Changer de mode de vie

Changer de mode de vie

http://www.decroissance.ch/index.php/Changer_de_mode_de_vie

decroissance.ch. NC, le 17 juin 2011

Un article paru le MERCREDI, 15 JUIN, 2011 dans le Courrier, et qui a le très grand mérite de traduire en un texte court pourquoi il est temps de remettre en cause la croissance.

Merci à Philippe Roch*, son auteur (qui n’est pas un « petit agitateur altermondialiste » *…), et au Courrier pour ouvrir ses colonnes régulièrement à cette question souvent méprisée ailleurs.

ENVIRONNEMENT • La situation environnementale exige que les anciens pays industriels modifient profondément leurs modes de vie. Sans quoi, ce changement s’imposera de façon brutale. Dans cette perspective, une rencontre interdisciplinaire est organisée les 15 et 16 juin à l’UNIL.

Des exemples du passé montrent que des sociétés qui abusent des ressources disponibles finissent par s’effondrer dans la douleur. C’est ainsi qu’ont disparu la civilisation Maya vers l’an 900, celle de l’île de Pâques au XVIIe siècle, les colonies vikings du Groenland et bien d’autres2. Des exemples des crises plus actuelles, comme au Rwanda et en Haïti, montrent des mécanismes semblables. Ces effondrements font intervenir à chaque fois les mêmes facteurs: une augmentation de la population, la déforestation, une surconsommation des ressources disponibles, parfois accentuée par des pressions extérieures comme un changement climatique, des conflits pour l’accès aux dernières ressources, et une incapacité politique de prévoir les évènements et de prendre les décisions nécessaires au rétablissement d’un équilibre. Cette brève énumération suggère déjà que notre société pourrait bien se trouver elle-même au seuil d’un effondrement.

Un monde en rupture

En effet nos consommations excèdent la capacité de production de la nature. Pour l’ensemble de l’humanité, il faudrait aujourd’hui une planète et demie pour atteindre l’équilibre entre ce que produit la nature, et ce que nous consommons en énergie, aliments, et minerais. Malgré cela, la plus grande partie de l’humanité vit dans la pauvreté ou la misère, et plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau propre. Si tous vivaient au niveau européen, il faudrait trois planètes, et sept pour vivre au niveau des Américains du Nord. Cette situation fait suite à une forte croissance démographique –la population mondiale a été multipliée par douze depuis 1800, et par deux depuis 1960– et à une boulimie inextinguible de ressources et d’énergie. Les énergies non renouvelables polluent l’environnement et s’épuisent, le cycle de l’eau est perturbé à grande échelle, la déforestation continue à un rythme effréné, de nombreuses espèces et les écosystèmes régressent.

Des solutions techniques?

Beaucoup espèrent dans l’efficacité énergétique, l’amélioration des procédés de production et l’augmentation des taux de recyclage pour redresser la situation. Isolation des bâtiments, moteurs plus performants, appareils moins gourmands en énergie, collecte et recyclage des déchets, énergies renouvelables nous font rêver d’un nouveau monde, plus écologique, plus durable. Malheureusement tant que les politiques sociales et économiques de la plupart des pays du monde reposeront sur l’idée de croissance, le taux de consommation des ressources rattrapera l’amélioration de l’efficacité. Notre économie est devenue dépendante de la croissance, et il suffit qu’elle ralentisse quelque peu pour que l’ensemble de notre système se fragilise, que le chômage augmente, que l’équilibre financier des Etats soit rompu et que le filet social soit menacé. L’idéologie de la croissance est un mensonge et une absurdité: un mensonge parce que la croissance dont on parle est celle du PIB, c’est-à-dire du niveau d’activité économique et des flux financiers. Elle ne tient pas compte du capital le plus important, celui des ressources naturelles, qui décroît depuis une cinquantaine d’années, et qui n’entre pas dans les comptabilités nationales. La croissance est aussi une absurdité, car il est impossible de croître indéfiniment dans un monde limité. Pour ces deux raisons la croissance n’est pas possible dans la durée: elle nous confrontera forcément à des ruptures, qui seront d’autant plus sévères qu’elles interviendront tardivement. Plus nos sociétés seront dépendantes de ressources vouées à se raréfier ou à disparaître, plus la chute sera douloureuse.

De nouvelles valeurs

Le matérialisme a peu à peu instauré un système de valeurs fondé sur l’arrogance, la domination, la compétition, l’envie, la démesure, au détriment des valeurs écologistes et humanistes. Puisque le matérialisme ne parviendra jamais à combler les besoins profonds de l’humain, il engendre des frustrations, génératrices de nouveaux besoins et de nouvelles consommations. Pour sortir de ce cercle vicieux avant l’effondrement, et rétablir un équilibre entre l’humanité et la nature, il faut provoquer un sursaut moral et restaurer des valeurs collectives de respect, d’humilité, de solidarité, de sobriété, de partage et de coopération. C’est seulement si nous devenons plus sobres que le progrès technique pourra réellement nous aider à réduire notre pression sur la nature.

Ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, Philippe Roch est, avec le Pr Dominique Bourg, coorganisateur du colloque interdisciplinaire «Modes de vie», à l’Université de Lausanne, 15 et 16 juin 2011.

 

Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ?

http://www.rue89.com/passage-a-lacte/2010/11/30/apres-petrole-et-si-les-habitants-initiaient-la-transition-des-villes-178

rue89.com, Cécile Cailliez  le 30 novembre 2010

Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ?

Les « villes en transition » imaginent la cité de l’après-pétrole, moins dépendante de l’or noir. Une initiative citoyenne d’origine anglo-saxonne qui essaime désormais en France.

Un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) l’a prouvé récemment : les ressources de pétrole s’épuisent indéniablement.

Pire, selon l’AIE, le pic pétrolier, cette phase où la production de pétrole conventionnel sera en déclin par rapport à la demande, serait désormais atteint.

Si l’Agence rassure en tablant sur la découverte et la mise en production de nouveaux champs, le constat est là : il faut dès à présent penser la ville de demain, moins dépendante de l’or noir.

Mais comment envisager l’après-pétrole sans tomber dans le catastrophisme ? Les partis politiques écologiques ont du mal à mobiliser et tous les citoyens ne se reconnaissent pas dans les mouvements associatifs ou décroissants.

La solution : susciter au sein de la communauté un mouvement de réflexion et d’action, s’appuyer sur les ressources et les compétences locales, afin de mettre en place et de diffuser au niveau local les bonnes pratiques.

Comment la mettre en pratique ?

En 2006, à Totnes, une bourgade de 8 000 habitants, Rob Hopkins enseigne la permaculture, une philosophie du développement durable par l’aménagement du territoire et le renforcement de la communauté.

Convaincu de la réalité du pic pétrolier, il tente alors un pari fou : miser sur la participation des habitants pour favoriser la « transition » en douceur de sa ville à l’horizon 2030.

Ainsi naît le mouvement des « villes en transition », qui se fonde avant tout sur la notion de Lire la suite

Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

bastamag.net, Sophie Chapelle, Chris Jordan, le 25 novembre 2010

http://www.bastamag.net/article1145.html

Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

Tout le monde n’attend pas que gouvernements et chefs d’État s’entendent sur un hypothétique accord pour sauver le climat. Loin de Cancún, où se tiendra le prochain sommet sur le réchauffement climatique, des réseaux associatifs et des municipalités se lancent dans d’ambitieux programmes pour libérer leurs villes de la dépendance pétrolière. Comment font ces « villes en transition » ? Exemple à Boulder, près de Denver, aux États-Unis.

Aux pieds des montagnes Rocheuses, dans le Colorado, la ville de Boulder, tente l’impossible : se libérer du pétrole au pays des road movies, des drive in, de l’essence peu chère… et des plus grosses émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde. L’objectif, pour les 300.000 résidents de ce bastion démocrate, est de passer d’une consommation annuelle de neuf barils de pétrole par personne, à un seul.

L’une des chevilles ouvrières de cette révolution locale s’appelle Michael Brownlee. Ancien journaliste, il a été chercher l’inspiration en Grande-Bretagne, là où est né un étrange mouvement, celui des « villes en transition ». Le concept est lancé en 2006 par un enseignant en permaculture, Rob Hopkins. Celui-ci demande à ses étudiants d’identifier les dépendances au pétrole de la ville de Kinsale, dans le Sud de l’Irlande. Dans la foulée, les chercheurs élaborent un scénario de descente énergétique ambitieux, mais réaliste, d’ici 2030. C’est de cette expérience qu’émerge le concept de « transition ». Le défi est majeur : éviter aux populations les dramatiques conséquences d’un pic pétrolier trop brutal (l’épuisement progressif des ressources pétrolières) et contribuer concrètement à la lutte contre les dérèglements climatiques, sans attendre d’hypothétiques accords internationaux. Le Manuel de Transition : De la dépendance au pétrole à la résilience locale de Rob Hopkins vient d’ailleurs d’être traduit en français (aux éditions Ecosociété avec la revue Silence).

Transition écologique rime avec processus démocratique

À son retour, Michael Brownlee lance le Transition Boulder County pour transformer cette agglomération moyenne en ville « décarbonée ». « Nous avions besoin de modèles à suivre. Le mouvement de la transition nous en fournit un », explique-t-il. Le terrain est favorable. La ville de Boulder et son comté sont déjà en pointe en matière environnementale. Dès 2002, la ville adopte la résolution dite « de Kyoto » pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre [1] puis adopte dans la foulée un plan action climat avec un budget annuel avoisinant un million de dollars. Chaque grande mesure est soumise par référendum à la population. Un premier amendement impose ainsi que 10% de l’énergie consommée provienne Lire la suite

5ème rassemblement annuel à Bordeaux « Ni nucléaire, ni effet de serre » le Samedi 4 décembre 2010 – 11h – Miroir des quais

TchernoBlaye, communiqué, le 27 octobre 2010

5ème rassemblement annuel à Bordeaux  « Ni nucléaire, ni effet de serre »

Samedi 4 décembre 2010 – 11h – Miroir des quais

Amenez SVP masques, tubas, palmes, etc…

Tchernoblaye amène les « déchets nucléaires » !

Après le fameux (et catastrophique) rendez-vous de Copenhague de l’an dernier,  la 16ème Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques a lieu du 29 novembre au 10 décembre 2010 à Cancun (Mexique).

Il est nécessaire que les citoyens expriment leur inquiétude face au dérèglement climatique, mais aussi leur rejet du nucléaire, abusivement présenté comme une option favorable au climat.

A Bordeaux, comme tous les ans depuis 2006 (avec même une première initiative en 2000, mais le miroir des quais n’existait pas encore), Tchernoblaye vous invite : Lire la suite

Salon de l’écologie et de l’éco-habitat : Un Horizon vert de plus en plus engagé

sudouest.fr, NC, le 30 septembre 2010

http://www.sudouest.fr/2010/09/30/un-horizon-vert-de-plus-en-plus-engage-199251-736.php

Salon de l’écologie et de l’éco-habitat : Un Horizon vert de plus en plus engagé

Au Parc des expos ce week-end, se tient le 22e Salon de l’écologie et de l’éco-habitat.

Marre de cette société consumériste ? Las de ce monde qui s’auto-phagocyte ? Déprimé par la litanie des désastres écologiques que débitent à longueur de temps les médias ?

Eh bien, vous pouvez toujours faire un tour du côté du salon Horizon vert, traditionnel rendez-vous villeneuvois écolo-altermondialiste qui propose, ce week-end, pour sa 22e édition, de « peindre en vert ou changer la société ». Vaste et ambitieux projet. Bien évidemment, les organisateurs n’ont pas la prétention de changer le monde en trois jours. Mais comme disait Diderot, c’est pas défendu d’essayer.

Moins de commercial

Quoi de neuf donc à l’Horizon vert ? Sans doute, la nouveauté dans cette édition 2010 n’est pas à rechercher du côté des 250 exposants, même si leur force d’attraction demeure toujours conséquente, notamment dans le domaine toujours très prisé des énergies renouvelables et du bien-être.

D’ailleurs, si on en croit les organisateurs, la partie commerciale, sévèrement contrôlée cette année d’après ce qu’on a compris, devrait être appelée à se réduire comme peau de chagrin, la promotion de ces produits étant largement aujourd’hui répandue. Autre signe de cette évolution : le nombre d’ateliers a quasiment doublé sur le site du Parc deseExpos par rapport à l’an passé.

Au menu : du qi gong, « Devenez détective animalier » avec Les Petits débrouillards, « L’Éolienne en folie » des Trotte-lapins, le compostage et le lombricompostage, la cuisine médiévale, la fabrication de maison en briquette de terre, des démonstrations de cuiseurs solaires et à bois, etc.

Un Sarkophage

Moins ludique mais tout aussi intéressant devrait être l’éco-habitat, « le salon dans le salon », un large espace consacré à la construction écologique en France en 2010.

Toutefois, ce sont les conférences (17 au total) qui demeurent, semble-t-il, les temps forts du salon. Le philosophe et essayiste Patrick Viveret (lire notre édition précédente) ouvrira le bal demain soir à 20 h 30 au centre culturel. L’économiste et contempteur de la politique sarkoziste, Paul Ariès, fondateur de la revue « Sarkophage », débattra sur « Changer la société », dimanche à 14 h 30, avec Marie-Christine Zelem, chercheuse et universitaire, et Claude Micmacher, architecte et directeur de l’écocentre du Périgord. Par la suite, Geneviève Azam, membre du conseil scientifique d’Attac, parlera de « L’urgence climat et justice sociale ».

Après cela, si Lire la suite

Territoires en transition : un chemin d’auto-organisation de la société

TERRITOIRES EN TRANSITION : UN CHEMIN D’AUTO-ORGANISATION DE LA SOCIETE

alterautogestion.blogspot.com, Joël MARTINE, Marseille, août 2010

http://alterautogestion.blogspot.com/2010/09/territoires-en-transition-un-chemin.html

Parti de petites villes anglaises en 2006, le mouvement des Territoires en transition est une méthode de l’action collective nouvelle et prometteuse en réponse au pic pétrolier et au dérèglement climatique. On demande aux gens de s’interroger sur ce qu’ils peuvent faire avec les ressources existant autour d’eux sur un territoire précis, et pouvant être mises en œuvre sans attendre des décisions des pouvoirs publics (mais en créant le rapport de force qui rendra ces décisions possibles). Par cette prise de conscience et cette prise en main collective de la vie locale, les gens sortent de l’alternance entre insouciance irresponsable et angoisse paralysante.

Il est décisif que cette démarche soit reprise par les citoyens, les collectifs militants, et les élus : c’est une approche pragmatique qui pourrait transformer les conditions mêmes de l’action politique et contribuer à débloquer l’auto-transformation de la société.

Le point de départ n’est pas un parti pris idéologique, mais la force d’une évidence : le pic pétrolier qui est maintenant sous nos yeux provoquera tôt ou tard, mais bientôt, un traumatisme dans la vie de nos sociétés ou tout est dépendant du pétrole : hausse des prix de l’essence et de l’électricité, rupture des approvisionnements alimentaires qui à l’heure actuelle passent par des trajets de longue distance, fermeture d’entreprises, paupérisation rampante ou galopante d’une grande partie de la population, spirale de récession, et développement de logiques politiques ségrégationnistes et autoritaires.

D’autre part, faire comme si on pouvait repousser le pic pétrolier en relançant, même provisoirement, l’exploitation des énergies fossiles (par exemple les forages pétroliers dans le grand nord), ne fait qu’enfoncer le monde dans une autre crise, encore plus grave, qui est le dérèglement climatique. Au contraire, une « décarbonisation » de l’économie (sobriété énergétique, relocalisation de la production, énergies renouvelables, etc.) permettrait à la fois d’amortir les dommages du pic pétrolier et de diminuer radicalement les émissions de gaz à effet de serre.

Donc des alternatives existent. Mais dans l’ensemble ni le système de production ni les consommateurs n’ont été préparés à une transition en douceur vers l’après-pétrole, car les décideurs économiques, pris dans une compétition incessante, guidés par le profit capitaliste ou par la maximisation de la puissance des Etats, misent toujours et encore sur la croissance des richesses et des moyens de pouvoir qui sont à leur disposition à court terme et qui sont massivement pétro-dépendants. C’est pourquoi le pic pétrolier aura inéluctablement des aspects de catastrophe.

Il faut donc, et c’est là l’apport original de la démarche dite « en transition », que la société se prépare à tenir le coup face à des changements brutaux ; qu’elle acquière un pouvoir sur elle-même pour anticiper son auto-transformation, et cela est possible dès à présent par l’auto-organisation à l’échelle locale. En positif, c’est l’occasion de rompre avec Lire la suite

Der Spiegel a révélé fin août l’existence d’un rapport de l’armée allemande – Le Peak Oil en 2010 ?

http://www.hns-info.net/spip.php?article25269

hns-info.net, jesusparis, le 3 septembre 2010

Le Peak Oil en 2010 ?

Le journal Der Spiegel a révélé fin août l’existence d’un rapport de l’armée allemande évoquant la survenue probable du Peak Oil courant de l’année 2010, avec des conséquences sur l’économie et la sécurité mondiale à court-terme.

Et si c’était pour 2010 ?

La demande sur le pétrole ne cesse d’augmenter et de faire pression sur les pays producteurs alors même que la production serait en passe d’atteindre ce que l’on nomme le Peak oil, c’est-à-dire le moment où les réserves de pétrole exploitables sont à leur sommet de production. Une fois ce sommet passé, cette production entrera dans une phase de déclin rapide, qui entraînera de très fortes hausses des prix du pétrole en particulier et de l’énergie en général, et aura des répercussions sur l’économie mondiale et la sécurité mondiale.

La fin du pétrole abondant, de bonne qualité et exploitable facilement

Il restera certainement encore du pétrole en réserve pour longtemps mais le problème est de l’extraire : la plus grande partie est inaccessible ou nécessiterait de très lourds investissements économiques et technologiques pour procéder à une extraction. Les sables bitumineux de l’Alberta et les forages offshores sont déjà en passe de devenir économiquement rentables en dépits des dommages environnementaux et sociaux qu’ils génèrent !

L’alerte est donnée mais peu entendue

Depuis des années le problème est connu et encore aujourd’hui un rapport de l’armée allemande évoque une menace pour la pérennité de la démocratie et de l’économie mondiale ! Mise en garde qui intervient après celles de l’AIE, du Pentagone et du département de l’énergie à Washington, de la Lloyd’s et de Chatham House à Londres cet été. D’après ce rapport « A moyen terme, le système économique global et chaque économie de marché nationale pourraient s’effondrer », écrivent les analystes. Des pénuries de biens vitaux et de matières premières, notamment de nourriture, sont à prévoir, entrainant de graves crises sociales si les gouvernements ne prennent pas la mesure exacte de ce problème.

Anticiper et adapter nos territoires maintenant !

FNE ne cesse de le répéter. L’adaptation aux changements climatiques est un enjeu de Lire la suite

Rapport Roussely : sauver le nucléaire français à coup de mesures scandaleuses

sortirdunucleaire.org, communiqué de presse, le 30 juillet 2010

http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=roussely&page=index

Nucléaire français : ça sent le Roussely…

Rapport Roussely : sauver le nucléaire français à coup de mesures scandaleuses

Les grandes lignes du rapport Roussely, remis au Président de la République en mai dernier et classé secret défense, ont été rendues publiques par l’Elysée, le mardi 27 juillet 2010.

Nucléaire français : un bilan économique et industriel désastreux

Le rapport Roussely reconnaît l’ampleur des déboires que rencontrent Areva et EDF sur les chantiers des réacteurs EPR en construction, en France et en Finlande : « la crédibilité du modèle EPR et de la capacité de l’industrie nucléaire française à réussir de nouvelles constructions de centrales ont été sérieusement ébranlées par les difficultés rencontrées sur le chantier finlandais d’Olkiluoto et sur celui de la troisième tranche de Flamanville« . En cause, « la complexité de l’EPR » qui « est certainement un handicap pour sa réalisation et donc ses coûts ».

Estimant que « la filière nucléaire doit atteindre une compétitivité attractive pour l’investissement privé« , Roussely reconnaît que le nucléaire n’a jusqu’ici jamais été compétitif ni économiquement efficace, contrairement à ce que clame le marchand de centrales Areva. Roussely pointe la contre-performance du parc nucléaire français : « alors que la disponibilité moyenne mondiale des centrales nucléaires a significativement augmenté au cours des 15 dernières années, la disponibilité des centrales nucléaires françaises diminue fortement depuis quelques années« .

La déroute de l’EPR est telle que, selon Roussely, « c’est la crédibilité, et donc l’existence même » de l’industrie nucléaire française qui est en jeu. Pour faire face, Roussely fait feu de tout bois, en préconisant des « mesures d’urgence » toutes plus scandaleuses les unes que les autres.

Faire payer le consommateur et détourner des financements publics

Roussely préconise « une hausse modérée mais régulière des tarifs de l’électricité afin de permettre la préparation du financement du renouvellement du parc« . Le nucléaire coûte trop cher? Qu’à cela ne tienne, il suffit de faire payer le consommateur. A force d’être « régulière », la hausse des tarifs risque de ne pas rester « modérée » très longtemps…

Roussely propose de détourner une partie des financements destinés aux énergies renouvelables, au profit de l’industrie nucléaire. L’uranium qui permet aux centrales de fonctionner est un minerai épuisable, non renouvelable : le nucléaire est une énergie fossile, au même titre que le pétrole et le charbon. Pourtant, Roussely propose de « poursuivre une action politique résolue pour obtenir que tous les financements multilatéraux destinés aux énergies renouvelables soient aussi Lire la suite

Pourquoi le PS est incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

developpementdurable.com, Propos recueillis par Yann Cohignac, le 30 décembre 2009

http://www.developpementdurable.com/interview/2010/08/I72/eric-loiselet.html

Eric Loiselet, tête de liste Europe Ecologie en Champagne-Ardenne pour les régionales de 2010

Consultant expert dans le développement durable et la RSE, Eric Loiselet a longtemps bataillé au sein du PS pour intégrer l’écologie politique à gauche. Il fut cofondateur du Pôle écologique du parti puis secrétaire national adjoint à l’environnement. Avant de renoncer à son engagement socialiste, lassé par les atermoiements de la rue Solferino, pour rejoindre Europe Ecologie en octobre. Aujourd’hui, il est membre du CAP (Comité d’animation et de pilotage) national du rassemblement écologiste et tête de liste en Champagne-Ardenne pour les élections régionales de 2010. Sans concession avec le PS, il nous parle de son parcours politique, des raisons qui l’ont poussé à entrer chez Europe Ecologie, des actions du gouvernement, et de son programme pour les régionales.

Developpementdurable.com : Consultant expert dans le développement durable et la RSE, vous avez aussi décidé de mener une carrière en politique. Pourquoi cette décision ?

Eric Loiselet : C’est pour moi la poursuite d’un itinéraire citoyen : j’ai été assez jeune engagé politiquement. Ma première carte dans un parti, je l’ai prise en 1979, au PS, à l’époque où il était en pleine ascension puisque c’était deux ans avant la victoire historique de François Mitterrand aux élections présidentielles (mai 1981). J’y suis resté jusqu’en 1992-1993. J’ai ensuite quitté la vie politique militante pendant une dizaine d’années pour me consacrer à mon métier et pour fonder une famille. Avant de renouer avec l’engagement politique au travers d’un club, le Cercle Galilée. J’y ai travaillé sur une thématique qui correspondait à une mon expertise professionnelle : la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Ce club avait la vocation de réfléchir à la manière d’actualiser le logiciel intellectuel et socialiste en prenant en compte la question posée par les mouvements altermondialistes : comment envisager une nouvelle régulation de l’activité des entreprises en prenant plus largement en compte la question des impacts environnemental, social et sociétal de leur activité ? J’ai alors eu l’occasion de travailler sur la préparation de ce qui a été l’article 116 de la loi NRE, dans la zone grise qui précède la décision politique où des professionnels sont consultés pour affiner les projets. J’étais déjà donc à la charnière du professionnel et du citoyen. Comme beaucoup, je voulais donner un sens à ma vie professionnelle.

Puis en 2002, après l’échec de la gauche au premier tour de la présidentielle, j’ai décidé de ré-adhérer au PS pour rejoindre directement sa sensibilité rénovatrice : le Nouveau Parti Socialiste.

dd.com : Quand avez-vous commencé à tenter de « verdir le PS » ?

E. L. : A ce moment-là. Etant donné mon activité « d’expert » au sein du Club Galilée, j’étais devenu « Monsieur écologie » au NPS. J’ai alors essayé de convaincre les socialistes de voter pour la Charte de l’environnement, sans grand succès, et j’ai mené différents combats de cette nature parce que j’avais déjà la conviction que la promesse socialiste était essoufflée : l’élection de 2002 avait clairement montré le décrochage des catégories populaires. Pour moi, il était évident qu’il fallait intégrer au parti les apports de l’écologie politique.
Puis arrivent les présidentielles de 2007 : ayant rejoint Rénover Maintenant, je participe presque machinalement à la candidature, aux primaires, de Ségolène Royal. Pour une raison simple : parmi les trois candidats (avec Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius), je me suis dit qu’elle était celle qui avait le mieux compris les enjeux environnementaux. Elle avait en effet gardé un souvenir de son bref passage au ministère de l’Environnement. Le début de la campagne présidentielle m’avait d’ailleurs conforté dans ma décision : la nomination de Bruno Rebelle (ex-directeur de Greenpeace) comme conseiller à l’Environnement était un choix original. C’était la première fois qu’un ancien dirigeant d’ONG était intégré à ce point dans une équipe de campagne présidentielle. On assistait à une espèce d’ouverture à d’autres filières de recrutement que les grands corps de l’Etat, des filières en phase avec les changements importants et rapides de la société.

dd.com : Expliquez-nous comment vous vous êtes rendu compte que le PS était, selon vos propres mots, incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

E. L. : Cela a été un long processus : après l’échec de Ségolène Royal, je l’ai entendu dire qu’elle était pour le retour de la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante. Je me suis dit alors, avec quelques « écolos » du parti, que tout cela commençait à bien faire ! Nous n’avions, au sein de nos différentes sensibilités socialistes, jamais réussi à convaincre au-delà de la rédaction de quelques textes témoignant d’une ouverture intellectuelle. Dès qu’il s’agissait de prendre des décisions, l’écologie politique était exclue. Nous avons donc décidé de créer le Lire la suite

L’environnement est-il une préoccupation majeure pour les Français ? Oui et ils sont prêts à payer plus pour vivre mieux !

cdurable.info, le 25 mai 2010.

http://www.cdurable.info/+L-environnement-est-il-une-preoccupation-majeure-pour-les-francais-Sondage-IPSOS-France-Bleu,1730+.html  

L’environnement est-il une préoccupation majeure pour les Français ? Oui et ils sont prêts à payer plus pour vivre mieux !

Publication des résultats du Sondage Ipsos/France bleu : mardi 25 mai, 5h

Le mardi 25 mai, journée spéciale sur les 41 stations du réseau France Bleu.

La Tempête Xynthia, la marée noire au large des côtes américaines, l’éruption du volcan islandais… les événements récents et la prise de conscience collective font de l’environnement un acteur déterminant dans le monde d’aujourd’hui.

Avec l’appui d’un sondage IPSOS exclusif, le réseau France Bleu interroge les Français sur leur manière de préserver ou non l’environnement, sur leurs motivations et les gestes concrets pour « sauver la planète » ; il leur demande s’ils sont prêts à payer plus pour vivre mieux, si le changement climatique les inquiète, s’ils souffrent de la pollution.

A la lumière du sondage, les 41 radios de France Bleu vont enquêter : reportages, interviews, avis de spécialistes, réactions et témoignages d’auditeurs. Tout au long de la journée, elles apporteront des trucs et astuces, des conseils pour préserver l’environnement.

Porteur d’informations exclusives, le réseau France Bleu délivre ici des clés pour comprendre et pour décrypter l’état d’esprit des Français.

RESULTATS

Les Français prédisposés à une augmentation modérée de leurs impôts en faveur de la protection de l’environnement

Les résultats de l’enquête Ipsos / France Bleu [1] confirment, malgré la crise économique et l’émergence de discours écolo-sceptiques, l’importance accordée par les Français à la protection de l’environnement. Elle révèle par ailleurs à quel point cette thématique est présente dans leur vie de tous les jours.

La majorité des Français se déclare inquiète face au changement climatique.

La sensibilisation des Français aux problèmes environnementaux et à leurs effets semble bien résister aux dernières polémiques (remise en cause du réchauffement climatique, taxe carbone) et plus largement à l’émergence récente de discours écolo-sceptiques.

Ainsi, même s’il ne s’agit pas de leur principale préoccupation,  une large majorité de Français (69%) demeure aujourd’hui inquiète face au changement climatique,  contre seulement 31% qui déclarent le contraire.

La multiplication des catastrophes naturelles (séismes en Haïti, au Chili et en Chine, tempête en Vendée) contribue certainement à renforcer ce sentiment.

L’inquiétude est particulièrement marquée chez les jeunes générations

 79% chez les moins de 35 ans,

 les personnes les plus âgées étant en revanche plus Lire la suite

L’habitat collectif de demain : écolo, coopératif, intelligent et solidaire ! et Helvètes underground

mescoursespourlaplanete.com, le 29 avril 2010 et liberation.fr, Laure Noualhat, le 13 octobre 2007

http://www.mescoursespourlaplanete.com/Actualites/L_habitat_collectif_de_demain___aecolo__coopaeratif__intelligent_et_solidaire___836.html

http://www.liberation.fr/cahier-special/0101113044-helvetes-underground

L’habitat collectif de demain : écolo, coopératif, intelligent et solidaire !

Depuis sa création il y a une dizaine d’années, la coopérative suisse INTI existe et s’attire régulièrement l’intérêt de la presse pour son caractère innovant (voir notamment cet article de Libération) : cet immeuble jaune de dix-huit appartements,  du 2 au 6 pièces, est un modèle d’habitat coopératif. Né dans les années 70 en Scandinavie, puis étendu sur la côte Ouest américaine sous le nom de co-housing puis en Allemagne ou en Suisse, ce type d’habitat remet en cause le sacro-saint modèle de l’habitat individuel, avec une touche d’écologie en plus – puisqu’il part du principe qu’un certain nombre de pièces voire d’objets peuvent être partagés, ce qui dispense les habitants de la nécessité de disposer chacun de la même chose chez soi. Ainsi, chez INTI, une pièce au sous-sol sert,  selon les âges et les envies, de dortoir, de studio de répétition ou de salle de jeux ; un appartement est réservé à une association qui fait cohabiter cinq personnes âgées dans ce 80 m2,  avec médecins et infirmiers qui passent régulièrement ; un potager est également disponible en partage, ainsi qu’une buanderie dotée de six machines (lave et sèche-linge), réservables sur planning, des cours de taï-chi, un local à vélos,  une voiture en auto-partage, une terrasse en toiture,  et une grande salle commune au rez-de-chaussée (équipée d’une cuisine, d’une grande table et d’un salon pour fêtes, repas, concerts…). A noter : sur le toit, outre la terrasse, 140 m2 de panneaux solaires produisent de l’électricité que la coopérative loue à une opérateur spécialisé (Inti ne se fournit pas en solaire car l’eau chaude et le chauffage de l’immeuble proviennent de l’usine d’incinération plantée à proximité).

Et INTI fait école dans l’hexagone : à Villeurbane, dans le Rhône, des citoyens sont réunis depuis 2005 au sein de l’association « Village Vertical ». Cette coopérative d’habitants fait construire un ensemble de logements écologiques dont ils deviendront locataires (pour le loyer attractif de 12€/m2/mois) et gèreront les parties communes dans un esprit de solidarité et de vie collective. La construction,  d’un budget avoisinant les 2,3 millions d’euros pour quatorze logements,  devrait démarrer en 2010 pous installation en 2012. A Lyon, plusieurs autres quartiers sont actuellement en discussion pour le développement d’initiatives du même type. Au total, on ne compterait pas moins de 50 projets d’habitat coopératif en France, notamment dans le Maine-et-Loire (Angers) ou le Finistère (Loperhet).

Helvètes underground

A Confignon, les habitants de l’immeuble jaune partagent l’abri antiatomique, la table de ping-pong, la buanderie et les panneaux solaires. Cette «coopérative d’habitation», sise près de Genève, préfigure l’immeuble collectif de demain.

NOUALHAT Laure

Sur les dix-huit boîtes aux lettres de cet immeuble jaune canari, dix-huit autocollants «Pas de pub» qui annoncent la couleur. Ici, on refuse d’être pollué par les prospectus. Dans le canton de Genève, la coopérative d’habitation Inti («soleil» en quechua) a fait sortir de terre l’un des prototypes de l’habitat collectif de demain : l’immeuble écolo, coopératif, intelligent et social. Il se présente sous la forme d’un Lire la suite

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ? et Des motifs de discorde subsistent dans la plupart des exécutifs régionaux

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

lemonde.fr, Béatrice Jérôme avec Yan Gauchard (Nantes), Luc Leroux (Marseille), Claudia Courtois (Bordeaux) et Jacques Boucaud (Lyon), le 3 août 2010

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

Quatre mois après les élections régionales, l’heure est au bilan pour les écologistes. A Nantes, du 19 au 21 août, leurs Journées d’été auront pour thème « L’écologie à l’épreuve du pouvoir ». Pour l’heure, leurs victoires sont encore modestes.

Pour sceller l’alliance des listes Europe Ecologie avec celles menées par le Parti socialiste, entre les deux tours du scrutin de mars, ils ont dû accepter des compromis sur des dossiers emblématiques pour eux : aéroport Notre-Dame-des-Landes, en Pays de la Loire, projet ITER en Provence-Alpes-Côte d’Azur… Au-delà de l’environnement, ils s’attachent à imposer une « nouvelle offre politique », singulièrement en matière économique. Mais derrière ce qu’ils appellent le « greenwashing » (récupération ou dévoiement des idées écologistes) des exécutifs de gauche, ils peinent à infléchir le modèle du PS, « productiviste » à leurs yeux.

AGENTS D’UN NOUVEAU CLIMAT

Avec 12,4 % des votes au premier tour des régionales, le 14 mars, les écologistes ont pu négocier 58 vice-présidences dans l’exécutif des 19 régions qu’ils gouvernent aux côtés du PS. Contrairement à la précédente mandature, ils occupent des postes stratégiques. Ils ont obtenu la responsabilité des transports, des lycées ou de l’emploi dans quelques régions. Par petites touches, ils s’efforcent de se démarquer du PS par un exercice, à leurs yeux, moins « notabilisé » du pouvoir. « Nous sommes les « sans-cravate » », plaisante Philippe Meirieu, chef de file d’Europe Ecologie, en Rhône-Alpes. Son groupe a déclaré la guerre aux « petits fours » et demandé la réduction du parc de voitures de fonction des élus.

A Paris, Cécile Duflot a d’emblée renoncé à la sienne. A la tête des troupes écologistes d’Ile-de-France, la patronne des Verts a demandé et obtenu le remboursement des frais de garde d’enfant pour les élus qui siègent en séances de nuit. Un acquis féministe, selon elle. La requête a suscité une colère noire du président (PS) Jean-Paul Huchon, qui y a vu une simple mesure de « confort ». Une alliance de revers entre écologistes et UMP a finalement permis que la mesure soit votée. En Aquitaine, Alain Rousset, patron (PS) de la région, a fait modifier le règlement intérieur pour lutter contre l’absentéisme dans les commissions, une demande des Verts qui remontait à la précédente mandature.

PETITS CLASHES ENTRE « AMIS »

Les sortants Verts avaient pris le pli de la cogestion dans les régions de gauche. Avec les nouveaux entrants, les relations avec le PS sont plus tendues. Et les bras de fer plus fréquents. « On s’est rendu compte qu’on n’obtient rien sans établir un rapport de forces », assume un proche de Mme Duflot. Encore, n’est-il pas toujours suffisant. Le 8 juillet, la région Ile-de-France a donné son accord à la construction d’un « village nature » de 8 000 résidences près d’Euro Disney, en Seine-et-Marne. Les écologistes ont voté contre, en commission permanente, hostiles au principe d’une nature « clôturée, tarifée et réservée à des touristes européens aisés« . En vain. Un accord PS-UMP a permis l’adoption du projet.

Les écologistes ne vont pas pour autant jusqu’à remettre en cause les accords de gouvernement passés avec le PS. Dans les dix régions où ils disposent d’une minorité de blocage, Lire la suite

Energie solaire en Aquitaine : la course contre la montre

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La politique énergétique française vue par l’Agence Internationale de l’Energie : une analyse sourde, aveugle et muette !

Revue de l’AIE sur la politique énergétique française : une analyse sourde, aveugle et muette !

cdurable.info, le 27 juillet 2010.

http://www.cdurable.info/+Revue-de-l-AIE-sur-la-politique-energetique-francaise-une-analyse-sourde-aveugle-et-muette-pour-le-CLER,1766+.html

Tous les 4 ans, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) – organe de coopération entre les 28 pays membres de l’OCDE centré sur l’énergie – réalise une revue de la politique énergétique de chacun de ses pays membres.

Le rapport concernant la France publié le 26 Juillet 2010 se montre très décevant et même inquiétant. Les experts associatifs pointent les défauts du processus de concertation sur la forme et le manque d’analyse critique de la revue sur le fond.

Un rapport sourd aux ONG

Le processus d’élaboration du rapport comprend plusieurs phases de débat et de concertation entre les représentants des ministères des pays membres et le Secrétariat de l’AIE. Les autres acteurs concernés sont en principe eux aussi associés à la démarche.

Contrairement à ce qui se fait dans les autres pays, le Ministère du développement durable (MEEDDM), en l’occurrence la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), a refusé d’inclure les acteurs associatifs français de l’énergie et de l’environnement (si ce n’est ponctuellement la Fondation Nicolas Hulot) dans le programme de réunions consultatives.

Ce faisant, la DGEC a privé l’équipe de revue de toute possibilité de discussion directe avec des représentants de la société civile dont la connaissance et l’expertise – notamment en terme d’énergie durable – ont pourtant été largement reconnus durant tout le processus d’élaboration du Grenelle de l’environnement. L’ambitieuse future réglementation thermique RT 2012, dont se félicite l’AIE, est par exemple le fruit des propositions des associations.

Rappelons que le dialogue avec la société civile fait intégralement partie des engagements des pays membres de l’OCDE, ce qu’ont bien compris de nombreux pays membres qui ont pleinement intégré les associations dans le processus de concertation.

Un rapport aveugle vis à vis du nucléaire

Le processus de Grenelle avait été marqué par l’exclusion d’entrée du nucléaire – pourtant placé au centre de la politique énergétique française depuis 1973 – du champ des discussions. Si cette séparation artificielle a sans doute favorisé les avancées de la concertation sur les autres volets de la politique énergétique, elle ne saurait demeurer dans la mise en œuvre concrète des orientations correspondantes.

Les projections officielles « post-Grenelle » du gouvernement français prévoient explicitement, à la fois de stabiliser la consommation d’électricité et de développer la part de la production électrique d’origine renouvelable… tout en assurant le maintien voire l’augmentation de la capacité de production nucléaire. Pour « boucler » le scénario, le Gouvernement ne peut que parier sur une augmentation sans précédent des exportations d’électricité qui n’a aucune chance de se réaliser, ce qui ne peut en retour qu’entraver les progrès sur la demande ou les renouvelables sur un marché national saturé.

L’AIE ignore ou feint d’ignorer dans son analyse cette Lire la suite

Relocalisons !

relocalisons.org, communiqué et appel, juillet 2010

Relocalisons !

www.relocalisons.org

Les 1ères Rencontres de la Relocalisation ont eu lieu les 3 et 4 juillet à Notre-Dame des Landes (44). En soutien aux opposants au projet d’aéroport, ces journées ont rassemblé des militants venus de toute la France, dont des élus de grandes villes et de milieux ruraux.

Elles ont donné lieu à des échanges très nourris et très riches, construits à partir de présentations d’acteurs impliqués et portant sur l’origine des échanges et les systèmes d’échanges locaux (SEL), sur les monnaies complémentaires locales, sur comment manger local et assurer la souveraineté alimentaire des territoires.

Dans le prolongement de notre appel « Relocalisons » puis de l’appel « Relocalisons Copenhague », lancés en Août 2009, les participants à ces Rencontres, dont l’association RELOCALISONS, lancent un appel pour développer partout des initiatives de relocalisation.

Nous appelons à renforcer le rapprochement entre producteurs, consomm-acteurs et citoyens, et au développement d’initiatives pour nous réapproprier nos conditions de vie.

Nous ne partons pas de rien, de nombreuses expériences de relocalisation existent déjà depuis des années et se développent rapidement : AMAPs, SELs, monnaies locales, jardins et éco-habitats partagés, coopératives de producteurs, associations de consomm’acteurs, organisations de financement solidaire et local, producteurs locaux d’énergie renouvelable, villes sobres, etc.

Il ne s’agit ni de repli sur soi, ni de nationalisme. Il s’agit de reprendre pouvoir sur nos conditions d’existence, dans la solidarité et la coopération. Il s’agit également de participer activement à la construction de la transition vers une société fraternelle en rupture avec le dogme de la croissance et le productivisme.

Nous appelons tous ces acteurs de la relocalisation :

– à se connecter par tous moyens et constituer des Lire la suite

Energie éolienne : la leçon danoise – Un mélange de volonté politique

lemonde.fr, Bertrand d’Armagnac, le 27 juillet 2010

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2010/07/27/energie-eolienne-la-lecon-danoise_1392444_3244.html

Energie éolienne : la leçon danoise

Le parc Horns Rev 1, au large du port d’Esbjerg sur la mer du Nord, dépoie 80 éoliennes d’une puissance de 160 MW.

A 30 km de la côte ouest du Danemark, au large du port d’Esbjerg, les 91 turbines du parc éolien de Horns Rev 2 tournent jour et nuit, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve. Au total, 209 MW sont déployés depuis septembre 2009 sur près de 35 km2. Un peu plus près de la côte, le parc Horns Rev 1, mis en place en 2002, déploie 80 machines d’une puissance de 160 MW. Cet ensemble constitue actuellement le plus grand parc offshore au monde. Il est aussi le plus récent exemple de la politique du Danemark en matière de promotion des énergies renouvelables.

Alors qu’en France l’adoption tumultueuse de la loi Grenelle 2 a ouvert une période d’incertitude pour l’éolien, les Danois affichent les résultats flatteurs d’un développement construit, depuis une trentaine d’années, sur un mélange de volonté politique, de simplification administrative et de coopération avec les populations locales.

Plus de 22 % de l’électricité produite au Danemark provient de l’éolien, terrestre ou marin, contre environ 1,5 % en France. Pour en arriver là, les Danois ont joué sur plusieurs leviers. Tout d’abord, cette énergie est ici un peu plus « l’affaire de tous » que dans d’autres pays. « Le mouvement pour les éoliennes est parti du terrain », explique Ann Pedersen Bouisset, du ministère des affaires étrangères, « les premières petites éoliennes ont été installées par des coopératives issues de communautés ou de municipalités ».

L’IMPLICATION DE LA POPULATION

Cette démarche participative est toujours présente dans l’accord de politique énergétique, élaboré en février 2008 par le gouvernement et le Parlement afin de tracer la stratégie énergétique du pays. Le texte permet aux citoyens de prendre des participations dans les projets de parcs éoliens proches de chez eux. Et un fonds aide les associations de propriétaires locaux de turbines à financer les études préliminaires sur les projets d’implantation.

Cette méthode a facilité l’acceptabilité sociale de l’éolien en garantissant aux populations qu’elles auraient voix au chapitre. Ainsi 90 % des Danois citent en priorité l’éolien pour le développement des énergies renouvelables, selon un récent sondage.

Pour les parcs Horns Rev 1 et 2, le dialogue avec les pêcheurs s’est aussi fait en amont. Les pêcheurs d’Esbjerg ne se sont pas opposés au projet, convaincus Lire la suite

Le « Bristol Peak Oil Report » : Préparer l’après pétrole

decroissance.blog.lemonde.fr, Thierry Caminel, Ingénieur, le 12 juin 2010

http://decroissance.blog.lemonde.fr/

Notes sur le “Bristol Peak Oil Report”

Le « Bristol Peak Oil Report »

Note de lecture

Saviez-vous qu’on anticipe des émeutes de la faim, en ce début du 21 ° siècle, dans la 6e économie mondiale, et que des villes importantes estiment que les crises énergétiques à venir auront des conséquences locales majeures, et s’y préparent ?

Cette note présente le « Bristol Peal Oil Report » [1],  un document officiel d’une ville anglaise de 430.000 habitants publié récemment.  Après une exposition du contexte de ce rapport,  son contenu est présenté sommairement, et l’on essaie ensuite de montrer les profondes différences d’appréciation de la situation énergétique mondiale entre le France et l’Angleterre.

Contexte

Anciens exportateurs d’hydrocarbures, les Britanniques voient leurs champs de pétrole et de gaz de la mer du Nord décliner depuis 10 ans. L’information concernant l’état des réserves de pétroles mondiales est largement relayée par la presse, alimentant le débat public, renforçant la lutte contre le réchauffement climatique

Au plus haut niveau sont écrits des rapports sur le ‘peak oil’ et ces possibles conséquences économiques et sociales [2]. Les Anglais investissent par ailleurs massivement dans des sources d’énergie non fossile (éolien offshore, nucléaire,…), dans les transports collectifs et vélos, etc. Ils ont introduit une taxe carbone, et prennent en compte le carbone contenu dans la commande publique.

Au niveau local se met en place un réseau de ‘villes en transition’ [3], regroupant plus d’un millier de villes, quartier ou district, destinés à renforcer la résilience de ces communautés, c’est-à-dire leur capacité à résister à un choc externe. Certaines sont de véritables laboratoires,  expérimentant des monnaies complémentaires, des cartes de rationnement ou de nouvelles techniques agricoles.

Bristol s’inscrit dans ce mouvement de ville en transition. La taille de la ville, son importance économique et la qualité de son rapport en font un bon exemple de ce qui se passe outre-Manche et du niveau de prise de conscience des problématiques énergétiques.

« Peak oil Report – Building a positive future for Bristol after Peak Oil »

Ce rapport de 100 pages, publié il y a quelques mois par le conseil municipal de Bristol, commence par expliquer en quoi le pétrole est important, et les raisons qui font qu’il va devenir de plus en plus rare et cher. Il cite les études de l’Agence Internationale de l’Énergie [4], des agences nationales, de Total, Shell ou Aramco, explique qu’il n’y pas d’alternative au pétrole disponible suffisamment rapidement, et rappelle le lien avec le réchauffement climatique.

Le rapport synthétise ensuite les vulnérabilités de Bristol au Peak Oil, telles que Lire la suite

Landes, une centrale solaire de 300 ha – Energie solaire : trouver l’équilibre

sudouest.fr, Bernard Broustet, le 10 juillet 2010

Energie solaire : trouver l’équilibre

Après la mise en service de l’immense centrale du Gabardan (40), seule une partie des projets régionaux devrait voir le jour.

La plus grande centrale photovoltaïque développée à ce jour en France a été inaugurée hier à Losse (Landes). Pour l’heure, cette centrale du Gabardan, nom du territoire où elle est installée, a une puissance installée d’une quarantaine de mégawatts (MW), dont 12 alimentent d’ores et déjà le réseau. D’ici au début 2011, les panneaux photovoltaïques devraient s’étendre sur une superficie de quelque 300 hectares, délivrant une puissance maximale de 44 MW, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 40 000 habitants.

L’entrée en service de la centrale marque l’aboutissement d’une démarche menée conjointement par EDF Énergies Nouvelles, filiale de l’électricien français, et par la Communauté de communes du Gabardan, qui s’efforce d’enrayer le déclin démographique de ce territoire de l’Est landais, où les tempêtes et le pernicieux champignon Fomes ont causé de graves dégâts au massif forestier.

Une usine à Blanquefort

L’opération s’est accompagnée de l’aide au reboisement d’une surface équivalente à celle de la centrale (environ 300 hectares) auprès d’une cinquantaine de propriétaires forestiers du canton. Par ailleurs, la création de la centrale a donné en quelque sorte le coup d’envoi du partenariat entre EDF Énergies Nouvelles et la société américaine First Solar, qui a équipé le site en panneaux. Ce partenariat va se concrétiser par la construction à Blanquefort d’une usine de First Solar, engendrant la création annoncée de quelque 400 emplois. Une opération dans laquelle EDF Énergies Nouvelles, dont le président Pâris Mouratoglou se trouvait hier à Losse, est fortement impliqué.

La réalisation du Gabardan ne constitue que le premier chapitre d’un feuilleton photovoltaïque régional à la fois fourni et incertain. Car l’Aquitaine, et notamment le massif forestier gascon, a été un véritable aimant pour les entreprises désireuses de développer des installations au sol. La présence de grandes disponibilités foncières, accrues par la tempête Klaus, a déclenché une véritable ruée. Selon le préfet des Landes Evence Richard, on compte quelque 110 projets dans le seul département, dont une bonne partie émane d’EDF Énergies Nouvelles. L’on sait par ailleurs que celle-ci a obtenu le feu vert pour une installation à Saint-Symphorien (Gironde), tandis qu’une enquête publique est en cours à Cestas pour un projet de First Solar, presque équivalent à celui du Gabardan.

Tarifs avantageux

Mais, comme l’a souligné hier Henri Emmanuelli, seule une fraction des multiples projets en gestation devrait aboutir. D’une part, en effet, il n’est pas sûr que le tarif de rachat Lire la suite

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

lemonde.fr, Rémi Barroux, le 28 juin 2010

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

« Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi » a fait valoir le directeur international de Greenpeace lors du congrès international des syndicats à Vancouver.

Vancouver

Le syndicalisme international veut faire de la croissance verte un de ses combats. C’est le message fort du congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI), qui s’est achevé vendredi 25 juin à Vancouver (Canada).

Manifestation la plus visible de cette évolution : le directeur international de Greenpeace, le Sud-Africain Kumi Naidoo, était présent au même titre que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ou celui du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. « La CSI oeuvrera pour un travail décent dans le cadre d’une économie verte« , a déclaré l’Australienne Sharan Burrow, la nouvelle secrétaire générale de l’organisation, élue vendredi, en remplacement du Britannique Guy Rider. La CSI regroupe 311 organisations de travailleurs représentant 168 millions de membres dans 155 pays et territoires.

Le rapprochement entre les syndicats et le mouvement écologiste est récent. Chaque partie souligne les efforts mutuels qui ont été accomplis. « Les mouvements comme Greenpeace reconnaissent dorénavant que nos préoccupations en matière d’emplois et de salaires sont légitimes, explique Guy Rider. Il y a cinq ans, ils refusaient de nous entendre au motif que l’environnement devait être défendu quel qu’en soit le prix. »

Les écologistes assument cette mutation. « Pour ma part, j’ai toujours pensé qu’il fallait rapprocher les points de vue, malgré les tensions. Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi », fait valoir Kumi Naidoo. Greenpeace se bat pour l’abandon des énergies fossiles et prône la transition vers des sources d’énergies renouvelables sans oublier désormais de mettre en avant les emplois qui seront créés. Dans la dernière version, publiée en juin, de son document de référence sur la « révolution énergétique », l’Organisation non gouvernementale estime que d’ici à 2030, 12 millions d’emplois « verts » peuvent être créés.

Côté syndical, l’optimisme reste tempéré. « Dans les Asturies, les mines de charbon employaient 45 000 personnes. Aujourd’hui, il ne reste que 6 500 mineurs et nous n’avons pas trouvé d’activité de remplacement », constate Javier Doz, des Commissions ouvrières, la principale organisation syndicale espagnole. « Le secteur de la construction, pilier de la miraculeuse croissance espagnole qui s’est effondrée avec la crise, devrait être un des secteurs de cette transition vers l’économie verte. Mais nous attendons. », poursuit-il.

Comment marier croissance économique et développement durable ? « Petit à petit, notre réflexion syndicale, fondée sur l’analyse des rapports entre le capital et le travail, a intégré Lire la suite

Ville en transition, nouvelle initiative en Gironde

wikipedia.org, avril 2010

Ville en transition

(Une initiative de transition vient de débuter en Gironde, 2ème rencontre à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine 3 rue de Tauzia à Bordeaux le mardi 4 mai à 18h30. Il est proposé d’amener de quoi pique-niquer sur place. Ouvert à toutes et à tous.)

Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule une initiative de transition, c’est-à-dire un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

Ce processus a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture[1]. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume Uni. Depuis, le mouvement est devenu international et compte plus de 150 initiatives officielles[2].

L’originalité du mouvement des initiatives de transition sur les mouvements écologistes ou sociaux existants tient en plusieurs points. Tout d’abord, la vision de l’avenir est résolument optimiste, et les crises sont vues comme des opportunités de changer radicalement la société actuelle. La deuxième originalité est que le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c’est cette dernière qui doit porter le changement. L’action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation. C’est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apolitique et ne choisit pas les confrontations (manifestations, …). Ensuite, le mouvement a développé une théorie psychologique inspirée de celle des traitements des dépendances toxicologiques pour tenter de traduire le désespoir ou le déni souvent consécutifs à la découverte du pic pétrolier et de notre dépendance au pétrole, en actions concrètes. Cette originalité semble à la source du succès que connait le mouvement des villes en transition[2], mais elle suscite aussi des critiques, notamment sur le manque d’engagement politique.

Le double défi du pic pétrolier et du dérèglement climatique [modifier]

Le pic pétrolier [modifier]

Article détaillé : Pic pétrolier.

Courbe théorique du pic de production

La notion de pic pétrolier n’exprime pas la fin des réserves de pétrole, mais traduit la fin du pétrole conventionnel bon marché. À l’échelle d’une région, la production de pétrole suit une courbe de distribution normale (voir le cycle d’exploitation d’un gisement), c’est-à-dire que la production croît rapidement, avant de s’infléchir, de passer par un plateau de production, pour suivre le mouvement inverse. Le pic pétrolier est la date à laquelle la courbe de production mondiale n’augmentera plus, traduisant le maximum de production atteint. À ce moment-là, et pour la première fois, la demande excèdera durablement la production, provoquant une hausse des prix qui s’intensifiera à mesure que la production décroîtra.

L’estimation de la date du pic pétrolier varie suivant les compagnies pétrolières, les institutions officielles et les associations d’étude du pic. Ces différences peuvent provenir d’une vision différente (vision économiciste dans laquelle la production suit la demande), d’une divergence sur la théorie (la notion même de pic pétrolier), de l’incertitude sur l’estimation de certaines données (les réserves sont des données géostratégiques) ou sur différents modes opératoires de calcul (prise en compte ou non du pétrole non conventionnel). De plus, la consommation, autre variable affectant le pic, est soumise à des évènements (externes ou issus de rétroactions), par exemple politiques ou économiques. Les différents pronostiques vont donc du déni d’un pic pétrolier pour l’OPEP[3], à l’horizon 2020 pour Lire la suite

Elaborons ensemble le Plan Climat de la CUB ! 7 réunions publiques du 29 mars au 17 avril

CUB, communiqué, le 24 mars 2010

Elaborons ensemble le Plan Climat de la CUB !

Après la tenue de 5 ateliers thématiques, la concertation menée dans le cadre du plan climat entre dans une 2ème phase.

Des réunions publiques, ouvertes à tous, sont organisées dans différentes communes du territoire, afin de comprendre les enjeux du changement climatique, partager des objectifs concrets et proposer des idées d’actions pour agir efficacement contre le réchauffement climatique.

A vos agendas !

7 réunions publiques sont d’ores et déjà organisées dans différentes communes de la CUB.

Venez nombreux et n’hésitez pas à en parler autour de vous.

Floirac

Le 29 mars à 18h

Auditorium de Floirac

Rue Voltaire

Mérignac

Le 1er avril à 19h

Salle la Glacière

56, Rue Armand Gayral

St Médard en Jalles

Le 6 avril à 19h

Carré des Jalles – Salle des Grands foyers 

Place de la République

Blanquefort

Le 08 avril à 19h

Salle du conseil municipal

Mairie de Blanquefort

Le Bouscat

Le 13 avril à 18h

Complexe Culturel Ermitage-Compostelle

Talence

Le 14 avril à 20h

Salle François Mauriac

Rue du Professeur Arnozan

Pessac

Le 17 avril à 13h30

A l’occasion du printemps du Bourgailh

Ecosite du Bourgailh

Avenue de Beutre

Pour rappel, la Cub a lancé une large démarche de concertation en novembre 2009 pour construire, en partenariat avec les acteurs locaux et les citoyens, un plan d’actions pour lutter, à l’échelle de notre agglomération, contre le réchauffement climatique.

De novembre 2009 à mars 2010, 5 ateliers thématiques ont permis de rassembler plus de 150 personnes parmi les institutions, organismes publics et parapublics, entreprises et associations du territoire afin d’identifier les pistes d’actions dans les domaines du bâtiment, des transports, des énergies renouvelables, de l’économie et de nos modes de consommation.

Cette démarche entre désormais dans une phase de concertation grand public pour Lire la suite

Alsace : des programmes toujours plus verts

journaldelenvironnement.net,  Valréy Laramée de Tanneberg, le 12 mars 2010

Alsace : des programmes toujours plus verts

L’Alsace est l’une des rares régions françaises où l’écologie a toujours fait partie du débat politique. Les associations écologistes y sont influentes depuis longtemps. Pour preuve: 6 des principales formations en lice accordent à l’environnement une large place dans leur programme.

1.827.248 habitants – Densité 221 hab./km² – Superficie 8.280 km² – Président sortant: André Reichardt (UMP) – Nombre de listes en présence: 9 – Nombre de conseillers régionaux: 47 – Résultats au 1er tour des listes se réclamant de l’écologie en 2004 : 4,17%

Créditée de 18% d’intentions de vote dans le sondage Opinion Way publié le 8 mars dans le Figaro, Europe Ecologie espère, à la faveur d’une alliance avec le PS, emporter la région. Le programme est donc ciselé pour répondre aux attentes des Alsaciens : aide à l’industrie automobile pour développer les véhicules sobres, soutien massif aux transports collectifs (création d’une carte orange régionale et développement des trains régionaux), application de critères environnementaux à l’octroi d’aides publiques, développement des énergies renouvelables, plan de réhabilitation des logements, application de la taxe poids lourds. Un programme auquel ont également souscrit Cap 21 (l’organisation de Corinne Lepage, vice-présidente du Modem!) et le mouvement des écologistes indépendants d’Antoine Waechter.

Le Front de gauche l’annonce clairement: il se bat pour une «Alsace écologique». Ce qui passe, pour la liste créditée de 1% d’intention de vote, par la gratuité des transports publics pour les chômeurs, les bénéficiaires des minima sociaux, les étudiants et les salariés. Ce rassemblement de partis d’extrême gauche entend aussi ouvrir des maisons de l’eau «afin d’inciter les collectivités à gérer ce bien commun en régie publique».

L’UMP veut faire entrer l’Alsace dans l’ère de l’après-pétrole. Un comble dans une région où fut construite la première raffinerie de France ! Plus sérieusement, la formation majoritaire (36% d’intentions de vote) veut implanter localement une industrie des énergies renouvelables: photovoltaïque à couche mince, géothermie. Anticipant l’adaptation des lois Grenelle I et II, le parti du président de la République propose le lancement d’un vaste plan de rénovation des bâtiments régionaux. La mobilité n’est pas oubliée. L’UMP veut multiplier les plates-formes multimodales. Plus original, la formation sortante propose que la région soit chargée de la coordination des schémas régionaux de transport, ferroviaires, fluviaux, mais aussi routiers.

Affaibli par la défection de sa vice-présidente, le Modem présente un programme environnemental bien plus consistant que son crédit d’intentions de vote: 5%. Pesant 47 pages, le projet du parti centriste est très riche. Dans le domaine industriel, Lire la suite

Jean Zin : La transition énergétique

jeanzin.fr, Jean Zin, 12 mars 2010

La transition énergétique

On n’a rien vu encore. La crise économique s’aggrave en devenant crise politique mais ce n’est pas notre seul problème, ni peut-être le pire car la crise énergétique va rapidement revenir sur le devant de la scène. En effet, le pic de la production pétrolière pourrait bien être atteint en 2014. Oui, dans 4 ans seulement, vous avez bien lu ! Ces annonces sont toujours sujettes à caution, très dépendantes du niveau des cours, mais justement la retombée de ce qu’on a pris pour une bulle du pétrole (à l’origine de l’écroulement financier) a découragé des investissements qui auraient pu exploiter d’autres sources et, c’est un fait, les capacités actuelles sont à leur maximum. On va donc se trouver avec des risques de pénurie sur une période de plus de 10 ans sans doute. Ce n’est pas la fin du pétrole, bien sûr, encore moins l’apocalypse mais du moins le signe de la remontée des prix parallèlement à l’activité économique.

On pourrait s’en réjouir si ce qu’on risquait surtout, c’est que le charbon ne se substitue au pétrole ! De quoi nous sauver de la déflation au moins mais en nous enfonçant un peu plus dans la crise… sauf si on décidait de prendre la question énergétique au sérieux et qu’on s’engageait résolument dans la transition énergétique avec une véritable économie de guerre destinée à un basculement rapide vers les énergies renouvelables. C’est ce que proposait Lester Brown dans son « Plan B. », prenant modèle sur la reconversion industrielle opérée par les USA au début de la guerre de 1940 pour produire des avions en masse, ce qu’on pourrait faire pour produire des éoliennes en masse de la même façon sur quelques années. J’avais critiqué ces propositions comme trop éloignées d’un projet écologiste mais, dans le contexte actuel, cela vaudrait quand même mieux qu’une guerre ou de prendre le risque d’un nucléaire mal maîtrisé comme l’EPR, et, sur le court terme, il n’y a pas tellement mieux à faire.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire des économies d’énergie une priorité mais qui n’empêchent pas l’effet rebond s’il n’y a pas d’énergies alternatives. On sera bien obligé de faire feu de tout bois dans la période de vaches maigres qui s’annonce, et même si à plus long terme l’énergie devrait être abondante puisqu’il y a plus de soleil qu’il ne nous en faut. Appeler à un capitalisme vert et la reconversion des industries automobiles en fabricants d’éolienne ou de panneaux photovoltaïque n’est pas non plus renoncer à sortir du capitalisme, ce qui prendra plus que quelques années. Il ne s’agit pas de faire de l’idéologie mais de bonne stratégie puisque le système de production capitaliste existe, faisons lui produire ce dont nous avons besoin, et puisque l’alternative n’existe pas, construisons-la. Combiner alternative, économie d’énergie et capitalisme vert est incontournable dans cette période de transition.

Il y a le risque bien réel que ce soit la Chine qui rafle la mise, il n’est pas sûr que le secteur florissant jusqu’alors en Allemagne survive à la baisse des soutiens de l’Etat. Il est certain que, pour que ce soit viable, avec l’effet d’entraînement suffisant pour nous sortir à la fois de la crise économique et énergétique, il faudrait l’équivalent Lire la suite

ENERCOOP – Electricité verte : Soyez branché écologie !

enercoop.fr, communiqué, mars 2010

Soyez branché écologie !

Depuis le 1er juillet 2007, tout consommateur, qu’il soit particulier ou professionnel, locataire ou propriétaire, peut choisir son fournisseur d’électricité. Une chance ? Oui ! Celle de pouvoir choisir un fournisseur éthique et écologique, en accord avec ses valeurs.

Éthique et écologique ?

Enercoop (http://www.enercoop.fr/) est le seul fournisseur à s’approvisionner à 100% et directement auprès de producteurs d’énergies renouvelables : éolien, solaire, hydraulique, biogaz.

En plus de cela, Enercoop est une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Cela signifie :

un réinvestissement de ses bénéfices dans les énergies renouvelables et l’aide à la maîtrise de la consommation,

– la possibilité pour le consommateur de devenir sociétaire de la coopérative, et donc de voter lors des AG et élire des représentants au conseil d’administration.

Comment ça marche ?

Il existe un seul réseau de transport d’électricité, sur lequel les producteurs injectent leur électricité renouvelable et auprès duquel les clients la soutirent. Il n’y a pas d’électrons verts, Enercoop s’engage tout simplement à ce que ses producteurs injectent au moins autant d’électricité verte que vous en consommez. Votre facture vient rémunérer ces producteurs.

C’est super mais comment faire ?

C’est très simple, il suffit Lire la suite

Stéphane Hallegate – L’épuisement d’un monde fini

mediapart.fr, Stéphane Hallegate, le 8 Mars 2010

Stéphane Hallegatte est économiste, ingénieur climatologue à Météo-France et chercheur au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired).

L’épuisement d’un monde fini

Pour le chercheur Stéphane Hallegate, la crise financière et la crise environnementale ont des causes du même type: l’absence d’anticipation de la fin des stocks. Stocks de dette absorbable par les ménages américains dans le premier cas, stocks de gaz à effet de serre à émettre, d’eau ou de pétrole à puiser dans le second. 

Le monde vit aujourd’hui une double crise d’une ampleur peu commune. D’abord, la crise financière et bancaire commencée en 2008 aux Etats-Unis s’est transformée en une profonde crise économique, créant des dizaines de millions de chômeurs supplémentaires, repoussant des millions de personnes dans la pauvreté, et augmentant le sentiment général d’insécurité économique. Et la durée de cette crise reste incertaine, les économistes et les politiques oscillant, en fonction du signe de la dernière statistique publiée, entre un optimisme forcené et le pessimisme le plus noir.

Mais nous vivons aussi les conséquences de l’échec de la conférence de Copenhague, où devait se décider l’avenir du protocole de Kyoto et les objectifs de tous les pays du monde concernant le changement climatique. En l’absence d’une réelle volonté des grands pays de prendre des engagements contraignants, la conférence s’est soldée par un accord a minima, qui rend quasiment inatteignable l’objectif européen de limiter le réchauffement à 2°C. Et au-delà de la question climatique, le contexte environnemental est tendu sur l’ensemble du globe : la possibilité d’une raréfaction proche des ressources pétrolières a été rendue plus tangible par l’envolée des prix du pétrole en 2008, des crises alimentaires ont parcouru les pays en développement en 2007, les ressources en eau deviennent de plus en plus insuffisantes dans de nombreuses régions du monde, du Moyen-Orient aux Etats-Unis, et les ressources halieutiques [1] semblent plus menacées que jamais.

Ces deux crises parallèles sont liées à des processus bien différents, purement économiques dans un cas, en lien avec l’environnement et la nature dans l’autre. Mais elles ont des causes communes : elles sont liées aux comportements d’agents économiques qui consomment une ressource d’une manière incompatible avec l’exploitation durable du stock.

L’origine des crises financière et environnementale

L’origine première de la crise financière et économique de 2008 et 2009 ne se trouve pas dans le monde de la finance. La cause initiale est la stagnation du revenu des classes moyennes aux Etats-Unis, elle-même liée aux évolutions technologiques et à la globalisation, qui mettent les travailleurs en compétition à l’échelle mondiale et engendrent un tassement des revenus des travailleurs les moins qualifiés dans les pays riches. Or, comment maintenir un taux de croissance élevé quand les revenus de la majorité de la population –et donc sa consommation– stagnent ? Lire la suite

Et si on s’unissait pour produire notre énergie renouvelable ?

rue89.com, Andrea Paracchini, le 21 février 2010 

Et si on s’unissait pour produire notre énergie renouvelable ?

Pas question de tapisser de panneaux photovoltaïques tous ses biens ou d’installer une éolienne sur sa casquette pour recharger la batterie du portable. Mieux vaudrait unir ses efforts à ceux des autres partisans des énergies renouvelables et financer la création d’installations de taille.

En effet, malgré une augmentation de 11% par rapport à 2007, notamment grâce à la progression de l’hydraulique, la production d’énergie issue de sources renouvelables (hydraulique, photovoltaïque et éolien) reste marginale. Elle ne représentait que 13% des 549 077 gigawatt heure (GWh) d’électricité produits en 2008.

L’idée

Mais pourquoi attendre que les gros acteurs nationaux du marché de l’électricité passent à la vitesse supérieure alors qu’il est d’ores et déjà possible de booster la croissance des énergies renouvelables ?

Le statut coopératif permet à tout particulier de financer la création de centrales hydrauliques, parcs éoliens ou solaires.

En Flandre (Belgique), la coopérative Ecopower a démarré en 1991 avec le financement de petites installations hydrauliques. « Aujourd’hui, notre parc génère 19 200 mégawatt heure (MWh), distribués à 21 000 clients », explique la directrice Relinde Baeten.

Entretemps, 200 panneaux photovoltaïques, cinq éoliennes, trois moulins hydrauliques et une centrale de cogénération ont fait leur apparition. Cela grâce aux 24 500 sociétaires qui ont cru dans la démarche, permettant à Ecopower d’atteindre un capital de 13 millions d’euros.

Et en France ?

Enercoop est la seule société coopérative d’intérêt collectif (Scic) présente sur l’ensemble du territoire métropolitain. Le principe : distribuer à ses 5 000 clients l’énergie issue de sources renouvelables générée par des producteurs indépendants.

Créée en 2004, lors de l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence, elle réinvestit une partie des bénéfices (s’il y en a) pour encourager la création de nouvelles centrales. Moins de la moitié des 19 000 MWh distribués en 2009 par la coopérative vient de ses membres producteurs (60 des 3 000 sociétaires). Patrick Behm, directeur général d’Enercoop admet : « Aujourd’hui, on est obligé d’acheter Lire la suite

La France veut des bâtiments plus sobres en énergie

lemonde.fr, Grégoire Allix, le 10février 2010

La France veut des bâtiments plus sobres en énergie

Nom de code : RT 2012. En France, l’élaboration par le ministère de l’écologie de la future réglementation thermique des bâtiments, avec l’ambition de les rendre plus sobres en énergie, fait l’objet de vifs débats. Elle est censée s’appliquer à partir du 1er janvier 2011 pour les édifices publics et le secteur tertiaire, le 1er janvier 2013 pour le secteur résidentiel.

L’enjeu est considérable. Cette réglementation déterminera largement la capacité de la France à réduire sa consommation énergétique et ses émissions de CO2 – le secteur du bâtiment engloutit 42 % de la première et rejette 25 % des secondes. Si le total des émissions de gaz à effet de serre en France a baissé de 0,6 % entre 2007 et 2008, celles liées au bâtiment ont augmenté (+ 7,7 %).

Dans le maquis de la future réglementation se joue aussi l’avenir de filières industrielles, qui déploient en coulisses un intense lobbying. « Le gaz et l’électricité ne pensent qu’à se détruire l’un l’autre. Quant aux fabricants de convecteurs et de ballons électriques, ils sont prêts à tout pour sauver leurs produits », observe le député (UMP) Claude Birraux, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), auteur en décembre 2009, avec Christian Bataille (PS), d’un rapport sur le sujet.

Prévue par le Grenelle de l’environnement pour remplacer l’actuelle RT 2005, la nouvelle bible de la performance énergétique marque une rupture décisive. Elle définit, pour la première fois, un plafond de consommation : 50 kWh/m2/an d’énergie primaire, contre une consommation de 150 kWh/m2/an pour les bâtiments neufs actuels et de 260 kWh/m2/an en moyenne pour le parc immobilier existant.

Une révolution qui nécessitera d’importants progrès dans les techniques d’isolation, de ventilation et de chauffage, selon ses promoteurs. Une occasion gâchée, plutôt, dénoncent les écologistes. « Le gouvernement n’a pas saisi cette opportunité pour réformer une comptabilité qui oublie, en moyenne, la moitié de la consommation réelle des bâtiments« , regrette Alain Bornarel, ingénieur au bureau technique Tribu et membre de l’Institut pour la conception environnementale du bâti (ICEB).

Traditionnellement, l’éclairage, le chauffage, l’eau chaude, la ventilation et la climatisation sont comptabilisés, mais pas l’électroménager, les parkings, les ascenseurs, la bureautique, l’informatique, les cuisines des restaurants, les plateaux techniques des hôpitaux… « Ce sont des consommations sur lesquelles le concepteur du bâtiment n’a qu’un impact réduit », justifie Jean-Christophe Visier, directeur de l’énergie, de la santé et de l’environnement au Centre scientifique et technique du bâtiment, le principal conseiller technique du ministère de l’écologie.

Autre point de discorde : les « coefficients de conversion« . Ceux-ci permettent de Lire la suite

De Copenhague 2009 à Cancun 2010 – Négociations climat : Un redémarrage difficile

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 1er février 2010

Négociations climat : Un redémarrage difficile

La date butoir du 31 janvier, annoncée à la clôture du Sommet de Copenhague en décembre, n’a pas eu la valeur symbolique espérée pour relancer les négociations sur le climat. Rares sont les pays à avoir officiellement confirmé auprès de l’ONU leurs objectifs ou stratégies de réduction d’émission de gaz à effet de serre. Un nouveau camouflet pour un traité sur le climat ambitieux, pourtant en préparation depuis deux ans dans la perspective de l’après-Kyoto. Après Copenhague, le nouveau marathon de négociations en vue du Sommet de Cancun (Mexique) en décembre 2010 démarre péniblement.

Les négociations sur le climat continuent à piétiner, selon les observateurs. « A ce stade, les choses ne se présentent pas bien du tout. Soyons honnêtes : c’est très sombre », prévient l’Indien Rajendra Pachauri, chef du GIEC. Embourbé dans des polémiques liés à des rapports contestés, en particulier sur la fonte des glaciers en Himalaya, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, véritable base scientifique de la stratégie de lutte mondiale contre le réchauffement climatique, devient aujourd’hui l’un des points faibles des négociations qui ont timidement repris après l’échec de Copenhague. L’organisation onusienne offre involontairement de nouveaux arguments aux adversaires d’une réduction importante et rapide des émissions de CO2.

Mais l’optimisme reste de rigueur chez nombre de décideurs comme Jean-Louis Borloo ou encore Yvo de Boer, responsable de l’ONU pour le climat, même si ce dernier reconnaît déjà que l’année 2010 pourrait bien ne pas être suffisante pour déboucher sur un accord. Les leaders mondiaux affirment garder leur confiance dans le GIEC qui s’appuie, il est vrai, sur les travaux des plus éminents scientifiques de la planète. Ils se disent également déterminés à poursuivre les négociations, conscients de l’enjeu et de l’intérêt pour l’humanité de réduire les sources de pollution de l’air à l’origine du dérèglement climatique. Reste maintenant à surmonter ce qui a fait l’échec de Copenhague : trouver le difficile – impossible ? – compromis entre réalité économique et soucis écologiques, entre pays pauvres et riches, entre nations émergentes et industrialisées, entre états insulaires ou côtiers déjà menacés et régions encore peu concernés par le réchauffement de la planète.

Un rendez-vous manqué ?

Copenhague avait déçu, et même suscité la colère de certains chefs d’État et de gouvernement. Le texte adopté, bien en retrait au regard des recommandations du GIEC, ne prévoit aucun engagements contraignants et aucune réelles garanties de financements pour les pays les plus pauvres. Consciente de l’énorme travail qui reste à accomplir avant de déboucher sur un éventuel traité en décembre prochain à Cancun (Mexique), l’ONU avait fixé comme premier rendez-vous clé le 31 janvier 2010. Les pays industrialisés devaient confirmer avant cette date butoir leurs objectifs de baisse de leurs émissions gaz à effet de serre tandis que les pays en développement devaient dévoiler leurs stratégies en vue d’une réduction. Force est de constater aujourd’hui que ce rendez-vous a encore était manqué. Seul le Japon s’est vraiment distingué en annonçant à l’ONU à New York, par la voix de son nouveau Premier ministre, une réduction de 25% de ses émissions d’ici à 2020 par rapport à 1990. L’UE a également confirmé son objectif de – 20% qui pourrait même passer à -30% en « cas d’offres comparables » des autres pays riches « et de contributions adéquates » des nations émergentes. Du côté de ces dernières, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Chine (groupe Basic) se sont engagés dimanche 24 janvier à New Delhi, à communiquer rapidement leurs « actions volontaires ».

L’appel à l’aide des petits états insulaires

Plus radical, d’autres états, comme Lire la suite

Plan de mobilisation gouvernemental en faveur des métiers verts

lemonde.fr, le 28 janvier 2010, Hervé Kempf

Plan de mobilisation gouvernemental en faveur des métiers verts

La politique environnementale peut générer des centaines de milliers d’emplois : c’est pour étayer ce pari que Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie, et Valérie Létard, secrétaire d’Etat, devaient présenter, jeudi 28 janvier, à Paris, un « plan de mobilisation pour les métiers de la croissance verte« , lors d’une « conférence nationale ».

Cette dernière conclut un travail engagé par les services de Mme Létard depuis septembre 2009, et qui a réuni près de 400 experts chargés d’identifier les potentialités d’emploi dans onze filières économiques (agriculture, automobile, bâtiment, eau et déchets, électromécanique, énergies renouvelables, raffinage et agrocarburants, tourisme, transport, mer, biodiversité). Leur rapport est plus mesuré que l’estimation optimiste – 600 000 emplois – lancée par M. Sarkozy, en juin 2009, sur la base d’une étude sommaire du cabinet Boston Consulting Group (Le Monde du 30 juillet 2009).

La « Synthèse des travaux des comités de filière » remise en janvier est beaucoup plus prudente. Elle n’identifie formellement qu’environ 210 000 nouveaux emplois pérennes d’ici à 2020 (90 000 dans l’agriculture, 40 000 dans l’eau et les déchets, 80 000 dans les infrastructures de transport collectif). Sur plusieurs autres secteurs, il reste difficile de mesurer le solde net d’emplois, notamment dans le bâtiment, où l’enjeu est très important, avec un vaste potentiel de travaux d’économies d’énergie dans le parc immobilier existant. En revanche, des filières comme l’automobile pourraient perdre des emplois. Le rapport souligne que, en réalité, « la plupart des filières continueront à offrir des emplois sur des métiers traditionnels, mais avec des nouvelles compétences ».

C’est à un constat similaire qu’est parvenu le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), qui a publié, le 25 janvier, un rapport sur le thème « Croissance verte et emploi ». « Il y a consensus pour dire que le tournant du développement durable peut se traduire par un potentiel de plusieurs centaines de milliers d’emplois, résume Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE. Mais les nouveaux emplois strictement verts seront peu nombreux. Il y aura surtout des emplois dans des secteurs traditionnels qui se seront « verdis » ou dans des secteurs peu « verts » mais dont l’activité va croître par des décisions politiques, par exemple dans le bâtiment ou dans le développement des tramways. »

Les analyses convergent sur le besoin d’une politique spécifique de formation. « Les comités ayant tous identifié des besoins très importants en matière de formation initiale et continue dans chacune des filières, il en ressort au global un besoin de mobilisation quasi sans précédent de la filière de formation », souligne la synthèse.

C’est d’ailleurs sur ce terrain que M. Borloo et Mme Létard devaient annoncer les principales mesures, avec la création d’un Lire la suite

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 22 janvier 2010

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

Ambiance morose que celle dans laquelle s’est déroulé, vendredi 22 janvier, le comité de suivi du Grenelle de l’environnement, qui réunit tous les trois mois les cinq collèges participant au processus (ONG, syndicats, patronat, collectivités locales, Etat).

Echec de la négociation sur le climat à Copenhague ; censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel ; report après les élections régionales (14-21 mars) de l’examen de la loi Grenelle II par l’Assemblée nationale, alors qu’il était initialement prévu en janvier ; regain de l’affrontement entre lobbies patronaux et écologistes… L’élan consensuel qui avait abouti, en octobre 2007, aux 273 engagements censés impliquer la France dans une « évolution écologique » semble bien loin. Deux ans et demi plus tard, le Grenelle est-il en panne ? Si l’impatience monte dans les syndicats et les ONG, certains acteurs soulignent, eux, les premiers progrès accomplis.

Les commentaires les plus acerbes viennent des associations écologistes de terrain. « C’est comme si le Grenelle n’avait pas existé, affirme Gilles Huet, délégué général d’Eaux et rivières de Bretagne. Il n’a pas eu de traduction concrète sur le terrain. La dynamique n’est pas portée au niveau régional, notamment par les fonctionnaires. » Même son de cloche chez Alsace Nature. « Ça n’a pas changé la face du monde, dit son directeur, Stéphane Giraud. L’autoroute de contournement de Strasbourg a été maintenue. Dans le dossier du grand hamster, une espèce au bord de l’extinction, c’est la Commission européenne qui pousse le gouvernement à réagir, pas le Grenelle. »

Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, ONG écologiste du Sud-Ouest, est sévère, lui aussi. « Seuls les discours ont changé, affirme le militant. Les projets sont badigeonnés en vert, comme la ligne à grande vitesse qui va passer dans notre région. On continue à grignoter la biodiversité. »

Nombreuses sont les associations qui se battent contre les projets d’aménagement jugés « contraires » au Grenelle, souvent portés par des élus locaux.

« Le Grenelle n’a pas été territorialisé, analyse Arnaud Gossement, ancien porte-parole de France nature Eevironnement (FNE), qui fédère ces associations. L’Etat n’a pas non plus donné les moyens de fonctionner aux ONG locales, qui sont dans une situation financière extrêmement difficile. La déclinaison dans les territoires doit avoir lieu rapidement, sinon le processus sera en grand danger. »

Mais au niveau national aussi, un malaise est perceptible, ravivé par le débat sur l’assiette de la taxe carbone. « L’argument de la compétitivité revient très fort de la part du patronat, constate Jean-Pierre Sotura, à la CGT. Les intérêts pèsent pour éviter que les choses se mettent en place ». « On sent très bien que plus le Grenelle s’éloigne dans le temps, plus le ton se durcit, confirme François Veillerette, président de l’association écologiste Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF). Le rapport de forces entre les ONG et l’industrie reprend du poil de la bête. »

Dans le même temps, il devient « plus difficile » de parler de développement durable aux salariés, selon Jean-Pierre Bompard, à la CFDT. « Le Grenelle remonte à 2007, il a perdu une partie de son attractivité, la crise économique est passée par là, estime le syndicaliste. Aujourd’hui les salariés sont confrontés à une crise de l’emploi, et ont en même temps le sentiment que Copenhague a été un échec. L’idée qu’il faut d’abord résoudre les problèmes urgents progresse. »

Le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo sent le danger. Il a Lire la suite

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au pic du pétrole

internationalnews.fr, Megan QUINN, le 5 mars 2006

Comment Cuba a survécu au Peak Oil

Cuba Solidarity Project

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au peak oil

Traduction « à Cuba, on n’a pas de pétrole, mais on a la Révolution » par CSP Diffusion autorisée et même encouragée Merci de mentionner les sources (de pétrole)

From TheWilderness.com 26 février 2006.

A l’Organiponico d’Alamar, un projet agricole communautaire, un collectif de travailleurs gère une grande ferme urbaine, un marché et un restaurant. Les outils manuels et la main d’œuvre ont replacé les machines consommatrices de pétrole. Les engrais sont produits par des vers de terre et le compostage. L’eau est économisée par un système irrigation au goutte-à-goutte et la communauté est approvisionnée par toute une variété de produits sains.

Dans d’autres communautés à la Havane, où la pénurie de terrains se fait sentir pour mener des projets d’une telle ampleur, les habitants ont crée des jardins sur des terrains de parking et ont planté des légumes sur les toits des maisons et dans les patios.

Depuis le début des années 90, le mouvement d’agriculture urbaine a balayé toute l’île, et la capitale est sur le point d’assurer son autosuffisance alimentaire.

Un petit groupe d’Australiens a participé à ces efforts et s’est rendu sur l’île en 1993 pour enseigner les techniques de permaculture, un système basé sur l’agriculture durable beaucoup plus économe en termes de consommation d’énergie.

Cette nécessité d’introduire l’agriculture au cœur des villes a commencé à la chute de l’Union Soviétique et la perte pour Cuba de plus de 50% des importations de pétrole, d’une bonne partie de ses aliments et de 85% de ses échanges économiques. Les transports furent paralysés, la faim fit son apparition et le cubain moyen perdit environ 15 kgs. (30 livres – ndt)

« En réalité, lorsque tout a commencé, ce fut par nécessité. Les gens ont commencé à cultiver des légumes là où ils pouvaient » explique un guide à l’équipe venue tourner un documentaire en 2004 pour montrer comment Cuba avait survécu à la pénurie de pétrole.

Cette équipe était composée, entre autres, de membres de The Community Solution (la Solution Communautaire), une ONG basée à Yellow Springs, Ohio, qui dispense des formations sur le pic pétrolier (peak oil) – le moment où la production mondiale de pétrole entamera son irréversible déclin. Certains analystes pensent que le phénomène pourrait se produire dans les dix prochaines années, ce qui donnerait à Cuba le statut d’un modèle à suivre.

« Nous voulions découvrir ce qu’il y avait chez le peuple cubain et la culture cubaine qui leur permettait de survire en ces temps si difficiles », dit Pat Murphy, directeur exécutif de Community Solution. « Cuba a beaucoup à nous montrer sur la manière de gérer la crise énergétique. »

La pénurie de pétrole n’a pas transformé uniquement l’agriculture cubaine. Le pays s’est aussi tourné vers de petites unités d’énergies renouvelables et a développé un système de transports publics économe, tout en préservant son système de santé par une politique de prévention et l’application de solutions locales qui permet d’économiser les faibles ressources.

L’époque qui a suivi la chute de l’Union Soviétique est connue à Cuba comme la Période Spéciale. Cuba perdit Lire la suite

Copenhague : Le mouvement altermondialiste promis à un bel avenir !

copenhague.blogs.liberation.fr, Ronack Monabay (UCJS : Urgence climatique, justice sociale), ; le 13 décembre 2009

Le mouvement altermondialiste promis à un bel avenir !

La manifestation internationale du 12 décembre a été un succès. Plus de 100.000 personnes du monde entier se sont jointes à cette mobilisation unitaire. Au total, 538 organisations de 67 pays ont répondu à l’appel. C’est sous un soleil bienvenu, que le cortège coloré, et son lot de vélos comme c’est la tradition au Danemark, s’est rendu au Bella Center, lieu des négociations officielles. On pouvait lire sur les banderoles et les pancartes de nombreux slogans radicaux tournant autour de l’idée suivante: «Climate Justice means System Change not Climate Change».

On m’a demandé à plusieurs reprises, en tant que membre de l’équipe organisatrice du Klimaforum09, de m’exprimer sur la répression injustifiée qui a eu lieu lors de cette manifestation. Mais se limiter à ces seuls aspects conduirait à se détourner d’une mobilisation massive de fond et des vrais enjeux climatiques qui se jouent à Copenhague, en insistant encore et toujours sur les relations entre police et manifestants. Ce n’est pas un hasard si dimanche pour la première fois les écrans du Bella Center ont diffusé en continu des images de l’extérieur (et non pas des conférences comme c’est le cas habituellement), en l’occurrence celles des arrestations, comme pour assener l’idée que les mobilisations citoyennes sont vouées aux débordements et nier les messages portés des heures durant dans la marche par 100.000 personnes.

Certains médias auraient pu, s’ils l’avaient voulu, évoquer la franche solidarité des centaines de manifestants qui ont refusé de poursuivre la manifestation afin de soutenir les personnes injustement arrêtées, en interpellant les policiers qui constituaient le cordon par des slogans tels que «Let them go». Une action improvisée devant les lignes de la police interloquée par cette attitude bon enfant mais déterminée, le tout alimenté par les rythmes des «sambactivistes»…

Au-delà, cette manifestation est la preuve que les mouvements sociaux rejoignent largement désormais la bataille pour la justice climatique et constitue à ce titre un renouvellement du mouvement altermondialiste. Les mouvements sociaux et les mouvements environnementaux font en effet désormais front commun. Le bloc massif «System Change Not Climate Change» regroupait des mouvements divers tels que les Amis de la Terre, Attac, les réseaux Climate Justice Now! et Climate Justice Action, la Via Campesina et de nombreuses organisations du Sud comme Jubilee South ou Focus on the Global South.

Ces organisations ont défilé pour réclamer un véritable accord contraignant ne s’appuyant pas sur les fausses «solutions» qu’elles reposent sur le marché –dont les récentes crises devraient prouver à tous son inefficacité- ou qu’elles soient technologiques (OGM, agrocarburants, nucléaire, …). La reconnaissance des droits des peuples autochtones -notamment leur droit à participer réellement aux négociations- et celle de la dette écologique étaient également à l’ordre du jour. Derrière toutes ces revendications, c’est bel et bien la logique capitaliste qui est remise en cause et ce d’autant plus que les grandes entreprises ont envahi la ville de leurs logos et le Bella Center de leurs lobbyistes. Le grand prix de la Sirène en colère récompensera le 15 décembre l’entreprise ou le lobby qui a eu l’action la plus néfaste (efficace?) pour bloquer les négociations.

Pendant ce temps là au Klimaforum, le contre sommet de la société civile, une déclaration des mouvements sociaux également intitulée «System Change not Climate Change» a enfin été finalisée. Signée par près de 300 organisations en moins de 3 jours, elle sera présentée prochainement dans des modalités qui restent à déterminer au sein de la COP15. Depuis plusieurs mois, via un forum internet des personnes du monde entier ont envoyé leurs contributions autour d’un ou plusieurs des neuf thèmes du Klimaforum. Une partie de l’équipe du Klimaforum a synthétisé l’ensemble des propositions en rédigeant un premier document, lequel a été soumis à l’ensemble des participants qui ont alors renvoyé leurs commentaires et amendements, permettant la rédaction d’un second document.

Enfin, lors des séances plénières et ateliers des trois premiers jours, toutes les personnes qui le souhaitaient ont pu participer à la finalisation du document. Au terme d’une dernière séance épique, l’ensemble de l’assemblée s’est finalement mis d’accord sur une déclaration finale. Celle-ci est novatrice à plusieurs niveaux. Premièrement, à l’image de la manifestation, elle a rassemblé, les mouvements environnementaux et sociaux et par la même tissé des liens forts entre les questions écologiques et sociales. Si ce n’est pas la première fois, cette alliance très large est révélatrice d’une dynamique renforcée.

Deuxièmement, si elle s’est avérée beaucoup plus longue que les déclarations issues des Forums Sociaux Mondiaux, elle n’en est que plus précise. Radicale tant sur l’état des lieux qu’elle dresse de la situation -une crise multidimensionnelle qui voit converger chaque crise du capitalisme dans sa séquence libérale, elle se veut également source de proposition pour une transition vers des sociétés durables: abandon des énergies fossiles, Lire la suite

Copenhague: Juppé favorable à « une forme de décroissance »

tempsreel.nouvelobs.com, AP, le 4 décembre 2009

Copenhague : Juppé favorable à « une forme de décroissance »

Alain Juppé s’est déclaré vendredi favorable à « une forme de décroissance », à trois jours de l’ouverture du sommet de Copenhague, auquel le maire UMP de Bordeaux participera, entrant ainsi en contradiction avec des propos récemment tenus par Nicolas Sarkozy sur le sujet.

Interrogé lors d’une conférence de presse sur la croissance ou la décroissance verte, M. Juppé s’est dit en partie « en phase » avec l’eurodéputé d’Europe-Ecologie Daniel Cohn-Bendit: « La crise et la dégradation de notre planète reposent sur une forme de folie humaine basée sur la démesure généralisée. Faut-il faire de la décroissance? Je pense que dans les pays pauvres, il faut de la croissance et qu’ailleurs, là où l’on gaspille, il est nécessaire d’envisager une forme de décroissance« , a estimé l’ancien Premier ministre. « Le combat pour la sauvegarde de la planète ne doit pas passer au second plan du fait de la crise. La sortie de crise passe par le succès de toutes les initiatives« .

Le 28 novembre, lors de son discours devant les membres du conseil national de l’UMP, Nicolas Sarkozy s’était lancé dans une diatribe contre le principe de « décroissance », prôné notamment par les Verts. « Quand j’entends nos écologistes parfois dire qu’ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, est-ce qu’ils savent qu’il y a du chômage? Est-ce qu’ils savent qu’il y a de la misère dans le monde? Est-ce qu’ils savent qu’il y a près d’un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là? », avait lancé le chef de l’Etat.

Par ailleurs, M. Juppé a souligné l’importance du sommet de Copenhague: « Il n’y a pas de doute possible: l’enjeu est de sauver les espèces vivantes! Kyoto arrive à échéance en 2012 et il faut obtenir des objectifs chiffrés! », a-t-il lancé.

Alors que 57% des Français estiment dans un sondage (réalisé par l’institut BVA les 27 et 28 novembre auprès d’un échantillon de 1.012 personnes pour BFM/BFM-TV/ »La Tribune ») que Nicolas Sarkozy ne parviendra pas à obtenir un accord fixant des engagements contraignants en matière de réduction de gaz à effet de serre, Alain Juppé ne se « sent pas pessimiste »: « Je vois pour la première fois le président américain prendre des engagements chiffrés et cela va dans le bon sens », a-t-il expliqué.

A Copenhague, le maire de la capitale aquitaine participera notamment au « sommet des villes »: « j’y parlerai de l’implication citoyenne. Les villes sont en première ligne car elles englobent 80% de la population mondiale et concentrent les problèmes de déchets de transport et d’habitat« .

Coprésident, avec Michel Rocard (PS), de la commission chargée de réfléchir sur le grand emprunt, Alain Juppé a insisté sur « le fil conducteur écologique » qui a prévalu. Biotechnologie, énergies renouvelables, Lire la suite

Le PS veut convaincre de la réalité de sa conversion à la « social-écologie »

lemonde.fr, Jean-Michel Normand, le 1er décembre 2009

Le PS veut convaincre de la réalité de sa conversion à la « social-écologie »

A Copenhague, pour le PS, l’important ne sera pas tant de participer que de faire passer un message. Quelques jours avant l’ouverture du sommet mondial sur le climat, les socialistes ne lésinent pas sur les signaux. Martine Aubry a fait savoir qu’elle se rendrait les 15 et 16 décembre dans la capitale danoise avec une délégation.

En attendant, la première secrétaire préside mardi 1er décembre une réunion extraordinaire du bureau national consacrée aux enjeux de cette conférence dont les socialistes « souhaitent le succès ». Pour l’occasion, « des experts et des spécialistes » ont été invités afin « d’enrichir la réflexion engagée en faveur d’un nouveau modèle de développement« . Dans la cour de la Rue de Solferino, au siège du parti, les participants seront accueillis par une sculpture de glace, oeuvre éphémère représentant un globe terrestre.

« Il s’agit d’apporter la démonstration que les socialistes sont capables de prendre la question environnementale à bras-le-corps« , insiste Philippe Martin, député du Gers, récemment nommé secrétaire national adjoint à l’environnement en remplacement d’Eric Loiselet, qui a quitté le PS pour conduire la liste Europe-Ecologie en Champagne-Ardenne aux élections régionales. Ces dernières années, les socialistes avaient beau faire régulièrement référence à la « social-écologie » ou à « l’éco-développement » – le 29 novembre, devant l’UMP, Nicolas Sarkozy en a appelé à « l’écologie populaire » – ils admettent aujourd’hui que leur conversion était superficielle.

Le revers électoral des européennes de juin au profit d’Europe-Ecologie a agi comme un brutal rappel à la réalité. « Il ne faut pas noircir le tableau, plaide Géraud Guibert, co-fondateur du Pôle écologique au sein du PS. Le bilan de nos présidents de région est bon – financement des trains régionaux, interdiction des cultures OGM dans certains cas, fort développement des énergies renouvelables. Le problème est que ces expérimentations ne s’articulent pas avec un discours fort au plan national. »

A en croire Philippe Martin, les socialistes ont défini leur feuille de route. « Notre vision des choses, c’est que toute mesure environnementale doit être socialement acceptable« , dit-il. Au PS, le débat engagé sur la « fiscalité verte », s’est noué autour de l’idée d’une « contribution climat-énergie ». Cette proposition alternative à la taxe carbone vise à instaurer un prélèvement élargi aux entreprises et à l’ensemble de la consommation d’électricité. Encore faut-il s’accorder sur les mesures de compensation attribuées aux ménages, notamment en milieu rural ou péri-urbain. Pour l’heure, le dispositif envisagé reste flou. « Mieux vaudrait opter pour une politique de l’offre, comme en Poitou-Charentes, et concentrer les mesures fiscales vers ceux qui peuvent modifier leur comportement », considère Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et proche de Ségolène Royal. « On ne peut tout de même pas considérer que la fiscalité écologique n’est envisageable qu’à condition de ne rien coûter ! », Lire la suite

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

prix-pinocchio.org, communiqué, le 25 novembre 2009

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

Les Amis de la Terre ont décerné hier soir à Paris les prix Pinocchio du développement durable 2009, sur la base des votes des internautes. Cette année, les lauréats sont Bolloré dans la catégorie « droits humains », Total dans la catégorie « environnement » et EDF dans la catégorie « greenwashing ».

Dans la catégorie « droits humains », c’est le groupe Bolloré qui a reçu le prix avec 35 % des votes pour les conditions de travail déplorables des travailleurs dans les plantations d’huile de palme de sa filiale Socapalm (Cameroun), dont elle est actionnaire majoritaire.

Le groupe Total a quant à lui reçu le prix Pinocchio dans la catégorie « environnement » avec 29 % des votes de cette même catégorie. Les internautes condamnent la multinationale française pour son implication dans le méga-projet pétrolier Kashagan (Kazakhstan), qui s’annonce comme une catastrophe environnementale et sanitaire. Ce cas illustre le double discours du groupe qui, loin de l’image moderne et éthique qu’il cherche désespérément à se donner, continue à investir massivement dans des projets fossiles polluants et archaïques.

Pour le « greenwashing » enfin, c’est EDF qui remporte le prix avec 42 % des votes de cette catégorie pour sa récente campagne de communication « Changer d’énergie ensemble » qui a coûté plus cher que les dépenses du groupe en recherche et développement dans les énergies renouvelables. Ces dernières ne représentent elles-mêmes qu’une part infime du chiffre d’affaires du groupe par rapport au nucléaire.

Les Amis de la Terre organisent chaque année les Prix Pinocchio du développement durable pour dénoncer le bilan désastreux de grandes multinationales, en termes économiques, environnementaux ou sociaux. Les multinationales, toujours aussi peu encadrées, ont de plus bénéficié de financements publics sans précédent pour éviter de pâtir de la crise et ce sont les contribuables et les salariés qui doivent assumer les coûts.

Pour Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, « malgré les beaux discours, les multinationales continuent à faire ce qu’elles veulent sans être inquiétées, en s’en tenant à des accords volontaires dont l’inefficacité est flagrante. Dans la crise systémique actuelle, il est plus que jamais temps que les décideurs prennent leurs responsabilités et mettent enfin en place des lois contraignantes. Il n’est plus admissible que les intérêts privés des multinationales continuent à primer sur l’intérêt général, l’avenir de la planète et le bien-être de ses habitants ».

Les résultats des votes détaillés par catégorie sont accessibles sur Lire la suite

« UFC – Que choisir » – Comparateur énergie : A éviter !

quechoisir.org, le 9 novembre 2009

Comparateur énergie : A éviter !

Le médiateur national de l’énergie et la Commission de régulation de l’énergie ont mis en ligne un outil pour comparer les tarifs des offres de gaz et d’électricité. Mais comme redouté, ce comparateur va surtout servir les fournisseurs d’énergie au détriment des consommateurs.

 « Que Choisir » avait prévenu ses lecteurs du piège qui les attendait (lire notre enquête) et avait vu juste : le comparateur d’offres d’énergie (1) élaboré par le médiateur national de l’énergie et la Commission de régulation de l’énergie est bel et bien « la machine à faire quitter les tarifs réglementés » que l’UFC-Que Choisir dénonçait. Le médiateur national de l’énergie a eu beau parler d’une information impartiale et indépendante en présentant ce nouvel outil à la presse, on est plus près de la propagande. Ce sont en effet les fournisseurs eux-mêmes qui entrent les données et leurs arguments marketing ! Le résultat est édifiant, une offre du tableau comparatif annonce par exemple « -10 % sur les tarifs réglementés ». C’est faux, ces -10 % concernent le prix du kWh, pas celui de l’abonnement.

Et les offres vertes sont bien le leurre annoncé par « Que Choisir ». Le comparateur mentionne selon les fournisseurs « 100 % d’électricité verte », « 100 % d’énergies renouvelables certifiées », ce qui paraît formidable. En réalité, ces offres portent sur une électricité renouvelable produite depuis des lustres et acheminée jusqu’à nos compteurs depuis longtemps. La transformer en offre commerciale environnementale est très simple, le fournisseur achète des certificats verts à un coût dérisoire et l’affaire est jouée ! La seule véritable offre d’électricité renouvelable qui peut être qualifiée de verte sans abuser le client, c’est celle d’Enercoop, mais la coopérative a refusé de participer au comparateur car il ne faisait pas la différence et on la comprend.

Quant au piège des tarifs réglementés, il est total. Le comparateur incite de fait à quitter les tarifs réglementés sans signaler de façon immédiate et compréhensible par les non-initiés que ce choix-là, compte tenu de la réglementation actuelle, sera irrévocable s’il est fait à partir du 31 décembre. Un comparateur impartial l’aurait Lire la suite

Borloo – Climat : «Tout le monde est dans l’évitement»

liberation.fr, Guillaume Launay, Christian Losson, le 24 novembre 2009

Climat : «Tout le monde est dans l’évitement»

A quinze jours de Copenhague, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, confie ses doutes, ses espoirs et évoque son avenir.

La réussite du sommet climat de Copenhague est menacée par la frilosité américaine, estime le ministre français de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, qui juge indispensable de prévoir un dispositif – concret et chiffré – de solidarité envers les pays les plus vulnérables.

A deux semaines du sommet climatique de Copenhague, beaucoup craignent un échec des négociations. Entre deux déplacements en Afrique et en Amérique du Sud, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a répondu à Libération.

Le sommet de Copenhague sera-t-il le fiasco annoncé ?

Bien sûr que non. L’enjeu est de taille. Il s’agit de convaincre les pays industrialisés de réduire leurs émissions de gaz à effets de serre de 25% à 40% d’ici 2020 par rapport à leurs émissions de 1990, et de 80% d’ici 2050. Il faut aussi que les pays émergents s’engagent sur des cibles concrètes de maîtrise de leurs émissions de CO2 et les fassent accepter par leur population. C’est énorme, difficile, mais essentiel. Mais on ne peut pas demander à des pays qui ont un fort taux de pauvreté de choisir entre réduction de CO2 et croissance. Ce serait irréaliste.

Un texte fort avec des chiffres et des dates d’engagement est-il possible ?

Plus le texte sera emphatique, plus il sera vide. Plus les chiffres seront globaux et lointains, plus on voudra repousser une décision ou un traité, à six mois ou davantage, plus on cherchera à gagner du temps inutilement. Je le dis à ceux qui parlent déjà d’un Copenhague bis dans six mois : «De quelle information disposera-t-on dans six mois qu’on ne connaît pas déjà aujourd’hui ?»

Pourquoi est-ce si délicat alors que les opinions publiques sont volontaristes ?

Parce que cela engage de vraies révolutions. Or la réalité, c’est que tous les gouvernements réfléchissent et hésitent. Que tout le monde est dans l’évitement. Mais que sans initiative forte, on va dans le mur. Or il faut que l’on parvienne à un texte clair, avec des objectifs précis, et des mesures opérationnelles. Que les chefs d’Etat s’impliquent et soient là, sinon, on fera du surplace malgré tous les efforts déjà accomplis depuis deux ans. A l’image du pas réalisé par l’Europe il y a un an, quand elle a fait voter son paquet énergie climat, avec 20% de baisse des gaz à effet de serre, 20% d’économie d’énergie, 20% d’énergies renouvelables…

La contribution française, «Justice climat», vise-t-elle à court-circuiter le processus de l’ONU ?

Non, elle cherche juste à infuser des idées complémentaires et on l’affine tous les jours. On essaye de tenir compte de la vérité de chacun, dans la droite ligne de ce que veut l’ONU. L’idée, c’est de créer quatre catégories de pays en fonction de leurs émissions de CO2 et de leur PIB par habitant. Et pour les plus pauvres et vulnérables, Lire la suite

Copenhague : comment éviter l’échec ? – L’Union européenne détient les clefs du succès

lemonde.fr, Jean-Paul Besset, Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot, Eva Joly, députés européens, le 20 novembre 2009

Copenhague : comment éviter l’échec ?

L’Union européenne détient les clefs du succès

Du 7 au 18 décembre, le monde joue sa tête à Copenhague. A l’issue de ce sommet sur le climat, l’avenir sera écrit : soit l’humanité décidera de s’engager dans la construction d’un mode de développement soutenable pour les hommes et la nature, soit elle s’enfoncera dans des temps obscurs où l’imprévisibilité des catastrophes le disputera au déclin économique et aux déchirements des conflits pour la survie. C’est dire que les chefs d’Etat et de gouvernement doivent relever un défi colossal. C’est dire que la responsabilité de chacun est engagée.

Copenhague se présente comme un rendez-vous clé de l’histoire, un de ces moments charnières où un monde doit s’éteindre pour qu’un autre puisse naître : si Copenhague marque la volonté de rompre avec des modes de production et de consommation destructeurs de l’ensemble du vivant ainsi qu’avec un système d’exacerbation des inégalités où 20 % de la population mondiale consomme 80 % des ressources planétaires .

Si Copenhague ouvre une nouvelle ère de relations entre le Nord et le Sud, mettant fin aux prédations, parfois à la compassion, toujours aux promesses non tenues ; si Copenhague indique clairement un changement de cap dans la marche vers un progrès humain, alors le sommet climatique constituera une formidable opportunité pour engager nos sociétés et nos économies vers l’innovation, la sobriété en ressources et la création d’emplois qualifiés et non délocalisables dans tous les secteurs : le bâtiment, les énergies renouvelables, l’industrie, les transports individuels et collectifs, l’artisanat, le commerce de proximité, l’agriculture durable ou la protection de la biodiversité.

On ne négocie pas avec la planète, on ne négocie pas avec la science : déjà 300 000 morts par an, des millions à venir du fait des sécheresses, inondations, épidémies… et des centaines de millions de déplacés. L’inaction est un crime contre l’humanité. Le péril est connu, les responsabilités aussi : les pays industrialisés sont responsables de 80 % des gaz à effet de serre concentrés dans l’atmosphère alors que les pays du Sud supporteront 80 % des dégâts liés aux changements climatiques.

Il n’y aura pas de solution technique miraculeuse, comme le recours massif au nucléaire ou au captage du carbone. Ce sont autant d’illusions dangereuses. L’effort à accomplir est incontournable : les pays industrialisés doivent modifier radicalement leurs façons de produire et de consommer et, chaque année, mobiliser plus de 100 milliards d’euros de financement pour permettre à des milliards de personnes de faire face au défi climatique. Somme toute, ce n’est qu’une petite partie de ce que les pays riches ont réuni pour endiguer leur crise financière.

Il y a urgence et il n’y a pas de plan B. Or la plupart des pays piétinent, prisonniers d’intérêts nationaux à court terme. A quelques jours du sommet, nous sommes au bord du gouffre. La probabilité d’un échec est grande. Autrement dit, la photo de famille et les déclarations d’autosatisfaction risquent de succéder aux discours sans qu’aucun engagement sérieux n’ait été pris.

L’Union européenne n’est plus la championne climatique qu’elle prétend être. Généralisé à l’ensemble de la planète, son niveau d’ambition conduirait à un réchauffement de notre planète de plus de 4 °C, donc à une catastrophe humanitaire. Inacceptable. Le Japon, l’Australie ou encore la Norvège ont pris des engagements de réduction d’émissions à la hauteur de leur responsabilité.

Du côté des pays émergents, la Chine Lire la suite

Pourquoi le changement climatique n’est pas une question environnementale

hns-info.net, Ludo, le 5 novembre 2009

Pourquoi le changement climatique n’est pas une question environnementale

Le COP 15 réunira prochainement « dirigeants » mondiaux, multinationales et grosses ONG pour dessiner l’après-Kyoto et tenter d’empêcher une crise climatique catastrophique. L’objectif de ce texte n’est pas de monter à bord du train fonçant des élites et de dépeindre une apocalypse imminente, encourageant les politiques basées sur la peur. Il est, en reliant les différents points que sont les différentes luttes, de faire apparaître l’image dans sa globalité. De montrer les enjeux réels des négociations sur le changement climatique, et de dénoncer ce dernier, non comme une question purement « environnementale », mais comme le symptôme qu’il est de la faillite d’un système qui nous détruit et ravage notre planète.

Les « solutions » de ce système, dont on sait déjà qu’elles seront les seules abordées à Copenhague, sont basées sur le marché, afin de satisfaire les puissants lobbies des multinationales. Marché du carbone, agrocarburants, énergie nucléaire, mécanismes de « compensation »… Ces fausses solutions n’envisagent pas un instant de réduire les émissions de gaz à effet de serre directement à la source, dans nos pays industrialisés, et sont par conséquent très loin de permettre les réductions d’émissions réellement nécessaires. Elles se révèlent par ailleurs parfois extrêmement dangereuses dans leurs applications, en accroissant dramatiquement les inégalités Nord/Sud, les problèmes environnementaux et l’injustice sociale au sein des pays en voie de développement. Ces pays, ces paysan-ne-s, ont pourtant des solutions. La justice climatique, ces alternatives et solutions réelles qui viennent de la base, sont les enjeux de la lutte globale à laquelle appellent des réseaux comme CJA et CJN (« Climate Justice Network », Réseau pour la Justice Climatique, qui regroupe de nombreux groupes des pays du Sud).

Le capitalisme, ou à qui profite le crime climatique ?

La prise de conscience environnementale généralisée actuelle est utile à ceux qui développent activement la notion de « capitalisme vert ». Il permet de recréer l’adhésion citoyenne à des structures dépassées et discréditées par la crise systémique qui les secoue.

Les multinationales repeignent leurs enseignes en vert, leurs campagnes publicitaires rivalisent de « greenwashing » [1], et elles poursuivent les mêmes pratiques destructrices.

Avec l’effondrement des marchés financiers, la foi dans le futur du capitalisme a été sérieusement ébranlée. Malgré cela, le même principe qui a conduit à la crise, celui de marché immatériel de produits dérivés [2], est à l’origine de la création du marché du carbone, qui invente un prix au CO2 contenu dans l’air. C’est cela, la proposition principale de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC) : un marché du carbone mondialisé, au sein duquel les entreprises vendent et achètent des crédits symbolisant leur droit à polluer. Ce type de marché immatériel, dont le prix du « bien » est inventé, conduit immanquablement à une spéculation et des pratiques frauduleuses gigantesques, puis à une bulle géante, et à son éclatement. Or cette fois, ce ne sont pas les profits des banques et des multinationales ou nos emplois qui sont en jeu, mais un changement climatique irréversible de grande ampleur qui pourrait laisser nos enfants hériter d’un terrain vague.

Le nouveau « COLONIALISME »

Les multinationales qui en ont les moyens peuvent obtenir des crédits-carbone ; et des mécanismes à la complexité bien pratique peuvent leur en faire obtenir encore davantage, comme le « mécanisme de développement propre », MDP (en anglais Clean Development Mechanism ou CDM). Au sein de ces « mécanismes flexibles », Lire la suite

Le premier écogîte du département de la Gironde à Marsas

sudouest.com, Françoise Chouvac, le 4 Novembre 2009

MARSAS. Le premier écogîte du département

Une semaine à La Bernarde

Le calme, l’authenticité, un habitat préservé et respectueux de l’environnement, telle est la philosophie de l’écogîte selon les Gîtes de France. Cette philosophie est également celle des époux Gallet, qui possèdent depuis plus de trente ans la propriété La Bernarde. René a aménagé le parc paysager de 10 hectares, les 3 kilomètres d’allées forestières bordées d’arbres divers mais qui respectent tous la biodiversité du lieu. Point d’arbres exotiques mais uniquement ceux des régions tempérées et océaniques, deux étangs entièrement recouverts de nymphéas multicolores, des oiseaux, des canards, des tortues cistudes, une pisciculture de carpes, des champignons à la saison… Bref, un vrai paradis, qui est souvent le cadre de stages pour écologistes convaincus.

Bio, solaire, recyclable

René et Marie-France Gallet ont souhaité transformer une partie de leur maison en gîte rural et se sont engagés dans la démarche en proposant un hébergement rural touristique « écolo » : des panneaux solaires installés sur le toit chauffent l’eau des sanitaires mais également la maison, la peinture des murs est bio, le bois et d’autres matériaux naturels, locaux et recyclables, moins néfastes pour l’environnement, ont été choisis avec soin.

Tous les critères exigés par les Gîtes de France ont été scrupuleusement respectés, et c’est ainsi qu’au mois d’octobre La Bernarde est devenue le premier écogîte de la Gironde. Ce classement permet ainsi aux touristes et aux vacanciers désireux de vivre quelques jours dans un cadre écologique d’être sûrs de ne pas être déçus et de trouver une maison en accord avec leurs convictions.

Le gîte des Gallet est bien plus que cela, et René n’a de cesse de faire découvrir sa propriété avec enthousiasme et gentillesse. Il n’hésite pas à donner des conseils sur le recyclage, le tri sélectif, la façon de faire du compost, et plein d’autres recettes avec les plantes et les fleurs trouvées en parcourant le domaine.

Les vacanciers repartent heureux d’avoir passé un séjour agréable dans un cadre de verdure et de calme, et ravies des conseils éclairés des époux Gallet.

Céline et Fabien ont pu, les premiers, apprécier le charme de l’écogîte La Bernarde. Ces deux citadins avaient gagné un week-end dans cet endroit grâce à un jeu sur France Bleu, et les époux Gallet leur ont offert de rester toute la semaine gratuitement.

« Les propriétaires sont charmants et sympathiques, raconte Céline. Ils nous ont fait les honneurs de leur domaine, des quatre potagers, des parcs à moutons, des poulaillers. » Fabien, quant à lui, a admiré le travail de René dans le parc : « Les arbres, Lire la suite

Bassin d’Arcachon : Un exemple d’éco-construction exemplaire

sudouest.com, Chantal Roman, le 3 Novembre 2009

PYLA-SUR-MER. Dans le cadre des Journées de l’énergie organisées par le réseau des Espaces info énergie d’Aquitaine, visite d’une villa dite à « énergie positive »

Un exemple d’éco-construction exemplaire

Exemplaire, tel est le mot. À la fois au plan des ressources en énergie « positive » qu’au plan de la construction, bioclimatique. C’est ce que les visiteurs, nombreux, qui participaient à la semaine des Journées de l’énergie ont pu découvrir avec cette villa construite à Pyla-sur-Mer, avec vue sur les passes du Bassin.

« Il s’agissait pour nous de surélever une construction déjà existante, explique la propriétaire. Nous avions d’une part un budget serré et d’autre part la volonté de réaliser un projet entièrement bioclimatique, mais aussi porteur d’énergie positive ».

Excellente isolation

Le couple a fait appel à un architecte, Olivier Lehmans (cet architecte bordelais est spécialisé dans les démarches HQE-haute qualité environnementale, conceptions bioclimatiques, écoconstructions, etc.), et aux conseils du Creaq (Centre régional d’écoénergétique d’Aquitaine) pour la réalisation de la maison. L’architecte était d’ailleurs présent lors de la visite afin de guider les visiteurs, tandis que William Mazel représentant le Creaq, répondait aux questions des visiteurs. C’est donc une construction entièrement dirigée vers les économies d’énergie, une maison « passive », à très faible consommation énergétique, orientée sud et sud ouest, avec une façade entièrement vitrée. Tout a été conçu pour fonctionner sans chauffage conventionnel, mais avec un simple chauffage d’appoint, en l’occurrence une chaudière à condensation au gaz et une cheminée insert.

Ainsi, cette maison offre toute l’année une température ambiante agréable : « Sans chauffer, il fait 19°C tout le temps », annonce la propriétaire.

La construction a été réalisée avec des matériaux locaux : du bois de la forêt usagère coupé à la bonne lune pour la charpente, une isolation avec des fibres végétales, (du chanvre), du pin maritime des Landes pour les parquets et le bardage intérieur des pièces.

Un seul grand espace regroupe un vaste salon et une cuisine ouverte. Pas de cloison, ce qui permet à la lumière du jour d’entrer à plein… et donc d’économiser de l’électricité. Côté baies (avec double vitrage) un avant-toit protège du soleil durant l’été, mais le fait entrer l’hiver.

Du photovoltaïque sur le toit

sudouest.com

C’est une toiture végétalisée de 100 m² qui a été réalisée, et cette couche naturelle offre une meilleure isolation, surtout l’été. Elle permet aussi un stockage des eaux de pluie, lesquelles sont récupérées pour l’arrosage du jardin. Autre installation, celle de capteurs solaires et panneaux photovoltaïques thermiques. La propriétaire est d’ailleurs ravie du bilan économique : « C’est Lire la suite

Bordeaux : La maison verte sur les quais

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 26 Octobre 2009

RICHELIEU. L’ex-bureau de recrutement des dockers transformé en maison éco-citoyenne

La maison verte sur les quais

Les joggeurs ou promeneurs ont été les premiers à s’en apercevoir, les premiers aussi à devoir contourner les barrières. Quai Richelieu, l’ancien Bureau central de recrutement de main-d’œuvre (BCMO) commence à vibrer au rythme des marteaux-piqueurs. C’est le début du chantier de construction de la maison éco-citoyenne.

Le bâtiment concerné est l’un des derniers « vestiges » de la partie sud du port de Bordeaux. Ce bâtiment sans étage a été construit au début des années 50. Un lieu qui ne désemplissait pas. Il y avait 3 000 dockers à l’époque à Bordeaux et tous devaient passer par ce bureau de recrutement central. Selon les règles en vigueur, ils ne pouvaient pas décrocher plus de huit heures de boulot d’un coup (deux fois quatre heures) mais rien ne leur empêchait de revenir le lendemain, pour refaire la queue et s’il y avait des bateaux à quai, décrocher un nouveau contrat. C’est dire les bousculades qu’il y a eues en ces lieux, les coups de gueule aussi.

Du faux XVIIIe

Contrairement à ce que l’on pense en le voyant de loin, ce bâtiment ne date pas du XVIIIe. C’est du faux ! L’architecte d’alors a respecté le site mais il a tout réalisé en béton et recouvert l’ensemble avec de fausses pierres pour ne pas gâcher le paysage.

Aussi, Olivier Lehmans, l’architecte bordelais retenu pour construire la maison éco-citoyenne, ne se retrouve-t-il pas les mains liées devant un monument historique indéformable. Il a pu faire courir son imagination à la condition bien évidemment qu’il respecte à son tour l’environnement architectural immédiat.

La construction de cette maison éco-citoyenne entre dans le cadre de la démarche de développement durable et de la mise en route de l’Agenda 21 de la Ville de Bordeaux. Cette maison verte est sur rails depuis longtemps. « Pour créer une dynamique, nous avons déjà créé la maison éco-citoyenne mobile », explique Anne Walryck, adjointe au maire chargée de mettre en œuvre la politique de développement durable à la mairie.

Cette « maison » est allée de quartier en quartier et même participé à des événements « grand public » majeurs comme la foire internationale. Parallèlement, des débats ont été organisés avec des experts reconnus. Sur les thèmes forts du moment et mettant en avant la nécessité de se mobiliser pour défendre l’environnement et faire les bons choix pour sauver la planète.

Un lieu de vie

La future maison éco-citoyenne sera le top de ce que l’on peut faire en la matière. Sous un grand chapeau « développement durable », ce sera Lire la suite

L’écologie sera rentable ou ne sera pas !

latribube.fr, Charles Beigbeder, vice-président de la Fondation pour l’innovation politique (FIP), coordinateur du pôle « Ecologie », président de Poweo, et Dominique Reynié, directeur général de la FIP, professeur à Sciences Po, le 21 octobre 2009

L’écologie sera rentable ou ne sera pas !

Nous n’avons pas à choisir entre la croissance et la planète parce que cela reviendrait à choisir entre l’homme et la nature. La cause de l’environnement ne vaut que parce qu’elle sert la cause de l’humanité et l’écologie sera progressiste ou ne sera pas. Tel est l’objet du colloque que la Fondation pour l’innovation politique consacre ce jeudi à la question sur le thème: « réussir la croissance verte ».

Plus personne ne conteste l’importance de l’enjeu écologique. La cause de l’environnement est définitivement installée au cœur du débat et de l’action politiques. Mais il y a deux conceptions de l’écologie : l’une prétend changer l’homme en contraignant sa capacité d’action, quand l’autre propose d’agir sur les conséquences de cette action. La première est culpabilisante et régressive. L’autre se veut incitative, rationnelle et progressiste : elle parie sur la croissance verte.

L’écologie régressive oppose, de façon plus ou moins assumée, la production de richesses à la protection de l’environnement. Le marché, l’activité économique, l’industrie ou les entrepreneurs sont désignés comme les ennemis de la nature. De cette condamnation a priori peut naître la tentation de réduire l’activité économique, de limiter, voire d’empêcher, les progrès de la connaissance. Certains fondamentalistes de l’écologie vont jusqu’à prôner la décroissance, nous sommant de choisir entre le progrès économique et la planète. Ce discours bénéficie d’un certain écho parce qu’il prend en charge une partie de l’hostilité à l’économie de marché dans un monde désormais sans communisme. Il jouit aussi d’un authentique privilège médiatique parce que le ton sur lequel il est tenu est volontiers alarmiste et qu’il permet des mises en scène spectaculaires. C’est le syndrome du tétanisé !

Nous nous inscrivons en faux contre cette vision rétrograde de l’écologie. La cause de l’environnement ne vaut en effet que parce qu’elle sert le développement humain et ne peut être invoquée pour empêcher l’homme d’avancer, d’innover, d’améliorer son sort. Comment expliquer aux pays en développement qu’ils doivent ralentir leur croissance pour préserver notre environnement ? Et comment prétendre maîtriser les dangers qui menacent la planète en renonçant à la science et au progrès technique ? Ouvrons les yeux : l’écologie sera donc progressiste ou ne sera pas. C’est par l’innovation et l’investissement que nous relèverons ces défis. L’écologie est une formidable promesse de prospérité pour nos universités et notre recherche. De même, la protection de l’environnement ouvre des opportunités de marché considérables. Ils contribueront à l’avènement d’une croissance durable.

Tous les domaines d’activité sont concernés. Il s’agit de rendre l’ensemble de notre économie moins émettrice de carbone, plus sobre en énergie, plus respectueuse de la biosphère. Quelques secteurs clés sont en pointe de cette révolution verte. C’est le cas des procédés d’efficacité énergétique. En changeant nos comportements, en améliorant nos installations, nous sommes dès aujourd’hui capables de réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre. Et ce n’est qu’un début : Lire la suite

Economie verte et emplois dans l’environnement, quelles perspectives ?

emploi-stage-environnement.com, Philippe Aujard, le 18 octobre 2009

Economie verte et emplois dans l’environnement, quelles perspectives ?

La mission prospective, mise en place depuis novembre 2008 au sein de la délégation au Développement durable (DDD) du commissariat général au Développement durable (CGDD), a publié une note sur l’économie verte : « L´économie verte en perspectives ».

Selon la mission prospective, c’est une des caractéristiques remarquables de la plupart des plans de relance lancés depuis l’automne 2008 que d’avoir consacré un volet important à ce qu’on appelle désormais l’économie verte qui recouvre l’ensemble des activités économiques liées directement ou indirectement à la protection de l’environnement, à la gestion des ressources rares, aux énergies renouvelables, au changement climatique, à la prévention des risques, …

On cite ainsi souvent un ordre de grandeur de 15 % de la relance globale qui aurait été consacré à la relance verte et sensiblement plus en Chine, en Corée du Sud ou en France.

 Même si ce chiffre n’est qu’une approximation – par ailleurs, contestée – il indique, au minimum, une convergence dans les intérêts et les anticipations des grands acteurs publics et privés mondiaux, convergence qu’a solennisée le communiqué final du G20 d’avril 2009 : « l’économie de demain sera inclusive, verte et soutenable […] la crise est une opportunité pour accélérer la nécessaire transition vers cette économie ».

Si l’économie verte suscite ainsi autant d’espoirs partagés, c’est qu’elle apparaît la seule à pouvoir combiner trois avantages considérés comme majeurs dans la situation d’incertitude actuelle : apporter une réponse aux défis climatiques et énergétiques futurs tout en favorisant une sortie de crise rapide et l’émergence à plus long terme d’un nouveau sentier de croissance.

Depuis le début de la crise, l’attention s’est naturellement portée sur ses effets contracycliques et sur ses impacts potentiels sur l’emploi – de multiples analyses venant confirmer, qu’à investissement égal ce type d’activité était susceptible de créer deux à quatre fois plus d’emplois que dans d’autres secteurs.

On dispose aussi d’évaluations sectorielles très nombreuses qui montrent l’importance des bénéfices économiques que l’on pourrait attendre de la mise en place de politiques ambitieuses dans ces domaines ; la plus récente, faite au Japon, prévoyant, par exemple, une multiplication par 2 d’ici 2020 des emplois liés aux technologies propres.

En revanche, la capacité de l’économie verte à amorcer un nouveau sentier de croissance à long terme reste plus discutée. Au-delà des impacts sectoriels déjà très largement anticipés, faut-il envisager des conséquences macro-économiques beaucoup plus globales sur l’économie ou même, éventuellement, des changements encore plus radicaux dans les régulations et les futurs modèles économiques de production, de consommation ou d’échange ?

C’est une question que l’on doit nécessairement se poser si on s’intéresse, comme c’est le cas dans ce dossier, aux transitions de long terme. Elle suppose de passer d’analyses sectorielles, centrées sur l’offre, à des approches macro-économiques ou macro-sociales intégrant le contexte, les grands cycles de croissance, les modes de vie, les normes socio-économiques, les systèmes de valeur, parmi bien d’autres dimensions, …

Elle exige aussi des approches plus Lire la suite

Y aura-t-il 600 000 emplois verts en France ?

planete-terra.fr, Karine Le Loët, 15 octobre 2009

Y aura-t-il 600 000 emplois verts en France ?

La croissance verte. C’est le nouveau credo du gouvernement depuis le lancement du Grenelle. Mais parviendra-t-il à atteindre l’objectif promis de 600 000 emplois verts créés ? Tout dépend de ce qu’on entend par création d’emplois.

Nicolas Sarkozy l’avait annoncé en grande pompe lors du Congrès de Versailles le 22 juin dernier. « Je veux dire à ceux qui trouvaient que le Grenelle de l’environnement coûtait trop cher que c’est la dépense la plus rentable que l’on puisse imaginer. Elle va créer 600 000 emplois.  » Ce chiffre, le chef de l’État ne l’avait pas sorti de son chapeau. Mais d’un rapport commandé et remis le 16 juin par le bureau parisien du Boston Consulting Group, un cabinet de conseil en stratégie. En page 4, il y est écrit : « Les programmes du Grenelle permettront la création de plus de 600 000 emplois en moyenne sur la période 2009-2020, principalement dans les secteurs du bâtiment, des infrastructures et des énergies renouvelables « 

Mais le gouvernement se montre désormais plus prudent sur la question. Interrogée à ce sujet lors du lancement du « Comité de pilotage pour le développement des métiers liés à la croissance verte » le 13 octobre, Valérie Létard, secrétaire d’État auprès de Jean-Louis Borloo, est restée un peu vague. “Plutôt que de nous écharper sur les chiffres, il faut voir qu’ils donnent une indication de l’urgence ”, explique Mme Létard avant de citer d’autres études menées par Syndex Alpha, le DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle), ou encore Pole Emploi qui table – plus prudemment – sur 220 000 emplois d’ici à 2012. Autant de “données qui nourrissent une réflexion partagée”, souligne Valérie Létard. Le gouvernement serait-il en train de noyer le poisson ?

Sortons la calculette

Mais d’abord comment le Boston Group a-t-il obtenu ce chiffre ? “L’équipe a créé des modèles microéconomiques dédiés à chacun des secteurs concernés par les investissements du Grenelle, qui prenaient en compte le type d’entreprises mobilisées, les équipements achetés, etc. De manière à bien temporaliser les différents projets et à y intégrer les ratios dépenses/emplois”, expliquait Emmanuel Nazarenko, directeur associé du BCG Paris au Monde en juillet dernier. En clair, le BCG a pris l’enveloppe financière prévue par le Grenelle dans chaque secteur – soit par exemple les 205 milliards d’euros qui seront investis dans le bâtiment. Puis, il a pris le nombre d’emplois créé habituellement dans le secteur pour chaque milliard d’euros investis. Et après multiplication, obtenu… un autre chiffre.

Mais voilà. 600 000 emplois verts créés, c’est d’autres emplois qui disparaissent, soutient Rémy Prud’homme, économiste et professeur émérite de l’université Paris XII. “C’est de l’argent qui ne sera pas dépensé ailleurs. On crée des emplois chez Saint-Gobain qui fabrique plus de matériels isolants ou chez Alstom qui construit plus de locomotives. Mais ce n’est que la moitié de l’histoire. L’État, les collectivités territoriales ne mettront pas d’argent ailleurs ou les particuliers dépenseront moins en télévision ou en tourisme. On crée 500 ou 600 000 emplois mais on en détruit un nombre au moins aussi important.”

Emplois transformés

Des emplois en hausse ici, en baisse là. Des reconversions plus que des créations aussi. Devançant la critique, Valérie Létard annonçait déjà la couleur le 13 octobre. “Pour ceux qui travaillent par exemple dans les usines automobiles du Valenciennois – un secteur où ça va aller mal – il faut accompagner l’évolution. Pour ceux-là, il ne s’agira pas Lire la suite

Vient de paraître – « La crise pétrolière : analyse des mesures d’urgence »

cdurable.info, David Naulin, dimanche 4 octobre 2009

La crise pétrolière : analyse des mesures d’urgence

Sujet apparemment familier que la crise pétrolière, régulièrement évoquée depuis plus de 35 ans. Elle semble à la fois provoquer des changements profonds (programme électronucléaire, campagnes d’économie des énergies, chantiers d’énergies alternatives) et paraître comme insignifiante ou en décalage avec le réel, tant le pétrole tient une place toujours plus importante (augmentation du parc automobile à essence ou gasoil, utilisation tous azimuts des dérivés du pétrole) et semble ne pas manquer…

Pourtant la crise est là, inéluctable, durable et dont le paroxysme est très proche, bien que masqué par la récente récession économique. Nous n’avons plus que 5 à 10 ans environ pour nous préparer activement et anticiper ses effets : quoi qu’il arrive, les quantités disponibles vont très bientôt diminuer, et ce constamment ; il en sera de même pour le gaz, quelques années plus tard.

La Crise pétrolière de Bernard Durand décrit et évalue les principales technologies utilisables pour remplacer pétrole et gaz, tout en montrant combien la plupart seront longues à mettre en place, n’étant pas encore validées et socialement acceptées. Dans ces conditions, l’antienne des économies d’énergie est plus que d’actualité, pour nous aider à retarder les échéances et faire la jointure avec de nouveaux modèles énergétiques. Deux secteurs fondamentaux sont concernés : le bâtiment et les transports.

Il est urgent de voir la conscience des citoyens-consommateurs se modifier radicalement, au risque de connaître pour des zones comme l’Europe des 27, une crise énergétique et économique sans précédent…

Ce livre a pour but de fournir à des non-spécialistes des repères pour comprendre les raisons de la crise pétrolière actuelle, en prévoir les conséquences et juger de l’intérêt des moyens proposés pour y faire face. Et c’est plutôt réussi, parole de profane. Si je juge l’auteur un peu complaisant quant aux responsabilités des compagnies pétrolières dans cette crise et qu’il défend une alternative basée sur l’énergie nucléaire, son constat est précis et sans appel. Il démontre que l’ère du pétrole est désormais derrière nous et qu’il va falloir en très peu de temps, de gré ou de force, changer nos modes de vie, de production et de consommation d’énergie : « Aucun miracle n’aura lieu ! La solution ne peut venir que d’une coopération internationale active et beaucoup plus sincère que celle que l’on voit actuellement à l’échelle internationale, et, dans un premier temps, des efforts faits par les citoyens des pays industrialisés pour réduire leur consommation énergétique. Les pays d’Europe, bien plus exposés que d’autres parce qu’ils n’ont que peu de ressources sur leur sol, ont tout intérêt à construire une politique énergétique commune au service de leurs citoyens, ce qui suppose non seulement de dépasser les conflits d’intérêts et les postures idéologiques où ils se complaisent depuis tant d’années, mais aussi de développer beaucoup plus activement la recherche scientifique et technologique dans le domaine de l’énergie. Il est maintenant plus que temps de se mettre en mouvement ».

Extraits de l’introduction

Bernard Durand nous rappelle les enjeux : « Le pétrole représente aujourd’hui 38% de l’énergie primaire utilisée dans le monde, et son cousin le gaz naturel 22%. C’est la disponibilité d’énergie sous forme d’un pétrole peu coûteux qui, en permettant un accroissement sans précédent des richesses matérielles à se partager, fut pour une large part à la source du développement économique, mais aussi des avancées sociales, que les pays industriels ont connu après la Seconde Guerre mondiale. Les citoyens de ces pays en ont pris tellement l’habitude Lire la suite

Les emplois de l' »après-pétrole »

lemonde.fr, Antoine Reverchon, le 5 octobre 2009

Les emplois de l' »après-pétrole »

Le Sénat a commencé, le 15 septembre, l’examen du projet de loi « portant engagement national pour l’environnement », dit « Grenelle 2 », qui détaille les modalités d’application des objectifs fixés par la loi « Grenelle 1« , adoptée le 23 juillet. Le but de toute cette agitation législative est de préparer la France à l’après-pétrole, en substituant graduellement à l’actuel bouquet énergétique, à base de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon), un bouquet comportant une part croissante de sources d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique). L’objectif étant que cette part atteigne 23 % en 2020.

Pour faire accepter les contraintes et les dépenses que cette mutation exige, Nicolas Sarkozy avait déclaré, le 22 juin, devant les députés et sénateurs réunis à Versailles, que le Grenelle engendrerait la création de 600 000 emplois dans la décennie à venir.

Il est impossible de savoir si ces chiffres seront atteints, mais il est certain que le changement de « modèle énergétique » aura des effets quantitatifs et qualitatifs sur les métiers, les emplois et les compétences. Dans le secteur de l’énergie bien sûr, mais aussi du transport, de l’automobile, de la sidérurgie, du ciment, du bâtiment, etc., et dans les services d’ingénierie et de conseil aux entreprises des secteurs concernés.

Ces mutations seront lentes, souligne Georges Servier, conseiller du président d’EDF et membre du conseil d’administration de la Fondation européenne pour les énergies de demain, créée par EDF. Selon lui, ces changements « prendront dix, vingt, trente ans ».

Dans le domaine de la production énergétique centralisée (centrales thermiques, à combustible fossile ou nucléaire, barrages hydrauliques), ajoute-t-il, les métiers ne vont guère changer, alors qu’il s’agit des plus gros bataillons de recrutement de l’électricien national. Sur les 3 000 recrutements effectués chaque année par EDF, 1 200 (dont 500 bac + 5) concernent le nucléaire, et ce rythme devrait demeurer stable dans les dix ans à venir. Il ne s’agit pas que de spécialistes de l’atome : mécaniciens, électroniciens, informaticiens sont de la partie.

Le secteur de l’hydraulique, avec la remise en état des grands barrages sur l’ensemble du territoire, devrait aussi être un gisement d’emplois. Sur les 30 000 salariés d’EDF, 5 000 travaillent dans la production hydraulique.

Du côté de la production « décentralisée » (solaire et éolien essentiellement), les besoins d’EDF sont moins volumineux : il s’agit de chefs de projet chargés de l’installation de parcs éoliens. Les gisements d’emplois se situent surtout chez les constructeurs d’équipements (éoliennes et panneaux photovoltaïques) ou chez les artisans et prestataires qui installent les matériels les plus légers chez les clients, particuliers ou entreprises.

Prévisionnistes météo

En revanche, les grands producteurs et distributeurs d’électricité devront maîtriser la cohabitation entre Lire la suite

Bétheny près de Reims : Le premier bâtiment passif dans l’habitat social

lemoniteur.fr, Frédérique Vergne, le 7 avril 2009

Le premier bâtiment passif dans l’habitat social

Le Foyer Rémois réalise, à Bétheny près de Reims, un immeuble passif, conforme aux labels BBC Effinergie et « PassivHaus ». Avec ce bâtiment qui consommera moins de 15 kWh/m2.an pour son chauffage, le bailleur social anticipe les exigences de la nouvelle RT 2012 et les recommandations du Grenelle de l’environnement. Une première dans l’habitat social !

Bâtir pour un avenir durable et marier le confort de vie à la faible consommation d’énergie avec des coûts de construction acceptables : c’est tout l’enjeu entrepris par le bailleur social dans son projet « La Clairière », dont la livraison est prévue pour la fin de l’année. Ce programme de 13 logements collectifs dont quatre logements adaptés aux personnes handicapées à destination de locataires du parc HLM est ambitieux, puisqu’il va répondre aux normes de l’institut allemand « passivhaus » mais également viser le label BBC Effinergie (Bâtiment Basse Consommation). Une construction garantissant une très haute performance énergétique (de plus de 70% par rapport aux objectifs de la RT 2005) et donc une consommation énergétique pour le chauffage faible, inférieure à 15 kWh/m2.an.

Pour obtenir un bâtiment labellisé « passif », il est nécessaire de réduire au maximum les déperditions de chaleur. Pour cela, quelques grands principes s’imposent : une isolation de qualité supprimant les ponts thermiques, une étanchéité à l’air élevée et une ventilation contrôlée avec récupération de chaleur. « L’amélioration du niveau de performance énergétique a aussi été précédée d’une réflexion globale et durable prenant en compte l’impact environnemental des matériaux utilisés pendant l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, explique Christophe Villers, Président du Directoire du Foyer Rémois.

Un bâtiment pilote en France

La réussite de cette opération, conçue par BCDE Architecture, repose en fait sur l’implication forte de partenaires industriels et économiques comme l’Ademe, la Fédération Française du bâtiment, BASF, EDF… et sur un concentré de choix techniques et d’alliances technologiques. A commencer par le respect des règles de l’architecture bioclimatique. Les fenêtres étant les meilleurs panneaux solaires, le bâtiment en tire profit en orientant les grandes baies au sud. Ainsi, la façade principale avec de grandes ouvertures (dotées de brise soleil pour le confort d’été) est orientée plein sud, alors que les autres façades comptent de plus petites ouvertures pour éviter les déperditions. Les fenêtres sont équipées, par ailleurs, de double ou triple vitrages selon les orientations.

Isolation par l’extérieur : un système pour la basse consommation

Outre sa compacité qui le rend plus performant, le bâtiment réduit ses déperditions grâce à une enveloppe très efficace : une isolation thermique par l’extérieur (ITE) de 30 cm d’épaisseur. Une technique, davantage utilisée aujourd’hui en rénovation, mais qui ne cesse de se développer sur des projets neufs. En supprimant tous les ponts thermiques entre Lire la suite

Le Livre Vert du Plan Climat Energie girondin est disponible en ligne

Conseil général de la Gironde, Communiqué, le 21 septembre 2009

Le Livre Vert du Plan Climat Energie girondin est disponible en ligne

Toute association et tout citoyen (e),  peuvent y émettre leurs observations ou répondre aux questions posées, en ligne, relatives aux thématiques suivantes :

– transport et planification urbaine

– habitat, bâtiment, éco-construction

– industrie et énergies renouvelables

– agriculture, viticulture et forêt

– prévention et valorisation des déchets

– littoral et tourisme

– précarité énergétique et santé

Pour accéder au livre vert Lire la suite

Allemagne : La justice stoppe une centrale à charbon émettant trop de CO2

letemps.ch, Yves Petignat, le19 septembre 2009

Allemagne : La justice stoppe une centrale à charbon émettant trop de CO2

L’installation thermique de Datteln devait être la plus moderne et la plus puissante d’Europe. Les juges estiment qu’elle n’est pas conforme à l’environnement. Une première

C’est la victoire de David contre Goliath. Mais c’est aussi la première fois que les juges avancent des arguments de protection du climat, notamment les rejets de CO2, pour stopper un projet énergétique. Un coup dur pour E.ON et la politique «énergie mixte» préconisée par la chancelière Angela Merkel.

L’un des premiers producteurs d’électricité du monde, le géant allemand E.ON, 93 000 employés, 87,6 milliards de chiffre d’affaires, a dû cesser partiellement la construction de son plus grand projet de centrale thermique à charbon, à Datteln, une petite ville proche de Münster, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Un projet devisé à 1,2 milliard d’euros et qui pourrait être définitivement interrompu.

Retrait du permis

La tour de refroidissement de 180 m de hauteur est pratiquement achevée, alors que s’édifie à son pied l’une des plus puissantes centrales thermiques à charbon, une centrale monobloc de 1055 mégawatts, comparable aux centrales nucléaires. L’installation aurait dû livrer un tiers de sa production à Deutsche Bahn. Mais, vendredi, les travaux des dépôts d’ammoniaque, de charbon et de cendre, ainsi que des installations auxiliaires de machines à vapeur ont cessé, après le retrait d’un permis de construire par l’exécutif du district de Münster.

Depuis des années, un agriculteur voisin, Heinrich Greiwing, s’opposait au projet d’E.ON, trop proche de sa ferme. A ses côtés, les organisations écologistes, tels Greenpeace, Bund für Umwelt und Naturschutz (BUND) ou l’Alliance pour le climat, soutenues par de nombreux donateurs, dont le fonds d’investissement anglais TCI. Datteln était devenue la lutte phare contre les projets de ce type.

Multiples infractions

Au début du mois de septembre, les juges d’instance de Münster ont rendu un jugement dont les considérants ne laissaient pas d’autre choix aux autorités locales que de suspendre l’autorisation de travaux en cours. Infractions aux plans d’urbanisme, aux lois sur la protection de la faune et de la flore, aux directives contre le bruit, distances avec le voisinage non respectées, etc. Manifestement, les autorités locales s’étaient fiées les yeux fermés aux assurances d’E.ON, l’un des plus grands employeurs de la région. Mais surtout, relèvent les juges, la centrale, qui devait fonctionner grâce à du charbon importé, contrevient au plan de développement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, lequel précise que «de nouvelles centrales ne pourront être réalisées que si des progrès considérables sont obtenus dans le bilan de rejet du CO2 et d’autres substances touchant au climat».

Manque d’énergie

Or le projet de Datteln, qui multiplie par 350% la capacité de la centrale actuelle et devait émettre à elle seule l’équivalent de 0,73% de l’ensemble du contingent d’émission d’oxyde de carbone de l’Allemagne, ne peut Lire la suite

Sept « emplois verts » créés pour un emploi « polluant » détruit, assure Greenpeace

tv5.org, NC, le 15 septembre 2009

Sept « emplois verts » créés pour un emploi « polluant » détruit, assure Greenpeace

Les investissements dans les énergies renouvelables vont permettre de compenser chaque emploi perdu dans les secteurs polluants par la création de sept « emplois verts », soutient l’organisation écologiste Greenpeace dans un rapport publié lundi à Bruxelles.

« Pour chaque emploi supprimé dans les secteurs du charbon et du nucléaire, sept emplois seront créés avec les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique au cours des dix prochaines années« , affirme dans un communiqué Frauke Thies, un des experts de Greenpeace pour les questions énergétiques.

L’organisation estime à 350.000 le nombre de nouveaux emplois créés dans l’UE grâce au choix des sources d’énergies propres.

La Commission estime pour sa part à 410.000 les créations d’emplois dans l’UE pour parvenir à l’objectif européen de 20% d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse).

« Cette étude (de Greenpeace) démontre que les énergies renouvelables sont cruciales pour affronter à la fois le changement climatique et la crise économique« , déclare pour sa part Christine Lins, secrétaire général du Conseil pour les énergies renouvelables (EREC) citées dans ce même communiqué.

« Actuellement, 450.000 personnes travaillent dans les secteurs des énergies renouvelables en Europe pour un chiffre d’affaire de plus de 45 milliards d’euros », souligne-t-elle.

Selon Greenpeace, « l’abandon des énergies sales et le passage aux sources d’énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique va non seulement permettre de réduire les émissions de CO2 des pays de l’OCDE de 470 millions de tonnes, mais aussi Lire la suite

centrale photovoltaïque de 250 ha à Bazas : Electricité dans l’air « Une manipulation »

sudouest.com, Pierre Lascourrèges, le 11 Septembre 2009

BAZAS.  Electricité dans l’air « Une manipulation »

Verra t-on un jour une centrale photovoltaïque pousser au milieu d’un champ dans la campagne bazadaise ? À vrai dire, cette idée a soulevé un tollé général, mercredi soir, au cours d’une réunion publique à laquelle on comptait une centaine de personnes. L’association Les Amis de la Brèche a souhaité ouvrir le débat au moment où l’on parle d’un projet d’installation de panneaux au sol couvrant plusieurs hectares et va geler des terres agricoles et forestières.

Révision du POS

Dominique Lambert, président des Amis de la Brèche, a rappelé le contexte : « Une révision simplifiée du Plan d’occupation des sols (POS) est actuellement en cours afin de permettre l’installation des énergies renouvelables sur 250 ha de terrain classés en zone agricole au sud de la commune.

Les réactions s’enchaînent. Plusieurs associations font front commun. Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, parle de projet démentiel et démesuré : « On est favorable au développement des énergies renouvelables, mais pas n’importe comment, n’importe où et à n’importe quel prix ». Mettant en garde les propriétaires qui se laisseraient tenter par les sirènes de l’argent : « Qui peut croire qu’EDF va revendre son électricité six fois plus chère qu’elle ne l’a produit ? Et qu’est-ce que les collectivités en attendent, sinon de grapiller des petits profits ? » Plusieurs agriculteurs présents dans la salle ont justement exprimé leurs besoins : « Il est très difficile de trouver des terres disponibles pour accroître nos revenus. Et des fonds ne seraient-ils pas plus utiles pour encourager l’installation des jeunes ? »

Sur un plan scientifique, Alexis Ducousso, ingénieur à l’Inra, prévient : « L’artificialisation des terres aura un impact sur le bilan carbone. »

Écolos et chasseurs d’accord

Claude Dubois, fermier et éleveur bazadais et représentant de la FDSEA, a la voix nouée lorsqu’il évoque la perspective de dénaturer le Bazadais : « On a pris l’autoroute et maintenant, on nous colle le photovoltaïque, ça fait beaucoup. » Jean-Claude Leroy, de la Confédération paysanne : « Nous sommes contre le photovoltaïque industriel alors que le Grenelle de l’environnement introduit d’autres possibilités. »

Jean-Luc Rouet, directeur d’exploitation du lycée agricole : « Plutôt que de prendre des terres, j’ai proposé d’équiper les toits de panneaux photovoltaïques. » Et pour garder le meilleur pour la fin, Jean-Louis Riflade, président de la société de chasse, parle d’un désastre programmé sur des espaces reconnus pour la richesse de leur biodiversité : « Je promets la honte au maire s’il ose mettre la tenue du paloumayre, le jour du chapitre annuel. »

L’éclairage apporté par cette réunion aura peut-être permis à chacun de se faire une opinion sur le sujet. Une enquête publique est en cours. Et un registre est à la disposition des habitants jusqu’au 21 septembre.

Il avait fait savoir qu’il ne pourrait être présent à cette réunion. En l’absence de Bernard Bosset, le maire, Jean-François Belgodère, adjoint à l’urbanisme, a indiqué pour sa part être Lire la suite

L’énergie, un enjeu électoral décisif en Allemagne

novethic.fr, Claire Stam, le 28 août 2009

L’énergie, un enjeu électoral décisif en Allemagne

« Atomkraft ? Nein, danke ! ». De manière tout à fait inattendue, le célèbre slogan des militants anti-nucléaire allemands des années 70 ressurgit en pleine campagne électorale. Une panne dans la centrale de Krümmel, au nord de l’Allemagne, suivi de problèmes de stockage des déchets radioactifs a relancé le débat. Partisans et opposants à la sortie du nucléaire, prévue d’ici 2021, s’affrontent alors que les élections législatives du 27 septembre seront déterminantes pour la politique énergétique de l’Allemagne.

« L’enjeu électoral cette année est capital », insiste Thorben Becker, de l’organisation BUND, la branche allemande des Amis de la terre. « Selon le consensus atomique, sept centrales nucléaires sur les 17 que comptent actuellement le pays devraient fermer dans les quatre prochaines années. Il s’agirait alors non plus d’une sortie théorique du nucléaire, mais d’un réel abandon de l’énergie atomique ». C’est en 2000 que le gouvernement « rouge-vert » (sociaux-démocrates et écologistes) négocie le fameux « consensus atomique » avec les plus grands groupes énergétiques du pays qui prévoit la sortie du nucléaire en 2021. Pour compenser la baisse de production d’énergie, le gouvernement de l’époque choisit alors de jouer à plein la carte des énergies renouvelables en adoptant la même année la loi sur les énergies renouvelables (EEG), à l’origine de l’envolée spectaculaire des nouvelles énergies et des technologies environnementales qui y sont liées.  Selon les derniers chiffres du Ministère de l’environnement, les « green jobs » représentent ainsi 1,8 millions de salariés, soit 4,5% du marché national de l’emploi. Près de 250 000 personnes travaillent dans la seule industrie des nouvelles énergies, un secteur largement dominé par les PME. Au final, les centrales nucléaires fournissent autour de 22% de l’électricité du pays, les énergies renouvelables atteignent déjà les 15% – un pourcentage en hausse continuelle, insiste-t-on au Ministère. Or, s’ils arrivent en tête des élections du 27 septembre, les conservateurs allemands entendent remettre en cause la sortie du nucléaire si âprement négociée en rallongeant la durée d’exploitation des centrales nucléaires, certaines vieilles de 25 ans.

L’énergie nucléaire, une énergie « écologique » pour les conservateurs allemands

« Ceux qui soutiennent le rallongement de la durée d’exploitation des centrales nucléaires mettent un frein à une extension rapide des énergies renouvelables dans la production d’électricité », dénonce la Fédération de l’industrie des énergies renouvelables (BEE). « Allons-nous continuer à nous appuyer sur des énergies fossiles de plus en plus rares et de plus en plus chères? Ou bien allons-nous développer de manière conséquente le secteur des énergies renouvelables, et rendre l’Allemagne énergétiquement indépendante ? »

Sensible, le débat sur le nucléaire occupe aussi bien la sphère politique que civile, le quotidien populaire Bild n’hésitant pas à démontrer en sept points les bienfaits de l’énergie atomique. Les partisans de l’atome, conservateurs et libéraux en tête, choisissent pourtant d’adopter un profil bas, soucieux de ne pas offrir d’angle d’attaque dans une campagne électorale jugée jusque-là particulièrement atone outre-Rhin. « Instrumentaliser les événements de Krümmel est vraiment irresponsable », déclare ainsi sans ambages Tuomo Hatakka, le patron du géant suédois Vattenfall et exploitant de la centrale en panne. Certains conservateurs, en voulant déminer le débat, n’hésitent pas non plus à qualifier l’énergie nucléaire d’ « Öko-Energie », une déclaration qui ne manque pas pourtant de faire bondir plus d’un « Grün » qui voit rouge –  et redonne du poil de la bête à des sociaux-démocrates, jusque-là Lire la suite

Chantal Jouanno – Ne laissons pas les idéologues de tout poil monopoliser l’écologie

lemonde.fr, Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’écologie, le 7 septembre 2009

Ne laissons pas les idéologues de tout poil monopoliser l’écologie

L’humanité a le choix de sa régression ou de son développement face à la crise écologique. A quelques semaines de la négociation internationale sur le climat à Copenhague, les enjeux sont connus. Le dramatisme du film Home, de Yann Arthus Bertrand, a ouvert nombre d’yeux. Allons au-delà pour mesurer notre dépendance aveugle à ce modèle de vie.

La vie comme l’écologie nous enseignent le doute, un doute qui fait défaut aux idéologies. L’écologie productiviste comme l’écologie radicale ont le même fondement. Contester la démocratie et le débat de société au nom de pseudo-certitudes scientifiques. Nous ne trouverons pas de solution à la crise écologique dans une économie administrée ou une idéologie de la technologie. La solution est 50 % dans la technologie, 50 % dans les changements de comportement.

Certains politiques ex-scientifiques prônent l’écologie productiviste, le 100 % technologie. C’est une impasse pour la société. Notre mode de consommation est responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Nous jetons nos aliments quand les enfants du Sud meurent de faim et de soif. Nous n’avons pas d’autre choix que de tourner le dos aux excès de la société de consommation. A défaut, nous accepterions implicitement d’accroître les inégalités.

Plus encore, chaque nouvelle technologie induit des changements dans nos sociétés. Certaines ne sont pas acceptées, souvent faute de prouver leur intérêt, comme les organismes génétiquement modifiés (OGM) aujourd’hui. D’autres modifient radicalement nos modes de vie, comme Internet hier et les énergies renouvelables demain.

Enfin, sommes-nous certains que le progrès est linéaire ? Certaines grandes civilisations ont disparu faute d’avoir pris en compte les limites de la nature.

L’écologie radicale prônée par certains partis glorifie la décroissance absolue et le refus de la technologie. Certes, les émissions de gaz à effet de serre sont le fait des pays développés. Mais ce sont les pays les moins développés qui souffrent le plus des pollutions. Un enfant meurt toutes les dix-sept secondes, victime d’une eau sale.

Dans un monde en croissance démographique, il faut des ressources économiques pour traiter l’eau ou les déchets. Plus encore, ce n’est pas la croissance qui pose problème, c’est son « carburant », c’est-à-dire le pétrole, le charbon ou le gaz, responsable des changements climatiques. Et ce sont ses excès, principalement ceux de la société de consommation, qui sont responsables de l’épuisement de nos ressources.

Il faut avoir l’audace de faire confiance à la démocratie et à la société. Or la société, par la voix du Grenelle, a eu l’audace de croire qu’une autre voie est possible. Jamais ce gouvernement ne renoncera aux engagements du Grenelle de l’environnement.

Encore insuffisamment relayé, le débat mené par la commission Amartya Sen et Joseph Stiglitz est à l’évidence le plus crucial. Le président de la République a chargé cette commission de corriger le PIB, qui ignore notre patrimoine humain et écologique. Il augmente avec les accidents de la route ou la destruction des forêts. Comme le PIB a été créé pour donner une valeur à la société industrielle contre la société agraire, ce nouvel indicateur donnera une valeur à la société écologique après la société industrielle.

Un progrès différent, une croissance « soutenable », est possible. Avec Lire la suite

Formations « développement durable » : quels débouchés ?

novethic.fr, Anne Farthouat le 2 septembre 2009

Formations « développement durable » : quels débouchés ?

L’offre de formation aux métiers de l’environnement, au développement durable ou à la finance responsable a explosé ces dernières années. Des milliers de jeunes étudiants et salariés en reconversion se tournent désormais vers ces différents métiers. Avec un poste à la clé ?

600 000. C’est le nombre d’emplois que devrait générer le Grenelle de l’Environnement d’ici 2020, d’après une étude du Boston Consulting Group, commandée par le ministère de l’écologie. Une prévision à peine plus optimiste que celle du gouvernement, qui vise les 535 000 créations ou maintiens de postes. Effectivement, pour remplir les objectifs nationaux et européens en matière de développement durable, il faudra faire appel à une nouvelle main d’œuvre qualifiée et spécialisée. Une nécessité que les acteurs de l’enseignement supérieur ont su anticiper, en proposant depuis quelques années des formations spécifiques. Mais ces nouveaux diplômes sont ils réellement un sésame pour entrer dans la vie active ?

Depuis octobre 2008, crise oblige, les offres d’emplois se font plus rares. D’après l’enquête « Besoin de main d’œuvre 2009 » du Pôle Emploi, seulement 16,9% des employeurs envisagent de recruter en 2009, contre 23,4% en 2008. Une tendance qui n’épargne pas les métiers de l’environnement, comme le confirme David Ascher, directeur de publication du site internet Emploi-Environnement. « Il y a un an, nous avions en permanence 1 200 offres d’emploi sur le site. Aujourd’hui, on atteint péniblement les 700. Mais c’est un phénomène conjoncturel, les offres repartiront, surtout dans le secteur des énergies renouvelables. » La crise économique est donc un frein, certes, mais un frein temporaire.

Les métiers de l’environnement promis à un bel avenir

Côté embauches, c’est effectivement le pilier environnemental du développement durable qui remporte la mise. Pour l’heure, le secteur des énergies renouvelables reste celui qui émet le plus d’offres d’emploi, notamment via la création de nombreuses éco-industries. Techniciens et ingénieurs issus de formations en la matière ont donc de grandes chances de trouver un poste. Colette Pilon, chargée de projet emploi dans le secteur Environnement de Pôle Emploi, observe toutes les tendances du marché : « aujourd’hui, les secteurs porteurs sont ceux de l’efficacité énergétique du bâtiment, de l’assainissement, ou encore du traitement des eaux. Des filières de recyclage se mettent en place, comme les DEEE (Déchets d’équipements électriques et électroniques, directive européenne de 2003). Elles seront très vite un véritable creuset d’emplois. Tout comme le secteur de la biomasse, encore en phase de développement, qui génèrera de l’emploi d’ici quelques mois, voire quelques années. Mais on voit aussi de plus en plus d’offres pour les éco-conseillers, et autres métiers dédiés à la pédagogie ».

Quant aux piliers sociaux et financiers du développement durable, s’ils Lire la suite

Le projet « éoliennes » se précise sur l’ex-site Ford de Blanquefort

sudouest.com, Bernard Broustet, le 29 Aout 2009

BLANQUEFORT. Demande de permis de construire sur l’ex-site Ford

First : le projet « éoliennes » se précise

Les prémices de la reconversion partielle du site First Aquitaine Industrie (ex-Ford) de Blanquefort commencent à se concrétiser. Ainsi, la direction de l’entreprise, désormais contrôlée par la holding allemande HZ, a-t-elle déposé la demande de permis de construire de deux futurs bâtiments qui abriteront la production de très grandes couronnes, destinées entre autres à des éoliennes.

Même si cette future activité n’emploiera qu’une minorité des salariés de l’usine (environ 180), cette reconversion partielle de l’automobile vers l’énergie renouvelable n’en revêt pas moins une dimension symbolique forte. Dans ce contexte, le dépôt de permis de construire, qui a été précédé d’une longue phase d’étude et de concertation avec la mairie, contribue à calmer les impatiences, voire les appréhensions.

Sur un montant d’investissements total qui dépassera 70 millions pour cette opération, les deux futurs bâtiments devraient engendrer une dépense de 20 millions d’euros.

La carte chinoise

Leur surface au sol cumulée atteindra près de 14 000 mètres carrés, soit l’équivalent d’un très grand hypermarché. Ils devront être équipés de ponts roulants, compte tenu de la taille et du poids des pièces qui seront fabriquées. Certaines de ces couronnes, dont une partie pourrait être destinée à la construction navale ou au nucléaire, devraient mesurer jusqu’à 4 mètres de diamètre et peser cinq tonnes. Mais l’extrême précision qui présidera à leur fabrication, prévue à partir de 2011 nécessitera de grandes précautions dans leur manipulation.

Pour assurer à terme le plan de charge de l’usine, dans lequel la livraison de boîtes pour les usines américaines de Ford se maintient à un niveau bas jusqu’en 2011, les dirigeants de First continuent à jouer la carte chinoise. Laurent Dudych, président de First s’est ainsi rendu dans l’empire du milieu pour discuter de la vente de transmissions automatiques à des professionnels chinois. Une délégation de plusieurs cadres de Blanquefort fait à son tour le déplacement à partir d’aujourd’hui.

Tandis que les autres pistes de reconversion (fabrication de pièces, traitements thermiques, etc.) ne semblent pas avoir avancé à une vitesse foudroyante, la mise en œuvre d’un très copieux plan de formation fait partie des objectifs prioritaires. Alain Rousset, Lire la suite

David Holmgren : les quatre scénarios de la décroissance

bellaciao.org et damienperrotin.com, Damien Perrotin, le 14 août 2009

David Holmgren : les quatre scénarios de la décroissance

David Holmgren n’est pas un inconnu dans le monde de l’écologie et de la soutenabilité. Cet australien né en 1955 a été avec Bill Mollison l’inventeur du concept de Permaculture. Son premier ouvrage Permaculture One, basé sur les travaux de l’écologue américain T. Howard Odum, a posé les bases du mouvement pour une agriculture durable en Australie et plus largement dans les pays anglo-saxons. Son dernier livre Future Scenarios : how communities can adapt to peak oil and climate change a donc suscité un intérêt certain dans le monde, malheureusement restreint, de ceux qui s’intéressent au pic énergétique et ses conséquences sur nos sociétés, tout comme d’ailleurs son site : future scenario.org

Dans ce petit livre d’environ 120 pages, David Holmgren examine notre avenir à la lumière de la situation écologique présente. Il n’est certainement pas le premier à l’avoir fait. Le Club de Rome en son temps, et John Michael Greer plus récemment s’y sont également essayé. Leurs conclusions se rejoignent d’ailleurs. Holgrem envisage d’abord quatre futurs possible pour notre civilisation :

La techno-explosion prévoit une croissance indéfinie de notre richesse matérielle et de notre capacité à surmonter les contraintes environnementales. Elle dépend de la disponibilité en grande quantité d’une énergie concentrée et de haute qualité. Poussée au bout de sa logique elle aboutit à la colonisation de l’espace. Il s’agit en gros de la continuation du modèle actuel de développement.

La techno-stabilité suppose une conversion sans accrocs à une économie de non-croissance basée sur des énergies renouvelables et capable de garantir au moins le même niveau de richesse que celle d’aujourd’hui. C’est en gros ce dont rêvent les Verts.

L’effondrement envisage une destruction de la société industrielle sous l’effet combiné de l’épuisement des ressources du changement climatique. Cet effondrement serait rapide et plus ou moins continu et aboutirait à la disparition de la plus grande partie de la population humaine, ainsi que l’essentiel de son héritage culturel. C’est un scénario « à la Mad Max »

La descente énergétique correspond plus ou moins à la longue descente de Greer ou à la longue urgence de Kunstler. Elle implique une réduction progressive de l’activité économique, de la population et la complexité de la société au fur et à mesure que s’accentuera l’épuisement de nos ressources. L’importance croissante des énergies renouvelables fera évoluer nos sociétés vers des structures proches de celles qui prévalaient avant la révolution industrielle. Cela suppose une ruralisation progressive de l’économie et de la société et un déclin également progressif de la population.

Holmgren n’écarte pas à priori l’effondrement mais le juge peu probable. Comme Greer, il fait remarquer que dans le passé les civilisations ont décliné plus qu’elles se sont effondré brutalement et que ce processus a toujours été graduel. Par ailleurs, ce scénario, populaire dans certaines franges du mouvement écologiste, n’est pas très constructif. Il conduit à une attitude fataliste, axée sur la survie individuelle ou en petites communautés.

Il récuse également les scénarios de la techno-explosion et de la techno-stabilité. Ils reposent en effet sur toute une série de présupposés dont tout indique qu’ils sont faux.

–          La production des matières premières non-renouvelables Lire la suite

Richard Heinberg : « La croissance mondiale a atteint ses limites »

voltairenet.org, traduction Nathalie Krieg pour le Réseau Voltaire, le 14 août 2009

Un an après le pic pétrolier

Richard Heinberg : « La croissance mondiale a atteint ses limites »

Il y un an, le baril de pétrole atteignait le prix record de 147 dollars. Le monde entier se tourna alors vers l’Arabie Saoudite —traditionnel producteur d’appoint— pour lui demander d’augmenter sa production afin de répondre à la demande en stabilisant les prix. Mais le Royaume en fut incapable car ses puits s’assèchent. Cet événement marque la fin d’une période. Dans un enchaînement dramatique, la prise de conscience que la croissance économique serait désormais limitée par la raréfaction de l’énergie fossile, fit s’effondrer les investissements, la demande en pétrole et son prix.

Richard Heinberg, auteur reconnu pour ses travaux sur la déplétion des ressources, examine cet événement historique, ses conséquences pour l’activité humaine et les perspectives d’avenir dans une interview exclusive accordée au Réseau Voltaire.

Réseau Voltaire : Selon la plupart des médias, l’origine de la crise financière est à chercher à l’intérieur même du système financier. Cette explication vous satisfait-elle, ou bien, comme vous l’avez suggéré de manière prémonitoire dans Pétrole : La fête est finie ! [1], le manque de confiance vis-à-vis de la reprise de la croissance, celle-ci reposant sur une production de pétrole à bon marché, serait-il également un facteur essentiel ?

Richard Heinberg : En 2008 s’est produite la plus importante flambée des prix de l’énergie jamais connue. Historiquement, les flambées du prix de l’énergie ont toujours conduit à une récession. Dès lors, il était raisonnable d’envisager une grave récession pour le premier trimestre 2008. En fait, la récession a commencé un peu plus tôt et s’est avérée plus profonde et plus persistante qu’aucune autre au cours des dernières décennies. Cela vient du fait qu’un krach financier était devenu plus ou moins inévitable à cause de l’existence d’une multitude de bulles dans l’immobilier et les marchés financiers.

L’impact de la crise sur l’industrie aéronautique et sur les constructeurs d’automobiles et de poids lourds est largement dû aux prix de l’énergie. La chute des valeurs immobilières et l’augmentation du nombre des hypothèques ne sont pas tant liées au pétrole.

Néanmoins, à un niveau d’analyse avancé, l’aspiration de notre société à une croissance économique perpétuelle est basée sur l’hypothèse que nous aurons toujours à disposition des volumes croissants d’énergie à faible coût pour alimenter nos machines de production et de distribution. Cette aspiration à la croissance s’est institutionnalisée à travers des niveaux de dette et de survalorisation toujours croissants. C’est ainsi que, lorsque les volumes d’énergie disponibles ont commencé à stagner ou à décliner, le château de carte du monde financier s’est complètement écroulé.

Malheureusement, la crise reste largement incomprise par les dirigeants du monde entier. Ils prétendent qu’elle a une origine uniquement financière ; ils prétendent également qu’elle est transitoire. Ils croient que, si nous soutenons suffisamment les banques, la croissance économique redeviendra positive et tout ira bien. En fait, notre système financier actuel ne peut pas être amené à fonctionner dans un monde où les ressources énergétiques s’amoindrissent. Nous avons besoin d’une économie qui puisse subvenir aux besoins primaires de l’humanité sans augmenter notre rythme de consommation des ressources. Cela nécessitera la création de Lire la suite

Notre-Dame-des-Landes : Comment la décroissance grignote la gauche

marianne2.fr, Philippe Cohen, le 8 Août 2009

Comment la décroissance grignote la gauche

Avant la grande manifestation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, sept partis de gauche se sont confrontés aux participants lors d’un débat qui a réuni 500 personnes. A l’applaudimètre, les décroissants ont largement gagné contre le NPA, Europe Ecologie, le PG et tous les autres. De quoi la décroissance est-elle le nom ?

Ce sont les sept mercenaires. Sept kamikazes plutôt, qui ont accepté d’intervenir en tant que représentants de partis de gauche. Contre toute attente, la politique fait recette, car à 15 heures ce vendredi, plus de 500 personnes sont venues. Pour le débat ou pour le spectacle. Les deux, mon n’veu !

Voici Corinne Morel Darieux, du Parti de Gauche. Elle confirme que le camarade Mélenchon s’est bien converti à l’écologie et qu’il a troqué son profil de « hyène dactylographe » (insulte stalinienne contre les trotskistes dans les années 50) contre la panoplie complète de l’écologiste de gauche du XXI° siècle : contre le nucléaire, contre le productivisme, pour des énergies alternatives. Seul le plaidoyer pour un pôle public de l’énergie tranche avec les écolos pur jus.

Le Parti de Gauche a d’ailleurs été omniprésent à Notre-Dame-de-La-Garde. Corinne est une oratrice encore peu rodée à l’exercice. Mais son parcours parle pour elle. Après un diplôme de Sub de Co Rennes, elle a travaillé, cinq ans durant, pour le CAC 40. Consultante en management, elle a encadré des séminaires pour des cadres de Total ou de Sanofi à un tarif facturé 2 000 € la journée, qui a fini par l’écœurer. En deux coups de cuillère à pot, la jeune femme que les yeux d’un vert émeraude prédestinaient à un engagement écolo, recycle ses compétences et ses ambitions dans une double direction. Au plan professionnel, elle, convainc le maire des Lilas dans le 93 de l’embaucher comme responsable de l’éducation. Et au plan politique elle investit Utopia, un mouvement trans-parti qui tente de remettre sur ses pieds le socialisme en cherchant à définir, d’abord, un modèle de société. Le manifeste du réseau prône la coexistence de trois secteurs (marchand, public et économie sociale et solidaire), en misant sur l’affaiblissement progressif du premier. Pourquoi pas ? Au moins ce travail a le mérite de se coltiner à la définition de la société rêvée après le cauchemar du socialisme réel.

Les quelque 2000 adhérents d’Utopia, organisés en réseau, défendent leurs idées dans les partis et les associations. Corinne effectue ce travail militant au PS. Après avoir défendu une motion, au nom d’Utopia, au congrès du PS à Reims (avec un succès relatif :1,4% des voix), Corinne rejoint le Parti de gauche de Mélenchon, où elle est secrétaire national à l’écologie. Elle a provisoirement arrêté de travailler pour s’engager à fond dans la campagne des élections européennes.

«Petit technocrate vert»

Retour au débat. Après Corinne, le seul professionnel de la politique intervient : il s’agit de Yannick Jadot, un ancien de Greenpeace devenu récemment député européen d’Europe-écologie. Son allure de grand play-boy blond propre sur lui avait tout pour déplaire dans une telle assemblée. D’autant que le dernier numéro de Décroissance l’a traité de « petit technocrate vert du développement durable ». Yannick Jadot défend courageusement ses idées et notamment le principe d’un contrat de transition professionnel dans l’automobile pour contraindre Renault et Peugeot à construire des voitures propres – « Ça n’existe pas », crie un participant – « disons plus propres », rebondit alors l’orateur.

Christine Poupin du NPA, Aurélien Bernier du M’Pep, Jean-François Pélissier des Alternatifs et même Bernard Frot du Mouvement écologiste indépendant se fendront tous d’un couplet liant la lutte contre le réchauffement climatique et celle contre le néolibéralisme.

Europe décroissance a la cote

Seul le représentant  du parti pour la décroissance et d’Europe-décroissance, jeune mouvement qui a présenté des listes dans cinq régions lors des dernières élections européennes, parvient à soulever l’enthousiasme de la salle en faisant le lien entre l’écologie et le désir de s’affranchir de l’aliénation. « A quoi ça sert de Lire la suite

Jean Zin – Petite interview sur l’intime : Bombe climatique, sursaut démocratique, solitude, précarité, écriture…

jeanzin.fr, Jean Zin en réponse à Yvan Brunet, le 8 août 2009

Petite interview sur l’intime

Bombe climatique, sursaut démocratique, solitude, précarité, écriture…

1) Et vous, qu’est ce que vous pensez du fait qu’il est déjà trop tard que les carottes sont cuites et que la messe est dite ? Pour nous au moins. Puis pour la bombe climatique, le sursaut démocratique improbable, la réalisation de la philosophie aux abonnés absents, la fermeture paranoïaque de tous ces chemins qui ne mènent nulle part…

« Toute ma vie, je n’ai vu que des temps troublés, d’extrêmes déchirements dans la société, et d’immenses destruction » (Debord. Panégyrique)

« Celui qui lira attentivement ce livre verra qu’il ne donne aucune sorte d’assurances sur la victoire de la révolution, ni sur la durée de ses opérations, ni sur les âpres voies qu’elle aura à parcourir, et moins encore sur sa capacité, parfois vantée à la légère, d’apporter à chacun le parfait bonheur. Moins que tout autre, ma conception, qui est historique et stratégique, ne peut considérer que la vie devrait être, pour cette seule raison que cela nous serait agréable, une idylle sans peine et sans mal; ni donc que la malfaisance de quelques possédants et chefs crée seule le malheur du plus grand nombre. Chacun est le fils de ses oeuvres, et comme la passivité fait son lit, elle se couche. Le plus grand résultat de la décomposition catastrophique de la société de classes, c’est que, pour la première fois dans l’histoire, le vieux problème de savoir si les hommes, dans leur masse, aiment réellement la liberté, se trouve dépassé : car maintenant ils vont être contraints de l’aimer ». (Debord. Préface à la 4ème édition italienne de la société du spectacle, p39)

Il a toujours été trop tard. Notre fin tragique ne fait pas de mystère, c’est notre destin de mortels. Cela fait maintenant plus de dix ans que je suis un survivant, grâce aux miracles de médecines naturelles, et que je considère mes écrits comme posthumes ! Cela peut durer encore pas mal de temps comme ça, à mon grand étonnement. Notre réalité est un rêve en ce qu’elle est destinée à sombrer dans le néant. Notre existence est strictement limitée à notre présent dans le sentiment de son absence, ainsi qu’à nos difficiles relations sociales, de sorte qu’il ne faut pas vouloir voir trop loin, même si les phénomènes climatiques nous y obligent par leur temporalité.

Est-ce à dire que la messe est dite et que la fin de l’histoire se conclurait par notre défaite entière ? Je ne le crois pas du tout, au plus noir de la nuit c’est l’aurore qui s’annonce déjà et ne déçoit jamais nos attentes. Ce monde qui court à sa perte, c’est notre monde, formé par l’histoire des hommes et de leurs révoltes, ce n’est pas une réalité étrangère à notre essence. La raison finit toujours par s’imposer même si elle doit passer par le pire et que le temps de l’histoire est trop long pour nos vies impatientes. Il y a bien peu d’occasions dans la vie de participer à l’histoire en train de se faire, la fenêtre est étroite et ne se reproduit pas souvent pour chacun d’entre nous. Il est donc fort possible que, pour nous du moins, « les carottes sont cuites » ; tout dépend jusqu’où nous irons. Il n’est pas du tout exclu qu’on affronte des temps régressifs, rien ne serait moins étonnant, ce qui ne veut pas dire que nos ennemis ne seront pas finalement écrasés par leurs propres fautes envers l’esprit. La défaite ne doit pas nous décourager, petit bonhomme se relève toujours ! Même à être si vaincus, nous appartenons à l’avenir, nous participons à l’aventure humaine en donnant forme à l’humanité future, nous lui transmettons non seulement nos gènes mais bien plus nos formulations et nos idéaux. C’est même la difficulté de la tâche et l’incertitude de l’avenir qui donnent tout son prix à notre existence et la rend si décisive.

Pour la bombe climatique, c’est bien possible qu’il soit trop tard mais on ne peut dire qu’à ce jour la chose soit entendue. Pour un certain nombre, le réchauffement Lire la suite

Contre Allègre : une écologie qui émancipe

liberation.fr, Denis Baupin, adjoint au maire de Paris chargé de l’environnement, du développement durable et du plan climat, le 5 août 2009

Contre Allègre : une écologie qui émancipe

Fidèle à la stratégie de son nouveau maître – Nicolas Sarkozy -, Claude Allègre prétend, en s’appropriant indûment l’identité de ceux qu’il veut combattre – les écologistes -, se parer lui-même des habits de l’écologie, avec la création prochaine de sa Fondation pour l’écologie productive (Libération du 17 juillet).

Venant d’un des principaux négationnistes du dérèglement climatique, y compris au prix du tripatouillage de travaux scientifiques, le propos pourrait faire sourire. Mais on aurait tort de se contenter de ce premier réflexe. Claude Allègre n’est que la figure la plus caricaturale d’une entreprise plus globale visant à se réapproprier le succès des écologistes pour mieux le dénaturer. Cette entreprise utilise deux artifices.

Le premier est un grand classique : faire passer les écologistes pour des passéistes, des opposants au progrès, etc. Refrain connu chez les productivistes et les scientistes de droite et de gauche, depuis Robert Hue, qui refusait le retour à «la lampe à pétrole», à Martine Aubry, qui ne veut pas s’intéresser «aux radis», en passant par Luc Ferry, dont l’ouvrage le Nouvel Ordre écologique disait le mépris d’une certaine classe intellectuelle pour qui ne partageait pas sa vision du progrès humain.

Le second, plus nouveau, est devenu un passage obligé pour tout politique en panne de discours : repeindre en vert les politiques les plus productivistes et polluantes, afin de leur donner une nouvelle légitimité. En la matière, Claude Allègre ne craint personne. Après avoir été le héraut du lobby de l’amiante (qui continue de tuer chaque année plusieurs milliers de personnes), le voici en porteur de valise du nucléaire, des organismes génétiquement modifiés (OGM), voire du stockage de carbone comme réponse au dérèglement climatique.

Il y a pourtant un point sur lequel on peut être d’accord avec Claude Allègre : oui, l’écologie peut être productive, innovante, source de progrès pour l’humanité, créatrice d’emplois et aussi – même si cela l’intéresse sans doute moins – de justice sociale. Mais pour cela, pour être résolument moderne – car nous revendiquons la modernité -, l’écologie n’a pas besoin d’épouser une fuite en avant technoscientiste promue au rang d’idéologie. Notre écologie s’appuie sur l’innovation et les technologies modernes, mais en privilégiant celles qui accroissent l’autonomie des gens, qui émancipent au lieu d’asservir.

Reprenons les exemples de l’énergie, des OGM et du stockage de carbone pour en faire la démonstration.

Pour la production énergétique, peu importe à Claude Allègre que le nucléaire dit de quatrième génération – supposé recycler ses propres déchets – ne soit qu’une chimère dont les seuls exemples, à commencer par Superphénix, furent des échecs retentissants, si cela lui permet de justifier la fuite en avant franco-française dans l’industrie énergétique la plus dangereuse (par ses déchets, ses accidents et la prolifération qui lui est liée) et la plus coûteuse… Comme vient de le confirmer le PDG d’EDF en Lire la suite

Les réserves de pétrole s’épuisent plus rapidement que prévu

lemonde.fr, NC, le 4 aout 2009

Les réserves de pétrole s’épuisent plus rapidement que prévu

Le temps du pétrole abondant et bon marché sera très bientôt derrière nous. C’est le cri d’alarme du docteur Fatih Birol, chef économiste à l’Agence internationale de l’énergie, organisme basé à Paris. Dans un entretien accordé au journaliste Steve Connor du quotidien britannique The Independent, le spécialiste chargé de mesurer les possibilités d’approvisionnement des pays de l’OCDE donne une évaluation très pessimiste des réserves de pétrole à l’échelle de la planète.

Selon lui la production mondiale devrait atteindre son niveau maximum dans une dizaine d’années, c’est-à-dire au moins dix ans plus tôt que prévu par la plupart des estimations des pays de l’OCDE. Pis, les trois quarts des sites pétroliers auraient déjà atteint cette capacité maximale et seraient sur le déclin, un déclin lui aussi plus rapide que prévu. Aggravé par un sous-investissement chronique des pays producteurs dans leurs infrastructures, la pénurie de pétrole pourrait « compromettre tout espoir de reprise après la crise économique actuelle », a déclaré le Dr Birol au journal. Il ajoute que cet « oil crunch » devrait se traduire par une augmentation durable du prix du baril car la demande continue à augmenter et devrait même dépasser l’offre disponible dès l’année 2010.

Jeremy Legget, un entrepreneur spécialiste des questions environnementales également cité par The Independent, craint quant à lui que la pénurie n’incite les compagnies pétrolières et les gouvernements à se tourner vers des alternatives polluantes, comme les sables bitumeux du Canada. Leur exploitation induit une très forte production de dioxyde de carbone et aggraverait le changement climatique. La recherche d’énergies renouvelables et propres apparaît selon lui comme une priorité, à la fois pour des raisons écologiques mais aussi pour pallier le tarissement des énergies fossiles à plus ou moins long terme.

The Independent rappelle néanmoins que les estimations sur les réserves pétrolières varient considérablement d’un expert à un autre. Contrairement aux prévisions de l’Agence internationale de l’énergie, le gouvernement britannique – ainsi que beaucoup d’autres – n’envisage pas de déclin des réserves avant Lire la suite

Une gentille « novlangue » pour parler du climat aux Américains

eco.rue89.com, Hélène Crié-Wiesner, Ecrivain, spécialisée en environnement, le 31 juillet 2009 

Une gentille « novlangue » pour parler du climat aux Américains

Alors que la loi écolo d’Obama doit passer l’étape du Sénat, une étude propose d’adoucir le vocabulaire afin de ne plus effrayer.

Oubliez le spectre des « changements climatiques », dites plutôt « notre atmosphère abîmée ». Pour transmettre la sensation de l’urgence écologique, votre langage doit être positif, inspiré, susciter l’envie d’agir.

C’est ainsi que vous pourrez expliquer les enjeux écologiques et climatiques aux millions d’Américains que ces sujets rebutent ou effraient. A ceux qui ont peur d’une augmentation d’impôt, ou de devoir modifier leur façon de vivre. Ne jouez surtout pas cartes sur table. Soyez pé-da-go et tout miel.

Tel est le conseil donné au gouvernement, au monde associatif et aux acteurs du « green business » par le groupe de relations publiques (à but non lucratif) ecoAmerica, qui a étudié la meilleure manière de sensibiliser une population indécise ou sceptique.

Même si les problèmes sont d’ordre scientifique, évitez les mots précis justement trop précis : ils pourraient n’être pas « bien » compris par un grand public globalement ignare, ou paresseux, ou tellement polarisé politiquement que l’information deviendrait contre-productive.

Ne dites pas énergies « renouvelables », mais « qui ne s’épuisent pas »

Oubliez par exemple l’expression « échange des permis d’émission » ; parlez de « dividendes de l’énergie propre ». Troquez les énergies « renouvelables » ou « alternatives » contre des énergies « qui ne s’épuisent pas », des énergies « qui ne se brûlent pas ».

Le concept « d’économies d’énergie » terrorise-t il certaines personnes qui se voient plongées dans l’obscurité perpétuelle ? A celles-là, faites miroiter « des économies financières pour un avenir meilleur ». EcoAmerica s’en explique sur son blog :

« Ceux qui se battent en faveur du climat ont besoin d’apprendre à passer du langage des spécialistes à celui de la table de cuisine. »

Or donc, dans les chaumières états-uniennes, qu’est-ce qui est le plus susceptible d’emporter les convictions ?

« Les grands idéaux de l’Amérique ! Brandissez les valeurs de liberté, de prospérité, d’indépendance, d’auto-suffisance. Evitez à tout prix le jargon et les détails politiques, scientifiques, économiques et technologiques. »

« Pour certains Américains, le réchauffement climatique est connoté extrême gauche »

Ces recommandations passent mal auprès des militants, outrés de Lire la suite

600 000 emplois « verts » d’ici à 2020 : faut-il y croire ?

lemonde.fr, Marie-Béatrice Baudet, le 29 juillet 2009

600 000 emplois « verts » d’ici à 2020 : faut-il y croire ?

Politiquement, c’est un succès. Jean-Louis Borloo a pu se féliciter, le 23 juillet, de l’adoption définitive, à la quasi-unanimité, du premier volet législatif du Grenelle de l’environnement. Mais les promesses économiques seront-elles au rendez-vous ? Et qu’adviendra-t-il de la plus importante d’entre elles, celle que Nicolas Sarkozy a mise en avant le 22 juin dans son discours prononcé devant le Congrès, à Versailles : « Je veux dire à ceux qui trouvaient que le Grenelle de l’environnement coûtait trop cher que c’est la dépense la plus rentable que l’on puisse imaginer. Elle va créer 600 000 emplois. »

La France n’est pas la seule à chanter le refrain de la croissance verte et de ses centaines de milliers d’emplois à la clé. Les chiffres les plus optimistes circulent de pays en pays. Pour le Bureau international du travail (BIT), le secteur des énergies renouvelables emploiera 20 millions de personnes en 2030, dix fois plus qu’aujourd’hui. En septembre 2008, juste avant son élection à la présidence américaine, Barack Obama avançait le chiffre de la création « rapide » de 5 millions d' »emplois verts » aux Etats-Unis.

Faut-il y croire ? Ces belles promesses ont un goût de déjà-vu, à l’instar des espoirs suscités en son temps par la Netéconomie. Le 28 août 2000, le cabinet américain Andersen Consulting publiait une étude qui prévoyait qu’en 2002 Internet aura créé 10 millions d’emplois aux Etats-Unis et en Europe. Un an plus tard, la bulle éclatait et les start-up licenciaient.

Que dire aussi du « gisement » des services à la personne ?

En janvier 2007, M. Borloo, alors ministre de l’emploi, table sur la création de 500 000 postes nouveaux en deux ans. Depuis, la crise est passée par là. Les enseignes prestataires de services à la personne mettent la clé sous la porte (Le Monde daté du 30 juin) car les particuliers, en mal de pouvoir d’achat, rechignent à payer un intermédiaire pour trouver un prestataire.

Le nouvel eldorado des emplois verts mérite donc d’être observé avec prudence. Tout peut arriver. En bien comme en mal. Y compris une « bulle verte« , thèse soutenue par Robert Bell, président du département des sciences économiques de Brooklyn College (City University de New York) : « Des incitations fiscales couplées au comportement mimétique des marchés financiers peuvent conduire les investisseurs à créer une nouvelle bulle financière sur la « green tech« . »

La crise l’a amplement démontré : prévoir en économie est un exercice difficile. Pour annoncer en grande pompe que le Grenelle allait créer 600 000 emplois, le président de la République a repris les conclusions d’un rapport remis le 16 juin par le bureau parisien du Boston Consulting Group (BCG), cabinet international de conseil en stratégie, à son ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo. Page 4, on peut lire : « Les 15 grands programmes du Grenelle permettront la création de plus de 600 000 emplois en moyenne sur la période 2009-2020, principalement dans les secteurs du bâtiment, des infrastructures et des énergies renouvelables. »

Comment cette statistique a-t-elle été élaborée ? Lire la suite

Changement climatique : quel impact sur l’emploi ?

novethic.fr, Anne Farthouat, le 17 juillet 2009

Changement climatique : quel impact sur l’emploi ?

Qu’il soit atténué ou aggravé, le réchauffement climatique impactera le marché de l’emploi européen. Quels sont donc les secteurs menacés ? Qui pourra en tirer profit ?

Les 22 et 23 juin derniers, la Commission européenne organisait le Forum « Restructurations : Impact du changement climatique sur l’emploi », rassemblant plus de 300 décideurs politiques, représentants syndicaux et experts. L’occasion pour eux d’évaluer les conséquences du réchauffement climatique sur l’emploi européen, et de déterminer les secteurs les plus menacés, ceux qui profiteront de cette nouvelle donne internationale, et ceux, nombreux, qui auront inévitablement à s’adapter.

En ouverture du forum, Vladimir Špilda, commissaire chargé de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Égalité des chances, annonce clairement la couleur : « Ne nous voilons pas la face, la transition vers une économie sobre en carbone, même si elle est positive, s’accompagnera d’ajustements, notamment sur le front de l’emploi, qui pourraient être douloureux, au moins à court et moyen termes. » Un constat dressé depuis déjà quelques années, notamment par la Commission européenne et la Confédération Européenne des Syndicats, suite à une étude menée conjointement avec le cabinet Syndex. Parus en mai 2007, leurs travaux présageaient déjà « d’importants effets de redistribution entre secteurs et entre pays, même dans les cas des scénarios optimistes basés sur un réchauffement mondial de 2°C. » L’impact serait ainsi plus négatif en Europe méridionale qu’au nord du continent, et toucherait davantage les secteurs primaires, tels que l’agriculture, la foresterie, ou encore la pêche. Le tourisme subirait également une forte secousse, notamment via la baisse d’activité des stations de sports d’hiver à basse et moyenne altitudes, entraînant des conséquences néfastes sur l’emploi local. De son côté, l’industrie des assurances risque de souffrir du coût croissant des dommages, et de le reporter sur les autres secteurs économiques. Sans compter les révisions inéluctables de l’aménagement du territoire européen, qui impacteront forcément le marché de l’emploi.

Automobile et énergies fossiles touchées

Outre les conséquences directes, celle des politiques de lutte contre le réchauffement seront tout aussi fatales pour certains secteurs. Premier en ligne de mire : l’industrie de la sidérurgie, qui pourrait subir d’ici 2030 des pertes de l’ordre de 50 000 emplois sur les 350 000 pour l’ensemble de l’Union Européenne. Le déclin dans la filière automobile pourrait quant à lui atteindre les 60% de réduction d’effectifs, sans même tenir compte des effets de la crise économique. Et du côté de la filière charbon, la moitié des emplois semblent voués à disparaître. Le WWF envisage pour sa part une perte de 107 000 emplois dans l’automobile et 138 000 dans le secteur de l’énergie européen d’ici 2020. 

L’emploi comme argument des politiques environnementales

Pour autant, les emplois créés dans les secteurs émergents pourraient équilibrer la balance. Selon une étude de la Commission européenne publiée le 2 juin dernier, « si l’objectif de Lire la suite

Tout ce qu’il faut savoir sur la taxe carbone

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le 26 juillet 2009 

Tout ce qu’il faut savoir sur la taxe carbone

Qui paiera ? Quel prix ? Où ira l’argent ? Rue89 décrypte les enjeux de cette future taxe, qui pourrait être appliquée dès janvier 2010.

Peut-être que si on l’appelait par son vrai nom, « contribution climat énergie  », ça passerait mieux. La commission Rocard, chargée d’y réfléchir, n’a pas encore rendu son rapport que les premières déclarations de l’ancien Premier ministre socialiste font déjà vivement réagir… Décryptage.

1. Donner un prix au carbone

Pour décourager l’usage des énergies fossiles, sources principales d’émissions de gaz à effets de serre, l’idée est de les taxer et avant cela de donner un prix au carbone (plus exactement aux émissions de CO2). Et ce afin d’encourager les ménages et les entreprises à adopter d’autres technologies (énergies renouvelables par exemple) ou à faire des économies d’énergie.

Comme le fait remarquer Jacques Le Cacheux, directeur du département des études de l’OFCE, la France est très en retard par rapport aux pays Scandinaves, où des taxes carbone existent depuis des années. De plus, en France toujours, « le prix du carburant relativement au coût de la vie n’est pas plus haut que dans les années 60 » (voir le graphique reproduit sur ce site).

Concrètement, un consensus semble se dégager pour facturer le CO2 à 32 euros la tonne aujourd’hui (certains vont jusqu’à 45), 100 euros en 2030, 150 à 350 en 2050.

Ce qui provoquerait une hausse des prix à la pompe : 8 centimes aujourd’hui, 25 centimes en 2030, 40 à 80 euro en 2050. Et une hausse de la facture de chauffage évaluée entre 60 euros (logement collectif au gaz) et 170 euros par an (maison individuelle au fioul).

2. Du prix du carbone pour quelques uns au prix du carbone pour tous

Le marché du carbone existe déjà pour les plus gros pollueurs, à travers la bourse d’échange d’émissions de CO2, qui concerne 1000 à 1200 sites industriels, qui représentent environ la moitié des émissions françaises et à qui l’Etat a attribué des quotas d’émissions autorisées. C’est pour mettre sous pression l’autre moitié des pollueurs français que le gouvernement souhaite que la taxe soit votée dans le prochain budget et soit applicable au 1er janvier 2010.

3. Quelle forme aura la taxe ?

La taxe carbone augmente le prix des énergies fossiles, pétrole, gaz, charbon (dont la combustion émet des gaz effet de serre), sur la base de ce prix de 32 euros la tonne de CO2. Ce qui représenterait un coût total pour les ménage de 300 euros par an.

Le gouvernement aurait pu choisir de taxer le carbone contenu dans chaque produit de consommation vendu, c’est-à-dire de rendre la « vérité des coûts en carbone », ce qui aurait été plus limpide pour le consommateur. Mais c’était Lire la suite

Quand M. Allègre invente « l’écologie productive », la planète pleure

lespetitspoissonsrouges.org, Corinne Morel Darleux, le 17 juillet 2009

Quand M. Allègre invente « l’écologie productive », la planète pleure

Dans une tribune publiée ce jour dans Libération, M. Allègre poursuit son entreprise de sape. Avec des positions pour le moins partielles et partiales…

Mal informé, l’ancien Ministre ? Aidons-le un peu.

Quand il mentionne le Club de Rome, le concept de décroissance et la notion de frugalité (pour les taxer d’écologie « dénonciatrice et punitive »), on mesure bien l’étendue de son cadre de référence politique. Le plus loin qu’il daigne aller sur le terrain de la radicalité, c’est Nicolas Hulot et les Verts, ces dangereux extrémistes… Visiblement M. Allègre n’a jamais entendu parler des objecteurs de croissance ni de la sobriété joyeuse… Chiche, on l’abonne à la Décroissance ?

Quand il évoque le nucléaire, c’est pour nous annoncer que la 4e génération multipliera les réserves d’uranium par 100 (il doit vouloir dire le temps d’épuisement des réserves, mais passons) et détruira les déchets à vie longue. Petit décryptage d’utilité publique : sous l’appellation de « 4e génération », c’est en fait le retour en fanfare du projet Superphénix, pourtant fermé en 1997 sous la pression de l’opinion publique (aka nous, les rétrogrades). Et ce, après avoir englouti 10 milliards d’euros ! Un réacteur fonctionnant au sodium, hautement inflammable au contact de l’air et de l’eau, une centrale toujours en cours de démantèlement et à hauts risques… La seule chose certaine dans ce type de projet, c’est sa capacité à engloutir plusieurs milliards d’euros, sans garantie de résultats. Autant d’argent public qui ne sera pas affecté aux nécessaires programmes de maîtrise de l’énergie ou de développement des renouvelables… On l’inscrit à Sortir du Nucléaire ?

Quand il dénonce les méfaits de l’agriculture chimique, on se prend à espérer à un salutaire retour à la réalité. Raté. C’est pour mieux nous livrer sa solution miracle : les plantes génétiquement modifiés (PGM) ! On se pince. Et si on suggérait à Sarkozy, qui voulait en faire son Ministre, de l’inviter lors de son prochain déplacement éclair dans les pays du Sud ? Pourquoi pas en Inde, tiens, où les paysans sont acculés à la ruine par Monsanto, ou en Afrique du Sud où 82 000 hectares de maïs génétiquement modifiés se sont avérés stériles ? Mais fi de la souveraineté alimentaire ! Pour M. Allègre, l’avenir de l’agriculture doit être envisagé à l’aune du droit des agriculteurs (du Nord, sans doute) à « être compétitifs sur un marché désormais international de plus en plus sévère ». Allez, on l’abonne à une AMAP ?

Enfin, la coupe ne saurait être pleine sans cette bonne tarte à la crème de la foi scientiste volant au secours du climat. Kyoto est un fiasco, Copenhague ne sera pas mieux ? Pourquoi pas… Une seule solution : l’innovation ? Pourquoi pas… Mais pas n’importe laquelle, attention, car après quelques considérations floues sur les renouvelables, on sent bien que l’avenir de l’ « écologie dynamique », celle qui crée des emplois et relance la compétitivité, s’appelle pour M. Allègre : capture et stockage du CO2 ou encore voitures électriques (voilà qui assurerait la croissance de l’industrie nucléaire, au moins ce monsieur est cohérent). Dites, on lui offre un vélo ?

Pour Allègre, l’écologie « non productive » signerait l’arrêt du progrès. Lui appelle de ses voeux une « société de liberté, de libre entreprise et de progrès constant », enfin, une « vision Lire la suite

A Washington, défenseurs de l’industrie et ONG s’affrontent sur le plan climat-énergie

lemonde.fr, Gilles van Kote, le 24 juillet 2009

A Washington, défenseurs de l’industrie et ONG s’affrontent sur le plan climat-énergie

Comme la plupart des sujets qui comptent aux Etats-Unis, la politique américaine de l’environnement se joue en grande partie entre K Street et Capitol Hill. Deux points stratégiques sur la carte du pouvoir à Washington. Au sommet de Capitol Hill siègent sénateurs et représentants. A quelques encablures de là, K Street abrite les bureaux de tous ceux qui cherchent à se faire entendre des institutions fédérales : entreprises de lobbying, associations professionnelles, organisations non gouvernementales (ONG), etc.

Bob Bissen et Franz Matzner ne se connaissent pas. Malgré tout, peut-être se sont-ils croisés fortuitement dans les couloirs du Capitole, entre deux réunions avec un membre de l’équipe d’un sénateur ou d’un représentant, ou bien à l’occasion d’un événement organisé sur une thématique liée à l’énergie ou à l’environnement. Tous deux travaillent dans le même bloc d’immeubles, fréquentent probablement les mêmes restaurants. Ils exercent à peu de choses près le même métier, même s’ils ne lui donnent pas le même nom.

Bob Bissen assume sans complexe l’étiquette de lobbyiste. Une profession que ce quinquagénaire avenant exerce depuis seize ans, après avoir notamment travaillé au département de l’énergie pendant le mandat de George Bush père. Autant dire que Washington n’a plus de secret pour lui. Il est aujourd’hui vice-président d’Apco Worldwide, l’une des grandes firmes de relations publiques et de lobbying, et s’occupe particulièrement des intérêts de Dow Corning, le premier producteur mondial d’éléments en silicone, devenu un acteur majeur de l’industrie de l’énergie solaire aux Etats-Unis.

« Il existe des lobbyistes qui pourraient travailler pour n’importe quel client, reconnaît-il. Personnellement, je ne travaillerai jamais pour un client dont je ne partage pas les convictions. Et je crois en l’énergie solaire. »

La mission de Bob Bissen est de défendre les intérêts de Dow Corning auprès de tous ceux qui détiennent un peu de pouvoir à Washington. Il s’est donc battu pour que le plan climat-énergie adopté fin juin par le Congrès mais qui doit encore passer devant le Sénat soit le plus favorable possible à l’industrie de l’énergie solaire, multipliant les entretiens avec les lawmakers (législateurs) ou les membres de leurs équipes.

Fin juin, il a organisé une rencontre entre la direction de Dow Corning et Henry Waxman, l’influent président de la commission de l’énergie et du commerce à la Chambre des représentants, et Carol Browner, la conseillère de Barack Obama pour l’énergie et le changement climatique. Mais ce n’était qu’un coup d’essai : le coup de maître a eu lieu le 2 juillet, quand la présidente de Dow Corning a été reçue à la Maison Blanche par le président Obama, à l’occasion d’une réunion sur les énergies renouvelables.

Franz Matzner, 33 ans, n’a pas encore le même carnet d’adresses. Récemment, il est devenu Lire la suite

Grenelle environnement, le Grenelle 1 adopté à la quasi-unanimité.

actualites-news-environnement.com, Jean-Charles Batenbaum, le 24 juillet 2009

Grenelle environnement, le grenelle 1 adopté à la quasi-unanimité.

Le projet de loi de mise en œuvre du Grenelle environnement, dite Grenelle 1, a été adopté à la quasi-unanimité par le parlement. Jean-Louis Borloo a remercié le Parlement français qui, selon le ministre de l’environnement, « se situe à l’avant-garde de la mutation écologique ».

Après deux lectures dans chaque chambre du Parlement, l’Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi Grenelle 1, par un vote quasi unanime, projet de loi qui transcrit les engagements pris par les acteurs du Grenelle de l’environnement.

Selon le ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo, les chantiers engagés dans le cadre du projet de loi Grenelle 1 permettront de réduire « de 25% la consommation d’énergie fossile de la France d’ici 2020. » Ces chantiers permettront aussi « de maintenir ou de créer plus de 600 000 emplois sur 2009-2020 dans tous les secteurs de la croissance verte. »

A noter que les parlementaires ont introduit des avancées au projet de loi Grenelle 1 comme le renversement de la charge de la preuve au bénéfice des décisions respectueuses de l’environnement, la création d’un carnet de santé individuel pour les salariés, ou l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique français de 20% à 23% à l’horizon 2020.

France Nature Environnement et ses associations membres, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et la Ligue ROC ainsi que la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme dressent un premier bilan non exhaustif du processus Grenelle environnement.

Lancée au début de l’été 2007, ce processus a commencé par la mise en place de groupes de travail thématiques associant différents acteurs de la société française regroupés dans 5 collèges (Etat, collectivités territoriales, ONG, syndicat, patronat). Ces groupes de travail avaient pour mission de faire émerger des propositions consensuelles pour amorcer la transition écologique de notre pays. Fin octobre 2007, les négociations finales entre les 5 collèges du Grenelle ont abouti à l’adoption de 273 engagements.

La seconde étape du Grenelle environnement, celle de la mise en œuvre des engagements a alors démarré. Elle prend différentes formes : les lois spécifiquement dédiées au Grenelle mais aussi d’autres lois intégrant certaines mesures (cf. OGM, loi de finance et responsabilité environnementale), des textes réglementaires ou des accords volontaires entre acteurs.

La loi Grenelle 1, rendue publique par le gouvernement en avril 2008, a pour objet d’entériner les grands objectifs et les principales mesures adoptées en octobre 2007. C’est une loi de caractère général. Son adoption est loin de marquer la fin du processus : la direction générale est désormais fixée mais la traduction réelle, dans notre quotidien, de la majorité des engagements du Grenelle devra attendre l’adoption d’autres textes législatifs (Grenelle 2 en particulier) et surtout réglementaires déclinant concrètement les grands objectifs.

Ainsi, au-delà de l’analyse du contenu de Grenelle 1, les organisations « tiennent à souligner la lenteur du processus. Il a fallu deux ans pour inscrire dans la loi les grands objectifs et les principaux outils. Certes, de nombreux chantiers ont avancé en parallèle. Ainsi, l’étude sur la Contribution Climat Energie ou le doublement du crédit d’impôt pour les installations en agriculture biologique prévus dans Grenelle 1 ont déjà été réalisés. De même le processus de création de parcs nationaux a débuté. »

De façon générale, les organisations écologistes « tiennent à souligner l’investissement des parlementaires sur la loi Grenelle 1 dont témoigne le fait qu’à chaque lecture le Sénat et l’Assemblée Nationale ont voté de façon quasi unanime. Les débats ont, par ailleurs, révélé une prise de conscience croissante de ces enjeux parmi les parlementaires. Les travaux parlementaires ont enrichi la loi sur certains points, comme le renversement de la charge de la preuve. »

Grenelle 1 et renversement de la charge de la preuve

Dans son discours de restitution des tables rondes d’octobre 2007, le Président de la République avait insisté sur un principe essentiel : le renversement de la charge de la preuve. L’adoption de ce principe pour structurer la prise de décision serait véritablement le signe d’une transformation de notre société.

En effet, il revient aujourd’hui aux autorités publiques ou aux acteurs de la société civile de prouver qu’un projet porte atteinte à l’environnement pour empêcher sa mise en œuvre. Le renversement de la charge de la preuve se manifesterait par le fait que ce serait désormais à l’initiateur d’un projet de démontrer que celui-ci n’a pas Lire la suite

Claude Allègre : L’écologie non productive, c’est quoi ?

liberation.fr, Claude Allègre, ancien ministre, le 17 juillet 2009

L’écologie non productive, c’est quoi ?

Présentant la fondation que je suis entrain de créer avec pour titre Ecologie productive, un journaliste s’est interrogé. Qu’est ce que l’écologie non-productive ? Il m’incombait donc d’éclairer sa lanterne.

L’écologie productive est la démarche qui consiste à résoudre les problèmes écologiques en créant de nouveaux emplois et de nouvelles richesses. C’est ce que l’on appelle parfois la croissance verte, concept que j’ai contribué à définir et à développer depuis vingt ans (dans mes livres Economiser la planète, Fayard, 1990 et Ecologie des villes, écologie des champs, Fayard, 1993). Cette démarche s’oppose radicalement à la vision, hélas très répandue, qui a vu le jour dans les années 1970 avec le fameux rapport du Club de Rome «Halte à la croissance» et qui s’est prolongée plus récemment avec les concepts de décroissance et de frugalité prospective, qui constituent la base du livre de Nicolas Hulot le Pacte écologique aussi bien que le programme des Verts.

A une écologie dénonciatrice et punitive, qui ne voit l’écologie que comme l’annonce de catastrophes, la multiplication de taxes, des interdictions diverses et, l’arrêt du progrès, («le progrès pose problème», écrit Hulot), nous souhaitons substituer une écologie de la création, de l’invention, du dépassement, de la réparation qui débouche sur la croissance économique en même temps que l’établissement d’une certaine harmonie entre l’homme et la nature mais dans laquelle l’homme n’est jamais sacrifié aux exigences écologiques.

Prenons trois exemples pour illustrer cette démarche. L’énergie nucléaire est à l’évidence une source d’énergie essentielle à notre développement futur et l’on ne dénoncera jamais assez les dommages créés à l’Europe par les verts allemands en interdisant à ce pays cette source d’énergie ! Mais peut-on, d’un autre côté, ignorer qu’avec la technologie actuelle nous produisons des déchets potentiellement dangereux et que les réserves d’uranium ne dépassent pas un siècle ? La solution ce n’est pas l’abandon du nucléaire, c’est de développer la technologie dite de «quatrième génération» qui utilisera 97 % de l’uranium multipliant les réserves par 100 et qui détruira les déchets à vie longue rendant cette filière plus sûre.

Second exemple, les pesticides, insecticides et engrais. Il est exact que le développement excessif de la «chimie agricole» a conduit à créer des problèmes de pollution alimentaire pour les humains, les animaux domestiques mais aussi les animaux sauvages. La décroissance des populations d’oiseaux, des rivières trouve sans aucun doute sa source dans la pollution. Faire semblant de l’ignorer n’est pas responsable pas plus qu’accuser les agriculteurs et leur interdire les moyens de continuer a être compétitifs sur un marché désormais international de plus en plus sévère. La solution, c’est de développer les plantes génétiquement modifiées qui permettront d’éviter les pesticides, les insecticides, en partie les engrais et qui permettront de minimiser les besoins en eaux ou les contraintes de salinité. L’avenir de l’agriculture est là !

Troisième exemple, le contrôle du gaz carbonique. Laissons de côté la question des prévisions climatiques car elle sera réglée par les faits d’observations à condition de ne pas les masquer (pourquoi cache-t-on ces jours-ci le fait que la banquise arctique Lire la suite

Europe – Industriels contre Verts : la bataille du lobbying

lemonde.fr,  Brigitte Perucca,  le 21 juillet 2009

Industriels contre Verts : la bataille du lobbying

Pesticides, OGM, agrobusiness, énergies renouvelables… La fièvre du lobbying monte sur tous les sujets concernant l’environnement, aux Etats-Unis comme en Europe. Depuis l’adoption par l’Union européenne, en 2008, du paquet énergie-climat et à l’approche de la négociation de Copenhague en décembre, le réchauffement climatique et ses conséquences sur les industries concentrent une grande part de l’énergie des groupes de pression du monde entier.

Outre-Atlantique, leur activité autour des questions de développement durable a « pris de l’ampleur depuis quatre ou cinq ans », constate Dave Welhold, président de l’association des lobbyistes américains qui revendique 12 000 cabinets affiliés (sur un nombre total estimé à 15 000).

A Bruxelles, on parle de 10 000 lobbyistes, toutes thématiques confondues. Un chiffre invérifiable mais qui témoigne de leur poids et de leur importance ; 1657 « représentants d’intérêts », dont plus de 600 disposant de bureaux à Bruxelles, étaient inscrits à la date du 8 juillet au « registre » ouvert par la Commission européenne.

C’est ce qu’indique une étude réalisée par Anthenor Public Affairs, un cabinet français de lobbying. Ce recensement, facultatif, englobe l’ensemble des acteurs : entreprises, fédérations professionnelles et ONG. Si incomplet soit-il, il montre en tout cas la prépondérance de la thématique environnementale : chaque entreprise ou fédération professionnelle qui s’inscrit au registre doit cocher dans une liste qui comporte 36 « centres d’intérêt » listés par les autorités européennes. Celui de l’environnement se place dans les tout premiers rangs, à quasi égalité avec « entreprises » et « marché intérieur ».

L’essor du lobbying environnemental tient pour l’essentiel à la montée en puissance dans l’opinion publique des préoccupations liées à la santé et à l’environnement. La contre-attaque a aussi su s’organiser, car un lobbyiste en cache forcément un autre : son adversaire. Particulièrement actifs, Greenpeace Europe et ses quinze salariés ont en ligne de mire les faits et gestes du chimiste allemand BASF et ceux du groupe nucléaire Areva ; le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique, créé par Corinne Lepage, tout juste élue première vice-présidente de la commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire du Parlement européen, est en embuscade derrière Monsanto ; Friends of the Earth ne lâche pas les compagnies pétrolières.

Comme tous ces « confrères », le Bureau européen de l’environnement (BEE), qui représente 140 associations de défense de l’environnement, commente les décisions de la Commission et des conseils des ministres. Au Parlement de Strasbourg, les députés s’assoient aux premiers rangs, les lobbyistes derrière, écologistes compris. Et ce sont ces rangs-là qui sont les plus garnis.

CONFUSION DES INTÉRÊTS

Même si le combat reste inégal entre les deux parties – quand Greenpeace emploie 15 salariés, l’Association européenne de l’industrie chimique en déploie 140 -, les ONG sont devenues Lire la suite

Correns : un bien bio village provencal…

mescoursespourlaplanete.com, NC, le13 juillet 2009

Correns : un bien bio village provencal…

Avec les chaleurs estivales, les escapades nature en Provence se multiplient – c’est l’occasion de découvrir, ou de redécouvrir, le premier village bio de France, Correns, une commune de 800 habitants au cœur de la  »Provence Verte », à 15 km de Brignoles, dans le Var. Comment tout cela a-t-il commencé ? En 1997, la culture ancestrale de la vigne sur des parcelles de petite taille, avec une production atypique de vin blanc en territoire Côtes de Provence, avait tendance à s’essouffler. Le risque était que Correns abandonne son activité économique principale (la viticulture) et donc ses terres agricoles pour devenir un village-dortoir déserté par les jeunes et prisé des promoteurs immobiliers. Il fallait trouver un moyen d’accroître la valeur de la production locale et la conversion à l’Agriculture Biologique, adaptée aux petites surfaces, apparut comme une évidence au Maire, lui-même vigneron et ingénieur agronome, alors que l’Etat venait de mettre en place des mesures incitatives à la conversion vers l’agriculture biologique. Aujourd’hui, 95% des terres du village, soit près de 250 hectares, sont cultivées selon les normes de l’Agriculture Biologique : au total, cela concerne 80 agriculteurs dont une cave coopérative, trois domaines viticoles, deux éleveuses de volailles et productrices d’ œufs, un apiculteur, un éleveur de chèvre installé par la commune dont le troupeau permet une bonne gestion de la forêt (dont le risque incendie) et la fabrication de fromages de chèvre, un céréalier, deux maraîchers, un spécialiste des plantes à parfum aromatiques et médicinales. Sur sa lancée, la commune a pris des engagements importants sur l’éco-construction et la Haute Qualité Environnementale (la Mairie a été réhabilitée selon cette démarche, et propose des conseils gratuits lors des demandes de permis de construire des habitants), les cantines bio (un repas bio est servi chaque semaine à la cantine scolaire et le village organise chaque année depuis 2000, le troisième week-end d’août, la Fête de la Bio et du Naturel) et les énergies renouvelables (le chauffage urbain est assuré par une chaudière « bois-énergie » à partir de plaquettes forestières). Plus de dix ans après, l’aventure est un succès : les jeunes sont restés au village, les commerces prospèrent, La Poste est toujours là ainsi que l’école maternelle-primaire (signe de la présence de nombreuses familles), tandis que les gîtes et chambres d’hôtes se sont multipliés (160 lits d’hébergement) pour héberger les touristes attirés par l’étiquette « verte ».

Récompensé plusieurs fois officiellement pour cette politique, le village l’a également été l’an dernier par les bio-people Lire la suite

En Loire-Atlantique, des stages enseignent un mode de vie écologique, autonome et décroissant

lemonde.fr, Frédéric Potet, le 17 juillet 2009

En Loire-Atlantique, des stages enseignent un mode de vie écologique, autonome et décroissant

Pousser au maximum la logique écologique. Produire soi-même son électricité. Subvenir, grâce à la pluie, à l’ensemble de ses besoins en eau. Se nourrir à partir d’un simple potager. Diviser par huit ses achats de consommation courante… Cela fait trente-cinq ans que Patrick Baronnet et sa femme Brigitte font la démonstration que ce genre de vie proche de l’autonomie totale est possible.

A Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique), ces décroissants de la première heure ont également construit une maison passive tout en matériaux naturels (murs en paille doublés de brique en terre crue, isolation en laine de mouton, ossature en bois…) qui est aujourd’hui le clou des visites et autres stages qu’ils organisent sur place.

Mode écolo oblige, l’endroit ne désemplit pas depuis deux ans.  » Et la crise ne fait que renforcer cet engouement, indique Patrick Baronnet. L’autonomie est perçue à la fois comme un moyen de faire des économies et une manière de remettre en question son mode de vie, en réaction à la société malade qui nous entoure. « 

Liée ou non à la conjoncture, cette notion de  » mal-être  » est palpable dès les premières minutes du stage proposé, ce matin-là à Moisdon, sur le thème  » Projet de maison « . Une vingtaine de personnes a fait le déplacement en pensant trouver des réponses uniquement  » techniques  » à leurs interrogations ; elles se trouvent finalement invitées à expliquer pourquoi elles aspirent à  » vivre autrement « .

Lancé autour d’une tisane sarriette-thym, le tour de table tourne très vite au grand déballage. Une ancienne sérigraphiste  » usée par le travail  » manque de s’étouffer dans ses sanglots. Un apprenti charpentier fulmine contre sa famille qui ne comprend pas son rejet de la société de consommation. Un couple d’archéologues parisiens, radiesthésistes à leurs heures, décrit ses problèmes de voisinage dans le Perche où il a acheté une maison de campagne. Une kiné belge explique s’être essayée à la sophrologie, puis à la  » réharmonisation énergétique  » Et maintenant à l’écologie !

L’après-midi est consacré à la description détaillée des différentes installations du lieu : le chauffe-eau solaire autoconstruit, la citerne enterrée de 8 000 litres, l’éolienne de 18 mètres de haut, les bassins filtrants pour eaux usées…

Le stagiaire en a pour son argent (40 euros la journée) et a même la possibilité de  » passer à l’acte  » en testant les Lire la suite

Ouvriers, écolos, tous Blue Green !

Ouvriers, écolos, tous Blue Green !

politis.fr, vendredi 17 juillet 2009, par Hélène Crié-Wiesner

On n’a pas idée, en France, de la tournure prise par le débat sur les changements climatiques aux États-Unis. Certes, nul n’ignore que l’arrivée d’Obama a chamboulé le paysage dessiné par Bush. Il était alors de bon ton de douter, voire de nier l’existence du phénomène, au moins de dire que l’homme n’y était pour rien. Et voilà qu’un ouragan souffle sur le pays. Je ne vais pas m’étendre ici sur la mise en place des économies d’énergie et d’une approche différente de la consommation, ni sur l’intérêt populaire pour des sujets jusqu’alors dédaignés ou ignorés. Ça bouge. D’accord, cette évolution résulte partiellement de la crise économique, qui a réduit les ressources et le crédit à tire-larigot. Tout de même, la prise de conscience est réelle. Il n’est que de voir avec quelle placidité a été accueillie l’annonce du Président sur la limitation de la consommation d’essence. Tout le monde sait pourtant que cela va impliquer la fin définitive d’une certaine culture de la grosse et lourde bagnole, trois ou quatre par famille, sans-caisse-t’es-pas-un homme, ou-alors-c’est-que-t’es-trop-pauvre-donc-pas-intéressant. Le plus frappant, dans cette mutation des cerveaux américains, que j’ai longtemps crue impossible, c’est ce qui est en train de se jouer entre les ouvriers et les écologistes alors que la Chambre des représentants vient d’adopter la loi sur l’énergie. Cette loi, qui doit encore convaincre le Sénat – c’est plus dur –, servira de cadre à toute l’industrie américaine ; elle prévoit notamment de fixer des permis d’émission et la manière dont ils pourront être échangés entre émetteurs de CO2. Cette loi va forcément modifier la contribution des États-Unis à l’effet de serre mondial. Elle va aussi augmenter certains coûts de production. Aussi, jusqu’à présent, les syndicats ouvriers craignaient-ils pour leurs emplois et le coût de la vie en général. La mayonnaise a monté tout doucement, avec, comme ingrédient de base, l’attraction des énergies renouvelables. Les ouvriers de l’acier de la région de Pittsburg se sont payé des pubs télé pour expliquer qu’il n’y avait pas de raison d’importer les éoliennes d’Europe, qu’eux étaient parfaitement capables de les fabriquer pour peu qu’on rouvre leurs aciéries. Al Gore et son fabuleux réseau de militants ont relayé leur appel dans le monde politique et écologiste.

Un nouveau pas a été franchi lorsque, à la mi-mai, la Chambre des représentants du Congrès a commencé à examiner la loi. Quand les élus sont en train de voter, le lobbying (y compris vert) monte en puissance, et il a d’autant plus de chance de porter ses fruits que la société civile montre les dents. D’où l’entrée en scène des grandes organisations syndicales américaines : avec quelques-unes des plus puissantes associations écolos du pays, elles ont formé la Blue Green Alliance (BGA). Objectif : éduquer les travailleurs sur les enjeux planétaires, leur faire prendre conscience de la connexion entre l’économie et l’écologie, leur ouvrir les yeux sur l’importance de leur propre comportement. La BGA a sorti l’artillerie lourde, Lire la suite

Energies renouvelables : un recueil d’expériences européennes

projetdeterritoire.com, Jérémie Bernard, le 7 juillet 2009

Energies renouvelables : un recueil d’expériences européennes

Vous voulez connaitre des initiatives européennes dans le domaine de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables ? C’est désormais possible en téléchargeant de nouvelles brochures en ligne sur le site de  l’Agence exécutive pour la compétitivité et l’innovation (1). Elles présentent les projets d’innovation qui ont été cofinancé par le programme Energie intelligente Europe (EIE) dans le domaine de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, en particulier dans les secteurs du bâtiment, de l’industrie, des transports,… Ces brochures thématiques (éducation, transport, industrie, bâtiments, etc.) sont disponibles en français et peuvent être commandées en format papier si vous souhaitez contribuer à leur diffusion. Chacune d’elles présentent entre 15 et 50 projets de tous les pays d’Europe. Une fiche décrit chaque projet – partenaires, objectifs, financements, résultats – et renvoie vers un site sur lequel de nombreuses informations complémentaires sont disponibles (notamment des enseignements issus de bonnes pratiques).

[1] L’agence exécutive pour l’énergie intelligente (EACI) est une agence de l’Union européenne chargée de la mise en place de programmes et d’initiatives dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’environnement, de la compétitivité et de l’innovation.

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Salon Viv’expo Bordeaux les 25, 26 et 27 septembre 2009

Viv’expo, Communiqué, le 15 juillet 2009

Viv’expo Bordeaux les 25, 26 et 27 septembre 2009

Parc des Expositions de Bordeaux Lac

Le salon Viv’expo a été conçu pour sensibiliser le grand public à de nouveaux modes de vie et de consommation plus sains et plus respectueux de l’environnement.

Parce que chaque geste compte, Viv’expo vous apporte des réponses et des solutions concrètes afin de :

–          mieux s’alimenter tout en protégeant l’environnement

–          prendre soin de son corps grâce aux produits naturels

–          se remettre en forme

–          faire des économies d’énergies tout en bénéficiant de crédits d’impôts

–          construire une maison saine

–          pratiquer des sports de plein air…

–          découvrir de nouvelles destinations nature

–          voyager en citoyen responsable

3 salons complémentaires, 250 exposants sur 7 000 m² d’exposition

Salon Santé, Bien-être et Alimentation

–          Alimentation et diététique : Producteurs, transformateurs, distributeurs de produits alimentaires Compléments alimentaires Matériel culinaire.

–          Médecines douces : Produits naturels et de confort Soins naturels (aromathérapie, phytothérapie…).
Cosmétique naturelle : Produits d’hygiène et de soins…

–          Remise en forme : Lire la suite

Le marché des petites éoliennes veut devenir grand

planete-terra.fr, Julien Vinzent, juillet 2009

Le marché des petites éoliennes veut devenir grand

Une éolienne dans le jardin, ça vous tente ? Pas un monstre de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, mais une petite éolienne, qui produira juste de quoi vous alimenter en électricité. Le marché, qui explose aux États-Unis, émerge en France.

Le petit éolien, c’est un peu « l’éolienne des villes » : des installations d’une puissance comprise entre 1 et 25 kilowatts (kW), quand « l’éolienne des champs » affiche en moyenne 2 mégawatts (MW). Niveau taille, rien à voir non plus puisque les éoliennes de poche dépassent rarement 12 m, seuil à partir duquel il faut un permis de construire.

Pour l’instant, on ne dénombre que 650 mini-éoliennes en France, quand les les Américains en ont installé plus de 10 000 rien que l’année dernière. Outre-Atlantique, le marché a le vent dans le dos : +78% en 2008. Forcément, cela donne des idées. La société belge Windeo, a par exemple lancé en juin une offre de services tout-compris en France. Elle rejoint des installateurs plus anciens comme France Eoliennes, Weole et Krug.

L’éolien faiblement subventionné

Alors, le petit éolien a-t-il un avenir aussi prometteur que son compère le photovoltaïque ? A priori, rien d’évident. Avec une augmentation de 43% du nombre de raccordements au réseau, rien que dans les 3 premiers mois de 2009, le photovoltaïque règne sans conteste, notamment grâce à son tarif de rachat fixé à 60 centimes d’euros le kWh.

Le hic, c’est que l’éolien, lui, n’est racheté que 8 centimes d’euros par EDF, et encore, l’obligation ne vaut que dans les zones de développement de l’éolien, qui concernent surtout les grands parcs de plusieurs mégawatts. Loïc Péquignot, président de Windeo relativise en rappelant que la logique des particuliers et des entreprises est majoritairement celle de l’indépendance énergétique : pouvoir produire l’électricité que l’on consomme.

Autre problème, les petites éoliennes subissent les mêmes critiques que leurs grandes sœurs. Selon un sondage de l’Ifop, réalisé pour Windeo, 65% des personnes interrogées les trouvent inesthétiques et la moitié critiquent leur impact sur le paysage et leur niveau sonore. De plus, malgré le crédit d’impôts de 50% pour les particuliers, le coût de l’investissement est considéré comme un frein important.

Dernier point faible souvent évoqué : l’intérêt d’une installation est très fortement dépendant de la vitesse moyenne du vent. Il ne suffit donc pas de vouloir une éolienne, encore faut-il que les conditions soient réunies pour que le projet soit un minimum rentable.

Une technologie qui a évolué

Comment expliquer dans ce cas le boom de cette énergie aux États-Unis ? Tout simplement car la technologie est passée au niveau supérieur, gommant ainsi la plupart des faiblesses citées plus haut. « Il y a eu un gros effort de recherche et développement qui a abouti à une deuxième génération de petites éoliennes« , explique Loïc Péquignot. Plus performantes, les mini-éoliennes peuvent être installées dans un plus grand nombre d’endroits, notamment en zone urbaine. Certaines sont devenues quasiment silencieuses et affichent un aspect plus « design ».

Mais, si la technologie s’améliore, la réglementation reste la même. En clair, mieux vaut pouvoir fournir un dossier béton et convaincre ses voisins pour éviter que l’histoire se transforme en casse-tête. Si les installations de moins de 12 m s’affranchissent du permis de construire et de la déclaration de travaux, elles doivent quand même faire l’objet d’une notice d’impact (paysage, bruit, etc.) et respecter le code de l’environnement et du patrimoine.

Le petit éolien n’est donc pas accessible à tout le monde, partout, sans conditions. Un terrain dégagé de plusieurs centaines de mètres carrés Lire la suite

De la nécessité d’encadrer le développement des centrales solaires au sol

actu-environnement.com, S.Fabregat, le 09 juillet 2009

De la nécessité d’encadrer le développement des centrales solaires au sol

De nombreux acteurs s’inquiètent de l’engouement des investisseurs pour les centrales photovoltaïques au sol. Il est vrai qu’à l’heure de la lutte contre l’artificialisation des sols, cette nouvelle concurrence d’usage est encore peu encadrée.

Il pousse… des champs de cellules photovoltaïques. Encore limité, le déploiement de centrales solaires au sol devrait s’accélérer, à en croire l’engouement des investisseurs qui ont lancé une véritable course à l’acquisition de terres idéales.

Le plan Borloo sur les énergies renouvelables ne devrait que renforcer cette tendance. Il prévoit en effet l’installation d’au moins une centrale par région d’ici 2011. Deux installations de 10 MW dans les plus ensoleillées, une seule dans les moins bien pourvues. L’appel d’offre devrait aboutir en décembre 2009 mais déjà des projets se concrétisent. Ce plan s’accompagne d’un tarif de rachat de l’électricité incitatif (0,20 € le kWh)

Selon les calculs, l’objectif gouvernemental occuperait entre 10.000 et 15.000 hectares de terrain… Or, 10.000 hectares, c’est déjà trop quand on sait que chaque année 72.000 hectares disparaissent à cause de l’urbanisation, commente André Barbaraux, directeur de la Fédération Nationale des Safer (sociétés spécialisées dans la vente de biens fonciers ruraux).
Au moment de la lutte contre l’artificialisation des sols, il est vrai que le manque d’encadrement actuel de ce déploiement pose question. Nous ne sommes pas opposés au photovoltaïque. Nous disons juste que concernant les centrales au sol, il faut faire attention. Leur développement ne doit pas entrer en conflit avec la nécessaire préservation des terres agricoles, forestières et des espaces naturels. D’autant que les centrales photovoltaïques peuvent se déployer sur les toitures de bâtiments agricoles, industriels et commerciaux en prenant en compte les obligations relatives aux paysages et aux sites protégés. Dans ce cas, cela peut même entraîner un complément de revenu non négligeable pour les propriétaires concernées dont les agriculteurs.

L’impact environnement des centrales solaires au sol

Outre l’impact sur le paysage, les centrales photovoltaïques au sol peuvent avoir des conséquences directes sur l’environnement local. Modification des biotopes, érosion des sols, déplacement de la faune sauvage font partie des impacts que peut avoir ce type d’installation.
Mais la question qui préoccupe avant tout les associations environnementales et les agriculteurs concerne la concurrence des sols. En effet, au moment où la sécurité alimentaire devient une priorité et où le gouvernement s’engage à lutter contre l’artificialisation des sols, une nouvelle concurrence avec l’agriculture voit le jour au travers des centrales au sol.

On assiste à un engouement très fort des investisseurs dans certains départements comme les Alpes de Haute Provence, les Landes ou Lire la suite

Saint Jean d’Illac : Etude de faisabilité d’une centrale photovoltaïque au sol sur un site de 100 hectares

sudouest.com, Olivier Delhoumeau, le 10 Juillet 2009

SAINT-JEAN-D’ILLAC, ÉNERGIES RENOUVELABLES. Les élus ont autorisé la société Eosol Énergies Nouvelles à étudier la possibilité d’implanter une centrale photovoltaïque sur un site de 100 hectares

Le photovoltaïque veut se faire une place au soleil

Une centrale photovoltaïque verra-t-elle le jour dans la commune dans deux ou trois ans ? Pas impossible. Une certitude, ce territoire intercalé entre la CUB et la région du bassin d’Arcachon attise la convoitise des sociétés spécialisées dans l’énergie solaire. « Trois se sont manifestées dernièrement auprès de la mairie », reconnaît le maire, Jacques Fergeau.

Mieux, le Conseil municipal a émis le 6 juillet un avis favorable (à l’unanimité) pour qu’Eosol Énergies Nouvelles étudie la possibilité d’implanter une centrale photovoltaïque. Dans quel secteur ? Sur une parcelle privée, située derrière le giratoire dit des Clochettes, le long de la route départementale 106. Son atout majeur : elle est située à moins de six kilomètres d’une ligne à haute tension et d’un transformateur. Autrement dit, si le projet aboutit, Eosol n’aura pas à tirer une nouvelle ligne pour se raccorder au réseau. De plus, si l’on excepte l’Auberge des Clochettes, aucun riverain n’habite à moins de trois kilomètres à la ronde.

Procédure longue

En forme de L, le terrain convoité s’étend sur une centaine d’hectares.

« Il ne faut pas s’enflammer, le Conseil municipal vient simplement d’autoriser cette société à vérifier la faisabilité de son projet. Cela ne nous engage en rien », insiste le maire. Pour sa part, la direction d’Eosol refuse de s’exprimer avant d’avoir consulté les services de l’État et la population illacaise. Elle sait aussi que les obstacles seront nombreux sur sa route. En effet, la procédure administrative à laquelle elle doit se soumettre s’apparente à un véritable chemin de croix : étude d’impact (avec volet faunistique et floristique), enquête publique, demande d’autorisation de défrichement assortie de compensations, instruction du permis de construire…

Eosol Énergies Nouvelles devra notamment démontrer la compatibilité de son projet avec la loi sur l’eau.

« Il y a des exigences très fortes. Tout défrichement doit par exemple être compensé en nature par des mesures de boisement sur une surface équivalente », souligne Dominique Beyrand, adjoint au développement durable. « Le projet qui nous a été présenté en commission développement durable le 27 mai dernier, porte sur Lire la suite

L’Europe accélère le développement en Aquitaine

sudouest.com, Publi-info, le 30 Juin 2009

L’Europe accélère le développement en Aquitaine

Relayée par des acteurs locaux, la politique régionale de l’Union a une traduction concrète en termes de projets. Le point sur une stratégie qui fait la part belle à l’innovation et au développement durable

Lire aussi

 » Priorité à l’énergie et à l’environnement

 » Un tremplin pour la reconversion

 » Alain Rousset, Président du conseil régional d’Aquitaine

 » Dominique Schmitt, Préfet de la région Aquitaine

 » Coup de pouce aux projets ruraux innovants

 » Vous avez un projet?

Souvent jugée complexe et éloignée des préoccupations des citoyens, l’Europe fait peut-être l’objet d’un procès abusif si on l’observe dans le détail de ses actions locales. Eloignée des citoyens, rien de moins sûr dès lors qu’il s’agit de sa politique d’intervention dans les régions.

Sans être d’une simplicité ébouriffante, cette politique régionale peut néanmoins se résumer en quelques lignes : elle vise à assurer un développement solidaire, équilibré et cohérent de l’ensemble du territoire européen. A cette fin, des programmes encadrent la mise en place d’une stratégie concernant toutes les régions. Ils sont définis pour une période de sept ans afin de permettre une action dans la durée. Le dernier programme (2000-2006) s’était fixé pour objectif d’apporter un soutien financier aux territoires les plus fragiles. A sa suite, l’actuel programme, qui court jusqu’en 2013, entend appuyer les stratégies régionales fondées sur l’innovation et le développement durable, en vue notamment de favoriser la compétitivité et l’emploi. Pas de distinction territoriale donc, mais une volonté de valoriser les projets les plus performants où qu’ils se trouvent, à la condition qu’ils relèvent de l’innovation et du développement durable et soient ainsi en accord avec la stratégie européenne de Lisbonne pour la croissance et l’emploi.

Contribuer à la création de 9 000 emplois

Voilà pour les principes. Mais quelle est leur traduction concrète en Aquitaine ? Lire la suite

Les Français consommateurs durables… en théorie !

2.cnrs.fr, Patricia Chairopoulos, date NC

Les Français consommateurs durables… en théorie !

Nicolas Herpin, sociologue à l’Observatoire sociologique du changement (OSC), directeur de recherche au CNRS et chargé de mission à l’Insee (1)

Les opérations de sensibilisation à une meilleure consommation se multiplient (Semaine du développement durable, Assises nationales du développement durable, Journée de la Terre…) et nous semblons de plus en plus acquis à la cause qu’il faut faire durer les ressources de la planète. Cela se traduit-il dans les pratiques des Français au quotidien ? Nicolas Herpin : Au-delà du tri sélectif des ordures, que les ménages respectent assez largement, leur comportement vertueux ne va pas beaucoup plus loin. Les évolutions récentes de la consommation ne sont globalement pas en phase avec la réforme écologique. Prenons l’exemple de l’alimentation : les produits « bio » commercialisés à des prix relativement plus élevés que les autres peinent à s’installer dans le panier de la ménagère. Des produits industriels trop sucrés, trop gras et dont la valeur nutritionnelle est faible mais qui ne demandent aucune préparation constituent l’essentiel de l’alimentation de nombreux jeunes.
Dans l’habillement, rien n’indique non plus un retour du goût vers des articles durables voire recyclables. Au contraire, la tendance est de faire des modes s’adressant à toutes les strates de la société, donc à petits prix. C’est ce que les anglo-saxons appellent des « fast clothes », dont la caractéristique essentielle est d’être « tape-à-l’œil » et de ne pas résister au-delà du premier lavage.

Comment expliquer ces tendances ?

N.H. : C’est d’abord l’information du consommateur qui est déficiente. Reprenons le cas des vêtements. Un rapport de l’Université de Cambridge compare l’empreinte carbone des tissus, en particulier celle du coton et celle des fibres synthétiques. Les résultats remettent en question l’usage du coton, généralement considéré comme « durable ». Si sa fabrication est assez faible en énergie, son coût d’entretien est très élevé (lavage à haute température, emploi de détergents très polluants pour l’eau, repassage, etc.) par rapport à la viscose. Il y a ensuite la contrainte budgétaire, particulièrement serrée pour les milieux modestes. Les produits bio coûtent plus cher. Il y a aussi et surtout le mode de vie qui crée des besoins. Habiter une maison dans la périphérie d’une grande agglomération oblige à avoir deux voitures si les deux membres du couple sont actifs. Enfin, une fois que l’individu s’est habitué à vivre d’une certaine façon, il peut trouver beaucoup de bonnes raisons de ne pas changer son mode de vie. En se passant de voiture, une personne estimera qu’elle contribue généreusement au développement durable… mais, à côté de cela, elle fait deux longs trajets touristiques par avion et par an, engendrant autant de gaz à effet de serre qu’une voiture sur toute l’année. Face à ces tendances lourdes, les convictions écologiques restent à l’état de bonnes intentions.

Par ailleurs, la crise financière n’incite pas les consommateurs à modifier leurs comportements dans un sens écolo. Le parc automobile, en particulier, en fait les frais : avant la crise, le renouvellement de ce parc laissait apparaître un intérêt pour les voitures hybrides. Mais avec la baisse des prix des carburants, les bonnes résolutions semblent oubliées. Même les voitures hybrides sont en fort recul, alors que leurs constructeurs n’arrivaient pas à satisfaire la demande au premier semestre 2008.
Mais à votre avis, existe-t-il une déception à l’égard de la consommation de masse ?

N.H. : Oui, effectivement, mais la contestation de la société de consommation n’est pas nouvelle. Rappelez-vous Lire la suite

Allemagne : Les grands partis aussi se mettent à l’écologie

lemonde.fr, Cécile Calla, le 26 juin 2009

Depuis les élections européennes du 7 juin, les partis du gouvernement allemand de grande coalition n’ont plus qu’un mot à la bouche : l’écologie. Constatant que les idées vertes sont porteuses même en temps de crise, les stratèges des unions chrétiennes CDU-CSU et du Parti social-démocrate (SPD) ont remis ce sujet sur le devant de la scène dans la perspective des élections législatives du 27 septembre. Ils espèrent séduire l’électeur instruit des grandes villes, sensible à la qualité de son environnement.

Le challenger d’Angela Merkel, le ministre des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier (SPD), qui ne s’était jusqu’à présent pas distingué pour son penchant écologiste, a appelé en début de semaine à la mise en place d’un « New Deal social écologique », reprenant par là presque les termes du « Green New Deal » figurant dans le programme des Verts. Il souhaite la création d’un million d’emplois dans la prochaine décennie grâce aux technologies vertes. Dans le programme électoral des sociaux-démocrates, la protection de l’environnement et la « modernisation écologique » occupent également une place importante.

Les chrétiens-démocrates ne veulent pas être à la traîne et multiplient eux aussi les déclarations en ce sens. Horst Seehofer, le ministre président de Bavière et patron de la CSU, petite soeur bavaroise de la CDU, souhaite que son parti devienne « aussi vert que possible« . Ainsi, l’écologie figurera en bonne place dans le programme commun des unions chrétiennes qui doit être présenté dimanche 28 juin. Selon la presse allemande, la CDU-CSU annonce un « pacte d’environnement » pour doper les technologies vertes, le développement de voitures électriques et une hausse de la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 30 % d’ici à 2020. La CDU mise sur l’image de la chancelière qui avait fait du réchauffement climatique l’une des priorités de la présidence allemande de l’Europe et du G8 en 2007. Néanmoins, celle qui s’est fait photographier devant les icebergs du Groenland pour alerter sur les dangers du réchauffement de la planète n’a pas manqué de défendre avec hargne les intérêts de l’industrie allemande et particulièrement ceux de la branche automobile lors de la négociation du paquet climat au sein de l’Union européenne en 2008.

Surtout, Mme Merkel risque d’être attaquée par les sociaux-démocrates pendant la campagne pour Lire la suite

ADEME et vous : Stratégie et études

ADEME et vous : Stratégie et études, juin 2009

Orientations

Plan stratégique 2007-2010

Conseil scientifique

Veille environnementale et prospective

ADEME et vous : Stratégie et études

ADEME et vous : Recherche

La lettre ADEME & vous – Stratégie & études est une lettre d’information régulière destinée aux décideurs du monde de l’environnement et de l’énergie, partenaires et contacts de l’ADEME.
Chaque numéro est consacré à la présentation d’un sujet à vocation stratégique, économique ou sociologique : recherche et études, travaux de synthèse, propositions dans l’un des domaines de compétences de l’Agence. L’objectif est de faciliter la diffusion de connaissances et d’initier réflexions et débats.

Cette lettre est diffusée gratuitement par voie électronique. Pour vous abonner, merci d’envoyer un mail à strategie.etudes@ademe.fr

N°19 La contribution climat-énergie : un « double dividende » écologique et économique (PDF – 473K – 24/06/2009)

Le projet de loi du Grenelle Environnement prévoit que « l’Etat étudiera la création d’une contribution dite « climat-énergie » en vue d’encourager les comportements sobres en carbone et en énergie (…) strictement compensée par une baisse des prélèvements obligatoires de façon à préserver le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises ».

Dans cette perspective, le Ministère du développement durable (MEEDDAT) et le ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi (MINEIE) organisent une conférence d’experts le 2 et 3 juillet 2009 à Paris.

L’ADEME a réalisé une étude sur la Contribution Climat Energie (CCE) afin d’apporter au débat public une estimation aussi précise que possible des volumes et des valeurs en jeu. Plusieurs scénarios d’assiette et de taux ont été analysés. Leurs effets environnementaux et économiques ont été systématiquement estimés pour chaque catégorie de contribuables et pour chaque secteur de l’économie.

N°18 Réhabilitation du parc locatif privé : avec les nouveaux mécanismes de financements issus du Grenelle, un système gagnant-gagnant propriétaire-locataire (PDF – 320K – 02/02/2009)

Le bâtiment consomme en France plus de 40 % de l’énergie finale, et se trouve donc au coeur des enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique.

Si la réhabilitation thermique des logements est la priorité du Grenelle de l’environnement, c’est à la fois parce que ce secteur représente un formidable gisement d’économies d’énergie mais aussi parce que les travaux sont relativement simples techniquement et surtout rentables : l’investissement est compensé par une diminution durable de la facture énergétique.
Cependant cette logique ne s’applique pas au parc locatif : si le coût des travaux revient au propriétaire, le gain sur les dépenses énergétiques profite au locataire… Cette situation de blocage est exacerbée pour le parc locatif privé, qui représente aujourd’hui 21 % des résidences principales.

Ce 18e numéro de Stratégie&Etudes montre, à partir d’une étude de l’ADEME centrée sur un « benchmark » international, des retours d’expériences françaises et une analyse financière de « bouquets de travaux » sur six logements types représentatifs, qu’il est possible de mettre en place une clé de répartition de l’effort d’investissement entre le propriétaire et le locataire, améliorant systématiquement la situation économique de ce dernier et globalement rentable pour le propriétaire grâce aux nouveaux dispositifs de financement issus du Grenelle, en particulier l’éco-prêt à taux zéro.

N°17 Les ménages apprivoisent la maîtrise de l’énergie à la maison (PDF – 404K – 21/01/2009)

L’ADEME dispose d’un observatoire annuel des pratiques et de l’opinion des Français sur les questions environnementales. Celui-ci permet notamment d’observer les tendances et les évolutions des valeurs et des comportements des ménages.

Ce 17ème numéro de « Stratégie & Etudes » dresse un bilan de l’évolution de Lire la suite

Un projet d’écologie sociale dans les zones rurales

bulletins-electroniques.com, Julien Sialelli, le 17 juin 2009

Un projet d’écologie sociale dans les zones rurales

Toutes les structures de gouvernance doivent se mobiliser et définir des alternatives efficaces en réponse aux changements climatiques et énergétiques actuels, ce sont les grands défis environnementaux de la société moderne. Au niveau local, les communes peuvent notamment privilégier les énergies propres au détriment des énergies fossiles. Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » (EE-Regionen: Sozial-Okologie der Selbstversorgung) s’inscrit dans cette volonté et vise à promouvoir et à développer l’utilisation de sources d’énergies propres dans quatre communes test en Allemagne.
Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » est le premier de douze projets de recherche dans le domaine de l’écologie sociale, que le Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche (BMBF) prévoit de soutenir dans les quatre prochaines années. Avec ce projet, le BMBF souhaite également soutenir de jeunes groupes de scientifiques dans des champs d’étude aussi variés que la biodiversité, les biocarburants, les politiques énergétiques, les initiatives civiles en faveur de la protection de la nature, l’éthique dans les activités commerciales, etc. Le BMBF a mis à disposition des groupes de chercheurs impliqués dans le projet une enveloppe de 22 millions d’euros jusqu’à 2013.

« Avec ces projets, les spécialistes de demain peuvent se qualifier sur une thématique importante pour le futur« , a affirmé, lundi 17 juin 2009, le secrétaire d’Etat au BMBF, Frieder Meyer-Krahmer. Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » doit contribuer à une utilisation effective des potentiels d’économie d’énergie. La conversion aux énergies renouvelables de la part d’un grand nombre de communes constituerait, au niveau national, une avancée considérable dans le domaine de l’approvisionnement en énergie. En formulant de nouvelles approches en termes d’approvisionnement en énergies renouvelables, le projet permettra aux communes de subvenir à leurs propres besoins énergétiques et calorifiques.

L’Université de Fribourg-en-Brisgau, l’Université Hohenheim de Stuttgart et l’Institut d’économie écologique de Berlin participent à ce projet. Les communes choisies pour le projet EE-Régions sont les suivantes : Lüchow-Dannenberg, Schwäbisch Hall, Morbach et Wolpertshausen. Les régions et les communes sélectionnées seront accompagnées et bénéficieront d’un soutien scientifique au cours des quatre années à venir.

Au terme du projet, les connaissances acquises sur les quatre sites test permettront Lire la suite

Jean Gadray : Pour une société du plein-emploi sans croissance

lemonde.fr, Jean Gadrey, le 12 juin 2009

Pour une société du plein-emploi sans croissance

Nous allons devoir changer de paradigme de développement. La crise nous y conduit. Manifestement, les électeurs y pensent, et pas seulement ceux qui ont voté « écologie ». Le paradigme actuel est fondé sur l’impératif de croissance, avec le raisonnement suivant :

1 – Il y aura toujours des gains de productivité du travail, car le progrès technique permet de « produire la même chose avec moins de travail » ;

2 – Pour maintenir l’emploi, il faut donc soit réduire sans cesse la durée du travail au rythme des gains de productivité, soit augmenter la production (c’est la croissance) au même rythme, soit mélanger ces deux solutions.

Ce schéma a été vérifié depuis un demi-siècle, bien qu’avec des ratés. Il va s’écrouler. Il faudra créer massivement des emplois sans croissance ni gains de productivité. Pour deux raisons.

La première est que les gains de productivité permettent certes de produire plus de biens avec la même quantité de travail, mais pas avec la même quantité de ressources naturelles, d’énergie et de pollutions diverses. Cela n’était pas trop grave tant que l’on restait loin des seuils d’épuisement ou de renouvellement naturel de ces ressources. Cela devient aujourd’hui le problème majeur. Il va donc falloir privilégier des solutions économisant non plus seulement le travail (gains de productivité), mais aussi, de plus en plus, les ressources naturelles et les rejets (gains de durabilité). Ce qui conduit à la deuxième faille du raisonnement « croissanciste ».

Le fait est massif : produire des biens (ou des services) de façon écologiquement durable exige plus de travail que produire les « mêmes » biens en détruisant les ressources naturelles et le climat. Or, les comptes actuels de la croissance et des gains de productivité ne font aucune différence entre ces deux types de production. Supposons qu’on remplace progressivement l’agriculture industrielle, avec ses innombrables dommages collatéraux sur l’environnement et sur la santé, par de l’agriculture biologique de proximité.

A production identique en quantité, il faudrait approximativement 50 % d’emplois en plus. Les comptes nationaux actuels nous diront alors que la croissance est nulle (même quantité produite) et que la productivité du travail baisse. Pourtant, on aura créé de nombreux emplois, il y aura plus de valeur ajoutée agricole, et surtout la qualité et la durabilité de la production auront été bouleversées positivement.

Dans un autre secteur essentiel, celui de l’énergie, le scénario NégaWatt, Lire la suite

11 juin à Reignac : réunion publique sur le projet de parc éolien

La Communauté de Communes de l’Estuaire (CCE) s’est engagée dans son Agenda 21 pour devenir un pole d’énergies renouvelables. Elle a ainsi obtenu la première Zone de Développement de l’Eolien en Gironde, délivrée par le Préfet le 20 mars 2009.

Une étape importante est encore nécessaire avant de voir tourner les premières éoliennes de Gironde : le développement du projet éolien.Pour ce faire, la CCE s’est associé à un acteur local, spécialisé et reconnu : VALOREM.

Une réunion publique d’information va se déroulée le jeudi 11 juin à 19h à la salle de cinéma de Reignac pour présenter à tous les prochaines étapes du développement du projet de parc éolien.

N’hésitez pas à venir soutenir cette initiative locale encore unique en Aquitaine.

Pour plus d’information sur le projet Lire la suite

Elections européennes : Le développement durable au programme

developpementdurablelejournal, Jacques Cortie, le 3 juin 2009

Elections européennes : Le développement durable au programme

Le développement durable est un des sujets centraux de la campagne électorale européenne

Les grands partis politiques redoublent de propositions pour envisager un avenir durable à l’Europe. Tour d’horizon des axes de leurs engagements à l’approche du scrutin du 7 juin.

Ce n’est pas forcément en tête de leurs propositions mais les préoccupations environnementaliste et les engagements pour l’avenir de la planète figurent en bonne place dans le programme des partis et des regroupements qui briguent les votes des Français le 7 juin prochain. Il y a l’UMP qui, préoccupée par la crise actuelle, fait figurer ses axes écologistes sous l’intitulé « dessiner le monde d’après ». Trois points résument la volonté du parti présidentiel : faire de la France l’économie la plus sobre en carbone et en énergie au monde ; proposer un « Stockholm de l’environnement » sous forme d’un grand débat européen sur le modèle du Grenelle en France qui pourrait s’engager sous la future Présidence suédoise afin d’établir l’ensemble des mesures qui convertiront l’Europe au développement durable ; définir enfin, les secteurs stratégiques où l’Europe devra concentrer ses investissements pour bâtir l’ « éco-croissance ». Sans renvoyer à plus tard l’action pour le développement durable l’UMP souligne aussi la nécessité de « poursuivre le combat » en assurant le suivi des  » objectifs fixés et l’application des textes adoptés sous la Présidence française sur tous les sujets : eau, biodiversité, transport, produits chimiques, déchets… » L’engagement de campagne européen affirme aussi la volonté de l’UMP d’assumer le « leadership dans la lutte contre la déforestation au niveau international, notamment par le recours au marché du carbone ».

La taxation des pollueurs en débat

Une problématique du carbone, avec les marchandages qu’elle implique, qui ne recueille pas, en revanche, l’approbation des candidats qui se présentent sous la bannière du Front de Gauche et qui préfèrent insister sur la « promotion des investissements dans les énergies renouvelables et propres, les économies d’énergie, le développement du transport ferroviaire et de la voie d’eau, la protection des milieux naturels » ainsi que sur « une agriculture paysanne non soumise à la logique productiviste ». Ce qui se résume dans un engagement public pour « une Europe à l’avant-garde du développement durable », car « l’urgence écologique impose une nouvelle vision du développement, qui amène à repenser l’ensemble de notre système économique et social. De nouveaux emplois naîtront de ce mode de croissance plus durable ». Du côté du Modem il s’agit de repenser « nos modes de transports, de production et de logement » pour « permettre d’importantes économies d’énergie ». Dans cette logique le Mouvement des Démocrates affirme aussi vouloir fortement stimuler à la recherche des énergies du futur et approuve tout processus de taxation carbone au niveau européen qui permettait de pénaliser les industries fossiles les plus polluantes. Soit, « taxer les pollueurs pour qu’ils soient incités à modifier leurs comportements ». Dans le collimateur du Modem également la problématique des OGM avec une proposition simple : « Instaurer un moratoire sur les OGM tant qu’un organisme de recherche indépendant n’aura pas évalué tous leurs effets ». Créer, enfin, un « corps de garde-côtes européen pour lutter contre les pollutions maritimes ».

Pour un accord mondial sur le climat

Le Parti Socialiste se place d’emblée Lire la suite

Européennes : les programmes en environnement

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, 29/05/2009

Européennes : les programmes en environnement

Le 7 juin, la veille pour l’Outre-mer, les Français ont rendez-vous dans les isoloirs pour élire 72 eurodéputés dans 8 circonscriptions électorales. Pour ce troisième volet de son dossier consacré aux élections européennes, le JDLE passe en revue les programmes nationaux en matière d’environnement des principales listes.

Evaluer

Rares sont les listes candidates à ne pas afficher un volet environnemental à leur programme pour les européennes. Il faut dire qu’en la matière, le Parlement européen (PE) dispose d’un pouvoir important (1), et que les électeurs européens placent la lutte contre le changement climatique comme la troisième priorité à promouvoir par leur assemblée (2). Si certains candidats font des propositions concrètes, d’autres préfèrent présenter leurs idées de façon plus générale, le Parlement européen n’ayant pas vocation à faire des propositions de loi, mais plutôt à s’exprimer sur celles de la Commission européenne. Voici donc, pour les principales listes présentes dans plusieurs circonscriptions, les volets écologiques des programmes (3).

Alliance Ecologiste Indépendante

La liste d’Antoine Waechter, Francis Lalanne ou encore Patrice Drevet se veut «indépendante, positionnée au-delà du clivage gauche/droite contrairement à Europe-Ecologie», indique Jean-Marc Governatori, tête de liste en Ile-de-France. «Les Verts existent depuis longtemps, et ils ont échoué», estime-t-il. Ses membres militent pour l’accès, via des subventions, à une agriculture européenne 100% biologique d’ici 15 à 20 ans ainsi qu’à un «rétablissement de la ruralité» grâce à une modification de l’orientation des fonds publics. Côté énergies, ils s’opposent à une taxe carbone et souhaitent privilégier en priorité une réduction de la consommation d’énergie. Ils prônent également une sortie du nucléaire d’ici 25 ans et le développement des énergies renouvelables. Enfin, ils souhaitent que «la législation européenne intègre le fait que les animaux sont des êtres sensibles à la douleur physique ou psychique».

Debout la République

Les listes gaullistes, emmenées par Nicolas Dupont-Aignan, sont plus qu’avares en propositions environnementales. Seul un chapitre du programme, sur la qualité de vie, y fait référence, à propos des OGM. «Nous souhaitons privilégier la qualité de nos aliments plutôt que le principe de libre concurrence, en laissant aux Etats la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir, s’ils le souhaitent, mettre en œuvre leur droit de veto», indique Debout la Réublique, qui précise aussi vouloir en finir avec la comitologie, «qui vide de sa substance le débat démocratique».

Europe Ecologie

Rassemblés autour de Daniel Cohn-Bendit, José Bové, ou encore Eva Joly, pour ne citer que quelques-unes des figures les plus connues, la liste des Verts européens se mobilise autour d’une idée phare : «la transformation écologique de l’économie est la clé de la solution à la crise actuelle», comme Lire la suite

Elections européennes et débats citoyens : « Quelle Europe pour notre planète ? »

aqui.fr, Solène Méric, le 29 mai 2009

Elections européennes et débats citoyens : « Quelle Europe pour notre planète ? »

Le second débat citoyen de la semaine relatif aux élections européennes, s’est tenu le mercredi 27 mai à l’Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA). Organisé en partenariat avec la Maison de la Nature et de l’Environnement, le sujet traité, l’était via le prisme essentiel de la protection de l’environnement. Etaient présents un représentant d’Europe écologie, du NPA, du Parti Socialiste, du Parti Radical et un militant du Front de Gauche, pour répondre, chacun selon leur programme, à la question « Quelle Europe pour notre planète ? ».

Valoriser les énergies renouvelables

Sans décrire ici les programmes de chacun, des axes forts se retrouvent au sein de chaque parti. En effet, les divers intervenants ont tous mis en avant la nécessaire valorisation des secteurs des énergies renouvelables et du développement durable, étant par ailleurs considérés comme une source d’emplois non négligeable. Le PS et Europe-écologie, chiffrent a environ 10 millions le nombre de ces emplois verts envisageables en Europe. Ils sont également d’accord sur une diminution d’émission de CO2 et autres gazs à effet de serre, même si les taux espérés diffèrent, de – 20 % pour les radicaux à – 30 % pour le Front de gauche. Sur la question de l’énergie, et d’une manière plus générale, selon le Front de Gauche, « il faut mettre fin à la libéralisation portée par le Traité de Lisbonne ». En effet, celle-ci « pousse à la sur -consommation et participe donc à la catastrophe écologique ». Le Front de Gauche prône à l’opposé des privatisations, en faveur d’un « Pôle européen de l’énergie » à caractère public qui « aura pour rôle de garantir un droit à l’énergie pour tous ».

Sur les transports les avis divergent

La question des transports a également été abordée par les intervenants, mais ici les propositions divergent. Le NPA, pour qui « le combat écologique ne peut pas être autre chose qu’un combat anti-capitalistique », propose par exemple la gratuité des transports en commun et le renforcement du rail pour le transport des marchandises. Les radicaux, quant à eux mettent l’accent sur une « amélioration des trafics aériens pouvant permettre ainsi une diminution de 10 % du CO2 émis ». Europe- écologie s’axe sur une « conversion écologique de l’industrie automobile » qui au-delà d’une forte valorisation des transports en commun, conditionne notamment, « tout soutien public à des critères environnementaux strictes ». Le Parti socialiste, enfin souhaiterait encourager un service public des transports et développer un réseau grande vitesse dense sur l’ensemble de l’Europe.

« Pour ou contre la taxe carbone ? »

Un autre point de discordance à été soulevé par une question du public : « Pour ou contre la taxe carbone, Lire la suite

Lacq : Feu vert au projet Total de stockage souterrain de CO2

France Nature Environnement, Sepanso Béarn, Côteaux du Jurançon, Communiqué de presse, le 28 mai 2009

Feu vert au projet Total de stockage souterrain de CO2

Les associations vont saisir la justice

La société Total vient d’obtenir l’autorisation d’enfouir 120000 tonnes de C02 pendant deux ans, sur Ie site industriel de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Les associations déposent un recours.

La stratégie du Shadok ?

Pour Total, lutter contre les émissions de gaz à effet de serre est très simple : il suffit de pomper ! Malheureusement les choses ne sont pas aussi simples et la technique de Capture et de Stockage de Carbone présente plusieurs risques inacceptables :

La CSC est énergivore : Le rapport parlementaire de M Birraux du 3 mars 2009 note sur ce point: « Le CSC est d’ailleurs présenté comme une technologie de l’énergie, alors qu’en soi, il ne procure aucun apport nouveau d’énergie (. ..) il induit au contraire une consommation supplémentaire d’énergie ». La CSC utilise en effet de l’énergie pour les opérations de capture, de transport et d’injection souterraine.

La CSC est polluante : cette technologie a pour raison première Ie développement des centrales thermiques au charbon à I‘heure ou il faut au contraire développer les sources d’énergies renouvelables, les économies d’énergie et l’efficacité énergétique. Le rapport Birraux note que la CSC « conforte aussi l’utilisation des énergies carbonées dans les pays qui les importent avec même le risque d’accroître leur dépendance énergétique, puisque l’implantation d’un dispositif de CSC impose un supplément de consommation d’énergie » ;

La CSC présente des risques pour l’environnement : L’enfouissement industriel de carbone sous terre présente des risques pour la santé et l’environnement qui ne sont pas maîtrisés. Aucune expertise indépendante et contradictoire n’a été financée à ce sujet. Total a préféré faire appel au BRGM qui …  est engagé en faveur de la CSC !

La CSC est coûteuse : Elle peut « doubler Ie coût de fonctionnement d’une centrale et, par conséquent, aboutir a une augmentation du coût de l’électricité de 21 à 91% » (cf. rapport Greenpeace « Faux espoir » de mai 2008).

La CSC est tardive : ainsi que Ie précise Ie PNUE : « Le CSC arrive beaucoup trop tard sur Ie champ de bataille pour aider Ie monde a éviter Ies changements climatiques ». Rappelons que les industriels eux-mêmes rappellent que la CSC ne sera pas opérationnelle avant 2030. Or, il nous faut réduire drastiquement nos émissions de GES dès 2015….

La CSC n’est pas viable : selon l’Agence internationale de l’énergie, Lire la suite

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

altermonde-sans-frontière.com, Guillaume Duval, Christine Mounier, le 21 avril 2009

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

À en croire les principaux média, le bien-être de tous passe par une croissance soutenue. Pourtant, pour un nombre croissant de personnes, un modèle économique d´avenir et responsable ne passe plus forcément par la croissance économique, mais au contraire par la décroissance.
Décroissance ou développement durable ? : Deux camps s’opposent sur les réponses à apporter aux problèmes environnementaux et aux besoins de la population.

Les événements climatiques extrêmes se multiplient, les déchets s’amoncellent, les nappes phréatiques s’épuisent ou sont polluées, le pétrole va devenir rare et son contrôle fait l’objet de conflits de plus en plus violents, que ce soit en Irak ou en Tchétchénie. Dans le même temps, la capacité du système économique à répondre aux besoins sociaux est de plus en plus contestée. Les inégalités mondiales se creusent et si une partie de l’Asie est en train de sortir du sous-développement, c’est en adoptant un mode de vie dévoreur de ressources non renouvelables. Bref, et chacun (ou presque) en convient désormais : on va dans le mur et il faut changer de mode de développement. Et pas dans un siècle, dès les prochaines années. Mais comment faire ? Un débat de plus en plus vif oppose les partisans d’une « décroissance soutenable », organisant le recul de l’économie monétaire, aux tenants d’un « développement durable » permettant de concilier croissance et écologie.

Sur la gravité de la situation, il n´y a pas de désaccord majeur entre les tenants du développement durable et les partisans de la décroissance. Ernst Ulrich von Weizsäcker, Amory et Hunter Lovins, tenants du développement durable, reprennent à leur compte, dans leur rapport « Facteur 4 », les très sombres prévisions établies par les Meadows dans leur célèbre rapport de 1972 au Club de Rome sur « les limites de la croissance ». Ils envisagent notamment le risque d´un effondrement brutal des productions agricole et industrielle et de la population mondiale dans les prochaines décennies. Quant à Lester Brown, autre tenant du développement durable, il consacre, dans Éco-économie, des pages aux « signes de la tension » qui ne rassurent pas davantage sur l’avenir. Il n’y a pas non plus de divergence sur la nécessité d’une décroissance très rapide de la consommation de matières premières et d’énergie, en particulier, bien sûr, des énergies fossiles.

L’éco-efficience au secours de la croissance

En revanche, les avis s’opposent sur le moyen d’y parvenir. Les tenants de l’éco-économie mettent en évidence les nombreux moyens techniques déjà connus pour consommer beaucoup moins de matières premières et d’énergie tout en produisant autant de biens et de services (à travers le recyclage et une autre conception des produits). C´est le fameux « facteur 4 » d’Ernst Ulrich von Weizsäcker : on peut produire autant avec quatre fois moins d’énergie et de matières premières. D’autres, plus ambitieux encore, parlent de facteur 10. Sans être des ennemis du marché, les tenants de l´éco-économie ne croient pas que les mécanismes marchands sont susceptibles de rétablir seuls les équilibres écologiques. Ils misent sur des politiques publiques très actives et sur une refonte des systèmes fiscaux en fonction de priorités écologiques. De plus, ils soulignent qu´il va falloir changer en un temps record l´essentiel de nos infrastructures : remodeler l’urbanisme, changer d´habitat, reconfigurer les moyens de production dans la plupart des industries, etc. Cet énorme effort d’investissement est générateur de croissance et, à la fois, nécessite de la croissance pour être mis en oeuvre : la croissance faible des vingt dernières années en Europe a plus freiné la transformation écologique des modes de production et de consommation qu´elle ne l’a accélérée.

Attention à l´effet rebond

Les tenants de la décroissance ne croient pas du tout à un tel scénario. Lire la suite

Le DD dans les Départements

projetdeterritoire.com, Annabelle Boutet, le 15 mai 2009

Le développement durable dans les Départements

L’agence de notation BMJ Ratings a publié les résultats de l’enquête conduite, en partenariat avec KPMG, entre juillet et octobre 2008, auprès des Départements sur leurs pratiques de développement durable. Cette enquête s’inscrit dans la continuité des travaux de BMJ Ratings réalisés auprès des 200 plus grandes villes de France depuis 2000, des Régions depuis 2003 et des Départements depuis 2007.

Légèrement modifié pour intégrer les remarques des répondants de l’année 2007, ainsi que les évolutions politiques, réglementaires et sociétales, en particulier celles liées au Grenelle de l’environnement, le questionnaire a été rempli par 38 Départements, représentant environ 27 millions d’habitants. 64% des répondants sont engagés dans un agenda 21. Les résultats sont présentés par domaines (gouvernance, environnement, cohésion sociale, développement économique et aménagement territorial) et illustrés par des exemples d’actions mises en place par les Départements.

Gouvernance. L’enquête souligne qu’un portage politique au plus haut niveau est une condition déterminante de réussite de la démarche. Les instances de concertation, avec les jeunes, les associations, les entreprises ou les collectivités infra-départementales, ne sont pas systématiques. En revanche, les conseils généraux privilégient l’éducation des jeunes au développement durable en intervenant dans les collèges : « 88 % des Départements incitent (ou ont le projet d’inciter) à la mise en œuvre d’agendas 21 dans les collèges ». Par ailleurs, un peu plus d’un tiers des conseils généraux ont défini une politique d’achats responsables mais la plupart d’entre eux se situent dans une « phase amont » (impulsion de la démarche, sensibilisation interne…).

Environnement. Dans le domaine de l’environnement, les Départements s’intéressent progressivement à la problématique énergétique : 42 % déclarent avoir mis en place un plan de maîtrise de l’énergie, 29 % sont engagés dans un plan climat territorial, 29 % contribuent au développement de filières d’énergies renouvelables. Les actions conduites en faveur de la biodiversité concernent, pour les trois quarts des conseils généraux, la promotion du patrimoine naturel, l’inventaire de la faune et de la flore, et la gestion différenciée des espaces verts. La mise en place d’une trame verte est citée par un quart des Départements.

Cohésion sociale. L’enquête révèle que si les schémas sectoriels sont nombreux (personnes handicapées, petite enfance, gérontologie….), les schémas globaux d’organisation sociale et médico-sociale sont rarement mis en place par les conseils généraux. Des approches ou des actions innovantes sont engagées par quelques Départements telles que l’adaptation des horaires des services sociaux, la prévention et bien-traitance envers les personnes âgées, les haltes garderies itinérantes ou micro-crèches…

Développement économique et l’aménagement territorial. Lire la suite

Éolien et solaire : n’opposons pas ces deux énergies !

sudouest.com, Claire Le Lann, le 22 Mai 2009

Éolien et solaire : n’opposons pas ces deux énergies !

L’éolien et le solaire explosent dans le monde, tous les pays (USA, Canada, Inde, Chine… et l’Europe) en ont compris les avantages pour la planète mais aussi pour l’économie : emplois pour la construction de pales et turbines, l’entretien, l’implantation, non délocalisables, durables et qualifiés. Actuellement, l’éolien en France emploie 7 000 personnes, et promet à l’horizon 2020, selon l’Ademe, 60 000 postes. Le Syndicat des énergies renouvelables prévoit quant à lui que le photovoltaïque offrira 15 000 emplois en 2012.

La Région Aquitaine l’a compris depuis longtemps. Le vent et le soleil sont des ressources de nos territoires valorisées à travers le plan climat et la politique de développement durable de la Région. Une façon de participer à la lutte contre les crises écologique et économique, mais aussi de répondre aux exigences du Grenelle de l’environnement qui prévoit la prise en charge, par les Régions, de schémas régionaux des énergies renouvelables. Il était temps, car même si le fort engouement pour le photovoltaïque est une bonne nouvelle, les options choisies pour son développement peuvent parfois être contestables.

En effet, si le développement du photovoltaïque en toiture (bâtiments industriels et commerciaux, bâtiments publics…) est une solution pertinente, on peut s’interroger sur celui des centrales photovoltaïques au sol. Les fermes solaires de grande dimension ne doivent surtout pas venir concurrencer d’autres usages : agriculture, sylviculture, espaces naturels.

N’est-il pas surprenant d’assister actuellement à des déboisements de parcelles pour installer des panneaux solaires, alors même que d’autres espaces peuvent être utilisés ? La tempête de janvier dernier ne doit pas être un prétexte. Les zones dévastées doivent prioritairement être reboisées avant d’envisager l’installation d’une centrale solaire.

Dans tous les cas, de telles installations ne doivent pas occuper des centaines d’hectares, gelant ainsi tout autre usage du sol. Aucune autre activité ne peut être développée. De plus, elles créent, contrairement au parc éolien, des ruptures écologiques avec leur clôture : plus personne ne passe ! Ni les animaux, ni les promeneurs… ni les chasseurs. La continuité des activités agricoles et touristiques est rompue.

Le développement du photovoltaïque à grande échelle passe donc bien par des installations en toiture (maisons, bâtiments industriels et commerciaux, bâtiments publics), les surfaces potentielles étant énormes.

Une réglementation existe déjà pour les parcs éoliens (bruit, paysage, biodiversité) afin de limiter les impacts sur notre environnement et notre cadre de vie. Le photovoltaïque doit lui aussi être encadré pour ne pas créer d’effet d’aubaine comme cela pourrait être le cas dans le Médoc par exemple.

Alors, cessons d’opposer ces deux énergies renouvelables qui sont totalement complémentaires : le soleil brille plus en été et le vent souffle plus en hiver !

Il est donc urgent d’élaborer, dans la plus large concertation, un schéma régional des énergies renouvelables Lire la suite

Amory Lovins : En 2040, plus besoin de pétrole aux USA

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 16 mai 2009

En 2040, plus besoin de pétrole aux USA

Cela fait bientôt 33 ans que cet homme détient la solution aux problèmes énergétiques. Time magazine vient d’ailleurs de lui rendre hommage en le classant parmi les 100 personnalités de l’année. Amory Lovins, de passage à Paris pour la promotion de son ouvrage consacré au capitalisme naturel (publié aux Etats-Unis en 1999, ndlr), est un pionnier discret. Au sein de l’Institut Rocky Mountain, think-tank qu’il a créé en 1983, il conseille de grosses entreprises comme le constructeur automobile Ford ou le chimiste Dow Chemical en matière d’efficacité énergétique, et peut se targuer d’avoir l’oreille des plus proches conseillers d’Obama sur la question. Ce type voit loin: il promet que les Etats-Unis pourront intégralement se passer de pétrole en 2040. Entre deux coups de fourchette, interview.

Quel rôle joue l’Institut Rocky Mountain ?

Nous pratiquons ce que j’appelle l’acupuncture institutionnelle. Nous intervenons auprès des grosses entreprises comme Ford, Dow Chemical, Boeing, …, pour les convertir à l’efficacité énergétique. Investir dans une usine qui fabrique des fenêtres super isolantes coûte 1000 fois moins cher que de produire toujours plus d’électricité en construisant de nouvelles centrales. Nous pensons qu’il faut échanger les megawatts par des negawatts, c’est à dire des watts que l’on n’a pas besoin de produire puisqu’on ne les consomme pas. Et les grandes entreprises comprennent très bien cela. Et je pense que les changements majeurs sont souvent conduits par les grosses entreprises. Ce n’est pas surprenant quand on comprend qu’économiser de l’énergie et des ressources peut s’avérer très profitable. Dow Chemical a investi un milliard de dollars dans les économies d’énergie et ils ont économisé 9 milliards de dollars en quelques années. Dupont de Nemours a diminué ses émissions de CO2 de 80% par rapport à son niveau de 1990. La flotte de camions de Walmart consomme 25% de carburant en moins. Et il existe de nombreux autres exemples.

Pensez-vous que les choses sont en train de changer ?

Oui. A la création de l’Institut, nous étions une poignée d’amis sans argent. Aujourd’hui, nous avons près de 90 employés et un chiffre d’affaires de 13 millions de dollars. Il existe une profusion de gisements de negawatts: dans le bâtiment, les transports, le chauffage, … De la même façon, il y a les barils de pétrole et ceux que l’on ne consomme pas, les nega-barils.

Que pensez-vous du modèle énergétique français basé sur le nucléaire?

La France me fait l’effet d’une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s’appelle le marché économique. L’industrie nucléaire pense que ses principaux concurrents sont les usines à charbon ou à gaz, bref, les grosses centrales d’énergies fossiles, alors que ses principaux concurrents, à mon sens, sont l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Les adeptes du nucléaire pensent que les centrales énergétiques doivent être grosses alors que le futur appartient aux petites centrales électriques. Lire la suite

Jean-Louis Borloo dévoile son plan pour le solaire

lefigaro.fr, Frédéric de Monicault, le 15 mai 2009

Jean-Louis Borloo dévoile son plan pour le solaire

INTERVIEW – Le ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable lance notamment un appel d’offres pour construire une grande centrale photovoltaïque par région.

Jean-Louis Borloo se déplace vendredi dans la région de Chambéry pour une visite placée sous le signe de l’énergie solaire. Au menu, l’annonce de mesures pour que la France accélère son développement dans cette énergie très prometteuse.

LE FIGARO. – Vous dites que la France doit jouer un rôle de tout premier plan dans le développement de l’énergie solaire. Quels sont les grands axes de la stratégie dévoilée vendredi ?
Jean-Louis BORLOO. – D’abord et avant tout, accélérer les raccordements au réseau des infrastructures solaires, en simplifiant toutes les procédures. C’est d’autant plus crucial que, depuis le Grenelle de l’environnement, la progression des capacités de production photovoltaïque correspond à la moitié de ce qui a été réalisé au cours des dix dernières années.

Ensuite, l’État lance vendredi l’appel d’offres visant à implanter d’ici à 2011 au moins une centrale solaire dans chaque région, pour une puissance totale de 300 MW. Cela permet d’alimenter en électricité l’équivalent d’une ville de 150 000 habitants. Ce programme représente un investissement de 1,5 milliard d’euros, réparti sur tout le territoire.

Au cours des derniers mois, la valeur de plusieurs entreprises liées aux énergies renouvelables a chuté de manière spectaculaire. Cela correspond-t-il à une perte de confiance dans cette industrie ?

La crise financière a sans doute eu un impact sur les actions des entreprises, mais je rappelle que le secteur des énergies renouvelables connaît une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. Un exemple : la capacité du photovoltaïque a été multipliée par 2,5 sur la seule année 2008, et l’appel d’offres sur les centrales solaires va permettre de multiplier encore par 5 en quelques mois.

Si on analyse la trajectoire des compagnies vertes, on mesure qu’elles sont un bon amortisseur de crise et qu’elles créent de l’emploi : les énergies vertes amorcent leur expansion. Au contraire, le potentiel est tel que l’on ne peut que progresser.

Vous annoncez vendredi la création d’une équipe de France dédiée à la recherche et l’innovation dans les énergies nouvelles. Qu’est-ce que cela recouvre exactement ?

Le Grenelle de l’environnement va permettre de passer à la vitesse supérieure dans la recherche, notamment dans le solaire avec une enveloppe de 130 millions d’euros sur la période 2009-2012. Mais pour articuler parfaitement cet effort, en accord avec Valérie Pécresse, nous allons mettre en place une nouvelle organisation de la recherche dans le domaine des nouvelles technologies de l’énergie. Nous voulons mieux structurer la valorisation industrielle de cette recherche autour de plusieurs organismes de référence, comme le CEA, l’IFP et l’INES.

Nous avons sollicité l’aval du président de la République et du premier ministre afin de créer un fonds d’investissement dédié aux énergies nouvelles, doté d’un budget annuel de 100 millions d’euros.

Ces dernières semaines, on a surtout parlé de la filière nucléaire française. N’est-ce pas au détriment de l’essor du renouvelable ?

Pas du tout. Au-delà de l’EPR, les véritables augmentations de la capacité de production électrique française reposent sur les énergies renouvelables. La croissance verte du Grenelle de l’environnement est source de compétitivité. Elle crée des emplois et optimise le fonctionnement d’un grand nombre d’infrastructures. La France est véritablement en train de prendre ce virage.

Déclinaison alsacienne pour le Grenelle de l’environnement

libestrasbourg.fr, T.C., le 14 mai 2009

Déclinaison alsacienne pour le Grenelle de l’environnement

ECO-TERRE – Le Grenelle de l’environnement ? « Rassurez-vous, il n’est pas mort. Il est en marche. » C’est la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, qui le dit. Mercredi, elle était à Strasbourg pour signer avec la région Alsace la première « convention » d’application du Grenelle. Ce « pacte écologique », baptisé « Réussir la transition énergétique en Alsace« , court sur la période 2009-2012.

Les objectifs sont triples : réduire fortement les consommations énergétiques des constructions neuves, accélérer la rénovation du parc de logements actuel et développer les énergies renouvelables. Les moyens sont incitatifs. La région offre ainsi en plus des aides de l’Etat une prime de 3000 euros, dans la limite de 200 dossiers par an, pour les particuliers qui acquièrent un logement neuf répondant aux normes « bâtiment basse consommation » (moins de 50 kWh/m2/an). Elle prévoit aussi des aides aux bailleurs pour le logement social neuf ou issu d’opérations d’acquisition-amélioration (jusqu’à 50 euros par m2). Pour la rénovation du parc social actuel, la région lance un appel à projets de 500 logements par an pour lesquels elle apportera une aide permettant de ramener le taux d’intérêt des prêts à 0 % (contre 1,9 % dans le dispositif prévu par l’Etat).

Le conseil régional prévoit également de « sensibiliser et mobiliser » les acteurs locaux dans le cadre des appels à projets pour la construction de centrales de cogénération alimentées à partir de biomasse et « d’accompagner cinq projets de géothermie profonde à l’horizon 2015« . Elle compte encore lancer un programme d’équipement des lycées en solaire photovoltaïque, là où « ce sera possible ».

Pour l’appui financier de cette convention, l’Ademe et le conseil régional bénéficieront en Alsace d’un budget annuel de 19,2 millions d’euros. Au plan national, le Grenelle de l’environnement dispose de « 19 milliards d’euros sur trois ans auxquels s’ajoutent 5 milliards du plan de relance », précise Chantal Jouanno.

« Territorialiser » le Grenelle par le biais de ces conventions régionales est la clé de sa réussite, argumente le président UMP du conseil régional, Adrien Zeller, partisan d’une plus large décentralisation : « Le développement durable est en train d’imprégner tout notre développement régional. La croissance verte est un élément majeur de la sortie de crise que nous préparons. Chaque convention sera adaptée au contexte, au terrain, à la nature des acteurs. Ici, on n’a pas d’éolien, mais on a la géothermie« .

Certains restent cependant dubitatifs. A l’image du conseiller régional Vert Jacques Fernique, qui s’interroge sur le sort de la taxe expérimentale alsacienne sur la circulation des poids lourds, évoquée et débattue depuis longtemps mais toujours pas appliquée. « Cette inertie annonce-t-elle Lire la suite

Gironde : Journées des Moulins les 16 et 17 mai

Les Journées des Moulins et du Patrimoine Meulier d’Europe  se tiendront les 16 et 17 mai 2009 dans toute la France et en particulier en Gironde.

L’Association Girondine des Amis des Moulins (AGAM), affiliée à la Fédération Des Moulins de France, organisatrice de ces Journées dans notre département, vous invite à visiter les sites ouverts au grand public.au cours de balades, de randonnées, de sorties familiales.
Le 17 mai, à 11h00, le Président du Comité Départemental du Tourisme se rendra sur le site du Moulin du Grand Puy à Lansac pour présenter les deux dernières parutions du CDT : « Carnets de voyages » dont 4 pages sont consacrées aux Moulins de Gironde et le dernier numéro de « Mémoire de Pierres » dont le thème est « les Moulins à vent de Gironde ».

Si le les Moulins ont fortement marqué le Patrimoine industriel, ils sont aujourd’hui des objets patrimoniaux essentiels dans le développement du Tourisme culturel et l’énergie hydraulique et éolienne redevient un sujet d’intérêt dans le cadre des énergies renouvelables.

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Van Jones rêve de convertir les Etats-Unis aux emplois verts

actu-environnement.com, Agnès Sinaï, le 6 mai 2009  

Van Jones rêve de convertir les Etats-Unis aux emplois verts

Conseiller spécial du président Obama, activiste et auteur d’un best seller sur les emplois verts, Van Jones prône la justice environnementale et la fin d’un éco-apartheid qui a permis à l’économie de prospérer sur la destruction de l’environnement.

Reportage à Richmond, en Californie – 2e volet

Quand il évoque un éco-apartheid, Van Jones sait de quoi il parle. Avant de rejoindre l’équipe du président Obama, il vivait à Oakland, une banlieue de San Francisco voisine de Richmond, ville ouvrière sévèrement polluée par une raffinerie pétrolière et affectée d’un fort taux de chômage. Van Jones s’est d’abord mobilisé localement, en créant Green for All, une association de soutien à la création d’emplois verts et sociaux. Son activisme et son charisme l’ont fait remarquer, et le voici invité par le président Barack Obama en personne comme conseiller à la présidence. Son succès auprès du public américain, sa capacité à remuer les consciences le classe parmi les personnalités les plus en vue aux Etats-Unis, héros de l’environnement par le magazine Time en 2008. Dans son livre à succès, The Green Collar Economy1 (L’économie des cols verts), Jones annonce la fin de l’âge du carbone, et le début de l’ère de l’énergie solaire. Il déduit sa lecture de l’histoire d’une série d’événements : la crise financière liée au surendettement de la société américaine et à la surconsommation l’ont fait réfléchir. Ce qui se passe est énorme, confie-t-il au magazine Oakland, cette horrible panne, où le prix des maisons chute, où l’endettement par cartes de crédit explose, c’est terrible. Mais cette panne va être aussi une opportunité. Nous allons devoir cesser d’édifier l’économie sur la destruction environnementale, et nous allons nous orienter vers la restauration de l’environnement comme un moyen de faire avancer l’économie. Et, comme le répète Jones, l’économie des cols verts devra être inclusive, elle devra impliquer les plus pauvres des pauvres, les minorités et les nouveaux chômeurs comme des forces vives capables de relancer la prospérité américaine.

Noirs, Blancs et… verts

A voir l’énergie qu’il déploie, on a peine à imaginer que Van Jones ait pu être confronté à des réticences à l’époque où il démarchait pour trouver un éditeur qui accepte de publier son livre. A San Francisco, lors de sa première signature, le livre ayant été finalement publié par HarperCollins, il confiait à son auditoire les réactions qu’il avait rencontrées : les Noirs n’achètent pas des livres verts, et les Blancs n’achètent pas des livres de Noirs. Ces éditeurs regrettent sans doute leurs propos hâtifs. Van Jones parcourt le pays de long en large et s’adresse à toutes les catégories de la population, des Slow Food aux congrégations religieuses. A Oakland, il a co-fondé le Centre Ella Baker pour les droits humains, qui a servi à faire passer deux dispositifs dans la législation de Californie à l’origine de la création d’un conseil pour les emplois verts et de programmes de formation aux technologies vertes.
Jones dirige aussi Green for All, qui, alliée à d’autres associations, a donné lieu à la loi pour les emplois verts et les infrastructures, Lire la suite

Trois ans pour dire adieu à l’énergie pas chère

ouest-france.fr, Serge Poirot, le 28 avril 2009

Trois ans pour dire adieu à l’énergie pas chère

L’épuisement du pétrole est proche. Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean nous annoncent le repeuplement des campagnes, la fin des banlieues et le retour de la 2 CV !

Polytechnicien, expert en énergie, concepteur du bilan carbone et conseiller de Nicolas Hulot, Jean-Marc Jancovici lance un appel au changement urgent et radical dans C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde.

Pourquoi trois ans ?

Nous avons voulu insister sur le fait qu’il faut commencer à se secouer très sérieusement. Chaque année qui passe sans qu’on prenne le problème « énergie-climat » à bras le corps se paiera très cher. Grâce à l’énergie abondante et bon marché, l’humanité a connu une phase d’expansion sans précédent. Maintenant, on va devoir passer à la caisse. Ça va nécessiter des décennies d’efforts. Il faut dire la vérité aux gens : l’augmentation indéfinie du pouvoir d’achat n’aura pas lieu. Nous allons avoir à gérer une forme de sobriété matérielle.
Vous pensez que la crise actuelle est d’abord une crise énergétique ?
C’est le premier accès de fièvre. L’économie consiste essentiellement à transformer les ressources naturelles. Or, il n’y a pas de transformation sans énergie. Le point de départ de la crise, c’est la récession due à l’explosion du prix du pétrole entre 2002 et 2008. Beaucoup pensent que tout va repartir comme en 40. Nous pensons qu’une époque nouvelle commence.
Mais le prix du pétrole est en baisse.

Oui, c’est normal : on est en récession. L’effet du prix de l’énergie sur l’économie se manifeste sur le long terme. Le prix d’un service énergétique : se déplacer, laver son linge, avoir une réaction chimique donnée, etc… a été divisé par 30 depuis 1900. Le litre d’essence à 1 € procure une énergie mille fois moins chère que le travail humain qu’il remplace. Mais il y a une limite physique : le pétrole met 50 millions d’années à se former.
Il n’y a pas que le pétrole…

Tout le monde est persuadé qu’on va être sauvés par les éoliennes et le photovoltaïque. Dans les vingt ans qui viennent, ça ne fera aucune différence. C’est de l’argent dépensé en pure perte. Quant au nucléaire, que j’aime bien, il est limité par les besoins en capitaux et en compétences. Ce sont des solutions pour le long terme. Pour la période de transition, 80 % du problème va devoir être traité par des économies. La question est : est-ce qu’on les organise ou est-ce qu’on les subit ?

Vous voulez repeupler les campagnes…

Depuis un demi-siècle, on a remplacé les agriculteurs par des tracteurs et des camions. Lire la suite

Vaincre le « Triple Crunch »

alternatives.ca, Guillaume Hébert, le 30 avril 2009

L’auteur est chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

Vaincre le « Triple Crunch »

Au Québec comme ailleurs, les citoyens doivent saisir l’opportunité de restructurer l’économie de façon à régler non pas à une ou deux crises, mais bien trois. À cet effet, des intellectuels britanniques en faveur d’un New Deal vert (Green New Deal), ont lancé des pistes de solutions d’envergure visant à contrer le « Triple Crunch » : la crise écologique, la crise financière et la crise pétrolière.

À quoi devrait ressembler un New Deal vert au XXIe siècle ? Une politique économique de cet ordre implique un rôle important de l’État par le biais d’investissements. Face à la crise écologique, ces investissements massifs devraient être verts, c’est-à-dire qu’ils doivent permettre la réduction des émissions de carbone et mettre l’économie sur la voie de la viabilité écologique. Par conséquent, les projets d’infrastructures proposés par les gouvernements semblent inadéquats, puisqu’ils abordent le défi de la même façon que ce que l’on faisait il y a cinquante ans, à une époque où les dévastations écologiques causées par le productivisme de la société de consommation étaient négligées.

Une meilleure planification

Un travail considérable sera nécessaire en habitation. Un New Deal vert encourage le principe « un bâtiment, une station énergétique », selon lequel un plan de grande envergure reverrait l’ensemble des méthodes de construction et planifierait la mise à niveau des immeubles, notamment les bâtiments publics. L’adoption d’une telle perspective créerait des emplois dans le domaine de l’efficacité énergétique et des projets d’énergie renouvelables tels l’éolienne et le solaire. À l’échelle canadienne, ceci permettrait de créer 200 000 emplois, selon le Congrès du travail du Canada.

Une remise en question de l’aménagement du territoire pour notamment enrayer les désastres provoqués par l’étalement urbain, est aussi nécessaire. Un groupe de chercheurs de l’Université d’Ottawa, Sustainable Prosperity, a produit un rapport évaluant une vingtaine de grands projets pour répondre à la crise. C’est le développement du transport collectif qui obtient la meilleure note lorsqu’il s’agit de mettre en place des plans susceptibles de relancer l’économie tout en respectant l’environnement. En effet, le transport en commun a un impact positif sur la qualité de l’air et sur l’efficacité générale du carburant, et il permet d’élaborer de nouvelles technologies dans ce domaine.

D’autres pays, notamment en Europe, ont initié depuis plusieurs années la mise sur pied d’une classe de « cols verts », des travailleurs liés à un meilleur respect de l’environnement. En Allemagne ou en Espagne, Lire la suite

Les Européens et le changement climatique

europarl.europa.eu, parlement européen et CE, avril 2009

Changement climatique

Les principaux résultats de cette étude sur le changement climatique, menée conjointement par le Parlement européen et la Commission européenne, attestent d’une réelle prise de conscience chez les Européens et d’une volonté d’agir de façon plus « éco-responsable ».

Actuellement, juste après la pauvreté, le changement climatique est vu par les Européens comme le problème le plus sérieux pour la planète. Si plus de la moitié d’entre eux se déclarent assez bien informés sur le changement climatique, nombreux sont, toutefois, ceux qui se disent encore mal informés.

Interrogés sur les actions à prendre, la majorité des Européens estiment que ni l’industrie, ni les gouvernements, ni les citoyens, ni l’UE n’en font assez pour lutter contre le changement climatique. Trois sur quatre condamnent surtout l’industrie.

Cette étude montre que de plus en plus d’Européens prennent personnellement des mesures pour lutter contre le changement climatique, tant au niveau de leurs habitudes de consommation (tri des déchets, réduction de la consommation d’énergie et d’eau de leur foyer, réduction de la consommation de produits jetables, achat de produits locaux et de saison) que dans leur mode de transport. On note encore des efforts à faire au niveau des énergies renouvelables.

Dernier fait marquant, 44% des Européens déclarent être prêts à payer davantage pour lutter contre le changement climatique.

Plus d’information Lire la suite

Réchauffement climatique : Le pari écologique d’Obama

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 28 avril 2009

Réchauffement climatique : Le pari écologique d’Obama

Nouveaux « défenseurs » de la lutte contre le réchauffement cimatique, les États-Unis restent le plus grand émetteur mondial de CO2 par habitant.

Le président américain a organisé à Washington, hier, lundi 27 avril, un Forum des états les plus pollueurs de la planète. Héritier d’un certain laissez-faire écologique de l’administration américaine, Barack Obama veut reprendre le flambeau d’une politique environnementale plus agressive. Non sans arrière-pensée économique.

Devenu le nouveau « pourfendeur » des gaz à effet de serre (GES), Barack Obama multiplie les appels du pied pour faire entendre sa voix. Les plus gros émetteurs de GES, dont l’Inde et la Chine, se sont réunis lundi 27 avril à Washington pour préparer un éventuel texte commun en vue de la conférence des Nations-Unies de Copenhague qui doit jeter en décembre les bases de l’après Kyoto.

Après des décennies d’inaction, le fossé sera dur à combler pour les États-Unis, considérés comme les plus gros producteurs de GES de la planète. En particulier face à l’Europe, qui, malgré quelques voix discordantes, a lancé depuis quelques années une politique ambitieuse de lutte contre les émissions de CO2.

Le nouveau président américain propose de réduire d’environ 15% les émissions américaines de dioxyde de carbone d’ici à 2020, ce qui les ramènerait au niveau de 1990. Un effort « conséquent » après un Georges Bush qui n’avait pas voulu signer le Protocole de Kyoto, mais jugé bien insuffisant par l’UE qui souhaiterait un engagement deux fois plus important. Lors de la réunion des ministres de l’environnement, qui s’est tenu le 23 avril à Syracuse en Italie, les Européens ont rappelé qu’ils se prononçaient eux, unis cette fois, pour une réduction minimale de 20% avant 2020, sur la base de leurs émissions de 1990. Une sacré différence ! 

Un enjeu économique pour le leadership américain

Pour Barack Obama, le calcul est aussi économique. En s’engageant pleinement dans la lutte contre un fléau considéré comme l’un des principaux enjeux du XXIe siècle, le président américain tient avant tout à redorer le blason d’une Amérique sérieusement ternie par des années d’administration Bush. À la clé : de nouveaux marchés qui pourraient s’ouvrir aux industriels américains, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables avec le solaire et l’éolien. Un levier économique non négligeable à l’heure d’une crise mondiale où le développement durable reste l’un des rares secteurs en croissance. Et Barack Obama n’a pas manqué d’y voir également la possibilité d’un nouveau leadership américain : « Le pays qui mènera le monde dans la création de nouvelles sources d’énergie sera le pays qui dominera l’économie mondiale du XXIe siècle. L’Amérique peut être ce pays ». 

La croissance par l’énergie

« La vérité, c’est que Lire la suite

Borloo : « Soit vous faites bouger tout le monde, soit ça se terminera mal »

terra-economica.info, Bertrand Desprez, David Solon, Simon Barthélémy, le 27 avril 2009

Jean-Louis Borloo : « Soit vous faites bouger tout le monde, soit ça se terminera mal »

Mettez dans une même pièce un ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, un scientifique de renommée internationale, Jean Jouzel, et un économiste spécialiste du climat, Stéphane Hallegatte. Vous obtiendrez un débat engagé et réchauffant. Morceaux choisis.

Les dernières études indiquent que les pires scénarios climatiques sont en train de se réaliser. Qu’en est-il ?

Jean Jouzel : Les choses sont claires. Pour limiter l’élévation des températures à 2° par rapport à 2000, il nous faut diviser nos émissions de gaz à effet de serre par 3 d’ici à 2050. En les divisant par 2, nous n’avons aucune chance d’y parvenir. Pour cela, nos émissions doivent décroître dès 2015, c’est-à-dire immédiatement, alors qu’elles n’ont jamais augmenté aussi rapidement. Toute la question est de savoir si nos sociétés, nos politiques sont disposés, dès aujourd’hui, à prendre les mesures qui s’imposent.

Stéphane Hallegatte : Jean Jouzel parle d’action immédiate. Il a raison. C’est en effet très paradoxal d’envisager que nous sommes face à des phénomènes climatiques qui vont s’étendre sur plusieurs siècles, mais que la nature et l’ampleur de ces phénomènes vont se décider dans les deux ou trois années à venir. C’est pour cette raison que l’enjeu de la conférence sur le climat de Copenhague, en décembre prochain, est gigantesque. Rater cette échéance aurait une incidence forte sur le très long terme.

Le seuil de danger, soit 2° d’augmentation des températures, risque d’être atteint. Comment l’éviter ?

J.J. : Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais, même si nous parvenons à stabiliser la température à + 2°, cela ne garantit aucunement un monde calme. Il faut suivre les recommandations de mon confrère James Hansen, de la Nasa, qui n’est pas optimiste. Il part des objectifs européens de réduction des niveaux de concentration de CO2 dans l’atmosphère. Notre continent s’est fixé un niveau ambitieux de 550 particules par million [ppm]. Problème : il est insoutenable ! Et plus inquiétant encore : atteindre 450 ppm – ce qui suppose un effort très soutenu – n’empêcherait ni la disparition des glaces de la planète ni l’élévation très sensible du niveau des mers. Hansen conclut donc qu’il n’y a pas d’autre choix que de se limiter à 350 ppm si l’on veut conserver notre climat dans l’état où il se trouve aujourd’hui. Or nous en sommes déjà à 380 ppm.

S.H. : 450 ppm, ce serait déjà pas mal.

Cet objectif de 350 ppm est-il envisageable ? Ce chiffre est-il compréhensible pour le grand public ?

J.J. : Non, c’est dur. Communiquer sur la nécessité de diminuer la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère, cela signifie stopper toutes les centrales à charbon immédiatement, replanter massivement des arbres… Techniquement, pourquoi pas dans l’absolu. C’est, en revanche, plus difficile de communiquer là-dessus.

Jean-Louis Borloo : Ce dont je suis certain, c’est qu’il faut dire à tous que c’est faisable, que c’est le progrès et que ce n’est nullement un retour en arrière. D’où vient cette problématique du changement climatique ? D’un fondement économique qui a lui-même un fondement énergétique qui n’est pas indispensable, ni vital. Nous sommes en train de vivre une parenthèse extraordinaire. Et dans l’histoire de l’humanité, cette parenthèse sera considérée comme la parenthèse du tandem pétrole-charbon, dominé par le pétrole. C’est une anomalie. Tout le monde peut bien comprendre qu’une fraise qui parcourt 10 000 km n’est pas une absolue nécessité pour l’humanité. De même que d’avoir de la mobilité quasi exclusivement par des moteurs thermiques n’est pas une fatalité. En fait, ce qu’il faut avoir en tête, Lire la suite

Sarkozy commet une erreur en se faisant le VRP du nucléaire

lemonde.fr,  Jean-Michel Bezat, le 21 avril 2009

Pour Robert Lion, « le président Sarkozy commet une erreur en se faisant le VRP du nucléaire »

Robert Lion, 74 ans, est le président de Greenpeace France. Cet inspecteur général des finances a été directeur du cabinet de Pierre Mauroy, premier ministre, en 1981-1982, puis directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (1982-1992). Il a ensuite présidé Energy 21 (1994-2000), et préside toujours l’association Agrisud.

Etre président de Greenpeace France, c’est être hostile au nucléaire. N’est-ce pas étonnant pour un ancien grand commis de l’Etat ?

La République n’est pas si sectaire ! J’ai dirigé une administration centrale, le cabinet de Pierre Mauroy, la Caisse des dépôts et consignations, sans cacher mes hésitations puis mon hostilité au nucléaire. Délégué général du mouvement HLM après le premier choc pétrolier, j’ai été un promoteur acharné de la maîtrise de l’énergie et du solaire ; nous combattions EDF, qui essayait d’imposer partout le chauffage électrique. A Matignon, j’ai guerroyé contre mes amis socialistes qui voulaient lancer trois tranches nucléaires par an, alors que nous étions déjà en surcapacité !

Greenpeace a été espionné par EDF. Comment interprétez-vous ces agissements ?

A bien des égards, EDF est une magnifique entreprise. Elle s’est fourvoyée avec le tout-nucléaire. Elle se dévoie avec de telles pratiques. Au-delà des sanctions, cela appelle le mépris.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que le nucléaire est une arme contre le réchauffement climatique ?

Le meilleur moyen de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre est la réduction des consommations énergétiques. Vous pouvez faire le choix, dans un pays comme le nôtre, de produire encore plus d’électricité, et préférer alors le nucléaire au gaz ; vous pouvez choisir au contraire d’améliorer à grande échelle l’efficacité énergétique dans le bâtiment. Pour une tonne de CO2 évitée, la seconde voie coûtera beaucoup moins cher et créera sept à dix fois plus d’emplois. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a souligné la priorité à donner à la maîtrise de l’énergie pour aboutir à un scénario limitant les émissions de CO2.

L’isolation des bâtiments, est-ce bien la panacée ?

Il ne s’agit pas seulement d’isoler ! C’est la conception d’un immeuble ou d’une maison et l’usage induit par cette conception qui sont en cause. Ce sont aussi le contrat de chauffage, les équipements – des chaudières aux ampoules -, les combustibles utilisés : pensez à la géothermie, par exemple, ou à la cogénération. Tout cela, bout à bout, évite la gabegie et conduit à la sobriété.

Les partisans du nucléaire mettent aussi en avant l’indépendance énergétique qu’assure le nucléaire…

Même réponse ! Si vous limitez la consommation de chaleur, de froid, d’éclairage comme celle des carburants dans les transports, vous réduisez la dépendance énergétique du pays. 50 kWh par an au m2 dans le bâtiment ou 120 grammes de CO2 au km pour les automobiles, c’est le même combat ! Dans dix ans, ces seuils eux-mêmes nous paraîtront archaïques parce que trop élevés.

Les écologistes n’entretiennent-ils pas une peur excessive ?

Tchernobyl n’est pas un fantasme ! Le risque d’accident se multiplierait si le nucléaire civil était adopté par des pays sans culture industrielle. Les déchets nucléaires, qu’on ne sait toujours pas éliminer, font de nous des transmetteurs de mort aux générations futures. Quant au risque de prolifération, qui en a le plus peur sinon les gouvernements occidentaux dressés contre le nucléaire iranien ? Disséminer l’atome, c’est aller inévitablement vers son utilisation, un jour, par des Etats agressifs et par des mafias. Le président Sarkozy commet une erreur géostratégique en se faisant le VRP du nucléaire.

Et pourtant, les projets de centrales fleurissent dans le monde… Lire la suite

Energies et climat : les tendances sont insoutenables

contreinfo.info, NC, le18 novembre 2008 à partir de AIE, le 12 novembre 2008

Energies et climat : les tendances actuelles sont insoutenables, avertit l’AIE

[Nombreux graphiques sur le document d’origine]

 « Les tendances actuelles dans l’approvisionnement et la consommation d’énergie sont manifestement non soutenables – écologiquement, économiquement et socialement. Elles peuvent et doivent être modifiées », avertit Nobuo Tanaka, le directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie. Mettant en garde contre les tensions prévisibles en raison du déclin accéléré des gisements et de la hausse de la demande – il faudra mettre en production l’équivalent de 6 Arabie Saoudite d’ici 2030 – il estime que « l’ère du pétrole bon marché est terminée. » Sur le volet de la lutte contre le réchauffement climatique, les difficultés ne s’annoncent pas moindres. Même si les pays de l’OCDE réduisaient à rien leurs émissions, la limite des 450 ppm d’équivalents-CO2 serait malgré tout dépassée. Extraits du dernier rapport de l’Agence, voici les faits, les chiffres et les tableaux qui décrivent l’ampleur de la tâche.

Agence Internationale de l’Energie, 12 novembre 2008

« Nous ne pouvons pas laisser la crise financière et économique retarder l’action politique requise d’urgence pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique et réduire l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Nous devons effectuer une révolution mondiale dans le domaine de l’énergie, consistant en une amélioration de l’efficacité énergétique et l’augmentation de la mise en oeuvre d’énergies pauvres en carbone », a déclaré Nobuo Tanaka, directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) à Londres à l’occasion de la présentation du « World Energy Outlook (WEO) 2008 » – la nouvelle édition de la publication de l’agence qui dresse un tableau prospectif sur les questions énergétiques.

Projections

Dans le scénario de référence du WEO-2008, qui prend pour hypothèse la poursuite des politiques gouvernementales actuelles :

– la demande mondiale d’énergie primaire croît de 1,6% par an en moyenne entre 2006 et 2030 – soit une augmentation de 45%. Chiffre inférieur à celui prévu l’an dernier, principalement en raison de l’impact du ralentissement économique, de la perspective de prix plus élevés et de nouvelles initiatives politiques.

– La demande de pétrole augmente de 85 millions de barils par jour actuellement à 106 mb/j en 2030 – soit 10 mb/j de moins que prévu l’an dernier.

– La demande de charbon augmente plus que toute autre source d’énergie en termes absolus, représentant plus d’un tiers de l’augmentation de la consommation d’énergie.

– Les énergies renouvelables modernes croissent plus rapidement, dépassant le gaz, pour devenir la deuxième plus grande source d’électricité peu après 2010.

– La Chine et l’Inde représentent plus de la moitié de l’augmentation de la demande d’énergie à l’horizon 2030 alors que le Moyen-Orient apparaît comme une nouvelle région consommatrice.

– La part de l’énergie mondiale consommée dans les villes passe de deux tiers à près de trois-quarts en 2030. La quasi-totalité de l’augmentation de production d’énergie fossile se produit dans les pays en dehors de l’OCDE.

– Ces tendances impliquent une augmentation des investissements dans le secteur de l’énergie de 26 300 milliards de dollars d’ici 2030, soit plus de 1000 milliards par an. Pourtant, les tensions sur le crédit pourraient retarder ces dépenses, et potentiellement provoquer un effondrement de l’offre qui pourrait étouffer le redressement économique.

Tendances insoutenables

« Les tendances actuelles dans l’approvisionnement et la consommation d’énergie sont manifestement non soutenables – écologiquement, économiquement et socialement. Elles peuvent et doivent être modifiées Lire la suite

Pellegrue : Marché biologique, concerts, écohabitat…

Sud-Ouest, NC, le 17 Avril 2009

Marché biologique, concerts, écohabitat…

La seconde édition des rencontres écocitoyennes baptisées, cette année, « Vers un rêve de Terre » commence samedi, à partir de 10 heures et se poursuit jusqu’au dimanche à 2 heures du matin, dans tout le village de Pellegrue de la salle des fêtes à l’église, en présence de 90 exposants.

Voici l’essentiel du programme

Dès 10 heures : marché biologique et local, artisanat écologique, traditionnel, local, et équitable, informations diverses sur la santé alternative, les transports propres, l’écohabitat, les énergies renouvelables, la récupération des eaux de pluie, la valorisation des déchets, l’enseignement alternatif, la presse spécialisée, les soins aux tout-petits, l’économie éthique et solidaire.

Des artistes de rues (marionnettistes, comédiens, jongleurs, conteurs, musiciens…) inviteront toute la journée petits et grands à émettre leurs vœux, à l’occasion d’un jeu citoyen « Vers un rêve de Terre ».

Buvette et restauration biologiques avec notamment la tente berbère de Semia et son thé à la menthe. Des concerts sont également programmés en soirée sous la halle.

L’entrée est gratuite. Possibilité Lire la suite

Appel pour une diversification urgente du bouquet énergétique

alecoso.fr, avril 2009, ATTAC, Global Chance, Les Amis de la Terre et Réseau « Sortir du nucléaire » 

APPEL D’INTÉRÊT PUBLIC POUR UNE DIVERSIFICATION URGENTE DU BOUQUET ÉLECTRIQUE FRANÇAIS

Depuis plusieurs années, de nombreux partis politiques, syndicats et associations, de sensibilités diverses, soulignent la nécessité d’une diversification des sources d’approvisionnement électrique en France, ne serait-ce que pour réduire les risques de black-out et d’interruptions de la fourniture de courant aux usagers, et garantir ainsi le maintien d’un service public de qualité.

Avec près de 80% de sa production électrique d’origine nucléaire (contre, respectivement, 30%, 20%, 15% et 2,2% pour le Japon, les États-Unis, la Russie et la Chine), la France est le seul pays au monde à dépendre autant de cette source d’électricité peu modulable et donc inadaptée aux pointes de consommation. L’extrême centralisation inhérente à la technologie nucléaire, outre qu’elle entraîne des pertes d’énergie sur le réseau, constitue une cause supplémentaire de vulnérabilité potentielle de l’approvisionnement électrique, dans un contexte de multiplication des incidents et accidents, notamment liés à l’âge du parc et à certaines erreurs de conception [1] mais aussi aux logiques de financiarisation et de privatisation qui touchent à la fois les secteurs du transport et de la production d’électricité – logiques dont on voit hélas mal comment les infléchir à très court terme.

D’une part, ses 58 réacteurs rendent notre pays notoirement excédentaire en moyens de production continue de courant (répondant aux besoins en base). La nécessité technique que ces installations fonctionnent jour et nuit – hors périodes d’arrêt pour maintenance – encourage chez nous la surconsommation électrique [2]. L’électricité ne pouvant se stocker, cette surproduction entraîne aussi des exportations à bas prix de courant à l’étranger, lesquelles ont, dans nombre de pays, un effet de dumping dissuasif sur le développement des énergies renouvelables, qu’elles soient thermiques (biogaz, biomasse…) ou autres. Par ailleurs, le surcroît de plutonium et de déchets radioactifs correspondant à ces exportations restera bien sûr, quant à lui, stocké sur le sol français.

D’autre part, les unités de production thermiques plus souples (utilisables en périodes de pics de demande électrique sans générer le reste du temps de gaspillages ni d’incitations à la surconsommation) commencent en revanche à faire cruellement défaut – d’où les difficultés croissantes de RTE (le Réseau de transport d’électricité) pour faire face à la demande sans discontinuité. Cela oblige, lors des pointes de consommation ou d’incidents sur le réseau, à de coûteuses importations d’électricité produite à l’étranger, y compris à partir de ressources fossiles particulièrement polluantes comme le lignite ; celles-ci sont en outre souvent brûlées dans des centrales de conception dépassée, à mauvais rendement énergétique et ne répondant pas aux normes environnementales les plus récentes.

Autrement dit, au lieu d’apporter au niveau planétaire des économies nettes d’émissions de gaz carbonique (CO2), notre parc électronucléaire surdimensionné amène en pratique la France à externaliser, vers des états comme l’Allemagne ou la Pologne, des émissions massives de CO2 et d’autres polluants liées à l’exploitation ponctuelle de centrales thermiques anciennes, ce qui retarde d’autant la fermeture des plus vieilles centrales étrangères… alors même que notre pays fut pionnier, y compris à l’exportation (vers la Chine, les États-Unis…), en matière de centrales dites « à charbon propre » (comme celle de Gardanne), filière qu’EDF a pour l’heure négligé de développer sur le territoire national.

Il faut aussi noter que le recours à Lire la suite

L’Encyclopédie du Développement Durable

L’Encyclopédie du Développement Durable, avril 2009

S’engager dans le développement durable est le défi majeur de notre 21ième siècle. L’Encyclopédie du Développement Durable est un outil pour la compréhension des enjeux et la mobilisation.

Projet d’éducation populaire, elle se propose de vulgariser les connaissances scientifiques, de promouvoir une réflexion militante et de diffuser des repères pour l’action en faveur du développement durable. Le citoyen pourra appréhender les liens existant entre des champs apparemment divers (scientifiques, techniques, politiques, socio-économiques, culturels…), sans rester prisonnier des cloisonnements thématiques.

Pour accéder aux articles de l’Encyclopédie, il vous suffit de cliquer sur les titres des sous chapitres ci- dessous.

1. La prise de conscience, pour une politique mondiale

1.1 De l’éco-développement au développement durable (concepts, principes, valeurs) (10)

La nature

janvier 2009, par Flipo, Fabrice

Mots clefs associés : écologie, économie, environnement, philosophie, science et recherche, technologie

Ce qui est “nature” nous semble évident puisque… naturel. Pourtant ce qui est nature est difficile à définir : s’agit-il d’êtres, de normes ou de culture ? Selon les cas, la “protection de la nature” est à la fois absurde et évident, cet article tente d’en dénouer le (…)

Reconsidérer la richesse

novembre 2008, par Viveret, Patrick

Mots clefs associés : économie sociale et solidaire, crise écologique, crise financière, crise sociale, inégalité sociale, indicateurs de richesse, modes de vie, monnaies complémentaires

Notre paysage économique, social, écologique et culturel se bouleverse profondément et rapidement. Face à ce constat, les outils de mesure de nos activités,en particulier le PIB,ne sont plus adaptés. Pour répondre à la démesure de la crise que nous vivons, il est urgent d’inventer de nouveaux (…)

Les voies du Développement Durable

septembre 2007, par Ruellan, Alain

Mots clefs associés : gestion des ressources naturelles, participation, politique, stratégies pour le développement durable

La situation actuelle du Monde est inquiétante : les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres ; les modes de vie dégradent les écosystèmes, épuisent les ressources naturelles, déséquilibrent les grands systèmes mondiaux ; en conséquence, les violences humaines s’accentuent. Comment (…)

Naissance et formation du concept de développement durable : une approche historique

juin 2007, par Nicol Jean-Pierre

Mots clefs associés : activités humaines, écologie politique, conférences, croissance, politique

Face à l’idée, née de la révolution industrielle du XIXe siècle, selon laquelle le progrès technique assurera une croissance indéfinie et un progrès linéaire, on a assisté à une progressive prise de conscience, à partir des années 1920, relative aux effets négatifs de l’industrialisation sur les milieux (…)

Changer l’avenir – penser le temps long

mai 2007, par Flipo, Fabrice

Mots clefs Lire la suite

Pierre Rabhi : « Je préconise la sobriété heureuse »

toogezer.com, Marie Ernoult, avril 2009

Pierre Rabhi : « Je préconise la sobriété heureuse »

Depuis plus de quarante ans, Pierre Rabhi consacre sa vie à alerter l’opinion publique sur la tragédie alimentaire mondiale qui se profile. Originaire d’Algérie et installé depuis 1960 en Ardèche où il a opéré un retour à la terre, Pierre Rabhi est un pionnier de l’agro-écologie en France. Ses idées et ses valeurs sont le reflet d’une vie qu’il a voulu simple, en harmonie avec la nature, loin du tumulte d’une société de consommation guidée par une économie de marché qui nous mènera, selon lui, sans une rapide insurrection des consciences, à notre perte…

Comment est né votre intérêt pour l’écologie ?

Dans les années 50, ma femme et moi avions la volonté de fonder une famille, mais de la fonder en assurant son destin. Nous avons donc fait un retour à la terre, bien que je n’aie aucune qualification en agriculture. Il a fallu que j’acquière ces connaissances. Nous étions en plein dans la crise de l’agriculture moderne, c’est donc là que j’ai pu observer qu’elle était terrifiante : usage massif d’engrais, de produits de synthèse, mécanisation de plus en plus en violente, tout cela pour produire, mais produire en détruisant. C’est le défaut de l’agriculture moderne, elle produit beaucoup mais elle produit mal. J’ai compris qu’il y a avait une problématique du rapport de l’être humain avec la terre et la nature. C’est de là qu’est née petit à petit en moi, une nouvelle protestation qui m’a amené à essayer de réfléchir : savoir si on était condamné à cette agronomie destructrice ou bien s’il existait d’autres solutions. Et c’est comme ça que j’ai découvert que ces questions là, des gens plus compétents se l’étaient posée, et qu’il existait des solutions qui associent la nécessité de produire avec celle de respecter les milieux naturels, ayant des effets positifs collatéraux. C’est  donc par l’agriculture que je suis devenu écologiste.

Le mode de production agro-écologique pourrait-il nourrir la planète ?

C’est une question qui n’a pas de sens. L’agriculture moderne a eu les coudées franches pendant des décennies, elle a été préconisée comme étant la solution au problème de la famine. Et, ce que  l’on constate aujourd’hui, c’est qu’elle na pas résolu les problèmes de famine, mais qu’elle les a aggravés par une surproduction qui a anéanti l’autonomie des populations locales. J’affirme avoir préconisé l’agriculture écologique dans les pays du tiers monde et les paysans ont déclaré que cela leur convenait, elle leur permettait de nourrir sans se ruiner avec des intrants, des pesticides… L’agriculture écologique est la mieux adaptée à la résolution des problèmes alimentaires.

Quelle serait selon vous un mode de consommation alimentaire durable et équilibré ?

Pendant des millénaires, les êtres humains, et c’est ce que l’on a appelé la révolution néolithique, ont pratiqué l’agriculture et ont vécu de l’agriculture. Ils sont rentrés dans une forme de durabilité. Ils n’ont pas attendu le XIXème siècle pour résoudre ce problème millénaire, mais ils étaient dans le cadre d’une civilisation agraire, où les gens étaient proches de la source de leur survie. On n’était pas des salariés allant travailler, donner notre temps dans les entreprises et ensuite recevoir de l’argent pour acheter notre nourriture. Cet ordre là a modifié énormément notre comportement avec la terre qui nous nourrit, il nous en a éloigné et a provoqué une civilisation hors-sol, fondée sur la combustion énergétique. La révolution industrielle a tout désorganisé. Désormais, vous avez une masse de gens concentrés dans les villes qu’il faut nourrir, et sans qu’ils participent à la production de leur nourriture. Il y a un énorme déséquilibre entre les sociétés agraires où tout le monde était mobilisé pour produire et se nourrir, et un système où une minorité nourrit une majorité. Cela amène à des déséquilibres énormes. La nourriture est devenue insalubre, les produits toxiques Lire la suite

‘Borloo « Le Grenelle : un nouveau modèle de croissance »

Actu-Environnement.com,Carine Seghier, le 1er avril 2009

 »Le Grenelle permet surtout de fonder un nouveau modèle de croissance »

Alors que s’ouvre la semaine du Développement Durable, Jean-Louis Borloo, revient pour Actu-Environnement sur la croissance des éco-activités et leur potentiel de recrutement dans un contexte de crise économique et financière. Une opportunité de poser les bases de la croissance verte ?

AE : Les secteurs de l’Environnement pourront-ils, à votre avis, contribuer à amortir les effets de la crise économique et financière actuelle ?

Jean-Louis Borloo : Bien entendu ! Le Grenelle Environnement, ce sont près de 400 milliards d’euros d’investissement et plus de 550.000 emplois selon les professionnels, dans tous les domaines de la croissance verte : la construction, la rénovation thermique, les transports, les énergies renouvelables… Je rappelle d’ailleurs que 35% des investissements du Plan de relance sont directement consacrés à l’accélération des chantiers du Grenelle Environnement. Grâce à ces investissements programmés sur plusieurs années, nous donnons de la visibilité à nos industriels et à leurs milliers de sous-traitants. Quant aux Français, c’est l’occasion ou jamais de faire des économies sur leurs factures énergétiques en profitant dès maintenant de toutes les mesures fiscales du Grenelle Environnement comme par exemple le cumul exceptionnel entre « crédit d’impôt développement durable » et « éco-prêt taux zéro ». Selon une étude récente du Boston Consulting Group, la rénovation d’un appartement de 100 m2 en mauvais état permet d’économiser jusqu’à 1 400 euros par an ! C’est un vrai « plus » en termes de pouvoir d’achat. Mais au-delà, ces mesures illustrent, au fond, une double réalité : le Grenelle Environnement participe, certes, pleinement de la relance mais il permet surtout de fonder un nouveau modèle de croissance pour les dix ou quinze années à venir.

AE : Des projections annonçant la création de centaines de milliers d’emplois sur les métiers de l’environnement, de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables ont été établies à l’issue du Grenelle Environnement, c’est-à-dire avant la crise. Doit-on s’attendre à un recadrage de ces chiffres ?

JL-B : Absolument pas ! Et si vous voulez mon avis, s’il y a recadrage, ce sera plutôt à la hausse car tous les chantiers du Grenelle Environnement vont rapidement monter en puissance. Grâce à l’éco-prêt à taux zéro et à l’enveloppe exceptionnelle de 1,2 milliards d’euros de prêts à taux bonifié de la Caisse des Dépôts pour financer la réhabilitation de 100.000 logements sociaux sur la période 2009/2010, le seul secteur de la rénovation thermique permettra de créer près de 115.000 emplois. De plus, le Plan de relance prévoit d’accélérer les acquisitions foncières et les travaux préparatoires de nombreux projets : LGV Bretagne/Pays-de-la-Loire, seconde phase du TGV Est, Canal Seine-Nord-Europe… Ces opérations donneront du travail à nos entreprises dès 2009. J’ajoute enfin que 710 millions d’euros seront consacrés dès cette année à la réalisation de nouvelles lignes de transports urbains dans les grandes villes de France. Tous ces projets ont été programmés et financés depuis plusieurs mois. D’une certaine façon, le Grenelle Environnement, participe à la relance et permet d’en accélérer sa mise en œuvre.
AE : Si l’éco-prêt à taux zéro soutiendra sans nul doute les filières de la rénovation des bâtiments et de travaux à destination des particuliers, certains projets comme ceux de l’éolien et des grandes centrales solaires notamment, semblent aujourd’hui souffrir d’une timidité des investisseurs. Votre Ministère s’est-il penché sur la question ?
JL-B : Très honnêtement, je ne vois pas pourquoi les acteurs hésiteraient à investir dans des secteurs qui connaissent une croissance annuelle comprise entre 60%, pour l’éolien, et 130%, pour le solaire photovoltaïque ! J’ai ainsi Lire la suite

Après Kyoto : Et si Copenhague échouait

developpementdurablelejournal.com, Pierre Magnetto, 3 avril 2009

Après Kyoto : Et si Copenhague échouait

L’hypothèse d’un échec du sommet de Copenhague qui en décembre devrait permettre à la communauté internationale de sceller un accord pour l’après-Protocole de Kyoto n’est pas exclue, en tout cas pas en France où le gouvernement pourrait instaurer une taxe carbone aux frontières en absence d’accord.

Et si Copenhague s‘achevait sur un échec ? Le risque de voir échouer la conférence internationale sur le climat qui se déroule au mois de décembre au Danemark n’est pas une hypothèse complètement exclue pour le gouvernement français. Mardi, Chantal Jouanno a indiqué que si tel était le cas, « il n’y aurait pas d’autre solution pour compenser le différentiel de compétitivité que d’établir une taxe carbone aux frontières ». La secrétaire d’Etat à l’écologie faisait bien entendu la comparaison entre les entreprises qui seraient soumises à des réductions d’émission des gaz à effet de serre en France ou dans l’Union européenne, et celles domiciliées dans des pays qui ne s’engageraient pas sur des objectifs similaires.
Depuis les conclusions des travaux du GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur le climat) qui désignaient les activités humaines comme cause principale du réchauffement climatique, processus jugé irréversible si rien ne change, les discussions internationales vont bon train. A Accra au Ghana en juillet dernier, puis à Poznan en décembre, les dirigeants de la planète ont tenté de préparer le terrain. L’enjeu est simple, il s’agit de conclure un accord international qui entrera en application lorsque s’achèvera le Protocole de Kyoto en 2012. Mais les moyens d’y parvenir semblent bien plus compliqués.

Le vent nouveau de l’Amérique

L’élection de Barak Obama à la présidence des Etats-unis le 6 novembre dernier a fait souffler un vent nouveau sur la planète climat, le 44e président des USA ayant promis d’engager son pays dans une politique énergétique et environnementale radicalement opposée à celle de son prédécesseur. De leur côté, en décembre, les Européens ont dit oui au Paquet climat proposé par la présidence française de l’Union européenne, validant ainsi la stratégie du trois fois vingt qui fixe trois objectifs à 2020 : augmenter de 20% l’efficacité énergétique dans l’espace européen, augmenter de 20% la production d’énergies renouvelables et réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, ce dernier objectif pouvant être porté à 30% si les autres pays présents à Copenhague s’engagent aussi.
Début mars, le commissaire européen en charge de l’environnement, Stravos Dimas a enfoncé le clou. « Copenhague est la dernière opportunité pour le monde de faire cesser le changement climatique avant d’atteindre le point de non retour », a-t-il déclaré. « Conclure un accord est non seulement possible, mais c’est impératif et nous allons conclure » a-t-il ajouté optimiste, précisant qu’un consensus pourrait être trouvé « si nos partenaires des pays industrialisés s’engagent à faire des efforts comparables, et si les pays en développement sont d’accord pour prendre des mesures en accord avec leurs capacités ».Pourtant, le doute semble s’être emparé du gouvernement français et les raisons ne manquent pas.

La place des pays émergents

Barak Obama qui a fait sa première véritable sortie internationale hier et avant-hier à Londres, n’a pas encore pris d’engagement concret en matière de réchauffement climatique, si ce n’est, fin janvier, celui de réduire les émissions de GES des véhicules aux Etats-Unis. Mais à l’échelle planétaire, il a simplement Lire la suite

L’écoprêt à taux zéro arrive dans les banques

Le Monde, NC, le 1er avril 2009

L’écoprêt à taux zéro arrive dans les banques

Une des mesures phare du Grenelle de l’environnement, l’écoprêt à taux zéro, se concrétise. Les textes publiés mardi 31 mars au Journal Officiel autorisent les banques à distribuer ces prêts destinés à la rénovation thermique « lourde » des logements des particuliers.

Qui peut en bénéficier ? Tous les particuliers propriétaires peuvent bénéficier de ce prêts sans intérêts, « sans conditions de ressources », pour financer des travaux d’isolation et de rénovation thermique dans leur logement ou celui qu’ils louent à quelqu’un d’autre, à condition qu’il constitue une résidence principale et qu’il ait été construit avant le 1er janvier 1990. En copropriété, chaque copropriétaire peut faire la demande pour des travaux réalisés par la copropriété.

Selon le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo, « les propriétaires qui contracteront un écoprêt pour changer leurs fenêtres ou isoler leur toiture s’y retrouveront à terme, car leur investissement sera peu ou prou amorti par les économies qu’ils feront. »

Comment l’obtenir ? Il faut faire des travaux dans au moins deux des catégories suivantes : isolation de la toiture, des murs donnant sur l’extérieur, des fenêtres et/ou des portes, remplacement d’un chauffage, installation d’un chauffage ou d’un chauffe-eau plus performant ou utilisant les énergies renouvelables »; ou alors effectuer des travaux permettant, selon une étude thermique, une réduction significative de la consommation en énergie du logement. Dans les deux cas, avant de demander le prêt à l’une des banques signataires de la convention avec l’Etat, il faut faire remplir par un professionnel un devis-type, à télécharger sur le site de l’Ademe.

Quels sont la durée et le montant du financement ? D’une durée de dix ans, pouvant être étendue jusqu’à quinze ans par la banque, l’écoprêt à taux zéro permet de financer jusqu’à 30 000 euros de travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique du logement.

Plus d’infos Lire la suite

Taxe carbone : un outil majeur contre le réchauffement

notre-planete.info, René Trégouet, le 24 mars 2009

Taxe carbone : un outil majeur contre le réchauffement et pour une croissance durable

Dans le projet de budget des Etats-Unis transmis le 26 février au Congrès, sous le titre ’A new era of responsibility’, la Maison Blanche, dans une annonce qui marque un tournant historique, a décidé que la lutte contre le changement climatique financera l’aide sociale et les énergies renouvelables. Concrètement, le Président Obama souhaite la création en 2012 d’un marché des émissions de gaz carbonique de type « Cap and Trad », pénalisant les gros pollueurs, qui devrait générera 80 milliards de dollars chaque année, dont 65 seront affectés aux foyers modestes et aux entreprises pour aider à la transition vers une économie fondée sur l’énergie propre ; les 15 autres iront aux « technologies pour une énergie propre ».

En France, il y a quelques semaines, à l’occasion de l’annonce récente d’une réforme de la Taxe Professionnelle, l’idée d’une « taxe carbone », déjà évoquée au cours du « Grenelle » de l’environnement, a ressurgi dans les propos du chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy a en effet évoqué cette taxe carbone comme outil possible de substitution à la Taxe Professionnelle. Le principe est de taxer ce qui pollue et à l’inverse de moins taxer le travail et les investissements.
La taxe carbone – baptisée « contribution climat-énergie » – s’appliquerait à tous les produits en fonction de leur contenu en CO2 (dioxyde de carbone, principal responsable du réchauffement climatique), notamment aux carburants fossiles (pétrole, gaz, charbon). En faisant payer la pollution et les émissions de CO2 – sans augmenter la fiscalité globale – on espère induire progressivement un changement de comportement de la société, de nouveaux modes de consommation et de production « propres ».

L’idée de la contribution climat-énergie fait lentement mais sûrement son chemin : elle fera ainsi l’objet dès mars d’une conférence d’experts chargée d’étudier sa faisabilité sans altérer le pouvoir d’achat des ménages ni attenter à la compétitivité des entreprises. Ils remettront leurs conclusions au Premier ministre dans les six mois.

« Sur la base d’une tonne de CO2 à 32 euros – et en exonérant les secteurs déjà soumis aux quotas européens de CO2 – la taxe carbone rapporterait 8 milliards par an – 3 mds des ménages (taxés sur leur consommation directe et indirecte d’énergies polluantes) et 5 mds des entreprises« , indique Alain Grandjean, économiste de la fondation Nicolas Hulot et l’un des experts de la taxe carbone en France. Il reste que, sous l’effet de la crise financière et économique, le prix de la tonne de CO2 est tombé en quelques mois à moins de 10 euros.

Pour essayer de stabiliser ce marché du carbone, l’Union européenne a prévu de nouveaux mécanismes de régulation dans le paquet climat énergie adopté en décembre dernier. Par exemple, si pendant plus de six mois consécutifs, Lire la suite

Crises économique et écologique : même combat ?

eurosduvillage.eu, Barbara Delbrouck, le 25 mars 2009

Crises économique et écologique : même combat ou contradictions ?

Dossier Spécial « L’Europe dans la crise »

La lutte contre la crise économique est-elle contradictoire avec la lutte contre le réchauffement climatique ? Avant le krach économique, l’UE s’était fixé des objectifs ambitieux en matière de « mise au vert ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Est-il possible de concilier relance économique et transition écologique ? Retour sur les défis et les opportunités qu’offre cette double crise.

La crise écologique est-elle toujours sur le devant de la scène ou la crise financière lui aurait-elle volé la vedette ? Avant le krach, le « green » était devenu très tendance. Un vrai business même.

L’Europe s’était d’ailleurs érigée en leader mondial pour la lutte contre le réchauffement climatique, avec ses objectifs du 20/20/20.

Mais avec l’arrivée de la crise (l’autre), l’UE semble avoir perdu de son volontarisme. Revue à la baisse de ses objectifs lors de la négociation du paquet énergie-climat, priorité au sauvetage des banques et de l’industrie automobile… La lutte contre la crise économique serait-elle donc en contradiction avec la lutte contre la crise écologique ?

Ce n’est pourtant pas le laïus général. Tout le monde semble d’accord sur l’opportunité que cette double crise offre : l’occasion de changer de système grâce à la relance de la croissance par l’investissement dans « le vert ». Mais au-delà des discours enthousiastes, y a-t-il une action concrète ?

Lutte contre le réchauffement climatique : L’Europe refroidie par la crise économique

Pollution

Le dioxyde de carbone (CO2) est le plus important gaz à effet de serre. Il contient 82 % du potentiel de réchauffement de la planète.

Selon certains experts, l’objectif européen de réduction de Co2 (21%) est déjà en dessous de ce qui est nécessaire pour avoir une chance de contrer le réchauffement. (30%)

Depuis 2007, l’UE brigue fièrement le « leadership mondial écologique » avec un projet ambitieux : 20% de réduction des gaz à effet de serre, 20% d’utilisation d’énergies renouvelables et 20% d’économies d’énergie, le tout pour 2020.

A l’époque, la concurrence n’est pas forte. D’un côté, les Etats-Unis de l’administration Bush minimisent les dangers climatiques après s’être retirés de Kyoto. De l’autre, les « pays en développement » en pleine croissance sont devenus énergivores. Mais aujourd’hui, la donne a changé.

L’arrivée de la crise économique semble avoir eu rapidement raison du volontarisme européen en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Lors du sommet de décembre, les chefs de gouvernements sont devenus frileux en matière de réductions d’émissions de Co2.

A force de réclamations et exemptions en tout genre, on s’est éloigné du projet ambitieux des 20/20/20 initialement prôné par l’Union. Une profonde déception pour les organisations environnementales, mais un grand soulagement pour les Etats-membres, tremblant pour leurs industries nationales « déjà durement touchées par la crise » !

S’ensuit un panique généralisée, qui relègue clairement la crise écologique au second plan des priorités de l’Union. Alors que le monde s’enfonce dans un marasme économique, les chefs d’états européens tentent de sauver leurs banques et leurs entreprises automobiles… Pas le temps de négocier d’éventuelles « conditions vertes ».

Les plans de relance nationaux se multiplient en Europe Lire la suite

Grande Bretagne : Affrontement entre nucléaire et EnR

actualites-news-environnement.com, Nadja Nasdala, le 19 mars 2009

Affrontement entre nucléaire contre renouvelable

Affrontement entre nucléaire contre renouvelable. Afin de protéger ses projets nucléaires, EDF s’oppose aux renouvelables.

EDF a demandé au gouvernement britannique de revoir à la baisse ses objectifs de développement en matière d’énergies renouvelables, et notamment d’éolien, afin de ne pas compromettre ses projets de construction de réacteurs nucléaires EPR. Greenpeace accuse EDF de sacrifier le développement des renouvelables pour défendre ses intérêts nucléaires.

L’électricien français, qui prévoit de construire 2 à 4 EPR au Royaume-Uni, a fait part de ces remarques au ministère de l’Énergie et des changements climatiques dans le cadre d’une consultation nationale sur les renouvelables. Dans une synthèse des réponses rendue publique par le ministère la semaine dernière, EDF, soutenu par l’électricien allemand E.ON, s’est attaqué aux objectifs de développement de l’éolien du gouvernement britannique, qui ambitionne d’avoir 35 % d’électricité produite à partir de sources renouvelables d’ici à 2020.

Les deux promoteurs du nucléaire vont même jusqu’à préconiser un objectif réduit à 25 %. « EDF apporte ici là preuve que le nucléaire empêche le développement des énergies renouvelables et que son expansion porte atteinte aux efforts de lutte contre les changements climatique », dénonce Frédéric Marillier, en charge de la campagne Énergie/nucléaire de Greenpeace France.

La petite chanson que fredonne l’industrie nucléaire à longueur de campagne de pub, prétendant qu’il faut « un mix entre renouvelables et nucléaire », n’est qu’une pure hypocrisie. La vérité, c’est Lire la suite

Taxe carbone : un outil majeur contre le réchauffement

tregouet.org, René Trégouët, Sénateur honoraire, Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat, le 6 mars 2009

Édito : Taxe carbone : un outil majeur contre le réchauffement et pour une croissance durable

Dans le projet de budget des Etats-Unis transmis le 26 février au Congrès, sous le titre ’A new era of responsibility’, la Maison Blanche, dans une annonce qui marque un tournant historique, a décidé que la lutte contre le changement climatique financera l’aide sociale et les énergies renouvelables. Concrètement, le Président Obama souhaite la création en 2012 d’un marché des émissions de gaz carbonique de type « Cap and Trad », pénalisant les gros pollueurs, qui devrait générera 80 milliards de dollars chaque année, dont 65 seront affectés aux foyers modestes et aux entreprises pour aider à la transition vers une économie fondée sur l’énergie propre ; les 15 autres iront aux « technologies pour une énergie propre ».

En France, il y a quelques semaines, à l’occasion de l’annonce récente d’une réforme de la Taxe Professionnelle, l’idée d’une « taxe carbone », déjà évoquée au cours du « Grenelle » de l’environnement, a ressurgi dans les propos du chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy a en effet évoqué cette taxe carbone comme outil possible de substitution à la Taxe Professionnelle. Le principe est de taxer ce qui pollue et à l’inverse de moins taxer le travail et les investissements.

La taxe carbone – baptisée « contribution climat-énergie » – s’appliquerait à tous les produits en fonction de leur contenu en CO2 (dioxyde de carbone, principal responsable du réchauffement climatique), notamment aux carburants fossiles (pétrole, gaz, charbon). En faisant payer la pollution et les émissions de CO2 – sans augmenter la fiscalité globale – on espère induire progressivement un changement de comportement de la société, de nouveaux modes de consommation et de production « propres ».

L’idée de la contribution climat-énergie fait lentement mais sûrement son chemin : elle fera ainsi l’objet dès mars d’une conférence d’experts chargée d’étudier sa faisabilité sans altérer le pouvoir d’achat des ménages ni attenter à la compétitivité des entreprises. Ils remettront leurs conclusions au Premier ministre dans les six mois.

« Sur la base d’une tonne de CO2 à 32 euros – et en exonérant les secteurs déjà soumis aux quotas européens de CO2 – la taxe carbone rapporterait 8 milliards par an – 3 mds des ménages (taxés sur leur consommation directe et indirecte d’énergies polluantes) et 5 mds des entreprises », indique Alain Grandjean, économiste de la fondation Nicolas Hulot et l’un des experts de la taxe carbone en France. Il reste que, sous l’effet de la crise financière et économique, le prix de la tonne de CO2 est tombé en quelques mois à Lire la suite

38% des foyers ont un comportement éco-citoyen

actualites-news-environnement.com, Jean-Charles BATENBAUM, le 23 mars 2009

Les Français et l’écologie, seuls 38% des foyers ont un comportement éco-citoyen.

Sur 400.000 des internautes interrogés, 93% se déclarent concernés par l’écologie, mais seuls 38% des foyers Français ont un véritable comportement éco-citoyen !

Selon une étude comportementale d’Acxiom sur l’écologie, sur 400.000 des internautes interrogés, 93% se déclarent concernés par l’écologie, mais seuls 38% des foyers Français ont un véritable comportement éco-citoyen !

A l’occasion du salon Produrable les 25 et 26 mars 2009, Acxiom, s’est s’intéressé de plus près aux comportements écologiques des foyers français. A l’heure où l’écologie et le développement durable sont au cœur des préoccupations de la plupart des pays occidentaux, la prise de conscience des enjeux pour la planète semble être l’affaire de tous.

Selon l’une de ses études online, réalisée auprès de 400 000 internautes, Acxiom met en avant les 38% de foyers les plus concernés par ces défis environnementaux ; ceux qui agissent réellement à leur échelle, en adoptant des gestes simples pour recycler, pour réduire leur consommation d’énergie…

Profils de ces foyers français au comportement « éco-citoyen » : Sur les 38% des foyers qui se disent très concernés par l’environnement, deux familles PersonicX,  sont surreprésentées : les « Solos », adultes vivant seuls avec ou sans enfants à charge et les « Empty Nesters », foyers avec enfants en âge de quitter la maison.

Concernant les Solos, les plus sensibles à la cause environnementale sont les « Dynamiques solos » (adultes seuls, vivant au cœur des grandes villes, dégagés des soucis financiers et matériels : ils tentent de consommer « intelligemment », de manière plus qualitative que quantitative) et les « Eco solos » (adultes seuls qui, grâce à des arbitrages précis, parviennent à dégager un budget loisirs conséquent).

Côté Empty Nesters, les « Mature Village » et les « Cosy boomers » se sentent très concernés par les enjeux écologiques (ces 2 segments représentent près de 100 000 foyers français). Ayant fait le choix d’habiter à la campagne ou de s’y installer pour préparer leur retraite, les « Mature Village » sont des couples proches de la soixantaine, aux revenus moyens, dont les centres d’intérêts et les loisirs sont principalement consacrés à faire de leur maison un foyer agréable et confortable.

Les « Cosy Boomers », impatients d’être à la retraite, bénéficient quant à eux de plus de temps et d’un meilleur pouvoir d’achat du fait notamment du départ des enfants de la maison. Ils se recentrent également sur leur habitat, lieu de vie et objet.

Des habitudes simples pour préserver l’environnement ? Pour le Français au comportement « éco-citoyen », protéger l’environnement correspond à des gestes simples du quotidien. Plus de 97% d’entre eux ont opté pour le tri sélectif de leurs déchets ménagers ; 93% tentent de limiter la consommation d’énergie, en privilégiant notamment les ampoules à basse consommation, en régulant automatiquement les thermostats …

Afin de lutter contre la surconsommation d’eau – 150 litres d’eau potable sont consommés par jour et par Français -, 94% de ces foyers éco-citoyens optent pour une réduction de cette consommation : préférence donnée aux douches plutôt qu’aux bains, chasses d’eau à deux vitesses, réduction des débits des robinets… Autant de gestes simples et primordiaux pour préserver une ressource vitale.

94% des foyers éco-citoyens prêts à lutter contre la surconsommation d’eau ! Pour près de 75% de ces foyers, certains gestes dits « anti-pollution » font largement partie de leur réflexion pour protéger l’environnement : acheter des produits d’alimentation locaux et de saison, pour éviter une pollution notamment liée aux transports, réduire ses déplacements en voiture et privilégier les transports alternatifs (vélos, rollers…) ou encore la marche à pieds. Ainsi, si 66,4% de ces éco-citoyens utilisent la voiture comme moyen de transport quotidien, la marche (pour 56% d’entre eux), le vélo (pour 31%) et les transports en commun (pour 24,4%) sont de plus en plus plébiscités.

66% des foyers éco-citoyens sensibilisés aux défis des énergies renouvelables Lire la suite

63 % des français opposés au nucléaire

enviro2b.com, NC, le18 mars 2009

De plus en plus de citoyens séduits par l’énergie nucléaire, à l’exception des européens

Plus de deux tiers des consommateurs à travers le monde pensent que leur pays devrait adopter ou utiliser davantage l’énergie nucléaire… mais seulement 37% en France. C’est ce que révèle une enquête internationale dont les résultats sont publiés aujourd’hui par le cabinet international Accenture.

Cette enquête, réalisée auprès de plus de 10 000 personnes dans 20 pays, indique que 29 % des consommateurs interrogés sont partisans sans réserve d’une adoption ou d’un renforcement du nucléaire, tandis que 40 % y seraient favorables si leurs inquiétudes à ce sujet étaient dissipées. Toutefois, et cela doit servir de mise en garde pour les producteurs d’énergie nucléaire et les responsables politiques, les avis se sont polarisés au cours des dernières années.

L’enquête constate que, globalement, l’opinion a basculé en faveur de l’énergie nucléaire : 29 % des personnes interrogées se disent plus favorables au lancement ou au renforcement d’un programme nucléaire dans leur pays qu’elles ne l’étaient il y a trois ans. Toutefois, près d’une sur cinq (19 %) déclare l’inverse.

« Les préoccupations quant à la sécurité énergétique, à la volatilité des cours des combustibles fossiles et au changement climatique font remonter la cote du nucléaire chez les consommateurs », observe Jean-Marc Ollagnier, Directeur Général Europe de l’activité Energie et Ressources d’Accenture. « Cependant, les responsables politiques et les producteurs d’énergie ne doivent pas considérer le consentement du public comme acquis. Les pouvoirs publics et le secteur énergétique doivent être conscients de la fragilité persistante de ce soutien au nucléaire. »

Alors que, dans leur grande majorité (88 %), les consommateurs estiment important pour leur pays de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, ils ne sont que 43 % à penser que les énergies renouvelables ne peuvent pas à elles seules pallier la pénurie de ces derniers, 39 % étant de l’avis contraire. Plus de quatre consommateurs sur dix (43 %) voient dans l’énergie nucléaire un moyen de réduire les émissions de carbone à l’avenir, parmi lesquels 9 % appellent exclusivement à une intensification des programmes nucléaires pour lutter contre la dépendance aux combustibles fossiles, tandis que 34 % souhaitent un panachage du nucléaire et des énergies renouvelables.

Les consommateurs demandent plus d’information

Parmi les opposants à la production d’énergie nucléaire dans leur pays, les trois principales motivations tiennent à des inquiétudes concernant l’efficacité des solutions de retraitement des déchets (91 %), la sécurité des centrales (90 %) et leur démantèlement (80 %). Dans chaque cas, près de la moitié (45 %) de ces opposants déclarent que, s’ils étaient davantage informés sur ces trois aspects, ils pourraient changer d’avis, du moins dans une certaine mesure.

Un peu plus d’un quart seulement (28 %) des personnes interrogées se jugent bien ou très bien informées sur la politique nucléaire de leur pays, alors que près de trois quarts d’entre elles (72 %) déplorent une insuffisance, voire une absence totale d’information.

Manque de transparence des pouvoirs publics

« La transparence de l’information est le facteur le plus important du soutien des consommateurs et les résultats de notre enquête montrent que l’opinion publique peut évoluer de manière significative en fonction des informations disponibles », Lire la suite

Les 10 indicateurs clés de l’environnement.

actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 11 mars 2009

Les 10 indicateurs clés de l’environnement.

En terme de dégradation de l’environnement, les Français sont 52% à s’inquiéter du réchauffement de la planète (et l’effet de serre), 40% de la pollution de l’air, et 39% de la pollution de l’eau.

Le Service de l’observation et des statistiques du Commissariat général au développement durable (anciennement l’Ifen) a publié ses 10 indicateurs clés de l’environnement.

Ces 10 indicateurs clés de l’environnement concernent : la pollution de l’air en milieu urbain, la pollution de l’eau par les nitrates, la perte de biodiversité avec les oiseaux communs, l’occupation des sols, la consommation de matières, les déchets municipaux, l’effet de serre et les émissions de gaz à effet de serre (GES), les énergies renouvelable, les dépenses pour la protection de l’environnement, et les préoccupations des Français en matière de dégradation de l’environnement.

Indicateurs clés de l’environnement et pollution de l’air en milieu urbain : La qualité de l’air des villes françaises s’est globalement améliorée depuis 2000, au vu des teneurs de 4 polluants. La baisse des concentrations en SO2 contribue beaucoup à cette amélioration. À l’opposé, les teneurs en ozone (O3) restent au-dessus de leur niveau de 2000. Les concentrations en NO2 sont en légère baisse, surtout dans les agglomérations de plus d’un million d’habitants. Aucune tendance significative n’est observée pour les particules PM10. La dégradation observée en 2003 est attribuable à des conditions météorologiques particulières. Source : SOeS, d’après données BDQA (Dom inclus).

En terme de dégradation de l’environnement, les Français sont 52% à s’inquiéter du réchauffement de la planète (et l’effet de serre), 40% de la pollution de l’air, et 39% de la pollution de l’eau.

Indicateurs clés de l’environnement et pollution par les nitrates des cours d’eau : Les nitrates proviennent de l’utilisation des engrais en agriculture et dans une moindre mesure des rejets des stations d’épuration. Après deux décennies de détérioration, la qualité des cours d’eau vis-à-vis des nitrates est relativement stable depuis 1990. La moitié environ des points de mesure est classée en bonne ou très bonne qualité. La proportion des points en médiocre et mauvaise qualité oscille autour de 17 %. Source : agences de l’Eau (France métropole).

Indicateurs clés de l’environnement et biodiversité avec les oiseaux communs : Les populations d’oiseaux communs s’affaiblissent depuis 1989 : la tendance générale d’évolution des 65 espèces suivies est de -18 %. Elle traduit le déclin des espèces agricoles (-28 %), sensibles à la dégradation des habitats, des espèces des milieux bâtis (-27 %) et forestiers (-18 %). Les espèces généralistes s’adaptent mieux et progressent (+10 %). Les mêmes tendances s’observent en Europe. L’objectif de l’Europe et de la France est de stopper la perte de biodiversité à l’horizon 2010. Source : Muséum national d’histoire naturelle (France métropole).

Indicateurs clés de l’environnement et occupation des sols : En 2006, les surfaces artificialisées occupent 5 % du territoire. Zones industrielles ou commerciales, tissu urbain discontinu et infrastructures de transport s’accroissent depuis 1990, consommant beaucoup d’espace et fragmentant les milieux. Cet étalement se fait principalement aux dépens des terres agricoles, qui représentent 60 % des surfaces en 2006. Les forêts et autres milieux naturels occupent 34 % du territoire, les surfaces en eau 1 %. Source : UE-SOeS, Corine Land Cover 2006 (France métropole).

Indicateurs clés de l’environnement et consommation de matières : L’intensité de matières a baissé de 23 % depuis 1990, traduisant un moindre besoin en matières pour produire une même quantité de valeur ajoutée. Cependant, les matières consommées n’ont pas diminué en seize ans, Lire la suite

Le bêtisier du développement durable

mediapart.fr, Jeanne Arty, le 16 Mars 2009

Le bêtisier du développement durable

 « Le terme [développement durable] est tellement large, mis à toutes les sauces, qu’à l’exemple de Monsieur Jourdain, tout le monde peut le revendiquer. Et puis, c’est vrai, c’est un concept à la mode. Tant dans le monde des entreprises que dans tout débat de société. Et alors ? De tout temps, les marchands ont su récupérer les bons slogans. »

Michel Edouard Leclerc, Le Nouvel économiste, 26 mars 2004.

 « L’EPR et la voiture électrique sont les deux mamelles du développement durable. (…) En bref, le Grenelle de l’environnement s’est progressivement placé sous l’influence de Malthus et des tenants d’un dirigisme vert tendu vers la décroissance. Il doit être remis au service de l’économie… »

Nicolas Baverez, économiste, Le Point, 27-11-2008.

 « La Mafia sicilienne se met au développement durable. Cosa Nostra a décidé de se lancer dans le contrôle du cycle entier du traitement des ordures ménagères en Sicile. Son objectif, écrit « Il Sole 24 Ore » dans une enquête consacrée à la toute dernière activité de la Mafia sicilienne, c’est d’obtenir une part des 6 milliards d’euros d’investissements prévus au cours des vingt prochaines années dans les infrastructures et les services liés au traitement des ordures, et des 392 millions de fonds de l’Union européenne consacrés au tri sélectif. »

Les Échos, 7-11-2008.

 « Autre avantage [d’augmenter la vitesse] : être toujours plus éco-mobile car la vitesse réduit la consommation globale d’énergie et plus encore les émissions de CO2. »

« Succès de la campagne d’essais pour une vitesse commerciale à 360 km/heure », Temps réel, lettre d’information de la SNCF, 24-10-2008.

 « Nous sommes à l’aube d’une période passionnante pour l’industrie automobile (…) C’est le cas grâce à vous, aux chercheurs, aux industriels, aux consommateurs, à la société civile, aux ONG environnementales. (…) Il s’agit d’une véritable dynamique de croissance. Une croissance durable, une croissance riche en emplois, une croissance respectueuse de l’environnement, bénéfique à tous et économe de nos ressources. Je suis venu aujourd’hui vous proposer que la voiture, symbole de la croissance et de la prospérité d’hier, soit aussi le vecteur de la croissance de demain. »

Nicolas Sarkozy au Salon de l’automobile (9-1-2008).

 « On se gargarise tellement du terme développement durable qu’il finit par me donner la nausée. Quand je vois ceux qui veulent faire un grand prix de F1 aux portes de Paris sous le signe du développement durable, je dis « halte au feu »! »

Nicolat Hulot, Libération, 19-9-2008.

 « Ce que nous avons su faire il y a plusieurs décennies pour le nucléaire, nous allons le faire pour le développement durable. (…) Le développement durable, c’est pas moins de croissance, c’est plus de croissance !»

Nicolas Sarkozy, le 20 mai 2008 à Orléans.

 « Les Verts devraient savoir que dans « développement durable », il y a d’abord développement. Renoncer à l’autoroute A24, c’est un crime contre l’économie ! »

Bruno Bonduelle, patron du groupe Bonduelle et président de la Chambre de commerce et d’industrie de Lille, La Voix du Nord, 30-10-2007.

 

 

 « L’épuisement des ressources naturelles n’est pas une fatalité ; c’est un catalyseur d’innovations pour imaginer de nouveaux produits et gagner de nouveaux marchés. Lire la suite

30 000 m² de panneaux solaires : 172 agriculteurs s’associent

lesechos.fr, Matthieu Quiret, le 17 mars 2009

Veaux, vaches, cochons et… électricité

Un regroupement de 172 fermes aveyronnaises mise sur le développement durable de leur filière depuis quinze ans. Un beau succès.

Depuis l’automne dernier, 30.000 mètres carrés de panneaux solaires ont habillé les toits des fermes adhérentes au projet. Les professionnels des départements voisins sont venus constater la « vague bleue ».

Je m’intéressais depuis longtemps aux énergies renouvelables sans oser franchir le pas individuellement. Grâce à notre action collective, c’est devenu bien moins compliqué. » Depuis un mois, Philippe Mouly est éleveur mais aussi producteur d’énergie. Pas grand-chose, une vingtaine de kilowattheures fournis par 175 mètres carrés de panneaux photovoltaïques installés sur le toit de sa grange. Mais l’agriculteur est conquis, il prévoit déjà de recouvrir une autre étable dans quelques mois. Son cas est loin d’être marginal, les panneaux poussent dru dans les beaux vallons bocageux de l’Aveyron. Depuis l’automne dernier, au total 172 fermes se sont drapées de 30.000 mètres carrés de bleu. Les plus prudents ont fait un bout d’essai d’une dizaine de kilowattheures, les plus ambitieux ont visé la centaine. L’affaire a fini par s’ébruiter. Le bourg de Rieupeyroux, d’où est partie la contagion, voit désormais défiler les agriculteurs des départements voisins, venus constater le phénomène. Et d’autres projets fleurissent à l’orée du printemps.

Déjà sensibilisés

« L’énergie renouvelable pourrait représenter une bonne part de nos revenus dans une douzaine d’années », espère Pierre Bastide, l’un des initiateurs de l’aventure. L’homme est tombé dans la marmite du développement durable depuis plus de quinze ans. A l’époque, les 680 éleveurs de veaux de la région se mobilisent pour enrayer la baisse de qualité de leur viande, qui menace de faire fuir les clients italiens. L’interprofession s’organise pour décrocher un Label Rouge qui récompense la qualité si particulière de cette chair rosée. Pierre Bastide propose alors à quelques centaines d’éleveurs d’aller encore plus loin dans le développement raisonné de la filière. Ils fondent la société SA4R et négocient un partenariat à long terme avec le responsable boucherie d’Auchan qui aujourd’hui satisfait toujours les deux parties. Les 158 actionnaires de la société (pour 289 éleveurs simplement fournisseurs) doivent s’engager à passer plus de deux journées par an dans un supermarché pour promouvoir leur viande au contact des consommateurs. « Les Français sont habitués à la viande blanche de veau, nous devions leur prouver l’attrait de notre viande rosée », explique Pierre Bastide. L’effort a payé, la SA4R comptabilise 21 millions d’euros de chiffre d’affaires et les éleveurs veulent approfondir la démarche.

Aide européenne

« C’est le contact permanent avec les consommateurs qui nous a incités à investir dans les énergies renouvelables. Nous pensons que ce sera un argument de vente supplémentaire très précieux quand l’escalope sera touchée par l’inflation », explique Pierre Bastide. Une réflexion qui a convaincu 70 actionnaires de SA4R de se lancer dans l’aventure du photovoltaïque. Ils fondent ainsi une structure de dette, la société Adder, pour porter un prêt sur quinze ans contracté auprès du Crédit Agricole. Il couvre 80 % de l’investissement de 16,6 millions d’euros. Le reste est apporté par un prêt de chaque éleveur sur douze ans. Les toits appartiennent à Adder qui touche le tarif subventionné d’EDF et reverse un fermage à ses actionnaires. « C’est sans risque pour nous, car le loyer couvre notre emprunt », précise Philippe Mouly. D’autant que la loi garantit un tarif de rachat d’EDF Lire la suite

Embarquement dans le bateau ivre de la crise systémique

actu-environnement.com, Agnès Sinaï, le 11 mars 2009

Embarquement planétaire dans le bateau ivre de la crise systémique

Le système financier mondial est en cours d’implosion. À force d’avoir spéculé sur la dette plutôt qu’avoir misé sur l’économie réelle, le capitalisme de casino s’apprête à léguer à la société un gouffre d’irresponsabilité, tant sociale qu’environnementale.

La démesure de la dette financière s’affiche, telle une béance, dans les courbes ascendantes de déficits qui vibrent en rouge dans le début d’une longue nuit. En 2008, le montant des prêts hypothécaires américains se chiffrait à 11 000 milliards de dollars, dont 60% étaient « titrisés » sous forme d’obligations vendues au public. Le taux d’endettement de la France devrait s’approcher de 80 % du PIB à la fin de l’année 2010, rapporte mardi 3 mars, Le Figaro1 en citant une source gouvernementale. Ce taux, actuellement de 66 % du PIB, augmenterait de sept points par an jusqu’en 2010, assure cette même source. La dette dépasserait alors les 22.000 euros par Français, constate le quotidien. Plus tôt dans la journée, le premier ministre François Fillon avait estimé sur Europe1 qu’aucun plan de relance ne permettra d’éviter la crise […] Personne aujourd’hui ne peut savoir quand on sortira de cette crise. Ce qu’on sait, c’est que toute l’année 2009 sera une année de crise, avait-il affirmé, pressentant le caractère hors d’échelle du phénomène et formulant un aveu d’impuissance sidérée.

A l’échelle des Temps Modernes, l’apothéose du capitalisme aura finalement été de courte durée : ascension des Trente Glorieuses à partir des années cinquante, libéralisme sans entraves dans les années 80, achèvement de la dérégulation financière jusqu’à nos jours. Mais dans ce bref laps de temps, le système lègue une ardoise gigantesque, une panne du système, un credit crunch, tant économique qu’écologique. Le découplage du capitalisme financier par rapport à sa base de survie n’a cessé de s’accentuer. Et les remèdes proposés par les plans de relance ici et là tournent tous bon an mal an autour de mêmes recettes éculées, autant de manières de soigner le mal par le mal : renflouer les caisses des banques pour relancer la consommation et revenir à l’état antérieur, un retour à la « normale » du cycle de la croissance consumériste et productiviste. Comme si le socle du vivant et le tissu social pouvaient indéfiniment continuer à soutenir la perpétuation de la consommation et de l’endettement, sans autre forme de projet existentiel et politique. Pourtant, et la présente « crise » le démontre, la survie du capitalisme lui-même suppose que toutes les instances de la société et de la nature ne soient pas gangrenées par la dette.

Un système global hors d’usage

Or n’est-ce pas la pulsion de l’avidité sans limites d’un système vorace, où la richesse des uns est fondée sur l’endettement des autres, qu’il faut questionner au nom d’un nouveau modèle de société fondé sur d’autres valeurs ? C’est sans doute le moment ou jamais. Selon les experts du LEAP/Europe, un groupe européen de réflexion prospective, la crise économique pourrait évoluer vers des situations de chaos social, faites de violentes révoltes populaires. Dans son dernier bulletin, daté du 15 février, le LEAP annonce le début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale, après quatre grandes phases de déclenchement, d’accélération, d’impact et de décantation. Selon le LEAP, les dirigeants du monde entier n’ont pas tiré les conséquences de l’effondrement en cours du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Hélas, à ce stade, il n’est plus vraiment permis d’être optimiste en la matière. Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants Lire la suite

L’économie mixte en pointe pour les éco-quartiers

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 11 mars 2009,

Aménagement : L’économie mixte en pointe pour les éco-quartiers

L’aménagement est un secteur qui peut accélérer une conception développement durable dans la vie économique. Réalisés par des sociétés d’économie mixte (Sem), des éco-quartiers commencent à voir le jour dans l’ensemble de l’hexagone. Nous ouvrons aujourd’hui le dossier qui se poursuivra jusqu’au mardi 17 mars avec des reportages à Frontignan, Angers, Rouen et Grenoble. En partenariat avec le journal des Entreprises publiques locales, servirlepublic.fr.

Concevoir un éco-quartier suppose de sortir des chemins habituels de la promotion immobilière et de l’aménagement. Une mission délicate qui demande d’intégrer de nouveaux paramètres comme l’utilisation des énergies renouvelables, la qualité environnementale ou encore la mixité sociale. C’est pourquoi les collectivités locales qui se fixent de telles orientations, très développement durable, préfèrent souvent les confier aux sociétés d’économie mixte (Sem), ces sociétés de droit privé dont elles contrôlent légalement la majorité du capital, associées à d’autres opérateurs privés.

Dans le domaine des éco-quartiers c’est une Sem, Val de Bourgogne, qui a joué les pionnières avec l’aménagement de l’éco-quartier de Saint-Jean des Jardins à Chalon-sur-Saône. Mais elles sont nombreuses à relever aujourd’hui le défi à travers l’hexagone comme Rouen Seine Aménagement, Hérault Aménagement (à Frontignan), la Sara (à Angers) ou encore la Sages (à Grenoble).

La création d’au moins un éco-quartier par ville d’ici à 2012 figure, il est vrai, parmi les propositions issues du « Grenelle de l’environnement ». C’est sans doute l’un des défis les plus complexes auxquels les Sem doivent faire face. Il ne s’agit pas d’aménagement classique et il faut prendre en compte de multiples paramètres, souvent innovants.
Des exigences environnementales, mais aussi sociales

L’éco-quartier doit minimiser son impact sur l’environnement, utiliser autant que possible les énergies renouvelables, réduire son empreinte écologique et renforcer l’efficacité énergétique de ses bâtiments. Le concept est d’ailleurs généralement lié à une approche HQE (Haute qualité environnementale). Mais, il doit aussi assurer une mixité sociale et urbaine et une intégration harmonieuse avec le reste de la ville. Nos voisins européens avaient ouvert la voie avec le quartier Vauban de Fribourg (Allemagne) en 1993 ou l’ensemble BedZed, à Sutton (Grande-Bretagne) en 2001. Les villes européennes s’étaient d’ailleurs engagées dès 1994, lors de la conférence sur les villes durables d’Aalborg, au Danemark, à mettre en oeuvre un urbanisme responsable.

Une démarche européenne

Sept ans plus tard, le PUCA (Plan, Urbanisme, Construction et Architecture) a été précurseur en France avec son programme « Villa urbaine durable » (VUD), lancé en 2001, en partenariat avec le ministère de l’Écologie et du développement durable, pour « un habitat urbain, mixte et écologique ». C’est dans ce cadre que Lire la suite

ADEME : Des travaux pour rendre votre logement économe

Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie , le 27 février 2009

Un bouquet de travaux pour rendre votre logement économe

Pour rénover de façon performante un logement gourmand en énergie, la note est parfois lourde ! Vous avez identifié les travaux nécessaires pour rendre votre logement vraiment économe en énergie et vous vous demandez comment les financer : l’éco-prêt à taux zéro est là pour vous aider.

Il est destiné au financement de bouquets de travaux. Ce sont des ensembles de travaux cohérents dont la réalisation simultanée apporte une amélioration très sensible de l’efficacité énergétique du logement.

Il peut aussi être accordé dès que les travaux projetés amènent la consommation en énergie du logement au-dessous d’un niveau plancher.

Les résultats à obtenir

Le niveau d’amélioration de la performance énergétique de votre logement peut aussi vous donner droit à l’éco-prêt à taux zéro.

Il faut vous adresser à un bureau d’études thermiques qui calculera l’efficacité énergétique du bâtiment et proposera les travaux nécessaires.

Une palette de travaux éligibles

Pour améliorer la performance énergétique d’un bâtiment, certains travaux sont plus efficaces que d’autres. Et certaines combinaisons de travaux sont très performantes, d’autres moins.

Pour composer un bouquet éligible à l’éco-prêt à taux zéro, choisissez des travaux dans au moins des catégories de la partie gauche du tableau ci-dessous.

Catégories de travaux éligibles

Travaux réalisables

Isolation performante de la toiture

Isolation en combles perdus ; isolation en combles aménagés ; isolation en toiture terrasse

Isolation performante des murs extérieurs

Isolation par l’intérieur ; isolation par l’extérieur

Isolation performante des parois vitrées extérieures

Fenêtres performantes ; bloc baies performants ; doubles fenêtres performantes

Installation ou remplacement d’un chauffage ou d’une production d’eau chaude sanitaire performants

Chaudière à condensation ; chaudière basse température pour certains bâtiments collectifs ; pompe à chaleur

Installation d’un chauffage utilisant les énergies renouvelables

Chaudière bois ; système de chauffage par poêle à bois, foyer fermé ou insert

Installation d’une production d’eau chaude sanitaire utilisant les énergies renouvelables

Chauffe-eau solaire

Chaque matériau ou équipement doit être performant pour bénéficier de l’éco-prêt à taux zéro.

 

Enerlandes, l’énergie verte du département des Landes

Sud-Ouest, Jean-Louis Hugon, le 27 Février 2009

CONSEIL GÉNÉRAL. La société d’économie mixte va se prononcer sur cinq premiers dossiers le 6 avril prochain

Enerlandes, l’énergie verte du département Une société à 1,4 million de capital

La production d’énergie renouvelable a, de façon incontestable, le vent dans le dos, surtout depuis que le Conseil général des Landes a créé Enerlandes. Devant l’avalanche des projets de centrales éoliennes et photovoltaïques qui fleurissent depuis quelques années, l’assemblée départementale a créé une société pour en surveiller et en harmoniser le développement.

« Nous sommes un véritable couteau suisse de l’énergie renouvelable, dit Laurent Civel, le jeune directeur d’Enerlandes. Et nous pouvons aider tous les projets des collectivités et des entreprises, (sauf les particuliers) pour toutes les formes d’énergie « verte » : le soleil, la géothermie, la biomasse ou le vent. Mais pour commencer, nous allons privilégier la production d’électricité par des panneaux solaires, notamment sur les toitures. À titre d’exemple, le simple patrimoine immobilier des collectivités landaises constitue plus de 300 000 m². Autant mobiliser tout de suite ce cinquième mur disponible, le plus facile à intégrer par du photovoltaïque. »

Il faut des capitaux

Il faut néanmoins des capitaux, puisque 500 m² de panneaux demandent un investissement de 300 000 euros. Pour l’instant, Enerlandes n’a pas encore choisi de sites, mais son premier conseil d’administration, le 6 avril prochain, aura à se prononcer sur cinq dossiers concernant des toitures. À noter que le prix du kilowattheure payé par EDF est financé par l’abonné, grâce à la ligne CSPE (Contribution au service public de l’électricité), figurant sur chaque facture.

Autre possibilité, la géothermie avec l’utilisation d’un ancien puits Esso à Biscarrosse (130 °C à 4 500 mètres de profondeur) ou d’un site où GDF voulait stocker du gaz à Meilhan (eau à 40 °C). Pour la biomasse, les effets de la tempête ont précipité à terre du bois qui pourrait être utilisé à produire de l’électricité. « Mais il faudrait que la CRE (Commission de régulation de l’énergie) qui attribue les dossiers, considère les Landes prioritaires. Un courrier a été adressé en ce sens au ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo », indique M.Civel.

Quant à l’éolien, surtout intéressant sur la côte, il aurait des conséquences importantes sur le tourisme. Pour l’instant, les projets en sont au stade de la réflexion.

Enerlandes est une Sem (société d’économie mixte) créée par le Conseil général des Landes après un vote du 25 juillet 2008, pour favoriser la création d’énergie renouvelable. Inscrite au registre du commerce depuis le 15 janvier dernier, elle dispose d’un capital de 1,4 million d’euros. Ses actionnaires sont Lire la suite

Soustons (40) : Une ferme photovoltaïque de 23 ha en 2012

Sud-Ouest, Didier Piganeau, le 26 Février 2009

SOUSTONS. La commune aura sa ferme photovoltaïque en 2012. Des panneaux sur 23 ha

Champ d’énergie

Ce sera un vaste champ de 23 ou 24 hectares ou pousseront des dizaines de milliers de panneaux brillants et bleutés, posés sur des tables métalliques, tournés vers le ciel et légèrement inclinés vers le sud. La récolte, ce sera chaque année de 9,6 millions de kw/h, de quoi alimenter en électricité (hors chauffage) l’équivalent d’une ville de 9 000 habitants. L’esthétique sera certes un peu contestable, mais la ferme photovoltaïque – car il s’agit bien d’une ferme – sera à l’abri des regards, au fond de la forêt à quelques kilomètres de Soustons. Où exactement ? Le maire Jean-Yves Montus n’en sait trop rien pour l’instant. « Nous avions repéré un site communal boisé près de l’océan, il y a quelques mois, mais depuis, la tempête est passée par là. Maintenant il y a des terrains qui ont été dévastés par Klaus et qui conviendraient mieux… Ça évitera de couper des arbres, il y en a assez par terre comme ça ! »

La commune de Soustons a inscrit ce projet dans le cadre de sa politique de recherche d’énergies renouvelables. « Ce qui convient le mieux ici, c’est le photovoltaïque et la géothermie », résume le maire. « Pour la géothermie, nous travaillons sur une étude sur la future Zac de Port d’Albret ». En revanche, le projet photovoltaïque est nettement plus avancé et des contacts sont pris depuis longtemps avec un opérateur qui figure parmi les leaders dans les énergies renouvelables mais qui pour l’instant tient à rester discret. « Nous travaillons également ce projet avec Enerlandes, la nouvelle société d’économie mixte montée par le Département », précise Jean-Yves Montus.

100 000 panneaux

L’investissement total sera de 40 millions d’euros. La société louera le terrain à la commune de Soustons, procédera aux installations et à son financement. L’électricité produite ne sera pas destinée à la commune, mais sera revendue à EDF.

Mardi après-midi, Lire la suite

Ban Ki-Moon et Al Gore : Pour une croissance verte

liberation.fr, Ban Ki-moon secrétaire général de l’Organisation des Nations unies et Al Gore ancien vice-président des Etats-Unis, le 23 février 2009

Pour une croissance verte

Les plans de relance économique sont à l’ordre du jour, et les gouvernements du monde entier cherchent à donner une nouvelle impulsion à l’économie mondiale. Toutefois, parallèlement à leurs efforts de relance immédiate, les dirigeants doivent également agir en commun pour que le nouveau modèle économique qu’ils sont en train d’élaborer soit un modèle de développement durable, aussi bien pour la planète que pour notre avenir. Il faut à la fois relancer l’économie et investir à long terme de façon à atteindre simultanément deux objectifs avec une seule et même politique économique, c’est-à-dire mettre en œuvre une politique qui réponde aux besoins économiques et sociaux immédiats et qui soit en même temps une politique mondiale verte. Il nous faut faire de la «croissance verte» notre mot d’ordre.

Une récession mondiale synchronisée exige une réponse mondiale également synchronisée. Les principales économies doivent mettre en place des mesures de relance et coordonner étroitement leurs politiques économiques. Il faut éviter la politique du chacun pour soi qui a contribué à la crise de 1929. La coordination est essentielle pour réduire la volatilité financière et prévenir les attaques contre les monnaies et une inflation galopante, pour redonner confiance aux consommateurs et aux investisseurs. En novembre à Washington, les dirigeants du G20 se sont déclarés déterminés à «renforcer la coopération et à travailler ensemble pour restaurer la croissance mondiale et réaliser les réformes nécessaires dans les systèmes financiers». Il est urgent de s’y attacher. Les plans de relance sont destinés à donner une nouvelle impulsion à l’économie, mais s’ils sont bien conçus et bien mis en œuvre, ils peuvent nous mettre sur la voie d’une nouvelle croissance, faiblement émettrice de carbone et verte.

Les plans de relance annoncés par 34 nations s’élèvent à environ 2 250 milliards de dollars. Complétés par de nouvelles initiatives d’autres pays, ils doivent nous aider à catapulter l’économie mondiale dans le XXIe siècle, au lieu de maintenir en vie des industries mourantes et de perpétuer les mauvaises habitudes d’hier. Continuer à injecter des milliers de milliards de dollars en investissements dans des infrastructures qui reposent sur le carbone et en subventions pour les industries qui reposent sur les combustibles fossiles reviendrait à commettre la même erreur qu’avec les subprimes. La suppression des 300 milliards de dollars de subventions accordés annuellement en faveur de secteurs qui reposent sur les combustibles fossiles permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 6 % et contribuerait à la croissance du produit intérieur brut mondial. Les investissements dans les énergies renouvelables auront un impact là où les besoins sont les plus importants. Les pays en développement représentent déjà 40 % des ressources renouvelables mondiales et 70 % du chauffage solaire de l’eau. Partout dans le monde, en particulier aux Etats-Unis et en Chine, les dirigeants prennent conscience qu’une croissance verte n’est pas simplement une des options, mais une nécessité pour redonner de la vigueur à leurs économies et créer des emplois. Le secteur des énergies renouvelables représente 2,3 millions d’emplois dans le monde, davantage que les emplois directs du secteur pétrolier et gazier. Aux Etats-Unis, l’industrie éolienne emploie aujourd’hui plus de monde que l’ensemble du secteur du charbon. Les plans de relance annoncés par le président Barack Obama et par la Chine représentent des mesures essentielles dans la bonne direction, et leurs éléments en faveur d’une croissance verte doivent être appliqués d’urgence.

Nous exhortons tous les gouvernements Lire la suite

Le DD à l’ordre du jour en Pays Sarladais

Sud-Ouest, le 19 Février 2009

Le développement durable à l’ordre du jour

L’Apeb (Association de protection de l’environnement belvésois) a tenu son assemblée générale jeudi dernier à Belvès.

L’occasion pour le président Daniel Peyrus de rappeler les actions conduites en 2008 et les conférences en particulier sur l’alimentation bio et les énergies renouvelables.

Au cours de l’année 2009, devraient être évoqués certains sujets comme : les antennes de téléphonie mobile, implantées à moins de dix mètres du collège ; les fumées des charbonnières dont on n’est pas sûr que les incinérateurs fonctionnent correctement. Une délégation de l’association a été reçue par le responsable du site, puis par le sous-préfet de Sarlat, avec un représentant de la Sepanso. Tout devrait être fait pour que l’industriel respecte le règlement qui lui est imposé tant pour les fumées que pour la clôture du site.

Un bémol

Des délégations de l’Apeb sont régulièrement reçues par la municipalité avec laquelle elles entretiennent de bonnes relations. Pourtant, le communiqué suivant a été formulé à son adresse : « L’Apeb aurait souhaité qu’au cours de la cérémonie des voeux à la mairie, la crise de l’environnement soit évoquée. Il est urgent pour notre survie et celle de nos descendants de modifier nos comportements, nos sociétés consommant plus que ce que la terre peut produire et rejetant plus que ce qu’elle peut éliminer. Peut-être serait-il opportun de profiter de la crise économique actuelle pour mettre en place une autre politique permettant un développement durable (économie d’énergie, investissement dans les énergies renouvelables, développement, créateur d’emplois, de l’agriculture biologique, par exemple). C’est ce que nous demandons à nos élus locaux. »

Boudin bio

Comment arriver au bio ? Une question qui donnait lieu ensuite à un débat passionné. Si les finalités sont les mêmes, les approches, elles, ne sont pas identiques. Doit-on se permettre d’aller vers un bio progressif sans bouleverser les habitudes, ou bien faut-il trouver le bio tout de suite là où il est proposé ?

Toujours est-il que la volonté commune est de le défendre. Ainsi, l’Apeb a proposé samedi une fête du boudin bio, Lire la suite

Le fonds Chaleur renouvelable entame sa 1ère année

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, le 16 février 2009

Le fonds Chaleur renouvelable entame sa première année d’existence

Conformément aux engagements de l’Etat dans le cadre du Grenelle, le fonds Chaleur renouvelable démarre cette année. Doté d’un budget de 960 millions d’euros pour la période 2009-2011, il vise à développer des systèmes de production et de transport de chaleur générée à partir d’énergies renouvelables ou fatales (énergies récupérées) : principalement biomasse, géothermie, solaire thermique, méthanisation et transport de chaleur issue de l’incinération. Il s’adresse aussi bien aux entreprises (secteur industriel, agricole et tertiaire) qu’aux collectivités.

Pour sa première année d’existence, ce fonds, géré par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), commence doucement: il dispose d’un budget de 154 millions €.
Environ deux tiers de ce budget sont gérés à l’échelle régionale, et un tiers à l’échelle nationale. Pour ce dernier, l’Ademe a publié le premier appel à projets le 20 janvier (2). Il s’adresse uniquement aux entreprises qui souhaitent réaliser une installation assurant une production annuelle de chaleur à partir de biomasse supérieure à 1.000 tonnes équivalent pétrole (tep). L’aide financière sera soumise aux résultats: 50% seront versés durant les 5 premières années de fonctionnement, selon la productivité de l’installation.

Tous les autres types de projets sont gérés au niveau des régions. Pour Jacques Ravaillault, directeur de l’action régionale à l’Ademe, «le fonds Chaleur va s’ajouter aux dotations des contrats de projets Etat-région [CPER], et dynamiser la filière Chaleur renouvelable». En effet, sur l’année 2007, environ 90 millions € ont été consacrés aux énergies renouvelables dans le cadre des CPER, principalement pour des projets dans le domaine du thermique. Cela a permis de produire environ 54.000 tep. Avec 100 millions € supplémentaires en 2009, les régions vont pouvoir non seulement développer un peu plus les projets de chaleur renouvelable, mais aussi économiser un peu sur les CPER pour les orienter, par exemple, vers des projets d’efficacité énergétique. «Si les conseils régionaux le souhaitent, Lire la suite

Les Français : Conso., les économies avant l’écologie

naturavox.fr, Pauline (consoglobe.com), le 10 février 2009

Consommation. Les économies avant l’écologie

Les dernières études d’opinion le montrent : la préoccupation des Français en matière d’écologie est en retrait dans un contexte de crise économique mais aussi de méfiance envers à l’égard des discours environnementaux.

S’ils ont bien conscience des enjeux écologiques et sont prêts à faire des efforts pour la planète, cela ne pourra se faire au détriment de leur portefeuille…

Entreprise, discours, et écologie : la méfiance des Français

Deux études menées courant 2008 sont en accord avec les résultats de notre dernier Baromètre Ethique et environnement : les Français sont de plus en plus prudents envers les discours écolo tenus par les entreprises, voir même conscients du Greenwashing exercé par certaines d’entre-elles.

Selon l’étude de TNS Global (décembre 2008), si 25% des Français se disent influencés dans leurs décisions d’achat par le « marketing vert » des entreprises, 50% pensent néanmoins que ces tendances écolo des entreprises ont pour unique objectif de valoriser leur image auprès du public, 36% pensent que c’est pour vendre plus de produits alors que seuls 4% pensent que c’est parce que les entreprises sont vraiment préoccupées par l’environnement !

Le 17ème numéro de « Stratégie & Études » publié par l’Ademe (janvier 2009) avance qu’il y aurait une certaine « saturation de la communication sur l’environnement » chez les Français dans un contexte de crise économique ; ces derniers « manifesteraient un sentiment de prudence, voire de méfiance à l’égard des émetteurs de discours environnementaux« . Cette méfiance est devenue telle que le réchauffement climatique est un phénomène certain pour 65% des sondés contre 72% en 2007 !

Les prix, un frein à la consommation écolo ?

Nous le savons économie peut rimer avec écologie, beaucoup de produits « verts » étant désormais synonymes d’économies d’énergie, donc, sur le long terme, d’économies financières. Mais les Français en doutent encore et / ou ne se rendent peut-être pas toujours compte de la rentabilité de ces produits.

Ainsi, toujours selon l’enquête de la TNS Global, seuls 48% des consommateurs français seraient prêts à payer plus cher pour des produits écolo contre 94% pour la Thaïlande ou 83% pour le Brésil ! Les Français arrivent ainsi en avant dernière position devant les Britanniques (45%) …

Et le « surplus » payé doit rester très raisonnable : 68% des consommateurs français seraient prêts à payer 5% de plus pour un produit écolo, 27% accepteraient de payer 10% de plus ; ce chiffre tombe à 4% pour des produits verts 15% plus chers, et à 1% pour des produits 20% plus chers.

Les considérations strictement économiques semblent prendre encore le dessus sur l’écologie quand on regarde de plus près ce sondage :

– 56% des Français affirment être influencés par des questions écologiques dans les décisions d’achat de leur voiture.

– Ce chiffre est de 44% en ce qui concerne l’achat de nourriture (seuls les USA et la Grande-Bretagne sont derrières).

– Ainsi, 37% des Français sondés déclarent avoir récemment changé leur comportement au bénéfice de l’environnement. Nous sommes donc loin d’être exemplaires…

Travaux d’économies d’énergie : la prise de conscience

Mais ne soyons pas si négatifs : il y a du mieux tout de même, surtout en ce qui concerne les travaux d’économies d’énergie dans le logement. Selon l’Ademe, 75% des Français ont véritablement pris conscience de la responsabilité du chauffage des bâtiment dans l’aggravation de l’effet de serre (contre 39% en 2000) et sont donc prêts à faire des efforts.

Et ils joignent les gestes à la parole : Lire la suite

La crise financière : tenir compte des limites de la planète

info-durable.be, WWF, le 29 octobre 2008

La crise financière invite à mieux tenir compte des limites de notre planète

Le monde va bientôt devoir faire face à une grave crise écologique. En effet, la pression exercée par les hommes sur la planète, par leur manière de produire, de consommer et de générer des déchets dépasse de presque un tiers ses capacités de régénération. Si notre demande vis-à-vis de la Terre continue à croître au même rythme, nous aurons besoin de deux planètes pour répondre aux besoins de notre train de vie actuel d’ici la moitié des années 2030. A côté de ce que risque de devenir la crise écologique, la crise financière actuelle fera pale figure. Mais il n’est pas encore trop tard. Si nous prenons ces enjeux au sérieux, nous pouvons parfaitement vivre dans les limites de notre planète. Voilà ce qui ressort du Rapport Planète Vivante publié aujourd’hui par l’organisation de protection de l’environnement WWF.

Les conséquences de la crise écologique sont bien plus graves

« Nous agissons avec l’environnement comme l’ont fait les institutions financières dans le domaine économique : nous voulons la satisfaction immédiate et ne regardons absolument pas aux conséquences à plus long terme » explique Geoffroy De Schutter, directeur des programmes au WWF-Belgique. « Il y a cependant une différence : les conséquences de la crise écologique mondiale sont bien plus graves que celles de la crise économique actuelle. En effet, dans le cas de la crise écologique, ce sont nos actifs environnementaux qui sont sous-évalués. Or, ces derniers sont à la base de toute vie. La logique de croissance à l’infini que suit notre consommation dans une seule planète finie montre aujourd’hui ses limites. » Le changement climatique et la crise alimentaire mondiale ne sont que quelques unes des conséquences auxquelles nous devrons faire face.

L’empreinte écologique augmente, la biodiversité diminue

Le Rapport Planète Vivante donne tous les deux ans un bilan de santé de la Terre via différents paramètres. L’indice Planète Vivante, basé sur le suivi de 5 000 populations de 1686 espèces animales indique une tendance à la baisse de 30% en moyenne depuis les années 1970. D’un autre côté, l’empreinte écologique de l’humanité, c’est à dire la surface nécessaire pour produire toutes les ressources naturelles que nous consommons et pour absorber nos déchets, est en constante augmentation. En moyenne, au niveau mondial, l’empreinte écologique est de 2,7 hectares alors que seulement 2,1 hectares sont disponibles. Par ailleurs, nous consommons d’énormes quantités d’eau. La quantité globale d’eau douce disponible est de plus en plus mise sous pression par la demande croissante de produits dont la production demande énormément d’eau comme la viande, les produits laitiers, le sucre et le coton. Pour la production d’un t-shirt en coton, par exemple, il faut près de 3 000 litres d’eau. Aujourd’hui déjà, une cinquantaine de pays rencontre de graves pénuries d’eau. A cause du changement climatique, le nombre de personnes qui n’ont pas assez d’eau que ce soit tout au long de l’année ou pour seulement quelques périodes, devrait très sensiblement augmenter.

Et la Belgique ?

La Belgique, tout comme la plupart des pays occidentaux, reste mauvaise élève. L’empreinte écologique belge a quasiment doublé (+87%) depuis 1961 et arrive aujourd’hui à 5,1 hectares, principalement à cause de l’augmentation de nos émissions de CO2. Notre empreinte est près de cinq fois plus importante que la surface de terre productive disponible par Belge (1,1 ha). Lire la suite

Appel pour une diversification du bouquet électrique français

alecoso.fr, février 2009

Appel d’intérêt public pour une diversification urgente du bouquet électrique français

Depuis plusieurs années, de nombreux partis politiques, syndicats et associations, de sensibilités diverses, soulignent la nécessité d’une diversification des sources d’approvisionnement électrique en France, ne serait-ce que pour réduire les risques de black-out et d’interruptions de la fourniture de courant aux usagers, et garantir ainsi le maintien d’un service public de qualité.

Avec près de 80% de sa production électrique d’origine nucléaire (contre, respectivement, 30%, 20%, 15% et 2,2% pour le Japon, les États-Unis, la Russie et la Chine), la France est le seul pays au monde à dépendre autant de cette source d’électricité peu modulable et donc inadaptée aux pointes de consommation. L’extrême centralisation inhérente à la technologie nucléaire, outre qu’elle entraîne des pertes d’énergie sur le réseau, constitue une cause supplémentaire de vulnérabilité potentielle de l’approvisionnement électrique, dans un contexte de multiplication des incidents et accidents, notamment liés à l’âge du parc et à certaines erreurs de conception (1) mais aussi aux logiques de financiarisation et de privatisation qui touchent à la fois les secteurs du transport et de la production d’électricité – logiques dont on voit hélas mal comment les infléchir à très court terme.

D’une part, ses 58 réacteurs rendent notre pays notoirement excédentaire en moyens de production continue de courant (répondant aux besoins en base). La nécessité technique que ces installations fonctionnent jour et nuit – hors périodes d’arrêt pour maintenance – encourage chez nous la surconsommation électrique (2). L’électricité ne pouvant se stocker, cette surproduction entraîne aussi des exportations à bas prix de courant à l’étranger, lesquelles ont, dans nombre de pays, un effet de dumping dissuasif sur le développement des énergies renouvelables, qu’elles soient thermiques (biogaz, biomasse…) ou autres. Par ailleurs, le surcroît de plutonium et de déchets radioactifs correspondant à ces exportations restera bien sûr, quant à lui, stocké sur le sol français.

D’autre part, les unités de production thermiques plus souples (utilisables en périodes de pics de demande électrique sans générer le reste du temps de gaspillages ni d’incitations à la surconsommation) commencent en revanche à faire cruellement défaut – d’où les difficultés croissantes de RTE (le Réseau de transport d’électricité) pour faire face à la demande sans discontinuité. Cela oblige, lors des pointes de consommation ou d’incidents sur le réseau, à de coûteuses importations d’électricité produite à l’étranger, y compris à partir de ressources fossiles particulièrement polluantes comme le lignite ; celles-ci sont en outre souvent brûlées dans des centrales de conception dépassée, à mauvais rendement énergétique et ne répondant pas aux normes environnementales les plus récentes.

Autrement dit, au lieu d’apporter au niveau planétaire des économies nettes d’émissions de gaz carbonique (CO2), notre parc électronucléaire surdimensionné amène en pratique la France à externaliser, vers des états comme l’Allemagne ou la Pologne, des émissions massives de CO2 et d’autres polluants liées à l’exploitation ponctuelle de centrales thermiques anciennes, ce qui retarde d’autant la fermeture des plus vieilles centrales étrangères… alors même que notre pays fut pionnier, y compris à l’exportation (vers la Chine, les États-Unis…), en matière de centrales dites « à charbon propre » (comme celle de Gardanne), filière qu’EDF a pour l’heure négligé de développer Lire la suite

Un Plan de relance trop déconnecté du Grenelle

Actu-Environnement.com, Agnès Sinaï, le 4 février 2009

Un Plan de relance trop déconnecté du Grenelle de l’environnement

Alors que le nouveau président des Etats-Unis a annoncé un plan de relance centré sur l’indépendance énergétique américaine qui devrait déclencher la création de 460.000 emplois dans les trois prochaines années, le premier ministre, François Fillon a lancé 1.000 chantiers d’investissements dont la plupart sans rapport avec les orientations adoptées par la loi Grenelle.

Restauration de la flèche de Notre Dame, construction d’établissements pour personnes âgées, halles des sports réhabilitées, rénovation des nécropoles nationales, projet de pôle pour les nanotechnologies à Saclay, installation de connexions wi-fi à bord du TGV Est, rénovation de logements à Kerguelen… Doté de 11,1 milliards d’euros directement investis par l’Etat, auxquels s’ajouteront 4 milliards d’investissements supplémentaires réalisés par les grandes entreprises publiques ou assimilées (EDF, SNCF, RATP, GDF-Suez, La Poste), le plan de relance présenté par François Fillon le 2 février concerne quatre grands domaines : infrastructures et équipements civils (870 millions d’euros), enseignement supérieur et recherche (731 millions), patrimoine (620 millions), ainsi que des dispositifs de soutien à l’investissement en faveur des collectivités locales (2,5 millions au titre du Fonds de compensation de la TVA) et des entreprises (8 milliards de prêts sur fonds d’épargne). Ce catalogue de mille mesures hétéroclites est majoritairement concentré sur l’entretien et l’extension de l’existant plutôt qu’en faveur d’une nouvelle orientation de l’économie, au service, par exemple, de l’environnement et de la réduction des consommations d’énergie, de la promotion de l’agriculture biologique et de la préservation des ressources naturelles.
Un Green New Deal introuvable

Alors que le Grenelle de l’environnement avait donné l’impulsion à ce qui aurait pu devenir un Green New Deal national, le plan de relance du Premier ministre donne l’impression de rester très majoritairement dans la logique du business as usual. Des routes et des autoroutes, mais pas de financements décisifs pour les transports en commun urbains, des rénovations de bâtiments anciens, mais pas de plan d’ensemble de réhabilitation du logement social, ni d’engagement substantiel en faveur de la construction d’écoquartiers à basse consommation, une aide de 100 millions d’euros à 50.000 propriétaires occupants modestes, soit un saupoudrage de 2.000 euros par logement au lieu des 20.000 nécessaires (une réhabilitation aux normes prévues par le Grenelle coûte 300 € le m2)… La création d’emplois attendue n’est pas chiffrée, pas plus que les conséquences du plan en termes d’émissions de gaz à effet de serre ou l’anticipation de l’impact de grandes infrastructures, telles que le canal Seine-Nord.

Côté transports, la construction de trois nouvelles autoroutes est prévue : A63 Bordeaux-Espagne, A150 Rouen-Le Havre et A355 (Grand contournement Ouest de Strasbourg), alors que le Grenelle avait abouti au gel de ces 3 projets autoroutiers. Un milliard d’euros seront dépensés en 2009 sur le réseau national au lieu des 800 millions prévus. Selon la Fédération nationale d’usagers de transports (FNAUT), outre qu’elle induit peu d’emplois, la création de nouvelles routes ou autoroutes brouille le message du Grenelle : c’est un signal psychologique déplorable. D’autant que la France est déjà bien dotée en infrastructures routières, mais sous-équipée en transports urbains collectifs, qui, selon la FNAUT et un rapport récent du Programme des Nations Unies pour l’Environnement1, créent deux fois plus d’emplois, à dépense égale, que le transport routier, pour la plupart pérennes et par définition non délocalisables. Selon un communiqué conjointement publié par le GART (Groupement des autorités responsables de transport) et les Communautés urbaines de France, les élus locaux déplorent que l’État n’ait pas favorablement répondu à la demande des associations représentant les collectivités locales : soutenir l’investissement dans les transports en commun en site propre et dans le matériel roulant.
Le secteur automobile tire son épingle du jeu Lire la suite

Le pari mondial de la croissance verte

lemonde.fr, Antoine Reverchon, le 2 février 2009

Le pari mondial de la croissance verte

Aide fiscale aux énergies renouvelables et à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, rénovation du réseau électrique, subventions à la recherche et au développement de produits et de services moins polluants dans l’industrie et les transports, normes environnementales plus sévères… L’une, l’autre ou plusieurs de ces mesures se retrouvent dans le plan de relance de 819 milliards de dollars (639 milliards d’euros) voté par la Chambre des représentants américaine le mercredi 28 janvier, et dans le plan de relance de 26 milliards d’euros adopté par le Parlement français le lendemain, dont les mesures devaient être détailléees le 2 février par le premier ministre, François Fillon.

Mais au-delà des effets attendus à court terme sur l’emploi et l’activité, ce  » verdissement  » des plans de relance, que l’on retrouve en Chine, en Allemagne, au Japon, pose les jalons du basculement d’un modèle économique basé sur le pétrole et responsable du réchauffement climatique, vers un modèle gérant au mieux les ressources de la planète.

Barack Obama s’est inspiré du programme  » Repower America  » élaboré par Al Gore, l’ancien vice président de Bill Clinton, qui prévoit de mettre en place en dix ans un modèle énergétique rendant les Etats-Unis indépendants du pétrole, et donc des pays producteurs. La double signification de power (pouvoir et énergie) prend ici tout son sens. Il s’agit de changer de système économique et de résoudre un problème de sécurité nationale. En France, 35 % des investissements prévus par le plan  » anticipent sur l’application du Grenelle de l’environnement « actuellement discuté au Sénat, a affirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, l’ex-secrétaire d’Etat à l’environnement.

Mais le risque est alors de voir l’argent public s’engouffrer dans des secteurs ou des technologies non viables. Ceci simplement parce qu’ils bénéficient d’un meilleur lobbying ou d’un effet de mode, redoute l’économiste américain Robert Bell (City University of NewYork M. Bell a mis en évidence les gaspillages engendrés par certains choix technologiques à Washington. De même, ajoute-t-il, des incitations fiscales, couplées au comportement mimétique des marchés financiers, peuvent conduire les investisseurs à créer une nouvelle bulle financière sur la  » green tech ».

Pour que les pouvoirs publics, mais aussi les agents économiques – entreprises, investisseurs et consommateurs – ne s’égarent pas dans un maquis de promesses parées des vertus de l’écologie, les économistes estiment que les prix des biens et services consommés doivent intégrer le coût de leurs effets réels sur le climat, via un prix par tonne de CO2. Seul ce  » signal prix « , indique Cédric Philibert, économiste à l’Agence internationale de l’énergie, peut inciter les industriels à investir dans des technologies propres, les investisseurs à mesurer le risque de leurs choix, les ménages à adopter un mode de consommation plus durable.

L’économiste britannique Terry Barker(Cambridge) a même mis au point un modèle économique montrant que plus le prix du carbone est élevé, plus les investissements massifs que cette contrainte entraîne génèrent une croissance forte, explique son collègue Patrick Criqui (université de Grenoble) . Mais les économistes se divisent sur l’instrument le plus apte à émettre le signal prix : le marché, où entreprises et Etats échangent les tonnes de CO2 au-delà ou en deçà des quotas qu’ils sont autorisés à émettre ? Ou bien la fiscalité, qui taxerait les biens et les services au prorata de leur teneur en carbone ? Les risques de volatilité excessive du prix de la tonne de carbone sur un marché d’autant plus imparfait qu’il n’inclut pas les émissions de l’Inde ou de la Chine font préférer la solution de la taxe carbone à certains. Lire la suite

Gironde : Ford passe au vert

Sud-Ouest, Bernard Broustet, le 3 Février 2009

BLANQUEFORT. L’usine de transmissions va être reprise par la société HZ Holding, dont le partenaire Johann Hay veut fabriquer sur place de grandes couronnes d’éoliennes

Gironde : Ford passe au vert

La chose est désormais quasi certaine : l’usine Ford Aquitaine Industries de Blanquefort (Gironde) va passer sous pavillon allemand et son effectif salarié (1 600 personnes environ) sera en principe maintenu, sous réserve de l’externalisation de certaines fonctions. Exclusivement vouée jusqu’ici à la fabrication de boîtes automatiques, la grande unité industrielle girondine va être reprise par la société allemande HZ Holding, avec pour principal partenaire le groupe industriel Johann Hay, qui emploie 2 000 salariés outre-Rhin.

Bien que se consacrant jusqu’ici essentiellement à l’automobile, Johann Hay va lancer sur le site girondin un grand projet de diversification dans les énergies renouvelables. Plusieurs autres projets de moindre envergure seront conduits par Johann Hay et d’autres groupe industriels dans des domaines comme le traitement thermique ou la fabrication de pièces automobiles.

La production de boîtes de vitesse automatiques – qui constituait jusqu’ici l’unique activité du site – sera, par ailleurs, maintenue au moins jusqu’en 2011 à Blanquefort. Mais les repreneurs ne désespèrent pas de pouvoir la vendre à d’autres constructeurs, d’Asie ou d’ailleurs.

Montant sans doute modeste

Flanquée d’Hubert Falco, secrétaire d’État à l’Aménagement du territoire, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a fait hier un aller-retour express à Bordeaux pour présenter officiellement le projet de reprise du site, sur lequel les services de l’État ont beaucoup travaillé, ainsi que les collectivités locales, et la direction de Ford. Elle était accompagnée de Birger Hammerstein, PDG de Johann Hay, et de Markus Ziegler, représentant de la société HZ Holding qui va donc, en principe, racheter le site pour une somme sans doute modeste.

Markus Ziegler est resté assez évasif sur l’actionnariat de HZ Holding, dont il a simplement précisé qu’elle était contrôlée par des « familles allemandes ». Birger Hammerstein nous a précisé, de son côté, qu’il n’y avait pas de lien financier direct entre HZ Holding et Johann Hay. On remarquera néanmoins que la seule emplette réalisée jusqu’ici par HZ Holding depuis sa création en 2007 est l’usine Ascoforge de Hagondange en Lorraine, et que l’opération est menée sur le plan industriel par Johann Hay. De là à conclure que les deux entités sont étroitement imbriquées, et qu’elles ont peut-être des actionnaires communs, il n’y a qu’un pas que nous nous gardons provisoirement de franchir.

Ce qu’il y a de sûr, c’est que Johann Hay, spécialisé dans l’usinage et le forgeage, est en pointe dans le scénario de sauvetage de Blanquefort dont les transmissions, destinées aux modèles américains de Ford, ont vu leurs débouchés tomber en chute libre ces dernières années.

Johann Hay, qui est spécialisé, entre autres, dans les volants moteurs et les couronnes de démarreurs, veut infléchir une bonne partie de la production de l’usine girondine dans une tout autre direction. Il s’agira pour elle de fabriquer des couronnes de métal qui jouent un rôle très important dans la fabrication des éoliennes. Les couronnes que Johann Hay envisage de produire à Blanquefort sont d’un diamètre de 1 à 4 mètres. Elles sont adaptées à des nouvelles générations d’éoliennes de grande dimension. Et compte tenu des contraintes qu’elles sont amenées à subir, leur élaboration requiert une extrême précision qui fait apparemment partie de la culture d’entreprise du groupe allemand, aujourd’hui octogénaire.

12 millions de l’État

À l’origine, Johann Hay souhaitait entamer en Europe centrale sa diversification vers les énergies renouvelables. Mais, après avoir été contactés par Ford, le groupe et son partenaire HZ Holding ont décidé de changer leur fusil d’épaule. La présence à Blanquefort d’une très grande usine – dont les salariés et les dirigeants ont su, depuis des décennies, respecter de très exigeants critères de qualité – les a convaincus de prendre pied en Gironde. Le scénario de reprise fera appel à Lire la suite

L’économie verte pour lutter contre le changement climatique

cdurable.info, David Naulin, le 31 janvier 2009

Publication du rapport de McKinsey and Co : Pathways to a Low Carbon Economy

Rapport McKinsey : l’économie verte, un moyen pour lutter contre le changement climatique

Plus de 200 propositions de réduction des émissions de GES

Nous avons aujourd’hui le potentiel pour limiter le réchauffement climatique en dessous du seuil de 2°C, à un coût relativement faible ( estimé entre 200 et 350 milliards d’euros par an, soit 0,4% du PIB mondial). C’est le message du rapport de McKinsey and Co, “ Pathways to a Low Carbon Economy”, auquel a contribué le WWF. Pour l’ONG, c’est un appel à l’action de bonne augure alors que commence une année décisive pour le climat qui s’achèvera en décembre 2009 avec le conférence de l’ONU sur le climat de Copenhague.

Les actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey

Quelle traduction politique ?

Le rapport très attendu de McKinsey, a été rendu public aujourd’hui 26 janvier, lors d’une conférence de presse à Bruxelles à laquelle participait le directeur général de WWF, Jim Leape, ainsi que le Commissaire à l’Environnement Stavros Dimas et Sir Nicholas Stern. WWF est l’un des 10 sponsors qui ont soutenu financièrement et surtout contribué par leur expertise à ce rapport, qui étudie plus de 200 potentiels de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les deux prochaines décennies, dans 10 secteurs et 21 régions du monde. Le WWF se félicite des principales conclusions de ce rapport.

Selon ce rapport, si l’ensemble des options technologiques étaient utilisées, les émissions mondiales de gaz à effet de serre pourraient être réduites de 40% par rapport à 1990 d’ici à 2030. Une réduction suffisante pour limiter le réchauffement de la planète en dessous de 2°C. Mais il faut agir dès aujourd’hui : si la communauté internationale attend 10 ans pour agir, il sera alors impossible de rester en dessous de ce seuil de 2°C et donc d’éviter les impacts catastrophiques du dérèglement climatique.

Autre message important de ce rapport : le coût net de l’action – prenant en compte le coût de la mise en œuvre des politiques publiques – est estimé entre 200 et 350 milliards d’euros par an à l’horizon 2030, soit 0.4% du PIB mondial, dans l’hypothèse où le baril de pétrole ne dépasse pas 60$. « Mais si le pétrole est deux fois plus cher, une hypothèse loin d’être absurde, alors ce coût devient un gain de l’ordre de 450 milliards ! Gagnerons nous ou perdrons nous des centaines de milliards ? Cela dépend tellement du prix du pétrole qu’on peut douter de la pertinence de cette question. Mais ce qui est sûr, c’est que le coût de l’action reste bien faible par rapport au coût de l’inaction », commente Damien Demailly, chargé du programme Energie Climat au WWF-France.

Pour Serge Orru, directeur du WWF-France, « alors que les chefs d’Etat du monde entier préparent la grande réunion de Copenhague qui doit trouver un successeur au Protocole de Kyoto en décembre 2009, ce rapport coupe l’herbe sous le pied à ceux qui disent que la lutte contre les changements climatiques est perdue d’avance et fragilise nos économies ».

Les actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey

Elles concernent quatre grands domaines :

 l’efficacité énergétique : Lire la suite

Robert Lion « La relance : replâtrage ou mutation ? »

Le Monde, Robert Lion, le 30 janvier 2009

La relance : replâtrage ou mutation ?

Robert Lion est président de l’association Agrisud International et de Greenpeace France.

Vous avez dit « crise » ? Chacun s’inquiète en effet, avec un seul souci, de Paris à Washington ou à Francfort : « relancer » la machine. Mais cette crise-là en occulte d’autres. Rappelons-nous : il y a un an, on s’alarmait des famines nées de la flambée des prix alimentaires. En 2007, les projecteurs étaient sur la crise écologique et Nicolas Sarkozy appelait, pour faire face au dérèglement climatique, à une « révolution » de notre modèle social. Un peu plus tard, nous encaissions le choc du baril de pétrole à 140 dollars. Le monde subit des crises multiples, profondes, entremêlées. L’inquiétude et l’agressivité provoquées par ces dérèglements et ces incertitudes forment une sorte de super-crise.

Ce serait donc un grand tort de concentrer efforts et financements sur la seule crise économique. Ces bouleversements multiples signifient l’effondrement d’un modèle global et appellent des remèdes globaux. On nous dit qu’il faut « refonder le capitalisme » : courte vue ! Comme Barak Obama semble l’avoir entrevu, c’est le fonctionnement entier de nos sociétés qu’il faut refonder : nous avons à conduire la transition vers cet autre modèle de société, celle de la survie organisée, sans attendre que des « révolutions » nous l’imposent.

Un tel virage est attendu. Les citoyens ont envie qu’on leur parle vrai des menaces qui pèsent sur l’humanité et qu’on leur présente un avenir possible : une société transformée, plus responsable, plus fraternelle. Ils demandent une vision. Ils sont sans doute prêts à répondre à un appel, à une mobilisation générale comme nous n’en avons connu qu’en temps de guerre.

Ne disons pas, ici en France : « La mise en œuvre du Grenelle contribuera à la relance et créera beaucoup d’emplois » – ce que chacun sait. Disons : « La relance économique est l’occasion d’engager un changement de société qui sauvegarde les écosystèmes et assure l’avenir. »

Au-delà des mesures souvent pertinentes qui se préparent pour les activités bancaires et financières, il est temps d’envisager des pas en avant de nature différente. A titre d’exemple : exiger des banques qu’elles ne financent que des projets ou des entreprises à empreinte écologique réduite ; exiger des HLM qu’ils réduisent de moitié la dépense énergétique de 300 000 logements par an, comme ils l’ont fait après le premier choc pétrolier ; exiger des constructeurs d’automobiles qu’ils repensent la mobilité à échéance de vingt ans et produisent les véhicules de demain ; réformer nos normes comptables et notre fiscalité pour donner à tout bien ou service un prix intégrant ses impacts lointains ; repenser la politique agricole commune avec le souci de la sécurité alimentaire des pays pauvres. D’autres mobilisations devraient concerner la recherche, l’industrie pharmaceutique, l’agriculture bio, la construction, les énergies renouvelables.

Cette mobilisation appelle un cadrage politique. Bien au-delà de la chasse aux rémunérations abusives, il faut moraliser la démocratie et reconnaître des rôles à la société civile : pas d’économie durable sans le soutien de l’opinion.

Il ne s’agit pas de programmer une « sortie de crise », mais Lire la suite

Le brillant avenir de l’énergie solaire

pourlascience.fr,  N°375, Daniel Lincot, janvier 2009

Le brillant avenir de l’énergie solaire

D’ici 10 à 15 ans – c’est-à-dire demain –, l’électricité photovoltaïque sera compétitive avec les autres sources d’électricité.

La découverte de l’effet photovoltaïque est attribuée à Edmond Becquerel, fils d’Antoine Becquerel et père de Henri, découvreur de la radioactivité. C’était en 1839. Il avait 19 ans et venait de constater que l’éclairement de lames métalliques corrodables au contact de solutions acides provoque l’apparition d’un courant. Ainsi la lumière était capable de faire apparaître un courant électrique, ce qui ouvrait la voie à la conversion de l’énergie lumineuse en énergie électrique. En 1869, l’ingénieur français Augustin Mouchot confirme le potentiel énergétique du rayonnement solaire, dont la puissance est déterminée quantitativement. Chaque mètre carré de sol reçoit entre 0,8 mégawattheure par an en Finlande et 2,9 au Sahara (1,3 en moyenne en France). Cela représente entre 80 et 290 litres d’équivalent pétrole : c’est considérable. L’énergie solaire reçue par la Terre chaque année représente environ 10 000 fois la consommation énergétique mondiale.

C’est cette ressource immense, renouvelable, accessible dans toutes les régions du monde, propre et sûre, qui suscite à nouveau aujourd’hui tous les espoirs pour répondre à la crise énergétique et les enjeux climatiques. Il a fallu attendre 1954 et les travaux sur les transistors à base de silicium, pour que naisse la première cellule solaire photovoltaïque au silicium. En l’espace de quatre ans, le rendement de conversion avait atteint 14 pour cent (le rendement est le rapport entre la puissance électrique produite et la puissance lumineuse incidente venant de l’éclairement solaire). Cela a permis le lancement du premier satellite alimenté par énergie photovoltaïque, Vanguard, en 1958. Ainsi le photovoltaïque fut et reste un élément clé de l’aventure spatiale. Il fallut attendre les années 1970 et le premier choc pétrolier pour que les applications terrestres du photovoltaïque commencent à être considérées, avant de repasser au second plan en raison de la baisse du prix du pétrole et du choix du nucléaire dans de nombreux pays. Ce fut une première occasion manquée, qui a ouvert une période d’environ 25 ans d’attentisme, voire d’opposition systématique, en particulier en France, qui après avoir été pionnière dans ce domaine, a sombré en queue de classement.

Heureusement, l’Europe a pris le relais et quelques pays, notamment le Japon et l’Allemagne, ont adopté des politiques volontaristes. En même temps, la recherche a continué à progresser, les technologies se sont améliorées. C’est à la fin des années 1990 et au début des années 2000 que s’amorce enfin le retournement de tendance en faveur des énergies renouvelables et en particulier du photovoltaïque, avec le renforcement du soutien public au Japon et en Allemagne, et l’introduction de la politique de rachat de l’électricité solaire : l’électricité produite par les particuliers qui disposent de panneaux solaires est rachetée par les compagnies d’électricité à un tarif supérieur (cinq fois, en France) au prix facturé. Grâce à cette politique, on assiste au décollage industriel, avec une augmentation de la production industrielle de modules proche de 40 pour cent par an. Peu à peu, d’autres pays mettent également en place des politiques de soutien, en particulier en France en 2006, qui rejoint enfin l’Allemagne sur ce terrain, après avoir vaincu de fortes oppositions au nom d’un dogme suivant lequel les énergies renouvelables devaient se développer initialement sans aides. C’est oublier les soutiens accordés aux autres secteurs énergétiques !

Soutenue par un cadre incitatif et pérenne, une forte demande des populations, des possibilités de développement quasi illimitées, une grande industrie de l’énergie solaire photovoltaïque prend maintenant son envol, autour de plusieurs compagnies de l’électronique. Près de 70 000 emplois ont été créés en Europe dans ce domaine en quelques années (dont 40 000 en 2007 !). Lire la suite

CLER, 2009 : la fiscalité pour l’habitat en action

Comité de liaison énergie renouvelable (CLER), le 15 janvier 2009

2009 : la fiscalité environnementale pour l’habitat en action

Les engagements du Grenelle et leur traduction en textes législatifs en cours donnent naissance à de nouveaux outils. La loi de finance approuvée le 27 décembre 2008 a ainsi validé la mise en place d’une série d’avantages fiscaux destinés à encourager l’amélioration de la performance énergétique des logements et leur équipement en appareils utilisant les énergies renouvelables. Les dispositifs concernent à la fois le neuf et l’ancien, ainsi que les propriétaires occupants ou bailleurs.

Les mesures annoncées montrent un glissement progressif de la subvention à l’investissement (crédit d’impôt) vers un soutien à l’ingénierie financière (prêts bonifiés de différents types).

Elles montrent également une évolution progressive du soutien à des équipements installés individuellement vers un soutien à une action globale sur le logement. Ces deux tendances sont à la fois logiques et souhaitables. Le crédit d’impôt a fortement contribué au lancement de filières énergies renouvelables, mais a montré un succès plus limité sur l’efficacité énergétique, en particulier l’isolation des toitures et façades. Il est maintenant temps de mettre à profit la maturité acquise par les filières pour les appliquer à des logements réellement performants. Ces mesures sont destinées à conduire aux objectifs du Grenelle* : « réduire les consommations d’énergie du parc des bâtiments existants d’au moins 38 % d’ici à 2020. À cette fin, l’État se fixe comme objectif la rénovation complète de 400 000 logements chaque année à compter de 2013. […] »

Le nouveau dispositif tente de répondre aux problèmes majeurs constatés dans les cas de logements loués (propriétaires bailleurs) et copropriétés.

L’attirail fiscal comprend maintenant :

 une nouvelle version du crédit d’impôt (neufs et anciens) Lire la suite

FNE « Création d’un deuxième EPR : une erreur historique »

France nature environnement, communiqué de presse, le 30 janvier 2009

Création d’un deuxième EPR : une erreur historique

Le Président de la République vient d’annoncer la création d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Penly en Seine Maritime. Réaction de FNE.

FNE exprime un sentiment de révolte à la suite de l’annonce par le Président de la République de la création d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Penly en Seine Maritime. Cette décision est sans doute conforme à l’intérêt du lobby nucléaire mais pas à l’intérêt général.
Une erreur historique. Lors de son discours de clôture du Grenelle de l’environnement, le 26 octobre 2007, le Président de la République avait déclaré : « je ne veux pas de nouveaux sites nucléaires ». Nicolas Sarkozy avait également déclaré : « Il y aura donc bien une réduction de la part du nucléaire dans notre consommation d’énergie ».

Pour Sébastien Genest, Président de FNE, « le développement du nucléaire est contraire à celui des énergies renouvelables. Il faut en finir avec un modèle énergétique centralisé, fragile en consommation de pointe, inadapté aux territoires et contraire à l’objectif premier de réduction de la consommation d’énergie, négocié lors du Grenelle de l’environnement. »

La relance par l’atome ? Le 19 décembre 2008, lors d’une réunion en présence des associations, Nicolas Sarkozy s’était engagé à ce que le plan de relance soit vert et pas gris. Sébastien Genest poursuit : « Nous sommes consternés par l’empilement de décisions à courte vue : relance de trois programmes autoroutiers, octroi d’aides d’Etat au secteur automobile ou aéronautique sans contreparties environnementales, assouplissement des conditions de création des installations classées, création d’un nouvel EPR ……autant de décisions contraires à l’impératif d’une relance à la fois économique et écologique. Ces décisions irrationnelles ne peuvent être compensées par des mesures de verdissement ».

Un grave recul de la démocratie écologique. FNE rappelle que le droit de l’environnement impose que le débat public soit organisé à un « moment où toutes les options sont encore ouvertes » et avant qu’une décision publique ne soit prise.

Arnaud Gossement, porte parole de FNE, déclare : « Le nucléaire ne se satisfait que de la politique du fait accompli. La décision de créer un nouvel EPR est une atteinte à la démocratie écologique puisque la concertation n’a eu lieu qu’avec le lobby nucléaire ! Désormais, pourquoi se donner la peine d’organiser un simulacre de débat public dès lors que les dés sont jetés ? ».

FNE rappelle que la décision de création du premier réacteur nucléaire EPR à Flamanville Lire la suite