VIENT DE PARAITRE : Les deux âmes de l’écologie

Médiapart, Guillaume Henchoz, le 29 novembre 2008

Le développement durable face à l’écologie politique

Références : Romain FELLI, Les deux âmes de l’écologie : une critique du développement durable, Paris : l’Harmattan, 2008, 100 p.

On a beaucoup glosé sur les horizons idéologiques de l’écologie, mais étrangement, le développement durable semble y échapper. Présenté surtout comme une technique visant à réguler les ressources mondiales, ce dernier est aussi sous-tendu par une doctrine politique qui se construit en opposition à une écologie politique plus radicale.  » Les deux âmes de l’écologie « , ouvrage de Romain Felli, récemment paru aux éditions de L’Harmattan, fait le point sur ces deux perspectives.

Le développement durable a le vent en poupe. Les partis politiques, de droite comme de gauche, en ont tous rédigé un chapitre dans leurs programmes. En France, lors des dernières élections, les principaux candidats avaient signé la charte sur le développement durable proposée par Nicolas Hulot. Depuis le sommet de Rio en 1992, les organisations internationales ont mis en place une batterie de projets, de lois, de protocoles – dont le plus médiatisé est celui de Kyoto. Label DD, sensibilisation en entreprise, développement de l’écologie industrielle, tous les composants de notre environnement social semblent touchés par l’importance de préserver les ressources pour les générations futures, et de diminuer les dégâts inhérents à notre empreinte écologique. Sommes-nous pour autant tous devenus écologistes ?

Une écologie, deux doctrines politiques

Non, répond Romain Felli, géographe et politologue, assistant à l’Université de Lausanne (Suisse). Dans un récent ouvrage,  » Les deux âmes de l’écologie « , ce jeune chercheur tend à montrer que deux manières d’appréhender l’écologie coexistent depuis fort longtemps :  » En réalité, deux tendances se sont opposées dès l’origine et continuent à le faire. Réduire la pensée écologique au développement durable, c’est nier cette opposition et nier la pratique actuelle  » (p. 13). Romain Felli oppose en fait l’écologie politique au développement durable. Une batterie de concepts mais également de pratiques et d’idées politiques permettent d’effectuer cette distinction.

Weber le vert 

La démarche de Romain Felli est d’ordre sociologique. Il s’emploie par le biais d’une méthode idéale-typique dont on trouve les éléments fondateurs chez l’un des pères de la sociologie, Max Weber, à conceptualiser deux notions, l’écologie par en haut (le développement durable) et l’écologie par en bas (l’écologie politique) :  » Il est délicat de définir un critère unique qui permettrait de déterminer les positions respectives de ces deux courants de l’écologie ; il s’agit donc d’éviter d’essentialiser ces concepts en leur donnant une univocité qu’ils n’ont pas. Les oppositions que nous avons déterminées doivent se comprendre comme des types idéaux, situés à l’extrémité d’un continuum sur lequel différentes positions sont possibles  » (pp. 14-15). A partir de cette perspective, l’auteur s’emploie à passer à la loupe les principales oppositions qui séparent ces deux doctrines politiques. Lire la suite

Après l’empreinte carbone, “l’empreinte eau”

Greenunivers, le 29 octobre 2008

Après l’empreinte carbone, “l’empreinte eau”

Pour boire une tasse de café aux Pays-Bas, il aura fallu en fait … 140 litres d’eau – essentiellement pour faire pousser les plants, mais aussi  laver le café, le transporter, etc.

Mais il faut aussi 1.000 litres d’eau pour obtenir une brique de lait d’un litre, 16.000 litres d’eau pour un kilo de viande de bœuf, 900 litres pour un kilo de maïs et 3.000 litres d’eau pour un kilo de riz.

Ces calculs frappants sont le fruit d’un nouvel outil de mesure de l’« empreinte eau » (c’est-à-dire la quantité d’eau nécessaire à la consommation d’une personne, ou d’une ville ou d’un pays) élaboré par sept organisations mondiales dont le WWF, l’Unesco, l’International Finance Corporation (filiale de la Banque Mondiale) et le World Business Council for Sustainable Development, qui viennent de fonder le Water Footprint Network (Réseau Empreinte Eau).

Ce Réseau Empreinte Eau fournit des outils de mesure disponibles gratuitement sur internet pour calculer l’empreinte eau pour un particulier ou  pour tout un pays.

Il estime ainsi que les Français consomment, en moyenne, 1.875 m3 par personne et par an, contre 1.243 m3 par personne en moyenne sur Terre, avec par exemple 1.381 m3/personne au Brésil et 2.483 m3 aux Etats-Unis.

Le Réseau bénéficie aussi de l’outil de mesure de l’empreinte eau pour les entreprises mis en place par le World Business Council for Sustainable Development.

 

 

Toute l’idée des membres du réseau est de prendre les devants face à une raréfaction probable de l’eau avec le réchauffement climatique, Lire la suite

www.preventiondechets.fr

France Nature Environnement, communiqué, le 27 novembre 2008

www.preventiondechets.fr

Après quelques mois de chantier, et alors que la semaine nationale de réduction des déchets bat son plein, FNE annonce la réouverture de son site Internet consacré à la prévention des déchets. Une nouvelle version, plus conviviale, qui se veut à la fois accessible, complète et stimulante.

Pour Delphine Tombal, responsable du site : « Ce site très complet, mais ludique, intéressera à la fois le grand public, et les professionnels de la prévention des déchets : associations, collectivités et acteurs économiques ».

Ainsi, la page Je m’engage donne de nombreux conseils simples pour devenir éco-consommateur et agir au quotidien pour produire moins de déchets et mieux gérer ceux qui restent.

Mais les plus avertis ont aussi accès à de l’information technique sur le compostage domestique, les emballages, les labels écologiques…

Nombre d’informations présentes sur l’ancien site ont été réutilisées (dans un souci de réduction des déchets) et ce site Internet continue de répondre aux trois questions :

–        Qu’est-ce que la prévention ?,

–        Pourquoi faire de la prévention ?

–       Comment faire de la prévention ?

Des nouveautés ont également trouvé leur place : notamment une rubrique actualité qui rassemble actus, communiqués de presse et l’agenda de la prévention.

Un site immatériel pour produire moins de déchets matériels !

A visiter d’urgence sur : www.preventiondechets.fr

Pour recevoir les dernières informations concernant la prévention des déchets : Lire la suite

La crise économique nous mène t-elle à la guerre ?

bellaciao.org, Annie Lacroix-Riz, le 22 novembre 2008

D’une crise à l’autre : 1929-2008 « mais en plus grave »
Interview de l’historienne Annie-Lacroix-Riz par Julien Versteegh

Nous faisons face à la plus grave crise depuis celle de 1929, disent tous les analystes. Mais que fut cette crise de 1929 ? Quelles en sont les origines ? Quelles en ont été les conséquences ? Retour sur une histoire riche en enseignement.

« Les causes de la crise de 1929

Annie Lacroix-Riz. La crise de 1929 est avant tout une crise de surproduction (désigne une production trop importante par rapport à la demande,ndlr) qui se produit au terme des dix ans qui ont succédé la première guerre mondiale qui elle-même avait mis fin à la première grande crise du capitalisme de 1873.

La surproduction a entraîné une baisse des taux de profit insupportable pour le capital. Il y avait eu la Première guerre mondiale (1914-1918) qui avait détruit la surproduction, mais pas assez. En 1920-1921, une crise sévère éclate mais dont le capitalisme international et surtout américain se sort en liquidant beaucoup de capital, en augmentant le chômage etc…

Suit une période de très intense accumulation du capital qui se traduit par des concentrations énormes.

C’est dans le courant des années 1920 que se constituent les plus grands groupes industriels monopolistes qui existent encore aujourd’hui comme l’IG Farben et les Aciéries réunies (Vereinigte Stahlwerke) en Allemagne, etc. Avec comme corollaire un développement du chômage.

Alors pourquoi cela explose en 1929 ?

Il s’est produit exactement les mêmes phénomènes qu’aujourd’hui. Cette énorme concentration du capital a développé des moyens gigantesques de production (des usines gigantesques, ndlr) et pesé négativement sur le taux de profit.

Ce phénomène a été accompagné par des phénomènes spéculatifs.

Rappelons qu’une des caractéristiques du capital, c’est la dissociation du capital argent de la production, revenons au Capital de Marx. Il y a donc eu une énorme spéculation entre 1924 et 1929, entraînant une différence entre le niveau de la production matérielle et le niveau de la spéculation.

Comme aujourd’hui, le facteur financier a été non pas la cause de la crise, mais le facteur déclenchant de la crise.

Par exemple aux États-Unis, quelques secteurs avaient connu une croissance remarquable, les industries neuves, l’automobile, l’industrie électrique.

Mais d’autres secteurs étaient morts. Il y avait une surproduction structurelle dans l’agriculture, le charbon était en crise, il y avait du chômage massif dans toutes les vieilles industries, l’industrie textile était malade.

Donc comme aujourd’hui, le facteur financier a été non pas la cause de la crise, mais le facteur déclenchant de la crise. Quand on dit aujourd’hui aux gens que c’est une crise différente parce qu’il s’agit d’une crise boursière, c’est complètement faux. Il s’est produit les mêmes mécanismes de surproduction.

Les conséquences de la crise de 1929 Lire la suite

Un énarque atypique à la tête de Greenpeace France

Libération, Alexandra Schwartzbrode, 27 novembre 2008

Un énarque atypique à la tête de Greenpeace France

Ecologie. Avec Robert Lion, l’association s’offre un homme de réseau.

Un mini événement s’est produit samedi que personne n’a vraiment relevé : Greenpeace France a nommé à sa tête un énarque et inspecteur des finances, Robert Lion. Cela signifie-t-il que l’organisation écologiste rentre dans le rang et s’institutionnalise ? Oui et non.

Non, si l’on regarde la personnalité du haut fonctionnaire en question, totalement atypique. Robert Lion, 74 ans, a fait partie des experts que François Mitterrand réunissait à la fin des années 1970 pour préparer son programme. Il était alors délégué général de l’Union des HLM tout en planchant sur la création de l’Agence pour les économies d’énergies qui deviendra l’Ademe («Nous avons réduit de 30 % les charges de chauffage de 900 000 HLM entre 1975 et 1980», s’enorgueillit-il). Il fut ensuite directeur de cabinet du premier chef de gouvernement socialiste, Pierre Mauroy, avant d’être nommé, à la demande de Mitterrand, patron de la Caisse des dépôts et consignations.

Fibre sociale. Financier des collectivités locales, il lance des tas de programmes pour encourager, à une époque où ce n’est franchement pas dans l’air du temps, les économies d’énergie et les renouvelables. C’est que Robert Lion n’est pas qu’un serviteur de l’Etat. Il a une fibre sociale et environnementale, dont il a d’ailleurs du mal à définir l’origine. C’est comme ça. «J’ai toujours été réticent vis-à-vis du nucléaire, sans que ce sentiment soit vraiment étayé, dit-il. En 1981, avec Mauroy, on avait de grands débats sur l’atome. J’étais contre le renforcement du programme nucléaire. J’ai perdu.»

En 1992, il décide de quitter tous les conseils d’administration dont il est membre (sauf Eurotunnel, pour lequel il a une petite affection) et de se lancer dans l’associatif : «J’ai hésité entre droits de l’homme et environnement.» Il crée notamment Energy 21 «qui a contribué à la prise de conscience en France des alternatives au tout nucléaire». Et prend la présidence, en 2002, d’Agrisud, une ONG qui aide, partout dans le monde, «des gens très modestes à devenir petits entrepreneurs», surtout dans l’agriculture. Membre de l’Alliance pour la planète, il participe au Grenelle de l’environnement où il fait cause commune avec Greenpeace. Lorsqu’il parle, un mot revient souvent : «contre-pouvoir». Greenpeace ne pouvait pas passer à côté.

«Zodiaque». D’autant que les réseaux de Lion sont énormes. Il aime à raconter que son coiffeur est toujours rue de Lille, près de la Caisse des dépôts où il garde des contacts. «Depuis samedi, on m’appelle « le zodiaque » là-bas», s’amuse-t-il, une référence à l’affaire Greenpeace. C’est là qu’on en revient au virage en cours chez Greenpeace. «Les banderoles et les bidons d’essence, ça ne suffit plus, note Pascal Husting, son directeur-général. Greenpeace ne se contentera plus de contester et dénoncer, elle va devenir force de propositions. Se créer une légitimité, ne plus apparaître comme « dangereux » aux yeux des Etats.» Lire la suite

Décollage du solaire chez les particuliers en France

Le Figaro, le 27 novembre 2008

Décollage du solaire chez les particuliers en France

Grâce à l’instauration, il y a dix huit mois, de crédits d’impôt et d’un tarif avantageux de rachat par EDF, une installation solaire est un placement financier qui rapporte aujourd’hui 10% par an, sur 20 ans.

Du nord au sud de l’Hexagone, de plus en plus de Français installent des panneaux solaires sur le toit de leur maison. La pratique n’est plus l’apanage de fermes isolées du Larzac : le nombre d’installations devrait tripler cette année, et encore tripler en 2009.

C’est l’estimation des deux principales sociétés françaises du secteur, Evasol, distributeur de systèmes solaires et leader pour les particuliers, et Solairedirect, qui réalise à la fois des toits individuels et des grands parcs solaires et revendique la place de numéro un français du solaire, tous marchés confondus. Solairedirect vient de lever le montant spectaculaire de 20 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs.

Le solaire bénéficie depuis 18 mois d’une alléchante subvention qui, outre son aspect écologique, en fait un placement financier très intéressant. Avec des crédits d’impôt et surtout un tarif avantageux de rachat par EDF.

«Une installation solaire, c’est un investissement qui rapporte 10% par an, sur 20 ans», calcule Stéphane Maureau, le patron d’Evasol, créée en 2007 sous la houlette du fabricant de panneaux solaires Tenesol, filiale d’EDF, Total et EDF Energies Nouvelles. Une installation type consiste à faire poser 20 à 30 m2 de panneaux solaires sur le toit (soit 2 ou 3 kilowatts de capacité), ce qui coûte environ 25.000 euros tout compris (dépose des tuiles, remplacement par les panneaux, supports en aluminium et onduleur).

«C’est cher, poursuit-il, mais il faut en retrancher le crédit d’impôt (un chèque envoyé par le fisc, que l’on soit imposable ou non) qui va jusqu’à 8 .000 euros, ainsi que des aides locales, variables, généralement de l’ordre de 2.000 euros. Au final, l’installation vous coûte 15.000 euros environ».

Un tel système produit environ 2.500 kilowattheure – un peu plus dans les régions ensoleillées et si le toit est bien orienté – de quoi alimenter toute l’énergie de la maison hors chauffage. Et EDF rachète cette électricité 57 centimes par kilowattheure. «Vous touchez donc chaque fin d’année un chèque de 1.450 euros, ce qui rembourse le système en 10 ans. En 20 ans, vous aurez perçu 29.000 euros. Donc, 10% de rendement par an», explique Stéphane Maureau

Seuls soucis, les dossiers pléthoriques à remplir et les délais administratifs – de 4 à 6 mois -, les zones classées intouchables, et surtout le manque de poseurs de panneaux !

L’attrait des incitations séduit les particuliers. «Nous sommes encore très en retard sur l’Allemagne et d’autres pays européens, mais le marché naît enfin», commente Stéphane Maureau. Evasol, qui revendique 20% du marché des particuliers, a réalisé dès sa première année un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros et un bénéfice de 100.000 euros. Depuis juin, elle fournit environ 500 installations par mois, et escompte trois ou quatre fois plus de recettes cette année. Son carnet de commandes atteint déjà 70 millions. Lire la suite

Associations et Grenelle : des préjugés sont tombés

Vivagora, Sandrine Bélier (représentante de FNE au Grenelle), le 27 novembre 2008

Grenelle de l’environnement : des préjugés sont tombés

Au cours des derniers mois, deux principaux préjugés sont tombés : D’une part, intégrer la préservation de la nature et de l’environnement au sein de toutes les politiques publiques et économiques n’est pas impossible et n’est pas une simple lubie de quelques « écolos ». D’autre part, les militants écologistes regroupés dans les associations de protection de l’environnement ne sont pas de simples « rêveurs », « empêcheurs de tourner en rond », ni « des extrémistes opposés au progrès », ils constituent une vraie force de proposition. Ces derniers se sont révélés être des acteurs majeurs pour une nouvelle gouvernance écologique, s’appuyant notamment sur le dialogue environnemental. Ainsi, le Grenelle de l’environnement a permis l’émergence et la reconnaissance des « partenaires environnementaux » et la nécessité de considérer les intérêts environnementaux avec la même diligence que les intérêts sociaux et économiques.

Les premiers signes de cette reconnaissance se traduisent dans les divers processus législatifs entamés fin 2007. Timidement d’abord, mais hautement symbolique dans la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 qui rebaptise le Conseil économique et social en Conseil économique et social et Environnemental et prévoit la création de deux nouvelles Commissions au parlement. La/les lois organiques à venir conforteront ou non l’intégration effective de la prise en compte de l’environnement dans les trois assemblées constitutionnelles de la république.

Ensuite, dans le « projet de loi de programme relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement » dit Grenelle 1, adopté en 1ère lecture par l’assemblée nationale le 21 octobre dernier, qui pose les premières pierres d’un nouveau statut pour les partenaires environnementaux (article 43). Le texte devrait être examiné en première lecture par le Sénat dans la première quinzaine de janvier 2009.

A ce stade des discussions parlementaires, nous avons obtenu que les associations et fondations bénéficient d’un régime nouveau de droits et d’obligations, lorsqu’elles remplissent des critères, notamment de représentativité, de gouvernance, de transparence financière ainsi que de compétence et d’expertise dans leur domaine d’activité. C’est le levier qui nous manquait pour trouver notre place dans nombre d’instances de décisions dans lesquelles les intérêts environnementaux ne sont pas suffisamment représentés. Par exemple, nous devrions à l’avenir avoir des représentants, en nombre significatif, aux Conseils économique, social et environnemental national et régionaux. Les associations devraient aussi être davantage associées et consultées pour les projets d’aménagement du territoire. En substance, sur la gouvernance publique, nous avons obtenu, à ce stade du processus, ce que nous désirions. De même qu’il existe des partenaires économiques et sociaux, il faut désormais compter avec des partenaires environnementaux.

Nous avons également obtenu quelques avancées dans les domaines de la transparence et de l’expertise (article 45) : sur le développement de la production et la collecte d’informations ; la réforme des enquêtes publiques et du débat public de nature à permettre une meilleure participation du public ; le principe d’une expertise publique et de l’alerte environnementale réorganisées dans un cadre multidisciplinaire, pluraliste et transparent. Lire la suite

DD : Bordeaux, Pays des Landes de Gascogne et Pessac

rubans du DD 2008/2010, novembre 2008

Distinguer les collectivités locales qui font du développement durable une priorité

Créés en 2002 par l’Association des maires de France, l’Association des maires de grandes villes de France, le Comité 21 et Dexia, les Rubans du développement durable sont décernés chaque année à des collectivités locales qui intègrent efficacement le développement durable dans l’ensemble de leurs politiques. En 6 ans, 65 collectivités locales ont été distinguées

Un label national visible à l’entrée du territoire 

Les Rubans du développement durable s’affichent à l’entrée des territoires des lauréats par un panneau signalétique. Parce que la distinction porte sur la politique globale menée par la collectivité sur son territoire, la collectivité est « Territoire labellisé Rubans du développement durable ».

Suite à l’évolution de l’opération, les lauréats en cours  (voir carte ci-contre) sont les lauréats 2008-2010 (qui, nouveauté de cette édition 2008, se voient attribuer un Ruban pour une durée de deux ans) et les lauréats 2007.

Retrouvez tous les lauréats depuis 2003 dans l’historique.

Trois collectivités locales sur 13 sont en Aquitaine : Bordeaux, Pays des Landes de Gascogne et Pessac Lire la suite

PNUE : Un new deal écologique mondial

PNUE, le 22 octobre 2008

« Un new deal écologique mondial » – Investir dans l’environnement, une occasion historique pour relancer l’économie et la création d’emplois au 21ème siècle

Le PNUE lance une initiative d’économie verte pour relancer les marchés mondiaux

La mobilisation et la re-focalisation de l’économie mondiale sur les investissements dans des technologies propres et des infrastructures naturelles, telles que les forêts et les sols, sont le meilleur pari pour une réelle croissance, pour combattre le changement climatique et provoquer des créations d’emplois au 21ème siècle.

L’appel a été lancé aujourd’hui lors du lancement de l’Initiative d’économie verte par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et les économistes de renommées mondiales, de saisir cette opportunité historique pour réaliser aujourd’hui l’économie de demain.

Achim Steiner, Secrétaire Général adjoint des Nations Unies et Directeur Exécutif du PNUE a dit: « Les crises économiques, énergétiques et alimentaire de 2008, sont en partie le résultat d’une spéculation et d’un échec des gouvernements à diriger de manière intelligente en se focalisant sur les marchés. »

« Mais elles proviennent également d’un échec plus étendu du marché, déclenchant des pertes toujours plus importantes et plus inquiétantes du capital et des ressources naturelles, ajouté à une dépendance l’excessive sur les combustibles fossiles limités et souvent subventionnés » a-t-il mentionné.

« D’un autre côté, d’énormes avantages économiques, sociaux et environnementaux découleront probablement du combat contre le changement climatique et du réinvestissement dans des infrastructures naturelles – un éventail d’avantages allant de nouveaux emplois verts dans des technologies et énergies propres, jusqu’à une agriculture durable et des entreprises « écologiques » a-t-il ajouté.

M. Steiner a souligné le besoin crucial et urgent d’amener de nouvelles manières de penser, créatives et transformatives lors de la conférence Internationale sur le « Financement pour le Développement à Doha, Qatar » qui aura lieu ces prochains mois au siège des Nations Unies à New York. »

D’autres rendez-vous déterminants auront également lieu au niveau international, tel que la rencontre au sommet du G8+5 demandée par le président français Nicolas Sarkozy sur la crise financière actuelle, ainsi que la prochaine convention de l’ONU sur le changement climatique, qui aura lieu en décembre à Poznan, en Pologne.

« Des idées innovantes doivent être discutées et des décisions cruciales prises. L’alternative est plus un cycle d’expansion – récession, une météo stressée et un effondrement du stock de poissons et de terrains fertiles allant jusqu’aux écosystèmes forestiers – de vastes possibilités naturelles qui pour une fraction du coût des machines, stockent l’eau et le carbone, stabilisent les sols; soutiennent les modes de subsistance indigènes et ruraux et entretiennent les ressources génétiques à raison de centaines de milliards de dollars par an, » a dit M. Steiner.

Hilary Benn, Defra SoS, a dit : »La révolution technologique verte doit s’accélérer, car plus d’emplois seront dans les industries de l’environnement. L’Angleterre s’engage à bâtir une économie verte à la maison et à l’étranger : cela sera bon non seulement pour les affaires et pour l’environnement mais aussi pour le développement. Lire la suite

Claude Lévi-Strauss : Productivité et condition humaine

Études rurales 159-160 Exclusions , Claude Lévi-Strauss, 1983

Productivité et condition humaine

Bien qu’il la lise et l’entende répéter tous les jours, l’affirmation que le chômage continuera de s’aggraver si le produit national n’augmente pas régulièrement d’un certain pourcentage déconcerte l’ethnologue et suscite en lui un sentiment d’irréalité. Il existe donc des sociétés – la sienne – qui vivent dans un état permanent de déséquilibre, constamment en lutte contre le temps, pour qui le simple fait de ne pas avancer se traduit par un recul, qui doivent produire, et produire sans trêve pour que ses membres aient une chance de trouver dans le travail leur subsistance et leur dignité ?

Si, comme on peut le croire, le genre de vie des sociétés qu’étudient les ethnologues offre une image approximative des conditions techniques et économiques qui prévalurent pendant 99 % de l’histoire de l’humanité, le contraste est frappant, en effet, entre nos sociétés condamnées à produire ou périr et toutes les autres. Celles qu’on appelle « primitives », non parce qu’elles le sont – toutes les sociétés ont derrière elles une histoire aussi longue – mais parce qu’elles se voudraient telles, ont pour seule ambition de rester dans l’état où elles s’imaginent que les dieux ou les ancêtres les créèrent au commencement des temps : avec un effectif démographique constant, qu’elles savent d’ailleurs maintenir, et un niveau de vie inchangé que leurs règles sociales et leurs croyances métaphysiques les aident à protéger. Que, dans cet équilibre établi une fois pour toutes, rien ne bouge, voilà leur idéal, sinon bien sûr leur réalité. L’idée qu’il faut se battre pour simplement durer, qu’à défaut de marquer de nouveaux avantages on perd ceux qu’on croyait acquis, que le temps est un bien rare dont on ne gagne jamais assez, toutes ces notions leur sont étrangères et l’étaient encore, jusqu’à une époque récente, aux campagnards et aux artisans des pays même développés. On sait que les révolutions dont ceux-ci furent le théâtre pendant les temps modernes eurent moins pour cause le désir d’améliorer les conditions d’existence, que de les défendre quand elles étaient menacées.

La tâche qu’on m’a confiée suppose donc qu’un problème ait été préalablement résolu. Les organisateurs de ce symposium souhaitent que, de considérations ethnologiques, puisse se dégager – je cite – « un concept universel de productivité qui transcende les différences culturelles et historiques entre les peuples ». Mais un tel concept universel existe-t-il, est-il même simplement concevable, ou faut-il voir dans la notion de productivité une catégorie relative, dont le sens et la portée se limitent aux sociétés industrielles régies par une économie de marché ?

La question n’est pas nouvelle. Elle fut posée avec éclat, il y a une trentaine d’années, par un éminent juriste et historien des idées économiques aujourd’hui disparu, Karl Polanyi, et pendant les vingt ans qui suivirent, elle a alimenté un débat entre deux écoles qu’on a convenu d’appeler « formaliste » et « substantiviste ». Pour la première, les catégories et les lois de la science économique ont une valeur universelle, quel que soit le type de société. Partout, le problème économique consiste, pour l’homme confronté à une situation de rareté, à chercher par un calcul rationnel comment maximiser ses gains et minimiser ses pertes. Le but essentiel de toute activité économique serait de satisfaire des besoins au moindre coût, donc de faire un profit et de créer, si possible, des « surplus » propres à satisfaire d’autres besoins. À l’échelle collective, une société créatrice de « surplus » – c’est-à-dire dotée d’une meilleure productivité – pourrait entretenir des spécialistes non productifs, ou qui ne le sont pas immédiatement, et se donner ainsi une structure diversifiée. À quoi les substantivistes – Polanyi et son école – répondent que ces schémas ne valent que pour les sociétés marchandes apparues à une époque récente, coïncidant avec la naissance du capitalisme. Dans les sociétés anciennes, dans les sociétés paysannes récentes ou contemporaines et dans celles qu’étudient les ethnologues, il est impossible, disent-ils, d’abstraire des lois comparables, parce que leur vie sociale a une « substance » homogène où les aspects que nous appellerions économiques sont indissociables de tous les autres aspects. Dans ces sociétés, le choix et la quantité du travail fourni n’ont pas principalement pour but de réaliser un gain ; Lire la suite

Hydrogène : Ca ne sera pas aussi simple

naturavox.fr, le 27 novembre 2008

Hydrogène : Ca ne sera pas aussi simple que le disent nos médias

Nos médias n’arrêtent pas de nous dire que l’hydrogène c’est l’avenir de l’automobile et même son avenir à court terme. Car bien sûr la chose importante pour eux c’est que la combustion d’hydrogène n’émet aucun gaz carbonique, seulement de l’eau.

Effectivement c’est vrai, mais le problème c’est que l’hydrogène comme l’électricité d’ailleurs sont des vecteurs énergétiques qui à l’unité de masse contiennent très peu d’énergie. Un litre de carburant fossile « contient et libère en brulant 11 kilowattheures là ou 1kg de batteries ou 2 kg d’hydrogène liquide, c’est à dire comprimé, en contiennent 100 fois moins !

Pour donc embarquer à bord de votre voiture l’énergie nécessaire pour effectuer 700 km, il vous faut 70 litres de carburant fossile ou 7 tonnes de batteries chargées à bloc ou encore 3.5 tonnes d’hydrogène comprimé à 500 bars et liquide. L’autonomie du votre voiture en passant à l’une ou l’autre de ces énergies en sera fortement réduite. La Chevromer Volt récemment présentée à une autonomie à l’électricité de… 60km seulement. Vous comprenez pourquoi on ne peut mettre sur la route à l’heure actuelle que des voitures hybrides qui fonctionnent donc essentiellement au super.

Autre difficulté, la puissance du même moteur alimenté à l’essence et à l’hydrogène diminue de… moitié ! De 445 ch pour le 6L BMW de la Serie 7 essence à …245 CH pour le même alimenté à l’hydrogène et pour le moteur de la Mazda RX 8 de 210 CH à 107 à l’hydrogène.

Enfin, pour fabriquer cet hydrogène, il faut émettre 5 fois plus de CO2 que pour extraire et produire l’essence équivalente, à condition encore que l’on produise le dit hydrogène en électrolysant de l’eau avec de l’électricité d’origine nucléaire. Et pour le distribuer, partout dans le monde, comprimé et maintenu liquide à – 235 °C, il faudra utiliser dix fois plus d’énergie et émettre dix fois plus de CO2 que dans le système de distribution des carburants actuels. Lire la suite

DOSSIER : la végétalisation de toiture

DOSSIER : la végétalisation de toiture

actu-environnement.com, le 08 octobre 2007,  réactualisé le 24 novembre 2008 

Écologique et esthétique, la toiture végétalisée n’en demeure pas moins technique et complexe. Alors que ce procédé a toujours du mal à trouver sa place sur les bâtiments français, Actu-environnement.com fait le point sur cette solution de construction Lire la suite

Le couple voiture-hypermarché va disparaître

Le Monde, François Bellanger, animateur du « think tank » Transit City propos recueillis par Grégoire Allix, le 27 novembre 2008

« Le couple voiture-hypermarché va disparaître »

Sous l’effet de la crise, tout le monde s’affole, les clients m’appellent de partout », sourit François Bellanger. Ce spécialiste des modes de vie urbains est consultant pour des grands groupes français : Renault, PSA, Veolia, la SNCF, Orange, la Caisse des dépôts et consignations… Il anime à Paris le think tank Transit City, consacré à l’avenir de la ville, des transports, du commerce, dont le prochain atelier, vendredi 28 novembre, au Pavillon de l’Arsenal, débattra de la question : « A quoi ressemblera le voyage dans vingt-cinq ans ? »

Que vous demandent vos clients ?

Beaucoup d’industriels commencent à comprendre que leurs modèles sont essoufflés et se demandent comment les renouveler. Le logement n’a pas changé depuis Haussmann, à l’exception de la salle de bains. Les hypermarchés sont totalement dépendants de l’automobile et s’aperçoivent qu’ils ne captent plus les jeunes. La voiture n’a pas évolué depuis cinquante ans, elle n’est plus capable de répondre aux mutations de la société. J’aide ces entreprises à identifier, dans le monde entier, les signes faibles qui pourraient devenir les modèles de demain.

Vous pensez que la voiture telle qu’on la connaît va disparaître des villes ?

Les constructeurs automobiles ne parviennent pas à faire leur révolution. Aujourd’hui, dans l’imaginaire, les créateurs de la mobilité, ce sont les marques de sport, de téléphones mobiles. Ce n’est pas l’automobile qui inventera le transport de demain, comme ce ne sont pas les fabricants de calèches qui ont inventé l’automobile.

Qui alors ? Les loueurs de vélos ? Le Vélib’ parisien est un énorme succès, Londres, Montréal et Chicago étudient le modèle après Copenhague, Barcelone, Vienne, Bruxelles, Washington…

Vélib’a montré qu’un nouveau modèle peut changer la ville. Mais on n’explore pas assez la gamme des possibles entre le Vélib’et la voiture individuelle. Au Japon, des industriels s’inspirent des fauteuils roulants électriques pour créer des véhicules urbains compacts, légers. Le rickshaw (tricycle motorisé), qu’on trouve partout en Asie, a tout pour incarner l’âge postvoiture dans nos villes, pourtant il n’arrive pas chez nous. Quand l’Indien Tata crée sa voiture pas chère, la Nano, il reprend le vieux modèle de l’automobile, pendant que des industriels de Dubaï exportent en masse les rickshaws indiens vers les villes d’Afrique de l’Est !

Le recul de la voiture signe-t-il la fin des hypermarchés installés en périphérie ?

Bien sûr. Pendant la flambée du prix de l’essence, les hypers d’Ile-de-France non desservis par le RER ont vu fondre leur chiffre d’affaires. L’Amérique a commencé à remettre en cause le modèle du « mall » commercial, le principe « no parking, no business ». Au Japon, les commerces s’installent là où passent les gens, les gares, les lieux de transit. Le couple voiture-hypermarché va disparaître, remplacé par un duo piéton-Internet. Lire la suite

Réduire les pesticides, un défi pour l’agriculture

Le Monde, Gaëlle Dupont, le 27 novembre 2008

Réduire les pesticides, un défi pour l’agriculture

Les agriculteurs européens pourront-ils à l’avenir continuer à remplir leur principale mission, à savoir nourrir la population, tout en limitant le recours aux pesticides de synthèse ? La présidence française de l’Union européenne (UE) organisait, mardi 25 et mercredi 26 novembre à Paris, un séminaire consacré à cette question, à la veille de l’adoption d’une nouvelle réglementation européenne sur les pesticides qui pourrait bouleverser les pratiques agricoles.

« Les agriculteurs vont devoir relever le grand défi du nouveau modèle agricole européen, dans un contexte difficile, a prévenu le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier. La demande alimentaire va doubler, les risques climatiques et sanitaires s’accroissent, l’ère de la rareté écologique a déjà commencé. »

L’agriculture européenne est aujourd’hui fortement dépendante de la chimie. L’UE est la première région consommatrice de pesticides au monde. Quelque 300 substances permettant d’éradiquer les maladies et les parasites des récoltes sont homologuées. Chaque année, les contrôles décèlent la présence de résidus, à de très faibles doses, dans la quasi-totalité des denrées alimentaires testées. Dans environ 5 % des cas, les limites réglementaires sont dépassées.

La démonstration des effets directs de ces molécules sur la santé est complexe, mais plusieurs études scientifiques ont mis en évidence des liens entre l’exposition aux pesticides et le développement de cancers, d’atteinte aux organes génitaux masculins, et d’altération de la fertilité, en particulier chez les agriculteurs, qui sont les premiers concernés. Les responsables politiques dans l’UE s’accordent aujourd’hui sur la nécessité de réduire l’exposition de la population.

Le « paquet pesticides », qui sera adopté définitivement fin 2008 ou début 2009 par un vote en deuxième lecture au Parlement européen, comporte plusieurs volets. L’un deux, le plus débattu, durcit les critères d’autorisation des molécules. Pour la première fois, celles dont la toxicité est prouvée ne seront plus autorisées. Il s’agit des substances cancérigènes, mutagènes, et toxiques pour la reproduction (CRM), de niveaux 1 et 2, les plus nocives. Toutefois, des dérogations, valables pendant cinq ans et reconductibles, seront possibles pour certaines d’entre elles, si des pans de la production agricole sont menacés par leur retrait.

Les substances à l’origine de perturbations du système hormonal seront également bannies. Lire la suite

Perception des risques liés au changement climatique

bulletins-electroniques.com, le 21 novembre 2008

Opinion publique cherche représentants

Une étude publiée par le « Program on International Policy Attitudes » (PIPA) de l’Université du Maryland présente des résultats parfois inattendus en matière de perception par le public des risques liés au changement climatique. L’étude est fondée principalement sur un sondage réalisé auprès de 22.182 citoyens dans 21 pays développés ou émergents, qui ont été interviewés face à face ou par téléphone [1]. Les résultats ont été présentés par le Steven Kull – Directeur du PIPA – lors d’un atelier traitant de l’impact du changement climatique sur les relations transatlantiques, organisé par l’Atlantic Council of the United States.
Un public américain encore partagé :

On observe tout d’abord que l’opinion publique est partout consciente que le changement climatique est un problème « sérieux » ou « très sérieux ». Les réponses vont de 64% en Jordanie à 97% en Corée du Sud. Sur la réalité du phénomène et sur sa gravité, les avis sont encore partagés. Les américains sont en effet 75% à considérer le problème comme « sérieux » ou « très sérieux », ce qui est peu par rapport aux 95% observés en France, mais qui indique que la réalité du phénomène est relativement acceptée.

Les réponses montrent que l’opinion publique n’est pas totalement convaincue de l’origine anthropique ni de la gravité du phénomène. Elles indiquent une perception qui est en-dessous de la moyenne générale, et faible par rapport aux autres pays développés, mais majoritairement bien consciente du défi tel que le présente le GIEC. 70% des américains considèrent en effet qu’ils seront « probablement » ou « très probablement » personnellement affectés par le phénomène. Ils sont également 71% à estimer que ce sont bien les activités humaines qui en sont la cause, ce qui les place encore dans la moyenne basse (la France étant à 89%), mais indique que l’école de pensée tendant à minimiser l’origine anthropique du réchauffement ne fait plus recette.

Sur la nécessité de prendre des « mesures majeures à très court terme », l’opinion américaine se situe, là aussi, en dessous de la moyenne (seul 59% le pensent contre une moyenne de 65%).
Mais un public mûr pour l’action :

Malgré le faible score à la question des « mesures majeures », les américains sont 71% considérer que les Etats-Unis devraient participer au protocole de Kyoto pour la réduction des GES. A la question : « comparativement à l’américain moyen, estimez-vous être plus ou moins en faveur de prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement ? », 66% du public répond par la positive. 79% pensent qu’il sera « absolument » ou « probablement » nécessaire de changer de mode de vie et 65% que le prix de l’énergie devra augmenter.
Démontrant même un certain volontarisme quant aux actions à entreprendre, les américains sont convaincus, plus que la moyenne, qu’il faut exiger des fabricants automobiles d’accroitre l’efficacité des véhicules (77% contre 55% en France et 67% en moyenne tous pays confondus). Les américains sont également plus en faveur de la création de taxes pour le développement d’énergie alternatives que la moyenne, ce qui ne laisse pas de surprendre compte tenu de l’hostilité générale aux instruments fiscaux dans ce pays, avivée par la campagne électorale qui vient de se clore. Sur le sujet de l’énergie nucléaire, encore, les Etats-Unis devancent la moyenne (49%) en étant favorables à 63% à la construction de nouvelles centrales. Lire la suite

Pierre Rabhi et Yann Arthus-Bertrand, entretien croisé

lexpress.fr, Lionel Astruc, le 10 novembre 2008

Pierre Rabhi et Yann Arthus-Bertrand, entretien croisé

« Celui qui s’aventurerait à dire la vérité, se suiciderait politiquement« , YAB.

A l’occasion du salon Marjolaine, Yann Arthus-Bertrand et Pierre Rabhi livrent leurs visions du développement durable. Croissance, profit et responsabilisation sont au cœur de leurs réflexions. Entretien.

Yann Arthus-Bertrand a rencontré l’écologie dans les airs et veut toucher le grand public à travers ses images. Pierre Rabhi, penseur et écrivain, partisan de la décroissance, a découvert l’environnement les pieds dans un lopin de terre cévenol. Leurs visions des années à venir, aussi troublantes de clairvoyance que différentes, se rejoignent sur deux constats : l’attentisme des hommes politiques et l’urgence de changer le système.

Le concept de développement durable existe depuis 1992, mais la disparition des ressources, la perte de biodiversité et le réchauffement climatique continuent au même rythme. Où en sera le développement durable en France en 2020 ?

Yann Arthus-Bertrand : En 2020 et plus encore en 2030, nos modes de vie auront complètement changé. Car la France et le monde devront s’adapter d’ici là au manque le pétrole. L’économie mondiale dépend totalement de cette ressource. Des villes entières fonctionnent et existent uniquement grâce au pétrole. Dans vingt ans, nos déplacements, l’organisation des villes et de nos vies quotidiennes seront guidés par une nécessité de sobriété. C’est pourquoi il faut informer les citoyens, autant que possible. Lorsque les gens ont accès à l’information, ils réagissent très positivement : nous avons par exemple évoqué les AMAP dans une de nos émissions. Ce système qui permet de consommer des produits locaux et bio a séduit une foule de téléspectateurs qui ont contacté l’association dans les jours qui ont suivi !

Pierre Rabhi : Le développement durable n’aura pas fait changer significativement nos modes de consommation d’ici à 2020, si l’argent et la croissance restent les priorités absolues. Pour l’instant je considère que nous faisons fausse route. Pour changer les choses efficacement, dans les années qui viennent, je crois profondément en la pédagogie par l’exemple. Il me semble qu’il y a profusion de discours à travers les médias, mais pas suffisamment d’exemples concrets d’écologie pratique.

Pour remédier à cela, nous avons créé les Amanins, un centre où chacun peut découvrir des réalisations réussies, dans le domaine de l’habitat écologique, de la cuisine bio comme de l’agro-biologie. La ferme, les bureaux, la cuisine et les logements des Amanins, tout a été construit à partir de matériaux écologiques et locaux. Ces bâtiments sont alimentés en partie par l’électricité des panneaux solaires et un chauffage au bois vient compléter en cas de manque.

Les agro-carburants débouchent sur une impasse, l’éolien fournit peu d’énergie et s’avère une solution insuffisante… Ces démarches ressemblent à des faux-fuyants, pour contourner une réduction nécessaire de notre consommation d’énergie. Qu’en pensez-vous ? « Nous faisons fausse route, il faut admettre la remise en cause du système de croissance »,

Pierre Rabhi: Les citoyens refusent toute réduction de leur consommation et de leur confort. Mais tant que nous ne renoncerons pas à notre boulimie énergétique, je ne vois pas comment progresser. Je prêche donc la modération et je pense même qu’il ne faut pas avoir peur du rationnement. Si quelqu’un me disait: « vous avez droit à tant de tickets de carburant, ou tant de kw », je m’arrangerais; Lire la suite

Villenave d’O. le 28 novembre, les risques du sans fil

Communiqué mairie de Bègles, Noël Mamère, le 26 novembre 2008

Café citoyen le vendredi 28 novembre 2008 à 20h, au Café Le Simson à Villenave d’Ornon 2, place Marc Dulout

Après les Transports doux à Bègles en septembre et la crise financière à Talence en octobre, le troisième café citoyen de circonscription abordera un sujet inquiétant de notre quotidien : les risques sanitaires liés à la communication sans fil.

Il sera donc l’occasion de décrypter les risques liés à l’utilisation, tous les jours, par chacun d’entre nous, des téléphones portables, du système wifi pour internet…

Il sera animé par Etienne CENDRIER, porte-parole de l’Association Robin des Toits, Auteur du livre « Et si la téléphonie mobile devenait un scandale sanitaire ? » en 2008 (éditions du Rocher).

ATTAC : La crise, conférence le 5 décembre à St André de C.

Communiqué, attac 33 Haute Gironde, le 26 novembre 2008 

Conférence le vendredi 5 décembre 2008 à 20h30

Salle du château Robillard rue Robillard à Saint André de Cubzac

La crise financière. D’où vient-elle ? Où allons-nous ? Quelles propositions peut-on faire ?

Avec la participation de Jean-Marie HARRIBEY Economiste à l’Université de Bordeaux 4 Co-président d’ATTAC France

Cette crise, dont nos gouvernants, relayés par les médias, disaient qu’elle resterait limitée à la crise des subprimes Etats Uniens, dont on nous disait qu’elle ne menaçait pas l’économie, a éclaté cet automne dans le monde entier, touche l’économie et la vie quotidienne de tous les habitants de la planète.

Elle est accompagnée d’une crise sociale, de la croissance des inégalités et de la pauvreté, au Nord comme au Sud ; d’une crise alimentaire sans précédent et scandaleuse alors qu’il y a de quoi nourrir les 6,5 milliards d’habitants ; d’une crise énergétique et écologique : pénurie d’eau, destruction des écosystèmes, utilisation quotidienne de substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques, réchauffement climatique…

Mais s’agit-il d’une crise, c’est à dire d’un moment particulièrement dramatique, mais qu’une régulation passagère et partielle, imposée par un pouvoir politique soudainement réhabilité, pourra résoudre ?

La marchandisation de toutes les activités humaines, des ressources énergétiques naturelles et des biens communs, la soumission de l’économie aux seules lois du marché sont-elles réellement remises en cause ?

Nous avons le devoir, en tant que membre de la société civile, d’intervenir, de ne plus laisser faire ces destructions de nos cadres de vie et de nous-mêmes. Pour cela de tenter de comprendre les mécanismes à l’œuvre et de réfléchir aux propositions existantes.

Celles qui ont été élaborées par le Conseil Scientifique et les organisations membres d’ATTAC, pourront être discutées au cours de la soirée.

Mais vous avez sans doute vous-même des idées et des propositions concrètes ?

Contact : Lire la suite

PAC : les aspects environnementaux au second plan

novethic.fr, Véronique Smée, le 20 novembre 2008

PAC : les aspects environnementaux au second plan

Les négociations houleuses des ministres européens de l’agriculture viennent de s’achever à Bruxelles. La révision à mi-parcours de la Politique agricole commune va permettre au volet environnemental de bénéficier d’aides supplémentaires, mais l’évolution vers une agriculture plus durable est renvoyée en 2013, année de la « grande réforme ».

Qualité environnementale, sécurité alimentaire, volatilité des cours, contraintes économiques…La grande réforme de la PAC prévue pour 2013 s’annonce difficile compte-tenu de ces impératifs divergents. C’est pourtant un objectif central de l’Union. En 2007, la Commission européenne a souhaité  » rationaliser  » la politique agricole commune, afin que les subventions redeviennent un filet de sécurité et d’ajustement, voulant réduire la dépendance des agriculteurs aux subventions. La France, qui est la première bénéficiaire de la PAC, et dont les subventions représentent plus de 50% du revenu des agriculteurs, est en première ligne.

Depuis 20 ans, l’Union a consacré 1000 milliards d’euros à la PAC, soit 41% du budget européen. Pour autant l’aspect budgétaire n’est pas le seul conflit à résoudre, la réorientation des aides vers une politique agricole plus « durable » étant également  au cœur des négociations. Or, la baisse prévue de ces subventions pour financer à la place des projets de protection de l’environnement ou de développement rural est moins importante que prévu. La proportion d’aides directes réaffectées aux campagnes au sens large est portée à 14% pour les exploitations recevant plus de 300.000 euros d’aides par an, contre 22% envisagés dans un premier temps. Les agriculteurs recevant entre 5.000 et 100.000 euros verront quant à eux 10% de ces aides redirigées, contre 13% dans la version initiale.

Peu de moyens pour le second pilier

C’est certes un progrès, puisque l’UE ponctionne actuellement 5% des aides directes pour ces projets. Par ailleurs, une partie de ce financement pourra être affectée au financement d’initiatives liées au changement climatique, aux énergies renouvelables, à la gestion de l’eau et de la biodiversité. Pour autant le premier pilier (aides directes) conserve toujours l’essentiel des montants versés au détriment du second, dont font partie l’environnement et la conversion vers l’agriculture biologique. En France, 87% des dépenses de la PAC relèvent du premier pilier, contre seulement 13% pour le second.

Pourtant, le contexte a changé et la PAC, pour être légitime, doit évoluer vers le soutien aux services rendus par les agriculteurs à la société. En matière d’alimentation,  le consommateur est devenu une partie prenante à part entière. Un sondage « Eurobaromètre » consacré à cette question, enfonce le clou : les citoyens de l’Union Européenne considèrent à 90% que la priorité de la PAC est de garantir des produits agricoles sains et sûrs, de promouvoir le respect de l’environnement et d’aider les agriculteurs à adapter leur production aux attentes des consommateurs. Lire la suite

Réduire de 30 % le CO² créerait 684 000 emplois en France

novethic.fr, Hélène Huteau, le 26 novembre 2008

Moins de CO2 pour plus d’emplois ?

A la veille du sommet de Poznan sur le climat, une étude du WWF France soutient que réduire de 30% les émissions de CO2, par rapport à 1990, induirait la création nette de 684 000 emplois en France. Un argument contre les pays qui mettent en avant la crise pour contester les ambitions européennes.

Alors que certains pays membres comme l’Italie remettent en cause l’objectif minimum de l’Union Européenne de baisser de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, le WWF France publie une étude montrant l’intérêt économique et social de poursuivre ces objectifs. Selon cette étude, qui se base sur d’autres analyses internationales, européennes et nationales, la France gagnerait au moins 684 000 emplois avec une économie générant 30% de gaz à effet de serre de moins qu’en 1990.

L’étude se veut exhaustive : elle prend en compte l’ensemble des secteurs d’activités et inclut la destruction d’emplois dans les secteurs en décroissance  (activités relatives aux produits pétroliers, charbon, gaz, électricité, ainsi que construction automobile et commerce automobile), mais aussi les destructions ou créations d’emplois induits par l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages.

L’efficacité énergétique recrute

Ce sont les dépenses faites pour atteindre l’efficacité énergétique qui génèrent le plus d’emplois (564 000). Par exemple, les nouvelles lignes de transport ferroviaire vont créer des emplois dans les infrastructures, la construction de matériel ferroviaire et dans l’exploitation des lignes. Des emplois indirects seront également créés dans la chaîne de fournisseurs de ces secteurs (sidérurgie, métaux non ferreux…). Le secteur des énergies renouvelables créerait à lui seul plus d’emplois (316 000) que ceux détruits dans les filières énergétiques classiques (138 000) et automobiles (107 000).

D’autre part, l’étude du WWF émet l’hypothèse d’un baril de pétrole à 100 $ en 2020. Le scénario énergétique retenu (celui de NégaWatt, voir encadré) entraînerait donc une économie pour les ménages, synonyme de pouvoir d’achat. D’où un gain supplémentaire de 48 000 emplois (467 000 si le baril est à 150 $).

Un scénario énergétique évinçant le nucléaire

Ce résultat net de 684 000 emplois créés se base sur une politique énergétique mettant la priorité sur la sobriété énergétique, puis l’efficacité énergétique et enfin les énergies renouvelables. Il s’agit de la stratégie conçue par les experts et praticiens de l’énergie de l’association NegaWatt en 2006. Les 684 000 emplois s’entendent par rapport au scénario « tendanciel » de 2005, avant la mise en place de mesures en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. « Un scénario faisant davantage appel […] au nucléaire et au stockage géologique de CO2 aboutirait probablement à un résultat beaucoup moins favorable à l’emploi » Lire la suite

L’Occident face à la crise des vocations scientifiques

Le Monde, Brigitte Perucca, le 27 novembre 2008

L’Occident face à la crise des vocations scientifiques

Le mal s’accroît, mais le diagnostic s’affine. Les pays développés, qui souffrent, sans exception, d’une désaffection des jeunes pour les filières scientifiques, pointent du doigt la façon dont les sciences sont aujourd’hui enseignées. Trop de théorie, pas assez de pratique ; des enseignements qui n’invitent pas au questionnement ; une approche trop disciplinaire et cloisonnée, sans perspective historique ; une hyper-sélection.

Experts et universitaires ont saisi, mardi 25 novembre, l’occasion du colloque européen « Sciences en société », organisé à Paris, pour exprimer la nécessité de changements radicaux dans, mais aussi hors l’école, si les pays de l’Union européenne (UE) veulent changer la donne. Car le bilan quantitatif n’est pas brillant. Bien que l’Union puisse se targuer de compter en 2006 encore deux fois plus de diplômés en sciences et technologies que les Etats-Unis et près de quatre fois plus que le Japon, la comparaison devient nettement moins avantageuse face aux puissances émergentes, Inde et Chine en tête.

Sans évoquer ouvertement le risque d’une pénurie d’ingénieurs, les responsables politiques craignent qu’à terme, la capacité d’innovation de l’Union n’en soit altérée. D’autant que l’attraction, devenue fatale, des diplômés scientifiques pour les mathématiques financières et la gestion a pu, notamment en France, jouer en défaveur des métiers d’ingénieurs. Même si la crise changeait la donne, il n’est pas sûr que les jeunes optent davantage pour les carrières d’ingénieurs. Dans les entreprises, le différentiel de salaires a toutes les chances de se maintenir au bénéfice des gestionnaires tandis que de nombreux doctorants restent sur le carreau. « Dans les secteurs d’ingénierie, on a encore des flux, mais nous allons sûrement manquer d’ingénieurs« , estime Gilbert Béréziat, chargé des relations internationales à Paris-VI. Des pénuries « sectorielles », nuance la Conférence française des écoles de formation des ingénieurs.

Si les étudiants continuent de se ruer sur l’informatique (+ 80% d’étudiants dans l’UE depuis 2000), les sciences de la vie stagnent (+ 1%), tandis que les sciences physiques, grandes victimes de ce rejet collectif des jeunes Européens, dégringolent (- 5,5 %). Le phénomène touche aussi bien la Corée que les Etats-Unis, ce pays ne devant son salut qu’à l’afflux massif d’étudiants étrangers, asiatiques en particulier, sur son territoire.

CHANGER L’APPRENTISSAGE

Une coupure sépare la vieille Europe des nouveaux entrants. Selon un sondage Eurobaromètre, publié le 14 novembre et réalisé auprès de 1 000 jeunes de 15 à 25 ans dans chacun des 27 pays de l’UE, c’est en France, en Allemagne et au Royaume-Uni que les disciplines scientifiques attirent le moins. A l’inverse, elles gardent un certain attrait à l’Est de l’Union.

Quelles que soient les nuances statistiques, les esprits convergent sur l’idée que, si les sciences intéressent, voire passionnent, tandis que les filières scientifiques se vident, c’est qu’il convient de changer l’apprentissage. Car, contrairement à un stéréotype longtemps véhiculé, la science ne fait pas peur. Lire la suite

SEPANSO Béarn : pas de chasse dans les zones à ours

Communiqué SEPANSO-Béarn, Jacques Mauhourat, président, le 6 novembre 2008

Jacques Mauhourat et la SEPANSO Béarn désirent que l’Etat prenne des mesures d’interdiction totales de la chasse dans les zones à ours

En juin dernier le procureur général de Pau décidait de relaxer René Marquèze, responsable de la mort de l’Ourse Cannelle.

L’ensemble des parties civiles dont la SEPANSO-Béarn avaient fait appel de la décision initiale prise par le parquet au mois d’avril précédent. Néanmoins la justice a finalement décidé que ce chasseur devait être exonéré de sa responsabilité pénale au regard de «l’état de nécessité» dans lequel il se trouvait. Le jugement a conclut qu’il appartenait à l’Etat de prendre les mesures d’interdiction totales de la chasse dans les zones à ours.

On peut donc se préparer à une très lourde condamnation de la France par l’Europe et comme l’a exprimé avec ironie notre avocat Maître Ruffié : «c’est donc avec nos impôts que nous allons payer les loisirs de Monsieur Marquèze.»

Nous ne pouvions bien entendu en rester là. C’est pourquoi notre association a décidé de relancer les actions contentieuses contre l’Etat et le syndicat mixte. Nous dénonçons l’abandon par l’Etat de certaines de ces prérogatives au profit d’un syndicat mixte du Haut-Béarn, qui a failli à sa mission. Il apparaît également que les arrêtés préfectoraux régissant la chasse dans le département des Pyrénées-Atlantiques, autorisant les battues au sanglier dans les sites vitaux du plantigrade, ont été pris en violation des dispositions du Code de l’Environnement. Ils ont d’ailleurs fait l’objet pendant trois ans de recours en annulation par la SEPANSO : arrêtés finalement annulés par décision du tribunal Administratif de Pau du 27 mars dernier.

Nous poursuivons également le syndicat mixte du Haut-Béarn considérant dès lors qu’il avait manqué à ses engagements et ses obligations concernant la protection des Ours de souche Pyrénéennes. En effet dans le cadre de la «Charte de développement durable des vallées Pyrénéennes et de protection de l’Ours» signée le 31 janvier 1994, il avait pour mission de contribuer à «un certain nombre d’actions concourant au développement des vallées béarnaises ainsi qu’à la protection de l’Ours … »

Nous réclamons aujourd’hui Lire la suite

Agriculture et biodiversité : valoriser les synergies

INRA, Communiqué de presse, le 4 juillet 2008

Agriculture et biodiversité : valoriser les synergies

Une expertise scientifique collective conduite par l’INRA

L’INRA a présenté les résultats de l’expertise scientifique collective intitulée « Agriculture et biodiversité : valoriser les synergies » lors d’un colloque public à Paris le 2 juillet 2008. Ce travail, commandité par les ministères en charge de l’agriculture et de l’écologie, a mobilisé pendant un an une vingtaine d’experts qui ont recensé et analysé quelque 2 000 articles de la littérature scientifique internationale. L’expertise dresse ainsi le bilan des connaissances disponibles sur les impacts de l’agriculture sur la biodiversité, sur les services que peut rendre la biodiversité dans les processus de la production agricole, sur les moyens de mieux intégrer la biodiversité dans l’agriculture et sur les outils de l’action publique.

Le travail des experts scientifiques, piloté par Xavier Le Roux, directeur de recherche à l’INRA,  est résumé dans une synthèse publique. Un colloque a permis d’engager le débat sur les enseignements de l’expertise. Les principales conclusions des experts portent sur :
Les impacts de l’agriculture sur la biodiversité

– Les services de la biodiversité dans les processus de la production agricole
– Les moyens de mieux intégrer la biodiversité dans l’agriculture : une démarche valorisant la connaissance
– Les outils de l’action publique : constat et pistes

Si la protection de la nature a longtemps favorisé la prise en compte des milieux et des espèces remarquables, l’attention portée à la biodiversité privilégie de plus en plus son rôle dans le fonctionnement des écosystèmes. En particulier la biodiversité constitue un gisement potentiel de fonctions qui peuvent être valorisées au service des activités agricoles. L’agriculture, par son histoire et son étendue spatiale, est en effet étroitement liée à la biodiversité, et a d’ailleurs contribué à son érosion, mais de nouvelles manières de produire seront nécessaires pour faire face aux défis du prochain millénaire. Lire la suite

29 novembre à Bordeaux : Ni nucléaire, ni effet de serre

Samedi 29 novembre 2008

3ème rassemblement annuel à Bordeaux

Rendez-vous à 11h au « Miroir des quais »  (qui symbolisera la montée des eaux due au réchauffement du climat). Amenez SVP masques, tubas, palmes, etc… Tchernoblaye amène les « déchets nucléaires » !

La 14ème Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques a lieu du 1er au 12 décembre 2008 à Poznan, en Pologne. Il est nécessaire que les citoyens expriment leur inquiétude face au dérèglement climatique, mais aussi leur rejet du nucléaire, abusivement présenté comme une option favorable au climat.

Le Réseau « Sortir du nucléaire », qui anime avec le soutien de nombreux partenaires (*) une campagne nationale intitulée « Ni nucléaire, ni effet de serre » http://ninucleaire-nieffetdeserre.org, organise samedi 29 novembre une grande journée d’actions décentralisées sur ce thème, dans toute la France et au-delà. 

A Bordeaux, comme en 2006 et 2007, Tchernoblaye vous invite à 11h au Miroir des quais, lequel symbolisera parfaitement la montée des eaux due au réchauffement climatique. Pour illustrer ce thème, les manifestants porteront des masques, tubas, palmes, bouées, etc. Et pour rappeler le péril nucléaire, les attributs habituels des actions antinucléaires : drapeaux, banderoles, fûts « de déchets radioactifs », combinaisons blanches…

Il se trouve que ce sont les mêmes mesures qui permettent de lutter contre le changement climatique et de sortir du nucléaire : Lire la suite

MODEM : l’écologie, notre fil orange

Marianne, Jean-Luc Bennahmias*, le 14 Novembre 2008

Gare aux anathèmes usés contre le libéralisme !

Les écologistes auraient plus à gagner à intégrer un pôle politique majoritaire qu’à créer leur très médiatique rassemblement. Pour Jean-Luc Bennahmias, l’écologie européenne doit dépasser le cadre d’un seul parti pour former une majorité agissante.

Soyons beau joueur, le texte publié par Daniel Cohn-Bendit et ses amis dit des choses justes sur la crise écologique, sociale et financière. Je partage leur analyse, mais mes réponses ne sont pas les mêmes.

Quelle est la question fondamentale ?

C’est à mon sens de savoir comment passer de la contestation aux réalisations; c’est-à-dire être acteur majeur. C’est un lieu commun de dire qu’il faut être en position centrale pour peser dans des majorités. Or les Verts, et ce, quel que soit le pays, ne sont pas perçus dans l’opinion publique européenne comme étant les porteurs efficaces de la transformation des politiques publiques. C’est pour cela que nous sommes partisans d’une présence et d’une inspiration écologistes dans l’ensemble des formations démocratiques. Tout simplement parce que l’expérience de ces dernières décennies prouve que les mouvements politiques écologistes sont bien souvent satellisés par des grands partis « frères » avec bien peu d’autonomie réelle dans les prises de décisions… triste réalité !
Il y a quelque chose qui ressemble à une vaste fiction « médiatico-politique » dans le rassemblement des écologistes autour de mon ami Dany. Bien sûr, il réunit autour de lui quelques ex-responsables reconnus de la mouvance environnementaliste, mais il est abusif de penser, de prétendre même, que les associations comme France Nature Environnement, Greenpeace, WWF, la Fondation Nicolas Hulot et bien d’autres, ne soutiendront qu’une seule et même liste lors des futures élections européennes. Elles pourront, comme elles l’ont déjà expérimenté, pointer les aspects positifs et négatifs des différents programmes en lice afin de permettre à leurs sympathisants de voter en conscience, mais nul ne peut se revendiquer d’un soutien partisan d’associations puisqu’une part de leurs prérogatives est de s’adresser à l’ensemble des formations de l’échiquier politique.

L’écologie, notre fil orange

Pour le Mouvement démocrate, il est clair que le développement durable sera un axe central de notre projet politique, le fil orange de nos campagnes européennes et françaises à venir. La mise en place d’un nouveau modèle de société à partir de l’économie sociale de marché, donc de développement durable, réclame autre chose que des anathèmes un peu usés autour du libéralisme. De quel libéralisme parle-t-on ? Lire la suite

Les Australiens manifestent contre le chang. climatique

actualites-news-environnement.com, Sandra BESSON, le 17 novembre 2008

Les Australiens manifestent contre le changement climatique 

Des milliers d’Australiens ont manifesté ce week-end contre le changement climatique et ont appelé leur gouvernement à agir davantage sur la question en mettant en place des objectifs de réduction des émissions ambitieux.

Des dizaines de milliers d’Australiens ont participé à des manifestations de masse dans tout le pays samedi, ces protestations ayant pour objectif d’inciter le gouvernement à agir davantage sur le problème du changement climatique, d’après les explications des organisateurs.

Ces manifestations ont eu lieu alors que l’Australie se prépare à mettre en place des objectifs nationaux concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces limitations devraient être publiées d’ici la fin du mois.

Les écologistes australiens accusent l’industrie nationale d’être en faveur d’objectifs qui ne contribueront pas à une lutte efficace contre le changement climatique et qui au contraire nuiront à l’environnement.

L’Australie est le 16ème principal émetteur de gaz à effet de serre au monde, produisant environ 1,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En revanche, le pays est le quatrième principal émetteur de gaz à effet de serre par tête, avec une pollution par personne cinq fois plus élevée que celle de la Chine, sans doute actuellement le premier émetteur mondial.

Le gouvernement de centre-gauche de l’Australie fixera les objectifs de réduction des émissions en suivant les indications données par les nombreuses consultations publiques qui auront eu lieu et qui impliquent des groupes miniers internationaux tels que BHP Billiton ou des compagnies électriques telles que AGL Energy.

Les groupes industriels ont déjà déclaré que si des objectifs de réduction des émissions trop ambitieux étaient mis en place, alors les compagnies d’acier, de ciment et de papier seraient obligées de fermer leurs portes ou de se délocaliser en Asie, là où le coût des émissions est inférieur voire inexistant.

Pour apaiser ces compagnies, le Ministre du Changement Climatique Penny Wong et le Ministre des Finances Wayne Swan ont publié le mois dernier un schéma montrant que le marché de permis d’émissions de dioxyde de carbone qui sera mis en place ne réduirait la croissance par tête que de 0,1% par an depuis son introduction en 2010 jusqu’à 2050, avec seulement un très léger impact sur l’inflation.

Le gouvernement a aussi promis que les recettes provenant de la vente aux enchères des permis d’émissions seront redistribuées aux familles les plus pauvres et aux automobilistes pour compenser l’augmentation du coût du carburant et de l’électricité, qui est actuellement principalement produite grâce à la combustion du charbon.

Samedi, les manifestants ont occupé les rues de Sydney, de Melbourne et d’autres grandes villes d’Australie, en scandant des slogans appelant à une plus grande utilisation des énergies renouvelables et en brandissant des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire « Renouveler notre économie avec des objectifs stricts » ou « Les tortues contre le changement climatique ». Lire la suite

L’augmentation du niveau des mers pourrait engloutir Lagos

actualites-news-environnement,  Sandra Besson, le 20 novembre 2008

Nigeria : L’augmentation du niveau des mers pourrait engloutir la mégaville de Lagos 

L’augmentation du niveau des mers attendue au cours des prochaines années et directement liée au changement climatique, menace considérablement l’avenir des côtes du Nigeria et notamment de la mégaville de Lagos, une des villes qui connaît la croissance la plus rapide en Afrique actuellement.

Des millions de personnes au Nigeria pourraient être obligées de quitter leur maison à cause de l’augmentation du niveau de la mer dans les cinquante prochaines années, alors que les océans avalent certaines des infrastructures immobilières les plus chères d’Afrique ainsi que ses bidonvilles les plus pauvres, selon les scientifiques.

Le pays le plus peuplé d’Afrique, qui s’étend du bord sud du Sahara jusqu’au Golfe de Guinée, pourrait se voir attaquer sur trois fronts par le changement climatique dans la mesure où le désert empiète sur ses pâtures au nord, où les précipitations érodent ses terres agricoles dans le delta du Niger à l’est, et où l’Océan Atlantique inonde sa côte sud.

Mais la principale inquiétude du pays concerne la capitale commerciale en pleine extension qu’est Lagos, qui est l’une des villes qui croît le plus rapidement dans le monde, et qui s’étend sur des criques et des lagons et se trouve dangereusement proche du niveau de la mer.

« Lagos est une mégaville menacée comme presque toutes les grosses villes du monde » a déclaré Stefan Cramer, directeur du groupe de réflexion Heinrich Boll Foundation et conseiller du gouvernement du Nigeria en matière de changement climatique.

S’exprimant lors du lancement cette semaine d’un documentaire nigérian sur le changement climatique, Stefan Cramer a déclaré que la plupart des scientifiques prévoyaient que le niveau de la mer pourrait augmenter de près d’un mètre au cours des cinquante prochaines années.

 « Dans cinquante ans, avec une augmentation du niveau de la mer d’un mètre, deux à trois millions d’individus pourraient se retrouver sans foyer… D’ici la fin du siècle, on aura deux mètres d’eau et d’ici là, Lagos n’existera plus telle qu’on la connaît » a-t-il déclaré.

La croissance économique du Nigeria, alimentée par ses importants dépôts de pétrole, est l’une des plus rapides d’Afrique. Cela a conduit les travailleurs ruraux et les immigrants à migrer dans les usines de Lagos. Les cadres également ont afflué vers les entreprises implantées à Lagos.

La demande sur le marché immobilier a donc explosé aux deux bouts du marché. Des cabanes et les huttes perchées sur des pilotis ont poussé dans tout le lagon tandis que les ingénieurs réclament des terrains pour construire des villas de plusieurs millions de dollars et des appartements sur la péninsule de Lekki.

 « Une grande partie des constructions à Lekki sont vouées à l’échec parce qu’elles sont construites sur du sable qui n’a jamais été consolidé correctement » Lire la suite

EnR : développement de l’énergie solaire photovoltaïque

actualites-news-environnement, le 18 novembre 2008

Energies renouvelables, le développement de l’énergie solaire photovoltaïque en France. Jean-Louis Borloo a annoncé le lancement d’appel d’offres pour la construction de centrales solaires, le renforcement du dispositif tarifaire (rachat de l’énergie solaire photovoltaïque), et la simplification administrative et fiscale.

Quel sera le développement de l’énergie solaire photovoltaïque en France alors que le Grenelle Environnement prévoit une transition énergétique ?

Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie a présenté en inauguration de la Semaine des Energies Renouvelables, le plan national de la France de développement des énergies renouvelables, avec la filière énergie solaire photovoltaïque.

Ce plan a pour objectif d’atteindre les objectifs fixés par le Grenelle Environnement pour atteindre au moins 23% de part de marché des énergies renouvelables dans la consommation globale d’énergie à l’horizon 2020.

Ce plan de développement des énergies renouvelables en France prévoit un doublement de la production d’énergies renouvelables en l’espace de 12 ans. Il propose comprend 50 mesures, qui concernent l’ensemble des filières renouvelables dont la filière énergie solaire photovoltaïque, qui seront précisés à l’occasion de l’adoption, en 2009, de la nouvelle programmation pluriannuelle des investissements (PPI) dans la production d’énergie.

Ainsi, Jean-Louis Borloo a annoncé le lancement d’appel d’offres pour la construction de centrales solaires, le renforcement du dispositif tarifaire (rachat de l’énergie solaire photovoltaïque), et la simplification administrative et fiscale.

Grâce aux efforts de recherche, l’énergie solaire pourrait être compétitive avec le prix du marché de l’électricité à l’horizon 2020. Pour les sites les plus ensoleillés, l’électricité photovoltaïque pourrait s’avérer économiquement attractive par rapport aux prix de pointe dès 2010.

L’ambition de la France en matière d’énergie solaire photovoltaïque est de jouer un rôle de premier plan au niveau mondial dans la révolution technologique qui s’annonce. Pour cela, il est nécessaire de dynamiser très fortement le marché français, d’accélérer la recherche et de bâtir une véritable industrie solaire en France.

Après un démarrage tardif par rapport à d’autres pays, le parc photovoltaïque français connaît depuis 2000 une croissance rapide. Lire la suite

La double erreur de l’empreinte écologique

Les Echos, Patrick Jolivet, le 26 novembre 2008

La double erreur de l’empreinte écologique

L’association de défense de l’environnement WWF a publié récemment son rapport Planète vivante 2008, accompagné d’un supplément consacré à l’« empreinte écologique » de la France et de la Belgique. Cette expression désigne un indicateur censé évaluer, à l’échelle d’un pays (ou d’une personne, d’une ville, etc.), la demande de la population de ce pays vis-à-vis de la planète. Elle mesure, selon ses promoteurs, la surface biologiquement productive de terre et de mer nécessaire pour fournir les ressources consommées par le pays et absorber les déchets qu’il produit.

Ainsi, un pays est considéré comme débiteur si son empreinte écologique est supérieure à sa biocapacité (il consomme plus d’espace biologiquement productif que ce dont il dispose), et créditeur dans le cas contraire. Selon le rapport, l’empreinte écologique de la France dépasserait de 62 % sa biocapacité (évaluée à 3 « hectares globaux », ou hectares productifs moyens, par personne), et les pays d’Europe occidentale seraient « dans une situation insoutenable de dépendance et d’exploitation vis-à-vis des ressources du reste du monde ». Un tel indicateur nous semble présenter deux limites majeures, tenant tant à son mode de construction qu’à la vision normative qui le sous-tend.

Concernant la première limite, l’empreinte écologique consiste à comparer une offre (ce que la planète peut nous permettre d’utiliser comme ressources et comme services environnementaux) et une demande (ce dont les êtres vivants ont besoin), une année donnée. Ce qui suppose que nous soyons capables de mesurer de façon précise et homogène les surfaces terrestres et marines correspondantes, à l’aide d’une méthodologie claire et transparente au débat scientifique… ce qui aujourd’hui est loin d’être le cas, comme le reconnaissent les auteurs eux-mêmes. Supposons néanmoins que cette hypothèse soit vérifiée. Le caractère insoutenable des activités humaines actuelles, dans nos pays, viendrait d’une demande durablement supérieure à l’offre. L’image est saisissante, et a été utilisée au plus haut niveau lors du sommet de Johannesburg en 2002 : si tout les habitants de la planète consommaient comme les Français, ils nous faudrait 2 planètes supplémentaires !

Un tel raisonnement oublie cependant un (tout petit) détail : dans nos économies de marché, ce qui permet d’équilibrer l’offre et la demande est le système de prix. Or les prix sont tout simplement oubliés dans le calcul de l’empreinte écologique. Nous avons affaire à un indicateur visant à comparer une offre et une demande de ressources rares, à usages alternatifs… sans aucun recours au système de prix : cherchez l’erreur ! Lire la suite

Pollution à l’amiante dans le 93: l’affaire est relancée

lexpress.fr, le 21 novembre 2008

Pollution à l’amiante dans le 93: l’affaire est relancée

La société d’assainissement Sanir est à nouveau mise en demeure par le préfet de Seine-Saint-Denis. L’entreprise est accusée, par des ouvriers sans-papiers, de pollution environnementale.

Le préfet de Seine-Saint-Denis, Claude Baland, a adressé une nouvelle mise en demeure à l’exploitant de Sanir, une entreprise du bâtiment de Pavillons-sous-Bois visée par plusieurs enquêtes depuis que des sans-papiers ont affirmé avoir mélangé de l’amiante à des gravats allant à la décharge.

Les premiers arrêtés pris le 29 septembre imposaient à Roger Kakou, le patron de l’entreprise, de régulariser son activité de tri et transport de déchets. Il devait également remettre le site en état et faire procéder à des analyses de terrain. Ces mesures n’ont pas été respectés, a précisé la préfecture. « Le préfet a mis en demeure en début de semaine l’exploitant de se soumettre aux obligations d’analyse du sol dans les 15 jours », a-t-on ajouté.

La Société d’assainissement, de nivellement et de remblaiement (Sanir) fait depuis trois mois l’objet d’une triple enquête sanitaire, administrative et judiciaire pour faire la lumière sur une éventuelle contamination des salariés et pollution environnementale de la zone (à 200m de l’hôpital Jean-Verdier de Bondy et d’un lycée).

« Absence de coopération de l’employeur »

Selon la préfecture, les employés de Sanir et PLMT (entreprise de manutention et transports gérée par le fils de l’exploitant) ont stocké, broyé et brûlé des déchets « sans autorisation » pendant des années.

En attendant les analyses du sol (que l’Etat prendra en charge si l’arrêté n’est pas respecté), une première série d’analyses de recherche de fibres d’amiante dans l’air faites par les services de l’Etat « se sont révélées négatives », selon la préfecture.

Le processus de contrôle et de suivi médical des 14 anciens salariés africains en situation irrégulière a pris du retard en raison « de l’absence de coopération de l’employeur », qui doit être normalement associé à ce suivi.

Onze sans-papiers ont obtenu une carte de séjour d’un an renouvelable. Les trois autres vont se faire notifier un refus de titre de séjour sans obligation de quitter le territoire, précise la préfecture. Installé depuis 40 ans à Pavillons-sous-Bois, Roger Kakou, 77 ans, avait affirmé avoir toujours « travaillé dans les règles », notamment avec les déchets amiantés transitant sur son site.

La grande distribution s’empare du commerce équitable

novethic.fr, Rouba Naaman, le 21 novembre 2008

La grande distribution s’empare du commerce équitable

La grande majorité des produits issus du commerce équitable sont achetés en supermarchés. Le commerce équitable doit sûrement une part de son succès à la grande distribution. Mais les marques nationales pourraient se faire doubler par les enseignes elles-mêmes, qui surfent sur le succès de la filière.

Le commerce équitable en grande distribution a ses fans et ses détracteurs. Les Français, eux, ont fait leur choix : 93% des acheteurs de produits issus du commerce équitable réalisent ces achats en grandes surfaces. La brèche est donc ouverte, et les distributeurs s’y engouffrent un à un. Ils s’y engagent même, en créant leurs propres gammes de produits estampillés “commerce équitable”. Des marques de distributeurs (MDD) consacrées au commerce équitable, comme Entr’aide chez Leclerc ou Carrefour Agir Solidaire, trônent aujourd’hui dans les rayons aux côtés des marques 100% commerce équitable, comme Alter Eco et Ethiquable, et des produits de marques nationales labellisés, comme le café des petits producteurs de Malongo.

L’essor du commerce équitable en grandes et moyennes surfaces (GMS), c’est avant tout la preuve de la bonne santé du commerce équitable. Une étude récente de l’institut IRI France, basée sur les ventes passées en caisse, le prouve. 44 millions de produits issus du commerce équitable ont été vendus entre juin 2007 et juin 2008, soit une progression de 12% par rapport à la même période l’année précédente. Pendant ce temps, les ventes en épicerie conventionnelle ont diminué de 3%. L’an dernier, 1 foyer sur 4 a acheté un produit labellisé Max Havelaar. Le commerce équitable aurait-il connu un tel succès s’il était resté un produit de niche, cloîtré dans les magasins spécialisés ?

Le tremplin vers le succès

Probablement pas. Rémy Roux, co-fondateur et directeur commercial d’Ethiquable, et Tristan Lecomte, fondateur d’Alter Eco, s’accordent sur ce point. « La grande distribution a lancé notre marque » estime Tristan Lecomte. Selon Julien Maisonhaute, coordinatrice de la Plate-forme pour le commerce équitable (PFCE), « la grande distribution apporte une meilleure visibilité et de plus gros volumes au commerce équitable ». En échange, les enseignes redorent leur image Lire la suite

Lepage: Le temps de la reconversion industrielle est venu

Blog Corinne Lepage, Tribune France Culture du 24 novembre 2008

Corinne Lepage: Le temps de la reconversion industrielle est venu.

La hausse du prix du baril jusqu’à 147 dollars voici quelques mois, et les annonces de plus en plus noires sur les scenarii climatiques ont transformé les comportements des consommateurs occidentaux bien avant que ne se fassent sentir les effets de la crise financière. Heureusement la faiblesse actuelle du baril, sans doute aussi artificielle et excessive que la hausse de l’année passée n’y change rien.

Artificielle dans la mesure où cette baisse apparaît comme la volonté de l’Arabie Saoudite de faire baisser les prix, pour éviter la rentabilité des énergies de substitution et de réaffirmer son rôle de « patron de l’OPEP ». Car, l’anticipation de la baisse de l’activité économique contribue à cette chute brutale mais elle ne l’explique pas.

Quoiqu’il en soit, la crise économique qui se traduit au niveau individuel par une baisse effective de pouvoir d’achat, une grande inquiétude pour l’avenir et un recours moindre au crédit n’est pas de nature à expliquer la situation tragique de l’industrie automobile.
C’est la représentation de l’automobile dans l’esprit de nos concitoyens qui a changé, l’acquisition d’une cylindrée puissante n’étant plus considérée comme le nec plus ultra en termes d’image de soi même. Au contraire, une petite voiture économe est valorisée sur le plan sociétal et dans le porte monnaie même si le prix de l’essence a baissé de 20% à la pompe (ce qui, au passage, n’est rien comparé à la baisse de deux tiers du prix du baril, d’où une rente qui explique les profits faramineux de Total). Dès lors, la consommation durable commence à devenir une réalité puisque la sobriété, c’est-à-dire la baisse de la quantité consommée devient un fait durable.

Manifestement, ni le politiques, ni les grandes entreprises des secteurs concernés n’ont pris la mesure de la révolution qui est en passe de s’accomplir. La schizophrénie des politiques consistant d’un côté, à prôner les économies d’eau, d’énergie, l’usage des modes alternatifs de transport, d’un autre côté à ne cesser d’encourager la consommation leur revient en pleine figure…

Tout se passe comme si, à aucun moment, il n’avait été envisagé que ces exhortations aient un effet. A fortiori, à aucun moment, les conséquences industrielles et économiques de ce renversement de valeur n’a été pesé ni anticipé. Il serait plus que temps, puisque les plans de relance succèdent les uns aux autres et que notre gouvernement après avoir annoncé haut et fort, voici quelques semaines, à peine, l’inutilité d’un tel plan, en annonce un, que la reconversion écologique soit le cœur de cible et que les politiques publiques soient mises en cohérence.
Il en va notamment ainsi de la demande d’aide des constructeurs automobile à l’échelle française comme à l’échelle européenne. S’il est évident qu’il faut traiter la question sociale, il serait fou d’allouer des sommes considérables simplement pour continuer les productions actuelles. Cela reviendrait à avoir subventionné les fabricants de bougies lorsqu’a démarré la production d’électricité ! Lire la suite

Conservatoire végétal (47) : fête de l’arbre les 29 et 30 nov.

Aqui.fr, JA

La fête de l’Arbre et des fruits d’antan: les 29 et 30 novembre à Montesquieu (47)

Le rendez vous annuel de la fête de l’arbre approche. Ce sera les 29 et 30 novembre au Conservatoire végétal Régional de Montesquieu en Lot-et-Garonne à 15 kilomètres à l’ouest d’Agen. Une occasion à ne pas manquer pour ceux qui ne l’auraient pas découvert les années passées et de faire, ainsi, partie des milliers de visiteurs passionnés par la visite de ce haut lieu de la bio-diversité et des saveurs.

En effet à Montesquieu, ces deux journées-là, depuis treize ans, permettent de découvrir la grande exposition de fruits, plus de 500 variétés, d’en déguster et de repartir avec sous le bras des cageots, en particulier de pommes, et des arbres que vous aurez choisis au cœur des pépinières et du verger de production. Occasion exceptionnelle de défendre et prolonger le travail accompli par une femme qui ne l’est pas moins, Evelyne Leterme, fondatrice et directrice du Conservatoire végétal Régional d’Aquitaine lequel regroupe, aujourd’hui, la totalité du patrimoine recensé. Il faut rappeler, ici, l’extrême importance du patient travail de recherche accompli dans une grande région « Aquitaine », des Pyrénées au Limousin, qui a permis de retrouver au gré des rencontres, de pays en pays et de village en village, des variétés anciennes qui ont été non seulement sauvées de l’oubli mais sont désormais reproduites et accessibles au plus grand nombre. Une Association de soutien au Conservatoire a d’ailleurs vu le jour dès 1983 (1) et il n’existe pas moins en plus de celui de Montesquieu de dix vergers répartis en Aquitaine.

« Les Fruits retrouvés »

La Fête de l’Arbre et des fruits d’antan, version 2008, qui bénéficie entre autres de l’aide du conseil général du Lot-et-Garonne, du Conseil Régional d’Aquitaine, de l’Europe, accueillera également une démonstration de greffage et deux temps forts à visée pédagogique : une conférence le samedi (15h30) sur le thème de « ‘la pollinisation » par Bernadette Darchen, maître de conférence honoraire à Paris VI , spécialité abeilles et fourmis tropicales; une autre le dimanche (15h30) à propos du Livre « ‘Les Fruits retrouvés » Lire la suite

ADEME : de « Faisons vite ça chauffe » à « Changeons d’ère »

technicité.fr, Il ya environ deux ans, l’ADEME lançait une campagne de lutte contre l’effet de serre qui compromet gravement l’avenir de notre planète. Nous nous souvenons d’avoir entendu pendant plusieurs mois sur les ondes de France Inter les spots publicitaires nous sensibilisant à cette grave question. Mais une telle ambition ne pouvait se résoudre à un coup médiatique ponctuel et cette action se poursuit dans le temps. Elle existe notamment par le site www.faisonsvite.fr qui entretien l’actualité autour de cette importante question. Dans ce cadre a été lancé la première semaine des énergies renouvelables, du bâtiment et de la maîtrise de l’énergie sous un nouveau slogan « changeons d’ère ».

Dans le cadre de cette semaine d’action qui s’est déroulée du 17 au 22 novembre 2008 au CNIT à Paris La Défense, l’ADEME, en collaboration avec ses partenaires, a organisé de nombreux colloques et manifestations nationaux sur le thème des énergies renouvelables (EnR), du Bâtiment et de la Maîtrise de l’Energie. L’objectif affiché était de donner une meilleure visibilité à la problématique de l’énergie dans le bâtiment, auprès des professionnels du secteur et des filières énergies renouvelables, des collectivités territoriales et du grand public. La tenue de cet évènement en plein cœur de la Présidence française de l’Union européenne, signifiait le placement de la politique énergétique et de l’environnement au rang de ses priorités, en en faisant un événement de dimension européenne. Au programme de ces rencontres figuraient notamment les thèmes suivants : Energies renouvelables et directive européenne 2020, Energies renouvelables et Grenelle de l’environnement, Réhabilitation facteur 4 des maisons individuelles, Bioressources, industries, performances, Construire et rénover autrement avec les énergies renouvelables, Concours « Habitat Solaire, Habitat d’Aujourd’hui », Efficacité énergétique, échanges de bonnes pratiques en Europe, Eolien, hydroélectricité, grandes centrales solaires, énergies marines Les Certificats d’Economie d’Energie: bilan et perspectives, la maison économe. Lire la suite

Baisse de la fertilité masculine de 50 % en 50 ans

cdurable.info, David Naulin, le 23 novembre 2008

Mâles en péril, un documentaire inquiétant mardi 25 novembre diffusé sur Arte

Fertilité masculine et polluants chimiques : notre capacité à nous reproduire serait-elle menacée ?

Produits de beauté, jouets, emballages… : ces produits que nous manipulons au quotidien nuisent-ils à la fertilité masculine ?

Diminution spectaculaire de la qualité et du nombre de spermatozoïdes (- 50 % en cinquante ans), explosion des cancers du testicule (multipliés par quatre en soixante ans), augmentation des malformations génitales du petit garçon à la naissance (non-descente des testicules, pénis de petite taille)… : notre capacité à nous reproduire serait-elle menacée ? Et pourquoi ? À partir de résultats scientifiques éloquents et d’entretiens avec des chercheurs, le film « Les Mâles en péril » enquête sur cette tendance potentiellement aussi inquiétante que le réchauffement planétaire. Un doc à ne pas rater mardi 25 novembre à 21h00 sur Arte.

Mâles en péril : une enquête exceptionnelle (Prix Europa 2008) sur les composants chimiques qui menacent notre santé

« Les problèmes de l’appareil reproducteur masculin sont aujourd’hui potentiellement aussi graves que le réchauffement climatique. » Niels SKAKKEBAEK directeur de recherches, Hôpital universitaire de Copenhague, Danemark.

Aujourd’hui, du Danemark aux États-Unis en passant par la France, les scientifiques s’accordent pour attribuer à cette tendance mondiale une origine commune : des substances chimiques qui envahissent notre environnement et perturbent notre système endocrinien. Des études rigoureuses attestent que ces perturbateurs endocriniens ont des effets très néfastes sur le système reproductif masculin. On savait que les perturbateurs endocriniens, présents dans les pesticides, étaient responsables de la « féminisation » de nombreuses espèces sauvages (alligators, batraciens, poissons, oiseaux…). Il est aujourd’hui démontré que les êtres humains n’échappent pas au phénomène. Au premier rang des molécules incriminées, le bisphénol A et les phtalates, omniprésents dans notre quotidien : assouplissants du plastique, fixateurs de parfums, cosmétiques, meubles, emballages alimentaires, PVC, jouets, tee-shirts…

À quand l’interdiction des substances suspectes au nom du principe de précaution et l’analyse des interactions qu’elles produisent ? Aux alertes scientifiques, les puissants lobbies industriels opposent une prétendue maîtrise des risques encourus. En 2006, un tournant a pourtant eu lieu avec l’adoption par l’Union européenne de la directive Reach, qui oblige les industriels à prouver l’innocuité de leurs produits. Reste à l’appliquer. C’est aussi cette longue bataille pour remettre de l’ordre dans la « grande foire des aberrations sexuelles qu’est devenue la nature » que chronique ce film, remarquablement documenté.

Mâles en péril, documentaire inédit de Sylvie Gilman et de Thierry de Lestrade (82 minutes).

Des extraits vidéos de ce documentaire sont à visionner sur le site d’Arte :
 Extrait n° 1 – Une baisse alarmante des spermatozoïdes : Deux études, menées l’une en france et l’autre au Danemark, concluent à une baisse alarmante de la qualité spermatique.
 Extrait n° 2 Lire la suite

L’UE débloque un milliard d’euros contre la crise alimentaire

letemp.ch, le 22 novembre 2008, Richard Werly, Bruxelles ,Collaboration: Margaux Fritschy

L’UE débloque un milliard d’euros contre la crise alimentaire

BUDGET. Les Vingt-Sept sont parvenus à un accord à l’arraché. Des excédents agricoles seront alloués aux pays les plus pauvres.

L’Union européenne a bien failli ne pas tenir sa promesse d’aide pour lutter contre la crise alimentaire mondiale. Vendredi à Bruxelles, les Vingt-Sept ont bataillé jusque dans la soirée pour débloquer le milliard d’euros promis par la Commission européenne en juillet aux fermiers des pays les plus pauvres.

Cette somme sera débloquée en trois étapes: 260 millions avant la fin de l’année, 570 en 2009 et le solde en 2010. Ces fonds, surtout destinés à l’Afrique, serviront en priorité à des achats de semences et d’engrais, et au soutien des agriculteurs vivriers. L’UE, premier bailleur de fonds mondial pour l’aide humanitaire, avait fait de ce «milliard» un symbole. Sa décision intervient quelques jours après un appel record pour 7 milliards de dollars lancé par l’ONU afin de faire face aux situations d’urgence à travers le monde l’an prochain.
Le symbole a néanmoins été écorné. D’abord, en raison de la rudesse des discussions budgétaires. Ensuite, parce que le prélèvement envisagé de ce milliard sur les excédents agricoles n’aura pas lieu. L’Allemagne et plusieurs autres Etats ont refusé d’utiliser ces fonds pour des actions hors du territoire de l’UE. Les montants prévus pour les actions extérieures européennes seront donc mis à contribution, ainsi que les réserves d’aide d’urgence. Lire la suite

Europe : Le système énergétique en accusation

notre-planète.info, auteur non identifié, 21 novembre 2008

Continuer ainsi n’est plus une option pour le système énergétique en Europe

80 % des émissions de gaz à effet de serre en Europe proviennent encore du secteur de l’énergie, ainsi que le souligne un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement rendu public le 20 novembre 2008. Ce secteur continue à avoir un impact important sur l’environnement, même si l’amélioration de l’efficacité de la production d’électricité et de chaleur, l’augmentation de la part des énergies renouvelables, ainsi que le remplacement du charbon et du pétrole par le gaz contribuent peu à peu à diminuer les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique en Europe.

Le rapport 2008 Energie et Environnement confirme que si les Européens se contentent des politiques et mesures actuelles, la consommation d’énergie augmentera de 26 % d’ici 2030 – et les combustibles fossiles resteront la source principale d’approvisionnement. «Continuer ainsi n’est plus une option pour le système énergétique», a déclaré le professeur Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’AEE, lors de la présentation du rapport au Parlement européen, le 20 novembre à Strasbourg. L’évolution vers une société à faible émission de carbone «ne se fait pas assez rapidement pour assurer l’avenir de notre environnement», a-t-elle affirmé.

«L’énergie provenant de combustibles fossiles est la cause première des changements climatiques induits par l’homme», a expliqué le professeur McGlade lors de la rencontre parlementaire conjointe sur l’énergie et le développement durable qui s’est tenue le 20 novembre. «L’engagement de l’Europe en faveur d’une économie post-carbone et des énergies durables et renouvelables est primordial pour la sécurité énergétique et la lutte contre les changements climatiques» a-t-elle encore ajouté.
Le rapport 2008 Energie et Environnement met en avant des points positifs concernant la croissance du secteur des énergies renouvelables et son potentiel de réduction des émissions et d’amélioration de la qualité de l’air. En 2005, les sources d’énergie renouvelable ne représentaient néanmoins que 8,6 % de la consommation finale d’énergie en Europe – encore bien loin de l’objectif de 20 % que s’est fixé l’UE pour 2020.

Autres conclusions clés du rapport

Les ménages européens ont augmenté leur consommation d’électricité de 31 % ces quinze dernière années, malgré une hausse moyenne de 17 % du prix de l’électricité Lire la suite

Nécessité d’une réponse collective coordonnée aux crises

notre-planète.info, le 20 novembre 2008

Nécessité d’une réponse collective urgente et coordonnée aux crises économique et environnementale

La société humaine se dirige de manière dangereuse au-delà des limites naturelles de la planète. Le changement climatique, la rareté de l’eau et de la nourriture, la sécurité énergétique et les dangers de la pollution sont parmi les problèmes urgents, de surcroît en cours d’aggravation accélérée, concernant la globalité du système qu’est la Terre.
C’est ce que confirment les participants au sommet organisé par le Programme International Géosphère-Biosphère (PIGB) et le Partenariat des Sciences du Système Terrestre. Ils notent le fait alarmant, selon les mesures récentes, de l’émission globale de carbone qui a crû plus vite que ce qui était prévu dans les scénarios du GIEC ne datant que de 5 ans.
Aujourd’hui, les conséquences de la crise financière menacent le système économique. Les conséquences de la crise du système écologique seront bien pires dans un laps de temps juste un peu plus long
, fait remarquer le professeur Thomas B Johansson, expert en énergie de l’Université Lund. Alors qu’il est question de régler un problème à court terme, il faudrait saisir l’opportunité de régler ces problèmes de long terme, ajoute-t-il.

Les nouveaux accords économiques peuvent et doivent tenir compte des limites naturelles et mettre le rétablissement global sur une voie plus économe en carbone et ressources. Sur la base des tendances économiques récentes, il devrait y avoir une augmentation globale des températures de 4 à 6 degrés d’ici 2100, niveaux considérés comme catastrophiques selon le GIEC.

Des sociétés plus vertes permettraient de réviser les risques à la baisse tout en procurant une meilleure qualité de vie, en éliminant la pauvreté et en favorisant la cohésion sociale. A contrario, l’utilisation de la mesure conventionnelle de croissance par le PIB comme principal indicateur des politiques nationales a gravement induit en erreur, déclare le professeur Robert Costanza, économiste écologique à l’Université du Vermont. De nouvelles politiques devraient s’attacher à résoudre les problèmes en utilisant une approche intégrée des systèmes de la Terre, incluant toutes les interactions de l’homme avec l’environnement. Lire la suite

Les émissions de GES des pays industrialisés augmentent

Notre-planète.info, auteur non identifié, le 18 novembre 2008

Les émissions en gaz à effet de serre des pays industrialisésaugmentent toujours

A deux semaines de l’ouverture de la conférence annuelle sur le climat à Poznan (Pologne), le Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC) souligne que les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les pays industrialisés continuent d’augmenter…

« La hausse des émissions reste un sujet de préoccupation« , a indiqué Yvo De Boer, le Secrétaire de la CNUCC, en présentant lundi 17 novembre à Bonn l’inventaire 2006 des émissions des pays industrialisés. Ces données seront exploitées pour la conférence des Nations Unies à Poznan où sera négocié la définition d’un nouvel accord destiné à lutter contre les causes des changements climatiques pour la période post Kyoto.
Si l’on considère la période 1990-2006, les émissions en gaz à effet de serre des 41 pays industrialisés signataires de la convention (dits de l’Annexe 1) ont globalement baissé de 4,7% (sans compter les puits de carbone, les émissions liées au changement éventuel d’utilisation des terres et à la sylviculture). Cependant, entre 2000 et 2006, les émissions de ces mêmes pays ont augmenté de + 2,3 %.

Ces résultats mitigés s’expliquent en grande partie par le déclin, dans les années 90, des économies de transition en Europe de l’est et en Europe centrale (- 37,6% à elles seules) après la fermeture du nombreuses installations énergétiques et industrielles obsolètes (- 52% en Ukraine, – 56% en Lettonie, – 44% en Roumanie…) Il ne s’agit donc pas du résultat de mesures volontaires visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. En effet, depuis que les économies de l’Europe de l’est se relèvent, leurs émissions ont augmenté entre 2000 et 2006 ( + 7,4 %) et influent de nouveau les statistiques globales des pays industrialisés selon M. De Boer.

Au final, les émissions en GES sont davantage liées à la capacité de production et à la santé économique d’un pays qu’aux engagements parcimoniques et frileux des grands pays industrialisés sur la question du changement climatique. Et il en va ainsi pour l’infime régression – un « ralentissement de la hausse » – des émissions entre 2005 et 2006 (- 0,1 %) conséquence d’un « hiver relativement doux et des prix du pétrole relativement élevés » pour l’Europe et les Etats-Unis, Lire la suite

Eoliennes: un permis annulé pour atteinte au paysage

Journal de l’environnement,  Victor Roux-Goeken, le 21 novembre 2008 

Eoliennes: un permis de construire annulé pour atteinte au paysage

En annulant le permis de construire d’un parc éolien, le tribunal de Lyon vient de réaliser une première : mettre fin à un projet pour des considérations esthétiques.

Gouverner

Un parc éolien composé de 8 éoliennes de 126 mètres et d’une puissance de 1,5 mégawatt (MW) chacune aurait dû voir le jour sur une ligne de crête à proximité des communes de Prémillieu, Virieu-le-Grand, Armix et Thezillieu (Ain). Le projet, porté par la société Erelis Enel, filiale de l’Italien Enel, avait été autorisé en 2006 par un arrêté du préfet de l’Ain. La commune de Thezillieu avait alors engagé une action en justice.
Par un jugement du 4 novembre, le tribunal administratif de Lyon a donc annulé le permis de construire. Certes, il met en cause l’étude d’impact, qui avait proposé un projet à impact moindre sur le paysage: 6 éoliennes de 2 MW. Mais le juge ne s’est pas arrêté là, selon Carl Enckell, avocat de la commune de Thezillieu, associé du cabinet Adamas. «C’est l’emplacement même du parc qui est mis en cause. Le juge reconnaît que le site n’est pas classé, mais qu’il n’en est pas moins remarquable. Ce ne sont pas seulement des arguments juridiques, mais aussi esthétiques

Le site en question a d’ailleurs été le lieu de tournage du dernier film de Luc Jacquet, Le renard et l’enfant, «beaucoup commenté pendant le procès, puisqu’il a été tourné sur le plateau de Retord, où aurait dû se construire le parc», explique Carl Enckell.
«Le jugement est particulièrement intéressant, d’un point de vue juridique, même s’il est affligeant pour l’éolien, Lire la suite

MDRGF : raisin, mâles en péril, nos enfants nous accuseront

Lettre d’information du MDRGF

Lettre d’info du MDRGF  plus d’infos sur notre site

Pesticides dans les raisins… et films à voir !

enquête : des pesticides dans le raisin !

Communiqué de presse Paris, le 24 novembre 2008

Enquête sur les raisins de table au sein de l’UE : des ONG détectent des pesticides, parfois interdits, souvent préoccupants et en grand nombre dans des raisins de certains supermarchés !

Une grande enquête a été menée par 5 ONG, dont le MDRGF pour la France, dans 5 pays européens (Italie, France, Pays-Bas, Hongrie et Allemagne) dans des magasins appartenant à 16 enseignes différentes. 124 échantillons de raisins issus de l’agriculture intensive ont été analysés, par un laboratoire allemand spécialisé, afin de rechercher d’éventuels résidus de pesticides. Les résultats sont préoccupants :

Résultats globaux.
– 99,2 % des raisins analysés contenaient des résidus de pesticides ! Soit 123 des 124 échantillons testés. Seul un échantillon ne présentait pas de trace de pesticides.
– 0.65mg/kg de pesticide (matière active) trouvé en moyenne par échantillon.
– 20 % des raisins étaient contaminés par 10 ou plus de 10 pesticides différents.
– 4,8 % des échantillons dépassaient les nouvelles Limites Maximales en Résidus européennes (LMR), des limites légales qu’on ne doit pas dépasser !

– 3 échantillons contenaient des pesticides interdits dans les pays de production.
– Un échantillon dépassait la dose de référence pour la toxicité aiguë de l’Organisation mondiale de la santé! Le dépassement de cette dose de référence, même une seule fois, peut endommager la santé humaine, en particulier la santé des enfants.
– Et parmi tous ces pesticides de nombreuses matières actives présentaient des risques potentiels pour la santé. On a trouvé des pesticides neurotoxiques, suspectés d’être cancérigènes ou encore pouvant perturber le système hormonal.
Et pour la France ?

– 100 % des 25 échantillons testés étaient contaminés.

– 0,73mg/kg de pesticide (matière active) trouvé en moyenne par échantillon.
– 44% des raisins étaient contaminés par 10 ou plus de 10 pesticides. 51 pesticides différents ont été détectés au total.

– 8,5 pesticides par échantillon en moyenne! Le record pour l’enquête : 16 pesticides dans un échantillon de raisin acheté!

– 16% des échantillons dépassaient les nouvelles Limites Maximales en Résidus européennes (LMR), des limites légales qu’on ne doit pas dépasser !

Cerise sur le gâteau, des pesticides interdits d’usage dans toute l’UE ou dans le pays de production ont été retrouvés ! En effet, 2 échantillons de raisins italiens contenaient de l’endosulfan, un pesticide interdit dans toute l’UE. Comme le DDT, l’endosulfan est un
polluant organique persistant (POPs) qui provoque des dommages à long terme pour l’environnement. De plus, un autre échantillon de raisin italien contenait l’insecticide
bromopropylate qui n’est plus autorisé en Italie depuis fin 2007 !

« Cette situation est inacceptable. Lire la suite

Natura 2000 et la Vallée du Ciron

Natura 2000 et  la Vallée du Ciron 

Le Républicain (langonais), JLH, le 13 novembre 2008.

Vallée du Ciron  – Réunion de Natura 2000.

Préserver le cadre et sa richesse.

Le Ciron et sa vallée sont un site remarquable en tous points, tant en matière de faune, flore et géologie, mais aussi selon les aspects historiques, patrimoniaux et sociaux.

La dernière réunion Natura 2000 vient de se tenir à Villandraut, le 6 novembre dernier, sous la présidence de la sous-préfète de Langon, et en présence : de la direction départementale de l’agriculture et de la forêt, représentée par Madame hagarde, et de l’association Ciron Nature, avec Me Gizard, chargé de mission coordinateur, et de M. Coquillas, chargé de mission scientifique.

Cette réunion a notamment comme objet, la mise œuvre du document d’objectif sur le Ciron dans le cadre du réseau Natura 2000.

Dans un premier temps sont rappelés les principes de la démarche, ainsi que l’échéancier, et il est précisé que le coordinateur est bien le Préfet de Gironde, avec délégation à la sous-préfecture de Langon.

L’Etat conserve ainsi la responsabilité de mise en œuvre de l’animation du site pendant trois ans, avant de passer le relais, au bout de ce terme, à une structure locale, qui pourrait être le syndicat mixte du versant du Ciron. 

En attendant, pour l’heure, l’animation est confiée à l’Association Ciron Nature.

Le cahier des charges type de l’animation est arrêté comme suit :

    phase de préparation de la mise en œuvre du contrat d’objectifs,

    phase de mise en œuvre des moyens financiers,

    phase de synthèse et de bilan et comptes-rendus.

Le comité de pilotage devant se réunir au moins une fois par an.

Il est à noter que prochainement se déroulera une consultation des collectivités pour valider le nouveau périmètre.

Il est aussi rappelé que l’animation confiée à Ciron Nature est financée conjointement par l’Etat, l’Europe et l’Agence de l’Eau. 

Ciron Nature fait un bref rappel géographique sur la zone (3 départements,  58 communes.) un état sur les habitats et espèces animales, vison, loutre, rapaces… forêt galerie…, et historique depuis le début du contrat d’objectifs, lancé en mars 2002.

Trois groupes de travail ont été établis : eaux, forêt et autres milieux naturels et activités socio-économiques, sachant qu’une campagne sur le terrain a été menée en 2002-2003.

De cela il résulte des mesures de gestion.

14 points sont arrêtés et regroupés sous le chapeau (milieux ouverts), ainsi :  Lire la suite

Etat du monde en 2025 : économie, énergie, eau, climat…

Le Monde, Hervé Kempf, le 22 novembre 2008

Les Etats-Unis décrivent leur futur affaiblissement

Géostratégie Un rapport des services de renseignements américains sur l’état du monde en 2025.

L’ère Bush est terminée. Domination unilatérale, obsession du terrorisme, volonté de remodeler le Moyen-Orient, ces trois piliers de la politique étrangère des Etats-Unis depuis 2001 ne sont clairement plus en vigueur dans l’analyse stratégique qui se fait jour à Washington. Le National Intelligence Council – organe synthétisant les analyses géopolitiques des services de renseignement américains – estime qu’en 2025 « les Etats-Unis ne seront plus que l’un des principaux acteurs sur la scène mondiale, même s’ils resteront le plus puissant« .

Cette observation est un des points clés du rapport publié le 19 novembre par cet organisme et qui vise à décrire les paramètres qui caractériseront la société planétaire en 2025 (Global Trends 2025). Un tel rapport est établi tous les cinq ans par le Council pour éclairer le cadre dans lequel s’inscrit la politique étrangère des Etats-Unis. Le document décrit un monde instable mais multipolaire, où « la contraction des capacités économiques et militaires des Etats-Unis pourrait les pousser à un arbitrage difficile entre les priorités intérieures et celles de la politique étrangère« .

Cette nouvelle vision correspond assez bien au discours politique de Barack Obama. Le rapport a cependant été élaboré bien avant son élection, durant un travail de consultation d’experts et de discussions qui a duré plusieurs mois. Etonnamment vivant, le document décrit les hypothèses qui, selon lui, définiront le monde en 2025 :

Glissement du pouvoir économique de l’Occident à l’Orient : la Chine deviendrait l’acteur économique majeur. Avec elle, l’Inde, la Russie et le Brésil pèseraient autant que les pays de l’actuel G7. Les pays du golfe Persique seraient renforcés du fait de la hausse du prix du pétrole.

Pic pétrolier et pénurie d’eau : sans employer l’expression, le document raisonne clairement sur l’hypothèse d’un prochain pic de production du pétrole et du gaz. Le déclin des ressources en hydrocarbures qui s’ensuivra entraînerait un bouleversement du système énergétique. Or « les nouvelles technologies énergétiques ne seront probablement pas commercialement viables et répandues en 2025 ». En particulier, « la capacité de l’énergie nucléaire à couvrir la demande serait virtuellement impossible ». Par ailleurs, la pénurie d’eau touchera une cinquantaine de pays.

Démographie contrastée : la population mondiale continuera de croître jusqu’à 8 milliards d’humains en 2025, mais avec de forts contrastes. Le rapport complète l’image classique d’un Occident et d’une Russie vieillissant par l’observation du vieillissement proche de la Chine (à partir de 2015) ou de l’Iran. Il souligne le contraste démographique entre l’Inde du Sud et des métropoles à la faible croissance et une Inde du Nord très féconde.

Terrorisme en retrait, Etats faibles, nouveaux dangers : le terrorisme ne disparaît pas, mais son importance est relativisée. Le rapport s’inquiète davantage de la multiplication des Etats faibles et des agents non étatiques, ainsi que des tensions nouvelles créées par la concurrence pour l’accès à l’eau ou à l’énergie. Il souligne aussi que la prolifération nucléaire est redevenue une préoccupation de première importance.

Le risque d’un déséquilibre climatique irréversible : le rapport observe que le changement climatique « devrait exacerber les pénuries de ressources ». Il aurait aussi un effet majeur sur la production agricole. Dans un scénario « surprise », les auteurs reprennent l’hypothèse de « l’effet de seuil », Lire la suite

La bataille de l’eau en Ile-de-France

Le Monde, Béatrice Jérôme, le 23 novembre 2008

Gauche et droite se livrent bataille sur le dossier de l’eau en Ile-de-France

La bataille de l’eau est engagée en Ile-de-France. Bertrand Delanoë doit faire voter, lundi 24 novembre, au Conseil de Paris, le principe de la « remunicipalisation » au 1er janvier 2010 de la distribution de l’eau confiée par Jacques Chirac en 1985 aux groupes privés Suez et Veolia. Le maire de Paris promet ainsi de stabiliser le prix de l’eau – hors redevances – jusqu’en 2014.

Mais le 11 décembre, les 144 maires membres du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif), qui représentent 4 millions d’habitants, voteront, eux, en faveur d’une reconduction du marché de la gestion de l’eau avec un opérateur privé. Quelque 50 maires de gauche mènent campagne au Sedif pour un passage en gestion publique, réputée moins coûteuse. Le contrat en cours entre le Sedif et Veolia arrive à échéance fin 2010. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir estime à près de 90 millions d’euros par an les économies que le syndicat pourrait réaliser en étant plus regardant sur les conditions de passation de ses futurs marchés.

Tous les élus franciliens cherchent la parade à l’envolée de la facture d’eau des usagers. Depuis plusieurs années, la consommation d’eau dans la région a baissé plus fortement en Ile-de-France que dans le reste du pays en raison de la désindustrialisation et de la diminution des fuites sur les réseaux. Cette baisse des recettes, mal anticipée, a conduit les opérateurs à augmenter le prix du mètre cube d’eau alors que, dans le même temps, de nouvelles normes d’assainissement sont venues accroître leurs charges.

A Paris, en 2007, la facture d’eau a augmenté de plus de 9 %, soit, en moyenne, 30 euros de plus par ménage. Dans le total, la part qui correspond à la production et à la distribution a flambé de 260 % depuis 1980. Or, cette composante de la facture représente 38 % du coût de l’eau.

Si la production de l’eau a toujours été gérée par une société d’économie mixte municipale, à Paris, sa distribution a fait l’objet en 1985 d’un contrat d’affermage signé par Jacques Chirac, le maire de l’époque, avec la Compagnie des eaux de Paris (filiale de Veolia) pour la rive droite, et avec la société Eau et Force (groupe Suez), pour la rive gauche.

La chambre régionale des comptes et l’Inspection générale de la Ville ont, en 2000 et 2001, critiqué les clauses de ces contrats : elles ont permis aux opérateurs de faire fructifier leurs marges par des jeux de trésorerie au lieu de les réinvestir dans le réseau.

M. Delanoë avait promis durant la dernière campagne municipale de mettre la distribution de l’eau en régie. Les études menées par la Mairie ont mis en évidence l’intérêt financier, pour la collectivité, de confier à un seul établissement public à la fois la production et la distribution.

Ce passage en régie doit être voté lundi. Il devrait permettre à la Ville de récupérer 30 millions d’euros par an par rapport à la précédente gestion. Lire la suite

La reproduction humaine est menacée par la chimie

Le Monde,  Paul Benkimoun, le 24 novembre 2008

La reproduction humaine est menacée par la chimie

Le nombre et la qualité des spermatozoïdes ont diminué d’environ 50 % par rapport à 1950. L’incidence du cancer des testicules a doublé au cours des trente dernières années. Le nombre de malformations génitales masculines est en hausse : la fréquence de la cryptorchidie (interruption de la migration d’un testicule vers les bourses) a été multipliée par 1,5 en vingt ans. Au premier rang des accusés figurent des substances chimiques : les perturbateurs endocriniens.

Les ministères de l’écologie et la santé, l’Institut de recherche en santé publique (Iresp) et l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) organisent le colloque « Environnement chimique, reproduction et développement de l’enfant », mardi 25 novembre à Paris. Président de l’Iresp, Alfred Spira est responsable scientifique de ce colloque, dans lequel interviennent Bernard Jégou, président du conseil scientifique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), et Pierre Jouannet (université Paris-V). Tous trois travaillent depuis quinze ans sur les troubles de la fertilité liés aux polluants.

Les politiques se préoccupent des effets néfastes de l’environnement sur la fertilité. Comment expliquez-vous cette mobilisation ?

Pierre Jouannet. Les politiques bougent parce qu’il existe une demande sociale importante. Les données scientifiques s’accumulent depuis quinze ans. L’épidémiologie comme les travaux chez l’animal et quelques études dans l’espèce humaine montrent que la période du développement embryonnaire précoce peut être fortement affectée par la nutrition de la mère. Cela a des conséquences sur le développement du fœtus, son poids à la naissance et sa santé ultérieure.

Bernard Jégou. L’affaire du Distilbène, cette hormone de synthèse commercialisée entre 1950 et 1977 pour prévenir des fausses couches, qui s’est révélée nocive pour les enfants exposés in utero, a montré qu’il faut maintenir la vigilance à travers les générations. Ce ne sont pas seulement les individus qui sont touchés mais aussi la qualité de leur descendance, déjà menacée par l’explosion des allergies, du diabète.

Alfred Spira. Les risques pour la santé liés aux modifications de l’environnement constituent d’abord un réel problème pour une petite partie de la population générale, exposée professionnellement à des doses élevées. Mais au XXIe siècle, le principal tueur restera le tabac et ses 10 millions de morts par an dans le monde. A côté, les risques liés aux perturbateurs endocriniens apparaissent très faibles, mais sont perçus de manière amplifiée car ils touchent à des aspects « sensibles » : la fertilité, les organes génitaux masculins.

De quelles données dispose-t-on sur les risques liés aux produits utilisés pendant la grossesse ?

P. J. L’interprétation des données expérimentales et épidémiologiques est compliquée en raison de l’exposition à des produits multiples à faible dose dont les effets peuvent se renforcer mutuellement. Lire la suite

Floirac du 24 au 28 novembre semaine de l’écoconstruction

Hauts de Garonne Développement organise pour la troisième édition, avec le réseau des Agenda 21 Girondins, l’Espace Info Energie d’Artigues, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Gironde, la FFB, la CAPEB, le CDPEA et la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment, une manifestation (gratuite) autour du développement durable appliqué au secteur du BTP : « la semaine de l’écoconstruction » du 24 au 28 novembre 2008, au Centre d‘Innovation et de Formation de Floirac (Rocade sortie n°23).

Deux journées seront consacrées aux particuliers, sur les thèmes de la bioconstruction et du solaire photovoltaïque ; et il sera notamment possible de rencontre un conseiller de l’Espace Info-Energie de la MPS d’Artigues, le mercredi 26 novembre afin d’obtenir toutes informations liées à la maîtrise de l’énergie, aux différentes aides financières existantes, etc.

Deux journées seront, quant à elles, dédiées aux professionnels et aux responsables de collectivités locales. Il sera ainsi possible de venir échanger sur les problématiques de la maîtrise des consommations d’eau et d’énergie dans les bâtiments collectifs.

Vous pouvez dores et déjà, découvrir l’ensemble des évènements de cette « semaine de l’écoconstruction » via le programme ci-joint. Lire la suite

MEEDDAT : 50 mesures pour un développement des EnR

MEEDDAT, le 17 novembre 2008

50 mesures pour un développement des énergies renouvelables à haute qualité environnementale

A l’occasion de la 1ère semaine des énergies renouvelables, du bâtiment et de la maîtrise de l’Energie, et dans le cadre de l’ouverture du Salon international des énergies renouvelables et de la maitrise de l’Énergie, Jean-Louis BORLOO, ministre d’État, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, a présenté l’ensemble des mesures du plan national pour le développement des énergies renouvelables à haute qualité environnementale (solaire, hydroélectricité, bioénergies, énergies marines, éolien terrestre et éolien en mer, géothermie…), en présence des acteurs et professionnels du secteur.

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Les métiers de l’environnement et des économies d’énergie

batiactu, MD, le 20 novembre 2008

Les Français croient aux métiers du développement durable

Les métiers liés aux économies d’énergie et au développement durable sont-il l’avenir ? L’association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) a voulu connaître l’opinion des Français sur ce sujet. Il ressort de ce sondage que plus de la moitié d’entre eux pourraient être intéressés par une formation liée à l’un de ces métiers. Détails de l’étude.

 «Trois français sur quatre croient à l’avenir des métiers liés à l’environnement et aux économies d’énergie» : c’est ce qu’indique une enquête réalisée par Opinionway pour le compte de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). L’association a voulu savoir quel lien faisaient les Français entre l’écologie, l’économie et l’emploi.

Il ressort de ce sondage que 77% des personnes interrogées estiment que les métiers liés aux économies d’énergie vont créer «de nombreux emplois à l’avenir». 52 % se déclarent même intéressés par une formation liée aux métiers du développement durable, des économies d’énergie et de l’environnement, dans le cadre d’une nouvelle étape ou d’une réorientation de leur parcours professionnel.

Interrogés sur l’importance d’être formés à ces métiers, 90% des Français déclarent qu’il est «important de développer les formations initiales pour les étudiants dans les domaines des économies d’énergie, du développement durable ou de l’environnement», et 86 % estiment important de développer la formation continue pour les salariés dans ces mêmes domaines.

Les jeunes sensibles à ces métiers

L’Afpa note que ce sont les jeunes actifs qui sont les plus convaincus par l’importance de ces métiers : en effet, 85% des 25-34 ans «pensent que ces métiers constituent un gisement de nouveaux emplois». Selon l’association, «l’un des facteurs sociologiques à l’œuvre semble être également le niveau d’instruction, comme souvent lorsque l’on demande aux individus de se projeter dans l’avenir». Le sondage montre que 86% des diplômés de l’enseignement supérieur pensent que les métiers liés aux économies d’énergie et à l’environnement vont créer des emplois à l’avenir. Les personnes sans diplôme sont seulement 65% à partager cette opinion. Dans la même logique, les cadres et professions intellectuelles supérieures sont de cet avis à 89%, contre 74% parmi les employés. Lire la suite

VIENT DE SORTIR : L’urgence de la métamorphose

L’urgence de la métamorphose, par Jacques Robin et Laurence Baranski

Ce livre est l’œuvre ultime d’un grand penseur français qui aura laissé une trace importante dans la société par ses actions et son intellect, un homme pour qui la liberté de croire et d’espérer en monde plus juste et plus ouvert aura été une bataille de tous les jours. Un homme pour qui la nécessité d’un changement vital et radical est l’indispensable évolution vers le monde de demain. Un message pour les générations futures, un appel à l’urgence de cette métamorphose.

Ce livre est une réédition qui intervient un peu plus d’an après le décès de son auteur, Jacques Robin. Penseur, visionnaire, homme de reliance et catalyseur d’initiatives, Jacques Robin proposa durant toute sa vie, avec passion et humilité, d’éclairer ses contemporains. Son engagement était d’ordre politique. « L’urgence de la métamorphose » est son dernier message, co-écrit avec Laurence Baranski, qui le résume ainsi…

Le message de « L’urgence de la métamorphose ».

Déséquilibres écologiques qui menacent de disparition les formes de vivant sur Terre, la forme humaine y compris… renforcement des inégalités à l’échelle planétaire….dégradation culturelle et sociales de nos sociétés particulièrement en occident et ailleurs sous l’influence occidentale….  précarité, pauvreté, isolement, impuissance…

Nos sociétés sont écologiquement, économiquement, socialement, culturellement et politiquement malades. Carencée en réflexion globale systémique et transversale, animée par un besoin jamais assouvi de pouvoir, de contrôle, polluée par l’avidité, l’humanité est en train de se suicider.

Le constat est dramatique. Les regrets sont inutiles.

Et à la mort, nous pouvons encore préférer la vie. Elle est possible si nous acceptons la métamorphose qui s’impose et qui passe par :

– la prise de conscience que nous ne vivons pas une nouvelle révolution industrielle mais bien un changement d’ère (l’ère informationnelle) qui nous offre de nouvelles possibilités de coopération, de production, d’échange, de partage. Jusqu’à la gratuité. L’occasion, si nous savons en saisir l’opportunité, de nous rapprocher de nos idéaux humanistes et démocratiques

– la création d’une « économie plurielle avec marché » en lieu et place de  »hégémonisme marchand » ultralibéral et aux ordres des marchés financiers.

– Une profonde remise en question de notre rapport au pouvoir et à la richesse… et à la vie.

La question, profondément politique, que nous devons nous poser aujourd’hui est : que voulons-nous faire, individuellement et collectivement, de notre vie ?

De la réponse à cette question dépendra le virage que négociera, ou pas, l’humanité, un virage à négocier sur cette étonnante planète dite bleue, une planète entourée de milliards d’étoiles comme elle « en suspension » dans une galaxie dite la voie lactée, la nôtre, une galaxie qui en côtoie des milliards d’autres, dans « un univers dont on ne connaît pas l’adresse »…

Notre conscience, notre imagination, tout autant que notre cœur et notre raison sont aujourd’hui convoqués. Le rendez-vous est immédiat. Il est de notre responsabilité de l’honorer, ou de répondre présent… Lire la suite

Une conférence internationale pour sauver le thon rouge

Le Monde, le 18 novembre 2008, Jean-Pierre Tuquoi

Une conférence internationale pour sauver le thon rouge, victime de surexploitation

Paradoxalement, c’est à Marrakech que pourrait se jouer le sort du thon rouge de l’Atlantique, une espèce menacée de disparition. Depuis le lundi 17 novembre et durant une semaine, la ville marocaine accueille en effet une réunion extraordinaire de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Cicta), une organisation de pêche intergouvernementale.

La situation est alarmante pour le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus), l’espèce reine des thonidés. « On ne peut pas laisser les choses en l’état. Le statu quo n’est pas une option« , reconnaissait le commissaire européen chargé de la pêche et des affaires maritimes, Joe Borg, à la veille de l’ouverture de la conférence.

Les thons rouges sont victimes de surexploitation. Les scientifiques assurent que les captures ne devraient pas dépasser 15 000 tonnes/an pour cette espèce qui se déplace en banc des eaux froides de l’Atlantique vers la Méditerranée où les thons rouges se reproduisent. Or ce chiffre est largement dépassé.

SURCAPACITÉ DES FLOTTES

Les prises déclarées sont deux fois plus élevées et dépassent le quota fixé par la Cicta (28 500 tonnes pour 2008) après d’interminables tractations. Et si l’on prend en compte la fraude – très répandue -, c’est sans doute près de 60 000 tonnes de thons rouges qui sont capturés chaque année en Méditerranée, par un petit nombre de pays (dont principalement la France, l’Espagne, et l’Italie). « Il faut que les Etats respectent les engagements auxquels ils ont souscrit. S’ils ne le font pas, il faudra prendre des sanctions en 2009 », souligne M. Borg.

La surcapacité de la flotte thonière complique le respect du plan de sauvegarde de quinze ans mis en oeuvre par la Cicta. « Il faut que des mesures effectives pour aligner la capacité de la flotte avec l’état des ressources », dit encore Joe Borg. Selon une étude du Fonds mondial pour la nature (WWF), à elle seule la flotte de navires thoniers des onze Etats côtiers de la Méditerranée a un potentiel annuel de captures proche de 55 000 tonnes. Et ne sont pris en compte par l’étude que les navires les plus modernes.

A Marrakech, les débats vont se focaliser sur le taux de capture autorisé (TCA) et sa répartition par pays. Si personne ne conteste la nécessité de mesures drastiques, les points de vue n’en sont pas moins très éloignés. Pour éviter le pire, le Japon, qui absorbe à lui seul plus de la moitié des thons rouges pêchés en Méditerranée, va plaider pour une simple réduction des TCA. D’autres pays, en revanche, pourraient réclamer l’inscription du thon rouge sur la liste des espèces en danger d’extinction et, à ce titre, obtenir une interdiction pure et simple de son commerce. Lire la suite

Monsanto 810-NK 603 : Les souris se reproduisent moins

Le Monde, Stéphane Foucart, le 19 novembre 2008

Les souris nourries au maïs MON 810-NK 603 se reproduisent moins bien que les autres

Une étude toxicologique, rendue publique mercredi 12 novembre, pose de nouvelles questions sur les effets biologiques de certains organismes génétiquement modifiés (OGM). Menés par des chercheurs du département de médecine vétérinaire de l’université de Vienne (Autriche), ces travaux suggèrent que des souris nourries avec un maïs de deuxième génération – pourvu de deux constructions génétiques distinctes (MON 810-NK 603) – ont un succès reproductif inférieur à celles nourries avec la même variété de maïs non génétiquement modifiée. L’étude compte au nombre des très rares travaux toxicologiques sur les OGM financés par les deniers publics et non commandités par l’industrie.

Deux protocoles expérimentaux ont été utilisés. Le premier a consisté à suivre, sur quatre générations, des groupes d’animaux exposés aux maïs conventionnels et génétiquement modifiés. « Du point de vue des capacités reproductives, ce protocole n’a pas révélé de différences statistiquement significatives entre les groupes », explique Jürgen Zentek, principal auteur de ces travaux. Les rongeurs exposés à l’OGM et leurs descendants sur quatre générations (eux-mêmes à leur tour exposés à l’OGM) ont donc eu, grosso modo, la même capacité à se reproduire que les autres animaux.

Fin de l’histoire ? Non : dans une deuxième expérience, une même génération d’animaux a donné naissance à quatre portées consécutives. « De manière inattendue », selon M. Zentek, ce protocole a montré que les troisième et quatrième portées issues des rongeurs nourris au maïs modifié étaient significativement plus petites que celles issues des bêtes nourries au maïs conventionnel. Ce groupe de 24 paires d’individus a en effet généré 1 035 naissances, tandis que le groupe nourri à l’OGM (de même taille) n’en a généré que 844.

MONSANTO SE REBIFFE

Pourquoi les deux protocoles donnent-ils des résultats si différents ? « Dans le second, l’organisme des femelles a été très sollicité et soumis à un stress plus grand puisqu’elles ont dû mettre bas et nourrir plusieurs portées consécutives », explique M. Zentek. L’exposition au maïs transgénique en question pourrait donc n’avoir un effet sur la reproduction qu’en situation de stress.

D’autres investigations approfondies ont été réalisées sur l’analyse de sang, la mesure du poids des organes, etc. Les cellules intestinales des animaux nourris ou non à l’OGM ont été observées par microscopie électronique. « Il en ressort des différences qu’il est difficile d’interpréter« , commente Gérard Pascal, ancien directeur scientifique de la nutrition humaine et de la sécurité alimentaire à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Mais ces « différences » ne sont pas pathologiques.

Très prudents dans leurs conclusions, les auteurs appellent à une poursuite des travaux pour confirmer ces résultats inédits. D’autant que ceux-ci n’ont pas encore été dûment évalués. 

 

A une réserve près (sur le choix de la variété du maïs témoin), Gérard Pascal, peu suspect d’activisme pro ou anti-OGM, salue un « beau travail » et dit « adhérer globalement aux conclusions des auteurs ». Celles-ci sont rejetées en bloc par Monsanto. Lire la suite

Retour sur le colloque de Bordeaux sur l’éducation au DD

mediaterre, Monique Trudel, le 31 octobre 2008

L’éducation au développement durable dans le monde francophone

La conférence internationale de Bordeaux  » agir ensemble pour éduquer au développement durable »  a permis aux acteurs de la francophonie, lors de plusieurs sessions leur étant dédiées,  de démontrer leurs spécificités et de dégager des pistes d’actions communes puisqu’ils s’inscrivent dans une sphère linguistique commune qui offre la possibilité de mutualiser programmes et outils d’éducation, de formation et d’information.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Mme Fatimata Dia Touré, directrice de l’IEPF, a présenté les efforts de la francophonie, les activités menées par l’IEPF de la promotion de la langue française à l’ancrage des projets et outils de développement dans les pays en voie de développement en passant par Médiaterre, la référence en français sur le développement durable. Elle a invité tous les acteurs de la francophonie à lire la déclaration de Québec et à prendre en considération les engagements des états lors du dernier sommet de la francophonie où ils se sont engagés à faire de la sensibilisation, l’éducation, la formation un enjeu prioritaire du développement durable.

Deux sessions ont été consacrées à présenter les principaux résultats en matière d’EDD et d’élaborer des propositions visant à mettre en place de nouvelles démarches. Les experts présents à ces rencontres ont été dans le concret en appelant à la solidarité et à la coopération. Les projets exposés par les uns et les autres, plus de 14 présentations, s’inscrivent dans cette dimension EDD afin qu’ils puissent servir d’exemple quant à la démarche ou encore d’encouragement quant aux résultats positifs obtenus. Les recommandations font appel à la cohérence, à l’importance de travailler ensemble, à la solidarité, tout en laissant la responsabilité à chaque pays de définir ses priorités de développement. La liste des présentations et des recommandations se trouve en fichier attaché.

Tous ont souligné ce qu’il convient de ne pas oublier  » la première mission de l’EDD concerne la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. « 

Le professeur Michel RICARD, président du Comité français de la Décenniede l’Education pour le Développement Durable (EDD), a présenté les grands résultats de la conférence et a fait un appel à tous d’avoir une attention particulière au lien culture et développement durable. Il est peut-être difficile de faire une manifestation responsable, mais il importe d’utiliser ces moments pour sensibiliser. Le travail le plus important à faire porte sur la participation de l’ensemble des acteurs de manière concertée y incluant l’ensemble de la population et des citoyens.

Au niveau de la Francophonie, l’OIF (IEPF) très active dans beaucoup de pays en développement souligne que ces pays ont besoin d’appui et d’échanges afin de partager des initiatives et qu’ils souhaitent une généralisation des comités de la décennie au niveau des états. Le partenariat et la solidarité entre les pays, personnes, l’égalité homme femme sont les éléments clefs du DD. Il souligne que les participants à cette conférence représentent l’espoir et l’enthousiasme pour réaliser une véritable EDD.

« Pour une mobilisation porteuse, il nous faut réapprendre à sourire, transmettre la passion qui est au cœur de tous les acteurs… » Lire la suite

Energie : l’UE peine à trouver un accord avant Poznan

novethic, Anne Farthouat, le 14 novembre 2008

Energie : l’UE peine à trouver un accord avant Poznan

A l’approche de la Conférence internationale sur le climat de Poznan (Pologne), qui aura lieu du 1er au 12 décembre 2008, les Etats européens négocient difficilement la mise en œuvre du paquet climat-énergie. Si tous s’accordent sur les objectifs fixés à l’horizon 2020, les moyens d’y parvenir sont très loin de faire l’unanimité.

Principale raison de la discorde européenne : la mise aux enchères des droits d’émission de CO2.  La Commission a en effet proposé début 2008 de cesser l’allocation gratuite de ces droits aux industriels, et en premier lieu aux producteurs d’électricité. Ces derniers incluant déjà le coût du carbone dans leur prix de vente, il semble en effet peu légitime de leur octroyer gratuitement des crédits d’émissions, qu’ils peuvent ensuite revendre sur le marché du carbone. Pour la Commission, il s’agit donc de parvenir à la vente totale de ces droits aux compagnies électriques dès 2013, et d’élargir progressivement le mécanisme à tous les secteurs émetteurs pour 2020.

Chef de file des contestataires, la Pologne refuse catégoriquement de faire acheter à ces compagnies électriques le moindre droit d’émission, réclamant leur gratuité totale. Et pour cause : 96% de la production électrique polonaise provient de centrales à charbon… D’après le premier ministre Donald Tusk, « le dispositif européen conduirait à augmenter l’électricité de 90%. » Pourtant, une étude économique du cabinet de conseil New Carbon Finance, mandatée par l’ONG WWF, conclut que la mise aux enchères des quotas n’aura pas d’impact tangible sur le prix de l’électricité.

Damien Demailly, chargé du programme Energie Climat de WWF, explique le refus polonais différemment : « Une partie des compagnies électriques polonaises appartiennent aujourd’hui à l’Etat. Mais elles sont en passe d’être privatisées. Du coup, la Pologne espère augmenter leur valeur avec les droits d’émissions, pour les vendre à meilleur prix. En plus, elle demande une compensation de la part de l’Europe, puisque la gratuité des droits implique un manque à gagner pour l’Etat ! La Pologne demande donc le beurre et l’argent du beurre ! »

Le Réseau Action Climat souligne par ailleurs l’intérêt « environnemental » de cette mise aux enchères des droits : « si les quotas sont payants, les États récoltent dans leur ensemble environ 50 milliards d’euros chaque année. Et s’ils sont gratuits, ce sont les entreprises qui en bénéficieront, sans aucune garantie que cet argent sera investi dans la lutte contre les changements climatiques. » Lire la suite

Caf’écolo : Déplacements intelligents, mobilité de demain

Déplacements intelligents, mobilité de demain

DNA, le 19 novembre 2008

 

Le deuxième caf’écolo organisé par Sauer Nature à Morsbronn a accueilli un plateau d’intervenants de qualité. On y a brassé des idées généreuses à propos des déplacements de demain.

Guy-Dominique Kennel, président du conseil général, approuve cette initiative d’échanges avec le public et a tenu à souligner combien il était important que chacun prenne conscience des enjeux pour mener une démarche de développement durable. Le conseil général veut montrer l’exemple, en analysant les comportements personnels, et en réduisant sa facture énergétique globale.

Réflexion menée avec les entreprises sur les déplacements

Quelque 350 actions, inscrites à l’agenda 21, sont menées par ses équipes. Exemple donné par la présence de Pierre Fierling, le responsable des études transports et déplacements du conseil général, qui est venu au caf’écolo depuis son bureau de Strasbourg, en empruntant successivement le tram, le TER, et le réseau 67, son retour étant assuré par un covoiturage avec un collègue venu, lui aussi, assister à cette rencontre. La mise en place des PDE (plans de déplacement en entreprise) a été évoqué, c’est une réflexion menée avec l’Ademe, la chambre de commerce, le conseil général et les entreprises sur le regroupement des déplacements, les contraintes de stationnement et les implantations, en fonction des multiples critères de travail, services et infrastructures routières.

Des chiffres qui laissent rêveur

Jean-Baptiste Schmider d’Auto’trement, société spécialisée dans la location de très courte durée et de partage de véhicules, fait remarquer qu’en général une voiture de particulier passe plus de 95 % de sa vie à l’arrêt, que 70 % des déplacements représentent moins de 3 kilomètres mais aussi que le carburant ne représente que 20 à 25 % des coûts. Des chiffres qui laissent rêveur, mais pas insensibles devant l’ensemble des moyens qui se mettent petit à petit en place pour assurer une mobilité optimale économique et surtout durable.

Cette mobilité est souvent évoquée pour les trajets domicile-travail, mais elle concerne également l’ensemble des déplacements de tous, jeunes et moins jeunes, dans leurs activités de loisirs, d’études, de soins, ainsi que les usagers à mobilité réduite.

Le site de covoiturage appelé à se développer

Le site de covoiturage de la communauté des communes Sauer-Pechelbronn, est de plus en plus fréquenté, et va, à moyen terme, se voir regrouper avec l’ensemble des sites régionaux sous la houlette du conseil général, pour améliorer et surtout faciliter le service aux usagers.

Une énumération de projets et de solutions, très encourageants, a été faite au cours de ce caf’écolo. De quoi intéresser l’ensemble des citoyens qui peuvent consulter le site de l’association : http://www.sauernature.fr et prendre connaissance d’un résumé plus détaillé des échanges de la soirée.

L’équipe de Sauer Nature a clôturé l’année 2008 de ses caf’écolos, et donne rendez vous en 2009 pour aborder un thème important : « Trier ses achats, c’est choisir ses déchets ». Ce sera à l’Étoile d’or de Woerth le 23 janvier à 19 h.

Bilan carbone du vin de Bx = une ville de 85 000 habitants

LibéBordeaux, Laure Espieu, le 20 novembre 2008

Bilan carbone : les vins de Bordeaux ont le même impact qu’une ville de 85.000 habitants

ENVIRONNEMENT – De la plantation du cep à l’arrivée la bouteille sur la table, le Bordelais a voulu calculer la pression de l’ensemble des activités liées au vin sur l’effet de serre. Pari ambitieux. Pour mesurer sur une année les émissions de gaz sur une surface viticole de 120.000 hectares, comprenant 57 appellations, 10.000 exploitations, et produisant plus de 5 millions d’hectolitres, l’interprofession, s’est appuyée depuis janvier dernier sur la méthode du bilan carbone. Une enquête de grande envergure, par laquelle le vignoble, particulièrement concerné par les problématiques environnementales, tente de quantifier son propre impact. Les chiffres étaient révélés hier. Et ils sont loin d’être négligeables : avec un total d’émissions de 200 000 tonnes équivalent Carbone, la filière pèse aujourd’hui le même poids qu’une ville de 85.000 habitants. Ce qui, rapporté à une consommation individuelle, correspond, pour une bouteille, à un équivalent de 4 km seul en voiture (boire ou conduire, une fois de plus, il faudra choisir).

En affinant les résultats, la viticulture coupe le cou à quelques idées reçues. Ainsi, contrairement au sentiment général, ce ne sont pas les traitements phytosanitaires qui arrivent en tête des postes d’émission de gaz à effet de serre, loin de là, mais les matériaux extérieurs, et en particulier la fabrication du verre, qui représente à elle seul presque un quart de la consommation énergétique globale. De même, après le fret et l’utilisation des camions pour le transport du vin, le troisième poste d’émissions concerne les déplacements de personnes. Et là, surprise : la moitié découlent directement des 550 000 visiteurs annuels. Un constat délicat, alors que le vignoble a justement consacré d’énormes efforts à développer l’oenotourisme.

Mais les vins de Bordeaux n’ont pas le choix, et vont devoir s’adapter. Ce bilan leur démontre clairement que même eux n’échappent pas à la dépendance aux hydrocarbures. Une emprise qui pourrait même coûter cher. Selon les simulations, si le baril de pétrole venait à doubler, le surcoût pour la filière serait de 50 millions d’euros. Et la facture dépasserait les 100 millions dans l’hypothèse (réaliste) où le baril atteindrait 250 $. De quoi accentuer la motivation. D’ores et déjà, l’interprofession s’engage donc à viser une baisse de 30 000 tonnes équivalent Carbone sur 5 ans. Avec comme objectif de réduire de 75% le total de ses émissions de gaz d’ici 2050. Pour cela, la filière va devoir remettre en cause ses habitudes, et faire preuve d’imagination. Lire la suite

GB : objectif de réduction de 80 % des GES d’ici 2050

Le Monde, Virginie Malingre, le 20 novembre 2008

La Grande-Bretagne affiche un objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre

La Grande-Bretagne s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 80 % d’ici à 2050, comparé à 1990. La loi sur le changement climatique, qui affiche cet objectif, a été adoptée à Westminster, mardi 18 novembre au soir. Elle fait du Royaume-Uni le premier pays du monde à se doter d’un objectif contraignant dans ce domaine.

Alors que l’Union européenne peine à se mettre d’accord sur le « paquet énergie-climat », qui prévoit notamment une baisse de 20 % des émissions de CO2 d’ici à 2020, la Grande-Bretagne se montre volontariste, ne dédaignant pas, au passage, faire la leçon à l’Europe, voire au monde.

Le ministre britannique à l’énergie et au réchauffement climatique, Ed Miliband, a ainsi jugé que cette loi faisait de son pays « un leader mondial pour la politique climatique ». « C’est la première législation du genre au monde, a-t-il précisé, elle envoie un message clair avant les discussions sur le climat à l’échelon européen et mondial pour dire qu’il est possible de prendre des mesures sérieuses. » Le paquet énergie-climat que la présidence française de l’Union espère toujours voir adopter d’ici la fin de l’année subit actuellement les attaques fortes de plusieurs Etats membres, l’Italie, et la Pologne en particulier.

Initialement, Londres avait prévu une réduction de ses émissions de 60 %, mais cet automne, Gordon Brown a décidé de revoir à la hausse ses objectifs. Le Comité pour le réchauffement climatique a approuvé cette avancée, et jugé qu’une réduction de 80 % des émissions de CO2 était un objectif « difficile mais atteignable ».

Le Parlement a par ailleurs obtenu des modifications durcissant le projet initial. Ainsi, les secteurs du transport aérien et maritime, qui en étaient exclus à l’origine, sont-ils concernés par la nouvelle législation. La contrainte sera d’autant plus forte que le gouvernement s’est engagé à limiter les achats de crédits d’émission de CO2 à l’étranger qui permettent de se rapprocher de l’objectif sans fournir d’effort particulier.

MOYENS NON DÉFINIS

Pour autant, nombre d’observateurs se demandent comment M. Brown compte s’y prendre pour concrétiser ses desiderata. Car si les objectifs sont fixés, les moyens ne sont pas définis. Lire la suite

Janco : l’énergie solaire un truc complètement anecdotique…

20Minutes.fr, Catherine Fournier, le 18 novembre 2008

Energie solaire : « Un truc complètement anecdotique par rapport à nos besoins énergétiques»

Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil spécialiste des questions d’énergie et d’environnement, réagit au plan de Jean-Louis Borloo pour développer l’énergie solaire, annoncé lundi.

Le ministre de l’Ecologie veut créer une centrale photovoltaïque par région d’ici à 2011. Qu’en pensez-vous ?

Qu’il est en train d’amuser la galerie. L’électricité photovoltaïque représente 1/10.000e de l’énergie consommée dans le monde actuellement. Même si on la développe de 30% par an, cela ne compensera en rien la baisse de notre approvisionnement en pétrole. Et ceci est valable pour l’ensemble des énergies renouvelables.

Que faire, alors ?

Jean-Louis Borloo aurait mieux fait de mettre en place deux mesures qui étaient prévues dans le Grenelle : mettre en place une fiscalité croissante sur l’énergie et rendre obligatoire la rénovation thermique des bâtiments, qui représentent 40% de la consommation d’énergie en France.

La taxe carbone était délicate à mettre en place en temps de crise du pouvoir d’achat…

Mais les prix de l’énergie vont de toute façon augmenter, alors, autant anticiper. La moitié de l’électricité est produite par du gaz et du charbon, dont les prix sont indexés sur le pétrole. Le premier pour des raisons contractuelles, le deuxième pour des raisons de transports. Selon plusieurs experts, la production de pétrole est à son maximum et ne va cesser de décroître. La seule façon de réduire la consommation est d’augmenter les prix.

Sinon… Lire la suite

Réduction des déchets : les 3 vérités qui dérangent

Agir pour l’Environnement, CNIID, Communiqué de presse, le 20 novembre 2008

Réduction des déchets : les 3 vérités qui dérangent

Alors que débute le 22 novembre prochain la Semaine nationale de la réduction des déchets, évènement institutionnel, Agir pour l’environnement et le CNIID (Centre national d’information indépendante sur les déchets) rendent publique une enquête menée sur les freins actuels à une véritable politique de prévention des déchets ménagers en France. Ce dossier met en évidence les mécanismes de défense des intérêts des industriels et l’absence de volonté politique forte de l’Etat.

En effet, si à première vue la réduction des déchets fait cas de grands discours consensuels, dans les faits elle dérange des intérêts privés et ne s’applique pas facilement sur le terrain. L’enquête analyse ainsi les trois points de blocages suivants :

1. L’immobilisme des industriels sur la réduction de leurs emballages

2. Le lobbying fait par certains industriels sur les pouvoirs publics

3. Une volonté politique déjà insuffisante dépassée par des priorités économiques

L’enquête menée par Agir pour l’environnement et le CNIID vise à dénoncer ces blocages et à formuler des demandes précises au Ministre en charge de l’environnement pour que la réduction des déchets ne se limite pas à une semaine par an. Clara Osadtchy d’Agir pour l’environnement rappelle que « 99% des ressources prélevées dans la nature deviennent des déchets en moins de 42 jours. »  « Nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin d’un changement de paradigme : ne pas produire toujours plus de déchets sous prétexte qu’ils sont recyclés, mais en produire moins et gérer autrement les déchets existants par exemple grâce au réemploi », Lire la suite

Essone : Le futur pôle écolo va créer 2 500 emplois

Le Parisien, Florian Loisy, le 20 novembre 2008

Le futur supermarché écolo va créer 2 500 emplois

Le projet a été présenté hier soir aux élus de l’agglomération. Il s’agit d’un pôle commercial entièrement dédié à l’environnement au sud de la Croix-Blanche

UN GIGANTESQUE supermarché de l’écologie. Hier soir, les élus de l’agglomération du Val d’Orge* ont assisté à la présentation du projet Val Vert, qui se situera au sud de la zone de la Croix-Blanche, essentiellement sur la commune du Plessis-Pâté. Plus de 2 500 emplois devraient être créés sur les 60 ha prévus pour la réalisation de ce pôle commercial dédié à l’environnement.

 « On est l’une des agglomérations les plus pauvres de France, avance Olivier Leonhardt, le président (PS) de l’agglomération du Val d’Orge. On veut combler notre retard en termes d’emplois par habitant. Et on espère que ce projet et cette spécificité nous rendront attractifs. »

« Des personnes pour renseigner, des magasins pour acheter et quelqu’un pour installer »

Au programme de ce pôle novateur, un espace dédié à l’agriculture biologique, produite (sur 3 ha à 5 ha) et vendue sur place, un centre commercial, un centre de formation et un centre artisanal.

« En clair, si on souhaite équiper sa maison d’une toiture solaire par exemple, on aura ici des personnes pour nous renseigner, des magasins pour acheter ce dont on a besoin et on pourra aussi dénicher quelqu’un capable de tout nous installer », détaille Olivier Léonhardt, par ailleurs maire de Sainte-Geneviève-des-Bois.

Les particuliers disposeront donc de tout le nécessaire du parfait écocitoyen sur un même site. Les entreprises pourront elles aussi y trouver leur compte grâce au centre de formation. Et, à proximité immédiate de ce projet commercial situé en bordure de la Francilienne, la commune du Plessis-Pâté va lancer de son côté un écoquartier Lire la suite

Ressources naturelles, la 3ème guerre mondiale commence

mediacongo, le 19 novembre 2008, Faustin Kuediasala, envoyé spécial en France

Kinshasa (Le Potentiel, via mediacongo.net)

Course aux ressources naturelles: la troisième guerre mondiale a déjà commencé : la RDC en fait déjà les frais

Le contrôle des ressources naturelles sera, en ce 21ème siècle, au centre de nombreux conflits armés. On est encore loin d’un tableau attestant d’une guerre mondiale. Mais, les ingrédients pour y arriver sont bien là.

A l’Est de la RDC où se livre depuis une dizaine d’années une grande razzia pour le contrôle des ressources naturelles en témoigne, avec l’entrée en scène de certains pays de la sous-région. Pas si loin donc pour se muer en un conflit continental, puis, qui sait… international. Le décor est bien planté, avec pour toile de fond, l’accès aux ressources naturelles de l’Est. La troisième Guerre mondiale ne sera pas forcément armée, mais plutôt économique. Des analystes du site spécialisé « L’Edito des matières premières » ont tenté d’aborder le sujet. La situation est simple : après quatre millions d’années d’évolution, après des millénaires de civilisation – l’humanité du 21ème siècle se retrouve à lutter pour sa survie. Les ressources planétaires font l’enjeu d’un combat sans merci entre les pays du monde. Et depuis quelques années, peu à peu, les foyers de conflits se multiplient :

C’est le cas au début de l’année de 2005, lorsque la Russie de Poutine a tapé du point sur la table en coupant brutalement les « vivres gazières » de l’Ukraine. La raison de cette démonstration de force ? L’Ukraine refusait de payer son gaz au prix du marché, 402,6 Usd, à l’époque – soit quatre fois plus que le prix négocié avec la Russie jusqu’en 2008 de 50 Usd les 1.000 mètres cubes. Gazprom, principale société russe, accusait de son côté l’Ukraine de détourner le gaz pour le revendre – en faisant des profits substantiels – à l’Union européenne. Si les cours du gaz n’avaient pas subi une envolée fulgurante ces dernières années… une telle crise ne se serait sans doute pas produite.

Et que dire du Venezuela ? Lire la suite

Bx le samedi 22 novembre : Congrès écocitoyen pour un DD

Congrès écocitoyen pour un DD, ville de Bordeaux

Au fil des heures sur scène

Le samedi 22 novembre 2008 au Hangar 14

Ecouter, débattre, intervenir, réagir…

Entrée libre dans le cadre du Congrès éco-citoyen

10h : Mot d’accueil d’Alain Juppé

10h15 – 10h30 : Lancement de l’opération Collecte de cartouches et de téléphones de Pharmaciens sans Frontières

11h – 11h25 : Bilan de la concertation

11h30 – 13h : Consommer autrement : les enjeux de l’économie solidaire – Débat

Produire et consommer autrement, solidarité, intégration, emplois…

14h – 15h : Bordeaux pour la planète : agir ensemble dès aujourd’hui – Débat

Comment réduire nos consommations d’énergie, favoriser des modes d’habitation et de déplacements moins polluants, préserver nos ressources en eau…

15h -15h45 : Comédiens de la compagnie Bougrelas – Improvisation

16h – 17h : Les emplois de l’économie verte : les atouts de Bordeaux – Débat

Le développement durable pour de nouveaux gisements d’emplois et d’innovation, de compétences et de besoins de formation…

17h15 – 19h : Les meilleures conditions d’une santé durable, avec David Servan-Schreiber – Rencontre éco-citoyenne : conférence suivie d’un débat avec le public

19h : Synthèse de la journée et annonces des actions à venir

Les espaces d’animation

Goûter, se détendre, s’informer, éduquer.

Entrée libre dans le cadre du Congrès éco-citoyen

Ça roule pour l’éco-mobilité

Passer son diplôme du cycliste citoyen 

Découvrir les véhicules propres des Espaces verts de Bordeaux 

Repérer les bons plans du roller en ville 

Envisager l’auto-partage 

Mieux partager l’espace public avec Le code de la Rue 

Tester des vélos et scooters électriques 

Imaginer un pédibus

Avec la Maison du vélo, les associations Roller Air, Droit du piéton, Vélo cité, Autocomm

Bien manger c’est bon pour la santé

Dégustations  Lire la suite

23 nov à Bègles, picnic pour une taxe carbone

TACA (Agir pour réduire tes émissions de CO2 et Demander une TAxe CArbone avec redistribution)

Une invitation à agir contre le réchauffement climatique

Dès maintenant, retenez la date Dimanche 23 novembre de 12h00 à 15h00

Où ? Stade Musard (rue Delphin Loche) à Bègles

Quoi ? Un picnic TACA, sans carbone 

Qui ? Tout citoyen avec sa famille et ses amis

Pourquoi ? Agir contre le réchauffement climatique  

Comment ? En venant à pied, à vélo, à roller, à trottinette, à cheval, en transport en commun… avec votre picnic.

En créant l’association TACA http://taca.asso-web.com/index.php des citoyens ont décidé de se mobiliser :

en remettant en cause leur dépendance à la voiture, et plus largement en analysant toutes les sources de production de carbone qu’ils sont capables de réduire par eux-mêmes.

– en demandant aux gouvernants de réfléchir à la mise en place d’une TAxe CArbone progressive et à sa redistribution pour aider à faire évoluer plus rapidement les comportements et modes de vie de chacun.

La fête du dimanche 23 novembre nous permettra d’échanger librement nos idées et de compléter nos informations sur les questions d’environnement, de transport, d’énergie, de consommation, d’isolation des logements…

Nous devons être le plus nombreux possible pour ce premier picnic sans carbone pour montrer à nos élus notre désir d’agir TOUT DE SUITE contre le réchauffement climatique. A l’occasion de ce rassemblement, et avec la participation effective des associations Vélocité, Velocital (et d’autres à venir), nous voulons réunir au moins 350 vélos (et beaucoup plus de personnes) pour une photo évènement de soutien à l’association mondiale 350.org (voir le site web pour plus d’informations).

Merci de vous signaler sur le site web de TACA ou nous écrire à Lire la suite

Grenelle : presentation du plan energies renouvelables

Novethic, Rouba Naaman, le 17 novembre 2008

Grenelle : presentation du plan energies renouvelables

Le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo a présenté lundi 17 novembre son plan de développement des énergies renouvelables. Parmi les 50 mesures, un fonds d’un milliard d’euros sera destiné au développement du chauffage écologique.

Le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire (MEEDDAT) a présenté lundi un plan pour le développement des énergies renouvelables. Cette série de mesure est directement tirée des conclusions du Grenelle de l’environnement ; elle doit permettre d’atteindre l’objectif de réduction de 20 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) d’ici 2020, ainsi que l’objectif européen de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie totale. « Nous avions historiquement une avance dans plusieurs domaines du secteur ; nous l’avons perdue. Ce plan doit nous permettre de la retrouver », a expliqué Jean-Louis Borloo.

Le ministre Jean-Louis Borloo a surtout annoncé la mise en place, dès 2009, d’un « fonds chaleur renouvelable » pour encourager le développement des modes de chauffage alternatifs. Ce fonds, confié à l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME), sera doté d’un milliard d’euros pour les trois premières années, puis d’environ 800 millions d’euros tous les ans. Le Comité de liaison énergies renouvelables (CLER), qui revendiquait un tel fonds depuis longtemps, s’inquiète aujourd’hui de son financement. Les sommes proviennent d’une redistribution du budget du MEEDDAT, adopté à l’unanimité le 6 novembre, qui allouera en 2009 moins d’argent aux missions territoires. Seul 30% de ce milliard proviendra de subventions ; les deux tiers restants viennent des caisses privées, de celles des collectivités locales, ou de celles de l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (AFITF) et de l’ADEME.

Biomasse et géothermie à l’honneur

Parmi les 50 mesures proposées du plan pour les énergies renouvelables, une belle part est consacrée à l’énergie tirée de la biomasse. Un tiers de l’augmentation de la production d’énergie renouvelable prévu pour 2020 proviendra du développement de cette filière. Deux appels d’offres pour la construction de centrales thermiques alimentées par la biomasse ont déjà été lancés, et un troisième doit suivre « dans les prochaines semaines ». « Ces appels d’offres mettent les décisions entre les mains des grandes entreprises, et laissent les PME à la marge » regrette Marc Jedliczka, vice-président du CLER. Les 22 centrales en projet de construction bénéficieront du rachat de leur électricité à un tarif préférentiel. L’aide aux particuliers pour l’installation de chaudières individuelles au bois sera maintenu « à un haut niveau », précise le ministère.

Idem pour les pompes à chaleur Lire la suite

Nicolas Hulot : L’Humanité a rendez-vous avec elle même !

Marianne n°604, Nicolas Hulot, 15 novembre 2008

G 20 : Solidarité ou Chaos ?

L’Humanité a rendez-vous avec elle même !

Sans forcer le trait nous rentrons collectivement dans une phase décisive, un carrefour sublime où se joue l’avenir. Nous voici au Cap Horn de la civilisation : sombrer ou découvrir de nouveaux horizons chargés de promesses merveilleuses.

Crises financière, économique, énergétique, alimentaire, climatique, écologique : chacun aura compris qu’elles se croisent, se combinent, s’alimentent et dévoilent au bout du compte une crise systémique. Ce confluent de difficultés sans équivalent d’échelle met l’humanité au pied du mur, et appelle une réponse systémique. La voix est étroite et le temps presse. Choisir ou subir. Envisager une seconde de laisser le temps nous dicter la mutation, c’est rentrer dans une navigation par temps de brouillard avec un bandeau sur les yeux. Le dénouement sera sans appel, et forcément tragique. Nous devons profiter de l’opportunité paradoxale et inédite que nous offre cette communauté de destin pour rebattre ensemble les cartes, et revoir l’ambition du projet humain. C’est l’ultime occasion de redonner du sens au progrès.

Vers plus d’équité et de partage

Seule fait encore défaut une volonté partagée et coordonnée. L’argent est là visiblement, puisque mobilisable du jour au lendemain par milliards d’euros pour sauver le système économique, ou être dépensé, entre autres, d’année après année à fonds perdus sur des fronts discutables sans réelle utilité sociale, ou encore dans des budgets militaires monstrueux (près de 3 milliards de dollars par jour au niveau mondial). Il est là, mais mal orienté, mal partagé et trop concentré (94% du revenu mondial revient à moins de 40% de la population, 400 familles ont un revenu équivalent à celui de 3 milliards d’habitants, et les 3 premières fortunes du monde totalisent des avoirs supérieurs aux PIB des 58 pays les plus pauvres).

Le G20 de Washington et les autres sommets qui vont nécessairement s’enchaîner jusqu’à Copenhague fin 2009, sont peut-être l’ultime occasion d’envisager ensemble un autre monde. Un monde où l’on ne se résigne plus à ce qu’un milliard de personnes vivent avec moins de un dollar par jour, et la moitié de l’humanité avec moins de 2 dollars. Un monde où l’on ne s’accommode plus de deux millions de personnes qui meurent chaque année de maladies, pour lesquelles ils existent des traitements et des médicaments ailleurs. Un monde qui ferme les yeux sur un apartheid planétaire, qui ne dit pas son nom et qui cautionne et valide un sous-développement durable. Une situation intenable sur une planète connectée où tout se voit, où tout se sait, et qui ajoute comme le fait remarquer justement le philosophe Patrick Viveret, « à l’injustice un élément explosif : l’humiliation ».

Obligation nous est faite de tisser la trame d’un monde nouveau, où une fois pour toutes l’on replace l’économie et la finance au service de l’homme. Lire la suite

La bataille se mène aussi dans l’assiette

Les DNA, Manuel Plantin, le 7 novembre 2008

La bataille se mène aussi dans l’assiette

Le grand public a intégré qu’il pouvait agir pour l’environnement en matière de transport et de chauffage. Mais le quidam sait moins que nos choix en matière d’alimentation pèsent parfois lourd en termes de pollution. Reportage hier à la 2e édition des Rendez-vous citoyens du climat.

Au milieu des stands vantant les mérites de couches lavables, de matériaux d’isolation naturels, de vélos utilitaires dernier cri ou de l’autopartage, quelques stands sont dédiés à la nourriture, ce dimanche, à la halle de Neudorf. Une présence discrète qui n’a rien d’incongru.

« Pour le grand public, agir pour l’environnement, c’est moins prendre la voiture, faire attention à la façon dont on se chauffe et recycler. Peu de gens savent que la nourriture représente en moyenne 33 % de leurs émissions de gaz à effet de serre [leur empreinte carbone, ndlr] », pointe ainsi Benoît Collet, vice-président d’Objectif Climat, l’association organisatrice de cette 2e édition des Rendez-vous citoyens du climat. « En mangeant moins de viande au profit de produits locaux, de saison et bio, une famille peut réduire de 20 % son empreinte carbone annuelle », complète la secrétaire de l’association Anne-Lise Collet.

Mieux que Bocuse ?

Dans cet esprit, les organisateurs ont d’ailleurs proposé deux « repas climatiques » Lire la suite

Obama : moins de 100 mois pour sauver la planète

Source et date ?

Obama promet le retour des Etats-Unis dans la lutte contre les changements climatiques

« A dire vrai, je ne pense pas que le changement climatique ne soit qu’un sujet qu’il convient de soulever opportunément pendant une campagne. Je crois que c’est l’un des plus grands défis moraux de notre génération ». Barack Obama

La victoire de Barack Obama est une bonne nouvelle pour le climat. Pas seulement parce qu’elle met fin à huit années d’obscurantisme de l’administration Bush, huit années d’une diplomatie climatique visant d’abord à lutter contre tout accord international contraignant. Pas seulement non plus parce qu’elle permet d’éviter une administration Mc Cain, qui certes proposait une réduction de 60% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 mais fondait sa politique énergétique sur des énergies incompatibles avec un tel objectif : un développement sans précédent des forages pétroliers off shore et la construction de 45 centrales nucléaires pour un coût minimum de 315 milliards de dollars.

Le programme climatique et énergétique du candidat Obama est ambitieux. Il comprend d’abord un retour des Etats-Unis dans la négociation onusienne sur un accord international contraignant, avec un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre compatible avec les recommandations de la communauté scientifique réunie au sein du GIEC, à savoir 80% d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990. Le programme d’Obama met également la priorité sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, avec un investissement de 150 milliards de dollars sur 10 ans sur les énergies propres et la création de 5 millions de nouveaux emplois verts dans ces secteurs.

Enfin, la possibilité qu’Al Gore devienne l’ambassadeur des Etats-Unis sur le climat ouvre de belles perspectives. Ses convictions et son ambition dans ce domaine sont incontestables et incontestées. C’est aussi Al Gore qui, en tant que vice-président des Etats-Unis, contribua à ce que l’énergie nucléaire soit rejetée comme solution à la crise climatique dans le protocole de Kyoto. C’est une qualité au moment où la France tente de nouveau d’imposer le nucléaire dans les mécanismes de Kyoto. Conséquence non négligeable : au sein du G8, le club du nucléaire partout, pour tous et n’importe comment (Bush-Sarkozy-Poutine-Berlusconi) perd l’un de ses membres les plus actifs.

Toutefois, le plan climat-énergie du candidat Obama comprend aussi de sérieuses zones d’ombre : l’absence d’objectif de réduction des émissions de GES à l’horizon 2020 (essentiel dans la négociation d’un accord Kyoto II) ; l’absence de référence explicite au protocole de Kyoto ; et un soutien maintenu à la production d’agro-carburants à base d’éthanol (y compris de maïs) dont son Etat d’origine, l’Illinois, est fortement producteur. Il reste néanmoins prometteur, dans un contexte financier certes difficile, mais dans un environnement politique et institutionnel favorable : le sénat et la chambre des représentants sont démocrates (mais un accord congrès Obama est indispensable), la cour suprême promeut une politique climatique ambitieuse, les accords climatiques entre états fédérés se multiplient, l’opinion publique est maintenant consciente des enjeux.

Ce plan est d’autant opportun que la communauté internationale dispose de moins de 100 mois pour inverser la courbe mondiale des émissions de gaz à effet de serre et ainsi éviter un emballement climatique catastrophique. Lire la suite

Une université populaire de l’environnement en Aquitaine

 

aqui.fr, Nicolas César, 17 novembre 2008

Une université populaire de l’environnement en Aquitaine

Le grenelle de l’environnement a donné des idées. En Aquitaine, 17 associations membres de la maison de la nature et de l’environnement viennent de lancer ensemble une université populaire de l’environnement. L’idée est de diffuser les connaissances sur le sujet pour inviter chacun à mieux partager les richesses et préserver notre planète, qui n’a de cesse de se réchauffer, comme le montre l’inquiétante fonte des glaciers.

« Depuis 2000, les émissions de dioxyde de carbone ont crû en moyenne de 3,5 % par an, soit quatre fois plus vite qu’entre 1990 et 2000, où cette augmentation annuelle n’avait été que de 0,9 %. A titre de comparaison, le pire scénario du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, ndlr) prévoit seulement une augmentation de 2,7 % par an. Nous faisons exploser le plafond de ce scénario de 30 % », s’inquiète Pascal Bourgois, administrateur à la maison de la nature et de l’environnement d’Aquitaine. « Nous sommes sur des schémas d’augmentation moyenne de température de 5 à 7° à la fin du siècle. La plus grave crise d’extinction des espèces depuis la disparition des dinosaures est en marche », poursuit-il. Partant de ce constat alarmiste, les 17 associations environnementales d’Aquitaine, membres de la Maison de la nature et de l’environnement (MNE) de Bordeaux ont donc décidé de lancer ensemble une Université populaire de l’environnement dans la région. « Le grenelle de l’environnement a permis aux gens de prendre conscience de nos problèmes environnementaux, désormais il faut agir », ajoute-t-il. L’idée est donc de sensibiliser, d’informer le grand public, afin que « chacun prenne la mesure de cette crise écologique et adopte un mode de vie plus « responsable ». Selon le GIEC, nous devons diviser par deux notre consommation énergétique d’ici 2050 », rappelle Pascal Bourgois. Pour autant, il ne s’agit pas de culpabiliser les gens, mais simplement de nouer « des solidarités », de susciter la création « d’éco-quartiers » et de mieux connaître leurs attentes en matière d’environnement.

« Un monde à réinventer »

 

A cet effet, une première série de trois cours gratuits va être proposée de 18h30 à 20h00 à Sciences Po Bordeaux. Le premier, donné par Julien Milanesi, économiste, chercheur associé à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, aura lieu aujourd’hui sur le thème de « La nature mise à prix – La fausse bonne idée de l’évaluation monétaire de l’environnement ». Les prochains cours, programmés au lundi 1er décembre et au mardi 16 décembre porteront sur « la place nouvelle accordée à la nature dans la ville » ainsi que « la naissance de la question environnementale » Lire la suite

Changement climatique : la deuxième guerre froide

Libération, Slavoj Zizek, le 13 novembre 2008

La deuxième guerre froide

De plus en plus de voix s’élèvent pour nous inciter à garder notre sang-froid face au réchauffement climatique. Les prédictions pessimistes, nous dit-on, doivent être situées dans leur contexte et nuancées. Certes, le réchauffement climatique va accentuer les conflits pour la conquête des ressources naturelles, provoquer des crues côtières, des destructions infrastructurelles liées à la fonte du permafrost, tout cela accompagné de violences ethniques, de troubles sociaux et du règne de gangs locaux. Mais nous devrions garder à l’esprit que les trésors cachés d’un nouveau continent seront dévoilés, ses ressources nous deviendront accessibles, sa terre habitable. Les cargos auront la possibilité d’emprunter directement la route du nord et réduiront d’autant leur consommation de fuel et leurs émissions de carbone… Le milieu des affaires et les puissances publiques cherchent déjà de nouveaux débouchés économiques qui ne relèvent pas seulement de l’«industrie verte» mais plus simplement de l’exploitation de la nature permise par un tel changement climatique.

Le 2 août 2007, une équipe russe a planté une capsule de titane renfermant un drapeau russe sous la calotte glaciaire, directement à la verticale du pôle Nord. Le but avoué était de se réserver les énormes réserves énergétiques de l’Arctique. Les revendications russes sont, on s’en doute, contestées par quatre autres pays qui ont des frontières territoriales avec la région arctique : les Etats-Unis, le Canada, la Norvège et le Danemark (grâce à sa souveraineté sur le Groënland).

Un changement social et psychologique extraordinaire est en marche, sous nos yeux, analogue à celui décrit il y a un siècle par le philosophe Henri Bergson à propos de la déclaration de la Première Guerre mondiale. Chacun savait bien, avant le mois d’août 1914, que la guerre était inévitable : les signes avant-coureurs ne manquaient pas depuis des décennies. Pourtant personne ne pouvait vraiment croire que cela arriverait. Du jour au lendemain toutefois, chacun en Europe l’a acceptée comme quelque chose attendu depuis longtemps, sans faire d’histoires… Une fois que la catastrophe a lieu, elle est «renormalisée» c’est-à-dire perçue comme un événement relevant du cours normal des choses. Un événement n’est perçu comme possible qu’une fois arrivé réellement. L’écart rendant un tel paradoxe possible est précisément celui qui sépare le savoir de la croyance : bien que nous sachions la catastrophe (écologique en l’occurrence) possible, probable même, on n’y croit pas tant qu’elle n’est pas arrivée.

Ce même passage direct de l’impossibilité à la normalisation est à l’œuvre dans la manière dont les puissances publiques et le grand capital s’accommodent aujourd’hui des menaces écologiques en général et de la fonte des glaces polaires en particulier. Les mêmes politiciens et les mêmes managers, qui assimilaient les menaces du réchauffement à un catastrophisme apocalyptique d’inspiration ex-communiste, considèrent tout d’un coup le réchauffement climatique comme un fait et l’intègrent comme un élément parmi d’autres du «cours naturel des événements»… En juillet, CNN diffusait un reportage sur le «Groënland vert» en faisant l’éloge des débouchés nouveaux que la fonte des glaces ouvrait à ses habitants. L’obscénité de ce reportage ne tenait pas seulement au fait qu’il soit consacré aux bénéfices mineurs induits par une catastrophe mondiale majeure. Pour ajouter l’insulte à la blessure, il jouait sur le double sens du mot «vert» qui désigne à la fois la végétation et le souci écologique, de sorte que la nouvelle fertilité du sol groenlandais due au réchauffement climatique est associée à l’essor de la conscience écologique. Lire la suite

Planète éolienne : Le vent comme solution à la crise ?

Libé Toulouse, Benoît Praderie, Porte-parole de l’Association Planète éolienne, le 11 novembre 2008

Le vent comme solution à la crise, selon Planète éolienne

Lettre ouverte de l’association Planète éolienne au président Sarkozy qui, dit-elle, prône bien une «relance verte», mais «sans trop d’éoliennes» quand même  :

TRIBUNE. «La crise est là. Au chevet de la finance inter- nationale, nos Etats peinent à imaginer une relance. Il est pourtant un secteur sur lequel une ré- volution est encore à construire en France. C’est celui des énergies renouvelables.

L’énergie éolienne est la plus mature d’entre elles. Elle croît de 30% par an depuis plus de 10 ans et pourrait fournir le tiers de l’électricité mondiale en 2050.

La loi Grenelle1 semble finalement bien fade sur ces questions-là. Notre pays persiste à s’éloigner des objectifs de Kyoto qui fixent à 23% la part d’électricité renouvelable en 2020 : ce taux était de 18% en 1990, il n’est plus que de10,3% aujourd’hui.

Sachant que le potentiel hydroélectrique est quasiment saturé, seule l’énergie éolienne est à même de fournir les puissances nécessaires pour atteindre l’objectif.

Nos voisins européens annoncent pour 2020 des objectifs plus ambitieux encore. Le nouveau président des Etats-Unis prévoit, lui, d’investir d’ici là, 150 milliards de dollars (115 milliards d’euros) dans les énergies éolienne et solaire. Et nous ?

Nous pourrions redonner de la consistance au Grenelle de l’Environnement tout en posant les éléments d’un véritable axe de relance économique. Ainsi, 23% d’électricité renouvelable en 2020 représenterait 250.000 emplois contre 5.000 aujourd’hui. Des emplois dispersés sur tout le territoire, insensibles au Cac 40 ou au risque de délocalisation. Cela représenterait aussi 50 milliards d’euros d’investissement générant une rentabilité de l’ordre de 8-10% par an.

En attendant, est-il normal pour un particulier qui souhaite installer des panneaux solaires d’avoir à souffrir d’une kyrielle d’obscures démarches administratives ? Est-il normal pour une collectivité qui souhaite exploiter le potentiel éolien de son territoire de devoir attendre de 5 à 7 ans et parfois plus, pour en voir les premières retombées ? Est-il normal que  les banques aient augmenté fortement leur marge pour financer de tels projets pourtant garantis par l’Etat ? Est-il normal de voir des groupuscules grincheux refuser des éoliennes dans leurs paysages alors que «la planète brûle» ?. Lire la suite

Le nucléaire : la solution ou le problème ?

Cdurable.infoDavid Naulin, le 15 novembre 2008 

De la Troisième révolution énergétique d’Anne Lauvergeon à Inéluctable de Claude-Marie Vadrot

Energie nucléaire : quelle révolution énergétique voulons-nous ?

Les livres des pro et anti nucléaires qui font et alimentent le débat

Ces dernières semaines, les pros et anti nucléaires s’affrontent par parution interposée d’ouvrages. Dans ce combat fait d’arguments, c’est bien l’opinion publique qui est en jeu. Et une question à laquelle nous devons répondre : quelle énergie voulons-nous pour demain ?

Pour peser dans le débat public, l’industrie nucléaire a déployé les grands moyens. Qui mieux qu’Anne Lauvergeon pouvait occuper la scène publique ? Égérie médiatique, la sortie de son livre, la Troisième révolution énergétique chez Plon, a été traité comme un événement. Invitée du grand journal sur Canal +, du 7/10 de France Inter, la PDG d’Areva a fait la tournée des médias pour parler de son livre. Avec talent, d’ailleurs. En ces temps de réchauffement climatique et de crise pétrolière, on peut désormais présenter le nucléaire comme le moyen d’assurer notre indépendance énergétique à moindre coût, tout en limitant l’impact sur l’environnement. Curieusement, la question des risques ainsi que celle du retraitement des déchets ont presque complètement disparu du débat public. Comme s’il était devenu admis par tous que, pour répondre aux besoins, il n’y avait pas d’autre solution que de développer le parc nucléaire. Comme vous le lirez ci-dessous, d’autres auteurs s’engouffrent dans ce chemin. La France en profite pour exporter son savoir-faire partout dans le monde (Chine, Inde…), négociant en échange d’importants contrats pour ses entreprises nationales [1]. Et en ces temps de crise…

Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire profite de la partie dédiée aux questions des auditeurs pour interpeler la rédaction d’Inter sur les invitations régulières dont bénéficiait Anne Lauvergeon. Bon pro, Nicolas Demorand lui laisse un peu de temps pour appeler à un véritable débat public contradictoire entre les pro et anti nucléaires.

A l’attention des anti, des pro et autres perplexes, nous présentons ces livres qui font débat. D’Anne Lauvergeon à Vincent Crousier qui défendent l’industrie nucléaire à Claude-Marie Vadrot qui signe Inéluctable, le roman d’un accident nucléaire en France… qui va vous convaincre et qui va donc gagner le combat des idées ?

La troisième révolution énergétique

Présentation de l’éditeur : En 2050, la Terre comptera 2 à 3 milliards d’habitants de plus qu’aujourd’hui. Face à cette croissance démographique, les besoins en eau, en nourriture et en énergie pourront-ils être satisfaits ? Avec un baril de pétrole autour de 100 dollars, tiraillé par de vives tensions internationales, ému par le spectacle des catastrophes climatiques à répétition, le monde prend peu à peu conscience de l’acuité des enjeux énergétiques. Lire la suite

Amis de la terre : Votez pour les Prix Pinocchio du DD 2008 !

Cdurable.info, le 12 novembre 2008.

Votez pour les Prix Pinocchio du développement durable 2008 !

Afin de mobiliser les citoyens sur la responsabilité des entreprises, les Amis de la Terre organisent les « Prix Pinocchio du développement durable » pour élire parmi des entreprises françaises, les Pinocchios 2008. Le vote sera ouvert en ligne sur www.prix-pinocchio.org le site dédié qui présente les nominés dans trois catégories : « environnement », « droits humains » et « greenwashing ». La remise des prix, ouverte au public, sera organisée le 16 décembre à Paris.

Le concept de développement durable, comme « mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs », fait désormais partie du langage courant grâce à l’engouement nouveau pour la protection de l’environnement, la défense des droits humains et une plus grande solidarité internationale.

Mais de nombreux acteurs, dont certaines entreprises françaises figurant parfois parmi les plus puissantes au monde, l’ont malheureusement récupéré à des fins purement cosmétiques. Un discours engagé sur le développement durable est ainsi souvent utilisé pour masquer les impacts réels de leurs activités, tout en améliorant leur image auprès des clients et actionnaires.

En 2008, plus personne ou presque ne conteste l’urgence environnementale et sociale au niveau planétaire. Mais les entreprises, acteurs économiques de poids, ont fait trop peu de progrès en termes de responsabilité sociale et environnementale. Il est nécessaire de mettre fin au double-discours.

C’est pour dénoncer ces contradictions que les Amis de la Terre organisent les « Prix Pinocchio du développement durable » et appellent le public à voter largement pour élire les entreprises dont le discours est faussement « développement durable » au regard de leurs activités réelles.

Douze cas concrets, proposés par des organisations de la société civile ou des citoyens s’affrontent Lire la suite

Les viticulteurs du Cap font leur révolution verte

Les viticulteurs du Cap font leur révolution verte

Le Monde, Grégoire Allix, le 15 novembre2008

Dans le vignoble d’Avondale, à une heure des gratte-ciel du Cap, les caves blanches somnolent sous le soleil de printemps. Une patrouille de canards se dandine entre les rangs de vignes, au milieu des herbes folles et des fleurs des champs. Un groupe de babouins s’éloigne paresseusement vers des parcelles rendues à la nature.

Le domaine n’est pourtant pas à l’abandon. Avondale fait partie des 135 producteurs sud-africains engagés dans la Biodiversity and Wine Initiative (BWI), qui associe l’industrie viticole, des organisations de conservation botanique et le WWF (Fonds mondial pour la nature).

L’Afrique du Sud est le huitième producteur mondial de vin. Or 90 % de ses vignobles sont situés dans le Royaume floral du Cap, un des six grands réservoirs de biodiversité de la planète, classé au patrimoine mondial de l’humanité. Une cohabitation sensible, à l’heure où des gouvernements du monde entier missionnent un groupe d’experts au chevet de la biodiversité et cherchent à réconcilier celle-ci avec l’agriculture.

Sous le climat méditerranéen du cap Ouest prospèrent 10 000 espèces végétales – plus que dans tout l’hémisphère Nord -, dont 70 % ne se trouvent nulle part ailleurs. Mais dans les belles vallées cernées de massifs rocheux, l’expansion des vignobles et l’urbanisation n’ont épargné que 4 % de l’habitat naturel du fynbos, végétation proche du maquis et composés de bruyères, de protées, d’herbes géantes et de plantes grasses.

« Près de 80 % de ce territoire appartiennent à des propriétaires privés. Il faut donc travailler avec les viticulteurs pour s’assurer qu’ils plantent les vignes là où la biodiversité est la moins menacée, explique Inge Kotzé, la coordinatrice de la BWI. Notre but est de protéger des échantillons de tous les types de végétation et de créer des corridors qui les relient aux parcs naturels, afin de favoriser les migrations et la pollinisation. »

Les adhérents de la BWI s’engagent à conserver ou à restaurer au minimum 2 hectares de nature. Les « champions » – ils sont treize à ce jour – portent cette réserve à 10 % de leurs terres. En septembre, un seuil a été franchi : avec 110 000 hectares mis en réserve, le territoire naturel protégé dans la région viticole du Cap est désormais égal à la superficie occupée par les vignes.

La biodiversité devient le moteur d’un secteur viticole sud-africain qui amorce sa révolution verte en ordre dispersé. Avec un intérêt économique bien compris : le logo BWI se veut « un outil de marketing qui donne un avantage compétitif à l’Afrique du Sud sur le marché mondial du vin ».

Le pays est l’un des plus offensifs du secteur. Lire la suite

Réchauffement climatique : la Chine dresse un bilan mitigé

La Chine dresse un bilan mitigé de sa lutte contre le réchauffement climatique

Le Monde, Brice Pedroletti, le 18 novembre 2008

Les objectifs que s’est donnés la Chine en matière de lutte contre le réchauffement climatique se révèlent plus difficiles que prévu à réaliser : selon un bilan sur les changements climatiques publié fin octobre par l’agence de planification chinoise, la Chine pâtit de sa trop grande dépendance vis-à-vis du charbon, qui fournit les deux tiers de sa production d’électricité.

Le poids du charbon dans la « formule énergétique » chinoise, selon l’expression employée dans le document, reste d’autant plus problématique que cette forme d’énergie a un coût caché très élevé si on prend en compte son impact social et écologique.

D’après un rapport intitulé le « Vrai prix du charbon », commandé à des économistes chinois par trois organisations internationales (le Fonds mondial pour la nature, Greenpeace et Energy Foundation aux Etats-Unis), chaque tonne de charbon consommée en Chine ne coûte que 40 % du prix réel en raison surtout de l’inefficacité des réglementations existantes et des distorsions du marché.

Le rapport évalue à 7,1 % du PIB ce coût caché du charbon en Chine et encourage à mettre en place des taxes conséquentes pour diminuer son utilisation et favoriser d’autres sources d’énergie. L’agence de planification prévoit de son côté de rationaliser la production en créant des mines géantes, et d’augmenter le taux de récupération du charbon, inférieur de moitié à celui des Etats-Unis.

EN TÊTE DES POLLUEURS

Xie Zhenhua, le vice-ministre de la planification, a pour la première fois reconnu officiellement que les émissions de gaz à effet de serre chinois étaient comparables à celles de l’Amérique. « Selon les informations dont nous disposons, nos émissions totales sont à peu près équivalentes à celles des Etats-Unis », a-t-il déclaré, confirmant implicitement les études, comme celles du laboratoire National d’Oak Ridge, qui placent la Chine en tête des pollueurs mondiaux.

En 2005, la Chine s’était donnée pour objectifs de réduire la quantité d’énergie qu’elle consomme de 20 % par unité de PIB en cinq ans. Or, selon M. Xie, la réduction obtenue était de 5,38 % fin 2007. De même, la diminution de la pollution de l’air et de l’eau n’a été que de 3 et de 4 % respectivement sur la même période, en deçà du rythme nécessaire pour parvenir à une diminution de 10 % de ces deux indices de pollution d’ici à 2010.

« Le travail qu’il reste à faire pour les trois années à venir va être très difficile, Lire la suite

La descente aux enfers de General Motors

Le Figaro, Cyrille Pluyette, le 13 novembre 2008

La descente aux enfers du premier constructeur américain

La crise financière a précipité la chute de General Motors. Mais le géant est malade, socialement des ouvriers payés jusqu’à 100 000 dollars par an, commercialement modèles trop gourmands en carburant, et financièrement.

 «Too big to fail ?» La question ne se pose plus aujourd’hui pour General Motors. Au rythme où fondent ses liquidités – 14 milliards de dollars évaporés en neuf mois -, le numéro un américain a annoncé qu’il se retrouvera en situation de faillite au début de l’année prochaine sans une aide supplémentaire de l’État américain (après le vote par le Congrès d’un prêt à taux préférentiel de 25 milliards de dollars pour l’automobile américaine). Un scénario catastrophe que Barack Obama, le nouveau président élu, semble à tout prix vouloir éviter. La disparition de GM, qui emploie 250 000 personnes dans le monde, entraînerait la perte d’environ 2,5 millions d’emplois. Aujourd’hui, GM, dont le titre a perdu 90% de sa valeur en un an, ne vaut plus que 1,8 milliard de dollars en Bourse (soit environ 2% de la capitalisation boursière de Toyota). Depuis 2005, le groupe a perdu plus de 70 milliards de dollars. Comment le géant de Detroit, longtemps le symbole de la puissance de l’industrie américaine, en est-il arrivé là, l’année même de son centenaire ? Explications.

• L’effondrement des ventes aux États-Unis Lire la suite

Locavore : Eating green is a lifestyle

Canoé.com, Hubert Reeves, le 16 novembre 2008

Adieu les fraises pour Noël

Locavore. Ne cherchez pas dans un vieux dictionnaire. C’est un mot nouveau trouvé sur Internet puisqu’un site lui est consacré, www.locavore.com , ou plutôt destiné aux adeptes locavores. Qui sont-ils ?

À l’origine, en 2005, ils habitaient tous à San Francisco. Depuis trois ans environ, ils ont essaimé ou suscité l’imitation : on en trouve partout dans le monde. Il y avait à coup sûr au Canada comme en France des locavores avant que le mot soit forgé. Leur trait d’union ou leur credo, une idée simple : Consommer et manger local ! Locavore est Word 2007 de l’Année de l’Oxford American Dictionary ! C’est dire combien ce mot est usité outre-Atlantique !

Qu’ils soient omnivores ou végétariens, les locavores se proclament des «aventuriers culinaires» avec des interdits vécus positivement : ne rien manger qui soit récolté à plus de «100 miles de San Francisco» pour les premiers, à plus de 160 kilomètres pour les Européens.

LE REFLET DE LA SAISON

Pour se lancer dans l’aventure, ils ont choisi de faire un premier test au mois d’août. Ce fut facile, donc le test s’est prolongé en septembre en se compliquant. Comme toute personne sage des temps passés, chacun devait prévoir des provisions pour l’hiver et toutes devaient avoir été produites dans le rayon de 100 miles de son domicile. Adieu les fraises pour Noël. Chez un «locavore», le contenu de l’assiette est donc le reflet de la saison.

En France, la Fondation Nicolas Hulot a pris ce thème et lance le défi: «Des fraises au printemps» et explique : «Nos habitudes de consommation ne sont pas sans conséquences sur l’environnement et sur notre propre santé.» Il nous appartient de choisir.

Même citadins, nous savons encore que l’année est divisée en quatre saisons. Les arbres du square ou de l’avenue nous le rappellent. Nos grands-parents variaient les menus à chacune des saisons. Avec les bateaux, les avions, et les camions, on trouve maintenant à contre-saison ce qui n’est pas disponible dans les champs autour de notre ville. Pour disposer de pareil choix, il y a aussi les cultures sous serre qui fournissent, par exemple, des tomates à longueur d’année. Ce n’est pas mieux! Donc pour corser l’aventure, les locavores ont décidé de maintenir le rayon de production, mais d’y adjoindre une complication: la production doit être issue d’une agriculture de plein air. Lire la suite

Le retour du manioc

FAO, le 13 novembre 2008

Le retour du manioc Un aliment de base en Afrique

Après des années de lourdes pertes causées par un virus ravageur, les agriculteurs peuvent enfin rentrer une bonne récolte de manioc, une des principales denrées vivrières de base dans toute la région des Grands Lacs, en Afrique. Ce résultat, indique-t-on à la FAO, est un jalon important du solide partenariat de l’Organisation avec l’Union européenne.

Avant la dernière campagne de semis, des plants de manioc exempts du virus avaient été distribués à quelque 330 000 petits exploitants des pays frappés par le virus – Burundi, Ouganda, République démocratique du Congo et Rwanda, au bénéfice d’environ 1,65 million de personnes.

« La réimplantation du manioc est d’une importance fondamentale, en particulier pour les populations vulnérables de la région qui ont été les plus affligées par la crise alimentaire mondiale cette année« , a indiqué Eric Kueneman, Chef du Service des cultures et des herbages de la FAO.

Accroître la production de cultures locales comme le manioc constitue une pierre angulaire de la réponse de la FAO à la crise actuelle qui a jeté 75 autres millions de personnes dans la pauvreté pour la seule année 2007, a-t-il ajouté.

Dans la région des Grands Lacs, toutefois, les prix élevés des aliments et des engrais ne sont qu’un volet du problème. Comme le montrent tragiquement les violences perpétrées récemment en RD du Congo, la région n’a pas retrouvé la paix.

C’est précisément dans des circonstances d’extrême instabilité que le manioc peut faire une différence cruciale. Les racines de manioc peuvent être récoltées au fur et à mesure des besoins ou laissées dans le sol si les agriculteurs sont contraints d’abandonner leurs champs. Qui plus est, ce n’est pas une proie facile car les pilleurs ont beaucoup de mal à l’extirper du sol.

Pénurie alimentaire

« Nous avons parcouru un long chemin pour que cette région retrouve son autosuffisance en manioc », Lire la suite

Crise ou pas, le yo-yo des prix alimentaires affame le Sud

Eco-life, Diana Semaska, le 3 novembre 2008

Crise ou pas, le yo-yo des prix alimentaires affame le Sud. – Le 16 octobre dernier se déroulait la Journée mondiale de l’alimentation. Une façon de rappeler qu’avant la crise des subprimes de 2008, la hausse du prix des denrées a fait passer le nombre d’affamés de 850 à 975 millions en cinq ans. Ainsi donc la faim ne justifierait pas les moyens. Près de 89% des personnes qui ont faim dans le monde se trouvent en Afrique et en Asie. Sur les 12 milliards de dollars d’aide publique au développement promis en juin par les Etats lors du Sommet de Rome de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation), seul 1 milliard a été libéré. Sans parler des investissements dans l’agriculture, qui ne manqueront pas d’être mis au fond des tiroirs. Les Etats seraient-ils sourds? On a envie de répondre que non, vu la facilité qu’ils ont à dégainer les portefeuilles quand de hauts cris résonnent sur les places boursières.

Il est vrai qu' »au Pakistan par exemple, cette crise financière posera des problèmes de solvabilité des dettes. Les filières d’agrobusiness comme le café et le coton seront également touchées. Les coûts d’exportation seront plus onéreux, tout comme les coûts de crédits », explique Frédéric Lançon, économiste spécialiste de la question alimentaire au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Selon le chercheur, la crise financière n’aura pas d’impact sur la demande alimentaire dans les pays du Sud. Rien d’étonnant, puisque 80% du budget du peuple passe dans leur nourriture. Pas d’inquiétude en revanche à avoir pour les Occidentaux. « Nous sommes dans une spirale de baisse des prix rapides des aliments« , assure Frédéric Lançon. « De 350 dollars la tonne en septembre 2007, le riz est passé à 1 000 dollars en mai 2008, pour rechuter à environ 400 actuellement », renchérit-il. Selon la FAO, la production mondiale de blé devrait par ailleurs augmenter de 2,8% grâce à l’extension des cultures. L’incertitude demeure.

– « Il faudrait un fonds de stockage international » –

Car la spéculation sur les produits alimentaires, c’est un peu les montagnes russes des étiquettes. « Il faut que ces prix des denrées sur les marchés soient moins volatils, et retrouver une solution de stockage des denrées qui permette de stabiliser les cours », avance Sandrine Dury, chercheuse en économie au département Environnement et sociétés du Cirad et spécialiste de l’Afrique. Dans les années 70, ce rôle de régulateur était incarné par les Caisses de stabilisation. En juin dernier, la France a proposé la mise en place d’un stock régional équivalent, mais le projet est resté à l’état de bourgeon. D’autant que ces Caisses ne sont pas la panacée pour tous. « Au Mali, les Caisses fixaient des prix trop bas pour assurer la paix sociale. Les producteurs, mal payés, n’étaient pas incités à produire », Lire la suite

Obama : l’horizon des négociations sur le climat se dégage

Le monde, propos recueillis par Laurence Caramel, le 14 novembre 2008

Jared Diamond, professeur de géographie à l’université de Californie à Los Angeles

« Avec Barack Obama, l’horizon des négociations sur le climat se dégage »

Jared Diamond était de passage à Paris, mercredi 12 novembre, à l’occasion d’un colloque organisé par l’Agence française de développement (AFD) et le Réseau européen de recherche sur le développement (EUDN) sur le thème « population et ressources naturelles ». Cet Américain de 71 ans a acquis une notoriété planétaire grâce à ses travaux sur le destin des sociétés.

A la fin des années 1980, il a décidé de se consacrer, « modestement » dit-il, « à l’histoire des hommes, sur tous les continents, au cours des 13 000 dernières années ». En 1998, son essai De l’inégalité des sociétés a été couronné par le prix Pulitzer. Son dernier ouvrage, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie (Gallimard, 2005), constitue une des sommes les plus riches sur le sujet. Nos sociétés, confrontées à une crise écologique de grande ampleur, feront-elles preuve du même aveuglement que certaines civilisations disparues ? Devant cette question, Jared Diamond revendique un « optimisme prudent« .

La victoire de Barack Obama à l’élection présidentielle aux Etats-Unis modifie-t-elle votre perception de la société américaine, de sa capacité à évoluer ?

Oui. Cette victoire montre que la nécessité du changement est désormais partagée par une majorité d’Américains. Cette évolution est claire à propos du réchauffement climatique. Il y a deux ans, beaucoup doutaient encore de sa réalité. Ce n’est plus le cas. De nombreuses initiatives locales sont en cours. Une majorité d’Etats ont commencé à agir. Avec Barack Obama, l’horizon des négociations internationales (sur le climat) se dégage. C’est un politicien avisé. Il ira aussi loin que la population et le Congrès pourront le suivre. Un accord d’ici au sommet de Copenhague (sur l’après-protocole de Kyoto), en décembre 2009, me paraît moins hors de portée.

Vous jugez crucial que l’Amérique revisite ses valeurs fondatrices. Pourquoi ?

L’Amérique doit s’interroger sur « le mode de vie américain ». Plusieurs des valeurs sur lesquelles les Etats-Unis ont bâti leur suprématie ne sont plus opérationnelles au XXIe siècle. Parmi elles, il y a le consumérisme. Il n’est plus compatible avec une population de plus de 300 millions d’habitants dans un monde de ressources finies. Cela crée des tensions à l’intérieur de la société américaine et avec le reste du monde. Notre niveau de consommation par habitant est en moyenne 32 fois supérieur à celui d’un pays en développement.

Le salut de la société américaine passe-t-il donc par une remise en cause des standards de consommation ?

Le salut des Etats-Unis et celui du reste du monde, si nous voulons être en mesure de gérer la pénurie annoncée de matières premières. Au rythme actuel, nous savons que les ressources essentielles seront épuisées d’ici à trente ou quarante ans. Les Américains et les pays industrialisés doivent accepter de moins consommer. Ils doivent montrer l’exemple pour briser la course folle qui conduit le monde en développement – Chine, Inde et Brésil en tête – à vouloir rattraper les standards de vie occidentaux. L’idée que le développement serait synonyme de toujours plus de croissance, de toujours plus de consommation, est une idée suicidaire.

La crise financière nous montre qu’il est souvent trop tard quand les gouvernements passent à l’action.

Oui, c’est un danger réel. Les sociétés gaspillent du temps comme nous, individus, attendons le dernier moment pour agir. Mais je reste optimiste, Lire la suite

Denis Baupin : La ligne entre productivistes et écologistes

Médiapart, le 14 novembre 2008, Denis Baupin

La ligne de partage passe entre les productivistes et les écologistes

Faut-il refonder l’écologie politique et si, oui, sur quelles bases?

Oui. Pas en faisant table rase mais en prenant acte du fait que l’organisation actuelle des Verts n’est pas satisfaisante et qu’elle ne permet pas de répondre à l’urgence écologique. Pour cela, il nous faut inventer une organisation politique du XXIe siècle, qui fonctionne en réseau, avec les acteurs politiques, mais aussi avec le mouvement associatif, avec les intellectuels, avec les mouvements syndicaux. Il faut dépasser nos lourdeurs de fonctionnement et mieux occuper l’espace politique de l’écologie que nous avons laissé en déshérence.

Si nous avons fait 1,57% à la présidentielle, si José Bové ou Nicolas Hulot ont pu occuper le terrain de l’écologie, c’est que les Verts n’incarnaient pas l’ensemble de la légitimité écologiste. Donc pour nous, la question du dépassement des Verts est clairement posée. Et cela ne doit pas être un coup politique, sur l’élection européenne, mais une évolution durable.

Le mouvement doit-il rester ancré à gauche ou revenir sur des fondamentaux environnementalistes?

Les Verts n’ont jamais été un parti strictement environnemental. Je suis adhérent depuis 1989 — ce parti n’avait que 5 ans —, mais déjà les Verts étaient pour la régularisation des sans papiers, les 35 heures, etc. Toutes ces questions font partie du bagage de l’écologie politique. Il y a une cohérence à cela : quand on défend l’environnement, c’est qu’on a une vision exigeante de la qualité de vie des terriens, donc qu’on est humaniste. 

La question de notre rapport à la gauche se pose d’un point de vue théorique autant que pratique: nos valeurs sont évidemment plus proches de la gauche que de la droite, et donc nos alliés logiques sont du coté de la gauche. Mais nous avons une approche critique de la gauche, car la grille de lecture des autres partis est restée figée et antérieure à la prise de conscience écologique. Or prendre en compte les impératifs écologiques remet en cause une bonne partie de leur approche.

La gauche défend un développement humain plus équitable, une redistribution des richesses, mais ne la conçoit qu’en augmentant la taille du gâteau. Or, estimer que la croissance va régler tous les problèmes est une idée fausse. Le monde n’est pas infini et déjà l’empreinte écologique moyenne des humains équivaut à 1,3 planète. Cela veut dire que nous consommons plus que nous pouvons produire. Par exemple, face à la crise pétrolière, nos partenaires de gauche proposent de baisser les taxes pour permettre de continuer à surconsommer. Ce que nous apportons à la gauche, c’est une façon de penser un système de redistribution du « gâteau » existant, non seulement entre « pays riches », mais également au niveau planétaire. Lire la suite

Le « Green New Deal », la formule qui monte

Greenunivers, le jeudi 23 octobre 2008

Le « Green New Deal », la formule qui monte

L’ONU, les Verts européens, les économistes britanniques, les éditorialistes influents, influents, les ONG … Tous ne jurent plus que par cette « nouvelle donne verte »,  qui marierait économie et environnement. Une référence au vaste plan de relance gouvernemental mis en place par le président Roosevelt en 1933 pour sortir l’Amérique de la crise de 1929.

C’est d’abord l’éditorialiste et écrivain Thomas Friedman, champion des formules de choc, qui a lancé ces mots dans un édito de son journal, le New York Times, dès janvier 2007.

L’auteur de deux livres successifs qui ont fait un tabac outre-Atlantique, l’un sur la mondialisation en 2006 (The World is Flat – La Terre est plate), le tout dernier  (2008) sur la dégradation de l’état de la planète (Hot, Flat and Crowded – Chaud, plat et surpeuplé) a su résumer en trois mots le désir d’un nouveau rêve, celui d’une économie reconvertie sur des énergies propres, l’Amérique prenant la tête du mouvement.

Thomas Friedman y voit, en effet, au passage un moyen de faire retrouver à son pays un leadership économique et technologique mondial, car il a découvert avec horreur (interview ici) que la multiplication des nouvelles usines de panneaux solaires aux Etats-Unis, par exemple, se fait le plus souvent avec des financements de groupes européens (allemands notamment, comme SolarWorld qui vient d’y ouvrir une des plus grosses usines de cellules solaires au monde), plus en avance technologiquement et qui choisissent l’Amérique tout simplement pour le bas coût de la main d’oeuvre et du dollar faible (à l’époque).

Mais depuis l’expression fait florès bien au delà des Etats-Unis. Elle a en particulier été relancée par un nouveau groupe de pression britannique, le Green New Deal Group, qui réunit la députée du Green Party Caroline Lucas, des économistes et des défenseurs de l’environnement. Ils ont publié en juillet dernier un rapport intitulé Un Green New Deal: des politiques coordonnées pour résoudre la triple crise du crédit, du changement climatique et de la hausse des prix du pétrole » qui a fait beaucoup de bruit.

Nous avons seulement 100 mois pour agir afin d’empêcher les dégâts irréversibles du changement climatique “, selon Andrew Simms, directeur politique de la New Economics Foundation (NEF), un des membres fondateurs du Green New Deal Group. Une allusion aux « 100 jours » du New Deal de Roosevelt.

Le Green New Deal Group préconisait dès ce rapport de juillet une réforme du système financier fondée sur la limitation du risque, la diminution des niches fiscales et l’augmentation de la transparence des entreprises. La régulation de l’inflation et la relance du crédit permettraient des investissements environnementaaux, et à terme, une reconversion totale de la production mondiale d’énergie.

Au niveau européen, la phrase est devenue le slogan de la campagne de Daniel Cohn-Bendit, le député européen Vert, qui espère bien que son parti réunira au moins 10% des voix lors des prochaines élections européennes. Lire la suite

Consensus sur un forum mondial de la biodiversité

Le Monde, Brigitte Perucca, le 14 novembre 2008

Consensus sur un forum mondial de la biodiversité

KUALA LUMPUR ENVOYÉE SPÉCIALE

Ce n’est pas encore un acte de naissance, mais le principe est validé et même inscrit dans l’agenda international : la rencontre internationale qui s’est achevée mercredi 12 novembre à Kuala Lumpur, en Malaisie, a permis d’avancer dans le processus de création d’un groupe intergouvernemental d’experts sur la biodiversité, qui devrait porter le nom d’Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES).

La conférence, organisée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a réuni les représentants de 96 pays et de nombreux experts. La France, dont la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, est intervenue à l’ouverture des débats, voit « une petite victoire » dans le fait « que le principe soit accepté au niveau intergouvernemental et que les pays donnent mandat (aux Nations unies) pour poursuivre les discussions ».

« TEMPS DE L’ACTION »

Désireuse de montrer que l’engagement de la France dans ce processus – très fort depuis 2005 – reste intact, Valérie Pécresse a insisté sur la nécessité « de passer du temps des prises de conscience » à celui de « l’action ». La ministre s’est dite favorable à un « mécanisme qui bénéficie de toutes les garanties d’indépendance et de transparence de fonctionnement ». Elle a ainsi souhaité que le secrétariat de l’IPBES « soit placé sous les doubles auspices des Nations unies et de l’Unesco ».

Mme Pécresse a également proposé que ce secrétariat soit installé à Paris, dans les locaux du Musée de l’homme dont les travaux de restauration viennent d’être engagés et dont la réouverture est prévue en 2012.

Si une très grande majorité des 96 pays présents se sont montrés favorables à l’émergence d’un organe ayant le pouvoir d’imposer des mesures, quelques-uns et non des moindres, comme le Brésil et la Chine, ont exprimé leurs réticences. Le Brésil, notamment, a rappelé sa préférence pour la Convention pour la diversité biologique, dont les règles sont peu contraignantes. Les Etats-Unis, traditionnellement peu enclins à ce type de dispositifs, ont émis des réserves. Cependant, de l’avis des experts, la délégation américaine semblait surtout dans l’attente d’un positionnement de l’administration Obama.

L’idée d’un organisme bâti sur le modèle du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le GIEC, couronné par le prix Nobel de la paix, en 2007, près de vingt ans après sa création, et doté de la même ambition que lui, avait été prise en 2005 par Jacques Chirac. Lire la suite

Pierre Rabhi : Agissons comme le colibri

Métro France, le 5 novembre 2008

“Agissons comme le colibri”

Interview de Pierre Rabhi, pionnier de l’agriculture bio et fondateur du Mouvement pour la Terre et l’humanisme.

Depuis 1960, Pierre Rabhi est installé sur sa ferme en Ardèche. » Il vient de publier son Manifeste pour la Terre et l’humanisme, Actes Sud.

Pierre Rabhi pratique l’agriculture bio­logique depuis plus de quarante ans. Il a créé en 1985 le premier centre de formation à l’agroécologie au Burkina Faso. Aujourd’hui, plus de 90 000 paysans pratiquent cette méthode qui permet d’assurer leur indépen­dance alimentaire. Ex-candidat à l’élection présidentielle en 2005, il rebaptise aujour­d’hui son Mouvement pour la Terre et l’humanisme en Colibris.

Quels sont les objectifs de Colibris ?

La société civile est un laboratoire d’expérimentation que ce soit sur des thématiques comme l’eau, l’agriculture, l’énergie ou dans des domaines comme l’éducation. Ces initiatives sont seulement dispersées et n’apparaissent donc pas comme des politiques en acte, des forces en évolution. Le but de Colibris est de créer un carrefour qui connecte tous les réseaux afin de donner à tous, par l’information et notre site Internet, les moyens d’agir.

Pourquoi Colibris ?

Il y a une légende amérindienne qui raconte comment ce petit oiseau, qui ne pèse que quelques grammes, lors d’un feu de forêt faisait des allers-retours à la source d’eau, avec quelques gouttes  dans son bec, pour éteindre l’incendie. Tous les autres animaux de la forêt, attérés, la regardaient brûler et regardaient le colibri s’affairer. Puis le tatou lui dit : « Ce n’est pas avec ces quelques gouttes que tu vas arrêter le feu, colibri ! » Le petit oiseau lui répond : « Je le sais, mais je fais ma part ». Chacun peut faire quelque chose. Si nous sommes nombreux à le faire, ça fait beaucoup. Agissons comme le colibri.

Colibris couvre tous les domaines de l’écologie. Mais dans votre Manifeste pour la Terre et l’Humanisme vous réservez une place de choix à l’agroécologie…

L’agriculture conventionnelle produit et détruit en même temps. La liste des nuisances qu’elle entraîne est longue : pollution des eaux, dégradation des sols, destruction de la biodiversité… de plus la sécurité alimentaire de l’humanité n’est pas assurée et la situation risque de s’empirer à cause de la production d’agrocarburants, de la disparition des abeilles qui assurent 30% de notre alimentation, en plus du facteur non maîtrisable du réchauffement climatique et du risque de destruction des récoltes qu’il entraîne.

Que proposez-vous ?

L’agroécologie vise à permettre aux populations d’assurer leur autonomie et leur sécurité alimentaire, ainsi que la qualité des aliments. Il s’agit de relocaliser la production agricole ainsi que les autres secteurs de l’économie pour réduire les transports et faire en sorte qu’un maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l’économie. Lire la suite

Maïs OGM : baisse de la fertilité chez les souris

Notre planète info, Les Amis de la Terre, le 11 novembre 2008

Maïs OGM : baisse de la fertilité chez les souris

Les résultats d’une étude de nourrissage avec des produits OGM ont été présentés hier dans les locaux de l’Agence autrichienne pour la Santé et la Sécurité Alimentaire. Cette étude menée à la demande du Ministère autrichien de la Santé montre que les souris qui ont été nourries en continu pendant 20 semaines avec une variété de maïs OGM – le NK603xMON810 de Monsanto, autorisé comme aliment pour animaux et humains depuis 2007 – avaient, en comparaison avec un groupe de contrôle, un nombre significativement plus bas de portées et de petits, notamment à partir des troisième et quatrième générations.

Pour Christian Berdot qui suit la campagne OGM pour les Amis de la Terre France, il s’agit d’un avertissement sérieux : « Bien que l’Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire ait toujours certifié que le maïs MON810 ne pose aucun risque, cette étude autrichienne de nourrissage montre des effets physiologiques dus à la nourriture OGM que l’industrie a toujours niés. Les résultats démontrent des effets négatifs sur la fertilité et des modifications des organes. Cette étude est une preuve supplémentaire que la clause de sauvegarde doit être appliquée au maïs MON810. »

L’étude de nourrissage menée sous la direction du professeur de l’Université de Médecine Vétérinaire de Vienne, le Dr Jürgen Zentek montre également que les petits des souris nourries avec le maïs GM avaient un poids significativement moindre. Cette étude multi-générationnelle (les descendants femelles furent accouplés) démontre des modifications des organes après le nourrissage avec le maïs OGM.

Cette étude met d’autre part, une fois de plus en question le sérieux des avis de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA ou bien EFSA en anglais). La procédure d’autorisation actuelle avait déclaré cet OGM comme ne présentant aucun danger.

Pour Christian Berdot : « L’AESA laisse passer, sans se poser de questions, les demandes d’autorisation d’OGM. Depuis qu’elle existe, elle a systématiquement donné un avis favorable à tous les dossiers qui lui ont été présentés par les industriels. De toute évidence, l’évaluation des risques par l’AESA est basée, sur des erreurs d’appréciation. Les avis que l’AESA a prononcés, doivent être revus, les autorisations gelées et réexaminées sous ce nouvel éclairage. Quant à l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire, elle même, il est temps de refuser son parti pris pro-industrie (1) et de la réformer en profondeur.» Lire la suite

Voynet : un New Deal européen, écologique et social

Le Monde, Dominique Voynet, le 11 novembre 2008

Un New Deal européen, écologiste et social

Ceux qui font la loi sur les marchés ont échoué, par leur entêtement et leur incompétence. Ils ne connaissent que les règles d’une génération d’égoïstes. Ils n’ont pas de vision, et là où il n’y a pas de vision, le peuple périt. Dans le temple de notre civilisation, les financiers sont tombés de leur piédestal ». Nous sommes le 4 mars 1933, au plus fort d’une crise qui plonge les Etats-Unis dans la dépression : Franklin D. Roosevelt inaugure son premier mandat. Il va révolutionner l’Amérique, et changer le monde. Ces années d’après le krach verront la naissance de l’Etat-providence moderne : « Le devoir central du gouvernement, dit encore Franklin Roosevelt, est de venir en aide aux citoyens victimes d’une adversité telle qu’ils ne peuvent accéder aux simples nécessités de l’existence sans l’aide des autres. »

Face à l’adversité ? Nous y sommes. Et la crise que nous vivons aujourd’hui pourrait être plus brutale encore que la Grande Dépression des années 1930. Par ses effets sur l’économie réelle, évidemment ; par son impact bien concret pour des millions de personnes, dans notre pays et dans le monde, acculées au désespoir et à la révolte. Mais aussi – et peut-être surtout – en ce qu’il est, cette fois-ci, radicalement exclu d’attendre que tout redevienne comme avant. Cela n’arrivera pas.

La crise financière – et maintenant économique et sociale – occupe tous les écrans, mais les autres crises demeurent. Et se conjugueront durablement, car elles sont des crises structurelles. Celle de l’énergie, malgré le très provisoire recul des prix pétroliers ; celle de l’alimentation, qui s’aggrave parce que quelques riches nations, droguées à la voiture, ont décidé de brûler des céréales comme carburants ; celle du climat, dont chaque nouvelle publication scientifique nous confirme la gravité et, pire, nous indique que nous persistons à la sous-estimer. Le système financier peut bien être sauvé, la crise économique s’atténuer, toute tentative de faire comme s’il ne s’était rien passé, de relancer la même logique prédatrice, se heurtera au réel.

On peut choisir de faire l’autruche, et aller répétant que toutes nos difficultés viennent de la crise financière. On peut aussi – c’est être lucide – admettre que la crise actuelle est une convulsion, un symptôme des contradictions fondamentales du modèle de développement de ces trente dernières années.

En transformant l’économie planétaire en économie de casino, en confinant les pays du Sud au rôle d’atelier manufacturier du monde, en ruinant les agricultures paysannes, en détruisant sans vergogne la ressource écologique, en disséminant la guerre pour l’appropriation de la rente écologique, ce système a sapé jusqu’aux bases de sa propre croissance. Il a au fond commencé à détruire les compromis sociaux et les ressources écologiques sans lesquels aucune économie ne peut prétendre produire et partager durablement quelque forme de richesse que ce soit.

Rafistoler ne suffit plus, et n’a même plus de sens. Lire la suite

Mon microcrédit ne connaît pas la crise

Le Monde, Caroline Fourest, le 7 novembre 2008

Mon microcrédit ne connaît pas la crise

Il existe un monde où l’économie est au service de l’émancipation et non de l’aliénation, où le crédit coule à flots. On compte même plus de prêteurs que d’emprunteurs… Un monde où l’économie virtuelle est au service de l’économie réelle, des entrepreneurs, et où l’on ne prête qu’aux pauvres. Dans ce monde, Internet est au service de la solidarité et non de la haine ou de la rumeur. Ce n’est pas une utopie. C’est une réalité. L’économiste bangladais Muhammad Yunus, Prix Nobel, l’a rêvé parmi les premiers.

Des hommes comme Jacques Attali et Planète Finance ont beaucoup fait pour concrétiser cette idée simple mais révolutionnaire. D’anciens présidents comme Bill Clinton ne jurent plus que par lui. C’est le microcrédit. Un micro-exemple de tout ce qui peut nous inspirer en période de crise.

Cette utopie en marche, on la rencontre notamment sur http://www.kiva.org. Je m’y suis connectée il y a un an, dans l’idée de prêter 25 dollars. J’ai bien regardé la liste des demandeurs, sélectionnés et rencontrés (en vrai) par les relais de Kiva. J’ai parcouru leurs photos, pris connaissance de leur histoire et de leurs besoins avant de choisir à qui j’avais envie de prêter ma modeste somme. A peine trois minutes passées à remplir mon panier et à donner mon accord bancaire par Paypal (autant que pour commander un livre sur Amazon). Cette ligne sur mon relevé bancaire, je ne l’ai pas vue passer. Mais Maria Elena l’a vue arriver. Elle avait besoin de 575 dollars pour acheter une nouvelle machine à coudre et développer son magasin de couture à Huancayo, au Pérou. Aucun dossier à monter auprès d’une banque, ni mesure « prudentielle » ni défaut de liquidités. En quelques heures, grâce à 16 autres donateurs (Nina, Scott, Charly…), Maria Elena tenait son prêt. Son atelier s’est développé. Il fait vivre sa famille et d’autres femmes. En moins d’un an, Maria nous a remboursés. Depuis, j’ai recliqué pour reprêter cette somme au moins dix fois. Ces 25 dollars ont fait le tour du monde. Patience, une Nigériane de 53 ans, a pu acheter de nouvelles statuettes pour sa boutique d’art africain. Nisrine, une Libanaise de 31 ans, a renouvelé le stock de son magasin dans la plaine de la Bekaa. Une famille de Tanzanie a pu ouvrir une échoppe vendant des légumes et du charbon. Une autre se lance dans le recyclage au Pakistan.

Le monde de Kiva est très concret. Le site prélève un micro-pourcentage (10 %) sur votre don pour faire fonctionner sa structure, réduite au minimum. Une dizaine de personnes coordonnent le site et cherchent des demandeurs. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le plus difficile pour Kiva n’est pas de trouver des donateurs (ils affluent), mais de faire connaître cette source de liquidités potentielles à des hommes et des femmes loin de toute technologie. Lire la suite

Alain Juppé : révolutions géopolitique et écologique

«On ne sortira pas du G20 avec une réforme ficelée»

Le Figaro, Propos recueillis parJean-Baptiste Garat, Philippe Goulliaud et Judith Waintraub, le 12 novembre 2008

Alain Juppé : «L’économie de marché et la libre entreprise sont la seule façon efficace de produire des richesses, même Martine Aubry l’a reconnu !»

INTERVIEW – Alain Juppé, ancien premier ministre appelle à «réguler et humaniser» le capitalisme, plutôt qu’à le «refonder».

LE FIGARO. – Qu’attendez-vous de la réunion du G20 sur la crise financière ?

Alain JUPPÉ. – Au minimum une prise de position cohérente et convergente des vingt premières puissances économiques de la planète, une démonstration d’unité, qui peut contribuer à stabiliser les marchés. Car ces crises, la crise financière et la crise économique qui la suit, sont d’abord des crises de confiance. Y aura-t-il des décisions concrètes ? C’est moins sûr. D’abord parce que l’Administration américaine est en phase de transition, ensuite parce qu’il y aura beaucoup de travail à faire avant de dégager un consensus. On ne sortira pas de là avec une réforme ficelée du système international.

Cette crise marque-t-elle la fin du capitalisme et du libéralisme, comme certains l’annoncent ?

Ce n’est pas du tout comme cela que je l’interprète. L’économie de marché et la libre entreprise sont la seule façon efficace de produire des richesses, même Martine Aubry l’a reconnu ! Nous traversons une crise du désordre capitaliste, de l’absence des régulations sans lesquelles le capitalisme ne peut pas fonctionner. Une première étape vers la sortie de crise serait de mettre des règles là où il n’y en avait pas : encadrer les agences de notations, les paradis fiscaux non coopératifs, réviser les règles comptables, les rémunérations délirantes. Il n’y a rien qui puisse justifier que dans une même entreprise, un salarié de base gagne 1 500 euros ou moins et le patron 20 millions. Il faut remettre de l’ordre dans le désordre.

Le capitalisme a-t-il besoin d’être refondé ?

On refonde beaucoup et à tout propos. Il faut réguler et humaniser. Quand je suis revenu du Québec, je disais que j’étais devenu altermondialiste, mais à la manière de l’économiste Joseph Stiglitz, qui rêve d’un autre monde sans être pour autant anticapitaliste. Les crises ne doivent pas occulter les deux révolutions beaucoup plus profondes que nous aurons à gérer. La révolution géopolitique, qui fait que l’Occident n’est plus le centre du monde : pour preuve, c’est le G20 qui se réunit et plus le G7. Et la révolution écologique, ensuite, à laquelle j’attache toujours la même passion. Barack Obama veut faire du développement durable une arme du développement économique et le ressort de la croissance économique à venir aux États-Unis. Il ne faut pas que l’Europe soit à la traîne, parce que l’Amérique va foncer.

L’élection de Barack Obama est-elle une révolution en soi ?

C’est un moment d’histoire pour les États-Unis, qui tournent la page du racisme et des discriminations. Cela crée un choc planétaire. Lire la suite

L’après-développement ou post-développement

Après-développement

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

L’après-développement ou post-développement est un projet de nouvelle « ère » historique dans l’histoire de l’Occident qui se définirait en rupture avec le concept de développement : le paradigme économiste de la société capitaliste mondialisée et l’imaginaire qui lui est associé.

L’Occident auquel on se réfère ici est irréductible à un territoire, il n’est pas seulement une entité religieuse, éthique, raciale ou même économique. L’Occident comme unité synthétique de ces différentes manifestations est une entité culturelle, un phénomène de civilisation.

L’après-développement correspond à une théorie économique minoritaire fortement critiquée par les tenants de la théorie économique classique.

Approche historique du développement par les partisans de l’après-développement [modifier]

Selon Latouche[1], l’histoire de la domination de l’humanité par l’Occident peut être subdivisée en cinq phases successives plus ou moins bien séparées les unes des autres :

Les croisades à partir du XIe siècle, qui se sont soldées par l’échec partiel, pour l’Europe chrétienne, de l’évangélisation de l’Orient.

Les grandes conquêtes allient militaires, marchands et missionnaires et commencent avec la reconquête de la péninsule ibérique. Ce sont les exploits maritimes des grands navigateurs (Vasco de Gama, Magellan etc.), les découvertes de terres nouvelles et en particulier de l’Amérique et l’ouverture de nouvelles routes de commerce. C’est l’éradication par l’Occident des Terra Incognita de ses cartes.

La colonisation correspond à l’expression de l’impérialisme occidental de l’époque et au devoir auto-attribué européen de civiliser tous les humains.

 

 

L’ère du développement débute avec la fin de la seconde guerre mondiale et l’invention du concept de développement Lire la suite

Un expert du climat appelle à « un sursaut de l’homme »

Le Monde, propos recueillis par Laurent Carpentier, le 12 novembre 2008

Un expert du climat appelle à « un sursaut de l’homme »

Né en 1932 à Besançon, père de la glaciologie moderne, Claude Lorius doit recevoir, mercredi 12 novembre, à Tokyo, le prix Blue Planet, l’une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l’environnement. En 1987, avec Jean Jouzel et Dominique Raynaud, il a été le premier à exploiter la présence de CO2 dans les carottes de glaces polaires pour établir un lien expérimental entre changements climatiques et concentrations des gaz à effet de serre.

Un peu plus de vingt ans après vos travaux publiés en 1987 dans la revue Nature, tout le monde se pose la question : est-ce réversible ?

Honnêtement, je suis très pessimiste… Sur les CFC (chlorofluorocarbures), on voit bien que l’arrêt de leur utilisation a permis de réduire le trou dans la couche d’ozone, mais en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd’hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaîtrait pas pour autant. Il est là pour un moment…

Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu’on va subir un réchauffement : on prévoit d’ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l’âge glaciaire à l’holocène ! Et je ne vois pas que l’homme ait actuellement les moyens d’inverser la tendance.

Poussant jusqu’au bout la logique d’un dérèglement du climat, certains évoquent aujourd’hui le retour d’une ère glaciaire. Est-ce envisageable ?

Dans un certain nombre de milliers d’années… Aujourd’hui, c’est totalement hors de propos ! Les périodes de réchauffement et de glaciation montrent des cycles de 100 000 ans, dus à la trajectoire de la Terre autour du Soleil en suivant une ellipse qui s’altère très légèrement, mais suffisamment pour modifier le climat sur ces très longs termes. Ce qui est nouveau, et que nous avons montré avec l’analyse des bulles d’air emprisonnées dans la glace, c’est que désormais l’homme, en multipliant les gaz à effet de serre, a accéléré un cycle de réchauffement sur un très court terme.

Rapide, irréversible… Cela ressemble tout de même à un scénario catastrophe.

Je ne crois pas que l’homme va disparaître. Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant… Ainsi, si le permafrost – ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques – fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l’effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement…

C’est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres. Les inondations, les sécheresses, les famines s’amplifieront, mais l’homme sera toujours là. Ce que nous devons comprendre, c’est que nous entrons dans une nouvelle ère, l’anthropocène, où pour la première fois dans l’histoire de la Terre, l’homme gouverne l’environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu’il veut en faire et comment il va se comporter avec elle.

Une nouvelle ère ?

L’idée n’est pas de moi, mais elle est essentielle dans la compréhension des évolutions du monde dans lequel nous vivons. Lire la suite

80 AMAP en Aquitaine : 10 000 consom’acteurs, 130 paysans

Aqui.fr, novembre 2008

Dix mille consommateurs aquitains remplissent leur panier auprès d’une Amap

Les associations pour le maintien de l’agriculture paysanne, les Amap, rencontrent un succès croissant auprès de consommateurs attentifs aux carottes, aux oeufs ou au poulet qu’ils mettent dans leur assiette. Lien direct avec les producteurs, respect des saisons, confiance, semblent constituer la clef du succès. Dans les grandes villes les listes d’attente ne sont pas rares. Le panier est parfois bio. Les prix tournent souvent autour de 10 euros par semaine pour les légumes. La Dordogne, la Gironde, le Lot-et-Garonne, les Landes, les Pyrénées Atlantiques voient s’épanouir les Amap. Franck Meymerit, coordinateur du réseau, pèse le panier régional : environ 80 Amap regroupant de l’ordre de 10 000 consommateurs et 120 à 130 producteurs de légumes, viande, miel, fruits, estime t-il.

Sébastien Palluaud est l’un des animateurs de l’Amap de Villeneuve-sur-Lot en Lot-et-Garonne:  » nous sommes 37 et jusqu’à maintenant, nous fonctionnions surtout avec un maraîcher pour des légumes. Nous commençons les œufs et la volaille et nous pensons poursuivre cette diversification pour la viande d’agneau et de bœuf, ainsi que les produits laitiers ». A Villeneuve, les adhérents de l’Amap viennent prendre livraison de leurs légumes tous les lundis soirs sous le porche de la chapelle Jeanne d’Arc.

Séverine Laurrissergues est chargée de gérer la liste d’attente des consommateurs qui souhaitent rejoindre l’Amap de Bruges-Le Bouscat dans l’agglomération bordelaise:  » nous avons démarré en septembre, et il y a actuellement une vingtaine de personnes qui voudraient nous rejoindre. La situation est semblable sur beaucoup d’Amap de la communauté urbaine de Bordeaux ».

Franck Meymerit, basé à Pau, coordinateur du réseau des Amap en Aquitaine confirme:  » on recherche des producteurs qui pourraient livrer sur les zones urbaines de la côte Basque, de Pau et de Bordeaux« .

Défendant une alimentation basée sur des produits de saison et de proximité, solidaires des producteurs, les Amap naissent à l’initiative de consommateurs. On établit un contrat de trois ou six mois, renouvelable, avec un producteur de légumes, de fruits, de viande, de miel, etc. qui vient chaque semaine livrer la marchandise.

Un rapport sensé avec son environnement

Le propos de Ségolène Aymé, généticienne et épidémiologiste à l’INSERM Lire la suite

L’enseignement agricole se met au vert !

SOSbiodiversité, Publié le 25 octobre 2008 par Gaïa

L’enseignement agricole se met au vert !

Les établissements d’enseignement agricole devront désormais inclure l’agriculture biologique dans tous leurs référentiels de formation. C’est une des mesures du plan d’action « Agriculture biologique : horizon 2012 » qui vise à développer l’agriculture biologique, pour combler le retard français. En effet, l’agriculture nationale ne peut répondre à la demande des consommateurs qui croit de 9,5 % par an depuis 1999.

Le 8 Octobre 2008, lors des “Assises nationales de la Bio”, Michel Barnier, ministre français de l’Agriculture, a confirmé que renforcer et développer l’agriculture biologique sont pour lui une priorité, et aussi un axe important de la politique gouvernementale en faveur de l’environnement. Outre des mesures d’incitation à la conversion d’agriculteurs “chimiques” vers l’agriculture bio et au développement de l’alimentation “bio” dans la restauration collective, le plan « Agriculture biologique : horizon 2012 » comprend les actions en direction de enseignement et la formation des futurs agriculteurs. L’idée est de profiter du renouvellement des générations pour refonder une agriculture durable et développer l’agriculture biologique.

Les élèves de ces établissements seront nos agriculteurs de demain, mais aussi nos professionnels de l’agroalimentaire. Plus largement encore ce seront des consommateurs, des citoyens, et des acteurs participant au développement d’une agriculture et d’une société respectueuse de l’environnement” a précisé Michel Barnier.

Le Ministre a demandé la prise en compte du mode de production agriculture biologique dans l’ensemble des diplômes dispensé par l’enseignement agricole. Ainsi 100% de ces élèves, à terme, auront une formation à l’agriculture biologique au cours de leur cursus. Cette formation sera adaptée au métier auquel l’élève se destine.

Note de service DGER/SDPOFE/N2008-2081 du 27/06/2008

“A compter de septembre 2008, l’approche du mode de production « Agriculture Biologique » sera confortée dans tous les référentiels de formation en cours de rénovation ou existants avec un objectif de généralisation pour 2012. Il sera obligatoirement abordé dans toutes les formations de l’Enseignement Agricole et pourra donner lieu à une orientation « AB » pour les formations et les secteurs tels que définis dans la présente note de service en liaison avec le réseau

« FORMABIO ».” Texte complet à télécharger ici

Des lycées agricoles vert pâle

Le Ministre a fait le point sur l’implication de l’enseignement agricole pour le développement de l’agriculture biologique. A la rentrée scolaire 2008, nos établissements agricoles de formation initiale et continue ont accueilli environ 173 000 élèves et 30 000 apprentis.

Au moins 200 élèves apprentis sont inscrits au nouveau brevet professionnel « responsable d’exploitation agricole » spécialisé agriculture biologique. Lire la suite

L’Ademe, «bras armé du Grenelle»

Journal de l’environnement, Propos recueillis par Victor Roux-Goeken, le 10 novembre 2008

L’Ademe, «bras armé du Grenelle»

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) se voit attribuer de nouvelles missions dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Aura-t-elle la capacité d’y répondre? Pour le directeur de cabinet de la présidence de l’agence, Matthieu Orphelin, il n’y a aucune raison pour qu’elle ne remplisse pas son rôle traditionnel d’expert.

Evaluer

Dans quelle mesure l’Ademe a-t-elle pesé dans les engagements du Grenelle ?

Elle a été partie prenante de 2 des 6 groupes: le 1er sur le changement climatique et l’énergie, le 6e sur la croissance écologique. Mais aussi de l’intergroupe sur les déchets. Nous avons également effectué la maîtrise d’œuvre de plusieurs comités opérationnels, dont 4 en tant que chef de projet: sur les énergies renouvelables, la rénovation du bâti existant, l’agriculture et l’éco-fonctionnalité.

Nous nous retrouvons vraiment dans le Grenelle puisque la consommation de 50 kilowattheures par an et par mètre carré, par exemple, est une proposition de l’Ademe. Nous avons aussi proposé que «l’éco-étiquetage» de Casino soit présenté, et une telle mesure généralisée. L’Ademe a été partie prenante dans la régulation de la publicité et à l’origine de la généralisation des bilans carbone.

Après le projet de loi de finances 2009, l’Ademe doit devenir un «opérateur majeur du Grenelle». Qu’en pensez-vous ?

Le terme exact est «opérateur de la transition environnementale» -et cette expression recouvre des mesures très importantes. Cela désigne effectivement l’Ademe comme un acteur majeur, un bras armé du Grenelle. Mais nous serons jugés sur la mise en œuvre.

Concrètement, quelles nouvelles missions vous seront-elles allouées ?

Nous aurons à gérer un fonds démonstrateur, un fonds Chaleur et un plan Déchets. Le premier fonds est destiné à faciliter l’étape d’industrialisation, juste avant celle-ci. Nous avons déjà lancé trois appels à projet sur les biocarburants, les voitures et le captage-stockage du carbone (CSC).

Les réseaux de chaleur Lire la suite

Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre

Ouest France, novembre 2008

Foule et indignation après le film sur Brennilis

Le documentaire de Brigitte Chevet sur « la centrale qui ne voulait pas s’éteindre » soulève questions et indignation à Pont-de-Buis.

« Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre », le film de la réalisatrice Brigitte Chevet, a été projeté, vendredi soir, à la médiathèque de Pont-de-Buis dans le cadre du mois du Documentaire. Il a secoué le nombreux public de cette soirée très instructive. Le long-métrage, excellent et passionnant, met deux acteurs face à face, sans prendre partie : EDF, l’exploitant et démanteleur de la centrale, et le collectif Sortir du nucléaire.

Il pointe aussi du doigt de gros points noirs, comme la pollution et la sécurité du personnel. Posant au final cette question stupéfiante : qui de l’Ankou ou de l’Atome va gagner la partie à Brennilis ? L’épineux sujet a été évoqué en présence de la réalisatrice et d’un témoin privilégié en la personne de Michel Marzin, ancien adjoint du directeur du site.

Son témoignage, direct et sincère, évoque le solide mensonge qui a entouré cette immersion dans l’univers du nucléaire. « À l’époque, avoue-t-il avec émotion, nous étions fiers d’avoir participé à cette construction de la centrale. Avec le recul, je témoigne mais je ne pourrais pas revenir en arrière. Les moyens de sécurité n’ont pas été à la hauteur, le risque sous évalué…  Depuis 1982, 50 % des gens ayant travaillé au contact de l’eau lourde sont décédés à moins de 65 ans. C’est terrible, mais pas reconnu. Les employés contaminés des centrales étaient de la viande à neutron. »

Au long du débat, terrible mais lucide, plane le danger, opaque et invisible, de l’atome. Tout comme « l’énorme mensonge » et la « loi du silence ». Sans oublier les fuites, radioactives ou financières.

Un débat qui en appelle d’autres…

Au fil de cette soirée très animée, de nombreuses interventions ont concerné les dangers encore trop méconnus de l’énergie nucléaire, l’incapacité à maîtriser les rejets et le déficit cruel d’informations, Lire la suite

La nanotechnologie, la nouvelle menace alimentaire

Mondialisation.ca, les amis de la terre, le 5 novembre 2008, Georgia Miller et Scott Kinnear

La nanotechnologie, la nouvelle menace alimentaire

À la suite du génie génétique, la nanotechnologie représente la dernière tentative de la haute technologie de s’infiltrer dans nos réserves de vivres. De grands scientifiques ont prévenu que la nanotechnologie, la manipulation de la matière à l’échelle atomique et moléculaire, introduit de nouveaux risques graves pour la santé humaine et l’environnement. Pourtant, sans débat public, contrôle ni réglementation, des aliments non étiquetés, fabriqués en utilisant la nanotechnologie, commencent à apparaître sur les rayons de nos supermarchés.

Aux quatre coins du monde, l’intérêt augmente pour l’alimentation, la santé et l’environnement. Où sont fabriqués les produits, comment, pourquoi, par qui, viennent-ils de loin, combien de temps ont-ils été stockés etc. ? Des mouvements pour la nourriture bio et locale ont surgi comme une réponse instinctive et concrète à l’usage croissant des produits chimiques dans la production alimentaire et à l’aliénation montante des industriels de l’agro-alimentaire envers les systèmes agricoles globalisés. Les gens choisissent de manger des aliments biologiques parce qu’ils se soucient de la santé de leur famille et du bon état de l’environnement. L’agriculture biologique permet aussi aux gens d’entretenir une agriculture respectueuse de l’environnement et des techniques bien choisies plutôt que les produits chimiques intensifs de l’agriculture industrielle.

Le soutien en faveur de l’agriculture biologique a aussi grandi en réaction directe aux efforts des géants de la biotechnologie pour modifier génétiquement nos cultures vivrières. Les agriculteurs et les acheteurs de nourriture du monde entier ont été, et continuent d’être, rendus furieux par l’introduction du génie génétique dans les cultures vivrières. Pour beaucoup, la conclusion inévitable est que, alors que les compagnies de biotechnologie bénéficient de l’entrée des aliments génétiquement modifiés dans la chaîne alimentaire, les consommateurs, les agriculteurs et l’environnement supportent tous les risques.

Aujourd’hui, la nanotechnologie introduit une nouvelle vague de menaces dans notre alimentation. La nanotechnologie est de la haute technologie, un procédé atomique opposé à l’agriculture biologique, dont la valeur, grâce à ses propriétés de fraîcheur et aux aliments complets non raffinés, procure la santé naturelle. En outre, la nanotechnologie transforme la ferme en extension automatisée d’usine de production de haute technologie, utilisant des produits brevetés qui concentreront inévitablement le contrôle des entreprises. Elle introduit aussi de nouveaux risques graves pour la santé humaine et l’environnement.

Introduction à la nanotechnologie : C’est quoi, pourquoi est-ce différent ?

La nanotechnologie est une puissante technique nouvelle de démontage et de reconstruction de la nature au niveau atomique et moléculaire. Elle incarne le rêve selon lequel les scientifiques peuvent refaire le monde au niveau de l’atome Lire la suite

22 nov Agenda 21 des familles au Congrès écocitoyen de Bx

Portail du risque, Michel Lesbats, le 4 novembre 2008

Congrès éco-citoyen… un Agenda 21 des familles à Bordeaux !

En 1992 la Convention de Rio a réuni  plus de 150 chefs d’État qui ont signé un programme d’actions pour le 21 ème siècle, l’Agenda 21, un ensemble de recommandations concrètes pour le 21 ème siècle, décliné du concept de développement durable, et qui repose sur 3 piliers fondateurs : l’action économique, le développement social et culturel, la gestion économe des ressources naturelles incluant la protection de la nature et la préservation de la santé humaine.

L’Agenda 21 local, appliqué quant à lui aux villes et collectivités incite à ce que  « toutes les collectivités locales instaurent un dialogue avec les habitants, les organisations locales et les entreprises privées afin d’adopter un programme Action 21 à l’échelon de la collectivité« .

L’Agenda  21 dans lequel les citoyens bordelais ont décidé de s’investir est autre : c’est un engagement familial géré à long terme visant à la mise en place de comportements d’éco-citoyens utiles à la protection de notre environnement local et global.

Ce projet, actuellement à l’essai dans un quartier de Bordeaux avec quelques familles sera organisé par et pour les bordelais et ouvert à tous. Il sera accompagné sur de nombreuses années par la Ville de Bordeaux.

Il complètera, pour en assurer  la réussite, les Agendas 21 mis en place, en relation avec leurs missions et responsabilités, par la Région Aquitaine, Le Département de la Gironde (Conseil général ) et la Ville de Bordeaux (Charte municipale d’Ecologie urbaine et de Développement Durable ) de nombreuses associations comme le CREAQ y seront également associées.

L’Agenda 21 familial fixera ensuite  un programme d’actions à mettre en place par les membres d’une même famille. Il se proposera d’aborder avec elle, dans la même approche,  plusieurs problématiques souvent jugées contradictoires – économique, sociale et écologique-. Cette mise en accord est parfois délicate à réaliser, l’Agenda 21 doit donc proposer aussi des informations et des propositions de changement de comportements qui remettent en cause certaines de nos habitudes… ces quelques efforts seront récompensés par des gains financiers et écologiques qui devront être estimés pour chaque famille.

L’Agenda 21 qui sera proposé est donc un outil de planification à long terme, Lire la suite

AIE : Décarboniser l’économie pour éviter la catastrophe

Le Monde, Jean-Michel Bezat, le 7 novembre 2008

L’Agence internationale de l’énergie tire la sonnette d’alarme

Le dernier rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), publié jeudi 6 novembre, n’incite pas à l’optimisme. Entre la hausse inévitable des prix du brut, le déclin accéléré des gisements pétrolifères en exploitation, l’insuffisance des investissements (production, raffinage…) et l’accélération du réchauffement climatique, il est difficile de ne pas voir l’avenir de la planète en noir à la lecture du World Energy Outlook 2008. Au rythme où vont les choses, il faudrait « une décarbonisation majeure de l’économie » pour éviter « des dégâts catastrophiques et irrémédiables » sur le climat. Rien moins qu’une « révolution énergétique ». Faut-il pour autant désespérer ? « Nous sommes à la croisée des chemins (…). Il n’est pas trop tard pour changer de direction », estime Fatih Birol, économiste en chef de l’AIE et maître d’oeuvre du rapport.

Le monde ne manque pas d’or noir. La terre refermerait même 6 500 milliards de barils, calcule l’AIE en comptabilisant les huiles les plus coûteuses et les plus difficiles à extraire et à raffiner.

Mais si l’on ne retient que le pétrole dit « conventionnel », le déclin des gisements s’accélère. Plus vite en mer du Nord et dans les petits réservoirs qu’au Moyen-Orient et dans les gisements géants d’Irak ou d’Arabie saoudite. S’appuyant sur l’analyse de 800 champs dans le monde (y compris les 54 « supergéants » contenant au moins 5 milliards de barils), l’AIE estime leur déclin naturel à 9 % par an une fois atteint leur pic.

Il tombe à 6,7 % en raison des investissements destinés à soutenir la production. Ces taux de déplétion seront respectivement de 10,5 % et 8,6 % en 2030 si l’on n’investit pas davantage. Or la consommation quotidienne passera de 84 à 106 millions de barils en 2030 (hors agrocarburants), même si la part du brut dans l’énergie primaire devait tomber de 34 % à 30 % en raison de la montée du charbon et du gaz.

Si le monde ne manque pas de pétrole, il souffre d’un grave « manque d’investissement » dans ce secteur, s’inquiète l’AIE. Avocat des pays riches de l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE), l’Agence évalue les besoins à 26 000 milliards de dollars d’ici à 2030, dont 8 400 milliards pour les hydrocarbures et 13 600 milliards pour l’électricité. Dans certains pays, des sommes gigantesques devront être mobilisées seulement pour compenser le déclin des gisements. A cette aune, même les profits des cinq premières compagnies pétrolières internationales (ExxonMobil, Shell, BP, Total, Chevron), qui ont dépassé 50 milliards de dollars au troisième trimestre 2008, semblent modestes.

L’essentiel du brut facile à extraire et en grande quantité se trouve au Moyen-Orient, dont la plupart des Etats adhèrent à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). L’AIE estime que sa part de la production mondiale passera de 44 % à 51 % en 2030. C’est peu pour une région détenant près des deux tiers des réserves. Et ses experts doutent de leur « volonté de faire ces investissements eux-mêmes ou d’attirer les capitaux étrangers suffisants pour maintenir un rythme nécessaire d’investissements ».

La rareté de la ressource et le coût des investissements se répercuteront sur les prix. « L’ère du pétrole bon marché est révolue« , souligne l’AIE. Lire la suite

Campagne Les amis de la terre : Total aggrave son cas

Les amis de la terre, Gwenael Wasse, le 23 mai 2008

Les amis de la terre lance la campagne Total aggrave son cas

Montreuil, 16 mai 2008 – Alors que Total tient aujourd’hui son assemblée générale à Paris, les Amis de la Terre, en partenariat avec ATTAC et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, lancent la campagne « Total aggrave son cas » sur la base d’un rapport approfondi, afin de pousser le groupe pétrolier à améliorer ses pratiques environnementales et sociales. Simultanément, ils demandent aux pouvoirs publics de lancer un travail au niveau européen sur la responsabilité des multinationales.

La nouvelle campagne des Amis de la Terre s’appuie sur le rapport Total, la mise en examen qui analyse les impacts environnementaux et sociaux des activités de Total, 4ème groupe pétrolier mondial. Ses conclusions sont accablantes : alors que la première entreprise française se revendique souvent parangon de vertu en termes de développement durable, l’analyse de la réalité montre qu’elle aggrave ses impacts sociaux et environnementaux et se prépare à faire pire encore.

Dans sept domaines dont l’environnement, le climat, les droits humains ou la corruption, les performances de Total sont médiocres, voire mauvaises. Gwenael Wasse, chargé de la campagne Responsabilité des entreprises aux Amis de la Terre, constate : « En 2007 la production éolienne du groupe n’a représenté que 22,2 Gwh, soit 0,0015 % de sa production fossile en termes énergétiques. C’est négligeable alors que le groupe a produit 4,7 millions de tonnes de charbon la même année, soit 2 % de cette même production ! ». En termes d’investissements les chiffres sont tout aussi accablants, malgré le peu de données publiées par Total : pour quelques dizaines de millions d’euros estimés investis jusqu’à présent dans l’énergie solaire depuis deux décennies, environ un milliard d’euros par an seront investis dans les prochaines années dans les sables bitumineux au Canada, dont l’exploitation est pourtant unanimement considérée comme une catastrophe climatique et écologique mondiale.

Gwenael Wasse analyse : « Total se donne beaucoup de mal pour restaurer son image écornée par les scandales de l’Erika ou d’AZF. Le groupe veut faire croire qu’il prend en compte les impératifs du développement durable, mais l’analyse de la réalité montre qu’il s’agit surtout de communication. Lire la suite

12 mars Arcachon : 1ères rencontres citoyennes sur l’EAU

Bassin d’ARCACHON : L’EAU en PARTAGE 

1ères RENCONTRES citoyennes pour « comprendre, sensibiliser et échanger »

Ateliers – Témoignages – Débats

L’eau du Bassin d’Arcachon est une ressource partagée par les acteurs de l’aménagement des communes, ceux de la gestion de l’eau, mais également ses habitants et usagers. Nous capitalisons tous sur ce trésor et nous sommes tous impliqués dans la protection de ce milieu fragile et unique.

Depuis plus de 40 ans, le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA), au regard de sa compétence « Assainissement des eaux usées », a en charge la qualité des eaux du Bassin d’Arcachon. En tant que référent environnemental et dans la perspective de préserver à long terme ce milieu récepteur, il s’engage dans l’information et l’implication de chacun.

Dans ce contexte, le 12 mars 2009 dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Eau au Palais des Congrès d’ARCACHON, dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Eau, le SIBA organise une journée de sensibilisation et de formation aux enjeux écologiques, liés à l’eau.

Bassin d’ARCACHON : l’eau en PARTAGE

Le but de cette journée est de sensibiliser en proposant des pratiques concrètes pour mettre en œuvre une gestion raisonnée de l’eau.

L’heure est à l’application des bonnes pratiques …pour tous !

Quelle réponse à la crise ? Une économie écologique

Ecologie solidaire, novembre 2008

Quelle réponse à la crise ? Une économie écologique

Commençons par une blague pour économistes, qui peut refléter notre état d’esprit dans la situation économique de crise financière et économique globale du système capitaliste que nous vivons depuis l’été 2007 et qui risque de se continuer pendant toute l’année 2009 : « Le malheur des Russes, c’est que non seulement tout ce que les communistes leur avaient dit sur l’économie socialiste était faux ; mais qu’en plus, tout ce qu’ils leur avaient dit sur l’économie capitaliste était vrai ! ».

Alors que faire, si l’on est économiste et que vos amis politiques vous demandent des réponses à la crise ? Expliquer d’abord que l’économie, qui s’occupe de la production, de la répartition et de la consommation des marchandises est une science humaine, basée sur des valeurs sociales et politiques. Et donc que nos réponses doivent partir d’un certain point de vue, celui d’une économie écologique et solidaire.

Maintenant, de ce point de vue, la science économique, comme savoir autonome accumulé depuis au moins deux siècles, a des réponses et peut inventer par la recherche de nouvelles solutions, en fonction des besoins sociaux et des nécessités écologiques.

Comment analyser la crise ?

La crise que nous vivons est celle du mode de vie des classes dirigeantes des pays riches du Nord qui, depuis 30 ans, ont ouvert grand les vannes du crédit, de la dérégulation en faveur des marchés des capitaux et des biens, en mettant plus largement en concurrence les travailleurs entre eux, pour poursuivre une croissance économique qui a détruit notre environnement naturel et de nombreux liens sociaux de solidarité des époques antérieures. En effet, à quoi ont servi ces montagnes de crédits, aujourd’hui douteux, voire « toxiques » ? A financer l’étalement urbain de banlieues pavillonnaires sans âme, mais fortement énergivores et polluantes, à permettre aux ménages des pays riches d’avoir encore plus de bagnoles et de consommer encore plus de produits qui rendent obèses et malades, à accroître l’abrutissement généralisé par différents médias vivant essentiellement de la publicité pour le système. Allons-nous pleurer la crise d’un tel mode de vie, au travers des crises de l’immobilier, de l’automobile, des biens dits « durables » qui ne durent pas, de médias aux ordres que les publics délaissent pour retrouver de l’information et des marges de liberté ?

Faut-il simplement sauver ce système, comme nous le proposent les économistes du libéralisme économique, pour qui le marché rétablira, après une bonne purge, les bons équilibres et surtout fera remonter la Bourse et les profits des entreprises ? Mais ce serait accepter, au vu des sommes prêtées en créances douteuses (jusqu’à 10 000 milliards de dollars pour le système bancaire parallèle, soit près de 20 % du PIB mondial), des centaines de millions de chômeurs supplémentaires et de travailleurs pauvres, sans parler de la désorganisation politique d’Etats entiers du globe.

Faut-il, plus socialement, s’accommoder de ce système, comme nous le proposent les économistes keynésiens actuels, Lire la suite

Les mille et une formes de partenariat associatif

Associatis.com, Octobre 2008

LES MILLE ET UNE FORMES DE PARTENARIAT ASSOCIATIF

Association et partenariat sont étroitement liés jusque dans leur définition puisqu’on peut définir le partenariat comme « l’association de différents intervenants qui, tout en maintenant leur autonomie, acceptent de mettre en commun leurs efforts pour réaliser un objectif commun. »

L’association est par excellence, une organisation créatrice de liens. Liens sociaux développés avec les individus, liens partenariaux développés avec d’autres organisations. Même si les premiers sont les plus évidents, il est difficile d’imaginer une association ayant un minimum d’envergure, sans partenariat faisant l’objet d’une formalisation.

En dehors des accords avec les entreprises ou les organisations du secteur public, de nombreuses institutions et notamment les autres associations elles-mêmes peuvent faire l’objet de partenariat.

Les partenariats avec d’autres associations 

Avec plus d’un million d’associations en France, si chacune se replie sur elle-même, alors des occasions multiples de synergies sont perdues. Sur le plan stratégique, les alliances permettent de travailler en profondeur sur ce qui constitue les points cruciaux du projet associatif, ce qu’il inclut, ce qu’il exclut. Par exemple, deux associations différentes peuvent travailler pour lutter contre une maladie : la première se spécialisant sur le soutien à la vie quotidienne des personnes malades et la deuxième œuvrant pour développer la recherche sur cette même maladie.

Si ces deux associations travaillent selon un partenariat bien défini, chacune est gagnante car il n’y a pas d’étanchéité entre soutien à la vie quotidienne et à la recherche. De cette façon, la première association peut contribuer à soutenir psychologiquement les patients en leur faisant part des progrès de la recherche et la deuxième association peut se rapprocher de la première, par exemple quand il faut trouver des candidats pour des essais thérapeutiques.

Chacune de ces associations peut développer à son tour, des partenariats avec des organisations relevant d’autres maladies présentant des points communs.

Ces partenariats ne sont cependant efficaces que si

– les modalités du partenariat sont bien définies

– et si les responsables sont convaincus et engagés.  Lire la suite

Jean-Paul Besset, du rouge au vert

L’express, François Koch, le 06janvier 2008

Besset, du rouge au vert

L’ex-trotskiste Jean-Paul Besset est devenu le principal conseiller deNicolas Hulot. Le journaliste quitte l’ombre pour la lumière d’une candidature aux européennes de 2009.

« Toute ma vie a été bouffée par la politique », reconnaît Jean-Paul Besset. Dès qu’il monte à Paris, cet Auvergnat originaire d’une famille ouvrière et paysanne est happé par le tourbillon de Mai 68. Sous le pseudonyme de « Ploëc », il intègre la naissante Ligue communiste révolutionnaire, où il gravit les échelons du comité central et du bureau politique. Il y restera onze ans. « Trace de cet engagement internationaliste, je réfléchis toujours aux problèmes indépendamment des frontières, confie Besset. J’ai aussi conservé de vrais amis ». Il cite Alain Krivine, toujours porte-parole de la LCR, le philosophe trotskiste Daniel Bensaïd, Henri Weber, devenu sénateur PS, et Edwy Plenel, qui fut directeur de la rédaction du Monde.

« Il a structuré ma pensée », dit de lui Nicolas Hulot.

Journaliste, il écume les rédactions de gauche: Rouge, Libération, Politis et Le Monde. Il y écrit en particulier un papier sur l’affaire Alègre, où des personnalités sont accusées d’avoir participé à des soirées sadomasochistes avec torture ; ses informations, spectaculaires, se révèlent fausses. « Je me suis laissé enfumer, intoxiquer, piéger par un informateur ». Durant une courte parenthèse politique, il est chargé des relations avec la presse au cabinet du Premier ministre Laurent Fabius: « J’étais stupéfié par ses décisions prises trop vite ».

Comment ce trotskiste, dont les convictions rouges avaient bien pâli, est-il devenu écologiste? « J’étais pêcheur à la ligne et cueilleur de champignons », confie-t-il, comme pour dire que le ver était dans le fruit. Au fur et à mesure qu’il prenait conscience du péril écologique, Besset a abandonné sa culture productiviste. Après avoir rangé au placard son désir de Grand Soir. C’est qu’il n’a jamais été un idéologue pur et dur. Jusqu’à se positionner « ni gauche ni droite »? Presque.

Son livre Comment ne plus être progressiste… sans devenir réactionnaire (Fayard, 2005) provoque une rencontre décisive. « Dès que je l’ai lu, je l’ai invité à déjeuner, raconte Nicolas Hulot. Vu ses connaissances, sa capacité de se projeter dans le futur et notre complicité intellectuelle, je lui ai confié la maîtrise d’oeuvre du Pacte écologique« . Le présentateur d’Ushuaïa Nature ne tarit pas d’éloges: « C’est un vrai humaniste, connaissant l’art du compromis. Il a structuré ma pensée. Je lui demandais son avis sur tout. Il voulait que j’aille au bout de ma candidature à la présidentielle. C’est d’ailleurs le dernier avec qui j’en ai débattu avant de décider, seul, de renoncer ». Lire la suite

Élections US entre société post carbone et énergies fossiles

Actu-Environnement.com, Agnès Sinaï, le 29 octobre 2008

Élections américaines : Obama et Mac Cain, entre société post carbone et perpétuation des énergies fossiles

Au-delà du consensus entre les deux candidats en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis à l’horizon 2050, les clivages entre leurs programmes révèlent deux visions fondamentalement divergentes de l’avenir énergétique. Analyses.

Au cours de sa vie, chaque Américain né en 2008 consommera 310.000 litres de pétrole. Les Etats-Unis demeurent le pays du monde où la consommation d’énergie primaire par habitant est la plus élevée : deux fois plus que celle d’un Européen, quatre fois celle d’un Chinois. En 2003, les Etats-Unis ont importé près de 485 millions de tonnes de pétrole brut, soit environ 10 millions de barils par jour.

La guerre d’Irak a permis aux Américains de contrôler les vastes réserves pétrolières du pays en écartant les compagnies chinoises, russes et européennes. La forte présence américaine en Asie centrale et dans le Caucase sert à protéger l’accès aux réserves d’hydrocarbures de la mer Caspienne et l’acheminement du pétrole et du gaz vers l’Occident. Destinée à répondre à l’augmentation des besoins en pétrole des Etats-Unis au cours des vingt-cinq prochaines années, cette stratégie a été formulée par le vice-président Dick Cheney, dans un rapport du National Energy Policy Developement Group (Groupe de développement de la politique nationale de l’énergie) : « You’ve got to go where the oil is » (« Allez là où est le pétrole »), voilà en résumé l’histoire matérielle du XXème siècle et la stratégie éprouvée de l’administration républicaine.

Addiction pétrolière

Le programme du candidat Mac Cain affiche une image plus écologique que celle de son prédécesseur George Bush, sur fond d’éoliennes et de technologies propres. Mais, selon le Sierra Club, la plus ancienne association de protection de l’environnement des Etats-Unis (fondée en 1892), qui rassemble 1,3 million d’adhérents dans le pays, John Mac Cain soutient la même politique que celle de George Bush : sa campagne a reçu plus deux millions de dollars de la part des pétroliers, en récompense du vote de John Mac Cain contre la taxation des compagnies pétrolières au Sénat : Il s’est opposé à la suppression des 13 milliards de subventions d’Etat accordées aux compagnies pétrolières, il entend même les augmenter de 3,8 milliards de dollars et accorder des allègements fiscaux supplémentaires au secteur pétrolier, selon le Sierra Club1, qui en appelle à voter Obama. Le candidat démocrate, a contrario, propose de taxer les compagnies pétrolières pour aider les ménages modestes à faire face à la hausse du prix de l’énergie en leur versant une compensation de 1.000 dollars. Son programme met l’accent sur le lancement d’une filière nationale des énergies renouvelables, sur la base d’investissements publics massifs : il promet de débloquer quelque 150 milliards de dollars pour soutenir leur développement et investir dans les économies d’énergies, les biocarburants, le tout dans la perspective de créer cinq millions d’emplois. Lire la suite

Les acteurs du Grenelle examinent enfin le 2nd projet de loi

Le journal de l’environnement, Victor Roux-Goeken, le 6 novembre 2008

Les acteurs du Grenelle examinent enfin le second projet de loi

L’avant-projet de loi «Grenelle II» a été adressé mardi 4 novembre aux acteurs du Grenelle de l’environnement qui se réunissent en fin d’après-midi en comité de suivi. Le JDLE fait le point sur les principales dispositions de cet avant-projet de loi qui devrait passer en Conseil d’Etat la semaine prochaine et être validé, au mieux, en mai 2009.

Evaluer

Sept titres, 22 chapitres, 106 articles. A l’instar du projet de loi Grenelle I, l’avant-projet de loi de transition environnementale, dit «Grenelle II», constitue toujours autant un inventaire à la Prévert, plus précis toutefois. «Notre sentiment premier à la lecture du projet de loi (…) est la satisfaction de rentrer enfin dans le vif du sujet», selon Christian Garnier, vice-président de France nature environnement (FNE).

Pour Arnaud Gossement, porte-parole de FNE, cet avant-projet de loi est conforme au Grenelle. «Les différents secteurs sont balayés. Mais dans le détail, c’est un peu timide. Sur les déchets, les mesures ne sont pas de nature à permettre d’avancer en matière de prévention. On aurait souhaité l’extension de la responsabilité élargie du producteur (REP) à plus de filières qu’uniquement celle des déchets d’activité de soins à risques infectieux (Dasri)» (voir brève déchets). Côté transports, «on attend plus une mise en œuvre au niveau local et le schéma national des infrastructures de transport, qui ne relèvent pas du Grenelle II. Il y a aussi beaucoup de choses en santé-environnement, mais nous aurions voulu que figure plus clairement la séparation entre conseil et vente des produits phytopharmaceutiques.» Enfin, «la version de l’avant-projet de loi datant du 23 septembre, elle n’intègre pas un certain nombre de dispositions adoptées dans le Grenelle I.»

Le volet Energie se taille la part du lion. Du côté du climat, l’avant-projet de loi instaure des schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie, élaborés conjointement par le préfet de région et le président du conseil régional. Ils se substitueront aux plans régionaux pour la qualité de l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (1). Ces schémas devront fixer des orientations pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), s’y adapter, et déterminer le gisement d’énergie renouvelable et de maîtrise de l’énergie à l’horizon 2020. Les entreprises de plus de 500 salariés, les personnes morales de droit public de plus de 250 personnes et les collectivités territoriales de plus de 50.000 habitants devront réaliser, dès le 1er janvier 2011, un bilan carbone public destiné à réduire la consommation énergétique et favoriser le recours aux énergies renouvelables (ENR).

Pour les ENR, les éoliennes pourront être soumises à la procédure d’autorisation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), selon l’exposé des motifs. Les zones de développement de l’éolien (ZDE), dont seront exclues les éoliennes offshore (2), devront être fixées en cohérence avec les schémas régionaux mentionnés plus haut. Les réseaux de chaleur Lire la suite

La formation des artisans au rendez-vous du Grenelle ?

Actu-Environnement.com, F Roussel, le 31 octobre 2008

La formation des artisans du bâtiment sera-t-elle au rendez-vous du Grenelle ?

Les objectifs de performance énergétique des bâtiments prévus par le Grenelle vont nécessiter une évolution des métiers de l’artisanat. Nouvelles compétences, décloisonnement des corps de métiers, les professionnels doivent s’organiser et vite !

Premier consommateur d’énergie et gros émetteur de gaz à effet de serre, le secteur du bâtiment constitue l’un des principaux chantiers du Grenelle pour la lutte contre le changement climatique. Les objectifs de performance énergétique dans le neuf et la rénovation fixés dans le projet de loi Grenelle 1 sont ambitieux : construire des bâtiments peu consommateurs (moins de 50 kwh/m2/an) dès 2012 et rénover le parc existant pour réduire ses consommations d’énergie d’au moins 38 % d’ici 2020.

Les évolutions attendues dans la construction neuve seront principalement portées par une évolution parallèle de la réglementation thermique. Et pour les artisans, rien ne semble impossible : poser une fenêtre on sait faire, quelle soit à double ou à triple vitrage, poser de l’isolant on sait faire aussi qu’elle que soit l’épaisseur à poser, témoignait un artisan à l’occasion d’un colloque organisé récemment par la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB). L’artisanat a toujours su s’adapter et peut faire du sur-mesure, confirmait Alain Chouguiat, chef du service formation de la CAPEB.

La rénovation du parc existant constitue en revanche un plus gros challenge. On compte actuellement en France 31 millions de logements (2,7 milliards de m2) et 850 millions de m2 de bâtiments tertiaires. Pour les professionnels, les objectifs du Grenelle représentent par conséquent un nouvel élan, comparable selon Alain Chouguiat au développement de l’après-guerre : la révolution est aussi importante, estime-t-il.

Pour l’instant la rénovation thermique des bâtiments ne représente que 12% du marché de la rénovation mais l’accroissement d’activité liée au Grenelle a été estimé à 600 milliards d’euros de travaux soit entre 20.000 et 30.000 euros par logements.

Selon une enquête réalisées en juin et juillet par plusieurs organismes de qualification* auprès de 42.000 entreprises de construction, les professionnels du secteur semblent conscients de cet enjeu économique. 50% des entreprises interrogées estiment que les mesures du Grenelle bénéficieront à leur activité. La part d’entreprises sceptiques reste néanmoins non négligeable puisque 30% des entreprises enquêtées considèrent que l’impact du Grenelle ne sera pas positif pour leur activité et 20% restent dans l’expectative, préférant ne pas se prononcer.

Une nouvelle organisation est nécessaire au sein des entreprises artisanales

Mais l’enthousiasme des professionnels risque de ne pas suffire Lire la suite

L’UE-15 en voie d’atteindre ses objectifs de Kyoto

Agence européenne de l’environnement, le 16 Octobre 2008

L’UE-15 en voie d’atteindre ses objectifs de Kyoto malgré des performances contrastées

L’UE-15 devrait atteindre son objectif collectif qui est de réduire de 8 % ses émissions de gaz à effet de serre pendant la période 2008–2012. Selon un nouveau rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (EEA), ce résultat sera en partie dû aux projets de réduction des émissions que les pays de l’Union européenne financeront dans d’autres pays.

Le rapport intitulé « Greenhouse gas emission trends and projections in Europe 2008 » (tendances et projections des émissions de gaz à effet de serre en Europe en 2008) analyse les émissions historiques de 1990 à 2006. Il examine également les projections d’émissions pendant la période d’engagement du protocole de Kyoto (2008–2012).

D’une manière générale, les projections des États membres pour cette période indiquent que l’UE-15 pourrait réduire ses émissions de plus de 11 % par rapport à l’année de référence. Cet objectif pourrait être atteint grâce à une combinaison de politiques et de mesures nationales (en vigueur et prévues), d’activités portant sur les puits de carbone et de crédits pour les réductions d’émissions en dehors de l’Union européenne.

Selon le professeur Jacqueline McGlade, directrice de l’Agence européenne pour l’environnement,  » les performances en matière d’émissions restent contrastées dans l’UE-15 et certains États membres sont encore à la traîne par rapport à leurs objectifs de Kyoto. Toutefois, si l’on tient compte des performances remarquables réalisées par les autres États membres, l’UE-15 dans son ensemble devrait respecter ses engagements de Kyoto. En outre, la situation serait meilleure pour certains États membres si leurs projections tenaient pleinement compte des restrictions d’émissions auxquelles sont confrontées leurs industries dans le cadre du système communautaire d’échange de quotas d’émission. « 

Le rapport donne également une estimation de la situation à long terme en Europe. Même si, d’après les projections, le niveau des émissions devrait continuer de baisser jusqu’en 2020 dans l’UE-27, l’objectif d’une réduction de 20 % par rapport à 1990, approuvé par les leaders européens en 2007, restera hors d’atteinte sans la mise en œuvre de dispositions supplémentaires telles que le train de mesures dans les domaines de l’énergie et du changement climatique proposé par la Commission Européenne en janvier 2008.

Les données disponibles montrent que les 15 États membres de l’Union Européenne ayant un objectif commun au titre du protocole de Kyoto (UE-15) ont réduit de 2,7 % leurs émissions de gaz à effet de serre entre l’année de référence et 2006. Lire la suite

Barack Obama, version green

Novethic, Husson-Traoré, le 5 novembre 2008

Barack Obama, version green

Parmi les multiples attentes de changement qu’incarne Barack Obama, le nouveau président des Etats-Unis, il y aussi la politique environnementale américaine fédérale. Georges Bush a incarné jusqu’au bout le refus de signer le protocole de Kyoto. Sur le climat comme sur d’autres sujets environnementaux, quel président sera Barak Obama ?

Sur le climat, le changement de ligne est radical entre Barack Obama et George Bush. Le premier veut s’engager à réduire de 80 % les émissions de gaz à effet de serre américaines d’ici 2050, comparativement à leur niveau des années 90. Le second a longtemps nié l’existence même du changement climatique.

Sur les sources d’énergie, là encore la politique américaine devrait être modifiée en profondeur. Le nouveau président apparait comme un fervent partisan du développement des énergies renouvelables. Il a annoncé très tôt vouloir investir 150 milliards de dollars dans ce secteur et dans l’ébauche d’un nouveau réseau électrique. L’objectif affiché est de donner enfin aux Etats-Unis, des objectifs chiffrés de réduction des émissions de carbone. Sur le modèle européen, Barack Obama souhaite fixer un objectif de 25% de production d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2025, et améliorer l’efficacité énergétique du pays de 50%, avant 2030. 

La stratégie consiste à tenter de diminuer la dépendance au pétrole des Etats-Unis en baissant de 35 % la consommation d’ici à 10 ans, soit l’équivalent des importations de pétrole du Moyen Orient et du Venezuela réunis. Lire la suite

Grenelle 1, 2, 3 et puis s’en va ?

Le Canard enchaîné, JMTh, le 29 octobre 2008

Grenelle 1, 2, 3 et puis s’en va

Borloo fait le beau, mais son ami Hulot l’a dans le dos. La taxe carbone qu’il préconisait pendant la campagne présidentielle n’est pas dans le Grenelle 1 adopté la semaine dernière par les députés. De quoi relativiser d’entrée la portée du « grand texte » vanté par le ministre de l’Ecologie, fût-il le premier de la législature à être voté à la quasi-unanimité de la Chambre, le 23 octobre. Le projet est d’une telle importance d’ailleurs que le Sénat ne devrait se pencher dessus de sitôt. En tout cas, pas avant l’année prochaine, selon l’ordre du jour prévisionnel du gouvernement. Avec le jeu des navettes, l’examen du texte pourrait ainsi durer jusqu’à l’été. En somme, pour verdir la France, on attend la sécheresse ! C’est dire si l’on prend l’écologie au sérieux au gouvernement : la planète brule, comme dirait Chirac, mais Sarko n’est pas pressé de l’éteindre, trop occupé à arroser la planète financière.

L’essentiel pour lui était l’illusion d’optique créée par le vote consensuel du Parlais-Bourbon. Peu importe que le Grenelle 1 ne soit qu’une mise en bouche, un texte d’orientation sans programmation. La vraie résolution copernicienne, la mise en application concrète est dans le Grenelle 2, censé passer à la moulinette de l’écologiquement correct, entre autres, 22 codes différents, du code minier à celui de l’urbanisme. C’est là que la bagarre aura lieu, y compris au sein de la majorité. Mais dans l’ordre du jour prioritaire de l’Assemblée il n’est nulle trace de Grenelle 2. Ni en janvier, ni en février. Il faudra attendre décembre pour un éventuel passage en Conseil des ministres et la fin du printemps pour une aléatoire première lecture. Et le deuxième quinquennat de Sarko pour une application de la loi ? D’ici là, Borloo et NKM auront peut-être été emportés dans la vague d’un remaniement. Le ministre se verrait bien à Matignon, et sa secrétaire d’Etat à la Santé… Le Grenelle 2 risque bien de se passer d’eux et de passer à l’écumoire. Une grande avancée écologique donc que ces Grenelle qui révolutionnent la planète à la façon des héros d’opérette. Lire la suite

OGM et Europe : l’impossible accord

OGM et Europe : l’impossible accord

Novethic, Rouba Naaman, le 30 octobre 2008

 

La position de l’Europe sur les OGM pencherait-elle du côté des industriels ?

L’Autorité européenne de sécurité des aliments a demandé à la France de lever l’embargo sur le maïs OGM MON810. Le Conseil des ministres européens de l’environnement s’est montré frileux dans ses conclusions sur les OGM. Alors que la population se prononce majoritairement contre, un journal britannique révèle une campagne secrète de la Commission européenne, visant à encourager les Etats membres à autoriser les OGM.

L’Europe dit “oui”, mais la France maintient son “non”. Malgré l’émission d’un avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) encourageant l’Hexagone à lever l’embargo sur le MON810, le maïs OGM de Monsanto, la France a réaffirmé sa position. L’EFSA estime, dans un communiqué du 31 octobre, qu’ « aucune preuve scientifique, en termes de risques pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement, n’a été fournie pour justifier l’invocation d’une clause de sauvegarde ». Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’écologie, ont rapidement contre-attaqué : « Cette clause a été décidée dans le cadre du droit européen, et l’avis de l’EFSA ne constitue qu’une étape du processus. La France maintient sa position et elle la soutiendra au Conseil des ministres européens ».

Voilà qui prouve les réticences de l’Europe en matière d’interdiction des cultures OGM. Pire encore : un journal britannique, The Independent on Sunday, a révélé que les représentants des 27 pays de l’Union européenne préparaient « une campagne sans précédent pour généraliser les cultures et aliments génétiquement modifiés ». Dans son édition du 26 octobre, le périodique affirme détenir des documents confidentiels émanant de réunions secrètes, organisées par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. En ressort la volonté des représentants européens d’ « accélérer l’introduction des OGM et de gérer l’opposition du public à leur encontre ». Ils auraient même demandé aux industriels et aux autorités d’être plus enthousiastes dans leur communication sur les OGM.

Des OGM dont les Européens ne veulent pas

 

Selon les comptes-rendus d’une des réunions secrètes, Joao Vale de Almeida, chef de cabinet de José Manuel Barroso, qui présidait ces rassemblements, aurait « invité les participants à rapporter les discussions du groupe aux chefs de leurs gouvernements ». La Commission européenne encourage les Etats à modifier leurs politiques individuelles, pour favoriser les cultures d’OGM. Cette politique « clandestine » ne correspond pas du tout aux attentes des citoyens européens. En 2001, 70% d’entre eux se déclaraient contre les aliments génétiquement modifiés, selon un sondage Eurobaromètre. La France reste le pays européen où la résistance anti-OGM est la plus virulente et la plus visible. Lire la suite

Le vin bio : un produit sain qui se conserve bien

Métro, le 30 octobre 2008

« Le vin bio c’est un produit sain et qui se conserve bien »

Interview de Jean-Marc Carité, écrivain spécialisé dans le vin bio auteur de l’ouvrage à paraître « Mes bonnes adresses du vin bio 2009-2010 ».

Le vin bio est un produit qui ne contient pas de produit chimique ajouté, pas d’éléments de standardisation ou d’amélioration. Aujourd’hui, c’est la culture de la vigne qui est certifiée agriculture biologique (label AB), alors qu’il n’y a pas de certification agréée sur le vin. Il existe toutefois des cahiers de charge auquel les vinificateurs peuvent adhérer dans une démarche volontaire. Sur 1 500 vignerons bio en France, 300 ont adhéré à une charte  privée, visant à certifier la vinification elle-même. Il existe 3 chartes qui donnent lieu à une mention à côté du label AB : la Fnivab (Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins de l’Agriculture Biologique), Demeter (organisme de contrôle de l’agriculture bio-dynamique) et Biodyvin (syndicat des viticulteurs en bio-dynamie). La directive bio est en train d’être réécrite au niveau européen, et le vin bio va y sera intégré. C’est une bonne nouvelle car, même si les normes peuvent être critiquées parce qu’elles sont minimalistes, elles constituent un plancher auquel tous les vins bio devront se conformer.

En bio, c’est la nature qui parle, ce qui ne veut pas dire que les vignerons bio ne se soucient pas du progrès technique. Il y a une différence entre technique et chimique : les vins bios produits aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a 90 ans.

Pourquoi choisir du vin bio ?

On a tendance à penser qu’il n’y a rien de plus naturel que le vin. Or, un rapport coordonné par PAN-Europe, et soutenue par le MDRGF pour la France indique que tous les vins conventionnels contiennent des résidus de pesticides, même certains grands crus bordelais classés. On y a même trouvé de l’arsenic, bien que son utilisation soit interdite depuis 6 ans. Le vin bio, c’est un produit propre qui a même réconcilié beaucoup de consommateurs avec le vin blanc et le rosé. Les vins conventionnels contiennent un conservateur, le SO2 ou sulfites, responsable du mal à la tête qui décourageait les amateurs de vins blancs.

Le vin bio c’est un produit sain et qui se conserve bien.

Est-il bon aussi ?

Le vin bio a plus de subtilité d’arômes que le vin conventionnel. Lire la suite

INSEE : Portrait social de la France

France, portrait social – Edition 2008

Sommaire

Comme chaque année, l’Insee propose dans « France, portrait social » le bilan des évolutions économiques et sociales observées au cours de l’année écoulée. Cette édition 2008 s’intéresse plus particul…

Présentation générale

– La baisse du chômage se poursuit en 2007 – Le pouvoir d’achat des ménages accélère en 2007 – L’inflation accélère et touche davantage les ménages modestes ou ruraux – Le seuil de pauvreté en…

Vue d’ensemble – Démographie

Yves JAUNEAU

Toujours plus de pacs et de naissances en dehors du mariage …

Vue d’ensemble – Education

Magali BEFFY et Delphine PERELMULTER

Depuis vingt-cinq ans, une population de plus en plus diplômée mais avec des disparités selon le milieu social encore importantes Lire la suite

Que pensent les européens de leurs associations ?

L’institut CSA publie, en partenariat avec Chorum, le Crédit Coopératif et Deloitte, des éléments de réponses à la question : « Que pensent les européens de leurs associations ? Il s’agit d’une étude croisée entre les populations françaises, anglaises et allemandes.

Les résultats de cette enquête tendent à prouver une confiance très élevée dans les associations (80% en moyenne des européens interrogés), devançant largement les services publics. Autre fait saillant : 63% des européens interrogés pensent que la participation financière des pouvoirs publics n’est pas assez importante, avec une pointe à 71% pour le panel anglais, dont le modèle est pourtant souvent cité en référence.

Retrouvez l’ensemble des résultats de cette étude en Lire la suite

Sauver le Réseau « Sortir du nucléaire »

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Association libre et indépendante, le Réseau Sortir du nucléaire refuse les subventions publiques et toutes les contributions financières des entreprises. Nous ne comptons que sur les dons de milliers de citoyen-ne-s …c’est-à-dire VOUS !

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Fêter les 10 ans du groupe local de Greenpeace Bordeaux

INVITATION DE GREENPEACE BORDEAUX

8h00 pour faire la fête à la planète, ou comment fêter les 10 ans du groupe local de Greenpeace Bordeaux

Samedi 15 novembre 2008 de 16h00 à 24h00

Salle Jean Lurçat à Bègles

16h00 – Expo photos, diaporamas, vidéos des actions du groupe local de Bordeaux

19h00 – Apéro musicalement blues. Apporter votre pique-nique

20h30 – Cabaret écolo avec le groupe des municipaux de Bègles

22h00 – Blues party avec la « Blues Compagnie »

Réponse par email gl.bordeaux@greenpeace.fr ou 06 28 09 77 39

ALIMENTERRE Bx/CUB : Manger ou conduire, il faut choisir ?

Festival national de films ALIMENTERRE 2008 à Bordeaux

 » Manger ou conduire, il faut choisir ?  »

Mardi 4 novembre à 20h30

Au programme

Un film :  » Du Sucre et des fleurs dans nos moteurs « , de Jean-Michel Rodrigo

52 min, 2006, Mécanos productions

Un débat, trois intervenants :

Jean Michel RODRIGO, Réalisateur du film

Claude LACADEE, ancien directeur de l’AGPM (Association générale des producteurs de Maïs) a travaillé sur la défense des biocarburants au niveau français et Européen.

Sylvain Angerand, Chargé de campagne « foret et Biodiversité » Les amis de la Terre

Pour voir la bande annonce du festival et avoir plus d’infos sur le film cliquez ici

www.elfitosurterre.blogspot.com

Lieu : Cinéma UTOPIA 5 place Camille Jullian 33000 Bordeaux

Prix des places : 4 euros (Pensez à acheter vos places à l’avance)

Festival ALIMENTERRE sur la CUB : soirées à suivre…

jeudi 13 novembre à 20h à Talence:  » Paysannerie Dévastée, l’humanité en danger ? « 

Jeudi 20 novembre 20h à Bègles : « De la fourche à la fourchette : le règne de l’agrobusiness ? »

Jeudi 27 novembre 20h30 à Pessac: « OGM, en quoi ça gène »  

Festival ALIMENTERRE,

Alimentons le débat sur l’agriculture et l’alimentation de demain ! Lire la suite

Le top 10 de la pollution mondiale !

Futura-Sciences, Jean Etienne, le 23 octobre 2008

Le top 10 de la pollution mondiale

Elle fait des millions de morts chaque année mais elle ne provient pas que des émissions industrielles ou de la circulation automobile. La pollution de l’air et de l’eau a bien d’autres causes, depuis le chauffage au bois jusqu’à l’extraction de l’or, et touche gravement les pays en voie de développement. Une grande étude effectuée à l’échelle de la planète fait le point et met les pendules à l’heure.

Une vaste enquête sur l’état de la pollution au niveau planétaire, réalisée par la Green Cross suisse et le Blacksmith Institute (Etats-Unis), a dressé la liste des dix polluants ou sources de pollution les plus dangereux en 2008. Ce classement repose sur des critères provenant d’un groupe international d’experts de l’environnement et de la santé publique. On estime aujourd’hui que la pollution, à tous les niveaux, est responsable de 25 à 40% des décès dans les pays en voie de développement. Parmi les personnalités ayant participé à l’enquête figurent des chercheurs de la Johns Hopkins University, de la Bloomberg School of Public Health, du Mt. Sinai Medical Center, de l’Emory University et de la City University of New York.

La liste des dix causes de pollution les plus dangereuses, qui figure en bonne place du site web de la Green Cross suisse et qui est aussi reprise (souvent très partiellement…) par d’autres canaux d’information s’établit comme suit.

L’extraction artisanale d’or : plus de dix millions de personnes empoisonnées par an

Le métal jaune obtient… la médaille d’or des sources de pollution. Derrière cette plaisanterie facile se cache une terrible réalité. L’extraction artisanale, qui utilise du mercure, extrêmement toxique, empoisonne de 10 à 15 millions de personnes chaque année travaillant dans des mines de petites entreprises. Ce fléau touche surtout des communautés socialement et économiquement marginalisées ne disposant que de cette unique ressource pour subsister. Parmi ces mineurs dont la santé portera à jamais les séquelles de l’empoisonnement par le mercure (du moins pour les survivants), on compte 600.000 enfants et 5 millions de femmes.

L’Unido (United Nations Industrial Development Organization) estime qu’environ 1.000 tonnes de mercure sont utilisées chaque année dans le monde aux fins d’extraction de l’or, ce qui représente 30% des émissions anthropogènes totales, dont 95% sont directement déchargées dans la nature avec toutes les conséquences environnementales, humaines et économiques qui viennent encore s’y greffer. Un dernier chiffre, enfin, est encore cité par le rapport : pour chaque gramme d’or extrait dans ces mines artisanales, 2 grammes de mercure sont rejetés dans l’environnement.

L’eau sale : cinq millions de morts par an

La dépendance de l’Homme vis-à-vis de l’eau ne cesse de croître. Chaque individu utilise d’environ 20 litres d’eau par jour pour ses besoins directs (boisson et cuisson), auxquels il faut ajouter de 50 à 150 litres pour d’autres usages (hygiène, industrie…). Les communautés rurales s’approvisionnent traditionnellement dans les eaux fluviales ou des puits, mais l’augmentation de la population et l’industrialisation ont entraîné la pollution de plus en plus généralisée des fleuves.

Aujourd’hui, un tiers de l’humanité vit dans des zones de stress aquatique, Lire la suite

Pierre Bourdieu : L’essence du néolibéralisme

Le Monde diplomatique, Pierre Bourdieu, mars 1998

L’essence du néolibéralisme

LE monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit – plus exceptionnellement – par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main- d’oeuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ?

Cette théorie tutélaire est une pure fiction mathématique, fondée, dès l’origine, sur une formidable abstraction : celle qui, au nom d’une conception aussi étroite que stricte de la rationalité identifiée à la rationalité individuelle, consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice.

Il suffit de penser, pour donner la mesure de l’omission, au seul système d’enseignement, qui n’est jamais pris en compte en tant que tel en un temps où il joue un rôle déterminant dans la production des biens et des services, comme dans la production des producteurs. De cette sorte de faute originelle, inscrite dans le mythe walrasien (1) de la « théorie pure », découlent tous les manques et tous les manquements de la discipline économique, et l’obstination fatale avec laquelle elle s’accroche à l’opposition arbitraire qu’elle fait exister, par sa seule existence, entre la logique proprement économique, fondée sur la concurrence et porteuse d’efficacité, et la logique sociale, soumise à la règle de l’équité.

Cela dit, cette « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée a, aujourd’hui plus que jamais, les moyens de se rendre vraie, empiriquement vérifiable. En effet, le discours néolibéral n’est pas un discours comme les autres. A la manière du discours psychiatrique dans l’asile, selon Erving Goffman (2), c’est un « discours fort », qui n’est si fort et si difficile à combattre que parce qu’il a pour lui toutes les forces d’un monde de rapports de forces qu’il contribue à faire tel qu’il est, Lire la suite

Round-Up : Monsanto condamné

Développement durable- Le journal, William Bolle, 31 octobre 2008,

Round-Up : Monsanto condamné

Monsanto présente à tort son Round-Up comme biodégradable.

Monsanto a été condamné par la cour d’appel de Lyon à 15 000 euros pour publicité mensongère à propos de l’innocuité de son herbicide Round-Up.

Le semencier Monsanto a été condamné mercredi par la cour d’appel de Lyon pour « publicité mensongère ». La firme américaine devra payer une amende de 15 000 euros pour avoir qualifié son herbicide « Round-Up » de produit biodégradable et inoffensif. La cour d’appel confirme ainsi un jugement de 2007, intervenant à la suite d’une plainte déposée en 2000 par les associations Eaux et Rivières de Bretagne et Logement et cadre de Vie.

Alimentation, énergie, malheurs financiers, tout est lié

NewsPress, FAO Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, le 27 octobre 2008

Bill Clinton : « Alimentation, énergie, malheurs financiers, tout est lié »

Le président Bill Clinton a appelé la communauté internationale à cesser d’utiliser la crise financière mondiale comme « excuse » pour éluder le problème de la faim qui s’aggrave, ajoutant que l’autosuffisance agricole est la seule réponse à long terme si l’on veut réduire la faim et prévenir d’autres malheurs financiers à l’avenir.

L’ancien président des Etats-Unis s’exprimait au siège des Nations Unies, à New York, au cours de la cérémonie marquant à la fois la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation (JMA) et le 63e anniversaire de la FAO.

« La nourriture n’est pas une matière première comme les autres« , a dit M. Clinton qui dirige une ONG internationale portant son nom.

« Nous devrions retourner à une politique d’autosuffisance agricole maximum« , a souligné M. Clinton. Alors qu’il y aura toujours un marché mondial pour des cultures comme le riz, le blé ou le maïs, a-t-il ajouté « il serait insensé de considérer la nourriture comme un téléviseur couleur et penser qu’il est possible de développer beaucoup de ces pays où je travaille sans renforcer leur capacité à se nourrir par leurs propres moyens« .

M. Clinton a préconisé le renforcement du commerce équitable et des programmes de commercialisation directe ainsi que d’autres mesures susceptibles de réduire le déséquilibre entre les producteurs agricoles des pays développés et les agriculteurs – des petits paysans pour la plupart – qui produisent la plus grande partie des aliments consommés dans le monde.

La faim s’aggrave

Le thème de la JMA cette année est : La sécurité alimentaire mondiale : les défis du changement climatique et des bioénergies, mais l’événement a pris une connotation plus forte du fait de l’urgence face à l’aggravation de la faim et à la crise financière.

« La crise alimentaire, la crise énergétique, la crise financière montrent que nous vivons dans un monde interdépendant et qu’il n’est pas possible d’échapper à notre destinée commune« , a dit le président Clinton.

« Il est très important pour les pays nantis, les particuliers riches et les compagnies prospères de réaliser, même s’ils ont été très durement touchés par la crise financière, qu’ils n’ont pas d’excuse pour éviter de se pencher sur les problèmes des autres, car cela nous évitera une autre crise financière à long terme. » Lire la suite

VIENT DE PARAITRE : organisation ferrovière et Arctique

30 octobre 2008, la documentation française

La lettre de la BRP (bibliothèque des rapports publics) N°156

Un œil sur la réflexion publique : 5900 rapports en accès libre

HAENEL Huber

Premier ministre

Une organisation ferrovière à hauteur de nos ambitions

En liaison avec ce rapport, voir aussi :

Le réseau ferrovière – Une réforme inachevée, une stratégie incertaine

Cour des comptes

MARITON Hervé

Assemblée nationale. Commission des finances, de l’économie générale et du plan

GAUDIN Christian

Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques ; Assemblée nationale ; Sénat

Faut-il créer un observatoire de l’Arctique ?

Pour télécharger ces rapports Lire la suite

Crises climatique et financière, laquelle inquiète le plus ?

Développement durable Le journal, 30 octobre 2008, Margaux Gouté

Sondage : Quelle crise inquiète le plus ?

Le réchauffement climatique inquiète apparemment tout autant les Français que la crise financière.

Pour 60,5% des français, la crise écologique est aussi préoccupante que la crise financière… C’est en tous cas le résultat obtenu lors d’un sondage LH2 publié mardi.

Explications.

Les Français sont autant préoccupés par la crise écologique que par la crise financière. C’est en tous cas la réponse donnée par 60,5% des personnes interrogées tandis que 22% d’entre elles sont même d’avantage soucieux quant à l’avenir de la planète. A la question : « lorsque vous pensez à l’avenir, qu’est-ce qui vous inquiète le plus ? », 23,2% des hommes et 20,9% des femmes ont cité les risques liés à la dégradation de l’environnement et du climat, contre respectivement 15,7% et 13,4% la crise financière. Mais la réponse la plus massive est : « autant l’une que l’autre », à 57,9% chez les hommes et 63,5% chez les femmes, et jusqu’à 66% dans la tranche d’âge 25 à 24 ans, sexes confondus. Malgré les difficultés économiques actuelles, la protection de l’environnement semble donc être entrée dans beaucoup d’esprits…Mais ces préoccupations se traduisent-elles par des actes ?

Accéder au sondage publié mardi Lire la suite

La désobéissance civile ne s’improvise pas

Le Figaro, 29 octobre 2008

«La désobéissance civile ne s’improvise pas»

INTERVIEW – Mercredi et jeudi, le «collectif des Désobéissants» organise en Moselle un stage de désobéissance civile. L’animateur du collectif, Xavier Renou, revient sur la philosophie et le programme de cette «formation» inhabituelle.

LE FIGARO – Qu’est-ce-que la désobéissance civile ?

XAVIER RENOU – C’est un moyen d’action directe non violente qui permet de se réapproprier l’action politique. On agit directement là où se pose le problème sans passer par des intermédiaires comme les élus. On sent un regain d’intérêt pour cette méthode car les moyens traditionnels de protestation ont moins d’impact que par le passé : les dirigeants sont devenus moins sensibles aux pétitions, aux manifestations… Or la désobéissance civile requière moins d’énergie et est plus efficace. Par exemple, il a suffi de 100 faucheurs volontaires, très actifs, pour arracher une grande partie des parcelles de maïs transgénique cultivées en France.

Comment est née l’idée du stage ?

Jusqu’en 2006, je travaillais pour Greenpeace. En novembre 2006, l’association a arrêté brusquement sa campagne contre la relance des armes nucléaires. Avec d’autres militants nous avons voulu continuer ce combat et nous avons fondé «le collectif des Désobéissants». Notre première action n’a pas été un succès, nous avons juste entraîné un retard du tir d’essai du missile nucléaire balistique M51 de 20 minutes. Nous avons réalisé qu’il fallait nous former à la désobéissance civile. Nous avons contacté des formateurs de Bombspotting, un groupe antimilitariste belge. Leur formation nous a appris que la désobéissance civile ne s’improvise pas et nous avons voulu transmettre les connaissances que nous avons acquises. Une formation est utile pour tous ceux qui se battent de manière non violente pour changer le monde. Ce stage, que le collectif organise tous les mois, réapprend à désobéir et permet aux participants d’éviter les bêtises, de meux s’organiser et d’aller plus vite dans leur lutte.

Quelles techniques apprend-on durant ces deux jours d’atelier ?

Le stage explique comment monter une action de A à Z. Un premier atelier (sur huit, ndlr) dresse le cadre philosophique de la désobéissance civile. On demande aux stagiaires de réfléchir à ce qu’est la violence. Quelle est leur limite ? Où commence la violence, avec l’insulte ? Lorsqu’on arrache du maïs sous les yeux de l’exploitant ? C’est important qu’ils se posent des questions, qu’ils se mettent d’accord avant la protestation sinon les tensions apparaîtront au mauvais moment et cela augmentera les risques de dérapage. On propose ensuite un jeu de rôle : une partie interprète des manifestants, l’autre des gendarmes. La confrontation entre les deux groupes apprend aux stagiaires à éliminer le potentiel de violence lorsqu’ils vont se retrouver, pour de vrai, face aux forces de l’ordre. On leur enseigne à dialoguer, à sourire, à utiliser une gestuelle «ouverte» et non menaçante comme maintenir ses paumes ouvertes au niveau des genoux. Lire la suite

WWF révèle clairement le resserrement du crédit écologique

WWF, le 29 Octobre 2008

Le Rapport « Planète vivante » révèle clairement le resserrement du crédit écologique

« L’économie mondiale va mal. Financièrement, nous vivons au-delà de nos moyens. Mais une récession financière n’est rien en comparaison de la menace d’un resserrement du crédit écologique. »

James Leape, directeur général du WWF International

Le monde doit faire face à une consommation effrénée du capital naturel mondial. Tout comme des dépenses inconsidérées sont à l’origine de la récession, la consommation excessive de l’Homme épuise les ressources naturelles à un point tel que nous mettons en danger notre prospérité future.

Voici le constat qu’établit le WWF dans l’édition 2008 de son rapport « Planète vivante », étude majeure qui révèle tous les deux ans l’état de santé de la planète et réalisé avec la Société Zoologique de Londres (ZSL) et le Réseau Mondial de l’Empreinte écologique (GFN).

« Si nos demandes se maintiennent à la même cadence, nous aurons besoin, vers le milieu des années 2030, de l’équivalent de deux planètes pour maintenir notre mode de vie » annonce James P.Leape.

L’analyse du WWF permet de décomposer les différents facteurs de surexploitation et de proposer des solutions différentes pour chacun. Pour le plus grand des défis actuels, la « Vision énergétique du WWF pour 2050 » (WWF Climate Solutions Model) montre ainsi comment on peut répondre à la croissance prévue de la demande mondiale enservices énergétiques d’ici 2050, tout en réalisant d’importantes réductions des émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit d’identifier les domaines clés où transformer les modes de vie des humains et leurs économies afin de les placer sur une trajectoire plus durable.

« Nous sommes en train d’agir écologiquement de la même façon que les institutions financières se sont comportées économiquement, cherchant la satisfaction immédiatesans prendre en compte les conséquences » constate Jonathan Loh du ZSL. « Seulement les conséquences d’une crise écologique seront bien plus graves que l’actuel effondrement économique » Lire la suite

Nicolas Hulot et Pierre Rabhi lancent le mouvement Colibris

Actu-environnement.com, M.Duchesne, le 23 octobre 2008

Appel à l’insurrection des consciences : Nicolas Hulot et Pierre Rabhi lancent le mouvement Colibris

Mercredi 22 octobre 2008, au Grand Palais à Paris, le Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, rebaptisé Colibris, a présenté ses propositions et ses réalisations pour une nouvelle société en complément du Pacte Ecologique. Le monde de demain sera à notre échelle et interconnecté… Créé en juin 2006, suite à la décision de son président Pierre Rabhi de ne pas se représenter comme en 2002 aux dernières élections présidentielles, le Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, rebaptisé Colibris, lance aujourd’hui une campagne d’information pour redonner à chacun le pouvoir d’agir et de construire une nouvelle organisation de la société.

Sombre diagnostique

Soutenu par le très médiatique Nicolas Hulot, venu l’épauler à Paris ce mercredi 22 octobre, lors d’un point presse organisé par l’Association de la Presse Etrangère, Pierre Rabhi a d’abord exposé avec émotion la philosophie de son combat. Une bataille menée depuis 40 ans en faveur de l’agriculture écologique que cet agriculteur et penseur d’origine algérienne résume dans un ouvrage fondateur paru ces jours-ci (Manifeste pour la Terre et l’Humanisme, 124p°, Editions Actes-Sud). Pour cet humaniste, l’utopie n’est pas chimère mais le non lieu de tous les possibles et, selon lui, il faut profiter des crises actuelles pour changer de paradigme et rompre avec cette société de combustion énergétique.

Ouvrier agricole de profession, le désormais célèbre Ardéchois en appelle au sursaut et à l’insurrection des consciences pour redonner à la société non seulement du sens mais aussi des valeurs fondamentales, selon lui trop souvent considérées comme utopiques. Et d’interroger la salle : Sommes-nous plus heureux ici parce que nous baignons dans l’abondance ? Je vois parfois davantage de joie de vivre en Afrique….

Plus Sombre encore, Pierre Rabhi met en garde ses contemporains : nous allons tout droit vers un tsunami alimentaire ; d’ici quatre ou cinq ans vous verrez, même ici à Paris !. Nicolas Hulot prend le relais : certes, nous traversons actuellement une crise financière. Mais c’est aussi une crise économique, énergétique, alimentaire, écologique et climatique, culturelle et même démocratique !. Avant d’ajouter, citant le britannique Churchill : Après le chaos, il peut y avoir une chance !. Lire la suite

La toiture végétalisée : futur poumon vert de la ville?

Batissor.com, octobre 2008

La toiture végétalisée : futur poumon vert de la ville?

Esthétique, la toiture végétalisée l’est sûrement ! Ce que l’on sait moins, c’est que ses qualités environnementales en font un outil intéressant pour lutter contre les dérèglements climatiques. La mise en oeuvre d’une toiture végétalisée permet de faire chuter les températures de 2 °C environ dans un bâtiment, donc de limiter l’usage de la climatisation. Elle retient entre 50 et 70 % des eaux pluviales, qui sont autant d’eau en moins à traiter par les réseaux d’assainissement saturés par une urbanisation poussée. Les atouts écologiques de ces « toits verts » sont nombreux : absorption des poussières environnantes et fixation du CO2 par les végétaux, humidification de l’air ambiant, isolement acoustique intérieur amélioré de 15 à 20 db(décibels) selon que le substrat est sec ou à capacité maximale en eau. Et en protégeant l’étanchéité de la toiture contre les UV, la toiture végétalisée en augmente la durée de vie d’en moyenne une dizaine d’années.

De quoi s’agit-il ?

Mise au point en Allemagne, la toiture végétalisée n’a rien à voir avec la toiturejardin en terre naturelle traditionnelle, beaucoup plus lourde et épaisse, et sur laquelle il est possible de planter des végétaux de grande taille. Il s’agit là d’un tapis végétal de plantes précultivées reposant sur un substrat mince de 6 à 9 cm (en tourbe, particules de lave, etc.), une couche filtrante et un élément drainant installé sur une étanchéité résistant à la pénétration des racines. Les rouleaux ou dalles pré-cultivés clipsables, dont la charge est limitée (100 kg/m2 contre 600 kg/m2pour une toiture-jardin), permettent une mise en oeuvre facile et rapide.

Les supports

Une toiture végétalisée peut être réalisée sur de nombreux supports même légers (béton, acier, bois), Lire la suite

Pompe à chaleur : le défi dans la qualité des installations

Actu-environnement.com, F. Roussel, le 24 octobre 2008

Pompe à chaleur : le défi réside désormais dans la qualité des installations

Encouragé par le crédit d’impôt, le marché des pompes à chaleur fait preuve d’une croissance dynamique : 100.000 PAC pourraient être installées en 2008. Les professionnels cherchent désormais à encourager la qualité des installations. Dans un contexte de hausse globale des coûts de l’énergie, les particuliers s’intéressent de plus en plus aux modes de chauffage alternatifs comme par exemple les pompes à chaleur (PAC). Ces installations permettent de capter les calories présentes à l’extérieur dans l’air, l’eau ou le sol et de les restituer à l’intérieur du bâtiment à travers l’air ou l’eau grâce à un fluide caloporteur. Ils existent donc plusieurs types de PAC et quasiment toutes les combinaisons sont possibles : PAC air/air, air/eau, eau/eau, sol/eau, sol/sol… Ces installations consomment de l’électricité pour leur fonctionnement (compresseur) mais restituent plus de calories qu’un chauffage électrique classique et permettent donc de réaliser des économies sur la consommation d’énergie par rapport aux solutions traditionnelles.

C’est pour cette raison que le marché des PAC connaît une progression ininterrompue depuis 1997. En France, de 1.000 réalisations par an avant 1997 on est passé à 12.400 installations en 2002 et 69.600 en 2007. Pour 2008, l’Association Française pour les Pompes à Chaleur (AFPAC) mise sur plus de 100.000 PAC installées (hors PAC air/air*), ce qui place la France en tête des marchés européens en terme de volumes. Le président de l’AFPAC, Pierre Sabatier reconnaît que le crédit d’impôt de 50% a été un booster pour le marché.

Les PAC géothermiques sol/sol et sol/eau sont principalement installées dans les maisons neuves (95% des cas). Comme l’installation des capteurs dans le sol entraîne de gros travaux que ce soit des capteurs installés horizontalement (1m de profondeur) ou verticalement (forage de 20 à 100 mètres), les frais engendrés par ces travaux découragent les acheteurs à installer ce type de PAC dans une maison déjà existante. Ils se tournent plutôt vers des installations aérothermiques de types air/eau pour remplacer leur chaudière fonctionnant aux combustibles fossiles (fuel ou gaz). Ce type de PAC n’est installé dans une maison neuve que dans 35% des cas.

Depuis 2007, l’AFPAC note par ailleurs une montée significative des équipements à haute température qui permettent de chauffer de l’eau à plus de 60°C utilisable par conséquent pour le chauffage mais aussi pour la production d’eau chaude sanitaire.

Peu d’évolutions des coûts

Mais cette multiplication des installations ne va pas forcément avec une baisse des prix des installations Lire la suite

Le PNUE veut lancer « un new deal écologique mondial « 

Actu-environnement.com, M. Bernard, 28 octobre 2008

Sur fond de crise financière, le PNUE veut lancer « un new deal écologique mondial »

Une initiative d’économie verte a été lancée par le PNUE. Cette résolution appelle plus particulièrement à investir dans des technologies propres et des infrastructures naturelles en vue de relancer l’économie et la création d’emplois

Alors que les crises économique, énergétique et alimentaire marquent particulièrement l’année 2008, une initiative d’économie verte a été mise en place par le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), le 22 octobre.

L’initiative qui a été prise en partie à la demande du G8+5 il y a deux ans, appelle aujourd’hui à la mobilisation et à la re-focalisation dans des technologies propres et des infrastructures naturelles, en vue de créer des emplois et plus largement de relancer l’économie.

Pour Pavan Sukdhev, banquier de la Deutsche Banque, cette résolution intervient en effet au moment où les modèles économiques du XX siècle ont atteint les limites de leurs possibilités, notamment en terme d’amélioration des conditions de vie pour les 2.6 milliard de personnes vivant encore avec moins de 2 dollars par jour et en terme d’empreinte écologique.

Par ailleurs, les crises actuelles constituent le résultat d’une spéculation et d’un échec des gouvernements à diriger de manière intelligente en se focalisant sur les marchés, estiment les représentants du PNUE. Elles déclenchent alors des pertes toujours plus importantes du capital et des ressources naturelles, ajouté à une dépendance excessive sur les combustibles fossiles limités et souvent subventionnés, précise Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations unies et directeur exécutif du PNUE.

Cinq secteurs visés par la transition

L’Initiative d’économie verte comprendra plusieurs piliers comme celui de générer des emplois verts mais aussi d’établir des politiques capables d’accélérer la transition vers une économie verte.

Pour se faire, l’Initiative s’appuiera plus particulièrement sur le travail déjà produit par le PNUE, le système des Nations unies et celui d’autres organisations, allant des impacts et des opportunités de la pêche, des carburants et d’autres subventions, jusqu’aux mécanismes innovateurs du marché et aux produits financiers amorçant déjà une transition. Sur une période de 18 à 24 mois, les gouvernements – du Nord et du Sud – devraient ainsi avoir à disposition une évaluation complète ainsi que les outils nécessaires pour réaliser la transition.

À terme, plusieurs avantages économiques, sociaux et environnementaux découleront probablement du combat contre le changement climatique et du réinvestissement dans des infrastructures naturelles, Lire la suite

UE : Réunions secrètes pour imposer les OGM ?

Les amis de la terre, C. Berdot, octobre 2008, The Independant on Sunday, le dimanche 26 octobre par Geoffrey lean

Union européenne : « Réunions secrètes au plus haut niveau pour imposer les OGM ! »

Les citoyens européens ne veulent pas d’OGM, ni dans leurs assiettes, ni dans leurs champs. Pour essayer de les leur imposer malgré tout, les responsables européens et nationaux manigancent dans leur dos…

Voici le dernier scandale de notre démocratie génétiquement modifiée. Tous les documents et la liste des membres de la Commission Barroso sont en anglais sur le site de FOEE, liens en fin d’article.

Le « sherpa » français est Mr François Pérol, Secrétaire Général Adjoint de l’Elysée.

Grâce à des documents obtenus confidentiellement, The Independent on Sunday peut révéler que Gordon Brown et d’autres dirigeants européens sont en train de préparer secrètement une campagne sans précédent pour répandre les plantes et les aliments OGM en Grande-Bretagne et sur tout le continent.

Les documents – il s’agit des minutes d’une série de réunions secrètes de représentants des 27 gouvernements – dévoilent les plans pour « accélérer » l’introduction des plantes et aliments OGM et pour « s’occuper » de la résistance que leur oppose l’opinion publique.

Ils montrent aussi que nos dirigeants souhaitent que les « représentants de l’agriculture » et ceux de « l’industrie » – y compris certainement des géants des biotechnologies comme Monsanto – se fassent plus entendre pour contrer les « intérêts matériels » des écologistes.

Alors que les inquiétudes des citoyens vis-à-vis des OGM augmentent, la nouvelle de ces projets secrets, lorsqu’elle sera connue, va provoquer une tempête de protestations, même dans des pays qui les avaient acceptés jusqu’à maintenant.

Les citoyens ont empêché que le moindre OGM ne soit cultivé en Grande-Bretagne. En France, un des 3 seuls pays à les avoir cultivés dans une certaine quantité, a suspendu leur culture et l’opposition se renforce dans les deux autres pays, l’Espagne et le Portugal.

Totalement sur la défensive, l’industrie des biotechnologies, a répondu par une campagne de « public relation », nous expliquant qu’il fallait des OGM pour nourrir le monde, une affirmation plus que contestée. Par contre, elle a eu un certain succès auprès des gouvernements dont les ministres se sont de plus en plus prononcés en faveur de cette technologie, ainsi qu’au sein de la Commission Européenne où les lobbyistes se vantent d’avoir « d’excellentes relations de travail ».

Les réunions secrètes étaient convoquées par Jose Manuel Barroso, le président pro-OGM de la Commission et présidées par son chef de cabinet, Joao Vale de Almeida. Il était demandé à chaque Premier Ministre des 27 de nommer un représentant spécial.

Ni la liste des membres du groupe, ni ses objectifs, ni les résultats de ces réunions n’ont été rendus public. Lire la suite

2009 : Plus d’un milliard de personnes souffriront de la faim

Le Monde, Hervé Morin (avec AP), le 29 octobre 2008

Plus d’un milliard de personnes souffriront de la faim en 2009

La récente baisse des cours des matières premières alimentaires n’y changera rien, du moins dans l’immédiat. Le nombre de personnes souffrant de la faim aura augmenté en 2008. Et il dépassera le milliard d’individus en 2009, a alerté Olivier de Schutter, rapporteur pour le droit à l’alimentation auprès de l’Organisation des Nations unies, lundi 27 octobre.

« La crise alimentaire est encore là », a prévenu M. de Schutter. En septembre, l’organisation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture (FAO) avait indiqué qu’en 2008 au moins 925 millions de personnes étaient touchées par la faim, contre 848 millions entre 2003 et 2005. « Mais ces chiffres faisaient référence au début de l’année. Depuis, les estimations indiquent que 44 millions de personnes supplémentaires ont faim« , a précisé M. de Schutter, qui redoute que le chiffre total d’un milliard soit dépassé début 2009. Selon lui, l’espoir d’atteindre l’objectif du Millénaire fixé en 2000 par les Nations unies – réduire de moitié la faim dans le monde d’ici à 2015 – s’éloigne.

« Les cours des produits alimentaires sur les marchés internationaux ont baissé depuis le pic de juin, quand ils étaient supérieurs de 64 % à leur niveau de 2002. Mais sur les marchés nationaux, ils restent à des niveaux historiquement élevés« , relève-t-il. Cette situation a laissé des marques parmi les plus pauvres, qui ont dû réduire leur consommation alimentaire.

POUVOIR D’ACHAT INSUFFISANT

Pour ce juriste, le problème n’est pas la production et l’acheminement de la nourriture – la récolte 2008 devrait être exceptionnelle -, mais le pouvoir d’achat insuffisant des populations des pays en voie de développement. Lire la suite

Atteinte du bon état des eaux: les associations s’inquiètent

Journal de l’environnement, le 29 octobre 2008

Atteinte du bon état des eaux: les associations s’inquiètent

Dans certains bassins, les objectifs de bon état fixés dans les plans de gestion ne seront vraisemblablement pas atteints, alors même qu’ils sont moins contraignants que ceux qui figurent dans le projet de loi Grenelle I. Les ONG constatent un manque de volonté politique pour réduire les pollutions diffuses d’origine agricole.

Analyser

Dans le bassin Adour-Garonne, l’initiative «Gers amont» pilotée par le conseil général de ce département a permis de «tester grandeur nature avec l’ensemble des acteurs locaux, des dispositifs techniques et organisationnels adaptés pour améliorer durablement la qualité de l’eau». Ses résultats sont considérés comme «décevants et inquiétants » par Uminate qui, alors que l’expérimentation a été prolongée par un plan d’action territorial, appelle le conseil général et l’agence de l’eau à envisager des modes de production alternatifs (agriculture biologique et agriculture durable), plutôt que de soutenir les modes de production intensifs, sources de pollutions diffuses. Elle cite en exemple les actions menées par les Centres d’initiative pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam), et les cas d’agriculteurs conventionnels qui travaillent avec des groupements de producteurs biologiques pour produire avec moins de pesticides.

«L’Etat se fixe l’objectif de ne pas recourir aux reports de délais, autorisés par les dispositions de la directive-cadre sur l’eau (DCE), pour plus d’un tiers des masses d’eau». Si l’intention figurant dans l’article 24 de l’actuel projet de loi Grenelle I parait louable, l’atteinte du bon état pour au moins 66% des masses d’eau françaises en 2015 est fortement compromise et les demandes de reports de délais pour 2021 et 2027 s’annoncent inéluctables.

La fédération régionale d’associations de protection de l’environnement en Midi-Pyrénées, Uminate, constate que plusieurs bassins versants (Gers, Tarn…) en Adour-Garonne sont menacés par l’érosion des sols et les pollutions diffuses liées aux pesticides et aux nitrates. Des phénomènes qu’elle attribue à «la logique des systèmes de production agricole intensifs». «Le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) (1) fixe un objectif de 52% de bon état en 2015. Ce n’est pas beaucoup en soi, mais nous estimons qu’il ne sera pas atteint», indique Sylvain Roumeau, chargé de mission Eau pour Uminate. En septembre, la fédération a envoyé une lettre au président du comité de bassin Adour-Garonne, Martin Malvy, pour lui faire part de ses inquiétudes concernant d’éventuels reports de délais, «réelle menace» pour la qualité des ressources.

Le bon état en 2015 pour 47% des masses d’eau fixé dans le Sdage Loire-Bretagne est également compromis. Lire la suite

Quel impact de la crise sur la croissance à moyen terme ?

Conseil d’analyse stratégique, Note de Veille n°113 (octobre 2008), 28 octobre 2008

Quel impact de la crise sur la croissance à moyen terme ?

La crise financière devrait ralentir durablement le potentiel de croissance des États-Unis. La probabilité pour que les liquidités alimentent une nouvelle vague de valorisation des actifs détenus par les ménages est faible. Dans ce contexte, le taux d’épargne privé américain pourrait se redresser de plus de 5 points, pénalisant la consommation. Cet ajustement pèsera à court terme sur la croissance des pays européens et émergents. En revanche, à plus long terme, le rééquilibrage de la balance courante américaine est de nature à favoriser une appréciation du dollar vis-à-vis de l’euro et une relance de la demande intérieure des pays émergents, couplée à une hausse de leur taux de change réel. Cette « migration » de la demande vers les pays émergents devient un enjeu clé pour éviter un scénario de déflation mondiale. Elle nécessite un renforcement des structures bancaires de ces pays, de sorte que leurs excédents d’épargne soit recyclés en interne et que soit rompue la dichotomie actuelle entre pays « sur-producteurs » du Sud et de l’Est et pays « sur-consommateurs » du Nord. Au final, l’Europe pourrait gagner à ce rééquilibrage des parités et de la géographie de la demande.

Au sommaire

Analyse : Quel impact de la crise sur la croissance à moyen terme ?

– Crise financière, une histoire à répétition …

– Anatomie de l’ordre financier des années 1990-2000

– Une remise en cause en profondeur des moteurs de la croissance ?

– Quelle chance pour un scénario alternatif de fuite en avant dans la liquidité ?

Brèves :

Le parlement européen réaffirme ses priorités pour « mieux légiférer »

Vigilance du parlement e européen à l’égard des agences de régulation

Pour télécharger la note de veille Lire la suite

Les associations repartent sur le sentier de la guerre

www.mediapart.fr, le 24 octobre 2008

Un an après le Grenelle, les associations repartent sur le sentier de la guerre

Alors que le vote à la quasi-unanimité de la loi Grenelle-1 par les députés semblait dégager un parfum d’union nationale, les associations écologistes délivrent une série de cartons rouges au gouvernement. L’Alliance pour la planète, coalition de 80 associations dont Greenpeace, WWF, Les Amis de la Terre, Sherpa…, tire un bilan critique de la politique environnementale de la France, près d’un an après les tables rondes du Grenelle de l’environnement.

Les porte-parole de l’Alliance se sont inquiétés des lacunes de la loi, du retard pris par la traduction législative du Grenelle de l’environnement, mais aussi des concessions faites par Paris pour tenir sa feuille de route européenne, notamment pour les réductions des émissions de carbone. La semaine dernière, lors du conseil européen, l’Italie et la Pologne sont montées au créneau pour dénoncer les objectifs de baisse de consommation de CO2 trop contraignants. La France a accepté que la décision, en décembre, soit prise à l’unanimité des Etats-membres, et non à la majorité comme cela était prévu.

Pour Pascal Hustings, directeur de Greenpeace France, la France aura d’autant plus de mal à imposer une ambition écologique à sa présidence de l’Union européenne qu’elle tarde à voter l’ensemble du dispositif prévu par le Grenelle. Il estime que le rythme de la traduction législative des conclusions du Grenelle est trop «pépère par rapport à l’urgence écologique» Les sénateurs ne devraient pas examiner la loi Grenelle-1 avant janvier ou février 2009. Une fois voté au Sénat, le texte devra faire l’objet d’une deuxième lecture à l’Assemblée. Ce n’est qu’une fois définitivement adoptée qu’il laissera la place au projet de loi Grenelle-2. Un texte long, technique, et surtout beaucoup moins consensuel, puisqu’il organise les modalités de la mise en œuvre des principes du Grenelle-1.

Parmi les points qui fâchent à propos de la loi Grenelle-1 : l’abandon du volet fiscal, la priorité maintenue de la route au détriment des autres moyens de transport, les insuffisants objectifs de maîtrise de la consommation d’énergie, l’oubli de la santé environnementale, la poursuite des incinérateurs, le regain du nucléaire, l’impossibilité d’interdire une substance dangereuse si elle est autorisée au niveau européen.

«Cette loi ne fâche personne et laisse à l’écart des points importants», Lire la suite

VIENT DE SORTIR : Le capitalisme saisi par la philanthropie

Problèmes économiques La lettre n° 241, 29 octobre 2008

Le capitalisme saisi par la philanthropie

La mondialisation a permis, au cours des dernières décennies, à de nombreux individus de s’enrichir rapidement. On dénombrait ainsi, en 2006, 900 milliardaires contre 350 seulement en 1995.

De même, le nombre de fondations s’est accru et leurs activités se sont progressivement internationalisées et davantage portées sur des problématiques universelles.

Avec l’avènement du philanthrocapitalisme, les investissements sont désormais considérés comme n’importe quel autre investissement et sont donc soumis aux mêmes critères d’efficacité. La Fondation Bill et Melinda Gates n’échappe pas aux règles de la nouvelle philanthropie capitaliste. Cette « culture du résultat », chère à Bill Gates, peut d’ailleurs aboutir à certaines incohérences…

Le capitalisme saisi par la philanthropie

Editorial

La mondialisation accroît le nombre de philanthropes

Rapport moral de l’argent dans le monde

Benoît Chervalier

L’avènement du philanthrocapitalisme

Management TodayIan Wylie

La philanthropie au secours du développement durable

How to spend it ? – Financial Times

Lucia van der Post

Bill Gates : portrait d’un philanthrope du XXIe siècle

Fortune

Brent Schlender

Les investissements bien peu philanthropiques de la Fondation Bill Gates

Los Angeles Times / Courrier International

Charles Piller, Edmund Sanders et Robin Dixon

Egalement dans ce numéro Lire la suite

Déchets : La tarification incitative, complexe et efficace

Le Monde, Gilles Van Kote, le 8 octobre 2008

La tarification incitative, complexe et efficace

L’idée, au premier abord, semble s’imposer d’elle-même : faire payer à chaque foyer l’enlèvement des ordures ménagères en fonction du poids ou du volume de ses déchets non recyclables présentés à la collecte. Elle porte un nom : la tarification incitative, puisqu’elle doit pousser le citoyen à faire baisser la quantité de ces déchets dits résiduels qui finissent généralement en décharge ou dans un incinérateur.

En France, elle n’est appliquée que dans une quinzaine de collectivités locales. Mais ce ne devrait être qu’un début : elle compte parmi les mesures figurant dans le premier projet de loi relatif à la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement, qui doit être examiné à l’Assemblée nationale à partir du mercredi 10 octobre.

Va-t-elle devenir la règle, comme c’est déjà le cas en Allemagne ? Ce sera aux parlementaires d’en décider. Le caractère obligatoire – ou non – de la tarification incitative a été débattu lors du Grenelle de l’environnement, sans que les membres de l’intergroupe consacré aux déchets aboutissent à un accord.

Aujourd’hui, le service d’enlèvement des ordures ménagères est financé, selon les collectivités, par les trois méthodes suivantes : sur le budget général de la collectivité, et donc par les contribuables ; par une taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) adossée à la taxe foncière, et donc acquittée par les propriétaires ; ou par une redevance (REOM).

A la différence des deux premières solutions, celle-ci est payée par l’usager et peut donc revêtir un caractère incitatif. Encore faut-il la calculer en fonction de critères incitant à diminuer la quantité de déchets, ce qu’un nombre minime de collectivités font.

ET L’HABITAT COLLECTIF ?

Cependant, les résultats qu’elles enregistrent « sont positifs et cohérents avec ceux constatés dans d’autres pays : stabilisation voire légère réduction du tonnage total collecté avec augmentation forte à très forte de la part valorisée », Lire la suite

DD : les mille et une autres vies des déchets

Le Monde, Catherine Pacary, le 9 octobre 2008

Développement durable : les mille et une autres vies des déchets

Une cannette de Coca, une autre de bière, une troisième de soda : sur les trois, deux sont recyclées de par le monde (source : BCME/LBB). En Europe, les cannettes sont fabriquées avec plus de 50 % de matériaux recyclés, l’acier et l’aluminium qui les composent en grande partie, garantissant par leur valeur économique, la rentabilité et la pérennité de leur recyclage. Une fois collectées, elles ont ainsi plusieurs vies, à l’infini. Elles peuvent aussi devenir vélo (60 cannettes), entrer dans la composition de voitures ou de ponts !

Moins connu : six piles peuvent se réincarner en une petite cuiller. Et il existe ainsi mille autres exemples, démontrant que le recyclage est entré dans les moeurs. Il a gagné en réputation aussi, puisque aujourd’hui 7 Français sur 10 estiment que les produits fabriqués avec des matériaux recyclés sont d’aussi bonne qualité – environnementale et technologique – que les autres (TNS Sofres, septembre 2007). Plus, il est devenu une exigence : pour 95 % des Français, il est important que les emballages se recyclent facilement (TNS Sofres pour Eco-emballages et l’Ademe, octobre 2007).

Pourtant, pour l’écocitoyen, la tâche n’est pas facile. Ainsi le contenu des fameuses poubelles verte, jaune ou marron varie selon les régions. Et, en dépit de nombreuses et onéreuses campagnes d’information, les hésitations subsistent sur certains contenants, tels les films plastiques ou le Stand up Pouch (conditionnements style Pom’Pote). Les sigles apposés sur les produits, comme le point vert aux deux flèches arrondies, peuvent aussi s’avérer trompeurs. Et la longue chaîne du recyclage peut connaître des maillons manquants. L’écocitoyen doit aussi faire preuve de constance. Après s’être levé cinq minutes plus tôt pour déposer ses bouteilles de lait et ses briques de soupe – préalablement lavées – dans les réceptacles ad hoc, doit-il encore veiller au grain écologique aussi bien au bureau, à l’atelier, dans les champs que… dans son fauteuil de PDG.

Là aussi pour tous, le programme est vaste, quand on sait que sur les 849 millions de tonnes de déchets produits par an dans l’Hexagone en 2004 (selon l’Ademe), seuls 4 % proviennent des ménages, alors que le BTP en fournit 40 %, l’agriculture 43 %, les entreprises 10 %, le reste étant essentiellement le fait des collectivités. Lire la suite

INRA : Invasion par les coccinelles asiatiques

INRA, Environnement, Octobre 2007

Invasion par les coccinelles asiatiques

Comment la coccinelle asiatique est-elle arrivée en Europe ? Pourquoi pullule-t-elle en ce moment ? Quelles sont les routes de l’invasion ? Comment s’en débarrasser ? Trois chercheurs* de l’Inra de Montpellier et de Sophia-Antipolis répondent à nos questions…

Des coccinelles s’agrègent sur certaines maisons, quel est ce phénomène ?

Dans le Nord Est de la France et le Bassin parisien, on assiste à des pullulations de coccinelles d’origine asiatique. Elles se regroupent par centaines ou milliers sur les murs des habitations ou à l’intérieur pour y passer l’hiver. Ces pullulations ont déjà été observées en Belgique en 2001 et se sont renouvelées et amplifiées depuis. Elles ont été observées dans le Nord Est de la France en 2004, elles y sont particulièrement fréquentes cette année et atteignent désormais le Bassin Parisien.

Sont-elles dangereuses dans les maisons ?

Les coccinelles asiatiques ne se nourrissent pas et ne se reproduisent pas dans les maisons. Elles les quittent au printemps. Elles n’abîment donc rien (sauf des taches jaunes si elles sont écrasées). Lorsqu’elles sont dérangées, elles peuvent émettre une substance malodorante et toxique pour leurs prédateurs, mais sans danger pour l’homme. Aux États-Unis, des rares cas d’allergies à ces coccinelles ont cependant été signalés.

Posent-elles problème dans l’environnement ?

Très polyphage et très vorace, la coccinelle asiatique est capable de résister au froid et semble capable de s’adapter à de nombreux milieux. Dans certaines zones envahies, elle devient l’espèce de coccinelle la plus abondante, et menace ainsi, au moins transitoirement, l’équilibre des écosystèmes. En s’attaquant occasionnellement aux fruits comme le raisin, elle peut diminuer la qualité de la vendange.

Qui est cette coccinelle ?

Cette coccinelle d’origine asiatique s’appelle Harmonia axyridis. Comme ses cousines européennes, elle dévore les pucerons, ce qui en fait une alliée intéressante pour la lutte biologique. Et comme toutes les coccinelles, elle passe l’hiver à l’état adulte. Elle se reproduit au printemps et pond des œufs qui donnent naissance à des larves qui se nourrissent elles aussi de pucerons. Plusieurs cycles de reproduction peuvent se succéder jusqu’à l’automne.

La coccinelle asiatique peut s’attaquer à d’autres insectes que les pucerons (des psylles, des cochenilles, mais aussi des larves d’autres coccinelles) ainsi qu’aux fruits de manière plus anecdotique.

Comment est-elle arrivée en Europe et comment est-elle devenue une espèce invasive ?

Les populations qui sont actuellement observées dans la nature sont des populations acclimatées chez nous mais, au départ, la coccinelle asiatique est un insecte exotique, introduit de manière localisée en Europe pour lutter contre les pucerons. Importée en Europe par l’Inra en 1982, cette espèce, Harmonia axyridis, a ensuite été produite et distribuée par plusieurs entreprises pour les horticulteurs et les jardiniers en Europe. Lire la suite

Duel écolo : Ampoules à incandescence et fluocompactes

Consoglobe.com, octobre 2008

Duel écologique : Ampoules à incandescence vs Ampoules fluocompactes

Voici un duel dont on connaît déjà le futur vainqueur puisque les ampoules à incandescence sont progressivement amenées à disparaître. Mais, aujourd’hui, elles sont encore les plus vendues, loin devant les ampoules basse conso. Pour quelles raisons ? Faut-il encore hésiter à investir dans ces ampoules nouvelle génération ?

Ampoules à incandescence

En France, l’éclairage représente 9 % de la facture d’électricité des ménages. Selon l’Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie (Ademe), chaque ménage français possède en moyenne 22 lampes, en achète trois par an et consomme environ 350 kWh pour s’éclairer.

Or les ampoules à incandescence (à filament) très énergivores sont encore utilisées par 8 Européens sur 10.

En effet ces ampoules ont un coût à l’achat relativement faible à l’inverse des ampoules basse consommation mais consomment énormément d’énergie :

95% de l’énergie utilisée par une ampoule à incandescence disparaît en chaleur, 5% seulement étant transformé en lumière.

Leur efficacité est ainsi de seulement 14 à 25 lumens par watt.

Leur durée de vie moyenne est de seulement 1000 heures. Celle-ci est donc de un an pour un éclarage de 4 heures par jour.

En raison de leur faible rendement énergétique, 23 industriels et distributeurs, l’ADEME, les recycleurs et EDF ont ainsi signé, un an après le Grenelle de l’environnement,  une convention qui conduira à la disparition de ces ampoules.

Concrètement, au 30 juin 2009, toutes ces ampoules classiques d’une puissance supérieure ou égale à 100 W devront être retirées du marché. Au 31 décembre 2009, ce sera le tour des ampoules de plus de 75 W; celles de 60 W disparaîtront le 30 juin 2010 et ainsi de suite, jusqu’aux 25 W le 31 décembre 2012.

Les pour : qualité de la lumière, coût faible à l’achat

Les contre : très énergivores, rendement et durée de vie faibles, production de déchets important , risque de brûlure

Ampoules fluocompactes

Une ampoule fluocompacte (ou LBC) est un tube fluorescent émettant de la lumière, dont le tube est miniaturisé, plié en deux, trois ou quatre, ou encore enroulé, doté d’un culot contenant un ballast électronique.

Ces ampoules sont destinées à remplacer nos ampoules classiques en raison de leurs nombreux avantages aux niveaux énergétique et écologique : Lire la suite

Appel à projet numérique du Carrefour des Possibles

Appel à projet numérique du Carrefour des Possibles

Vous êtes créateur ou porteur d’un projet, dont le concept mobilise les technologies numériques et témoigne d’un usage innovant ?

Nous vous invitons à le présenter et à vous porter candidat au premier Carrefour des Possibles Aquitaine. Tous les domaines sont acceptés : économique, social, culturel, scientifique…

Les 10 projets sélectionnés seront présentés le lundi 15 décembre 2008 à Cap Sciences à 18h00.

Le processus du Carrefour et la procédure à suivre sont indiqués sur le site : http://aquitaine.carrefourdespossibles.org , via le formulaire « soumission de projet ».

L’événement du 15 décembre se déroulera en 3 parties :

– introduction et actualité régionale des TIC,

– présentation des projets par leurs auteurs, 6 minutes chacun,

– rencontres libres, autour d’un cocktail, entre les participants et les porteurs de projets.

Nous sommes à votre disposition pour toute information complémentaire et nous espérons que cette proposition retiendra toute votre attention.

Contact : Anne-Sophie NOVEL ou Thierry ULMET

Le Comité de repérage du Carrefour des Possibles Aquitaine Lire la suite

FNH : Des fraises au printemps mais pas en hiver !

Fondation Nicolas Hulot, nouvelle campagne pour se nourrir dans le respect de la Nature et des Hommes

Des fraises au printemps mais pas en hiver !

Engagé(e) à nos côtés, vous avez envie d’aller toujours plus loin pour relever le Défi pour la terre.

De la crise climatique à l’érosion de la biodiversité :

– Nos habitudes de consommation ont des conséquences sur notre santé et celle de la planète.

– À travers nos choix, chacun d’entre nous peut réagir.

Adoptez dès à présent de nouveaux gestes pour une alimentation respectueuse de la nature et des hommes

– Je respecte les saisons dans ma consommation de fruits et légumes.

– Je privilégie les produits bio et les produits de qualité.

– Je mange local et j’opte pour les circuits courts entre producteurs et consommateurs.

– Je donne la priorité aux produits frais ou peu transformés et de préférence en vrac.

Alliance pour la planète, Grenelle +1 : et maintenant ?

Alliance pour la planète, Communiqué, Paris, le 23 octobre 2008

Grenelle +1 : et maintenant ?

Ce matin, un an jour pour jour après le début des tables-rondes finales du Grenelle de l’environnement, l’Alliance pour la Planète a tenu sa conférence de presse « Grenelle +1 : bilan ». Le texte adopté mardi par la très grande majorité des députés définit dorénavant le socle minimal de toute politique publique soucieuse de respecter les grands équilibres fondamentaux de la planète. Mais attention à ne pas laisser s’embourber le processus législatif.

Alors que les crises financière et économique s’additionnent à l’urgence écologique et nécessitent le déploiement rapide de mesures ambitieuses, l’Alliance pour la Planète s’inquiète de l’accumulation des retards dans le processus législatif. Le texte Grenelle 2 n’a toujours pas été dévoilé. De plus, l’examen du texte Grenelle 1 devant le Sénat vient d’être reporté au mois de janvier. Ce sont de bien mauvaises nouvelles. « Face  à de tels délais, il est impératif que la question environnementale reste une priorité pour le Président Sarkozy et son gouvernement. Le niveau des ambitions doit être également revu à la hausse étant donnés les périls qui sont devant nous », affirme Robert Lion, Président d’Agrisud.

La première lecture au Parlement a montré que la majorité des députés a entendu les attentes de la société française. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie. Cependant, l’Alliance pour la Planète attend un processus démocratique renouvelé pour le projet de loi dit Grenelle 2. « La dynamique va dans le bon sens mais nous ne sommes pas dupes. Depuis la fin des tables-rondes, les ONG ont été associées de manière très marginale à l’élaboration des textes législatifs. La dynamique démocratique initiale du Grenelle a ainsi laissé place à un processus politique classique où les  ONG ne restent que des observateurs externes. Nous attendons du gouvernement qu’il reforme le pentagone démocratique du Grenelle en y associant davantage la représentation parlementaire », remarque Serge Orru, Directeur général du WWF-France.

Enfin, l’Alliance pour la Planète met en garde contre les effets de trompe-l’oeil que peut amener l’absence de mise en perspective des différents échelons d’action. Le projet de loi Grenelle 2, la loi de finances 2009 mais aussi les objectifs des textes européens sur le climat, le commerce du bois et la révision de la PAC définiront au final la véritable ambition écologique du gouvernement français. « Attention aux effets d’annonce et aux incohérences ! Lire la suite

Lutter contre le réchauffement et la crise économique

Le Monde, propos recueillis par Philippe Ricard, le 31 octobre 2008

Stavros Dimas, commissaire européen à l’environnement

« La lutte contre le réchauffement va permettre de lutter contre la crise économique »

Le « paquet énergie-climat », qui doit permettre à l’Union européenne d’atteindre ses objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, est attaqué de toutes parts : l’Allemagne, l’Italie et les nouveaux pays membres redoutent qu’il n’affaiblisse encore l’économie touchée par la crise. Alors que la présidence française de l’Union tente d’aboutir à un accord avant la fin 2008, Stavros Dimas, commissaire européen à l’environnement, défend ce plan, dont il est l’un des architectes.

Craignez-vous la dilution des efforts européens de lutte contre le réchauffement ?

Beaucoup de gens veulent utiliser la crise financière comme un prétexte pour reporter ou affaiblir nos propositions. Or, selon moi, la lutte contre le réchauffement va permettre de lutter contre la crise économique. Les mesures en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique doivent stimuler la croissance, car elles vont promouvoir l’innovation et la création de nouveaux emplois. Si vous épargnez un euro d’électricité, vous pouvez l’utiliser différemment dans d’autres secteurs, le logement ou l’alimentation. Nous comptons fortement sur le soutien et le leadership de M. Sarkozy pour atteindre un accord d’ici à la fin de l’année.

Les industriels et les détracteurs du « paquet » surestiment-ils son impact économique ?

Oui, clairement. Les coûts générés par le « paquet » sont avant tout des investissements en faveur des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Au total, ces dépenses se montent à 60-70 milliards d’euros par an. Elles vont stimuler la croissance. Cela ne sera pas une perte nette pour la richesse nationale et l’économie européenne. Si vous investissez dans des réseaux électriques plus modernes, vous économiserez de l’électricité. De plus, tous les revenus tirés de la mise aux enchères des quotas d’émission dans l’industrie iront dans les caisses des ministères des finances.

La Pologne et l’Italie ont menacé de mettre leur veto au « paquet ». Craignez-vous cette menace ?

Les coûts avancés par l’Italie (25 milliards d’euros) sont très largement surestimés. Lire la suite

29 nov., organisez une action ni nucléaire, ni effet de serre

Organisez une action locale le samedi 29 novembre sur le thème « Ni nucléaire ni effet de serre »

Un site internet spécifique est dédié à cette journée d’actions : http://ninucleaire-nieffetdeserre.org/actions/

La 14ème Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques se tiendra du 1er au 12 décembre 2008 à Poznan, en Pologne. Plus de 190 pays seront représentés et il s’agira d’un événement largement médiatisé.

Avant l’ouverture de ce grand forum politique, le 29 novembre sera l’occasion pour les tous les citoyens d’exprimer leur inquiétude face au dérèglement climatique, ainsi que leur rejet du nucléaire, trop souvent abusivement présenté comme une option favorable au climat.

Pour faire la lumière sur cette dangereuse supercherie, le Réseau « Sortir du nucléaire » a lancé en juin 2008 une campagne nationale intitulée « Ni nucléaire, ni effet de serre » qui se poursuit jusqu’au 31 décembre 2008. 700 000 documents de cette campagne ont déjà été diffusés.

Le samedi 29 novembre, le Réseau « Sortir du nucléaire » invite les citoyens à une grande journée d’actions décentralisées sur ce thème, dans toute la France et au-delà.

Afin de lutter contre le dérèglement climatique, le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle à mobiliser les imaginations et à multiplier les évènements pour demander la mise en place de mesures politiques fortes.

Pour symboliser la montée des eaux due au réchauffement climatique, organisez une action locale avec masques, tubas, palmes, bouées, etc. Et pour rappeler le péril nucléaire, apportez tous les attributs habituels des actions antinucléaires : drapeaux, banderoles, fûts « de déchets radioactifs », combinaisons blanches…

Un kit d’action sera mis à disposition de tous les organisateurs d’actions locales : communiqué de presse type pour diffusion aux médias locaux, banderole gratuite “Ni nucléaire, ni effet de serre”, documents de campagne gratuits à diffuser en grande quantité.

Sur le plan national, la communication médias et la coordination de cette journée événement seront assurées par le Réseau “Sortir du nucléaire”.

Ensemble, mobilisons-nous pour faire face efficacement à l’urgence climatique !

Inscrivez votre action sur le formulaire en ligne suivant Lire la suite