Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ? et Des motifs de discorde subsistent dans la plupart des exécutifs régionaux

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

lemonde.fr, Béatrice Jérôme avec Yan Gauchard (Nantes), Luc Leroux (Marseille), Claudia Courtois (Bordeaux) et Jacques Boucaud (Lyon), le 3 août 2010

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

Quatre mois après les élections régionales, l’heure est au bilan pour les écologistes. A Nantes, du 19 au 21 août, leurs Journées d’été auront pour thème « L’écologie à l’épreuve du pouvoir ». Pour l’heure, leurs victoires sont encore modestes.

Pour sceller l’alliance des listes Europe Ecologie avec celles menées par le Parti socialiste, entre les deux tours du scrutin de mars, ils ont dû accepter des compromis sur des dossiers emblématiques pour eux : aéroport Notre-Dame-des-Landes, en Pays de la Loire, projet ITER en Provence-Alpes-Côte d’Azur… Au-delà de l’environnement, ils s’attachent à imposer une « nouvelle offre politique », singulièrement en matière économique. Mais derrière ce qu’ils appellent le « greenwashing » (récupération ou dévoiement des idées écologistes) des exécutifs de gauche, ils peinent à infléchir le modèle du PS, « productiviste » à leurs yeux.

AGENTS D’UN NOUVEAU CLIMAT

Avec 12,4 % des votes au premier tour des régionales, le 14 mars, les écologistes ont pu négocier 58 vice-présidences dans l’exécutif des 19 régions qu’ils gouvernent aux côtés du PS. Contrairement à la précédente mandature, ils occupent des postes stratégiques. Ils ont obtenu la responsabilité des transports, des lycées ou de l’emploi dans quelques régions. Par petites touches, ils s’efforcent de se démarquer du PS par un exercice, à leurs yeux, moins « notabilisé » du pouvoir. « Nous sommes les « sans-cravate » », plaisante Philippe Meirieu, chef de file d’Europe Ecologie, en Rhône-Alpes. Son groupe a déclaré la guerre aux « petits fours » et demandé la réduction du parc de voitures de fonction des élus.

A Paris, Cécile Duflot a d’emblée renoncé à la sienne. A la tête des troupes écologistes d’Ile-de-France, la patronne des Verts a demandé et obtenu le remboursement des frais de garde d’enfant pour les élus qui siègent en séances de nuit. Un acquis féministe, selon elle. La requête a suscité une colère noire du président (PS) Jean-Paul Huchon, qui y a vu une simple mesure de « confort ». Une alliance de revers entre écologistes et UMP a finalement permis que la mesure soit votée. En Aquitaine, Alain Rousset, patron (PS) de la région, a fait modifier le règlement intérieur pour lutter contre l’absentéisme dans les commissions, une demande des Verts qui remontait à la précédente mandature.

PETITS CLASHES ENTRE « AMIS »

Les sortants Verts avaient pris le pli de la cogestion dans les régions de gauche. Avec les nouveaux entrants, les relations avec le PS sont plus tendues. Et les bras de fer plus fréquents. « On s’est rendu compte qu’on n’obtient rien sans établir un rapport de forces », assume un proche de Mme Duflot. Encore, n’est-il pas toujours suffisant. Le 8 juillet, la région Ile-de-France a donné son accord à la construction d’un « village nature » de 8 000 résidences près d’Euro Disney, en Seine-et-Marne. Les écologistes ont voté contre, en commission permanente, hostiles au principe d’une nature « clôturée, tarifée et réservée à des touristes européens aisés« . En vain. Un accord PS-UMP a permis l’adoption du projet.

Les écologistes ne vont pas pour autant jusqu’à remettre en cause les accords de gouvernement passés avec le PS. Dans les dix régions où ils disposent d’une minorité de blocage, Lire la suite

Abandon et artificialisation des sols agricoles en Aquitaine : la déprise s’accélère

agreste.agriculture.gouv.fr, Agreste Aquitaine, N° 38, juin 2010

Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt Aquitaine, Enquête Utilisation du territoire (TERUTI), Analyses et résultats

http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf_R7210A19.pdf

Abandon et artificialisation des sols agricoles : la déprise s’accélère

Le territoire aquitain ne cesse d’évoluer…

Sous une apparente stabilité, l’espace régional ne cesse de se modifier. Les évolutions des usages des sols aquitains résultent d’échanges mutuels entre ces différentes composantes. Entre 2006 et 2009, ce sont près de cent cinquante mille hectares, soit 4% du sol aquitain qui ont changé d‘orientation.

A cela, il convient d’y adjoindre les surfaces ayant changé d‘assolement, mais au sein d’une même famille. Ce phénomène est marqué en agriculture à l‘exemple de terres en jachères en 2006 cultivées en céréales en 2009. Au total en Aquitaine sur la période, près d’un hectare sur dix a connu au moins un changement de statut.

… selon des rythmes différents et différenciés

Les espaces naturels occupent en moyenne, en 2009, 91% du territoire régional. Ils comprennent les sols boisés (47%), les sols cultivés (23%) les sols toujours en herbe à usage agricole ou non (13%) ainsi que les espaces non valorisés tels que landes, friches, roches, dunes et zones humides (8%).

Les espaces artificialisés sont le complément dans le territoire des espaces naturels. Ils occupent donc 9% de l’espace aquitain. Ils regroupent les sols bâtis (maisons d’habitation, bureaux, usines,…) les sols de formes aréolaires (place, square, parking,…) et les sols linéaires (routes, ponts, voies ferrées,…).

Entre 2006 et 2009, les sols artificialisés progressent de 20 000 hectares. Avec 8% d’augmentation, les sols bâtis grignotent près de 5 000 hectares par rapport à 2006. Hausse identique pour les autres sols urbanisés mais non bâtis, mais cette fois, ce sont 15 000 hectares de plus qui viennent grossir leurs rangs.

Entre 1992 et 1999, l’urbanisation consommait près de 4 500 hectares de sols naturels chaque année, 5 500 hectares entre 2000 et 2004. Depuis 2006, ce sont 6 500 hectares qui sortent du giron des sols naturels annuellement.

Sans pour autant remettre en cause le caractère rural de l’Aquitaine, cette accélération l’entame.

20 000 hectares de sols urbanisés de plus entre 2006 et 2009, en Aquitaine. Ces derniers continuent de poursuivre leur extension. Démographie, habitat, transports et loisirs sont le moteur de cette croissance.

Les changements d’occupation des sols d’Aquitaine au cours des trois dernières années confirment la tendance observée entre 1992 et 2004. L’artificialisation progresse plus vite que la population.

Toutefois par rapport à la période précédente, de nouveaux éléments apparaissent. Les surfaces en sols boisés Lire la suite

Comment concilier rêve pavillonnaire et ville durable ?

lemonde.fr, Grégoire Allix, le 12 novembre 2009

Comment concilier rêve pavillonnaire et ville durable ?

C’est devenu le leitmotiv des urbanistes et des élus : il faut densifier la ville, éradiquer la banlieue pavillonnaire et son cortège de déplacements automobiles. Mais voilà, sondage après sondage, la maison individuelle reste le rêve de plus de 80 % des Français et 65 % de nos concitoyens se hérissent au seul mot de densité.

Ce grand écart entre le modèle idéal des professionnels et les aspirations de la population est l’objet de l’exposition « Villes rêvées, villes durables ? », présentée à l’Espace Fondation EDF, à Paris, avec l’Institut pour la ville en mouvement. « Le cauchemar de l’étalement urbain, c’est le rêve de maison de beaucoup de gens« , résument les commissaires de l’exposition, les urbanistes Taoufik Souami et Eric Charmes, maîtres de conférence à l’Institut français d’urbanisme et chercheurs au CNRS.

La densité n’est pas la panacée, remarquent les deux auteurs. « Des études norvégiennes montrent que les habitants des zones très denses utilisent certes peu leur voiture en semaine, mais partent davantage en week-end. C’est ce qu’on appelle l’effet barbecue. Le bilan carbone de leurs déplacements est finalement équivalent à celui des habitants de la périphérie« , explique Eric Charmes.

Les écoquartiers, qui bourgeonnent en France vingt ans après les pionniers d’Europe du Nord, sauront-ils faire rêver avec leur modèle d’habitat collectif aéré et économe en énergie ? S’attardant dans les rues d’Hammarby Sjöstad à Stockholm, l’exposition rappelle que si ces quartiers ont du succès, « c’est aussi parce qu’ils ont développé des espaces urbains agréables et une grande qualité de vie« , au-delà de la préservation de l’environnement.

Défi aux urbanistes

Autre rêve aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, où le New Urbanism dépoussière l’esprit villageois : maisons accolées, rues agréables aux piétons, pastiches d’architectures traditionnelles, boutiques. Modèles : les villes de Celebration, en Floride, et Poundbury, en Angleterre. « Ces villes donnent des boutons aux architectes à cause de leur esthétique néovillageoise, mais elles réussissent à faire accepter un habitat individuel dense, avec un mode de vie avant tout urbain, estime M. Charmes. En traitant la densité par l’architecture contemporaine, comme le fait la France, on ne dépasse pas le stade expérimental. »

Réussir la ville peu dense, créer de la centralité en périphérie, introduire de l’urbanité dans les zones pavillonnaires, c’était le défi lancé aux urbanistes par le chercheur François Ascher, à qui doit être décerné le Grand Prix de l’urbanisme 2009 à titre posthume, le 24 novembre.

Des urbanistes dont il regrettait qu’ils « ne se saisissent pas de ce thème, car ils n’acceptent pas que Lire la suite

Le Canard enchaîné : Dès demain, l’atomobile !

Le Canard enchaîné, Jean-Luc Porquet, le 14 octobre 2009

Dès demain, l’atomobile !

Ça serait génial, non ? Au lieu d’être sillonnées comme aujourd’hui par 30 millions de bagnoles polluantes recrachant chacune 2,5 kg de gaz carbonique pour chaque litre d’essence brûlée, les routes de notre beau pays ne verraient passer que des voitures électriques à pollution zéro, estampillées Renault ou Peugeot, fabriquées à Flins et à Montbéliard, du coup on en exporterait partout, y aurait plus de chômeurs en France, les rois du pétrole on leur rirait au nez vu que l’électricité serait fabriquée dans nos centrales nucléaires tricolores qu’on sait tellement gentilles pour la planète.

C’est au nom de ce doux rêve, un chouïa revu à la baisse (atteindre 10% de voitures électriques en 2020 sera déjà un exploit) que not’ président Sarkozy s’agite énormément ces temps-ci. La semaine dernière, il est allé en Moselle promettre des subventions à l’usine (allemande) qui fabriquera bientôt des Smart électriques. Quelques jours auparavant, ses ministres Borloo, Estrosi et Jouanno lançaient un grand plan volontariste destiné à faire de la France le champion européen de la bagnole électrique. Un superbonus de 5 000 euros par achat ! une commande groupée de 50 000 exemplaires pour les entreprises publiques ! 120 millions offerts à Renault pour qu’il fabrique avec le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) des batteries à Flins ! et 900 millions en rab pour commencer à installer un réseau mahousse de prises électriques ! Quatre millions de prises en 2020 ! Prix total : 4 milliards… Bref, l’argent va couler à flot pour la voiture « écolo », et on ne sentira rien puisque le Grand Emprunt y contribuera largement, qu’on remboursera à la saint-glinglin.

Mais il y a – au minimum – deux hic. D’abord, le point faible de cette bagnole : sa batterie, dite « lithium-ion ». elle est hors de prix, aussi chère que la voiture elle-même, soit dans les 120 000 euros, du coup, pour ne pas écoeurer l’automobiliste, on la lui louera (100 euros par mois). Non seulement sa durée de vie est brève, dans les 50 000 km, mais au bout de 200 km maxi, il faudra la recharger, ce qui prendra une nuit en mode normal, une heure trente en mode « semi-rapide », vingt minutes en très rapide (mais faudra raquer plus pour charger plus !). Mieux : Bolloré, le grand ami de Sarkozy, affirme qu’elle est tellement peu fiable qu’ « une voiture sur 5000 brûlera » (« Le Monde », 16/9). Et de jurer que la sienne, une batterie dite « sèche » qu’il fait fabriquer près de Quimper, sera sans risque. Bluff, ou vrai lézard ? Certains en ont déjà conclu qu’il vaudra mieux prendre le bus…

Autre hic : l’électricité vient de quelque part. Dans le monde, les deux tiers sont produits à partir du charbon, du fioul et du gaz. Bonjour le CO2 ! En France, 80 % de l’électricité viennent des centrales nucléaires, qu’on sait très propres : Tchernobyl ne se reproduira plus jamais, promis-juré ; les déchets, on trouvera bien une solution ; et pour les incidents à répétition, pas de panique, chacun a reçu ses comprimés d’iode. Que le doux rêve d’une France à 30 millions de voitures exige 20 réacteurs nucléaires en plus ne doit donc inquiéter personne. Subventionné à mort, l’automobile est en train de se transformer en Lire la suite

Pic du pétrole : impasse des politiques d’aménagement du territoire

etopia.be, Michel Dachelet, le 21 octobre 2009

Pic du pétrole : impasse des politiques d’aménagement du territoire

La proximité du pic de pétrole et la lutte contre le changement climatique nous imposent de repenser l’aménagement du territoire et singulièrement de revenir sur les bouleversements que l’automobile est parvenue à imposer en quelques décennies dans les relations entre les espaces ruraux et urbains.

A partir d’une compréhension de l’histoire de nos paysages, il s’agit de déterminer les actions à mettre en œuvre pour arrêter l’étalement urbain et densifier l’habitat.

La ville sans pétrole sera une ville des transports en commun et des déplacements doux.

Quant aux zones rurales, il s’agira d’y ramener des services de proximité afin d’y réduire les besoins en déplacements.

Rapport de 36 pages à télécharger Lire la suite

Un article de Ekopedia, l’encyclopédie pratique : La fin du pétrole

ekopedia.org, NC, octobre 2009

La fin du pétrole

Un article de Ekopedia, l’encyclopédie pratique.

Si des astronomes annonçaient qu’un astéroïde géant se dirigeait vers la Terre et devait s’écraser avant, disons, 2015, cela ferait la une des journaux. On en parlerait tous les jours, l’assemblée générale de l’ONU serait convoquée et toute la société ferait des plans pour survivre. Si, par contre, on tente d’expliquer que le pétrole va bientôt manquer, personne ne réagit…. Vous trouvez ça logique ?

Tout le monde dit qu’il y a encore assez de réserves pour 40 ou 50 ans. Qu’en est-il en réalité ?

La réponse à cette question dépend en fait de la personne à laquelle on la pose. Pour de nombreux économistes, il n’y a pas vraiment de problème fondamental. Bien sûr, des prix élevés sont mauvais pour l’économie, mais ils permettront d’exploiter des gisements qui ne sont pas rentables pour l’instant et ils stimuleront la recherche dans des sources d’énergie alternative. Certains pensent même que les ressources sont virtuellement illimitées, et que la recherche et la loi du marché sont capables de faire croître les réserves plus rapidement que les dépenses. Ces économistes sont si nombreux qu’on leur a même donné un nom : on les appelle les « économistes de la Terre plate ». Pour ces personnes, la loi du marché est une vraie loi, au même niveau que les lois de la physique, et elle est capable de résoudre à elle seule tous les problèmes que peut rencontrer la société. Ils pensent que l’énergie a la même valeur que les différentes matières premières, alors qu’elle est en fait la condition nécessaire à l’obtention d’autres ressources (y compris l’énergie elle même). Ils pensent que l’économie « crée des richesses », alors qu’elle ne fait que transformer les matières premières et que, sans énergie, il n’y a tout simplement plus d’économie.

Quand des économistes discourent à la télé et qu’entre deux sujets (le chômage, le prix des matières premières, etc), ils évoquent les difficultés que font peser sur l’économie les prix du pétrole, ils ont tout faux. Le pétrole n’est pas un problème.

Le pétrole est LE problème.

Et puis… Il y a les autres. Il y a les géologues, bien sûr, mais également les techniciens qui exploitent les champs pétrolifères, les mains dans le cambouis. Ils ont une vision très différente de la vision rose bonbon que je viens de vous présenter.

Le Pic de Hubbert

Tout d’abord, soulignons que la prévision classique « il reste assez de pétrole pour tant d’années » est faite en supposant que la consommation reste constante. Malheureusement, c’est très loin d’être le cas. Ces dernières années, de nouveaux très gros consommateurs (la Chine et l’Inde pour l’essentiel) sont apparus sur le marché et consomment autant qu’ils le peuvent. Ceci étant dit, poursuivons.

Comme toutes les ressources finies, la production de pétrole a commencé et finira à zéro. Entre ces deux extrêmes, la production passe nécessairement par un maximum. On appelle ce maximum le « pic de Hubbert« , du nom du géologue qui l’a calculé le premier. Il se produit approximativement quand la moitié du pétrole disponible a été extraite, et tout laisse à penser que ce pic est imminent.

En 1956, le géologue King Hubbert a prédit que la production de pétrole aux USA atteindrait son maximum aux alentours de 1970 avant de commencer à décroître. Évidemment, tout le monde l’a ridiculisé. Et pourtant, il avait raison et, depuis 1971, la production de brut aux USA ne cesse de baisser. Bien sûr, ce phénomène n’est pas propre à ce pays mais commun à toutes les régions productrices. Seule la date diffère. À l’heure actuelle, la plupart des pays ont atteint ou dépassé leur pic de production. Les seuls pays ne l’ayant pas encore atteint sont au Moyen-Orient.

Maintenant il est évident que, si l’on considère la production mondiale dans son ensemble, le même phénomène doit se produire.

Selon le site de l’ASPO, la date la plus probable est 2011, mais selon le Professeur Kenneth Deffeyes de l’université de Princeton, ce pic a été atteint le 16 décembre 2005 ! [1]. Une synthèse des estimations peut être consultée ici.

À ce point de notre raisonnement, quelques remarques s’imposent :

Le gouvernement américain actuel rassemble beaucoup de membres de l’industrie pétrolière. Il est très probable que leur invasion de l’Irak ait été planifiée en prévision du « peak oil ».

Pour extraire du pétrole, du charbon ou des sables bitumineux, on a besoin d’énergie (pompes, etc), et donc de pétrole. En d’autres termes, il arrive un moment où l’extraction n’est plus rentable, et ceci quel que soit le prix du marché. S’il faut brûler un baril pour en récupérer un, on ne le fera pas, même à 10 000 $ le baril. C’est un concept que les économistes de le Terre plate ont beaucoup de mal à comprendre… De nombreuses réserves d’hydrocarbures fossiles sont donc « hors de portée » et ne seront jamais utilisées sauf, peut être, comme source de matières premières non énergétiques.

Les conséquences

Quelles seront les conséquences ? Immenses. Une fois le pic atteint, la production ne peut que chuter, ce qui signifie une explosion des prix. Actuellement, on a une crise pétrolière si la production est inférieure même d’un demi pour cent à la demande, mais cette crise sera bien plus sévère ! Bien sûr, il restera encore du pétrole pour quelques années, mais il sera cher. Très cher. Et les prix ne feront que monter

Plus concrètement, l’explosion des prix du brut signifie, entre autre joyeusetés :

La fin de la globalisation

Plus personne n’ira faire fabriquer des T-shirts à 10 centimes la douzaine à l’autre bout du monde si le prix du pétrole atteint des sommets. Évidemment, ce n’est pas forcément une mauvaise chose, car ces emplois pourraient retourner chez nous. Toutefois, cela signifie également Lire la suite

Vincent Feltesse : L’écologie politique, ce n’est pas juste le compost individuel, c’est un modèle de société

20minutes.fr, Marion Guillot, le 11 septembre 2009

« Oui au Grand Stade, à certaines conditions »

Le pont-levant Bacalan-Bastide est-il sûr de sortir de terre ?

Il y a toujours des risques de retard, en raison des recours juridiques et des mécanismes d’appel. Mais les politiques ont leur responsabilité. On a délibéré vendredi dernier de manière plus que large, et les travaux devraient démarrer entre fin septembre et début octobre, pour une livraison à l’été 2012.

Avez-vous trouvé la bonne formule, qui satisfait à la fois l’Unesco, les élus et les habitants ?

On a trouvé la meilleure formule. C’est un point d’équilibre entre toutes les contraintes : la nécessité d’accueillir le tram, les piétons, les vélos et les automobilistes, et de laisser passer les bateaux. La deuxième voie automobile pourrait être dédiée aux véhicules de covoiturage, bus et taxis.

N’y a-t-il pas urgence à faire le pont Jean-Jacques-Bosc, au débouché des boulevards ?

Il est prévu à l’horizon 2016-2017. Nous l’avons lancé en octobre 2007, et il faut au moins dix ans pour faire un pont. On ne pourra pas aller plus vite.

Le Grand Stade, autre grand projet, est-il un investissement nécessaire, selon vous ?

La mairie de Bordeaux en a pris l’initiative et a sollicité la CUB. Dégager de 10 à 15 millions d’euros ne semble pas inaccessible pour un tel équipement, qui coûterait 230 millions d’euros. Mais si l’on devait mettre 100 millions, cela ne serait pas envisageable. J’y mets aussi des conditions : si le public participe, il faut de la transparence sur les financements privés, et l’UEFA ne doit pas nous imposer un projet pharaonique. S’il doit y avoir des surfaces commerciales associées, je suis d’accord pour 5 000 m2, mais pas pour 50 000 m2.

Au sujet de la taxe carbone. Pensez-vous que ce soit le bon moment ?

Malgré le scepticisme de la population, passer à une fiscalité écologique est absolument indispensable. Aujourd’hui, cette taxe prend malheureusement des allures d’injustice sociale. D’un côté, les ménages entendent parler de la hausse du forfait hospitalier, et de l’autre, on trouve des milliards lorsqu’il faut sauver les banques…

Côté transports, quelles solutions sont envisagées contre l’engorgement de l’agglomération ?

Il faut rappeler qu’on prend environ deux fois moins les transports en commun dans l’agglomération bordelaise qu’à Nantes ou Lyon. Et le réseau représente une dépense nette annuelle de 100 millions d’euros pour la CUB. Donc, cela ne fonctionne pas. Pour inverser la vapeur, il ne suffit pas d’augmenter les fréquences du tram, car seuls 30 % de la population l’utilise. Il faut Lire la suite