La maison écologique est-elle trop chère ?

sudouest.com, Thierry Magnol, le 5 juillet 2010

La maison écologique est-elle trop chère ?

Le logement à faible consommation d’énergie est en plein essor. Mais à quel prix et pour quelles économies ? Éléments de réponse et comparatif détaillé dans la région

BBC, HQE, RT 2012… Difficile de se repérer dans la forêt de ces sigles barbares (lire le lexique ci-contre) qui servent à identifier des labels ou des normes que bien souvent les professionnels du bâtiment sont les seuls à comprendre.

Ils traduisent en fait la révolution qui est en train de se dérouler en matière de construction de logements neufs. La nécessité de réduire notre facture énergétique et d’améliorer la qualité de notre environnement entraîne de profondes modifications traduites notamment par le Grenelle de l’environnement. Une nouvelle réglementation, la RT 2012, imposera à partir du 1er janvier… 2013 que la consommation énergétique d’une construction neuve ne dépasse pas 45 kWh/m²/an, hors appareils électriques. Sachant que la norme actuelle est de 100 kWh, il faudra donc parvenir à une division par deux. Ce n’est pas un exploit car cela correspond en fait à celle du bâtiment basse consommation (BBC). Toutefois, ces nouvelles exigences qui concerneront tous les types de logements ne sont pas forcément faciles à mettre en œuvre.

Traquer les kWh

« Ce qui va changer, c’est qu’il faudra traquer les kWh partout et cela demandera une réalisation parfaite, notamment au niveau des ponts thermiques, explique Éric Aufaure, animateur du pôle bâtiment durable à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Par ailleurs, il faudra sans doute utiliser de l’énergie renouvelable, au moins pour l’eau chaude. Nous sommes en effet sur un niveau de performances élevées qui nécessitera une formation de tous les acteurs du bâtiment. »

En revanche, il n’est pas forcément utile d’employer des matériaux d’un nouveau type. On peut très bien respecter la norme avec du traditionnel. Le Cerib (Centre d’études et de recherche de l’industrie du béton) propose par exemple une maison en blocs béton creux qui consomme moins de 45 kWh/m²/an.

Mais la première question que se pose l’acheteur potentiel, c’est de savoir si ce type de construction est économiquement rentable. Selon l’Ademe, le coût est en moyenne supérieur de 15 % à celui d’un logement construit selon les normes actuelles.

Pour être concret, une maison de 100 m² vendue 100 000 euros en construction classique (donc consommant 100 kWh/m²/an) reviendra à 115 000 euros avec une consommation réduite à 45 kWh/m²/an.

Les aides proposées par l’État, notamment le crédit d’impôt, permettent Lire la suite

Coopérative d’habitants à Villeurbanne – Le Village vertical : habiter écologique et solidaire

novethic.fr, Philippe Chibani-Jacquot, le 8 février 2010

Le Village vertical : habiter écologique et solidaire

Pour la première fois en France, une coopérative d’habitants voit le jour à Villeurbanne. Cette forme d’habitat groupé, très développée en Suisse ou en Norvège, vise le respect de l’environnement, la création de lien social et le refus de la spéculation foncière. Un projet pionnier qui attend une reconnaissance légale pour garantir sa pérennité.

Depuis cinq ans, le Village vertical, c’était beaucoup de réunions, des discussions sur des plans d’architectes et un idéal pour la dizaine de familles qui participent au projet : créer un modèle solidaire et écologique d’accès à la propriété. Le 27 janvier, le concept devient réalité avec le dépôt du permis de construire de la première coopérative d’habitants en France. L’immeuble sera édifié d’ici 2012 sur un terrain de la zone d’aménagement concertée (ZAC) des Maisons neuves à Villeurbanne.

Propriétaire-locataire

« Nous serons locataires de notre espace privé et propriétaires d’un espace plus grand », résume Chikh Chemman, membre du Village vertical. Chaque sociétaire de la coopérative s’est engagé à apporter l’équivalent de 20 % du coût de construction (1360 €/m2) de son appartement sous forme de capital. Une part des loyers mensuels (780 € pour 85 m2) est destinée à rembourser progressivement les 80 % restants. Un coût relativement peu élevé pour habiter un immeuble qui se veut exemplaire sur le plan écologique. L’énergie « grise » (la pollution engendrée par la construction et la confection des matériaux) sera réduite par l’usage de bois et d’isolant écologique pour l’enveloppe du bâtiment, seule la structure porteuse utilisant le béton. Côté consommation, un toit solaire de plus de 600 m2 produira électricité et eau chaude. « Au minimum, ce sera un bâtiment basse consommation (BBC), mais nous visons mieux », explique Marine Morain, du cabinet d’architectes Arbor&Sens.

L’expérience Suisse et Norvégienne

Les coopératives d’habitant sont naissantes en France, en Espagne ou en Italie, mais elles sont ancrées dans le paysage suisse et norvégien. Dans le pays scandinave, 15 % du parc immobilier est composé de coopératives d’habitants instituées depuis 1960. Le chiffre monte à 40 % dans la capitale Oslo. En Suisse, les coopératives d’habitant représentent 8 % du foncier d’habitation avec une forte proportion en région alémanique. En Norvège, l’ampleur des coopératives d’habitants (près de 800 000 membres pour 4,5 millions d’habitants) est dû à une politique de reconstruction, dès le lendemain de la Seconde guerre mondiale, en faveur de l’accès à la propriété des ménages modestes. Une loi de 1960 a institutionnalisé le système qui repose sur l’appui financier à des associations de coopératives chargées d’accompagner la création et le développement du modèle.

Les futurs locataires et associés du Village vertical ont planché sur l’intégration environnementale du bâtiment. Tout en répondant à l’obligation légale de créer des places de parking, la coopérative louera Lire la suite

La France veut des bâtiments plus sobres en énergie

lemonde.fr, Grégoire Allix, le 10février 2010

La France veut des bâtiments plus sobres en énergie

Nom de code : RT 2012. En France, l’élaboration par le ministère de l’écologie de la future réglementation thermique des bâtiments, avec l’ambition de les rendre plus sobres en énergie, fait l’objet de vifs débats. Elle est censée s’appliquer à partir du 1er janvier 2011 pour les édifices publics et le secteur tertiaire, le 1er janvier 2013 pour le secteur résidentiel.

L’enjeu est considérable. Cette réglementation déterminera largement la capacité de la France à réduire sa consommation énergétique et ses émissions de CO2 – le secteur du bâtiment engloutit 42 % de la première et rejette 25 % des secondes. Si le total des émissions de gaz à effet de serre en France a baissé de 0,6 % entre 2007 et 2008, celles liées au bâtiment ont augmenté (+ 7,7 %).

Dans le maquis de la future réglementation se joue aussi l’avenir de filières industrielles, qui déploient en coulisses un intense lobbying. « Le gaz et l’électricité ne pensent qu’à se détruire l’un l’autre. Quant aux fabricants de convecteurs et de ballons électriques, ils sont prêts à tout pour sauver leurs produits », observe le député (UMP) Claude Birraux, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), auteur en décembre 2009, avec Christian Bataille (PS), d’un rapport sur le sujet.

Prévue par le Grenelle de l’environnement pour remplacer l’actuelle RT 2005, la nouvelle bible de la performance énergétique marque une rupture décisive. Elle définit, pour la première fois, un plafond de consommation : 50 kWh/m2/an d’énergie primaire, contre une consommation de 150 kWh/m2/an pour les bâtiments neufs actuels et de 260 kWh/m2/an en moyenne pour le parc immobilier existant.

Une révolution qui nécessitera d’importants progrès dans les techniques d’isolation, de ventilation et de chauffage, selon ses promoteurs. Une occasion gâchée, plutôt, dénoncent les écologistes. « Le gouvernement n’a pas saisi cette opportunité pour réformer une comptabilité qui oublie, en moyenne, la moitié de la consommation réelle des bâtiments« , regrette Alain Bornarel, ingénieur au bureau technique Tribu et membre de l’Institut pour la conception environnementale du bâti (ICEB).

Traditionnellement, l’éclairage, le chauffage, l’eau chaude, la ventilation et la climatisation sont comptabilisés, mais pas l’électroménager, les parkings, les ascenseurs, la bureautique, l’informatique, les cuisines des restaurants, les plateaux techniques des hôpitaux… « Ce sont des consommations sur lesquelles le concepteur du bâtiment n’a qu’un impact réduit », justifie Jean-Christophe Visier, directeur de l’énergie, de la santé et de l’environnement au Centre scientifique et technique du bâtiment, le principal conseiller technique du ministère de l’écologie.

Autre point de discorde : les « coefficients de conversion« . Ceux-ci permettent de Lire la suite

NOBATEK. Le centre de ressources dédié à la construction durable s’est installé dans un bâtiment pilote à Anglet

sudouest.com, Philippe Hemmert, le 19 Novembre 2009

NOBATEK. Le centre de ressources dédié à la construction durable s’est installé dans un bâtiment pilote

L’habitat écologique expose sa nouvelle vitrine à Anglet

La côte basque accueille depuis cet été l’un des rares bâtiments aquitain labellisé HQE (haute qualité environnementale). Et d’ici quelques mois, cet équipement devrait être le premier de la région à décrocher la certification BBC (bâtiment basse consommation) très en vogue en Europe du nord, mais encore peu répandue en France.

C’est là une première réalisation très concrète de Nobatek, le centre de ressources technologiques dédié à la construction durable. Autrement dit un laboratoire d’idées – et de solutions – pour rendre notre habitat plus respectueux de l’environnement et plus économe en énergie. Depuis sa création, il y a cinq ans, cette émanation de la fondation espagnole Tecnalia, co-financée en France par la fédération des entreprises du BTP, a d’emblée été sollicitée sur des projets très divers.

Une approche globale

Recherche d’une optimisation thermique dans la rénovation de l’habitat social – une commande de la SEMSIB de Bègles -, valorisation des déchets industriels comme matériaux de remblai dans le BTP au Pays Basque, utilisation maximale du bois naturel dans les schémas de construction au Québec, etc… Ces pistes d’expérimentation ont été les pionnières. Mais la structure a entretemps considérablement étoffé sa panoplie.

Matériaux, systèmes, process, eau énergie, architecture, urbanisme ?.Le centre de recherches présente aujourd’hui une pluridisciplinarité qui lui permet de proposer une approche globale à ses clients. Présent sur de nombreux marchés d’aménagement en Aquitaine, Nobatek développe en cette année 2009 une activité de plus de 2 millions d’euros pour une centaine de projets traités.

« Le secteur du bâtiment absorbe 40 % des ressources énergétiques de la planète, il est donc urgent de réfléchir à des solutions alternatives » répète Jacques Tortos, le directeur de Nobateak, à la tête désormais forte d’une trentaine d’ingénieurs. L’équipe a en effet doublée ses effectifs en juillet dernier, après la fusion avec Ecocampus, une cellule de transfert de technologie de l’ENSAM de Bordeaux.

Innover, le maître mot

Du coup, Nobatek possède aussi un pôle relais dans la capitale girondine, même si son siège social reste à Anglet et offre dorénavant une formidable vitrine de son activité. Car le nouveau bâtiment du centre de recherche, dans les Landes de Juzan, entre Cantau et Montaury, constitue le parfait reflet de sa vocation.

Tout y est passé au crible de l’aménagement durable. L’orientation Lire la suite

Logement social : Des maisons passives en pin des Landes expérimentées

libebordeaux.fr, Stéphanie Lacaze, le 14 octobre 2009

Logement social : Des maisons passives en pin des Landes expérimentées

ENVIRONNEMENT – Si les constructions de logements passifs ne constituent plus une exception, la ville du Taillan-Médoc, la région Aquitaine et le bailleur social Gironde habitat, ont décidé d’aller encore un peu plus loin en concevant deux maisons extrêmement économes en énergie et construites en pin maritime des Landes. Autrement dit en privilégiant la filière locale.

Très en retard en matière de logements sociaux, la ville du Taillan-Médoc a du mettre les bouchées doubles depuis quelques années pour ne pas payer de trop fortes pénalités. Comme l’explique son maire, Ludovic Freygefond, sa commune « ne comptait que 1 % de logements sociaux en 2001 » lorsqu’il a été élu. Elle arrive aujourd’hui péniblement à 6, 5 %. Mais le chantier reste énorme. La résidence HQE (haute qualité environnementale) d’une quarantaine d’appartements qui est en cours de livraison répond à ces besoins. C’est dans ce cadre que les différents partenaires ont décidé d’expérimenter la mise au point de deux logements BBC (bâtiments basse consommation). Si un bâtiment isolé par l’extérieur permet en effet d’économiser 50 % d’énergie par rapport à un habitat traditionnel, ces maisons « passives » devraient permettre de diviser par quatre, la consommation.

Tout a été mis en œuvre par les architectes pour obtenir un résultat optimal. Le béton n’a été utilisé que pour les fondations et le dallage de ces logements. L’ossature est en bois, isolée par de la laine de verre. Un puits canadien a été installé pour récupérer de l’énergie et assurer le chauffage. La circulation de l’air a été facilitée. Enfin, des panneaux solaires ont été installés pour la production d’eau chaude. Malgré tout, ces deux logements restent raccordés au réseau électrique. Ils ne sont pas encore totalement autonome notamment en plein hiver mais selon le maire du Taillan-Médoc, « la facture d’électricité ne devrait pas dépasser les 30 euros par mois, abonnement inclus. »

Comme il s’agit d’une expérimentation, ces deux maisons vont faire l’objet d’une étude durant un an. « Des capteurs ont été installés pour vérifier la passivité des ces constructions » explique Ludovic Freygefond, « pour voir si on peut continuer à en construire malgré leur coût excessif. » Chacun de des logements revient en effet à Lire la suite

Grenelle : le gang des grille-pains à l’attaque

environnement.blogs.libération.fr, Laure Noualhat, le 20 mai 2009

Grenelle : le gang des grille-pains à l’attaque

A force de se faire détricoter à chaque réunion de travail, Grenelle rime de plus en plus avec grosse gamelle. La plupart des Français le croient voté, plié, et déjà appliqué. Que nenni ! Le projet de loi doit repasser en seconde lecture à l’Assemblée nationale au début de l’été. Et d’ici là, les manœuvres vont bon train pour vider de leur substance quelques décisions essentielles.

Prenons l’article 4 de la loi Grenelle, un article roboratif mais capital, adopté en première lecture à l’Assemblée. Il prévoit un seuil maximal de consommation électrique dans les bâtiments neufs de 50 kWh/an/m2 dès 2012. Que couvre ce seuil? Tout: l’eau chaude, le chauffage, l’électricité, … Quand on sait que, en France, la moyenne se situe à 250 kWh/m2/an, on mesure mieux les ambitions de l’article 4.

C’était sans compter le féroce «gang des grille-pains», qui rassemble EDF bien sûr, mais aussi tous les fabricants de convecteurs, sèche-serviettes et autres cumulus obsolètes. Parmi eux, le groupe Atlantic, un géant du secteur qui a ses entrées à Matignon et qui ne doute de rien au point de baptiser ses radiateurs «Galápagos» ou «Néfertiti»… Ces apôtres du tout électrique n’apprécient guère ce seuil des 50 kWh, car il signe la mort pure et simple du grille-pain (vous aurez compris qu’on appelle ainsi les résistances que l’on trouve dans les convecteurs, cumulus, … ndlr). Et ça, c’est un blasphème au pays de l’atome. Au même titre que les filles du Moulin Rouge, rappelons que le convecteur électrique est une spécialité française: en 2007, 80% des logements neufs en étaient encore équipés.

Avant le second passage devant l’Assemblée, le gang des grille-pains s’emploie donc à déshabiller l’article 4. Subtilement. Pour l’instant, le seuil des 50 kWh est un label, le label BBC (pour bâtiments à basse consommation). Or, celui-ci est destiné à devenir la norme dès 2012. Un coup dur pour les VRP du grille-pain qui défendent leurs propres labels. Par exemple, Promotelec –filiale d’EDF- a un label qui fixe des exigences allant de 100 et 210 kWh/m2/an. Avec de tels seuils, la révolution énergétique est en marche, c’est sûr !

«Tant que le seuil des 50kWh était un simple label, cela ne faisait peur à personne, raconte Cyrielle den Hartigh chargée de campagne Changements climatiques aux Amis de la Terre, Maintenant que ça devient une norme, Lire la suite

L’éclosion prochaine des éco-quartiers français

les.echos.fr, Laurence Boccara, le 26 février 2009

L’éclosion prochaine des éco-quartiers français

D’ici à 2012, plusieurs dizaines d’opérations sortiront de terre. Malgré l’absence d’une définition officielle, ces nouveaux  » morceaux de ville durables  » auront des caractéristiques communes : des immeubles économes en énergie, un habitat mixte, des commerces, des bureaux, des espaces verts, des équipements publics, des transports et des voiries pour gérer tous les types de déplacements urbains.  

Les éco-quartiers essaiment partout en France. S’il n’existe pas encore de réalisations achevées, plusieurs dizaines de projets sont en gestation. En moins de deux ans, de nombreuses communes se sont lancées dans la création de  » leur  » quartier vert. A côté des villes pionnières comme Lyon, Grenoble ou Dunkerque, on trouve Lille, Nice, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Rennes, etc. Ces initiatives ne sont pas l’apanage des métropoles. Angers, Auxerre, Saint-Etienne, Saint-Jean-de-Luz, l’Ile-Saint-Denis, Bussy-Saint-Georges, Limeil-Brévannes, Béthune ou encore Merville se sont aussi engagées. Est-ce une volonté des élus locaux de construire la ville durable de demain ou un effet de mode qui met en vitrine un éco-quartier ?  » Le quartier durable n’est pas la dernière tendance du moment. Il existe aujourd’hui un cadre législatif « , précise Pierre Kermen, chargé de la mission développement durable à l’université Joseph-Fourier de Grenoble et ancien élu Vert de cette ville. Une des directives du Grenelle de l’environnement précise que d’ici à 2012  » au moins un éco-quartier devrait voir le jour dans toutes les communes dotées de programmes significatifs de développement d’habitat « .

Ecolo mais pas  » bobo « 

Pour encourager l’éclosion de ces  » morceaux de ville  » à l’échelle du territoire, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire (Meddat) a lancé le 22 octobre 2008 le concours Eco-Quartiers. Objectif de cette initiative ? Inciter les villes volontaires (1) à présenter et valoriser leurs projets.  » En raison des nombreux dossiers en préparation, le dépôt des candidatures a été repoussé au 30 mars. En juin prochain, 5 quartiers exemplaires seront sélectionnés « , indique-t-on au cabinet de Jean-Louis Borloo. Ces opérations urbaines seront jugées selon 7 critères : la gestion de l’eau, celle des déchets, la biodiversité, la mobilité, la sobriété énergétique, la densité et l’éco-construction. Les municipalités distinguées bénéficieront de l’assistance technique d’équipes spécialisées du ministère.

En attendant un label ou un référentiel officiel, bon nombre de réalisations se baptisent trop vite  » vertes « . Le sont-elles toutes ? Pas toujours.  » Cela tourne parfois à l’autodéclaration et à l’autopromotion « , nuance Pierre Kermen. Reste que la réalisation d’un quartier durable ne se résume pas à la construction côte à côte de bâtiments économes en énergie et bardés des normes, telles que la haute qualité environnementale (HQE), la Très haute performance énergétique (THPE) ou le bâtiment basse consommation (BBC). Chaque programme se doit d’afficher un catalogue étoffé de prestations techniques comme la ventilation double flux, les façades double peau, les isolants en triple épaisseur, des panneaux photovoltaïques sur les toits… Toutefois, cette collection de procédés innovants de construction ne constitue pas une fin en soi.  » La surenchère technologique liée à la quête d’une performance énergétique ne suffit pas à créer un quartier. A trop se focaliser sur la technique, on oublie l’essentiel : penser la ville. Il faut fabriquer un lieu où il fait bon vivre avec du monde dans la rue, des crèches, des transports en commun, des commerces en pied d’immeuble, de l’animation de jour comme le soir, en semaine comme le week-end « , alerte Franck Boutté, directeur de l’agence Franck Boutté Consultants, spécialisée dans la conception et l’ingénierie environnementale.

Un besoin d’adaptation

Outre le fait d’offrir presque toujours Lire la suite

L’habitat économe n’aime pas les courants d’air

midilibre.com, Georges MATTIA, le 1er mars 2009

L’habitat économe n’aime pas les courants d’air

Le salon de l’habitat, au parc des expositions de Montpellier, s’achève aujourd’hui Le développement durable est parfois duraille. Il peine à avancer dans les chaumières, mais aussi au sein du gouvernement, malgré les bons voeux du Grenelle de l’environnement. Si le tout nouveau Eco-prêt à taux zéro pour travaux sur « bâti vert » (promis pour le 1 er avril) est une avancée, il peut aussi masquer des reculades.

D’où un actuel bras de fer entre le ministère de l’Écologie, de l’Énergie et du Développement durable de Jean- Louis Borloo et, d’autre part, l’association Effinergie, cofondée par les régions Languedoc-Roussillon, Alsace, Franche-Comté et Rhône-Alpes.

Au coeur du problème, la future réglementation thermique qui s’imposera aux logements neufs, la RT 2012, actuellement élaborée au ministère par la direction de l’urbanisme, de l’habitat et des paysages (DUHP). But : définir le contenu et les conditions d’attribution du label Haute performance énergétique. Un sésame aussi pour obtenir des aides.

Mais avec une sacrée anguille sous roche : les experts du ministère sont loin d’être aussi exigeants que le label BBC-Effinergie (bâtiment basse consommation) créé par les régions. Ce label avait beaucoup inspiré les conclusions du Grenelle. Or, le projet ministériel relègue au second plan l’isolation car il inclut dans le nouveau calcul de la performance, l’énergie que produit le bâtiment lui-même (photovoltaïque). « C’est un contresens total ! Dans ces conditions, par exemple, un bâtiment couvert de panneaux photovoltaïques pourrait être classé « basse consommation », au seul motif qu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, même s’il est non conforme à la réglementation sur l’isolation », prévient Yves Pietrasanta, vice-président du conseil régional Languedoc- Roussillon. « Dans cette logique, une maison à énergie positive, qui revend du courant à EDF, serait jugée performante, même si c’est une passoire thermique ! » Au salon de l’habitat, qui s’achève aujourd’hui au parc des expositions de Montpellier, de mauvaises langues voient en filigrane de la future réglementation, la plume du lobby nucléaire : la fameuse « maison passoire » aurait toujours besoin des centrales ! Les décisions mûries par le ministère, déjà annoncées à Effinergie et aux organismes certificateurs, sont « inquiétantes et présagent que les travaux et la dynamique mis en place pour le Grenelle pourraient rester vains dans l’avenir », indique Yves Pietrasanta, au nom de l’association Effinergie, qui regroupe 19 régions et de gros industriels (lire ci- contre) et dont il vient d’être élu vice-président.

Le 17 mars, il sera reçu par Jean-Louis Borloo. Pour lui expliquer en substance qu’un bâtiment performant doit respirer, mais fuir les courants d’air. Que le Grenelle Lire la suite

Que valent les maisons bio de constructeurs ?

Le Figaro, Jean-Bernard Litzler, le 23 février 2009

Que valent les maisons bio de constructeurs ?

Les maisons de demain seront vertes ou ne seront pas. Mais peut-on déjà se lancer dans l’écoconstruction ? État des lieux en cinq points.

• POURQUOI CONSTRUIRE AUTREMENT ?

À lui seul, le bâtiment représente 43 % de la consommation d’énergie française et le quart des émissions de CO2. Pas étonnant que le Grenelle de l’environnement mise gros sur l’évolution des modes de construction pour réduire la facture écologique. Et les évolutions devront se faire rapidement. Avec la nouvelle réglementation thermique (RT 2005), entrée en vigueur en 2007, la consommation maximale autorisée pour les logements a été fixée entre 80 et 250 kWh d’énergie primaire par mètre carré et par an, alors que la moyenne actuelle est encore de 330 kWh. Et en 2012, il faudra la ramener à 50 kWh, avant de basculer dès 2020 vers des maisons à énergie positive, produisant plus d’énergie qu’elles n’en consomment.

«Le calendrier est bien trop serré, estime le secrétaire général de la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles, Rodolphe de Saint-Hilaire. Les normes récentes sont à peine respectées et on nous demande d’avancer à marche forcée alors que les filières ne sont pas prêtes. Au final, l’acheteur supporte d’importants surcoûts.» De son côté, l’Union des maisons françaises (UMF), qui regroupe 600 marques de maisons, a choisi d’adopter une démarche plus volontariste. «Le bâtiment doit jouer un rôle moteur et carburer à l’écologie», confirme son président, Christian Louis-Victor. L’UMF incite ses adhérents à faire figurer des bâtiments basse consommation dans leurs catalogues et organise tous les ans un challenge des maisons innovantes où la catégorie «maison du Grenelle» prime les plus écolos. L’occasion de faire émerger dès maintenant des modèles en brique ou à ossature de bois qui remplissent déjà les critères obligatoires dans dix ans.

• UNE MAISON ÉCOLO, C’EST QUOI ?

En avance sur son temps, cette maison est plus respectueuse de l’environnement, de ses occupants, et moins gourmande en énergie que les modèles standards. Pour Patrick Nossent, président de l’organisme certificateur Céquami, qui gère notamment les normes «maison HQE» et «maison basse consommation», ces labels offrent à tous les interlocuteurs (acheteurs, assureurs, constructeurs, banques et pouvoirs publics qui subventionnent) les meilleures garanties de qualité et d’efficacité. Ils prennent notamment en compte plusieurs facteurs environnementaux (retombées du chantier, gestion de l’eau…), mais se préoccupent encore assez peu du choix des matériaux. La Maison du bon sens, de Maisons Phénix (groupe Géoxia), est ainsi construite à base de béton et d’acier et vante 80 % d’économies d’énergie potentielle. «Je prends soin de ne pas parler de maison écologique, mais plutôt écorespectueuse», reconnaît volontiers Jacques Goudeau, directeur marketing de Geoxia.

Thierry Loechleiter, directeur de Maisons Prestige, une PME alsacienne qui se distingue par ses modèles écolo, pointe, lui aussi, les limites des matériaux écologiques. Cet adepte du bio propose bien en option des huiles et peintures écologiques à ses clients, mais il ne va pas beaucoup au-delà. «Nous manquons encore de recul sur la durabilité de bon nombre de ces produits, explique-t-il. Dans ces conditions, difficile de concilier produits écolo et label de qualité.»

• COMBIEN ÇA COÛTE ? Lire la suite

Certification de la rénovation énergétique des maisons

Actu-Environnement.com, F Roussel, le 9 février 2009

Le secteur de la rénovation énergétique des maisons individuelles s’organise autour d’une certification

Afin de garantir des économies d’énergie, les professionnels de la rénovation mettent au point une certification. Baptisée « maison rénovée », elle sera délivrée à des maisons individuelles ayant gagné deux classes de performance énergétique.
Dans le cadre des débats du Grenelle de l’environnement, un objectif ambitieux a été proposé et figure dans le projet de loi Grenelle 1 : réduire de 38% d’ici à 2020 la consommation énergétique du parc de bâtiment français. Autrement dit, la France a environ 12 ans pour réduire la consommation moyenne de son parc de 400 kWh/m2/an aujourd’hui à 250 kWh/m2/an en 2020.

Sachant que le renouvellement du parc est d’environ 1% par an, il ne faut guère compter sur les constructions neuves pour atteindre cet objectif. La rénovation de l’existant est la principale voie de réussite. Mais ce ne sera pas chose aisée car cela concerne plus de 30 millions de logements et plus de 814 millions de mètres carré de bâtiments tertiaires chauffés. L’Etat a prévu de montrer l’exemple avec ses bâtiments publics et a récemment mis en place une réglementation thermique pour les bâtiments de plus de 1.000 m2. Mais pour les logements privés et notamment les maisons individuelles, l’atteinte de l’objectif va reposer sur la bonne volonté des propriétaires à investir dans des travaux.
Un marché dynamique mais insuffisant pour atteindre les objectifs

En France, les maisons individuelles représentent plus de 13 millions de logements. Jusqu’à maintenant le marché de la rénovation a été très dynamique. Selon une étude du cabinet « Développement Construction », il a représenté en 2007 plus de 60,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les entreprises du bâtiment, soit 45 % de l’ensemble de l’activité du secteur. Le montant des travaux réalisés dans les maisons individuelles a atteint 23,9 milliards d’euros. Ces travaux consistent principalement à améliorer l’habitat en matière de salubrité, de sécurité, d’isolation ou d’accessibilité, de remettre la maison en conformité avec les réglementations ou encore d’améliorer la performance énergétique.

Cependant, selon une étude de l’Observatoire Permanent de l’Amélioration Energétique du logement moins de 10% des logements rénovés atteignent un niveau de performance énergétique en accord avec les objectifs fixés. En effet, cette préoccupation n’est pas encore primordiale pour les ménages qui désirent rénover leur maison et bien souvent ils ne font pas appel à un professionnel capable de leur proposer une enveloppe de travaux globale mais à un artisan ou des entreprises souvent spécialisées dans un seul corps de métier.
De plus, les professionnels ne conseillent généralement pas à leurs clients une maîtrise globale de l’énergie et se limitent aux désirs du client. Par exemple, pour les chauffagistes, l’absence d’installation d’une chaudière performante est principalement liée au fait que le client décide de remplacer sa chaudière à l’identique. Seuls 9 % des artisans ou entreprises ayant installé une chaudière standard ont proposé un produit plus performant.

L’approche de la rénovation va devoir évoluer

Il semble donc plus qu’urgent de faire évoluer les méthodologies. Les professionnels du bâtiment semblent conscients de cette situation et cherchent à faire évoluer les artisans vers une approche globale.

Mais il va surtout falloir encourager les propriétaires à rénover et à se tourner vers les professionnels formés. C’est dans cet objectif que les professionnels du secteur se sont regroupés autour de l’organisme certificateur Cequami pour mettre au point une certification de travaux baptisée « maison rénovée ». Filiale du CSTB et de l’association Qualitel, Cequami veut proposer d’ici quelques mois une certification permettant de garantir aux clients la qualité des travaux et par conséquent les économies énergétiques dont il pourra bénéficier.
Les professionnels ont défini un premier référentiel qu’ils vont tester pendant plusieurs mois sur le terrain dans le cadre d’une dizaine de chantiers Lire la suite