Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Comment les politiques publiques peuvent-elles orienter les modes de consommation à l’horizon 2030 ? – Rapport : 25 propositions pour une consommation durable

Cdurable.info, David Naulin, vendredi 28 janvier 2011

http://www.cdurable.info/Rapport-25-propositions-pour-une-consommation-durable-Centre-Analyse-Strategique,3223.html

Les études réalisées par le Crédoc montrent que nous sommes de plus en plus nombreux à avoir conscience de la nécessité de protéger notre planète et de s’engager vers le développement durable, mais, que seule une minorité d’entre nous agit en ce sens. Le paradoxe est encore plus important dans la consommation. Les « consomm’acteurs », qui privilégient au moins occasionnellement les produits issus du commerce équitable, de l’agriculture biologique ou de circuits de production régionaux, ne représenteraient environ que 20 % de la population. Face à ces constats, le gouvernement a souhaité que le Centre d’analyse stratégique (CAS) établisse le bilan des pratiques actuelles de « consommation durable », explicite les leviers d’action dont dispose la puissance publique pour modifier les pratiques en faveur d’une consommation plus durable et propose des recommandations en ce sens. Commandé par le Gouvernement, ce rapport du groupe de travail présidé par Elisabeth Laville, présente 25 recommandations pour diffuser pleinement les réflexes de consommation durable au sein de la société française.

Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

Encourager les initiatives pionnières de terrain dans une logique « ascendante »

Soutenir l’innovation au service de la consommation durable

Mettre en place les outils économiques nécessaires

Encourager l’État et les collectivités territoriales à adopter des politiques de consommation et de commande publique durables

Assurer un suivi pérenne de la politique nationale de consommation durable

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Synthèse du rapport

Avant toute politique de consommation durable, il s’agit de déterminer dans quelle mesure une alternative au modèle de la « consommation-accumulation » est possible. Il ne s’agit aucunement de prôner l’émergence d’une société de la décroissance, qui ne serait compatible ni avec la prospérité de l’économie française ni avec la soutenabilité de notre endettement. Si une évolution vers une société durable doit être amorcée le plus tôt possible, elle ne doit pas être imposée brutalement. Elle devra être suffisamment attractive pour motiver les changements de comportements et se construire en collaboration avec les parties prenantes, comme le souligne le récent livre de Dominique Bourg et Kerry Whiteside, qui propose de « repenser la démocratie » pour répondre au défi écologique [1]. Une politique de consommation durable ne peut de fait se concevoir que dans la mesure où elle s’intègre dans la vision partagée d’une société qui relativise l’importance de la consommation dans nos vies, nos relations sociales, notre culture.

Nous devons faire décroître dès aujourd’hui notre impact environnemental, nos émissions de gaz à effet de serre et les prélèvements de ressources naturelles de manière sélective, dans certains secteurs. Dans le même temps, il est urgent d’explorer les opportunités de croissance liées à la consommation de produits et services durables, innovants (économie de fonctionnalité, écoconception, circuits courts…). Les fondements d’une politique spécifique de consommation durable pourraient donc être posés sous forme d’objectifs simples visant à réduire l’impact des modes de consommation français, en concertation avec les parties prenantes. Cette stratégie devra ensuite être déclinée dans des secteurs prioritaires compte tenu de leur impact (essentiellement l’alimentation, le logement dont l’électronique, le transport dont le tourisme).

L’implication de l’ensemble des acteurs, notamment des ménages dont la contrainte de revenu est la plus forte, est un aspect central et devra conduire à adopter des approches différenciées pour qu’ils ne restent pas à l’écart de cette politique.

Plusieurs facteurs devront être pris en compte pour assurer son efficacité :

  • reconnaître la consommation durable comme un sujet à part entière ;
  • considérer l’ensemble du cycle de vie des produits et services ;
  • instituer une gouvernance mêlant l’approche descendante traditionnelle (réglementation, contrôle, information, incitation, etc.) à une approche plus ascendante, volontaire, participative, à l’écoute des initiatives innovantes, en soutien des groupes sociaux pionniers et déjà convaincus, qui peuvent avoir un effet d’entraînement ;
  • faire évoluer notre modèle de consommation en s’appuyant sur des relais culturels ;
  • adapter la stratégie aux évolutions sociales et technologiques ;
  • viser la réorientation des comportements des producteurs et des consommateurs à long terme.
  • Éduquer à la consommation (durable) dès le plus jeune âge

L’éducation à la consommation devrait amener chaque citoyen, à tout âge, à intégrer le développement durable dans ses réflexes et habitudes de consommation. L’une des difficultés consistera à Lire la suite

Le mouvement des objecteurs de croissance (MOC) : Masse critique et suffisance

les-oc.info, Michel Lepesant, le 5 décembre 2010

http://www.les-oc.info/2010/12/masse-critique-et-suffisance/

Masse critique et suffisance

Au cœur de la pratique politique du Mouvement des objecteurs de croissance (le MOC), se trouve la notion de « masse critique ». Dans cette manière de Penser et Faire la transition, sont en jeu : les expérimentations sociales, les alternatives concrètes, les rapports avec les autres partis/mouvements de la gauche anti-productiviste et anti-capitaliste, avec les décroissants, avec les mouvements sociaux. Cette expression ne doit pas être une « formule magique » et certaines confusions doivent être rapidement levées[1] : surtout ne pas réduire cette « masse critique » à une accumulation comptable de « vrais gens » dépolitisés !

La masse critique, c’est qui ?

La masse critique, c’est combien ?

La masse critique, c’est comment ?

La masse critique, c’est quand ? C’est « sans attendre, sans illusion ».

Il serait tellement plus simple de croire encore à la Révolution, celle du Grand soir, celle du prolétariat (comme sujet de la révolution). Les militants seraient encore l’avant-garde éclairée et éclairante, l’avenir serait écrit d’avance et garantirait sans aucun risque de scepticisme ou de pessimisme le sens de nos actions et de nos engagements !

Las, les objecteurs de croissance dénoncent déjà les illusions et les religions que le capitalisme – à chacune de ses phases – ne cesse d’utiliser à des fins de propagande pour modeler nos vies : le scientisme, la technologie, le mythe du progrès, la représentation… Il leur faut aussi ajouter à cette déjà longue liste une nouvelle croyance à rejeter : celle que la prise du pouvoir institutionnel est la condition préalable de toute transformation sociale et politique.

Croyance que partagent les capitalistes comme leurs adversaires socialistes, les sociaux-démocrates de la réforme comme les socialistes marxistes de la révolution, les adversaires trotskistes des léninistes comme les critiques anarchistes des trotskistes, etc. Manière pour les décroissants, quand ils assument d’entrer en politique de se mettre à dos à peu près tout le monde et ainsi de se sentir « décalés » dans presque tous les lieux traditionnels de militance.

Est-ce à dire alors que les décroissants doivent rejeter toute politique et ne plus continuer à poser la question du pouvoir ? Certainement pas mais la piste est escarpée, toujours menacée de glisser soit dans la pente du renoncement et du pragmatisme, soit dans la pente de la caricature et de la simplification. Comment agir politiquement sur la crête ?

La masse critique, c’est qui ?

Il serait tellement plus simple de croire qu’il existe une classe particulière porteuse du Lire la suite

Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

bastamag.net, Sophie Chapelle, Chris Jordan, le 25 novembre 2010

http://www.bastamag.net/article1145.html

Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

Tout le monde n’attend pas que gouvernements et chefs d’État s’entendent sur un hypothétique accord pour sauver le climat. Loin de Cancún, où se tiendra le prochain sommet sur le réchauffement climatique, des réseaux associatifs et des municipalités se lancent dans d’ambitieux programmes pour libérer leurs villes de la dépendance pétrolière. Comment font ces « villes en transition » ? Exemple à Boulder, près de Denver, aux États-Unis.

Aux pieds des montagnes Rocheuses, dans le Colorado, la ville de Boulder, tente l’impossible : se libérer du pétrole au pays des road movies, des drive in, de l’essence peu chère… et des plus grosses émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde. L’objectif, pour les 300.000 résidents de ce bastion démocrate, est de passer d’une consommation annuelle de neuf barils de pétrole par personne, à un seul.

L’une des chevilles ouvrières de cette révolution locale s’appelle Michael Brownlee. Ancien journaliste, il a été chercher l’inspiration en Grande-Bretagne, là où est né un étrange mouvement, celui des « villes en transition ». Le concept est lancé en 2006 par un enseignant en permaculture, Rob Hopkins. Celui-ci demande à ses étudiants d’identifier les dépendances au pétrole de la ville de Kinsale, dans le Sud de l’Irlande. Dans la foulée, les chercheurs élaborent un scénario de descente énergétique ambitieux, mais réaliste, d’ici 2030. C’est de cette expérience qu’émerge le concept de « transition ». Le défi est majeur : éviter aux populations les dramatiques conséquences d’un pic pétrolier trop brutal (l’épuisement progressif des ressources pétrolières) et contribuer concrètement à la lutte contre les dérèglements climatiques, sans attendre d’hypothétiques accords internationaux. Le Manuel de Transition : De la dépendance au pétrole à la résilience locale de Rob Hopkins vient d’ailleurs d’être traduit en français (aux éditions Ecosociété avec la revue Silence).

Transition écologique rime avec processus démocratique

À son retour, Michael Brownlee lance le Transition Boulder County pour transformer cette agglomération moyenne en ville « décarbonée ». « Nous avions besoin de modèles à suivre. Le mouvement de la transition nous en fournit un », explique-t-il. Le terrain est favorable. La ville de Boulder et son comté sont déjà en pointe en matière environnementale. Dès 2002, la ville adopte la résolution dite « de Kyoto » pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre [1] puis adopte dans la foulée un plan action climat avec un budget annuel avoisinant un million de dollars. Chaque grande mesure est soumise par référendum à la population. Un premier amendement impose ainsi que 10% de l’énergie consommée provienne Lire la suite

Film-débat : « Small is beautiful » à la salle des fêtes de Libourne le 16 novembre 19h45

Cinéma Indépendant en libournais, communiqué, le 15 novembre 2010

Nous vous invitons à la projection  du film Smal is Beautiful, d’Agnès Fouilleux à Libourne mardi 16 novembre à 20h.  Elle sera suivie d’un débat avec la participation de la Confédération Paysanne de Gironde.

Merci de diffuser l’information,

 Le CIL – Cinéma Indépendant en Libournais vous invite à  la  projection du film d’Agnès Fouilleux

Small is beautiful

le 16 novembre – accueil 19h45, film à 20h

Salle des Fêtes de Libourne, 1 rue Montesquieu 

Projection suivie d’un débat avec Jean-Pierre Leroy, Confédération paysanne et Mr et Mme Vuillon fondateurs des AMAP.

« Small is beautiful » est un film documentaire pour comprendre le lien environnement-politique-agriculture. Pourquoi, comment, et au profit de qui, la production agricole s’est-elle industrialisée au point de désertifier les campagnes, d’empoisonner l’eau et les sols, de stériliser les paysages, de confisquer les semences et d’affamer des millions de paysans dans le monde ?

Le film d’Agnès Fouilleux nous révèle les mécanismes et les enjeux de la mondialisation et de la financiarisation de l’agriculture, face auxquels des résistances commencent à apparaître. Du paysan au chercheur, de la semence précieusement conservée au lobbyiste sans état d’âme de Bruxelles, ce tour d’horizon exhaustif suggère clairement, travaux pratiques à l’appui, que ce qui est petit, ou du moins pas trop grand, est beaucoup plus « joli » pour notre avenir.

Un film vu et élu par : Lire la suite

Territoires en transition : un chemin d’auto-organisation de la société

TERRITOIRES EN TRANSITION : UN CHEMIN D’AUTO-ORGANISATION DE LA SOCIETE

alterautogestion.blogspot.com, Joël MARTINE, Marseille, août 2010

http://alterautogestion.blogspot.com/2010/09/territoires-en-transition-un-chemin.html

Parti de petites villes anglaises en 2006, le mouvement des Territoires en transition est une méthode de l’action collective nouvelle et prometteuse en réponse au pic pétrolier et au dérèglement climatique. On demande aux gens de s’interroger sur ce qu’ils peuvent faire avec les ressources existant autour d’eux sur un territoire précis, et pouvant être mises en œuvre sans attendre des décisions des pouvoirs publics (mais en créant le rapport de force qui rendra ces décisions possibles). Par cette prise de conscience et cette prise en main collective de la vie locale, les gens sortent de l’alternance entre insouciance irresponsable et angoisse paralysante.

Il est décisif que cette démarche soit reprise par les citoyens, les collectifs militants, et les élus : c’est une approche pragmatique qui pourrait transformer les conditions mêmes de l’action politique et contribuer à débloquer l’auto-transformation de la société.

Le point de départ n’est pas un parti pris idéologique, mais la force d’une évidence : le pic pétrolier qui est maintenant sous nos yeux provoquera tôt ou tard, mais bientôt, un traumatisme dans la vie de nos sociétés ou tout est dépendant du pétrole : hausse des prix de l’essence et de l’électricité, rupture des approvisionnements alimentaires qui à l’heure actuelle passent par des trajets de longue distance, fermeture d’entreprises, paupérisation rampante ou galopante d’une grande partie de la population, spirale de récession, et développement de logiques politiques ségrégationnistes et autoritaires.

D’autre part, faire comme si on pouvait repousser le pic pétrolier en relançant, même provisoirement, l’exploitation des énergies fossiles (par exemple les forages pétroliers dans le grand nord), ne fait qu’enfoncer le monde dans une autre crise, encore plus grave, qui est le dérèglement climatique. Au contraire, une « décarbonisation » de l’économie (sobriété énergétique, relocalisation de la production, énergies renouvelables, etc.) permettrait à la fois d’amortir les dommages du pic pétrolier et de diminuer radicalement les émissions de gaz à effet de serre.

Donc des alternatives existent. Mais dans l’ensemble ni le système de production ni les consommateurs n’ont été préparés à une transition en douceur vers l’après-pétrole, car les décideurs économiques, pris dans une compétition incessante, guidés par le profit capitaliste ou par la maximisation de la puissance des Etats, misent toujours et encore sur la croissance des richesses et des moyens de pouvoir qui sont à leur disposition à court terme et qui sont massivement pétro-dépendants. C’est pourquoi le pic pétrolier aura inéluctablement des aspects de catastrophe.

Il faut donc, et c’est là l’apport original de la démarche dite « en transition », que la société se prépare à tenir le coup face à des changements brutaux ; qu’elle acquière un pouvoir sur elle-même pour anticiper son auto-transformation, et cela est possible dès à présent par l’auto-organisation à l’échelle locale. En positif, c’est l’occasion de rompre avec Lire la suite

Permaculture – Révolution permanente en Normandie

politis.fr, Philippe Chibani-Jacquot, le 26 août 2010

http://www.politis.fr/Revolution-permanente-en-Normandie,11302.html

Révolution permanente en Normandie

Depuis deux ans, la Ferme du Bec-Hellouin, dans l’Eure, expérimente la permaculture. Un modèle écologique fondé sur la régénération continue de la fertilité des sols, très peu pratiqué en Europe. Reportage.

Vu du ciel, le jardin principal de Charles et Perrine Hervé-Gruyer fait penser à un délire de paysagiste. Des dizaines de variétés de légumes et de plantes médicinales poussent dans un joyeux mélange apparent sur de longues buttes de terre disposées en cercles concentriques. Un lit de paille – le mulch – recouvre le sol d’une toison dorée qui contraste avec le vert charnu des salades, le bleu violacé des fleurs de bourrache ou le vert profond des courgettes et de la menthe poivrée. Accroupi au milieu de cette abondance estivale, Charles Hervé-Gruyer plonge une main dans la terre qui se cache sous son mulch : si moelleuse et fraîche qu’elle donne envie d’y enfoncer tout le bras. Il n’est pas onze heures du matin, la chaleur est déjà pesante. La canicule sévit depuis une dizaine de jours et pourtant le jardin de 800 m2 n’a eu besoin que d’un peu d’eau. « L’été dernier, nous n’avons pas arrosé du tout », se rappelle Charles. Le mulch fonctionne comme un manteau qui retient l’humidité dans le sol. En se décomposant, il le fertilisera. « Et ça sent la forêt. »

C’est plus qu’une sensation. La permaculture, technique agricole révolutionnaire que pratiquent les Hervé-Gruyer dans leur ferme biologique de l’Eure, consiste en premier lieu à redonner au sol le fonctionnement naturel d’une terre de forêt. Les végétaux en décomposition enrichissent l’humus en matières organiques. La faune du sol (lombrics, acariens…) remue et aère la terre en participant à cette décomposition. Point de labour, donc. « Chaque fois qu’on retourne une terre, on favorise l’oxydation de la matière organique, ce qui se traduit par une perte de carbone, explique Charles. Alors que notre pratique fonctionne comme un piège à carbone, qui entretient le taux de matière organique du sol, et sa fertilité avec. » Du coup, les tiges et feuilles des légumes récoltés sont souvent abandonnées au sol. « Elles seront boulottées par les lombrics, qui rapportent sous terre de quoi l’enrichir. » Le couple, depuis 2006, cultive 1,2 hectare de terres au Bec-Hellouin. Un village prisé des touristes pour son abbaye millénaire et ses maisons typiquement normandes. Installée de part et d’autre de la rivière le Bec, la ferme ne dépare pas le décor avec ses toits de chaume, son portail en bois et son four à pain qui exhale le parfum de miches craquantes tous les mardis. Séduisant comme un caprice de néoruraux qui auraient englouti leurs économies pour jouer aux paysans…

Mais les résultats sont là. Après deux années de tâtonnements, Charles et Perrine découvrent la permaculture au gré de leurs lectures : « une quasi-révélation » pour Perrine. En 2010, deuxième année de récolte depuis cette conversion, « nous atteignons quatre-vingts paniers [1] de fruits et légumes par semaine sur un demi-hectare effectivement cultivé », annonce Charles. Une productivité trois fois supérieure à celle communément constatée chez un maraîcher bio classique. Cela s’explique notamment par Lire la suite

Vers la décroissance : quelles actions ? Essai de classification

apeas.fr, Christian Araud, auteur dans la revue Entropia, le  20 juillet 2010

http://www.apeas.fr/Vers-la-decroissance-quelles.html

Vers la décroissance : quelles actions ? Essai de classification

Face à la crise climatique et à la fin du pétrole bon marché, toute personne convaincue qu’on va « dans le mur » à belle allure peut se poser la question concrète suivante : « Que faire pour ralentir, éviter l’obstacle, ou amortir le choc ? »

Une réponse typique se trouve dans le livre de Matthew Stein [1] dont le sous-titre est très explicite : A Manual for Self-Reliance, Sustainability, and Surviving the Long Emergency (un manuel pour l’autonomie durable et la survie pendant la longue situation d’urgence). Dans ce manuel de savoir-survivre à l’usage des nouvelles générations, l’auteur énonce à la fin de son ouvrage quelques actions, individuelles ou collectives, pour participer au changement nécessaire :

– conservation, recyclage,

– action collective,

– acheter local,

– diète adaptée,

– action politique,

– restructurer les affaires,

– remplacer les ampoules électriques,

– choisir une automobile peu consommatrice,

– aller en bicyclette, prendre le train, covoiturage,

– réduire le chauffage et la climatisation de l’habitat,

– installer des systèmes d’énergie renouvelable chez soi,

– développer ses capacités personnelles d’autonomie,

– participer à des communautés autonomes.

Cette liste est sans doute assez représentative de ce qui s’énonce dans les articles consacrés à ce qu’il faudrait faire pour répondre aux défis posés par le changement climatique. En fait, c’est un peu un inventaire à la Prévert. Il est indéniable que chacune des pistes proposées, si elle était mis en œuvre, serait « bénéfique pour la planète » en utilisant un cliché courant chez les chantres du « développement durable ».

Nous ne sommes pas dans une réflexion « compréhensive » sur la décroissance, tout en ayant une série d’indications concrètes sur ce qui serait « utile » de faire pratiquement pour traduire dans la réalité quelques-unes des idées des objecteurs de croissance. Par ailleurs du point de vue de la personne « active » (ou voulant le devenir), cette liste est fondamentalement hétéroclite.

Dans une première tentative de classification, en me plaçant sur un plan plus descriptif que philosophique, avec une approche résolument pragmatique, je distinguerais volontiers quatre niveaux, de plus en plus éloignés de « l’acteur » et donc embrassant un champ de plus en plus vaste.

Ces niveaux sont :

L’action personnelle et immédiate dont on est le seul maître, compatible avec l’environnement général, la société dans laquelle on vit, mais néanmoins Lire la suite

Le marché paysan bio de Fourton la Garenne à Nérigean samedi 26 et dimanche 27 juin

Château Fourton La Garenne, communiqué, juin 2010

Le marché paysan de Fourton la Garenne à Nérigean (33) a lieu cette année le dernier week-end de juin

Marché artisanal sur les deux jours, dégustations des produits du terroir : produits laitiers bio, miel et produits de la ruche, fromages bio, jus de fruit bio, crêpes bio, bières bio, rillettes et confis bio, fois gras, légumes bio, farines bio, pain bio, semences bio, produits du commerce équitable, spécialités créoles, plantes aromatiques, huiles essentielles, livres, artisanat…

Le samedi 26 Juin de 15h à 20h

16h30 – Lysiane Rolland et ses poèmes

17h00 – Histoire du domaine de Fourton

18h00 – Visite du jardin

19h00 – Chant a capella de Z’A4

20h00 – Apéritif offert

20h30 – Repas sous chapiteau, couscous 12 € (sur réservation)

Des visites et balades l’après-midi, à pied, à poney avec les Ecuries de Camiac

Le dimanche 27 Juin de 10h à 19h

10h00 – Forum annuel des AMAP et autres associations : Le principe des paniers bio

11h00 – Table ronde – BRF : tout sur le bois raméal fragmenté

12h30 – Apéritif offert

13h00 – Grillades, huitres, sandwichs, crudités

15h00 – No smoking : une guitare, un piano, trois voix…

16h00 – Lire la suite

Flaujagues près de Castillon la Bataille : Les paniers de la solidarité

sudouest.com, Simone Tomasin, le 15 juin 2010

Les paniers de la solidarité

Julien et Céline cultivent des produits bio qu’ils vendent à une association de consommateurs respectueux de l’environnement, comme eux .

Julien Bonnet est un tout jeune homme de 25 ans, très brun au regard clair et rieur. Il s’est installé depuis un an comme agriculteur bio sur 10 ha de terrain en bordure de la Dordogne, sur la commune de Flaujagues. Et depuis, il exploite 1 ha en maraîchage et fournit 40 paniers de légumes de saison une fois par semaine aux « consom’acteurs » de la région de Castillon.

Les « consom’acteurs », ce sont des clients qui ont choisi d’être solidaires d’un producteur local, en lui achetant et en consommant ses produits. À Castillon, ils sont 40 à s’être constitués en Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) afin de soutenir Julien et de lui assurer des revenus stables. Ils signent avec lui un contrat, renouvelable tous les six mois, et achètent à l’avance une part de sa production de légumes : tout le monde s’y retrouve, le producteur est assuré de vendre toute sa récolte, le consommateur est sûr de déguster des produits de qualité, tout en permettant à un maraîcher de vivre dignement de son travail !

40 variétés de légumes

Julien, aidé de sa compagne Céline, cultive une quarantaine de variétés de légumes. En plus des traditionnelles carottes, salades, et autres blettes (bio évidemment…), Julien a ressorti des oubliettes des « giraumons galeux », « des butternuts », de la « celtuce » et des « choux chinois ». Chez lui, pas d’endives en juillet, ni de tomates en décembre : que des légumes de saison, cueillis le matin même, frais et savoureux !

L’installation de Julien sur ses terres a été possible grâce au Collectif d’achat de terres agricoles Gironde (Cata 33) (1), qui a constitué une SCI pour acheter des terres et les louer à Julien.

Conformément aux statuts de l’Amap, Julien s’engage à une production respectueuse de la nature, sans recourir aux engrais et pesticides de synthèse, à une gestion économique de l’eau, et à une transparence quant à ses actes d’achat, de production et de vente des produits agricoles. Le consom’acteur, pour sa part, est solidaire du producteur dans les aléas de la production.

Il est également sollicité pour assurer une permanence à tour de rôle lors des distributions de paniers et pour quelques menus travaux, par exemple de désherbage des plantations. Chaque mardi et chaque vendredi, de 18 h 45 à 20 heures, Julien apporte ses paniers dans le local aimablement prêté par le club de pétanque de Mouliets-et-Villemartin. La distribution, assurée par un ou deux bénévoles, se déroule dans une ambiance conviviale, où chacun échange ses recettes de tartes aux poireaux contre les secrets de la fabrication d’un pâté de légumes. À court terme, Julien envisage de faire la distribution à la ferme du Fougueyra à Flaujagues.

Au bout d’un an, Julien fait son bilan financier : Lire la suite

Les consommateurs-citoyens défendent l’avenir des paysans en soutenant les circuits courts

actionconsommation.com, communiqué, le 16 Juin 2010

Les consommateurs-citoyens défendent l’avenir des paysans en soutenant les circuits courts

Les circuits courts d’approvisionnement alimentaire sont aujourd’hui une réelle alternative au mode de distribution des centrales d’achat.

Des magasins de paysans producteurs et transformateurs s’ouvrent dans les régions et proposent des produits en vente directe. D’autres consommateurs développent des comportements citoyens et s’éloignent de la consommation de masse en créant des réseaux qui permettent le maintien et l’installation d’agriculteurs sur le territoire respectant la charte de l’agriculture paysanne. Des liens de confiance se sont créés entre ces consommateurs et les paysans producteurs qui respectent les normes d’hygiène et de qualité de la législation française et assurent la traçabilité des aliments jusqu’à la livraison. Cette traçabilité est la garantie de la qualité et la conformité des produits.

La confiance s’établit entre producteurs et consommateurs dans des relations commerciales tout à fait légales. Elles ont permis le maintien de paysans en France et la défense de leurs revenus en démontrant que les consommateurs souhaitent choisir eux-mêmes leur alimentation (mode de production, provenance et respect du savoir-faire). Les circuits courts en limitant les intermédiaires sont garants de la qualité de fraîcheur, gustative et nutritionnelle des aliments fournis par de petits producteurs.

Si, de plus, ces filières courtes respectent au maximum les principes d’une économie équitable (respect entre partenaires – producteurs, transformateurs, transporteurs, distributeurs, salariés, consommateurs, mais aussi de la nature), elles sont non seulement une alternative crédible à la grande distribution mais aussi participantes d’une transformation économique et sociale plus que nécessaire.

Nous, organisations favorisant le rapprochement entre paysans et consommateurs, soutenons les producteurs et les citoyens engagés dans ces réseaux de proximité qui oeuvrent au quotidien pour la défense d’une autre agriculture respectueuse de l’environnement et de ses acteurs !

Plus d’infos : Lire la suite

Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage ; quelques retours d’expérience – Conférence-débat le lundi 14 juin à 18h30 à Floirac

Université populaire de l’environnement, communiqué, le 8 juin 2010

Hauts-de-Garonne Développement et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de la 5ème édition de la Quinzaine de l’éco construction qui se tiendra du 14 au 25 juin à Floirac et de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à une conférence-débat

Les éco-quartiers : de la philosophie à l’usage ; quelques retours d’expérience

Lundi 14 juin à 18h30 au Centre d’innovation et de formation (CIF) Avenue Jean Alfonséa à Floirac

Avec la participation de :

Grace Yepez-Salmon

Architecte et urbaniste à NOBATEK

Centre de ressources régional dans les domaines de l’aménagement et de la construction durables http://www.nobatek.com/structure.html

Jean-Marc Gancille

Directeur du développement durable du groupe Evolution

En charge du projet Darwin à Bordeaux, 20.000 m² d’entreprises éco-innovantes, d’associations culturelles… http://www.projetdarwin.eu/

Piou Lacoste

Architecte, membre du bureau de l’association H’Nord

Projet d’écoquartier en coopérative d’habitants à Bordeaux 

http://www.hnord.org/doku.php?id=accueil

Pour accéder au CIF http://www.hdgdev.com/contact.php

L’urbanisme des 50 dernières années a vu s’effacer les quartiers des villes denses, au profit de blocs d’appartements et de pavillons éparpillés sur le territoire au milieu de raccordements routiers. Sur cette période, les villes européennes se sont étendues en moyenne de 78 % alors que les populations ne grossissaient que de 33 %. Les conséquences de ce manque total de maîtrise des sols sont aussi graves que peu connues : perte de précieuses terres fertiles, allongement des distances provoquant une explosion du trafic automobile, de la consommation d’énergie fossile et donc du CO2 responsable du changement climatique.

L’utilisation d’énergie pour le logement, la mobilité et l’alimentation représente 70 à 80 % de l’impact écologique de la consommation des personnes. La marée noire dans le golfe du Mexique comme le désastre écologique des pétroles bitumineux, sont symboliques d’un pétrole de plus en plus difficile à extraire. L’énergie va fortement augmenter dans les prochaines années.

C’est dans ce contexte que l’écoquartier cristallise une énorme attention. C’est vrai aussi bien dans des initiatives citoyennes qu’au sein des Lire la suite

Notre tâche centrale de survie pour les décennies à venir, en tant qu’individus et en tant qu’espèces, doit être de…

http://www.a-brest.net/rubrique62.html

a.brest.net, Christian Bucher, le 14 mai 2010

 » Notre tâche centrale de survie pour les décennies à venir, en tant qu’individus et en tant qu’espèces, doit être de faire une transition vers l’utilisation de combustibles fossiles – et pour ce faire, pacifiquement, de manière équitable, et aussi intelligemment que possible  » – Richard Heinberg

Le mouvement « Villes en Transition » provient du terme anglais : « Transition Town network ». Il est né d’une prise de conscience du pic pétrolier et du dérèglement climatique, de leurs profondes conséquences, et de l’urgence à agir localement.

Il a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande), mais c’est en Grande-Bretagne, en septembre 2006, qu’il a été mis en œuvre la première fois dans la petite ville de Totnes.

Après avoir essaimé en Grande-Bretagne et en Irlande, le concept de transition town a fait des émules aux Etats Unis, en Nouvelle-Zélande, au Japon et au Chili. Des projets sont en gestation en France et en Italie. En Belgique aussi, Il y a aujourd’hui plus de 250 initiatives de Transition dans une quinzaine de pays (anglo-saxons pour la plupart) réunies dans le réseau de Transition (Transition Network).

En France, Bordeaux, Grenoble, Saint Quentin-en-Yvelynes, Salies-de-Béarn, Sucy-en-Brie, Trièves s’inscrivent dans la démarche, plusieurs centaines d’autres s’apprêtent à le faire…

Qu’est ce qu’une ville en transition ?

L’idée centrale des villes en transition, la résilience, est directement inspirée des écosystèmes naturels. En effet, ces derniers ont la propriété d’être stables, diversifiés, de consommer un minimum d’énergie, d’être autonomes (cycles fermés) et de ne pas produire de pollution (grâce à la forte interconnexion de ses éléments : les déchets d’un système sont utilisés par d’autres systèmes).

La spécificité des villes en transition réside dans le fait qu’elles émanent de la population et non des autorités.

Le concept a plutôt pour ambition d’assurer un rôle d’inspirateur, de facilitateur ou de coordinateur, et de fournir un « toit » commun à l’action des uns et des autres qui reconnaît les réalisations portées par d’autres (associations, Agenda 21, entreprises etc.) et s’articule complètement avec les mesures prises au niveau national ou international. C’est un cadre de travail cohérent, incitatif.

L’originalité réside aussi dans le fait que les crises sont vues comme des opportunités de changer radicalement la société actuelle.

La vision se veut optimiste. Même la question des moyens nécessaires est vécue sur un autre plan : Lire la suite

Ville en transition, nouvelle initiative en Gironde

wikipedia.org, avril 2010

Ville en transition

(Une initiative de transition vient de débuter en Gironde, 2ème rencontre à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine 3 rue de Tauzia à Bordeaux le mardi 4 mai à 18h30. Il est proposé d’amener de quoi pique-niquer sur place. Ouvert à toutes et à tous.)

Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule une initiative de transition, c’est-à-dire un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

Ce processus a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture[1]. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume Uni. Depuis, le mouvement est devenu international et compte plus de 150 initiatives officielles[2].

L’originalité du mouvement des initiatives de transition sur les mouvements écologistes ou sociaux existants tient en plusieurs points. Tout d’abord, la vision de l’avenir est résolument optimiste, et les crises sont vues comme des opportunités de changer radicalement la société actuelle. La deuxième originalité est que le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c’est cette dernière qui doit porter le changement. L’action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation. C’est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apolitique et ne choisit pas les confrontations (manifestations, …). Ensuite, le mouvement a développé une théorie psychologique inspirée de celle des traitements des dépendances toxicologiques pour tenter de traduire le désespoir ou le déni souvent consécutifs à la découverte du pic pétrolier et de notre dépendance au pétrole, en actions concrètes. Cette originalité semble à la source du succès que connait le mouvement des villes en transition[2], mais elle suscite aussi des critiques, notamment sur le manque d’engagement politique.

Le double défi du pic pétrolier et du dérèglement climatique [modifier]

Le pic pétrolier [modifier]

Article détaillé : Pic pétrolier.

Courbe théorique du pic de production

La notion de pic pétrolier n’exprime pas la fin des réserves de pétrole, mais traduit la fin du pétrole conventionnel bon marché. À l’échelle d’une région, la production de pétrole suit une courbe de distribution normale (voir le cycle d’exploitation d’un gisement), c’est-à-dire que la production croît rapidement, avant de s’infléchir, de passer par un plateau de production, pour suivre le mouvement inverse. Le pic pétrolier est la date à laquelle la courbe de production mondiale n’augmentera plus, traduisant le maximum de production atteint. À ce moment-là, et pour la première fois, la demande excèdera durablement la production, provoquant une hausse des prix qui s’intensifiera à mesure que la production décroîtra.

L’estimation de la date du pic pétrolier varie suivant les compagnies pétrolières, les institutions officielles et les associations d’étude du pic. Ces différences peuvent provenir d’une vision différente (vision économiciste dans laquelle la production suit la demande), d’une divergence sur la théorie (la notion même de pic pétrolier), de l’incertitude sur l’estimation de certaines données (les réserves sont des données géostratégiques) ou sur différents modes opératoires de calcul (prise en compte ou non du pétrole non conventionnel). De plus, la consommation, autre variable affectant le pic, est soumise à des évènements (externes ou issus de rétroactions), par exemple politiques ou économiques. Les différents pronostiques vont donc du déni d’un pic pétrolier pour l’OPEP[3], à l’horizon 2020 pour Lire la suite

France-Inter – Dimanche 28 février – Interception « AMAP…le paysan d’à côté »

sites.radiosfrance.fr, Interception, AMAP… le paysan d’à côté, par Lionel Thompson et Pascal Dervieux, le 28 février 2010 de 9h10 à 10h

Ce matin sur France Inter une émission sur les AMAP, avec notamment celle de Flaujagues près de Castillon la Bataille (Gironde). AMAP mise en place grâce au travail du Collectif pour l’achat de terres agricoles (CATA).

Pour réécouter l’émission http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/interception/

L’idée est arrivée en France en 2001. Ce sont les Japonais qui l’ont appliquée les premiers, suivis des Américains. Depuis, la formule se développe à la vitesse du vent. On les appelle les « AMAP » : associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne ». On en comptera sans doute 4000 à la fin de l’année.

De l’Aquitaine au Nord Pas de Calais en passant par les Pays de la Loire ou Provence Alpes Côte d’Azur, les AMAP regroupent des citoyens fatigués d’être des consommateurs passifs.

En pré-payant un panier hebdomadaire à un agriculteur local, ils s’assurent une alimentation de qualité, bio en totalité, tout en soutenant la vie d’une exploitation.

Pour les AMAP, consommation rime avec solidarité. Le principe a pour autre avantage de réduire les circuits de distribution, si coûteux pour l’environnement.

Contrairement à une idée reçue, les AMAP ne sont pas une création pour « bobos » urbains en mal de verdure. Les grandes organisations agricoles restent sceptiques, mais au moment où le Salon de l’Agriculture célèbre une fois encore une agriculture intensive et assistée, mais en voie de dépeuplement, les AMAP montrent que ce sont peut-être les consommateurs eux-mêmes qui permettront la survie des Lire la suite

Valeurs, consommation, engagement, possession, convivialité – Ecologie : nos 5 révolutions

psychologies.com, NC, décembre 2009

Ecologie : nos 5 révolutions

Nous sommes de plus en plus responsables. En atteste la dernière édition de Francoscopie, qui met en évidence, entre autres, nos évolutions dans le domaine environnemental. Remise en question de nos valeurs, consommation introspective et engagée, création de nouvelles convivialités… Nous nous détachons de plus en plus du matérialisme pour nous ouvrir aux autres. Mais il nous reste toujours des progrès à faire. Panorama.

1. Un changement de valeurs

En chiffres :

En 2009, 83 % des Français estimaient que « le niveau de vie de l’ensemble des Français allait un peu ou beaucoup moins bien depuis une dizaine d’années ». 51 % d’entre eux pensaient que leurs propres conditions de vie allaient progressivement se déteriorer. (Source Crédoc)

Aujourd’hui, nous semblons de plus en plus conscients que le progrès ne fait pas le bonheur. Une évidence ? Loin de là, explique Gérard Mermet : « nous avons longtemps été guidés par l’idée que plus le développement économique est fort, plus nous pouvons améliorer notre pouvoir d’achat. L’équation traditionnelle était donc progrès = bonheur ».

Il aura fallu une réelle remise en question pour bouleverser cette vision du bonheur qui nous guide depuis plus de deux siècles. Et, à en croire Gérard Mermet, ce travail de longue haleine n’a eu qu’un aboutissement récent : « Cette réflexion de sens a été initiée dès les années 60, mais elle a pris une nouvelle tournure avec la crise actuelle. Nous remettons désormais en cause le système de consommation et recherchons ce qui est mieux pour nous et pour les autres en tentant d’éviter les voies conventionnelles.» De nouvelles valeurs, gage d’un engagement nouveau ?

Les Psychonautes témoignent : simplicité, sciences, Nous sommes nombreux, à l’image d’Apex 42 à nous interroger sur le sens à donner à nos vies. Ce qui est certain : aux yeux des Psychonautes, l’argent ne fait plus le bonheur :

« L’art de la simplicité, c’est la découverte qu’on peut vivre beaucoup mieux avec moins de possessions matérielles. Il ne s’agit pas de rejeter le progrès scientifique, mais de ne pas oublier que le véritable bien-être vient d’une attitude mentale et relationnelle et non de l’accumulation de nouvelles possibilités techniques, » explique-t-il.

Et à Valérie, 42 ans, de renchérir : « Je n’en peux plus de cette course à la possession. Pour mes enfants, je veux un monde où l’on saura que la véritable valeur passe par les gens et non pas par ce que l’on a dans notre placard. »

2. Une consommation introspective

Remettre en question les valeurs qui nous guident, mais aussi les comportements qu’elles engendrent. Nous sommes ainsi de plus en plus nombreux à raisonner nos actes d’achat. « Nous assimilons la consommation à une forme de destruction, selon l’etymologie même du terme – du latin consumere, consumer -, et nous ressentons une certaine forme de culpabilité, analyse le sociologue. Nous sommes progressivement passés d’une consommation ‘vitrine’ à une consommation ‘miroir’, plus réfléchie, plus intériorisée. »

L’explication : nous avons longtemps cherché, à travers la consommation à donner Lire la suite

Atelier sur le Co-habitat à Bordeaux – Le partage fait maison : La longue route d’H Nord

sudouest.com, Julien Rousset, le 10 Décembre 2009

LOGEMENT. La mairie consacre un atelier de deux jours à l’habitat coopératif, qui voit des résidents s’associer pour créer puis gérer leur immeuble. Deux projets à l’étude sur Bordeaux

Le partage fait maison La longue route d’H Nord

Un « vivre-ensemble sobre » : c’est le mot d’ordre des militants de l’habitat coopératif, dont quelques représentants, venus d’Allemagne, de Mulhouse, de Lyon ou de Bordeaux, phosphorent depuis hier à la mairie, réunis dans un atelier que devrait conclure aujourd’hui Alain Juppé.

Relancé par la flambée des loyers et par les appétits de concertation, ce système d’habitat coopératif est encore, en France, embryonnaire. Si bien que pour cet atelier, il y a tout à penser, y compris la définition même de cette forme de logement.

Chambres d’hôtes partagées

La version orthodoxe veut que des habitants s’associent en coopérative pour concevoir, puis gérer leur propre immeuble. Ces coopérateurs sont propriétaires, non pas de leur appartement, mais des parts de la coopérative qui gère les appartements. « Chacun est locataire de son logement mais collectivement propriétaire de l’immeuble », résume Thomas Nesme, au nom de l’association H-Nord.

Les habitants sont ainsi liés par l’évolution de leur cadre de vie : chaque décision concernant leur résidence est prise lors d’un vote, où, en principe, un habitant ou un ménage valent une voix. Et, en vue d’économies d’énergie, pas mal de prestations sont communes, mutualisées : buanderie, laverie, garage à vélos, voitures en autopartage… ou même, selon le projet lyonnais du Village vertical présenté hier, des chambres d’hôtes, réservées pour moitié à des amis des locataires, et destinées, pour l’autre moitié, aux touristes, avec les recettes qui vont avec.

Festival de difficultés

Quand il s’agit de passer à la mise en oeuvre, ce modèle achoppe toutefois sur un festival de difficultés, largement abordées hier au cours d’une discussion qui slalomait entre enthousiasme et tâtonnements. Par exemple, il n’y a pas encore, en France, de statut juridique propre à cet habitat en coopérative. Plusieurs projets « explorés » hier se rapprochaient plutôt de la copropriété. La conduite d’une telle entreprise par de seuls habitants paraît par ailleurs périlleuse. « Les coopérateurs doivent apprendre cinq ou six métiers à la fois ! », a averti une cheville ouvrière du Village vertical de Lyon, un juriste ajoutant que tout projet d’habitat coopératif doit s’appuyer sur « au moins trois professionnels : un architecte, un notaire spécialisé dans ce régime et un expert-comptable ».

Autre aléa apparu dans diverses expériences d’habitat coopératif : la difficulté à mobiliser des volontaires. « Il n’est pas facile de toucher les ménages susceptibles d’être intéressés », Lire la suite

Aquitaine : Ça bouge dans le bio !

sudouest.com, Jacques Ripoche, le 24 Novembre 2009

AGRICULTURE. Le nombre de producteurs et la surface en bio augmentent, mais il reste encore du chemin à parcourir

Ça bouge dans le bio !

Ce mardi, la Chambre régionale d’agriculture d’Aquitaine consacre une session spécifiquement dédiée à l’agriculture biologique. Demain, dans les locaux du Conseil régional, à Bordeaux, Arbio, l’interprofession du bio, invite 1 700 gestionnaires de cuisines collectives à un grand « forum » sur l’introduction des produits bio dans les cantines, relativement aux prescriptions du Grenelle. Les ambitions sont élevées : 20 % des menus à l’horizon 2012 ! Aujourd’hui, on est encore (très) loin du compte. Malgré un taux de croissance à deux chiffres ces dernières années, le bio, avec 600 000 hectares cultivés, ne représente que 2,1 % de la surface agricole utilisée (SAU) en France, tandis que son chiffre d’affaires, 2,6 milliards d’euros, n’atteint guère que 1,7 % de la consommation agroalimentaire nationale.

Le mouvement s’accélère

Pour autant, les choses bougent. L’Aquitaine et Midi-Pyrénées, qui se rangent parmi les premières régions bio en France, enregistrent une progression significative : + 7,5 et + 7 % entre 2007 et 2008. L’Aquitaine, avec 28 000 hectares cultivés, compte aujourd’hui 1 125 producteurs certifiés (1 005 en 2007). Les chiffres 2009 ne sont pas encore arrêtés mais, fait notable, 130 exploitations nouvelles sont en cours de conversion.

« On sent bien que le mouvement s’accélère. Depuis quelques mois, chacune de nos réunions d’information fait le plein. On voit que la réflexion est installée dans les têtes », souligne Patrick Grizou, producteur en Lot-et-Garonne et président d’Arbio. Trois éléments, selon lui, concourent à l’intérêt que les « conventionnels » portent désormais au bio : « Il y a, bien sûr, l’effet crise. Mais il y a aussi les obligations de plus en plus contraignantes sur l’emploi des intrants qui aboutissent même parfois à des impasses techniques. Enfin, il faut considérer le fait que les agriculteurs intègrent de mieux en mieux la notion d’agriculture durable. »

Les 28 000 hectares bio en Aquitaine se décomposent en 11 000 hectares de fourrage, 9 000 hectares de céréales et d’oléoprotéagineux, 2 000 hectares de fruits et légumes, 4 000 hectares de vigne. « Le mouvement est particulièrement important sur la vigne », relève Jérôme Cinel, directeur d’Arbio : « Le nombre des producteurs indépendants convertis progresse régulièrement, mais le phénomène intéressant et nouveau réside dans l’implication des caves coopératives comme Landerrouat, Hauts de Gironde, Unimédoc, Mesterrieux. » Gwenaëlle Le Guillou, directrice du Syndicat des vignerons bio, confirme : « Nous sommes sur une progression moyenne annuelle de 20 % en surface. » En fruits et légumes, la production s’organise principalement autour de deux coopératives, Caspo et Biogaronne, à Port-Sainte-Marie (47). « Leur nombre d’adhérents aussi augmente, ce qui va les amener à créer prochainement des points de collecte », précise Jérôme Cinel.

Coordonner l’ensemble

Du côté des productions animales, une filière viande bio s’est récemment constituée Lire la suite

Aux Etats-Unis, la « Transition » prépare l’après-pétrole

lemonde.fr, Grégoire Allix, le 21 novembre 2009

Aux Etats-Unis, la « Transition » prépare l’après-pétrole

Boulder (Colorado) Envoyé spécial

Au beau milieu des Etats-Unis, l’après-pétrole a commencé. Au pays de l’essence pas chère et de la négation du réchauffement, des groupes de citoyens se sont donné pour mission d’aider les communautés américaines à se préparer à la double échéance de la fin du pétrole et du changement climatique. Leur mouvement a un nom : la Transition. Son cœur bat à Boulder, dans l’Etat du Colorado (Etats-Unis), une enclave libérale et progressiste de 100 000 habitants au sein de montagnes Rocheuses, réputées très conservatrices.

Tous les mercredis, on se bouscule sur le marché fermier de Boulder – une curiosité en soi au royaume du centre commercial. Entre les étals de fruits et légumes des agriculteurs bio, les militants de la Transition distribuent leurs tracts. « L’agriculture industrielle, fondée sur des carburants bon marché, va s’effondrer« , prédit Michael Brownlee, chef de file du mouvement aux Etats-Unis. « Tout notre mode de vie est condamné. C’est très dur à entendre pour les Américains, élevés dans l’idée qu’ils le méritent. »

Fondé par Rob Hopkins, le mouvement de la Transition a pris corps en 2006 à Totnes, petite ville anglaise de 8 000 habitants, avant d’essaimer dans le monde entier. Ses militants ont un but : rendre leurs villes résilientes avant le chaos qui s’annonce, par la quête de l’autarcie énergétique et alimentaire. Avec une conviction : c’est l’opportunité pour l’humanité de construire un monde meilleur. Et un credo : la relocalisation de toutes les productions.

Formé par les fondateurs du mouvement à Totnes, Michael Brownlee, ancien journaliste, a créé à Boulder, en 2008, la première initiative américaine de la Transition. Depuis, l’association locale, qui emploie trois salariés, a mué en centre de formation de nouveaux groupes dans tout le pays et accouché d’un Transition Colorado, puis d’un Transition US. En un an, quarante initiatives ont vu le jour aux Etats-Unis.

« 80 % de notre travail est centré sur l’agriculture locale, c’est le levier le plus efficace à court terme, ce dans quoi les gens peuvent le plus facilement s’engager« , explique M. Brownlee. « 1 % seulement de notre nourriture est produite à l’intérieur du comté, or ses habitants dépensent 650 millions de dollars par an pour l’alimentation. Il y aurait là de quoi sauver notre économie ! » Les groupes créent des potagers communautaires, encouragent l’installation d’agriculteurs bio par des systèmes d’abonnement proches de ceux des Associations de maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) en France.

Au sein d’une nation où le sens de la communauté et du lobbying ne sont pas des vains mots, le message passe. Soixante-quinze restaurants du comté affichent leur engagement à privilégier les produits locaux. Même les supermarchés mettent en valeur sur leurs rayons la production de la région. « La Transition ne doit pas juste être un groupe de gens dans leur coin. Il faut engager toute la communauté pour avoir une chance de réussir », explique M. Brownlee.

Le comté de Boulder soutient et finance le mouvement. La collectivité a créé un Lire la suite

Les AMAP se structurent pour mieux se développer

actu-environnement.com, Sophie Fabrégat, le 16 novembre 2009

Les AMAP se structurent pour mieux se développer

L’engouement des consommateurs pour les associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) ne se dément pas. Mais l’offre a du mal à suivre. Un mouvement national devrait se structurer pour faciliter la naissance de nouveaux projets.

Aujourd’hui, près de 1.500 groupes AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) existeraient sur l’ensemble du territoire, de nombreux autres projets seraient en cours. Ce système de partenariat entre producteurs et consommateurs suscite de plus en plus d’intérêt depuis le lancement de la première initiative de ce type en avril 2001 à Aubagne.

Circuits courts, relation directe entre producteurs et consommateurs, solidarité financière, respect de l’environnement… sont autant d’arguments qui séduisent les quelques 60.000 familles de consommateurs engagées dans une telle démarche.

 »Les AMAP représentent un véritable mouvement de fond, elles correspondent à des aspirations profondes des consommateurs », analyse Jérôme Dehondt, responsable légal et porte-parole du mouvement interrégional des AMAP (MIRAMAP). Cependant, dans de nombreuses régions, ces associations ont des difficultés à se développer. Si en PACA (140 groupes), Rhône-Alpes (132 groupes), Ile-de-France (120 groupes) les initiatives sont nombreuses, la Picardie (3 AMAP), le Languedoc-Roussillon (3 AMAP), la Champagne-Ardenne (1 AMAP)… ont davantage de mal à faire émerger ce type de dispositif.

Une offre qui ne suit pas la demande

Le développement des AMAP se heurte à de nombreux freins. De nombreux groupes en projet sont actuellement à la recherche d’un producteur paysan ou bio.

Premier frein : la pénurie de producteurs bio en France.  »En Ile-de-France par exemple, 150 groupes sont en fonctionnement aujourd’hui pour 35 maraîchers bio. Seulement 30 personnes sont formées chaque année au maraîchage bio dans la région, ce qui est très en deçà des besoins. Il y a un véritable problème de ressources humaines. Les AMAP et l’agriculture bio reposent surtout sur les nouveaux entrants, la conversion bio étant très compliquée. La population agricole française est assez âgée, 46 % des agriculteurs seront partis à la retraite d’ici 2020. Le pas n’est pas évident à franchir pour eux de la production conventionnelle à la production bio ».

Deuxième frein : l’accès au foncier :  »de nombreux porteurs de projets ont du mal à accéder aux terres agricoles. A cause de la pression foncière, les terres sont chères, peu disponibles… Les organisations foncières telles que la SAFER privilégient l’extension d’installations existantes ».

Les banques seraient également Lire la suite

L’atelier des Bains Douches promeut l’écologie dans la rénovation du quartier : Belcier passe au vert

sudouest.com, G. G, le 28 Septembre 2009

ENVIRONNEMENT. L’atelier des Bains Douches promeut l’écologie dans la rénovation du quartier

Belcier passe au vert

Le parfait éco-habitant du Belcier nouveau se nourrit dans une Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) ou auprès des « P’tits cageots », entreprise solidaire. Il ou elle va visiter la vergerette du Canada et autres plantes sauvages dans les plates-bandes et les fissures des trottoirs avec l’association 1,2,3 soleil, voire se soucie de reconquérir les friches urbaines avec l’association Friches and cheap. Il imprime ses documents avec des encres végétales sur papier écolo, aménage sa maison sur les conseils du Creaq, sa résidence secondaire avec Eco-centre. Il pratique le vélo suivant les règles de vélo-cité, et signe volontiers les pétitions de Greenpeace.

Il sait enfin s’intéresser aux projets d’habitat collectif de l’association H nord, loin de Belcier, aussi bien qu’à la future résidence des Terrasses d’Armagnac, sans doute hors de portée de sa bourse, mais qui sera bientôt « le premier ensemble labellisé basse consommation de la CUB.

Enfin, le temps d’un casse-croûte bio à Nature et des Courgettes, il laisse ses enfants sans arrière-pensée aux mains des trois hurluberlus qui font d’un stand de casse-bouteilles (le verre sera recyclé, le vin a été bu) un spectacle de clowns.

Ce portrait était cueilli samedi lors de la première éco- fête de l’atelier des Bains douches, sur la place F. Buisson, au fil des stands. Atelier ambitieux, puisque selon sa coordinatrice salariée Anne Sallenave, il se propose d’accompagner la transformation de ce quartier promis à bouleversements. « Nous voulons qu’il reste populaire, plus écologique. Nous voudrions reconquérir les rues, changer les espaces, aider à rendre les maisons anciennes plus écologiques », explique-t-elle. Bref, préserver « le village », quand le TGV Lire la suite

RIONS. Un second maraîcher vient rejoindre l’AMAP des Jardins de la citadelle

sudouest.com, Gilbert Habatjou, le 25 Septembre 2009

RIONS. Un second maraîcher vient rejoindre les rangs des Jardins de la citadelle

Les paniers bio de l’Amap se développent

L’association Les Jardins de la citadelle vient de réussir un des objectifs inscrits à ses statuts : tout mettre en œuvre pour créer une exploitation maraîchère. « Loin est maintenant le temps où l’on prétendait que seule la vigne pousse sur notre territoire et qu’aucune exploitation maraîchère biologique ne pouvait exister », dit le président Vincent Joineau.

Aujourd’hui, l’association aide et soutient Christophe qui vient de créer son exploitation sur 1,5 hectare aux portes de la CdC du Vallon de l’Artolie. La production biologique n’a véritablement et économiquement de sens qu’à condition que la vente se fasse en local et directement. C’est en ce sens que Christophe veut travailler.

Pourtant cette création n’a pas été facile, et ne l’est pas encore, puisqu’il est en attente de subventions du Conseil général, « qui ne peut débloquer un dossier faute d’être, depuis fin juin, en possession d’un document émanant de la MSA. La faute aux congés paraît-il », dit, un peu amer, Christophe.

Distribution le jeudi

Seul sur son exploitation, les journées sont longues pour le maraîcher qui assure pourtant l’entretien des terrains, les plantations, la récolte, les livraisons aux distributeurs et la préparation des paniers pour l’Amap (1). Christophe travaille sur planches permanentes, ce qui veut dire que « la saison finie pour une variété de légumes, je replante dans la même planche une variété différente ce qui, comme l’on pourrait le croire, ne fatigue pas la terre, au contraire ». Inutile de préciser que Christophe n’utilise que des engrais organiques ce qui lui vaut d’avoir décroché le label culture certifiée bio.

Vincent Joineau conclut : « Nous voici comblés par la production de Lucie, à laquelle s’ajoute la production de Christophe. Aujourd’hui, l’Amap est quasiment la seule du département de la Gironde à pouvoir proposer deux producteurs de légumes et, chose plus importante encore, une marge importante de paniers. »

Les paniers (2) que propose Christophe sont encore pour quelque temps à 7 euros.

Distribution des paniers le Lire la suite

Bassin d’Arcachon : Avec la nouvelle Amap, des produits bio de proximité

sudouest.com, Chantal Roman, le 23 Septembre 2009

ÉCONOMIE. Prônant un autre mode de consommation, une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne va voir le jour sur le territoire de la Cobas

Avec la nouvelle Amap, des produits bio de proximité

 «Voilà plus d’une année que le projet est à l’étude, et nous approchons du but, du moins nous l’espérons. » Vital Baude, président de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne Sud-Bassin (Amap) aux côtés d’Anne-Marie Humbert, Jocelyne Barthélémy et Jean-Paul Dugoujon, fait le point sur ce projet qui, sans être tout à fait finalisé, prend bonne forme.

Car créer une Amap sur le Sud-Bassin, Le Teich, Gujan-Mestras, La Teste-de-Buch et Arcachon, n’est pas une mince affaire : « Nous nous heurtons en effet au foncier, et à son coût sur ce secteur de la Gironde. Car une telle entreprise ne peut se concevoir que si les maraîchers peuvent bénéficier de terres agricoles. »

Circuits courts

Ainsi que l’explique Vital Baude, « il existe deux types d’Amap. Les premières offrent des produits aux consommateurs qu’elles achètent ailleurs et revendent. Les secondes produisent sur place, avec des maraîchers installés dans un secteur bien précis où se trouvent les consommateurs. C’est la deuxième solution que nous avons choisie. Avec des circuits courts entre le producteur et le client, ce qui a pour avantage de limiter les transports en voiture et donc de respecter l’environnement. Et nous nous engageons vers un label bio. »

Et d’expliquer également la dimension « commerce équitable » entre les adhérents d’une Amap et les consommateurs (lire ci-contre) : « C’est aussi un commerce solidaire, les adhérents achetant, sur plusieurs mois, des paniers à coûts fixes, malgré les aléas climatiques qui font qu’une semaine on aura un panier plus ou moins rempli. »

La demande sur le Sud-Bassin : « Elle est forte. Nous avons une trentaine d’adhérents, déjà. Nous sommes d’ailleurs obligés de limiter, pour l’instant, ces demandes. »

Appel aux propriétaires

Cela dit et si les partenaires sont trouvés – trois à quatre maraîchers sont en attente – la recherche de terres agricoles à prix raisonnables, en location notamment, est difficile sur le Sud-Bassin : « Les propriétaires préfèrent donner leurs terres en pâturage, ou carrément les geler. C’est dommage car nous sommes prêts à payer un loyer correct pour ces terrains. Il n’est évidemment pas question d’empiéter sur les sylviculteurs, sachons-le. »

Côté privé, l’Amap lance donc un appel Lire la suite

CUB – Vincent Feltesse lance un appel à la « guérilla… naturaliste »

sudouest.com, Michel Monteil, le 21 Septembre 2009

Que fleurissent 50 projets : l’appel à la « guérilla naturaliste » est lancé

Le tram tisse progressivement sa toile, les quais de Bordeaux sont rénovés, la LGV et Euratlantique pointent à l’horizon… Le béton aurait-il fait oublier la nature ? Samedi, au moment même où Alain Juppé répondait à la question « Écologie et urbanisation sont-elles compatibles ? », à Lyon lors d’un colloque organisé par « Libération », le président de la CUB en appelait à Bordeaux à un « projet d’agglomération structurant dans le mode de vie », à une « guérilla naturaliste ». Durant deux jours et demi, 70 architectes, urbanistes, écologues, paysagistes, juristes, ont planché sur « les natures des villes » à l’initiative de la CUB.

Avec quatre ateliers, une séance plénière et des visites sur le terrain pour voir l’agglo sous l’oeil de la nature, du fleuve, des espaces verts, des paysages. « Une partie de campagne », a résumé Claude Eveno, journaliste à France culture. Il a été question du bonheur, du « plaisir d’être ensemble » et de l’« art de l’étalement urbain ». Des hommes de l’art comme Michel Corajoud, Bernard Brunet, Alexandre Chemetoff, Jean Viard, tous impliqués dans des projets urbains sur la CUB, se sont pliés à l’exercice.

Des axes verts

Mener une politique cohérente des espaces naturels (la moitié du territoire de la CUB est classé espace naturel au PLU) exige la prise en compte de divers éléments. D’abord, concilier les positions parfois opposées entre aménageurs et défenseurs de l’environnement. Ensuite, se baser sur l’espace naturel existant. Et puis, tout en prenant acte d’une nostalgie urbaine de la campagne des années 1960 et du désir d’un retour aux racines illustré par le succès des Amap, tenir compte des divers usages : agriculture, tourisme, loisirs… Les maires doivent enfin en finir avec l’idée que la nature constitue « la réserve d’expansion de leurs villes ».

« Aujourd’hui, il y a nécessité de recadrer cet ensemble », note François Barré, président d’Arc en rêve. Alors que la plupart des communes portent des projets en matière d’espaces naturels (écosite du Bourgailh, parc des Coteaux, parc de l’Ermitage, parc des berges de Garonne…), François Barré propose des « axes structurants qui apportent une continuité visuelle de la nature ». Vincent Feltesse veut « faire vite et bien ». Les populations doivent y être associées. Une condition indispensable selon Patrick Bouchain, architecte.

Des appels à projets sont lancés : « Il faut expérimenter en permanence, avoir 10, 20, 50 projets », exhorte Vincent Feltesse. Les tables rondes ont en effet montré de la méfiance face à un grand projet emblématique. Les réalisations seront « mises en réseau », « données à voir aux habitants de l’agglomération ». À l’exemple des Journées du patrimoine, une grande manifestation annuelle ou biennale permettrait de Lire la suite

Bordeaux-Belcier : Eco-Journée du 26 septembre

Atelier des Bains-douches, Communiqué, le 11 septembre 2009

Bordeaux-Belcier : Eco-Journée du 26 septembre

Cette première éco-journée en augure, nous l’espérons, bien d’autres. Nous l’avons voulue écologique, ludique, artistique, pédagogique, pour les habitants de Belcier mais aussi pour ceux venus d’ailleurs.

A partir des trois piliers associatifs de l’Atelier des Bains Douches, participation et réflexion sur l’urbanisme, lien et solidarité entre les habitants, attachement à la protection de l’environnement, nous avons rêvé d’un quartier plus durable, plus solidaire, où il fait bon vivre.

Nous vous proposons de multiples animations, autour de ces thématiques, dans une ambiance festive et conviviale, afin de découvrir le quartier Belcier.

Conférences, débats et animations sur les thèmes de l’écologie.

Stands d’information, jeux, spectacles, buvette et accompagnement artistique.

La Compagnie “La lessiveuse” 14h30 à 15h30 et de 16h00 à 17h00.

Concert de Doudou Cissoko : Kora 13h30 à 14h30.

Atelier Citrouille : 14h00 à 16h00. Atelier d’art plastique animé par des artistes, pour petits et grands, sur le thème du jardin. Peinture sur tissus, papiers découpés, pochoirs …

De 11h à 12 h 30 : Atelier sur l’eau par Anissa Zaïdi du CREAq. Comment maîtriser ses consommations en eau domestique ?

De 15h à 16h00 : Conférence : présentation d’expériences d’éco-quartiers anciens avec Yamina Saheb, consultante en écoquartiers et Thanh Nghiem (fondatrice de l’Institut Angenius) : Quartier de Kreuzberg à Berlin, Quartier de Vesterbro à Copenhague, présentation de l’expérience de Loos en Gohelle.

De 16h à 16H30 : Débat avec les conférenciers et les associations présentes sur la journée.

Des activités pour les enfants seront proposées parallèlement aux ateliers et conférences, afin de permettre aux adultes de participer plus sereinement.

PARTENAIRES

ANIMATIONS EN LIEN AVEC LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Association le CREAQ Lire la suite

Consommation écologique, écologie dans les têtes, ruée sur les AMAP et liens écolos sur le web

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 12 Septembre 2009

Le développement durable se mesure aussi à l’aune des comportements individuels. Le tour des bonnes résolutions, sans douleur pour le budget

Cinq manières de réussir sa rentrée écolo

1 Les étiquettes je regarderai

La vogue de « l’écologiquement correct » ne facilite pas la consommation vertueuse, bien des produits s’autoproclamant plus verts que le voisin de rayon. L’écolabel européen et la marque NF Environnement ont tous deux le mérite du sérieux. Ils garantissent le respect d’un cahier des charges qui vise à restreindre l’impact sur l’environnement de quelque 600 articles non alimentaires. À l’heure de la rentrée, on trouve ainsi le logo NF Environnement apposé sur des colles de papeterie, des cahiers ou des produits textiles.

Pour le reste, la mention du bilan carbone (mesuré en émission de gaz à effet de serre) ou de l’empreinte écologique (mesurée en surface au sol) demeure embryonnaire. Deux enseignes, Leclerc et Casino, ont adopté ce type d’étiquetage.

Par ailleurs, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a lancé au printemps dernier une expérience sur l’étiquetage de 10 produits pilotes – jus d’orange, eau minérale, T-shirt en coton. Un accord avec le ministère de l’Écologie prévoit une expérimentation plus large, sur 300 produits. La loi Grenelle 1 du 3 août dernier pousse dans le même sens à l’horizon 2011.

Dans l’intervalle, il n’est pas interdit de s’abîmer les yeux dans la lecture des étiquettes pour faire la chasse aux cauchemars écologiques. L’huile de palme, par exemple, qui dégouline dans les aliments industriels et les cosmétiques. La Malaisie et l’Indonésie, ses deux principaux producteurs, détruisent joyeusement leurs forêts primaires pour favoriser l’installation d’immenses exploitations qui signent la mort de la biodiversité tropicale.

2 Localo-local j’achèterai

Que vous fassiez vos courses à Condom, à Libourne ou à Dax, que vaut-il mieux choisir à votre avis ? Une poire comice du Sud-Ouest, une passe-crassane de la même région de production ou une poire importée du Chili qui aura effectué 11 650 kilomètres entre le pied des Andes et le marché de Rungis ? Encore un effort, la réponse n’est pas extrêmement difficile à trouver…

L’étiquetage du pays d’origine étant obligatoire pour le frais, il suffit de lever le nez pour bannir de vos assiettes le melon charentais du… Maroc qui précède le « vrai » en tout début de saison, les tomates pleines de flotte d’Almería ou le raisin rosé d’Égypte qui voisine ces temps-ci avec un chasselas bien de chez nous.

La plupart du temps, se limiter à des fruits et légumes de saison permet d’éviter l’écueil. Mais l’expérience prouve que, même en juillet-août, mettre la main sur une aubergine française dans la grande distribution peut relever de l’exploit olympique. Il vaut mieux se rabattre sur les marchés, où les circuits de commercialisation sont en général plus courts, du producteur au consommateur. Voire embrasser la cause des Amap (lire ci-contre).

3 La chasse au superflu je ferai

52 % des émissions de gaz à effet de serre du quidam moyen proviennent des objets qu’il possède. Plus exactement de l’énergie qu’il a fallu utiliser pour la fabrication et le transport desdits objets. Selon l’Ademe Lire la suite

Paniers écolos : la belle croissance des légumes « verts »

lesechos.fr, Martine Robert, le 10 septembre 2009

Paniers écolos : la belle croissance des légumes « verts »

Se nourrir de légumes cultivés de façon écologique en soutenant un petit producteur local : le concept du panier hebdomadaire lancé par les Amap (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne) ne séduit pas que les bobos. Il se propage un peu partout en France, s’enracine dans des quartiers populaires. Et intéresse de plus en plus de monde, de la FNSEA aux élus locaux.

Elles se multiplient, sans aucune publicité, essentiellement par le bouche-à-oreille. Les Amap, ces associations pour le maintien de l’agriculture paysanne, qui proposent un lien direct entre fermiers et consommateurs, poussent comme des champignons : 35 groupes en projet en Ile-de-France, 50 en Rhône-Alpes… Le panier de la ménagère devient militant. Rejet des produits calibrés au goût aléatoire qui submergent les gondoles ? Volonté de réduire au maximum les « foodmiles », autrement dit la distance entre le lieu de production des aliments et notre assiette ? Souci de préserver les fermes de proximité, en privilégiant une agriculture écologique, alors que la filière fruits et légumes est en crise ? Il y a bien des raisons de devenir un « amapien »…

A deux pas du Moulin à café, bar-restaurant associatif du 14 arrondissement, à Paris, Xavier Valet, agriculteur seine-et-marnais, a déballé comme tous les jeudis soirs ses salades, pommes de terre, carottes, radis… Des légumes encore pleins de terre, mais ce n’est pas pour déplaire à la clientèle : bobos, mamans avec enfants, retraités dissertent tout en emplissant leur cabas, quasi machinalement. Ils font partie des 80 membres d’une Amap au nom bucolique, Les Lapereaux des thermopyles. Tous connaissent parfaitement Xavier, considéré comme « le fermier de famille », et ont accepté de prépayer pour la saison leur panier hebdomadaire de 4 à 5 kilos. En contrepartie, le maraîcher promet des produits frais et des pratiques respectueuses de l’environnement. Afin que chacun puisse en juger, et même donner un coup de main, il ouvre régulièrement son exploitation. Le week-end prochain, aux quatre coins de la France, des amapiens iront ainsi à la rencontre des paysans, discuter des prochains contrats.

Partager les risques

Ceux de La Clé en sol, une Amap basée dans le nord de la Seine-et-Marne, sont conviés chez l’exploitant picard qui vient habituellement les approvisionner, en tandem avec un confrère ardennais afin d’offrir un panier plus varié. Rien de tel qu’un pique-nique champêtre pour convaincre ces urbains de partager les risques d’un métier rural… « Quand les récoltes subissent une invasion de rats des champs ou des gelées, quand il faut se contenter l’hiver des quelques produits de saison, on est plus compréhensif »,souligne Daniel Enselme, cofondateur de cette Amap limitée volontairement à une trentaine d’adhérents.

La confiance s’instaure aussi grâce à la transparence des comptes exigée pour fixer le juste prix. Les adhérents peuvent décider de payer plus cher un panier généralement facturé une quinzaine d’euros, afin de soutenir un jeune producteur. « Il me restait seulement 400 euros à la fin du mois et l’Amap a augmenté de 2 euros le prix du panier pour que j’atteigne les 1.000 euros,confie Xavier Valet. A trente et un ans, je travaille sept jours sur sept, mais Lire la suite

Deux groupes AMAP viennent d’ouvrir à Bordeaux-centre. Les demandes débordent, les producteurs manquent

sudouest.com, Isabelle Castéra, le 4 Septembre 2009

ALIMENTATION. Deux groupes AMAP viennent d’ouvrir à Bordeaux-centre. Les demandes débordent, les producteurs manquent

Les paniers frais AMAP entrent en ville

Salades, courgettes, tomates et radis, même un potimarron, quelques concombres en prime. La ratatouille n’est pas loin. Mercredi soir, devant la maison de retraite Villa Pia du quartier Saint-Genès à Bordeaux, on a garé les jolis vélos et les poussettes pour bébé. Une cinquantaine de familles a découvert son premier panier, signé AMAP. Dans la joie et l’allégresse. AMAP ? Association pour le maintien de l’agriculture paysanne. Dans le rôle du paysan, Rémi Doux, producteur à Bazas. Pour lui, il s’agit d’une première aussi. Dans le rôle des clients : de jeunes couples avec enfants blonds.

Tous du quartier

À l’origine de la création de cette AMAP, la seconde à Bordeaux, une jeune mère de famille, Clara Azevedo. « Je vis dans ce quartier et depuis deux ans, je cherchais à monter une AMAP. Bénévole à la maison de retraite Villa Pia, j’ai pensé que le site était idéal, le directeur est très ouvert à toutes les initiatives extérieures. Du coup, j’ai pensé : croisement des générations, etc. »

Le concept AMAP lui plaît bien, elle en parle à Matthieu Rouveyre, conseiller général socialiste du canton, ce dernier l’encourage, tente de lui ouvrir les portes qu’il peut. Le plus difficile sera pour Clara de dénicher un producteur local concerné. Un parcours de la combattante qu’elle va mener, tête en avant sans jamais lâcher. « J’ai commencé en février 2009 et une fois trouvé Rémi Roux, j’ai bataillé pour le convaincre. Il pratique une agriculture raisonnée, avec très peu de pesticides et un minimum d’engrais. Il utilise du compost naturel, des choses comme ça. Au mois de juin les familles ont commencé à s’inscrire. D’abord, les mères de famille de l’école de mes enfants, puis d’autres, autour d’elles. Aujourd’hui, nous avons une dizaine de familles en liste d’attente et 55 adhérents inscrits. La plupart sont des jeunes couples avec enfants, d’un milieu socioprofessionnel plutôt… aisé et tous du quartier. En plus d’adhérer au projet AMAP, d’acheter des produits sains et frais, cette initiative est créatrice de lien social. »

Envie de bons produits

Voilà Martine, régisseur lumière dans le spectacle. Elle est arrivée avec son panier en osier. Tout sourire. « Il s’agit pour moi d’une prise de conscience. On veut dire stop aux pesticides et aux produits formatés. Le fait d’acheter directement à un producteur me plaît. Sinon je participe à des cueillettes dans des champs, le week-end. C’est au-delà du panier de légumes, on vient retrouver des choses perdues. Il y a des enfants partout, c’est beau non ? ».

À côté de sa camionnette, Rémi Doux, le producteur observe la distribution. Les cageots partent comme des petits pains. Avec patience et amabilité, il répond aux questions des clients. « Et vos salades, vous les protégez comment des limaces ? » Ce genre de questions, ce sont plutôt les maris qui les posent. Tandis que les épouses papotent entre elles.

Donc Rémi Doux participe pour la première fois à une AMAP. « J’ai une exploitation à Bazas et un magasin où je vends en direct et sur place, sans intermédiaire. Je vends aussi aux restaurants de la ville. En fait, depuis deux ans, je suis harcelé par des gens qui veulent monter des AMAP et cherchent des producteurs. Jusque-là j’ai toujours dit non. C’est beaucoup de boulot en plus. Finalement, Clara Azevedo a réussi à me convaincre. Pourquoi elle ? Elle a insisté et j’ai voulu tenter le coup cette fois. J’ai limité le nombre d’adhérents à 40-50. J’ai un contrat pour six mois. Pour moi, il s’agit d’une autre façon de vendre mes produits par des circuits raccourcis. »

Les AMAP se heurtent à la difficulté de trouver des producteurs de qualité dans la région, et aussi diversifié. Certains se spécialisent Lire la suite

Avoir un agriculteur près de chez soi

lemonde.fr, Laetitia Clavreul, le 17 août 2009

Avoir un agriculteur près de chez soi

Il y a des communes où l’on veut garder son bureau de poste, d’autres son boulanger, son médecin ou même son curé. Mouroux, 4 700 habitants, veut avoir « son » agriculteur. Un maraîcher, plus précisément, qui fournira fruits et légumes de saison, plutôt bio et, si possible, bon marché. Elle croit l’avoir trouvé en la personne de « Christophe », comme tous l’appellent déjà sans pour autant le connaître.

Car pour beaucoup, c’est bien un comble de vivre entourés de champs dans cette Seine-et-Marne restée agricole, et de ne pas trouver de produits locaux. Des exploitants, il en reste une dizaine à Mouroux, mais ils alimentent le marché national, voire international. Pis, ces « indécrottables » polluent sols et rivières avec leurs produits chimiques, s’inquiètent leurs voisins.

L’idée de trouver un agriculteur à son goût vient de la mairie. « Il y a 4,5 hectares de terres en friche au centre de la commune et qui lui appartiennent, on s’est dit qu’on allait les prêter à qui voudrait les cultiver« , raconte Jean-Louis Bogard, adjoint à l’environnement (sans étiquette) et commercial chez Orange. L’équipe municipale décide donc, en janvier, de proposer la création d’une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), un partenariat entre des consommateurs, qui reçoivent des fruits et légumes toutes les semaines, et un agriculteur, dont le revenu est garanti par le préachat de sa production.

Lancé au Japon, adopté aux Etats-Unis, le système est victime de son succès en France. Les groupes de consommateurs doivent s’armer de patience pour dégoter un producteur. Surtout en Ile-de-France, où le foncier vaut de l’or. L’avantage, avec le prêt des terres, c’est que les choses seront plus faciles.

Informés par la presse municipale ou le panneau lumineux communal, 130 habitants sont venus à la première réunion, séduits par l’idée de consommer mieux. Apparemment, l’idée a fait son chemin. Au bord de la RN 34, qui relie Coulommiers à Paris et coupe le bourg en deux, Intermarché et Hyperprimeur viennent de se mettre à vendre du bio. Chez le second, dans la « barquette ratatouille », l’oignon vient des Pays-Bas, le poivron d’Espagne et les tomates du Maroc. « Ils n’ont pas compris notre démarche », persifle M. Bogard. Lui, veut du local. Il veut un agriculteur pour Mouroux.

Les céréaliers du village ont décliné sa proposition de cultiver les terres communales, puis le réseau AMAP a suggéré de contacter un lycée agricole bio. Deux candidats étaient partants. Mais Mouroux a vite déchanté. Avoir des terres ne suffit pas, il faut de l’argent pour investir dans les bâtiments et le matériel. Et il aurait fallu deux ans avant de pouvoir déguster le premier légume.

Or, désormais, les habitants sont pressés. Alors que la mairie s’apprêtait à procéder par petite annonce, certains ont pensé à Christophe. Ce maraîcher n’avait pas été contacté. Il habite Mouroux, mais ses terres sont à Coulommiers, à 3 kilomètres. Vendant sur les marchés, il hésitait à abandonner. Avantage de l’opération : il pouvait fournir, dès juin, une large gamme de produits. Inconvénient : il n’utilisera pas les terres de la mairie, il a ce qu’il faut.

Va donc pour Christophe. Mais Jean-Louis Bogard ne perd pas espoir : « Un jour, notre parcelle sera cultivée », lâche l’élu. Déjà, il pense préempter des terrains dans les bois, pour des vergers. Et voit loin : « Nous pouvons servir d’exemple. Des communes qui ont des terres, il y en a plein. »

Parmi les « Amapiens », il y a Linda Hengy. Jamais elle n’avait entendu parler du réseau, mais Lire la suite

ATTAC : Programme de l’AlterVillage à Rennes du 11 au 17 août 2009

france.attac.org, Olivier Tétard, le 10 juillet 2009

Programme de l’AlterVillage 2009 qui se déroulera à Rennes du mardi 11 au lundi 17 août 2009.

Extrait : ATELIERS – LE MATIN : ÉCHANGES D’EXPÉRIENCES…

1) Se Nourrir

1.A – Les Circuits courts de distribution : comment contribuer à leur développement ? / jeudi 13, 10h00 – 12h30

AMAP, GASE, SEL… Le nombre et la forme des circuits courts de distribution augmentent. Comment peut-on les recenser ? Comment peut-on aider à leur développement ? Comment peut-on soi-même s’organiser avec d’autres pour en créer ?

1.B – Organisation d’une campagne de boycott / samedi 15, 10h00 – 12h30

Le boycott est un moyen pour tenter d’infléchir les politiques publiques et/ou les comportements des entreprises. Comment organiser une campagne de boycott afin qu’elle soit efficace ? Explicitation des motivations politiques, identification des produits, modification des comportements d’achat du plus grand nombre…

1.C – La Réappropriation des biens de consommation en grande surface / vendredi 14, 10h00 – 12h30

Différentes actions (pique-nique festif en grande surface, récupération de produits alimentaires pour les redistribuer…) visent les magasins des grands distributeurs, dont les bénéfices ne semblent pas connaître la crise alors que le pouvoir d’achat des Françaises-çais diminue. Comment ces actions sont-elles menées ? Quels sont leurs impacts ?

1.D – Promouvoir l’alimentation biologique / dimanche 16, 10h00 – 12h30

Selon la FAO, l’agriculture biologique pourrait sans difficulté nourrir l’ensemble des habitants de la planète, même en tenant compte de l’augmentation de la population mondiale ces prochaines décennies. Pratiques, potentiel, difficultés, et parfois ambiguïtés d’une agriculture respectueuse de l’environnement.

2) Se Loger

2.A – Constructions écologiques / vendredi 14, 10h00 – 12h30

Un volet important de la lutte contre le réchauffement planétaire. Contrairement à d’autres pays, l’autoconstruction a joué et joue encore un rôle important dans le développement de l’écoconstruction. Ou comment en faire autre chose qu’un nouveau marché.

2.B – Éco-villages et habitat groupé / jeudi 13, 10h00 – 12h30

Habiter autrement, se réapproprier son habitat, donner toute sa place au lien social et à la solidarité, construire des alternatives. Pratiques en France et dans d’autres pays.

2.C – Les Habitats mobiles et légers / dimanche 16, 10h00 – 12h30

Habiter autrement, s Lire la suite

Quand M. Allègre invente « l’écologie productive », la planète pleure

lespetitspoissonsrouges.org, Corinne Morel Darleux, le 17 juillet 2009

Quand M. Allègre invente « l’écologie productive », la planète pleure

Dans une tribune publiée ce jour dans Libération, M. Allègre poursuit son entreprise de sape. Avec des positions pour le moins partielles et partiales…

Mal informé, l’ancien Ministre ? Aidons-le un peu.

Quand il mentionne le Club de Rome, le concept de décroissance et la notion de frugalité (pour les taxer d’écologie « dénonciatrice et punitive »), on mesure bien l’étendue de son cadre de référence politique. Le plus loin qu’il daigne aller sur le terrain de la radicalité, c’est Nicolas Hulot et les Verts, ces dangereux extrémistes… Visiblement M. Allègre n’a jamais entendu parler des objecteurs de croissance ni de la sobriété joyeuse… Chiche, on l’abonne à la Décroissance ?

Quand il évoque le nucléaire, c’est pour nous annoncer que la 4e génération multipliera les réserves d’uranium par 100 (il doit vouloir dire le temps d’épuisement des réserves, mais passons) et détruira les déchets à vie longue. Petit décryptage d’utilité publique : sous l’appellation de « 4e génération », c’est en fait le retour en fanfare du projet Superphénix, pourtant fermé en 1997 sous la pression de l’opinion publique (aka nous, les rétrogrades). Et ce, après avoir englouti 10 milliards d’euros ! Un réacteur fonctionnant au sodium, hautement inflammable au contact de l’air et de l’eau, une centrale toujours en cours de démantèlement et à hauts risques… La seule chose certaine dans ce type de projet, c’est sa capacité à engloutir plusieurs milliards d’euros, sans garantie de résultats. Autant d’argent public qui ne sera pas affecté aux nécessaires programmes de maîtrise de l’énergie ou de développement des renouvelables… On l’inscrit à Sortir du Nucléaire ?

Quand il dénonce les méfaits de l’agriculture chimique, on se prend à espérer à un salutaire retour à la réalité. Raté. C’est pour mieux nous livrer sa solution miracle : les plantes génétiquement modifiés (PGM) ! On se pince. Et si on suggérait à Sarkozy, qui voulait en faire son Ministre, de l’inviter lors de son prochain déplacement éclair dans les pays du Sud ? Pourquoi pas en Inde, tiens, où les paysans sont acculés à la ruine par Monsanto, ou en Afrique du Sud où 82 000 hectares de maïs génétiquement modifiés se sont avérés stériles ? Mais fi de la souveraineté alimentaire ! Pour M. Allègre, l’avenir de l’agriculture doit être envisagé à l’aune du droit des agriculteurs (du Nord, sans doute) à « être compétitifs sur un marché désormais international de plus en plus sévère ». Allez, on l’abonne à une AMAP ?

Enfin, la coupe ne saurait être pleine sans cette bonne tarte à la crème de la foi scientiste volant au secours du climat. Kyoto est un fiasco, Copenhague ne sera pas mieux ? Pourquoi pas… Une seule solution : l’innovation ? Pourquoi pas… Mais pas n’importe laquelle, attention, car après quelques considérations floues sur les renouvelables, on sent bien que l’avenir de l’ « écologie dynamique », celle qui crée des emplois et relance la compétitivité, s’appelle pour M. Allègre : capture et stockage du CO2 ou encore voitures électriques (voilà qui assurerait la croissance de l’industrie nucléaire, au moins ce monsieur est cohérent). Dites, on lui offre un vélo ?

Pour Allègre, l’écologie « non productive » signerait l’arrêt du progrès. Lui appelle de ses voeux une « société de liberté, de libre entreprise et de progrès constant », enfin, une « vision Lire la suite

Collectivités et CUB : Maintenir la ceinture verte de l’agglo bordelaise

sudouest.com, Laurie Bosdecher, le 21 Juillet 2009

AGRICULTURE. Comment sauver la zone maraîchère le long des jalles, laissée peu à peu à l’abandon ? Les collectivités montent au créneau, proposant formation et réaménagement

De l’engrais pour les légumes

Ils sont une quinzaine aujourd’hui sur Eysines. Cent cinquante, il y a un siècle. Ils souffrent, des prix imposés par la grande distribution, de marges de plus en plus faibles. Et pourtant les maraîchers en bord de jalles travaillent beaucoup.

Ceux qui vont partir à la retraite dans les prochaines années n’ont, pour la plupart, personne pour reprendre leur exploitation. La situation n’est pas nouvelle. 50 % de la zone n’est plus exploitée aujourd’hui.

Face à cette situation, la profession est aujourd’hui partagée entre laisser mourir l’activité ou relever le défi de la pérenniser. Cette dernière option est celle des collectivités locales. En premier lieu, la ville d’Eysines qui veut la redynamiser. Elle est aujourd’hui suivie par les communes voisines où s’étend la vallée maraîchère : Bruges, Blanquefort, Le Taillan et Le Haillan.

460 hectares à aménager

« Il y a un bassin potentiel de 800 000 personnes à nourrir avec des produits de qualité sur l’agglomération, relève le premier adjoint au maire, Daniel Dougados. Avec l’explosion des circuits courts, le retour à la vente directe, le pullulement des Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) sur la Communauté urbaine, il ne faut pas louper le créneau. Certes, les maraîchers vont être amenés à changer leurs méthodes de travail, faire de l’agriculture raisonnée, mais ça peut marcher. » Une zone intercommunale d’aménagement foncier vient d’être créée. Sous l’égide du Conseil général, un périmètre de 466 hectares doit être dédié au maraîchage.

Mais il faut l’aménager. Aujourd’hui dans cette zone, beaucoup de propriétés sont morcelées, le réseau hydraulique obsolète et certaines parties, trop humides, devenues inaccessibles pour les engins agricoles. Différentes études ont été menées, des objectifs fixés. Ils seront soumis à enquête publique dans les prochains moins.

Former aux circuits courts

Réaménager ne suffira pas pour convaincre de jeunes professionnels de venir s’installer en bord de jalles. À partir de la rentrée de septembre, une formation, financée par la Région, va permettre à une douzaine de stagiaires de passer un brevet professionnel au lycée agricole de Blanquefort. « L’objectif n’est pas seulement de leur donner les bases du métier mais aussi de les aider à s’installer. » Interpellée par les professionnels de la zone sur le manque de bras à venir dans les prochaines années la députée du Médoc, Pascale Got, s’est personnellement investie dans le dossier.

Elle a convaincu des maraîchers d’Eysines d’être partie prenante dans ce projet. Ainsi des parcelles Lire la suite

Bègles : TACA et Trans’Cub critiquent Terres-Sud

sudouest.com, Gilles Guitton, le 30 Juin 2009

Taca et Trans’Cub critiquent Terres-Sud

BÈGLES, URBANISATION. Trop grand, pas assez maraîcher : les associations réclament une concertation à Noël Mamère pour revoir le projet

Il faut se méfier du Trans’Cub qui dort. Surtout quand ses représentants à Bègles, Pierre Mora et Jean Sireyjol, président de l’association Taca (taxe carbone), se sentent en position de réclamer de « Noël » un peu plus d’écologie dans ses projets. C’est le cas à propos de Terres-Sud et de la zone humide de Mussonville qui jouxte ce programme d’urbanisation. « On s’est réunis pour en discuter. On a des choses à dire », indique Pierre Mora.

Elles tiennent en deux mots : maraîchage et densification. Il y a quelques mois, Pierre Mora et ses amis étaient déjà intervenus pour demander à la municipalité de réserver de la surface à du maraîchage de proximité dans la partie non aménagée de la rive gauche de l’Estey. « Il y a là 40 à 50 hectares. C’est idéal pour du maraîchage de proximité. Il faut réduire les transports et retrouver une image idéale de l’agglomération. Bègles, Villenave, Eysines, Bruges, étaient connus pour nourrir Bordeaux. »

« Six à sept hectares »

Du coup, si Pierre Mora juge que la proposition de Noël Mamère de créer sur une partie du secteur des « jardins partagés » est « tout à fait pertinente » ; il voudrait aller « plus loin ». « Il faut une zone de production professionnelle, qui n’est viable que sur six à sept hectares au moins, dont la production sera destinée à un rayon d’une dizaine de kilomètres ».

Taca et Trans’Cub y imaginent la convergence de « divers acteurs, professionnels, commerçants locaux, sans doute une association d’insertion et une épicerie solidaire ».

Or, assure Pierre Mora, « quand on en a parlé à Noël, il nous a dit : mon truc, c’est cultiver les délaissés, les bouts de terrains dont la CUB ne fait rien. Sympathique, mais insuffisant. Et on peut faire les deux ! Puisqu’à Mussonville, on a la maîtrise municipale du foncier. » Son modèle : l’association de citadins girondine qui a acheté une propriété pour un maraîcher qui se destine aux Amap, ces réseaux associatifs de production et commercialisation.

« Ville nouvelle »

Quand à l’urbanisation, Pierre Mora est en terrain plus délicat. D’un côté, Lire la suite

Ex-citadins et néo-paysans, mais loin d’être des rêveurs baba-cool

rue89.com, Jean-François Poupelin, le 23 juin 2009 

Ex-citadins et néo-paysans, mais loin d’être des rêveurs baba-cool

Effet de la sinistrose politico-sociale qui plombe un peu l’ambiance en ville ? Les rats des villes semblent de plus en plus envier ceux des champs. Et des citadins se tournent vers l’agriculture, autour de projets mariant maraîchage bio en vente directe et activités associatives…

« On a une vieille bicoque, on la retape tranquillement, on fait pousser des chèvres,
on fabrique des bijoux, on peut pas dire qu’on s’crève, l’travail, c’est pas pour nous. » Si « Le Déserteur » de Renaud (1983), n’a pas perdu de sa saveur, l’idéal hippie semble, lui, avoir vécu.

« Le Retour à la terre », pour reprendre le titre d’une série BD de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri, connaît pourtant depuis quelques années le même engouement que dans les années 70. Marie Pons, animatrice de l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural des Bouches-du-Rhône (Adear 13), se réjouit :

« Agriculteur devient un nouveau métier après une expérience professionnelle. Les gens ont envie de travailler dehors, de produire. L’agriculture bénéficie d’un regard plus positif. »

Chaque année, la structure fondée par des membres de la Confédération paysanne accompagne 35 projets d’installation (elle s’adresse aussi à des ouvriers agricoles et de « jeunes diplômés »). La majorité pour du maraîchage en vente directe, dont un tiers labellisé bio.

« Le réalisme du projet est très important »

Peu de « gens qui rêvent » ou qui « planent », assure de son côté Max Lefèvre, directeur adjoint de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural de Paca (Safer).

Cette SA à but non lucratif et d’intérêt public sous tutelle ministérielle soutient une centaine d’installations par an via ses acquisitions foncières.

Les nouveaux agriculteurs sont donc aussi raisonnables que leurs productions :

« Ils partagent des choses communes avec la génération de 68 – retrouver un sens à son quotidien, autonomie de la ferme, relocalisation de l’activité -, mais le projet est différent, très, très ouvert. La tendance est aux collectifs ville-campagne, avec comme idée : “venez participer, aidez-nous.” »

Autres nouveautés : les projets à 4, 6 ou 11 personnes. « Le partage des tâches permet de prendre des vacances. Mais le réalisme économique reste fondamental », Lire la suite

L’incroyable faillite du bio français

lepoint.fr, N°1914, Emilie Lanez, le 20 mai 2009

L’incroyable faillite du bio français

Echec. Le premier pays agricole d’Europe a raté le virage bio. Enquête.

Madame Bio, c’est elle. Chignon bohème, tailleur pantalon élégant, Elisabeth Mercier, ancienne économiste au ministère de l’Agriculture, préside l’Agence bio, l’ambassade du bio français. Dans une rue silencieuse de Montreuil, en banlieue parisienne, quelques bureaux modestes, décorés de posters de coccinelles et de souriantes vaches laitières. Avec une quinzaine de salariés et un budget annuel de 4,8 millions d’euros, sa mission consiste, depuis 2004, à mieux organiser cette filière, à la défendre et à la faire connaître. Le retard bio est une expression qui, on s’en doutait, ne lui plaît guère, même si l’ancienne diplomate, qui négocia cinq ans durant nos quotas laitiers à Bruxelles et défendit notre agriculture aux Pays-Bas, ne le laisse guère paraître : « Disons que c’est un monde riche de sensibilités contrastées. La consommation bio est une vraie tendance de fond. Depuis cinq ans, les consommateurs sont fidèles, leur panier s’élargit, il faut engager une spirale vertueuse. » C’est bien là tout le problème. Les Français adorent le bio-même s’il leur coûte plus cher-, ils en achètent et en redemandent. Paradoxalement, la deuxième puissance agricole de la planète est incapable de fournir du bio. Les distributeurs sont donc contraints d’importer massivement. Recours qui donne à penser, car si, pour fournir aux Français des pommes ou des carottes bio, on doit leur faire parcourir 2 000 kilomètres en camion, le bénéfice environnemental de l’opération paraît pour le moins amoindri.

« Nous vivons parfois des moments compliqués pour trouver du lait bio, raconte Gilles Baucher, directeur des marques propres Monoprix, l’approvisionnement est tendu. » C’est la rançon du succès, car la marque bio Monoprix, lancée voilà quinze ans, explose : les ventes ont augmenté de 25 % l’an passé. L’entreprise de surgelés Picard est confrontée, elle aussi, chaque jour à cette pénurie de bio. « Nous ne pouvons pas mettre un produit bio à la une de nos catalogues promotionnels. Nous serions incapables de suivre le boom de la demande », confie Delphine Courtier, directrice du marketing. Le bio chez Picard, c’est près de 40 % de tous ses légumes vendus, 60 000 sacs de haricots verts achetés chaque mois, 20 000 sacs de choux-fleurs, « une explosion phénoménale depuis trois ans ». « Nous avons de plus en plus de difficultés à obtenir nos volumes », ajoute la directrice marketing. Pour fournir les 758 magasins, les producteurs doivent pouvoir livrer d’imposants volumes, mais aussi fournir des produits particuliers. Pas de carotte torve, de haricot riquiqui ou de petit pois bosselé : les légumes Picard sont soumis à une charte esthétique contraignante. « Il nous faut du beau bio . » Des canons que dame Nature, surtout quand on la laisse faire, peine à respecter.

Le seul légume bio français vendu chez Picard est donc le brocoli. Tout le reste est acheminé par route depuis l’Italie, mystérieusement capable, elle, de produire du beau bio. La chaîne a lancé ce mois-ci ses premiers fruits issus de l’agriculture bio : « Les framboises sont cultivées et usinées sur place en Pologne, raconte Elisabeth Bouton, directrice de la qualité , le cocktail fruits rouges est acheté en Bulgarie . »

Pour vendre du bio aux Français, on importe donc. Etonnant. Car si l’agriculture biologique française est Lire la suite

Blanquefort : Amaplanète souffle sa première bougie

sud-ouest.com, Marie-Françoise Jay, le 25 Mai 2009

Amaplanète souffle sa première bougie

BLANQUEFORT, PRODUCTEURS. Le bilan de l’association est plus que satisfaisant. En projet : la mise en vente d’huîtres pour le plaisir des adhérents

En mai 2008, débutait la première distribution de l’Amap de Blanquefort sur des contrats légumes et volailles. Dimanche dernier, l’association a soufflé sa première bougie autour d’un pique-nique avec 192 familles contre 50 Amapiens l’an dernier, et divers contrats : légumes avec Aurore Sournac d’Eysines, bœuf et veau avec Laurent Labégurie de Blanquefort, agneau avec Pascal Sancier de Saint-Antoine-sur-l’Isle, fromage de brebis avec la famille Sarres du château Sénéjac au Pian-Médoc, fromage de chèvre avec la famille Serrano de Courpiac, miel avec Mme Purrey de Saint-Hélène, volaille avec M. Petit de la ferme de Vertessec à Avensan, pommes avec M. Bourg des Esseintes, kiwis avec M. Ducos des Esseintes, poisson avec Nicolas Brin jeune marin pêcheur d’Arcachon.

Des produits de qualité

« Les producteurs, explique Joëlle Corral, une des responsables de l’Amap, ont été choisis pour la qualité de leurs produits relevant de l’agriculture bio ou raisonnée ; pour leur proximité, il ne doit pas y avoir plus d’une heure de transport ; pour la possibilité de faire un contrat satisfaisant pour les deux parties ; la base de l’Amap restant la solidarité et le soutien aux producteurs. Et dans ce domaine, nous avons été gâtés, depuis janvier avec deux catastrophes : la tempête et la grêle !

Ces contrats Amap leur permettent d’assurer une production et surtout une vente directe, qui crée des relations appréciées par tous, des contacts, des échanges, le plaisir de connaître les gens qui achètent leurs produits. »

Actuellement pour l’Amaplanète, c’est la ressouscription des contrats légumes, une centaine au total, sans dépasser 200 sur tous les contrats cumulés. La progression a été particulièrement rapide, l’Amap est devenue une des plus importantes de la CUB. Le contrat huîtres pourrait faire son entrée.

Pour Mme Dominique Bret, une des responsables de contrat, « les Amap Lire la suite

Terre de liens sauve les terres paysannes

eco-life.fr, Anne de Malleray, le 11 mai 2009

Terre de liens sauve les terres paysannes

Pour lutter contre la spéculation foncière et conserver un patrimoine agricole en perdition, l’association Terre de liens rachète des exploitations qu’elle loue uniquement à de petits exploitants. Alors que la France perd 66 000 hectares de terres agricoles chaque année, près de 5 000 demandes d’agriculteurs qui cherchent des terrains ne sont pas satisfaites. Ce paradoxe repose en grande partie sur la spéculation foncière. Les terrains sont vendus au plus offrant, lequel est rarement un petit agriculteur. Pour lutter contre ce phénomène, l’association Terre de liens rachète des exploitations qu’elle « stocke », selon les mots de Jérôme Deconinck, son président, pour les retirer du marché. Elle les loue ensuite, en favorisant l’installation d’exploitants en agriculture biologique.

Le modèle de Terre de liens repose sur l’épargne solidaire et le don. La foncière Terre de liens délivre des actions, qui ne donnent droit à aucun dividende mais à des réductions d’impôts. La fondation, créée en 2007, recueille des dons financiers et de terrains. Depuis sa création en 2003, l’association a acquis 14 fermes, sur 340 hectares. Avalisée par l’Autorité des Marchés Financiers l’année dernière, elle a pu lancer un appel public à l’épargne qui lui a rapporté 3 millions d’euros et 2 200 actionnaires. Grâce à ce nouveau souffle, de nombreux projets d’achat sont en cours d’instruction, pour une surface de 450 hectares.

– Remettre en question le sacro-saint concept de propriété privée –

Un sillon minuscule en comparaison de l’ensemble des transactions ? « Notre but n’est pas de racheter la moitié de la France« , souligne Séverine Grosjean, chargée de communication pour l’association. « Nous voulons sensibiliser à la question de la disparition des petites exploitations« . Terre de liens est aujourd’hui la seule association à préserver de cette façon le patrimoine agricole. Si l’acquisition collective de terres est déjà une solution adoptée par des agriculteurs qui se regroupent en Groupement foncier agricole (GFA) ou Société civile immobilière (SCI), la cohésion de ces projets est fragile et dépend de la fidélité de chaque acquéreur.

Il existe également un organisme public, la Safer, Société d’aménagement foncier et d’établissement rural, établie dans chaque région, qui aurait le pouvoir de réguler le marché. Elle possède en effet un droit de préemption sur la vente des terres agricoles mais dans la pratique, elle accorde en général la vente au plus offrant. « Notre but est aussi de préserver les terres paysannes, mais si nous jouons systématiquement le rôle de gendarme, nous nous excluons du marché« , justifie Hervé Traver, porte-parole de la Safer. « Le problème nous dépasse. Nous ne pouvons pas lutter contre la perte de rentabilité économique des petites exploitations agricoles. Il faudrait, en amont, des mesures qui les protègent« .

Remettre en question le sacro-saint concept de propriété privée n’est pas évident, mais l’idée de favoriser Lire la suite

AMAP d’Agen : Du beurre dans les épinards et du bio dans l’assiette

sudouest.com, Valérie Deymes, le 11 Mai 2009

AMAP. Une association pour le maintien de l’agriculture paysanne est née. Explications

Du beurre dans les épinards et du bio dans l’assiette

Tous les vendredis, en fin d’après-midi, sur le parking de Biocoop, s’opère un étrange manège : des hommes et des femmes s’approchent d’une table remplie de sacs débordant de verdure et repartent les bras chargés. Ce « manège » est tout ce qui a de plus légal. Il s’agit du rendez-vous hebdomadaire des 23 familles adhérentes de la toute jeune Amap d’Agen. Pour les non initiés, l’Amap, littéralement « Association pour le maintien d’une agriculture paysanne » est certes une petite organisation de consommateurs désireuse de balayer la malbouffe d’un revers de main mais aussi un groupe animé d’une même philosophie de vie et de pensée. « Notre objectif est de promouvoir et soutenir l’agriculture paysanne locale de qualité », explique Julien Delange porte-parole de cette Amap.

Reste maintenant à comprendre comment. L’aventure a débuté, l’an passé. « L’association Au fil des Séounes, avait fait, dans le cadre de la Semaine du développement durable, la promotion des paniers commandés directement au producteur. Cette initiative a intéressé plusieurs familles. Le principe de l’Amap, c’est de trouver un producteur près de notre commune de domicile. Nous nous entendons avec lui pour une livraison hebdomadaire de paniers soit au prix de 7,50  soit à 15 euros. L’agriculteur choisit ce qu’il met dans le panier, en fonction de sa production saisonnière. Nous payons d’avance sur une durée de six mois, ce qui lui permet d’avoir une trésorerie. Pour nous, consommateurs, on évite les intermédiaires et le prix du bio est plus intéressant », poursuit Julien qui, avec les autres familles s’est renseigné auprès du Civam Agrobio pour trouver un maraîcher bio dans l’Agenais. « Nous avons pris ainsi contact avec la famille Gélade sur Colayrac-Saint-Cirq. Un couple d’agriculteurs qui veut passer la main à leurs filles, des jumelles de 23 ans. Les Amap s’intéressent souvent à des situations de reprise d’exploitations ou de conversion en agriculture bio, car elles viennent alors en soutien, avec leurs moyens… »

« Solidarité sociale »

Toutes les semaines, la famille Gelade prépare les produits qui seront acheminés par ses soins en palettes jusqu’au parking de Biocoop. « Le contenu des paniers est lissé sur l’année. Il y a bien évidemment des saisons où ils sont plus garnis que d’autres et tout dépend aussi des aléas climatiques. Le consommateur joue le jeu et est averti. Après l’association s’organise pour la distribution. Chacun des membres Lire la suite

Comment modifier en profondeur nos comportements ?

ecoloinfo.com, Brendan, le 30 avril 2009

Des girouettes aux panneaux indicateurs : comment modifier en profondeur nos comportements ?

Au niveau mondial, les 7% les plus riches sont responsables de 50% des émissions de CO2 tandis que la part d’émissions des 50% les plus pauvres n’est que de 7%. Fred Pearce, auteur et journaliste sur les questions d’environnement, s’est appuyé sur ces données du Princeton Environment Institute pour argumenter que le problème de l’empreinte écologique de l’humanité n’était pas tant le problème de surpopulation, mais surtout le problème de la surconsommation. Et qu’à moins de continuer à faire l’autruche et à sa voiler la face, il est absolument nécessaire de s’attaquer à la surconsommation en adoptant et en faisant la promotion de modes de vie plus sobres.

Fred Pearce

Actuellement, les stratégies visant à faire adopter des comportements éco-responsables sont basées sur des techniques du marketing. Le message est calibré pour correspondre aux valeurs dominantes caractéristiques des différents publics cibles. Les particuliers sont ainsi encouragés à changer de comportement pour des raisons de statut social ou d’intérêt financier plutôt que de bénéfice environnemental.

L’échec de l’approche marketing

Un rapport du WWF de Grande Bretagne publié en avril 2008 (Weathercocks and Signposts: The Environment Movement at a Crossroads, “Girouettes et panneaux indicateurs: le mouvement environnemental à un carrefour”) indique que de telles approches peuvent retarder, voire même saper, les tentatives visant à entrainer des changements de comportement beaucoup plus ambitieux. L’importance actuellement portée aux petits gestes simples et faciles peut en effet détourner des comportements nécessaires pour réellement s’attaquer aux crises écologiques et économiques (climat, énergie, eau, biodiversité, etc.).

Pire, l’intérêt marqué pour la consommation verte détourne l’attention des problèmes fondamentaux inhérents au consumérisme. L’échelle des enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés demande pourtant un engagement systémique avec ce problème comme l’a démontré Fred Pearce.

Les schémas de consommation alternatifs (auto-partage, AMAP, etc.) sont importants mais ne peuvent pas être disséminés largement sans d’abord s’attaquer aux motivations portant à la consommation. En effet, l’alter-consommation ne pourra pas présenter de bénéfice environnemental global tant que l’argent potentiellement économisé en consommant mieux sera réinvesti dans d’autres dépenses énergétiques.

C’est la raison pour laquelle les raisons qui mènent à l’adoption de nouveaux comportements ont des implications très importantes pour l’obtention de réelles diminutions des consommations d’énergie et pour la persistence de ces comportements dans le temps. Une personne Lire la suite

Amap de Mérignac : Tous à vos paniers

sud-ouest.com, Delphine Lacour, le 9 Mai 2009

Tous à vos paniers

AMAP. L’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne de la commune compte 80 adhérents après deux mois d’activité

Le domaine de Fantaisie s’était transformé, mardi soir, en ruche bourdonnante d’Amapiens munis de leur bulletin d’inscription, pour recevoir leur premier panier de légumes frais. Créée le 13 mars dernier, l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) pousse à une vitesse grand V sur le territoire de Mérignac : 80 familles en font déjà partie, moyennant une adhésion de 10 euros/an et dix membres bénévoles la font vivre.

Une Amap est composée de consommateurs qui deviennent partenaires d’une ferme. Un engagement contractuel permet au producteur d’assurer à l’avance la commercialisation de sa production et au consommateur d’obtenir un panier des produits de la ferme.

« Le principe d’une Amap est de soutenir une agriculture paysanne, locale de préférence, et, comme dans notre cas, maintenir une agriculture en milieu urbain. Nous nous chargeons alors de chercher un producteur répondant aux critères bio ou assimilés (pas d’utilisation de pesticides) en visitant ses installations, puis nous mettons en relation ces producteurs avec nos adhérents », explique Valérie Toulet, de l’Amap Mérignac.

Des récoltes du jour

Aurore Sournac, maraîchère à Eysines a ainsi retenu l’attention des Amapiens mérignacais. Elle signait mardi soir les contrats avec les adhérents et leur fournira, dès le 30 juin, toutes les semaines, 53 paniers de légumes frais de saison, récoltés le matin même.

« Le panier est composé de légumes variés comme du Lire la suite

Bègles : Sur la piste de l’Agenda 21

sud-ouest.com, Gilles Guitton, le 7 Mai 2009

BÈGLES, PLAN CLIMAT ÉNERGIE. Seulement 250 Béglais ont répondu au questionnaire de la ville. Quelques pistes se dessinent malgré tout

Sur la piste de l’Agenda 21

La concertation des Béglais sur l’Agenda 21 et le plan climat énergie de la ville de Bègles, ouverte lors de la semaine du développement durable, se poursuivait hier soir dans le restaurant de l’ancienne friche Esso-rep, cours Victor-Hugo.

Il s’agissait cette fois de présenter à la soixantaine de citoyens présents (apparemment, c’est la dimension du noyau dur de ces débats), la synthèse des réponses des Béglais au questionnaire lancé alors, et des ateliers qui avaient ouvert la discussion le 8 avril.

Noël Mamère a pris le temps de parler global avant de penser local : « Nous sommes dans un siècle où les perspectives de catastrophes viennent du côté de la fracture entre le nord et le sud, et du changement climatique. Ce ne sont pas les riches qui paient d’abord le prix de ces catastrophes. Si nous ne voulons pas que les pays pauvres s’écroulent sous le poids des injustices, il faut se battre à Bègles aussi bien qu’à Stockholm ou Rawalpindi. »

Encore à faire

L’enquête portant sur Bègles et non sur la capitale du Penjab, ses résultats révèlent des questionnements assez quotidiens. « La synthèse présente les enjeux qui découlaient de l’enquête et des ateliers, mais rien n’est clos » a d’ailleurs souligné Clément Rossignol, l’élu en charge du dossier, rappelant que la concertation va se poursuivre.

Ce qui est d’autant plus prudent qu’avec 250 réponses au questionnaire, et 90 participants aux ateliers, il y a sans doute encore beaucoup à faire pour que les Béglais « s’emparent de l’agenda 21 et du plan climat », pour reprendre la formule du vice-président Vert de la CUB.

Les deux représentants des bureaux d’études chargés de cette synthèse ont donc joué du « camembert », sur écran, avec les réponses.

Preuve que l’air du temps n’inspire pas tout le monde, il s’est trouvé 6 % de sondés pour se dire « pas concernés » par l’agenda 21 et 7 % pour estimer « pas utiles » les espaces verts !

Sur le sujet de l’éclairage public, (le chantier de l’année en matière d’économie d’énergie à la mairie), l’idée de le supprimer en partie la nuit ne séduit pas ceux qui ont répondu. Mais une majorité juge Lire la suite

Et si l’on ne mangeait que des fruits et légumes de saison ?

leparisien.fr, Claire Chantry, le 4 avril 2009

Et si l’on ne mangeait que des fruits et légumes de saison ?

Il faut faire son marché en respectant les saisons, martèlent les écologistes. Les consommateurs s’y mettent, même s’il n’est pas facile de suivre le calendrier des cultures.

Il n’y a pas que les tracts de Nicolas Hulot qui supplient les Français de manger des fruits et légumes de saison pour préserver la biodiversité. Aujourd’hui, restaurateurs, grandes surfaces ou marques engagées se mettent à alpaguer le consommateur grâce à des végétaux cultivés sur un terroir proche. « Cette vogue du saisonnier rejoint l’attrait pour les fruits et légumes oubliés ou les céréales anciennes.

On est dans la tendance de la réalliance de l’homme avec la planète, explique Sophie de Reynal, directrice marketing de Nutrimarketing, experte des courants alimentaires. Dans ce contexte, la crise agit comme un accélérateur. On a besoin de se rassurer avec du bon sens. Et pour faire attention au porte-monnaie, on achète malin, près de chez soi, de saison et on se rend compte que c’est aussi bon pour l’écologie. » A preuve, le succès remporté aujourd’hui par le jardinage, les Amap ces groupes qui se ravitaillent auprès des producteurs locaux ou les soupes maison.

« Les aïeuls donnent l’exemple »

Le fait est là : produire et transporter un melon venu par avion d’Amérique du Sud nécessite 60 fois plus de pétrole que s’il est cultivé localement, comme le martèlent les écologistes en cette Semaine du développement durable. Un coût qui devient un argument : pour arriver à offrir au rayon primeur des prix de 1 € le kilo, les hypers mettent en avant les fruits et légumes du moment.

Il y a nécessité à se nourrir au rythme des saisons. Sans considérer les produits exotiques, ananas, avocats ou bananes, qui sont par définition achetés hors de nos frontières, 27 % de nos fruits frais et 35 % de nos légumes sont achetés à l’étranger, dont une partie provient d’une production intensive donc coûteuse. « Les fraises sont surtout présentes d’avril à septembre, mais sur les autres mois, on trouve surtout des fraises importées, soit 115 000 t par an », détaille Mathieu Serrurier, chargé d’études au centre technique des fruits et légumes. « Les producteurs répondent aux nouvelles habitudes qui veulent qu’on consomme plus de produits d’été en hiver et inversement. Les jeunes se rabattent sur le basique : la banane, l’orange et la tomate, constate-t-il. A l’inverse, les aïeuls donnent l’exemple. Ce sont les seniors aisés qui achètent le plus de fruits et légumes. »

La priorité est bien de respecter le calendrier des saisons, moins de s’attarder sur les pratiques de culture. « Les fruits et légumes peuvent être de plein champ ou non, insiste Mathilde Causse, directrice de recherche à l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique. Sous serre, certains contiennent plus d’antioxydants et demandent moins de produits chimiques. » Aux « locavores », Lire la suite

AMAP : La ruée sur les paniers qui sentent le frais

Sud-Ouest, Jean-Denis Renard, le 6 Avril 2009

AMAP. De plus en plus de groupes de consommateurs s’abonnent au système des paniers hebdomadaires auprès des maraîchers. La production locale a du mal à suivre

La ruée sur les paniers qui sentent le frais

La première est née en Provence, au tournant des années 2000. Il y en a plus de 800 en France aujourd’hui, selon Philippe Desbrosses, un des pionniers de l’agriculture biologique et des circuits courts de commercialisation (1). Les Amap, ou Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, connaissent un développement foudroyant qui n’oublie pas la région. En l’espace d’une demi-douzaine d’années, plus de 4 000 familles aquitaines ont adhéré à une Amap. Soit 12 000 consommateurs environ, qui ont pris l’initiative de s’agréger en petits groupes – il y a environ 80 Amap en Aquitaine – pour s’approvisionner principalement en fruits et légumes auprès de 250 producteurs locaux. Ceci sur la base d’un contrat de longue durée, et sans intermédiaires.

En est issu le système des paniers. Une fois par semaine, en général, les adhérents passent prendre leur panier de fruits ou de légumes (voire les deux) en un lieu de distribution donné. Ils ont déboursé à l’avance, en une ou plusieurs fois, le montant qui correspond à ce service. En face, un maraîcher du cru s’est engagé sur le volume, la variété des produits et leur qualité. La plupart du temps, tout le monde est content. Le consommateur, qui déguste des produits qui tendent vers le bio – mais ne le sont pas forcément – à des prix compétitifs, et des producteurs qui sont assurés d’un débouché.

« Je n’y trouve que des avantages. Je vends au prix de détail, à l’abri de la fluctuation des cours, les commandes me font de la trésorerie, je ne cueille que ce dont j’ai besoin et je n’attends pas des matinées entières comme sur les marchés », résume Grégory Hullot, un jeune maraîcher installé à Naujac-sur-Mer, dans le Médoc. Il fournit toute l’année trois groupes, à Villenave-d’Ornon, à Montalivet-les-Bains et à Lacanau, pour un total de 120 paniers de légumes de saison par semaine.

On sort du baba-bobo

Comme d’autres producteurs, celui-ci était présent hier à Belin-Béliet, en Gironde, où était organisée la cinquième rencontre des Amap d’Aquitaine. Où l’on pouvait se rendre compte que l’adhérent échappe à la typologie baba-bobo dans laquelle l’idée reçue voudrait la cantonner. « On est sur un profil d’employé ou de cadre, en milieu urbain et périurbain principalement. Viennent aujourd’hui des gens moins militants, en particulier de jeunes couples avec enfants. Mais on a aussi des gens sans gros revenus qui ont des convictions sur leur alimentation. Rendre ces circuits accessibles à des publics en état de précarité fait partie des enjeux pour l’avenir », analyse Frank Meymerit, coordinateur à la Fédération régionale des Civam (2) d’Aquitaine, dont le siège est à Pau.

Devenir nouvel adhérent Amap relève plus que jamais d’un acte de foi. « On a l’équivalent des deux tiers des adhérents en liste d’attente », note Gaëlle Bertonèche, qui anime le relais Amap Gironde. Il y avait neuf Amap dans le département il y a deux ans, on en dénombre 29 aujourd’hui, et 10 autres sont en gestation.

Mais on manque cruellement de maraîchers pour satisfaire une demande en croissance à deux ou trois chiffres.

Ceci s’explique pour partie par la démographie agricole. « Nous avons 1 400 actifs agricoles de moins par an en Aquitaine en l’espace de sept ans, soit la disparition silencieuse d’un Ford Blanquefort par an. Pour nous, il était stratégique de s’attaquer à la ceinture verte de Bordeaux. Il n’est pas possible d’y voir des maraîchers crever la dalle avec un million d’habitants à leurs portes », Lire la suite

Ecoquartier : Petit frère de H Nord, H Bruges est né

Sud-Ouest, Laure Bosdecher, le 6 avril 2009

BRUGES, INITIATIVE. Petit frère de H Nord, H Bruges est né. Un collectif porte ce projet d’écoquartier et cherche un terrain pour l’implanter

Leur quartier idéal

H Bruges, c’est le nom du projet. « Il s’inspire de H Nord à Bordeaux », dit François Harasse. Cet habitant brugeais fait partie de l’association qui planche depuis trois ans sur la création d’un écoquartier de 80 logements dans l’îlot Dupaty, au nord des Chartrons. Une nouvelle forme d’habitat encore inexistante en France mais qui a vu le jour depuis quelques années en Allemagne, aux Pays-Bas ou en anglet

À Bruges, le projet, soutenu par un collectif d’une dizaine de personnes, est bien plus petit. Il porte sur la réalisation de sept à huit logements, « ce qui est plus facile à mettre en oeuvre », souligne-t-il.

« Implication citoyenne »

L’idée a germé au printemps dernier suite à des contacts établis entre plusieurs familles qui se fournissent en légumes, fromages et miel à l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Elles se réunissent en collectif. Leur but : construire des maisons en bois et paille, très peu gourmandes en énergie et équipées de récupérateur de pluie, de toilettes sèches, bref exemplaires pour le respect de l’environnement. Les foyers ne vivront pas dans des maisons individuelles mais dans deux bâtisses à un étage afin d’optimiser l’espace.

Si chacun vivra bien chez soi, des espaces seront communs comme le potager, la buanderie ou la cave. Le souhait est aussi de faire cohabiter dans cet écoquartier plusieurs générations : étudiants, familles, personnes âgées. Les voitures y seront partagées. « Vivre dans ce type d’habitat exige forcément une implication citoyenne. Cela demande une forme d’autogestion », explique Grégory Stoll. Quatre familles se disent déjà intéressées pour y vivre.

Premier projet avorté

Reste le plus dur à trouver : un terrain. Lire la suite

Hte Gironde :Toujours vigilants sur le grand contournement

Sud-Ouest, Michèle Méreau, le 25 Mars 2009

HAUTE GIRONDE. L’Association de défense des sites et habitants reste attentive sur les problèmes des transports routiers et ferroviaires

Toujours vigilants sur le grand contournement

L’Association de défense des sites et habitants de Haute Gironde (ADSHHG) s’est réunie en assemblée générale. Les sujets abordés furent très nombreux et le président de l’association, Bernard Belair, a d’ailleurs souligné : « Les combats que nous avons menés contre le grand contournement de Bordeaux ont porté leurs fruits. D’autres nous attendent. Mais même le contournement reste pour nous d’actualité car le « tout camion » reste à éviter. La route n’est pas une panacée et nous devrons agir dans l’avenir pour défendre des solutions alternatives. »

Parmi elles, le train. Et Jean-Jacques Chaillot, président de Blaye / Bordeaux / Rail est intervenu, ce qui a débouché sur des actions communes (voir notre édition du samedi 21 mars). « Il y a aussi des solutions du côté des consommateurs que nous sommes. Des Amap s’installent, laissant une plus large place aux produits locaux et évitant ainsi des transports inutiles et coûteux », fait remarquer le vice-président Francis Montion.

Quant à la crise, « elle oblige les entreprises à changer de politique et par exemple, fin avril, devraient démarrer les « autoroutes de la mer ». 100 000 camions par mois devraient rejoindre l’Espagne par voie maritime », indique l’autre vice-président de l’ADSHHG, Christian Baqué. Et d’ajouter : « Le patronat freine ces nouvelles dispositions ».

Pour se prémunir « contre les volontés de revenir à l’idée d’un grand contournement, il faut se pourvoir en cassation sur le jugement concernant le délai de l’enquête publique non respecté au départ », souligne aussi Bernard Belair. « Même si pour l’instant l’État a abandonné le contournement, il faut le faire, afin que s’il revient sur sa décision, nous puissions aller jusqu’aux tribunaux européens. C’est indispensable pour agir », explique Francis Montion. Une procédure que cinq associations vont mettre en oeuvre avec l’ADSHHG.

Deux dossiers à Blaye

À Blaye, deux problèmes se sont posés : Lire la suite

Des légumes solidaires à consommer au rythme des saisons

midilibre.com, Olivier SCHLAMA, le 23 mars 2009

Des légumes solidaires à consommer au rythme des saisons

Acheter, sous forme d’abonnement, un panier de légumes de saison par semaine : c’est ce que proposent les Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) en plein boom. Le principe, qui permet de partager les risques et le coût des aléas climatiques, est une nouvelle forme de production, généralement bio, plus écolo, qui n’est plus soumise au sacro-saint prix du marché. L’acheteur de ces produits extra-frais devient un « consomm’acteur » éclairé et impliqué. Pour le pionnier des Amap, Daniel Vuillon, ce système répond aujourd’hui parfaitement aux angoisses du consommateur…

Sur la façade, la croix du Languedoc brille même sous le ciel laiteux. En un an, les yeux de Magali Dorques se sont éclairés : 130 familles renouvellent en ce moment le contrat de confiance avec l’Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) qu’elle a créée à Villeveyrac (Hérault) à l’Enclos de la potagère. C’est l’une des 1 500 Amap de France (elles étaient 50 il y a deux ans) ! Une constellation qui remodèle le paysage et ce, en dehors des circuits traditionnels de distribution. « Au début, on se disait, avec Denis, mon compagnon : « ça ne marchera pas ». On passait pour des hurluberlus. » Magali Dorques disposait d’atouts : d’abord 8 hectares de belle argile, parcourus d’un système préexistant d’irrigation unique. Malgré la petite taille de l’exploitation et le peu de mécanisation, c’est une réussite qui ne recourt ni aux subventions ni aux contrats avec une collectivité. « Nous pensons même acheter d’autres terres », espère Magali Dorques, élue récemment présidente de la toute nouvelle fédération régionale des Amap du Languedoc-Roussillon, qui compte déjà dix Amap. Satisfaction suprême, son banquier n’a pas eu besoin de lui prêter un euro.
Pensez donc, une femme qui s’installe en bio sans emprunter ! Magique, le mot d’Amap a déclenché quelques impostures, dérapages et même un engouement institutionnel. Il faut dire qu’il est source d’aides, via le fonds social européen – 1 M€ pour quatre ans dans l’Hérault – par exemple. Pas question que l’État récupère cette réussite. « Les Amap doivent rester des Amap », s’arc-boutent des acteurs du secteur. Comment s’est bâtie cette success story ? En faisant respecter une éthique. « Les vraies Amap qui marchent sont celles qui ont pris le temps de se construire », définit Daniel Vuillon. Premier en France à importer ce concept des États-Unis, il y a bientôt dix ans, à Aubagne puis à Ollioules, cet érudit (lire ci-contre ) dit : « Dans notre ferme, nous nourrissons 210 familles et 170 sont sur liste d’attente. La demande est très forte, surtout des jeunes, d’une nourriture bonne et saine. » Ensuite, la formule (partager l’incertitude de la production) implique naturellement les abonnés dans « leur » exploitation. Et, évidemment, les légumes – mais aussi des oeufs, céréales, du vin, de l’arboriculture, etc. – sont extra-frais : « Habituellement, un chou-fleur bio reste légèrement amer, il se passe du temps. Ici, cueilli la veille au soir, il est sucré ! » Ça fait rêver. L’idée, aussi, c’est qu’il y a trop de produits superflus et trop de superflu dans les produits. « Les gens veulent bien bouffer, consommer local, être des « consomm’acteurs » et voir comment ça pousse. C’est une autre façon d’acheter » , reprend Magali Dorques. Et puis, à Villeveyrac, on n’est pas chez « un distributeur de paniers » , comme on dit d’une Amap qui a mal tourné. Elle ajoute : « Nous gagnons 1 000 € chacun avec mon mari et on dépense 50 % de nos revenus dans l’alimentation bio. C’est un choix. »

Choisir une Amap, c’est acheter ce qui veut bien pousser. Pas de fraises en hiver donc… Lire la suite

Les Amap se structurent autour de Miramap

rhone-alpesolidaires.org, Alliance PEC en Isère, le  23 février 2009

Les Amap se structurent autour de Miramap

Depuis un an, plusieurs réseaux formels et informels d’Amap se rencontrent et échangent sur leurs expériences et leurs actions : Amap Ile de France, Alliance Provence, Alliance PEC Rhône Alpes, réseau des AMAP d’Aquitaine… Ces acteurs ont décidé de créer un regroupement national nommé MIRAMAP.

Quels sont les objectifs de MIRAMAP ?

La création de MIRAMAP répond aux objectifs suivants :

– Renforcer  la cohésion des AMAP à travers le partage d’une éthique commune : partage et respect collectif de la charte des AMAP, réflexion sur son évolution

– Mutualiser toute la richesse des expériences, des pratiques et des outils développés par les AMAP et les réseaux territoriaux

– Faire la promotion des AMAP au niveau national

– Participer à des programmes nationaux cohérents avec les objectifs  des AMAP

Le programme de MIRAMAP pour 2009

Un socle commun :

MIRAMAP a élaboré un socle commun. Il constitue une base de référence pour tous ceux qui souhaitent participer à MIRAMAP : rappelant les origines et les valeurs des AMAP, il propose une démarche pour construire une dynamique nationale.

Une conférence de presse et un week-end d’échanges les 20-21-22 mars 2009

Une conférence de presse aura lieu le 20 mars 2009 à Paris. Elle présentera MIRAMAP et son programme d’actions pour 2009 : le printemps des AMAP et un colloque en fin 2009.
Un week-end de travail national ouvert à 4 à 5 représentants par région, les 21 et 22 mars est organisé à Paris autour de 5 thématiques : parcours d’installation des agriculteurs en AMAP ; préservation des terres fertiles ; système de garantie participatif ; accessibilité des AMAP à tous publics ; aspects juridiques, fiscaux et contractuels des AMAP.

Le printemps des AMAP

Cet évènement d’envergure nationale, se déroulera du 20 mars 2009 au 21 juin 2009 dans le but de donner plus de visibilité au mouvement des AMAP, de montrer que les AMAP ne sont pas des initiatives isolées, mais bel et bien un réseau.

Il s’agit, pour les AMAP et leurs réseaux, d’organiser Lire la suite

Projet d’AMAP à Blaye : réunion publique le jeudi 19

Sud-Ouest, le 18 Mars 2009

CONSOMMATION. Les Amap séduisent de plus en plus de monde. Demain, Blaye pourrait avoir la sienne

Manger sain et bon marché au fil des saisons

Dans les Amap, la vente se fait directement du producteur au consommateur, qui vient chercher ses légumes de façon régulière.

De la terre à l’assiette : tel est le sujet de la réunion publique qui se tiendra salle Liverneuf demain jeudi à 20 h 30. Une réunion qui devrait déboucher sur la création à Blaye d’une Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) Un titre qui indique également bien ce qui constitue le principe des Amap.

L’idée est née il y a quelques mois en Blayais. Tassadit Frappé, bientôt suivie par Virginie Fruchet et Jacqueline Zolla, ont décidé d’appeler cette nouvelle Amap « Au fil des saisons ». Elles sont en relation avec des producteurs de Saint-Ciers-de-Canesse, les établissements Dalongeville, qui sont d’ailleurs déjà connus sur le marché de Blaye où ils viennent régulièrement.

Ils seront présents à la réunion de jeudi et répondront aux questions. « Logiquement, pour bien fonctionner, nous devrions être une trentaine d’adhérents », précise Tassadit Frappé.

Triple intérêt

Edmée Neboit, conseillère municipale de la ville, adhère depuis un an à une Amap de Berson. L’intérêt pour elle est triple : « Il s’agit de manger sain car le producteur est en bio, d’acheter des produits de la région, ce qui évite les pollutions des transports et enfin, de ne pas utiliser d’emballages inutiles. »

Pour Edmée Neboit, appartenir à une Amap, c’est être un « consomm’acteur ». « C’est un engagement citoyen. Non seulement écologique puisque les produits sont sans pesticides, sans engrais, que nous évitons ainsi les transports de denrées et les emballages, mais aussi nous nous engageons vis-à-vis du producteur, nous sommes solidaires. » En effet, dans une Amap, les adhérents payent à l’avance le producteur, elle est donc d’abord basée sur une solidarité économique avec celui-ci.

Consommer autrement

Adhérer à une Amap, c’est également Lire la suite

Gujan-Mestras le 13 mars, film débat sur les pesticides

Sud-Ouest, Jacky Donzeaud, le 13 Mars 2009

Une oeuvre engagée

 « Nos enfants nous accuseront », réalisé par Jean-Paul Jaud et consacré à l’alimentation biologique, est projeté ce soir.

Les services culturels et développement durable s’associent pour présenter le rendez-vous du cinéphile de soir, qui a lieu à 21 heures, au cinéma Gérard-Philipe (1). Au programme de cette soirée cinéma, « Nos enfants nous accuseront », un documentaire réalisé par Jean-Paul Jaud qui a souffert d’un cancer du colon. En se renseignant sur les causes de son mal, il a découvert que la cause première était la présence de résidus toxiques dans l’alimentation. Indigné, il s’est alors mis en quête d’une vérité.

Du bio à la cantine

Ce film relate la courageuse initiative de Barjac, une municipalité du Gard, qui décide d’introduire le bio dans la cantine scolaire du village. Le réalisateur brosse un portrait sans concession sur la tragédie environnementale qui guette la jeune génération, sur l’empoisonnement des campagnes par la chimie agricole (76 000 tonnes de pesticides épandus chaque année) et les dégâts occasionnés sur la santé publique.

Un seul mot d’ordre : Ne pas seulement constater les ravages mais trouver tout de suite les moyens d’agir pour que nos enfants ne nous accusent pas demain.

Échange avec le public

À l’issue de la projection, une discussion autour des thèmes abordés par Jean-Paul Jaud sera animée par Gaëlle Bertoneche, coordonnatrice des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), et par Lire la suite

Le manque de terrains freine les AMAP basques

Sud-Ouest, Sophie Cicurel, le 12 Mars 2009

CONSOMMATION. L’Amap de Saint-Jean-de-Luz va fêter son premier anniversaire, submergée de demandes. Une deuxième pourrait voir le jour. Reste un problème de foncier

Le manque de terrains freine les Amap

Si Beñat Lecuona a mis longtemps avant de se décider, il y a un an, il n’a aujourd’hui aucun regret de s’être lancé dans l’aventure de l’Amap.

Ce maraîcher de Sare qui vend ses produits deux fois par semaine à Saint-Jean-de-Luz, est le producteur attitré de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), basée à Chantaco et créée il y a un an. « Au début, 90 personnes étaient prêtes à signer. Comme nous avons décidé de démarrer petit, nous en avons pris une quinzaine, puis nous sommes passés à 20, trois mois plus tard. Et, d’ici le mois de juin, j’ai bon espoir que nous passions à 25 » table-t-il.

L’Amap de Saint-Jean-de-Luz envisage non seulement de s’agrandir mais aussi de varier les produits proposés d’ici la fin de l’année. Un contrat d’engagement est ainsi à l’étude avec des producteurs de viande, des éleveurs de volailles et des boulangers.

Une politique à repenser

Le partenariat entre producteurs et consommateurs, séduisant sur le principe, a pourtant de quoi en effrayer plus d’un. « Pour nous, producteurs, ce n’est pas évident au début de fournir un panier toutes les semaines. Il y a des périodes où on n’est pas gâtés par la météo. Et que des gens soient prêts à payer à l’avance pour un panier de saison dans lequel ils ne savent pas ce qu’ils vont trouver, ça me surprend encore. Mais il faut croire qu’ils y trouvent leur compte » conclut le producteur.

À écouter les intéressés, non seulement ils y trouvent leur compte, mais c’est un tout autre mode de consommation qui se révèle à eux. « Nous nous adaptons aux produits de saison, nous redécouvrons le goût des salades, des haricots verts, et il n’a rien à voir avec ce que nous connaissions » avoue Jacqueline Branger, de l’Amap luzienne. « Cela oblige à chercher de nouvelles recettes. J’ai fait mon calcul, ça me revient au prix du marché et, au moins, je sais ce que je mange puisque je connais le producteur, je sais comment il travaille. Et, en plus, c’est un moyen de le soutenir, un peu comme le commerce équitable, sauf qu’il est là, à notre porte » résume une autre consommatrice, Marie-Dominique Nagel.

Au total, près de 200 personnes sont actuellement inscrites sur les listes d’attente des 13 Amap du Pays Basque. De quoi inciter le réseau local à s’interroger sur les solutions à envisager. « Le problème, c’est qu’au Pays Basque, il y a peu de producteurs. Il faudrait inciter davantage de jeunes à s’installer mais cela ne résoudrait pas le problème de l’accès au foncier. Après, c’est une politique de relocalisation de la production maraîchère qu’il faut penser » estime Isabela Barreix, coordonnatrice du relai Amap Pays Basque.

Prendre le temps

Une réunion interne du relais, mardi soir à Saint-Jean-de-Luz, a dégagé une première piste. « L’idée est de créer des groupes de consommateurs dans les zones où se font ressentir les besoins et de rechercher des producteurs ensuite. Une deuxième Amap est ainsi prévue à Saint-Jean-de-Luz/Ciboure et des groupes de consommateurs vont se créer à Hendaye Biritaou où il n’y a encore rien. »

Tout cela prendra du temps, le relais cherche à éviter la création anarchique de structures dans la région. « Les gens sont pressés de démarrer mais ils ne mesurent pas toujours Lire la suite

Laure Noualhat : Sortir du rouge avec le vert

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 3 mars 2009

Sortir du rouge avec le vert

Pour ceux qui ne savent avec quoi encombrer leur table de nuit, voici deux ouvrages « boîtes à outils » qui nous livrent de quoi envisager l’avenir. La richesse de nos économies s’appuie sur des ressources naturelles en voie d’épuisement et l’accroissement du PIB -graal politique s’il en est- exerce une pression trop forte sur l’environnement. Le constat est commun à ces deux ouvrages en librairie depuis janvier, mais les solutions qu’ils livrent pour y remédier diffèrent.

Pour Hervé Kempf, journaliste au Monde, il faut sortir du capitalisme pour sauver les meubles, la Terre, et ceux qui s’assoient dessus, les Humains. Il compare le capitalisme à la rafflésie, une fleur tropicale qui pompe l’énergie de la plante qu’elle parasite. Elle grossit subitement jusqu’à 1 mètre de diamètre, et meurt.

Si la croissance verte se greffe sur les racines du capitalisme, elle ne peut aider à sortir du rouge. Pas d’un point de vue environnemental en tous cas. Au fil de ses reportages, Kempf nous convie à un terrifiant tour du monde du green new deal en marche. La croissance verte est déjà en train de produire de considérables effets pervers. A savoir : le nucléaire qui, avec ses déchets et risques, hypothèque l’avenir; l’éolien industriel qui défigure les paysages de France; les agrocarburants qui déciment les forêts tropicales; la séquestration de CO2 qui… émet du CO2; … D’après Kempf, trois idées -erronées- structurent la pensée dominante: la technologie résoudra le problème ; la consommation d’énergie va continuer à croître et la croissance du PIB va se poursuivre ; le changement climatique est le seul problème -exit la biodiversité en péril et la dangereuse dégradation des écosystèmes sur lesquels se base l’économie. Ces problèmes-là, il est vrai, n’intéressent ni les hommes politiques, ni les industriels car ils ne se traduisent pas en promesses de revenus verts.

Sortir du capitalisme? Autant miser sur un changement anthropologique majeur, ricanent les auteurs de C’est maintenant!, Jean-Marc Jancovici, expert du climat, et Alain Grandjean, économiste. «Cela a autant de chances de se produire à brève échéance que l’apparition d’une 2ème Lune la semaine prochaine.» Ils tirent à boulets rouges sur Les Verts, les écolos, les militants radicaux, ceux qui se rassemblent «contre» (les ogm, le nucléaire, la chasse à la baleine, …), à défaut d’être d’accord sur les «pour» à défendre. Selon les coauteurs, ces militants-là n’ont rien compris au capitalisme, qui ne se définit pas comme «la domination de tous par de grandes multinationales, mais seulement comme la propriété privée des moyens de production».

Du fait de leur expérience auprès des grands groupes, les deux compères de l’X proposent des solutions plus pragmatiques et surtout dédiées à l’urgence climatique. D’abord et avant tout, il est urgent de renvoyer les députés à leurs chères études, écrivent-ils. Une fois cela fait, ils pourront peut-être débattre en profondeur avant de voter de superficiels Grenelle. Les deux auteurs proposent la nomination à tous les postes de l’Etat d’un conseiller technique ressources et énergie qui fourrerait son nez dans tous les dossiers, retraites et diplomatie comprises.

Comme Kempf, ils prônent la décroissance des biens matériels («on va devoir se faire à l’idée d’être plus heureux avec moins») et le courage politique de le faire comprendre. Mais contrairement au journaliste, en bons polytechniciens, ils célèbrent la technologie (nucléaire, séquestration de CO2, …). Ils imaginent un monde où l’on devra déplacer les villes à la campagne, car il y aura «moins d’emplois tertiaires et plus de bras dans l’agriculture, l’artisanat, les métiers techniques». Les zones pavillonnaires énergivores seront condamnées à mourir. Dans certains secteurs régaliens comme l’énergie, Grandjean et Jancovici défendent la régulation pour ne point perdre le pilotage des investissements. En clair, déployer le nucléaire et construire au plus vite 4 réacteurs. Mais leur leitmotiv, c’est la taxation de l’énergie. D’après eux, on taxe trop le travail et pas assez l’énergie.

Pour Kempf, Lire la suite

Bordeaux le 4 mars : Penser des alternatives à l’existant

Ecopol, le 28 février 2009

Le 4 Mars, réunion de préparation pour l’atelier « Coopératives participatives » qu’Ecopol a proposé pour le Forum Social Local.

Cet atelier consistera à partager avec trois porteurs de projets les difficultés, obstacles que rencontrent des démarches coopératives et participatives et la manière de les dépasser. Nous voulons lui donner une autre forme que les traditionnelles conférences de présentations individuelles.

Par démarches coopératives nous entendons tout ce qui aujourd’hui se créent autour d’autres formes d’habitat (habitat coopértatif), de consommation/production (AMAP), de commerce solidaire, de coopératives d’emplois et coopératives d’associations.

Pour le 4 Mars, nous avions proposé d’inviter des représentants de projets coopératifs, qu’ils soient en perspective, en cours ou achevés. Sont sollicités :  H’Nord, Amap, coopératives d’emplois et « petits gratteurs » qui ont un projet de quartier associatif et coopératif  à St Michel.

Il est plus que nécessaire de montrer aujourd’hui qu’il existe des alternatives, au tout centraliste et au tout individualiste, qui sont deux formes qui raptent la souveraineté des individus et produisent des collectifs qui enferment et tarissent les  singularités au lieu de s’appuyer dessus et de les libérer. Et cela dans tous les domaines, commerce, économique, habitat, associatif, emploi, consommation et bientôt transport……?

Les associations intéressées sont invitées à prendre part à la préparation de l’atelier
Le 4 Mars à 20H30 à Lire la suite

Acheter bio. Les alternatives à la grande distribution

naturavox.fr, Pauline, consoglobe.com, le 27 février 2009

Acheter bio. Les alternatives à la grande distribution

72 % des consommateurs bio font leurs achats en grandes surfaces, ces dernières proposant des gammes de produits bio élargies et ce, sous leur propre marque de distributeur bio (200 références en moyenne par enseigne).

Malgré cette domination sur le marché bio, les autres modes de distribution bio ne sont pas délaissés. A côté des magasins de grande distribution, vous trouverez donc des magasins spécialisés bio ainsi que des distributions en circuit court (AMAP, marché, sites internet) qui, en supprimant les intermédiaires (grossistes, emballeurs, distributeurs), permettent une meilleure rémunération du producteur et/ou une baisse des prix. A découvrir sur internet ou près de chez vous.

Les magasins bio, le tout bio en un

Représentant 23% du marché bio, les magasins spécialisés bio sont privilégiés par les consommateurs de bio pour l’achat de produits d’épicerie bio et de compléments alimentaires. Ils présentent plusieurs avantages par rapport à la grande distribution :

– vous trouvez toutes les catégories de produits bio regroupées dans un même point de vente (alimentation bio, cosmétique bio, produits d’entretien écolo, compléments alimentaires…). Plus besoin de faire la chasse au logo « AB » et de perdre du temps à trouver le produit bio recherché.

– Ils proposent quelques produits originaux ou peu connus : céréales anciennes, légumes oubliés, multiples variétés d’huiles végétales…

– Ils proposent très souvent des produits d’épicerie bio en vrac (céréales, légumineuses, fruits secs, sucre…) à un prix attractif, qui permettent de faire des économies d’emballage et de réduire le volume de déchets.

– Le personnel des magasins spécialisés bio est souvent plus informé et connaisseur, donc plus à même de vous conseiller.

Seul « bémol » : le prix des produits qui restent plus élevés que ceux de produits des marques de distributeur classique.

De taille très variable (120 m2 en moyenne), beaucoup de ces magasins fonctionnent en réseau, c’est-à-dire qu’ils sont regroupés sous une même enseigne et sont approvisionnés par une centrale d’achat commune.

Au niveau de l’alimentation bio, ils sont souvent riches en épicerie (céréales, huiles), et en produits à base de soja. Vous pouvez également y trouver des produits alimentaires frais, voire surgelés.

Voici les principaux réseaux de magasins spécialisés dans les produits bio et naturels sur le territoire français :

Biocoop : réseau de magasins fonctionnant sur le mode coopératif, créé en 1986. Il comptait 314 points de vente en France au 01 février 2009 répartis dans toute la France, et 8000 produits référencés dont 300 sont également issus du commerce équitable. 

Satoriz  : chaîne de magasins bio existant depuis 1981. Elle compte 23 points de vente implantés dans l’est de la France, et en Rhône-Alpes. Satoriz compte également un restaurant, « La cantine bio » et une centrale d’achat « Satodistri ».

La Vie Claire  : réseau de franchisés créé en 1946. Lire la suite

Vente directe : sanction, solution ou chgt de consommation ?

lejpb.com, Sébastien VAÏSSE, le 27 février 2009

Vente directe : sanction, solution ou changement de consommation ?

Crise économique, inflation, baisse du pouvoir d’achat ou simple adhésion à l’idéologie décroissante… Les modes de consommation seraient-ils en pleine mutation ? C’est du moins la question que l’on peut se poser face à un phénomène qui, bien loin de faire l’unanimité chez les professionnels des secteurs qu’il touche, prend de l’ampleur : la vente directe.

 

Alors que les bouchers du Pays Basque dénoncent depuis plusieurs semaines «certains agissements qualifiés de concurrence déloyale», que le système des AMAP se développe et qu’à l’image d’Idoki qui prône les circuits courts de proximité, la petite production gagne du terrain, la vente directe touche maintenant un autre secteur, celui de la pêche. Les pêcheurs de la Côte basque ont en effet décidé d’ouvrir leur cale directement aux consommateurs.

La crise du poisson

«On nous explique que c’est la crise, qu’il faut respecter les quotas, que le poisson se vend moins, mais quand on voit que la sole est à 30 euros/kg dans les grandes surfaces, on ne comprend pas» tonne Patrick Lespielle, pêcheur luzien. Il faut dire que si l’année dernière, les pêcheurs basques pouvaient négocier avec les mareyeurs (grossistes) la sole autour de 12 euros/kg, on est passé aujourd’hui sous la barre symbolique des 10 euros : «Je n’ai jamais vendu à ce prix-là» poursuit Patrick Lespielle. «ça fait douze jours qu’on n’a pas vu la maison, tout ça pour s’entendre dire : la sole à 7 euros». Un mécontentement, une incompréhension et un décalage de prix qui justifient la vente directe, d’autant que l’opération lancée il y a quelques jours par les pêcheurs semble plutôt bien fonctionner : «De la sole fraîche à 12 euros/kg, ça fait plaisir et ça redonne envie de manger du poisson» sourit une bayonnaise venue s’initier aux joies de ce nouveau commerce.

Alors, à qui la faute ? Et comment expliquer ce décalage ? De l’avis de certains pêcheurs, les mareyeurs ne seraient totalement innocents dans cette affaire. Pourtant, lorsqu’on les interroge, la réponse est claire : «on n’a aucune activité, très peu de ventes». Une situation qui expliquerait donc la baisse du prix d’achat. Il n’empêche qu’au final, sur l’étalage, le poisson relève presque du produit de luxe…

Viande foraine

Un phénomène qui n’épargne pas non plus le secteur de la viande au grand dam du Syndicat de la boucherie et de la charcuterie des Pyrénées-Atlantiques qui a adressé une lettre au député-maire de Bayonne, Jean Grenet, pour dénoncer les agissements de «beaucoup d’agriculteurs, développant la vente de viande au détail, qui ne se sentent plus concernés par la réglementation régissant le métier de boucher». En fait, les bouchers du Pays Basque, qui ne reprochent cependant pas aux «agriculteurs de commercialiser de la viande» mais plutôt de ne pas «être sur la même ligne de départ», s’interrogent quant à la «légitimité d’utiliser des structures à vocation ou à délégation de service public, à des fins commerciales privés» et invite donc le législateur «à se saisir du problème et à le régler de la manière la plus cordiale qui soit».

Du côté de l’abattoir public de Saint-Jean-Pied-de-Port, si on reconnaît le manque de réglementation en matière de vente directe notamment en ce qui concerne les abattages sauvages, on avoue cependant comprendre l’action des producteurs qui face à l’arrivée massive de viande foraine dans les grosses structures locales comme Arcadie, Pedavia (entre 60 et 70 % des viandes commercialisées dans le département proviennent d’Allemagne, de Pologne…), ont imaginé la solution de la vente directe. Lire la suite

AMAP de Gradignan : Militants du contrat bio

Sud-Ouest, Patrick Faure, le 25 Février 2009

GRADIGNAN, AMAP. L’association pour l’aide à l’agriculture paysanne a trouvé son rythme de croisière avec les quarante adhérents attendus. Et chacun participe à son bon fonctionnement

Militants du contrat bio

Ceux qui sont nés dans les années 50 et 60, dans des secteurs ruraux ou semi-ruraux se souviennent encore des fameux « nez de goret », les fourgons Citroën en tôle ondulée qui circulaient à jour fixe dans les villages.

Commerçants et artisans venaient ainsi proposer leurs produits d’épicerie, de boucherie-charcuterie, de boulangerie ou même de mercerie. Ce temps-là semblait irrémédiablement révolu, mais…

Mais hier soir par exemple, la salle de l’Ermitage, à Gradignan, accueillait comme chaque mardi dorénavant, son producteur de légumes biologiques. Avec les clients habituels, adhérents de l’AMAP (1) locale. Celle-ci, créée mi-octobre, atteint dorénavant les quarante adhérents.

« Tous adhèrent et cotisent pour un panier chaque semaine et cela 50 semaines dans l’année, en dehors de la période de Noël. L’agriculteur qui vient nous livrer les cagettes est quelqu’un de passionné », explique Karine Roux, la présidente de cette association appelée CABAS (2).

Les légumes de saison

Une majorité de mères de familles se succèdent pour récupérer leur cagette à 10 ou 15 euros. C’est le cas de Wanda Kohler, laquelle a rejoint l’association en janvier.

« Je cherchais une AMAP depuis longtemps. J’adhère à ce principe de solidarité avec un agriculteur de la région ; celui-ci là produit du biologique, c’est encore mieux. Retrouver la tradition des légumes de saison, c’est aussi retrouver des valeurs. »

Elle ajoute : « Malgré nos vies très actives, cela nous oblige à cuisiner en étant inventif au niveau des recettes. Le goût est extraordinaire : on croque dans ces légumes ! Dans le budget mensuel, on s’y retrouve. Et puis, je préfère donner de l’argent à un agriculteur plutôt qu’à une grande surface.

En plus, chaque adhérent aide à son tour à la préparation des paniers et nous devons faire attention à tout. Ainsi, on rentre dans le principe, il ne s’agit pas simplement de se faire livrer, mais de participer. Sans oublier que l’on participe à la protection de l’environnement. »

Retrouver le goût

Marie-Line Hachette partage cette opinion : « Au départ, nous avons trois motivations, Lire la suite

Un collectif citoyen achète des terres pour un maraîcher bio

e24.fr, Johana Sabroux, le 22 février 2009

Un collectif citoyen achète des terres agricoles pour un maraîcher bio

On n’est jamais si bien servi que par soi même. Ce pourrait être le mot d’ordre de l’association Cata33. Malgré son acronyme un brin alarmiste, ce « Collectif pour l’achat de terres agricoles en Gironde » est au contraire plein d’espoir et d’énergie. Il s’est ainsi mobilisé pendant près de deux ans pour acheter un terrain et lancer l’exploitation bio d’un jeune agriculteur sans terre. Montant de l’opération: 78.400 euros, récoltés en quatre mois, entre septembre et décembre 2008. Le tout sans crédit ni subventions, en pleine crise financière.

Le montage financier est simple, il s’agit d’une SCI, une société civile immobilière. A l’issue de l’appel à souscription, 380 sociétaires en sont membres. Ils ont acheté entre 1 et 50 parts à 100 euros de la SCI. Desparts qui leur donnent un droit de vote – quel que soit le nombre de parts achetées – lors de l’assemblée générale annuelle de la SCI, mais pas de rémunération. A leur sortie de l’entreprise, ils récupèrent leur mise, indexée sur le barème des terres agricoles, fixé par le ministère de l’Agriculture.

Ce n’est donc pas une opération spéculative, mais pour l’un des co-gérants de la SCI, Didier Guyot, un ancien d’Airbus, une autre façon d’investir dans un secteur durable pour le bien collectif, à l’heure où la sécurité alimentaire devient un sujet de préoccupation et où le bio semble décidé à squatter nos assiettes. Les objectifs de Cata33 sont clairs: « défendre et promouvoir une agriculture vivrière et de proximité, une agriculture qui soit socialement équitable, économiquement viable, respectueuse de la biodiversité, du paysage et de l’environnement culturel. »

Le 30 décembre 2008, la SCI a donc acquis « Les terres de Fougueyra« , près de 10 hectares certifiés bio le long de la Dordogne. Desterres que Julien Bonnet, un tout jeune maraîcher de 24 ans loue pour 1.200 euros par mois et exploite pour cultiver ses légumes et ses arbres fruitiers. Là encore, pas question de spéculation. Ce loyer couvre juste les frais divers, impôts fonciers, taxes, assurances, et trésorerie en cas de coup dur.

Julien Bonnet, lui,a acheté les bâtiments agricoles et compte se lier avec une Amap pour distribuer ses produits sur des circuits courts. Les premières récoltes sont prévues pour le mois de juin, et les premiers clients se sont déjà fait connaître. Le maire de Flaujagues, où sont installées les Terres de Fougeyra, a annoncé qu’il ferait appel aux produits de Julien Bonnet pour la cantine scolaire.

Un modèle pour l’agriculture de demain ? D’autres projets similaires existent. La « Foncière Terre de liens » fait de la publicité dans les magasins bio parisiens pour encourager les citadins à investir dans la terre et la louer ensuite à des agriculteurs ou des porteurs de projets solidaires et respectueux de l’environnement, via un bail rural environnemental. Didier Guyot et ses associés veulent croire que le modèle a de l’avenir. Lire la suite

L’alimentation bio des grandes surfaces en question

naturavox.fr, consoglobe.com, le 16 février 2009

L’alimentation bio des grandes surfaces en question

Les sondages le montrent: nous sommes de plus en plus nombreux à consommer des produits alimentaires bio. A croire que le bio ne connaît pas la crise ! Et les enseignes de grandes surfaces l’ont bien compris, avec une progressive généralisation de produits bio, la création de rayons spécialisés ou encore le développement de leur propre marque bio.

Ceci nous amène à nous interroger sur la qualité des produits bio proposés, les objectifs réels des enseignes à travers leur marque bio: leurs prix, quasi équivalents à des produits classiques de grandes marques, ne sont-ils pas synonymes d’une moindre qualité ? S’agit-il vraiment de produits issus de l’agriculture bio ? Sont-ils plus écologiques ?

Des produits bio sous contrôle

Sachez tout d’abord que les produits bio des marques de distributeurs (MDD) sont porteurs du label officiel AB, géré par le ministère de l’Agriculture, et donc soumis au moins une fois par an à un contrôle de l’un des six organismes certificateurs français (EcoCert, Qualité France, Agrocert…). Donc aucune crainte : vous consommez bien des produits issus de l’agriculture biologique, même s’il faut noter qu’ils peuvent contenir jusqu’à 4,99 % d’ingrédients non biologiques et des OGM  « accidentels » autorisés à hauteur de 0,9 %.

Des labels privés comme Demeter, Nature & Progrès intègrent des critères plus exigeants mais se font encore très rares en grande distribution.

Les gammes bio de nos grands distributeurs

En plus des grandes marques nationales, les grandes surfaces proposent de plus en plus de produits bio sous marques de distributeurs (MDD) à des prix plus compétitfs :

Carrefour  : propose la gamme bio la plus étoffée avec sa marque Carrefour Agir Bio créée en 2005 . Le distributeur commercialise aujourd’hui près de 900 produits issus de l’agriculture biologique dont 250 sous sa marque Carrefour Agir Bio (97% de références alimentaires) tous labellisés AB. 14 000 tonnes de fruits et légumes bio sont ainsi achetés chaque année avec 26 références de fruits et légumes bio. 64% des références de fruits et légumes Carrefour Agir Bio sont d’origine française. Sur le marché du bio, Carrefour représente 20% des parts de marché. D’ici 2010, la gamme devrait encore s’élargir et compter 350 références.

Monoprix (filiale du groupe Casino) : l’un des pionniers avec sa marque Monoprix bio lancée en 1994, et qui compte aujourd’hui 150 références de produits labellisés AB. À leurs côtés, Monoprix commercialise de nombreuses marques spécialisées comme Babybio, Vitabio, Bjorg, Jardin Biologique, Kalibio ou encore Luna.

E. Leclerc  : a lancé sa marque Bio Village en 1999 dont les produits sont certifiés AB et également cautionnés par « Marque Repère » au niveau de leur contrôle. Le distributeur affirme proposer la gamme bio la moins chère du marché.

Auchan  : propose une centaine de produits biologiques certifiés AB sous sa marque Auchan Bio lancée en 2006.

Et aussi : Cora avec Cora Nature Bio (AB), Casino avec Casino Bio (AB), Super U avec Bio U… 

Et le Hard discount ?

Vous pouvez également trouver des produits bio chez une enseigne de Hard discount à des prix encore moins chers que les grandes enseignes nationales comme nous le rapportait le blog consommerdurable.com dans un comparatif établi en Septembre 2008, mais l’offre reste encore limitée.

Un « marketing » bio contraire à la « philosophie » bio ? Lire la suite

AMAP : Un vent de solidarité sous les serres

Sud-Ouest, Laurie Bosdecher, le 31 Janvier 2009

APRÈS TEMPÊTE. Les maraîchers n’ont pas été épargnés. Aurore Sournac, à Eysines, est épaulée par les adhérents des Amap qu’elle livre pour nettoyer

Un vent de solidarité sous les serres

Adieu salades, épinards, blettes et topinambours. Samedi dernier, la tempête a brisé un tiers des carreaux de la verrière d’Aurore Sournac et de son mari dans la zone maraîchère d’Eysines. « Nous avons eu plus de dégâts qu’en 1999 », constate-t-elle. Les morceaux de verre sont tombés par milliers sur une partie des cultures. « Elles sont bonnes à arracher et jeter car invendables. »

La maraîchère n’est pas la seule à avoir souffert. Depuis le début de la semaine, partout sous les serres, les agriculteurs s’activent pour nettoyer. Si les dégâts, dans leur globalité, semblent avoir été moindres que lors de la tempête de 1999 pour la profession sur l’agglomération, les situations sont très disparates d’une exploitation à l’autre (voir par ailleurs).

Un tiers de la verrière tombée

Aurore Sournac affiche un timide sourire. Cette semaine, elle n’a pas pu assurer la livraison des quatre Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) qu’elle fournit depuis un an.

Les adhérents qui achètent à l’avance leur panier au producteur auraient pu ronchonner. Ils sont là à quatre pattes dans les salades sous ses serres. Certains remplissent des brouettes de débris de verres. D’autres font des allers-retours vers les bennes.

« Quand je lesai avertis que je ne pourrai pas fournir de légumes cette semaine, ils ont tout de suite compris et m’ont spontanément proposé un coup de main pour nettoyer ».

De Blanquefort, de Bruges, Le Bouscat, Macau, Pompignac, quelque 80 bénévoles sont venus lui prêter main-forte depuis le début de la semaine. Ce jeudi matin, Joëlle Corral a fait grève pour venir l’aider. « Je ne pouvais pas faire autrement, Aurore et son mari, je les adore. Cette solidarité fait de toute façon partie du contrat qu’on a passé avec elle dans le cadre de l’Amap. »

Une productrice de pommes du Réolais qui travaille aussi avec les Amap est également là avec son mari. Des viticulteurs de la FDSEA et du syndicat des Jeunes Agriculteurs ont fait le déplacement. « Quand on a vu que tout était par terre, tous seuls, nous n’y serions jamais arrivés. Heureusement qu’ils sont là, pour nous soutenir moralement aussi », souffle la maraîchère.

80 volontaires pour l’aider

Le décompte des carreaux cassés est impressionnant. Environ un millier. « À 15 euros le verre, faîtes le décompte. Je ne sais pas si on va pouvoir s’en sortir, désespère-t-elle. Cette serre, nous l’avons montée de nos mains, c’est notre outil de travail. »

Une main se pose sur son épaule. Celle de Gérard Sébie, responsable de l’Amap de Pompignac. Il a un contact d’assureur, membre de l’association, qui pourra peut-être l’aider à monter son dossier pour être indemnisée.

Deux mois, trois mois, peut-être un an. Aurore Sournac ne sait pas combien de temps il lui faudra pour relever la tête. « Le problème en ce moment, c’est que nous ne pouvons pas nous consacrer uniquement au nettoyage. Il faut planter les semis de pommes de terre, de fèves pour fournir les paniers dans les semaines à venir. »

Après avoir ramassé les morceaux de verre, il faudra ensuite monter sur la verrière et enlever les morceaux encore accrochés un à un. Un travail délicat. Lire la suite

Bon ap’ avec l’Amap de Mérignac

Sud-Ouest, Olivier Delhoumeau, le 20 Janvier 2009

MÉRIGNAC, ALIMENTATION. Une association pour le maintien de l’agriculture paysanne va voir le jour, samedi. Les Verts locaux attendent que des volontaires s’emparent du projet

Bon ap’ avec l’Amap

Le Vert est dans le fruit, et le projet en route. Samedi, si tout va bien, la ville de Mérignac aura son Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) comme de nombreuses autres villes de l’agglo.

Initiateur de la démarche, le groupe local des Verts organise la réunion fondatrice le samedi 24 janvier. « La relation entre l’alimentaire la santé et l’environnement est un sujet qui nous préoccupe », affirme Gérard Chausset, adjoint (Vert) à l’environnement et aux déplacements.

À ce titre, les écologistes mérignacais avaient été à l’origine d’un débat, le 2 décembre dernier, sur le thème de la relation entre certaines maladies chroniques et les pollutions environnementales. André Ciccollela, chercheur en santé environnementale et militant de la cause verte, était intervenu à cette occasion sur la question du lien entre des formes de cancer et l’utilisation de pesticides. « On a beaucoup oeuvré par ailleurs pour la mise en oeuvre d’un Plan santé à l’échelle de la ville. C’était un élément pivot de notre volonté politique au moment des élections », relate l’élu écologiste.

Formation d’un bureau

Après avoir joué le rôle de catalyseur, la section politique affirme désormais sa volonté de transmettre le bébé à la société civile. « Ce ne sera pas l’Amap des Verts. Les gens inscrits doivent se l’approprier. » La réunion de samedi fixera justement les premiers jalons, à savoir la formation du bureau associatif. Ceux qui en auront les rênes devront en déterminer l’organisation.

Rappelons à ce stade qu’une Amap se caractérise par le regroupement d’un ou plusieurs producteurs de fruits et légumes, qui vend directement au consommateur final en faisant l’impasse sur les intermédiaires classiques du commerce.

Selon le mode de fonctionnement habituel, le client verse à l’avance une somme qui lui donne droit, chaque semaine, à un panier de fruits et légumes de saison.

« Reste à trouver les personnes qui auront la disponibilité suffisante pour aller démarcher des producteurs », assure Sylvie Cassou-Schotte, adjointe à la cohésion sociale et urbaine.

Appui du Relais Amap 33

Problème, Mérignac ne compte pas actuellement de maraîcher sur ses terres. Pour assurer le circuit le plus court possible, l’Amap mérignacaise devra donc, au minimum, négocier avec les agriculteurs des communes voisines comme Bruges, Blanquefort… L’association bénéficiera néanmoins de l’appui du Relais Amap Gironde, lequel possède une base de données détaillée sur les producteurs locaux.

Tout en souhaitant passer le témoin, le groupe Vert se veut vigilant sur la qualité des produits. « On peut difficilement imposer le label bio, trop onéreux, mais les produits devront évidemment être naturels », assure Gérard Chausset.

Prix du panier étudié

Le bureau de l’association devra encore veiller à une certaine équité sociale. L’Amap devra être la plus ouverte possible aux différentes catégories sociales. Reprenant un titre paru dans la presse il y a quelque temps, « le bio, ça n’est pas que pour les bobos », Lire la suite

Manger bio, acheter local, ce n’est pas du luxe

actionconsommation.org, Lylian Le Goff, janvier 2008

Manger bio, acheter local, ce n’est pas du luxe

Le plaisir de manger fait place depuis des années à la notion de sécurité alimentaire : la chasse aux microbes, aux prions, aux pesticides, aux nitrates l’emporte sur la recherche des saveurs et du bien-être pour tenter de juguler les dérives de l’agro-industrie. Nombre de consommateurs manifestent – tout naturellement ! – de l’intérêt à l’égard d’un mode de production qui n’utilise pas de produits chimiques de synthèse pour respecter le développement naturel et la qualité des espèces, pour renouveler les ressources de la terre nourricière et pour préserver l’environnement dans toutes ses composantes, y compris sociales : l’agriculture biologique.

La bio c’est la vie – par définition ! – ; alors que la standardisation et l’industrialisation de l’agriculture la maltraitent, quand elle n’est pas éradiquée par l’irradiation des aliments.

Encore faut-il être cohérent : manger bio n’est pas une fin en soi, c’est une démarche de qualité qui doit donner du sens à un développement soutenable.

Le « plus bio »

Des études scientifiques montrent une densité en nutriments bien supérieure en faveur des aliments bio (en France avec l’INSERM de Montpellier pour l’ensemble des aliments ; au Danemark pour le lait ; aux USA et en Angleterre pour les fruits et légumes). Explication de ce constat : l’ensemble des procédés de l’agriculture biologique confère aux cultures et aux élevages une vitalité et une immunité naturelles qui, à la fois, permettent l’économie des traitements chimiques systématiques nécessités par la vulnérabilité des productions conventionnelles, et génèrent une bien meilleure densité en nutriments des produits – le « plus bio » – qui se traduit par davantage d’arômes, de saveurs et donc de plaisir en bouche !

Ce « plus bio » nous permet de renouveler notre potentiel vital. Les aliments doivent en effet nous apporter à la fois des matériaux et de l’énergie, qui n’est pas – seulement – celle que libère la combustion des sucres, des graisses et des protéines (notion classique), mais qui est aussi – et surtout – une « énergie vitale » restituée par l’aliment sous forme de composés à haut potentiel d’énergie (particulièrement les vitamines et oligo-éléments catalyseurs des réactions biochimiques cellulaires).

Le test des cristallisations sensibles, qui révèle la « vitalité » des aliments corrélée à leur teneur en éléments à haut potentiel d’énergie, témoigne nettement en faveur des produits bio ; il montre aussi à quel point l’irradiation des aliments détruit cette vitalité suite aux profondes altérations nutritionnelles, aux formations de radicaux libres et de produits de radiolyse.

Ce « plus bio » porte surtout sur des nutriments indispensables (que notre corps ne peut fabriquer à partir d’autres nutriments : un apport insuffisant génère des carences), tels que vitamines, minéraux et oligo-éléments, acides gras insaturés, certains acides aminés, fibres, composés végétaux dits bioactifs (tels que les polyphénols à anthocyanes, flavonoïdes et tanins, les caroténoïdes, les composés stéroïdes et aromatiques, les saponines …). Tous ces nutriments et composés ont des propriétés régulatrices, antioxydantes, anticancéreuses et par conséquent protectrices contre les maladies de surcharges et métaboliques – principalement l’excès de poids, le diabète, les maladies cardiovasculaires -, le vieillissement des cellules et les dégénérescences tissulaires – notamment du système nerveux -, les cancers.

Lorsque l’équilibre alimentaire permet l’équilibre de son budget.

La manière de manger importe autant que ce que l’on consomme ; de plus, c’est la condition nécessaire pour manger des produits bio sans dépenser (beaucoup) plus.

S’il est une règle d’or en nutrition, c’est bien de « manger de tout un peu ». Or, généralement, c’est l’inverse qui se produit : on mange peu en variétés d’aliments mais de trop. Lire la suite

CATA : quelle agriculture dans nos assiettes ?

Quelle agriculture dans nos assiettes ?

Par St Siméon le samedi, septembre 13 2008, 12:26 – SoutienLien permanent

Fougueyra

Dans la précédente gazette d’Utopia, on vous indiquait que nous vous ferions passer les infos de CATA33 par son biais, par courriel aussi, mais à cause des vacances, beaucoup d’entre vous n’ont pas eu les messages. Donc, on va dans cette nouvelle gazette, pour certains d’entre vous, rabâcher quelques mêmes trucs, mais qu’importe, vous en conviendrez, c’est pour la bonne cause.

Depuis que nous vous avons fait cette proposition le lundi 19 mai, lors d’une soirée à Utopia, d’acheter des parts de la SCI Terre du Fougueyra, grâce aussi au concert à l’église de St André de Cubzac, aux Nuits Atypiques, à Planète Floirac, au Forum social… aux AMAP, aux Groupements d’Échanges Locaux (GELS) – merci à tous ! – 218 personnes se sont portées acquéreurs de parts de la SCI Terre du Fougueyra pour la somme de 52 700 euros !!! (À l’heure où vous lirez ce billet, beaucoup d’entre vous seront rentrés, donc… ça doit faire un peu plus. Pendant que nous y sommes, maintenant que vous êtes de retour, merci à vous de penser à envoyer votre chèque et votre bulletin de souscription, dûment rempli, comme on dit, si ce n’est pas encore fait !)

Cependant, bien que cette somme soit importante, il n’y a pas encore le compte. C’est 80 000 euros qu’il faut pour accomplir notre commune destinée sur ce terrain, clamer, on va se gêner… stop à l’agriculture industrielle et à ses dérives, oui à une agriculture bio paysanne, nourricière et de proximité ! Ce Vendredi 19 Septembre donc, continuons à prouver aux sceptiques, aux rabat-joie, poil aux doigts, que oui, une autre agriculture peut être mise en place !

Pourquoi cette folle entreprise, pourquoi vouloir acheter ce terrain ? Nous nous sommes longuement expliqués il y a deux gazettes de cela, mais voici en plus quelques chiffres, oui, c’est ça, des chiffres, on dit toujours qu’ils parlent mieux.

Ça commence à se savoir, l’agriculture biologique, c’est bon pour nous, pour le moral, la biodiversité, l’eau, les sols ; son modèle de production aide à lutter contre les gaz à effet de serre, ses bienfaits écologiques, économiques, sociaux, encouragent les agriculteurs qui sont en conventionnel à convertir leur exploitation, les jeunes agriculteurs à s’installer, à reprendre les fermes des vieux paysans qui ont du mal à transmettre, mais allez savoir pourquoi, rien à faire, elle n’arrive pas à trouver sa place, ou très difficilement. Lire la suite

Cohérence entre écologie et économie, le marais doit vivre

Sud-Ouest, le 18 septembre, Michèle Méreau

ESTUAIRE. Une table ronde autour du problème de l’aménagement des zones humides a eu lieu samedi chez les éleveurs de la Bergerie des marais, à Anglade

Le marais doit vivre

France et Thierry Delottier avaient invité samedi dernier tout un chacun, et notamment ceux qui s’intéressent aux problèmes des zones humides, à se réunir dans leur bergerie à la Montagne, dans la commune d’Anglade. Une journée où des intervenants spécialisés dans ces questions ont pris la parole afin d’informer et de trouver des solutions aux problèmes rencontrés par les habitants, ou par ceux qui travaillent sur ces zones humides comme les éleveurs, les agriculteurs, certains prestataires de la sphère touristique…

France et Thierry Delottier sont particulièrement concernés car leur élevage de moutons, labellisés récemment « agneau de l’estuaire », est menacé dans la mesure où des constructions ne sont pas possibles pour permettre une meilleure exploitation en raison du Plan de prévention des risques inondations (PPRI). « Mais nous ne sommes pas les seuls, ce sont plus ou moins tous les marais en bord d’estuaire qui sont concernés en Haute Gironde », explique Thierry Delottier.

C’est pourquoi de nombreuses associations avaient aussi installé des stands à la Bergerie des marais : le Conservatoire de l’estuaire, Gens d’estuaire, les Moutonniers de l’estuaire…

Tous concernés. Pour Jean-Noël Fouchier et Véronique Savoie, de l’Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) à Saint-André-de-Cubzac, les agriculteurs et les éleveurs doivent pouvoir continuer leurs activités dans le marais malgré le PPRI, affirmant qu’elles ont existé de tout temps et sont bénéfiques pour l’avenir, respectant les grands principes écologiques.

Autre voix qui s’est élevée pour affirmer haut et fort l’affectation agricole de ces terres par tradition, celle de Simon Charbonneau, professeur de droit de l’environnement et adhérent à la Sepanso. Avec précision, il a argumenté pour montrer que « les PPRI sont trop rigides, ils évitent certains problèmes, mais créent des situations contraires à la biodiversité. » Lire la suite

La revanche du potager

La dépêche, le 7 septembre 2008, DDM

La revanche du potager

Alimentation. Nouvelle tendance chez les consommateurs. Certains veulent se nourrir exclusivement de produits du terroir. On les appelle les « locavores ».

Les villes pourraient retrouver leur ceinture verte. Avalées par les projets immobiliers, ces zones de maraîchage avaient quasiment disparu. Face à la crise de l’énergie, et à l’augmentation des coûts de transport, les haricots verts pourraient ne plus voyager dans les avions avant d’atterrir dans nos assiettes. Bientôt, ce sera hors de prix.

Problème d’énergie, mais aussi problème de pollution. Un aliment parcourt en moyenne 2 400 à 4 800 km entre le lieu de production et le lieu de consommation, avec des conséquences sur l’effet de serre. Depuis les années 1980, la distance a augmenté de 25 %.

Les haricots verts, l’hiver, viennent du Kenya. Les melons d’Amérique du Sud. Et même l’été, dans le Sud-Ouest, la tomate de Marmande est éclipsée par la tomate… bretonne qui tient mieux la route et la fraîcheur sur les étals des grandes surfaces. Et il n’y a pas beaucoup de différence de prix : 1,85 € le kilo pour la tomate bretonne, 1,80 € pour celle qui a été produite par un maraîcher local dans une ville de la Haute-Garonne hier. Et le goût ?

Pour retrouver la saveur des produits du terroir, le rythme des saisons, quelques millions de Français s’adonnent au jardinage. Et depuis peu s’abonnent aux Amap, les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (lire encadré). Ils consomment ce qui est produit localement. On les appelle les « locavores ».

L’idée n’est pas nouvelle, elle est même vieille comme le monde. Mais elle a germé de nouveau à la fin des années 1960 au Japon, après une pollution au mercure. Elle resurgit en France, ainsi qu’aux États-Unis. En 2005, quatre copines de San Francisco ont décidé de manger local afin de réduire l’effet de serre. En 2008, à Castelnaudary dans l’Aude, Stéphane Linou s’apprête à réaliser la même expérience.

Dans une région aussi gourmande que le Sud-Ouest, les locavores ne sont pas en peine et ne font pas d’indigestion de chou. Lire la suite

Favoriser l’accès collectif et solidaire au foncier et au bâti

Cdurable infos, le mardi 9 septembre 2008, David Naulin

Favoriser l’accès collectif et solidaire au foncier et au bâti

Terre de liens : s’unir pour agir

En milieu préiurbain, l’extension des zones urbaines et la pression qu’elles exercent sur le foncier rendent l’accès à la terre cher et difficile pour des projets agricoles alternatifs. La seule solution pour acquérir du foncier actuellement est souvent un endettement qui peut peser sur le bon développement des activités. Pourtant, il est fondamental de conserver des terres agricoles dans les régions périurbaines qui bénéficient en outre d’un fort potentiel de développement d’activités alternatives à la grande culture, grâce à la proximité des agglomérations. En Ile-de-France par exemple, la volonté de la société est réelle de s’engager pour soutenir une agriculture respectueuse des hommes et de l’environnement, ainsi que le montrent le succès de la SCI Terres Fertiles et le développement des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) dans la région. Terre de Liens a été fondée en 2003, suite aux conclusions d’un groupe de travail sur le foncier créé en 1998 par l’association RELIER (Réseau d’Expérimentation et de Liaison des Initiatives en Espace Rural). Une charte a été rédigée pour définir le type de projets soutenus (agriculture paysanne, biologique…). Le mouvement Terre de Liens est une dynamique nationale qui porte sur l’accès collectif et solidaire à la terre. Le mouvement est constitué d’une association nationale, de dix antennes et associations relais en régions, de la Foncière Terre de Liens, outil financier d’épargne solidaire, et bientôt d’une Fondation Terre de Liens, reconnue d’utilité publique.

L’association Terre de Liens

La Fondation Terre de Liens

La Foncière Terre de Liens

Construire un projet : Acheter à plusieurs, oui, mais comment ?

La Fondation de France soutient l’association Terre de Liens : vidéo

L’association Terre de Liens

Terre de Liens a été créée en 2003. Elle est née du constat de l’urgence à agir face à la disparition de terres agricoles (notamment à cause de la spéculation foncière et à la pression environnementale sur les sols et la biodiversité) et à la difficulté pour les agriculteurs de s’installer ou de transmettre leur ferme. Lire la suite

Ecologie. Le B.a.-ba des gestes à adopter d’urgence

Paris-Match, le 3 Septembre 2008, Emilie Blachère

Ecologie. Le B.a.-ba des gestes à adopter d’urgence

Ecolo, la chasse au gaspi est ouverte. Au bureau, à la maison, au supermarché, vous ne savez par où commencer? Suivez le guide.

Match Art de Vivre

Je contrôle ma boulimie d’électricité

Passez un coup de chiffon sur les ampoules, cela améliore leur flux lumineux de 40 %. De plus, en privilégiant les ampoules fluorescentes à basse consommation, vous utiliserez 5 fois moins d’électricité. Autre avantage ? Elles durent 10 fois plus longtemps que les ampoules à incandescence. Alors, pour avoir bonne conscience, suivez ce conseil. Selon Nicolas Hulot, si chaque foyer participe, on fermera quatre centrales nucléaires.

www.fondation-nicolas-hulot.org, www.zone-ecolo.com.

Faites la chasse aux « lumières rouges » et économisez 10 % de votre budget électricité : le coût moyen des veilles est de 15 à 50 euros par ménage et par an. Par exemple, débranchez systématiquement le chargeur de votre téléphone. Une petite astuce pour gagner du temps et de l’argent : investissez dans des multiprises à interrupteur. En un seul geste, tout est éteint.

Je nettoie bio

Les lingettes, à la poubelle ! Leur emploi multiplie par 12 les dépenses et génère par an et par foyer 23 kilos de déchets. En comparaison, les nettoyants classiques en produisent 1,16 kilo. Le choix est vite fait.

Ressortez les trucs de grand-mère : décapez les surfaces émaillées au bicarbonate de soude. Faites briller les vitres avec du vinaigre, c’est efficace et le litre coûte moins de 1 euro.

En partie responsables du trou dans notre couche d’ozone et surtout dangereux pour la santé, les produits contenant des composés organiques volatils (COV) sont bannis des placards. On consulte la liste noire sur www.ademe.fr et on choisit des détachants verts sur www.toutallantvert.com.

Je deviens un pro du tri

Le mode d’emploi du tri est différent dans chaque municipalité. Au préalable, renseignez-vous Lire la suite

Les AMAP, ou l’agriculture autrement

La Croix, 24 août 2008, Corine BOYER

Ces associations resserrent les liens entre des producteurs de fruits et légumes biologiques et leurs clients

En cette fin d’après-midi, les voitures défilent devant le magasin qui jouxte les serres et les vergers de Denise et Daniel Vuillon. « J’espère que vous aimez les tomates ! », lance en rigolant Daniel aux 65 familles d’« Amapiens » venues chercher un panier fruits et légumes aux Olivades, leur exploitation située à Ollioules (Var). Pour 27,50 €, ils repartent avec dix produits différents, cueillis le matin même : pommes de terre, melon, brugnons, oignons rouges… et 11 kg de tomates rouges, cœur de bœuf, noire zébrée, verte…

« Cette diversité de produits, c’est super ! Leur goût est plus marqué qu’en supermarché où ils sont pleins d’eau », s’enthousiasme Paola, libraire, adhérente depuis cinq ans à l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), fondée en 2001 par le couple Vuillon. « Ces produits cultivés sans produits chimiques sont rassurants et je préfère donner directement mon argent à un paysan plutôt qu’à la grande distribution », ajoute Simon, un marin toulonnais.

Afin de perpétuer cette alternative, Nadine s’est portée volontaire pour récolter les patates douces le lendemain. « Si nous, consommateurs, voulons continuer à manger des produits sains, il faut se mobiliser ! Et puis se casser le dos ensemble, ça crée des liens ! », sourit cette institutrice de 52 ans.

210 familles abonnées

Et des liens, Denise et Daniel Vuillon en ont noué avec 210 familles abonnées aux trois distributions hebdomadaires de leur Amap. Sept ans après avoir importé le concept en France, le couple de maraîchers continue avec passion à promouvoir ce système, qui permet à un groupe de consommateurs de bénéficier d’un panier de fruits et légumes de saison bio, moyennant un prépaiement six mois à l’avance. Grâce à cette sécurité financière, l’agriculteur peut maintenir son activité et les consommateurs, manger des produits fraîchement cueillis dont ils connaissent l’origine. Lire la suite