La nouvelle donne du ministère de l’écologie

novethic.fr, Véronique Smée, le 15 octobre 2010

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La nouvelle donne du ministère de l’écologie

Nathalie Kosciusko-Morizet est nommée ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement dans le nouveau gouvernement annoncé dimanche 14 novembre. Elle devient numéro quatre du gouvernement mais n’est pas ministre d’État, contrairement à Jean-Louis Borloo, qui quitte le gouvernement.

François Fillon a nommé Nathalie Kosciusko-Morizet ministre de l’Écologie. Elle était auparavant secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique. Agée de 37 ans, elle a occupé la fonction de secrétaire d’Etat à l’écologie de juin 2007 à janvier 2009, date du dernier remaniement. Beaucoup avaient évoqué à l’époque sa nomination à l’économie numérique comme une « punition » , après ses prises de position et ses critiques contre les lobbies lors du vote de la loi sur les OGM, dont elle s’était finalement excusée sous la pression du Premier ministre, François Fillon.

Député de l’Essonne avant son entrée au gouvernement, elle a également été rapporteur de la Charte de l’environnement à l’Assemblée nationale et a participé au processus du Grenelle de l’environnement.

Si NKM conserve deux secrétaires d’Etat qui lui sont rattachés -Benoist Apparu, qui demeure secrétaire d’État au Logement, mais plus à l’Urbanisme; et Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse qui devient secrétaire d’Etat aux Transports à la suite de Dominique Bussereau-, elle perd en revanche Valérie Létard, en charge des technologies vertes auprès du ministère, qui quitte le gouvernement. Enfin, l’ex-secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno est nommée secrétaire d’Etat aux sports.

Un portefeuille plus restreint

Lors du précédent remaniement, le portefeuille de Jean-Louis Borloo (numéro 2 du gouvernement) avait été élargi à la Mer, aux technologies vertes et aux négociations climatiques. Quatre pôles opérationnels avaient été définis : transports, aménagement du territoire, politiques énergétiques, ressources naturelles et biodiversité. Ce n’est plus le cas dans les nouvelles attributions du Ministère : l’énergie est confiée à Eric Besson, nommé ministre de l’Industrie, de l’énergie, de l’économie numérique. L’aménagement du territoire intègre le portefeuille de Bruno Le Maire, désormais ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire.

Critiques des écologistes

S’ils saluent la compétence de NKM et son courage politique, le fait que l’énergie soit retirée du nouveau ministère fait l’objet de vives critiques de la part des écologistes. « Pour l’avenir des énergies renouvelables, c’est catastrophique », a déclaré Arnaud Gossement (Droit et Environnement). « Il y a des forces hostiles à nos propositions, le monde de l’industrie fossile et nucléaire. Ils ont gagné ce soir », a également déclaré à l’AFP le directeur-général du WWF Serge Orru. Le parti de Corinne Lepage CAP 21 a indiqué dans un communiqué que Lire la suite

Journée annuelle des associations liées à l’environnement en Aquitaine le mercredi 10 novembre sur le thème de la biodiversité

DREAL Aquitaine (ex DIREN), extrait courrier d’invitation, le 27 octobre 2010

Journée annuelle des associations liées à l’environnement en Aquitaine

La DREAL Aquitaine vous propose une cinquième rencontre des associations autour du thème de la biodiversité.

Cette journée annuelle, véritable espace de rencontres et d’échanges avec l’équipe de la DREAL et les associations liées à l’environnement en Aquitaine, aura lieu dans le département de la Gironde, à la Maison de la Nature du Bassin d’Arcachon.          

Le mercredi 10 novembre 2010 de 9h00 à 17 h00 au Teich, à l’entrée du parc ornithologique (05 56 22 80 93).

La matinée sera consacrée, de manière libre et informelle, aux divers sujets que vous voudrez bien présenter.

Les chargés de mission et chefs de service de la DREAL présents répondront à vos questions.

Aux alentours de 12 h, aura lieu la  signature de la première convention Mécénat signée en Aquitaine, entre le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne et l’entreprise TIGF, concernant le reboisement et l’expérimentation lié à la diversification des espèces et au maintien de la biodiversité, sur la commune de Sore.

Durant l’après-midi, le thème cité ci-dessus sera illustré d’expériences concrètes présentées par des partenaires diversifiés, avec, en particulier, la venue de Mr Bernard Crescens, ancien directeur du WWF.

De 9 h 00 à 9 h 30 : Accueil des invités autour d’un petit déjeuner biologique.

De 9 h 30 à 10 h 30 : Les principaux chantiers de l’environnement en Aquitaine en 2010.

Patrice RUSSAC (Directeur Régional de la DREAL)

Jean-Pierre THIBAULT (Directeur Adjoint de la DREAL)

Gérard CRIQUI (Directeur Adjoint de la DREAL)

Philippe ROUBIEU (Directeur Adjoint de la DREAL)

De 10 h 30 à 12 h 00 : Echanges informels entre les associations et les directeurs, à partir de questions posées par les associations.

De 12 h 00 à 12 h 30 : Signature de la première convention Mécénat, entre le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne et l’entreprise TIGF, concernant le reboisement et l’expérimentation liés à la diversification des espèces et au maintien de la biodiversité, sur la commune de Sore.

12 h 30 à 14 h 00 : Poursuite des échanges autour d’un repas.

De 14 h 00 à 14 h 30 : « La biodiversité ordinaire » par Lire la suite

Isabelle Autissier : « N’attendons pas que de belles décisions nous tombent sur la tête et qu’il y ait des sauveurs de la planète qui se manifestent. »

actu-environnement.com, Propos recueillis par Agnès Sinaï, le 19 juillet 2010

http://www.actu-environnement.com/ae/news/interview-isabelle-autissier-wwf-10714.php4#xtor=EPR-1

Mieux vaut inventer une autre façon de faire pour continuer à naviguer ensemble

 « N’attendons pas que de belles décisions nous tombent sur la tête et qu’il y ait des sauveurs de la planète qui se manifestent. » C’est en substance la doctrine du PANDA que nous relaie Isabelle Autissier, présidente du WWF France.

Actu Environnement : Quels sont les dossiers qui vous occupent actuellement ?

Isabelle Autissier : Il y a eu les discussions autour du Grenelle 2, la marée noire du Golfe du Mexique, bien que le WWF France ne soit pas en première ligne sur ce dossier. Et tout ce qui tourne autour de l’année de la biodiversité, avec la création de l’IPBES (Intergovernmental Science Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services). Et il y a le dossier de l’eau, grande oubliée du Grenelle, qui est lié à l’agriculture, sur lequel je rencontre beaucoup d’acteurs. Il y a longtemps que le WWF travaille sur la qualité de l’eau, sur les raisons des pollutions, en particulier la question agricole, qui n’a pas beaucoup avancé. Or c’est une des causes majeures de la pollution des eaux. Il se trouve que la France est en train d’affiner ses arguments pour la renégociation de la PAC. C’est l’occasion de pousser le plus fort possible pour que soit reconnue à un certain type d’agriculture la qualité de l’environnement, de la biodiversité et de la nature et que ce soit cette agriculture là qu’on favorise au détriment de celle qui consomme beaucoup de polluants et qui ne donne pas une nourriture extraordinaire. Malheureusement ce n’est pas si simple que ça. On en est encore à subventionner des exploitations agricoles qui utilisent beaucoup d’intrants et qui sont très mécanisées, par rapport à des agricultures, biologiques ou durables – qui emploient de la main d’œuvre et permettent aux gens de vivre correctement. Même dans la logique actuelle du marché, ces agricultures fonctionnent. Du point de vue des comptes, il est évident que même l’agriculture productiviste a des coûts lourds. Le WWF a d’ailleurs demandé un rapport de la Cour des comptes sur la responsabilité des pouvoirs publics et le coût supporté par les Français depuis 1980 pour ces aides dommageables à l’environnement.

AE : La trame verte a été remise en question par la commission mixte paritaire du Grenelle II. Comment réagissez-vous à cette décision ?

Isabelle Autissier : On est extrêmement déçus ! On avait déjà vigoureusement protesté sur le fait que la trame verte n’était pas opposable localement ou régionalement. Et maintenant voilà qu’elle n’est pas opposable nationalement ! En résumé, on vous demande d’être gentil avec la nature, et puis s’il y a une autoroute à faire passer, excusez-moi M’sieursdames ! En gros, on n’a aucune compensation à envisager, on n’a pas à se poser la question de savoir s’il faut aménager des passerelles pour que les animaux puissent migrer, donc on fait comme d’habitude, et ce n’est pas la peine d’avoir inventé le concept de trame verte et bleue si c’est pour ne rien en faire. A partir du moment où cette mesure n’est plus obligatoire, elle sera laissée au bon vouloir des acteurs locaux. Or l’érosion de la biodiversité devait être stoppée en 2010, selon l’engagement de la communauté internationale, ce qui est loin d’être le cas. D’un côté on voit que les choses se dégradent, de l’autre on invente des outils pour ne pas les utiliser !

AE : Quels sont les prochains grands rendez-vous environnementaux de l’année ?

IA : Il semblerait que la Plate-forme scientifique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) soit sur les rails, ce qui est une bonne nouvelle, si cet organisme acquiert la même puissance que celui sur le climat. Reste à voir jusqu’où Lire la suite

Serge Orru – L’écologie va réinventer la politique et la politique va réinitialiser l’écologie.

lexpress.fr, Serge Orru, le 6 avril 2010

Flagrant état d’hybridité de l’écologie avec la politique

L’écologie va réinventer la politique et la politique va réinitialiser l’écologie.

La chronique de Serge Orru, du WWF.

Autrefois dédaignée et souvent raillée, l’écologie est aujourd’hui un argument électoral, un véritable sujet de société. L’écologie atterrit en politique et se retrouve tant aimée ou vilipendée. Elle butine à gauche, elle butine au centre et butine à droite. Elle est verte, rose, bleue. Chaque parti politique offre opportunément ses arguments environnementaux. Mais pourquoi ne reste-t-elle encore qu’une simple variable d’ajustement dans une France qui se hâte lentement vers sa transformation verte. L’écologie ne peut rester en ballottage car elle est la problématique d’émancipation de l’homme au XXIe siècle.

L’actualité montre que la politique et l’économie se sont engouffrées dans l’écologie. Car c’est un atout pour gagner des voix en proposant la prospérité verte.

L’écologie non politique, celle des naturalistes, ne dérange guère de monde, et est hélas ignorée. On aime les baleines et les pandas, mais dès que l’on évoque les émissions de gaz à effet de serre, les déchets nucléaires, les OGM, les incinérateurs, le tout-routier, l’agriculture intensive et ses pesticides, le lien environnement-santé, l’écologie devient alors trop visible voire agaçante et gênante. Car elle demande des changements rapides et radicaux. Face aux récents reculs, les écologistes restent déterminés et toujours impatients.

Les enjeux sont toujours là. Les enjeux, justement… le plus connu, le péril climatique, est remis en question malgré l’avis de milliers de scientifiques que d’aucuns transforment pernicieusement en comploteurs… Et quand bien même les écologistes se tromperaient-ils… serait-ce une raison pour continuer à dilapider notre patrimoine naturel et dévorer la biodiversité de notre unique planète bleue comme une orange ? Une raison pour éventrer les forêts boréales de la Colombie Britannique pour en extraire des sables chargés de pétrole ? D’applaudir des deux mains la fonte des glaces qui permettra d’aller puiser d’autres ressources ? Combien de temps resterons-nous fossiles dans ce monde fini à l’inconscience infinie…

Ce que propose l’écologie n’est pas une punition. Ni une contrition face à l’apocalypse. Il s’agit de revoir le sens du progrès, de nos vies et celles des générations futures. L’écologie politique connaîtra l’âge de raison. Aujourd’hui, c’est une période plus instable qui s’ouvre. Place à son adolescence et à sa créativité bouillonnante. Mais l’écologie est entrée dans la Cité et dans les consciences. Elle n’en sortira plus. N’en déplaise aux rois du carbone.

Progressivement, l’écologie politique sera intégrée dans les programmes des partis politiques avec la même force que Lire la suite

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 22 janvier 2010

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

Ambiance morose que celle dans laquelle s’est déroulé, vendredi 22 janvier, le comité de suivi du Grenelle de l’environnement, qui réunit tous les trois mois les cinq collèges participant au processus (ONG, syndicats, patronat, collectivités locales, Etat).

Echec de la négociation sur le climat à Copenhague ; censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel ; report après les élections régionales (14-21 mars) de l’examen de la loi Grenelle II par l’Assemblée nationale, alors qu’il était initialement prévu en janvier ; regain de l’affrontement entre lobbies patronaux et écologistes… L’élan consensuel qui avait abouti, en octobre 2007, aux 273 engagements censés impliquer la France dans une « évolution écologique » semble bien loin. Deux ans et demi plus tard, le Grenelle est-il en panne ? Si l’impatience monte dans les syndicats et les ONG, certains acteurs soulignent, eux, les premiers progrès accomplis.

Les commentaires les plus acerbes viennent des associations écologistes de terrain. « C’est comme si le Grenelle n’avait pas existé, affirme Gilles Huet, délégué général d’Eaux et rivières de Bretagne. Il n’a pas eu de traduction concrète sur le terrain. La dynamique n’est pas portée au niveau régional, notamment par les fonctionnaires. » Même son de cloche chez Alsace Nature. « Ça n’a pas changé la face du monde, dit son directeur, Stéphane Giraud. L’autoroute de contournement de Strasbourg a été maintenue. Dans le dossier du grand hamster, une espèce au bord de l’extinction, c’est la Commission européenne qui pousse le gouvernement à réagir, pas le Grenelle. »

Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, ONG écologiste du Sud-Ouest, est sévère, lui aussi. « Seuls les discours ont changé, affirme le militant. Les projets sont badigeonnés en vert, comme la ligne à grande vitesse qui va passer dans notre région. On continue à grignoter la biodiversité. »

Nombreuses sont les associations qui se battent contre les projets d’aménagement jugés « contraires » au Grenelle, souvent portés par des élus locaux.

« Le Grenelle n’a pas été territorialisé, analyse Arnaud Gossement, ancien porte-parole de France nature Eevironnement (FNE), qui fédère ces associations. L’Etat n’a pas non plus donné les moyens de fonctionner aux ONG locales, qui sont dans une situation financière extrêmement difficile. La déclinaison dans les territoires doit avoir lieu rapidement, sinon le processus sera en grand danger. »

Mais au niveau national aussi, un malaise est perceptible, ravivé par le débat sur l’assiette de la taxe carbone. « L’argument de la compétitivité revient très fort de la part du patronat, constate Jean-Pierre Sotura, à la CGT. Les intérêts pèsent pour éviter que les choses se mettent en place ». « On sent très bien que plus le Grenelle s’éloigne dans le temps, plus le ton se durcit, confirme François Veillerette, président de l’association écologiste Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF). Le rapport de forces entre les ONG et l’industrie reprend du poil de la bête. »

Dans le même temps, il devient « plus difficile » de parler de développement durable aux salariés, selon Jean-Pierre Bompard, à la CFDT. « Le Grenelle remonte à 2007, il a perdu une partie de son attractivité, la crise économique est passée par là, estime le syndicaliste. Aujourd’hui les salariés sont confrontés à une crise de l’emploi, et ont en même temps le sentiment que Copenhague a été un échec. L’idée qu’il faut d’abord résoudre les problèmes urgents progresse. »

Le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo sent le danger. Il a Lire la suite

Les ONG et l’alerte écologique

laviedesidées.fr, Sylvie Ollitrault, le 8 décembre 2009

Les ONG et l’alerte écologique

La préoccupation écologique semble aujourd’hui faire consensus. On en oublierait presque que ce sont des ONG, longtemps perçues comme marginales, qui les premières ont donné l’alerte et porté le mouvement pour la protection de la planète. Retour sur trente années de mobilisations qui ont changé les représentations.

La défense de l’environnement appartient à la catégorie de ces grandes causes mondialisées comme la lutte contre les discriminations ou la promotion des droits de l’homme. Ce qui se joue à Copenhague relève d’un agenda international qui réunit les représentants des gouvernements, les experts internationaux et les organisations non-gouvernementales (ONG). Le rôle de ces dernières en matière de protection de la planète est complexe ; toutefois, depuis l’origine, le cœur de leur action consiste à informer l’opinion publique et à diffuser l’idée que les enjeux environnementaux réclament des décisions d’urgence. Il s’agit pour elles d’alerter l’opinion, de souligner les paradoxes des politiques publiques internationales – notamment les écarts de conduite des États.

Cependant, à l’occasion de cette conférence, on peut constater que les ONG ont peu renouvelé leur répertoire d’action collective, c’est-à-dire les manières et les mises en scènes permettant de porter la plainte ou de défendre un intérêt (en l’occurrence, la défense de l’environnement). Si le scénario est si bien réglé que les acteurs ne font pas preuve d’inventivité, c’est que les organisations sont de véritables professionnelles de la contestation et que leur savoir-faire militant est extrêmement bien rôdé.

Dans la galaxie des contestataires écologistes, certains groupuscules affectionnent l’action directe sans pesanteur organisationnelle (anti-pub, antivivisection, etc.), d’autres réseaux d’obédience anarchiste et antimondialisation peuvent choisir des modes de vie radicalement alternatifs (squatt, retour à la nature). Les partis politiques écologistes, quant à eux, impulsent de nouvelles orientations, relaient des préoccupations notamment environnementales. Tous ces acteurs interagissent, parfois se connaissent, se croisent au moment des grandes mobilisations fédératrices. Néanmoins, les ONG ont un profil tout à fait singulier et incontournable au niveau des négociations internationales. Tour à tour expertes mandatées par les institutions internationales (onusiennes) ou agitatrices maniant l’arme de la mobilisation de l’opinion publique, certaines savent jouer des deux registres tandis que d’autres, en raison de leur histoire, excellent dans l’un plutôt que dans l’autre. WWF, Sierra Club ou IUCN sont reconnus par leurs travaux d’expertise sur les questions de protection, tandis que Greenpeace ou Les Amis de la Terre ont une image de trublion qu’elles utilisent à dessein. Le paysage français de la défense de l’environnement à un niveau planétaire s’est trouvé, depuis le milieu des années 1990, transformé par l’action locale de ces ONG, nées outre-Atlantique, et par l’émergence d’un nouvel entrepreneur en mobilisation, Nicolas Hulot, qui reprend des registres d’action déjà éprouvés mais en y ajoutant son aura médiatique et son style personnel.

Au moment où commence la conférence de Copenhague, cet article se penche sur le dynamisme de la mobilisation écologiste qui, à force de persévérance, a réussi à imposer ses préoccupations sur les agendas internationaux. Les ONG, aux profils si variés, sont parvenues à impulser des orientations environnementales ambitieuses alors que les acteurs politiques locaux peinaient à exiger l’application de ces mesures internationales. Dans un contexte où les questions environnementales sont prises au sérieux par les opinions publiques nationales et où les bonnes volontés politiques s’affichent de toutes parts, les ONG doivent-elles renouveler leur positionnement ? En effet, de nouveaux acteurs se déclarent écologistes (entreprises) et d’autres se disent prêts à réformer dans ce sens (les dirigeants politiques). Par exemple, le style de la Fondation de Nicolas Hulot est-il Lire la suite

ONG à Copenhague : Une mobilisation militante à l’ampleur inédite

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 12 décembre 2009

Une mobilisation militante à l’ampleur inédite

Pour Jorn Andersen, moustache et cheveux poivre et sel, le succès est déjà au rendez-vous : « 522 organisations de 67 pays ont appelé à la manifestation de samedi. Ce sera le plus grand rassemblement au Danemark depuis les protestations contre la guerre en Irak ». M. Andersen est un des militants danois qui préparent depuis des mois ce qui sera sans doute la mobilisation la plus importante jamais vue sur le changement climatique.

La manifestation devait partir en début d’après-midi de la place du Parlement, au centre de la capitale danoise, pour rejoindre le Bella Center, à six kilomètres, où se tient la Conférence sur le climat des Nations unies. Le mot d’ordre : « changer le système, pas le climat » (system change, not climate change). Multicolore et internationale, elle réunit les associations écologistes traditionnelles (Greenpeace, WWF, etc.), mais aussi le mouvement altermondialiste réuni dans la coalition Climate Justice Now, et une coalition plus nettement anticapitaliste, Climate Justice Action.

« JUSTICE CLIMATIQUE »

Ce rassemblement marque l’élargissement de la question climatique au-delà de l’environnement, jusqu’aux questions économiques et sociales. Pour Christophe Aguiton, d’Attac, « le premier enjeu est d’obtenir un bon accord, qui reconnaisse la responsabilité historique des pays du Nord, qui n’introduise pas les mécanismes de marché dans le changement climatique, qui trouve des ressources pour le Sud. Mais il y a un deuxième enjeu : que les mouvements sociaux s’impliquent dans cette bataille pour exiger la justice climatique ».

Depuis deux jours, les militants arrivent par train, auto ou bus, logeant en appartements communautaires, dans des entrepôts aménagés, chez des amis, voire dans des caravanes. Leurs motivations sont diverses. Pour Corrina Cordon, venue de Londres, « la croissance n’est plus possible, on attend de la manifestation que le public puisse dire qu’il faut faire quelque chose pour que ça change« . Jonas Schnor, étudiant danois en théâtre, pense que « la façon dont nous vivons est mauvaise pour la planète, nous devons changer. Moi, je vivrai avec moins de consommation que mes parents« . Karine Plantier est venue de Nantes dans un bus alimenté à l’huile de tournesol. Elle vient « dénoncer » le projet d’aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Si les Européens domineront la manifestation, la conférence de Copenhague suscite un intérêt planétaire exceptionnel. « La couverture de l’événement est très importante au Brésil, dit Andrea Fran, un journaliste brésilien, il y a même une télé qui fait une émission d’une heure par jour sur ce qui s’y passe. »

Quel impact la manifestation aura-t-elle sur la négociation ? Elle appuiera nettement Lire la suite

Dur, dur, d’être écolo

lexpress.fr, Eric Lecluyse, Richard De Vendeuil, le 09 novembre 2009

Dur, dur, d’être écolo

Se soucier de l’état de la planète, c’est bien. Sauf quand le quotidien du citoyen « vert » devient un parcours du combattant. Et vire au stress, voire à la parano.

Depuis quelques semaines, avec la disparition des ampoules à filament de 100 watts et plus, un étrange spectacle se répète au rayon luminaires des grands magasins. Des grappes de clients hagards tentent désespérément de décrypter les étiquettes des lampes basse consommation ou d’accrocher un vendeur qui les sauvera (peut-être) de l’enfer. Certains transpirent même carrément d’angoisse, depuis qu’ils ont vu la vidéo alarmiste postée sur DailyMotion par Annie Lobé, une journaliste indépendante. La dame -dont on n’entend que la voix off- y compare les champs électromagnétiques émis par les ampoules classiques et par les fluo-compactes, très inférieurs. Les fréquences basses « sont des cancérogènes possibles pour l’homme », affirme-t-elle, citant un rapport de l’Agence internationale de recherche sur le cancer. Le tout sans apporter d’autre preuve scientifique que son « gaussmètre », un boîtier mesurant les fameux champs, filmé en gros plan. Panique chez les internautes. Au point que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a dû publier un avis pour rassurer le public. Annie Lobé, elle, se défend : « J’apporte des élements scientifiques et j’émets des hypothèses ».

conso verte: des sites utiles

Pour mieux choisir, Mescoursespourlaplanete.com : un guide soutenu par l’Ademe, avec de nombreuses fiches produit, de l’épicerie aux vacances équitables.

Pour repérer ceux qui abusent, Observatoiredelapublicite.fr : les pires marques du greenwashing (ou « écoblanchiment », procédé qui consiste à faire passer pour vert ce qui ne l’est pas) sont épinglées par ce site qui émane de l’Alliance pour la planète (groupement d’associations écologistes).

Pour échanger, Planete-attitude.fr: édité par le WWF-France, ce réseau social est un lieu d’échanges et de débats, de la meilleure façon d’introduire le bio dans les cantines à la préservation du loup…

N’empêche. Réchauffement climatique, famine, désertification, taxe carbone : les nerfs sont à vif. Même les gosses s’y mettent. « Maman, tu aurais dû jeter ce papier dans la poubelle à recycler », lance Grégoire, 6 ans, à sa mère, débordée. Et Nicolas Hulot qui enfonce le clou, avec son documentaire Le Syndrome du Titanic, tour d’horizon affolant de notre amie la Terre martyrisée par l’Homme. Certes, il faut bien donner l’alerte, puisqu’il y a urgence, mais comment empêcher qu’une affreuse angoisse ne submerge ceux qui ont capté le message ? L’autre jour, j’ai lu un article sur la qualité de l’eau potable dans certains coins de Paris, ça m’a fait flipper », confie la jeune actrice Sara Forestier au magazine Elle. Et flipper peut mener loin. « Les piles, ça ne se jette jamais, c’est quand même pas compliqué d’aller dans un centre de tri en un coup de Noctambus ! » hurle Valérie Lemercier dans son dernier spectacle, en écolo givrée tellement préoccupée de l’état de la planète qu’elle harcèle ses voisins jusqu’à pas d’heure pour qu’ils trient leurs déchets.

« A force de voir la vie comme une série de nuisances, une source d’émissions de carbone et de pollutions diverses, on tombe dans l’anxiogène, confirme la géographe Sylvie Brunel, auteure de A qui profite le développement durable ? (Larousse). Hélas, donner mauvaise conscience et demander aux gens de se repentir est au cœur du discours écolo! C’est même le nerf de la guerre. L’empreinte écologique -l’impact des activités humaines sur les écosystèmes- est une façon de nous dire: ‘Combien de bonnes terres gaspillées par votre train de vie!' »

Des labels trompeurs…

Le citoyen « vert » a compris qu’il devait changer de comportement. Oui, mais Lire la suite

Bayonne les 6 et 7 novembre : Forum sur le changement climatique

sudouest.com, NC, le 4 Novembre 2009

ENVIRONNEMENT. Un forum sur le changement climatique se tiendra vendredi et samedi à Bayonne

Il faut préparer les esprits

Le forum sur le changement climatique organisé à Bayonne les 6 et 7 novembre s’inscrit en pleine actualité. Un mois plus tard, en effet, du 7 au 12 décembre, se tiendra à Copenhague la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Laquelle doit déterminer les objectifs et les solutions à mettre en oeuvre à l’échelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto qui prend fin en décembre 2012.

Et le forum de Bayonne coïncidera avec la dernière séance de travail avant la Conférence sur le climat. Elle aura pour cadre Barcelone, du 2 au 6 novembre. Ce sera le « dernier round avant Copenhague », comme dit Jean-Noël Etcheverry, de la fondation Manu Robles-Arangiz, organisatrice de la manifestation avec les Amis de la Terre, Attac, Bizi ! et Survie.

Avant Copenhague

Le forum de Bayonne aura pour but, indiquent ces associations, de « transmettre l’information et d’activer la population », afin d’influer sur les chefs d’Etat qui se réuniront à Copenhague. Le forum débutera vendredi à 20 h 30 au grand amphi de la faculté de Bayonne. Les intervenants seront Patrick Piro, journaliste spécialisé en questions environnementales, Cyrielle den Hartigh, des Amis de la Terre, Jean-Stéphane Devisse, responsable du pôle Changement climatique de WWF, coordonnateur de l’action des ONG pendant le Grenelle de l’environnement, et Hervé Le Treut, climatologue. Ils débattront des causes et des conséquences prévisibles du changement climatique, montreront l’importance et les enjeux du sommet de Copenhague.

Le lendemain, à 10 h 30, à l’amphi de l’IUT de Bayonne, Geneviève Azam, maître de conférence en économie, membre du Conseil scientifique d’Attac, exposera les mesures à prendre pour lutter contre ce réchauffement climatique, au Nord et au Sud, qui « met en danger les moyens d’existence et les vies de milliards d’êtres humains et menace d’extinction des millions d’espèces ».

A partir de 14 h 30, au même endroit, Cyrielle Den Hartigh, Jean-Stéphane Devisse et l’agronome Philippe Pointereau présenteront les alternatives locales au changement climatique. Et enfin, à 17 h 30, le mot de la fin (provisoire) appartiendra à Christophe Aguiton, membre du conseil scientifique d’Attac. Il reviendra sur Lire la suite

Jean Gadrey et Enrico Giovaninni – Rapport Stiglitz : accords et désaccords

planete-terra.fr, Karine Le Loët, septembre 2009

Rapport Stiglitz : accords et désaccords

Jean Gadrey et Enrico Giovaninni, deux économistes qui ont participé au travaux de la commission, divergent sur les recommandations du rapport Stiglitz visant à développer de nouveaux indicateurs pour mesurer la richesse des nations.

Terra eco : Que pensez-vous du rapport de la commission ?

Jean Gadrey : « C’est évidemment un événement à saluer. Un nombre important d’experts de renom a reconnu les fortes limites au PIB. C’est une victoire. J’ai néanmoins des réserves vis-vis de ce rapport. La méthode a laissé peu de place à la société civile. On a fait de l’expertise en chambre. La commission était composée à 90% d’économistes. Ce n’est pas la même chose que si on avait eu autour de la table WWF, les Amis de la Terre ou le réseau Alerte. Du coup, j’étais par exemple le seul à soutenir l’empreinte écologique, un indicateur qui, s’il a beaucoup de défaut, permet à mon sens de faire adhérer la population aux efforts environnementaux. Inversement dans le rapport final, on trouve une très forte domination des indicateurs monétaires de progrès. Le rapport propose par exemple l’adoption d’un indicateur de l’Épargne nette ajustée. C’est une mesure qui vise à transformer en monnaie le capital économique, humain ou les dégâts environnementaux. On met tout dans la même boîte et on pense que cet indicateur va mesurer le développement humain. C’est aberrant. On risque de se retrouver dans le même genre d’impasse qu’avec le PIB. Et de ne pas avoir à temps les bons signaux, notamment face au risque environnemental ! »

Enrico Giovaninni : « Nous n’avons pas trouvé le Saint Graal. Mais le rapport comporte trois points essentiels à mon sens. D’abord il montre un glissement essentiel de la production au bien-être. Ensuite, il reconnaît que les mesures subjectives sont aussi importantes que les mesures objectives. Et pas seulement pour mesurer le bonheur mais dans tous les domaines : santé, relations inter-personnelles… Enfin, il a mis au point une liste de domaines essentiels : l’éducation, la santé… qui pourront fournir un cadre à l’élaboration de nouveaux indicateurs. »

Vous êtes quand même arrivés à un consensus ?

Jean Gadrey : « Joseph Stiglitz a fait état du plaisir qu’il a eu à travailler au sein de cette Commission. Il a parlé des échanges cordiaux, du consensus. Mais il y a eu de vrais désaccords qui n’ont pas toujours donné lieu à des débats riches. Les trois sous-groupes [mesure du PIB, environnement et qualité de la vie, Ndlr] travaillaient de façon étanche… Oui, c’est vrai, nous avons tous signé le résumé de douze pages du rapport. Mais Joseph Stiglitz n’a pas tenté de nous faire signer le rapport complet. Pour ma part, je ne l’aurais pas fait. Il y a dans ce rapport des éléments et des analyses que je ne peux pas endosser. »

Enrico Giovaninni : « Il n’y a pas un consensus sur chaque mot. Mais tout le monde a souscrit aux conclusions du rapport et j’en suis content. Évidemment, les discussions ont vu s’opposer différents points de vue. Certains poussaient vers la simple adoption d’un indicateur du bonheur, d’autres vers la mesure des choses intangibles comme les relations inter-personnelles. D’autres encore insistaient pour qu’on n’incluent pas dans la mesure de la production les activités du foyer ou les moments de loisir. Mais tout le monde a fait des concessions. Et ça ne veut pas dire pour autant que nous sommes arrivés à une solution au rabais ou à une juxtaposition de propositions ! Il y a un vrai fil rouge dans toutes ces recommandations. »

Et maintenant ?

Jean Gadrey : « Joseph Stiglitz l’a bien dit : le rapport n’est pas la fin d’un processus mais bien un début. Lire la suite

A bas le développement durable ! Vive la décroissance conviviale !

eco.loucevenol.com, Serge Latouche, le 16 septembre 2009

A bas le développement durable ! Vive la décroissance conviviale !

 «Il n’y a pas le moindre doute que le développement durable est l’un des concepts les plus nuisibles». Nicholas Georgescu-Roegen, (correspondance avec J. Berry, 1991) (1).

On appelle oxymore (ou antinomie) une figure de rhétorique consistant à juxtaposer deux mots contradictoires, comme «l’obscure clarté», chère à Victor Hugo, «qui tombe des étoiles…». Ce procédé inventé par les poètes pour exprimer l’inexprimable est de plus en plus utilisé par les technocrates pour faire croire à l’impossible. Ainsi, une guerre propre, une mondialisation à visage humain, une économie solidaire ou saine, etc. Le développement durable est une telle antinomie.

En 1989, déjà, John Pessey de la Banque mondiale recensait 37 acceptions différentes du concept de «sustainable development» (2). Le seul Rapport Bruntland (World commission 1987) en contiendrait six différentes. François Hatem, qui à la même époque en répertoriait 60, propose de classer les théories principales actuellement disponibles sur le développement durable en deux catégories, «écocentrées» et «anthropocentrées», suivant qu’elles se donnent pour objectif essentiel la protection de la vie en général (et donc de tous les êtres vivants, tout au moins de ceux qui ne sont pas encore condamnés) ou le bien-être de l’homme (3).

Développement durable ou comment faire durer le développement

Il y a donc une divergence apparente sur la signification du soutenable/durable. Pour les uns, le développement soutenable/durable, c’est un développement respectueux de l’environnement. L’accent est alors mis sur la préservation des écosystèmes. Le développement signifie dans ce cas, bien-être et qualité de vie satisfaisants, et on ne s’interroge pas trop sur la compatibilité des deux objectifs, développement et environnement. Cette attitude est assez bien représentée chez les militants associatifs et chez les intellectuels humanistes. La prise en compte des grands équilibres écologiques, doit aller jusqu’à la remise en cause de certains aspects de notre modèle économique de croissance, voire même de notre mode de vie. Cela peut entraîner la nécessité d’inventer un autre paradigme de développement (encore un ! mais lequel ? On n’en sait rien). Pour les autres, l’important est que le développement tel qu’il est puisse durer indéfiniment. Cette position est celle des industriels, de la plupart des politiques et de la quasi-totalité des économistes. A Maurice Strong déclarant le 4 avril 1992 : «Notre modèle de développement, qui conduit à la destruction des ressources naturelles, n’est pas viable. Nous devons en changer», font écho les propos de Georges Bush (senior) : «Notre niveau de vie n’est pas négociable» (4). Dans la même veine, à Kyoto, Clinton déclarait sans prendre de gants : «Je ne signerai rien qui puisse nuire à notre économie» (5). Comme on sait, Bush junior a fait mieux…

Le développement soutenable est comme l’enfer, il est pavé de bonnes intentions. Lire la suite

Jacques Masurel – Climat : « Un risque de perte de contrôle du réchauffement »

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le  3 septembre 2009 

Climat : « Un risque de perte de contrôle du réchauffement »

L’embardée médiatique a démarré. A trois mois du sommet sur le climat de Copenhague, le WWF publie un rapport totalement alarmiste où il est écrit qu’« un quart de la population mondiale est menacée par les eaux ». Est-ce aussi grave et aussi imminent que l’ONG le présente ? Décryptage avec Jacques Masurel, président de Sauvons Le Climat, association indépendante regroupant parmi les plus grands experts.

Rue89 : Que sait-on des effets en chaîne du réchauffement de l’Arctique que le WWF (World Wild Fund for nature) décrit comme deux fois plus rapide que celui du reste de la terre ?

L’Arctique est un lieu privilégié d’observation du réchauffement de la planète car ce qui se joue aux pôles permet de vérifier le bien fondé des alertes lancées par la communauté scientifique, qui constate en effet avec effroi que le phénomène est plus rapide que ce qu’elle avait prévu notamment dans le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) de 2007.

Mais ce qui inquiète le plus les scientifiques c’est le risque de perte de contrôle du réchauffement climatique rendant vains tous les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être accomplis.

Si la température de la planète se réchauffait de 5 degrés, scénario envisagé en 2100 (si l’on ne réduit pas drastiquement nos consommations de carburants fossiles), alors surviendraient des rétroactions, c’est-à-dire que des effets amplificateurs s’accéléreront ou s’enclencheront, pour transformer la planète en poêle à frire. Citons quelques uns de ces effets :

– la diminution du pouvoir réfléchissant des pôles (autrement appelé l’effet d’albédo) ;

– la disparition définitive des forêts ;

– le dégazage du permafrost (également appelé pergélisol, un sol gelé en permanence) qui va libérer des quantités considérables de méthane, un gaz à effet de serre 24 fois plus puissant que le CO2 ;

– le réchauffement des océans qui alors cesseront d’absorber, comme ils le font aujourd’hui, près de la moitié du CO2 que nous émettons…

Est-il vrai que le niveau des océans aura monté de plus d’un mètre en 2100 et provoquera l’inondation d’une partie de la planète ?

Pour le moment la montée des océans résulte d’abord de la dilatation des eaux suite à l’élévation constatée de leur température. Pour l’instant, le niveau moyen global mesuré est de l’ordre de trois milimètres par an sur la dernière décennie.

Le phénomène touche plus gravement les pays constitués de plaines maritimes, comme Lire la suite

Nous fonçons vers l’abîme : La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population mondiale

lemonde.fr, Propos recueillis par Hugo Lattard, le  3 septembre 2009

« La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population mondiale »

« Nous fonçons vers l’abîme »

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est alarmé jeudi 3 septembre à Genève de l’accélération du réchauffement climatique. « Nous avons le pied collé sur l’accélérateur et nous fonçons vers l’abîme« , a lancé M. Ban devant la 3e Conférence de l’ONU sur le climat, réunie à Genève depuis le début de la semaine. Le secrétaire général des Nations Unies, qui revient de l’Arctique où il a constaté les ravages du changement climatique, a averti que « ce qui se produit maintenant » devait arriver bien plus tard, selon les prédictions des scientifiques. « Les scientifiques ont été accusés pendant des années d’être des alarmistes. Mais les vrais alarmistes, ce sont ceux qui disent que l’on ne peut engager une action pour le climat car cela ralentirait la croissance économique« , a-t-il déclaré.

Alors que se tient, jusqu’au 4 septembre, à Genève, la Conférence mondiale sur le climat, le WWF a publié, mercredi 2 septembre, une étude sur les conséquences du réchauffement de l’Arctique.

Elise Buckle, coordinatrice du programme énergie climat du WWF

L’étude conduite par le WWF s’est penchée sur le rôle de l’Arctique en matière de changement climatique. En quoi l’Arctique est-il déterminant pour le climat ?

L’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la Terre. C’est quelque chose qui est observé aujourd’hui et à propos duquel on n’a pas forcément tous les éléments d’explication. On sait néanmoins que du fait de l’inclinaison de la Terre, c’est une zone particulièrement exposée au Soleil, surtout pendant la période d’été. Elle se réchauffe plus vite parce que, jusqu’à présent, les glaces avaient un rôle de miroir et réfléchissaient les rayons solaires. Or maintenant que la glace se réduit comme peau de chagrin au profit de l’océan Arctique, ce dernier, de par sa couleur plus sombre, n’a plus ce rôle de réflexion des rayons solaires. De plus, la raréfaction des glaces, du permafrost et des glaces sous-marines provoque un rejet accéléré du méthane et du gaz carbonique qu’ils contiennent. Cela joue aussi comme un accélérateur du changement climatique.

Enfin, l’océan Arctique a lui aussi un rôle de régulateur climatique, qui est remis en cause dès lors que la fonte des glaces modifie sa salinisation, parce qu’il contient de plus en plus d’eau douce. Cela perturbe complètement le fonctionnement des écosystèmes et les grands courants marins, comme le Gulf Stream, qui permet notamment d’adoucir le climat en Europe. Si le Gulf Stream ralentit de 25 à 30 %, comme cela se profile, les hivers pourraient devenir beaucoup plus froids en Europe.

Les données scientifiques que le WWF a collectées indiquent qu’une hausse des océans de plus d’un mètre est à craindre. Quelles en seraient les conséquences ?

Sous une hypothèse de hausse des températures de quatre degrés d’ici à la fin du siècle, les océans pourraient monter de plus d’un mètre et menacer jusqu’à un quart de la population mondiale. Une hausse des températures de quatre degrés est le pire des scénarios envisagé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) en 2007. Tout montre que c’est ce scénario qui se profile si rien n’est fait. Lire la suite

Changement climatique : quel impact sur l’emploi ?

novethic.fr, Anne Farthouat, le 17 juillet 2009

Changement climatique : quel impact sur l’emploi ?

Qu’il soit atténué ou aggravé, le réchauffement climatique impactera le marché de l’emploi européen. Quels sont donc les secteurs menacés ? Qui pourra en tirer profit ?

Les 22 et 23 juin derniers, la Commission européenne organisait le Forum « Restructurations : Impact du changement climatique sur l’emploi », rassemblant plus de 300 décideurs politiques, représentants syndicaux et experts. L’occasion pour eux d’évaluer les conséquences du réchauffement climatique sur l’emploi européen, et de déterminer les secteurs les plus menacés, ceux qui profiteront de cette nouvelle donne internationale, et ceux, nombreux, qui auront inévitablement à s’adapter.

En ouverture du forum, Vladimir Špilda, commissaire chargé de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Égalité des chances, annonce clairement la couleur : « Ne nous voilons pas la face, la transition vers une économie sobre en carbone, même si elle est positive, s’accompagnera d’ajustements, notamment sur le front de l’emploi, qui pourraient être douloureux, au moins à court et moyen termes. » Un constat dressé depuis déjà quelques années, notamment par la Commission européenne et la Confédération Européenne des Syndicats, suite à une étude menée conjointement avec le cabinet Syndex. Parus en mai 2007, leurs travaux présageaient déjà « d’importants effets de redistribution entre secteurs et entre pays, même dans les cas des scénarios optimistes basés sur un réchauffement mondial de 2°C. » L’impact serait ainsi plus négatif en Europe méridionale qu’au nord du continent, et toucherait davantage les secteurs primaires, tels que l’agriculture, la foresterie, ou encore la pêche. Le tourisme subirait également une forte secousse, notamment via la baisse d’activité des stations de sports d’hiver à basse et moyenne altitudes, entraînant des conséquences néfastes sur l’emploi local. De son côté, l’industrie des assurances risque de souffrir du coût croissant des dommages, et de le reporter sur les autres secteurs économiques. Sans compter les révisions inéluctables de l’aménagement du territoire européen, qui impacteront forcément le marché de l’emploi.

Automobile et énergies fossiles touchées

Outre les conséquences directes, celle des politiques de lutte contre le réchauffement seront tout aussi fatales pour certains secteurs. Premier en ligne de mire : l’industrie de la sidérurgie, qui pourrait subir d’ici 2030 des pertes de l’ordre de 50 000 emplois sur les 350 000 pour l’ensemble de l’Union Européenne. Le déclin dans la filière automobile pourrait quant à lui atteindre les 60% de réduction d’effectifs, sans même tenir compte des effets de la crise économique. Et du côté de la filière charbon, la moitié des emplois semblent voués à disparaître. Le WWF envisage pour sa part une perte de 107 000 emplois dans l’automobile et 138 000 dans le secteur de l’énergie européen d’ici 2020. 

L’emploi comme argument des politiques environnementales

Pour autant, les emplois créés dans les secteurs émergents pourraient équilibrer la balance. Selon une étude de la Commission européenne publiée le 2 juin dernier, « si l’objectif de Lire la suite

Europe – Industriels contre Verts : la bataille du lobbying

lemonde.fr,  Brigitte Perucca,  le 21 juillet 2009

Industriels contre Verts : la bataille du lobbying

Pesticides, OGM, agrobusiness, énergies renouvelables… La fièvre du lobbying monte sur tous les sujets concernant l’environnement, aux Etats-Unis comme en Europe. Depuis l’adoption par l’Union européenne, en 2008, du paquet énergie-climat et à l’approche de la négociation de Copenhague en décembre, le réchauffement climatique et ses conséquences sur les industries concentrent une grande part de l’énergie des groupes de pression du monde entier.

Outre-Atlantique, leur activité autour des questions de développement durable a « pris de l’ampleur depuis quatre ou cinq ans », constate Dave Welhold, président de l’association des lobbyistes américains qui revendique 12 000 cabinets affiliés (sur un nombre total estimé à 15 000).

A Bruxelles, on parle de 10 000 lobbyistes, toutes thématiques confondues. Un chiffre invérifiable mais qui témoigne de leur poids et de leur importance ; 1657 « représentants d’intérêts », dont plus de 600 disposant de bureaux à Bruxelles, étaient inscrits à la date du 8 juillet au « registre » ouvert par la Commission européenne.

C’est ce qu’indique une étude réalisée par Anthenor Public Affairs, un cabinet français de lobbying. Ce recensement, facultatif, englobe l’ensemble des acteurs : entreprises, fédérations professionnelles et ONG. Si incomplet soit-il, il montre en tout cas la prépondérance de la thématique environnementale : chaque entreprise ou fédération professionnelle qui s’inscrit au registre doit cocher dans une liste qui comporte 36 « centres d’intérêt » listés par les autorités européennes. Celui de l’environnement se place dans les tout premiers rangs, à quasi égalité avec « entreprises » et « marché intérieur ».

L’essor du lobbying environnemental tient pour l’essentiel à la montée en puissance dans l’opinion publique des préoccupations liées à la santé et à l’environnement. La contre-attaque a aussi su s’organiser, car un lobbyiste en cache forcément un autre : son adversaire. Particulièrement actifs, Greenpeace Europe et ses quinze salariés ont en ligne de mire les faits et gestes du chimiste allemand BASF et ceux du groupe nucléaire Areva ; le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique, créé par Corinne Lepage, tout juste élue première vice-présidente de la commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire du Parlement européen, est en embuscade derrière Monsanto ; Friends of the Earth ne lâche pas les compagnies pétrolières.

Comme tous ces « confrères », le Bureau européen de l’environnement (BEE), qui représente 140 associations de défense de l’environnement, commente les décisions de la Commission et des conseils des ministres. Au Parlement de Strasbourg, les députés s’assoient aux premiers rangs, les lobbyistes derrière, écologistes compris. Et ce sont ces rangs-là qui sont les plus garnis.

CONFUSION DES INTÉRÊTS

Même si le combat reste inégal entre les deux parties – quand Greenpeace emploie 15 salariés, l’Association européenne de l’industrie chimique en déploie 140 -, les ONG sont devenues Lire la suite

J’ai testé pour vous l’écologie au quotidien

lemonde.fr, Frédéric Potet, le 17 juillet 2009

J’ai testé pour vous l’écologie au quotidien

C’est l’histoire d’un type qui, un soir, en rentrant du boulot, lance à sa femme :  » Chérie, il faut sauver la planète.  » Carrément ! Ce type n’est autre que… ma pomme – expression (fruitière) appropriée s’il en est. Ma pomme est, au départ, un écologiste  » théorique  » : en accord avec les grands principes environnementaux, mais moyennement regardant sur leur application au jour le jour ; familier avec les terminaisons en  » able  » (équitable, durable, raisonnable, responsable, soutenable, renouvelable…), mais coupable de ne pas passer plus souvent à l’acte. Ma pomme est propriétaire (depuis peu) d’une maison mal isolée, roule dans une voiture vieille de bientôt dix ans, trie ses déchets sans toujours faire très attention, aime traîner sous la douche et oublie souvent d’éteindre ses appareils électroménagers.

Sauver la planète ? Oui, bien sûr ! N’est-ce pas le message dominant du moment ? Partout – à la radio, dans le métro, sur les paquets de céréales, dans les magazines (comme Le Monde 2) –, il n’est question que de  » gestes citoyens  » et d' » éco-attitude « . Pas un jour ne passe sans que nous soient chantés les mérites des maisons passives et des panneaux photovoltaïques. Impossible de regarder tranquillement les réclames à la télévision sans entendre parler de développement durable – pour un peu, la pub nous demanderait presque de réduire nos achats, ce qui serait bien le comble ! Résister à cet épanchement d’exhortations et de grands sentiments relève, au choix, de l’exploit ou du déni. Alors, chiche ! Adoptons les recommandations tambourinées quotidiennement. Bio-responsabilisons-nous. Testons la  » vie écolo  » à la micro-échelle d’un foyer moyen (deux adultes, deux enfants). Dans la mesure du possible, s’entend.

EMPREINTE. Ce qui compte, en priorité, c’est de voir d’où l’on part. Faire un diagnostic environnemental de son propre mode de vie. Plusieurs outils existent pour cela. Premièrement, l’ » empreinte écologique «  individualisée que l’association WWF (World Wide Fund for Nature) vous propose d’établir sur Internet en quelques clics. Une dizaine de questions vous est posée afin de savoir si vous êtes plus surgelés que produits frais, plus mazout que bois de chauffage, plus voiture individuelle que transports en commun… A la faveur d’on ne sait quel algorithme, le résultat est alors mesuré en hectares, l’empreinte écologique se définissant comme une estimation de la superficie nécessaire à un individu pour répondre à ses besoins en ressources naturelles.

Nous concernant, la sentence est cruelle : avec Lire la suite

ONG vs Borloo : à chacun son traité idéal sur le climat

planette-terra.fr, juin 2009, Louise Allavoine

ONG vs Borloo : à chacun son traité idéal sur le climat

A chacun son traité idéal de Copenhague. Après celui présenté par les experts climatiques de plusieurs ONG début juin, Paris dégaine le sien. Comparaison.

A ma droite, un pavé de 160 pages rédigé par les experts climatiques de plusieurs ONG dont le WWF et Greenpeace. A ma gauche, un mémorandum de 13 pages, proposé par la France au Conseil des ministres de l’environnement qui se tenait à Luxembourg le 25 juin dernier. Pas de conclusion hâtive, longueur ne rime pas systématiquement avec qualité. Jugeons plutôt du contenu. Les deux textes partagent un même objectif : éviter une hausse des températures supérieure à deux degrés, limite au delà de laquelle les conséquences du réchauffement seraient fortement accentuées estiment les scientifiques. Mais question moyens, on diverge.

Le texte des ONG appelle à des objectifs contraignants de réduction des émissions des pays développés d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990. Paris propose une fourchette de 25 à 40%, avec une cible souhaitable de 30%. Vaillamment, la France réaffirme la nécessité que « le Canada et les États-Unis acceptent des engagements par rapport à 1990 aussi élevés que ceux de l’UE ». Pour mémoire, le Congrès américain a voté, vendredi 26 juin, le plan climat de Barack Obama qui leur donne pour objectif de réduire leurs émissions de 17% en 2020 par rapport à 2005. Et pour les ONG, c’est là que le bât blesse. « En s’abritant derrière l’injonction faite aux États-Unis et au Canada de renforcer leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, la France opère un recul net sur la question forestière » a dégainé Greenpeace dans un communiqué publié en réaction au mémorandum de la France.

Paris appelle, en effet, à un recours rapide aux marchés du carbone pour financer la lutte contre la déforestation plutôt qu’un système visant à réduire de moitié au moins la déforestation tropicale d’ici à 2020. Et cela « contredit clairement la position exprimée par l’Union européenne sur la scène internationale et les conclusions du Conseil Environnement de décembre 2008 négociées par Jean-Louis Borloo à la fin de la présidence française du Conseil européen » regrette l’ONG. Deuxième point d’achoppement : Paris reste vague sur le sujet sensible de la solidarité financière entre pays riche et pays en développement et ne propose aucun mécanisme de financement. Or cette question « forme le nœud de la négociation » souligne Greenpeace. Rien non plus sur Lire la suite

LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 1er juillet

decroissance.over-blog.org, Communiqué, le 26 juin 2009

LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 1er juillet

I – LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 1er JUILLET 2009

Le numéro de juillet-août de La Décroissance « Listes Cohn-Bendit : Ils ont vendu l’écologie » sera en kiosque le mercredi 1er juillet 2009. Reportage au salon du « luxe et du développement durable ». Serge Orru, du WWF, décoré de l’ordre de l’écotartuferie.

http://www.ladecroissance.net

II – EXPEDITION DE LA DECROISSANCE LE 29 JUIN 2009

Le numéro 61 de La Décroissance sera expédié le Lundi 29 juin 2009 de 14h à 20h dans le local de Casseurs de pub-La Décroissance : la Fondation Nicolas Bertrand, 52 rue Crillon, Lyon 6e. Nous expédions le journal sous bande papier grâce à votre aide, ce qui évite l’emballage plastique. N’hésitez pas à passer nous prêter main-forte, d’une demi-heure à toute la soirée. Un repas ensemble clôture la soirée.

Fondation Nicolas Bertrand, 52, rue Crillon, Lyon 6e. Métro Masséna.

http://www.ladecroissance.net/

III – LE VRAI VISAGE DE DANIEL COHN-BENDIT : LE FILM

Pour Daniel Cohn-Bendit, les objecteurs de croissance, « c’est des cinglés. (…) La décroissance c’est un gros mot. Les gens, y vivent la décroissance aujourd’hui. (…) J’ai pas envie d’en parler. Moi, je dis, ce débat là personne le comprend. Donc, il est terminé pour moi. » Global Mag, Arte, 6-6-2009. Mais qui est réellement « L’enfant chéri des médias » ? A voir à ce sujet le film éclairant « Le vrai visage de Daniel Cohn-Bendit » sur le site de l’IEESDS : où vous retrouverez toute l’actualité de la Décroissance :

http://www.decroissance.org/

IV – SOUTENEZ LE PORTE-PAROLE DU RESEAU SORTIR DU NUCLEAIRE

Merci de signer l’appel pour un classement « sans suites » en faveur de Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire », menacé de 5 ans de prison pour avoir révélé la vulnérabilité du réacteur nucléaire EPR en cas de crash d’avion de ligne :

http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=slhomme&page=index

V – COMMENT CASSEURS DE PUB A CONTRIBUE A LA SUPPRESSION DU GRAND-PRIX DE FRANCE DE FORMULE 1

C’est aussi grâce à Casseurs de pub que vous serez épargné du Grand Prix de France de Formule 1 Lire la suite

Climat : la France veut ranimer l’ambition européenne

lemonde.fr, Laurence Caramel et Philippe Ricard, le 25 juin 2009

Climat : la France veut ranimer l’ambition européenne

Nicolas Sarkozy tente, en France, de surfer sur la vague du succès des listes d’Europe Ecologie, lors des élections européennes du 7 juin. Au niveau européen, une réunion des ministres de l’environnement des Vingt-Sept, jeudi 25 juin à Luxembourg, donne à Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie conforté lors du dernier remaniement, une nouvelle occasion d’afficher les ambitions françaises en vue de la prochaine négociation climatique : le sommet de Copenhague (Danemark), en décembre, où la communauté internationale s’est donnée rendez-vous pour s’entendre sur les efforts à fournir, à partir de 2012, pour lutter contre le changement climatique.

Un mémorandum de 13 pages et 60 articles a été rédigé par Paris. C’est l’accord idéal sur le climat vu par la France – les grandes lignes d’un accord post-Kyoto. Ce texte est soumis « pour discussion », jeudi au Conseil des ministres de l’environnement.

Les tractations avec les Etats-Unis et les pays émergents étant au point mort, au risque de décourager les Européens, Paris veut préserver l’acquis du paquet climat-énergie, adopté de haute lutte en décembre 2008. Les Vingt-Sept sont convenus alors de réduire de 20 % leurs émissions de gaz à effet de serre, de consommer 20 % de renouvelables et d’économiser 20 % d’énergie d’ici à 2020.

Paris estime que le débat ne doit pas s’enliser dans des bagarres techniques entre experts mais s’élever au niveau politique. « En dernier ressort, ce sont les chefs d’Etat qui décideront. Il faut leur proposer une vision claire de l’action à mener. C’est le sens de ce texte qui a vocation à être amendé. Nous attendons les commentaires« , explique Brice Lalonde, l’ambassadeur pour le climat, sans cacher l’espoir de voir l’initiative servir de base à un futur compromis.

Le mémorandum s’appuie pour l’essentiel sur les positions partagées par les Vingt-sept, mais il introduit aussi des idées spécifiques à la France, comme le plan d’électrification de l’Afrique, sur lequel elle n’a, jusqu’à présent, pas réussi à entraîner ses partenaires. Le texte fixe des objectifs et une méthode en s’appuyant sur les recommandations du groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC).

RÉDUCTION DE 30 % DES ÉMISSIONS DE CO2

Pour limiter la hausse des températures à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, les pays développés devront réduire de 25 % à 40 % les émissions de CO2 d’ici à 2020 par rapport à 1990, avec une cible souhaitable de 30 %.

La France réaffirme qu' »il est nécessaire que le Canada et les Etats-Unis acceptent des engagements par rapport à 1990 aussi élevés que ceux de l’Union européenne ». Les pays en développement – à l’exception des pays les moins avancés (PMA) – devront eux aussi s’engager sur des objectifs chiffrés et contraignants : « entre 15 % et 30 % de réduction de leurs émissions par rapport à la tendance d’ici à 2020 ».

Mais tous devront adopter des Lire la suite

Pr David Servan-Schreiber : Eau potable et cancer, recommandations de consommation

actualités-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 23 juin 2009

Article supprimé à la demande du site guérir.fr à l’origine de l’article, voir commentaire

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

actu-environnement.com, C.Seghier, le 11 juin 2009

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

À quelques mois de la fin de son mandat, la Commission de José Manuel Barroso s’est vue décerner, par un groupe de dix ONG, une note globale de 4,4 sur 10 pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années. Explications.

4,4 sur 10 ! C’est l’évaluation donnée par un groupe de dix ONG environnementales (Green 10) qui représente l’union des dix plus grandes organisations environnementales européennes, à la Commission de José Manuel Barroso pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années.

À quelques mois de la fin de son mandat, le constat se veut sévère ! Le groupe d’associations qui regroupe notamment Greenpeace, le WWF, Bird Life ou le Climate Action Network, a noté l’action de la Commission Barroso, entrée en fonction en novembre 2004, dans douze domaines allant de la lutte contre le changement climatique, à la santé, en passant par les transports, l’agriculture, la transparence ou encore la biodiversité.

Sa politique de stratégie pour un développement durable obtient un 2/10. Son action en matière de transparence décroche un 3/10 tout comme son action dans la protection des ressources naturelles. La Commission n’obtient que la note de 4/10 en agriculture, dans le domaine de la biodiversité, du commerce extérieur et concernant le budget et la politique de cohésion de l’UE. Concernant l’agriculture notamment, le rapport des ONG reproche à la Commission d’avoir trop souvent cédé aux intérêts professionnels dans ses décisions concernant l’agriculture et les écosystèmes marins. Le bilan de santé de la Politique Agriculture Commune, en particulier, a été une opportunité ratée de réformer en profondeur la PAC , commente un communiqué de la coalition. Au sujet de la biodiversité, les ONG expliquent la mauvaise note attribuée par son soutien constant aux OGM, sa proposition initiale faible pour la nouvelle directive sur la stratégie marine qui n’a pas permis de répondre aux pressions sur l’environnement marin et son échec à trouver un financement adéquat au réseau Natura 2000.

Son action dans l’application des directives européennes est, elle, notée d’un 5/10, tout comme son action en matière de santé. Le résultat positif d’une interdiction totale du mercure et les propositions pour réduire la pollution de l’air ont été contrebalancés par les désaccords au sein de la Commission sur la législation visant à interdire les produits chimiques dangereux , expliquent les ONG.

Parmi les bonnes notes, grâce à l’action du commissaire à l’Environnement Stavros Dimas, Lire la suite

Climat : les ONG présentent leur Traité «idéal» de Copenhague

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 10 juin 2009

Climat : les ONG présentent leur Traité «idéal» de Copenhague

Alors que les négociations internationales sont en cours à Bonn en Allemagne, plusieurs ONG dont Greenpeace et WWF (1) ont présenté le 8 juin leurs propositions pour un accord ambitieux sur le climat à Copenhague en décembre 2009.

Intitulé «Traité de Copenhague sur le climat», ce rapport de 160 pages, écrit par une cinquantaine d’experts de 20 pays, voudrait servir de référence aux négociateurs des 192 Etats. Il s’agit d’un «texte légal complet, couvrant l’ensemble des éléments nécessaires pour fournir au monde un accord équitable et ambitieux, permettant de maintenir les impacts du dérèglement climatique en deçà des niveaux de risque inacceptables [une augmentation globale des températures en deçà de 2°C]», précisent les ONG.

Le rapport propose un plafond mondial des émissions. Ce budget carbone annuel ne devrait pas dépasser 36,1 gigatonnes (Gt) de CO2 équivalent d’ici 2020, ramenant les émissions à leur niveau de 1990, et devrait être réduit à 7,2 Gt en 2050, soit une baisse de 80%. Un cadre d’action pour l’adaptation au changement climatique, «incluant le soutien financier, un mécanisme d’assurance et l’indemnisation des pays les plus vulnérables» est également recommandé.
Le «Traité» prévoit en outre la création d’une nouvelle institution -le Comité climat de Copenhague- «pour gérer les processus de réduction des émissions, l’adaptation et la protection des forêts dans le cadre du nouveau traité mondial». Est également proposé «l’enregistrement des plans d’action à long terme pour les pays industrialisés (Plans d’action zéro carbone) et pour les pays en développement (Plans d’action sobres en carbone)», ainsi que «des engagements contraignants pour les pays nouvellement industrialisés comme Singapour, la Corée du Sud et l’Arabie Saoudite».

Le rapport appelle à un «accord légalement contraignant» incluant un «Protocole de Kyoto actualisé pour Lire la suite

L’Ultimatum climatique lancé aux politiques

planete-terra.fr, Karine Le Loët, juin 2009

L’Ultimatum climatique lancé aux politiques

Onze organisations ont lancé hier à Paris l’Ultimatum climatique. Une pétition en forme de réquisitoire destinée à faire pression sur la sphère politique avant la conférence de Copenhague.

A 200 jours de la conférence de Copenhague qui doit décider de l’avenir de la planète, ils ont lancé l’Ultimatum pour le climat. Eux, ce sont les représentants de onze organisations venus de toute la sphère caritative : spécialistes de la protection de l’environnement, des droits humains et de l’action humanitaire… Ainsi, à la conférence de presse organisée le lundi 25 mai, se côtoyaient pêle-mêle des responsables d’Oxfam, de Greenpeace, de WWF, d’Action contre la Faim ou encore du Secours Catholique. Une mobilisation transversale dictée par une raison simple : « Cet ultimatum, ce n’est pas seulement une histoire d’environnement, ça s’adresse à tous les amoureux du genre humain« , a déclaré, Serge Orru, directeur général de WWF-France. « Nous sommes tous concernés par le climat, a ajouté Luc Lamprière, directeur général d’Oxfam France. Les efforts que nous menons depuis plusieurs années pour lutter contre la pauvreté risquent d’être effacés par la dégradation du climat. »

Aussi la pétition appelle-t-elle les pays industrialisés à se fixer des objectifs forts : réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020 ou encore renforcer le soutien financier aux pays du Sud pour les aider à évoluer vers des modèles sobres en carbone. 100 milliards d’euros seraient nécessaires à la réalisation de tels objectifs. Une « broutille » équivalente à seulement 10% des dépenses militaires mondiales, souligne le communiqué.

Si tout se passe selon le souhait de ses initiateurs, la pétition devrait réunir 1 million de signatures d’ici à l’ouverture du sommet de Copenhague. Restera ensuite à convaincre les politiques d’agir. Pour représenter la sphère décisionnelle justement, le député Vert Yves Cochet était présent ce lundi matin et jugeait d’un œil critique l’attitude de ses confrères. « Ce sont les élus et non les peuples qui sont en retard dans la prise de conscience. En principe, les élus sont vus comme des visionnaires, qui doivent entraîner les peuples. Là, c’est l’inverse il y a une frilosité politique. Les élus ont peur de prendre des mesures radicales. » Et d’ajouter, souriant : « Nicolas Sarkozy devrait être le premier signataire de cette pétition. »

« Ce n’est pas aux ONG de faire le travail des politiques, a rappelé Serge Orru. C’est la responsabilité des gouvernements de proposer des mécanismes avec des objectifs pour la communauté globale. A nous ensuite d’amender leurs propositions et de faire un travail de monitoring. » Alors pour les motiver, une seule solution pour Pascal Hunting, le président de Greenpeace France : « Si des millions de gens se saisissent du problème, les choses Lire la suite

Le succès d’Europe Ecologie donne des arguments aux défenseurs du Grenelle de l’environnement

lesechos.fr, Julie Chaveau, le  9 juin 2009

Le succès d’Europe Ecologie donne des arguments aux défenseurs du Grenelle de l’environnement

Après le score d’Europe Ecologie, les associations de défense de l’environnement vont être plus exigeantes sur l’application du projet de loi Grenelle de l’environnement examiné aujourd’hui à l’Assemblée. La réunion de la conférence de consensus sur la taxe carbone doit avoir lieu les 2 et 3 juillet.

Le résultat historique obtenu hier par les listes Europe Ecologie a-t-il une chance de faire bouger les lignes ? La réponse ne devrait pas tarder à venir. Cet après-midi, à l’Assemblée nationale, les députés doivent examiner en seconde lecture le projet de loi relatif à la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement, dit « Grenelle 1 », chargé de fixer les grands objectifs des années à venir. Un texte dont l’examen a été repoussé depuis des semaines, mais qui a avait été voté à la quasi-unanimité en première lecture en octobre 2008 à l’Assemblée et en février 2009 au Sénat. En commission, l’opposition a proposé plusieurs centaines d’amendements, mais l’objectif du gouvernement est de tout faire pour obtenir un vote conforme le plus rapidement possible.

« Une lenteur épouvantable »

Les discussions s’annoncent vives. Les Amis de la Terre et le Réseau Action Climat ont carrément demandé aux parlementaires de ne pas voter le texte car, selon eux, les niveaux de performance exigés pour la rénovation thermique et la construction des logements ne sont pas assez ambitieux. Ils exigent également que l’objectif de construire « dans les meilleurs délais » de nombreux projets autoroutiers soit abandonné.

Dès demain, l’examen du projet de loi « engagement national pour l’environnement », dit « Grenelle 2 », doit également commencer avec la discussion devant la commission des Affaires économiques du Sénat. Il ne s’agit plus de fixer de grands objectifs, mais de Lire la suite

Climat : Un front uni pour des ONG de tous horizons

liberation.fr, Christian Losson, le 26 mai 2009

Un front uni pour des ONG de tous horizons

Des organisations liées aux droits de l’homme ou à l’action humanitaire s’associent aux écologistes. «Le destin du monde» d’un côté, «l’ultimatum climatique» de l’autre. Le premier se jouera probablement dans six mois à Copenhague, a assuré hier Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, lors d’une réunion à Paris des plus gros émetteurs de CO2 de la planète. Le second se joue dès à présent, selon de grandes ONG françaises qui ont appelé, hier, à un sursaut commun (publié hier dans Libération). Et lancé une pétition pour tenter de réunir un million de signatures et pousser la France à assurer un leadership (1), jusque-là bien timide. Nouveauté : ces associations n’arborent plus uniquement le vert de l’environnement, mais aussi les couleurs des droits de l’homme, de la solidarité internationale et de l’action humanitaire.

«Réponse commune». Parmi elles : Oxfam, la Fédération internationale des droits de l’homme, Action contre la faim (ACF), Care… «L’hybridation des crises menace les démocraties et appelle une réponse commune», rappelle Serge Orru, du WWF. «On ne peut pas rester en dehors de cet enjeu capital. Même si le lien entre malnutrition et climat reste difficile à mesurer», assure de son côté Michel Bruguière, de Médecins du monde. «Les pays les plus pauvres sont les moins responsables, mais les plus touchés», ajoute Luc Lamprière, d’Oxfam. «Les victimes de catastrophes naturelles sont 40 fois plus nombreuses depuis trente ans dans les pays du Sud», renchérit François Danel, d’ACF.

Difficile de continuer à séparer, comme ce fut le cas jusque-là lors des conférences climatiques, les enjeux des bouleversements climatiques et ceux de la sécurité alimentaire ou de la réemergence de maladies animales (comme l’a estimé hier l’Organisation internationale de la santé animale). Impossible de taire le lien entre «la bombe climatique», selon Orru, et l’exode des réfugiés climatiques ou des victimes des catastrophes. «98 % des catastrophes dites naturelles sont liées au climat, rappelle Luc Lamprière. D’ici 2015, 375 millions de personnes pourraient en être victimes.»

A l’heure où les Objectifs du millénaire de réduire la pauvreté par deux d’ici 2015 sont dans l’ornière, l’enjeu est de taille. Il passe par le besoin de dégager, malgré la crise, de nouvelles sources de financement : environ 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020. Et la nécessité de lier les crises entre elles dans les débats. «Désormais, les conférences climatiques sont des conférences sur l’avenir du monde, et doivent brasser les questions économiques, sociales, interroger les rapports Nord-Sud», assure le député vert Yves Cochet.

Révoltée. Cette convergence d’ONG préfigure-t-elle un tournant capital ? « Lire la suite

Entreprises et ONG : des relations parfois ambiguës

actu-environnement.com , R. Boughriet, le 27 mai 2009

Entreprises et ONG : des relations parfois ambiguës

Si elles inspirent le plus souvent la confiance, certaines ONG collaborent avec les entreprises pour les inciter à réduire leurs impacts. Se pose alors la question de l’indépendance vis-à-vis de leurs donateurs. A fortiori en temps de crise !

Alors que de plus en plus d’entreprises misent sur la responsabilité sociale (RSE) pour  »verdir » leur image, certaines organisations non gouvernementales (ONG) nouent des partenariats avec les sociétés pour les accompagner dans une démarche de réduction de leur empreinte écologique.

C’est le cas par exemple du WWF qui a d’ailleurs commandé un sondage à l’Ifop1 pour évaluer le jugement des Français sur les partenariats ONG / entreprises. Publiés le 13 mai, les résultats du sondage montrent que 92% des Français jugent ces partenariats  »légitimes », 44% les estimant même  »tout à fait légitimes ». 78% des Français jugent que la politique de partenariat est une méthode  »efficace » pour inciter les entreprises à réduire leurs impacts sur l’environnement. Ils montrent également une préférence pour une logique de partenariat sur le long terme entre associations écologistes et entreprises privées (78%), au détriment d’autres pratiques, notamment l’appel au boycott (55%) ou la réparation des dégâts environnementaux grâce à la collecte de dons auprès des entreprises (47%). Un résultat qui semble donc conforter la stratégie adoptée par le WWF, engagé depuis plus de 11 ans dans une relation partenariale avec le secteur privé et qui servira de toute évidence à renforcer le discours de l’ONG vis-à-vis de ses interlocuteurs Entreprises pour conclure de nouveaux partenariats.
Les ONG indépendantes ?

Car pour le WWF, le monde de l’entreprise est à la fois au coeur des enjeux environnementaux et porteur de solutions. Son capital humain, financier et sa réactivité peuvent lui permettre de modifier rapidement ses pratiques et contribuer à la réduction de l’empreinte écologique.

Néanmoins, le risque de perte d’indépendance est non nul. Il est d’ailleurs appréhendé par 63% des sondés. Ils sont même 49% des personnes interrogées à penser que les partenariats entre entreprises et associations environnementales  »ne sont pas crédibles » et dénoncent  »une stratégie de communication ». Si les actions de terrain de l’organisation ont bonne presse auprès du grand public, la politique du WWF peut donc parfois être jugée ambiguë ou contestable dans ses relations avec les entreprises qui alimenteraient un quart du budget de l’organisation. Rappelons que la problématique de financement des associations de protection de l’Environnement par des entreprises revient régulièrement sur la table. La Fondation Nicolas Hulot est par exemple régulièrement taxée, y compris par ses paires, d’adopter une position conciliante vis-à-vis du nucléaire du fait qu’EDF compte parmi ses partenaires donateurs. Son fondateur, initiateur du Grenelle, a beau s’en défendre, le doute subsiste inlassablement.

La  »perte d’indépendance » concerne donc le WWF International mais pas seulement si l’on en croit l’ouvrage  »Green Inc. »2, publié en septembre 2008 par la journaliste américaine Christine MacDonald et qui cite d’autres ONG environnementales telles que Lire la suite

Les nouveaux influenceurs du développement durable

Stratégies, le 7 mai 2009

Les nouveaux influenceurs du développement durable,

Qui fait autorité dans le développement durable ? Euro RSCG C&O fait le point sur cette communauté au sein de laquelle l’entreprise est appelée a jouer un rôle majeur.

L’agence corporate Euro RSCG C&O a tente de cerner les leaders d’opinion du développement durable en interrogeant 67 personnalités françaises et européennes particulièrement actives sur le sujet. Menée d’octobre 2008 a mars 2009, cette étude supervisée par Coralie France et Nadine Stutter-Prevot, respectivement directrice associée chargée du développement durable et associée du pole Influence d’Euro RSCG C&O, met au jour trois sphères d’influenceurs : les «artisans de la prise de conscience», les «nouveaux entrants» et les «agissants». Mais chacun n’a pas le même poids et, surtout, ces différents acteurs n’ont encore aucune vision commune.

(Extraits)

Les artisans de la prise de conscience

Les Verts. Pionniers incontestables, ils semblent avoir perdu la main. Leur quasi-absence lors du Grenelle de l’environnement témoigne de leur relative marginalisation sur ce terrain. Une situation qui s’observe toutefois moins hors de l’Hexagone, car leur poids au Parlement européen est important. Les plus cites : Noel Mamère, Dominique Voynet, Jose Bové.

Les ONG environnementales. Ce sont les plus crédibles. Elles arrivent en tête de tous les baromètres de confiance des Français. Elles ont mis les entreprises sous pression grâce a leur maitrise des medias et leurs liens avec les milieux scientifiques. Elles ne se contentent plus de protéger les baleines, elles s’adressent directement aux consommateurs-citoyens. Les plus citées : Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, WWF.

Les scientifiques. Sortant de l’ombre, ils sont devenus incontournables. Grace a leurs liens avec les ONG, ils sont désormais des référents aux yeux du grand public, qui leur attribue une cote de confiance très élevée. Les leaders d’opinion interroges donnent la prime aux revues anglo-saxonnes et aux instituts scientifiques. Les plus cites: le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), l’Université polytechnique de Lausanne, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, l’economiste Alain Grandjean, le botaniste Jean-Marie Pelt, le cancerologue Dominique Belpomme, le géochimiste Claude Allegre.

Les people. Leur rôle est loin d’être négligeable. Hommes politiques, responsables d’institutions internationales ou stars du show-business, ils ont fait leur la question environnementale, la popularisant aux yeux du grand public. Grace a leur capital de sympathie, les acteurs les plus engages du développement durable jugent leur action bénéfique. Les plus cités : Nicholas Stern (ex-Banque mondiale), Al Gore, Jacques Chirac, Barack Obama, Leonardo DiCaprio, Clint Eastwood, Lambert Wilson, Marion Cotillard, Nicolas Hulot.

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« L’entreprise doit prendre l’initiative »

Pourquoi les leaders d’opinion estiment-ils que l’entreprise a les meilleures cartes en mains pour réaliser la transition vers le développement durable ? Lire la suite

Comment modifier en profondeur nos comportements ?

ecoloinfo.com, Brendan, le 30 avril 2009

Des girouettes aux panneaux indicateurs : comment modifier en profondeur nos comportements ?

Au niveau mondial, les 7% les plus riches sont responsables de 50% des émissions de CO2 tandis que la part d’émissions des 50% les plus pauvres n’est que de 7%. Fred Pearce, auteur et journaliste sur les questions d’environnement, s’est appuyé sur ces données du Princeton Environment Institute pour argumenter que le problème de l’empreinte écologique de l’humanité n’était pas tant le problème de surpopulation, mais surtout le problème de la surconsommation. Et qu’à moins de continuer à faire l’autruche et à sa voiler la face, il est absolument nécessaire de s’attaquer à la surconsommation en adoptant et en faisant la promotion de modes de vie plus sobres.

Fred Pearce

Actuellement, les stratégies visant à faire adopter des comportements éco-responsables sont basées sur des techniques du marketing. Le message est calibré pour correspondre aux valeurs dominantes caractéristiques des différents publics cibles. Les particuliers sont ainsi encouragés à changer de comportement pour des raisons de statut social ou d’intérêt financier plutôt que de bénéfice environnemental.

L’échec de l’approche marketing

Un rapport du WWF de Grande Bretagne publié en avril 2008 (Weathercocks and Signposts: The Environment Movement at a Crossroads, “Girouettes et panneaux indicateurs: le mouvement environnemental à un carrefour”) indique que de telles approches peuvent retarder, voire même saper, les tentatives visant à entrainer des changements de comportement beaucoup plus ambitieux. L’importance actuellement portée aux petits gestes simples et faciles peut en effet détourner des comportements nécessaires pour réellement s’attaquer aux crises écologiques et économiques (climat, énergie, eau, biodiversité, etc.).

Pire, l’intérêt marqué pour la consommation verte détourne l’attention des problèmes fondamentaux inhérents au consumérisme. L’échelle des enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés demande pourtant un engagement systémique avec ce problème comme l’a démontré Fred Pearce.

Les schémas de consommation alternatifs (auto-partage, AMAP, etc.) sont importants mais ne peuvent pas être disséminés largement sans d’abord s’attaquer aux motivations portant à la consommation. En effet, l’alter-consommation ne pourra pas présenter de bénéfice environnemental global tant que l’argent potentiellement économisé en consommant mieux sera réinvesti dans d’autres dépenses énergétiques.

C’est la raison pour laquelle les raisons qui mènent à l’adoption de nouveaux comportements ont des implications très importantes pour l’obtention de réelles diminutions des consommations d’énergie et pour la persistence de ces comportements dans le temps. Une personne Lire la suite

En Europe, la nature disparaît à un rythme inquiétant

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 5 mai 2009

Faire un bilan est toujours risqué. Stavros Dimas, le commissaire européen à l’environnement, s’est prêté à l’exercice à Athènes, les 27 et 28 avril, devant la fine fleur des experts de la biodiversité. Ce bilan ne s’imposait pas seulement parce que le mandat de la Commission arrive à échéance dans quelques semaines, mais aussi parce qu’il y a sept ans, la communauté internationale s’était fixé rendez-vous en 2010 – autant dire demain – pour mesurer les progrès accomplis en matière de lutte contre la disparition des espèces et la dégradation des écosystèmes constatées sur tous les continents.

L’objectif avait été adopté par les Nations unies, mais l’Union européenne (UE) avait choisi de se montrer encore plus ambitieuse en s’engageant à « stopper l’érosion de la biodiversité » à l’horizon 2010. L’état des lieux dressé par Jacqueline McGlade, la directrice exécutive de l’Agence européenne de l’environnement (AEE), montre qu’un peu de prudence aurait évité aux Européens de devoir assumer aujourd’hui un véritable échec. « L’objectif de 2010 ne sera pas atteint et la biodiversité européenne demeure très fortement menacée« , a-t-elle confirmé.

De 40 % à 70 % des espèces d’oiseaux et de 50 % à 85 % des habitats dans lesquels se déploient la faune et la flore européenne se trouvent ainsi dans « une situation de conservation critique« , selon les chiffres d’un rapport que l’AEE s’apprête à publier.

A-t-on au moins réussi à ralentir la cadence à laquelle la nature dépérit sous l’effet de la fragmentation du territoire, de l’extension des villes, des routes et de l’intensification de l’agriculture ? Le débat reste ouvert.

« Au niveau mondial, la moitié de la nature a disparu depuis l’ère préindustrielle et elle recule encore au rythme de 1 % par an. C’est peut-être moins en Europe depuis la création de Natura 2000« , avance Andrew Balmford, professeur à l’université de Cambridge (Royaume-Uni). Avec ses 25 000 sites couvrant 17 % du territoire européen, Natura 2000 constitue le premier réseau d’aires protégées au monde. Mais cette vitrine a surtout vocation à préserver les espèces dites « remarquables », pas la biodiversité que l’on pourrait qualifier d’ordinaire, sur laquelle repose l’essentiel des services rendus par les écosystèmes.

En 2006, l’UE a adopté un plan d’action pour la protection de la biodiversité. La mise en oeuvre n’a pas suivi. « Ce plan n’a aucun caractère contraignant. C’est sa grande faiblesse. Sans menaces de sanctions, il est illusoire de penser que les gouvernements ou les acteurs économiques prendront en compte la biodiversité« , remarque Tony Long, représentant du Fonds mondial de la nature (WWF).

Les scientifiques font aussi leur mea culpa : « Nous n’avons pas réussi à démontrer pourquoi la sauvegarde de la biodiversité est si importante« , a reconnu John Hutton, du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Alors que, grâce au travail du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), à celui de l’économiste britannique Nicholas Stern et à l’engagement de l’ancien vice-président américain Al Gore, le changement climatique s’est hissé au sommet de l’agenda mondial, la crise de la biodiversité reste dans l’ombre. Et peu d’hommes politiques en ont saisi la gravité.

« Nous n’avons pas un indicateur simple – Lire la suite

G20 : Sauver le climat ou l’économie ?

actu-environnement.com, Agnès SINAI, le 9 avril 2009

Sauver le climat ou l’économie ?

Le G20 s’est clôturé avec l’annonce de mesures qui reconduisent le modèle de développement actuel, sans poser les bases d’une économie « verte ». Le paradigme de la nature au service de l’économie reste intangible.

La rhétorique de la déclaration finale du G20, rendue à Londres le 2 avril, ressemble à un discours de l’éternel recommencement. Comme le souligne Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre, commente : Restaurer la croissance, réparer le système financier… le G20 nous propose tout simplement de revenir au système qui vient de s’effondrer, avec les mêmes recettes : augmentation du commerce mondial, relance de la demande, liberté des capitaux, libéralisation du commerce. Einstein disait : « Nous ne résoudrons pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés. » Le G20 s’est montré incapable d’innover et va peut-être même plus loin en renforçant ce système défectueux, et notamment le FMI qui se voit doté de l’énorme responsabilité de renflouer les caisses du système, alors qu’il n’a pas vu venir la crise des subprimes…

De l’autre côté du monde, à l’ouest de l’Antarctique, la plaque Wilkins s’est disloquée pendant les pourparlers. Cet événement rare rappelle que la fonte des pôles sera d’autant plus rapide que la chaleur augmentera sur la Terre. Un groupe de scientifiques a alerté, il y a quelques semaines lors d’une conférence à Copenhague, que les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Les émissions ont continué d’augmenter fortement et le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites, a affirmé le comité scientifique de la conférence. Les prévisions du GIEC anticipent une hausse des températures comprises entre 1,1 °C et 6,4 °C à la fin du siècle par rapport à la période préindustrielle. Stefan Rahmstorf a présenté une étude selon laquelle le niveau des océans pourrait augmenter dans une fourchette de 75 cm à 190 cm d’ici à 2100. Bien au-delà des prévisions du GIEC allant de 18 cm à 59 cm.

Dès lors, les Principes Climat et les Principes Carbone, qui constituent les deux seules initiatives collectives prises à ce jour par les banques internationales pour lutter contre les changements climatiques, paraissent bien dérisoires. Ils ne représentent que des efforts pour accommoder le business as usual. Le nouveau rapport de BankTrack, intitulé « Meek Principles for a Tough Climate » analyse les forces et faiblesses contenues dans ces deux déclarations de principes, toutes deux lancées l’an dernier. Johan Frijns, coordinateur du réseau BankTrack, explique : BankTrack apprécie le fait que les signataires des Principes Climat et Carbone reconnaissent qu’ils doivent participer à la lutte contre les changements climatiques. Etant donné les impacts climatiques énormes du secteur financier via l’allocation de capitaux et d’investissements, il est absolument nécessaire de mettre en place des standards climatiques pour tout le secteur financier. Malheureusement, les Principes Climat comme les Principes Carbone sont très décevants. S’ils contiennent tous les deux des éléments utiles, aucun ne s’attaque aux risques climatiques induits par les financements bancaires avec la rigueur, l’urgence et l’ambition nécessaire.

Même discordance dans les plans de relance européens et étatsunien. Commandée par le WWF et par E3G, une étude réalisée par Ecofys et Germanwatch révèle une incapacité à s’éloigner de choix d’investissement fortement carbonés et à faire le pari des nouvelles technologies vertes. Lire la suite

Le G20 veut une « croissance durable »

actualités-news-environnement.com, Mathieu Lepoivre, le 8 avril 2009

Le G20 veut une croissance durable

Face aux urgences des crises environnementales, que penser de la déclaration des chefs d’états et de gouvernements à l’issue du G20, publiée le 2 avril 2009 ? D’environnement, il n’en est question la première fois qu’en fin de préambule.

Cette déclaration du G20 en 28 points (8 pages dans la version en français diffusée par l’Elysée), comporte un préambule (les 5 premiers points) et cinq parties :

Rétablir la croissance et l’emploi (6-12)

Renforcer la supervision et la régulation financières (13-16)

Renforcer nos institutions financières internationales (17-21)

Résister au protectionnisme et promouvoir le commerce et l’investissement mondial (22-24)

Favoriser une relance équitable et durable pour tous (25-28)

A la lecture de ces intitulés, comme du détail de ce document, il est clair que les préoccupations des dirigeants des pays du G20 sont clairement centrées sur l’assainissement de la finance mondiale, la relance de l’économie et de la croissance, ce qui entraînera selon eux l’amélioration sociale.

D’environnement, il n’en est question la première fois qu’en fin de préambule, dans le 4e point alors qu’il s’agit de s’engager « à faire tout ce qui sera nécessaire pour bâtir une reprise durable, profitant aÌ tous et respectueuse de l’environnement ».

 Vient ensuite le terme de « transition vers une économie verte » au point 6 que les déclarants souhaitent accélérer par les emplois sauvés ou créés grâce aux mesures budgétaires prises au G20. Ce sont enfin dans les tous derniers points du communiqué (27 et 28) que l’environnement est abordé directement : les dirigeants du G20 nous parlent d’« une reprise respectueuse de l’environnement », « des technologies et infrastructures vertes, innovantes, économes et sobres en carbone », et affirment leur « volonté de faire face a la menace d’un changement climatique irréversible ».

 Dans ce genre d’exercice de communication diplomatique, il est troublant de noter que les termes « durable » et « soutenable » sont utilisés de façon récurrente. A croire que le développement durable est entré dans le langage courant de nos dirigeants de pays les plus riches, ce qui serait encourageant.

Mais il serait plus prudent de penser à une mode sémantique, voire à une occultation de leur sens moderne, puisque ces adjectifs qualifient en fait la « croissance » et autre « reprise », « relance », « économie » ou « activité économique » que les déclarants souhaitent tout bonnement inscrire dans la durée, et nullement dans un développement durable.

On voit également apparaître les termes énigmatiques de « soutenabilité budgétaire » (points 10 et 11) et « rémunération soutenable » (point 15). Du travail pour les linguistes en perspective !

Dans le fond, on constate que l’effort financier des dirigeants du G20 pour « rétablir le crédit, la croissance et l’emploi dans l’économie mondiale » est sans commune mesure avec leur intention de résoudre les questions environnementales.

En effet, il n’est pas sûr que la totalité des plans en faveur de l’environnement (réduction des émissions de gaz à effet de serre, compensation carbone, préservation de la biodiversité, gestion de l’eau,…) des pays membres du G20 représentent plus du dixième (centième ?) des 1 100 milliards de dollars dont il est question.

Ainsi, malgré les termes employés dans les points 27 et 28, on est en droit de se demander si ces milliards seront réellement efficaces pour remettre le monde en état de marche puisque les ressources naturelles sur lesquelles toute notre économie est basée montrent depuis plusieurs années des signes de faiblesse voire d’épuisement. La récente étude commandée par le WWF Lire la suite

De l’empreinte écologique à la fin prochaine du PIB

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 14 avril 2009

Mathis Wackernagel, co-inventeur de l’empreinte écologique, veut croire à la fin prochaine du PIB

Mathis Wackernagel est tombé dans l’écologie quand il était petit : « Mon père avait été très frappé par le rapport réalisé en 1972 par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour le club de Rome sur « les limites de la croissance ». Quand j’avais à peu près 10 ans, il m’a montré les graphes de ce livre en m’expliquant ce qu’ils signifiaient. Cela a fondé mon intérêt pour la question. »

Un intérêt qui ne s’est jamais démenti et a conduit Mathis Wackernagel à devenir le co-inventeur de l’empreinte écologique, une méthode de mesure de l’activité humaine qui pourrait concurrencer le produit intérieur brut (PIB). Celui-ci ne prend pas en compte la dégradation environnementale causée par l’activité économique. Le principe de l’empreinte écologique vise au contraire à calculer la surface d’écosystèmes nécessaire pour fournir les éléments requis par l’activité d’un pays ou d’une région et absorber ses pollutions.

Basé à Oakland, en Californie, Mathis Wackernagel est venu à Paris au début du mois d’avril pour rencontrer des statisticiens du ministère de l’écologie, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que ceux de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, créée début 2008 à l’initiative de Nicolas Sarkozy et présidée par Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie. Mission de cette dernière ? Définir de nouveaux indicateurs capables de remédier aux lacunes du système statistique mondial actuel. Son rapport est attendu pour la mi-mai.

Mathis Wackernagel est-il entendu ? « De plus en plus par les experts, estime-t-il. Mais quand l’on regarde les dirigeants du G20, ils abordent tous la récession comme le simple recul du PIB et ne pensent qu’à trouver le moyen de le faire croître encore… » Un postulat que le gamin tombé dans la marmite du rapport au club de Rome s’est juré de mettre à bas.

SCIENTIFIQUE MILITANT

Né en Suisse, à Bâle, en 1962, le jeune Mathis étudie à l’Ecole polytechnique de Zürich, d’où il s’envole en 1990 pour préparer son doctorat au Canada, à Vancouver. Il vient étudier la capacité d’un environnement à supporter l’impact de l’aménagement des territoires. Des mots compliqués, que Mathis Wackernagel, avec son professeur David Rees, cherche à simplifier. « On discutait, une fois de plus, et un jour, David a dit : « Regarde cet ordinateur, il a une faible empreinte au sol ». » La remarque paraît simple mais elle sera féconde. Elle conduit les deux compères à formaliser le concept d’empreinte écologique. Après un premier article de David Rees, en 1992, l’idée devient une méthode de calcul validée par de nombreux articles scientifiques.

Mathis Wackernagel a adopté la stratégie d’un scientifique militant. « Le rapport de 1972 sur les limites de la croissance a été tué par le débat académique, faute de soutien populaire« , explique-t-il. Pour s’assurer que le milieu des statisticiens, par définition conservateur – « Ils doivent maintenir des séries de chiffres dans la durée » -, n’enterrera pas l’empreinte écologique, il fait alliance avec des associations puissantes, trouve son principal appui au Fonds mondial pour la nature (WWF) et fonde, en 2003, le Global Footprint Network (Réseau de l’empreinte écologique).

Un scientifique pressé ? « C’est une erreur de croire que Lire la suite

« Darwin », nouveau concept d’économie durable à Bordeaux

 Le Monde, Claudia Courtois, le 3 mars 2009

« Darwin », nouveau concept d’économie durable

« Etre à la croisée des chemins entre économie et écologie, rendre le développement durable et désirable. » Ce slogan est un condensé de la philosophie du projet « Darwin » : construire un quartier d’entreprises et de services exemplaire sur le plan environnemental. Les locaux fonctionneront en basse énergie, l’eau de pluie sera récupérée, l’énergie recyclée et les émissions de CO2 divisées par quatre.

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L’idée est d’associer des entreprises d’horizons différents : économie créative et culturelle avec un groupement d’acteurs culturels bordelais, culture urbaine avec le projet d’un skate-parc intérieur « éco-conçu » de 2 500 m2, communication et nouvelles technologies avec une agence de marketing publicitaire et une société d’imagerie virtuelle.

L’Agence régionale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et l’Institut français pour la performance énergétique du bâtiment pourraient aussi s’y installer. Des associations et des commerces sont attendus : crèche éco-responsable, commerces et restaurants bio, boutique consacrée à l’éco-mobilité.

Les concepteurs ont imaginé des espaces publics, des rues et jardins. En point d’orgue, une « cathédrale d’eau », vaste citerne intérieure d’eau de pluie qui servira aussi de parcours pédagogique et de lieu de réception. Il est prévu que les entreprises résidentes partagent la logistique, des services aux personnels et des espaces de réunion. Au final, une vingtaine de sociétés et une quarantaine d’associations sont attendues sur le site.

Cette structure atypique, inspirée des éco-quartiers du monde entier, doit s’installer à l’extrémité d’une caserne aujourd’hui désaffectée, à la Bastide, sur la rive droite de la ville. L’éco-quartier s’étendra sur 30 hectares dans le cadre d’une zone d’aménagement concerté et sera l’une des réalisations phares du nouveau projet urbain de la ville. Darwin occupera environ deux hectares dans les anciens magasins généraux de la caserne Niel.

Ce projet un peu fou est porté par une poignée d’acteurs locaux. A sa tête, un natif de la rive droite, Philippe Barre, membre du Centre des jeunes dirigeants, à la tête d’une agence de publicité pas comme les autres, et d’une holding d’entreprises innovantes. Après deux ans de recherche, il est tombé sur l’ancienne caserne Niel.

Le projet est vite devenu emblématique pour Bordeaux et l’agglomération. Il avait été retenu parmi ceux présentés par la Ville pour sa candidature de capitale européenne de la culture en 2013. Sir Bob Scott, le président du jury, avait été conquis et, aujourd’hui, il fait partie du comité de soutien de Darwin, comme Serge Orru, directeur général de WWF-France, le paléoanthropologue Pascal Picq, ou encore George Kell, directeur exécutif du Global Compact, un programme des Nations unies destiné à promouvoir l’ entreprise écologique.

Malgré ces soutiens, les initiateurs, jugés « trop rêveurs », ont dû hausser le ton pour obtenir l’engagement ferme de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB). « C’est vrai, Lire la suite

Claude et Lydia Bourguignon : Damnés de la terre

Le Monde, Hervé Morin, le 27 février 2008

Claude et Lydia Bourguignon : Damnés de la terre

Les deux chercheurs, qui travaillent en francs-tireurs, voient dans l’épuisement des sols la fin de la civilisation. Leurs meilleurs alliés sont les micro-organismes et les vers de terre

Deux gros bœufs tractant une charrue trônent dans le laboratoire de Claude et Lydia Bourguignon. Cette aquarelle originale du peintre animalier Olivier de Penne (1831-1897) est un clin d’œil : les Bourguignon, spécialistes des sols, ne peuvent pas voir le labourage en peinture. Ni les techniques agricoles intensives qui contribuent, selon eux, à tuer la terre.

Le couple ne police plus son discours sur la dégradation des sols, fine pellicule sur laquelle repose l’essentiel de la vie de la planète. « C’est la fin de la civilisation, alerte Claude Bourguignon. Nous sommes dans la phase d’effondrement. Partout on voit baisser les rendements agricoles. »

Voilà bientôt vingt ans, les Bourguignon ont quitté l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), où ils estimaient ne pas pouvoir travailler sur les vrais enjeux de l’agriculture.

Depuis leur laboratoire, une superbe grange de 1754, à Marey-sur-Tille, au nord de Dijon, ils alertent les agriculteurs et étudient leurs sols. En francs-tireurs. Gens de terrain, ils ont à leur actif quelque 5 500 analyses – en France et à l’étranger.

D’une formule, Lydia résume le problème : « La plante est incapable de sucer le caillou. Il faut que des microbes le dissolvent. » Sans ce grouillement souterrain, les plantes végètent, le sol se dérobe. Elle montre ces photos de champs ravinés, dans la Somme : « Des canyons, les tracteurs ne peuvent plus passer ! » Leur solution : renoncer au travail mécanique du sol et laisser microbes, champignons et vers de terre s’en charger, sous un couvert végétal qui étouffe les mauvaises herbes et réduit l’érosion.

Pour Claude, l’agriculture intensive est devenue « de la gestion de pathologies végétales » : les variétés à haut rendement, fragiles, sont protégées en permanence par des batteries d’engrais, d’insecticides et de pesticides. En conséquence, les sols souffrent et « l’humanité ne mange que des plantes malades ».

L’épidémie d’obésité, la montée des allergies ? Ce n’est qu’un début, assurent les Bourguignon. L’espérance de vie va chuter. « Les vieux d’aujourd’hui ont été nourris aux produits bio, avant l’intensification agricole, dit-il. Les jeunes générations n’auront pas ce capital. »

Leurs arguments, bien charpentés, s’imbriquent – même s’ils mériteraient parfois d’être réactualisés. Leurs coq-à-l’âne finissent par faire sens, voire système : « Les mêmes boîtes produisent les engrais, les pesticides, les médicaments : de l’or en barre, indéracinable », lâche Claude.

Leur unité de pensée est née de mondes opposés. Lui, Parisien d’origine, issu d’une lignée de scientifiques médicaux. Elle, née en Bourgogne d’un père menuisier et d’une remailleuse de bas italiens, arrivés en France en 1945.

Enfant, Claude se passionne pour la vie sauvage, fonde avec des copains de lycée le « groupe ornithologique parisien ». « Il savait tout des animaux, se souvient Brice Lalonde, qui fréquentait alors sa soeur aînée. Il m’a ensuite influencé comme ministre. J’admire ces ouvreurs de chemin, qui ont raison avant tout le monde. » Cette grande sœur fameuse, l’actrice Anémone, est toujours admirative du « courage » de son érudit de frère, « un peu professeur Nimbus », qui a converti l’ensemble de la famille à l’écologie. Lire la suite

La crise financière : tenir compte des limites de la planète

info-durable.be, WWF, le 29 octobre 2008

La crise financière invite à mieux tenir compte des limites de notre planète

Le monde va bientôt devoir faire face à une grave crise écologique. En effet, la pression exercée par les hommes sur la planète, par leur manière de produire, de consommer et de générer des déchets dépasse de presque un tiers ses capacités de régénération. Si notre demande vis-à-vis de la Terre continue à croître au même rythme, nous aurons besoin de deux planètes pour répondre aux besoins de notre train de vie actuel d’ici la moitié des années 2030. A côté de ce que risque de devenir la crise écologique, la crise financière actuelle fera pale figure. Mais il n’est pas encore trop tard. Si nous prenons ces enjeux au sérieux, nous pouvons parfaitement vivre dans les limites de notre planète. Voilà ce qui ressort du Rapport Planète Vivante publié aujourd’hui par l’organisation de protection de l’environnement WWF.

Les conséquences de la crise écologique sont bien plus graves

« Nous agissons avec l’environnement comme l’ont fait les institutions financières dans le domaine économique : nous voulons la satisfaction immédiate et ne regardons absolument pas aux conséquences à plus long terme » explique Geoffroy De Schutter, directeur des programmes au WWF-Belgique. « Il y a cependant une différence : les conséquences de la crise écologique mondiale sont bien plus graves que celles de la crise économique actuelle. En effet, dans le cas de la crise écologique, ce sont nos actifs environnementaux qui sont sous-évalués. Or, ces derniers sont à la base de toute vie. La logique de croissance à l’infini que suit notre consommation dans une seule planète finie montre aujourd’hui ses limites. » Le changement climatique et la crise alimentaire mondiale ne sont que quelques unes des conséquences auxquelles nous devrons faire face.

L’empreinte écologique augmente, la biodiversité diminue

Le Rapport Planète Vivante donne tous les deux ans un bilan de santé de la Terre via différents paramètres. L’indice Planète Vivante, basé sur le suivi de 5 000 populations de 1686 espèces animales indique une tendance à la baisse de 30% en moyenne depuis les années 1970. D’un autre côté, l’empreinte écologique de l’humanité, c’est à dire la surface nécessaire pour produire toutes les ressources naturelles que nous consommons et pour absorber nos déchets, est en constante augmentation. En moyenne, au niveau mondial, l’empreinte écologique est de 2,7 hectares alors que seulement 2,1 hectares sont disponibles. Par ailleurs, nous consommons d’énormes quantités d’eau. La quantité globale d’eau douce disponible est de plus en plus mise sous pression par la demande croissante de produits dont la production demande énormément d’eau comme la viande, les produits laitiers, le sucre et le coton. Pour la production d’un t-shirt en coton, par exemple, il faut près de 3 000 litres d’eau. Aujourd’hui déjà, une cinquantaine de pays rencontre de graves pénuries d’eau. A cause du changement climatique, le nombre de personnes qui n’ont pas assez d’eau que ce soit tout au long de l’année ou pour seulement quelques périodes, devrait très sensiblement augmenter.

Et la Belgique ?

La Belgique, tout comme la plupart des pays occidentaux, reste mauvaise élève. L’empreinte écologique belge a quasiment doublé (+87%) depuis 1961 et arrive aujourd’hui à 5,1 hectares, principalement à cause de l’augmentation de nos émissions de CO2. Notre empreinte est près de cinq fois plus importante que la surface de terre productive disponible par Belge (1,1 ha). Lire la suite

Un Plan de relance trop déconnecté du Grenelle

Actu-Environnement.com, Agnès Sinaï, le 4 février 2009

Un Plan de relance trop déconnecté du Grenelle de l’environnement

Alors que le nouveau président des Etats-Unis a annoncé un plan de relance centré sur l’indépendance énergétique américaine qui devrait déclencher la création de 460.000 emplois dans les trois prochaines années, le premier ministre, François Fillon a lancé 1.000 chantiers d’investissements dont la plupart sans rapport avec les orientations adoptées par la loi Grenelle.

Restauration de la flèche de Notre Dame, construction d’établissements pour personnes âgées, halles des sports réhabilitées, rénovation des nécropoles nationales, projet de pôle pour les nanotechnologies à Saclay, installation de connexions wi-fi à bord du TGV Est, rénovation de logements à Kerguelen… Doté de 11,1 milliards d’euros directement investis par l’Etat, auxquels s’ajouteront 4 milliards d’investissements supplémentaires réalisés par les grandes entreprises publiques ou assimilées (EDF, SNCF, RATP, GDF-Suez, La Poste), le plan de relance présenté par François Fillon le 2 février concerne quatre grands domaines : infrastructures et équipements civils (870 millions d’euros), enseignement supérieur et recherche (731 millions), patrimoine (620 millions), ainsi que des dispositifs de soutien à l’investissement en faveur des collectivités locales (2,5 millions au titre du Fonds de compensation de la TVA) et des entreprises (8 milliards de prêts sur fonds d’épargne). Ce catalogue de mille mesures hétéroclites est majoritairement concentré sur l’entretien et l’extension de l’existant plutôt qu’en faveur d’une nouvelle orientation de l’économie, au service, par exemple, de l’environnement et de la réduction des consommations d’énergie, de la promotion de l’agriculture biologique et de la préservation des ressources naturelles.
Un Green New Deal introuvable

Alors que le Grenelle de l’environnement avait donné l’impulsion à ce qui aurait pu devenir un Green New Deal national, le plan de relance du Premier ministre donne l’impression de rester très majoritairement dans la logique du business as usual. Des routes et des autoroutes, mais pas de financements décisifs pour les transports en commun urbains, des rénovations de bâtiments anciens, mais pas de plan d’ensemble de réhabilitation du logement social, ni d’engagement substantiel en faveur de la construction d’écoquartiers à basse consommation, une aide de 100 millions d’euros à 50.000 propriétaires occupants modestes, soit un saupoudrage de 2.000 euros par logement au lieu des 20.000 nécessaires (une réhabilitation aux normes prévues par le Grenelle coûte 300 € le m2)… La création d’emplois attendue n’est pas chiffrée, pas plus que les conséquences du plan en termes d’émissions de gaz à effet de serre ou l’anticipation de l’impact de grandes infrastructures, telles que le canal Seine-Nord.

Côté transports, la construction de trois nouvelles autoroutes est prévue : A63 Bordeaux-Espagne, A150 Rouen-Le Havre et A355 (Grand contournement Ouest de Strasbourg), alors que le Grenelle avait abouti au gel de ces 3 projets autoroutiers. Un milliard d’euros seront dépensés en 2009 sur le réseau national au lieu des 800 millions prévus. Selon la Fédération nationale d’usagers de transports (FNAUT), outre qu’elle induit peu d’emplois, la création de nouvelles routes ou autoroutes brouille le message du Grenelle : c’est un signal psychologique déplorable. D’autant que la France est déjà bien dotée en infrastructures routières, mais sous-équipée en transports urbains collectifs, qui, selon la FNAUT et un rapport récent du Programme des Nations Unies pour l’Environnement1, créent deux fois plus d’emplois, à dépense égale, que le transport routier, pour la plupart pérennes et par définition non délocalisables. Selon un communiqué conjointement publié par le GART (Groupement des autorités responsables de transport) et les Communautés urbaines de France, les élus locaux déplorent que l’État n’ait pas favorablement répondu à la demande des associations représentant les collectivités locales : soutenir l’investissement dans les transports en commun en site propre et dans le matériel roulant.
Le secteur automobile tire son épingle du jeu Lire la suite

L’économie verte pour lutter contre le changement climatique

cdurable.info, David Naulin, le 31 janvier 2009

Publication du rapport de McKinsey and Co : Pathways to a Low Carbon Economy

Rapport McKinsey : l’économie verte, un moyen pour lutter contre le changement climatique

Plus de 200 propositions de réduction des émissions de GES

Nous avons aujourd’hui le potentiel pour limiter le réchauffement climatique en dessous du seuil de 2°C, à un coût relativement faible ( estimé entre 200 et 350 milliards d’euros par an, soit 0,4% du PIB mondial). C’est le message du rapport de McKinsey and Co, “ Pathways to a Low Carbon Economy”, auquel a contribué le WWF. Pour l’ONG, c’est un appel à l’action de bonne augure alors que commence une année décisive pour le climat qui s’achèvera en décembre 2009 avec le conférence de l’ONU sur le climat de Copenhague.

Les actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey

Quelle traduction politique ?

Le rapport très attendu de McKinsey, a été rendu public aujourd’hui 26 janvier, lors d’une conférence de presse à Bruxelles à laquelle participait le directeur général de WWF, Jim Leape, ainsi que le Commissaire à l’Environnement Stavros Dimas et Sir Nicholas Stern. WWF est l’un des 10 sponsors qui ont soutenu financièrement et surtout contribué par leur expertise à ce rapport, qui étudie plus de 200 potentiels de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les deux prochaines décennies, dans 10 secteurs et 21 régions du monde. Le WWF se félicite des principales conclusions de ce rapport.

Selon ce rapport, si l’ensemble des options technologiques étaient utilisées, les émissions mondiales de gaz à effet de serre pourraient être réduites de 40% par rapport à 1990 d’ici à 2030. Une réduction suffisante pour limiter le réchauffement de la planète en dessous de 2°C. Mais il faut agir dès aujourd’hui : si la communauté internationale attend 10 ans pour agir, il sera alors impossible de rester en dessous de ce seuil de 2°C et donc d’éviter les impacts catastrophiques du dérèglement climatique.

Autre message important de ce rapport : le coût net de l’action – prenant en compte le coût de la mise en œuvre des politiques publiques – est estimé entre 200 et 350 milliards d’euros par an à l’horizon 2030, soit 0.4% du PIB mondial, dans l’hypothèse où le baril de pétrole ne dépasse pas 60$. « Mais si le pétrole est deux fois plus cher, une hypothèse loin d’être absurde, alors ce coût devient un gain de l’ordre de 450 milliards ! Gagnerons nous ou perdrons nous des centaines de milliards ? Cela dépend tellement du prix du pétrole qu’on peut douter de la pertinence de cette question. Mais ce qui est sûr, c’est que le coût de l’action reste bien faible par rapport au coût de l’inaction », commente Damien Demailly, chargé du programme Energie Climat au WWF-France.

Pour Serge Orru, directeur du WWF-France, « alors que les chefs d’Etat du monde entier préparent la grande réunion de Copenhague qui doit trouver un successeur au Protocole de Kyoto en décembre 2009, ce rapport coupe l’herbe sous le pied à ceux qui disent que la lutte contre les changements climatiques est perdue d’avance et fragilise nos économies ».

Les actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey

Elles concernent quatre grands domaines :

 l’efficacité énergétique : Lire la suite

Le Grenelle peine sur le terrain

liberation.fr, Guillaume Launay, le 26 janvier 2009

Le Grenelle peine sur le terrain

Des beaux discours à Paris, des pelleteuses sur le terrain ? Plus d’un an après le Grenelle de l’environnement, et alors que la loi Grenelle I est discutée au Sénat à partir de demain, les associations écologistes s’inquiètent du retour de projets mis entre parenthèses dans le cadre de la grand-messe verte de l’automne 2007. Et craignent qu’après les élans oratoires de Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo (priorité au rail sur la route, à la réduction des déchets sur l’incinération, à la biodiversité…), les vieux réflexes se remettent en place.

L’Alliance pour la planète, collectif d’ONG qui regroupe entre autres le WWF et Greenpeace, a récemment mis en ligne sa carte de France des «projets Grenello-incompatibles». «Ce qu’on veut montrer, c’est ce qui se met en place, qui va contre des mesures du Grenelle, mais est encore réversible», souligne Gaël Roustan, de l’Alliance. La critique porte parfois sur les principes (comment parvenir à 23 % d’énergies renouvelables en relançant le nucléaire avec un voire deux ou trois EPR ?) mais aussi sur les dégâts environnementaux, la transparence ou le double langage des élus.

Reproches. L’association France nature environnement (FNE), autre acteur du Grenelle, voit elle aussi, via ses associations de terrain, remonter ces inquiétudes. Et pour FNE, si l’Etat n’est pas toujours exempt de reproches, c’est souvent du côté des acteurs locaux, et notamment des élus, que la «dynamique Grenelle» ne suit pas. «On oublie trop facilement les responsabilités de chacun, pointe Sébastien Genest, président de FNE. Aujourd’hui, la priorité c’est de décliner le processus national sur le terrain.» Et de rappeler que quand il s’agit de défendre un tronçon d’autoroute ou une industrie pourvoyeuse de taxe professionnelle, il n’y a plus de droite ou de gauche mais un front d’élus unis : «Le projet de l’autoroute A45 (Saint-Etienne-Lyon), ineptie technique et environnementale, a reçu l’approbation de très nombreux acteurs politiques et économiques locaux», poursuit Sébastien Genest.

Friable. Face aux critiques, l’entourage de Jean-Louis Borloo fait valoir que plusieurs projets ont été stoppés après le Grenelle (1) et que ses services commencent seulement à prendre leurs bâtons de pèlerin : «On se met en ordre de bataille pour porter la bonne parole.» Reste qu’en période de crise, ce volontarisme semble plus friable. Que pèse la biodiversité face au chômage ? «La crise écologique, ce sera aussi de la casse sociale, répond Sébastien Genest. Si on ne change pas aujourd’hui d’échelle, elle n’en sera que plus violente Lire la suite

Portrait : Nathalie Kosciusko-Morizet, écolo de droite

developpementdurable.com, Yann Cohignac, 19 janvier 2009

Portrait : Nathalie Kosciusko-Morizet, écolo de droite

“Il y a un concours de lâcheté et d’inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l’attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d’assurer le minimum“

Le 15 janvier, le ministère de l’Ecologie et du Développement durable a perdu sa secrétaire d’Etat. Nathalie Kosciusko-Morizet est mutée à l’Economie numérique. La rédaction de developpementdurable.com en a donc profité pour dresser le portrait d’une femme politique populaire chez les défenseurs de l’environnement.

« Il y a un concours de lâcheté et d’inélégance entre Jean-François Copé (président du groupe de l’UMP à l’Assemblée nationale), qui essaie de détourner l’attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo (ministre de l’Ecologie), qui se contente d’assurer le minimum ». Ce jour-là, le paysage politique français découvre une rebelle au sein du gouvernement : NKM, 35 ans, n’a en effet pas sa langue dans sa poche. Ces mots, prononcés dans une interview donnée au Monde le 10 avril 2008 au sujet de la culture OGM, créent la polémique dans les rangs de l’UMP. Poussée par François Fillon, elle devra s’excuser et, petite sanction, renoncer à un voyage officiel du Premier ministre au Japon.

Mais la voilà propulsée sur la scène médiatique. Les écologistes de tout bord y voient tout de suite une alliée au sein du gouvernement. Ils apprécient son franc-parler, son indépendance. La confiance s’installe. Elle ne faiblira pas. Tout comme son ascension politique. Et sa popularité : une étude récente des services du Premier ministre indique que 50 % des Français la connaissent et que 35 % en ont une bonne opinion. Un jury de 34 experts et journalistes réuni par France 2 et Le Point le 30 décembre l’a classera même troisième meilleures ministres. Sa carrière croît, et ce n’est que le début.

Curriculum Vitae

C’est en mai 1973 que NKM vient au monde, à Paris. En 1992, elle intègre l’Ecole polytechnique et en 1996, devient ingénieur de l’Ecole nationale du génie rural, des eaux et des forêts. Puis c’est l’entrée en politique, avec un rapide intérêt pour l’environnement : 97, elle participe à la direction de la prévision au ministère de l’Economie. 99, elle devient responsable de la cellule environnement à la direction des relations économiques extérieures du même ministère. 2002, conseillère en développement durable du Premier ministre, députée UMP de l’Essonne, et présidente du groupe parlementaire santé et environnement. 2003, secrétaire nationale de l’UMP, chargée de l’Ecologie, et 2004, conseillère régionale d’Ile-de-France.

Enfin, en juin 2007, NKM prend la place qu’on lui connaît : secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Elle participe alors activement au Grenelle de l’environnement. Puis elle continue à gagner du terrain : en mars 2008, elle est facilement élue maire de Longjumeau (Essonne). Quelques jours plus tard, elle est promue secrétaire générale adjointe de l’UMP. Une belle reconnaissance. Finalement, ses propos houleux sur le « concours de lâcheté » ne lui ont pas été reprochés outre mesure. Cela dit, « la scandaleuse aux mains vertes », comme l’avait surnommée Le Nouvel Observateur, se voit écarté de l’environnement début 2009.

Un départ regretté

Le 15 janvier, un remaniement ministériel propulse en effet NKM secrétaire d’Etat à l’Economie numérique. « Cette promotion m’apporte une autonomie qui ne me déplaît pas », réagira-t-elle. Du côté des écologistes, en revanche, c’est l’inquiétude : « Ce n’est pas une très bonne nouvelle. Dorénavant, personne ne s’occupe plus de l’écologie », Lire la suite

Le départ de NKM attriste les écolos

lexpress.fr, le 16 janvier 2009

Le départ de NKM attriste les écolos

Les défenseurs de l’environnement regrettent (presque) unanimement le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet du secrétariat d’Etat à l’Ecologie. Des Verts à Greenpeace en passant par les blogs, tour d’horizon des réactions des écologistes.

Le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet du secrétariat d’Etat à l’Ecologie, qui sera désormais en charge de l’économie numérique chagrine (presque) unanimement les défenseurs de l’environnement. S’ils vont regretter « NKM », ils s’inquiètent aussi de la vacance du poste, personne n’ayant été nommé pour la remplacer.

Le parti écologiste regrette une « personnalité incisive »

Les Verts ont estimé ce jeudi que son changement de portefeuille n’était « pas une très bonne nouvelle ».

« Dorénavant personne ne s’occupe plus de l’écologie » alors que « sera très prochainement étudiée la loi Grenelle II, loi fondamentale qui mettra en place les décisions du Grenelle I« , a souligné Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. Elle a été « la personnalité de l’UMP la plus incisive lors du vote de la Charte de l’Environnement ou plus récemment de la loi OGM« . « Sanctionne-t-on ces très timides velléités pour faire plaisir aux lobbies ? », se demandent les Verts estimant que « l’environnement, qui avait été jugé prioritaire par Nicolas Sarkozy à son élection, semble être devenu le dernier de ses soucis« .

Du côté des associations

Pour les organisations écologistes, Nathalie Kosciusko-Morizet, architecte du Grenelle de l’environnement avec Jean-Louis Borloo, a surtout fait progresser la cause à droite.

« Elle a fait bouger les moins de 40 ans à l’UMP et démontré que les jeunes générations à droite se préoccupent d’écologie« , estime Serge Orru, le directeur du WWF-France, organisation mondiale de protection de la nature. « Elle a préparé la droite à la question de l’écologie« , juge de son côté le président de France Nature environnement Sébastien Geneste, saluant le « duo compliqué mais utile » qu’elle formait avec Jean-Louis Borloo.

Yannick Jadot, ex-directeur des campagnes de Greenpeace la regrette lui aussi, mais juge qu’elle était « frustrée »: « Dommage pour l’écologie parce que c’est incontestablement quelqu’un de convaincu. Mais elle était sevrée de gros dossiers par Borloo. Elle essaye de se redonner un champ où elle a plus d’automonomie, potentiellement plus de visibilité », estime-t-il.

En dépit de leur affection, plusieurs observateurs ajoutent tout de même « en off » que NKM a manqué d’implication dans le Grenelle, pour y construire les nécessaires compromis. Et lui reprochent en filigrane de s’éparpiller entre ses trop nombreux mandats politiques.

Parmi les rares voix dissonantes, le réseau « Sortir du nucléaire » « se félicite du départ de Nathalie Kosciusko-Morizet du secrétariat d’Etat à l’écologie, mais aussi de son non-remplacement ». « Depuis quelques années en France, il faut être pronucléaire pour devenir ministre de l’écologie : c’est tellement ridicule qu’il vaut donc mieux… que le poste reste vacant ». « Globalement, le bilan de Mme Kociusko-Morizet et du Grenelle sont accablants » peut-on lire dans leur communiqué.

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Le“Grenelle 2” validé par le conseil des ministres

novethic, Rouba Naaman, le 8 janvier 2009

Le“Grenelle 2” validé par le conseil des ministres

Le ministre de l’écologie a présenté au conseil des ministres du 7 janvier son projet de loi d’application du Grenelle de l’environnement, une « boite à outils juridiques » censée permettre d’atteindre les objectifs définis dans la loi de programmation du Grenelle. Malgré plusieurs mesures intéressantes, le texte déçoit en partie les associations, qui dénoncent un recul et des incohérences.

« La troisième brique » de la construction du Grenelle de l’environnement, après la loi de programmation, dite “Grenelle 1”, et la loi des finances de 2009. C’est ainsi que le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo décrit le projet de loi baptisé “Engagement national pour l’environnement”, mais plus connu sous le nom de “Grenelle 2”. Le texte, constitué de 104 articles regroupés en 6 catégories (urbanisme, transports, énergie, biodiversité, risques-santé-déchets et gouvernance), a reçu le feu vert du conseil des ministres lors de sa présentation le mercredi 7 janvier. Il se veut une « boite à outils juridiques » permettant d’atteindre concrètement les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement. Une « boite à outils incomplète » selon l’association France nature environnement.

Quelques positions intéressantes

Parmi les mesures phares du projet de loi, on note quelques avancées ambitieuses, saluées par l’Alliance pour la planète : une modification du code de l’urbanisme permettant de simplifier l’application des directives actuelles ; l’obligation de l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments du tertiaire avant 2020 ; la prise en compte obligatoire des plans climat-énergie territoriaux ; et l’interdiction de la publicité sur les produits phytosanitaires à destination des particuliers. En ce qui concerne ce dernier domaine, la prise de position est inédite. Le chapitre « biodiversité » propose une refonte complète d’un chapitre du code rural, pour renforcer les exigences nécessaires à l’obtention de l’agrément pour les distributeurs de pesticides, notamment en matière de formation.

Projet de loi pour une empreinte écologique

Le député Vert Yves Cochet a présenté à l’Assemblée nationale, jeudi 8 janvier au matin, une proposition de loi tendant à réduire l’empreinte écologique de la France. Selon le député, « il s’agit d’un outil applicable à toutes les échelles, géographiques ou sectorielles » qui permettrait d’évaluer précisément l’efficacité des mesures inscrites dans le Grenelle de l’environnement. Le texte engagerait par ailleurs la France dans la réduction de moitié de son empreinte écologique entre 2009 et 2025. Le WWF France, qui promeut le concept d’empreinte écologique depuis plusieurs années, soutient la proposition de loi et appelle « tous les parlementaires à se rallier à cette idée ».

Le projet de loi prévoit également la création d’un label d’autopartage, d’une certification « Haute valeur environnementale » des exploitations et produits agricoles, d’un éco-label pour les produits de la pêche, et d’une définition de la pollution lumineuse. « Ce n’est pas un texte d’application du Grenelle 1, qui peut s’appliquer par lui-même, mais un complément concernant les territorialités et les entreprises » insiste le ministre de l’écologie. Globalement, le texte renforce le pouvoir décisionnel des collectivités locales, pour ne pas dire qu’il laisse à la charge des acteurs locaux la responsabilité de l’application des objectifs du Grenelle, dans des domaines aussi variés que les transports, l’habitat ou la gestion des ressources en eau.

Incohérences

L’Alliance pour la planète regrette cependant le manque de dispositions concrètes en terme de fiscalité – selon le Ministère, ces dispositions sont inclues dans la loi des finances 2009, dont « 35% des mesures sont de la fiscalité verte » explique la secrétaire d’Etat à l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet. La coalition d’associations souligne également les « lacunes de l’ensemble du processus du Grenelle », Lire la suite

Le terminal méthanier et l’A 65 dans le collimateur des assos

20minutes.fr, FC, le 12 janvier 2009

Le terminal méthanier et l’A 65 dans le collimateur des assos

Des projets girondins jugés « Grenello-incompatibles ». L’Alliance pour la planète, qui regroupe quatre-vingts associations écologiques dont Greenpeace et WWF, vient de mettre en ligne sur son site Internet* une carte de France de projets « en contradiction totale avec l’esprit et les mesures du Grenelle de l’environnement ». En ligne de mire, l’implantation d’un terminal méthanier au Verdon porté par la société 4Gas depuis trois ans. « Un projet extrêmement dangereux pour le dernier estuaire naturel d’Europe, classé Natura 2000 », rappelle Philippe Lucet, le secrétaire général de l’association Une pointe pour tous, qui regroupe aujourd’hui 5 500 adhérents.

Début décembre, la société 4Gas s’est vu infliger un sérieux camouflet par le préfet de Gironde qui a jugé son dossier « non recevable en l’état ». En cause : l’installation envisagée d’une partie de ses bureaux à 100 m de l’océan Atlantique, ce qui est interdit par la loi littoral. Autre projet contesté : la future autoroute Pau-Langon (A 65) dont la mise en service est prévue en octobre 2010. Selon l’association Sepanso Aquitaine, le niveau de trafic actuel entre Pau et Langon (5 000 à 6 000 voitures par jour) ne justifie pas la construction d’une voie autoroutière, qui, pour être rentable, doit « comporter un flux quotidien de 20 000 véhicules ».

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Après l’empreinte carbone, “l’empreinte eau”

Greenunivers, le 29 octobre 2008

Après l’empreinte carbone, “l’empreinte eau”

Pour boire une tasse de café aux Pays-Bas, il aura fallu en fait … 140 litres d’eau – essentiellement pour faire pousser les plants, mais aussi  laver le café, le transporter, etc.

Mais il faut aussi 1.000 litres d’eau pour obtenir une brique de lait d’un litre, 16.000 litres d’eau pour un kilo de viande de bœuf, 900 litres pour un kilo de maïs et 3.000 litres d’eau pour un kilo de riz.

Ces calculs frappants sont le fruit d’un nouvel outil de mesure de l’« empreinte eau » (c’est-à-dire la quantité d’eau nécessaire à la consommation d’une personne, ou d’une ville ou d’un pays) élaboré par sept organisations mondiales dont le WWF, l’Unesco, l’International Finance Corporation (filiale de la Banque Mondiale) et le World Business Council for Sustainable Development, qui viennent de fonder le Water Footprint Network (Réseau Empreinte Eau).

Ce Réseau Empreinte Eau fournit des outils de mesure disponibles gratuitement sur internet pour calculer l’empreinte eau pour un particulier ou  pour tout un pays.

Il estime ainsi que les Français consomment, en moyenne, 1.875 m3 par personne et par an, contre 1.243 m3 par personne en moyenne sur Terre, avec par exemple 1.381 m3/personne au Brésil et 2.483 m3 aux Etats-Unis.

Le Réseau bénéficie aussi de l’outil de mesure de l’empreinte eau pour les entreprises mis en place par le World Business Council for Sustainable Development.

 

 

Toute l’idée des membres du réseau est de prendre les devants face à une raréfaction probable de l’eau avec le réchauffement climatique, Lire la suite

Faut-il interdire les 4 x 4 ?

Le Temps, Suisse, 26 août 2008, Valentine Zubler

L’initiative «anti-4×4» promise à une campagne enflammée

Liberticide, l’initiative anti-4×4 déposée hier par les Jeunes Verts à la Chancellerie ? «Non, elle défend d’autres libertés que la liberté de polluer», répète l’écologiste zurichois Bastien Girod. Il n’empêche: le texte, intitulé «Pour des véhicules plus respectueux des personnes», soutenu notamment par les Verts, l’Association transports et environnement (ATE), Pro Vélo ou le WWF, promet une campagne très enflammée.

Et pas forcément toujours du plus haut niveau: alors que les Jeunes Verts escortaient lundi leurs 150 000 paraphes -dont 120 000 ont été validés- jusqu’à destination, des représentants du Parti de la liberté (ex-Parti des automobilistes) les ont nargués à bord d’un tout-terrain et d’une voiture de sport. Tandis que, de leur côté, des écologistes se sont amusés à orner d’un drapeau et d’une pancarte le véhicule d’un pro-4×4…

Mais au fait, quels véhicules sont-ils réellement visés par le texte ?

C’est là l’un des enjeux majeurs du débat. Car malgré son nom, l’initiative dite «anti-4×4» touche également certaines voitures de sport ou familiales. A l’inverse, l’entier des tout-terrain n’est pas concerné par les mesures proposées. Pour pouvoir circuler, les voitures de tourisme doivent en effet répondre, aux yeux des Jeunes Verts, à quatre critères : ne pas excéder 2,2 tonnes à vide, ne pas comporter de partie frontale dangereuse, émettre moins de 250 grammes de CO2 par kilomètre (ce qui correspond à une consommation d’environ 11 litres d’essence par 100 km). Enfin, le texte exige que les moteurs diesel soient équipés de filtres à particules.

Définition difficile

Au total, indiquent les initiants, «ce texte concerne environ 13% des voitures vendues en Suisse». Lire la suite

La larme des pandas

Sud-Ouest, le 8 eptembre 2008, Yannick Delneste

BORDEAUX.– A l’initiative de WWF, 600 sculptures en papier mâché du plantigrade, en voie de disparition, ont passé la journée d’hier place Pey-Berland

Ca ne rate pas : on regarde les réductions mignonnes et on fredonne. « Pandi-Panda, petit ourson de Chine/ Pandi Panda né dans l’Himalaya ». Sauf que les vers immortels chantés par la mortelle Chantal Goya ne font plus trop rigoler. Il reste 1 600 pandas dans le monde, en très grande partie dans le Sud-Ouest de la Chine. Un constat, parmi tant d’autres, d’une planète délabrée où le vivant n’est pris en compte que s’il est en tête de gondole.

Après avoir interpellé pacifiquement les Parisiens sur le parvis de l’hôtel de ville le 10 juillet dernier, les pandas de WWF (World Wide Fund for nature, « Fonds mondial pour la nature ») ont fait leur première halte hors de la capitale à Bordeaux, où ils ont passé la journée d’hier à attirer l’œil puis les consciences. « On a enclenché le Grenelle de l’environnement avec le ministre Juppé, on le retrouve ici, c’est bien », souriait Serge Orru, le directeur général de WWF France. « Outre le fait qu’il soit notre logo, le panda est un animal sur lequel tout le monde a un regard affectueux. Mais nous aurions pu prendre un lombric ou une abeille, autres représentants du vivant menacés aujourd’hui. »

Hier matin, les adeptes du roller et catholiques avec ou sans roulettes sortant de la messe, découvraient cette faune inédite en ces biotopes peu touffus. Assis ou sur leurs quatre pattes, solitaires ou en duo : les 1 600 reproductions ont rapidement drainé une foule curieuse et émue. Lire la suite

1 600 pandas à Bordeaux et des ours polaires à New-York!

1600 pandas à Bordeaux, et des ours polaires à New-York!

De Anne-sophie • 05 septembre 2008 •
Catégorie: Informer/Partager

Dimanche matin, les 1600 pandas du WWF exposés le 10 juillet dernier sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris viendront s’installer sur la place Pey Berland à Bordeaux…

Conçue pour attirer l’attention sur la menace qui pèse sur cette espèce, cette invasion de pandas (en papier mâché de 43 cm de long réalisés par 100 familles thaïlandaises dans des “conditions respectables”) prendra place dès le matin devant l’hôtel de ville de Bordeaux…

Selon le WWF, dont c’est le symbole, il ne reste aujourd’hui que 1.600 pandas géants à travers le monde… “Le logo du WWF ne peut se résoudre à devenir le souvenir d’un animal disparu. Le panda doit devenir l’icône de notre combat, le reflet d’une prise de conscience de chacun autour des enjeux de notre planète et du monde que nous souhaitons léguer aux générations futures. Il appartient à chacun d’entre nous de faire reculer la détérioration de notre environnement naturel et de construire un avenir dans lequel l’homme puisse vivre en harmonie avec la nature. Tels sont les objectifs que le WWF-France se fixe depuis 35 ans et auxquels nous resterons fidèles“, précise l’ONG. Selon la dernière liste rouge de l’Union mondiale pour la nature (UICN), un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70% des plantes sont menacés… Voir lers photos Lire la suite

1 600 pandas à Bordeaux le dimanche 7 septembre

1600, c’est le nombre de pandas qui seront exposés dimanche 7 septembre sur le parvis de l’hôtel de ville Bordeaux, à l’initiative de la Mairie, de l’agence Inoxia et sous le haut patronage de WWF, l’association qui lutte depuis 35 ans pour la sauvegarde de la biodiversité et du monde du vivant.

1600, c’est aussi le nombre de pandas vivants dans le monde. Alors pour que le panda ne disparaisse pas totalement, pour les générations futures, l’association WWF a décidé d’organiser cet événement (1ère édition : Paris le 7 juillet dernier. Bordeaux est la 1er ville de province où sont réunis ces 1600 pandas).

Alors n’hésitez pas à venir à la rencontre de ces pandas afin de réfléchir ensemble aujourd’hui à la planète de demain.

A noter que dans un souci d’écologie, ces petits pandas de 43 cm de long (pour 22 cm de large et 30 cm de hauteur) ont été réalisés en papier mâché (avec de la recup de journaux, cartons et papier divers…), durci à la fibre de coco, peints avec de la peinture alimentaire sans trace de plomb, assemblés avec de la colle de riz, par 100 familles thaïlandaises issus de 10 villages différents le tout dans des « conditions respectables »…