La « démocratie écologique » de Dominique Bourg n’est pas la solution

alternatives-ecologique.fr, Jean Gadrey, le 18 janvier 2011

La « démocratie écologique » de Dominique Bourg n’est pas la solution

http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/01/18/la-%C2%AB-democratie-ecologique-%C2%BB-de-dominique-bourg-n%E2%80%99est-pas-la-solution/

Un débat existe sur la démocratie écologique (et plus généralement sur la démocratie scientifique). Il serait dommage de le caricaturer, comme c’est le cas avec certaines critiques des thèses de Dominique Bourg. Deux livres récents et importants peuvent l’éclairer. D’une part celui d’Hervé Kempf, « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie » (Seuil). D’autre part celui de Jacques Testart, Agnès Sinaï et Catherine Bourgain, « Labo planète, ou comment 2030 se prépare sans les citoyens » (Mille et une nuits).

Les idées de Dominique Bourg sont explicitées dans un article qu’il a publié avec Kerry Whiteside dans « La vie des idées » le 1° septembre 2009. Il est accessible via ce lien. Ceux qui y voient une « dictature écologique » (voir ce lien) exagèrent beaucoup. D. Bourg ne propose nullement d’abolir le système actuel mais de l’enrichir, il met en avant le rôle de la société civile et des ONG, le rôle de la démocratie « participative et délibérative » venant compléter la démocratie dite représentative.

J’ai toutefois un sérieux problème avec une partie de ces thèses où est affirmée une sorte d’impuissance des citoyens à prendre en charge les grands enjeux écologiques à long terme, enjeux qui ne pourraient être défendus que par l’alliance de scientifiques et d’ONG environnementales.

Cela conduit D. Bourg à préconiser de nouveaux arrangements institutionnels pour surmonter ce qu’il désigne comme une incapacité du système de la « démocratie » actuelle « à répondre au défi environnemental ». Avec la création 1) d’une « académie du futur » composée de « chercheurs internationalement reconnus » ayant pour mission de veiller à l’état de la planète, et 2) d’un nouveau Sénat. Ce dernier, « formé pour deux tiers au moins de personnalités qualifiées – proposées, par exemple, par les organisations non gouvernementales environnementales – et pour un tiers de citoyens, aurait pour rôle d’élaborer, en amont de l’Assemblée nationale, les grands mécanismes législatifs, par exemple fiscaux, permettant de répondre aux nouveaux objectifs constitutionnels. Ce Sénat pourrait, avec l’aval de conférences de citoyens, opposer son veto aux propositions de loi contraires à ces objectifs. » (Le Monde du 31 octobre 2010).

Je retiens évidemment de l’analyse de D. Bourg le fait que, dans le système de la démocratie et de l’information TEL QU’IL FONCTIONNE – très mal, comme le démontre Hervé Kempf – nombre de risques vitaux pour l’humanité, dont le réchauffement climatique, ne sont pas « ressentis » avec la même acuité et la même urgence que, par exemple, le chômage ou la pauvreté. Je constate aussi que les principales alertes écologiques proviennent de l’alliance de scientifiques (par exemple le GIEC) et d’ONG écolos.

Mais on pourrait faire le même constat de mise à l’écart des citoyens pour d’autres enjeux non écologiques au départ mais essentiels, y compris à long terme : les retraites, la construction européenne, la reprise en main de la finance, les dettes publiques, la création monétaire et les investissements du futur, etc.

L’information déversée sur les citoyens par l’alliance terrible des grands médias, de l’argent et de la publicité bloque la démocratie et conforte l’oligarchie. Elle a pour but Lire la suite

Bombay – Retour à la terre en pleine ville

vert.courrierinternational.com, Smita Mitra, le 1er décembre 2010

http://vert.courrierinternational.com/article/2010/12/01/retour-a-la-terre-en-pleine-ville

Retour à la terre en pleine ville

Agacés de payer le prix fort pour se nourrir sainement, de plus en plus de citadins indiens cultivent leur petit jardin. Des formations à l’agriculture bio et urbaine connaissent un franc succès.

Soixante habitants de Bombay suivent avec attention les mouvements de Preeti Patil. Elle découpe devant eux une pomme censée représenter notre planète. “C’est toute la terre dont nous disposons pour cultiver des denrées alimentaires”, dit-elle.

Dans cette salle du centre de formation du parc naturel du Maharashtra, on croise des informaticiens, des avocats, des médecins, des étudiants, des personnes âgées et des adolescents boutonneux. Pour eux, Preeti est une célébrité.

Ils ont tous lu comment cette femme, responsable de la restauration au sein de l’administration portuaire de Bombay, a galvanisé son service en transformant la terrasse de 280 mètres carrés jouxtant la cantine en une “forêt” luxuriante. Ils sont sidérés d’apprendre que son potager recycle les 20 kilos de déchets produits quotidiennement par la cuisine de la cantine. Et qu’elle y récolte des légumes incroyablement savoureux, parmi lesquels des épinards, des gombos, des aubergines et des tomates cerises, que les salariés mangent souvent crus et, bien sûr, des fruits comme les goyaves, les pommes cannelle, les mangues, les bananes et même les noix de coco d’un gigantesque palmier planté contre le mur de la terrasse. Ils ont renoncé à leur repos dominical pour apprendre à devenir des cultivateurs urbains.

Dans le monde entier, les citadins ont recours aux fermes urbaines en période de crise. Au lendemain des deux guerres mondiales, des jardins de la victoire ont fait leur apparition dans les zones urbaines britanniques, américaines, canadiennes et allemandes pour renforcer la sécurité alimentaire. Comme le soulignent Preeti et d’autres membres du mouvement d’agriculture urbaine, l’Inde est elle aussi au bord d’une crise. Pour nourrir une population citadine en plein essor, nous empiétons de plus en plus sur les zones péri-urbaines, qui satisfont la majeure partie de nos besoins alimentaires. Dans l’avenir, les denrées vont donc être transportées sur de plus longues distances encore, ce qui va accroître notre empreinte carbone. Avec l’accroissement de la demande, nous devrons également payer plus cher nos légumes et nos fruits. Et comme nous sommes tributaires de l’agriculture chimique, les produits que nous mangeons sont déjà bourrés de pesticides et d’engrais et très pauvres en nutriments.

Pour faire face à tous ces problèmes, Preeti a créé en 2009 Urban Leaves, une ONG destinée à promouvoir l’agriculture “natueco”, une méthode organique qui utilise des déchets biologiques faciles à se procurer pour produire une terre riche en nutriments mais légère. En moins d’un an, la participation à ses ateliers – 30 personnes au début – a doublé et il y a déjà une liste d’attente pour les prochains. Les participants présentent des profils très disparates, depuis Ubai Hussein, un ancien cuisinier converti dans l’agriculture organique qui était consterné par la qualité des légumes vendus sur les marchés de Bombay, jusqu’à Mavis D’Souza, une employée d’aéroport passionnée d’agriculture depuis le jour où elle a fait pousser des pastèques sur sa terrasse et qui cultive un petit potager à Borivili, une banlieue de Bombay.

Quand B. N. Vishwanath, l’un des pionniers de l’agriculture organique sur terrasse, a commencé à organiser des ateliers en 1996, la plupart des participants étaient Lire la suite

Cancún, un accord à tout prix

bastamag.net, Sophie Chapelle, le 17 décembre 2010

http://www.bastamag.net/article1354.html

Cancún, un accord à tout prix

Ils n’attendaient rien de Cancún ou si peu. L’enjeu pour les participants était de sauver un processus de négociations plombé un an plus tôt à Copenhague. Dès lors, tout valait mieux que l’absence d’accord. C’est donc dans une ambiance survoltée, ou plutôt théâtrale, que 193 pays – à l’exception de la Bolivie – se sont mis d’accord dans les dernières heures sur un texte qui ne fait qu’entériner Copenhague. Déroulé en cinq actes.

Chez tous les négociateurs la crainte était forte de partir de Cancún sans accord. Le fiasco de la conférence de Copenhague en décembre 2009 résonnait encore dans toutes les têtes. Paul Watkinson, chef de la délégation française dans les négociations climatiques, témoigne qu’« après Copenhague, le risque était très élevé de s’enfermer dans Cancún avec un deuxième échec ». Mais les séances plénières qui se déroulent dans la dernière nuit des négociations, du 10 au 11 décembre, vont donner le ton : tout vaut mieux que l’absence d’accord.

Alors que l’ensemble des participants ont dans leurs mains les dernières versions des textes (à lire en anglais ici et ici), ils accueillent sous une salve d’applaudissements Patricia Espinosa, la présidente de la Conférence. Il faut voir là, selon Pierre Radanne, président de l’association 4D, « la reconnaissance de la méthode mexicaine par l’engagement à écouter jusqu’au bout le point de vue de chacun et à gérer l’information et les négociations dans la transparence la plus grande ».

À ce moment-là pour l’assemblée présente, le processus de cette conférence est déjà une première victoire. « Le rôle des Nations unies et le multilatéralisme sortent renforcés de Cancún », se réjouit ainsi Paul Watkinson. Dans ces conditions, les critiques à cette heure avancée de la nuit sont malvenues dans l’enceinte onusienne. Et lorsque la Bolivie intervient en premier par la voix de Pablo Solon pour exprimer ses craintes sur l’accord en voie d’être conclu, c’est un silence glacial qui ponctue son discours.

Acte 1, une unité de façade

Critiquant l’objectif trop faible d’une augmentation des températures limitée à 2°C, l’absence d’engagement contraignant des pays industrialisés en termes de réduction d’émissions, l’inconnue sur les sources de financement du fonds d’adaptation au changement climatique, la Bolivie conclut par son rejet du document. Au sein du Moon Palace, l’hôtel de luxe qui accueille la conférence, l’isolement de la Bolivie va atteindre des sommets. Dans la foulée de son intervention, tous les pays, du Nord au Sud, expriment leur soutien aux deux textes. « Paquet équilibré », « engagements », « pragmatisme », reviennent tour à tour dans les discours du Lesotho, du Kenya, du Pérou, de la Suisse, de l’Union européenne, du Sénégal, des Maldives… Emblématique : les discours des États-Unis et de l’Arabie Saoudite, ambassadeurs en chef du tout pétrole, sont noyés sous les applaudissements. Même le Japon, qui avait douché les espoirs en annonçant son refus de s’engager dans une seconde période du Protocole de Kyoto, est Lire la suite

Les écolos américains appellent à « l’action directe de masse »

Les écolos américains appellent à « l’action directe de masse »

rue89.com, Hélène Crié-Wiesner, le 12 septembre 2010 

http://www.rue89.com/american-ecolo/2010/09/12/les-ecolos-americains-appellent-a-laction-directe-de-masse-165943

Le Congrès des Etats-Unis s’est dégonflé cet été en abandonnant son projet contre les changements climatiques. Tout espoir de voir le pays adopter une législation sérieuse s’est envolé. Dégoûtées, trois organisations majeures de la lutte pour l’environnement en appellent maintenant à l’action directe.

J’ai déjà raconté la radicalisation de nombreux écolos américains. Il semble que le fossé entre « verts radicaux » et « écolos mous » soit en train de se combler tout seul. Les partisans de la discussion (Al Gore et ses disciples) n’ont pu que constater l’échec de leur stratégie.

Outre une reprise acharnée des luttes de terrain -notamment dans les Appalaches charbonnières -, un appel spectaculaire vient d’être adressé aux environnementalistes américains.

Publiée sur Grist, site phare du mouvement vert, cette lettre parue le 7 septembre est signée par le directeur de Greenpeace USA, son homologue du Rainforest Action Network, et par le leader du réseau 350.org. En voici une traduction-adaptation.

Je suis curieuse de voir ce que va donner cet appel, comment vont y répondre les groupes locaux, s’ils vont saisir la perche que leur tendent ces professionnels de la lutte. Car pratiquer l’action directe dans son coin, c’est une chose. A l’échelle des Etats-Unis, c’est un défi autrement complexe.

Chers amis,

Bon sang, quel été ! Les scientifiques viennent d’annoncer que nous venons de vivre les six mois les plus chauds, l’année la plus chaude, et la décennie la plus chaude de l’histoire humaine. Dix-neuf pays ont enregistré des records absolus de température : le thermomètre a grimpé à 54°C au Pakistan, un record en Asie.

Quand on voit l’impact de ces chiffres sur les incendies en Russie, ou sur le Pakistan noyé par des inondations sans précédent, on comprend qu’il n’y a rien d’abstrait dans tout ça.

Cet été, justement, le Sénat américain a décidé de reconduire un accord bipartisan en vigueur depuis vingt ans : l’immobilisme politique face aux changements climatiques. Lesquels, rappelons-le, ne résultent pas d’une quelconque volonté divine.

Nous sommes face aux industries les plus puissantes et les plus profitables du monde : celles qui tirent leurs bénéfices de l’exploitation des combustibles fossiles.

Nous ne les vaincrons pas en restant gentils. Nous devons construire un vrai mouvement, d’une ampleur sans commune mesure avec ce que nous avons bâti dans le passé. Un mouvement capable de contrer le pouvoir financier de Big Oil (pétrole) et Big Coal (charbon). Ce mouvement est notre seul espoir, et nous avons besoin de votre aide.

Honte aux leaders politiques

Quelles sont les priorités ? Dans l’immédiat, en ce moment partout dans le monde, des groupes préparent la Global Work Party du 10 octobre. Ce sera l’occasion de présenter nos solutions concrètes pour résoudre la crise climatique.

On ne se contentera pas de sortir quelques panneaux solaires. L’objectif est de faire honte à nos leaders politiques, de les apostropher : « On fait notre boulot. Et vous ? »

En attendant, dans tout le pays, des avocats et des associations locales abattent un travail d’enfer en combattant Lire la suite

Pourquoi le PS est incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

developpementdurable.com, Propos recueillis par Yann Cohignac, le 30 décembre 2009

http://www.developpementdurable.com/interview/2010/08/I72/eric-loiselet.html

Eric Loiselet, tête de liste Europe Ecologie en Champagne-Ardenne pour les régionales de 2010

Consultant expert dans le développement durable et la RSE, Eric Loiselet a longtemps bataillé au sein du PS pour intégrer l’écologie politique à gauche. Il fut cofondateur du Pôle écologique du parti puis secrétaire national adjoint à l’environnement. Avant de renoncer à son engagement socialiste, lassé par les atermoiements de la rue Solferino, pour rejoindre Europe Ecologie en octobre. Aujourd’hui, il est membre du CAP (Comité d’animation et de pilotage) national du rassemblement écologiste et tête de liste en Champagne-Ardenne pour les élections régionales de 2010. Sans concession avec le PS, il nous parle de son parcours politique, des raisons qui l’ont poussé à entrer chez Europe Ecologie, des actions du gouvernement, et de son programme pour les régionales.

Developpementdurable.com : Consultant expert dans le développement durable et la RSE, vous avez aussi décidé de mener une carrière en politique. Pourquoi cette décision ?

Eric Loiselet : C’est pour moi la poursuite d’un itinéraire citoyen : j’ai été assez jeune engagé politiquement. Ma première carte dans un parti, je l’ai prise en 1979, au PS, à l’époque où il était en pleine ascension puisque c’était deux ans avant la victoire historique de François Mitterrand aux élections présidentielles (mai 1981). J’y suis resté jusqu’en 1992-1993. J’ai ensuite quitté la vie politique militante pendant une dizaine d’années pour me consacrer à mon métier et pour fonder une famille. Avant de renouer avec l’engagement politique au travers d’un club, le Cercle Galilée. J’y ai travaillé sur une thématique qui correspondait à une mon expertise professionnelle : la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Ce club avait la vocation de réfléchir à la manière d’actualiser le logiciel intellectuel et socialiste en prenant en compte la question posée par les mouvements altermondialistes : comment envisager une nouvelle régulation de l’activité des entreprises en prenant plus largement en compte la question des impacts environnemental, social et sociétal de leur activité ? J’ai alors eu l’occasion de travailler sur la préparation de ce qui a été l’article 116 de la loi NRE, dans la zone grise qui précède la décision politique où des professionnels sont consultés pour affiner les projets. J’étais déjà donc à la charnière du professionnel et du citoyen. Comme beaucoup, je voulais donner un sens à ma vie professionnelle.

Puis en 2002, après l’échec de la gauche au premier tour de la présidentielle, j’ai décidé de ré-adhérer au PS pour rejoindre directement sa sensibilité rénovatrice : le Nouveau Parti Socialiste.

dd.com : Quand avez-vous commencé à tenter de « verdir le PS » ?

E. L. : A ce moment-là. Etant donné mon activité « d’expert » au sein du Club Galilée, j’étais devenu « Monsieur écologie » au NPS. J’ai alors essayé de convaincre les socialistes de voter pour la Charte de l’environnement, sans grand succès, et j’ai mené différents combats de cette nature parce que j’avais déjà la conviction que la promesse socialiste était essoufflée : l’élection de 2002 avait clairement montré le décrochage des catégories populaires. Pour moi, il était évident qu’il fallait intégrer au parti les apports de l’écologie politique.
Puis arrivent les présidentielles de 2007 : ayant rejoint Rénover Maintenant, je participe presque machinalement à la candidature, aux primaires, de Ségolène Royal. Pour une raison simple : parmi les trois candidats (avec Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius), je me suis dit qu’elle était celle qui avait le mieux compris les enjeux environnementaux. Elle avait en effet gardé un souvenir de son bref passage au ministère de l’Environnement. Le début de la campagne présidentielle m’avait d’ailleurs conforté dans ma décision : la nomination de Bruno Rebelle (ex-directeur de Greenpeace) comme conseiller à l’Environnement était un choix original. C’était la première fois qu’un ancien dirigeant d’ONG était intégré à ce point dans une équipe de campagne présidentielle. On assistait à une espèce d’ouverture à d’autres filières de recrutement que les grands corps de l’Etat, des filières en phase avec les changements importants et rapides de la société.

dd.com : Expliquez-nous comment vous vous êtes rendu compte que le PS était, selon vos propres mots, incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

E. L. : Cela a été un long processus : après l’échec de Ségolène Royal, je l’ai entendu dire qu’elle était pour le retour de la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante. Je me suis dit alors, avec quelques « écolos » du parti, que tout cela commençait à bien faire ! Nous n’avions, au sein de nos différentes sensibilités socialistes, jamais réussi à convaincre au-delà de la rédaction de quelques textes témoignant d’une ouverture intellectuelle. Dès qu’il s’agissait de prendre des décisions, l’écologie politique était exclue. Nous avons donc décidé de créer le Lire la suite

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ? et Des motifs de discorde subsistent dans la plupart des exécutifs régionaux

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

lemonde.fr, Béatrice Jérôme avec Yan Gauchard (Nantes), Luc Leroux (Marseille), Claudia Courtois (Bordeaux) et Jacques Boucaud (Lyon), le 3 août 2010

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

Quatre mois après les élections régionales, l’heure est au bilan pour les écologistes. A Nantes, du 19 au 21 août, leurs Journées d’été auront pour thème « L’écologie à l’épreuve du pouvoir ». Pour l’heure, leurs victoires sont encore modestes.

Pour sceller l’alliance des listes Europe Ecologie avec celles menées par le Parti socialiste, entre les deux tours du scrutin de mars, ils ont dû accepter des compromis sur des dossiers emblématiques pour eux : aéroport Notre-Dame-des-Landes, en Pays de la Loire, projet ITER en Provence-Alpes-Côte d’Azur… Au-delà de l’environnement, ils s’attachent à imposer une « nouvelle offre politique », singulièrement en matière économique. Mais derrière ce qu’ils appellent le « greenwashing » (récupération ou dévoiement des idées écologistes) des exécutifs de gauche, ils peinent à infléchir le modèle du PS, « productiviste » à leurs yeux.

AGENTS D’UN NOUVEAU CLIMAT

Avec 12,4 % des votes au premier tour des régionales, le 14 mars, les écologistes ont pu négocier 58 vice-présidences dans l’exécutif des 19 régions qu’ils gouvernent aux côtés du PS. Contrairement à la précédente mandature, ils occupent des postes stratégiques. Ils ont obtenu la responsabilité des transports, des lycées ou de l’emploi dans quelques régions. Par petites touches, ils s’efforcent de se démarquer du PS par un exercice, à leurs yeux, moins « notabilisé » du pouvoir. « Nous sommes les « sans-cravate » », plaisante Philippe Meirieu, chef de file d’Europe Ecologie, en Rhône-Alpes. Son groupe a déclaré la guerre aux « petits fours » et demandé la réduction du parc de voitures de fonction des élus.

A Paris, Cécile Duflot a d’emblée renoncé à la sienne. A la tête des troupes écologistes d’Ile-de-France, la patronne des Verts a demandé et obtenu le remboursement des frais de garde d’enfant pour les élus qui siègent en séances de nuit. Un acquis féministe, selon elle. La requête a suscité une colère noire du président (PS) Jean-Paul Huchon, qui y a vu une simple mesure de « confort ». Une alliance de revers entre écologistes et UMP a finalement permis que la mesure soit votée. En Aquitaine, Alain Rousset, patron (PS) de la région, a fait modifier le règlement intérieur pour lutter contre l’absentéisme dans les commissions, une demande des Verts qui remontait à la précédente mandature.

PETITS CLASHES ENTRE « AMIS »

Les sortants Verts avaient pris le pli de la cogestion dans les régions de gauche. Avec les nouveaux entrants, les relations avec le PS sont plus tendues. Et les bras de fer plus fréquents. « On s’est rendu compte qu’on n’obtient rien sans établir un rapport de forces », assume un proche de Mme Duflot. Encore, n’est-il pas toujours suffisant. Le 8 juillet, la région Ile-de-France a donné son accord à la construction d’un « village nature » de 8 000 résidences près d’Euro Disney, en Seine-et-Marne. Les écologistes ont voté contre, en commission permanente, hostiles au principe d’une nature « clôturée, tarifée et réservée à des touristes européens aisés« . En vain. Un accord PS-UMP a permis l’adoption du projet.

Les écologistes ne vont pas pour autant jusqu’à remettre en cause les accords de gouvernement passés avec le PS. Dans les dix régions où ils disposent d’une minorité de blocage, Lire la suite

La politique énergétique française vue par l’Agence Internationale de l’Energie : une analyse sourde, aveugle et muette !

Revue de l’AIE sur la politique énergétique française : une analyse sourde, aveugle et muette !

cdurable.info, le 27 juillet 2010.

http://www.cdurable.info/+Revue-de-l-AIE-sur-la-politique-energetique-francaise-une-analyse-sourde-aveugle-et-muette-pour-le-CLER,1766+.html

Tous les 4 ans, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) – organe de coopération entre les 28 pays membres de l’OCDE centré sur l’énergie – réalise une revue de la politique énergétique de chacun de ses pays membres.

Le rapport concernant la France publié le 26 Juillet 2010 se montre très décevant et même inquiétant. Les experts associatifs pointent les défauts du processus de concertation sur la forme et le manque d’analyse critique de la revue sur le fond.

Un rapport sourd aux ONG

Le processus d’élaboration du rapport comprend plusieurs phases de débat et de concertation entre les représentants des ministères des pays membres et le Secrétariat de l’AIE. Les autres acteurs concernés sont en principe eux aussi associés à la démarche.

Contrairement à ce qui se fait dans les autres pays, le Ministère du développement durable (MEEDDM), en l’occurrence la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), a refusé d’inclure les acteurs associatifs français de l’énergie et de l’environnement (si ce n’est ponctuellement la Fondation Nicolas Hulot) dans le programme de réunions consultatives.

Ce faisant, la DGEC a privé l’équipe de revue de toute possibilité de discussion directe avec des représentants de la société civile dont la connaissance et l’expertise – notamment en terme d’énergie durable – ont pourtant été largement reconnus durant tout le processus d’élaboration du Grenelle de l’environnement. L’ambitieuse future réglementation thermique RT 2012, dont se félicite l’AIE, est par exemple le fruit des propositions des associations.

Rappelons que le dialogue avec la société civile fait intégralement partie des engagements des pays membres de l’OCDE, ce qu’ont bien compris de nombreux pays membres qui ont pleinement intégré les associations dans le processus de concertation.

Un rapport aveugle vis à vis du nucléaire

Le processus de Grenelle avait été marqué par l’exclusion d’entrée du nucléaire – pourtant placé au centre de la politique énergétique française depuis 1973 – du champ des discussions. Si cette séparation artificielle a sans doute favorisé les avancées de la concertation sur les autres volets de la politique énergétique, elle ne saurait demeurer dans la mise en œuvre concrète des orientations correspondantes.

Les projections officielles « post-Grenelle » du gouvernement français prévoient explicitement, à la fois de stabiliser la consommation d’électricité et de développer la part de la production électrique d’origine renouvelable… tout en assurant le maintien voire l’augmentation de la capacité de production nucléaire. Pour « boucler » le scénario, le Gouvernement ne peut que parier sur une augmentation sans précédent des exportations d’électricité qui n’a aucune chance de se réaliser, ce qui ne peut en retour qu’entraver les progrès sur la demande ou les renouvelables sur un marché national saturé.

L’AIE ignore ou feint d’ignorer dans son analyse cette Lire la suite

Entretien avec Dominique Bourg : Démocratie, le défi écologique

scienceshumaines.com, Article de la rubrique « Les pensées vertes », Grands Dossiers N° 19, – juin-juillet-août 2010

Entretien avec Dominique Bourg : Démocratie, le défi écologique

http://www.scienceshumaines.com/articleprint2.php?lg=fr&id_article=25631

Démocratie participative et démocratie délibérative sont les deux pistes à explorer pour enrichir la démocratie représentative et se donner les moyens de répondre aux enjeux environnementaux qui se présentent à nous.

Née dans les années 1970, l’écologie politique a jusqu’à présent peu pesé dans les grandes démocraties, dans lesquelles semblent primer les intérêts de court terme et la satisfaction des besoins individuels. Le mariage entre écologie et démocratie serait-il difficile à réaliser ?

Il est vrai qu’il existe une certaine incompatibilité entre l’écologie et nos démocraties représentatives telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui. J’y vois deux raisons.

D’une part, le mécanisme même de la représentation : nos élus doivent régulièrement rendre des comptes aux électeurs, élevés en juges ultimes de leur action. Ils s’adressent alors à la conscience spontanée de chaque citoyen : chacun de nous est considéré comme le meilleur juge de sa situation, en termes de souffrance sociale, de sentiment de bien-être, de satisfaction économique. Or les questions d’environnement sont inaccessibles aux sens, à la « conscience spontanée » du citoyen. Ce dernier perçoit la météo du jour mais il est insensible aux variations de la moyenne des températures sur une longue durée, ou au phénomène de raréfaction globale des ressources. Il est donc difficile de prendre en compte les enjeux environnementaux dans le fonctionnement électoral : ils sont trop abstraits et éloignés.

D’autre part, il y a un problème de fins. Le gouvernement représentatif, tel qu’il est notamment apparu à la fin du XVIIIe siècle dans les écrits d’auteurs modernes tels que Benjamin Constant, est censé limiter l’intervention de la sphère publique et protéger les droits des individus (encadré ci-dessous). Pour les Modernes, le gouvernement a plutôt pour fonction de contribuer à la maximisation des intérêts individuels et de faciliter le commerce entre les nations. Cette conception très individualiste et économiciste était pertinente dans un monde où la croissance de la production et de la consommation n’avait pas de limites perceptibles. Elle est aujourd’hui inadaptée à un monde de ressources limitées et d’équilibres écologiques menacés par les activités humaines…

Cela signifie-t-il que l’écologie aurait besoin d’un cadre autoritaire minimal, d’une « dictature bienveillante » ? Hans Jonas propose par exemple la création d’un Conseil de sages, non tributaires des élections, pour s’assurer que nos choix politiques ne mettent pas en péril les générations futures…

H. Jonas a effectivement prôné l’instauration d’une « tyrannie bienveillante et bien informée ». Il s’agirait de refonder le « Conseil nocturne » imaginé par Platon, agissant dans le secret, sans aucune forme de contrôle et indépendamment des contraintes électorales. On construirait ainsi une Lire la suite

Education nationale : La géographie, l’écologie, l’esprit critique et… les nouveaux programmes

lemonde.fr  (Point de vue), Aurélien Dupouey-Delezay, professeur d’histoire et géographie, le 13 juillet 2010

La géographie, l’écologie, l’esprit critique et… les nouveaux programmes

Certaines personnes se piquent d’esprit critique. On ne saurait trop s’en réjouir ; à condition pourtant de se souvenir que « de tous les animaux l’homme a le plus de pente à se porter dedans l’excès ». Eh oui ! Il est même possible de pécher par excès de vertu.

Ainsi, un esprit critique poussé à outrance peut facilement devenir borné : on tombe alors dans une attitude facile qui consiste à regarder de haut, avec condescendance et même dédain, tout ce qui est « à la mode », tout ce que transmettent « les médias », et plus généralement tout ce que le monde tient pour acquis. L’esprit critique oublie, paradoxalement, de faire son propre examen critique : il devient alors bien plus (ou bien moins) qu’un doute méthodique et raisonné : on affiche face à toute affirmation un scepticisme de principe d’autant plus fort qu’elle est davantage présentée comme une certitude.

Une telle attitude garantit le succès de celui qui l’adopte, car qui se démarque tend toujours à briller par sa différence si celle-ci se fonde sur un principe universellement reconnu comme positif. L’impression de ne pas tomber dans les mêmes pièges que le vulgaire fait le reste : c’est ainsi que l’on assiste, par exemple, au succès populaire de L’imposture climatique, de Claude Allègre, alors même que le livre se fonde sur de nombreuses approximations ou erreurs.

Mais ce genre de scepticisme ne se rencontre pas que parmi les géologues. Depuis plusieurs années, un certain nombre de géographes semble également s’être lancé sur cette voie.

Pour illustrer ce phénomène, l’application qui semble devoir être faite des nouveaux programmes de géographie en classe de seconde est éclairante. Précisons tout d’abord que le programme en lui-même semblait aller dans la bonne direction. Intitulé Sociétés et développement durable, il était certainement critiquable : qu’est-ce que le « développement durable » ? Est-ce un concept véritablement pertinent ? Dans quelle mesure un développement peut-il être durable ? Mais enfin, il avait au moins le mérite de se saisir de l’enjeu écologique, un des plus fondamentaux de notre temps.

Un programme n’est rien cependant à côté de la manière dont il est mis en œuvre. Face à la nécessité de traiter dès la rentrée prochaine des thèmes qu’ils n’auront encore jamais travaillés, les enseignants vont naturellement se ruer sur les spécimens des manuels qui ont déjà commencé à sortir, ainsi que sur leurs inséparables « livres du professeur ». Bien sûr, ils ne sont pas tous parus, et il est donc un peu tôt pour se faire une idée. On peut toutefois commencer avec les premiers.

Ainsi, prenons le Magnard. Le « livre du professeur » s’ouvre sur un interview d’Yvette Veyret, géographe spécialiste du développement durable, par Jacqueline Jalta, de l’équipe de coordination du manuel. On peut remarquer que nous sommes entre amis, les deux géographes ayant déjà travaillé ensemble. Mais c’est surtout le fond qui interpelle : on nous invite ainsi, au nom de l’esprit critique bien évidemment, à « ne pas faire du développement durable un dogme », à bannir les « solutions clés en main », à « éviter le catastrophisme », les discours « passéistes » et une « vision rousseauiste de la nature ». On vante la qualité de la vie en ville ; on qualifie d’inutiles, voire de néfastes, les « parcs et autres réserves » d’Afrique et de Madagascar ; on parle avec dédain des « ONG protectrices du panda ou de l’éléphant ». La ligne directrice est clairement posée.

Le manuel lui-même, le livre donc que nos élèves sont destinés à tenir en main, ne la trahit pas. La dernière « question en débat », par exemple, se demande si le réchauffement du climat constitue Lire la suite

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

lemonde.fr, Rémi Barroux, le 28 juin 2010

Les syndicats se convertissent à la croissance verte

« Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi » a fait valoir le directeur international de Greenpeace lors du congrès international des syndicats à Vancouver.

Vancouver

Le syndicalisme international veut faire de la croissance verte un de ses combats. C’est le message fort du congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI), qui s’est achevé vendredi 25 juin à Vancouver (Canada).

Manifestation la plus visible de cette évolution : le directeur international de Greenpeace, le Sud-Africain Kumi Naidoo, était présent au même titre que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ou celui du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. « La CSI oeuvrera pour un travail décent dans le cadre d’une économie verte« , a déclaré l’Australienne Sharan Burrow, la nouvelle secrétaire générale de l’organisation, élue vendredi, en remplacement du Britannique Guy Rider. La CSI regroupe 311 organisations de travailleurs représentant 168 millions de membres dans 155 pays et territoires.

Le rapprochement entre les syndicats et le mouvement écologiste est récent. Chaque partie souligne les efforts mutuels qui ont été accomplis. « Les mouvements comme Greenpeace reconnaissent dorénavant que nos préoccupations en matière d’emplois et de salaires sont légitimes, explique Guy Rider. Il y a cinq ans, ils refusaient de nous entendre au motif que l’environnement devait être défendu quel qu’en soit le prix. »

Les écologistes assument cette mutation. « Pour ma part, j’ai toujours pensé qu’il fallait rapprocher les points de vue, malgré les tensions. Quand on réclame la fermeture d’une usine polluante, nous devons savoir quel impact cela aura sur l’emploi », fait valoir Kumi Naidoo. Greenpeace se bat pour l’abandon des énergies fossiles et prône la transition vers des sources d’énergies renouvelables sans oublier désormais de mettre en avant les emplois qui seront créés. Dans la dernière version, publiée en juin, de son document de référence sur la « révolution énergétique », l’Organisation non gouvernementale estime que d’ici à 2030, 12 millions d’emplois « verts » peuvent être créés.

Côté syndical, l’optimisme reste tempéré. « Dans les Asturies, les mines de charbon employaient 45 000 personnes. Aujourd’hui, il ne reste que 6 500 mineurs et nous n’avons pas trouvé d’activité de remplacement », constate Javier Doz, des Commissions ouvrières, la principale organisation syndicale espagnole. « Le secteur de la construction, pilier de la miraculeuse croissance espagnole qui s’est effondrée avec la crise, devrait être un des secteurs de cette transition vers l’économie verte. Mais nous attendons. », poursuit-il.

Comment marier croissance économique et développement durable ? « Petit à petit, notre réflexion syndicale, fondée sur l’analyse des rapports entre le capital et le travail, a intégré Lire la suite

Bordeaux – Machine à lire – 18h30 : Vendredi 18 juin à 18h30, rencontre autour du dernier numéro d’EcoRev’ : « Urgence écologique, urgence démocratique : vers une sortie civilisée du productivisme ? ».

ecorev.org, communiqué, 3 juin 2010

Bordeaux : rencontre autour de notre n°34, vendredi 18 juin

jeudi 3 juin 2010

Vendredi 18 juin à 18h30, rencontre autour du dernier numéro d’EcoRev’ : « Urgence écologique, urgence démocratique : vers une sortie civilisée du productivisme ? ».

Florent Marcellesi, coordinateur du dossier et consultant en participation citoyenne, présentera un tour d’horizon de mécanismes participatifs, à interroger et comparer « pour repenser la démocratie ».

F. Marcellesi, Isabelle Lamaud et Aude Vidal, tous trois membres du comité de rédaction de la revue, animeront ensuite un débat sur les tensions qui peuvent exister entre les nécessités démocratiques et la question écologique.

A la librairie La Machine à Lire – 8, place du Parlement à Bordeaux

Editorial du N°34

Crise climatique, crise énergétique, crise alimentaire, crise économique, crise de sens, crise de civilisation… La crise écologique, d’ampleur mondiale et aux conséquences « glocales » et transgénérationnelles, n’est plus une menace. C’est une réalité, une urgence. Face à cet impératif écologique, André Gorz nous mettait en garde contre la tentation du « fascisme vert » où « la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes » (Écologie et liberté) et où il expliquait que « la sortie du capitalisme aurait lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare » (ÉcoRev’ 28). Parce que nous croyons que l’écologie politique peut apporter une réponse civilisée à l’urgence écologique, il est indispensable de se pencher sur la théorie et la praxis démocratiques qui peuvent accompagner cette sortie du productivisme et la mise en place d’une gestion soutenable, respectant libertés individuelles et intérêt général aujourd’hui et demain, au Nord et au Sud.

De son côté, Cornelius Castoriadis, qui est ici notre classique, rappelait de même qu’il n’était pas impossible que, face à une catastrophe écologique mondiale, des régimes autoritaires imposent des restrictions draconiennes à une population affolée et apathique. Ce pour quoi il prônait une indispensable « insertion de la composante écologique dans un projet politique démocratique radical » et, comme l’expliquent Antoine Chollet et Romain Felli – qui nous proposent une vision condensée de la pensée du philosophe de Socialisme ou barbarie – un nécessaire passage de l’autonomie à l’écologie et d’une l’émancipation vis-à-vis du système technico-productif.

Pour réaliser cette émancipation Bruno Latour réfléchit, dans un entretien réalisée par Isabelle Lamaud, à la place, et à la signification, de la nature et des non-humains en politique et à la redéfinition de fond en comble de « la fonction politique, du rôle même des parlements, de la notion de porte-parole pour retrouver des règles d’autorité, de procédure, de débats » pour décider de notre futur. Bruno Villalba et Luc Semal nous incitent à intégrer le plus tôt possible dans nos sociétés démocratiques les contraintes Lire la suite

Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 12 juin 2010

Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé

Un grand pas a été franchi, vendredi 11 juin, vers la création d’un réseau mondial d’expertise sur la biodiversité, à l’image de ce qui existe depuis 1988 pour le climat à travers le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). A l’issue de cinq jours de négociations, quelque 90 Etats, réunis à Pusan (Corée du Sud) sous l’égide des Nations unies, ont adopté à l’unanimité une recommandation favorable à la création d’une Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES en anglais).

Le faire-part de naissance ne pourra cependant être publié qu’après l’adoption de cette recommandation par l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre, à New York. Si le risque de rejet ne peut être exclu, il semble cependant très mince aux yeux des négociateurs qui, depuis cinq ans, bataillent pour que la préservation de la biodiversité planétaire, l’autre grand défi environnemental de ce siècle avec le changement climatique, puisse être appréhendée à partir des connaissances scientifiques les plus incontestables.

L’idée de cette plateforme, dont l’ambition est d’éclairer les décisions que doivent prendre les gouvernements à un moment où la nature disparaît à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité, est née en 2005, après la publication de l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire.

Ce rapport, réalisé sous l’égide des Nations unies grâce aux contributions de près de 1 400 scientifiques, offrait une vision globale et ô combien inquiétante de l’état des ressources naturelles dont dépendent les sociétés humaines pour leur survie : effondrement des stocks halieutiques, mortalité élevée des récifs coralliens, destruction des grandes forêts tropicales…

La France a été un des premiers pays – et pendant quelques années le seul – à défendre cette idée d’un GIEC de la biodiversité, avant que le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) n’endosse en 2008 le projet et ne réussisse à convaincre les plus réticents. Vendredi à Pusan, la délégation française ne cachait pas sa joie : « La communauté internationale a pris conscience que la préservation de la biodiversité est une pièce indispensable du bien-être de l’humanité », se félicitait Claude-Anne Gauthier de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

L’IPBES, comme le GIEC, sera donc une organisation intergouvernementale dont la mission première sera de fournir aux gouvernements des évaluations et des scénarios sur l’évolution à venir de la biodiversité mondiale. Les pays en développement, où se concentre la plus grande diversité naturelle, ont cependant exigé d’encadrer étroitement le mandat des scientifiques, afin que l’IPBES ne joue pas les donneuses de leçon à l’égard d’Etats peu respectueux de leur patrimoine naturel.

Le Brésil et la Chine se sont ainsi montrés particulièrement offensifs dans la défense de ce qu’ils considèrent comme relevant de la souveraineté nationale : l’IPBES ne pourra ainsi faire aucune recommandation de politique publique. De même, la feuille de route des scientifiques devra être approuvée par Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

lesechos.fr, Julie Chaveau, le 28 mai 2010

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

La fondation Nicolas Hulot a publié un premier bilan à la fois positif et critique du Grenelle de l’environnement. Pour l’avenir, elle demande des moyens supplémentaires et souhaite élargir le débat à la politique agricole commune.

Il a pris le temps de la réflexion. Deux semaines après le vote par l’Assemblée du projet de loi Grenelle de l’environnement, Nicolas Hulot, président de la Fondation pour la nature et l’homme, est sorti du silence. Dans une tribune intitulée « Grenelle, merci et encore ! », et publiée dans « Le Figaro », l’animateur délivre une sorte de satisfecit au gouvernement, immédiatement modéré par des critiques sur ceux qui « s’obstinent à opposer les questions sociales, économiques et écologiques ». Simultanément, sa fondation a publié hier un premier bilan des engagements pris dans le cadre du Grenelle, assorti de propositions.

· Bâtiment et énergie.

Si les mesures en faveur du bâtiment sont les plus connues (relèvement des normes de construction dans le neuf, prêts à taux zéro), la Fondation considère que les moyens mis en oeuvre pour accompagner la rénovation thermique des logements anciens sont « limités ». Il préconise la création d’un éco-prêt à taux zéro spécifique pour les propriétaires modestes qui réaliseront des travaux d’isolation, leur permettant de ne rembourser que ce qu’ils auront économisé sur leur facture énergétique. Les experts de la fondation insistent également sur la nécessité de fixer, dès maintenant dans la loi, l’objectif de rendre obligatoire à partir de 2015 la rénovation d’un logement quand il est vendu. L’ONG demande par ailleurs l’annualisation du malus sur les véhicules dont les émissions de CO2 dépassent 130 grammes de CO2 à partir du 1 er janvier prochain.

· Biodiversité.

Si l’inscription de la « trame verte et bleue » (des corridors de nature) dans la loi est jugée positive, le rapport souligne qu’il manque toujours les plans d’action et des outils juridiques pour la mettre en place. En plein débat sur les niches fiscales, la fondation estime qu’il n’existe pas d’instrument économique pour inciter les collectivités locales à préserver la biodiversité alors que le système fiscal actuel pousse plutôt les élus à construire pour dégager des redevances locales nouvelles. Elle dénonce par ailleurs la manière dont le gouvernement a organisé la création de la future agence de la nature par le simple rapprochement de trois organismes publics spécialisés dans la protection des espaces protégés. « Un regroupement pourrait mener à des réductions de moyens dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, alors qu’au contraire il faudrait renforcer leurs moyens. Il y a là un vrai déficit de concertation », souligne le rapport.

· Gouvernance.

Le gouvernement a créé le Comité national du développement durable et du Grenelle de l’environnement. Composé de 80 personnes (dont 11 femmes), de représentants des élus, du patronat, des syndicats des ONG et des associations, il sera chargé de Lire la suite

Chantal Jouanno : « Il faut maintenant un Grenelle 3 »

lemonde.fr, Propos recueillis par Gaëlle Dupont et Pierre Jaxel-Truer, le 19 mai 2010

Chantal Jouanno : « Il faut maintenant un Grenelle 3 »

Chantal Jouanno, 41 ans, est secrétaire d’Etat à l’écologie depuis janvier 2009, après avoir été la conseillère de Nicolas Sarkozy pour le développement durable. Appréciée des écologistes, elle a défendu, avec le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo, la loi Grenelle 2 à l’Assemblée nationale, prenant position contre son propre camp sur certains dossiers.

La loi Grenelle 2 a été adoptée par l’Assemblée nationale le 11 mai. L’opposition vous reproche des « reculs »…

Il ne faut pas tomber dans la caricature. La loi n’est pas en recul par rapport à l’existant, c’est une avancée énorme. Le problème de l’écologie, c’est qu’on ne la juge que sur des symboles : les OGM, les pesticides, la taxe carbone… Avec Jean-Louis Borloo, nous demandons à être jugés sur les résultats, le nombre d’éoliennes implantées, le nombre de produits phytosanitaires retirés du marché… Maintenant, la balle est dans notre camp. A nous de mettre en œuvre le Grenelle sur le terrain. Le drame français, c’est qu’on croit que quand on a voté une loi, la messe est dite. Au contraire, tout commence maintenant. Il faut que les élus se saisissent du Grenelle. C’est pour ça que je vais reprendre mon tour de France pour aller « vendre » le Grenelle sur le terrain.

Etes-vous satisfaite, ou déçue, du texte adopté ?

On ne peut pas dire que c’est 100 % de ce qu’on voulait. C’est normal, c’est la démocratie. Mais le bilan global est positif. Avec les dispositions sur le bâtiment, la biodiversité, l’agriculture, l’eau, les risques, on a de quoi avancer. Sur certains sujets, on aurait pu aller plus loin, c’est vrai. J’ai toujours été réservée sur l’application du régime des installations classées pour la protection de l’environnement aux éoliennes, car ce ne sont pas des installations à risque. J’étais favorable à la possibilité d’expérimenter des péages urbains. Sur l’étiquetage environnemental, on aurait pu passer toute de suite à l’obligation sur certains produits.

Le contexte économique et politique n’est-il pas devenu défavorable aux ambitions écologiques ?

Ce sera moins simple qu’avant la conférence de Copenhague sur le climat . A l’époque tout était « vert », il n’y avait pas une voix discordante. Cela ne pouvait pas durer. Je ne suis pas favorable au consensus absolu sur l’écologie, car seules les modes sont consensuelles. Heureusement qu’il n’y a pas une pensée unique sur le sujet, sinon on entrerait dans une dictature technocratique. L’écologie doit rester un sujet politique, qui questionne notre organisation de la société.

En 2007, Nicolas Sarkozy parlait de « New Deal », l’écologie devait être placée au cœur de toutes les politiques publiques. Cette ambition a-t-elle été abandonnée ?

Certainement pas par le président de la République, qui a Lire la suite

La chasse aux pesticides bientôt ouverte

sudouest.fr, Jacques Ripoche, le 27 avril 2010

La chasse aux pesticides bientôt ouverte

Paquet pesticides, directive cadre sur l’eau, Grenelle de l’environnement : la chimie agricole est cernée par les réglementations européenne et nationale. Le plan Écophyto 2018, qui vise à réduire de 50 % l’usage des pesticides d’ici à 2018, en est le fruit. Vivement discuté, il entre désormais dans une phase opérationnelle qui va se traduire par la mise en place, dans les prochaines semaines, des comités régionaux d’orientation et de suivi (Cros).

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a commencé à déblayer le terrain en publiant au début de l’année les résultats de son étude « Écophyto R & D » dont l’objet est d’esquisser un scénario possible pour atteindre l’objectif visé. Troisième utilisateur européen, l’agriculture française consomme, en moyenne, 5,4 kg de pesticides par hectare et par an, soit environ 72 000 tonnes. En 2006, année de référence de l’étude, les exploitations professionnelles en ont acheté globalement pour 2,3 milliards d’euros.

De 2 à… 36 traitements

Compte tenu de la superficie qu’elles occupent, les grandes cultures sont, en volume, les premières utilisatrices (68 %) de substances actives. Viennent ensuite la vigne (14 %), les fruits et l’horticulture (5 %). Mais ces chiffres reflètent de grandes disparités. L’indice de fréquence de traitement (IFT) peut aller de 2 pour le maïs et le colza jusqu’à 16 pour la pomme de terre. En viticulture, le nombre annuel de traitements est compris entre 9 et 15 dans les régions atlantiques. En arboriculture, il peut monter jusqu’à 36. Et si un agriculteur en grandes cultures dépense en moyenne 134 euros par an et par hectare en pesticides, un viticulteur investit 394 euros, un horticulteur 527 euros, un arboriculteur 590 euros.

L’étude « Écophyto R & D » considère que « l’engagement du Grenelle de réduire les pesticides de moitié, en moyenne, par rapport au niveau actuel (2006) est un objectif ardu ». Pour autant, elle est porteuse d’une bonne nouvelle : « Une baisse de l’ordre du tiers serait atteignable en grandes cultures avec des changements significatifs de pratique mais sans bouleversements majeurs des systèmes de production ». La baisse de la production serait de l’ordre de 6 % et les marges n’en seraient « peu ou pas touchées ».

En revanche, la généralisation de la production intégrée (1) entraînerait une baisse des rendements de 25 % en viticulture et de 20 % en cultures fruitières. Or tout l’enjeu d’Écophyto 2018 est de réduire significativement l’emploi des pesticides tout en préservant la compétitivité et la performance économique de l’agriculture française.

Philippe Reulet, expert pesticides, eau et environnement à la Draaf Aquitaine et auprès de la Direction générale de l’alimentation (DGAL, ministère de l’Agriculture), est de ceux qui préparent la mise en place du Comité régional d’orientation et de suivi.

Alternatives et… impasses

« On ne part pas de rien », explique-t-il. Sur la vigne, par exemple, Lire la suite

Appel à contribution – Revue L’homme et la société – Agriculture et capitalisme mondialisé : Crise mais permanence d’un débat

calenda.revues.org, Karim Hammou, le 26 mars 2010

Appel à contribution – Revue L’homme et la société

Réponse avant le Samedi 30 octobre 2010

Agriculture et capitalisme mondialisé : Crise mais permanence d’un débat

Résumé

La crise économique et financière a eu un impact sur le secteur agricole et sur les producteurs eux-mêmes. Baisse des revenus des producteurs, fluctuations des prix, « émeutes de la faim » dans une quarantaine de pays, autant de signes annonciateurs d’un bouleversement du mode d’organisation des agricultures. Des questionnements surgissent alors sur le devenir de l’exploitation familiale, sur l’organisation des marchés agricoles, sur l’avènement de nouvelles pratiques agricoles, sur l’accès à la terre, et in fine sur l’identité professionnelle des paysans. Les rapports entre l’agriculture et le capitalisme mondialisé doivent donc être examinés sous différents angles (anthropologie, économie, droit, sociologie…). C’est pourquoi la revue L’homme et la société lance un appel à contributions pour un numéro consacré à l’agriculture et à la paysannerie dans le capitalisme mondialisé.

Annonce

La crise actuelle se distingue certes par la violence du choc financier, par la décomposition accélérée du modèle de croissance établi à partir des années quatre-vingt-dix aux États-Unis, débouchant sur une vaste littérature quant à la durée de cette crise, ses répercussions sociales, sans parler des interrogations resurgissant au sujet de la pérennité ou de l’arrivée aux limites du capitalisme. Elle se distingue tout autant par les effets qu’elle a exercés sur l’agriculture et les agriculteurs du monde entier. L’amplitude des fluctuations des prix des matières premières entre 2007 et 2009, les « émeutes de la faim » dans une cinquantaine de pays en développement qui en ont parfois découlé, le franchissement du milliard d’êtres humains désormais confrontés à la malnutrition, les phénomènes de razzia sur les terres agricoles de certains pays pauvres ou développés pour sécuriser les approvisionnements alimentaires des États loueurs ou acheteurs de ces terres comme la Chine ou la Corée du Sud, entraînant à la fois une dépossession foncière des paysans locaux, et une réhabilitation de ce que la mondialisation entendait éradiquer, à savoir la « souveraineté alimentaire », autant de signes révélateurs que la crise du capitalisme mondial a contaminé tous les secteurs, à commencer par l’agriculture.

Mais à y regarder de plus près, la crise agricole et alimentaire prend ses racines dans les processus enclenchés il y a un quart de siècle, processus s’inscrivant dans le tournant néolibéral visant au démantèlement des politiques agricoles et de tous les dispositifs de régulation, d’organisation des structures agraires, ayant conduit à des formes de dépossession des terres et de paupérisation des paysans, accompagnées de répercussions sur l’environnement. La mondialisation, les exigences du capital transnational et des institutions internationales ont favorisé l’émergence des grandes exploitations agricoles, dont les exemples brésilien et malaisien apparaissent comme les traductions les plus extrêmes, mais qui préfigureraient les structures productives agricoles de demain, caractérisées par une concentration accrue des exploitations, par de grandes surfaces et par une élimination des producteurs eux-mêmes. En découle une hyper-concurrence effrénée entre les pays producteurs de denrées agricoles et de produits alimentaires et désormais non alimentaires comme les agrocarburants, que l’Organisation Mondiale du Commerce ne parvient pas à réglementer tant sont puissants les intérêts des nations s’articulant aux pressions des firmes multinationales de l’agroalimentaire et de l’énergie. La vieille question de l’« absorption de l’agriculture dans le mode de production capitaliste », pour reprendre le titre d’un article célèbre de Claude Servolin, qui a suscité tant de débats depuis que Karl Kautsky l’a énoncée et analysée dans le sillage de Karl Marx, resurgit aujourd’hui. Quel est le devenir de l’agriculture dans Lire la suite

La fin de l’ambition écologique de Nicolas Sarkozy ?

lemonde.fr, Marie-Béatrice Baudet et Laurence Caramel (Service Planète), le 24 mars 2010

La fin de l’ambition écologique de Nicolas Sarkozy ?

Le Grenelle de l’environnement, solennellement adopté, en octobre 2007, par Nicolas Sarkozy, voulait faire de l’écologie une cause nationale, loin de tout clivage partisan. Au nom des menaces qui pèsent sur la planète, entreprises, syndicats, ONG, collectivités locales et pouvoirs publics avaient réussi à bâtir un consensus sur la politique environnementale française, dont le projet de taxe carbone était l’un des symboles les plus forts.

Son ajournement – voire son abandon -, annoncé au lendemain de la défaite de la droite aux régionales, sonne-t-il la fin de cette ambition ? C’est à craindre. Le chef de l’Etat a cédé à la pression de son camp. Depuis des semaines, ce dernier réclamait l’arrêt de cette réforme fiscale impopulaire qui a sans doute coûté beaucoup de voix à la majorité. Dimanche 21 mars, après l’annonce de la victoire de la gauche, Jean-François Copé, président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, exprimait tout haut ce que beaucoup d’élus de droite pensent depuis longtemps tout bas : cela ne sert à rien de faire de l’écologie, puisque les écologistes votent à gauche. Il a appelé le gouvernement à « revenir aux fondamentaux » : les retraites, la baisse des déficits publics, l’emploi, la justice sociale, excluant clairement l’écologie du champ des priorités gouvernementales.

A droite, le message du porte-parole des élus de l’UMP s’adresse directement au tandem formé par Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno, les deux hérauts, chargés, chacun dans son rôle, de porter la « révolution écologique » souhaitée par M. Sarkozy. Le ministre de l’écologie, dans son habit d’homme de consensus, apte à fédérer les énergies comme il avait su le faire au ministère de la ville puis à celui de l’emploi. La secrétaire d’Etat à l’écologie, invitée à théoriser « l’écologie de droite » afin de démontrer que cet enjeu de société n’est pas le seul apanage de la gauche. Avant les régionales, elle a donc tenté de convaincre les élus de l’UMP que les choix écologiques de M. Sarkozy étaient réalistes et que la croissance durable était porteuse de centaines de milliers d’emplois.

Leurs efforts n’ont pas suffi. La politique a repris le dessus. A droite comme à gauche. « Le débat sur l’écologie a été finalement pris en otage par des querelles politiques« , déplorait, mardi 23 mars au soir, M. Borloo, en pointant le manque de solidarité des écologistes quand la taxe carbone a commencé à être attaquée. Avant d’être rejetée par le Conseil constitutionnel en décembre 2009.

Le gouvernement assure que ce recul n’est que temporaire, mais la « magie » du Grenelle – pour reprendre l’expression de M. Borloo – s’est évanouie. Depuis 2007, la crise économique s’est installée et l’urgence sociale s’est substituée à l’urgence écologique, sans que les promesses d’une croissance verte ne se concrétisent. Qui plus est, sur la scène internationale, la lutte contre le réchauffement climatique fait moins recette. Les opinions publiques se sont mises à douter, troublées par les mises en cause du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Depuis l’échec, en décembre 2009, de la conférence de Copenhague sur le climat, la confusion règne et personne n’imagine qu’un accord à la hauteur des enjeux puisse être trouvé d’ici à la fin de l’année. Les pays jouent à chacun pour soi, l’Union européenne est divisée et sa voix ne porte plus. Dans ce contexte, qu’y a-t-il vraiment à gagner à se montrer exemplaire ? « Je veux que le Grenelle soit l’acte fondateur d’un New Deal écologique en France, en Europe et dans le monde », lançait M. Sarkozy, le 25 octobre 2007, en clôturant le Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui, ce volontarisme est remisé derrière les contraintes européennes.

Jusqu’où ce « renoncement » se poursuivra-t-il ? Le projet de loi Grenelle 2 – Lire la suite

Des organisations agricoles, de solidarité internationale, de DD, de protection de l’environnement ainsi que des mouvements ruraux font des propositions pour la PAC 2013

La politique agricole commune (PAC) traverse à nouveau une période de mutation. Elle va connaître une nouvelle transformation dans la période 2014-2020 avec une nouvelle réforme, mais également avec la redéfinition de son budget.

La prochaine réforme est à haut risque pour la PAC. En effet les négociations seront étroitement liées à celles sur la révision des perspectives financières de l’Union européenne, et nombre de voix s’élèvent déjà pour mettre en cause la légitimité de la PAC et demander l’affectation de tout ou partie de son budget, qui représente plus de 40% du budget européen, vers d’autres politiques (climat, énergie, recherche…).

Des organisations françaises agricoles, de solidarité internationale, de développement durable, de protection de l’environnement ainsi que des mouvements ruraux (CCFD Terre solidaire, CFSI, CIVAM, Cohérence, 4D, FNAB, Fondation Nicolas Hulot, GRET, Les amis de la terre, Réseau agriculture durable, Réseau Action Climat, Solidarité, WWF) sont profondément convaincues de la nécessité de mobiliser la PAC pour participer aux réponses à apporter aux enjeux européens et mondiaux du début du vingt et unième siècle.

Ces enjeux concernent simultanément la sécurité alimentaire, la protection des ressources naturelles, la lutte contre le changement climatique, le développement rural et l’emploi, tout en étant solidaire avec les pays du Sud.

L’avenir de la PAC concerne donc tous les Européens.

Accedez aux propositions Lire la suite

Les résultats de la contre-étude diligentée par les élus de Nive-Adour, Errobi et Sud Pays Basque : la ligne actuelle est sous utilisée

sudouest.com, Pierre Sabathié, le 9 Septembre 2009

CONTRE-ÉTUDE. Les résultats de la contre-étude diligentée par les élus de Nive-Adour, Errobi et Sud Pays Basque renforcent les convictions des opposants à une ligne nouvelle

« La ligne actuelle est sous utilisée »

Les 29 élus représentant les trois communautés de communes (soit 100 000 habitants), Sud Pays Basque, Nive-Adour et Errobi, ont souhaité faire les choses dans l’ordre. Informer d’abord le sous-préfet des résultats de la contre-étude, avant de les présenter à la presse, puis aux populations concernées. Ils l’ont fait avec d’autant plus de plaisir hier soir que les conclusions du cabinet suisse qu’ils avaient mandaté, renforcent leur position. La ligne de chemin de fer actuelle entre Bayonne et la frontière espagnole est loin d’être saturée. Contredisant ainsi les prévisions et les motivations de Réseau ferré de France (RFF) pour construire une ligne nouvelle.

Le fret en question

À l’horizon 2050, en poursuivant les aménagements de la voie actuelle, il pourrait passer un maximum de 320 trains par jour quand RFF prévoit à cette même échéance un trafic maximal de 180. « La ligne actuelle est sous-utilisée, résume Michel Hiriart, président de la Communauté de communes Sud Pays Basque, à l’initiative de cette étude. Elle peut, non seulement, répondre aux besoins actuels (80 trains par jour), mais aussi à ceux de l’avenir avec 190 trains possibles en aménageant la voie, et même 320 avec des aménagements supplémentaires. Cette étude prend en compte toutes les contraintes pour éviter les saturations. »

Le président de Sud Pays Basque fait notamment référence au fret dont personne aujourd’hui ne peut prévoir l’avenir du trafic à moyen terme. « Avec 60 % de capacité des trains utilisée, on peut faire passer de 25 millions de tonnes de marchandises aujourd’hui à 40 millions par an », explique-t-il.

Pour renforcer la thèse du maintien, Michel Hiriart insiste sur l’absence de gain de temps d’une ligne nouvelle au sud de Bayonne « car les trains de marchandises ne peuvent dépasser les 100 km/h ». Et termine sa démonstration par l’argument massue : le coût, ou plutôt l’économie d’argent public réalisée sans ligne nouvelle. « La ligne nouvelle coûterait 27,5 millions d’euros le km, si elle est enterrée comme le prévoit le périmètre d’études à l’est d’Ascain, cela représente un coût de 53 millions d’euros le km. » Soit une dépense totale de 900 millions d’euros ou 1,2 milliard d’euros. Les chiffres de l’aménagement de la ligne actuelle ne sont pas connus, mais ils sont bien en deçà. « Il y a mieux à faire des deniers publics qu’une voie nouvelle », ajoute le président de Sud Pays Basque. « On est tous solidaires pour dire qu’il ne faut pas saccager notre territoire », insiste-t-il.

Confronter les avis

Les élus attendent maintenant de connaître la réaction de RFF à cette étude. Ils se disent prêts à Lire la suite

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au pic du pétrole

internationalnews.fr, Megan QUINN, le 5 mars 2006

Comment Cuba a survécu au Peak Oil

Cuba Solidarity Project

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au peak oil

Traduction « à Cuba, on n’a pas de pétrole, mais on a la Révolution » par CSP Diffusion autorisée et même encouragée Merci de mentionner les sources (de pétrole)

From TheWilderness.com 26 février 2006.

A l’Organiponico d’Alamar, un projet agricole communautaire, un collectif de travailleurs gère une grande ferme urbaine, un marché et un restaurant. Les outils manuels et la main d’œuvre ont replacé les machines consommatrices de pétrole. Les engrais sont produits par des vers de terre et le compostage. L’eau est économisée par un système irrigation au goutte-à-goutte et la communauté est approvisionnée par toute une variété de produits sains.

Dans d’autres communautés à la Havane, où la pénurie de terrains se fait sentir pour mener des projets d’une telle ampleur, les habitants ont crée des jardins sur des terrains de parking et ont planté des légumes sur les toits des maisons et dans les patios.

Depuis le début des années 90, le mouvement d’agriculture urbaine a balayé toute l’île, et la capitale est sur le point d’assurer son autosuffisance alimentaire.

Un petit groupe d’Australiens a participé à ces efforts et s’est rendu sur l’île en 1993 pour enseigner les techniques de permaculture, un système basé sur l’agriculture durable beaucoup plus économe en termes de consommation d’énergie.

Cette nécessité d’introduire l’agriculture au cœur des villes a commencé à la chute de l’Union Soviétique et la perte pour Cuba de plus de 50% des importations de pétrole, d’une bonne partie de ses aliments et de 85% de ses échanges économiques. Les transports furent paralysés, la faim fit son apparition et le cubain moyen perdit environ 15 kgs. (30 livres – ndt)

« En réalité, lorsque tout a commencé, ce fut par nécessité. Les gens ont commencé à cultiver des légumes là où ils pouvaient » explique un guide à l’équipe venue tourner un documentaire en 2004 pour montrer comment Cuba avait survécu à la pénurie de pétrole.

Cette équipe était composée, entre autres, de membres de The Community Solution (la Solution Communautaire), une ONG basée à Yellow Springs, Ohio, qui dispense des formations sur le pic pétrolier (peak oil) – le moment où la production mondiale de pétrole entamera son irréversible déclin. Certains analystes pensent que le phénomène pourrait se produire dans les dix prochaines années, ce qui donnerait à Cuba le statut d’un modèle à suivre.

« Nous voulions découvrir ce qu’il y avait chez le peuple cubain et la culture cubaine qui leur permettait de survire en ces temps si difficiles », dit Pat Murphy, directeur exécutif de Community Solution. « Cuba a beaucoup à nous montrer sur la manière de gérer la crise énergétique. »

La pénurie de pétrole n’a pas transformé uniquement l’agriculture cubaine. Le pays s’est aussi tourné vers de petites unités d’énergies renouvelables et a développé un système de transports publics économe, tout en préservant son système de santé par une politique de prévention et l’application de solutions locales qui permet d’économiser les faibles ressources.

L’époque qui a suivi la chute de l’Union Soviétique est connue à Cuba comme la Période Spéciale. Cuba perdit Lire la suite

Copenhague et Réseau Action Climat : pour conclure et poursuivre…

eco-en-campagne.effraie.org, Maxime Combes, le 3 janvier 2010

Voici la sixième et dernière newsletter qui revient sur les dernières mobilisations et premières déclarations / perspectives pour la suite. En attente de la traduction de la déclaration de Climate Justice Now !, elle a été finalisée aujourd’hui. Ce sera le dernier envoi sur cette liste dont les archives resteront disponibles.

La version .pdf ci-jointe comprend quelques photos. Elle est accessible en ligne ici

N’hésitez pas à la diffuser. A très bientôt sans doute.

Maxime COMBES 0624512944

maxime.combes@gmail.com
http://eco-en-campagne.effraie.org
Newsletter 6 – pour conclure et poursuivre…en vous souhaitant une bonne année.

Copenhague s’est transformé en Flop-enhague. Un premier retour rapide s’impose.

Les mouvements sociaux pour la justice climatique mobilisés jusqu’au bout

Après l’immense succès de la manifestation du 12 décembre, les coalitions Climate Justice Action et Climate Justice Now ont organisé l’action Reclaim Power du 16 déc. L’excellente vidéo du Guardian revient sur les différentes initiatives, à l’intérieur comme à l’extérieur, et leurs objectifs. La vidéo de CNN montre bien que la violence était principalement le fait des forces de polices. Ces quelques photos donnent à voir comment l’action intérieure a bousculé le train-train des négociations et celles-ci la détermination de la manifestation extérieure se rapprochant du centre de conférence. Pour Attac France, les mouvements sociaux avaient montré la voie. Selon Hervé Kempf, les militants du mouvement de la justice climatique tirent un bilan positif de leur mobilisation. Idem pour Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du CRID : Une mobilisation réussie à Copenhague, des messages clairs aux négociateurs.

Rappel : 1800 personnes ont été arrêtées pour « rien », d’après Bastamag, et une pétition est en ligne pour la libération de tous les « prisonniers climatiques » (la majorité sont aujourd’hui libérés, mais quelques-un-e-s restent poursuivi-e-s). Le 16 et 17 décembre, deux actions et une manifestation (2000 personnes) ont été organisées pour dénoncer l’exclusion des ONG et mouvements sociaux du centre officiel des négociations et exiger la libération des prisonniers. Des rassemblements ont été organisés devant les ambassades danoises, notamment en Espagne, Etats-Unis, etc…

Communiqués post-Copenhague :

Depuis la fin du sommet de Copenhague, les déclarations critiques des organisations ou réseaux internationaux ne cessent de se multiplier. En voici quelques-unes.

Déclaration de Climate Justice Now !, signable par les organisations (pour plus d’infos sur le positionnement de CJN !, voir cette conférence de presse, pendant les négociations, le 14 déc, au sein du centre officiel)

Attac : Copenhague ou le fardeau légué par les riches

Amis de la Terre Lire la suite

Surfrider Foundation : Bayonne, Anglet et Biarritz en concurrence pour le siège européen

sudouest.com, Pierre Penin, le 22 Décembre 2009

SURFRIDER. La Ville propose l’ancien site de l’université à l’organisation. Mais Anglet et Biarritz sont en lice

Bayonne en concurrence pour le siège européen

Où Surfrider foundation installera-t-elle son siège européen ? Actuellement à l’étroit dans ses locaux biarrots (avenue de Verdun), l’organisation écologiste a fait savoir au printemps dernier sa volonté de déménager. La Ville de Bayonne est sur les rangs. Jean Grenet observe une grande prudence : « Rien n’est signé, il est donc prématuré d’évoquer ce sujet », pose le maire. Le dossier est très sensible, car Bayonne, Anglet et Biarritz se disputent Surfrider.

« On est en début de négociation », tempère Xavier Giamporcaro, chef de projet partenariat et développement pour Surfrider Europe. « Nous avons sollicité la Communauté d’agglomération du BAB, nous avons précisé nos besoins. » Soit, au grand minimum, « le double » des 225 m2 de surface utile actuels. Plutôt dans les 1 000 m2, pour loger son équipe actuelle et anticiper son développement. « Nous explosons depuis quatre ans, les nouveaux locaux devront répondre à nos besoins futurs. »

L’option Saint-Crouts

Initialement, l’association envisageait une construction, évidemment en haute qualité environnementale (HQE). « L’idée de départ est celle-là, confirme le président Gilles Asenjo. Mais on s’interroge aussi sur la possibilité d’adapter des locaux existants. » C’est la proposition bayonnaise. La Ville ouvre l’espace encore vacant sur le site de l’ancienne université, à Saint-Crouts.

Surfrider l’envisage et ne s’en cache pas, affirme « avancer dans les discussions avec Bayonne ». Mais son président nuance dans la seconde : « Il n’y a rien de figé. On n’a pas pris de décision. Toutes les possibilités ont leur intérêt. On est encore à l’écoute des trois municipalités. »

Pour Biarritz, l’adjoint aux sports Michel Poueyts revendique la légitimité des origines. Les surfeurs mobilisés pour l’environnement ont toujours siégé à Biarritz. « Surfrider a toute sa place chez nous. Nous sommes des partenaires privilégiés et naturels. » La perspective de la Cité de l’océan renforce, pour l’élu biarrot, la candidature de sa ville. Ne pas comprendre ici que la cité côtière envisage un lieu sur ladite cité. C’est dans le futur quartier Kleber que Biarritz envisage de loger Surfrider. Ce ne sera pas avant deux ans : l’association attendra-t-elle ?

Quant à Anglet, elle suggère deux espaces. L’un à la Barre, face à l’ancien camping éponyme, avec vue sur l’Adour. L’autre pourrait être Baia parc, sur le domaine portuaire.

« Pas un choix politique »

L’organisation réserve donc son choix. Mais les concurrents devraient bientôt savoir. Courant janvier, l’association réunira un conseil d’administration censé trancher la destination du déménagement.

Les administrateurs seront guidés par « des impératifs professionnels, techniques uniquement », appuie Gilles Asenjo. Pour être plus clair encore : « On ne fera pas un choix politique. » Précision d’importance dans ce dossier aux enjeux certains, sur fond de rivalité entre les villes. Le siège de Surfrider est une Lire la suite

Malgré l’échec de Copenhague, M. Sarkozy continue d’investir le terrain de l’écologie

lemonde.fr, Arnaud Leparmentier, le 21 décembre 2009

Malgré l’échec de Copenhague, M. Sarkozy continue d’investir le terrain de l’écologie

On continue comme avant. En dépit de l’échec de Copenhague, Nicolas Sarkozy veut continuer d’occuper le terrain de l’écologie en France. « Le président ne cédera pas d’un pouce sur les engagements qu’il a pris« , explique Franck Louvrier, conseiller en communication de l’Elysée.

Le chef de l’Etat recevra en début de semaine les associations environnementales et compte, selon M. Louvrier, prendre des « initiatives fortes », alors que de nouveaux rendez-vous sont attendus au printemps 2010 à Bonn, en Allemagne, et à la fin de l’année à Mexico. Il n’empêche, la France est menacée d’un « Copenhague-blues ».

« Il va y avoir un questionnement sur les politiques française et européenne qui avaient vocation à s’inscrire dans un espace mondial« , analyse la spécialiste de l’environnement, la secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet. « Ces politiques ne perdent pas forcément de leur pertinence, mais doivent être réinterprétées. Soit l’on tombe dans les désillusions : le monde va dans le mur, allons-y gaiement sous la pression des industriels qui demanderont la levée des contraintes. Soit l’on persévère. Mais cela implique de poser la question de la compensation carbone aux frontières de l’Europe ou d’un espace plus vaste de pays décidés à lutter contre le réchauffement« , précise-t-elle.

Toutefois, la taxe aux frontières proposée par M. Sarkozy ne fait pas l’unanimité en Europe. Mme Kosciusko-Morizet déplore que l’Union européenne impose essentiellement des normes. Elle propose la création d’une politique de l’environnement intégrée, par exemple en matière de recherche.

« PERSÉVÉRANCE »

A l’approche des élections régionales de mars 2010, la droite veut capitaliser sur l’engagement écologique du chef de l’Etat. L’UMP oppose son « écologie populaire » qui lie environnement et croissance, à l' »écologie politique » des Verts, qui aurait reçu un camouflet. « On l’a bien vu à Copenhague, l’argument de la décroissance ne fonctionne dans aucun pays du monde« , estime M. Louvrier, qui conseille aux Verts de « faire un séminaire pour repenser leurs thèses ».

L’idée est de se différencier du parti écologiste après le coup de semonce reçu en septembre à Rambouillet, où les Verts ont failli gagner une législative dans une circonscription ancrée à droite. « Nous devons tenir notre discours sur la croissance verte créatrice d’emplois« , renchérit Mme Kosciusko-Morizet.

Il convient aussi de convaincre les Français qu’ils ne sont pas dispensés d’efforts. « L’Europe fait partie des grands pollueurs« , rappelle Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur. Le gouvernement ne remettra pas en cause l’introduction au 1er janvier de la taxe carbone, qui renchérira le prix de l’essence. « Les Français toucheront leur chèque Vert en février », affirme M. Louvrier.

Pour Hervé Mariton, « Copenhague est une invitation à la persévérance ». Le député de la Drôme, proche de Dominique de Villepin, estime que la politique de l’environnement doit Lire la suite

Climat : qui est responsable du Flopenhague ?

sciences.blogs.liberation.fr, sylvestre Huet, le 21 décembre 2009

Climat : qui est responsable du Flopenhague ?

Qui est responsable du Flopenhague ? La question est posée dans nombre d’éditoriaux depuis ce matin, après le résultat de la COP-15 de Copenhague, et la réponse est souvent naïve.

Les méchants gouvernements n’auraient pas écouté les gentilles ONG environnementalistes. La solution au problème serait de les écouter plus à l’avenir, dans un système de gouvernement mondial miraculeusement compétent, honnête et n’écoutant que les impératifs du développement durable et l’intérêt des générations futures.

Cette vision relève plus des bisounours au pays des négociations mondiales sur le climat que d’une analyse lucide des raisons de leur enlisement actuel.

Comme l’affiche ci-dessus le suggère, le plus gros lobby ayant conduit Obama à la position minimaliste adoptée à Copenhague, c’est tout simplement… celui de ses électeurs. Et c’est pourquoi il ne suffit pas de rompre avec la brutalité d’expression de Georges Bush – l’auteur de «American way of life is not negociable» – pour rejoindre le bal des bons sentiments et des Yaka professés par la plupart des ONG. La grande majorité du peuple américain ne veut pas bouleverser en profondeur un mode de vie énergivore, n’entend ne le négocier avec personne, et c’est cela le « problème » – si problème il y a – d’Obama.

Si Hu Jintao ne veut pas de contrôle sur les émissions de son pays et refuse d’aller plus loin qu’une croissance des émissions inférieure à celle de son PIB, c’est que 200 millions de chinois ont les moyens d’acquérir une voiture et ont bien l’intention de le faire. Et les deux milliards d’être humains qui n’ont pas d’électricité aimeraient bien en avoir… or, elle se fabrique à plus de 60% avec du charbon et du gaz. Toute approche du problème ne partant pas du fait suivant : 80% de l’énergie consommée dans le monde – pour se nourrir, se loger, se chauffer, se déplacer, travailler et commercer – provient de combustibles fossiles, n’a aucune chance de déboucher sur des solutions efficaces. Dénouer le noeud gordien climat/développement constitue le point de passage obligé d’une politique lucide.

Qu’avions nous à Copenhague ?

► Des gouvernements de pays industrialisés et démocratiques – USA, Canada, Europe de l’Ouest, Japon… – contraints de reconnaître la solidité du dossier scientifique des climatologues. Mais incapable de construire un programme économique, technologique, mais surtout social voire culturel, susceptible de conduire à l’objectif des 80% de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Le volet international d’un tel programme consisterait à une réorientation massive des investissements vers des activités peu ou pas carbonées, à l’aide d’encouragements (prêts à taux zéro….) pour ces derniers, et à des mécanismes défavorisants (prêts à taux élevés, taxes) les activités fortement carbonées. En l’absence de miracle technologique, un tel programme suppose en effet non seulement d’utiliser massivement toutes les technologies connues non ou peu émettrices de carbone, mais également de réduire des consommations, des activités, les importations massives d’objets fabriqués dans les nouvelles usines du monde, en Chine et ailleurs. Ou alors il faut remplacer les charters de retraités allant passer une semaine à Louxor ou Marrakech par des bateaux à voiles. Ces réductions d’activités ne seraient aujourd’hui pas acceptées par les électeurs, donc il faudrait choisir entre démocratie et bonne politique climatique si ce choix avait un sens.

La vérité, désagréable, c’est que même les leaders politiques ayant compris (si l’on en croit leurs discours) la direction à long terme, ne savent pas comment y parvenir… en restant au Lire la suite

Les ONG et l’alerte écologique

laviedesidées.fr, Sylvie Ollitrault, le 8 décembre 2009

Les ONG et l’alerte écologique

La préoccupation écologique semble aujourd’hui faire consensus. On en oublierait presque que ce sont des ONG, longtemps perçues comme marginales, qui les premières ont donné l’alerte et porté le mouvement pour la protection de la planète. Retour sur trente années de mobilisations qui ont changé les représentations.

La défense de l’environnement appartient à la catégorie de ces grandes causes mondialisées comme la lutte contre les discriminations ou la promotion des droits de l’homme. Ce qui se joue à Copenhague relève d’un agenda international qui réunit les représentants des gouvernements, les experts internationaux et les organisations non-gouvernementales (ONG). Le rôle de ces dernières en matière de protection de la planète est complexe ; toutefois, depuis l’origine, le cœur de leur action consiste à informer l’opinion publique et à diffuser l’idée que les enjeux environnementaux réclament des décisions d’urgence. Il s’agit pour elles d’alerter l’opinion, de souligner les paradoxes des politiques publiques internationales – notamment les écarts de conduite des États.

Cependant, à l’occasion de cette conférence, on peut constater que les ONG ont peu renouvelé leur répertoire d’action collective, c’est-à-dire les manières et les mises en scènes permettant de porter la plainte ou de défendre un intérêt (en l’occurrence, la défense de l’environnement). Si le scénario est si bien réglé que les acteurs ne font pas preuve d’inventivité, c’est que les organisations sont de véritables professionnelles de la contestation et que leur savoir-faire militant est extrêmement bien rôdé.

Dans la galaxie des contestataires écologistes, certains groupuscules affectionnent l’action directe sans pesanteur organisationnelle (anti-pub, antivivisection, etc.), d’autres réseaux d’obédience anarchiste et antimondialisation peuvent choisir des modes de vie radicalement alternatifs (squatt, retour à la nature). Les partis politiques écologistes, quant à eux, impulsent de nouvelles orientations, relaient des préoccupations notamment environnementales. Tous ces acteurs interagissent, parfois se connaissent, se croisent au moment des grandes mobilisations fédératrices. Néanmoins, les ONG ont un profil tout à fait singulier et incontournable au niveau des négociations internationales. Tour à tour expertes mandatées par les institutions internationales (onusiennes) ou agitatrices maniant l’arme de la mobilisation de l’opinion publique, certaines savent jouer des deux registres tandis que d’autres, en raison de leur histoire, excellent dans l’un plutôt que dans l’autre. WWF, Sierra Club ou IUCN sont reconnus par leurs travaux d’expertise sur les questions de protection, tandis que Greenpeace ou Les Amis de la Terre ont une image de trublion qu’elles utilisent à dessein. Le paysage français de la défense de l’environnement à un niveau planétaire s’est trouvé, depuis le milieu des années 1990, transformé par l’action locale de ces ONG, nées outre-Atlantique, et par l’émergence d’un nouvel entrepreneur en mobilisation, Nicolas Hulot, qui reprend des registres d’action déjà éprouvés mais en y ajoutant son aura médiatique et son style personnel.

Au moment où commence la conférence de Copenhague, cet article se penche sur le dynamisme de la mobilisation écologiste qui, à force de persévérance, a réussi à imposer ses préoccupations sur les agendas internationaux. Les ONG, aux profils si variés, sont parvenues à impulser des orientations environnementales ambitieuses alors que les acteurs politiques locaux peinaient à exiger l’application de ces mesures internationales. Dans un contexte où les questions environnementales sont prises au sérieux par les opinions publiques nationales et où les bonnes volontés politiques s’affichent de toutes parts, les ONG doivent-elles renouveler leur positionnement ? En effet, de nouveaux acteurs se déclarent écologistes (entreprises) et d’autres se disent prêts à réformer dans ce sens (les dirigeants politiques). Par exemple, le style de la Fondation de Nicolas Hulot est-il Lire la suite

Laure Noualhat – Climat : pédaler pour mieux sauter

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 15 décembre 2009

Climat : pédaler pour mieux sauter

Après plusieurs jours de négociations foutraques, l’invitation faisait carrément saliver: « Put the fun between your legs »! Et pour mettre de la joie entre ses jambes, il fallait à tout prix se procurer un vélo (muni d’une selle, rassurez-vous) pour se rendre à l’usine de bonbons, un squat situé dans le nord de Copenhague surveillé en permanence par une caméra de la police. C’est ici que devait officiellement avoir lieu le dernier entraînement des «Bike Bloc», dénomination du groupe de manifestants qui va pédaler aujourd’hui pour pénétrer le Bella Center, où se déroulent les négociations climatiques.

En réalité, c’est dans la cour d’un autre squat, sous de gros flocons de neige, que 150 bikers sont venus accompagnés de leur destrier pour organiser des actions de diversion. « Nous disposons de plusieurs machines pour notre manif' », explique John Jordan, à l’origine des Bike bloc et fondateur de Reclaim the streets, un mouvement né en Grande-Bretagne dont le but ultime est la reconquête des rues, dessinées pour et colonisées par les voitures. La stratégie des Bike bloc se calque sur les regroupements naturels (essaim d’abeilles, nuée de criquets ou banc de poisson) et nécessite trois types d’appareils. Il y a d’abord le «swarm» ou essaim de vélos individuels, rapides, réactifs, se déplaçant en mode anarchique. Puis le Double, double trouble: deux vélos surélevés grâce à un cadre supplémentaire soudé au premier et reliés entre eux par une plate-forme. Pour finir, la machine… Celle-ci sera dévoilée demain. Motus sur la constitution de cet appareil révolutionnaire. Tout ce que je peux dire, c’est qu’elle alimente les spéculations des journalistes du Bella Center: catapulte? Bélier sauteur? Ressort géant? Rendez-vous demain à 8 heures à la station de métro Tarnby.

A l’entraînement cet après-midi, sous les flocons de neige et le froid, les bikers apprenaient surtout à pédaler ensemble. Pour réaliser un swarm, il faut beaucoup d’adresse, une parfaite maîtrise de son destrier, et surtout, exercer son don de l’anticipation: « voir les trous dans la meute, réagir aux mouvements des autres, c’est le plus dur », confirme John Jordan. Lui fait confiance à l’ingéniosité et à la créativité des manifestants, elles seules devraient assurer le succès de la prise du Bella center. Emmitouflée sous quatre couches de pull, Carla prévient: « moi je n’affronte pas la police, au mieux, je fais le clown pour les attirer à moi mais je ne me jette pas sur eux… » Volodia, venu s’entraîner pour la première et dernière fois, ne se fait pas d’illusion. « De toute façon, on va se faire arrêter tout de suite… »

Au fait, la prise du Bella center n’a pas pour objectif de foutre le bordel pour le plaisir de foutre le bordel. Simultanément, des participants à la COP15, qui négocient, ONG, délégués mais aussi diplomates et journalistes vont sortir du Bella center et tenir une Assemblée des peuples sur le parking. L’idée étant de fusionner les participants aux négos officielles avec ceux qui ont animé le sommet parallèle et citoyen qui se tenait au centre sportif Byen, le Klimaforum.

Toutefois, Volodia a raison, il se pourrait que l’action n’ait jamais lieu car la police poursuit ses arrestations préventives. Trois fourgons de police sont stationnés devant l’usine à bonbons, une arrestation. Puis une vingtaine de personnes ont été arrêtées au klimaforum. Par ailleurs, le porte-parole de Climat Justice Action, Tadzio Müller a été arrêté par trois policiers en civil alors qu’il sortait du Bella center. Lundi soir, il avait appelé à manifester pacifiquement lors d’une grande conférence sous un chapiteau à Christiana en compagnie de la journaliste Naomi Klein et de Michael Hardt. Pourtant, ses mots étaient clairs : de la Lire la suite

Copenhague : Le mouvement altermondialiste promis à un bel avenir !

copenhague.blogs.liberation.fr, Ronack Monabay (UCJS : Urgence climatique, justice sociale), ; le 13 décembre 2009

Le mouvement altermondialiste promis à un bel avenir !

La manifestation internationale du 12 décembre a été un succès. Plus de 100.000 personnes du monde entier se sont jointes à cette mobilisation unitaire. Au total, 538 organisations de 67 pays ont répondu à l’appel. C’est sous un soleil bienvenu, que le cortège coloré, et son lot de vélos comme c’est la tradition au Danemark, s’est rendu au Bella Center, lieu des négociations officielles. On pouvait lire sur les banderoles et les pancartes de nombreux slogans radicaux tournant autour de l’idée suivante: «Climate Justice means System Change not Climate Change».

On m’a demandé à plusieurs reprises, en tant que membre de l’équipe organisatrice du Klimaforum09, de m’exprimer sur la répression injustifiée qui a eu lieu lors de cette manifestation. Mais se limiter à ces seuls aspects conduirait à se détourner d’une mobilisation massive de fond et des vrais enjeux climatiques qui se jouent à Copenhague, en insistant encore et toujours sur les relations entre police et manifestants. Ce n’est pas un hasard si dimanche pour la première fois les écrans du Bella Center ont diffusé en continu des images de l’extérieur (et non pas des conférences comme c’est le cas habituellement), en l’occurrence celles des arrestations, comme pour assener l’idée que les mobilisations citoyennes sont vouées aux débordements et nier les messages portés des heures durant dans la marche par 100.000 personnes.

Certains médias auraient pu, s’ils l’avaient voulu, évoquer la franche solidarité des centaines de manifestants qui ont refusé de poursuivre la manifestation afin de soutenir les personnes injustement arrêtées, en interpellant les policiers qui constituaient le cordon par des slogans tels que «Let them go». Une action improvisée devant les lignes de la police interloquée par cette attitude bon enfant mais déterminée, le tout alimenté par les rythmes des «sambactivistes»…

Au-delà, cette manifestation est la preuve que les mouvements sociaux rejoignent largement désormais la bataille pour la justice climatique et constitue à ce titre un renouvellement du mouvement altermondialiste. Les mouvements sociaux et les mouvements environnementaux font en effet désormais front commun. Le bloc massif «System Change Not Climate Change» regroupait des mouvements divers tels que les Amis de la Terre, Attac, les réseaux Climate Justice Now! et Climate Justice Action, la Via Campesina et de nombreuses organisations du Sud comme Jubilee South ou Focus on the Global South.

Ces organisations ont défilé pour réclamer un véritable accord contraignant ne s’appuyant pas sur les fausses «solutions» qu’elles reposent sur le marché –dont les récentes crises devraient prouver à tous son inefficacité- ou qu’elles soient technologiques (OGM, agrocarburants, nucléaire, …). La reconnaissance des droits des peuples autochtones -notamment leur droit à participer réellement aux négociations- et celle de la dette écologique étaient également à l’ordre du jour. Derrière toutes ces revendications, c’est bel et bien la logique capitaliste qui est remise en cause et ce d’autant plus que les grandes entreprises ont envahi la ville de leurs logos et le Bella Center de leurs lobbyistes. Le grand prix de la Sirène en colère récompensera le 15 décembre l’entreprise ou le lobby qui a eu l’action la plus néfaste (efficace?) pour bloquer les négociations.

Pendant ce temps là au Klimaforum, le contre sommet de la société civile, une déclaration des mouvements sociaux également intitulée «System Change not Climate Change» a enfin été finalisée. Signée par près de 300 organisations en moins de 3 jours, elle sera présentée prochainement dans des modalités qui restent à déterminer au sein de la COP15. Depuis plusieurs mois, via un forum internet des personnes du monde entier ont envoyé leurs contributions autour d’un ou plusieurs des neuf thèmes du Klimaforum. Une partie de l’équipe du Klimaforum a synthétisé l’ensemble des propositions en rédigeant un premier document, lequel a été soumis à l’ensemble des participants qui ont alors renvoyé leurs commentaires et amendements, permettant la rédaction d’un second document.

Enfin, lors des séances plénières et ateliers des trois premiers jours, toutes les personnes qui le souhaitaient ont pu participer à la finalisation du document. Au terme d’une dernière séance épique, l’ensemble de l’assemblée s’est finalement mis d’accord sur une déclaration finale. Celle-ci est novatrice à plusieurs niveaux. Premièrement, à l’image de la manifestation, elle a rassemblé, les mouvements environnementaux et sociaux et par la même tissé des liens forts entre les questions écologiques et sociales. Si ce n’est pas la première fois, cette alliance très large est révélatrice d’une dynamique renforcée.

Deuxièmement, si elle s’est avérée beaucoup plus longue que les déclarations issues des Forums Sociaux Mondiaux, elle n’en est que plus précise. Radicale tant sur l’état des lieux qu’elle dresse de la situation -une crise multidimensionnelle qui voit converger chaque crise du capitalisme dans sa séquence libérale, elle se veut également source de proposition pour une transition vers des sociétés durables: abandon des énergies fossiles, Lire la suite

ONG à Copenhague : Une mobilisation militante à l’ampleur inédite

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 12 décembre 2009

Une mobilisation militante à l’ampleur inédite

Pour Jorn Andersen, moustache et cheveux poivre et sel, le succès est déjà au rendez-vous : « 522 organisations de 67 pays ont appelé à la manifestation de samedi. Ce sera le plus grand rassemblement au Danemark depuis les protestations contre la guerre en Irak ». M. Andersen est un des militants danois qui préparent depuis des mois ce qui sera sans doute la mobilisation la plus importante jamais vue sur le changement climatique.

La manifestation devait partir en début d’après-midi de la place du Parlement, au centre de la capitale danoise, pour rejoindre le Bella Center, à six kilomètres, où se tient la Conférence sur le climat des Nations unies. Le mot d’ordre : « changer le système, pas le climat » (system change, not climate change). Multicolore et internationale, elle réunit les associations écologistes traditionnelles (Greenpeace, WWF, etc.), mais aussi le mouvement altermondialiste réuni dans la coalition Climate Justice Now, et une coalition plus nettement anticapitaliste, Climate Justice Action.

« JUSTICE CLIMATIQUE »

Ce rassemblement marque l’élargissement de la question climatique au-delà de l’environnement, jusqu’aux questions économiques et sociales. Pour Christophe Aguiton, d’Attac, « le premier enjeu est d’obtenir un bon accord, qui reconnaisse la responsabilité historique des pays du Nord, qui n’introduise pas les mécanismes de marché dans le changement climatique, qui trouve des ressources pour le Sud. Mais il y a un deuxième enjeu : que les mouvements sociaux s’impliquent dans cette bataille pour exiger la justice climatique ».

Depuis deux jours, les militants arrivent par train, auto ou bus, logeant en appartements communautaires, dans des entrepôts aménagés, chez des amis, voire dans des caravanes. Leurs motivations sont diverses. Pour Corrina Cordon, venue de Londres, « la croissance n’est plus possible, on attend de la manifestation que le public puisse dire qu’il faut faire quelque chose pour que ça change« . Jonas Schnor, étudiant danois en théâtre, pense que « la façon dont nous vivons est mauvaise pour la planète, nous devons changer. Moi, je vivrai avec moins de consommation que mes parents« . Karine Plantier est venue de Nantes dans un bus alimenté à l’huile de tournesol. Elle vient « dénoncer » le projet d’aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Si les Européens domineront la manifestation, la conférence de Copenhague suscite un intérêt planétaire exceptionnel. « La couverture de l’événement est très importante au Brésil, dit Andrea Fran, un journaliste brésilien, il y a même une télé qui fait une émission d’une heure par jour sur ce qui s’y passe. »

Quel impact la manifestation aura-t-elle sur la négociation ? Elle appuiera nettement Lire la suite

Laure Noualhat « Climat: militants malvenus à Copenhague ? »

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, Ronack Monabay, le 2 décembre 2009

Climat: militants malvenus à Copenhague?

Le flegme danois est en train d’en prendre un coup. Et c’est à croire que les autorités danoises commencent à se mordre les doigts d’avoir voulu organiser la 15ème conférence sur le climat, vous savez, la fameuse conférence internationale qui démarre lundi et qui doit enterrer ou mettre sous perfusion le protocole de Kyoto…

Demain, une énième manifestation est organisée devant le parlement danois. Pourquoi ? Parce que les autorités danoises ont durci la législation concernant les actes de désobéissance civile. Il faut dire que lesdites autorités paniquent un peu: 5000 journalistes déjà accrédités, 15000 délégués et des dizaines de milliers d’activistes prêts à en découdre pour faire de ce sommet un événement historique. Quelle qu’en soit l’issue.

Ci-après, vous trouverez un texte de Ronack Monabay, qu’il a gracieusement accepté de publier dans ce bistrot. Pour te remercier, cher Ronack, je t’amène un bon Côtes-du-Rhône lundi, en descendant du train. Tiens bon d’ici là!

Minority Report en danois

Jeudi 26 novembre, le parlement danois, dominé par les libéraux et les conservateurs avec le soutien du parti d’extrême droite dit du «Peuple Danois», a adopté une nouvelle loi renforçant les pouvoirs de la police dans le cadre des manifestations. Cette loi, proposée le 18 octobre par le ministère de la Justice, a pour but officiel d’instaurer des sanctions suffisamment dissuasives afin d’éviter tout débordement pendant les deux semaines de la conférence onusienne sur le changement climatique. Le point d’orgue de la mobilisation sera la manifestation internationale du 12 décembre.

Le texte procure à la police des pouvoirs élargis en matière d’arrestation préventive et accentue les sanctions à l’encontre des actions de désobéissance civile. La police aura la possibilité d’arrêter les manifestants pendant une durée de douze heures (contre six précédemment) si elle soupçonne ceux-ci de vouloir enfreindre la loi. «Si, par exemple, des manifestants étrangers louent un autocar pour se rendre à une manifestation légale au centre de Copenhague, la police aura la possibilité d’arrêter l’autocar et tous les passagers, même si ceux-ci ont des intentions pacifiques uniquement, parce qu’elle estimera que l’endroit où se rend l’autocar va être le lieu d’affrontements», explique l’avocat danois Bjørn Elmquist. La garde à vue pour les «étrangers» (nous ne sommes plus Européens dans ce cas) est portée à 72h, contre 24h pour les Danois. La police n’aura pas l’obligation de notifier aux personnes arrêtées ni le motif ou le soupçon à la base de leur arrestation, ni leurs droits – comme la possibilité de voir un avocat afin de contester par la suite cette arrestation – ce qui constitue une atteinte grave aux droits élémentaires

Au-delà de la garde à vue, si la police considère que les manifestants ont entravé le bon déroulement de son travail, elle pourra les embastiller pendant… 40 jours, sur simple décision d’un procureur ! Enfin, l’amende Lire la suite

Dominique Bourg : «  J’en appelle à la démocratie écologique »

terra-economica.info, Dominique Bourg, le 29 novembre 2009

«  J’en appelle à la démocratie écologique  »

Dominique Bourg est directeur de l’Institut de politiques territoriales et d’environnement humain à l’Université de Lausanne.

 « A quelques jours de Copenhague, on est bien obligé d’être pessimiste. Les faits parlent d’eux-mêmes. Sous la pression des lobbies pétroliers et charbonniers, Barack Obama n’a pas encore réussi à faire avaliser par le Sénat son marché du carbone. De son côté, l’Europe a refusé de chiffrer sa contribution sur le climat aux pays pauvres tant que Washington ne dévoilera pas ses intentions. Et, plus généralement, seule l’Europe affiche pour l’heure des objectifs répondant aux appels du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ce dernier recommande en effet une réduction des émissions de 25 à 40 % d’ici à 2020. 

Ce sont autant d’indices qui accréditent l’idée selon laquelle le gouvernement représentatif est aujourd’hui inadapté aux enjeux globaux et de long terme. Il est, par nature, coincé par des frontières spatiales et temporelles. En se développant dans le cadre d’Etats-nations, la représentation moderne impose des limites territoriales à la capacité des citoyens de se sentir concernés par les problèmes de leurs voisins. En outre, la démocratie vit au rythme électoral. Elle n’envisage pas la contrainte à long terme, ne serait-ce que sur les vingt ou trente ans à venir. Vulnérables face au court terme électoral, les élus sont réticents à considérer des changements politiquement risqués, dont les bénéfices ne concerneraient que de futurs électeurs.

L’écologie, ça n’est pas gentil

La légitimité de la représentation moderne est en outre conditionnée par une conception particulière de la liberté : la production et la consommation y sont virtuellement considérées comme illimitées et comme les instruments principaux du bonheur individuel. Or, l’écologie, cela n’est pas systématiquement gentil, ça impose des choses. Face à cette situation, j’en appelle à la démocratie écologique. Cette dernière nécessitera de faire bouger la représentation elle-même, notamment sa chambre haute. Il faudrait en effet pouvoir élire ses représentants sur un programme touchant exclusivement la défense du long terme, tant en matière environnementale qu’en ce qui concerne d’autres enjeux comme le devenir du soubassement biologique de notre condition humaine commune. Et concernant ces enjeux, à certains égards vitaux et à long terme, l’analyse coûts-avantages ne devrait pas avoir droit de cité.

Puis, face à une représentation qui flatte les intérêts particuliers, il faudrait renforcer dans l’espace public ce qui oblige à prendre en compte les causes. Par exemple, les ONG, vecteurs de démocratie écologique. Beaucoup sont de portée internationale ou sont organisées en fonction de territoires environnementaux définis. Leurs ordres du jour ne sont pas liés au court terme des cycles électoraux. Depuis trente ans, les ONG ont largement évolué dans l’espace politique mondial. En France, cette nouvelle gouvernance et la reconnaissance de ces structures ont pris forme depuis le Grenelle de l’environnement et la réforme du Conseil économique, social et environnemental. Plus les ONG feront pression, plus Lire la suite

Flipo et Gaudillière : Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.

mediapart.fr, Fabrice Flipo, Jean-Paul Gaudillière, le 23 Novembre 2009

Première publication par Mouvements

Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.

Les auteurs de ce texte, tout en définissant la notion de « décroissance », déclinent trois priorités : reconnaître une « valeur » et non un prix à la nature ; redistribuer et réduire les inégalités tant celles sous-jacentes à la crise écologique que celle induites par les mesures imaginées pour y remédier ; relocaliser et resocialiser l’économie pour démocratiser les choix.

La crise écologique et financière oblige les décideurs à se pencher sur les scénarios de sortie de crise verte. Mais cette prise de conscience court le risque de s’arrêter à mi-chemin. « Capitalisme vert », « croissance verte », « keynésianisme vert » et « technologies propres » constituent autant de confortables mirages destinés à nous épargner les nécessaires remises en cause liées aux limites écologiques d’une planète aux ressources finies. La prise en compte conséquente de ces limites amène à aborder de front la question des inégalités écologiques et sociales et à changer les modes de production, de consommation et donc les modes de vie les plus prédateurs. Sans autre échappatoire, dans cette redistribution des richesses à opérer, que la redéfinition collective du sens de ces richesses elles-mêmes.

Grenelle de l’environnement, succès aux élections européennes, invitation des leaders écologistes à l’Élysée, débat (difficile) sur une loi créant une taxe carbone…L’écologie politique semble avoir gagné un statut nouveau sur la scène politique française. La crise écologique et la dégradation de notre environnement ont apparemment cessé d’exister comme cette chose dont il faut parler en fin de discours pour faire bonne mesure pour devenir un enjeu à propos duquel il est bon de réfléchir, voire même d’inventer des événements.

Cette nouvelle donne doit beaucoup à la conjonction des deux crises : la crise climatique et la crise financière. La visibilité de la première tient bien sûr à l’agenda des négociations internationales, aux discussions sur l’après Kyoto. Au-delà de la conjoncture, en matière de climat, tous les signaux sont en effet au rouge. Les organisations internationales, du GIEC aux grandes ONG environnementales en passant par le PNUD, multiplient les mises en garde sur l’accélération du réchauffement, sur l’ampleur de ses effets à relativement court terme, sur la vulnérabilité phénoménale des pays d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Amérique Latine, sur les inégalités que le changement climatique va créer ou renforcer. Les médias européens et nord-américains relaient désormais le consensus des experts du climat sur la réalité du phénomène et font largement écho à la fonte des calottes glaciaires, aux migrations d’espèces ou encore aux nouvelles « guerres » de l’eau. Parallèlement, l’éclatement de la crise financière a rouvert un espace pour discuter des changements du capitalisme, du fonctionnement des marchés financiers, des effets « pervers » du déplacement de pouvoir vers l’actionnariat et les places boursières, des défauts de « l’auto-régulation » des marchés et du même coup signé le retour en grâce de l’intervention publique, ne serait-ce que pour sauver les banques et assurer la pérennité d’un régime d’accumulation (légèrement) amendé.

À gauche, cette conjonction des deux crises a paradoxalement des effets délétères. En rendant la question écologique plus visible et urgente, elle rend encore plus patente la difficulté à proposer des réponses autres que cosmétiques. La vivacité et surtout la nature des dénonciations venant tant du parti socialiste que de la gauche de la gauche d’un projet de taxe carbone présenté comme « anti-sociale » alors qu’il s’agit au contraire de le configurer pour en faire un outil liant redistribution et changement des façons de produire en a été un bien triste révélateur.

On n’aurait toutefois tort de considérer que les discours sur la sortie de crise « verte » ou le Green Deal ne sont que des temporaires, de simple effet de couverture médiatique grâce auxquels on découvre ces exotiques décroissants du midi de la France. Bénéficiant des acquis de l’expertise économico-climatique poursuivie depuis une dizaine d’années dans et autour du GIEC et des institutions en charge des politiques énergétiques, les propositions – voire les scénarios – liant réponse à la crise financière, re-régulation et investissements écologiques massifs tendent à faire référence, y compris du côté de la présidence américaine. Les registres varient, depuis la simple mise en avant d’un recours significatif aux sources d’énergie renouvelables dans le « bouquet » énergétique jusqu’à des argumentations plus fondamentales sur la nécessité d’une politique écologique globale faisant intervenir des transferts importants de ressources vers les pays du Sud. Dans un ouvrage récent, Lester Brown évoquait ainsi la perspective d’une « éco-écologie » Lire la suite

Sandrine Mathy du Réseau Action Climat : Lobbyiste du climat

terra-economica.info, Benjamin Bonneau, étudiant au CFPJ (Centre de formation professionnelle des journalistes), le 22 novembre 2009

Lobbyiste du climat

A 35 ans, Sandrine Mathy a déjà un emploi du temps de ministre, qu’elle partage entre son travail de chercheuse au CNRS et la présidence du Réseau Action Climat (RAC). A quelques jours du sommet de Copenhague, rencontre avec l’une des lobbyistes françaises les plus compétentes sur le sujet.

Militante ? « Oui, c’est un sacerdoce, mais ça donne du sens à ma vie. » Sandrine Malthy, chercheuse en économie de l’environnement, tient les rennes du Réseau Action Climat (RAC) depuis 2006, un collectif d’associations qui fait référence en matière de lutte contre le changement climatique. Être née en 1974, au lendemain du second choc pétrolier, prédestine-t-il à acquérir très vite des réflexes verts ? « Éteindre la lumière quand on sort de la pièce ou couper l’eau pendant que l’on se brosse les dents ? » : Sandrine Malthy en rit comme pour rejeter tout héritage familial. Tout juste consent-elle à rappeler, sourire au coin, que son papa « fait son jardin depuis toujours » et qu’il « ne met ni engrais ni pesticides ». Un peu juste pour se forger une conscience verte. C’est donc seule que sa destinée de militante écologiste s’est forgée.

Au cours de ses études d’ingénieur, elle rejoint l’Inde. Ce voyage « confirme une sensibilité déjà présente. Étudiante, je travaillais déjà bénévolement pour Ingénieurs sans frontières. Cela m’a permis de me poser des questions sur le monde dans lequel on vit. » A la fin de ses études, c’est l’heure des choix : « Si j’étais partie bosser dans le privé, je n’aurais jamais obtenu les réponses à mes préoccupations de militante. Du coup, comme les problématiques environnementales sont étroitement liées au secteur économique, je me suis lancée dans l’éco. » Une thèse sur l’intégration des pays en développement dans les politiques climatiques, un poste de chargée de recherche au CNRS en économie de l’environnement au CIRED (Centre International de Recherche en Environnement et Développement), de multiples publications et colloques : sa route est tracée. Enfin presque. En 2006, en acceptant la présidence du RAC, la vie de la jeune femme bascule.

Pas intimidée par Sarkozy

Depuis, Sandrine Mathy, mère d’un garçon de sept ans, a mis sa vie privée entre parenthèses. « Le gros problème est apparu lors du Grenelle de l’environnement où le RAC coordonnait l’action des ONG sur le thème du climat, avoue-t-elle. Cela a été très compliqué au niveau personnel. Mais je m’étais engagée, je devais assumer. Les gens attendaient des choses de moi et il ne fallait pas les décevoir. Depuis, je pose un peu plus de limites… » Mais se profile déjà la Conférence sur le climat de Copenhague. C’est plus fort qu’elle. Elle ira, dit-elle. Pour sentir l’ambiance. Seulement ?

Avec sa tignasse rousse, ses yeux pétillants et sa tenue décontractée, Sandrine Mathy ne passe pas inaperçue. Quand elle prend la parole, elle est de celles que l’on écoute. Avec un CV long comme le bras en guise de caution, la jeune femme n’a peur de rien, ni de personne. Beaucoup disent s’être sentis intimidés face à Nicolas Sarkozy. Pas elle. « Je l’ai vu souvent. Je le trouve hautain et agressif, mais cela ne m’a jamais empêchée de lui dire ce que j’avais à lui dire, notamment sur son paquet énergie-climat, dont il n’y avait pas de quoi se vanter… » La franchise est sa vertu cardinale. On la croit sur parole. « Mais je manque parfois d’assurance. » Là, on ne la croit plus. L’un des administrateurs du RAC confirme pourtant : « Elle a parfois du mal à se mettre en avant, à être proactive, mais elle s’est nettement améliorée depuis le Grenelle. »

Stop ou encore ?

La jeune femme ne rejette pas l’idée d’une éventuelle entrée en politique, . « Si Lire la suite

Copenhague : Vers un Munich climatique

planete.blogs.nouvelsobs.com, Guillaume Malaurie, le 16 novembre 2009

Copenhague : Vers un Munich climatique

Ce qui est sûr à quelques jours du Sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, c’est que l’esprit de Kyoto est mort. Comme est mort l’esprit  d’un nouvel ordre mondial et d’une SDN arbitre des conflits dans les années vingt. Il n’y aura pas, sauf miracle,  à  Copenhague d’engagement mondial  contraignant sur la baisse des émissions de Gaz à effet de serre. Mais au mieux un compromis sur des vœux.  La contrainte, elle,  est remise à plus tard. Quand ? Dans six mois ou un peu plus ou dans un an ?  Comment ? On verra… Et comme dans l’entre deux Guerres, les États Unis, dont on attendait tant  et trop  en matière d’environnement avec l’arrivée de la nouvelle administration Obama, se sont mis  en stand by. En attente des votes, il est vrai fort incertains, du Congrès.

Accord sur le diagnostic pas sur la thérapie

Le paradoxe, c’est que tous les exécutifs de toutes les grandes nations, sauf le Canada, sont aujourd’hui convaincus que le réchauffement n’est pas une lubie de climatologue. Et que le rôle des activités humaines est déterminant.

La Chine est convaincue  qui sait que la fonte des glaciers de l’Himalaya déstabilisera violemment son écosystème et que son régime des moussons est déjà largement perturbé qui lui fait courir le risque de sécheresses redoutables, les Etats-Unis le sont qui cherchent une solution à leur dépendance au « poison » charbon,  le Japon l’est de manière récente, les pays du Sud le sont qui seront sans doute les premiers à subir les conséquences …

Le  diagnostic est donc partagé, mais sur la thérapie, chacun y va de sa réserve. De sa priorité. De sa croissance. De son territoire ( voir entretien avec Dominique Bourg) .  De ses exigences vis à vis du voisin ou du concurrent.  Toutes sont plus ou moins légitimes. Mais pendant ce temps, les émissions de Gaz à effet continuent leur montée en puissance.

Et d’ores et déjà, les mécanismes incontrôlables, dits rétroactifs, sont à l’œuvre sans qu’une baisse des émissions de CO2 dans les années à venir y fasse quoi que ce soit.

Pendant ce temps, les glaciers fondent plus vite. Beaucoup plus vite…

C’est l’effet cliquet redouté. Un seuil est atteint  et les lois de la nature s’autonomisent.   De ce point de vue, la   fonte des glaciers  arctiques et antarctiques qui s’accélère est emblématique. Les experts du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat)  avaient sous estimé  la tendance. Une tendance dont les conséquences sur le niveau de la mer  à la fin de ce siècle deviennent de plus en plus inquiétants   : + 30 centimètres ?  +  50 centimètres ?  + 80  centimètres ? + 1 mètre ? On n’en est pas là dans la supposition. Mais sur le constat du toujours plus et de l’irréversible. La seule chose que l’on puisse faire c’est sortir son double décimètre.  Ce ne sont plus les îles du Pacifique qui jouent leur survie mais Londres qui risque  l’engorgement.

Il faut lire à ce sujet le livre du canadien Gwynne Dyer «  Alerte , Changement climatique : La menace de guerre. » . Laffont. Dyer ne parle  pas seulement de guerre des hommes avec leur climat  mais de guerres tout court suite au réchauffement climatique. Ses sources ? Des rapports du Pentagone ou des militaires britanniques. Ça fait froid dans le dos. C’est alarmiste. C’est aussi tout bétement alarmant. Comme le livre préfacé par le climatologue Jean Jouzel :  » Réfugiés climatiques». Soit le passage en revue des 150 millions d’hommes et de femmes qui selon l’Onu vont quitter leur sols pour chercher asile ailleurs.

Bourreau encore une minute…

Le mol esprit munichois  «  Bourreau, encore une minute, ça va sûrement  s’arranger  pour le moins pire » a pourtant ses adeptes. Ses pacifistes comme dans les années trente. Ses incrédules.  Claude Allègre, invité  d’un  débat sur Public Sénat en fin de semaine dernière,   fait partie de cette mouvance relativiste et rassurante. La montée des eaux ? «  Pas du tout, c’est le Bangladesh qui s’affaisse » assure Claude Allègre.  » Les experts du GIEC ? »  « Des extrémistes ! Des spéculateurs idéologues et  anxiogènes ! »  « Hulot ? »  » Un va-t-en guerre idiot et irresponsable. » La solution ? Allègre, qui ne nie pas le réchauffement, ni l’excès de CO2, ni l’acidification des océans qui captent moins le carbone, l’a trouvée comme Maginot avait trouvé sa « ligne » : la captation et l’enfouissement  du CO2.  Tout le monde est d’accord que Lire la suite

Pourquoi le changement climatique n’est pas une question environnementale

hns-info.net, Ludo, le 5 novembre 2009

Pourquoi le changement climatique n’est pas une question environnementale

Le COP 15 réunira prochainement « dirigeants » mondiaux, multinationales et grosses ONG pour dessiner l’après-Kyoto et tenter d’empêcher une crise climatique catastrophique. L’objectif de ce texte n’est pas de monter à bord du train fonçant des élites et de dépeindre une apocalypse imminente, encourageant les politiques basées sur la peur. Il est, en reliant les différents points que sont les différentes luttes, de faire apparaître l’image dans sa globalité. De montrer les enjeux réels des négociations sur le changement climatique, et de dénoncer ce dernier, non comme une question purement « environnementale », mais comme le symptôme qu’il est de la faillite d’un système qui nous détruit et ravage notre planète.

Les « solutions » de ce système, dont on sait déjà qu’elles seront les seules abordées à Copenhague, sont basées sur le marché, afin de satisfaire les puissants lobbies des multinationales. Marché du carbone, agrocarburants, énergie nucléaire, mécanismes de « compensation »… Ces fausses solutions n’envisagent pas un instant de réduire les émissions de gaz à effet de serre directement à la source, dans nos pays industrialisés, et sont par conséquent très loin de permettre les réductions d’émissions réellement nécessaires. Elles se révèlent par ailleurs parfois extrêmement dangereuses dans leurs applications, en accroissant dramatiquement les inégalités Nord/Sud, les problèmes environnementaux et l’injustice sociale au sein des pays en voie de développement. Ces pays, ces paysan-ne-s, ont pourtant des solutions. La justice climatique, ces alternatives et solutions réelles qui viennent de la base, sont les enjeux de la lutte globale à laquelle appellent des réseaux comme CJA et CJN (« Climate Justice Network », Réseau pour la Justice Climatique, qui regroupe de nombreux groupes des pays du Sud).

Le capitalisme, ou à qui profite le crime climatique ?

La prise de conscience environnementale généralisée actuelle est utile à ceux qui développent activement la notion de « capitalisme vert ». Il permet de recréer l’adhésion citoyenne à des structures dépassées et discréditées par la crise systémique qui les secoue.

Les multinationales repeignent leurs enseignes en vert, leurs campagnes publicitaires rivalisent de « greenwashing » [1], et elles poursuivent les mêmes pratiques destructrices.

Avec l’effondrement des marchés financiers, la foi dans le futur du capitalisme a été sérieusement ébranlée. Malgré cela, le même principe qui a conduit à la crise, celui de marché immatériel de produits dérivés [2], est à l’origine de la création du marché du carbone, qui invente un prix au CO2 contenu dans l’air. C’est cela, la proposition principale de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC) : un marché du carbone mondialisé, au sein duquel les entreprises vendent et achètent des crédits symbolisant leur droit à polluer. Ce type de marché immatériel, dont le prix du « bien » est inventé, conduit immanquablement à une spéculation et des pratiques frauduleuses gigantesques, puis à une bulle géante, et à son éclatement. Or cette fois, ce ne sont pas les profits des banques et des multinationales ou nos emplois qui sont en jeu, mais un changement climatique irréversible de grande ampleur qui pourrait laisser nos enfants hériter d’un terrain vague.

Le nouveau « COLONIALISME »

Les multinationales qui en ont les moyens peuvent obtenir des crédits-carbone ; et des mécanismes à la complexité bien pratique peuvent leur en faire obtenir encore davantage, comme le « mécanisme de développement propre », MDP (en anglais Clean Development Mechanism ou CDM). Au sein de ces « mécanismes flexibles », Lire la suite

Bayonne les 6 et 7 novembre : Forum sur le changement climatique

sudouest.com, NC, le 4 Novembre 2009

ENVIRONNEMENT. Un forum sur le changement climatique se tiendra vendredi et samedi à Bayonne

Il faut préparer les esprits

Le forum sur le changement climatique organisé à Bayonne les 6 et 7 novembre s’inscrit en pleine actualité. Un mois plus tard, en effet, du 7 au 12 décembre, se tiendra à Copenhague la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Laquelle doit déterminer les objectifs et les solutions à mettre en oeuvre à l’échelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto qui prend fin en décembre 2012.

Et le forum de Bayonne coïncidera avec la dernière séance de travail avant la Conférence sur le climat. Elle aura pour cadre Barcelone, du 2 au 6 novembre. Ce sera le « dernier round avant Copenhague », comme dit Jean-Noël Etcheverry, de la fondation Manu Robles-Arangiz, organisatrice de la manifestation avec les Amis de la Terre, Attac, Bizi ! et Survie.

Avant Copenhague

Le forum de Bayonne aura pour but, indiquent ces associations, de « transmettre l’information et d’activer la population », afin d’influer sur les chefs d’Etat qui se réuniront à Copenhague. Le forum débutera vendredi à 20 h 30 au grand amphi de la faculté de Bayonne. Les intervenants seront Patrick Piro, journaliste spécialisé en questions environnementales, Cyrielle den Hartigh, des Amis de la Terre, Jean-Stéphane Devisse, responsable du pôle Changement climatique de WWF, coordonnateur de l’action des ONG pendant le Grenelle de l’environnement, et Hervé Le Treut, climatologue. Ils débattront des causes et des conséquences prévisibles du changement climatique, montreront l’importance et les enjeux du sommet de Copenhague.

Le lendemain, à 10 h 30, à l’amphi de l’IUT de Bayonne, Geneviève Azam, maître de conférence en économie, membre du Conseil scientifique d’Attac, exposera les mesures à prendre pour lutter contre ce réchauffement climatique, au Nord et au Sud, qui « met en danger les moyens d’existence et les vies de milliards d’êtres humains et menace d’extinction des millions d’espèces ».

A partir de 14 h 30, au même endroit, Cyrielle Den Hartigh, Jean-Stéphane Devisse et l’agronome Philippe Pointereau présenteront les alternatives locales au changement climatique. Et enfin, à 17 h 30, le mot de la fin (provisoire) appartiendra à Christophe Aguiton, membre du conseil scientifique d’Attac. Il reviendra sur Lire la suite

Le «Giec» de la biodiversité pourrait voir le jour en 2010

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 29 octobre 2009

Le «Giec» de la biodiversité pourrait voir le jour en 2010

Lancée en 2005 par la France, l’idée de créer une structure internationale pour la biodiversité, sur le modèle du Giec (1), est en bonne voie pour se concrétiser en 2010, à l’occasion de l’année internationale de la biodiversité. Les oppositions de principe ont été levées début octobre lors de la réunion du Pnue (2) à Nairobi. Restent à résoudre plusieurs questions-clés et à faire tomber les ultimes réticences.

 «Je suis très confiante sur la création de l’IpBes (3) en 2010», a déclaré la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, jeudi 22 octobre en clôture d’une conférence organisée par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) en partenariat avec l’Iddri (4) et le Meeddm. L’idée avait été lancée en 2005 par Jacques Chirac lors d’une conférence à Paris. Trois ans après, en novembre 2008, une première réunion du Pnue est organisée en Malaisie. Mais la majorité des Etats refusent alors d’ouvrir les négociations. «C’est le Brésil qui a donné le ton, en se montrant réservé sur le principe même de la création de cette instance», rappelle Lucien Chabason, directeur délégué de l’Iddri. Au sein même de l’Union européenne, beaucoup d’Etats étaient également réservés, précise François Wakenhut, de la direction générale Environnement de la Commission européenne.

Et pourtant, un changement semble s’être opéré du 5 au 9 octobre à Nairobi (Kenya) lors de la deuxième réunion intergouvernementale du Pnue. «Une position en faveur de la création de l’IpBes ainsi qu’une définition claire de son mandat se sont enfin dégagées. Sa création rapide a également fait consensus. 2010, année internationale de la biodiversité, c’est le moment où jamais», juge François Wakenhut. Les positions du Brésil et de la Chine ont sensiblement évolué. «Même s’il n’y a pas eu d’accord formel, il existe une fenêtre d’ouverture», confirme Anne-Hélène Prieur-Richard, directrice adjointe du programme international de recherche Diversitas.

L’objectif de l’IpBes? Favoriser une meilleure prise de conscience des citoyens et des politiques quant aux conséquences de l’érosion de la biodiversité, en s’appuyant sur le modèle du Giec qui a prouvé son efficacité pour faire connaître les impacts du changement climatique. La conférence de Nairobi a d’ailleurs été présidée par Robert Watson, président du Giec de 1997 à 2002. Un consensus y a émergé sur les missions de la plateforme qui devra réaliser des évaluations périodiques de l’état de la biodiversité, mais aussi servir de réseau d’échange de connaissances entre pays du Nord et du Sud. Une enquête conduite par l’UICN auprès de plus de 300 acteurs internationaux de la société civile et de la communauté scientifique montrent qu’ils plébiscitent à 80% la création du Giec de la biodiversité. «L’IpBes devra être renforcé par l’évaluation du prix de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes», estime François Wakenhut. A cet égard, le rapport Teeb (Economie des écosystèmes et de la biodiversité) dirigé par l’économiste Pavan Sukhdev est très attendu.

D’ici la prochaine réunion du Pnue en avril 2010 où la décision finale devra être entérinée avant sa validation par les Nations unies en septembre 2010, de nombreux obstacles restent à lever. «L’Australie et les Etats-Unis Lire la suite

350.org : quand Internet mobilise 200 000 citoyens dans le monde contre le réchauffement climatique

cdurable.info, David Naulin, le 25 octobre 2009

Contre le réchauffement climatique, la mobilisation citoyenne s’organise

350.org : quand Internet mobilise 200 000 citoyens dans le monde contre le réchauffement climatique

Le changement climatique pourrait-il susciter le premier mouvement de mobilisation citoyenne mondiale ? A quelques semaines du sommet de Copenhague, certains voient monter une vague de contestation, notamment à travers Internet, pour exiger une véritable action contre le réchauffement de la planète.

350.org : 200 000 membres dans 180 pays sur le terrain

Même si les scientifiques mettent en garde contre les raccourcis entre le réchauffement global en cours et des événements climatiques extrêmes précis ici ou là, ces derniers contribuent à une évolution de mentalités. « Il y a une prise de conscience croissante dans les pays en développement que ce problème à un impact aujourd’hui et qu’ils doivent faire quelque chose. Cette prise de conscience est particulièrement forte en Asie« , explique à l’AFP Yvo de Boer, le responsable climat de l’ONU.

Samedi (24 octobre), une « Journée d’action mondiale » préparée de longue date par le mouvement 350.org, avec quelques 5.000 événements organisés à travers la planète, a démontré que la mobilisation s’amplifie. Conçu par Bill McKibben, un militant écologiste américain, le mouvement 350.org tire son nom d’une mise en garde lancée par l’expert climatique James Hansen qui estime que la concentration de CO2 dans l’atmosphère doit être inférieure à 350 partie par million (ppm) pour éviter des catastrophes en série. La concentration actuelle est d’environ 385 ppm, et les négociations en cours visent à limiter le niveau à 450 ppm.

Lancé en mars 2008, ce réseau structuré sur Internet revendique 200.000 membres répartis dans une myriade de réseaux de mobilisation citoyenne, dans 180 pays. « Cela a dépassé nos espoirs les plus fous« , explique McKibben à l’AFP, soulignant que deux catégories de « militants » se dégagent : les jeunes ayant fait des études et les personnes appartenant à des groupes religieux. « J’étais informé du réchauffement climatique mais je ne savais pas quoi faire », explique Gan Pei Ling, 22 ans, étudiante à l’université de Tunku Abdul Rahman, en Malaisie, qui a rejoint ce réseau et participait en début de mois aux négociations climat à Bangkok. Comme elle, les centaines de militants de la région qui se sont donné rendez-vous dans la capitale thaïlandaise voient souvent le réchauffement climatique comme une injustice envers les pauvres, et les jeunes. « Les personnes plus âgées ont l’air de Lire la suite

France Nature Environnement imagine l’économie de demain

France Nature Environnement, Communiqué de presse, le 20 octobre

Congrès national 2010 : FNE imagine l’économie de demain

A l’heure où « l’économie verte » est dans tous les esprits, France Nature Environnement lance une réflexion pour faire émerger des propositions innovantes pour une économie plus respectueuse de l’homme et de l’environnement. Elles seront présentées lors du 34ème Congrès National de FNE, les 25 et 26 mars 2010 à Toulouse.

FNE s’engage dans une réflexion autour de l’économie de demain

L’exploitation des ressources naturelles a donné lieu à la création et au développement d’industries, de services et d’échanges commerciaux, mais cela a également contribué à la dégradation de l’environnement, en même temps que nombre de ces ressources arrivent aujourd’hui à des niveaux critiques de disponibilité.

Selon Sébastien Genest, Président de France Nature Environnement : « Ce constat doit nous amener à trouver des solutions pour éviter le gaspillage, produire et consommer autrement en générant moins de pollutions, en consommant moins de ressources. La mise en place d’une économie plus respectueuse de l’environnement représente un levier d’action essentiel pour avancer vers cet objectif ».

Conscients des possibilités envisageables dans ce domaine, médias, entreprises et acteurs publics évoquent de plus en plus souvent l’ « économie verte » ou la notion de « Green Deal ». Mais ces déclarations d’intention débouchent difficilement vers des solutions opérationnelles pour accorder notre économie avec les limites de la planète.

FNE a donc mis en place une réflexion afin de définir des pistes d’actions concrètes et cohérentes sur le plan économique, en prenant en compte les impacts sur l’environnement, le dynamisme économique, l’emploi et les aspects sociaux.

Une réflexion collective qui associe différents types de partenaires

Les 3 000 associations membres et affiliées de FNE participent déjà à cette réflexion menée par la fédération. Un premier travail a d’ores et déjà permis un recensement des actions innovantes au sein de la fédération.

Une réflexion globale sur une nouvelle économie acceptable par l’ensemble de la société civile nécessite également l’implication des parties prenantes de la production et de la consommation d’horizons variés. Objectif : confronter les points de vue, enrichir la réflexion initiée par la Mission économie de FNE et réagir à ses propositions. Des syndicats de travailleurs, des associations de consommateurs et d’élus mais aussi des entreprises et la presse économique prendront part à cette réflexion. A ce titre, les premiers partenaires de FNE engagés dans cette réflexion sont la CLCV (association nationale de consommateurs et d’usagers), la Caisse des Dépôts et BNP Paribas pour le secteur bancaire ; Lafarge pour le secteur de l’industrie ; Alternatives Economiques pour le secteur de la presse.

Bruno Genty, vice-président de FNE et Pilote de la mission Economie, confirme que « par cette démarche, nous voulons enclencher un débat multipartite et formuler des Lire la suite

La Sepanso Dordogne se réorganise

sudouest.com, Hervé Chassain, le 24 Septembre 2009

ÉCOLOGIE. L’association la plus connue et la plus active veut mettre de l’ordre dans ses actions pour être plus efficace

La Sepanso se réorganise

Il y a eu du mouvement à la Sepanso Dordogne, la fameuse association écologiste (1), et ce n’est certainement pas fini. Depuis le mois de juin, Michel André (du Bugue) qui était un des piliers du bureau, a démissionné de son siège de vice-président et a été remplacé par Georges Barberolle (de Bergerac) et Mathilde Guignard (de Limeuil). Nicole Barberolle est aussi devenue secrétaire générale. Gérard Charollois (de Veyrines-de-Vergt), l’emblématique président, a conservé son siège.

Aujourd’hui, c’est Georges Barberolle qui monte en première ligne pour réorganiser l’association. « Il fallait mettre de l’ordre et de la lisibilité dans nos actions », explique cet ingénieur gazier à la retraite, revenu à Bergerac depuis une dizaine d’années. Il y a fondé l’association du quartier Est, qui s’est fait entendre sur de nombreux dossiers, notamment sur la déviation ou pour défendre les arbres de la place de la Myrpe.

Des dossiers partout

« La Sepanso ne doit plus être utilisée pour des intérêts particuliers et ne doit pas faire preuve d’intégrisme », explique-t-il. Il dit ainsi sa méfiance face l’effet « Nimby » (2). Ce qu’il avait d’ailleurs prouvé en défendant la reprise des travaux de la déviation de Bergerac, alors que la présence du pigamon jaune, une fleur censée être protégée, les avait fait stopper. Il souhaite que l’on fasse la part des choses.

De même, il assure « qu’on ne peut pas refuser tous les projets de développement touristique. Mais il faut qu’ils soient bien intégrés à la région ».

La Sepanso a des dossiers ouverts dans tout le département. Elle a été en première ligne pour s’opposer au projet du circuit de voitures anciennes de Bagatelle en Périgord vert (aujourd’hui abandonné) et est toujours opposée au projet de gazéificateur de Saint-Paul-La-Roche. Sur la création d’un village de tourisme au plan d’eau du Rosier à Coursac, elle attend d’en savoir plus. À Atur, elle a soutenu une association locale qui s’opposait à l’extension d’un camping.

200 adhérents

« Nous intervenons la plupart du temps en soutien d’associations locales », explique en effet Georges Barberolle. La Sepanso arrive avec sa notoriété, le savoir-faire de ses 200 adhérents, parmi lesquels des juristes, des naturalistes et toutes sortes de spécialistes, ainsi qu’un certain sens de la communication.

On la retrouve aussi à Boulazac pour Lire la suite

Nouveau rapport des Amis de la Terre : Surconsommation des ressources naturelles, le défi

cdurable.info, David Naulin, le 15 septembre 2009

Nouveau rapport des Amis de la Terre : Surconsommation des ressources naturelles, le défi

Alors que s’ouvre à Davos en Suisse le premier Forum Mondial sur les Ressources (FMR), les Amis de la Terre Europe, l’institut de recherche SERI et les Amis de la Terre Autriche publient le nouveau rapport « Overconsumption ? Our use of the world’s natural resources ». Chiffres à l’appui, le rapport met en évidence que nos sociétés ont développé ces dernières décennies une frénésie de consommation, générant une surexploitation de ressources naturelles principalement issues d’autres pays. Elles n’ont d’autre choix que d’opérer un virage radical pour préserver les générations futures et l’équité entre les peuples.

En 1995, Les Amis de la Terre publiaient déjà le rapport « Vers une Europe soutenable » [1] qui sonnait l’alarme sur la surconsommation des ressources naturelles et sur les inégalités de consommation entre pays. Il proposait un concept innovant d’ « espace environnemental », fondé sur un principe d’équité, correspondant à la quantité d’énergie, d’eau, de territoire, de matières premières non renouvelables et de bois pouvant être utilisée de manière soutenable. Cet espace environnemental disponible par personne est plafonné, mais il propose également un plancher correspondant au niveau minimum de ressources dont chacun doit pouvoir disposer pour ses besoins fondamentaux.

Le nouveau rapport reprend ces concepts et publie des chiffres plus récents qui n’en sont que plus alarmants :

Les hommes consomment aujourd’hui 50 % de ressources naturelles de plus qu’il y a seulement 30 ans, avec environ 60 milliards de tonnes de matières premières par an [2] ;

Les populations des pays riches consomment jusqu’à 10 fois plus de ressources naturelles par habitant que celles des pays pauvres. Un Européen consomme 43 kg de ressources par jour, contre 10 kg pour un Africain ;

– L’Europe est plus dépendante des importations que les autres continents ;

– L’économie mondiale actuelle utilise environ 30 % de ressources de moins pour produire un euro de PIB qu’il y a 30 ans. Mais la consommation globale de ressources continue à augmenter.

Pour Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre France, « La surconsommation de ressources par les pays riches ne peut plus continuer : changements climatiques, conflits, pollutions, déforestation, atteinte à la biodiversité et explosion des inégalités sociales. Autant de symptômes de sociétés malades qui nous rappellent que le bien-être de tous se construira sur d’autres concepts que la croissance du PIB.

L’Europe doit se fixer des objectifs ambitieux de baisse de sa consommation globale de ressources naturelles pour réduire sa dépendance et faire cesser les dégâts sociaux et environnementaux liés à leur surexploitation. C’est également le seul moyen de Lire la suite

Allemagne : La justice stoppe une centrale à charbon émettant trop de CO2

letemps.ch, Yves Petignat, le19 septembre 2009

Allemagne : La justice stoppe une centrale à charbon émettant trop de CO2

L’installation thermique de Datteln devait être la plus moderne et la plus puissante d’Europe. Les juges estiment qu’elle n’est pas conforme à l’environnement. Une première

C’est la victoire de David contre Goliath. Mais c’est aussi la première fois que les juges avancent des arguments de protection du climat, notamment les rejets de CO2, pour stopper un projet énergétique. Un coup dur pour E.ON et la politique «énergie mixte» préconisée par la chancelière Angela Merkel.

L’un des premiers producteurs d’électricité du monde, le géant allemand E.ON, 93 000 employés, 87,6 milliards de chiffre d’affaires, a dû cesser partiellement la construction de son plus grand projet de centrale thermique à charbon, à Datteln, une petite ville proche de Münster, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Un projet devisé à 1,2 milliard d’euros et qui pourrait être définitivement interrompu.

Retrait du permis

La tour de refroidissement de 180 m de hauteur est pratiquement achevée, alors que s’édifie à son pied l’une des plus puissantes centrales thermiques à charbon, une centrale monobloc de 1055 mégawatts, comparable aux centrales nucléaires. L’installation aurait dû livrer un tiers de sa production à Deutsche Bahn. Mais, vendredi, les travaux des dépôts d’ammoniaque, de charbon et de cendre, ainsi que des installations auxiliaires de machines à vapeur ont cessé, après le retrait d’un permis de construire par l’exécutif du district de Münster.

Depuis des années, un agriculteur voisin, Heinrich Greiwing, s’opposait au projet d’E.ON, trop proche de sa ferme. A ses côtés, les organisations écologistes, tels Greenpeace, Bund für Umwelt und Naturschutz (BUND) ou l’Alliance pour le climat, soutenues par de nombreux donateurs, dont le fonds d’investissement anglais TCI. Datteln était devenue la lutte phare contre les projets de ce type.

Multiples infractions

Au début du mois de septembre, les juges d’instance de Münster ont rendu un jugement dont les considérants ne laissaient pas d’autre choix aux autorités locales que de suspendre l’autorisation de travaux en cours. Infractions aux plans d’urbanisme, aux lois sur la protection de la faune et de la flore, aux directives contre le bruit, distances avec le voisinage non respectées, etc. Manifestement, les autorités locales s’étaient fiées les yeux fermés aux assurances d’E.ON, l’un des plus grands employeurs de la région. Mais surtout, relèvent les juges, la centrale, qui devait fonctionner grâce à du charbon importé, contrevient au plan de développement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, lequel précise que «de nouvelles centrales ne pourront être réalisées que si des progrès considérables sont obtenus dans le bilan de rejet du CO2 et d’autres substances touchant au climat».

Manque d’énergie

Or le projet de Datteln, qui multiplie par 350% la capacité de la centrale actuelle et devait émettre à elle seule l’équivalent de 0,73% de l’ensemble du contingent d’émission d’oxyde de carbone de l’Allemagne, ne peut Lire la suite

Entreprises – Développement durable: entre discours et stratégie

novethic.fr, Béatrice Héraud, le 18 septembre 2009

Développement durable: entre discours et stratégie

Toutes les grandes entreprises ou presque déclarent aujourd’hui avoir une stratégie de développement durable. Mais si le sujet est largement au cœur de leur communication, leurs pratiques doivent encore s’améliorer.

« Traité de manière plus mâture, le développement durable devient désormais stratégique pour  les entreprises ». Luc Laurentin, fondateur de Limelight consulting, voit dans la deuxième édition de l’Observatoire de la communication et du marketing responsables, toutes les raisons de se réjouir. Preuve en est selon lui : son étude* menée début septembre montre que 90% des entreprises affirment avoir une stratégie de développement durable contre 76% en 2008. Et pour celles qui avouent être à la traîne, ce ne serait qu’une question de temps. L’obligation prochaine pour les entreprises de plus de 500 salariés de produire un bilan social et environnemental, inscrite dans le « Grenelle 2 », n’y est peut-être pas étrangère… Le sujet devient si important que le comité de direction est aujourd’hui autant ou presque à l’initiative des actions de développement durable que le service spécifiquement dédié. Service d’ailleurs de plus en plus courant dans les entreprises, puisque 62% des interviewés déclarent en disposer contre 55% l’an dernier.

« Il y a deux ans, le développement durable était la jolie danseuse de la communication, aujourd’hui, il s’agit d’un sujet débattu au moins une fois par mois dans les comités de direction », confirme Fabio Brusa, responsable de la communication pour Nestlé Waters France. Et tous les services sont aujourd’hui sollicités, de la communication, aux RH en passant par les achats et le juridique. Les résultats se feraient donc sentir dans la communication et le développement de produits responsables: « Nous sommes passés d’une communication corporate faite de grandes déclarations généreuses à une communication plus axée produits, basée sur des preuves factuelles et donc plus efficace », estime ainsi Dominique Candellier, directrice communication et développement durable de l’Union des annonceurs (UDA). Exemple : La Poste qui communique sur son parc de vélos et de voitures électriques ou IBM qui présente ses solutions pour permettre aux entreprises de faire des économies d’énergie. Une « preuve de maturité », selon Luc Laurentin, rendue possible par le développement tout azimut de nouveaux produits ou services intégrants les enjeux de développement durable.

Et dans les faits ?

Même la crise n’aurait finalement aucun impact sur les stratégies de responsabilité sociale des entreprises (RSE). « Le développement durable est justement une réponse à la crise », s’enthousiasme Fabio Brusa. Jusqu’ici donc, tout irait bien. Pourtant, peut-on réduire la stratégie RSE au développement de produits et à un marketing plus « responsables » ? Certainement pas. Et c’est bien là les limites de l’étude, qui semble parfois confondre stratégie et communication. Car communiquer sur des produits verts et des éco-gestes est une chose, mais intégrer une politique développement durable à sa stratégie implique aussi des critères sociaux et de gouvernance en interne… Ainsi, les engagements Lire la suite

Indicateur de développement durable — L’empreinte écologique discréditée

ruefrontenac.com, Jessica Nadeau, le 17 septembre 2009

Indicateur de développement durable — L’empreinte écologique discréditée

L’empreinte écologique, utilisée de plus en plus par les organisations environnementales pour sensibiliser la population aux incidences de leurs modes de consommation, est jugée « peu pertinente » comme indicateur de développement durable par l’Institut de la statistique du Québec.

C’est la conclusion de la nouvelle étude L’empreinte écologique : revue de littérature et analyse critique, publiée jeudi par l’Institut de la statistique du Québec.

Dans le document, rédigé par Stéphanie Uhde, économiste pour l’institut, on soutient que même si l’évaluation des mesures de suivi en matière de développement durable est « cruciale » pour la société québécoise, « l’empreinte écologique se révèle peu pertinente comme indicateur de développement durable ».

« Bien qu’elle soit utile pour sensibiliser les individus aux conséquences de leur mode de consommation, sa démarche vis-à-vis du développement durable tranche avec l’approche théorique que la communauté internationale tend à privilégier. De plus, son cadre statistique est loin de constituer un standard qui fasse consensus dans la littérature ou la pratique. »

L’empreinte écologique ne serait donc « pas un bon outil pour orienter la prise de décision politique ». D’autant plus que, toujours selon l’Institut, son utilisation demeure controversée et que les gouvernements l’ayant adoptée sont peu nombreux.

En entrevue à RueFrontenac.com, l’auteure affirme que « les résultats de l’empreinte sont trop agrégés pour qu’ils puissent être utiles à la prise de décisions », d’autant plus qu’ils ne prennent pas en considération les effets qualitatifs comme la pollution ou l’érosion des sols.

Marginalisation des indicateurs environnementaux

Pour Karel Mayrand de la Fondation David Suzuki, nul besoin d’une étude pour démontrer que l’empreinte écologique n’est pas un indicateur de développement durable. Il s’agit selon lui d’une évidence puisque l’empreinte écologique est d’abord et avant tout un outil d’éducation permettant aux citoyens d’évaluer leur propre impact sur la planète. D’ailleurs, dans un récent rapport du Vérificateur général du Québec, le commissaire au développement durable soutenait que, si tous les habitants du monde consommaient comme le Québec, on aurait besoin de trois planètes pour répondre à la demande.

« L’argument principal de l’institut de la statistique est que l’empreinte écologique ne tient pas compte des aspects sociaux et économiques alors que les trois piliers du développement durable Lire la suite

Un ultimatum contre la bombe climatique

toogezer.com, propos recueillis par Olivier Moulergues, le 17 septembre 2009

Un ultimatum contre la bombe climatique

Pour faire progresser les négociations internationales sur le changement climatique à Copenhague, onze ONG, dont Greenpeace, ont lancé en mai dernier une pétition adressée au président Nicolas Sarkozy “L’ultimatum climatique(http://www.copenhague-2009.com/appel). Son objectif : la division par deux des émissions d’ici 2020 et 100 milliards d’aide au pays du Sud pour un développement propre et l’adaptation aux changements climatiques. Pascal Husting, directeur de Greenpeace France et Karine Gavand, responsable de la campagne climat nous parlent de cette mobilisation sans précédent en faveur de la justice climatique.

Comment est née cette initiative ?

Karine Gavand : “Ce sont des ONG de protection de l’environnement, dont Greenpeace, qui ont eu l’idée de rassembler les associations écologistes et humanitaires françaises pour parler d’un sujet qui transcende les domaines environnemental et humanitaire : la lutte contre le réchauffement climatique. Nous avons une logique de plateforme qui permet à chacun de garder son indépendance en s’unissant juste pour cette action commune précise.”

Pourquoi agir seulement au niveau français alors que la négociation sera mondiale ?

Pascal Husting : “Cette campagne n’est que le versant français d’une série d’évènements qui se tiennent actuellement partout dans le monde. Les français ne pouvaient pas interpeller Merkel et les allemands Nicolas Sarkozy, il nous fallait bien commencer par quelque part !”

Karine Gavand : “La campagne internationale TCK http://www.timeforclimatejustice.org/clip/ menée par la fondation de Kofi Annan The Global Humanitarian Forum est une mobilisation internationale en faveur de la justice climatique. Le principe est simple : chaque internaute publie sont tic tac de pendule pour réveiller les décideurs avant qu’il ne soit trop tard.”

La France est-elle à la « traîne » ?

Karine Gavand : “Il y a une grande différence entre les discours qui pourraient faire croire que le gouvernement s’engage et les actes réels. La France fait en réalité très peu pour l’efficacité énergétique. Les objectifs de Kyoto sont certes respectés, mais il s’agit d’une simple stabilisation des émissions. L’Allemagne, partie de résultats moins bons, voit ses émissions diminuer beaucoup plus rapidement.”

Pascal Husting : “Il y a des choix à faire. Lorsque l’on décide de dépenser 30 milliards pour le plan de défense ou 3 milliards pour la suppression de la TVA dans la restauration mais que l’on refuse trois milliards pour soutenir un développement plus propre des pays du Sud, on ne peut pas dire que l’on s’engage pour la justice climatique.”

La justice climatique est-elle Lire la suite

La démocratie technique pour ajuster désirs et limites

vivagora.org, Dorothée Benoit Browaeys, le 14 septembre 2009

La démocratie technique pour ajuster désirs et limites

Une intervention de Dorothée Benoit Browaeys, Déléguée générale de VivAgora, aux ateliers d’été du développement durable, le 12 sept 2009 à Versailles.

Table ronde – Le rôle des politiques et des citoyens face à la crise : que faire ici et maintenant ?

Les crises financières et écologiques actuelles sont l‘une comme l’autre le fruit d’un désajustement (1). On parle moins de la crise technologique, incarnée par l’opposition aux OGM qui se traduit de plus en plus par un rejet de la technocratie.

Chacun se sent pris dans un étau entre le déferlement de toutes les innovations possibles et un sentiment d’impuissance. Le progrès technique est vécu comme une fatalité à subir plutôt que comme un problème de société qui engage des choix. Car la domination des experts a évacué la « mise en politique des questions scientifiques et techniques ». Elle cache le fait que la technoscience remodèle le monde de façon controversée… Elle tente de minimiser les dégâts sanitaires que subissent les citoyens (sang contaminé, vache folle, pesticides, ondes…).  Mais l’émergence de risques incalculables, délocalisés et irrémédiables (cf Ulrich Beck (2) l’ambivalence des usages et l’importance des impacts sociétaux des innovations accroissent l’angoisse et la méfiance.

Dans le contexte de crises des modèles (économique, scientifique…), de butée sur les limites des ressources planétaires et de méfiance des citoyens envers leurs gouvernants, de nouvelles procédures de dialogue sont nécessaires pour qualifier, hiérarchiser ce qui est souhaitable, désirable, raisonnable. « Nous n’habitons plus le monde des modernes, nous nous heurtons à la finitude « écrit Dominique Bourg dans son article « Pour une démocratie écologique » (4), après avoir décrit la tension entre la valeur de la liberté portée par la démocratie moderne, et l’intérêt collectif. Nos gouvernements sont davantage au service du droit de l’individu à consommer le plus possible (programme de progrès sans fin, de transgression) que capables d’arbitrages vis-à-vis de scénarii futurs.

Les outils politiques doivent être enrichis pour co-élaborer – dans une confrontation des cultures et des visions de l’avenir – des préférences, des normes, des décisions. Trois exigences s’imposent :

1 – Engager les citoyens dans l’élaboration des enjeux de gouvernance ; sortir des cadrages strictement techniciens ; produire une information pertinente qui répond aux expériences et demandes des citoyens. exemples : Nouveaux indicateurs de progrès- Réseau Fair-Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi, pétion parue dans Libération pour une gestion sociale et démocratique de l’épidémie de gripe H1N1. Engagements de VivAgora : Alliance citoyenne sur les enjeux des nanotechnologies

2 – Développer une culture du débat public qui permette de dépasser le débat « politiquement correct » pour créer peu à peu les conditions d’une authentique démocratie participative, condition de la co-construction souhaitée des technologies et de la société de demain ; construire les collectifs ou mobiliser les ONG dans des instances de dialogue fondées comme permanentes. Exemples : Cycles de débats publics sur la biologie synthétique (prochains OGM). Engagements de VivAgora : NanoForum ou cahier d’acteurs pour le débat national sur les nanotechnologies de la CNDP

3 – Introduire Lire la suite

Consommation écologique, écologie dans les têtes, ruée sur les AMAP et liens écolos sur le web

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 12 Septembre 2009

Le développement durable se mesure aussi à l’aune des comportements individuels. Le tour des bonnes résolutions, sans douleur pour le budget

Cinq manières de réussir sa rentrée écolo

1 Les étiquettes je regarderai

La vogue de « l’écologiquement correct » ne facilite pas la consommation vertueuse, bien des produits s’autoproclamant plus verts que le voisin de rayon. L’écolabel européen et la marque NF Environnement ont tous deux le mérite du sérieux. Ils garantissent le respect d’un cahier des charges qui vise à restreindre l’impact sur l’environnement de quelque 600 articles non alimentaires. À l’heure de la rentrée, on trouve ainsi le logo NF Environnement apposé sur des colles de papeterie, des cahiers ou des produits textiles.

Pour le reste, la mention du bilan carbone (mesuré en émission de gaz à effet de serre) ou de l’empreinte écologique (mesurée en surface au sol) demeure embryonnaire. Deux enseignes, Leclerc et Casino, ont adopté ce type d’étiquetage.

Par ailleurs, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a lancé au printemps dernier une expérience sur l’étiquetage de 10 produits pilotes – jus d’orange, eau minérale, T-shirt en coton. Un accord avec le ministère de l’Écologie prévoit une expérimentation plus large, sur 300 produits. La loi Grenelle 1 du 3 août dernier pousse dans le même sens à l’horizon 2011.

Dans l’intervalle, il n’est pas interdit de s’abîmer les yeux dans la lecture des étiquettes pour faire la chasse aux cauchemars écologiques. L’huile de palme, par exemple, qui dégouline dans les aliments industriels et les cosmétiques. La Malaisie et l’Indonésie, ses deux principaux producteurs, détruisent joyeusement leurs forêts primaires pour favoriser l’installation d’immenses exploitations qui signent la mort de la biodiversité tropicale.

2 Localo-local j’achèterai

Que vous fassiez vos courses à Condom, à Libourne ou à Dax, que vaut-il mieux choisir à votre avis ? Une poire comice du Sud-Ouest, une passe-crassane de la même région de production ou une poire importée du Chili qui aura effectué 11 650 kilomètres entre le pied des Andes et le marché de Rungis ? Encore un effort, la réponse n’est pas extrêmement difficile à trouver…

L’étiquetage du pays d’origine étant obligatoire pour le frais, il suffit de lever le nez pour bannir de vos assiettes le melon charentais du… Maroc qui précède le « vrai » en tout début de saison, les tomates pleines de flotte d’Almería ou le raisin rosé d’Égypte qui voisine ces temps-ci avec un chasselas bien de chez nous.

La plupart du temps, se limiter à des fruits et légumes de saison permet d’éviter l’écueil. Mais l’expérience prouve que, même en juillet-août, mettre la main sur une aubergine française dans la grande distribution peut relever de l’exploit olympique. Il vaut mieux se rabattre sur les marchés, où les circuits de commercialisation sont en général plus courts, du producteur au consommateur. Voire embrasser la cause des Amap (lire ci-contre).

3 La chasse au superflu je ferai

52 % des émissions de gaz à effet de serre du quidam moyen proviennent des objets qu’il possède. Plus exactement de l’énergie qu’il a fallu utiliser pour la fabrication et le transport desdits objets. Selon l’Ademe Lire la suite

Jean Zin : Un seul monde, plusieurs systèmes

jeanzin.fr, Jean Zin, le 12 septembre 2009

Un seul monde, plusieurs systèmes

Le capitalisme ne s’est pas effondré, la finance est repartie au quart de tour mais le chômage n’a pas fini de monter et le système restera en panne longtemps encore, tant que les pays les plus peuplés ne tireront pas une croissance mondiale qui ne peut plus reposer sur le crédit américain. En attendant, les effets en chaîne de la faillite du modèle de financiarisation néolibérale continueront à se faire sentir de façon implacable dans les années qui viennent. Une des leçons de la crise (en 1929 déjà), sous l’apparence d’une transmission instantanée à la Terre entière, c’est l’inertie considérable de l’économie mondiale (fonction de la taille), inertie renforcée cette fois par les mesures gouvernementales relativement appropriées ainsi que par les protections sociales qui ne font sans doute que retarder la destruction des emplois et la restructuration de la production sur un modèle plus soutenable. A court terme, une rechute rapide semble inévitable, au moins du dollar, provoquant une récession pire sans doute que la précédente, sans signifier pour autant un effondrement total du système en tant que tel, habitué de ces épisodes dramatiques et dont il finit par sortir au bout d’un temps plus ou moins long, au prix de guerres souvent, de profondes restructurations toujours. En tout cas, malgré les signes contradictoires de reprise et de détresse sociale, ni le grand soir, ni le retour de la croissance ne sont pour demain, on pourrait en avoir pour 10 ans ou plus, c’est dans ce contexte qu’il faut penser notre présent et préparer la sortie de crise, même si des accélérations de l’histoire sont toujours possibles.

Si le schéma de la crise est assez classique, on peut la caractériser comme la première véritable crise planétaire et, à coup sûr, la première de l’ère du numérique. Une nouvelle guerre mondiale n’a certes rien d’impossible dans cette ambiance de réarmement général et il faut souhaiter un peu plus de protectionnisme raisonné mais on ne retournera pas à des économies fermées ni à l’affrontement de systèmes, sans doute, car s’il y a bien un acquis sur lequel on ne reviendra pas, selon toute vraisemblance, c’est sur la mondialisation des réseaux, des images et donc des marchandises. Si « un autre monde est possible » malgré tout, c’est dans ce contexte d’unification planétaire, au moins des communications, même si le processus est, certes, loin d’être achevé.

S’il n’y a plus qu’un seul monde, cela voudrait-il dire qu’il n’y aurait plus qu’un seul système comme on peut le craindre légitimement devant la contamination de toutes les activités par la logique marchande et l’extension infinie des marchés ? Non, bien sûr, ce serait nier l’existence d’une économie familiale et d’une économie publique, au moins. Le néolibéralisme a bien tenté de nier cette pluralité au nom d’un totalitarisme du marché mais son échec et son inhumanité sont désormais patents. Il y a donc bien possibilité d’une pluralité de systèmes, simplement ils ne vont plus se différencier en blocs territoriaux, ni selon les pays comme on changeait de religion en changeant de prince, mais seront obligés de cohabiter sur le même territoire. Il s’agit de voir comment.

D’abord, il faut souligner qu’une singularité de not re situation historique, c’est l’absence de toute alternative depuis l’effondrement (complet cette fois) du communisme. Il y a bien l’islamisme pour certains pays comme résistance à la modernisation mais l’expérience iranienne annonce déjà son déclin. Or, les révolutions ne s’improvisent pas et ne trouvent pas spontanément et comme par miracle les solutions aux problèmes qui n’ont pas été résolus jusqu’ici. Le mythe imbécile de l’auto-organisation se cogne rapidement au réel. Ainsi, la désorientation de Chavez est totale dans la tentative de construire un socialisme du XXIème siècle, cherchant sincèrement des pistes mais se heurtant aux dures réalités et à l’absence de propositions praticables. Pour réussir, les révolutions doivent être préparées par tout un travail intellectuel préalable (Rousseau ou Marx), ce qui pour l’instant manque cruellement. On n’est peut-être pas à la fin de l’histoire mais cela y ressemble furieusement par certains côtés au moins, de l’unification planétaire à la pensée unique dont l’incidence est massive (au moins dans les mass média) depuis la fin de la division planétaire. Seulement, cela ne peut être la victoire totale d’un camp contre l’autre et plutôt l’intériorisation de la pluralité des systèmes, la transformation d’une division extérieure en division intérieure.

Il n’y a aucune chance qu’on se débarrasse du capitalisme au niveau mondial, encore moins Lire la suite

Les partisans du rire militant

lemonde.fr, Hubert Prolongeau, le 11 septembre 2009

Les partisans du rire militant

On la sent tendue : sourire un peu crispé, piercing frémissant à l’aile du nez… Depuis dix minutes, Leila Chaibi, 26 ans, arpente les rayons du Carrefour de Saint-Denis, en banlieue parisienne. Elle garnit son chariot de gâteaux, de bonbons, de jus de fruits. « On va pas leur prendre du caviar, quand même… » Pour la deuxième fois, avec ses amis du collectif l’Appel et la pioche, elle organise un « pique-nique de faim de mois« . L’idée ? Improviser un casse-croûte dans un supermarché et inviter les clients à le partager. L’objectif ? Dénoncer les marges de la grande distribution alors que le pouvoir d’achat stagne. 750 millions d’euros de bénéfice pour Carrefour au premier semestre 2008, une augmentation des prix de 9 % en huit mois… « Nous voulons dire aux gens de manière ludique : servez-vous à votre tour. Chaque fin de mois, nous investirons un supermarché« , explique Simon Cottin-Marx, 22 ans, étudiant à Sciences Po, en vérifiant d’un œil que chacun est en place.

11 h 15 : la dizaine de militants se retrouvent au rayon meubles et lancent l’action. En hâte, ils déplacent un canapé et une table, dégainent une nappe sur laquelle ils étalent le contenu de leurs chariots. Victor, qui a pris dans les rayons une radio et des piles, met la musique à fond. Les slogans éclatent : « Ils grignotent votre pouvoir d’achat : grignotez leurs marges à votre tour ! » Des curieux s’approchent, amusés. Une mère appelle son fils : « Dépêche-toi, il y a du jus d’orange ! » D’émotion, l’enfant renverse un premier verre avant de se fourrer dans la bouche une grosse poignée de fraises Tagada. Un homme s’empare d’un paquet de brownies. « C’est bon, ça ? » Il en propose à la cantonade. Des clients attrapent à la volée des pains au chocolat, mordent dedans. Ils rient, certains crient « Bravo ! »

La joyeuse mêlée durera dix minutes, le temps qu’arrivent les vigiles. Un peu gênés… Certains sourient. On sent que leur chef, un colosse rondouillard, n’a pas envie de se fâcher pour de bon. Mais à ses côtés, un gros blond, quelques gouttes de sueur au front, prend la chose très au sérieux. Il pousse violemment un des militants contre une mère de famille. Un court instant, le jeu se durcit. Puis deux vigiles s’emparent de la table et l’évacuent. Du côté des militants, on sait que c’est la fin. Les forces de l’ordre unissent leurs bras pour faire barrière, poussent tout le monde vers la sortie. Le blond peste toujours, arrache une boîte de tomates cerises à une jeune femme. Simon finit un litre de jus d’oranges entamé et demande à voir le responsable du magasin. « Il n’y a pas de responsable », répond un vigile. On se retrouve dehors. Petit instant de triomphe. Une dizaine de clients vient approuver l’action. « C’était le gros bordel. C’était sympa. » « Vous avez raison, c’est trop cher. » Leila sourit. « Ça a super-marché », clame-t-elle, avec un involontaire jeu de mots.

L’âme militante

Depuis 2005, de tels happenings bousculent le jeu classique des manifestations en y introduisant créativité, surprise et amusement. L’Appel et la pioche, Génération précaire, Jeudi noir, Sauvons les riches, les Clowns à responsabilités sociales ont changé la donne de la militance. A leur tête, on retrouve souvent les mêmes : Leila Chaibi, Lionel Primault, Manuel Domergues, Xavier Renou, Julien Bayou passent de l’un à l’autre de ces collectifs avec la même envie de bousculer les choses, les mêmes idées (résister au capitalisme plutôt qu’appartenir à un parti), la même conscience de l’importance des médias et la même envie de s’amuser. « On ne voulait pas se présenter une fois de plus comme des victimes, explique Lionel Primault, 34 ans. Transgresser, c’est un plaisir. » Le plaisir, tous y reviennent : ne pas s’ennuyer, ne pas tomber dans la routine des distributions de tracts. Leila Chaibi, brunette aux joues rondes, s’est sentie très jeune l’âme militante. En mars 2002, en route vers le Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Barcelone, elle est arrêtée à la frontière, ses affaires sont confisquées. « Ça m’a choquée. » Le 21 avril de la même année, la présence de Le Pen au second tour de l’élection présidentielle la pousse vers Alternative libertaire. Déception. « C’était une perte de temps totale. Des querelles de chapelle, des réunions mortelles d’ennui. On se regardait le nombril, on se gargarisait au devoir de camaraderie. J’avais l’impression d’être dans une secte. »

Génération précaire marque le début de l’aventure. En septembre 2005, une scénographe, Cathy, lassée de voir ses nombreux diplômes n’aboutir qu’à des stages payés au lance-pierres, envoie sur Internet un appel à la révolte. Deux amis, Lionel Primault et Julien Bayou, repèrent le message. Lionel Lire la suite

Vive la forêt : Vingt ans au service de l’environnement

sudouest.com, Véronique Boscher, le 9 Septembre 2009

Vingt ans au service de l’environnement

LACANAU.

Il y a vingt ans, les forêts du Porge et de Lacanau prenaient feu, avant celles de Sainte-Hélène, Carcans et bien d’autres encore. Des années noires pour la nature, qui avaient toutefois fait prendre conscience de l’immense valeur mais aussi de la fragilité de notre patrimoine forestier.

Pour défendre celui-ci, oeuvrer pour son reboisement et agir contre la menace des promoteurs, nombre de citoyens se sont alors regroupés pour créer une association sous le nom de Vive la forêt (VLF). « Aujourd’hui, vingt ans plus tard, Vive la forêt est toujours présente, tout en ayant évolué, explique la présidente Dominique Gisson, ce qui est le signe de son dynamisme et de son adaptation permanente aux besoins. »

400 familles adhérentes

Au fil des ans, VLF a obtenu un agrément en tant qu’association de protection de l’environnement pour l’ensemble du département. Ainsi, elle est devenue incontournable pour tout ce qui touche à l’environnement en Gironde et compte actuellement près de 400 familles adhérentes.

Au-delà du risque d’incendie, qui reste toujours l’une des préoccupations majeures de l’association, VLF a évolué vers « une défense de l’environnement plus généraliste ». L’association part du constat suivant : « Là où passe le feu, la nature met 10 ans à reprendre ses droits mais là où passent les promoteurs bétonneurs, elle est définitivement détruite ». C’est donc tout naturellement vers « ce type de méfaits » que l’association a concentré ses actions, et cela de la pointe du Verdon jusqu’au bout du cap Ferret.

Sur la commune de Lacanau, VLF a surtout œuvré pour le respect de la loi littoral sur plusieurs sites et pour la préservation des sites remarquables et espaces boisés à conserver. Des actions qui ont souvent eu comme conséquence des relations plutôt tendues avec les élus en place.

Le dialogue

« Contrairement à une idée répandue », précise Dominique Gisson, « VLF n’est pas systématiquement contre tout. Nous ne faisons simplement pas la même lecture des dossiers. Nous savons faire des propositions mais il faut d’abord que le dialogue s’instaure en amont au lieu de tomber toujours dans l’opposition. Et quand il y a divergence d’opinion, Lire la suite

Chantal Jouanno – Ne laissons pas les idéologues de tout poil monopoliser l’écologie

lemonde.fr, Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’écologie, le 7 septembre 2009

Ne laissons pas les idéologues de tout poil monopoliser l’écologie

L’humanité a le choix de sa régression ou de son développement face à la crise écologique. A quelques semaines de la négociation internationale sur le climat à Copenhague, les enjeux sont connus. Le dramatisme du film Home, de Yann Arthus Bertrand, a ouvert nombre d’yeux. Allons au-delà pour mesurer notre dépendance aveugle à ce modèle de vie.

La vie comme l’écologie nous enseignent le doute, un doute qui fait défaut aux idéologies. L’écologie productiviste comme l’écologie radicale ont le même fondement. Contester la démocratie et le débat de société au nom de pseudo-certitudes scientifiques. Nous ne trouverons pas de solution à la crise écologique dans une économie administrée ou une idéologie de la technologie. La solution est 50 % dans la technologie, 50 % dans les changements de comportement.

Certains politiques ex-scientifiques prônent l’écologie productiviste, le 100 % technologie. C’est une impasse pour la société. Notre mode de consommation est responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Nous jetons nos aliments quand les enfants du Sud meurent de faim et de soif. Nous n’avons pas d’autre choix que de tourner le dos aux excès de la société de consommation. A défaut, nous accepterions implicitement d’accroître les inégalités.

Plus encore, chaque nouvelle technologie induit des changements dans nos sociétés. Certaines ne sont pas acceptées, souvent faute de prouver leur intérêt, comme les organismes génétiquement modifiés (OGM) aujourd’hui. D’autres modifient radicalement nos modes de vie, comme Internet hier et les énergies renouvelables demain.

Enfin, sommes-nous certains que le progrès est linéaire ? Certaines grandes civilisations ont disparu faute d’avoir pris en compte les limites de la nature.

L’écologie radicale prônée par certains partis glorifie la décroissance absolue et le refus de la technologie. Certes, les émissions de gaz à effet de serre sont le fait des pays développés. Mais ce sont les pays les moins développés qui souffrent le plus des pollutions. Un enfant meurt toutes les dix-sept secondes, victime d’une eau sale.

Dans un monde en croissance démographique, il faut des ressources économiques pour traiter l’eau ou les déchets. Plus encore, ce n’est pas la croissance qui pose problème, c’est son « carburant », c’est-à-dire le pétrole, le charbon ou le gaz, responsable des changements climatiques. Et ce sont ses excès, principalement ceux de la société de consommation, qui sont responsables de l’épuisement de nos ressources.

Il faut avoir l’audace de faire confiance à la démocratie et à la société. Or la société, par la voix du Grenelle, a eu l’audace de croire qu’une autre voie est possible. Jamais ce gouvernement ne renoncera aux engagements du Grenelle de l’environnement.

Encore insuffisamment relayé, le débat mené par la commission Amartya Sen et Joseph Stiglitz est à l’évidence le plus crucial. Le président de la République a chargé cette commission de corriger le PIB, qui ignore notre patrimoine humain et écologique. Il augmente avec les accidents de la route ou la destruction des forêts. Comme le PIB a été créé pour donner une valeur à la société industrielle contre la société agraire, ce nouvel indicateur donnera une valeur à la société écologique après la société industrielle.

Un progrès différent, une croissance « soutenable », est possible. Avec Lire la suite

Gironde : Remuer les foules pour Copenhague

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 8 Septembre 2009

Remuer les foules pour Copenhague

La conférence de Copenhague, vous connaissez ? Dans très exactement trois mois – du 7 au 18 décembre – se tiendra dans la capitale danoise LE sommet qui décidera de l’avenir climatique de la planète. « Le rendez-vous de la dernière chance », comme l’a qualifié Jean-Louis Borloo, le ministre de l’écologie. Seront soumis à la négociation les efforts de la communauté internationale pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (CO2, méthane, oxydes nitreux, etc.), qui menacent de faire éclater le thermomètre mondial sous quelques décennies. La préconisation des experts scientifiques est très claire : ne pas dépasser 2 °C sous peine de menacer la société des hommes.

Face à cet enjeu, les « associatifs » s’activent. À l’échelon national, onze ONG (Organisation non gouvernementale) se sont associées pour un « ultimatum climatique » adressé à Nicolas Sarkozy. Mot d’ordre : une réduction de 40 % des émissions d’ici 2020 (par rapport à 1990) de la part des pays industrialisés et une aide annuelle de 110 milliards d’euros pour les pays en voie de développement. Pour l’heure, on en est loin. L’Union européenne s’est engagée sur une réduction de 20 % à l’horizon 2020 (toujours par rapport à l’année de référence 1990) et de 30 % en cas d’accord international satisfaisant à Copenhague. Pour le reste, les Chinois attendent, les USA renâclent et les Français se noient dans la taxe carbone. Pas vraiment de quoi envisager Copenhague comme le lieu d’un joyeux consensus.

Pour renverser le cours des choses, « l’ultimatum climatique » fait des petits en région. 25 associations se réunissent ainsi dans un « collectif Gironde Copenhague 09 » qui a pour objet d’éveiller les consciences et d’exprimer une volonté partagée. Y émargent nombre d’associations environnementales locales (Aquitaine alternatives et la Sepanso Gironde, par exemple), d’autres spécialisées dans l’éco-mobilité (Droits du piéton 33, Réseau mille-pattes) et, plus généralement, ceux qui prônent un modèle alternatif de développement.

Pique-nique le 4 octobre

Les membres du collectif ont lancé l’initiative hier matin au cinéma Utopia de Bordeaux (qui fait partie de la liste des 25). Ils réfléchissent à une série d’actions publiques d’ici Copenhague et en ont déjà programmé deux.

Climatologue de renommée mondiale, membre du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur le climat) et Bordelais d’origine, Hervé Le Treut sera l’invité d’une conférence-débat organisée par la Sepanso Aquitaine le mercredi 16 septembre à 19 h 30, à l’Athénée municipal de Bordeaux.

Par ailleurs, le collectif a projeté un pique-nique « sans carbone » le dimanche 4 octobre à partir de midi sur les quais de Bordeaux, au parc des sports. Deux événements comparables se sont déjà tenus à Bègles par le passé.

D’ici trois mois, le collectif espère que le mouvement ira étoffer les rangs de la pétition « Ultimatum climatique » ouverte sur internet (www.copenhague-2009.com). À ce jour, Lire la suite

Nocolas Hulot – Taxe carbone: «Ne rien faire est irresponsable»

liberation.fr, par Matthieu Ecoiffier et Guillaume Launay, le 7 septembre 2009

Taxe carbone : «Ne rien faire est irresponsable»

Pour Nicolas Hulot, la querelle politique sur la taxe carbone masque les enjeux. Il livre son mode d’emploi d’une fiscalité écologique et sociale.

Comme prévu, la taxe carbone et le cafouillage gouvernemental sur le dossier ont largement occupé le campus d’été de l’UMP, qui se déroulait ce week-end à Seignosse (Landes). Cafouillage ? Pas du tout, selon le conseiller élyséen Henri Guaino : «Il n’y a pas de cafouillage, il y a des discussions.» Mais rien d’anormal, officiellement, dans le désaveu infligé au Premier ministre sur les arbitrages. Les modalités de la taxe, les vraies, devraient être connues jeudi, selon Christine Lagarde. Sauf si les «discussions» s’éternisent…

Agacé par la tournure très politicienne prise par le débat, Nicolas Hulot, qui avec sa Fondation a porté et médiatisé la Contribution climat énergie (CCE) depuis le Grenelle, lance dans Libération un appel à la raison.

A entendre ses adversaires, Ségolène Royal en tête, la taxe carbone c’est 7 centimes de plus à la pompe et c’est inefficace…

C’est une présentation étriquée et simpliste des choses. Aucun expert objectif ne doute de l’efficacité du signal prix pour agir sur les comportements. Si, simple exemple inversé, le parc de diesel a tant augmenté en France, c’est parce que les gens ont intégré que le prix à la pompe du diesel serait durablement moins cher que celui du super. Si on veut créer de la vertu collective, que l’industrie propose des biens et des services de plus en plus sobres, il faut que chacun ait à l’esprit que le prix ne baissera plus jamais. Que l’horizon soit bien défini pour orienter ses investissements. Ceci dit, le contexte de la rentrée politique, a sans doute pesé notamment à gauche… Certains ont trouvé un point d’accroche, je ne trouve pas ça très adroit, ce n’est pas un sujet sur lequel il faut polémiquer. C’est trop grave, ne faisons pas de démagogie. C’est d’ailleurs contraire à l’esprit du Pacte Ecologique que tous avaient signé.

Quel est l’intérêt de la taxe carbone ?

Donner un prix au carbone fait consensus chez tous les économistes qui se sont penchés sur ces problématiques. Rappelons le contexte. Il y a deux contraintes majeures, le changement climatique et la raréfaction des ressources. Pour lutter contre le réchauffement, on s’est engagé à Kyoto à diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Ca ne se fera pas avec des petites corrections à la marge. Nous aurons tous des efforts très importants à faire et plus l’on ajourne la transition plus ce sera lourd voir insupportable notamment pour les plus démunis.

«Si on ne fait rien, les plus précaires subiront»

Et sur les ressources ?

On va vers la fin des énergies fossiles et notamment du pétrole. L’idée qu’on ait le choix entre faire ou ne rien faire est fausse. Soit on organise cette mutation, soit on la subit. Les choses vont changer de gré ou de force. Et si c’est de force, par la raréfaction, les prix vont augmenter très brutalement… et ce sont les plus précaires qui vont subir. Planifier la hausse c’est pouvoir aussi amortir les crises à venir. C’est bien une préoccupation éminemment sociale, ce n’est pas juste histoire d’embêter le monde.

Ne faut-il pas d’abord se concentrer sur l’industrie ?

Le marché des quotas existe déjà : il touche les émissions industrielles concentrées. Il faudra Lire la suite

Jacques Masurel – Climat : « Un risque de perte de contrôle du réchauffement »

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le  3 septembre 2009 

Climat : « Un risque de perte de contrôle du réchauffement »

L’embardée médiatique a démarré. A trois mois du sommet sur le climat de Copenhague, le WWF publie un rapport totalement alarmiste où il est écrit qu’« un quart de la population mondiale est menacée par les eaux ». Est-ce aussi grave et aussi imminent que l’ONG le présente ? Décryptage avec Jacques Masurel, président de Sauvons Le Climat, association indépendante regroupant parmi les plus grands experts.

Rue89 : Que sait-on des effets en chaîne du réchauffement de l’Arctique que le WWF (World Wild Fund for nature) décrit comme deux fois plus rapide que celui du reste de la terre ?

L’Arctique est un lieu privilégié d’observation du réchauffement de la planète car ce qui se joue aux pôles permet de vérifier le bien fondé des alertes lancées par la communauté scientifique, qui constate en effet avec effroi que le phénomène est plus rapide que ce qu’elle avait prévu notamment dans le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) de 2007.

Mais ce qui inquiète le plus les scientifiques c’est le risque de perte de contrôle du réchauffement climatique rendant vains tous les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être accomplis.

Si la température de la planète se réchauffait de 5 degrés, scénario envisagé en 2100 (si l’on ne réduit pas drastiquement nos consommations de carburants fossiles), alors surviendraient des rétroactions, c’est-à-dire que des effets amplificateurs s’accéléreront ou s’enclencheront, pour transformer la planète en poêle à frire. Citons quelques uns de ces effets :

– la diminution du pouvoir réfléchissant des pôles (autrement appelé l’effet d’albédo) ;

– la disparition définitive des forêts ;

– le dégazage du permafrost (également appelé pergélisol, un sol gelé en permanence) qui va libérer des quantités considérables de méthane, un gaz à effet de serre 24 fois plus puissant que le CO2 ;

– le réchauffement des océans qui alors cesseront d’absorber, comme ils le font aujourd’hui, près de la moitié du CO2 que nous émettons…

Est-il vrai que le niveau des océans aura monté de plus d’un mètre en 2100 et provoquera l’inondation d’une partie de la planète ?

Pour le moment la montée des océans résulte d’abord de la dilatation des eaux suite à l’élévation constatée de leur température. Pour l’instant, le niveau moyen global mesuré est de l’ordre de trois milimètres par an sur la dernière décennie.

Le phénomène touche plus gravement les pays constitués de plaines maritimes, comme Lire la suite

Nous fonçons vers l’abîme : La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population mondiale

lemonde.fr, Propos recueillis par Hugo Lattard, le  3 septembre 2009

« La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population mondiale »

« Nous fonçons vers l’abîme »

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est alarmé jeudi 3 septembre à Genève de l’accélération du réchauffement climatique. « Nous avons le pied collé sur l’accélérateur et nous fonçons vers l’abîme« , a lancé M. Ban devant la 3e Conférence de l’ONU sur le climat, réunie à Genève depuis le début de la semaine. Le secrétaire général des Nations Unies, qui revient de l’Arctique où il a constaté les ravages du changement climatique, a averti que « ce qui se produit maintenant » devait arriver bien plus tard, selon les prédictions des scientifiques. « Les scientifiques ont été accusés pendant des années d’être des alarmistes. Mais les vrais alarmistes, ce sont ceux qui disent que l’on ne peut engager une action pour le climat car cela ralentirait la croissance économique« , a-t-il déclaré.

Alors que se tient, jusqu’au 4 septembre, à Genève, la Conférence mondiale sur le climat, le WWF a publié, mercredi 2 septembre, une étude sur les conséquences du réchauffement de l’Arctique.

Elise Buckle, coordinatrice du programme énergie climat du WWF

L’étude conduite par le WWF s’est penchée sur le rôle de l’Arctique en matière de changement climatique. En quoi l’Arctique est-il déterminant pour le climat ?

L’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la Terre. C’est quelque chose qui est observé aujourd’hui et à propos duquel on n’a pas forcément tous les éléments d’explication. On sait néanmoins que du fait de l’inclinaison de la Terre, c’est une zone particulièrement exposée au Soleil, surtout pendant la période d’été. Elle se réchauffe plus vite parce que, jusqu’à présent, les glaces avaient un rôle de miroir et réfléchissaient les rayons solaires. Or maintenant que la glace se réduit comme peau de chagrin au profit de l’océan Arctique, ce dernier, de par sa couleur plus sombre, n’a plus ce rôle de réflexion des rayons solaires. De plus, la raréfaction des glaces, du permafrost et des glaces sous-marines provoque un rejet accéléré du méthane et du gaz carbonique qu’ils contiennent. Cela joue aussi comme un accélérateur du changement climatique.

Enfin, l’océan Arctique a lui aussi un rôle de régulateur climatique, qui est remis en cause dès lors que la fonte des glaces modifie sa salinisation, parce qu’il contient de plus en plus d’eau douce. Cela perturbe complètement le fonctionnement des écosystèmes et les grands courants marins, comme le Gulf Stream, qui permet notamment d’adoucir le climat en Europe. Si le Gulf Stream ralentit de 25 à 30 %, comme cela se profile, les hivers pourraient devenir beaucoup plus froids en Europe.

Les données scientifiques que le WWF a collectées indiquent qu’une hausse des océans de plus d’un mètre est à craindre. Quelles en seraient les conséquences ?

Sous une hypothèse de hausse des températures de quatre degrés d’ici à la fin du siècle, les océans pourraient monter de plus d’un mètre et menacer jusqu’à un quart de la population mondiale. Une hausse des températures de quatre degrés est le pire des scénarios envisagé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) en 2007. Tout montre que c’est ce scénario qui se profile si rien n’est fait. Lire la suite

350.org mobilise la planète

planete-terra.fr, Hélène Duvigneau, août 2009

350.org mobilise la planète

Créée en 2007 pendant la campagne présidentielle américaine, 350.org entend mobiliser le plus largement possible afin de peser sur les négociations de Copenhague. Zoom sur cette organisation.

350.org c’est, en vrac, des moines bouddhistes qui forment le nombre 350 pour les besoins d’une photo, des églises qui font sonner leurs cloches 350 fois, des Américains qui font cuire des biscuits à 350 degrés Fahrenheit (177°C) ou encore des étudiants qui étendent 350 paires de chaussettes et sous-vêtements dans leur fac…

De quoi s’agit-il exactement ? 350 est en réalité l’abréviation de 350 ppm ou « parties par million », qui correspond en langage scientifique à la quantité de dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère, le seuil limite toléré par la planète selon l’organisation 350.org. En 2009, l’atmosphère terrestre contenait ainsi 387ppm, contre 275ppm avant la Révolution industrielle.

C’est James Hansen, climatologue américain de la NASA et l’un des premiers à avoir formulé la thèse de l’origine humaine du réchauffement climatique, qui a popularisé ce nombre. Si 275 correspond à une concentration « utile » de Co2 pour pouvoir habiter une planète pas trop froide, ce n’est pas le cas des 387 actuels, selon lui. Et encore moins des 450 défendus par l’UE et les experts du Giec. 350 ppm serait le seul moyen de « maintenir une planète semblable à celle où des civilisations se développent », estime-t-il. Une thèse à laquelle l’ancien vice-président américain et Prix Nobel de la Paix Al Gore a adhéré, de même que Bill Mc Kibben.

Gros buzz en perspective

Cofondateur de 350.org, Bill Mc Kibben se définit sur son site comme un « skieur de fond irréductible ». Il est aussi l’auteur de The End of Nature, l’un des premiers livres grand public parus aux États-Unis sur le thème du réchauffement climatique. Entouré par une petite équipe de chercheurs et de militants environnementalistes issus des quatre coins de la planète, il lance en 2007 la campagne « Step it up ». Il s’agit à l’époque de convaincre le candidat Obama d’adopter un objectif de réduction de 80% des émissions de GES d’ici 2050. Transformé en 350.org, le mouvement vise maintenant à créer le plus gros buzz possible autour du nombre « 350 » afin de promouvoir le seuil de 350 ppm, quelques semaines avant les négos de Copenhague. « Le seul fait de faire connaître le chiffre « 350 » à travers le monde exercera une certaine pression réelle sur des négociateurs. On doit comprendre que le succès ou l’échec de ces négociations à propos du climat seront déterminés selon ces 350ppm », lit-on sur le site internet 350.org. La campagne se traduira par Lire la suite

Bordeaux, les 5 et 6 Septembre 2009 – Stage de formation –  » La cuisson écologique et solidaire : comprendre, construire et cuisiner »

boloviainti-sudsoleil.org, Communiqué, juillet 2009

Stage de formation –  » La cuisson écologique et solidaire : comprendre, construire et cuisiner »

Informations pratiques : Bordeaux, les 5 et 6 Septembre 2009, au Centre Social de Bordeaux Nord (CSBN), 58 rue Joséphine.

Présentation du stage : Ici, la cuisine solaire est un plaisir, l’assurance d’un plat délicieux jamais brûlé, d’une autonomie énergétique, d’un moment convivial entre amis. Ailleurs, la cuisson économe en énergie contribue fortement à l’amélioration des conditions de vie : indépendance énergétique, diminution des douleurs de dos liées au portage du bois et des problèmes respiratoires dus aux fumées du feu, augmentation des revenus par les économies d’énergie réalisées, gain de temps libre … Elle permet également de limiter la déforestation et les rejets de CO2² dans l’atmosphère, de réduire son empreinte écologique.

Le stage permet de monter un cuiseur solaire avec 4 réflecteurs à partir d’un kit préparé par un atelier d’insertion de Nantes. Il offre l’occasion d’utiliser de manière complémentaire les différents cuiseurs économes en énergie : Four et/ou parabole solaires, cuiseur à bois économe, cuiseur sans feu (caisse thermique), de comprendre leurs principes de fonctionnement et de saisir les enjeux écologiques liés à l’énergie de cuisson. C’est également un moment de  rencontre avec des personnes utilisant ces outils de cuisson, ici, en France, et de mieux connaître le travail de Bolivia Inti – Sud Soleil dans les pays des Andes, en Afrique etc…

L’inscription se fait auprès du siège de BISS, à Nantes. Elle comprend : Lire la suite

Avant-Copenhague : l’impasse ?

planete-terra.fr, Karine Le Loët, août 2009

Avant-Copenhague : l’impasse ?

Pierre Radanne, l’un des acteurs des négociations, constate que les 5 voies d’accord possibles sont dans l’impasse et que le traité risque de ne jamais voir le jour. A un peu plus de trois mois du sommet sur le climat de Copenhague…

Pierre Radanne, consultant en énergie et ex-président de l’Ademe, appuie actuellement les pays francophones (notamment africains) dans le cadre des négociations internationales sur le changement climatique.

A près de trois mois du sommet de Copenhague où en sont les négociations ?

Pour l’instant nous sommes dans l’impasse. Au départ, il y avait cinq voies d’entrée possibles. La première voie consistait à suivre quelques grands engagements – pas d’augmentation de plus de 2°C, division par deux des émissions et réduction des émissions de 80 à 85% pour les pays industrialisés d’ici à 2050. Cette voie avait le soutien des scientifiques, des grandes ONG, de l’UE. Mais son échec était prévisible. On ne peut pas appeler à diviser les émissions de gaz à effet de serre sans garantir aux pays du Sud une aide au développement. A Rio [Sommet de la Terre qui s’est tenu en 92], on leur avait fait des promesses qui n’ont pas été tenues. Les transferts de technologie par exemple n’ont pas eu lieu. La deuxième option possible, c’était de demander aux pays d’appliquer enfin le le protocole de Kyoto – réduction de 5% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2012 (par rapport à 1990). Impossible là encore, les États-Unis n’ont pas signé et ne signeront pas Kyoto tandis que les pays signataires ont beaucoup dévié de leurs objectifs. La troisième option ? L’argent. On peut résoudre certains aménagements avec du financement. Mais l’argent a disparu avec la crise financière. La quatrième voie consistait à organiser des accords bilatéraux entre les grands pays. C’est une option aujourd’hui explorée par les États-Unis. Mais certains rapprochements restent très difficiles. Restait alors le passage à l’action individuelle. Chaque pays, avec ses moyens, élabore des plans de réductions des émissions. Ça avance, mais le mouvement n’est pas assez fort pour tirer l’ensemble du monde vers un accord.

Peut-on imaginer que la situation se débloque d’ici Copenhague ?

Il y a eu des changements récents. Avec Obama, les États-Unis ont renoncé à deux arguments bloquants : l’un consistait à dire que le changement climatique n’existait pas, le second qu’agir pouvait menacer l’économie américaine. Reste un dernier verrou qui n’est toujours pas levé : les États-Unis – gendarmes du monde – refusent toujours de signer un accord de l’ONU avec un mécanisme de sanctions. Je ne crois pas qu’il y aura un accord à Copenhague. Pour des négociations de cette complexité, il faut un minimum de confiance. Or, celle-ci est au niveau zéro. Chacun met des phrases côte à côte dans un texte où tout devient contradictoire. Du coup, le texte de négociations fait 400 pages alors que le traité final doit en faire 30 ! Il y a déjà eu 40 jours de négociations. Et nous n’avons pas fait sauter un seul point de désaccord. Il reste trois semaines de négociation avant le sommet de Copenhague, deux semaines à Bangkok et une semaine à Barcelone. Mais nous ne réglerons pas ces problèmes en quelques semaines.

Quelle sera alors l’issue de Copenhague ?

Trois options semblent se profiler a priori. On peut arriver à un désaccord négatif. En clair, on annule la négociation et on reprend en juin 2010. La deuxième option : un désaccord constructif. Là, chaque pays s’engage à adopter un programme de passage à l’action volontaire pour débloquer le jeu et construire la confiance avec les autres partenaires. Reste la possibilité d’un accord Lire la suite

Changement climatique : La chaleur affole les vignes

sudouest.com, César Compadre, le 15 Aout 2009

CLIMAT. Pour mobiliser les Français sur les impacts néfastes du réchauffement climatique, Greenpeace prend en exemple le monde viticole. Un marqueur intéressant

La chaleur affole les vignes

Comment montrer concrètement au grand public les effets du réchauffement climatique planétaire ? Fonte des glaces dans les pôles ; biodiversité qui perd la tête avec des poissons tropicaux arrivant curieusement sous nos latitudes ; mais aussi évolution de la viticulture et des caractéristiques des vins.

C’est ce marqueur viticole qu’a choisi Greenpeace pour tenter de mobiliser les Français à l’approche de la conférence de Copenhague (voir ci-dessous). Cette association, en pointe sur toutes les questions environnementales, a écrit une lettre ouverte au président de la République. Elle a été publiée le 12 août par le journal « Le Monde ». Signée par une cinquantaine de propriétaires et de professionnels de toutes les régions viticoles, elle pointe la « menace sur l’équilibre des terroirs, et l’âme de nos vins, du réchauffement climatique de la planète ».

Au-delà de son côté militant, et qui force volontairement le trait pour toucher au cœur, cette initiative a le mérite de remettre la vigne, plantée dans une soixantaine de pays du monde, au centre de l’échiquier climatique.

À l’écoute de la plante

« Le vin est un produit qui parle aux Français. Pour notre prochaine action – toujours en vue de Copenhague -, nous mettrons en avant les perturbations dans les paysages alpins », indique Anaïz Parfait, chargée de la « mobilisation climat » à Greenpeace, association revendiquant 85 000 adhérents.

Mais quel est l’impact réel du réchauffement climatique – sur lequel d’ailleurs tous les experts ne sont pas d’accord – sur la plante elle-même et les vins produits ? Si la lettre ouverte dénonce, pêle-mêle, les « canicules estivales », les « grêles » ou les « maladies venant du sud », difficile d’y voir clair. Même si des dérèglements se constatent, comme le note Stéphane Derenoncourt, signataire du document et œnologue reconnu installé en Bordelais (voir ci-dessous).

Pour Yvon Minvielle, propriétaire du château Lagarette (5 hectares, tout près de Bordeaux), et autre signataire, le constat est sans appel. « On met trop de chimie dans les vignes. Il faut se remettre à l’écoute de la plante et privilégier le préventif. Le réchauffement climatique est une occasion pour se poser les bonnes questions », prône ce praticien de la biodynamie.

Du bordeaux en Anjou ?

Sachant que sur des terroirs adaptés, les cépages atteignent le plus souvent leur maximum qualitatif à la limite septentrionale de leur culture (par exemple le cabernet dans le Bordelais), si le climat se réchauffe de plusieurs degrés d’ici à la fin du siècle, la donne en sera fondamentalement modifiée. Plus chaud, le climat girondin serait moins propice à l’épanouissement de ce cépage. Trouvera-t-il alors un terrain plus adéquat plus au nord, par exemple en Anjou ? Devra-t-on planter des cépages méridionaux – comme la syrah ou le grenache – en terre d’Aquitaine ? Sachant qu’un réchauffement moyen d’un degré transfère en théorie les cultures d’environ 300 kilomètres vers le nord dans notre hémisphère, tout est plausible. Il faut savoir que des Champenois ont déjà acheté des terres au sud de l’Angleterre. Pour y produire peut-être des bulles plus tard… À quand alors un bon vin rouge ensoleillé en Scandinavie ?

Et si la vigne s’adaptait ?

Mais ne sous-estimons pas les capacités d’adaptation de la vigne à des conditions changeantes. Contrairement à une idée reçue, Lire la suite

Action climat, ou la recherche d’une démocratie vivante, par Hervé Kempf

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 15 août 2009

Action climat, ou la recherche d’une démocratie vivante, par Hervé Kempf

En ces temps de désaveu fréquent de la politique, marqué notamment par l’abstentionnisme des jeunes (près de 70 % n’ont pas voté aux élections européennes de juin), ce qui s’est passé à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, du 3 au 10 août, est non seulement rafraîchissant, mais prometteur.

Des associations locales en lutte contre un projet d’aéroport au nord de Nantes y avaient organisé une « semaine de la résistance », à laquelle se sont associées de nombreuses organisations écologiques et politiques de gauche. S’y est inclus, pour la première fois en France, un « camp action climat », illustrant une coupure générationnelle : alors que des militants valeureux mais tannés par l’expérience se retrouvaient du côté de la semaine de la résistance, le « camp » réunissait la majorité des jeunes, plus séduits par cette nouvelle forme d’engagement.

Inaugurés en Angleterre en 2006 et toujours inscrits dans une lutte concrète, les « camps action climat » visent à articuler une pratique écologique et une vie collective démocratique. La démarche suscite un intérêt croissant, puisqu’une dizaine d’initiatives similaires ont été (ou vont être) organisées cet été en Angleterre, Irlande, Danemark, Allemagne, Belgique, Etats-Unis, etc.

A la base, le désir de mettre en pratique le mode de vie écologique que l’on recommande pour la société : « Tout le monde en a marre du bla-bla, il faut bouger, montrer l’exemple« , dit Pauline, une des participantes du « camp » (la plupart d’entre eux ne souhaitent pas que soit indiqué leur nom, voire leur prénom). Idée sous-jacente : on ne peut pas changer la société si on ne change pas individuellement.

Le « camp » a ainsi démontré la possibilité d’une vie sobre et à impact écologique faible. Eoliennes, plaques solaires et générateur à huile végétale assuraient une quasi-autonomie énergétique (la cuisine requérant cependant du bois et du gaz). Les participants se passaient d’équipements consommateurs d’électricité (sauf les téléphones portables), et il n’y avait pas de lumières le soir sauf dans les espaces communs. L’eau était fournie par un agriculteur voisin. Les toilettes étaient sèches, les excréments mélangés à la sciure constituant un compost récupéré pour l’agriculture. La nourriture était issue d’agriculture biologique. Pas de viande, bien sûr, ce qui a été une nouvelle expérience pour beaucoup, et trois boulangers préparaient du pain à base de farine biologique.

Mais il s’agit aussi d’expérimenter une nouvelle façon de s’organiser et de décider en commun. Le site Internet du camp en résume la philosophie : « Les gen-te-s peuvent s’organiser de façon non hiérarchique, sans qu’il y ait un-e dirigeant-e pour les y forcer ou leur montrer comment faire (…). La coopération basée sur des accords volontaires entre les gen-te-s eux-mêmes est plus inventive, plus efficace et surtout plus juste pour affronter les enjeux écologiques et sociaux actuels. »

Aussi bien dans les villages qu’à l’assemblée générale quotidienne, les décisions sont ainsi prises au consensus. Il n’y a pas de porte-parole, pas d’élu, pas de vote ; mais des discussions qui doivent se poursuivre jusqu’à l’atteinte du consensus sur les sujets débattus. « Le consensus, Lire la suite

Notre Dame des Landes : Camp action climat, le champ des partisans

liberation.fr, Laure Noualhat, le 7 août 2009

Camp action climat, le champ des partisans

A l’occasion du premier campement de ce type en France, qui prend fin ce week-end, notre journaliste a posé sa tente au milieu de cette mosaïque d’activistes environnementaux.

Il s’agit du premier Camp action climat organisé en France, un rassemblement original qui réunit, depuis lundi et jusqu’à dimanche, une mosaïque d’activistes environnementaux décidés à en finir avec l’immobilisme des négociations internationales. Un camp comme celui-là ne s’installe pas au petit bonheur la chance mais se déploie au plus près d’un projet climatiquement dangereux : aéroport, rocade, autoroute, centrale à charbon… En l’occurrence, chapiteaux colorés, tipis et dômes plastifiés se sont élevés sur le site pressenti du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Ce projet, dans les cartons depuis quarante ans, a été reconnu «d’utilité publique» en février 2008, à l’époque où le Grenelle de l’environnement était censé lancer la révolution écologique. Dans le département, la classe politique défend bec et ongles l’aéroport au nom du développement économique et au mépris de l’opposition locale. Ce Camp action climat réactive la lutte.

12 h 30

Je me suis dégonflée, j’ai laissé mon vélo à Paris. J’avais imprimé l’itinéraire pour pédaler de la gare de Nantes jusqu’à Notre-Dame-des-Landes mais avec un ordinateur et une tente, mes mollets et surtout mon envie ont flanché. Pour compenser, j’ai déposé une annonce sur le site de covoiturage et trois esseulés de la route m’ont contactée. Direction, le Camp action climat (CAC). J’arrive au campement. Au milieu du champ, une éolienne aux pales de bois tourne sans discontinuer. Sa puissance alimente les installations du CAC et de la Semaine de la résistance, deux événements organisés à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) jusqu’à dimanche.

Avec mes trois covoiturés embarqués à Nantes, je me présente sous la tente d’accueil. Il fait une chaleur de bête, et pourtant il n’y a pas grand monde. Je m’apprête à m’inscrire comme simple participante quand j’aperçois un sticker destiné au journaliste. Je décline alors mon pedigree de représentante des «médias dominants». Je ne me rends pas compte sur le coup mais je vais déclencher quelques heures d’intense brainstorming. En attendant, comme j’ai monnayé le covoiturage contre de l’aide pour le montage de ma tente, nous partons nous installer à l’ombre, en lisière du bois, près du garde-manger. Et en face des toilettes sèches.

15 heures

Branle-bas de combat. L’arrivée d’une journaliste de Libé déclenche la tenue exceptionnelle d’une assemblée générale, intitulée «présence d’une journaliste sur le camp». Ici les règles sont simples : les représentants des médias dominants sont indésirables, car soupçonnés, souvent à raison, de caricaturer ce qui se passe. «C’est vrai, ils préfèrent généralement Lire la suite

La « police verte » a du mal à faire respecter la loi

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 4 août 2009

La « police verte » a du mal à faire respecter la loi

Constructions illégales, pollution des eaux, abandon de déchets en pleine nature, forages non déclarés, braconnage, trafic de plantes ou d’animaux protégés, enfouissement ou exportation illicite de substances toxiques, circulation motorisée dans des espaces protégés… Quelque 60 000 infractions à la législation sur la protection de l’environnement sont constatées chaque année en France et environ 4 000 condamnations sont prononcées par les tribunaux.

Combien d’infractions restent impunies ? Sans doute la plus grande part. Il est peu question de renforcement de la police de l’environnement dans le projet de loi « Grenelle 1 », adopté le 23 juillet. Pourtant, les organisations non gouvernementales (ONG) environnementalistes, les avocats spécialisés et les pouvoirs publics eux-mêmes constatent l’existence d’un gouffre entre l’inflation des textes de loi et l’application du droit de l’environnement sur le terrain.

Dès 2005, un rapport de l’inspection générale de l’environnement sonnait l’alarme. Très sévère, il dénonçait un manque d’efficacité de la répression dû au morcellement et au manque de coordination des multiples corps de police concernés, à l’absence de priorités dictées par l’Etat et à la faible activité des tribunaux en la matière. Peu de choses ont changé depuis lors.

La liste des divers agents habilités à constater les infractions est pourtant très longue. Mais, dans les faits, seuls quelques corps spécialisés, dont les effectifs sont limités, s’y consacrent à plein temps : les inspecteurs des installations classées, les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), et ceux de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema).

Les services déconcentrés des ministères de l’agriculture et de l’écologie exercent aussi des missions de police. Soit en moyenne cinquante personnes par département. « On nous demande d’accomplir une mission sans nous en donner les moyens, affirme Nicolas Incarnato, secrétaire général du syndicat national des ingénieurs de l’industrie et des mines (Sniim). Certaines entreprises ne peuvent être contrôlées que tous les dix ans, sans parler de celles soumises à déclaration, que nous visitons seulement sur plainte. »

Ces agents ne peuvent guère compter sur le renfort de la gendarmerie et de la police. Les gendarmes sont certes plus actifs, du fait de leur ancrage territorial, mais les atteintes à l’environnement ne représentent qu’une faible part de leur activité. « Ils ont d’autres chats à fouetter », résume Patrick Lavarde, directeur de l’Onema. En outre, le droit de l’environnement est d’une extrême complexité. « Les conditions concrètes de constatation sont compliquées, ajoute Adrien Debré, avocat de l’association France nature environnement (FNE). Les pollueurs font tout pour ne pas se faire prendre : une entreprise qui veut se débarrasser de ses déchets toxiques dans une rivière agira de nuit, ou en été quand la surveillance se relâche. »

ECODÉLINQUANCE ÉMERGENTE

Le constat effectué en 2005 a poussé les pouvoirs publics à réagir. Les différents agents de l’Etat concernés vont Lire la suite

Une gentille « novlangue » pour parler du climat aux Américains

eco.rue89.com, Hélène Crié-Wiesner, Ecrivain, spécialisée en environnement, le 31 juillet 2009 

Une gentille « novlangue » pour parler du climat aux Américains

Alors que la loi écolo d’Obama doit passer l’étape du Sénat, une étude propose d’adoucir le vocabulaire afin de ne plus effrayer.

Oubliez le spectre des « changements climatiques », dites plutôt « notre atmosphère abîmée ». Pour transmettre la sensation de l’urgence écologique, votre langage doit être positif, inspiré, susciter l’envie d’agir.

C’est ainsi que vous pourrez expliquer les enjeux écologiques et climatiques aux millions d’Américains que ces sujets rebutent ou effraient. A ceux qui ont peur d’une augmentation d’impôt, ou de devoir modifier leur façon de vivre. Ne jouez surtout pas cartes sur table. Soyez pé-da-go et tout miel.

Tel est le conseil donné au gouvernement, au monde associatif et aux acteurs du « green business » par le groupe de relations publiques (à but non lucratif) ecoAmerica, qui a étudié la meilleure manière de sensibiliser une population indécise ou sceptique.

Même si les problèmes sont d’ordre scientifique, évitez les mots précis justement trop précis : ils pourraient n’être pas « bien » compris par un grand public globalement ignare, ou paresseux, ou tellement polarisé politiquement que l’information deviendrait contre-productive.

Ne dites pas énergies « renouvelables », mais « qui ne s’épuisent pas »

Oubliez par exemple l’expression « échange des permis d’émission » ; parlez de « dividendes de l’énergie propre ». Troquez les énergies « renouvelables » ou « alternatives » contre des énergies « qui ne s’épuisent pas », des énergies « qui ne se brûlent pas ».

Le concept « d’économies d’énergie » terrorise-t il certaines personnes qui se voient plongées dans l’obscurité perpétuelle ? A celles-là, faites miroiter « des économies financières pour un avenir meilleur ». EcoAmerica s’en explique sur son blog :

« Ceux qui se battent en faveur du climat ont besoin d’apprendre à passer du langage des spécialistes à celui de la table de cuisine. »

Or donc, dans les chaumières états-uniennes, qu’est-ce qui est le plus susceptible d’emporter les convictions ?

« Les grands idéaux de l’Amérique ! Brandissez les valeurs de liberté, de prospérité, d’indépendance, d’auto-suffisance. Evitez à tout prix le jargon et les détails politiques, scientifiques, économiques et technologiques. »

« Pour certains Américains, le réchauffement climatique est connoté extrême gauche »

Ces recommandations passent mal auprès des militants, outrés de Lire la suite

France nature Environnement – Contribution Climat Energie : Un facteur de justice sociale et environnementale

FNE, Communiqué de presse, le 28 juillet 2009

Contribution Climat Energie : Un facteur de justice sociale et environnementale

A la suite de la conférence d’experts sur la Contribution Climat Energie, Michel Rocard, son président, rend son rapport cet après-midi. Réaction de FNE

« Pour contribuer à la réussite des négociations internationales sur le climat, la France doit être exemplaire. Pour cela, elle doit utiliser tous les leviers. La contribution climat énergie peut être un outil d’une justice à la fois sociale et environnementale. Le pire serait de ne rien faire. Dans ce cas, les plus pauvres seront les premières victimes de la crise écologique et économique. » déclare Sébastien Genest, président de France Nature Environnement.

Pourquoi une contribution climat énergie ?

Changer progressivement les équilibres économiques : tel est l’objectif d’une Contribution Climat Energie. Sa vocation première est de répondre à deux crises majeures, l’une environnementale, en l’occurrence les émissions diffuses de gaz à effet de serre, l’autre socio-économique, la crise de l’énergie. Par la mise en place d’un « signal-prix », la CCE permet d’orienter le comportement des agents économiques en les incitant à consommer des produits et services moins émetteurs et plus sobres en énergie. Notre société doit se désintoxiquer des produits carbonés et énergivores. La redistribution des recettes de la CCE permettra aux produits vertueux de gagner en compétitivité et de protéger les plus faibles.
Pour FNE, la CCE est un outil structurant essentiel pour amorcer la conversion écologique de l’économie.

Comment la mettre en place ?

Dans l’idéal, il faudrait établir une contribution sur la base du « poids carbone » et du « poids énergie » de chaque produit. Si cette solution est trop complexe à court terme, il serait plus réaliste d’envisager l’application de la CCE aux seules consommations énergétiques, notamment celles responsables d’émissions directes de GES. Sont donc concernées les consommations énergétiques des entreprises, des ménages et des administrations. Rappelons que les consommations énergétiques représentaient, en 2007 en France, 72,4% des émissions totales de gaz à effet de serre et 94,7% des émissions de CO2.
Les 27,6% restant, non liés aux consommations énergétiques, devraient faire l’objet d’une réflexion complémentaire afin que soient crées des incitations à leurs réductions. FNE souligne l’importance de ne pas oublier les autres GES, en particulier le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O).

La CCE est-elle nécessaire ? Est-elle efficace ? Est-elle suffisante ?

La CCE est nécessaire, mais pas suffisante.

• Elle est nécessaire : elle permet de compléter le système des quotas d’émissions négociables mis en place à l’échelle européenne. Celui-ci ne concerne en effet que les industries les plus polluantes, responsables de 40% des émissions européennes de GES. La CCE permet d’inciter à la réduction des émissions non régulées par quotas, en particulier les émissions diffuses. Et si la mise aux enchères des quotas ne conduit pas à un niveau suffisant du prix de la tonne de carbone émis, la CCE pourra fonctionner pour les secteurs concernés comme mécanisme financier d’ajustement d’une politique énergétique cohérente.

• Elle est efficace : Pratiquement personne ne conteste plus la réalité de « l’élasticité au prix » de la consommation d’énergie. De nombreux travaux économiques ont montré que le niveau des prix de l’énergie a un impact direct sur la consommation énergétique. Mais au niveau actuel des marchés de l’énergie, la sensibilité au prix est nettement plus marquée qu’avant la dernière crise pétrolière, et rend pleinement efficace une politique de « signal prix » envoyé à tous les agents économiques avec la CCE.

Ce constat, et la compréhension de l’urgence climatique, expliquent que tous les acteurs qui se sont exprimés lors de la conférence des experts, syndicats et industriels compris, soient favorables à la CCE.

• Elle n’est pas suffisante : Lire la suite

Changement climatique : quel impact sur l’emploi ?

novethic.fr, Anne Farthouat, le 17 juillet 2009

Changement climatique : quel impact sur l’emploi ?

Qu’il soit atténué ou aggravé, le réchauffement climatique impactera le marché de l’emploi européen. Quels sont donc les secteurs menacés ? Qui pourra en tirer profit ?

Les 22 et 23 juin derniers, la Commission européenne organisait le Forum « Restructurations : Impact du changement climatique sur l’emploi », rassemblant plus de 300 décideurs politiques, représentants syndicaux et experts. L’occasion pour eux d’évaluer les conséquences du réchauffement climatique sur l’emploi européen, et de déterminer les secteurs les plus menacés, ceux qui profiteront de cette nouvelle donne internationale, et ceux, nombreux, qui auront inévitablement à s’adapter.

En ouverture du forum, Vladimir Špilda, commissaire chargé de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Égalité des chances, annonce clairement la couleur : « Ne nous voilons pas la face, la transition vers une économie sobre en carbone, même si elle est positive, s’accompagnera d’ajustements, notamment sur le front de l’emploi, qui pourraient être douloureux, au moins à court et moyen termes. » Un constat dressé depuis déjà quelques années, notamment par la Commission européenne et la Confédération Européenne des Syndicats, suite à une étude menée conjointement avec le cabinet Syndex. Parus en mai 2007, leurs travaux présageaient déjà « d’importants effets de redistribution entre secteurs et entre pays, même dans les cas des scénarios optimistes basés sur un réchauffement mondial de 2°C. » L’impact serait ainsi plus négatif en Europe méridionale qu’au nord du continent, et toucherait davantage les secteurs primaires, tels que l’agriculture, la foresterie, ou encore la pêche. Le tourisme subirait également une forte secousse, notamment via la baisse d’activité des stations de sports d’hiver à basse et moyenne altitudes, entraînant des conséquences néfastes sur l’emploi local. De son côté, l’industrie des assurances risque de souffrir du coût croissant des dommages, et de le reporter sur les autres secteurs économiques. Sans compter les révisions inéluctables de l’aménagement du territoire européen, qui impacteront forcément le marché de l’emploi.

Automobile et énergies fossiles touchées

Outre les conséquences directes, celle des politiques de lutte contre le réchauffement seront tout aussi fatales pour certains secteurs. Premier en ligne de mire : l’industrie de la sidérurgie, qui pourrait subir d’ici 2030 des pertes de l’ordre de 50 000 emplois sur les 350 000 pour l’ensemble de l’Union Européenne. Le déclin dans la filière automobile pourrait quant à lui atteindre les 60% de réduction d’effectifs, sans même tenir compte des effets de la crise économique. Et du côté de la filière charbon, la moitié des emplois semblent voués à disparaître. Le WWF envisage pour sa part une perte de 107 000 emplois dans l’automobile et 138 000 dans le secteur de l’énergie européen d’ici 2020. 

L’emploi comme argument des politiques environnementales

Pour autant, les emplois créés dans les secteurs émergents pourraient équilibrer la balance. Selon une étude de la Commission européenne publiée le 2 juin dernier, « si l’objectif de Lire la suite

A Washington, défenseurs de l’industrie et ONG s’affrontent sur le plan climat-énergie

lemonde.fr, Gilles van Kote, le 24 juillet 2009

A Washington, défenseurs de l’industrie et ONG s’affrontent sur le plan climat-énergie

Comme la plupart des sujets qui comptent aux Etats-Unis, la politique américaine de l’environnement se joue en grande partie entre K Street et Capitol Hill. Deux points stratégiques sur la carte du pouvoir à Washington. Au sommet de Capitol Hill siègent sénateurs et représentants. A quelques encablures de là, K Street abrite les bureaux de tous ceux qui cherchent à se faire entendre des institutions fédérales : entreprises de lobbying, associations professionnelles, organisations non gouvernementales (ONG), etc.

Bob Bissen et Franz Matzner ne se connaissent pas. Malgré tout, peut-être se sont-ils croisés fortuitement dans les couloirs du Capitole, entre deux réunions avec un membre de l’équipe d’un sénateur ou d’un représentant, ou bien à l’occasion d’un événement organisé sur une thématique liée à l’énergie ou à l’environnement. Tous deux travaillent dans le même bloc d’immeubles, fréquentent probablement les mêmes restaurants. Ils exercent à peu de choses près le même métier, même s’ils ne lui donnent pas le même nom.

Bob Bissen assume sans complexe l’étiquette de lobbyiste. Une profession que ce quinquagénaire avenant exerce depuis seize ans, après avoir notamment travaillé au département de l’énergie pendant le mandat de George Bush père. Autant dire que Washington n’a plus de secret pour lui. Il est aujourd’hui vice-président d’Apco Worldwide, l’une des grandes firmes de relations publiques et de lobbying, et s’occupe particulièrement des intérêts de Dow Corning, le premier producteur mondial d’éléments en silicone, devenu un acteur majeur de l’industrie de l’énergie solaire aux Etats-Unis.

« Il existe des lobbyistes qui pourraient travailler pour n’importe quel client, reconnaît-il. Personnellement, je ne travaillerai jamais pour un client dont je ne partage pas les convictions. Et je crois en l’énergie solaire. »

La mission de Bob Bissen est de défendre les intérêts de Dow Corning auprès de tous ceux qui détiennent un peu de pouvoir à Washington. Il s’est donc battu pour que le plan climat-énergie adopté fin juin par le Congrès mais qui doit encore passer devant le Sénat soit le plus favorable possible à l’industrie de l’énergie solaire, multipliant les entretiens avec les lawmakers (législateurs) ou les membres de leurs équipes.

Fin juin, il a organisé une rencontre entre la direction de Dow Corning et Henry Waxman, l’influent président de la commission de l’énergie et du commerce à la Chambre des représentants, et Carol Browner, la conseillère de Barack Obama pour l’énergie et le changement climatique. Mais ce n’était qu’un coup d’essai : le coup de maître a eu lieu le 2 juillet, quand la présidente de Dow Corning a été reçue à la Maison Blanche par le président Obama, à l’occasion d’une réunion sur les énergies renouvelables.

Franz Matzner, 33 ans, n’a pas encore le même carnet d’adresses. Récemment, il est devenu Lire la suite

Grenelle environnement, le Grenelle 1 adopté à la quasi-unanimité.

actualites-news-environnement.com, Jean-Charles Batenbaum, le 24 juillet 2009

Grenelle environnement, le grenelle 1 adopté à la quasi-unanimité.

Le projet de loi de mise en œuvre du Grenelle environnement, dite Grenelle 1, a été adopté à la quasi-unanimité par le parlement. Jean-Louis Borloo a remercié le Parlement français qui, selon le ministre de l’environnement, « se situe à l’avant-garde de la mutation écologique ».

Après deux lectures dans chaque chambre du Parlement, l’Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi Grenelle 1, par un vote quasi unanime, projet de loi qui transcrit les engagements pris par les acteurs du Grenelle de l’environnement.

Selon le ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo, les chantiers engagés dans le cadre du projet de loi Grenelle 1 permettront de réduire « de 25% la consommation d’énergie fossile de la France d’ici 2020. » Ces chantiers permettront aussi « de maintenir ou de créer plus de 600 000 emplois sur 2009-2020 dans tous les secteurs de la croissance verte. »

A noter que les parlementaires ont introduit des avancées au projet de loi Grenelle 1 comme le renversement de la charge de la preuve au bénéfice des décisions respectueuses de l’environnement, la création d’un carnet de santé individuel pour les salariés, ou l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique français de 20% à 23% à l’horizon 2020.

France Nature Environnement et ses associations membres, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et la Ligue ROC ainsi que la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme dressent un premier bilan non exhaustif du processus Grenelle environnement.

Lancée au début de l’été 2007, ce processus a commencé par la mise en place de groupes de travail thématiques associant différents acteurs de la société française regroupés dans 5 collèges (Etat, collectivités territoriales, ONG, syndicat, patronat). Ces groupes de travail avaient pour mission de faire émerger des propositions consensuelles pour amorcer la transition écologique de notre pays. Fin octobre 2007, les négociations finales entre les 5 collèges du Grenelle ont abouti à l’adoption de 273 engagements.

La seconde étape du Grenelle environnement, celle de la mise en œuvre des engagements a alors démarré. Elle prend différentes formes : les lois spécifiquement dédiées au Grenelle mais aussi d’autres lois intégrant certaines mesures (cf. OGM, loi de finance et responsabilité environnementale), des textes réglementaires ou des accords volontaires entre acteurs.

La loi Grenelle 1, rendue publique par le gouvernement en avril 2008, a pour objet d’entériner les grands objectifs et les principales mesures adoptées en octobre 2007. C’est une loi de caractère général. Son adoption est loin de marquer la fin du processus : la direction générale est désormais fixée mais la traduction réelle, dans notre quotidien, de la majorité des engagements du Grenelle devra attendre l’adoption d’autres textes législatifs (Grenelle 2 en particulier) et surtout réglementaires déclinant concrètement les grands objectifs.

Ainsi, au-delà de l’analyse du contenu de Grenelle 1, les organisations « tiennent à souligner la lenteur du processus. Il a fallu deux ans pour inscrire dans la loi les grands objectifs et les principaux outils. Certes, de nombreux chantiers ont avancé en parallèle. Ainsi, l’étude sur la Contribution Climat Energie ou le doublement du crédit d’impôt pour les installations en agriculture biologique prévus dans Grenelle 1 ont déjà été réalisés. De même le processus de création de parcs nationaux a débuté. »

De façon générale, les organisations écologistes « tiennent à souligner l’investissement des parlementaires sur la loi Grenelle 1 dont témoigne le fait qu’à chaque lecture le Sénat et l’Assemblée Nationale ont voté de façon quasi unanime. Les débats ont, par ailleurs, révélé une prise de conscience croissante de ces enjeux parmi les parlementaires. Les travaux parlementaires ont enrichi la loi sur certains points, comme le renversement de la charge de la preuve. »

Grenelle 1 et renversement de la charge de la preuve

Dans son discours de restitution des tables rondes d’octobre 2007, le Président de la République avait insisté sur un principe essentiel : le renversement de la charge de la preuve. L’adoption de ce principe pour structurer la prise de décision serait véritablement le signe d’une transformation de notre société.

En effet, il revient aujourd’hui aux autorités publiques ou aux acteurs de la société civile de prouver qu’un projet porte atteinte à l’environnement pour empêcher sa mise en œuvre. Le renversement de la charge de la preuve se manifesterait par le fait que ce serait désormais à l’initiateur d’un projet de démontrer que celui-ci n’a pas Lire la suite

Europe – Industriels contre Verts : la bataille du lobbying

lemonde.fr,  Brigitte Perucca,  le 21 juillet 2009

Industriels contre Verts : la bataille du lobbying

Pesticides, OGM, agrobusiness, énergies renouvelables… La fièvre du lobbying monte sur tous les sujets concernant l’environnement, aux Etats-Unis comme en Europe. Depuis l’adoption par l’Union européenne, en 2008, du paquet énergie-climat et à l’approche de la négociation de Copenhague en décembre, le réchauffement climatique et ses conséquences sur les industries concentrent une grande part de l’énergie des groupes de pression du monde entier.

Outre-Atlantique, leur activité autour des questions de développement durable a « pris de l’ampleur depuis quatre ou cinq ans », constate Dave Welhold, président de l’association des lobbyistes américains qui revendique 12 000 cabinets affiliés (sur un nombre total estimé à 15 000).

A Bruxelles, on parle de 10 000 lobbyistes, toutes thématiques confondues. Un chiffre invérifiable mais qui témoigne de leur poids et de leur importance ; 1657 « représentants d’intérêts », dont plus de 600 disposant de bureaux à Bruxelles, étaient inscrits à la date du 8 juillet au « registre » ouvert par la Commission européenne.

C’est ce qu’indique une étude réalisée par Anthenor Public Affairs, un cabinet français de lobbying. Ce recensement, facultatif, englobe l’ensemble des acteurs : entreprises, fédérations professionnelles et ONG. Si incomplet soit-il, il montre en tout cas la prépondérance de la thématique environnementale : chaque entreprise ou fédération professionnelle qui s’inscrit au registre doit cocher dans une liste qui comporte 36 « centres d’intérêt » listés par les autorités européennes. Celui de l’environnement se place dans les tout premiers rangs, à quasi égalité avec « entreprises » et « marché intérieur ».

L’essor du lobbying environnemental tient pour l’essentiel à la montée en puissance dans l’opinion publique des préoccupations liées à la santé et à l’environnement. La contre-attaque a aussi su s’organiser, car un lobbyiste en cache forcément un autre : son adversaire. Particulièrement actifs, Greenpeace Europe et ses quinze salariés ont en ligne de mire les faits et gestes du chimiste allemand BASF et ceux du groupe nucléaire Areva ; le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique, créé par Corinne Lepage, tout juste élue première vice-présidente de la commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire du Parlement européen, est en embuscade derrière Monsanto ; Friends of the Earth ne lâche pas les compagnies pétrolières.

Comme tous ces « confrères », le Bureau européen de l’environnement (BEE), qui représente 140 associations de défense de l’environnement, commente les décisions de la Commission et des conseils des ministres. Au Parlement de Strasbourg, les députés s’assoient aux premiers rangs, les lobbyistes derrière, écologistes compris. Et ce sont ces rangs-là qui sont les plus garnis.

CONFUSION DES INTÉRÊTS

Même si le combat reste inégal entre les deux parties – quand Greenpeace emploie 15 salariés, l’Association européenne de l’industrie chimique en déploie 140 -, les ONG sont devenues Lire la suite

Aquitaine : Programme Régional d’Etude de la Migration des Oiseaux

LPO Aquitaine, Organbidexka Col Libre, Communiqué, le 17 juillet 2009

Programme Régional d’Etude de la Migration des Oiseaux

Depuis le 15 juillet, les équipes de la LPO Aquitaine et d’Organbidexka Col Libre sont en place sur les sites de migration dans le cadre de l’Observatoire Régional de la Migration des Oiseaux.

A Organbidexka, Larrau, Pyrénées Atlantiques, jusqu’au 15 novembre comme depuis plus de trente ans, les ornithologues présents seront à même de fournir les informations indispensables à la mise en place d’un observatoire de l’évolution des populations d’oiseaux et de l’impact du réchauffement climatique global sur celle-ci.

Ce travail s’intègre dans un cadre national au programme coordonné par la Mission Migration pilotée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et dans un cadre européen au réseau Euromigrans piloté par la Fundacion Migres basée à Algeciras en Andalousie.

A Lindux, Banca, Pyrnées-Atlantiques, cette année et après près de vingt années d’interruption du suivi en période estivale, le suivi débutera dès le 15 juillet afin de qualifier l’évolution des passages migratoires sur ce site depuis le début des années 1990. Il se poursuivra jusqu’au 15 novembre. 

La réussite de ce programme encadré par des ornithologues professionnels dépend étroitement de l’apport des bénévoles qui peuvent participer à celui-ci. Pour cela, il est préférable de vous inscrire au préalable notamment si vous souhaitez bénéficier du logement gratuit mis à votre disposition à Organbidexka dès le 15 juillet, à Lindux à partir du 15 septembre. A Lindux avant cette date, l’hébergement se fait sous tente.

En septembre, le programme s’étoffera encore avec l’ouverture du site du Cap Ferret, Lège Cap-Ferret, Gironde au 1er du mois et de celui du Col de Lizarrieta, Sare, Pyrénées-Atlantiques.

Le programme est soutenu financièrement par le FEDER, la Région Aquitaine, la DIREN aquitaine et les Conseils généraux de la Gironde et des Pyrénées-Atlantiques.

N’hésitez pas à transmettre ces informations à vos contacts

Pour tout contact Lire la suite

Un Grenelle de la Mer à la hauteur des enjeux

actualites-news-environnement.com, Nadja Nascala, le 16 juillet 2009

Un Grenelle de la Mer à la hauteur des enjeux

Fin des négociations du Grenelle de la Mer. Le bilan des éléments d’une nouvelle politique maritime intégrée pour la France a été fixé.

Le Grenelle de la mer s’achève et dessine enfin les éléments d’une nouvelle politique maritime intégrée pour la France. Le bilan tiré de ces 5 mois de travail est globalement positif avec des engagements structurants pour la protection de la mer et du littoral et l’intégration de critères écologiques et sociaux dans de nombreux domaines.

Cependant, la réussite du Grenelle de la Mer dépendra aussi des mesures et des engagements que doit prendre demain le Président de la République en matière de biodiversité et de pêche, d’exploitation des ressources de la mer et de gouvernance.

La France doit soumettre le classement du thon rouge et des espèces de requins menacées d’extinction en Annexe 1 de la CITES (interdiction du commerce international) pour pouvoir réellement protéger ces espèces menacées.

Pour les Aires Marines Protégées un engagement historique a été fixé. L’objectif est d’ici à 2020 de 20 % des eaux françaises (eaux territoriales et zone économique exclusive) en Aires Marines.

Protégées dont la moitié en réserves marines se fera en concertation avec les pêcheurs en intégrant la représentativité des écosystèmes. Si ces objectifs sont réellement mis en oeuvre, la France (deuxième domaine maritime international) deviendra le leader mondial en termes de protection de la biodiversité et de gestion des pêches.

En termes de gouvernance nationale, la confirmation du poids politique affirmé par le Ministère chargé de la Mer pour la coordination interministérielle et le choix de l’instauration d’un organe consultatif réunissant les cinq collèges constituent une réelle avancée et un processus démocratique original à poursuivre.

Face à l’ensemble des mesures prises qui demandent des engagements forts en termes financiers que ce soit pour le renforcement de la recherche ou la mise en place des mesures prises dans ce Grenelle, les ONG ont proposé de continuer la réflexion avec les autres acteurs sur les nouveaux modes de financement de la mer. Cette réflexion devra se faire en lien avec une réflexion globale sur la fiscalité et en prenant en compte la notion de solidarité de bassin. Les conclusions de cette commission doivent arriver très vite avant 2010.

Malgré tout, des défis encore à relever et des pistes à creuser. Enfin, les associations signataires seront particulièrement attentives au Lire la suite

Environnement : Dernière ligne droite pour le Grenelle ?

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 20 juillet 2009

Environnement : Dernière ligne droite pour le Grenelle ?

Adopté le 17 juin, en deuxième lecture, par l’Assemblée nationale, puis le 2 juillet par le Sénat, le projet de loi « Grenelle I », qui fixe les grandes orientations de la France en matière de transports, d’énergie et d’habitat dans le souci de préserver l’environnement et le climat, poursuit son processus avant validation définitive par le Parlement. Un interminable, parcours selon les mouvements écologistes qui déplorent la lenteur du processus. Une Commission mixte paritaire se réunit cette semaine pour établir un texte de compromis qui pourrait être adopté par les deux assemblées.

Le Grenelle avance lentement … mais sûrement ? Trop lentement jugent les mouvements écologistes comme France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot qui s’interrogent sur la lenteur du processus. Adopté jeudi 2 juillet en deuxième lecture par le Sénat après avoir été approuvé le 17 juin par l’Assemblée nationale, le projet de loi « Grenelle I » doit maintenant passer devant la Commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) chargée d’établir un texte de compromis qui sera soumis aux deux assemblées pour une adoption définitive.

La CMP devra se pencher, entre autres, sur une demande d’étude controversée demandée par le Sénat en vue d’autoriser la circulation dans l’hexagone de poids lourds jusqu’à 44 tonnes (contre 40 aujourd’hui). Elle décidera aussi de la pertinence de certaines dispositions rétablies par les sénateurs (qui les avaient votées en première lecture) et que l’Assemblée nationale avait supprimées lors de sa deuxième lecture. Ils ont ainsi réintégré, par exemple, l’avis conforme des architectes des Bâtiments de France pour les autorisations de travaux dans les zones de protection du patrimoine auquel les députés avaient substitué un avis simple. Ils ont également demandé de subordonner la production des biocarburants à des critères de performances énergétiques. 

Un « long » processus

Mais le projet de loi Grenelle I n’est qu’une première étape. Loi de programmation, elle entérine des objectifs, donne un statut juridique au processus du Grenelle et retranscrit les principales mesures adoptées à l’issue des tables rondes d’octobre 2007. « Elle ne détaille pas les modalités concrètes de mise en œuvre de ces mesures qui seront prévues dans la loi portant engagement national pour l’environnement dite « Grenelle 2 », explique la FNE. « Deux ans après le lancement du Grenelle, la majorité des engagements est encore loin d’être déclinée concrètement sur le terrain. Dans le même temps, les indicateurs environnementaux n’ont cessé de s’aggraver », s’inquiète l’association de défense de l’environement.
La loi d’orientation « Grenelle I » sera en effet complétée de son application technique, dite « Grenelle II », sorte de « boîte à outils » de la première, qui sera discutée à l’automne par le Parlement. En attendant, la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat l’a examinée et adoptée le 8 juillet. Les sénateurs de la commission ont voté l’ensemble du texte après 35 heures de discussion et l’examen de pas moins de 1.089 amendements. Déposé maintenant en première lecture au Sénat, ce projet de loi permettra de transcrire dans le droit les objectifs généraux définis par le projet de loi de programmation relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. 
Un spécialiste du développement durable

Dans le cadre du titre V du Grenelle 2 consacré aux « risques, santé et déchets », Lire la suite

G8 du climat, un échec ?

actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le10 juillet 2009

G8 du climat, un échec ?

Alors que le G8 qui avait notamment comme thème central la question du climat à l’approche, fin décembre, du sommet de Copenhague touche à sa fin, les associations dénoncent les effets de manche des dirigeants réunis à l’Aquila en Italie.

Greenpeace occupe depuis aujourd’hui une 5ème centrale à charbon en Italie, celle de Civitavecchia près de Rome, alors que le Sommet du G8 s’est élargi pour accueillir les pays émergents comme l’Inde, la Chine, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Chine dans le cadre du MEF, le Forum des Grandes Economies, qui regroupe les 17 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète.

 « Les espoirs de progrès significatifs lors du Forum des grandes économies ont été torpillés par le manque de leadership manifesté hier par les Chefs d’Etat du G8 », a commenté Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace France.

« L’obligation de faire les premiers pas, décisifs pour progresser, appartenait clairement aux leaders des pays industrialisés les plus riches : il est clair que malgré la reconnaissance du consensus scientifique sur la barre fatidique des 2°c, le G8 n’a pas fait preuve de leadership. Le Secrétaire d’Etat des Nations Unies Ban Ki Moon lui-même a souligné cet échec aujourd’hui ».

Le MEF est construit sur l’idée de restaurer la confiance entre les pays industrialisés et les pays en développement et sur l’idée que la protection du climat se fonde sur une responsabilité partagée mais proportionnée entre pays pollueurs. « Quand les leaders mondiaux des pays industrialisés les plus puissants n’adoptent pas d’objectifs de réduction de leurs émissions à moyen terme, et ne mettent pas d’argent sur la table pour aider les plus démunis à faire face à la crise climatique, ils torpillent toute chance d’un résultat ambitieux du Forum des grandes économies », a poursuivi Phil Radford, Directeur exécutif de Greenpeace Etats-Unis.

 « Quand ils essaient d’accuser la Chine et l’Inde de l’échec du MEF, leur excuse sonne faux. L’échec revient au leadership des pays du G8. Il est difficile de croire qu’un seul des dirigeants du G8 a eu l’audace de regarder les leaders des pays en développement lors du MEF dans les yeux, et de parler d’action commune pour protéger le climat », a ajouté Phil Radford.

Le G5 – Chine, Brésil, Inde, Mexique et Afrique du Sud – a appelé hier les pays industrialisés à réduire leurs émissions de 40% d’ici à 2020. Cet appel met en lumière – comme le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon l’a souligné aujourd’hui – que l’absence d’objectifs ambitieux de réduction à moyen terme des émissions des pays du G8 et des autres pays industrialisés bloque tout progrès des négociations internationales. Ils doivent s’engager sur clairement sur les 10 prochaines années, afin de réparer le déficit de confiance qui s’est creusé ces dernières années, au fur et à mesure de leur inaction.

Pour augmenter la pression sur le G8, Greenpeace a investi depuis quelques heures une 5e centrale à charbon. Depuis mardi soir, une centaine d’activistes occupaient quatre centrales à charbon pour demander aux Chefs d’Etat des pays les plus riches de prendre des engagements concrets en vue du Sommet de Copenhague : l’arrêt de l’utilisation des énergies fossiles comme le charbon, responsable de 30% des émissions mondiales de CO2, véritable matière première du changement climatique ; un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020, pour agir sur le court terme ;  un engagement chiffré à soutenir les pays les plus vulnérables face à la crise climatique.

 « L’accord du G8 sur le climat ne peut pas être Lire la suite

Sciences sociales et humaines – La crise climatique : le défi sociétal

ec.europa.eu, Juin 2009 Sandrine Dewez

Crise climatique : le défi sociétal

Environnemental, le problème du changement climatique est aussi sociétal. Modes de vie, organisations sociales, systèmes de gouvernance sont amenés à évoluer. La communauté des sciences sociales et humaines cherche activement de nouvelles voies d’action collective…

«Nous sommes devant la menace la plus grave que le monde ait jamais eu à affronter: un problème historique se pose maintenant à l’action collective» alerte Scott Barrett, économiste et professeur à la Johns Hopkins University de Washington. En septembre 2008, à Paris, il était question du défi que représente pour l’humanité le réchauffement climatique. Économistes, psychologues, géographes, spécialistes du droit, de la philosophie, des médias, des sciences politiques, des populations, venus d’Europe et des États-Unis, étaient rassemblés autour du thème de «L’homme et la société face au changement climatique». Organisée par l’École d’économie de Toulouse dans le cadre de la présidence française de l’Union, la conférence des 22 et 23 septembre visait à favoriser les échanges interdisciplinaires dans le champ des sciences sociales et humaines (SSH). Un enjeu pour la Commission européenne, qui a mis en œuvre son premier programme SSH crédité de 600 millions € pour la durée du 7ème programme-cadre européen de recherche.

Vers une autre gouvernance climatique ?

«Le sujet d’entrée incontournable pour aborder le changement climatique, c’est le développement» avertit Amy Dahan, historienne et philosophe au CNRS – Centre National de la Recherche Scientifique (FR). Pour en comprendre les enjeux, un état des lieux des négociations internationales s’impose. Parvenir fin 2009 à un nouveau traité intergouvernemental ambitieux pour poursuivre la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au delà du 1er janvier 2013, tel est l’objectif que s’est fixée la convention des Nations unies sur le réchauffement climatique. À cette date, la première série d’engagements conclus dans le cadre du protocole de Kyoto sera en effet parvenue à son terme.

Une base de travail a été avancée fin 2007: diviser par deux les émissions de GES d’ici 2050. Mais l’objectif est jugé inéquitable par les pays en développement (PED) qui refusent de se voir imposer des limites à leur croissance. Les pays industrialisés, estiment-ils, doivent poursuivre seuls leurs efforts jusqu’en 2020. Premier passage obligé donc, garantir aux PED que leur aspiration légitime à de meilleures conditions de vie ne sera pas remise en cause. «Mais nous devons aussi changer de cap nous-mêmes», poursuit Amy Dahan. «Sinon, impossible de partager entre Nord et Sud la question de savoir comment nous allons vivre et consommer au plus bas niveau d’émission carbone possible. C’est sur ce point que nous devons avancer maintenant.»

Partir de nos technologies et infrastructures et s’appuyer sur le marché et les institutions existantes pour opérer une transition vers une société post-carbone, est-ce possible ? «Cela fait 25 ans que nous essayons sans y parvenir» rappelle Scott Barrett, «les incitants économiques pour développer de nouvelles technologies économes et propres, et les diffuser ensuite dans le monde entier sont actuellement inexistants. Le protocole de Kyoto ne fera aucune différence» affirme-t-il. La solution avancée par Scott Barrett s’inspire, Lire la suite

Rencontres d’été du Réseau « Sortir du nucléaire » du 19 au 26 août 2009 dans le Sud-Est

Réseau « Sortir du nucléaire », communiqué, le 10juillet 2009

Participez aux rencontres d’été du Réseau « Sortir du nucléaire » qui auront lieu du 19 au 26 août 2009 dans le Sud-Est.

Venez découvrir un espace privilégié, à flancs de coteaux ensoleillés, au pied du Luberon.

A Grambois dans le Vaucluse entre Aix-en-Provence et Manosque.

Convivialité, ressourcement, échanges d’informations, de savoir faire et de talents.

Découvrez le programme complet sur : http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?article1337

Pour toute information complémentaire et pour vous inscrire, contactez : Lire la suite

Un rythme d’extinction du vivant, de 100 à 1000 fois plus rapide qu’aux cours des temps géologiques anciens

liberation.fr, Eliane Patriarca, le 3 juillet 2009

Espèces in extremis

Un rapport alerte sur le rythme d’extinction du vivant, de 100 à 1000 fois plus rapide qu’aux cours des temps géologiques anciens

A la lecture du rapport de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), publié hier, qui dresse l’état des lieux de la biodiversité mondiale, ce sont les mots de René Char qui reviennent en tête :«La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.» «Wildlife in a Changing World» («Les espèces sauvages dans un monde en mutation»), ce sont 180 pages plutôt déprimantes mais indispensables, pour savoir, comprendre et agir.

L’UICN, qui compte plus de 1 000 membres, gouvernements et ONG, y montre que l’objectif que s’était fixé en 2002 la communauté internationale («stopper l’érosion de la biodiversité en 2010»), ne sera pas atteint. «Lorsque les Etats prennent des mesures pour réduire la perte de biodiversité, il y a quelques avancées, mais nous sommes loin de pouvoir inverser la tendance», déplore Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du Programme de l’UICN pour les espèces et rédacteur principal de la publication. Surtout, le rapport souligne que le déclin continue à une vitesse fulgurante : les espèces animales et végétales s’éteignent à un rythme 100 à 1 000 fois plus rapide qu’au cours des temps géologiques anciens. Un rythme qui ressemble à celui des cinq grandes crises d’extinctions dont celle qui a vu disparaître les dinosaures il y a 60 000 ans.

Aucune espèce indemne

L’étude analyse les données de quelque 45 000 espèces recensées dans la Liste rouge, un inventaire qui au fil des années est devenue la référence mondiale sur l’état de conservation du vivant. L’UICN répertorie 869 espèces éteintes et 16 928 menacées d’extinction. C’est un nombre très sous-estimé puisque «l’analyse ne porte que sur la Liste rouge, rappelle Florian Kirchner, chargé de programmes Espèces pour le comité français de l’UICN, soit 2,7 % des 1,8 million d’espèces décrites dans le monde, mais il représente un instantané utile de ce qui arrive à l’ensemble du vivant.»

Toutes les espèces sont touchées mais certaines plus que d’autres : près d’un tiers des amphibiens, plus d’un oiseau sur huit et près d’un quart des mammifères risquent de disparaître. Pour certaines catégories de végétaux, comme les conifères et les cycadacées, un groupe de plantes qui existe depuis très longtemps, la situation est encore pire, avec respectivement 28 % et 52 % d’espèces menacées.

Dans les océans, dont les fonds sont encore très méconnus, la surpêche, les espèces envahissantes, l’urbanisation du littoral et la pollution sont les principales calamités. Un tiers des espèces de requins et de raies de haute mer (dont le grand requin blanc et le requin-marteau) sont menacés : ils sont pêchés essentiellement pour la viande mais aussi pour leurs ailerons, en particulier en Asie, où ils sont servis en soupe. De plus, six des sept espèces de tortues marines risquent d’être anéanties.

Autres victimes Lire la suite

ONG vs Borloo : à chacun son traité idéal sur le climat

planette-terra.fr, juin 2009, Louise Allavoine

ONG vs Borloo : à chacun son traité idéal sur le climat

A chacun son traité idéal de Copenhague. Après celui présenté par les experts climatiques de plusieurs ONG début juin, Paris dégaine le sien. Comparaison.

A ma droite, un pavé de 160 pages rédigé par les experts climatiques de plusieurs ONG dont le WWF et Greenpeace. A ma gauche, un mémorandum de 13 pages, proposé par la France au Conseil des ministres de l’environnement qui se tenait à Luxembourg le 25 juin dernier. Pas de conclusion hâtive, longueur ne rime pas systématiquement avec qualité. Jugeons plutôt du contenu. Les deux textes partagent un même objectif : éviter une hausse des températures supérieure à deux degrés, limite au delà de laquelle les conséquences du réchauffement seraient fortement accentuées estiment les scientifiques. Mais question moyens, on diverge.

Le texte des ONG appelle à des objectifs contraignants de réduction des émissions des pays développés d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990. Paris propose une fourchette de 25 à 40%, avec une cible souhaitable de 30%. Vaillamment, la France réaffirme la nécessité que « le Canada et les États-Unis acceptent des engagements par rapport à 1990 aussi élevés que ceux de l’UE ». Pour mémoire, le Congrès américain a voté, vendredi 26 juin, le plan climat de Barack Obama qui leur donne pour objectif de réduire leurs émissions de 17% en 2020 par rapport à 2005. Et pour les ONG, c’est là que le bât blesse. « En s’abritant derrière l’injonction faite aux États-Unis et au Canada de renforcer leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, la France opère un recul net sur la question forestière » a dégainé Greenpeace dans un communiqué publié en réaction au mémorandum de la France.

Paris appelle, en effet, à un recours rapide aux marchés du carbone pour financer la lutte contre la déforestation plutôt qu’un système visant à réduire de moitié au moins la déforestation tropicale d’ici à 2020. Et cela « contredit clairement la position exprimée par l’Union européenne sur la scène internationale et les conclusions du Conseil Environnement de décembre 2008 négociées par Jean-Louis Borloo à la fin de la présidence française du Conseil européen » regrette l’ONG. Deuxième point d’achoppement : Paris reste vague sur le sujet sensible de la solidarité financière entre pays riche et pays en développement et ne propose aucun mécanisme de financement. Or cette question « forme le nœud de la négociation » souligne Greenpeace. Rien non plus sur Lire la suite

Climat : la France veut ranimer l’ambition européenne

lemonde.fr, Laurence Caramel et Philippe Ricard, le 25 juin 2009

Climat : la France veut ranimer l’ambition européenne

Nicolas Sarkozy tente, en France, de surfer sur la vague du succès des listes d’Europe Ecologie, lors des élections européennes du 7 juin. Au niveau européen, une réunion des ministres de l’environnement des Vingt-Sept, jeudi 25 juin à Luxembourg, donne à Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie conforté lors du dernier remaniement, une nouvelle occasion d’afficher les ambitions françaises en vue de la prochaine négociation climatique : le sommet de Copenhague (Danemark), en décembre, où la communauté internationale s’est donnée rendez-vous pour s’entendre sur les efforts à fournir, à partir de 2012, pour lutter contre le changement climatique.

Un mémorandum de 13 pages et 60 articles a été rédigé par Paris. C’est l’accord idéal sur le climat vu par la France – les grandes lignes d’un accord post-Kyoto. Ce texte est soumis « pour discussion », jeudi au Conseil des ministres de l’environnement.

Les tractations avec les Etats-Unis et les pays émergents étant au point mort, au risque de décourager les Européens, Paris veut préserver l’acquis du paquet climat-énergie, adopté de haute lutte en décembre 2008. Les Vingt-Sept sont convenus alors de réduire de 20 % leurs émissions de gaz à effet de serre, de consommer 20 % de renouvelables et d’économiser 20 % d’énergie d’ici à 2020.

Paris estime que le débat ne doit pas s’enliser dans des bagarres techniques entre experts mais s’élever au niveau politique. « En dernier ressort, ce sont les chefs d’Etat qui décideront. Il faut leur proposer une vision claire de l’action à mener. C’est le sens de ce texte qui a vocation à être amendé. Nous attendons les commentaires« , explique Brice Lalonde, l’ambassadeur pour le climat, sans cacher l’espoir de voir l’initiative servir de base à un futur compromis.

Le mémorandum s’appuie pour l’essentiel sur les positions partagées par les Vingt-sept, mais il introduit aussi des idées spécifiques à la France, comme le plan d’électrification de l’Afrique, sur lequel elle n’a, jusqu’à présent, pas réussi à entraîner ses partenaires. Le texte fixe des objectifs et une méthode en s’appuyant sur les recommandations du groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC).

RÉDUCTION DE 30 % DES ÉMISSIONS DE CO2

Pour limiter la hausse des températures à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, les pays développés devront réduire de 25 % à 40 % les émissions de CO2 d’ici à 2020 par rapport à 1990, avec une cible souhaitable de 30 %.

La France réaffirme qu' »il est nécessaire que le Canada et les Etats-Unis acceptent des engagements par rapport à 1990 aussi élevés que ceux de l’Union européenne ». Les pays en développement – à l’exception des pays les moins avancés (PMA) – devront eux aussi s’engager sur des objectifs chiffrés et contraignants : « entre 15 % et 30 % de réduction de leurs émissions par rapport à la tendance d’ici à 2020 ».

Mais tous devront adopter des Lire la suite

L’affichage publicitaire en disgrâce ?

 novethic.fr, Béatrice Héraud, le 24 juin 2009

L’affichage publicitaire en disgrâce ?

Régulièrement remis en cause, l’affichage publicitaire doit faire l’objet d’une réforme pour mieux encadrer ses pratiques dans le cadre du Grenelle 2. La semaine dernière, un rapport a ainsi été remis au ministère de l’environnement mais les associations dénoncent un « recul sans pareil en matière de protection de l’environnement ».

Depuis quelques années, l’affichage publicitaire est chahuté : critiqué par les Français qui le jugent souvent trop envahissant, il est attaqué par des collectifs anti-pubs ou restreint par le biais des règlements locaux de publicité (RLP). On compte ainsi 13 335 RLP dans l’Hexagone, couvrant près de la moitié de la population. Dans certaines communes, comme à Yerres (Essonne), les panneaux ne peuvent ainsi excéder les 8 m² et font l’objet d’une taxe dissuasive. Et des grandes villes, à l’instar de Marseille qui doit supprimer près de 550 panneaux, ont aussi entamé un nettoyage de leur centre. Au niveau national, un rapport du sénateur UMP Ambroise Dupont et dont les propositions doivent être débattues en vue du Grenelle 2, préconise lui aussi d’encadrer plus strictement la publicité extérieure. Les affiches pourraient ainsi être bannies autour des écoles, les enseignes lumineuses limitées, et les pré-enseignes qui signalent les commerces, hôtels et autres supermarchés aux entrées de ville pourraient être remplacées par une signalétique routière pour diminuer la pollution visuelle. Ainsi, « au cours des vingt dernières années, le nombre de panneaux a déjà été réduit de moitié», estime d’ailleurs Stéphane Dottelonde, le président du syndicat des afficheurs, l’UPE.

Pourtant, avec près de 10% de parts du marché publicitaire français (soit 1,123 milliard d’€ en 2008), l’affichage publicitaire reste « plus présent que chez nos voisins et génère un chiffre d’affaires en constante augmentation », note le rapport.  Car malgré la multiplication des règlements, « professionnels et associations se rejoignent sur un constat : la loi actuelle sur la publicité, les enseignes et pré-enseignes est insuffisamment appliquée». Aujourd’hui, deux autorités – le préfet et le maire – sont conjointement chargées de faire respecter la loi mais il « s’agit d’un système curieux : dans certains départements, chacun se renvoie la balle en cas d’infraction », regrette Stéphane Dottelonde. L’an dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet, alors Secrétaire d’Etat à l’environnement, avait d’ailleurs rappelé les préfets à l’ordre. Selon le rapport, ceux-ci manqueraient en effet de moyens humains (le personnel a été réduit de 26% entre 2007 et 2006) pour s’occuper des problèmes liés à la publicité. Et du côté des communes, « les maires n’ont souvent pas les compétences juridiques pour faire face à cette législation extrêmement complexe et subissent des pressions des afficheurs », dénonce Pierre-Jean Delahousse, membre du conseil d’administration de l’association Paysages de France. «Il s’agit d’une vision paranoïaque des choses. Il faudra m’expliquer de quelle façon ces pressions sont exercées », estime pour sa part le président de l’UPE.

Le règlement local de Paris : l’Arlésienne

Lancé en 2003, le nouveau règlement local publicitaire de la mairie de Paris -qui doit remplacer l’actuel datant de 1986- n’est toujours pas mis en œuvre. Adopté par le Conseil de Paris en décembre 2007, il a été attaqué pour Lire la suite

Pr David Servan-Schreiber : Eau potable et cancer, recommandations de consommation

actualités-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 23 juin 2009

Article supprimé à la demande du site guérir.fr à l’origine de l’article, voir commentaire

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

actu-environnement.com, C.Seghier, le 11 juin 2009

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

À quelques mois de la fin de son mandat, la Commission de José Manuel Barroso s’est vue décerner, par un groupe de dix ONG, une note globale de 4,4 sur 10 pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années. Explications.

4,4 sur 10 ! C’est l’évaluation donnée par un groupe de dix ONG environnementales (Green 10) qui représente l’union des dix plus grandes organisations environnementales européennes, à la Commission de José Manuel Barroso pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années.

À quelques mois de la fin de son mandat, le constat se veut sévère ! Le groupe d’associations qui regroupe notamment Greenpeace, le WWF, Bird Life ou le Climate Action Network, a noté l’action de la Commission Barroso, entrée en fonction en novembre 2004, dans douze domaines allant de la lutte contre le changement climatique, à la santé, en passant par les transports, l’agriculture, la transparence ou encore la biodiversité.

Sa politique de stratégie pour un développement durable obtient un 2/10. Son action en matière de transparence décroche un 3/10 tout comme son action dans la protection des ressources naturelles. La Commission n’obtient que la note de 4/10 en agriculture, dans le domaine de la biodiversité, du commerce extérieur et concernant le budget et la politique de cohésion de l’UE. Concernant l’agriculture notamment, le rapport des ONG reproche à la Commission d’avoir trop souvent cédé aux intérêts professionnels dans ses décisions concernant l’agriculture et les écosystèmes marins. Le bilan de santé de la Politique Agriculture Commune, en particulier, a été une opportunité ratée de réformer en profondeur la PAC , commente un communiqué de la coalition. Au sujet de la biodiversité, les ONG expliquent la mauvaise note attribuée par son soutien constant aux OGM, sa proposition initiale faible pour la nouvelle directive sur la stratégie marine qui n’a pas permis de répondre aux pressions sur l’environnement marin et son échec à trouver un financement adéquat au réseau Natura 2000.

Son action dans l’application des directives européennes est, elle, notée d’un 5/10, tout comme son action en matière de santé. Le résultat positif d’une interdiction totale du mercure et les propositions pour réduire la pollution de l’air ont été contrebalancés par les désaccords au sein de la Commission sur la législation visant à interdire les produits chimiques dangereux , expliquent les ONG.

Parmi les bonnes notes, grâce à l’action du commissaire à l’Environnement Stavros Dimas, Lire la suite

Un nouveau réseau pour défendre les victimes des pesticides

lemonde.fr, Claire Ané, le 18 juin 2009

Un nouveau réseau pour défendre les victimes des pesticides

Aurèle Clémencin est chargé de mission santé au sein de l’ONG Mouvement pour les droits et le respect des générations futures, affiliée à l’organisation européenne Health and environment alliance (HEAL).

Quel est l’objectif du réseau des victimes des pesticides lancé aujourd’hui ?

Nous voulons rassembler les victimes au niveau national, les conseiller et les soutenir, pour montrer qu’il y a un véritable problème. Le site victimes-pesticides.org, lancé jeudi 18 juin, rassemble notamment les témoignages d’une dame en Isère dont le fils a développé une leucémie après une surexposition aux pesticides, d’un particulier dont le fils a des problèmes de tyroïde, et d’un agriculteur atteint de la maladie de Parkinson après un accident.

Nous souhaitons mettre en place des actions juridiques, en faisant valoir le principe de précaution inscrit dans la législation française. Il faut engager la responsabilité des pollueurs, qu’ils soient agriculteurs ou fabricants de pesticides, et obtenir des pouvoirs publics une restriction de l’usage de ces substances.

Quels sont les dangers de l’exposition aux pesticides ?

Certaines des substances qui les composent sont cancerogènes, tout particulièrement pour les professionnels, ou mutagènes (elles induisent des mutations des gènes, pouvant causer des déséquilibres physiologiques ou des cancers), ou encore toxiques pour la reproduction : on parle alors de substances CMR. Et certains pesticides contiennent des perturbateurs endocrinaux, qui modifient les systèmes hormonaux, pouvant entraîner des problèmes des organes sexuels, et des problèmes neurologiques (maladie de Parkinson, troubles psychomoteurs).

Existe-t-il des lois permettant de diminuer les risques et de condamner les dérives ?

Oui, mais pas assez. Au niveau européen les molécules classées CMR 1 et 2 sont interdites. Mais elles sont peu nombreuses. Nous avons recensé, en croisant les listes d’autres organismes à l’international, tels le Centre international contre le cancer et l’Agence américaine pour l’environnement (EPA), plus de 70 molécules CMR sur les 350 autorisées en France. La classification des perturbateurs endocrinaux n’en est qu’à ses balbutiements, donc ces substances peuvent être commercialisées.

Il est aberrant qu’aujourd’hui, il n’y ait pas de normes fixant un seuil de concentration maximale des pesticides dans l’air. Pour l’eau, ces normes fixent un maximum de Lire la suite

Bonn, pas d’avancée dans les négociations climat, la faute aux Etats-Unis ?

actualites-news-environnement.com, Jean-Charles Batenbaum, le14 juin 2009

Bonn, pas d’avancée dans les négociations climat, la faute aux Etats-Unis ? 

Bonn, pas d’avancée dans les négociations climat, la faute aux Etats-Unis ? Selon Greenpeace et Les Amis de la Terre, les Etats-Unis et l’administration Obama bloquent les négociations sur le climat, mauvais présage pour Copenhague ?

A Bonn, toujours aucune avancée dans les « négociations climat » Greenpeace en appelle à un sursaut lors du sommet des chefs d’Etat de l’UE. Au jour de la clôture des négociations des Nations Unies sur le climat à Bonn, qui n’ont abouti à aucun résultat significatif dans la préparation à un accord fort pour Copenhague, Greenpeace appelle les leaders qui se retrouveront lors du G8 dans 4 semaines à prendre leurs responsabilités.

Pour Karine Gavand, chargée de campagne climat pour Greenpeace France, « il est clair qu’un certain nombre de pays n’a absolument aucune intention de sauver la planète des impacts dévastateurs du dérèglement climatique. Les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et le Canada agissent comme s’il n’y avait pas de crise climatique, et placent leurs propres intérêts avant l’urgence climatique ».

Pour l’heure, la moyenne des objectifs fixés par les pays industrialisés se situe entre seulement entre -8 et -15% de réduction de leurs émissions par rapport aux niveaux de 1990. Hier le Japon a confirmé qu’il va seulement réduire de 8% ses émissions ; la Nouvelle-Zélande n’a encore pris aucun engagement ; les émissions du Canada vont très probablement augmenter ; l’Australie se refuse à agir si les autres ne le font pas ; et les Etats-Unis se placent derrière la majorité d’entre eux avec une réduction d’au maximum 4% de leurs émissions.

Pour se donner une seule chance de rester en deçà d’une augmentation de 2°C des températures, ces pays doivent s’engager à une réduction globale de leurs émissions de 40% d’ici à 2020, avant  de les réduire à zéro d’ici à 2050. En l’état des choses, leurs objectifs nous conduiraient à une augmentation de 3°C, ou plus, avec un impact dévastateur pour le climat.

Alors que l’Union européenne pourrait jouer un rôle de leader, les ministres des finances européens ont montré cette semaine qu’eux non plus n’ont aucune intention de tendre la main aux pays les plus vulnérables face aux changements climatiques. Ils ont refusé une fois de plus de proposer des financements pour les aider à s’adapter au dérèglement du climat, à stopper la déforestation et à s’orienter vers une économie sobre en carbone.

 « L’Europe doit faire un choix – va t’elle continuer à rester sur la ligne de touche et regarder les autres pays industrialisés ruiner nos espoirs d’un bon traité sur le climat ou va-t-elle se battre pour obtenir un vrai résultat ? », s’interrogeait Karine Gavand. « On ose espérer Lire la suite

Climat : les ONG présentent leur Traité «idéal» de Copenhague

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 10 juin 2009

Climat : les ONG présentent leur Traité «idéal» de Copenhague

Alors que les négociations internationales sont en cours à Bonn en Allemagne, plusieurs ONG dont Greenpeace et WWF (1) ont présenté le 8 juin leurs propositions pour un accord ambitieux sur le climat à Copenhague en décembre 2009.

Intitulé «Traité de Copenhague sur le climat», ce rapport de 160 pages, écrit par une cinquantaine d’experts de 20 pays, voudrait servir de référence aux négociateurs des 192 Etats. Il s’agit d’un «texte légal complet, couvrant l’ensemble des éléments nécessaires pour fournir au monde un accord équitable et ambitieux, permettant de maintenir les impacts du dérèglement climatique en deçà des niveaux de risque inacceptables [une augmentation globale des températures en deçà de 2°C]», précisent les ONG.

Le rapport propose un plafond mondial des émissions. Ce budget carbone annuel ne devrait pas dépasser 36,1 gigatonnes (Gt) de CO2 équivalent d’ici 2020, ramenant les émissions à leur niveau de 1990, et devrait être réduit à 7,2 Gt en 2050, soit une baisse de 80%. Un cadre d’action pour l’adaptation au changement climatique, «incluant le soutien financier, un mécanisme d’assurance et l’indemnisation des pays les plus vulnérables» est également recommandé.
Le «Traité» prévoit en outre la création d’une nouvelle institution -le Comité climat de Copenhague- «pour gérer les processus de réduction des émissions, l’adaptation et la protection des forêts dans le cadre du nouveau traité mondial». Est également proposé «l’enregistrement des plans d’action à long terme pour les pays industrialisés (Plans d’action zéro carbone) et pour les pays en développement (Plans d’action sobres en carbone)», ainsi que «des engagements contraignants pour les pays nouvellement industrialisés comme Singapour, la Corée du Sud et l’Arabie Saoudite».

Le rapport appelle à un «accord légalement contraignant» incluant un «Protocole de Kyoto actualisé pour Lire la suite

L’Ultimatum climatique lancé aux politiques

planete-terra.fr, Karine Le Loët, juin 2009

L’Ultimatum climatique lancé aux politiques

Onze organisations ont lancé hier à Paris l’Ultimatum climatique. Une pétition en forme de réquisitoire destinée à faire pression sur la sphère politique avant la conférence de Copenhague.

A 200 jours de la conférence de Copenhague qui doit décider de l’avenir de la planète, ils ont lancé l’Ultimatum pour le climat. Eux, ce sont les représentants de onze organisations venus de toute la sphère caritative : spécialistes de la protection de l’environnement, des droits humains et de l’action humanitaire… Ainsi, à la conférence de presse organisée le lundi 25 mai, se côtoyaient pêle-mêle des responsables d’Oxfam, de Greenpeace, de WWF, d’Action contre la Faim ou encore du Secours Catholique. Une mobilisation transversale dictée par une raison simple : « Cet ultimatum, ce n’est pas seulement une histoire d’environnement, ça s’adresse à tous les amoureux du genre humain« , a déclaré, Serge Orru, directeur général de WWF-France. « Nous sommes tous concernés par le climat, a ajouté Luc Lamprière, directeur général d’Oxfam France. Les efforts que nous menons depuis plusieurs années pour lutter contre la pauvreté risquent d’être effacés par la dégradation du climat. »

Aussi la pétition appelle-t-elle les pays industrialisés à se fixer des objectifs forts : réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020 ou encore renforcer le soutien financier aux pays du Sud pour les aider à évoluer vers des modèles sobres en carbone. 100 milliards d’euros seraient nécessaires à la réalisation de tels objectifs. Une « broutille » équivalente à seulement 10% des dépenses militaires mondiales, souligne le communiqué.

Si tout se passe selon le souhait de ses initiateurs, la pétition devrait réunir 1 million de signatures d’ici à l’ouverture du sommet de Copenhague. Restera ensuite à convaincre les politiques d’agir. Pour représenter la sphère décisionnelle justement, le député Vert Yves Cochet était présent ce lundi matin et jugeait d’un œil critique l’attitude de ses confrères. « Ce sont les élus et non les peuples qui sont en retard dans la prise de conscience. En principe, les élus sont vus comme des visionnaires, qui doivent entraîner les peuples. Là, c’est l’inverse il y a une frilosité politique. Les élus ont peur de prendre des mesures radicales. » Et d’ajouter, souriant : « Nicolas Sarkozy devrait être le premier signataire de cette pétition. »

« Ce n’est pas aux ONG de faire le travail des politiques, a rappelé Serge Orru. C’est la responsabilité des gouvernements de proposer des mécanismes avec des objectifs pour la communauté globale. A nous ensuite d’amender leurs propositions et de faire un travail de monitoring. » Alors pour les motiver, une seule solution pour Pascal Hunting, le président de Greenpeace France : « Si des millions de gens se saisissent du problème, les choses Lire la suite

Européennes : Mettre l’écologie au cœur des choix politiques maintenant !

France nature environnement, Communiqué de presse, le 8 juin 2009

Européennes : Mettre l’écologie au cœur des choix politiques maintenant !

FNE demande au Gouvernement de tirer sans délai les leçons du scrutin

Dés hier soir, FNE a salué la volonté des électeurs/trices de placer la question de l’urgence écologique au cœur du résultat des élections européennes.

FNE demande de toute urgence au Gouvernement de tirer les leçons du scrutin en abandonnant des projets écologicides et en prenant les mesures indispensables à la lutte contre la crise écologique.

Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « Il faut que demain soit écologique ! Il est temps de comprendre que l’urgence écologique est au cœur des préoccupations des français qui sont dans l’attente d’actes politiques concrets. Se battre dos au mur chaque jour contre des textes et projets qui menacent la planète n’est pas notre vocation ! Nous souhaitons avancer vraiment puisque nous n’avons plus le temps de reculer ».

Abandon des projets écologicides.

FNE demande dès aujourd’hui que soient abandonnés les projets suivants qui sont directement contraires à l’esprit du Grenelle et à la lettre des suffrages exprimés hier et notamment :

Industrie : abandon pur et simple de la réforme du « 3e régime » qui permet un assouplissement inacceptable des conditions d’autorisation et de contrôle des activités industrielles, et doit entrer en vigueur avant le 17 juin ; abandon des opérations d’enfouissement souterrain par Total de 120 000 tonnes de CO² à Lacq dans les Pyrénées Atlantique ; moratoire sur tout projet de terminal méthanier

Nucléaire : abandon de tout projet de construction de nouveaux réacteurs nucléaires,

Agriculture : interdiction immédiate de l’insecticide Cruiser dont FNE a demandé l’annulation en justice,

Transports : abandon de toute expérimentation des méga camions, du circuit de Formule 1 en région parisienne, ….

Relance du dialogue environnemental. FNE souhaite que le dialogue environnemental entre les acteurs du Grenelle de l’environnement reprenne du souffle.

Plutôt qu’une multiplication des « Grenelle », FNE souhaite notamment :

Une position exemplaire de la France pour les négociations climatiques de Copenhague en décembre,

– Une accélération de Lire la suite

Le succès d’Europe Ecologie donne des arguments aux défenseurs du Grenelle de l’environnement

lesechos.fr, Julie Chaveau, le  9 juin 2009

Le succès d’Europe Ecologie donne des arguments aux défenseurs du Grenelle de l’environnement

Après le score d’Europe Ecologie, les associations de défense de l’environnement vont être plus exigeantes sur l’application du projet de loi Grenelle de l’environnement examiné aujourd’hui à l’Assemblée. La réunion de la conférence de consensus sur la taxe carbone doit avoir lieu les 2 et 3 juillet.

Le résultat historique obtenu hier par les listes Europe Ecologie a-t-il une chance de faire bouger les lignes ? La réponse ne devrait pas tarder à venir. Cet après-midi, à l’Assemblée nationale, les députés doivent examiner en seconde lecture le projet de loi relatif à la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement, dit « Grenelle 1 », chargé de fixer les grands objectifs des années à venir. Un texte dont l’examen a été repoussé depuis des semaines, mais qui a avait été voté à la quasi-unanimité en première lecture en octobre 2008 à l’Assemblée et en février 2009 au Sénat. En commission, l’opposition a proposé plusieurs centaines d’amendements, mais l’objectif du gouvernement est de tout faire pour obtenir un vote conforme le plus rapidement possible.

« Une lenteur épouvantable »

Les discussions s’annoncent vives. Les Amis de la Terre et le Réseau Action Climat ont carrément demandé aux parlementaires de ne pas voter le texte car, selon eux, les niveaux de performance exigés pour la rénovation thermique et la construction des logements ne sont pas assez ambitieux. Ils exigent également que l’objectif de construire « dans les meilleurs délais » de nombreux projets autoroutiers soit abandonné.

Dès demain, l’examen du projet de loi « engagement national pour l’environnement », dit « Grenelle 2 », doit également commencer avec la discussion devant la commission des Affaires économiques du Sénat. Il ne s’agit plus de fixer de grands objectifs, mais de Lire la suite

Appel à propositions Life + 2009

projetdeterritoire.com, Welcomeurope, le 27 mai 2009

Appel à propositions Life + 2009

L’appel à projets du programme LIFE+ pour 2009 est lancé. Cet appel vise à financer des projets autour de 3 volets : la protection de la nature et de la biodiversité (protéger, conserver, restaurer, surveiller et faciliter le fonctionnement des systèmes naturels, des habitats naturels et de la faune et de la flore sauvages), la politique et la gouvernance en matière d’environnement (enrayer le changement climatique, meilleure gestion des ressources naturelles et déchets, protection de la qualité de l’air, de l’eau et des sols, des forêts, gestion des risques posés par les substances chimiques) et la diffusion de l’information sur les questions environnementales.

Actions éligibles

Cet appel s’adresse à tout porteur de projets situé dans un des Etats-membres de l’UE, qu’il s’agisse d’institutions ou d’organismes publics et/ou privés tels que des autorités locales et régionales, des entreprises privées, des associations, des centres de recherche, des ONG, des universités etc.

Il financera à une hauteur maximale de 50% des coûts éligibles les projets sélectionnés. A noter qu’un taux maximal de cofinancement de 75% est exceptionnellement applicable aux propositions qui ciblent les habitats/espèces prioritaires des directives « Oiseaux » et « Habitats ».

Le budget global pour les subventions d’aide aux projets au titre de LIFE+ en 2009 s’élève à 250 000 000 euros. 50% au moins de ce montant sera alloué à des mesures en faveur de la protection de la nature et de la biodiversité. En effet, les projets portant sur la biodiversité et sur le changement climatique seront considérés comme prioritaires pour cette année.

Les propositions de projets doivent être remises aux autorités nationales compétentes avant le 15 septembre 2009. Elles seront transmises aux Lire la suite

Forum des économies majeures : les incertitudes de l’après Kyoto

actu-environnement.com, Agnès Sinaï, le 27 mai 2009

Forum des économies majeures : les incertitudes de l’après Kyoto

À Paris se sont réunis les 25 et 26 mai les dix-huit pays les plus émetteurs de la planète. Par cette négociation en format réduit, les « économies majeures » cherchent à poser les jalons de la conférence de Copenhague sur le climat en décembre prochain, en vue d’un nouveau pacte mondial sur le climat.Comme toujours en matière de négociations climatiques, la discussion sur les moyens finit par occulter les fins. L’équation est pourtant toujours la même : rallier l’ensemble des pays émetteurs à des objectifs de plafonnement des gaz à effet de serre de manière à stabiliser le réchauffement climatique à +2°C au cours de ce siècle. La science, incarnée par le GIEC (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) et ses rapports désormais unanimement reconnus, est sans appel : la dérive de l’effet de serre est en cours, les puits de carbone naturels que sont les océans et les forêts ne sont plus en capacité de résorber les excédents carboniques émis par les activités humaines, la fonte des glaciers s’accélère, les mers s’acidifient, les coraux blanchissent, le régime des moussons se dérègle en Asie et en Afrique de l’Ouest… Le risque d’atteindre un point de non retour, au-delà duquel le climat de la Terre réserverait une série de « surprises », réclame la mise en œuvre rapide d’une diète carbonique, préfigurant une nouvelle civilisation.

Ce contexte de compte à rebours est l’élément temporel qui confère aux négociations climatiques un caractère d’urgence inédite. Et pourtant, depuis son élaboration en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio, la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) patine dans des pourparlers sans fin. Sa traduction juridique, le Protocole de Kyoto, adopté en 1997, vient à peine d’entrer en vigueur (2008) que bientôt (en 2012) va s’achever sa première période d’application, sans que l’on parvienne à en tirer quelque bilan conséquent. Pour éviter une interruption du dispositif, c’est en 2009, dernier délai, que les pays ayant ratifié le Protocole de Kyoto doivent élaborer un nouvel accord, qui prendra le relais à partir de 2013. L’enjeu principal de ce nouvel accord est d’engager les pays émetteurs à atteindre leur pic d’émissions le plus tôt possible, afin d’entamer dès 2015 la descente carbonique qui s’impose pour éviter une accumulation de CO2 dans l’atmosphère, compte tenu de l’inertie de ce gaz, qui a une durée de vie de plus d’une centaine d’années.

Le temps presse à tous les niveaux. Sur le front climatique, les émissions des pays industrialisés signataires de Kyoto ont augmenté de 9,9% sur la période 1990-2006, mises à part celles des pays de l’Est européen, Russie en premier lieu, qui ont chuté de 37% en raison de la désindustrialisation consécutive à la chute du bloc soviétique1. Sur le front des négociations, l’entrée dans la danse des Etats-Unis rebat les cartes de la diplomatie climatique. Les discussions se sont poursuivies à Paris les 25 et 26 mai, dans l’enceinte du Forum des économies majeures sur l’énergie et le climat, qui réunit 17 Etats représentant 80% de la consommation énergétique mondiale et 80% des émissions de gaz à effet de serre de la planète, Chine et Inde comprises. Inauguré à l’initiative du président Bush, ce Forum a été repris par l’administration Obama sans en reproduire l’esprit initial, qui cherchait à court-circuiter les négociations menées sous l’égide des Nations Unies. Celles-ci se poursuivent à Bonn (Allemagne) dès le 1er juin, siège de la Convention des Nations Unies sur le climat, en vue de préparer la conférence de Copenhague de décembre prochain.

Un « Fonds vert »

Co-présidée par la France et les Etats-Unis, cette réunion du Forum des économies majeures a surtout servi à rappeler les deux éléments prioritaires de l’accord de Copenhague.
Première priorité : Lire la suite

Élections européennes : le réseau « Sortir du nucléaire » a évalué les candidats

mediapart.fr, Le Père Vert Pépère, le 01 Juin 2009

Élections européennes : le réseau « Sortir du nucléaire » a évalué les candidats

Europe écologie et le NPA prennent leur responsabilités face à l’urgence écologique

– L’UMP et le PS se contentent de vagues déclarations sur le « développement durable »

– La position officielle du Modem reste encore à découvrir…

– Le Parti de Gauche est « coincé » par son tête à tête avec le très pronucléaire PCF.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » a interrogé les principaux partis à propos de la politique énergétique qu’ils entendent promouvoir au niveau européen. Voici le bilan de cette consultation.

Europe Écologie et le NPA ont apporté des réponses très satisfaisantes. Il faut d’ailleurs rappeler que les Verts et le NPA sont adhérents du Réseau « Sortir du nucléaire ». Europe Écologie et le NPA se prononcent pour une sortie rapide du nucléaire, ont intégré la question des déchets radioactifs et des risques, mais aussi les enjeux démocratiques (passage en force du lobby nucléaire) et géostratégiques (prolifération nucléaire sous couvert du nucléaire civil), ainsi que les questions de l’emploi et du social (promotion des économies d’énergie et du développement des énergies renouvelables, qui sont de véritables gisements d’emplois).

Le Parti de Gauche a eu l’honnêteté de reconnaître que, dans le cadre du Front de gauche qui l’unit au PCF, il n’était pas possible d’avoir une position commune sur la question du nucléaire. Le Réseau « Sortir du nucléaire » est très attentif à l’évolution du Parti de Gauche, qui s’est déclaré favorable à la sortie du nucléaire, et appelle le PCF a reconsidérer sa position pronucléaire.

Lors de la campagne présidentielle de 2007, le Modem et François Bayrou n’ont pas pris position contre le nucléaire, en critiquant néanmoins l’opacité du lobby atomique. Pour ces élections européennes, seuls Corinne Lepage (CAP21, tête de liste Modem dans le Nord) et Jean-Luc Bennahmias (ancien Vert) ont répondu, se prononçant pour des alternatives au nucléaire, mais à moyen ou long terme. Finalement, la position « officielle » du Modem reste encore à découvrir !

Comme chacun a pu le constater, l’UMP et le PS ont repoussé au maximum le moment d’entrer en campagne et, qui plus est, évitent soigneusement tout débat pouvant remettre en cause l’énergie nucléaire, qui est pourtant un sujet de société crucial.

Le Parti Socialiste a répondu de façon ambiguë, voire hypocrite, se prononçant pour ITER (fusion nucléaire) et pour les réacteurs dits « de 4e génération », bien que ces deux technologies pour l’heure inexistantes absorbent plus de 80% des crédits européens pour la recherche énergétique. Ce positionnement vide de sa substance le soutien de principe que le PS exprime pour les énergies renouvelables et les économies d’énergie. Reconnaissant le problème que posent les déchets nucléaires, le PS soutient pourtant du rôle que la France entend jouer dans le déploiement international du nucléaire !

L’UMP n’ayant pas daigné répondre au questionnaire du Réseau « Sortir du nucléaire », le seul élément dont nous disposons est Lire la suite

Lacq : Feu vert au projet Total de stockage souterrain de CO2

France Nature Environnement, Sepanso Béarn, Côteaux du Jurançon, Communiqué de presse, le 28 mai 2009

Feu vert au projet Total de stockage souterrain de CO2

Les associations vont saisir la justice

La société Total vient d’obtenir l’autorisation d’enfouir 120000 tonnes de C02 pendant deux ans, sur Ie site industriel de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Les associations déposent un recours.

La stratégie du Shadok ?

Pour Total, lutter contre les émissions de gaz à effet de serre est très simple : il suffit de pomper ! Malheureusement les choses ne sont pas aussi simples et la technique de Capture et de Stockage de Carbone présente plusieurs risques inacceptables :

La CSC est énergivore : Le rapport parlementaire de M Birraux du 3 mars 2009 note sur ce point: « Le CSC est d’ailleurs présenté comme une technologie de l’énergie, alors qu’en soi, il ne procure aucun apport nouveau d’énergie (. ..) il induit au contraire une consommation supplémentaire d’énergie ». La CSC utilise en effet de l’énergie pour les opérations de capture, de transport et d’injection souterraine.

La CSC est polluante : cette technologie a pour raison première Ie développement des centrales thermiques au charbon à I‘heure ou il faut au contraire développer les sources d’énergies renouvelables, les économies d’énergie et l’efficacité énergétique. Le rapport Birraux note que la CSC « conforte aussi l’utilisation des énergies carbonées dans les pays qui les importent avec même le risque d’accroître leur dépendance énergétique, puisque l’implantation d’un dispositif de CSC impose un supplément de consommation d’énergie » ;

La CSC présente des risques pour l’environnement : L’enfouissement industriel de carbone sous terre présente des risques pour la santé et l’environnement qui ne sont pas maîtrisés. Aucune expertise indépendante et contradictoire n’a été financée à ce sujet. Total a préféré faire appel au BRGM qui …  est engagé en faveur de la CSC !

La CSC est coûteuse : Elle peut « doubler Ie coût de fonctionnement d’une centrale et, par conséquent, aboutir a une augmentation du coût de l’électricité de 21 à 91% » (cf. rapport Greenpeace « Faux espoir » de mai 2008).

La CSC est tardive : ainsi que Ie précise Ie PNUE : « Le CSC arrive beaucoup trop tard sur Ie champ de bataille pour aider Ie monde a éviter Ies changements climatiques ». Rappelons que les industriels eux-mêmes rappellent que la CSC ne sera pas opérationnelle avant 2030. Or, il nous faut réduire drastiquement nos émissions de GES dès 2015….

La CSC n’est pas viable : selon l’Agence internationale de l’énergie, Lire la suite

Climat : Un front uni pour des ONG de tous horizons

liberation.fr, Christian Losson, le 26 mai 2009

Un front uni pour des ONG de tous horizons

Des organisations liées aux droits de l’homme ou à l’action humanitaire s’associent aux écologistes. «Le destin du monde» d’un côté, «l’ultimatum climatique» de l’autre. Le premier se jouera probablement dans six mois à Copenhague, a assuré hier Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, lors d’une réunion à Paris des plus gros émetteurs de CO2 de la planète. Le second se joue dès à présent, selon de grandes ONG françaises qui ont appelé, hier, à un sursaut commun (publié hier dans Libération). Et lancé une pétition pour tenter de réunir un million de signatures et pousser la France à assurer un leadership (1), jusque-là bien timide. Nouveauté : ces associations n’arborent plus uniquement le vert de l’environnement, mais aussi les couleurs des droits de l’homme, de la solidarité internationale et de l’action humanitaire.

«Réponse commune». Parmi elles : Oxfam, la Fédération internationale des droits de l’homme, Action contre la faim (ACF), Care… «L’hybridation des crises menace les démocraties et appelle une réponse commune», rappelle Serge Orru, du WWF. «On ne peut pas rester en dehors de cet enjeu capital. Même si le lien entre malnutrition et climat reste difficile à mesurer», assure de son côté Michel Bruguière, de Médecins du monde. «Les pays les plus pauvres sont les moins responsables, mais les plus touchés», ajoute Luc Lamprière, d’Oxfam. «Les victimes de catastrophes naturelles sont 40 fois plus nombreuses depuis trente ans dans les pays du Sud», renchérit François Danel, d’ACF.

Difficile de continuer à séparer, comme ce fut le cas jusque-là lors des conférences climatiques, les enjeux des bouleversements climatiques et ceux de la sécurité alimentaire ou de la réemergence de maladies animales (comme l’a estimé hier l’Organisation internationale de la santé animale). Impossible de taire le lien entre «la bombe climatique», selon Orru, et l’exode des réfugiés climatiques ou des victimes des catastrophes. «98 % des catastrophes dites naturelles sont liées au climat, rappelle Luc Lamprière. D’ici 2015, 375 millions de personnes pourraient en être victimes.»

A l’heure où les Objectifs du millénaire de réduire la pauvreté par deux d’ici 2015 sont dans l’ornière, l’enjeu est de taille. Il passe par le besoin de dégager, malgré la crise, de nouvelles sources de financement : environ 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020. Et la nécessité de lier les crises entre elles dans les débats. «Désormais, les conférences climatiques sont des conférences sur l’avenir du monde, et doivent brasser les questions économiques, sociales, interroger les rapports Nord-Sud», assure le député vert Yves Cochet.

Révoltée. Cette convergence d’ONG préfigure-t-elle un tournant capital ? « Lire la suite

Entreprises et ONG : des relations parfois ambiguës

actu-environnement.com , R. Boughriet, le 27 mai 2009

Entreprises et ONG : des relations parfois ambiguës

Si elles inspirent le plus souvent la confiance, certaines ONG collaborent avec les entreprises pour les inciter à réduire leurs impacts. Se pose alors la question de l’indépendance vis-à-vis de leurs donateurs. A fortiori en temps de crise !

Alors que de plus en plus d’entreprises misent sur la responsabilité sociale (RSE) pour  »verdir » leur image, certaines organisations non gouvernementales (ONG) nouent des partenariats avec les sociétés pour les accompagner dans une démarche de réduction de leur empreinte écologique.

C’est le cas par exemple du WWF qui a d’ailleurs commandé un sondage à l’Ifop1 pour évaluer le jugement des Français sur les partenariats ONG / entreprises. Publiés le 13 mai, les résultats du sondage montrent que 92% des Français jugent ces partenariats  »légitimes », 44% les estimant même  »tout à fait légitimes ». 78% des Français jugent que la politique de partenariat est une méthode  »efficace » pour inciter les entreprises à réduire leurs impacts sur l’environnement. Ils montrent également une préférence pour une logique de partenariat sur le long terme entre associations écologistes et entreprises privées (78%), au détriment d’autres pratiques, notamment l’appel au boycott (55%) ou la réparation des dégâts environnementaux grâce à la collecte de dons auprès des entreprises (47%). Un résultat qui semble donc conforter la stratégie adoptée par le WWF, engagé depuis plus de 11 ans dans une relation partenariale avec le secteur privé et qui servira de toute évidence à renforcer le discours de l’ONG vis-à-vis de ses interlocuteurs Entreprises pour conclure de nouveaux partenariats.
Les ONG indépendantes ?

Car pour le WWF, le monde de l’entreprise est à la fois au coeur des enjeux environnementaux et porteur de solutions. Son capital humain, financier et sa réactivité peuvent lui permettre de modifier rapidement ses pratiques et contribuer à la réduction de l’empreinte écologique.

Néanmoins, le risque de perte d’indépendance est non nul. Il est d’ailleurs appréhendé par 63% des sondés. Ils sont même 49% des personnes interrogées à penser que les partenariats entre entreprises et associations environnementales  »ne sont pas crédibles » et dénoncent  »une stratégie de communication ». Si les actions de terrain de l’organisation ont bonne presse auprès du grand public, la politique du WWF peut donc parfois être jugée ambiguë ou contestable dans ses relations avec les entreprises qui alimenteraient un quart du budget de l’organisation. Rappelons que la problématique de financement des associations de protection de l’Environnement par des entreprises revient régulièrement sur la table. La Fondation Nicolas Hulot est par exemple régulièrement taxée, y compris par ses paires, d’adopter une position conciliante vis-à-vis du nucléaire du fait qu’EDF compte parmi ses partenaires donateurs. Son fondateur, initiateur du Grenelle, a beau s’en défendre, le doute subsiste inlassablement.

La  »perte d’indépendance » concerne donc le WWF International mais pas seulement si l’on en croit l’ouvrage  »Green Inc. »2, publié en septembre 2008 par la journaliste américaine Christine MacDonald et qui cite d’autres ONG environnementales telles que Lire la suite

Copenhague : Les demandes de Greenpeace pour éviter le changement climatique

greenpeace.org, mai 2009

Conférence de Copenhague sur le climat

Les demandes de Greenpeace pour éviter le changement climatique

Introduction

Alors même que la réalité du changement climatique continue de dépasser les prévisions des scientifiques. Il devient clair que le dépassement du seuil critique constitue une menace bien plus proche que nous ne l’imaginions et que la fenêtre d’opportunité pour éviter un dérèglement du climat incontournable se referme de façon rapide et inexorable.

Le dossier Lire la suite

Non au capitalisme vert : Marketing, commerce et hyperconsommation

actionconsommation.org, Véronique Gallais, mai 2009

Non au capitalisme vert : Marketing, commerce et hyperconsommation

Article publié dans « Non au capitalisme vert » (ouvrage collectif), Parangon, 2009

Tandis que la montagne du « Grenelle de l’environnement » a accouché d’une souris et que les lois et projets contraires même aux principes affichés du « Grenelle » se multiplient, rien n’a guère changé dans les comportements au royaume du marketing et de la consommation.

La « fabrication » du consommateur

Au tournant du 20ème siècle, l’industrialisation de la production et la mise en place d’infrastructures et de réseaux de transport et de communication – résultant du développement considérable des techniques – ouvraient la voie à la croissance des entreprises et à la distribution de masse, en s’appuyant sur l’émergence et l’essor du marketing. Cette « science de la commercialisation » devait rendre possible la planification de la production et de la distribution de masse ainsi que l’extension des débouchés commerciaux, par la maîtrise de techniques de communication vers l’acheteur final, le « consommateur ». La croissance de la demande, leur part de ce marché et le profit à réaliser devenaient l’enjeu central pour chacun des acteurs – producteurs et intermédiaires, financiers et gestionnaires – dans une incessante lutte de pouvoir et d’influence, qui allait entraîner la formation des oligopoles de production et de distribution que nous connaissons aujourd’hui, ainsi que l’irrigation de la « philosophie » marketing dans toute la société.

Aujourd’hui, ces mécanismes se combinent avec les grands moteurs de transformation du capitalisme : les NTIC – qui bouleversent en profondeur les entreprises, la société et l’économie – et le processus de globalisation financière, porté par des choix politiques d’idéologie néolibérale soumis au diktat d’une concurrence « libre et non faussée ». Les exigences de taux de rentabilité poussent les firmes à une course productiviste et le marketing reste au cœur des enjeux de la stratégie d’entreprise : sa réputation et celle de ses marques sont cruciales pour le chiffre d’affaires et la rentabilité de l’activité. Il faut donc séduire, et séduire toujours. En effet, le productivisme ne peut exister qu’en interaction avec le consommationnisme, comme comportement individuel et comme mode de pensée.

Si les coopératives de consommation, créées par le mouvement ouvrier au début du 19ème siècle, ont existé comme mode de résistance à l’essor du capitalisme industriel, et comme levier de transformation sociale, le mouvement consumériste – comme réponse plus récente au pouvoir des entreprises – s’est développé dans le contexte de la croissance et de la consommation de masse au 20ème siècle. Il a accompagné des changements sociétaux majeurs, notamment l’installation du consommationnisme et de l’utilitarisme comme principes de vie, en parfaite adéquation avec les politiques libérales : le système de production et de consommation de masse est devenu lieu central des valeurs et de la structure sociale.

Marketing opportuniste et hyperconsommation

En réaction à la dégradation de nos espaces de vie et au creusement des inégalités au niveau mondial – largement dus aux modes de production, de distribution et de consommation occidentaux – de nombreuses pratiques alternatives émergent aujourd’hui. Un certain nombre d’entre elles s’attachent à recomposer radicalement les rapports entre la production et la consommation, en produisant de nouvelles valeurs. Mais l’on voit également et massivement se développer, avec la montée des exigences de la société envers les firmes, un nouveau champ de marketing et de communication : celui du « marketing sociétal », Lire la suite

Comment modifier en profondeur nos comportements ?

ecoloinfo.com, Brendan, le 30 avril 2009

Des girouettes aux panneaux indicateurs : comment modifier en profondeur nos comportements ?

Au niveau mondial, les 7% les plus riches sont responsables de 50% des émissions de CO2 tandis que la part d’émissions des 50% les plus pauvres n’est que de 7%. Fred Pearce, auteur et journaliste sur les questions d’environnement, s’est appuyé sur ces données du Princeton Environment Institute pour argumenter que le problème de l’empreinte écologique de l’humanité n’était pas tant le problème de surpopulation, mais surtout le problème de la surconsommation. Et qu’à moins de continuer à faire l’autruche et à sa voiler la face, il est absolument nécessaire de s’attaquer à la surconsommation en adoptant et en faisant la promotion de modes de vie plus sobres.

Fred Pearce

Actuellement, les stratégies visant à faire adopter des comportements éco-responsables sont basées sur des techniques du marketing. Le message est calibré pour correspondre aux valeurs dominantes caractéristiques des différents publics cibles. Les particuliers sont ainsi encouragés à changer de comportement pour des raisons de statut social ou d’intérêt financier plutôt que de bénéfice environnemental.

L’échec de l’approche marketing

Un rapport du WWF de Grande Bretagne publié en avril 2008 (Weathercocks and Signposts: The Environment Movement at a Crossroads, “Girouettes et panneaux indicateurs: le mouvement environnemental à un carrefour”) indique que de telles approches peuvent retarder, voire même saper, les tentatives visant à entrainer des changements de comportement beaucoup plus ambitieux. L’importance actuellement portée aux petits gestes simples et faciles peut en effet détourner des comportements nécessaires pour réellement s’attaquer aux crises écologiques et économiques (climat, énergie, eau, biodiversité, etc.).

Pire, l’intérêt marqué pour la consommation verte détourne l’attention des problèmes fondamentaux inhérents au consumérisme. L’échelle des enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés demande pourtant un engagement systémique avec ce problème comme l’a démontré Fred Pearce.

Les schémas de consommation alternatifs (auto-partage, AMAP, etc.) sont importants mais ne peuvent pas être disséminés largement sans d’abord s’attaquer aux motivations portant à la consommation. En effet, l’alter-consommation ne pourra pas présenter de bénéfice environnemental global tant que l’argent potentiellement économisé en consommant mieux sera réinvesti dans d’autres dépenses énergétiques.

C’est la raison pour laquelle les raisons qui mènent à l’adoption de nouveaux comportements ont des implications très importantes pour l’obtention de réelles diminutions des consommations d’énergie et pour la persistence de ces comportements dans le temps. Une personne Lire la suite

Les indigènes s’emparent de la crise climatique

youphil.com, Solène Cordier, 27/04/2009

Les indigènes s’emparent de la crise climatique

Réunis pendant une semaine en Alaska, les représentants des communautés autochtones ont élaboré une déclaration commune en vue du sommet international sur le climat en décembre.

Un événement important dans l’agenda de la planète Terre vient d’avoir lieu. En toute discrétion. Pendant une semaine, près de 350 représentants de communautés autochtones et des observateurs de 80 pays se sont réunis en Alaska, à Anchorage. L’objectif : démontrer que les populations indigènes ont des solutions à apporter face aux transformations du climat.

« Notre Terre mère ne se trouve pas confrontée à une période de changements climatiques mais à une crise climatique » indique le document final publié à l’issue du sommet. Or, comme le rappelait à l’ouverture Patricia Ochran, présidente de « la Conférence Inuit circumpolaire » (CIC) qui organisait la rencontre, « les populations indigènes sont celles qui sont le moins responsables de ces changements climatiques, mais certainement aussi celles qui sont les plus touchées ».

« Repenser nos relations avec notre Terre mère »

Les peuples autochtones, ou indigènes, représentent environ 370 millions de personnes à travers le monde. Ils sont présents dans 90 pays. Alors que les scientifiques s’alarment chaque jour davantage des conséquences du réchauffement climatique, le rapport ancestral de ces populations à la nature pourrait enfin être pris en compte.

Présent au sommet, c’est ce que le président de la 63è session de l’assemblée générale des Nations Unies Miguel d’Escoto Brockmann appelle de ses vœux. « Il est temps de changer et de repenser nos relations avec notre Terre mère », a-t-il déclaré, en soulignant l’importance de mener une réflexion commune avec les peuples indigènes.

L’idée n’est pas nouvelle, même si elle peine à se faire connaître. Pour Jean-Patrick Razon, directeur de l’ONG Survival International, qui œuvre depuis quarante ans pour défendre les droits des indigènes, « nous Occidentaux devrions prendre exemple sur leur manière de vivre leur environnement. Ce ne sont pas des prédateurs, ils prélèvent seulement ce qui leur est nécessaire ».

Une connaissance millénaire de leur environnement

Qu’il s’agisse des 320 habitants de Newtok, dans l’Arctique, forcés de déplacer leur village en raison de la fonte des glaces ou encore des Pygmées, amenés à bouleverser leurs techniques de chasse et de pêche à cause de la baisse des précipitations et de l’augmentation des feux de forêt, tous subissent des modifications très importantes dans leur quotidien. Un nouveau mot a même été inventé pour définir le phénomène qui les touche : « climigration ».

« Je suis toujours extrêmement surprise de voir à quel point nos défis, à nous peuples autochtones, se ressemblent, alors que nous venons d’environnements très différents, de l’Arctique au Pacifique », confie Gunn-Britt Retter, la représentante de la délégation sami -lapone- à Anchorage. La multiplicité des situations rencontrées engendre de nouvelles pratiques, une adaptation quotidienne aux nouvelles donnes de leur environnement. Présenter ces réponses spécifiques, régionales, constituait un des objectifs du sommet.

« Dans les îles Andaman situées dans l’Océan Indien, des populations autochtones vivent dans un certain isolement. Quelques jours après le tsunami de décembre 2004, les autorités indiennes ont survolé ces territoires, situés en plein épicentre du séisme, persuadées de déplorer de nombreuses morts. Aucun indigène n’avait été touché », raconte Jean-Patrick Razon. Grâce à leur connaissance millénaire de leur environnement, les habitants des îles Andaman Lire la suite

Climat : Les organisations humanitaires bientôt dépassées ?

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, 22 avril 2009

Climat : Les organisations humanitaires bientôt dépassées ?

L’ONG international Oxfam, qui regroupe treize associations à travers le monde, tire la sonnette d’alarme. Les organisations humanitaires risquent d’être submergées d’ici à 2015 par l’explosion du nombre de personnes frappées par des catastrophes climatiques. L’augmentation de 54% des victimes rendrait le système actuel inefficace, alerte l’ONG qui réclame le doublement des aides à travers le monde pour faire face à cette situation.

« Bien qu’on observe un accroissement constant des catastrophes liées au climat, ce sont toutefois la pauvreté et l’indifférence politique qui transforment une tempête en catastrophe », prévient Jeremy Hobbs, directeur général d’Oxfam International (Oxford Commitee for Famine Relief), confédération de treize ONG (dont Oxfam France – Agir ici) qui « lutte sur les terrains politique, économique et humanitaire contre la pauvreté et l’injustice » dans le monde. « L’actuel système d’aide humanitaire est désuet et injuste : il doit être réformé d’urgence ».

L’organisation internationale a déclaré hier, mardi 21 avril, que le nombre de personnes touchées par les crises climatiques pourrait atteindre les 375 millions de personnes d’ici les six prochaines années, soit une augmentation de 54%, « menaçant d’accabler lourdement le système d’aide humanitaire ». En septembre dernier, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait également jugé urgent de mieux se préparer aux catastrophes naturelles pour s’adapter au changement climatique. Il préconisait alors des mesures de prévention « tels que le contrôle des inondations, la conception de bâtiments résistant aux cyclones, et la protection des écosystèmes côtiers, dont les mangroves et les récifs coralliens ». 
« Le droit de survivre »

Les chiffres inquiétants avancés par Oxfam s’appuient sur les données du Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED) de l’université de Louvain en Belgique, qui a analysé plus de 6 500 catastrophes liées au climat depuis 1980. Il prend également en compte les effets « d’une pauvreté persistante et de la migration de personnes vers les bidonvilles surpeuplés » menacés « par un nombre croissant d’événements climatiques ». Ces prévisions pessimistes ne prendraient pas en compte les personnes touchées par d’autres catastrophes comme les guerres, les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques. « L’incapacité des leaders mondiaux à gérer ces risques ainsi qu’un système d’aide humanitaire inadapté à la situation actuelle, aggravent encore plus cette situation », commente l’ONG. Dans son rapport intitulé « Le droit de survivre », Oxfam affirme que « le monde doit repenser la manière avec laquelle il prévient les catastrophes, s’y prépare et y réagit ». 
25 milliards de dollars réclamés

Pour l’ONG, seule une réponse urgente adaptée peut contrecarrer ce scénario. « Le monde doit Lire la suite

Agriculture : le G8 doit changer de cap !

oxfamsol.be, Thierry Kesteloot, chercheur, le 17 avril 2009

Agriculture : le G8 doit changer de cap !

Du 18 au 20 avril 2009, les Ministres de l’agriculture du G8 se réuniront à Cison di Valmarino (Italie) pour discuter de la crise alimentaire mondiale. Pendant ces 3 jours de rencontre, plus de 75.000 personnes mourront de faim sur terre.

Publiée à l’occasion de cette réunion ministérielle, une note d’Oxfam International rappelle que la réponse à la crise alimentaire ne viendra pas d’une augmentation de la production dans les pays du G8 et des pays émergents. La solution à cette crise passe plutôt par le renforcement des agricultures paysannes dans tous les pays, au Nord comme au Sud.

Actuellement, près d’un milliard de femmes et d’hommes sont condamnés à la faim. Les principales causes de cette injustice sont à chercher dans le sous-investissement manifeste octroyé au secteur agricole, dans la crise économique, dans le changement climatique et dans l’imposition – par les pays du G8 principalement – de règles commerciales inéquitables et d’une libéralisation excessive des marchés agricoles.

Le G8 met de l’huile sur le feu

Les pays riches continuent d’appliquer des politiques agricoles et commerciales qui nuisent au développement de la production agricole dans les pays en développement et qui empêchent ces derniers de protéger leur agriculture paysanne. A titre d’exemple, la récente décision de l’Union européenne de recourir aux subsides à l’exportation pour les produits laitiers : cette mesure renforce des pratiques de dumping agricole destructrices pour les marchés intérieurs de nombreux pays en développement, et met les petits producteurs du Sud dans l’impossibilité de vivre dignement de leur travail.

Pour couronner le tout, les pays du G8 ne tiennent pas leurs promesses en matière d’aide. Lors du Sommet agricole tenu à Rome en juin 2008, ils s’étaient engagés à débourser US$ 20 milliards en soutien à l’agriculture des pays en développement. Moins d’un cinquième de ce montant a été déboursé jusqu’à présent, alors que la FAO estime à US$ 30 milliards par an l’aide nécessaire aux pays en développement pour faire face à la crise alimentaire.

Volatilité et crise climatique

Alors que les marchés agricoles sont soumis à de fortes volatilités, la FAO prévoit une nouvelle hausse des prix en 2009. Cette crise des prix agricoles affecte en premier lieu les populations les plus pauvres, en majorité rurales, qui dépensent plus de la moitié de leurs revenus pour s’alimenter.

En outre, il est désormais prouvé que la crise climatique aura un effet dramatique sur l’agriculture, en particulier dans les pays en développement. Les estimations prédisent une diminution des récoltes importantes, condamnant 170 millions de personnes supplémentaires à la faim d’ici 2080.

Un changement de cap s’impose

Aujourd’hui, les conditions nécessaires pour que les petits producteurs puissent pleinement participer au développement agricole de leurs pays et assurer la sécurité alimentaire des populations ne sont pas réunies. Ils ne disposent pas des moyens financiers pour investir, les politiques agricoles et commerciales les marginalisent trop souvent et les prix des marchés restent imprévisibles, favorisant la spéculation.

Oxfam appelle donc les pays du G8 à Lire la suite

Les principaux sites Internet écolo

novethic.fr, Béatrice Héraud, le 8 avril 2009

L’info.fr en mode durable

Fin mars, Yann Arthus Bertrand lançait « Goodplanet.info », un site d’information sur le développement durable destiné au grand public. Un de plus dans une toile française qui verdit à vue d’œil, dopée par le Grenelle, les nouvelles opportunités de business et l’actualité. Panorama des principaux sites à consulter pour s’y retrouver.

Alors que les sites d’information générale lancent tour à tour leurs rubriques vertes, les sites spécialisés se développent de leur côté. En témoigne le nouveau portail Good Planet lancé le 31 mars dernier. 

Les généralistes 

Primeur au dernier né donc : GoodPlanet. Fondé par Yann Arthus Bertrand, ce site est pensé comme une vaste encyclopédie interactive. Il poursuit l’objectif de l’association dont il est le dérivé en permettant à l’internaute de « comprendre l’environnement et ses enjeux». Destiné au grand public donc, Good Planet dissèque chaque sujet avec une analyse des enjeux, des tribunes d’experts, les chiffres clés, une riche iconographie et des actualités. Ne disposant que d’une équipe restreinte (3 personnes), les informations sont essentiellement fournies par un réseau de partenaires : CNRS, Ecole normale de Lyon, AFP, Green TV, New Scientist et les universités de Toulouse et de Plymouth ainsi que par la reprise d’articles. Le site, à but non lucratif, est financé par BNP Paribas qui soutient l’association Good Planet depuis ses débuts.

Autre site grand public : Terra eco dont le but est de vulgariser l’économie et les enjeux du développement durable. Jusqu’à cette année réservé aux seuls abonnés à l’exception de quelques articles, le site s’est enrichi en même temps que la formule papier qui a fait son apparition dans les kiosques le 2 mars dernier. Terra eco et son pendant collaboratif gratuit Planète terra cumulent aujourd’hui 300 000 visiteurs par mois et fournissent  quelques articles « d’appel », issus du magazine, en libre accès. Des news quotidiennes sur l’économie, la politique, la société, l’environnement… sont alimentées par un réseau de 70 journalistes et correspondants dans le monde ainsi que des internautes. Indépendant, Terra eco tire ses revenus de ses lecteurs (abonnements et ventes aux numéros), de la revente de contenus et de la publicité.

Quotidien, Développement durable le journal émane de  l’agence de presse Naja fondée en 1987. Depuis deux ans, le site balaie l’ensemble de l’actualité du développement durable avec des rubriques -économie, social, technologie, politique et initiatives– alimentées par une vingtaine de journalistes et des correspondants à l’étranger. Gratuit, il compte aujourd’hui plus de 165 000 visiteurs par mois.

Sur l’environnement 

Plus spécialisés sur l’environnement, actu-environnement, Enviro2b, et Actualités news environnement se disputent le créneau en proposant en plus des services emplois. Créé en 2003 par l’entreprise de presse Cogiterra, Actu-environnement vise un public de professionnels : ingénieurs, techniciens, chercheurs, responsables communications et marketing voire le grand public averti avec des informations techniques, règlementaires et économiques. Le site revendique 133 000 abonnés à sa newsletter hebdomadaire.
En ligne depuis 2000 et édité par la société rennaise, le site Web2B, Enviro2b diffuse lui aussi une information sur l’actualité par filière (eau, air, énergie, etc) aux professionnels par le biais d’informations quotidiennes et d’une newsletter. Mélange de d’articles, de tribunes et de communiqués, il dispose surtout d’une large base règlementaire et propose une revue de presse.
Dans la même veine, Actualités news environnement est un site Lire la suite

Chercheurs et associatifs, partenaires de recherche…

sciencescitoyennes.org, Christine Audoux-Lemoine, Doctorante Laboratoire interdisciplinaire de Sociologie Economique (LISE), CNAM-CNRS, Paris, le 6 avril 2009

Chercheurs et acteurs associatifs, partenaires de recherche : vers une (re)connaissance mutuelle ?

Longtemps réservée aux seuls « savants », la recherche académique en France s’ouvre depuis peu (2005) à d’autres acteurs de la société civile grâce à des appels d’offre publics dédiés. En effet, sous l’impulsion d’une organisation non gouvernementale (La Fondation Sciences Citoyennes) et d’un élu convaincu, une institution comme le Conseil Régional d’Ile de France a mis en place un appel annuel à projet partenarial entre chercheurs et acteurs associatifs : les Partenariats Institutions-Citoyens pour la Recherche et l’Innovation (PICRI). La Région de Bretagne a suivi l’exemple en mettant en place son propre appel d’offre [1].

Si le Québec a ouvert la voie en 1999 avec les Alliances Recherche Université-Communauté (ARUC) et a ainsi modifié la physionomie des laboratoires par un va-et-vient constant avec la société considérée comme partenaire, on peut se demander si une telle démarche peut trouver écho dans le paysage institutionnel et sociétal français.

La recherche publique française est fortement secouée depuis une à deux décennies par des injonctions à une ouverture au monde socio-économique. Mais le but le plus souvent recherché par les politiques successives – et auquel la communauté scientifique tente de résister – consiste principalement en une percée du monde marchand dans la recherche publique : elle devrait ainsi davantage se consacrer à des intérêts économiques particuliers tout en étant assignée à produire des biens publics au bénéfice de tous. L’intention de ces partenariats de recherche est autre. En favorisant une co-construction entre scientifiques et acteurs de la société civile, elle vise à introduire une nouvelle régulation de la recherche. Aux côtés de l’Etat, des intérêts marchands et de la communauté scientifique, la société pourrait faire valoir directement ses intérêts en participant au processus de recherche lui-même. De quoi s’agit-il ? Devenant partenaires, acteurs et chercheurs ont à définir une question commune issue des préoccupations et des connaissances des uns et des autres, puis une méthodologie de recherche qu’ils mettent en œuvre conjointement. Pour exemple, les membres d’une organisation agréée pour l’adoption internationale et des anthropologues de la famille se sont engagés ensemble dans ce processus afin d’identifier les impacts pour la famille et pour l’enfant des adoptions réalisées depuis une quinzaine d’années par l’ONG.

Mais à quelles conditions de tels partenariats peuvent-ils s’établir ? Acteurs et chercheurs n’ayant a priori ni les mêmes intérêts ni les mêmes connaissances de la réalité ou de la démarche scientifique, une réelle « co-production » est-elle possible ? Que signifie pour les scientifiques de partager un processus de connaissance avec des non-scientifiques ? Que signifie pour les acteurs de s’engager dans une démarche complexe éloignée de l’opérationnalité ?
Pour répondre à ces questions, un détour historique semble nécessaire pour comprendre comment le processus de production de connaissance scientifique en France peut rendre difficile le dialogue entre chercheurs et acteurs.

Dès la fin du XVIIème siècle, une nouvelle forme de compréhension du monde émerge : la rationalité. Il s’agit de connaître les choses, non plus par des ressemblances, des images ou des croyances, mais par des systèmes d’analyse comme la classification et la mesure. De cet ordre nouveau qui s’impose à l’Occident naîtront de nouveaux domaines de connaissance telles Lire la suite

La planète Terre bientôt climatisée ?

univers-nature.com, NC, avril 2009

La planète Terre bientôt climatisée ?

Toutes les études importantes publiées récemment prévoient que le changement climatique – annoncé voici plus de trente ans par plusieurs rapports officiels, des personnalités et des associations écologistes – est inéluctable et qu’il sera beaucoup plus rapide que prévu précédemment.

Pour contrer une catastrophe imminente, des équipes de scientifiques renommés, appuyés par des politiciens, ont conçu des projets de refroidissement artificiel de la Terre dignes de la science fiction, qui inquiètent de nombreux climatologues. L’expérimentation de certaines de ces nouvelles technologies pourrait avoir déjà commencé.

Le changement climatique s’emballe et deviendra bientôt incontrôlable.

Selon le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC – IPCC en anglais) (1), le premier organisme de surveillance du climat, le réchauffement global au cours du XXIe siècle sera compris entre 2 et 5° selon les scenarii. Il pourrait atteindre 8°, voire 11°, selon une équipe de chercheurs de l’université d’Oxford. Un changement radical pourrait survenir en une seule décennie. Cette éventualité est au centre des problèmes de sécurité aux USA. Le rapport pour le Pentagone « Le scénario d’un changement climatique brutal et ses implications pour la sécurité nationale des Etats-Unis » élaboré en 2003 par Peter Schwartz, consultant à la CIA, et Doug Randall, du réseau Global Business Network, prévoit des famines, des pandémies, des émeutes et des guerres civiles et inter-étatiques pour l’appropriation des dernières ressources naturelles.

« Le réchauffement global est proche du point de non-retour », avertit le président du GIEC, qui ajoute qu’« il n’y a plus une minute à perdre… c’est l’avenir de l’humanité qui est en jeu ». Onze des douze années les plus chaudes se situent au cours des douze dernières années, et 2007 pourrait battre tous les records de températures enregistrés. Selon James Hansen, directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA à New York, « les températures actuelles sont dans la fourchette haute de celles qui prévalent depuis le début de l’Holocène, il y a 12 000 ans ». Il poursuit : « Si le réchauffement atteint au total deux ou trois degrés Celsius, nous verrons probablement des changements qui feront de la Terre une planète différente de celle que nous connaissons. (…) La dernière fois que la planète était aussi chaude au milieu du Pliocène, il y a environ trois millions d’années, le niveau des océans était environ de 25 mètres au-dessus de celui d’aujourd’hui, selon les estimations. » (Le Monde, 29 septembre 2006).

Le premier rapport de l’Observatoire national du réchauffement climatique (ONERC), paru en 2005, montre que le réchauffement est 50% plus important dans l’Hexagone que le réchauffement moyen global, ce qui devrait entraîner des « conséquences colossales » pour notre pays. La multiplication des phénomènes extrêmes apporterait « des changements profonds sur le mode de vie des Français. »

Nous n’avons subi jusqu’ici que les prémices des catastrophes environnementales qui devraient se produire à grande échelle : inondations rayant de la carte de nombreuses îles et certains pays, multiplication des cyclones, grosses pénuries d’eau potable, famines consécutives à une aggravation des sécheresses et de la désertification, diminution drastique de la biodiversité (au moins un quart des espèces animales terrestres et des plantes serait condamné à disparaître d’ici 2050), poussée vers le nord des maladies tropicales, pandémies… Selon le 4e rapport du GIEC (février 2007), ces événements conduiraient à la migration de centaines de millions de personnes dans le monde. Ces réfugiés climatiques viendront surtout des régions les plus pauvres et les plus vulnérables, comme les zones côtières (où vit la moitié de la population mondiale) et l’Afrique subsaharienne.

Le réchauffement climatique pourrait s’auto alimenter, en raison Lire la suite

Hulot : Nos écogestes ne sont pas à la hauteur des enjeux

terra-economica.info, Walter Bouvais, Yannick Labrousse/Temps machine, le 30 mars 2009

Nicolas Hulot : « Nos écogestes ne sont pas à la hauteur des enjeux »

Nicolas Hulot s’apprête à revenir au devant de la scène médiatique. Son long métrage « Le Syndrome du Titanic », annoncé comme un « cri d’alarme et un cri d’espoir », pourrait être projeté au Festival de Cannes. L’animateur et patron de la fondation qui porte son nom lève, pour « Terra eco », un coin de voile sur ce film. Et appelle à un changement radical et immédiat de notre consommation.

La crise économique se propage. Faut-il relancer la machine par la consommation ? Est-ce compatible avec une démarche de développement durable ?

Nicolas Hulot : Il faut investir pour que l’économie tourne. Mais nous devons désormais le faire sur la base de critères drastiques, en privilégiant l’économie immatérielle. Il va falloir réguler, voire tarir, certaines consommations, comme celle du poisson ou celle des automobiles polluantes. On y parviendra en interdisant par exemple les voitures dont les émissions de CO2 dépassent 50 ou 80 grammes par kilomètre (1). Parallèlement, certaines consommations élémentaires doivent être encouragées. C’est le cas de l’alimentation biologique, qui doit atteindre un seuil critique. Pour réguler certaines consommations et tarir les autres, il va falloir de nouvelles normes et de la fiscalité.

Pourtant le débat sur la taxe écologique – qui privilégierait les produits verts et pénaliserait les autres – n’avance pas.

N.H. : Au contraire. Il y a quelque temps, cette solution était inenvisageable. A l’heure où nous parlons, des décideurs réfléchissent à basculer notre fiscalité, en taxant davantage les consommations impactant les ressources énergétiques ou naturelles et moins le travail. L’idée de cette taxe n’est pas encore admise, c’est vrai. Mais elle n’est plus écartée. En fait, la crise économique a pris tout le monde de court et c’est finalement sa seule vertu : elle nous fait douter de tout. Du coup, en France comme ailleurs, les esprits s’ouvrent à des idées nouvelles. Sur le sujet de la taxe écologique, je peux vous dire que nous avons des réunions au sommet de l’Etat.

Comme chaque année, avril est marqué par la semaine du développement durable. Qu’en pensez-vous ?

N.H. : Tout cela est sympathique et nécessaire, mais insuffisant. Des responsables politiques ne pourraient pas dire cela. Mais c’est le rôle d’une ONG comme la nôtre. Par exemple, je déplore l’abus que l’on fait du terme « développement durable  ». J’ai parfois l’impression qu’il ne s’agit plus que d’une camomille mielleuse destinée à nous faire ingérer nos excès. Quand j’entends qu’on veut installer un circuit de Formule 1 « durable » à proximité de Paris, j’ai un peu la nausée.

Comment conserver notre niveau de confort tout en réduisant nos consommations de matière et d’énergie ?

N.H. : Le bien-être n’est pas proportionnel à notre consommation matérielle. Il faut redéfinir ce que nous appelons le confort. La débauche de choix dans les supermarchés est-elle le signe de notre liberté ou le témoin de notre accoutumance ? Je rappelle que si nous continuons au rythme de consommation actuel, l’humanité n’aura plus à sa disposition à la fin du siècle que deux métaux, dont l’aluminium. L’inconfort, ce serait de ne rien faire. Le bien-être consiste à trier dans les possibles et à se priver de certains choix. Et derrière cela, il doit y avoir des décisions politiques.

Nous sommes passés en quelques mois d’une crise écologique à une crise économique et sociale. Comme si ces deux extrêmes étaient nos seules alternatives…

N.H. : Nos actions dépassent nos intentions. Notre système nous met dans l’obligation d’une croissance économique, financière et matérielle qui n’est pas tenable dans un monde physiquement clos et limité. On ne peut pas passer son temps à s’endetter pour rembourser la dette, au détriment des enjeux écologiques et sociaux. Il faut Lire la suite

Le nucléaire au Niger fait débat

lejdd.fr, Gaël Vaillant, le 25 Mars 2009

Le nucléaire au Niger fait débat

Vendredi, Nicolas Sarkozy sera au Niger pour défendre le contrat qui lie Areva, le géant du nucléaire français, et Niamey pour la création de la plus grand mine d’uranium au monde. Pour le réseau « Sortir du nucléaire » et plusieurs politiques comme Olivier Besancenot ou Corinne Lepage, il s’agit d’un déshonneur pour la France qui se rend complice du « matage » des Touaregs du nord du Niger.

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Areva vise le Moyen-Orient

Joyandet: « Une nouvelle relation » entre la France et l’Afrique »

Ils ont presque tous répondu présents à l’appel de Stéphane Lhomme, héraut controversé du réseau « Sortir du nucléaire ». Même Olivier Besancenot, qui tenait le piquet de grève à la Poste, a pu grimper sur une moto et rejoindre la conférence de presse sur la politique nucléaire de Nicolas Sarkozy en Afrique. S’ils viennent d’horizons politiques différents, les participants – Corinne Lepage (Cap21), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Olivier Besancenot (NPA), Cécile Duflot et Hélène Flautre (Verts) – partagent une même conviction: la France prend un retard considérable en termes d’énergie et sa forte position actuelle sur le marché du nucléaire n’a aucun avenir.

Mais cette fois, l’actualité leur permet de dénoncer les dégâts causés à l’étranger par Areva, la multinationale française qui implante à force de contrats spectaculaires ses centrales et technologies dans le monde entier. Le cas du Niger reste toutefois particulier. L’entreprise veut créer dans le nord du pays la plus grande mine mondiale d’uranium, l’énergie fossile à la base du nucléaire. La mine d’Arlit devrait ainsi propulser Areva en leader planétaire de l’enrichissement d’uranium. Un projet qui « doit » réussir pour Nicolas Sarkozy, prêt à défendre en toute occasion les bienfaits de cette énergie. Pour cette raison, il fera étape vendredi à Niamey, capitale du Niger, pour superviser la signature d’un accord sur le site d’Arlit entre les autorités locales et Anne Lauvergeon, la patronne d’Areva. Une pratique présidentielle qui rappelle les grandes heures de la Françafrique, dans les années 80-90, quand l’Elysée usait de ses réseaux pour le bien-être des entreprises françaises sur le continent africain.
Les richesses minières, nerf de la guerre

Dans un souci de pédagogie, Stéphane Lhomme, qui a médiatisé le réseau « Sortir du nucléaire », a détaillé à la presse les conditions d’implantation d’Areva au Niger, un des pays les plus pauvres du monde. Pour mieux les comprendre, un peu de géopolitique s’impose. Le Niger peut grossièrement être divisé en deux zones: le Sud du pays, plus urbanisé, se concentre sur les rives du fleuve Niger et autour de la capitale Niamey ; le Nord du pays correspond à de vastes territoires peuplés de populations nomades ou semi-sédentaires – notamment des Touaregs. L’Etat nigérien mène une guerre qui s’est intensifiée ces dernières années contre les Touaregs considérés comme rebelles.

C’est alors que débarque Areva, fleuron industriel de la France, l’ancienne puissance coloniale du Niger. Très rapidement, le spécialiste de l’énergie jette son dévolu sur la zone d’Arlit, où des chercheurs ont détecté une certaine quantité – sous-estimée à l’époque – d’uranium. Après une décennie de tractations, un accord est enfin conclu. Le contrat, signé définitivement vendredi, permet à Areva d’exploiter les vastes terrains à condition de reverser « seulement » 33% des revenus du site à l’Etat du Niger. En parallèle, Paris Lire la suite

Les jolies «écolonies» de vacances

lefigaro.fr, Fabienne Broucaret, 23 mars 2009

Les jolies «écolonies» de vacances

Construire une pompe à eau solaire, observer la faune et la flore, visiter un parc éolien… Voilà à quoi s’amusent les enfants lors de colos «écolos».

Chaque année, 5 millions de jeunes partent en colonie de vacances, à la montagne ou à la mer. Ceux confrontés toute l’année à un monde de bitume et de béton, découvrent alors la beauté d’un coucher de soleil, s’émerveillent devant des dauphins et font du sport en pleine nature. L’occasion rêvée de les familiariser à l’éco­logie. De plus en plus d’organismes proposent des colonies thématisées autour de la protection de l’environnement. «On leur apprend à mieux connaître la nature et à devenir plus sensibles à sa sauvegarde, explique Isabelle Cauchois, responsable pédagogique chez Telligo, spécialiste des séjours scientifiques. Ils prennent conscience des conséquences de l’activité humaine, sans catastrophisme ni culpabilisation.» Bref, des vacances éducatives, avec les premiers gestes écocitoyens.

6-10 ans : découverte du littoral et des fonds marins

Votre bambin part sans vous pour la première fois ? Choisissez un séjour court. Organisée par ­Vacances pour tous, la colonie Moussaillons jettera l’ancre à ­Préfailles, petite station balnéaire de Loire-Atlantique, du 17 au 21 août (268 € sans le transport). À la plage, les enfants s’initieront à la voile et fabriqueront des cerfs­volants. Ils collecteront aussi les déchets laissés en bord de mer pour les transformer en créations artistiques. Dans le même esprit, l’association Sous la Lune, organisatrice de sept «écolonies» par an pour les plus de 8 ans, propose un séjour sur le thème des «Trésors de la mer», du 18 au 25 juillet (530 € sans le transport). «À Plouegat, en Bretagne, une biologiste marine aidera les enfants à observer la richesse de la mer, explique Marina d’Huart, fondatrice de l’association. L’idée, c’est surtout de les amener à se poser des questions. À cet âge-là, ils sont très curieux.» Autres sorties : la visite d’une station d’épuration et le nettoyage d’une plage. Si votre enfant rêve de voir phoques et dauphins, direction Landivisiau (Finistère). Telligo y organise, pour les 8-10 ans, une colonie baptisée «Nos amis de l’Océan» du 5 au 13 juillet (629 € sans le transport). Les enfants seront conduits en baie de Morlaix. Aux abords d’une petite île, ils enfileront combinaison légère, masque, palmes et tuba et, dûment encadrés, se jetteront à l’eau pour observer ce qu’ils ont autour des pieds. Ils mettront ensuite le cap sur l’île de Béniguet pour apercevoir des phoques gris et quelques-uns des 40 dauphins qui y ont élu domicile. Enfin, visite de l’Océanopolis de Brest. «Les enfants reproduiront un mini­écosystème aquatique en fabriquant un aquarium ou en créant la maquette d’un fond marin», précise Isabelle Cauchois.

10-14 ans : sports et énergies renouvelables

Ouverte depuis cinq ans, l’école Nicolas-Hulot s’est implantée en plein cœur du parc animalier et botanique de Branféré, dans le Morbihan. Si les colos 100 % écolos sont déjà complètes, les ados peuvent encore s’inscrire au séjour «Sport et nature» (475 € sans transport). Du 9 au 15 août, ils découvriront des activités de plein air – canoë, via ferrata ou encore randonnée – tout en respectant l’environnement. L’UCPA joue aussi la carte du sport pour initier les ados à l’écologie. «La pratique sportive permet de mieux connaître la nature et de se rendre compte de sa fragilité», indique Serge Schmidt, responsable des séjours «Littoral» et à l’origine du programme «Planète grandeur nature» (à partir de 380 € sans le transport). Pendant une semaine, entre le 28 juin et le 23 août, les jeunes s’initieront à l’écosystème dunaire et forestier des Landes girondines avec des guides de l’Office national des forêts (ONF). L’écocitoyenneté sera aussi ­abordée au travers de travaux manuels : fabrication d’un composteur, d’un four solaire, d’une éolienne, mais aussi de cabanes qui serviront au bivouac et à l’observation nocturne des animaux. Pour ceux qui préfèrent partir quinze jours, Okaya pro­pose «Préservons la planète», Lire la suite

Bordeaux : Greenpeace ne se perd pas dans les bois

Sud-Ouest, Patrick Faure, le 22 Mars 2009

Bordeaux : Greenpeace ne se perd pas dans les bois

Deux militants déguisés en singes, deux autres en Sherlock Holmes, faisaient partie hier du groupe de Greenpeace relayant à Bordeaux l’action nationale de cette association de protection de l’environnement « pour une inspection dans vos magasins ».

Plus particulièrement dans les enseignes qui vendent des produits en bois, afin de s’assurer qu’il s’agit d’une matière première légalement exploitée, et non des produits d’une déforestation sauvage.

François Golpé et son groupe avaient choisi deux des magasins les plus importants, Leroy-Merlin à Bordeaux-Lac et Brico-Dépôt sur la commune d’Artigues-près-Bordeaux. Bien accueillis par le directeur de Leroy-Merlin, Jean Trombetta, ils se sont par contre vus refuser l’entrée du magasin d’Artigues.

À Leroy-Merlin, Greenpeace a tiré un bilan plutôt positif : « Nous avons fait tous les rayons proposant du bois. Le label FFC (label mondial de garantie d’une bonne exploitation en sylviculture) est bien représenté. Il ne faut pas en effet que des forêts primaires soient saccagées. Nous voulons que l’introduction du bois illégal soit considérée comme un délit. »

Peut mieux faire

M. Golpé relève toutefois « qu’il y a des parquets en teck (bois d’Asie) non certifiés, mais aussi de l’ayous d’Afrique. »

« Globalement nous sommes plutôt satisfaits, avec des normes FFC bien affichées ». Les militants écologistes restent toutefois irrités par la présence de meubles en pin du Brésil, « alors qu’il y a ici du pin des Landes par terre en quantité. Il faut Lire la suite

Le bêtisier du développement durable

mediapart.fr, Jeanne Arty, le 16 Mars 2009

Le bêtisier du développement durable

 « Le terme [développement durable] est tellement large, mis à toutes les sauces, qu’à l’exemple de Monsieur Jourdain, tout le monde peut le revendiquer. Et puis, c’est vrai, c’est un concept à la mode. Tant dans le monde des entreprises que dans tout débat de société. Et alors ? De tout temps, les marchands ont su récupérer les bons slogans. »

Michel Edouard Leclerc, Le Nouvel économiste, 26 mars 2004.

 « L’EPR et la voiture électrique sont les deux mamelles du développement durable. (…) En bref, le Grenelle de l’environnement s’est progressivement placé sous l’influence de Malthus et des tenants d’un dirigisme vert tendu vers la décroissance. Il doit être remis au service de l’économie… »

Nicolas Baverez, économiste, Le Point, 27-11-2008.

 « La Mafia sicilienne se met au développement durable. Cosa Nostra a décidé de se lancer dans le contrôle du cycle entier du traitement des ordures ménagères en Sicile. Son objectif, écrit « Il Sole 24 Ore » dans une enquête consacrée à la toute dernière activité de la Mafia sicilienne, c’est d’obtenir une part des 6 milliards d’euros d’investissements prévus au cours des vingt prochaines années dans les infrastructures et les services liés au traitement des ordures, et des 392 millions de fonds de l’Union européenne consacrés au tri sélectif. »

Les Échos, 7-11-2008.

 « Autre avantage [d’augmenter la vitesse] : être toujours plus éco-mobile car la vitesse réduit la consommation globale d’énergie et plus encore les émissions de CO2. »

« Succès de la campagne d’essais pour une vitesse commerciale à 360 km/heure », Temps réel, lettre d’information de la SNCF, 24-10-2008.

 « Nous sommes à l’aube d’une période passionnante pour l’industrie automobile (…) C’est le cas grâce à vous, aux chercheurs, aux industriels, aux consommateurs, à la société civile, aux ONG environnementales. (…) Il s’agit d’une véritable dynamique de croissance. Une croissance durable, une croissance riche en emplois, une croissance respectueuse de l’environnement, bénéfique à tous et économe de nos ressources. Je suis venu aujourd’hui vous proposer que la voiture, symbole de la croissance et de la prospérité d’hier, soit aussi le vecteur de la croissance de demain. »

Nicolas Sarkozy au Salon de l’automobile (9-1-2008).

 « On se gargarise tellement du terme développement durable qu’il finit par me donner la nausée. Quand je vois ceux qui veulent faire un grand prix de F1 aux portes de Paris sous le signe du développement durable, je dis « halte au feu »! »

Nicolat Hulot, Libération, 19-9-2008.

 « Ce que nous avons su faire il y a plusieurs décennies pour le nucléaire, nous allons le faire pour le développement durable. (…) Le développement durable, c’est pas moins de croissance, c’est plus de croissance !»

Nicolas Sarkozy, le 20 mai 2008 à Orléans.

 « Les Verts devraient savoir que dans « développement durable », il y a d’abord développement. Renoncer à l’autoroute A24, c’est un crime contre l’économie ! »

Bruno Bonduelle, patron du groupe Bonduelle et président de la Chambre de commerce et d’industrie de Lille, La Voix du Nord, 30-10-2007.

 

 

 « L’épuisement des ressources naturelles n’est pas une fatalité ; c’est un catalyseur d’innovations pour imaginer de nouveaux produits et gagner de nouveaux marchés. Lire la suite

Bien-être animal : « Comment vont nos bêtes ? »

metrofrance.com, Nadia Loddo, le 25 février 2009

Comment vont nos bêtes ?

La question du bien-être des animaux de la ferme s’impose avec difficulté en France.

Si le bonheur est dans le pré, beaucoup d’animaux de ferme ne sont pas très heureux aujourd’hui. Alors qu’au Salon international de l’agriculture qui se déroule à Paris les animaux sont confortablement installés dans des enclos rembourrés de paille (bien qu’un peu angoissés par les visiteurs), ce luxe reste l’apanage de peu de leurs congénères. L’élevage industriel est en effet largement prédominant en France.

Poules et cochons en détresse

Les vaches ne se portent pas trop mal, car c’est de leur bien-être que dépend la production de lait, mais l’histoire de la volaille, du porc et des lapins est une autre. Plus de 90% des cochons français proviennent de l’élevage industriel. “Les truies sont placées entre deux barrières et ne peuvent pas bouger. La nourriture tombe deux fois par jour. Elles alternent grossesse et allaitement… et ne sortent jamais”, explique Anne Vonesch, chargée du bien-être animal à France Nature Environnement. “Elles développent des stéréotypies  semblables à celles qu’on voit chez les autistes”, souligne Dominic Hofbauer de l’association pour la protection mondiale des animaux de la ferme.

Les poules passent leur vie dans des cages à dix-huit et pondent 300 oeufs par an car, grâce à la lumière artificielle, elles travaillent comme si c’était toujours le printemps. A force de produire des coquilles, leur organisme se décalcifie, leurs pattes se brisent et à la fin de leur courte vie (un an) leur corps est trop abîmé pour qu’on en consomme la viande”, détail­le Dominic Hofbauer. Elles ne sont bonnes qu’à faire du bouillon cube ou de la nourriture pour nos chers chats et chiens.

Le débat sur le bien-être des animaux de ferme en France reste au niveau : ‘On leur donne à manger, on nettoie, et on ne leur tape pas dessus’”, déplore Anne Vonesch. Or dans d’autres pays européens, la question qui se pose est de leur assurer l’accès aux besoins animaux : bouger, mener les activités qui leur permettent d’exprimer le programme comportemental de leur espèce, vivre de façon harmonieuse avec leurs congénères. “Par exemple, dans la nature, les cochons passent 70% de leur temps à fouiller avec leur groin à la recherche de nourriture. Privés de cette activité, ils ont tendance à se grignoter la queue entre eux. Le sang les excite et ils se livrent au cannibalisme”, explique Anne Vonesch. Préventivement, les éleveurs leur sectionnent alors la queue. Ce qui ne change rien à leur frustration.

Heureusement, il y a une prise de conscience dans l’opinion de la cruauté de l’élevage industriel. Ainsi Thirion commercialise des nouilles et Amora la première mayo faite à partir d’œufs de poules élevées en plein air.  En Belgique, Carrefour ne vend plus d’œufs de poules en cage. Nos choix de consommation comptent pour beaucoup dans ces changements. D’ailleurs, si c’est vrai que nous sommes ce que nous mangeons, je préfère être une poule élevée en plein air plutôt qu’un oiseau en cage.

Les oeufs : se repérer grâce aux codes Lire la suite

Consommer autrement pour produire moins de déchets

cean.nanterre.free.fr, Marjorie, le 8 mars 2009

Alain Delacour et Véronique Gallais, Biocontact, n°189, mars 2009

Consommer autrement pour produire moins de déchets

CONSOMMER AUTREMENT

Dossier « Recyclons ! »

Quiconque est attentif à rester en bonne santé, sensible à la préservation de l’environnement et soucieux de limiter ses dépenses ne peut faire l’impasse d’une réflexion sur les déchets qu’il produit. Une réflexion qui nous conduit à poser un regard plus éclairé et plus responsable sur nos actes d’achat et à leur substituer, quand cela est possible, des alternatives. Pour le plus grand bien de l’homme et de la Terre.

Notre modèle de société, qui place la consommation au centre de nos vies et de nos ambitions, nous pousse à acheter toujours plus de produits. Pourtant, les déchets générés ont des conséquences inévitables sur notre santé et sur notre environnement, sans parler des coûts générés par la consommation au-delà des besoins et le gaspillage, par le traitement des pollutions tout au long du cycle de vie des produits et par celui des déchets.
En effet, que les déchets soient stockés, incinérés ou recyclés, leur collecte, leur transport et leur transformation sont fortement consommateurs en énergie, contribuant ainsi à l’augmentation de la pollution et au changement climatique par la production de gaz à effet de serre. Sans compter le coût élevé de la collecte sélective auquel les ménages participent à travers les taxes à l’achat ou leurs impôts locaux.

De plus, si ces déchets sont brûlés dans des incinérateurs ou stockés par enfouissement, les substances toxiques qu’ils libèrent dans l’air, les sols et les eaux seront un jour ou l’autre directement ou indirectement absorbées par nous autres humains via les végétaux et les animaux que nous mangeons ou l’air que nous respirons.

Manger bio, local, de saison, utiliser les produits les moins polluants possibles pour l’entretien, la décoration ou la construction de notre maison ne suffit donc pas : il est également essentiel de réduire le volume et la toxicité de nos déchets.

Nous sommes maintenant habitués à trier nos déchets pour leur recyclage. Mais il existe bien d’autres solutions, bien plus satisfaisantes en matière de préservation de notre santé, de celle des milieux de vie et d’économies de ressources naturelles.

Nous allons les passer en revue, de la meilleure à la moins mauvaise. En termes de production de déchets, bien sûr ! Sachant que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ! Que le meilleur moyen de ne pas produire de déchet est encore de limiter ses achats. Mais si nous choisissons d’acheter, c’est avant de le faire qu’il convient de se poser les bonnes questions sur les déchets que nos achats vont générer. Dans la suite de cet article, nous allons développer successivement quatre séries de propositions : renoncer à un achat ; trouver des alternatives à l’achat; acheter des produits recyclés ou d’occasion ; choisir les articles dont les déchets seront les moins volumineux et les moins toxiques possible.
*Renoncer à un achat*

Avant tout acte d’achat, l’idéal serait de nous interroger sur la réalité et la nature de nos besoins et de nous demander si nous ne pourrions pas les satisfaire autrement… Ce qui n’exclut pas de se faire plaisir, bien sûr !

Pour nous y aider, voici quelques suggestions de questions à se poser avant de prendre la décision d’acheter ou non : Lire la suite

Lille : 33e congrès de France Nature Environnement

FNE, communiqué, le 23 février 2009

33e congrès de FNE

Une trame grandeur nature.

Climat et biodiversité : la trame verte et bleue, une solution pour nos territoires.

Cette année, la fédération a choisi d’organiser son congrès national à Lille en collaboration avec le Conseil Régional du Nord Pas-de-Calais. Les thèmes abordés seront la trame verte et bleue, la biodiversité et les changements climatiques. Il se déroulera au Palais du Nouveau Siècle les jeudi 12 et vendredi 13 mars 2009.

Cet événement sera l’occasion de faire un point sur la traduction des engagements du Grenelle de l’environnement notamment en matière de biodiversité. En effet, il n’est plus besoin de prouver les répercussions des changements climatiques sur les espèces. Ils les favorisent ou les desservent, modifient leurs habitats naturels et leurs mouvements migratoires. La mise en place des trames vertes et bleues est donc essentielle pour les aider à s’adapter à ces bouleversements.

Lors du congrès, les 450 participants attendus pourront débattre de ces enjeux à la fois environnementaux et politiques lors de tables rondes en présence d’acteurs du secteur public et privé (scientifiques, institutionnels, associatifs).

Déroulement

La première journée sera consacrée à exposer les aspects scientifiques de la trame verte et bleue ainsi que les intérêts qu’elle présente pour la biodiversité et pour les territoires.
La deuxième journée développera quant à elle les aspects socio-économiques de la trame verte et bleue en montrant l’importance de l’implication des différents acteurs dans sa mise en œuvre sur les territoires Lire la suite

FNE : Les Français croient en une « croissance verte »

developpementdurablele journal.com, Patrick Cros, le 17 février 2009

Sondage FNE : Les Français croient en une « croissance verte »

Selon un sondage de FNE 74 % des consommateurs ont l’intention de maintenir leurs achats labellisés Bio, malgré la crise

L’économie verte comme moteur économique ? Barack Obama comme Nicolas Sarkozy ont mis en avant cette nouvelle donne moderne dans leur programme, même si elle se traduit encore relativement peu en actions concrètes. Quatre français sur cinq sont également confiants dans cette dynamique environnementale. Ils considèrent que les « activités vertes » peuvent contribuer au soutien de l’économie et de l’emploi, selon un sondage CSA réalisé pour France nature environnement (FNE).

A l’heure où les pays développés cherchent une nouvelle dynamique à la croissance pour faire face à la crise, quatre français sur cinq croient au potentiel des « activités vertes ». Ils pensent qu’elles peuvent contribuer au soutien de l’économie et de l’emploi, selon un sondage CSA réalisé en janvier pour France nature environnement (FNE) auprès de plus de 1 000 personnes. Ce sentiment se retrouve quelle que soit la préférence politique des personnes interrogées, même si ce sont les cadres et professions libérales qui trouvent l’argument le plus pertinent : 63% affirment en être « tout à fait » convaincus, contre 43% pour l’ensemble de l’échantillon. Des chiffres salués par Bruno Genty, responsable de la mission économique au sein de FNE. Selon lui, ils montrent que les Français commencent « à être pragmatiques » sur les questions environnementales et souhaitent « qu’au-delà des incantations, il faut que ça se traduise au niveau économique ».

L’environnement prioritaire

Au-delà des résultats économiques, les Français semblent également sensibles à la protection de l’environnement, même dans un contexte de crise financière. Interrogés sur ce sujet, 47% d’entre eux la jugent « tout à fait prioritaire », 38% estiment qu’elle « importante mais pas prioritaire » et 14% seulement considèrent qu’elle est « secondaire ».
« Dans la perception des Français, on n’est pas dans un phénomène de vase communicant qui viserait à enlever un peu de social pour mettre de l’écologie ou à enlever un peu d’écologie pour mettre plus de social. Ce n’est pas l’un ou l’autre », commente Jean-Daniel Lévy du CSA. C’est donc en toute logique, que Lire la suite

Le développement durable à l’école

notre-planete.info, Laure Tréhaurel, le 9 février 2009

Le développement durable à l’école

Peut-être vous êtes-vous déjà demandé si le développement durable a franchi les portes de l’école. En réalité, il n’existe pas de cours dédié prévu dans les programmes scolaires. L’éducation à l’environnement se passe de théorie, les établissements se mettent directement à la pratique : explication…

Des élèves acteurs de leur enseignement

En 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio, 173 chefs d’Etat avaient adopté l’Agenda 21, programme d’actions en faveur du développement durable pour le XXIe siècle. Il formule des recommandations dans divers domaines : santé, pollution de l’air, logement, pauvreté…. Il ne s’agit donc pas d’une loi à proprement parler, mais d’un engagement.
De ce programme est né en France en 2005 l’Agenda 21 scolaire : les établissements et tous leurs acteurs (en particulier les jeunes) mettent en œuvre un agenda, destiné à apporter des réponses concrètes aux enjeux locaux et planétaires du développement durable. Il n’existe pas de norme ou de modèle applicable par tous les établissements. Chacun d’entre eux exprime son projet selon ses priorités et ses besoins.

A défaut d’imposer une matière dans les programmes scolaires, c’est l’action qui est mise en avant afin d’éduquer nos charmantes têtes blondes au développement durable, à travers des organismes chargés de promouvoir des projets environnementaux concrets, dont L’Ecole agit ! et Eco-école, qui agissent au niveau national. D’autres programmes d’incitation aux projets environnementaux dans les écoles existent, et les projets se multiplient, en particulier au niveau local.

Concrètement, ce sont donc aux établissements scolaires d’effectuer les démarches de lancement de projets, même si le rôle des organismes proposant des concours ou autres moyens de participation est aussi d’assurer une bonne communication et un démarchage efficace.

Des programmes divers et variés

Cet apparent manque de coordination entre tous les établissements scolaires français, du fait de leur libre-choix, peut sembler improductif, et on imagine facilement que le travail des uns empiète sur celui des autres…

« Pas du tout », affirme Claire Bano, l’une des deux chargées de missions au sein de Eco-école, dont l’équipe est complétée d’un responsable. « Bien sûr, nous sommes nombreux à inciter les établissements aux actions en faveur du développement durable. Mais nos méthodes et leurs portées sont bien distinctes. »

Le programme Eco-école est un label décerné aux établissements scolaires qui se mobilisent pour l’environnement, créé il y a quatre ans. Il fait partie des quatre programmes de l’office français de la Fondation pour l’éducation à l’environnement (FEE, ONG internationale). Autre programme de cette ONG destiné aux élèves et étudiants : Jeunes reporters pour l’environnement, dont les participants (âgés de 11 à 20 ans) mènent des enquêtes journalistiques sur des problématiques environnementales locales et communiquent leurs conclusions au plus grand public par le biais d’articles et de reportages photos. Le programme Eco-école a quant a lui recueilli 700 participations en 2008 (400 écoles, 200 lycées et une centaine de collèges), qui ont abouti à 210 labellisations.
Tous ces organismes ont pour objectif commun d’inciter aux actions concrètes et éducatives sur des thématiques environnementales. Tous recueillent Lire la suite

Les mines d’uranium françaises en accusation

Le Monde, Hervé Morin, le 12 février 2009

Les mines d’uranium françaises en accusation

L’uranium en France: 210 sites d’exploitation du minerai radioactif

Avant même sa diffusion, mercredi 11 février, sur France 3, le magazine « Pièces à conviction » aura mis en émoi le monde du nucléaire. Intitulée Uranium, le scandale de la France contaminée, cette enquête décrit les lacunes entourant la gestion, par Areva, des 210 sites miniers d’uranium français, dont le dernier a fermé en 2001. Les 166 millions de tonnes de « stériles » (roches à trop faible teneur en uranium pour être exploitées), mais aussi les 50 millions de tonnes de résidus issus des usines d’extraction, stockés sur 17 sites miniers, constituent un héritage encombrant.

Un demi-siècle d’activité

1948. Début de l’exploitation de mines d’uranium en France. La dernière mine a fermé en 2001.

210. C‘est le nombre de sites, répartis sur 25 départements, ayant fait l’objet d’activités d’exploration, d’exploitation et de traitement de minerais d’uranium ainsi que de stockage de résidus.

166 millions de tonnes. Evaluation des « stériles », des roches jugées trop peu chargées en uranium pour être exploitées, parfois réutilisées en génie civil.

50 millions de tonnes. Masse des résidus – essentiellement des boues radioactives – issus de l’activité d’extraction de l’uranium, stockés sur 17 sites.

Jean-Louis Borloo demande des comptes à Areva

« Je demande juste à Areva, qui m’apparaît responsable clairement, juridiquement et entièrement, de faire son boulot. Je demande d’avoir le rapport d’enquête » a déclaré Jean-Louis Borloo dans une interview accordée, mercredi, à France 3.

Le ministre reconnaît que l’exploitation des mines d’uranium était auparavant « un domaine globalement réservé », qui échappait au contrôle du gouvernement et du parlement. « Le sujet des résidus des fermetures du passé, qui a été traité de manière négligente, sera traité« , conclut Jean-Louis Borloo.

L’émission décrit des situations préoccupantes : utilisation de stériles radioactifs comme remblais dans des zones fréquentées par le public ; fuites dans l’environnement de radioéléments issus des résidus ; construction sur des zones « réhabilitées » de bâtiments qui se révèlent contaminés au radon, un gaz radioactif… Le documentaire s’interroge aussi sur l’état de santé des mineurs chargés de l’extraction des roches radioactives : les décès par cancer du poumon sont 40 % plus élevés que dans une population comparable, et ceux par cancer du rein deux fois plus nombreux.

COMPTEURS GEIGER

L’enquête s’appuie notamment sur le travail de fourmi de particuliers qui, armés de compteurs Geiger, arpentent les environs des anciennes mines pour identifier les zones où les stériles ont été réutilisés par des entrepreneurs de travaux publics. Elle s’est aussi beaucoup nourrie de l’expertise de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), un laboratoire de mesure indépendant.

Les associations ont obtenu quelques succès. Autour du site des Bois-Noirs (Loire et Allier), Areva a dû traiter plusieurs sites où des bâtiments, construits sur des remblais radioactifs, présentaient des taux de radon alarmants. Mais elles ont aussi perdu des batailles, comme en 2005, lorsque Areva, Lire la suite

Pays Basque : Laminak sensibilise à l’écosystème

Sud-Ouest,  Armelle Parion, Cathy Constant-Elissagaray, le 12 Février 2009

DES PROJETS PLEINS LA TÊTE, LAMINAK. L’association propose une découverte ludique pour comprendre et protéger la nature qui nous entoure, à travers des activités, destinées aux élèves et aux entreprises

Pédagogie verte par le jeu

La toute jeune association Laminak regroupe des enseignants, des chercheurs, et des salariés de tous les milieux… Au total, une soixantaine d’adhérents, tous amoureux de la nature, et surtout sensibles à sa préservation. Leur but, depuis le dépôt des statuts, il y a tout juste dix mois : sensibiliser le grand public à l’écosystème, marin et terrestre. Et les idées ne manquent pas pour développer la prévention et l’éducation. « Nous ne faisons pas d’actions directes, comme du ramassage de déchets par exemple. Nous travaillons en amont », explique Françoise Mouesca, la présidente.

Pédagogie et recherche

Pourtant, les activités pédagogiques mises en place par les deux animateurs scientifiques reposent avant tout sur la pratique. Ils organisent des sorties pêche « no kill » en eau douce ou eau de mer, où les poissons sont relâchés après avoir été mesurés, pesés et photographiés. Ils proposent aussi des ateliers-découverte (gestes écocitoyens, chaînes alimentaires, système respiratoire…) pour les comités d’entreprises et les scolaires, dès la maternelle.

Depuis juin dernier, 1 500 élèves y ont participé. « Nous privilégions l’aspect ludique. Nos ateliers pour les enfants mettent en avant le sens tactile. Il faut qu’ils voient et qu’ils touchent pour comprendre qu’ils ont sous les yeux des organismes vivants », explique Élodie Sarralde, l’animatrice de 25 ans.

Titulaire d’un master en dynamique des écosystèmes aquatiques, tout comme son collègue de 28 ans, Stéphane Connole, la jeune femme s’intéresse également à la botanique, et commente donc les espèces des bords de Nive, tandis que Stéphane, « 100 % maritime », gère le côté aquatique. En plus de l’aspect pédagogique qu’ils mettent en avant, les deux animateurs travaillent en partenariat avec le Musée de la mer de Biarritz, où ils organisent des visites.

Ils lanceront également, en avril, un projet de recherche sur la pollution chimique de l’eau avec l’Ifremer à Capbreton, sur l’embouchure de l’Adour, à Anglet, et à Guéthary. Sans oublier de faire participer les enfants à la construction des dispositifs de filtrage.

Informations Lire la suite

Environnement : Le citoyen a une fonction d’interpellation

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, le 11 février 2009

«Le citoyen a une fonction d’interpellation»

Pétitions, jurys citoyens, cafés écolos, ou encore citoyens sentinelles : l’environnement n’est plus réservé aux experts. Les citoyens se font de plus en plus présents dans les débats. Rémi Barbier, sociologue et professeur à l’Ecole nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg, décrypte la place et le rôle des citoyens dans la gouvernance environnementale.

Pourquoi et comment les citoyens prennent-ils la parole sur des questions environnementales ?

Il faut distinguer deux démarches. D’un côté, les démarches descendantes, c’est-à-dire mises en place par la puissance publique (à l’échelon local, national ou même international), comme les jurys ou ateliers citoyens. Ils sont créés soit pour sortir de situations conflictuelles (par exemple à Saint-Brieuc pour décider de l’avenir des déchets ménagers et de l’éventuelle construction d’une unité d’incinération), soit pour tester un mode innovant de prise de parole des citoyens. Il existe ainsi des jurys citoyens sur la gestion de l’eau, le réchauffement climatique, la présence ou non d’arbres en bord de route, etc. De l’autre côté, on a les démarches ascendantes, comme les pétitions, les collectifs, et tout ce qui émane de la population. Ce sont les deux logiques de la démocratie participative.

Quelle place les citoyens ont-ils dans des débats qui opposent traditionnellement défenseurs de l’environnement et élus locaux ?

Ils arrivent effectivement dans un ensemble de relations établies. D’ailleurs, ce ne sont pas ceux que l’on croit qui sont les plus gênés par leur présence. Les critiques les plus dures émanent parfois des associations car elles perdent leur rôle d’interlocuteur privilégié, ou plus encore de contre-pouvoir légitime. Dans le cas des jurys citoyens, il ne faut pas oublier que c’est le pouvoir qui organise lui-même ce contre-pouvoir.

Que peuvent apporter les citoyens au débat environnemental ?

La plus-value n’est pas forcément évidente. Mais ils ont une fonction d’interpellation qui peut concerner au moins 4 dimensions de la décision. Tout d’abord, le cadrage du problème : est-il bien posé par les pouvoirs publics ? Ensuite, l’éventail des solutions. Si les citoyens peuvent apporter des idées d’innovations techniques (c’est désormais facile avec internet), ils peuvent surtout imaginer des solutions plus sociales, par exemple liées à la pertinence du choix du territoire. La solution est en effet souvent sociotechnique. Les citoyens sont aussi capables d’évaluer la solidité des garanties apportées en matière de sécurité, de risque, en posant des questions sur ce qui a été pris en compte. Enfin, ils ont une fonction d’interpellation sur la qualité de la décision prise : a-t-elle été suffisamment réfléchie avec les parties prenantes ?

Vous avez suivi le cas du jury citoyen de Saint-Brieuc: quel rôle a-t-il joué dans la décision finale?

Ce jury a été un des éléments qui ont poussé les élus à refuser le projet d’incinération des déchets. Ils ont finalement opté pour une réduction des déchets à la source et leur compostage. Que ce soit en Allemagne, en Angleterre ou aux Etats-Unis, le réflexe des jurys citoyens -qui existent là depuis plus longtemps- est de choisir des solutions soft, réversibles, en phase avec un certain imaginaire du développement durable.

Pourquoi intégrer l’avis des citoyens Lire la suite

La crise financière : tenir compte des limites de la planète

info-durable.be, WWF, le 29 octobre 2008

La crise financière invite à mieux tenir compte des limites de notre planète

Le monde va bientôt devoir faire face à une grave crise écologique. En effet, la pression exercée par les hommes sur la planète, par leur manière de produire, de consommer et de générer des déchets dépasse de presque un tiers ses capacités de régénération. Si notre demande vis-à-vis de la Terre continue à croître au même rythme, nous aurons besoin de deux planètes pour répondre aux besoins de notre train de vie actuel d’ici la moitié des années 2030. A côté de ce que risque de devenir la crise écologique, la crise financière actuelle fera pale figure. Mais il n’est pas encore trop tard. Si nous prenons ces enjeux au sérieux, nous pouvons parfaitement vivre dans les limites de notre planète. Voilà ce qui ressort du Rapport Planète Vivante publié aujourd’hui par l’organisation de protection de l’environnement WWF.

Les conséquences de la crise écologique sont bien plus graves

« Nous agissons avec l’environnement comme l’ont fait les institutions financières dans le domaine économique : nous voulons la satisfaction immédiate et ne regardons absolument pas aux conséquences à plus long terme » explique Geoffroy De Schutter, directeur des programmes au WWF-Belgique. « Il y a cependant une différence : les conséquences de la crise écologique mondiale sont bien plus graves que celles de la crise économique actuelle. En effet, dans le cas de la crise écologique, ce sont nos actifs environnementaux qui sont sous-évalués. Or, ces derniers sont à la base de toute vie. La logique de croissance à l’infini que suit notre consommation dans une seule planète finie montre aujourd’hui ses limites. » Le changement climatique et la crise alimentaire mondiale ne sont que quelques unes des conséquences auxquelles nous devrons faire face.

L’empreinte écologique augmente, la biodiversité diminue

Le Rapport Planète Vivante donne tous les deux ans un bilan de santé de la Terre via différents paramètres. L’indice Planète Vivante, basé sur le suivi de 5 000 populations de 1686 espèces animales indique une tendance à la baisse de 30% en moyenne depuis les années 1970. D’un autre côté, l’empreinte écologique de l’humanité, c’est à dire la surface nécessaire pour produire toutes les ressources naturelles que nous consommons et pour absorber nos déchets, est en constante augmentation. En moyenne, au niveau mondial, l’empreinte écologique est de 2,7 hectares alors que seulement 2,1 hectares sont disponibles. Par ailleurs, nous consommons d’énormes quantités d’eau. La quantité globale d’eau douce disponible est de plus en plus mise sous pression par la demande croissante de produits dont la production demande énormément d’eau comme la viande, les produits laitiers, le sucre et le coton. Pour la production d’un t-shirt en coton, par exemple, il faut près de 3 000 litres d’eau. Aujourd’hui déjà, une cinquantaine de pays rencontre de graves pénuries d’eau. A cause du changement climatique, le nombre de personnes qui n’ont pas assez d’eau que ce soit tout au long de l’année ou pour seulement quelques périodes, devrait très sensiblement augmenter.

Et la Belgique ?

La Belgique, tout comme la plupart des pays occidentaux, reste mauvaise élève. L’empreinte écologique belge a quasiment doublé (+87%) depuis 1961 et arrive aujourd’hui à 5,1 hectares, principalement à cause de l’augmentation de nos émissions de CO2. Notre empreinte est près de cinq fois plus importante que la surface de terre productive disponible par Belge (1,1 ha). Lire la suite

Ecole du Bouscat centre : Des naturalistes en herbe

Sud-Ouest, Pierre Pech,  le 6 Février 2009

LE BOUSCAT, ÉCOLE DU CENTRE 1. Toutes les classes sont engagées dans une démarche de découverte liée au développement durable et à la biodiversité

Des naturalistes en herbe

Dans les écoles, le développement durable occupe une place de plus en plus importante même s’il ne constitue pas une discipline à part entière. L’objectif est de favoriser la prise de conscience dans le milieu scolaire.

Au Bouscat, c’est la 3e année que l’école du Centre 1 conduit des actions en faveur de l’environnement. Après l’eau, le tri des déchets et le recyclage, le projet 2008-2009 concerne la biodiversité. Il est financé par une subvention de 1 600 euros par la Communauté urbaine de Bordeaux et pour 1 500 euros par la coopérative de l’école.

260 élèves concernés

Emmanuelle Angelini, la directrice de l’école Centre 1 précise que 260 élèves sont concernés par le dispositif pédagogique. Les classes de CP, CE1, CE2, CM1, CM2 et la CLIS ont chacune un projet. Le but commun : étudier différemment les écosystèmes, comprendre la diversité animale et végétale. Avec l’accompagnement de deux associations, Cistude Nature et Sepanso, les enfants ont exploré la mare du site naturel et protégé des sources au Haillan, la réserve des marais de Bruges.

La suite début mars

Ce thème de la biodiversité permet aux élèves de comprendre la chaîne alimentaire, de mieux respecter la nature, de savoir comment la protéger, d’observer l’environnement, (prairie humide, bocage, étang), de connaître les plantes aromatiques, (romarin, thym, lavande, sauge) et les espèces animales dont certaines à haute valeur patrimoniale.

Après les balades en forêt de l’automne, le printemps sera mis à profit, début mars, pour aller à la héronnière voir le reboisement, les chênes, (Les enfants ont planté des glands ), ainsi que le réaménagements des massifs, etc.

En ce qui concerne l’école Centre 1, les espaces verts Lire la suite

14 février à Agen, 2ème rencontre MNE des assos environ.

MNE Bordeaux-Aquitaine, William Mazel, le 3 février 2009

14 février à Agen, 2ème rencontre MNE des assos environnementales

Contacts MNE : William Mazel 06 83 49 98 66 et Pascal Bourgois 06 22 77 48 60

Contact Au fil des Séounes : Marie-Laure Cambus 05 53 95 12 99 http://au-fil-des-seounes.blogspot.com/ info@les2seounes.com
Suite à notre précédent courriel du 7 janvier [Voir ci-dessous] il a été décidé d’organiser les 2èmes rencontres le samedi 14 février à Agen en partenariat avec l’association Au fil des Séounes que nous remercions chaleureusement pour son aide.

Ordre du jour (présentation plus détaillée sur demande à mnebxaquitaine@aol.com )

10h00 – Jus de fruit, thé et café d’accueil

10h30 – Accueil et tour de table de présentation des associations

11h30 – L’évolution de l’environnement économique, social et écologique des associations

12h00 – Les modes d’action des associations : la sébile ou la grenade ?

12h30 – Déjeuner bio et végétarien

14h00 – La cohérence interne et l’efficacité du travail associatif

15h00 – Les outils collectifs d’information et de communication à améliorer ou à créer

16h00 – Le rôle et l’organisation des associations environnementales

Pour débattre de ces questions nous nous retrouverons à la salle Picasso, salle de réunion au 1er étage du Centre culturel d’Agen, rue Paul Pons, à coté du Stadium (plan en PJ).

Pour réduire notre impact carbone, merci à ceux qui comptent venir en voiture de s’inscrire sur le site de co-voiturage du Conseil général http://www.covoiturage-47.fr/. Il faut valider la charte, entrer ses coordonnées puis déposer un trajet (même si la ville de départ n’est pas dans le Lot-et-Garonne). Une recherche par date permet de trouver rapidement les covoitureurs pour la réunion MNE. Il est conseillé d’entrer dans l’onglet description « réunion MNE ». Sinon la salle est à 10 mn à pied de la gare SNCF.

Nous prendrons un déjeuner bio et végétarien (formules à 10 et 12 €) au Pôle éthique à 5 mn à pied de la salle de réunion. Afin de nous permettre d’organiser cette rencontre dans les meilleures conditions merci de nous confirmer votre présence mnebxaquitaine@aol.com et s’il y a lieu de réserver une place pour le repas avant le mardi 10 février. Si vous avez un doute merci de réserver en mentionnant – sous réserve.

Merci de diffuser largement cette invitation à vos réseaux associatifs.

Courriel du 7 janvier 2009

La Conférencede Poznan nous a rappelé que nous vivons les dernières années où il est encore possible d’agir pour limiter les conséquences du changement climatique. A côté de cette crise climatique, la 6ème crise d’extinction des espèces, les crises alimentaire, énergétique, économique, financière… nous démontrent un peu plus chaque jour que nous devons modifier radicalement notre modèle socio-économique.

Si la prise de conscience progresse rapidement (Al Gore, GIEC, Rapport Stern, Hulot, Grenelle…), c’est bien moins vite que les actions concrètes de préservation de l’environnement. La période est encore au déni. Les associations environnementales, qui regroupent les citoyens les plus sensibilisés à ces enjeux, ont un rôle majeur d’entrainement à jouer. Elles ont vocation à devenir à l’environnement, ce que sont les syndicats au dialogue social.

A partir de cette analyse la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine Lire la suite

Le CES E n’aura-t-il d’environnemental que le nom ?

journaldelenvironnement.net, Victor Roux-Goeken, le 2 février 2009

Le Conseil économique et social n’aura-t-il d’environnemental que le nom ?

Le Conseil économique et social (CES) est aussi devenu «environnemental» l’été dernier. Dans les faits, sa composition n’a pas changé. Le débat a certes évolué avec la remise d’un rapport au président de la République sur sa réforme. Mais à 7 mois du renouvellement de ses membres, le délai pour réformer la troisième assemblée de France est très court.

Dans quelle institution les 233 conseillers de la troisième assemblée de France, alors fraîchement désignés, démarreront-ils leurs travaux le 1er septembre prochain ? Un Conseil économique et social (CES) vieille école, dans lequel ne seraient pas incluses les associations environnementales? ou un véritable Conseil économique, social et environnemental (CESE), rebaptisé ainsi depuis la loi constitutionnelle de juillet 2008 (1) ?

Le fait n’est pas mineur, puisque la réforme du CES est censée «incarner l’esprit qui a soufflé pendant le Grenelle», rappelle Sébastien Genest, président de France nature environnement (FNE). Le fameux dialogue à 5 entre Etat, élus, entreprises, syndicats et associations environnementales. Trois engagements issus des Etats généraux de l’environnement ont «acté» la réforme. Mais le petit tour de passe-passe sémantique ne suffit pas à dépoussiérer le CES. Seuls deux membres de sections («demi-conseillers» ne pouvant assister aux réunions plénières) sont des représentants d’organisations environnementales –FNE et Fondation Nicolas Hulot.

Un rapport intitulé «Pour une réforme du Conseil économique, social et environnemental» a été remis le 16 janvier dernier au président de la République. Sur l’inclusion des associations environnementales, l’auteur du rapport, Dominique-Jean Chertier, directeur général adjoint de Safran et président du Pôle emploi renvoie au rapport du député Bertrand Pancher sur la représentativité de ces organisations (2).

Dominique-Jean Chertier –qui n’a pas souhaité répondre aux questions du JDLE- propose trois scénarios: le premier, le plus étoffé, correspond à une «adaptation périodique (…) moyennant quelques ajustements immédiats, puis réguliers, dans [la] composition» du CESE. Les deux autres correspondent à une «rupture» dans le rôle de l’assemblée: une évolution, soit en «assemblée des experts de la société civile» avec un renforcement de la capacité d’expertise de l’institution; soit en «assemblée des corps intermédiaires», où les personnalités qualifiées n’auraient plus vocation à siéger.

Dans le premier scénario, 24 sièges pourraient être alloués aux associations environnementales. Pour assurer une bonne représentativité de ces associations, elles devraient obtenir 40 sièges, selon FNE.

Le nombre de membres du CESE étant constitutionnellement fixé à 233, l’entrée de nouveaux représentants en mécontentera forcément d’autres. «Nous regrettons que l’ouverture aux associations se limite aux acteurs environnementaux. Et la culture ? et le sport ?, s’interroge Pierre-Jean Rozet, président du groupe CGT au CESE. Dominique-Jean Chertier propose de faire passer le nombre de représentants des exploitants agricoles de 25 à 20 -ils ne représentent que 1,1% de la population active… A-t-on aussi besoin d’une représentation territoriale de l’Outre-mer, alors qu’elle est déjà au Parlement ?»

Pour Paul de Viguerie, «se limitera-t-on strictement aux associations environnementales, ou embrassera-t-on tous les aspects du développement durable ?» Le rapporteur de l’avis du CESE sur la mise en œuvre du Grenelle réfute les deux derniers scénarios, «qui ne donneront pas de visibilité à l’assemblée» et regrette que «tout le monde [voie] midi à sa porte. Cela crée des méfiances et des tensions. Dans une affaire comme celle-là, il faut une décision d’arbitrage, qui sera donnée par l’Elysée.» Lire la suite

L’économie verte pour lutter contre le changement climatique

cdurable.info, David Naulin, le 31 janvier 2009

Publication du rapport de McKinsey and Co : Pathways to a Low Carbon Economy

Rapport McKinsey : l’économie verte, un moyen pour lutter contre le changement climatique

Plus de 200 propositions de réduction des émissions de GES

Nous avons aujourd’hui le potentiel pour limiter le réchauffement climatique en dessous du seuil de 2°C, à un coût relativement faible ( estimé entre 200 et 350 milliards d’euros par an, soit 0,4% du PIB mondial). C’est le message du rapport de McKinsey and Co, “ Pathways to a Low Carbon Economy”, auquel a contribué le WWF. Pour l’ONG, c’est un appel à l’action de bonne augure alors que commence une année décisive pour le climat qui s’achèvera en décembre 2009 avec le conférence de l’ONU sur le climat de Copenhague.

Les actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey

Quelle traduction politique ?

Le rapport très attendu de McKinsey, a été rendu public aujourd’hui 26 janvier, lors d’une conférence de presse à Bruxelles à laquelle participait le directeur général de WWF, Jim Leape, ainsi que le Commissaire à l’Environnement Stavros Dimas et Sir Nicholas Stern. WWF est l’un des 10 sponsors qui ont soutenu financièrement et surtout contribué par leur expertise à ce rapport, qui étudie plus de 200 potentiels de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les deux prochaines décennies, dans 10 secteurs et 21 régions du monde. Le WWF se félicite des principales conclusions de ce rapport.

Selon ce rapport, si l’ensemble des options technologiques étaient utilisées, les émissions mondiales de gaz à effet de serre pourraient être réduites de 40% par rapport à 1990 d’ici à 2030. Une réduction suffisante pour limiter le réchauffement de la planète en dessous de 2°C. Mais il faut agir dès aujourd’hui : si la communauté internationale attend 10 ans pour agir, il sera alors impossible de rester en dessous de ce seuil de 2°C et donc d’éviter les impacts catastrophiques du dérèglement climatique.

Autre message important de ce rapport : le coût net de l’action – prenant en compte le coût de la mise en œuvre des politiques publiques – est estimé entre 200 et 350 milliards d’euros par an à l’horizon 2030, soit 0.4% du PIB mondial, dans l’hypothèse où le baril de pétrole ne dépasse pas 60$. « Mais si le pétrole est deux fois plus cher, une hypothèse loin d’être absurde, alors ce coût devient un gain de l’ordre de 450 milliards ! Gagnerons nous ou perdrons nous des centaines de milliards ? Cela dépend tellement du prix du pétrole qu’on peut douter de la pertinence de cette question. Mais ce qui est sûr, c’est que le coût de l’action reste bien faible par rapport au coût de l’inaction », commente Damien Demailly, chargé du programme Energie Climat au WWF-France.

Pour Serge Orru, directeur du WWF-France, « alors que les chefs d’Etat du monde entier préparent la grande réunion de Copenhague qui doit trouver un successeur au Protocole de Kyoto en décembre 2009, ce rapport coupe l’herbe sous le pied à ceux qui disent que la lutte contre les changements climatiques est perdue d’avance et fragilise nos économies ».

Les actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey

Elles concernent quatre grands domaines :

 l’efficacité énergétique : Lire la suite

FNE : partout où la nature a besoin de nous

cdurable.info, David Naulin, le 1er février 2009

A l’occasion de son 40ème anniversaire, le hérisson s’offre une campagne qui ne manque pas de piquants…

France Nature Environnement : partout où la nature a besoin de nous

Présente sur l’ensemble du territoire français, avec plus de 3000 associations fédérées, France Nature Environnement se bat au quotidien partout où l’urgence écologique s’impose. Chaque semaine, nous relayons sur Cdurable.info quelques-une de ses nombreuses actions, études ou campagnes qui témoignent de la vitalité de ce réseau créé en mai 1968. Nouveau logo, nouveau site, spots vidéo… En 2009, le hérisson s’offre une campagne qui ne manque pas de piquants… pour donner plus de visibilité à ses actions qui mobilisent chaque année plus de 50 000 personnes.

Présentation de France Nature Environnement

Vidéo 1 : la campagne 2009

Vidéo 2 : le clip de présentation de FNE

Présentation de France Nature Environnement

Créée en 1968 et reconnue d’utilité publique en 1976, France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement.

 son projet : « Devant l’urgence écologique, mettons l’environnement au cœur de nos projets » : « Chaque jour, les activités humaines laissent une empreinte profonde sur la Terre. Maints signes d’alerte nous font déjà savoir que notre environnement est en danger : dérèglement climatique, dégradation de la Biodiversité, pollution des cours d’eau… ». La raréfaction des combustibles fossiles nous rappelle que les ressources de notre planète ne sont pas inépuisables. Les enjeux, en particulier dans le domaine de l’énergie, imposent de réorganiser une société qui doit apprendre à produire efficacement et à consommer autrement. »

France Nature Environnement est le porte-parole de près de 3 000 associations réparties sur l’ensemble du territoire national, qui œuvrent chaque jour pour la sauvegarde de notre environnement.

…et des hommes

Les orientations politiques de FNE et de ses associations sont construites et portées par des personnes bénévoles. C’est grâce à ce bénévolat, désintéressé et loin de tout intérêt personnel ou financier, que les associations de protection de la nature et de l’environnement restent les structures en qui les citoyens placent le plus leur confiance pour les informer et pour agir en faveur de l’intérêt général.

Ses missions :

 Représenter : France Nature Environnement et ses associations membres assurent la représentation des citoyens dans des centaines de commissions de concertation du niveau local au niveau national.

 Connaître et proposer : Grâce à la densité du réseau de bénévoles quotidiennement présents sur le terrain depuis plusieurs années, la fédération et ses membres sont en mesure d’assurer une veille permanente et d’alimenter une base de données reconnue, acquise au profit de la société. Fort de cette connaissance de terrain, le mouvement est apte à fournir une expertise et des propositions éclairées face aux acteurs socio-économiques. Résolument engagé dans une démarche d’échange et de construction avec les pouvoirs publics, France Nature Environnement conduit une action de lobbying visant une meilleure prise en compte par la législation nationale, européenne et internationale. Lire la suite

FNE « Création d’un deuxième EPR : une erreur historique »

France nature environnement, communiqué de presse, le 30 janvier 2009

Création d’un deuxième EPR : une erreur historique

Le Président de la République vient d’annoncer la création d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Penly en Seine Maritime. Réaction de FNE.

FNE exprime un sentiment de révolte à la suite de l’annonce par le Président de la République de la création d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Penly en Seine Maritime. Cette décision est sans doute conforme à l’intérêt du lobby nucléaire mais pas à l’intérêt général.
Une erreur historique. Lors de son discours de clôture du Grenelle de l’environnement, le 26 octobre 2007, le Président de la République avait déclaré : « je ne veux pas de nouveaux sites nucléaires ». Nicolas Sarkozy avait également déclaré : « Il y aura donc bien une réduction de la part du nucléaire dans notre consommation d’énergie ».

Pour Sébastien Genest, Président de FNE, « le développement du nucléaire est contraire à celui des énergies renouvelables. Il faut en finir avec un modèle énergétique centralisé, fragile en consommation de pointe, inadapté aux territoires et contraire à l’objectif premier de réduction de la consommation d’énergie, négocié lors du Grenelle de l’environnement. »

La relance par l’atome ? Le 19 décembre 2008, lors d’une réunion en présence des associations, Nicolas Sarkozy s’était engagé à ce que le plan de relance soit vert et pas gris. Sébastien Genest poursuit : « Nous sommes consternés par l’empilement de décisions à courte vue : relance de trois programmes autoroutiers, octroi d’aides d’Etat au secteur automobile ou aéronautique sans contreparties environnementales, assouplissement des conditions de création des installations classées, création d’un nouvel EPR ……autant de décisions contraires à l’impératif d’une relance à la fois économique et écologique. Ces décisions irrationnelles ne peuvent être compensées par des mesures de verdissement ».

Un grave recul de la démocratie écologique. FNE rappelle que le droit de l’environnement impose que le débat public soit organisé à un « moment où toutes les options sont encore ouvertes » et avant qu’une décision publique ne soit prise.

Arnaud Gossement, porte parole de FNE, déclare : « Le nucléaire ne se satisfait que de la politique du fait accompli. La décision de créer un nouvel EPR est une atteinte à la démocratie écologique puisque la concertation n’a eu lieu qu’avec le lobby nucléaire ! Désormais, pourquoi se donner la peine d’organiser un simulacre de débat public dès lors que les dés sont jetés ? ».

FNE rappelle que la décision de création du premier réacteur nucléaire EPR à Flamanville Lire la suite

Après le climat, la biodiversité est notre plus grand défi

metrofrance.com, le 20 janvier 2009

«Après le climat, la biodiversité est notre plus grand défi»

Interview de Sébastian Winkler, responsable du « compte à rebours » pour la biodiversité au sein de l’IUCN (Union mondiale pour la nature). L’UICN est la principale ONG mondiale consacrée à la cause de la préservation de la biodiversité. Elle réunit 83 États, 114 agences gouvernementales, plus de 800 ONG et plus de 10 000 experts et de scientifiques de plus de 180 pays.  

Qu’est-ce que c’est le « Compte à rebours 2010 » ?

Le « compte à rebours 2010 » a été décidé premièrement en Europe en 2001 au sommet de Gothenburg où les chefs d’Etat  ont décidé d’arrêter la perte de biodiversité d’ici à 2010. Puis au sommet mondial de la Terre de Johannesburg en 2002. Je crois qu’après le réchauffement climatique,  la biodiversité est notre plus grand défi. Aujourd’hui, selon les statistiques, on perd 150 espèces par jour. Et au niveau européen, selon la Commission, il y a 80% des écosystèmes dans des conditions de préservation défavorables. C’est une grosse crise.

La perte de biodiversité qu’est ce que cela implique pour l’homme ?

La biodiversité est le fondement de tout développement économique. La nature nous rend d’innombrables services comme la filtration des eaux, de l’air, la pollinisation. On est en train de perdre cette richesse et des solutions potentielles de développement futur. Si on regarde par exemple le secteur de l’innovation technologique, ils s’inspirent souvent des mécanismes qu’on trouve dans la nature. Dans une étude globale réalisée par sir Nicolas Stern sur les conséquences économiques du réchauffement climatique, on estime que le coût de l’inaction vis-à-vis de la perte de biodiversité, nous serait de 6% de notre PIB.

On est en janvier 2009… il nous reste à peine deux ans pour agir. Comment arrêter la perte de biodiversité d’ici-là ?

Ce que le « compte à rebours » essaie de faire est de mobiliser tous les acteurs. Même si c’est une décision des Etats, ceux-ci ne peuvent pas atteindre ces objectifs tous seuls. Il faut donc fédérer les autorités locales, comme aujourd’hui à Paris. En signant la Déclaration du Compte-à-rebours 2010 pour la Biodiversité, des collectivités locales franciliennes s’engagent et témoignent de leur volonté d’enrayer la perte de la Biodiversité. Comme c’est le cas au Danemark où un maire sur cinq a signé la déclaration. Il faut sensibiliser et agir. Depuis 2007, plus de 50% de la population mondiale vit en ville. Ces populations se concentrent sur 2% de la superficie de la planète, mais en consomment 75% des ressources naturelles.  Lire la suite

Jouanno « Mon travail : vendre le Grenelle sur le terrain »

liberation.fr, Guillaume Launay, le 27 janvier 2009

«Mon travail : vendre le Grenelle sur le terrain»

Nouvelle secrétaire à l’Ecologie, Chantal Jouanno met l’accent sur la pédagogie et les concrétisations locales.

Pas de période d’adaptation. A peine arrivée au secrétariat d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno s’est trouvée face à la tempête, la vraie, ce week-end. Elle enchaîne aujourd’hui au Sénat, où débute l’examen de la loi Grenelle 1. Entretien avec celle qui présidait jusqu’à la semaine dernière l’Agence de l’environnement (Ademe), après avoir travaillé auprès de Nicolas Sarkozy sur la mise en place du Grenelle.

< Comment concevez-vous votre place au sein du ministère ?

Mon rôle, c’est do the job. Et d’abord le Grenelle : mettre en œuvre ce projet souhaité par Nicolas Sarkozy, qu’on a imaginé et proposé pendant la campagne présidentielle avec Nathalie Kosciusko-Morizet. Il y a eu la phase de négociation et de transformation en texte de loi conduite par Jean-Louis Borloo, maintenant il faut transformer l’essai. La priorité absolue, c’est le vote des lois Grenelle 1et 2, et la mise en place concrète sur le terrain. Le Grenelle ne doit pas rester qu’un texte. Mon rôle, c’est de faire vivre l’écologie. Le climat, l’énergie, on en a beaucoup parlé. Il faut qu’on s’occupe aussi de la biodiversité, de l’eau, de la gestion des risques, des déchets, de la consommation, de la santé environnementale. C’est un travail d’équipe avec Jean-Louis Borloo, la complémentarité doit jouer.

< Ne craignez-vous pas que la loi Grenelle 1 soit tirée vers le bas par certains amendements ?

Globalement, même si certains ne sont pas acceptables, les amendements renforcent plutôt le texte, comme à l’Assemblée. On est dans une démocratie, c’est normal que le Parlement s’exprime. Si les sénateurs ne déposaient aucun amendement, on leur dirait qu’ils se désintéressent de la question. Plus il y a de débat, mieux c’est, car il faut qu’on continue à faire de la pédagogie. On parle encore trop «techno».

< La majorité a-t-elle évolué sur ce sujet ?

Elle a énormément progressé. Les élus de la majorité, tous les hommes politiques d’ailleurs, sont à l’image de la société. Or le sujet a évolué très vite dans la société.

< Découpage en plusieurs lois, retards… Le Grenelle n’est-il pas devenu illisible ?

Le choix d’avoir une grande loi d’orientation, suivi de lois techniques, permet d’avoir un texte qui fixe bien la ligne générale. On ne mène pas la mutation de la société en claquant des doigts, avec une petite loi de quinze articles. Il ne s’agit pas de mettre du vernis, mais de faire entrer la société dans une autre dimension. Et si ça allait trop vite, on nous dirait «Vous ne faites que du vent». Ce qui est encore dur à faire passer, c’est que l’environnement, qui était le petit ministère, le vernis qu’on étalait pour faire beau, doit devenir l’axe structurant de la politique.

< La crise économique a un peu occulté l’écologie dans le discours présidentiel. La croissance verte est-elle enterrée ?

Moi, je préfère les actes aux discours. C’est ce qui reste. J’ai eu cette crainte à propos de la crise, mais, au contraire, tous les financements du Grenelle ont été votés. Si on veut s’en sortir, il faut prendre des décisions structurelles pour être moins dépendants des aléas de court terme, du pétrole, des matières premières. Enterrer le Grenelle, c’est se garantir que dans cinq ou dix ans, on subira encore une crise cyclique.

< Les ONG s’inquiètent que le Grenelle ne soit pas à la hauteur (Libération d’hier).

Le gros enjeu de 2009, Lire la suite

Le Grenelle peine sur le terrain

liberation.fr, Guillaume Launay, le 26 janvier 2009

Le Grenelle peine sur le terrain

Des beaux discours à Paris, des pelleteuses sur le terrain ? Plus d’un an après le Grenelle de l’environnement, et alors que la loi Grenelle I est discutée au Sénat à partir de demain, les associations écologistes s’inquiètent du retour de projets mis entre parenthèses dans le cadre de la grand-messe verte de l’automne 2007. Et craignent qu’après les élans oratoires de Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo (priorité au rail sur la route, à la réduction des déchets sur l’incinération, à la biodiversité…), les vieux réflexes se remettent en place.

L’Alliance pour la planète, collectif d’ONG qui regroupe entre autres le WWF et Greenpeace, a récemment mis en ligne sa carte de France des «projets Grenello-incompatibles». «Ce qu’on veut montrer, c’est ce qui se met en place, qui va contre des mesures du Grenelle, mais est encore réversible», souligne Gaël Roustan, de l’Alliance. La critique porte parfois sur les principes (comment parvenir à 23 % d’énergies renouvelables en relançant le nucléaire avec un voire deux ou trois EPR ?) mais aussi sur les dégâts environnementaux, la transparence ou le double langage des élus.

Reproches. L’association France nature environnement (FNE), autre acteur du Grenelle, voit elle aussi, via ses associations de terrain, remonter ces inquiétudes. Et pour FNE, si l’Etat n’est pas toujours exempt de reproches, c’est souvent du côté des acteurs locaux, et notamment des élus, que la «dynamique Grenelle» ne suit pas. «On oublie trop facilement les responsabilités de chacun, pointe Sébastien Genest, président de FNE. Aujourd’hui, la priorité c’est de décliner le processus national sur le terrain.» Et de rappeler que quand il s’agit de défendre un tronçon d’autoroute ou une industrie pourvoyeuse de taxe professionnelle, il n’y a plus de droite ou de gauche mais un front d’élus unis : «Le projet de l’autoroute A45 (Saint-Etienne-Lyon), ineptie technique et environnementale, a reçu l’approbation de très nombreux acteurs politiques et économiques locaux», poursuit Sébastien Genest.

Friable. Face aux critiques, l’entourage de Jean-Louis Borloo fait valoir que plusieurs projets ont été stoppés après le Grenelle (1) et que ses services commencent seulement à prendre leurs bâtons de pèlerin : «On se met en ordre de bataille pour porter la bonne parole.» Reste qu’en période de crise, ce volontarisme semble plus friable. Que pèse la biodiversité face au chômage ? «La crise écologique, ce sera aussi de la casse sociale, répond Sébastien Genest. Si on ne change pas aujourd’hui d’échelle, elle n’en sera que plus violente Lire la suite

La MRES de Lille fête ses 30 ans

lavoixdunord.fr, A.G, le 22 janvier 2009

La MRES fête ses 30 ans : nouvelles formes de militantisme, mais objectifs inchangés

La MRES s’offrait, hier, une journée de débats au Nouveau Siècle pour fêter son anniversaire. En trente ans, les formes de militantisme ont évolué ; les buts poursuivis par la structure, peu.

« Poil à gratter », « groupe de pression » ou « donneuse d’alerte », au choix. La Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES) fêtait, hier au Nouveau Siècle, 30 ans de militantisme associatif.

Créée par Pierre Mauroy en 1978, celle qui se nomme alors Maison de la nature et de l’environnement (MNE) a pour but de donner un lieu d’expression aux écologistes. Mais, « dès le début, la MNE comprend des associations de défense des droits de l’homme, humanitaires… », note Mireille Havez, vice-présidente. En 2001, une charte donne à la MNE une « colonne vertébrale », selon l’expression de son actuel président, Gérard Minet. « La MNE, ce n’est alors plus la seule défense des fleurs et des petits oiseaux, mais un projet politique pour la planète.

 » En 2006, la MNE devient MRES, adaptant son nom à sa réalité.

Évolution récente, la structure s’ouvre à de nouvelles formes de militantisme. Elle accueille, par exemple, des associations culturelles soucieuses de donner du sens à leurs projets. « Le militantisme ne se résume plus à coller des affiches », argue Emmanuelle Latouche, directrice.

La MRES accompagne ce changement toujours autour des valeurs qu’elle cherche à faire valoir. Objectif : influencer les élus locaux.

Lors des débats, hier, Ginette Dhénin-Verbrugghe, vice-présidente du conseil régional, indiquait que « beaucoup de décisions en matière de solidarité internationale sont prises après discussion avec le milieu associatif ». De même pour les transports, « LMCU a récemment repris des propositions que nous avions formulées », s’enorgueillit Mireille Havez.

«  Faire converger démocratie représentative et démocratie participative » Lire la suite

Cubzacais : La mobilisation contre les épandages s’organise

Sud-Ouest, Frédéric Dupuy, le 22 Janvier 2009

ENVIRONNEMENT. La Coordination contre les épandages dégradants veut obtenir une audience auprès du préfet

La mobilisation contre les épandages s’organise

La Coordination contre les épandages dégradants (CCED) a tenu une réunion publique jeudi soir à la salle des fêtes d’Asques. Les Cubzacais se sont déplacés en nombre pour se tenir informés, tout comme les Asquais, Romanais et des personnes venant de plusieurs communes environnantes.

Il est vrai que la CCED a réussi à mobiliser d’autres associations, notamment en Haute Gironde (voir éditions précédentes).

Elle a aussi informé l’ensemble des citoyens des 22 communes de Gironde concernées par ces épandages. Elle a également contacté des associations liées à l’environnement et les élus locaux.

Rappelons que sous l’égide de la mairie de Cubzac-les-Ponts, les diverses associations environnementales qui protestent depuis quelques semaines contre le projet d’épandage des jus de compost envisagé par la société Sede, filiale de Veolia, se sont organisées au sein de cette Coordination contre les épandages dégradants (CCED). Ces composts consistent en un mélange de résidus de fientes industrielles. L’épandage en zone humide comporte des risques de pollution des sols et des eaux.

Les opposants aux épandages sur la rive droite de la Dordogne ont ainsi obtenu les soutiens du député Philippe Plisson et du conseiller général et président de la CdC du canton de Fronsac, Michel Frouin, seul Jean-Paul Garraud le député de la 10e circonscription, est resté muet au courrier qui lui a été adressé.

Zones vulnérables

Dans le rapport qu’il a remis au préfet de la Gironde, le commissaire enquêteur confirme les craintes de la CCED : « Les dépôts qui comblent ces zones de palus, sont des formations à dominante argileuses, épaisses de 15 à 18 mètres en moyenne (40 à 55 % de taux d’argile). En raison de l’état d’engorgement semi-permanent, seuls des épandages d’été pourraient être envisagés ; en sortie d’hiver, ces zones inondables restent particulièrement vulnérables et peu favorables aux épandages. Quand aux parcelles 19 et 21 de Saint-Romain, elles sont exclues de ce type d’épandage en raison de la vulnérabilité des eaux souterraines. »

La coordination reste motivée. Mais bon nombre sont inquiets quant aux conséquences à long terme et comme l’on dit plusieurs personnes présentes, « nous ne voulons pas de ces épandages ni ici ni ailleurs. »

La CCED souhaite obtenir une audience avec le préfet de la Gironde, afin de Lire la suite

Lille : Une maison dans laquelle les citoyens « font société »

libelille.fr, H.S., le 21 janvier 2009

«Une maison dans laquelle les citoyens « font société »»

INTERVIEW – Elle fête ses 30 ans aujourd’hui. La Maison régionale de l’environnement et des solidarités de Lille, racontée par un parisien qui la connaît bien, l’économiste et membre du conseil international du Forum social mondial, Gustave Massiah.

Quelle est votre histoire avec la Maison régionale de l’environnement et des solidarités?
Je la connais depuis le début. J’ai dû y aller en tout une trentaine de fois. Pour soutenir les luttes des immigrés, débattre sur les questions d’environnement, ou sur la dette et le développement. Il y a 30 ans, deux lieux sont nés, la Maison de la nature et de l’environnement à Lille (l’actuelle Mres, ndlr), et le Centre international de culture populaire à Paris, plus tournée vers les solidarités internationales, à laquelle j’ai participé. Le CICP est né d’un appel à souscription public dans les réseaux militants. Le bâtiment appartient aux gens qui ont souscrit. A Lille, ça c’est passé autrement, une équipe autour de Pierre Radanne, s’est présentée aux élections municipales. Elle est allée voir Mauroy en disant qu’elle était prête à se désister contre un 40 pièces-cuisine, et un fonctionnement indépendant. Ils ont inauguré  quelque chose d’intéressant dans les rapports entre les associations et les collectivités locales. Trop de maisons des associations en France perdent leur autonomie par rapport aux municipalités.

Elle perçoit de l’argent public.

Les institutions ont l’impression que l’argent est à eux, et que c’est à elles de décider de ce qu’il faut faire avec. Mais la société, elle peut décider aussi par le bas.

Que diriez vous de la Mres à un Lillois qui ne la connaît pas?

Que c’est un lieu extraordinaire, pour s’informer, se documenter, se rencontrer, et agir. C’est une maison d’associations. Une maison dans laquelle les citoyens «font société», construisent ensemble des projets, dans une diversité extraordinaire. Sur l’économie sociale, l’environnement, sur les questions internationales. Ici, il y a l’idée qu’on peut agir sur les problèmes d’aujourd’hui, qu’on n’est pas obligé de les subir.

Le lieu a beau être ouvert, il y a des gens qui disent «je n’ai jamais osé entrer».

Il faut le prendre en compte. Ça peut s’expliquer par la question de l’échelle. Je m’explique. Si je dis que je vais refléchir à la question de la faim dans le monde, à l’agriculture paysanne et à la souveraineté alimentaire, j’aurai une réflexion large, un travail avec des groupes éloignés. C’est plus difficile d’accès que d’envoyer 10 euros au Mali pour que quelqu’un puisse manger. Il y a une complexité qui peut être intimidante.

Est-ce que c’est vraiment un lieu unique?

Elle a des équivalents en France. Mais ce qu’elle a d’unique, c’est qu’elle arrive à relier les initiatives. Il y a une vraie culture politique d’autogestion, c’est une association au servie des associations. Et puis elle a exploré toute une série de questions bien avant d’autres. Elle a réfléchi très tôt sur le rôle des citoyens  sur l’économie, l’importance de l’international, la question des droits. L’économie sociale, par exemple. Aujourd’hui, aux élections prud’hommales, dans le collège des employeurs, les gens de l’économie sociale ont fait 19%. Il y a 30 ans, elle était considérée comme marginale, c’est devenu quelque chose de central. La Maison l’avait senti.

ET AUSSI…. La Mres, c’est 110 associations qui regroupent 15000 personnes, et 2000 réunions par an.  C’est aussi un Centre régional d’information et de documentation sur l’environnement, et une petite supérette coopérative bio. Quelques assos : Lire la suite

LGV/TGV : Le Cade réclame une étude indépendante

Sud-Ouest, Richard Picotin, le 21 janvier 2009

LIGNE TGV. Vendredi soir, le collectif de défense a mobilisé en nombre à Villefranque

Le Cade réclame une étude indépendante

Faut-il ou non construire une nouvelle ligne à Grande vitesse pour traverser la Pays Basque et y faire circuler quelques TGV et beaucoup de trains de fret, ou bien se contenter d’aménager l’existante ?

De nombreux élus et plusieurs associations ont déjà répondu à cette question, en préférant l’aménagement de l’ancienne ligne à la percée d’une saignée dans le paysage du côté d’Ustaritz par exemple.

Michèle Alliot-Marie a rappelé au cours du week-end son opposition à ce projet de nouvelle ligne, qui, dit-elle, ferait dépenser des dizaines de millions d’euros pour gagner moins d’une poignée de minutes.

Nombreux enfin sont ceux -les Communautés de communes de Nive-Adour, du Sud Pays Basque et peut-être d’Errobi – qui réclament de nouvelles études afin de vérifier la pertinence des hausses de trafic -et plus particulièrement celle du fret- annoncées par RFF.

Des estimations à hauteur de 21 millions de tonnes -les trains de marchandises devraient en transporter cette année que 2 millions de tonnes- qui servent de socle à la démonstration selon laquelle il y aurait une nécessité à construire cette nouvelle ligne.

Vendredi dernier à Villefranque, le Cade (Collectif des associations de défense de l’environnement) avait rassemblé un public nombreux pour faire le point sur le dossier. Et réclamer lui aussi une nouvelle étude de trafic.

Pour Victor Pachon, porte-parole du CADE, cette étude devrait être réalisée par l’école des mines de Lausanne, réputée pour son indépendance et son sérieux. Cette école des mines de Lausanne est celle qui a réalisé l’audit des installations de RFF. Audit qui a mis en lumière la vétusté des caténaires, par exemple.

Dix fois moins cher

Pour le Cade en effet, le trafic à l’horizon 2020 est surestimé. « Il passe aujourd’hui environ 53 trains par jour, alors que les voies pourraient en faire passer 264. Si les tonnages de fret étaient multipliés par 5, (alors qu’il a tendance à diminuer), 89 trains par jour passeraient sur les anciennes voies. Des trains qui, de plus, pourraient être plus longs qu’actuellement et donc transporter chacun plus de tonnes de fret. Il faut donc une nouvelle étude, mais faite par des gens qui se situent très loin de RFF et de l’agence d’urbanisme… »

Côté financement, le Cade se réjouit de voir que Lire la suite

LPO, de la Corderie aux Fonderies : toujours royal

Sud-Ouest, Kharinne Charov, le  21 Janvier 2009

CHANGEMENT D’ADRESSE. La LPO veut créer des emplois en 2009 et en 2010

De la Corderie aux Fonderies : toujours royal

Ça y est, après un déménagement étalé du 8 au 14 janvier, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) s’est installée aux Fonderies royales. Outre une esthétique rare, ce bâtiment réhabilité présente de nombreux avantages en termes de respect de l’environnement, de confort des usagers, de création d’emplois et de développement de l’association d’utilité publique.

Concentration

Car la LPO passe de 1 100 m2 à 2 100 m2 aujourd’hui. Le tout concentré en un seul lieu quand auparavant, l’activité se développait à la Corderie, dans la zone de l’arsenal et à l’Hermione. « Nous devrions disposer de 250 à 300 m2 de plus, quand le Cabestan aura quitté les anciens locaux de la communauté d’agglomération, à côté des Fonderies », précise Michel Métais, heureux de ce nouveau départ.

L’affaire aura été rondement menée : obtention du permis de construire en juin 2007, achat du bâtiment au Conseil général en juillet suivant, pour un démarrage des travaux en septembre.

Le chantier aura duré en tout un an et trois mois, accusant seulement un retard de deux mois. Le coût de l’opération s’élève à 4 millions d’euros, dont 45 % payés par des fonds publics (ministère de l’Écologie, Région, Département, CAPR et Ville) et 55 % financés par des fonds privés.

Donner l’exemple

En s’installant rue Pujos, la LPO a tenu le pari de réhabiliter un bâtiment de 1668, au lieu de construire en zone rurale. « C’est du développement durable. En France, chaque année, 60 000 hectares sont pris sur l’espace rural pour la construction, contre 25 000 hectares en Allemagne. On en crève ! Grâce à ce choix, nous réinvestissons un bâtiment qui ne servait à rien au lieu de prendre un hectare sur l’espace rural », souligne Michel Métais.

Et puis, la LPO ne pouvait pas faire moins que de choisir une rénovation de haute qualité environnementale. Cette norme implique une économie en ressources d’énergie (chaudière bois), une réduction de la consommation énergétique (forte isolation), la production d’électricité (panneaux photovoltaïques), une ventilation à double flux, et très bientôt, la récupération des eaux de pluie pour l’arrosage d’un petit espace vert à venir. « En dix ans, le surcoût de 500 000 euros pour la norme HQE sera récupéré », précise le directeur. En utilisant moins de 50 kw/h au m², ce vieux bâtiment est aux normes du neuf. Du jamais vu !

Emplois en vue

Nageant dans l’espace et le confort, grâce aux architectes rochefortais, Pascale Durand et Bruno Sourd, la LPO va pouvoir se développer comme elle l’entend. « Ce qui nous a guidés dans le déménagement, c’était l’exiguïté à la Corderie. Tout simplement parce que nous voulons créer cinq emplois cette année, Lire la suite

Pour des Etats généraux de la mobilité !

Tribune libre, Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, Olivier Louchard, Directeur du Réseau Action Climat France, Jean Sivardière, Président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports, le 20 janvier 2009

Pour des Etats généraux de la mobilité !

La crise qui traverse le monde de l’automobile est profonde et brutale. Pour ne pas avoir su anticiper une modification de l’attitude des consommateurs à l’égard de l’automobile, pour ne pas avoir voulu faire foi aux propos des écologistes qui s’époumonent à rappeler l’importance des impératifs climatique et énergétique, pour ne pas avoir pu résister aux sirènes de stratèges « éclairés » qui vantaient les mérites de véhicules lourds, chers et manifestement inadaptés au marché de l’automobile, ce secteur est désormais à l’agonie et réclame aides et soutiens publics.

Mardi 20 janvier 2009 est la date retenue par le Gouvernement pour organiser les Etats généraux de l’automobile et annoncer un plan de relance sectorielle. La grande mutation de ce secteur vaut bien une messe mais les solutions apportées seront-elles à même de répondre durablement à la crise du marché de l’automobile ?

Il s’agit, dans l’urgence, de réussir à trouver des solutions intelligentes permettant de transformer radicalement les secteurs frappés de plein fouet par cette crise socio-écologique. Devons-nous en ce sens, nous en réjouir ? Oui et non ! Non, car lorsque la Terre souffre, ce sont en premier lieu les salariés qui trinquent ! Oui, car si cette crise nous permet de mettre un terme à cette fuite en avant qui a conduit certains dirigeants à opter pour des modèles automobiles polluants, nous aurons déjà fait un grand pas dans le règlement de cette crise systémique.

En ce sens, la politique de saupoudrage, dispendieuse pour le budget de l’Etat et totalement inefficace du point de vue écologique, n’est pas à la hauteur des enjeux. Nous appelons de nos vœux une politique cohérente qui oserait s’affranchir de sa dépendance au tout-pétrole mais oserait également sortir des sentiers battus du tout-automobile. A cet égard, nous ne pouvons nous résoudre à voir l’Etat réduire le débat sur l’avenir de l’industrie automobile à un vulgaire échange sur le bienfondé des moteurs thermiques, hybrides ou électriques.

Pour répondre durablement à cette crise structurelle du monde de l’automobile, nous devons nous attacher à réduire les émissions de gaz à effet de serre ainsi que notre facture énergétique. Pour se faire, il est impératif d’agir en amont et freiner la hausse continue de la demande de transports motorisés. Cela suppose la mise en œuvre par les pouvoirs publics de mesures structurantes qui permettront de réduire les kilomètres effectués. Il devient urgent de réorienter les politiques d’urbanisme en mettant l’accent sur la mixité fonctionnelle (et sociale) et en rapprochant logements, emplois, loisirs, commerces et ainsi limiter les déplacements quotidiens. L’étalement et le mitage urbains doivent être combattus. C’est en effet l’extension des zones urbaines qui génère les longues distances, les déplacements fréquents et la dépendance à la voiture individuelle.

Il nous faut également choisir une mobilité privilégiant le mode de déplacement le plus efficace énergétiquement ou le mieux adapté au contexte géographique : l’automobile toujours en dernier ressort et si possible en covoiturage, mais surtout la marche à pieds, le vélo, les transports en commun (métro, tramway, bus, train). Cette crise nous offre une chance inespérée ; celle de développer un secteur d’activités s’enracinant dans les territoires en optant pour la construction d’infrastructures de tramways, de bus ou de train, très efficaces énergétiquement et peu émettrices de gaz à effet de serre. L’investissement dans les transports collectifs crée deux fois plus d’emplois, à dépense égale, que l’investissement routier (infrastructures, matériel roulant, exploitation) et, pour la plupart, pérennes et par définition non délocalisables. Lire la suite

Centrales photovoltaïques au sol : la crainte de la trame grise

journaldelenvironnement, Victor Roux-Goeken, le 21 janvier 2009 

Centrales photovoltaïques au sol : la crainte de la trame grise

Plusieurs associations environnementales s’inquiètent de l’essor des projets de centrales photovoltaïques au sol, et de l’apparition d’une «trame grise». Ces craintes, pour l’instant très locales, sont liées à l’impact sur l’environnement de ces projets et à leur non-intégration au bâti.

A l’instar de celle de Narbonne (Aude), occupant une surface de 23 hectares sur un site classé Seveso, les centrales solaires photovoltaïques auront-elles un faible impact sur l’environnement ? Rien n’est moins sûr, et l’inquiétude pointe chez certaines associations environnementales du sud-ouest de la France.

Ainsi, la centrale photovoltaïque de Gabardan, dans la commune de Losse (Landes) va nécessiter le déboisement de 320 hectares (ha) de forêt. Le secrétaire général de la Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-ouest (Sepanso), Georges Cingal, rapporte que pour l’Ademe, «les émissions évitées et celles liées au déboisement étaient du même ordre de grandeur». Mais le projet, déjà soumis à enquête publique, aura forcément un impact sur la biodiversité.

Un projet d’autant plus étonnant que «dans une nouvelle zone industrielle, située à Saint-Geours-de-Maremne [Aquitaine, moins de 150 kilomètres de Losse], une grosse entreprise de logistique a construit un bâtiment comportant 18.000 mètres carrés de toiture, sans le moindre panneau solaire», relève Georges Cingal.

A la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt (Draf) Aquitaine, on indique que la totalité des projets en cours nécessite le déboisement ou défrichage de 10.000 ha de forêt. «Théoriquement, la demande de compensation est de 1 pour 1. Cela implique un reboisement hors forêt, qui va concurrencer l’agriculture. Pour l’instant, nous n’avons pas encore de résultat du groupe de travail mis en place auprès du préfet des Landes et qui doit étudier les mesures à demander pour compenser le déboisement.»

Daniel Delestre, vice-président de la Sepanso Gironde, relève «une contradiction entre le développement du photovoltaïque et celui du bois-énergie». Et donne un autre exemple: le vote récent, par le conseil municipal de Cestas (Gironde), de deux centrales photovoltaïques sur des surfaces totalisant 320 ha, «alors que 800 ha viennent d’être rasés pour construire des entreprises logistiques le long de la nationale 10, à proximité.»

Il en va de même dans les Pyrénées orientales, où le président de la fédération départementale des associations de protection de l’environnement, Marc Maillet, estime à 300 ha la totalité des projets en cours.

Pourquoi ne pas intégrer les panneaux photovoltaïques au bâti, alors que le tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque est plus attractif dans ce cas ? «Il y a une sorte de mirage sur les toitures, censées représenter des millions de mètres carrés à recouvrir, relève Thierry Lepercq, président de Solar Direct. Sur un bâtiment logistique, une toiture «plate» est inapte [Note du web maître : apte ou inapte ?] au photovoltaïque : elle comporte tout de même de nombreux obstacles et il faut orienter les panneaux au sud avec une pente de 30° pour un rendement optimal. Les architectes doivent s’y mettre: actuellement, un bâtiment sur 100 au maximum est conçu pour accueillir du photovoltaïque.»
Selon lui, les professionnels s’accordent pour dire qu’une centrale au sol doit couvrir une surface d’au moins 8 ha (4 mégawatts) pour réaliser des économies d’échelle.

La compétition pour l’espace aboutira-t-elle à un rejet du photovoltaïque similaire à celui de l’éolien ? Lire la suite

La réforme du Conseil économique, social et environnement.

lesechos.fr, Leïla de Comarmond, le 19 janvier 2009

Un rapport préconise une réforme du Conseil économique, social et environnemental

Dominique-Jean Chertier a présenté ses pistes de réforme du Cese au chef de l’Etat. Il dresse un constat très sévère de son fonctionnement actuel et veut revoir sa composition.

En demandant à Dominique-Jean Chertier de lui faire des propositions pour « mieux asseoir la représentativité » du Conseil économique, social et environnemental après la réforme constitutionnelle qui a étendu son champ d’action à l’environnement, le chef de l’Etat savait à quoi s’en tenir. Chargé en 2006 d’une mission sur la rénovation du dialogue social par Jean-Pierre Raffarin, dont il a été le conseiller social, le président de Pôle emploi avait déjà plaidé pour une réforme de l’institution dans laquelle il siège au titre des personnalités qualifiées.

Le constat qu’il en dresse dans le rapport remis à Nicolas Sarkozy vendredi est très sévère. « Les productions de qualité du Conseil sont trop souvent déconnectées des problèmes du moment et, lorsqu’elles ne le sont pas, sont noyées dans un flot incontrôlé d’auto-saisines qui leur fait perdre toute visibilité et toute influence », affirme Dominique-Jean Chertier. Et il ajoute que la composition actuelle du Cese est « simplement le fruit de compromis successifs entre des pressions catégorielles (et des réponses quelquefois clientélistes) et les résistances corporatistes de l’institution ».

Trois scénarios

Dans ses propositions, le membre du directoire de Safran fait cependant preuve de prudence en proposant trois scénarios.

Le plus prudent se contente d’un « ajustement périodique » de la composition du Cese tous les dix ans à compter de 2014 et plaide pour une légère modification des équilibres dans l’immédiat : passage de 25 à 20 sièges des agriculteurs, de 10 à 8 sièges des associations familiales, au profit des entreprises privées et des professions libérales, entrée des associations environnementales grâce à une baisse drastique du nombre de personnalités qualifiées.

Le deuxième scénario viserait à « ériger le Cese en assemblée des experts de la société civile » recentrée autour de ses trois enjeux : l’économique, le social et l’environnemental. Il se composerait de 60 représentants des employeurs, autant de représentants des salariés ainsi que des associations en sus de 53 personnalités qualifiées nommées par un comité des sages et entraînerait la suppression de nombreux autres organismes consultatifs.

La troisième piste serait de faire du Cese « l’assemblée des corps intermédiaires » avec un tiers de représentants des employeurs, autant pour les salariés et pour les associations, dont les syndicats étudiants.

Dans ses trois scénarios, Dominique-Jean Chertier suggère de faire entrer les jeunes et d’instaurer une parité hommes-femmes d’ici à cinq ans au Palais d’Iéna. Dans aucune, il n’est en revanche proposé d’intégrer des représentants des « cultes et mouvements philosophiques » Lire la suite

Portrait : Nathalie Kosciusko-Morizet, écolo de droite

developpementdurable.com, Yann Cohignac, 19 janvier 2009

Portrait : Nathalie Kosciusko-Morizet, écolo de droite

“Il y a un concours de lâcheté et d’inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l’attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d’assurer le minimum“

Le 15 janvier, le ministère de l’Ecologie et du Développement durable a perdu sa secrétaire d’Etat. Nathalie Kosciusko-Morizet est mutée à l’Economie numérique. La rédaction de developpementdurable.com en a donc profité pour dresser le portrait d’une femme politique populaire chez les défenseurs de l’environnement.

« Il y a un concours de lâcheté et d’inélégance entre Jean-François Copé (président du groupe de l’UMP à l’Assemblée nationale), qui essaie de détourner l’attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo (ministre de l’Ecologie), qui se contente d’assurer le minimum ». Ce jour-là, le paysage politique français découvre une rebelle au sein du gouvernement : NKM, 35 ans, n’a en effet pas sa langue dans sa poche. Ces mots, prononcés dans une interview donnée au Monde le 10 avril 2008 au sujet de la culture OGM, créent la polémique dans les rangs de l’UMP. Poussée par François Fillon, elle devra s’excuser et, petite sanction, renoncer à un voyage officiel du Premier ministre au Japon.

Mais la voilà propulsée sur la scène médiatique. Les écologistes de tout bord y voient tout de suite une alliée au sein du gouvernement. Ils apprécient son franc-parler, son indépendance. La confiance s’installe. Elle ne faiblira pas. Tout comme son ascension politique. Et sa popularité : une étude récente des services du Premier ministre indique que 50 % des Français la connaissent et que 35 % en ont une bonne opinion. Un jury de 34 experts et journalistes réuni par France 2 et Le Point le 30 décembre l’a classera même troisième meilleures ministres. Sa carrière croît, et ce n’est que le début.

Curriculum Vitae

C’est en mai 1973 que NKM vient au monde, à Paris. En 1992, elle intègre l’Ecole polytechnique et en 1996, devient ingénieur de l’Ecole nationale du génie rural, des eaux et des forêts. Puis c’est l’entrée en politique, avec un rapide intérêt pour l’environnement : 97, elle participe à la direction de la prévision au ministère de l’Economie. 99, elle devient responsable de la cellule environnement à la direction des relations économiques extérieures du même ministère. 2002, conseillère en développement durable du Premier ministre, députée UMP de l’Essonne, et présidente du groupe parlementaire santé et environnement. 2003, secrétaire nationale de l’UMP, chargée de l’Ecologie, et 2004, conseillère régionale d’Ile-de-France.

Enfin, en juin 2007, NKM prend la place qu’on lui connaît : secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Elle participe alors activement au Grenelle de l’environnement. Puis elle continue à gagner du terrain : en mars 2008, elle est facilement élue maire de Longjumeau (Essonne). Quelques jours plus tard, elle est promue secrétaire générale adjointe de l’UMP. Une belle reconnaissance. Finalement, ses propos houleux sur le « concours de lâcheté » ne lui ont pas été reprochés outre mesure. Cela dit, « la scandaleuse aux mains vertes », comme l’avait surnommée Le Nouvel Observateur, se voit écarté de l’environnement début 2009.

Un départ regretté

Le 15 janvier, un remaniement ministériel propulse en effet NKM secrétaire d’Etat à l’Economie numérique. « Cette promotion m’apporte une autonomie qui ne me déplaît pas », réagira-t-elle. Du côté des écologistes, en revanche, c’est l’inquiétude : « Ce n’est pas une très bonne nouvelle. Dorénavant, personne ne s’occupe plus de l’écologie », Lire la suite

A vendre : pays pauvres

nouvelobs.com, Nº 2303, Doan Bui, le 23 Décembre 2008

20 millions d’hectares sur le marché

A vendre : pays pauvres

Comment nourrir son peuple quand on a trop d’habitants et trop peu de terres cultivables ? Il suffit d’aller les chercher où elles sont. C’est ainsi que la Chine, la Corée du Sud ou les Etats du Golfe se sont lancés dans une véritable course à la terre. Ce ne sont pas seulement des récoltes qu’ils achètent mais des régions entières, dans des pays qui ont déjà du mal à alimenter leur propre population. Doan Bui raconte les premiers épisodes de ce qui sera une des grandes batailles du XXIe siècle : celle de la nourriture.

Le Soudan, j’achète !», «Et moi, le Kazakhstan !» Imaginez un Monopoly où l’on n’achèterait plus des rues, mais des pays entiers. Evidemment, comme au Monopoly, les gagnants seraient ceux qui amasseraient le plus de terres, bref, les plus riches à la banque. Les perdants ? Eh bien, ce serait les fauchés, obligés de céder leur bout de terrain pour renflouer les caisses. Ce Monopoly serait un peu particulier. Il s’agirait non pas de construire des immeubles, mais d’installer des tracteurs et des machines agricoles pour produire du blé, du riz, du maïs. Bref, de la nourriture. Ce serait un jeu où les nantis, au lieu de piquer l’hôtel de la rue de la Paix au voisin ruiné, lui faucheraient ses récoltes futures. Amusant, non ? Sauf qu’il ne s’agit pas d’un jeu.

Depuis quelques mois, une gigantesque partie de Monopoly planétaire est en train de se jouer. Et les participants jouent vite. Et gros. D’un côté, des pays riches ou émergents comme la Chine, la Corée du Sud ou les pays du Golfe, qui tous s’inquiètent pour leur sécurité alimentaire. De l’autre, une cohorte de pays pauvres comme le Soudan, l’Ethiopie, l’Ouganda, l’Indonésie, Madagascar… Des pays aux caisses désespérément vides, mais à qui il reste une richesse : leurs terres, si vastes, si prometteuses. A vendre ou à louer.
La terre ! Pour elle, les pays se sont déchirés en guerres meurtrières. Pour elle, les conquistadors ont bravé les mers inconnues, décimé les populations locales afin d’y planter leur drapeau. «La ruée vers les terres n’est pas un fait nouveau. Mais c’est peut-être la première fois dans l’histoire que le phénomène est complètement mondialisé. Et que le rythme est si rapide», s’inquiète Paul Mathieu, expert de la gestion des terres à la FAO (Food Agriculture Organization). Les cris d’alarme de la FAO ont été éclipsés par le krach financier. Et pourtant la crise alimentaire risque d’empirer. Conséquence directe des émeutes de la faim du printemps, les pays importateurs nets de nourriture ont fait de la sécurité de leurs approvisionnements alimentaires leur objectif politique numéro un. Début novembre, la Corée du Sud vient de frapper un grand coup en raflant la moitié – vous avez bien lu : la moitié ! – des terres arables de Madagascar (voir encadré ci- dessus). Mais ce n’est qu’un début. On parle de millions d’hectares en Indonésie ou en Afrique. «On n’arrive même pas à avoir des chiffres exacts tellement cela change vite», se plaint Paul Mathieu. Même l’Ethiopie, où plane à nouveau le spectre des grandes famines, veut entrer dans la danse. Pas comme acheteur, mais comme vendeur. Le Premier ministre éthiopien a déclaré qu’il était «plus que désireux» de signer des accords avec les pays du Golfe. De quoi donner des sueurs froides à Jacques Diouf, le patron de la FAO, qui s’inquiète du «risque d’un néocolonialisme agraire».

Parmi les néocolons, voici les pays du Golfe. Ils ont du pétrole, des dollars. Mais pas d’eau : il y fait si chaud et si sec qu’il faut rafraîchir les quelques bêtes du cheptel avec des ventilateurs et des machines à va peur pour éviter qu elles ne meurent… Comment nourrir la population ? Lire la suite

Les 30 ans de la Maison régionale de l’environnement de Lille

La Voix du Nord, Alicia Gaydier, le 19 janvier 2009

Emmanuelle Latouche : « La MRES a 30 ans, mais n’est pas une structure vieillissante »

Mercredi, la Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES) fête ses 30 ans lors d’une journée de débats au Nouveau Siècle, à Lille. L’occasion pour Emmanuelle Latouche, directrice de la structure, de tirer quelques bilans.

> Comment va se dérouler la journée de mercredi ?

 « Il s’agira d’une journée festive, mais aussi studieuse. Nous allons expliquer ce que la MRES pense des grands sujets qui la concernent. La matinée sera consacrée aux thématiques du développement durable et de la solidarité. Et l’après-midi, on parlera du rôle des associations dans la cité.

Beaucoup de nos partenaires institutionnels seront présents : l’État, la Région, les villes et intercommunalités… Cela fait de cette journée un moment privilégié. » > Plus précisément, à quoi sert la MRES ?

« La MRES a été créée en 1978, dans les anciens bâtiments de la faculté de géologie. Elle s’appelait alors Maison de la nature et de l’environnement (MNE). Son objectif était de permettre aux associations de travailler dans de meilleures conditions. C’est toujours notre rôle premier. Un rôle de gestion technique de moyens mutualisés, avec la mise à disposition de salles, le prêt de matériel, etc., pour nos 110 associations adhérentes.

Mais nous avons aussi un rôle d’animation de projets interassociatifs. Nous publions par exemple tous les ans un catalogue qui recense plus de 400 sorties associatives et qui est distribué gratuitement dans les offices de tourisme de la région. L’objectif est de faire se croiser les regards… La MRES abrite des associations allant de la Ligue des droits de l’homme aux Défenseurs de grenouilles… Il n’est pas forcément naturel pour eux de travailler ensemble ! »

> La MRES dispose aussi d’un centre de documentation…

« Oui, il s’agit du Centre régional d’information et de documentation sur l’environnement (CRID). C’est là notre seconde mission : celle d’informer. Nous possédons un fonds de 15 000 références documentaires destiné au grand public, mais aussi aux professionnels. Ce centre de documentation a aussi contribué à la professionnalisation du milieu associatif. »

> Quel bilan la MRES tire-t-elle de ses 30 ans d’existence ?

« Il y a bien sûr un volet amertume. Malgré notre capacité de structuration et d’innovation, nous sommes toujours sur le fil du rasoir. Lire la suite

Pont levant de Bx : Nouveau coup dur pour la CUB

Sud-Ouest, Jean-Paul Vigneaud, le 16 Janvier 2009

BORDEAUX. La déclaration d’utilité publique est remise en cause au tribunal administratif

Nouveau coup dur pour la CUB

La Communauté urbaine de Bordeaux est de nouveau confrontée à une situation difficile. Après la remise en question de l’appel d’offres pour la concession du réseau de transport en commun, voici que le pont levant Bacalan-Bastide vacille.

Dans ses conclusions, hier, au tribunal administratif de Bordeaux, Antoine Bec, commissaire du gouvernement, a effectivement réclamé l’annulation de la délibération du 21 septembre 2007. Un texte par lequel la CUB a déclaré d’intérêt général le franchissement de la Garonne via un pont mobile. Les conclusions du commissaire étant suivies dans 95 % des cas, il est désormais quasiment certain que le projet va revenir à la case départ.

Quid des travaux annexes

Cette situation réjouit les membres du « Front associatif », qui rassemble 15 associations. Il s’oppose depuis plus de deux ans au pont levant et est à l’origine des seuls recours déposés.

Les associations étaient toutes représentées, hier matin, au tribunal. Denis Teisseire, leur chef de file, intervenait alors en leurs noms, en lieu et place de l’avocat. Pour sa part, la CUB était représentée par les cabinets Cabanes et Morlas.

Présidée par Michel Delignat-Lavaud, l’audience a duré un peu plus d’une heure. Elle a mal démarré pour les opposants, plusieurs de leurs arguments étant rejetés. Et non le moindre : la concertation si contestée aurait été annoncée et menée selon les règles en vigueur.

De quoi en faire pâlir plus d’un dans l’assistance. Le vent a commencé à tourner lorsqu’Antoine Bec a évoqué la loi Loti (Loi d’orientation des transports intérieurs).

Cette loi impose une information totale sur l’ouvrage à réaliser et les travaux annexes qui en découleront. Or, dans la présentation du projet, il n’est question que du pont. « Nulle part ne sont évoqués les aménagements nécessaires de chaque côté, comme les voies de desserte », constate le commissaire du gouvernement.

« Difficile de croire qu’un tel ouvrage peut aboutir sur des carrefours classiques gérés par des feux de trafic ou de simples tourne-à-gauche », ajoute-t-il. Pour Antoine Bec, il y a donc ici problème et la jurisprudence (Conseil d’État) est incontournable.

Le seul et bon choix ?

Autre faiblesse dans le dossier : l’évaluation financière. Une estimation trop succincte, insuffisamment développée et expliquée, ne serait-ce que sur les modalités de financement.

Il y a pire, cependant, selon le commissaire : l’appréciation du projet et le bilan « coût/avantage ». Un pont levant étant trois fois plus cher qu’un pont classique, il faut obligatoirement justifier un tel choix et démontrer que l’ouvrage retenu répond bel et bien aux besoins. Ce qui ne serait pas le cas pour le projet bordelais.

« Il n’y aucune garantie que des bateaux puissent passer sous ce pont levant », résume le commissaire du gouvernement. Tout en constatant que l’avis des services maritimes figure dans le dossier, mais pas celui des compagnies maritimes qui fréquentent le port de la Lune. Si bien qu’il devient difficile d’affirmer que l’ouvrage est parfaitement conforme à ce qu’attendent les éventuels utilisateurs et qu’il s’agit donc du seul et bon choix à faire.

Ces arguments semblent suffire pour conduire à l’annulation de la délibération de septembre 2007. Antoine Bec l’affirme haut et fort en tout cas.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Lire la suite

Le futur pont levant de Bordeaux attaqué

Sud-Ouest, le 15 Janvier 2009

Le futur pont levant attaqué

BORDEAUX. Le commissaire du gouvernement a demandé devant le tribunal administratif, l’annulation de la délibération de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) qui décidait la réalisation d’un pont-levant dans le nord de la ville

Le commissaire du gouvernement a demandé jeudi à Bordeaux l’annulation de la délibération de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) déclarant d’intérêt général la construction d’un pont levant en centre-ville, suivant la requête d’une quinzaine d’associations bordelaises.  

L’avis du commissaire du gouvernement, Antoine Bec, magistrat indépendant qui dit le droit et dont les préconisations sont le plus souvent suivies par les juges administratifs, fragilise un peu plus un projet de pont sur la Garonne aux dimensions impressionnantes (426 m de long, 55 m de hauteur de levage).

L’Unesco, après avoir labellisé Bordeaux au patrimoine mondial à l’été 2007, demande aujourd’hui des comptes « sur l’impact visuel des nouveaux franchissements envisagés » de la Garonne, notamment ce pont, et des experts de l’organisation internationale doivent venir sur place le 20 janvier.

M. Bec a estimé qu’il y avait des « irrégularités substantielles » en l’absence de véritable « évaluation financière des modalités de financement ».

Il a également relevé que les aménagements des abords n’étaient pas compris dans l’enveloppe globale de plus de 120 millions d’euros mais a surtout remis en cause l’utilité même du projet.

Le magistrat a estimé que les plus gros bateaux de croisière pourraient être dans l’impossibilité « de franchir l’ouvrage » dont le coût représente « un montant triple de celui d’un pont fixe ».   

Par ailleurs, a-t-il souligné, les croisiéristes n’ont pas été consultés sur leurs intentions à maintenir Bordeaux comme destination alors même que la raison d’être de ce pont levant est de permettre le passage des paquebots jusque dans le centre de Bordeaux.
Le projet de pont levant entre les quartiers de Bacalan et de Bastide a été approuvé par la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) en septembre 2007. Il doit combler le déficit d’une ville qui ne compte que quatre ponts, dont seulement deux dans le centre.

Cet ouvrage comporte une travée mobile de 110 m, pouvant être relevée à 55 m de hauteur. Il pourrait accueillir les automobilistes sur 2×2 voies (40.000 véhicules par jour attendus), les cyclistes, les piétons ainsi que le tramway.

Le chantier a été confié au groupement GTM/GCS, pour un budget de Lire la suite

Nous ne paierons pas pour votre crise !

bastamag.net, Rédaction, le 14 janvier 2009

Nous ne paierons pas pour votre crise

« Le moment du changement est venu ! » C’est le titre de la déclaration adoptée par plus de 150 représentants des mouvements sociaux, des syndicats, des ONG, venant de vingt-cinq pays européens, qui se sont réunis à Paris du 9 au 11 janvier 2009. De cette réunion est sortie « la Déclaration de Paris » que nous reproduisons ici. Elle appelle à faire du G20 de Londres, le 2 avril, un grand moment de mobilisation en Europe, en réponse aux crises financières, économiques, sociales et écologiques.

Nous ne paierons pas pour vos crises !

Plus de 150 représentants [1] de syndicats, de groupements paysans, de mouvements de solidarité internationale, de groupes écologistes, d’ONG de développement, de groupes de migrants, de mouvements confessionnels, de groupes de femmes, de mouvements de “sans”, de mouvements étudiants et de jeunes et d’organisations luttant contre la pauvreté venus de toute l’Europe se sont rassemblé les 10 et 11 Janvier 2009 à Paris afin d’analyser collectivement les crises actuelles, de développer des stratégies communes et de débattre de demandes et d’alternatives conjointes en réponses à ces crises.

Alors que la crise financière et économique s’intensifie, des millions de femmes et d’hommes perdent leur emploi, leur logement et voient leurs conditions de vie se dégrader. Des dizaines de millions d‘entre eux vont s’ajouter au 1,4 milliard de personnes qui vivent déjà dans l’extrême pauvreté. Les crises aggravent la situation sociale, écologique, culturelle et politique dans laquelle vit la majorité de la population de notre planète.

En dépit de l’échec évident et prévisible du modèle économique actuel, les dirigeants politiques répondent en essayant de préserver un système qui est précisément responsable de ces crises. Les gouvernements ont été prompts à offrir leur garantie aux banques, aux grands actionnaires et à leurs alliés du monde de la finance, avec des centaines de milliards d’argent public. Pour résoudre le problème, ils nomment des banquiers et des responsables de multinationales : les mêmes acteurs qui ont suscité ces crises. Les travailleurs, les chômeurs, les pauvres – tous ceux qui sont touchés – n’ont reçu aucune aide dans leur combat quotidien pour joindre les deux bouts et, pour couronner le tout, ils sont maintenant supposés payer l’addition.

Les propositions des gouvernements pour gérer la crise économique qui se déploie ne s’attaquent pas aux autres dimensions de la crise que nous devons affronter aujourd’hui – justice globale, crise alimentaire, crise climatique, crise énergétique – et par là même au besoin de transformer le système économique en un modèle qui nous permettrait de satisfaire les besoins fondamentaux de tou-te-s, de garantir tous les droits humains et de restaurer et préserver les bases écologiques de la vie sur notre planète.

Le moment du changement est venu !

Nous pouvons construire un système qui fonctionne au service des peuples et de l’environnement, un système qui réponde aux besoins de tous, un système basé sur les principes de l’intérêt collectif, de l’équité mondiale, de la justice, de la durabilité environnementale et du contrôle démocratique.

Comme premier pas, des mesures immédiates doivent être mises en oeuvre pour répondre aux impacts sociaux des crises sur les populations, tout en soutenant une transformation écologique de l’économie. Lire la suite

Le“Grenelle 2” validé par le conseil des ministres

novethic, Rouba Naaman, le 8 janvier 2009

Le“Grenelle 2” validé par le conseil des ministres

Le ministre de l’écologie a présenté au conseil des ministres du 7 janvier son projet de loi d’application du Grenelle de l’environnement, une « boite à outils juridiques » censée permettre d’atteindre les objectifs définis dans la loi de programmation du Grenelle. Malgré plusieurs mesures intéressantes, le texte déçoit en partie les associations, qui dénoncent un recul et des incohérences.

« La troisième brique » de la construction du Grenelle de l’environnement, après la loi de programmation, dite “Grenelle 1”, et la loi des finances de 2009. C’est ainsi que le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo décrit le projet de loi baptisé “Engagement national pour l’environnement”, mais plus connu sous le nom de “Grenelle 2”. Le texte, constitué de 104 articles regroupés en 6 catégories (urbanisme, transports, énergie, biodiversité, risques-santé-déchets et gouvernance), a reçu le feu vert du conseil des ministres lors de sa présentation le mercredi 7 janvier. Il se veut une « boite à outils juridiques » permettant d’atteindre concrètement les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement. Une « boite à outils incomplète » selon l’association France nature environnement.

Quelques positions intéressantes

Parmi les mesures phares du projet de loi, on note quelques avancées ambitieuses, saluées par l’Alliance pour la planète : une modification du code de l’urbanisme permettant de simplifier l’application des directives actuelles ; l’obligation de l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments du tertiaire avant 2020 ; la prise en compte obligatoire des plans climat-énergie territoriaux ; et l’interdiction de la publicité sur les produits phytosanitaires à destination des particuliers. En ce qui concerne ce dernier domaine, la prise de position est inédite. Le chapitre « biodiversité » propose une refonte complète d’un chapitre du code rural, pour renforcer les exigences nécessaires à l’obtention de l’agrément pour les distributeurs de pesticides, notamment en matière de formation.

Projet de loi pour une empreinte écologique

Le député Vert Yves Cochet a présenté à l’Assemblée nationale, jeudi 8 janvier au matin, une proposition de loi tendant à réduire l’empreinte écologique de la France. Selon le député, « il s’agit d’un outil applicable à toutes les échelles, géographiques ou sectorielles » qui permettrait d’évaluer précisément l’efficacité des mesures inscrites dans le Grenelle de l’environnement. Le texte engagerait par ailleurs la France dans la réduction de moitié de son empreinte écologique entre 2009 et 2025. Le WWF France, qui promeut le concept d’empreinte écologique depuis plusieurs années, soutient la proposition de loi et appelle « tous les parlementaires à se rallier à cette idée ».

Le projet de loi prévoit également la création d’un label d’autopartage, d’une certification « Haute valeur environnementale » des exploitations et produits agricoles, d’un éco-label pour les produits de la pêche, et d’une définition de la pollution lumineuse. « Ce n’est pas un texte d’application du Grenelle 1, qui peut s’appliquer par lui-même, mais un complément concernant les territorialités et les entreprises » insiste le ministre de l’écologie. Globalement, le texte renforce le pouvoir décisionnel des collectivités locales, pour ne pas dire qu’il laisse à la charge des acteurs locaux la responsabilité de l’application des objectifs du Grenelle, dans des domaines aussi variés que les transports, l’habitat ou la gestion des ressources en eau.

Incohérences

L’Alliance pour la planète regrette cependant le manque de dispositions concrètes en terme de fiscalité – selon le Ministère, ces dispositions sont inclues dans la loi des finances 2009, dont « 35% des mesures sont de la fiscalité verte » explique la secrétaire d’Etat à l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet. La coalition d’associations souligne également les « lacunes de l’ensemble du processus du Grenelle », Lire la suite

Les Verts : la fin d’un cycle et ses raisons

ecorev.org, André Gattolin, le 9 janvier 2009

Les Verts : la fin d’un cycle et ses raisons

L’histoire des Verts montre comment la reprise des thématiques du tiers-mondisme et de l’anti-nucléaire ont prévalu à l’émergence des thèmes de l’écologie politique en France, dans les années 70. André Gattolin, spécialiste des médias, ancien directeur des études et actuellement en cours de rédaction d’une thèse sur l’activisme et le « hoax » revient sur la façon dont le parti écologiste a perdu ces thèmes et son substrat environnementaliste, sans pour autant réussir à renouveler ses soutiens au sein des nouvelles formes d’activisme. Conséquemment, il estime que le « tout-électoralisme » qui occupe Les Verts depuis des années serait à l’origine de la perte d’une base sociale et militante qui lui serait nécessaire pour devenir une force politique importante.

En 1974, l’écologie fit une entrée remarquée sur la scène politique française grâce aux 1,32 % obtenus par René Dumont à l’élection présidentielle. À l’époque, la mouvance écologiste, déjà florissante aux Etats-Unis, était encore balbutiante en Europe. En France, on se préoccupait fort peu des questions environnementales : le pays vivait dans l’état de choc (pétrolier) et pleurait la fin de trois décennies de croissance élevée de la production industrielle et de la consommation des ménages.

Mai 2007, la candidate des Verts, malgré sa notoriété, parvient péniblement à rassembler 1,57 % des voix. Plus qu’un désaveu personnel, c’est un terrible échec pour un parti en pleine ascension voilà encore peu. D’autant que les législatives de juin, loin d’infirmer la tendance, sont venues entériner le reflux. La prise de conscience écologique n’a pourtant jamais été aussi forte qu’au cours de ces dernières années. La consommation de produits bio connaît un véritable essor, les réflexes écologiques rentrent dans les habitudes quotidiennes des citoyens et même de certaines entreprises, les ONG environnementalistes jouissent d’un flux incessant de nouveaux adhérents et les green technologies suscitent aujourd’hui dans les milieux économiques un intérêt comparable à Internet à la fin des années 90. Quant à la campagne électorale proprement dite, on ne peut nier la place de choix occupée par la question du réchauffement climatique.

Les explications généralement en usage chez les Verts pour justifier la défaite ne tiennent guère. L’argument de la concurrence et de la multiplication des candidatures n’est pas recevable : Dominique Voynet était cette fois-ci l’unique compétitrice de la famille écolo, et les piètres résultats de Bové, Laguiller et Buffet ne permettent pas de comprendre l’évaporation de l’électorat vert. Quant à la thèse du « vote utile » en faveur du parti socialiste, elle est à double tranchant : elle revient à reconnaître implicitement le caractère peu attractif et faiblement distinctif du vote vert. Croire les Verts victimes pour l’essentiel d’un « effet 21 avril » ou de la volonté des électeurs de faire barrage à Sarkozy est une manière habile mais dangereuse de se masquer la réalité. Lors des législatives de 2002 et dépit de la forte bipolarisation PS-RPR qui avait résulté de l’échec de Jospin à la présidentielle, les candidats Verts avaient réussi à rassembler 4,51 % des voix avec une présence limitée à un peu plus des trois quarts des circonscriptions.

Loin d’être réductible à un phénomène conjoncturel, cette suite de revers entérine la fin d’une époque durant laquelle les Verts, malgré un effectif groupusculaire, parvenaient à prospérer électoralement et jouissaient en tant que parti d’une exceptionnelle sympathie au sein de l’opinion. Ces temps-là semblent révolus et l’image de la formation s’est dégradée. Contrairement aux Grünen (Allemagne) et à Écolo (Belgique francophone), les Verts n’ont pas su tirer profit de leur cure forcée d’opposition, et ils semblent balayés par la nouvelle donne politique instaurée par la présidentielle. Lire la suite

FNE : Ubu au Grenelle !

France Nature Environnement, le 19 septembre 2008, communiqué de presse

Fiscalité écologique : halte au feu !

Les déclarations prêtées au Premier Ministre sur la fiscalité écologique mettent le feu. FNE ouvre le robinet.

Les bonnes questions. Pour Sébastien Genest, Président de FNE, « La question n’est pas de savoir s’il faut sauver le soldat Borloo, la question est de savoir si tous les acteurs du Grenelle ont ou non le courage de porter le compromis qu’ils ont signé le 26 octobre 2007, plutôt que de faire pression sur les parlementaires pour reprendre d’une main ce qu’ils ont donné de l’autre. La question n’est pas de savoir si le bonus malus est remis en cause mais comment il va s’appliquer intelligemment secteur par secteur. La question n’est pas de savoir qui va gagner la bataille de la communication ou aller à Matignon, la question est de savoir comment faire en sorte que le Grenelle change la vie des français ».

La concertation a eu lieue. Arnaud Gossement, porte parole de FNE souligne : « Demander de la concertation à propos de mesures fiscales qui ont fait l’objet l’an dernier, lors du Grenelle, de milliers d’heures de négociations et de bien des nuits blanches est tout simplement ubuesque ! La concertation entre acteurs doit aujourd’hui faire place à un débat parlementaire serein ».

Oui au pouvoir d’achat écologique. Arnaud Gossement poursuit : « Déclarer que la fiscalité écologique peut être contraire au pouvoir d’achat est tout simplement malhonnête / La fiscalité écologique est celle qui donnera la liberté au consommateur de choisir des produits moins chers, plus sains et plus respectueux de l’environnement. »

Le devoir d’honnêteté. Pour FNE, les anti-Grenelle devraient avoir le courage d’assumer leur défense d’un modèle économique ruineux pour l’environnement et injuste socialement. Faut-il encore rappeler que ce sont les plus modestes qui sont les premières victimes de la crise écologique ?

Sites FNE et SEPANSO Aquitaine Lire la suite

Trame verte et bleue : l’opposabilité ne serait pas d’actualité

Journal de l’environnement, Agnès Ginestet, le 17 septembre 2008

Trame verte et bleue: l’opposabilité ne serait pas d’actualité

L’une des dernières versions du projet de loi Grenelle 2 ne poserait pas clairement le principe d’opposabilité de la trame verte et bleue dans les documents d’urbanisme. Selon France nature environnement (FNE), le texte ne définirait pas non plus d’outils permettant de repérer et de gérer les zones de continuité écologique.

Les documents d’urbanisme -Schémas de cohérence territoriale (Scot) et Plans locaux d’urbanisme (Plu)- devront «tenir compte» des schémas régionaux de cohérence écologique, outils qui définiront les zones de continuité écologique à préserver: c’est ce que le projet de loi Grenelle 2 indiquerait au sujet de la mise en place de la trame verte et bleue (1). Selon Maxime Paquin, chargé de mission Milieux naturels à FNE, l’opposabilité souhaitée par les ONG n’aurait donc pas été retenue lors des arbitrages interministériels. «Le Comité opérationnel trame verte et bleue du Grenelle avait abouti à la solution de «compatibilité» entre documents d’urbanisme et trame verte et bleue, c’est-à-dire une réelle opposabilité. Mais il y a eu retour en arrière», constate-t-il. Pour Christophe Aubel, directeur de la ligue Roc et responsable du pôle nature de FNE, l’introduction des continuités écologiques dans le droit de l’urbanisme est certes un acquis important, mais la «compatibilité» implique une «obligation plus forte», et «le terme ‘tenir compte’ par son imprécision ouvre la porte au contentieux». Par ailleurs, toujours selon FNE, l’opposabilité n’est pas clairement établie concernant les projets de grandes infrastructures, en particulier au sujet des lignes à grande vitesse (LGV). «Pour nous, toutes les études de Réseau ferré de France (RFF) doivent intégrer les continuités écologiques» Lire la suite