L’incroyable faillite du bio français

lepoint.fr, N°1914, Emilie Lanez, le 20 mai 2009

L’incroyable faillite du bio français

Echec. Le premier pays agricole d’Europe a raté le virage bio. Enquête.

Madame Bio, c’est elle. Chignon bohème, tailleur pantalon élégant, Elisabeth Mercier, ancienne économiste au ministère de l’Agriculture, préside l’Agence bio, l’ambassade du bio français. Dans une rue silencieuse de Montreuil, en banlieue parisienne, quelques bureaux modestes, décorés de posters de coccinelles et de souriantes vaches laitières. Avec une quinzaine de salariés et un budget annuel de 4,8 millions d’euros, sa mission consiste, depuis 2004, à mieux organiser cette filière, à la défendre et à la faire connaître. Le retard bio est une expression qui, on s’en doutait, ne lui plaît guère, même si l’ancienne diplomate, qui négocia cinq ans durant nos quotas laitiers à Bruxelles et défendit notre agriculture aux Pays-Bas, ne le laisse guère paraître : « Disons que c’est un monde riche de sensibilités contrastées. La consommation bio est une vraie tendance de fond. Depuis cinq ans, les consommateurs sont fidèles, leur panier s’élargit, il faut engager une spirale vertueuse. » C’est bien là tout le problème. Les Français adorent le bio-même s’il leur coûte plus cher-, ils en achètent et en redemandent. Paradoxalement, la deuxième puissance agricole de la planète est incapable de fournir du bio. Les distributeurs sont donc contraints d’importer massivement. Recours qui donne à penser, car si, pour fournir aux Français des pommes ou des carottes bio, on doit leur faire parcourir 2 000 kilomètres en camion, le bénéfice environnemental de l’opération paraît pour le moins amoindri.

« Nous vivons parfois des moments compliqués pour trouver du lait bio, raconte Gilles Baucher, directeur des marques propres Monoprix, l’approvisionnement est tendu. » C’est la rançon du succès, car la marque bio Monoprix, lancée voilà quinze ans, explose : les ventes ont augmenté de 25 % l’an passé. L’entreprise de surgelés Picard est confrontée, elle aussi, chaque jour à cette pénurie de bio. « Nous ne pouvons pas mettre un produit bio à la une de nos catalogues promotionnels. Nous serions incapables de suivre le boom de la demande », confie Delphine Courtier, directrice du marketing. Le bio chez Picard, c’est près de 40 % de tous ses légumes vendus, 60 000 sacs de haricots verts achetés chaque mois, 20 000 sacs de choux-fleurs, « une explosion phénoménale depuis trois ans ». « Nous avons de plus en plus de difficultés à obtenir nos volumes », ajoute la directrice marketing. Pour fournir les 758 magasins, les producteurs doivent pouvoir livrer d’imposants volumes, mais aussi fournir des produits particuliers. Pas de carotte torve, de haricot riquiqui ou de petit pois bosselé : les légumes Picard sont soumis à une charte esthétique contraignante. « Il nous faut du beau bio . » Des canons que dame Nature, surtout quand on la laisse faire, peine à respecter.

Le seul légume bio français vendu chez Picard est donc le brocoli. Tout le reste est acheminé par route depuis l’Italie, mystérieusement capable, elle, de produire du beau bio. La chaîne a lancé ce mois-ci ses premiers fruits issus de l’agriculture bio : « Les framboises sont cultivées et usinées sur place en Pologne, raconte Elisabeth Bouton, directrice de la qualité , le cocktail fruits rouges est acheté en Bulgarie . »

Pour vendre du bio aux Français, on importe donc. Etonnant. Car si l’agriculture biologique française est Lire la suite

Bio : La recherche française à la traîne

univers-nature.com, Elisabeth Leciak, le 2 avril 2009

Du bio dans les labos ? La recherche française à la traîne

76 % des français pensent que l’agriculture bio est une solution d’avenir. Pourtant, malgré la confiance du public et les ambitions affichées par le gouvernement, une récente analyse scientométrique vient de montrer que les efforts de la recherche française en la matière restent faibles.

En 2007, l’Agence Bio recensait 11 978 exploitations engagées dans la production biologique, couvrant 2 % de la SAU (surface agricole utile) française. Le nombre d’agriculteurs investis dans ce mode de production est en augmentation, répondant à une demande qui, elle aussi, progresse. Le marché de l’alimentation bio croît de 10 % par an depuis les cinq dernières années et le pays, pourtant première puissance agricole européenne, doit importer plus de la moitié de sa consommation en bio. Devant cette situation, en février 2008, Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture, annonçait sa volonté de tripler les surfaces à l’horizon 2012.

Alors, à l’instar de ce que connut l’agriculture productiviste, on s’attendrait à ce que la recherche scientifique, qui joue un rôle majeur dans nombre d’orientations sociétales, s’investisse dans le domaine, favorisant l’optimisation et le développement des techniques. Mais les efforts sont-ils effectivement à la hauteur des enjeux ? Pour répondre à cette question, la Fondation Sciences Citoyennes (1) s’est penchée de plus près sur les travaux scientifiques.
Mesures de l’activité scientifique : le bio  » orphelin  »

Le monde scientifique considère que le nombre des publications donne une image de l’activité scientifique. Ainsi, pour un domaine donné, l’analyse bibliométique déploie des indices qui permettent de mesurer et évaluer l’intensité des recherches. Ces indices déterminent alors si un domaine est considéré comme important. Ils reflètent les priorités décidées au niveau des politiques nationales et, en interne, dans des institutions comme l’INRA, donnent un aperçu des moyens alloués, humains et financiers.

Pour l’Union Européenne des 27,  » l’indice de spécialisation « , qui illustre la part des recherches toutes disciplines confondues, est de 1,52 pour l’agriculture biologique. Il n’est que de 0,68 aux USA et de 0,18 pour la Chine. Cet indice, largement supérieur à 1 en Europe, montre que l’agriculture biologique est un domaine dans lequel la recherche est active et soutenue. Mais, il ne s’agit là que d’une moyenne. Dans le détail, la France est très loin derrière : elle affiche un indice de spécialisation de 0,47. En s’intéressant à la production scientifique au sein des disciplines mères (agriculture, biologie, écologie, agroalimentaire),  » l’indice de priorisation  » français ne dépasse jamais les 0,6. Avec des valeurs aussi faibles, ces deux chiffres démontrent que l’agriculture biologique est un domaine  » orphelin  » en France.
Pourquoi un tel retard de la recherche française ?

Dans leur analyse, E. Gall, G. Millot et C. Neubauer, de la Fondation Sciences Citoyennes, expliquent que ce déficit dépend de plusieurs facteurs. En termes de moyens, ces auteurs estiment que le soutien politique et financier reste très faible. L’illustre la ressource humaine. Sur les 9 000 personnes travaillant à l’INRA, les projets d’agriculture bio impliquaient, en 2007, 35 équivalents plein temps. Tous instituts confondus, on en recense seulement 50. D’après Sciences Citoyennes, il y aurait en France un contexte très particulier porteur de ce sous-investissement :  » le rôle d’un syndicalisme agricole converti au productivisme, puissant et largement majoritaire du fait du mode de scrutin des élections en chambre d’agriculture, et l’influence de l’industrie de la chimie depuis la seconde guerre mondiale sur la décision publique, y compris sur l’organisation de la recherche « . Mais les analystes y voient aussi des facteurs culturels. La prévalence des approches scientistes Lire la suite

PAC : La France redistribue et dévoile les aides agricoles

Le Monde, Laetitia Clavreul, le 21 février 2009

La France redistribue et dévoile les aides agricoles

Dans les allées du Salon de l’agriculture, qui a ouvert ses portes samedi 21 février, les visiteurs s’extasient devant les bêtes de compétition, mais les réflexions des agriculteurs, elles, se focalisent sur la réorientation des aides de la politique agricole commune (PAC).
Les arbitrages du gouvernement seront officialisés lundi 23 février. Puis, le 30 avril, seront publiés pour la première fois les montants des aides touchées par chaque exploitation. Deux événements qui constituent un symbole fort, après des années où l’on se gardait bien, en France, de déballer sur la place publique les débats et les données sur les subventions.
Depuis que l’adoption du bilan de la PAC, fin novembre 2008, a donné à Paris la possibilité de modifier les critères de distribution des aides directes (8 milliards d’euros), les uns se réjouissent, sachant qu’ils toucheront plus, et les autres tirent la sonnette d’alarme, car leurs revenus vont baisser.

Depuis dix-huit mois, le ministre de l’agriculture, Michel Barnier, plaide pour une PAC plus équitable, et prévoit de rééquilibrer les soutiens au profit des laissés-pour-compte du système, notamment l’élevage ovin, l’agriculture de montagne ou la « bio ».
La Confédération paysanne est ravie que la France prenne enfin le virage du soutien à l’agriculture durable. Mais à la FNSEA, le principal syndicat agricole, la future réorientation des aides a révélé des débats entre céréaliers et éleveurs, restés jusque-là discrets. En témoignent leurs communiqués, d’une rare violence.

Le syndicat s’est au final dit favorable à une évolution, mais le sujet y reste ultrasensible. En 2003, lors de la dernière réforme de la PAC, c’est lui qui avait bloqué le changement, restant arc-bouté sur les mécanismes du passé.

Au ministère, on promet que la réorientation, en termes de sommes prélevées, sera « raisonnable ». Les céréaliers, premiers concernés par une baisse car ils étaient les plus favorisés, devraient être rassurés par la mise en place d’un système d’assurance qui les couvrirait en cas de retournement des marchés.

Maintes fois pris à parti, M.Barnier semble avoir tenu bon. « Si on ne renforce pas la légitimité de la PAC, alors certains pourraient tout perdre », prévient-il. « Il faut donner du sens à la politique agricole« , estime de son côté l’Elysée, qui veut ainsi préparer le secteur à la prochaine réforme de la PAC, en 2013.

La France, première bénéficiaire des aides, sait qu’elle doit s’adapter à une PAC plus préoccupée par l’environnement et le soutien aux zones fragiles, si elle veut que le budget agricole européen ne soit pas trop amputé en 2010, comme le veulent les Britanniques. En outre, à partir de 2013, pour la première fois, la France versera plus qu’elle ne touchera. Si les aides ne correspondaient pas aux attentes de la société et d’une partie des paysans, le front anti-PAC pourrait grossir.

Cette question de la légitimité des soutiens pourrait prendre encore plus de sens, une fois les montants perçus rendus publics. Là aussi, il s’agit d’un long débat porté par la Confédération paysanne. En militant pour la transparence, son idée n’était pas de condamner les aides, mais d’en pointer les dérives et de réclamer une distribution plus favorable aux petites exploitations. En bref, que l’argent public soit mieux utilisé.
Le combat d’agriculteurs dans sa mouvance ainsi que la pression des médias et d’associations ont poussé Bruxelles à rendre obligatoire la publication, au plus tard le 30 avril, de tous les montants par le biais de sites Internet nationaux. Lire la suite

Des millions de tonnes de bois à terre et pas de marché

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, le 28 janvier 2009

Des millions de tonnes de bois à terre et pas de marché

La tempête qui a touché le sud-ouest du pays le week-end dernier a dévasté des centaines de milliers d’hectares de forêts. Une fois les arbres évacués, il faudra leur trouver des débouchés, dans un marché du bois qui n’a déjà pas le vent en poupe. 

Analyser

La tempête Klaus a tout emporté, ou presque. Trois jours après que les vents ont balayé violemment le Sud-ouest, les acteurs de la filière bois ont fait une première estimation des dégâts. Plus de 300.000 hectares du massif forestier de pins maritimes auraient été sinistrés à plus de 60%, soit 30% de la surface de forêt des Landes. «15 à 20 millions de mètres cubes de pins ont été mis à terre», estime Eric Toppan, responsable du service économique de la fédération des forestiers privés de France. Le pin est l’essence la plus atteinte, mais pas la seule. Les peupliers de la vallée de la Garonne et de Midi-Pyrénées ont aussi fais les frais de Klaus. «C’est une catastrophe bien plus grave qu’en 1999», analyse Eric Toppan. Il y a 10 ans, le marché du bois était en forme, et avait pu absorber ces millions de stères, notamment grâce à l’Espagne. «Aujourd’hui, la filière tourne au ralenti, il y a peu de commandes et des stocks déjà importants», souligne-t-il. Or, l’industrie du bois dans cette région représente le tiers de l’économie de la filière en France.

Face à ce qu’il qualifie de «crise écologique touchant un secteur majeur de l’économie», Michel Barnier, ministre de l’agriculture et de la pêche, a réuni mardi 27 janvier les principaux acteurs de la filière bois pour discuter de la mise en place d’un plan d’urgence. La réunion a permis de dégager une première enveloppe de 5 millions d’euros pour effectuer les travaux forestiers. Car avant de chiffrer les aides financières et de proposer des mesures pour valoriser le bois, la priorité est d’évaluer précisément les dommages et, surtout, de dégager les bois couchés avant qu’ils ne s’abîment. Au contact du sol, les pins maritimes bleuissent et perdent leur qualité esthétique. Sur les peupliers couchés mais non déracinés apparaissent des gourmands (rejets), qui empêchent alors les opérations de déroulage et leur utilisation pour le secteur de l’emballage. «Il faut que le bois soit exploité d’ici deux mois», estime Eric Toppan.

La seconde urgence, selon Michel Barnier, sera de stocker le bois. «Le contexte économique est plus grave qu’en 1999. On ne pourra pas vendre le bois dans l’immédiat», a-t-il confirmé mardi en sortie de réunion de crise. Le stockage des pins se fait sous brumisation pour maintenir l’humidité du bois. Une méthode techniquement au point, rôdée lors de la tempête de 1999, mais coûteuse. Ensuite seulement viendra le temps de la valorisation et de la reforestation. Parmi les pistes évoquées, la valorisation énergétique. «Le marché du bois énergie monte en puissance», indique Joseph Behaghel, de l’Office national des forêts (ONF). Mais il est actuellement trop peu développé pour absorber ces énormes quantités de bois. Les pays de l’Europe du Nord, tels que l’Allemagne ou la Suède, ont plus développé le bois énergie. En France, «c’est une filière qui se met en place. On produit environ 200.000 t par an de plaquettes de bois, ce n’est pas le même ordre de grandeur que nos stocks de bois», ajoute Eric Toppan. Il faudrait des financements rapides et la possibilité de sortir rapidement les bois des forêts actuellement inondées. Mais il semble improbable d’écouler tout le bois par cette voie.

«Il faut une grande politique nationale autour du sujet», Lire la suite

Vers une Agriculture bio locale pour répondre à la demande

Actu-Environnement.com, R Boughriet, le 15 janvier 2009

Vers une Agriculture bio locale pour répondre à une demande accrue des Français

Des mesures du Grenelle 1 et de la Loi des Finances 2009 veulent encourager le développement de l’offre en produits biologiques. Objectif : réduire le déséquilibre production / consommation en favorisant une Agriculture bio locale.

Selon le baromètre 2007 de l’Agence bio, 40% des Français ont consommé au moins un produit bio chaque mois, 23% chaque semaine et 6% tous les jours. 84% des sondés souhaitent que l’agriculture biologique s’étende en France. Pourtant, si la consommation en produits bios continue d’augmenter dans le pays, la production nationale reste peu développée. Ce qui implique qu’une part croissante du marché est couverte par des produits importés des pays européens mais également d’Argentine, d’Israël ou encore de Nouvelle-Zélande. A l’heure actuelle, faute de capacité de production adaptée, manger bio en France n’est pas énergétiquement durable !

Grenelle 1 et Loi des Finances 2009 : des mesures pour développer le bio en France

Dans ce contexte, à l’occasion de la deuxième édition des Assises de l’Agriculture Biologique qui s’était tenue en octobre dernier à Paris, le ministre de l’agriculture et de la pêche Michel Barnier avait annoncé – dans le cadre de la loi des Finances 2009 – le déblocage d’une enveloppe de 12 millions d’euros supplémentaires par an pendant trois ans afin d’encourager la conversion des exploitations agricoles.

Une augmentation du nombre de producteurs est en effet nécessaire pour faire face à la demande et atteindre l’objectif fixé dans l’article 28 de la loi de mise en œuvre du Grenelle 1 : 6% de surface agricole utile (SAU) bio en 2012 contre 2% actuellement. L’article 42 du Grenelle 1 concernant l’exemplarité de l’Etat prévoit également d’intégrer 15 % de produits biologiques dans la restauration collective en 2010 et 20 % en 2012. Les commandes de restauration collective publique comprendront des produits saisonniers mais aussi ceux  »à faible impact environnemental ».

Par ailleurs, deux autres mesures du Grenelle 1, en faveur de l’agriculture bio, ont été adoptées en décembre dernier dans la loi des Finances 2009 : le doublement du crédit d’impôt et l’exonération de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (exonération non compensée). Ces mesures devraient ainsi permettre le développement de l’offre locale en produits bio.

La Bio dans les marchés publics de la restauration collective

La faiblesse actuelle de l’offre constitue donc l’un des obstacles rencontrés par les acheteurs publics. Dans une circulaire diffusée en mai 2008, le Premier ministre, François Fillon, a demandé aux ministres et aux préfets de rappeler aux services de restauration des administrations de l’Etat et des établissements publics, l’objectif du Grenelle de 20% de produits bios en 2012. Les restaurants concernés sont ceux des administrations centrales et de leurs services déconcentrés, et des établissements publics sous tutelle, qu’ils soient réservés aux agents de l’Etat et de ses établissements ou ouverts au public, tels ceux des CROUS et des centres hospitaliers universitaires.

Depuis 2004, le code des marchés publics permet la prise en compte des exigences environnementales à différents stades du processus d’achat public. Lire la suite

Le nouveau protocole de contrôle des huitres à Bruxelles

Sud-Ouest, le 17 septembre 2008, Chantal Roman

OSTRÉICULTURE. C’est aujourd’hui que la Commission européenne doit examiner le nouveau protocole de contrôle des huîtres proposé par la France

Le biotest à Bruxelles

C’est ce que l’on pouvait appeler la réunion de la dernière chance. Hier, une délégation des ostréiculteurs du bassin d’Arcachon, menée par le tout nouveau président Olivier Laban, aux côtés des élus du Bassin que sont Marie-Hélène des Esgaulx, députée, et Yves Foulon, président de la Cobas, ainsi qu’avec Goulven Brest, président du Comité national de la conchyliculture, ont participé à une rencontre à Paris.

Ce rendez-vous a été l’occasion de mettre au point le nouveau protocole de contrôle sanitaire des huîtres, tel qu’il avait été acté par le ministre de l’Agriculture Michel Barnier, lors d’une précédente réunion, en août dernier. Le ministre s’était alors engagé « pour l’élaboration d’un nouveau test de référence communautaire, en remplacement du biotest ».

Cinq contre 24 heures. « Il s’agissait de faire valider nos propositions, en présence des services de l’État, mais aussi des scientifiques, explique Olivier Laban. Or, et si des représentants d’Ifremer étaient là, malheureusement ceux de l’Afssa (agence de sécurité alimentaire) étaient absents. Et c’est le directeur général de la direction de l’Alimentation qui a lu leur avis… »

Les ostréiculteurs, appuyés par les élus, demandent de réduire le biotest (sur souris) actuellement de 24 heures à 5 heures, et le compléter, par mesure de vigilance, par des tests chimiques jugés plus fiables.

« Scepticisme ». « Nous avons eu le sentiment, à l’écoute de l’avis de l’Afssa, qu’ils « ne poussent pas » pour ces propositions, Lire la suite

Pesticides dans l’agriculture : moins 50% en dix ans ?

Le journal du développement durable, le11 septembre 2008, Margaux Gouté

Pesticides : Moins 50% ?

Le plan Ecophyto 2018 vise à réduire de 50% en dix ans l’usage des pesticides en France.

Le plan “Ecophyto 2018” a été présenté hier par Michel Barnier en conseil des ministres. Objectif : réduire l’usage des pesticides de moitié en dix ans, tout en conservant le niveau de production des exploitations agricoles. Accélérer la recherche, mutualiser et diffuser l’information, professionnaliser la formation : les préconisations sont nombreuses.

Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche a présenté hier en conseil des ministres le plan « Ecophyto 2018 » visant à réduire de 50% en dix ans l’usage des pesticides en France, objectif fixé par le Grenelle de l’environnement. Ce plan a été élaboré par un groupe de travail présidé par Guy Paillotin, secrétaire perpétuel de l’Académie d’Agriculture en concertation avec les représentants des utilisateurs, des ONG, des chercheurs, des élus et des distributeurs. Alors que l’impact des produits phytosanitaires sur la santé inquiète les citoyens, le plan d’action doit rassurer les consommateurs sur la composition des aliments, tout en permettant aux agriculteurs de maintenir leur niveau de production.

Former et informer

« Ecophyto 2018 » prévoit notamment d’identifier les systèmes de production les plus économes en pesticides et de diffuser les « bonnes pratiques » sur tout le territoire, ce qui pourrait déjà faire diminuer de 20% l’utilisation des produits phytosanitaires. 3000 exploitations pilotes serviront pour cela de terrain d’expérimentation. Lire la suite