Hervé Kempf : L’écologie et la démocratie

lemonde.fr, le 30 mai 2009, Hervé Kempf

L’écologie et la démocratie

Depuis ses débuts, l’écologie se pense comme politique et souligne combien la démesure de la puissance technologique fragilise le modèle démocratique. Cette interrogation s’est affirmée dans les années 1970 à propos de l’énergie nucléaire : le rejet de celle-ci ne visait pas seulement son danger intrinsèque, mais tout autant le caractère présenté comme indiscutable du savoir des « experts ».

La centralisation du pouvoir, impliqué par le nucléaire, et l’extension de l’appareil policier, justifiée par les impératifs de sa sécurité, étaient d’autres motifs de contestation.

La suite des événements a confirmé la pertinence de ce diagnostic, puisque le nucléaire s’est imposé, quand il l’a pu, en s’affranchissant des règles du débat public et de la transparence de l’information. La critique a pu ensuite se généraliser à d’autres dispositifs techniques, tels que les organismes génétiquement modifiés (OGM), les nanotechnologies et les systèmes toujours plus élaborés de contrôle social.

Plus tard, une autre façon d’analyser le lien entre démocratie et écologie a été proposée par le philosophe Hans Jonas : dans Le Principe responsabilité (Champs-Flammarion), il discutait de la capacité des démocraties à choisir les mesures nécessaires pour éviter la perspective apocalyptique dessinée par la crise écologique.

Un « idéalisme public » – autrement dit, la vertu des citoyens – pouvait-il rechercher cette « fin nullement reluisante de l’automodération de l’humanité » ? Faute de quoi, cette « responsabilité » devrait être assumée par une « élite ». Mais, depuis une décennie à peu près, le tableau s’est dédoublé. Et il apparaît de plus en plus nettement que, dans l’évolution récente du capitalisme, c’est l’oligarchie qui menace la démocratie en s’accrochant aux rapports d’inégalité qui fondent son pouvoir, tout en entretenant la crise écologique par refus de remettre en cause l’idéologie de la croissance matérielle.

Un bon témoin de ce renversement de perspective est le texte de Julien Coupat (Le Monde du 26 mai), et dont voici le pivot : « Ce qu’il y a, c’est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique : soit nous passons d’un paradigme de gouvernement à un paradigme de l’habiter au prix d’une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s’instaurer, à l’échelle planétaire, ce désastre climatique où coexistent, sous la férule d’une gestion « écomplexée », une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge. »

On discutera la « révolte cruelle mais bouleversante », on insistera sur l’importance des rapports d’inégalité qui déterminent la position de « l’élite impériale », mais l’esprit de l’écologie politique actuelle est bien là : la démocratie Lire la suite

Elections européennes et débats citoyens : « Quelle Europe pour notre planète ? »

aqui.fr, Solène Méric, le 29 mai 2009

Elections européennes et débats citoyens : « Quelle Europe pour notre planète ? »

Le second débat citoyen de la semaine relatif aux élections européennes, s’est tenu le mercredi 27 mai à l’Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA). Organisé en partenariat avec la Maison de la Nature et de l’Environnement, le sujet traité, l’était via le prisme essentiel de la protection de l’environnement. Etaient présents un représentant d’Europe écologie, du NPA, du Parti Socialiste, du Parti Radical et un militant du Front de Gauche, pour répondre, chacun selon leur programme, à la question « Quelle Europe pour notre planète ? ».

Valoriser les énergies renouvelables

Sans décrire ici les programmes de chacun, des axes forts se retrouvent au sein de chaque parti. En effet, les divers intervenants ont tous mis en avant la nécessaire valorisation des secteurs des énergies renouvelables et du développement durable, étant par ailleurs considérés comme une source d’emplois non négligeable. Le PS et Europe-écologie, chiffrent a environ 10 millions le nombre de ces emplois verts envisageables en Europe. Ils sont également d’accord sur une diminution d’émission de CO2 et autres gazs à effet de serre, même si les taux espérés diffèrent, de – 20 % pour les radicaux à – 30 % pour le Front de gauche. Sur la question de l’énergie, et d’une manière plus générale, selon le Front de Gauche, « il faut mettre fin à la libéralisation portée par le Traité de Lisbonne ». En effet, celle-ci « pousse à la sur -consommation et participe donc à la catastrophe écologique ». Le Front de Gauche prône à l’opposé des privatisations, en faveur d’un « Pôle européen de l’énergie » à caractère public qui « aura pour rôle de garantir un droit à l’énergie pour tous ».

Sur les transports les avis divergent

La question des transports a également été abordée par les intervenants, mais ici les propositions divergent. Le NPA, pour qui « le combat écologique ne peut pas être autre chose qu’un combat anti-capitalistique », propose par exemple la gratuité des transports en commun et le renforcement du rail pour le transport des marchandises. Les radicaux, quant à eux mettent l’accent sur une « amélioration des trafics aériens pouvant permettre ainsi une diminution de 10 % du CO2 émis ». Europe- écologie s’axe sur une « conversion écologique de l’industrie automobile » qui au-delà d’une forte valorisation des transports en commun, conditionne notamment, « tout soutien public à des critères environnementaux strictes ». Le Parti socialiste, enfin souhaiterait encourager un service public des transports et développer un réseau grande vitesse dense sur l’ensemble de l’Europe.

« Pour ou contre la taxe carbone ? »

Un autre point de discordance à été soulevé par une question du public : « Pour ou contre la taxe carbone, Lire la suite

Santé et empreinte écologique : Ces sacro-sains légumes

liberation.fr, Jacky Durand, le 28 mai 2009

Ces sacro-sains légumes

LES FOODINGUES. Chaque jeudi, réveil des papilles et passage en cuisine.

Et si on suivait l’exemple de nos amis belges ? La ville de Gand vient de promulguer un jour par semaine sans viande. C’est le jeudi et les Gantois sont invités ce jour-là à bannir le steak ou le poulet de leur assiette, mais également le poisson et les fruits de mer (lire Libération du 22 mai).

Cette initiative, destinée notamment à lutter contre les maladies cardio-vasculaires, l’obésité et certains cancers (trop de viande favorisant le mauvais cholestérol), fera-t-elle école

Guardian«Les végétariens peuvent-ils sauver le monde ?» s’interrogeait le quotidien britannique. Son constat : «Il y a deux ans encore, il paraissait inconcevable qu’un nombre important d’Européens puissent délaisser leur couteau à steak afin de brouter de la verdure pour le salut de la planète

Bidoche. Il est vrai que les arguments pour modérer notre consommation de bidoche sont vertigineux si l’on se réfère à l’Institut bruxellois pour la gestion de l’environnement (1) : il faut la même surface de terre pour produire un kilo de viande et 160 kilos de pommes de terre. Avec la quantité d’eau nécessaire pour produire un kilo de bœuf, on pourrait se doucher chaque jour durant un an ; la production d’un kilo de bœuf engendre 80 fois plus de gaz à effet de serre qu’un kilo de blé et représente l’équivalent de 60 kilomètres parcourus en voiture. Selon une étude de l’association végétarienne belge EVA, ne pas manger de viande un jour par semaine équivaut à une économie de 170 kg de CO2 par personne et par an, soit les émissions d’une voiture sur une distance de 1 100 km. Alors, sans renoncer au plaisir de l’entrecôte et sans rompre définitivement avec notre boucher, on peut faire du bien à soi et à la planète en confectionnant des plats végétariens qui combinent, par exemple, céréales (riz, blé, orge, maïs) et légumineuses (lentilles, haricots, pois).

Recette. L’autre jour, on s’est égaré avec délices dans la lecture de Pure & simple, un beau livre tout blanc dédié à cette cuisine végétarienne indienne (2) qui sublime tout ce qui pousse de la terre et constitue un marchepied idéal à qui veut apprendre à cuisiner sans viande. Voici une recette de Dal, l’un des plats de base indien que l’on mange avec du riz. Pour quatre personnes il faut : 150 g de pois cassés jaunes (Toor Dal dans les épiceries orientales), 2 tomates, 1/2 cuillère à café de curcuma en poudre, 2 cuillères à café de gingembre frais, 2 cuillères à soupe de coriandre fraîche, une cuillère à café rase de sel. Assaisonnement : 2 cuillères à café de beurre clarifié, une cuillère à café de graines de cumin et 1/2 cuillère à café de piment rouge en poudre. Faire tremper les pois cassés une demi-heure. Couper en dés les tomates, hacher le gingembre et la coriandre. Cuire les pois cassés à l’autocuiseur quinze minutes (le double sans autocuiseur) avec 40 cl d’eau après le sifflement, ajouter la poudre de curcuma et poursuivre la cuisson quatre minutes. Ajouter les tomates, le gingembre et la coriandre et porter à ébullition. Pour l’assaisonnement, Lire la suite

Pourquoi le cerveau n’est-il pas vert ?

humains-associes.org, le 17 mai, 2009, Article du journaliste Jon Gertner, publié le 16 avril 2009 dans le New York Times, traduit par Les Humains Associés]

Pourquoi le cerveau n’est-il pas vert ?

Deux jours après que Barack Obama ait prêté serment en tant que président des États-Unis, le Pew Research Center a publié un sondage classant les problèmes considérés par les Américains comme les priorités les plus importantes cette année. En haut de la liste se trouvaient plusieurs sources d’inquiétudes — l’emploi et l’économie — liées à la récession actuelle. Plus bas, bien après le terrorisme, la réduction du déficit et l’énergie (et même ce que les sondeurs ont qualifié de « déclin moral ») se trouvait le changement climatique. C’était la priorité n°20, la dernière du classement.

Un peu plus d’une semaine après que le sondage ait été publié, j’ai pris place dans une pièce lambrissée à l’université de Columbia, où quelques douzaines d’universitaires étaient réunis pour une conférence de deux jours sur l’environnement. Sous de nombreux aspects, ces classements étaient une toile de fond qui convenait pour le grand rassemblement, une réunion de chercheurs affiliés à quelque chose appelé CRED ou Center for Research on Environmental Decisions [NdT : centre pour la recherche sur les décisions environnementales]. Branche de la recherche comportementale, située à l’intersection de la psychologie et de l’économie, la science de la décision se concentre sur les processus mentaux qui façonnent nos choix, nos comportements et nos attitudes. À l’origine de cette discipline, on trouve principalement les travaux, commencés au cours des années 70, de Daniel Kahneman et Amos Tversky, deux psychologues dont les expériences ont démontré que les gens peuvent se comporter de manière inattendue quand ils sont confrontés à des choix simples. Nous avons beaucoup de partis pris automatiques — par exemple, nous éprouvons plus d’aversion envers les pertes que nous n’avons d’intérêts pour les gains — et nous répétons des erreurs de jugement basées sur notre tendance à utiliser des règles schématiques pour résoudre des problèmes. Nous pouvons être extrêmement sensibles aussi à la façon dont les questions sont posées. Accepteriez-vous de subir une opération chirurgicale, si elle présentait un taux de mortalité de vingt pour cent ? Et si on vous disait que vous avez quatre vingt pour cent de chances d’y survivre ? Il s’agit de la même opération évidemment, mais selon les différents cas, les réponses peuvent différer de façon très nette.

Au cours des dernières décennies, il y a eu de nombreuses recherches sur la façon dont nous prenons des décisions dans un cadre financier ou quand nous sommes face à des choix concernant la santé et les produits de consommation. Il y a quelques années, un professeur de psychologie de Columbia, David H. Krantz, a fait équipe avec Elke Weber — titulaire d’une chaire à la Business School de Columbia ainsi que d’un poste au département de psychologie de l’école — pour réunir un groupe interdisciplinaire d’économistes, de psychologues et d’anthropologues du monde entier dans le but d’examiner la prise de décision rattachée aux problèmes environnementaux. Aidé par une subvention de 6 millions de dollars de la National Science Foundation [NdT : fondation nationale pour la science], le CRED a pour premier objectif d’étudier comment les perceptions du risque et de l’incertitude forment nos réponses au changement climatique et à d’autres phénomènes météorologiques comme les ouragans et les sécheresses. Le but, en d’autres termes, n’est pas tellement d’explorer des théories sur la manière dont les gens sont liés à la nature, sujet de recherche de longue date de certains psychologues de l’environnement et même d’universitaires comme le biologiste d’Harvard E. O. Wilson, il s’agit plutôt de financer des expériences de laboratoire et de terrain en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe et en Afrique et de replacer ensuite les conclusions dans un contexte environnemental.

Il n’est pas immédiatement évident de comprendre pourquoi de telles études sont nécessaires ou même utiles. Effectivement, dans la communauté scientifique américaine, où chaque dollar ou presque, attribué à la recherche sur le climat, est utilisé pour des projets en physique ou en biologie, l’idée même que les solutions vitales pour l’environnement seront atteintes grâce à la recherche en sciences sociales — plutôt que par des méthodes d’amélioration de la modélisation du climat ou des technologies innovantes — est un point de vue extrêmement dérangeant. On pourrait demander aux spécialistes de la décision, comme j’ai fini par le faire, s’ils ne sur-compliquaient pas le sujet. Pour réduire le taux de carbone dans le monde, ne suffirait-il pas simplement de s Lire la suite

Lacq : Feu vert au projet Total de stockage souterrain de CO2

France Nature Environnement, Sepanso Béarn, Côteaux du Jurançon, Communiqué de presse, le 28 mai 2009

Feu vert au projet Total de stockage souterrain de CO2

Les associations vont saisir la justice

La société Total vient d’obtenir l’autorisation d’enfouir 120000 tonnes de C02 pendant deux ans, sur Ie site industriel de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Les associations déposent un recours.

La stratégie du Shadok ?

Pour Total, lutter contre les émissions de gaz à effet de serre est très simple : il suffit de pomper ! Malheureusement les choses ne sont pas aussi simples et la technique de Capture et de Stockage de Carbone présente plusieurs risques inacceptables :

La CSC est énergivore : Le rapport parlementaire de M Birraux du 3 mars 2009 note sur ce point: « Le CSC est d’ailleurs présenté comme une technologie de l’énergie, alors qu’en soi, il ne procure aucun apport nouveau d’énergie (. ..) il induit au contraire une consommation supplémentaire d’énergie ». La CSC utilise en effet de l’énergie pour les opérations de capture, de transport et d’injection souterraine.

La CSC est polluante : cette technologie a pour raison première Ie développement des centrales thermiques au charbon à I‘heure ou il faut au contraire développer les sources d’énergies renouvelables, les économies d’énergie et l’efficacité énergétique. Le rapport Birraux note que la CSC « conforte aussi l’utilisation des énergies carbonées dans les pays qui les importent avec même le risque d’accroître leur dépendance énergétique, puisque l’implantation d’un dispositif de CSC impose un supplément de consommation d’énergie » ;

La CSC présente des risques pour l’environnement : L’enfouissement industriel de carbone sous terre présente des risques pour la santé et l’environnement qui ne sont pas maîtrisés. Aucune expertise indépendante et contradictoire n’a été financée à ce sujet. Total a préféré faire appel au BRGM qui …  est engagé en faveur de la CSC !

La CSC est coûteuse : Elle peut « doubler Ie coût de fonctionnement d’une centrale et, par conséquent, aboutir a une augmentation du coût de l’électricité de 21 à 91% » (cf. rapport Greenpeace « Faux espoir » de mai 2008).

La CSC est tardive : ainsi que Ie précise Ie PNUE : « Le CSC arrive beaucoup trop tard sur Ie champ de bataille pour aider Ie monde a éviter Ies changements climatiques ». Rappelons que les industriels eux-mêmes rappellent que la CSC ne sera pas opérationnelle avant 2030. Or, il nous faut réduire drastiquement nos émissions de GES dès 2015….

La CSC n’est pas viable : selon l’Agence internationale de l’énergie, Lire la suite

CUB : La Lyonnaise perd six ans

sud-ouest.com, Dominique De Laage, le 28 Mai 2009

BORDEAUX. Le contrat de l’eau conclu entre la Communauté urbaine et la Lyonnaise pour trente ans devra s’arrêter avant terme. De quoi relancer Trans’Cub dans sa bataille de l’eau

La Lyonnaise perd six ans

Les militants de l’association Trans’Cub à Bordeaux, qui ont servi d’aiguillon à la Communauté urbaine pour récupérer 232 millions d’euros lors de l’avenant de 2006 au contrat de l’eau conclu pour trente ans avec la Lyonnaise des Eaux, n’en reviennent pas eux-mêmes.

Un récent arrêt du Conseil d’État vient en effet de rendre rétroactives les lois Sapin de 1993 puis Barnier de 1995, qui limitent dans le temps la durée des contrats de délégation de service public de l’eau à vingt ans.

Le contrat de l’eau, passé le 1er janvier 1991 (juste avant la loi Sapin) pour trente ans, viendrait donc à échéance, non plus fin 2021 comme prévu, mais fin 2015 (à compter de la loi Barnier de 1995 qui a fixé la durée de ces contrats à vingt ans). Soit six ans de chute.

Trans’Cub, qui n’a pourtant jamais été avare de recours, n’avait jamais imaginé saisir le Conseil d’État sur cet aspect. C’est un contrat, passé en 1933 pour 99 ans dans une commune située à l’autre bout de la France, qui a donné lieu à cet arrêt. Une décision qui va devoir s’appliquer à tous les contrats de plus de vingt ans, reconnaît-on à la Communauté urbaine.

Chez Feltesse

L’affaire n’est pas anodine. Le président de la Communauté urbaine de Bordeaux a d’ailleurs reçu, hier matin dans son bureau, Denis Teisseire et Patrick du Fau de Lamothe de Trans’Cub, pour connaître leur analyse du dossier. Mais l’association et la CUB apprécient déjà différemment les conséquences de cette nouvelle donne. Selon la lecture de l’arrêt par Trans’Cub, le contrat n’aura plus d’existence légale au-delà de 2015. L’association demande donc dès à présent à Vincent Feltesse de participer à l’étude qui conduira en 2016 à un retour en régie directe ou à une nouvelle délégation. Du côté des services de la CUB, on tempère cet enthousiasme. Le fameux arrêt du Conseil d’État évoque selon la CUB ce type de sortie prématurée de contrat. Et ouvre, toujours selon la CUB, des hypothèses.

En cas d’indemnités trop lourdes à verser, ou d’investissements amortissables sur trente et non pas vingt ans, la CUB pense lire dans cet arrêt la possibilité de saisir le trésorier-payeur général pour avis afin d’envisager éventuellement des avenants jusqu’au terme du contrat initial. Ce que récuse Trans’Cub.

L’association considère au contraire cette nouvelle donne comme une chance historique d’en finir avec une « gestion catastrophique qui Lire la suite

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

altermonde-sans-frontière.com, Guillaume Duval, Christine Mounier, le 21 avril 2009

La décroissance : un modèle économique d’avenir ?

À en croire les principaux média, le bien-être de tous passe par une croissance soutenue. Pourtant, pour un nombre croissant de personnes, un modèle économique d´avenir et responsable ne passe plus forcément par la croissance économique, mais au contraire par la décroissance.
Décroissance ou développement durable ? : Deux camps s’opposent sur les réponses à apporter aux problèmes environnementaux et aux besoins de la population.

Les événements climatiques extrêmes se multiplient, les déchets s’amoncellent, les nappes phréatiques s’épuisent ou sont polluées, le pétrole va devenir rare et son contrôle fait l’objet de conflits de plus en plus violents, que ce soit en Irak ou en Tchétchénie. Dans le même temps, la capacité du système économique à répondre aux besoins sociaux est de plus en plus contestée. Les inégalités mondiales se creusent et si une partie de l’Asie est en train de sortir du sous-développement, c’est en adoptant un mode de vie dévoreur de ressources non renouvelables. Bref, et chacun (ou presque) en convient désormais : on va dans le mur et il faut changer de mode de développement. Et pas dans un siècle, dès les prochaines années. Mais comment faire ? Un débat de plus en plus vif oppose les partisans d’une « décroissance soutenable », organisant le recul de l’économie monétaire, aux tenants d’un « développement durable » permettant de concilier croissance et écologie.

Sur la gravité de la situation, il n´y a pas de désaccord majeur entre les tenants du développement durable et les partisans de la décroissance. Ernst Ulrich von Weizsäcker, Amory et Hunter Lovins, tenants du développement durable, reprennent à leur compte, dans leur rapport « Facteur 4 », les très sombres prévisions établies par les Meadows dans leur célèbre rapport de 1972 au Club de Rome sur « les limites de la croissance ». Ils envisagent notamment le risque d´un effondrement brutal des productions agricole et industrielle et de la population mondiale dans les prochaines décennies. Quant à Lester Brown, autre tenant du développement durable, il consacre, dans Éco-économie, des pages aux « signes de la tension » qui ne rassurent pas davantage sur l’avenir. Il n’y a pas non plus de divergence sur la nécessité d’une décroissance très rapide de la consommation de matières premières et d’énergie, en particulier, bien sûr, des énergies fossiles.

L’éco-efficience au secours de la croissance

En revanche, les avis s’opposent sur le moyen d’y parvenir. Les tenants de l’éco-économie mettent en évidence les nombreux moyens techniques déjà connus pour consommer beaucoup moins de matières premières et d’énergie tout en produisant autant de biens et de services (à travers le recyclage et une autre conception des produits). C´est le fameux « facteur 4 » d’Ernst Ulrich von Weizsäcker : on peut produire autant avec quatre fois moins d’énergie et de matières premières. D’autres, plus ambitieux encore, parlent de facteur 10. Sans être des ennemis du marché, les tenants de l´éco-économie ne croient pas que les mécanismes marchands sont susceptibles de rétablir seuls les équilibres écologiques. Ils misent sur des politiques publiques très actives et sur une refonte des systèmes fiscaux en fonction de priorités écologiques. De plus, ils soulignent qu´il va falloir changer en un temps record l´essentiel de nos infrastructures : remodeler l’urbanisme, changer d´habitat, reconfigurer les moyens de production dans la plupart des industries, etc. Cet énorme effort d’investissement est générateur de croissance et, à la fois, nécessite de la croissance pour être mis en oeuvre : la croissance faible des vingt dernières années en Europe a plus freiné la transformation écologique des modes de production et de consommation qu´elle ne l’a accélérée.

Attention à l´effet rebond

Les tenants de la décroissance ne croient pas du tout à un tel scénario. Lire la suite

Ours dans les Pyrénées : l’Europe à la rescousse

sud-ouest.com, Patrice Sanchez, le 28 Mai 2009

ENVIRONNEMENT. Plusieurs associations pyrénéennes saisissent l’Europe dans le but d’imposer à la France une meilleure protection de l’ours

Ours dans les Pyrénées : l’Europe à la rescousse

Plusieurs associations du massif pyrénéen, dont la Sepanso Béarn, rassemblent leur force pour exiger une meilleure protection de l’ours. Elles montent actuellement un dossier dans le but de saisir les autorités européennes. Leur cible : l’État français.

Cette action fait suite à une première procédure européenne engagée, l’année dernière, par le Fiep et la Sepanso. Leur constat consistait déjà à dire que la France n’était pas efficace dans sa gestion de population ursine mais, cette fois, dans les Pyrénées occidentales. Une première réponse vient tout récemment de tomber. On apprend ainsi que l’État français est actuellement interrogé sur la situation.

Un fiasco

« On peut parler de fiasco en ce qui concerne les réintroductions de 2006 », estime l’Oloronais Jean Lauzet, spécialiste de l’ours à la Sepanso, qui vient de cosigner un ouvrage de référence sur l’ours brun.

« Deux ours sur cinq sont déjà morts. En 1996, on en était à un sur trois. On attend une condamnation claire de la part de l’Europe pour que des mesures soient prises. La France se contente de lâcher des ours mais ne fait rien ensuite pour les protéger. »

Pour ce montagnard qui a passé, par passion, une vingtaine d’années à suivre les traces des ours à travers le vieux continent, l’avenir du plantigrade en Béarn est, plus que jamais, sérieusement compromis si rien n’est fait. Son évaluation est sans appel.

À l’entendre, contrairement aux explications officielles, plus un seul ours ne patrouille chez nous la plupart du temps.

« Pour moi, quatre ours en Béarn, c’est faux. Aspe Ouest est en Espagne. Néré aussi le plus souvent. Le petit de Cannelle, du côté de Cauterets. Quant à Camille, je suis quasi certain qu’il est mort, même si les Espagnols prétendent le contraire. »

Comme à chaque fin d’hiver, le militant de la Sepanso est parti sur les traces des plantigrades.

« Cette année, c’est déprimant. Je suis tombé sur la première trace le 12 mars. C’était tôt. Mais plus rien jusqu’au 19 mai. C’est la première fois en quinze ans que je constate une telle situation. »

Manque de femelles

Pourquoi les fauves déserteraient-ils notre département ? Tout simplement parce que ces mâles recherchent la compagnie de femelles. Et depuis la mort de Cannelle, la dernière de souche locale qui vivait entre Aspe et Ossau, les autres ont plutôt choisi la Haute-Garonne et l’Ariège comme lieux de villégiature.

« Les scientifiques considèrent qu’il faut renforcer le noyau occidental de 5 ou 6 femelles. Il faut donc réintroduire deux femelles en Béarn. C’est le minimum. Sans cet effort, on peut légitimement penser que l’ours n’existera bientôt plus dans les Pyrénées », considère Jean Lauzet.

Les prochaines réintroductions d’ours pourraient avoir lieu en 2010. Mais nul n’en connaît encore le niveau.

Bordeaux le 3 juin : Petite écologie de l’Homme et de ses techniques

MNE Bordeaux-Aquitaine, communiqué, le 28 mai 2009

Université Populaire de l’Environnement – Université nomade d’Aquitaine – Conférences-débats « grand public »

«  Petite écologie de l’Homme et de ses techniques »

Cours 3 : Citoyenneté et culture du risque

Michel Lesbats, Professeur à l’IUT Bordeaux 1 et  Association Aquitaine Alternatives

Mercredi 3 Juin 2009 de 18h30 à 20h au Jardin Botanique de Bordeaux, dans « le Galet » Tram station Jardin botanique

– La participation des citoyens à la Gestion des risques techniques.

– Incitation ou obligation ? Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT)…

– Comités Locaux d’Information et de Concertation (CLIC)… ?

– SPPPI et autres SAGE,  Agendas 21, débats publics sur des projets d’aménagement…

– Projection d’un film «  les PPRT, les CLIC » du  MEEDDAT.

– Difficultés de mise en place d’une réflexion sociétale pluridisciplinaire sur ces sujets.

– Pourquoi les structures de la concertation « officielle » sont-elles Lire la suite

Ecocentre de Gironde : Stage chaux du 29 juin au 3 juillet 2009

Ecocentre de Gironde, communiqué, 28 mai 2009

Stage chaux du 29 juin au 3 juillet 2009 : Applications écologiques dans le bâti ancien et neuf

Enduits à l’ancienne, décoratifs ; enduits et remplissages isolants ; badigeons classiques et à l’italienne, teinte à fresque ; moellonage.

Formation théorique et pratique sur un matériau sain et durable (chaux naturelle) utilisé dans la construction écologique et depuis des millénaires dans le bâti traditionnel.

Formateurs :

Alain Algeo, artisan, formateur à Maisons Paysannes de Gironde

Yannick Bourinet, artisan, formateur à l’écocentre® du Périgord

Arnaud Blasquez, animateur de l’association

Tarif de la formation : 400 euros

Tout public

Hébergement possible sur place en gîte (en supplément)

45km au sud-est de Bordeaux- près Langon D1113 à 300m, Autoroute A62 à 2km, gare SNCF à 1km

L’association Solar Rives de Garonne se développe dans le cadre de la charte des écocentres®.

Son objet : l’information, la démonstration, la formation et l’expérimentation dans les domaines de la construction écologique (ancien et neuf) et des thématiques proches.

En octobre formation : la restauration écologique dans le bâti ancien

Association Solar Rives de Garonne

6bis route de la Garonne, 33210 Toulenne

Infos stage Lire la suite

France Culture – Sortir du rouge par le vert : chimère ou opportunité historique ?

France Culture, L’économie en question, Caroline Broué et Olivier Pastré, le 4 mai 2009

Sortir du rouge par le vert : chimère ou opportunité historique ?

Christian de Pertuis.  Professeur associé à l’Université Paris-Dauphine et conseiller scientifique de la Mission Climat de la Caisse des Dépôts. Auteur de Et pour quelques degrés de plus… Nos choix économiques face au risque climatique (Pearson, 2009).

Eloi Laurent.  Economiste à l’OFCE (Centre de recherche en économie de Sciences-po). Il enseigne à Sciences-po, Stanford University et au Collège des hautes études européennes (La Sorbonne). Auteur de La nouvelle écologie politique (Seuil, sept.08).

2006, l’économiste britannique Nicholas Stern avait rapproché économie et écologie en publiant un rapport alarmiste sur les conséquences économiques du réchauffement climatique. Aujourd’hui, face aux deux crises mondiales que sont la crise économique et la crise climatique, les économistes sont partagés : certains pensent qu’il faut assouplir les contraintes environnementales qui pèsent sur les entreprises, pour faciliter la reprise de l’activité; d’autres au contraire préconisent le développement de «l’économie verte», espérant ainsi faire d’une pierre deux coups, résoudre en même temps la crise économique mondiale et le problème du réchauffement climatique. La mobilisation en faveur des technologies dites propres se pare ainsi de toutes les vertus, y compris celle de créer des emplois !

Si l’on considère d’une part qu’agir contre le changement climatique peut permettre de faire des économies, et d’autre part que ces économies peuvent être réinvesties dans un nouveau modèle de croissance dit de développement durable, peut-on en déduire que le seul avenir viable est celui de l’économie verte ?

Changer de modèle énergétique par exemple, comme le souhaite la nouvelle administration américaine, suffirait-il à relancer la croissance économique ?

Autrement dit, le monde se relèvera-t-il par le vert ? Sortir du rouge par le vert : est-ce une chimère ou une opportunité historique ?

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À la recherche de l’indicateur idéal de développement durable

À la recherche de l’indicateur idéal de développement durable

actu-environnement.com, F. Roussel,  le 27 mai 2009

Attendus pour 2010 conformément aux engagements du Grenelle, les indicateurs développement durable nationaux sont à l’étude. La commission Stiglitz et le Conseil économique, social et environnemental proposent deux approches différentes.
Depuis les années 1930, le développement et les progrès d’un pays se traduisent en termes de croissance et de performances économiques illustrées par le sacro-saint Produit Intérieur Brut (PIB). Mais l’émergence sur le devant de la scène des questions environnementales pousse à remettre en cause cet indicateur qui ne prend en compte ni la répartition des richesses ni les atteintes à l’environnement. Comme l’a indiqué le Comité économique et social européen dans un avis adopté et publié en octobre 20081, le PIB est un bon indicateur du rythme de l’économie qui montre les efforts consentis pour gagner plus d’argent, sans se soucier si cela génère des produits et services utiles ou si cela nuit à l’homme et à l’environnement.
Elaboration d’un « PIB vert »

En réponse à cette situation, certains pays développent de nouveaux indicateurs à l’image du Bhoutan, pays d’Asie qui prône son « Bonheur national brut » (BNB) en lieu et place de son « Produit National Brut ». Les pays occidentaux se penchent aussi sur la question des nouveaux indicateurs. En 2007, les représentants de la Commission européenne, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation de la conférence islamique, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la Banque mondiale ont signé la déclaration d’Istanbul invitant à aller au-delà des indicateurs habituels.

En France, le groupe de travail n°6 mis en place en 2007 dans le cadre du Grenelle de l’environnement a défini un premier programme d’actions visant à « améliorer et mieux diffuser les indicateurs du développement durable ». Le projet de loi Grenelle 1 prévoit d’ailleurs de disposer en 2010 d’indicateurs du développement durable à l’échelle nationale.
Une commission présidée par Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, a été mise en place en 2008 dans ce sens. Elle travaille à l’élaboration d’un « PIB vert » également appelé « Epargne nette ajustée ». Indicateur développé à l’origine par la Banque mondiale, l’Epargne nette ajustée cherche à mettre en évidence le surplus de ressources dont dispose une économie à l’issue d’un cycle de production et de consommation une fois compensée la dépréciation du capital économique humain et naturel. Cet indicateur se base par conséquent sur l’évaluation monétaire des dommages environnementaux et des bénéfices économiques procurés par l’environnement pour les compenser et réajuster le PIB initial. Si cet indicateur présente le mérite de coupler les enjeux économiques, humains et environnementaux, il est le fruit d’une réflexion basée uniquement sur les mécanismes financiers actuels. La commission Stiglitz souhaite le compléter par un indicateur de développement humain et un indicateur d’empreinte écologique.

L’autre approche du Conseil économique, social et environnemental

En parallèle, le Premier ministre a saisi le Conseil économique, social et environnemental en janvier 2009 sur cette question. Dans son avis adopté et publié hier2, le CESE propose une autre approche que celle de la commission Stiglitz. Il recommande de privilégier une logique de tableau de bord intégrant une douzaine d’indicateurs rattachés aux trois piliers du développement durable que sont l’économie, le social et l’environnement. Chaque indicateur serait associé à des objectifs quantifiés et Lire la suite

Débat : Le bio peut-il nourrir la planète ?

toogezer.com, Marie Ernoult, mai 2009

Débat : Le bio peut-il nourrir la planète ?

En 2050, la planète comptera 9 milliards d’habitants qu’il faudra nourrir… L’agriculture biologique pourrait-elle relever ce défi ? Deux experts, Léon Guéguen de l’INRA et Marc Dufumier de l’INA-PG nous livrent leur point de vue.

De 1999 à 2006, la superficie mondiale certifiée bio a quasiment triplé. Le développement de l’agriculture biologique est-il durable ?

Léon Guéguen : Cette superficie a augmenté partout pour répondre à la demande mais, curieusement, elle n’augmente plus en France depuis 2002. Si la demande sociétale croît encore et que les subventions se maintiennent, voire augmentent, la production AB pourra encore se développer en assurant un revenu acceptable à l’agriculteur. Mais quelle en sera la limite supportable par les consommateurs (prix plus élevés) et les contribuables (subventions) ? Peut-être 5 à 10 % mais certainement pas 20 %, ce qui semble irréaliste ! Avec des rendements plus faibles de 30 à 60 %, quelles seront les conséquences supportables pour l’autonomie alimentaire et pour les exportations ? Enfin, un système qui ne restitue pas au sol la totalité des minéraux exportés par les récoltes ne peut être durable à long terme pour la fertilité des terres.

Marc Dufumier : Le développement de l’agriculture biologique peut être rapide et économiquement « durable » pour peu que les politiques agricoles ne créent pas de distorsions sur les marchés en faveur de l’agriculture utilisatrice d’engrais de synthèse et de produits phytosanitaires. Du point de vue de la biodiversité et de la « durabilité » environnementale, il va de soi que l’agriculture biologique est bien plus performante que celle qui a recours aux pesticides, puisque les producteurs en « agriculture biologique » sont quasiment contraints de pratiquer des rotations et des assolements bien plus diversifiés, préservent de ce fait davantage les insectes auxiliaires des cultures.

En 2050, nous serons 9 milliards d’habitants sur terre. Il faudra donc doubler la production alimentaire mondiale, cela est-il envisageable avec le bio ?

L.G : Avec des rendements beaucoup plus faibles que dans les zones d’agriculture intensive, certainement pas ! La perspective de nourrir 9 milliards d’habitants semble même très problématique avec les techniques agricoles actuelles les plus performantes, et des augmentations de productivité sont encore espérées, car les surfaces cultivables ou irrigables sont limitées.

M.D : Oui, c’est possible. La faim et la malnutrition n’ont pas pour origine une insuffisance de disponibilités en calories alimentaires à l’échelle mondiale puisque celles-ci sont d’ores et déjà équivalentes à 300 kg de céréales par personne et par an, alors même que les besoins ne sont que de l’ordre de 200 kg. C’est la pauvreté qui est à l’origine de la faim et de la malnutrition : les pauvres ne parviennent pas à acquérir les disponibilités excédentaires et ces dernières vont de préférence vers les seuls marchés solvables : l’alimentation du bétail pour nourrir ceux des riches qui mangent de la viande en excès, et l’abreuvement de nos automobiles en agro-carburants.

Pourrait-on se passer totalement des intrants pour subvenir aux besoins alimentaires mondiaux ?

L.G : Non, Lire la suite

MIT : un nouveau modèle démontre un réchauffement deux fois plus rapide qu’initialement prévu

bulletins-electroniques.com, Agathe Dumas (deputy-envt.mst@ambafrance-us.org), le 22 mai 2009

MIT et réalités du changement climatique : un nouveau modèle démontre un réchauffement deux fois plus rapide qu’initialement prévu

Le MIT a rendu public les résultats de son dernier modèle climatique visant à estimer la vitesse de réchauffement de la température à la surface de la terre. Dans le but d’évaluer les degrés de risques encourus en fonction de différents scénarios politiques, le modèle développé par le MIT intègre un grand nombre de variables économiques. Si aucune réglementation de GES n’est émise à l’échelle internationale, les chercheurs du MIT estiment la vitesse de réchauffement de la terre deux fois plus importante qu’initialement calculée en 2003.
Publié ce mois-ci dans le journal de l' »American Meteorological society », ces résultats mettent en évidence un réchauffement de la température de surface d’en moyenne 5,2°C d’ici 2100 (90% de chance que l’augmentation de température soit comprise entre 3,5 et 7,4°) dans le cadre d’une absence de réglementation des GES alors que les études de 2003 annonçait une augmentation de 2,4°C. Cette différence s’explique par la prise en compte de plusieurs facteurs tels que l’amélioration du modèle économique et l’augmentation de la quantité et du degré de précision des données disponibles. Pour les scénarios incluant une réglementation des GES, les résultats estiment une augmentation moyenne de la température de 2,5°C (deux tiers de chance que l’augmentation soit comprise entre 2 et 3°C). L’ensemble des résultats de modélisation est présenté sous forme de graphique sur le site du MIT (cf. lien internet: http://web.mit.edu/newsoffice/2009/roulette-1-enlarged.html).

Développé dans le cadre du programme »Science and Policy of global change » du MIT, financé en partie par le DoE (Department of Energy), ce modèle a pour caractéristique d’être couplé à un modèle économique détaillé, tenant compte de la croissance économique des différents pays ainsi que de leur politique énergétique. Afin d’évaluer la probabilité de réalisation de chaque scénario, les chercheurs Andrei Sokolov et Ronald Prinn ont utilisé le modèle 400 fois en modifiant à chaque fois une variable différente. Chaque essai de modélisation représente ainsi un scénario d’évolution du climat. L’ensemble des résultats de ces scénarios a par la suite fait l’objet d’analyses par différents groupe de recherche afin de déterminer leur probabilité de réalisation.

Si des recherches dans ce domaine ont été menées au sein d’autres organismes s’appuyant notamment sur l’analyse des paramètres climatiques et de leur de variabilité naturelle, le modèle du MIT est jusqu’à présent le seul à inclure une analyse détaillée des changements de comportement humain et de leur impact sur Lire la suite

Collectivités : un guide pour mettre en place un plan climat territorial

localtis.info, Sandrine Toussaint, le 18 mai 2009

Collectivités : un guide pour mettre en place un plan climat territorial

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) vient de mettre en ligne un guide méthodologique intitulé « Construire et mettre en œuvre un plan climat territorial » destiné aux chargés de missions et chefs de projets des collectivités. Lancé en juillet 2004, le plan Climat, suite logique de la ratification de la France au protocole de Kyoto (entré en vigueur en février 2005) et à son engagement de stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2012, est composé de 60 mesures orchestrées autour de huit orientations.

Le plan climat territorial (PCT) est une de ces orientations, dont l’objectif est d’inciter les régions, les départements et les communes et leurs groupements à s’engager dans une démarche de stratégie locale de développement durable. Contribuant pour beaucoup (15% environ) aux émissions de gaz à effet de serre au niveau national, elles sont par conséquent fortement invitées à s’investir dans la lutte contre le changement climatique. L’idée est, comme l’expliquait Serge Lepeltier alors ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables en juillet 2004, « que chaque collectivité locale et administration dresse son propre bilan CO2 et définisse ses actions pour lutter contre l’effet de serre« . Le plan climat territorial est une démarche récente et un petit nombre de collectivités l’ont pour le moment adopté. Cependant, des territoires et des collectivités très engagés, parfois avant l’adoption du plan Climat, ont fait part de leurs expériences et ce sont ces dernières qui ont permis à l’Ademe de rédiger cet outil méthodologique et pratique qui priorise les actions à mettre en œuvre et les choses à éviter dans la mise en place d’un PCT. Le plan climat territorial se décompose en quatre étapes, que le guide détaille de façon très précise avec des encarts de rappel à chacune des étapes, les actions à mettre en œuvre, les questions auxquelles il aura fallu répondre avant d’entamer une autre étape, les exemples de collectivités… Un accompagnement pas à pas pour :

– préfigurer le plan climat territorial (assurer le portage politique, assurer la gouvernance du PCT, le dimensionner, et s’organiser en interne…) ;

– dégager les pistes d’action (faire un pré-diagnostic climat du territoire, établir la consommation d’énergie par secteur, industriel, résidentiel, transports, agriculture, lancer les premières actions…) ;

– construire le PCT Lire la suite

Appel pour une France durable : Interpellons les décideurs politiques et économiques

naturavox.fr, Gilles VANDERPOOTEN, Président de l’Association Vive la Terre (Etudiant, 23 ans) pour le collectif de l’Appel pour une France durable, le 25 mai 2009

Isabelle Autissier, Allain BOUGRAIN-DUBOURG, Robert BARBAULT, Dominique Belpomme, Dominique BOURG, Gilles ClÉment, Philippe Desbrosses, Jean-Pierre DOUSSIN, Caline JACONO, Jean Jouzel, Tristan Lecomte, Amélie Nothomb, Jéromine PASTEUR, Nicolas VANIER…

Appel pour une France durable

Interpellons les décideurs politiques et économiques

En 1987, le rapport Brundtland énonçait le « développement durable » et se préoccupait des « générations futures ». C’était il y a plus de vingt ans. Les « générations futures » sont là. Ne nous limitons pas à parler d’elles tout en continuant à accroître leur dette… Prenons garde au décalage entre les discours et les actes.

A l’heure de la crise économique, en période de Grenelle de l’environnement, et alors que partout l’on se réclame du « développement durable », exigeons des décideurs économiques et politiques qu’ils mettent résolument en œuvre des alternatives afin de répondre aux enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux qui engagent notre responsabilité collective et l’avenir des jeunes générations.

Pas un jour sans que les thèmes de la responsabilité sociale, environnementale et sociétale ne soient évoqués dans les déclarations des responsables et experts économiques et politiques, dans les médias, dans les conversations citoyennes.

L’ensemble des acteurs économiques se réclame aujourd’hui du « développement durable » – une expression qui trop souvent se limite à de bonnes intentions ou à des effets d’annonce, et peine à se traduire en actes. Au risque de se transformer en alibi pour continuer comme avant et poursuivre les atteintes portées à l’homme et à son environnement.

A force d’utiliser sans discernement cette expression commode mais ambiguë, on finit par la vider de son sens, par en réduire les exigences et les ambitions.

Le caractère durable d’une activité ne peut se résumer à l’accroissement de la richesse économique, et il est incompatible avec l’utilisation sans limite des ressources naturelles ; la responsabilité environnementale et sociétale de l’entreprise ne peut se réduire au respect minimal de la législation en vigueur.

En cette période de Grenelle de l’environnement et malgré les avancées, force est de constater la distance entre l’intérêt que suscitent les enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux dans l’ensemble de la nation, et la frilosité de bon nombre de décideurs économiques et politiques.

Prenons garde au Lire la suite

Le Parlement européen, un poids lourd en environnement

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 22 mai 2009

Le Parlement européen, un poids lourd en environnement

Boudé par les électeurs si l’on en croit les prévisions d’abstention record pour les élections européennes du 7 juin, le Parlement européen est pourtant le meilleur allié des citoyens en matière d’environnement. L’Assemblée sortante, bien que conservatrice, a ainsi démontré sa capacité à renforcer plusieurs textes dans ce domaine. Premier volet d’un dossier du JDLE consacré aux élections européennes.

«La protection de l’environnement et de la santé est l’un des domaine sur lequel le Parlement européen est le plus mobilisé», souligne Yves Bertoncini, enseignant à Sciences-Po et à l’Ecole nationale d’administration (Ena), expert des questions européennes (1). De fait, un tiers des directives adoptées par le Parlement durant la dernière législature (2004-2009) concernaient ce secteur. A l’échelle nationale, «70% de la réglementation en matière de pollution urbaine et industrielle, d’eau et de protection de la nature depuis 10 ans est d’essence communautaire», indique Raphaël Romi, professeur de droit à l’université de Nantes et titulaire d’une chaire Jean Monnet de droit européen de l’environnement.
Depuis le Traité de Maastricht de 1992, le Parlement européen a vu ses compétences environnementales renforcées par l’instauration de la procédure de co-décision (2). «Cela signifie que le Parlement ni le Conseil ne peuvent adopter de législation sans l’assentiment de l’autre», précise Françoise Grossetête, eurodéputée française, membre du groupe du Parti populaire européen (PEE) et de la commission Environnement. Avant cette date, les textes en environnement -dont plus de 800 ont été adoptés depuis 1973- relevaient uniquement du Conseil. «Dans le cadre de la co-décision, le Parlement européen et le Conseil donnent tour à tour leur avis sur le projet de la Commission. Entre 2004 et 2007, 64% des textes ont ainsi été adoptés en première lecture, contre 30% sur la période 1999-2004», explique Yves Bertoncini. En cas de désaccord, les deux instances tentent de trouver un compromis en deuxième lecture. Lors d’un nouvel échec, est mise en place une procédure de conciliation au cours de laquelle les représentants du Parlement et du Conseil tentent de trouver un ultime accord ou rejettent le texte. Ce qui a été le cas très récemment pour la directive sur le temps de travail (2). «Le rejet du texte par le Parlement en raison d’un différend avec le Conseil démontre son véritable pouvoir», souligne Anne Ferreira, eurodéputée française membre du Parti socialiste européen (PSE) et de la commission Environnement.
Plusieurs textes ont été renforcés par les eurodéputés durant la période 2004-2009. «Sur le paquet Energie-climat, les eurodéputés ont, pour la première fois, radicalisé l’objectif politique du texte, alors que leur rôle se limite souvent à apporter une amélioration technique», juge Raphaël Romi. «Le Parlement a renforcé les objectifs de promotion des énergies renouvelables [20% d’ici 2020]», confirme Mark Breddy, responsable de la communication de Greenpeace Europe. Françoise Grossetête cite le règlement Reach: «Nous nous sommes battus pour conserver le principe selon lequel les substances extrêmement préoccupantes devaient être remplacées par des substances alternatives plus sûres». Raphaël Romi a un avis plus mitigé: «Même s’il représente une avancée considérable, Reach est issu d’un compromis avec le Conseil». Greenpeace Europe estime toutefois que le Parlement a renforcé la position de la Commission.

Le Parlement, bien que sensible à l’opinion publique, est aussi influencé par des lobbys économiques. «Sur le paquet Pesticides, le lobby agricole Lire la suite

Climat : Un front uni pour des ONG de tous horizons

liberation.fr, Christian Losson, le 26 mai 2009

Un front uni pour des ONG de tous horizons

Des organisations liées aux droits de l’homme ou à l’action humanitaire s’associent aux écologistes. «Le destin du monde» d’un côté, «l’ultimatum climatique» de l’autre. Le premier se jouera probablement dans six mois à Copenhague, a assuré hier Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, lors d’une réunion à Paris des plus gros émetteurs de CO2 de la planète. Le second se joue dès à présent, selon de grandes ONG françaises qui ont appelé, hier, à un sursaut commun (publié hier dans Libération). Et lancé une pétition pour tenter de réunir un million de signatures et pousser la France à assurer un leadership (1), jusque-là bien timide. Nouveauté : ces associations n’arborent plus uniquement le vert de l’environnement, mais aussi les couleurs des droits de l’homme, de la solidarité internationale et de l’action humanitaire.

«Réponse commune». Parmi elles : Oxfam, la Fédération internationale des droits de l’homme, Action contre la faim (ACF), Care… «L’hybridation des crises menace les démocraties et appelle une réponse commune», rappelle Serge Orru, du WWF. «On ne peut pas rester en dehors de cet enjeu capital. Même si le lien entre malnutrition et climat reste difficile à mesurer», assure de son côté Michel Bruguière, de Médecins du monde. «Les pays les plus pauvres sont les moins responsables, mais les plus touchés», ajoute Luc Lamprière, d’Oxfam. «Les victimes de catastrophes naturelles sont 40 fois plus nombreuses depuis trente ans dans les pays du Sud», renchérit François Danel, d’ACF.

Difficile de continuer à séparer, comme ce fut le cas jusque-là lors des conférences climatiques, les enjeux des bouleversements climatiques et ceux de la sécurité alimentaire ou de la réemergence de maladies animales (comme l’a estimé hier l’Organisation internationale de la santé animale). Impossible de taire le lien entre «la bombe climatique», selon Orru, et l’exode des réfugiés climatiques ou des victimes des catastrophes. «98 % des catastrophes dites naturelles sont liées au climat, rappelle Luc Lamprière. D’ici 2015, 375 millions de personnes pourraient en être victimes.»

A l’heure où les Objectifs du millénaire de réduire la pauvreté par deux d’ici 2015 sont dans l’ornière, l’enjeu est de taille. Il passe par le besoin de dégager, malgré la crise, de nouvelles sources de financement : environ 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020. Et la nécessité de lier les crises entre elles dans les débats. «Désormais, les conférences climatiques sont des conférences sur l’avenir du monde, et doivent brasser les questions économiques, sociales, interroger les rapports Nord-Sud», assure le député vert Yves Cochet.

Révoltée. Cette convergence d’ONG préfigure-t-elle un tournant capital ? « Lire la suite

Entreprises et ONG : des relations parfois ambiguës

actu-environnement.com , R. Boughriet, le 27 mai 2009

Entreprises et ONG : des relations parfois ambiguës

Si elles inspirent le plus souvent la confiance, certaines ONG collaborent avec les entreprises pour les inciter à réduire leurs impacts. Se pose alors la question de l’indépendance vis-à-vis de leurs donateurs. A fortiori en temps de crise !

Alors que de plus en plus d’entreprises misent sur la responsabilité sociale (RSE) pour  »verdir » leur image, certaines organisations non gouvernementales (ONG) nouent des partenariats avec les sociétés pour les accompagner dans une démarche de réduction de leur empreinte écologique.

C’est le cas par exemple du WWF qui a d’ailleurs commandé un sondage à l’Ifop1 pour évaluer le jugement des Français sur les partenariats ONG / entreprises. Publiés le 13 mai, les résultats du sondage montrent que 92% des Français jugent ces partenariats  »légitimes », 44% les estimant même  »tout à fait légitimes ». 78% des Français jugent que la politique de partenariat est une méthode  »efficace » pour inciter les entreprises à réduire leurs impacts sur l’environnement. Ils montrent également une préférence pour une logique de partenariat sur le long terme entre associations écologistes et entreprises privées (78%), au détriment d’autres pratiques, notamment l’appel au boycott (55%) ou la réparation des dégâts environnementaux grâce à la collecte de dons auprès des entreprises (47%). Un résultat qui semble donc conforter la stratégie adoptée par le WWF, engagé depuis plus de 11 ans dans une relation partenariale avec le secteur privé et qui servira de toute évidence à renforcer le discours de l’ONG vis-à-vis de ses interlocuteurs Entreprises pour conclure de nouveaux partenariats.
Les ONG indépendantes ?

Car pour le WWF, le monde de l’entreprise est à la fois au coeur des enjeux environnementaux et porteur de solutions. Son capital humain, financier et sa réactivité peuvent lui permettre de modifier rapidement ses pratiques et contribuer à la réduction de l’empreinte écologique.

Néanmoins, le risque de perte d’indépendance est non nul. Il est d’ailleurs appréhendé par 63% des sondés. Ils sont même 49% des personnes interrogées à penser que les partenariats entre entreprises et associations environnementales  »ne sont pas crédibles » et dénoncent  »une stratégie de communication ». Si les actions de terrain de l’organisation ont bonne presse auprès du grand public, la politique du WWF peut donc parfois être jugée ambiguë ou contestable dans ses relations avec les entreprises qui alimenteraient un quart du budget de l’organisation. Rappelons que la problématique de financement des associations de protection de l’Environnement par des entreprises revient régulièrement sur la table. La Fondation Nicolas Hulot est par exemple régulièrement taxée, y compris par ses paires, d’adopter une position conciliante vis-à-vis du nucléaire du fait qu’EDF compte parmi ses partenaires donateurs. Son fondateur, initiateur du Grenelle, a beau s’en défendre, le doute subsiste inlassablement.

La  »perte d’indépendance » concerne donc le WWF International mais pas seulement si l’on en croit l’ouvrage  »Green Inc. »2, publié en septembre 2008 par la journaliste américaine Christine MacDonald et qui cite d’autres ONG environnementales telles que Lire la suite

Apéro Ecolo Géant lors du Festival Changement d’Ere à Bordeaux le 5 juin

Petit email pour vous donner des nouvelles du prochain Apéro Ecolo : celui-ci aura lieu sur le Festival Changement d’ère  place des Quinconces dès 19h le vendredi 5 juin, au niveau de la tente des conférences où une buvette bio sera tout spécialement installée pour nous servir !

L’équipe d’Ecolo-Info sera également réunie au grand complet et aussi allons nous animer des ateliers pratiques le vendredi 5 et le samedi 6 juin. Au programme:

VENDREDI 5 JUIN

Sur le stand Ecolo Info

12h-14h Manger bio et pas cher – Catherine Oudot

14h-16h Portage de Bébés – Isabelle Dolo Bébésômonde

16h-18h Eco-Construction – Isabelle Mutsaars – Altern Eco

19h Apéro Ecolo Géant !

Lieu : Tente des conférences. Buvette (payante) à dispo

22h Projection du film Home en plein air

SAMEDI 6 JUIN

Ateliers sur le stand Ecolo Info

14h-16h Huiles Essentielles – Anna Baudier

16h-18h Les couches lavables – Bénédicte Gros – Eco Bébé

Pour vous inscrire aux ateliers (les places sont limitées), il suffit d’écrire à Camille Lire la suite

DD : la croissance verte, comment ? Bordeaux du 2 au 22 juin

u-bordeaux2.fr, communiqué, mai 2009

Développement durable : la croissance verte, comment ?

Conférence / Débat

Du mardi 2 juin 2009 au lundi 22 juin 2009 de 18h30 à 19h45

L’Université de tous les savoirs, en partenariat avec la ville de Bordeaux et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), présente un cycle de conférences sur le thème de la croissance verte. Des architectes, des philosophes et des acteurs du secteur public comme privé viennent à la rencontre du public.

Thème : La croissance verte, comment ?

Programme :

Mardi 2 juin : « Ecologie et modes de vie » Par François Moisan, directeur scientifique de l’Ademe.

Mercredi 3 juin : « Consommation durable et responsable » Par Jean-Louis Bergey, directeur régional de l’Ademe.

Jeudi 4 juin : « L’économie verte : un nouveau modèle pour l’entreprise » Par Benoît de Guillebon, Collège des hautes études de l’environnement et du développement durable.

Mardi 9 juin « Construire avec la nature » Par Duncan Lewis, architecte.

Jeudi 11 juin : « Les enjeux de l’habitat de demain : en quoi l’innovation peut y répondre ? » Par Didier Roux, directeur du développement et de la recherche de la société Saint-Gobain.

Vendredi 12 juin : « Substances pharmaceutiques : nouveaux contaminants du système aquatique » Par le docteur Hélène Budzinski, Laboratoire de physico- et toxico-chimie de l’environnement (LPTC) – Université Bordeaux 1.

Lundi 22 juin « Face à la crise : développement durable et mondialisation » Par Luc Lire la suite

Hervé Kempf et Pascal Canfin: « Le capitalisme vert, ça n’existe pas ! »

ecolosphere.net, Sabrina Kassa et Emmanuelle Cosse, mai 2009

Hervé Kempf et Pascal Canfin: « Le capitalisme vert, ça n’existe pas ! »

Le revirement écologique appelé à « bonifier » le capitalisme est-il possible ? Les journalistes Pascal Canfin et Hervé Kempf restent sceptiques. Entretien.

Qu’est ce que le concept de « capitalisme vert » évoque pour vous ? Que représente-t-il dans la réalité, notamment en termes de poids économique ?

Hervé Kempf. Le « capitalisme vert », c’est la continuation du capitalisme et donc la continuation d’un système qui dans son principe est destructeur de l’environnement et qui, dans sa dernière phase, s’est traduit par une expansion extraordinaire des inégalités. Donc, le capitalisme vert, ce n’est même pas un oxymore, ça n’existe pas. C’est seulement une construction et un habillage idéologique pour faire croire que l’on peut évoluer par rapport à l’environnement sans changer les déterminants fondamentaux de nos régulations sociales, de notre système économique et de la répartition des pouvoirs dans cette société.

Pascal Canfin. La question est complexe car le capitalisme n’est pas quelque chose qui se distingue de la société. La société nourrit le capitalisme comme le capitalisme nourrit la société. Et une des alternatives au capitalisme qui est l’économie sociale et solidaire n’a de sens que si les personnes qui y participent ont des valeurs et des modes de fonctionnement qui ne sont pas ceux du capitalisme. Avec, par exemple, un partage du pouvoir qui ne dépend pas de la détention du capital. Donc ce sont les valeurs que porte la société qui vont permettre le dépassement du capitalisme. L’autre question, c’est celle du productivisme. On a bien vu que l’on pouvait être dans un système non capitaliste, comme l’Union soviétique, mais totalement productiviste, concept qui me semble encore plus difficile à déconstruire que celui du capitalisme. Donc j’ai envie de dire que ça va au-delà du capitalisme. L’aspiration à vouloir contrôler la nature, c’est la modernité, c’est Descartes… dont le capitalisme est la conséquence et non la cause.

H.K. La question essentielle, aujourd’hui, c’est la transformation des systèmes de valeurs. Une chose est sûre, il y aura toujours des entreprises. En revanche, la question du pouvoir dans les entreprises, de l’appropriation des moyens de production, ou plus simplement le contrôle des travailleurs, des consommateurs sur l’entreprise mais aussi des citoyens et des contribuables redevient tout à fait d’actualité. Par exemple, on aura toujours besoin d’entreprises qui gèrent des déchets mais il y a une différence entre Véolia environnement, qui a un capital mis en bourse et est possédé par un petit nombre de gens, et une entreprise de déchets qui assumerait ces mêmes fonctions avec une partie d’actionnariat privé, un d’actionnariat public et avec une vraie participation des travailleurs au conseil d’administration.
P.C. Par rapport aux systèmes de valeurs, je crois qu’il faut comprendre « valeur » au double sens du terme, c’est-à-dire à la fois ce qui fait sens et ce qui rentre dans les comptes. Aujourd’hui, il faut changer les deux. Par exemple, faire payer le CO2 aux entreprises qui en émettent via une taxe carbone est un élément important pour changer nos modes de production et de consommation dans la mesure où, jusqu’à présent, on surconsomme parce que l’on n’intègre pas au juste prix les ressources écologiques utilisées. Il faut par ailleurs faire la distinction entre capitalisme et économie de marché. Lire la suite

L’incroyable faillite du bio français

lepoint.fr, N°1914, Emilie Lanez, le 20 mai 2009

L’incroyable faillite du bio français

Echec. Le premier pays agricole d’Europe a raté le virage bio. Enquête.

Madame Bio, c’est elle. Chignon bohème, tailleur pantalon élégant, Elisabeth Mercier, ancienne économiste au ministère de l’Agriculture, préside l’Agence bio, l’ambassade du bio français. Dans une rue silencieuse de Montreuil, en banlieue parisienne, quelques bureaux modestes, décorés de posters de coccinelles et de souriantes vaches laitières. Avec une quinzaine de salariés et un budget annuel de 4,8 millions d’euros, sa mission consiste, depuis 2004, à mieux organiser cette filière, à la défendre et à la faire connaître. Le retard bio est une expression qui, on s’en doutait, ne lui plaît guère, même si l’ancienne diplomate, qui négocia cinq ans durant nos quotas laitiers à Bruxelles et défendit notre agriculture aux Pays-Bas, ne le laisse guère paraître : « Disons que c’est un monde riche de sensibilités contrastées. La consommation bio est une vraie tendance de fond. Depuis cinq ans, les consommateurs sont fidèles, leur panier s’élargit, il faut engager une spirale vertueuse. » C’est bien là tout le problème. Les Français adorent le bio-même s’il leur coûte plus cher-, ils en achètent et en redemandent. Paradoxalement, la deuxième puissance agricole de la planète est incapable de fournir du bio. Les distributeurs sont donc contraints d’importer massivement. Recours qui donne à penser, car si, pour fournir aux Français des pommes ou des carottes bio, on doit leur faire parcourir 2 000 kilomètres en camion, le bénéfice environnemental de l’opération paraît pour le moins amoindri.

« Nous vivons parfois des moments compliqués pour trouver du lait bio, raconte Gilles Baucher, directeur des marques propres Monoprix, l’approvisionnement est tendu. » C’est la rançon du succès, car la marque bio Monoprix, lancée voilà quinze ans, explose : les ventes ont augmenté de 25 % l’an passé. L’entreprise de surgelés Picard est confrontée, elle aussi, chaque jour à cette pénurie de bio. « Nous ne pouvons pas mettre un produit bio à la une de nos catalogues promotionnels. Nous serions incapables de suivre le boom de la demande », confie Delphine Courtier, directrice du marketing. Le bio chez Picard, c’est près de 40 % de tous ses légumes vendus, 60 000 sacs de haricots verts achetés chaque mois, 20 000 sacs de choux-fleurs, « une explosion phénoménale depuis trois ans ». « Nous avons de plus en plus de difficultés à obtenir nos volumes », ajoute la directrice marketing. Pour fournir les 758 magasins, les producteurs doivent pouvoir livrer d’imposants volumes, mais aussi fournir des produits particuliers. Pas de carotte torve, de haricot riquiqui ou de petit pois bosselé : les légumes Picard sont soumis à une charte esthétique contraignante. « Il nous faut du beau bio . » Des canons que dame Nature, surtout quand on la laisse faire, peine à respecter.

Le seul légume bio français vendu chez Picard est donc le brocoli. Tout le reste est acheminé par route depuis l’Italie, mystérieusement capable, elle, de produire du beau bio. La chaîne a lancé ce mois-ci ses premiers fruits issus de l’agriculture bio : « Les framboises sont cultivées et usinées sur place en Pologne, raconte Elisabeth Bouton, directrice de la qualité , le cocktail fruits rouges est acheté en Bulgarie . »

Pour vendre du bio aux Français, on importe donc. Etonnant. Car si l’agriculture biologique française est Lire la suite

5 juin à Bègles : L’homme qui plantait des arbres

TACA, mai 2009

Pour la journée mondiale de l’environnement le vendredi 5 juin, réservez votre soirée à partir de 20h30 au cinéma Festival à Bègles (barrière de Bègles, boulevard Albert 1er)

Nous vous proposons de débattre sur le réchauffement climatique et les actions concrètes que nous pouvons réaliser tous les jours pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre.
Voici le programme :

– Projection du film d’animation « l’Homme qui plantait des arbres », dessins d’animation (extraordinaires) de Philippe Back avec la voix de Philippe Noiret sur un texte de Jean Giono.

– Présentation par TACA du réchauffement climatique et des actions concrètes pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre.

– Débat sous forme de questions réponses

La salle peut accueillir 280 personnes. Venez nombreux, invitez vos amis pour passer une excellente soirée tout en agissant contre le réchauffement climatique.

Entrée : 4€, gratuite pour les adhérents TACA (pour les adhésions, il est encore temps, voir onglet en bas à gauche sur Lire la suite

Copenhague : Les demandes de Greenpeace pour éviter le changement climatique

greenpeace.org, mai 2009

Conférence de Copenhague sur le climat

Les demandes de Greenpeace pour éviter le changement climatique

Introduction

Alors même que la réalité du changement climatique continue de dépasser les prévisions des scientifiques. Il devient clair que le dépassement du seuil critique constitue une menace bien plus proche que nous ne l’imaginions et que la fenêtre d’opportunité pour éviter un dérèglement du climat incontournable se referme de façon rapide et inexorable.

Le dossier Lire la suite

Blanquefort : Amaplanète souffle sa première bougie

sud-ouest.com, Marie-Françoise Jay, le 25 Mai 2009

Amaplanète souffle sa première bougie

BLANQUEFORT, PRODUCTEURS. Le bilan de l’association est plus que satisfaisant. En projet : la mise en vente d’huîtres pour le plaisir des adhérents

En mai 2008, débutait la première distribution de l’Amap de Blanquefort sur des contrats légumes et volailles. Dimanche dernier, l’association a soufflé sa première bougie autour d’un pique-nique avec 192 familles contre 50 Amapiens l’an dernier, et divers contrats : légumes avec Aurore Sournac d’Eysines, bœuf et veau avec Laurent Labégurie de Blanquefort, agneau avec Pascal Sancier de Saint-Antoine-sur-l’Isle, fromage de brebis avec la famille Sarres du château Sénéjac au Pian-Médoc, fromage de chèvre avec la famille Serrano de Courpiac, miel avec Mme Purrey de Saint-Hélène, volaille avec M. Petit de la ferme de Vertessec à Avensan, pommes avec M. Bourg des Esseintes, kiwis avec M. Ducos des Esseintes, poisson avec Nicolas Brin jeune marin pêcheur d’Arcachon.

Des produits de qualité

« Les producteurs, explique Joëlle Corral, une des responsables de l’Amap, ont été choisis pour la qualité de leurs produits relevant de l’agriculture bio ou raisonnée ; pour leur proximité, il ne doit pas y avoir plus d’une heure de transport ; pour la possibilité de faire un contrat satisfaisant pour les deux parties ; la base de l’Amap restant la solidarité et le soutien aux producteurs. Et dans ce domaine, nous avons été gâtés, depuis janvier avec deux catastrophes : la tempête et la grêle !

Ces contrats Amap leur permettent d’assurer une production et surtout une vente directe, qui crée des relations appréciées par tous, des contacts, des échanges, le plaisir de connaître les gens qui achètent leurs produits. »

Actuellement pour l’Amaplanète, c’est la ressouscription des contrats légumes, une centaine au total, sans dépasser 200 sur tous les contrats cumulés. La progression a été particulièrement rapide, l’Amap est devenue une des plus importantes de la CUB. Le contrat huîtres pourrait faire son entrée.

Pour Mme Dominique Bret, une des responsables de contrat, « les Amap Lire la suite

Hulot : « L’Europe doit entraîner la révolution climatique »

lejdd.fr, Soazig Quemener, le 24 Mai 2009

Hulot : « L’Europe doit entraîner la révolution climatique »

Il a quelque chose d’un Sisyphe vert, dont le combat n’est jamais gagné. Avec son pacte écologique, Nicolas Hulot avait crû convaincre le monde politique. Malgré le Grenelle et le « paquet » européen, l’animateur télévisé, président de la fondation pour la Nature et l’Homme, voit monter les périls. Dans le JDD, il avertit: la révolution économique et écologique est inévitable.

L’Europe est-elle à la hauteur du défi climatique ?

Elle ne l’est pas encore, mais elle doit le devenir, parce qu’elle est la seule à pouvoir entraîner le monde. Nous avons une conférence dans six mois à Copenhague, où l’ensemble de l’humanité devra se donner les moyens d’éviter le pire. J’ai conscience du côté dramatique de ce genre de proclamation: mais nous sommes vraiment à l’heure de vérité. Et c’est vraiment nous, les Européens, qui pouvons être décisifs. Il faut renouer avec une fierté européenne, la fierté de l’humanisme européen, du modèle de civilisation. Sur le « paquet » climat-énergie, l’Europe a été en pointe, et Nicolas Sarkozy a été au rendez-vous. Mais ça ne suffit pas. Nous sommes sous la main dans nos plans de relance économique, comme paralysés dans nos conservatismes sociaux. Et même sur l’environnement, il faut aller beaucoup plus loin. Ce qui se joue avec le climat n’est pas une affaire de météorologues. Tout est lié : la crise sociale, la crise économique, la crise environnementale. Ou bien nous changeons de modèle, de manière révolutionnaire…

Ou bien ?

Nous entrons dans une zone de tempêtes. On ouvre la boîte de Pandore et le dénouement est forcément malheureux. La nature humaine et la nature en général ne nous demanderont pas notre avis. Elles trouveront elles-mêmes des solutions pour résoudre la crise. Mais au lieu de se faire dans un contexte démocratique et pacifique, cela se fera dans un contexte violent.

Vous êtes dans un discours prophétique…

Je suis dans une réalité absolue. Climatiquement, les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) disent et répètent la même chose depuis des années. Et socialement, je suis même sidéré par ma modération et la patience des gens. Avez-vous lu le dernier Paris Match? Avec cette photo sublime de deux actrices, Monica Bellucci et Sophie Marceau, en une? A l’intérieur, vous avez des images de familles libyennes, chassées de nos contrées prospères et renvoyées vers leur enfer. Ce voisinage, cette juxtaposition de la pire des misères et de la plus innocente des prospérités est devenue invivable. Cela ne peut pas tenir. Des millions de miséreux connaissent notre richesse. Ils la désirent pour eux-mêmes, tout en vomissant notre indécence. Le choc climatique là-dessus, les millions de réfugiés que provoquera le réchauffement, les destructions des habitats…

Donc, il faut tout renverser ?

Donc il faut tout oser. Aller au-delà des frontières de l’utopie. Un système est à bout de souffle. Ma révolution se nourrit de réformes. Il faut réinventer une solidarité mondiale, organiser la planète pour changer la croissance, organiser la décroissance des riches, en douceur, sans tuer les équilibres sociaux… Il faut que Lire la suite

Jean-Marc Jancovici : « On vit à crédit écologique »

eco.rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le 11 mai 2009

Jean-Marc Jancovici : « On vit à crédit écologique »

Dans « C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde », Jean-Marc Jancovici nous force à voir une vérité qui dérange : notre économie vit comme si l’énergie était infinie et bon marché. Continuer à l’ignorer, c’est aller au-devant d’un chaos certain. Entretien.

Jean-Marc Jancovici est le « monsieur crise énergétique » de Nicolas Hulot, dont il avait contribué au pacte écologique. C’est à ce titre qu’il a participé au Grenelle de l’Environnement dans le groupe « changement climatique ». Cet ingénieur polytechnicien partage aussi son temps entre l’enseignement, l’écriture, et sa société de conseil en réduction d’impact climatique pour les entreprises, Carbone 4 (fondée avec son co-auteur l’économiste Alain Grandjean). Il a aussi créé les outils permettant de faire son bilan carbone personnel.

Au fil de ses conférences, sur un ton jovial et spirituel, à la limite du moqueur, il répète que ce qu’il avance est « juste destiné à sauver la planète ». Pourquoi ? C’est très logique :

« Le prix de l’énergie conditionne la transformation du monde. Et si on n’a plus d’énergie abondante à un prix faible, l’économie freine. Or le prix du pétrole a été multiplié par dix entre 2000 et 2008. On l’avait tragiquement oublié. »

« En apparence, la vie continue comme avant »

Petite explication pour comprendre le titre de son livre : c’est « maintenant » que la production de pétrole atteint son maximum, avant de décliner. Cette énergie dont toute l’économie dépend ne sera bientôt plus disponible, il est donc urgent de s’adapter.

« Pour un tas de gens, en apparence la vie continue comme avant. Mais si on ne réoriente pas l’économie avec un préavis suffisant, cela se fera de manière spontanée et extrêmement violente. » (Voir la vidéo)

« Pas de repas gratuit »

Qu’on soit prévenu : le seul choix qu’il reste est « entre la souffrance et la mise au régime, mais il n’y aura pas de repas gratuit ». Et puisqu’en économie tout passe par le prix, il faut en donner un à ce qui nous pose problème, donc taxer la consommation de carburant (et donc les émissions de CO2) par le biais de la « taxe carbone ».

Une taxe douloureuse certes, mais qui ferait naître des opportunités. Avec ses recettes, l’Etat pourrait Lire la suite

Le DD dans les Départements

projetdeterritoire.com, Annabelle Boutet, le 15 mai 2009

Le développement durable dans les Départements

L’agence de notation BMJ Ratings a publié les résultats de l’enquête conduite, en partenariat avec KPMG, entre juillet et octobre 2008, auprès des Départements sur leurs pratiques de développement durable. Cette enquête s’inscrit dans la continuité des travaux de BMJ Ratings réalisés auprès des 200 plus grandes villes de France depuis 2000, des Régions depuis 2003 et des Départements depuis 2007.

Légèrement modifié pour intégrer les remarques des répondants de l’année 2007, ainsi que les évolutions politiques, réglementaires et sociétales, en particulier celles liées au Grenelle de l’environnement, le questionnaire a été rempli par 38 Départements, représentant environ 27 millions d’habitants. 64% des répondants sont engagés dans un agenda 21. Les résultats sont présentés par domaines (gouvernance, environnement, cohésion sociale, développement économique et aménagement territorial) et illustrés par des exemples d’actions mises en place par les Départements.

Gouvernance. L’enquête souligne qu’un portage politique au plus haut niveau est une condition déterminante de réussite de la démarche. Les instances de concertation, avec les jeunes, les associations, les entreprises ou les collectivités infra-départementales, ne sont pas systématiques. En revanche, les conseils généraux privilégient l’éducation des jeunes au développement durable en intervenant dans les collèges : « 88 % des Départements incitent (ou ont le projet d’inciter) à la mise en œuvre d’agendas 21 dans les collèges ». Par ailleurs, un peu plus d’un tiers des conseils généraux ont défini une politique d’achats responsables mais la plupart d’entre eux se situent dans une « phase amont » (impulsion de la démarche, sensibilisation interne…).

Environnement. Dans le domaine de l’environnement, les Départements s’intéressent progressivement à la problématique énergétique : 42 % déclarent avoir mis en place un plan de maîtrise de l’énergie, 29 % sont engagés dans un plan climat territorial, 29 % contribuent au développement de filières d’énergies renouvelables. Les actions conduites en faveur de la biodiversité concernent, pour les trois quarts des conseils généraux, la promotion du patrimoine naturel, l’inventaire de la faune et de la flore, et la gestion différenciée des espaces verts. La mise en place d’une trame verte est citée par un quart des Départements.

Cohésion sociale. L’enquête révèle que si les schémas sectoriels sont nombreux (personnes handicapées, petite enfance, gérontologie….), les schémas globaux d’organisation sociale et médico-sociale sont rarement mis en place par les conseils généraux. Des approches ou des actions innovantes sont engagées par quelques Départements telles que l’adaptation des horaires des services sociaux, la prévention et bien-traitance envers les personnes âgées, les haltes garderies itinérantes ou micro-crèches…

Développement économique et l’aménagement territorial. Lire la suite

Effondrement spectaculaire des populations d’abeilles au Japon

Futura-Sciences, Jean Etienne, mai 2009

Effondrement spectaculaire des populations d’abeilles au Japon

Alors que le phénomène de disparition des abeilles semblait épargner le Japon, c’est un effondrement de 50% du nombre de colonies qui vient d’y être constaté.

Détectée pour la première fois aux Etats-Unis en 2006, le phénomène appelé syndrome d’effondrement des colonies semble faire suite à la réduction la réduction inhabituelle du nombre d’insectes pollinisateurs (car guêpes et bourdons sont aussi affectés). Comme une pandémie, il s’est rapidement étendu en Europe puis à Taiwan.

Les causes de cette surmortalité, qui prend des proportions préoccupantes, restent pourtant mystérieuses. Ou plus exactement, rien ne permet de faire émerger, parmi la quarantaine de causes potentielles pointées du doigt par l’Afssa, un facteur particulier. Aussi, face à cet inconnu, l’ampleur que vient de prendre le phénomène au Japon inquiète.

Un sondage récemment effectué sur 2.500 apiculteurs membres de la Japanese Beekeeping Association a montré que 25% d’entre eux avaient subi des « pertes soudaines d’abeilles » à grande échelle.

« Il y a eu des pertes d’abeilles à petite échelle depuis maintes années, mais un effondrement massif comme celui qu’a connu les Etats-Unis en 2006 est très inhabituel », s’alarme Kiyoshi Kimura, du National Institute of Livestock and Grassland Science, insistant sur l’importance d’étudier soigneusement le phénomène au Japon.

Au-delà du miel

Amateurs de miel, comme toutes les populations humaines de la planète, les Japonais en consomment plus qu’ils n’en produisent. Le point le plus inquiétant pour les agriculteurs nippons est la répercussion de la raréfaction des abeilles sur la pollinisation des cultures, indispensable pour une grande variété de fruits et légumes abondamment cultivés dans le pays.

Selon Osamu Mamuro, éleveur d’abeilles et fournisseur de ruches dans un but de pollinisation, les populations d’abeilles se sont brusquement réduites au point qu’il pense devoir réduire de moitié ses livraisons, mettant ainsi en difficulté une bonne partie de ses clients agriculteurs. « Si cela continue, ce sera la fin de mon commerce », constate-t-il.

En tout état de cause, la situation annonce déjà une augmentation significative des denrées alimentaires dans l’éventualité où les fermiers seraient contraints de polliniser manuellement, ou si les fournisseurs Lire la suite

317 ha : La plus grande centrale photovoltaïque d’Europe dans les Landes

sud-ouest.com, NC, le 22 Mai 2009

CENTRALE PHOTOVOLTAÏQUE. Ce sera la plus grande d’Europe et elle prend forme à vitesse grand V dans le nord-est dépeuplé du département. Comme une future référence

Sous le soleil du Gabardan

C’est au fin fond du « no man’s Landes ». À la frontière des communes de Losse et de Baudignan, 48 habitants, la plus petite du département. Tout s’y passe en silence, mais plus du tout en catimini. Là-bas, au beau milieu du joli Gabardan, un peu au milieu de nulle part donc, le soleil brille. Et dans l’océan de mauvaises nouvelles qui submergent le département, le pays, le monde, allez savoir, l’univers peut-être ? C’est comme un îlot d’optimisme qui jaillit d’un coup au milieu de la forêt.

Cette semaine, le préfet Étienne Guyot est venu dévoiler le panneau inaugural, aux côtés d’Yvon André, directeur d’EDF Énergies nouvelles (EN), et de Serge Jourdan, maire de Losse, président de la Communauté de communes du Gabardan et cheville ouvrière d’un projet que même lui n’imaginait pas prendre une telle ampleur.

Sens de l’histoire

« Quand on a commencé à y travailler, en septembre 2006, on savait être dans le sens de l’histoire. Mais de là à en arriver à une centrale de 317 ha, à un coût de 350 millions d’euros… » Ses yeux roulent, mais ses pieds restent sur terre. Et sa tête dans les nuages, où le soleil « diffus » (que personne ne s’offusque, c’est un terme technique) des Landes commence à cogner très fort sur les premiers panneaux qui paraissent avoir jailli du sol à la vitesse disons du son, pour laisser vivre sa vie à la lumière, dans ce coin reculé et désert où le voisinage ne risque pas d’intenter un procès.

En un temps record, donc, le projet de la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe est passé de l’imaginaire au très concret. L’avancée des travaux est même clairement spectaculaire. Un peu parce que le plan de relance du gouvernement en a fait un chantier prioritaire, beaucoup parce qu’EDF-EN a passé la surmultipliée, mais surtout parce que toutes les parties prenantes ont saisi l’aubaine.

L’État a ainsi vu dans ce chantier « emblématique » (Étienne Guyot) l’occasion d’établir une charte sur le développement de cette énergie providentielle qui en tenterait du coup tellement, qu’elle pourrait en conduire certains à faire n’importe quoi. « Il y a un équilibre à trouver et à respecter en terme environnemental. La forêt est notre richesse, tout projet de ce genre doit donc aller vers une logique de reboisement compensateur. »

Le préfet des Landes n’a pas fini de parler que Serge Jourdan rappelle à quel point ce chantier se veut « exemplaire. Chaque hectare déboisé sera replanté, Lire la suite

Christen : l’animal est une personne

lepoint.fr, N°1913, Elisabeth Lévy, le 14 mai 2009

Christen : l’animal est une personne

Sociobiologie. Dans « L’animal est-il une personne ? » (Flammarion), le chercheur Yves Christen affirme que les bêtes possèdent un univers mental. Et si c’était vrai ?

Le Point : Vous voulez réparer nos torts envers « nos frères animaux » et élever ceux-ci à la dignité de l’homme, au moins au rang de « personnes ». Mais, à vous lire, on a l’impression que vous voulez surtout prouver que l’homme est un animal. Qu’est-ce qui vous déplaît à ce point dans l’idée d’une exception humaine ?

Yves Christen : Je récuse la position humaniste qui est celle d’un humain arrogant. Je ne dis évidemment pas que les animaux sont comme des hommes, je crois que leur dignité est d’être ce qu’ils sont. Mon but n’est pas que nous passions notre temps à dialoguer avec des singes ou des dauphins. Je ne conteste pas la singularité de l’homme dans sa capacité de puissance, d’envahissement et de transformation du monde.

Vous n’êtes jamais fier d’appartenir à l’espèce qui a engendré Homère, Dostoïevski et Darwin ?

Si c’est le génie créatif qui fait la différence, alors nous sommes mal partis, car il ne trace pas une frontière entre l’homme et l’animal, mais entre l’humanité entière et son élite !

Vous avez été l’un des premiers en France à vous intéresser à la sociobiologie, approche venue des Etats-Unis qui a suscité pas mal de polémiques car on l’a associée à la « nouvelle droite ». Votre travail sur la « personnalité animale » s’inscrit-il dans la continuité de cette réflexion ?

La sociobiologie a pour but d’étudier les bases biologiques des comportements sociaux. Son émergence n’est en rien liée à quelque idéologie que ce soit. Du reste, son fondateur, le biologiste américain Edward Wilson, m’a confié qu’il était étonné par le débat en France puisque, aux Etats-Unis, on lui reprochait d’être plutôt connoté à gauche. Si l’on s’en tient au noyau dur, la sociobiologie, c’est l’application du darwinisme aux sciences du comportement. Alors, je ne prétends pas que la science marche par référendum, mais, en dehors de quelques créationnistes très marginaux, le monde des sciences est aujourd’hui intégralement darwinien, et il ne se trouve guère de biologistes hostiles à la sociobiologie. Il est vrai cependant que quelqu’un qui ne s’informerait qu’à travers les articles publiés dans la « grande presse » aurait sans doute une autre vision des rapports de forces intellectuels.

Mais c’est avec les sciences humaines que vous devriez avoir maille à partir. Vous postulez implicitement l’existence d’une raison biologique et génétique qui permettrait d’expliquer les comportements des hommes et des animaux. Pourquoi alors s’embarrasser de philosophie, d’histoire ou de psychanalyse ?

Vous devriez plutôt demander aux chercheurs de ces disciplines de prendre en compte les progrès de la science. Dans le domaine des sciences sociales, la tradition française que je qualifierai de littéraire-pour ne pas dire antiscientifique-explique que Lire la suite

Boboyakas : Vieillir ensemble dignement

sud-ouest.com, Isabelle Castéra, le 22 Mai 2009

BORDEAUX. L’association des Boboyakas travaille à sauver la vieillesse du naufrage annoncé

Ils rêvent de vieillir sans entrave

Ils ont été des adolescents terribles. « Jouir sans entrave », « Il est interdit d’interdire », « Sous les pavés, la plage », déjà eux… Ils ont fini par vieillir sans jamais grandir, comme on dit des adolescents résistants. Ils ont chopé 50 balais comme qui rigole, en rigolant beaucoup et en continuant à rêver.

Puis voilà, une maman qui perd la boule, un papa qui finit ses vieux jours écrasé dans un lit de douleur, une autre qui tremble dans un fauteuil au fond d’une maison de retraite. Comme ils aiment bien réfléchir au monde qui tourne, ils ont dit : « Et nous, comment on n’aimerait pas vieillir ? »

Raoul, Édith, Patrick, Tonie, Nicole. Ils sont une petite vingtaine, ils ont 56 ans d’âge moyen et se roulent des clopes dans du papier Job. Ensemble ils ont monté l’association Les Boboyakas, en avril 2008. « Nous sommes des vieux copains issus de ces années-là, commence Édith. Nous étions étudiants, aujourd’hui, on travaille tous encore, mais à chaque fin de repas festif, on se dit qu’on aimerait bien vieillir ensemble. Mieux que nos parents. »

«La réalité nous a rattrapés»

Vieillir ensemble, mais surtout vieillir dignement. Chacun d’entre eux raconte l’histoire de la fin de vie d’un parent. « On a tous été rattrapés par la réalité de la vieillesse avec nos parents, poursuit Édith. Sur le plan social, affectif, économique. Ce n’est pas l’angoisse qui nous guide, mais la prise de conscience des enjeux. »

L’association puise ses sources dans les vieux rêves des années 70. La maison bleue où l’on vient à pied, où l’on ne frappe pas, car ceux qui vivent là ont jeté la clé. Raoul se marre sous sa moustache grise. « Oui, concède-t-il, il s’agit d’une tentative de renouer avec ces projets-là, autour de l’autogestion et de la solidarité. Pas baba cool attention, car je crois plutôt à l’idée d’un projet politique. Nous voulons que la vieillesse soit une période de la vie où l’on reste acteur, sujet jusqu’au bout. Éviter la prise en charge. Pouvoir désirer et décider. »

Tous les deux mois, les Boboyakas se retrouvent pendant tout un week-end, plutôt joyeux, et travaillent à l’élaboration de ce projet de vie. Ils savent qu’ils ont encore un peu de marge, quelques années qui vont leur permettre de peaufiner leur pensée.

Aujourd’hui, tandis qu’ils approchent de l’âge de la retraite, ils regardent leurs grands enfants avec bienveillance. « On ne veut pas peser. En se prenant en charge, on leur permettra de vivre leur vie sans trop s’inquiéter pour la nôtre », reprend Raoul.

Depuis la création de l’association, les grandes lignes ont été dressées dont ils ne dérogeront pas Lire la suite

Éolien et solaire : n’opposons pas ces deux énergies !

sudouest.com, Claire Le Lann, le 22 Mai 2009

Éolien et solaire : n’opposons pas ces deux énergies !

L’éolien et le solaire explosent dans le monde, tous les pays (USA, Canada, Inde, Chine… et l’Europe) en ont compris les avantages pour la planète mais aussi pour l’économie : emplois pour la construction de pales et turbines, l’entretien, l’implantation, non délocalisables, durables et qualifiés. Actuellement, l’éolien en France emploie 7 000 personnes, et promet à l’horizon 2020, selon l’Ademe, 60 000 postes. Le Syndicat des énergies renouvelables prévoit quant à lui que le photovoltaïque offrira 15 000 emplois en 2012.

La Région Aquitaine l’a compris depuis longtemps. Le vent et le soleil sont des ressources de nos territoires valorisées à travers le plan climat et la politique de développement durable de la Région. Une façon de participer à la lutte contre les crises écologique et économique, mais aussi de répondre aux exigences du Grenelle de l’environnement qui prévoit la prise en charge, par les Régions, de schémas régionaux des énergies renouvelables. Il était temps, car même si le fort engouement pour le photovoltaïque est une bonne nouvelle, les options choisies pour son développement peuvent parfois être contestables.

En effet, si le développement du photovoltaïque en toiture (bâtiments industriels et commerciaux, bâtiments publics…) est une solution pertinente, on peut s’interroger sur celui des centrales photovoltaïques au sol. Les fermes solaires de grande dimension ne doivent surtout pas venir concurrencer d’autres usages : agriculture, sylviculture, espaces naturels.

N’est-il pas surprenant d’assister actuellement à des déboisements de parcelles pour installer des panneaux solaires, alors même que d’autres espaces peuvent être utilisés ? La tempête de janvier dernier ne doit pas être un prétexte. Les zones dévastées doivent prioritairement être reboisées avant d’envisager l’installation d’une centrale solaire.

Dans tous les cas, de telles installations ne doivent pas occuper des centaines d’hectares, gelant ainsi tout autre usage du sol. Aucune autre activité ne peut être développée. De plus, elles créent, contrairement au parc éolien, des ruptures écologiques avec leur clôture : plus personne ne passe ! Ni les animaux, ni les promeneurs… ni les chasseurs. La continuité des activités agricoles et touristiques est rompue.

Le développement du photovoltaïque à grande échelle passe donc bien par des installations en toiture (maisons, bâtiments industriels et commerciaux, bâtiments publics), les surfaces potentielles étant énormes.

Une réglementation existe déjà pour les parcs éoliens (bruit, paysage, biodiversité) afin de limiter les impacts sur notre environnement et notre cadre de vie. Le photovoltaïque doit lui aussi être encadré pour ne pas créer d’effet d’aubaine comme cela pourrait être le cas dans le Médoc par exemple.

Alors, cessons d’opposer ces deux énergies renouvelables qui sont totalement complémentaires : le soleil brille plus en été et le vent souffle plus en hiver !

Il est donc urgent d’élaborer, dans la plus large concertation, un schéma régional des énergies renouvelables Lire la suite

Les enjeux de la Conférence de Copenhague sur le climat

BNP Paribas, Raymond van der Putten, Mai 2009

Le réchauffement climatique constitue un sujet de préoccupation majeur pour l’économie mondiale. Le laisser-faire pourrait avoir de graves conséquences pour la vie sur terre…  Au delà d’un certain « point de basculement » qui reste à déterminer le réchauffement pourrait échapper à tout contrôle… Pour éviter cela, il est impératif de mettre en œuvre dans les meilleurs délais, des politiques de l’environnement rigoureuses…

Pour télécharger la note Lire la suite

Grenelle : le gang des grille-pains à l’attaque

environnement.blogs.libération.fr, Laure Noualhat, le 20 mai 2009

Grenelle : le gang des grille-pains à l’attaque

A force de se faire détricoter à chaque réunion de travail, Grenelle rime de plus en plus avec grosse gamelle. La plupart des Français le croient voté, plié, et déjà appliqué. Que nenni ! Le projet de loi doit repasser en seconde lecture à l’Assemblée nationale au début de l’été. Et d’ici là, les manœuvres vont bon train pour vider de leur substance quelques décisions essentielles.

Prenons l’article 4 de la loi Grenelle, un article roboratif mais capital, adopté en première lecture à l’Assemblée. Il prévoit un seuil maximal de consommation électrique dans les bâtiments neufs de 50 kWh/an/m2 dès 2012. Que couvre ce seuil? Tout: l’eau chaude, le chauffage, l’électricité, … Quand on sait que, en France, la moyenne se situe à 250 kWh/m2/an, on mesure mieux les ambitions de l’article 4.

C’était sans compter le féroce «gang des grille-pains», qui rassemble EDF bien sûr, mais aussi tous les fabricants de convecteurs, sèche-serviettes et autres cumulus obsolètes. Parmi eux, le groupe Atlantic, un géant du secteur qui a ses entrées à Matignon et qui ne doute de rien au point de baptiser ses radiateurs «Galápagos» ou «Néfertiti»… Ces apôtres du tout électrique n’apprécient guère ce seuil des 50 kWh, car il signe la mort pure et simple du grille-pain (vous aurez compris qu’on appelle ainsi les résistances que l’on trouve dans les convecteurs, cumulus, … ndlr). Et ça, c’est un blasphème au pays de l’atome. Au même titre que les filles du Moulin Rouge, rappelons que le convecteur électrique est une spécialité française: en 2007, 80% des logements neufs en étaient encore équipés.

Avant le second passage devant l’Assemblée, le gang des grille-pains s’emploie donc à déshabiller l’article 4. Subtilement. Pour l’instant, le seuil des 50 kWh est un label, le label BBC (pour bâtiments à basse consommation). Or, celui-ci est destiné à devenir la norme dès 2012. Un coup dur pour les VRP du grille-pain qui défendent leurs propres labels. Par exemple, Promotelec –filiale d’EDF- a un label qui fixe des exigences allant de 100 et 210 kWh/m2/an. Avec de tels seuils, la révolution énergétique est en marche, c’est sûr !

«Tant que le seuil des 50kWh était un simple label, cela ne faisait peur à personne, raconte Cyrielle den Hartigh chargée de campagne Changements climatiques aux Amis de la Terre, Maintenant que ça devient une norme, Lire la suite

Hasparren : Se former en agriculture biologique avec le CFAA

lejpb.com, C.R.J., le19 mai 2009

Se former en agriculture biologique avec le CFAA

A partir de septembre 2009, le CDFAA (Centre Départemental de Formation d’Apprentis Agricoles) d’Hasparren propose d’assurer une nouvelle formation, le BP REA : Brevet professionnel responsable agricole en agriculture biologique.

Depuis déjà plusieurs années, le CDFAA proposait des modules spécifiques en agriculture biologique pour les apprentis du CFAA et les stagiaires de la formation adulte du CFPPA. Dès la rentrée prochaine, ce nouveau BP REA sera accessible au terme d’une formation de deux ans. Le diplôme permettra d’ouvrir des droits aux aides DJA (dotations jeunes agriculteurs) dans le cadre d’une installation.

L’agriculture biologique devient incontournable dans la formation agricole en s’appuyant sur des exemples concrets et en concertation avec les professionnels locaux et leurs organisations.

L’approche du mode de production «Agriculture Biologique» sera désormais obligatoirement abordée dans toutes les formations de l’enseignement Agricole et pourra donner lieu à une orientation «AB».

Les modules de formation spécifiques ne permettent d’avoir qu’une approche thématique de l’agriculture biologique. Une formation spécifique permet Lire la suite

Développement Durable : encore un effort ?!

cdurable.info, Laure Rivory, le 14 mai 2009

Développement Durable : encore un effort ?!

La résistance au changement : une hypothèse pour donner envie de s’encourager mutuellement

Parce que les enjeux du développement durable se situent à un niveau global et éloigné de notre réalité quotidienne, la nécessité du changement peut avoir du mal à nous concerner….une hypothèse pour y voir plus clair..

Deux environnements différents d’action

La résistance au changement et les freins observés concernant l’engagement en faveur du développement durable pourraient provenir du décalage entre deux types d’environnement :

– notre environnement proche, immédiat, concret et familier qui nous concerne dans la vie de tous les jours,

– et l’environnement éloigné et abstrait dans lequel nous devons nous projeter pour envisager les retombées potentielles de nos efforts de changement.

Du décalage entre ces deux environnements pourraient surgir des facteurs de freins et de résistance.

L’environnement dans lequel doit être prise la décision de s’engager en faveur du développement durable est en effet un environnement qui paraît abstrait, lointain et théorique d’une part, et d’autre part il semble entrer en contradiction avec notre environnement et notre mode de vie courant, qu’il faudrait remettre en question avec des efforts (en temps, en argent) et des dérangements.

Cet environnement pour lequel il m’est demandé de me placer à un niveau global, celui de la « planète », est invisible pour moi, et de plus il peut me paraître hypothétique. Les deux environnements, celui que je vis, et celui dont on me demande de prendre conscience, ne se croisent pas forcément.

Un peu d’imagination….

Outre le caractère lointain de cet environnement pour lequel je peux ne pas me sentir concerner, le développement durable pourrait demander un certain sens de « l’imagination » ! Pourquoi ?

Pour identifier ces facteurs de résistance, amusons-nous à rechercher tout ce que nous devons nous dire pour nous convaincre, si nous ne sommes pas déjà convaincus, que le développement durable est une bonne chose.

Pour m’engager en faveur du développement durable, je dois Lire la suite

Nicholas Stern : quelques réflexions avant Copenhague

univers-nature.com, Elisabeth Leciak, le 15 mai 2009

Nicholas Stern : quelques réflexions avant Copenhague

La course est lancée… A l’approche de la conférence de Copenhague (1), les grandes puissances mondiales sont attendues au tournant. Dans un contexte où la crise économique laisse craindre que les questions environnementales ne soient reléguées au second plan, les positions que choisiront d’adopter les gouvernements risquent pourtant bien de peser fortement sur l’avenir du monde. Nicholas Stern, auteur du célèbre rapport qui chiffrait à 5 500 milliards d’euros le coût du changement climatique, a déclaré au quotidien La Croix, dans un entretien publié ce jour (2), que si l’Europe « manquait de leadership, ce serait dévastateur pour le monde ».

D’après l’économiste britannique, « l’économie à forte intensité de carbone n’a pas d’avenir », et « tuera la croissance ». Mais la bascule ne se fera pas en un an, « le monde devra réduire ses émissions de 20 gigatonnes de carbone d’ici à 2050 », et pour Nicholas Stern, il est de la responsabilité des pays développés de montrer la voie dès maintenant. Il annonce ainsi que ces Etats devront réduire leurs émissions de CO2 de 80 % dans les quarante ans à venir par rapport à leur niveau de 1990. La proportion avancée ici par l’expert semble vertigineuse, et n’importe lequel d’entre nous dirait que « c’est vraiment pas gagné… ». Mais Stern reste positif, convaincu que des arguments rationnels, tels les milliards de pertes résultant de l’inaction, soutiendront la volonté politique. Il félicite d’ailleurs l’Europe, qui malgré les soubresauts de l’économie, a décidé de maintenir ses objectifs de réduction de CO2, déclarant qu’elle était prête à aller jusqu’à 30 % de réduction d’ici à 2020 en cas d’accord mondial. L’administration Obama, de son côté, s’engage vers de véritables efforts, mais des efforts qui restent, d’après Sterne, « faibles devant l’ampleur nécessaire de la réduction ». Pour l’économiste, les Etats-Unis doivent diminuer leur réduction de 25 % pour 2020.

Parfois, tout ceci ressemble un peu à une foire d’Empoigne, les Etats-Unis et l’Europe, partie en tête, Lire la suite

La prospérité sans la croissance ? Inventer une alternative

contreinfo.info, Charles Siegel, Common Dreams, le 28 avril 2009

La prospérité sans la croissance ? Inventer une alternative

Paradoxe des temps modernes. Les extraordinaires avancées des sciences et des techniques ont permis à l’humanité d’accumuler un savoir faire et une capacité de production à même de satisfaire la plupart de ses besoins, et pourtant cette richesse potentielle, loin de se traduire par l’accomplissement des promesses du progrès, s’accompagne aujourd’hui d’une inégalité toujours accrue, d’une énorme demande sociale non satisfaite, et d’une pression croissante sur les conditions d’existence au nom du sacro saint rendement compétitif. Mais rendement de quoi ? Loin de permettre de libérer l’homme, l’intelligence, les énergies mobilisées, les efforts consentis, englués dans un système devenu inefficace, inadapté et dangereux, conduisent l’humanité à sa perte. Le système économique – dont la structure est un archaïsme hérité des temps obscurs où la rareté dominait – poursuit sa trajectoire aveugle et insoutenable qui nous rapproche inexorablement de l’épuisement des ressources primaires, et de la dévastation de notre planète. « Prosperity Without Growth ? » est un ouvrage (disponible gratuitement en ligne) publié par la Commission du Développement Durable, une agence gouvernementale du Royaume-Uni, qui ose aborder de front cette question brulante. La croissance, telle que nous la pratiquons, est dans l’impasse. Il faut repenser à nouveaux nos modèles de développement, et renoncer à la religion du PIB. Cela implique-t-il un retour aux privations ? Nullement. Les études effectuées de par le monde montrent qu’une fois atteint un niveau de revenu situé entre la moitié et les deux-tiers de ce qu’il est aujourd’hui aux USA, le sentiment de bien-être n’augmente plus en relation avec l’accroissement des revenus. Renoncer à la croissance, ce pourrait donc être simplement renoncer au « toujours plus » du consumérisme, à la recherche vaine de la distinction par les colifichets du « je le vaux bien » narcissique. Une telle révolution, non seulement économique mais également culturelle, est possible, nous dit la Commission Britannique, qui indique en s’appuyant sur les travaux de l’économiste canadien Peter Victor que cela permettrait également de travailler moins. Nous publions ci-dessous la note de lecture de cet ouvrage rédigée par Charles Siegel pour Common Dreams, et fournissons le lien de téléchargement. Quand une commission du gouvernement britannique publie un rapport appelant à mettre un terme à la croissance économique, il semble tout à coup que notre monde soit en pleine mutation. La croissance est l’objectif central pour les économistes depuis le début de la révolution industrielle.

Aujourd’hui le professeur Tim Jackson, le Commissaire Economique de la Commission du Développement Durable du Royaume-Uni publie un ouvrage qui résume l’état actuel de nos connaissances sur la croissance économique et montre de façon convaincante qu’il faut y mettre un terme. Nous avons tous entendu parler des effets de la croissance sur l’environnement, tels que l’épuisement des ressources et le réchauffement de la planète. L’opinion communément admise est que nous pouvons y faire face en adoptant des technologies plus efficace. Mais ce livre affirme qu’il n’existe pas de scénario plausible dans lequel le progrès technologique pourrait à lui seul réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre si la croissance se poursuit à son rythme actuel. « La taille de l’économie mondiale est presque cinq fois supérieure à ce qu’elle était il y a un demi-siècle. Si elle continue à croître au même rythme, ce chiffre sera de 80 en 2100. » Les efforts déployés pour utiliser au mieux la technologie afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre seront vraisemblablement submergés par ce rythme rapide de croissance. Si nous voulons sérieusement éviter les pires effets du réchauffement de la planète, nous devons aller au-delà de ce genre de solutions technologiques et repenser la croissance économique elle-même. Lire la suite

Lepage et Cochet : Entre espoir vert et sombre lucidité

liberation.fr, Laure Noualhat,

Entre espoir vert et sombre lucidité

Livres. Les visions opposées d’ex-ministres de l’Ecologie.

Antimanuel d’écologie Yves Cochet, Editions Bréal, 310 pages, 21 euros Vivre autrement Corinne Lepage, Grasset, 166 pages, 9 euros.

Quand deux anciens ministres de l’Environnement prennent la plume, ce n’est pas pour caresser un potentiel électorat mais pour chatouiller une société abattue par la crise systémique. Le premier bénéfice de l’Antimanuel d’écologie, du député Vert Yves Cochet, est de réhabiliter le mot écologie. Parce que, écrit-il, «l’écologie est un paradigme, une pensée totale, et qu’en dehors d’elle, il ne reste plus grand-chose». S’il est bien un mot qui mérite d’être réhabilité, c’est celui-là. L’écologie, les plus gros pollueurs de la planète la vendent comme pot de peinture, des consommateurs schizophrènes l’achètent, le monde occidental en parle, en veut, la mange, la (con)chie, mais peu de monde, en réalité, la vit.

Fidèle au concept d’antimanuel, celui-là nous permet de passer dans les bras de quelques grands hommes : René Descartes, Edgar Morin, Ivan Illitch, Hans Jonas, et d’embrasser aussi la pensée de quelques – trop rares – femmes, dont Hannah Arendt ou la prix Nobel de la paix Wangari Maathai. Il y a aussi d’illustres philosophes, des écologues, des biologistes, mais aussi des intellectuels qui pensent cette chose que d’autres renoncent à envisager : la fin de l’humanité, sa place dans une nature sans cesse transformée, sa responsabilité, ses courses à l’échalote. Le tout ponctué par de pertinentes illustrations distillées avec humour.

Inspiration. Qu’on se rassure, ces penseurs n’ont aucun des oripeaux dont on veut affubler les écolos : le militantisme en bandoulière, l’indolence, la marginalité ou le catastrophisme chevillé au corps. Même si cet ouvrage très pédagogique nous prévient : le monde va mal et l’espoir est mince. Et ce ne sont ni les responsables politiques – obsédés par les échéances électorales -, ni les responsables économiques – obnubilés par la rentabilité de leur entreprise -, qui peuvent tenir le discours sur l’effondrement.

Que de temps perdu, que de gâchis. Dire que les voyants sont au rouge depuis des décennies, que les alertes sont lancées depuis le début des années 70. Le pire drame des écolos est sûrement d’avoir eu raison trop tôt. Qu’importe, «notre responsabilité est de changer de posture, explique Cochet. De nous préparer à affronter l’inflation, la récession, les tensions sociales et internationales, la guerre. A cette fin, une seule inspiration doit guider les politiques publiques dans tous les pays : protéger les citoyens contre les conséquences de la catastrophe écologique». Dans son ouvrage, Cochet nous invite à ne plus croire les indéfectibles gardiens du temple, aveugles mais musclés, qui défendent le monde de ceux qui n’ont rien vu venir et auxquels tout cela échappe. Il nous invite à embrasser la décroissance plutôt que de la subir, dans le seul but de «vivre mieux».«Plus n’est pas nécessairement mieux et moins nécessairement pire

Plus modeste dans sa forme mais tout aussi percutant dans son analyse, le livre de Corinne Lepage nous convie aussi à Vivre autrement. Lire la suite

Patrimoine, randonnées… : Programme définitif de la Fête à Léo 2009

Association les amis de Léo Drouyn, mai 2009

Programme définitif de la Fête à Léo 2009

Lundi 1er juin – Cadillac, le lancement de la Fête à Léo !

Départ : Porte de la Mer – 09h30 – à pied

Expositions Philippe Mohlitz (château) et Paysage (mairie)

Journée de découverte de Cadillac de da bastide, de son château, et du pays de Cadillac (Laroque, bords de l’Euille).

Départ 9h30, Porte de la Mer – Pique-nique au lac de Laromet – 17 h : Château de Cadillac : vernissage de l’exposition de Gravures au burin de Philippe Mohlitz et lancement officiel de La Fête à Léo – 18 heures : Mairie de Cadillac : vernissage de l’exposition Gravure et Paysage au siècle de Barbizon. – 18h30 : Pot dans les jardins du château à l’occasion de leur première ouverture au public !

Samedi 6 juin – en Fronsadais et à Canon, paysage, patrimoine et vignoble fameux !

Départ : Maison du Pays Fronsadais à St Germain la Rivière– 09h00 – réservation bus et repas restaurant impératifs et urgents  (05 57 84 86 86)

Journée de découverte, avec nos amis de l’OT, des paysages et du patrimoine du Fronsadais (rebords des coteaux de St Germain, petit patrimoine, châteaux, le fameux ermitage St Aubin, châteaux viticoles – Site et vignoble de la célèbre appellation Canon ! Avec le géographe Philippe Roudié et présentation d’un dessin inédit et non publié de Léo sur Canon et la vue sur la Dordogne !  Musique à Saint-Michel.

Dimanche 7 juin – Deux balades différentes – au choix – en Lussacais !

Départ : Taillerie de meules à Malangin, commune de Montagne (à pied et en voiture)  – 09h00

… ou Départ : Monbadon (à pied)– 09h00

Journée de découverte des paysages et du patrimoine du Lussacais; La taillerie de meules de M. Millange, Monbadon, son église et son château, des églises dont Petit-Palais pour le premier circuit ; Monbadon, Francs (avec la visite du château qui chaque année montre des choses nouvelles de sa chapelle et de sa restauration !), Tayac, St Cibard… avec l’accueillant château Puyfromage à midi, pour le second ; puis, pour les deux circuits, final à Puynormand, son concert et l’accueil bien connu, au château Vilatte avec son pain fait au four et son vin !

Vendredi 12 juin – Bourg

Départ : Place du district, stèle de F. Daleau – 18h30 – nocturne à pied

Avec Didier Coquillas  bien sûr, Lire la suite

Risques naturels : le sombre diagnostic de l’ONU

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 18 mai 2009

Risques naturels : le sombre diagnostic de l’ONU

Les risques liés aux catastrophes d’origine naturelle ne cessent de s’accroître, les pauvres en sont les principales victimes, le changement climatique et la dégradation des écosystèmes vont aggraver l’ampleur de ces risques : le message délivré à Bahreïn, dimanche 17 mai, par les Nations unies, n’est pas d’un franc optimisme.

Le coût élevé de l’indemnisation en France

En France, les événements naturels indemnisés par les assureurs entre 1988 et 2007 ont coûté 34 milliards d’euros (tempêtes pour 49 %, inondations pour 33 %, sécheresses pour 16 %). Selon une étude réalisée par la Fédération française des sociétés d’assurances, et publiée le 29 avril, le changement climatique devrait accroître le nombre et l’ampleur de ces aléas naturels : la fréquence des sécheresses en France pourrait augmenter de 10 % entre 2007 et 2030 par rapport à la période 1988-2007 ; celle des inondations de 15 %, celle des tempêtes de 10 %. Au total, les assureurs estiment que la charge d’indemnisation atteindra 60 milliards d’euros.

Ils soulignent que tous les particuliers paient une surprime « catastrophes naturelles » identique quelle que soit leur vulnérabilité.

Ce principe de solidarité ne devrait pas conduire à négliger les politiques de prévention. Politiques qu’en l’état les assureurs jugent « insuffisantes ».

Issu de la Stratégie internationale de réduction des risques, lancée par l’ONU en 2000, le rapport publié dans l’île du golfe Persique opère la première synthèse des connaissances sur les désastres naturels qui se sont produits entre 1975 et 2008. S’il reconnaît ne pas être exhaustif – par exemple, sur les sécheresses en Afrique subsaharienne -, le texte n’en représente pas moins une masse de connaissances unique.

Entre 1975 et 2008, le rapport dénombre 8 866 désastres ayant tué 2 284 000 personnes. Quelques « mégadésastres », concentrés sur la période récente, ont provoqué chacun la disparition de plus de 10 000 personnes : sur vingt-trois recensés depuis 1975, six sont intervenus depuis l’an 2000 – notamment le cyclone Nargis en Birmanie et le séisme du Sichuan en Chine, en 2008 ; le séisme du Cachemire en 2005 ; le tsunami dans l’océan Indien en 2004.

Globalement, concernant les inondations, le risque mortel a augmenté de 13 % entre 1990 et 2007. Trois pays y sont particulièrement vulnérables, puisqu’ils concentrent 75 % des risques de mortalité : le Bangladesh, la Chine et l’Inde. Le tableau n’est pas, si l’on ose dire, uniformément catastrophique. Certes, le nombre absolu des pertes humaines ou économiques augmente sur l’ensemble de la période, mais il reste proportionnellement stable, du fait de l’augmentation démographique et de celle du Produit intérieur brut (PIB) mondial.

Mais selon les experts de l’ONU, la situation devrait se dégrader, en raison du changement climatique et de la dégradation des écosystèmes. Lire la suite

Amory Lovins : En 2040, plus besoin de pétrole aux USA

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 16 mai 2009

En 2040, plus besoin de pétrole aux USA

Cela fait bientôt 33 ans que cet homme détient la solution aux problèmes énergétiques. Time magazine vient d’ailleurs de lui rendre hommage en le classant parmi les 100 personnalités de l’année. Amory Lovins, de passage à Paris pour la promotion de son ouvrage consacré au capitalisme naturel (publié aux Etats-Unis en 1999, ndlr), est un pionnier discret. Au sein de l’Institut Rocky Mountain, think-tank qu’il a créé en 1983, il conseille de grosses entreprises comme le constructeur automobile Ford ou le chimiste Dow Chemical en matière d’efficacité énergétique, et peut se targuer d’avoir l’oreille des plus proches conseillers d’Obama sur la question. Ce type voit loin: il promet que les Etats-Unis pourront intégralement se passer de pétrole en 2040. Entre deux coups de fourchette, interview.

Quel rôle joue l’Institut Rocky Mountain ?

Nous pratiquons ce que j’appelle l’acupuncture institutionnelle. Nous intervenons auprès des grosses entreprises comme Ford, Dow Chemical, Boeing, …, pour les convertir à l’efficacité énergétique. Investir dans une usine qui fabrique des fenêtres super isolantes coûte 1000 fois moins cher que de produire toujours plus d’électricité en construisant de nouvelles centrales. Nous pensons qu’il faut échanger les megawatts par des negawatts, c’est à dire des watts que l’on n’a pas besoin de produire puisqu’on ne les consomme pas. Et les grandes entreprises comprennent très bien cela. Et je pense que les changements majeurs sont souvent conduits par les grosses entreprises. Ce n’est pas surprenant quand on comprend qu’économiser de l’énergie et des ressources peut s’avérer très profitable. Dow Chemical a investi un milliard de dollars dans les économies d’énergie et ils ont économisé 9 milliards de dollars en quelques années. Dupont de Nemours a diminué ses émissions de CO2 de 80% par rapport à son niveau de 1990. La flotte de camions de Walmart consomme 25% de carburant en moins. Et il existe de nombreux autres exemples.

Pensez-vous que les choses sont en train de changer ?

Oui. A la création de l’Institut, nous étions une poignée d’amis sans argent. Aujourd’hui, nous avons près de 90 employés et un chiffre d’affaires de 13 millions de dollars. Il existe une profusion de gisements de negawatts: dans le bâtiment, les transports, le chauffage, … De la même façon, il y a les barils de pétrole et ceux que l’on ne consomme pas, les nega-barils.

Que pensez-vous du modèle énergétique français basé sur le nucléaire?

La France me fait l’effet d’une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s’appelle le marché économique. L’industrie nucléaire pense que ses principaux concurrents sont les usines à charbon ou à gaz, bref, les grosses centrales d’énergies fossiles, alors que ses principaux concurrents, à mon sens, sont l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Les adeptes du nucléaire pensent que les centrales énergétiques doivent être grosses alors que le futur appartient aux petites centrales électriques. Lire la suite

Chantal Jouanno : Energique et durable

lemonde.fr, Gérard Davet, le 18 mai 2009

Energique et durable

Elle doit sa carrière à Martine Aubry et reconnaît bien volontiers ne « pas se sentir totalement de droite ». N’allez pas en tirer de conclusions hâtives. Alors qu’elle débute un tour de France destiné à vendre « son Grenelle de l’environnement », à 39 ans, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, est un pur produit de la filière Sarkozy, du temps où ce dernier régnait Place Beauvau.

Du président de la République, elle connaît tout ou presque. Elle sait, par exemple, désamorcer ses humeurs agressives. Comme ce jour où elle vit débarquer un Sarkozy rouge de colère, dans son bureau d’alors, au conseil général des Hauts-de-Seine. Les travaux de rénovation n’étaient pas terminés à temps, les architectes et ouvriers étaient blêmes. Elle sut, alors, user de son calme, de son charme discret, pour s’interposer. Douze titres de championne de France de karaté, ça vous confère une forme d’autorité.

Elle aime bien Nicolas Sarkozy. Ils n’ont pourtant pas grand-chose en commun. Elle se souvient encore de cette confidence, lâchée par son patron, Place Beauvau : « La politique coule dans mes veines. » Ce n’est pas le cas de Chantal Jouanno. Mais elle l’admire. « Il ose, dit-elle. Il sort des sentiers battus, va au contact. Et il sait reconnaître quand il a tort. Certes, il n’est pas tout en douceur, mais il reste très humain. J’ai quand même réussi à lui coller deux grossesses, il m’a juste dit : « Tu fais comme tu veux. » Et il m’envoyait des fleurs tous les jours à la maternité. »

Pour autant, Chantal Jouanno n’a jamais fait partie du carré des fidèles. Elle n’est pas courtisane ni intrigante. « Tu es la seule qui ne me demande jamais rien », lui dit-il un jour. Trop prudente. « Je n’ai jamais été dans des stratégies d’influence, assure-t-elle. Et je trouve que bon nombre de gens qui l’entourent sont d’une immense prétention. D’abord, on dit merci… »

Elle sait ce que sa carrière lui doit. Même si la politique n’est pas toute sa vie. Quand elle a été nommée secrétaire d’Etat, en janvier, elle a croisé Nicolas Sarkozy, au détour d’un couloir, à l’Elysée. « Alors, il faut que je fasse de la politique, maintenant ? » a-t-elle lancé, amusée. Et lui de répondre, ferme : « Evidemment ».

Parce que Chantal Jouanno, en politique, cela sonne comme une évidence. Il faut la voir, en déplacement à Grenoble, devant une assemblée de militants UMP, entre deux morceaux de pizza et trois rondelles de saucisson, vanter les mérites du gouvernement, rappeler les avancées du Grenelle de l’environnement. Elle sait faire, louvoie dans le ballet des élus locaux, sans flatteries excessives, en toute simplicité. Elle parle un langage clair, comme son mentor, mais sans rouler les épaules.

Elle a retenu l’essentiel, lorsqu’elle écrivait les discours de Nicolas Sarkozy, Lire la suite

Communauté urbaine de Bordeaux : Isolez ! Vos toits ont été filmés

sud-ouest.com,  Jacky Sanudo, le 16 Mai 2009

THERMOGRAPHIE. À partir d’aujourd’hui, les habitants de la Communauté urbaine de Bordeaux sont invités à découvrir sur Internet leurs déperditions d’énergie par la toiture. À eux de décider ensuite des travaux d’isolation

Isolez ! Vos toits ont été filmés

L’opération aura duré quatre jours. Ou plutôt quatre nuits : du 12 au 16 février dernier, de 19 h 30 à 23 h 30. La chance a fait que ce soit la bonne « fenêtre météo ». Pour que le petit avion de l’Aerodata au service de la société varoise ITC (Infrarouge Technologie Contrôle) puisse décoller, les conditions requises étaient : 5 degrés de température au sol et pas de précipitations 24 heures avant la mission. De belles conditions anticycloniques ont permis le survol des 55 000 hectares de superficie totale que représentent les 27 communes de la Communauté urbaine de Bordeaux. 12 000 clichés ont été pris et 250 000 bâtiments photographiés. Coût de l’opération hors taxes : 260 000 euros, dont 30 % financés par les municipalités.

Dunkerque en pionnier

Le vol, par 1 000 mètres d’altitude, n’a rien de touristique. Une caméra infrarouge est positionnée derrière la carlingue de l’avion, reliée à un ordinateur portable équipé d’un logiciel, avec pour objectif de mesurer la température des toitures et estimer les déperditions d’énergie. C’est ce qu’on appelle la thermographie aérienne. L’outil de diagnostic, impulsé le plus souvent par la Jeune Chambre économique française, connaît un immense succès depuis que Dunkerque s’y est risqué en 2004.

C’est presque un phénomène de mode « durable » dont on estime qu’il touchera 120 villes d’ici à 2011. Dans la région, y ont succombé (ou sont sur le point de…) les communes et agglomérations d’Agen, Pau, Jonzac et Périgueux. Bordeaux a réalisé sa thermographie en solo fin 2007, et les résultats sont en ligne sur le site Internet de la ville depuis le mois dernier. Ceux de la CUB le seront officiellement ce samedi, avec lancement en grande pompe lors de la Foire internationale au Lac.

thermographie.lacub.fr

Le site gratuit www.thermographie.lacub.fr risque d’être pris d’assaut de par son côté ludique. En inscrivant votre adresse, vous pourrez avoir une vue du toit de votre habitation. S’il est rouge, c’est que la déperdition de chaleur est excessive ; s’il est bleu foncé, la déperdition est non perceptible ou nulle. Quatre autres couleurs intermédiaires déclinent la palette. Sur le stand CUB de la foire, 24 bornes informatiques permettront aux curieux de visualiser la cartographie proposée par I2G.

« On donne un outil pour que les gens se prennent en main. Les communes et les bailleurs sociaux pourront également se l’approprier. Il faut savoir que la déperdition de chaleur par les toitures, sur de l’ancien, est d’environ 30 %. Avec le site, nous fournissons des informations d’accompagnement pour affiner le diagnostic, en se rendant, par exemple, aux Espaces Info Énergie ou à l’Agence locale de l’énergie.

Bref, nous générons une demande qui peut être aussi intéressante pour Lire la suite

Pique-nique sans carbone à Bègles-plage

sud-ouest.com, D. M., le 18 Mai 2009

TACA. Les militants montrent l’exemple pour lutter contre le C02

Pique-nique sans carbone à Bègles-plage

Ils sont venus à pied, à vélo, en bus et en tram pour le deuxième pique-nique organisé, hier, au bord du lac de la plaine des sports par l’association Taca. Taca comme « taxe carbone » ou « T’as qu’à changer dans ta vie et ton comportement ».

« On se lève parce que nous sommes convaincus que la situation est très grave », a redit le président Jean Sireyjol en rappelant l’objectif de la journée qui devait rassembler 350 vélos. Une allusion à l’association américaine « 350.org » qui souhaite réduire les gaz à effet de serre afin de lutter contre le réchauffement climatique : « On ne doit pas dépasser ce seuil de 350 particules de CO2 par million de molécules d’air », poursuit le président. Les militants sont venus de toute l’agglomération avec leur panier-repas sur le site béglais où des stands accueillaient des associations comme Greenpeace, Vélorution, Vélocité et des Fourmis dans le compteur.

Dans l’après-midi, Lire la suite

Acheter sa nourriture bio oui mais à quel prix ?

leprogres.fr, Bruno Crozat, Association Bioconvergence,  le 17 mai 2009

Acheter sa nourriture bio oui mais à quel prix ?

Si le prix a longtemps joué en défaveur du développement de l’agriculture bio, il n’est plus aujourd’hui un facteur dissuasif pour le développement de la filière. La preuve au Salon Vivez Nature

Au Salon Vivez Nature, qui se tient à Eurexpo jusqu’à ce soir, le café bio en salle coûte 2,30 €euros. De quoi s’interroger si acheter bio en vaut la chandelle ? Mais un seul prix sur un unique produit ne doit pas discréditer toute une filière. En quelques années, l’alimentation biologique a su se départir de son image de produit de luxe. Des enseignes de hard discount comme ED, Lidl ou Leader Price développent des gammes conséquentes de produits affichant la certification AB.

Pour Chantal Malherbe, organisatrice du salon Vivez Nature, le prix n’est pas le seul critère : « Quand le consommateur achète un produit bio, il doit comprendre que l’agriculteur s’inscrit dans une démarche volontaire, il paie pour être contrôlé et obtenir son label et il ne reçoit aucune aide ». Un message qui semble acquis auprès d’une majorité de consommateurs. Selon le baromètre 2008 de l’Agence Bio, « les Français sont 39 % à trouver normal de payer plus cher un produit bio par rapport à un produit non bio. En moyenne, les Français se disent prêts à payer 12 % de plus pour les produits biologiques ». L’acceptation de ce surcoût n’est pas sans contrepartie pour les consommateurs. Dans cette même étude, une majorité de Français font le lien entre consommation, respect de l’environnement, développement durable et produits de proximité : 91 % privilégient les produits de saison, 80 % la production locale et 69 % les principes du développement durable.

Certains producteurs locaux affichent même des tarifs équivalents aux produits non biologiques de consommation courante. « Pain de Belledonne » par exemple, Lire la suite

Hervé Kempf : Paysans, le retour

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 16 mai 2009

Paysans, le retour

Mesdames et Messieurs, J’ai l’honneur et le privilège de vous informer du retour des paysans.

La pensée dominante nous a depuis des décennies habitués à penser que l’activité agricole devait être, en termes d’emploi, résiduelle : l’augmentation de la productivité agricole, l’urbanisation des sociétés, l’évolution vers une économie de services rendraient marginal ce qui a fondé l’armature des civilisations pendant des siècles. Une page aurait été définitivement tournée.

Les politiques se sont organisées avec obstination autour de cette idée, encourageant l’agrandissement des exploitations sans s’inquiéter de la diminution constante du nombre d’agriculteurs, considérant l’espace agricole comme une simple réserve à l’expansion urbaine, ignorant les effets environnementaux d’une agriculture ultraproductiviste.

Mesdames et Messieurs,

J’ai l’honneur et le privilège de vous annoncer une bonne nouvelle : les idées d’une époque peuvent mourir, les dogmes peuvent être renversés. Et j’ai donc l’immense plaisir de vous informer qu’en ces temps de marasme mental et politique nous pouvons créer un million d’emplois en Europe, cinq cent mille en France – des emplois de paysans.

Effacez, s’il vous plaît, l’esquisse du sourire ironique qui se dessine sur vos lèvres, et écoutez. Entre 1950 et 2007, la productivité du travail agricole a été multipliée par 26 : cela signifie qu’un paysan produit vingt-six fois plus aujourd’hui qu’il y a soixante ans. Cela peut-il continuer ? A l’évidence, non. Et d’autant moins que ce calcul oublie les « effets externes » de cette évolution stupéfiante : érosion des sols, pollution des nappes phréatiques, baisse de la biodiversité, utilisation de masses énormes de pesticides et d’antibiotiques.

En réalité, il devient essentiel de réduire ces effets externes, qui ont un coût caché pour la société très important. Cela signifie travailler la terre autrement, y affecter plus de soin et moins de machines. Donc Lire la suite

Aquitaine : Les villes prennent le pli de l’écologie

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 16 Mai 2009

ENVIRONNEMENT. Nombre de municipalités intègrent désormais les nécessités du développement durable

Les villes prennent le pli de l’écologie

Non, toutes les villes de la région ne passent pas au vert comme un seul homme. Néanmoins, quelque chose frémit sur le front du développement durable. Menée sur les 20 villes les plus peuplées de notre région à partir de quelques grands indicateurs (voir l’infographie ci-contre), notre enquête atteste que des efforts notables y sont diligentés pour économiser l’eau et l’énergie, ou encore pour développer l’offre de transport en commun et la part du vélo en ville. L’héritage n’est pas le même partout, la volonté des édiles non plus. Mais la tendance est à comparer avec la superbe solitude de La Rochelle quand elle multipliait les innovations, il y a déjà une trentaine d’années…

1 Haro sur le gaspillage

Les grandes villes deviennent attentives à leur consommation en fluides (eau, électricité). En cette matière, la couleur politique des municipalités ne dit pas tout. Convictions mises à part, il s’agit de réduire les gaspillages et, in fine, d’épargner l’argent du contribuable. Au Pays basque, la commune d’Anglet vient ainsi d’embaucher un Monsieur Antigaspillage sur la base d’un calcul simple : la charge salariale de son poste sera inférieure aux économies réalisées. « Son champ d’action couvre l’ensemble de l’action municipale, des douches des vestiaires sportifs aux ordinateurs que l’on n’éteint pas en partant », dit-on à la mairie.

À Mérignac, la ville girondine la plus peuplée après Bordeaux, la problématique est grosso modo la même. « On fait très attention à la consommation d’eau et aux fuites éventuelles. On peut dire qu’on a économisé 500 000 euros depuis la mise en place de cette politique, en 2003. Il n’y a pas meilleur placement au monde. Pour tous les fluides, l’écologie commence par l’économie », indique à titre d’exemple Gérard Chausset, le maire adjoint (Verts) chargé de l’environnement.

La hausse vertigineuse du prix des carburants au cours de l’année 2008 n’a fait que renforcer ce credo dans les mairies. La Ville de Pessac, à l’ouest de Bordeaux, a ainsi réduit sa consommation de carburant de 2 000 litres l’an dernier. Et elle remplace tous ses véhicules en fin de vie par des modèles à énergie alternative, soit 39 % de sa flotte en 2007.

2 Les villes, moteur de l’innovation

À La Rochelle, deux bus de mer électrosolaires viennent d’entrer en service pour assurer la liaison entre le Vieux Port et les Minimes.

Des bateaux qui progressent sans bruit et sans odeur, Lire la suite

Salon de l’environnement Bx : Rénover ou construire écolo, c’est possible…

sudouest.com, Hélène Rouquette-Valeins, le 17 Mai 2009

Des conseillers et une cinquantaine d’exposants attendent les visiteurs au Salon de l’environnement et du développement durable

Rénover ou construire écolo, c’est possible…

Plus d’un visiteur sur deux (51 %) a posé le pied au Salon de l’environnement l’année dernière. Si l’on en croit l’enquête Ipsos 2008, les Français sont de plus en plus désireux de mettre en pratique leur respect pour la planète. Et en premier lieu pour leur porte-monnaie. D’où la décision des organisateurs de la foire de rebaptiser le Salon de l’environnement : Salon de l’environnement et du développement durable, et de lui accorder une surface plus grande : 8 000 mètres carrés, sur lesquels seront présents une cinquantaine d’exposants ainsi que des conseillers de l’Ademe (1) et du Créaq (2).

Isolation

C’est le cas de William Mazel : « Le schéma que nous déroulons pour les visiteurs est très simple, explique-t-il. Sobriété, réduction des besoins, efficacité, énergies renouvelables. » Charles Dautais, qui dirige Bat’imm Innovation, explique qu’en France, nous revenons de loin : « Sous prétexte que l’isolation, ça ne se voit pas et que tout le monde peut le faire, déplore-t-il, elle a très souvent été négligée, voire mal appliquée. On ne peut pas bricoler. Il faut le faire bien et une fois pour toutes. »

L’artisan propose ainsi « à partir de la valorisation d’un déchet, le papier journal, additionné de sel de bore, la ouate de cellulose qui devient l’isolant le plus performant. La technique date de 1920. » Charles Dautais considère d’ailleurs que face aux enjeux environnementaux considérables auxquels il faut faire face, l’isolation est devenue un métier à part entière. Le chauffage aussi a considérablement évolué. Ainsi Stéphane Porras, artisan chauffagiste à Bassens, en Gironde, parie-t-il sur l’écologie depuis près de trente ans. Mais il n’a vu les mentalités évoluer que récemment.

« Il y a dix ans, raconte-t-il, tous les projets présentés avec du matériel écologique étaient systématiquement refusés, alors qu’aujourd’hui la référence écologique figure carrément sur le cahier des charges. » Lui, propose panneaux solaires photovoltaïques, pompes à chaleur, chaudières à condensation…

Il s’occupe aussi du traitement de l’eau. En matière de consommation d’eau, note William Mazel, les conseillers du Créaq expliqueront que pour moins de 50 euros, on peut équiper tous les robinets de sa maison avec des réducteurs de débit. Et pas besoin d’être un bricoleur d’exception pour y parvenir !

Écoprêt à taux zéro

Reste que la bonne volonté ne suffit pas. Encore faut-il disposer du nerf de la guerre. C’est chose faite Lire la suite

Jean-Louis Borloo dévoile son plan pour le solaire

lefigaro.fr, Frédéric de Monicault, le 15 mai 2009

Jean-Louis Borloo dévoile son plan pour le solaire

INTERVIEW – Le ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable lance notamment un appel d’offres pour construire une grande centrale photovoltaïque par région.

Jean-Louis Borloo se déplace vendredi dans la région de Chambéry pour une visite placée sous le signe de l’énergie solaire. Au menu, l’annonce de mesures pour que la France accélère son développement dans cette énergie très prometteuse.

LE FIGARO. – Vous dites que la France doit jouer un rôle de tout premier plan dans le développement de l’énergie solaire. Quels sont les grands axes de la stratégie dévoilée vendredi ?
Jean-Louis BORLOO. – D’abord et avant tout, accélérer les raccordements au réseau des infrastructures solaires, en simplifiant toutes les procédures. C’est d’autant plus crucial que, depuis le Grenelle de l’environnement, la progression des capacités de production photovoltaïque correspond à la moitié de ce qui a été réalisé au cours des dix dernières années.

Ensuite, l’État lance vendredi l’appel d’offres visant à implanter d’ici à 2011 au moins une centrale solaire dans chaque région, pour une puissance totale de 300 MW. Cela permet d’alimenter en électricité l’équivalent d’une ville de 150 000 habitants. Ce programme représente un investissement de 1,5 milliard d’euros, réparti sur tout le territoire.

Au cours des derniers mois, la valeur de plusieurs entreprises liées aux énergies renouvelables a chuté de manière spectaculaire. Cela correspond-t-il à une perte de confiance dans cette industrie ?

La crise financière a sans doute eu un impact sur les actions des entreprises, mais je rappelle que le secteur des énergies renouvelables connaît une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. Un exemple : la capacité du photovoltaïque a été multipliée par 2,5 sur la seule année 2008, et l’appel d’offres sur les centrales solaires va permettre de multiplier encore par 5 en quelques mois.

Si on analyse la trajectoire des compagnies vertes, on mesure qu’elles sont un bon amortisseur de crise et qu’elles créent de l’emploi : les énergies vertes amorcent leur expansion. Au contraire, le potentiel est tel que l’on ne peut que progresser.

Vous annoncez vendredi la création d’une équipe de France dédiée à la recherche et l’innovation dans les énergies nouvelles. Qu’est-ce que cela recouvre exactement ?

Le Grenelle de l’environnement va permettre de passer à la vitesse supérieure dans la recherche, notamment dans le solaire avec une enveloppe de 130 millions d’euros sur la période 2009-2012. Mais pour articuler parfaitement cet effort, en accord avec Valérie Pécresse, nous allons mettre en place une nouvelle organisation de la recherche dans le domaine des nouvelles technologies de l’énergie. Nous voulons mieux structurer la valorisation industrielle de cette recherche autour de plusieurs organismes de référence, comme le CEA, l’IFP et l’INES.

Nous avons sollicité l’aval du président de la République et du premier ministre afin de créer un fonds d’investissement dédié aux énergies nouvelles, doté d’un budget annuel de 100 millions d’euros.

Ces dernières semaines, on a surtout parlé de la filière nucléaire française. N’est-ce pas au détriment de l’essor du renouvelable ?

Pas du tout. Au-delà de l’EPR, les véritables augmentations de la capacité de production électrique française reposent sur les énergies renouvelables. La croissance verte du Grenelle de l’environnement est source de compétitivité. Elle crée des emplois et optimise le fonctionnement d’un grand nombre d’infrastructures. La France est véritablement en train de prendre ce virage.

Déclinaison alsacienne pour le Grenelle de l’environnement

libestrasbourg.fr, T.C., le 14 mai 2009

Déclinaison alsacienne pour le Grenelle de l’environnement

ECO-TERRE – Le Grenelle de l’environnement ? « Rassurez-vous, il n’est pas mort. Il est en marche. » C’est la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, qui le dit. Mercredi, elle était à Strasbourg pour signer avec la région Alsace la première « convention » d’application du Grenelle. Ce « pacte écologique », baptisé « Réussir la transition énergétique en Alsace« , court sur la période 2009-2012.

Les objectifs sont triples : réduire fortement les consommations énergétiques des constructions neuves, accélérer la rénovation du parc de logements actuel et développer les énergies renouvelables. Les moyens sont incitatifs. La région offre ainsi en plus des aides de l’Etat une prime de 3000 euros, dans la limite de 200 dossiers par an, pour les particuliers qui acquièrent un logement neuf répondant aux normes « bâtiment basse consommation » (moins de 50 kWh/m2/an). Elle prévoit aussi des aides aux bailleurs pour le logement social neuf ou issu d’opérations d’acquisition-amélioration (jusqu’à 50 euros par m2). Pour la rénovation du parc social actuel, la région lance un appel à projets de 500 logements par an pour lesquels elle apportera une aide permettant de ramener le taux d’intérêt des prêts à 0 % (contre 1,9 % dans le dispositif prévu par l’Etat).

Le conseil régional prévoit également de « sensibiliser et mobiliser » les acteurs locaux dans le cadre des appels à projets pour la construction de centrales de cogénération alimentées à partir de biomasse et « d’accompagner cinq projets de géothermie profonde à l’horizon 2015« . Elle compte encore lancer un programme d’équipement des lycées en solaire photovoltaïque, là où « ce sera possible ».

Pour l’appui financier de cette convention, l’Ademe et le conseil régional bénéficieront en Alsace d’un budget annuel de 19,2 millions d’euros. Au plan national, le Grenelle de l’environnement dispose de « 19 milliards d’euros sur trois ans auxquels s’ajoutent 5 milliards du plan de relance », précise Chantal Jouanno.

« Territorialiser » le Grenelle par le biais de ces conventions régionales est la clé de sa réussite, argumente le président UMP du conseil régional, Adrien Zeller, partisan d’une plus large décentralisation : « Le développement durable est en train d’imprégner tout notre développement régional. La croissance verte est un élément majeur de la sortie de crise que nous préparons. Chaque convention sera adaptée au contexte, au terrain, à la nature des acteurs. Ici, on n’a pas d’éolien, mais on a la géothermie« .

Certains restent cependant dubitatifs. A l’image du conseiller régional Vert Jacques Fernique, qui s’interroge sur le sort de la taxe expérimentale alsacienne sur la circulation des poids lourds, évoquée et débattue depuis longtemps mais toujours pas appliquée. « Cette inertie annonce-t-elle Lire la suite

Réchauffement. On a trop de pétrole !

consoglobe.com, mai 2009

Réchauffement. On a trop de pétrole !

Le réchauffement climatique, les émissions de carbone et gaz à effet de serre, on en parle dans tous les médias, mais peu le font avec clarté. Un ouvrage récent, ‘Trop de pétrole », apporte de nombreuses explications frappantes. ConsoGlobe l’a lu pour vous et vous en proposera des analyses passionnantes.

Réchauffement climatique : plus ou moins inévitable en fonction du pétrole

Le GIEC et la communauté scientifique s’accordent désormais sur un scénario de réchauffement climatique en fonction des « profils d’émission de CO2 » à partir du niveau d’émission actuel. Le scénario central décrit, après stabilisation, une augmentation de température moyenne de 2,7°C, plus ou moins: 3°C si la concentration de dioxyde de carbone dépasse 450 ppm*. Pour que la concentration ne dépasse pas  ; 3°C si la concentration de dioxyde de carbone dépasse 450 ppm. Cela ne se produira que si les émissions de gaz carbonique sont divisées par 2 en 2050. On en est loin comme on l’a expliqué dans un article récent sur la demande énergétique mondiale.
Tout le monde s’accorde à dire qu’une hausse moyenne de température de 3°C (atteinte si les émissions sont de 1000 milliards de tonnes de carbone (gigatonnes de carbone, Gtc) créerait déjà de très graves difficultés climatiques, une catastrophe en réalité.
Si sur 200 ans, les émissions de carbone atteignent 2000 Gtc, la hausse des températures sera de 5°C ; une évolution énorme dans un temps aussi petit à l’échelle de l’histoire de la planète.

*L’augmentation serait de 6°C plus ou moins 6°C si la concentration de dioxyde de carbone atteint 1000 ppm. Malgré les incertitudes on peut estimer que la moitié de la fourchette d’évolution des températures de 2 à 8°C proposée par le GIEC relève de l’incertitude scientifique et l’autre moitié des émissions futures de C02, autrement dit des activités et décisions de l’humanité.

Il y a trop de pétrole disponible.

La quantité de réserves de pétrole et de gaz présents sur terre ainsi que des réserves de charbon, autre énergie fossile, représente 5000 milliards de tonne, soit 1200 Mds de t de carbone sous forme de pétrole et de gaz et 3700 Mds en ressources charbon. Tout le charbon n’est pas exploitable et on estime que les ressources fossiles exploitables représentent plus de 3000 milliards de tonnes.

La différence entre 1000 milliards et 3000 mds fait réfléchir : pour que la hausse de température ne dépasse pas 3°C, il faut que les hommes ne touchent pas aux deux tiers des réserves présentes dans le sous sol de la planète (charbon, pétrole, gaz) dans les deux siècles à venir.

C’est pourquoi, Henri Prévot, dans son ouvrage « trop de pétrole » affirme qu’on a trop de pétrole. En effet, Lire la suite

Actualité et avenir des universités populaires en France

lemensuel.net, Gérard Poulouin, le 14 mai 2009

Actualité et avenir des universités populaires en France

Le Mouvement démocrate est associé à une Université populaire. Désirs d’avenir, un groupement de fidèles de Madame Royal, figure éminente du Parti socialiste, pareillement. A quoi songe-t-on quand on crée une telle université ? Aux universités populaires à visées critiques qui sont apparues ces dernières années en France, dans le droit fil de celle qui fut créée à Caen en 2002 par Michel Onfray et quelques proches(1) ? A celles qui sont nées il y a des décennies déjà, qui proposent des cycles de conférences, voire un enseignement pour adultes ? Reprend-on une expression perçue comme plus percutante que forum ou assises ? De quoi parle-t-on précisément ?

La revue Sciences Humaines a consacré une enquête aux universités populaires en 2006(2) , la revue Politis parle du renouveau des universités populaires en 2008(3).

Des réalités différentes

Il y a à l’évidence une actualité des universités populaires, et peut-être un malentendu à leur propos, dans la mesure où l’expression héritée de l’histoire, « université populaire », est susceptible de recouvrir des réalités bien différentes. En effet, il n’y a rien de commun entre les universités populaires présentes sur le territoire français depuis fort longtemps, qui ont vocation à organiser des cours à l’adresse d’adultes et qui relèvent des Hautes Ecoles populaires du monde scandinave, des universités populaires en Allemagne et en Suisse, et les universités populaires à vocation critique, créées ces dernières années par des individus qui ont en commun des principes, des valeurs, voire des héritages (l’UP de Caen et celle de Lyon, par exemple, se réfèrent à l’histoire des Universités populaires nées en France dans le contexte de l’Affaire Dreyfus(4) ).

Les médias ont attiré l’attention de l’opinion publique sur ces universités populaires, en raison de la notoriété de quelques-uns des animateurs de celles-ci(5), et ont souvent négligé celles qui assument depuis fort longtemps des activités de formation permanente(6) . Les universités populaires du réseau dit alternatif, qui ont une vocation critique plus ou moins marquée, se caractérisent par la gratuité. Des bénévoles assurent des cours dans l’esprit de l’Université, et s’entretiennent après les cours avec les auditeurs. Les universités populaires qui s’inscrivent dans le champ de l’éducation populaire et de la formation continue ont des pratiques sociales différentes.

Au-delà des UP du réseau dit alternatif et des UP réunies dans l’association des universités populaires de France, il en existe bien d’autres. ATD Quart Monde propose des universités populaires dont les programmes sont définis par ceux qui les fréquentent. L’université populaire du Musée du Quai Branly, initiée par Catherine Clément, ouvre un espace de formation et d’échanges en rapport avec les collections du Musée. Des associations, entre autres ATTAC et Espaces Marx, Lire la suite

Combien vaut la peau de l’ourse Cannelle ?

sudouest.com, Gwenaël Badets, le 14 Mai 2009

URDOS 64. Le chasseur René Marquèze qui avait abattu l’ourse d’un coup de fusil lors d’une partie de chasse est jugé en appel. Dix associations de protection de l’environnement ainsi que l’Etat se sont constituées parties civiles et réclament, au total, 214 000 euros

214 000 euros demandés au chasseur pour la mort de l’ourse Cannelle

La Cour d’appel de Pau a examiné ce jeudi matin le cas du chasseur René Marquèze, qui a tué l’ourse Cannelle le 1er novembre 2004, d’un tir au fusil. Il avait été relaxé en première instance le 21 avril 2008 par le tribunal correctionnel de Pau.

La Cour d’appel doit désormais déterminer si René Marquèze a une responsabilité civile dans la mort de l’espèce protégée et s’il doit payer des dommages et intérêts. Dix associations de protection de l’environnement ainsi que l’Etat se sont constituées parties civiles et réclament, au total, 214 000 euros.

L’arrêt sera rendu le 10 septembre 2009.

L’article paru ce matin:

Relaxé il y a plus d’un an par le tribunal correctionnel de Pau, René Marquèze n’en a pas fini pour autant d’être poursuivi par le fantôme de Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne, qu’il avait abattue d’un coup de fusil lors d’une partie de chasse au sanglier, le 2 novembre 2004 en vallée d’Aspe.

Le chasseur d’Urdos comparaît aujourd’hui devant la cour d’appel de Pau, qui juge l’aspect civil de l’affaire. Le parquet général n’ayant pas interjeté appel de la relaxe prononcée le 21 avril dernier (pour destruction d’espèce menacée), René Marquèze n’encourt plus de sanction pénale.

Les parties civiles (des associations de défense de l’environnement et l’Agence judiciaire du Trésor, pour le compte de l’État) lui réclament en revanche de lourds dommages et intérêts : plusieurs dizaines de milliers d’euros au total.

Absent à l’audience

En fait de « comparution », René Marquèze ne sera pas physiquement présent devant ses juges et ses adversaires. Le chasseur ne viendra pas, annonce l’un de ses avocats, Me Thierry Sagardoytho.

À la veille de l’audience, celui-ci se voulait « plutôt confiant ». Lire la suite

Commerce équitable : une nécessaire clarification !

actu-environnement.com, S. Fabregat, le 8 mai 2009

Commerce équitable : une nécessaire clarification !

Confirmant son succès, le commerce équitable est désormais ancré dans les habitudes des consommateurs, malgré la crise. Pourtant, le fort développement des acteurs pose question aujourd’hui : le concept serait-il en train de perdre son sens ?

Les différentes études le confirment : le commerce équitable ne souffre pas de la crise. Dans certains pays européens, en 2008, l’augmentation des ventes de produits certifiés a été phénoménale : jusqu’à 75 % de hausse en Suède par exemple. Aux États-Unis, l’augmentation était de 10 % en 2008 par rapport à l’année précédente. En France, selon une étude IRI Infoscan réalisée en janvier 2009 pour Ethiquable, le chiffre d’affaires de l’alimentaire équitable en grande distribution s’élève à 111,6 M€, soit une progression de 8 %.
Ces données confirment que la crise du pouvoir d’achat influence nos choix de consommation : on consomme moins mais plus responsable. Il y a visiblement une réflexion nouvelle autour des produits que l’on achète
, analyse Rémy Roux, d’Ethiquable. Dans un contexte morose pour les produits de grande consommation, les achats en alimentaire équitable attirent en effet toujours les consommateurs. Il est évident que cette progression ne sort pas indemne de la crise du pouvoir d’achat puisque la croissance en 2008 est inférieur à celle de 2007 (pour mémoire : +12 % en 2007 contre 8 % pour 2008). Ce qui reste surprenant, c’est finalement la bonne résistance des achats équitables par rapport à l’achat non équitable. Concrètement, le café équitable (+5%), le chocolat équitable (+11%) se développent fortement. Dans le même temps, ces produits en conventionnel, n’enregistrent pas de croissance, voir régressent. Ainsi le café équitable représente aujourd’hui 5 % de parts de marché du café vendu en grande surface avec 61 M€ de chiffre d’affaires ; le thé équitable accapare 4,5 % de parts de marché avec 10 M€ de chiffre d’affaires.

Le consommateur sensible au commerce équitable ne serait donc pas freiné par la crise. D’autant que l’offre de produits équitables a explosé ces dernières années. Longtemps limité à quelques produits alimentaires et à l’artisanat, le commerce équitable s’étend dans de nombreux domaines aujourd’hui : mode, beauté, mobilier…

De grands groupes se mettent à l’équitable. Les marques de distributeurs (MDD) représenteraient aujourd’hui 25,7 % des parts de marché et 31,7 % des volumes. Aujourd’hui, Lire la suite

Les nouveaux influenceurs du développement durable

Stratégies, le 7 mai 2009

Les nouveaux influenceurs du développement durable,

Qui fait autorité dans le développement durable ? Euro RSCG C&O fait le point sur cette communauté au sein de laquelle l’entreprise est appelée a jouer un rôle majeur.

L’agence corporate Euro RSCG C&O a tente de cerner les leaders d’opinion du développement durable en interrogeant 67 personnalités françaises et européennes particulièrement actives sur le sujet. Menée d’octobre 2008 a mars 2009, cette étude supervisée par Coralie France et Nadine Stutter-Prevot, respectivement directrice associée chargée du développement durable et associée du pole Influence d’Euro RSCG C&O, met au jour trois sphères d’influenceurs : les «artisans de la prise de conscience», les «nouveaux entrants» et les «agissants». Mais chacun n’a pas le même poids et, surtout, ces différents acteurs n’ont encore aucune vision commune.

(Extraits)

Les artisans de la prise de conscience

Les Verts. Pionniers incontestables, ils semblent avoir perdu la main. Leur quasi-absence lors du Grenelle de l’environnement témoigne de leur relative marginalisation sur ce terrain. Une situation qui s’observe toutefois moins hors de l’Hexagone, car leur poids au Parlement européen est important. Les plus cites : Noel Mamère, Dominique Voynet, Jose Bové.

Les ONG environnementales. Ce sont les plus crédibles. Elles arrivent en tête de tous les baromètres de confiance des Français. Elles ont mis les entreprises sous pression grâce a leur maitrise des medias et leurs liens avec les milieux scientifiques. Elles ne se contentent plus de protéger les baleines, elles s’adressent directement aux consommateurs-citoyens. Les plus citées : Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, WWF.

Les scientifiques. Sortant de l’ombre, ils sont devenus incontournables. Grace a leurs liens avec les ONG, ils sont désormais des référents aux yeux du grand public, qui leur attribue une cote de confiance très élevée. Les leaders d’opinion interroges donnent la prime aux revues anglo-saxonnes et aux instituts scientifiques. Les plus cites: le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), l’Université polytechnique de Lausanne, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, l’economiste Alain Grandjean, le botaniste Jean-Marie Pelt, le cancerologue Dominique Belpomme, le géochimiste Claude Allegre.

Les people. Leur rôle est loin d’être négligeable. Hommes politiques, responsables d’institutions internationales ou stars du show-business, ils ont fait leur la question environnementale, la popularisant aux yeux du grand public. Grace a leur capital de sympathie, les acteurs les plus engages du développement durable jugent leur action bénéfique. Les plus cités : Nicholas Stern (ex-Banque mondiale), Al Gore, Jacques Chirac, Barack Obama, Leonardo DiCaprio, Clint Eastwood, Lambert Wilson, Marion Cotillard, Nicolas Hulot.

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« L’entreprise doit prendre l’initiative »

Pourquoi les leaders d’opinion estiment-ils que l’entreprise a les meilleures cartes en mains pour réaliser la transition vers le développement durable ? Lire la suite

Les Babayagas : bien vieillir ensemble… autrement

grainesde changement.com, newsletter, avril 2009

Les Babayagas : bien vieillir ensemble… autrement

Vivre ensemble pour vieillir comme elles ont vécu, en femmes libres, engagées et indépendantes : c’est l’idée de trois amies à l’origine de la « Maison des Babayagas » (nom des sorcières des légendes russes, qui habitent une maison montée sur des pattes de poulet avec des murs en pain d’épice et un toit en pâte d’amande). Pour s’éviter l’hébergement collectif pour personnes âgées tel qu’il se propose aujourd’hui, Thérèse Clerc (80 ans), Suzanne Gouefflic (75 ans) et Monique Bragard (75 ans) ont donc conçu il y a dix ans un projet d’anti-maison de retraite « autogérée, solidaire, citoyenne et écologique » qui devrait prochainement voir le jour à Montreuil, avec le soutien de la Mairie et de l’office de HLM de la ville. Concrètement, la Maison des Babayagas, sera une « maison de femmes âgées, solidaires et citoyennes », visant un public de personnes ayant une habitude de vie collective : militantes associatives, etc. Pourquoi un lieu unisexe ? A la fois en hommage aux convictions féministes qui furent le combat de toute leur vie, mais aussi parce que, pragmatiquement, « il y a sept fois plus de femmes que d’hommes passé 80 ans ».

Leur vision : vivre ensemble pour ne pas être enterrées vivantes et s’aider à bien vieillir – quand le corps viendra à manquer, celles qui le peuvent encore prépareront à manger à celles qui ne peuvent plus le faire, elles s’aideront à se coiffer, à s’habiller. Les babayagas veulent surtout éviter de penser la vieillesse comme une maladie, de peser sur leurs proches, de devenir une charge, d’être infantilisées : elles veulent être maîtresses de leur vieillissement et ce, jusqu’au bout, jusqu’à la fin de leurs jours, elles veulent mourir heureuses dans leur maison de babayagas ouverte sur la vie de la cité – à laquelle elles entendent d’ailleurs participer autant que possible par des activités de soutien scolaire, d’alphabétisation, etc. La maison se chargera des handicaps par la solidarité au fur et à mesure que ceux-ci deviendront plus importants – le bâtiment (par ailleurs conçu de manière écologique) a été équipé en conséquence. Pour les situations extrêmes de fin de vie Lire la suite

Bordeaux le 17 mai : Pic-Nic sans carbone et Vélorution

Dimanche 17 Mai : Grand rassemblement de vélos à l’occasion du picnic sans carbone organisé par TACA,   http://taca.asso-web.com/

Venez grossir les rangs de la Vélorution !

Au programme, tout un programme :

11h : rendez-vous à Pey-Berland pour les vélorutionnaires : on rejoindra le vélobus sur les boulevards

12h : arrivée à Begles-plage : des stands, des animations, des notes de musique, une grande photo souvenir avec tous les gens et tous les vélos, un pic-nic, du papotage etc…

Vélorution proposera 3 ateliers :

– Je décore mon vélo

– Je répare mon vélo

– Je fais ma propre vélorution

16h : invitation à la vélorution pour rejoindre la bientôt nouvellement nommée Lire la suite

La fiabilité des études portant sur les OGM est insignifiante

lemonde.fr, Stéphane Foucart, le 12 mai 2009

Selon un mathématicien, la fiabilité statistique des études portant sur les effets sanitaires des OGM est insignifiante

Il faudrait tout oublier. Des affirmations définitives sur la toxicité ou l’innocuité des organismes génétiquement modifiés (OGM), il faudrait ne rien retenir – ou vraiment pas grand-chose. C’est, en substance, la thèse que défend Marc Lavielle, seul mathématicien membre du Haut Conseil des biotechnologies (HCB), instance qui a pour mission d’apporter son expertise sur des sujets comme les OGM et qui devait tenir, mardi 12 mai, sa toute première réunion.

Car, à en croire ce statisticien de l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria), qui dirige un groupe de recherche sur les usages de la statistique dans le domaine de la santé, aucune étude de toxicologie n’est aujourd’hui en mesure de conclure, une fois pour toutes, que les OGM font – ou ne font pas – peser de risques sanitaires. La faute, selon lui, à des pratiques statistiques contestables et à des protocoles expérimentaux trop peu ambitieux.

« Aujourd’hui, explique le chercheur, les tests ne sont menés que sur des groupes de l’ordre d’une dizaine de rats, pendant quelques semaines… » Et le traitement statistique appliqué aux données issues de ces expériences – mesures de différents paramètres biologiques en fonction du régime alimentaire des rongeurs – permettrait de changer les conclusions du tout au tout.

On se souvient de la controverse autour du maïs MON863 : les chercheurs de Monsanto avaient conclu, en 2005, dans la revue Food and Chemical Toxicology, à l’absence de différences « significatives » entre les groupes de rongeurs examinés. Deux ans plus tard, des chercheurs français assuraient, dans Archives of Environmental Contamination and Toxicology, que la consommation du fameux OGM entraînait des troubles hépatiques et rénaux. Le piquant de l’histoire étant que ces deux conclusions, opposées, étaient tirées des mêmes données expérimentales : seule changeait la moulinette statistique à laquelle elles étaient passées…

Qui croire ? Marc Lavielle renvoie les deux analyses dos à dos – la première étant selon lui un peu « légère », la seconde ayant cherché à pallier cette « légèreté » au prix d’erreurs techniques. Pourtant, trancher le débat pourrait être simple : « Il faut fonder un cadre d’analyse statistique qui mette tout le monde d’accord, s’entendre sur une méthodologie commune qui permettrait de sortir de la suspicion généralisée », affirme-t-il.

Autre point de crispation : l’accès aux données expérimentales. Celles-ci sont tenues secrètes Lire la suite

Nicolas Hulot : L’enjeu crucial des élections européennes

lemonde.fr, Nicolas Hulot, le 13 mai 2009

Nicolas Hulot est président de la Fondation pour la nature et l’homme.

L’enjeu crucial des élections européennes

Il en est de l’Europe comme de la politique : si on ne s’occupe pas d’elle, elle s’occupe de vous. Un seul exemple, en France, 80 % de la législation environnementale provient du droit communautaire. A l’approche des élections européennes, l’intérêt pour cette échéance me semble inversement proportionnel à l’importance du rôle crucial que cet espace politique et géographique peut et doit jouer, pour sortir le moins mal possible de ce carrefour de crises où nous sommes englués. Que l’on soit peu, pro ou anti-européen, l’Europe est une réalité en marche qui détermine et conditionne notre avenir, et l’ignorer, c’est se livrer sans contrôle à son pouvoir et à sa puissance.

C’est à Strasbourg et à Bruxelles que se joue une grande partie de notre avenir. La responsabilité de celles et ceux que nous enverrons nous y représenter est immense. C’est dans ce périmètre que peuvent émerger les prémices d’une société réconciliée avec sa planète et donc avec elle-même. Encore faut-il que ceux que nous aurons élus ne se trompent pas sur l’origine du mal contre lequel nous luttons.

Chacun doit s’astreindre à un diagnostic rigoureux pour clairement trancher sur la question de savoir s’il faut changer le système ou de système. Si dorénavant c’est bien l’épanouissement du genre humain qui doit cristalliser toutes les décisions politiques et non plus le profit, l’accumulation et le toujours-plus.

Au moment où l’humanité affronte, notamment avec les changements climatiques et la perte de son capital naturel qui s’ajoutent et se mêlent aux autres crises, la situation la plus critique et complexe qu’elle ait jamais connue, quelles réponses proposent les uns et les autres ? Sommes-nous toujours dans l’épaisseur du trait ?

Au-delà des dogmes et des filiations idéologiques qu’il me semble presque indécent d’agiter, tant les contraintes majeures imposent de fait une certaine radicalité dans les options, nous devons être intransigeants dans nos questionnements et nos choix à l’approche de ces élections. La pyramide de complexité et la gravité des menaces nous obligent à ne pas nous accommoder de recettes éculées, de vulgaires corrections de trajectoire, de solutions pensées dans des moules périmés. Il nous faut nous déconditionner et envisager tout de suite qu’un autre modèle est non seulement possible, mais incontournable.

Une question centrale, la croissance est-elle la solution ou le problème ? Lire la suite

Allemagne : les produits bio et la neutralité carbone

novethic.fr, Claire Stam à Francfort, le 5 mai 2009

Allemagne : les produits bio et la neutralité carbone

Plus d’un consommateur sur deux achète du bio en Allemagne. Il ne suffit plus qu’un produit soit estampillé bio pour connaître le succès, il se doit d’être le plus neutre possible en carbone. Distributeurs et producteurs s’adaptent de manière différente, parfois surprenante, et toujours sous le regard critique des consommateurs.

« La super-saucisse sauve le monde ! » proclame l’affiche à l’entrée du supermarché bio. « Nous avons réussi ! La saucisse fine d’Ökoland est le premier produit alimentaire au monde à s’être vue attribuer le label Stop-Climate-Change ». Cette interpellation surprenante a le mérite d’attirer le regard des consommateurs soucieux d’environnement. Car les sigles ne manquent pas sur les produits du supermarché entièrement dédié au bio, les clients ignorent même souvent jusqu’à l’existence du label carbone en question.

Il n’empêche, la « superwurst » se vend… comme des petits pains en Allemagne, à en croire Patrick Müller, gérant d’Ökoland, un des principaux distributeurs de produits bios du pays. « Les consommateurs honorent un engagement actif de l’entreprise contre le réchauffement climatique », relève le gérant lors d’une intervention pendant le dernier salon bio à Nuremberg.
Pour faire de sa saucisse un exemple climatique, Ökoland a fait appel à l’agence Agrar-Teg, créée à l’initiative de l’université de Göttingen, qui définit et délivre le label « Stop Climate Change ». Toute la chaîne de production et de distribution est passée au filtre carbone. Comme la consommation d’électricité d’origine renouvelable et les mesures d’économie d’énergie ne sauraient compenser toutes les émissions émises, l’entreprise achète des certificats d’émissions de CO2 et soutient ce faisant un projet de parc éolien en Inde. Patrick Müller estime le surcoût à deux centimes d’euro par paquet.

Pour autant, toutes les marques ne communiquent pas sur le sujet. Les acteurs traditionnels du bio allemand n’ont même pas de label « CO2-Neutral ». Place à la sobriété. Chez Sodasan, fabricant de détergents écologiques, comme chez Demeter ou encore Rapunzel, le message reste le même : le combat contre le réchauffement climatique va de soi. Le consommateur avisé trouvera les informations nécessaires sur les sites de ces pionniers de la consommation bio – qui entendent par ailleurs défendre corps et âmes les origines contestataires du mouvement, issu des années 70.

« Green marketing » contre « green washing »

Car les Lidl, Rewe et autres distributeurs traditionnels ont vite saisi les enjeux du marché bio allemand. Selon les derniers chiffres de la Fédération des produits de consommation biologiques (BÖLW), ce marché a enregistré, en 2008, une hausse de 10% pour atteindre un chiffre d’affaires de 5,8 milliards d’euros. L’organisation souligne que l’offre nationale se montre incapable de satisfaire une demande toujours plus grande – et ce, alors que la surface agricole allemande dédiée à l’agriculture biologique ne cesse également de croître pour atteindre les 5,6% de la surface cultivable totale (contre 2% en France). Conséquence : l’importation augmente, elle aussi. Or, pour un grand nombre de consommateurs adeptes du bio, les produits importés dégagent un fort parfum de kérosène et donc d’émission de gaz à effet de serre. Ce que n’ont pas manqué de souligner les acteurs du secteur. « Les distributeurs et producteurs bios découvrent la thématique de la neutralité carbone,  alors que l’on aurait pu s’attendre à ce qu’elle aille de soi dans ce secteur », Lire la suite

L’agriculture bio est-elle prête à sortir de terre ?

eco-life.fr, Anne de Malleray, le 4 mai 2009

L’agriculture bio est-elle prête à sortir de terre ?

La France compte seulement 2% de surface cultivées bio et, face à un marché en pleine expansion, importe près de 50% de sa consommation. Ce retard nous place au 21e rang européen mais les projets de conversion se multiplient Le secteur agricole français est souvent stigmatisé pour ses mauvaises performances en agriculture biologique et son recours aux pesticides dont nous sommes les premiers utilisateurs en Europe. Néanmoins les défenseurs de la filière bio sont optimistes. « Le marché du bio est en hausse de près de 10% en 2008« , souligne Vincent Perrot, délégué général de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique. « Les chiffres officiels seront publiés mi-mai, mais on voit que les surfaces augmentent partout par rapport à l’année dernière ».

Dans la Région Centre par exemple, 17e sur 22 régions pour sa superficie en bio, 100 demandes d’aide à la conversion ont été déposées auprès de la Préfecture cette année. Le nombre d’exploitations bio passerait de 400 à 500 pour une surface bio multipliée par deux, de 2 000 à 4 000 hectares.

On doit cet engouement au déplafonnement des aides octroyées par le ministère de l’Agriculture en janvier 2009. « Jusque là, les aides à la conversion au bio étaient plafonnées à 7600 euros par hectare et par an, soit 38 hectares aidés pour les grandes cultures, ce qui n’était guère incitatif« , souligne Frédric Laloy, chargé de mission sur l’agriculture biologique à la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF). « Le passage au bio, qui concernait principalement les vignobles et le maraîchage, commence à intéresser les grandes exploitations céréalières« . Pour atteindre l’objectif de 6% des surfaces en 2012 fixé par le Grenelle de l’environnement, il fallait convaincre ce type d’exploitation. « La hausse ne concerne pas seulement le Centre, on constate le même effet de levier beaucoup de régions », souligne Frédric Laloy.

– « Si les aides ne sont pas suffisamment incitatives, les agriculteurs ne s’y mettront pas » –

L’engouement est tel que les enveloppes allouées à la conversion, gérées sur le plan régional, ne sont pas assez épaisses. « Nous craignons un replafonnement des aides à cause d’une demande trop élevée« , s’inquiète Vincent Perrot. A raison, puisque la Région Centre, devant l’affluence des dossiers, a décidé de limiter le montant des aides à 20 000 euros par exploitation. Mieux que les 7 600 euros offerts auparavant, mais peut-être pas suffisant pour convaincre les agriculteurs demandeurs d’aller au bout de leur démarche.

Le passage au bio n’est pas une sinécure. »Pendant deux ans, Lire la suite

Le collectif CAP’Eau pour « une nouvelle politique de l’eau en Adour-Garonne »

lejpb.com, Sébastien Vaïsse, le 12 mai 2009

Le collectif CAP’Eau pour « une nouvelle politique de l’eau en Adour-Garonne »

Hier matin, la question sensible de la gestion de l’eau était au coeur du débat à l’occasion de la conférence de presse du collectif CAP’Eau, qui regroupe une cinquantaine d’associations et fédérations du bassin Adour Garonne. Un collectif dont la première initiative est de «sensibiliser l’opinion publique et les élus sur l’urgence à mettre en oeuvre une nouvelle politique de l’eau». Une urgence d’autant plus significative que «la situation du bassin Adour-Garonne en matière de préservation et de reconquête de la qualité des eaux et des milieux aquatiques est alarmante».

À noter que ce travail mené par le collectif CAP’Eau, se résume via «un kit de 13 fiches» rentre dans le cadre de la révision du SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) et souligne «qu’une nouvelle politique de l’eau est nécessaire et possible afin de se donner les moyens d’atteindre les objectifs affichés par la Directive Cadre sur l’eau en Adour-Garonne».

Objectif 2015 : pas atteint ?

Concrètement, si la DCE (Directive Cadre Européenne de 2000) et sa transcription sur le territoire français (Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006) ont fixé des objectifs écologiques ambitieux en matière de qualité des eaux d’ici 2015, force est de constater qu’on sait dès aujourd’hui «que le bon état des eaux risque de pas être atteint en 2015, alors que cet objectif ne concerne que 60 % des masses d’eau sur le bassin Adour-Garonne» explique Julien Iladoy du syndicat ELB, «le reste étant reporté à 2 021 et 2 027».

Un constat plutôt négatif qui s’explique notamment par l’absurdité de la politique actuelle : «on pollue, puis on traite pour répondre à des normes sanitaires. Il faut désormais sortir de cette situation, adopter une démarche ambitieuse de prévention» explique-t-on du côté du collectif.

L’eau «sous pression»

Pourtant, la pollution des eaux du territoire Adour-Garonne est une réalité. Des «écosystèmes montagnards fortement perturbés» aux «eaux souterraines et aux rivières durablement polluées par les pesticides et les nitrates, entraînant par la même occasion Lire la suite

Terre de liens sauve les terres paysannes

eco-life.fr, Anne de Malleray, le 11 mai 2009

Terre de liens sauve les terres paysannes

Pour lutter contre la spéculation foncière et conserver un patrimoine agricole en perdition, l’association Terre de liens rachète des exploitations qu’elle loue uniquement à de petits exploitants. Alors que la France perd 66 000 hectares de terres agricoles chaque année, près de 5 000 demandes d’agriculteurs qui cherchent des terrains ne sont pas satisfaites. Ce paradoxe repose en grande partie sur la spéculation foncière. Les terrains sont vendus au plus offrant, lequel est rarement un petit agriculteur. Pour lutter contre ce phénomène, l’association Terre de liens rachète des exploitations qu’elle « stocke », selon les mots de Jérôme Deconinck, son président, pour les retirer du marché. Elle les loue ensuite, en favorisant l’installation d’exploitants en agriculture biologique.

Le modèle de Terre de liens repose sur l’épargne solidaire et le don. La foncière Terre de liens délivre des actions, qui ne donnent droit à aucun dividende mais à des réductions d’impôts. La fondation, créée en 2007, recueille des dons financiers et de terrains. Depuis sa création en 2003, l’association a acquis 14 fermes, sur 340 hectares. Avalisée par l’Autorité des Marchés Financiers l’année dernière, elle a pu lancer un appel public à l’épargne qui lui a rapporté 3 millions d’euros et 2 200 actionnaires. Grâce à ce nouveau souffle, de nombreux projets d’achat sont en cours d’instruction, pour une surface de 450 hectares.

– Remettre en question le sacro-saint concept de propriété privée –

Un sillon minuscule en comparaison de l’ensemble des transactions ? « Notre but n’est pas de racheter la moitié de la France« , souligne Séverine Grosjean, chargée de communication pour l’association. « Nous voulons sensibiliser à la question de la disparition des petites exploitations« . Terre de liens est aujourd’hui la seule association à préserver de cette façon le patrimoine agricole. Si l’acquisition collective de terres est déjà une solution adoptée par des agriculteurs qui se regroupent en Groupement foncier agricole (GFA) ou Société civile immobilière (SCI), la cohésion de ces projets est fragile et dépend de la fidélité de chaque acquéreur.

Il existe également un organisme public, la Safer, Société d’aménagement foncier et d’établissement rural, établie dans chaque région, qui aurait le pouvoir de réguler le marché. Elle possède en effet un droit de préemption sur la vente des terres agricoles mais dans la pratique, elle accorde en général la vente au plus offrant. « Notre but est aussi de préserver les terres paysannes, mais si nous jouons systématiquement le rôle de gendarme, nous nous excluons du marché« , justifie Hervé Traver, porte-parole de la Safer. « Le problème nous dépasse. Nous ne pouvons pas lutter contre la perte de rentabilité économique des petites exploitations agricoles. Il faudrait, en amont, des mesures qui les protègent« .

Remettre en question le sacro-saint concept de propriété privée n’est pas évident, mais l’idée de favoriser Lire la suite

AMAP d’Agen : Du beurre dans les épinards et du bio dans l’assiette

sudouest.com, Valérie Deymes, le 11 Mai 2009

AMAP. Une association pour le maintien de l’agriculture paysanne est née. Explications

Du beurre dans les épinards et du bio dans l’assiette

Tous les vendredis, en fin d’après-midi, sur le parking de Biocoop, s’opère un étrange manège : des hommes et des femmes s’approchent d’une table remplie de sacs débordant de verdure et repartent les bras chargés. Ce « manège » est tout ce qui a de plus légal. Il s’agit du rendez-vous hebdomadaire des 23 familles adhérentes de la toute jeune Amap d’Agen. Pour les non initiés, l’Amap, littéralement « Association pour le maintien d’une agriculture paysanne » est certes une petite organisation de consommateurs désireuse de balayer la malbouffe d’un revers de main mais aussi un groupe animé d’une même philosophie de vie et de pensée. « Notre objectif est de promouvoir et soutenir l’agriculture paysanne locale de qualité », explique Julien Delange porte-parole de cette Amap.

Reste maintenant à comprendre comment. L’aventure a débuté, l’an passé. « L’association Au fil des Séounes, avait fait, dans le cadre de la Semaine du développement durable, la promotion des paniers commandés directement au producteur. Cette initiative a intéressé plusieurs familles. Le principe de l’Amap, c’est de trouver un producteur près de notre commune de domicile. Nous nous entendons avec lui pour une livraison hebdomadaire de paniers soit au prix de 7,50  soit à 15 euros. L’agriculteur choisit ce qu’il met dans le panier, en fonction de sa production saisonnière. Nous payons d’avance sur une durée de six mois, ce qui lui permet d’avoir une trésorerie. Pour nous, consommateurs, on évite les intermédiaires et le prix du bio est plus intéressant », poursuit Julien qui, avec les autres familles s’est renseigné auprès du Civam Agrobio pour trouver un maraîcher bio dans l’Agenais. « Nous avons pris ainsi contact avec la famille Gélade sur Colayrac-Saint-Cirq. Un couple d’agriculteurs qui veut passer la main à leurs filles, des jumelles de 23 ans. Les Amap s’intéressent souvent à des situations de reprise d’exploitations ou de conversion en agriculture bio, car elles viennent alors en soutien, avec leurs moyens… »

« Solidarité sociale »

Toutes les semaines, la famille Gelade prépare les produits qui seront acheminés par ses soins en palettes jusqu’au parking de Biocoop. « Le contenu des paniers est lissé sur l’année. Il y a bien évidemment des saisons où ils sont plus garnis que d’autres et tout dépend aussi des aléas climatiques. Le consommateur joue le jeu et est averti. Après l’association s’organise pour la distribution. Chacun des membres Lire la suite

13 au 17 mai : Cinq jours très nature en Aquitaine

sudouest.com, Jean-louis Hugon, le 11 Mai 2009

FÊTE DE LA NATURE. Du 13 au 17 mai, la Région propose de découvrir ou redécouvrir des sites naturels locaux

Cinq jours très nature en Aquitaine

Du 13 au 17 mai, l’Aquitaine fête la nature à travers un ensemble de manifestations mettant à l’honneur le caractère exceptionnel de la région. Pour la deuxième année, le Conseil régional et les conservateurs des espaces remarquables du réseau Aquitaine nature invitent à la découverte de plus de 30 sites naturels. Visites guidées, parcours d’initiation ou d’observation, contes, ateliers pour enfants, projections de films, tous prétextes à redécouvrir une faune et une flore emblématiques, des écosystèmes fragiles, un patrimoine géologique insoupçonné. « Tout ceci est le point d’orgue de l’action que nous menons dans l’année, explique Philippe Dorthe, vice-président du Conseil régional en charge du tourisme et du patrimoine. Avec les gestionnaires de ces 78 sites couvrant 16 000 hectares, nous avons noué des partenariats leur permettant de travailler toute l’année. Ces journées ne seront qu’un effet de loupe sur tout ce qui est fait durant douze mois. »

Neuf sites landais à visiter

Pour les Landes, l’effort est porté sur neuf sites naturels : la réserve nationale d’Arjuzanx, les barthes de l’Adour (Pontonx, Saint-Étienne-d’Orthe, Saint-Martin-de-Seignanx), la réserve du Marais d’Orx, la réserve du Courant d’Huchet, les saligues de l’Adour (Bordères-et-Lamensans, Cazères, Renung), la lagune de la Tapy (Vert), l’écomusée de Marquèze, l’étang de la Maillouèyre (Mimizan), la réserve de l’étang Noir (Seignosse). On y ajoutera les coteaux secs de Cagnotte, où l’on peut observer des orchidées sauvages.

À découvrir, parmi les balades naturalistes, Lire la suite

Soule : La LPO reste au col d’Organbidexka

sudouest.com, Marcel Bedaxagar, le 11 Mai 2009

COLS DE CHASSE. Les ornithologues de la LPO restent au col d’Organbidexka, en Soule

Enchères en hausse

Plus de 200 000 euros pour les cols, 15 000 euros pour les palombières : la Commission syndicale de Soule s’en est plutôt bien sortie, hier matin, à Tardets, pour les adjudications triennales de ses cabanes et cols de chasse.

Le syndic Pepela Mirande ne cachait pas sa satisfaction : « C’est surprenant par rapport à ce contexte de crise, mais la palombe a repris les couloirs de migration d’Iraty », commentait-il à l’issue de ces enchères. « La tempête Klaus nous a peut-être un peu aidés, car il se peut que des chasseurs des Landes aient intégré des équipes qui louent ces cols », pensait-il.

Organbidexka pour la LPO

Organisées aux enchères descendantes, ces adjudications des cols de chasse ont en effet réservé quelques surprises. La première est arrivée du col d’Organbidexka, lorsqu’un inconnu a levé la main dès que la mise à prix a été annoncée. Un chasseur qui ne voulait plus y voir d’écologistes, a-t-on pensé alors. Mais dès que l’enchérisseur est venu signer les documents appropriés, le doute a été levé.

« LPO, Ligue pour la protection des oiseaux », a annoncé Olivier Le Gall, président de cette LPO en Aquitaine. En acquérant ce col à 23 000 euros, l’homme n’a pas voulu prendre de risques. « Il y a trente ans qu’il y a un suivi naturaliste à Organbidexka et nous avons des données d’une valeur inestimable. La LPO reprend les activités d’observation des oiseaux initiées par Organbidexka col libre. Le ministère de l’Environnement ne nous a plus accordé de subvention pour cette location, nous avons donc pris nos responsabilités. » La LPO va poursuivre son programme dans son poste privilégié, en fournissant des données à l’Observatoire régional de la migration des oiseaux (Ormo). « Nous allons oeuvrer pour le développement de ce site », a annoncé Olivier Le Gall.

« C’est positif pour la Commission syndicale et pour la fréquentation du site », commentait le syndic, tout heureux de ce dénouement.

Les mêmes postes

Pour le reste, la plupart des grands cols de chasse situés sur les crêtes d’Iraty ou près du pic des Escaliers ont trouvé preneur. Lire la suite

Gironde : Journées des Moulins les 16 et 17 mai

Les Journées des Moulins et du Patrimoine Meulier d’Europe  se tiendront les 16 et 17 mai 2009 dans toute la France et en particulier en Gironde.

L’Association Girondine des Amis des Moulins (AGAM), affiliée à la Fédération Des Moulins de France, organisatrice de ces Journées dans notre département, vous invite à visiter les sites ouverts au grand public.au cours de balades, de randonnées, de sorties familiales.
Le 17 mai, à 11h00, le Président du Comité Départemental du Tourisme se rendra sur le site du Moulin du Grand Puy à Lansac pour présenter les deux dernières parutions du CDT : « Carnets de voyages » dont 4 pages sont consacrées aux Moulins de Gironde et le dernier numéro de « Mémoire de Pierres » dont le thème est « les Moulins à vent de Gironde ».

Si le les Moulins ont fortement marqué le Patrimoine industriel, ils sont aujourd’hui des objets patrimoniaux essentiels dans le développement du Tourisme culturel et l’énergie hydraulique et éolienne redevient un sujet d’intérêt dans le cadre des énergies renouvelables.

Plus d’infos : Lire la suite

Non au capitalisme vert : Marketing, commerce et hyperconsommation

actionconsommation.org, Véronique Gallais, mai 2009

Non au capitalisme vert : Marketing, commerce et hyperconsommation

Article publié dans « Non au capitalisme vert » (ouvrage collectif), Parangon, 2009

Tandis que la montagne du « Grenelle de l’environnement » a accouché d’une souris et que les lois et projets contraires même aux principes affichés du « Grenelle » se multiplient, rien n’a guère changé dans les comportements au royaume du marketing et de la consommation.

La « fabrication » du consommateur

Au tournant du 20ème siècle, l’industrialisation de la production et la mise en place d’infrastructures et de réseaux de transport et de communication – résultant du développement considérable des techniques – ouvraient la voie à la croissance des entreprises et à la distribution de masse, en s’appuyant sur l’émergence et l’essor du marketing. Cette « science de la commercialisation » devait rendre possible la planification de la production et de la distribution de masse ainsi que l’extension des débouchés commerciaux, par la maîtrise de techniques de communication vers l’acheteur final, le « consommateur ». La croissance de la demande, leur part de ce marché et le profit à réaliser devenaient l’enjeu central pour chacun des acteurs – producteurs et intermédiaires, financiers et gestionnaires – dans une incessante lutte de pouvoir et d’influence, qui allait entraîner la formation des oligopoles de production et de distribution que nous connaissons aujourd’hui, ainsi que l’irrigation de la « philosophie » marketing dans toute la société.

Aujourd’hui, ces mécanismes se combinent avec les grands moteurs de transformation du capitalisme : les NTIC – qui bouleversent en profondeur les entreprises, la société et l’économie – et le processus de globalisation financière, porté par des choix politiques d’idéologie néolibérale soumis au diktat d’une concurrence « libre et non faussée ». Les exigences de taux de rentabilité poussent les firmes à une course productiviste et le marketing reste au cœur des enjeux de la stratégie d’entreprise : sa réputation et celle de ses marques sont cruciales pour le chiffre d’affaires et la rentabilité de l’activité. Il faut donc séduire, et séduire toujours. En effet, le productivisme ne peut exister qu’en interaction avec le consommationnisme, comme comportement individuel et comme mode de pensée.

Si les coopératives de consommation, créées par le mouvement ouvrier au début du 19ème siècle, ont existé comme mode de résistance à l’essor du capitalisme industriel, et comme levier de transformation sociale, le mouvement consumériste – comme réponse plus récente au pouvoir des entreprises – s’est développé dans le contexte de la croissance et de la consommation de masse au 20ème siècle. Il a accompagné des changements sociétaux majeurs, notamment l’installation du consommationnisme et de l’utilitarisme comme principes de vie, en parfaite adéquation avec les politiques libérales : le système de production et de consommation de masse est devenu lieu central des valeurs et de la structure sociale.

Marketing opportuniste et hyperconsommation

En réaction à la dégradation de nos espaces de vie et au creusement des inégalités au niveau mondial – largement dus aux modes de production, de distribution et de consommation occidentaux – de nombreuses pratiques alternatives émergent aujourd’hui. Un certain nombre d’entre elles s’attachent à recomposer radicalement les rapports entre la production et la consommation, en produisant de nouvelles valeurs. Mais l’on voit également et massivement se développer, avec la montée des exigences de la société envers les firmes, un nouveau champ de marketing et de communication : celui du « marketing sociétal », Lire la suite

Il faut que la France adopte le « capitalisme naturel »

lemonde.fr, Amory Lovins et Lionel Bony, le 9 mai 2009

Il faut que la France adopte le « capitalisme naturel »

La prochaine révolution industrielle devra gérer la rareté de l’écosystème

La crise économique actuelle montre les limites d’une approche centrée sur les gains financiers à court terme au détriment de la prospérité à long terme. Le capitalisme traditionnel n’attribue de valeur qu’à deux sortes de capital, l’argent et les biens produits, mais ignore la valeur de deux autres formes de capital, les hommes et la nature. Or utiliser et faire fructifier les quatre types de capital (l’argent, les biens produits, les hommes et la nature) permet aux entreprises de gagner plus d’argent tout en contribuant au bien-être général, présent et futur.

Ce changement d’approche peut passer par l’adoption du « capitalisme naturel » (Natural Capitalism), un concept proposé il y a dix ans par Hunter Lovins, Paul Hawken et l’auteur de ces lignes. La transition vers le capitalisme naturel implique quatre mutations dans nos pratiques industrielles et commerciales :

1. Une augmentation drastique de la productivité des ressources naturelles : réduire le gaspillage qui caractérise les flux de matières premières, depuis leur extraction ou leur récolte jusqu’à la fin de vie des biens de consommation représente une opportunité économique importante. Les entreprises qui repensent fondamentalement la manière dont elles conçoivent leur système d’approvisionnement et leur modèle de production peuvent améliorer la productivité des ressources naturelles qu’elles utilisent 5, 10, voire 100 fois, par rapport à leurs concurrents.

Un projet récent du Rocky Mountain Institute pour une entreprise gérant des centres de données illustre cette idée. Le nouveau centre de données que nous avons conçu consomme 75 % d’électricité en moins, coûte 10 % de moins à construire et bien sûr beaucoup moins en fonctionnement ; il générera plus de revenus par serveur et par unité de surface qu’un centre de données classique. Inauguré en septembre prochain, ce centre permettra à l’entreprise de répondre à la demande de ses clients de manière plus rentable ; il lui servira de modèle pour la rénovation de ses centres existants ; il lui permettra de réduire son empreinte carbone.

2. Une transition vers des modèles de production inspirés par la nature : le capitalisme naturel ne vise pas simplement à réduire les déchets, il propose d’éliminer la notion même de déchets. Cette ambition peut être réalisée par la mise en place des systèmes de production « circulaires », calqués sur ce qui se fait dans la nature, où tout produit en fin de vie devient un élément nutritif pour l’écosystème, ou pour la fabrication d’un autre produit.

Un bon exemple de ce concept est celui de Patagonia, un des leaders des vêtements de montagne aux Etats-Unis. En 2005, la société a lancé en collaboration avec Teijin, un fabricant japonais de tissus et fibres, un programme qui Lire la suite

Comment modifier en profondeur nos comportements ?

ecoloinfo.com, Brendan, le 30 avril 2009

Des girouettes aux panneaux indicateurs : comment modifier en profondeur nos comportements ?

Au niveau mondial, les 7% les plus riches sont responsables de 50% des émissions de CO2 tandis que la part d’émissions des 50% les plus pauvres n’est que de 7%. Fred Pearce, auteur et journaliste sur les questions d’environnement, s’est appuyé sur ces données du Princeton Environment Institute pour argumenter que le problème de l’empreinte écologique de l’humanité n’était pas tant le problème de surpopulation, mais surtout le problème de la surconsommation. Et qu’à moins de continuer à faire l’autruche et à sa voiler la face, il est absolument nécessaire de s’attaquer à la surconsommation en adoptant et en faisant la promotion de modes de vie plus sobres.

Fred Pearce

Actuellement, les stratégies visant à faire adopter des comportements éco-responsables sont basées sur des techniques du marketing. Le message est calibré pour correspondre aux valeurs dominantes caractéristiques des différents publics cibles. Les particuliers sont ainsi encouragés à changer de comportement pour des raisons de statut social ou d’intérêt financier plutôt que de bénéfice environnemental.

L’échec de l’approche marketing

Un rapport du WWF de Grande Bretagne publié en avril 2008 (Weathercocks and Signposts: The Environment Movement at a Crossroads, “Girouettes et panneaux indicateurs: le mouvement environnemental à un carrefour”) indique que de telles approches peuvent retarder, voire même saper, les tentatives visant à entrainer des changements de comportement beaucoup plus ambitieux. L’importance actuellement portée aux petits gestes simples et faciles peut en effet détourner des comportements nécessaires pour réellement s’attaquer aux crises écologiques et économiques (climat, énergie, eau, biodiversité, etc.).

Pire, l’intérêt marqué pour la consommation verte détourne l’attention des problèmes fondamentaux inhérents au consumérisme. L’échelle des enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés demande pourtant un engagement systémique avec ce problème comme l’a démontré Fred Pearce.

Les schémas de consommation alternatifs (auto-partage, AMAP, etc.) sont importants mais ne peuvent pas être disséminés largement sans d’abord s’attaquer aux motivations portant à la consommation. En effet, l’alter-consommation ne pourra pas présenter de bénéfice environnemental global tant que l’argent potentiellement économisé en consommant mieux sera réinvesti dans d’autres dépenses énergétiques.

C’est la raison pour laquelle les raisons qui mènent à l’adoption de nouveaux comportements ont des implications très importantes pour l’obtention de réelles diminutions des consommations d’énergie et pour la persistence de ces comportements dans le temps. Une personne Lire la suite

Bordeaux : Journée internationale du commerce équitable

sudouest.com, Patrick Faure, le 11 Mai 2009

PLACE DU PARLEMENT. En même temps que des dégustations, une réflexion sur la production agricole était proposée samedi

Équitable et nourrissant

L’association bordelaise ACESA (Agir pour un commerce équitable et solidaire en Aquitaine) avait mis sur pied samedi, place du Parlement, une animation consacrée au commerce équitable, une notion relativement nouvelle dans le milieu environnementaliste. Celle-ci relève à la fois de la protection de l’environnement et de la qualité des produits (artisanaux et bio) où la « main de l’homme » reste le principal outil. Il s’agit aussi d’une démarche économique destinée à ce que chaque producteur respectant la nature et la qualité du produit puisse en vivre. Enfin, il y va de l’aménagement du territoire, régional ou mondial, liée au principe de faire vivre sa terre.

Chorale « pop »

« Chaque année depuis la création de l’association en 2004, nous organisons un événement dans ce cadre, explique Vanessa Escaiche, animatrice de l’ACESA, et aujourd’hui, c’est la Journée internationale du commerce équitable. L’an dernier, nous avions fait la même chose aux Capucins ».

Plusieurs tables étaient ainsi dressées pour une dégustation gratuite de produits biologiques ou « équitables », et le public a répondu.

« Nous poursuivrons ce type d’actions jusqu’au 16 mai, avec différents membres de notre association, ainsi que chez des partenaires, » ajoute Vanessa Escaiche. Samedi matin, Lire la suite

Graves de Bordeaux : Les vignes à cheval

sud-ouest.com, Axelle Maquin-Roy, le 11 Mai 2009

CHÂTEAU MÉJEAN À AYGUEMORTE-LES-GRAVES. Bruno Géraud veut ainsi se démarquer et améliorer la qualité de ses vins

Les vignes à cheval

Bruno Géraud n’est pas un propriétaire viticole comme les autres. Issu du milieu du commerce, l’entrepreneur, passionné de tout ce qui a trait à la terre, s’est affranchi des codes surannés et ne se laisse guider que par une ambition : faire de Méjean un graves de grande qualité. Une exigence déjà saluée par nombre de critiques. Aussi n’a-t-il de cesse d’innover depuis qu’il est à la tête de cette propriété d’Ayguemorte-les-Graves, soit une dizaine d’années.

Dernière lubie en date, diront les plus sceptiques, travailler à cheval les 6,5 hectares de ses vignes et les 4,5 autres hectares dont il a le fermage au château de La Brède. Déjà propriétaire de deux juments comtoises, Bruno Géraud cherchait l’homme pour les guider dans ce travail un peu particulier. « Mais dans le coin, il n’y en avait pas. »

Maillon essentiel de la chaîne

Le hasard a voulu qu’un Bourguignon, en quête de nouveaux horizons viticoles, offre ses services à de grandes propriétés bordelaises. Mais pas au Château Méjean qui, malgré tout, parvint à entrer en contact avec cet ouvrier agricole.

Depuis une dizaine de jours, Erik Martin s’est donc installé à la propriété. Lui, le Bourguignon et travailleur indépendant, est désormais salarié de l’exploitation. Un plus à l’entendre, alors qu’il veut « travailler en collaboration pour l’élaboration encore meilleure d’un vin ».

Car, aussi particulier que soit son travail, Erik revendique d’être un maillon essentiel de la chaîne de production d’un vin. Avec ses trois juments, deux Percheronnes et une Ardennaise, son rôle ne saurait se réduire à biner ou cavaillonner les rangs de vignes, avec des outils des années 1950 attelés à ses puissantes montures. Son regard et son expertise de la vigne sont une chance.

« La mécanisation tasse davantage les sols et les appauvrit », a constaté Erik. En travaillant avec des chevaux de trait, « on apporte une meilleure régénération des sols et donc on peut réduire l’apport en engrais ». Un travail sur l’enracinement des pieds, préalable à un développement de parties aériennes de la plante. Cette approche écologique, si elle fut sa motivation première il y a dix ans, a depuis fait montre d’une grande efficacité. Au point que nombre de propriétés prestigieuses de Bourgogne, du Beaujolais ou encore de Tain-l’Hermitage ont fait appel à ses services.

Respect de la vigne

Autre avantage de la traction animale Lire la suite

Amap de Mérignac : Tous à vos paniers

sud-ouest.com, Delphine Lacour, le 9 Mai 2009

Tous à vos paniers

AMAP. L’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne de la commune compte 80 adhérents après deux mois d’activité

Le domaine de Fantaisie s’était transformé, mardi soir, en ruche bourdonnante d’Amapiens munis de leur bulletin d’inscription, pour recevoir leur premier panier de légumes frais. Créée le 13 mars dernier, l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) pousse à une vitesse grand V sur le territoire de Mérignac : 80 familles en font déjà partie, moyennant une adhésion de 10 euros/an et dix membres bénévoles la font vivre.

Une Amap est composée de consommateurs qui deviennent partenaires d’une ferme. Un engagement contractuel permet au producteur d’assurer à l’avance la commercialisation de sa production et au consommateur d’obtenir un panier des produits de la ferme.

« Le principe d’une Amap est de soutenir une agriculture paysanne, locale de préférence, et, comme dans notre cas, maintenir une agriculture en milieu urbain. Nous nous chargeons alors de chercher un producteur répondant aux critères bio ou assimilés (pas d’utilisation de pesticides) en visitant ses installations, puis nous mettons en relation ces producteurs avec nos adhérents », explique Valérie Toulet, de l’Amap Mérignac.

Des récoltes du jour

Aurore Sournac, maraîchère à Eysines a ainsi retenu l’attention des Amapiens mérignacais. Elle signait mardi soir les contrats avec les adhérents et leur fournira, dès le 30 juin, toutes les semaines, 53 paniers de légumes frais de saison, récoltés le matin même.

« Le panier est composé de légumes variés comme du Lire la suite

Faune et flore à Arveyres le 17 mai avec Cistude nature

sud-ouest.com, Isabelle Leparoux, le 9 Mai 2009 ARVEYRES.

Cistude Nature part à la découverte de la Ferme des Rouquettes. Rendez-vous le 17 mai

La faune et la flore à la loupe avec Cistude nature

Le site de la Ferme des Rouquettes se trouve dans la basse vallée de la Dordogne. L’association Cistude nature le fait découvrir au grand public, via des promenades. Cette zone bocagère présente un intérêt particulier, puisqu’elle est composée de plusieurs milieux plus ou moins humides. De plus, elle est parcourue par un important réseau hydrographique. Plantes et amphibiens Des espèces peu communes de plantes sont donc présentes comme l’orchis à feuilles lâches ou la renoncule à feuilles de céleri. Avec l’arrivée du printemps, de nombreux amphibiens profitent du redoux pour débuter leur période de reproduction. Malgré la présence d’espèces exotiques envahissantes (grenouille taureau, écrevisse de Louisiane), quelques espèces se rassemblent dans les prairies humides et les fossés. Grenouille verte, rainette méridionale, pélodyte ponctué, crapaud commun et crapaud calamite se retrouvent pour un concert de chant nocturne. Les premiers rayons de soleil profitent aussi aux reptiles. Le lézard des murailles et le lézard vert se chauffent sur les pierres ainsi que certains serpents. La couleuvre verte et jaune est bien présente, et il est aussi possible d’observer, dans les fossés inondés, une couleuvre à collier ou une couleuvre vipérine en quête de grenouilles ou de têtards.

Prochain rendez-vous Lire la suite

Déplacements, crise, Jancovici, vélo électrique…

sud-ouest.com,  Bernard Broustet, le 9 Mai 2009

Alors que les réseaux de transport des grandes villes sont de plus en plus utilisés, les autoroutes sont moins fréquentées, et l’avion plonge

La crise chamboule nos déplacements

Entre 2005 et 2008, la fréquentation du tram à Bordeaux a grimpé de 31, 3 %.

Il serait prématuré d’affirmer que nous sommes devenus moins mobiles. Mais les effets successifs de la hausse des carburants et de la crise ont infléchi le rythme et la nature de nos déplacements. Tandis que les transports collectifs ne cessaient de gagner du terrain dans les grandes villes, la circulation automobile marquait le pas. Quant au transport aérien, qui avait paradoxalement à peu près résisté à l’explosion du prix du kérosène, il est aujourd’hui en déroute. Ces évolutions, auxquelles la hantise du réchauffement planétaire n’est peut-être pas totalement étrangère, appellent les commentaires suivants.

1) Un vrai trou d’air pour l’avion

Le transport aérien, dont la croissance mondiale atteignait bon an mal an un rythme de 5 %, connaît depuis la fin de l’année dernière une véritable glaciation. Les chiffres de l’Iata, association internationale regroupant la plupart des compagnies aériennes à l’exception des low-cost, sont sans équivoque. Au premier trimestre 2009, les revenus du trafic international ont ainsi baissé de plus de 9 % par rapport à 2008.

Amorcée en septembre, cette dégringolade s’est ensuite quasiment aggravée de mois en mois. Elle s’explique sans doute pour l’essentiel par l’énorme coup de frein qui frappe les voyages d’affaires. Obsédées par la crainte de gaspiller leurs liquidités, les entreprises taillent à la hache dans ces dépenses. Le volume global des déplacements d’affaires est restreint, tandis que la part relative des billets de première et de classe affaires ne cesse de se réduire au profit des places arrière.

Dans la région comme ailleurs, tous les aéroports ne sont pas touchés au même point. En dépit de la déroute de l’économie britannique, et d’une mauvaise fin d’année 2008, Bergerac s’en sort plutôt pas mal, grâce au low-cost, qui représente la totalité de son activité, et qui, globalement, souffre plutôt moins que les compagnies traditionnelles. Biarritz-Parme, voué dans une large mesure au loisir, et partiellement au bas coût, a connu un mois de mars difficile, mais a fait, semble-t-il, mieux en avril.

À l’inverse, Pau, très dépendant des voyages d’affaires (Turbomeca, Total, etc.), recule de plus de 7 % depuis le début de l’année. À Bordeaux, le premier trimestre s’inscrit en baisse de 7,7 %, pénalisé entre autres par la désaffection pour la navette d’Orly (- 8 %), le désengagement partiel d’Air France sur les lignes à destination de la péninsule Ibérique, et la baisse des échanges avec Londres.

2) Vive le tram et le métro

Très minoritaires par rapport à la voiture, les transports en commun ne cessent cependant de gagner du terrain. Entre 2005 et 2008, leur fréquentation a connu une croissance à deux chiffres Lire la suite

Aux Etats-Unis, les religieux se convertissent à l’écologie

eco.rue89.com, Hélène Crié-Wiesner, Ecrivain, spécialisée en environnement, le 8 mai 2009 

Aux Etats-Unis, les religieux se convertissent à l’écologie

Des associations chrétiennes mènent campagne pour que le Congrès protège les plus pauvres face au réchauffement climatique.

 (De Raleigh, Caroline du Nord) Religieux et militaires américains viennent de sceller une union sacrée pour lutter contre les changements climatiques. Leur campagne de pub à la radio implore le Congrès d’adopter très vite une loi efficace, qui devra particulièrement protéger les pauvres contre les dégâts écologiques.

Après les ouvriers de l’acier au chômage appelant fort laïquement les élus à voter une loi limitant les émissions de gaz à effet de serre, les chrétiens s’impliquent à leur tour dans cette bataille écolo-législative. Avec des arguments un poil différents :

« A mesure que monte le niveau des mers et que les rivières s’assèchent, les créatures divines appellent au secours. Refuser d’entendre cet appel aurait de graves conséquences.

« Le changement climatique aura un impact terrible sur les pauvres. Il affectera notre sécurité nationale, notre prospérité économique, et l’avenir de nos enfants. Cependant, même si la partie semble mal engagée, la rédemption est toujours possible. »

Un pasteur super-star

Depuis mercredi, la célèbre voix chaude du Révérend Joel Hunter martèle ce message de 60 secondes sur le vaste réseau des radios chrétiennes de huit Etats du Sud, où l’électorat religieux a toujours été très fort : en Géorgie, en Floride, en Caroline du Nord, au Mississipi, en Alabama, en Louisiane, en Virginie et dans l’Ohio.

Joel Hunter, qui officie dans une mega-church de Floride, a été désigné par Obama (lequel est plutôt calme côté religion) comme « l’un de ses cinq pasteurs préférés ».

Hunter a beau être républicain (donc de droite), il présente l’avantage, aux yeux des démocrates, d’être un leader évangélique new-look : quelqu’un qui s’intéresse plus aux enjeux écologiques qu’aux traditionnels chevaux de bataille des groupes religieux, tels que Lire la suite

Festival Philisophia, Saint-Emilion, 30 et 31 mai, le « mondial » et l’universel »

festival-philosophia.com, mai 2009

Philosophia – 3ème édition les 30 et 31 mai 2009 à Saint-Émilion sur le thème du « mondial » et de « l’universel »

« Philosophia » est d’abord une « fête de la philosophie ». Pendant un long week-end, on y célèbre le plaisir d’apprendre et de comprendre. Le public peut assister à des conférences philosophiques, participer à des ateliers, à des expériences sensorielles, dans différents lieux emblématiques d’une prestigieuse cité viticole classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Simultanément, la ville sera animée par des débats, des interventions œnologiques et gastronomiques, des lectures publiques, des expositions, des spectacles…

Saint-Émilion fêtera en 2009 le dixième anniversaire de son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco au titre de l’architecture mais aussi du paysage. Cet anniversaire a éveillé en nous des nombreuses questions spontanées et intuitives. Un paysage mondial, quel paysage, quel monde ? Sommes-nous les acteurs malhabiles d’un monde qui nivelle et gomme inexorablement les identités et les différences ? Nos vins – et nos pensées – doivent-elles se ranger dans des flacons identiques, les yeux de nos enfants s’émouvoir aux mêmes spectacles ? A l’heure d’Internet et des échanges planétaires, comment la pensée philosophique appréhende-t-elle cette mondialisation galopante ? Pouvons-nous encore résister ? Après les deux premiers festivals consacrés respectivement aux thèmes des  » sens  » et du  » bonheur « , les notions de  » mondial  » et  » d’universel  » seront les points de départ de notre manifestation cette année.

SAMEDI 30 MAI

14h00 – 15h00

CARMEN ANóN FÉLIU, Paysagiste, professeur à l’Université Polytechnique de Madrid, membre et expert évaluateur du Comité du Patrimoine Mondial (UNESCO)

Patrimoine mondial, valeur universelle ?

L’UNESCO encourage l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel à travers le monde. Le patrimoine est l’héritage du passé que nous transmettons aux générations à venir. Ce qui rend exceptionnel le concept de patrimoine mondial est son application universelle : les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, quel que soit le territoire sur lequel ils sont situés.

Conférence parrainée par la Ville de Saint-Émilion – Spécial 10ème anniversaire classement UNESCO.
Cloître de la Collégiale

PIERRE-HENRI TAVOILLOT – Maître de conférences en philosophie à l’Université de Paris IV et chargé de cours à l’IEP, Président du Collège de Philosophie et membre du Conseil d’Analyse de la Société.

• Une leçon particulière sur l’universel : les lumières Impérialisme ou communautarisme ?

Universalisme ou différentialisme ? Entre deux maux lequel choisir ? Face à ce dilemme, Lire la suite

Appel à projet ANR : Changements Environnementaux Planétaires

agence-nationale-recherche.fr, appel à projet, mai 2009

Appel à projet ANR : Changements Environnementaux Planétaires (CEP)

Les changements environnementaux sont désormais perceptibles à l’échelle de la planète, d’où le terme « changements environnementaux planétaires » ou « changement global ». Un des enjeux majeurs de la recherche consiste à faire émerger une approche systémique, profondément multi- et trans-disciplinaire sur ce domaine, à l’interface des sciences humaines et sociales, des sciences de la vie et de la matière.

L’objectif de ce nouveau  programme est d’accélérer les recherches françaises ayant une approche intégrée de ces processus se développant à l’échelle de la planète mais générant des impacts d’ordres régionaux. Le programme visera à faire émerger des projets portant sur l’impact, la mitigation et/ou l’adaptation aux changements environnementaux planétaires.

Le programme est structuré en six axes :

Axe thématique 1 : Vulnérabilité et Adaptation des sociétés aux CEP

Axe thématique 2 : Aménagement des Territoires et Occupation Des Sols  dans le contexte des CEP

Axe thématique 3 : Rôle de la biodiversité sur le fonctionnement des écosystèmes dans le contexte des CEP

Axe thématique 4 : Ressources naturelles et sécurité alimentaire dans le contexte de CEP

Axe thématique 5 : Changements environnementaux planétaires et effets sur la santé

Axe thématique Transverse 6 : Outils et méthodes pour la science du système Terre

Date limite de soumission des dossiers Lire la suite

LaRevueDurable : Convergences de l’économie solidaire et de l’écologie

larevuedurable.com, communiqué, le 7 mai 2009

Notre numéro 33 consacré à l’économie solidaire vient de paraître !

Agenda des manifestations amies de LaRevueDurable – Suisse et France – mai et juin 2009

Le numéro 33 de LaRevueDurable consacré aux convergences de l’économie solidaire et de l’écologie vient tout juste de paraître !

Ce document exceptionnel explore les convergences entre économie solidaire et durabilité au travers d’une cinquantaine d’initiatives, en France et en Suisse, qui concernent l’agriculture, l’énergie, l’habitat, la mobilité et le commerce de proximité. Un dossier à ne pas rater ! Ci-joint la couverture, le sommaire général et le sommaire du dossier.

Si vous voulez vous procurer ce numéro, consultez notre site www.larevuedurable.com, rubrique « où nous trouver » pour localiser le point de vente le plus proche de chez vous, ou bien commandez-le sur notre site.

La RevueDurable est partenaire du week-end solidaire APRES VAUD à Pully (Vaud, Suisse)
Les 8 et 9 mai 2009, deux journées de rencontres et d’ateliers sur l’économie sociale et solidaire au Centre verte rive, à Pully, marqueront le lancement officiel de l’Association pour la promotion de l’économie sociale et solidaire Vaud (Après-Vaud). LaRevueDurable y aura un stand. APRES Vaud

Festival du développement durable, Genève, Suisse

La traditionnelle Fête du développement durable de Genève sur la plaine de Plainpalais n’est plus. Vive le Festival du développement durable ! Du 3 au 7 juin 2009, une multitude d’événements se répartiront sur l’ensemble du canton. Festival du Développement Durable

La Revue Durable fêtera la Terre et la musique à Lausanne, Suisse

Comme chaque année, LaRevueDurable sera présente au Festival de la Terre. Cela se passe du 15 au 21 juin à Lausanne. Festival de la Terre

Solar Event – Le Bourget, France

Solar Event est une manifestation internationale sur l’énergie solaire, programmée du 26 au 28 juin 2009, au bord du lac du Bourget, entre Chambéry et Aix-les-Bains. Ce rendez-vous Lire la suite

Bègles : Sur la piste de l’Agenda 21

sud-ouest.com, Gilles Guitton, le 7 Mai 2009

BÈGLES, PLAN CLIMAT ÉNERGIE. Seulement 250 Béglais ont répondu au questionnaire de la ville. Quelques pistes se dessinent malgré tout

Sur la piste de l’Agenda 21

La concertation des Béglais sur l’Agenda 21 et le plan climat énergie de la ville de Bègles, ouverte lors de la semaine du développement durable, se poursuivait hier soir dans le restaurant de l’ancienne friche Esso-rep, cours Victor-Hugo.

Il s’agissait cette fois de présenter à la soixantaine de citoyens présents (apparemment, c’est la dimension du noyau dur de ces débats), la synthèse des réponses des Béglais au questionnaire lancé alors, et des ateliers qui avaient ouvert la discussion le 8 avril.

Noël Mamère a pris le temps de parler global avant de penser local : « Nous sommes dans un siècle où les perspectives de catastrophes viennent du côté de la fracture entre le nord et le sud, et du changement climatique. Ce ne sont pas les riches qui paient d’abord le prix de ces catastrophes. Si nous ne voulons pas que les pays pauvres s’écroulent sous le poids des injustices, il faut se battre à Bègles aussi bien qu’à Stockholm ou Rawalpindi. »

Encore à faire

L’enquête portant sur Bègles et non sur la capitale du Penjab, ses résultats révèlent des questionnements assez quotidiens. « La synthèse présente les enjeux qui découlaient de l’enquête et des ateliers, mais rien n’est clos » a d’ailleurs souligné Clément Rossignol, l’élu en charge du dossier, rappelant que la concertation va se poursuivre.

Ce qui est d’autant plus prudent qu’avec 250 réponses au questionnaire, et 90 participants aux ateliers, il y a sans doute encore beaucoup à faire pour que les Béglais « s’emparent de l’agenda 21 et du plan climat », pour reprendre la formule du vice-président Vert de la CUB.

Les deux représentants des bureaux d’études chargés de cette synthèse ont donc joué du « camembert », sur écran, avec les réponses.

Preuve que l’air du temps n’inspire pas tout le monde, il s’est trouvé 6 % de sondés pour se dire « pas concernés » par l’agenda 21 et 7 % pour estimer « pas utiles » les espaces verts !

Sur le sujet de l’éclairage public, (le chantier de l’année en matière d’économie d’énergie à la mairie), l’idée de le supprimer en partie la nuit ne séduit pas ceux qui ont répondu. Mais une majorité juge Lire la suite

Van Jones rêve de convertir les Etats-Unis aux emplois verts

actu-environnement.com, Agnès Sinaï, le 6 mai 2009  

Van Jones rêve de convertir les Etats-Unis aux emplois verts

Conseiller spécial du président Obama, activiste et auteur d’un best seller sur les emplois verts, Van Jones prône la justice environnementale et la fin d’un éco-apartheid qui a permis à l’économie de prospérer sur la destruction de l’environnement.

Reportage à Richmond, en Californie – 2e volet

Quand il évoque un éco-apartheid, Van Jones sait de quoi il parle. Avant de rejoindre l’équipe du président Obama, il vivait à Oakland, une banlieue de San Francisco voisine de Richmond, ville ouvrière sévèrement polluée par une raffinerie pétrolière et affectée d’un fort taux de chômage. Van Jones s’est d’abord mobilisé localement, en créant Green for All, une association de soutien à la création d’emplois verts et sociaux. Son activisme et son charisme l’ont fait remarquer, et le voici invité par le président Barack Obama en personne comme conseiller à la présidence. Son succès auprès du public américain, sa capacité à remuer les consciences le classe parmi les personnalités les plus en vue aux Etats-Unis, héros de l’environnement par le magazine Time en 2008. Dans son livre à succès, The Green Collar Economy1 (L’économie des cols verts), Jones annonce la fin de l’âge du carbone, et le début de l’ère de l’énergie solaire. Il déduit sa lecture de l’histoire d’une série d’événements : la crise financière liée au surendettement de la société américaine et à la surconsommation l’ont fait réfléchir. Ce qui se passe est énorme, confie-t-il au magazine Oakland, cette horrible panne, où le prix des maisons chute, où l’endettement par cartes de crédit explose, c’est terrible. Mais cette panne va être aussi une opportunité. Nous allons devoir cesser d’édifier l’économie sur la destruction environnementale, et nous allons nous orienter vers la restauration de l’environnement comme un moyen de faire avancer l’économie. Et, comme le répète Jones, l’économie des cols verts devra être inclusive, elle devra impliquer les plus pauvres des pauvres, les minorités et les nouveaux chômeurs comme des forces vives capables de relancer la prospérité américaine.

Noirs, Blancs et… verts

A voir l’énergie qu’il déploie, on a peine à imaginer que Van Jones ait pu être confronté à des réticences à l’époque où il démarchait pour trouver un éditeur qui accepte de publier son livre. A San Francisco, lors de sa première signature, le livre ayant été finalement publié par HarperCollins, il confiait à son auditoire les réactions qu’il avait rencontrées : les Noirs n’achètent pas des livres verts, et les Blancs n’achètent pas des livres de Noirs. Ces éditeurs regrettent sans doute leurs propos hâtifs. Van Jones parcourt le pays de long en large et s’adresse à toutes les catégories de la population, des Slow Food aux congrégations religieuses. A Oakland, il a co-fondé le Centre Ella Baker pour les droits humains, qui a servi à faire passer deux dispositifs dans la législation de Californie à l’origine de la création d’un conseil pour les emplois verts et de programmes de formation aux technologies vertes.
Jones dirige aussi Green for All, qui, alliée à d’autres associations, a donné lieu à la loi pour les emplois verts et les infrastructures, Lire la suite

Enquêtes publiques : vers un relèvement du seuil de déclenchement

journaldelenvironnement.net, Victor Roux-Goeken, le 06 mai 2009

Enquêtes publiques : vers un relèvement du seuil de déclenchement

Le gouvernement veut relever le seuil financier de déclenchement des enquêtes publiques pour les projets ayant un impact sur l’environnement. Au détriment de l’information et de la participation du public, que le projet de loi «Grenelle I» prévoit pourtant d’améliorer. Et sur lesquelles la France fait l’objet d’un contentieux avec la Commission européenne.

Il est loin, le temps de la concertation à 5 dans «l’esprit du Grenelle». A l’occasion d’un point d’étape du plan de relance mardi 5 mai, le ministre chargé de sa mise en œuvre, Patrick Devedjian, a annoncé qu’il venait de «proposer à la consultation interministérielle un texte relevant les seuils de déclenchement obligatoire des enquêtes dites Bouchardeau». Le ministre s’y était engagé en janvier dernier lors des débats parlementaires sur le plan de relance. Le but est d’accélérer les travaux programmés par le plan de relance.

Les enquêtes publiques dites «Bouchardeau» sont imposées par la loi de 1983 relative à la démocratisation des enquêtes publiques et à la protection de l’environnement (1), qui porte le nom de l’ancienne ministre de l’environnement. Environ 15.000 enquêtes publiques sont organisées chaque année, dont 90% dites Bouchardeau. Elles concernent les projets qui peuvent avoir un impact important sur l’environnement comme les documents d’urbanisme (50%), les installations classées (20%), ou les projets liés à l’eau et à l’assainissement (20%) (2).
Selon le quotidien les Echos, le projet de texte –vraisemblablement un décret– prévoit de relever l’ensemble des seuils financiers déclenchant l’enquête publique en fonction de l’inflation. Le code de l’environnement (3) définit différents seuils et différents moyens de quantifier ces seuils, par type de travaux, pour déclencher une enquête publique. Ils sont exprimables en nombre de personnes, en longueur, en surface… Lorsque ce seuil est un montant financier, il atteint généralement 1,9 million d’euros. Le projet de texte relèverait donc le seuil de déclenchement des enquêtes publiques pour des travaux d’un coût d’environ 4 millions d’euros.

En relevant ce seuil, la France se tire plusieurs balles dans le pied. Non seulement, elle va à l’encontre de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information et à la justice en matière d’environnement. La France fait partie des 11 Etats membres faisant l’objet d’un contentieux avec la Commission européenne à propos de la directive prévoyant la participation du public, en application de la convention (4). En cause: l’application de seuils en deçà desquels il n’y a pas d’étude d’impact, d’où une moindre participation du public.

Ensuite, le projet de loi Grenelle I, Lire la suite

Clim’city sort le grand jeu

sud-ouest.com, Jean-Marie Vasquez,  le 5 Mai 2009

CLIMAT. L’organisme aquitain de vulgarisation scientifique Cap Sciences fait un tabac avec un jeu en ligne où chacun s’efforce de faire baisser le niveau des gaz à effet de serre

Clim’city sort le grand jeu

Plus fort que les Sims et leur succès planétaire ? Pas tout à fait mais pas loin. Clim’city, le jeu inventé par Cap Sciences, se taille un étonnant succès qui déborde largement les frontières. Au point qu’Américains, Espagnols, Roumains, Polonais et Grecs en attendent des versions nationales. Les pays anglophones seront servis les premiers avec une transcription anglaise en ligne dès le mois de mai, ce qui va à coup sûr booster le jeu dont la seule version francophone en est à près de 180 000 visites depuis le début de l’année et 500 000 référencements sur Google. « Le jeu génère aussi une centaine de blogs et de forums sur Internet et c’est grâce à ce « bouche-à-oreille » en ligne qu’il fait boule de neige », s’enthousiasme Éric Gorman, concepteur du projet à Cap Sciences.

Pas de catastrophisme

Clim’city s’inscrit dans le droit-fil des animations de Cap Sciences visant à sensibiliser le public des adolescents aux causes et aux conséquences du réchauffement climatique.

« Le message de l’exposition virtuelle et du jeu, c’est de bien faire comprendre aux jeunes que tous les acteurs de la société et tous les secteurs d’activité sont impliqués dans le changement climatique, souligne Éric Gorman. On voulait une animation interactive et réaliste mais sans verser pour autant dans le catastrophisme. Au contraire ! Le but du jeu, c’est aussi de montrer qu’il y a des leviers d’action pour changer de comportement et qu’il ne tient qu’à chacun d’entre nous de les actionner. C’est sans doute là que se situe la raison du succès, dans le fait qu’il entre en résonance avec une des préoccupations fortes des jeunes. Ce n’est pas un hasard si les « green games », les jeux liés à l’environnement, sont aujourd’hui très tendance. »

La trame de l’exposition offre un panorama exhaustif de tout ce qui lie le changement climatique aux activités humaines. À partir de nos objets familiers (maison, voiture, usine, centrale énergétique…), le visiteur se promène à la campagne, à la ville, en montagne, en bord de mer, et prend la mesure, dans chaque situation, de ce que génèrent ces activités en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

L’exposition lui permet de comprendre comment et pourquoi le réchauffement de la planète s’accélère, ce que sera vraisemblablement le climat dans un siècle, et comment l’Homme devra et pourra s’adapter Lire la suite

Les mots de la crise

medium4you.be, Alain Sueur, le 5 mai 2009

Les mots de la crise

Les mots sont un révélateur d’état d’esprit : c’est sur cette intuition que le Centre d’Analyse Stratégique auprès du Secrétariat d’État à la Prospective (etc.) a mandé TNS-Sofres pour interroger les Français. L’étude, accessible sur le site a donné lieu à un colloque d’une matinée à la Maison de la Chimie, le 29 avril 2009. Après une intervention du Secrétaire d’État Nathalie Kosciusko-Morizet, puis la présentation par Brice Teinturier (TNS-Sofres) de l’étude, des intervenants par paires ont animé trois tables rondes :

1/ crise conjoncturelle ou structurelle ? économique ou de civilisation ?

2/ crise comparable à celles du passé ? mêmes comportements ?

3/ Que nous dit internet de la crise ? Cette dernière partie étant rajoutée pour justifier le reste du titre du Secrétariat d’État (« et de l’économie numérique »), nous la laisserons de côté.

L’enquête TNS est dite « sémiométrique » parce qu’elle mesure la réaction affective à un nuage de mots préalablement établis sur liste testée. 1500 individus de 18 ans+ ont été interrogés en janvier 2009 selon la méthode des quotas. La situation PERSONNELLE des interrogés s’est détériorée depuis 1 an pour 49%. La crise est considérée comme aussi ou plus grave que « la crise de 29 » pour 73% des interrogés. On peut se demander ce que savent les Français moyens de ladite crise de 29, mais il paraît que c’est la perception qui seule compte pour dire « c’est grave » – dont acte. Cette crise est globale et elle touche les Français dans leurs valeurs. 61% veulent réformer en profondeur le système ‘capitaliste’ actuel… mais 70% pensent qu’il ne sera réformé que sur quelques points. Schizophrénie française, unique en Europe : utopies ronflantes mais réalisme d’exécution. Les autres pays, nous dit Brice Teinturier, insistent sur les réformes d’aménagement, pas sur un changement du système ! Les Français sont pessimistes depuis qu’un beau jour de 1973, grâce aux pétroliers arabes, leur modèle social industriel s’est effondré sous la hausse du prix du pétrole. Depuis, ils ont l’impression de sauter de crise en crise et de voir leur mode de vie et leurs valeurs menacés. Ils sont 34% à penser que la crise actuelle ne sera pas réglée avant 2012 au moins ! La préoccupation pour l’environnement et pour un changement vers une solidarité accrue les regroupe à plus de 54%. Mais ils sont plus de 58% à penser que la société deviendra plus inquiétante, inégalitaire, matérialiste et autoritaire.

Sur ce dernier point, ils n’ont pas tort, puisque leur réflexe de crispation est toujours dans l’histoire de convoquer le chef sauveur, la Morale garde fou et la contrainte administrative…

 

TNS distingue cinq groupes d’affinités en réaction à la crise : Lire la suite

PA : des associations interpellent les institutions en vue du SDAGE

sudouest.com, Odile Faure, le 5 Mai 2009

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES. Un collectif d’associations interpelle les institutions en vue du schéma directeur

SOS eau vivante

D’après les associations, la politique de l’eau actuelle est « curative » pas « préventive ».

Le Sdage. Sous ce nom barbare qui signifie schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau, se cache toute la politique régionale de l’eau : construction de barrages, lutte contre les pollutions agricoles et industrielles et, bien sûr, tarifs de l’eau du robinet. Cette politique est décidée par le comité de bassin Adour-Garonne, une sorte de parlement de l’eau, qui couvre 26 départements, de la Corrèze à la Haute-Garonne, en passant par les Pyrénées-Atlantiques.

Le comité Adour-Garonne, comme tous les comités de bassins français, a l’obligation de mener une consultation dans le cadre de la Directive Eau. Cette directive oblige les états membres à parvenir à un bon état des eaux d’ici 2015 avec dérogation possible en 2027. Les objectifs pour y arriver doivent être consignés dans le Sdage, signé en décembre 2008.

Prévenir plutôt que guérir

Après le public, consulté en septembre dernier, arrive le tour des institutions : Conseil général, Chambre d’agriculture, Chambre de commerce et d’industrie, associations, etc.

Elles doivent rendre leurs observations d’ici lundi prochain. Le collectif Cap’Eau a donc plus que quelques jours pour agir et faire ses contre-propositions. Hier, à la Maison de la nature et de l’environnement, trois de ses représentants ont invité la presse pour présenter leurs idées sous forme d’une plaquette très documentée, riche de 13 fiches « réflexe ».

Sur chaque fiche, un constat est dressé, suivi des propositions et enfin du témoignage d’un acteur qui fait « autrement ».

Ainsi les thèmes des zones humides, de la morphologie des cours d’eau et hydroélectricité, de l’agriculture biologique, de l’irrigation, de la neige artificielle, du prix de l’eau et de la gouvernance sont abordés de façon détaillée. (1)

« Aujourd’hui, pour la zone Adour-Garonne, nous sommes à 50 % du bon état des eaux, c’est très peu », explique Michel Rodes de la Sepanso. « Nous avons voté à l’Agence de l’eau une augmentation de la redevance pour améliorer la qualité des eaux. On a voté mais nous pensons qu’il faut avant tout faire du préventif plutôt que du curatif ! Par exemple, favoriser l’agriculture biologique, Lire la suite

En Europe, la nature disparaît à un rythme inquiétant

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 5 mai 2009

Faire un bilan est toujours risqué. Stavros Dimas, le commissaire européen à l’environnement, s’est prêté à l’exercice à Athènes, les 27 et 28 avril, devant la fine fleur des experts de la biodiversité. Ce bilan ne s’imposait pas seulement parce que le mandat de la Commission arrive à échéance dans quelques semaines, mais aussi parce qu’il y a sept ans, la communauté internationale s’était fixé rendez-vous en 2010 – autant dire demain – pour mesurer les progrès accomplis en matière de lutte contre la disparition des espèces et la dégradation des écosystèmes constatées sur tous les continents.

L’objectif avait été adopté par les Nations unies, mais l’Union européenne (UE) avait choisi de se montrer encore plus ambitieuse en s’engageant à « stopper l’érosion de la biodiversité » à l’horizon 2010. L’état des lieux dressé par Jacqueline McGlade, la directrice exécutive de l’Agence européenne de l’environnement (AEE), montre qu’un peu de prudence aurait évité aux Européens de devoir assumer aujourd’hui un véritable échec. « L’objectif de 2010 ne sera pas atteint et la biodiversité européenne demeure très fortement menacée« , a-t-elle confirmé.

De 40 % à 70 % des espèces d’oiseaux et de 50 % à 85 % des habitats dans lesquels se déploient la faune et la flore européenne se trouvent ainsi dans « une situation de conservation critique« , selon les chiffres d’un rapport que l’AEE s’apprête à publier.

A-t-on au moins réussi à ralentir la cadence à laquelle la nature dépérit sous l’effet de la fragmentation du territoire, de l’extension des villes, des routes et de l’intensification de l’agriculture ? Le débat reste ouvert.

« Au niveau mondial, la moitié de la nature a disparu depuis l’ère préindustrielle et elle recule encore au rythme de 1 % par an. C’est peut-être moins en Europe depuis la création de Natura 2000« , avance Andrew Balmford, professeur à l’université de Cambridge (Royaume-Uni). Avec ses 25 000 sites couvrant 17 % du territoire européen, Natura 2000 constitue le premier réseau d’aires protégées au monde. Mais cette vitrine a surtout vocation à préserver les espèces dites « remarquables », pas la biodiversité que l’on pourrait qualifier d’ordinaire, sur laquelle repose l’essentiel des services rendus par les écosystèmes.

En 2006, l’UE a adopté un plan d’action pour la protection de la biodiversité. La mise en oeuvre n’a pas suivi. « Ce plan n’a aucun caractère contraignant. C’est sa grande faiblesse. Sans menaces de sanctions, il est illusoire de penser que les gouvernements ou les acteurs économiques prendront en compte la biodiversité« , remarque Tony Long, représentant du Fonds mondial de la nature (WWF).

Les scientifiques font aussi leur mea culpa : « Nous n’avons pas réussi à démontrer pourquoi la sauvegarde de la biodiversité est si importante« , a reconnu John Hutton, du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Alors que, grâce au travail du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), à celui de l’économiste britannique Nicholas Stern et à l’engagement de l’ancien vice-président américain Al Gore, le changement climatique s’est hissé au sommet de l’agenda mondial, la crise de la biodiversité reste dans l’ombre. Et peu d’hommes politiques en ont saisi la gravité.

« Nous n’avons pas un indicateur simple – Lire la suite

17 juin : Assises Aquitaine de l’Education à l’Environnement vers un DD

GRAINE Aquitaine, Communiqué, 5 mai 2009

Le Comité Aquitain d’Education à l’Environnement organise en juin prochain, les Assises Régionales de l’Education à l’Environnement vers un Développement Durable. Les acteurs aquitains sont invités pour cette occasion, à venir discuter et débattre, des pistes à suivre et des orientations à prendre en matière d’Education à l’Environnement dans notre région. Il s’agit d’élaborer collectivement un cadre stratégique et des méthodes qui permettront de mettre en œuvre une politique d’EE efficace et cohérente à tous les échelons du territoire.

Le 17 juin 2009, c’est au Conseil Régional d’Aquitaine que se réuniront les acteurs départementaux et régionaux.

9h30 – Ouverture en plénière

Accueil

Les enjeux nationaux et la place de l’EE dans le Grenelle II

Le contexte des Assises Nationales

10h30 – Synthèse de l’étude sur l’état des lieux de l’EEDD en Aquitaine

11h00 – Retour sur les phases départementales

12h00 – Buffet

13h30 – Travaux en ateliers

15h30 – Rapport des ateliers – en plénière

16h00 – Recommandations des Assises Régionales en Aquitaine Lire la suite

Bègles : Picnic sans carbone saison 2

sudouest.com, Gilles Guitton,  le 5 Mai 2009

BÈGLES, ENVIRONNEMENT. Les militants de la taxe carbone relancent leur pique-nique écologique

Picnic sans carbone saison 2

Plus ça va, plus ça va mal. « On est dans le pire des scénarios des experts internationaux du climat et, malheureusement, on ne constate aucune prise de décision, décisive, au niveau des politiques. »

Il n’y a qu’un an que l’association Taxe carbone (Taca), lancée par une poignée de citoyens préoccupés par le changement climatique, organisait son premier Picnic sans carbone, à Bègles.

À la veille de la deuxième édition, annoncée pour le dimanche 17 mai à Bègles-Plage, ses animateurs ont encore renforcé leur conviction : l’instauration d’une taxe sur les émissions de carbone dans l’atmosphère est une mesure d’urgence.

Références multiples

« On voit bien que d’autres dispositifs, comme la création d’un marché des droits à émettre du carbone, ne fonctionnent pas, explique Jean Sireyjol, président de cette association béglaise (donc à vocation universelle). En réalité, il n’y a pas de marché. Même les grands groupes pétroliers disent qu’une taxe peut seule fixer un prix. » Entendre des écologistes citer Shell ou Exxon à l’appui de leurs thèses peut surprendre. Mais ils se réfèrent aussi à Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, et autres autorités mondialement reconnues.

La taxe que Taca appelle de ses vœux serait « redistributive », c’est-à-dire « équitable » socialement et entre Nord et Sud.

Pour Jean Sireyjol, « une taxe à 1 euro le kilo de carbone émis ne serait pas absurde ». C’est aussi commode : « Un litre d’essence, c’est l’équivalent d’un kilo de carbone en incluant ses coûts de production et de transport. Ça donne une vision claire aux gens. »

L’objectif du pique-nique reste le même : réunir 350 vélos à Bègles-plage, en référence à l’objectif international de ramener la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère à 350 parties par million. Mais Taca compte bien dépasser cette barre. Des associations comme Vélocité, Corcital, Vélocital, Greenpeace, Les Fourmis dans le compteur, Vélorution, La Maison de la nature et de L’environnement et quelques autres soutiennent l’initiative.

À chacun son bilan

Le picnic sans carbone suppose de venir à pied, à vélo, en bus ou en tram, de n’utiliser ni vaisselle plastique, ni cerise en hiver, etc. Des gestes écocitoyens qui sont l’autre réoccupation de Taca. L’association veut constituer des Cil Lire la suite

« Décroissance et détravail », posologies à la crise ?

travail.blogs.liberation.fr, Laurent Dupin, blog  Sérial Worker,  le 5 mai 2009

« Décroissance et détravail », posologies à la crise ?

Interview intéressante lundi matin, que j’ai écoutée à l’émission Médialogues sur la RSR. Vincent Cheynet y expliquait en quoi les médias participent à cette furia, cette obsession, cette idée fixe de la « croissance économique » comme seul et unique objectif. Furia particulièrement exprimée en temps de crise, où il s’agit uniquement de la « relancer », de la « remuscler », de la « soutenir », on en passe et des meilleurs.

Cheynet se concentre sur la critique des médias, propriétés en majeure partie de « puissances économiques », qui ont intérêt à cautionner cette « doxa dominante », à nous pousser dans le sens de « la croissance et de la consommation sans limite ». Les vrais limites sont pourtant bien réelles, concrètes et palpables: celle de vivre dans un espace fini (la terre) et d’aller au pas de course face à un mur (la fin des réserves naturelles). L’idée de décroissance et d’anti-productivisme est dès lors déconsidérée, ostracisée, peu relayée, etc.

Mais il y a, me semble-t-il, un autre angle à prendre, un autre terrain où ce débat devrait naître et se développer de façon contradictoire : l’entreprise elle-même, le monde du travail pardi ! Car cette obsession de la croissance permanente va avec ses corollaires dans le cadre de l’organisation du travail, de notre façon même de penser notre vie en société. D’autres maux en découlent en effet, que nous subissons tous :

l’obsession de la productivité : avec l’idée que la consommation nationale est un ventre sans fin qu’il faut gaver, au sortir des chaînes de production matérielles (héritage du fordisme et du taylorisme) mais aussi servicielles (immatérielles). Avez-vous déjà visité un call center (centre de contacts) ? On y comprend de suite cette folie furieuse du « toujours plus, toujours plus vite » pas si éloigné du stakhanovsime

l’obsession de la performance : exprimée dans les +20% et +30% fixés comme objectifs permanents par des directions et managers qui perdent le sens de la mesure, et surtout ne donnent pas les moyens de les réaliser… D’où la prise en étau.

l’obsession de l’évaluation : modèle anglo-saxon de plus en plus imposé chez nous, qui place l’audit en méthode de management opérationnel et l’évaluation des salariés (avec entretien et notation) en outil RH (ressources humaines, ndlr) incontournable.

l’obsession du paraître : sur-travailler, sur-produire, sur-consommer…tout cela a aussi ses codes, son langage, son imaginaire. Qui s’exprime par des vestimentaires dispendieux, 4×4 imposants, panoplie high tech envahissante…

l’obsession de la possession : qui est aussi une forme de névrose, de course à combler un manque (lequel ?) inscrit dans notre éducation même. Les « anciens » accumulaient les denrées alimentaires par réflexe, en ayant connu le manque sous la guerre ; les « jeunes » accumulent par habitude et rythmique, sans Lire la suite

Critique de Corcuff (NPA) sur l’ouvrage de Kempf

reporterre.net, Philippe Corcuff et Hervé Kempf , le 1er mai 2009

Ecologie, productivisme, et post-capitalisme

L’économie de marché est-elle le capitalisme ? Quand l’individualisme n’est-il plus émancipateur ? Comment réintroduire la démocratie dans le travail lui-même ? Des questions au cœur de la nouvelle écologie radicale. Un débat.

En mars, Philippe Corcuff a eu l’amabilité de m’envoyer le texte qu’il comptait présenter lors du Contre Grenelle, à Lyon, le 2 mai (info : http://www.contre-grenelle.org/ Gre…). Il posait des questions intéressantes, qui m’ont conduit à lui adresser les précisions nécessaires. Voici les deux textes.

Anticapitalisme et antiproductivisme à l’aube du XXIe siècle – Autour des analyses d’Hervé Kempf

Par Philippe Corcuff (sociologue, membre des Verts en 1994-1997, militant du Nouveau Parti Anticapitaliste)

Le mythe d’un « capitalisme vert » semble faire des ravages rhétoriques, dans la droite sarkozyste ainsi que dans un PS et chez des Verts social-libéralisés, comme réponse magique à la double crise financière et climatique qui affecte aujourd’hui le capitalisme. C’est l’occasion de réfléchir aux liens entre la critique écologiste du productivisme et la critique du capitalisme par la gauche radicale. Car la période appelle une nouvelle convergence entre les courants radicaux de l’écologie et les anticapitalistes. Le dernier livre d’Hervé Kempf, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, constitue un support intéressant pour amorcer cette démarche.

Le livre d’Hervé Kempf nous propose une série de pistes intéressantes, qui ont le grand avantage, dès le titre de l’ouvrage, de réarrimer prise de conscience écologiste et critique du capitalisme.

Or c’est quelque chose qui a été perdue de vue par certains écologistes, dans la double logique de l’institutionnalisation-professionnalisation des élites politiques vertes et de l’hégémonie de « la pensée unique » néolibérale. Les aspirations anticapitalistes de Mai 68 ont alors progressivement été oubliées par des militants éminents des Verts européens, comme Daniel Cohn-Bendit, passé du Dany le Rouge d’hier au Dany le Vert pâle d’aujourd’hui. Ce dernier proclame même dans un livre de 1998 : « Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché ». Un exemple significatif, pour les centaines de milliers de personnes qui se sont opposés et s’opposent aux réformes néomanagériales de Sarkozy-Darcos-Pécresse, appliquant, de la maternelle à l’université, les recettes des entreprises privées : « Naturellement, l’industrie participerait aussi à la définition des contenus de l’enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968 » …

Or, justement, le troisième chapitre du livre de Kempf est consacré au « mirage de la croissance verte ». Pour lui, le capitalisme aborde de manière inadéquate la question du changement climatique, en tentant de faire croire « que l’on pourra pérenniser le système économique actuel sans en changer les déterminants » (p.84). Un exemple ? « L’effet pervers de la hausse des prix de l’énergie dans le système capitaliste est qu’elle Lire la suite

Paul Ariès : « Rendre la décroissance désirable »

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 4 mai 2009

Paul Ariès: « Rendre la décroissance désirable. »

Voici une interview de Paul Ariès, politologue et écrivain, directeur de la publication Le Sarkophage. Elle est parue samedi 2 mai dans le journal, à l’occasion du Contre-Grenelle de l’environnement, organisé à Lyon.

Comment un partisan de la décroissance traverse-t-il la période actuelle, frappée par une crise financière, économique et sociale ?

D’un côté, cette crise repousse toujours plus loin le sentiment d’urgence écologique… L’heure est à défendre le pouvoir d’achat et les emplois. On repousse à demain l’idée qu’il faille non pas seulement mieux partager les richesses, mais aussi changer la recette du gâteau car ce gâteau est totalement indigeste socialement et écologiquement. La meilleure preuve en est la relance de l’industrie automobile. On sait que la voiture est condamnée écologiquement mais on continue à la favoriser. Cette crise risque aussi de renforcer le sentiment d’impuissance : chacun sait bien que le ciel risque de nous tomber sur la tête mais on ne sait pas quoi faire. D’un autre côté, la crise actuelle montre que nous avons vécu sur des mensonges depuis des décennies. Non, il n’est pas possible d’avoir une croissance infinie dans un monde fini. Non, on ne peut pas toujours accélérer sans que cette vitesse ne finisse par être insupportable. Non, l’avenir n’est pas au village planétaire mais à une Europe où chaque pays aurait ses propres moyens de vivre. Les gens ne croient plus en des lendemains radieux pour leurs enfants et leurs petits-enfants.

Les jeunes ont aussi ce sentiment d’être les laissés-pour-compte de cette société d’abondance. Ils parlent avec colère de leur appartenance à la génération des bac + 5 à 1 000 euros. Les idées de la décroissance sont donc beaucoup plus facilement compréhensibles. Il va falloir apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. Il faut organiser le ralentissement de la société et sa relocalisation. Il faut retrouver individuellement et collectivement le sens des limites.

La crise apparaît-elle comme une bonne nouvelle pour les objecteurs de croissance ?

La crise n’est pas une bonne nouvelle, ni une revanche, pour la décroissance. Je n’ai cessé de combattre l’idée d’une pédagogie des catastrophes chère à l’économiste Serge Latouche. Les crises accouchent en effet plus souvent d’Hitler et de Staline que de Gandhi. Les crises nous font oublier ce que nous savons, comme le prouve la relance du nucléaire. La crise est génératrice de misères matérielles mais aussi morales. Hannah Arendt disait qu’il n’y a rien de pire qu’une société fondée sur le travail sans travail. J’ajouterai qu’il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. La crise est donc porteuse à la fois du pire et du meilleur.

A quoi ressemblerait ce meilleur ?

La crise peut être l’occasion de démentir tous ceux qui rêvent d’une société d’abondance. Elle peut être l’occasion Lire la suite

L’incroyable histoire des vers de terre

inra.fr, Michel Bertrand, Février-Mars 2009

L’incroyable histoire des vers de terre

De quoi parle-t-on lorsque l’on évoque la  faune du sol ?

Les lombriciens, des travailleurs infatigables ou lorsque Michel Bertrand, centre Inra de Versailles-Grignon et Paul Robin, centre Inra de Rennes vous parlent de la vie des vers de terre. La faune du sol regroupe un nombre très important d’organismes animaux, qui se comptent en centaines de millions d’individus par m², appartenant à plusieurs centaines voire milliers d’espèces. Suivant leur taille, on regroupe ces individus en microfaune, mésofaune ou macrofaune en allant des plus petits au plus grands. Avec les limaces et les araignées, les vers de terre appartiennent à la macrofaune, et on en dénombre de l’ordre de quelques centaines au m² correspondant à une masse qui se compte en dizaines voire en centaines de kilos à l’hectare.

Y a-t-il différentes sortes de vers de terre, comment peut-on les distinguer ?

Les vers de terre appartiennent à de nombreuses espèces et, dans un milieu donné, on trouve facilement une dizaine d’espèces différentes. On classe ces espèces en groupes écologiques suivant leur taille, leur habitat, leur comportement et leurs ressources alimentaires. On distingue classiquement les vers anéciques, de grande taille, vivant dans des galeries verticales et se nourrissant de matière organique présente à la surface du sol, des vers endogés beaucoup plus petits qui digèrent la matière organique incorporée dans l’horizon de surface du sol et des vers épigés qui vivent à la surface du sol, surtout quand il y a des débris végétaux.  

Quel  est le rôle des lombriciens dans le sol ?

Les vers de terre sont-ils de bons indicateurs des pratiques agricoles ?

Les vers de terre sont sensibles aux techniques utilisées par l’agriculteur. En particulier, ils réagissent fortement au travail du sol et à tout ce qui joue sur la quantité de matière organique mise à leur disposition, puisqu’il s’agit de leur nourriture. En règle générale le travail du sol profond est globalement défavorable aux vers de terre, mais il affecte principalement les vers de type anécique en détruisant leurs galeries, incorporant dans le sol la matière organique de surface dont ils se nourrissent, voire en les blessant directement.

Les vers de type endogés peuvent par contre être plus nombreux dans les parcelles labourées car la couche labourée est  riche en matière organique, ce qui leur est favorable. La quantité globale de carbone dans le sol est également prépondérante, ce qui fait qu’on trouvera plus de vers de terre dans les prairies que dans des parcelles de grande culture, ainsi que dans les parcelles recevant des amendements organiques provenant d’élevage (fumier par exemple). En grande culture, l’effet des pesticides Lire la suite

L’économie n’est pas un long fleuve tranquille de croissance

eco-life.fr, Jean-Michel Lebouvier, banquier d’affaires, le 27 avril 2009

L’économie n’est pas un long fleuve tranquille de croissance

Six mois ont suffi pour renverser la culture triomphante d’un libéralisme mondialisé. Une fois réadmise l’idée d’une économie soumise à des cycles, reste encore à en dessiner les courbes. El là, le débat fait rage. Revue des forces en présence.

La courbe en I ou la chute de la falaise : pour mémoire seulement mais les tenants du catastrophismes le plus virulent sont encore très présents. Rappelons juste que, pour parler de la seule industrie la plus sinistrée, l’industrie automobile américaine, le maintien du rythme actuel de ventes sur longue période supposerait que l’espérance de vie des véhicules existants dépasse 27 ans. Sans commentaire.

La courbe en V : le modèle préféré de l’hiver, basé sur une crise financière qui n’aurait pas contaminée l’économie réelle. Peu crédible aujourd’hui, elle est néanmoins reprise par les politiques voulant justifier l’importance des plans de relance. Il doit juste être rappelé que si une telle hypothèse se vérifiait, il serait probable, compte tenu de la réapparition certaine des contraintes aujourd’hui occultées des matières premières limitées, que la courbe en V devienne une courbe en W.

La courbe en U : Modèle central de la plupart des économistes dont le premier d’entre eux : Warren Buffet. Elle anticipe une reprise tardive mais certaine et forte dans un délai compris ente 3 et 5 ans à partir du début de la crise, soit encore 18 mois à trois ans de souffrances avant un retour à la normale. Très structurée dans son raisonnement économique, elle présente néanmoins le défaut d’être défendue par des experts n’ayant pas anticipé la situation actuelle, problème de légitimité, et n’intègre pas l’évolution actuelle des mentalités des consommateurs. A tord ou à raison, la suite le dira.

La courbe en L : C’est le risque majeur, une sorte de courbe en U qui tournerait mal. Avancée par des économistes et quelques industriels, dont en France le dirigeant de Danone, l’analyse illustrée par cette courbe s’appuie d’une part, sur un retour à une économie non dopée par un excès de liquidité et donc plus atone et d’autre part, sur un changement profond du comportement des agents économiques qui aboutit à un moins ou mieux consommé. La courbe en L constitue la réelle nouveauté post crise.

Le vrai débat des deux prochaines années est donc Lire la suite

Le Japon à l’heure du savoir partagé

lemonde.fr, Philippe Mesmer, le 2 mai 2009

Le Japon à l’heure du savoir partagé

Le quartier de Shibuya, à Tokyo, est le théâtre d’une université d’un genre nouveau : ici, on ne délivre pas de diplôme, et le campus, « c’est la ville »

Pris dans un vent de découverte, le Japon imagine de nouvelles transmissions du savoir, gratuites, civiques, ancrées dans la communauté. La mode bat son plein. Ce « buzz » ne saurait surprendre, à l’heure où l’Archipel succombe à l’attrait des jeux vidéos ludico-éducatifs ou des Open college, des services de cours ouverts à tous mis en place par les universités ou certains groupes des médias pour apprendre une langue, suivre des leçons d’histoire ou s’adonner à une activité artistique. Autant d’initiatives – et souvent de succès – qui illustrent une soif de découverte qui a conduit les universités à profiter du développement d’Internet pour multiplier les cursus à suivre à distance et à tout âge.

Mais tout cela reste institutionnel et souvent onéreux. Un trimestre en Open college peut revenir à 50 000 yens (384 euros) pour une dizaine de leçons. Le tarif minimum d’un cursus complet suivi à distance est de 700 000 yens.

A l’Université de Shibuya, en revanche, les cours sont gratuits. Cet « établissement » né en septembre 2006 dissimule un concept nouveau dans l’Archipel. « C’est un moyen d’apprendre ancré dans la communauté et l’environnement local », explique son président, Yasuaki Sakyo, 29 ans. Il ne s’agit plus de transmettre un savoir, mais « de le partager ». L’université formée sous le statut d’organisation à but non lucratif n’a pas de locaux : « Le campus, c’est la ville. »

Accessible sans concours d’entrée, elle n’accorde pas de diplôme mais elle « met en relation ». Elle contacte des personnes qui vivent ou travaillent à Shibuya, quartier vibrionnant de Tokyo où se côtoient différents univers, de la mode au design, voire l’édition. Elle les invite à partager leur passion ou leur savoir. Puis elle trouve un café, un gymnase, une école, un magasin, un parc… et annonce le cours sur son site. Les leçons, sur des sujets aussi variés que la calligraphie ou l’aromathérapie ont lieu un week-end par mois.

En ce début de printemps, un rayon de soleil caresse la façade du Penny Lane. Ce café, ouvert en 1973 à deux pas de la très fréquentée avenue Omotesando, et baptisé du nom d’une célèbre chanson des Beatles, est une institution du quartier de Harajuku, voisin de Shibuya. Ce samedi après-midi, il accueille un cours de l’université. Une trentaine d’étudiants – la salle ne peut en contenir plus – se serre pour écouter Masataka Miyanaga, critique musical, disserter avec humour, passion et quantité de vidéos rares, sur les « Fab Four » de Liverpool.

« Un bénévole de l’université m’a proposé d’accueillir ce cours, explique Takao Misaki, patron du Penny Lane. J’ai aimé l’idée. » Le bénévole en question, Kenji Matsui, 20 ans environ, travaille comme analyste chez ExxonMobil. « Je suis né ici, explique-t-il. Je connais beaucoup de lieux pouvant accueillir des cours. » Informé par un ami Lire la suite

Les 100 jours «verts» d’Obama

journaldelenvironnement.net, Laure Guilbault, le 30 avril 2009

Les 100 jours «verts» d’Obama

A peine entrait-il à la Maison Blanche que le président Barack Obama changeait de ton de manière radicale par rapport à l’administration Bush, en matière d’environnement. Depuis, les actions et initiatives se succèdent à vive allure, en vue de l’échéance de décembre à Copenhague. Bilan des 100 premiers jours.

«Le président Obama a fait plus pour réduire la pollution en 100 jours que George Bush en 8 ans», affirme Dan Weiss, directeur de la stratégie climatique au Center for American Progress, un groupe de réflexion à Washington. L’un des premiers succès du président est le vote du plan de relance. Sur les 789 milliards de dollars prévus par l’«American Recovery and Reinvestment Act», 91 milliards (68,6 milliards d’euros) sont consacrés aux programmes pour les énergies «propres», un montant trois fois supérieur à celui de l’année précédente. Le plan inclut par exemple 11 milliards $ dédiés à l’efficacité énergétique, 6 milliards aux prêts pour la production d’énergies renouvelables, 4,5 milliards pour la rénovation et réparation de bâtiments fédéraux, et 500 millions pour la formation aux «emplois verts». Il encourage aussi le développement des voitures électriques et le remplacement des vieux véhicules.
La nomination de Lisa Jackson au poste d’administratrice de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), ratifiée par le Sénat le 23 Janvier, est un autre signal fort. L’agence était malmenée sous l’administration Bush, les fonctionnaires de l’agence et de la communauté environnementale étant frustrés par les nominations politiques qui bloquaient toute initiative. Lisa Jackson, alors à la tête du département de protection de l’environnement de l’Etat du New Jersey, partageait cette frustration et se moquait de l’EPA, acronyme pour «Emissions permissions agency» (Agence de permission des émissions). Sous son impulsion, en seulement 100 jours, l’EPA a pris des initiatives pour imposer un contrôle plus strict du mercure émis par les centrales à charbon (1), et des émissions de gaz à effets de serre (GES). Le président a aussi ordonné à l’agence de revoir les règles de l’administration Bush empêchant la Californie et 15 autres Etats d’imposer des normes plus sévères concernant les émissions de gaz automobiles (2).

Au portefeuille de l’énergie, Obama a choisi l’ancien prix Nobel de physique Steven Chu, un spécialiste de l’étude du réchauffement climatique. La «green dream team» inclut aussi Carol Browner, administratrice de l’EPA sous l’administration Clinton, nommée conseillère pour l’énergie et le changement climatique. «Tant Lisa Jackson à l’EPA que Steven Chu à l’énergie -et Hillary Clinton au département d’Etat dans une certaine mesure- ont la réputation d’être des leaders sur les questions de changement climatique», se félicite John Walke, directeur du programme Clean Air pour l’ONG National Resources Defense Council.
Vendredi 17 avril, l’EPA a reconnu le caractère dangereux de 6 GES dont le dioxyde de carbone (CO2) (3 et 4). L’EPA reconnaît notamment que «les GES contribuent à une pollution de l’air qui peut mettre en danger la santé et le bien-être publics». La décision de l’EPA vient renforcer la position de la Maison blanche, qui pousse le Congrès à adopter une loi instaurant un marché de permis d’émission de GES. Début avril, l’American Clean Energy and Security Act a été déposé devant le Congrès Lire la suite

Transports urbains «durables»: 800 millions d’euros alloués à 50 projets

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 4 mai 2009 

Transports urbains «durables»: 800 millions d’euros alloués à 50 projets

L’Etat va allouer 800 millions d’euros (M€) à 36 collectivités -hors Ile-de-France (IDF)- pour participer à 50 projets de création ou d’extension de lignes de transport durable (tramway, bus, métro) d’ici 2011, dans le cadre de l’appel à projets lancé en octobre 2008 et conformément aux engagements du Grenelle.

Cette aide de l’Etat –entre 16 et 23% des investissements totaux- permettra aux collectivités d’engager près de 6 milliards € de travaux sur trois ans (2009-2011) pour la réalisation de 365 km de nouvelles lignes de transports collectifs en site propre (TCSP) (1). «En deux ans, nous allons doubler la capacité de transport de voyageurs des agglomérations françaises», s’est félicité Jean-Louis Borloo, ministre chargé de l’environnement.

Ce plan recouvre trois ambitions : environnementales par la promotion des transports propres et la réduction des émissions de CO2, de cohésion sociale par le désenclavement des quartiers défavorisés et économiques et sociales. Plus de 500 M€ seront ainsi attribués à des projets desservant des quartiers prioritaires. La création de 60.000 emplois est également prévue.

Les 50 projets retenus débuteront avant le 1er janvier 2011, dont un tiers avant la fin de l’année 2009. Parmi eux figurent deux projets d’extension de lignes de métro à Marseille (6,2 M€) et Lyon (28 M€). La Communauté d’agglomération de Montpellier est la grande gagnante avec une subvention record de 82,6 M€. Bordeaux, Tours, Lens, Reims, Le Havre et Dijon recevront des aides comprises entre 40 et 58 M€. Valenciennes, l’ancienne municipalité de Jean-Louis Borloo, recevra 25 M€.

Ce projet s’inscrit dans la démarche de promotion de la ville durable du Grenelle de l’environnement. Le projet de loi Grenelle I prévoit ainsi que les collectivités augmentent de 329 à 1.800 km les TCSP en 15 ans, pour un investissement global estimé à 18 M€, hors IDF, auquel l’Etat contribuera à hauteur de 2,5 M€ d’ici 2020.

Un second appel à projet sera lancé en 2010. «Il devrait permettre de Lire la suite

Faire de l’Aquitaine la première région d’agriculture biologique

sud-ouest.com, Région Aquitaine, le 3 Mai 2009

Pour l’agriculture durable et le bio

Faire de l’Aquitaine la première région d’agriculture biologique

L’agriculture et la consommation de produits alimentaires biologiques ont le vent en poupe. Nos concitoyens l’ont bien compris, c’est bel et bien de notre capacité à développer une agriculture respectueuse de notre santé et de l’environnement dont il est question. Première région sous signe de qualité, la Région s’est fixée l’objectif de 100 % d’agriculture durable, dont 20 % en agriculture biologique d’ici 2020. Plus de 1 000 producteurs sont déjà agréés « agriculture biologique ».

Le fruit d’une politique lancée il y a plusieurs années

Dans la continuité du pôle d’aide aux agriculteurs souhaitant se diriger vers une production de qualité, la Région a créé en 2002, en partenariat avec les Chambres d’agriculture et les élus locaux, le dispositif AREA (agriculture respectueuse de l’environnement en Aquitaine) afin de limiter l’impact des exploitations agricoles sur l’environnement, devançant même les normes européennes. « Notre objectif est de décupler en 10 ans la surface agricole consacrée aux cultures bio en Aquitaine ».

Alain Rousset, président du Conseil Régional

S’agissant d’un projet collectif, l’accompagnement des agriculteurs régionaux constitue le moyen par excellence de les inciter à se tourner vers de nouvelles techniques plus durables ou vers la production bio en mettant en avant les avantages économiques et environnementaux d’une telle démarche. Aides à l’installation, « chèques conseils », organisation des filières, développement des formations bio dans les lycées agricoles etc., le budget que consacre l’Aquitaine à l’agriculture durable est l’un des plus importants de France.

Un grand salon européen

L’agriculture biologique est aujourd’hui une priorité pour l’Aquitaine avec un effort financier Lire la suite

Edgar Morin : Il faut débureaucratiser les sociétés

leprogres.fr, Fabrice Roussel, le 2 mai 2009

« Je milite pour une déclaration d’interdépendance des peuples »

Edgar Morin était l’invité d’honneur du festival de la culture Soufie à Fès au Maroc. Un grand penseur dans un petit festival niché au cœur d’une capitale millénaire de l’Islam. L’image peut intriguer. Et pourtant, le coup de foudre a bien eu lieu. Une conférence-débat donnée loin des cénacles officiels de la pensée où le très vert Edgar Morin, à l’ombre d’un chêne millénaire et à la lumière de ses 87 printemps a pu, pendant près de deux heures, donner sa vision de la mondialisation et esquisser quelques pistes pour surmonter « la crise de civilisation » à laquelle le monde occidental est confronté. Morceaux choisis.

Comment surmonter l’impasse d’une société occidentale dont le modèle consumériste met en péril l’avenir même de la planète ?

« Je milite pour une déclaration d’interdépendance des peuples, des nations et des cultures. L’ONU pourrait porter cette démarche. Nous devons être conscients aujourd’hui que nous sommes reliés par une communauté de destin. L’occident a beaucoup de leçons à apprendre des pays du Sud. Jusqu’à présent, l’occidentalisation a dégradé les solidarités traditionnelles. L’antidote se trouve autant dans cet occident créateur des droits de l’Homme, que dans d’autres cultures.

Les plans anti-crise des nations, des organisations mondiales et du G20 vous semblent suffisants pour sortir de cette crise ?

Bien sûr que non. Il faudra aussi réformer les consciences, inventer une nouvelle approche de la connaissance moins ethnocentrée sur l’occident, décloisonner les savoirs et le système éducatif pour réussir à changer nos modes de vie. Notre savoir fait de nous des aveugles. Nous vivons dans une utopie que j’appellerais « l’utopie concrète des week-ends ». Deux jours de respiration pour encaisser les cinq jours de la semaine. Il faut changer ce rapport au temps. Réhumaniser les villes et revitaliser les campagnes.

Beaucoup de penseurs ou d’hommes politiques tirent ce signal d’alarme. Pourtant, on a l’impression de se confronter à un mur d’impuissance. Alors, changer de voie, est-ce possible ?

Je peux répondre en terme de probabilité. Ce qui est probable, c’est que si nous ne changeons rien nous allons vers des catastrophes naturelles, nucléaires et géopolitiques que nous ne pouvons même pas imaginer.

Comment interdire à des pays en voie de développement de ne pas accéder à ce niveau de développement et donc de pollution ?

Il ne s’agit pas d’interdire à la Chine de se développer. Mais, que ceux qui ont déjà le confort commencent à se limiter. Je ne parle pas de privation, mais Lire la suite

Emplois verts et sociaux : les Etats-Unis ouvrent (enfin ?) la voie

actu-environnement.com, Agnès Sinaï, le 24 avril 2009

Emplois verts et sociaux : les Etats-Unis ouvrent (enfin ?) la voie

Dans une banlieue sinistrée de la baie de San Francisco, une municipalité expérimente un programme de lutte contre le chômage par la création de « green jobs », financés notamment par un prélèvement sur une installation pétrolière locale de Chevron.
Reportage à Richmond, en Californie – 1er volet

Angela Greene porte bien son nom. Cette ancienne chômeuse est devenue l’ange-gardien des jeunes sans emploi de Richmond, une commune ouvrière de 103.000 habitants de la banlieue de San Francisco, réputée pour son taux de criminalité élevé, considérée comme l’une des plus dangereuses de la Californie. Ses chantiers navals en déroute ne créent plus d’emplois. La raffinerie de Chevron, la deuxième de Californie, d’une capacité de stockage de 15 millions de barils, sur le site du port, répand des dérivés toxiques, fuites de chlore et anhydride sulfureux. Les riverains souffrent d’asthme, des centaines de citoyens se sont mobilisés contre les projets d’extension de la raffinerie et réclament la justice environnementale, en compensation de cet éco-apartheid. Richmond souffre de la violence et de la pollution, plus que tout autre endroit de la baie de San Francisco, qui héberge aussi la mythique Silicon Valley, dont les promesses semblent ici des mirages. Alors que faire, se sont demandés quelques élus et travailleurs sociaux de Richmond ? Sous la houlette de la maire Gayle Mac Laughlin, élue en 2007, c’est ici que se crée un des tout premiers laboratoires des emplois verts et sociaux aux Etats-Unis. Face aux crises provoquées par la pauvreté, par la pénurie des ressources naturelles et par l’extinction des espèces, une économie verte est la seule manière de revigorer notre économie tout en répondant à la destruction de l’environnement et aux inégalités sociales. Les villes produisent 75% des émissions de carbone. C’est dans une ville telle que la nôtre que le problème doit être résolu.

Gayle Mac Loughlin a co-fondé Solar Richmond, une association qui travaille en partenariat avec Sunpower Corporation, fabriquant de panneaux solaires, dont l’usine de Richmond emploie 250 personnes. En partenariat avec l’agence municipale du bâtiment Richmond Build, l’objectif de Solar Richmond est de former dans ses ateliers une centaine d’installateurs locaux et d’atteindre une puissance de 5 megawatts d’énergie solaire dans la ville d’ici à 2010. Les installateurs formés par Richmond Built effectuent les travaux gratuitement. Les habitants bénéficient de prêts à taux zéro, couverts par les économies réalisées sur leur facture d’électricité. C’est dans le cadre d’un programme de formation à la construction de Richmond Build qu’Angela Greene, chômeuse et mère célibataire, a découvert Solar Richmond. Depuis lors, elle encadre les jeunes qui suivent les stages de formation de Solar Richmond et prodigue ses lumières solaires.

Justice environnementale

La maire de Richmond est déterminée à rendre sa fierté à sa ville. Elle compte en partie sur le plan de relance du président Obama, le Stimulus Package, voté en février dernier. Richmond a déjà reçu une subvention de près d’un million de dollars dans ce cadre, pour financer les énergies alternatives et la maîtrise de l’énergie, et tapisser les toits des bâtiments communaux de panneaux solaires. Mais c’est surtout vers Lire la suite

Blanquefort : Le car à pattes

sudouest.com, Laurie Bosdecher, le 2 Mai 2009

BLANQUEFORT, ÉDUCATION. Grâce au ramassage scolaire à pied, il y a moins de voitures devant l’école de la Renney. Et du sport à la clé

Le car à pattes

Florence Domenet a calculé. Le temps de sortir sa voiture de chez elle et de conduire ses enfants jusqu’à l’école, elle met quasiment autant de temps que si elle fait le trajet à pied. Depuis longtemps, chaque matin et chaque soir, même par temps de pluie, la porte de son garage reste fermée. « Quand on n’habite pas loin de l’école, il vaut y aller en marchant. Cela permet de passer un moment de détente avec les enfants, beaucoup plus agréable que dans une voiture. »

Quatre trajets

Depuis cette semaine, cette maman accompagne également les petits des parents qui le souhaitent dans le quartier où elle habite. Claude Villa a lui aussi chaussé la casquette de conducteur volontaire de ce nouveau ramassage scolaire à pied mis en place à l’école de la Renney. Comme Florence Domenet, il amenait déjà sa fille et ses deux petits-enfants à pied à l’école. « Accompagner trois ou six écoliers, pour moi, cela ne change rien. C’est même plus convivial et cela permet aux enfants de faire un peu de sport. »

Pourtant la mise en place de ce « pédibus » (1), comme est souvent appelé ce type de ramassage scolaire, n’a pas été une démarche facile à mettre en place. Il y a trois ans, des parents d’élèves de l’école lancent l’idée. Sans suite.

Élu l’an dernier, Christophe Jusson, conseiller municipal délégué aux circulations douces, souhaite la concrétiser. Un questionnaire est distribué aux parents pour voir s’ils seraient intéressés. « Quatorze ont répondu affirmativement, mais cinq seulement sont aujourd’hui volontaires pour accompagner les écoliers », explique-t-il. Par manque de temps ? « C’est surtout la responsabilité de prendre en charge des enfants qu’ils ne connaissent pas qui semble les avoir freinés », analyse-t-il. Pour pallier à d’éventuels problèmes, plusieurs chartes ont été écrites pour chacune des parties concernées (enfant, parents d’enfants accompagnés et parents accompagnateurs).

« C’est vrai aussi qu’il faut une certaine disponibilité, reconnaît Claude Villa. Moi, je suis retraité, cela ne me pose pas de problème. Mais pour les parents qui travaillent, cela peut être plus compliqué. »

Aujourd’hui, Lire la suite

Elections européennes : quelle place pour l’ES ?

demain-ecosociale.org, Rémi Laurent, le 12 avril 2009

Elections européennes : quelle place pour l’ES ?

Les élections européennes sont peut-être plus importantes pour l’économie sociale et ses composantes que les élections législatives nationales. En effet, que cela soit au niveau des statuts juridiques et fiscaux ou de l’encadrement de leurs activités, les entreprises d’économie sociale regardent de plus en plus, voire presque exclusivement, du côté de Bruxelles et de Strasbourg. La question des SSIG en est une parfaite illustration. 

Avec la crise économique, financière, environnementale et morale qui touche la planète entière, l’économie sociale pourrait apparaître pour certaines listes comme une alternative ou tout au moins une solution. La résolution adoptée très largement par le Parlement européen en février dernier visant à améliorer la reconnaissance de l’ES devrait y contribuer.

Qu’en est-il vraiment ?

Pour l’instant, seuls les manifestes des listes Charger l’Europe (Parti socialiste) et Europe écologie (Les Verts) comportent des revendications en faveur de l’économie sociale et solidaire et reconnaissent son rôle dans le développement de l’emploi dans l’Union européenne.
Du côté du Modem, si les 12 engagements européens ne comportent pas mesure pour l’ES, Corinne Lepage, tête de liste dans le Nord-Ouest, a mis en avant la place du secteur de l’ES et de ses composantes. 

Du côté des candidats, il est à noter la présence de deux représentants de l’ES :

– Laurent Lafaye, candidat région centre sur la liste PS, élu mutualiste

– Joseph Daul (tête de liste région Est, UMP), président du groupe COPVIAL (Coopérative Viande d’Alsace)

On retrouve également sur les listes des élus locaux en charge de l’économie sociale : Lire la suite

Biosphere-hebdo : spécial « oxymores »

biosphere.ouvaton.org, biosphere-hebdo n° 17.2009 (spécial « oxymores  »), le 2 mai 2009

(Extraits de La politique de l’oxymore de Bertrand Méheust)

La pression de confort (techniques imbéciles)

La pression du confort est une notion décisive. Il est sous-entendu (hors discussion, sauf dans les milieux encore marginaux de la décroissance), que le confort moderne, au sens large où nous l’entendons aujourd’hui, est un acquis irréversible. Cette façon de penser est largement due au fait que les générations nées depuis les années 1970 n’ont pas connu d’autres conditions de vie et ne dispose pas d’éléments de comparaison. Un jeune des banlieues déshéritées, aujourd’hui, dispose de moyens de confort que n’avait pas le roi Louis XIV, notamment l’eau chaude au robinet, les WC et le chauffage. Cette révolution du confort est le premier moteur de la pression sur la nature entraînée par nos gestes quotidiens.

Or un univers psychique qui n’admet par principe aucune limitation, aucun interdit, court vers l’abîme. Pendant la Seconde guerre mondiale, la vitesse des voitures aux Etats-Unis a été plafonnée à 55 km/h pour économiser le carburant. Il a fallu une menace extérieure pour mettre en place cette mesure qui devrait s’imposer aujourd’hui. Le danger du système libéral, c’est que, ayant disqualifié tous ses concurrents, il n’a plus d’extérieur et ne peut se contraindre lui-même dans des délais utiles. Aucun effort méthodique pour prévoir le futur et organiser le décrochage du pétrole n’a été conduit : si c’était le cas, cela se saurait, des voitures ultralégères seraient déjà disponibles depuis longtemps sur le marché, leurs moteurs seraient bridés, etc.

Les Hikikomoris, ces jeunes japonais gavés d’informatique qui ne sortent plus de leur chambre, sont un des premiers symptômes de l’épuisement vital vers lequel nous tendons. En moins d’un siècle, le marché, couplé à la technologie, en instrumentalisant et en artificialisant les désirs, aura stérilisé tout ce qui donnait aux hommes le goût de vivre depuis des millénaires. La publicité, cette forme moderne, insidieuse et inédite de contrôle des esprits, que l’on devrait débaptiser et nommer une fois pour toutes propagande, va bien au-delà de tous ce qu’on pouvait imaginer dans les débuts optimistes et naïfs de la « réclame » d’après guerre.

La pression démocratique (écologie appliquée/action politique)

Il se trouve qu’aucun système démocratique ne semble pouvoir fonctionner aujourd’hui en dessous d’une certaine pression de confort. Si une Sparte démocratique existe quelque part dans le monde contemporain, je demande qu’on me la montre. Inéluctablement, la démocratie moderne, c’est-à-dire la démocratie libérale où l’individu prime sur le collectif, démultiplie les besoins des hommes et augmente la pression sur l’environnement. Partout où l’individu devient une valeur centrale, ses besoins personnels s’accroissent avec l’étendue de sa sphère personnelle ; son espace vital minimal augmente en même temps que ses exigences de mobilité ; il lui faut manger plus de viande ; il lui faut consommer davantage de produits culturels ; il veut tout cela, et plus encore, pour ses enfants.

L’aveuglement des élites et le formatage subséquent de l’opinion via les médias Lire la suite

Transports : Région Aquitaine, CG 33, CUB ensemble

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 2 Mai 2009

TRAIN-TRAM-BUS. Les collectivités s’unissent au sein d’une conférence qui deviendra association pour réfléchir autrement sur la mobilité et développer les transports collectifs

Transports : Région, CUB, Conseil général ensemble

La CUB, le Département et la Région sont dorénavant unis pour réfléchir sur les transports en commun et bâtir pour les 10-15 ans à venir les meilleurs réseaux « train-bus-tram » qui soient.

Dans un premier temps, cette coopération se concrétisera au sein de la « conférence permanente des autorités organisatrices de transport de l’agglomération bordelaise », et dans un second temps, au sein de « Mouvable », une association loi 1901 avec un président, un bureau et un conseil d’administration.

Un bon mille-feuilles

Vincent Feltesse (CUB), Philippe Madrelle (Département) et Alain Rousset (Région) ont signé jeudi matin la convention officialisant la mise en route de cette réflexion commune.

« Nous travaillions déjà beaucoup ensemble mais compte tenu de l’enjeu des transports, il était nécessaire d’aller plus loin », souligne Vincent Feltesse. « C’est une nouvelle étape de collaboration », affirme lui aussi Philippe Madrelle qui pense « qu’il faut jouer encore mieux la carte de la complémentarité et mieux coordonner les réseaux ».

Alain Rousset n’est pas moins favorable à ce travail en commun. « Les collectivités locales vont encore montrer ce dont elles sont capables. On va peut-être encore nous parler de mille-feuilles mais, je pense, pour rester dans le culinaire, que celui-ci va être très bon. »

90 millions de voyageurs

L’objectif est naturellement d’offrir aux habitants de l’agglomération bordelaise et a fortiori, aux habitants de la Gironde, des réseaux de transport beaucoup plus performants et une bien meilleure intermodalité (train-bus-tram.) Pour cela, il est indispensable que les collectivités s’entendent à merveille car les TER sont de la compétence de la Région, les bus interurbains celle du Département, le tram et les bus urbains, celle de la CUB.

Ne pas travailler ensemble serait donc catastrophique et franchement dommage en Gironde où les transports en commun ont véritablement le vent en poupe.

Jamais, il n’y a eu autant de Lire la suite

La politique de l’oxymore (sur le « développement durable »)

fabrice-nicolino.com, le 29 avril 2009

La politique de l’oxymore (sur le « développement durable »)

Ce n’est pas le livre le plus rigolo de la saison, mais sa lecture renforce le sentiment qu’il faut sortir du cadre. En tout cas chez moi. Mais peut-être n’y a-t-il plus de cadre ? Peut-être que tout tient à jamais dans ce cadre-ci ? Comme je n’ai pas envie – envie, je confirme – de le croire tout à fait, je préfère une seconde penser au printemps. Je sais trop le reste pour m’apesantir encore sur l’hiver de la pensée.

Et ce livre ? La politique de l’oxymore, de Bertrand Méheust (Les Empêcheurs de penser en rond/La Découverte). Il est court – 160 petites pages – et ne coûte que 12 euros, un prix à peu près raisonnable. Je ne le trouve pas renversant, et j’espère que l’auteur ne m’en voudra pas de dire simplement ce que je pense. Il n’est pas renversant, mais il peut utilement servir à décoincer par ci par là quelques neurones. Et quel livre d’aujourd’hui peut en dire autant ?

Je rappelle pour commencer qu’un oxymore est une contradiction dans les termes, quelque chose qui ne se peut. Méheust en cite beaucoup, un peu trop peut-être, dont ce si fameux « développement durable », qui est assurément l’un des plus beaux. L’expression, opportunément mal traduite de l’anglais, signifiait au point de départ « développement soutenable ». Je le sais parce que je le sais. Mais je le sais aussi parce que je possède le rapport dit Brundtland, dans une version québécoise qui fait autorité (Notre Avenir à Tous, Les Éditions du Fleuve, 1989).

Le développement durable dont on nous rebat les oreilles chaque jour est en fait Sustainable development. Et croyez-moi, cela change tout. Car le développement soutenable renvoie à des notions écologiques imparables. Un écosystème est ou non capable de soutenir tel ou tel usage. Il n’appartient pas à l’homme, même si celui-ci peut évidemment le détruire, ce dont il ne se prive pas. Sustainable development est une vision riche, exigeante, des relations entre l’homme et la nature. C’est d’emblée une notion problématique et incertaine, qui oblige en permanence à s’interroger. Le développement durable, lui, est devenu la tarte à la crème des innombrables tartuffes de ce monde, qui entendent faire durer le développement jusqu’à la fin de tout ce qui bouge sur terre.

Ne croyez pas ce débat philologique anodin. Il est central. Je ne sais qui a réalisé le tour de passe passe autour de l’expression Sustainable development. Je ne sais s’il a été volontaire, organisé, planifié peut-être. Il me semble que c’est possible. Dans tous les cas, on voit bien que les assassins de la vie se battent autour des mots comme s’ils en avaient – eux, et pas nous, hélas – compris toute l’importance. Voyez le mot biocarburant ! Je sais bien que certains écologistes sont fiers d’avoir à moitié imposé le mot agrocarburant, que tant de gens ne comprennent pas. Mais enfin, est-ce une victoire ? La véritable réussite aurait été de pouvoir nommer ce crime de la manière adéquate. Et il n’en est qu’une : nécrocarburant.

Autre exemple auquel je viens de m’intéresser : le sort des animaux. Lire la suite

Fête du Soleil : la cuisson Ecologique le 8 mai

Les jardins d’aujourd’hui, 30 avril 2009

Fête du Soleil : la cuisson Ecologique le 8 mai 2009

Aux Jardins d’Aujourd’hui – Rue Bougainville 33300 Bordeaux

Avec Bolivia Inti-Sud Soleil et le Centre Social Bordeaux-Nord

10H00 – 12H30 Portes ouvertes des Jardins d’Aujourd’hui

Visite du jardin / découverte de différentes techniques de jardinage et de compostage écologiques

Stand de présentation des 3 structures d’accueil : Bolivia Inti-Sud Soleil / Les Jardins d‘Aujourd’hui et le Centre Social Bordeaux-Nord

Atelier Cuisine Adultes : Découverte et pratique des différents cuiseurs écologiques (cuiseurs solaires, parabole, cuiseur à bois économe, cuiseurs thermos) – préparation de plats pour la dégustation de midi

Atelier Cuisine Enfants : Préparation d’un gâteau que sera cuit au Four Solaire (si Soleil, il y  a !!!)

A partir de 12H30 Pique-nique (que chacun aura apporté) et dégustation des plats préparés par l’atelier cuisine           

14H00 – 16H30 Atelier cuisine Adultes / Enfants Lire la suite

H1N1 : une multinationale de l’agrobusiness US dans la tourmente

bastamag.net, Esteban Eviry, le 1er mai 2009

Epidémie de grippe H1N1 : une multinationale de l’agrobusiness US dans la tourmente

L’épidémie de grippe « porcine » est peut-être due aux pratiques polluantes d’une multinationale, Smithfield, spécialisée dans la production de porcs. Depuis trois mois, les habitants du village de La Granja, au Mexique, qui vivent à proximité d’une des usines de la filiale mexicaine de Smithfield, sont massivement victimes d’infections respiratoires. En septembre 2008, une épidémie de grippe aviaire avait déjà éclaté, sans que le gouvernement mexicain ni l’OMS ne s’en émeuvent. Smithfield a déjà été lourdement condamné aux Etats-Unis pour ses pratiques polluantes.

Le petit village de La Granja, dans l’Etat de Veracruz au Mexique, est en train de devenir mondialement célèbre. Bien malgré lui. Il serait à l’origine de l’épidémie de grippe H1N1 qui fait désormais la une de nos journaux. Que s’est-il passé exactement dans cette communauté de 3000 habitants, qui fait partie de la municipalité de Perote au Mexique ? Les cas d’infections respiratoires ont commencé dès le mois de février, selon les habitants, cités par le journal mexicain La Jordana dès le 4 avril dernier. « Depuis février dernier, l’agent municipal Bertha Crisostomo Lopez a sollicité l’appui des autorités sanitaires car des dizaines de familles souffraient subitement d’affections des voies respiratoires », explique le journaliste Andres Timoteo. Entre 30% et 60 % des personnes auraient été touchées selon les sources.

Scandales sanitaires

Pour les habitants, l’origine de cette brutale épidémie ne fait aucun doute. Ils luttent depuis plusieurs années contre l’installation de l’entreprise Granjas Carroll, la filiale mexicaine de la plus grande entreprise mondiale d’élevage et de conditionnement de porc, Smithfield Foods (11,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires). Les habitants de La Granja se plaignent des pratiques de cette entreprise qui déverse à l’air libre ou dans les cours d’eau les matières fécales et organiques des porcs et laissent les charognes des porcs pourrir à l’air libre. Des pratiques pour lesquelles l’entreprise états-unienne a déjà été condamnée à une amende record de 12,6 millions de dollars par l’agence de protection de l’environnement des Etats-Unis après avoir déversé près de cinq tonnes de matière fécale en Caroline du nord et en Virginie en 1997. En août 2007, Smithfield a été obligé de détruire trois élevages de porcs (sur 33) en Roumanie, contaminés par la fièvre porcine « classique » (la multinationale compte également cinq usines de porcs en Pologne, et une de ses marques de jambon, Aoste, est diffusée en France). À La Granja, les quelques habitants qui ont tenté de s’organiser et de demander le départ de l’entreprise, voire des sanctions contre ses pratiques, ont été poursuivies pour diffamation, menacées et même condamnées à de la prison pour l’une d’entre elles. Granjas Carroll a donc pu continuer à polluer tranquillement grâce à la vigilance des autorités de l’État de Veracruz.

En mars, des cas d’infections respiratoires ont commencé à provoquer la mort de trois enfants. Face aux accusations des habitants, l’entreprise Lire la suite

Trois ans pour dire adieu à l’énergie pas chère

ouest-france.fr, Serge Poirot, le 28 avril 2009

Trois ans pour dire adieu à l’énergie pas chère

L’épuisement du pétrole est proche. Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean nous annoncent le repeuplement des campagnes, la fin des banlieues et le retour de la 2 CV !

Polytechnicien, expert en énergie, concepteur du bilan carbone et conseiller de Nicolas Hulot, Jean-Marc Jancovici lance un appel au changement urgent et radical dans C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde.

Pourquoi trois ans ?

Nous avons voulu insister sur le fait qu’il faut commencer à se secouer très sérieusement. Chaque année qui passe sans qu’on prenne le problème « énergie-climat » à bras le corps se paiera très cher. Grâce à l’énergie abondante et bon marché, l’humanité a connu une phase d’expansion sans précédent. Maintenant, on va devoir passer à la caisse. Ça va nécessiter des décennies d’efforts. Il faut dire la vérité aux gens : l’augmentation indéfinie du pouvoir d’achat n’aura pas lieu. Nous allons avoir à gérer une forme de sobriété matérielle.
Vous pensez que la crise actuelle est d’abord une crise énergétique ?
C’est le premier accès de fièvre. L’économie consiste essentiellement à transformer les ressources naturelles. Or, il n’y a pas de transformation sans énergie. Le point de départ de la crise, c’est la récession due à l’explosion du prix du pétrole entre 2002 et 2008. Beaucoup pensent que tout va repartir comme en 40. Nous pensons qu’une époque nouvelle commence.
Mais le prix du pétrole est en baisse.

Oui, c’est normal : on est en récession. L’effet du prix de l’énergie sur l’économie se manifeste sur le long terme. Le prix d’un service énergétique : se déplacer, laver son linge, avoir une réaction chimique donnée, etc… a été divisé par 30 depuis 1900. Le litre d’essence à 1 € procure une énergie mille fois moins chère que le travail humain qu’il remplace. Mais il y a une limite physique : le pétrole met 50 millions d’années à se former.
Il n’y a pas que le pétrole…

Tout le monde est persuadé qu’on va être sauvés par les éoliennes et le photovoltaïque. Dans les vingt ans qui viennent, ça ne fera aucune différence. C’est de l’argent dépensé en pure perte. Quant au nucléaire, que j’aime bien, il est limité par les besoins en capitaux et en compétences. Ce sont des solutions pour le long terme. Pour la période de transition, 80 % du problème va devoir être traité par des économies. La question est : est-ce qu’on les organise ou est-ce qu’on les subit ?

Vous voulez repeupler les campagnes…

Depuis un demi-siècle, on a remplacé les agriculteurs par des tracteurs et des camions. Lire la suite

La peste porcine, dernier fléau de l’industrie de la viande

grain.org, NC, avril 2009

Un système alimentaire qui tue : La peste porcine, dernier fléau de l’industrie de la viande

Le Mexique assiste à une répétition infernale de l’histoire de la grippe aviaire asiatique, mais à une échelle encore plus tragique. Une fois de plus, la réponse officielle arrive trop tard et entachée de mensonges. Une fois de plus, l’industrie mondiale de la viande est au centre de l’histoire, s’obstinant à nier toute responsabilité, alors que le poids de l’évidence concernant son rôle ne cesse de s’accroître. Cinq ans après le début de la crise de grippe aviaire H5N1 et après cinq ans aussi d’une stratégie mondiale contre les pandémies de grippe coordonnée par l’Organisation mondiale de la santé (l’OMC ou WHO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le monde chancelle sous les coups d’un nouveau désastre, la grippe porcine. La stratégie mondiale a échoué et doit être remplacée par un nouveau système de santé publique qui puisse inspirer confiance au public.

Ce que nous savons de la situation au Mexique, c’est que, officiellement, plus de 150 personnes sont mortes d’une nouvelle souche de grippe porcine qui est en fait un cocktail génétique de plusieurs souches de virus de grippe : grippe porcine, grippe aviaire et grippe humaine. Celle-ci a évolué en une forme qui se transmet facilement d’humain à humain et qui peut tuer des gens en parfaire santé. Nous ne savons pas exactement où ont eu lieu cette recombinaison et cette évolution, mais il semble évident qu’il faut chercher du côté des élevages industriels mexicains et américains.[1]

Cela fait des années que les experts avertissent que le développement des grandes fermes d’élevage industriel en Amérique du Nord ont créé un foyer idéal pour que puissent émerger et se répandre de nouvelles souches de grippe extrêmement virulentes. « Parce que les élevages fortement concentrés ont tendance à rassembler d’importants groupes d’animaux sur une surface réduite, ils facilitent la transmission et le mélange des virus », expliquaient des scientifiques de l’agence nationale des instituts de santé publique américaine (NIH).[2]  Trois ans plus tôt, Science Magazine avait sonné l’alarme en montrant que la taille croissante des élevages industriels  et l’usage répandu des vaccins qui y est fait accéléraient le rythme d’évolution de la grippe porcine.[3] C’est la même chose avec la grippe aviaire : l’espace surpeuplé et les conditions insalubres  qui règnent dans ces élevages permettent au virus de se recombiner et de prendre de nouvelles formes très aisément. Quand on en est à ce stade, la  centralisation inhérente à l’industrie garantit que la maladie est disséminée partout, par l’intermédiaire des matières fécales, de la nourriture animale, de l’eau ou même des bottes des ouvriers.[4] Et pourtant, si l’on en croit les centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), «  il n’existe pas de système national officiel de surveillance pour déterminer quels sont les virus les plus répandus dans la population porcine américaine.”[5] La situation est la même au Mexique.

Les communautés à l’épicentre

Ce que nous savons encore à propos de l’épidémie de grippe porcine mexicaine est que la communauté de La Gloria dans l’état de Veracruz a désespérément essayé d’obtenir une réaction des autorités face à l’étrange maladie Lire la suite

Cheval de trait : le retour ?

liberation.fr, Olivier Bertrand, le 29 avril 2009

Traction d’avant

Le tracteur avait pris le pouvoir dans la vigne. Le cheval reprend du service. Un regain qui change le rapport à la terre et au travail. Des vignerons racontent…

Cela pourrait ressembler à un chromo nostalgique. Un cheval de trait s’engage entre deux rangs de vignes, en Anjou. Derrière lui, un paysan guide sa charrue, attelée à l’animal. Le soc s’enfonce sans forcer dans une terre aérée. Des corneilles les regardent travailler, plongent dans leur sillage pour boulotter les vers de terre de ce sol vivant. Le comtois s’arrête pour un long pet molletonné. Le paysan se redresse. «Bien mon garçon.» Crache dans ses mains, reprend la charrue. «Allez Jo ! Marcher bonhomme ! Petits pas !» Cela fait dix ans qu’Olivier Cousin (49 ans) retravaille ses vignes à cheval. Sur ses six hectares à Martigné-Briand, au sud d’Angers, il participe à un vrai phénomène : le retour de la traction animale dans les vignes.

Dans la Loire, en Bourgogne, dans la vallée du Rhône ou le Languedoc, des vignerons dérouillent les charrues des grands-pères, reprennent des chevaux, délaissent le tracteur. Ce dernier avait remplacé les bêtes dans les années 1950 à 1960. A l’époque, quelques paysans avaient continué avec leurs chevaux, faute de moyens. Ceux qui reprennent aujourd’hui le font par choix. Pour soigner leurs sols, leurs vins. Et parfois leur image. Quelques grandes maisons s’y sont mises assez tôt, discrètement, comme, en Bourgogne, la romanée-conti, qui n’a guère besoin de publicité. La maison Trappet a suivi. Chez d’autres, la dimension marketing existe. On laboure à cheval pour la photo. Mais le regain vient aussi de vignerons militants, producteurs de vins naturels et soucieux de leurs sols. Le retour de la traction animale raconte l’évolution de leur rapport à la terre et au travail.

«Dans un cycle vivant»

«Avant de venir à la vigne, raconte Olivier Cousin, j’étais skipper. J’ai repris sur le domaine de mon grand-père, en 1978. On filtrait le vin, on mettait du soufre. Je remplissais des cubis, j’avais l’impression d’être pompiste. J’ai alors essayé de faire le vin que j’aimais, mais je travaillais sur un tracteur. Pendant vingt ans, j’ai fait des lignes. Je n’entendais rien, je ne voyais rien. Je m’emmerdais, j’avais mal au dos. J’étais chauffeur de tracteur.» Il a alors pris un premier cheval en 1998. Et cela aurait «redonné un sens» à son métier. Pourquoi abandonner la facilité du tracteur pour retourner suer derrière un animal ? «Un cheval, ça chie et ça pisse, répond-il. Ça nourrit la vigne, on est dans un cycle vivant. Un tracteur, ça ne perd que de l’huile.» Les vignerons expliquent aussi que les enjambeurs tassent les sols, au niveau des racines notamment. «Regardez ma terre, dit Cousin. Depuis le temps que je la travaille, c’est devenu de la mousseline.»

Dans la vallée du Rhône, la maison Chapoutier s’est remise à la traction animale au milieu des années 1990, pour une partie de ses vignes. Raymond, un ouvrier de la maison, mène le cheval et la charrue sur une quinzaine d’hectares par an. Un artisan, passionné par son travail : «Quand je passe dans une vigne qui a été travaillée par un tracteur, dit-il, je sens la différence. La terre est toute dure. Tu t’arraches les bras et tu tords tes outils.» Son plaisir est de finir une parcelle sans qu’il reste un seul brin d’herbe. Un prestataire qui s’installe dans le coin aimerait le débaucher. Il hésite. Il travaille dur, gagne mal sa vie, adore son métier.

Les vignerons vantent le silence retrouvé, les odeurs, le seul froissement de la terre qui s’ouvre, le tintement des outils sur l’attelage. «Quand je faisais du bateau, reprend Olivier Cousin, je passais des heures à regarder la mer s’ouvrir. Je retrouve cela avec le cheval : c’est très contemplatif.» Le soc a remplacé l’étrave. Le pas du cheval ralentit l’homme, l’oblige à prendre son temps, à s’adapter à la terre. La charrue se manie en souplesse, jamais en force. «Si une souche résiste, explique Olivier Cousin, le cheval s’arrête. Le tracteur hydraulique, cela ne l’arrête pas. Il viole la terre.» Le muscle épais, barbe fournie et queue-de-cheval, il a la voix de Jean Yanne et le faux cynisme de l’acteur. La marche du monde l’agace.

Un rapport de 1999 de la mission du patrimoine ethnographique du ministère de la Culture (1) confirmait le retour de la traction animale, en l’inscrivant dans une «réaction au productivisme agricole». Les vignerons qui reprennent un cheval reviennent généralement à des surfaces raisonnables, quitte à céder une partie de leurs terres. Ils cessent de s’endetter dans la course au matériel sophistiqué. Les rapports avec les collègues sont au départ distants. «Nous aussi on l’a fait, dans le temps» , entend-on souvent en Anjou. Olivier Cousin accueille régulièrement des vignerons chez lui, pour des stages d’observation. Les premières questions cherchent souvent à comparer les rendements. Quand on lui demande combien de temps il met à l’hectare avec son cheval, il répond que cela dépend combien de fois il pisse, combien de fois il va boire des coups. En moyenne, si le cheval est bien formé, la terre pas trop grasse, il faut dix heures pour travailler un hectare de vigne. Un tracteur en traite trois dans une journée. La traction animale est un mode de vie plus qu’une façon de faire du vin.

«Imbéciles et salopards»

Mark Angeli travaille depuis vingt ans sur l’appellation bonnezeaux, à Thouarcé, pas très loin de chez Cousin. Une région où Depardieu possède une centaine d’hectares, où Jean Carmet aimait boire des litrées. Maçon corse, Angeli est arrivé là voilà vingt ans. Le vin avait piètre réputation, le terroir était prometteur, les terres abordables. Une aubaine pour des aventuriers, comme ce Languedocien. Il s’est implanté, a imposé ses vins, et depuis dix ans travaille avec un cheval. «Le plaisir et le rapport à l’animal ne sont pas quantifiables», dit-il. Il écrit des textes sur les pratiques paysannes, les ravages de la chimie. «Il y a vingt ans, assène-t-il, il y avait sans doute plus d’imbéciles que de salopards pour déverser les cochonneries dans les champs. Les gens ne savaient pas. Là, on sait. Alors ceux qui continuent sont des salopards.»

Souvent militants, les pionniers de la traction animale sont de moins en moins marginaux. «On ne nous prend plus pour des hurluberlus, des post-soixante-huitards», assure Mark Angeli. Ils font des émules chez les jeunes, prennent des stagiaires, les forment, observent. Puis prêtent un hectare ou deux aux plus courageux, pour qu’ils se lancent. Ils les conseillent, présentent même leurs clients, les bons bars à vin qui achètent leurs vins. Sur ses sept hectares, Mark Angeli en cultive quatre, et en laisse trois à des jeunes avec qui il partage son cheval. «Plus vous l’utilisez, meilleur il est, dit-il. S’il ne sort pas assez, il fait la tête quand vous le remettez au travail.» A force, ils essaiment. En Touraine, une dizaine de vignerons comptent s’y mettre. Georges, un jeune gars qui faisait de l’équitation, suit une formation pour travailler dans leurs champs, à la prestation. Une tendance qui se développe. Une dizaine de prestataires gagnent déjà leur vie en Bourgogne, en louant leurs chevaux et leurs bras. Deux s’installent en ce moment dans la vallée du Rhône. Ils prennent entre 50 et 70 euros de l’heure. Les formations de cocher se multiplient aussi. On y apprend l’attelage, la bourrellerie, la maréchalerie. Choisir un cheval, le mener…

Benoît Courault a appris sur le tas. Fils d’un propriétaire d’écurie de chevaux de course, il était sommelier, est devenu vigneron en Anjou par passion. Au terme d’un parcours initiatique, il a récupéré six hectares pas trop cher, avec des lieux-dits bien exposés, peu mécanisables. Il y produit des blancs délicieux, un cidre à se rouler dedans. Puis le cheval l’a rattrapé. Toutes ses vignes sont à moins d’un kilomètre, ce qui facilite la tâche. C’est plus compliqué pour ceux qui disposent de parcelles dispersées. Ce qui explique sans doute pourquoi la Bourgogne compte de nombreux chevaux de trait. Les parcelles sont petites, les appellations ramassées.

Moins cher à amortir

Pour l’instant, Benoît travaille 1,5 hectare avec Norway. «Un jour, je ferai tout à cheval, promet-il. Cela demande une organisation. On ne tourne pas la clef comme dans un tracteur.» Il faut nourrir la bête, l’étriller, régler les outils, solutionner mille détails. Et trouver l’équipement. Il vient de mettre la main sur une «la Bulette», vieille marque de charrue. Il va la dérouiller, l’aiguiser. Il faut aussi trouver les cuirs, l’attelage. Des fabricants s’y remettent. On refait des colliers en cuir bourrés de crin. Certains en font venir, plus légers et moins chers, de chez les Amish d’Amérique du Nord, chrétiens assez spartiates qui refusent la mécanisation. On adapte aussi les outils des tracteurs, on invente de nouveaux attelages, on achète des mètres entiers de sangles de stores pour les transformer en rênes.

Reste à trouver le bon cheval. Avec la mécanisation, les Français étaient devenus hippophages. Les paysans avaient recyclé la plèbe chevaline dans les abattoirs. Les Haras nationaux ont heureusement permis de maintenir les races et la tradition du travail, aidés par les concours folkloriques dans les berceaux généalogiques des différentes races (comtois, breton, cheval de trait auxois, etc.). Dans l’idéal, un cheval est débourré à 2 ans, puis préparé pour le travail au printemps suivant. Une centaine d’heures pour lui apprendre à obéir, aller droit, d’un pas régulier.

Jean-Louis Cannelle, éleveur dans le Doubs, en vend douze à quinze par an. A des services techniques de collectivités, et surtout à des vignerons. «Sans doute parce les dégâts de vingt-cinq ans de mécanisation sont plus visibles dans les vignes», avance-t-il. Lui aussi confirme le regain en France, mais ajoute : «Il faut replacer cela dans une perspective mondiale. Tout l’Est européen, en suivant notre mauvais exemple, est en train de brader sa traction animale.» Chez lui, un cheval formé s’achète entre 5 000 et 6 000 euros. Il faut ensuite un hectare pour qu’il broute et s’ébatte, puis les coûts sont très limités. Ferrer deux fois par an, disposer de foin, d’avoine. C’est à peu près tout : ces chevaux sont rarement malades. Le coût de revient tournerait autour de 500 à 1 000 euros par an. Nettement moins qu’un tracteur à amortir.

«En fait, il ne faut plus comparer, soupire Olivier Cousin. Ce sont deux métiers qui n’ont rien à voir. Quand je travaille avec mon cheval, je travaille avec un pote, je vais à son pas. Et je ne vais plus chez le kiné.» Il crache dans ses mains, reprend la charrue. Un lièvre file sous ses pieds.

(1) «Cheval de trait : le retour ?», rapport établi en 1999 sous la direction de Bernadette Lizet, (CNRS), éco-anthropologue.

Le Titanic de l’économie carbonique

altermonde-sans-frontières.com, Yann Fiévet, le 30 avril 2009

For Le Peuple Breton, mai 2009

Le Titanic de l’économie carbonique

L’Histoire retiendra dans son œuvre d’établissement des faits aux conséquences gravissimes que le récent sommet du G20 est l’une des preuves les plus flagrantes de l’incurie actuelle des Maîtres du Monde. L’économie mondialisée est un navire démesuré aux multiples voies d’eau dont on a décidé de maintenir la route incertaine afin de sauver le plus longtemps possible les intérêts des occupants de la Première Classe. Le discours tenu aux passagers des classes subalternes n’affiche évidemment pas ce but cardinal ; on leur assure au contraire que pour sauver tout le monde il n’est qu’un seul cap à suivre. Mais, peu importent les paroles du Commandement : son attitude obstinée révèle une coupable sous-estimation du danger qui menace de dislocation le Titanic planétaire.

Ce Titanic-là est un trop vieux rafiot pour pouvoir tenir la mer démontée qui l’assaille de toute part. Il est d’un autre temps, celui où la prospérité économique provenait de l’abondance des sources d’énergie d’origine fossile. La première méprise du Commandement est de croire qu’il va pouvoir maintenir le coût de l’énergie à 5% du PIB, indicateur par ailleurs fièrement conservé comme référence de la richesse produite grâce à ce volume d’énergie. La vénération du mythe de la Croissance alors que les gisements de matières fossiles desquels elle dépend étroitement diminuent devrait imparablement apparaître absurde. Dans l’économie carbonique, produire va coûter de plus en plus cher à mesure que l’on va découvrir qu’aucune alternative crédible aux « fossiles » n’existe dans un avenir raisonnable. Ces considérations nous feraient presque oublier le désastreux bilan écologique de l’usage démentiel de ces sources d’énergie qui firent la fortune de l’ère industrielle. C’est la deuxième illusion du Commandement : croire qu’il va être possible de repeindre en vert la titanesque croissance.

L’abondance énergétique n’est pas le seul attribut de l’économie carbonique. Un autre attribut mortifère la condamne au regard de la nécessaire intelligence à (re)construire : elle s’est développée au mépris des limites qu’imposent la nature en général et le vivant en particulier. La transgression de ces limites, après avoir été longtemps prétendue inoffensive, est aujourd’hui payée au prix fort par les sociétés humaines. Les dérèglements climatiques, l’appauvrissement des sols, le dépérissement avancé de la biodiversité ou le développement exponentiel des maladies « environnementales » devraient nous imposer le réapprentissage des limites. La Croissance verte est toujours la Croissance, c’est-à-dire la poursuite du renoncement à prendre en considération impérative les limites physiques et biologiques. Les hommes devraient inventer l’économie biophysique. Cette économie « révolutionnaire » ne se préoccuperait pas seulement de connaître les limites de son emprise sur les écosystèmes, elle produirait surtout les conditions de son existence pérenne par l’équilibre des flux entre elle et la nature dans toutes ses dimensions. La Culture n’est pas supérieure à la Nature ; elles doivent marcher de front pour un dialogue permanent. Ici, la Croissance verte échouera encore : l’allègement de la domination de l’économique sur la nature ne remet pas en cause le caractère essentiel de cette domination. Adoucir le joug pour mieux le maintenir, telle est la nouvelle et dérisoire frontière offerte aux peuples par le Commandement aveugle du navire en perdition.

Le Commandement, régulièrement conforté par les analyses macro-économiques de ses nombreux conseillers, se méprend encore en ignorant superbement la contre productivité manifeste de la « société de marché ». L’archéologue américain Joseph Tainter a étudié le développement et le déclin de nombreuses civilisations pour mettre à jour les raisons communes de leurs destins fatals. Confrontées aux problèmes inhérents à leur fonctionnement, ces civilisations accroissent la complexité de celui-ci en augmentant encore les moyens qui ont permis leur développement. L’accroissement de la complexité signifie la diversification des rôles sociaux, économiques et politiques ainsi que l’essor des moyens de communication et la croissance de l’économie des services, tout cela étant soutenu par une consommation d’énergie sans cesse en augmentation. Il est incontestable qu’aujourd’hui la satisfaction sociale par habitant augmente de moins en moins vite, alors que les coûts écologiques croissent chaque jour davantage. La contre productivité globale de la société de marché est désormais palpable puisque son bénéfice net, différence entre la satisfaction sociale et les coûts conjoints de l’organisation sociale et de la crise écologique, diminue. L’effondrement de cette société interviendra quand son bénéfice net deviendra nul. Hérétique prédiction !

L’erreur majeure des économistes de la théorie orthodoxe est de raisonner exclusivement sur la combinaison de deux facteurs de production, le travail et le capital, et d’ignorer ainsi le moteur même de l’économie que constitue les matières minérales et énergétiques fournies par la nature. L’épuisement de ces richesses premières en amont de la production et les dégâts occasionnés à l’environnement naturel en aval de la consommation ne sont jamais sérieusement chiffrés économiquement. À cet égard, le développement durable, déclinaison publicitaire de la théorie économique dominante, ne résout rien. En dernière instance, c’est toujours l’économique qui l’emportera sur le social et l’environnemental. À la figure des trois cercles ne se chevauchant que sur une portion congrue, il nous faudrait substituer celle de trois cercles concentriques : le petit cercle de l’économie contenu dans celui plus large du social lui-même inscrit dans le vaste cercle de l’environnement naturel. Cela s’appelle reconstruire notre imaginaire.

À cette nécessité impérieuse, le Commandement préfère l’enthousiasme pour une prédiction minuscule érigée en chaloupe providentielle : la Chine devrait faire 8% de Croissance en 2009.

Vaincre le « Triple Crunch »

alternatives.ca, Guillaume Hébert, le 30 avril 2009

L’auteur est chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

Vaincre le « Triple Crunch »

Au Québec comme ailleurs, les citoyens doivent saisir l’opportunité de restructurer l’économie de façon à régler non pas à une ou deux crises, mais bien trois. À cet effet, des intellectuels britanniques en faveur d’un New Deal vert (Green New Deal), ont lancé des pistes de solutions d’envergure visant à contrer le « Triple Crunch » : la crise écologique, la crise financière et la crise pétrolière.

À quoi devrait ressembler un New Deal vert au XXIe siècle ? Une politique économique de cet ordre implique un rôle important de l’État par le biais d’investissements. Face à la crise écologique, ces investissements massifs devraient être verts, c’est-à-dire qu’ils doivent permettre la réduction des émissions de carbone et mettre l’économie sur la voie de la viabilité écologique. Par conséquent, les projets d’infrastructures proposés par les gouvernements semblent inadéquats, puisqu’ils abordent le défi de la même façon que ce que l’on faisait il y a cinquante ans, à une époque où les dévastations écologiques causées par le productivisme de la société de consommation étaient négligées.

Une meilleure planification

Un travail considérable sera nécessaire en habitation. Un New Deal vert encourage le principe « un bâtiment, une station énergétique », selon lequel un plan de grande envergure reverrait l’ensemble des méthodes de construction et planifierait la mise à niveau des immeubles, notamment les bâtiments publics. L’adoption d’une telle perspective créerait des emplois dans le domaine de l’efficacité énergétique et des projets d’énergie renouvelables tels l’éolienne et le solaire. À l’échelle canadienne, ceci permettrait de créer 200 000 emplois, selon le Congrès du travail du Canada.

Une remise en question de l’aménagement du territoire pour notamment enrayer les désastres provoqués par l’étalement urbain, est aussi nécessaire. Un groupe de chercheurs de l’Université d’Ottawa, Sustainable Prosperity, a produit un rapport évaluant une vingtaine de grands projets pour répondre à la crise. C’est le développement du transport collectif qui obtient la meilleure note lorsqu’il s’agit de mettre en place des plans susceptibles de relancer l’économie tout en respectant l’environnement. En effet, le transport en commun a un impact positif sur la qualité de l’air et sur l’efficacité générale du carburant, et il permet d’élaborer de nouvelles technologies dans ce domaine.

D’autres pays, notamment en Europe, ont initié depuis plusieurs années la mise sur pied d’une classe de « cols verts », des travailleurs liés à un meilleur respect de l’environnement. En Allemagne ou en Espagne, Lire la suite