La « démocratie écologique » de Dominique Bourg n’est pas la solution

alternatives-ecologique.fr, Jean Gadrey, le 18 janvier 2011

La « démocratie écologique » de Dominique Bourg n’est pas la solution

http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/01/18/la-%C2%AB-democratie-ecologique-%C2%BB-de-dominique-bourg-n%E2%80%99est-pas-la-solution/

Un débat existe sur la démocratie écologique (et plus généralement sur la démocratie scientifique). Il serait dommage de le caricaturer, comme c’est le cas avec certaines critiques des thèses de Dominique Bourg. Deux livres récents et importants peuvent l’éclairer. D’une part celui d’Hervé Kempf, « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie » (Seuil). D’autre part celui de Jacques Testart, Agnès Sinaï et Catherine Bourgain, « Labo planète, ou comment 2030 se prépare sans les citoyens » (Mille et une nuits).

Les idées de Dominique Bourg sont explicitées dans un article qu’il a publié avec Kerry Whiteside dans « La vie des idées » le 1° septembre 2009. Il est accessible via ce lien. Ceux qui y voient une « dictature écologique » (voir ce lien) exagèrent beaucoup. D. Bourg ne propose nullement d’abolir le système actuel mais de l’enrichir, il met en avant le rôle de la société civile et des ONG, le rôle de la démocratie « participative et délibérative » venant compléter la démocratie dite représentative.

J’ai toutefois un sérieux problème avec une partie de ces thèses où est affirmée une sorte d’impuissance des citoyens à prendre en charge les grands enjeux écologiques à long terme, enjeux qui ne pourraient être défendus que par l’alliance de scientifiques et d’ONG environnementales.

Cela conduit D. Bourg à préconiser de nouveaux arrangements institutionnels pour surmonter ce qu’il désigne comme une incapacité du système de la « démocratie » actuelle « à répondre au défi environnemental ». Avec la création 1) d’une « académie du futur » composée de « chercheurs internationalement reconnus » ayant pour mission de veiller à l’état de la planète, et 2) d’un nouveau Sénat. Ce dernier, « formé pour deux tiers au moins de personnalités qualifiées – proposées, par exemple, par les organisations non gouvernementales environnementales – et pour un tiers de citoyens, aurait pour rôle d’élaborer, en amont de l’Assemblée nationale, les grands mécanismes législatifs, par exemple fiscaux, permettant de répondre aux nouveaux objectifs constitutionnels. Ce Sénat pourrait, avec l’aval de conférences de citoyens, opposer son veto aux propositions de loi contraires à ces objectifs. » (Le Monde du 31 octobre 2010).

Je retiens évidemment de l’analyse de D. Bourg le fait que, dans le système de la démocratie et de l’information TEL QU’IL FONCTIONNE – très mal, comme le démontre Hervé Kempf – nombre de risques vitaux pour l’humanité, dont le réchauffement climatique, ne sont pas « ressentis » avec la même acuité et la même urgence que, par exemple, le chômage ou la pauvreté. Je constate aussi que les principales alertes écologiques proviennent de l’alliance de scientifiques (par exemple le GIEC) et d’ONG écolos.

Mais on pourrait faire le même constat de mise à l’écart des citoyens pour d’autres enjeux non écologiques au départ mais essentiels, y compris à long terme : les retraites, la construction européenne, la reprise en main de la finance, les dettes publiques, la création monétaire et les investissements du futur, etc.

L’information déversée sur les citoyens par l’alliance terrible des grands médias, de l’argent et de la publicité bloque la démocratie et conforte l’oligarchie. Elle a pour but Lire la suite

Le sommet de Cancun sur le climat s’ouvre sans grand espoir

lemonde.fr, NC, le 29 novembre 2010

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/11/29/le-sommet-de-cancun-sur-le-climat-s-annonce-laborieux_1445512_3244.html

Le sommet de Cancun sur le climat s’ouvre sans grand espoir

Plus de 190 pays se retrouvent lundi au Mexique pour tenter de redynamiser la lutte contre le changement climatique.

L’ONU cherche à donner un nouveau souffle aux négociations sur le changement climatique. A partir du lundi 29 novembre, jusqu’au vendredi 10 décembre, 194 pays se retrouvent à Cancun, au Mexique, pour la 16e Conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Ils vont ainsi tenter de parvenir à un accord visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre et tourner enfin la page de Copenhague, après l’échec de décembre 2009.

Quel est l’objectif du sommet de Cancun ?

L’enjeu de cette 16e conférence, surnommée COP16, est le même que celui de la 15e qui s’était tenue à Copenhague : fixer les règles de l’après-Kyoto. Car le protocole à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, adopté à Kyoto le 11 décembre 1997, fixait des engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et principalement de CO2, par rapport au niveau de 1990, pour la période 2008-2012.

Entré en vigueur en 2005 et ratifié par 183 pays, le traité arrive à échéance le 31 décembre 2012. A Cancun, les délégations doivent plancher sur les bases d’un nouvel accord, pour s’engager à des objectifs pour la période 2013-2020.

Qui va participer aux négociations ?

Les délégations des 194 pays membres de la CCNUCC ont rejoint la station balnéaire mexicaine pour participer aux négociations qui se tiennent au centre des congrès et au Moon Palace, un complexe hôtelier en bord de mer. Mais cette fois, ce ne sont plus les chefs d’Etat et de gouvernement qui conduisent ces délégations, comme pour Copenhague, mais les ministres de l’environnement.

Selon les associations écologistes, cette nouvelle organisation pourrait alléger la pression sur le sommet et faciliter les débats. Les négociations seront orchestrées par la Costaricaine Christiana Figueres, nouvelle secrétaire exécutive de la CCNUCC, qui succède au Néerlandais Yvo de Boer. La délégation européenne sera menée par Joke Schauvliege, la ministre  de l’environnement flamande, tandis que Brice Lalonde se chargera des négociations pour la France.

Quel avait été le bilan de Copenhague ?

Le 18 décembre 2009, après douze jours de négociations, la COP15 s’était soldée par un bilan des plus décevants : un accord non contraignant, signé par seulement 140 pays et obtenu par des négociations de couloirs entre une vingtaine de chefs d’Etat, au premier rang desquels les Etats-Unis et la Chine. Son contenu est par ailleurs loin d’être à la hauteur des attentes que la conférence avait soulevées : s’il réitère la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la « coopération » pour limiter les émissions « aussi tôt que possible ».

En France, comme partout ailleurs dans le monde, associations et partis écologistes avaient dénoncé cet Lire la suite

La politique énergétique française vue par l’Agence Internationale de l’Energie : une analyse sourde, aveugle et muette !

Revue de l’AIE sur la politique énergétique française : une analyse sourde, aveugle et muette !

cdurable.info, le 27 juillet 2010.

http://www.cdurable.info/+Revue-de-l-AIE-sur-la-politique-energetique-francaise-une-analyse-sourde-aveugle-et-muette-pour-le-CLER,1766+.html

Tous les 4 ans, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) – organe de coopération entre les 28 pays membres de l’OCDE centré sur l’énergie – réalise une revue de la politique énergétique de chacun de ses pays membres.

Le rapport concernant la France publié le 26 Juillet 2010 se montre très décevant et même inquiétant. Les experts associatifs pointent les défauts du processus de concertation sur la forme et le manque d’analyse critique de la revue sur le fond.

Un rapport sourd aux ONG

Le processus d’élaboration du rapport comprend plusieurs phases de débat et de concertation entre les représentants des ministères des pays membres et le Secrétariat de l’AIE. Les autres acteurs concernés sont en principe eux aussi associés à la démarche.

Contrairement à ce qui se fait dans les autres pays, le Ministère du développement durable (MEEDDM), en l’occurrence la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), a refusé d’inclure les acteurs associatifs français de l’énergie et de l’environnement (si ce n’est ponctuellement la Fondation Nicolas Hulot) dans le programme de réunions consultatives.

Ce faisant, la DGEC a privé l’équipe de revue de toute possibilité de discussion directe avec des représentants de la société civile dont la connaissance et l’expertise – notamment en terme d’énergie durable – ont pourtant été largement reconnus durant tout le processus d’élaboration du Grenelle de l’environnement. L’ambitieuse future réglementation thermique RT 2012, dont se félicite l’AIE, est par exemple le fruit des propositions des associations.

Rappelons que le dialogue avec la société civile fait intégralement partie des engagements des pays membres de l’OCDE, ce qu’ont bien compris de nombreux pays membres qui ont pleinement intégré les associations dans le processus de concertation.

Un rapport aveugle vis à vis du nucléaire

Le processus de Grenelle avait été marqué par l’exclusion d’entrée du nucléaire – pourtant placé au centre de la politique énergétique française depuis 1973 – du champ des discussions. Si cette séparation artificielle a sans doute favorisé les avancées de la concertation sur les autres volets de la politique énergétique, elle ne saurait demeurer dans la mise en œuvre concrète des orientations correspondantes.

Les projections officielles « post-Grenelle » du gouvernement français prévoient explicitement, à la fois de stabiliser la consommation d’électricité et de développer la part de la production électrique d’origine renouvelable… tout en assurant le maintien voire l’augmentation de la capacité de production nucléaire. Pour « boucler » le scénario, le Gouvernement ne peut que parier sur une augmentation sans précédent des exportations d’électricité qui n’a aucune chance de se réaliser, ce qui ne peut en retour qu’entraver les progrès sur la demande ou les renouvelables sur un marché national saturé.

L’AIE ignore ou feint d’ignorer dans son analyse cette Lire la suite

Approfondir la démocratie pour affronter les crises écologiques

ecoloinfo.info, Brendan, le 22 juin 2010

Approfondir la démocratie pour affronter les crises écologiques

Actuellement, plusieurs publications font état des réflexions en cours concernant l’écologie et la démocratie.

Comment renforcer politiquement le futur ?

La Fondation Nicolas Hulot a publié Vers une société sobre et désirable, ouvrage collectif qui traite de l’avenir de notre vivre-ensemble dans un horizon de limitation des ressources naturelles et énergétiques.

Parmi les contributions, Pierre Rosanvallon insiste sur la “myopie démocratique” qu’est la difficulté pour les régimes démocratiques à intégrer le “souci du long terme”. Il estime que “le court-termisme électoral ne peut être que marginalement infléchi ‘de l’intérieur’ du système électoral représentatif”. Il propose alors quatre types de mesure ou d’institution, non représentatives au sens strict :

– introduire des principes écologiques dans l’ordre constitutionnel,

renforcer et étendre la définition patrimoniale de l’Etat,

– mettre en place une grande “Académie du futur”,

instituer des forums publics mobilisant l’attention et la participation des citoyens.

Marcel Gauchet refuse lui l’idée d’une incapacité congénitale de nos institutions à faire face au long terme. Il indique que “seules les démocraties sont fonctionnellement à même d’affronter la question écologique” car, à la différence d’un “écofascisme”, elles disposent de “relais d’autorité dans lesquels les citoyens se reconnaissent et auxquelles ils font confiance”. Il conclut : “C’est sur la démocratie des citoyens et sur sa pression sur les institutions que nous devons compter. Nos régimes excluent par essence de concrétiser “la subordination à des principes supérieurs, écologiques et sociaux” dans la machinerie collective. Le seul lieu où pareille subordination peut licitement et efficacement prendre corps, c’est l’esprit des acteurs. C’est à cela que nous devons travailler. La politique ne nous élèvera pas au-dessus de ce que nous sommes.”

Vers un troisième âge de la démocratie

Dominique Bourg, qui a dirigé avec Alain Papaux l’ouvrage de la Fondation Nicolas Hulot, est en entretien dans le numéro d’été des Grands Dossiers des Sciences Humaines consacré à l’écologie. Il souligne que “l’écologie ne peut progresser que dans un cadre démocratique” et que la démocratie écologique “devrait être, au bout du compte, aussi différente de la forme moderne du gouvernement représentatif que cette dernière l’était de la démocratie grecque antique”. Ainsi, après la démocratie directe de l’Antiquité grecque et le deuxième âge de la démocratie représentative, l’écologie exigerait un troisième âge de la démocratie.

Les propositions de Dominique Bourg reprennent l’introduction de principes écologiques dans la Constitution et l’Académie du futur évoqués précédemment et les complètent par :

“Un nouveau Sénat, composé d’une centaine de membres, prenant appui sur les travaux de l’Académie du futur, opposant son veto à toute proposition législative contredisant Lire la suite

Grenelle 2 : Les trames de bitume préférées aux trames vertes et bleues

fne.asso.fr, communiqué, le 18 juin 2010

Les trames de bitume préférées aux trames vertes et bleues

Le projet de loi Grenelle 2, examiné avant hier par les députés et sénateurs réunis en Commission mixte paritaire*, a été marqué par un affaiblissement important du poids juridique d’un de ses outils clefs : la trame verte et bleue. France Nature Environnement, la Ligue ROC, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme dénoncent ce recul par rapport au vote en séance.

Les trames de bitume préférées aux trames vertes et bleues par la Commission mixte paritaire

La trame verte et bleue (TVB) est un des outils-clés du projet de loi Grenelle 2 pour rétablir un bon état de biodiversité. Elle doit permettre la préservation et la restauration d’un maillage d’espaces et de milieux vitaux pour la faune et la flore sauvages, contribuant ainsi à l’équilibre des territoires pour le bénéfice de tous. Or, la portée juridique de cet outil a été affaiblie par la Commission mixte paritaire qui s’est réunie le mercredi 16 juin et qui rassemblait sept députés et sept sénateurs.

En effet, les parlementaires ont supprimé la disposition du projet de loi retranscrivant un des engagements du Grenelle qui prévoyait que les infrastructures linéaires de l’Etat devaient être compatibles avec le schéma régional de cohérence écologique, outil de mise en œuvre de la TVB en région. Cette disposition aurait grandement contribué à la mise en place cohérente de la TVB sur l’ensemble du territoire. En effet, l’obligation de compatibilité signifiait que la construction d’une ligne à grande vitesse ou d’une autoroute aurait du respecter les continuités écologiques.

On pouvait, ainsi, espérer une évolution dans la manière de concevoir les infrastructures afin de mieux respecter la biodiversité et ainsi contribuer à répondre à l’article 1er de la loi Grenelle 1 qui prévoit que « pour les décisions publiques susceptibles d’avoir une incidence significative sur l’environnement, les procédures de décision seront révisées pour privilégier les solutions respectueuses de l’environnement en apportant la preuve qu’une décision alternative plus favorable à l’environnement est impossible à un coût raisonnable ».

Députés et sénateurs de la CMP ont donc amoindri, sur cet aspect, la capacité de la loi Grenelle 2 à traduire la loi grenelle 1.

Un recul très regrettable juste avant le vote définitif de la loi Grenelle 2.

France Nature Environnement, la Ligue ROC, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme dénoncent ce recul de la Commission mixte paritaire par rapport au vote en séance.

Alors que 2010 est l’Année internationale de la biodiversité, nos organisations regrettent que Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

lesechos.fr, Julie Chaveau, le 28 mai 2010

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

La fondation Nicolas Hulot a publié un premier bilan à la fois positif et critique du Grenelle de l’environnement. Pour l’avenir, elle demande des moyens supplémentaires et souhaite élargir le débat à la politique agricole commune.

Il a pris le temps de la réflexion. Deux semaines après le vote par l’Assemblée du projet de loi Grenelle de l’environnement, Nicolas Hulot, président de la Fondation pour la nature et l’homme, est sorti du silence. Dans une tribune intitulée « Grenelle, merci et encore ! », et publiée dans « Le Figaro », l’animateur délivre une sorte de satisfecit au gouvernement, immédiatement modéré par des critiques sur ceux qui « s’obstinent à opposer les questions sociales, économiques et écologiques ». Simultanément, sa fondation a publié hier un premier bilan des engagements pris dans le cadre du Grenelle, assorti de propositions.

· Bâtiment et énergie.

Si les mesures en faveur du bâtiment sont les plus connues (relèvement des normes de construction dans le neuf, prêts à taux zéro), la Fondation considère que les moyens mis en oeuvre pour accompagner la rénovation thermique des logements anciens sont « limités ». Il préconise la création d’un éco-prêt à taux zéro spécifique pour les propriétaires modestes qui réaliseront des travaux d’isolation, leur permettant de ne rembourser que ce qu’ils auront économisé sur leur facture énergétique. Les experts de la fondation insistent également sur la nécessité de fixer, dès maintenant dans la loi, l’objectif de rendre obligatoire à partir de 2015 la rénovation d’un logement quand il est vendu. L’ONG demande par ailleurs l’annualisation du malus sur les véhicules dont les émissions de CO2 dépassent 130 grammes de CO2 à partir du 1 er janvier prochain.

· Biodiversité.

Si l’inscription de la « trame verte et bleue » (des corridors de nature) dans la loi est jugée positive, le rapport souligne qu’il manque toujours les plans d’action et des outils juridiques pour la mettre en place. En plein débat sur les niches fiscales, la fondation estime qu’il n’existe pas d’instrument économique pour inciter les collectivités locales à préserver la biodiversité alors que le système fiscal actuel pousse plutôt les élus à construire pour dégager des redevances locales nouvelles. Elle dénonce par ailleurs la manière dont le gouvernement a organisé la création de la future agence de la nature par le simple rapprochement de trois organismes publics spécialisés dans la protection des espaces protégés. « Un regroupement pourrait mener à des réductions de moyens dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, alors qu’au contraire il faudrait renforcer leurs moyens. Il y a là un vrai déficit de concertation », souligne le rapport.

· Gouvernance.

Le gouvernement a créé le Comité national du développement durable et du Grenelle de l’environnement. Composé de 80 personnes (dont 11 femmes), de représentants des élus, du patronat, des syndicats des ONG et des associations, il sera chargé de Lire la suite

Sondage 84,3 % des français concernés par les problèmes liés à l’écologie : Le Grenelle plébicité, pas les politiques

20minutes.fr, Charlotte Mannevy, le 3 mai 2010

Le Grenelle plébiscité, pas les politiques

L’écologie préoccupe les Français selon un sondage Obea-InfraForces./Idé

84,3 % des français concernés par les problèmes liés à l’écologie (29 % très concernés, 55,3 % assez concernés, 9 % pas tellement concernés et 6,5 % pas du tout concernés)

A propos du Grenelle de l’environnement, diriez-vous :

– C’était une bonne initiativeoui 84,1 % – non 11,4 %

– Il a apporté des solutions concrètes pour l’avenir – oui 35,2 % – non 57,5 %

– Il a permis aux français de prendre conscience des problèmes environnementaux – oui 68,5 % – 27,4 %

– Il a permis d’ouvrir le débat sur l’écologie – oui 76,8 % – non 18,6 %

– C’était une opération de communication du gouvernement – oui 68,5 % – 24,4 non %

– Je ne sais pas bien ce que c’est – 37,5 oui % – 60,6 non %

– Il n’a servi à rien – 31,4 oui % – 61,4 non %

Parmi ces personnalités quelle est la plus emblématique du Grenelle de l’environnement :

– Nicolas Hulot 65,2 %

– Jean-Louis Borloo 14,9 %

– Nicolas sarkozy 4,9 %

EXCLUSIF – Un sondage Obea-InfraForces pour «20 Minutes» et France Info sur l’environnement…

Bien, mais peut mieux faire. Selon un sondage Obea-InfraForces pour 20 Minutes et France Info, 84,3% des Français se disent concernés par les problèmes liés à l’écologie. Mais cette préoccupation ne serait pas suffisamment prise en compte par le gouvernement. La grande majorité des personnes interrogées (68%) estime en effet qu’«on n’en fait pas assez pour l’environnement».

Défiance

Un désaveu qui trouve sa source dans les déconvenues de ces derniers mois. Il y a d’abord eu, en décembre, l’échec retentissant du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique. Fin mars, c’est le président de la République qui marquait ses distances au Salon de l’agriculture: «L’environnement, ça commence à bien faire.» Enfin, le deuxième volet du Grenelle de l’environnement, présenté demain à l’Assemblée nationale (lire ci-dessous), prévoit un durcissement de la législation en matière d’énergie éolienne.

Du coup, si 84,1 % des Français estiment que le Grenelle était «une bonne initiative» qui a permis d’ouvrir le débat sur l’écologie, 57,5% considèrent qu’il n’a pas «apporté de solutions concrètes pour l’avenir». Ils sont même 68,5% a penser qu’il s’agissait avant tout Lire la suite

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

MNE Bordeaux-Aquitaine, Communiqué, le 19 avril 2010

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

I. L’Université nomade d’Aquitaine

1.) 15 janvier – Une conférence-débat à l’IJBA (Institut de journalisme de Bordeaux) [150 participants] avec Marie Monique Robin, journaliste, cinéaste et écrivain sur le thème de « Ecologie et journalisme d’investigation » en partenariat avec Greenpeace Bordeaux et une diffusion du documentaire « Le Monde selon Monsanto » au cinéma l’Utopia de Bordeaux [180 participants] suivi d’un débat avec MM Robin

2.) 4 février et 4 mars – Deux ateliers pratiques écolo au Jardin botanique de Bordeaux [55 participants] sur le thème « Ecologie et numérique » avec Michel Lesbats, enseignant chercheur en biologie, et Anne-Sophie Novel, doctorante en économie politique

3.) 3 avril – Une conférence-débat au cinéma le Festival à Bègles [80 participants] en partenariat avec la municipalité sur le thème « L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ? » avec 4 universitaires : Dominique Prost, Enseignante-chercheuse en géographie, Martine Alcorta, enseignante-chercheuse en psychologie, Charlie Grandjeat, enseignant-chercheur en littérature nord-américaine et Catherine Thomas, enseignante-chercheuse en océanographie

4.) 20 mars, 10 et 24 avril Trois conférences-débats à Cap-Sciences Bordeaux « Changements climatiques et énergie » [80 participants] :

« Le changement climatique : pas plus de 2° C », par Jean-Yves Rossignol, Ingénieur-consultant

« Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 », par Gilles Drogou des Amis de la terre

« Crise climatique et énergétique : la taxe carbone peut-elle être une réponse appropriée ? », par Jean Sireyjol, association TACA

5.) 16 mai – Une conférence débat à Mérignac sur le thème « Environnement et nouvelles solidarités » [50 participants] en partenariat avec les associations des Amis Aquitains des semaines sociales de France et Pratiques et dialogues. Après une présentation des enjeux climatiques, énergétiques, écologiques et sociaux par Jean-Yves Rossignol, 4 ateliers ont travaillés sur les thèmes de agriculture / consommation, énergie/habitat, déplacements et formation/insertion avant une restitution des ateliers

6.) Quinze émissions de radio sur la Clé des ondes en partenariat avec Chiche ! Bordeaux [ 3 000 auditeurs cumulés estimés] :

La MNE Bx Aquitaine

AutoCool/L’autopartage

TACA/Changement climatique et taxe carbone

Greenpeace et Vigilance OGM/Les OGM

Droits du piéton 33/Journée de la courtoisie

CATA/Projet collectif d’achat de terre agricole

Débat Ecologie et libertés publiques

Maisons paysannes 33/L’habitat rural

Vélo Cité/Jeu concours mes courses à vélo

Récup’R/Projet de recyclerie / ressourcerie

ICARE/Le jardin d’inspiration médiévale de Gradignan

H’Nord/Le projet d’Ecoquartier de Bordeaux Bacalan

Séphir/La barre d’outil Ecolo-info

SEPANSO 33/Les nouveaux OGM

L’agenda 21 des familles de Bordeaux

7.)1er avril, 6 mai, 3 juin et 1er juillet – Quatre cours au Jardin botanique de Bordeaux « Petite écologie de l’homme et de ses techniques »  [80 participants] avec Michel Lesbats

La main de l’Homme et ses techniques – Evolution des risques techniques de l’Homme préhistorique à nos jours

Autopsie d’un accident / Les mots des maux, les mots du risque – Définitions et polysémie des termes du domaine des risques d’origine technique

Citoyenneté et culture du risque – La participation des citoyens à la Gestion des risques techniques

Table ronde et débat sur la concertation et la démocratie écologique : « Echanges entre les acteurs locaux du Grenelle » suivi d’un Apéros’Ecolos (ex GreenDrinks)

8.) 16 au 25 mai – Sept conférences-débats lors du Salon de l’environnement de Bordeaux [150 participants] :

Au fil des Séounes/Abeilles et frelons asiatiques

CREAQ/Les aides à l’éco-habitat (2 interventions)

AutoCool/L’auto-partage

Achillée et ciboulette/Le compost

Achillée et ciboulette/Le purin d’ortie

Le collectif réduisons nos déchets en Aquitaine/La prévention des déchets

La MNE Bordeaux-Aquitaine/L’Université populaire de l’environnement

9.) 27 mai –  Une conférence-débat à l’IJBA « Quelle Europe pour la planète ? » [50 participants] avec les représentants des principales listes aux Européennes : Europe écologie, Front de gauche, NPA, PS et UMP/NC (Le Modem n’avait pas répondu à l’invitation)

10.) 27 et 28 juin – Deux conférences-débats à Nérigean (Libournais) dans le cadre du marché paysan du Château  Fourton-La Garenne (vignoble en maraîchage biologique) [55 participants]

« Libournais 2020 : quelle agriculture et quelle alimentation voulons-nous ? » avec Philippe Roudié – Professeur émérite de géographie et Jean-Pierre Leroy – Syndicaliste – Confédération paysanne

« Crises climatique, écologique, énergétique… quel rôle pour les associations environnementales ? » avec CATA, Achillée et ciboulette, Auto Cool et la MNE Bordeaux-Aquitaine

11.) Du 24 septembre au 4 novembre, mise en place d’un « module d’appui au développement associatif et aux porteurs de projets », premier cours le jeudi 24 septembre à 18h15 à la MNE Bordeaux-Aquitaine : « Le suivi évaluation dans les projets associatifs ». 5 cours du jeudi 1er octobre au mercredi 4 novembre à 18h30 à l’Athénée : « L’amélioration des moyens de communication des associations ». Ouvert à tous et gratuit, sur réservation.

12.) Du vendredi 25 au dimanche 27 septembre, Salon Viv’Expo à Bordeaux Lac avec des conférences-débat et la participation de nombreuses associations environnementales : AutoCool, Greenpeace, H’Nord, ICARE/Jardin de Pierral, MNE Bordeaux-aquitaine, Réseau des mille-pattes, SEPANSO, Solar Rives de Garonne/Ecocentre de Gironde, Surfrider Foundation…

13.) 7 et 15 octobre et 4 novembre à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres – « Crise climatique, énergétique, écologique…, état des lieux » avec Gilbert Haumont, universitaire, « Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 » avec Gilles Drogou des Amis de la terre et « Vers une révolution des transports » avec Simon Charbonneau, Universitaire

14.) Le vendredi 9 octobre à 21h00, Salle du Foyer Municipal d’Arbis (7 km de Targon), « Crise climatique, écologique et des ressources naturelles : quelles conséquences pour l’Entre-deux-Mers ? » avec Gilbert Haumont, enseignant à la Faculté  de Pharmacie de l’Université de Bordeaux 2. Manifestation dans le cadre du Colloque 12 « De Benauge à Verdelais » organisée par les Amis du château de Benauge, l’Association des Amis du Musée de l’Art Religieux de Verdelais et le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers (CLEM) à Arbis, Benauge et Verdelais les 9, 10 et 11 octobre 2009

15.) Lundi 16 novembre – Conférence débat avec diffusion du film documentaire Live-bicycle sur « La mobilité urbaine » organisée par le PUMA (Pôle alternatif des Mobilités urbaines) : Vélo Cité, AutoCool, Droits du piéton 33, AIR…à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres

16.) Début 2010 une conférence débat sur « La transition » à la Communauté urbaine de Bordeaux jeudi 11 mars avec Pierre Radanne et Simon Charbonneau, deux conférences débat sur « Urbanisme, paysage, architecture dans l’Entre-deux-Mers… » la première à Créon le jeudi 25 mars, un Concert pour le climat à Bègles le jeudi 1er avril et une conférence sur « Climat et viticulture » à Montagne-Saint-Emilion le jeudi 6 mai

II. Soutien de l’UPE aux actions d’adhérents de la MNE et de partenaires

Du 12 au 27 septembre : Quinzaine de l’écologie en Agenais, Samedi 12 à 20h30  « Mieux comprendre les OGM » par Christian Vélot, Dimanche 13  à 10h30 « De jardin en jardin », Mercredi 16 à 20h00 « Nos enfants nous accuseront » Ciné/ débat, Vendredi 18 à 20h00 « Les papillons, indicateurs de bonne santé écologique », Dimanche 20 à partir de 8h30 « Ecorurale des Séounes » à la Sauvetat de Savères, Mercredi 23  à 19h30 « La taxe carbone » Conférence-débat avec TACA et Dimanche 27 à 14h00 « Visite d’une maison écolo » à Pennes d’Agenais.

Le mercredi 16 septembre à 19h30, Conférence-débat avec Hervé Le Treut, membre du GIEC, à l’Athénée municipale de Bordeaux organisée à l’occasion des 40 ans de la SEPANSO Aquitaine.

Du 28 septembre au 2 octobre 2009 « Stage chaux » et du 16 au 20 novembre « Formation à la restauration écologique dans le bâtiment ancien » organisé par l’Ecocentre de Gironde à Toulenne près de Langon.

Le vendredi 2 octobre manifestation du Collectif 33 Copenhague 09 à la gare Saint Jean de Bordeaux

Le dimanche 4 octobre « Picnic sans carbone » à partir de 12h sur les quais au Parc des Sports en face de St Michel (à coté du Pont de Pierre). Ce picnic doit nous permettre de rassembler le plus grand nombre de citoyens désireux d’agir pour protéger le climat. Ceux qui aiment Taca viendront en vélo et les rangeront en forme de 3 5 0 pour la traditionnelle photo, et cette fois nous l’espérons, l’objectif atteint de 350 vélos. Nous souhaitons organiser des vélo-bus, regroupement de cyclistes pédalant ensemble, convergeant  le dimanche matin depuis les 27 communes de la CUB vers le lieu du picnic à coté du Pont de Pierre.

Samedi 24 octobre – Manifestation du Collectif Copenhague au lion bleu sur la rive droite « 350 idées pour la planète »

Le vendredi 6 novembre un film-débat à l’Utopia de Bordeaux « Le syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot avec le Collectif associatif Gironde Copenhague 09

Jeudi 10 décembre à 19h00 à l’Athénée municipal de Bordeaux avec la Confédération Paysanne de Gironde Conférence-Débat sur le thème : Agriculture et changement climatique. Comment assurer une production agricole répondant aux besoins des populations, dans un climat bouleversé,  tout en minorant radicalement les dégagements de gaz à effet de serre ?

samedi 12 décembre – Manifestation « Ni nucléaire, ni effet de serre » de 11h00 à 12h00 au miroir d’eau sur les quais face à la Bourse à Bordeaux avec TchernoBlaye, à partir de 12h00 déambulation festive dans Bordeaux avec une Batucada, musique brésilienne, tout le monde habillé en bleu, avec chapeau et lunette de soleil, vers 14h00 arrivée de la vague bleue au grand théâtre, place de la comédie, ou l’association TACA sera présente du samedi de midi à minuit. Veillée climatique sur place : amenez des pots de yaourts en verre peints en bleu pour poser des loupiotes (fournies par TACA), musiciens et chanteurs bienvenus pour réchauffer ceux qui vont veiller pour le climat sur les marches du théâtre comme beaucoup d’autres groupes à travers le monde (350.org, tck tck tck, …). A 19h regroupement des jeûneurs volontaires en soutien des militants de Climate Justice Fast en grève de la faim pour le Climat depuis le 6 novembre.

II. Le blog de la MNE https://mneaquitaine.wordpress.com/

Il fonctionne depuis août 2008 et propose 2 200 articles et 230 adresses de Sites Internet et de blogs dont 120 Aquitains

En 20 mois, près de 300 000 pages ont été consultées par environ 120 000 visiteurs, nous estimons qu’environ 50 % des visiteurs sont Aquitains.

1. TOP 25 des articles depuis 20 mois

Thermographie aérienne infrarouge de la CUB                                10 351

Le tracé sud de la future LGV Bordeaux –                                        10 273

Thermographie aérienne des 27 communes de la CUB                 9 199

La MNE Bordeaux-Aquitaine                                                             7 894

Ligne grande vitesse en 33, 40, 47 et 64                                          4 277

Communauté urbaine de Bordeaux : Isolez                                                 2 630

Langon : ouverture d’un supermarché bio                                        2 549

Centrales photovoltaïques au sol : la crainte de la trame grise       1 998

PAC : La France redistribue et dévoile les aides                             1 679

Appel à la création d’une ressourcerie /                                           1 647

Eco-PTZ : l’éco-prêt à taux zéro pour éc                                         1 499

La grande distribution s’empare du commerce équitable                1 367

Liste des 12 marchés bio et 78 magasins bio d’aquitaine              1 193

EnR : développement de l’énergie solaire                                        1 176

UPE – L’Université nomade d’Aquitaine                                            1 148

Formation à l’agroécologie en Ardèche av                                                   1 065

Eco-prêt à taux zéro et crédit d’impôt «                                             1 051

NON aux LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeau                                1 020

Recycleries & Ressourceries : réseau                                            985

« Home » : Yann Arthus-Bertrand rend-il tr                              944

Soustons (40) : Une ferme photovoltaïque                                       904

Huitres du bassin : Du test de la souris                                            848

Bon ap’ avec l’Amap de Mérignac                                                    834

Transports de la CUB : Keolis préféré à                                          779

Toilettes sèches : soulagez l’environnem                                        747

2. Visite sur les sites et blogs des adhérents depuis le blog MNE depuis 20 mois

colibri33.fr                                                      429

collectif.terres.free.fr                                     427

maisons-paysannes.org                                418

recupr.org                                                      383

pagesperso-orange.fr/federation.sepan…    374

creaq.org                                                       284

lesptitsgratteurs.blogspot.com                      278

asso.burdivega.free.fr                                   269

itinerancesculturelles.asso.fr                        262

greenpeace.org/france                                  252

collectif-dechets-girondin.com                      246

sephir.org                                                      201

belcier.eco.quartier.free.fr/sommaire…        177

hnord.org/doku.php                                       169

velo-cite.org                                                   161

taca.asso-web.com                                      147

aramaquitaine.fr                                            141

autocool.fr1                                                    139

Fondation Nicolas Hulot, Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Fondation Nicolas Hulot, Cécile Ostria Directrice générale de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, lettre ouverte, le 30 mars 2010

Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Cher-e-s ami-e-s,

En 2007, vous avez signé, comme 750 000 Français le Pacte écologique porté par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. Votre mobilisation sans précédent a permis d’obtenir l’engagement de Nicolas Sarkozy, de 9 autres candidats à la présidentielle, et de plus de 400 députés et sénateurs de faire de l’environnement une priorité de l’action publique. Des avancées concrètes ont été obtenues : création d’un n°2 du gouvernement en charge du développement durable, les conclusions du Grenelle de l’Environnement et le vote à l’unanimité de la loi Grenelle I… qui ont suscité beaucoup d’espoir.

Le Pacte Ecologique n’est plus respecté

Avec le Grenelle de l’Environnement, nous pensions le constat partagé, nous pensions pouvoir nous concentrer sur la recherche de solution, il n’en est rien. Les mots clefs des années à venir sont désormais exclusivement la compétitivité, l’emploi, la santé comme si toutes ces problématiques ne dépendaient pas profondément de l’état de notre environnement. Le développement durable n’est décidément pas l’axe structurant de l’ensemble des politiques publiques. C’est au mieux un axe parmi d’autres : l’économie, le social, l’agriculture, la culture. Au pire, un axe opposé aux autres. Le discours dominant redevient celui d’il y a plusieurs années : la réponse aux défis écologiques est de nouveau systématiquement opposée à la compétitivité économique et à la protection des emplois. L’environnement redevient un simple enjeu électoral, une variable d’ajustement. Ce n’est pas l’esprit du Pacte écologique.

Il nous faut changer de modèle économique, poser les bases d’une croissance sélective, ancrées sur la préservation et un meilleur partage des ressources naturelles. Les emplois, la compétitivité des entreprises, sont menacés par les crises environnementales. La raréfaction des ressources énergétiques, la destruction des écosystèmes vont accentuer la vulnérabilité des plus faibles d’entre nous, fragiliser nos économies et nos démocraties et générer de nouvelles sources d’affrontements. C’est ce que n’ont pas compris la plupart des responsables politiques et économiques.

Une suspension nécessaire pour plus d’efficacité

C’est pourquoi, la Fondation Nicolas Hulot décide de suspendre sa participation aux groupes de travail mis en place par le gouvernement jusqu’à ce que des décisions fortes remettent le développement durable au cœur des politiques publiques. Depuis 3 ans, Lire la suite

Dossier le Monde magazine sur les écolo-sceptiques – Les orphelins du progrès

lemonde.fr, Laurent Carpentier, le 26 mars 2010

Les orphelins du progrès

Dans sa petite bibliothèque des horreurs, Jean-Paul Krivine a rangé homéopathes, militants anti-OGM, agriculteurs biodynamiques, sourciers et chiropracteurs au même rayon que les anti-évolutionnistes à crucifix et les amateurs d’ovni. A la tête de l’AFIS, l’Association française pour l’information scientifique, cet « ingénieur en intelligence artificielle » est un rationaliste qui bataille contre le plus grand risque qui puisse, selon lui, nous frapper : la remise en question de sa sainte trinité, « progrès, humanisme et universalité ».

L’homme est nerveux. Il se demande ce que je lui veux. J’ai bien précisé au téléphone que la revue dont il est le rédacteur en chef, Science et pseudo-sciences, m’avait il y a deux ans étrillé pour un reportage en Suède à la rencontre de ces « électro-sensibles » qui fuient dans les forêts les ondes des portables et de la Wi-Fi. Crime de lèse-science : la revue expliqua comment je manipulais le lecteur, l’amenant à penser qu’une technologie inoffensive pouvait être un risque pour la santé. Disons-le simplement : je n’ai pas d’avis sur la dangerosité des ondes. Et je n’ai pas pris rendez-vous avec Jean-Paul Krivine pour régler des comptes mais pour tenter de comprendre d’où vient ce sentiment de citadelle assiégée qui l’anime.

« LE PRINCIPE D’INCERTITUDE »

« Nous sommes un lobby rationaliste raisonnable, explique-t-il scrupuleusement. Parce que je crois en la notion de progrès. Parce que je ne crois pas que la nature soit bonne. Parce que l’on vit aujourd’hui plus longtemps et en meilleure santé qu’autrefois et que, lorsque sa voiture est en panne, on ne va pas dans un garage alternatif. » Réponse tranchée ? Certes, mais expression d’un malaise qui traverse la recherche française, écartelée entre le primat de l’ingéniosité humaine promettant des lendemains toujours meilleurs et l’émergence, mise en lumière par la crise climatique, d’un sentiment nouveau de finitude du monde. Hors de la science, point de salut ?

Il aura suffi d’un hiver froid pour que les tenants de la suprématie du génie humain reprennent du poil de la bête. Le Mythe climatique, titre le mathématicien Benoît Rittaud (Le Seuil), L’Imposture climatique, confirme Claude Allègre (Plon), CO2 un mythe planétaire, ajoute Christian Gerondeau (Editions du Toucan). Et dans Libération, Pascal Bruckner, nouveau philosophe devenu néoconservateur, dénonce ces climatologues qui jettent le discrédit sur notre modèle de société : « Un nouvel obscurantisme se propage qui avance sous le masque de la science. (…) Sur le thème de l’effroi, une tribu de pythies, mages, utopistes, vaticine et menace. Il manque à ces prophètes de se soumettre aux bénéfices du doute et d’inclure dans leurs prédictions le principe d’incertitude. » Un simple renversement du baromètre et ce n’est pas seulement le spectre du réchauffement climatique qui repart aux oubliettes mais tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une critique de notre modèle de société.

AU COIN DU BON SENS

« Pourquoi voulez-vous un développement durable? Notre développement est durable« , s’amuse Christian Gerondeau, de ses mots toujours « frappés au coin du bon sens ». Ne croyez pas que ce robuste et charmant giscardien soit le représentant d’un lobby, ce n’est pas vrai. Oui, bon, d’accord, il reçoit dans ses bureaux à l’Automobile club, mais son livre, CO2 un mythe planétaire, n’est pas du tout le brûlot qu’il semble être, où Al Gore serait décrit comme un « charlatan » et les travaux de Nicholas Stern ne reposeraient « sur aucun chiffrage sérieux ». Non, Christian Gerondeau est un ingénieur, « c’est-à-dire quelqu’un qui regarde les faits et en tire des conclusions ». Son père, son grand-père avant lui, son fils, sa petite-fille après lui… Tous ont fait Polytechnique. Lui-même en est sorti en 1957 pour l’Ecole des ponts et chaussées. Un pedigree qui ne pousse pas à la remise en cause. « Les gens qui ont faim, qui logent dans des huttes et dont les enfants meurent, veulent tous se développer… », déclame-t-il, plein de sa propre sagesse.

Christian Gerondeau est le parangon de cette classe sociale d’ingénieurs née de la révolution industrielle, qui conquit d’abord le pouvoir technique, puis le pouvoir social et enfin politique. Et d’affirmer, dépositaire assumé d’une modernité prospère : « On sous-estime toujours la capacité du progrès technique! Ne nous posons pas aujourd’hui les problèmes de demain. »

« DES GENS DANGEREUX »

Aux gémonies, ces nostalgiques passéistes qui prônent le ferroutage, s’opposent au nucléaire ou firent interdire le DDT, causant, dit-il, Lire la suite

Vert pâle. Misère de l’écologie politique française

ecologie-solidaire-en-franche-comte.ouvaton.org, le 6 mars 2010

Article paru sur papier dans la revue Ecorev’ et ensuite en ligne dans la revue Multitudes.

Vert pâle. Misère de l’écologie politique française

En revenant aux sources de ce qui devrait fonder un imaginaire de l’écologie, l’activiste Laurence Guého-Neyrat et le philosophe Frédéric Neyrat en viennent à interroger la « misère » qui découle du manque de représentation de la nature dans notre pays, républicain et encore très peu réceptif aux formes décentralisées de gestion de l’espace dit « naturel ». Pour eux, la faiblesse des Verts peut aussi s’expliquer par cette incapacité à développer un imaginaire fondateur.

Le très mauvais score à la présidentielle 2007 n’est pas un effondrement des Verts, plutôt une évaporation, c’est-à-dire le signe d’un manque d’implantation « durable » de l’écologie politique en France. Cette évaporation est sans doute conjoncturelle, elle tient à la situation de 2007, la tenaille Royal/Sarkozy qui a piégé les électeurs ou bien dans le vote « utile » pour la candidate du PS, ou bien dans le vote pour une programmation néo-conservatrice du candidat libéral-sécuritaire rattaché à l’UMP. Mais cette conjoncture ne permet pas de comprendre sur le long cours l’absence de consistance de l’écologie politique que les Verts ont pour fonction de représenter. Comprendre la possibilité de cette évaporation, c’est s’engager dans une analyse de type généalogique, allant chercher les causes de cette inconsistance au niveau de ce qu’il est convenu d’appeler notre « exception française ». C’est sur ce fond que l’on pourra comprendre ce qui est arrivé en 2007, et risque de se reproduire – à supposer que les Verts survivent autrement que comme simple médiation parlementaire entre le PS et le MoDem… En effet, on aurait pu imaginer tout autre chose : après la canicule de 2003, le cyclone Katrina qui a ravagé la Louisiane, le succès du film de Al Gore sur les changements climatiques (Une vérité qui dérange) et les deux derniers rapports d’évaluation du GIEC, on aurait pu envisager un vote conséquent en faveur des Verts, adossé sur la lente maturation de la « conscience » écologique. Il n’en fut rien. La conscience écologiste française semble jetable, à consommer sur place, recyclable n’importe où. Pourquoi ?

La République contre nature

Pour le dire de façon brutale, il n’y a pas en France de représentation symbolique de la nature digne de ce nom. La nature est pour nous ou bien une ressource comptable et mathématisable, dont on peut calculer l’exploitation, ou bien le jardin quadrillé à la française. Entre les deux, rien. Pour que la nature puisse être représentée, il faut qu’il y ait un certain type de Grand Objet soumis à une certaine attention, un certain type de soin, et tenant une place dans l’histoire d’un espace et de ses habitants. Il faut que cet Objet soit présent et associé à des récits, des mythes, des films, et raconté à des enfants comme à des adultes. Or la France ne connaît pas ce genre de construction d’Artefact de Nature, comme la Forêt en Allemagne ou au Japon, la Mer pour certains pays du Nord. Ou la Wilderness aux Etats-Unis : de Melville aux simples récits des tribulations des trappeurs, les Grands Récits prenant place dans l’espace vierge nord-américain perdurent dans la littérature et le cinéma contemporains, et le trappeur devient même quelques fois le héros d’une certaine radicalité (Un ami de la terre de T.C. Boyle, Grizzly Man…). De même, la partition de l’espace à la japonaise, avec d’un coté les espaces d’ultra-urbanité dévolus aux humains et de l’autre les espaces de type « réserve totale », a donné lieu à divers courants poétiques et picturaux traditionnels et se retrouve sujet et questions des grands films d’animations des studios Ghibli (Princesse Mononoké, Pompoko, Mon voisin Totoro… de Myazaki ou Takahata). Il aura sans doute fallu aussi des Joseph Kessel et des John Boorman pour donner naissance en Angleterre aux grands mouvements végétariens ou anti-spécistes qui sont souvent l’assise d’autres mouvements écologistes plus radicaux et des Joseph Conrad afin que les Londoniens pensent la mer et le vent comme sources d’énergie infinies et acceptent un vaste parc éolien off-shore en face de leur ville. L’absence de la nature comme domaine symbolisé et Grand Objet vécu est traduite – et sur-compensée – depuis des siècles en France par un excès d’aménagement du territoire républicain au détriment Lire la suite

42% des Français ont déjà voté écologiste

terra-economica.info, NC, le 4 mars 2010

42% des Français ont déjà voté écologiste

A quelques jours des élections régionales, Terra eco et OpinionWay ont sondé les Français pour mieux cerner leur perception politique de l’écologie. Nous leur avons posé 4 grandes questions, et les résultats sont parfois surprenants.

 L’écologie est-elle un enjeu des régionales ?

Oui pour 70% des Français, l’écologie va peser beaucoup (26%) ou assez (44%) sur le scrutin des 14 et 21 mars prochains. Et qu’ils aient l’intention de voter UMP ou PS, ils sont une majorité – près des deux tiers – à le penser. D’ailleurs, si l’on en juge les politiques menées à l’échelle régionale (voir notre dossier) depuis 10 ans, les élus ne s’y trompent pas : le développement durable touche aujourd’hui tous les étages de la fusée région et les plans climat ont germé un peu partout.

 L’écologie plutôt à droite ou à gauche ?

Ou ni l’un, ni l’autre, ni même au centre ? Vaste question, sur laquelle débattent d’ailleurs Daniel Cohn-Bendit et Luc Ferry ce mois-ci à l’invitation de Terra eco. Nos sondés placent plutôt l’écologie à gauche (37%), mais pas trop (7% pour la gauche de la gauche). Ils sont 34% à la considérer hors du clivage droite-gauche et encore 17% à la situer au centre. En revanche, bien peu nombreux sont ceux sont qui la place à droite (4%), à peine plus parmi les sympathisants de l’UMP (10%). A force d’ouverture, on finirait presque par en douter : mais Jean-Louis Borloo, notre ministre de l’écologie (et plus), il est bien à l’UMP, non ? Certains se souviennent peut-être qu’il avait cofondé Génération Écologie en 1991 avec Brice Lalonde et Noël Mamère. Pas étonnant que les Français aient parfois du mal à s’y retrouver.

 Les personnalités qui incarnent le mieux la pensée écologiste

Sans surprise, en n’en déplaise à Claude Allègre, ce sont les personnalités issues des médias, Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand, qui arrivent en tête. Pour respectivement 41% et 33% des Français, ce sont ces deux hommes d’image qui incarnent le mieux l’écologie. Parmi les personnalités politiques, Daniel Cohn-Bendit explose les scores avec 21%, loin devant José Bové (13%), Jean-Louis Borloo (9%) ou Ségolène Royal (2%), qui s’était pourtant demandée, en septembre dernier et au micro de RTL, si elle ne serait pas la « meilleure candidate écologiste » pour la prochaine élection présidentielle.

 42% des Français ont déjà voté écolo

C’est peut être le résultat le plus surprenant de notre sondage. 42% des sondés déclarent avoir déjà voté – au minimum une fois – pour une liste ou un candidat écologiste dans leur vie. Ce qui démontre l’extrême volatilité Lire la suite

La trajectoire verte de Nicolas Sarkozy

lefigaro.fr, Charles Jaigu, le 16 décembre 2009

La trajectoire verte de Nicolas Sarkozy 

Le chef de l’État arrive ce jeudi à Copenhague, où se tient la conférence sur le climat. Depuis 2002, il s’est progressivement rallié aux idées écologistes.

C’était pendant la traversée du désert de Nicolas Sarkozy, il y a plus de dix ans. Sonné par la défaite de Balladur, le quadra du RPR avait du temps. Et, comme il le dira plus tard, il «prend conscience de ses manques». Un jour, il croise dans un mariage à Neuilly Allain Bougrain-Dubourg, le fondateur de la Ligue pour la protection des oiseaux. Le maire de la ville le salue d’un «vous savez je ne suis pas chasseur !» «Ça tombe bien, moi non plus», répond l’ancien compagnon de Brigitte Bardot et militant antichasse. Ce dernier lui explique que l’écologie n’a pas vocation à être le monopole de la gauche. Le propos intéresse Nicolas Sarkozy, qui lui demande de venir le voir. «Nous avons eu depuis de nombreuses réunions de travail.» Au menu : biodiversité, règne animal en péril. Nicolas Sarkozy papillonne autour de ces sujets désertés par la droite, mais il est loin, très loin d’avoir accompli sa mue. Il se montre simplement conscient que la droite doit élargir son spectre vers les sujets plus sociétaux.

En 2002, Claude Guéant devient son directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur, et il demande à la toute jeune Chantal Jouanno de suivre les dossiers environnementaux. «J’étais l’emmerdeuse qui travaille sur les sujets considérés comme risibles», se souvient-elle. Ancien haut fonctionnaire au ministère de l’Environnement, Guillaume Sainteny se souvient d’ailleurs que le ministère de l’Intérieur restait «totalement indifférent à ces problématiques». Aujourd’hui Chantal Jouanno est devenue secrétaire d’État chargée de l’Écologie. Elle a été la première issue du cabinet de Nicolas Sarkozy à entrer au gouvernement. Quand elle se retourne sur la trajectoire verte du président, elle indique une date : le début du mois de janvier 2007, quand Nicolas Sarkozy, qui a accepté de signer le pacte de Nicolas Hulot, se présente devant un parterre de militants associatifs au Musée de l’homme, pour y lire un texte dont la durée a été limitée à dix minutes précises. Mais le candidat dépasse d’une minute le temps prescrit : il est sifflé par une partie de la salle. Il ressort ulcéré de ces mauvaises manières. Pourtant, selon Jouanno, ce fut un moment décisif : «Nicolas Sarkozy avait mal vécu la pression exercée par Hulot pour signer le pacte. Dans les coulisses ils se sont expliqués franchement, mais il a apprécié des vrais pros qui connaissaient leur sujet», explique la secrétaire d’État.

Sarkozy endosse donc le combat de Hulot, qui fut si longtemps celui de Chirac. Il y voit un intérêt politique – ne pas laisser Ségolène Royal coloniser cet espace politique. Et il y est sans cesse encouragé par une partie de son cabinet, dont Claude Guéant et Emmanuelle Mignon.

La rencontre avec Al Gore

Dans l’intervalle, Sarkozy fait la connaissance de Yann Arthus-Bertrand, lors d’un déplacement resté fameux en Guyane, où il est accompagné de Cécilia Sarkozy. Survol en hélicoptère de la marée verte des huit millions d’hectares de la forêt guyanaise. Le photographe lui parle beaucoup de l’importance capitale des forêts primaires. Message reçu : c’est devenu, au fil des rencontres, l’un des sujets de prédilection du chef de l’État. Le jour de son arrivée à l’Élysée, le 18 mai 2007, le premier hôte de Nicolas Sarkozy sera d’ailleurs Arthus-Bertrand. «On a découvert ensemble son bureau de président», avoue le photographe qui a renoncé au vote vert pour voter Sarkozy, encore tout étonné de voir le tout nouveau chef d’État essayer devant lui le fauteuil de Chirac, et ouvrir la fenêtre pour admirer la vue.

Dès les premières semaines de son quinquennat, Nicolas Sarkozy reçoit les grands experts en matière d’écologie, avant de lancer le Grenelle de l’environnement. Il voit l’économiste Nicholas Stern, auteur d’un rapport sur le péril climatique commandé par Tony Blair, ou Al Gore, alors en tournée de présentation de son film, Une vérité qui dérange, qu’il rencontre trois fois en 2007. «C’est à ce moment-là qu’il s’est forgé une vraie conviction», raconte Chantal Jouanno : «Il était devant des experts de renommée internationale, ce qui le sortait du débat politicien avec les Verts.» Ils lui expliquent alors, diagrammes à l’appui, que le réchauffement climatique actuel – plusieurs degrés en trente ans – n’a rien à voir avec le cycle interglaciaire classique qui s’étale sur 150.000 ans, objection classique des «climato-sceptiques de droite devenus aujourd’hui pro-Allègre», résume l’un de ses collaborateurs. «Sur l’environnement, Sarkozy est à 50% sincère et à 50% dans la stratégie politique», conclut Nicolas Hulot. «C’est lui qui a porté le paquet climat en Europe, c’est lui qui Lire la suite

Les ONG et l’alerte écologique

laviedesidées.fr, Sylvie Ollitrault, le 8 décembre 2009

Les ONG et l’alerte écologique

La préoccupation écologique semble aujourd’hui faire consensus. On en oublierait presque que ce sont des ONG, longtemps perçues comme marginales, qui les premières ont donné l’alerte et porté le mouvement pour la protection de la planète. Retour sur trente années de mobilisations qui ont changé les représentations.

La défense de l’environnement appartient à la catégorie de ces grandes causes mondialisées comme la lutte contre les discriminations ou la promotion des droits de l’homme. Ce qui se joue à Copenhague relève d’un agenda international qui réunit les représentants des gouvernements, les experts internationaux et les organisations non-gouvernementales (ONG). Le rôle de ces dernières en matière de protection de la planète est complexe ; toutefois, depuis l’origine, le cœur de leur action consiste à informer l’opinion publique et à diffuser l’idée que les enjeux environnementaux réclament des décisions d’urgence. Il s’agit pour elles d’alerter l’opinion, de souligner les paradoxes des politiques publiques internationales – notamment les écarts de conduite des États.

Cependant, à l’occasion de cette conférence, on peut constater que les ONG ont peu renouvelé leur répertoire d’action collective, c’est-à-dire les manières et les mises en scènes permettant de porter la plainte ou de défendre un intérêt (en l’occurrence, la défense de l’environnement). Si le scénario est si bien réglé que les acteurs ne font pas preuve d’inventivité, c’est que les organisations sont de véritables professionnelles de la contestation et que leur savoir-faire militant est extrêmement bien rôdé.

Dans la galaxie des contestataires écologistes, certains groupuscules affectionnent l’action directe sans pesanteur organisationnelle (anti-pub, antivivisection, etc.), d’autres réseaux d’obédience anarchiste et antimondialisation peuvent choisir des modes de vie radicalement alternatifs (squatt, retour à la nature). Les partis politiques écologistes, quant à eux, impulsent de nouvelles orientations, relaient des préoccupations notamment environnementales. Tous ces acteurs interagissent, parfois se connaissent, se croisent au moment des grandes mobilisations fédératrices. Néanmoins, les ONG ont un profil tout à fait singulier et incontournable au niveau des négociations internationales. Tour à tour expertes mandatées par les institutions internationales (onusiennes) ou agitatrices maniant l’arme de la mobilisation de l’opinion publique, certaines savent jouer des deux registres tandis que d’autres, en raison de leur histoire, excellent dans l’un plutôt que dans l’autre. WWF, Sierra Club ou IUCN sont reconnus par leurs travaux d’expertise sur les questions de protection, tandis que Greenpeace ou Les Amis de la Terre ont une image de trublion qu’elles utilisent à dessein. Le paysage français de la défense de l’environnement à un niveau planétaire s’est trouvé, depuis le milieu des années 1990, transformé par l’action locale de ces ONG, nées outre-Atlantique, et par l’émergence d’un nouvel entrepreneur en mobilisation, Nicolas Hulot, qui reprend des registres d’action déjà éprouvés mais en y ajoutant son aura médiatique et son style personnel.

Au moment où commence la conférence de Copenhague, cet article se penche sur le dynamisme de la mobilisation écologiste qui, à force de persévérance, a réussi à imposer ses préoccupations sur les agendas internationaux. Les ONG, aux profils si variés, sont parvenues à impulser des orientations environnementales ambitieuses alors que les acteurs politiques locaux peinaient à exiger l’application de ces mesures internationales. Dans un contexte où les questions environnementales sont prises au sérieux par les opinions publiques nationales et où les bonnes volontés politiques s’affichent de toutes parts, les ONG doivent-elles renouveler leur positionnement ? En effet, de nouveaux acteurs se déclarent écologistes (entreprises) et d’autres se disent prêts à réformer dans ce sens (les dirigeants politiques). Par exemple, le style de la Fondation de Nicolas Hulot est-il Lire la suite

Croissance contre «décroissance», la guerre est déclarée

slate.fr, Thomas Legrand, le 8 décembre 2009

Croissance contre «décroissance», la guerre est déclarée

Le consensus autour du sommet de Copenhague dans la classe politique française est un leurre. Il existe un vrai clivage.

Depuis la signature du pacte de Nicolas Hulot, pendant la campagne de 2007 et le Grenelle de l’environnement, on a pris l’habitude d’entendre des accents écologistes dans le discours du président. C’est relativement nouveau (2007) et ça représente une virevolte idéologique assez spectaculaire, si l’on y réfléchit bien. Elle est soudaine mais personne ne peut dire (et finalement peu importe) si elle est due à l’analyse de l’évolution des rapports de force politique ou à une véritable prise de conscience de l’ampleur de la catastrophe annoncée. Un peu des deux sans doute.

Alors au fur et à mesure que se généralise l’idée de l’urgence écologique, on assiste aussi, et tout naturellement, à la naissance d’une écologie dite de droite et d’une écologie dite de gauche. La différence entre ces deux versants de l’écologie se cristallise autour de la définition de la croissance. Après avoir affirmé qu’il était écologiste et qu’il œuvrait pour le sauvetage de la planète, Nicolas Sarkozy, à l’approche des élections régionales, a dû réadapter son discours pour ne pas valider trop ouvertement les thèses des écologistes et risquer de subir la fameuse règle (qui ne se vérifie pas toujours d’ailleurs), la règle du «quand on a la choix entre l’original et la copie, on préfère toujours l’original»… donc il s’est démarqué. Ce n’est pas une démarcation que tactique, elle correspond d’abord à une différence idéologique.

Le chef de l’Etat développe l’idée d’une écologie qui ne fustige pas la croissance, qui, de ce fait, accepte et même promeut le nucléaire, présenté comme une énergie propre, non émettrice de CO2. En réaffirmant sa foi en la croissance, l’écologie dite de droite peut également se présenter comme une idéologie du progrès qui fait le pari que les avancées technologiques apporteront les solutions de remplacement à la raréfaction et au danger des énergies fossiles. Ces idées sont par exemple défendues par le philosophe Luc Ferry. C’est ce que le Président appelle la «croissance verte»... Réconcilier croissance et écologie correspond à un positionnement assez confortable. Il comporte une forme d’optimisme qui tranche avec les analyses déprimantes et catastrophistes des écologistes classiques. Il permet, en plus (et pour une fois), de mettre la droite dans le parti du mouvement, de la foi en l’avenir.

Un positionnement qui promet enfin de ne pas trop bouleverser nos modes de vie consuméristes, voilà pour l’aspect conservateur nécessaire pour rassurer l’électorat de ce côté du spectre politique. De l’autre côté, les Verts et Europe écologie se classent, eux-mêmes, à gauche. C’est assez cruel pour le PS parce que, en gros, la vision de l’écologie, telle que la développe en ce moment Nicolas Sarkozy, n’est pas éloignée de ce que peut dire un PS qui place aussi la croissance au pinacle. Mais le PS doit éviter l’affrontement idéologique avec les écologistes avec lesquelles ils comptent construire une alternance ! Ils sont donc, en quelque sorte, squeezés du débat !

Parce que de l’autre côté, les Verts et Europe écologie ont aussi un discours spécifique sur la croissance. Contrairement à la caricature que veut en faire Nicolas Sarkozy qui dénonce leur penchant pour la décroissance, les écologistes (la plupart d’entre eux en tout cas) refusent d’employer ce terme qui reprend Lire la suite

Nicolas Hulot et la malédiction du « Titanic »

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 26 novembre 2009

Nicolas Hulot et la malédiction du « Titanic »

Il y eut une véritable défermante médiatique, une promotion digne d’un blockbuster, des avant-premières avec ministres et même un ancien président de la République. Puis plus grand-chose. Le film de Nicolas Hulot et de Jean-Albert Lièvre, Le Syndrome du Titanic, sorti dans 178 salles, le 7 octobre, est vite tombé dans l’indifférence, perdant plus de la moitié de son audience dès la deuxième semaine. Depuis son lancement, il dépasse à peine 250 000 entrées, une misère quand « Ushuaïa nature », l’émission de Hulot diffusée sur TF1, attire en moyenne 5,7 millions de téléspectateurs. Premier dans la veine climatique, le documentaire de l’ancien vice-président américain Al Gore, Une vérité qui dérange, sorti fin 2006, a été vu, lui, par 741 000 spectateurs en France.

Loin de susciter le débat, la prophétie catastrophiste du reporter écolo, chouchou des Français et apprécié des politiques de tous bords, a fait office de repoussoir. Le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo avait pourtant pris la peine de le défendre.

L’échec est plus ou moins assumé. L’auteur, en tournage en Afrique, n’est pas joignable. Sa fondation, au motif que « le film n’est pas son projet », botte en touche. Le producteur Eric Altmayer, de Mandarin Cinéma, lui, ne cache pas « une petite déception ». « Nous espérions entre 400 000 et 500 000 entrées pour une sortie prévue au mois de mai. Nous avons pris du retard, et le film Home, de Yann Artus-Bertrand, lancé gratuitement et à la télévision en prime time, nous est passé dessus. Notre différence n’a pas été perçue », explique-t-il.

Selon M. Altmayer, ce n’est pas la seule raison : « Les gens vont au cinéma comme ils vont à la pharmacie. Pour se soigner et se consoler. Voilà pourquoi Les Choristes ou Le Petit Nicolas ont du succès. C’est l’inverse de ce que propose Nicolas Hulot. On le savait, mais nous pensions que la curiosité médiatique permettrait de lancer le film. »

Trop noir, trop radical : le discours anticapitaliste et sans concession du nouvel Hulot a pris à rebrousse-poil ceux qui le trouvaient sympathique, notamment parce qu’il avait su garder une forme de neutralité politique. « Pour être populaire, il faut être consensuel. Les politiques font rarement partie de notre Top 50 des personnalités préférées des Français« , souligne Jérôme Fourquet, directeur adjoint au département Opinions de l’IFOP. En juillet, Nicolas Hulot arrivait en 7e position de ce classement, entre Mimie Mathy et Michel Sardou, et en 3e position auprès des électeurs de droite, à qui il offrait une version audible de l’écologie.

Erreur de stratégie donc ? « Non », répond Pascal Durand, porte-parole d’Europe Ecologie, « parce que Nicolas Hulot n’est pas dans une démarche marketing. Il a fait un film d’auteur qui exprime une souffrance face à la destruction de la planète ».

Il n’empêche. Avec l’échec du Syndrome du Titanic, l’auteur du Pacte écologique va devoir s’interroger sur son positionnement. Sa popularité Lire la suite

Jouanno et Duflot, duel de choc pour l’écologie

lexpress.fr, Ludovic Vigogne, Marcelo Wesfreid, le 13 novembre 2009

Jouanno et Duflot, duel de choc pour l’écologie

Cécile Duflot et Chantal Jouanno s’affronteront lors des régionales en Île-de-France

Elles partagent le même combat, l’une à gauche, l’autre à droite. Cécile Duflot, numéro 1 des Verts, et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, incarnent une nouvelle génération de femmes politiques. Portraits croisés.

Elles ne poseront pas ensemble. Cécile Duflot n’a pas envie d’être photographiée au côté de Chantal Jouanno. Elle garde un mauvais souvenir de la Une de Paris Match de mars 2005 où François Hollande et Nicolas Sarkozy avaient été immortalisés ensemble. « Il y en a un des deux à qui cela n’a pas porté chance », ironise-t-elle. Superstitieuse, la secrétaire nationale des Verts ? Comme pour la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, 2009 lui a tellement réussi.

A ma droite, Chantal Jouanno, 40 ans, membre du gouvernement Fillon depuis janvier. A ma gauche, Cécile Duflot, 34 ans, cheville ouvrière de l’heureux mariage entre Daniel Cohn-Bendit, les Verts et moult figures de la société civile, qui a fait un malheur aux européennes de juin.

Deux nouvelles venues sur la scène politique incarnant la priorité – et la mode – qu’est devenu le combat environnemental. Deux fortes têtes aussi. Douze fois championne de France de karaté, Chantal Jouanno s’est vu intimer l’ordre de choisir entre le sport et ses études par le sélectionneur de l’équipe nationale de karaté. Elle lui a claqué la porte au nez.

Jouanno: « Je ne serais pas là sans Sarkozy »

Lors de leur première rencontre, en avril 2008, « Dany » a expliqué à Cécile Duflot que ses propositions en vue du scrutin européen étaient à prendre ou à laisser par les Verts. « Eh bien, ce sera toi qui iras te faire foutre », lui a-t-elle rétorqué.

Depuis, avec le député européen franco-allemand, tout s’est arrangé. « Il nous arrive de nous disputer, mais je n’ai pas de problème avec lui », raconte-t-elle. Régulièrement, à 22 heures, son portable sonne. Patiemment, elle écoute Daniel Cohn-Bendit se plaindre d’un parti trop renfermé sur lui-même à son goût.

Avec Nicolas Sarkozy, Chantal Jouanno n’aura jamais ce genre de rapports. « Je lui serai toujours profondément reconnaissante. Je ne serais pas là sans lui », explique-t-elle. En 2002, cette énarque, sous-préfète, intègre le cabinet du ministre de l’Intérieur, devient sa plume, se spécialise, à la demande de Claude Guéant (alors directeur du cabinet), sur les questions écologiques.

Pendant la campagne présidentielle de 2007, elle sera celle qui fera le lien avec les associations environnementales ; devenue conseillère à l’Elysée, elle veillera attentivement au succès du Grenelle de l’environnement. Jamais elle n’aura le comportement de la rebelle Rama Yade. Jouanno a un principe : « On ne mord pas la main qui vous nourrit. »

Le credo de Duflot? « Ne jamais dire Lire la suite

Dur, dur, d’être écolo

lexpress.fr, Eric Lecluyse, Richard De Vendeuil, le 09 novembre 2009

Dur, dur, d’être écolo

Se soucier de l’état de la planète, c’est bien. Sauf quand le quotidien du citoyen « vert » devient un parcours du combattant. Et vire au stress, voire à la parano.

Depuis quelques semaines, avec la disparition des ampoules à filament de 100 watts et plus, un étrange spectacle se répète au rayon luminaires des grands magasins. Des grappes de clients hagards tentent désespérément de décrypter les étiquettes des lampes basse consommation ou d’accrocher un vendeur qui les sauvera (peut-être) de l’enfer. Certains transpirent même carrément d’angoisse, depuis qu’ils ont vu la vidéo alarmiste postée sur DailyMotion par Annie Lobé, une journaliste indépendante. La dame -dont on n’entend que la voix off- y compare les champs électromagnétiques émis par les ampoules classiques et par les fluo-compactes, très inférieurs. Les fréquences basses « sont des cancérogènes possibles pour l’homme », affirme-t-elle, citant un rapport de l’Agence internationale de recherche sur le cancer. Le tout sans apporter d’autre preuve scientifique que son « gaussmètre », un boîtier mesurant les fameux champs, filmé en gros plan. Panique chez les internautes. Au point que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a dû publier un avis pour rassurer le public. Annie Lobé, elle, se défend : « J’apporte des élements scientifiques et j’émets des hypothèses ».

conso verte: des sites utiles

Pour mieux choisir, Mescoursespourlaplanete.com : un guide soutenu par l’Ademe, avec de nombreuses fiches produit, de l’épicerie aux vacances équitables.

Pour repérer ceux qui abusent, Observatoiredelapublicite.fr : les pires marques du greenwashing (ou « écoblanchiment », procédé qui consiste à faire passer pour vert ce qui ne l’est pas) sont épinglées par ce site qui émane de l’Alliance pour la planète (groupement d’associations écologistes).

Pour échanger, Planete-attitude.fr: édité par le WWF-France, ce réseau social est un lieu d’échanges et de débats, de la meilleure façon d’introduire le bio dans les cantines à la préservation du loup…

N’empêche. Réchauffement climatique, famine, désertification, taxe carbone : les nerfs sont à vif. Même les gosses s’y mettent. « Maman, tu aurais dû jeter ce papier dans la poubelle à recycler », lance Grégoire, 6 ans, à sa mère, débordée. Et Nicolas Hulot qui enfonce le clou, avec son documentaire Le Syndrome du Titanic, tour d’horizon affolant de notre amie la Terre martyrisée par l’Homme. Certes, il faut bien donner l’alerte, puisqu’il y a urgence, mais comment empêcher qu’une affreuse angoisse ne submerge ceux qui ont capté le message ? L’autre jour, j’ai lu un article sur la qualité de l’eau potable dans certains coins de Paris, ça m’a fait flipper », confie la jeune actrice Sara Forestier au magazine Elle. Et flipper peut mener loin. « Les piles, ça ne se jette jamais, c’est quand même pas compliqué d’aller dans un centre de tri en un coup de Noctambus ! » hurle Valérie Lemercier dans son dernier spectacle, en écolo givrée tellement préoccupée de l’état de la planète qu’elle harcèle ses voisins jusqu’à pas d’heure pour qu’ils trient leurs déchets.

« A force de voir la vie comme une série de nuisances, une source d’émissions de carbone et de pollutions diverses, on tombe dans l’anxiogène, confirme la géographe Sylvie Brunel, auteure de A qui profite le développement durable ? (Larousse). Hélas, donner mauvaise conscience et demander aux gens de se repentir est au cœur du discours écolo! C’est même le nerf de la guerre. L’empreinte écologique -l’impact des activités humaines sur les écosystèmes- est une façon de nous dire: ‘Combien de bonnes terres gaspillées par votre train de vie!' »

Des labels trompeurs…

Le citoyen « vert » a compris qu’il devait changer de comportement. Oui, mais Lire la suite

Le Syndrome du Titanic : Nicolas Hulot renvoie aux poubelles de l’histoire la ringardise esthétisante du film de Yann Arthus-Bertrand

politis.fr, Claude-Marie Vadrot, le 8 octobre 2009

Le Syndrome du Titanic : Nicolas Hulot renvoie aux poubelles de l’histoire la ringardise esthétisante du film de Yann Arthus-Bertrand

Au début de son film, Nicolas Hulot explique « Je ne suis pas né écolo, je le suis devenu ». Une phrase qui efface les quelques maladresses du texte qui suit, texte qui s’appuie sur des images saisissantes et parfois terrifiantes. Comme celles de Lagos, la capitale du Nigeria, où une partie de la ville vit dans un mélange d’ordures et de voitures. Un télescopage de la plus extrême pauvreté et de la copie du modèle occidental. Le même modèle pour tous, hélas, appuie le commentaire en expliquant qu’il existe pourtant des voies différentes pour atteindre le bien être. A condition que l’éducation soit privilégiée. Avec cette interrogation constamment répétée et surtout illustrée, de Hong-Kong à Detroit en passant par Paris ou Los Angeles : « où est le progrès quand tout est marchandise ? ». Comme le montre une séquence saisissante, entre tourisme et consommation, filmée en Namibie. Le film n’apporte pas la réponse. Peut-être parce que l’auteur explique presque dés le début : « Je ne suis pas optimiste, je maintiens un espoir ». Il est vrai que les images sont souvent désespérantes.

On est loin de la ringardise esthétisante de Yann Arthus-Bertrand qui ne regarde jamais les hommes ; on est loin aussi, même si elle fut plus efficace, de la lourde pédagogie du film d’Al Gore conjuguant jusqu’à la nausée le thème « moi et le climat ». Yann Arthus-Bertrand, dans un mode encore plus mineur, fait de même en contemplant son nombril et celui de la planète. Pas étonnant que l’escrologiste du consortium Pinault ait reçu tant de louanges pour sa jolie bluette et que beaucoup de confrères fassent la moue sur le film de Hulot.

Le premier présente le monde comme nous voulons absolument encore croire qu’il est, comme si les beautés des paysages « vues du ciel » pouvaient masquer les horreurs des destructions, des pénuries, des gaspillages et des pauvretés.

Le second, ce qui peut paraître désespérant et sans analyse toujours directement perceptible, nous montre la terre telle qu’elle est. Ce qui devrait nous inciter à l’action et à la réaction plutôt qu’à nous barricader derrière des murs longuement décrits : celui qui isole les Palestiniens comme celui qui sépare le Mexique des Etats Unis. Insister sur la misère du monde plutôt que ce qui lui reste de beauté, a pour avantage, d’autant plus que c’est clairement expliqué, de rappeler, de marteler que les combat pour l’écologie ne peuvent pas être séparée des combats contre les inégalités ; et que pour préserver, il faut partager.

Résultat : même quand on sait tout cela, et encore plus quand on ne le sait pas ou que l’on veut l’oublier ou encore qu’on ne veut pas le savoir, on encaisse des coups de poings salutaires.

Rien à voir avec les caresses dans le sens du poil prodiguées par Yann Arthus-Bertrand : le monde il est beau il est gentil et si vous faites un petit effort, on va s’en tirer.

Rien de tel dans le Syndrome du Titanic. Hulot, même si le propos est parfois trop elliptique, nous demande d’arrêter la musique et de regarder, de réfléchir. Avec cet avertissement tiré des images Lire la suite

L’écologie pourrait modifier « un peu » le mode de vie des Français

sudouest.com, NC, le 10 Octobre 2009

SONDAGE. D’après un sondage, à paraître demain dans Sud Ouest Dimanche, les français sont prêts à modifier « un peu » leur mode de vie, pour faire respirer la planète.

L’écologie pourrait modifier « un peu » le mode de vie des Français

Après le succès de Home, le film de Yann Arthus Bertrand, c’est au tour de Nicolas Hulot de tirer la sonnette d’alarme des méfaits du mode de vie de l’homme sur l’environnement, dans son long-métrage, intitulé : Le syndrome du Titanic.

Le succès de ses diffusions associé à la poussée des verts aux dernières Européennes, ont conduit Sud Ouest Dimanche à s’interroger sur la disposition des Français à changer leur propre mode de vie pour répondre aux exigences écologiques. 599 français de plus de 18 ans, représentatifs de la population ont accepté de répondre au sondage ifop, commandé par le journal, et qui paraîtra demain dans Sud Ouest Dimanche.

Les premiers résultats de l’étude montrent que lorsqu’il s’agit de s’impliquer personnellement et à consommer moins, les Français apparaissent quelque peu réticents. Certes, près d’un quart des Français (27%) se déclare « prêt à changer en profondeur son mode de vie et à restreindre sa consommation de manière significative ». Néanmoins, la majorité des personnes interrogées (53%) n’est prête à consentir que des efforts limités (« modifier un peu son mode de vie et limiter sa consommation »). En outre, 20% des répondants refusent de réduire leur train de vie.

La disposition à modifier son comportement présente des intensités différentes selon les catégories de population. Comme on l’observe traditionnellement sur les questions liées au développement durable, l’âge influe notablement sur les réponses ; les plus âgés Lire la suite

Lalanne dénonce les dérives de l’écologie

tvmag.com, Emmanuel Galiero, le 8 octobre 2009 

Lalanne dénonce les dérives de l’écologie

Quand il parle, c’est sans langue de bois. Francis Lalanne, qui appelle tous les consommateurs présumés pollueurs à la « révolte », attaque fort et dénonce les dérives du « business » de l’écologie. Interview choc exclusive pour TV Magazine.

Pourquoi êtes-vous en colère ?

Je fais partie des gens qui en ont ras-le-bol de ce système, qui met en avant des icônes institutionnelles de l’écologie, avec un discours politiquement correct, dont le pouvoir a besoin pour faire passer sa propagande. Des icônes fabriquées pour endormir les gens, pas pour les réveiller !

À qui pensez-vous ?

Jean-Louis Borloo, par exemple. Il a un mandat pour servir des intérêts capitalistes qui ont besoin de l’écologie pour se développer. Les gens l’écoutent comme une référence en matière de traitement du problème écologique, alors qu’en fait il sert de caution aux pollueurs contre l’intérêt des pollués que nous sommes. Ensuite, je peux citer Nicolas Hulot.

Pourquoi lui ?

Parce qu’il tient un discours absolument intolérable et à géométrie variable selon les besoins de son entreprise. Tantôt il prétend que l’écologie n’est pas une philosophie politique à part entière mais une sorte d’humanisme-conseil au service du pouvoir. Tantôt il appelle à voter pour les Verts, tout en méprisant les écologistes indépendants et en proclamant qu’il ne fait pas de politique. De plus, il terrorise les gens en leur expliquant qu’ils sont méchants et destructeurs. Le fait que Nicolas Hulot vive grassement en réalisant des émissions sur l’écologie à la télé le rend-il moins méchant et moins destructeur que le commun des mortels ?

Mais ses émissions ne sont-elles pas nécessaires ?

Non ! Que M. Hulot soit un chef d’entreprise avisé, soutenu par les énormes médias qui l’emploient, et se serve de l’idéal écologiste pour faire de l’argent, cela ne me dérange pas. À condition que son message nous permette d’espérer un monde meilleur. Mais, au lieu de s’en prendre aux véritables responsables, comme l’a fait Coline Serreau avec son film La Belle Verte, il se trompe de cible et attaque les victimes. On en a marre de recevoir des leçons de morale tous les jours par des milliardaires qui nous accusent.

Iriez-vous jusqu’à la traiter d’« imbécile », comme l’a fait Claude Allègre dans la presse ?

Pour moi, Nicolas Hulot est loin d’être un imbécile, mais il est temps qu’il arrête de prendre les gens pour des Lire la suite

Nicolas Hulot et l’oligarchie, par Hervé Kempf

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 3 octobre 2009

Nicolas Hulot et l’oligarchie, par Hervé Kempf

Le film de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre, Le Syndrome du Titanic, sur les écrans le 7 octobre, dérangera. Ce documentaire écologiste ne montre presque pas de nature : rompant avec l’esthétique de carte postale habituelle en la matière, il se confronte à la dure réalité de la misère et de l’injustice. Il tente de dire, malaisément, que la dégradation vertigineuse de la biosphère est le résultat d’un ordre social devenu fou, et qui fait porter le poids de ses conséquences sur les faibles, les pauvres, les exploités.

Il répète que la clé de sortie de cette logique destructrice est dans la baisse de la consommation matérielle dans les pays riches. Gageons que ce discours, plus âpre que celui sur les « petits gestes pour la planète », recueillera un accueil mélangé. Et si Nicolas Hulot allait commencer à déranger ?

La force du personnage est de rester populaire en allant à la pointe de ce que la société française – ou plus exactement le système médiatique qui donne accès à celle-ci – accepte d’entendre à un moment donné.

Depuis une dizaine d’années, il a ainsi fortifié et peu à peu durci son discours : alarmant d’abord sur l’ampleur du désastre écologique, il a ensuite cherché à impliquer les citoyens, puis a porté la question sur le terrain politique. Il arrive maintenant à montrer que l’écologie est d’abord un enjeu social, et critique – mais en termes encore très généraux – le « libéralisme ».

Dans le commentaire habillant les images, il dit : « Je suis perdu. » Perdu ? Ah ? Je lui téléphone pour comprendre. Il répond : « Je suis perdu parce que je ne comprends pas qu’il faille autant d’énergie pour placer des évidences auprès de nos élites. Des gens qui ont une intelligence parfois fulgurante ont des angles morts, c’est-à-dire qu’ils n’arrivent pas à comprendre que leur modèle économique ne tiendra pas. »

C’est le problème de Nicolas Hulot, et donc notre problème : il croit que l’action politique est aujourd’hui inspirée par la recherche du bien commun. Mais il oublie la force des intérêts : l’intérêt individuel et l’intérêt de classe. Ce qu’Hulot appelle les élites, c’est aujourd’hui une oligarchie. Elle ne veut pas entendre l’évidence de la crise écologique et de la désagrégation sociale, parce que le but principal de l’oligarchie est de maintenir ses intérêts et ses privilèges. Elle ne s’intéresse au bien commun que pour autant que cela ne remet pas en cause sa position.

Quand on est gentil, il est difficile d’assimiler le fait que les autres ne sont pas tous gentils. Nicolas Hulot est au bord de le faire, et surtout d’en tirer les conséquences. Soit : ne plus parler vaguement du « libéralisme », mais porter le couteau dans la chair des égoïsmes de classe. Il peut le faire. Mais il sait qu’alors, tout soudain, Lire la suite

Nicola Hulot “Le modèle économique dominant n’est plus la solution mais bien le problème”

montpellier-journal.fr, NC, septembre 2009

“Le modèle économique dominant n’est plus la solution mais bien le problème”

Nicolas Hulot était à Montpellier, la semaine passée, pour présenter Le syndrome du Titanic. L’occasion d’évoquer son point de vue sur le capitalisme, ses relations avec les multinationales, l’action politique, les freins qu’il rencontre, la gouvernance mondiale, des pistes de solution, le problème du pétrole, la voiture et même la viande.

Coréalisé avec Jean-Albert Lièvre, le film de Nicolas Hulot (1), comme ceux d’Al Gore et Yann-Arthus Bertrand, dresse un sombre bilan de l’état de la planète. En gros, ça va très mal, nous ne faisons rien ou pas grand chose et pourtant personne ne sera épargné, pas même les riches. Quant aux plus faibles, ils seront touchés les premiers.

“Ce capitalisme sauvage”

Mais comme dans Une vérité qui dérange ou dans Home, les causes systémiques ne sont pas abordées. Sauf peut-être vers le premier tiers du film où la voix off de Nicolas Hulot nous dit : “J’ai quand même quelques certitudes : le modèle économique dominant n’est plus la solution mais bien le problème. Ce capitalisme sauvage qui réduit tout à l’état de marchandise et dont nous avons fait notre habit de lumière.”

Reste que le mérite évident du syndrome du Titanic est, en permanence, de mettre en relation d’un côté le mode de vie des pays dit “développés” et de l’autre les conséquences et l’indécence de ce mode de vie vis à vis des autres régions du monde. Ce n’est pas rien. Car, chaque jour, dans nos pays, quasiment en permanence, ce lien est masqué. Et le citoyen réduit à un simple consommateur sans conscience. Reste à savoir si le spectateur, une fois sorti, se souviendra de cette mise en perspective dans sa vie quotidienne.

Quelques heures après la projection du film, la conférence de presse a été l’occasion de revenir sur le film mais surtout d’évoquer l’action de Nicolas Hulot et donc certaines pistes ou solutions. Les trois questions ci-dessous ont été posées par Montpellier journal. Viennent ensuite des extraits de la conférence de presse, présentés de manière non nécessairement chronologique.

Vous parlez de “capitalisme sauvage” dans le film. Iriez-vous jusqu’à dire qu’il faut sortir du capitalisme (2) ?

On pourrait deviser pendant des heures sur ce qu’on accroche au mot capitalisme. Y sont associées, un certain nombre de valeurs ou de notions. Je ne les remets peut-être pas toutes en causes. Est-ce que je remets en cause l’accès à la propriété aussi associée au capitalisme ? Probablement pas. Mais ce capitalisme qui fait que tout est devenu marchandise, qu’on spécule sur tout, y compris sur les choses vitales et essentielles, oui ce capitalisme-là, je le remets en cause. Ce capitalisme qui ne se fixe aucune limite et qui génère une concentration de richesse pour un petit nombre de personnes, oui je le remets en cause. Pas par rancœur – il n’y aucune morale dans ce film – simplement ce n’est pas tenable.

Certains vous reprochent de faire des compromis – voire des compromissions – avec des grands groupes pollueurs. Que leur répondez-vous ?

Je ne sais pas où il y a compromis parce que c’est une lecture, me semble-t-il, pas très objective des choses. Je considère qu’on est dans un vrai combat, presque une guerre. Il faut des moyens Lire la suite

Ecologie politique : « La justice sociale doit accompagner cette avancée ponctuelle »

lemonde.fr, Jean-Paul Bozonnet, maître de conférence en sociologie à l’Institut d’études politiques de Grenoble, propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon, le 11 septembre 2009

« La justice sociale doit accompagner cette avancée ponctuelle »

Maître de conférence en sociologie à l’Institut d’études politiques de Grenoble, Jean-Paul Bozonnet a travaillé sur les valeurs, les représentations et les pratiques en matière d’environnement.

L’instauration d’une taxe carbone marque-t-elle un tournant dans l’histoire de l’écologie politique en France ?

Il ne s’agit, pour le moment, que d’une avancée ponctuelle. Les politiques environnementales se traduisent, depuis les années 1980, par des avancées et des reculades au gré de la pression médiatique et des agendas politiques. La taxe carbone a été décidée dans un contexte marqué par un regain de préoccupations écologiques depuis l’intervention de Nicolas Hulot dans la campagne présidentielle de 2007, et le succès de la liste Europe Ecologie aux européennes de juin.

Les Français ont semblé beaucoup plus favorables au principe qu’à sa mise en oeuvre…

Comme leurs voisins européens, les Français sont unanimement favorables à la lutte contre le réchauffement climatique. Mais toutes les enquêtes montrent également qu’ils sont majoritairement opposés à l’augmentation des taxes. Or on est loin d’un sentiment réel d’égalité dans l’application de ces taxes. Il faudrait que le second pilier du développement durable, celui de la justice sociale, soit appliqué. Il semble en fait que le pouvoir instaure une taxe écologique sans satisfaire pleinement à aucun des trois piliers – environnemental, social et économique – du développement durable.

Qui, de la société civile ou des responsables politiques, est aujourd’hui le plus en avance sur ces questions ?

La nécessité d’enrayer le dérèglement du climat fait l’objet d’un consensus largement partagé tant par l’opinion publique que par les politiques. Pour autant, partager des valeurs ne suffit pas, il faut qu’elles coïncident avec les intérêts. Certaines catégories sociales sont beaucoup plus investies dans l’écologie que d’autres, ne serait-ce que parce que leurs intérêts ne sont pas menacés de la même manière. Toute la difficulté pour les responsables politiques est de naviguer au plus juste pour satisfaire les uns sans s’aliéner les autres.

Comment le paysage politique français s’est-il adapté à la progression des préoccupations écologiques ?

Les écologistes ont eu beaucoup de mal à pénétrer le système politique, d’abord parce que pendant de longues années, ils ont refusé de le faire, désirant « faire de la politique autrement » et obtenir un changement plus radical, et aussi parce que Lire la suite

Jancovici – Taxe carbone : un moment historique

lefigaro.fr, Jean-Marc Jancovici, le 9 septembre 2009

Taxe carbone : un moment historique

TRIBUNE – Ingénieur de formation, expert en questions énergétiques et climatiques, l’auteur * plaide pour ce qu’il considère comme un moindre mal comparé à ce qui nous menace.

«Une taxe carbone ? Pouah, une taxe !» Ainsi aurait sûrement parlé Jacquouille dans «Les Visiteurs à Bercy», tellement cette idée semble particulièrement incongrue dans la conjoncture actuelle. En fait, le débat a surtout particulièrement mal démarré dans une classe politique encore trop peu à l’aise avec les enjeux.

Il est évident que les apparences sont trompeuses : pourquoi diantre Nicolas Hulot irait-il risquer sa réputation d’homme le plus sympathique du pays s’il n’était profondément convaincu que c’est avec la promotion de cette fameuse taxe qu’il méritera le mieux – peut-être avec retard ! – l’estime que la population lui porte ?

Au début de l’affaire, il y a un constat simple : l’énergie est par définition la grandeur qui accompagne tout changement dans le monde physique. Il n’y a donc pas d’activité humaine – et a fortiori d’activité économique – sans énergie, dont l’histoire montre qu’elle joue un rôle central dans l’évolution des peuples. La crise de 2009 n’est que la conséquence logique de la hausse du pétrole entre 2000 et 2008, qui est venue faire vaciller un endettement qui autrement serait passé comme une lettre à la poste. Dans le monde, cette énergie vient essentiellement du pétrole (35 %), du gaz (20 %), et du charbon (25 %). Or selon Shell, Total ou l’Agence internationale de l’énergie, le plus probable pour les vingt prochaines années est un approvisionnement pétrolier et gazier de plus en plus incertain : le déclin de la production pétrolière commencera d’ici cinq à quinze ans et il en ira de même pour le gaz cinq à dix ans après (et le charbon quarante ans après). Tout notre système socio-économique reposant aujourd’hui sur l’énergie abondante et à bas prix, une telle évolution dans un monde non préparé menace du premier au dernier lecteur de ce journal, du Lillois au Marseillais, du chômeur au cadre : ce n’est pas juste un problème de riches.

Puis vient le climat. 5 °C d’élévation de la moyenne planétaire, c’est ce qui s’est passé lors du passage de l’ère glaciaire (France incultivable, Grenoble sous la glace, mer plus basse de 100 mètres) à l’époque que nous connaissons actuellement. Sauf qu’en provoquant une telle transition en un siècle au lieu des dix mille ans au moins que cela prend «naturellement», nous appliquerons à 9 milliards d’hommes sédentaires une telle déstabilisation (pénuries alimentaires, maladies, destructions d’infrastructures, exodes, guerres, etc.) que la démocratie, l’espérance de vie et la paix n’y résisteraient probablement pas.

Éloigner cette double menace, probablement un peu plus gênante que de Lire la suite

Nocolas Hulot – Taxe carbone: «Ne rien faire est irresponsable»

liberation.fr, par Matthieu Ecoiffier et Guillaume Launay, le 7 septembre 2009

Taxe carbone : «Ne rien faire est irresponsable»

Pour Nicolas Hulot, la querelle politique sur la taxe carbone masque les enjeux. Il livre son mode d’emploi d’une fiscalité écologique et sociale.

Comme prévu, la taxe carbone et le cafouillage gouvernemental sur le dossier ont largement occupé le campus d’été de l’UMP, qui se déroulait ce week-end à Seignosse (Landes). Cafouillage ? Pas du tout, selon le conseiller élyséen Henri Guaino : «Il n’y a pas de cafouillage, il y a des discussions.» Mais rien d’anormal, officiellement, dans le désaveu infligé au Premier ministre sur les arbitrages. Les modalités de la taxe, les vraies, devraient être connues jeudi, selon Christine Lagarde. Sauf si les «discussions» s’éternisent…

Agacé par la tournure très politicienne prise par le débat, Nicolas Hulot, qui avec sa Fondation a porté et médiatisé la Contribution climat énergie (CCE) depuis le Grenelle, lance dans Libération un appel à la raison.

A entendre ses adversaires, Ségolène Royal en tête, la taxe carbone c’est 7 centimes de plus à la pompe et c’est inefficace…

C’est une présentation étriquée et simpliste des choses. Aucun expert objectif ne doute de l’efficacité du signal prix pour agir sur les comportements. Si, simple exemple inversé, le parc de diesel a tant augmenté en France, c’est parce que les gens ont intégré que le prix à la pompe du diesel serait durablement moins cher que celui du super. Si on veut créer de la vertu collective, que l’industrie propose des biens et des services de plus en plus sobres, il faut que chacun ait à l’esprit que le prix ne baissera plus jamais. Que l’horizon soit bien défini pour orienter ses investissements. Ceci dit, le contexte de la rentrée politique, a sans doute pesé notamment à gauche… Certains ont trouvé un point d’accroche, je ne trouve pas ça très adroit, ce n’est pas un sujet sur lequel il faut polémiquer. C’est trop grave, ne faisons pas de démagogie. C’est d’ailleurs contraire à l’esprit du Pacte Ecologique que tous avaient signé.

Quel est l’intérêt de la taxe carbone ?

Donner un prix au carbone fait consensus chez tous les économistes qui se sont penchés sur ces problématiques. Rappelons le contexte. Il y a deux contraintes majeures, le changement climatique et la raréfaction des ressources. Pour lutter contre le réchauffement, on s’est engagé à Kyoto à diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Ca ne se fera pas avec des petites corrections à la marge. Nous aurons tous des efforts très importants à faire et plus l’on ajourne la transition plus ce sera lourd voir insupportable notamment pour les plus démunis.

«Si on ne fait rien, les plus précaires subiront»

Et sur les ressources ?

On va vers la fin des énergies fossiles et notamment du pétrole. L’idée qu’on ait le choix entre faire ou ne rien faire est fausse. Soit on organise cette mutation, soit on la subit. Les choses vont changer de gré ou de force. Et si c’est de force, par la raréfaction, les prix vont augmenter très brutalement… et ce sont les plus précaires qui vont subir. Planifier la hausse c’est pouvoir aussi amortir les crises à venir. C’est bien une préoccupation éminemment sociale, ce n’est pas juste histoire d’embêter le monde.

Ne faut-il pas d’abord se concentrer sur l’industrie ?

Le marché des quotas existe déjà : il touche les émissions industrielles concentrées. Il faudra Lire la suite

La décroissance, une idée qui chemine sous la récession

bloguez.com, Eric Dupin, le 5 septembre 2009

La décroissance, une idée qui chemine sous la récession

Avec la crise écologique s’impose peu à peu la nécessité de définir le progrès humain autrement que par le productivisme et la confiance aveugle dans l’avancée des sciences et des techniques. En France, les penseurs et militants de la décroissance, qui prônent un mode de vie plus simple et plus riche de sens, voient ainsi croître leur audience, tant auprès des partis de la gauche antilibérale que parmi le grand public. Ils représentent pourtant des sensibilités politiques et philosophiques très diverses.

Il fallait voir l’air interloqué de M. François Fillon. Ce 14 octobre 2008, M. Yves Cochet défendait les thèses de la décroissance du haut de la tribune de l’Assemblée nationale. Diagnostiquant une « crise anthropologique », le député Vert de Paris affirmait, sous les exclamations de la droite, que « la recherche de la croissance est désormais antiéconomique, antisociale et antiécologique ». Son appel à une « société de sobriété » n’avait guère de chances d’emporter l’adhésion de l’hémicycle. Toutefois, l’idée provocatrice de « décroissance » avait forcé les portes du débat public.

La récession est passée par là. Bien sûr, la décroissance « n’a rien à voir avec l’inverse arithmétique de la croissance », comme le souligne M. Cochet (1), le seul homme politique français d’envergure à défendre cette idée. La mise en examen de la croissance apparaît toutefois comme une conséquence logique de la double crise économique et écologique qui secoue la planète. Les penseurs de la décroissance sont subitement écoutés d’une oreille plus attentive. « Je suis beaucoup plus sollicité », se réjouit Serge Latouche, l’un de ses pionniers. « Les salles sont pleines dans nos débats », lui fait écho Paul Ariès, un autre intellectuel de référence de ce courant de pensée.

Le mot même de « décroissance » est de plus en plus repris, bien au-delà des cercles restreints de l’écologie radicale. « Au moment où les adeptes de la décroissance voient leur argumentaire conforté par la réalité, y a-t-il une alternative entre la décroissance subie ou non dite, comme l’est la récession actuelle, et la décroissance conduite (2) ? », s’interrogeait, pendant la campagne européenne, Nicolas Hulot, pourtant régulièrement qualifié d’« écotartuffe » par les objecteurs de croissance. Soutien d’Europe Ecologie, l’animateur avouait douter de la « croissance verte » et envisageait plutôt une « croissance sélective doublée d’une décroissance choisie ». « Seule la décroissance sauvera la planète », lâcha même le photographe Yann Arthus-Bertrand, dont le film Home, au demeurant largement financé par le groupe de luxe Pinault-Printemps-Redoute (PPR), semble avoir contribué au succès électoral printanier des écologistes (3).

Certains partisans de la décroissance sont convaincus que la crise actuelle constitue une formidable opportunité pour leur cause. « Que la crise s’aggrave ! », s’exclame Latouche, reprenant le titre d’un ouvrage du banquier repenti François Partant. « C’est une bonne nouvelle : la crise est enfin arrivée, et c’est l’occasion pour l’humanité de se ressaisir (4) », explique ce tenant de la « pédagogie des catastrophes » jadis développée par l’écrivain Denis de Rougemont.

Sans aller aussi loin, M. Cochet estime que c’est en butant sur les limites de la biosphère que l’humanité sera contrainte de devenir raisonnable. « Il n’y aura plus de croissance pour des raisons objectives. La décroissance est notre destin obligé », prévient le député écologiste, « géologue politique et profond matérialiste ». Ne reste alors qu’à espérer que la crise accélère les prises de conscience, et à « préparer la décroissance afin qu’elle soit démocratique et équitable ».

Mais ce point de vue optimiste est loin d’être partagé par tous. « Cette pédagogie des catastrophes, on n’est pas du tout là-dedans », se démarque Vincent Cheynet. Le rédacteur en chef du journal La Décroissance estime que, « si la crise offre une opportunité de s’interroger et de se remettre en cause, elle risque aussi Lire la suite

Nicolas Hulot combat « Le Syndrome du Titanic » au cinéma

aqui.fr, Solène Méric, le 4 septembre 2009

Nicolas Hulot combat « Le Syndrome du Titanic » au cinéma

Nicolas Hulot, était jeudi 3 septembre, à Bordeaux pour présenter en exclusivité son premier long métrage. Co-réalisé en partenariat avec Jean-Albert Lièvre, grand réalisateur de film documentaire, « Le Syndrome du Titanic« , sans point de comparaison possible avec les émissions « Ushaïa Nature », ouvre selon ses auteurs « un champ de débat, de dialogue et de réflexion » sur la réalité de notre monde en crise. Mettant en lumière paradoxes et absurdités de nos sociétés, le film dresse un portrait alarmant de cette humanité aveugle qui continue à danser et à chanter alors que le bateau coule, ou presque…

Soyons clairs, « Le Syndrome du Titanic » n’est pas un film environnemental, pas plus qu’il n’est un long format des émissions auxquelles nous a habitué Nicolas Hulot. « Ce film est d’avantage un appel à la raison et un acte politique qu’un documentaire sur la crise écologique. D’ailleurs, la « belle nature sauvage » est la grande absente… »
Des images chocs

Si le projet, envisagé il y a quatre ans, penché du côté du bilan écologique, le résultat final en est assez éloigné puisqu’il dresse non pas le constat d’une crise écologique, mais de l’ensemble des crises qui touchent la condition humaine. « On a trop l’habitude d’identifier une crise indépendamment d’une autre. Pour s’accommoder de la réalité, on parle d’une crise économique, d’une crise environnementale, d’une crise culturelle… Mais tout est lié, l’homme doit faire face à une seule crise particulièrement complexe et grave, une crise de l’humanité, voire humanitaire. » Et pour démontrer l’idée, lui et Jean-Albert Lièvre, ont baladé leur caméra aux quatre coins du monde, de l’opulence la plus scandaleuse, à la misère, par définition, inacceptable. Et la succession de ces images chocs fonctionne.

Comment ne pas s’interroger quand, à la vision d’un « Bar à oxygène » tokyoïte, où chiens et maîtres s’enferment quelques minutes dans des cylindres « d’air pur », succède l’image difficile de vieillards chinois démunis, dont des cages grillagées sont les seuls abris?

Comment rester impassible devant ces touristes occidentaux photographiant et filmant, contre rémunération, une famille d’une tribu de Namibie ? Quelle réaction avoir lorsque à la vision d’un de ces « malls » américains, temples de la surconsommation, succède les images d’un Nigeria où des petites mains s’échinent à réduire en miette les circuits imprimés, et toxiques, de nos ordinateurs ? Et enfin quelle logique faut-il voir entre les trottoirs bondés de sans-abris d’une grande ville américaine, et la file de clients dormant à même le sol la nuit précédent le lancement du nouvel Iphone ?

« Pas trop tard pour changer »

Par dessus ces images, alternent les commentaires personnels d’un Nicolas Hulot mi-désespéré mi-optimiste, et des extraits de discours ou interviews de grands témoins historiques comme JFK, Oppenheimer, Al Gore, et bien d’autres. Ces regards extérieurs se posent généralement dans une posture optimiste sur l’avenir de l’humanité, et sa capacité à s’en sortir. Mais, à la réflexion, ces témoignages souvent anciens mettent en exergue l’absence d’amélioration, voire l’aggravation de la situation depuis qu’ils ont été prononcés

Même si les commentaires se veulent par moment plus optimistes, soutenant l’idée qu’il n’est « pas encore trop tard pour changer » notre manière d’être, c’est plutôt amer et inquiet que l’on sort de la salle de cinéma. Mais sans doute l’individu doit-il en passer par là, pour passer à l’action, ou du moins réfléchir à ses propres habitudes de vie. A vous de voir, à partir Lire la suite

Hulot à Bordeaux, évacuation du Titanic, taxe carbone, un monde devenu fou…

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 4 Septembre 2009

RENCONTRE. Il était en visite hier à « Sud Ouest » pour le lancement de la promotion du « Syndrome du Titanic ». L’occasion de réagir à la taxe carbone

Nicolas Hulot fait évacuer le « Titanic »

L’ouverture sur le monde commence à Bordeaux. La toute première présentation publique du « Syndrome du Titanic », le film de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre, qui sortira le 7 octobre, a eu lieu hier soir à l’UGC Ciné-Cité de la ville. Elle s’est tenue en présence des deux réalisateurs, qui ont d’abord été accueillis dans les locaux de « Sud Ouest » par Patrick Venries, le directeur de l’information, et Yves Harté, son adjoint. L’homme de télévision s’y est prêté au rituel de la conférence de presse, suivie d’un chat avec les internautes sur sudouest.com. Morceaux choisis.

Quatre ans de croisière

« On a commencé à parler de ce film il y a quatre ans. Depuis lors, le contexte a changé, le film est plus contemporain que mon livre éponyme, que je voulais adapter. Au final, je ne considère pas qu’il s’agit d’un film environnemental ou écologique. Il évoque plutôt la combinaison des crises, celle du modèle dans lequel nous vivons.

« Je dis au début du film que « longtemps, je me suis accommodé de la réalité ». C’est sa raison d’être. Le moment est venu où l’on ne peut plus faire de concessions avec la réalité ; elle est trop complexe et trop grave pour la tamiser. Elle est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Nos concitoyens du monde entier n’en ont pas vraiment conscience. Or tout se joue en ce moment. »

La philosophie du désespoir

« Je n’avais jamais pensé que mon combat devrait être aussi intense. Et, oui, je passe par des phases de désespoir parce que certains de mes interlocuteurs ne consentent à agir que pour me faire plaisir. Alors qu’on se situe sur un enjeu d’intérêt universel. Je vois bien l’inertie dans laquelle nous sommes. Le positivisme hérité du XIXe siècle est encore excessivement efficace. Mais je vois parallèlement que le génie humain ne fait jamais défaut quand on a besoin de lui.

« Nous avons remis dans le commentaire la fameuse phrase d’Einstein qui dit que « notre époque se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions ». Nos actions ont échappé à nos intentions. Nous avons une opportunité à un coup, c’est en l’espace de quelques années que ça va se jouer, pour redéfinir l’ambition du projet humain. »

Préserver pour partager

« Il y a deux priorités : préserver nos ressources au sens large du terme, et partager. La première conditionne la seconde. Quand on est dans la pénurie, quand l’essentiel vient à manquer, ce qui nous pend au nez pour beaucoup de choses, les valeurs liées à la démocratie ne résistent pas longtemps.

« C’est un appel à la mobilisation, un appel à l’action. Il faut que les citoyens valident, accompagnent, voire inventent un nouveau modèle. Même si on ne s’occupe pas de l’état de notre planète, il va se passer quelque chose. Sans notre consentement, la nature va procéder à des ajustements et ce sera excessivement violent. Je rappelle qu’il y a d’ores et déjà 300 000 morts par an dans le monde du fait des changements climatiques. »

La poudrière des inégalités

« Oui, je suis inquiet, parce que je n’ai pas simplement une vision livresque des événements. Pour ce qui concerne l’état de la nature, je fais partie de ceux qui ont pu voir l’accélération des phénomènes de manière très concrète. Depuis le temps que je voyage, j’ai aussi vu les inégalités se creuser. Elles deviennent d’autant plus obscènes que dans les endroits les plus reculés, il y a toujours une fenêtre sur le monde, qu’il s’agisse de la télévision ou d’Internet. Et les gens là-bas savent que, tout près, de l’autre côté du mur, d’autres se vautrent dans l’opulence et le gâchis. Ça crée des points de tension énormes, des frustrations et des humiliations. Où que j’aille, ce fossé nord-sud n’a jamais été aussi marqué.

« Il va bien falloir éliminer les gâchis et les excès, y compris dans Lire la suite

La filière bio commence à être victime de son succès

lemonde.fr, Laetitia Clavreul, le 31 août 2009

La filière bio commence à être victime de son succès

Bio », mais pas local. C’est un paradoxe, et surtout une réalité dans les rayons français. Alors que la production en mode biologique prône le respect de l’environnement, l’essor rapide de la consommation de ce type de produit a pour effet un recours massif aux importations, et donc au transport sur longue distance de marchandises. La preuve que la sortie de la confidentialité de ce marché de niche est difficile, voire mal maîtrisée.

Une part de marché de 1,7 % dans l’alimentation

Principes Une gestion durable de la production, ne nuisant pas à l’environnement, à la santé humaine, à celle des animaux et des végétaux. L’agriculture biologique interdit par exemple l’utilisation des produits chimiques de synthèse ou des OGM.

Production Selon l’Agence Bio, en 2008, 2,12 % de la surface agricole était consacrée à la production biologique, en hausse de 4,8 % sur un an (avec + 11,6 % pour les céréales et + 25 % pour le vignoble). Elles devraient augmenter de 10 % en 2009.

Marché Dans l’alimentation, la part de marché des produits bio atteint 1,7 %. C’est désormais en grandes surfaces qu’il s’en écoule le plus (42 %), et là aussi que la croissance des ventes est la plus forte (+ 39 % sur un an). En trois ans, les ventes de lait bio ont doublé. Celles des oeufs ont été presque multipliées par deux. En 2008, 46 % des cantines scolaires ont intégré au moins ponctuellement des produits bio dans leurs menus, un chiffre qui devrait atteindre 77 % en 2012.

En 2008, le marché a affiché une croissance de 25 %, à 2,6 milliards d’euros. Entre 2000 et 2007, la hausse était déjà de 10 % par an. Revers de la médaille, en 2008, tous produits confondus, les importations se sont élevées à 30 %, contre moins de 20 % en 2005, selon l’Agence Bio, organisme public chargé de la promotion du secteur. La France manque de lait bio, de céréales, surtout de fruits et légumes.

Le problème est simple. D’un côté, l’offre ne peut que progresser lentement car il faut deux ans pour convertir un élevage laitier au bio, trois pour une exploitation céréalière, le temps que les produits chimiques utilisés jusque-là ne laissent plus de traces dans le sol. De l’autre, la demande s’est beaucoup accrue dernièrement, dopée, selon les observateurs, par deux événements qui ont fait prendre conscience des risques d’une consommation non durable : le Pacte écologique de Nicolas Hulot, puis le Grenelle de l’environnement.

Du coup, industriels de l’agroalimentaire et marques de distributeurs, qui avaient investi plus récemment le secteur, ont augmenté leur offre. Sans pour autant trouver de matière première sur le marché français. « Ceux qui sont impliqués depuis longtemps dans la filière ont moins de difficultés car Lire la suite

Montpellier les 22 et 23 ocobre : Colloque sur les sciences citoyennes et la biodiversité

sciencescitoyennes.org, Communiqué, le 27 juillet 2009

Colloque sur les sciences citoyennes et la biodiversité

L’association Tela Botanica propose de réunir porteurs de projets, scientifiques et citoyens lors de deux journées inédites à Montpellier : la première édition du colloque «Sciences Citoyennes et Biodiversité» introduira l’année 2010 de la Biodiversité. L’événement se déroulera les 22 et 23 octobre prochains sur le site de l’Université Montpellier 2.

Au-delà de la présentation et de la valorisation des expériences, cette rencontre nationale permettra aussi d’engager une réflexion sur les enjeux d’une science citoyenne en rapport avec l’environnement en confrontant plusieurs champs disciplinaires (Écologie et Sciences de la Nature, Sciences Humaines et Sociales, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, …). Le grand public, les médias et les politiques seront également parties prenantes de l’événement.

Montpellier, première rencontre nationale

Vous êtes ici sur : http://colloquescb.tela-botanica.org

Pour toujours être informé de l’actualité, inscrivez-vous à notre liste de discussion ! Il vous suffit d’envoyer un mail vide à cette adresse : sciences-citoyennes-subscribe@tela-botanica.org.

Le livret Des réseaux et des sciences sur la biodiversité, dont la réalisation est soutenue par la Fondation Nicolas Hulot, présentera dans un même ouvrage l’ensemble des initiatives de sciences citoyennes dans le domaine de la biodiversité.

Vous êtes, vous-même, porteur ou partenaire d’un projet de sciences citoyennes ? Venez le faire découvrir sur notre carte des projets ou en téléchargeant ce formulaire. L’ensemble des informations que vous y inscrirez seront publiées dans le livret et diffusées auprès des participants du colloque.

Vous pouvez maintenant diffuser le Communiqué de presse.

Les inscriptions au colloque sont désormais ouvertes Lire la suite

Laure Noualhat : Je n’arrive pas à être écolo

liberation.fr, Laure Noualhat, le 28 juillet 2009

Je n’arrive pas à être écolo

Changer de comportements, d’habitudes, de système de valeurs… Le passage à l’acte n’est pas facile. Explications ludiques sur la quasi-impossibilité de vivre la vie en vert.

Après les épisodes riants où manger bio et pédaler quelques jours par an sur un Vélib’ rendaient le sauvetage de la planète excitant, Homo ecologicus jette l’éponge et s’en va déprimer à la campagne en 4 x 4, ambiance «Tout est foutu de toute façon…» Bah oui, tout est foutu, et alors ?

L’engouement pour le green donne des boutons à plus d’un humain. On le sent dans la presse (le Monde 2 :«Dur dur d’être écolo !» ; Elle : «L’écologie est-elle une nouvelle religion ?»…), où fleurit une écologie qualifiée de pénible, contraignante, peine-à-jouir et idéologue. Vivre en vert est-il voué à l’échec ?

Précontemplation

Le niveau d’information sur la crise écologique n’a jamais été aussi élevé, et pourtant, le passage à l’acte se fait attendre. D’où viennent les blocages ? Tels sont les thèmes défrichés par l’éco-psychologie, un mouvement qui pense la crise environnementale comme une crise morale, symptomatique de nos sociétés émotionnellement immatures. «Le changement passe par divers stades dont les deux premiers sont la précontemplation et la contemplation, explique Jean-Pierre Le Danff, écopsychologue qui anime un groupe de travail à la Fondation Nicolas Hulot. La majorité de nos contemporains n’en sont qu’à la précontemplation : ils sont de plus en plus nombreux à s’en faire une idée, mais elle n’a pas encore percolé dans leur être, en tant que réalité qui les touche et les concerne. Or, on ne change que quand on est en contact avec la réalité et qu’on voit les dangers actuels et futurs

Voir les dangers peut tétaniser ou sidérer. Or, être écolo s’apparente encore à un chemin pavé d’écogestes insuffisants, inadaptés ou impossibles à réaliser. A la première embûche venue, Homo modernicus, habitué à obtenir tout ce qu’il veut quand il le veut, tourne le dos aux solutions. Pourquoi lambine-t-on ? «La notion de limites apparaît insupportable à nos sociétés, analyse Séverine Millet, auteure de Nature humaine, une lettre électronique. Changer de comportement est insuffisant, la crise appelle à un revirement en profondeur du système de valeurs que notre éducation, notre culture, notre histoire ont contribué à forger.»

Or, chatouiller ce système ou les représentations sociales, c’est activer de puissantes résistances, inconscientes. Vu de l’extérieur, décrocher de la cigarette est simple comme un patch. De l’intérieur, tous les fumeurs ou ex-fumeurs savent que c’est bien plus complexe. Idem en écologie. On ne se désintoxique pas d’un système de valeurs en se contentant de manger, rouler, dormir, baiser bio, vert et équitable. Bien qu’utile, cela ne suffit pas. Loin s’en faut. Comment dépasser le stade comportemental ? Lire la suite

Claude Allègre : L’écologie non productive, c’est quoi ?

liberation.fr, Claude Allègre, ancien ministre, le 17 juillet 2009

L’écologie non productive, c’est quoi ?

Présentant la fondation que je suis entrain de créer avec pour titre Ecologie productive, un journaliste s’est interrogé. Qu’est ce que l’écologie non-productive ? Il m’incombait donc d’éclairer sa lanterne.

L’écologie productive est la démarche qui consiste à résoudre les problèmes écologiques en créant de nouveaux emplois et de nouvelles richesses. C’est ce que l’on appelle parfois la croissance verte, concept que j’ai contribué à définir et à développer depuis vingt ans (dans mes livres Economiser la planète, Fayard, 1990 et Ecologie des villes, écologie des champs, Fayard, 1993). Cette démarche s’oppose radicalement à la vision, hélas très répandue, qui a vu le jour dans les années 1970 avec le fameux rapport du Club de Rome «Halte à la croissance» et qui s’est prolongée plus récemment avec les concepts de décroissance et de frugalité prospective, qui constituent la base du livre de Nicolas Hulot le Pacte écologique aussi bien que le programme des Verts.

A une écologie dénonciatrice et punitive, qui ne voit l’écologie que comme l’annonce de catastrophes, la multiplication de taxes, des interdictions diverses et, l’arrêt du progrès, («le progrès pose problème», écrit Hulot), nous souhaitons substituer une écologie de la création, de l’invention, du dépassement, de la réparation qui débouche sur la croissance économique en même temps que l’établissement d’une certaine harmonie entre l’homme et la nature mais dans laquelle l’homme n’est jamais sacrifié aux exigences écologiques.

Prenons trois exemples pour illustrer cette démarche. L’énergie nucléaire est à l’évidence une source d’énergie essentielle à notre développement futur et l’on ne dénoncera jamais assez les dommages créés à l’Europe par les verts allemands en interdisant à ce pays cette source d’énergie ! Mais peut-on, d’un autre côté, ignorer qu’avec la technologie actuelle nous produisons des déchets potentiellement dangereux et que les réserves d’uranium ne dépassent pas un siècle ? La solution ce n’est pas l’abandon du nucléaire, c’est de développer la technologie dite de «quatrième génération» qui utilisera 97 % de l’uranium multipliant les réserves par 100 et qui détruira les déchets à vie longue rendant cette filière plus sûre.

Second exemple, les pesticides, insecticides et engrais. Il est exact que le développement excessif de la «chimie agricole» a conduit à créer des problèmes de pollution alimentaire pour les humains, les animaux domestiques mais aussi les animaux sauvages. La décroissance des populations d’oiseaux, des rivières trouve sans aucun doute sa source dans la pollution. Faire semblant de l’ignorer n’est pas responsable pas plus qu’accuser les agriculteurs et leur interdire les moyens de continuer a être compétitifs sur un marché désormais international de plus en plus sévère. La solution, c’est de développer les plantes génétiquement modifiées qui permettront d’éviter les pesticides, les insecticides, en partie les engrais et qui permettront de minimiser les besoins en eaux ou les contraintes de salinité. L’avenir de l’agriculture est là !

Troisième exemple, le contrôle du gaz carbonique. Laissons de côté la question des prévisions climatiques car elle sera réglée par les faits d’observations à condition de ne pas les masquer (pourquoi cache-t-on ces jours-ci le fait que la banquise arctique Lire la suite

La réflexion sur la contribution climat-énergie est lancée

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 11 juin 2009

La réflexion sur la contribution climat-énergie est lancée

Hier, les ministres de l’environnement et de l’économie ont mis en ligne un Livre blanc qui expose les enjeux de la création d’une «taxe carbone» en France en vue de la conférence d’experts qui se tiendra les 2 et 3 juillet sous la présidence de Michel Rocard. Objectif : réduire la consommation d’énergie et les émissions CO2 des ménages et des entreprises.

«La création de cette nouvelle taxe sera aussi importante que celle de l’impôt sur le revenu» a déclaré Michel Rocard. «Elle devra être brutale pour être efficace et éviter à nos enfants de finir dans une poêle à frire !», a-t-il ajouté. Pour Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat chargé de l’environnement, «la contribution ‘climat-énergie’ (CCE) a pour objectif de favoriser une mutation de notre économie vers une économie décarbonée en introduisant ’un signal prix carbone’».

Le but de la CCE (1) est de taxer les secteurs non intégrés dans le marché européen de quotas de CO2 (2) qui représentent pourtant 60% des émissions de CO2 de la France. Il s’agit principalement des transports (35%) et du bâtiment (25%). Pour ces secteurs, la France a pour objectif de réduire d’ici 2020 de 14% ses émissions par rapport à 2005.

Mesure phare du Pacte écologique de Nicolas Hulot en 2007, la taxe carbone est inscrite dans le projet de loi Grenelle I, actuellement en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Le Livre blanc, un document d’une douzaine de pages, présente les enjeux et les questions posées par cette nouvelle imposition. Parmi les interrogations, figurent la définition de l’assiette de l’impôt (produits et/ou secteurs concernés), l’intégration de l’énergie nucléaire et la répartition de la charge entre les ménages et les entreprises.

Une contrainte toutefois, la taxe devra se faire à taux de prélèvement obligatoire constant. Les recettes nouvelles devront financer en contrepartie la baisse d’autres impositions, «afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises», conformément au souhait de Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, un système de redistribution aux ménages défavorisés est prévu via un «chèque vert», une mesure saluée par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir.

Evoquée plusieurs fois par le Président de la République, l’hypothèse de substitution de la taxe professionnelle [29 milliards de recettes] par la taxe carbone [entre 6 et 12 milliards selon les estimations], ne semble plus à l’ordre du jour. «La réforme en cours de la taxe professionnelle est distincte du projet de création de la CCE» a indiqué Christine Lagarde, ministre de l’économie. «Il vaudrait mieux choisir comme facteur variable un impôt plus simple», estime pour sa part Michel Rocard.

Jean-Louis Borloo a enfin prôné l’harmonisation de cette disposition à l’échelle Lire la suite

Entretien croisé : Nicolas Hulot et Pascal Picq

madame.lefigaro.fr, Dalila Kerchouche et Laurence Negroni-Nikitine, le 29 mai 2009

Entretien croisé : Nicolas Hulot et Pascal Picq

Comment parler d’écologie sans donner des leçons ? Responsabiliser sans culpabiliser ? C’est l’objet de ce débat entre Nicolas Hulot et le paléoanthropologue Pascal Picq, une réflexion éthique et pratique pour les générations à venir. L’occasion d’une remise en cause salutaire pour la planète.

Madame Figaro. – Aujourd’hui, le discours écologique se moralise. Être vert, c’est bien, c’est juste. Qu’est-ce que la morale a à voir avec le réchauffement de la planète ?

Nicolas Hulot (1). Je préfère parler de responsabilité. Il ne suffit plus de se dédouaner avec deux ou trois petits gestes écolos. Mais de nous montrer plus exigeants dans nos choix individuels. Le dérèglement climatique nous oblige à une prise de conscience. À essayer de comprendre pourquoi, involontairement, nos actions ont échappé à nos intentions. En disant cela, je ne fais pas la morale, car je suis aussi de ceux qui ont, sans le vouloir, participé à tous ces désordres écologiques. Mais j’explique simplement que nous sommes à un carrefour de civilisation. Nous ne pouvons pas nous désolidariser des générations futures et les livrer en pâture à des problèmes quasiment insolubles. Je n’y vois aucune morale, mais la possibilité d’édifier ensemble un nouveau capital de valeurs.

Pascal Picq (2). Je suis scandalisé par les pubs et les promos qui, en ce moment, poussent à la surconsommation. Évidemment, il n’est pas question de donner des leçons, mais d’expliquer que nos habitudes ne sont bénéfiques ni pour notre santé ni pour notre confort de vie. Mais attention, aussi, à la fausse bonne conscience ! Car certaines entreprises pratiquent le greenwashing et utilisent le développement durable comme vitrine publicitaire. Cette démarche est très ambiguë, car elle ne part pas d’une réflexion éthique sur le produit. Entre mauvaises habitudes et prétextes fallacieux, il y a d’autres voies.

Pour agir au quotidien, quels gestes vous semblent essentiels ?

Nicolas Hulot. Il y en a beaucoup. Par quoi commencer ? On recharge ses cartouches d’imprimante, on chauffe sa maison à 18 °C, on récupère l’eau de pluie, on trie ses déchets, on éteint ses appareils en veille, on achète des produits de saison et de proximité, on évite les sacs plastique aux caisses des supermarchés, on choisit son mode de transport intelligemment, on optimise également sa machine à laver, on prend une douche plutôt qu’un bain… Les possibilités qui s’offrent à nous sont sans limites et nullement insignifiantes ! Si on possède plus de moyens, on peut rouler à scooter électrique, équiper sa maison de panneaux solaires… Mais à partir de là, c’est aussi à la société de permettre au plus grand nombre d’accéder à ces techniques en en baissant les coûts.

Pascal Picq. Soyons clairs : dans nos actes quotidiens, nous sommes impliqués avec tout ce qui se passe dans le monde. Cet été, par exemple, certaines personnes vont acquérir des salons pour leur jardin. Et en ce moment, c’est la mode des salons en teck. Or, lorsque nous achetons des meubles qui ne viennent pas d’une forêt gérée de manière durable, nous tuons des orangs-outangs. Cela n’est pas un discours moralisateur, c’est un fait.

Mais comment se responsabiliser sans culpabiliser ?

Nicolas Hulot. Si je suis dans une impasse, car je dois prendre ma voiture pour aller travailler, je n’ai aucune raison de me sentir coupable. Car la société ne me donne pas le choix de faire autrement. C’est de l’ordre de la responsabilité collective, et non individuelle. En revanche, dès qu’un choix personnel est possible, je dois essayer de briser mes automatismes consuméristes, c’est-à-dire évaluer et trier entre l’essentiel et le superflu. C’est un véritable Lire la suite

Taxe carbone : le levier d’une nouvelle économie verte ?

greenunivers.com, Arnaud Gossement, le 10 juin 2009

Taxe carbone : le levier d’une nouvelle économie verte ?

Jean-Louis Borloo vient d’annoncer l’organisation, début  juillet, d’une conférence d’experts sur la fiscalité carbone et, plus précisément, sur le mécanisme d’une “contribution climat énergie”. Cette conférence sera présidée par l’ancien Premier ministre Michel Rocard. Arnaud Gossement, avocat associé en droit de l’environnement au Cabinet Huglo-Lepage et enseignant à Paris I et Sciences Po, passe en revue des principaux termes du débat à venir.

Taxe carbone ou contribution climat énergie ? Lors de la dernière campagne présidentielle, Nicolas Hulot avait repris dans son Pacte écologique l’idée d’une taxe carbone destinée à réduire drastiquement le volume de nos émissions de gaz à effet de serre, lesquelles ne sont pas toutes concernées par le système européen de quotas d’émissions de GES (38 % des émissions de GES pour la France). L’idée est portée depuis longtemps et avec conviction par Jean-Marc Jancovici, également membre du Comité de veille écologique. Lors du Grenelle de l’environnement, les acteurs réunis ont convenu d’étudier non pas une taxe carbone mais une contribution climat énergie. Certaines associations craignaient en effet que la taxe carbone n’avantage l’énergie nucléaire réputée faiblement carbonée. A la place, la contribution climat énergie (CCE) est censée encourager une réduction globale de la consommation d’énergie. Les débats promettent cependant d’être vifs sur le sort à réserver aux énergies renouvelables dont la liste précise n’est pas encore arrêtée définitivement par la loi. A noter : la CCE ne doit pas être davantage confondue avec la taxe carbone aux frontières, également appelée « taxe Cambridge »

Eviter le syndrome de la taxe pique nique. Pourquoi réunir une conférence d’experts ? En réalité, le procédé est opportun. Alors que la « taxe sur les produits fortement générateurs de déchets ». Jean-Louis Borloo avait subi une campagne anti taxe « pique nique » lorsqu’il avait voulu en défendre le principe, à la veille de la discussion de la loi de finances pour 2009. Elle est donc passée à la trappe, tout comme l’idée d’étendre le système du bonus malus automobile à d’autres familles de produits. A n’en pas douter, certains membres du Gouvernement eux mêmes ont, à l’époque, répandu l’idée que l’écologie pourrait constituer un prétexte facile à de nouvelles taxes. C’est pour cela que la CCE doit respecter un principe de neutralité fiscale de nature à interdire toute hausse du niveau général des prélèvements obligatoires. Cela étant, certaines associations de défense des consommateurs ont exprimé la crainte que la charge ne soit transférée du contribuable au consommateur, lequel subirait alors peut être une perte de pouvoir d’achat, aggravée par l’absence d’alternative aux énergies taxées.

Une taxe de substitution ? Le principe de neutralité fiscale, qui a bien failli être inscrit dans la loi commande que la création de la CCE soit compensée par une baisse de la fiscalité sur le travail voire par la disparition de la taxe professionnelle. Problème : le but premier de la CCE n’est pas d’abonder le budget de l’Etat mais de voir son produit distribué puis, dans une hypothèse optimiste, diminuer à mesure de la baisse de la consommation d’énergie qu’elle doit encourager. En effet, les débats au sein de la conférence d’experts porteront notamment sur la redistribution du produit de la taxe vers les ménages les plus modestes : d’où l’idée de Lire la suite

Europe Ecologie : la désillusion du Grenelle comme point commun

journaldelenvironnement.net, Victor Roux-Goeken, le 5 juin 2009

Europe Ecologie : la désillusion du Grenelle comme point commun

Respectivement ancien directeur des campagnes de Greenpeace, directrice fédérale de France nature environnement et porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, Yannick Jadot, Sandrine Bélier et Jean-Paul Besset ont fait le pari des élections européennes. Ces trois têtes de liste sont pourtant issues du milieu associatif, réputé apolitique. Leur point commun: «l’échec» du Grenelle de l’environnement. Cinquième et avant-dernier article de notre dossier consacré aux élections européennes.

Quelles sont les motivations de votre engagement pour les élections européennes?

Yannick Jadot: Les associations environnementales rassemblées dans l’Alliance pour la planète avaient réussi, avec Nicolas Hulot, à imposer l’environnement dans la présidentielle de 2007. Nous avons obtenu le Grenelle de l’environnement. Depuis, je n’ai pu que constater sa faillite.

La relance économique se fait avec les vieilles formules -nucléaire, incinérateurs, agriculture intensive- dans une direction opposée à celle du Grenelle.

J’ai aussi fait le constat que si les associations faisaient leur travail, le maillon faible était du côté des politiques.

Sandrine Bélier: Le Grenelle de l’environnement a été un superbe exercice de démocratie participative. Nous avons produit une boîte à idées pour sortir de la crise. Mais j’ai eu le déclic avec le plan de relance de Patrick Devedjian [ministre de la relance] et François Fillon: relance de la construction, alors que le Grenelle préconisait la fin de l’étalement urbain, des infrastructures routières, et simplification des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Puis, il y a eu la suppression de l’enquête publique…

Avec le projet de loi «Grenelle II», nous serions repartis dans un bras de fer. On ne marchait plus que sur une jambe. La société civile forte était là, mais pas les politiques. Le Parlement n’a pas compris, à droite comme à gauche, qu’il avait dans les mains des clés pour transformer l’économie. Le mieux était de porter les solutions à la seule échelle pertinente, l’échelle européenne.

Jean-Paul Besset: Il n’y a pas que le Grenelle de l’environnement. Cela fait partie de mes engagements, dans la continuité de ce que j’ai fait ces dernières années avec Nicolas Hulot: le pacte écologique, la prise de conscience, l’environnement dans la présidentielle de 2007, qui a débouché sur le Grenelle. Mais il n’était pas possible de se contenter de cette démarche-là. Et s’est présentée l’opportunité des européennes.

Mais pour moi, le Grenelle n’est pas un échec. C’est le verre à moitié vide et à moitié plein.

L’activité d’eurodéputé est chronophage. Ne craignez-vous pas d’avoir fait perdre Lire la suite

Taxe carbone : urgence d’une fiscalité environnementale

developpementdurablelejournal.com, Jacques Cortie, le 4 juin 2009,

Taxe carbone : urgence d’une fiscalité environnementale

Organisée mardi 3 juin au Sénat, la table ronde sur l’instauration d’une taxe carbone et les marchés d’émission de CO2 a pointé la nécessité et l’urgence d’une décision mais aussi la difficulté de sa mise en œuvre.

Sous la présidence du Président de la Commissions des finances du Sénat, Jean Artuis, c’est un échange serré qui a tenté de faire le point sur l’instauration d’une taxe carbone. Plusieurs questions sont restées en suspens et non des moindres. La faisabilité de l’initiative, notamment, en regard des productions industrielles venues de l’espace non européen, ainsi que la problématique de la redistribution ont occupé nombre des interventions. Si les avantages principaux de cette taxe sont acquis (lutte contre l’effet de serre et anticipation de la fin des énergies fossiles) personne ne sait encore comment elle pourra s’appliquer, la problématique des émissions de CO2 étant par définition universelle. Une taxe franco-française est d’autant moins envisageable que, comme l’a rappelé lors de son intervention, Chantal Jouanno « c’est sous la présidence française de l’Europe que le paquet énergie-climat a été adopté ». La secrétaire d’état chargée de l’écologie a cependant spécifié qu’un « ajustement fiscal aux frontière est envisagé par la France en cas d’échec à Copenhague ». Quel en serait la nature ? Là aussi le débat a situé la difficulté du dispositif à mettre en place, la France ayant la particularité de posséder avec la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) un impôt lourd, nettement au-dessus de ce qui se pratique ailleurs dans la Communauté mais disposant d’une taxation faible sur le charbon et le gaz. « On peut équilibrer pour aller vers la moyenne européenne » a logiquement envisagé Chantal Jouanno, pour qui « la voie fiscale est la seule envisageable actuellement ».

Compétitivité intacte

Comment appliquer alors ce nouvel impôt en France sans augmenter le niveau d’inégalité sociale qui existe ? Faut-il aussi taxer les produits finis qui entrent dans l’hexagone et en Europe ? Le problème de la compétitivité des entreprises s’est ainsi retrouvé au centre des débats avec son corollaire, la délocalisation. Une question qui ne se pose pas pour Jean-Marc Jancovici, économiste, représentant la Fondation Nicolas Hulot qui souligne que « l’essentiel des émissions qui seraient dans le champ d’application de la taxe ne sont pas issues d’activités délocalisables. » Dominique Bureau, délégué général au Conseil économique pour le développement durable abonde dans le même sens en précisant que « 70% des émissions de CO2 sont produites par des secteurs comme le transport, le logement et les PME« . Jean-Yves Gilet, président d’Entreprises pour l’environnement, qui regroupe une majorité d’entreprises du CAC 40, a listé, lui, les principes qui devraient présider à une taxe carbone afin de ne pas pénaliser la croissance : équité (tous les secteurs d’activité), universalité (toutes les zones géographiques) progressivité et long terme. L’un de ses souhaits, partagé par les intervenants, étant de pouvoir disposer Lire la suite

Nicolas Hulot : «Mobilisons les consciences»

hebdo.ch, Philippe Le Bé, le 4 juin 2009

Nicolas Hulot. «Mobilisons les consciences»

Bouleversements. Le responsable de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme estiment que de toutes les crises que nous traversons, celle de la spiritualité est la plus profonde.

«Donner une dimension spirituelle au progrès», ce sera le thème de la visioconférence donnée par Nicolas Hulot lors du colloque international Environnement et spiritualité organisé du 4 au 6 juin 2009 par l’Université de Lausanne (Unil) et parrainé par L’Hebdo (www.unil.ch/ipteh). Le reporter, écologiste et écrivain français était l’un des invités du Forum des 100 en 2007.

Le réchauffement climatique n’est désormais plus contestable. Pourtant, nous hésitons encore à prendre des mesures vraiment efficaces pour y faire face. Comment l’expliquez-vous ?

Contrairement à d’autres civilisations du passé qui, faute d’indicateurs fiables, avaient de la peine à imaginer leur évolution possible, la nôtre dispose de données scientifiques toujours plus précises. Ainsi, les modélisations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous donnent une idée claire de la crise climatique à venir avec les désordres écologiques, géopolitiques et économiques qu’elle va engendrer. Pourtant, en effet, ces alertes ne suffisent pas à nous faire bouger. Si demain un tsunami est annoncé en Méditerranée, nous allons sans doute immédiatement réagir. Mais, pour le plus grand nombre, le dérèglement climatique demeure encore trop abstrait.

Nous n’y croyons pas ?

Le positivisme scientifique élaboré par Auguste Comte il y a 150 ans est toujours très prégnant dans notre conscience collective. Nous pensons généralement que les choses vont toujours finir par s’arranger, que la science et la technologie apporteront les réponses adéquates à tous nos problèmes. Par ailleurs, comme ballottés sur un fleuve en crue, nous avons de la peine à appréhender le précipice qui surgit à l’horizon. Tout va trop vite. Depuis quelques mois, les crises financière, économique, sociale et maintenant sanitaire avec la fièvre porcine, qui s’enchaînent les unes aux autres, ne nous accordent aucun répit. Au lieu d’être prospectifs, nous sommes réactifs.

 De toutes ces crises que nous traversons, quelle est la plus profonde ?

La crise spirituelle. Lire la suite

Hulot : « L’Europe doit entraîner la révolution climatique »

lejdd.fr, Soazig Quemener, le 24 Mai 2009

Hulot : « L’Europe doit entraîner la révolution climatique »

Il a quelque chose d’un Sisyphe vert, dont le combat n’est jamais gagné. Avec son pacte écologique, Nicolas Hulot avait crû convaincre le monde politique. Malgré le Grenelle et le « paquet » européen, l’animateur télévisé, président de la fondation pour la Nature et l’Homme, voit monter les périls. Dans le JDD, il avertit: la révolution économique et écologique est inévitable.

L’Europe est-elle à la hauteur du défi climatique ?

Elle ne l’est pas encore, mais elle doit le devenir, parce qu’elle est la seule à pouvoir entraîner le monde. Nous avons une conférence dans six mois à Copenhague, où l’ensemble de l’humanité devra se donner les moyens d’éviter le pire. J’ai conscience du côté dramatique de ce genre de proclamation: mais nous sommes vraiment à l’heure de vérité. Et c’est vraiment nous, les Européens, qui pouvons être décisifs. Il faut renouer avec une fierté européenne, la fierté de l’humanisme européen, du modèle de civilisation. Sur le « paquet » climat-énergie, l’Europe a été en pointe, et Nicolas Sarkozy a été au rendez-vous. Mais ça ne suffit pas. Nous sommes sous la main dans nos plans de relance économique, comme paralysés dans nos conservatismes sociaux. Et même sur l’environnement, il faut aller beaucoup plus loin. Ce qui se joue avec le climat n’est pas une affaire de météorologues. Tout est lié : la crise sociale, la crise économique, la crise environnementale. Ou bien nous changeons de modèle, de manière révolutionnaire…

Ou bien ?

Nous entrons dans une zone de tempêtes. On ouvre la boîte de Pandore et le dénouement est forcément malheureux. La nature humaine et la nature en général ne nous demanderont pas notre avis. Elles trouveront elles-mêmes des solutions pour résoudre la crise. Mais au lieu de se faire dans un contexte démocratique et pacifique, cela se fera dans un contexte violent.

Vous êtes dans un discours prophétique…

Je suis dans une réalité absolue. Climatiquement, les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) disent et répètent la même chose depuis des années. Et socialement, je suis même sidéré par ma modération et la patience des gens. Avez-vous lu le dernier Paris Match? Avec cette photo sublime de deux actrices, Monica Bellucci et Sophie Marceau, en une? A l’intérieur, vous avez des images de familles libyennes, chassées de nos contrées prospères et renvoyées vers leur enfer. Ce voisinage, cette juxtaposition de la pire des misères et de la plus innocente des prospérités est devenue invivable. Cela ne peut pas tenir. Des millions de miséreux connaissent notre richesse. Ils la désirent pour eux-mêmes, tout en vomissant notre indécence. Le choc climatique là-dessus, les millions de réfugiés que provoquera le réchauffement, les destructions des habitats…

Donc, il faut tout renverser ?

Donc il faut tout oser. Aller au-delà des frontières de l’utopie. Un système est à bout de souffle. Ma révolution se nourrit de réformes. Il faut réinventer une solidarité mondiale, organiser la planète pour changer la croissance, organiser la décroissance des riches, en douceur, sans tuer les équilibres sociaux… Il faut que Lire la suite

Jean-Marc Jancovici : « On vit à crédit écologique »

eco.rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le 11 mai 2009

Jean-Marc Jancovici : « On vit à crédit écologique »

Dans « C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde », Jean-Marc Jancovici nous force à voir une vérité qui dérange : notre économie vit comme si l’énergie était infinie et bon marché. Continuer à l’ignorer, c’est aller au-devant d’un chaos certain. Entretien.

Jean-Marc Jancovici est le « monsieur crise énergétique » de Nicolas Hulot, dont il avait contribué au pacte écologique. C’est à ce titre qu’il a participé au Grenelle de l’Environnement dans le groupe « changement climatique ». Cet ingénieur polytechnicien partage aussi son temps entre l’enseignement, l’écriture, et sa société de conseil en réduction d’impact climatique pour les entreprises, Carbone 4 (fondée avec son co-auteur l’économiste Alain Grandjean). Il a aussi créé les outils permettant de faire son bilan carbone personnel.

Au fil de ses conférences, sur un ton jovial et spirituel, à la limite du moqueur, il répète que ce qu’il avance est « juste destiné à sauver la planète ». Pourquoi ? C’est très logique :

« Le prix de l’énergie conditionne la transformation du monde. Et si on n’a plus d’énergie abondante à un prix faible, l’économie freine. Or le prix du pétrole a été multiplié par dix entre 2000 et 2008. On l’avait tragiquement oublié. »

« En apparence, la vie continue comme avant »

Petite explication pour comprendre le titre de son livre : c’est « maintenant » que la production de pétrole atteint son maximum, avant de décliner. Cette énergie dont toute l’économie dépend ne sera bientôt plus disponible, il est donc urgent de s’adapter.

« Pour un tas de gens, en apparence la vie continue comme avant. Mais si on ne réoriente pas l’économie avec un préavis suffisant, cela se fera de manière spontanée et extrêmement violente. » (Voir la vidéo)

« Pas de repas gratuit »

Qu’on soit prévenu : le seul choix qu’il reste est « entre la souffrance et la mise au régime, mais il n’y aura pas de repas gratuit ». Et puisqu’en économie tout passe par le prix, il faut en donner un à ce qui nous pose problème, donc taxer la consommation de carburant (et donc les émissions de CO2) par le biais de la « taxe carbone ».

Une taxe douloureuse certes, mais qui ferait naître des opportunités. Avec ses recettes, l’Etat pourrait Lire la suite

Les nouveaux influenceurs du développement durable

Stratégies, le 7 mai 2009

Les nouveaux influenceurs du développement durable,

Qui fait autorité dans le développement durable ? Euro RSCG C&O fait le point sur cette communauté au sein de laquelle l’entreprise est appelée a jouer un rôle majeur.

L’agence corporate Euro RSCG C&O a tente de cerner les leaders d’opinion du développement durable en interrogeant 67 personnalités françaises et européennes particulièrement actives sur le sujet. Menée d’octobre 2008 a mars 2009, cette étude supervisée par Coralie France et Nadine Stutter-Prevot, respectivement directrice associée chargée du développement durable et associée du pole Influence d’Euro RSCG C&O, met au jour trois sphères d’influenceurs : les «artisans de la prise de conscience», les «nouveaux entrants» et les «agissants». Mais chacun n’a pas le même poids et, surtout, ces différents acteurs n’ont encore aucune vision commune.

(Extraits)

Les artisans de la prise de conscience

Les Verts. Pionniers incontestables, ils semblent avoir perdu la main. Leur quasi-absence lors du Grenelle de l’environnement témoigne de leur relative marginalisation sur ce terrain. Une situation qui s’observe toutefois moins hors de l’Hexagone, car leur poids au Parlement européen est important. Les plus cites : Noel Mamère, Dominique Voynet, Jose Bové.

Les ONG environnementales. Ce sont les plus crédibles. Elles arrivent en tête de tous les baromètres de confiance des Français. Elles ont mis les entreprises sous pression grâce a leur maitrise des medias et leurs liens avec les milieux scientifiques. Elles ne se contentent plus de protéger les baleines, elles s’adressent directement aux consommateurs-citoyens. Les plus citées : Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, WWF.

Les scientifiques. Sortant de l’ombre, ils sont devenus incontournables. Grace a leurs liens avec les ONG, ils sont désormais des référents aux yeux du grand public, qui leur attribue une cote de confiance très élevée. Les leaders d’opinion interroges donnent la prime aux revues anglo-saxonnes et aux instituts scientifiques. Les plus cites: le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), l’Université polytechnique de Lausanne, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, l’economiste Alain Grandjean, le botaniste Jean-Marie Pelt, le cancerologue Dominique Belpomme, le géochimiste Claude Allegre.

Les people. Leur rôle est loin d’être négligeable. Hommes politiques, responsables d’institutions internationales ou stars du show-business, ils ont fait leur la question environnementale, la popularisant aux yeux du grand public. Grace a leur capital de sympathie, les acteurs les plus engages du développement durable jugent leur action bénéfique. Les plus cités : Nicholas Stern (ex-Banque mondiale), Al Gore, Jacques Chirac, Barack Obama, Leonardo DiCaprio, Clint Eastwood, Lambert Wilson, Marion Cotillard, Nicolas Hulot.

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« L’entreprise doit prendre l’initiative »

Pourquoi les leaders d’opinion estiment-ils que l’entreprise a les meilleures cartes en mains pour réaliser la transition vers le développement durable ? Lire la suite

Nicolas Hulot : L’enjeu crucial des élections européennes

lemonde.fr, Nicolas Hulot, le 13 mai 2009

Nicolas Hulot est président de la Fondation pour la nature et l’homme.

L’enjeu crucial des élections européennes

Il en est de l’Europe comme de la politique : si on ne s’occupe pas d’elle, elle s’occupe de vous. Un seul exemple, en France, 80 % de la législation environnementale provient du droit communautaire. A l’approche des élections européennes, l’intérêt pour cette échéance me semble inversement proportionnel à l’importance du rôle crucial que cet espace politique et géographique peut et doit jouer, pour sortir le moins mal possible de ce carrefour de crises où nous sommes englués. Que l’on soit peu, pro ou anti-européen, l’Europe est une réalité en marche qui détermine et conditionne notre avenir, et l’ignorer, c’est se livrer sans contrôle à son pouvoir et à sa puissance.

C’est à Strasbourg et à Bruxelles que se joue une grande partie de notre avenir. La responsabilité de celles et ceux que nous enverrons nous y représenter est immense. C’est dans ce périmètre que peuvent émerger les prémices d’une société réconciliée avec sa planète et donc avec elle-même. Encore faut-il que ceux que nous aurons élus ne se trompent pas sur l’origine du mal contre lequel nous luttons.

Chacun doit s’astreindre à un diagnostic rigoureux pour clairement trancher sur la question de savoir s’il faut changer le système ou de système. Si dorénavant c’est bien l’épanouissement du genre humain qui doit cristalliser toutes les décisions politiques et non plus le profit, l’accumulation et le toujours-plus.

Au moment où l’humanité affronte, notamment avec les changements climatiques et la perte de son capital naturel qui s’ajoutent et se mêlent aux autres crises, la situation la plus critique et complexe qu’elle ait jamais connue, quelles réponses proposent les uns et les autres ? Sommes-nous toujours dans l’épaisseur du trait ?

Au-delà des dogmes et des filiations idéologiques qu’il me semble presque indécent d’agiter, tant les contraintes majeures imposent de fait une certaine radicalité dans les options, nous devons être intransigeants dans nos questionnements et nos choix à l’approche de ces élections. La pyramide de complexité et la gravité des menaces nous obligent à ne pas nous accommoder de recettes éculées, de vulgaires corrections de trajectoire, de solutions pensées dans des moules périmés. Il nous faut nous déconditionner et envisager tout de suite qu’un autre modèle est non seulement possible, mais incontournable.

Une question centrale, la croissance est-elle la solution ou le problème ? Lire la suite

Trois ans pour dire adieu à l’énergie pas chère

ouest-france.fr, Serge Poirot, le 28 avril 2009

Trois ans pour dire adieu à l’énergie pas chère

L’épuisement du pétrole est proche. Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean nous annoncent le repeuplement des campagnes, la fin des banlieues et le retour de la 2 CV !

Polytechnicien, expert en énergie, concepteur du bilan carbone et conseiller de Nicolas Hulot, Jean-Marc Jancovici lance un appel au changement urgent et radical dans C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde.

Pourquoi trois ans ?

Nous avons voulu insister sur le fait qu’il faut commencer à se secouer très sérieusement. Chaque année qui passe sans qu’on prenne le problème « énergie-climat » à bras le corps se paiera très cher. Grâce à l’énergie abondante et bon marché, l’humanité a connu une phase d’expansion sans précédent. Maintenant, on va devoir passer à la caisse. Ça va nécessiter des décennies d’efforts. Il faut dire la vérité aux gens : l’augmentation indéfinie du pouvoir d’achat n’aura pas lieu. Nous allons avoir à gérer une forme de sobriété matérielle.
Vous pensez que la crise actuelle est d’abord une crise énergétique ?
C’est le premier accès de fièvre. L’économie consiste essentiellement à transformer les ressources naturelles. Or, il n’y a pas de transformation sans énergie. Le point de départ de la crise, c’est la récession due à l’explosion du prix du pétrole entre 2002 et 2008. Beaucoup pensent que tout va repartir comme en 40. Nous pensons qu’une époque nouvelle commence.
Mais le prix du pétrole est en baisse.

Oui, c’est normal : on est en récession. L’effet du prix de l’énergie sur l’économie se manifeste sur le long terme. Le prix d’un service énergétique : se déplacer, laver son linge, avoir une réaction chimique donnée, etc… a été divisé par 30 depuis 1900. Le litre d’essence à 1 € procure une énergie mille fois moins chère que le travail humain qu’il remplace. Mais il y a une limite physique : le pétrole met 50 millions d’années à se former.
Il n’y a pas que le pétrole…

Tout le monde est persuadé qu’on va être sauvés par les éoliennes et le photovoltaïque. Dans les vingt ans qui viennent, ça ne fera aucune différence. C’est de l’argent dépensé en pure perte. Quant au nucléaire, que j’aime bien, il est limité par les besoins en capitaux et en compétences. Ce sont des solutions pour le long terme. Pour la période de transition, 80 % du problème va devoir être traité par des économies. La question est : est-ce qu’on les organise ou est-ce qu’on les subit ?

Vous voulez repeupler les campagnes…

Depuis un demi-siècle, on a remplacé les agriculteurs par des tracteurs et des camions. Lire la suite

Imaginons une bio-Constitution pour servir la planète

lemonde.fr, Dominique Bourg, le 28 avril 2009

Imaginons une bio-Constitution pour servir la planète

Dominique Bourg est professeur de philosophie à l’université de Lausanne et membre du comité stratégique de la Fondation Nicolas Hulot.

Quelle que puisse être l’issue de la crise actuelle, le monde où nous entrons sera profondément différent de celui que nous quittons. Cela est acquis pour les environnementalistes, mais pas encore pour tout le monde.

L’expression « inversion des raretés » caractérise assez bien l’époque qui vient. A une population mondiale de 7 milliards d’individus – 9 au milieu du siècle – dotée d’un pouvoir d’achat et de capacités technologiques croissants, s’opposera une planète exsangue.

Il est probable que nous ne parvenions jamais à extraire plus de 100 millions de barils de pétrole par jour. A consommation constante, nous aurons épuisé au début du siècle prochain la dote fossile de l’humanité. Les réserves d’or, d’argent et de palladium s’élèvent, à consommation également constante, à une quinzaine d’années ; elles se situent entre 15 et 30 ans pour le plomb, le cuivre ou le zinc, etc. Nous provoquons la disparition de nombre d’espèces, les services écologiques que nous rendent les écosystèmes sont pour 60 % d’entre eux dégradés.

A quoi s’ajoute le changement climatique. Avec une hausse d’un degré de la température moyenne, c’est l’Ouest des Etats-Unis, du Texas au Dakota, qui pourrait redevenir ce qu’il fut il y a quelques millénaires : un immense désert de sable. Ce sont de longs épisodes de sécheresse affectant régulièrement l’Angleterre. Ce sont des ouragans touchant déjà l’Espagne qui pourraient s’étendre à la Méditerranée, etc.

On peut toujours croire que le génie humain permettra non seulement de continuer à honorer les promesses de la fête industrielle, mais de les étendre à des centaines de millions de consommateurs nouveaux.

Qu’on me permette d’en douter. Cette croyance repose sur un raisonnement par induction étroit. Certes, les exemples qui attestent de la capacité de sociétés à se sortir d’impasses ne manquent pas. Une déforestation précoce avait conduit la Londres du XIIIe siècle à se chauffer au charbon ; un ingénieur anglais avait calculé au seuil du XIXe siècle que le crottin de cheval devait atteindre à la fin du siècle le premier étage des immeubles londoniens ; les révolutions vertes successives n’ont cessé de contredire Malthus.

Ces exemples ne confirment qu’une chose : qu’il en est allé maintes fois ainsi, ce qui ne prouve nullement qu’il en ira toujours de la sorte. Le croire reviendrait à omettre trois choses. La première est qu’il existe de nombreux contre-exemples : l’abandon par les Anasazis du Chaco Canyon, la ruine de la civilisation des Mayas, la chute des établissements vikings de l’Est et de l’Ouest en terre groenlandaise, l’effondrement de la civilisation pascuane, etc.

La seconde raison est la systématique de la crise. Nous faisons face à la finitude sur quasiment tous les fronts. Enfin, les sociétés de marché modernes sont organisées pour satisfaire les désirs infinis d’un nombre d’hommes jamais égalé, et qui devrait encore croître.

Le recours à des instruments économiques comme les « politiques carbone » ne saurait à lui seul nous sauver. Ces politiques seront le vecteur de bouleversements plus profonds, touchant l’organisation même de nos sociétés. Il y a, en effet, une contradiction frontale Lire la suite

La croissance verte est un leurre

altermonde-sans-frontière.com, Weronika Zarachowicz, le 11 avril 2009

La croissance verte est un leurre

Par les temps (de crise) qui courent, l’économie mondiale se découvre une âme écolo. Mais derrière une certaine prise de conscience de l’urgence se cache surtout une stratégie opportuniste des industriels…

Les constructeurs automobiles se ruent sur la voiture électrique, Barack Obama propose un plan de relance « écologisé », le secteur des green techs ignore la crise et, information moins connue mais véritablement révolutionnaire, la Chine vote une loi écologique qui va bouleverser son modèle de développement [1]. Ces derniers mois, sous l’effet de la tourmente financière, l’économie mondiale se découvre une âme écologique et un nouveau mantra : la « croissance verte ». Simple effet de panique ou basculement profond de modèle ? A l’occasion de la Semaine du développement durable, Dominique Bourg, philosophe et conseiller rapproché de Nicolas Hulot, décrypte ce brusque « verdissement » des stratégies économiques et industrielles.

Pourquoi cet engouement soudain pour l’écologie ?

La crise financière et économique rend brutalement audibles des mots rejetés et méprisés par les décideurs : décroissance, écologie, pic pétrolier… L’écologie, qui était LA grande oubliée de l’économie, est en train d’en devenir un élément essentiel. Tous les économistes s’y convertissent, c’est plutôt drôle ! Et regardez l’industrie automobile, qui se découvre une identité « verte » après avoir freiné des deux pieds pendant des années ! Quel temps perdu ! En Californie, au début des années 1990, une loi a imposé qu’une partie du parc automobile fonctionne à l’énergie électrique. General Motors et d’au­tres constructeurs ont alors conçu – et vendu – des modèles électriques. Et puis la loi a changé, ils les ont détruits et en ont arrêté la production. S’ils avaient continué, ils auraient aujourd’hui une avance extraordinaire. Même chose en France : le patron de PSA, Jean-Martin Folz, avait lancé une hybride ; quand il a quitté son poste, son successeur, Christian Streiff, a suspendu le projet durant un an. C’est hallucinant. A l’époque, on disposait déjà de toutes les connaissances fondamentales sur le climat, sur les tensions en matière de ressources, sur la biodiversité ! Mais les constructeurs automobiles vivaient retranchés dans leur forteresse mentale, incapables d’intégrer les signaux faibles, tout comme les forts. Au mieux, c’était de la « mauvaise foi », au sens de Sartre : je sais ce que je ne veux pas voir, pour mieux me le cacher…

Pour la première fois, on comprend qu’il faut tenir compte du monde réel et de ses limites

Pourquoi a-t-il fallu une crise financière pour passer au vert ?

Le lien ne va pas de soi, et pourtant, les crises financières et écologiques témoignent d’une même logique. Pendant des années, nos systèmes ont fonctionné sur l’a priori absurde que le monde physique et vivant n’existait pas. Nous avons construit un univers artificiel d’accumulation sans limites et de déni de responsabilité. Les subprimes, la titrisation, comme la surconsommation de matières et d’énergie, tout cela supposait un processus de croissance indéfinie ne connaissant aucune contrainte. Or que se passe-t-il au­jour­d’hui ? Cette logique implose : pour la première fois, on comprend qu’il faut tenir compte du monde réel et de ses limites. Et puis, la crise financière « parle » aux constructeurs, qui sont avant tout des financiers. Tous leurs repères, tout leur monde s’effondrent brutalement. Et les voilà obligés de s’intéresser à un mode de pensée qu’ils rejetaient violemment : l’écologie, c’est-à-dire le fait qu’existe une réalité finie, contraignante… L’inverse du monde de l’accumulation infinie ! Lire la suite

Kempf : Poisson d’avril à la camomille

Le Monde, Hervé Kempf, le 4 avril 2009

Poisson d’avril à la camomille

Le poisson d’avril de l’année dure sept jours : commencé le 1er avril, il se prolonge jusqu’au 7. Il est si gros que personne ne semble encore s’être rendu compte que c’était une plaisanterie. Car sous le doux nom de « Semaine du développement durable », les bons maîtres qui font profession de nous gouverner prétendent répondre à la crise écologique. Enfin, crise écologique, c’est un gros mot, veuillez m’excuser.

Informons-nous auprès d’un ministère au long nom : le bon, le glorieux, l’excellent ministère de l’écologie, du développement durable, de l’énergie et de l’aménagement du territoire. Il hésite : écologie, ou développement durable ? Donc, selon lui, la semaine « a pour objectifs d’expliciter auprès du grand public la notion de développement durable ; d’inciter le grand public à adopter des comportements quotidiens favorables au développement durable ; d’apporter au grand public des solutions concrètes ; de valoriser le Grenelle de l’environnement et les mesures qui en sont issues« .

En fait, si l’on regarde attentivement les actions et discours rangés sous la bannière du développement durable, on constate : beaucoup de bonne volonté des citoyens (citoyens, pas « grand public ») ; une idéologie tendant à faire croire que le problème est une « consommation responsable » et non la logique même de la société de consommation ; l’évacuation des enjeux sociaux liés à la crise écologique ; et la promotion sordide de l’industrie nucléaire. « L’EPR et la voiture électrique sont les deux mamelles du développement durable« , écrivait en novembre 2008 Nicolas Baverez, un zélateur du capitalisme.

On saura gré à Nicolas Hulot d’avoir, avec prudence, mis les choses au clair à propos du développement durable : « J’ai parfois l’impression qu’il ne s’agit plus que d’une camomille mielleuse destinée à nous faire ingérer nos excès« , dit-il au site terra-economica.info. « Mielleuse » signifie « d’une douceur hypocrite ». On ne saurait mieux dire.

Résumons. Le développement durable a pour fonction d’envelopper la conscience écologique de plus en plus vive de nos concitoyens pour les empêcher de pousser la réflexion plus loin : à savoir que le mode de vie dans les pays les plus riches doit radicalement changer. Et que, dans un système capitaliste incapable d’exister sans gaspillage, la crise économique est malheureusement mais logiquement le moyen le plus efficace pour protéger l’environnement : ainsi, selon l’institut Point Carbon, les émissions de CO2 en Europe ont reculé de 6 %, en 2008, du fait de la récession.

Pour résoudre la crise écologique sans s’enliser dans la dépression, il ne faut pas de la camomille, mais Lire la suite

Jancovici, écolo nouveau genre

lejdd.fr, Soazig Quémener, le 28 Mars 2009

Jancovici, écolo nouveau genre

Jean-Marc Jancovici, polytechnicien, proche de Nicolas Hulot avec qui il rédiger le fameux Pacte écologique, sensibilise patrons et politiques, jusqu’à Nicolas Sarkozy, à l’urgence du développement durable. Avec un style rentre-dedans. Un tiers des entreprises du CAC 40 ont déjà fait appel à ce consultant de 46 ans, inventeur du bilan carbone, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

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Jean-Marc Jancovici: Les dates-clés

Regard d’airain, cravate bariolée et mèche indocile à la Harrison Ford, Jean-Marc Jancovici aurait pu devenir patron de Vodaphone Europe ou même de la Société Générale. Comme ses camarades de la promo 1981 de la prestigieuse Ecole polytechnique, il causerait aujourd’hui stock-options et parachutes dorés. Oui mais voilà, sous ce visage de premier de la classe se cache l’un des plus brillants cerveaux verts de France. L’une des trois personnes que Nicolas Sarkozy convie à sa table lorsqu’il faut préparer la conférence de l’ONU sur les changements climatiques en décembre prochain.

Un tiers des entreprises du CAC 40 ont déjà fait appel à ce consultant âgé de 46 ans, fils d’un physicien et d’une documentaliste, inventeur du bilan carbone, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Au tableau de chasse de cet homme qui donne une centaine de conférences par an, Veolia, Bouygues, Unibail, et plusieurs entités de LVMH. Activité qu’il étend sur Internet en animant manicore.com, un site tentaculaire fort de ses 3 000 visiteurs quotidiens.

Galaxie Hulot

« C’est sûr, il n’a pas le profil de l’écolo traditionnel, protestataire de gauche avec un système pileux hors de contrôle et un pull jacquard tricoté par maman », sourit Ronald Blunden, directeur de la communication d’Hachette Livres. Ces deux-là se sont croisés dans la galaxie Hulot. Membres de ce premier cercle qui soutient l’animateur de TF1 dans son intense activité de lobbying vert. Blunden, à l’époque chez Calmann-Lévy, a publié en 2004 Le Syndrome du Titanic, livre-manifeste du visionnaire de Saint-Lunaire. Membre actif depuis 2000 du comité de veille de la Fondation Nicolas Hulot, Jancovici a été l’un des rédacteurs du fameux Pacte écologique. Le texte qui a donné le ton des premiers mois de la campagne présidentielle de 2007 et largement inspiré le Grenelle de l’Environnement.

« Il a pour moi l’une des vues sur le sujet les plus justes et les plus complètes de France et même au-delà », assure son ami Jean-Louis Caffier, rédacteur en chef à LCI, notamment en charge des sciences et de l’environnement. « Quand il est entré chez nous, il était connu dans les milieux intéressés par la problématique, ajoute Cécile Ostria, directrice de la Fondation Nicolas Hulot. Il s’est ensuite imposé grâce à ses capacités de communication. »

Un vulgarisateur à qui l’amour des chiffres et de leur analyse ainsi qu’un inimitable ton de père Fouettard ont ouvert très grandes les portes de l’arène médiatique. Le discours de Jean-Marc Jancovici sonne en effet péniblement aux oreilles: soit, graphiques d’évolution de la production à l’appui, l’épuisement du pétrole est programmé; soit le charbon rejette trop de CO2 pour pouvoir être envisagé comme une énergie de repli… Jancovici n’est-il pas un oiseau de mauvais augure? « Non, à présent, nous comprenons collectivement que nous sommes à l’origine d’un changement mais nous avons une grande difficulté à appréhender ce que cela signifie », scande celui qui admet lui-même avoir mis plusieurs années à comprendre l’ampleur du défi.

« Un discours très radical »

Dans son dernier livre, C’est maintenant! Trois Ans pour sauver le monde (Seuil), écrit avec l’économiste Alain Grandjean, il annonce rien de moins qu’une « tempête d’une brutalité inouïe » si les hommes ne réajustent pas leur mode de vie. « Il est probable que rarement dans l’histoire de l’humanité nous aurons disposé d’une telle quantité d’informations sur un désastre à venir. » L’élévation des températures moyennes du globe, et son corollaire, la montée des océans, n’est plus un secret pour personne. Jean-Marc Jancovici, lui, fait entrer l’urgence dans les esprits: « Nous avons tous en tête l’image de la marée qui monte doucement. Au moment où l’eau va commencer à me lécher le gros orteil, je déplace la serviette, et le problème est réglé. Mais il faut remplacer la serviette par des ports, des centrales électriques, des villes. La mer ne va pas monter de manière continue mais va nous jouer des tours comme à La Nouvelle-Orléans. » Sonnez, trompettes de l’Apocalypse !

« Il tient, c’est vrai, un discours très radical, reconnaît Cécile Ostria, mais il fait cela pour interpeller. Cette brutalité intrigue, suscite la curiosité et l’attention. A la Fondation, nous n’avons pas forcément la même manière d’exprimer les choses, nous essayons de ne pas décourager le public. » Un refus des concessions qui atteint son paroxysme lorsqu’il évoque les relais d’opinion de notre société. « On peut être agacé par la persévérance de leur ignorance », lâche-t-il en visant, pèle-mêle, « élus, décideurs économiques et journalistes ». Journalistes « ignares » ou « nuls », selon l’inspiration du moment, mais peut-être pas irrécupérables puisqu’il organise avec Jean-Louis Caffier tous les ans à leur intention une session de formation intensive au pied du mont Blanc, les désormais fameux Entretiens de Combloux.
Des stars de l’info comme « élèves »

Ski le matin, énergie et climat l’après-midi. Parmi les participants des éditions passées, quelques stars de l’info comme Catherine Laborde, Audrey Pulvar et Christine Kelly. Mais impossible de prendre Jancovici en flagrant délit de « fayotage ». « Pujadas aussi est venu, mais de manière trop brève pour qu’il en retire quelque chose », assène-t-il, en se consolant avec la participation de la directrice pédagogique de l’Ecole de journalistes de Lille: « Elle va former les générations futures. » Le consultant à la cravate jaune est reçu sous les ors de l’Elysée. Certains s’en griseraient, lui n’hésite pas à balancer: « Nicolas Sarkozy ne semble toujours pas avoir compris que la croissance dans un environnement dégradé, cela n’existe pas. »
« Jancovici sait qu’il faut reconsidérer ce monde bâti sur une énergie abondante et pas chère. Alors, avec la rigueur du polytechnicien et l’enthousiasme de l’adolescent qui le caractérisent, il considère que l’on est en train de dormir », explique Jean-Louis Caffier. Une intransigeance qu’il s’applique à lui-même. Jean-Marc Jancovici n’a pas mis les pieds dans un avion depuis plus de dix ans. « Il a participé à la conférence de l’ONU sur le changement climatique en Pologne, mais il s’y est rendu en train. Et il ne serait jamais allé à Bali », note-t-on à la Fondation Nicolas Hulot. L’intéressé qui réside en banlieue parisienne, « à 300 mètres du RER » n’est pas non plus un intégriste. Sa femme possède une voiture, et ce père de deux filles accepterait de reprendre l’avion « à condition que l’intérêt du déplacement soit plus important que le préjudice environnemental ».

 

Hulot : Nos écogestes ne sont pas à la hauteur des enjeux

terra-economica.info, Walter Bouvais, Yannick Labrousse/Temps machine, le 30 mars 2009

Nicolas Hulot : « Nos écogestes ne sont pas à la hauteur des enjeux »

Nicolas Hulot s’apprête à revenir au devant de la scène médiatique. Son long métrage « Le Syndrome du Titanic », annoncé comme un « cri d’alarme et un cri d’espoir », pourrait être projeté au Festival de Cannes. L’animateur et patron de la fondation qui porte son nom lève, pour « Terra eco », un coin de voile sur ce film. Et appelle à un changement radical et immédiat de notre consommation.

La crise économique se propage. Faut-il relancer la machine par la consommation ? Est-ce compatible avec une démarche de développement durable ?

Nicolas Hulot : Il faut investir pour que l’économie tourne. Mais nous devons désormais le faire sur la base de critères drastiques, en privilégiant l’économie immatérielle. Il va falloir réguler, voire tarir, certaines consommations, comme celle du poisson ou celle des automobiles polluantes. On y parviendra en interdisant par exemple les voitures dont les émissions de CO2 dépassent 50 ou 80 grammes par kilomètre (1). Parallèlement, certaines consommations élémentaires doivent être encouragées. C’est le cas de l’alimentation biologique, qui doit atteindre un seuil critique. Pour réguler certaines consommations et tarir les autres, il va falloir de nouvelles normes et de la fiscalité.

Pourtant le débat sur la taxe écologique – qui privilégierait les produits verts et pénaliserait les autres – n’avance pas.

N.H. : Au contraire. Il y a quelque temps, cette solution était inenvisageable. A l’heure où nous parlons, des décideurs réfléchissent à basculer notre fiscalité, en taxant davantage les consommations impactant les ressources énergétiques ou naturelles et moins le travail. L’idée de cette taxe n’est pas encore admise, c’est vrai. Mais elle n’est plus écartée. En fait, la crise économique a pris tout le monde de court et c’est finalement sa seule vertu : elle nous fait douter de tout. Du coup, en France comme ailleurs, les esprits s’ouvrent à des idées nouvelles. Sur le sujet de la taxe écologique, je peux vous dire que nous avons des réunions au sommet de l’Etat.

Comme chaque année, avril est marqué par la semaine du développement durable. Qu’en pensez-vous ?

N.H. : Tout cela est sympathique et nécessaire, mais insuffisant. Des responsables politiques ne pourraient pas dire cela. Mais c’est le rôle d’une ONG comme la nôtre. Par exemple, je déplore l’abus que l’on fait du terme « développement durable  ». J’ai parfois l’impression qu’il ne s’agit plus que d’une camomille mielleuse destinée à nous faire ingérer nos excès. Quand j’entends qu’on veut installer un circuit de Formule 1 « durable » à proximité de Paris, j’ai un peu la nausée.

Comment conserver notre niveau de confort tout en réduisant nos consommations de matière et d’énergie ?

N.H. : Le bien-être n’est pas proportionnel à notre consommation matérielle. Il faut redéfinir ce que nous appelons le confort. La débauche de choix dans les supermarchés est-elle le signe de notre liberté ou le témoin de notre accoutumance ? Je rappelle que si nous continuons au rythme de consommation actuel, l’humanité n’aura plus à sa disposition à la fin du siècle que deux métaux, dont l’aluminium. L’inconfort, ce serait de ne rien faire. Le bien-être consiste à trier dans les possibles et à se priver de certains choix. Et derrière cela, il doit y avoir des décisions politiques.

Nous sommes passés en quelques mois d’une crise écologique à une crise économique et sociale. Comme si ces deux extrêmes étaient nos seules alternatives…

N.H. : Nos actions dépassent nos intentions. Notre système nous met dans l’obligation d’une croissance économique, financière et matérielle qui n’est pas tenable dans un monde physiquement clos et limité. On ne peut pas passer son temps à s’endetter pour rembourser la dette, au détriment des enjeux écologiques et sociaux. Il faut Lire la suite

Taxe carbone : un outil majeur contre le réchauffement

tregouet.org, René Trégouët, Sénateur honoraire, Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat, le 6 mars 2009

Édito : Taxe carbone : un outil majeur contre le réchauffement et pour une croissance durable

Dans le projet de budget des Etats-Unis transmis le 26 février au Congrès, sous le titre ’A new era of responsibility’, la Maison Blanche, dans une annonce qui marque un tournant historique, a décidé que la lutte contre le changement climatique financera l’aide sociale et les énergies renouvelables. Concrètement, le Président Obama souhaite la création en 2012 d’un marché des émissions de gaz carbonique de type « Cap and Trad », pénalisant les gros pollueurs, qui devrait générera 80 milliards de dollars chaque année, dont 65 seront affectés aux foyers modestes et aux entreprises pour aider à la transition vers une économie fondée sur l’énergie propre ; les 15 autres iront aux « technologies pour une énergie propre ».

En France, il y a quelques semaines, à l’occasion de l’annonce récente d’une réforme de la Taxe Professionnelle, l’idée d’une « taxe carbone », déjà évoquée au cours du « Grenelle » de l’environnement, a ressurgi dans les propos du chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy a en effet évoqué cette taxe carbone comme outil possible de substitution à la Taxe Professionnelle. Le principe est de taxer ce qui pollue et à l’inverse de moins taxer le travail et les investissements.

La taxe carbone – baptisée « contribution climat-énergie » – s’appliquerait à tous les produits en fonction de leur contenu en CO2 (dioxyde de carbone, principal responsable du réchauffement climatique), notamment aux carburants fossiles (pétrole, gaz, charbon). En faisant payer la pollution et les émissions de CO2 – sans augmenter la fiscalité globale – on espère induire progressivement un changement de comportement de la société, de nouveaux modes de consommation et de production « propres ».

L’idée de la contribution climat-énergie fait lentement mais sûrement son chemin : elle fera ainsi l’objet dès mars d’une conférence d’experts chargée d’étudier sa faisabilité sans altérer le pouvoir d’achat des ménages ni attenter à la compétitivité des entreprises. Ils remettront leurs conclusions au Premier ministre dans les six mois.

« Sur la base d’une tonne de CO2 à 32 euros – et en exonérant les secteurs déjà soumis aux quotas européens de CO2 – la taxe carbone rapporterait 8 milliards par an – 3 mds des ménages (taxés sur leur consommation directe et indirecte d’énergies polluantes) et 5 mds des entreprises », indique Alain Grandjean, économiste de la fondation Nicolas Hulot et l’un des experts de la taxe carbone en France. Il reste que, sous l’effet de la crise financière et économique, le prix de la tonne de CO2 est tombé en quelques mois à Lire la suite

Réductions du CO2 : taxe carbone ou quotas d’émissions ?

Actu-Environnement.com, Agnès SINAI, le 18 mars 2009

Réductions des émissions de CO2 : taxe carbone ou quotas d’émissions ?

Face aux aléas climatiques et boursiers, le marché européen du carbone montre ses limites. À quelques mois de la conférence sur le climat qui se tiendra en décembre à Copenhague, la taxe carbone apparaît une mesure plus sûre que les quotas de CO2.
L’équation est simple, rappelle James Hansen, climatologue de la Nasa : si l’humanité consomme toutes les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) à sa disposition, elle va droit à la catastrophe. Pour modifier les comportements en profondeur et réduire drastiquement les quantités de CO2 émises dans l’atmosphère, il faut les taxer, vite et fort, estime-t-il.

La taxe carbone est le mécanisme qui permet de rendre un accord international efficace à l’échelle mondiale dans un délai très court, a expliqué M. Hansen à l’AFP, en marge d’une réunion d’experts à Copenhague début mars, où 2.000 climatologues du monde entier ont, trois jours durant, établi le nouvel état de la connaissance du climat. Selon M. Hansen, cette taxe pourrait être facilement mise en place.

Pour ce spécialiste du climat, si les négociations internationales – polarisées autour d’un marché du carbone où s’échangent des permis d’émission de CO2 (souvent décriés comme des droits à polluer) – ne sont pas fondamentalement repensées, elles seront vaines.

S’il s’agit d’un marché carbone, je préférerais qu’aucun accord ne soit conclu à Copenhague et qu’on prenne une ou deux années de plus, lâche M. Hansen, l’un des premiers climatologues à avoir tiré la sonnette d’alarme dans les années 80 en témoignant avec force devant le Congrès américain.

Un climatologue en colère

Le problème du marché carbone est que cela prend des années à négocier, que vous faites des compromis de toutes sortes, et que cela ne fonctionne pas, explique James Hansen. À propos de l’engagement de Barack Obama à lancer, dès 2012 sur le territoire américain, un marché de quotas aux enchères, le climatologue a mis en garde le président contre les conséquences désastreuses de politiques qu’il juge inadaptées : il y a trop de pression en faveur du marché carbone car les grandes entreprises y sont favorables : elles peuvent faire du lobbying, elles peuvent le tordre en leur faveur.

Son analyse prend un relief particulier au moment où, sur le marché européen du carbone, le prix de la tonne de CO2 s’effondre en raison de la crise économique, mettant crûment en lumière ses limites. Le prix du carbone continue sa descente aux enfers : il a terminé le mois de février à 9,46 euros sur le marché Spot/Blue Next.Soit une perte de 70% de sa valeur depuis l’été dernier. Le tsunami économique explique en partie cette évolution. La surallocation initiale de quotas attribués aux industries lourdes sur le marché européen dit ETS (Emissions Trading Scheme), conjuguée avec la récession actuelle, a fait chuter le prix du carbone. Les industries lourdes concernées par le marché ETS sont frappées par la récession (énergéticiens, aciéristes, raffineurs, exploitants de réseaux de chauffage collectif, verriers, cimentiers, fabricants de chaux, chimistes, papetiers et tuileries), qui entraîne une baisse conjoncturelle de leurs émissions liée au ralentissement de l’économie. Du coup, ces entreprises n’ont plus besoin de recourir au marché carbone pour compenser leurs excédents de CO2. A contrario, elles vendent leurs réserves de quotas, gracieusement alloués par les Etats, pour se procurer des liquidités.

À moins de 10 euros la tonne, le système européen de quotas est totalement dépourvu d’intégrité environnementale. En regard des financements qu’il faudrait mobiliser dans la lutte contre les changements climatiques et leurs conséquences, estimées à 175 milliards d’euros par an autour de 2020, la volatilité du prix du CO2 ne peut que plaider en faveur de la taxe carbone prônée par le climatologue James Hansen. En France, la Fondation Nicolas Hulot Lire la suite

Gujan-Mestras le 13 mars, film débat sur les pesticides

Sud-Ouest, Jacky Donzeaud, le 13 Mars 2009

Une oeuvre engagée

 « Nos enfants nous accuseront », réalisé par Jean-Paul Jaud et consacré à l’alimentation biologique, est projeté ce soir.

Les services culturels et développement durable s’associent pour présenter le rendez-vous du cinéphile de soir, qui a lieu à 21 heures, au cinéma Gérard-Philipe (1). Au programme de cette soirée cinéma, « Nos enfants nous accuseront », un documentaire réalisé par Jean-Paul Jaud qui a souffert d’un cancer du colon. En se renseignant sur les causes de son mal, il a découvert que la cause première était la présence de résidus toxiques dans l’alimentation. Indigné, il s’est alors mis en quête d’une vérité.

Du bio à la cantine

Ce film relate la courageuse initiative de Barjac, une municipalité du Gard, qui décide d’introduire le bio dans la cantine scolaire du village. Le réalisateur brosse un portrait sans concession sur la tragédie environnementale qui guette la jeune génération, sur l’empoisonnement des campagnes par la chimie agricole (76 000 tonnes de pesticides épandus chaque année) et les dégâts occasionnés sur la santé publique.

Un seul mot d’ordre : Ne pas seulement constater les ravages mais trouver tout de suite les moyens d’agir pour que nos enfants ne nous accusent pas demain.

Échange avec le public

À l’issue de la projection, une discussion autour des thèmes abordés par Jean-Paul Jaud sera animée par Gaëlle Bertoneche, coordonnatrice des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), et par Lire la suite

Carmantrand : Notre planète va mal, c’est à chacun d’agir

Sud-Ouest, Christophe Berliocchi, le 6 mars 20009

ENVIRONNEMENT. Le Royal diffuse le 14 mars « Nos enfants nous accuseront », suivi d’un débat animé par Daniel Carmantrand, spécialiste des questions environnementales

« Notre planète va mal, c’est à chacun d’agir »

 «Si l’on n’agit pas pour préserver notre environnement, d’ici 50 ans, Anglet sera sous l’eau ! Notre planète est très malade. Mais rien n’est encore inéluctable, à condition de se réveiller, et d’agir chacun à notre petite échelle. »

Daniel Carmantrand, qui vit au Pays Basque n’est pas un écologiste radical. Son action, à travers l’association qu’il a créée Planet it’s up to you est plutôt d’informer et éduquer.

« Je suis là pour éveiller les consciences », dit cet architecte et conférencier, qui interviendra au Royal le samedi 14 mars à 9 h 30 après le film de Jean-Paul Jaud, « Nos enfants nous accuseront » (1).

« Sud Ouest ».- Vous sentez-vous proche de Nicolas Hulot ?

Daniel Carmantrand. Je soutiens bien sûr son engagement, car notre planète est malade. Il s’était beaucoup investi avant le Grenelle de l’environnement, là on le voit moins, je crois savoir qu’il est touché, car cela n’a pas donné grand-chose en réalité. Le combat écologique n’est pas que politique, je crois davantage aux actions de prévention et d’information, auprès des enfants notamment.

Vous êtes engagé dans ce combat depuis combien de temps ?

Depuis tout petit, j’ai toujours été sensibilisé par la nature, l’environnement. J’ai été marqué par le livre d’Yves Coppens quand j’avais 13 ans, il disait que l’homme ne pouvait évoluer qu’en tenant compte de son environnement. Je voulais être vétérinaire, j’ai fait des études d’ingénieur agronome avant de devenir architecte ! J’ai beaucoup voyagé et des séjours à Madagascar m’ont, par exemple, profondément marqué quant à la préservation de notre planète.

L’état de la planète et la crise actuelle ne sont pas dissociables ?

Tout est lié, au moment où la Terre est malade, la crise économique, sociale et humaine n’a jamais été aussi forte. Il faut relire « Effondrement » de Jared Diamon, un livre référence où il explique le déclin des sociétés, comme les Mayas, qui n’ont pas su maîtriser leur croissance en respectant l’environnement. Elles n’ont pas pris le recul nécessaire et l’ont payé cash.

Vous ne croyez pas à l’action des politiques ?

Les politiques sont soumis à la pression des lobbies et en terme d’écologie, les dossiers n’ont pas vraiment avancé ! Aujourd’hui, les consciences s’éveillent, les gens sont en train de prendre la mesure du problème, on le voit avec le succès du bio. Je pense que les politiques et les lobbies ne pourront que suivre la pression populaire.

Sinon que va-t-il se passer ?

On court à la catastrophe ! Lire la suite

Réchauffement : ultimes avertissements des spécialistes

novethic.fr, Maxence Layet, le 4 février 2009

Réchauffement : ultimes avertissements des spécialistes

Le consensus est net. Plusieurs ouvrages, parus entre la fin 2008 et début 2009, aboutissent aux même conclusions. Il reste moins d’une décennie pour obtenir une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Au-delà, la réaction en chaîne climatique, visible en moins de deux générations, deviendra incontrôlable.

Banle-bas de combat ! Côté climat, les avertissements pleuvent en ce début d’année et s’inscrivent dans une véritable convergence internationale. Un consensus notamment relayé par le Worldwatch Institute, un organisme américain de recherche environnemental. « Nous avons le privilège de vivre à un moment de l’histoire où nous pouvons prévenir une catastrophe climatique qui rendrait la planète hostile au développement de l’homme et de son bien-être, » rappelle ainsi Robert Engelman, l’un des directeurs de l’ouvrage « State of World 2009 » rédigé par 47 experts. Le plus grand nombre jamais rassemblés au sein de l’état des lieux annuel du Worldwatch Institute. Parue mi-janvier 2009, sa 26e édition se consacre à « un monde qui se réchauffe ». Selon ce panel d’experts, le temps manque pour suffisamment réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le calme avant la tempête…

Depuis le milieu du 18e siècle, les températures moyennes ont déjà globalement augmenté de 0,8°C. Un degré supplémentaire est d’ores et déjà attendu du fait de l’inertie thermique de la planète et des quantités de GES accumulés entretemps dans l’atmosphère. « Le monde va devoir réduire ses émissions plus drastiquement que prévu, résume le Worldwatch Institute, pour essentiellement ne plus émettre de C02 d’ici 2050 si l’on veut éviter une perturbation catastrophique du climat mondial. » Pour l’un des auteurs du rapport, le climatologue William Hare, il est même impératif que les émissions déclinent au point de devenir négatives après 2050. Sous peine de déclencher un emballement des températures et un compte à rebours climatique lourd de menaces.

A lire les scénarios du quatrième rapport de synthèse du GIEC, le groupe international d’experts de l’évolution du climat, la hausse des températures d’ici 2100 serait comprise entre + 1,1 et + 6,4 C°. C’est l’échelle adoptée par le journaliste Mark Lynas pour détailler dans « Six degrés » (Dunod) les multiples conséquences du réchauffement climatique. Acidification des océans et disparition du plancton, longues périodes de sécheresse, pénurie d’eau douce, érosion des sols et de la biodiversité, zônes côtières condamnées à être submergées… Son voyage dans le temps, au-delà des 2 degrés, se transforme en enfer sur Terre. « Les rétroactions climatiques lentes – retrait des glaces, modifications du cycle du carbone – sont désormais mieux prises en compte. Toutes tendent à confirmer l’urgence de réestimer le taux de réchauffement prévu, » écrit le journaliste britannique. Il nous reste moins d’une décennie pour commencer à réduire nos émissions. »

Deux degrés, point de bascule ?

Pour le GIEC, c’est bien en 2015 que les émissions globales doivent culminer Lire la suite

Hulot : Le Grenelle n’est pas mort, mais…

RTL info, Jean-Michel Aphatie, le 4 février 2009

Nicolas Hulot : « Le Grenelle de l’environnement n’est pas mort ! » (vidéo)

A 48 heures de l’intervention radiotélévisée de Nicolas Sarkozy, le président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Nicolas Hulot est revenu sur le Grenelle de l’environnement, qui, pour l’instant, est passé en second plan dans la politique gouvernementale. L’animateur de télévision s’est attaché à rappeler que « le Grenelle de l’environnement n’est pas mort ! »

tous les sons

Le président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme est « l’invité de RTL »

Voir la vidéo de l’entretien

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nicolas Hulot.

Nicolas Hulot : Bonjour.

Le Premier ministre présentait, lundi à Lyon, les 1.000 projets qui concrétisent le Plan de relance de l’économie du gouvernement ; et le journal « Les Echos », hier, notait ceci : « Dans son discours à Lyon, François Fillon n’a pas fait la moindre allusion au Grenelle de l’Environnement et à l’idée de profiter du Plan de relance pour rendre la France plus sobre en carbone ». Le Grenelle de l’Environnement : pour l’opinion publique, c’est vous Nicolas Hulot. Vous a-t-on roulé dans la farine ?

Non. Il faut éviter d’avoir des jugements aussi radicaux. D’abord, le Grenelle n’est pas mort, puisqu’il y a la loi Grenelle 2 qui doit venir au Parlement bientôt. Donc, avec les moyens d’application. On verra ce que les députés, les sénateurs en feront. Il n’est pas mort, mais il n’a pas beaucoup de couleur !

Non. Ce que je pense, ce qui est plus important et peut-être plus triste : c’est que le basculement n’a pas eu lieu ; c’est-à-dire que je pense qu’on n’a pas encore mesuré l’importance des enjeux. C’est-à-dire que le Grenelle, c’est une chose ; mais je l’ai toujours dit : ce n’est pas un aboutissement. Ce n’est pas l’alpha et l’omega de la révolution écologique.
Ce qu’on voit bien, c’est que dès qu’un événement extérieur survient. Actuellement on traverse une crise qui est une crise importante, certes mais qui n’est rien en comparaison de la crise qui surviendra lorsque les facteurs climatiques conjugués à la pénurie des ressources et des matières premières sur lesquelles repose toute notre économie, arrivera. Et ce qui est dommage, c’est qu’on voit bien qu’il y a une logique qui reprend le dessus.
Regardons simplement le Plan de relance avec quand même des sommes considérables. Elles ne sont pas suffisamment conditionnées à des normes environnementales strictes. Ce qui avait été acté au moment du Grenelle, c’est qu’il y a un certain nombre de choses auxquelles on allait progressivement renoncer et qu’il y a un certain nombre de choses auxquelles on allait maintenant venir. Prenons, par exemple, en matière de transport. On avait pratiquement sonné le glas du tout routier et autoroutier. On est reparti sur des chantiers qui vont nous remettre dans une augmentation de nos émissions de gaz à effet de serre.
Vous n’avez pas été consulté pour le Plan de relance ? Vous n’avez pas eu l’occasion de dire ça avant que le Plan de relance ne soit finalisé ?

Non. Non. C’est dommage parce qu’il y a eu une occasion-là extraordinaire ; il y a un bras de levier à la fois de créer de l’emploi et à la fois de rentrer enfin dans une société de l’après-carbone parce que je rappelle qu’il y a quand même deux éléments qui nous obligent à sortir du carbone : c’est la fin annoncée du pétrole et c’est nos engagements : division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre. Lire la suite

Europe Ecologie présente ses têtes de listes

cpca.asso, le 3 février 2009

Europe Ecologie présente ses têtes de listes pour les élections du 7 juin prochain

Le 21 janvier dernier, au cours de ses vœux à la presse, Daniel Cohn-Bendit a dévoilé le nom des têtes de liste aux Européennes du rassemblement Europe Ecologie, parmi lesquelles plusieurs personnalités issues du monde associatif.

 Jean-Paul BESSET, journaliste ancien Rédacteur en chef à Politis puis au Monde, proche de Nicolas Hulot, cet ancien de la LCR qui a été chargé de mission auprès de Laurent Fabius conduira la liste Europe Ecologie dans la circonscription Centre / Massif Central ;

 Hélène FLAUTRE, députée européenne depuis 1999, Présidente de la sous commission aux droits humains au Parlement Européen, elle est de nouveau tête de liste pour la circonscription Nord-Ouest ;

 Yannick JADOT, issu du champ de la solidarité internationale, ancien directeur de campagne de Greenpeace France, fondateur et porte parole de l’Alliance pour la planète et l’un des principaux négociateurs durant le Grenelle de l’environnement conduira la liste de la circonscription Ouest ;

 Eva JOLY, magistrate franco-norvégienne retraitée de la Magistrature Française, ancienne juge d’instruction au pôle financier et conseillère du gouvernement norvégien en matière de lutte contre la corruption et la délinquance financière co-conduira la liste de l’Île-de-France aux coté de Daniel COHN-BENDIT ;

Sandrine BELIER, chargée d’enseignement à l’université de Strasbourg notamment sur « démocratie participative et rôle des associations« , ancienne directrice fédérale de France Nature Environnement et représentante des intérêts environnementaux au Grenelle de l’environnement sur les questions de gouvernance et démocratie écologique, elle est tête de liste dans la circonscription Est ;

 José BOVE, Lire la suite

Hulot : députés, sénateurs dans le refus et le déni de la crise

Libération, samedi 20 septembre 2008, recueilli par Christian Losson

Nicolas Hulot : «Halte à l’inertie!»

Nicolas Hulot, animateur télé et écologiste, est président de la Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l’homme.

Les atermoiements du gouvernement sur la fiscalité verte sont-ils le signe de l’enterrement à venir du Grenelle de l’environnement ?

La première chose à faire, c’est siffler la fin de la récré ! Cela fuse dans tous les sens, c’est du grand n’importe quoi. Un coup on nous dit «on vire le bonus-malus», un coup on nous dit «on va l’examiner». D’accord, il faut encore attendre, et regarder les choses concrètes, la loi Grenelle 2 à venir [qui doit traiter en particulier des transports, du logement, de la préservation de la biodiversité et qui devrait être transmise dans les jours qui viennent au Conseil d’Etat, ndlr], les modalités d’application et les financements qui iront avec. Mais quand même. Le Grenelle de l’environnement, ce n’est pas la panacée, mais il a ouvert une dynamique dont il faut se réjouir, une avancée qui a donné un élan. Et si, dès la première étape importante, on ne parvient pas à montrer un signe fort à la société, qui se traduise par un vote unanime à l’Assemblée nationale, c’est à désespérer.

Etes-vous surpris par la virulence des attaques contre Jean-Louis Borloo, qui souhaite étendre le bonus-malus à d’autres produits de consommation ?

Je n’ai jamais imaginé que ce processus irait à son terme sereinement et que les vieux démons n’allaient pas resurgir. Il y a des gens en France qui n’ont toujours pas visualisé la contrainte majeure devant nous – la survie de la planète -, qui nous oblige à trouver des solutions. Ces mêmes personnes, systématiquement, font marche arrière à la moindre proposition, sans avancer d’alternative. Je veux bien admettre qu’il y a des choses proposées dans le Grenelle qui ne sont pas parfaites, mais on ne peut n’y opposer que des résistances, du délitement. Il faut que cela s’arrête, ça devient ridicule.

Résultat, tout débat sur la fiscalité environnementale est-il torpillé par les querelles de préau ?

Mais cela fait des années que je réclame un vrai débat, en profondeur sur la fiscalité écologique, dans laquelle j’englobe la fiscalité énergétique! Avec pour point focus le déplacement de la fiscalité du travail sur la fiscalité environnementale, pour que les choses se fassent à pression fiscale égale. Les Suédois l’ont fait et cela n’a pas foutu leur économie à terre. Lire la suite

Hulot – Chérèque : une Europe qui partage et protège

Le Monde, le 8 septembre 2008, Point de vue par Nicolas Hulot et François Chérèque

Une Europe qui partage et protège

Au moment où les crises – énergétique, alimentaire, climatique, financière, sociale – convergent dangereusement et multiplient les victimes sur la planète, nous avons plus que jamais besoin d’Europe. C’est notre meilleur socle pour répondre collectivement aux enjeux de l’époque et construire un modèle de société qui mette enfin l’économie au service de l’humain.

Or voici que l’Europe ajoute sa propre crise à celles qui accablent le monde. Quoiqu’on pense des raisons, très hétérogènes, du refus irlandais du traité de Lisbonne, celui-ci révèle encore une fois le déficit de l’institution européenne vis-à-vis des peuples qui la composent. L’Europe telle qu’elle se fait soulève de moins en moins de désir d’adhésion. Elle incarne, au contraire, les craintes de nos sociétés vis-à-vis d’une mécanique qui paraît étrangère à leurs préoccupations quotidiennes et à leurs angoisses du futur.

C’est sans doute injuste pour une part, mais il faut entendre cette protestation démocratique. Et y répondre au bon niveau. Il serait dramatique de croire qu’il suffirait d’un raccommodage juridique ou d’un artifice technique pour sortir de cette impasse. A la crise institutionnelle, il faut donner une réponse qui, justement, ne soit pas seulement institutionnelle. Réponse politique, dit-on.

La clé réside dans le choix de mettre résolument en oeuvre une ambitieuse politique écologique et sociale et de faire de celle-ci la colonne vertébrale et le moteur de la construction européenne. Autrement dit, de donner une nouvelle impulsion à la plus précieuse des valeurs, la solidarité entre les individus, les peuples, les générations et l’ensemble du vivant. Question écologique et question sociale ne se sont jamais opposées dans la mesure où les ressources naturelles constituent la base des activités humaines.

Mais elles sont plus indissociables et urgentes que jamais : Lire la suite

Fête de l’huma : peut-on concilier DD et progrès social ?

L’humanité

Debat : Peut-on concilier developpement durable et progres social ?, Fete de l’Humanite, Parc departemental de La Courneuve (93120), 14/09/08, de 14 a 16h

Le débat se tiendra a l’Agora de l’Humanité de 14H a 16H le dimanche 14 septembre 

Thème : Peut-on concilier développement durable et progrès social ?

Les intervenants :

– Jean Ziegler (rapporteur special de la Commission des droits de l’’Homme des Nations Unies pour le droit a l’’alimentation)

– Bruno Rebelle (ancien Pdt de Greenpeace)

– Bernard Saincy (responsable du collectif Développement durable de la CGT, négociateur dans le cadre du Grenelle)

– Andre Chassaigne (députe du Puy de Dôme)

– Edouard Brezin (Ancien Président de l’Académie des Sciences) – sous réserve

– Nicolas Hulot (Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme)

La Fondation Hulot, l’environnement, la France et l’Europe

L’observatoire de la Fondation Nicolas Hulot

La Présidence Française de l’Union Européenne

Que signifie la Présidence Française de l’Union Européenne (UE) ?

Téléchargez nos fiches de synthèses pour en savoir plus sur ces deux échéances primordiales et pour connaître les principales propositions de la Fondation Nicolas Hulot

Le Bilan de santé de la PAC

Les agrocarburants

Depuis le 1er juillet 2008 et jusqu’à la fin de l’année, la France assure la présidence de l’Union Européenne. Cela signifie que notre pays préside le Conseil européen ainsi que le Conseil de l’Union européenne. Chaque Etat membre est amené à jouer ce rôle pour une période de six mois, selon un ordre de rotation préétabli. Le pays qui assure cette fonction définit au début du semestre ses priorités et fixe le calendrier. Il joue, ensuite, un rôle très important en matière d’organisation des travaux : il est chargé d’organiser, d’animer et de présider l’ensemble des réunions des deux Conseils. Il doit, enfin, essayer de parvenir à des compromis entre les Etats sur les sujets qui posent problèmes.

Pour en savoir plus sur les principales institutions européennes et leur rôle reportez vous à la page suivante.

En quoi l’Europe joue-t-elle un rôle important en matière d’environnement pour les pays membres ?

La très grande majorité réglementations environnementales des pays membres de l’Union Européenne proviennent, en fait, du droit communautaire. Les actes juridiques contraignants du doit communautaire c’est-à-dire les actes qui s’imposent aux Etats membres peuvent prendre trois formes : le règlement est une règle directement applicable dans tous les Etats membres. Il fixe des objectifs et les moyens de l’atteindre.

La directive Lire la suite

Face à la crise écologique, l’offre politique est indigente

Libération, mercredi 3 septembre 2008, Mathieu Ecoiffier

Face à la crise écologique, l’offre politique est indigente

Yannick Jadot, démissionnaire de Greenpeace, rejoint Cohn-Bendit :

Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l’Alliance pour la planète, s’était imposé comme l’un des principaux négociateurs du Grenelle de l’environnement. Il annonce dans Libération pourquoi il quitte l’ONG pour rejoindre le rassemblement des écologistes mené par Daniel Cohn-Bendit aux européennes de juin 2009.

Pourquoi vous engagez dans le rassemblement des écologistes ?

Le 1er septembre j’ai quitté Greenpeace – qui a pour principe l’indépendance politique – afin de rejoindre cette initiative de rassemblement pour les européennes. Ces trois dernières années, le secteur associatif de l’environnement qui pèse un million d’adhérents, s’est fortement structuré. Il y a eu la montée de Nicolas Hulot et de son Pacte écologique et l’Alliance pour la planète qui a fédéré les associations pour peser sur les partis et les politiques publiques. Cela a débouché sur la notation des programmes des candidats à la présidentielle et permis de pousser l’environnement dans la campagne, jusqu’à la passe d’arme, inédite, entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sur l’EPR et les OGM lors du débat télévisé de l’entre deux tours. On a lancé l’idée d’un Grenelle, et Sarkozy a dit banco : il était mal noté et c’était une façon de différer sa réponse. Le Grenelle a été un des moments clés du début du quinquennat, pas seulement une grand-messe avec Al Gore. Mais une vraie négociation démocratique entre tous les acteurs qui a permis d’aboutir à des propositions concrètes.

Vous vous adressez aux déçus du Grenelle ?

On constate un effilochement. La machine à délaver de l’administration et de la majorité UMP tourne à plein. Le vert du Grenelle a largement passé. Les ONG remplissent leur rôle de contre-pouvoir, les citoyens restent mobilisés, mais côté politique ça ne suit pas. Lire la suite

Conscience planétaire et politique de civilisation

Edgar Morin dans Wikipédia

Conscience planétaire et Politique de civilisation [modifier]

Avec Terre-Patrie, écrit en 1993, (avec Anne-Brigitte Kern), Edgar Morin en appelle à une « prise de conscience de la communauté du destin terrestre », véritable conscience planétaire.

« C’est en Californie, en 1969-1970, que des amis scientifiques de l’université de Berkeley m’ont éveillé la conscience écologique » rapporte-t-il, avant de s’alarmer : «Trois décennies plus tard, après l’assèchement de la mer d’Aral, la pollution du lac Baïkal, les pluies acides, la catastrophe de Tchernobyl, la contamination des nappes phréatiques, le trou d’ozone dans l’Antarctique, l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans, l’urgence est plus grande que jamais ».

En 2007, il est l’auteur de L’an I de l’ère écologique : La Terre dépend de l’homme qui dépend de la Terre. Le livre comporte un dialogue avec Nicolas Hulot.

Cette conscience doit s’accompagner pour Edgar Morin[5] d’une nouvelle « politique de civilisation », pour sortir de cet « âge de fer planétaire… préhistoire de l’esprit humain ».

La politique de civilisation (concept emprunté à Leopold Sedar Senghor [réf. nécessaire]), explique Edgar Morin, « vise à remettre l’homme au centre de la politique, en tant que fin et moyen, et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien-être »[6]. Lire la suite

Les 10 écolos qui comptent en France

Vote organisé en avril 2008 par Planète Terra

C’est quoi un écolo qui compte?

Imaginons qu’un « écolo qui compte » soit le représentant d’une idée écologique. Alors, je crois qu’il faut un subtil mélange entre quelqu’un qui sache communiquer, un homme de média, et quelqu’un qui agit réellement, un homme de terrain. Notre société actuelle étant tellement liée à l’image, il me paraît important qu’un « écolo qui compte » soit capable de manier cet outil. Mais de manière tout aussi importante, j’ai profondément à cœur que cet écolo soit cohérent à 100% avec ses propos! Tenir compte du fait qu’il se déplace en vélo ou en train plutôt qu’en voiture ou même en hélico peut paraître un peu niais, mais pour moi, cela reste quand même lourd de sens!

Personnellement, je ne suis pas pour une identification de l’idée écologique à une femme ou à un homme en particulier. L’écologie est vraiment l’affaire de tous et non la responsabilité d’une seule personne. Donc pour moi, un écolo qui compte, c’est simplement une personne qui a pris conscience de la réalité des dégâts que l’on s’inflige et qui agit vraiment en conséquence. Et même si on doit prendre particulièrement attention à notre planète, je pense que la première écologie, c’est l’écologie de l’homme. Car même si l’on blesse notre planète, elle s’en remettra, elle en a vu d’autres! Par contre, c’est vraiment l’avenir de l’homme qui est en jeu.

Ce vote a permis d’établir le classement suivant:

1er: Nicolas Hulot (23 votes)

2e: Nathalie Kosciusko-Morizet (19 votes)

3e: Pierre Rabhi (18 votes) Lire la suite

Nicolas Hulot : « C’en est fini du libéralisme »

Le Journal du Dimanche, dimanche 30 Mars 2008, Soazig QUEMENER, à Dinard

Il souhaite s’affirmer comme le Al Gore français. Se dit séduit aujourd’hui par Daniel Cohn-Bendit et Olivier Besancenot. Lance un appel vibrant à une véritable révolution culturelle. Nicolas Hulot a reçu le JDD dans son refuge breton de Dinard (Ille-et-Vilaine) et il appelle à une remise en cause radicale de notre modèle de développement. A trois mois de la présidence française de l’Union européenne, l’initiateur du pacte écologique entre dans un nouveau cycle. Depuis la présidentielle, l’homme d’Ushuaïa se consacre à la réalisation du Syndrome du Titanic, un documentaire sur l’état de la planète qui devrait sortir en salles l’an prochain. Et élargit pour la première fois sa réflexion aux domaines économiques et sociaux.

Jeudi, vous avez cosigné un appel dans Le Monde demandant de mettre en œuvre, en France, la révolution écologique annoncée fin octobre…

Pour moi, c’est autant un appel d’espoir que d’inquiétude. Un appel à la responsabilité des députés pour éviter qu’ils ne tirent le Grenelle vers le bas. C’est aussi un encouragement à Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet dont on sait bien que le travail est très difficile.

Il n’empêche que le déficit public menace les réformes promises par Nicolas Sarkozy. Pensez-vous que le Grenelle sera épargné par la rigueur ? Lire la suite

Pour Jean-Marc Jancovici « Nous sommes des enfants gâtés »

Manicore le site de JM Jancovici, un des sites de référence sur pétrole et énergie

Libération le mercredi 28 mai 2008, Alexandra Schwartzbrod 

Jean-Marc Jancovici est consultant, spécialiste des questions d’énergie et de pétrole. Membre du comité de veille écologique de la fondation Nicolas Hulot, ce polytechnicien a participé au groupe «climat» du Grenelle de l’environnement. Avec Alain Grandjean, il a publié en 2006 Le plein, s’il vous plaît ! (Le Seuil), un ouvrage iconoclaste et instructif sur la dépendance au pétrole.

Votre grande théorie, c’est que le pétrole n’est pas si cher…

On pourrait presque dire qu’il est gratuit ! Dans notre système économique, on ne compte que le travail humain. Le prix de l’énergie, pour nous, ce n’est que ce qu’on paie à ceux qui extraient, transforment et distribuent une ressource qui était déjà là. Mais on ne paie pas le prix de la constitution de cette ressource. Le contenu énergétique d’1 litre d’essence, c’est le même contenu énergétique que le travail de 10 à 100 personnes sur un jour ! Quand on va devoir produire cette même énergie «à la main», par exemple avec les renouvelables – des énergies très diffuses et moins performantes -, on va voir la différence.

Le problème, c’est qu’en France, on a perdu vingt-cinq ans parce qu’on a cru, après le contre-choc pétrolier, que l’énergie allait rester à bas prix pour l’éternité. On a été nombreux à annoncer la crise actuelle, mais tout le monde s’en foutait !

Y a-t-il une alternative ? Lire la suite

Européennes : faut-il réunir les écologistes ?

Blog Ecologie et droit, samedi 9 août 2008, Arnaud Gossement Avocat, Docteur en droit, Enseignant à l’Université Paris I en droit de l’environnement (Arnaud Gossement est aussi le porte parole de la Fédération France Nature Environnement)

A l’approche de chaque scrutin électoral, les appels à l’union des écologistes de tous bords se multiplient. Tel était le cas lors de la campagne présidentielle avec le succès que l’on sait Tel est de nouveau le cas à la veille des élections de nos représentants au Parlement européen, qui se tiendront en mai 2009. Titre d’un récent article de Libération : « Cohn-Bendit veut réunir les écologistes ». Peu avant, l’ancien porte parole des Verts, Yann Werhling a lui aussi lancé un appel à l’union des écologistes. Dans les deux cas, ces appels sont initiés par des militants sincères de l’europe et de l’environnement. Dans les deux cas, malheureusement, ces appels ne réunissent probablement pas encore les conditions pour aboutir à l’objectif recherché : imposer l’europe et l’environnement au cœur des politiques publiques.

Premier problème, Lire la suite