Mode d’emploi pour rendre sa maison écolo

Le Monde, Catherine Sabbah, 7 mars 2009

Mode d’emploi pour rendre sa maison écolo

Pour faire des économies, il faut commencer par investir. Ce paradoxe n’a pas échappé aux propriétaires soucieux de mieux isoler leur logement ou d’y installer des systèmes économes en énergie et moins polluants. Les pionniers ont sans doute essuyé quelques plâtres et fait les frais d’un manque d’information. Après la hausse du coût de l’énergie au cours de l’été 2008, l’insistance des installateurs de chauffe-eau solaires, de chaudières à condensation ou de pompes à chaleur à vendre des équipements parfois mal adaptés aussi provoqué des déceptions.
Depuis quelques mois, des groupements d’industriels associés à des fédérations de constructeurs ou d’architectes mettent en place des offres globales qui commencent par un diagnostic thermique de l’existant. Des prescripteurs comme GDF-Suez et EDF proposent également ce type d’interventions à travers des artisans agréés.

« Il ne sert à rien de chauffer pour moins cher si la maison est une passoire« , justifie Pierre Hérant, chef du département bâtiment et urbanisme de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Les travaux d’isolation des fenêtres, des portes, des combles sont les plus urgents à entreprendre et pas les plus chers. Une fois la maison calfeutrée, il est souvent possible de conserver sa chaudière et ses radiateurs. Mais ces solutions ne concernent « que » les 13 millions de maisons individuelles. Rien de tel pour les logements collectifs à l’exception des immeubles de logements sociaux détenus par un seul bailleur.

Dans le cas des copropriétés, les syndics auront fort à faire pour pousser des copropriétaires, déjà très sollicités, à se lancer dans de nouveaux travaux coûteux. Dans le cas des logements locatifs privés qui représentent 21 % du parc résidentiel, la question est encore plus épineuse car les travaux financés par les propriétaires bailleur profiteront d’abord au locataire. Trois groupements proposent ce genre de démarche. Phénix Evolution se targue d’une expérience d’une vingtaine d’années de rénovation des maisons du groupe Geoxia aujourd’hui réorientée, via le projet ODMIR4, vers la question des économies d’énergie.
Les « Architecteurs », un collectif d’architectes rebaptisés pour l’occasion les « Améliorateurs », proposent la solution Adelie pour tous types de maisons y compris les bâtisses anciennes.
Enfin, l’Union nationale des syndicats français d’architectes (Unsfa) se focalisera, à travers son projet MYTECH, sur les maisons construites entre 1950 et 1975, « les pires, car vite et mal construites à une époque où le pétrole n’était pas cher et semblait inépuisable« , considère François Pellegrin président d’honneur de l’Unsfa et porteur du projet.

L’ambition vise à réduire de 30 % la consommation énergétique de ces logements et les hisser de plusieurs degrés sur l’échelle graduée de A à G des étiquettes énergétiques. « Il est assez facile de gagner deux échelons, explique Olivier de Lattre directeur du développement de Phénix Evolution. Ensuite, tout dépend des équipements installés. Nous avons démontré qu’il est possible de passer de G à B, c’est-à-dire d’une consommation de chauffage de plus de 450 euros par an à moins de 90. »

Les dépenses correspondantes se chiffreront souvent à plusieurs dizaines de milliers d’euros. « Il est très difficile d’annoncer un prix moyen, estime Jean-Pierre Bosquet, le président de la Compagnie des architecteurs. Les maisons sont toutes différentes et n’ont pas été entretenues de la même manière. Il faut compter au moins Lire la suite

Mérignac : reconduction des packs écologiques

Sud-Ouest, Olivier Delhoumeau, le 27 Février 2009

MÉRIGNAC, ÉCOLOGIE. La municipalité reconduit le dispositif des packs écologiques, en mettant l’accent sur l’aide à l’équipement de composteurs. Malgré le désengagement de la CUB

Le compost passe au vert

Dans le cadre des actions de l’Agenda 21, la ville met en place depuis 2007 une politique d’aide aux habitants souhaitant adopter un comportement écocitoyen. De quelle façon ? En accompagnant financièrement les foyers s’équipant d’un chauffe-eau solaire, d’un économiseur d’eau ou d’un composteur individuel.

Cette opération recevait jusqu’à présent l’appui de la CUB. Problème, la Communauté n’a pas reconduit son partenariat cette année. « On a appris la nouvelle fin 2008, sans réelle explication. Devant le contexte budgétaire tendu, les arguments financiers ont sûrement prévalu », déplore Marie Récalde, adjointe déléguée au développement durable et aux relations avec les entreprises.

Bio-seau en prime

Malgré le pas de côté de la CUB, la municipalité poursuit sur la dynamique engagée. En modifiant quelque peu les règles du jeu. « On stoppe le soutien aux récupérateurs d’eaux pluviales pour mettre l’accent sur le compostage. On veut inciter les gens à faire davantage de compost avec la fraction fermentescible des ordures ménagères (les épluchures de légumes) et les déchets de jardin », explique Patrick Madec, chargé de mission Agenda 21. La finalité étant aussi de réduire la pression sur la collecte des déchets verts, en favorisant la production et l’utilisation d’engrais naturel.

Depuis le lancement de l’opération, la ville estime à 300 le nombre de foyers aidés pour l’achat de composteurs. L’objectif pour 2009 est d’accompagner 260 foyers de plus. Sachant, selon les chiffres, qu’un bon usage du composteur permet de retirer environ 30 % des déchets des particuliers des circuits traditionnels de collecte.

Comme les années précédentes, la procédure consiste, après prise de contact avec les services municipaux, à signer une convention avec la mairie. Sur présentation d’une facture d’achat, d’un justificatif de domicile, d’un RIB et d’une pièce d’identité, la ville s’engage à subventionner 260 composteurs individuels labellisés NF, à hauteur de 30 euros.

Chaque bénéficiaire recevra en prime un « bio-seau » de Lire la suite

Bilan de l’Ecofestival du Périgord

Sud-Ouest, le 15 septembre 2008, Julie Martinez

SAINT-PIERRE-DE-FRUGIE. Les visiteurs de l’écofestival ont pu se renseigner sur la construction écologique

La maison verte

Ils avaient presque tous l’écologie chevillée au corps, les visiteurs du 3e écofestival, ce week-end à Saint-Pierre-de-Frugie. Ils n’ont pas hésité à venir des départements limitrophes ou de bien plus loin et à traverser le chemin un tantinet glissant de la châtaigneraie pour venir parfaire leurs connaissances en techniques et matériaux écologiques.

Si les enfants ont pu allégrement profiter des ateliers spécialement concoctés pour eux ou du manège à pédales d’Albert David, les adultes, eux, étaient là pour des choses bien plus sérieuses.

Les bras chargés de documentation, ils se baladaient de pôle construction en pôle laine à la recherche d’informations. Comme ce couple de Saint-Léon-sur-L’Isle venu se renseigner sur le traitement de l’eau. « On a une sensibilité particulière pour ces techniques », explique monsieur. « C’est agréable de venir ici, de retrouver des gens plus ou moins dans la même démarche que nous. L’écologie, c’est une façon de vivre mais aussi de consommer bien différente de la tendance actuelle », note son épouse.

Respectueux de la nature. Cuves pour la récupération de l’eau de pluie, chauffe-eau solaire, plaque d’isolation en coton recyclé ou maison de paille, tous les exposants, pour réaliser un logement parfaitement respectueux de la nature, s’étaient donné rendez-vous dans ce petit coin de verdure aux confins du département.

Concevoir sa maison, c’est justement ce que Marie-Anne Vitry a décidé de faire. Pour cela, elle n’a pas hésité à faire la route depuis Ruelle, en Charente, pour venir se renseigner en famille sur les maisons à ossature en bois. « Nous sommes venus visiter l’écocentre il y a six mois. Nous avons acheté un terrain et nous avons déjà une idée de ce que nous voulons, une maison à ossature en bois avec des panneaux solaires pour une très basse consommation », explique Marie-Anne Vitry. Sur place, ce sont plus les entreprises qui correspondent à son projet que des explications qu’elle est venue chercher. « Nous sommes des écologistes de conviction. On se projette, on veut une maison aux normes de 2010-2020 et une bonne conception pour minimiser la consommation d’énergie. » Et cette maison, ce n’est pas en rase campagne qu’ils comptent l’édifier mais en ville, dans l’agglomération angoumoisine. Lire la suite