Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

terrecooperative.ouvaton.org, Alain Marcom, le 13 avril 2008

http://terrecooperative.ouvaton.org/spip.php?article24

Ce texte fait partie du « Petit Précis d’Agroécologie » Nourriture, Autonomie, Paysannerie, sous la direction de Silvia Perez-Vitoria et Eduardo Sevilla Guzman, édité par La Ligne d’Horizon, 7 villa Bourgeois 92240 Malakoff et qu’on peut le commander pour la somme redoutable de 6 € + frais de port

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

Jusqu’en 1750, origine de la mécanisation, les maisons de la grande majorité de la population mondiale étaient forcément des maisons à faible impact environnemental. Elles étaient issues de matériaux de proximité, montés avec un savoir faire local et dans le cadre d’une économie faiblement marchande. Le travail de mise en oeuvre était basé sur la consommation d’une énergie métabolique humaine ou animale. On était parfois aidé par les cours d’eau ou le vent à fin de transport ou d’aide mécanique au sciage des arbres ou de taille des pierres, pour la très ténue minorité des puissants économiques, politiques ou religieux.

Mais pour l’immense majorité de l’humanité, c’était le contexte général de l’architecture de cueillette. Ce qui ne servait pas, voire ce qui gênait dans l’agriculture, était utilisé en construction. On gérait plus qu’on ne cultivait des matériaux comme le bois ou les roseaux. On construisait avec les pierres qui affleuraient à la surface du champ et avec la terre des coins les moins fertiles. L’impact environnemental principal était du à la cuisson de la terre pour les briques ou les tuiles, et à la cuisson de la chaux, dans les régions où ces cuissons étaient pratiquées. Mais ces derniers matériaux étaient utilisés avec une grande parcimonie, surtout que la population mondiale était bien inférieure à la population actuelle, puisqu’elle n’atteint son premier millard d’habitants qu’au début du 19 ème siécle….

Seuls les monuments, bâtiments des puissants, s’exonéraient de cette pratique par l’importation de matières venues de loin, quand les matériaux locaux n’étaient pas assez prestigieux et coûteux pour éblouir les passants. En effet les matières pour construire étaient, et restent encore aujourd’hui lourdes et leur transport avant le règne des camions, des autoroutes et du pétrole, avait un coût considérable. A partir de 1850, la machine thermique a peu à peu permis de transformer la matière, de la transporter plus facilement sur de plus grandes distances. Le train, l’acier, le bateau à vapeur, le ciment, les engins de carrière ont transformé les matériaux et les savoir faire dans les pays en voie d’industrialisation tout au long du 19 ème siècle.

La croissance des villes dans le « premier monde » a participé à la naissance d’un marché du travail dans le bâtiment. Un secteur important de l’économie est né à partir de la révolution industrielle. Alors que le ciment est inventé au début du 19 ème, c’est vers le milieu de ce siècle qu’est déposé le premier brevet du béton armé, et c’est dans la dernière décennie du 19 ème qu’on voit apparaître des chantiers de construction d’immeubles en béton armé en Belgique, chantiers effectués par des entreprises allemandes. A ce moment, nous sommes au début de l’« art nouveau », et ce sont les capacités plastiques du béton qui sont recherchées.

L’industrialisation du bâtiment en France

La reconstruction après la première guerre mondiale a vu la première tentative de bétonnisation dans le Nord Est de la France. Cette tentative parfaitement réussie du point de vue économique, fera du chemin, bien que la ligne Maginot ait peu convaincu. L’occupation allemande, avec le chantier du mur de l’Atlantique a confirmé le formidable potentiel du béton et la facilité de façonnage, aussi appelée formation, de la main d’oeuvre. C’est fort de ces réussites économiques et mécaniques resplendissantes que le gouvernement provisoire de 1944 va se lancer dans une stratégie d’industrialisation à outrance sous prétexte de « reconstruction ». Les écoles d’ingénieurs formatés à ce projet, et les recherches pour la modélisation de ce matériau emblématique de la modernité, vont fleurir un peu partout en France.

Les tâches de la chaîne de production du bâti vont être finement découpées et séparées, atomisées, taylorisées. C’est à l’aune de la flèche de la grue que vont se concevoir les cités de banlieue. De véritables usines de béton armé vont se monter à une extrémité du chemin de grue. Celle-ci distribuera les coffrages-tunnels ou les éléments préfabriqués au bout de sa flèche de chaque côté du rail, donnant naissance à deux barres parallèles. Sur ce process industriel de conception et de réalisation, un peu partout des cités des mille, deux mille, jusqu’à quatre mille logements vont être construites. La puissance publique ne va pas ménager ses commandes, en cités-dortoirs de banlieue, hôpitaux, écoles, bâtiment administratifs, barrages, ponts, etc… Le béton über alles établira de la sorte sa domination actuellement encore sans partage. Un hasard bien planifié fait donc que nous avons aujourd’hui en France les deux plus puissants groupes de bâtiment mondiaux, et le premier producteur mondial de ciment.

De l’autre côté du Rhin, la tradition fédéraliste a engagé l’Allemagne dans une autre stratégie. Le montant des destructions était bien supérieur là-bas qu’ici. Mais là bas on a investi les fonds du plan Marshall dans le redressement du capital industriel lourd. Les régions, avec de très faibles moyens, ont eu en charge la « reconstruction ». Ainsi, on a pu voir des techniques traditionnelles régionales normalisées, et des ouvrages pédagogiques de vulgarisation de techniques constructives simples à base de matériaux peu transformés et de proximité diffusés, favorisant l’autoconstruction, l’apprentissage et la reconstruction d’un tissu économique constitué essentiellement de petites entreprises. L’organisation politique a produit une forme de retour à l’architecture de cueillette. Les savoir faire locaux, Lire la suite

Publicités

L’environnement est-il une préoccupation majeure pour les Français ? Oui et ils sont prêts à payer plus pour vivre mieux !

cdurable.info, le 25 mai 2010.

http://www.cdurable.info/+L-environnement-est-il-une-preoccupation-majeure-pour-les-francais-Sondage-IPSOS-France-Bleu,1730+.html  

L’environnement est-il une préoccupation majeure pour les Français ? Oui et ils sont prêts à payer plus pour vivre mieux !

Publication des résultats du Sondage Ipsos/France bleu : mardi 25 mai, 5h

Le mardi 25 mai, journée spéciale sur les 41 stations du réseau France Bleu.

La Tempête Xynthia, la marée noire au large des côtes américaines, l’éruption du volcan islandais… les événements récents et la prise de conscience collective font de l’environnement un acteur déterminant dans le monde d’aujourd’hui.

Avec l’appui d’un sondage IPSOS exclusif, le réseau France Bleu interroge les Français sur leur manière de préserver ou non l’environnement, sur leurs motivations et les gestes concrets pour « sauver la planète » ; il leur demande s’ils sont prêts à payer plus pour vivre mieux, si le changement climatique les inquiète, s’ils souffrent de la pollution.

A la lumière du sondage, les 41 radios de France Bleu vont enquêter : reportages, interviews, avis de spécialistes, réactions et témoignages d’auditeurs. Tout au long de la journée, elles apporteront des trucs et astuces, des conseils pour préserver l’environnement.

Porteur d’informations exclusives, le réseau France Bleu délivre ici des clés pour comprendre et pour décrypter l’état d’esprit des Français.

RESULTATS

Les Français prédisposés à une augmentation modérée de leurs impôts en faveur de la protection de l’environnement

Les résultats de l’enquête Ipsos / France Bleu [1] confirment, malgré la crise économique et l’émergence de discours écolo-sceptiques, l’importance accordée par les Français à la protection de l’environnement. Elle révèle par ailleurs à quel point cette thématique est présente dans leur vie de tous les jours.

La majorité des Français se déclare inquiète face au changement climatique.

La sensibilisation des Français aux problèmes environnementaux et à leurs effets semble bien résister aux dernières polémiques (remise en cause du réchauffement climatique, taxe carbone) et plus largement à l’émergence récente de discours écolo-sceptiques.

Ainsi, même s’il ne s’agit pas de leur principale préoccupation,  une large majorité de Français (69%) demeure aujourd’hui inquiète face au changement climatique,  contre seulement 31% qui déclarent le contraire.

La multiplication des catastrophes naturelles (séismes en Haïti, au Chili et en Chine, tempête en Vendée) contribue certainement à renforcer ce sentiment.

L’inquiétude est particulièrement marquée chez les jeunes générations

 79% chez les moins de 35 ans,

 les personnes les plus âgées étant en revanche plus Lire la suite

NOBATEK. Le centre de ressources dédié à la construction durable s’est installé dans un bâtiment pilote à Anglet

sudouest.com, Philippe Hemmert, le 19 Novembre 2009

NOBATEK. Le centre de ressources dédié à la construction durable s’est installé dans un bâtiment pilote

L’habitat écologique expose sa nouvelle vitrine à Anglet

La côte basque accueille depuis cet été l’un des rares bâtiments aquitain labellisé HQE (haute qualité environnementale). Et d’ici quelques mois, cet équipement devrait être le premier de la région à décrocher la certification BBC (bâtiment basse consommation) très en vogue en Europe du nord, mais encore peu répandue en France.

C’est là une première réalisation très concrète de Nobatek, le centre de ressources technologiques dédié à la construction durable. Autrement dit un laboratoire d’idées – et de solutions – pour rendre notre habitat plus respectueux de l’environnement et plus économe en énergie. Depuis sa création, il y a cinq ans, cette émanation de la fondation espagnole Tecnalia, co-financée en France par la fédération des entreprises du BTP, a d’emblée été sollicitée sur des projets très divers.

Une approche globale

Recherche d’une optimisation thermique dans la rénovation de l’habitat social – une commande de la SEMSIB de Bègles -, valorisation des déchets industriels comme matériaux de remblai dans le BTP au Pays Basque, utilisation maximale du bois naturel dans les schémas de construction au Québec, etc… Ces pistes d’expérimentation ont été les pionnières. Mais la structure a entretemps considérablement étoffé sa panoplie.

Matériaux, systèmes, process, eau énergie, architecture, urbanisme ?.Le centre de recherches présente aujourd’hui une pluridisciplinarité qui lui permet de proposer une approche globale à ses clients. Présent sur de nombreux marchés d’aménagement en Aquitaine, Nobatek développe en cette année 2009 une activité de plus de 2 millions d’euros pour une centaine de projets traités.

« Le secteur du bâtiment absorbe 40 % des ressources énergétiques de la planète, il est donc urgent de réfléchir à des solutions alternatives » répète Jacques Tortos, le directeur de Nobateak, à la tête désormais forte d’une trentaine d’ingénieurs. L’équipe a en effet doublée ses effectifs en juillet dernier, après la fusion avec Ecocampus, une cellule de transfert de technologie de l’ENSAM de Bordeaux.

Innover, le maître mot

Du coup, Nobatek possède aussi un pôle relais dans la capitale girondine, même si son siège social reste à Anglet et offre dorénavant une formidable vitrine de son activité. Car le nouveau bâtiment du centre de recherche, dans les Landes de Juzan, entre Cantau et Montaury, constitue le parfait reflet de sa vocation.

Tout y est passé au crible de l’aménagement durable. L’orientation Lire la suite

Le premier écogîte du département de la Gironde à Marsas

sudouest.com, Françoise Chouvac, le 4 Novembre 2009

MARSAS. Le premier écogîte du département

Une semaine à La Bernarde

Le calme, l’authenticité, un habitat préservé et respectueux de l’environnement, telle est la philosophie de l’écogîte selon les Gîtes de France. Cette philosophie est également celle des époux Gallet, qui possèdent depuis plus de trente ans la propriété La Bernarde. René a aménagé le parc paysager de 10 hectares, les 3 kilomètres d’allées forestières bordées d’arbres divers mais qui respectent tous la biodiversité du lieu. Point d’arbres exotiques mais uniquement ceux des régions tempérées et océaniques, deux étangs entièrement recouverts de nymphéas multicolores, des oiseaux, des canards, des tortues cistudes, une pisciculture de carpes, des champignons à la saison… Bref, un vrai paradis, qui est souvent le cadre de stages pour écologistes convaincus.

Bio, solaire, recyclable

René et Marie-France Gallet ont souhaité transformer une partie de leur maison en gîte rural et se sont engagés dans la démarche en proposant un hébergement rural touristique « écolo » : des panneaux solaires installés sur le toit chauffent l’eau des sanitaires mais également la maison, la peinture des murs est bio, le bois et d’autres matériaux naturels, locaux et recyclables, moins néfastes pour l’environnement, ont été choisis avec soin.

Tous les critères exigés par les Gîtes de France ont été scrupuleusement respectés, et c’est ainsi qu’au mois d’octobre La Bernarde est devenue le premier écogîte de la Gironde. Ce classement permet ainsi aux touristes et aux vacanciers désireux de vivre quelques jours dans un cadre écologique d’être sûrs de ne pas être déçus et de trouver une maison en accord avec leurs convictions.

Le gîte des Gallet est bien plus que cela, et René n’a de cesse de faire découvrir sa propriété avec enthousiasme et gentillesse. Il n’hésite pas à donner des conseils sur le recyclage, le tri sélectif, la façon de faire du compost, et plein d’autres recettes avec les plantes et les fleurs trouvées en parcourant le domaine.

Les vacanciers repartent heureux d’avoir passé un séjour agréable dans un cadre de verdure et de calme, et ravies des conseils éclairés des époux Gallet.

Céline et Fabien ont pu, les premiers, apprécier le charme de l’écogîte La Bernarde. Ces deux citadins avaient gagné un week-end dans cet endroit grâce à un jeu sur France Bleu, et les époux Gallet leur ont offert de rester toute la semaine gratuitement.

« Les propriétaires sont charmants et sympathiques, raconte Céline. Ils nous ont fait les honneurs de leur domaine, des quatre potagers, des parcs à moutons, des poulaillers. » Fabien, quant à lui, a admiré le travail de René dans le parc : « Les arbres, Lire la suite

Bassin d’Arcachon : Un exemple d’éco-construction exemplaire

sudouest.com, Chantal Roman, le 3 Novembre 2009

PYLA-SUR-MER. Dans le cadre des Journées de l’énergie organisées par le réseau des Espaces info énergie d’Aquitaine, visite d’une villa dite à « énergie positive »

Un exemple d’éco-construction exemplaire

Exemplaire, tel est le mot. À la fois au plan des ressources en énergie « positive » qu’au plan de la construction, bioclimatique. C’est ce que les visiteurs, nombreux, qui participaient à la semaine des Journées de l’énergie ont pu découvrir avec cette villa construite à Pyla-sur-Mer, avec vue sur les passes du Bassin.

« Il s’agissait pour nous de surélever une construction déjà existante, explique la propriétaire. Nous avions d’une part un budget serré et d’autre part la volonté de réaliser un projet entièrement bioclimatique, mais aussi porteur d’énergie positive ».

Excellente isolation

Le couple a fait appel à un architecte, Olivier Lehmans (cet architecte bordelais est spécialisé dans les démarches HQE-haute qualité environnementale, conceptions bioclimatiques, écoconstructions, etc.), et aux conseils du Creaq (Centre régional d’écoénergétique d’Aquitaine) pour la réalisation de la maison. L’architecte était d’ailleurs présent lors de la visite afin de guider les visiteurs, tandis que William Mazel représentant le Creaq, répondait aux questions des visiteurs. C’est donc une construction entièrement dirigée vers les économies d’énergie, une maison « passive », à très faible consommation énergétique, orientée sud et sud ouest, avec une façade entièrement vitrée. Tout a été conçu pour fonctionner sans chauffage conventionnel, mais avec un simple chauffage d’appoint, en l’occurrence une chaudière à condensation au gaz et une cheminée insert.

Ainsi, cette maison offre toute l’année une température ambiante agréable : « Sans chauffer, il fait 19°C tout le temps », annonce la propriétaire.

La construction a été réalisée avec des matériaux locaux : du bois de la forêt usagère coupé à la bonne lune pour la charpente, une isolation avec des fibres végétales, (du chanvre), du pin maritime des Landes pour les parquets et le bardage intérieur des pièces.

Un seul grand espace regroupe un vaste salon et une cuisine ouverte. Pas de cloison, ce qui permet à la lumière du jour d’entrer à plein… et donc d’économiser de l’électricité. Côté baies (avec double vitrage) un avant-toit protège du soleil durant l’été, mais le fait entrer l’hiver.

Du photovoltaïque sur le toit

sudouest.com

C’est une toiture végétalisée de 100 m² qui a été réalisée, et cette couche naturelle offre une meilleure isolation, surtout l’été. Elle permet aussi un stockage des eaux de pluie, lesquelles sont récupérées pour l’arrosage du jardin. Autre installation, celle de capteurs solaires et panneaux photovoltaïques thermiques. La propriétaire est d’ailleurs ravie du bilan économique : « C’est Lire la suite

Logement social : Des maisons passives en pin des Landes expérimentées

libebordeaux.fr, Stéphanie Lacaze, le 14 octobre 2009

Logement social : Des maisons passives en pin des Landes expérimentées

ENVIRONNEMENT – Si les constructions de logements passifs ne constituent plus une exception, la ville du Taillan-Médoc, la région Aquitaine et le bailleur social Gironde habitat, ont décidé d’aller encore un peu plus loin en concevant deux maisons extrêmement économes en énergie et construites en pin maritime des Landes. Autrement dit en privilégiant la filière locale.

Très en retard en matière de logements sociaux, la ville du Taillan-Médoc a du mettre les bouchées doubles depuis quelques années pour ne pas payer de trop fortes pénalités. Comme l’explique son maire, Ludovic Freygefond, sa commune « ne comptait que 1 % de logements sociaux en 2001 » lorsqu’il a été élu. Elle arrive aujourd’hui péniblement à 6, 5 %. Mais le chantier reste énorme. La résidence HQE (haute qualité environnementale) d’une quarantaine d’appartements qui est en cours de livraison répond à ces besoins. C’est dans ce cadre que les différents partenaires ont décidé d’expérimenter la mise au point de deux logements BBC (bâtiments basse consommation). Si un bâtiment isolé par l’extérieur permet en effet d’économiser 50 % d’énergie par rapport à un habitat traditionnel, ces maisons « passives » devraient permettre de diviser par quatre, la consommation.

Tout a été mis en œuvre par les architectes pour obtenir un résultat optimal. Le béton n’a été utilisé que pour les fondations et le dallage de ces logements. L’ossature est en bois, isolée par de la laine de verre. Un puits canadien a été installé pour récupérer de l’énergie et assurer le chauffage. La circulation de l’air a été facilitée. Enfin, des panneaux solaires ont été installés pour la production d’eau chaude. Malgré tout, ces deux logements restent raccordés au réseau électrique. Ils ne sont pas encore totalement autonome notamment en plein hiver mais selon le maire du Taillan-Médoc, « la facture d’électricité ne devrait pas dépasser les 30 euros par mois, abonnement inclus. »

Comme il s’agit d’une expérimentation, ces deux maisons vont faire l’objet d’une étude durant un an. « Des capteurs ont été installés pour vérifier la passivité des ces constructions » explique Ludovic Freygefond, « pour voir si on peut continuer à en construire malgré leur coût excessif. » Chacun de des logements revient en effet à Lire la suite

Nouveau rapport des Amis de la Terre : Surconsommation des ressources naturelles, le défi

cdurable.info, David Naulin, le 15 septembre 2009

Nouveau rapport des Amis de la Terre : Surconsommation des ressources naturelles, le défi

Alors que s’ouvre à Davos en Suisse le premier Forum Mondial sur les Ressources (FMR), les Amis de la Terre Europe, l’institut de recherche SERI et les Amis de la Terre Autriche publient le nouveau rapport « Overconsumption ? Our use of the world’s natural resources ». Chiffres à l’appui, le rapport met en évidence que nos sociétés ont développé ces dernières décennies une frénésie de consommation, générant une surexploitation de ressources naturelles principalement issues d’autres pays. Elles n’ont d’autre choix que d’opérer un virage radical pour préserver les générations futures et l’équité entre les peuples.

En 1995, Les Amis de la Terre publiaient déjà le rapport « Vers une Europe soutenable » [1] qui sonnait l’alarme sur la surconsommation des ressources naturelles et sur les inégalités de consommation entre pays. Il proposait un concept innovant d’ « espace environnemental », fondé sur un principe d’équité, correspondant à la quantité d’énergie, d’eau, de territoire, de matières premières non renouvelables et de bois pouvant être utilisée de manière soutenable. Cet espace environnemental disponible par personne est plafonné, mais il propose également un plancher correspondant au niveau minimum de ressources dont chacun doit pouvoir disposer pour ses besoins fondamentaux.

Le nouveau rapport reprend ces concepts et publie des chiffres plus récents qui n’en sont que plus alarmants :

Les hommes consomment aujourd’hui 50 % de ressources naturelles de plus qu’il y a seulement 30 ans, avec environ 60 milliards de tonnes de matières premières par an [2] ;

Les populations des pays riches consomment jusqu’à 10 fois plus de ressources naturelles par habitant que celles des pays pauvres. Un Européen consomme 43 kg de ressources par jour, contre 10 kg pour un Africain ;

– L’Europe est plus dépendante des importations que les autres continents ;

– L’économie mondiale actuelle utilise environ 30 % de ressources de moins pour produire un euro de PIB qu’il y a 30 ans. Mais la consommation globale de ressources continue à augmenter.

Pour Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre France, « La surconsommation de ressources par les pays riches ne peut plus continuer : changements climatiques, conflits, pollutions, déforestation, atteinte à la biodiversité et explosion des inégalités sociales. Autant de symptômes de sociétés malades qui nous rappellent que le bien-être de tous se construira sur d’autres concepts que la croissance du PIB.

L’Europe doit se fixer des objectifs ambitieux de baisse de sa consommation globale de ressources naturelles pour réduire sa dépendance et faire cesser les dégâts sociaux et environnementaux liés à leur surexploitation. C’est également le seul moyen de Lire la suite