Ville en transition, nouvelle initiative en Gironde

wikipedia.org, avril 2010

Ville en transition

(Une initiative de transition vient de débuter en Gironde, 2ème rencontre à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine 3 rue de Tauzia à Bordeaux le mardi 4 mai à 18h30. Il est proposé d’amener de quoi pique-niquer sur place. Ouvert à toutes et à tous.)

Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule une initiative de transition, c’est-à-dire un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

Ce processus a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture[1]. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume Uni. Depuis, le mouvement est devenu international et compte plus de 150 initiatives officielles[2].

L’originalité du mouvement des initiatives de transition sur les mouvements écologistes ou sociaux existants tient en plusieurs points. Tout d’abord, la vision de l’avenir est résolument optimiste, et les crises sont vues comme des opportunités de changer radicalement la société actuelle. La deuxième originalité est que le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c’est cette dernière qui doit porter le changement. L’action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation. C’est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apolitique et ne choisit pas les confrontations (manifestations, …). Ensuite, le mouvement a développé une théorie psychologique inspirée de celle des traitements des dépendances toxicologiques pour tenter de traduire le désespoir ou le déni souvent consécutifs à la découverte du pic pétrolier et de notre dépendance au pétrole, en actions concrètes. Cette originalité semble à la source du succès que connait le mouvement des villes en transition[2], mais elle suscite aussi des critiques, notamment sur le manque d’engagement politique.

Le double défi du pic pétrolier et du dérèglement climatique [modifier]

Le pic pétrolier [modifier]

Article détaillé : Pic pétrolier.

Courbe théorique du pic de production

La notion de pic pétrolier n’exprime pas la fin des réserves de pétrole, mais traduit la fin du pétrole conventionnel bon marché. À l’échelle d’une région, la production de pétrole suit une courbe de distribution normale (voir le cycle d’exploitation d’un gisement), c’est-à-dire que la production croît rapidement, avant de s’infléchir, de passer par un plateau de production, pour suivre le mouvement inverse. Le pic pétrolier est la date à laquelle la courbe de production mondiale n’augmentera plus, traduisant le maximum de production atteint. À ce moment-là, et pour la première fois, la demande excèdera durablement la production, provoquant une hausse des prix qui s’intensifiera à mesure que la production décroîtra.

L’estimation de la date du pic pétrolier varie suivant les compagnies pétrolières, les institutions officielles et les associations d’étude du pic. Ces différences peuvent provenir d’une vision différente (vision économiciste dans laquelle la production suit la demande), d’une divergence sur la théorie (la notion même de pic pétrolier), de l’incertitude sur l’estimation de certaines données (les réserves sont des données géostratégiques) ou sur différents modes opératoires de calcul (prise en compte ou non du pétrole non conventionnel). De plus, la consommation, autre variable affectant le pic, est soumise à des évènements (externes ou issus de rétroactions), par exemple politiques ou économiques. Les différents pronostiques vont donc du déni d’un pic pétrolier pour l’OPEP[3], à l’horizon 2020 pour Lire la suite

Le “peak oil” vu de France : des moulins, ma parole !

petrole.blog.lemonde.fr, Matthieu Auzanneau, le 13 avril 2010

Le “peak oil” vu de France : des moulins, ma parole !

Il paraît qu’un blog, ça sert aussi à défendre ses propres analyses. Alors résumons-nous.

Nous avons :

– le patron de la prospective sur le pétrole à Washington qui nous dit que la production mondiale de carburants pourrait décliner à partir de l’an prochain, et qui s’inquiète d’un manque de nouveaux projets d’extraction ;

– un rapport du Pentagone qui table sur de fortes pénuries de pétrole d’ici à 2015, évoquant des conséquences “économiques, politiques et stratégiques” graves ;

– un économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie qui prévient depuis cinq ans que le monde doit “sortir du pétrole” aussi vite que possible, afin d’éviterun mur, un grand test devant nous, si les puissances occidentales et aussi la Chine et l’Inde ne révisent par leur politique énergétique de façon substantielle” ;

– un ancien n°2 de l’Aramco, la compagnie pétrolière nationale saoudienne (de loin la première du monde), qui clame que les réserves mondiales officielles de pétroles sont exagérées d’un quart ;

et j’en passe

Mais pendant ce temps-là, dans notre beau pays…

Pas d’inquiétude, citoyens.

Le 9 avril se tenait à la Grande Arche de La Défense une conférence intitulée “Repenser la ville dans une société post-carbone“, parrainée par le ministère de l’écologie et de l’énergie. Ouf, comme toujours, les ingénieurs qui nous gouvernent ont tout prévu.

Ministère de l’écologie et de l’énergie, La Défense, 9/4/10. A droite, Jean Laherrère, co-fondateur de l’Association pour l’étude du peak oil (ASPO)

Sauf que…

cette réflexion autour d’une ville capable de fonctionner avec beaucoup moins de pétrole zyeute vers des horizons lointains, 2030, 2050,… alors que le danger pointé par Glen Sweetnam, Fatih Birol, Sadad al-Husseini et bien d’autres sources solides (voir plus haut) est là, imminent.

Les chiffres officiels sur les réserves de pétrole dites “prouvées” sont opaques : secrets industriels, voire politiques. Des secrets qu’il faut percer d’urgence : si le “peak oil“ n’intervient pas avant la prochaine génération, comme l’affirment la plupart des compagnies pétrolières, alors nous pouvons espérer avoir le temps de nous y préparer, et y faire face. Mais s’il advient plus tôt, je crois que nous risquons gros.

En 2005, j’ai publié une enquête dans Le Monde 2 (pdf) qui tentait d’expliquer les tenants de cette opacité, et surtout ses conséquences. Lire la suite

Le pic pétrolier mondial : on doit s’y préparer dès maintenant !

notre-planète.info, Louis Servant, le 10 mars 2010

Le pic pétrolier mondial : on doit s’y préparer dès maintenant !

On sait que le pétrole est une ressource énergétique non renouvelable car sa formation nécessita des millions d’années. Il est donc épuisable. On annonce régulièrement dans les médias que les réserves prouvées (celles que l’on sait exploiter dans les conditions économiques et techniques actuelles) représentent une quarantaine d’années de consommation courante. Doit-on en conclure que l’on est tranquille pour 40 ans? Absolument pas.

Les professionnels du pétrole utilisent cet indicateur car il donne une idée de l’importance de la quantité de pétrole exploitable à ce jour. Mais pour le public il est trompeur à un double titre.

Tout d’abord il s’applique à la consommation de l’année en cours ; or, hors crise financière et économique, la consommation mondiale croît. Ainsi de 1998 à 2007 elle est passée de 3,439 à 3,939 millions de tonnes, soit une croissance moyenne de 1,5% par an[1]. En 2008 les réserves prouvées étaient estimées à 170,8 milliards de tonnes soit 43 années de consommation 2008. Si on suppose que la croissance de la consommation reprend au même rythme qu’avant la crise (1,5% par an), le calcul aboutit à une durée de 33 ans seulement.

Ensuite, et c’est même le point le plus important, la production ne peut être indéfiniment croissante jusqu’à épuisement des réserves … puis plus rien. La production d’un gisement pétrolier croît, atteint un maximum, puis décroît. Ce maximum est atteint bien avant épuisement du pétrole ultimement extractible ; une règle approchée est : le maximum apparaît quand la production cumulée devient égale à la moitié de la production ultime du gisement. Comme on le verra plus loin, ce pic a déjà été dépassé dans de nombreux pays. Au niveau mondial on aura le même phénomène : la production de pétrole aura un maximum[2]. Le tout est de savoir quand.

Afin de mieux comprendre ce phénomène on va d’abord regarder de plus près ce que l’on entend par Lire la suite

Robert Hirsch : la production pétrolière va commencer à décliner dans les 5 ans

contreinfo.info, Robert Hirsch, le 21 septembre 2009

Robert Hirsch : la production pétrolière va commencer à décliner dans les 5 ans

Robert Hirsch est un éminent spécialiste des questions énergétiques qui a travaillé durant toute sa carrière dans les différents secteurs de cette industrie, d’abord en tant que serviteur de l’Etat, puis dans le privé. M. Hirsch est à l’initiative d’une célèbre étude sur le pic pétrolier publiée en 2005 par le Ministère de l’Energie des USA (DOE). Répondant ici aux questions de Steve Andrew, pour l’ASPO, il revient sur son parcours professionnel, les circonstances de la publication du rapport du DOE, et la réaction pour le moins embarrassée des autorités devant les résultats de son étude. M. Hirsch estime qu’entre 10 et 20 ans seront nécessaires pour effectuer les transformations des infrastructures, équipements, processus et modes de vie qui seront requises avec la raréfaction du pétrole. Après plusieurs années passées à étudier ce dossier, il estime aujourd’hui que nous disposons de moins de cinq ans avant que la production pétrolière mondiale ne commence à décliner, provoquant à coup sûr une récession de grande ampleur. Il est grand temps, dit-il, que les responsables politiques aient le courage de faire face aux mauvaises nouvelles en provenance du secteur énergétique et osent enfin aborder cette question de front.

Question : Quelles ont été vos principaux domaines d’activité au cours de votre carrière dans le secteur de l’énergie ?

Hirsch : J’ai débuté dans l’énergie nucléaire. Puis j’ai fait de la recherche sur la fusion [nucléaire], et dirigé le programme gouvernemental en la matière. J’ai passé beaucoup de temps sur les énergies renouvelables, y compris la gestion du programme fédéral des énergies renouvelables. De là, je me suis dirigé vers l’industrie pétrolière, où j’ai dirigé la recherche à long terme sur le raffinage puis les carburants synthétiques. Plus tard, j’ai dirigé la recherche et le développement sur l’exploration et la production du pétrole et du gaz. Puis ensuite, je suis passé dans le secteur de l’énergie électrique – tous les aspects de l’énergie électrique. Et puis j’ai mené des études sur l’énergie, dont plusieurs années pour la Rand, SAIC, et maintenant MISI. En dehors de cette carrière professionnelle j’ai collaboré avec les Académies Nationales [des Sciences] dans le domaine des études sur l’énergie depuis 1979 et j’ai travaillé sur pratiquement tous les aspects de l’énergie avec ces académies, que ce soit en tant que participant ou en tant que président du comité de leur conseil sur l’énergie et les systèmes environnementaux.

Question : Quand avez-vous entendu parler du problème du pic pétrolier ?

Hirsch : J’ai pris connaissance du pic pétrolier après ma sortie de l’industrie pétrolière, car on n’en parlait pratiquement pas lorsque j’y étais. Au début des années 2000, j’avais fait une étude pour le Département de l’Energie (DOE) traitant de la planification à long terme des recherches et du développement dans le secteur énergétique. Le pic pétrolier était l’un des six axes que j’avais défini. Auparavant, je n’avais jamais vraiment réfléchi sur ce sujet. C’est une sorte de bébé « goudron » ; une fois que vous mettez la main dessus, vous ne pouvez plus vous en détacher… Lorsque la production pétrolière déclinera, cela sera un enjeu déterminant pour l’humanité. Je suis donc impliqué depuis six ou sept ans dans l’analyse du pic pétrolier et des moyens de l’atténuer.

Question : Comment est née l’étude de 2005 du DOE sur le pic pétrolier ?

Hirsch : Essentiellement à mon initiative. Je travaillais avec le National Energy Technology Laboratory (NETL) du DOE à l’époque, et ils m’ont laissé beaucoup de latitude pour me pencher sur des sujets importants. J’ai senti que le pic pétrolier était extrêmement important, alors j’ai mené quelques recherches à titre personnel et j’ai ensuite proposé au NETL de réaliser une étude beaucoup plus complète, avec Roger Bezdek et Bob Wendling, qui sont des gens très capables, avec qui j’avais déjà travaillé précédemment, et qui sont très pragmatiques sur les questions de l’énergie et la réalité des problèmes. Le NETL a accepté. J’étais déjà sous contrat, et ils ont recruté Roger et Bob.

Nous étions en étroite coordination avec le NETL durant cette étude, de sorte qu’ils avaient des éléments et savaient ce qui allait en sortir. Mais quand ils ont vu le rapport final, ils ont étés choqués, bien qu’ayant su ce qui allait être publié. Il n’y a là aucun jugement négatif sur les membres du NETL. Lorsqu’on est préoccupé la plupart du temps par autre chose, les mauvaises nouvelles qui vous parviennent ne retiennent pas nécessairement votre attention immédiatement.

Une fois le rapport terminé, la direction du NETL ne savait vraiment pas quoi en faire, tant il était dérangeant et avait des implications majeures. Finalement, la directrice a décidé Lire la suite

Richard Heinberg : « La croissance mondiale a atteint ses limites »

voltairenet.org, traduction Nathalie Krieg pour le Réseau Voltaire, le 14 août 2009

Un an après le pic pétrolier

Richard Heinberg : « La croissance mondiale a atteint ses limites »

Il y un an, le baril de pétrole atteignait le prix record de 147 dollars. Le monde entier se tourna alors vers l’Arabie Saoudite —traditionnel producteur d’appoint— pour lui demander d’augmenter sa production afin de répondre à la demande en stabilisant les prix. Mais le Royaume en fut incapable car ses puits s’assèchent. Cet événement marque la fin d’une période. Dans un enchaînement dramatique, la prise de conscience que la croissance économique serait désormais limitée par la raréfaction de l’énergie fossile, fit s’effondrer les investissements, la demande en pétrole et son prix.

Richard Heinberg, auteur reconnu pour ses travaux sur la déplétion des ressources, examine cet événement historique, ses conséquences pour l’activité humaine et les perspectives d’avenir dans une interview exclusive accordée au Réseau Voltaire.

Réseau Voltaire : Selon la plupart des médias, l’origine de la crise financière est à chercher à l’intérieur même du système financier. Cette explication vous satisfait-elle, ou bien, comme vous l’avez suggéré de manière prémonitoire dans Pétrole : La fête est finie ! [1], le manque de confiance vis-à-vis de la reprise de la croissance, celle-ci reposant sur une production de pétrole à bon marché, serait-il également un facteur essentiel ?

Richard Heinberg : En 2008 s’est produite la plus importante flambée des prix de l’énergie jamais connue. Historiquement, les flambées du prix de l’énergie ont toujours conduit à une récession. Dès lors, il était raisonnable d’envisager une grave récession pour le premier trimestre 2008. En fait, la récession a commencé un peu plus tôt et s’est avérée plus profonde et plus persistante qu’aucune autre au cours des dernières décennies. Cela vient du fait qu’un krach financier était devenu plus ou moins inévitable à cause de l’existence d’une multitude de bulles dans l’immobilier et les marchés financiers.

L’impact de la crise sur l’industrie aéronautique et sur les constructeurs d’automobiles et de poids lourds est largement dû aux prix de l’énergie. La chute des valeurs immobilières et l’augmentation du nombre des hypothèques ne sont pas tant liées au pétrole.

Néanmoins, à un niveau d’analyse avancé, l’aspiration de notre société à une croissance économique perpétuelle est basée sur l’hypothèse que nous aurons toujours à disposition des volumes croissants d’énergie à faible coût pour alimenter nos machines de production et de distribution. Cette aspiration à la croissance s’est institutionnalisée à travers des niveaux de dette et de survalorisation toujours croissants. C’est ainsi que, lorsque les volumes d’énergie disponibles ont commencé à stagner ou à décliner, le château de carte du monde financier s’est complètement écroulé.

Malheureusement, la crise reste largement incomprise par les dirigeants du monde entier. Ils prétendent qu’elle a une origine uniquement financière ; ils prétendent également qu’elle est transitoire. Ils croient que, si nous soutenons suffisamment les banques, la croissance économique redeviendra positive et tout ira bien. En fait, notre système financier actuel ne peut pas être amené à fonctionner dans un monde où les ressources énergétiques s’amoindrissent. Nous avons besoin d’une économie qui puisse subvenir aux besoins primaires de l’humanité sans augmenter notre rythme de consommation des ressources. Cela nécessitera la création de Lire la suite

Pic de production du pétrole ou pic de Hubbert ou peak-oil

ASPO France est une association à but non lucratif poursuivant 3 objectifs principaux :

– Informer sur les ressources mondiales de pétrole et de gaz naturel et leurs incertitudes

– Expliquer la réalité du phénomène de déplétion

– Etudier la déplétion et ses conséquences en tenant compte de la demande en énergie ainsi que des aspects technologiques, économiques, sociaux et politiques

De formation scientifique, les membres d’ASPO France tentent d’apporter rigueur et clarté au débat sur le pic de production de pétrole.

Le sixième bulletin d’ASPO France est disponible, vous pouvez le télécharger au format PDF en cliquant sur le lien ci-dessous. Le prochain paraîtra en décembre 2008. Lire la suite