AAAS : « Scientifiques : engagez-vous ! »

bulletins-electroniques.com, 20 février 2009

Message aux scientifiques lors de la conférence annuelle de l’AAAS : « engagez-vous ! »

Du 12 au 16 février à Chicago, à l’occasion du 200è anniversaire de la naissance de Darwin, les 6 000 participants à la conférence annuelle de l’AAAS, dont le thème était : « Our planet, its origins and futures » ont pu participer à plus de 170 ateliers, sur des thèmes aussi divers que les dernières avancées en neurosciences, l’état de stress post-traumatique, l’interaction entre science, politique et religion, et naturellement, la théorie de l’évolution.

Malgré la grande diversité des thèmes abordés et de l’appartenance disciplinaire des participants, un message récurrent revenait en toile de fond : la nécessité pour les scientifiques de se faire entendre, et d’influer sur la prise de décision. En effet, la science continue d’éprouver des difficultés à se projeter dans le processus politique, et les attaques répétées sur l’enseignement de la théorie de l’évolution devant les school boards entretiennent une certaine inquiétude chez les scientifiques.

Préoccupation latente quant à la place de la science au Congrès

Plusieurs ateliers ont ainsi traité de l’interaction entre la communauté scientifique et les institutions fédérales. Autant la satisfaction était omniprésente et ouvertement affirmée, souvent par les intervenants eux-mêmes, d’avoir enfin une branche exécutive sensible aux arguments scientifiques et dans laquelle figurent de nombreux pairs (John Holdren à l’OSTP, Jane Lubchenco à la NOAA et Steve Chu au DOE en particulier), autant l’inquiétude demeure quant aux relations avec le Congrès. En effet, l’OTA (Office of Technology Assessment, équivalent de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques) ayant disparu, il reste peu d’interlocuteurs scientifiques au Capitole.

Pour pallier à cette carence de scientifiques au congrès, les dirigeants de l’AAAS ont invité les chercheurs, quel que soit leur domaine d’expertise, à aller rencontrer leur « congressman » pour leur rappeler à quel point la prise en compte de l’expertise scientifique est essentielle dans leurs fonctions. Et ce d’autant plus qu’aujourd’hui pratiquement tous les choix de société revêtent, au moins partiellement, un caractère scientifique ou technologique, comme le rappelait un ancien responsable de l’OTA.

Appel à un engagement massif

Un vibrant appel à l’engagement politique de la communauté scientifique a également été lancé par nul autre qu’Al Gore. L’ancien Vice Président et Prix Nobel de la Paix s’est en effet adressé en scéance plénière à un auditoire galvanisé. Après une présentation actualisée de sa démonstration du changement climatique et de ses impacts potentiellement dramatiques, Al Gore est passé dans un registre beaucoup plus personnel pour demander l’aide de la communauté scientifique dans son combat.

« Je demande votre aide. Je crois, au fond de mon coeur, que nous avons la capacité à faire de cette génération une de ces générations qui changent le cours de l’humanité. L’enjeu n’a jamais été aussi élevé. Nous avons la connaissance, nous avons la technologie émergente, nous avons un nouveau leadership, nous avons des ministres (« cabinet members ») et des conseillers scientifiques qui sont issus de vos rangs, qui sont vos collègues » a martelé M. Gore.
Puis il a conclu, de manière très solennelle: « si je le pouvais, je vous motiverai à quitter cette ville après notre réunion et à commencer à vous engager en politique. Gardez votre « day job » (rires), mais commencez à vous impliquer dans ce débat historique. Nous avons besoin de vous. »
Disponibilité requise pour les médias

L’engagement dans la sphère publique porte aussi sur le grand public. Lire la suite

CNRS : dossier « biodiversité »

cnrs.fr, février 2009

Parler de la vie et de sa diversité revient à parler de tout ce qui existe sur la planète Terre…

Car le mot biodiversité ne recouvre pas la seule description des espèces, mais également les liens existant entre elles, entre ces espèces et leurs milieux, et cela à toutes les échelles du temps et de l’espace.

Ce dossier « Biodiversité » souhaite donc aider à la perception du fait que tout est interdépendant sur Terre et qu’en conséquence, l’espèce humaine –si nombreuse et si active– a un impact majeur sur ce Vivant dont elle dépend et dont elle fait partie.

Face à cette complexité du Vivant, impossible à décrire simplement, ce dossier a opté pour une double démarche :

– donner les informations scientifiques de base

– établir des « parcours scientifiques » au sein de cette complexité : ces itinéraires qui prennent chacun pour fil d’Ariane un mot-clé tel que santé, sol, alimentation, climat, ville, sont évidemment amenés à se croiser.

Le souhait est que tout visiteur perçoive encore mieux :

– qu’il est de l’intérêt bien compris de l’espèce humaine de sauvegarder le tissu vivant dont elle fait si intimement partie

– que l’être humain qui se pose tant de questions sur sa vie doit encore s’élever en prenant en considération toute vie.

Ce dossier a reçu le label de l’Année internationale de la Planète Terre

Appel à la communauté scientifique française

Dans son contenu ce dossier est sans doute incomplet et perfectible. Il est prévu de le mettre à jour régulièrement, pendant au moins cinq ans.

Appel est lancé aux Lire la suite

Mérignac : reconduction des packs écologiques

Sud-Ouest, Olivier Delhoumeau, le 27 Février 2009

MÉRIGNAC, ÉCOLOGIE. La municipalité reconduit le dispositif des packs écologiques, en mettant l’accent sur l’aide à l’équipement de composteurs. Malgré le désengagement de la CUB

Le compost passe au vert

Dans le cadre des actions de l’Agenda 21, la ville met en place depuis 2007 une politique d’aide aux habitants souhaitant adopter un comportement écocitoyen. De quelle façon ? En accompagnant financièrement les foyers s’équipant d’un chauffe-eau solaire, d’un économiseur d’eau ou d’un composteur individuel.

Cette opération recevait jusqu’à présent l’appui de la CUB. Problème, la Communauté n’a pas reconduit son partenariat cette année. « On a appris la nouvelle fin 2008, sans réelle explication. Devant le contexte budgétaire tendu, les arguments financiers ont sûrement prévalu », déplore Marie Récalde, adjointe déléguée au développement durable et aux relations avec les entreprises.

Bio-seau en prime

Malgré le pas de côté de la CUB, la municipalité poursuit sur la dynamique engagée. En modifiant quelque peu les règles du jeu. « On stoppe le soutien aux récupérateurs d’eaux pluviales pour mettre l’accent sur le compostage. On veut inciter les gens à faire davantage de compost avec la fraction fermentescible des ordures ménagères (les épluchures de légumes) et les déchets de jardin », explique Patrick Madec, chargé de mission Agenda 21. La finalité étant aussi de réduire la pression sur la collecte des déchets verts, en favorisant la production et l’utilisation d’engrais naturel.

Depuis le lancement de l’opération, la ville estime à 300 le nombre de foyers aidés pour l’achat de composteurs. L’objectif pour 2009 est d’accompagner 260 foyers de plus. Sachant, selon les chiffres, qu’un bon usage du composteur permet de retirer environ 30 % des déchets des particuliers des circuits traditionnels de collecte.

Comme les années précédentes, la procédure consiste, après prise de contact avec les services municipaux, à signer une convention avec la mairie. Sur présentation d’une facture d’achat, d’un justificatif de domicile, d’un RIB et d’une pièce d’identité, la ville s’engage à subventionner 260 composteurs individuels labellisés NF, à hauteur de 30 euros.

Chaque bénéficiaire recevra en prime un « bio-seau » de Lire la suite

ADEME : Des travaux pour rendre votre logement économe

Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie , le 27 février 2009

Un bouquet de travaux pour rendre votre logement économe

Pour rénover de façon performante un logement gourmand en énergie, la note est parfois lourde ! Vous avez identifié les travaux nécessaires pour rendre votre logement vraiment économe en énergie et vous vous demandez comment les financer : l’éco-prêt à taux zéro est là pour vous aider.

Il est destiné au financement de bouquets de travaux. Ce sont des ensembles de travaux cohérents dont la réalisation simultanée apporte une amélioration très sensible de l’efficacité énergétique du logement.

Il peut aussi être accordé dès que les travaux projetés amènent la consommation en énergie du logement au-dessous d’un niveau plancher.

Les résultats à obtenir

Le niveau d’amélioration de la performance énergétique de votre logement peut aussi vous donner droit à l’éco-prêt à taux zéro.

Il faut vous adresser à un bureau d’études thermiques qui calculera l’efficacité énergétique du bâtiment et proposera les travaux nécessaires.

Une palette de travaux éligibles

Pour améliorer la performance énergétique d’un bâtiment, certains travaux sont plus efficaces que d’autres. Et certaines combinaisons de travaux sont très performantes, d’autres moins.

Pour composer un bouquet éligible à l’éco-prêt à taux zéro, choisissez des travaux dans au moins des catégories de la partie gauche du tableau ci-dessous.

Catégories de travaux éligibles

Travaux réalisables

Isolation performante de la toiture

Isolation en combles perdus ; isolation en combles aménagés ; isolation en toiture terrasse

Isolation performante des murs extérieurs

Isolation par l’intérieur ; isolation par l’extérieur

Isolation performante des parois vitrées extérieures

Fenêtres performantes ; bloc baies performants ; doubles fenêtres performantes

Installation ou remplacement d’un chauffage ou d’une production d’eau chaude sanitaire performants

Chaudière à condensation ; chaudière basse température pour certains bâtiments collectifs ; pompe à chaleur

Installation d’un chauffage utilisant les énergies renouvelables

Chaudière bois ; système de chauffage par poêle à bois, foyer fermé ou insert

Installation d’une production d’eau chaude sanitaire utilisant les énergies renouvelables

Chauffe-eau solaire

Chaque matériau ou équipement doit être performant pour bénéficier de l’éco-prêt à taux zéro.

 

Enerlandes, l’énergie verte du département des Landes

Sud-Ouest, Jean-Louis Hugon, le 27 Février 2009

CONSEIL GÉNÉRAL. La société d’économie mixte va se prononcer sur cinq premiers dossiers le 6 avril prochain

Enerlandes, l’énergie verte du département Une société à 1,4 million de capital

La production d’énergie renouvelable a, de façon incontestable, le vent dans le dos, surtout depuis que le Conseil général des Landes a créé Enerlandes. Devant l’avalanche des projets de centrales éoliennes et photovoltaïques qui fleurissent depuis quelques années, l’assemblée départementale a créé une société pour en surveiller et en harmoniser le développement.

« Nous sommes un véritable couteau suisse de l’énergie renouvelable, dit Laurent Civel, le jeune directeur d’Enerlandes. Et nous pouvons aider tous les projets des collectivités et des entreprises, (sauf les particuliers) pour toutes les formes d’énergie « verte » : le soleil, la géothermie, la biomasse ou le vent. Mais pour commencer, nous allons privilégier la production d’électricité par des panneaux solaires, notamment sur les toitures. À titre d’exemple, le simple patrimoine immobilier des collectivités landaises constitue plus de 300 000 m². Autant mobiliser tout de suite ce cinquième mur disponible, le plus facile à intégrer par du photovoltaïque. »

Il faut des capitaux

Il faut néanmoins des capitaux, puisque 500 m² de panneaux demandent un investissement de 300 000 euros. Pour l’instant, Enerlandes n’a pas encore choisi de sites, mais son premier conseil d’administration, le 6 avril prochain, aura à se prononcer sur cinq dossiers concernant des toitures. À noter que le prix du kilowattheure payé par EDF est financé par l’abonné, grâce à la ligne CSPE (Contribution au service public de l’électricité), figurant sur chaque facture.

Autre possibilité, la géothermie avec l’utilisation d’un ancien puits Esso à Biscarrosse (130 °C à 4 500 mètres de profondeur) ou d’un site où GDF voulait stocker du gaz à Meilhan (eau à 40 °C). Pour la biomasse, les effets de la tempête ont précipité à terre du bois qui pourrait être utilisé à produire de l’électricité. « Mais il faudrait que la CRE (Commission de régulation de l’énergie) qui attribue les dossiers, considère les Landes prioritaires. Un courrier a été adressé en ce sens au ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo », indique M.Civel.

Quant à l’éolien, surtout intéressant sur la côte, il aurait des conséquences importantes sur le tourisme. Pour l’instant, les projets en sont au stade de la réflexion.

Enerlandes est une Sem (société d’économie mixte) créée par le Conseil général des Landes après un vote du 25 juillet 2008, pour favoriser la création d’énergie renouvelable. Inscrite au registre du commerce depuis le 15 janvier dernier, elle dispose d’un capital de 1,4 million d’euros. Ses actionnaires sont Lire la suite

Vente directe : sanction, solution ou chgt de consommation ?

lejpb.com, Sébastien VAÏSSE, le 27 février 2009

Vente directe : sanction, solution ou changement de consommation ?

Crise économique, inflation, baisse du pouvoir d’achat ou simple adhésion à l’idéologie décroissante… Les modes de consommation seraient-ils en pleine mutation ? C’est du moins la question que l’on peut se poser face à un phénomène qui, bien loin de faire l’unanimité chez les professionnels des secteurs qu’il touche, prend de l’ampleur : la vente directe.

 

Alors que les bouchers du Pays Basque dénoncent depuis plusieurs semaines «certains agissements qualifiés de concurrence déloyale», que le système des AMAP se développe et qu’à l’image d’Idoki qui prône les circuits courts de proximité, la petite production gagne du terrain, la vente directe touche maintenant un autre secteur, celui de la pêche. Les pêcheurs de la Côte basque ont en effet décidé d’ouvrir leur cale directement aux consommateurs.

La crise du poisson

«On nous explique que c’est la crise, qu’il faut respecter les quotas, que le poisson se vend moins, mais quand on voit que la sole est à 30 euros/kg dans les grandes surfaces, on ne comprend pas» tonne Patrick Lespielle, pêcheur luzien. Il faut dire que si l’année dernière, les pêcheurs basques pouvaient négocier avec les mareyeurs (grossistes) la sole autour de 12 euros/kg, on est passé aujourd’hui sous la barre symbolique des 10 euros : «Je n’ai jamais vendu à ce prix-là» poursuit Patrick Lespielle. «ça fait douze jours qu’on n’a pas vu la maison, tout ça pour s’entendre dire : la sole à 7 euros». Un mécontentement, une incompréhension et un décalage de prix qui justifient la vente directe, d’autant que l’opération lancée il y a quelques jours par les pêcheurs semble plutôt bien fonctionner : «De la sole fraîche à 12 euros/kg, ça fait plaisir et ça redonne envie de manger du poisson» sourit une bayonnaise venue s’initier aux joies de ce nouveau commerce.

Alors, à qui la faute ? Et comment expliquer ce décalage ? De l’avis de certains pêcheurs, les mareyeurs ne seraient totalement innocents dans cette affaire. Pourtant, lorsqu’on les interroge, la réponse est claire : «on n’a aucune activité, très peu de ventes». Une situation qui expliquerait donc la baisse du prix d’achat. Il n’empêche qu’au final, sur l’étalage, le poisson relève presque du produit de luxe…

Viande foraine

Un phénomène qui n’épargne pas non plus le secteur de la viande au grand dam du Syndicat de la boucherie et de la charcuterie des Pyrénées-Atlantiques qui a adressé une lettre au député-maire de Bayonne, Jean Grenet, pour dénoncer les agissements de «beaucoup d’agriculteurs, développant la vente de viande au détail, qui ne se sentent plus concernés par la réglementation régissant le métier de boucher». En fait, les bouchers du Pays Basque, qui ne reprochent cependant pas aux «agriculteurs de commercialiser de la viande» mais plutôt de ne pas «être sur la même ligne de départ», s’interrogent quant à la «légitimité d’utiliser des structures à vocation ou à délégation de service public, à des fins commerciales privés» et invite donc le législateur «à se saisir du problème et à le régler de la manière la plus cordiale qui soit».

Du côté de l’abattoir public de Saint-Jean-Pied-de-Port, si on reconnaît le manque de réglementation en matière de vente directe notamment en ce qui concerne les abattages sauvages, on avoue cependant comprendre l’action des producteurs qui face à l’arrivée massive de viande foraine dans les grosses structures locales comme Arcadie, Pedavia (entre 60 et 70 % des viandes commercialisées dans le département proviennent d’Allemagne, de Pologne…), ont imaginé la solution de la vente directe. Lire la suite

« Tout petit la planète » Emission radio bimensuelle écolo

BDC One, le 27 février 2009

« Tout petit la planète » est une émission de radio bimensuelle sur l’écologie, animée par Xavier Lhomme (militant écologiste), et diffusée un mercredi sur deux, à 21h00 sur la radio numérique « BDC One » localisée à Saint Médard en Jalles.

L’émission « Tout petit la planète » a débuté en décembre 2008. Elle traite de trois ou quatre sujets par émission, en général dans l’ordre suivant :

– un éditorial traitant d’un sujet d’actualité (La tempête, les grands travaux du gouvernement, la Guadeloupe…

– un écogeste (protéger les hérissons, utiliser son lave linge…)

– une expression du lexique écologiste (Biodiversité, Commerce équitable, BIO, …)

– un dossier (les AMAP, les déchets ménager, l’empreinte écologique, la souveraineté alimentaire…)

Chaque fois que possible, nous recevons un ou des invités… les candidatures sont bienvenues !

La programmation musicale est particulièrement soignée : chansons recyclées, récupérées, débranchées !

Prochaines dates d’émission : 11 mars (Invitée : Dany Neveu – Thème : les pesticides), 25 mars, 8 avril, 22 avril

Sommaire et liste d’écoute des émissions déjà réalisées Lire la suite

Après la crise financière, la guerre civile ?

Le Monde, Claire Gatinois, 26 février 2009

Après la crise financière, la guerre civile ? Préparez-vous à « quitter votre région »…

La crise économique et financière va-t-elle dégénérer en violentes explosions sociales ? En Europe, aux Etats-Unis ou au Japon, la guerre civile est-elle pour demain ? C’est le pronostic quelque peu affolant que dressent les experts du LEAP/Europe 2020, un groupe de réflexion européen, dans leur dernier bulletin daté de mi-février.

Dans cette édition où il est question que la crise entre, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de « dislocation géopolitique mondiale », les experts prévoient un « sauve-qui-peut généralisé » dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d’affrontements, autrement dit, par des semi-guerres civiles. « Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les Etats-Unis sont dans ce cas), indique le LEAP, alors le meilleur moyen de faire face à la dislocation est de quitter votre région, si cela est possible. »

Selon cette association, formée de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs, les zones les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.

La crise serait ainsi à même de susciter de violentes révoltes populaires dont l’intensité serait aggravée par une libre circulation des armes à feu. L’Amérique latine, mais aussi les Etats-Unis sont les zones les plus à risques. « Il y a 200 millions d’armes à feu en circulation aux Etats-Unis, et la violence sociale s’est déjà manifestée via les gangs », rappelle Franck Biancheri, à la tête de l’association. Les experts du LEAP décèlent d’ailleurs déjà des fuites de populations des Etats-Unis vers l’Europe, « où la dangerosité physique directe restera marginale », selon eux.

FAIRE DES RÉSERVES

Au-delà de ces conflits armés, le LEAP alerte sur les risques de pénuries possibles d’énergie, de nourriture, d’eau, dans les régions dépendantes de l’extérieur pour leur approvisionnement et conseille de faire des réserves. Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de réflexion n’avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l’enchaînement de la crise. Il y a trois ans, l’association décrivait ainsi la venue d’une « crise systémique mondiale », initiée par une infection financière globale liée au surendettement américain, suivie de l’effondrement boursier, en particulier en Asie et aux Etats-Unis (de – 50 % à – 20 % en un an), puis de l’éclatement de l’ensemble des bulles immobilières mondiales au Royaume-Uni, en Espagne, en France et dans les pays émergents. Tout cela provoquant une récession en Europe et une « très Grande Dépression » aux Etats-Unis.

Doit-on en conclure que la crise mondiale peut se transformer en guerre mondiale ? « Les pronostics de LEAP sont extrêmes, mais la violence sociale pointe », admet Laurence Boone, économiste chez Barclays.

Reste un espoir, une « dernière chance » selon le LEAP, qui résiderait dans la capacité du G20, qui se réunira le 2 avril à Londres, à arrêter un plan d’action « convaincant et audacieux« . Dans ce cas, le monde ne serait toutefois pas tiré d’affaire, puisque les experts ne manquent de rappeler que Lire la suite

CdC de l’Estuaire (33) : Le projet de parc éolien sur les rails

Sud-Ouest, Étienne Beguin, le 27 février 2009

ESTUAIRE. Malgré ses opposants, le député Philippe Plisson reste ferme sur le projet du canton de Saint-Ciers

« Notre projet de parc éolien est bien sur les rails »

On le sait, la Communauté des communes de l’Estuaire a entamé une démarche visant à créer une zone de développement éolien à Reignac, non loin de l’autoroute. La Commissions des sites de la préfecture de Gironde a validé le dossier fin janvier, ce qui en faisait d’ailleurs le seul dossier de ce type déposé officiellement en Aquitaine.

Pour autant, l’horizon de l’éolien semble s’obscurcir quelque peu ces derniers temps. De plus en plus de voix s’élèvent notamment pour dire que le bilan carbone de l’éolien n’est finalement pas si élogieux que cela. Sur un plan plus local, l’annonce du projet porté par la CCE a généré la création d’une association, Vigi-éole, dont les membres s’opposent farouchement à la mise en place d’éolienne dans la région.

Lobby du nucléaire virulent

Philippe Plisson, président de la CCE et député, estime pourtant qu’il faut continuer à avancer dans le domaine des énergies renouvelables : « En ce moment, c’est vrai qu’il y a une espèce de curée contre l’éolien. Le lobby du nucléaire par exemple est très virulent. Et puis il y a ceux qui ont peur de voir leur paysage abîmé par la présence d’éoliennes. Mais jusqu’à preuve du contraire, les éoliennes sont recyclables, ce qui n’est pas le cas des panneaux solaires. » Philippe Plisson a décidé de s’en tenir au Grenelle de l’environnement qui prévoit un objectif d’au moins 20 % d’énergies renouvelables en 2020 dans la consommation globale d’énergie.

« Actuellement, on est loin du compte avec à peine 5 %. Si on veut maintenir un semblant de qualité de vie et ne pas revenir à la bougie, il faut de l’éolien. Pas partout et pas n’importe comment, mais il en faudra. »

Une manière de dire qu’il n’est pas question de laisser tomber le projet du canton de Saint-Ciers. « Notre projet est complètement sur les rails et on va lancer prochainement le choix du développeur », assure Philippe Plisson, qui estime, qu’en fait, il n’y a actuellement « pas d’arguments autres que passionnels ou irrationnels contre le développement de l’éolien ».

« Il faut penser aux générations futures. Certes, le bilan carbone du nucléaire est très bon, mais le bilan écologique nettement moins. Les déchets Lire la suite

Soustons (40) : Une ferme photovoltaïque de 23 ha en 2012

Sud-Ouest, Didier Piganeau, le 26 Février 2009

SOUSTONS. La commune aura sa ferme photovoltaïque en 2012. Des panneaux sur 23 ha

Champ d’énergie

Ce sera un vaste champ de 23 ou 24 hectares ou pousseront des dizaines de milliers de panneaux brillants et bleutés, posés sur des tables métalliques, tournés vers le ciel et légèrement inclinés vers le sud. La récolte, ce sera chaque année de 9,6 millions de kw/h, de quoi alimenter en électricité (hors chauffage) l’équivalent d’une ville de 9 000 habitants. L’esthétique sera certes un peu contestable, mais la ferme photovoltaïque – car il s’agit bien d’une ferme – sera à l’abri des regards, au fond de la forêt à quelques kilomètres de Soustons. Où exactement ? Le maire Jean-Yves Montus n’en sait trop rien pour l’instant. « Nous avions repéré un site communal boisé près de l’océan, il y a quelques mois, mais depuis, la tempête est passée par là. Maintenant il y a des terrains qui ont été dévastés par Klaus et qui conviendraient mieux… Ça évitera de couper des arbres, il y en a assez par terre comme ça ! »

La commune de Soustons a inscrit ce projet dans le cadre de sa politique de recherche d’énergies renouvelables. « Ce qui convient le mieux ici, c’est le photovoltaïque et la géothermie », résume le maire. « Pour la géothermie, nous travaillons sur une étude sur la future Zac de Port d’Albret ». En revanche, le projet photovoltaïque est nettement plus avancé et des contacts sont pris depuis longtemps avec un opérateur qui figure parmi les leaders dans les énergies renouvelables mais qui pour l’instant tient à rester discret. « Nous travaillons également ce projet avec Enerlandes, la nouvelle société d’économie mixte montée par le Département », précise Jean-Yves Montus.

100 000 panneaux

L’investissement total sera de 40 millions d’euros. La société louera le terrain à la commune de Soustons, procédera aux installations et à son financement. L’électricité produite ne sera pas destinée à la commune, mais sera revendue à EDF.

Mardi après-midi, Lire la suite

SEPANSO 24 : le projet de camping d’Atur au tribunal

Sud-Ouest, Julie Martinez, le 26 Février 2009

 

Le camping à la barre

Ce matin, le juge des référés du Tribunal de grande instance (TGI) de Périgueux va se pencher sur le dossier, très controversé, de l’extension du camping du Grand Dague, à Atur, qui souhaite passer de 93 places à presque 600 dans quelques années.

Alors que l’association de riverains N’Atur se bat depuis plusieurs semaines pour en savoir plus sur le projet et faire changer la voie d’accès retenue dans ce projet, la Sepanso Dordogne a décidé de les soutenir dans leur démarche et a déposé une plainte dernièrement contre la société hollandaise, propriétaire du camping depuis un an.

Cette plainte se traduit donc par une action en référé suspensif, ce matin devant le tribunal. Dans leur requête, la Sepanso et N’Atur demandent « l’arrêt immédiat de tous travaux d’aménagement, de déboisement et de terrassement et la remise en état des lieux pareillement à leur configuration de décembre 2008 ».

Ghettos de béton

Pour Michel André, le vice-président de la Sepanso, ce projet d’extension a « un impact environnemental et des effets sur le réseau routier, la population et le cadre de vie ». Mais ce qui révolte le plus les deux associations, c’est que des travaux ont été entrepris sur le site, sous prétexte de travaux d’assainissement, alors que les deux communes d’Atur et de Saint-Laurent-sur-Manoire n’avaient pas délivré d’autorisation.

Les membres de l’association N’Atur, qui ont demandé des rendez-vous auprès du camping du Grand Dague, n’ont eu aucun retour, ni début de dialogue, pour s’expliquer. Une nouvelle demande de réunion a part ailleurs été formulée auprès du maire d’Atur, Alain Cournil.

Derrière ce nouvel épisode, la Sepanso pointe du doigt le développement touristique en Dordogne. Militant pour un « tourisme durable », Michel André interpelle : « Doit-on accepter tout et n’importe quoi au risque de voir se développer des ghettos de béton ? Tout ça sous des prétextes économiques ? les emplois seront des postes saisonniers. »

ATUR.

La Sepanso s’interroge aussi sur la provenance des fonds Lire la suite

Patrick Viveret : Rapport « Reconsidérer la richesse »

La documentation française, Patrick Viveret, 2002

Reconsidérer la richesse : rapport final de la mission « nouveaux facteurs de richesse »

Notre représentation actuelle de la richesse aggrave les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées au lieu de nous aider à les résoudre. Dans la plupart des dossiers qui ont été au cœur des débats publics de ces derniers mois, de la vache folle à l’Erika, de l’amiante aux accidents de la route, des conséquences de la grande tempête de décembre 1999 à la crise des carburants de l’automne 2000, il y a toujours un élément commun : ces catastrophes sont des bénédictions pour notre Produit Intérieur Brut. C’est pour réfléchir aux conditions de dépassement de ce paradoxe que Guy Hascoët a confié à Patrick Viveret, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, une mission de cadrage et d’exploration sur la question des nouveaux critères et indicateurs de richesse. Ce rapport final vise à explorer des pistes, à proposer des hypothèses et des expérimentations.

> Consulter le rapport Lire la suite

DD et nouvelles richesses : quels imaginaires de demain ?

CerPhi, janvier 2009

DD et nouvelles recherches : quels imaginaires de demain ?

Même si la croissance reste désirable pour la majorité des individus, une récente étude* du CerPhi (« Développement durable et nouvelles richesses : quels imaginaires de demain ? ») montre que le public ne veut plus aujourd’hui d’une richesse du « toujours plus », qui génère gaspillage, destruction sociale et environnementale, paupérisation et perte de sens.

C’est une nouvelle conception de la richesse qui semble se démocratiser : la « richesse du mieux » qui consiste a intégrer a tous les niveaux la préoccupation du durable, du partage, de l’autre, du collectif, de l’éthique sans nier l’individu. Le Développement Durable est donc maintenant clairement défini comme la réponse a une crise de l’environnement global (naturel, économique, politique et social).

Mais si désirable soit il, ce changement ne se fera pas a tout prix : il est refuse s’il induit une société liberticide, ou les ressorts du changement sont la culpabilisation, la sanctuarisation de la nature, la perte de la liberté individuelle au profit du tout collectif. Pas plus d’ailleurs que s’il faut renoncer aux acquis du développement.

Source : Développement durable et nouvelles richesses : quels imaginaires de demain ?

Une étude réalisée par le CerPhi pour Jumpfrance à l’ occasion des 5e Assises Nationales du Développement Durable (19, 20 et 21 janvier 2009)

 

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EEDD : Pourquoi s’emparer des conclusions du Grenelle ?

agoravox.fr, Roland Gérard, le 24 février 2009

Pourquoi s’emparer des conclusions du Grenelle ?

Nous l’avons déjà vu : l’éducation n’a pas eu sa part lors du Grenelle, il faudra y revenir.
Les acteurs de l’éducation à l’environnement vers un développement durable ont toutefois identifié des avancées méthodologiques indéniables. Ces avancées, si elles restent insuffisantes, méritent d’être connues, les acteurs dans les territoires peuvent s’appuyer dessus pour promouvoir la capacité de « faire ensemble ». Il y a, dans les conclusions du comop 34 en particulier, des arguments qu’on aurait tort de négliger.

Les détracteurs peuvent toujours dire, montrer du doigt, critiquer en bloc… Nous serons un nombre certain à affirmer que nous avons acquis des points clés lors du Grenelle. Tous ceux qui, par la discussion et la participation souhaitent s’impliquer dans la lutte pourront y puiser des arguments à poser face à un élu, un préfet, un recteur, un directeur d’administration, un industriel… Et pourtant, ils seront nombreux à dire, ceux qui luttent pour le développement de l’EEDD (éducation à l’environnement vers un développement durable), « le Grenelle n’a rien apporté sur le volet de l’éducation ! » et ils auront aussi raison.

Si nous avons effectivement avancé sur la question de la façon d’agir pour construire la culture écologique de la société, en revanche force est de constater que l’opérationnalité n’est pas là. Il faudra encore du temps. La question de la culture arrive après toutes les autres.

Il faut bien avouer qu’en ce qui concerne l’éducation, les choses avaient plutôt mal commencé. Les associations spécialisées ont eu le sentiment d’avoir été oubliées au démarrage. Elles n’étaient pas présentes parmi les neuf ONG choisies au départ à l’été 2007. Les phases en région ont heureusement rappelé l’importance de l’éducation à l’environnement. Un Comop (comité opérationnel) 26 démarré fort tardivement sur l’éducation a soulevé quelques espérances. Hélas elles ont été vite déçues quand les participants ont constaté que le propos se focalisait sur l’enseignement scolaire.

Ce qui intéresse les acteurs dans les territoires est beaucoup plus vaste puisque c’est tout ce qui a une influence directe sur la culture de la population : l’éducation certes mais aussi l’information, la sensibilisation et la formation. C’est en fait de cela, et de tout cela, dont les forces sociales en mouvement parlent quand elles parlent d’éducation à l’environnement vers un développement durable (EEDD). Bien peu dans notre pays pourront dire ce qu’a apporté à la dynamique globale du Grenelle, ce Comop 26. Le temps nous permettra de dire s’il marquera l’histoire.

Le Comop 34 « Sensibiliser, informer et former le public aux questions d’environnement et de développement durable » a lui démarré encore plus tard. Il semblerait que la question de la culture arrive après toutes les autres et pourtant c’est la vie quotidienne de chacun des habitants de la terre qui accentue ou non le problème environnemental. Et c’est bien selon sa propre culture que l’on mène son existence. C’est bien du fait de leur culture que les Yanomanis d’Amazonie ou les bochimans du Kalahari ont développé des modes de vie respectueux de l’environnement. Espérons que personne ne pense plus qu’il puisse y avoir des cultures secondaires dans l’humanité.

Se consacrant à l’information, la sensibilisation, la formation, en quoi le Comop 34 change-t-il les choses ? Quoi de neuf ?

Tous différents, tous ensembles Lire la suite

VELORUTION : Bordeaux, 7 mars, place Pey-Berland

La remise en cause de la place de la voiture dans nos villes et dans nos vies constitue un enjeu majeur tant au niveau écologique qu’humain.

C’est pour cela qu’il nous semble  pertinent et nécessaire de continuer cette lutte !

Rassembler les vélos, rollers, fauteuils, trottinettes, pieds… pour rendre visible la place habituelle et omniprésente de la voiture, et profiter de ces moments pour se réapproprier la rue et l’espace public dans un cadre festif.

Mais pour que cette action ait un sens, il faut être nombreux-ses à lui en donner un ! Rejoignez donc la vélorution !

Samedi 7 mars, place Pey-Berland : 14h atelier réparations/déco de vélo, 15h départ !

Amenez des gâteaux et de quoi embellir votre vélo (et faire passer des messages !), déguisez-vous, bref laissez libre court à votre imagination !

Aidez-nous à Lire la suite

Débat sur les nanotechnologies : Le silence des nanos

SOIRÉE-DÉBAT sur les NANO-TECHNOLOGIES, le mardi 3 MARS à 20h30 à l’Utopia

PROJECTION UNIQUE du film documentaire suivie d’un débat avec Julien COLIN, le réalisateur, et Benjamin CAILLARD, chercheur au laboratoire IMS (Intégration du Matériau au Système) de l’université Bordeaux 1.

Achetez vos places à l’avance, à partir du Samedi 21 Février.

D’autres rendez-vous avec Julien Colin, le réalisateur du film :

– Mercredi 4 Mars à 20h, à Bègles, salle Langevin

– Jeudi 5 Mars à 17h30, à l’université de Bordeaux 1

Contact : 06 28 05 26 74

LE SILENCE DES NANOS

Autoproduit et réalisé par Julien COLIN – documentaire France 2007 1h15mn –

On ne sort pas de ce documentaire indemne. À la fin, on se sent un peu dans la quatrième dimension, les pieds ne reposant plus tout à fait sur terre. Et pourtant les divers témoignages comme celui d’un certain Bill Joy nous prévient que les nanotechnologies c’est pour bientôt. Quelques décennies au plus. On peut, tout de suite craindre le pire mais aussi imaginer le meilleur. On peut craindre que les nanotechnologies envahissent chaque espace, chaque objet, chaque cellule. On peut aussi en rêver. Mais pour qui ? Pour quel futur ? Comme pour les OGM, on pense à la phrase d’Albert Camus suite au bombardement atomique d’Hiroshima : « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes de l’homme. » Et pourtant on est prévenu, l’arrivée des nanos, c’est comme passer de la fronde à la bombe atomique.

Mais avez vous déjà entendu parler des nanotechnologies ? Nano pour faire court. Ces trucs dix mille fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu (1nano = 10-9m), peuvent être par exemple dix fois plus solides et légers que l’acier. Ce changement d’échelle, bizarrement, induit un changement des propriétés. Avec ces trucs, on nous promet monts et merveilles en mariant la biologie avec la physique chimie et les sciences cognitives. D’un côté on pourra soigner des maladies graves, vivre plus longtemps, inventer des nouveaux matériaux et de l’autre fabriquer des ordinateurs moléculaires, des tee-shirts intelligents, des voitures intelligentes, de pucer chaque tasse à café… Et puis pour ceux qui voient un peu plus loin que le bout de leur nez et de leur caddie, ils voient poindre au loin la robotisation de l’homme, l’arrivée des humanoïdes, le contrôle du futur (rien que ça !)…

Quel futur voulons-nous ? Lire la suite

Pourquoi une ONG refuse les fonds du Paris-Dakar…

cler.org, le 23 septembre 2009

Un petit « pneu » de CO2 ? Pourquoi une ONG refuse les fonds du Dakar…

Suite au Paris – Dakar, les organisateurs ont souhaité compenser les émissions de CO2 de l’édition 2009. Témoignage de l’association Bolivia Inti – Sud Soleil qui a été contactée dans ce but.

Le Rallye Paris – Dakar a eu lieu cette année en Argentine et au Chili.

Plusieurs centaines de voitures, camions lourds et motos ont ainsi parcouru 9 500 km à travers des zones naturelles protégées : ce rallye n’aurait pas été autorisé en Europe ! Pourquoi ce gaspillage de millions d’euros sous les yeux de personnes qui pour la plupart peinent à assurer leur survie au quotidien ? Pourquoi faire parader une armada d’acier qui laisse derrière elle des kilomètres de pistes fragiles complètement défoncées ?

La vie palpite dans ces sables qui ne sont pas stériles : le désert se recouvre d’un tapis de fleurs quand il pleut ! La faune et la flore y sont très fragiles : il y a risque de dommages irréparables.

L’association Bolivia Inti – Sud Soleil grâce à des partenaires locaux au Pérou, en Bolivie, en Argentine, au Chili, mène une vaste campagne de diffusion des cuiseurs solaires. Depuis 10 ans, près de 10 000 familles cuisent leurs aliments à partir d’une énergie gratuite et renouvelable.

Son partenaire chilien Inti Llapu, basé dans la région de Copiapo (désert d’Atacama), construit avec les familles dont le revenu ne dépasse pas 2 € par jour, des cuiseurs solaires à partir de matériaux locaux. En 2008, 500 familles chiliennes ont été équipées de cet outil « magique » qui libère femmes et filles de la corvée de bois, supprime les maladies dues à la fumée, évite la déforestation, économise les ¾ du gaz très cher… Ces mêmes familles ont économisé une tonne de CO2 par an grâce à l’utilisation de leur cuiseur.

Cette économie de CO2 représente une source de financement pour les partenaires Andins de Bolivia inti – Sud Soleil, par le biais de la « compensation carbone ». La démarche est simple : particuliers, entreprises, institutions publiques rejettent du CO2. Ces émissions ont un coût financier et la somme ainsi calculée est affectée à un projet de développement dans un pays du Sud, dont l’un des impacts sera la réduction des émissions de CO2. L’association bénéficie de ces fonds « carbone » grâce au programme Action Carbone initié par Yann Arthus-Bertrand et se réjouit de pouvoir augmenter, dans les prochaines années, de plus de 50 % le rythme de construction des cuiseurs solaires. Ce sont autant de familles supplémentaires qui pourront faire un premier pas pour s’extraire de ce cercle vicieux de la pauvreté…

Mais, il y a aussi des limites à ne pas franchir…

L’organisation du Paris – Dakar a souhaité compenser les émissions de CO2 de son édition 2009. La société organisatrice a proposé à Bolivia Inti – Sud Soleil d’acheter pour plusieurs dizaines de milliers d’Euros les économies de CO2 générées par les cuiseurs solaires réalisés au Chili et en Argentine. Unanimement, le Conseil d’Administration en France et les partenaires andins ont rejeté cette offre alléchante. Il y a trop de contradictions entre leur objectif et celui de l’association. Comment accepter dans ces pays écologiquement en danger un tel gaspillage d’énergie, et au même moment, les aider à économiser l’énergie avec cette idée simple : « le Soleil au service du Développement » ?

Pour Bolivia Inti – Sud Soleil, la compensation « carbone » est un processus « en bout de chaîne », qui doit faire suite à une réduction des propres émissions de CO2 de chaque compensateur, Lire la suite

INRA : Nouvelles ruralités en 2030

inra.fr, communiqué, 12 février 2009

Inra Magazine n° 8 est paru

Le huitième numéro de la revue Inra Magazine est paru

À la une de ce nouveau numéro, un dossier « Nouvelles ruralités en 2030. Quelles dynamiques villes-campagnes ? » ainsi qu’une interview sur les recherches pour une agriculture à haute performance environnementale. Parmi les autres sujets : huit ans de recherches sur la forêt depuis la tempête de 1999, l’apport de la lutte biologique dans les recherches sur les invasions d’insectes, le regard de Vinciane Despret, ethnopsychologue, sur le point de vue de l’animal qui est sujet d’expérience.

Téléchargement Lire la suite

Robin, OGM: Il faut une étude sur plusieurs années

lexpress.fr, Sandra Gérard, le 17 février 2009

OGM: « Une étude sur plusieurs années est indispensable »

La France a obtenu lundi 16 février le maintien de sa clause de sauvegarde interdisant la culture du maïs transgénique MON810 de Monsanto sur son territoire. Réaction de Marie-Monique Robin, journaliste et auteure du « Monde selon Monsanto ».

La France a réussi à maintenir sa clause de sauvegarde interdisant la culture du MON810. Quel est votre sentiment ?

Je suis très heureuse et satisfaite. C’est une décision courageuse de la part du gouvernement français que de défendre cette clause malgré les pressions très fortes qu’il subit de la part des lobbies. J’ai été plutôt surprise de l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) (NDLR : qui considère le MON810 sans danger pour la santé). On ne sait pas sur quoi ils se basent pour faire une telle affirmation, on n’a pas accès aux données brutes qui pourraient confirmer leurs dires. Cette affaire me rappelle celle du MON863, en 2007. Corinne Lepage, présidente du Crii-Gen, une association de lutte contre les OGM, avait dû saisir la Commission d’accès aux données administratives (Cada) pour contraindre l’Afssa à communiquer les données brutes de l’étude qu’elle avait réalisée. Lorsque des scientifiques indépendants se sont penchés sur ces résultats, ils se sont rendu compte qu’il y avait des problèmes avec les rats nourris avec le MON863. Finalement, la Commission européenne a étouffé l’affaire et il n’a pas été autorisé. Aujourd’hui, c’est la même avec le 810. S’il n’existe pas de problèmes sanitaires avec ce maïs, pourquoi alors ne pas fournir ces données ?

La firme Monsanto ne va sûrement pas en rester là. Que pensez-vous qu’elle va mettre en oeuvre pour imposer la culture de son maïs?

Elle va continuer le lobbying en infiltrant le gouvernement, comme cela s’est fait en Allemagne. Au printemps 2007, le ministre de l’Agriculture allemand a demandé au BVSL, l’équivalent de l’Afssa française, d’interdire le MON810 en raison des potentiels dangers environnementaux qu’il présente, notamment sur les insectes dont on a besoin, comme les abeilles. Mais Hans Jörg Bukh, responsable du département des biotechnologies au sein du BVSL, a alors affirmé que rien ne permettait de s’opposer à la culture ou à l’utilisation de ce maïs. Il avait, en 2002, participé à la promotion vidéo d’OGM, financée par Monsanto. Fin 2007, le BVSL a autorisé sa culture…

Concrètement, que connaît-on aujourd’hui des dangers potentiels du MON810 ?

Aujourd’hui on n’a rien, aucune étude sérieuse portant sur l’impact possible sur l’environnement. La seule chose dont nous disposons est cet avis de l’Afssa qui ne se base que sur une recherche de trois mois, pour lequel nous n’avons aucune donnée brute et qui ne concerne que les risques sanitaires… Une étude sur plusieurs années menées par des scientifiques indépendants me semble indispensable.

Pourtant, la clause de sauvegarde va bientôt être à nouveau remise en cause puisqu’au printemps, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) doit statuer sur le renouvellement de l’autorisation du MON810…

Le comité OGM de l’Efsa, chargé de leur évaluation, est composé à 80% de personnes travaillant aussi pour l’industrie des biotechnologies. Il ne peut être indépendant avec des liens aussi étroits. Comment peut-on faire confiance à des personnes qui sont clairement en faveur de ce qu’ils sont censés évaluer ? Lire la suite

AMAP de Gradignan : Militants du contrat bio

Sud-Ouest, Patrick Faure, le 25 Février 2009

GRADIGNAN, AMAP. L’association pour l’aide à l’agriculture paysanne a trouvé son rythme de croisière avec les quarante adhérents attendus. Et chacun participe à son bon fonctionnement

Militants du contrat bio

Ceux qui sont nés dans les années 50 et 60, dans des secteurs ruraux ou semi-ruraux se souviennent encore des fameux « nez de goret », les fourgons Citroën en tôle ondulée qui circulaient à jour fixe dans les villages.

Commerçants et artisans venaient ainsi proposer leurs produits d’épicerie, de boucherie-charcuterie, de boulangerie ou même de mercerie. Ce temps-là semblait irrémédiablement révolu, mais…

Mais hier soir par exemple, la salle de l’Ermitage, à Gradignan, accueillait comme chaque mardi dorénavant, son producteur de légumes biologiques. Avec les clients habituels, adhérents de l’AMAP (1) locale. Celle-ci, créée mi-octobre, atteint dorénavant les quarante adhérents.

« Tous adhèrent et cotisent pour un panier chaque semaine et cela 50 semaines dans l’année, en dehors de la période de Noël. L’agriculteur qui vient nous livrer les cagettes est quelqu’un de passionné », explique Karine Roux, la présidente de cette association appelée CABAS (2).

Les légumes de saison

Une majorité de mères de familles se succèdent pour récupérer leur cagette à 10 ou 15 euros. C’est le cas de Wanda Kohler, laquelle a rejoint l’association en janvier.

« Je cherchais une AMAP depuis longtemps. J’adhère à ce principe de solidarité avec un agriculteur de la région ; celui-ci là produit du biologique, c’est encore mieux. Retrouver la tradition des légumes de saison, c’est aussi retrouver des valeurs. »

Elle ajoute : « Malgré nos vies très actives, cela nous oblige à cuisiner en étant inventif au niveau des recettes. Le goût est extraordinaire : on croque dans ces légumes ! Dans le budget mensuel, on s’y retrouve. Et puis, je préfère donner de l’argent à un agriculteur plutôt qu’à une grande surface.

En plus, chaque adhérent aide à son tour à la préparation des paniers et nous devons faire attention à tout. Ainsi, on rentre dans le principe, il ne s’agit pas simplement de se faire livrer, mais de participer. Sans oublier que l’on participe à la protection de l’environnement. »

Retrouver le goût

Marie-Line Hachette partage cette opinion : « Au départ, nous avons trois motivations, Lire la suite

Entre-deux-Mers ouest : Des déchets coûteux

Sud-Ouest, Guy Lacquement, le 25 Février 2009

SAINT-LÉON, PROPRETÉ. Le ramassage des déchets va coûter plus cher. Selon Véronique Lhert, la solution réside dans le tri sélectif

Des déchets coûteux

«Longtemps le tri sélectif a été plus cher que la collecte des déchets classiques, mais de plus en plus, l’économique rejoint l’écologique » commence Véronique Lhert, directrice du Semoctom.

Le syndicat de l’Entre-deux-Mers ouest pour la collecte et le traitement des ordures ménagères entame une grande campagne de concertation avec les délégués des communautés de communes (CdC) qui se trouvent sur son territoire.

L’incinération est onéreuse

Le coût de l’élimination par le feu s’alourdit. On se demande que faire des déchets résiduels.

La taxation enfin devrait s’appesantir. Le Semoctom prévoit d’acquitter une taxe générale des activités polluantes (TGAP) pesant 1,5 % de plus dans le budget 2009.

Elle porte notamment sur les matériaux difficilement recyclables et sur les encombrants. Le principe s’énoncerait : « Plus c’est polluant, plus c’est cher ! »

« Avec la crise, on assiste à l’effondrement du prix des matières premières », note Véronique Lhert. « Sur la ferraille, le plastique et le papier nous enregistrons une baisse de recettes de 180 millions d’euros. »

En se généralisant, le tri sélectif incite les citoyens à limiter leur production de détritus. Les poubelles sont moins lourdes. Les consommateurs s’adonnent de plus en plus au compostage. La distribution de composteurs individuels a connu un franc succès.

« Il faut favoriser le tri sélectif », indique encore la directrice du Semoctom. Et pour ce faire, remplacer les containers aux entrées des villages par une collecte à domicile. Par exemple, tous les 15 jours.

Cela pourrait amener à remplacer une des collectes classiques par une collecte de tri sélectif.

Dans les communes bénéficiant de deux tournées actuellement, une resterait dédiée aux résidus habituels, une seconde se spécialisant dans les déchets triés par les habitants.

Territoire de 85 communes

Mais ceci n’est qu’un des cas de figure envisagé par le Semoctom et proposé aux élus des 85 communes que couvre le syndicat.

Mais la tendance serait de Lire la suite

Objectif terres 2020 : la fin du modèle agricole productiviste ?

sosbiodiversité.wordpress.com, Kalisse, le 24 février 2009

“Objectif terres 2020″: la fin du modèle agricole productiviste

Nous l’avions rêvé, Michel Barnier l’a fait ! Cette fois-ci, plus de doute, l’agricul­ture française change de cap. Le plan “Objectif Terres 2020″ veut promouvoir un “nouveau modèle agricole français” fondé sur le développement durable avec pour objectif de “produire plus et produire mieux”. Ce plan est une mise en forme des nouvelles priorités agricoles françaises, il s’accompagne d’un redéploiement d’une partie des aides de la PAC, qui  devrait bénéficier entre autres aux élevages herbagers, à l’agriculture biologique, aux protéines végétales, à l’agriculture de montagne, à l’apiculture.…bref à la biodiversité  en milieu rural.

Michel Barnier avait déjà lancé en 2008  les plans d’action “EcoPhyto2018″, “AgroBio 2012“ visant à réorienter l’agriculture française vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement et de la santé publique, et  à la mettre en phase avec les attentes des consommateurs. Présenté à Daumeray (Maine-et-Loire), par Michel Barnier et Nicolas Sarkozy à la veille du Salon international de l’agriculture,  le plan  “Objectif Terres 2020 comporte 60 mesures « qui doivent permettre à l’agriculture de s’adapter aux nouveaux défis de l’environnement.» Il est construit à partir des réflexions menées dans le Grenelle de l’environnement, des assises de la forêt et de celles de l’agriculture et autour de démarches innovantes, écologiquement durables et productives.

Le plan “Objectif terres 2020″ entend relever cinq défis “majeurs” :

Mieux utiliser une eau qui se raréfie ;

Contribuer à la restauration du bon état écologique des eaux ;

Contribuer à la richesse de la biodiversité et des paysages

Protéger les sols agricoles ;

Mieux maîtriser l’énergie et lutter contre le réchauffement climatique.

60 mesures réparties sur 5 axes :

Réduire l’usage et l’impact des produits phytosanitaires ;

Engager chaque entreprise agricole dans le développement durable ;

Développer les potentialités de l’agriculture biologique ;

Remettre l’agronomie au centre de l’agriculture ;

Repenser des pratiques adaptées aux territoires.

avec des actions en faveur de la préservation de la biodiversité !

Développer la recherche et le conseil sur les liens entre agriculture et biodiversité

Mettre en place des indicateurs de suivi de la biodiversité en milieu agricole

Assurer la protection des pollinisateurs

Mieux gérer les surfaces non productives pour préserver la biodiversité

Promouvoir les éléments fixes du paysage

Promouvoir l’agroforesterie

Des indicateurs de suivi

Le plan fera l’objet d’un suivi annuel. Pour ce faire un ensemble d’indicateurs a été sélectionné. En voici les principaux : Lire la suite

Le rebond du Forum social mondial

cadtm.org, Interview d’Eric Toussaint par Pauline Imbach, le 24 février 2009

Le rebond du Forum social mondial

On a parlé de rebond du mouvement altermondialiste à l’occasion du Forum Social Mondial à Belém, que faut-il en penser ?

Après une situation difficile du Forum Social Mondial (FSM) en 2006, 2007, 2008, on peut parler véritablement de rebond car cette 9ème édition est un énorme succès à différents niveaux.
Tout d’abord, ce FSM a connu une très forte participation, avec 133 000 personnes enregistrées. On parle même de 140.000. C’est tout à fait considérable et cela fait du FSM à Belém un des forums les plus populaires. Il se situe au même niveau que celui tenu à Mumbai (Bombay) en Inde en janvier 2004 ou celui organisé à Porto Alegre en 2005. Il faut savoir en effet que Belém est une ville excentrée par rapport aux grandes villes brésiliennes comme São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Porto Alegre mais aussi par rapport à toute une série de pays d’Amérique latine. Belém est donc difficilement accessible : pour s’y rendre, un billet d’avion coûte cher et, en bus, il faut compter trois jours de route pour venir de Sao Paulo, cinq jours si on vient de Porto Alegre et six jours si on vient de Buenos Aires, Montevideo ou Asunción. Mumbai était beaucoup plus accessible pour les Indiens et Porto alegre pour les Brésiliens, Argentins, Uruguayens et Paraguayens.

De plus, les participants, dans leur très grande majorité, avaient moins de 30 ans. Cette jeunesse était massivement présente lors des différentes activités.

Un autre facteur de réussite lors de ce forum, était la présence très visible et très active des peuples indigènes essentiellement du bassin amazonien et des Andes.

D’autre part, ce qui indique également un rebond, c’est la recherche manifeste, par une grande partie des participants, d’explications de fond en ce qui concerne les différentes facettes de la crise actuelle, recherche combinée à la volonté de se forger une opinion personnelle et à celle de passer à l’action pour mettre en place des alternatives.

C’est un changement évident par rapport au FSM qui s’est tenu à Nairobi en 2007 et qui marquait un essoufflement et une incapacité à poser les questions de fond.

Cela fait de ce Forum, la première grande mobilisation internationale contre la crise du capitalisme qui a éclaté en 2007.

Ce rebond du FSM et du mouvement altermondialiste contraste donc avec le deuil du capitalisme au Forum économique mondial de Davos. Le président Lula qui, avant, passait une journée au FSM et ensuite, s’envolait vers le Forum économique, a décidé cette année d’être uniquement visible au FSM et donc, de ne pas se rendre à Davos. C’est tout à fait significatif car cela montre l’ampleur de la crise. Lula a compris que sa gestion de type social libéral qui génère déjà beaucoup de doutes au niveau de la base, allait encore être plus mal perçue s’il se rendait à Davos. Pour tenter de couper court à des critiques sur sa gauche, il a préféré ne pas y aller. De même, aucun autre président de gauche ou de centre gauche d’Amérique latine ne s’est rendu dans la station de ski de Davos, alors que plusieurs d’entre eux y étaient invités. Le Forum économique faisait triste mine puisque aucun représentant significatif de l’administration de Barak Obama n’avait fait le déplacement. Pour discuter de la survie du capitalisme, seuls Vladimir Poutine, le Premier ministre chinois (c’est tout un programme) et Angela Merckel avaient fait le déplacement. Nicolas Sarkozy, lui même, avait décidé de ne pas aller à Davos. Si Lula y était allé ou, surtout, si Obama avait délégué quelqu’un de haut niveau, Sarkozy s’y serait également rendu !

Il faut aussi souligner le parti pris des medias. Un des principaux quotidiens financiers du monde, le Financial Times de Londres n’a pas consacré un seul mot au FSM de Belém tandis qu’il a réalisé deux suppléments pour célébrer Davos et que, dans son édition normale, il y a consacré plus de dix pages. Par contre, un certain nombre de quotidiens, de TV et de radio autour de la planète avaient délégué des envoyés spéciaux (il y avait environ 3.000 journalistes) et ont rendu compte de l’évènement. A juste titre, certains ont mis l’accent sur la « renaissance » ou le « deuxième souffle » du mouvement altermondialiste. Par ailleurs, tous les quotidiens de l’Etat du Para ont consacré chaque jour 5 à 8 pages entières au Forum. Une chaîne internationale de télévision comme AlJazira a largement couvert l’événement et a notamment donné amplement en direct la parole au CADTM (voir en audiovisuel en anglais http://www.cadtm.org/spip.php ?article4012 ).

Quelles préoccupations ont dominé le FSM ?

Il y avait trois thèmes principaux. Tout d’abord la crise du capitalisme dans ces diverses dimensions : financière, économique, climatique, énergétique, alimentaire, migratoire et aussi la crise de « gouvernance » mondiale, c’est-à-dire, la crise manifeste de légitimité à la fois du G8, du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC. Le manque de légitimité des solutions alternatives comme le G20 était aussi au cœur des discussions.

Deuxièmement, les crimes de l’armée israélienne à l’égard du peuple palestinien. La question palestinienne, bien que Belém se trouve à plus de 12.000 km de la Palestine, était fortement présente. Dès le premier jour, lors de la manifestation d’ouverture, un drapeau palestinien de plus de 20 mètres de long était déployé, porté par des jeunes de ENLACE, un courant du parti d’extrême gauche brésilien PSOL. Beaucoup de gens portaient des signes de solidarité avec la lutte du peuple palestinien. Même s’ils étaient venus pour d’autres choses, ils tenaient à exprimer cette solidarité avec le peuple palestinien. Derrière cette question, c’était l’ensemble des guerres d’agression qui était dénoncé, comme celles à l’égard de l‘Irak ou de l’Afghanistan. L’exigence du retrait des troupes d’occupation faisait consensus.

Troisième thème tout à fait prioritaire : la réalité que vivent et les combats que mènent les peuples indigènes, notamment les peuples de l’Amazonie et des Andes. Le premier jour de travail du Forum était d’ailleurs entièrement placé sous le signe de la région amazonienne (région qui va au-delà du Brésil et qui englobe une partie de l’Equateur, de la Bolivie, du Venezuela, du Pérou et de la Colombie sans oublier la Guyane et le Surinam). Le thème des peuples indigènes comprenait à la fois leurs relations avec la nature et leur rôle de préservation de celle-ci ; mais aussi l’affirmation de leur identité culturelle et la manière dont la globalisation capitaliste les affecte. Les peuples indigènes ont beaucoup à apporter aux autres peuples notamment du point de vue de leur vision du monde (ce qui a déjà été intégré partiellement dans les nouvelles constitutions adoptées en Equateur en 2008 et en Bolivie en 2009). Ce qui était impressionnant, c’est l’apport des représentants des peuples indigènes à la réflexion et aux propositions du Forum. Ils ont joué un rôle très actif. Ils ont donné au Forum un relief particulier, en mettant la question de l’Amazonie au cœur des réflexions sur le défi du changement climatique et au cœur des réponses écologistes et socialistes à y apporter.

Au-delà de ces trois thèmes centraux, il y avait une série d’autres thèmes très importants. Par exemple, Lire la suite

Organbidexka : Les ornithologues ne peuvent plus louer

Sud-Ouest, Marcel Bedaxagar, le 24 Février 2009

COMMISSION SYNDICALE. Les ornithologues ne peuvent plus louer

Organbidexka sera mis aux enchères

Cette année 2009 sera celle des enchères des postes et cabanes de chasse de la Commission syndicale du Pays de Soule. Quelques changements sont annoncés. « Nous ferons tout le même jour, cabanes et cols. Ce sera le dimanche 10 mai à la salle polyvalente de Tardets », annonce le syndic Pepela Mirande.

Mais la période de location reste de trois ans. « On étudiera toutefois la possibilité d’une reconduction tacite », indique l’élu. « Tout ce qui reste invendu pourra faire l’objet de propositions. Il n’y aura pas de dépôt d’enveloppe », précise-t-il également.

Quid des ornithologues ?

L’un des changements les plus notables sera la mise adjudication de tous les cols. Y compris Tharta, jusque-là bénéficiaire d’un régime particulier au profit des fédérations de chasseurs ou des communes. Et surtout Organbidexka, occupé depuis une trentaine d’années par l’association Organbidexka col libre pour l’observation des migrateurs.

« Nous avons rencontré les responsables. Ils n’ont pas renouvelé la convention. Ils souhaitent rester sur le site mais ils ne peuvent pas louer », annonce Pepela Mirande. « On le mettra donc aux enchères mais ce sera une grande perte pour nous parce que par le biais de conventions avec le ministère de l’Environnement, ils payaient 18 000 ? par an. On ne le louera pas à ce prix-là », craint-il.

Toutefois, ce nouvel état de fait ne devrait pas entraîner la disparition des ornithologues d’Iraty. « Nous essaierons de trouver une solution qui devrait satisfaire OCL », a annoncé le syndic lors de la Commission plénière qui se tenait samedi.

Selon nos sources, cette solution pourrait être l’installation des ornithologues plus en aval, dans un col tout aussi valable pour l’observation des oiseaux migrateurs. Affaire à suivre.

Les orientations budgétaires

La séance de samedi était également consacrée à la discussion des orientations budgétaires. Quatre secteurs d’investissement ont été retenus.

Pour le pastoralisme, Lire la suite

L’industrie des biotechnologies fait obstacle à la recherche !

amisdelaterre.org, Christian Berdot, le 23 février 2009

OGM : des scientifiques US, spécialistes du maïs, l’affirment « L’industrie fait obstacle à la recherche ! »

Dans une réclamation inhabituelle, un groupe de scientifiques universitaires [1] affirment que les compagnies de biotechnologies les empêchent de pouvoir mener des recherches complètes sur l’efficacité et les impacts des plantes modifiées génétiquement, commercialisées par l’industrie. (Article d’Andrew Pollack, paru le 19 Février 2009, dans le New York Times – Traduction : Christian Berdot, Amis de la Terre)

Dans une déclaration présentée au Ministère de la Protection de l’Environnement (EPA), les scientifiques écrivent que « aucune recherche vraiment indépendante ne peut être légalement menée sur de nombreuses questions critiques ». L’EPA recherche des commentaires scientifiques provenant de la recherche publique pour des conférences sur les plantes biotechnologiques, qui doivent se tenir la semaine prochaine.

Cette déclaration viendra certainement soutenir les groupes critiques vis-à-vis des plantes génétiquement modifiées, comme les groupes écologistes, qui se plaignent depuis longtemps déjà, que les plantes n’ont pas été étudiées de façon complète et suffisante et pourraient avoir des effets inattendus sur la santé et l’environnement.

Les chercheurs, 26 scientifiques spécialisés dans l’étude des insectes du maïs, ont retiré leur nom car ils craignaient que les compagnies ne les excluent de leurs recherches. Cependant, plusieurs d’entre acceptèrent, lors d’interviews, que leur nom soit cité.

Pour les scientifiques, il est problématique que les agriculteurs et les autres acheteurs de semences génétiquement modifiées aient à signer un accord visant à garantir que, lors de la culture, les droits des compagnies sur les brevets ainsi que les règlements environnementaux sont bien respectés. Cet accord interdit aussi l’utilisation des plantes à des fins de recherches.

Ainsi, alors que des chercheurs universitaires peuvent acheter librement des pesticides ou des semences conventionnelles pour leurs recherches, ils ne peuvent le faire avec des semences modifiées génétiquement. Il leur faut obtenir la permission des compagnies semencières. Et parfois, la permission leur est refusée ou bien les compagnies insistent pour examiner toutes les conclusions avant qu’elles ne puissent être publiées.

Pour les scientifiques, ces accords sont depuis longtemps un problème, mais ils le font savoir publiquement car la frustration s’est accumulée.

Pour Ken Ostlie, entomologiste à l’Université du Minnesota et lui-même signataire de la déclaration, « Si une compagnie peut contrôler les recherches qui paraissent dans le domaine public, elle peut réduire les aspects négatifs potentiels qui peuvent survenir dans toute étude ».

Il est frappant de constater que les scientifiques qui ont exprimé cette protestation – et qui proviennent en grande partie d’universités financées par les états avec de grands programmes agricoles – affirment ne pas être opposés à la technologie. Au contraire, pour eux, en étranglant la recherche, l’industrie les empêche de fournir aux agriculteurs des informations sur les meilleurs moyens de faire pousser les plantes. De plus, ajoutent-ils, les données fournies aux organismes de contrôle gouvernementaux sont « excessivement restreintes ».

Pour Elson J. Shields, professeur d’entomologie à l’Université de Cornell, les firmes « peuvent potentiellement pratiquer le blanchissage des données et des informations soumises Lire la suite

Ban Ki-Moon et Al Gore : Pour une croissance verte

liberation.fr, Ban Ki-moon secrétaire général de l’Organisation des Nations unies et Al Gore ancien vice-président des Etats-Unis, le 23 février 2009

Pour une croissance verte

Les plans de relance économique sont à l’ordre du jour, et les gouvernements du monde entier cherchent à donner une nouvelle impulsion à l’économie mondiale. Toutefois, parallèlement à leurs efforts de relance immédiate, les dirigeants doivent également agir en commun pour que le nouveau modèle économique qu’ils sont en train d’élaborer soit un modèle de développement durable, aussi bien pour la planète que pour notre avenir. Il faut à la fois relancer l’économie et investir à long terme de façon à atteindre simultanément deux objectifs avec une seule et même politique économique, c’est-à-dire mettre en œuvre une politique qui réponde aux besoins économiques et sociaux immédiats et qui soit en même temps une politique mondiale verte. Il nous faut faire de la «croissance verte» notre mot d’ordre.

Une récession mondiale synchronisée exige une réponse mondiale également synchronisée. Les principales économies doivent mettre en place des mesures de relance et coordonner étroitement leurs politiques économiques. Il faut éviter la politique du chacun pour soi qui a contribué à la crise de 1929. La coordination est essentielle pour réduire la volatilité financière et prévenir les attaques contre les monnaies et une inflation galopante, pour redonner confiance aux consommateurs et aux investisseurs. En novembre à Washington, les dirigeants du G20 se sont déclarés déterminés à «renforcer la coopération et à travailler ensemble pour restaurer la croissance mondiale et réaliser les réformes nécessaires dans les systèmes financiers». Il est urgent de s’y attacher. Les plans de relance sont destinés à donner une nouvelle impulsion à l’économie, mais s’ils sont bien conçus et bien mis en œuvre, ils peuvent nous mettre sur la voie d’une nouvelle croissance, faiblement émettrice de carbone et verte.

Les plans de relance annoncés par 34 nations s’élèvent à environ 2 250 milliards de dollars. Complétés par de nouvelles initiatives d’autres pays, ils doivent nous aider à catapulter l’économie mondiale dans le XXIe siècle, au lieu de maintenir en vie des industries mourantes et de perpétuer les mauvaises habitudes d’hier. Continuer à injecter des milliers de milliards de dollars en investissements dans des infrastructures qui reposent sur le carbone et en subventions pour les industries qui reposent sur les combustibles fossiles reviendrait à commettre la même erreur qu’avec les subprimes. La suppression des 300 milliards de dollars de subventions accordés annuellement en faveur de secteurs qui reposent sur les combustibles fossiles permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 6 % et contribuerait à la croissance du produit intérieur brut mondial. Les investissements dans les énergies renouvelables auront un impact là où les besoins sont les plus importants. Les pays en développement représentent déjà 40 % des ressources renouvelables mondiales et 70 % du chauffage solaire de l’eau. Partout dans le monde, en particulier aux Etats-Unis et en Chine, les dirigeants prennent conscience qu’une croissance verte n’est pas simplement une des options, mais une nécessité pour redonner de la vigueur à leurs économies et créer des emplois. Le secteur des énergies renouvelables représente 2,3 millions d’emplois dans le monde, davantage que les emplois directs du secteur pétrolier et gazier. Aux Etats-Unis, l’industrie éolienne emploie aujourd’hui plus de monde que l’ensemble du secteur du charbon. Les plans de relance annoncés par le président Barack Obama et par la Chine représentent des mesures essentielles dans la bonne direction, et leurs éléments en faveur d’une croissance verte doivent être appliqués d’urgence.

Nous exhortons tous les gouvernements Lire la suite

Jean-Marc Jancovici, Climat et pétrole : Alerte maximale !

hebdo.nouvelobs.com, Guillaume Malaurie, Sophie Fay, le 12 février 2009

Alerte maximale !

Par Jean-Marc Jancovici. Le polytechnicien écologiste s’alarme du changement climatique et de l’épuisement du pétrole. Pour sauver la planète, le compte à rebours a déjà commencé par Jean-Marc Jancovici

Le Nouvel Observateur. – Dans votre nouvel essai, vous en appelez à un volontarisme churchillien pour faire face au «big bang» que provoquera l’épuisement des énergies fossiles et au changement climatique. Vous dénoncez avec virulence les journalistes et les politiques incompétents !

Jean-Marc Jancovici. – Si nous y allons au canon, c’est parce qu’il faut se faire entendre. Nous n’avons plus le temps d’attendre ! L’échéance de la mutation énergétique n’est pas à l’horizon du demi-siècle ! Dans les trois à cinq ans à venir, il faut que nous soyons en ordre de bataille. Sortant de soixante ans de paix et de croissance économique (sauf rares accidents), nous ne réalisons pas à quel point notre système socio-économique est menacé par l’inaction. Sans dessein et sans un minimum de volontarisme partagé, nos institutions ne résisteront pas aux menaces à venir.

N.O.-Vous laissez entendre, sans le prouver, que la dépression économique trouverait son origine dans la raréfaction des énergies fossiles…

J.-M. Jancovici. – Depuis 1970, la chronologie est troublante : chaque forte hausse du prix du pétrole a été suivie d’une récession. La crise récente a été précédée par six ans de hausse quasi ininterrompue, ce qui a progressivement freiné toute l’économie. C’est normal, l’énergie est par définition l’unité de transformation du monde : sa hausse rapide freine les transformations physiques, et donc l’économie. Les entreprises et les ménages ont alors de plus en plus de mal à rembourser leurs crédits. De surcroît, les banquiers ont amplifié le problème en titrisant les encours de prêts, ce qui a permis de repousser la crise en prêtant plus longtemps, mais au prix d’une explosion plus violente à terme. Sans modifications structurelles, notamment sur l’énergie, à coup sûr tout se reproduira, en pire. Que ceux qui se réjouissent aujourd’hui de la baisse du prix de l’or noir se souviennent qu’elle survient le plus souvent en période de récession…

N. O. – Si cette crise est une crise de ressources, le plan de relance défini par le gouvernement est-il adapté ?

J.-M. Jancovici. – Cet assemblage de demi-mesures n’est pas à la hauteur du mur qui va se dresser devant nous. En lieu et place d’un plan fourre-tout avec un peu d’aides à la voiture, quelques autoroutes supplémentaires et un accès à la propriété plus aisé dans des banlieues éloignées, il nous faudrait une relance massive pour financer la transition vers une économie «décarbonée». Ce ne sont pas 2%, mais 50% du PIB actuel qui devraient être réorientés dans ce but ! La Banque centrale européenne pourrait très bien fournir les milliards d’euros qui font défaut en faisant marcher un peu la planche à billets : l’inflation éventuelle sera moins douloureuse que le chaos. Cela dit, la législation qui incite à la rénovation thermique des bâtiments, que l’on souhaiterait obligatoire et non pas seulement optionnelle, va dans le bon sens. Tout comme la réaffirmation des objectifs européens du «paquet énergie-climat» sous la présidence française.

N. O. – «Trois ans pour sauver le monde» écrivez-vous. Le compte à rebours a-t-il commencé ?

J.-M. Jancovici. – Ce que nous allons faire pendant les trois ans qui viennent sera crucial pour le maintien d’un monde en paix. Les experts pétroliers affirment aujourd’hui que l’offre a atteint un maximum (ou le sera prochainement) et les compagnies pétrolières sont les seules à savoir combien le sous-sol renferme de pétrole : nous ferions bien de les écouter. Lire la suite

Que valent les maisons bio de constructeurs ?

Le Figaro, Jean-Bernard Litzler, le 23 février 2009

Que valent les maisons bio de constructeurs ?

Les maisons de demain seront vertes ou ne seront pas. Mais peut-on déjà se lancer dans l’écoconstruction ? État des lieux en cinq points.

• POURQUOI CONSTRUIRE AUTREMENT ?

À lui seul, le bâtiment représente 43 % de la consommation d’énergie française et le quart des émissions de CO2. Pas étonnant que le Grenelle de l’environnement mise gros sur l’évolution des modes de construction pour réduire la facture écologique. Et les évolutions devront se faire rapidement. Avec la nouvelle réglementation thermique (RT 2005), entrée en vigueur en 2007, la consommation maximale autorisée pour les logements a été fixée entre 80 et 250 kWh d’énergie primaire par mètre carré et par an, alors que la moyenne actuelle est encore de 330 kWh. Et en 2012, il faudra la ramener à 50 kWh, avant de basculer dès 2020 vers des maisons à énergie positive, produisant plus d’énergie qu’elles n’en consomment.

«Le calendrier est bien trop serré, estime le secrétaire général de la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles, Rodolphe de Saint-Hilaire. Les normes récentes sont à peine respectées et on nous demande d’avancer à marche forcée alors que les filières ne sont pas prêtes. Au final, l’acheteur supporte d’importants surcoûts.» De son côté, l’Union des maisons françaises (UMF), qui regroupe 600 marques de maisons, a choisi d’adopter une démarche plus volontariste. «Le bâtiment doit jouer un rôle moteur et carburer à l’écologie», confirme son président, Christian Louis-Victor. L’UMF incite ses adhérents à faire figurer des bâtiments basse consommation dans leurs catalogues et organise tous les ans un challenge des maisons innovantes où la catégorie «maison du Grenelle» prime les plus écolos. L’occasion de faire émerger dès maintenant des modèles en brique ou à ossature de bois qui remplissent déjà les critères obligatoires dans dix ans.

• UNE MAISON ÉCOLO, C’EST QUOI ?

En avance sur son temps, cette maison est plus respectueuse de l’environnement, de ses occupants, et moins gourmande en énergie que les modèles standards. Pour Patrick Nossent, président de l’organisme certificateur Céquami, qui gère notamment les normes «maison HQE» et «maison basse consommation», ces labels offrent à tous les interlocuteurs (acheteurs, assureurs, constructeurs, banques et pouvoirs publics qui subventionnent) les meilleures garanties de qualité et d’efficacité. Ils prennent notamment en compte plusieurs facteurs environnementaux (retombées du chantier, gestion de l’eau…), mais se préoccupent encore assez peu du choix des matériaux. La Maison du bon sens, de Maisons Phénix (groupe Géoxia), est ainsi construite à base de béton et d’acier et vante 80 % d’économies d’énergie potentielle. «Je prends soin de ne pas parler de maison écologique, mais plutôt écorespectueuse», reconnaît volontiers Jacques Goudeau, directeur marketing de Geoxia.

Thierry Loechleiter, directeur de Maisons Prestige, une PME alsacienne qui se distingue par ses modèles écolo, pointe, lui aussi, les limites des matériaux écologiques. Cet adepte du bio propose bien en option des huiles et peintures écologiques à ses clients, mais il ne va pas beaucoup au-delà. «Nous manquons encore de recul sur la durabilité de bon nombre de ces produits, explique-t-il. Dans ces conditions, difficile de concilier produits écolo et label de qualité.»

• COMBIEN ÇA COÛTE ? Lire la suite

Accros aux pesticides, les agriculteurs doivent se sevrer

liberation.fr, Guillaume Launay, le 23 février 2009

Accros aux pesticides, les agriculteurs doivent se sevrer

Alors que le Salon de l’agriculture ouvre ce samedi, les producteurs français tentent de corriger de mauvaises pratiques.

 «Réduire de moitié l’usage des pesticides dans un délai de dix ans, si possible.» Ces deux derniers mots résument toute la difficulté du plan Ecophyto 2018 lancé fin 2008 par le ministère de l’Agriculture (dans le sillage du Grenelle de l’environnement). Un plan qui sera un des sujets phares du Salon de l’agriculture qui ouvre ses portes ce samedi. Ce «si possible» renvoie aux difficultés techniques et à la résistance d’une partie de la filière agricole à sortir de ce qu’un chercheur appelle une «addiction collective aux pesticides». La France est le premier consommateur de produits phytopharmaceutiques en Europe et ne pourra pas, du jour au lendemain, changer ses habitudes. D’autant que certains agriculteurs craignent que des filières, tels les fruits et légumes, soient économiquement menacées si on leur interdit ces produits.

Comment en est-on arrivé là ? «Depuis un siècle et demi, l’agriculture des pays industrialisés sélectionne des variétés à très haut potentiel de rendement et fait en sorte qu’elles puissent pousser partout, raconte Marc Dufumier, agronome, professeur à AgroParisTech. Il a fallu gommer toutes les caractéristiques locales, en créant des milieux artificialisés, sans chenilles, sans insectes, sans champignons, sans mauvaises herbesEt, pour y parvenir, recourir aux pesticides, fongicides, herbicides afin que l’écosystème s’adapte à la variété, et non le contraire. «Or, précise Dufumier, l’artificialisation induit une fragilisation.» Des résistances se créent, des insectes «utiles» disparaissent et le cercle vicieux du toujours plus de chimie se reproduit, avec son impact sur l’environnement et sur la santé.

«Matière grise». «Depuis trente ans, l’agriculture a fait d’énormes progrès, en utilisant des variétés très performantes mais très fragiles, renchérit Lionel Vilain, agronome et conseiller technique de France Nature Environnement. De plus, les rotations sont désormais très courtes, avec des régions entières de monoculture. Certains préfèrent ne cultiver que ce qui rapporte le plus.» Des changements de pratiques pas forcément révolutionnaires peuvent pourtant alléger le recours aux pesticides (lire ci-contre). «Les agriculteurs ont une aversion pour le risque, d’où une tendance au traitement un peu systématique, explique Jean-Pierre Butault, directeur de recherches à l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique. Il faut essayer de ne traiter que s’il y a une attaque, ce qui veut dire une meilleure connaissance.» Pour Claude Alabouvette, directeur de recherche à l’Inra, il s’agit de «passer du concept de lutte contre des maladies ou des insectes à celui de protection des cultures». Et le chercheur d’énumérer les pistes comme la stimulation des défenses de la plante ou la lutte biologique, qui permet d’utiliser des micro-organismes ou des insectes pour contrer l’action des ravageurs. «C’est plus contraignant à utiliser, il faut suivre l’évolution de la plante, précise-t-il. C’est un des succès des agriculteurs bio : ils sont bien plus présents sur leur culture. Cette méthode exige plus de matière grise.»

Mais avec moins de phytos, les rendements ne suivent pas toujours Lire la suite

Réussite des rencontres « Mon Bassin, ma planète »

Sud-Ouest, Chiristian Visticot, le 23 Février 2009

SCIENCES. Les premières rencontres Mon Bassin, ma planète ont séduit les visiteurs

Le Bassin résistera-t-il aux évolutions de la planète ?

L’association Océan est principalement composée de médiateurs scientifiques : ce sont des personnes hautement qualifiées (niveau doctorat), dont la mission est de vulgariser et transmettre, par des mots dépouillés de leur jargon technique, et des expériences facilement compréhensibles, les connaissances les plus récentes en matière de climat et d’environnement. En partenariat avec la ville d’Arcachon, ils ont organisé, samedi et dimanche, au Palais des congrès la première rencontre intitulée Mon Bassin, ma planète, comment ça marche ?

Des interrogations locales

Beaucoup de personnes s’interrogent sur le fonctionnement du Bassin, les influences des océans sur le climat, le réchauffement de la planète et la montée du niveau de la mer. Elles ont eu des débuts de réponse. Le hall du Palais des congrès, avec ses murs décorés de cartes et de tableaux explicatifs, s’est transformé en une vaste salle de travaux pratiques. Petits et grands disposaient sur place de maquettes et de stands équipés de microscopes et autres matériels. Pour répondre à leurs questions, les jeunes scientifiques de l’association Océan, ont usé de mots simples et mené des expériences faciles. Le petit Benjamin, les yeux rivés à un microscope observe, effaré, le plancton dans l’eau de mer qu’il vient de puiser. Il voudrait bien « qu’à l’école, on apprenne comme ça… ».

Multiples expériences

Bérengère explique le climat selon la position de la terre par rapport au soleil. Annie, une ancienne institutrice, très intéressée, « regrette qu’en son temps, il n’y ait pas eu de telles expériences ». Hélène et Alexis animent un stand ludique pour les plus petits sur les animaux et leur habitat ; Laurence montre au microscope des microfossiles extraits de carottes de forage et explique comment ils peuvent renseigner sur l’évolution du climat ; de nombreux adultes posent des questions, parfois pointues. Sabine explique, matériel à l’appui, comment la circulation des eaux océaniques influe sur le climat. On lui parle du Gulf Stream et d’El Ninõ. Géraldine, à l’entrée du Palais, anime le spectaculaire « Canal à houle » pour expliquer comment se forme et se propage la houle. Les enfants se pressent autour de la maquette et posent des questions.

Géraldine Lucas, la scientifique responsable de l’association Océan est satisfaite. Elle ne s’attendait pas à autant de monde et à un tel niveau d’interrogations. Pour elle, le pari de cette rencontre est gagné.

L’association Océan Lire la suite

Les Cuma s’activent pour transformer le bois en plaquettes

Sud-Ouest,  Julien Pellicier, le 23 Février 2009

UNE ALTERNATIVE AU GAZ ET AU PÉTROLE. Les Cuma s’activent pour transformer le bois en plaquettes pour chaudières

Du feu de tout bois

Un broyeur glouton muni d’un grappin et le tour est joué. Le bois ressort en brisures de quelques centimètres, lesquelles sont destinées à remplir un silo qui, par l’intermédiaire d’une vis sans fin, alimentera la chaudière à plaquettes. Cela paraît tout simple mais la technique n’en est qu’à ses balbutiements. En tout cas en Lot-et-Garonne. En Dordogne, le système a déjà permis d’équiper une vingtaine d’établissements en chaudières à plaquettes : lycées, maisons de retraite… Un exemple que la fédération départementale des Cuma entend bien suivre afin de proposer une source alternative au gaz et au fioul. « Les travaux d’élagage, d’éclaircie, tout comme les sous-produits de l’exploitation forestière génèrent chaque année des milliers de mètres cube qui pourraient être valorisés par des chaudières automatiques à bois », assure Cécile Bescond, représentante de la FD Cuma.

Service itinérant

Convaincue de l’intérêt de cette filière qu’elle entend mettre en place d’ici l’hiver prochain, la fédération a même organisé une démonstration grandeur nature, sur le site de l’Inra, à Bourran, pour démontrer la simplicité et la rapidité de l’exercice. Un site pas choisi au hasard puisque les chercheurs qui y travaillent comptent faire l’acquisition d’une chaudière à bois de 60 KW, histoire de chauffer une partie des locaux par forcément tout jeunes du domaine de la Tour de Rance, soit quelque 350 m2. Une démarche « logique » si l’on en croit Dominique Monty et Marie-Laure Grey, les responsables du site, puisqu’elle permettrait « d’utiliser la matière première du domaine et de conduire à l’autonomie énergétique que visent les unités de recherche de l’Inra. »

Le projet de la FD Cuma ne date pas de la récente tempête. « Ça fait deux ans qu’on y réfléchit mais on ne savait pas par où commencer, explique Cécile Bescond. Personne ne se lance tant qu’il n’y a pas de filière d’approvisionnement et vice versa… » Le matériel est pour l’instant loué et a déjà permis d’approvisionner deux particuliers, à Laugnac et Nérac. Car le service proposé se veut itinérant et facturé à l’heure de broyage, aux alentours de 140 euros, sachant que les capacités de la machine tournent entre « 20 et 30m3 par heure ». C’est la Cuma Aptoca, basée à Bias, qui devrait proposer ce « service clé en main », à travers tout le département, avant l’hiver prochain. Reste pour l’heure à trouver la machine idéale, dont le prix avoisine les 100 000 euros.

« Réseaux de chaleur »

« Un mètre cube de bois sec correspond à l’équivalent de 100 litres de fioul », argumente Cécile Bescond. L’achat de la chaudière demeure encore onéreux, « mais il est rentable dès la 8e année (1) ». Et si l’équipement d’un particulier s’avère surtout judicieux pour des surfaces assez importantes, à partir de 150 m2, Cécile Bescond y voit un réel intérêt pour les serristes ou pour créer des « réseaux de chaleur » dans les petits bourgs pour par exemple chauffer l’école, la mairie et la salle des fêtes Lire la suite

Université populaire de l’environnement, février et mars 2009

MNE Bordeaux-Aquitaine, Communiqué, le 23 février 2009

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT- L’Université nomade d’Aquitaine

Mise en œuvre Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine en partenariat avec des universitaires, des associations et des collectivités locales

Informations et renseignements https://mneaquitaine.wordpress.com/ et mnebxaquitaine@aol.com

PROGRAMME au 23 février 2009, susceptible d’être modifié

Toutes les manifestations sont  gratuites et à  entrée libre, sauf la participation au stage « badigeon à la chaux » du 21 mars qui nécessite l’adhésion à l’association MP33 et au « LivrEcolo du Jour » qui sont toutes deux sur réservation par mail à mnebxaquitaine@aol.com avec confirmation

MERCI DE DIFFUSER LARGEMENT L’INFORMATION DANS VOS RESEAUX

Nouvel outil pour l’UPE, la radio, avec la Clé des Ondes <http://www.lacdo.org/> et l’émission Zone d’Ecologie Populaire les lundis de 21h00 à 22h00 animée par l’association Chiche ! Bordeaux, jeunes écolo alternatifs et solidaires, <www.chicheweb.org> Les  21 associations environnementales adhérentes de la MNE sont invitées à venir présenter leurs actions, activités ainsi que les enjeux environnementaux locaux. A écouter sur 90.1 ou directement sur Internet : <http://lacdo.org/>

Première émission le lundi 23 février avec la présentation de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, de ses adhérents, son projet associatif, ses actions (blog MNE, Université populaire…) et ses projets (Centre ressource documentaire sur l’environnement…).

Ensuite le lundi 2 mars la SCIC AutoCool <http://www.autocool.fr/>  fera le point sur l’autopartage dans l’agglomération bordelaise et le lundi 9 mars TACA <http://taca.asso-web.com/> nous fera partager son analyse sur le thème du changement climatique et de la taxe carbone.

Nouvel outil encore, si vous souhaitez participer au LivrEcolo du Jour, celui  du mercredi 11 mars est consacré à un débat en petit groupe sur « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », le dernier ouvrage du journaliste environnement du Monde Hervé Kempf. Inscrivez-vous à <mnebxaquitaine@aol.com> Le groupe est limité à 12 personnes maximum, seules les 12 premières candidatures seront retenues. Vous en serez informé par mail. A noter qu’Hervé Kempf présentera son ouvrage le 26 mars à la Machine à lire à Bordeaux.

Deuxième « Atelier pratique écolo » sur Ecologie et numérique le mercredi 4 mars de 18h30 à 20h00 dans les locaux (Galets) du Jardin botanique de Bordeaux (Rive droite, Esplanade Linné, tram station jardin botanique) avec Michel Lesbats et Pascal Bourgois. Il n’est pas nécessaire d’avoir été présent au premier pour participer au second.

Partout dans le monde, l’utilisation de l’Internet et des outils numériques explose. En utilisant la Toile, Barak Obama a mobilisé 6 millions d’Etats-Uniens afin de soutenir sa candidature. Plus d’un Français sur deux est équipé d’un micro-ordinateur. En France les sites <http://www.ecologie-fr.info/index.php>  et blogs <http://www.wikio.fr/blogs/top/environnement> liés à l’écologie, l’environnement, le développement durable, les Agenda 21, l’économie verte… constituent une mine d’information considérable. Ils représentent également des leviers d’action et de mobilisation parfois méconnus et pourtant précieux.

Comment s’informer sur les enjeux de l’Ecologie et du Développement Durable sur l’Internet ? Comment trouver l’information dont j’ai besoin pour agir ? Comment m’investir en ligne ? Est-ce vraiment utile ? Quels sont les impacts du numérique sur l’environnement et comment réduire cet impact ?… Autant de questions auxquelles Michel Lesbats et Pascal Bourgois tenteront de répondre…

Michel Lesbats Lire la suite

Un collectif citoyen achète des terres pour un maraîcher bio

e24.fr, Johana Sabroux, le 22 février 2009

Un collectif citoyen achète des terres agricoles pour un maraîcher bio

On n’est jamais si bien servi que par soi même. Ce pourrait être le mot d’ordre de l’association Cata33. Malgré son acronyme un brin alarmiste, ce « Collectif pour l’achat de terres agricoles en Gironde » est au contraire plein d’espoir et d’énergie. Il s’est ainsi mobilisé pendant près de deux ans pour acheter un terrain et lancer l’exploitation bio d’un jeune agriculteur sans terre. Montant de l’opération: 78.400 euros, récoltés en quatre mois, entre septembre et décembre 2008. Le tout sans crédit ni subventions, en pleine crise financière.

Le montage financier est simple, il s’agit d’une SCI, une société civile immobilière. A l’issue de l’appel à souscription, 380 sociétaires en sont membres. Ils ont acheté entre 1 et 50 parts à 100 euros de la SCI. Desparts qui leur donnent un droit de vote – quel que soit le nombre de parts achetées – lors de l’assemblée générale annuelle de la SCI, mais pas de rémunération. A leur sortie de l’entreprise, ils récupèrent leur mise, indexée sur le barème des terres agricoles, fixé par le ministère de l’Agriculture.

Ce n’est donc pas une opération spéculative, mais pour l’un des co-gérants de la SCI, Didier Guyot, un ancien d’Airbus, une autre façon d’investir dans un secteur durable pour le bien collectif, à l’heure où la sécurité alimentaire devient un sujet de préoccupation et où le bio semble décidé à squatter nos assiettes. Les objectifs de Cata33 sont clairs: « défendre et promouvoir une agriculture vivrière et de proximité, une agriculture qui soit socialement équitable, économiquement viable, respectueuse de la biodiversité, du paysage et de l’environnement culturel. »

Le 30 décembre 2008, la SCI a donc acquis « Les terres de Fougueyra« , près de 10 hectares certifiés bio le long de la Dordogne. Desterres que Julien Bonnet, un tout jeune maraîcher de 24 ans loue pour 1.200 euros par mois et exploite pour cultiver ses légumes et ses arbres fruitiers. Là encore, pas question de spéculation. Ce loyer couvre juste les frais divers, impôts fonciers, taxes, assurances, et trésorerie en cas de coup dur.

Julien Bonnet, lui,a acheté les bâtiments agricoles et compte se lier avec une Amap pour distribuer ses produits sur des circuits courts. Les premières récoltes sont prévues pour le mois de juin, et les premiers clients se sont déjà fait connaître. Le maire de Flaujagues, où sont installées les Terres de Fougeyra, a annoncé qu’il ferait appel aux produits de Julien Bonnet pour la cantine scolaire.

Un modèle pour l’agriculture de demain ? D’autres projets similaires existent. La « Foncière Terre de liens » fait de la publicité dans les magasins bio parisiens pour encourager les citadins à investir dans la terre et la louer ensuite à des agriculteurs ou des porteurs de projets solidaires et respectueux de l’environnement, via un bail rural environnemental. Didier Guyot et ses associés veulent croire que le modèle a de l’avenir. Lire la suite

Le filon juteux du Bio

marianne2.fr, Isabelle Saporta, le 23 Février 2009

Le filon juteux du Bio

Le bio est partout, et notamment au Salon de l’agriculture, dans les hypermarchés, dans les textes de l’Union européenne. Trop de bio tue le Bio…

On devrait s’en réjouir : les gens sont de plus en plus nombreux à écouter les sirènes du Programme national nutrition santé. La crise a achevé de nous inciter à arbitrer entre des cochonneries trop sucrées dont nous savons pertinemment qu’elles sont nocives à notre santé et des produits nutritionnellement très correct comme le bio et les fruits et légumes.
D’après le baromètre CSA-Agence Bio 2008, nous serions déjà tous acquis à la «green attitude» : 85% d’entre nous connaissent la marque AB  et 84% s’en servent comme repère pour acheter. Bien sûr, vertueux que nous sommes, nous privilégions à 91% les produits de saison, et à 80% les productions locales… Et d’ailleurs, si les grandes surfaces sont encore prises d’assaut tous les week-end, ce n’est pas uniquement parce que nous nous payons de mots, mais aussi parce que  la grande distribution s’est engouffrée dans la brèche du Bio, multipliant  sans vergogne les références vertes dans leurs marques distributeurs. Idem pour les hard discounters qui n’auraient laissé passer pour rien au monde une si belle aubaine…

Bref, le Bio est devenu un filon juteux. Et un bon moyen pour redorer le blason de certains produits trop gras et trop sucrés. Ainsi, depuis 6 mois, les biscuitiers, les vendeurs de confitures et de compotes en conserves comme les chocolatiers  se sont comme par miracle massivement convertis au Bio…

Malignes, les marques sont aussi parvenues à détourner les messages du programme national nutrition santé en jouant sans cesse sur l’ambiguïté ! Un récent sondage mené par l’institut BVA avance que 54 % des sondés confondent le sens du message officiel avec le produit promu dans la publicité. Ils sont ainsi 44 % à penser, à tort, qu’une publicité pour un yaourt aux fruits accompagnée du message «manger cinq fruits et légumes par jour», signifie que ce yaourt fournit une portion de fruit. Or les apports en nutriments essentiels d’un yaourt trop sucré ne sont en rien comparables avec ceux d’un fruit frais.

Rattrapé par l’industrie qui pourrait bien le galvauder, le label bio est également en passe d’être détricoté par la Commission Européenne. Ainsi, depuis le premier janvier 2009, le cahier des charges Bio est commun aux 27 Etats Membres. Et sans surprise, cette harmonisation, s’est faite, une fois encore, par le bas. L’élevage bio devrait en faire les frais puisque Bruxelles vient d’autoriser une augmentation significative des traitements antibiotiques et antiparasitaires… Désemparés par ce coup de boutoir porté au Bio, la FNAB (Fédération nationale de l’AB), le synabio (syndicat des distributeurs bio) et Bio Consom’acteurs présenteront jeudi prochain au salon de l’agriculture un projet de label plus restrictif afin de pouvoir se distinguer du logo Européen.

Le cynisme libéral est décidément sans limite : Lire la suite

PAC : La France redistribue et dévoile les aides agricoles

Le Monde, Laetitia Clavreul, le 21 février 2009

La France redistribue et dévoile les aides agricoles

Dans les allées du Salon de l’agriculture, qui a ouvert ses portes samedi 21 février, les visiteurs s’extasient devant les bêtes de compétition, mais les réflexions des agriculteurs, elles, se focalisent sur la réorientation des aides de la politique agricole commune (PAC).
Les arbitrages du gouvernement seront officialisés lundi 23 février. Puis, le 30 avril, seront publiés pour la première fois les montants des aides touchées par chaque exploitation. Deux événements qui constituent un symbole fort, après des années où l’on se gardait bien, en France, de déballer sur la place publique les débats et les données sur les subventions.
Depuis que l’adoption du bilan de la PAC, fin novembre 2008, a donné à Paris la possibilité de modifier les critères de distribution des aides directes (8 milliards d’euros), les uns se réjouissent, sachant qu’ils toucheront plus, et les autres tirent la sonnette d’alarme, car leurs revenus vont baisser.

Depuis dix-huit mois, le ministre de l’agriculture, Michel Barnier, plaide pour une PAC plus équitable, et prévoit de rééquilibrer les soutiens au profit des laissés-pour-compte du système, notamment l’élevage ovin, l’agriculture de montagne ou la « bio ».
La Confédération paysanne est ravie que la France prenne enfin le virage du soutien à l’agriculture durable. Mais à la FNSEA, le principal syndicat agricole, la future réorientation des aides a révélé des débats entre céréaliers et éleveurs, restés jusque-là discrets. En témoignent leurs communiqués, d’une rare violence.

Le syndicat s’est au final dit favorable à une évolution, mais le sujet y reste ultrasensible. En 2003, lors de la dernière réforme de la PAC, c’est lui qui avait bloqué le changement, restant arc-bouté sur les mécanismes du passé.

Au ministère, on promet que la réorientation, en termes de sommes prélevées, sera « raisonnable ». Les céréaliers, premiers concernés par une baisse car ils étaient les plus favorisés, devraient être rassurés par la mise en place d’un système d’assurance qui les couvrirait en cas de retournement des marchés.

Maintes fois pris à parti, M.Barnier semble avoir tenu bon. « Si on ne renforce pas la légitimité de la PAC, alors certains pourraient tout perdre », prévient-il. « Il faut donner du sens à la politique agricole« , estime de son côté l’Elysée, qui veut ainsi préparer le secteur à la prochaine réforme de la PAC, en 2013.

La France, première bénéficiaire des aides, sait qu’elle doit s’adapter à une PAC plus préoccupée par l’environnement et le soutien aux zones fragiles, si elle veut que le budget agricole européen ne soit pas trop amputé en 2010, comme le veulent les Britanniques. En outre, à partir de 2013, pour la première fois, la France versera plus qu’elle ne touchera. Si les aides ne correspondaient pas aux attentes de la société et d’une partie des paysans, le front anti-PAC pourrait grossir.

Cette question de la légitimité des soutiens pourrait prendre encore plus de sens, une fois les montants perçus rendus publics. Là aussi, il s’agit d’un long débat porté par la Confédération paysanne. En militant pour la transparence, son idée n’était pas de condamner les aides, mais d’en pointer les dérives et de réclamer une distribution plus favorable aux petites exploitations. En bref, que l’argent public soit mieux utilisé.
Le combat d’agriculteurs dans sa mouvance ainsi que la pression des médias et d’associations ont poussé Bruxelles à rendre obligatoire la publication, au plus tard le 30 avril, de tous les montants par le biais de sites Internet nationaux. Lire la suite

Croissance : drogue ou produit masquant pour l’économie ?

Le Monde, Thierry Fayret (Vice président Brest – PS), le 17 février 2009

Croissance : drogue ou produit masquant pour l’économie ?

Dans les médias, les économistes de tous bords font front commun pour défendre un retour de la croissance. A la façon d’un toxicomane en manque, les économistes hurlent à la croissance. Est-ce une dépendance clinique ou cela cache-t-il bien autre chose ?

Nos modèles économiques revendiquent une justice sociale fondée sur l’idée que la croissance des uns, aussi démesurée soit-elle, finie par profiter aux autres. C’est cette théorie qui justifie les salaires ou les capitaux mirobolants d’une minorité s’affichant comme des locomotives pour tout le système.

Mais voilà, la mécanique s’est grippée. Officiellement, certains auraient abusés de jeux financiers trop complexes et il y aurait eu création de produits toxiques ! Mais la réalité est sûrement finalement plus simple, mais risque de mettre quelques années a être acceptée : c’est la promesse d’une croissance à 5% par an qui est une promesse toxique !

Tout système ne peut croître que de ce qu’il prend ou reçoit. Aujourd’hui, nous semblons découvrir que les matières premières vont venir à s’épuiser et que le soleil est la seule ressource durable sur terre, qui se transforme de diverses façons. Il va donc bien falloir négocier avec cela. La croissance globale va devoir s’équilibrer à hauteur du flux d’énergie solaire que l’on reçoit et transforme. Quand à la « croissance matériel », elle n’a d’avenir que dans le cadre dune réflexion de type « écosystèmique » à l’échelle des usages humains.

Pour résumer, il va falloir s’habituer à une croissance globale proche de zéro, car c’est finalement la seule dont nous disposions durablement. Cela ne signifie pas qu’individuellement la croissance sera nécessairement nulle, un effet de noria entre générations, entre pays peut générer des « croissances relatives », mais certainement plus raisonnées et mesurées que l’hyperconsommation actuelle.

Donc, s’il n’y a plus de croissance à l’avenir, la règle fondant la justice sociale du système d’hier tombe elle aussi. Une fois la promesse d’une croissance perpétuelle tombée, une question va se poser, celle de la répartition des richesses, celle des inégalités frappantes entre pays, mais aussi dans les pays. Le voile va tomber sur le modèle économique et les peuples risquent de demander des comptes à tous ceux qui ont fait vivre ces modèles. Voilà ce qui perturbe la sphère économique ces derniers jours, simplement la peur d’avoir à rendre des comptes … pas forcément financiers d’ailleurs.

Non, la croissance n’est pas un produit addictif pour les économistes, c’est simplement Lire la suite

Retour de l’expédition ORCA2009

orquessans frontières.org, Pierre ROBERT de LATOUR, le 21 février 2009

Alors, le verre est il à moitié vide ou à moitié plein ? C’est la question qui me vient à l’esprit au retour de cette expédition ORCA2009.

Pour être honnête, je n’avais pas grand espoir jusqu’à la mi-janvier. Depuis notre Berezina de novembre, il ne s’est pas passé une journée sans que nous ne contrôlions la localisation des pêches de harengs sur le site du ministère norvégien. Durant tout ce temps, il était évident que le stock de harengs se cantonnait très au nord des Vesterålen. Chaque jour qui passait nourrissait notre inquiétude et annonçait une déconfiture cuisante, une de plus ! Jusqu’à ce jour de la mi-janvier où nous avons vu s’amorcer la migration tant attendue, migration vers les zones de reproduction dans le Møre/Romsdal au sud du pays! Un timing quasi parfait, prévu par Olav depuis l’année dernière. Olav ,le sorcier !!

15 jours plus tard, lors de notre arrivée à Trondheim l’espoir était revenu. Un sentiment diffus que nous trouverions enfin les orques, qu’ils seraient présents à notre rendez vous. Le dimanche 1 février, après une journée de recherche, c’est Horric qui les aperçoit le premier. Je peux vous l’avouer aujourd’hui, nos passagers Horric et Océane ne furent pas les seuls à être submergés par l’émotion, Arne et moi avons eu beaucoup de mal à retenir nos larmes. Après des années de galère, les orques consentaient à nous consacrer à nouveau un peu de leur temps en ce jour finissant bien trop vite !

Que dire du lendemain matin quand la nature s’est ouverte comme une fleur au printemps et nous a offert une journée paradisiaque au pays des orques. Grand ciel bleu, le vent qui tombe, l’océan qui devient étrangement calme et nous donne l’impression que le temps ralenti, puis s’arrête au moment où les orques sortent de nulle part. La journée entière à les engager, chaque plongée nous renvoie une interaction plus forte que la précédente! Comme à la plus belle époque du Tysfjord, les orques se montrent curieux, joueurs même! La palme revient à la matriarche restée « scotchée » un long moment 1.5 mètre dans le dos d’Océane, scrutant avec attention cette silhouette animée par deux battements cardiaques ! Océane découvrira sa présence juste au moment où l’animal amorce son demi tour, au prix d’une belle surprise, et peut être même une petite trouille! N’est ce pas, Océane ?

Nous approcherons les orques 4 jours sur les 6 de cette semaine! Chaque fois dans d’excellentes conditions! Mon dieu que la Norvège est belle quand le temps s’y met !
La deuxième semaine, beaucoup plus dure, nous rappellera que rien n’est jamais acquis et qu’ici plus qu’ailleurs, nous ne pouvons que nous en remettre au bon vouloir de dame nature ! C’est elle qui décide, telle une maîtresse capricieuse, où quand et à qui elle s’offre, nous imposant parfois de bien cruelles désillusions mais quel bonheur pour qui sait attendre ses bonnes dispositions !

Je vous renvoie au site de l’association (lien « ORCA2009 ») pour les détails et les photos de notre aventure 2009. La mise à jour de l’épilogue conclus sur une note d’optimisme légitime. Nous les retrouverons en janvier 2010, même heure, même endroit, le rendez vous est pris. Ceux parmi vous qui souhaitent se joindre à notre expédition Lire la suite

Lille : 33e congrès de France Nature Environnement

FNE, communiqué, le 23 février 2009

33e congrès de FNE

Une trame grandeur nature.

Climat et biodiversité : la trame verte et bleue, une solution pour nos territoires.

Cette année, la fédération a choisi d’organiser son congrès national à Lille en collaboration avec le Conseil Régional du Nord Pas-de-Calais. Les thèmes abordés seront la trame verte et bleue, la biodiversité et les changements climatiques. Il se déroulera au Palais du Nouveau Siècle les jeudi 12 et vendredi 13 mars 2009.

Cet événement sera l’occasion de faire un point sur la traduction des engagements du Grenelle de l’environnement notamment en matière de biodiversité. En effet, il n’est plus besoin de prouver les répercussions des changements climatiques sur les espèces. Ils les favorisent ou les desservent, modifient leurs habitats naturels et leurs mouvements migratoires. La mise en place des trames vertes et bleues est donc essentielle pour les aider à s’adapter à ces bouleversements.

Lors du congrès, les 450 participants attendus pourront débattre de ces enjeux à la fois environnementaux et politiques lors de tables rondes en présence d’acteurs du secteur public et privé (scientifiques, institutionnels, associatifs).

Déroulement

La première journée sera consacrée à exposer les aspects scientifiques de la trame verte et bleue ainsi que les intérêts qu’elle présente pour la biodiversité et pour les territoires.
La deuxième journée développera quant à elle les aspects socio-économiques de la trame verte et bleue en montrant l’importance de l’implication des différents acteurs dans sa mise en œuvre sur les territoires Lire la suite

Vient de paraître : Gorz, un penseur pour le XXI° siècle

jeanzin.fr, le jeudi 19 février 2009

André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle

André Gorz bénéficie d’une gloire posthume étonnante par rapport à son audience relativement confidentielle jusqu’ici. C’est à l’évidence dû en grande partie à son dernier livre Ecologica, recueil de textes sur l’écologie politique qu’il a rassemblés juste avant son suicide le 22 septembre 2007. En particulier son tout dernier texte, publié dans EcoRev’ et repris dans Ecologica, « La sortie du capitalisme a déjà commencé » parait largement prémonitoire puisqu’il annonce l’effondrement du capitalisme financier. D’autres pourraient se prévaloir d’avoir vu venir la crise avec plus de précisions sur les mécanismes de son déclenchement, mais aucun ne propose comme lui les voies d’une sortie du capitalisme, alternative dessinée en 1997 dans « Misères du présent, richesse du possible » et qui fait sa valeur irremplaçable dans le contexte actuel.

Le livre qui vient de sortir aux éditions « La Découverte », André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle, regroupe des contributions très disparates d’anciens interlocuteurs d’André Gorz, rassemblées par Christophe Fourel (Patrick Viveret, Jean Zin, Carlo Vercellone, Denis Clerc et Dominique Méda, Marie-Louise Duboin, Jean-Baptiste de Foucauld, Philippe Van Parijs), témoignant de la diversité de ses influences et même des lectures contradictoires qu’on peut faire de son œuvre.

L’introduction de Christophe Fourel permet de suivre son itinéraire intellectuel, de Sartre et du marxisme à l’écologie politique, montrant à quel point il avait vu juste dans le caractère intenable d’un capitalisme basé sur la spéculation. André Gorz insiste sur le fait que le capitalisme cognitif ou financier est contradictoire, perdant toutes ses bases dans l’économie immatérielle (travail, valeur, propriété). En effet, de façon strictement marxiste, il réfutait que la finance puisse créer de la valeur en elle-même sans passer par l’amélioration de la productivité du travail.

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière. Jusqu’au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d’effondrement, l’économie réelle d’une dépression sévère et prolongée.

 

Patrick Viveret est un ami que j’estime beaucoup, notamment pour sa remise en cause des indicateurs de richesse mais surtout pour avoir porté le projet SOL de monnaie alternative qui me semble véritablement révolutionnaire et de la plus haute importance dans la période qui s’ouvre. Il n’empêche que je désapprouve sa conception émotionnelle et religieuse de la politique. Je trouve même relativement choquante la récupération politique du suicide de Gorz avec Dorine, sa compagne malade, suicide qu’on peut dire annoncé dans le magnifique « Lettre à D. ». Mais, non, « toutes les difficultés de l’humanité » ne sont pas « pour l’essentiel, fondamentalement liées à sa difficulté d’aimer » (p51), c’est absurde et il n’y a aucune chance que ça s’arrange du côté de l’amour. L’amour ne peut être pensé comme question politique. La philia qui nous tient ensemble, la fraternité ou la solidarité plutôt sont bien des questions politiques mais certainement pas l’amour même s’il y a des similitudes entre coup de foudre et insurrection (voir Alberoni). Si le désir de reconnaissance, plus que l’amour, est effectivement un moteur de l’histoire, c’est d’y déployer ses contradictions. La nuance est de taille, car ce n’est certainement pas par « manque d’intelligence du coeur » que les révolutions tournent mal Lire la suite

Bordeaux cherche pôles créatifs

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 21 Février 2009

ÉCONOMIE ET CULTURE. La rencontre organisée jeudi, dans les salons de la mairie, entre les acteurs culturels et les élus ne restera pas sans suite. Bordeaux créative est née

Cherche pôles créatifs

Ils sont tous venus. 80 musiciens, architectes, auteurs, sculpteurs, pros de l’image ou des jeux vidéo, de Bordeaux, mais aussi de Floirac, Bègles ou Talence dans les salons de la mairie de Bordeaux. Ils étaient les invités personnels du maire. Une vraie réunion de travail et d’échanges, où le jeu semblait ouvert, où tout n’était pas ficelé dès le départ, comme parfois.

Économie créative

L’objet de la rencontre était de présenter à tous l’état de la réflexion collective sur un concept un peu ancien déjà mais qui émerge véritablement en France depuis au moins trois ans, celui de l’économie créative. Le postulat de base a de quoi faire dresser l’oreille à n’importe quel acteur culturel. Comme l’a rappelé Georges Viala, il s’agit de considérer les activités culturelles comme un investissement facteur de croissance pour le territoire. « Une sorte de quatrième secteur qui s’ajouterait aux secteurs primaire, secondaire et tertiaire », a expliqué l’ancien patron de Bordeaux École de management, aujourd’hui animateur d’un « think tank », qui vient justement de plancher sur le sujet.

14 000 professionnels

Le BRA, l’agence de développement économique de Bordeaux-Gironde, est venu, quant à lui, présenter le résultat d’une étude sur le même thème, qui indique que 13 800 personnes sont des acteurs à part entière de ce secteur dans l’agglomération, qu’ils évoluent dans l’édition, la musique, le design, l’urbanisme ou les arts du spectacle. À ce stade, l’attention dans les salons du Palais Rohan est soutenue.

Plus mitigées furent toutefois les réactions à l’intervention de Michel Piccardi. Le consultant lyonnais est venu, comme à BEM à Talence au mois de novembre dernier, expliquer comment Lyon était en train de devenir un des premiers pôles de créativité économique. « C’est une logique de sites dédiés où université, culture et entreprises agrègent leurs talents qui expliquent les succès reconnus des pôles lyonnais dans la danse, le numérique, le cinéma ou l’art contemporain. Il suggère à Bordeaux une stratégie de différentiation. De mettre le paquet sur deux ou trois domaines clés en quelque sorte. C’est l’exercice qui est aujourd’hui soumis aux élus. Il n’est pas simple à faire partager. Mais c’est justement l’objet Bordeaux créative, structure informelle où les têtes de réseaux de la quinzaine de secteurs de l’économie créative identifiés, sont appelées à poursuivre le travail. Londres, Montréal et Lyon ont la même.

Événement vidéo

Le maire de Bordeaux sait qu’il faut des lieux, des friches industrielles mais pas seulement, pour permettre l’émergence de création et de richesse. Il est conscient du besoin de transversalité. Il soutient d’ailleurs mordicus le projet Darwin de la caserne Niel. Il a publiquement défendu les Grandes Traversées, comme un événement à valoriser, s’arc-boute sur Evento dont le budget de 3 millions d’euros est contesté par certains, au motif que le sculpteur portugais rayonne sur le plan international et qu’il s’est engagé à travailler avec les artistes locaux.

Les élus voulaient des idées. Ils ont été servis. « Nous avons Lire la suite

Disparition des abeilles : un diagnostic officiel complaisant

univers-nature.com, Elisabeth Leciak, le 19 février 2009

Disparition des abeilles : un diagnostic officiel fort complaisant

La diminution des insectes pollinisateurs s’observe depuis quelques dizaines d’années et, depuis 1998, une mortalité inhabituelle dans les colonies d’abeilles est rapportée par de nombreux témoignages, notamment en France. Pour Apis mellifera, l’abeille à miel domestiquée, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) démontre dans un rapport, daté de novembre mais publié hier, que les causes de mortalité sont multiples. Elle énumère ainsi les effets d’agents biologiques pathogènes comme les parasites, les virus ou les champignons, et les quelque 5 000 déclinaisons commerciales de pesticides (1) susceptibles de provoquer des dommages irréversibles sur les colonies. La dégradation de l’environnement est également une cause énoncée, avec une perte de biodiversité qui limite les ressources polliniques indispensables à la survie de ces animaux, tout particulièrement dans les zones de grandes cultures. L’influence des ‘perturbations climatiques’ apparaît également réelle, tout comme certaines pratiques apicoles, dernière grande famille de causes de mortalité des ruchers relevée par l’Afssa.

Dans la majorité des pays de l’Union Européenne, les colonies d’abeilles domestiques ont montré ces dernières années des taux de mortalité souvent très supérieurs à 10 %, ils peuvent atteindre dans les cas extrêmes 90 à 100 % du cheptel lors de la reprise de l’activité apicole au début du printemps. En France, les taux de surmortalité enregistrés sont de 30 à 35 %. Or, selon l’Afssa, la survie et l’évolution de 80 % des espèces végétales dépendent des abeilles, et s’il faut encore rajouter des chiffres pour insister sur la gravité du problème, des estimations économiques évaluent à plus de 80 milliards d’euros la valeur du service écologique rendu par ces pollinisateurs. Devant l’hécatombe, l’Afssa, dans son rapport, cherche à synthétiser l’ensemble des données disponibles pour mieux décrypter les causes de mortalité, des causes diverses et agissant parfois en synergie.

L’agence recense plus de 40 causes et insiste sur une incidence multifactorielle
Entre prédateurs, parasites, champignons, bactéries et virus, 29 agents pathogènes sont identifiés par l’Afssa. Ils agissent isolément ou de façon concomitante, et les principaux sont l’acarien Varroa destructor, un
parasite qui provoque d’importantes mortalités hivernales, le Nosema cerenae, un champignon affaiblissant la colonie et la rendant très sensible aux autres maladies et encore, le virus de la paralysie chronique.

Face aux produits phytosanitaires, herbicides, insecticides etc., agents chimiques potentiellement toxiques pour les abeilles, la synthèse des données faites par l’Afssa révèle qu’une causalité est difficile à démontrer, « il n’est pas possible à l’heure actuelle, de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse qu’une exposition chronique à certains de ces produits puisse jouer un rôle direct ». Dédouanant presque les pesticides incriminés qui ont fait la une de la presse il y a quelques années, le rapport précise que « l’utilisation (en France, N.D.L.R.) de produits phytopharmaceutiques dotés d’un AMM (autorisation de mise sur le marché, N.D.L.R.), dans le respect des bonnes pratiques agricoles, devrait garantir l’absence d’exposition pour les abeilles ». Sur ce chapitre, il est conclu par exemple que « les intoxications aiguës par des produits pulvérisés sont les accidents susceptibles de se produire en cas de non-respect des bonnes pratiques agricoles », néanmoins, on lisait trois pages plus haut que l’analyse des incidents notifiés aux réseaux de surveillance montre que « dans 18 % des cas l’incident fait suite à un usage autorisé ». En fait, Lire la suite

Le capitalisme destructeur, entre Freud et Keynes

ledevoir.com, François Desjardins, édition du 21 et 22 février 2009

Le capitalisme destructeur, entre Freud et Keynes

Le contexte de la dernière année est troublant : la dissection, à Wall Street, d’une mécanique de profit que plusieurs apparentent à une structure pyramidale ; l’émergence d’une récession mondiale; et, pour bien cimenter le gâchis, la mise à contribution massive de l’argent des contribuables pour éponger ce que plusieurs voient comme l’ultime dérapage d’un marché incapable de se contrôler. Des milliards partis en fumée pendant qu’une minorité d’acteurs, de banquiers et de courtiers cherchaient à maximiser les primes de fin d’année.

Face à la crise, Gilles Dostaler et Bernard Maris, coauteurs de Capitalisme et pulsion de mort, reviennent sur la force destructrice de l’argent à travers la pensée du psychanalyste Sigmund Freud et de l’économiste britannique John Maynard Keynes. Un ouvrage de grande qualité, déjà en deuxième tirage en France, qui suscite la réflexion sur ce qui fait tourner la machine et conclut en souhaitant l’avènement d’un modèle nouveau.

«Jusqu’à l’automne dernier, on était à contre-courant du discours dominant», reconnaît d’emblée Gilles Dostaler, historien de la pensée économique à l’Université du Québec à Montréal et auteur de nombreux ouvrages sur Keynes. Les deux hommes se sont rencontrés il y a une dizaine d’années, en France, et leur projet est né il y a trois ou quatre ans, au moment où personne ne se doutait de ce qui s’en venait. «Mais avec la crise engendrée par les « subprimes » [les prêts hypothécaires à risque élevé], le discours dominant a changé complètement.»
Avec Bernard Maris, professeur d’université, auteur d’Antimanuel d’économie et directeur adjoint de la rédaction de Charlie Hebdo, Gilles Dostaler se sert du double prisme offert par Freud et Keynes pour se pencher sur le rôle de l’argent «comme fin en soi», avec toutes les conséquences que cela occasionne sur le monde et les relations humaines.
La réflexion s’articule d’abord autour de la pulsion de mort découverte par Freud. Présente en chacun de nous, elle ferait en sorte que toute forme de vie éprouve un désir de mourir. Les auteurs précisent que son objectif, toutefois, est retardé par la pulsion de vie. Entre-temps, il y a un détour, qui passe par l’accumulation de biens matériels et d’argent, purement et simplement. «Nous accumulons pour aller le plus tard possible vers la mort.
»

Autrement dit, le temps ne sert plus qu’à accumuler, avec toute la destruction que cela comporte. Ce qui n’est pas sans lien, disent-ils, avec les stratégies d’investissement spéculatives qui caractérisent désormais le système, ou ces bourreaux de travail qui ne vivent que pour raffiner les décimales du rendement, peu importe le nombre d’heures qu’il faut y consacrer.

La roue tourne sans cesse. On ne ferme jamais les livres, jamais il n’y a d’équilibre. «Ce qu’enseignent Freud et Keynes, c’est que ce désir d’équilibre qui appartient au capitalisme, toujours présent, mais toujours repoussé dans la croissance, n’est autre qu’une pulsion de mort, écrivent-ils. Détruire, puis se détruire et mourir constituent aussi l’esprit du capitalisme. Sur les marchés circulent des marchandises cristallisant le temps de travail des hommes, mais aussi de la souffrance, de la culpabilité et de la haine

Chez Keynes, qui avait lu Freud, cette pulsion se traduit par l’amour de l’argent, qui selon lui est le «problème moral de notre temps». Car, selon les auteurs, «dans la concurrence et l’amour de l’argent gisent les causes de la violence sociale». Lire la suite

Blanquefort « Eau, énergie : c’est la chasse au gaspi »

Sud-Ouest, Laurie Bosdecher, le 21 Février 2009

BLANQUEFORT, MODES DE VIE. Des habitants planchent en atelier pour réduire la consommation d’eau et d’énergie dans leur maison. Pas si facile

Eau, énergie : c’est la chasse au gaspi

Développement durable par ci, économies d’énergie par là, comportement coresponsable encore par là. Comment concrétiser vraiment dans la vie de tous les jours ces nouvelles expressions matraquées à grand renfort de publicité dans toutes les sphères de la société ?

À Blanquefort, ville qui se met sur son 21 pour une année entière, les habitants sont invités à explorer plusieurs pistes possibles pour réduire leur consommation d’énergie et d’eau dans leur logement. Depuis novembre, plusieurs se réunissent une fois par mois en atelier pour trouver des mesures qui permettraient à chacun d’y parvenir sans trop de difficultés. À leurs côtés, plusieurs personnels de la mairie et le Creaq (centre régional d’écoénergétique d’Aquitaine) leur apportent un support technique. « Mais mettre en pratique des mesures est plus difficile », reconnaît Nathalie Duviella, du Creaq.

Un plan d’action pour juin

On ne baisse pas en effet son chauffage en se disant que si on a froid, on mettra une petite laine. « Chacun a des habitudes de vie, on ne les change pas si facilement », confie une habitante qui participe à l’atelier, Marie des Lys Floch. « Je crois qu’il faut savoir donner des opportunités aux habitants, leur mettre le pied à l’étrier », dit encore Joël Pradeau, lui aussi membre actif de l’atelier.

Il se dit par exemple perdu quand il doit choisir une ampoule à basse consommation d’énergie dans un magasin. « Quelle est la meilleure pour respecter l’environnement ? Va-t-elle bien éclairer ma maison ? Pourquoi y a-t-il des différences de prix ? », se demande-t-il.

Il a aussi fait la découverte des mousseurs, ces pommettes qui permettent de réduire le débit d’eau des robinets. « Le consommateur lambda est un peu perdu face à ces nouveaux produits. Fournir un guide serait une bonne initiative pour les inciter à faire le bon choix pour baisser leur consommation. »

L’atelier s’est donné jusqu’à fin juin pour mettre sur pied un plan d’action sur la commune. « Il faut aussi prendre en compte l’aspect social.

Quand ils changent leurs équipements électroménagers, les plus démunis prennent forcément ceux les moins chers qui sont aujourd’hui ceux qui consomment le plus d’électricité et donc au final, leur reviennent plus cher. Lire la suite

Agenais : Au fil des Séounes recrute pour le covoiturage

Au fil des Séounes, le 20 février 2009

Agenais, Au fil des Séounes recrute pour le covoiturage

Au fil des Séounes, association agréée protection de l’environnement, souhaite mettre en place une expérimentation de covoiturage domicile/travail sur le Pays de l’agenais
Nous recrutons un(e) chargé(e) de mission covoiturage pour un CAE de 9 mois. La fiche de poste sur demande à info@les2seounes.com

Les candidatures sont  à transmettre à M. le Président au siège de l’association, par courrier ou mail à Lire la suite

Pont levant Bacalan-Bastide : la défaite des associations

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 20 Février 2009

BORDEAUX. Le tribunal administratif a rejeté le recours du front associatif. Les travaux démarreront à l’été

Partisans et opposants au projet ont livré bataille pendant près de dix ans

On ne sait plus trop dans quel sens le mot coup de théâtre doit être utilisé sur ce dossier du pont Bacalan-Bastide. Il faut dire que depuis dix ans (lire ci-contre) maintenant ce projet de franchissement défraie la chronique bordelaise. Mais une étape décisive a sans doute été franchie hier matin. Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté le recours du front associatif.

C’est une victoire pour les élus. Les travaux vont sans doute démarrer cet été. Ils dureront 33 mois. Et une défaite pour les associations. Aquitaine Alternatives, Transcub, l’association Garonne Avenir et plusieurs autres associations de riverains demandaient l’annulation de la délibération prise en conseil de Communauté urbaine.

Intérêt général en question

Le 21 septembre 2007, plus de 110 élus de l’agglomération déclaraient ce pont d’intérêt général. Les associations, qui militent depuis le début ouvertement pour un tunnel, contestaient le bien-fondé du projet de ce pont à travées levantes, la sincérité de la concertation, les procédures diligentées par le préfet sur les études d’impact et la loi sur l’eau, la non prise en compte par la CUB des conclusions de l’enquête publique, la sous-estimation financière du projet et l’absence de prise en compte des objections faites par les croisiéristes. Elles étaient, il faut le dire, assez sûres d’elles et de l’issue de ce recours. Et pouvaient l’être d’autant plus que le commissaire du gouvernement, Antoine Bec, devenu rapporteur publique avait demandé, le 15 janvier dernier, l’annulation de la délibération, semant ainsi le doute dans l’esprit des plus farouches partisans de ce projet. Le juge administratif a levé une à une ces objections.

Coût pas excessif

Il n’y a pas de vice de procédure dans la concertation au regard du code de l’urbanisme. Le préfet de la Gironde était fondé à lancer une enquête publique conjointe sur l’impact environnemental, d’une part, et sur le respect de la loi sur l’eau, d’autre part. Et le public disposait de l’information sur la nature du projet. Ni les arguments concernant le coût du projet et ses raccordements sur les deux rives, au total 227 millions d’euros, ni les conséquences du pont sur le milieu naturel, dénoncés par le front associatif, ne trouvent grâce aux yeux du juge.

« Il n’appartient pas au juge d’apprécier l’opportunité d’un pont levant par rapport à d’autres parties d’aménagement comme les associations l’y invitent », est-il enfin précisé dans le jugement rendu hier.

Les élus ne faisaient preuve d’aucun triomphalisme hier mais savouraient l’issue juridique de ce dossier. Alain Juppé et Vincent Feltesse étaient tous les deux dans l’avion à destination de Bordeaux lorsqu’ils ont appris la nouvelle. « Nous nous sommes congratulés », a indiqué le maire de Bordeaux. Les associations diront la semaine prochaine leur intention probable de se pourvoir en appel. Mais celui-ci ne sera pas suspensif. « Nous avons déjà perdu sur le dossier de l’eau et nous avions raison », rappelle Denis Teisseire de Transcub.

La décision de l’Unesco

« C’est un soulagement et nous serons prêts à attaquer les travaux dès cet été », Lire la suite

Vient de paraître : Gestion de l’eau… Acteurs et politiques…

Développement Durable et Territoires, février 2009

« Développement Durable et Territoires » est une revue scientifique qui propose une approche interdisciplinaire du développement durable à l’échelle du territoire. En proposant une conception élargie de la notion d’environnement, la revue entend contribuer à la réflexion sur les formes et les finalités des logiques du développement dans nos sociétés contemporaines.
La revue DDT est une émanation du Réseau Développement Durable et Territoires Fragiles. Le réseau réunit une vingtaine de chercheurs en sciences humaines et sociales, issus des différentes Universités de la région Nord-Pas-de-Calais.

Parution du dernier numéro de la revue Economie rurale (n°309, janvier-février 2009) coordonné par Alexandre Brun et consacré au thème : Gestion de l’eau en France. Acteurs et politiques publiques.

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Pour nourrir l’humanité, il suffirait de moins gaspiller

Le Monde, Laurence Caramel, le 18 février 2009

Pour nourrir l’humanité, il suffirait de moins gaspiller

Chaque jour, la planète se peuple de 200 000 nouvelles bouches à nourrir. D’ici à 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,2 milliards d’individus contre 6,7 milliards aujourd’hui. La réponse la plus courante à ce défi est de dire qu’il faudra augmenter la production alimentaire mondiale de 50 % d’ici là.

Ce n’est pas celle que retient le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) dans son rapport consacré à la crise alimentaire, publié mardi 17 février à l’occasion de sa réunion annuelle à Nairobi. Pour sortir du piège de besoins alimentaires croissants, l’organisation privilégie le recyclage des millions de tonnes d’aliments aujourd’hui perdus ou gaspillés, et affirme qu’une meilleure efficacité de la chaîne de production alimentaire permettrait à elle seule de nourrir le surcroît de population attendu à l’horizon 2050. « Cette voie a jusqu’à présent été très peu explorée alors qu’elle aurait de plus l’avantage de réduire la pression sur les terres fertiles et de limiter la déforestation« , déplore le PNUE.

CONCURRENCE POUR LES TERRES

Le rapport cite en rafale des exemples qui, s’ils ne sont pas tous nouveaux, illustrent bien la faiblesse de beaucoup d’agricultures de pays du Sud, exposées aux pestes végétales, aux médiocres moyens de stockage, au manque de transport… mais aussi le gaspillage de nos sociétés d’abondance. Au Royaume-Uni, un tiers de la nourriture achetée n’est pas consommé et, aux Etats-Unis, les pertes observées au niveau des différents systèmes de distribution sont estimées à environ 100 milliards de dollars par an. A titre de comparaison, les besoins du Programme alimentaire mondial, qui vient au secours des populations souffrant de la faim, se sont élevés à 3,5 milliards de dollars (2,77 milliards d’euros) en 2008.

Au total, près de la moitié de la production alimentaire mondiale est aujourd’hui perdue, mise de côté parce qu’elle ne correspond pas à des normes de marchés ou gaspillée lors de la consommation. Le PNUE relève ainsi que 30 millions de tonnes de poisson sont rejetées à la mer chaque année. Des volumes qui suffiraient, selon l’organisation, à assurer la moitié des besoins supplémentaires de pêche d’ici à 2050 pour maintenir le niveau de consommation de poisson par habitant au niveau actuel.

Le PNUE plaide par ailleurs pour que la valorisation de ces « déchets » serve à nourrir le bétail, afin qu’une part croissante de la production mondiale de céréales ne finisse pas dans l’alimentation animale. Un tiers des céréales y est aujourd’hui destiné, 50 % le seront d’ici à 2050 si les tendances se poursuivent. Cela pourrait avoir des conséquences graves sur l’approvisionnement des populations dont, rappelle l’organisation, l’apport calorique journalier dépend en moyenne pour moitié des céréales.

Mais le rapport ne s’arrête pas là. Il suggère Lire la suite

Comptes Nationaux du Bien-être : alors, heureuse ?

ecoloinfo.com, Anne-sophie, le 16 février 2009

Comptes Nationaux du Bien-être en France : alors, heureuse ?

Voilà aujourd’hui une belle découverte : les comptes nationaux du bien-être, mis au point par la National Economic Foundation, au Royaume Uni. Alors que l’obsession de la croissance a des conséquences évidentes (un système financier déconnecté de l’économie réelle, des niveaux de dettes insoutenables, et la tension placée sur la planète par nos styles de vie consuméristes…) et que le PIB devient une mesure obsolète, cette étude offre ici une manière effective de recentrer notre attention sur les choses qui comptent vraiment… Un vrai bijou d’analyse qui vous permet même de comparer votre bien-être à celui des 22 pays européens, et qui vous donne des pistes de réflexion pour améliorer, au besoin, votre bien-être !

Les comptes nationaux, en France, sont établis par l‘INSEE et donnent un panorama de la santé économique du pays : le Produit Intérieur Brut (PIB) et ses composants, la consommation, les échanges extérieurs, la production et la consommation intermédiaire, l’emploi et la productivité… Autant de données que l’on fait entrer dans la tête des jeunes économistes via des ouvrages comme celui d’Edith Archambault (ah, Le Archambault ! que de souvenirs…) et qui après deviennent les étalons sur lesquels ils fondent la plupart de leurs analyses (ou presque)…

Or, c’est désormais un fait acquis: le PIB, mesure traditionnelle du revenu national et de la croissance, ne prend pas en compte le progrès social ni le bien-être des Nations. Il ne prend pas non plus en compte la répartition des ressources, ni les dommages sociaux et environnementaux provoqués par la croissance économique (ben oui, un accident ou un désastre écologique tel que celui du naufrage de l’Erika font augmenter le PIB par exemple!)

Nombreux sont ceux qui s’intéressent donc aujourd’hui à de nouveaux indicateurs afin que la richesses des nations ne soit plus appréhendée seulement en termes d’utilité (oh sacro-sainte utilité !) et de pouvoir d’achat, mais plutôt en termes de bien-être et de bonheur des citoyens…

National Account of Well-Being

L’intérêt dans les mesures alternatives est donc en vogue et aussi la NEF (New Economic Foundation, un think tank britannique) a-t-elle lancé un appel aux gouvernements pour qu’ils mesurent le bien-être et publient des rapports sur le sujet. Elle a, en parallèle, produit une première proposition détaillée sur la manière dont cela pourrait être fait: le National Account of Well Being (les comptes nationaux du bien-être) présente ainsi une analyse internationale complète du bien-être des nations européennes. Un vrai bijou !

Les données utilisées viennent de l’enquête sociale européenne menée en 2006/2007. Les chiffres obtenus dans cette enquête ont été compilé en deux principaux indices:

1- Personal Well-Being (le bien-être personnel): cet indice est composé de 5 sous-indices eux-mêmes composés d’autres indices. Il repose donc sur l’estimation de votre bien-être émotionnel (sentiments positifs, sentiments négatifs), votre sensation d’avoir une vie satisfaisante, votre vitalité, votre résilience/estime personnelle (optimisme, résilience et confiance en soi) et votre capacité à fonctionner de manière positive (compétence, autonomie, engagement, fins et moyens).

2- Social Well-Being (le bien-être social): composé de deux sous-indices (les relations sociales, la confiance et le sentiment d’appartenance) Les indices varient de 1 à 10, et la moyenne (5) étant le reflet de la moyenne des 22 pays européens. Lire la suite

La fin de l’hyperconsommation ?

lejdd.fr, Laurent Valdigué, le 15 Février 2009

Les Français plébiscitent l’utile et l’agréable

Crise oblige, les Français ont changé leur mode de consommation. Ils veulent du durable, se détournent des gadgets et sont prêts à économiser pour garder leurs loisirs. Selon un sondage exclusif Ifop pour Le Journal du Dimanche, 68% des Français estiment qu’on leur propose souvent « des produits trop sophistiqués » qui ne correspondent pas vraiment à leurs besoins.

La crise a bon dos. Notre sondage le montre, la crise financière de ces derniers mois est l’arbre qui cache la forêt de bouleversements en profondeur. « Cela a commencé avec l’euro, analyse Michel-Edouard Leclerc. Les consommateurs ont commencé à lire les étiquettes et ont comparé les produits. Et puis la télé mondiale a changé tous les repères. Regardez les people, ils s’habillent comme tout le monde… En quelques années, tous les codes du marketing ont volé en éclats. » Qu’ils soient jeunes ou plus âgés, qu’ils soient hommes ou femmes, qu’ils habitent la ville ou la campagne, qu’ils soient ouvriers ou cadres, les Français changent leurs modes de vie et quelques tendances fortes se dessinent déjà.

La première est un constat simple : la fin des années bling-bling : 68% de nos sondés estiment qu’on leur propose souvent « des produits trop sophistiqués » qui ne correspondent pas vraiment à leurs besoins. Là-dessus, tout le monde est d’accord. Pas étonnant que les ventes de téléphones bourrés de gadgets inutiles s’effritent alors que les appareils « normaux », qui servent « juste » à téléphoner, se vendent toujours. Une prise de conscience récente sur l’achat écologique Même analyse pour les voitures. La crise de l’automobile actuelle est aussi une crise de l’offre : les constructeurs n’ont pas su proposer des petites cylindrées, tout simplement pratiques et pas chères. Fiat, avec sa Fiat 500 relookée, affiche un chiffre d’affaires record, alors que Renault et ses 4×4 tirent la langue… « Les constructeurs n’ont rien vu venir« , explique Robert Rochefort, le patron du Credoc (lire ci-dessous). « Les fabricants français d’automobiles ont raté le virage de la voiture propre« , analyse Michel-Edouard Leclerc.

Deuxième constat, l’achat écologique. 76% des Français disent privilégier des produits respectueux de l’environnement « même s’ils coûtent un peu plus cher« . « C’est assez récent, analyse Frédéric Dabi, de l’Ifop. Comme s’il y avait une prise de conscience citoyenne sur ce sujet. » La tendance, là aussi, est générale, même si les champions d’une consommation « durable » sont les plus de 65 ans (85%) et les sympathisants écologistes (86%). « Quand j’ai supprimé les sacs en plastique en caisse, on m’a traité de fou. Maintenant, tout le monde s’y est mis », ajoute Leclerc.

« Des choses plus simples »

Troisième constat: les loisirs coûte que coûte : 60 % des Français préfèrent se serrer la ceinture sur les dépenses quotidiennes pour maintenir leurs loisirs. Plus ils sont jeunes, plus la tendance est marquée (80% chez les 18-24 ans, 44 % chez les plus de 65 ans). « La jeune génération veut continuer à s’amuser et, en période d’incertitudes, le besoin de culture et de détente est toujours fort« , poursuit Dabi. Pas étonnant que l’industrie agroalimentaire et l’univers des grandes surfaces redoutent un coup de torchon dans les mois qui viennent. « Les Français comparent les prix sur internet, veulent manger malin et refusent désormais de payer pour de beaux emballages. Ils préféreront des produits moins chers et démarqués… qui sont souvent de qualité identique aux produits de marque », analyse Dabi. « Le beau, l’utile et le bon sont de retour » En clair, c’est tout l’univers de la pub et du marketing qui doit revoir ses codes et vendre « autrement« .

C’est aussi cela « la crise ». Un rejet de la « société de consommation » de ces dernières années, gloutonne, polluante et, parfois… excessive. « C’est la fin de l’hyperconsommation », Lire la suite

Pourquoi n’agissons nous pas plus ?

ecoloinfo.com, Brendan, le11 février 2009

Pourquoi n’agissons nous pas plus ?

Alors que la connaissance scientifique autour du changement climatique est établie et partagée, les changements de comportement se font encore à la marge. Comment peut-on expliquer ce décalage ? Lisa Bennett, directeur de la communication du Center for Ecoliteracy, une association américaine d’éducation aux modes de vie durables, fait le point dans un article, publié dans la revue californienne Greater Good Magazine. Ce billet traduit grossièrement les principales lignes de l’article…

Les chercheurs en sciences sociales cherchent à expliquer nos réponses limitées au changement climatique. Parmi les facteurs les plus signifiants qu’ils mettent en avant, la façon dont nous sommes psychologiquement câblés et socialement conditionnés pour répondre aux crises nous rend mal adaptés à réagir à la menace abstraite et apparemment lointaine posée que constitue le changement climatique.

Ressentir le risque du changement climatique

Un nombre significatif de chercheurs s’intéressent à la façon dont les gens décident de ce qui est vraiment mauvais pour eux. Ils soutiennent qu’il y a en général deux façons d’évaluer un risque comme le changement climatique: soit de façon analytique en prenant des décisions logiques, soit de façon émotionnelle.

Pour la plupart d’entre nous, la plupart du temps, le risque n’est pas une statistique,” explique Elke Weber du département de psychologie de l’université de Columbia et co-directrice du Center for Research on Environmental Decisions (CRED). “Le risque est un sentiment. Nous sommes influencés par nos sentiments, et ces sentiments, qui constituent une part essentielle du processus de prise de décision, peuvent être de mauvais conseillers en fonction du risque impliqué.” “Si j’ai peur, ça éclipse toutes les informations statistiques.“

Les émotions, plus que tout, sont ce qui nous motive à agir. Des décennies de recherche en décision comportementale ont montré que la plupart des gens doivent ressentir un risque avant d’y faire quoi que ce soit. Ainsi, selon Paul Slovic, professeur de psychologie à l’université d’Oregon, notre réponse limitée au changement climatique peut être comparée à nos réponses limitées aux génocides. Les statistiques sont écrasantes mais restent abstraites et ne nous inspirent pas d’empathie pour les victimes. La conséquence est que nous ne parvenons pas à prendre les mesures appropriées.

Pour les autres comme pour nous mêmes, ce sont les émotions, comme la peur ou l’anxiété, qui nous poussent à nous protéger du risque. C’est là que la situation est délicate avec le changement climatique, car, d’après Elke Weber, nos émotions sont conditionnées par deux formes d’expérience : soit l’expérience personnelle directe, soit l’expérience liée à l’évolution de l’espèce. Or, nous n’avons aucune expérience du changement climatique, ni personnelle, ni dans l’histoire de l’espèce humaine. Aussi dramatiques que puissent l’être les scénarios, nous ne pouvons les ressentir car nous ne les avons pas (encore) expérimentés. Le changement climatique causé par les hommes est simplement sans précédent.

Nous pouvons appréhender le changement climatique de manière analytique, mais pas en ressentir les dangers car nous ne l’avons pas encore vécu. Or ce sont principalement les émotions qui nous poussent à agir. Il nous manque donc un aiguillon fondamental pour passer à l’action et nous protéger individuellement et en tant qu’espèce.

Le timing Lire la suite

Les Français délaissent leur voiture et le vivent très bien

lefigaro.fr, Armelle Bohineust, le 4 février 2009

Les Français délaissent leur voiture et le vivent très bien

Avec l’envolée du prix du pétrole, les conducteurs n’ont pas hésité à moins rouler l’an dernier. Ils sont satisfaits de leurs nouvelles habitudes de transport.

Le comportement des Français face à l’utilisation de leur véhicule va-t-il définitivement évoluer ? C’est la question que se posent les industriels du pétrole. L’automobiliste «semble bien avoir changé d’attitude avec la hausse du prix des carburants», a souligné hier Jean-Louis Schilan­sky, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), en dressant le bilan de l’«exceptionnelle» année 2008.

La hausse des prix du pétrole, qui a atteint un record en juillet, à 147 dollars, avant de s’effondrer et de passer sous les 40 dollars en décembre, a clairement fait baisser la consommation. Celle-ci a reculé de 2,8% en 2008. À peu près stable jusqu’en mai, elle a, sans surprise chuté très fortement en juin (- 9,4%) et en août (- 12,3%). De façon beaucoup plus étonnante, l’utilisation de carburant a de nouveau lourdement reculé en novembre (- 12,3%) alors que le prix du pétrole était déjà retombé sous les 60 dollars.

En fait, les Français n’ont pas hésité à modifier leurs habitudes pour préserver leur budget, explique une étude réalisée mi-janvier par l’Ifop. Près de 60% d’entre eux ont roulé moins vite et 39% avouent changer de station-service pour payer moins cher leur gazole ou leur essence. Attitude plus radicale, 39% des Français assurent avoir pris l’habitude de moins utiliser leur voiture afin de faire des économies. (Lire le sondage)

Pratiquer le covoiturage

Mais le plus «étonnant», constate Jean-Louis Schilansky, c’est que toutes les mesures prises pour limiter le coût de l’essence ou du gazole n’ont pas l’air de peser particulièrement sur le moral des automobilistes.

Les quatre cinquièmes d’entre eux jugent en effet que leurs nouvelles habitudes en matière de transport ne sont «pas contraignantes». Une très large majorité de Français (82%) affirme même que si les prix du pétrole baissaient encore, ils n’utiliseraient pas davantage leur auto. Ces consommateurs assurent qu’ils continueraient, comme ils le font depuis plusieurs mois, à optimiser leurs trajets, faire du vélo ou pratiquer le covoiturage. Ils pourraient aussi conserver l’habitude de faire leurs courses dans les commerces de proximité ou sur Internet et demeurer des utilisateurs assidus des transports en public.

Peut-être est-ce parce que les Français semblent avoir intégré l’envie de protéger l’environnement. C’est la raison principale invoquée, après la hausse des prix du carburant, pour limiter l’usage de leur voiture.

Pourtant le prix semble bien être au centre des préoccupations. Lire la suite

Crise : le choc est à venir

lemonde.fr, Harald Welzer, le 7 février 2009

Psychosociologue allemand, chercheur au Kulturwissenschaftlichen Institut d’Essen

Crise : le choc est à venir

Peu de temps avant la banqueroute de Lehman Brothers, Josef Ackermann, le président de la Deutsche Bank, avait laissé courir le bruit que le pire était passé. Dans les semaines fiévreuses qui se sont succédé depuis, les politiques et les spécialistes se sont surpassés dans la recherche de moyens destinés à doper la consommation, comme si le capitalisme était en mouvement perpétuel et qu’il suffisait de relancer son cycle de création continue.

L’idée que, cette fois, il s’agit peut-être de plus que d’une « crise », n’est apparemment venue à personne. La vie suit son cours : on emprunte, on donne un tour de vis fiscal, et on espère, avec tout ça, passer le cap au plus vite. Le manque de la plus élémentaire clairvoyance de la mesure et des conséquences de la débâcle financière indique pourtant bien que ce qui est arrivé n’a pas été anticipé. Des faillites bancaires massives, des groupes d’assurances entamés, des Etats eux aussi au bord de la ruine ? Et les milliards requis pour tout ça, que sont-ils, sinon de l’argent virtuel injecté dans un système lui-même au bord de l’implosion, à cause, justement, de la nature virtuelle de ses échanges ?

Bien que la catastrophe économique déploie implacablement son cours à une allure défiant toute concurrence, frappant une branche après l’autre, le bricolage, le raboutage et le rembourrage, et les sempiternels sommets continuent à donner l’apparence que la crise est gérée. Les réactions des gens sont graves, mais pas paniquées. En dépit du lot quotidien de nouvelles horrifiques en provenance de la Global Economy, citoyennes et citoyens ne sont que modérément agités.

Notons d’abord qu’un événement, considéré comme historique par la postérité, est rarement perçu comme tel en temps réel. Rétrospectivement on s’étonne qu’un Kafka, le jour où l’Allemagne déclara la guerre à la Russie, ait seulement consigné dans son journal de façon lapidaire : « l’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. – Après-midi : cours de natation ». Les ondes de choc, qui parcourent nos sociétés modernes et complexes, partent d’un point d’impact catastrophique initial qui n’atteint les fonctions essentielles qu’à retardement. Il est donc plutôt exceptionnel qu’un bouleversement social soit reconnu pour ce qu’il est par ses contemporains. C’est aux historiens qu’il appartient d’en constater la réalité. Les écologistes déplorent parfois que les gens ne parviennent pas à intégrer l’idée que leur environnement se modifie.

Une étude menée sur plusieurs générations de professionnels de la pêche, en Californie, a montré que c’étaient les plus jeunes qui avaient le moins conscience du problème de la surpêche et de la disparition des espèces. De telles modifications de perception et de valeurs, analogues aux transformations environnementales, on les rencontre aussi dans la sphère sociale : que l’on pense au renversement complet des valeurs dans la société allemande à l’époque hitlérienne.

Dans cette société, les composantes non juives auraient, en 1933, trouvé complètement impensable que, quelques années plus tard seulement, et avec leur participation active, leurs concitoyens juifs se verraient non seulement spoliés, mais seraient embarqués dans des trains pour être mis à mort. Ce sont pourtant les mêmes qui regarderont, à partir de 1941, les convois de déportés partir vers l’Est, tandis qu’une partie non négligeable d’entre eux rachèteront les installations de cuisine, le mobilier et les œuvres d’art « aryanisés » ; que certains prendront la gestion d’affaires « juives » ou habiteront des maisons dont leurs propriétaires juifs auront été expulsés. En trouvant cela tout naturel.

Que les changements de cadre de vie ainsi que de normes consensuelles se remarquent à peine, tient aussi à ce que les métamorphoses perceptibles ne concernent qu’une part souvent infime de la réalité vécue. On sous-estime de façon chronique combien le train-train quotidien, les habitudes, le maintien d’institutions, de médias, la continuité de l’approvisionnement entretiennent la croyance qu’en fait rien ne peut arriver : les bus fonctionnent, les avions décollent, les voitures restent coincées dans les embouteillages du week-end, les entreprises décorent leurs bureaux pour Noël. Autant de preuves de normalité qui viennent étayer la conviction bien enracinée que tout continue comme au bon vieux temps.

Au moment où l’histoire se produit, les hommes vivent le présent. Les catastrophes sociales, à la différence des cyclones et des tremblements de terre, ne surviennent pas sans crier gare mais, pour ce qui est de leur perception, représentent un processus quasi insensible, qui ne peut être condensé en un concept comme celui d' »effondrement » ou de « rupture de civilisation« , qu’a posteriori. Lire la suite

Le DD à l’ordre du jour en Pays Sarladais

Sud-Ouest, le 19 Février 2009

Le développement durable à l’ordre du jour

L’Apeb (Association de protection de l’environnement belvésois) a tenu son assemblée générale jeudi dernier à Belvès.

L’occasion pour le président Daniel Peyrus de rappeler les actions conduites en 2008 et les conférences en particulier sur l’alimentation bio et les énergies renouvelables.

Au cours de l’année 2009, devraient être évoqués certains sujets comme : les antennes de téléphonie mobile, implantées à moins de dix mètres du collège ; les fumées des charbonnières dont on n’est pas sûr que les incinérateurs fonctionnent correctement. Une délégation de l’association a été reçue par le responsable du site, puis par le sous-préfet de Sarlat, avec un représentant de la Sepanso. Tout devrait être fait pour que l’industriel respecte le règlement qui lui est imposé tant pour les fumées que pour la clôture du site.

Un bémol

Des délégations de l’Apeb sont régulièrement reçues par la municipalité avec laquelle elles entretiennent de bonnes relations. Pourtant, le communiqué suivant a été formulé à son adresse : « L’Apeb aurait souhaité qu’au cours de la cérémonie des voeux à la mairie, la crise de l’environnement soit évoquée. Il est urgent pour notre survie et celle de nos descendants de modifier nos comportements, nos sociétés consommant plus que ce que la terre peut produire et rejetant plus que ce qu’elle peut éliminer. Peut-être serait-il opportun de profiter de la crise économique actuelle pour mettre en place une autre politique permettant un développement durable (économie d’énergie, investissement dans les énergies renouvelables, développement, créateur d’emplois, de l’agriculture biologique, par exemple). C’est ce que nous demandons à nos élus locaux. »

Boudin bio

Comment arriver au bio ? Une question qui donnait lieu ensuite à un débat passionné. Si les finalités sont les mêmes, les approches, elles, ne sont pas identiques. Doit-on se permettre d’aller vers un bio progressif sans bouleverser les habitudes, ou bien faut-il trouver le bio tout de suite là où il est proposé ?

Toujours est-il que la volonté commune est de le défendre. Ainsi, l’Apeb a proposé samedi une fête du boudin bio, Lire la suite

«Cradle-to-cradle» : l’empreinte écologique positive ?

novethic.fr, Véronique Smée, le 17 février 2009

«Cradle-to-cradle» : l’empreinte écologique positive ?

Récupérer les matières pour les réutiliser à l’infini, c’est le concept d’éco-conception « cradle-to-cradle » (du berceau au berceau), imaginé par l’architecte américain William McDonough et Michael Braungart, chimiste allemand spécialiste du cycle de vie des produits et ancien activiste de Greenpeace.

Encore peu connus en France, l’architecte designer William McDonough et le chimiste allemand Michael Braungart sont pourtant deux personnalités de l’écologie industrielle. Leur ouvrage « Cradle to Cradle » date déjà de 2002. Leur credo, il est vrai, diffère des courants plus connus de l’écologie : loin d’une approche décroissante, ils défendent une consommation « intelligente », fondée sur la réutilisation permanente des matières et des objets. Tous deux préconisent une « empreinte écologique positive », à travers une philosophie d’éco-conception qui consiste à penser le produit dès l’origine pour lui donner ensuite plusieurs vies. Et  idéalement, le réutiliser à l’infini, y compris pour d’autres usages que sa fonction initiale. Eric Allodi, représentant en France de la technologie « CtoC », explique le procédé : « Toutes les matières qui composent un produit sont analysées pour identifier ce qui peut être recyclé et dans quelles filières de recyclage on peut les orienter, pour recréer de la matière première. » Aujourd’hui, rares sont les produits pensés pour être recyclés, pourtant les solutions techniques existent. Eric Allodi donne l’exemple de la moquette « dépolymérisable », qui peut facilement être récupérée, pour être retraitée. « Les entreprises y voient leur intérêt, puisqu’on vient les débarrasser gratuitement de vieux produits. Sous chaque dalle est inscrit le numéro à appeler, c’est simple ». 
Mais pour être « Cradle to Cradle », la première condition est d’utiliser des matières non toxiques, qui pourront être réintroduites sans accroître la pression sur l’environnement, voire le « nourrir ». Comme par exemple des cosmétiques biodégradables ou des T-Shirts entièrement compostables, utilisés pour nourrir la terre. Ou encore des livres fabriqués dans un plastique réutilisable et des chaises conçues pour être démontées et recyclées.

Certification
Les industriels qui veulent adopter la démarche « C to C »  peuvent le faire de manière progressive, trois niveaux de certification (argent, or ou platine) leur sont proposés. « Il faut d’abord s’assurer de la non toxicité des produits, puis instaurer un circuit de récupération de la matière première pour ensuite la réinjecter dans un nouveau produit. En fin de vie, chaque objet réintègre son circuit d’origine sans perte de qualité ni gaspillage de nutriments qui ont servi à la constituer », explique Eric Allodi. Depuis la première certification (qui comprend une vingtaine de critères) attribuée en 2005, 109 produits ont obtenus le label « Cradle to Cradle-C2C », pour un coût annuel compris entre 10 000 dollars (T-Shirt), et 15 à 20 000 dollars (chaise). Rhoner, fabricant suisse de textile, a ainsi revu toute sa production pour adopter des matières et des teintures naturelles compostables, qu’il revend à un consortium de producteurs de fraises… En France, la marque de collants Dim s’est également engagée dans ce procédé, en abandonnant  polyamide et teintures conventionnelles pour des matières premières plus naturelles, avec l’appui financier de l’Ademe (à hauteur de 50 % soit 130 000 euros). Objectif : faire des collants compostables ou recréer de nouveaux produits à l’infini, à condition bien sûr que les consommatrices s’impliquent pour « rendre » leurs collants usés… Lire la suite

Rapport : Gouvernance des aires protégées

La documentation française, Secrétariat d’Etat à l’écologie, Dominique Julien La Bruyère, 2009

La gouvernance locale des aires protégées et des espaces dédiés à la conservation de la biodiversité

Dans le cadre de la mise en œuvre des décisions du Grenelle de l’Environnement, Dominique Julien La Bruyère, vice-président de France Ecologie et fondateur du Parc Naturel de Chevreuse, s’est vu confier une mission d’étude sur la gouvernance locale des aires protégées et des espaces dédiés à la conservation de la biodiversité. Le rapport présente 23 propositions concernant les modes de création des aires protégées, les niveaux de protection des sols ou encore l’implication citoyenne dans les organismes de gestion (parcs nationaux, parcs naturels régionaux, parcs naturels marins, sites du réseau Natura 2000, etc.).

Consulter le sommaire et le rapport Lire la suite

Vélorution bordelaise : c’est reparti !

Vélorution, le 18 février 2009

Vélorution bordelaise : c’est reparti !

Convaincue de la nécessité et de l’utilité d’actions de réappropriation des rues et de dénonciation de la société automobile, la vélorution bordelaise reprend la route !

Prochaines actions prévues : Atelier participatif de réparation de vélos

Samedi 21 février à 15h à Pey Berlan

Amenez savoir-faire, outils, bonne humeur, gâteau, pour un moment d’échanges et de rencontres autour du vélo ! C’est aussi l’occasion de prendre contact et de participer au mouvement !

Vélorution/masse critique samedi 7 mars modalités encore à définir : participez à sa préparation !!

Nous espérons vous croiser à ces occasions, et aux prochaines !

N’hésitez pas à nous envoyer vos infos, vos actions, et qui sait, vos envies de projets communs !

Merci de diffuser cette info dans vos réseaux !

A bientôt sur vos vélos !

Pour plus d’infos sur la vélorution Lire la suite

Limousin : l’IRSN critique la gestion des déchets d’uranium

actu-environnement.com, R Boughriet, le 12 février 2009

L’IRSN critique la gestion des déchets des mines d’uranium dans le Limousin

Dans un rapport, l’IRSN estime que les cessions des stériles, issus des anciennes mines d’uranium dans le Limousin, ne sont pas assez encadrées ni vérifiées et déplore un manque d’informations pour exclure tout impact environnemental.

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a publié le 9 février son dernier rapport concernant l’expertise globale du Bilan Décennal Environnemental réalisé par Areva NC, qui évalue l’impact des anciennes mines d’uranium dans le Limousin.

Ce bilan rédigé par l’industriel exploitant a notamment pour vocation de rassembler et d’analyser les données relatives à la surveillance des anciennes exploitations d’uranium de la division minière de la Crouzille (Haute-Vienne) et de leur environnement, acquises au cours des dix dernières années.

Dans son analyse critique, l’IRSN a examiné la réutilisation dans le domaine public des stériles miniers, ces produits constitués par les sols et roches excavés lors de l’exploitation d’une mine, après récupération de la partie commercialement valorisable qui constitue le minerai.
A ce jour, les connaissances sur les cessions de stériles miniers et leur utilisation dans le domaine public reposent sur les données consignées dans un registre mis en place depuis 1984 par la Cogema (Areva NC) afin d’encadrer la demande croissante d’entreprises locales, et notamment de carriers. Ce registre vise ainsi à limiter les risques liés à la réutilisation de ces matériaux (au niveau de radioactivité), notamment afin d’en imposer l’interdiction d’utilisation pour des soubassements ou en tant que matériaux de construction.

Une gestion de déchets miniers pas assez encadrée ni vérifiée

Si l’IRSN note  »l’utilité et la pertinence » de ce registre, il déplore un manque de précisions concernant certaines cessions de stériles miniers et une absence de vérification sur les lieux de réutilisation en particulier.

En ce qui concerne les cessions antérieures à 1984, les informations sur les cessions notamment des lieux de destination et des usages restent également  »pauvres », ajoute l’Institut. En effet, les matériaux ayant servi de remblais avant 1984 restent souvent non répertoriés, même si une partie d’entre eux a été mise en évidence par des campagnes radiamétriques réalisées par Areva NC en 2000 dans les villages limitrophes des sites miniers.
Pour l’IRSN, cette absence de connaissance des cessions antérieures à 1984 constitue une faiblesse dans la maîtrise des impacts liés à la réutilisation de stériles miniers dans le domaine public pour cette période.

Un manque d’informations et de connaissances Lire la suite

L’artificialisation des terres fragilise l’environnement

eco-life.fr, Marie Varasson, le 16 février 2009

La verte campagne perd du terrain 

Davantage convoitées pour leurs qualités foncières qu’agricoles, les prairies et cultures sont grignotées par l’expansion urbaine. Une artificialisation des terres qui dégradent les paysages et fragilise l’environnement.

La fleur au fusil, de plus en plus de citadins quittent la ville pour s’installer au vert. Tandis que les surfaces cultivables ne s’étendent plus en France et que les superficies des prairies stagnent, 20 à 30 000 hectares de terres sont cédés chaque année à l’artificialisation (transformation d’une zone agricole ou naturelle en zones artificielles, tel que les logements, les routes ou les zones commerciales). Un phénomène de désengorgement des zones urbaines, qui obéit au modèle d’un développement urbain horizontal plutôt que vertical. Avec l’habitat, les voies de communication et infrastructures de loisirs grignotent les espaces verts. En 2003, bâtiments, jardins et pelouses, routes et parking s’étendaient sur près de 8% du sol métropolitain. Les forêts occupent quant à elles environ 20% du territoire. Irréversible, l’artificialisation redessine le paysage français.

Les prix du foncier en ville font parfois tourner la tête. A Toulouse, l’aire urbaine dépasse les frontières du département et un appartement de 100 m² se négocie 450 000 euros. Cette pression démographique et foncière a débuté dans certaines régions – telles que les zones proches du littoral – il y a plusieurs décennies. Depuis 1999, l’espace périurbain occupe la quasi-totalité de l’espace rural des années 70. La ville rose est saturée, et son histoire ressemble à celle de Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux ou Strasbourg. « S’il faut s’excentrer pour parvenir à la maison avec jardin idéale, les gens le feront« , explique Laurent Bisault, statisticien agricole, responsable d’Agreste Primeur, publication du ministère de l’Agriculture. Une norme de confort qui s’ajoute à la stricte pression démographique. Entre 1982 et 2004, les surfaces urbanisées françaises ont augmenté de 43%, tandis que la croissance démographique était de 11%.

– Le Grand Lyon pâtit depuis plusieurs années de ces allées et venues –

Davantage exposées que les forêts, les terres arables ou cultivables sont les premières à être artificialisées. « Les forêts sont protégées par des réglementations strictes, ce sont des patrimoines », précise Laurent Bisault. « En revanche, les exploitations agricoles sont rentabilisées et font déjà partie du système économique ». Lorsqu’ils cessent leur activité, certains cultivateurs cèdent leurs terres à des fins non agricoles. Dans la région de Nice, le phénomène est tel que les agriculteurs sont exclus du réseau foncier, les prix étant trop élevés pour leur bourse. La Dordogne et le Lot sont également touchés par ces hausses des prix. « Les jeunes agriculteurs ne peuvent plus s’installer », constate Laurent Bisault.

Tandis que 80% des Européens pourraient vivre en zone urbaine en 2020, selon l’Agence Européenne de l’Environnement, « les collectivités locales commencent à s’interroger et tentent d’anticiper les conséquences de cette expansion », Lire la suite

FNE : Les Français croient en une « croissance verte »

developpementdurablele journal.com, Patrick Cros, le 17 février 2009

Sondage FNE : Les Français croient en une « croissance verte »

Selon un sondage de FNE 74 % des consommateurs ont l’intention de maintenir leurs achats labellisés Bio, malgré la crise

L’économie verte comme moteur économique ? Barack Obama comme Nicolas Sarkozy ont mis en avant cette nouvelle donne moderne dans leur programme, même si elle se traduit encore relativement peu en actions concrètes. Quatre français sur cinq sont également confiants dans cette dynamique environnementale. Ils considèrent que les « activités vertes » peuvent contribuer au soutien de l’économie et de l’emploi, selon un sondage CSA réalisé pour France nature environnement (FNE).

A l’heure où les pays développés cherchent une nouvelle dynamique à la croissance pour faire face à la crise, quatre français sur cinq croient au potentiel des « activités vertes ». Ils pensent qu’elles peuvent contribuer au soutien de l’économie et de l’emploi, selon un sondage CSA réalisé en janvier pour France nature environnement (FNE) auprès de plus de 1 000 personnes. Ce sentiment se retrouve quelle que soit la préférence politique des personnes interrogées, même si ce sont les cadres et professions libérales qui trouvent l’argument le plus pertinent : 63% affirment en être « tout à fait » convaincus, contre 43% pour l’ensemble de l’échantillon. Des chiffres salués par Bruno Genty, responsable de la mission économique au sein de FNE. Selon lui, ils montrent que les Français commencent « à être pragmatiques » sur les questions environnementales et souhaitent « qu’au-delà des incantations, il faut que ça se traduise au niveau économique ».

L’environnement prioritaire

Au-delà des résultats économiques, les Français semblent également sensibles à la protection de l’environnement, même dans un contexte de crise financière. Interrogés sur ce sujet, 47% d’entre eux la jugent « tout à fait prioritaire », 38% estiment qu’elle « importante mais pas prioritaire » et 14% seulement considèrent qu’elle est « secondaire ».
« Dans la perception des Français, on n’est pas dans un phénomène de vase communicant qui viserait à enlever un peu de social pour mettre de l’écologie ou à enlever un peu d’écologie pour mettre plus de social. Ce n’est pas l’un ou l’autre », commente Jean-Daniel Lévy du CSA. C’est donc en toute logique, que Lire la suite

L’alimentation bio des grandes surfaces en question

naturavox.fr, consoglobe.com, le 16 février 2009

L’alimentation bio des grandes surfaces en question

Les sondages le montrent: nous sommes de plus en plus nombreux à consommer des produits alimentaires bio. A croire que le bio ne connaît pas la crise ! Et les enseignes de grandes surfaces l’ont bien compris, avec une progressive généralisation de produits bio, la création de rayons spécialisés ou encore le développement de leur propre marque bio.

Ceci nous amène à nous interroger sur la qualité des produits bio proposés, les objectifs réels des enseignes à travers leur marque bio: leurs prix, quasi équivalents à des produits classiques de grandes marques, ne sont-ils pas synonymes d’une moindre qualité ? S’agit-il vraiment de produits issus de l’agriculture bio ? Sont-ils plus écologiques ?

Des produits bio sous contrôle

Sachez tout d’abord que les produits bio des marques de distributeurs (MDD) sont porteurs du label officiel AB, géré par le ministère de l’Agriculture, et donc soumis au moins une fois par an à un contrôle de l’un des six organismes certificateurs français (EcoCert, Qualité France, Agrocert…). Donc aucune crainte : vous consommez bien des produits issus de l’agriculture biologique, même s’il faut noter qu’ils peuvent contenir jusqu’à 4,99 % d’ingrédients non biologiques et des OGM  « accidentels » autorisés à hauteur de 0,9 %.

Des labels privés comme Demeter, Nature & Progrès intègrent des critères plus exigeants mais se font encore très rares en grande distribution.

Les gammes bio de nos grands distributeurs

En plus des grandes marques nationales, les grandes surfaces proposent de plus en plus de produits bio sous marques de distributeurs (MDD) à des prix plus compétitfs :

Carrefour  : propose la gamme bio la plus étoffée avec sa marque Carrefour Agir Bio créée en 2005 . Le distributeur commercialise aujourd’hui près de 900 produits issus de l’agriculture biologique dont 250 sous sa marque Carrefour Agir Bio (97% de références alimentaires) tous labellisés AB. 14 000 tonnes de fruits et légumes bio sont ainsi achetés chaque année avec 26 références de fruits et légumes bio. 64% des références de fruits et légumes Carrefour Agir Bio sont d’origine française. Sur le marché du bio, Carrefour représente 20% des parts de marché. D’ici 2010, la gamme devrait encore s’élargir et compter 350 références.

Monoprix (filiale du groupe Casino) : l’un des pionniers avec sa marque Monoprix bio lancée en 1994, et qui compte aujourd’hui 150 références de produits labellisés AB. À leurs côtés, Monoprix commercialise de nombreuses marques spécialisées comme Babybio, Vitabio, Bjorg, Jardin Biologique, Kalibio ou encore Luna.

E. Leclerc  : a lancé sa marque Bio Village en 1999 dont les produits sont certifiés AB et également cautionnés par « Marque Repère » au niveau de leur contrôle. Le distributeur affirme proposer la gamme bio la moins chère du marché.

Auchan  : propose une centaine de produits biologiques certifiés AB sous sa marque Auchan Bio lancée en 2006.

Et aussi : Cora avec Cora Nature Bio (AB), Casino avec Casino Bio (AB), Super U avec Bio U… 

Et le Hard discount ?

Vous pouvez également trouver des produits bio chez une enseigne de Hard discount à des prix encore moins chers que les grandes enseignes nationales comme nous le rapportait le blog consommerdurable.com dans un comparatif établi en Septembre 2008, mais l’offre reste encore limitée.

Un « marketing » bio contraire à la « philosophie » bio ? Lire la suite

Le fonds Chaleur renouvelable entame sa 1ère année

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, le 16 février 2009

Le fonds Chaleur renouvelable entame sa première année d’existence

Conformément aux engagements de l’Etat dans le cadre du Grenelle, le fonds Chaleur renouvelable démarre cette année. Doté d’un budget de 960 millions d’euros pour la période 2009-2011, il vise à développer des systèmes de production et de transport de chaleur générée à partir d’énergies renouvelables ou fatales (énergies récupérées) : principalement biomasse, géothermie, solaire thermique, méthanisation et transport de chaleur issue de l’incinération. Il s’adresse aussi bien aux entreprises (secteur industriel, agricole et tertiaire) qu’aux collectivités.

Pour sa première année d’existence, ce fonds, géré par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), commence doucement: il dispose d’un budget de 154 millions €.
Environ deux tiers de ce budget sont gérés à l’échelle régionale, et un tiers à l’échelle nationale. Pour ce dernier, l’Ademe a publié le premier appel à projets le 20 janvier (2). Il s’adresse uniquement aux entreprises qui souhaitent réaliser une installation assurant une production annuelle de chaleur à partir de biomasse supérieure à 1.000 tonnes équivalent pétrole (tep). L’aide financière sera soumise aux résultats: 50% seront versés durant les 5 premières années de fonctionnement, selon la productivité de l’installation.

Tous les autres types de projets sont gérés au niveau des régions. Pour Jacques Ravaillault, directeur de l’action régionale à l’Ademe, «le fonds Chaleur va s’ajouter aux dotations des contrats de projets Etat-région [CPER], et dynamiser la filière Chaleur renouvelable». En effet, sur l’année 2007, environ 90 millions € ont été consacrés aux énergies renouvelables dans le cadre des CPER, principalement pour des projets dans le domaine du thermique. Cela a permis de produire environ 54.000 tep. Avec 100 millions € supplémentaires en 2009, les régions vont pouvoir non seulement développer un peu plus les projets de chaleur renouvelable, mais aussi économiser un peu sur les CPER pour les orienter, par exemple, vers des projets d’efficacité énergétique. «Si les conseils régionaux le souhaitent, Lire la suite

Un rapport du SOeS sur l’enherbement des vignes

journaldelenvironnement.net, Victor Roux-Goeken, le 16 février 2009

Un rapport du SOeS sur l’enherbement des vignes

Désormais rebaptisé «le point sur», le 4 pages du SOeS (ex- Institut français de l’environnement) de janvier 2009, mis en ligne le 2 février, est consacré à l’enherbement des vignes. Une pratique qui «permet de maîtriser la vigueur de la vigne, améliore la portance du sol, lutte contre l’érosion et diminue les quantités d’herbicides utilisées», indique le rapport. L’enquête a porté sur 5.200 parcelles de vignes à raisin de cuve.

En 2006, un tiers du vignoble français était couvert d’herbe. En recourant respectivement à 85% et 80% à l’enherbement permanent, l’Alsace et le Bordelais se distinguent des autres vignobles. Les Charentes sont troisièmes, avec 61%.

Le faible écartement des rangs d’un vignoble, la concurrence entre l’herbe et la vigne sous les climats marqués par une forte sécheresse estivale et la recherche de la qualité du raisin au lieu des quantités peuvent expliquer ces différences.

En moyenne, un hectare de vigne à raisin de cuve a reçu 14,8 traitements en 2006. «Une moyenne qui masque des disparités dues à des différences de pression parasitaire selon les régions et à la stratégie adoptée par les viticulteurs»: les viticulteurs champenois appliquent 22 traitements, contre 9 pour les provençaux.

Si l’enherbement n’implique pas de renoncer au désherbage chimique et n’en réduit pas la fréquence, il permet de réduire les quantités d’herbicide jusqu’à trois fois selon le type d’enherbement des vignes.

Plus que le désherbage thermique, pratique «confidentielle à l’échelle du vignoble français» et requérant main-d’œuvre et carburant, «l’enherbement permanent et le travail du sol apparaissent comme des alternatives au désherbage chimique exclusif», conclut le SOeS. Et aussi comme une contribution à l’objectif du Grenelle de réduction de 50% d’usage des produits phytosanitaires en 10 ans.

Pour aller plus loin Lire la suite

Hubert Reeves : « L’Homme est menacé d’extinction »

nicematin.com, Franck Leclerc, le 12 février 2009

Hubert Reeves : « L’Homme est menacé d’extinction »

L’astrophysicien était à Nice mardi pour une conférence au profit des enfants hospitalisés. A l’invitation du Comité des dames de Lenval, que préside sa belle-sœur.

Une planète verte rencontre une planète blanche.

– « Tu as mauvaise mine. Que se passe-t-il ? »

– « Je ne me sens pas très bien, répond la planète blanche. J’ai attrapé une maladie : l’humanité. »

– « L’humanité ? Oh, ne t’inquiète pas. Je l’ai déjà eue, ça part tout seul… »

Cette histoire, Hubert Reeves la raconte de plus en plus souvent. Moins pour faire sourire que pour nous inciter à réfléchir sur les conséquences de nos actes. L’astrophysicien franco-canadien (marié à une Niçoise) prévient : « Si nous ne faisons rien, notre espèce est menacée de disparition. » L’Homme sera peut-être la victime de la sixième extinction. Succédant aux dinosaures, évincés de la planète il y a 65 millions d’années par une météorite de la taille du Mont-Blanc. Cette lugubre prophétie doit être prise au sérieux. « Selon les biologistes, les grands arbres et tous les mammifères de plus de trois kilos sont dans le collimateur », insiste Hubert Reeves. « La vie continuera probablement sur la Terre. Mais sans nous. »

Vous dites qu’au XXIe siècle, la température s’élèvera de 2 à 3 degrés. Est-ce si grave ?

Dans le pire des scénarios, le réchauffement pourrait atteindre six degrés. Or, la limite à ne pas dépasser serait de deux degrés. Même dans ce cas, l’eau de la mer continuera de monter d’un mètre au moins, et la dérégulation climatique se poursuivra. Augmentation de la puissance des cyclones et de la fréquence des canicules, succession de périodes de sécheresse et de grand froid : ces manifestations ont déjà commencé.

Quelles en seront les conséquences ?

La désertification s’accentuera dans les zones tropicales et équatoriales. Tandis que les régions du nord recevront de plus en plus de pluie. On voit déjà que des maladies associées aux tropiques, comme la malaria ou le paludisme, s’étendent sur des territoires plus vastes. Le virus du Nil, par exemple, se retrouve désormais dans plusieurs régions des États-Unis.

La géographie peut-elle s’en trouver modifiée ?

Les Maldives, ou Vanuatu, seront de moins en moins habitables en raison de la montée de l’eau, de la force des tempêtes et de la tendance des nappes phréatiques à devenir de plus en plus salées. Les migrations ont d’ailleurs commencé dans plusieurs îles du Pacifique.

En quoi l’humanité est-elle menacée d’extinction ?

C’est la leçon que l’on peut tirer de l’apparition et de la disparition d’innombrables espèces, tout au long de l’histoire de la vie. Celles qui s’éteignent sont celles qui ne savent pas s’adapter à des conditions nouvelles, souvent extrêmes.

Pourquoi l’Homme aurait-il plus de difficulté à s’adapter ?

Les êtres humains sont beaucoup moins robustes Lire la suite

Le développement durable à l’école

notre-planete.info, Laure Tréhaurel, le 9 février 2009

Le développement durable à l’école

Peut-être vous êtes-vous déjà demandé si le développement durable a franchi les portes de l’école. En réalité, il n’existe pas de cours dédié prévu dans les programmes scolaires. L’éducation à l’environnement se passe de théorie, les établissements se mettent directement à la pratique : explication…

Des élèves acteurs de leur enseignement

En 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio, 173 chefs d’Etat avaient adopté l’Agenda 21, programme d’actions en faveur du développement durable pour le XXIe siècle. Il formule des recommandations dans divers domaines : santé, pollution de l’air, logement, pauvreté…. Il ne s’agit donc pas d’une loi à proprement parler, mais d’un engagement.
De ce programme est né en France en 2005 l’Agenda 21 scolaire : les établissements et tous leurs acteurs (en particulier les jeunes) mettent en œuvre un agenda, destiné à apporter des réponses concrètes aux enjeux locaux et planétaires du développement durable. Il n’existe pas de norme ou de modèle applicable par tous les établissements. Chacun d’entre eux exprime son projet selon ses priorités et ses besoins.

A défaut d’imposer une matière dans les programmes scolaires, c’est l’action qui est mise en avant afin d’éduquer nos charmantes têtes blondes au développement durable, à travers des organismes chargés de promouvoir des projets environnementaux concrets, dont L’Ecole agit ! et Eco-école, qui agissent au niveau national. D’autres programmes d’incitation aux projets environnementaux dans les écoles existent, et les projets se multiplient, en particulier au niveau local.

Concrètement, ce sont donc aux établissements scolaires d’effectuer les démarches de lancement de projets, même si le rôle des organismes proposant des concours ou autres moyens de participation est aussi d’assurer une bonne communication et un démarchage efficace.

Des programmes divers et variés

Cet apparent manque de coordination entre tous les établissements scolaires français, du fait de leur libre-choix, peut sembler improductif, et on imagine facilement que le travail des uns empiète sur celui des autres…

« Pas du tout », affirme Claire Bano, l’une des deux chargées de missions au sein de Eco-école, dont l’équipe est complétée d’un responsable. « Bien sûr, nous sommes nombreux à inciter les établissements aux actions en faveur du développement durable. Mais nos méthodes et leurs portées sont bien distinctes. »

Le programme Eco-école est un label décerné aux établissements scolaires qui se mobilisent pour l’environnement, créé il y a quatre ans. Il fait partie des quatre programmes de l’office français de la Fondation pour l’éducation à l’environnement (FEE, ONG internationale). Autre programme de cette ONG destiné aux élèves et étudiants : Jeunes reporters pour l’environnement, dont les participants (âgés de 11 à 20 ans) mènent des enquêtes journalistiques sur des problématiques environnementales locales et communiquent leurs conclusions au plus grand public par le biais d’articles et de reportages photos. Le programme Eco-école a quant a lui recueilli 700 participations en 2008 (400 écoles, 200 lycées et une centaine de collèges), qui ont abouti à 210 labellisations.
Tous ces organismes ont pour objectif commun d’inciter aux actions concrètes et éducatives sur des thématiques environnementales. Tous recueillent Lire la suite

Un outil d’écologie urbaine , la «zone de rencontre»

lefigaro.fr, Jean-Marc Lorach, 11 février 2009

Un outil d’écologie urbaine et de respect mutuel, la «zone de rencontre»

La «zone de rencontre» est un espace de circulation apaisée et responsable, où peuvent coexister piétons, cyclistes et automobilistes. Le concept, qui donne priorité aux piétons, devrait se diffuser rapidement en France. Sa généralisation au plan national avait été souhaitée, lors du Grenelle de l’Environnement, pour diminuer l’usage de la voiture et renforcer la sécurité des trajets à pied.

Dans cette zone, les piétons sont prioritaires. Ils disposent de toute la chaussée et ne sont pas cantonnés aux trottoirs. Les automobilistes peuvent y accéder en permanence, mais leur vitesse est limitée à 20 kms/heure. Les cyclistes peuvent circuler dans les deux sens. La «zone de rencontre» a été intégrée dans le Code de la Route, par un décret du 30 juillet 2008. En application de ce texte, de premières zones de rencontre viennent d’être inaugurées à Metz le 19 janvier. Notre pays avait été l’un des pionniers avec une première expérimentation à Chambéry dans les années 80. La France s’est ensuite fait distancer par la Suisse, l’Allemagne et la Belgique qui en ont développé l’application.

La «zone de rencontre» vient compléter la panoplie de la ville durable, aux côtés des Lire la suite

Certification de la rénovation énergétique des maisons

Actu-Environnement.com, F Roussel, le 9 février 2009

Le secteur de la rénovation énergétique des maisons individuelles s’organise autour d’une certification

Afin de garantir des économies d’énergie, les professionnels de la rénovation mettent au point une certification. Baptisée « maison rénovée », elle sera délivrée à des maisons individuelles ayant gagné deux classes de performance énergétique.
Dans le cadre des débats du Grenelle de l’environnement, un objectif ambitieux a été proposé et figure dans le projet de loi Grenelle 1 : réduire de 38% d’ici à 2020 la consommation énergétique du parc de bâtiment français. Autrement dit, la France a environ 12 ans pour réduire la consommation moyenne de son parc de 400 kWh/m2/an aujourd’hui à 250 kWh/m2/an en 2020.

Sachant que le renouvellement du parc est d’environ 1% par an, il ne faut guère compter sur les constructions neuves pour atteindre cet objectif. La rénovation de l’existant est la principale voie de réussite. Mais ce ne sera pas chose aisée car cela concerne plus de 30 millions de logements et plus de 814 millions de mètres carré de bâtiments tertiaires chauffés. L’Etat a prévu de montrer l’exemple avec ses bâtiments publics et a récemment mis en place une réglementation thermique pour les bâtiments de plus de 1.000 m2. Mais pour les logements privés et notamment les maisons individuelles, l’atteinte de l’objectif va reposer sur la bonne volonté des propriétaires à investir dans des travaux.
Un marché dynamique mais insuffisant pour atteindre les objectifs

En France, les maisons individuelles représentent plus de 13 millions de logements. Jusqu’à maintenant le marché de la rénovation a été très dynamique. Selon une étude du cabinet « Développement Construction », il a représenté en 2007 plus de 60,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les entreprises du bâtiment, soit 45 % de l’ensemble de l’activité du secteur. Le montant des travaux réalisés dans les maisons individuelles a atteint 23,9 milliards d’euros. Ces travaux consistent principalement à améliorer l’habitat en matière de salubrité, de sécurité, d’isolation ou d’accessibilité, de remettre la maison en conformité avec les réglementations ou encore d’améliorer la performance énergétique.

Cependant, selon une étude de l’Observatoire Permanent de l’Amélioration Energétique du logement moins de 10% des logements rénovés atteignent un niveau de performance énergétique en accord avec les objectifs fixés. En effet, cette préoccupation n’est pas encore primordiale pour les ménages qui désirent rénover leur maison et bien souvent ils ne font pas appel à un professionnel capable de leur proposer une enveloppe de travaux globale mais à un artisan ou des entreprises souvent spécialisées dans un seul corps de métier.
De plus, les professionnels ne conseillent généralement pas à leurs clients une maîtrise globale de l’énergie et se limitent aux désirs du client. Par exemple, pour les chauffagistes, l’absence d’installation d’une chaudière performante est principalement liée au fait que le client décide de remplacer sa chaudière à l’identique. Seuls 9 % des artisans ou entreprises ayant installé une chaudière standard ont proposé un produit plus performant.

L’approche de la rénovation va devoir évoluer

Il semble donc plus qu’urgent de faire évoluer les méthodologies. Les professionnels du bâtiment semblent conscients de cette situation et cherchent à faire évoluer les artisans vers une approche globale.

Mais il va surtout falloir encourager les propriétaires à rénover et à se tourner vers les professionnels formés. C’est dans cet objectif que les professionnels du secteur se sont regroupés autour de l’organisme certificateur Cequami pour mettre au point une certification de travaux baptisée « maison rénovée ». Filiale du CSTB et de l’association Qualitel, Cequami veut proposer d’ici quelques mois une certification permettant de garantir aux clients la qualité des travaux et par conséquent les économies énergétiques dont il pourra bénéficier.
Les professionnels ont défini un premier référentiel qu’ils vont tester pendant plusieurs mois sur le terrain dans le cadre d’une dizaine de chantiers Lire la suite

Le Niger, victime de ses richesses en uranium

eco-life.fr, Marie Varasson, le 9 février 2009

Le Niger, victime de ses richesses en uranium

Troisième exportateur d’uranium au monde, le Niger est pourtant l’un des pays les plus pauvres du globe. Malgré ses richesses minières, le nord du pays est régulièrement touché par des crises alimentaires et une dégradation de son environnement. 174éme pays le plus pauvre du monde sur 177, le Niger n’arrive pas à se développer malgré l’éclaircie dans son ciel apportée par la vente d’uranium. Découvert et exploité depuis près de 40 ans, le précieux minerai a pourtant tout du diamant rare. Situé dans la région d’Agadez au nord-ouest du pays, une zone désertique et peu cultivable, il aurait pu la transformer et doper son économie.

Un rêve oublié pour les populations du Nord qui estiment ne pas avoir bénéficié de la croissance fulgurante du budget de l’Etat (passé de 15 milliards de francs CFA en 1975 à 72 milliards en 1980). « La répartition des richesses ne s’est pas faite« , explique Issouf ag Maha, maire de Tchirozerine, à 45 km d’Agadez et membre du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ). « Le gouvernement est le premier coupable dans cette affaire, les entreprises sont venues faire du business et ont agi dans leur intérêt ».

Les concessions s’étendent sur près de 90 000 kilomètres carrés, et ont fait les belles années de nombreuses sociétés minières. Souvent montrée du doigt, Areva, entreprise spécialisée dans le nucléaire, se défend des accusations de pollution et de néo-colonialisme qui sont portées contre elle. « Dans les années 80, quand les cours de l’uranium se sont effondrés et que les mines fermaient un peu partout dans le monde, le groupe a poursuivi seul l’exploitation des gisements du Niger« , explique-t-elle. Sur le terrain, le MNJ assure qu’aucune action n’a été entreprise. « Jamais de concertation avec les populations locales n’a été organisée », ajoute Issouf ag Maha.

– « La multiplication des permis est notre plus grosse inquiétude » –

Paroles contre paroles, il demeure difficile d’accéder aux sites et de constater scientifiquement les dégâts. Pourtant aux environs, la situation s’est manifestement dégradée. L’élevage et les activités traditionnelles des populations, telles que l’exploitation du sel, seraient devenues impossibles. Dans les fermes, le bruit fait fuir le bétail. Faute d’eau, utilisée pour nettoyer l’uranium, l’agriculture locale est compromise. D’autant que la sécheresse ravage régulièrement cette partie du pays. « Pourquoi ne pas proposer des solutions transparentes avec une explication humaine de l’étendue des projets miniers », s’interroge Issouf ag Maha.

La diminution des ressources pétrolières a relancé les cours de l’uranium, ces dernières années (voir l’article : Les prix de l’uranium vont-ils flamber ?). Lire la suite

Nourrir 9 milliards d’humains sans OGM, c’est possible

eco-life.fr, Diana Semaska, 16 février 2009. –

« Nourrir 9 milliards d’humains sans OGM, c’est possible »

– Spéciale Agriculture – Marc Dufumier –

Professeur d’agronomie au sein d’AgroParis Tech

2050 : la Terre porte 9 milliards d’humains. Pour que la planète supporte ce poids, prévu par les études démographiques, pas de solution miracle. Marc Dufumier, Professeur d’agronomie au sein d’AgroParis Tech (Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement), rappelle que seule l’intégration des écosystèmes dans l’agriculture, ou agroécologie, serait viable.

(ECOlife) Qu’est ce que l’agroécologie ?

(Marc Dufumier) Il s’agit de l’agronomie la plus efficace possible, basée sur nos savoirs scientifiques. C’est une agronomie savante et véritablement minutieuse, puisqu’elle doit tenir compte du fonctionnement global de l’écosystème. L’objet du travail n’est plus la plante seule, ni même le sol. C’est tout le travail conjoint par les cycles du phosphore, de l’eau, du carbone, de l’azote, sur lequel on va travailler afin d’optimiser la production, et nourrir 9 milliards de personnes en 2050.

Dans l’agroécologie, il faudra utiliser au mieux les ressources renouvelables : le soleil, mais aussi le carbone et l’azote de l’air. L’agriculture écologique utilisera moins de produits issus de l’exploitation des ressources non renouvelables comme le gaz ou le pétrole, c’est-à-dire les engrais chimiques et pesticides.

Pourquoi la modification du génome (OGM) ne serait-elle pas la solution?

Pour la simple et bonne raison que la génétique n’est pas le facteur déterminant de la culture d’une plante dans la nature. C’est l’écosystème tout entier qui détermine un rendement optimal, c’est-à-dire une production maximum pour des coûts minimums. Nous ne pouvons absolument pas prévoir quelles seront les conséquences des cultures en plein champ d’OGM. En revanche, nous avons la certitude que ces derniers constituent de très fortes pressions de sélection sur les autres êtres vivants.

Avez-vous un exemple concret ?

En Chine, pour éviter que les capsules du coton ne soient dévorées par les chenilles, on a cultivé du coton Bt [NDLR : composé d’un gène issu d’une bactérie produisant de la toxine botulique qui agit comme un insecticide]. Or, celui-ci a favorisé le développement d’une autre espèce de chenille, qui elle, mange les feuilles… mais a développé par ailleurs une résistance à la toxine. Résultat, les cultures ont été envahies par cette chenille qui mangeait à la fois feuille et capsule. Tout cela, malgré la modification génétique, pour en venir à l’épandage de nouveaux insecticides.

Dans la mesure où les écosystèmes sont extrêmement complexes et que nous sommes loin de les maîtriser, les OGM ne peuvent être cultivés en plein champ. C’est trop risqué. On ne peut donc compter sur ces cultures pour nourrir les futures générations.

Mais en quoi les OGM sont-ils tellement différents des variétés créées par l’homme depuis le Néolithique ?

En réalité, les OGM sont en totale continuité avec l’agriculture pratiquée dans les pays riches depuis un siècle et demi, et les pays en développement depuis un demi-siècle. C’est cette agriculture-là, qu’on appelle productiviste, qui a constitué une vraie rupture avec l’agriculture développée depuis le Néolithique.

Autrefois, le paysan était maître de ses créations variétales. Lire la suite

Jouanno, les OGM, « le dentiste » et la « fracture »

tempsreel.nouvelobs.com,  NC, le 12 février 2009

Jouanno, les OGM, « le dentiste » et la « fracture »

Interrogée sur l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, qui juge que le maïs OGM Monsanto est sans danger pour la santé, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie assure que cela « ne change en rien » la position de France.

L’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), selon lequel le maïs OGM Monsanto est sans danger pour la santé, « ne change en rien » la position de France, a souligné, jeudi 12 février, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Chantal Jouanno. Avant d’ajouter : « C’est comme si on se basait sur l’avis d’un dentiste pour soigner une fracture du bras ».
L’avis de l’Afssa porte sur la sécurité sanitaire, a rappelé la ministre à l’AFP.
Or « la France n’a jamais dit qu’il y avait un problème sanitaire. Elle a dit qu’il y avait un problème environnemental, de risque de dissémination, de résistance à des produits ou d’impact sur d’autres espèces« , a-t-elle expliqué.

« L’Afssa se prononce sur un sujet qui n’est pas celui de la clause de sauvegarde, donc cela ne remet pas en question la position de la France », a-t-elle ajouté.

Faisant par ailleurs remarquer que le MON810 fait l’objet d’une réévaluation au niveau européen, elle a estimé qu’il serait « totalement illogique de lever la clause de sauvegarde alors qu’on n’a pas finalisé cette procédure de réévaluation ».

« Des risques jugés sérieux pour l’environnement » Lire la suite

OGM : « Il n y a pas assez de science dans ce domaine »

metrofrance.com, Yvon Le Maho, le12 février 2009

OGM : « Il n y a pas assez de science dans ce domaine »

Interview d’Yvon Le Maho, directeur de recherche au CNRS, auteur d’un rapport sur le MON 810 pour le compte du gouvernement.

Le Figaro a publié ce matin des extraits d’un rapport de l’Agence française de sécurité des aliments (Afssa) qui conclut à l’innocuité pour la santé du maïs MON 810. La culture de cette plante génétiquement modifiée est interdite en France depuis l’activation de la clause de sauvegarde demandée par le gouvernement français à l’Union européenne en janvier 2008 et appuyée par un rapport élaboré par le professeur Yvon Le Maho membre de l’Académie des sciences. Dans ses conclusions, le rapport de l’Afssa affirme que le « rapport du Pr le Maho n’apporte aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité sanitaire des maïs portant l’événement MON810 ». Réactions d’Yvon Le Maho.

Comment réagissez-vous à la publication du rapport de l’Afssa ?

J’en ai appris l’existence ce matin dans la presse. Mon rapport a été commandé par le gouvernement à la suite des critiques avancées par la firme Monsanto contre l’avis du comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM. Monsanto affirmait que l’innocuité pour la santé de l’homme et pour l’environnement du Mais MON 810 était prouvée. Mon rapport ne partage pas ce point de vue et relève des incertitudes qui justifient l’invocation du principe de précaution. Concernant les enjeux sanitaires, l’agence Afssa estime que nourrir un nombre limité de rats pendant 90 jours suffit à conclure à l’innocuité de ce produit sur la santé humaine. Moi, je pense que non. Puisque les Français sont inquiets des éventuels effets sur la santé des OGM, qu’on fasse des études plus longues !

L’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) estime que la France n’a pas apporté de preuves qui mettraient en cause l’innocuité du MON 810, pour justifier l’invocation de la clause de sauvegarde…

Comment apporter des preuves scientifiques de la nocivité de ce produit quand les études nécessaires pour le déterminer n’ont pas été faites. La clause de sauvegarde appliquée par la France se base sur des aspects environnementaux. Or, des chercheurs de l’Inra montrent, dans leurs études, que le problème de la dissémination ne peut pas être maîtrisé. Ce qui ne permet pas d’affirmer l’innocuité de ce maïs pour la faune et pour la flore, ni sa nocivité d’ailleurs. C’est pourquoi, mon rapport concluait à la nécessité d’appliquer le principe de précaution.
Comment se repérer alors dans cet affrontement d’avis contradictoires ?

Je ne suis pas un militant anti-ogm. J’y étais même plutôt favorable. Mais en tant que chercheur, je base mon jugement sur des critères scientifiques. Or, Lire la suite

Reeves et la Ligue ROC pour le « Green new deal »

Ligue ROC, Hubert Reeves, le17 février 2009

Alors que le PNUE tient son Conseil d’Administration et préconise un « Green new deal », la Ligue ROC, présente à Nairobi, affirme que la relance, plus que nécessaire, offre l’opportunité de considérer enfin la biodiversité pour ce qu’elle est vraiment : le socle indispensable du développement, de l’économie, de l’emploi et donc du bien-être humain dans le présent et le futur.

A condition de ne pas choisir entre le vivant et l’économie, entre la sauvegarde de l’environnement et la création d’emplois, mais de savoir saisir l’occasion offerte d’amorcer le nécessaire virage stratégique vers une économie plus sobre en ressources naturelles et davantage pourvoyeuse d’emplois.

Si « relance » voulait dire plus de consommation de ressources, plus d’émissions de CO2, plus de pollutions, de déchets, de barrières écologiques, de milieux naturels détruits et d’espèces sacrifiées, ce serait saper les bases du développement, qui ne serait alors plus durable, et préparer un autre crise, plus grave, plus dure et plus profonde encore.

Si « relance » veut dire investir dans des technologies sobres en énergies et en ressources, améliorer l’efficacité énergétique et optimiser l’usage des bâtiments et infrastructures existantes, encourager les modèles économiques innovants permettant de consommer moins de ressources naturelles, mobiliser des emplois pour une gestion de la biodiversité, pour des activités économiques respectueuses de la biodiversité, ou mieux, mettant en valeur les services écologiques, alors là, oui, nous avancerons vers ce nouveau développement économique et écologique soutenable. L’enjeu n’est plus la croissance du PIB, qui compte création et destruction à la même aune, mais bien la croissance du bien-être humain, dans un monde vivant riche de ses capacités d’évolution et de sa biodiversité.

Il s’agit de faire des choix. Les bons ! Oui, les marchés doivent être orientés, l’économie reconvertie, certains secteurs ayant déjà amorcé un déclin inexorable. Mais d’autres ne demandent qu’à se développer, et créer des emplois par dizaines de milliers : aménager les villes pour les rendre plus durables, les « renaturer », aménager les infrastructures écologiques de demain, notamment à travers la mise en oeuvre de la trame verte et bleue, développer les emplois de l’écologie industrielle, s’inspirer de la nature, par le biomimétisme, et innover durablement.

S’il faut de nouvelles infrastructures, elles devront être conçues et réalisées en respectant les habitats et les continuités écologiques. Cette nouvelle ingénierie, ces nouvelles techniques créeront elles aussi des emplois. L’agriculture doit dès maintenant se préparer au pétrole cher. Elle emploiera plus d’hommes et travaillera avec les écosystèmes, tout en utilisant moins de machines coûteuses et d’intrants, aux effets souvent ravageurs pour les fragiles équilibres des sols.

Les règles comptables publiques doivent prendre en compte l’état des ressources naturelles et des écosystèmes afin d’évaluer de façon plus pertinente les politiques publiques en regard des enjeux du développement durable. Les incitations publiques, dont la fiscalité, seront des instruments incontournables de cette transformation de l’économie. Elle doit progressivement peser plus sur l’énergie, les matières premières et les ressources naturelles, et moins sur le capital et le travail, afin de mobiliser les capitaux vers les innovations et les investissements nécessaires, et favoriser la création d’emplois dans tous les secteurs.

Préparer l’avenir ne signifie pas sacrifier le présent. Lire la suite

La baisse du trafic aérien

lesechos.fr, Bruno Trévedic, le17 février 2009

La baisse du trafic aérien menace les projets des grands aéroports

Si les compagnies sont en première ligne face à la chute du trafic aérien, les grands aéroports ne sont pas mieux lotis. Réunis en congrès à Londres en fin de semaine dernière, les membres de l’association des aéroports internationaux ACI, qui représente 65 % du trafic mondial, ont dressé un tableau plutôt sombre de la situation. A quelques exceptions près, tous ont vu leur activité piquer du nez dès le troisième trimestre 2008, avec un trafic passagers en baisse de 2 % en moyenne. Le plongeon s’est accentué en décembre, marqué par un recul de 5,6 % pour les passagers et de 19,7 % pour le fret. La chute atteint même 24,5 % pour le seul trafic cargo international. La seule exception reste le Proche-Orient, où le trafic passagers a encore augmenté de 6,5 % en décembre (+ 5 % à Dubaï). Mais même ces aéroports du Golfe enregistrent une forte diminution du fret (- 8 %).

Quant aux perspectives pour les prochains mois, elles n’ont rien d’encourageant. L’ACI a revu ses prévisions à la baisse et table désormais sur un recul de 4 % du trafic passager, avec une aggravation de la crise au premier trimestre « et une lente stabilisation du trafic durant le reste de l’année », selon son directeur général, Angel Gittens. « Nous prévoyons une croissance irrégulière en 2010, le véritable rebond n’arrivant pas avant 2011 », a-t-il ajouté. Comme les compagnies aériennes, les aéroports vont donc devoir s’adapter à une baisse de leurs recettes, directement liées au nombre de passagers à travers les redevances et les achats sur place. Mais, contrairement aux transporteurs, ils n’ont pas la possibilité de réduire leur offre.

ADP maintient ses investissements

« Quelle que soit la baisse du trafic, nous devrons continuer à rembourser nos dettes et à faire fonctionner les pistes et les aérogares au plus haut niveau de sécurité », souligne le directeur de l’ACI. Les aéroports ne pourront pas non plus se rattraper sur les redevances acquittées par les compagnies aériennes.

Les seules véritables économies risquent donc de se faire sur les investissements. Ce qui ne va pas sans soulever d’autres problèmes. Selon l’ACI, les dépenses d’investissement déjà engagées par les aéroports internationaux s’élèveraient au total à 50 milliards de dollars à fin 2008. Mais tailler dans ces programmes reviendrait à réduire la capacité future des grandes plates-formes. Or, selon les chiffres d’Eurocontrol, les investissements actuels des grands aéroports européens ne seraient déjà pas suffisants pour faire face au doublement prévu du trafic européen d’ici à 2020. Une hypothèse que la crise actuelle n’a pas encore remise en question. D’où la volonté affichée par certains, comme Aéroports de Paris, Lire la suite

La crise offre l’occasion de décarboner l’économie

Le Monde, Laurence Caramel, le 16 février 2009

Achim Steiner : « la crise offre l’occasion de décarboner l’économie »

Achim Steiner est directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’institution phare de l’ONU sur les questions d’environnement. Créé en 1972, le PNUE avec un budget de 58 millions de dollars en 2008 – inférieur à celui de l’ONG le Fonds mondial pour la nature – dispose de peu de moyens. A sa tête depuis 2006, Achim Steiner, 47 ans, a lancé en octobre 2008, une « initiative mondiale pour une économie verte » à laquelle il espère convertir les gouvernements et les entreprises. Le sujet sera au menu du Forum annuel mondial sur l’environnement organisé au siège de l’institution à Nairobi, du 16 au 20 février. Une centaine de ministres seront présents.

Depuis des mois, vous plaidez pour que les centaines de milliards de dollars injectés dans les plans de relance servent à créer une économie mondiale moins émettrice de gaz à effet de serre. Quel bilan en tirez-vous ?

Nous avons une opportunité historique de financer une économie mondiale décarbonée. Il y a urgence. Les coûts économiques associés au changement climatique deviennent de plus en plus lourds. La vulnérabilité des pays pauvres s’accroît et nous pourrions nous rapprocher très rapidement de ce que les scientifiques appellent le « point de bascule » au-delà duquel les conséquences du réchauffement deviendront difficilement gérables.

Jusqu’à présent, seuls quelques gouvernements ont répondu en partie de façon satisfaisante à cette situation. Cela est pour moi un motif d’optimisme mais l’enjeu est maintenant de changer d’échelle et de transformer ces initiatives éparpillées en programmes de grande ampleur.

Quelles initiatives vont particulièrement dans le bon sens ?

La Corée du Sud va consacrer 38 milliards de dollars (près de 30 milliards d’euros) à un « New Deal vert » qui permettra la création d’un réseau de transport écologique, la dépollution des quatre principaux fleuves du pays, des économies d’énergie dans l’habitat. Une part importante du plan de relance chinois est affectée à des investissements « verts ». Le Japon a également adopté un ambitieux programme pour développer les énergies renouvelables…

Relancer la croissance par la consommation, est-ce vraiment compatible avec la nécessité d’économiser les ressources naturelles ?

Tout dépend de quelle consommation on parle. Celle qui perpétue la vieille économie polluante, ou celle qui soutient une nouvelle économie « verte« . Des études ont montré qu’un climatiseur standard utilisé en Floride émet autant de CO2 qu’un Cambodgien pendant toute sa vie ou que le lave-vaisselle d’une famille moyenne européenne génère par an autant de gaz à effet de serre que trois personnes en Ethiopie. Cette consommation-là, je ne peux la soutenir.

Notre objectif doit être de réduire notre empreinte écologique. Il y a plusieurs manières d’y parvenir. Cela ne passe pas nécessairement par un changement de notre mode de vie. Les Japonais parlent, par exemple, d’une économie des 3R dans laquelle les matières premières sont utilisées en quantité Réduite, Réutilisées ou Recyclées. Tout y devient potentiellement matière première à commencer par les déchets.

Les différentes instances internationales chargées de traiter des questions environnementales ont peu de moyens et aucun pouvoir. La création d’une organisation mondiale de l’environnement est-elle enterrée ?

La réforme de ces différentes instances – dont le PNUE – reste un sujet de débat. Mais Lire la suite

Klaus : Solidarité avec les « bios » d’Aquitaine

Bio d’Aquitaine, le 17 février 2009

Solidarité avec les « bios » d’Aquitaine suite à la tempête Klaus

Le réseau Bio d’Aquitaine, suite à la tempête du 24 janvier suivie de celle du 9 février, lance un appel à la solidarité. En effet les suites de ces événements climatiques violents se révèlent tout particulièrement préjudiciables aux petites structures agricoles. Nombre de « cotisants solidaires » et agriculteurs de la filière bio n’ont pas la possibilité d’assurer leur outil de travail et ne seront donc pas indemnisés.

Un compte bancaire a donc été ouvert sur lequel vous pourrez envoyer votre participation à la remise en état de ces exploitations sinistrées. Les fonds seront attribués, en priorité bien entendu, aux investissements les plus urgents et aux situations les plus critiques.

Les détails de cette action seront édités régulièrement sur le site internet de Bio d’Aquitaine. Nous nous tenons à votre disposition pour toutes précisions utiles.

Adressez vos chèques libellés à l’ordre de « Bio d’Aquitaine solidarité »

à l’adresse suivante : Lire la suite

PNUE : L’écologie malgré la crise

lejdd.fr, Gaël Vaillant (avec Reuters), le 16 Février 2009

L’écologie malgré la crise

Alors que les ministres de l’Environnement d’une centaine de pays membres de l’ONU sont réunis de lundi à vendredi à Nairobi, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUE) a exhorté le G20 de lancer un « New Deal écologique ». Dans son rapport annuel, plutôt pessimiste, les scientifiques du PNUE affirment que la lutte contre le réchauffement climatique est inefficace.

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« Le changement climatique n’a rien à voir avec la météo »

Poznan: « On a perdu notre temps »

« Notre Terre est en danger! » Telle est la conclusion du rapport annuel du Programme des Nations unies pour le développement (PNUE), présenté lundi en ouverture du Forum ministériel mondial sur l’environnement (FMME) qui se tient à Nairobi, au Kenya, jusqu’à vendredi. Le rapport du PNUE, créé en 1972 à l’issue de la première Conférence de l’ONU sur l’environnement, analyse les différentes initiatives entreprises ces dernières décennies. Selon eux, les gaz à effet de serre dans l’atmosphère – dont le stock a crû de près d’un tiers depuis un siècle et demi – emmagasinent toujours de la chaleur et menacent de provoquer inondations, sécheresses, canicules, montée des océans et extinctions d’espèces.
Plus pessimiste d’année en année, le rapport conclut: « Les efforts récents pour réduire la pollution, protéger les forêts et prévenir le réchauffement de la planète ont échoué. » Il recommande donc de s’inspirer du « New Deal » – la « nouvelle donne » grâce à laquelle Franklin Roosevelt avait réussi à sortir les Etats-Unis de la crise économique des années 30.
« Nous sommes confrontés à une situation sans précédent : le changement climatique pourrait bien être une évolution économique plus importante que ce qui se passe à Wall Street, sur les marchés financiers ou dans nos industries« , a déclaré le directeur exécutif du PNUE, Archim Steiner, en ouverture du Forum de Nairobi.

Remplacer Kyoto

En ligne de mire, Steiner vise les dirigeants du G20 qui doivent se réunir en avril prochain, à Londres. Entre deux réunions sur la crise financière et économique, le G20 examinera, le temps d’une courte session, les conclusions du Forum de Nairobi. Les ministres de l’Environnement de l’ONU devraient fortement s’inspirer des propositions du PNUE.
L’idée d’un « New Deal écologique » est exposée depuis deux ans dans la plupart des sommets internationaux – grâce notamment à Al Gore qui évoque souvent l’expression. Au premier semestre 2008, la crise alimentaire, due, à l’origine, à de mauvaises récoltes, avait forcé de nombreux dirigeants politiques à envisager une initiative commune contre le réchauffement climatique sur le long terme. Mais la crise économique du second semestre a balayé toute préoccupation écologique. Le protocole de Kyoto arrive pourtant à échéance. Le G20 doit préparer le terrain en prévision du sommet de Copenhague, en décembre 2009, où Lire la suite

Bassin d’Arcachon : L’eau en partage, débats le 12 mars

Bassin d’Arcachon : L’eau en partage, le 12 mars 2009, parlons-en !

Ateliers – Rencontres & Débats au Palais des Congrès d’Arcachon

L’eau du Bassin d’Arcachon est une richesse naturelle partagée par tous. C’est à nous, professionnels, habitants, usagers et élus de protéger notre trésor, ce milieu fragile et unique

Dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Eau, le SIBA organise, pour et par les habitants du Bassin d’Arcachon, une journée pour mieux comprendre les enjeux écologiques liés à cette richesse : l’eau en partage … parlons-en !

Mais dire, c’est faire :

Le but de cette journée est de proposer des pratiques concrètes au sein d’ateliers – rencontres, pour entrer dans une nouvelle ère, où l’homme, en changeant quelques habitudes, reprendra sa juste place dans la nature.

Arrêtons de culpabiliser : décidons ensemble et agissons ! Tout se joue entre nous !

Tout un programme !

 9h00 – 16h00 : Animations pédagogiques pour les scolaires,

14h30 – 17h00 : Forum des professionnels,

17h00 – 19h00 : Ateliers – Rencontres pour les habitants du Bassin (Entrée libre et gratuite – sans réservation)

20h30 – 22h30 : Soirée Débat « l’eau en partage : tout se joue entre nous ! » (Entrée libre et gratuite – sans réservation)

Toute la journée : ANIMATIONS POUR LES SCOLAIRES

L’accueil des scolaires est prévu dans le cadre de la Journée « l’Eau en partage ». Des animations leur sont spécialement dédiées. Nos partenaires sont les suivants : l’Association OCEAN, la Maison de la Nature du Bassin d’Arcachon, le Centre de Mer d’Andernos-les-Bains, la Fédération des Sociétés pour l’Étude, la Protection et l’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest (SEPANSO), la Section Régionale Conchylicole d’Aquitaine, l’Association des femmes de mer en partage et le Lycée de la Mer de Gujan-Mestras.

ANIMATION 1 : Prélèvement d’eau du Bassin et analyse des nitrates

Thèmes abordés : évocation du ruissellement des eaux pluviales, des rejets et de leurs conséquences pour l’environnement… Animateur : Association OCEAN

ANIMATION 2 : Pêche de plancton à l’aide d’un filet  et observation de ce plancton à la loupe binoculaire

Thèmes abordés : richesse et importance du plancton dans la chaîne  alimentaire, évocation de l’huître… Animateur : Association OCEAN

ANIMATION 3 : Parc ostréicole GRANDEUR NATURE (sous forme d’un jeu de l’oie)

Thèmes abordés : développement de l’huître, facteurs de développement … reconstitué sur la plage d’Arcachon avec la participation du Lycée Animateurs : Association OCEAN et Section Régionale Conchylicole (SRC) de la Mer de Gujan-Mestras.

ANIMATION 4 : Animation liée aux oiseaux d’eau du Bassin d’Arcachon

Thèmes abordés : becs, pattes, rôle du plumage… Animateur : Maison de la Nature du Bassin d’Arcachon     

ANIMATION 5 : Animation liée à la faune et à la flore des vasières

Thèmes abordés : laisse de mer, classification, tri des espèces… Animateur : Maison de la  Nature du Bassin d’Arcachon           

ANIMATION 6 : L’eau et le vivant : écosystème du Bassin d’Arcachon

Thèmes abordés : classification des êtres vivants marins…Animateur : Centre de Mer d’Andernos-les-Bains              

ANIMATION 7 : La faune cachée du Banc d’Arguin 

Thèmes abordés : coquillages, traces d’animaux… Animateur : SEPANSO        

ANIMATION 8 : Pierre MOLLO, enseignant

Thèmes abordés : goutte d’eau du Bassin observée au microscope Animateur : Pierre MOLLO « donner à voir, c’est déjà donner à comprendre »

Mais aussi des films, des expositions et une rencontre avec le skippeur Jean-Marc MEUNIER, qui part pour une traversée de l’atlantique en Kitesurf et partagera avec les enfants son expérience…

Pour l’occasion, le transport et le transfert en bateau des écoles du Nord Bassin, vers la jetée d’Arcachon, est offert par l’Union des Bateliers Arcachonnais (UBA) !
14h30  FORUM DES PROFESSIONNELS

Cette première session propose des rencontres « techniques », en simultané, Lire la suite

Origines communes des crises économique et écologique

Observatoire international de la dette, François Chesnais, le 15 février 2009

Les origines communes de la crise économique et de la crise écologique

1. L’une des traits majeurs de la situation qui s’est ouverte depuis 2007, est la conjonction entre la crise économique mondiale et la progression de la crise climatique et de ses effets sociaux mondiaux gravissimes. S’y ajoutent ceux de la crise alimentaire provoquée très largement de façon directe par les politiques commerciales mises en œuvre depuis vingt ans. La rapidité avec laquelle la crise climatique progresse et touche les populations des pays les plus pauvres et vulnérables, signifie que celles-ci vont subir les impacts combinés de la récession mondiale, du réchauffement et des effets des politiques agricoles imposées à de si nombreux pays. On peut être sûr qu’une question qui met en cause la civilisation comme telle, va être traitée par les gouvernements comme une question de maintien de l’ordre, tant au plan national qu’international (voir les mesures de l’UE contre l’immigration). Mais dans certaines parties du monde, les effets des changements climatiques, mais aussi les résistances populaires qu’ils provoqueront seront sans doute si forts qu’ils rejailliront sur l’économie et aggraveront la récession.

2. La conjonction entre la crise économique mondiale et la progression de la crise climatique et surtout sa gravité n’est pas totalement fortuite. Les racines de ces deux crises sont les mêmes, à savoir la nature du capital et de la production capitaliste. Mais ce sont seulement la libéralisation et la déréglementation du capital et, partant, sa mondialisation complète et sa financiarisation exacerbée, qui ont fait apparaître cela clairement. Ce sont ces mêmes processus, qui expliquent d’un côté, les traits originaux de la crise, où la surproduction de marchandises et la suraccumulation de capacités de production se combinent avec un effondrement d’un montant gigantesque de capital fictif, et de l’autre l’accélération des émissions mondiales de CO2 après que leurs effets sur le climat eurent été établis.

3. Le temps du changement climatique sous l’effet des émissions de CO2 (que celles-ci en soient la seule cause ou qu’elles l’accélèrent de nombreuses décennies et aggravent qualitativement un cycle climatique multiséculaire ne change rien à la nature centrale de ce fait) et le temps de l’accumulation du capital en longue période, qui est aussi celui de l’accumulation de ses contradictions internes jusqu’au moment où elles ne peuvent plus être contenues, sont des temps très différents. Dans le cas de la longue accumulation à laquelle la crise met fin, on peut considérer qu’elle débute à la fin des années 1950. Dans le cas de la production de gaz à effets de serre et de leur concentration dans l’atmosphère, on en fait généralement remonter l’origine à la diffusion internationale de la révolution industrielle et de l’usage du charbon à très grande échelle à la fin du 19e siècle. On a donc affaire à des temps de maturation très distincts.

4. Mais on note deux choses. D’abord l’accélération des émissions qui commence également dans les années 1970 vers la fin des « trente glorieuses », et surtout à partir du début des années 1990, alors que le premier rapport du GIEC a été publié, l’espèce de « course vers l’abîme » qui s’engage au plan du changement climatique, avec ses conséquences chaque jour plus claires. Or c’est aussi au début des années 1990 que commence le recours de plus en plus systématique à l’ensemble des mécanismes destinés à soutenir l’accumulation et à contenir les crises financières. Ce sont eux qui ont retardé la crise commencée en août 2007 et qui en expliquent maintenant la profondeur. On y revient plus loin dans le texte et on en explique les implications sur le plan écologique. Lire la suite

Climat : l’avertissement des experts

novethic.fr, Maxence Layet,  le 4 février 2009

Climat : l’avertissement des experts

Le consensus est net. Plusieurs ouvrages, parus entre la fin 2008 et début 2009, aboutissent aux mêmes conclusions. Il reste moins d’une décennie pour obtenir une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Au-delà, la réaction en chaîne climatique, visible en moins de deux générations, deviendra incontrôlable.

Banle-bas de combat ! Côté climat, les avertissements pleuvent en ce début d’année et s’inscrivent dans une véritable convergence internationale. Un consensus notamment relayé par le Worldwatch Institute, un organisme américain de recherche environnemental. « Nous avons le privilège de vivre à un moment de l’histoire où nous pouvons prévenir une catastrophe climatique qui rendrait la planète hostile au développement de l’homme et de son bien-être, » rappelle ainsi Robert Engelman, l’un des directeurs de l’ouvrage « State of World 2009 » rédigé par 47 experts. Le plus grand nombre jamais rassemblés au sein de l’état des lieux annuel du Worldwatch Institute. Parue mi-janvier 2009, sa 26e édition se consacre à « un monde qui se réchauffe ». Selon ce panel d’experts, le temps manque pour suffisamment réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le calme avant la tempête…

Depuis le milieu du 18e siècle, les températures moyennes ont déjà globalement augmenté de 0,8°C. Un degré supplémentaire est d’ores et déjà attendu du fait de l’inertie thermique de la planète et des quantités de GES accumulés entretemps dans l’atmosphère. « Le monde va devoir réduire ses émissions plus drastiquement que prévu, résume le Worldwatch Institute, pour essentiellement ne plus émettre de C02 d’ici 2050 si l’on veut éviter une perturbation catastrophique du climat mondial. » Pour l’un des auteurs du rapport, le climatologue William Hare, il est même impératif que les émissions déclinent au point de devenir négatives après 2050. Sous peine de déclencher un emballement des températures et un compte à rebours climatique lourd de menaces.

A lire les scénarios du quatrième rapport de synthèse du GIEC, le groupe international d’experts de l’évolution du climat, la hausse des températures d’ici 2100 serait comprise entre + 1,1 et + 6,4 C°. C’est l’échelle adoptée par le journaliste Mark Lynas pour détailler dans « Six degrés » (Dunod) les multiples conséquences du réchauffement climatique. Acidification des océans et disparition du plancton, longues périodes de sécheresse, pénurie d’eau douce, érosion des sols et de la biodiversité, zônes côtières condamnées à être submergées… Son voyage dans le temps, au-delà des 2 degrés, se transforme en enfer sur Terre. « Les rétroactions climatiques lentes – retrait des glaces, modifications du cycle du carbone – sont désormais mieux prises en compte. Toutes tendent à confirmer l’urgence de réestimer le taux de réchauffement prévu, » écrit le journaliste britannique. Il nous reste moins d’une décennie pour commencer à réduire nos émissions. »

Deux degrés, point de bascule ?

Pour le GIEC, c’est bien en 2015 que les émissions globales doivent culminer si l’on veut que les concentrations CO² ne dépassent pas les 400 ppm (parties par million) et que les températures n’augmentent pas de plus de deux degrés. Au-delà, l’Amazonie va se transformer en désert et les sols gelés de Sibérie et du Canada « dégazer » de grandes quantités de méthane, amorçant la spirale du réchauffement. Un cercle vicieux impossible alors à réfréner.

Stabiliser le CO2 atmosphérique sous la barre des 400 ppm demande de baisser les émissions de GES de 60 % sur les dix prochaines années. Malheureusement, Lire la suite

Climat : Ca chauffe pour les grands crus…

mescoursespourlaplanète.com, le 4 février 2009

Ca chauffe pour les grands crus…

Certains nectars parmi les meilleurs et les plus célèbres du monde risquent tout bonnement de devoir fermer boutiques et vignobles au cours des cinquante prochaines années, si l’on en croit un article publié par The Guardian dans la foulée de la seconde conférence sur le réchauffement climatique et le vin, qui s’est tenue au printemps 2008 à Barcelone. Car le caractère d’un grand vin (et plus encore des grandes années des grands vins) tient à trois facteurs en plus du choix du cépage : la nature de son sol et de son sous-sol, l’exposition du vignoble et le climat. Problème : en 2050, selon une étude menée par l’université de l’Oregon dans 50 régions viticoles mondiales, il fera 1,2°C de plus dans le Bordelais, et 2°C de plus en Toscane – des climats comparables à ceux d’Afrique du Nord aujourd’hui. Conséquence ? Les raisins arriveront plus vite à maturité, leur teneur en sucre et donc le taux en alcool des vins augmenteront (les Medoc des années 40 titraient entre 11 et 11,5 % d’alcool, contre 13 ou 13,5 % aujourd’hui) – ce qui devrait leur enlever une partie de la subtilité et de la complexité  qui ont fait leur réputation. De nouvelles techniques de culture seront requises pour contrer les caprices du climat, et l’irrigation devrait être introduite dans les régions de production traditionnelles en Europe. Seule autre alternative : délocaliser la production vers des régions plus favorables, car baignées par des courants froids, comme la Nouvelle Zélande, le Chili ou l’Argentine… voire même la Chine, qui est d’ores et déjà le 7ième producteur mondial de vins. Certains propriétaires de grands crus français ont pris les devants Lire la suite

Changer de société ?!

agoravox.fr, Caramelle, le 14 février 2009

Changer de société ?!

« La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion. » Pierre Rabhi

Quoi de plus séduisant au demeurant quand on devine ce que Pierre Rabhi veut dire par là.

Mais, quoi de plus périlleux aussi, si l’on passe sans se poser la question fondamentale du changement… de paradigme et d’utopie.

Nombreux sont ceux qui aujourd’hui entendent la crise comme une opportunité de changement. Et j’en suis ! Mais prenons le temps de la réflexion car il s’agit rien de moins que de changer de cap ! Et c’est énorme !

Je m’empresse de dire ce qu’est mon postulat : on voit ce que l’on croit et non pas l’inverse, telle est ma conviction !

C’est ce qui me fait parler d’utopie et de paradigme plutôt que de l’homme ou de la société tels qu’ils sont car en réalité on ne les voit jamais tels qu’ils sont mais plus simplement, comme on les voit… avec nos yeux, nos prismes déformants et nos partis pris… Et notre regard est indissociable de nos perceptions !

Sur quelle base donc « refonder » notre société ?

C’est à nous tous collectivement d’en décider (c’est l’étymologie même du mot « crise »)… du moins d’en échafauder les principes tant il est vrai que nos gouvernants sont très majoritairement désorientés face à cette crise, notamment en France.

Il n’est que d’écouter les discours présidentiels qui s’enchaînent et se contredisent quand ils ne mettent pas en avant des annonces sans liens entre elles… Je passe sur la suppression des taxes professionnelles si franco-françaises et l’énormité de la question de la mondialisation et des délocalisations… C’est perdre quelque peu le sens des réalités et des proportions, me semble t’il.

Quoi qu’il en soit, quel aveu de désarroi !

De « il faut promouvoir la retraite par capitalisation » ou encore « il faut développer le principe des stock-options » ou de « je veux une France de propriétaires »… même et surtout grâce au crédit… nous sommes soudainement passés à « il faut refonder le capitalisme, le moraliser », « la spéculation c’est fini, le marché qui a toujours raison, c’est fini… », « le monde est passé à deux doigts de la catastrophe, on ne peut pas prendre le risque de recommencer », « comment ceux qui nous ont mis dans cette situation sont-ils légitimes à nous montrer le chemin pour en sortir ? ».

En effet, je vous retourne la question. N’est-ce pas Monsieur le Président, n’est-ce pas Monsieur Messier ?!

Et comment peut-on encore prédire une sortie de crise milieu 2010 ? Personne n’en sait fichtre rien ! On peut tout juste intuitivement se douter que se sera bien au-delà car il ne s’agit pas d’une seule crise financière ni économique…

Arrêtez là vos élucubrations et laissez-nous réfléchir un peu sérieusement à la question de ce que nous voulons devenir ensemble plutôt que de se demander quand on va pouvoir reprendre vos fâcheuses habitudes !

Il faut nous rendre à ce constat, c’est à la société civile de proposer des pistes et comme j’ai eu l’occasion de le dire dans un précédent article ne pas se laisser confisquer cette indispensable réflexion.

Dans les années 70, on voulait « changer LA société » ; aujourd’hui nous nous trouvons dans l’obligation de changer de société… comme l’on change de civilisation, en tournant la page, assez brutalement et sans que le système de substitution n’ait été réellement pensé par avance…ni n’ait fait l’objet d’un quelconque consensus. On avance en marchant dit-on…

Un changement de société ne se décrète pas, mais Lire la suite

Il faut une discrimination positive à l’égard du “durable”

la-croix.com, Aude Carasco, le13 février 2009

« Il faut une discrimination positive à l’égard du “durable” »

Pour Jean Gadrey, économiste, membre de la commission Stiglitz (1), la crise doit accélérer une réorientation de l’économie vers des activités de proximité

La Croix : Le « Made in près de chez soi » connaît un regain d’intérêt avec la crise. Cela peut-il être durable ?

Jean Gadrey : La relocalisation d’une partie de l’économie va devenir une nécessité, avec la crise écologique. Le fait de faire circuler sur des milliers de kilomètres des produits finis, intermédiaires ou agricoles, a accentué les problèmes environnementaux, sans résoudre la crise alimentaire. Cela a aussi accentué la crise économique que nous connaissons.
Ces constats devraient pousser les organisations internationales à développer l’agriculture paysanne, la production vivrière et d’autres types d’activités de proximité.

Quels types d’emplois pourraient être générés ?

Nous avons besoin d’une reconversion de l’agriculture industrielle vers une agriculture durable de proximité. Il y a moins d’un million d’emplois dans l’agriculture en France. Et seul 1,7 % du territoire est occupé par des fermes bio, contre 10 % en Autriche. D’ici à trente ans, une agriculture durable et bio pourrait générer de un à deux millions d’emplois, dont l’essentiel serait des emplois d’agriculteurs autour des agglomérations.

Cela supposerait une vraie politique publique, nationale et européenne, qui favorise les circuits courts et établisse une discrimination positive en faveur du durable, via des aides publiques, des taxes sur les activités polluantes, une réorientation de la politique agricole commune.
Les énergies renouvelables constituent aussi un vivier d’emplois non délocalisables. Selon NégaWatt, le développement de ces énergies permettrait d’adjoindre 600 000 emplois dans le secteur des énergies et de la réhabilitation des logements.

D’autres emplois disparaîtraient dans le même temps…

Le fait de diviser par quatre ou cinq d’ici à 2050 nos émissions de C02 suppose d’organiser la décroissance de la société de l’automobile, des hypermarchés, du tourisme, du secteur aérien, des industries polluantes.

Si on s’y prend à temps, il est possible de reconvertir ces personnes dans l’agriculture de proximité et de qualité, les énergies, les bâtiments réorientés et les transports en commun.

Le plan de relance français va-t-il dans ce sens ?

La crise pousse les responsables politiques à remettre à plus tard les objectifs de développement durable. Les plans de relance auraient dû servir à réorienter plus vite l’économie vers le durable. Il ne fallait pas donner de l’argent public sans injonction sur les changements de cap. Cela revient à créer les conditions d’une crise encore plus grave plus tard.

Peut-on réorienter l’économie sans qu’il y ait de croissance ?

Garder les yeux sur la croissance est le plus sûr moyen d’enchaîner les crises. Nous avons besoin de repères nouveaux. La crise est liée à l’excès des inégalités et de la précarité. Des indicateurs doivent nous aider à remettre l’économie à sa place en lui fixant d’autres caps, que sont la cohésion sociale, la simplicité. C’est l’objectif fixé à la commission Stiglitz, qui remettra ses conclusions fin avril.

On a atteint un tel degré d’inégalité qu’aujourd’hui le patrimoine réuni (hors résidence principale) des dix millions de millionnaires de la planète atteint 40 000 milliards de dollars, alors que ces millionnaires ne représentent que 0,1 % de la population mondiale. Lire la suite

Castillon la Bataille veut sa déviation

Sud-Ouest, Jean-Paul Vigneaud, le 14 Février 2009

CASTILLON-LA-BATAILLE. Le Conseil municipal demande la remise en route rapide du dossier et de la concertation

Castillon veut sa déviation

 

On pensait les débats sur les projets routiers et autoroutiers en Gironde en sommeil pour longtemps. Eh bien non ! Voilà celui sur la déviation de Castillon-la-Bataille qui redémarre.

Cela fait vingt-cinq ans que l’on parle de cette voie de contournement sur la D 936 (Bordeaux-Bergerac), bientôt dix ans que l’on écrit qu’elle « va se réaliser » et aujourd’hui tout est remis en question. C’est Philippe Madrelle, lui-même, qui a annoncé l’arrêt des démarches aux élus du canton de Castillon, réunis à Sainte-Colombe, mi-décembre. « Nous ne pouvons pas aller à l’encontre des communes et des associations qui y sont opposées. » Les membres de la Sepanso et de l’association de défense de la vie et de l’environnement autour du pas de Rauzan ne pouvaient pas mieux espérer. Depuis des mois, ils ferraillent contre le projet. Avec deux recours devant le tribunal administratif à la clé.

Pour les élus, en revanche, l’annonce de Philippe Madrelle a eu l’effet d’une douche froide. « Abandonner le projet, ne serait-ce que quelques mois, c’est le condamner définitivement. Il faut absolument le relancer », déclare Michel Holmière, maire (proche de l’UMP) de Castillon-la-Bataille. Ce dernier en a marre de voir passer les voitures et camions dans Castillon. « 35 000 véhicules par jour, c’est non seulement un bruit insupportable mais aussi des risques d’accident permanents. »

Une motion

Aussi, a-t-il relancé le débat en faisant voter par l’ensemble du Conseil municipal une motion demandant au président du Conseil général « la reprise de la phase opérationnelle du projet » et réclamant « la mise en place d’un processus réel de concertation permettant des aménagements qualitatifs, de nature à satisfaire les communes riveraines du projet. »

Bien que de sensibilité politique différente, Guy Marty, le conseiller général PS du canton, partage ce point de vue. « Il faut nous remettre autour d’une table, préconise-t-il lui aussi. Pour revoir le projet, faire en sorte qu’il réponde aux souhaits de la population et colle mieux aux nouvelles règles en matière de protection de l’environnement. »

L’élu proche de Philippe Madrelle ne cache pas, toutefois, que la mise au placard momentanée du dossier ne découle pas seulement des oppositions rencontrées. Il y a également des contraintes budgétaires. Au vu de la situation actuelle, le Département a dû revoir ses priorités et donc faire de nouveaux choix.

Ainsi, la déviation de Castillon ne serait pas condamnée mais seulement remise à plus tard. « Plus tard oui, mais relativement vite », souligne Gérard César, conseiller général UMP et président de la Communauté de communes Castillon-Pujols. « Avec Guy Marty, nous sommes sur la même longueur d’onde concernant ce dossier. Nous nous sommes battus pour avoir cette déviation (comme pour celle de Sainte-Foy-la-Grande), nous nous battrons encore pour qu’elle se réalise. »

Pour le sénateur, cette route n’est pas seulement indispensable pour désengorger Castillon-la-Bataille, elle est tout aussi nécessaire pour son avenir. « Les entreprises ont besoin d’axes rapides pour travailler. En plus, en bordure de déviation, nous envisageons de créer une zone d’activité économique. »

Opposants : oui, mais

Francis Ruffié qui, avec Fabian Barnes, anime l’association des opposants de Mouliets, ne se dit pas hostile à une reprise de débat. À une condition tout de même Lire la suite

Val de Leyre : L’Avecicm met un terme à ses activités

Sud-Ouest, Bernadette Dubourg, le 13 Février 2009

VAL DE L’EYRE. L’association créée il y a 10 ans pour lutter contre un projet d’incinérateur d’ordures, a été dissoute lundi. Ses membres rejoignent d’autres associations

L’Avecicm a choisi de mettre un terme à ses activités

L’association du Val de l’Eyre contre l’implantation d’un centre de mâchefer, plus connue sous le sigle Avecicm, n’existe plus.

L’association, créée il y a tout juste dix ans par une poignée de citoyens militants pour lutter contre le projet d’un centre de déchets, a été dissoute lundi soir lors d’une assemblée générale extraordinaire. Retour sur dix ans de militantisme citoyen et sur les raisons de cette dissolution avec le président fondateur de l’Avecicm, Philippe Mora.

« Sud Ouest ». Pourquoi l’Avecicm a-t-elle été créée, le 5 mars 1999 ?

Philippe Mora. Nous étions opposés à un projet dangereux d’installation d’un centre de maturation et de stockage de résidus d’incinération des ordures ménagères, au bord de la Leyre, entre Salles et Belin-Beliet. Nous étions un groupe de citoyens, nous avions été alertés par des personnes qui avaient eu connaissance de ce projet, approuvé par les maires de l’époque de Salles et Belin-Beliet.

Qu’est devenu de projet ?

Il a été abandonné au bout d’un an. Grâce, notamment, à notre mobilisation. L’Avecicm a tout de suite pris de l’ampleur. Nous étions une quinzaine à sa création. Un an après, il y avait 250 adhérents.

On se retrouvait régulièrement sur les marchés, lors de réunions publiques. Au-delà de notre opposition à ce projet, nous voulions promouvoir le traitement écologique des déchets.

Après l’abandon du projet, quelle était la raison de demeurer de l’association ?

En 2000, nous nous sommes opposés à un projet d’incinérateur des ordures ménagères à Biganos, sur le site de Smurfit. On a refait la même chose, avec une équipe renouvelée. Cinq mois après, le projet a été abandonné. Pendant les huit années suivantes, nous avons maintenu notre vigilance afin qu’il n’y ait pas d’incinérateur « ni ici, ni ailleurs », c’était notre devise. Notre action a dépassé le cadre du Val de l’Eyre et du bassin d’Arcachon pour s’étendre à toute la Gironde. Nous avons ainsi rejoint le collectif des déchets girondins.

Quelle était votre motivation ?

Nous n’avons cessé de promouvoir des méthodes alternatives au traitement des déchets, aussi bien dans la réduction, en amont, que dans le recyclage, en aval.

Pourquoi cesser votre action ?

Nous avons obtenu satisfaction l’an dernier lorsque le Conseil général a décidé qu’il n’y aurait pas d’incinérateur dans le département. Nous avons atteint cet objectif.

Pourquoi choisir de dissoudre l’association ?

L’an dernier, nous avons souhaité passer le flambeau à une nouvelle équipe, renouveler le conseil d’administration de 15 membres comme le prévoient nos statuts. Mais les volontaires n’étaient pas assez nombreux.

Nous avons donc préféré dissoudre l’association. Mais chacun poursuit son engagement citoyen. Nous allons rejoindre d’autres associations. Lire la suite

Animations culturelles Océan 1er semestre 2009

océan.asso.fr, Bègles, Activités culturelles proposées de février à juin 2009

Samedi 14  février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
L’Océan  
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Mercredi 18 février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
Le fleuve et la rivière
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Jeudi 19  février 2009, 18h30-20h
Conférence-diaporama Aquaforum
Les réseaux d’eau : une infrastructure invisible mais vitale, Bernard Brémond, CEMAGREF, Unité: Réseaux, épuration et qualité des eaux
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Samedi 21  février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
Le fleuve et la rivière  
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Dimanche 22 février 2009,10h-17h
Excursion Environnement & Histoire : L’estuaire de la Gironde et Fort-Médoc : un bastion de la mer.  
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Mercredi 25 février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
La flore en bord de Garonne
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Jeudi 26 février 2009, 18h30-20h
Conférence-diaporama Aquaforum
Quel avenir pour les poissons migrateurs ?, Géraldine Lassalle, CEMAGREF, Unité : Ecosystèmes estuariens et poissons migrateurs amphihalins
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Samedi 28  février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
La flore en bord de Garonne 
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Dimanche 1 mars 2009, 14h-17h
Sorties culturelles Environnements : La Pimpine et ses environs, découverte de la nature au printemps 
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Dimanche 1 mars,14h-17h
Excursion Environnement & Histoire : La Pimpine et ses environs, Lire la suite

Bordeaux-Arcachon : ça roule fort pour le TER

Sud-Ouest, Bernadette Dubourg, le 13 Février 2009

TRANSPORTS. La fréquentation du TER a augmenté de 35 % depuis le mois de juillet

Bordeaux-Arcachon : ça roule fort pour le TER

Six mois après l’entrée en vigueur du cadencement sur la ligne TER Bordeaux-Arcachon, le comité de suivi a dressé un bilan, hier soir au Teich. Hasard du calendrier : c’est hier matin que le guichet a rouvert à la gare de Marcheprime, qui en était privée depuis vingt ans. Il est provisoirement installé dans un bungalow, le temps que les travaux de réaménagement de la gare soient achevés. D’ici à juin.

Marcheprime, 1 mn d’arrêt

Il faut dire que depuis la mise en place du cadencement en juillet dernier, 43 trains s’arrêtent à Marcheprime contre 30 auparavant, et 700 passagers montent ou descendent du train chaque jour.

« Le cadencement est un succès en terme de fréquentation, nous avons 800 passagers de plus par jour sur l’ensemble de la ligne », assure Philippe Buisson, vice-président du Conseil régional, en charge du TER.

Selon les indications de Régis Chanteau, de la Région, la fréquentation a augmenté de 35 % depuis juillet. Il y a jusqu’à 500 voyageurs par train au départ d’Arcachon, le matin. « Ce n’est pas la cadencement qui a augmenté la fréquentation, c’est le nombre de trains supplémentaires et l’étalement dans la journée, tempère Jean-Claude Duhart, président du Cobartec. La régularité aurait augmenté de 81 à 85 %. Pourtant, 334 trains (sur 15 000) ont été supprimés l’an dernier dont 238 en raison de mouvements sociaux. Le reste, c’était le mauvais temps, des incidents sur les machines ou des maladies, comme cet hiver encore. »

Alain Petitpoisson convient, au nom de la SNCF, que « l’insatisfaction des passagers s’aggrave face au manque de places et à l’absence d’information en cas de perturbation. »

Rien en gare de Croix-d’Hins

L’absence d’arrêt à la gare de Croix-d’Hins cristallise aussi le mécontentement des habitants de ce hameau entre Marcheprime et Gazinet-Cestas, ainsi que des élus. Il y avait encore quatre arrêts avant le cadencement. Il n’y en a plus aucun depuis juillet. Selon une enquête, 140 personnes sont pourtant prêtes à prendre le train pour Bordeaux ou Arcachon.

La Région a rouvert le dossier, « sans remettre en cause le cadencement ». Lire la suite

Le Samovar à Bx 15 et 16 février : culture et contes

Les prochains rendez vous du Samovar :

Lundi 16 février à 19 h

Soirée thématique du Samovar : La culture a aussi ses petits producteurs !!!

Rencontre discussion avec Guillaume Trouillard, auteur-dessinateur et éditeur de bandes dessinées

Uniformisation, production de masse … peut-il encore y avoir une production culturelle indépendante ?

Guillaume Trouillard nous parlera de son expérience d’éditeur auteur indépendant (Les éditions de la Cerise, avec notamment Colibri, mais aussi plein d’autres titres géniaux), de l’évolution du secteur du livre, du rapport à la culture et à la consommation …

Un moment pour discuter et échanger sur toutes ces questions.

Tout savoir des éditions de la cerise : www.editionsdelacerise.com

Dimanche 15 février à 16h

3ème rendez-vous des Contes du Chaudron : Mary Myriam

Pour Mary Myriam le conte est un prétexte à partager un instant de   rêve de bonheur et de plaisir par la magie des mots clamés, susurrées délectés, articulés en écoutant ce que toutes ces histoires disent de nous. C’est  une visite de son répertoire au rythme de la cuillère qui tourne dans le chaudron qu’elle nous proposera!!

Entrée libre, chapeau pour les artistes.

Merci d’arriver assez tôt, la jauge étant limitée !!!
Le Samovar salon de thé et de lecture coopératif et solidaire

18 rue Camille Sauvageau, 33800 Bordeaux,

ouvert tous les jours sauf le mercredi    

mardi, jeudi, vendredi de 10h30 à 20h00

samedi, dimanche, lundi de 9h à 20h

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L’empreinte écologique de Google exposée

etopia.be, le 12 février 2009, publié sur Euractiv, le 14 janvier 2009, traduction pour Etopia, Valérie Watillon, Texte original sur : http://www.euractiv.com/en/energy-e…

L’empreinte écologique de Google exposée

Une étude récente, menée par le physicien Alex Wissner, démontre que les moteurs de recherche tel que Google génèrent des émissions massives de CO2. Expliquant sa recherche au Sunday Times, l’académicien de Harvard révèle que, malgré le secret sur l’empreinte écologique de Google, il a calculé, sur base d’informations disponibles publiquement, chaque recherche Google génère 5-10 grammes de CO2.

Le quotidien a reporté que 2 recherches libèrent 7 grammes de CO2 ; l’équivalent d’une bouilloire sifflant pour une tasse de thé. Wissner-Gross a dit plus tard que son travail était surtout axé sur l’ensemble du web et que l’exemple de la bouilloire n’était pas un des siens.

L’échelle de l’empreinte écologique du moteur de recherche provient du fait que la requête est envoyée vers des serveurs multiples autour du monde, mais uniquement les réponses les plus rapides atteignent l’utilisateur, selon Wissner Gross.

« Google n’est pas pire que les autres centres d’opération de données. Si vous voulez fournir un résultat vraiment excellent et rapide, cela va prendre de l’énergie supplémentaire pour y parvenir (ndtr : a dit Wissner Gross à la BBC).

Google, qui tient à promouvoir son image d’entreprise verte, rejeta ces chiffres comme « many times too high ». Il est déclaré sur son blog officiel que le retour des résultats d’une recherche type, en moins de 0.2 secondes, rejette à peu près 0.2 grammes de C02.

« Nous avons fait de grandes avancées pour réduire l’énergie utilisée par nos centres de données, mais nous voulons encore trouver des sources d’énergie propre et abordable,… ». Le géant internet fait allusion à l’investissement de $45 millions dans le domaine de la recherche dans les technologies d’énergie propre, en 2008.

En moyenne, chaque seconde de navigation sur le web produit 0.02 grammes de CO2, selon l’étude. Wissner-Gross fait remarqué aussi que, vu l’augmentation des animations et du contenu des vidéos, le nombre peut atteindre 0.03 grammes chaque seconde. Selon le physicien, la consommation électrique de l’ordinateur doit endosser plus la responsabilité de l’empreinte écologique induite par une « expérience internet type », en fonction de l’infrastructure du réseau qui transmet les site web. Les serveurs d’hébergement web sont les plus petits contributeurs. L’analyse du site du Bureau du Premier Ministre anglais, samedi 10 janvier dernier, montre qu’il était opérationnel à 64% de sa capacité énergétique, pendant que le rendement du site de la BBC était de seulement 49%. Gartner, une compagnie de recherches en technologie de l’information, estime, en 2007, que l’industrie IT a déjà causé 2% de l’émission totale de CO2, soit l’équivalent de l’empreinte écologique de toute l’industrie aérienne.

L’UE prévoit d’introduire des normes « énergie-efficacité » pour le secteur ICT afin de contrer le changement climatique et réduire le gaspillage énergétique (Euractiv 12/12/08)). La commission espère publier les recommandations politiques après un rapport industriel daté de juin 2008 argumentait que l’impact industriel sur le climat allait progresser plus que diminuer si des mesures n’étaient pas prises (Euractiv 27/06/08)

Réflexion sur l’exemple Facebook Lire la suite

La biodiversité est-elle réellement en danger ?

notreplanète.info, Joaquim Da costa – Green-Ethic, le 04 février 2009

La biodiversité est-elle réellement en danger ?

Sur 41 000 espèces animales et végétales (parmi 3,9 millions recensées) qu’étudie l’Union internationale pour la conservation de la nature, 16 000 sont menacées d’extinction, estime–t-elle.
Une espèce d’animal ou de plante disparaît actuellement de la planète toutes les vingt minutes, principalement à cause des activités humaines. Un rythme ahurissant ! 100 fois plus rapide qu’avant la fin du XVIIIème siècle. Les zones vierges se raréfient et ne représenteraient plus que 17% de la surface du globe. Les conséquences d’un tel phénomène ? Très lourdes et inquiétantes : la faune et la flore encore plus vulnérables, l’équilibre de notre écosystème mis en péril et la recherche dans de nombreux domaines compromise (la moitié de nos médicaments proviennent de substances naturelles).
Voici quelques illustrations :

La déforestation et le braconnage ont eu des effets dévastateurs, notamment sur les chimpanzés africains. Ils ne seraient aujourd’hui plus que 100 000 dans toute l’Afrique, contre 1 million en 1960.

– Autre fléau, le trafic d’animaux sauvages. Malgré les protections officielles, le commerce illégal d’animaux sauvages avoisinerait aujourd’hui un chiffre d’affaires de 5 milliards de dollars par an (selon l’ONG Wildlife), et la demande ne cesse d’augmenter, que ce soit peaux de crocodiles, défenses d’éléphants, crinière de lions, ailerons de requins et la liste est longue… Les conséquences sont terribles, le nombre des éléphants d’Afrique est tombé de 10 millions à 500 000, celui des antilopes du Tibet de 1 million à 75 000.
Le réchauffement climatique menace entre autres les 25 000 ours polaires de l’Arctique. Entre braconnage et réchauffement climatique, ce sont 6 espèces d’ours sur 8 qui risquent de disparaître.

Sans oublier les poissons : à cause de la surpêche, les réserves s’épuisent et un tiers des espèces est en danger. Les réserves de cabillauds ont diminué de 97% en cinquante ans ! Les prises annuelles de thon rouge avoisinent les 60 000 tonnes soit le double des quotas imposés en Europe. Afin d’empêcher le dépeuplement des océans, il y aurait une solution selon les experts du monde entier réunis en Afrique du Sud en 2003 : il faudrait préserver 20 à 30% de la superficie des océans d’ici à 2012 pour permettre aux espèces décimées de se reconstituer. Mais, mauvaise nouvelle, les zones interdites de pêche ne couvrent pour l’instant que 2% des océans…

Sommes-nous devenus les pilleurs de notre planète ? Pourtant cette destruction très rapide nous fait perdre une partie de notre sécurité environnementale. Nous semblons ne pas prendre conscience que la biodiversité fournit des services vitaux à l’humanité tels que nettoyer l’eau, stabiliser l’atmosphère, créer des sols fertiles, fournir de nouveaux remèdes, etc.
Il y a quelque temps, l’IFAT (la Fédération Internationale du Commerce Equitable) lançait un slogan intéressant sur son site Internet. Il illustre très bien notre manque de discernement pour toutes les choses qui se rapportent à la nature : Lire la suite

Comment bien nourrir les oiseaux en hiver

lefigaro.fr, Anne Jouan, le 30 janvier 2009

Comment bien nourrir les oiseaux en hiver

De nombreux volatiles meurent de faim lors des vagues de froid, en particulier les insectivores et les individus les moins robustes.

Les oiseaux aussi sont sensibles aux importantes chutes de température. En particulier les plus petits, comme la mésange qui pèse entre 8 et 15 grammes et dont la température du corps se situe autour de 40 °C.

Car, plus le thermomètre descend, plus l’amplitude thermique est importante. «L’hiver constitue toujours une période acrobatique, un peu dangereuse pour ces oiseaux, explique Jacques Blondel, ornithologue et biologiste, directeur de recherche émérite au CNRS. C’est encore pire lors des coups de froid. C’est pourquoi il faut compenser d’un de point de vue physiologique. La mortalité est d’ailleurs beaucoup plus importante pendant cette saison car les oiseaux meurent de faim.»

Pour lutter contre le froid, les volatiles doivent manger toute la journée. Une mésange est même capable d’ingurgiter quotidiennement l’équivalent de son poids !

Mais en hiver, comme les jours sont courts, le temps de recherche de nourriture est plus limité. Si, en plus, le sol est gelé ou recouvert d’une couche de neige pendant plusieurs jours, les oiseaux insectivores (comme le rouge-gorge) sont le plus en difficulté.

«Les vagues de froid éliminent les individus ayant des gènes délétères, relativise Jacques Blondel. On dit qu’elles font des pressions de sélection, puisque seuls les oiseaux les plus vigoureux survivent. En soi, ce n’est pas une mauvaise chose ; c’est même complètement intégré dans l’histoire évolutive de ces populations

Cette «remise à plat» opérée par la sélection naturelle est accentuée par le réchauffement climatique. Des oiseaux qui vivent dans le midi de la France remontent vers le nord. C’est le cas notamment de la cisticole des joncs (Cisticola juncidis), un petit passereau méditerranéen qui remonte jusqu’à Orléans. Même chose pour la bouscarle de Cetti (Cettia cetti). Or avec les coups de froid, ces espèces méridionales qui ont migré dans le nord sont décimées.

Suspendre des boules de graisse agrémentées de graines

Pour les aider à se nourrir, l’idéal est de donner aux oiseaux des boules de graisse agrémentées de graines que l’on trouve dans le commerce. Suspendues en hauteur, elles permettent aux oiseaux comme les mésanges de venir s’y alimenter directement et aux espèces qui ne vont jamais dans les mangeoires, comme les rouges-gorges, de picorer ce qui tombe à terre.

Nicolas Macaire, de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), estime que les graines de tournesol constituent l’un des meilleurs aliments, ces dernières contenant beaucoup de lipides. Elles ont également la caractéristique d’être adaptées à beaucoup d’oiseaux : mésanges bleues ou charbonnières, sittelles, pics, étourneaux sansonnets, moineaux, etc. «Les pommes et les poires flétries, qu’elles soient tombées des arbres ou déposées dans le jardin, attirent les grives musiciennes et les merles», explique-t-il. En revanche, les croûtes de fromage ou les restes de repas sont à proscrire en raison de leur trop grande teneur en sel.

Mais les mangeoires sont aussi de formidables vecteurs de bactéries, comme les salmonelles, en raison des fientes. Il est donc impératif de les nettoyer. «Le mieux est de le faire tous les 15 jours avec un solvant doux, comme du savon de Marseille Lire la suite

Le Grand : Pourquoi le rapport AFSSA a-t-il été tenu secret ?

libération.fr, Sylvain Mouillard, le 12 février 2009

«Pourquoi ce rapport a-t-il été tenu secret ?»

Le sénateur UMP Jean-François Le Grand, symbole de la bataille autour des OGM l’an dernier, explique que l’Afssa a rendu un avis selon un protocole qui lui a été imposé, et qui se base sur les réponses des semenciers.

Président de la Haute autorité provisoire sur les OGM, le sénateur UMP Jean-François Le Grand, avait émis, il y a un an, ses «doutes sérieux» sur le Mon 810, une variété de maïs transgénique du semencier américain. Face à sa propre famille politique, il s’était battu contre le poids des lobbies pro-OGM.

Aujourd’hui, il n’est guère étonné de l’avis rendu par l’Afssa, concluant que le Mon 810 ne représenterait pas de danger pour la santé humaine. Selon lui, les protocoles d’évaluation ne sont toujours pas indépendants, même s’il espère qu’ils seront bientôt révisés.

Etes-vous étonné des conclusions de l’Afssa ?

Non, le protocole d’évaluation des impacts n’a pas été changé. L’Afssa a rendu un avis selon un protocole qui lui a été imposé, et qui se base sur les réponses des semenciers. On peut donc craindre pour leur objectivité. C’est d’ailleurs tout à fait logique que Monsanto réponde que ses semences ne sont pas dangereuses. Concernant la méthode, je m’étonne que ce rapport ait été tenu secret pendant trois mois alors que la transparence doit être de mise dans ce genre de dossier.

Les conclusions du rapport Le Maho, qui évoquait il y a un an des risques sanitaires, et sur lequel s’était basé Jean-Louis Borloo pour activer la clause de sauvegarde, vous paraissaient-elles plus légitimes ?

Yvon Le Maho faisait partie de la Haute autorité provisoire sur les OGM. Il avait une vraie autorité scientifique.

Jean-Louis Borloo doit défendre, le 16 février prochain, la clause de sauvegarde française devant la commission européenne.

Quel impact peut avoir cet avis sur sa politique?
Borloo va forcément devoir intégrer cet avis, mais il n’est pas obligé d’en tenir compte. Soit il s’inclinera, soit il dira attendre de nouveaux protocoles. En effet, les ministres de l’environnement de l’UE ont décidé, il y a quelques semaines, de revoir les protocoles d’évaluation des OGM, sous la pression de l’Autriche et de la France. Ces deux pays ont activé la clause de sauvegarde. En Autriche, des études ont montré que le Mon 810 et le Mon 863 provoquaient des troubles chez les souris. Il faut donc une expertise différente, menée par des laboratoires centraux.

Vous avez donc bon espoir de voir des analyses plus indépendantes sur les OGM?

Il ne s’agit pas d’être pour ou contre les OGM. Il s’agit de savoir avant de décider. Lire la suite

Afssa : Le maïs OGM sans danger pour l’homme

Sud-Ouest, Marc Mennessier et Martine Perez, le 12 février 2009

Le maïs OGM est sans danger pour l’homme, selon l’Afssa

EXCLUSIF – Dans un rapport tenu secret, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) conclut à l’innocuité pour la santé de ce maïs OGM dont la culture est interdite en France.

Les agriculteurs français vont-ils être de nouveau autorisés à semer du maïs transgénique MON 810 dès le printemps prochain ? Dans un avis daté du 23 janvier dernier, mais jusque là tenu secret, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) vient en effet de récuser les arguments contenus dans le rapport du professeur Yvon le Maho, sur lequel la France s’était appuyée, l’an dernier, pour interdire la culture de ce maïs produit par la firme américaine Monsanto, en invoquant la «clause de sauvegarde» auprès de Bruxelles.

«L’Afssa considère que les éléments du rapport le Maho (…) n’apportent aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité sanitaire des maïs portant l’événement (le transgène, ndlr) MON 810», peut-on lire en conclusion de ce document dont Le Figaro s’est procuré une copie. Qu’il s’agisse de la toxicité de la protéine insecticide (CRY1Ab) qui permet à ce maïs OGM de se protéger contre ses principaux ravageurs (la pyrale et la sésamie), d’un lien éventuel avec des maladies à prion (vache folle) ou d’un possible pouvoir cancérigène : les experts de l’Afssa, saisis le 5 septembre dernier par la Direction générale de la Santé (DGS), ont retoqué tous les griefs d’ordre sanitaire, tant vis-à-vis de l’homme que de l’animal, invoqués contre le MON 810.

Un coup dur pour le gouvernement français, et notamment pour le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, qui doit défendre, le 16 février prochain devant la Commission européenne, la clause de sauvegarde activée par la France début 2008.

Cette procédure permet à un État membre d’interdire sur son territoire la culture d’une plante transgénique autorisée en Europe, comme c’est le cas pour le MON 810. Mais le pays doit pour cela s’appuyer sur des informations scientifiques validées signalant un risque réel pour la santé ou l’environnement. Ce n’est manifestement pas le cas.

D’autant que l’avis de l’Afssa va dans le même sens que les conclusions déjà publiées le 31 octobre dernier par l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa). «Les données fournies par la France n’ont pas apporté de preuve scientifique qui contredirait ce que l’Efsa a déjà dit à propos de ce maïs, à savoir qu’il est sain pour la santé humaine, animale et sans danger pour l’environnement», indiquait le rapport de l’agence européenne.

En clair, les risques de dissémination du transgène dans l’environnement (par le biais du pollen notamment), d’apparition d’insectes résistants au maïs MON 810 ou d’impact négatifs sur des organismes non-ciblés, comme les vers de terre, n’ont pas non plus convaincu la vingtaine d’experts européens mandatés par l’Efsa et rétribués par elle.

La France va-t-elle entrer dans une phase de guérilla judiciaire avec l’exécutif européen, à l’instar de l’Autriche qui bataille depuis dix ans pour empêcher l’importation et la commercialisation d’OGM sur son territoire  ? Le processus enclenché en janvier 2008 avec la publication très médiatisée de l’avis du comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM a visiblement du plomb dans l’aile. Les «éléments scientifiques nouveaux» et les «doutes sérieux» invoqués à l’époque par le président de ce comité, le sénateur (UMP) de la Manche, Jean-François Le Grand, peuvent-ils encore être pris au sérieux ? Lire la suite

Les mines d’uranium françaises en accusation

Le Monde, Hervé Morin, le 12 février 2009

Les mines d’uranium françaises en accusation

L’uranium en France: 210 sites d’exploitation du minerai radioactif

Avant même sa diffusion, mercredi 11 février, sur France 3, le magazine « Pièces à conviction » aura mis en émoi le monde du nucléaire. Intitulée Uranium, le scandale de la France contaminée, cette enquête décrit les lacunes entourant la gestion, par Areva, des 210 sites miniers d’uranium français, dont le dernier a fermé en 2001. Les 166 millions de tonnes de « stériles » (roches à trop faible teneur en uranium pour être exploitées), mais aussi les 50 millions de tonnes de résidus issus des usines d’extraction, stockés sur 17 sites miniers, constituent un héritage encombrant.

Un demi-siècle d’activité

1948. Début de l’exploitation de mines d’uranium en France. La dernière mine a fermé en 2001.

210. C‘est le nombre de sites, répartis sur 25 départements, ayant fait l’objet d’activités d’exploration, d’exploitation et de traitement de minerais d’uranium ainsi que de stockage de résidus.

166 millions de tonnes. Evaluation des « stériles », des roches jugées trop peu chargées en uranium pour être exploitées, parfois réutilisées en génie civil.

50 millions de tonnes. Masse des résidus – essentiellement des boues radioactives – issus de l’activité d’extraction de l’uranium, stockés sur 17 sites.

Jean-Louis Borloo demande des comptes à Areva

« Je demande juste à Areva, qui m’apparaît responsable clairement, juridiquement et entièrement, de faire son boulot. Je demande d’avoir le rapport d’enquête » a déclaré Jean-Louis Borloo dans une interview accordée, mercredi, à France 3.

Le ministre reconnaît que l’exploitation des mines d’uranium était auparavant « un domaine globalement réservé », qui échappait au contrôle du gouvernement et du parlement. « Le sujet des résidus des fermetures du passé, qui a été traité de manière négligente, sera traité« , conclut Jean-Louis Borloo.

L’émission décrit des situations préoccupantes : utilisation de stériles radioactifs comme remblais dans des zones fréquentées par le public ; fuites dans l’environnement de radioéléments issus des résidus ; construction sur des zones « réhabilitées » de bâtiments qui se révèlent contaminés au radon, un gaz radioactif… Le documentaire s’interroge aussi sur l’état de santé des mineurs chargés de l’extraction des roches radioactives : les décès par cancer du poumon sont 40 % plus élevés que dans une population comparable, et ceux par cancer du rein deux fois plus nombreux.

COMPTEURS GEIGER

L’enquête s’appuie notamment sur le travail de fourmi de particuliers qui, armés de compteurs Geiger, arpentent les environs des anciennes mines pour identifier les zones où les stériles ont été réutilisés par des entrepreneurs de travaux publics. Elle s’est aussi beaucoup nourrie de l’expertise de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), un laboratoire de mesure indépendant.

Les associations ont obtenu quelques succès. Autour du site des Bois-Noirs (Loire et Allier), Areva a dû traiter plusieurs sites où des bâtiments, construits sur des remblais radioactifs, présentaient des taux de radon alarmants. Mais elles ont aussi perdu des batailles, comme en 2005, lorsque Areva, Lire la suite

Pays Basque : Laminak sensibilise à l’écosystème

Sud-Ouest,  Armelle Parion, Cathy Constant-Elissagaray, le 12 Février 2009

DES PROJETS PLEINS LA TÊTE, LAMINAK. L’association propose une découverte ludique pour comprendre et protéger la nature qui nous entoure, à travers des activités, destinées aux élèves et aux entreprises

Pédagogie verte par le jeu

La toute jeune association Laminak regroupe des enseignants, des chercheurs, et des salariés de tous les milieux… Au total, une soixantaine d’adhérents, tous amoureux de la nature, et surtout sensibles à sa préservation. Leur but, depuis le dépôt des statuts, il y a tout juste dix mois : sensibiliser le grand public à l’écosystème, marin et terrestre. Et les idées ne manquent pas pour développer la prévention et l’éducation. « Nous ne faisons pas d’actions directes, comme du ramassage de déchets par exemple. Nous travaillons en amont », explique Françoise Mouesca, la présidente.

Pédagogie et recherche

Pourtant, les activités pédagogiques mises en place par les deux animateurs scientifiques reposent avant tout sur la pratique. Ils organisent des sorties pêche « no kill » en eau douce ou eau de mer, où les poissons sont relâchés après avoir été mesurés, pesés et photographiés. Ils proposent aussi des ateliers-découverte (gestes écocitoyens, chaînes alimentaires, système respiratoire…) pour les comités d’entreprises et les scolaires, dès la maternelle.

Depuis juin dernier, 1 500 élèves y ont participé. « Nous privilégions l’aspect ludique. Nos ateliers pour les enfants mettent en avant le sens tactile. Il faut qu’ils voient et qu’ils touchent pour comprendre qu’ils ont sous les yeux des organismes vivants », explique Élodie Sarralde, l’animatrice de 25 ans.

Titulaire d’un master en dynamique des écosystèmes aquatiques, tout comme son collègue de 28 ans, Stéphane Connole, la jeune femme s’intéresse également à la botanique, et commente donc les espèces des bords de Nive, tandis que Stéphane, « 100 % maritime », gère le côté aquatique. En plus de l’aspect pédagogique qu’ils mettent en avant, les deux animateurs travaillent en partenariat avec le Musée de la mer de Biarritz, où ils organisent des visites.

Ils lanceront également, en avril, un projet de recherche sur la pollution chimique de l’eau avec l’Ifremer à Capbreton, sur l’embouchure de l’Adour, à Anglet, et à Guéthary. Sans oublier de faire participer les enfants à la construction des dispositifs de filtrage.

Informations Lire la suite

Le Sénat boucle l’examen du projet de loi Grenelle 1

localtis.info, Anne Lenormand, le 9 février 2009

Développement durable

Le Sénat boucle l’examen du projet de loi Grenelle 1

Les sénateurs ont achevé le 6 février l’examen article par article du projet de loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, dit Grenelle 1. Au total, ils ont adopté plus de 260 amendements. Le vote solennel sur le texte intervient ce 10 février. Les députés se saisiront ensuite du texte en deuxième lecture.

C’est finalement avec une semaine de retard que prend fin l’examen en première lecture du projet de loi Grenelle 1 au Sénat. Ce 10 février à partir de 16 heures, la séance publique sera consacrée aux explications de vote puis au vote solennel sur l’ensemble du texte. Le 6 février, les sénateurs ont achevé l’examen des différents articles. Sur un total de 830 amendements, ils en ont adopté quelque 260 dont un certain nombre défendus par l’opposition.
Le rythme des débats s’est accéléré le 5 février avec l’examen de chapitres importants : l’agriculture durable, la gestion intégrée de la mer et du littoral, la prévention des risques pour l’environnement et la santé et la prévention des déchets.

Limiter l’artificialisation des terres agricoles

A l’article 28 fixant les objectifs et les axes d’action de l’agriculture en matière environnementale, Daniel Soulage (Union centriste, Lot-et-Garonne) a obtenu l’ajout d’une phrase indiquant qu' »il est indispensable de préserver les surfaces agricoles, notamment en limitant leur consommation et leur artificialisation ». Pour le sénateur, « il est urgent de mener une politique de protection des terres agricoles car chaque année 60.000 hectares de terres cultivables sont perdus » et « l’artificialisation est difficilement réversible« . Le Sénat a par ailleurs voté un amendement de Didier Guillaume, sénateur socialiste de la Drôme, concernant l’agriculture biologique. Le texte indique désormais que « l’Etat favorisera la production et la structuration de cette filière pour que la surface agricole utile en agriculture biologique atteigne 6% en 2012 et 20% en 2020« . Les sénateurs ont aussi ajouté un article 28 bis qui indique qu' »un plan d’urgence en faveur de la préservation des abeilles sera mis en place en 2009 et s’appuiera notamment sur une évaluation toxicologique indépendante relative aux effets, sur les abeilles, de l’ensemble des substances chimiques« .

Concernant la gestion durable de la mer et du littoral (article 30), le Sénat a voté un amendement présenté par Roland Courteau (PS, Aude) précisant que « toutes les mesures seront mises en œuvre pour renforcer la lutte contre les pratiques illégales et réduire à la source et prévenir les pollutions maritimes, y compris les macro déchets et déchets flottants, les dégazages et déballastages, et les espèces exotiques envahissantes, notamment dans les zones portuaires et les zones de protection écologique« . Enfin, « des mesures seront également prises pour réduire l’impact sur la mer des activités humaines venant du continent », précise le texte.

Des conseillers en environnement intérieur

Au chapitre environnement et santé, le deuxième plan national Santé Environnement (article 32) devra comporter « un plan destiné à réduire les rejets des substances les plus préoccupantes, au sens du règlement (CE) 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 dit règlement Reach. Les sénateurs ont ajouté à la liste des substances les plus préoccupantes « le trichloroéthylène, les perturbateurs endocriniens, le perchloroéthylène », Lire la suite

Dordogne : Une centrale solaire à Savignac ?

Sud-Ouest,  Jérôme Glaize, le 11 Février 2009

SAVIGNAC-LES-ÉGLISES. Racheté au ministère de la Défense, le site de 400 hectares pourrait accueillir un parc photovoltaïque. C’est du moins ce que propose le maire de Sorges

Une centrale solaire sur le terrain militaire ?

L’ancien terrain militaire situé sur les communes de Savignac-les-Églises, Saint-Jory-las-Bloux, Mayac et Coulaures pourrait-il devenir, à terme, un porte-étendard du développement durable en Dordogne ? C’est en tout cas le sens du projet de vaste parc photovoltaïque imaginé pour une partie de ce site de plus de 400 hectares, racheté en décembre dernier par la Communauté de communes Causses et Rivières en Périgord (1) après plusieurs années de tractations avec le ministère de la Défense.

Récemment évoqué par Jean-Jacques Ratier, le maire de Sorges, devant ses collègues élus de la Communauté de communes des villages truffiers (2), ce projet semble en tout cas dans l’air du temps : « Il s’agirait d’installer un champ de panneaux photovoltaïques, qui permettent de transformer la lumière en électricité, comme il en existe déjà dans de nombreuses régions du monde, y compris en Europe du Nord », explique l’élu, qui voit là « une réelle opportunité de développement de tout un territoire ».

« Ni bruit ni fumée »

L’idée serait de n’utiliser que la partie centrale du terrain, compte tenu de son étendue, pour y installer les fameux panneaux solaires. Toute la couronne qui l’entoure serait consacrée aux différents projets liés à la protection de l’environnement qui ont motivé le rachat du site par les communes de Causses et Rivières. « La question de l’aspect visuel pourrait être réglée grâce à une ceinture végétale, assure Jean-Jacques Ratier. Qui plus est, ces installations ne produisent ni bruit, ni fumée et sont totalement neutres sur le plan écologique. »

Quel serait l’intérêt des communes concernées de voir s’installer un tel parc solaire sur leur territoire ? Pour le maire de Sorges, la réponse est évidente : « Ce serait un formidable moteur pour elles et pour tout ce secteur qui a tellement besoin de projets fédérateurs », estime-t-il. Et d’énumérer les retombées financières directes, grâce à la location du terrain et aux recettes fiscales, ou l’effet d’entraînement économique que cette infrastructure créerait autour de son activité : maintenance, services, commerce local, voire attractivité touristique.

Pour être mené à bien, un tel projet nécessiterait en tout cas l’engagement d’au moins trois acteurs principaux : l’État, des investisseurs et les collectivités locales. Du côté de l’État, la nouvelle préfète de la Dordogne connaît particulièrement bien le sujet puisque Béatrice Abollivier a été aux premières loges du plus grand projet de parc photovoltaïque en France, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence où elle était en poste jusqu’à la fin de l’an dernier.

Revente de l’électricité

Du côté des investisseurs, qui ne souhaitent pas encore se faire connaître, l’engagement financier que représente une telle opération est élevé (plusieurs dizaines de millions d’euros) mais les perspectives de rentabilité brillent au soleil, grâce à la revente de l’électricité produite. D’autant que la recherche scientifique a déjà considérablement accru le rendement des panneaux photovoltaïques…

Reste à convaincre les collectivités locales. Et c’est peut-être là que le dossier s’annonce le plus délicat. Lire la suite

Environnement : Le citoyen a une fonction d’interpellation

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, le 11 février 2009

«Le citoyen a une fonction d’interpellation»

Pétitions, jurys citoyens, cafés écolos, ou encore citoyens sentinelles : l’environnement n’est plus réservé aux experts. Les citoyens se font de plus en plus présents dans les débats. Rémi Barbier, sociologue et professeur à l’Ecole nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg, décrypte la place et le rôle des citoyens dans la gouvernance environnementale.

Pourquoi et comment les citoyens prennent-ils la parole sur des questions environnementales ?

Il faut distinguer deux démarches. D’un côté, les démarches descendantes, c’est-à-dire mises en place par la puissance publique (à l’échelon local, national ou même international), comme les jurys ou ateliers citoyens. Ils sont créés soit pour sortir de situations conflictuelles (par exemple à Saint-Brieuc pour décider de l’avenir des déchets ménagers et de l’éventuelle construction d’une unité d’incinération), soit pour tester un mode innovant de prise de parole des citoyens. Il existe ainsi des jurys citoyens sur la gestion de l’eau, le réchauffement climatique, la présence ou non d’arbres en bord de route, etc. De l’autre côté, on a les démarches ascendantes, comme les pétitions, les collectifs, et tout ce qui émane de la population. Ce sont les deux logiques de la démocratie participative.

Quelle place les citoyens ont-ils dans des débats qui opposent traditionnellement défenseurs de l’environnement et élus locaux ?

Ils arrivent effectivement dans un ensemble de relations établies. D’ailleurs, ce ne sont pas ceux que l’on croit qui sont les plus gênés par leur présence. Les critiques les plus dures émanent parfois des associations car elles perdent leur rôle d’interlocuteur privilégié, ou plus encore de contre-pouvoir légitime. Dans le cas des jurys citoyens, il ne faut pas oublier que c’est le pouvoir qui organise lui-même ce contre-pouvoir.

Que peuvent apporter les citoyens au débat environnemental ?

La plus-value n’est pas forcément évidente. Mais ils ont une fonction d’interpellation qui peut concerner au moins 4 dimensions de la décision. Tout d’abord, le cadrage du problème : est-il bien posé par les pouvoirs publics ? Ensuite, l’éventail des solutions. Si les citoyens peuvent apporter des idées d’innovations techniques (c’est désormais facile avec internet), ils peuvent surtout imaginer des solutions plus sociales, par exemple liées à la pertinence du choix du territoire. La solution est en effet souvent sociotechnique. Les citoyens sont aussi capables d’évaluer la solidité des garanties apportées en matière de sécurité, de risque, en posant des questions sur ce qui a été pris en compte. Enfin, ils ont une fonction d’interpellation sur la qualité de la décision prise : a-t-elle été suffisamment réfléchie avec les parties prenantes ?

Vous avez suivi le cas du jury citoyen de Saint-Brieuc: quel rôle a-t-il joué dans la décision finale?

Ce jury a été un des éléments qui ont poussé les élus à refuser le projet d’incinération des déchets. Ils ont finalement opté pour une réduction des déchets à la source et leur compostage. Que ce soit en Allemagne, en Angleterre ou aux Etats-Unis, le réflexe des jurys citoyens -qui existent là depuis plus longtemps- est de choisir des solutions soft, réversibles, en phase avec un certain imaginaire du développement durable.

Pourquoi intégrer l’avis des citoyens Lire la suite

Sécheresses et tempêtes avivent le débat sur le climat

Le Monde, Stéphane Foucart, Hervé Kempf, Christine Legrand (Buenos Aires), Marie-Morgane Le Moel (Sydney), Brice Pedroletti (Shanghai), le 10 février 2009

Sécheresses et tempêtes avivent le débat sur le climat

Sécheresse historique en Australie, sécheresse d’une intensité inédite depuis cinquante ans en Chine, sécheresse séculaire en Argentine, inondations au Maroc, tempêtes en France : les désordres météorologiques intenses qui balaient la planète suscitent des drames humains et vont affecter l’agriculture, donc l’économie des pays touchés. Mais leur concomitance ranime le débat parmi les climatologues du monde entier : s’agit-il du hasard ou assiste-t-on aux premiers signes du changement climatique annoncé ?

En France, une tempête moins violente que prévue

Cinquante-cinq départements français restaient encore, mardi 10 février, en vigilance orange en raison de la tempête qui balaie l’Hexagone depuis lundi soir. Quelque 600 000 foyers ont été privés d’électricité dans l’ouest et le centre du pays et le trafic aérien a été suspendu en Ile-de-France, une première depuis 1974. Les vents, qui ont soufflé à 141 km/h à la pointe du Raz (Finistère) ont été cependant moins violents que prévus.

En Vendée, département le plus touché, les vents ont atteint 140 km/h sur la côte et les 600 pompiers mobilisés sont intervenus à 400 reprises, surtout pour des chutes d’arbres.

Durement frappée par la tempête du 24 janvier, la Gironde craint, quant à elle, les inondations dues aux fortes marées.

En Argentine, Vicente Barros, chercheur à l’université de Buenos Aires et membre du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), estime qu’aucun élément ne permet d’établir une relation entre la sécheresse et le changement climatique. Selon le scientifique, « l’occurrence d’un événement isolé ne caractérise pas le climat et encore moins le changement climatique« . Cela serait différent si cette sécheresse se répétait plusieurs années de suite. M. Barros envisage cependant une relation entre les sécheresses en Argentine et en Australie du fait de la Niña, un phénomène météorologique cyclique couvrant tout l’océan Pacifique.

En Australie, le débat est au contraire très vif, et l’idée que les excès actuels sont l’illustration du changement climatique gagne du terrain. Pour Barry Brook, directeur de l’Institut de recherche sur le climat de l’université d’Adélaïde, « le lien avec le changement climatique est très probable« . Observant la répétition de vagues de chaleur à Adélaïde, il observe que « si ces événements étaient totalement indépendants, la probabilité qu’ils adviennent dans un intervalle de douze mois serait d’une fois pour 1,2 million d’années« . Une probabilité si faible qu’elle plaide pour que les épisodes actuellement en cours ne soient pas le fait du hasard.

En Chine, les scientifiques restent extrêmement prudents, ce qui se manifeste par un refus de nous parler au téléphone. Lors d’un point presse rapporté par l’agence Blomberg, Zhai Panmao, directeur de la prévision de l’administration météorologique, a cependant jugé, vendredi 6 février, que la sécheresse que subit le pays était liée au changement climatique.

Globalement, la communauté des climatologues retient encore son jugement. « Un événement isolé ne peut être indicatif d’une tendance et il faut observer les choses sur de grandes échelles de temps pour dégager les influences du changement climatique », Lire la suite

SOeS (Ex IFEN) : Les pesticides dans les eaux

SOeS (ex IFEN), février 2009

Les pesticides dans les eaux

Le terme pesticide désigne les substances ou les préparations utilisées pour la prévention, le contrôle ou l’élimination d’organismes jugés indésirables, qu’il s’agisse de plantes, d’animaux, de champignons ou de bactéries.

Les pesticides sont majoritairement utilisés en agriculture ; on parle alors de produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques. Ils font également l’objet d’un usage non agricole par les gestionnaires d’équipements ou de réseaux de transport, les collectivités locales ou les particuliers.

La plupart des substances actives contenues dans les pesticides sont des molécules organiques de synthèse. L’agriculture française en utilise environ cinq cents. Elles entrent dans la composition de plus de huit mille produits commercialisés. Ceux-ci bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par le ministre chargé de l’Agriculture, après une procédure d’évaluation du risque pour le consommateur, l’utilisateur et l’environnement.

En fonction des conditions d’utilisation et selon les caractéristiques du milieu, ces substances actives sont susceptibles de se retrouver dans les différents compartiments de l’environnement (air, sol, eau, sédiments, etc.) ainsi que dans les denrées alimentaires. Elles peuvent présenter, en plus de leurs effets intentionnels sur les parasites ou organismes visés, des dangers  variables pour l’homme et les écosystèmes, avec un impact immédiat ou sur le long terme.

Compte-tenu des risques qu’ils représentent tant pour les milieux aquatiques que pour la production d’eau potable, la présence de pesticides dans les cours d’eau et dans les eaux souterraines fait l’objet d’un suivi régulier qui n’a cessé de se renforcer lors de la dernière décennie.

Ces suivis mettent en évidence une dispersion importante et une présence généralisée des pesticides dans les milieux aquatiques. Si les niveaux de contamination sont très variables, ils sont cependant souvent significatifs. Les teneurs en pesticides issues des résultats d’analyse permettent de définir, pour chacun des points de mesure, une classe de qualité. Lire la suite

Hervé Kempf : « La croissance verte est une illusion »

bienpublic.com, propos recueillis par Elisabeth HUARD, le 10 février 2009

« Pour sauver la planète… »

H. Kempf : « La croissance verte est une illusion »

Dijon l’invite, demain, à une double rencontre : à la librairie Grangier l’après-midi ; à la Maison des associations, le soir, avec les Voix sans maître, pour poursuivre la réflexion.
Hervé Kempf, journaliste au Monde, spécialiste de l’environnement : deux essais, une voix dissonante dans le concert d’un capitalisme en crise.

Le Bien public. – Comment les riches détruisent la planète (2007), Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (2009) : le moins que l’on puisse dire est que vous tranchez dans le vif.
Hervé Kempf. – Mon premier essai, analyse de la crise écologique, a suscité de multiples rencontres. Et toujours la même question revenait durant les discussions : « Que faire ? ».

Le deuxième livre cherche à y répondre, en proposant des perspectives à un public conscient de ce qui se passe.

La réflexion s’impose : pourquoi, malgré toutes les informations dont elle dispose, la société est-elle impuissante à enrayer la crise écologique ?

LBP. – La crise, économique et planétaire, est l’occasion d’une prise de conscience ?

Hervé Kempf. – Alors que 99 % des journalistes économiques, comme l’ensemble des politiques et dirigeants, rabâchent le même discours – soutenir la croissance, relancer la consommation -, le public rencontré, dans son ensemble, juge recevable l’idée d’une baisse des consommations matérielles et de la consommation d’énergie.

Il n’est pas possible de poursuivre sur le modèle d’une croissance sans fin et sans frein. Pour quel profit et avec quel impact ? Le capitalisme a suffisamment démontré son incapacité à répondre à l’enjeu écologique. Il veut nous faire croire que la technologie peut surmonter l’obstacle. La croissance verte est une illusion : elle est le germe de nouveaux lobbies.

LBP. – Ce « sortez du capitalisme » est un impératif ?

Hervé Kempf. – Loin de moi l’idée d’imposer quelque chose, il s’agit plutôt d’indiquer la voie d’un avenir possible : sortir du capitalisme, pour mettre l’urgence écologique et la justice sociale au cœur du projet politique. Engagé, mais non militant. Mon rôle de journaliste n’est pas de m’abstraire, mais d’observer la réalité avec du recul.
Au-delà des articles qu’il m’est permis d’écrire, le livre m’apporte la liberté de ma propre écriture, celle d’introduire beaucoup plus d’histoires. Elles disent la traversée du capitalisme dans nos vies, la façon dont il impose son modèle au monde – profit maximal, individualisme forcené -. Ce que je dis du délitement des rapports sociaux, c’est ce que les gens vivent tous les jours.

La crise implique un changement dans la répartition des richesses, un changement de point de vue.

LBP. – L’histoire du capitalisme – courte, au regard des millénaires – pourrait avoir une fin ?

Hervé Kempf. – Le sort de la planète passe par une société soucieuse de coopérer pour le bien commun et pour la préservation de la santé de la biosphère. On ne pourra plus faire d’économie sans faire d’écologie. C’est la clé de ce livre : ce que l’on pourrait appeler écologie sociale.

Ce n’est que le début d’une réflexion qui se nourrit de la parole partagée. De la pensée. Cette crise est l’occasion d’agir. De réinvestir la démocratie vidée de sa substance. Il y a urgence. Lire la suite

Bègles 18 février : « Areva ne fera pas la loi au Niger »

DU 14 AU 27 FÉVRIER, LES BAINS À BÈGLES

Exposition Areva ne fera pas la loi au Niger – Projection/débat du  film Niger, la bataille de l’uranium

LE MERCREDI 18 FÉVRIER COMPLEXE PAUL LANGEVIN

Sera présentée, du 9 février au 4 mars, l’exposition créée par le  collectif Areva ne fera pas la loi au Niger par l’association Survie  Gironde. http://surviegironde.blogspot.com/

Cette exposition de 9 panneaux explique et dénonce le rôle du groupe  nucléaire français Areva au Niger, l’agriculture en danger, la  pollution des eaux, les droits de l’Homme bafoués, la Françafrique et  développe les alternatives possibles

– aperçu de l’expo visible sur le  site du collectif http://areva.niger.free.fr/

–  Du 14 au 27 février, l’exposition sera à l’espace restauration  « Nature et des courgettes », dans le hall d’entrée de la piscine Les  Bains à Bègles (2, Rue Carnot).

–  Le mercredi 18 février une projection/conférence avec projection  gratuite du film Niger, la bataille de l’uranium est prévue au  complexe Paul Langevin (129 bis, Rue Lauriol à Bègles), avec :

–  Stéphane Lhomme Réseau Sortir du Nucléaire http://www.sortirdunucleaire.org/

–  Issouf ag Maha : ancien chercheur en agronomie, précurseur de  l’agriculture bio au Niger, ancien maire de Tchirozérine dans le nord  du pays, il est aussi à l’origine de la création du collectif  Tchinaghen pour la Paix et la Solidarité au Nord Niger.

Le Film Niger, la bataille de l’uranium (documentaire de 48 mn) est  une production Vaillot Bernard/Galaxie presse, réalisation : Nahan  Siby, Frédérique Denis et Stéphane Manier.
Par ailleurs, du Lundi 9 au mercredi 11 février, l’exposition sera à  l’ENITA (1 cours du Général de Gaulle, Gradignan), avec projection  gratuite du film Niger, la bataille de l’uranium le 11 à 19h dans le  grand amphi, suivie d’une conférence avec Issouf ag Maha.
Les 12 et 13 février, l’exposition sera à Sciences Po Bordeaux
(11  allée Ausone, Domaine Universitaire, Pessac, Tram arrêt Montaigne/ Montesquieu, rocade sortie 16). Le jeudi 12 à 16h, dans la salle  Bastiat, nous projetterons aussi le film Niger, la bataille de  l’uranium suivi Lire la suite

L’agriculture doit changer pour nourrir le monde

notre-planète.info, le 4 février 2009

L’agriculture doit changer pour nourrir le monde

Les agriculteurs du monde doivent se convertir sans tarder à des systèmes agricoles plus durables et plus productifs si l’on veut nourrir la population croissante de la planète et relever le défi du changement climatique, selon M. Shivaji Pandey, un des meilleurs experts de la FAO en matière de cultures, qui s’adressait aux participants du IVème Congrès mondial sur l’agriculture de conservation (New Delhi, 4-7 février 2009)

Dans une allocution liminaire prononcée devant 1 000 personnes, M. Pandey, Directeur de la Division de la production végétale et de la protection des plantes de la FAO, considère l’agriculture de conservation comme un pilier de ce changement.

« Le monde n’a d’autre choix que d’intensifier la production agricole durable afin de satisfaire la demande croissante d’aliments pour les hommes et les animaux, réduire la pauvreté et protéger les ressources naturelles. L’agriculture de conservation est un volet essentiel de cette intensification« , souligne M. Pandey.

L’agriculture de conservation vise des systèmes agricoles durables et rentables. Répudiant les opérations comme le labour mécanique, elle repose sur trois principes fondamentaux : le travail minimal du sol, les associations et les rotations culturales et la couverture permanente du sol. Cela permet d’optimiser la santé et la productivité des terres. Introduite il y a 25 ans environ, elle est désormais pratiquée sur 100 millions d’hectares dans le monde entier.

Dommages à l’environnement

Les méthodes traditionnelles de culture intensive ont, dans de nombreux cas, contribué aux dommages occasionnés à l’environnement, faisant reculer les taux de productivité agricole, alors que le monde a besoin de doubler sa production vivrière pour nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050, affirme M. Pandey.

« Dans maintes régions du monde, au nom de l’intensification, les agriculteurs ont pratiqué à outrance le labour, la fertilisation, l’irrigation et l’application de pesticides« , rappelle-t-il. « Ce faisant, nous avons perturbé tous les aspects du sol, de l’eau, des terres, de la biodiversité et des services que fournit un écosystème en bonne santé. Cela a eu pour conséquence la réduction progressive du taux de croissance des rendements. »

Si les tendances actuelles se poursuivent, le taux de croissance de la productivité agricole devrait tomber à 1,5% d’ici à 2030, puis à 0,9% de 2030 à 2050, contre une croissance de 2,3% par an enregistrée depuis 1961.

Dans les pays en développement, la croissance des rendements de blé a chuté d’environ 5% en 1980 à 2% en 2005. Pour le riz, elle est passée de 3,2% à 1,2% pour le riz, et de 3,1% à 1% pour le maïs au cours de la même période.

Réduire l’empreinte écologique

L’agriculture de conservation pourrait non seulement aider à relever les rendements mais aussi à fournir divers avantages importants pour l’environnement, poursuit M. Pandey. Outre le rétablissement de la santé des sols, elle abaisse également la consommation énergétique dans l’agriculture, réduisant l’empreinte d’un secteur qui représente actuellement quelque 30 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Elle pourrait atténuer davantage les effets du changement climatique en aidant à Lire la suite

11 février France 3, Uranium : la France contaminée

Mercredi 11 février à 20h35 sur France 3 :

« Uranium : le scandale de la France contaminée »

Le reportage qu’AREVA aurait voulu voir censuré !

Elise Lucet et l’équipe de Pièces à conviction ont mené l’enquête sur ce scandale, au cœur des campagnes et des villes françaises.

http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/51415247-fr.php

Télérama, Émilie Gavoille, le 3 février 2009.

“Pièces à conviction” spécial uranium

Pour Areva, la meilleure défense, c’est l’attaque !

Le titre du prochain numéro de “Pièces à convictions”, que diffuse le 11 février France 3, fait peur.
Et pas qu’aux téléspectateurs : le 29 janvier, Areva a décidé de saisir le CSA, alors que le groupe spécialisé dans le nucléaire n’a vu aucun reportage. Mais il n’a aucune chance d’empêcher la diffusion de l’émission.

Sensible sur la question des déchets d’uranium, Areva ? Ce n’est une surprise pour personne. A France 3, on dit avoir senti la « fébrilité » du groupe – qui, pour l’heure, n’a pas daigné nous répondre – dès les premiers contacts établis par la rédaction de Pièces à conviction. Des personnalités sollicitées pour intervenir sur le plateau d’Élise Lucet (parmi lesquelles le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo), seule Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, a décliné, pour cause officielle d’emploi du temps surchargé, laissant le soin à son porte-parole, Jacques-Emmanuel Saulnier, d’honorer l’invitation.

Plus surprenante, en revanche, est la promptitude du groupe à agiter le chiffon rouge du CSA… d’autant que l’autorité n’a pas, selon ses propres mots, « rôle de censeur » et n’est pas habilitée à s’opposer à la diffusion d’une émission en amont. « Nous n’avons pu qu’enregistrer la saisine émise par Areva. Le CSA n’a pas vocation à réagir à un programme avant sa diffusion; nous ne pouvons éventuellement intervenir qu’après la diffusion », explique-t-on à l’instance de régulation.

Se fondant uniquement sur une dépêche de l’AFP, qui évoquait « la thèse (…) du scandale de la France contaminée par les déchets radioactifs, résidus des mines d’uranium », Areva semble donc avoir foncé bille en tête vers une procédure qui s’avère dans les faits impossible à mettre en œuvre. Dans un communiqué, le groupe estimait « pour le moins surprenant, voire contraire à la déontologie, que son point de vue soit présupposé et rendu public avant même qu’il ne se soit exprimé ». En clair, Areva a la désagréable sensation que les dés sont pipés. C’est là, tout de même, qu’il convient de rappeler que les extraits qu’ont pu visionner les journalistes (dont celui de l’AFP) n’étaient qu’à l’état de projet ou en cours de montage, et que certaines séquences, dont l’interview du porte-parole d’Areva, n’étaient pas encore tournées.

Réagissant à son tour par l’AFP, le rédacteur en chef de l’émission, Lionel de Coninck, a réfuté ces accusations de « présupposition », en indiquant que Lire la suite

Claude et Lydia Bourguignon : Damnés de la terre

Le Monde, Hervé Morin, le 27 février 2008

Claude et Lydia Bourguignon : Damnés de la terre

Les deux chercheurs, qui travaillent en francs-tireurs, voient dans l’épuisement des sols la fin de la civilisation. Leurs meilleurs alliés sont les micro-organismes et les vers de terre

Deux gros bœufs tractant une charrue trônent dans le laboratoire de Claude et Lydia Bourguignon. Cette aquarelle originale du peintre animalier Olivier de Penne (1831-1897) est un clin d’œil : les Bourguignon, spécialistes des sols, ne peuvent pas voir le labourage en peinture. Ni les techniques agricoles intensives qui contribuent, selon eux, à tuer la terre.

Le couple ne police plus son discours sur la dégradation des sols, fine pellicule sur laquelle repose l’essentiel de la vie de la planète. « C’est la fin de la civilisation, alerte Claude Bourguignon. Nous sommes dans la phase d’effondrement. Partout on voit baisser les rendements agricoles. »

Voilà bientôt vingt ans, les Bourguignon ont quitté l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), où ils estimaient ne pas pouvoir travailler sur les vrais enjeux de l’agriculture.

Depuis leur laboratoire, une superbe grange de 1754, à Marey-sur-Tille, au nord de Dijon, ils alertent les agriculteurs et étudient leurs sols. En francs-tireurs. Gens de terrain, ils ont à leur actif quelque 5 500 analyses – en France et à l’étranger.

D’une formule, Lydia résume le problème : « La plante est incapable de sucer le caillou. Il faut que des microbes le dissolvent. » Sans ce grouillement souterrain, les plantes végètent, le sol se dérobe. Elle montre ces photos de champs ravinés, dans la Somme : « Des canyons, les tracteurs ne peuvent plus passer ! » Leur solution : renoncer au travail mécanique du sol et laisser microbes, champignons et vers de terre s’en charger, sous un couvert végétal qui étouffe les mauvaises herbes et réduit l’érosion.

Pour Claude, l’agriculture intensive est devenue « de la gestion de pathologies végétales » : les variétés à haut rendement, fragiles, sont protégées en permanence par des batteries d’engrais, d’insecticides et de pesticides. En conséquence, les sols souffrent et « l’humanité ne mange que des plantes malades ».

L’épidémie d’obésité, la montée des allergies ? Ce n’est qu’un début, assurent les Bourguignon. L’espérance de vie va chuter. « Les vieux d’aujourd’hui ont été nourris aux produits bio, avant l’intensification agricole, dit-il. Les jeunes générations n’auront pas ce capital. »

Leurs arguments, bien charpentés, s’imbriquent – même s’ils mériteraient parfois d’être réactualisés. Leurs coq-à-l’âne finissent par faire sens, voire système : « Les mêmes boîtes produisent les engrais, les pesticides, les médicaments : de l’or en barre, indéracinable », lâche Claude.

Leur unité de pensée est née de mondes opposés. Lui, Parisien d’origine, issu d’une lignée de scientifiques médicaux. Elle, née en Bourgogne d’un père menuisier et d’une remailleuse de bas italiens, arrivés en France en 1945.

Enfant, Claude se passionne pour la vie sauvage, fonde avec des copains de lycée le « groupe ornithologique parisien ». « Il savait tout des animaux, se souvient Brice Lalonde, qui fréquentait alors sa soeur aînée. Il m’a ensuite influencé comme ministre. J’admire ces ouvreurs de chemin, qui ont raison avant tout le monde. » Cette grande sœur fameuse, l’actrice Anémone, est toujours admirative du « courage » de son érudit de frère, « un peu professeur Nimbus », qui a converti l’ensemble de la famille à l’écologie. Lire la suite

Les Français : Conso., les économies avant l’écologie

naturavox.fr, Pauline (consoglobe.com), le 10 février 2009

Consommation. Les économies avant l’écologie

Les dernières études d’opinion le montrent : la préoccupation des Français en matière d’écologie est en retrait dans un contexte de crise économique mais aussi de méfiance envers à l’égard des discours environnementaux.

S’ils ont bien conscience des enjeux écologiques et sont prêts à faire des efforts pour la planète, cela ne pourra se faire au détriment de leur portefeuille…

Entreprise, discours, et écologie : la méfiance des Français

Deux études menées courant 2008 sont en accord avec les résultats de notre dernier Baromètre Ethique et environnement : les Français sont de plus en plus prudents envers les discours écolo tenus par les entreprises, voir même conscients du Greenwashing exercé par certaines d’entre-elles.

Selon l’étude de TNS Global (décembre 2008), si 25% des Français se disent influencés dans leurs décisions d’achat par le « marketing vert » des entreprises, 50% pensent néanmoins que ces tendances écolo des entreprises ont pour unique objectif de valoriser leur image auprès du public, 36% pensent que c’est pour vendre plus de produits alors que seuls 4% pensent que c’est parce que les entreprises sont vraiment préoccupées par l’environnement !

Le 17ème numéro de « Stratégie & Études » publié par l’Ademe (janvier 2009) avance qu’il y aurait une certaine « saturation de la communication sur l’environnement » chez les Français dans un contexte de crise économique ; ces derniers « manifesteraient un sentiment de prudence, voire de méfiance à l’égard des émetteurs de discours environnementaux« . Cette méfiance est devenue telle que le réchauffement climatique est un phénomène certain pour 65% des sondés contre 72% en 2007 !

Les prix, un frein à la consommation écolo ?

Nous le savons économie peut rimer avec écologie, beaucoup de produits « verts » étant désormais synonymes d’économies d’énergie, donc, sur le long terme, d’économies financières. Mais les Français en doutent encore et / ou ne se rendent peut-être pas toujours compte de la rentabilité de ces produits.

Ainsi, toujours selon l’enquête de la TNS Global, seuls 48% des consommateurs français seraient prêts à payer plus cher pour des produits écolo contre 94% pour la Thaïlande ou 83% pour le Brésil ! Les Français arrivent ainsi en avant dernière position devant les Britanniques (45%) …

Et le « surplus » payé doit rester très raisonnable : 68% des consommateurs français seraient prêts à payer 5% de plus pour un produit écolo, 27% accepteraient de payer 10% de plus ; ce chiffre tombe à 4% pour des produits verts 15% plus chers, et à 1% pour des produits 20% plus chers.

Les considérations strictement économiques semblent prendre encore le dessus sur l’écologie quand on regarde de plus près ce sondage :

– 56% des Français affirment être influencés par des questions écologiques dans les décisions d’achat de leur voiture.

– Ce chiffre est de 44% en ce qui concerne l’achat de nourriture (seuls les USA et la Grande-Bretagne sont derrières).

– Ainsi, 37% des Français sondés déclarent avoir récemment changé leur comportement au bénéfice de l’environnement. Nous sommes donc loin d’être exemplaires…

Travaux d’économies d’énergie : la prise de conscience

Mais ne soyons pas si négatifs : il y a du mieux tout de même, surtout en ce qui concerne les travaux d’économies d’énergie dans le logement. Selon l’Ademe, 75% des Français ont véritablement pris conscience de la responsabilité du chauffage des bâtiment dans l’aggravation de l’effet de serre (contre 39% en 2000) et sont donc prêts à faire des efforts.

Et ils joignent les gestes à la parole : Lire la suite

Le DD : quelle réalité pour les Français ?

cdurable.info, David Naulin, le mardi 3 février 2009

Enquête Ipsos : les français et le développement durable

Le développement durable : quelle réalité pour les Français ?

A l’occasion des 5èmes Assises Nationales du Développement Durable et à la demande du Conseil régional Rhône-Alpes organisateur de cette manifestation en janvier 2009, Ipsos a réalisé une enquête auprès de la population française sur sa connaissance, ses convictions et ses pratiques en matière de développement durable. Il en ressort une maturité croissante de la population sur le sujet, non seulement sous l’angle des convictions mais aussi sur celui de l’engagement personnel.

Le développement durable : qu’en sait-on d’abord ?

Quel est le degré de prise de conscience à fin 2008 de la population ? Est-on prêt à changer de cap ?

De la prise de conscience au geste concret individuel : une évolution très notable.

L’action concertée de tous peut-elle permettre d’améliorer la situation pour les générations futures ?

Quels repères dans le monde d’aujourd’hui et pour celui de demain ?

Réformer seulement ou repenser totalement les modèles économiques ?

François de Sars, Directeur Général d’Ipsos Lyon apporte les principaux enseignements de cette étude [1].

 Visionner le diaporama présentant les conclusions de l’enquête sur le site d’Ipsos

Le développement durable : qu’en sait-on d’abord ?

Consacré par le sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 et médiatisé depuis cette date, le concept relativement complexe de « développement durable » est un terme aujourd’hui totalement vulgarisé auprès du grand public. L’enquête réalisée en fin d’année 2008 révèle en effet que 97% des Français déclarent avoir déjà entendu parler de l’expression « développement durable ». Le chemin parcouru est grand, ne serait-ce que depuis ces deux dernières années où près d’un tiers de la population ignorait ce concept et, parmi ceux qui disaient le connaître, un tiers seulement déclarait avoir une idée précise de sa signification. Force est de reconnaître que les alertes successives sur la pénurie potentielle des ressources énergétiques naturelles (avec leurs conséquences sur le budget des ménages), tout comme la crise économique, ont largement contribué à cette vulgarisation.

Spontanément, le concept de développement durable connote le plus souvent (cité par près de 2 répondants sur 3) la dimension environnementale mais pas seulement. Pour près d’1 Français sur 4 le développement durable est aussi associé à la sphère de l’économie, à la notion de long terme et, presque dans la même proportion, au champ social.

Sur relance et à partir de choix proposés, pour 87% des personnes interrogées l’environnement est bien le premier domaine concerné par le développement durable, devant l’activité économique et financière (56%) et la solidarité – l’équilibre social (50%). Dans le triptyque – Environnement, Economie, Social – la dimension environnementale est toujours la première citée comme étant concernée par le développement durable, mais de façon beaucoup plus appuyée par les plus jeunes (citée en premier rang par 69% des moins de 35 ans vs 48% par des 60 ans et plus).

En outre, ce qui est vraisemblablement la conséquence des semaines de crise économique précédant la mesure, c’est la restitution par 45% des interviewés, parmi les domaines concernés par le développement durable, du « mode de gouvernance ou façon de gérer de l’Etat, des collectivités et des entreprises ». Etaient ensuite restituées la santé (40%) et, dans une moindre mesure, l’éducation (22%).

Quel est le degré de prise de conscience à fin 2008 de la population ? Est-on prêt à changer de cap ? Lire la suite

Projet de 13 logements écolos à Bègles

Sud-Ouest, Gilles Guitton, le 10 février 2009

BÈGLES, URBANISME. Un premier ensemble de 13 logements écolos va sortir de terre, avant les premières démolitions des maisons basses de l’ancienne cité d’urgence des années 1970

La rénovation du Paty débute rue Karl-Marx

La rénovation urbaine est une longue patience. Il aura fallu un peu plus de trois ans pour que celle de la cité du Paty, à Bègles, annoncée en janvier 2006, entre en phase active. Ce devrait être chose faite très prochainement. Rue Karl-Marx, les engins de chantier vont donner le coup d’envoi de la construction de deux petits immeubles (13 logements en tout) dont la construction constitue la première phase du projet (lire ci-dessous).

La cité du Paty, une ancienne cité d’urgence construite à la hâte et à peu de frais dans les années 1970, fait encore aujourd’hui figure de vestige d’un habitat social sans qualité, mais resté humain en raison de ses dimensions modestes.

Composé de deux petites tours et de 26 maisons basses entourées de jardins (86 logements en tout), et blottie contre l’Estey qui la sépare des arrière-cours de la zone de Hourcade, elle était devenue une sorte de village écarté, sinon oublié. La ville y a quand même installé quelques équipements de proximité et des jeux, nettoyé les broussailles, en annonçant mieux.

Habité par des familles aux revenus très modestes pour la plupart, le Paty attendait son heure, sans trop y croire. La voici venue.

Dossier écarté par l’Anru

La société HLM Logévie (anciennement Habitat économique) est l’opérateur de cette construction. Pierre Ferraris, directeur en maîtrise d’ouvrage et patrimoine de la société, reconnaît que les délais ont été très longs : « Mais il faut trouver les financements, négocier. Les règles changent entre-temps. C’est complexe. » Lire la suite

Blaye, AG de la Valériane : 2009, année médiévale

Sud-ouest, Michèle Méreau, le 9 Février 2009

ASSOCIATION. La Valériane a tenu hier son assemblée générale annuelle sous les signes de la convivialité et de la nature. Cette année le Moyen âge sera à l’honneur

2009, année médiévale

La Valériane, l’Association des amis des jardins et des plantes tenait hier matin à la salle Liverneuf de la citadelle son assemblée générale. Une réunion qui peut sembler banale mais qui, à la Valériane, revêt une tonalité particulière, celle traditionnellement attachée à cette association : le partage convivial.

En effet, après les bilans, projets, débats et discours, ici on ne se sépare pas : on continue la journée par un repas pris en commun où l’on s’échange à la fois recettes et propos sur tout un peu, un peu de tout et surtout les mille et une façons de cultiver son jardin. Au sens trivial comme au sens que lui donnait Voltaire, à savoir en apprenant à connaître les hommes et la nature.

Aussi la Valériane, sous l’impulsion de sa présidente, Monique Taurines, avait décidé en 2008 de se lancer dans des aventures historiques. Il s’agissait donc hier de montrer en avant-propos ce que pourrait être une année consacrée à la découverte de la cuisine du Moyen-Âge et les plantes utilisées à l’époque.

C’est ainsi que pour le repas et l’apéritif, les adhérents ont dégusté des plats spéciaux qu’ils avaient confectionnés : cresson au lait d’amandes, navets au gingembre, poulet aux aromates, gâteaux aux noix ou aux marrons, etc.

Des saveurs et du troc

Après ces quelques aperçus, « le dimanche 17 mai, ce sera cette fois-ci une orgie de saveurs moyenâgeuses ! Chaque membre aura à coeur de faire déguster des plats dont les recettes sortent de vieux grimoires de cette époque, avec en plus une exposition sur les légumes anciens », a annoncé Monique Taurines. Pas de Fête de la rose cette année, elle a lieu tous les deux ans, mais le 17 mai en matinée jusqu’à 13 heures aura lieu un gigantesque troc plantes, Troc-Folies au château des Rudel. « Le troc est une bien belle façon de voir les échanges, riche en rencontres », a approuvé le maire, Denis Baldès, venu déguster ces quelques recettes à l’apéritif avec son adjointe à la culture, Chantal Baudère.

Et on remet le couvert moyenâgeux en septembre ! Le dimanche 20, ce sera les Jardins d’automne, une autre occasion de peaufiner les recettes ou d’en découvrir encore de nouvelles.

Prochains rendez-vous

Bientôt, le samedi 7 mars exactement à partir de 10 heures, les adhérents de la Valériane s’activeront à la taille des rosiers de la citadelle. Une habitude qui date des débuts de l’association, il y a douze ans et qui est une autre occasion de se retrouver entre amis pour les adhérents. Lire la suite

Sepanso Dordogne : Trop ou pas assez ?

Sud-Ouest, Christine Lamaison, le 9 Février 2009

Trop ou pas assez ?

SEPANSO. Réunis samedi à Lalinde, ses membres ont réfléchi à leurs actions

La Sepanso en fait-elle trop ou pas assez ? C’est cette question, en forme de clin d’oeil à un article paru dans « Sud Ouest » du 3 novembre 2008, qui a rythmé les débats de l’assemblée générale de la Sepanso Dordogne, samedi après-midi à Lalinde. Trop, sans doute pour certains élus, industriels ou autre lobbies dont elle fait capoter les projets. Pas assez, forcément pour ses militants qui dénoncent chaque jour les atteintes portées à l’environnement. Les membres de la Sepanso (ils affirment rallier à leurs causes près de 2 000 personnes en comptant les associations fédérées) expliquent ne pas se battre contre, mais pour la défense de la nature. Agitateurs de consciences écologiques, ils ont défini quelques priorités pour 2009, qu’ils mèneront avec « sérénité mais détermination ». Ils se veulent « gens de dialogue », ignorant les attaques personnelles, pour privilégier la bataille des idées.

1 « Gare à la crise qui ne doit pas tout justifier »

Ainsi sur la bataille des idées, ils ont critiqué le plan de relance gouvernemental. « La relance par les chantiers, c’est la relance par la spéculation, par l’accaparement de quelques privilégiés. On nous met en avant l’emploi. Mais ce sont des emplois pour six mois. iI y a là beaucoup d’appétits, beaucoup d’amis et peu d’idées », commentait le président Gérard Charollois. Appel a donc été lancé à la vigilance. « Il nous faudra beaucoup de détermination. »

Et à ce titre, les militants ont cité parmi la cinquantaine de dossiers en cours ceux de plus en plus nombreux concernant l’extension de carrières. « Nous risquons d’en voir d’autres avec les projets de réseaux routiers et les zones d’urbanisation, notamment entre Bergerac et Lalinde, dans le Sarladais aussi. Une extension est prévue à Campagne. Il faut que l’on sache aussi que les projets de golf et de résidences de loisirs ne connaissent pas la crise. »

2 « Le dialogue, comme à Atur aujourd’hui » Lire la suite

Appel à projets « Risques Nat. : Compréhension et Maîtrise »

agence-nationale-recherche.fr, février 2009

Appel à projets transversal : Risques Naturels : Compréhension et Maîtrise

La tempête du 24 janvier 2009 dans le Sud-Ouest, après les épisodes neigeux et verglassants de décembre 2008 / janvier 2009 en France, comme le cyclone Nargis en Birmanie, le séisme du Sichuan, ne sont que quelques exemples récents de la récurrence et de l’importance des risques naturels: l’ANR ouvre cette année le deuxième appel à projets de son programme « RISKNAT » lancé en 2008. L’objectif de ce programme est la réduction des impacts humain, physique, social et économique des aléas naturels à occurrence rapide (d’origine hydro-météorologiques : crues torrentielles et inondations, avalanches et risques glaciaires, tempêtes, tornades et cyclones, épisodes neigeux ou verglassant, … ou tellurique : séismes, volcans, tsunamis, instabilités gravitaires).

Au-delà de l’approfondissement des connaissances des phénomènes naturels considérés, RiskNat’09 vise à améliorer l’appréhension de leurs conséquences multiples sur les systèmes anthropiques, pour pouvoir mieux les maîtriser. Le programme entend donc aborder l’ensemble des problématiques de recherche nécessaires à une bonne gestion de tels risques, à court, moyen et long terme: évaluation, prévention, réduction, réparation… Il ambitionne de réduire les cloisonnements actuels (entre disciplines, entre organismes, entre acteurs publics et privés), et encourage les projets impliquant la collaboration étroite de spécialistes de divers domaines (sciences de la Terre et l’environnement, sciences de l’ingénieur, sciences humaines et sociales), et s’intéressant à plusieurs composantes de la chaîne du risque (Aléas,  Vulnérabilité, Expertise, Appui aux politiques publiques, Enjeux de sociétés).

Le champ de recherches abordé par ce programme est très vaste, et comporte notamment :

– l’estimation quantitative de ces aléas naturels, en particulier probabiliste

– l’analyse des différentes vulnérabilités (physique, sociale, économique, organisationnelle) : méthodes d’estimation, leurs interactions, moyens de réduction, études coûts / bénéfices, la précision de l’acceptabilité des risques et de la gestion des incertitudes, l’amélioration des procédures d’alerte précoce et de réaction rapide

– les innovations technologiques concernant la mesure, la transmission et l’analyse des paramètres pertinents (précurseurs, indicateurs de nocivité, …)

Date limite de soumission des dossiers : 2 avril 2009 à 13h00

Vous pouvez le consulter Lire la suite

Toulouse 18 et 19 avril « OGM, BiodiversitÉ et RÉsistanceS »

Etats généraux « OGM, BiodiversitÉ et RÉsistanceS»

Toulouse, 18 et19 avril 2009

Cet appel est lancé par le collectif de personnes et d’associations qui a poursuivi le travail entamé lors des journées « Semons la Biodiversité » des 28 et 29 octobre dernier à Paris, ainsi que par les partenaires de la campagne « Stop-OGM 2007-2008 ».

Pour produire et consommer sans OGM, Stoppons les OGM

Semons la Biodiversité et les Résistances

Le moratoire actuel sur les cultures d’OGM dans de nombreux pays européens a été obtenu grâce aux luttes menées depuis 10 ans (dès 1998, les semenciers étaient prêts à semer 30.000 ha de maïs GM en France ), mais aussi grâce au niveau d’expertise élevé des collectifs et des organisations et surtout à la mise au grand jour des pratiques des firmes et des politiques : ces gens n’aiment pas la lumière ! La nouvelle offensive de la Commission Barroso nous montre cependant la fragilité de nos victoires.

Nous ne devons pas relâcher notre vigilance, au contraire :

Le recul des cultures OGM dans l’hexagone peut être remis en cause à tout moment : tout récemment la Commission Européenne a proposé de refuser les moratoires nationaux et d’autoriser la culture des maïs Bt11 et 1507 de Syngenta et Pioneer.

Les OGM importés par dizaines de millions de tonnes pour l’alimentation animale continuent à envahir le marché et nos assiettes et la Commission vient d’autoriser l’importation d’un nouveau soja GM de Monsanto

Les OGM officiels ne sont que l’un des aspects les plus visibles d’une plus vaste offensive pour privatiser le vivant s’appuyant tout à la fois sur une propagande mensongère (faim dans le monde, alicaments miraculeux, « bio » carburants…) un lobbying redoutablement efficace, un arsenal juridique (national, européen, supranational)  et technologique de plus en plus performants.

 Pour arrêter les OGM et la privatisation du vivant, notre tâche dans les mois à venir est donc :

De rendre visibles des  alternatives crédibles comme les semences paysannes, l’agriculture paysanne, l’agroécologie, la culture biologique, la restauration sans OGM

De continuer à nous approprier les connaissances indispensables et à élaborer collectivement les argumentaires  et les outils pour engager les actions à venir ;

D’alerter et d’informer les citoyens, paysans, décideurs politiques sur ces enjeux.

C’est l’objet de cette proposition d’ÉTATS GENERAUX auxquels nous vous invitons à participer.

Compte tenu de la proximité des élections européennes, les dates des 18-19 avril ont d’ores et déjà été retenues, ainsi que la ville de Toulouse pour cet événement à vocation nationale.

Exemple de format possible :

– vendredi 17, réunion publique le soir ;

– début des EG proprement dits : samedi 18 : tables rondes ateliers,

– concert le soir ;

plénière de clôture dimanche 19 (matin ou 16 h)…

La forme, le contenu et les autres modalités restent à déterminer en fonction de toutes les propositions que vous voudrez bien formuler.

Voici déjà quelques suggestions du comité de pilotage Lire la suite

Colloque Bx le 27 fév : démographie, mobilité et logement

projetdeterritoire.com, le 5 février 2009

Le CECODHASi, Comité européen de Coordination de l’Habitat Social, organise le vendredi 27 février 2009 une conférence européenne sur le thème : »Changement démographique, mobilité et logement, un défi de la cohésion territoriale en Europe ».

Le vieillissement de la population européenne oblige à repenser les modes d’organisation de nos sociétés, non seulement dans le domaine des systèmes de santé, de retraite, mais également dans l’aménagement physique de nos territoires. Le logement est un élément-clé dans ce dispositif, mais ne peut se penser sans réseaux de services, de transports coordonnés, qui permettent aux personnes âgées de rester mobiles et en prise directe avec la société.

Dans une approche résolument européenne, cette conférence s’organisera autour de deux tables rondes, une première consacrée à la prise en compte du vieillissement dans l’aménagement du territoire en Europe, et une seconde plus particulièrement axée sur les engagements des organismes de logement social européens.

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Appel à projets : Gérons ensemble notre environnement

projetdeterritoire.com, Armelle Laperriere, 6 février 2009

Gérons ensemble notre environnement

La Fondation de France lance un appel à projets « Gérons ensemble notre environnement ». Ouvert aux associations, groupement d’habitants, associations professionnelles et de façon exceptionnelle à des petites collectivités, il vise à offrir aux acteurs locaux la possibilité d’engager des dispositifs de médiation en cas de conflits liés à des questions environnementales ou d’usage de certains espaces.

Pour bénéficier d’une subvention, les projets devront répondre aux critères suivants :

avoir pour objectif principal la protection de l’environnement (préservation de site, protection d’espèces, protection contre les risques naturels, …)

faire cohabiter plusieurs usages sur un même territoire (concilier les usages professionnels, récréatifs, résidentiels)

engager un processus de concertation (impliquer l’ensemble des usagers du territoire, faciliter le dialogue entre groupes sociaux ou professionnels très divers, faciliter la co-construction de la décision)

favoriser les initiatives locales et citoyennes

En moyenne, l’aide apportée par la Fondation de France s’élève à 8 000 euros. La Fondation de France propose en plus de la subvention un complément de financement destiné à un appui méthodologique. Celui-ci peut recouvrir le recours à un consultant pour aider à concevoir une méthode de concertation adaptée, l’animer des réunions de concertation, conduire un processus de médiation en cas de conflit ; la formation des parties prenantes ou le financement d’une visite d’études.

Les dossiers doivent être transmis en deux exemplaires par courrier et par mail avant le 4 mai 2009.

en savoir + Lire la suite

La crise financière : tenir compte des limites de la planète

info-durable.be, WWF, le 29 octobre 2008

La crise financière invite à mieux tenir compte des limites de notre planète

Le monde va bientôt devoir faire face à une grave crise écologique. En effet, la pression exercée par les hommes sur la planète, par leur manière de produire, de consommer et de générer des déchets dépasse de presque un tiers ses capacités de régénération. Si notre demande vis-à-vis de la Terre continue à croître au même rythme, nous aurons besoin de deux planètes pour répondre aux besoins de notre train de vie actuel d’ici la moitié des années 2030. A côté de ce que risque de devenir la crise écologique, la crise financière actuelle fera pale figure. Mais il n’est pas encore trop tard. Si nous prenons ces enjeux au sérieux, nous pouvons parfaitement vivre dans les limites de notre planète. Voilà ce qui ressort du Rapport Planète Vivante publié aujourd’hui par l’organisation de protection de l’environnement WWF.

Les conséquences de la crise écologique sont bien plus graves

« Nous agissons avec l’environnement comme l’ont fait les institutions financières dans le domaine économique : nous voulons la satisfaction immédiate et ne regardons absolument pas aux conséquences à plus long terme » explique Geoffroy De Schutter, directeur des programmes au WWF-Belgique. « Il y a cependant une différence : les conséquences de la crise écologique mondiale sont bien plus graves que celles de la crise économique actuelle. En effet, dans le cas de la crise écologique, ce sont nos actifs environnementaux qui sont sous-évalués. Or, ces derniers sont à la base de toute vie. La logique de croissance à l’infini que suit notre consommation dans une seule planète finie montre aujourd’hui ses limites. » Le changement climatique et la crise alimentaire mondiale ne sont que quelques unes des conséquences auxquelles nous devrons faire face.

L’empreinte écologique augmente, la biodiversité diminue

Le Rapport Planète Vivante donne tous les deux ans un bilan de santé de la Terre via différents paramètres. L’indice Planète Vivante, basé sur le suivi de 5 000 populations de 1686 espèces animales indique une tendance à la baisse de 30% en moyenne depuis les années 1970. D’un autre côté, l’empreinte écologique de l’humanité, c’est à dire la surface nécessaire pour produire toutes les ressources naturelles que nous consommons et pour absorber nos déchets, est en constante augmentation. En moyenne, au niveau mondial, l’empreinte écologique est de 2,7 hectares alors que seulement 2,1 hectares sont disponibles. Par ailleurs, nous consommons d’énormes quantités d’eau. La quantité globale d’eau douce disponible est de plus en plus mise sous pression par la demande croissante de produits dont la production demande énormément d’eau comme la viande, les produits laitiers, le sucre et le coton. Pour la production d’un t-shirt en coton, par exemple, il faut près de 3 000 litres d’eau. Aujourd’hui déjà, une cinquantaine de pays rencontre de graves pénuries d’eau. A cause du changement climatique, le nombre de personnes qui n’ont pas assez d’eau que ce soit tout au long de l’année ou pour seulement quelques périodes, devrait très sensiblement augmenter.

Et la Belgique ?

La Belgique, tout comme la plupart des pays occidentaux, reste mauvaise élève. L’empreinte écologique belge a quasiment doublé (+87%) depuis 1961 et arrive aujourd’hui à 5,1 hectares, principalement à cause de l’augmentation de nos émissions de CO2. Notre empreinte est près de cinq fois plus importante que la surface de terre productive disponible par Belge (1,1 ha). Lire la suite

Ecole du Bouscat centre : Des naturalistes en herbe

Sud-Ouest, Pierre Pech,  le 6 Février 2009

LE BOUSCAT, ÉCOLE DU CENTRE 1. Toutes les classes sont engagées dans une démarche de découverte liée au développement durable et à la biodiversité

Des naturalistes en herbe

Dans les écoles, le développement durable occupe une place de plus en plus importante même s’il ne constitue pas une discipline à part entière. L’objectif est de favoriser la prise de conscience dans le milieu scolaire.

Au Bouscat, c’est la 3e année que l’école du Centre 1 conduit des actions en faveur de l’environnement. Après l’eau, le tri des déchets et le recyclage, le projet 2008-2009 concerne la biodiversité. Il est financé par une subvention de 1 600 euros par la Communauté urbaine de Bordeaux et pour 1 500 euros par la coopérative de l’école.

260 élèves concernés

Emmanuelle Angelini, la directrice de l’école Centre 1 précise que 260 élèves sont concernés par le dispositif pédagogique. Les classes de CP, CE1, CE2, CM1, CM2 et la CLIS ont chacune un projet. Le but commun : étudier différemment les écosystèmes, comprendre la diversité animale et végétale. Avec l’accompagnement de deux associations, Cistude Nature et Sepanso, les enfants ont exploré la mare du site naturel et protégé des sources au Haillan, la réserve des marais de Bruges.

La suite début mars

Ce thème de la biodiversité permet aux élèves de comprendre la chaîne alimentaire, de mieux respecter la nature, de savoir comment la protéger, d’observer l’environnement, (prairie humide, bocage, étang), de connaître les plantes aromatiques, (romarin, thym, lavande, sauge) et les espèces animales dont certaines à haute valeur patrimoniale.

Après les balades en forêt de l’automne, le printemps sera mis à profit, début mars, pour aller à la héronnière voir le reboisement, les chênes, (Les enfants ont planté des glands ), ainsi que le réaménagements des massifs, etc.

En ce qui concerne l’école Centre 1, les espaces verts Lire la suite

L’Ile-de-France agit pour préserver sa biodiversité

novethic.fr, Rouba Naaman, le 2 février 2009

L’Ile-de-France agit pour préserver sa biodiversité

La biodiversité d’Ile-de-France aussi est menacée. Soutenues par la Région qui a pris très rapidement conscience du danger, les collectivités locales lancent aujourd’hui des actions concrètes pour ralentir la dégradation de la biodiversité francilienne.

Près de 17 000 espèces sont menacées d’extinction dans le monde : l’éléphant d’Asie, le tigre du Bengale… mais aussi le lapin de Garenne, le râle des genêts et le milan royal en Ile-de-France. On ne sait pas toujours que la région francilienne recèle de nombreuses espèces animales et végétales, dont plusieurs sont en voie de disparition. Pourtant, l’impact, y compris financier, du recul de la biodiversité dans le monde est immense. « On sait aujourd’hui que, chaque année, la disparition de la faune et de la flore coûte 2 000 milliards de dollars » soit 6% du Produit national brut (PNB) mondial, avance Sebastian Winkler, responsable du Compte à rebours 2010 pour l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pour autant, peu d’instruments politiques et économiques ont été mis en œuvre pour préserver ces ressources. La France, qui abrite avec ses DOM TOM une part importante de la diversité biologique, a lancé en 2007 lors du Grenelle la création d’une “trame verte”, destinée à relier les espaces naturels et à les protéger, Nicolas Sarkozy ayant par ailleurs déclaré « que désormais, toutes les décisions publiques devront être arbitrées en intégrant le coût de la biodiversité ». Or, la question de l’évaluation de ces impacts et de leurs coûts commence tout juste à se poser.

Un impact climatique différent selon les régions

Selon le deuxième rapport de l’Observatoire des territoires, les différentes régions de France ne sont pas égales faces aux variations du climat. L’étude intitulée « Dynamiques et développement durable des territoires » note d’importantes disparités, qui dépendraient des populations, des espaces naturels, de l’urbanisation et des caractéristiques géographiques. Les conséquences sont variables, allant des vagues de chaleur aux inondations, en passant par des phénomènes météorologiques plus graves (cyclones et tempêtes). Si les régions les plus affectées sont situées dans le Sud-Est, l’Ile-de-France fait partie des zones à « risque naturel important » selon le rapport. L’Observatoire a également défini des disparités dans les émissions de gaz à effet de serre des régions, variables selon le nombre d’habitants, leurs modes de consommation et de transport, les secteurs industriels présents et les « différences de structure productives ».

Face à la dégradation de sa biodiversité, l’Ile-de-France a décidé d’agir. Après la création par la région, en juin 2008, de la première agence pour la biodiversité, Natureparif, ce sont aujourd’hui les collectivités locales* qui s’engagent pour ralentir le recul de la biodiversité, en signant, mardi 20 janvier, la Déclaration du Compte à rebours 2010 pour la biodiversité. Ce programme (Count-Down 2010) a été initié par l’UICN à la suite du Sommet mondial de la Terre à Johannesburg en 2002. Lors de la 5e Conférence ministérielle de 2003 à Kiev, les pays européens se sont engagés à stopper le recul de la biodiversité d’ici 2010. La Région Ile-de-France a été la première à signer la Déclaration du Count-Down 2010. « C’est un bon moyen de faire évoluer les choses, car rares sont les décisions qui émanent directement des gouvernements » affirme Sebastian Winkler, responsable international pour le Compte à rebours 2010.

Faire rimer urbanisation et biodiversité

Une prise de conscience de la disparition de la faune et la flore, dans la région la plus urbanisée de France, est-ce paradoxal ? Lire la suite

14 février à Agen, 2ème rencontre MNE des assos environ.

MNE Bordeaux-Aquitaine, William Mazel, le 3 février 2009

14 février à Agen, 2ème rencontre MNE des assos environnementales

Contacts MNE : William Mazel 06 83 49 98 66 et Pascal Bourgois 06 22 77 48 60

Contact Au fil des Séounes : Marie-Laure Cambus 05 53 95 12 99 http://au-fil-des-seounes.blogspot.com/ info@les2seounes.com
Suite à notre précédent courriel du 7 janvier [Voir ci-dessous] il a été décidé d’organiser les 2èmes rencontres le samedi 14 février à Agen en partenariat avec l’association Au fil des Séounes que nous remercions chaleureusement pour son aide.

Ordre du jour (présentation plus détaillée sur demande à mnebxaquitaine@aol.com )

10h00 – Jus de fruit, thé et café d’accueil

10h30 – Accueil et tour de table de présentation des associations

11h30 – L’évolution de l’environnement économique, social et écologique des associations

12h00 – Les modes d’action des associations : la sébile ou la grenade ?

12h30 – Déjeuner bio et végétarien

14h00 – La cohérence interne et l’efficacité du travail associatif

15h00 – Les outils collectifs d’information et de communication à améliorer ou à créer

16h00 – Le rôle et l’organisation des associations environnementales

Pour débattre de ces questions nous nous retrouverons à la salle Picasso, salle de réunion au 1er étage du Centre culturel d’Agen, rue Paul Pons, à coté du Stadium (plan en PJ).

Pour réduire notre impact carbone, merci à ceux qui comptent venir en voiture de s’inscrire sur le site de co-voiturage du Conseil général http://www.covoiturage-47.fr/. Il faut valider la charte, entrer ses coordonnées puis déposer un trajet (même si la ville de départ n’est pas dans le Lot-et-Garonne). Une recherche par date permet de trouver rapidement les covoitureurs pour la réunion MNE. Il est conseillé d’entrer dans l’onglet description « réunion MNE ». Sinon la salle est à 10 mn à pied de la gare SNCF.

Nous prendrons un déjeuner bio et végétarien (formules à 10 et 12 €) au Pôle éthique à 5 mn à pied de la salle de réunion. Afin de nous permettre d’organiser cette rencontre dans les meilleures conditions merci de nous confirmer votre présence mnebxaquitaine@aol.com et s’il y a lieu de réserver une place pour le repas avant le mardi 10 février. Si vous avez un doute merci de réserver en mentionnant – sous réserve.

Merci de diffuser largement cette invitation à vos réseaux associatifs.

Courriel du 7 janvier 2009

La Conférencede Poznan nous a rappelé que nous vivons les dernières années où il est encore possible d’agir pour limiter les conséquences du changement climatique. A côté de cette crise climatique, la 6ème crise d’extinction des espèces, les crises alimentaire, énergétique, économique, financière… nous démontrent un peu plus chaque jour que nous devons modifier radicalement notre modèle socio-économique.

Si la prise de conscience progresse rapidement (Al Gore, GIEC, Rapport Stern, Hulot, Grenelle…), c’est bien moins vite que les actions concrètes de préservation de l’environnement. La période est encore au déni. Les associations environnementales, qui regroupent les citoyens les plus sensibilisés à ces enjeux, ont un rôle majeur d’entrainement à jouer. Elles ont vocation à devenir à l’environnement, ce que sont les syndicats au dialogue social.

A partir de cette analyse la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine Lire la suite

Monségur, 6 et 8 février « Nos enfants nous accuseront »

Sud-Ouest, Valérie Fesselet, le 6 Février 2009

MONSÉGUR.

Le bio vedette à l’Éden

Aujourd’hui vendredi et ce dimanche 8 février, le cinéma Éden de Monségur ouvre ses portes aux entreprises et aux producteurs de produits bio dans le cadre de la projection du film « Nos enfants nous accuseront » de Jean-Paul Jaud.

Ce film documentaire raconte la courageuse initiative d’une municipalité du Gard, Barjac, qui décide d’introduire le bio dans la cantine scolaire du village. Le réalisateur brosse un portrait sans concession sur la tragédie environnementale qui guette la jeune génération : l’empoisonnement de nos campagnes par la chimie agricole (76 000 tonnes de pesticides déversées chaque année sur notre pays) et les dégâts occasionnés sur la santé publique…

Agir aujourd’hui

Pour accompagner ce documentaire, qui mérite toute notre attention, le cinéma Éden invite des agriculteurs, des naturopathes, des vétérinaires, des viticulteurs en biodynamique et des phytobotanistes qui viendront discuter du sujet du film après chaque projection ; des commerçants de produits biologiques seront également présents une heure avant le début de chaque projection pour présenter leurs produits dans le hall du cinéma.

Un seul mot d’ordre : ne pas seulement constater les ravages, mais trouver tout de suite les moyens d’agir, pour que, demain, nos enfants ne nous accusent pas…

Les séances ont lieu ce vendredi soir à 21 heures et dimanche 8 février à 15 heures.

Présentation de produits naturels bio par des entreprises et des producteurs dans le hall du cinéma une heure avant le début de chaque projection et discussion. Débat après chaque séance. Les séances sont aux tarifs habituels. Renseignements : Lire la suite

Ecologie : comprendre le processus de changement

nature-humaine.fr, La Lettre Nature Humaine n°3, janvier 2009

« Ecologie : comprendre le processus de changement »,

La Lettre Nature Humaine n°3, sur l’écologie et les sciences humaines, vient de sortir.

Au programme :

– mieux comprendre ce qu’est le changement

– deuil et crise écologique

– les « sentiments de nature », par l’écrivain et poète Bernard Boisson.

N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions, appréciations, avis et autres, dans le souci d’améliorer cette Lettre.

Bonne lecture !

Soutenir la Lettre

Pour mémoire, la Lettre est financée par les dons, subventions et adhésions à l’association.

Pour devenir membre (20 euros l’adhésion de base, 10 pour les petits revenus), c’est très simple. Rendez-vous sur ce lien

<www.nature-humaine.fr/membresetbenevoles>

Lettre n°1 – Les moteurs de l’action 

Lettre n°2 – Les freins à l’action (partie 1)

Les Lettres de Nature Humaine sont à télécharger gratuitement en PDF, ici : Lire la suite

Patrick Viveret : Reconsidérons la richesse

« Reconsidérons la richesse »

Patrick Viveret, TerreTV, janvier 2009

Interview de Patrick Viveret, philosophe, président de l’Observatoire de la décision publique et auteur du rapport « Reconsidérer la richesse » enregistre lors des 5ème assises nationales du développement durable à Lyon les 19, 20 et 21 janvier 2009

« Le vieux monde se meurt. Le nouveau monde tarde à paraître. Et dans ce clair-obscur les monstres surgissent. » Antonio Gramsci

A voir a Lire la suite

Science et conscience comme philosophie environnementale

bulletins-electroniques.com, le 2 février 2009

Science et conscience comme philosophie de gouvernance pour l’EPA

La « dream team » environnementale du Président vient d’être confirmée par le Sénat, après une brève suspension de la procédure par les Sénateurs républicains, lesquels souhaitaient simplement des éclaircissements sur l’articulation des rôles entre l’administration de l’EPA et la future tsarine « Energie et changement climatique » de la Maison Blanche – Carol Browner. Quelques instants après sa confirmation, la nouvelle administratrice a adressé une note aux salariés de l’Environmental Protection Agency (EPA) annonçant clairement la philosophie de gouvernance qui serait la sienne et les priorités thématiques qu’elle poursuivrait.
Trois valeurs au centre du processus de décision

Rappelant les trois valeurs énoncées par le Président Obama, elle a affirmé que ces valeurs modèleraient chacune de ses actions à la tête de l’agence. En premier lieu, elle a annoncé que la science formera la « colonne vertébrale » de l’EPA, confortant ainsi les espoirs des scientifiques et des experts au sein de l’administration environnementale, et donnant un coup de patte au passage à son prédécesseur, souvent accusé d’avoir supprimé ou déformé les conclusions scientifiques à des fins politiques. « Les orientations décidées (« policy decisions ») ne doivent pas être déguisées en résultats scientifiques. Je promets que je ne compromettrai pas l’intégrité des experts de l’EPA en vue de promouvoir une décision réglementaire plutôt qu’une autre » assène la nouvelle administratrice.

La seconde valeur fondamentale est de l’Etat de droit (« rule of law »). Le texte de Lisa Jackson affirme que les lois ratifiées par le Congrès des Etats-Unis doivent être appliquées, de même que les décisions de la Cour Suprême, faisant là aussi référence aux errements passés de l’EPA, (notamment dans la carence d’application de la décision « Massachusetts vs EPA » de 2007 qui oblige l’agence à déterminer si le CO2 est un polluant, et à ce titre, réglementé par elle). « L’EPA ne peut pas tourner la tête ailleurs à une décision de justice ni ralentir le processus de mise en conformité« .

La troisième valeur est la transparence : « je promets que j’entreprendrai le travail de l’agence sous l’oeil du public afin que la porte soit ouverte aux parties intéressées et qu’il n’y ait aucun doute sur ce que nous faisons ni sur la manière dont nous sommes parvenus à notre décision« .
Concluant cette profession de foi, Lisa Jackson demande à ses collaborateurs de lui rappeler si jamais elle venait à déroger à ces trois valeurs.

Cinq domaines d’action prioritaires

La deuxième partie du memo vise à mettre en lumière les domaines d’actions qu’elle considère comme les plus urgents dans la protection de la santé humaine et de l’environnement. Les 5 priorités qui bénéficieront de son « attention personnelle » seront :

La réduction des Gaz à Effet de Serre (GES). Sur ce point, dont Mme Jackson rappelle combien il est cher au 44è Président, elle s’engage à aider le Congrès dans la préparation d’une législation – basée sur la science- visant à lutter contre le changement climatique. Elle s’engage également à appliquer la décision de la Cour Suprême dans le cadre du Clean Air Act. Lire la suite

Le Bouscat : des espaces verts écolos

Sud-Ouest, Laurie Bosdecher, le 5 Février 2009

LE BOUSCAT, ESPACES VERTS. Moins de tontes, moins de pesticides, moins d’arrosage. Jardins publics et massifs de la ville changent d’aspect

Les bons plants verts

 « Le développement durable, un mot nouveau ? Cela me fait un peu rire. On revient surtout à un mode de vie et des méthodes qu’on utilisait dans le passé. » Cyriaque Aupy, responsable du service des espaces verts au Bouscat, est un pragmatique.

Depuis plusieurs mois, la ville veut donner l’exemple à ses habitants en gérant d’une manière plus respectueuse de l’environnement ses massifs, arbustes et massifs. Fini les parcs stériles, où toute mauvaise herbe était bannie, les haies taillées au cordeau et les gazons tondus à ras.

Jardins de grand-mère

Le responsable de service et son équipe de vingt personnes ont changé leurs méthodes de travail. « Mais cela ne peut pas se faire en un jour car nous vivons une petite révolution. Nous préférons d’abord faire des tests sur certains secteurs puis les généraliser », précise-t-il.

Premier objectif : faire la chasse au gaspillage d’eau. Les tuyères sont peu à peu remplacées par des goutte-à-goutte. De nouveaux gazons, moins gourmands en eau, sont plantés. Ils sont également tondus moins souvent pour limiter la consommation d’énergie et la pollution. « Nous les coupons plus hauts. Cela a deux avantages : ils repoussent moins vite et résistent mieux à la sécheresse. C’est moins net, c’est sûr. Nous devons petit à petit le faire accepter à la population. »

Autre changement qui commence à prendre forme : « au Bouscat, nous avons beaucoup de petits espaces verts et peu de grandes étendues, explique Cyriaque Aupy. Nous les transformons un à un en petits jardins dans l’esprit de ceux qu’on trouvait autrefois à l’arrière des échoppes bordelaises. » Place donc aux plantes de grand-mère : iris, thym, plantes vivaces. Ces variétés poussent sur des paillasses naturelles qui filtrent mieux l’eau, nécessitent beaucoup moins d’engrais et évitent la prolifération de mauvaises herbes.

Dans les parcs aussi, la nature reprend peu à peu ses droits. « Cela ne veut pas dire que l’on s’en occupe moins, précise le fonctionnaire. Mais on va y planter des espèces plus adaptées au climat et au sol. » Les déchets verts et les feuilles mortes sont désormais broyés par le service des espaces verts et répandus sous les arbres.

Conseils de jardinier vert

Plus question d’utiliser des engrais chimiques. Sous les serres municipales, on lutte aussi maintenant contre les pucerons et autres bestioles avec des moyens biologiques. Le désherbage, lui, se fait à la main et depuis cette année, à la vapeur d’eau.

« Changer nos méthodes et les variétés de plantes, c’est aussi regarder les prix. Lire la suite

Appel pour une diversification du bouquet électrique français

alecoso.fr, février 2009

Appel d’intérêt public pour une diversification urgente du bouquet électrique français

Depuis plusieurs années, de nombreux partis politiques, syndicats et associations, de sensibilités diverses, soulignent la nécessité d’une diversification des sources d’approvisionnement électrique en France, ne serait-ce que pour réduire les risques de black-out et d’interruptions de la fourniture de courant aux usagers, et garantir ainsi le maintien d’un service public de qualité.

Avec près de 80% de sa production électrique d’origine nucléaire (contre, respectivement, 30%, 20%, 15% et 2,2% pour le Japon, les États-Unis, la Russie et la Chine), la France est le seul pays au monde à dépendre autant de cette source d’électricité peu modulable et donc inadaptée aux pointes de consommation. L’extrême centralisation inhérente à la technologie nucléaire, outre qu’elle entraîne des pertes d’énergie sur le réseau, constitue une cause supplémentaire de vulnérabilité potentielle de l’approvisionnement électrique, dans un contexte de multiplication des incidents et accidents, notamment liés à l’âge du parc et à certaines erreurs de conception (1) mais aussi aux logiques de financiarisation et de privatisation qui touchent à la fois les secteurs du transport et de la production d’électricité – logiques dont on voit hélas mal comment les infléchir à très court terme.

D’une part, ses 58 réacteurs rendent notre pays notoirement excédentaire en moyens de production continue de courant (répondant aux besoins en base). La nécessité technique que ces installations fonctionnent jour et nuit – hors périodes d’arrêt pour maintenance – encourage chez nous la surconsommation électrique (2). L’électricité ne pouvant se stocker, cette surproduction entraîne aussi des exportations à bas prix de courant à l’étranger, lesquelles ont, dans nombre de pays, un effet de dumping dissuasif sur le développement des énergies renouvelables, qu’elles soient thermiques (biogaz, biomasse…) ou autres. Par ailleurs, le surcroît de plutonium et de déchets radioactifs correspondant à ces exportations restera bien sûr, quant à lui, stocké sur le sol français.

D’autre part, les unités de production thermiques plus souples (utilisables en périodes de pics de demande électrique sans générer le reste du temps de gaspillages ni d’incitations à la surconsommation) commencent en revanche à faire cruellement défaut – d’où les difficultés croissantes de RTE (le Réseau de transport d’électricité) pour faire face à la demande sans discontinuité. Cela oblige, lors des pointes de consommation ou d’incidents sur le réseau, à de coûteuses importations d’électricité produite à l’étranger, y compris à partir de ressources fossiles particulièrement polluantes comme le lignite ; celles-ci sont en outre souvent brûlées dans des centrales de conception dépassée, à mauvais rendement énergétique et ne répondant pas aux normes environnementales les plus récentes.

Autrement dit, au lieu d’apporter au niveau planétaire des économies nettes d’émissions de gaz carbonique (CO2), notre parc électronucléaire surdimensionné amène en pratique la France à externaliser, vers des états comme l’Allemagne ou la Pologne, des émissions massives de CO2 et d’autres polluants liées à l’exploitation ponctuelle de centrales thermiques anciennes, ce qui retarde d’autant la fermeture des plus vieilles centrales étrangères… alors même que notre pays fut pionnier, y compris à l’exportation (vers la Chine, les États-Unis…), en matière de centrales dites « à charbon propre » (comme celle de Gardanne), filière qu’EDF a pour l’heure négligé de développer Lire la suite

Les nouvelles lampes fluocompactes ne font pas l’unanimité

Le Monde, Julie Bienvenu, le 4 février 2009

Les nouvelles lampes ne font pas l’unanimité

Les lampes classiques à incandescence, qui représentent 80 % des achats en France, seront progressivement retirées de la vente à compter de septembre dans l’Union européenne, mais dès le 30 juin en France, suite au Grenelle de l’environnement. Ces ampoules seront remplacées par les lampes à basse consommation (LBC) ou fluocompactes, qui épargnent l’environnement comme le porte-monnaie, compte tenu de leur durée de vie et de leur consommation. Pourtant, ces lampes font débat. Depuis 2006, le Centre de recherche et d’information indépendante sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) s’inquiète du champ magnétique produit par les LBC, déconseillant de les utiliser comme lampes de chevet ou de bureau. L’Association française de l’éclairage lui oppose les résultats d’études menées par l’Office de santé suisse en 2004. L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) devrait rendre un avis, attendu depuis plus d’un an, au printemps. La Direction générale de la santé de la Commission européenne a indiqué, en octobre 2008, que les LBC ne produisaient ni champ magnétique ni scintillement, mais mentionne un effet possible des rayons ultra-violets émis sur les personnes sensibles.

Sur le même sujet

La quantité de mercure contenue dans les LBC est faible (0,005 g en moyenne), mais, à grande échelle, il existe des risques de pollution. Considérées comme un déchet dangereux, ces ampoules (recyclables à 93 %) sont collectées en France par l’organisme Recylum.

 

Face à ces inconvénients, l’avenir semble être aux LED Lire la suite

Vittel : Pacte écoleau dans les Vosges

liberation.fr, Lise Barnéoud, le 3 février 2009

Pacte écoleau

Succès. Des agriculteurs vosgiens se sont convertis au quasi-bio pour éviter de polluer les sources de Vittel : le pacte industrie-agriculture, inventé par l’Inra, est devenu un modèle de développement durable.

Imaginez. Vous avez une sublime poule aux œufs d’or. Soudain, elle montre des signes de faiblesse. Que faites-vous ? Vous l’emmenez fissa chez le vétérinaire pour qu’il la requinque…

Maintenant, remplacez la poule par l’écosystème de l’Ouest vosgien, les œufs d’or par des bouteilles de Vittel, le vétérinaire par un institut de recherches et le propriétaire par Nestlé. Vous tenez alors les acteurs d’une expérience écologique et sociale unique en France et pionnière du genre : la conversion d’une région à une agriculture durable, quasi bio, afin de sauver une source menacée de disqualification par l’usage des engrais et pesticides. L’aventure a commencé en 1989. Vingt ans ont passé. Depuis, le niveau des nitrates dans la nappe souterraine a chuté et le bassin-versant de Vittel peut s’enorgueillir d’être une «île verte».

Frayeurs. De l’ancienne route romaine qui relie Langres à Strasbourg, il est possible d’apercevoir la totalité de cette «île», blanchie sous une fine couche de glace. On devine des prairies, quelques champs fraîchement labourés, des bosquets, des vaches, un petit troupeau de moutons, des villages… 5 000 hectares, en tout, dont 3 600 consacrés à l’agriculture. Ce vaste bassin descend vers la ville thermale, où une longue faille se dresse. C’est là, le long de ce décrochement géologique, qu’émergent les sources de Vittel, qui font la réputation de la ville depuis l’époque gallo-romaine. Et le bonheur de Nestlé, passé en 1992 d’actionnaire majoritaire de la Société générale des eaux minérales de Vittel (SGEMV) à propriétaire. Un bonheur qui a connu une grande frayeur.

A la fin des années 80, alors que la multinationale suisse mise gros sur l’avenir de la source, elle observe en effet que la teneur en nitrates grimpe de façon constante, atteignant les 8 mg/l en bouteille. Impossible de ne pas s’en inquiéter alors que la législation française impose aux minéraliers une composition physico-chimique constante, sans avoir recours à des traitements, et que les normes sanitaires fixent à 10 mg/l le seuil pour les eaux destinées aux nourrissons, clients des 1,3 milliard de bouteilles de Vittel vendues chaque année…

«Une eau saine commence par une terre saine», clament aujourd’hui les publicités de la marque. Elle en sait quelque chose : dans cette zone calcaire, ce qui se répand et s’épand en surface a toutes les chances de se retrouver dans la nappe souterraine plus tard. Or, depuis la fin des années 70, la tendance est, ici comme ailleurs en France, à la culture intensive du maïs à grands coups d’engrais pourvoyeurs de nitrates. Nestlé rêve de stopper net cette production de polluants qui menace ces «œufs d’or». Mais comment ?

Son premier réflexe est d’acquérir un maximum de terres et de les transformer en prairies non fertilisées. Mais il est impensable de racheter les 3 600 hectares agricoles et de contraindre les paysans à cesser leur activité. Il faut donc inventer une solution… C’est alors que l’entreprise se tourne vers l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). «Pour nous, leur objectif « zéro nitrate » traitait un peu vite l’avenir de l’agriculture locale, raconte Marc Benoît, responsable du volet agronomique de cette recherche. Nous avons donc renégocié durant deux ans cet objectif, afin de le rendre compatible avec la viabilité des fermes existantes. Et en 1989, la question était devenue : comment créer une agriculture qui fournisse une eau peu chargée en nitrates et permette aux fermes de se développer.» Lire la suite

Commune de Le Thor « OGM : interdiction de principe »

lagazettedescommunes.com, le 3 février 2009

OGM : interdiction de principe

Un conseil municipal peut prendre une délibération de principe interdisant sur le territoire communal la culture en plein champ de plantes génétiquement modifiées.

La culture des OGM, du fait de son impact éventuel sur la santé publique et l’environnement intéresse la commune de Le Thor qui a une vocation essentiellement agricole. Ainsi, la délibération du conseil municipal, interdisant sur le territoire communal la culture en plein champ de plantes génétiquement modifiées, constitue un intérêt public local au sens du CGCT (article L.2121-29).

Selon le juge Les cultures d’OGM créent un risque pour les nombreux agriculteurs labélisée» agriculture biologique», les zones classées de protection Natura 2000 et naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) et les vins d’appellation AOC Côtes du Rhône et Coteaux d’Avignon qui se trouvent sur le territoire de la commune.
L’assemblée délibérante a rendu publique une position de principe sur la question de la culture des OGM, sans édicter d’interdiction de ce type de culture dans la commune. Seul ministre de l’agriculture a un tel pourvoir de police spéciale en la matière.

Par cette délibération elle invite l’Etat à prendre en compte l’intérêt de la santé publique et de la protection de l’environnement lorsqu’il autorise les cultures d’OGM et, pour sa part elle s’y oppose.
Le tribunal administratif de Nîmes a donc jugé que Lire la suite

Un Plan de relance trop déconnecté du Grenelle

Actu-Environnement.com, Agnès Sinaï, le 4 février 2009

Un Plan de relance trop déconnecté du Grenelle de l’environnement

Alors que le nouveau président des Etats-Unis a annoncé un plan de relance centré sur l’indépendance énergétique américaine qui devrait déclencher la création de 460.000 emplois dans les trois prochaines années, le premier ministre, François Fillon a lancé 1.000 chantiers d’investissements dont la plupart sans rapport avec les orientations adoptées par la loi Grenelle.

Restauration de la flèche de Notre Dame, construction d’établissements pour personnes âgées, halles des sports réhabilitées, rénovation des nécropoles nationales, projet de pôle pour les nanotechnologies à Saclay, installation de connexions wi-fi à bord du TGV Est, rénovation de logements à Kerguelen… Doté de 11,1 milliards d’euros directement investis par l’Etat, auxquels s’ajouteront 4 milliards d’investissements supplémentaires réalisés par les grandes entreprises publiques ou assimilées (EDF, SNCF, RATP, GDF-Suez, La Poste), le plan de relance présenté par François Fillon le 2 février concerne quatre grands domaines : infrastructures et équipements civils (870 millions d’euros), enseignement supérieur et recherche (731 millions), patrimoine (620 millions), ainsi que des dispositifs de soutien à l’investissement en faveur des collectivités locales (2,5 millions au titre du Fonds de compensation de la TVA) et des entreprises (8 milliards de prêts sur fonds d’épargne). Ce catalogue de mille mesures hétéroclites est majoritairement concentré sur l’entretien et l’extension de l’existant plutôt qu’en faveur d’une nouvelle orientation de l’économie, au service, par exemple, de l’environnement et de la réduction des consommations d’énergie, de la promotion de l’agriculture biologique et de la préservation des ressources naturelles.
Un Green New Deal introuvable

Alors que le Grenelle de l’environnement avait donné l’impulsion à ce qui aurait pu devenir un Green New Deal national, le plan de relance du Premier ministre donne l’impression de rester très majoritairement dans la logique du business as usual. Des routes et des autoroutes, mais pas de financements décisifs pour les transports en commun urbains, des rénovations de bâtiments anciens, mais pas de plan d’ensemble de réhabilitation du logement social, ni d’engagement substantiel en faveur de la construction d’écoquartiers à basse consommation, une aide de 100 millions d’euros à 50.000 propriétaires occupants modestes, soit un saupoudrage de 2.000 euros par logement au lieu des 20.000 nécessaires (une réhabilitation aux normes prévues par le Grenelle coûte 300 € le m2)… La création d’emplois attendue n’est pas chiffrée, pas plus que les conséquences du plan en termes d’émissions de gaz à effet de serre ou l’anticipation de l’impact de grandes infrastructures, telles que le canal Seine-Nord.

Côté transports, la construction de trois nouvelles autoroutes est prévue : A63 Bordeaux-Espagne, A150 Rouen-Le Havre et A355 (Grand contournement Ouest de Strasbourg), alors que le Grenelle avait abouti au gel de ces 3 projets autoroutiers. Un milliard d’euros seront dépensés en 2009 sur le réseau national au lieu des 800 millions prévus. Selon la Fédération nationale d’usagers de transports (FNAUT), outre qu’elle induit peu d’emplois, la création de nouvelles routes ou autoroutes brouille le message du Grenelle : c’est un signal psychologique déplorable. D’autant que la France est déjà bien dotée en infrastructures routières, mais sous-équipée en transports urbains collectifs, qui, selon la FNAUT et un rapport récent du Programme des Nations Unies pour l’Environnement1, créent deux fois plus d’emplois, à dépense égale, que le transport routier, pour la plupart pérennes et par définition non délocalisables. Selon un communiqué conjointement publié par le GART (Groupement des autorités responsables de transport) et les Communautés urbaines de France, les élus locaux déplorent que l’État n’ait pas favorablement répondu à la demande des associations représentant les collectivités locales : soutenir l’investissement dans les transports en commun en site propre et dans le matériel roulant.
Le secteur automobile tire son épingle du jeu Lire la suite

Réchauffement : ultimes avertissements des spécialistes

novethic.fr, Maxence Layet, le 4 février 2009

Réchauffement : ultimes avertissements des spécialistes

Le consensus est net. Plusieurs ouvrages, parus entre la fin 2008 et début 2009, aboutissent aux même conclusions. Il reste moins d’une décennie pour obtenir une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Au-delà, la réaction en chaîne climatique, visible en moins de deux générations, deviendra incontrôlable.

Banle-bas de combat ! Côté climat, les avertissements pleuvent en ce début d’année et s’inscrivent dans une véritable convergence internationale. Un consensus notamment relayé par le Worldwatch Institute, un organisme américain de recherche environnemental. « Nous avons le privilège de vivre à un moment de l’histoire où nous pouvons prévenir une catastrophe climatique qui rendrait la planète hostile au développement de l’homme et de son bien-être, » rappelle ainsi Robert Engelman, l’un des directeurs de l’ouvrage « State of World 2009 » rédigé par 47 experts. Le plus grand nombre jamais rassemblés au sein de l’état des lieux annuel du Worldwatch Institute. Parue mi-janvier 2009, sa 26e édition se consacre à « un monde qui se réchauffe ». Selon ce panel d’experts, le temps manque pour suffisamment réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le calme avant la tempête…

Depuis le milieu du 18e siècle, les températures moyennes ont déjà globalement augmenté de 0,8°C. Un degré supplémentaire est d’ores et déjà attendu du fait de l’inertie thermique de la planète et des quantités de GES accumulés entretemps dans l’atmosphère. « Le monde va devoir réduire ses émissions plus drastiquement que prévu, résume le Worldwatch Institute, pour essentiellement ne plus émettre de C02 d’ici 2050 si l’on veut éviter une perturbation catastrophique du climat mondial. » Pour l’un des auteurs du rapport, le climatologue William Hare, il est même impératif que les émissions déclinent au point de devenir négatives après 2050. Sous peine de déclencher un emballement des températures et un compte à rebours climatique lourd de menaces.

A lire les scénarios du quatrième rapport de synthèse du GIEC, le groupe international d’experts de l’évolution du climat, la hausse des températures d’ici 2100 serait comprise entre + 1,1 et + 6,4 C°. C’est l’échelle adoptée par le journaliste Mark Lynas pour détailler dans « Six degrés » (Dunod) les multiples conséquences du réchauffement climatique. Acidification des océans et disparition du plancton, longues périodes de sécheresse, pénurie d’eau douce, érosion des sols et de la biodiversité, zônes côtières condamnées à être submergées… Son voyage dans le temps, au-delà des 2 degrés, se transforme en enfer sur Terre. « Les rétroactions climatiques lentes – retrait des glaces, modifications du cycle du carbone – sont désormais mieux prises en compte. Toutes tendent à confirmer l’urgence de réestimer le taux de réchauffement prévu, » écrit le journaliste britannique. Il nous reste moins d’une décennie pour commencer à réduire nos émissions. »

Deux degrés, point de bascule ?

Pour le GIEC, c’est bien en 2015 que les émissions globales doivent culminer Lire la suite

Aimer les paysans !

actionconsommation.org, Yann Fiévet, 3 février 2009

Aimer les paysans !

L’une des leçons économiques majeures de la dernière décennie sera – quand on en aura pleinement pris conscience au Nord comme au Sud – la faillite générale des stratégies agricoles mises en œuvre à partir des années 1960. On redécouvrira partout demain le rôle prépondérant des paysans dans l’évolution équilibrée des sociétés humaines et des milieux naturels qui les portent. Pour le moment les tenants des modèles agro-technocratiques parviennent encore à dissimuler l’ampleur de la déconfiture du « monstre » qu’ils ont engendré et apparaissent toujours comme « progressistes » aux yeux des croyants du salut de l’humanité par la transformation des sols en paillasse de laboratoire. Cependant, le vrai progrès est déjà à l’ouvrage, dans les marges des systèmes dominants maintenus artificiellement en vie grâce aux perfusions financières, chimiques ou scientistes.

Toute révolution mentale commence par détruire les mythes de l’ordre ancien. On avait décrété trop vite « la fin des paysans ». Certes, la figure du paysan défini par Henri Mendras en 1967 dans son célèbre ouvrage n’existe presque plus quarante ans plus tard dans nos contrées. Il faut tout le talent cinématographique et ethnographique d’un Raymond Depardon pour faire vivre brillamment les survivants d’un monde submergé par les fastes dérisoires de la modernité. Pourtant, si le paysan maître de son labeur et de son temps, cultivant péniblement sa terre a disparu chez nous il est illusoire de voir dans sa disparition le signe premier et décisif de l’avènement de son successeur naturel : l’agriculteur exploitant rationnellement la terre. Il n’est rien de plus faux que cette dichotomie entre le paysan qui incarne la tradition qu’il faut nécessairement dépasser et la modernité qu’incarnerait l’entrepreneur des campagnes rationalisées. Finalement, il n’a pas fallu si longtemps pour réaliser que cultiver une terre c’est l’entretenir, la faire durer tandis qu’exploiter la terre c’est l’appauvrir puis la détruire à terme bref.

Entre la figure disparue à jamais et l’épouvantail qui bientôt sera nu, il y a toute la place pour des hommes et des femmes respectant de nouveau la terre nourricière. Qu’ils se nomment encore paysans ou qu’ils préfèrent se dénommer agriculteurs paysans, ils (ré)inventent les formes d’une agriculture durable pour une transmission convenable aux générations futures. Ils veulent vivre du fruit de leur travail et non de subventions quémandées et sans cesse renégociées par des représentants à la légitimité douteuse. Ils veulent ne pas trop – voire pas du tout – dépendre du complexe agro-bio-business pour leurs semences, la nourriture de leurs animaux d’élevage, leurs débouchés sur le marché qu’ils souhaitent plus équilibré. Ils développent des circuits courts par la vente directe aux consommateurs qu’ils apprécient de rencontrer quand la Grande Distrib’ méprise ce lien social essentiel. Bref, ils aiment la terre et ses fruits, la vie, les autres…

Chaque jour désormais, le consommateur se tourne davantage vers eux et voudrait se détourner au contraire des faiseurs de mal bouffe. Le moment est donc venu de « pousser » l’offre de l’agriculture paysanne par un basculement des subventions de l’agriculture productiviste prédatrice des écosystèmes vers le financement de la conversion des terres et l’installation de nouveaux paysans aux « méthodes douces ». Il faut mettre un frein – et pourquoi pas un coup d’arrêt – au mouvement de Lire la suite

Hulot : Le Grenelle n’est pas mort, mais…

RTL info, Jean-Michel Aphatie, le 4 février 2009

Nicolas Hulot : « Le Grenelle de l’environnement n’est pas mort ! » (vidéo)

A 48 heures de l’intervention radiotélévisée de Nicolas Sarkozy, le président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Nicolas Hulot est revenu sur le Grenelle de l’environnement, qui, pour l’instant, est passé en second plan dans la politique gouvernementale. L’animateur de télévision s’est attaché à rappeler que « le Grenelle de l’environnement n’est pas mort ! »

tous les sons

Le président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme est « l’invité de RTL »

Voir la vidéo de l’entretien

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nicolas Hulot.

Nicolas Hulot : Bonjour.

Le Premier ministre présentait, lundi à Lyon, les 1.000 projets qui concrétisent le Plan de relance de l’économie du gouvernement ; et le journal « Les Echos », hier, notait ceci : « Dans son discours à Lyon, François Fillon n’a pas fait la moindre allusion au Grenelle de l’Environnement et à l’idée de profiter du Plan de relance pour rendre la France plus sobre en carbone ». Le Grenelle de l’Environnement : pour l’opinion publique, c’est vous Nicolas Hulot. Vous a-t-on roulé dans la farine ?

Non. Il faut éviter d’avoir des jugements aussi radicaux. D’abord, le Grenelle n’est pas mort, puisqu’il y a la loi Grenelle 2 qui doit venir au Parlement bientôt. Donc, avec les moyens d’application. On verra ce que les députés, les sénateurs en feront. Il n’est pas mort, mais il n’a pas beaucoup de couleur !

Non. Ce que je pense, ce qui est plus important et peut-être plus triste : c’est que le basculement n’a pas eu lieu ; c’est-à-dire que je pense qu’on n’a pas encore mesuré l’importance des enjeux. C’est-à-dire que le Grenelle, c’est une chose ; mais je l’ai toujours dit : ce n’est pas un aboutissement. Ce n’est pas l’alpha et l’omega de la révolution écologique.
Ce qu’on voit bien, c’est que dès qu’un événement extérieur survient. Actuellement on traverse une crise qui est une crise importante, certes mais qui n’est rien en comparaison de la crise qui surviendra lorsque les facteurs climatiques conjugués à la pénurie des ressources et des matières premières sur lesquelles repose toute notre économie, arrivera. Et ce qui est dommage, c’est qu’on voit bien qu’il y a une logique qui reprend le dessus.
Regardons simplement le Plan de relance avec quand même des sommes considérables. Elles ne sont pas suffisamment conditionnées à des normes environnementales strictes. Ce qui avait été acté au moment du Grenelle, c’est qu’il y a un certain nombre de choses auxquelles on allait progressivement renoncer et qu’il y a un certain nombre de choses auxquelles on allait maintenant venir. Prenons, par exemple, en matière de transport. On avait pratiquement sonné le glas du tout routier et autoroutier. On est reparti sur des chantiers qui vont nous remettre dans une augmentation de nos émissions de gaz à effet de serre.
Vous n’avez pas été consulté pour le Plan de relance ? Vous n’avez pas eu l’occasion de dire ça avant que le Plan de relance ne soit finalisé ?

Non. Non. C’est dommage parce qu’il y a eu une occasion-là extraordinaire ; il y a un bras de levier à la fois de créer de l’emploi et à la fois de rentrer enfin dans une société de l’après-carbone parce que je rappelle qu’il y a quand même deux éléments qui nous obligent à sortir du carbone : c’est la fin annoncée du pétrole et c’est nos engagements : division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre. Lire la suite

Les vins de Bordeaux ont réalisé leur Bilan Carbone©

eco-life.fr, Marie Varasson, le 23 janvier 2009

La filière viticole n’a pas à rougir de son Bilan Carbone©

Après le Champagne, les vins de Bordeaux ont réalisé leur Bilan Carbone©. Du raisin aux verres, le plus émetteur n’est pas forcément celui qu’on croit. Sous la houlette du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), la filière vin de Bordeaux a entrepris son Bilan Carbone©. Un suivi fastidieux des processus de transformation et de production du précieux nectar, réalisé dans le but de « s’adapter aux conséquences du changement climatique et d’apporter des solutions concrètes à tous les producteurs de la région », explique Florent Labadie Œnologue et Responsable Qualité/Environnement aux Vignobles Despagne. Une initiative bien accueillie dans les vignobles, où les accusations de pollution sont le lot quotidien des exploitants. « On m’apostrophe souvent en me disant que je suis un pollueur, qui ne respecte pas la nature« , explique Pierre-Henri, exploitant dans le Médoc. « Avec ce bilan carbone, notre transparence sera totale et lèvera le doute sur de fausses vérités« , ajoute-t-il.

Car en-dehors des pesticides, la filière émet 200 000 tonnes équivalent carbone par an, soit les émissions annuelles de 90 000 Français (2,2 tonnes par personne et par an). De la récolte au verre, neuf postes ont été méticuleusement recensés : fret, déplacement des personnes, matériaux entrants, immobilisation en cave, émissions non énergétiques, fin de vie d’emballage, fin de vie des déchets directs, énergie viticulture et énergie hors viticulture.

Plus gros poste d’émissions, les matériaux entrants – produits chimiques, métaux, papiers carton, plastique, liège, verre et sucre – représentent à eux seuls 43% des gaz à effet de serre émis, soit 85 000 tonnes. Responsable principal, le verre, génère 42 600 tonnes équivalent carbone – soit 49% des émissions des matériaux entrants – tandis que les bouchons de liège n’en représentent que 2%. Le fret (aérien et fournisseur) constitue 18% des émissions du secteur, talonné par les déplacements des personnes à 12%.

– Saint-Gobain a lancé plusieurs programmes de recherches –

Pour réduire ces émissions, le CIVB a édicté une liste de recommandations et cible le verre en premier lieu. Responsables de plus de 21% des émissions totales de la filière, la fabrication et le transport des bouteilles consomment beaucoup d’énergie. Premier fournisseur des exploitants, Saint-Gobain a lancé plusieurs programmes de recherches destinés à réduire les émissions des fours et celles liées au transport de leurs produits. Récoltées à hauteur de 60%, les bouteilles commercialisées par le fabricant sont ensuite recyclées dans leur intégralité. L’entreprise a lancé un programme de recherche pour réduire le poids de ces bouteilles. « Le marché était fortement demandeur de cette innovation », explique Mathilde Hebert, Responsable Développement Marketing de Saint-Gobain Emballage. « Pour les bouteilles tradition, notre cœur de gamme, les recherches ont permis de réduire de 15% le poids du contenant », ajoute-t-elle.

Tandis que l’usine écologique Cameron, dédiée à la production de bouteille, a déjà ouvert ses portes à Pittsburg, aux Etats-Unis, le CIVB promet de réduire les émissions de la filière viticole française de 30 000 tonnes, d’ici à 5 ans. Pour ce faire, les transports par avion et le fret routier sont montrés du doigt. L’objectif pour 2050 est de réduire par quatre les émissions du secteur, tant du côté des viticulteurs que de leurs sous-traitants.

Pour éviter de faire tache, la filière viticole s’adapte. Lire la suite

Le climat est-il devenu fou ?

Le Figaro, Patrice de Meritens, le 30 janvier 2009

Le climat est-il de venu fou ?

« Le réchauffement est l’une des formes perverses de la croissance économique », observe Emmanuel Le Roy Ladurie. « Et c’est maintenant qu’il faut passer à l’action », répond Jean Jouzel.

Le Figaro Magazine – On ne cesse de parler du réchauffement de la planète et on est tout surpris de se retrouver avec un hiver glacé…

Jean Jouzel – Même dans un contexte de réchauffement climatique, il est normal d’observer des hivers plus froids que d’autres. Sur les deux prochaines décennies, la tendance moyenne du réchauffement devrait être de 2/100e de degré par an, donc difficilement perceptible d’une année sur l’autre. Il faut regarder le phénomène dans la durée, avec une véritable perspective historique. Le réchauffement est patent depuis un demi-siècle, mais il y aura toujours des hivers froids. De même, un été très chaud ne constitue-t-il pas à lui seul le témoignage d’un réchauffement climatique.

Emmanuel Le Roy Ladurie – On observe en effet un espacement plutôt qu’une disparition des hivers rudes. Leur dernière grande série date de 1985-1986-1987.

Jean Jouzel – Les hivers très froids s’espacent dans une perspective de réchauffement climatique lié à l’activité humaine, lequel se superpose à la variabilité naturelle. Les gaz à effet de serre ont abouti à une accumulation de chaleur dans les basses couches de l’atmosphère. Ajoutez à cela les mécanismes d’amplification : quand l’océan se réchauffe, il y a plus d’évaporation, plus de vapeur d’eau – un gaz à effet de serre – dans l’atmosphère, ce qui accentue le réchauffement global. Nous sommes dans un mécanisme non pas vertueux mais d’aggravation, qui aboutit à l’inéluctabilité du réchauffement climatique.

Emmanuel Le Roy Ladurie – Cela étant, la fonte des glaciers a commencé assez tôt. Quoi qu’en dise un grand cinéaste qui prétendait les Suisses incapables d’invention, ces derniers, excellents en matière de glaciologie, estiment qu’il y a eu des vagues de chaleur dès la décennie 1860 : elles ont déclenché le retrait glaciaire. Le véritable ré chauffement, pourtant, n’est devenu flagrant qu’à partir de la canicule de 1911. On le voit sur la courbe mondiale, qui est sérieuse même si d’aucuns déclarent qu’il y avait trop peu de thermomètres en fonction à l’époque. Par ailleurs, on a connu un rafraîchissement climatique entre 1950 et 1975…

Jean Jouzel – Oui, le léger refroidissement des années 60 a pu avoir pour origine l’activité de volcans importants : leur éruption a projeté dans l’atmosphère d’immenses nappes de poussières qui ont bloqué les rayons du soleil, influant sur la température. Ce type de refroidissement est assez bref. Il s’étend sur un à deux ans, et peut atteindre quelques dixièmes de degré.

Emmanuel Le Roy Ladurie – L’un des plus célèbres exemples date d’avril 1815, avec l’explosion du volcan de Tambora, dans une île indonésienne. Des flammes mêlées de cendres et de gaz se sont élevées à près de 50 km de hauteur. Outre les 80 000 morts sur place, le réveil de ce volcan a eu des répercussions dramatiques sur le climat terrestre : une « année sans été » (1816) en Amérique et en Europe, causant dans certains pays des disettes et des émeutes de subsistance. Les Européens ont observé des couleurs inhabituelles lors des couchers de soleil, liées aux aérosols et aux dizaines de km3 de poussières dégagées à cette occasion. William Turner a-t-il immortalisé ce phénomène dans ses tableaux ? Cette année-là, Marie Shelley, enfermée sous la pluie dans un chalet près de Genève, accouchait du monstre le plus extraordinaire qui soit sorti de l’imagination d’une jeune femme : Frankenstein ou Le Prométhée moderne – pourrait-on parler d’un « complexe Tambora » ?

Jean Jouzel – Le deuxième facteur du refroidissement observé dans les années 60 est la pollution atmosphérique par le biais d’aérosols, facteurs eux aussi d’obscurcissement de l’atmosphère et de refroidissement. N’oublions pas que les Trente Glorieuses ont vu un développement industriel sans précaution. Dans les reconstructions climatiques, on explique assez bien cette pause.

Le Figaro Magazine – Pour autant, le réchauffement continue…

Jean Jouzel – Le problème est en effet devant nous. Si aucune mesure n’est prise, le réchauffement en Europe de l’Ouest pourrait atteindre de 4 à 6 °C dans la seconde partie du XXIe siècle. Si l’on souhaite le limiter à 2 °C par rapport au climat pré-industriel, ce qui est l’objectif de l’Europe, il faut diminuer nos émissions de gaz à effet de serre par deux, voire par trois, d’ici à 2050, puis poursuivre cet effort. C’est un véritable défi, surtout si l’on songe que ces émissions n’ont jamais augmenté aussi rapidement qu’actuellement. Il faut qu’elles soient stabilisées d’ici à 2015 au plus tard. Nous ne subissons pas encore les conséquences adverses du réchauffement, c’est pourquoi le message a du mal à passer. Pourtant, c’est maintenant qu’il faut passer à l’action. Lire la suite

Nouvelle infolettre sur la filière bois en Midi-Pyrénées

Midi-Pyrénées bois, le 4 février 2009

Nouvelle infolettre sur la filière bois en Midi-Pyrénées

Toute l’équipe de Midi-Pyrénées bois est très heureuse de vous annoncer la naissance d’une nouvelle infolettre économique consacrée à la filière bois.

Cette infolettre offre une sélection d’informations transversale sur la filière qui permet d’appréhender les enjeux des mutations que nous sommes en train de vivre et de mieux comprendre l’impact du changement de paradigme que nous devons réaliser avec le Développement Durable.

Nous espérons que vous serez parmi les premiers à vous abonner à cette infolettre gratuite et qu’elle deviendra pour vous rapidement indispensable.

N’hésitez pas à diffuser autour de vous l’annonce de cette naissance …
Pour visualiser le Numéro du 19 janvier et vous abonner : cliquez ici <http://cgi.dolist.fr/online.asp?l=2061-28-7872-d81a3597> <http://cgi.dolist.net/member_subscribe.asp?l=2061>

 

Re)lire Arne Næss : écologie, métaphysique et action

Re)lire Arne Næss (1912-2009) : écologie, métaphysique et action

philosophie.blogs.liberation.fr, Charles Ruelle, le 4 février 2009

L’écologie est née science, elle est devenue politique. Mais si la politique est la science des fins, il semble bien que l’écologie ait été vidée de sa substance, utilisée comme elle l’est actuellement en tant que slogan ou moyen marketing. Mais à quoi sert-il de prétendre vouloir protéger la nature, dès lors que le seul but recherché est la poursuite d’objectifs contradictoires sans cesse reconduits – ceux de la croissance et l’enrichissement matériel – ou la transformation radicale de nos modes de vie sans véritablement connaître ou sans s’en donner les vrais moyens ?

Une question fondamentale se pose donc à nous : que voulons-nous donc vraiment ? Quelles sont les valeurs qui, selon nous, doivent gouverner nos actions ? La question n’appelle pas seulement une analyse en termes de critique sociale, mais elle demande une réponse métaphysique. Car il ne peut y avoir d’écologie politique ou de politique de l’écologie sans une profonde interrogation sur nos principes et nos valeurs ultimes, sur ce qui fait que nous agissons aujourd’hui, dans nos sociétés industrielles, de manière contraire à nos intuitions premières, et sur les conditions d’harmonisation de ces intuitions avec les fins de nos actions.

Le philosophe norvégien Arne Næss, mort le 12 janvier 2009, avait sans doute mieux que nul autre compris cette nécessité de repenser nos impératifs métaphysiques et culturels afin de résoudre la crise environnementale. Il en avait fait son principal objectif en fondant, dans les années 1970, l’écologie profonde, un mouvement philosophique et politique caractérisé par un ensemble de grands principes, de normes et de valeurs extraits d’une réflexion critique en profondeur sur les fondements de notre culture religieuse, industrielle, etc., et susceptibles d’inspirer des actions respectueuses de l’environnement.

En opposition à l’écologie «superficielle» dont l’unique caractéristique est la «lutte contre la pollution et l’épuisement des ressources» et selon laquelle «une action décousue sur les structures économique, sociale et technologique est adéquate» pour résoudre la crise environnementale, l’écologie profonde propose un retour aux prémisses ultimes de nos actions, et la transformation de notre vision du monde.

Arne Næss a formulé et corrigé à de nombreuses reprises les principes fédérateurs de son mouvement, dont les plus remarquables sont le rejet de l’image de l’homme-dans-l’environnement, au profit d’une conception relationnelle du monde (l’homme n’est pas un empire dans un empire mais un nœud au sein d’un tissu de relations), et l’affirmation de l’égalitarisme biosphérique («de principe»), à savoir le droit égal de vivre et de mourir pour toute espèce. La question des modalités et la justification de l’attribution d’une valeur intrinsèque, ou inhérente, à d’autres êtres que l’homme par les philosophes de l’environnement n’a pas manqué de susciter nombre de discussions, notamment dans le cadre de l’éthique environnementale qui s’est particulièrement développée aux États-Unis ou en Australie (cf. H.-S. Afeissa, Ethique de l’environnement, Vrin, 2007)

Næss occupe toutefois dans ce champ une position singulière, restant très discret par rapport aux débats sur la valeur intrinsèque. Tandis que l’éthique environnementale s’est généralement concentrée sur une ontologie des valeurs (quelles sont les modalités d’existence et de justification de la valeur intrinsèque?), Næss a consacré la majeure partie de son œuvre d’écophilosophe à la construction d’une ontologique générale (de quoi l’univers est-il fait ?) cohérente avec les données de l’écologie scientifique (selon laquelle «tout dans la nature vivante est interconnecté»). Mais il s’est aussi, et surtout, impliqué dans l’élaboration d’une systématique permettant de dériver, à partir d’un ensemble de normes premières et d’hypothèses, d’autres normes plus précises capables d’orienter des directives et des actions concrètes.

 

Næss pensait en effet que «l’entière signification d’une théorie peut uniquement se révéler Lire la suite

France 2 le 4 février : Une soirée dédiée au chang. climatique

France 2 le 4 février : Une soirée dédiée au changement climatique

Rendez-vous mercredi 4 février sur France 2 qui consacre une soirée spéciale aux conséquences du réchauffement de la planète :

20H35 : diffusion du documentaire inédit « Les temps changent » dont le scénario est basé sur les travaux du GIEC (groupe de scientifiques chargé par l’ONU de l’étude du réchauffement de la terre et qui a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2007).
– 22h10 : émission spéciale sur le changement climatique, avec la participation de l’ADEME.

 

Vélorution à Bordeaux : le retour. Rencontre le 5 février

velorution.org/bordeaux, le 3 février 2009

Après les grandes heures de la vélorution bordelaise, où des centaines de cyclistes envahissaient la chaussée pour faire reculer la société du tout-automobile, le mouvement a quelques difficultés à retrouver une dynamique. On pourrait espérer que c’est parce que la vélorution n’a plus lieu d’être, et que la situation s’est arrangée dans nos villes et dans nos vies…

Il n’en est rien, et les questions d’énergies, de pollution, de réchauffement climatique, d’aménagement du territoire deviennent un peu plus préoccupantes chaque jour, sans que la place de la voiture ne soit remise en cause.

C’est pour cela qu’il nous semble pertinent et nécessaire de continuer cette lutte !

Rassembler les vélos, rollers, fauteuils, trottinettes, pieds… pour rendre visible la place habituelle et omniprésente de la voiture, et profiter de ces moments pour se réapproprier la rue et l’espace public dans un cadre festif. Mais pour que cette action ait un sens, il faut être nombreux-ses à lui en donner un.

Nous proposons donc une rencontre jeudi 5 février Lire la suite

Kempf : Dépasser la dictature du PIB par l’empreinte écolo

Le Monde, Hervé Kempf, le 31 janvier 2009

Dépasser la dictature du PIB

Prononcez le mot de « décroissance » devant un économiste, et vous le verrez lever les yeux au ciel, vous accuser de vouloir la misère du tiers-monde et, vraisemblablement, tourner les talons en fulminant contre les écologistes rétrogrades. Mais il se trouve que… nous sommes déjà en décroissance. Par la crise, qui fait reculer pour la première fois depuis longtemps le niveau du produit intérieur brut (PIB) ? Non. Du fait de l’atteinte continue que l’humanité inflige au capital naturel de la planète, c’est-à-dire à l’ensemble des ressources biologiques qui servent de support à ses activités.

Mais, si cette atteinte est documentée par des milliers d’études sur le changement climatique, la crise de la biodiversité, la multiplication des pollutions, elle souffrait de ne pas pouvoir être synthétisée par un indicateur significatif. Rien à opposer au règne du PIB – qui en est venu à devenir le fétiche de l’enrichissement et du bien-être. Hausse du PIB, bien. Baisse du PIB, mal. Et quand le PIB monte, et que pourtant, la société exhibe de manière de plus en plus manifeste ses malaises et ses tensions, c’est… qu’il ne monte pas assez ! Quant à la crise écologique, eh bien, c’est une autre affaire, que le PIB ne peut pas mesurer, et qui est donc secondaire…

NOUVEAUX INDICATEURS

De la même manière qu’il a fallu passer de la médecine des docteurs moqués par Molière à la médecine infectieuse inspirée par Pasteur, de même il faut passer d’une « science économique » à une vision de la société humaine au XXIe siècle qui pense la prospérité générale en relation avec son environnement. Il y faut, pour commencer, de nouveaux indicateurs. La bonne nouvelle est que, depuis une dizaine d’années, un tel indice s’est progressivement développé et affermi : « l’empreinte écologique » suscite un intérêt croissant dans les milieux académiques.

Le livre d’Aurélien Boutaud et Natacha Gondran vient donc à point : expliquant en termes clairs et rigoureux la méthode élaborée par Mathis Wackernagel et William Rees depuis une dizaine d’années, il est à notre connaissance la première présentation en français de cet outil essentiel. L’exposé commence par la question première : « En quoi la capacité de l’environnement à répondre à nos besoins actuels et à venir est-elle limitée ? » Pour le comprendre, un rappel du fonctionnement général de la biosphère souligne le jeu des interrelations qui s’y établissent et que l’énergie en est fournie par le Soleil, à travers différentes formes dont celle, essentielle, de la photosynthèse.

L’économie est ramenée à la modestie : « La sphère des activités humaines (« l’éconosphère ») est intimement dépendante de la biosphère dont elle tire son énergie et ses matières premières. » Donc, « l’activité humaine ne saurait continuer à se développer sur le long terme si la biosphère venait à être trop gravement endommagée« . Mais « l’éconosphère mobilise-t-elle aujourd’hui davantage de services issus de la biosphère que celle-ci peut en régénérer ? »

Pour répondre Lire la suite

L’étalement urbain est-il inévitable ?

eco-life.fr, Cris Beauchemin propos recueillis par Diana Semaska, le 2 février 2009

Chercheur à l’Institut national d’études démographiques (Ined)

« L’espérance de vie va atteindre une limite »

En 2005, les démographes de l’ONU annoncèrent une population de 9 milliards d’êtres humains pour 2050, dans leur rapport intitulé « Projections démographiques mondiales (1950-2050) ». Un modèle de calcul prospectif parmi d’autres, mais qui reste toujours d’actualité.

(ECOlife) Comment peut-on évaluer la population humaine sur Terre ?

(Cris Beauchemin) Un chiffre comme 9 milliards d’humains est le résultat d’un modèle. Pour se projeter dans l’avenir, on doit en effet faire des conjectures sur l’évolution de la mortalité et de la natalité. Autrement dit, on fait des paris sur les évolutions à venir, ce qui nous permettra de faire une projection de la population sur plusieurs années.

Selon le contexte dans chaque pays, on imagine dans quel sens et à quel point la mortalité et la natalité – ou la fécondité – vont évoluer. Comme personne ne peut prédire l’avenir précisément, on fait plusieurs hypothèses. En général, c’est l’hypothèse moyenne qui est retenue… En fait, les démographes tiennent compte de la lancée sur laquelle se trouvent les populations actuelles.

Mais c’est un exercice difficile et sans garantie de résultats. Des chiffres à prendre avec précaution, donc !

Vivra-t-on toujours de plus en plus vieux, comme ce fut la tendance jusqu’à présent dans les pays développés ?

Oui et non. Oui, parce que même dans les pays où l’espérance de vie est déjà très élevée, comme en France, elle tend encore à reculer. L’espérance de vie a presque doublé au cours du XXème siècle. En 2004, elle dépassait 80 ans. Sauf quelques exceptions dramatiques liées à la dégradation des conditions de vie (guerre, désastre économique…), dans tous les pays, on vit de plus en plus vieux.

Non, parce qu’il y a un moment où l’espérance de vie va atteindre sa limite, car celle-ci ne peut pas reculer indéfiniment.

Les démographes tiennent cependant toujours compte des évolutions récentes. S’il y a une épidémie de grande ampleur dans un pays où l’espérance de vie était jusqu’alors élevée, ils changeront leur modèle pour l’année en cours en incluant ce facteur.

A 9 milliards sur la planète, nous ne tiendrons pas tous dans les villes actuelles. L’étalement urbain est-il inévitable ?

Non, puisque d’une part, l’étalement urbain est une forme spécifique d’urbanisation qui consiste à consommer beaucoup d’espace pour peu de personnes. Une ville peut être conçue sans étalement urbain, c’est-à-dire en permettant à chacun d’avoir un espace vital à proximité. L’étalement urbain n’est pas une fatalité : avec un peu de volonté et des moyens, les municipalités, les régions peuvent décider de favoriser la construction de quartiers denses. Et la densité n’est pas forcément désagréable. C’est un problème d’aménagement.

D’autre part, l’urbanisation ne galope pas autant qu’on le croit. Rien ne dit que les humains vivront tous en ville. Mais il est certain que la population augmentera dans les campagnes également. Même si un rapport récent de l’ONU déclare que le monde est de plus en plus urbanisé, la vitesse de développement des villes ralentit. Nous sommes très en-deçà des projections faites il y a 20 ou 30 ans.

Ce qui signifie qu’il existe un exode urbain ? Lire la suite

Le pari mondial de la croissance verte

lemonde.fr, Antoine Reverchon, le 2 février 2009

Le pari mondial de la croissance verte

Aide fiscale aux énergies renouvelables et à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, rénovation du réseau électrique, subventions à la recherche et au développement de produits et de services moins polluants dans l’industrie et les transports, normes environnementales plus sévères… L’une, l’autre ou plusieurs de ces mesures se retrouvent dans le plan de relance de 819 milliards de dollars (639 milliards d’euros) voté par la Chambre des représentants américaine le mercredi 28 janvier, et dans le plan de relance de 26 milliards d’euros adopté par le Parlement français le lendemain, dont les mesures devaient être détailléees le 2 février par le premier ministre, François Fillon.

Mais au-delà des effets attendus à court terme sur l’emploi et l’activité, ce  » verdissement  » des plans de relance, que l’on retrouve en Chine, en Allemagne, au Japon, pose les jalons du basculement d’un modèle économique basé sur le pétrole et responsable du réchauffement climatique, vers un modèle gérant au mieux les ressources de la planète.

Barack Obama s’est inspiré du programme  » Repower America  » élaboré par Al Gore, l’ancien vice président de Bill Clinton, qui prévoit de mettre en place en dix ans un modèle énergétique rendant les Etats-Unis indépendants du pétrole, et donc des pays producteurs. La double signification de power (pouvoir et énergie) prend ici tout son sens. Il s’agit de changer de système économique et de résoudre un problème de sécurité nationale. En France, 35 % des investissements prévus par le plan  » anticipent sur l’application du Grenelle de l’environnement « actuellement discuté au Sénat, a affirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, l’ex-secrétaire d’Etat à l’environnement.

Mais le risque est alors de voir l’argent public s’engouffrer dans des secteurs ou des technologies non viables. Ceci simplement parce qu’ils bénéficient d’un meilleur lobbying ou d’un effet de mode, redoute l’économiste américain Robert Bell (City University of NewYork M. Bell a mis en évidence les gaspillages engendrés par certains choix technologiques à Washington. De même, ajoute-t-il, des incitations fiscales, couplées au comportement mimétique des marchés financiers, peuvent conduire les investisseurs à créer une nouvelle bulle financière sur la  » green tech ».

Pour que les pouvoirs publics, mais aussi les agents économiques – entreprises, investisseurs et consommateurs – ne s’égarent pas dans un maquis de promesses parées des vertus de l’écologie, les économistes estiment que les prix des biens et services consommés doivent intégrer le coût de leurs effets réels sur le climat, via un prix par tonne de CO2. Seul ce  » signal prix « , indique Cédric Philibert, économiste à l’Agence internationale de l’énergie, peut inciter les industriels à investir dans des technologies propres, les investisseurs à mesurer le risque de leurs choix, les ménages à adopter un mode de consommation plus durable.

L’économiste britannique Terry Barker(Cambridge) a même mis au point un modèle économique montrant que plus le prix du carbone est élevé, plus les investissements massifs que cette contrainte entraîne génèrent une croissance forte, explique son collègue Patrick Criqui (université de Grenoble) . Mais les économistes se divisent sur l’instrument le plus apte à émettre le signal prix : le marché, où entreprises et Etats échangent les tonnes de CO2 au-delà ou en deçà des quotas qu’ils sont autorisés à émettre ? Ou bien la fiscalité, qui taxerait les biens et les services au prorata de leur teneur en carbone ? Les risques de volatilité excessive du prix de la tonne de carbone sur un marché d’autant plus imparfait qu’il n’inclut pas les émissions de l’Inde ou de la Chine font préférer la solution de la taxe carbone à certains. Lire la suite

Changer de modèle de développement économique

projetdeterritoire.com, Bertrand Mary, le 28 janvier 2009

Changer de modèle de développement économique

Les 5èmes Assises du Développement Durable, organisées par la Région Rhône-Alpes, en partenariat avec l’ARF, la Ville et la Communauté urbaine de Lyon se sont déroulées du 19 au 21 janvier.

Intitulé “Trouvons la richesse : qu’est-ce qui compte vraiment pour vous ?”, le thème des Assises était placé cette année sous le signe de la crise de la croissance et de “la fin de partie pour le modèle productiviste”, selon les termes de Didier Jouve, vice-président à l’aménagement, à l’animation des territoires et au développement durable du conseil régional Rhône-Alpes.

Rencontres-débat autour d’enjeux majeurs

Représentants de collectivités, d’entreprises et d’associations, syndicalistes, chercheurs et consultants, mais aussi simples citoyens, ont participé à des dizaines de tables-rondes, débats et ateliers. En mettant au coeur des travaux la thème de “la richesse”, ces journées ont permis de traiter sous des angles multiples la question – trop rarement abordée dans les territoires – d’une meilleure prise en compte de la dimension économique du développement durable.

Plusieurs sujets majeurs, fondateurs d’une approche renouvelée de l’économie ont été abordés : la définition des valeurs données aux biens, le choix de la bonne échelle pour articuler l’économie, l’homme et son territoire ou encore un mode de partage des savoirs favorable à une économie plus démocratique … Les échanges et témoignages ont permis d’apporter un éclairage sur des avancées – certes progressives, mais parfois très concrètes – vers une économie plus respectueuse des ressources et du facteur humain, conduites souvent avec des entreprises : dans le domaine du management environnemental, de l’”éco-conception”, de l’économie de fonctionnalité (remplaçant la vente d’un bien par la vente de son usage) , de l’implication des salariés dans des démarches de “responsabilité sociétale” des entreprises, etc.

Synthèse des propositions

Parallèlement aux rencontres-débat, les participants étaient invités à contribuer à l’élaboration de propositions. Les travaux issus de cet exercice de construction collective ont été présentés au cours d’une séance finale de restitution, devant près de 500 personnes.

Pour le thème “Changer de cap”, l’accent a été mis sur la notion de “sphère publique”, permettant de maintenir des services tels que l’eau, la santé, les transports ou le logement social sous le contrôle de l’autorité publique, afin de les soustraire à la seule loi du marché. Le territoire fut par ailleurs évoqué comme le cadre d’organisation de l’offre de l’ensemble de ces services, mais aussi des activités économiques elles-mêmes – dans une démarche de “relocalisation de l’économie”…

Pour le thème “Changer de repères”, il a été proposé de faire évoluer les indicateurs économiques de référence ; en élargissant la mesure de la création des richesses mesurées par le PIB et sa croissance à celle de l’”évolution du niveau de bien-être”. D’autres repères ont été mis en avant pour appuyer la transformation du modèle de développement dans un sens plus durable : Lire la suite

Europe Ecologie présente ses têtes de listes

cpca.asso, le 3 février 2009

Europe Ecologie présente ses têtes de listes pour les élections du 7 juin prochain

Le 21 janvier dernier, au cours de ses vœux à la presse, Daniel Cohn-Bendit a dévoilé le nom des têtes de liste aux Européennes du rassemblement Europe Ecologie, parmi lesquelles plusieurs personnalités issues du monde associatif.

 Jean-Paul BESSET, journaliste ancien Rédacteur en chef à Politis puis au Monde, proche de Nicolas Hulot, cet ancien de la LCR qui a été chargé de mission auprès de Laurent Fabius conduira la liste Europe Ecologie dans la circonscription Centre / Massif Central ;

 Hélène FLAUTRE, députée européenne depuis 1999, Présidente de la sous commission aux droits humains au Parlement Européen, elle est de nouveau tête de liste pour la circonscription Nord-Ouest ;

 Yannick JADOT, issu du champ de la solidarité internationale, ancien directeur de campagne de Greenpeace France, fondateur et porte parole de l’Alliance pour la planète et l’un des principaux négociateurs durant le Grenelle de l’environnement conduira la liste de la circonscription Ouest ;

 Eva JOLY, magistrate franco-norvégienne retraitée de la Magistrature Française, ancienne juge d’instruction au pôle financier et conseillère du gouvernement norvégien en matière de lutte contre la corruption et la délinquance financière co-conduira la liste de l’Île-de-France aux coté de Daniel COHN-BENDIT ;

Sandrine BELIER, chargée d’enseignement à l’université de Strasbourg notamment sur « démocratie participative et rôle des associations« , ancienne directrice fédérale de France Nature Environnement et représentante des intérêts environnementaux au Grenelle de l’environnement sur les questions de gouvernance et démocratie écologique, elle est tête de liste dans la circonscription Est ;

 José BOVE, Lire la suite

A Périgueux, une coop. d’habitants pour vieillir ensemble

aqui.fr, Nicolas César, le 1er février 2009

A Périgueux, des femmes créent une coopérative d’habitants pour vieillir ensemble

La fin de vie est un moment difficile et délicat. En Dordogne, des femmes ont décidé qu’elles feraient le « dernier bout de chemin » ensemble. Elles ont décidé de créer ensemble une coopérative d’habitants, où chacune aura pour mission d’aider l’autre. Une belle aventure humaine, que nous avons décidé de vous raconter.

« L’idée de vieillir toute seule me fait peur. Et, je n’ai aucune envie d’aller en maison de retraite. On y perd son autonomie. De plus, cela coûte cher, près de 2 000 euros par mois, sans garantie que l’on s’occupera bien de nous », confie Cécile Dalrymple, 71 ans, présidente de l’association « Lo Paratge » (« le partage » en occitan), en Dordogne. Avec une dizaine de personnes de 56 à 82 ans en bonne santé, dont deux hommes, elle a donc décidé de participer à un projet de « compagnonnage solidaire ». « L’objectif est de créer un lieu de vie autogéré, où chacun s’entraidera. Nous voulons aussi que cet espace soit ouvert au monde extérieur. Les habitants participeront à la vie locale, proposeront de l’aide scolaire, des stages de cuisine », souligne Liliane Battais, consultante en environnement et développement local, coordinatrice du programme.

Une coopérative, où chacun doit s’aider pour mieux vivre

L’idée est née fin 2006, lorsqu’une maraîchère et une éleveuse de bovins bio ont envisagé de partager la fin de leur vie. Depuis, elle a fait son chemin. Cette « coopérative d’habitants », qui regroupera quinze appartements de 50 m2 aux normes haute qualité environnementale (HQE) et cinq studios, destinés à accueillir la famille, les proches, ainsi que des espaces collectifs (jardin, cuisine…) doit voir le jour début 2011. Le lieu est déjà fixé. Ce sera à Saint-Julien-de-Lampon, une paisible commune de 576 habitats, au « vert », dans le Périgord. La mairie leur a réservé un terrain viabilisé de deux hectares.

Pour financer le projet, chaque « résident-coopérateur » sera à la fois propriétaire d’une part de la coopérative, à raison d’un investissement de 10 000 euros, et locataire du lieu, pour un loyer mensuel entre 300 et 400 euros, hors charges. Il ne reste plus désormais à la coopérative qu’à Lire la suite

Gironde : Ford passe au vert

Sud-Ouest, Bernard Broustet, le 3 Février 2009

BLANQUEFORT. L’usine de transmissions va être reprise par la société HZ Holding, dont le partenaire Johann Hay veut fabriquer sur place de grandes couronnes d’éoliennes

Gironde : Ford passe au vert

La chose est désormais quasi certaine : l’usine Ford Aquitaine Industries de Blanquefort (Gironde) va passer sous pavillon allemand et son effectif salarié (1 600 personnes environ) sera en principe maintenu, sous réserve de l’externalisation de certaines fonctions. Exclusivement vouée jusqu’ici à la fabrication de boîtes automatiques, la grande unité industrielle girondine va être reprise par la société allemande HZ Holding, avec pour principal partenaire le groupe industriel Johann Hay, qui emploie 2 000 salariés outre-Rhin.

Bien que se consacrant jusqu’ici essentiellement à l’automobile, Johann Hay va lancer sur le site girondin un grand projet de diversification dans les énergies renouvelables. Plusieurs autres projets de moindre envergure seront conduits par Johann Hay et d’autres groupe industriels dans des domaines comme le traitement thermique ou la fabrication de pièces automobiles.

La production de boîtes de vitesse automatiques – qui constituait jusqu’ici l’unique activité du site – sera, par ailleurs, maintenue au moins jusqu’en 2011 à Blanquefort. Mais les repreneurs ne désespèrent pas de pouvoir la vendre à d’autres constructeurs, d’Asie ou d’ailleurs.

Montant sans doute modeste

Flanquée d’Hubert Falco, secrétaire d’État à l’Aménagement du territoire, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a fait hier un aller-retour express à Bordeaux pour présenter officiellement le projet de reprise du site, sur lequel les services de l’État ont beaucoup travaillé, ainsi que les collectivités locales, et la direction de Ford. Elle était accompagnée de Birger Hammerstein, PDG de Johann Hay, et de Markus Ziegler, représentant de la société HZ Holding qui va donc, en principe, racheter le site pour une somme sans doute modeste.

Markus Ziegler est resté assez évasif sur l’actionnariat de HZ Holding, dont il a simplement précisé qu’elle était contrôlée par des « familles allemandes ». Birger Hammerstein nous a précisé, de son côté, qu’il n’y avait pas de lien financier direct entre HZ Holding et Johann Hay. On remarquera néanmoins que la seule emplette réalisée jusqu’ici par HZ Holding depuis sa création en 2007 est l’usine Ascoforge de Hagondange en Lorraine, et que l’opération est menée sur le plan industriel par Johann Hay. De là à conclure que les deux entités sont étroitement imbriquées, et qu’elles ont peut-être des actionnaires communs, il n’y a qu’un pas que nous nous gardons provisoirement de franchir.

Ce qu’il y a de sûr, c’est que Johann Hay, spécialisé dans l’usinage et le forgeage, est en pointe dans le scénario de sauvetage de Blanquefort dont les transmissions, destinées aux modèles américains de Ford, ont vu leurs débouchés tomber en chute libre ces dernières années.

Johann Hay, qui est spécialisé, entre autres, dans les volants moteurs et les couronnes de démarreurs, veut infléchir une bonne partie de la production de l’usine girondine dans une tout autre direction. Il s’agira pour elle de fabriquer des couronnes de métal qui jouent un rôle très important dans la fabrication des éoliennes. Les couronnes que Johann Hay envisage de produire à Blanquefort sont d’un diamètre de 1 à 4 mètres. Elles sont adaptées à des nouvelles générations d’éoliennes de grande dimension. Et compte tenu des contraintes qu’elles sont amenées à subir, leur élaboration requiert une extrême précision qui fait apparemment partie de la culture d’entreprise du groupe allemand, aujourd’hui octogénaire.

12 millions de l’État

À l’origine, Johann Hay souhaitait entamer en Europe centrale sa diversification vers les énergies renouvelables. Mais, après avoir été contactés par Ford, le groupe et son partenaire HZ Holding ont décidé de changer leur fusil d’épaule. La présence à Blanquefort d’une très grande usine – dont les salariés et les dirigeants ont su, depuis des décennies, respecter de très exigeants critères de qualité – les a convaincus de prendre pied en Gironde. Le scénario de reprise fera appel à Lire la suite

Le CES E n’aura-t-il d’environnemental que le nom ?

journaldelenvironnement.net, Victor Roux-Goeken, le 2 février 2009

Le Conseil économique et social n’aura-t-il d’environnemental que le nom ?

Le Conseil économique et social (CES) est aussi devenu «environnemental» l’été dernier. Dans les faits, sa composition n’a pas changé. Le débat a certes évolué avec la remise d’un rapport au président de la République sur sa réforme. Mais à 7 mois du renouvellement de ses membres, le délai pour réformer la troisième assemblée de France est très court.

Dans quelle institution les 233 conseillers de la troisième assemblée de France, alors fraîchement désignés, démarreront-ils leurs travaux le 1er septembre prochain ? Un Conseil économique et social (CES) vieille école, dans lequel ne seraient pas incluses les associations environnementales? ou un véritable Conseil économique, social et environnemental (CESE), rebaptisé ainsi depuis la loi constitutionnelle de juillet 2008 (1) ?

Le fait n’est pas mineur, puisque la réforme du CES est censée «incarner l’esprit qui a soufflé pendant le Grenelle», rappelle Sébastien Genest, président de France nature environnement (FNE). Le fameux dialogue à 5 entre Etat, élus, entreprises, syndicats et associations environnementales. Trois engagements issus des Etats généraux de l’environnement ont «acté» la réforme. Mais le petit tour de passe-passe sémantique ne suffit pas à dépoussiérer le CES. Seuls deux membres de sections («demi-conseillers» ne pouvant assister aux réunions plénières) sont des représentants d’organisations environnementales –FNE et Fondation Nicolas Hulot.

Un rapport intitulé «Pour une réforme du Conseil économique, social et environnemental» a été remis le 16 janvier dernier au président de la République. Sur l’inclusion des associations environnementales, l’auteur du rapport, Dominique-Jean Chertier, directeur général adjoint de Safran et président du Pôle emploi renvoie au rapport du député Bertrand Pancher sur la représentativité de ces organisations (2).

Dominique-Jean Chertier –qui n’a pas souhaité répondre aux questions du JDLE- propose trois scénarios: le premier, le plus étoffé, correspond à une «adaptation périodique (…) moyennant quelques ajustements immédiats, puis réguliers, dans [la] composition» du CESE. Les deux autres correspondent à une «rupture» dans le rôle de l’assemblée: une évolution, soit en «assemblée des experts de la société civile» avec un renforcement de la capacité d’expertise de l’institution; soit en «assemblée des corps intermédiaires», où les personnalités qualifiées n’auraient plus vocation à siéger.

Dans le premier scénario, 24 sièges pourraient être alloués aux associations environnementales. Pour assurer une bonne représentativité de ces associations, elles devraient obtenir 40 sièges, selon FNE.

Le nombre de membres du CESE étant constitutionnellement fixé à 233, l’entrée de nouveaux représentants en mécontentera forcément d’autres. «Nous regrettons que l’ouverture aux associations se limite aux acteurs environnementaux. Et la culture ? et le sport ?, s’interroge Pierre-Jean Rozet, président du groupe CGT au CESE. Dominique-Jean Chertier propose de faire passer le nombre de représentants des exploitants agricoles de 25 à 20 -ils ne représentent que 1,1% de la population active… A-t-on aussi besoin d’une représentation territoriale de l’Outre-mer, alors qu’elle est déjà au Parlement ?»

Pour Paul de Viguerie, «se limitera-t-on strictement aux associations environnementales, ou embrassera-t-on tous les aspects du développement durable ?» Le rapporteur de l’avis du CESE sur la mise en œuvre du Grenelle réfute les deux derniers scénarios, «qui ne donneront pas de visibilité à l’assemblée» et regrette que «tout le monde [voie] midi à sa porte. Cela crée des méfiances et des tensions. Dans une affaire comme celle-là, il faut une décision d’arbitrage, qui sera donnée par l’Elysée.» Lire la suite

Saint-Etienne de B. : Journées d’études avec le CPIE

Sud-Ouest,  P. S., le 2 Février 2009

SAINT-ÉTIENNE-DE-BAÏGORRY.

De nouvelles journées d’études avec le CPIE

Le CPIE (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement) Pays Basque va lancer pour la deuxième année un programme de Journées d’études pour les élus locaux, les techniciens de collectivités mais également ouvert à toute personne soucieuse des questions d’environnement.

En 2008, il avait organisé 6 journées avec la participation de l’université de Pau, l’INRA, l’EDF et l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Ces journées d’études sont financées par le PCD Baxe Nafarroa, le Conseil général et le Conseil régional. Pour 2009, le CPIE s’est adjoint, en plus des précédents, le concours du CAUE (Conseil architecture, urbanisme et environnement) des Pyrénées-Atlantiques.

Le CAUE est directement liée au Conseil général et financé en majorité par la taxe d’urbanisme prélevée sur les permis de construire. Présidé par Jean-Louis Caset, conseiller général d’Iholdy et dirigé par Patrick Fifre, il est le plus ancien de France. Ses missions principales sont l’aide aux collectivités (notamment pour les PLU et les cartes communales), la formation (vers les artisans, les élus et les techniciens des collectivités), les actions de sensibilisation et les conseils aux particuliers.

À Larceveau

Les deux premières journées de 2009 se dérouleront à Larceveau au mois de mai Lire la suite

Eco-prêt à taux zéro et crédit d’impôt « DD » : cumul pour 2 ans

cdurable.info, David Naulin, le 31 janvier 2009

Communiqué de presse du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire

Eco-prêt à taux zéro et crédit d’impôt « développement durable » : le Parlement autorise leur cumul pour deux ans

Vous souhaitez réaliser des travaux d’amélioration de votre logement ? Le Parlement a autorisé dans le cadre du plan de relance adopté jeudi le cumul entre l’éco-prêt à taux zéro et le crédit d’impôt « développement durable ».

Eco-prêts™, le comparateur des prêts dédiés aux dépenses d’économie d’énergie.

Dans le cadre du programme de relance de l’économie française annoncé par le Président de la République le 4 décembre dernier, le Parlement a définitivement adopté une disposition du projet de loi de finances rectificative pour 2009 qui autorise, à titre exceptionnel, le cumul entre deux instruments de soutien à la rénovation énergétique des logements :

 d’une part, l’éco-prêt à taux zéro, élaboré à la suite du Grenelle Environnement et institué dans la loi de finances pour 2009, dont l’objet est d’encourager les ménages à réaliser des bouquets de travaux importants de réhabilitation thermique de leur logement, comme par exemple l’isolation de la toiture et le changement des fenêtres ;

 et, d’autre part, le crédit d’impôt sur le revenu « développement durable » qui permet aux ménages de bénéficier d’une aide fiscale à raison des dépenses d’équipements qu’ils engagent pour améliorer les performances énergétiques ou environnementales de leur logement (acquisition de chaudières efficaces, de matériaux d’isolation thermique, d’équipements de production d’énergie utilisant une source d’énergie renouvelable, d’équipements de récupération des eaux pluviales…).

Ce cumul, qui constitue une mesure particulièrement incitative, est limité à deux ans (2009 et 2010) et réservé aux seuls ménages dont les ressources n’excèdent par 45 000 € au titre de l’avant dernière année précédant celle de l’offre de prêt. Ce sont donc plus de trois ménages sur quatre qui vont pouvoir en bénéficier.

Jean-Louis BORLOO, ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, a déclaré : « Cette décision du Parlement est une excellente nouvelle : je suis convaincu que ce cumul, qui profitera à environ trois ménages sur quatre, garantira le succès de l’écoprêt à taux zéro : ce sont donc potentiellement plus d’un 1,6 Md€ de travaux qui vont être réalisés dès 2009 et le double en 2010. Au-delà des avantages en résultant pour l’environnement, ce succès permettra de contribuer à un niveau d’activité élevé dans le secteur du bâtiment et donc à un soutien efficace de l’économie ».

Maintenant que le cadre légal est fixé, le ministre d’Etat a donné instruction à ses services de publier les textes réglementaires d’application avant fin février 2009, de façon à ce que les établissements de crédit puissent offrir l’éco-prêt à taux zéro à leurs clients le plus rapidement possible dans la foulée.

Rappelons que l’éco-prêt à taux zéro, adopté dans la loi de finances pour 2009, constitue l’une des mesures du Grenelle Environnement.

Tous les particuliers peuvent en bénéficier pour des projets dans leur résidence principale ou dans des logements donnés en location, y compris lorsque ces immeubles font partie d’une copropriété ou sont détenus via une société civile immobilière. L’éco-prêt à taux zéro est cumulable avec d’autres dispositifs de soutien, notamment les certificats d’économies d’énergie et le prêt à taux zéro octroyé pour les opérations d’acquisition-rénovation. Il permet de financer jusqu’à 30 000 € de travaux Lire la suite

L’économie verte pour lutter contre le changement climatique

cdurable.info, David Naulin, le 31 janvier 2009

Publication du rapport de McKinsey and Co : Pathways to a Low Carbon Economy

Rapport McKinsey : l’économie verte, un moyen pour lutter contre le changement climatique

Plus de 200 propositions de réduction des émissions de GES

Nous avons aujourd’hui le potentiel pour limiter le réchauffement climatique en dessous du seuil de 2°C, à un coût relativement faible ( estimé entre 200 et 350 milliards d’euros par an, soit 0,4% du PIB mondial). C’est le message du rapport de McKinsey and Co, “ Pathways to a Low Carbon Economy”, auquel a contribué le WWF. Pour l’ONG, c’est un appel à l’action de bonne augure alors que commence une année décisive pour le climat qui s’achèvera en décembre 2009 avec le conférence de l’ONU sur le climat de Copenhague.

Les actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey

Quelle traduction politique ?

Le rapport très attendu de McKinsey, a été rendu public aujourd’hui 26 janvier, lors d’une conférence de presse à Bruxelles à laquelle participait le directeur général de WWF, Jim Leape, ainsi que le Commissaire à l’Environnement Stavros Dimas et Sir Nicholas Stern. WWF est l’un des 10 sponsors qui ont soutenu financièrement et surtout contribué par leur expertise à ce rapport, qui étudie plus de 200 potentiels de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les deux prochaines décennies, dans 10 secteurs et 21 régions du monde. Le WWF se félicite des principales conclusions de ce rapport.

Selon ce rapport, si l’ensemble des options technologiques étaient utilisées, les émissions mondiales de gaz à effet de serre pourraient être réduites de 40% par rapport à 1990 d’ici à 2030. Une réduction suffisante pour limiter le réchauffement de la planète en dessous de 2°C. Mais il faut agir dès aujourd’hui : si la communauté internationale attend 10 ans pour agir, il sera alors impossible de rester en dessous de ce seuil de 2°C et donc d’éviter les impacts catastrophiques du dérèglement climatique.

Autre message important de ce rapport : le coût net de l’action – prenant en compte le coût de la mise en œuvre des politiques publiques – est estimé entre 200 et 350 milliards d’euros par an à l’horizon 2030, soit 0.4% du PIB mondial, dans l’hypothèse où le baril de pétrole ne dépasse pas 60$. « Mais si le pétrole est deux fois plus cher, une hypothèse loin d’être absurde, alors ce coût devient un gain de l’ordre de 450 milliards ! Gagnerons nous ou perdrons nous des centaines de milliards ? Cela dépend tellement du prix du pétrole qu’on peut douter de la pertinence de cette question. Mais ce qui est sûr, c’est que le coût de l’action reste bien faible par rapport au coût de l’inaction », commente Damien Demailly, chargé du programme Energie Climat au WWF-France.

Pour Serge Orru, directeur du WWF-France, « alors que les chefs d’Etat du monde entier préparent la grande réunion de Copenhague qui doit trouver un successeur au Protocole de Kyoto en décembre 2009, ce rapport coupe l’herbe sous le pied à ceux qui disent que la lutte contre les changements climatiques est perdue d’avance et fragilise nos économies ».

Les actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey

Elles concernent quatre grands domaines :

 l’efficacité énergétique : Lire la suite

FNE : partout où la nature a besoin de nous

cdurable.info, David Naulin, le 1er février 2009

A l’occasion de son 40ème anniversaire, le hérisson s’offre une campagne qui ne manque pas de piquants…

France Nature Environnement : partout où la nature a besoin de nous

Présente sur l’ensemble du territoire français, avec plus de 3000 associations fédérées, France Nature Environnement se bat au quotidien partout où l’urgence écologique s’impose. Chaque semaine, nous relayons sur Cdurable.info quelques-une de ses nombreuses actions, études ou campagnes qui témoignent de la vitalité de ce réseau créé en mai 1968. Nouveau logo, nouveau site, spots vidéo… En 2009, le hérisson s’offre une campagne qui ne manque pas de piquants… pour donner plus de visibilité à ses actions qui mobilisent chaque année plus de 50 000 personnes.

Présentation de France Nature Environnement

Vidéo 1 : la campagne 2009

Vidéo 2 : le clip de présentation de FNE

Présentation de France Nature Environnement

Créée en 1968 et reconnue d’utilité publique en 1976, France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement.

 son projet : « Devant l’urgence écologique, mettons l’environnement au cœur de nos projets » : « Chaque jour, les activités humaines laissent une empreinte profonde sur la Terre. Maints signes d’alerte nous font déjà savoir que notre environnement est en danger : dérèglement climatique, dégradation de la Biodiversité, pollution des cours d’eau… ». La raréfaction des combustibles fossiles nous rappelle que les ressources de notre planète ne sont pas inépuisables. Les enjeux, en particulier dans le domaine de l’énergie, imposent de réorganiser une société qui doit apprendre à produire efficacement et à consommer autrement. »

France Nature Environnement est le porte-parole de près de 3 000 associations réparties sur l’ensemble du territoire national, qui œuvrent chaque jour pour la sauvegarde de notre environnement.

…et des hommes

Les orientations politiques de FNE et de ses associations sont construites et portées par des personnes bénévoles. C’est grâce à ce bénévolat, désintéressé et loin de tout intérêt personnel ou financier, que les associations de protection de la nature et de l’environnement restent les structures en qui les citoyens placent le plus leur confiance pour les informer et pour agir en faveur de l’intérêt général.

Ses missions :

 Représenter : France Nature Environnement et ses associations membres assurent la représentation des citoyens dans des centaines de commissions de concertation du niveau local au niveau national.

 Connaître et proposer : Grâce à la densité du réseau de bénévoles quotidiennement présents sur le terrain depuis plusieurs années, la fédération et ses membres sont en mesure d’assurer une veille permanente et d’alimenter une base de données reconnue, acquise au profit de la société. Fort de cette connaissance de terrain, le mouvement est apte à fournir une expertise et des propositions éclairées face aux acteurs socio-économiques. Résolument engagé dans une démarche d’échange et de construction avec les pouvoirs publics, France Nature Environnement conduit une action de lobbying visant une meilleure prise en compte par la législation nationale, européenne et internationale. Lire la suite