrer très rapidement grâce au prêt hyperbonifié de la Caisse des Dépôts, d’un montant de 12.000 euros par logement au taux de 1,9 %. Pour les années 2009-2010, nous envisageons une enveloppe d’au moins 1,2 milliard pour rénover 100.000 logements.

Le chantier thermique concerne aussi les bâtiments de l’Etat et des collectivités locales. Comment trouver l’argent ?

Là aussi, il faut raisonner de manière différente. L’équilibre financier de ces opérations se construit sur l’addition des économies réalisées sur les charges à venir. Nous allons sortir, d’ici à la fin de l’année, le décret créant le contrat de performance énergétique. Cette mesure permettra aux industriels et aux professionnels de la rénovation thermique de financer les premières opérations. Pour les bâtiments de l’Etat, le pilotage sera assuré par France Domaine. Sans tarder, 50 millions d’euros sont prévus pour les audits énergétiques pour les deux ans qui viennent, et une partie des dépenses de loyers des ministères ont été réservées dès 2009 pour rénover leurs bâtiments, à hauteur de 77 millions euros. Il s’agit d’un exemple de partenariat public-privé qui ne nécessite pas de financements complexes.

Le programme de développement des infrastructures de transport est financé, lui, grâce à des partenariats public-privé (PPP). Ne craignez-vous pas un gel de ces opérations ?

Nous sommes sur des opérations à très long terme. Bien sûr, réunir le financement de la ligne de TGV Tours-Bordeaux peut prendre quelques mois de plus. Lire la suite

Le traiteur qui devient bio et les menus « locavore »

metrofrance, Nadia Loddo, le 26 novembre 2008

Le traiteur qui devient bio

Economie et écologie se rencontrent dans la démarche de Cana Traiteur

Cana Traiteur présentait hier, au collège des Bernardins (Ve), la nouvelle gamme de buffets bio, qui a séduit la Ville de Paris.  

Des brochettes au saumon fumé et fenouil, des cuillères gourmandes à la parmentière d’agneau à la menthe, des blinis au haddoc aux lentilles, le tout agrémenté d’un champagne bio… Ce sont les délicates surprises qu’on a pu découvir lors du cocktail bio organisé par le traiteur Cana (anciennement La Table de Cana). Cette entreprise, basée à Antony et qui œuvre depuis 1985 pour la réinsertion de personnes en rupture avec le monde du travail, a annoncé mardi soir de nouveaux engagements.

Des clients friands de bio

Après le social, l’environnement devient la priorité de Cana Traiteur. Son directeur général, Denis Ogée, a expliqué que cette démarche ne découlait pas d’un “militantisme écologique forcené, mais d’un réalisme économique”.

Avec la hausse du prix du pétrole, le coût de la vaisselle en plastique et des denrées alimentaires qui viennent de loin augmente. Par ailleurs, les clients sont de plus en plus demandeurs de buffets composés de produits bio, avec un impact moindre sur l’environnement en termes de déchets, par exemple. 

Grâce à cette nouvelle dimension écologique, Cana Traiteur a remporté l’appel d’offres des services généraux de la mairie de Paris. Ce n’est pas un nouveau marché pour cette entreprise qui en est à son troisième contrat, la réinsertion étant déjà un critère de choix pour la mairie. Mais cette année, les exigences en matière environnementale ont été renforcées. “Ce contrat représente environ 25% de notre chiffre d’affaires”, souligne Patrick Carrié, en charge du développement du bio chez Cana.

Du bio à la cantine !

Préparer des buffets ou des repas 100% bio reste une tâche difficile en Ile-de-France, en raison du manque de fournisseurs. C’est pourquoi Cana a démarré mardi un groupe de travail visant à mettre en place une mutualisation d’achats avec d’autres structures intéressées, notamment la cantine de l’Ecole polytechnique et celle de la faculté d’Orsay. “En Ile-de-France, 50% du territoire est consacré à l’agriculture, mais il n’y a que 0,8% qui est cultivé en bio”, constate Morvan Salez, chercheur en physique et membre de ce groupe de ré­flexion. Cette initiative témoigne d’une demande croissante de produits bio et locaux qui mobilise de plus en plus d’acteurs.

« Menu “locavore” »

Après le succès du livre Le Régime des 100 miles au Canada début 2007, le mouvement des locavores a fait tache d’huile aux Etats-Unis et arrive en Europe. Le principe : manger uniquement des aliments qui proviennent d’un rayon de 160 km autour de chez soi. Lire la suite

UTOPIA le 2 déc : Crise financière, économique et médias

Rencontres politique et médias à l’Utopia, salle de la cheminée

Mardi 2 Décembre 2008 à 19h30

Toujours à partir d’une lecture et d’une analyse des médias en général, de la presse écrite en particulier : Le Monde, Libération, Le Figaro, La Croix, Les Échos, l’Humanité, Sud ouest, et les inévitables gratuits (Bordeaux7, Métro, 20 Minutes), nous aborderons ensemble, le thème suivant :

La crise financière, économique, son traitement médiatique

Bernard Broustet, journaliste économique à la rédaction du journal Sud ouest

Guillaume Cauchois, journaliste au magazine l’Étudiant

Trudy Bolter, professeur émérite aux Universités à Science Po Bordeaux, américaniste

Christiane Restier, politiste

Thierno Ibrahima Dia, enseignant en cinéma à l’Université Bordeaux III

Guillaume Le Blanc, philosophe, romancier, enseignant à Bordeaux III

Philippe Gauchon du Crédit Coopératif Bordeaux

Jean-Louis Duqueroix, Directeur de la Communication de la Caisse d’Épargne Aquitaine Poitou-Charentes
L’entrée est libre, mais pour vous assurer une chaise, je vous remercie de me signaler votre participation, Lire la suite

Bx conférence le 5 déc : La diversité biologique en danger

Conférence-débat sur le thème 

« La diversité biologique en danger  » 

le vendredi 5 décembre 2008 à 18h30 au Jardin botanique de Bordeaux 

Esplanade Linné – Rue Gustave Carde, à La Bastide (tram ligne C, arrêt Jardin botanique) 

En présence de :

Peter Wyse Jackson, directeur du Jardin botanique national d’Irlande, 

Joachim Gratzfeld, directeur des programmes régionaux européens du BGCI

(Botanic Gardens Consortium International), 

Maïté Delmas, présidente des Jardins botaniques de France, 

présents à Bordeaux dans le cadre de la réunion du Consortium Européen des Jardins Botaniques. 

Réunion de la dernière chance pour sauver le thon rouge

La Tribune.fr, 17 novembre 2008, appel collectif

Réunion de la dernière chance pour sauver le thon rouge

Appel du WWF, de l’UICN, de Robin des Bois, de Greenpeace, et de Julie Andrieu, Yann Arthus-Bertrand, Florence Arthaud, Isabelle Autissier, Benjamin Badinter, Jean-Paul Besset, Alain Bougrain-Dubourg, Catherine Chabaud, Jean-Yves Chauve, Etienne Klein, Marc Guillemot, Loïc Perron, Philippe Poupon, Eugène Riguidel, Jean-Yves Terlain, Marc Thiercelin.

Réunis à partir du 17 novembre pour une semaine à Marrakech, les membres de l’ICCAT (Commission pour la conservation des thonidés de l’Atlantique) ne doivent pas rater leur rendez-vous avec l’histoire. En deux décennies à peine, la population de thon rouge (Thunnus Thynnus) de Méditerranée a chuté de 80% alors que ce poisson emblématique était pêché depuis l’Antiquité. Au milieu des années 1990, à une pêche relativement proportionnée, destinée à la consommation locale, est venue s’ajouter la pratique de l’engraissage en cage. Ces poissons sont presque exclusivement destinés au marché japonais où ils sont consommés sous la forme de sashimis. Cette activité extrêmement lucrative a provoqué une véritable ruée vers l’or aux effets catastrophiques.

Aujourd’hui, tous les voyants sont au rouge : le niveau annuel des captures est estimé pour 2007 à 60.000 tonnes, soit le double du niveau autorisé par l’Union européenne et quatre fois celui recommandé par les scientifiques. A ce rythme-là, le stock risque bel et bien de s’effondrer à très court terme sans manquer d’entraîner, dans sa chute, la mort d’une activité millénaire.

Il n’y aura pas de seconde chance et nous ne voulons pas laisser commettre l’irréparable. C’est pourquoi, dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, nous demandons à monsieur Barnier, ministre français de l’Agriculture et de la Pêche, de soutenir la seule mesure qui s’impose : la fermeture immédiate de la pêche au thon rouge. C’est la condition préalable à la sauvegarde de l’espèce, à l’équilibre des écosystèmes de la Méditerranée, à la survie de cette pêche et à sa pérennisation pour le bénéfice des hommes et des pêcheurs. Le thon rouge ne doit pas connaître le même sort que la morue de Terre Neuve, dont le stock s’est effondré en 1992 et ne s’est jamais rétabli. Dès 1988, scientifiques et écologistes s’étaient pourtant épuisés à tirer la sonnette d’alarme. Dans le vide.

Aujourd’hui, la pêcherie est hors de contrôle. L’équation est pourtant simple à saisir: il y a trop de bateaux qui pêchent et trop de fermes d’engraissement à remplir au regard de la population de thons rouges. L’ICCAT ou plus exactement ses membres, les pays pêcheurs de Méditerranée se sont montrés incapables de gérer l’activité. A l’encontre de leur mandat, ils ont privilégiés les intérêts à court terme d’une pêcherie industrielle au détriment de la conservation du stock. L’absence de réaction des autorités constitue aujourd’hui un réel scandale !

Or les ministres européens des pêches et au tout premier plan la France, actuelle présidente de l’UE, ont aujourd’hui en main toutes les cartes pour inverser le cours de l’histoire, non seulement en sauvant le thon rouge mais en créant un précédent en matière de gestion internationale et collective de la pêche. Lire la suite