Le PS veut convaincre de la réalité de sa conversion à la « social-écologie »

lemonde.fr, Jean-Michel Normand, le 1er décembre 2009

Le PS veut convaincre de la réalité de sa conversion à la « social-écologie »

A Copenhague, pour le PS, l’important ne sera pas tant de participer que de faire passer un message. Quelques jours avant l’ouverture du sommet mondial sur le climat, les socialistes ne lésinent pas sur les signaux. Martine Aubry a fait savoir qu’elle se rendrait les 15 et 16 décembre dans la capitale danoise avec une délégation.

En attendant, la première secrétaire préside mardi 1er décembre une réunion extraordinaire du bureau national consacrée aux enjeux de cette conférence dont les socialistes « souhaitent le succès ». Pour l’occasion, « des experts et des spécialistes » ont été invités afin « d’enrichir la réflexion engagée en faveur d’un nouveau modèle de développement« . Dans la cour de la Rue de Solferino, au siège du parti, les participants seront accueillis par une sculpture de glace, oeuvre éphémère représentant un globe terrestre.

« Il s’agit d’apporter la démonstration que les socialistes sont capables de prendre la question environnementale à bras-le-corps« , insiste Philippe Martin, député du Gers, récemment nommé secrétaire national adjoint à l’environnement en remplacement d’Eric Loiselet, qui a quitté le PS pour conduire la liste Europe-Ecologie en Champagne-Ardenne aux élections régionales. Ces dernières années, les socialistes avaient beau faire régulièrement référence à la « social-écologie » ou à « l’éco-développement » – le 29 novembre, devant l’UMP, Nicolas Sarkozy en a appelé à « l’écologie populaire » – ils admettent aujourd’hui que leur conversion était superficielle.

Le revers électoral des européennes de juin au profit d’Europe-Ecologie a agi comme un brutal rappel à la réalité. « Il ne faut pas noircir le tableau, plaide Géraud Guibert, co-fondateur du Pôle écologique au sein du PS. Le bilan de nos présidents de région est bon – financement des trains régionaux, interdiction des cultures OGM dans certains cas, fort développement des énergies renouvelables. Le problème est que ces expérimentations ne s’articulent pas avec un discours fort au plan national. »

A en croire Philippe Martin, les socialistes ont défini leur feuille de route. « Notre vision des choses, c’est que toute mesure environnementale doit être socialement acceptable« , dit-il. Au PS, le débat engagé sur la « fiscalité verte », s’est noué autour de l’idée d’une « contribution climat-énergie ». Cette proposition alternative à la taxe carbone vise à instaurer un prélèvement élargi aux entreprises et à l’ensemble de la consommation d’électricité. Encore faut-il s’accorder sur les mesures de compensation attribuées aux ménages, notamment en milieu rural ou péri-urbain. Pour l’heure, le dispositif envisagé reste flou. « Mieux vaudrait opter pour une politique de l’offre, comme en Poitou-Charentes, et concentrer les mesures fiscales vers ceux qui peuvent modifier leur comportement », considère Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et proche de Ségolène Royal. « On ne peut tout de même pas considérer que la fiscalité écologique n’est envisageable qu’à condition de ne rien coûter ! », Lire la suite

Vers la bio-civilisation

mediapart.fr, Jade Lindgaard, le 9 Janvier 2009

Vers la bio-civilisation

Quelles nouvelles idées pour le nouveau monde dans lequel nous plonge le clash des crises économique et écologique ? Pour Ignacy Sachs, théoricien de l’éco-développement et précurseur à ce titre de la notion de développement durable, l’avenir devrait être à la «bio civilisation».

 

J’ai eu la chance d’assister en début de semaine au séminaire d’Amy Dahan, historienne des sciences et directrice-adjointe du centre de recherche Alexandre Koyré qui s’intéresse notamment à l’histoire des politiques environnementales. Ignacy Sachs en était l’invité. Il y a expliqué son concept novateur de «bio civilisation».

Pour lui, nous «sommes aujourd’hui assis sur des ruines de paradigme» : celles du socialisme réel et du capitalisme financier. Il nous faut donc repenser les modèles. A commencer par celui de l’énergie : agir sur la demande (cela pose la question des styles de vie), l’offre (améliorer l’efficacité énergétique), et substituer aux hydrocarbures tout l’éventail des énergies renouvelables. Or, la dimension sociale de ces nouvelles énergies est fondamentale.

Qu’est-ce que la biocivilisation ?  

L’assemblage d’un trio : biodiversité + biomasse + biotechnologies. Il y est donc question de préservation de la biodiversité, de révolution énergétique et de progrès technologique. Selon Ignacy Sachs,  l’exploitation -économe- de la  biomasse créera de nouveaux emplois. L’enjeu central de cette nouvelle forme de développement durable est de créer de nouvelles opportunités de travail. Et donc de revenus. Cela pose la question des réformes agraires puisque une partie substantielle du labeur de la biocivilisation se déroulera à la campagne. Quelle place pour le travail rural dans nos sociétés contemporaines ? «Ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant la biomasse en tant que telle que les emplois qui peuvent lui être liées». En premier lieu, cela implique de revoir l’attitude contemporaine cataloguant le rural comme obsolète.

Pour Sachs, le gouffre entre la progression des idées écologiques et les pratiques des gouvernements n’a cessé de s’agrandir depuis le sommet de la terre à Rio en 1992. Pourquoi ? Parce que l’écodéveloppement a besoin pour exister d’un Etat proactif. C’est-à-dire un Etat Lire la suite

L’Encyclopédie du Développement Durable

L’Encyclopédie du Développement Durable, avril 2009

S’engager dans le développement durable est le défi majeur de notre 21ième siècle. L’Encyclopédie du Développement Durable est un outil pour la compréhension des enjeux et la mobilisation.

Projet d’éducation populaire, elle se propose de vulgariser les connaissances scientifiques, de promouvoir une réflexion militante et de diffuser des repères pour l’action en faveur du développement durable. Le citoyen pourra appréhender les liens existant entre des champs apparemment divers (scientifiques, techniques, politiques, socio-économiques, culturels…), sans rester prisonnier des cloisonnements thématiques.

Pour accéder aux articles de l’Encyclopédie, il vous suffit de cliquer sur les titres des sous chapitres ci- dessous.

1. La prise de conscience, pour une politique mondiale

1.1 De l’éco-développement au développement durable (concepts, principes, valeurs) (10)

La nature

janvier 2009, par Flipo, Fabrice

Mots clefs associés : écologie, économie, environnement, philosophie, science et recherche, technologie

Ce qui est “nature” nous semble évident puisque… naturel. Pourtant ce qui est nature est difficile à définir : s’agit-il d’êtres, de normes ou de culture ? Selon les cas, la “protection de la nature” est à la fois absurde et évident, cet article tente d’en dénouer le (…)

Reconsidérer la richesse

novembre 2008, par Viveret, Patrick

Mots clefs associés : économie sociale et solidaire, crise écologique, crise financière, crise sociale, inégalité sociale, indicateurs de richesse, modes de vie, monnaies complémentaires

Notre paysage économique, social, écologique et culturel se bouleverse profondément et rapidement. Face à ce constat, les outils de mesure de nos activités,en particulier le PIB,ne sont plus adaptés. Pour répondre à la démesure de la crise que nous vivons, il est urgent d’inventer de nouveaux (…)

Les voies du Développement Durable

septembre 2007, par Ruellan, Alain

Mots clefs associés : gestion des ressources naturelles, participation, politique, stratégies pour le développement durable

La situation actuelle du Monde est inquiétante : les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres ; les modes de vie dégradent les écosystèmes, épuisent les ressources naturelles, déséquilibrent les grands systèmes mondiaux ; en conséquence, les violences humaines s’accentuent. Comment (…)

Naissance et formation du concept de développement durable : une approche historique

juin 2007, par Nicol Jean-Pierre

Mots clefs associés : activités humaines, écologie politique, conférences, croissance, politique

Face à l’idée, née de la révolution industrielle du XIXe siècle, selon laquelle le progrès technique assurera une croissance indéfinie et un progrès linéaire, on a assisté à une progressive prise de conscience, à partir des années 1920, relative aux effets négatifs de l’industrialisation sur les milieux (…)

Changer l’avenir – penser le temps long

mai 2007, par Flipo, Fabrice

Mots clefs Lire la suite