Vélorution spéciale Copenhague – Prochaine Coïncidence Heureuse et Provoquée : Jeudi 5 novembre à Pey Berland à Bx à 17h pour une déambulation festive et revendicative

Vélorution Bordeaux, Communiqué, octobre 2009

Prochaine Coïncidence Heureuse et Provoquée : Jeudi 5 novembre  à Pey Berland à 17h pour une déambulation festive et revendicative

A 19h : retour à Pey-Berland pour un vin chaud, des prises de parole…

Merci de faire circuler cette info dans vos réseaux ! A jeudi prochain !

Cette semaine, une séance de négociations sur la suite du protocole de Kyoto a lieu à Barcelone en prévision du sommet de Copenhague : profitons-en pour faire entendre nos voix !

L’utilisation de la voiture en ville fait partie des aberrations écologiques : après diverses actions dans le cadre du collectif 33 Copenhague 09, cette fois-ci, on fait une vélorution !!!

RDV à vélo, trottinettes, rollers, fauteuils, skate…. et autres engins de locomotions non polluants avec vos slogans, vos idées, vos coups de gueule sur ce monde absurde

Pour mettre dans la rue les questions climatiques, de société, d’aménagement, de monde vivable…

Les voitures s’auto-bloquent souvent à cette heure-ci… Mais cela n’empêchera pas les idées vélorutionnaires de passer !

Et n’oublions pas : Les rues, c’est Lire la suite

Le «Giec» de la biodiversité pourrait voir le jour en 2010

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 29 octobre 2009

Le «Giec» de la biodiversité pourrait voir le jour en 2010

Lancée en 2005 par la France, l’idée de créer une structure internationale pour la biodiversité, sur le modèle du Giec (1), est en bonne voie pour se concrétiser en 2010, à l’occasion de l’année internationale de la biodiversité. Les oppositions de principe ont été levées début octobre lors de la réunion du Pnue (2) à Nairobi. Restent à résoudre plusieurs questions-clés et à faire tomber les ultimes réticences.

 «Je suis très confiante sur la création de l’IpBes (3) en 2010», a déclaré la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, jeudi 22 octobre en clôture d’une conférence organisée par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) en partenariat avec l’Iddri (4) et le Meeddm. L’idée avait été lancée en 2005 par Jacques Chirac lors d’une conférence à Paris. Trois ans après, en novembre 2008, une première réunion du Pnue est organisée en Malaisie. Mais la majorité des Etats refusent alors d’ouvrir les négociations. «C’est le Brésil qui a donné le ton, en se montrant réservé sur le principe même de la création de cette instance», rappelle Lucien Chabason, directeur délégué de l’Iddri. Au sein même de l’Union européenne, beaucoup d’Etats étaient également réservés, précise François Wakenhut, de la direction générale Environnement de la Commission européenne.

Et pourtant, un changement semble s’être opéré du 5 au 9 octobre à Nairobi (Kenya) lors de la deuxième réunion intergouvernementale du Pnue. «Une position en faveur de la création de l’IpBes ainsi qu’une définition claire de son mandat se sont enfin dégagées. Sa création rapide a également fait consensus. 2010, année internationale de la biodiversité, c’est le moment où jamais», juge François Wakenhut. Les positions du Brésil et de la Chine ont sensiblement évolué. «Même s’il n’y a pas eu d’accord formel, il existe une fenêtre d’ouverture», confirme Anne-Hélène Prieur-Richard, directrice adjointe du programme international de recherche Diversitas.

L’objectif de l’IpBes? Favoriser une meilleure prise de conscience des citoyens et des politiques quant aux conséquences de l’érosion de la biodiversité, en s’appuyant sur le modèle du Giec qui a prouvé son efficacité pour faire connaître les impacts du changement climatique. La conférence de Nairobi a d’ailleurs été présidée par Robert Watson, président du Giec de 1997 à 2002. Un consensus y a émergé sur les missions de la plateforme qui devra réaliser des évaluations périodiques de l’état de la biodiversité, mais aussi servir de réseau d’échange de connaissances entre pays du Nord et du Sud. Une enquête conduite par l’UICN auprès de plus de 300 acteurs internationaux de la société civile et de la communauté scientifique montrent qu’ils plébiscitent à 80% la création du Giec de la biodiversité. «L’IpBes devra être renforcé par l’évaluation du prix de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes», estime François Wakenhut. A cet égard, le rapport Teeb (Economie des écosystèmes et de la biodiversité) dirigé par l’économiste Pavan Sukhdev est très attendu.

D’ici la prochaine réunion du Pnue en avril 2010 où la décision finale devra être entérinée avant sa validation par les Nations unies en septembre 2010, de nombreux obstacles restent à lever. «L’Australie et les Etats-Unis Lire la suite

Edgar Morin : Pour une politique de l’humanité

futurchaos.blogs.nouvelobs.com, liberation.fr, Edgar MORIN, Johannesburg 2002, le 28 octobre 2009, le 26 août 2002

Pour une politique de l’humanité

Moteur d’occidentalisation, le développement est un mythe qu’il faut aujourd’hui abandonner au profit d’une politique de l’homme et de la civilisation.

Ne faut-il pas nous défaire du terme de développement, même amendé ou amadoué en développement durable, soutenable ou humain ?

L’idée de développement a toujours comporté une base technique-économique, mesurable par les indicateurs de croissance et ceux du revenu. Elle suppose de façon implicite que le développement techno-économique est la locomotive qui entraîne naturellement à sa suite un «développement humain» dont le modèle accompli et réussi est celui des pays réputés développés, autrement dit occidentaux. Cette vision suppose que l’état actuel des sociétés occidentales constitue le but et la finalité de l’histoire humaine.

 Le développement «durable» ne fait que tempérer le développement par considération du contexte écologique, mais sans mettre en cause ses principes ; dans le développement «humain», le mot humain est vide de toute substance, à moins qu’il ne renvoie au modèle humain occidental, qui certes comporte des traits essentiellement positifs, mais aussi, répétons-le, des traits essentiellement négatifs.

Aussi le développement, notion apparemment universaliste, constitue un mythe typique du sociocentrisme occidental, un moteur d’occidentalisation forcenée, un instrument de colonisation des «sous-développés» (le Sud) par le Nord. Comme dit justement Serge Latouche, «ces valeurs occidentales [du développement] sont précisément celles qu’il faut remettre en question pour trouver solution aux problèmes du monde contemporain» (le Monde diplomatique, mai 2001).

Le développement sans qualités

Le développement ignore ce qui n’est ni calculable ni mesurable, c’est-à-dire la vie, la souffrance, la joie, l’amour, et sa seule mesure de satisfaction est dans la croissance (de la production, de la productivité, du revenu monétaire). Conçu uniquement en termes quantitatifs, il ignore les qualités : les qualités de l’existence, les qualités de solidarité, les qualités du milieu, la qualité de la vie, les richesses humaines non calculables et non monnayables ; il ignore le don, la magnanimité, l’honneur, la conscience. Sa démarche balaie les trésors culturels et les connaissances des civilisations archaïques et traditionnelles ; le concept aveugle et grossier de sous-développement désintègre les arts de vie et sagesses de cultures millénaires.

Sa rationalité quantifiante en est irrationnelle lorsque le Lire la suite

L’habitat groupé : une pratique en construction

planete-terra.fr, Julien Vinzent, octobre 2009

L’habitat groupé : une pratique en construction

Sans passer par des promoteurs, de plus en plus de particuliers s’associent pour dessiner leurs logements à la carte et créer des espaces de vie collective. Le point sur cette tendance avec Stefan Singer, gérant de Toits de choix, une jeune société qui accompagne plusieurs projets dans le Sud de la France.

Terra eco : où en est l’habitat groupé en France ?

Stefan Singer : « Après un mouvement initial dans les années 80, où environ 200 expériences ont été menés à terme, il ne s’est pas passé grand chose pendant 15 ans. Depuis quelques années, il y a un nouveau mouvement avec des premiers bâtiments qui sortent de terre, comme celui d’Ecologis à Strasbourg. La ville est devenue extrêmement enthousiaste et propose une dizaine de parcelles pour des groupes en autopromotion. Lyon, Rennes, Paris passent des deals avec des groupes. Dans le grand Sud, Toits de choix suit un projet dans les Bouches-du-Rhône, deux dans le Gard, le Vaucluse, l’Hérault. Il y a aussi des initiatives dans le Var et sur la côte d’Azur… Ça se multiplie. C’est très difficile de faire un recensement, mais je pense qu’on en compte au total une cinquantaine à divers stades. »

Pourquoi ce regain d’intérêt ?

« Après les années 80, le conventionnel avait repris le dessus, car c’est quand même agréable d’être consommateur, de ne pas décider, cela libère des responsabilités. Je pense que c’est donc l’expression d’un malaise par rapport à ce système de délégation, l’envie de devenir acteur de son propre destin qui explique ce regain d’intérêt pour l’habitat groupé en autopromotion ? C’est un peu le phénomène des Amap appliqué au logement, qui est quand même un élément fondamental de notre vie. Ensuite, les gens avancent différentes raisons. La porte d’entrée commune, c’est l’environnement : tout le monde est d’accord pour construire un bâtiment écologique. Mais la motivation principale, c’est le désir d’un autre cadre de vie, autour d’un voisinage actif, des personnes que l’on connaît et avec qui on peut développer des comportements plus responsables et plus solidaires. On a des personnes qui se situent un peu avant la retraite et qui ont peur de vieillir seul, ou des jeunes couples qui se préoccupent de l’endroit où leurs enfants vont grandir. »

Quel recul a-t-on sur cette pratique ?

« On a les exemples des projets des années 80, comme celui de la fonderie de Vanves, où vivent 30 personnes. En 23 ans, aucune n’est partie. Et au Danemark, 5% de la population vit aujourd’hui en habitat groupé, avec parfois des projets de 200 personnes avec des cantines et un niveau d’organisation issu de 50 ans d’expérience. En Allemagne, cela n’existait pas il y a 15 ans et dans une ville comme Hambourg, cela représente maintenant 15 à 20% des logements neufs. »

Quels sont les freins ?

« Tout d’abord, l’absence de référence récente, d’où l’importance de Lire la suite

Rapport mondial sur le développement humain 2009 du PNUD – Lever les barrières : Mobilité et développement humain

PNUD, octobre 2009

Rapport mondial sur le développement humain 2009 – Lever les barrières : mobilité et développement humain

Avant-propos – La migration a souvent mauvaise presse. Les stéréotypes négatifs décrivent les migrants comme « volant nos emplois » ou « vivant au détriment du contribuable » sont légion dans…

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Ecocentre de Gironde : Un nouveau cycle de vie pour le Solar

sudouest.com, Olivier Escots, le 27 Octobre 2009

TOULENNE. Gérard et Arnaud Blasquez développent un projet d’Ecocentre. C’est une histoire de famille qui se conjugue aujourd’hui avec des objectifs écologiques

Un nouveau cycle de vie pour le Solar

Bien entendu, l’écologie et le développement durable sont au coeur de la raison d’être de l’Ecocentre de Toulenne. Mais cette structure, qui vit ses balbutiements en suivant le modèle du « grand frère » historique de Saint-Pierre-de-Frugie, dans le Périgord, est avant tout l’histoire de la rencontre d’une famille avec un lieu.

Le lieu, c’est le Solar, à Toulenne, une bâtisse de 2 000 mètres carrés qui domine la Garonne. Achevé à la fin du XIXe siècle, l’imposant édifice fut un collège puis un hôpital auxiliaire de guerre. Il fut aussi une colonie de vacances pour enfants d’immigrés espagnols.

C’est là que se fait le lien entre le Solar et les Blasquez. Gérard, le chef de famille et « copilote » de l’Ecocentre, y a râpé ses genoux quand il était gamin. L’histoire s’arrêterait là, si Gérard, aujourd’hui retraité de Gironde Habitat, n’avait eu l’opportunité de racheter le Solar il y a une dizaine d’années. Le lieu devait être démoli. La transaction s’est faite à un prix très raisonnable. Les Blasquez y feront dans un premier temps deux gîtes et quatre logements sociaux.

C’est lors de ce début de réhabilitation du bâtiment, qu’Arnaud, le fils, se rend compte de la difficulté d’avoir, avec les outils et matériaux classiques, une démarche « propre » vis-à-vis de l’environnement. Laissant de côté ses études de sociologie, Arnaud concrétise alors son interêt croissant pour l’éco-construction en suivant une formation à Saint-Pierre-de-Frugie.

Formation et démonstration

« Peu à peu est née l’idée de créer nous aussi un Ecocentre à Toulenne », raconte son père. La définition de ce type de site est assez simple : il s’agit « d’un lieu de formation et de démonstration pédagogique qui a pour objectif d’expérimenter des techniques écologiques portant sur le bâtiment, l’énergie, l’eau et le paysage ».

Pour porter le projet girondin, Gérard et Arnaud Blasquez ont créé en février 2009 une association dont le nom, Solar Rives de Garonne, a été trouvé tout naturellement.

Suivant le cahier des charges rédigé par l’Ecocentre du Périgord, soutenu par une quarantaine d’adhérents et par le maillage du réseau associatif environnemental, aidé notamment par une subvention abondée principalement par l’Europe et les collectivités locales, le site du Solar a donc entamé sa reconversion à vocation écologique.

Des premiers stages, animés par l’ancien étudiant en sociologie sont proposés depuis la rentrée (lire ci-dessous). « Un des objectifs majeurs est de devenir un centre de ressources », précise son père.

À terme, le Solar sera équipé Lire la suite

Le climat pris en main PAU : À l’appel de CocliPau, une centaine de personnes s’est retrouvée place Clemenceau

sudouest.com, AB, le 26 Octobre 2009

PAU. À l’appel de CocliPau, une centaine de personnes s’est retrouvée place Clemenceau, samedi, pour une action symbolique en faveur de la baisse des émissions de gaz carbonique

Le climat pris en main

Cela n’a duré que quelques minutes, samedi après-midi, place Clemenceau. À l’invitation de CocliPau, le Collectif climat de Pau, une centaine de personnes – la plupart vêtues de rouge – se sont donné la main pour tenter de former le chiffre 350. 350, c’est aux yeux des collectifs locaux qui ont émergé un peu partout sur la planète pour organiser la journée d’action de samedi, « le chiffre le plus important au monde ».

Le site Internet 350.org explique qu’« il s’agît, d’après les scientifiques, de la limite maximale de dioxyde de carbone sans danger dans l’atmosphère. » Or, ce seuil critique, mesuré en partie par million, serait aujourd’hui largement dépassé (environ 390 ppm).

Réchauffement

Une situation que beaucoup de scientifiques placent à l’origine du réchauffement climatique soupçonné de favoriser les tempêtes, les sécheresses et inondations ravageuses. Avec des conséquences humaines parfois catastrophiques.

Après Kyoto en 1997, les chefs d’État ont rendez-vous à Copenhague, en décembre, pour fixer les objectifs mondiaux de réduction des émissions de dioxyde de carbone, notamment. Or, « les objectifs qu’ils annoncent actuellement ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux » assure le coordinateur de CocliPau, Sébastien Lamy.

Des collectifs locaux comme celui de Pau (1) ont donc été créés dans 180 pays pour mener 5 000 actions médiatiques et symboliques, samedi, afin de souligner l’urgence de prendre des mesures fortes en faveur de la protection du climat.

Faire pression

Il s’agit clairement de faire pression sur les dirigeants du monde pour que le sommet du Danemark accouche de décisions drastiques à la hauteur de l’urgence.

L’action « flash » de samedi ne devrait pas être orpheline. CocliPau (http://coclipau.free.fr)  prévoit en effet d’organiser Lire la suite

350.org : quand Internet mobilise 200 000 citoyens dans le monde contre le réchauffement climatique

cdurable.info, David Naulin, le 25 octobre 2009

Contre le réchauffement climatique, la mobilisation citoyenne s’organise

350.org : quand Internet mobilise 200 000 citoyens dans le monde contre le réchauffement climatique

Le changement climatique pourrait-il susciter le premier mouvement de mobilisation citoyenne mondiale ? A quelques semaines du sommet de Copenhague, certains voient monter une vague de contestation, notamment à travers Internet, pour exiger une véritable action contre le réchauffement de la planète.

350.org : 200 000 membres dans 180 pays sur le terrain

Même si les scientifiques mettent en garde contre les raccourcis entre le réchauffement global en cours et des événements climatiques extrêmes précis ici ou là, ces derniers contribuent à une évolution de mentalités. « Il y a une prise de conscience croissante dans les pays en développement que ce problème à un impact aujourd’hui et qu’ils doivent faire quelque chose. Cette prise de conscience est particulièrement forte en Asie« , explique à l’AFP Yvo de Boer, le responsable climat de l’ONU.

Samedi (24 octobre), une « Journée d’action mondiale » préparée de longue date par le mouvement 350.org, avec quelques 5.000 événements organisés à travers la planète, a démontré que la mobilisation s’amplifie. Conçu par Bill McKibben, un militant écologiste américain, le mouvement 350.org tire son nom d’une mise en garde lancée par l’expert climatique James Hansen qui estime que la concentration de CO2 dans l’atmosphère doit être inférieure à 350 partie par million (ppm) pour éviter des catastrophes en série. La concentration actuelle est d’environ 385 ppm, et les négociations en cours visent à limiter le niveau à 450 ppm.

Lancé en mars 2008, ce réseau structuré sur Internet revendique 200.000 membres répartis dans une myriade de réseaux de mobilisation citoyenne, dans 180 pays. « Cela a dépassé nos espoirs les plus fous« , explique McKibben à l’AFP, soulignant que deux catégories de « militants » se dégagent : les jeunes ayant fait des études et les personnes appartenant à des groupes religieux. « J’étais informé du réchauffement climatique mais je ne savais pas quoi faire », explique Gan Pei Ling, 22 ans, étudiante à l’université de Tunku Abdul Rahman, en Malaisie, qui a rejoint ce réseau et participait en début de mois aux négociations climat à Bangkok. Comme elle, les centaines de militants de la région qui se sont donné rendez-vous dans la capitale thaïlandaise voient souvent le réchauffement climatique comme une injustice envers les pauvres, et les jeunes. « Les personnes plus âgées ont l’air de Lire la suite

Plus de 150 participants à la journée lionbleu.org à Bordeaux

Plus de 150 participants à la journée lionbleu.org, il est possible de voir une vidéo de la manifestation ici

 sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 23 Octobre 2009

BORDEAUX. Un nouvel événement dénonçant le réchauffement climatique est prévu samedi

Un deuxième coup de sirène

Après le pique-nique sur les quais de Bordeaux rive gauche, le marathon climatique va se poursuivre sur la rive droite. Demain à partir de 11 heures, place Stalingrad à Bordeaux, ceux qui luttent contre le réchauffement climatique se chargeront de transformer l’essai marqué le 3 octobre dernier sur les pelouses du Parc des sports à l’occasion du pique-nique sans carbone.

Une fois encore, il s’agira de faire pression pour la conclusion d’un accord lors de la Conférence internationale sur le climat, qui se déroulera du 7 au 18 décembre à Copenhague sous l’égide des Nations Unies. Samedi, le Collectif Gironde Copenhague 09 (26 structures distinctes) déclinera localement une journée d’action de la campagne mondiale 350.org – en référence à la teneur de CO2 dans l’atmosphère à ne pas dépasser. Il est prévu de construire une arche pour le lion bleu, clin d’œil à la montée des eaux corollaire au réchauffement. Et de tenir la distance (350 minutes) d’un « marathon de l’espoir climatique », soit une prise de parole ininterrompue sur le thème jusqu’à 16 h 50. Une photo collective est également programmée dans l’après-midi.

Urgence climatique

« D’ici Copenhague, il ne se passera pas de semaine sans une action publique. De nombreuses personnes sont sensibilisées dans les cercles initiés, il faut convaincre les autres », estime Pascal Bourgois, qui coordonne l’action à la Maison de la nature et de l’environnement. In fine, le collectif espère que la mobilisation citoyenne pèsera sur les décideurs qui mèneront les négociations à Copenhague. À l’échelon national, ce mouvement initié par les associatifs escompte un million de signatures sur son site Internet copenhague-2009.com

sudouest.com, Patrick Faure, le 25 Octobre 2009

BORDEAUX.

Le Lion bleu face à l’alerte climatique

Vingt-six associations sont membres du collectif Gironde Copenhague, créé en juin dernier. Un collectif se fixant pour objectif « d’alerter sur l’urgence climatique », cela avant le sommet mondial sur le climat qui se tiendra à Copenhague (Danemark) du 7 au 18 décembre.

Hier, les représentants de ces associations se sont succédé Place Stalingrad, pour une action symbolique autour de la statue du Lion bleu : Lire la suite

Communauté urbaine de Bordeaux et DD – Fabienne Brugère : « Faire ensemble suppose engagement et conflit »

sudouest.com, Catherine Darfay et Dominique De Laage, le 26 Octobre 2009

COMMUNAUTÉ URBAINE. Cela fait un an que la philosophe Fabienne Brugère préside le conseil de développement durable. L’heure d’un premier bilan et perspectives

Fabienne Brugère : « Faire ensemble suppose engagement et conflit »

Le nouveau conseil de développement durable de la CUB a été installé le 12 novembre 2008 sous la présidence de Fabienne Brugère, philosophe et professeur à Bordeaux III. Depuis, les 100 membres actifs du C2D, sur 140 au total, choisis avec un louable souci d’ouverture parmi des personnalités, des experts des domaines évoqués ou de « simples » citoyens, ont suivi 61 réunions, auditionné 55 structures ou témoins et travaillé 2 721 heures… bénévolement.

Plus précisément, les groupes de travail sont censés plancher sur quatre domaines imposés par la CUB et quatre autres en auto-saisine. Les sujets les plus urgents réclamés par la CUB portaient sur le mode de scrutin et l’intercommunalité et une charte de la participation citoyenne. Ils ont déjà fait l’objet de propositions. Le C2D travaille également en saisine directe sur l’identité de l’agglomération et sur les déplacements urbains et, en auto-saisine, sur les discriminations, la culture, la jeunesse et l’environnement.

À l’heure de la réforme des collectivités territoriales, que préconise le groupe de travail chargé du mode de scrutin ?

Que les conseillers communautaires soient élus au suffrage universel, mais pas forcément par un « fléchage » des candidats aux municipales. Il faut une élection spécialement dédiée au registre intercommunal qui en rende les enjeux plus lisibles pour les citoyens. La représentativité des communes ne doit pas disparaître pour autant. L’idée est donc d’une double désignation pour le conseil communautaire. Avec une assemblée composée pour moitié d’élus au suffrage universel, dans le cadre d’une circonscription unique d’agglomération, et pour l’autre moitié d’élus représentant les communes, comme aujourd’hui. Cette proposition a été faite en liaison avec la coordination des autres conseils de développement et relayée par l’Association des communautés urbaines de France. La balle est désormais dans le camp des sénateurs.

Et sur la charte de la participation citoyenne, où en êtes-vous ?

Le groupe concerné a beaucoup travaillé à partir du fonctionnement de l’Office de consultation publique de Montréal. Il s’agit de revendiquer l’importance de la maîtrise d’usage qui appartient aux citoyens. Ceux-ci devraient être associés à tout projet, dès le départ et en amont, aux côtés des décideurs et des services. Un comité de suivi, où le C2D revendique un rôle, pourrait garantir le procédé jusqu’au bout. Le conseil de CUB en discutera le 6 novembre.

À propos de concertation, les élus la mettent souvent en avant alors que les citoyens n’ont pas le sentiment d’être associés aux décisions. Comment expliquez-vous ce hiatus ?

Tout ne peut pas venir des élus. La démocratie participative, faire ensemble, suppose de l’engagement et même du conflit de la part des citoyens. Or, même si, à travers l’expérience des groupes de travail, je suis étonnée par le nombre de personnes prêtes à s’engager au service d’un intérêt commun, Bordeaux est bel et bien une ville Lire la suite

Débat public sur les nanos le 3 novembre à Bordeaux : Process industriels, nanotechnologies et protection des travailleurs

debatpublic-nano.org, communiqué, le 19 octobre 2009

Nanotechnologies : s’informer et donner son avis en ligne

Bordeaux le 3 novembre 2009 – Process industriels / Nanotechnologies et protection des travailleurs

Les thématiques qui seront abordées :

1/ Sujets techniques en lien avec les activités locales : Nanotubes de carbone et applications / Santé

2/ Thématiques générales : Process industriels / Nanotechnologies et protection des travailleurs

19 h 30 – L’Athénée Municipal – Salle Joseph Wresinski

Place Saint Christoly – 33000 Bordeaux

En application des engagements adoptés à l’issue du Grenelle de l’environnement, un débat public sur les nanotechnologies est organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP) du 15 octobre 2009 au 24 février 2010. Chacun peut s’informer et participer au débat à partir du site « http://www.debatpublic-nano.org/« , ainsi qu’en prenant part aux 17 réunions thématiques organisées en régions.

Les nanotechnologies, sciences de l’infiniment petit, recouvrent de multiples domaines d’application : les technologies de l’information (possibilités de stockage accrues des nanomatériaux), les technologies médicales (implants bioactifs, aide aux tests par usage de puces à ADN, traitement ciblé de cellules malades, etc.), les écotechnologies (détection et neutralisation de micro-organismes et de pesticides par exemple), les technologies de l’énergie (économies d’énergie améliorées dans le transport), etc.

Si les nanotechnologies ouvrent de nombreuses perspectives, leur développement n’est cependant pas exempt de risques potentiels. Les débats devraient donc porter sur les perspectives socio-économiques du développement des nanotechnologies, mais aussi sur leurs enjeux sanitaires, environnementaux et éthiques.

Le site de la Commission Nationale du Débat public : http://www.debatpublic-nano.org/

Autres sites à visiter :

Les Amis de la Terre : Lire la suite

Bordeaux : La maison verte sur les quais

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 26 Octobre 2009

RICHELIEU. L’ex-bureau de recrutement des dockers transformé en maison éco-citoyenne

La maison verte sur les quais

Les joggeurs ou promeneurs ont été les premiers à s’en apercevoir, les premiers aussi à devoir contourner les barrières. Quai Richelieu, l’ancien Bureau central de recrutement de main-d’œuvre (BCMO) commence à vibrer au rythme des marteaux-piqueurs. C’est le début du chantier de construction de la maison éco-citoyenne.

Le bâtiment concerné est l’un des derniers « vestiges » de la partie sud du port de Bordeaux. Ce bâtiment sans étage a été construit au début des années 50. Un lieu qui ne désemplissait pas. Il y avait 3 000 dockers à l’époque à Bordeaux et tous devaient passer par ce bureau de recrutement central. Selon les règles en vigueur, ils ne pouvaient pas décrocher plus de huit heures de boulot d’un coup (deux fois quatre heures) mais rien ne leur empêchait de revenir le lendemain, pour refaire la queue et s’il y avait des bateaux à quai, décrocher un nouveau contrat. C’est dire les bousculades qu’il y a eues en ces lieux, les coups de gueule aussi.

Du faux XVIIIe

Contrairement à ce que l’on pense en le voyant de loin, ce bâtiment ne date pas du XVIIIe. C’est du faux ! L’architecte d’alors a respecté le site mais il a tout réalisé en béton et recouvert l’ensemble avec de fausses pierres pour ne pas gâcher le paysage.

Aussi, Olivier Lehmans, l’architecte bordelais retenu pour construire la maison éco-citoyenne, ne se retrouve-t-il pas les mains liées devant un monument historique indéformable. Il a pu faire courir son imagination à la condition bien évidemment qu’il respecte à son tour l’environnement architectural immédiat.

La construction de cette maison éco-citoyenne entre dans le cadre de la démarche de développement durable et de la mise en route de l’Agenda 21 de la Ville de Bordeaux. Cette maison verte est sur rails depuis longtemps. « Pour créer une dynamique, nous avons déjà créé la maison éco-citoyenne mobile », explique Anne Walryck, adjointe au maire chargée de mettre en œuvre la politique de développement durable à la mairie.

Cette « maison » est allée de quartier en quartier et même participé à des événements « grand public » majeurs comme la foire internationale. Parallèlement, des débats ont été organisés avec des experts reconnus. Sur les thèmes forts du moment et mettant en avant la nécessité de se mobiliser pour défendre l’environnement et faire les bons choix pour sauver la planète.

Un lieu de vie

La future maison éco-citoyenne sera le top de ce que l’on peut faire en la matière. Sous un grand chapeau « développement durable », ce sera Lire la suite

France Nature Environnement imagine l’économie de demain

France Nature Environnement, Communiqué de presse, le 20 octobre

Congrès national 2010 : FNE imagine l’économie de demain

A l’heure où « l’économie verte » est dans tous les esprits, France Nature Environnement lance une réflexion pour faire émerger des propositions innovantes pour une économie plus respectueuse de l’homme et de l’environnement. Elles seront présentées lors du 34ème Congrès National de FNE, les 25 et 26 mars 2010 à Toulouse.

FNE s’engage dans une réflexion autour de l’économie de demain

L’exploitation des ressources naturelles a donné lieu à la création et au développement d’industries, de services et d’échanges commerciaux, mais cela a également contribué à la dégradation de l’environnement, en même temps que nombre de ces ressources arrivent aujourd’hui à des niveaux critiques de disponibilité.

Selon Sébastien Genest, Président de France Nature Environnement : « Ce constat doit nous amener à trouver des solutions pour éviter le gaspillage, produire et consommer autrement en générant moins de pollutions, en consommant moins de ressources. La mise en place d’une économie plus respectueuse de l’environnement représente un levier d’action essentiel pour avancer vers cet objectif ».

Conscients des possibilités envisageables dans ce domaine, médias, entreprises et acteurs publics évoquent de plus en plus souvent l’ « économie verte » ou la notion de « Green Deal ». Mais ces déclarations d’intention débouchent difficilement vers des solutions opérationnelles pour accorder notre économie avec les limites de la planète.

FNE a donc mis en place une réflexion afin de définir des pistes d’actions concrètes et cohérentes sur le plan économique, en prenant en compte les impacts sur l’environnement, le dynamisme économique, l’emploi et les aspects sociaux.

Une réflexion collective qui associe différents types de partenaires

Les 3 000 associations membres et affiliées de FNE participent déjà à cette réflexion menée par la fédération. Un premier travail a d’ores et déjà permis un recensement des actions innovantes au sein de la fédération.

Une réflexion globale sur une nouvelle économie acceptable par l’ensemble de la société civile nécessite également l’implication des parties prenantes de la production et de la consommation d’horizons variés. Objectif : confronter les points de vue, enrichir la réflexion initiée par la Mission économie de FNE et réagir à ses propositions. Des syndicats de travailleurs, des associations de consommateurs et d’élus mais aussi des entreprises et la presse économique prendront part à cette réflexion. A ce titre, les premiers partenaires de FNE engagés dans cette réflexion sont la CLCV (association nationale de consommateurs et d’usagers), la Caisse des Dépôts et BNP Paribas pour le secteur bancaire ; Lafarge pour le secteur de l’industrie ; Alternatives Economiques pour le secteur de la presse.

Bruno Genty, vice-président de FNE et Pilote de la mission Economie, confirme que « par cette démarche, nous voulons enclencher un débat multipartite et formuler des Lire la suite

L’écologie sera rentable ou ne sera pas !

latribube.fr, Charles Beigbeder, vice-président de la Fondation pour l’innovation politique (FIP), coordinateur du pôle « Ecologie », président de Poweo, et Dominique Reynié, directeur général de la FIP, professeur à Sciences Po, le 21 octobre 2009

L’écologie sera rentable ou ne sera pas !

Nous n’avons pas à choisir entre la croissance et la planète parce que cela reviendrait à choisir entre l’homme et la nature. La cause de l’environnement ne vaut que parce qu’elle sert la cause de l’humanité et l’écologie sera progressiste ou ne sera pas. Tel est l’objet du colloque que la Fondation pour l’innovation politique consacre ce jeudi à la question sur le thème: « réussir la croissance verte ».

Plus personne ne conteste l’importance de l’enjeu écologique. La cause de l’environnement est définitivement installée au cœur du débat et de l’action politiques. Mais il y a deux conceptions de l’écologie : l’une prétend changer l’homme en contraignant sa capacité d’action, quand l’autre propose d’agir sur les conséquences de cette action. La première est culpabilisante et régressive. L’autre se veut incitative, rationnelle et progressiste : elle parie sur la croissance verte.

L’écologie régressive oppose, de façon plus ou moins assumée, la production de richesses à la protection de l’environnement. Le marché, l’activité économique, l’industrie ou les entrepreneurs sont désignés comme les ennemis de la nature. De cette condamnation a priori peut naître la tentation de réduire l’activité économique, de limiter, voire d’empêcher, les progrès de la connaissance. Certains fondamentalistes de l’écologie vont jusqu’à prôner la décroissance, nous sommant de choisir entre le progrès économique et la planète. Ce discours bénéficie d’un certain écho parce qu’il prend en charge une partie de l’hostilité à l’économie de marché dans un monde désormais sans communisme. Il jouit aussi d’un authentique privilège médiatique parce que le ton sur lequel il est tenu est volontiers alarmiste et qu’il permet des mises en scène spectaculaires. C’est le syndrome du tétanisé !

Nous nous inscrivons en faux contre cette vision rétrograde de l’écologie. La cause de l’environnement ne vaut en effet que parce qu’elle sert le développement humain et ne peut être invoquée pour empêcher l’homme d’avancer, d’innover, d’améliorer son sort. Comment expliquer aux pays en développement qu’ils doivent ralentir leur croissance pour préserver notre environnement ? Et comment prétendre maîtriser les dangers qui menacent la planète en renonçant à la science et au progrès technique ? Ouvrons les yeux : l’écologie sera donc progressiste ou ne sera pas. C’est par l’innovation et l’investissement que nous relèverons ces défis. L’écologie est une formidable promesse de prospérité pour nos universités et notre recherche. De même, la protection de l’environnement ouvre des opportunités de marché considérables. Ils contribueront à l’avènement d’une croissance durable.

Tous les domaines d’activité sont concernés. Il s’agit de rendre l’ensemble de notre économie moins émettrice de carbone, plus sobre en énergie, plus respectueuse de la biosphère. Quelques secteurs clés sont en pointe de cette révolution verte. C’est le cas des procédés d’efficacité énergétique. En changeant nos comportements, en améliorant nos installations, nous sommes dès aujourd’hui capables de réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre. Et ce n’est qu’un début : Lire la suite

Pic du pétrole : impasse des politiques d’aménagement du territoire

etopia.be, Michel Dachelet, le 21 octobre 2009

Pic du pétrole : impasse des politiques d’aménagement du territoire

La proximité du pic de pétrole et la lutte contre le changement climatique nous imposent de repenser l’aménagement du territoire et singulièrement de revenir sur les bouleversements que l’automobile est parvenue à imposer en quelques décennies dans les relations entre les espaces ruraux et urbains.

A partir d’une compréhension de l’histoire de nos paysages, il s’agit de déterminer les actions à mettre en œuvre pour arrêter l’étalement urbain et densifier l’habitat.

La ville sans pétrole sera une ville des transports en commun et des déplacements doux.

Quant aux zones rurales, il s’agira d’y ramener des services de proximité afin d’y réduire les besoins en déplacements.

Rapport de 36 pages à télécharger Lire la suite

Bertrand Méheust, La Politique de l’oxymore. Comment ceux qui nous gouvernent nous masquent la réalité du monde

developpementdurable.revues.org, Luc Semal, 2009

Bertrand Méheust, 2009, La Politique de l’oxymore. Comment ceux qui nous gouvernent nous masquent la réalité du monde, La Découverte, 161 p.

1 Avec La Politique de l’oxymore, le philosophe Bertrand Méheust a signé un excellent essai, qui aurait tout aussi bien pu s’intituler La Saturation du monde. Moins accrocheur, moins communicatif, ce titre aurait cependant davantage souligné ce qui fait la stimulante originalité de la démarche choisie et de la thèse défendue.

2 L’idée selon laquelle la gravité de la crise écologique globale – pour ne pas dire de l’effondrement écologique global – est sans cesse euphémisée par des oxymores n’est pas une thèse d’une grande nouveauté : la dénonciation du développement durable comme oxymore, devenue l’un des arguments incontournables des objecteurs de croissance, en est la preuve.1 Sur ce thème, Bertrand Méheust va simplement un peu plus loin en soutenant que l’invention et l’utilisation massive des oxymores par le pouvoir en place a aujourd’hui atteint un degré inédit dans l’histoire : croissance négative, marché civilisationnel, financiarisation durable, etc. « Les oxymores ainsi utilisés peuvent alors favoriser la déstructuration des esprits, devenir des facteurs de pathologie et des outils de mensonge » (p. 121). « Utilisé à dose massive, l’oxymore rend fou. […] Transformé en « injonction contradictoire », il devient un poison social. Le langage exprime déjà ces tensions et cette fuite devant le réel. Une novlangue libérale dont la fonction principale est de gommer les réalités qui fâchent, les aspects de la condition humaine qu’il convient de masquer, est en train de prendre la suite de l’ancienne novlangue nazie ou communiste. » (pp. 147-148).

3 Mais cette dénonciation de l’usage d’expressions vides de sens pour « masquer la réalité du monde », aussi intéressante soit-elle, non seulement n’est pas fondamentalement nouvelle, mais en plus (et malgré le titre du livre) n’occupe que le dernier tiers du texte. Or ce sont peut-être les deux premiers tiers qui sont les plus audacieux et les plus originaux du livre : ce sont les pages consacrées à la description de cette fameuse « réalité du monde » que l’usage massif des oxymores participe à masquer.

4 Cette réalité, Bertrand Méheust la voit d’un œil très sombre. Et en cela, il prend nettement et explicitement ses distances avec la perspective de son proche collègue Dominique Bourg, qui tend à penser que les démocraties ont en elles les ressorts nécessaires au dépassement de la crise écologique et à l’invention d’un développement durable.2 Pour Bertrand Méheust, au contraire, les démocraties ne disposent pas de ressources particulières qui leur permettraient de mieux surmonter ces épreuves.

5 Pour arriver à ce terrible constat, l’auteur adopte un « pessimisme méthodique » (p.7), consistant à « [appliquer] « l’heuristique de la peur » de Jonas à la sociologie spéculative » (p.29), parce qu’en situation d’incertitude radicale « nous avons le devoir d’examiner le pire, de le regarder en face » (p.14). Résultat de cette démarche : « Je crains que la métamorphose espérée n’intervienne trop tard pour enrayer la crise écologique, et ne manifeste pleinement ses effets que pendant et après la catastrophe, un peu comme le pacifisme n’empêche pas les guerres mais se développe dans leur sillage. » (p.9).Pourquoi une telle certitude que nous ne parviendrons pas à anticiper la catastrophe, que nous irons Lire la suite

MIAM de Bruges : Les familles séduites par leur maraîcher

sudouest.com, Guy Faydi, le 22 Octobre 2009

BRUGES, CONSOMMATION. Un lien étroit s’est noué entre Philippe Laville et sa clientèle d’abonnés aux paniers hebdomadaires de légumes

Les familles séduites par leur maraîcher

Parmi les initiatives qui ont été prises, ici ou là, en vue de privilégier la consommation de légumes, une forme de contrat moral a pris son envol, l’an dernier à Bruges, et progresse continuellement sous l’appellation de « Miam » (Mouvement informel d’aide aux maraîchers).

En 2008, Catherine Cestari, Jean-Paul Desbarats et Bruno Mouchet ont lancé l’idée d’un groupe de consommateurs s’engageant à acheter un panier hebdomadaire, au producteur brugeais Philippe Laville. Aujourd’hui ils sont 58 inscrits qui prennent leur panier chaque vendredi.

« Le prix n’a pas bougé, 12 euros le panier entier ou 6 euros le demi-panier, souligne avec satisfaction Catherine Cestari. Nous avons aussi amélioré l’organisation des retraits en créant des groupes de voisinage. Ce qui évite des déplacements inutiles. Dans d’autres cas nous privilégions le covoiturage et les trajets à vélo. Ces précautions ne sont pas inutiles pour épargner le chemin de desserte qui conduit à la ferme et qui est bien abîmé. »

Légumes de saison

Chaque saison a ses légumes. En ce mois d’octobre, selon le producteur, les légumes sont choisis parmi potiron, mâche, salade, pommes de terre d’Eysines, carottes, poireaux, chou rouge ou vert, épinards, blettes, radis roses ou noirs… « J’ai planté des oignons pour en proposer des frais au cours de l’hiver. Nous avons créé un lien très sérieux avec ce groupe, confie Philippe Laville, les gens prennent conscience de mon travail, et ce procédé m’apporte une trésorerie mensuelle régulière qui m’aide à concrétiser mes projets… Je mise aussi sur le futur développement du parc des Jalles ».

Chacun s’accorde à reconnaître une façon différente de consommer, et vente les bienfaits des Lire la suite

Urgence climatique : Manifestation « lionbleu.350 » le samedi 24 octobre de 11h00 à 16h50 sur la place Stalingrad à Bordeaux

Collectif Gironde Copenhague 09, Communiqué, le 14 octobre 2009

lionbleu.350

L’action lionbleu.350 se tiendra le samedi 24 octobre de 11h00 à 16h50 sur la place Stalingrad à Bordeaux.

Elle est organisée par le Collectif Gironde Copenhague 09 : Aquitaine alternatives, ATTAC 33, AutoCool, Bassin d’Arcachon Ecologie, CATA, Cauderes, Confédération paysanne 33, CREAQ, CREPAQ, Droits du piéton 33, Echanges et nature, Ecopol, Greenpeace Bordeaux, H’Nord, Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, Pas de coté, Paysans consommateurs associés Utopia, Une pointe pour tous, Utopia Bordeaux, Réseau Mille-Pattes, SEPANSO Gironde, Séphir.org, TACA, TchernoBlaye, Vélo-Cité et  Vélorution.

Cette action n’associe aucun service de l’Etat, aucune collectivité territoriale, entreprise ou parti politique. Les participants seront présents en tant que citoyen.

Elle s’inscrit dans le cadre de la campagne mondiale 350.org. Il s’agit d’une campagne dédiée à la construction d’un mouvement qui mobiliserait le monde autour de solutions à la crise climatique, des solutions que la justice impose. Nous avons comme mission d’encourager le monde à relever le défi de la crise climatique, à créer un sentiment d´urgence mais aussi à ouvrir de nouvelles possibilités.

Nous insistons sur le nombre 350, puisque, en parties par million, celui-ci constitue, selon l´avis des scientifiques, le seuil limite de CO2 dans l’atmosphère toléré par notre planète. Plus d’information http://www.350.org/

Au moment où les négociations de Copenhague sur le renouvellement du protocole de Kyoto sont dans l’impasse, les citoyens girondins exigent de l’ensemble des chefs d’Etat de la planète qu’ils aboutissent, acceptant de réduire très fortement notre consommation d’énergie (moins 40 % pour les pays riches d’ici 2030) et de soutenir tout aussi fortement l’adaptation des pays pauvres.

Les participants sont invités à venir avec un 3, un 5 ou un 0 bleu agrafé sur la poitrine et le dos. Pour ceux qui sont nés entre le 1er et le 10 du mois le 3, entre le 11 et le 20 le 5 et entre le 21 et le 31 le 0. Des vélo-bus pourront être organisés dans diverses villes de l’agglomération bordelaise afin de rejoindre collectivement la place Stalingrad.

11H00 : Rassemblement au Lion bleu de Xavier Veilhan, construction de l’arche, Marathon de l’espoir climatique (350 minutes pour l’humanité et la planète soit 5h50 minutes, de 11h00 à 16h50) et début du recueil des 350 idées pour l’humanité et la planète (afin de faciliter la synthèse, merci de communiquer votre ou vos idées en copie mail à mnebxaquitaine@aol.com

12h00 : Baptême de l’arche « lionbleu.350 » sur la place Stalingrad, bateau qui va lui permettre de survivre à la montée des eaux des océans (D’après le GIEC 2007 entre 50 à 70 cm, selon les dernières études plutôt entre 1 à 2 m, plus peut-être…). Quelqu’un connaît-il une lionne bleue ?

12h18 : Flashmob pour le climat pendant 3minutes 50 pour réveiller nos dirigeants sur le climat, amenez vos téléphones portables, réveils, instruments de musique, casserolles… Il esp possible que nous soyons accompagnés par les cloches de l’église de la Bastide…

15h50 (3h50) : Constitution des trios 3/5/0 des participants et temps fort au moment de la réalisation de la photo collective

15h50 à 16h50 : Conclusion du Marathon de l’espoir climatique

Sous réserve, des animations  liées au climat, par exemple utilisation d’une sonde à CO2 portable (Vaisala) pour montrer la concentration de CO2 atmosphérique actuelle dans une ville

Contacts : Greenpeace Bordeaux – Patrick Maupin 06 89 71 88 46 situ68@gmail.com et MNE Bordeaux-Aquitaine – Pascal Bourgois 05 57 84 18 88 / 06 22 77 48 60 mnebxaquitaine@aol.com

 APPEL A PARTICIPATION 1

Marathon de l’espoir climatique :

350 minutes pour l’humanité et la planète

Chacun s’engage à faire une communication orale entre 10 et 30 minutes. Il faut de la diversité dans les approches, certaines plus scientifiques, d’autres plus politiques, d’autres plus poétiques, d’autres humoristiques mais toutes centrées sur cette question climatique.

Tout est possible à condition Lire la suite

Le Syndrome du Titanic : Nicolas Hulot renvoie aux poubelles de l’histoire la ringardise esthétisante du film de Yann Arthus-Bertrand

politis.fr, Claude-Marie Vadrot, le 8 octobre 2009

Le Syndrome du Titanic : Nicolas Hulot renvoie aux poubelles de l’histoire la ringardise esthétisante du film de Yann Arthus-Bertrand

Au début de son film, Nicolas Hulot explique « Je ne suis pas né écolo, je le suis devenu ». Une phrase qui efface les quelques maladresses du texte qui suit, texte qui s’appuie sur des images saisissantes et parfois terrifiantes. Comme celles de Lagos, la capitale du Nigeria, où une partie de la ville vit dans un mélange d’ordures et de voitures. Un télescopage de la plus extrême pauvreté et de la copie du modèle occidental. Le même modèle pour tous, hélas, appuie le commentaire en expliquant qu’il existe pourtant des voies différentes pour atteindre le bien être. A condition que l’éducation soit privilégiée. Avec cette interrogation constamment répétée et surtout illustrée, de Hong-Kong à Detroit en passant par Paris ou Los Angeles : « où est le progrès quand tout est marchandise ? ». Comme le montre une séquence saisissante, entre tourisme et consommation, filmée en Namibie. Le film n’apporte pas la réponse. Peut-être parce que l’auteur explique presque dés le début : « Je ne suis pas optimiste, je maintiens un espoir ». Il est vrai que les images sont souvent désespérantes.

On est loin de la ringardise esthétisante de Yann Arthus-Bertrand qui ne regarde jamais les hommes ; on est loin aussi, même si elle fut plus efficace, de la lourde pédagogie du film d’Al Gore conjuguant jusqu’à la nausée le thème « moi et le climat ». Yann Arthus-Bertrand, dans un mode encore plus mineur, fait de même en contemplant son nombril et celui de la planète. Pas étonnant que l’escrologiste du consortium Pinault ait reçu tant de louanges pour sa jolie bluette et que beaucoup de confrères fassent la moue sur le film de Hulot.

Le premier présente le monde comme nous voulons absolument encore croire qu’il est, comme si les beautés des paysages « vues du ciel » pouvaient masquer les horreurs des destructions, des pénuries, des gaspillages et des pauvretés.

Le second, ce qui peut paraître désespérant et sans analyse toujours directement perceptible, nous montre la terre telle qu’elle est. Ce qui devrait nous inciter à l’action et à la réaction plutôt qu’à nous barricader derrière des murs longuement décrits : celui qui isole les Palestiniens comme celui qui sépare le Mexique des Etats Unis. Insister sur la misère du monde plutôt que ce qui lui reste de beauté, a pour avantage, d’autant plus que c’est clairement expliqué, de rappeler, de marteler que les combat pour l’écologie ne peuvent pas être séparée des combats contre les inégalités ; et que pour préserver, il faut partager.

Résultat : même quand on sait tout cela, et encore plus quand on ne le sait pas ou que l’on veut l’oublier ou encore qu’on ne veut pas le savoir, on encaisse des coups de poings salutaires.

Rien à voir avec les caresses dans le sens du poil prodiguées par Yann Arthus-Bertrand : le monde il est beau il est gentil et si vous faites un petit effort, on va s’en tirer.

Rien de tel dans le Syndrome du Titanic. Hulot, même si le propos est parfois trop elliptique, nous demande d’arrêter la musique et de regarder, de réfléchir. Avec cet avertissement tiré des images Lire la suite

Economie verte et emplois dans l’environnement, quelles perspectives ?

emploi-stage-environnement.com, Philippe Aujard, le 18 octobre 2009

Economie verte et emplois dans l’environnement, quelles perspectives ?

La mission prospective, mise en place depuis novembre 2008 au sein de la délégation au Développement durable (DDD) du commissariat général au Développement durable (CGDD), a publié une note sur l’économie verte : « L´économie verte en perspectives ».

Selon la mission prospective, c’est une des caractéristiques remarquables de la plupart des plans de relance lancés depuis l’automne 2008 que d’avoir consacré un volet important à ce qu’on appelle désormais l’économie verte qui recouvre l’ensemble des activités économiques liées directement ou indirectement à la protection de l’environnement, à la gestion des ressources rares, aux énergies renouvelables, au changement climatique, à la prévention des risques, …

On cite ainsi souvent un ordre de grandeur de 15 % de la relance globale qui aurait été consacré à la relance verte et sensiblement plus en Chine, en Corée du Sud ou en France.

 Même si ce chiffre n’est qu’une approximation – par ailleurs, contestée – il indique, au minimum, une convergence dans les intérêts et les anticipations des grands acteurs publics et privés mondiaux, convergence qu’a solennisée le communiqué final du G20 d’avril 2009 : « l’économie de demain sera inclusive, verte et soutenable […] la crise est une opportunité pour accélérer la nécessaire transition vers cette économie ».

Si l’économie verte suscite ainsi autant d’espoirs partagés, c’est qu’elle apparaît la seule à pouvoir combiner trois avantages considérés comme majeurs dans la situation d’incertitude actuelle : apporter une réponse aux défis climatiques et énergétiques futurs tout en favorisant une sortie de crise rapide et l’émergence à plus long terme d’un nouveau sentier de croissance.

Depuis le début de la crise, l’attention s’est naturellement portée sur ses effets contracycliques et sur ses impacts potentiels sur l’emploi – de multiples analyses venant confirmer, qu’à investissement égal ce type d’activité était susceptible de créer deux à quatre fois plus d’emplois que dans d’autres secteurs.

On dispose aussi d’évaluations sectorielles très nombreuses qui montrent l’importance des bénéfices économiques que l’on pourrait attendre de la mise en place de politiques ambitieuses dans ces domaines ; la plus récente, faite au Japon, prévoyant, par exemple, une multiplication par 2 d’ici 2020 des emplois liés aux technologies propres.

En revanche, la capacité de l’économie verte à amorcer un nouveau sentier de croissance à long terme reste plus discutée. Au-delà des impacts sectoriels déjà très largement anticipés, faut-il envisager des conséquences macro-économiques beaucoup plus globales sur l’économie ou même, éventuellement, des changements encore plus radicaux dans les régulations et les futurs modèles économiques de production, de consommation ou d’échange ?

C’est une question que l’on doit nécessairement se poser si on s’intéresse, comme c’est le cas dans ce dossier, aux transitions de long terme. Elle suppose de passer d’analyses sectorielles, centrées sur l’offre, à des approches macro-économiques ou macro-sociales intégrant le contexte, les grands cycles de croissance, les modes de vie, les normes socio-économiques, les systèmes de valeur, parmi bien d’autres dimensions, …

Elle exige aussi des approches plus Lire la suite

Jean Jouzel : L’été andalou sera dans le Sud-Ouest avant la fin du siècle

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 19 Octobre 2009

L’été andalou chez nous avant la fin du siècle

RÉCHAUFFEMENT. Le climatologue Jean Jouzel était la semaine dernière à Arcachon pour brosser l’évolution du climat régional au cours du XXIe siècle. Chaud devant

A 62 ans, Jean Jouzel est sans doute le plus médiatique des climatologues français. Vice-président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), médaille d’or du CNRS en 2002, il est mondialement connu pour ses travaux sur les glaces de l’Antarctique et du Groenland, qui participent à la reconstitution du climat passé de la Terre.

La semaine dernière, ce Breton a fait escale à Arcachon, à l’invitation de la Direction départementale de la jeunesse et des sports de Gironde, qui y organisait un colloque, « Développement durable et littoral ». Au cours de son exposé au Palais des congrès et ensuite lors d’une rencontre avec la presse, Jean Jouzel s’est efforcé de dessiner les contours du climat qui s’installera sur le sud-ouest de la France dans la seconde partie du XXIe siècle. Ça va être chaud…

1 Le réchauffement est inéluctable

« Le réchauffement global est sans équivoque. Onze des douze dernières années sur le globe ont été les plus chaudes depuis 1860. Ce réchauffement est pour l’instant limité à un peu moins de 1 degré. Cela s’est notamment traduit, au cours du XXe siècle, par une hausse de 15 à 20 centimètres du niveau des océans, du fait de la fonte des glaces et de la dilatation des océans.

On sait que le réchauffement va se poursuivre. Le climat des années 2020-2030 se traduira par une température en hausse de quelques dixièmes de degré supplémentaires, ce qui n’est pas neutre. Il sera tributaire des gaz à effet de serre, d’ores et déjà présents dans l’atmosphère. Quoi qu’on fasse subir au climat au cours des années à venir, les effets n’en seront pas perceptibles immédiatement. En revanche, les efforts à produire dans les deux prochaines décennies seront essentiels pour la définition du climat de la fin du siècle. Il ne s’agit plus des générations futures. Mais de celle de nos enfants ou de nos petits-enfants. »

2 La canicule devient la norme estivale

« Le sud-ouest de la France a gagné un peu plus de 1 degré au cours du XXe siècle. La situation ne va pas évoluer de la même façon dans la deuxième partie du XXIe siècle, selon différents scénarios du Giec. On rencontre des incertitudes sur l’ampleur du réchauffement et sur ses caractéristiques régionales.

Si l’on prend le scénario A2 du Giec, le moins favorable, on aurait ici un réchauffement compris entre 4 et 6 degrés à la fin du siècle, ce qui est énorme. L’été 2003 deviendrait la norme. Ce serait un été moyen, de 3 à 4 degrés supérieur à un été de la fin du XXe siècle. Rappelons que l’on n’attribue pas directement la canicule de 2003 au réchauffement climatique, mais ça en donne une bonne image pour la période postérieure à 2050. On aurait un nombre de jours de canicule – des températures supérieures ou égales à 35 degrés – qui excéderait largement un mois. Il faut se rendre compte que l’on parle là d’un climat totalement différent. Paris vivrait à peu près les étés de Séville. Alors, Bordeaux… »

3 La pluie plus rare et plus violente

« Pour les précipitations, on va se retrouver avec une dissymétrie entre la France du Nord et la France du Sud. Pour celle-ci, on s’achemine vers des précipitations estivales de 20 à 40 % inférieures à ce qu’elles sont aujourd’hui. Mais elles seront plus intenses, d’où des risques d’inondations.

Dans un climat plus chaud, l’évaporation augmente, ce qui rendra central le problème de l’accès à la ressource en eau. Le partage s’annonce Lire la suite

Pourquoi le prix de l’eau va continuer à augmenter

actu-environnement.com, F. Roussel, le 5 octobre 2009

Pourquoi le prix de l’eau va continuer à augmenter

Hausse des investissements, baisse des recettes, les services d’eau et d’assainissement des collectivités doivent faire face à des situations délicates qui font craindre une revalorisation à la hausse du prix de l’eau dans les années à venir.

290 euros TTC, c’est en moyenne la facture d’eau annuelle d’un ménage français. Une facture qui à l’échelle nationale représente 11,8 milliards d’euros pour un prix moyen du mètre cube d’eau à 3,01€ TTC en 2008. Cette facture pèse à hauteur de 0,8% dans le budget des ménages, un taux relativement stable depuis 10 ans malgré une hausse du prix de 2,9% entre 2007 et 2008.

Mais cette situation risque de ne pas durer. Sachant que le système français est basé sur le principe de  »l’eau paie l’eau » via les redevances eau et assainissement, autrement dit les consommateurs d’eau paient pour les investissements en faveur de l’eau, de nombreux facteurs pourraient provoquer une hausse des prix à l’avenir.

De nouvelles exigences réglementaires

Concernant la potabilisation de l’eau qui représente 50% du prix du m3, de nouveaux seuils de plomb par exemple vont entrer en vigueur en 2013. Selon la directive de novembre 1998 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, la concentration en plomb dans l’eau au robinet ne doit pas excéder 25 µg/l depuis 2003 et ne devra pas dépasser 10 µg/l à compter de 2013. Ce qui implicitement nécessite la suppression des branchements et des canalisations en plomb. Or, avec ses 700.000 branchements en plomb, la France est fortement concernée et bien loin d’être en avance :  »pour certains services d’eau potable cette préoccupation est totalement absente alors que la directive date de 1998 », a expliqué David-Nicolas Lamothe du cabinet à-propos à l’occasion d’un colloque de l’Office International de l’Eau (OIEau).  »Certains misent d’ailleurs sur un recul de l’échéance, mais il ne faut pas y compter », a-t-il ajouté.

Le coût de ce remplacement sera très variable en fonction des situations locales mais pour les petites collectivités, la facture risque de peser fortement sur les budgets :  »pour un service de 3.000 abonnés qui distribue 600.0000 m3/an et qui doit remplacer 1.200 branchements d’ici 5 ans, à 1.000 € par branchement, on arrive à une hausse du prix de l’eau de 0,4€/m3 », a calculé David-Nicolas Lamothe.

Côté assainissement, la situation est similaire. Les exigences de la directive Eaux Résiduaires Urbaines (ERU) ont conduit de nombreuses collectivités à réaliser des travaux de mise aux normes de leurs stations d’épuration. Mais les stations dont la capacité épuratoire est inférieure à 10.000 équivalents habitants ne les respectent pas encore ce qui augure une hausse des investissements dans les années à venir.

Et ce sera sans compter la mise en place de la Directive Cadre sur l’Eau de 2000 et ses échéances à atteindre pour 2015. En effet, cette DCE engage les Etats membres dans un objectif de reconquête de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques ce qui sous-entend une multiplication des analyses, qui pour certains polluants peuvent être coûteuses, et de nouvelles installations de traitement.  »Selon les simulations effectuées Lire la suite

Eau : Des restrictions dans 45 départements dont la Dordogne, la Gironde et le Lot et Garonne

developpementdurablelejournal.com, Jacques Cortie, le 15 octobre 2009

Eau : Des restrictions dans 45 départements

La situation des ressources en eau continue à être problématique alors que l’on est sorti de la période estivale. 24 départements sont mêmes en restriction totale. Ce n’est pas encore inquiétant, mais c’est largement préoccupant et augure d’une année 2010 compliquée.

On ne s’attendait pas à ce que l’automne charrie à nouveau cette drôle de nouvelle : l’eau est rare. Les départements français concernés par les divers degrés d’alerte pour son utilisation sont pourtant aujourd’hui au nombre de 45 (1). Mais surtout, parmi eux, il y en a 24 qui vivent une situation de restriction totale soit le niveau le plus élevé de l’alerte, selon la terminologie officielle, et qui fonctionnent au rythme des arrêtés préfectoraux. La reconstitution des nappes, par la pluviosité, ne se fait pas, ou très mal, alors que l’on se trouve largement au-delà de la période habituelle d’étiage. Voilà en fait un bon mois que la tendance de l’été aurait dû s’inverser…

Lutter contre les gaspillages

En Aveyron, l’un des 24 départements les plus problématiques, les mesures prises fin juillet ont été confirmées le 9 septembre et vont subir un nouveau tour de vis en cette mi-octobre. La faute à l’absence de pluie. Un classique, qui crée un panorama difficile. « La situation est sérieuse et mérite un suivi » témoigne Renaud Rech, responsable eau et biodiversité à la DDEA (Direction Départementale de l’Equipement et de l’Agriculture) de l’Aveyron. Dans ce département il n’y a pas eu de pluies efficaces depuis mai-dernier. « Nous avons donc pris les premières mesures au milieu de l’été : restriction sur l’irrigation, sur les loisirs, le remplissage des piscines, les lavages de véhicules. De nombreuses collectivités, une vingtaine, connaisse de sérieux problèmes, même si cela implique encore peu de personnes, de l’ordre de 1.000 à 2.000.  » Le 9 septembre le département était passé à un stade supérieur avec l’extension des mesures à de nouvelles zones. Une situation analogue à celle vécue lors de la sécheresse de 2003 par rapport à l’état des ressources. « Maintenant on ne peut continuer à renforcer le dispositif, alors notre discours va se centrer sur l’attitude et la responsabilité des habitants. Il faut lutter contre les gaspillages » prévient Renaud Rech. Pas pessimiste dans l’immédiat, le responsable aveyronnais note que « pour attaquer une saison 2010 dans de bonnes conditions, il ne faudrait pas que la reconstitution de la réserve se fasse de manière trop réduite ».

L’Europe demande des comptes

En fait, si l’on excepte 7 départements (22, 29, 35, 50, 56, 61 et 2B), à des degrés divers, c’est quasiment l’hexagone dans son ensemble qui pâtit d’un problème avec ses ressources en eau. Cette permanence de l’alerte hydrologique, alors que l’automne est entamé, est d’autant plus préoccupante que la France est un pays riche en eau : il pleut en moyenne 440 milliards de m³ d’eau annuellement et un quart de ce volume s’infiltre dans les nappes souterraines, alors que l’on estime les prélèvements nationaux à quelque 7 milliards de m3. Mais il y a un autre problème derrière ces alertes à l’utilisation : celui de la qualité Lire la suite

Articles eitb et Sud-Ouest sur manifestation anti LGV de 9 600 à 12 000 personnes à Bayonne

eitb.com, Ramuntxo Garbisu, le 17 octobre 2009

Bayonne : des milliers à dire  »Non » à la LGV en Pays Basque nord

La manifestation de ce samedi à Bayonne contre le projet de voies LGV en Pays Basque nord aura été très impressionnante, avec près de 12.000 personnes descendues dans la rue montrer leur opposition.

Point d’orgue d’une contestation populaire emmenée depuis 1996 par le collectif des associations opposées à de nouvelles voies LGV et, plus récemment, par de nombreux élus du Pays Basque nord, la manifestation de ce samedi à Bayonne aura été une démonstration particulièrement impressionnante contre ce projet porté par l’Etat, les « grands élus », et l’opérateur gouvernemental Réseau Ferré de France (RFF).

« Non à la LGV, ni chez nous ni ailleurs ! » aura été le monde d’ordre de la mobilisation de 12.000 personnes (« 9.600 selon les Renseignements Généraux, précisa le porte-parole du CADE, Victor Pachon).

Echarpe tricolore le long du corps, une centaine d’élus – représentant majoritairement les trois Communautés de Commune du Sud Pays Basque à l’origine de la contre-étude indépendante suisse de la CITEC – ont ouvert le cortège à 17h, précédant 28 banderoles au total, représentant les diverses communes potentiellement traversées par ces futures lignes, ainsi que de nombreuses associations constituées en opposition à ce projet jugé « inutile, destructeur d’environnement, et de ressources publiques ».

Y figuraient également le syndicat basque LAB, le collectif d’urgence climatique Bizi (à bord d’une parodie de TGV en carton fonçant « droit dans le mur »), puis les Verts du Pays Basque, le NPA, ainsi qu’une délégation du collectif du Pays Basque sud, « AHT-Gelditu« .

Après plus de deux heures de marche de la salle Lauga à la Sous-Préfecture de Bayonne, les initiateurs de cette manifestation ont exprimé leurs sentiments que, depuis ce 17 octobre, « ignorer la volonté populaire serait une grave erreur« .

Porte-parole de l’unité associative, Victor Pachon a rappelé le chemin parcouru depuis 1996, la succession d’enquêtes et de contre-démonstrations qui, traduit ce jour dans une manifestation d’une rare ampleur, « prouve que le Pays Basque rejette totalement la plaie béante contre son territoire« .

Avant de lancer un « Pas une seule voix aux Régionales pour les candidats pro-LGV ! ».

Représentant les élus, Michel Hiriart, maire de Biriatou et président de la Communauté Sud Pays Basque, a également souligné le Lire la suite

Bassin d’Arcachon et Val de Leyre : Une critique du projet de Contrat de Pays

sudouest.com, NC, le 17 Octobre 2009

Une critique du projet de Contrat de Pays

Lors de la réunion du Codev (Conseil développement), la semaine dernière, la Sepanso, la Ceba (Coordination environnement du bassin d’Arcachon) et bassin d’Arcachon écologie ont désapprouvé le projet de contrat de Pays du bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre tel qu’il a été présenté.

Claude Bonnet, Jean Mazodier et Françoise Branger en expliquent les raisons : « Très insuffisamment protecteur de l’environnement, le document est délibérément axé sur la promotion économique du territoire, avec pour objectif principal d’attirer un maximum d’habitants permanents et de touristes. Cette intention se traduit par un cortège de propositions d’actions destructrices du territoire. »

Ressources en eau L’étude d’un Scot basée sur une augmentation de population de 70 000 habitants d’ici 2030, qui induirait une très forte urbanisation et artificialisation des terres sans prendre en compte la limitation des ressources en eau et en énergie.

Infrastructures envahissantes La construction d’équipements et infrastructures équivalents à ceux d’agglomérations de la taille de Montpellier, Strasbourg, Grenoble ou Metz – entre autres le prolongement de l’autoroute A 660 jusqu’au Pyla – favorisant ainsi le transport routier, un des facteurs essentiels du réchauffement climatique.

Qualité des eaux L’aménagement des lacs et étangs, générateur de pollutions supplémentaires et d’une dégradation accrue de ces eaux dont le renouvellement est très lent, affectant aussi la qualité des eaux du bassin d’Arcachon, réceptacle des eaux de tout le territoire.

Dans ces conditions les politiques de protection de la qualité de l’eau et le soutien à l’ostréiculture et à la pêche sont totalement illusoires.

Environnement « La valorisation des grands sites naturels qui consiste à y attirer encore plus de visiteurs, au détriment de la protection de la faune et de la flore qui y vivent.

Il est temps que le XXIe siècle pose, ici comme ailleurs, la protection et la restauration de Lire la suite

Fabrice Nicolino : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille »

bastamag.net, Agnès Rousseaux, le 16 octobre 2009

Industrie de la viande

Fabrice Nicolino : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille »

Inquiétante pour la santé humaine, menaçante pour la diversité des espèces, dangereuse pour le climat, l’industrie de la viande a échoué à résoudre le problème de la faim. C’est ce que démontre le journaliste Fabrice Nicolino dans un essai intitulé Bidoche. Il aurait très bien pu s’intituler « barbaque » ou « charogne »… Les Français mangent en moyenne, chaque année, 92 kg de chair fraîche, congelée ou stérilisée, une carne produite presque exclusivement par l’industrie. Autant dire que les questions soulevées par cette antithèse d’un livre de cuisine nous concernent tous, en tant que consommateurs et citoyens. Attention, l’interview qui suit peut pousser à devenir végétarien.

Quels sont réellement les risques sanitaires concernant la consommation de viande ?

Il faudrait être bien naïf pour croire qu’il n’y a pas d’impact pour l’homme à farcir les animaux d’antibiotiques, d’hormones, de tranquillisants, de stimulateurs d’appétit, de tout ce qui passe dans les mains des industriels. Nous sommes juste derrière dans la chaîne alimentaire. Nous ingérons forcément ce que mange le cheptel, on ramasse tout. Depuis une dizaine d’années, des études de plus en plus nombreuses montrent d’importantes concordances entre la consommation de viande et les maladies, comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, le cancer. L’Institut national du cancer (INCa) a lancé une alerte en février 2009 et a publié des chiffres inquiétants sur les risques liés à la consommation de viande rouge et de charcuterie [1]. Un ensemble de faits s’accumulent. On peut clairement dire aujourd’hui que manger de la viande attire des ennuis de santé.

La plus vaste des études jamais menée sur la nutrition, dirigée par l’éminent nutritionniste T. Colin Campbell, impliquant 500.000 personnes en Chine et aux États-Unis, a montré que le meilleur régime est très largement végétarien. Cela va à l’encontre de ce qui est raconté depuis des décennies, toute cette propagande en faveur de la consommation de la viande. C’est profondément enraciné dans esprit humain : la viande serait bonne pour la santé. C’est surtout un signe extérieur de richesse, le symbole d’un statut social.

Les contrôles sanitaires ne permettent-ils pas de diminuer les risques liés aux manipulations génétiques, à l’injection de substances, à la transformation des animaux en produits industriels ?

Que veut dire « contrôle sanitaire » quand il y a des milliers de points de vente ? Le business fait la loi. Il n’y a qu’à voir comment George Bush, et Reagan avant lui, ont choisi des industriels comme conseillers. Même si les contrôles avaient montré quelque chose, il y aurait eu blocage au niveau politique. Regardez comment Bush a fait peu de cas de l’Agence de protection environnementale (EPA), comment il l’a censuré. L’industrie de la viande est une industrie reine, enracinée dans l’histoire américaine. On ne peut pas espérer la contrôler efficacement aux États-Unis. En France, le nombre de contrôleurs est ridicule, ça n’a aucun sens.

Le problème n’est pas tant le contrôle que la production. Quand on voit qu’on est capable Lire la suite

Bordeaux lac : La plus grande centrale solaire urbaine de France

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 15 Octobre 2009

BORDEAUX LAC. EDF Énergies nouvelles a confirmé hier la création de la station photovoltaïque de Bordeaux-Lac. Elle entrera en service dès de la fin de l’année 2010

La plus grande centrale solaire urbaine de France

L’annonce-révélation de ce projet dans ces mêmes colonnes, il y a un an, avait fait sourire. Comment une station aussi géante pourrait-elle voir le jour au sein de l’agglo ? Voilà la réponse.

Avant la fin 2010, le site de Bordeaux-lac abritera la plus grande centrale solaire crée en milieu urbain et celle-ci produira l’équivalent de la consommation annuelle de 5 700 foyers ou encore la moitié de la consommation, toujours sur 12 mois, de l’éclairage de la Ville de Bordeaux.

Les travaux en 2010

La construction de cette station photovoltaïque de 12 mégawatts a été annoncée lors du dernier conseil municipal de Bordeaux. Elle a été confirmée hier matin par Hugues Martin, adjoint au maire, président de la société bordelaise des équipements publics et de congrès (propriétaire du parc des expos) et Patrick Charignon, directeur du développement France d’EDF Énergies nouvelles, sur le site même de Bordeaux-Lac.

« Nous sommes prêts. Les travaux débuteront en début d’année prochaine », annonce Patrick Charignon, en précisant que le chantier sera mené par des entreprises aussi motivées qu’EDF par ce challenge : le cabinet d’architectes Cardete et Huet (conception), la Secotrap (maîtrise d’oeuvre), Fayat TP (travaux de voirie), Vilquin (charpente métallique), Marchegay (panneaux photovoltaïques) et Cegelec (travaux électriques).

60 millions d’euros

EDF Énergies nouvelles a décroché ce marché devant treize autres candidats. « La proposition d’EDF était la meilleure à tous points de vue », note Hugues Martin.

C’est effectivement le projet le plus ambitieux, celui aussi qui ne coûtera pas un euro aux collectivités locales (EDF prenant à sa charge la totalité de la dépense évaluée à 60 millions d’euros), celui enfin qui rapportera le plus. EDF Énergies nouvelles s’engageant à verser 1, 3 million d’euro par an à la Spebec en compensation.

Le parking relooké

Le projet s’annonce également exemplaire au niveau national car les architectes ne se sont pas bornés à aligner des panneaux photovoltaïques sur des supports, comme on peut en voir sur bien des centrales créées à ce jour. « Une vraie première. C’est l’architecture des centrales de demain. Celles qui ne gèlent pas les terrains et celles sous lesquelles on pourra venir vivre et habiter », note Francis Cardete, l’un des archis.

Les concepteurs « rhabillent » Lire la suite

Sciences Po Bx le 21 octobre 17h00 : L’écologie politique est-elle durable ?

sciencespobordeaux.fr, Communiqué, le 21 octobre 2009

L’écologie politique est-elle durable ?

L’écologie est désormais au cœur des enjeux du monde contemporain. Effet de mode ou mutation durable des comportements individuels et des choix collectifs ?

Pour la première séquence de leur 26e saison, les Rencontres Sciences Po/Sud Ouest proposent une stimulante table ronde sur l’environnement et s’interrogent sur la « durabilité » de l’écologie politique. Au lendemain d’élections européennes marquées par la montée en puissance du groupe des Verts au Parlement de Strasbourg, et à la veille d’un sommet de Copenhague aux perspectives incertaines, l’occasion de faire le point sur l’état de l’écologie politique en France et au-delà !

Invités à échanger lors de la table ronde :

Eric DELHAYE (Président-délégué de Cap 21)

Michel DUCHENE (Adjoint au Maire de Bordeaux, Vice-Président de la CUB aux Grands projets urbains)

Bruno REBELLE (Directeur de Synergence, Conseil en développement durable)

Guillaume SAINTENY (Maître de conférences à l’École Polytechnique)

Dominique VOYNET Lire la suite

Jean-Pierre Dupuy : La menace écologique, un défi pour la démocratie

journaldumauss.net, Jean-Pierre Dupuy, le 14 octobre 2009

Pour citer cet article : Jean-Pierre Dupuy, « La menace écologique, un défi pour la démocratie », Revue du MAUSS permanente, [en ligne].

La menace écologique, un défi pour la démocratie

La menace écologique en vue ne pèse pas uniquement sur la survie de l’humanité. Elle pèse également sur ses valeurs, puisqu’en l’absence de réactions à la hauteur de l’enjeu, il est probable que la démocratie disparaîtra tout bonnement de la surface du globe, la menace sur la survie se transformant en lutte des uns contre les autres pour survivre. Dans l’objectif d’éviter ce sombre avenir, Jean-Pierre Dupuy propose ici de revisiter quelques fausses idées à propos de l’écologie politique, afin de la défendre – puisque c’est elle qui porte sur la place publique les inquiétudes que les scientifiques nourrissent dans le secret de leurs laboratoires : l’écologie politique n’est ni un anti-humanisme, ni l’ennemie de la science, de la technique et de la démocratie libérale, ni simple responsabilité vis-à-vis des générations futures. Elle n’est pas non plus régression des démocraties dans l’univers sacré et ses apocalypses, poursuit l’auteur, tout en assurant qu’un catastrophisme apocalyptique (qui peut être d’inspiration religieuse, et qui doit être laïc) est plus que jamais nécessaire : sans lui, les démocraties ne prendront pas à bras le corps la question écologique, de sorte qu’elles seront balayées par les catastrophes et les crises à venir. Le pessimisme, parfois, peut éviter que l’irréparable ne soit commis… (DA)

1. Le monde s’est rapproché de l’apocalypse de deux minutes

Le 17 janvier dernier, le physicien Stephen Hawking, le découvreur des trous noirs, et l’astronome royal Sir Martin Rees, qui occupe la chaire d’Isaac Newton à Cambridge, ont avancé l’aiguille des minutes de l’horloge de l’apocalypse de deux minutes. Nous ne sommes plus qu’à cinq minutes de minuit, minuit signifiant conventionnellement le moment où l’humanité se sera annihilée elle-même.

L’horloge de l’apocalypse (Doomsday clock) a été mise en place en 1947 par un groupe de physiciens atomiques qui, choqués par le largage des bombes sur Hiroshima et Nagasaki, avaient lancé en 1945 une revue, qui existe toujours, de réflexion sur l’arme de destruction massive par excellence, le Bulletin of Atomic Scientists. En 1947, ils fixèrent la grande aiguille à 7 minutes avant minuit. C’était le début de l’ère nucléaire. Depuis lors, l’aiguille a été avancée et retardée 17 fois. C’est en 1953, lorsque l’Amérique et l’Union soviétique testèrent la bombe à hydrogène à neuf mois d’intervalle l’une de l’autre que l’aiguille se rapprocha le plus de minuit, à 2 minutes seulement. Après l’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la guerre froide, elle s’éloigna à 17 minutes, pour revenir à 7 minutes de minuit en 2002, après les attentats terroristes du 11 septembre 2001.

Nous sommes aujourd’hui à 5 minutes de minuit, plus près donc qu’en 1947. Les arguments avancés par les physiciens pour justifier leur sinistre pronostic méritent réflexion. Il y a d’abord que nous sommes entrés dans un deuxième âge nucléaire, marqué par la prolifération et le terrorisme. Le tabou sur l’usage de la bombe qui s’établit après Hiroshima et Nagasaki est en train de perdre de sa force, le temps et l’oubli faisant leur œuvre. Mais, pour la première fois dans l’histoire de l’horloge de l’apocalypse, un argument qui n’a rien à voir avec la menace nucléaire est mis en avant : les risques liés au changement climatique.

Les plus grands scientifiques du moment reconnaissent donc que l’humanité peut recourir à deux types de méthode pour s’éliminer elle-même : la violence intestine, la guerre civile à l’échelle mondiale, mais aussi la destruction du milieu nécessaire à sa survie. Ces deux moyens ne sont évidemment pas indépendants. Les premières manifestations tragiques du réchauffement climatique, Lire la suite

Fabrice Nicolino : Le pic de Hubbert dès 2020 (quand le pétrole nous quitte)

fabrice-nicolino.com, Fabrice Nicolino, le 14 octobre 2009

Le pic de Hubbert dès 2020 (quand le pétrole nous quitte)

Je vous présente rapidement le pic dit de Hubbert. À la fin des années 40 du siècle écoulé, Marion King Hubbert, géophysicien, émet une hypothèse sur la manière dont les matières premières sont exploitées par les sociétés humaines. Selon lui, cet usage peut se représenter sous la forme d’une cloche. Toute production monte jusqu’à un certain point, avant de redescendre fatalement lorsque plus de la moitié des réserves disponibles sur terre ont été utilisées.

En 1956, Hubbert fait une présentation publique de sa thèse devant l’American Petroleum Institute, appliquant son idée au pétrole-roi, sur lequel reposent nos sociétés industrielles. Hubbert prédit en cette année 1956 que le pic maximum de l’utilisation du pétrole aux États-Unis sera atteint en 1970. Après, pense-t-il, la production ne cessera de décliner, plus ou moins vite. Il a raison, le déclin commence en 1971.

Mais il y a bien des manières d’avoir raison tout en ayant tort. Car bien entendu, la parole du géophysicien, inaudible au beau milieu des Trente Glorieuses, est vite laissée de côté. Et l’on continue comme avant, sans se soucier le moins du monde du lendemain. Seuls quelques braves maintiennent, au fil des décennies, une réflexion sur ce que l’on appelle désormais le Peak Oil, le pic du pétrole. La question n’est plus : ce pic existe-t-il ? Non, la question est peu à peu devenue : quand se produira-t-il ?

Dans ce domaine stratégique, bien des estimations restent basées sur des chiffres fournis sans contrôle par les États producteurs. Je vous ennuierai en vous parlant de toutes les bizarreries comptables qui entourent la décisive question des réserves pétrolières mondiales. Pour ne prendre qu’un exemple, l’Arabie Saoudite, assise sur une poudrière sociale, politique, ethnique même, peut-elle raisonnablement dire la vérité sur l’état de ses ressources, qui commande son statut géopolitique ?

Bref. Vous me comprenez. Sans jeu de mots, un baril de pétrole est aussi une bouteille à l’encre. Or un rapport (en anglais, hélas) vient de remettre les pendules à l’heure d’une façon pour le moins inquiétante. Publié par l’UKERC (United Kingdom Energy Research Centre), organisme britannique public autant que sérieux, il estime que le Peak Oil mondial pourrait être atteint avant 2020 (ici). Mieux, pire, il met en garde le gouvernement de Londres, totalement incapable, pour l’heure en tout cas, de seulement considérer le problème. Inutile, je crois, d’évoquer le degré de préparation de notre propre pouvoir politique.

Est-ce fou ? Oui, je le pense. Car 2020, c’est dans dix ans, et seuls des choix faits immédiatement auraient quelque chance d’avoir un effet à cette date. Rappelons que, pour l’heure, le pétrole représente le tiers de l’énergie consommée dans le monde. Bien entendu, même si ce rapport dit vrai, il restera du pétrole à extraire bien après 2020. Mais son coût de production, mais son prix à la consommation seront toujours plus volatils, avec une tendance certaine à l’augmentation, qui ne cessera plus jamais. Il est donc certain, je dis bien certain, que l’heure de l’énergie bon marché est derrière nous.

Cette situation nouvelle recèle bien des menaces. Parmi lesquelles le risque croissant d’exploiter certains des gigantesques gisements de Lire la suite

Y aura-t-il 600 000 emplois verts en France ?

planete-terra.fr, Karine Le Loët, 15 octobre 2009

Y aura-t-il 600 000 emplois verts en France ?

La croissance verte. C’est le nouveau credo du gouvernement depuis le lancement du Grenelle. Mais parviendra-t-il à atteindre l’objectif promis de 600 000 emplois verts créés ? Tout dépend de ce qu’on entend par création d’emplois.

Nicolas Sarkozy l’avait annoncé en grande pompe lors du Congrès de Versailles le 22 juin dernier. « Je veux dire à ceux qui trouvaient que le Grenelle de l’environnement coûtait trop cher que c’est la dépense la plus rentable que l’on puisse imaginer. Elle va créer 600 000 emplois.  » Ce chiffre, le chef de l’État ne l’avait pas sorti de son chapeau. Mais d’un rapport commandé et remis le 16 juin par le bureau parisien du Boston Consulting Group, un cabinet de conseil en stratégie. En page 4, il y est écrit : « Les programmes du Grenelle permettront la création de plus de 600 000 emplois en moyenne sur la période 2009-2020, principalement dans les secteurs du bâtiment, des infrastructures et des énergies renouvelables « 

Mais le gouvernement se montre désormais plus prudent sur la question. Interrogée à ce sujet lors du lancement du « Comité de pilotage pour le développement des métiers liés à la croissance verte » le 13 octobre, Valérie Létard, secrétaire d’État auprès de Jean-Louis Borloo, est restée un peu vague. “Plutôt que de nous écharper sur les chiffres, il faut voir qu’ils donnent une indication de l’urgence ”, explique Mme Létard avant de citer d’autres études menées par Syndex Alpha, le DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle), ou encore Pole Emploi qui table – plus prudemment – sur 220 000 emplois d’ici à 2012. Autant de “données qui nourrissent une réflexion partagée”, souligne Valérie Létard. Le gouvernement serait-il en train de noyer le poisson ?

Sortons la calculette

Mais d’abord comment le Boston Group a-t-il obtenu ce chiffre ? “L’équipe a créé des modèles microéconomiques dédiés à chacun des secteurs concernés par les investissements du Grenelle, qui prenaient en compte le type d’entreprises mobilisées, les équipements achetés, etc. De manière à bien temporaliser les différents projets et à y intégrer les ratios dépenses/emplois”, expliquait Emmanuel Nazarenko, directeur associé du BCG Paris au Monde en juillet dernier. En clair, le BCG a pris l’enveloppe financière prévue par le Grenelle dans chaque secteur – soit par exemple les 205 milliards d’euros qui seront investis dans le bâtiment. Puis, il a pris le nombre d’emplois créé habituellement dans le secteur pour chaque milliard d’euros investis. Et après multiplication, obtenu… un autre chiffre.

Mais voilà. 600 000 emplois verts créés, c’est d’autres emplois qui disparaissent, soutient Rémy Prud’homme, économiste et professeur émérite de l’université Paris XII. “C’est de l’argent qui ne sera pas dépensé ailleurs. On crée des emplois chez Saint-Gobain qui fabrique plus de matériels isolants ou chez Alstom qui construit plus de locomotives. Mais ce n’est que la moitié de l’histoire. L’État, les collectivités territoriales ne mettront pas d’argent ailleurs ou les particuliers dépenseront moins en télévision ou en tourisme. On crée 500 ou 600 000 emplois mais on en détruit un nombre au moins aussi important.”

Emplois transformés

Des emplois en hausse ici, en baisse là. Des reconversions plus que des créations aussi. Devançant la critique, Valérie Létard annonçait déjà la couleur le 13 octobre. “Pour ceux qui travaillent par exemple dans les usines automobiles du Valenciennois – un secteur où ça va aller mal – il faut accompagner l’évolution. Pour ceux-là, il ne s’agira pas Lire la suite

Non à la LGV, en Pays Basque comme ailleurs !

Bizi !, communiqué, octobre 2009

Non à la LGV, en Pays Basque comme ailleurs !

Le mouvement Bizi ! appelle tous(tes) ses membres et ses sympathisant(e)s à manifester ce samedi 17 octobre à 17H00 à Bayonne contre le projet de LGV.

Ce projet montre à quel point les divers responsables en charge de l’aménagement du territoire et de la question des transports n’ont toujours pas compris ce que seront nos sociétés dans les 5 décennies à venir.

La raréfaction programmée des énergies fossiles et de certaines des principales matières premières, la lutte contre le changement climatique avec l’urgente, indispensable et massive réduction des émissions des gaz à effets de serre vont profondément modifier nos modes de production, de consommation, de transports et d’aménagement du territoire.

Ceux qui pensent qu’on combattra le changement climatique en transférant quelques parts de marché de l’avion au bénéfice d’un TGV de plus en plus rapide n’ont pas pris la mesure exacte des changements à venir. C’en est historiquement fini du « toujours plus loin, toujours plus vite et de plus en plus souvent » en matière de transports. L’heure est à la relocalisation de l’économie et des loisirs, au développement des alternatives au transport (télé-travail, visio-conférences..). On ne peut continuer à aménager le monde demain avec les logiciels datant de celui d’hier. De l’aéroport de Notre Dame des Landes à l’autoroute Pau-Langon en passant par ce projet de LGV, continuer comme avant constitue un véritable déni de réalité qui, au vu de la gravité des catastrophes annoncées si rien ne change en profondeur, est tout bonnement criminel.

Un TGV consomme 3 fois plus par voyageur transporté qu’un train normal, émet largement plus de gaz à effet de serre (par la traction et la déforestation causée alors que le train normal utilise les voies existantes), génère un aménagement du territoire non soutenable.

Bizi se prononce pour le transport des voyageurs par train plutôt que par avion, et celui des marchandises par train ou par bateau plutôt que par la route. Mais la vitesse des trains doit se fixer un objectif maximal de 200 à 220 km / H, et ils doivent passer par les lignes existantes.

Il faut réduire rapidement le volume global des marchandises transportées en faisant notamment de la relocalisation de l’économie -et notamment de la production agricole- une priorité absolue. Pour les marchandises dont la circulation est réellement nécessaire, leur transport doit se faire par containers. Bizi s’étonne du parti pris de préférer à ces derniers les camions entiers sur les wagons Modalohrs (solution autoroute ferroviaire, plus coûteuse et moins intéressante à tous les niveaux que la solution du container) et s’interroge sur Lire la suite

La société d’horticulture de Bordeaux-Caudéran, écolo depuis 110 ans

sudouest.com, Denis Lherm, le 14 Octobre 2009

PATRIMOINE. Installée en pleine ville, la vieille société savante dispense un enseignement de grande qualité, à titre bénévole, dans un écrin de verdure totalement méconnu

La société d’horticulture de Caudéran, écolo depuis 110 ans

On peut difficilement trouver une centenaire plus verte que la société d’horticulture de Caudéran. Créé le 1er août 1899, cela fait plus de 110 ans que ce témoin de l’idéologie scientiste du XIXe siècle tient le pavé à Caudéran. Née avant la loi sur les associations, bâtie sur le modèle des vieilles sociétés savantes, elle voue un culte au savoir et à la connaissance des arbres fruitiers et des fleurs. Rue de l’église, coincée entre une résidence des années 70 et Saint-Amand, la société d’horticulture résiste au temps.

Dans les années 60, Chaban l’avait sauvée une première fois. Un sombre projet visait à transformer le terrain de la société horticole en lieu d’hébergement pour les jardiniers municipaux. Chaban avait réglé l’affaire en quelques secondes, comme toujours : « Si la société d’horticulture n’est pas d’accord pour partir, pourquoi la fait-on partir ? Elle reste là, c’est tout ».

285 arbres, 110 variétés

Quarante ans après, elle est toujours là, bien qu’un peu en décalage avec son époque. La plupart des habitants de Caudéran, et à plus forte raison ceux de Bordeaux, ignorent ce qui se passe derrière les grilles du 23, rue de l’Église, sous le regard fier du buste de Frantz Malvezin, créateur du jardin école, en 1905. Ici s’épanouissent 285 arbres de 110 variétés différentes, parfaitement palissés. Les membres de la société entretiennent bénévolement cet écrin à l’allure surannée. Ici surtout, la Société d’horticulture, d’arboriculture et de viticulture de Caudéran, c’est son nom exact, dispense un enseignement comme autrefois : long, complet, contraignant et de très grande qualité. Les élèves, pardon les sociétaires, sont environ 80 par promotion. Le programme des cours mobilise tous leurs samedis, et parfois leurs dimanches, de septembre à juin. Il est digne d’une académie d’horticulture. Quand les « élèves » sortent de là, ils sont costauds sur le sujet.

« Cette société est une chose étonnante, mais surtout un bien très précieux. On ne la lâchera jamais », lance Philippe Richard, directeur des jardins botaniques de la ville (jardin public et Bastide), qui y fit un passage comme enseignant. Il ajoute : « Ils ont une connaissance de l’arbre et de la taille incomparable, il n’y a qu’eux qui savent le faire et il n’y a plus un professeur d’horticulture qui sait le faire aussi bien. Dans les années 70, on avait arrêté d’enseigner la taille, car elle avait été remplacée par des pulvérisations hormonales. À Caudéran, ils ont continué sur la taille et ils sont restés les seuls à la connaître vraiment ».

La tradition

Parmi les sociétaires, il n’est pas rare de tomber sur un élève du lycée horticole de Blanquefort qui vient renforcer ses connaissances. La société est présidée depuis plus de 25 ans par Lucien Amsalem, qui en est membre depuis plus de 40 ans.

Quant à son vice-président, il se nomme Jean-Bernard Sarramia, c’est un descendant d’Émile Barbot, l’un des fondateurs de la société en 1899. On cultive donc ici les plantes mais aussi une forme de tradition.

« On est ici en famille, explique ce dernier. Au XIXe siècle, il y avait un marché de maraîchers à la place de l’église. C’est ce qui avait donné au maire l’idée de créer une société horticole. Au départ, c’était simplement démonstratif. Puis c’est devenu plus pédagogique. Un jardinier de la mairie venait donner des cours pratiques, pour vulgariser les connaissances. Mais le grand virage, c’est dans les années 1930, lorsque Lire la suite

TAURIAC Les parcelles bio exonérées de taxe sur le foncier non bâti

sudouest.com, Kévin Lavoix, le 14 Octobre 2009

TAURIAC Les parcelles bio exonérées de taxe

Réuni en session ordinaire lundi soir, le Conseil municipal de Tauriac a abordé la question, sous l’impulsion de la maire Catherine Saez, de l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti pour les surfaces exploitées de l’agriculture bio.

Cette exonération de la taxe sur le foncier non bâti a été adoptée par le Sénat, qui a apporté un amendement au collectif budgétaire 2006. Elle vise à encourager l’agriculture biologique par une exonération de la taxe foncière. Au terme de cet amendement, les communes et intercommunalités « peuvent » exonérer de la taxe foncière sur les propriétés non bâties, « pendant une durée de cinq ans », les parcelles « exploitées selon le mode de production biologique ». Cette disposition s’ajoute à d’autres, comme l’aide à la conversion à l’agriculture biologique versée sur cinq ans.

Crainte sur les finances

Sur la commune de Tauriac, une propriété viticole est répertoriée comme producteur de bio par le Syndicat viticole des Côtes de Bourg. L’exonération, ainsi consentie par le Conseil municipal, ne dépasserait pas 1 000 euros au total. Cette perte financière ne viendrait donc pas mettre en déséquilibre le budget de Tauriac.

Un débat c’est cependant installé. La crainte principale des élus fut la possibilité, par le biais de cette exonération, de voir le nombre d’exploitations bio augmenter et d’engendrer ainsi une perte de revenus pour la commune, dans l’avenir, plus importante. Jean-Michel Robert, adjoint et viticulteur, a rassuré ses confrères présents. Il a rappelé que pour obtenir la certification bio, il fallait attendre trois ans et que ce n’est pas le faible encouragement financier d’une exonération de la taxe du foncier non bâti qui allait inciter, du jour au lendemain, tous les viticulteurs de Tauriac à se convertir.

Courte majorité

Catherine Saez a ajouté que le Conseil municipal serait à même, dans cinq ans, si l’exonération devenait trop préjudiciable à la commune, de prendre une délibération dans le sens inverse.

Le vote, qui a suivi, a approuvé, d’une courte voix, la délibération : six pour, cinq contre et deux abstentions. Catherine Saez a précisé que son souhait le plus cher serait quand même que tous les agriculteurs et viticulteurs soient Lire la suite

Logement social : Des maisons passives en pin des Landes expérimentées

libebordeaux.fr, Stéphanie Lacaze, le 14 octobre 2009

Logement social : Des maisons passives en pin des Landes expérimentées

ENVIRONNEMENT – Si les constructions de logements passifs ne constituent plus une exception, la ville du Taillan-Médoc, la région Aquitaine et le bailleur social Gironde habitat, ont décidé d’aller encore un peu plus loin en concevant deux maisons extrêmement économes en énergie et construites en pin maritime des Landes. Autrement dit en privilégiant la filière locale.

Très en retard en matière de logements sociaux, la ville du Taillan-Médoc a du mettre les bouchées doubles depuis quelques années pour ne pas payer de trop fortes pénalités. Comme l’explique son maire, Ludovic Freygefond, sa commune « ne comptait que 1 % de logements sociaux en 2001 » lorsqu’il a été élu. Elle arrive aujourd’hui péniblement à 6, 5 %. Mais le chantier reste énorme. La résidence HQE (haute qualité environnementale) d’une quarantaine d’appartements qui est en cours de livraison répond à ces besoins. C’est dans ce cadre que les différents partenaires ont décidé d’expérimenter la mise au point de deux logements BBC (bâtiments basse consommation). Si un bâtiment isolé par l’extérieur permet en effet d’économiser 50 % d’énergie par rapport à un habitat traditionnel, ces maisons « passives » devraient permettre de diviser par quatre, la consommation.

Tout a été mis en œuvre par les architectes pour obtenir un résultat optimal. Le béton n’a été utilisé que pour les fondations et le dallage de ces logements. L’ossature est en bois, isolée par de la laine de verre. Un puits canadien a été installé pour récupérer de l’énergie et assurer le chauffage. La circulation de l’air a été facilitée. Enfin, des panneaux solaires ont été installés pour la production d’eau chaude. Malgré tout, ces deux logements restent raccordés au réseau électrique. Ils ne sont pas encore totalement autonome notamment en plein hiver mais selon le maire du Taillan-Médoc, « la facture d’électricité ne devrait pas dépasser les 30 euros par mois, abonnement inclus. »

Comme il s’agit d’une expérimentation, ces deux maisons vont faire l’objet d’une étude durant un an. « Des capteurs ont été installés pour vérifier la passivité des ces constructions » explique Ludovic Freygefond, « pour voir si on peut continuer à en construire malgré leur coût excessif. » Chacun de des logements revient en effet à Lire la suite

Manifestation contre la LGV samedi 17 octobre 2009 à 17 heures à Bayonne

Le Collectif des Associations de Défense de l’Environnement, les associations opposées aux voies nouvelles et le syndicat LAB, communiqué, octobre 2009

Une délégation du Sud-Gironde va participer à la manifestation de samedi à Bayonne contre les voies nouvelles et pour l’aménagement des voies existantes. N’hésitez pas à vous joindre à elle !

Une manifestation va également être organisée en Gironde, probablement en Novembre … qu’on se le dise !

Manifestation contre la LGV  samedi 17 octobre 2009 à 17 heures à Bayonne (départ de la salle Lauga, en direction de la sous-préfecture). Cette manifestation est organisée conjointement avec les élus opposés au projet (les 29 maires des trois communautés de communes)  et les associations opposées aux voies nouvelles. 

Les décisions de RFF ne sont pas encore prises. Il faut montrer notre mobilisation, au côté des élus qui appellent à manifester. Il faut maintenant franchir cette nouvelle étape, tous ensembles, afin de stopper le projet !

Ci-dessous le tract du CADE (Collectif des Associations de Défense de l’Environnement), des associations opposées aux voies nouvelles et du syndicat LAB 

NON à la LGV !

Oui à l’aménagement des voies existantes !

Depuis des années, l’Etat français et ses complices, les Grenet, Lamassoure, Rousset et autres veulent imposer leur projet de ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV). Ce projet démesuré et qui massacrera notre cadre de vie a pour principal objet de satisfaire les appétits financiers sans limites des grands groupes du BTP (Bâtiments et Travaux Publics) et du lobby ferroviaire.

Depuis 16 ans, les associations s’opposent à ces projets, disent et redisent que la voie ferrée existante est sous utilisée et que sa capacité est très importante. Depuis 16 ans, les soi-disant responsables ont tapé en touche, ont ricané, ont ignoré ces avertissements. 

Et puis, il y a eu, en 2006, à notre demande et choisis par la Commission du débat public, les bureaux d’étude suisses Prog Trans et SMA qui ont confirmé nos analyses sur les surestimations de Réseau Ferré de France (RFF) et sur la capacité de la voie actuelle à accepter le trafic même surestimé de RFF. Cette année, trois communautés de communes représentant 29 communes du Pays Basque ont demandé une contre-étude au cabinet suisse Citec dont la compétence et l’indépendance sont unanimement reconnues. Les conclusions de ce bureau d’étude sont sans appel. Les lignes existantes pourront Lire la suite

Copenhague : Fiasco ou révolution ?

developpementdurablelejournal.com, Jacques Cortie, le 9 octobre 2009

Copenhague : Fiasco ou révolution ?

En présence d’Emmanuel Le Roy Ladurie, le premier débat d’actualité de la Documentation Française a dressé, mercredi, un tableau très contrasté des avancées à attendre du sommet de Copenhague. Entre pessimisme et prudence les intervenants ont tous souligné l’extrême urgence de la situation.

Quelques dorures. Des spécialistes aux discours pédagogiques. Des opinions directes et sans esquive. Le débat « Changement climatique : la fièvre monte à Copenhague » a permis, en un peu plus de deux heures, dans les salons de la Documentation Française à Paris, de bien cerner la situation où nous placent l’état chaotique de la planète et les intérêts géo-économiques contradictoires des grandes puissances. Un carrefour de tous les possibles qui n’entraînent pas forcément l’optimisme. Emmanuel Leroy Ladurie (1) a d’ailleurs insisté sur le pessimisme qui était le sien. Un pessimisme global qui renvoie à ses études sur le climat (2) et à ses constats : « La décennie des années 1990 a été la plus chaude du siècle. Et cela continue. Le problème, c’est qu’à la différence des autres périodes d’optimum climatiques, l’effet de régulation, qui voyait alterner des réchauffements et des rafraîchissements, n’a pas cours. Le réchauffement est aujourd’hui indéfini. Je suis inquiet. »

Les émissions de CO2 dérapent

Les chiffres, pour illustrer cette inquiétude, se résument peut-être en un seul : si en 1987, l’Arctique représentait encore 7 millions de km2 de glace, elle n’en représentait plus, en 2008, que 4. La planète se réchauffe donc à marche forcée. Malgré les rapports, malgré les évidences, malgré les alertes. « Les émissions dérapent partout » remarque ainsi Aurélie Vieillefosse (3). Le problème est, bien sûr, essentiellement économique « On discute depuis 20 ans sur le climat et on n’avance pas » remarque-t-elle avant de préciser : « La Chine émet 5,5 tonnes de CO2 par habitant, l’Europe 10 et les Etats-Unis 25. Les demandes de réduction sont forcément mal perçues par les pays en développement. » Pour elle le blocage de Copenhague est là. « D’autant », surenchérit Christian De Perthuis (4) « qu’il est difficile d’expliquer que le monde occidental puisse trouver 800 milliards pour sauver les banques mais qu’il ne trouve rien, ou trop peu, pour le climat ». Comme l’économie aime à tout tarifer, De Perthuis s’étonne aussi que l’utilisation de la couche d’ozone soit gratuite : « Le climat, c’est aussi une question de prix. La fine pellicule qui protège la terre est utilisée par tout le monde et personne ne paye les dommages. » Dans le collimateur des débateurs l’échec de l’après-Kyoto : « Les Etats-Unis n’ont rien respecté » remarquent-il et « la crise économique n’a rien arrangé ».

Un sommet sous haute tension

Pas étonnant, dès lors, que tous s’inquiètent de la forte tension qui prélude au sommet danois. « C’est finalement un aspect positif. Cette tension prouve qu’il y a un enjeu ». Serge Sur (5) explique du coup les difficultés à envisager un accord significatif en listant les éléments composites qui président aux discussions sur le climat  Lire la suite

Vient de paraître – « La crise pétrolière : analyse des mesures d’urgence »

cdurable.info, David Naulin, dimanche 4 octobre 2009

La crise pétrolière : analyse des mesures d’urgence

Sujet apparemment familier que la crise pétrolière, régulièrement évoquée depuis plus de 35 ans. Elle semble à la fois provoquer des changements profonds (programme électronucléaire, campagnes d’économie des énergies, chantiers d’énergies alternatives) et paraître comme insignifiante ou en décalage avec le réel, tant le pétrole tient une place toujours plus importante (augmentation du parc automobile à essence ou gasoil, utilisation tous azimuts des dérivés du pétrole) et semble ne pas manquer…

Pourtant la crise est là, inéluctable, durable et dont le paroxysme est très proche, bien que masqué par la récente récession économique. Nous n’avons plus que 5 à 10 ans environ pour nous préparer activement et anticiper ses effets : quoi qu’il arrive, les quantités disponibles vont très bientôt diminuer, et ce constamment ; il en sera de même pour le gaz, quelques années plus tard.

La Crise pétrolière de Bernard Durand décrit et évalue les principales technologies utilisables pour remplacer pétrole et gaz, tout en montrant combien la plupart seront longues à mettre en place, n’étant pas encore validées et socialement acceptées. Dans ces conditions, l’antienne des économies d’énergie est plus que d’actualité, pour nous aider à retarder les échéances et faire la jointure avec de nouveaux modèles énergétiques. Deux secteurs fondamentaux sont concernés : le bâtiment et les transports.

Il est urgent de voir la conscience des citoyens-consommateurs se modifier radicalement, au risque de connaître pour des zones comme l’Europe des 27, une crise énergétique et économique sans précédent…

Ce livre a pour but de fournir à des non-spécialistes des repères pour comprendre les raisons de la crise pétrolière actuelle, en prévoir les conséquences et juger de l’intérêt des moyens proposés pour y faire face. Et c’est plutôt réussi, parole de profane. Si je juge l’auteur un peu complaisant quant aux responsabilités des compagnies pétrolières dans cette crise et qu’il défend une alternative basée sur l’énergie nucléaire, son constat est précis et sans appel. Il démontre que l’ère du pétrole est désormais derrière nous et qu’il va falloir en très peu de temps, de gré ou de force, changer nos modes de vie, de production et de consommation d’énergie : « Aucun miracle n’aura lieu ! La solution ne peut venir que d’une coopération internationale active et beaucoup plus sincère que celle que l’on voit actuellement à l’échelle internationale, et, dans un premier temps, des efforts faits par les citoyens des pays industrialisés pour réduire leur consommation énergétique. Les pays d’Europe, bien plus exposés que d’autres parce qu’ils n’ont que peu de ressources sur leur sol, ont tout intérêt à construire une politique énergétique commune au service de leurs citoyens, ce qui suppose non seulement de dépasser les conflits d’intérêts et les postures idéologiques où ils se complaisent depuis tant d’années, mais aussi de développer beaucoup plus activement la recherche scientifique et technologique dans le domaine de l’énergie. Il est maintenant plus que temps de se mettre en mouvement ».

Extraits de l’introduction

Bernard Durand nous rappelle les enjeux : « Le pétrole représente aujourd’hui 38% de l’énergie primaire utilisée dans le monde, et son cousin le gaz naturel 22%. C’est la disponibilité d’énergie sous forme d’un pétrole peu coûteux qui, en permettant un accroissement sans précédent des richesses matérielles à se partager, fut pour une large part à la source du développement économique, mais aussi des avancées sociales, que les pays industriels ont connu après la Seconde Guerre mondiale. Les citoyens de ces pays en ont pris tellement l’habitude Lire la suite

Aurélie Trouvé : «Notre modèle de consommation alimentaire n’est pas soutenable»

liberation.fr, Recueilli par Philippe Btochen,  le 25 septembre 2009

«Notre modèle de consommation alimentaire n’est pas soutenable»

Aurélie Trouvé, docteur en économie et ingénieur agronome, est enseignante-chercheuse à l’Agrosup Dijon et copréside la branche française d’Attac. Elle réagit aux déclarations de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) selon laquelle il y aura 2,3 milliards de bouches de plus à nourrir en 2050 – soit 9 milliards d’être humains – et qu’en conséquence une hausse de 70% de la production agricole est nécessaire.

Les chiffres fournis par la FAO vous étonnent-ils ?

Pour l’augmentation de la production agricole de 70%, non, il n’y a rien d’étonnant s’il n’y a pas de prise de conscience et de transformation de notre mode de consommation alimentaire, notamment dans les pays du Nord.

Pour des néophytes de la question il est difficile de comprendre qu’une augmentation de la population mondiale d’environ un tiers nécessite d’augmenter la production agricole de 70% pour pouvoir nourrir tout le monde.

Dans les pays du Sud, notamment en Asie et en Afrique, il y aura une augmentation des besoins pour des raisons démographiques et aussi parce qu’on assiste actuellement à une transformation du modèle alimentaire. Il tend notamment à imiter les pays du nord, notamment en ce qui concerne l’alimentation carnée. Et il ne faut pas oublier que pour produire une kilocalorie animale, il faut plusieurs plusieurs kilocalories végétales. C’est une des explications de la disproportion entre l’augmentation des besoins alimentaires de 70% et la hausse de la population qui n’est que d’un tiers.

Une telle augmentation de la production agricole en si peu d’années vous semble-t-elle possible ?

C’est une question qui fait couler beaucoup de salive et d’encre parmi les agronomes et les scientifiques. Cela doit surtout amener à une prise de conscience, parce qu’aujourd’hui le modèle de consommation alimentaire des pays du nord est non soutenable à une échelle mondiale. Si toute la population planétaire se nourissait comme un habitant des Etats-Unis, on ne pourrait nourrir que 2 milliards d’être humains au lieu des 6 qui peuplent actuellement la Terre.

Parmi les enjeux, il y a donc une question culturelle liée à la mondialisation, mais aussi des raisons politiques. Non ?

Evidemment, et ces raisons politiques ont induit des choix. Aujourd’hui, la plupart de l’alimentation animale vient d’Amérique à des prix qui sont artificiellement très bas. Parce que cette alimentation provient de très grandes exploitations qui produisent massivement et qui, pour beaucoup, ont des coûts sociaux et environnementaux très faibles. Notre alimentation très carnée s’appuie aussi sur une production qui induit un accaparement de plus en plus important des terres dans ces pays et concurrence directement l’agriculture vivrière. Au Brésil, il y a ainsi des millions de paysans sans terre.

L’UE est-t-elle aussi responsable de cette situation ?

En Europe, on a mis Lire la suite

La centrale photovoltaïque du Gabardan dans les Landes : le difficile équilibre entre production énergétique et protection de l’environnement

aqui.fr, Solène Méric, le 12 octobre 2009

La centrale photovoltaïque du Gabardan dans les Landes : le difficile équilibre entre production énergétique et protection de l’environnement

En octobre 2007, la communauté de Commune du Gabardan, située à l’extrême Nord Est du département des Landes, signait avec EDF Energies Nouvelles, une promesse de bail portant sur la mise à disposition de 317 ha de terrain. Ici commençait l’aventure du chantier de la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe. Deux ans plus tard, alors que le chantier est bien avancé, Aqui! visite l’ouvrage, en compagnie de représentants d’EDF, d’EDF-EN ainsi que de la SEPANSO, association de protection de l’environnement reconnue d’utilité publique. Compte rendu d’une matinée entre conviction pour les uns et inquiétude pour les autres.

En quelques chiffres la future centrale photovoltaïque du Garbardan, ce sera 317 ha de superficie, 1 million de panneaux solaires, une production de 76 MWc, permettant l’alimentation électrique de quelques 33000 foyers par an. Le tout, pour un investissement financier global de 300 millions d’euros. Autant dire un projet d’envergure. D’envergure et d’innovation puisque 13 ha de sa surface sont réservés à l’implantation de panneaux solaires dits « trackers », produits par une jeune société de Martillac, en Gironde, Exosun. David Augeix, Directeur d’EDF EN pour la région sud nous explique que « la caractéristique de ces panneaux est de pouvoir suivre la course du soleil grâce à leur possible inclinaison sur deux axes. Cette technologie permet une production plus importante qu’avec des panneaux fixes, mais pour un investissement également plus élevé ». Le chantier de cette partie expérimentale est d’ailleurs pratiquement terminé et le raccordement à la centrale de Barbotan est prévu dés le mois de décembre prochain. Sur ces 13 ha, les panneaux trackers produiront 2MWc d’électricité.

Raccordement à partir de juin 2010

La deuxième partie du chantier, divisée en sept tranches, est uniquement composée de panneaux photovoltaïques fixes. Pour un meilleur rendement, « ils sont orientés plein sud avec une inclinaison de 25% ». Coté calendrier, « les cinq premières tranches seront raccordées à la centrale de Barbotan en décembre 2010, avec une première étape en juin où les deux premières tranches, actuellement presque achevées, seront raccordées les premières ». Pour les tranches 6 et 7, qui n’ont d’ailleurs pas encore été défrichées,les travaux auront lieu à une date ultérieure, non encore définie.

Un « paysage » étonnant

Coté « paysage », le spectacle est pour le moins étonnant. Sur des centaines de mètres, des rangées de 1200 mètres de panneaux, s’alignent les unes derrière les autres. Mais la nature s’invite déjà puisque de nombreuses fougères tapissent le sol, prémisse d’une adaptation future entre l’environnement et ces drôles de nouveaux hôtes. A la vue du spectacle, Philippe Barbedienne, Secrétaire général de la SEPANSO s’exclame : « ça me fait mal de voir ce genre de paysage. C’est malheureux d’avoir défriché 300 ha de forêt pour ça ! ». Antoine Cuerq, Directeur régional d’EDF en Aquitaine est, quant à lui, très satisfait de ce qu’il voit : « De l’énergie, il en faut et il continuera d’en falloir. Désormais, l’objectif est de la produire de la manière la moins impactante possible. Et cette centrale du Gabardan va tout à fait dans ce sens.»

Préserver autant que faire se peut le milieu naturel

D’autant plus que la Commune de Losse, en coordination avec les services de l’Etat et l’Office National des Forêts, s’est engagée sur un certain nombre de mesures visant à compenser le déboisement Lire la suite

Nobel d’économie : associations, protection de l’environnement et des ressources naturelles

actu.orange.fr, NC, octobre 2009

Le Nobel d’économie à deux Américains, dont la première femme

Le prix Nobel d’économie a été attribué lundi aux Américains Oliver Williamson et Elinor Ostrom, la première femme récompensée, pour leurs travaux séparés montrant que l’entreprise et les associations d’usagers sont parfois plus efficaces que le marché.

Leurs recherches sont particulièrement dans l’air du temps, en plein débat sur la meilleure organisation des marchés financiers et de l’économie mondiale mais aussi sur la protection de l’environnement et des ressources naturelles, un domaine essentiel d’étude d’Elinor Ostrom.

« Ils veulent comprendre des organisations qui ne sont pas des marchés (…) et ils montrent comment ces institutions résolvent les conflits« , a salué Tore Ellingsen, membre du comité Nobel, lors de l’annonce du prix à la presse.

Ces récompenses confortent la chasse gardée américaine sur le Nobel d’économie, avec désormais 45 lauréats sur un total de 64 depuis sa première attribution en 1969.

Cette saison 2009 est également très américaine, avec 11 lauréats sur 13 venant des Etats-Unis, la sensation étant venue vendredi à Oslo du Nobel de la Paix attribué au président américain, Barack Obama.

Elinor Ostrom, de l’Université d’Indiana, est récompensée par le comité « pour avoir démontré comment les biens communs peuvent être efficacement gérés par des associations d’usagers ».

Elle a « remis en cause l’idée classique selon laquelle la propriété commune est mal gérée et doit être prise en main par les autorités publiques ou le marché« , salue le comité, qui sacre pour la première fois une femme depuis sa première attribution en 1969.

En se fondant sur de nombreuses études sur la gestion par des groupes d’usagers des ressources en poissons, en élevage, sur les forêts ou les lacs, la lauréate américaine a montré que leur organisation était souvent Lire la suite

La crise commence, par Hervé Kempf

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 10 octobre 2009

La crise commence, par Hervé Kempf

Dans le monde fantasmagorique des responsables et analystes de l’économie, le bien et le mal se résument aux frémissements d’un totem : le produit intérieur brut (PIB). Il chute de 2 %, c’est la catastrophe, il remonte en tremblant à 0,3 %, la reprise s’annonce. Et l’obsession est de rejoindre les 2-3-4 % « normaux » afin que la vie redevienne belle. Je ne caricature pas : des dizaines de déclarations et d’articles dans le Wall Street Journal, The Financial Times, The Economist, Les Echos, La Tribune – et bien sûr, notre cher Monde – ratiocinent autour de ce thème.

Parlons de la vraie économie, celle qui se préoccupe de la subsistance durable des sociétés.

La récession de 2008-2009 est née de l’éclatement d’une bulle financière gonflée par un endettement démesuré. Les morceaux ont été recollés par une intervention rapide et forte des autorités publiques. Pour éviter l’effondrement de l’économie, on a de surcroît opéré des relances budgétaires massives. Donc, l’endettement public, déjà important avant la récession, a encore augmenté. Comme il y a des limites à la dette, il ne sera plus guère possible de soutenir artificiellement l’économie.

D’ailleurs, il y a… l’énergie. De son bas prix dépend la croissance du PIB. Or le pic pétrolier – dans le voisinage duquel nous sommes – signifie que le prix des combustibles fossiles est à la hausse, alors qu’il restera dans la décennie à venir le prix directeur pour toutes les énergies. Si donc se produit une « reprise », elle augmentera la demande de pétrole, le prix de celui-ci montera, ce qui refroidira les ardeurs du PIB.

Autre pièce essentielle, le changement climatique. Il est urgent de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Les pays riches – même les Etats-Unis – affirment vouloir les diminuer de 80 % d’ici à 2050 : cela représente en gros une réduction annuelle de 3 % par an. On en est loin. Soit on s’y engage réellement, et cette baisse de la consommation d’énergie transforme le système économique, mais pas vers la « croissance » ; soit on attend, et les désordres du climat vont rendre la vie très difficile. La Chine et l’Inde commencent à le ressentir, entre manque d’eau, moussons déréglées, inondations, etc. Les taux de croissance de 10 % de la Chine, c’est fini !

Troisième pièce oubliée : l’agriculture. Un milliard d’humains ont faim tous les jours. Avec une population mondiale en augmentation et des contraintes écologiques de plus en plus sévères, l’agriculture redevient une question prioritaire. C’est là qu’il faut investir, pas dans le soutien au niveau de vie des habitants des Etats-Unis.

Il n’y aura pas de « sortie de crise ». La crise commence. En fait, ce n’est pas une crise, mais le début de Lire la suite

Un article de Ekopedia, l’encyclopédie pratique : La fin du pétrole

ekopedia.org, NC, octobre 2009

La fin du pétrole

Un article de Ekopedia, l’encyclopédie pratique.

Si des astronomes annonçaient qu’un astéroïde géant se dirigeait vers la Terre et devait s’écraser avant, disons, 2015, cela ferait la une des journaux. On en parlerait tous les jours, l’assemblée générale de l’ONU serait convoquée et toute la société ferait des plans pour survivre. Si, par contre, on tente d’expliquer que le pétrole va bientôt manquer, personne ne réagit…. Vous trouvez ça logique ?

Tout le monde dit qu’il y a encore assez de réserves pour 40 ou 50 ans. Qu’en est-il en réalité ?

La réponse à cette question dépend en fait de la personne à laquelle on la pose. Pour de nombreux économistes, il n’y a pas vraiment de problème fondamental. Bien sûr, des prix élevés sont mauvais pour l’économie, mais ils permettront d’exploiter des gisements qui ne sont pas rentables pour l’instant et ils stimuleront la recherche dans des sources d’énergie alternative. Certains pensent même que les ressources sont virtuellement illimitées, et que la recherche et la loi du marché sont capables de faire croître les réserves plus rapidement que les dépenses. Ces économistes sont si nombreux qu’on leur a même donné un nom : on les appelle les « économistes de la Terre plate ». Pour ces personnes, la loi du marché est une vraie loi, au même niveau que les lois de la physique, et elle est capable de résoudre à elle seule tous les problèmes que peut rencontrer la société. Ils pensent que l’énergie a la même valeur que les différentes matières premières, alors qu’elle est en fait la condition nécessaire à l’obtention d’autres ressources (y compris l’énergie elle même). Ils pensent que l’économie « crée des richesses », alors qu’elle ne fait que transformer les matières premières et que, sans énergie, il n’y a tout simplement plus d’économie.

Quand des économistes discourent à la télé et qu’entre deux sujets (le chômage, le prix des matières premières, etc), ils évoquent les difficultés que font peser sur l’économie les prix du pétrole, ils ont tout faux. Le pétrole n’est pas un problème.

Le pétrole est LE problème.

Et puis… Il y a les autres. Il y a les géologues, bien sûr, mais également les techniciens qui exploitent les champs pétrolifères, les mains dans le cambouis. Ils ont une vision très différente de la vision rose bonbon que je viens de vous présenter.

Le Pic de Hubbert

Tout d’abord, soulignons que la prévision classique « il reste assez de pétrole pour tant d’années » est faite en supposant que la consommation reste constante. Malheureusement, c’est très loin d’être le cas. Ces dernières années, de nouveaux très gros consommateurs (la Chine et l’Inde pour l’essentiel) sont apparus sur le marché et consomment autant qu’ils le peuvent. Ceci étant dit, poursuivons.

Comme toutes les ressources finies, la production de pétrole a commencé et finira à zéro. Entre ces deux extrêmes, la production passe nécessairement par un maximum. On appelle ce maximum le « pic de Hubbert« , du nom du géologue qui l’a calculé le premier. Il se produit approximativement quand la moitié du pétrole disponible a été extraite, et tout laisse à penser que ce pic est imminent.

En 1956, le géologue King Hubbert a prédit que la production de pétrole aux USA atteindrait son maximum aux alentours de 1970 avant de commencer à décroître. Évidemment, tout le monde l’a ridiculisé. Et pourtant, il avait raison et, depuis 1971, la production de brut aux USA ne cesse de baisser. Bien sûr, ce phénomène n’est pas propre à ce pays mais commun à toutes les régions productrices. Seule la date diffère. À l’heure actuelle, la plupart des pays ont atteint ou dépassé leur pic de production. Les seuls pays ne l’ayant pas encore atteint sont au Moyen-Orient.

Maintenant il est évident que, si l’on considère la production mondiale dans son ensemble, le même phénomène doit se produire.

Selon le site de l’ASPO, la date la plus probable est 2011, mais selon le Professeur Kenneth Deffeyes de l’université de Princeton, ce pic a été atteint le 16 décembre 2005 ! [1]. Une synthèse des estimations peut être consultée ici.

À ce point de notre raisonnement, quelques remarques s’imposent :

Le gouvernement américain actuel rassemble beaucoup de membres de l’industrie pétrolière. Il est très probable que leur invasion de l’Irak ait été planifiée en prévision du « peak oil ».

Pour extraire du pétrole, du charbon ou des sables bitumineux, on a besoin d’énergie (pompes, etc), et donc de pétrole. En d’autres termes, il arrive un moment où l’extraction n’est plus rentable, et ceci quel que soit le prix du marché. S’il faut brûler un baril pour en récupérer un, on ne le fera pas, même à 10 000 $ le baril. C’est un concept que les économistes de le Terre plate ont beaucoup de mal à comprendre… De nombreuses réserves d’hydrocarbures fossiles sont donc « hors de portée » et ne seront jamais utilisées sauf, peut être, comme source de matières premières non énergétiques.

Les conséquences

Quelles seront les conséquences ? Immenses. Une fois le pic atteint, la production ne peut que chuter, ce qui signifie une explosion des prix. Actuellement, on a une crise pétrolière si la production est inférieure même d’un demi pour cent à la demande, mais cette crise sera bien plus sévère ! Bien sûr, il restera encore du pétrole pour quelques années, mais il sera cher. Très cher. Et les prix ne feront que monter

Plus concrètement, l’explosion des prix du brut signifie, entre autre joyeusetés :

La fin de la globalisation

Plus personne n’ira faire fabriquer des T-shirts à 10 centimes la douzaine à l’autre bout du monde si le prix du pétrole atteint des sommets. Évidemment, ce n’est pas forcément une mauvaise chose, car ces emplois pourraient retourner chez nous. Toutefois, cela signifie également Lire la suite

L’écologie pourrait modifier « un peu » le mode de vie des Français

sudouest.com, NC, le 10 Octobre 2009

SONDAGE. D’après un sondage, à paraître demain dans Sud Ouest Dimanche, les français sont prêts à modifier « un peu » leur mode de vie, pour faire respirer la planète.

L’écologie pourrait modifier « un peu » le mode de vie des Français

Après le succès de Home, le film de Yann Arthus Bertrand, c’est au tour de Nicolas Hulot de tirer la sonnette d’alarme des méfaits du mode de vie de l’homme sur l’environnement, dans son long-métrage, intitulé : Le syndrome du Titanic.

Le succès de ses diffusions associé à la poussée des verts aux dernières Européennes, ont conduit Sud Ouest Dimanche à s’interroger sur la disposition des Français à changer leur propre mode de vie pour répondre aux exigences écologiques. 599 français de plus de 18 ans, représentatifs de la population ont accepté de répondre au sondage ifop, commandé par le journal, et qui paraîtra demain dans Sud Ouest Dimanche.

Les premiers résultats de l’étude montrent que lorsqu’il s’agit de s’impliquer personnellement et à consommer moins, les Français apparaissent quelque peu réticents. Certes, près d’un quart des Français (27%) se déclare « prêt à changer en profondeur son mode de vie et à restreindre sa consommation de manière significative ». Néanmoins, la majorité des personnes interrogées (53%) n’est prête à consentir que des efforts limités (« modifier un peu son mode de vie et limiter sa consommation »). En outre, 20% des répondants refusent de réduire leur train de vie.

La disposition à modifier son comportement présente des intensités différentes selon les catégories de population. Comme on l’observe traditionnellement sur les questions liées au développement durable, l’âge influe notablement sur les réponses ; les plus âgés Lire la suite

Comment réduire sa consommation

lemonde.fr, Martine Picouët, le 7 octobre 2009

Comment réduire sa consommation

« Les ménages consomment 47 % de l’énergie produite en France pour leurs besoins domestiques« , selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Cette énergie consacrée à l’habitat est utilisée à 65 % pour le chauffage, à 16 % pour l’énergie spécifique (lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur, éclairage…), à 12 % pour l’eau chaude et à 7 % pour la cuisson.

« La consommation d’énergie varie de 1 à 4 selon le type d’habitat, explique Jean-Jacques Roux, enseignant-chercheur au Centre thermique de Lyon, CNRS. Les logements anciens consomment en moyenne 240 kilowattheures par mètre carré et par an (kWh/m2/an), contre 120 à 150 kWh/m2/an pour les plus récents et 60 kWh/m2/an pour les écologiques. »

Consommation : – 30 % dans l’habitat

Trois mesures permettent de réduire de près de 30 % la consommation d’électricité dans l’habitat.

Utiliser des ampoules basse consommation. Ces lampes consomment cinq à six fois moins d’énergie que les ampoules à incandescence et ont une durée de vie sept à dix fois plus longue. Plus onéreuses que les ampoules traditionnelles, elles produisent 80 % de lumière et 20 % de chaleur contre 5 % de lumière et 95 % de chaleur pour les lampes à incandescence. A proscrire, les lampes halogènes, 50 % plus énergivores que les lampes à incandescence.

Opter pour des équipements étiquetés A, A+ ou A++, qui consomment très peu d’énergie. Un peu plus chers à l’achat, ils sont plus économiques à long terme. Dix ans après le lancement de l’étiquette énergétique (qui va de A, la plus économe, à G), les classes inférieures E, F, G ont disparu et le D est quasiment absent des rayons. Un réfrigérateur ou un congélateur classé A permet de diviser par trois la consommation. Des discussions sont en cours au niveau européen pour supprimer, en 2014, tous les appareils de froid classés A au profit des appareils plus performants notés A+ et A++.

Eviter de laisser des appareils électriques en veille en utilisant des multiprises avec interrupteur. La fonction veille, qui permet de programmer la mise en route des équipements électroménagers et audiovisuels, et la commande à distance des appareils comme le téléviseur, la radio, la chaîne hi-fi… sont un gros poste de consommation. « Cette fonction consomme presque autant d’énergie que l’éclairage dans un logement« , selon une étude de Science & Décision, « Les économies d’énergie : choix ou nécessité ? », réalisée par l’université Evry-Val-d’Essonne et le Centre national de la recherche scientifique. « A l’échelle de la France, cela représente, chaque année, 0,5 % de la consommation totale d’énergie en France. »

Là aussi, une réflexion est menée au niveau européen pour obliger les constructeurs à prévoir une fonction arrêt sur tous les appareils électriques – sans perdre la programmation.

Géothermie et solaire

Inépuisable et non polluante, l’énergie solaire permet, grâce à des panneaux thermiques fixés sur le toit d’un bâtiment, d’assurer une bonne partie du chauffage de la maison et de l’eau chaude sanitaire (à ne pas confondre avec les panneaux photovoltaïques réservés à des bâtiments de grande taille et des surfaces de toit importantes).

Selon la région, le rendement varie entre Lire la suite

Lalanne dénonce les dérives de l’écologie

tvmag.com, Emmanuel Galiero, le 8 octobre 2009 

Lalanne dénonce les dérives de l’écologie

Quand il parle, c’est sans langue de bois. Francis Lalanne, qui appelle tous les consommateurs présumés pollueurs à la « révolte », attaque fort et dénonce les dérives du « business » de l’écologie. Interview choc exclusive pour TV Magazine.

Pourquoi êtes-vous en colère ?

Je fais partie des gens qui en ont ras-le-bol de ce système, qui met en avant des icônes institutionnelles de l’écologie, avec un discours politiquement correct, dont le pouvoir a besoin pour faire passer sa propagande. Des icônes fabriquées pour endormir les gens, pas pour les réveiller !

À qui pensez-vous ?

Jean-Louis Borloo, par exemple. Il a un mandat pour servir des intérêts capitalistes qui ont besoin de l’écologie pour se développer. Les gens l’écoutent comme une référence en matière de traitement du problème écologique, alors qu’en fait il sert de caution aux pollueurs contre l’intérêt des pollués que nous sommes. Ensuite, je peux citer Nicolas Hulot.

Pourquoi lui ?

Parce qu’il tient un discours absolument intolérable et à géométrie variable selon les besoins de son entreprise. Tantôt il prétend que l’écologie n’est pas une philosophie politique à part entière mais une sorte d’humanisme-conseil au service du pouvoir. Tantôt il appelle à voter pour les Verts, tout en méprisant les écologistes indépendants et en proclamant qu’il ne fait pas de politique. De plus, il terrorise les gens en leur expliquant qu’ils sont méchants et destructeurs. Le fait que Nicolas Hulot vive grassement en réalisant des émissions sur l’écologie à la télé le rend-il moins méchant et moins destructeur que le commun des mortels ?

Mais ses émissions ne sont-elles pas nécessaires ?

Non ! Que M. Hulot soit un chef d’entreprise avisé, soutenu par les énormes médias qui l’emploient, et se serve de l’idéal écologiste pour faire de l’argent, cela ne me dérange pas. À condition que son message nous permette d’espérer un monde meilleur. Mais, au lieu de s’en prendre aux véritables responsables, comme l’a fait Coline Serreau avec son film La Belle Verte, il se trompe de cible et attaque les victimes. On en a marre de recevoir des leçons de morale tous les jours par des milliardaires qui nous accusent.

Iriez-vous jusqu’à la traiter d’« imbécile », comme l’a fait Claude Allègre dans la presse ?

Pour moi, Nicolas Hulot est loin d’être un imbécile, mais il est temps qu’il arrête de prendre les gens pour des Lire la suite

Comment l’industrie de la viande menace le monde

novethic.fr,  Anne Farthouat, le 5 octobre 2009

Comment l’industrie de la viande menace le monde

Fabrice Nicolino, auteur de deux ouvrages sur les biocarburants et les pesticides, revient avec une enquête inédite sur l’industrie de la viande. Son nouveau livre, « Bidoche », dresse un état des lieux des dérives écologiques et sociales de cette industrie planétaire.

De plus en plus de pays consomment de la viande. Comment ces nouvelles pratiques alimentaires modifient-elles le paysage agricole ?

Fabrice Nicolino : Manger de la viande est effectivement un acte social majeur, signe de richesse. On en voit l’illustration parfaite en Chine : depuis quinze ans environ, près de 200 millions de Chinois ont vu leur pouvoir d’achat augmenter, et du coup, leur consommation de viande a explosé.

Cette demande croissante est d’ailleurs un mouvement qui sévit à l’échelle planétaire. On évoque la Chine, mais c’est tout aussi vrai en Inde, au Brésil, en Russie, etc. Or, il se trouve que le « rendement énergétique » d’un animal, est très mauvais : pour produire un kilo de viande, il faut entre 7 et 10 kg de végétaux. Du coup, le besoin de terres agricoles ne cesse de croître, au point qu’aujourd’hui, 60% de la surface agricole mondiale est entièrement dédiée à l’élevage. Et c’est d’autant plus vrai en Europe, où ce nombre atteint les 70%.

Les terres vont donc manquer ?

De nombreux agronomes s’inquiètent de voir que les terres agricoles sont de plus en plus difficiles à trouver. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ces 50 dernières années, la population mondiale a plus que doublé. Et la surface des terres dédiées à l’agriculture a augmenté d’à peine 10%. Ces terres fertiles sont donc de plus en plus rares. D’ailleurs, l’achat massif de terres des pays du Sud par, entre autres, l’Arabie Saoudite et la Chine est un signal qui ne trompe pas. Et n’oublions pas que nous serons 9 milliards en 2050.

Alors, que va-t-il se passer ?

Il faudra à tout prix cesser d’utiliser nos terres pour nourrir un bétail destiné à être mangé par certains, pour les cultiver dans le but de nourrir directement tous les êtres humains. Nous avons encore le temps d’assurer cette transition, mais plus pour très longtemps. Sans quoi, elle s’imposera à nous, non sans dégâts écologiques et sociaux.

Ces dégâts sont déjà d’actualité. Comment les pays d’Amérique Latine gèrent-ils le problème de la déforestation causée par la culture du soja ?

Le sujet est explosif en Amérique Latine, et notamment au Brésil. L’élevage y est très important, et nécessite donc des surfaces de pâturage géantes. Or, l’expansion fulgurante des cultures de soja transgéniques, destinées à nourrir le bétail, réquisitionne toujours plus de terres agricoles, et fait pression sur les pâturages. Du coup, Lire la suite

La facture salée du Vélib’

lesechos.fr, Martine Robert, octobre 2009

La facture salée du Vélib’

Deux ans après son apparition dans les rues de la capitale, le vélo en libre-service se révèle une moins bonne affaire que prévu pour la Ville de Paris. La renégociation du contrat a donné lieu à un sérieux bras de fer entre la mairie et JCDecaux. De quoi alimenter les débats du 18e  congrès du Club des villes et territoires cyclables, qui s‘est ouvert hier à La Rochelle.

Juillet 2007 : les relations sont au beau fixe entre JCDecaux et la Mairie de Paris. En contrepartie de l’implantation de 20.600 vélos en libre-service (VLS) et du versement d’une redevance annuelle de 3,5 millions d’euros à la ville, l’afficheur a obtenu l’exploitation de 1.628 panneaux publicitaires. Un bon coup politique et médiatique pour ­Bertrand Delanoë : le premier magistrat s’offre le plus grand parc de deux-roues en libre-service au monde sans débourser un centime, et récolte en prime les 15 à 20 millions d’euros de recettes annuelles espérées de Vélib’. Une vitrine internationale prestigieuse pour JCDecaux, même si celle-ci a un coût : 90 millions d’euros ­d’investissement.

Alors que son challenger Clear Channel avait, dans un premier temps, emporté le marché en proposant à la municipalité 14.000 vélos, le roi du panneau publicitaire urbain a attaqué pour vice de forme et a habilement surenchéri, pour finalement emporter la mise. Une stratégie payante : la capitale lui a ouvert les voies de la petite couronne dans un rayon de 1,5 kilomètre autour du périphérique, celles des agglomérations de Plaine-Commune (Seine-Saint-Denis) et de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) ainsi que d’une dizaine de villes de province. L’afficheur est aujourd’hui le numéro un mondial du vélo en libre-service. Et le succès du Vélib’ ne se dément pas, avec près de 60 millions de trajets au compteur, 177.000 abonnés longue durée – plutôt ­jeunes et actifs – et 7,5 millions de tickets courte durée. Les Parisiens comme les touristes plébiscitent cette bicyclette qui a désormais ses codes, ses réseaux, son blog…

En apparence, tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourtant, le torchon brûle entre les élus parisiens et l’opérateur. Depuis des mois, les deux camps luttent pied à pied pour renégocier les termes du contrat signé il y a deux ans. C’est que la donne économique a changé à plus d’un titre pour JCDecaux. Ainsi, le vandalisme a explosé avec plus de 8.000 vélos volés et plus de 16.000 détériorés. Dans les 15 ateliers parisiens de la Somupi, la filiale de JCDecaux, s’entassent des Vélib’ tordus, martyrisés, customisés, rouillés par un séjour prolongé dans la Seine. Et tandis que les coûts d’entretien explosent, les recettes tirées des panneaux publicitaires devraient chuter avec la crise aux alentours de 50 millions d’euros, contre 57 en 2008 selon la municipalité – l’afficheur se refuse à tout commentaire. « Last but not least », les critères de qualité fixés par la ville en matière de disponibilité, propreté, entretien des vélos, sont, aux dires de l’exploitant, trop ambitieux pour être atteints, générant au passage de lourdes pénalités. « Au-delà d’un seuil critique, ces malus deviennent exponentiels. Alors JCDecaux nous menace de mettre la clef sous la porte ! », confie un proche du maire. Extrêmement prudent dans ses propos, tant le sujet est sensible, le directeur général stratégie de JCDecaux, Albert Asseraf, se contente d’évoquer la complexité de l’appel d’offres initial lancé par Paris et la nécessité d’évaluer la pertinence de certains critères.

Bref, l’opérateur veut rééquilibrer le contrat en sa faveur. Au cours de l’été 2008, déjà, JCDecaux a obtenu un premier avenant : Lire la suite

Prix Pinocchio 2009 : le vote est lancé !

amisdela terre.org, communiqué, le 8 octobre 2009

Prix Pinocchio 2009 : le vote est lancé ! 

Les Amis de la Terre, en partenariat avec Peuples Solidaires, lancent aujourd’hui le vote public des internautes pour l’élection des Prix Pinocchio 2009. Douze entreprises françaises sont été nominées et concourent dans trois catégories : environnement, droits humains et greenwashing. Toutes se disent en faveur du « développement durable » alors que leurs impacts réels sont lourds et négatifs pour l’environnement ou les populations locales. A l’issue du vote, une cérémonie publique de remise des prix sera organisée le 24 novembre 2009 à Paris.

 Bientôt un an après la première édition des prix Pinocchio du développement durable, qui avait récompensé Areva dans les catégories « environnement » et « greenwashing » et le groupe Louis Dreyfus dans la catégorie « droits humains », les Amis de la Terre lancent l’édition 2009 des Prix Pinocchio. Les entreprises nominées sont les suivantes : Total, Michelin, BNP Paribas, EDF, Bolloré, Accor, Peugeot, Crédit Agricole, Perenco, Herta, Société Générale, et France Betteraves.

Gwenael Wasse, chargé de campagne Responsabilité des entreprises aux Amis de la Terre, explique : « Cette seconde édition promet malheureusement d’être à nouveau un « grand cru ». Violation des droits sociaux, destruction de forêts, pollution locale, émission de gaz à effet de serre, communication biaisée, publicité trompeuse, etc : les doubles discours des multinationales n’ont pas cessé avec la crise et les promesses de réforme. Les citoyens vont pouvoir choisir leurs pires entreprises françaises de l’année 2009 ! »

Pour Fanny Gallois, chargée de campagne Droits de l’Homme au travail à Peuples Solidaires, « cet événement est également un moyen de donner une voix et une visibilité aux femmes et aux hommes qui se battent au quotidien contre les impacts négatifs des entreprises sur leur environnement de travail et de vie, pour faire valoir leurs droits ».

Les Prix Pinocchio mettent en lumière de nombreux abus concrets. Dans le cadre de leur campagne sur la responsabilité des entreprises, les Amis de la Terre demandent un encadrement juridique des impacts environnementaux et sociaux des multinationales, pour que cesse leur quasi-impunité de fait dans les pays du Sud.

Les résultats seront annoncés le 24 novembre, avec une cérémonie de remise des prix le soir même par les Amis de la Terre et Peuples Solidaires à Paris. Les journalistes intéressés pour y participer sont d’ores-et-déjà invités à contacter les Amis de la Terre.

La présentation des 12 cas et des Prix Pinocchio est accessible sur le site suivant Lire la suite

Pont Bacalan-Bastide : en route pour un chantier géant

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 9 Octobre 2009

BORDEAUX. Le dernier obstacle juridique sautant, Vincent Feltesse a donné le feu vert à GTM (groupe Vinci) pour lancer la construction du pont levant Bacalan-Bastide. Le chantier débutera en novembre et durera trois ans

Pont Bacalan-Bastide : en route pour un chantier géant

Le pont Bacalan-Bastide sera bel et bien construit. La nouvelle est tombée hier vers 15 h 30, juste après que le président de la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté la requête du « front associatif » qui s’opposait au projet (lire notre édition d’hier).

De façon quasi instantanée, en effet, Vincent Feltesse a fait savoir qu’au vu de cette décision de justice et de l’absence également d’observations négatives de la part du comité du patrimoine mondial (depuis l’envoi d’un dernier rapport), il venait de signer l’ordre de service à destination de GTM Constructions et qu’il souhaitait que l’entreprise engage au plus vite le chantier.

« Nous sommes prêts », répond Gilles Vanbremeersch, directeur de projet à GTM à qui incombait jusque-là la préparation des travaux et qui va devoir maintenant le mettre en musique. De quelle manière ? Pour la première fois, GTM nous révèle son ordre de marche.

1 Début du chantier en novembre

À compter de la mi-octobre, GTM va installer son PC chantier, quai de Brazza, tout près du point de départ du futur pont. 300 mètres carrés de bureaux provisoires vont être construits.

Progressivement ensuite, la société amènera sur place son matériel. Les travaux débuteront vers la mi-novembre. La pose de la première pierre est annoncée par la CUB pour le 21 novembre.

2 Préparation des pièces à Bassens

Simultanément, GTM va ouvrir un atelier de préfabrication de pièces en béton dans la forme de radoube du port de Bassens.

Ici seront conçus les éléments nécessaires pour bâtir les quatre pylônes qui supporteront le tablier levant. Des pièces géantes comme le bas des piles (18 mètres sur 40 mètres à la base, 15 mètres de haut !) ou encore les îlots de protection prévus en amont et en aval de la structure pour éviter que les navires viennent percuter l’ensemble. Les premières pièces des pylônes côté Bastide seront terminées à la fin du printemps prochain pour une pose à compter du mois de juin. Elles seront carrément enfilées dans l’eau et fixées sur un plancher préalablement réalisé en fond de rivière.

3 Des estacades pour travailler sur l’eau

Pour aller travailler au-dessus de l’eau, GTM va bâtir Lire la suite

La décroissance : idées fortes, terme ambigu

alternatives-economiques.fr, Jean Gadray, octobre 2009

La décroissance : idées fortes, terme ambigu

J’ai été invité le 6 octobre par les amis du Monde Diplomatique et Attac à débattre avec Serge Latouche de la croissance et de la décroissance. Théâtre bondé dans la banlieue lilloise, 450 personnes. Nous sommes l’un et l’autre des « objecteurs de croissance ». Mais pour ma part, je n’utilise pas le terme de décroissance. Résumé de mon intervention initiale.

Pourquoi suis-je devenu, comme d’autres dont le nombre grossit, un objecteur de croissance ? Pour au moins trois séries de raisons.

La première est que, sur le plan social, celui du bien-être individuel et collectif, on peut montrer, statistiques à l’appui, qu’à partir d’un certain niveau d’abondance matérielle que nous avons nettement dépassé en France, depuis environ 20 ans, il n’y a plus aucune relation entre d’un côté les grandes variables sociales et humaines et, de l’autre, le niveau d’abondance mesuré par le PIB par habitant. On peut par exemple être de loin le pays le plus riche du monde dit développé (les Etats-Unis), et avoir pourtant une espérance de vie bien plus faible que des pays nettement moins riches, des performances éducatives moins bonnes, bien plus de pauvreté et d’inégalités (y compris entre les hommes et les femmes), six ou sept fois plus de violences, d’homicides et de personnes en prison, etc. Voir mon diaporama.

La croissance des 20-30 dernières années s’est plutôt faite contre le social, en tout cas elle n’a pas produit d’effet positif sur ce plan. Et, même dans certains pays pauvres, l’obligation de croissance à tout prix a fait des dégâts.

La seconde raison est plus philosophique, et elle puise aussi bien dans certaines convictions religieuses sur l’importance relative de l’être et de l’avoir, que dans des philosophies athées dont André Gorz, influencé par le marxisme, est un bon représentant. Cette seconde raison met par exemple en avant la façon dont nous sommes piégés par l’injonction du toujours plus matériel, par la consommation ostentatoire, par la production de l’avidité permanente organisée par un capitalisme de la démesure à la recherche incessante de nouvelles sources de profit. Par les 500 milliards de dollars de publicité mondiale annuelle sans laquelle nombre d’innovations ne trouveraient pas preneur et dont le rôle est de nous faire prendre le futile pour l’utile, de pousser à l’endettement à risques, en renforçant le sentiment de privation de ceux qui ne peuvent pas se payer ce qu’on voit à la télé.

Enfin, la troisième raison, qui a accéléré ma conversion et celle de beaucoup d’autres, c’est l’ampleur de la crise écologique, dont les manifestations sont multiples, et dont le réchauffement climatique inexorable constitue le risque humain majeur, bien analysé dans le rapport 2007-2008 du PNUD.

On débouche alors sur la question posée par les organisateurs de ce débat : croissance verte, arrêt de la croissance ou décroissance ? Je mentionne pour mémoire une conviction des avocats de la décroissance, conviction que je partage : même s’il n’y avait pas de crise écologique, il y aurait de bonnes raisons de refuser la perspective d’une croissance indéfinie. Mais l’essentiel pour convaincre aujourd’hui n’est pas là. L’essentiel, c’est qu’il n’y aura pas de croissance durable, parce que je crois impossible de concilier la poursuite de la croissance avec l’impératif de division par 5 ou 6 des émissions de GES (gaz à effet de serre) en France d’ici 2050 (et par plus de 2 dans le monde), soit une réduction de 4 % par an.

Je m’en suis expliqué dans une tribune de Politis « Le chiffon rouge de la croissance verte », dont je ne retiens qu’un argument, parmi d’autres. Supposons Lire la suite

Les douloureux états d’âme des Verts américains

rue89.com, Hélène Crié-Wiesner,  Ecrivain, spécialisée en environnement, le 7 octobre 2009

Les douloureux états d’âme des Verts américains

Cela devait finir par arriver : le mouvement écolo américain est en train d’exploser. Alors qu’un nouveau projet de loi sur l’énergie et le climat vient d’être déposé au Sénat, les « verts extrémistes » accusent de trahison les « environnementalistes mous », adeptes du compromis politique.

Après les bagarres et insultes autour du système de santé qui ont trusté les médias durant des mois, on devine que la prochaine guerre législative ne va pas laisser les citoyens indifférents. Car le prix que devront payer les Etats-Unis pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre sera politiquement lourd.

Une partie des environnementalistes, des écolos comme on dit en France, refusent en bloc ce qu’ils qualifient de « compromissions honteuses » avec les industriels. Ils affirment qu’ils préfèrent pas de loi du tout à une loi rabougrie. Et ces contestataires de leur propre camp savent se faire entendre.

Un happening « vert extrémiste » à Manhattan

En septembre à New York, à la fin du raout de l’ONU avec les chefs d’Etat du monde, juste avant qu’Obama ne parte à Pittsburgh pour le G20, les « green extremists » ont envahi Manhattan pour clamer leur position.

Faux billets de banque à l’effigie de Gore, bannières analogues déployées devant le siège du Natural Ressource Defense Council, intervention inopinée d’un pirate personnifiant le « Cap-and-trade » lors du discours du Premier ministre danois, le happening de la « faction anti-compromis » du mouvement vert a été spectaculaire.

Les organisateurs étaient Climate SOS, Rising Tide North America, et Greenwash Guerillas. Une animatrice explique au web-magazine Grist :

« Ça peut paraître bizarre que nous, des écologistes, choisissions de nous opposer à une loi sur le climat. Surtout quand on voudrait pouvoir soutenir le nouveau gouvernement. Mais on a envie d’adopter une position vraiment dure, parce ce projet de loi est complètement à côté de la plaque. »

Les Américains n’auront pas de loi avant le sommet de Copenhague

Les Etats-Unis ne nient plus la responsabilité de l’homme sur les changements climatiques. Mieux : Obama a maintes fois répété que les Etats-Unis portaient une lourde responsabilité, et que son pays allait changer d’attitude. Qu’il allait même changer d’ici au sommet du Climat de Copenhague en décembre.

Euh, non : ça, c’est que le président espérait, avant le tumulte de la réforme médicale qui a fait prendre un gros retard à l’examen d’une loi énergie-climat par le Sénat. Il est évident que celle-ci ne sera pas votée d’ici décembre.

Ce n’est pas la faute d’Obama. Comme pour la réforme médicale, une partie des élus de son camp ne veut pas entendre parler de réformes si radicales qu’elles heurteraient leurs électeurs. Je ne reviens pas sur la santé, on a tout dit.

Quant à l’environnement, Lire la suite

ADEME et Espaces Info-énergie Aquitaine : du 15 au 18 octobre 2009 « Journées de l’Energie Positive »

ADEME Aquitaine, communiqué, le 7 octobre 2009

L’ADEME et les Espaces Info-énergie d’Aquitaine organisent dès le 15 octobre prochain les premières « Journées de l’Energie Positive » qui se dérouleront en Aquitaine du 15 au 18 octobre 2009.
Evénement grand public autour de l’habitat durable.
Plus d’infos sur le site de l’ADEME Aquitaine Lire la suite

Le réseau des territoires en transition : Quand la ville se sèvre du pétrole

Quand la ville se sèvre du pétrole

mondequibouge.be, Anne Thibaut, Pierre Titeux, Fédération Inter-Environnement Wallonie
article publié dans Imagine demain le monde (n°74 – juillet & août 2009), le 6 octobre 2009

Sans attendre des réorientations politiques et économiques qui tardent à s’opérer, des citoyens ont décidé de prendre leur avenir en main et d’œuvrer, au niveau local, à la construction de la société de « l’après-pétrole ».

Tout a commencé en 2006, à Totnes, ville de 7 700 âmes située dans le Devon, à l’extrême sud-ouest de l’Angleterre. Quelques habitants se sont regroupés autour de Rob Hopkins pour mettre en œuvre le concept de « transition town » (« ville en transition ») développé par cet enseignant en permaculture (1).

Pour Hopkins, il appartient à chaque communauté, à chaque entité locale, de construire la résilience (2) qui lui permettra d’encaisser les bouleversements sociétaux générés par le pic pétrolier (3) et la crise climatique. Il s’agit de préparer dès aujourd’hui un futur moins gourmand en énergie en élaborant des systèmes de production, de consommation et de vie en commun conciliables avec les contraintes écologiques, économiques et sociales qui s’annoncent.

La ville en transition s’articule autour d’une vision alternative positive qui sert de fi l rouge à l’élaboration d’un Plan d’action de descente énergétique (Pade). La mise en œuvre de ce plan répond à trois mots d’ordre : autonomie (alimentaire, énergétique), relocalisation (de la production, des emplois) et solidarité. Ses promoteurs savent que c’est une démarche de longue haleine ; les objectifs portent sur le long terme, car on ne peut espérer changer en quelques années l’ensemble des paramètres constitutifs d’une société. La notion de transition traduit ce travail sur la durée : on est en marche vers un autre modèle, le changement est en cours mais loin d’être achevé.

Mode d’emploi

A Totnes, comme ailleurs par la suite (152 initiatives ont rejoint à ce jour le réseau officiel Transition network et plusieurs centaines d’autres s’apprêtent à le faire), le processus de transition a respecté une série d’étapes clairement défi nies. Pour commencer, un groupe temporaire de pilotage se crée et jette les fondations de la démarche. Il lui appartient également de lancer un programme de sensibilisation aux deux problématiques imposant l’action : le pic pétrolier et les changements climatiques.

Lorsque la communauté apparaît suffisamment sensibilisée (ce qui prend de six mois à un an) et que des contacts avec des groupes déjà actifs (essentiellement des associations environnementales et sociales) ont été noués, les pilotes organisent une grande fête.

La dynamique et l’énergie libérées lors de cet événement permettent au mouvement de Lire la suite

Partenariat entre Ecolo-Info et la librairie Mollat : le 21 octobre à 18h00 « le nouvel art de militer » chez Mollat

ecolo-info, site, Anne-sophie, le 20 septembre 2009

Partenariat entre Ecolo-Info et la librairie Mollat : le 21 octobre à 18h00 « le nouvel art de militer » chez Mollat

Eh oui, cela fait quelques mois que nous travaillons sur ce partenariat, et ce fut LA nouvelle de la semaine sur laquelle je souhaitais revenir aujourd’hui.

La librairie Mollat est la plus grande librairie indépendante de France. Or nous lisons beaucoup d’ouvrages sur Ecolo-Info, si bien que la logique lire-partager et discuter autour de ces ouvrages s’est tout naturellement imposée à nous.

Se positionnant aux antipodes des méga structures trustant la vente de livres sur Internet et soutenant des valeurs éthiques identiques, nos deux structures cherchent à offrir à tous une plus grande lisibilité en matière de développement durable.

Quel type de collaboration ?

Nous avons donc accompagné Mollat dans la réalisation des catégories de l’onglet “Mollat Vert”.

Dès le mois d’octobre, nous partagerons nos coups de cœur et un dossier mensuel sur leur site, et une petite fleur reprenant notre logo viendra s’installer sur les fiches de livres que nous avons lus et approuvés.

Vous pourrez retrouver certaines revues de livres sur notre site également.

Et pour s’émanciper du virtuel, le partenariat Mollat et Ecolo-Info s’incarnera lors de rencontres organisées avec des auteurs pour donner toujours plus de visibilité à certains ouvrages (vous pouvez d’ores et déjà noter dans vos tablettes le RDV du 21 octobre prochain à 18h dans la salle de conférence de la librairie – RDV est pris avec les auteurs d’un livre sur le nouvel art de militer… mais je n’en dis pas plus, nous en reparlerons très bientôt ! ;-)

Pour ceux qui ne connaissent pas la librairie Mollat (située à Bordeaux), sachez qu’il s’agit d’un endroit  aussi grand que magique, avec un univers de libraires qui maîtrisent parfaitement leurs ouvrages et dans laquelle il est possible de passer des heures sans voir défiler le temps…

L’association Sephir.org qui soutient le projet Ecolo-Info étant implantée à Bordeaux, nous avons estimé Lire la suite

Les emplois de l' »après-pétrole »

lemonde.fr, Antoine Reverchon, le 5 octobre 2009

Les emplois de l' »après-pétrole »

Le Sénat a commencé, le 15 septembre, l’examen du projet de loi « portant engagement national pour l’environnement », dit « Grenelle 2 », qui détaille les modalités d’application des objectifs fixés par la loi « Grenelle 1« , adoptée le 23 juillet. Le but de toute cette agitation législative est de préparer la France à l’après-pétrole, en substituant graduellement à l’actuel bouquet énergétique, à base de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon), un bouquet comportant une part croissante de sources d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique). L’objectif étant que cette part atteigne 23 % en 2020.

Pour faire accepter les contraintes et les dépenses que cette mutation exige, Nicolas Sarkozy avait déclaré, le 22 juin, devant les députés et sénateurs réunis à Versailles, que le Grenelle engendrerait la création de 600 000 emplois dans la décennie à venir.

Il est impossible de savoir si ces chiffres seront atteints, mais il est certain que le changement de « modèle énergétique » aura des effets quantitatifs et qualitatifs sur les métiers, les emplois et les compétences. Dans le secteur de l’énergie bien sûr, mais aussi du transport, de l’automobile, de la sidérurgie, du ciment, du bâtiment, etc., et dans les services d’ingénierie et de conseil aux entreprises des secteurs concernés.

Ces mutations seront lentes, souligne Georges Servier, conseiller du président d’EDF et membre du conseil d’administration de la Fondation européenne pour les énergies de demain, créée par EDF. Selon lui, ces changements « prendront dix, vingt, trente ans ».

Dans le domaine de la production énergétique centralisée (centrales thermiques, à combustible fossile ou nucléaire, barrages hydrauliques), ajoute-t-il, les métiers ne vont guère changer, alors qu’il s’agit des plus gros bataillons de recrutement de l’électricien national. Sur les 3 000 recrutements effectués chaque année par EDF, 1 200 (dont 500 bac + 5) concernent le nucléaire, et ce rythme devrait demeurer stable dans les dix ans à venir. Il ne s’agit pas que de spécialistes de l’atome : mécaniciens, électroniciens, informaticiens sont de la partie.

Le secteur de l’hydraulique, avec la remise en état des grands barrages sur l’ensemble du territoire, devrait aussi être un gisement d’emplois. Sur les 30 000 salariés d’EDF, 5 000 travaillent dans la production hydraulique.

Du côté de la production « décentralisée » (solaire et éolien essentiellement), les besoins d’EDF sont moins volumineux : il s’agit de chefs de projet chargés de l’installation de parcs éoliens. Les gisements d’emplois se situent surtout chez les constructeurs d’équipements (éoliennes et panneaux photovoltaïques) ou chez les artisans et prestataires qui installent les matériels les plus légers chez les clients, particuliers ou entreprises.

Prévisionnistes météo

En revanche, les grands producteurs et distributeurs d’électricité devront maîtriser la cohabitation entre Lire la suite

Trans’Cub – Denis Teisseire : Celui qui dit non au pont levant

sudouest.com, Dominique De Laage, le 6 Octobre 2009

BORDEAUX. Denis Teisseire joue son va-tout demain en cour administrative d’appel

Celui qui dit non au pont levant

A 62 ans, Denis Teisseire livre demain devant la cour administrative d’appel l’une de ses dernières bagarres avec la Communauté urbaine de Bordeaux. Fer de lance du « front associatif » opposé à la construction du pont levant Bacalan-Bastide, ce vieux routard de la contestation associative a conscience de « la pression » qui pèsera demain sur les épaules du juge des référés de la cour administrative.

« S’il nous suit et prononce en conscience le sursis à exécution de la délibération lançant ce projet de pont, il permettra au tribunal d’examiner au fond notre recours en appel d’ici quelques semaines. Sans cela, lorsque viendra cet appel, le pont sera déjà construit. Le rôle de ce juge est à la fois fondamental pour l’avenir de Bordeaux mais pas décisif pour autant », résume Denis Teisseire, qui pèse chacun de ses mots.

Pour les Bordelais de longue date, Denis Teisseire fait partie du paysage. Enfance de bonne famille à Dakar, touché par la grâce écolo à 30 ans, il fut le premier, avant même la fondation de l’association Trans’CUB (en 1988), à proposer la solution tramway en 1986. C’est à l’issue de ce combat sans merci contre le métro Val, suivi de sa croisade contre le contrat de l’eau, qu’il décide d’entrer en politique. Non pour faire carrière mais pour « avoir accès aux informations ».

Déjà, en 1978, il avait fait la campagne de sa compagne d’alors, Dominique Prost, contre Chaban. Aux cantonales de 1994, il se frotte sérieusement à Hugues Martin et manque d’arriver au deuxième tour devant Gilles Savary (PS). Puis se fait élire avec Pierre Hurmic (Verts) et François-Xavier Bordeaux (ex-PS) sur une liste commune en 1995.

Très vite, Denis Teisseire se rebelle contre le tracé du tramway proposé par Alain Juppé. Puis contre l’idée d’un pont fixe au droit de la place des Quinconces. L’image du militant se brouille au contact de la politique et au fil de ses positions radicales.

Logique politicienne

Pourtant, il aura raison une deuxième fois sur le dossier de l’eau, permettant à la CUB une renégociation inespérée avec la Lyonnaise en 2007.

Repris par ses obligations professionnelles à l’issue de son unique mandat, en 2001, il remonte au créneau contre le pont Bacalan-Bastide.

Ses arguments sont connus. Projet mal ficelé, dispendieux, décidé sans concertation. Le commissaire enquêteur suit nombre des arguments de Trans’CUB au moment d’estimer cet investissement « inutile ». Le commissaire du gouvernement aussi lors de l’examen en première instance du recours au tribunal administratif. Pourtant, rien n’y fait. Malgré la menace Unesco habilement utilisée par Teisseire, « l’accord de gestion » Juppé-Feltesse sur le pont levant est inflexible.

« Il est tout à fait injuste d’entendre dire de Denis Teisseire qu’il est pour tout ce qui est contre, et contre tout ce qui est pour », estime Jean Mandouze, le capitaine au long cours pour lequel ce pont est également une ineptie. « Nous avons été Lire la suite

L’UMP s’organise pour faire face à la vague verte

europe1.fr, Jérôme Chapuis, le 05 octobre 2009

L’UMP s’organise pour faire face à la vague verte

L’ordre vient directement de l’Elysée : préparer un programme écologiste mais de droite avant les régionales.

Des scrutins locaux et plusieurs sondages en attestent : l’ascension des candidats Verts lors des dernières européennes semble se poursuivre inexorablement. Ils récolteraient près de 17% des voix aux régionales de mars prochain, selon une étude publiée vendredi dernier. Autre source d’inquiétude : l’élection sur le fil de l’UMP Jean-Frédéric Poisson face à une candidate des Verts lors de la législative partielle de Rambouillet. L’Elysée a donc passé la consigne à l’UMP il y a une dizaine de jours : il faut contre-attaquer en créant un argumentaire adapté.

Ses deux caractéristiques : être écologiste mais de droite. « Une écologie de droite, c’est une écologie qui ne renonce pas à la croissance. On est dans une société développée où on ne veut pas faire renoncer les Français à leur niveau de développement », a commencé à expliquer la secrétaire d’Etat Chantal Jouanno.

Avec cet argumentaire, l’UMP espère affaiblir les Verts. « C’est vrai : on se dit que, dans un second tour, il vaut mieux être face à un candidat PS que face à un Vert », analyse le vice-président du groupe UMP à l’Assemblée, Jean Leonetti. Car « il y a un électorat modéré de droite et du centre susceptible de voter pour les Verts, au moins au niveau local« , renchérit le villepiniste François Goulard. Il faut donc « trancher dans la pastèque », n’hésite-t-on plus à dire dans la majorité. Verts à l’extérieur mais rouges à l’intérieur, les candidats écologistes seraient en fait « la gauche bobo camouflée en sauveur de la planète« , selon un haut responsable de l’UMP.

Définir l’écologie version Nicolas Sarkozy permettra aussi de rassurer son électorat traditionnel. « Nos électeurs n’ont pas encore intégré la donne écologique« , constate un cadre de l’UMP qui ironise : « la taxe carbone, ce n’est pas vraiment dans leurs gênes. » Une campagne nationale pour expliquer cet impôt écologique a même été lancée la semaine dernière avec des réunions publiques organisées dans les semaines à venir dans plusieurs villes.

Au sein même de l’UMP, un pôle écologiste pourrait être créé. Pour devenir, à terme, Lire la suite

Oecuménique, le « Picnic » sans carbone

sudouest.com, Yannick Delneste,  le 5 Octobre 2009

BORDEAUX. Plus de 500 personnes dont des élus de tous bords ont participé hier au rassemblement de l’association Taca

Oecuménique, le « Picnic » sans carbone

Romain a 11 ans et se tourne vers son père. « Mais Papa, quand on expire, on dégage du gaz carbonique. Ce carbone-là, il est bon ? » Les enfants sont formidables. Hier midi, sur les quais bordelais, Bastien le père s’en est sorti avec un « Regarde la pièce de théâtre, tu vas comprendre », pas franchement glorieux mais efficace. La réussite du pique-nique sans carbone est parfois à ce prix. Il est 13 h 30 près du parc des sports Saint-Michel et à défaut d’être un sommet artistique, la petite pièce de théâtre a le grand mérite de la pédagogie. Une planète aux criantes inégalités environnementales, une Amérique du Nord et une Europe surproductrices de gaz à effets de serre dont la réduction (diviser par 4 en France par exemple) est une urgence absolue.

Un fonds « climat »

Après le premier acte du constat, le second de la réponse : l’association Taca (comme taxe carbone) milite depuis plusieurs années pour son instauration. Sans citer la gouvernementale, Taca (1) rappelle les valeurs de la sienne : avoir le courage d’augmenter d’un euro le litre d’essence, un chèque vert identique pour tous pour la moitié de la taxe, un fonds climat pour aider les plus démunis à s’isoler par exemple, mais aussi la moitié de ce fonds pour aider les pays du tiers-monde à s’équiper durable. À cette heure-là, la troisième édition est d’ores et déjà une réussite : près de 500 vélos ont été comptabilisés, garés sur les nombreuses barrières. Créé à Bègles qui a abrité les deux premières éditions, le pique-nique prenait cette année une dimension d’agglomération avec recentrage sur la ville-centre et démarche de consensus au service de la plus grande mobilisation.

De 17 des 27 communes de l’agglo, des « vélobus » sont partis, cortèges de cyclistes convergeant verts les quais bordelais. Tables de pique-nique et stands d’associations les deux-roues et les pedibus. Celui venu en voiture ne le criait pas sur les toits mais était aussi le bienvenu. « Enlevez les élus et leurs familles et vous n’aurez plus grand monde… ». Il est des Brugeais sarcastiques. Le maire Bernard Seurot emmenait un cortège de près de 80 personnes au tee-shirt consensuel où on lisait « Bruges, en vert et avec tous ». Le carbone est-il politique ?

Le maire de Bordeaux Alain Juppé (UMP), le maire de Bègles Noël Mamère (Verts), le président de la CUB et maire de Blanquefort Vincent Feltesse (PS), le président de la Région Alain Rousset… le gratin politique en bras de chemise, tous hérauts de la cause du développement durable et pourfendeurs du vilain carbone. « La taxe carbone est un gâchis », s’énervait Noël Mamère vannant les ralliés tardifs du combat écologique. « Nous sommes à un basculement de civilisation et il va falloir en prendre conscience », soulignait Vincent Feltesse. Mais malgré la belle agora, la chose politique n’a pas pris le pas sur un rassemblement qui se voulait avant tout œcuménique.

Soumis gentiment à la Question par Taca sur leur durable engagement personnel et collectif, les élus rivalisaient alors de certificats de bonne conduite : « Je circule en vélo », insistait Lire la suite

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

cdurable.info, Dorothée Briaumont, le 4 octobre 2009.

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

Rapports développement durable : vers une standardisation ? Comme chaque année, le Comité 21 passe au crible les rapports de développement durable de ses entreprises adhérentes afin de mieux valoriser leurs initiatives. Le cru 2008 se distingue de celui de 2007 à la fois sur la forme et sur le fond.

Sur la forme, les rapports sont mieux structurés. Un certain nombre d’enjeux clés, pour la plupart déjà présents dans les rapports 2007 (achats durables, sécurité, mobilisation des équipes, biodiversité, dialogue avec les parties prenantes, etc.), se distinguent plus clairement, rendant les comparaisons plus aisées entre rapports. Cela est évidement lié à la pénétration des standards de reporting comme la GRI 3 [1], qui tendent à les harmoniser.

Par ailleurs, les entreprises font de plus en plus appel à un cabinet d’audit pour faire certifier les informations délivrées dans leur rapport. Cela peut s’interpréter comme la mise au même niveau stratégique des informations financières et extra-financières ou comme une garantie contre l’accusation de greenwashing.

D’une manière générale, le dialogue avec les parties prenantes se renforce et s’affiche. Il peut prendre plusieurs formes : panel de citoyens, consultation, concertation avec des parties prenantes. Le Comité 21 vient de publier une note méthodologique assortie de retours d’expérience. Les entreprises traduisent par ces démarches leur volonté d’écouter leurs attentes, ce qui se traduit par la prise en compte de nouveaux enjeux.

Parmi les domaines mis en avant figure la biodiversité qui s’affirme comme un enjeu de plus en plus stratégique et un terrain propice aux partenariats avec les associations. Par ailleurs, le contexte de crise explique sans doute la mise en oeuvre d’actions BOP [2] visant des populations précaires (accès à l’énergie, à l’eau, par exemple). L’éducation au développement durable se développe à travers des sites internet, des brochures, des conférences. Le thème de la diversité a pris de l’importance avec la création en 2008 par l’Etat d’un Label dédié. Enfin, le marketing durable fait une timide percée dans certains rapports.

Le projet de loi Grenelle 2 prévoit l’extension de l’obligation de fournir des informations en matière de développement durable à toutes les entreprises, sauf les PME, et aux collectivités locales. Anticipant sans doute ces futures dispositions, quelques collectivités publient déjà un rapport développement durable.

De grands témoins viennent compléter ces éléments d’analyse et nous apportent leur vision d’experts : Michèle Pappalardo, Lire la suite

LGV en Pays Basque nord : « Désormais, c’est front contre front ! »

eitb.com, Ramuntxo Garbisu, le 2 octobre 2009

LGV en Pays Basque nord : « Désormais, c’est front contre front ! »

Le collectif opposé aux nouvelles lignes ferroviaires en Pays Basque nord est « exaspéré par la mauvaise foi » de l’opérateur RFF et mobilise pour la grande manifestation du 17 octobre prochain.

Comme l’avait largement sous-entendu Christian Maudet, Chef de Pôle Sud-Ouest de Réseau Ferré de France, mardi dernier, la contre-expertise suisse demandée par 29 élus du Pays Basque nord est vouée à n’être qu’un « élément d’appréciation ».

Au mieux servira-t-elle à « améliorer les voies existantes« , selon RFF, mais ses conclusions sur la non-saturations des voies actuelles pour le prochain demi-siècle font plus l’objet de sarcasmes que de remises en compte.

« C’est inadmissible », a réagi le collectif opposé à de nouvelles voies ferroviaires en Pays Basque nord, « la démolition en règle de l’étude suisse CITEC par Réseau Ferré de France rejoint leur habitude de manier la langue de bois et de proposer des pseudo-concertations, sur lesquelles ils s’assoient depuis trop longtemps ! », fulminent ses porte-paroles.

Les « pseudo-concertations » ne passent plus

Malgré la présentation à la presse ce vendredi après-midi des contre-arguments « point par point » à la nouvelle rhétorique de RFF, le temps des échanges d’arguments et de contre-propositions semble bien fini.

« Aujourd’hui, nous l’annonçons clairement, à tous les élus, à toutes les associations, à toutes les personnes qui assistent aux réunions publiques : désormais, c’est front contre front ! », martèle Victor Pachon, Président du CADE.

La prochaine action du collectif sera de prouver le 17 octobre prochain, par une vaste mobilisation populaire, que « on peut arrêter un train ! », pour répondre à Jean-Louis Carrère, Vice-Président de la région Aquitaine présent à Bayonne le matin, et qui en doutait.

Le dialogue est rompu, le collectif confie en avoir assez de ces non-invitations de la part des grands élus de la Région (récemment à Pau, ils n’ont pas été acceptés à l’intérieur d’une réunion d’élus socialistes présidée par M. Carrère), alors que les deux études indépendantes suisses ont conforté leurs conclusions présentées lors des réunions de négociation depuis une bonne dizaine d’années.

« Aujourd’hui, nous souhaitons que tous les élus et les militants associatifs qui doutent de la sincérité d’un projet destructeur d’environnement et de ressources publiques nous aident pour que cette dernière étude ne soit pas écartée », insiste Victor Pachon.

Alliance des anti-LGV du Pays Basque avec leurs homologues béarnais

Ce vendredi matin, en présence du Ministre basque de l’Industrie, en charge du « Y » basque, M. Carrère, en charge à la Région des Transports et Infrastructures, avait déclaré que « si l’opposition continue, il faut bien le comprendre, il n’y aura pas de lignes nouvelles en Pays Basque ! Elles partiront dans le Béarn ! ».

Ravi de se découvrir un « point d’accord » avec cet élu pro-LGV, le collectif Lire la suite

Succès du Copenhague2009Tour : “Bizi ! Itzuli / Urgence climatique – Justice sociale !”

climatjustice.org, Maxime Combes, le 28 septembre 2009

Succès du Copenhague2009Tour : “Bizi ! Itzuli / Urgence climatique – Justice sociale !”

Traversée en vélo du Pays Basque nord pendant trois jours pleins pour sonner l’alarme de l’urgence climatique et de la justice sociale

La traversée en vélo du Pays Basque nord organisée par le mouvement Bizi ! a reçu un excellent accueil dans les très nombreuses villes et villages qu’elle a traversée en trois jours. Un grand nombre de gens s’est montré particulièrement sensible au thème de la mobilisation contre le réchauffement climatique et encourageait avec ferveur les cyclistes de Bizi !

Partis de Mauléon le vendredi matin, 20 militant(e)s de Bizi ! ont assuré la permanence de la course pendant les trois jours et auront parcouru au total plus de 210 km pour arriver ce dimanche 27 septembre à Bayonne. Ils ont été rejoints à chaque étape par de nombreux sympathisants, le nombre de participant(e)s à cette traversée en vélo s’étant élevé au total à 230 personnes différentes sur les trois jours.

Plusieurs personnalités locales, comme Francis Poineau d’ELB / Confédération Paysanne, Madouce Paraguas de l’AMAP de Mauléon, Daniel Maniaguet élu à Mauléon, Daniel Olçomendy maire d’Ostabat et président de LEIA, Gracie Florence maire d’Espelette etc. sont venues encourager les militant(e)s de Bizi !

Michel Berhocoirigoin, président de Euskal Herriko Laborantza Ganbara (Chambre d’agriculture alternative du Pays Basque) et Peio Etcheverry-Aintchart, élu à Saint Jean de Luz ont animé des réunions de formation sur des thématiques diverses mais toutes reliées directement au problème des transports et du réchauffement climatique, soit la question de la relocalisation de la production agricole, l’aménagement du territoire et l’urbanisation soutenable, insistant sur les nécessaires changements exigés au plan local par la lutte contre le changement climatique.

Gilles Lemaire, ancien secrétaire national des Verts et membre du bureau d’ATTAC-France, a quand à lui animé une conférence devant plus de 70 personnes des enjeux du sommet de Copenhague et expliqué pourquoi la mobilisation internationale était également indispensable pour faire pression sur l’ensemble des gouvernants, qui sont encore très loin de prendre les mesures à la hauteur de la gravité de la situation. Il a également souligné que les mesures à prendre pour réduire massivement et de toute urgence les émissions de gaz à effet de serre doivent l’être dans le souci prioritaire de ne pas léser les couches les plus pauvres de nos sociétés et de la planète. Le slogan Urgence climatique ! Justice sociale ! était de loin le plus présent pendant les 3 jours de cette traversée cycliste.

Portant à travers la Soule et la Basse-Navarre, ainsi que sur la Côte Basque, la revendication d’une autre politique de transports -et notamment une offre beaucoup plus forte en matière de transports en commun– le Bizi ! Itzuli ! a fini en beauté par une manif vélo qui a relié Bayonne à Anglet et qui a réuni plus de 100 cyclistes. Les porte-paroles de Bizi ! ont rendu compte de la réunion entre leur mouvement et Michel Veunac, le président du SMTC, autour des propositions de Bizi ! sur les Alternatives au Tout Voiture, et sur la gratuité des transports en commun et ont annoncé Lire la suite

Nicolas Hulot et l’oligarchie, par Hervé Kempf

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 3 octobre 2009

Nicolas Hulot et l’oligarchie, par Hervé Kempf

Le film de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre, Le Syndrome du Titanic, sur les écrans le 7 octobre, dérangera. Ce documentaire écologiste ne montre presque pas de nature : rompant avec l’esthétique de carte postale habituelle en la matière, il se confronte à la dure réalité de la misère et de l’injustice. Il tente de dire, malaisément, que la dégradation vertigineuse de la biosphère est le résultat d’un ordre social devenu fou, et qui fait porter le poids de ses conséquences sur les faibles, les pauvres, les exploités.

Il répète que la clé de sortie de cette logique destructrice est dans la baisse de la consommation matérielle dans les pays riches. Gageons que ce discours, plus âpre que celui sur les « petits gestes pour la planète », recueillera un accueil mélangé. Et si Nicolas Hulot allait commencer à déranger ?

La force du personnage est de rester populaire en allant à la pointe de ce que la société française – ou plus exactement le système médiatique qui donne accès à celle-ci – accepte d’entendre à un moment donné.

Depuis une dizaine d’années, il a ainsi fortifié et peu à peu durci son discours : alarmant d’abord sur l’ampleur du désastre écologique, il a ensuite cherché à impliquer les citoyens, puis a porté la question sur le terrain politique. Il arrive maintenant à montrer que l’écologie est d’abord un enjeu social, et critique – mais en termes encore très généraux – le « libéralisme ».

Dans le commentaire habillant les images, il dit : « Je suis perdu. » Perdu ? Ah ? Je lui téléphone pour comprendre. Il répond : « Je suis perdu parce que je ne comprends pas qu’il faille autant d’énergie pour placer des évidences auprès de nos élites. Des gens qui ont une intelligence parfois fulgurante ont des angles morts, c’est-à-dire qu’ils n’arrivent pas à comprendre que leur modèle économique ne tiendra pas. »

C’est le problème de Nicolas Hulot, et donc notre problème : il croit que l’action politique est aujourd’hui inspirée par la recherche du bien commun. Mais il oublie la force des intérêts : l’intérêt individuel et l’intérêt de classe. Ce qu’Hulot appelle les élites, c’est aujourd’hui une oligarchie. Elle ne veut pas entendre l’évidence de la crise écologique et de la désagrégation sociale, parce que le but principal de l’oligarchie est de maintenir ses intérêts et ses privilèges. Elle ne s’intéresse au bien commun que pour autant que cela ne remet pas en cause sa position.

Quand on est gentil, il est difficile d’assimiler le fait que les autres ne sont pas tous gentils. Nicolas Hulot est au bord de le faire, et surtout d’en tirer les conséquences. Soit : ne plus parler vaguement du « libéralisme », mais porter le couteau dans la chair des égoïsmes de classe. Il peut le faire. Mais il sait qu’alors, tout soudain, Lire la suite

Vendredi 2 octobre 17h00 à la Gare saint Jean : Appel à l’action pour la justice climatique

Collectif Gironde Copenhague 09, Communiqué de presse, le 30 septembre 2009

Appel à l’action pour la justice climatique

Les négociations de Copenhague sont dans l’impasse !

Girondine, Girondin, prends ton avenir en main

Du 7 au 18 décembre 2009, le plus grand sommet sur le climat jamais tenu, aura lieu à Copenhague. Ce sommet est mondialement considéré comme un de nos « derniers espoirs  » de faire quelque chose à propos du changement climatique.

Le Collectif Gironde Copenhague 09 appelle les Girondines et les Girondins à se retrouver : Le vendredi 2 octobre 2009 à 17h00 à la Gare Saint Jean de Bordeaux (Tenue de manif : chapeau de soleil, lunette de soleil, haut blanc) afin de manifester leur volonté de voir aboutir ces négociations avec comme critère minimum de réussite, la réduction de 40 % des GES des pays développés d’ici 2020 et une aide de 100 milliards par an aux pays du Sud.

Nous ne pourrons atteindre ces objectifs sans modifier radicalement notre mode de vie et tendre vers une sobriété joyeuse : réduction de la place de la voiture en ville, développement des transports en commun, du vélo, de l’autopartage, du covoiturage, « décarbonisation » de l’économie, réduction des déchets à la source et recyclage, développement de l’agriculture biologique et des circuits-courts de distribution (AMAP…), densification de l’habitat, aménagement d’écoquartiers et d’écovillages, utilisation de matériaux de construction écologiques, développement de l’efficacité énergétique, des économies d’énergie et des énergies renouvelables, protection de la biodiversité et de l’eau, mise en place d’une démocratie participative écologique…

Cela passe aussi par l’abandon des projets mortifères : pont levant autoroutier de Bordeaux, contournement autoroutier de Bordeaux, port méthanier du Verdon, lignes LGV destructrices des écosystèmes, étalement urbain sans fin…

Les 26 membres du Collectif : Aquitaine alternatives, ATTAC 33, AutoCool, Bassin d’Arcachon Ecologie, CATA, Cauderes, Confédération paysanne 33, CREAQ, CREPAQ, Droits du piéton 33, Echanges et nature, Ecopôle, Greenpeace Bordeaux, H’Nord, Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, Pas de coté, Paysans consommateurs associés Utopia, Une pointe pour tous, Utopia Bordeaux, Réseau Mille-Pattes, SEPANSO Gironde, SEPHIR, TACA, TchernoBlaye, Vélo-Cité et Vélorution.

Contacts : Lire la suite