Dossier le Monde magazine sur les écolo-sceptiques – Les orphelins du progrès

lemonde.fr, Laurent Carpentier, le 26 mars 2010

Les orphelins du progrès

Dans sa petite bibliothèque des horreurs, Jean-Paul Krivine a rangé homéopathes, militants anti-OGM, agriculteurs biodynamiques, sourciers et chiropracteurs au même rayon que les anti-évolutionnistes à crucifix et les amateurs d’ovni. A la tête de l’AFIS, l’Association française pour l’information scientifique, cet « ingénieur en intelligence artificielle » est un rationaliste qui bataille contre le plus grand risque qui puisse, selon lui, nous frapper : la remise en question de sa sainte trinité, « progrès, humanisme et universalité ».

L’homme est nerveux. Il se demande ce que je lui veux. J’ai bien précisé au téléphone que la revue dont il est le rédacteur en chef, Science et pseudo-sciences, m’avait il y a deux ans étrillé pour un reportage en Suède à la rencontre de ces « électro-sensibles » qui fuient dans les forêts les ondes des portables et de la Wi-Fi. Crime de lèse-science : la revue expliqua comment je manipulais le lecteur, l’amenant à penser qu’une technologie inoffensive pouvait être un risque pour la santé. Disons-le simplement : je n’ai pas d’avis sur la dangerosité des ondes. Et je n’ai pas pris rendez-vous avec Jean-Paul Krivine pour régler des comptes mais pour tenter de comprendre d’où vient ce sentiment de citadelle assiégée qui l’anime.

« LE PRINCIPE D’INCERTITUDE »

« Nous sommes un lobby rationaliste raisonnable, explique-t-il scrupuleusement. Parce que je crois en la notion de progrès. Parce que je ne crois pas que la nature soit bonne. Parce que l’on vit aujourd’hui plus longtemps et en meilleure santé qu’autrefois et que, lorsque sa voiture est en panne, on ne va pas dans un garage alternatif. » Réponse tranchée ? Certes, mais expression d’un malaise qui traverse la recherche française, écartelée entre le primat de l’ingéniosité humaine promettant des lendemains toujours meilleurs et l’émergence, mise en lumière par la crise climatique, d’un sentiment nouveau de finitude du monde. Hors de la science, point de salut ?

Il aura suffi d’un hiver froid pour que les tenants de la suprématie du génie humain reprennent du poil de la bête. Le Mythe climatique, titre le mathématicien Benoît Rittaud (Le Seuil), L’Imposture climatique, confirme Claude Allègre (Plon), CO2 un mythe planétaire, ajoute Christian Gerondeau (Editions du Toucan). Et dans Libération, Pascal Bruckner, nouveau philosophe devenu néoconservateur, dénonce ces climatologues qui jettent le discrédit sur notre modèle de société : « Un nouvel obscurantisme se propage qui avance sous le masque de la science. (…) Sur le thème de l’effroi, une tribu de pythies, mages, utopistes, vaticine et menace. Il manque à ces prophètes de se soumettre aux bénéfices du doute et d’inclure dans leurs prédictions le principe d’incertitude. » Un simple renversement du baromètre et ce n’est pas seulement le spectre du réchauffement climatique qui repart aux oubliettes mais tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une critique de notre modèle de société.

AU COIN DU BON SENS

« Pourquoi voulez-vous un développement durable? Notre développement est durable« , s’amuse Christian Gerondeau, de ses mots toujours « frappés au coin du bon sens ». Ne croyez pas que ce robuste et charmant giscardien soit le représentant d’un lobby, ce n’est pas vrai. Oui, bon, d’accord, il reçoit dans ses bureaux à l’Automobile club, mais son livre, CO2 un mythe planétaire, n’est pas du tout le brûlot qu’il semble être, où Al Gore serait décrit comme un « charlatan » et les travaux de Nicholas Stern ne reposeraient « sur aucun chiffrage sérieux ». Non, Christian Gerondeau est un ingénieur, « c’est-à-dire quelqu’un qui regarde les faits et en tire des conclusions ». Son père, son grand-père avant lui, son fils, sa petite-fille après lui… Tous ont fait Polytechnique. Lui-même en est sorti en 1957 pour l’Ecole des ponts et chaussées. Un pedigree qui ne pousse pas à la remise en cause. « Les gens qui ont faim, qui logent dans des huttes et dont les enfants meurent, veulent tous se développer… », déclame-t-il, plein de sa propre sagesse.

Christian Gerondeau est le parangon de cette classe sociale d’ingénieurs née de la révolution industrielle, qui conquit d’abord le pouvoir technique, puis le pouvoir social et enfin politique. Et d’affirmer, dépositaire assumé d’une modernité prospère : « On sous-estime toujours la capacité du progrès technique! Ne nous posons pas aujourd’hui les problèmes de demain. »

« DES GENS DANGEREUX »

Aux gémonies, ces nostalgiques passéistes qui prônent le ferroutage, s’opposent au nucléaire ou firent interdire le DDT, causant, dit-il, Lire la suite

Une économie durable ? Ce n’est pas gagné…

alternatives-economiques.fr, Guillaume Duval, décembre 2009

Une économie durable ? Ce n’est pas gagné…

L’économie peut-elle devenir durable ? On en est très loin pour l’instant, et notre capacité à y parvenir avant que l’humanité se soit fracassée sur les conséquences des désastres écologiques qu’elle a suscités paraît bien incertaine. Cela tient moins à la difficulté technique de la chose, bien réelle, qu’aux obstacles sociopolitiques qui s’opposent à toute réorientation rapide et massive de nos modes de production et de consommation. Car les actions à mener ont à la fois un coût élevé et un impact très fort sur la distribution des richesses et des positions sociales. De quoi heurter de puissants intérêts et remettre en cause bien des positions acquises. Dit autrement, réduire les inégalités du monde et de nos sociétés est à la fois une condition pour engager les réorientations nécessaires et, en même temps, une condition pour obtenir des résultats à la hauteur de l’enjeu.

Des outils à disposition

Les périls écologiques qui se sont accumulés depuis les débuts de l’ère industrielle sont colossaux. Dans le contexte de la conférence de Copenhague, il est beaucoup question actuellement du changement climatique et des moyens de le limiter. Et c’est bien normal: il s’agit incontestablement d’une des menaces à la fois les plus lourdes de conséquences et les plus difficiles à combattre, car pour être efficace, la lutte doit absolument être mondiale. Mais le climat est malheureusement très loin d’être le seul problème: les pénuries d’eau douce, la dégradation des sols, les pertes de biodiversité, l’accumulation des déchets toxiques dans notre environnement et dans les chaînes alimentaires…, nous n’avons que l’embarras du choix, alors même que la croissance de la population mondiale, bien qu’en net ralentissement, devrait se poursuivre encore jusqu’au milieu du siècle. Sauf guerre ou catastrophe sanitaire, pas totalement improbables dans le contexte actuel.

Pourtant on sait, dans une grande mesure, ce qu’il faudrait faire. Tout d’abord réduire rapidement et massivement l’usage des combustibles fossiles et des matières premières non renouvelables. Production d’énergie, transports, isolation des bâtiments…, on maîtrise déjà de nombreuses techniques pour y parvenir. Il y a une quinzaine d’années déjà, un rapport du Club de Rome intitulé « Facteur 4 » dénombrait toutes les technologies qui permettraient de diviser par quatre les consommations tout en offrant les mêmes services au final. Et encore, un de ses auteurs, Amory Lovins, du Rocky Mountain Institute, aux Etats-Unis, expliquait-il qu’à l’origine ce rapport devait s’appeler « Facteur 10 », mais qu’il avait été décidé de n’afficher « que » Facteur 4 pour ne pas effaroucher les incrédules… On sait également que si l’on consacrait à ces questions un effort de recherche et développement majeur, au détriment par exemple de celui consacré aux armes de destruction massives, nous serions en mesure d’élargir rapidement le champ des possibles.

Au-delà des technologies proprement dites, on sait aussi dans quelle direction il faudrait réorienter le système productif et les modes de consommation. Il faut emprunter la voie de ce qu’on appelle « l’écologie industrielle » ou encore « l’économie circulaire »: comme c’est le cas dans la nature, les processus de production que nous organisons ne doivent plus produire de déchets, mais Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le texte

citron-vert.info, Philippe Ladame, le 6 août 2009

Grenelle de l’environnement : le texte

La loi relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, adoptée par l’Assemblée, est publiée au Journal Officiel.

En voici le sommaire (avec l’indication des pages) :

TITRE I : Lutte contre le réchauffement climatique – p 3

CHAPITRE I : Réduction des consommations d’énergie des bâtiments – p 5

CHAPITRE II : Urbanisme – p 9

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 9

SECTION 2 : Disposition relatives à l’urbanisme et au patrimoine – p 10

CHAPITRE III : Transports – p 10

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 11

SECTION 2 : Dispositions modifiant la loi d’orientation des transports intérieurs – p 19

CHAPITRE IV : Energie – p 20

CHAPITRE V : La recherche dans le domaine du développement durable – p 22

TITRE II : Biodiversité, écosystèmes et milieux naturels – p 24

CHAPITRE I : Stopper la perte de biodiversité sauvage et domestique. Restaurer et maintenir ses capacités d’évolution – p 24

CHAPITRE II : Retrouver une bonne qualité écologique de l’eau et assurer son caractère renouvelable dans le milieu et abordable pour le citoyen – p 26

CHAPITRE III : Uune agriculture et une sylviculture diversifiées et de qualité, productive et durables – p 28

CHAPITRE IV : La gestion intégrée de la mer et du littoral – p 32

 TITRE III : Prévention des risques pour l’environnement et la santé, prévention des déchets – p 33

CHAPITRE IER : L’environnement et la santé – p 33

CHAPITRE II : Les déchets – p 37

TITRE IV : État exemplaire – p 40

TITRE V : Gouvernance, information et formation – p 42

TITRE VI : Dispositions propres à l’outre-mer – p 47

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Enquête sur les associations environnementales d’Aquitaine

La mobilisation des associations environnementales d’Aquitaine contre la crise écologique, MNE, Avril 2008

  • 500 associations environnementales en Aquitaine
  • 60 000 adhérents / 2 % des Aquitains
  • 5 000 administrateurs, cadres bénévoles
  • 850 salariés / 1 % de l’emploi associatif de la région
  • Des milliers d’actions directes ou indirectes de préservation de l’environnement
  • Quatre « grands » réseaux associatifs : la SEPANSO Aquitaine, le GRAINE Aquitaine, les Maisons de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine et de Pau

Les activités principales : Lire la suite

Un projet d’écologie sociale dans les zones rurales

bulletins-electroniques.com, Julien Sialelli, le 17 juin 2009

Un projet d’écologie sociale dans les zones rurales

Toutes les structures de gouvernance doivent se mobiliser et définir des alternatives efficaces en réponse aux changements climatiques et énergétiques actuels, ce sont les grands défis environnementaux de la société moderne. Au niveau local, les communes peuvent notamment privilégier les énergies propres au détriment des énergies fossiles. Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » (EE-Regionen: Sozial-Okologie der Selbstversorgung) s’inscrit dans cette volonté et vise à promouvoir et à développer l’utilisation de sources d’énergies propres dans quatre communes test en Allemagne.
Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » est le premier de douze projets de recherche dans le domaine de l’écologie sociale, que le Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche (BMBF) prévoit de soutenir dans les quatre prochaines années. Avec ce projet, le BMBF souhaite également soutenir de jeunes groupes de scientifiques dans des champs d’étude aussi variés que la biodiversité, les biocarburants, les politiques énergétiques, les initiatives civiles en faveur de la protection de la nature, l’éthique dans les activités commerciales, etc. Le BMBF a mis à disposition des groupes de chercheurs impliqués dans le projet une enveloppe de 22 millions d’euros jusqu’à 2013.

« Avec ces projets, les spécialistes de demain peuvent se qualifier sur une thématique importante pour le futur« , a affirmé, lundi 17 juin 2009, le secrétaire d’Etat au BMBF, Frieder Meyer-Krahmer. Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » doit contribuer à une utilisation effective des potentiels d’économie d’énergie. La conversion aux énergies renouvelables de la part d’un grand nombre de communes constituerait, au niveau national, une avancée considérable dans le domaine de l’approvisionnement en énergie. En formulant de nouvelles approches en termes d’approvisionnement en énergies renouvelables, le projet permettra aux communes de subvenir à leurs propres besoins énergétiques et calorifiques.

L’Université de Fribourg-en-Brisgau, l’Université Hohenheim de Stuttgart et l’Institut d’économie écologique de Berlin participent à ce projet. Les communes choisies pour le projet EE-Régions sont les suivantes : Lüchow-Dannenberg, Schwäbisch Hall, Morbach et Wolpertshausen. Les régions et les communes sélectionnées seront accompagnées et bénéficieront d’un soutien scientifique au cours des quatre années à venir.

Au terme du projet, les connaissances acquises sur les quatre sites test permettront Lire la suite

Jean-Louis Borloo dévoile son plan pour le solaire

lefigaro.fr, Frédéric de Monicault, le 15 mai 2009

Jean-Louis Borloo dévoile son plan pour le solaire

INTERVIEW – Le ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable lance notamment un appel d’offres pour construire une grande centrale photovoltaïque par région.

Jean-Louis Borloo se déplace vendredi dans la région de Chambéry pour une visite placée sous le signe de l’énergie solaire. Au menu, l’annonce de mesures pour que la France accélère son développement dans cette énergie très prometteuse.

LE FIGARO. – Vous dites que la France doit jouer un rôle de tout premier plan dans le développement de l’énergie solaire. Quels sont les grands axes de la stratégie dévoilée vendredi ?
Jean-Louis BORLOO. – D’abord et avant tout, accélérer les raccordements au réseau des infrastructures solaires, en simplifiant toutes les procédures. C’est d’autant plus crucial que, depuis le Grenelle de l’environnement, la progression des capacités de production photovoltaïque correspond à la moitié de ce qui a été réalisé au cours des dix dernières années.

Ensuite, l’État lance vendredi l’appel d’offres visant à implanter d’ici à 2011 au moins une centrale solaire dans chaque région, pour une puissance totale de 300 MW. Cela permet d’alimenter en électricité l’équivalent d’une ville de 150 000 habitants. Ce programme représente un investissement de 1,5 milliard d’euros, réparti sur tout le territoire.

Au cours des derniers mois, la valeur de plusieurs entreprises liées aux énergies renouvelables a chuté de manière spectaculaire. Cela correspond-t-il à une perte de confiance dans cette industrie ?

La crise financière a sans doute eu un impact sur les actions des entreprises, mais je rappelle que le secteur des énergies renouvelables connaît une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. Un exemple : la capacité du photovoltaïque a été multipliée par 2,5 sur la seule année 2008, et l’appel d’offres sur les centrales solaires va permettre de multiplier encore par 5 en quelques mois.

Si on analyse la trajectoire des compagnies vertes, on mesure qu’elles sont un bon amortisseur de crise et qu’elles créent de l’emploi : les énergies vertes amorcent leur expansion. Au contraire, le potentiel est tel que l’on ne peut que progresser.

Vous annoncez vendredi la création d’une équipe de France dédiée à la recherche et l’innovation dans les énergies nouvelles. Qu’est-ce que cela recouvre exactement ?

Le Grenelle de l’environnement va permettre de passer à la vitesse supérieure dans la recherche, notamment dans le solaire avec une enveloppe de 130 millions d’euros sur la période 2009-2012. Mais pour articuler parfaitement cet effort, en accord avec Valérie Pécresse, nous allons mettre en place une nouvelle organisation de la recherche dans le domaine des nouvelles technologies de l’énergie. Nous voulons mieux structurer la valorisation industrielle de cette recherche autour de plusieurs organismes de référence, comme le CEA, l’IFP et l’INES.

Nous avons sollicité l’aval du président de la République et du premier ministre afin de créer un fonds d’investissement dédié aux énergies nouvelles, doté d’un budget annuel de 100 millions d’euros.

Ces dernières semaines, on a surtout parlé de la filière nucléaire française. N’est-ce pas au détriment de l’essor du renouvelable ?

Pas du tout. Au-delà de l’EPR, les véritables augmentations de la capacité de production électrique française reposent sur les énergies renouvelables. La croissance verte du Grenelle de l’environnement est source de compétitivité. Elle crée des emplois et optimise le fonctionnement d’un grand nombre d’infrastructures. La France est véritablement en train de prendre ce virage.

Appel à projet ANR : Changements Environnementaux Planétaires

agence-nationale-recherche.fr, appel à projet, mai 2009

Appel à projet ANR : Changements Environnementaux Planétaires (CEP)

Les changements environnementaux sont désormais perceptibles à l’échelle de la planète, d’où le terme « changements environnementaux planétaires » ou « changement global ». Un des enjeux majeurs de la recherche consiste à faire émerger une approche systémique, profondément multi- et trans-disciplinaire sur ce domaine, à l’interface des sciences humaines et sociales, des sciences de la vie et de la matière.

L’objectif de ce nouveau  programme est d’accélérer les recherches françaises ayant une approche intégrée de ces processus se développant à l’échelle de la planète mais générant des impacts d’ordres régionaux. Le programme visera à faire émerger des projets portant sur l’impact, la mitigation et/ou l’adaptation aux changements environnementaux planétaires.

Le programme est structuré en six axes :

Axe thématique 1 : Vulnérabilité et Adaptation des sociétés aux CEP

Axe thématique 2 : Aménagement des Territoires et Occupation Des Sols  dans le contexte des CEP

Axe thématique 3 : Rôle de la biodiversité sur le fonctionnement des écosystèmes dans le contexte des CEP

Axe thématique 4 : Ressources naturelles et sécurité alimentaire dans le contexte de CEP

Axe thématique 5 : Changements environnementaux planétaires et effets sur la santé

Axe thématique Transverse 6 : Outils et méthodes pour la science du système Terre

Date limite de soumission des dossiers Lire la suite

Le réchauffement climatique dépassera le seuil des 2°C

actualites-news-environnement.com, Sandra Besson, le 8 avril 2009

Le réchauffement climatique dépassera le seuil des 2°C selon des scientifiques du GIEC

D’après certains scientifiques du Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC), le réchauffement climatique sera plus rapide que prévu et pourrait dépasser le seuil 2°C, considéré comme un seuil dangereux par l’Union Européenne notamment.

Le réchauffement climatique est susceptible de dépasser une augmentation de 2°C, qui est considérée par l’Union Européenne et de nombreuses autres nations en développement comme un seuil « dangereux », d’après ce qu’un sondage réalisé par Reuters auprès de plusieurs scientifiques a montré mardi.

Parmi un groupe de onze experts, qui faisaient partie des auteurs du rapport final publié par le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC) en 2007, ont également déclaré que les preuves montrant que le genre humain était à l’origine du changement climatique étaient de plus en plus nombreuses ces deux dernières années.

En donnant leur interprétation personnelle de recherches récentes, la plupart ont prévu en moyenne une fonte plus rapide de la glace en Arctique et une augmentation accélérée du niveau de la mer par rapport à ce que prévoit le rapport de 2007, qui est le fruit du travail de 2500 experts du GIEC.

 « Un grand nombre des impacts que nous voyons actuellement vont bien au-delà de ce à quoi nous nous attendions » a déclaré William Hare de l’Institut Postdam pour la Recherche sur l’impact climatique.

Dix des onze experts interrogés ont indiqué qu’il était « improbable » -c’est-à-dire avec moins d’une chance sur trois- que le monde arrive à limiter le réchauffement climatique à 2°C (par rapport aux niveaux préindustriels).

 « Scientifiquement, c’est possible. Mais c’est improbable étant donné le niveau de volonté politique actuel » a déclaré Salemeel Huq de l’Institut International pour l’Environnement et le Développement à Londres.

De son côté David Karoly, de l’Université de Melbourne, a déclaré qu’il était « très improbable » que le monde atteigne cet objectif.

 « La concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est déjà assez importante pour provoquer un réchauffement de plus de 2°C au niveau des niveaux préindustriels et nous continuons à émettre toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère » a-t-il déclaré.

Les responsables de 175 nations sont réunies à Bonn en Allemagne, pour onze jours de négociations qui s’achèveront le 8 avril, et qui concernent un nouveau traité climatique des Nations Unies qui devrait être conclu en décembre à Copenhague.

L’Union Européenne, de nombreuses nations en développement et les groupes de défense de l’environnement, affirment qu’une augmentation de 2°C au dessus des niveaux préindustriels est le maximum que le monde puisse se permettre s’il veut éviter les pires conséquences du réchauffement climatique, dont une augmentation du niveau des mers, des inondations, des sécheresses ou encore des canicules.

Les températures ont déjà augmenté de 0,7°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Une alliance de 43 petites îles-états, qui craignent d’être rayées de la carte par l’augmentation du niveau de la mer, demande que les températures soient limitées à une augmentation de 1,5°C. Elles affirment que les nations riches pourraient réduire considérablement leurs émissions de gaz à effet de serre, qui proviennent principalement de la combustion des carburants fossiles.

Le GIEC a déclaré en 2007 Lire la suite

Bio : La recherche française à la traîne

univers-nature.com, Elisabeth Leciak, le 2 avril 2009

Du bio dans les labos ? La recherche française à la traîne

76 % des français pensent que l’agriculture bio est une solution d’avenir. Pourtant, malgré la confiance du public et les ambitions affichées par le gouvernement, une récente analyse scientométrique vient de montrer que les efforts de la recherche française en la matière restent faibles.

En 2007, l’Agence Bio recensait 11 978 exploitations engagées dans la production biologique, couvrant 2 % de la SAU (surface agricole utile) française. Le nombre d’agriculteurs investis dans ce mode de production est en augmentation, répondant à une demande qui, elle aussi, progresse. Le marché de l’alimentation bio croît de 10 % par an depuis les cinq dernières années et le pays, pourtant première puissance agricole européenne, doit importer plus de la moitié de sa consommation en bio. Devant cette situation, en février 2008, Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture, annonçait sa volonté de tripler les surfaces à l’horizon 2012.

Alors, à l’instar de ce que connut l’agriculture productiviste, on s’attendrait à ce que la recherche scientifique, qui joue un rôle majeur dans nombre d’orientations sociétales, s’investisse dans le domaine, favorisant l’optimisation et le développement des techniques. Mais les efforts sont-ils effectivement à la hauteur des enjeux ? Pour répondre à cette question, la Fondation Sciences Citoyennes (1) s’est penchée de plus près sur les travaux scientifiques.
Mesures de l’activité scientifique : le bio  » orphelin  »

Le monde scientifique considère que le nombre des publications donne une image de l’activité scientifique. Ainsi, pour un domaine donné, l’analyse bibliométique déploie des indices qui permettent de mesurer et évaluer l’intensité des recherches. Ces indices déterminent alors si un domaine est considéré comme important. Ils reflètent les priorités décidées au niveau des politiques nationales et, en interne, dans des institutions comme l’INRA, donnent un aperçu des moyens alloués, humains et financiers.

Pour l’Union Européenne des 27,  » l’indice de spécialisation « , qui illustre la part des recherches toutes disciplines confondues, est de 1,52 pour l’agriculture biologique. Il n’est que de 0,68 aux USA et de 0,18 pour la Chine. Cet indice, largement supérieur à 1 en Europe, montre que l’agriculture biologique est un domaine dans lequel la recherche est active et soutenue. Mais, il ne s’agit là que d’une moyenne. Dans le détail, la France est très loin derrière : elle affiche un indice de spécialisation de 0,47. En s’intéressant à la production scientifique au sein des disciplines mères (agriculture, biologie, écologie, agroalimentaire),  » l’indice de priorisation  » français ne dépasse jamais les 0,6. Avec des valeurs aussi faibles, ces deux chiffres démontrent que l’agriculture biologique est un domaine  » orphelin  » en France.
Pourquoi un tel retard de la recherche française ?

Dans leur analyse, E. Gall, G. Millot et C. Neubauer, de la Fondation Sciences Citoyennes, expliquent que ce déficit dépend de plusieurs facteurs. En termes de moyens, ces auteurs estiment que le soutien politique et financier reste très faible. L’illustre la ressource humaine. Sur les 9 000 personnes travaillant à l’INRA, les projets d’agriculture bio impliquaient, en 2007, 35 équivalents plein temps. Tous instituts confondus, on en recense seulement 50. D’après Sciences Citoyennes, il y aurait en France un contexte très particulier porteur de ce sous-investissement :  » le rôle d’un syndicalisme agricole converti au productivisme, puissant et largement majoritaire du fait du mode de scrutin des élections en chambre d’agriculture, et l’influence de l’industrie de la chimie depuis la seconde guerre mondiale sur la décision publique, y compris sur l’organisation de la recherche « . Mais les analystes y voient aussi des facteurs culturels. La prévalence des approches scientistes Lire la suite

Joseph Stiglitz et Nicholas Stern : Pour une relance verte

contreinfo.info, Joseph Stiglitz et Nicholas Stern, le 6 mars 2009

Publication originale Financial Times, le 2 mars 2009, traduction Contre Info

Pour une relance verte

Cette grande liquidation d’un capitalisme financier qui avait pour moteur l’accumulation de la dette et l’inflation des actifs sera à coup sûr une épreuve douloureuse. Mais c’est aussi une chance. Car elle offre la possibilité de refonder la croissance et le modèle de développement, en s’attaquant à cette autre crise bien plus grave qui menace : le réchauffement climatique. Encore faut-il que les centaines de milliards engagés par les Etats dans le monde entier ne soient pas « brulés » uniquement pour éponger les pertes de créances douteuses – ce qui revient à subventionner les fautifs et les spéculateurs – mais investis utilement dans les technologies vertes et la décarbonation de nos sociétés. Stiglitz et Stern plaident pour une croissance verte et réclament l’instauration d’un prix sur les émissions de carbone. Tous deux estiment que la nouvelle administration Obama porte une responsabilité importante : mettre fin au blocage américain sur la lutte contre le réchauffement et impulser un accord mondial en la matière au prochain sommet de Copenhague.

Nous sommes confrontés à deux crises : une profonde crise financière mondiale, provoquée par une mauvaise gestion du risque dans le secteur financier, et une crise climatique encore plus grave dont les conséquences, si elles peuvent sembler plus lointaines, seront déterminées par les mesures que nous prenons aujourd’hui.

Le risque posé par le changement climatique est à la fois très différent et de bien plus grande ampleur, tout comme le seraient ces conséquences si nous ne le gérions pas correctement ou tentions de l’ignorer. Les États-Unis disposent quant à eux d’une fenêtre d’opportunité pour agir sur la crise financière et dans le même temps, jeter les bases d’une nouvelle période de croissance fondée sur les technologies qui permettront l’avènement d’une économie sobre en carbone.

Le président Barack Obama, lors de son discours au Congrès sur le budget la semaine dernière, a expliqué que nous devions répondre à ces deux défis et a décrit les bases d’une approche globale. Le leadership des États-Unis pourrait donner le jour à une action résolue de l’ensemble du monde, rendant possible de parvenir à un accord qui soit à la hauteur des risques encourus lors de la conférence de l’ONU sur les changements climatiques qui se tiendra à Copenhague en décembre.

Nous sortirons finalement de cette crise financière, bien que des erreurs de pilotage puissent influer sur sa gravité et sa durée. Mais concernant les risques de la crise climatique, de telles erreurs pourraient être irréversibles. Comme Joseph Stiglitz l’écrit dans son ouvrage « Making Globalization Work », si nous disposions d’un millier de planètes, nous pourrions poursuivre cette expérience téméraire dans laquelle nous sommes engagés, et en changer si se produisait la catastrophe vraisemblable. Malheureusement, nous ce luxe n’est pas le nôtre : nous n’avons qu’une seule planète.

La crise financière est née de la bulle du marché immobilier et a été précédée par la bulle internet. Nous ne pouvons pas les remplacer par une nouvelle bulle. Les investissements nécessaires pour convertir notre société à une économie sobre en carbone – des investissements qui peuvent changer la façon dont nous vivons et travaillons – pourraient fournir le moteur de la croissance pour les deux ou trois prochaines décennies. Il garantiraient que la croissance et les améliorations induites de niveau de vie soient durables. La voie que nous avons emprunté jusqu’alors ne l’est pas. Lire la suite

Eclairage : la révolution LED est à nos portes

Futura-Sciences, Jean Etienne, le 4 mars 2009

Eclairage : la révolution LED est à nos portes

Après s’être discrètement introduites dans la signalisation et les feux de nos véhicules, les LED se préparent à s’imposer en ville et dans nos foyers. Et elles ont tout pour plaire…

Les signes ne trompent pas. En Allemagne, la ville de Darmstadt a déjà remplacé de nombreux lampadaires d’un quartier résidentiel par des luminaires équipés chacun de 86 LED (Light Emitting Diode) à haute puissance, avec lentilles et réflecteurs. A Los Angeles, le maire Antonio Villaraigosa a annoncé le remplacement de 140.000 ampoules de la mégalopole de 4 millions d’habitants par des diodes électroluminescentes. « Ce programme de rénovation est le plus ambitieux au monde jamais entrepris par une municipalité. Il devrait réduire nos émissions de gaz carbonique d’environ 40.500 tonnes par an, ce qui équivaut à retirer 6.000 voitures de la circulation », a déclaré le maire lors d’une conférence de presse donnée le 16 février en présence de l’ancien président Bill Clinton, aujourd’hui à la tête de la Clinton Climate Initiative, une branche de sa fondation créée en 2006.

Et la France ? Elle se tâte… La communauté d’agglomération du Val de Fensch (Moselle) a décidé, fin de l’année dernière, d’installer trois lampadaires LED dans son parc d’activités de Sainte-Agathe. Les économies d’énergie semblent plus courtisées dans le privé, puisque l’assureur Generali éclaire désormais exclusivement en LED les 18.000 m² de ses bureaux sur les Champs-Elysées.

Des économies loin d’être négligeables

Car les économies sont au rendez-vous. Avec une durée de vie moyenne de 50.000 heures, les LED sont cinq fois plus durables que les ampoules basse consommation traditionnelles, dont elles ne consomment que 20% de l’énergie. Le coût de revient horaire face aux ampoules à incandescence en devient presque négligeable avec 0,04%, d’autant que les dispositifs à LED équivaut à présent aux meilleures lampes fluocompactes et que la recherche est loin d’avoir dit son dernier mot dans le domaine.

La LED à haute puissance trouve son origine dans l’invention de la LED bleue par le Japonais Shuji Nakamura en 1992. Cette technologie devait rapidement, en association avec les LED rouge et verte, permettre de réaliser une lumière blanche. Par la suite, une loi de Moore similaire à celle qui dope l’informatique a permis le doublement de leur puissance tous les deux ans, et l’évolution est loin d’être terminée. Parallèlement, les ingénieurs s’activent à ranger parmi les mauvais souvenirs la « froideur » des premières LED en leur donnant un spectre d’émission similaire à l’éclairage à incandescence, ou mieux, à la lumière naturelle.

Une nouvelle révolution se profile déjà à l’horizon avec les Oled (Organic light-emitting diode), Lire la suite

Conseil rég. et Sud-Ouest : Chronique du DD en Aquitaine

 Sud-Ouest, Publi-info, Alain Rousset, Conseil régional d’Aquitaine, le 1er Mars 2009

Rendez-vous chaque première semaine du mois dans Sud Ouest, afin de vous présenter à travers ces chroniques du développement durable les réalisations, les partenariats, les projets que nous sommes fiers d’engager en Aquitaine

La chronique du développement durable dans votre région

En ce début d’année, les éléments ne nous ont pas épargnés. La tempête a meurtri l’Aquitaine toute entière. Le tissu économique et social de notre région est aujourd’hui dans une situation encore plus difficile qu’en 1999 du fait de l’ampleur des dégâts et d’un contexte de récession qui a touché en premier lieu l’industrie du papier avant de s’étendre au reste de l’économie. Au delà de la crise, la répétition des tempêtes que l’on n’ose plus qualifier d’exceptionnelles questionne directement l’impact du changement climatique sur les activités et les milieux naturels aquitains.

S’il faut dans l’urgence répondre par un effort de solidarité à tous les niveaux, nous devons inscrire notre action dans la durée. Il ne s’agit pas en effet de se borner à reconstruire, il importe aujourd’hui d’offrir des perspectives à long terme à des populations désabusées voire découragées face à l’ampleur de la tâche : il faut en effet 40 ans au pin maritime pour arriver à maturité. Dans cet esprit, la Région a débloqué immédiatement 20 Millions d’euros pour venir en aide aux filières sinistrées tout en lançant dans le même temps une réflexion globale avec l’INRA et les pôles de compétitivité sur les conditions de reforestation en Aquitaine et sur la diversification des débouchés pour l’industrie du bois.
C’est ce même souci de l’anticipation et de l’adaptation aux changements climatiques que nous portons dans l’ensemble de nos politiques publiques car, nous disent les scientifiques, l’Aquitaine sera la région la plus affectée par ces mutations. Le Conseil régional s’engage ainsi à améliorer l’empreinte écologique, la solidarité et la viabilité économique de toutes ses actions qui touchent autant les transports et la mobilité douce que l’éducation, la recherche, les éco-technologies, l’emploi, la formation, l’agriculture, la santé ou le cadre de vie des Aquitains.

Nous devons nous mobiliser ensemble afin que nos actions contribuent, par cet effort collectif, à réduire les conséquences néfastes de nos activités et de nos modes de vie sur notre milieu et pour les générations futures. Une vie sociale et économique renouvelée, plus saine et plus dynamique, ce sont des femmes et des hommes plus heureux, plus épanouis. Du moins, c’est le défi que nous entendons relever, avec vous et pour vous.

Je vous donne donc rendez-vous chaque première semaine du mois dans Sud Ouest, afin de vous présenter à travers ces chroniques du développement durable les réalisations, les partenariats, les projets que nous sommes fiers d’engager en Aquitaine. Notre objectif et notre vision sont clairs : Lire la suite

INRA : Nouvelles ruralités en 2030

inra.fr, communiqué, 12 février 2009

Inra Magazine n° 8 est paru

Le huitième numéro de la revue Inra Magazine est paru

À la une de ce nouveau numéro, un dossier « Nouvelles ruralités en 2030. Quelles dynamiques villes-campagnes ? » ainsi qu’une interview sur les recherches pour une agriculture à haute performance environnementale. Parmi les autres sujets : huit ans de recherches sur la forêt depuis la tempête de 1999, l’apport de la lutte biologique dans les recherches sur les invasions d’insectes, le regard de Vinciane Despret, ethnopsychologue, sur le point de vue de l’animal qui est sujet d’expérience.

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L’industrie des biotechnologies fait obstacle à la recherche !

amisdelaterre.org, Christian Berdot, le 23 février 2009

OGM : des scientifiques US, spécialistes du maïs, l’affirment « L’industrie fait obstacle à la recherche ! »

Dans une réclamation inhabituelle, un groupe de scientifiques universitaires [1] affirment que les compagnies de biotechnologies les empêchent de pouvoir mener des recherches complètes sur l’efficacité et les impacts des plantes modifiées génétiquement, commercialisées par l’industrie. (Article d’Andrew Pollack, paru le 19 Février 2009, dans le New York Times – Traduction : Christian Berdot, Amis de la Terre)

Dans une déclaration présentée au Ministère de la Protection de l’Environnement (EPA), les scientifiques écrivent que « aucune recherche vraiment indépendante ne peut être légalement menée sur de nombreuses questions critiques ». L’EPA recherche des commentaires scientifiques provenant de la recherche publique pour des conférences sur les plantes biotechnologiques, qui doivent se tenir la semaine prochaine.

Cette déclaration viendra certainement soutenir les groupes critiques vis-à-vis des plantes génétiquement modifiées, comme les groupes écologistes, qui se plaignent depuis longtemps déjà, que les plantes n’ont pas été étudiées de façon complète et suffisante et pourraient avoir des effets inattendus sur la santé et l’environnement.

Les chercheurs, 26 scientifiques spécialisés dans l’étude des insectes du maïs, ont retiré leur nom car ils craignaient que les compagnies ne les excluent de leurs recherches. Cependant, plusieurs d’entre acceptèrent, lors d’interviews, que leur nom soit cité.

Pour les scientifiques, il est problématique que les agriculteurs et les autres acheteurs de semences génétiquement modifiées aient à signer un accord visant à garantir que, lors de la culture, les droits des compagnies sur les brevets ainsi que les règlements environnementaux sont bien respectés. Cet accord interdit aussi l’utilisation des plantes à des fins de recherches.

Ainsi, alors que des chercheurs universitaires peuvent acheter librement des pesticides ou des semences conventionnelles pour leurs recherches, ils ne peuvent le faire avec des semences modifiées génétiquement. Il leur faut obtenir la permission des compagnies semencières. Et parfois, la permission leur est refusée ou bien les compagnies insistent pour examiner toutes les conclusions avant qu’elles ne puissent être publiées.

Pour les scientifiques, ces accords sont depuis longtemps un problème, mais ils le font savoir publiquement car la frustration s’est accumulée.

Pour Ken Ostlie, entomologiste à l’Université du Minnesota et lui-même signataire de la déclaration, « Si une compagnie peut contrôler les recherches qui paraissent dans le domaine public, elle peut réduire les aspects négatifs potentiels qui peuvent survenir dans toute étude ».

Il est frappant de constater que les scientifiques qui ont exprimé cette protestation – et qui proviennent en grande partie d’universités financées par les états avec de grands programmes agricoles – affirment ne pas être opposés à la technologie. Au contraire, pour eux, en étranglant la recherche, l’industrie les empêche de fournir aux agriculteurs des informations sur les meilleurs moyens de faire pousser les plantes. De plus, ajoutent-ils, les données fournies aux organismes de contrôle gouvernementaux sont « excessivement restreintes ».

Pour Elson J. Shields, professeur d’entomologie à l’Université de Cornell, les firmes « peuvent potentiellement pratiquer le blanchissage des données et des informations soumises Lire la suite

Accros aux pesticides, les agriculteurs doivent se sevrer

liberation.fr, Guillaume Launay, le 23 février 2009

Accros aux pesticides, les agriculteurs doivent se sevrer

Alors que le Salon de l’agriculture ouvre ce samedi, les producteurs français tentent de corriger de mauvaises pratiques.

 «Réduire de moitié l’usage des pesticides dans un délai de dix ans, si possible.» Ces deux derniers mots résument toute la difficulté du plan Ecophyto 2018 lancé fin 2008 par le ministère de l’Agriculture (dans le sillage du Grenelle de l’environnement). Un plan qui sera un des sujets phares du Salon de l’agriculture qui ouvre ses portes ce samedi. Ce «si possible» renvoie aux difficultés techniques et à la résistance d’une partie de la filière agricole à sortir de ce qu’un chercheur appelle une «addiction collective aux pesticides». La France est le premier consommateur de produits phytopharmaceutiques en Europe et ne pourra pas, du jour au lendemain, changer ses habitudes. D’autant que certains agriculteurs craignent que des filières, tels les fruits et légumes, soient économiquement menacées si on leur interdit ces produits.

Comment en est-on arrivé là ? «Depuis un siècle et demi, l’agriculture des pays industrialisés sélectionne des variétés à très haut potentiel de rendement et fait en sorte qu’elles puissent pousser partout, raconte Marc Dufumier, agronome, professeur à AgroParisTech. Il a fallu gommer toutes les caractéristiques locales, en créant des milieux artificialisés, sans chenilles, sans insectes, sans champignons, sans mauvaises herbesEt, pour y parvenir, recourir aux pesticides, fongicides, herbicides afin que l’écosystème s’adapte à la variété, et non le contraire. «Or, précise Dufumier, l’artificialisation induit une fragilisation.» Des résistances se créent, des insectes «utiles» disparaissent et le cercle vicieux du toujours plus de chimie se reproduit, avec son impact sur l’environnement et sur la santé.

«Matière grise». «Depuis trente ans, l’agriculture a fait d’énormes progrès, en utilisant des variétés très performantes mais très fragiles, renchérit Lionel Vilain, agronome et conseiller technique de France Nature Environnement. De plus, les rotations sont désormais très courtes, avec des régions entières de monoculture. Certains préfèrent ne cultiver que ce qui rapporte le plus.» Des changements de pratiques pas forcément révolutionnaires peuvent pourtant alléger le recours aux pesticides (lire ci-contre). «Les agriculteurs ont une aversion pour le risque, d’où une tendance au traitement un peu systématique, explique Jean-Pierre Butault, directeur de recherches à l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique. Il faut essayer de ne traiter que s’il y a une attaque, ce qui veut dire une meilleure connaissance.» Pour Claude Alabouvette, directeur de recherche à l’Inra, il s’agit de «passer du concept de lutte contre des maladies ou des insectes à celui de protection des cultures». Et le chercheur d’énumérer les pistes comme la stimulation des défenses de la plante ou la lutte biologique, qui permet d’utiliser des micro-organismes ou des insectes pour contrer l’action des ravageurs. «C’est plus contraignant à utiliser, il faut suivre l’évolution de la plante, précise-t-il. C’est un des succès des agriculteurs bio : ils sont bien plus présents sur leur culture. Cette méthode exige plus de matière grise.»

Mais avec moins de phytos, les rendements ne suivent pas toujours Lire la suite

Robert Lion « La relance : replâtrage ou mutation ? »

Le Monde, Robert Lion, le 30 janvier 2009

La relance : replâtrage ou mutation ?

Robert Lion est président de l’association Agrisud International et de Greenpeace France.

Vous avez dit « crise » ? Chacun s’inquiète en effet, avec un seul souci, de Paris à Washington ou à Francfort : « relancer » la machine. Mais cette crise-là en occulte d’autres. Rappelons-nous : il y a un an, on s’alarmait des famines nées de la flambée des prix alimentaires. En 2007, les projecteurs étaient sur la crise écologique et Nicolas Sarkozy appelait, pour faire face au dérèglement climatique, à une « révolution » de notre modèle social. Un peu plus tard, nous encaissions le choc du baril de pétrole à 140 dollars. Le monde subit des crises multiples, profondes, entremêlées. L’inquiétude et l’agressivité provoquées par ces dérèglements et ces incertitudes forment une sorte de super-crise.

Ce serait donc un grand tort de concentrer efforts et financements sur la seule crise économique. Ces bouleversements multiples signifient l’effondrement d’un modèle global et appellent des remèdes globaux. On nous dit qu’il faut « refonder le capitalisme » : courte vue ! Comme Barak Obama semble l’avoir entrevu, c’est le fonctionnement entier de nos sociétés qu’il faut refonder : nous avons à conduire la transition vers cet autre modèle de société, celle de la survie organisée, sans attendre que des « révolutions » nous l’imposent.

Un tel virage est attendu. Les citoyens ont envie qu’on leur parle vrai des menaces qui pèsent sur l’humanité et qu’on leur présente un avenir possible : une société transformée, plus responsable, plus fraternelle. Ils demandent une vision. Ils sont sans doute prêts à répondre à un appel, à une mobilisation générale comme nous n’en avons connu qu’en temps de guerre.

Ne disons pas, ici en France : « La mise en œuvre du Grenelle contribuera à la relance et créera beaucoup d’emplois » – ce que chacun sait. Disons : « La relance économique est l’occasion d’engager un changement de société qui sauvegarde les écosystèmes et assure l’avenir. »

Au-delà des mesures souvent pertinentes qui se préparent pour les activités bancaires et financières, il est temps d’envisager des pas en avant de nature différente. A titre d’exemple : exiger des banques qu’elles ne financent que des projets ou des entreprises à empreinte écologique réduite ; exiger des HLM qu’ils réduisent de moitié la dépense énergétique de 300 000 logements par an, comme ils l’ont fait après le premier choc pétrolier ; exiger des constructeurs d’automobiles qu’ils repensent la mobilité à échéance de vingt ans et produisent les véhicules de demain ; réformer nos normes comptables et notre fiscalité pour donner à tout bien ou service un prix intégrant ses impacts lointains ; repenser la politique agricole commune avec le souci de la sécurité alimentaire des pays pauvres. D’autres mobilisations devraient concerner la recherche, l’industrie pharmaceutique, l’agriculture bio, la construction, les énergies renouvelables.

Cette mobilisation appelle un cadrage politique. Bien au-delà de la chasse aux rémunérations abusives, il faut moraliser la démocratie et reconnaître des rôles à la société civile : pas d’économie durable sans le soutien de l’opinion.

Il ne s’agit pas de programmer une « sortie de crise », mais Lire la suite

Lanceurs d’alerte, lobbies et pouvoirs publics

Actu-environnement, le 17 septembre 2008, propos recueillis pas Camille Saïsset

La majorité des maladies contemporaines serait évitable au prix d’un changement de notre mode de vie

Au printemps dernier, peu après la remise du rapport Lepage sur l’amélioration de l’accès à l’information, à l’expertise et à la justice, celle-ci donnait raison au lanceur d’alerte Pierre Méneton. Sans être mono maniaque du sel, ce docteur en biologie de l’Institut National de la Santé et de la Recherche nous livre sa perception de l’alerte.

Actu-Environnement : Une des traductions des discussions du Grenelle de l’environnement pourrait être l’adoption d’une loi de protection des lanceurs d’alerte. Mais de qui parle-t-on ?

Pierre Méneton : Ce terme « lanceur d’alerte » recouvre diverses réalités. Il y a parmi eux les chercheurs du service public dont la mission statutaire est d’améliorer la santé de la population au travers de la recherche, de la formation et de la communication. Dans la réalité, la majorité d’entre eux reste confinée dans les labos à l’INRA, l’INSERM ou au CNRS. Seule une minorité soulève publiquement les problèmes de santé et d’environnement dont ils peuvent avoir connaissance par les résultats de leurs études ou par les échanges avec leurs pairs à travers le monde. On désigne cette minorité de « lanceurs d’alerte », du fait de l’inertie de la majorité. Ce sont eux, pourtant, qui remplissent le mieux la fonction pour laquelle ils sont payés par le contribuable.

AE : Qu’est ce qui justifie de protéger les lanceurs d’alerte ?

PM : Les problèmes de santé publique et d’environnement touchent de nombreux secteurs de l’activité économique : industrie automobile, alimentaire, agricole… L’alerte prend ses origines dans le conflit avec ces intérêts économiques. Ces personnes qui la révèlent sont confrontées à des difficultés diverses : pressions administratives, baisse des crédits de recherche, menaces orales, mise au placard, mutation voire licenciement… En ce qui me concerne, j’ai été attaqué pour diffamation et placé sur écoute en 2002, si j’en crois l’investigation de vos confrères du Point. Des lettres de dénonciation et de pression ont été adressées à ma direction, à l’INSERM, qui a fort heureusement précisé que je bénéficiais d’une totale liberté d’expression, là aussi du point de vue statutaire. Lorsqu’il s’agit de chercheurs du service public, les lanceurs d’alerte ont le droit pour eux, encore faut-il le faire valoir. Se taire sur les problèmes rencontrés suggère une posture de victimisation. C’est d’autant plus choquant qu’il existe aussi des « chercheurs collaborant », conseillers, consultants, etc. qui, sous le même statut, servent non pas l’intérêt général mais l’intérêt particulier. Ces « couvreurs d’alerte » semblent soumis à un régime d’impunité, comme on l’a vu dans les scandales liés au plomb, à l’amiante, au tabac ou au sel. Cela pose un problème de fond encore peu évoqué. Lire la suite

VertigO : revue électronique en sciences de l’environnement

Vertigo – La revue électronique en sciences de l’environnement

1. Mission

La revue électronique VertigO, fondé en avril 2000, s’est donnée pour mandat la promotion et la diffusion, au sein de la francophonie, de recherches et d’opinions scientifiques sur les problématiques environnementales.  VertigO privilégie la diffusion de savoirs critiques, de travaux et résultats de recherche et de dossiers d’actualité.

2. Objectifs de diffusion

La revue désire s’établir comme un relais important de diffusion des recherches et des interventions en sciences de l’environnement.  La revue désire favoriser le rayonnement et le développement des connaissances en sciences de l’environnement au sein de la francophonie.

3. Paramètres de la publication

Contenus thématiques

Les numéros sont généralement dédiés à un thème. Le Comité de rédaction de la revue publie périodiquement la liste des thèmes à venir, commande à l’occasion des articles précis auprès d’experts et procède à des appels d’articles.  La revue accueille également les articles hors thème.

Disciplines concernées

La revue accueille des travaux relevant de disciplines multiples notamment de la sociologie, des sciences de la nature, l’anthropologie, du droit, de la philosophie, des sciences de la santé, des sciences politiques, etc. La revue accueille aussi les travaux d’une grande diversité d’acteurs sociaux (universitaires, des organismes non gouvernementaux en environnement, des instituts de recherche indépendants, des consultants privés, des gouvernements) œuvrant en sciences de l’environnement.

 4. Les dossiers

Volume I, No 1 Numéro d’introduction

Volume I, No 2 Les changements climatiques

Volume II, No 1 Les organismes génétiquement modifiés

Volume II, No 2 La lutte biologique : une alternative viable à l’utilisation des pesticides?

Volume III, No 1 Les aires protégées : défis, politiques et réalité

Volume III, No 2 Ville et environnement Lire la suite

Pile à combustible : Fiable et compétitive dès 2015 ?

Développement durable – le journal, 15 septembre 2008, William Bolle

Si de nombreux prototypes de véhicules à pile à combustible existent déjà, comme la Chevrolet Volt, les premières voitures de série devraient sortir progressivement à partir de 2010.

Grâce aux progrès technologiques en cours, la pile à combustible sera parfaitement fiable et économiquement compétitive dès 2015, selon Pierre Beuzit, président d’« Alphea Hydrogène », pôle de compétence sur l’hydrogène et ses applications. Mais aucun véhicule fonctionnant avec une pile à combustible ne pourra être produit en grande série tant que le soutien politique à la filière hydrogène, notamment à la mise en œuvre d’un réseau de distribution, fera défaut.

« Les voitures à hydrogène seront technologiquement au point et compétitives sur le plan économique dès 2015. La production en grande série pourrait commencer dès 2020  », professe Pierre Beuzit(1), ex-directeur de la recherche de Renault et président d’« Alphea Hydrogène  », pôle de compétence sur l’hydrogène et ses applications. S’il estime que ce vecteur énergétique est en bonne voie, en dépit des nombreux obstacles (coût de production des piles à combustible, difficultés à stocker et distribuer l’hydrogène…) qui lui barrent depuis toujours la route, c’est parce que des progrès technologiques notables ont été récemment accomplis.

Avec un effet positif sur les coûts de fabrication. Car si l’on a l’habitude de dire que les piles à combustible sont onéreuses, en raison notamment du prix du platine ou du graphite qui entrent dans leur composition, « les choses ont bien évolué. On utilise de moins en moins de platine, on remplace le graphite par l’acier, les membranes sont de moins en moins chères…Tous les grands constructeurs automobiles et même les avionneurs travaillent sur les piles à combustible, et je pense qu’elles seront compétitives dans cinq ans  », estime Pierre Beuzit.  

 

 

Pile à combustible : Fiable et compétitive dès 2015

Produire de l’hydrogène grâce aux centrales nucléaires Lire la suite

Pesticides dans l’agriculture : moins 50% en dix ans ?

Le journal du développement durable, le11 septembre 2008, Margaux Gouté

Pesticides : Moins 50% ?

Le plan Ecophyto 2018 vise à réduire de 50% en dix ans l’usage des pesticides en France.

Le plan “Ecophyto 2018” a été présenté hier par Michel Barnier en conseil des ministres. Objectif : réduire l’usage des pesticides de moitié en dix ans, tout en conservant le niveau de production des exploitations agricoles. Accélérer la recherche, mutualiser et diffuser l’information, professionnaliser la formation : les préconisations sont nombreuses.

Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche a présenté hier en conseil des ministres le plan « Ecophyto 2018 » visant à réduire de 50% en dix ans l’usage des pesticides en France, objectif fixé par le Grenelle de l’environnement. Ce plan a été élaboré par un groupe de travail présidé par Guy Paillotin, secrétaire perpétuel de l’Académie d’Agriculture en concertation avec les représentants des utilisateurs, des ONG, des chercheurs, des élus et des distributeurs. Alors que l’impact des produits phytosanitaires sur la santé inquiète les citoyens, le plan d’action doit rassurer les consommateurs sur la composition des aliments, tout en permettant aux agriculteurs de maintenir leur niveau de production.

Former et informer

« Ecophyto 2018 » prévoit notamment d’identifier les systèmes de production les plus économes en pesticides et de diffuser les « bonnes pratiques » sur tout le territoire, ce qui pourrait déjà faire diminuer de 20% l’utilisation des produits phytosanitaires. 3000 exploitations pilotes serviront pour cela de terrain d’expérimentation. Lire la suite

SCOT : les enjeux énergétiques et climatiques

projetdeterritoire.com, le 8 septembre 2008, Armelle Laperriere

ETD engage un programme de recherche-développement sur la prise en compte des enjeux énergétiques et climatiques dans les SCoT, avec l’objectif de mesurer de quelle manière le SCoT contribue aujourd’hui à lutter contre le changement climatique et à favoriser une utilisation plus rationnelle de l’énergie. A cette occasion, ETD lance un appel à candidature auprès des maîtres d’ouvrage de SCoT.

L’étude de SCoT arrêtés ou approuvés permettra de définir la place des questions liées à la maîtrise de l’énergie et au climat dans les SCoT, d’identifier les leviers d’action utilisés par les territoires dans leur SCoT pour intervenir en matière d’énergie et de climat et de mettre en lumière les limites rencontrées et les éventuelles pistes identifiées pour faire évoluer le document vers une meilleure prise en compte de l’énergie et du climat

Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à consulter le programme détaillé et pour de plus amples informations Lire la suite

VALOREM à Bègles : du pétrole au vent

Sud-Ouest, Gilles Guitton, le 4 septembre 2008

BEGLES La société Valorem, spécialisée dans l’éolien, inaugure la reconversion du centre de recherches d’Esso-Rep en « pôle d’intelligence environnementale »

Les chercheurs de gisements de vent, de soleil et de vagues succèdent à Bègles aux chercheurs de pétrole. Aujourd’hui, la société Valorem inaugure son nouveau siège social, dans 1 500 m2 réaménagés par elle du bâtiment central de l’ancien centre de recherches d’Esso de la rue Ferdinand-Buisson.

« Le site passe de l’énergie du XXe siècle à celles du XXIe siècle. C’est symbolique », commente Jean-Yves Grandidier, le président de Valorem. Pas fâché de quitter les bureaux exigus de l’avenue Leclerc pour cet « environnement luxueux ». Il va abriter le nouveau développement de cette société qui était « un des quatre pionniers français de l’éolien », et passe à la vitesse supérieur depuis 2007. En surfant sur la crise pétrolière et le développement récent d’un vrai marché des énergies « vertes ».

Pour Noël Mamère (Verts), le maire de Bègles, cette installation est la première pierre « d’un dossier majeur pour l’avenir économique de la ville ». Celui de la création dans ce quartier « historiquement industriel et artisanal », d’un « parc de l’intelligence environnementale » réunissant recherche, développement, formation etc. « On y travaille depuis des années. La fermeture par Esso était prévisible. Il n’était pas question d’abandonner 4,5 ha en plein cœur de Bègles, à la promotion immobilière », dit le maire en insistant : « Il n’a jamais été envisagé d’y faire du logement. »

Valorem joue la « locomotive » du parc. « Très volontiers », sourit Jean-Yves Grandidier, bien que la situation juridique du site soit encore incertaine. Lire la suite

La science des animaux fait sa « grande révolution »

LE MONDE le 29 août 2008, Christiane Galus

Science des animaux, la zoologie est parfois encore perçue à travers l’image des grands naturalistes de l’histoire, tels Buffon, Daubenton, Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, pour n’en citer que quelques-uns. Mais en deux siècles, cette discipline a bien changé et s’est considérablement diversifiée en bénéficiant des acquis de la biologie moléculaire, de la génétique et de techniques nouvelles comme l’imagerie ou encore le microscope à tomographie, qui permet d’étudier des coupes épaisses et de les reconstituer en trois dimensions.

Pour décrire ce foisonnement scientifique, on parle aujourd’hui de « zoologie intégrée« . C’est le thème du congrès international qui se tient jusqu’au 29 août à Paris et à la faculté des sciences d’Orsay (Essonne). Cette nouvelle zoologie a pour objectif « d’intégrer plusieurs informations sur les organismes ainsi que leurs interactions, explique Jean-Marc Jallon, professeur de biologie à la faculté des sciences d’Orsay et président du congrès. Les zoologistes recherchent aujourd’hui des mécanismes communs, alors que, pendant longtemps, ils ont cultivé les différences entre les organismes. La grande révolution de la zoologie est la recherche de l’unité, comme dans les sciences physiques ».

Les travaux de génétique, notamment, ont montré Lire la suite

Les 18 derniers rapports sur les chantiers du Grenelle

Pour faire suite au discours du Président de la République du 25 octobre 2007 et aux conclusions des tables rondes du Grenelle de l’environnement du 24, 25 et 26 octobre 2007, trente-trois chantiers opérationnels ont été lancés courant décembre, au nombre desquels de nombreux comités opérationnels, des groupes d’étude ou groupes ad hoc et des missions parlementaires.

Chantier n°1 « Bâtiments neufs publics et privés »

Chantier n° 2 « Logements sociaux et rénovation urbaine »

Chantier n°3 « Rénovation des bâtiments existants »

Chantier n° 4 « Etat exemplaire » Lire la suite

Les bienfaits de l’agriculture biologique pour la biodiversité

L’ESCo (Expertise Scientifique Collective) réalisée entre juin 2007 et juin 2008 à la demande des ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie mérite une attention particulière.

Elle souligne notamment que « Certaines pratiques agricoles limitent déjà les impacts négatifs de l’agriculture sur la biodiversité et tirent meilleur parti des services qu’elle offre. Bien que son cahier des charges n’y fasse pas explicitement référence, l’agriculture biologique (AB) apparaît comme un mode de production favorable à la biodiversité. L’impact positif de l’AB sur la biodiversité est d’autant plus fort que l’exploitation ainsi qualifiée s’inscrit dans un paysage diversifié.

Plus généralement, l’organisation de rotations longues et diversifiées, une répartition adaptée des cultures dans les territoires, l’utilisation de cultures associées, l’implantation de couverts intermédiaires et de cultures dérobées, l’utilisation de variétés moins sensibles aux maladies, la simplification du travail du sol… sont autant d’éléments importants pour la biodiversité dans les régions de grandes cultures. Lire la suite

La lutte contre l’effet de serre ne peut être imposée par le haut

Cet article un peu ancien, du Monde du 3 mai 2007, pour illustrer l’approche de la MNE Bordeaux-Aquitaine dans le cadre du projet d’Université populaire de l’environnement.  

Il faut d’abord permettre aux citoyens de comprendre, puis s’appuyer sur leurs initiatives pour trouver des solutions qu’ils auront eux-mêmes validées. Une politique de contrôle à sens unique par une administration centralisée ne peut être que contre-productive” 

Martin O’Connor, professeur d’économie à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (Centre d’économie et d’éthique pour l’environnement et le développement), participe au Groupement d’intérêt scientifique « climat, environnement, société » que viennent de créer, aux côtés de cet établissement, le CNRS, le CEA, l’Ecole polytechnique, l’université Pierre-et-Marie-Curie et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Le changement climatique est resté jusqu’ici le domaine réservé des sciences dures : climatologues, modélisateurs, environnementalistes… Quel peut être l’apport des sciences humaines et sociales ?

Le changement climatique est une question complexe, qui ne se réduit pas à des simulations numériques ou des calculs coût-bénéfice. Entrent en jeu le problème de la répartition du risque – inégale selon les régions du monde, le degré de développement des pays et le niveau de vie des individus -, celui de l’impact des politiques énergétiques mises en œuvre – c’est-à-dire aussi de la justification et de l’acceptation de ces politiques -, ainsi que celui de la responsabilité collective et individuelle.

Tout cela relève des sciences sociales et des humanités : l’économie, la sociologie, la psychologie, la philosophie… sont en première ligne. La meilleure expertise scientifique, le meilleur rapport de synthèse ne suffisent pas : sans passerelles avec la société, le travail des scientifiques va tourner à vide. Lire la suite