Les vers : Ils fertilisent, labourent… et règlent le climat

metrofrance.com, Nadia Loddo, le 22 avril 2009

Des vers tellement verts

Ils fertilisent, labourent…et règlent le climat.

Que ferait-on sans les vers de terre ? “Lorsqu’on parle de biodiversité, on parle rarement de ces bestioles, souligne Denis Loyer, directeur adjoint des opérations techniques à l’Agence française de développement (AFD), et pourtant, ils ont un rôle essentiel dans la production de nourriture.” Les vers de terre sont en effet un seul long tube digestif qui transforme les déchets organiques (comme les résidus de culture) en un puissant fertilisant. C’est le principe du compostage !

Arrêter le labour

Si les pesticides peuvent nuire à ces discrètes créatures, leur pire ennemi est le labour de la terre. Les vers sont les victimes des tracteurs, des charrues et des oiseaux et la microvie des sols est tuée par les rayons UV. “La différence est énorme : là où la terre est labourée, on trouve jusqu’à 50 kg de vers par hectare contre 2 à 4 tonnes où l’on ne laboure pas”, souligne Denis Loyer. Après plus d’un demi-siècle d’agriculture intensive, beaucoup de sols sont aujour­d’hui biologiquement morts, avec un maigre 1% de matière organique.

Pour prévenir les inondations

Les engrais chimiques sont alors utilisés pour alimenter les plantes, mais ils ne reconstituent pas le capital de fertilité des sols. De plus, les vers labourent la terre en profondeur, creusant des galeries qui permettent à l’eau de pluie d’y pénétrer au lieu de s’écouler. C’est aussi bien une garantie contre les inondations qu’un moyen de ne pas gaspiller d’eau là où il n’y en a pas.  “Cette agriculture sans labour, ou agroécologie, s’impose comme l’une des solutions d’avenir pour nourrir le monde, selon Denis Loyer. La superficie cultivée ainsi augmente de 15% par an.”

Lutter contre le réchauffement climatique

C’est une bonne nouvelle… Et pas seulement pour les vers ! En effet, dans les cercles très sérieux des experts du climat, on regarde de plus en plus vers les sols pour lutter contre le réchauffement. “La matière organique, c’est du carbone. Or, l’agroécologie permet d’accroître la matière organique dans les sols, entraînant la retenue d’environ trois tonnes de CO2 par ha et par an de l’atmosphère”, souligne Denis Loyer. Pour mémoire, une voiture émet environ trois tonnes de CO2 par an. Comme les arbres qui emprisonnent du carbone pendant leur croissance, les sols stockent du CO2 au fur et à mesure qu’ils s’enrichissent en matière organique. C’est pourquoi certains experts estiment que le développement de l’agroécologie pourrait permettre une baisse du carbone dans l’atmosphère aussi importante que si l’on enrayait la déforestation.

 

 

Les économistes face à la crise

ladocumentationfrançaise.fr, Problèmes économiques N° 2 970, le 29 avril 2009

Les économistes face à la crise

Pour les différentes écoles de pensée de la science économique, la crise est avant toute chose un concept alimentant depuis des décennies controverses et débats théoriques. Les économistes classiques y voient la simple défaillance d’un système fondamentalement efficace : une turbulence périodique et passagère. Les autres, les économistes non orthodoxes, considèrent au contraire qu’elle constitue une véritable rupture, un moment de mutation profonde débouchant sur de nouvelles formes de la régulation économique. La crise historique que traverse le monde aujourd’hui n’échappe pas à cet éternel débat.
Les économistes face à la crise

Editorial
Comprendre la crise

Une crise si profonde…

Politique internationale

Jean-Hervé Lorenzi

Robert J. Shiller : du visionnaire à l’inventeur

Finances et développement

Paolo Mauro

La crise financière : un prétexte au retour de l’Etat ?

Institut Hayek

Charles De Smet

Krugman, d’une crise à l’autre

La Vie des idées

Thomas Mélonio

Keynes, le grand retour ?

Relancer l’économie… mais à certaines conditions !

OFCE
Xavier Timbeau

Peut-on recourir à la politique budgétaire ? Est-ce souhaitable ?

Idées
Robert M. Solow

« Keynes : une idée géniale, des outils dépassés »

Enjeux – Les Echos

Entretien avec Jean-Paul Azam Lire la suite

Cerexagri à Bassens : Avis favorable

sudouest.com,  Yannick Delneste, le 29 Avril 2009

BASSENS, CEREXAGRI. Le rapport d’enquête publique s’avère bienveillant envers la demande d’exploitation de nouveaux produits phyto-sanitaires dont les opposants restent mobilisés

L’avis favorable du commissaire enquêteur

La conclusion est volontiers longue mais mérite de la retranscrire dans sa quasi-intégralité (lire ci-dessous). Son avis est consultatif mais il marque une nouvelle étape dans le dossier Cerexagri et son projet de nouvelles activités (1) soumis à une enquête publique qui a pris fin à la mi-mars : le commissaire enquêteur a rendu il y a quelques jours un avis favorable au dossier de demande d’autorisation d’exploiter. Son rapport est consultable en mairie. Cet avis n’est donc pas décisif, mais dans le climat actuel régnant autour de Cerexagri (filiale du groupe indien United Phosphorus Limited), il revêt une importance plus attendue que sur d’autres dossiers plus classiques. Depuis un mois, le projet de transfert de deux activités, jusque-là développées sur le site sarthois de Vaas par Cerexagri, fait l’objet de vifs débats. En conseil municipal de Bassens d’abord où l’avis favorable a été voté d’une courte tête, tandis que l’ensemble des communes consultées des alentours ont voté contre. Sur la place publique enfin via un mouvement de protestation emmené par des proches riverains du site, demandant le retrait pur et simple du projet.

Incompréhension « logique »

En cause notamment : le methyl parathion, l’un des trois pesticides que Cerexagri compte micro-encapsuler à l’avenir. D’une toxicité importante, le produit est interdit d’utilisation en France comme dans l’Union européenne, mais autorisé dans des pays comme l’Australie, les États-Unis ou la Turquie. Selon le commissaire enquêteur visiblement, la société aurait apporté les garanties et les engagements suffisants quant aux observations déposées sur le registre de l’enquête publique.

Dans son rapport, le rédacteur rappelle la dangerosité du produit en question et la « logique » incompréhension d’une population sur son interdiction d’utilisation mais sa possibilité de fabrication. Rappelant les vingt ans d’activités à Vaas, il reconnaît à la société Cerexagri sa volonté de réduire le nombre de molécules utilisées en agro-pharmacie. Les opposants pétitionnaires n’étant pas intervenus sur ce registre, les principales questions émanaient en effet du comité de veille de Bassens, structure composée d’élus locaux, habitants des quartiers et représentants associatifs. Il a notamment interpellé l’entreprise sur la mesure des rejets, le périmètre de toxicité et bien sûr concernant le méthyl parathion. Rappelant l’interdiction d’utilisation en Europe, ce comité faisait part de sa « grande inquiétude », souhaitant que, « à brève échéance, la société Cerexagri remplace le méthyl parathion par d’autres molécules moins dangereuses ». Sur cette observation, aucune de réponse de la société n’est consignée dans le rapport au contraire des huit autres.

Dans les mains du préfet

Après cet avis rendu par le commissaire enquêteur, le dossier Lire la suite

Fête nationale de la cuisson solaire et écologique le 8 mai 2009

boliviainti-sudsoleil.org, avril 2009

Fête nationale de la cuisson solaire et écologique le 8 mai 2009

Retrouvez toutes les initiatives solaires (démonstrations, portes ouvertes.) près de chez vous sur la carte interactive ci dessous (la mise à jour des événements sera régulière. Venez rencontrer les adhérents et les relais de Bolivia Inti – Sud Soleil qui soutiennent l’action de l’association dans les Andes et utilisent en France des cuiseurs solaires et écologiques.

Avec la Fête de la cuisson solaire, faites un geste pour la Planète !

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Imaginons une bio-Constitution pour servir la planète

lemonde.fr, Dominique Bourg, le 28 avril 2009

Imaginons une bio-Constitution pour servir la planète

Dominique Bourg est professeur de philosophie à l’université de Lausanne et membre du comité stratégique de la Fondation Nicolas Hulot.

Quelle que puisse être l’issue de la crise actuelle, le monde où nous entrons sera profondément différent de celui que nous quittons. Cela est acquis pour les environnementalistes, mais pas encore pour tout le monde.

L’expression « inversion des raretés » caractérise assez bien l’époque qui vient. A une population mondiale de 7 milliards d’individus – 9 au milieu du siècle – dotée d’un pouvoir d’achat et de capacités technologiques croissants, s’opposera une planète exsangue.

Il est probable que nous ne parvenions jamais à extraire plus de 100 millions de barils de pétrole par jour. A consommation constante, nous aurons épuisé au début du siècle prochain la dote fossile de l’humanité. Les réserves d’or, d’argent et de palladium s’élèvent, à consommation également constante, à une quinzaine d’années ; elles se situent entre 15 et 30 ans pour le plomb, le cuivre ou le zinc, etc. Nous provoquons la disparition de nombre d’espèces, les services écologiques que nous rendent les écosystèmes sont pour 60 % d’entre eux dégradés.

A quoi s’ajoute le changement climatique. Avec une hausse d’un degré de la température moyenne, c’est l’Ouest des Etats-Unis, du Texas au Dakota, qui pourrait redevenir ce qu’il fut il y a quelques millénaires : un immense désert de sable. Ce sont de longs épisodes de sécheresse affectant régulièrement l’Angleterre. Ce sont des ouragans touchant déjà l’Espagne qui pourraient s’étendre à la Méditerranée, etc.

On peut toujours croire que le génie humain permettra non seulement de continuer à honorer les promesses de la fête industrielle, mais de les étendre à des centaines de millions de consommateurs nouveaux.

Qu’on me permette d’en douter. Cette croyance repose sur un raisonnement par induction étroit. Certes, les exemples qui attestent de la capacité de sociétés à se sortir d’impasses ne manquent pas. Une déforestation précoce avait conduit la Londres du XIIIe siècle à se chauffer au charbon ; un ingénieur anglais avait calculé au seuil du XIXe siècle que le crottin de cheval devait atteindre à la fin du siècle le premier étage des immeubles londoniens ; les révolutions vertes successives n’ont cessé de contredire Malthus.

Ces exemples ne confirment qu’une chose : qu’il en est allé maintes fois ainsi, ce qui ne prouve nullement qu’il en ira toujours de la sorte. Le croire reviendrait à omettre trois choses. La première est qu’il existe de nombreux contre-exemples : l’abandon par les Anasazis du Chaco Canyon, la ruine de la civilisation des Mayas, la chute des établissements vikings de l’Est et de l’Ouest en terre groenlandaise, l’effondrement de la civilisation pascuane, etc.

La seconde raison est la systématique de la crise. Nous faisons face à la finitude sur quasiment tous les fronts. Enfin, les sociétés de marché modernes sont organisées pour satisfaire les désirs infinis d’un nombre d’hommes jamais égalé, et qui devrait encore croître.

Le recours à des instruments économiques comme les « politiques carbone » ne saurait à lui seul nous sauver. Ces politiques seront le vecteur de bouleversements plus profonds, touchant l’organisation même de nos sociétés. Il y a, en effet, une contradiction frontale Lire la suite

Faisons vite, ça chauffe ! Les bons conseils de l’ADEME…

http://www.terre.tv/, ADEME, le 28 avril 2009

Faisons vite, ça chauffe ! Les bons conseils de l’ADEME…

A l’heure où les questions environnementales interviennent de plus en plus dans nos choix quotidiens, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), l’un des acteurs principaux en matière d’énergie et d’environnement en France, nous donne de bons conseils pour des alternatives pratiques et écolos !

A l’attention des particuliers, les spots de pub de l’ADEME, diffusés sur TerreTv, nous invitent à consulter dès maintenant et gratuitement les conseillers des espaces Info-Energies de l’ADEME… Que cela soit pour nous aider à choisir un logement économe en énergie ou pour nous faire découvrir l’éco-prêt à taux zéro, les conseillers de l’ADEME sont à notre disposition et répondent à toutes nos questions.

Et puisque Monsieur Toulemonde n’est pas le seul à avoir son rôle à jouer dans la préservation de l’environnement, l’ADEME se propose aussi d’aider les collectivités locales, qui sont, par leurs décisions, au cœur des enjeux liés au réchauffement climatique. Pour les aider à mettre en place les « Plans Climat Territoriaux » (adaptation du Plan Climat au niveau des territoires), l’ADEME met à disposition sur TerreTv un module de sensibilisation et de mobilisation des élus et des directeurs de services. Rappelons que le « Plan Climat territorial » doit permettre aux collectivités d’identifier sur leur territoire les principales activités responsables d’émissions de gaz à effet de serre, de façon à déployer des plans d’action et une politique climatique cohérente sur l’ensemble de leur territoire.

Spots de l’ADEME « Faisons vite, ça chauffe ! » : plus d’infos Lire la suite

Les indigènes s’emparent de la crise climatique

youphil.com, Solène Cordier, 27/04/2009

Les indigènes s’emparent de la crise climatique

Réunis pendant une semaine en Alaska, les représentants des communautés autochtones ont élaboré une déclaration commune en vue du sommet international sur le climat en décembre.

Un événement important dans l’agenda de la planète Terre vient d’avoir lieu. En toute discrétion. Pendant une semaine, près de 350 représentants de communautés autochtones et des observateurs de 80 pays se sont réunis en Alaska, à Anchorage. L’objectif : démontrer que les populations indigènes ont des solutions à apporter face aux transformations du climat.

« Notre Terre mère ne se trouve pas confrontée à une période de changements climatiques mais à une crise climatique » indique le document final publié à l’issue du sommet. Or, comme le rappelait à l’ouverture Patricia Ochran, présidente de « la Conférence Inuit circumpolaire » (CIC) qui organisait la rencontre, « les populations indigènes sont celles qui sont le moins responsables de ces changements climatiques, mais certainement aussi celles qui sont les plus touchées ».

« Repenser nos relations avec notre Terre mère »

Les peuples autochtones, ou indigènes, représentent environ 370 millions de personnes à travers le monde. Ils sont présents dans 90 pays. Alors que les scientifiques s’alarment chaque jour davantage des conséquences du réchauffement climatique, le rapport ancestral de ces populations à la nature pourrait enfin être pris en compte.

Présent au sommet, c’est ce que le président de la 63è session de l’assemblée générale des Nations Unies Miguel d’Escoto Brockmann appelle de ses vœux. « Il est temps de changer et de repenser nos relations avec notre Terre mère », a-t-il déclaré, en soulignant l’importance de mener une réflexion commune avec les peuples indigènes.

L’idée n’est pas nouvelle, même si elle peine à se faire connaître. Pour Jean-Patrick Razon, directeur de l’ONG Survival International, qui œuvre depuis quarante ans pour défendre les droits des indigènes, « nous Occidentaux devrions prendre exemple sur leur manière de vivre leur environnement. Ce ne sont pas des prédateurs, ils prélèvent seulement ce qui leur est nécessaire ».

Une connaissance millénaire de leur environnement

Qu’il s’agisse des 320 habitants de Newtok, dans l’Arctique, forcés de déplacer leur village en raison de la fonte des glaces ou encore des Pygmées, amenés à bouleverser leurs techniques de chasse et de pêche à cause de la baisse des précipitations et de l’augmentation des feux de forêt, tous subissent des modifications très importantes dans leur quotidien. Un nouveau mot a même été inventé pour définir le phénomène qui les touche : « climigration ».

« Je suis toujours extrêmement surprise de voir à quel point nos défis, à nous peuples autochtones, se ressemblent, alors que nous venons d’environnements très différents, de l’Arctique au Pacifique », confie Gunn-Britt Retter, la représentante de la délégation sami -lapone- à Anchorage. La multiplicité des situations rencontrées engendre de nouvelles pratiques, une adaptation quotidienne aux nouvelles donnes de leur environnement. Présenter ces réponses spécifiques, régionales, constituait un des objectifs du sommet.

« Dans les îles Andaman situées dans l’Océan Indien, des populations autochtones vivent dans un certain isolement. Quelques jours après le tsunami de décembre 2004, les autorités indiennes ont survolé ces territoires, situés en plein épicentre du séisme, persuadées de déplorer de nombreuses morts. Aucun indigène n’avait été touché », raconte Jean-Patrick Razon. Grâce à leur connaissance millénaire de leur environnement, les habitants des îles Andaman Lire la suite

Le réchauffement climatique s’accélère ? Accélérons notre mobilisation !

TACA, Jean Sireyjol, le 27 avril 2009

Le réchauffement climatique s’accélère ? Accélérons notre mobilisation !

La réussite de la mobilisation pour le « Picnic sans carbone » du 17 mai à Bègles sera la somme des actions de chacun d’entre nous. Comme pour la réduction des émissions de CO2 pour protéger le climat, il faut s’y mettre tous, et tout va compter !

Selon votre disponibilité, voici ce qui est le plus utile, commençant par le plus important:

1) en parler autour de vous dès maintenant, à vos amis, votre famille, vos collègues de travail: en plus du mail, la voix, et l’échange en face à face est indispensable pour convaincre et entrainer.

2) poser dès cette semaine des affiches dans les lieux publics où vous êtes connus (crèche, école, collège lycée, cafeteria, salles de sport, cabinet médical, commerçant sympa, etc..). Idéalement avec l’affiche le tableau de soutien AVEC VOTRE NOM pour recueillir les adresses mail de ceux qui veulent ainsi marquer leur soutien, plus quelques tracts en libre service. Nous disposons à Bègles d’exemplaires sur papier que nous pouvons vous donner, il suffit de demander par mail.

3) Le site web est le point d’accès à l’association, aux informations sur le picnic (les documents sont téléchargeables) et permet aux nouveaux supporters de nous contacter par mail. Il faut inciter à l’utiliser et merci pour toutes les suggestions d’amélioration.

Voilà le programme.

Pour ceux qui veulent en faire plus, les volontaires seront accueillis à bras ouverts, il suffit de le demander et on vous proposera, selon vos gouts, de tracter sur les marchés ou participer à l’organisation du picnic ou tout autre idée à votre initiative.

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Les Européens et le changement climatique

europarl.europa.eu, parlement européen et CE, avril 2009

Changement climatique

Les principaux résultats de cette étude sur le changement climatique, menée conjointement par le Parlement européen et la Commission européenne, attestent d’une réelle prise de conscience chez les Européens et d’une volonté d’agir de façon plus « éco-responsable ».

Actuellement, juste après la pauvreté, le changement climatique est vu par les Européens comme le problème le plus sérieux pour la planète. Si plus de la moitié d’entre eux se déclarent assez bien informés sur le changement climatique, nombreux sont, toutefois, ceux qui se disent encore mal informés.

Interrogés sur les actions à prendre, la majorité des Européens estiment que ni l’industrie, ni les gouvernements, ni les citoyens, ni l’UE n’en font assez pour lutter contre le changement climatique. Trois sur quatre condamnent surtout l’industrie.

Cette étude montre que de plus en plus d’Européens prennent personnellement des mesures pour lutter contre le changement climatique, tant au niveau de leurs habitudes de consommation (tri des déchets, réduction de la consommation d’énergie et d’eau de leur foyer, réduction de la consommation de produits jetables, achat de produits locaux et de saison) que dans leur mode de transport. On note encore des efforts à faire au niveau des énergies renouvelables.

Dernier fait marquant, 44% des Européens déclarent être prêts à payer davantage pour lutter contre le changement climatique.

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Réchauffement climatique : Le pari écologique d’Obama

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 28 avril 2009

Réchauffement climatique : Le pari écologique d’Obama

Nouveaux « défenseurs » de la lutte contre le réchauffement cimatique, les États-Unis restent le plus grand émetteur mondial de CO2 par habitant.

Le président américain a organisé à Washington, hier, lundi 27 avril, un Forum des états les plus pollueurs de la planète. Héritier d’un certain laissez-faire écologique de l’administration américaine, Barack Obama veut reprendre le flambeau d’une politique environnementale plus agressive. Non sans arrière-pensée économique.

Devenu le nouveau « pourfendeur » des gaz à effet de serre (GES), Barack Obama multiplie les appels du pied pour faire entendre sa voix. Les plus gros émetteurs de GES, dont l’Inde et la Chine, se sont réunis lundi 27 avril à Washington pour préparer un éventuel texte commun en vue de la conférence des Nations-Unies de Copenhague qui doit jeter en décembre les bases de l’après Kyoto.

Après des décennies d’inaction, le fossé sera dur à combler pour les États-Unis, considérés comme les plus gros producteurs de GES de la planète. En particulier face à l’Europe, qui, malgré quelques voix discordantes, a lancé depuis quelques années une politique ambitieuse de lutte contre les émissions de CO2.

Le nouveau président américain propose de réduire d’environ 15% les émissions américaines de dioxyde de carbone d’ici à 2020, ce qui les ramènerait au niveau de 1990. Un effort « conséquent » après un Georges Bush qui n’avait pas voulu signer le Protocole de Kyoto, mais jugé bien insuffisant par l’UE qui souhaiterait un engagement deux fois plus important. Lors de la réunion des ministres de l’environnement, qui s’est tenu le 23 avril à Syracuse en Italie, les Européens ont rappelé qu’ils se prononçaient eux, unis cette fois, pour une réduction minimale de 20% avant 2020, sur la base de leurs émissions de 1990. Une sacré différence ! 

Un enjeu économique pour le leadership américain

Pour Barack Obama, le calcul est aussi économique. En s’engageant pleinement dans la lutte contre un fléau considéré comme l’un des principaux enjeux du XXIe siècle, le président américain tient avant tout à redorer le blason d’une Amérique sérieusement ternie par des années d’administration Bush. À la clé : de nouveaux marchés qui pourraient s’ouvrir aux industriels américains, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables avec le solaire et l’éolien. Un levier économique non négligeable à l’heure d’une crise mondiale où le développement durable reste l’un des rares secteurs en croissance. Et Barack Obama n’a pas manqué d’y voir également la possibilité d’un nouveau leadership américain : « Le pays qui mènera le monde dans la création de nouvelles sources d’énergie sera le pays qui dominera l’économie mondiale du XXIe siècle. L’Amérique peut être ce pays ». 

La croissance par l’énergie

« La vérité, c’est que Lire la suite

Borloo : « Soit vous faites bouger tout le monde, soit ça se terminera mal »

terra-economica.info, Bertrand Desprez, David Solon, Simon Barthélémy, le 27 avril 2009

Jean-Louis Borloo : « Soit vous faites bouger tout le monde, soit ça se terminera mal »

Mettez dans une même pièce un ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, un scientifique de renommée internationale, Jean Jouzel, et un économiste spécialiste du climat, Stéphane Hallegatte. Vous obtiendrez un débat engagé et réchauffant. Morceaux choisis.

Les dernières études indiquent que les pires scénarios climatiques sont en train de se réaliser. Qu’en est-il ?

Jean Jouzel : Les choses sont claires. Pour limiter l’élévation des températures à 2° par rapport à 2000, il nous faut diviser nos émissions de gaz à effet de serre par 3 d’ici à 2050. En les divisant par 2, nous n’avons aucune chance d’y parvenir. Pour cela, nos émissions doivent décroître dès 2015, c’est-à-dire immédiatement, alors qu’elles n’ont jamais augmenté aussi rapidement. Toute la question est de savoir si nos sociétés, nos politiques sont disposés, dès aujourd’hui, à prendre les mesures qui s’imposent.

Stéphane Hallegatte : Jean Jouzel parle d’action immédiate. Il a raison. C’est en effet très paradoxal d’envisager que nous sommes face à des phénomènes climatiques qui vont s’étendre sur plusieurs siècles, mais que la nature et l’ampleur de ces phénomènes vont se décider dans les deux ou trois années à venir. C’est pour cette raison que l’enjeu de la conférence sur le climat de Copenhague, en décembre prochain, est gigantesque. Rater cette échéance aurait une incidence forte sur le très long terme.

Le seuil de danger, soit 2° d’augmentation des températures, risque d’être atteint. Comment l’éviter ?

J.J. : Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais, même si nous parvenons à stabiliser la température à + 2°, cela ne garantit aucunement un monde calme. Il faut suivre les recommandations de mon confrère James Hansen, de la Nasa, qui n’est pas optimiste. Il part des objectifs européens de réduction des niveaux de concentration de CO2 dans l’atmosphère. Notre continent s’est fixé un niveau ambitieux de 550 particules par million [ppm]. Problème : il est insoutenable ! Et plus inquiétant encore : atteindre 450 ppm – ce qui suppose un effort très soutenu – n’empêcherait ni la disparition des glaces de la planète ni l’élévation très sensible du niveau des mers. Hansen conclut donc qu’il n’y a pas d’autre choix que de se limiter à 350 ppm si l’on veut conserver notre climat dans l’état où il se trouve aujourd’hui. Or nous en sommes déjà à 380 ppm.

S.H. : 450 ppm, ce serait déjà pas mal.

Cet objectif de 350 ppm est-il envisageable ? Ce chiffre est-il compréhensible pour le grand public ?

J.J. : Non, c’est dur. Communiquer sur la nécessité de diminuer la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère, cela signifie stopper toutes les centrales à charbon immédiatement, replanter massivement des arbres… Techniquement, pourquoi pas dans l’absolu. C’est, en revanche, plus difficile de communiquer là-dessus.

Jean-Louis Borloo : Ce dont je suis certain, c’est qu’il faut dire à tous que c’est faisable, que c’est le progrès et que ce n’est nullement un retour en arrière. D’où vient cette problématique du changement climatique ? D’un fondement économique qui a lui-même un fondement énergétique qui n’est pas indispensable, ni vital. Nous sommes en train de vivre une parenthèse extraordinaire. Et dans l’histoire de l’humanité, cette parenthèse sera considérée comme la parenthèse du tandem pétrole-charbon, dominé par le pétrole. C’est une anomalie. Tout le monde peut bien comprendre qu’une fraise qui parcourt 10 000 km n’est pas une absolue nécessité pour l’humanité. De même que d’avoir de la mobilité quasi exclusivement par des moteurs thermiques n’est pas une fatalité. En fait, ce qu’il faut avoir en tête, Lire la suite

Nîmes : un escargot prisonner depuis 2000 ans

rue89.com, Pascal Riché, le 27 avril 2009 

Nîmes : un escargot prisonner des arènes depuis 2000 ans

Regardez ce sympathique petit mollusque gastropode à enroulement sénestre. Son nom est Clausilie romaine Leucostigma candidescens, mais comme c’est un peu long, on l’appellera dans cet article Martine.

Martine vit dans deux endroits précis : dans les Apennins près de Rome et dans les arènes de Nîmes. Ceux qui l’ont découverte (Georges Coutagne en 1903) et ceux qui l’étudient pensent que l’animal est arrivé à Nîmes il y a 2000 ans, par exemple à dos d’amphore, pendant la construction des arènes, et qu’il y vit toujours.

A la différence d’autres espèces introduites, Martine ne fait de mal à personne : contrairement aux écrevisses américaines, qui envahissent les fleuves et rivières de France, elle ne quitte pas un coin précis des arênes.

Olivier Gargominy, du Muséum national d’histoire naturelle, et Vincent Prié, de l’agence Biotope, sont allés vérifier que Martine était toujours là. Ils ont également constaté qu’elle était en danger. Aujourd’hui, l’entretien des arènes s’effectue en effet à l’aide de désherbants chimiques, des produits qui « pourraient bien venir à bout de 2000 ans d’histoire pour la Clausilie romaine », constate le muséum.

Heureusement, la direction des arènes a agi, explique le communiqué du Muséum d’histoire naturelle :

« Conscients de l’intérêt patrimonial de cet escargot témoin de la construction des arènes Lire la suite

Bruges : Stop au tout auto du 28 avril au 3 mai

sudouest.com, Laurie Bosdecher, le 25 Avril 2009

BRUGES, EXPOSITION. On peut très bien se passer de voiture. Pour y parvenir, rendez-vous sous le chapiteau de l’écomobilité du 28 avril au 3 mai

Stop au tout auto

A la question, « quel est pour toi le moyen de transport le plus doux ? », la petite a répondu : « la plume. » Ses camarades, eux, ont évoqué la marche à pied, le vélo, la trottinette. Des témoignages enregistrés que l’on pourra entendre sous le chapiteau de l’écomobilité.

Il est déjà là, tout blanc, planté sur la pelouse du Grand Darnal. À partir de mardi, M. Chaussure accueillera les visiteurs pour les accompagner entre les différents stands. L’exposition a été imaginée par la compagnie de théâtre les Oiseaux de passage. « L’idée est de sensibiliser les habitants à d’autres moyens de transport que la voiture, indique l’administratrice de la troupe, Lysiane Decoin. Sans la diaboliser, on explique aussi comment on peut l’utiliser autrement, en covoiturage par exemple. »

Témoignages vidéo

L’exposition, impulsée par la mission locale Technowest, n’est pas seulement une vitrine de communication pour ceux qui promeuvent les transports en commun ou les déplacements doux sur l’agglomération. Elle a surtout été conçue à partir de témoignages, retransmis sous forme sonore ou vidéo. « Nous sommes allés interroger les gens dans le train, à bord du tramway, dans les écoles. Ils nous ont expliqué comment ils se déplacent, pourquoi, et ce qu’ils souhaiteraient voir améliorer », raconte Stéphanie Ansquer, comédienne.

L’équipe des Oiseaux de passage, épaulée par des membres des associations Unis-Cités, où oeuvrent des jeunes en service civil volontaire, et Arc-en-ciel (qui forme au Bafa), retranscrit également dans l’exposition des expériences menées pour privilégier les déplacements doux, comme celle du pedibus, mise en place dans le quartier d’Arlac, à Mérignac, ou celle de l’atelier de réparation de vélos à Saint-Médard-en-Jalles.

Chapiteau itinérant

D’abord à Bruges, le chapiteau se déplacera ensuite à Blanquefort, Saint-Médard-en-Jalles et Eysines, jusqu’à mi-juin. Les autres villes, couvertes par la mission locale Technowest et qui ne pourront accueillir la grande tente, auront la visite d’un triporteur, conduit par l’un des comédiens de la compagnie. Il interviendra dans les écoles, réalisera des micros-trottoirs et diffusera des témoignages sonores dans la rue.

« C’est une exposition évolutive qui va s’enrichir au fil du temps, remarque Lysiane Decoin. Nous espérons aussi que les personnes âgées viendront témoigner des déplacements dans l’agglomération, il y a cinquante ou soixante ans. L’écomobilité est un sujet fort, qui intéresse toutes les générations. Dans ce mot, il y a aussi « éco », donc économie. C’est un thème intrinsèquement lié à des décisions politiques. »

Sous le chapiteau, le public sera aussi invité à monter sur scène et improviser sur le sujet avec l’aide des comédiens. L’espace a été aménagé en différents stands avec à la fois des coins lecture, écriture et des dessins, un musée imaginaire du déplacement, etc. Dans chaque ville, différents débats, animations et rencontres seront ponctuellement organisés. « L’exposition ne doit pas s’arrêter le 14 juin, souligne Stéphanie Ansquer, mais servir Lire la suite

Nicholas Stern, le lord Vert

lemonde.fr, Virginie Malingre, le 27 avril 2009

Nicholas Stern, le lord Vert

Il est leur gourou. Les écologistes du monde entier le portent aux nues. Ils se réfèrent à son travail, eux qui pourtant n’ont jamais accordé leur confiance aux économistes. Nicholas Stern, depuis qu’il a publié en 2006 un rapport alarmiste sur les conséquences économiques du réchauffement climatique, est devenu une icône verte. Et son nouveau livre, The Global Deal: Climate Change and the Creation of a New Era of Progress and Prosperity, encore plus pessimiste que son précédent travail, devrait alimenter l’admiration de ses fans.

A regarder Lord Stern, il est difficile de l’imaginer en rock star des écolos. Habillé de bleu marine et de gris anthracite, ce petit homme de 62 ans ressemble d’abord à un universitaire anglais de haut rang. Courtois jusqu’au bout des ongles, il utilise un langage précis et châtié. Jamais un mot plus haut que l’autre. Pédagogue à l’extrême, comme si son interlocuteur était l’un de ces élèves qu’il a fréquentés pendant de nombreuses années à Cambridge ou à la London School of Economics. « Externalités », « risques marginaux », « taux d’actualisation », « échec des marchés », ces concepts, avec lesquels il vit depuis cinquante ans, reviennent régulièrement dans sa bouche. Et c’est cet homme-là, avec ces mots-là, que le monde entier, désormais, écoute quand il parle.

On est presque surpris de l’entendre ironiser sur la fibre verte de Gordon Brown quand il découvre une interview du premier ministre britannique : « On dirait que Gordon est devenu écologiste. » Autant Nicholas Stern a fait des miracles de diplomatie quand il était chef économiste à la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD), puis à la Banque mondiale, autant il ne s’est jamais entendu avec celui dont il fut le bras droit au ministère de l’économie entre 2003 et 2007. Et même si Gordon Brown lui a commandé le rapport qui l’a rendu célèbre mondialement, il est aussi l’homme qui a décidé de construire une troisième piste à l’aéroport d’Heathrow.

Lord Stern « est un gentil mais pas un faible », juge Roger Guesnerie, professeur au Collège de France, qui le connaît depuis trente-cinq ans et qui l’a invité à donner une série de conférences à partir de l’automne. La mesure de ses propos n’empêche pas l’audace de ses conclusions. Les gouvernements doivent consacrer 2 % de leur produit intérieur brut à limiter les émissions de gaz carbonique – avec un effort plus important pour les pays riches, « qui en ont bien profité » -, préconise-t-il, sans quoi la richesse mondiale pourrait être réduite de 20 %. « Nous sommes la première génération qui a le pouvoir de détruire la planète », juge-t-il.

C’est ce mélange bien particulier qui plaît tant aux écologistes de la première heure : un discours académique pour défendre une cause qui ne l’est pas, une discipline – l’économie – pour donner de la crédibilité à un discours qui peut en manquer. Et un homme dont on ne peut pas dire qu’il soit aux marges de sa science. Nicholas Stern n’a rien d’un apôtre de la décroissance ni d’ un pourfendeur des marchés. Au contraire.

Il n’est certes pas le premier économiste à s’intéresser au sujet. Mais il a bénéficié d’une infrastructure inédite : une équipe de plus de 20 personnes, le soutien du gouvernement britannique… « Il a chiffré les choses », ajoute Roger Guesnerie, ce qui rend la communication plus percutante. Et, en l’occurrence, ces chiffres inquiètent. « Les économistes ne nient pas le problème du réchauffement climatique. Mais ils jugent que les conséquences seront de faible ampleur et lointaines. Pas moi« , explique Lord Stern.

Cela lui a valu des attaques virulentes Lire la suite

Du communisme à l’écologie

naturavox.fr, Jean Zin, lundi 27 avril 2009

Du communisme à l’écologie

Dans ces temps de bouleversement où c’est la réalité qui redevient révolutionnaire, on assiste partout au retour du commun, depuis si longtemps totalement discrédité pourtant par l’idéologie néolibérale. La glorification de l’individu avait atteint de tels sommets qu’on ne peut que se réjouir de l’éclatement de cette bulle narcissique et du retour, vital, à la réalité de nos interdépendances et solidarités collectives. On peut craindre cependant que selon une stricte logique dialectique, on s’emporte à réduire un peu trop du coup la part de l’individu au nom d’une communauté retrouvée.

Pourtant de simples considérations matérielles devraient mener à l’abandon des anciennes idéologies au profit d’une écologie-politique constituant une réponse bien plus adaptée à notre époque en se confrontant aux défis planétaires tout en restant attentive aux diversités locales, effectuant ainsi une synthèse de l’individu et du collectif plus équilibrée, moins centralisée, moins idéologique, plus objective enfin.

Il y a quelque chose à la fois d’inévitable et de pathétique à voir resurgir « l’hypothèse communiste » à la faveur de la crise, que ce soit dans le revival d’un ancien groupuscule ou par quelques philosophes révolutionnaires « sur le retour » qui n’ont plus grand chose de matérialistes en tout cas, et de dialectique encore moins. Bien sûr, l’affirmation d’une continuité des mouvements révolutionnaire est indispensable, on peut arguer avec quelques raisons qu’on ne saurait abandonner un idéal qui a été revendiqué par une si grande partie de l’humanité et qui a produit de grandes œuvres sinon quelques hauts faits, sauf que c’est un peu trop oublier sa part négative et les dures leçons de l’histoire.

Assez régulièrement dans la période précédente certains, se méfiant d’un anti-libéralisme trop étatiste, refusaient, avec quelques raisons là aussi, de laisser le libéralisme à la droite au nom de la défense des libertés qui est portée depuis toujours par la gauche. Je répondais invariablement que c’était une erreur de ne pas tenir compte du fait que la liberté puisse être contradictoire et porter sa propre négation en servant à masquer l’oppression. C’était encore ne pas tenir compte des leçons de l’histoire que de reprendre ce terme de libéralisme comme s’il n’avait pas été déconsidéré par son hégémonie idéologique avec toutes ses conséquences économiques et sociales, avant même le désastre actuel.

C’est au nom de la liberté qu’il faut être anti-libéral, de même, c’est au nom de ce que nous avons de commun qu’il faut rester anti-communistes et au nom de la démocratie qu’il faut remplacer cette démocratie compétitive et élitiste par une démocratie plus démocratique ! Il serait un peu stupide de retomber toujours dans les mêmes ornières. Bien sûr, on ne peut se réduire à être anti-libéral et anti-communiste (anti-fasciste, etc.). C’est bien pour cela qu’il faut s’affirmer écologistes où la synthèse peut s’opérer de l’individu et du collectif en valorisant la différence autant que la solidarité de tous. André Gorz a toujours voulu situer cette écologie-politique dans la continuité du mouvement ouvrier et des luttes sociales dont on peut dire qu’elles sont parvenues, avec l’écologie, au stade réflexif caractérisant les sociétés post-modernes. Bien sûr, ce n’est pas l’écologie des amoureux de la nature mais de la responsabilité collective et de l’autonomie individuelle, une écologie encore très minoritaire mais que le basculement de la gauche de transformation sociale dans l’écologie pourrait rééquilibrer radicalement plutôt que de s’égarer vainement dans un passé révolu.

Il y a certes plusieurs écologies : des écologies de droite autoritaires, des écologies de marché libérales et des écologies alternatives Lire la suite

Changement climatique, il y va de la survie de notre espèce

actualites-news-environnement, Pierre Melquiot, le 21 avril 2009

Changement climatique, il y va de la survie de notre espèce selon Ban Ki-moon.

Pour Ban Ki-moon, « les changements climatiques s’accélèrent à une grande vitesse et avec une ampleur qui requièrent l’attention urgente des gouvernements au plus haut niveau ». Pour le Secrétaire général de l’ONU, aucune question que celle du changement climatique « n’est plus essentielle à la survie de notre espèce ».

Face aux changements climatiques, il s’agit désormais de « survie de notre espèce » selon Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU. En ces temps d’instabilité et d’anxiété, le problème de la fonte des glaces sous l’effet du changement climatique « ne doit pas être éclipsé par celui de la fonte des marchés financiers », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon dans une tribune publiée dans le Korea Herald, un quotidien sud-coréen.

L’année 2009, déclarée par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) « année du changement climatique », doit absolument donner l’opportunité de trouver des réponses aux défis posés par les changements climatiques mais également d’une croissance économique durable. Pour le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, aucune question que celle du changement climatique « n’est plus essentielle à la survie de notre espèce ».

Ban Ki-moon a insisté sur le fait que « les changements climatiques s’accélèrent à une grande vitesse et avec une ampleur qui requièrent l’attention urgente des gouvernements au plus haut niveau ».

Il a aussi rappelé que les phénomènes observés par les scientifiques, dont l’accroissement de la vitesse de la fonte des glaces au Groenland, se trouvent dans la fourchette haute des prévisions faites en 2007 dans les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPCC).

Or si rien n’est fait d’ici 2015, il « sera trop tard pour éviter l’augmentation de la température de plus de 2 degrés Celsius, seuil catastrophique irréversible d’après les scientifiques » a ajouté Ban Ki-moon.

 « Les changements climatiques ne relèvent pas d’un scénario éloigné et futuriste », a rappelé Ban Ki-moon ajoutant pour preuve, que le nombre de catastrophes naturelles a doublé de 200 à 400 par an au cours des 20 dernières années, et que neuf catastrophes naturelles sur 10 sont liées au climat.

Ban Ki-moon a rappelé que si les efforts financiers paraissaient conséquents, il fallait les comparer aux 300 milliards de dollars qui sont consacrés tous les ans à subventionner l’achat d’énergie d’origine fossile, Lire la suite

Campagne en faveur de la maîtrise de l’énergie : éco PTZ, EIE…

technicites.fr, MEEDDAT/ADEME, le 25 avril 2009

Nouvelle phase de la campagne en faveur de la maîtrise de l’énergie : focus sur l’éco-prêt à taux zéro, le crédit d’impôt et les Espaces Info-Energie

Destinées aux particuliers aussi bien qu’aux professionnels, les nouvelles aides financières mises en place dans le cadre du Grenelle Environnement et en particulier « l’éco-prêt à taux zéro » sont destinées à faciliter les travaux de rénovation énergétique des logements. Un dispositif de communication vient d’être mis en place par le MEEDDAT (ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire) et l’ADEME. Il rappelle l’existence des Espaces INFO-ENERGIE qui sont des relais d’information et de conseils gratuits et indépendants présents sur tout le territoire.

Avec 225 Espaces et 450 conseillers ils offrent en effet une couverture nationale importante qui doit permettre de toucher toute personne ou organisme désireux de se lancer dans une opération d’économie d’énergie. C’est tout particulièrement auprès d’eux qu’il est possible de s’informer sur les dispositifs d’aides au financement de travaux de rénovation existants et notamment l’éco-prêt à taux zéro, distribué par les banques depuis le 1er avril. Y sont expliqués l’intérêt de ces nouveaux dispositifs sur la possibilité de réduire sa consommation énergétique et le triple bénéfice (en termes environnemental, économique et de confort) de la rénovation thermique des logements. Les professionnels du bâtiment sont particulièrement visés par cette campagne car ils seront les principaux acteurs du Grenelle de l’environnement. Il leur sera notamment possible d’obtenir la plupart des informations nécessaires en consultant les sites suivants :

www.ecocitoyens.ademe.fr

www.faisonsvite.fr

www.developpement-durable.gouv.fr

De plus un Numéro azur d’information 0810 060 050 (prix d’un appel local) est mis en place. Avec environ 68 millions de tonnes d’équivalent pétrole, soit 42,5% de l’énergie finale totale le secteur du bâtiment est en effet le plus gros consommateur d’énergie C’est pourquoi Lire la suite

Les Français à l’écoute de leur consommation

eco-life.fr, Julie Renauld, le 6 avril 2009

Les Français à l’écoute de leur consommation

90% des Français estiment que la crise est une bonne occasion de revoir nos modes de vie et de consommation. Une bonne nouvelle qui devrait inspirer les entreprises. Chaque année depuis 2004, le cabinet de conseil en développement durable et marketing éthique, Ethicity, se penche sur l’évolution des comportements. L’étude 2009, menée par TNS Media intelligence, en partenariat avec l’Ademe, révèle une vraie volonté de changement.

« Les enjeux prioritaires sont différents d’une année sur l’autre. L’an dernier, le changement climatique était au cœur des préoccupations. Cette année, il a laissé place à la pollution et la pénurie d’eau. Cela traduit une tendance à un certain individualisme. Les personnes interrogées sont intéressées par ce qui les touche directement« , analyse Elizabeth Pastore Reiss, fondatrice d’Ethicity. La fonte des glaces et les inondations de l’autre côté de nos frontières étant encore réduites à des images derrière un écran de télévision.

C’est sans doute pour cette raison que les Chinois se mobilisent autant. Car l’air qu’ils respirent, le nuage toxique stagnant en permanence au-dessus de leurs têtes, créent, très concrètement, ne leur laissent plus le choix que de contrôler et réduire leur consommation énergétique.

Pour les Français interrogés, le développement durable est à l’heure actuelle, associé aux enjeux environnementaux, devant les volets social et économique. Parmi leurs priorités, la protection de l’environnement a gagné 19 points depuis 2004, avec 75,7%, tandis que la nouvelle forme de croissance économique a perdu 22 points, glissant à 38,1%. L’équité sociale et la lutte contre les inégalités, en baisse de près de 13 points, atteint 37,3%.

– 85,5% des Français souhaitent voir afficher l’impact environnemental sur les étiquettes –

L’objectif de cette étude est avant tout d’aider les entreprises à faire évoluer leur offre marketing en fonction des attentes. Or la consommation se révèle être un bon levier d’action. Près de 70% des sondés ont conscience que leur choix de consommation peut entraîner un changement positif sur le plan environnemental, 40% sur le plan social et 51% sur le plan économique.
Ils sont très nombreux (près de 70%) à déclarer avoir changé de comportement pour le développement durable ces douze derniers mois. Mais dans les faits, ils sont moins de 20% à avouer réaliser des achats responsables régulièrement
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« A l’origine de ce faible score, un problème d’offres. Les gens Lire la suite

Restaurer le système ne peut conduire qu’à une crise plus grave

jaidulouperunepisode.org, Samir Amin, le 9 mars 2009

Restaurer le système tel qu’il était ne peut conduire à terme qu’à une crise plus grave encore

Samir Amin, économiste, président du Forum Mondial des Alternatives,

Pascale Fourier : À l’occasion de la crise, on a entendu nombre de politiques et de commentateurs appeler à une refondation du capitalisme. Cela semble effectivement une nécessité, non ?

Samir Amin : Non pas du tout, justement. J’utiliserai une phrase un peu provocatrice… Le choix de stratégie d’action est le suivant : sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise. On comprend bien que les pouvoirs établis, les capitalistes et les gouvernements cherchent seulement à sortir de la crise du capitalisme, qu’ils appellent ça « refonder le capitalisme » ou autre chose ne change pas grand-chose à l’affaire. Par contre, il serait déplorable que les victimes du capitalisme qui sont quand même un peu plus nombreux que les milliardaires qui en sont les bénéficiaires acceptent eux aussi, ou s’inscrivent dans une stratégie de sortie de la crise du capitalisme et non pas de sortie du capitalisme en crise. La crise n’a pas commencé le 15 septembre 2008 avec l’effondrement financier. L’effondrement financier est seulement une nouvelle étape du développement de la crise, car, avant septembre 2008, il y avait quand même des chiffres-record de chômage à travers le monde capitaliste et beaucoup de choses qui n’allaient pas. La crise a commencé beaucoup plus tôt. La crise a commencé à mon avis en 1971, pour mettre une date, c’est-à-dire lorsque les autorités des États-Unis ont décidé d’abolir la convertibilité en or du dollar.

Les années 70 qui ont suivi ont été marquées par un effondrement, et on ne s’en est jamais remis depuis 1970-75 : les taux de croissance sont tombés à la moitié de ce qu’ils avaient été pendant les Trente Glorieuses qui avaient précédées, et les taux d’investissement productif dans l’expansion et l’approfondissement du système productif sont tombé aussi à la moitié de ce qu’ils étaient au cours des Trente Glorieuses. Donc la crise avait bel et bien commencé dans les années 70. La réponse du capital à cette crise aux fonds structurels a été comme toujours davantage de concentration, davantage de centralisation du capital. Et c’est au cours des années 70 et 80 que se sont constituées ou se sont renforcés les grands groupes, une poignée de grands groupes, qui contrôlent l’ensemble du système économique capitaliste. C’est la raison pour laquelle je les appelle « ploutocratie ». 500 gigantesques groupes financiers ou financiarisés contrôlent la presque totalité des décisions économiques majeures partout dans le monde Et c’est un degré de concentration du capital qui n’a pas de précédent.
Cette concentration du capital gigantesque est à l’origine de la financiarisation. La financiarisation n’est pas le produit d’une dérive intellectuelle du triomphe de l’école de Chicago et des néolibéraux, etc. Je ne crois pas que ce soit les idées, justes ou fausses, qui commandent le monde, ce sont les intérêts sociaux.

Pourquoi donc cette financiarisation ? Que signifie cette financiarisation ? La financiarisation signifie tout simplement que le groupe des oligopoles – je les appelle, tout le monde les appelle les « oligopoles »-, qui contrôlent l’économie mondiale dans les pays capitalistes développés comme dans les pays du Tiers-Monde, pompe une rente de monopole sur la masse des profits créés par les activités productives. Et cette rente de monopole est véritablement le produit de ce caractère oligopolistique: il n’est pas le produit de la financiarisation. La financiarisation est le moyen, le moyen, par lequel ces oligopoles pompent sur la plus-value ( la masse des profits créés par l’économie mondiale, nationale et mondiale) leur rente de monopoles. D’où les deux taux de profit apparents, le taux de profit apparent des investissements financiers (c’est-à-dire des investissements dans la sphère financière qui visent à être autour de 15 % et qui n’y arrivent pas toujours – mais il n’est pas très loin de 15 %), et le taux de profit dans les activités directement productives, que ce soit la production d’automobiles, de chaussettes, de produits alimentaires ou de service de toute nature, tourne autour de 5 %. La différence gigantesque entre ces deux taux de profit, c’est la rente des oligopoles. Donc Lire la suite

Les 33 propositions d’Utopia pour l’Europe

mediapart.fr, Nicolas Pagnier, le 25 Avril 2009

Les 33 propositions d’Utopia pour l’Europe

Edition : Les conférences politiques et citoyennes du mouvement Utopia

 

Nous estimons que les dirigeants politiques ont renoncé depuis longtemps à changer radicalement la société et nous appelons les citoyens européens à réagir et à proposer la construction d’une Europe « Sociale, Altermondialiste, Ecologiste ».

Notre projet appelle à dépasser le système capitaliste et remet en cause ses principaux dogmes :

– La « religion » de la croissance comme solution « magique » à tous les maux ;

– La consommation, quidoit être liée à l’aspiration à une meilleure qualité de vie, et non à une accumulation illimitée de biens matériels ;

– Le travail érigé en « valeur » : ce n’est pas le travail, mais sa place, comme unique vecteur de droits et de reconnaissance, que nous remettons en cause.

Utopia met en avant un nouveau projet politique : l’alterdéveloppement, pour changer radicalement de société.

La planète est un patrimoine commun : nul ne choisit ni le lieu, ni l’époque, ni l’environnement familial, politique, économique et environnemental de sa naissance. Pour la Gauche, seule une politique solidaire, réaliste, ouverte et humaniste est dès lors acceptable.

Utopia est un mouvement fondamentalement attaché à l’idée d’Europe à plusieurs titres : elle matérialise le rapprochement des peuples et des cultures. Elle est facteur de paix et de stabilité. Elle doit contribuer aussi à donner plus de poids, au niveau international, à la défense de valeurs comme la démocratie, la liberté, l’égalité et la fraternité.

Tout en reconnaissant certaines avancées dues à l’Union Européenne, Lire la suite

Le jardin d’inspiration médiévale de Pierral à Gradignan

sudouest.com, Cadish, le 27 Avril 2009

INSOLITE. Créé il y a cinq ans à Gradignan, le jardin de Pierral, lieu d’inspiration médiévale, propose de faire découvrir la signification et l’histoire de l’usage des plantes à découvrir

Un jardin d’un autre temps

A Gradignan, les plantes du jardin de Pierral sont regroupées en fonction de leur usage : potagères, utilitaires, médicinales et même magiques ! Le jardin de Pierral est situé dans le parc de l’Institut national des jeunes sourds à Gradignan (1). Il y a un demi-millénaire ce jardin aurait eu sa place derrière les murailles d’un château féodal ou d’un monastère, mais aujourd’hui, originalité et anachronisme, il cohabite avantageusement avec un parc arboré du XIXe siècle, au milieu de variétés acclimatées en Europe bien après le Moyen âge.

Son espace d’environ 300 mètres carrés adopte le plan typique d’un jardin médiéval : une disposition quadrangulaire, des massifs séparés par des allées se coupant en angle droit et s’articulant autour d’un point d’eau. Les plantes y sont regroupées en fonction de leur usage ; potagères, utilitaires, médicinales et même magiques !

La momordique laxative

Chaque massif développe les grands thèmes des pathologies les plus fréquentes au Moyen Âge. Il y a des plantes qui soignent les coups et les blessures comme l’ortie, la potentille, le plantain ou la consoude et celles qui arrêtent les hémorragies, assèchent les plaies ou les ressoudent !

Les plantes laxatives occupaient une part importante dans les remèdes de la médecine : la momordique et l’euphorbe étaient les reines dans ce domaine… mais elles affaiblissaient souvent plus les malades qu’elles ne les guérissaient. Pour ceux qui souffraient de problèmes digestifs, type constipation, on apprend que la renouée et l’aigremoine étaient redoutablement efficaces.

Les plantes dites « des soins des femmes » avaient leur place. Elles faisaient partie d’un savoir exclusivement féminin qui se transmettait de mère en fille : la rue, par exemple, pouvait à forte dose, être abortive, tandis que la camomille et le fenouil atténuaient les douleurs de l’accouchement.

Légendaire mandragore

Certaines plantes possédaient le pouvoir de se protéger contre les forces maléfiques ou de prédire l’avenir ; d’autres rentraient dans les pratiques de sorcellerie comme les « belles empoisonneuses » la jusquiame, la belladone ou le datura (ce dernier contient, des fleurs jusqu’aux racines, des substances extrêmement toxiques pour le système nerveux). La mandragore fait partie des plantes les plus curieuses de cet enclos. Une légende prétendait qu’elle poussait sous les gibets. On l’appelait aussi « la plante des pendus ». La symbolique du trèfle à quatre feuilles daterait de cette époque. Cultivées pour leur beauté, les lys blancs et les roses, symboles de virginité et pureté, étaient associés au culte de la Vierge. Ils décoraient les autels des églises, tradition qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Dans une autre plate-bande poussent des plantes employées pour l’entretien des vêtements comme la saponaire ou savonnière dont les feuilles une fois broyées produisaient des bulles… de savon.

Ce jardin est comme une bibliothèque vivante. Il invite Lire la suite

Apprendre de la crise

ledevoir.com, Gil Courtemanche, le 26 avril 2009

Apprendre de la crise

Le doute et l’incertitude sont les clés de la remise en question des dogmes et des habitudes.

La sagesse populaire raconte que c’est en temps de crise qu’on apprend, qu’on se réévalue, qu’on remet les choses en question. Cela s’applique autant aux difficultés personnelles qu’aux bouleversements collectifs. Pour que cela se produise, il faut qu’existe, autant dans le comportement collectif que dans l’individuel, un minimum de doute et d’incertitude à l’égard des comportements passés. 

Nous sommes aux prises actuellement avec deux crises. La plus ancienne est celle du réchauffement climatique, de la dégradation permanente et constante de notre environnement. La seconde est la crise économique mondiale.

Notre dépendance au développement et à la croissance, deux mots qui résument toute la pensée politique et économique des dernières décennies, a fait en sorte que nous avons pris note de la crise écologique mais que, malgré les Kyoto de toutes sortes, nous l’avons inscrite dans nos objectifs futurs. Nous avons encore le temps. Laissons la prospérité résoudre plus tard la crise de la planète. De cette crise n’est née nulle remise en question des modèles de développement. Seulement des injonctions et curieusement des débuts de changement de comportement individuel dans les sociétés riches. Le discours écologiste a plus de prise sur le citoyen que sur le gouvernement.

Par contre, la crise économique a mobilisé les gouvernements de toute la planète. Ils se sont mis à la planche à billets comme si la planète était menacée de mort. Sauver le système financier leur a paru une tâche plus urgente que la sauvegarde de notre Terre. En fait, il s’agissait de sauver le système, pas de le réformer, pas de le changer. Et il ne s’agissait surtout pas de nous sauver.

Depuis quelque temps, crise financière et crise écologique obligent, je regarde la provenance des produits que j’achète.

Cette semaine, j’avais envie de fraises et normalement, dans cette saison triste, elles viennent de Californie ou du Mexique, dures et moroses. Elles s’affichaient à 2,99 $ pour une vingtaine de fraises. À côté, comme un miracle, une barquette qui ne contenait qu’une dizaine de fraises. Ferme Paul Legault, Sherrington, produit du Québec, 3,99 $. Je pris les deux. La fraise Driscoll n’avait aucun goût. De l’eau aromatisée à la fraise. Celle de M. Legault me ravit.

Je venais de résoudre les deux crises. J’exagère, mais voilà quand même une piste de réflexion sur laquelle les gouvernements ne s’engagent pas beaucoup. La fraise Driscoll a fait 4000 kilomètres dans des camions qui crachent des gaz à effet de serre, des camions américains qui ne paient pas d’impôts ici. La fraise Legault a fait 50 kilomètres. Les employés de la ferme paient des impôts, l’entreprise aussi. Au bout du compte, je ne crois pas que le prix final pour la fraise locale soit plus élevé pour la collectivité. Et le produit est meilleur.
Les gouvernements nous expliquent que la crise est mondiale pour expliquer leur incapacité de réagir localement. Ils ont raison, mais ils ont tort. La crise est mondiale parce qu’ils ont laissé se produire cette mondialisation incontrôlée des flux financiers et des échanges commerciaux. Ils ne peuvent réagir localement parce qu’ils souhaitent sauver le système qui les a menés à la crise.

Quels sont les secrets de la fraise Legault ? Lire la suite

Les prédateurs des transports doux

tessolidaire.com, NC, le 23 avril 2009

Les prédateurs des transports doux

Ca bouge dans les transports doux ! Il n’est pas de semaine où l’on n’apprenne que des grands groupes investissent ou nouent des partenariats dans des projets d’auto-partage ou de co-voiturage, qui étaient très souvent portés au départ par des acteurs de l’ESS. Il faut peut-être dater les prémices de cette évolution d’il y a trois ans, avec l’entrée de Kéolis, filiale de la SNCF, dans la gouvernance de Lilas, la SCIC lilloise d’autopartage.

Dernièrement, Caisse commune, pionnière de l’autopartage à Paris a été rachetée par Transdev, la filiale transports de la Caisse des dépôts. Versant co-voiturage,  Voiture et Co (et Mobility +) sont entrés l’an dernier dans le giron du groupe SOS. Et cette année, Green Cove vient d’obtenir le soutien financier d’Eco-mobilités Partenaires (autre filiale de la SNCF) et du groupe Norauto. Après le vélo en libre-service phagocyté par JCDecaux ou Clear Channel, au détriment d’acteurs de terrain comme la SCOP Movimento à Toulouse, d’autres formes de mobilités douces, on le voit, sont rattrapées par le marché tout puissant, à quelques exceptions près, comme France AutoPartage.

Mais on attend aussi Autolib à Paris… En effet, les premières Rencontres du co-voiturage, organisées le mois dernier par Green Cove, ont montré que les collectivités locales sont fortement intéressées par toutes ces formes de nouveaux transports, que les acteurs de l’ESS ont promues initialement. Il faut dire que les plus grandes collectivités sont soumises depuis plusieurs années à une obligation de PDE (plan de déplacement entreprise) : c’est par exemple l’origine du programme de co-voiturage du Conseil général des Yvelines, pour les déplacements pendulaires des agents territoriaux.

Au Nord-Est de Paris, la communauté d’agglomération Plaine Commune vient aussi de l’adopter. Quant au Conseil général de l’Essonne, il voudrait bien lier cette obligation à une intégration dans le système de monnaie SOL : 1 km parcouru en co-voiturage pourrait valoir un SOL utilisable pour d’autres services. Au Conseil général du Morbihan, Marc Letourneux, chargé de mission co-voiturage, a fait construire des aires spécifiques pour inciter à ce type de transport.

Lors du colloque, Jean Ghedira, directeur de SNCF Proximités, a expliqué Lire la suite

Nous allons bientôt vivre une catastrophe écologique majeure

lemonde.fr, NC, le 25 avril 2009

Enquête 2008 sur les valeurs des français réalisé par l’institut de sondages Lavialle (ISL). 3071 entretiens (d’une heure en moyenne, en face à face) ont été recueillis entre mai et août 2008, moitié selon une méthode aléatoire, moitié selon les quotas.

Paru dans le Monde du samedi 25 avril 2009 « Comment évoluent les valeurs des Français ? »

Quatrième du genre depuis 1981, cette enquête explore les changements de mentalités dans tout les domaines, de la famille aux institutions, du travail au vivre ensemble. Des résultats souvent surprenants.

LE RECIT ECOLOGISTE

« Nous allons bientôt vivre une catastrophe écologique majeure »

D’accord 87 % – Pas d’accord 10 % – NSPP 3 %

« Le génie de l’homme permettra que la terre reste vivable »

D’accord Lire la suite

Le Pr Bandajevsky a été fait citoyen d’honneur de Bègles

sudouest.com, Gilles Guitton, le 25 Avril 2009

BÈGLES, INITIATIVE. Le professeur Bandajevsky a été fait citoyen d’honneur

Au nom des victimes de Tchernobyl

Le professeur Youri Bandajevsky, ce scientifique Belarus qui a connu la prison pour avoir voulu révéler les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl, est depuis hier citoyen d’honneur de la Ville de Bègles. Noël Mamère, le maire, a ainsi emboîté le pas d’une quinzaine d’autres communes françaises ainsi que de diverses universités européennes, qui ont « adopté » ce titulaire d’un passeport européen, auquel son pays est interdit depuis des années.

C’est le genre de choses qui va de soi pour le député Vert de Gironde. « C’est un symbole de la lutte contre le lobby nucléaire, il a risqué sa liberté », considère le maire.

23 ans après

L’invité, en tournée Européenne (hier à Toulouse, Agen, Bègles et Bordeaux et aujourd’hui à Genève) n’a pas caché ses sympathies pour les verts européens. Entouré de militants du réseau Sortir du nucléaire et de l’association Tchernoblaye, dont Stéphane Lhomme, Youri Bandajevsky a dit merci.

Mais il a surtout enchaîné sur la campagne qu’il mène pour la création d’un centre pour la réhabilitation des victimes et des « liquidateurs » (1) de la centrale nucléaire de Tchernobyl, qui reste la catastrophe majeure de l’industrie nucléaire civile mondiale.

Vingt-trois ans après l’accident, explique-t-il, « le seul centre de réhabilitation des victimes, mis en place par les soviétiques en Ukraine, est privé de financement ».

« Le lobby nucléaire cherche à obtenir sa fermeture. S’il n’y a plus de centre, il n’y a plus de victimes », explique-t-il en substance. Le professeur se refuse à chiffrer aujourd’hui le nombre des morts imputables à l’accident : « Vingt-trois ans après, il est très difficile de dire avec certitude qui est mort de ça, ou d’autre chose. Mais je considère que toutes les populations, qui ont été en contact avec les matières contaminées, sont des victimes. »

Millions de victimes

Les travaux, dont la publication lui a valu de passer quatre ans en prison avant de trouver refuge à Clermont-Ferrand, ont mis en évidence les corrélations entre l’exposition au césium et des pathologies graves et très divers, cardiovasculaires ou génétiques.

« Aujourd’hui, on doit dire que les trois millions d’habitants des zones contaminées et le million de liquidateurs en Ukraine, et les deux millions de Bélarusses, dont 400 000 enfants, sont les victimes. »

Selon Youri Bandajevsky, « le taux de mortalité Lire la suite

Nous ne pourrons renouer avec une économie à forte croissance

actu-environnement.com, Agnès Sinaï, le 20 avril 2009

 »Nous ne pourrons revenir en arrière et renouer avec une économie à forte croissance »

Basé à Santa Rosa, en Californie, consultant auprès du Post Carbon Institute, Richard Heinberg, auteur d’ouvrages remarqués, est mondialement reconnu comme l’un des principaux spécialistes de la question du pic pétrolier. Il nous explique pourquoi la poursuite de la croissance relève selon lui d’une logique insoutenable.

Actu Environnement : Quels sont les principaux facteurs de déplétion des énergies fossiles ? Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que nous allons bientôt commencer à en manquer ?
Richard Heinberg : Tout d’abord, force est de constater qu’à cause de la récession, les prix du pétrole ont baissé, ce qui entraîne une baisse de la motivation des compagnies pétrolières à se lancer dans des investissements pour développer de nouveaux gisements. Du coup, durant ces six derniers mois, plus de cent milliards de dollars de nouveaux projets pétroliers ont été annulés. Ce qui signifie que, dans les cinq prochaines années, lorsqu’il y aura un regain de l’économie et un sursaut de la demande en pétrole, il y aura moins de pétrole sur le marché que si ces investissements avaient été réalisés. Autre constat : des pays qui importent du pétrole comme les Etats-Unis et la France dépendent des pays exportateurs. Or les pays exportateurs sont confrontés à une demande intérieure en hausse, qu’ils satisfont en priorité, avant de vendre le surplus sur le marché mondial. Par exemple, la demande domestique de pétrole de l’Arabie Saoudite augmente de 7% par an, soit une demande qui double quasiment tous les dix ans. Ce qui veut dire que la quantité de pétrole disponible sur le marché à l’export pourrait décliner très rapidement, alors même que la production décline elle-aussi graduellement. Ce phénomène se vérifie dans d’autres pays exportateurs de pétrole, le Mexique par exemple, qui a longtemps été un exportateur important vers les Etats-Unis. Désormais la production de pétrole du Mexique décline tandis que la demande intérieure augmente. A tel point que le Mexique est en passe de cesser d’exporter du pétrole dans les trois prochaines années. Ce qui veut dire que les Etats-Unis devront faire venir du pétrole d’ailleurs : du Venezuela ou de l’Arabie Saoudite, où le même phénomène est en train de se passer. La production de l’Arabie Saoudite décline en raison des restrictions à l’exportation fixées par l’OPEP afin de soutenir les prix, mais c’est un des rares pays qui n’est pas frappé d’un déclin de sa production en raison de la déplétion géologique. C’est du reste le principal producteur. Car la Russie commence à voir sa production décliner, le Nigéria aussi pour des raisons politiques. Le Brésil, en revanche, a fait de nouvelles découvertes de pétrole, l’Algérie voit sa production augmenter.
AE : Dans votre ouvrage Power Down1, vous analysez les implications de la raréfaction des ressources pétrolières. Quels en sont les enjeux ?

RH : L’enjeu, c’est que nous risquons d’être confrontés dans les toutes prochaines années à des prix très élevés des carburants et à la raréfaction des ressources fossiles – y compris du charbon, dont les réserves ont été largement surestimées. Certes, la récession complique les choses parce qu’elle a pour effet de réduire la demande en énergies fossiles et donne l’impression d’une abondance de pétrole. De même pour l’électricité, qui fait l’objet d’une moindre demande, en raison du ralentissement de l’activité économique, comme c’est le cas en Chine. Pour autant, dès que l’économie va repartir, la demande va augmenter et se heurter aux limites des ressources fossiles, ce qui pourrait projeter l’économie dans une spirale de récession encore plus vertigineuse. A la mi-2008, nous avons vu le prix du pétrole atteindre les 147 dollars le baril. Les gens ont cessé d’acheter des voitures, ils se sont mis à moins conduire, et l’industrie aérienne a beaucoup souffert. Dans notre système économique, tout le monde table sur une croissance continue. Or la croissance implique la hausse de la consommation d’énergie. Du coup, lorsque les prix de l’énergie ont augmenté de manière si dramatique, cela a eu pour effet que les investissements drainés par des actions en bourse jusque là en hausse se sont soudain effondrés comme un château de cartes.
AE : Dans Power Down, vous affirmez que la poursuite de la croissance relève d’une logique insoutenable. Lire la suite

Nature humaine N° 4 : écologie et sciences humaines

nature-humaine.fr, avril 2009

La Lettre Nature Humaine n°4, revue d’écologie et de sciences humaines, vient de sortir.

Au programme :

– Le changement et le passage à l’action pour l’environnement, étapes par étapes.

– le manque comme frein à l’action

– l’expérience de Stéphane Riot, consultant en entreprise, qui allie développement durable et facteurs humains.

Tous nos remerciements à ceux qui ont répondu à notre appel à dons, afin de soutenir notre Lettre qui rencontre actuellement des difficultés financières !

Nous avons reçu environ 1000 euros, ainsi qu’une trentaine de nouveaux membres. Cela a renforcé notre envie de continuer, même si pour l’instant la pérennité de la Lettre n’est pas assurée (nous avons pu payer la mise en page de la Lettre 4, mais pas les auteurs).
Nos recherches de solutions de financement avancent doucement mais sûrement : plusieurs pistes s’ouvrent, même si rien n’est encore définitif. Nous ferons un point sur notre site quand ces pistes se préciseront. Mais l’aventure est positive : ces nouvelles pistes pourraient accélérer les envies de changement de Nature Humaine – plus de conférences, d’échanges, des formations, etc… sur les sujets qui sont les nôtres.

Elle est téléchargeable gratuitement sur Lire la suite

Agglo bordelaise : La place de l’arbre après la tempête

Sud-Ouest, Patrick Faure, le 24 Avril 2009

LE POINT DE VUE DES ÉCOLOGISTES, NATURE. La tempête du 24 janvier dernier, dix ans après celle de 1999, incite à réfléchir sur la place de l’arbre

L’autre meilleur ami de l’homme L’arbre des Gaulois Les cousins d’Amérique La démarche vertueuse

Le bureau de Gérard Jehl, responsable du service environnement et paysages de la Ville de Talence, est encombré de bouteilles plastiques découpées : « Ce sont des pièges à frelons asiatiques, prêts à installer. » Toutes les communes luttent désormais contre ces redoutables prédateurs d’abeilles.

Mais une autre actualité s’impose. Comme sur l’ensemble de la région, la tempête du 24 janvier dernier a laissé d’importantes cicatrices dans le paysage. À Talence, une centaine d’arbres ont été abattus dans le bois de Thouars, les parcs ou chez les particuliers. D’autres communes (voir ci-contre) ont connu des dégâts plus importants encore.

Reboisement naturel

En ville pour l’agrément, à la campagne pour l’exploitation, la question se pose désormais du devenir de l’arbre, sachant qu’avec le réchauffement climatique et les dérèglements qui en découlent, les intempéries se multiplieront.

« Désormais, nous travaillons beaucoup sur le reboisement naturel : rien de tel que le gland tombé du chêne, explique Gérard Jehl. Il faut deux ou trois ans pour rattraper le déficit de taille (NDLR : par rapport à l’achat en pépinière), mais les végétaux s’ancrent mieux dans le sol. La tempête de 1999 avait déraciné beaucoup de vieux arbres, la dernière en a surtout cassés. » Les feuillus, plus trapus ont tendance à mieux résister.

« Après 1999, nous avions replanté 700 arbres dans le bois de Thouars : chênes, châtaigniers, charmes, qui sont des espèces locales. Depuis 2000, la réflexion a évolué et nous échangeons avec les collègues des communes voisines. C’est vrai que nous avons souvent des terrains très argileux qui retiennent beaucoup d’eau l’hiver, ce qui ne facilite pas l’enracinement. Il faut donc privilégier le reboisement naturel et la diversité », conclut le responsable talençais, Gérard Jehl.

La diversité

Les scientifiques estiment qu’outre les espèces locales, les parcs pourraient accueillir avantageusement des chênes rouges d’Amérique, lesquels présentent par ailleurs un véritable intérêt esthétique.

À la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Yann Toutain rappelle la nécessité d’essences locales d’arbres et de fleurs : « Cela aide le sol et les insectes, donc nourrit les oiseaux et l’on retrouve ainsi une chaîne alimentaire complète. »

Bernard Barbeau, premier adjoint au maire de Saint-Aubin-de-Médoc et sylviculteur, évolue quant à lui sur une commune de 3 500 hectares dont 2 800 couverts de forêts. 400 hectares appartenant à la commune sont gérés « en production » avec l’Office national des forêts (ONF).

« Ce pourrait être une manne s’il n’y avait pas le gel, les incendies, les tempêtes… Les feuillus ont été moins touchés en janvier, car ils n’avaient pas de feuilles. »

Paysages de demain

« Il ne faut surtout pas baisser les bras devant ces tempêtes. En plantant un arbre aujourd’hui, nous dessinons le paysage de demain, pour nos enfants et nos petits-enfants. Lire la suite

La croissance verte au secours des entreprises en crise

naturavox.fr, Croissance verte, le 22 avril 2009

La croissance verte au secours des entreprises en crise

Contrairement à ce que pense l’opinion publique, les entreprises considèrent que la crise financière va les conduire à renforcer leurs actions de développement durable. C’est en tout cas l’avis de 69% d’entre elles, et 88% des entreprises de plus de 5000 salariés (source : IFOP, mars 2009). Le traitement et le recyclage des déchets, ainsi que la réduction des dépenses d’énergie arrivent en 1ère position des domaines d’actions jugés prioritaires.

Au-delà d’une possible prise de conscience des chefs d’entreprises de l’impact de leur activité sur l’environnement, leurs motivations sont principalement d’ordre économiques et s’expliquent, selon nous, par 2 facteurs principaux, conséquences directes de la crise que nous traversons :

– l’évolution du contexte réglementaire

– la volatilité des coûts de l’énergie

L’évolution du contexte réglementaire

Le Grenelle de l’environnement est probablement le moteur principal des engagements des entreprises vers le développement durable. Le train de mesures du Grenelle est lui-même essentiellement motivé par les objectifs européens en matière d’énergie (cf. Paquet Climat – réduire de 20% les consommations d’énergie et utiliser 20% d’énergies renouvelables en 2020) en matière d’agriculture (cf. Paquet Pesticides, PACou en matière de toxicité pour les industriels (cf. REACH).

Le secteur du bâtiment est le secteur qui se voit attribuer le plus de mesures incitatives. Le financement de la rénovation thermique des bâtiments (via les éco-prêts,…) est au cœur du budget 2009 du MEEDDAT. Le ministère estime qu’entre 2009 et 2020, les mesures du Grenelle de l’Environnement apporteront plus de 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires au secteur de la construction (dont 192 milliards au titre de la rénovation énergétique) et permettront de créer ou de préserver plus de 300.000 emplois. De quoi inciter Bouygues à se lancer désormais dans la construction durable dans un contexte où la crise frappe le bâtiment.
Le secteur de l’énergie est également soutenu par l’Etat qui a engagé plus 300 M € sur 3 ans pour soutenir les entreprises et les collectivités qui souhaitent utiliser la biomasse (déchets agricoles, forestiers ou agro-alimentaires) pour produire la chaleur dont elles ont besoin. Plusieurs dispositifs publics sont mis en place dont un appel d’offre biomasse et un fonds chaleur.
Le secteur de l’agriculture est également soutenu sur le plan de l’énergie via Lire la suite

Pierre Rabhi « Soigner les Hommes, soigner la Terre »

terre.tv, Festival Sciences Frontières, avril 2009

Vous n’avez pas pu vous rendre à Marseille pour le Festival Science Frontières 2009 et, rongé par le regret, vous n’en dormez plus la nuit ? Arrêtez de vous tourmenter… TerreTv retransmet l’intégralité des débats des tables rondes du 25ème Festival Science Frontières : c’est (presque) comme si vous y étiez…

La table ronde « Soigner les Hommes, soigner la Terre » est en ligne. Pierre Rabhi, initiateur du mouvement Colibris, Jacques Fleurentin, ethno-pharmacologue, Habiba Bouhamed Chaabouni, professeure de génétique, Laetitia Fontaine, chercheuse, et Sylvie Gilman, réalisatrice, s’y interrogent : resterons-nous le pire parasite que la Terre ait connu ? Qui doit protéger et soigner l’autre ? c’est Lire la suite

EcoRev’ « Des chiffres et des êtres »

ecorev.org, mars 2009

Le dernier EcoRev’, revue critique d’écologie politique, vient de sortir dans sa version papier. 7 euros pour un numéro consacré à la fascination des chiffres. Au-delà du dossier, vous retrouverez nos rubriques habituelles.

Relancer la croissance coûte que coûte. Malgré les beaux discours, les pompiers pyromanes qui tentent aujourd’hui d’éteindre les foyers allumés dans l’ordre économique et financier ne se sont toujours pas décidés à braquer leurs lances sur l’incendie écologique. Les études s’accumulent pourtant pour démontrer que le marasme actuel ne sera rien en regard du coût des dégâts infligés à la planète. Les estimations de Nicholas Stern sur le coût du changement climatique sont sans cesse réévaluées. Peut-on attendre des suites de l’électrochoc provoqué par le rapport de l’économiste britannique ?

Ni la fonte spectaculaire du pôle Nord, ni les images choc des ours polaires nageant désespérément à la recherche d’un bout de banquise, ni la menace d’engloutissement de certaines îles du Pacifique, ni même les rapports alarmants du GIEC (groupe d’experts internationaux du climat) n’étaient pourtant parvenus à un tel exploit : faire du changement climatique un sujet suffisamment « important » pour mériter la une des médias. En donnant un prix à la catastrophe écologique qui nous guette, Stern semblait avoir touché la corde sensible des dirigeants de ce monde. Face à leur manque d’intérêt pour l’érosion de la biodiversité, l’économiste indien Pavan Sukhdev a été chargé par l’ONU d’évaluer le coût de la destruction des écosystèmes.

Tout ceci révèle à quel point nos sociétés modernes semblent obsédées par les évaluations chiffrées. Ecologistes compris, car il faut parfois parler la même langue… Arguments suprêmes, arbitres des débats d’idées, les indicateurs revêtent pour la plupart d’entre nous les qualités les plus précieuses héritées des Lumières : objectivité, rationalité, scientificité. Jusqu’à devenir parfois des arguments suprêmes, les arbitres définitifs des débats d’idées et des choix politiques… quitte parfois à court-circuiter le débat démocratique.

C’est donc dans ce monde de statistiques et d’indicateurs que ce nouveau numéro d’EcoRev’ nous invite à plonger.

« Des chiffres et des êtres »

Dossier coordonné par Aurélien BOUTAUD

CLASSIQUES
« Un thermomètre qui rend malade ? »

Patrick VIVERET

« Au-delà des chiffres et du productivisme : redéfinir la richesse comme production de soi »

André GORZ Lire la suite

Comment se fabriquer un cerveau vert ?

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 22 avril 2009

Comment se fabriquer un cerveau vert?

Dans l’édition du NYT Magazine parue le 19 avril, il se trouve un extraordinaire papier sur le cerveau vert. Pourquoi est-ce si compliqué de convertir nos cerveaux aux grands enjeux environnementaux tels que le changement climatique ou pire encore, l’effondrement de la biodiversité ? D’après les chercheurs en sciences cognitives, les comportementalistes et ceux qui planchent sur les caractéristiques de nos prises de décision, ces sujets de recherche pourraient porter en eux bien plus de solutions que les sauts technologiques dont on nous rabâche l’impérieuse nécessité. Et si les clefs de la lutte contre les périls climatiques et écologiques, qui implique de multiples changements de comportement, étaient en nous ? Tout simplement.

Le journaliste Jon Gertner a passé deux jours à l’Université de Columbia où un colloque sur l’environnement a réuni la crème de la science cognitive. Les recherches sur l’être humain confronté à des choix simples ou multiples dans les domaines de l’économie, de la santé ou de la consommation, …, existent depuis longtemps. Mais rien de similaire n’avait jusqu’alors été tenté en matière d’environnement. C’est chose faite avec les travaux du Centre de recherches sur les décisions environnementales (Cred), une branche de la recherche comportementale, à l’intersection entre la psychologie, l’économie et la science qui s’intéresse aux processus déterminant nos choix et nos comportements. Pourquoi devient-on écolo ? Pourquoi pas ? Pourquoi accepte-t-on de changer ? Pourquoi reste-t-on aveugle ? De quoi se contente-t-on ? Etc. Le sujet est, avouons-le, passionnant.

« Commençons par considérer que le changement climatique est anthropique. », démarre Elke Weber, l’une des chercheuses de Columbia. « Les gens sont tombés plus ou moins d’accord avec cela. Cela signifie que le changement climatique est causé par le comportement humain. Ce qui ne signifie pas que les solutions techniques n’ont pas leur place. Mais si ce phénomène est causé par le comportement humain, alors la solution réside aussi, probablement, dans le changement des comportements humains. »

J’en vois d’ici opiner du chef, considérant cela comme évident. Tant mieux, alors c’est aux autres que ce papier s’adresse, en priorité ! Le journaliste a assisté aux tests du Cred. D’après ses chercheurs, le changement climatique est une opportunité en or pour étudier nos réactions et nos arbitrages sur des problématiques au long cours. Quels sacrifices serions-nous prêts à mettre en œuvre aujourd’hui pour obtenir des bénéfices climatiques incertains et surtout très lointains ? En gros, qui accepte de monter dans un avion dont les probabilités d’arriver à bon port sont de 15% ? Hmmm, qui ?

La prise de décision –c’est-à-dire l’évaluation des risques- est communément considérée comme deux systèmes travaillant en parallèle. L’un bosse de façon analytique, pèse le pour et le contre, les coûts et les bénéfices de telle décision. L’autre, plus instinctif, envisage le risque comme un sentiment: une réaction primitive et urgente au danger, basée sur l’expérience personnelle. Le problème du système analytique, c’est qu’il considère que le bénéfice au court terme est préférable au bénéfice à long terme. En gros, nous ne sommes guère incités à changer de mode de vie pour garantir –et encore, rien ne le garantit- un meilleur avenir climatique. Et avec le système basé sur l’émotion, ce n’est pas mieux : difficile d’évaluer les dangers de périls que l’on ne vit pas ou par télé interposée (sécheresses, montée du niveau des océans, …).

Les travaux d’Elke Weber montrent aussi que nous avons un quota d’inquiétudes au-delà duquel on interchange les problèmes. Nous sommes incapables de maintenir notre peur du changement climatique lorsque Lire la suite

Sarkozy commet une erreur en se faisant le VRP du nucléaire

lemonde.fr,  Jean-Michel Bezat, le 21 avril 2009

Pour Robert Lion, « le président Sarkozy commet une erreur en se faisant le VRP du nucléaire »

Robert Lion, 74 ans, est le président de Greenpeace France. Cet inspecteur général des finances a été directeur du cabinet de Pierre Mauroy, premier ministre, en 1981-1982, puis directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (1982-1992). Il a ensuite présidé Energy 21 (1994-2000), et préside toujours l’association Agrisud.

Etre président de Greenpeace France, c’est être hostile au nucléaire. N’est-ce pas étonnant pour un ancien grand commis de l’Etat ?

La République n’est pas si sectaire ! J’ai dirigé une administration centrale, le cabinet de Pierre Mauroy, la Caisse des dépôts et consignations, sans cacher mes hésitations puis mon hostilité au nucléaire. Délégué général du mouvement HLM après le premier choc pétrolier, j’ai été un promoteur acharné de la maîtrise de l’énergie et du solaire ; nous combattions EDF, qui essayait d’imposer partout le chauffage électrique. A Matignon, j’ai guerroyé contre mes amis socialistes qui voulaient lancer trois tranches nucléaires par an, alors que nous étions déjà en surcapacité !

Greenpeace a été espionné par EDF. Comment interprétez-vous ces agissements ?

A bien des égards, EDF est une magnifique entreprise. Elle s’est fourvoyée avec le tout-nucléaire. Elle se dévoie avec de telles pratiques. Au-delà des sanctions, cela appelle le mépris.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que le nucléaire est une arme contre le réchauffement climatique ?

Le meilleur moyen de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre est la réduction des consommations énergétiques. Vous pouvez faire le choix, dans un pays comme le nôtre, de produire encore plus d’électricité, et préférer alors le nucléaire au gaz ; vous pouvez choisir au contraire d’améliorer à grande échelle l’efficacité énergétique dans le bâtiment. Pour une tonne de CO2 évitée, la seconde voie coûtera beaucoup moins cher et créera sept à dix fois plus d’emplois. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a souligné la priorité à donner à la maîtrise de l’énergie pour aboutir à un scénario limitant les émissions de CO2.

L’isolation des bâtiments, est-ce bien la panacée ?

Il ne s’agit pas seulement d’isoler ! C’est la conception d’un immeuble ou d’une maison et l’usage induit par cette conception qui sont en cause. Ce sont aussi le contrat de chauffage, les équipements – des chaudières aux ampoules -, les combustibles utilisés : pensez à la géothermie, par exemple, ou à la cogénération. Tout cela, bout à bout, évite la gabegie et conduit à la sobriété.

Les partisans du nucléaire mettent aussi en avant l’indépendance énergétique qu’assure le nucléaire…

Même réponse ! Si vous limitez la consommation de chaleur, de froid, d’éclairage comme celle des carburants dans les transports, vous réduisez la dépendance énergétique du pays. 50 kWh par an au m2 dans le bâtiment ou 120 grammes de CO2 au km pour les automobiles, c’est le même combat ! Dans dix ans, ces seuils eux-mêmes nous paraîtront archaïques parce que trop élevés.

Les écologistes n’entretiennent-ils pas une peur excessive ?

Tchernobyl n’est pas un fantasme ! Le risque d’accident se multiplierait si le nucléaire civil était adopté par des pays sans culture industrielle. Les déchets nucléaires, qu’on ne sait toujours pas éliminer, font de nous des transmetteurs de mort aux générations futures. Quant au risque de prolifération, qui en a le plus peur sinon les gouvernements occidentaux dressés contre le nucléaire iranien ? Disséminer l’atome, c’est aller inévitablement vers son utilisation, un jour, par des Etats agressifs et par des mafias. Le président Sarkozy commet une erreur géostratégique en se faisant le VRP du nucléaire.

Et pourtant, les projets de centrales fleurissent dans le monde… Lire la suite

26 avril 2009 : 23e commémoration de Tchernobyl

A l’occasion de la 23e commémoration de l’accident de Tchernobyl plus d’une centaine d’actions sont organisés en France comme à l’étranger.

1 – Conférence avec le Pr Youri Bandajevsky

Vendredi 24 Avril

« Tchernobyl et ses conséquences, 23 ans après »

20h à l’Athénée Municipal (Place St-Christoly) à Bordeaux.

2 – Rassemblement

Samedi 25 Avril

17h sur les marches du Grand Théâtre (place de la Comédie) à Bordeaux.

Organisé par l’association Tchernoblaye.

26 avril 2009 : 23e commémoration de l’accident de Tchernobyl

Informations et programme sur Lire la suite

Et si l’on ne mangeait que des fruits et légumes de saison ?

leparisien.fr, Claire Chantry, le 4 avril 2009

Et si l’on ne mangeait que des fruits et légumes de saison ?

Il faut faire son marché en respectant les saisons, martèlent les écologistes. Les consommateurs s’y mettent, même s’il n’est pas facile de suivre le calendrier des cultures.

Il n’y a pas que les tracts de Nicolas Hulot qui supplient les Français de manger des fruits et légumes de saison pour préserver la biodiversité. Aujourd’hui, restaurateurs, grandes surfaces ou marques engagées se mettent à alpaguer le consommateur grâce à des végétaux cultivés sur un terroir proche. « Cette vogue du saisonnier rejoint l’attrait pour les fruits et légumes oubliés ou les céréales anciennes.

On est dans la tendance de la réalliance de l’homme avec la planète, explique Sophie de Reynal, directrice marketing de Nutrimarketing, experte des courants alimentaires. Dans ce contexte, la crise agit comme un accélérateur. On a besoin de se rassurer avec du bon sens. Et pour faire attention au porte-monnaie, on achète malin, près de chez soi, de saison et on se rend compte que c’est aussi bon pour l’écologie. » A preuve, le succès remporté aujourd’hui par le jardinage, les Amap ces groupes qui se ravitaillent auprès des producteurs locaux ou les soupes maison.

« Les aïeuls donnent l’exemple »

Le fait est là : produire et transporter un melon venu par avion d’Amérique du Sud nécessite 60 fois plus de pétrole que s’il est cultivé localement, comme le martèlent les écologistes en cette Semaine du développement durable. Un coût qui devient un argument : pour arriver à offrir au rayon primeur des prix de 1 € le kilo, les hypers mettent en avant les fruits et légumes du moment.

Il y a nécessité à se nourrir au rythme des saisons. Sans considérer les produits exotiques, ananas, avocats ou bananes, qui sont par définition achetés hors de nos frontières, 27 % de nos fruits frais et 35 % de nos légumes sont achetés à l’étranger, dont une partie provient d’une production intensive donc coûteuse. « Les fraises sont surtout présentes d’avril à septembre, mais sur les autres mois, on trouve surtout des fraises importées, soit 115 000 t par an », détaille Mathieu Serrurier, chargé d’études au centre technique des fruits et légumes. « Les producteurs répondent aux nouvelles habitudes qui veulent qu’on consomme plus de produits d’été en hiver et inversement. Les jeunes se rabattent sur le basique : la banane, l’orange et la tomate, constate-t-il. A l’inverse, les aïeuls donnent l’exemple. Ce sont les seniors aisés qui achètent le plus de fruits et légumes. »

La priorité est bien de respecter le calendrier des saisons, moins de s’attarder sur les pratiques de culture. « Les fruits et légumes peuvent être de plein champ ou non, insiste Mathilde Causse, directrice de recherche à l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique. Sous serre, certains contiennent plus d’antioxydants et demandent moins de produits chimiques. » Aux « locavores », Lire la suite

Les gains de rendement des OGM surestimés

liberation.fr, NC, le 20 avril 2009

Les gains de rendement des OGM surestimés

Une étude réalisée par des experts indépendants montre que l’utilisation des organismes génétiquement modifiés n’augmente pas sensiblement les productions de maïs et de soja.

Le principal argument de vente de Monsanto et de ses collègues semenciers vient de prendre un sérieux coup dans l’aile. «Jusqu’ici les performances des cultures génétiquement modifiées pour accroître le rendement sont modestes et ce malgré les efforts considérables mis en œuvre depuis vingt ans», concluent les auteurs d’une étude de l’Union of Concerned Scientist (UCS, groupe indépendant américain de recherche), intitulée failure to yield. Or l’accroissement de la production est le principal argument avancé par les défenseurs des organismes génétiquement modifié (OGM).

Pour les auteurs du rapport, il faut se tourner vers une amélioration des techniques agricoles pour comprendre l’augmentation des rendements aux Etats-Unis. Citant des statistiques du Ministère américain de l’Agriculture, l’étude note que la production moyenne de maïs par hectare aux Etats-Unis a été de 28% plus élevée de 2004 à 2008 que durant une période comparable de cinq ans entre 1991 et 1995. Selon eux, seuls 3 à 4% de ce gain est attribuable aux OGM. 24 à 25% du gain de production à l’hectare viendrait d’autres méthodes d’amélioration des cultures de maïs.

Coté soja, la production moyenne s’est accrue de 16%. Les chercheurs de l’UCS ont estimé que le gain attribuable aux OGM était quasi inexistant. Pour preuve, le blé qui a vu ses rendements augmenter de 13%, alors qu’il n’existe pas de variétés OGM.

Le principal rédacteur, Doug Gurian-Sherman nuance légèrement : «Seul le maïs Bt (Bt pour Bacillus thuringiensis, ndlr) a montré dans une certaine mesure de plus grands rendements d’exploitation.» Mais ces scientifiques ont calculé que la contribution dudit maïs à l’accroissement des rendements depuis sa commercialisation en 1996 n’a été que de 0,2 à 0,3% par an.

Ce maïs transgénique est censé résister aux insectes nuisibles. Sur des terres infestées, donc propices à l’utilisation d’OGM, sa production est supérieure de 7 à 12% aux cultures traditionnelles. Dans des parcelles saines, le gain de rendement par rapport aux maïs normaux est évalué à 2,3%

Des résultats nettement inférieurs à ce qu’annoncent les semenciers. Sur son site Internet, la firme Monsanto affirme que son YieldGard offre une augmentation de la production autour de 20% sur les parcelles infectées et 12% sur l’ensemble des terres cultivées.

Quand Monsanto a peur de Monsanto

Doug Gurian-Sherman s’interroge sur la sagesse de consacrer autant d’investissement dans les OGM qui pourraient en outre présenter des risques environnementaux.

D’ailleurs la firme Monsanto elle-même met en garde contre Lire la suite

Climat : Les organisations humanitaires bientôt dépassées ?

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, 22 avril 2009

Climat : Les organisations humanitaires bientôt dépassées ?

L’ONG international Oxfam, qui regroupe treize associations à travers le monde, tire la sonnette d’alarme. Les organisations humanitaires risquent d’être submergées d’ici à 2015 par l’explosion du nombre de personnes frappées par des catastrophes climatiques. L’augmentation de 54% des victimes rendrait le système actuel inefficace, alerte l’ONG qui réclame le doublement des aides à travers le monde pour faire face à cette situation.

« Bien qu’on observe un accroissement constant des catastrophes liées au climat, ce sont toutefois la pauvreté et l’indifférence politique qui transforment une tempête en catastrophe », prévient Jeremy Hobbs, directeur général d’Oxfam International (Oxford Commitee for Famine Relief), confédération de treize ONG (dont Oxfam France – Agir ici) qui « lutte sur les terrains politique, économique et humanitaire contre la pauvreté et l’injustice » dans le monde. « L’actuel système d’aide humanitaire est désuet et injuste : il doit être réformé d’urgence ».

L’organisation internationale a déclaré hier, mardi 21 avril, que le nombre de personnes touchées par les crises climatiques pourrait atteindre les 375 millions de personnes d’ici les six prochaines années, soit une augmentation de 54%, « menaçant d’accabler lourdement le système d’aide humanitaire ». En septembre dernier, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait également jugé urgent de mieux se préparer aux catastrophes naturelles pour s’adapter au changement climatique. Il préconisait alors des mesures de prévention « tels que le contrôle des inondations, la conception de bâtiments résistant aux cyclones, et la protection des écosystèmes côtiers, dont les mangroves et les récifs coralliens ». 
« Le droit de survivre »

Les chiffres inquiétants avancés par Oxfam s’appuient sur les données du Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED) de l’université de Louvain en Belgique, qui a analysé plus de 6 500 catastrophes liées au climat depuis 1980. Il prend également en compte les effets « d’une pauvreté persistante et de la migration de personnes vers les bidonvilles surpeuplés » menacés « par un nombre croissant d’événements climatiques ». Ces prévisions pessimistes ne prendraient pas en compte les personnes touchées par d’autres catastrophes comme les guerres, les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques. « L’incapacité des leaders mondiaux à gérer ces risques ainsi qu’un système d’aide humanitaire inadapté à la situation actuelle, aggravent encore plus cette situation », commente l’ONG. Dans son rapport intitulé « Le droit de survivre », Oxfam affirme que « le monde doit repenser la manière avec laquelle il prévient les catastrophes, s’y prépare et y réagit ». 
25 milliards de dollars réclamés

Pour l’ONG, seule une réponse urgente adaptée peut contrecarrer ce scénario. « Le monde doit Lire la suite

Bx 6 mai, Petite écologie de l’Homme et de ses techniques

MNE Bordeaux-Aquitaine, communiqué, le 25 mars 2009

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT

L’Université nomade d’Aquitaine

MERCI DE DIFFUSER LARGEMENT L’INFORMATION DANS VOS RESEAUX

« Petite écologie de l’Homme et de ses techniques » avec Michel Lesbats

Les 1er mercredis du mois :

1er avril, 6 mai, 3 juin et 1er juillet de 18h30 à 20h00

Locaux du Jardin botanique de Bordeaux

Esplanade Linné, Rive droite (tram station jardin botanique)

Ouvert à tous – Entrée libre et gratuite

Organisation : Maison de la nature et de l’environnement (MNE) Bordeaux-Aquitaine https://mneaquitaine.wordpress.com/, renseignements mnebxaquitaine@aol.com

Après avoir présenté « une question » à partir d’une courte conférence et/ou d’un film  sur le sujet (environ 45 minutes) le conférencier invitera le public à partager ses connaissances, expériences et performances sur le sujet abordé (environ 45 minutes).

1 – La main de l’Homme, ses techniques –  Mercredi 1° Avril

Cours 1 : Evolution des risques techniques de l’Homme préhistorique à nos jours.

Comment poser le problème du risque dans la société – La société du risque… Comment a évolué ce concept à l’échelle historique, comment a évolué la manière de l’appréhender. Petite Histoire des approches métaphysiques, assurantielles, techniques, sociales et sociétales de ces événements que nous ne souhaitons pas subir…

Comment poser le problème du risque dans la société ? Pourquoi est-il traité « à part » par rapport aux approches dites « Ecologiques ou Développement durable » ou aux approches « Santé publique… Santé au travail» ?

2 – Autopsie d’un accident / Les mots des maux, les mots du risque – Mercredi 6 Mai

Cours 2 : Définitions et polysémie des termes du domaine des risques d’origine technique.

A partir de la projection d’un petit film sur AZF et/ou Tchernobyl…le danger et le risque, les dommages,  les polluants, pollutions et impacts… les mots employés sont très dépendants de notre culture et de nos attentes, ils sont aussi le cœur de l’incompréhension qu’ils introduisent dans la communication entre les acteurs de la concertation sociétale… entre les « parties prenantes ».

Comment éduquer, former, informer se concerter… la rationalité est elle suffisante pour rapprocher les acteurs qui s’ignorent ou s’invectivent le plus souvent ? Comment fonder un nouveau contrat social et une nouvelle démocratie écologique ?

3 – Citoyenneté et culture du risque – Mercredi 3 juin

Cours 3 : La participation des citoyens à la Gestion des risques techniques.

Incitation ou obligation ? Plans particuliers des risques technologiques (PPRT)… Comités locaux d’Information et de Concertation (CLIC)… ?  SPPPI et autres SAGE,  Agendas 21, débats publics sur des projets d’aménagement… Projection d’un film «  les PPRT, les CLIC du  MEEDDAT ».

Difficultés de mise en place d’une réflexion sociétale pluridisciplinaire sur ces sujets. Pourquoi les structures de la concertation « officielle » sont elle si peu efficaces ? Que faire tous ensemble  Lire la suite

IJBA et Utopia Bx le 28 Avril : le journalisme en question

Centre François Mauriac, le 15 avril 2009

le 28 Avril : le journalisme en question

L’IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) en partenariat avec le cinéma Utopia, propose le 28 avril une soirée rencontre et projection-débat autour du journalisme engagé.

18h – 19h30, Rencontre avec Jean-Claude Guillebaud à l’IJBA, 1 rue Jacques Ellul (tram C, arrêt Tauzia). Jean-Claude Guillebaud évoquera Mauriac, qui reste un remarquable exemple de journaliste engagé.

20h30, projection du film « Témoin indésirable » au cinéma Utopia. Lire la suite :

« Témoin Indésirable » est un film documentaire réalisé par Juan José Lozano, Colombie, 2008. Juan José Lozano nous propose de suivre pendant 1h25’ Hollman Morris, journaliste colombien qui se bat depuis quinze ans au cœur du drame humanitaire de son pays, pour y dénoncer la barbarie et les atteintes quotidiennes aux droits de l’homme. Hollman Morris est l’auteur de reportages exclusifs qui lui valent une reconnaissance internationale, mais aussi de nombreuses menaces et intimidations. Le réalisateur essaye de comprendre ses motivations à toute épreuve.

La projection sera suivie d’un débat en présence de Jean-Claude GUILLEBAUD, président du Centre François Mauriac, écrivain et journaliste, Joël AUBERT, journaliste fondateur du journal en ligne AQUI !, Luis RAMIREZ, docteur en philosophie, enseignant à la faculté de philosophie de l’université d’Antioquia en Colombie, avec la participation d’étudiants de l’IJBA et de membres de l’association France Amérique Latine.

Cette soirée est organisée dans le cadre des Rencontres Politique et Médias. Elle sera préparée en amont par une soirée de rencontres le 21 avril à l’Utopia, à 19h30 salle de la cheminée.

Pour assister à la soirée débat du 28 avril à l’Utopia, Lire la suite

Bandajevsky, conséquences de Tchernobyl : Bx le 24 avril

Tchernoblaye (association membre du réseau « Sortir du nucléaire »), communiqué, avril 2009

Conférence du Professeur Youri Bandajevsky

La catastrophe de Tchernobyl et ses conséquences 23 ans après

Vendredi 24 avril 2009 à 20h30

Athénée municipal de Bordeaux 

Le Pr Youri Bandajevsky a effectué 6 ans de prison en Biélorussie simplement pour avoir dit la vérité sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

Amnesty international a classé le Pr Bandajevsky comme prisonnier d’opinion jusqu’à sa liberté conditionnelle survenue le 5 août 2005.

Le Pr Youri Bandajevsky sera fait citoyen d’honneur de la ville de Bègles par le député maire Noël Mamère le vendredi 24 avril à 16h00 à la mairie de Bègles

Plus d’infos : Lire la suite

Cap Sciences, la taxe carbone le vendredi 24 avril

MNE Bordeaux-Aquitaine, Communiqué, le 16 mars 2009

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT

L’Université nomade d’Aquitaine

MERCI DE DIFFUSER LARGEMENT L’INFORMATION DANS VOS RESEAUX

« 3 CONFERENCES-DEBAT »

Vendredi 20 mars à 20h30 avec Jean Yves Rossignol – Consultant

« Le changement climatique : pas plus de 2° C »

Vendredi 10 avril à 20h30 avec Gilles Drogou – Les Amis de la terre

« Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 »

Vendredi 24 avril à 20h30 avec Jean Sireyjol – Association TACA

« Crise climatique et énergétique :

la taxe carbone est-elle une réponse appropriée ? »

à Cap Sciences – Hangar 20 – Quai de Bacalan – Bordeaux

contact@cap-sciences.net

Ouvert à tous – Entrée libre et gratuite

D’après le Commissaire européen à l’environnement Stavros Dimas, le sommet de Copenhague qui aura lieu en décembre prochain sera la dernière chance du monde pour éviter un changement climatique fatal et engager une lutte sérieuse contre les émissions de gaz à effet de serre. Le monde fera face à sa dernière chance de se mettre d’accord sur une réponse mondiale appropriée au changement climatique.  

Les dirigeants d’environ 190 pays se rencontreront pour essayer de se mettre d’accord sur une convention mondiale pour remplacer le Protocole de Kyoto et lutter contre le changement climatique. Le Protocole de Kyoto, qui engage 37 nations industrialisées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en moyenne entre 2008 et 2012, expirera en 2012.  « Cela fait maintenant douze ans que Kyoto a été créé. Cela signifie que Copenhague est la dernière opportunité pour le monde de faire cesser le changement climatique avant qu’il ne dépasse un point de non retour » a déclaré le Commissaire européen à l’environnement, Stavros Dimas. « Conclure un accord à Copenhague est non seulement possible, mais c’est impératif et nous allons le conclure ».

Les émissions de gaz à effet de serre mondiales augmentant plus rapidement que prévu, Stavros Dimas a déclaré qu’il était essentiel que les principaux pollueurs tels que les Etats-Unis et les pays émergents du Moyen-Orient et de l’Amérique du sud signent également le nouveau traité. Stavros Dimas a déclaré qu’un accord à Copenhague devrait viser à limiter le changement climatique en maintenant l’augmentation des températures au dessous du seuil critique des 2°C par rapport à la période préindustrielle, soit moins de 1,2°C au-dessus des températures actuelles.

Pour cela il faudra au moins diviser par deux les émissions mondiales d’ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990. Le principe d’équité impose un quota par habitant d’émission de gaz à effet de serre égal pour tous les pays, ce qui va se traduire par des réductions de 80 à 95 % pour les pays développés qui aujourd’hui émettent beaucoup plus par individu que le reste du monde. Stavros Dimas a déclaré que les nations riches avaient l’obligation morale de mener la lutte contre le changement climatique et que l’Union Européenne était prête à s’engager à réaliser des réductions d’émissions plus importantes, à condition que Lire la suite

Réchauffement climatique : Vidéo à voir et à faire tourner

Réchauffement climatique : Vidéo à voir et à faire tourner.

POUR NOS ENFANTS, AGISSONS !

Le 10 août dernier, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées sur la plage d’Ostende pour participer au tournage d’un clip que le réalisateur Nic Balthazar mettait en boîte pour la campagne « The Big Ask ».

Ce clip est aujourd’hui terminé.

Il a été présenté en avant-première le mercredi 27 novembre dernier et circule désormais sur le Net pour appeler à la mobilisation.

ACT NOW !

http://www.thebigask.be/fr/

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OGM, l’Allemagne rejoint les anti-OGM européens

actualites-news-encironnement.com, Pierre Melquiot, le 17 avril 2009

OGM, l’Allemagne rejoint les anti-OGM européens.

L’Allemagne a en effet rallié les pays européens anti-OGM en interdisant la culture du maïs transgénique de l’américain Monsanto, l’OGM MON810. Retour sur les raisons invoquées par l’Allemagne.

En matière de culture OGM, l’Allemagne a rallié les pays européens anti-OGM en interdisant la culture du maïs transgénique distribué par l’américain Monsanto, l’OGM MON810. Cette décision va à l’encontre de la volonté de la Commission européenne qui estime que cette décision n’est pas justifiée.

Le gouvernement allemand a en effet rejoint la France, la Grèce, la Hongrie, l’Autriche et le Luxembourg, le camp des pays européens qui ont interdit, au nom du principe de précaution, la culture du seul Organisme Génétiquement Modifié (OGM) actuellement autorisé en Europe, le maïs transgénique MON810.

La ministre fédérale de l’alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs, Ilse Aigner, a déclaré le 14 avril d’une conférence de presse à Berlin que « désormais, la culture du maïs transgénique OGM MON810 est désormais interdite en Allemagne. » « Les Länder ont été immédiatement informés de cette mesure et il leurs est demandé de pourvoir au respect de cette interdiction », a ajouté la ministre Aigner.

La Ministre fédérale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Protection des consommateurs, Ilse Aigner avait demandé une évaluation complète du rapport que  Monsanto avait présenté fin mars afin de connaître les répercutions que l’OGM MON810 pouvait avoir sur l’environnement.

L’évaluation qui a été effectuée par l’administration fédérale (office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire, Institut Julius Kühn, office fédéral de la protection de la nature) n’a pas donné de résultats probants.

Cette décision tient aussi compte, selon la ministre fédérale Ilse Aigner, du fait que désormais cinq membres de l’Union européenne ont pris des mesures de protection en ce qui concerne le maïs OGM MON810. Le dernier en date est le Luxembourg qui a pris une clause de sauvegarde à la fin du mois de mars 2009.

 « J’en conclu qu’il existe de bonnes raisons de penser que le maïs génétiquement modifié MON810 présente un danger pour l’environnement », a déclaré Ilse Aigner. Cette position a été également confirmée  par le ministère allemand de l’environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire.

 « Cette décision n’est pas politique », a ajouté Ilse Aigner. « C’est une décision basée sur Lire la suite

Energies et climat : les tendances sont insoutenables

contreinfo.info, NC, le18 novembre 2008 à partir de AIE, le 12 novembre 2008

Energies et climat : les tendances actuelles sont insoutenables, avertit l’AIE

[Nombreux graphiques sur le document d’origine]

 « Les tendances actuelles dans l’approvisionnement et la consommation d’énergie sont manifestement non soutenables – écologiquement, économiquement et socialement. Elles peuvent et doivent être modifiées », avertit Nobuo Tanaka, le directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie. Mettant en garde contre les tensions prévisibles en raison du déclin accéléré des gisements et de la hausse de la demande – il faudra mettre en production l’équivalent de 6 Arabie Saoudite d’ici 2030 – il estime que « l’ère du pétrole bon marché est terminée. » Sur le volet de la lutte contre le réchauffement climatique, les difficultés ne s’annoncent pas moindres. Même si les pays de l’OCDE réduisaient à rien leurs émissions, la limite des 450 ppm d’équivalents-CO2 serait malgré tout dépassée. Extraits du dernier rapport de l’Agence, voici les faits, les chiffres et les tableaux qui décrivent l’ampleur de la tâche.

Agence Internationale de l’Energie, 12 novembre 2008

« Nous ne pouvons pas laisser la crise financière et économique retarder l’action politique requise d’urgence pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique et réduire l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Nous devons effectuer une révolution mondiale dans le domaine de l’énergie, consistant en une amélioration de l’efficacité énergétique et l’augmentation de la mise en oeuvre d’énergies pauvres en carbone », a déclaré Nobuo Tanaka, directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) à Londres à l’occasion de la présentation du « World Energy Outlook (WEO) 2008 » – la nouvelle édition de la publication de l’agence qui dresse un tableau prospectif sur les questions énergétiques.

Projections

Dans le scénario de référence du WEO-2008, qui prend pour hypothèse la poursuite des politiques gouvernementales actuelles :

– la demande mondiale d’énergie primaire croît de 1,6% par an en moyenne entre 2006 et 2030 – soit une augmentation de 45%. Chiffre inférieur à celui prévu l’an dernier, principalement en raison de l’impact du ralentissement économique, de la perspective de prix plus élevés et de nouvelles initiatives politiques.

– La demande de pétrole augmente de 85 millions de barils par jour actuellement à 106 mb/j en 2030 – soit 10 mb/j de moins que prévu l’an dernier.

– La demande de charbon augmente plus que toute autre source d’énergie en termes absolus, représentant plus d’un tiers de l’augmentation de la consommation d’énergie.

– Les énergies renouvelables modernes croissent plus rapidement, dépassant le gaz, pour devenir la deuxième plus grande source d’électricité peu après 2010.

– La Chine et l’Inde représentent plus de la moitié de l’augmentation de la demande d’énergie à l’horizon 2030 alors que le Moyen-Orient apparaît comme une nouvelle région consommatrice.

– La part de l’énergie mondiale consommée dans les villes passe de deux tiers à près de trois-quarts en 2030. La quasi-totalité de l’augmentation de production d’énergie fossile se produit dans les pays en dehors de l’OCDE.

– Ces tendances impliquent une augmentation des investissements dans le secteur de l’énergie de 26 300 milliards de dollars d’ici 2030, soit plus de 1000 milliards par an. Pourtant, les tensions sur le crédit pourraient retarder ces dépenses, et potentiellement provoquer un effondrement de l’offre qui pourrait étouffer le redressement économique.

Tendances insoutenables

« Les tendances actuelles dans l’approvisionnement et la consommation d’énergie sont manifestement non soutenables – écologiquement, économiquement et socialement. Elles peuvent et doivent être modifiées Lire la suite

Programme complet du Contre-Grenelle 2 du 2 mai à Lyon

bellaciao.org, Paul Aries, le 19 avril 2009

Programme complet du Contre-Grenelle 2 du 2 mai à Lyon

Contre-grenelle du 2 mai 2009 à Lyon Le rendez-vous national des antiproductistes à la veille de la campagne des européennes.

NON au bradage de l’écologie politique sous couvert d’une ouverture aux écologistes de marché. NON aux capitulards du développement durable même maquillés en défenseurs d’une nouvelle régulation capitaliste. NON aux tartufes de l’écologie médiatique qui pillent le vocabulaire de la décroissance et de l’antiproductivisme sans jamais parler une seule fois d’anticapitalisme.

OUI à un autre partage du gâteau : la première des décroissances doit être celle des inégalités. OUI à un vrai débat démocratique dans la clarté : on ne changera pas le monde dans la confusion idéologique et avec comme partenaires les grandes transnationales. OUI à une autre Europe démocratique où chaque pays soit capable de relocaliser ses activités économiques.

PROGRAMME

Matinée (9h30-12h) Qu’est-ce que le capitalisme vert ? 9 h 30 – Introduction : Paul Ariès (Le Sarkophage)
Démontage du capitalisme de Nicolas Sarkozy et du productivisme de la gauche : Yannis Youlountas (philosophe)

Le vrai visage de Cohn-Bendit : Sophie Divry (La Décroissance)

L’idéologie nucléaire : Cédric Lucas du Réseau Sortir du nucléaire Pause musicale par François Gaillard* 10 h 30 – La santé en danger : Catherine Levraud (médecin)

Marketing, commerce et hyperconsommation : Véronique Gallais (Action Consommation)

La civilisation de la voiture : Gilbert Dumas (enseignant)

Les pièges de la monnaie carbone : Aurélien Bernier (altermondialiste)

Midi : Une assiette paysanne (7,20 euros) est proposée par la ferme des sources (Confédération Paysanne d’Isère) Tables de presse…

Après-midi Lire la suite

DD et commerce équitable : mauvais mixage de poncifs

novopress.info, Claude Timmerman, le 18 Avril 2009     

Développement durable et commerce équitable : mauvais mixage de poncifs

C’est un véritable brûlot – le premier d’une série – que nous livre ici, spécialiste du monde agricole, diplômé de l’ENS, agrégé de l’Université, docteur ès-sciences et que l’on a pu entendre à différentes reprises sur Novopress (notamment sur la soumission de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments au lobby des semenciers du maïs génétiquement modifié, ou encore sur la pêche) ! Une charge au vitriol contre les poncifs de l’ « écologiquement correct » à forte valeur ajoutée qui risque fort de faire grincer quelques dents et de susciter nombre de réactions… Attention, comme dirait Bernard Blier dans Les tontons flingueurs : « c’est du brutal ! »

Le terme « écologie » fut inventé en 1866 par le biologiste allemand Ernst Haeckel, bien que Henry David Thoreau l’ait peut-être inventé dès 1852. Il semble avoir été utilisé pour la première fois en français vers 1874. Dans son ouvrage Morphologie générale des organismes, Haeckel désignait en ces termes: « (…) la science des relations des organismes avec le monde environnant, c’est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d’existence. » Autrement dit, l’écologie est la science des interactions des divers individus et des diverses espèces entre elles à l’intérieur d’un même milieu (biotope) et par extension à la biosphère toute entière. Au niveau humain, elle analyse l’état de compétiteur de l’individu parmi les autres espèces animales ou végétales et considère l’homme comme une des composantes naturelles du milieu et non pas comme le prédateur dominant naturel. Elle s’oppose en cela aux conceptions religieuses monothéistes issues de la Genèse qui place, pour les juifs les musulmans et les chrétiens, l’homme au sommet d’une création qui n’est là que pour qu’il s’en serve.

L’écologie sociale – théorie philosophique, sociale et politique, mise sur pied par l’américain Murray Bookchin (1921-2006) dans les années soixante – montre les problèmes écologiques comme découlant principalement de problèmes sociaux, notamment des différentes formes de hiérarchies et de dominations, et cherche à les régler à travers le modèle d’une société adaptée au développement humain et à la biosphère. Dans cette optique, la place de l’homme se conçoit dans une harmonie de développement garantissant la pérennité des autres espèces au milieu desquelles il s’épanouit en s’efforçant d’avoir un minimum d’impact négatif sur le biotope.

L’écologie politique cherche à développer la prise de conscience de l’empreinte de l’être humain sur son milieu, y compris dans ses aspects politiques, sociaux, et sociétaux : le terme est apparu dans les années 1970, par opposition à certains mouvements “écologistes” qui avaient tendance à ne pas inclure ces aspects dans leur réflexion. Il s’agissait de remettre en question l’interaction entre l’être humain et son environnement, y compris dans les programmes politiques. C’est aussi un mouvement social pour transformer la société, dans un sens plus conforme à une vision écologique (globale, intégrant les générations ultérieures) des réalités. Plus qu’une politique, on peut la considérer comme une éthique, aspirant à une plus grande harmonie, autonomie, solidarité, efficacité et responsabilité. C’est une théorie radicale basée sur le communalisme qui s’oppose au système capitaliste actuel de production et de consommation. Elle vise la mise en place d’une société morale, décentralisée, solidaire, guidée par la raison. On comprend dans ses conditions que l’écologie figure à l’extrême gauche de l’échiquier politique et apparaisse depuis trente ans comme doctrine politique de substitution au marxisme agonisant…

Voyons maintenant comment s’entend le développement durable : publié en 1987 par la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement, le rapport « Notre Avenir à Tous , nommé rapport Bruntland – nom de la présidente de la commission, la Norvégienne Gro Harlem Brundtland – définit ainsi la politique nécessaire pour parvenir à un « développement durable » : « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : Lire la suite

Québec : Un nouveau livre pour Hervé Kempf

cyberpresse.ca, Le Soleil, Éric Moreault, le 18 avril 2009

Un nouveau livre pour Hervé Kempf

(Québec) L’actuelle crise économique va de pair avec une crise écologique sans précédent. Ce qui a inspiré à Hervé Kempf un essai percutant et radical : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme. Le journaliste en environnement au quotidien Le Monde et écrivain voit dans la dérive du capitalisme une forme qui privilégie le gaspillage, le saccage de la planète, l’inégalité et la consommation ostentatoire. Pour cette suite logique à Comment les riches détruisent la planète (2007), il fallait néanmoins «aller au-delà du diagnostic et démontrer qu’il y a des voies pour se sortir de cette situation». Entretien.

Q    Votre livre arrive à point nommé, non ?

R Que la crise se manifeste ne m’a pas étonné. J’avais écrit dans mon livre précédent que, logiquement, l’économie des États-Unis allait s’effondrer et qu’il y aurait aussi un ralentissement en Inde et en Chine. Si ça ne s’était pas produit, on serait allé encore plus rapidement vers la catastrophe écologique.

Q    Croyez-vous que les gens risquent d’être moins réceptifs ici qu’en Europe à cette critique du capitalisme ?

R Aux États-Unis, cette mise en cause du capitalisme risque d’être plus difficile à avaler. Mais au Québec, je retrouve une attention et une compréhension semblables à celles que j’ai eues en France. Ce sont des questions qu’on se pose en ce moment. Le système perd de sa légitimité. Il y a un désir de trouver des réponses et de chercher des solutions.

Q    Pour dénoncer le capitalisme, sentiez-vous le besoin de faire le procès de l’individualisme ?

R Tout à fait. C’est même le coeur de l’argument du livre. L’évolution du capitalisme, dans les 30 dernières années, a exacerbé l’individualisme et l’a porté à un degré jamais atteint. Il enferme les personnes dans cette idée que chacun n’est que soi-même et ne doit viser que sa satisfaction personnelle. Pour faire évoluer la société, il faut interroger nos relations à l’autre, ce qu’est la société, et aller beaucoup plus vers des valeurs de solidarité, de coopération et de bien commun, qui ont été extrêmement affaiblies et dévalorisées depuis 30 ans.

Q    N’est-ce pas une nostalgie soixante-huitarde ?

R Je suis plus tourné vers le présent et l’avenir que le passé. Cette période avait peu de points communs avec maintenant. La politique était plus présente et vivante. Il n’y avait pas cette aliénation par la consommation causée par la télévision et la publicité omniprésente. Il faut secouer les chaînes de ce confort et de cet attrait permanent à avoir toujours plus. Il y a aussi un élément tout à fait nouveau : la question écologique a atteint un degré d’urgence qui n’existait pas du tout à l’époque. Je suis très frappé par les signes très évidents de dégradation, même au Québec : le fleuve Saint-Laurent, les cyanobactéries dans les lacs, le plan Nord qui est une destruction organisée de l’environnement, les sociétés minières. Il faut changer ce modèle.

Q    Le ton utilisé, sans être provocateur, vise-t-il à secouer une certaine apathie des gens face à la situation environnementale ?

R Oui, mais je le fais en m’appuyant sur les faits, en projetant de la lumière sur les coins habituellement laissés dans l’ombre. C’est mon obsession. Je m’engage un peu plus que comme journaliste, parce que l’écriture me permet d’aller plus loin et d’articuler mieux les faits et les idées.

Q    Vous déboulonnez certains mythes environnementaux, n’avez-vous pas peur de décourager les gens ? Lire la suite

Agriculture : le G8 doit changer de cap !

oxfamsol.be, Thierry Kesteloot, chercheur, le 17 avril 2009

Agriculture : le G8 doit changer de cap !

Du 18 au 20 avril 2009, les Ministres de l’agriculture du G8 se réuniront à Cison di Valmarino (Italie) pour discuter de la crise alimentaire mondiale. Pendant ces 3 jours de rencontre, plus de 75.000 personnes mourront de faim sur terre.

Publiée à l’occasion de cette réunion ministérielle, une note d’Oxfam International rappelle que la réponse à la crise alimentaire ne viendra pas d’une augmentation de la production dans les pays du G8 et des pays émergents. La solution à cette crise passe plutôt par le renforcement des agricultures paysannes dans tous les pays, au Nord comme au Sud.

Actuellement, près d’un milliard de femmes et d’hommes sont condamnés à la faim. Les principales causes de cette injustice sont à chercher dans le sous-investissement manifeste octroyé au secteur agricole, dans la crise économique, dans le changement climatique et dans l’imposition – par les pays du G8 principalement – de règles commerciales inéquitables et d’une libéralisation excessive des marchés agricoles.

Le G8 met de l’huile sur le feu

Les pays riches continuent d’appliquer des politiques agricoles et commerciales qui nuisent au développement de la production agricole dans les pays en développement et qui empêchent ces derniers de protéger leur agriculture paysanne. A titre d’exemple, la récente décision de l’Union européenne de recourir aux subsides à l’exportation pour les produits laitiers : cette mesure renforce des pratiques de dumping agricole destructrices pour les marchés intérieurs de nombreux pays en développement, et met les petits producteurs du Sud dans l’impossibilité de vivre dignement de leur travail.

Pour couronner le tout, les pays du G8 ne tiennent pas leurs promesses en matière d’aide. Lors du Sommet agricole tenu à Rome en juin 2008, ils s’étaient engagés à débourser US$ 20 milliards en soutien à l’agriculture des pays en développement. Moins d’un cinquième de ce montant a été déboursé jusqu’à présent, alors que la FAO estime à US$ 30 milliards par an l’aide nécessaire aux pays en développement pour faire face à la crise alimentaire.

Volatilité et crise climatique

Alors que les marchés agricoles sont soumis à de fortes volatilités, la FAO prévoit une nouvelle hausse des prix en 2009. Cette crise des prix agricoles affecte en premier lieu les populations les plus pauvres, en majorité rurales, qui dépensent plus de la moitié de leurs revenus pour s’alimenter.

En outre, il est désormais prouvé que la crise climatique aura un effet dramatique sur l’agriculture, en particulier dans les pays en développement. Les estimations prédisent une diminution des récoltes importantes, condamnant 170 millions de personnes supplémentaires à la faim d’ici 2080.

Un changement de cap s’impose

Aujourd’hui, les conditions nécessaires pour que les petits producteurs puissent pleinement participer au développement agricole de leurs pays et assurer la sécurité alimentaire des populations ne sont pas réunies. Ils ne disposent pas des moyens financiers pour investir, les politiques agricoles et commerciales les marginalisent trop souvent et les prix des marchés restent imprévisibles, favorisant la spéculation.

Oxfam appelle donc les pays du G8 à Lire la suite

Adaptation au changement climatique : l’UE doit se préparer

notre-planete.info, le 16 avril 2009, CEE

Adaptation au changement climatique: l’Union européenne doit se préparer aux conséquences

La Commission européenne a présenté début avril un livre blanc exposant les mesures nécessaires afin de renforcer la capacité de résilience de l’Union face au changement climatique. Selon des études récentes, les effets du changement climatique se feront sentir plus rapidement et seront plus graves que ne l’indiquait le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat dans son rapport de 2007. L‘Europe n’échappera pas à ces effets et doit donc se préparer à y faire face. Les conséquences du changement climatique seront différentes d’une région à l’autre, de sorte que la plupart des mesures d’adaptation devront être prises aux niveaux national et régional. Le cadre présenté par la Commission établit une approche stratégique en deux phases pour l’adaptation aux effets du changement climatique dans l’UE, qui vient compléter les mesures adoptées par les États membres au moyen d’une approche intégrée et coordonnée.

M. Stavros Dimas, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement, a déclaré à ce propos: «La gravité du changement climatique s’accentue et devient de plus en plus inquiétante au fil des ans. Nous devons tout mettre en œuvre pour réduire les émissions de carbone ; cependant, même avec les réductions d’émission que nous nous sommes engagés à réaliser, un certain degré de changement climatique est inévitable. Il est donc essentiel que nous commencions à travailler dès maintenant avec les gouvernements, les entreprises et les communautés locales afin de mettre en place une stratégie d’adaptation globale pour l’UE et de garantir l’intégration de l’adaptation dans les principales politiques de l’UE
Mme Mariann Fischer Boel, membre de la Commission européenne chargé de l’agriculture, a quant à elle déclaré: «L’agriculture européenne sera touchée de plein fouet par le changement climatique. Je veux que les agriculteurs soient totalement conscients des défis qui les attendent et je souhaite lancer un débat sur les mesures spécifiques susceptibles d’aider nos agriculteurs à s’adapter. En particulier, je voudrais que nous prenions des mesures dites «sans regret» qui engendrent des bénéfices sur les plans économique et environnemental, quelle que soit la façon dont le climat évolue. Ce sont les principaux éléments du document sur l’agriculture et le changement climatique qui a été adopté aujourd’hui en liaison avec le livre blanc

Mme Androulla Vassiliou, membre de la Commission européenne chargé de la santé, s’est exprimée en ces termes: «Face à l’évolution des modèles climatiques, il y a lieu d’accorder une attention particulière au renforcement de la surveillance sanitaire des personnes, des animaux et des plantes. En outre, l’intégration de programmes d’action sanitaire en cas de conditions météorologiques extrêmes dans les plans de préparation des autorités sanitaires est fondamentale. Nous devons également veiller à ce que les effets du changement climatique sur les catégories sociales vulnérables soient évalués. La collaboration internationale est essentielle pour atteindre ces objectifs

M. Joe Borg, membre de la Commission européenne chargé de la pêche et des affaires maritimes, a fait la déclaration suivante: «Les côtes et les zones marines de l’Europe se trouvent en première ligne face au changement climatique. Nous devons être prêts à relever les défis à venir, tels que la montée du niveau des mers, les inondations côtières, les incidences sur le tourisme côtier, sur les ports et le transport maritime, ainsi que sur les pêcheries. Nous ne pouvons pas nier l’importance des écosystèmes côtiers pour notre économie. Aujourd’hui, près de 50 % de la population européenne vit dans des zones côtières. C’est pourquoi il est primordial et urgent de Lire la suite

G20 : Sauver le climat ou l’économie ?

actu-environnement.com, Agnès SINAI, le 9 avril 2009

Sauver le climat ou l’économie ?

Le G20 s’est clôturé avec l’annonce de mesures qui reconduisent le modèle de développement actuel, sans poser les bases d’une économie « verte ». Le paradigme de la nature au service de l’économie reste intangible.

La rhétorique de la déclaration finale du G20, rendue à Londres le 2 avril, ressemble à un discours de l’éternel recommencement. Comme le souligne Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre, commente : Restaurer la croissance, réparer le système financier… le G20 nous propose tout simplement de revenir au système qui vient de s’effondrer, avec les mêmes recettes : augmentation du commerce mondial, relance de la demande, liberté des capitaux, libéralisation du commerce. Einstein disait : « Nous ne résoudrons pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés. » Le G20 s’est montré incapable d’innover et va peut-être même plus loin en renforçant ce système défectueux, et notamment le FMI qui se voit doté de l’énorme responsabilité de renflouer les caisses du système, alors qu’il n’a pas vu venir la crise des subprimes…

De l’autre côté du monde, à l’ouest de l’Antarctique, la plaque Wilkins s’est disloquée pendant les pourparlers. Cet événement rare rappelle que la fonte des pôles sera d’autant plus rapide que la chaleur augmentera sur la Terre. Un groupe de scientifiques a alerté, il y a quelques semaines lors d’une conférence à Copenhague, que les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Les émissions ont continué d’augmenter fortement et le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites, a affirmé le comité scientifique de la conférence. Les prévisions du GIEC anticipent une hausse des températures comprises entre 1,1 °C et 6,4 °C à la fin du siècle par rapport à la période préindustrielle. Stefan Rahmstorf a présenté une étude selon laquelle le niveau des océans pourrait augmenter dans une fourchette de 75 cm à 190 cm d’ici à 2100. Bien au-delà des prévisions du GIEC allant de 18 cm à 59 cm.

Dès lors, les Principes Climat et les Principes Carbone, qui constituent les deux seules initiatives collectives prises à ce jour par les banques internationales pour lutter contre les changements climatiques, paraissent bien dérisoires. Ils ne représentent que des efforts pour accommoder le business as usual. Le nouveau rapport de BankTrack, intitulé « Meek Principles for a Tough Climate » analyse les forces et faiblesses contenues dans ces deux déclarations de principes, toutes deux lancées l’an dernier. Johan Frijns, coordinateur du réseau BankTrack, explique : BankTrack apprécie le fait que les signataires des Principes Climat et Carbone reconnaissent qu’ils doivent participer à la lutte contre les changements climatiques. Etant donné les impacts climatiques énormes du secteur financier via l’allocation de capitaux et d’investissements, il est absolument nécessaire de mettre en place des standards climatiques pour tout le secteur financier. Malheureusement, les Principes Climat comme les Principes Carbone sont très décevants. S’ils contiennent tous les deux des éléments utiles, aucun ne s’attaque aux risques climatiques induits par les financements bancaires avec la rigueur, l’urgence et l’ambition nécessaire.

Même discordance dans les plans de relance européens et étatsunien. Commandée par le WWF et par E3G, une étude réalisée par Ecofys et Germanwatch révèle une incapacité à s’éloigner de choix d’investissement fortement carbonés et à faire le pari des nouvelles technologies vertes. Lire la suite

La territorialisation du Grenelle de l’environnement

projetdeterritoire.com, Delphine Vincent, le 14 avril 2009

Le 23 mars dernier, les préfets ont été destinataires d’une circulaire sur la territorialisation de la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, cosignée par le Ministre d’Etat de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire et les quatre secrétaires d’Etat chargés respectivement des transports, de l’écologie, du développement de la région capitale et de l’aménagement du territoire.

Ce texte, présenté comme un axe majeur de l’action du gouvernement, porte le double objectif de la concrétisation du Grenelle de l’environnement et de la mise en œuvre du plan de relance par les investissements. Y sont adjoints, une annexe qui décline l’ensemble des priorités du Gouvernement et la « feuille de route » des préfets, et 16 fiches thématiques organisées sous forme de programmes d’actions assortis d’éléments de calendrier.

La circulaire a vocation à être enrichie, notamment à l’issue des processus législatifs en cours sur les projets de loi Grenelle 1 et 2, mais elle fixe d’ores et déjà deux échéances, les 15 juin et 15 juillet, pour le lancement ou la mise en œuvre d’une douzaine d’actions prioritaires.

Organisation
Au niveau national, le suivi général de la mise en œuvre du Grenelle est assuré par le Commissariat général au développement durable. Pour ce qui est de l’organisation locale, la circulaire précise le rôle des services de l’Etat, notamment dans tout ce qui ne relève pas directement de sa responsabilité. Comme cela avait été largement évoqué à l’occasion des débats du Grenelle, le texte donne un rôle important aux parties prenantes, soit les acteurs des territoires, les collectivités territoriales, les entreprises et l’ensemble des citoyens, qui doivent « s’approprier les engagements pris et décider de s’impliquer pleinement ». Les services de l’Etat se voient ainsi chargés de la promotion du développement durable, avec l’assistance des représentations territoriales des établissements publics sous tutelle du MEEDDAT (ADEME, agences de l’eau…) et l’expertise du réseau des organismes scientifiques et techniques du ministère (CETE, CERTU).

Concertation
Insistant fortement sur le développement d’une nouvelle « gouvernance à 5 », la circulaire prévoit l’organisation de la concertation et de la coordination des actions au niveau régional avec les comités régionaux agendas 21 et/ou des comités régionaux de suivi du Grenelle réunissant les 5 collèges du Grenelle.

Mobilisation des collectivités territoriales

Prenant acte des nombreuses initiatives de collectivités pour contribuer au développement durable, le texte demande aux préfets d’en faire la promotion pour contribuer à leur appropriation et à leur reproduction. Il donne en outre aux services de l’Etat deux missions complémentaires, l’impulsion et la mise à disposition d’outils. Pour la première, Lire la suite

Montée des eaux : les Maldives cherchent des terres d’accueil

lemonde.fr, Frédéric Bobin, le 16 avril 2009

Face à la montée des eaux, les Maldives cherchent des terres d’accueil

Malé est comme un lourd plateau urbain posé à fleur d’océan Indien. Les vagues viennent mourir en gerbes d’écume sur la ceinture de blocs de béton qui entoure cette île d’à peine deux kilomètres carrés. Soixante-dix mille personnes s’y entassent. Pour l’heure, cette barrière artificielle tient bon. Elle a réussi à protéger la capitale de ce singulier Etat des Maldives, archipel aux vingt-six atolls et aux 1 200 îles dont les écrins de corail occupent une place de choix dans les catalogues du tourisme mondial. Mais pour combien de temps encore ?

Même cause, même réaction : face à la montée des eaux qui les menacent, les îles Kiribati, un archipel du Pacifique, envisagent de se lancer dans l’achat de nouvelles terres. « L’alternative, c’est de mourir, de disparaître« , a déclaré le président de cet Etat, Anote Tong.

Les Kiribati doivent faire face à une montée des eaux de 5 mm par an depuis 1991, qui entraîne notamment une salinisation de l’eau douce. Dans un premier temps, le gouvernement avait opté pour une politique de formation et d’émigration maîtrisée. Mais la crise économique l’a conduit à envisager cette solution plus radicale.

« Ne soyons pas naïfs et préparons-nous au scénario du pire« , avertit Mohammed Aslam, le ministre de l’environnement. Le pire, c’est l’engloutissement à venir de l’archipel sous l’effet de la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique. Cette angoisse taraude les dirigeants maldiviens depuis que certaines études, en particulier les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), ont commencé à tirer la sonnette d’alarme.

« C’est pour nous une question de survie« , précise Amjad Abdullah, le directeur général du ministère. Le nouveau président des Maldives, Mohamed Anni Nasheed, élu en octobre 2008, a annoncé, au lendemain de son investiture, la création d’un fonds souverain destiné à acheter des terres dans les Etats voisins. Cette annonce a deux objectifs : sensibiliser la communauté internationale et, surtout, trouver une terre d’accueil pour les réfugiés climatiques que risquent de devenir un jour les Maldiviens. L’idée a soulevé un certain scepticisme au regard de l’imbroglio juridique que constitueraient de telles acquisitions foncières sur un sol étranger.

Voilà plus de deux décennies que l’archipel vit au rythme d’inquiétants phénomènes « exceptionnels ». Il y eut d’abord le raz-de-marée de 1987, qui inonda une partie de Malé et causa un choc profond dans la population. Puis le phénomène climatique El Niño, qui provoqua, en 1998, un blanchissement massif des coraux : 90 % de ceux situés à moins de 15 mètres de profondeur périrent. Enfin, le tsunami de décembre 2004 frappa sévèrement l’archipel, détruisant deux îles, imposant l’évacuation de six autres, et le déplacement de près de 4 000 personnes (sur 280 000 habitants).

ANGOISSE EXISTENTIELLE

« Les événements extrêmes tendent à provoquer de plus en plus de dégâts », Lire la suite

Le Bourghail à Pessac : Un printemps écocitoyen

Sud-Ouest, Willy Dallay, le 17 Avril 2009

PESSAC, BOURGAILH. Les festivités tournées vers la nature se dérouleront avec une préoccupation majeure : réduire l’impact sur l’environnement. Incitation à venir en bus, en tram, à vélo…

Un printemps écocitoyen

Du pot de fleur au pot d’échappement, il n’y a parfois qu’un tour de roue. C’est le paradoxe de toute manifestation consacrée à la nature et au développement durable. Surtout si elle rencontre le succès. Les organisateurs du Printemps du Bourgailh savent bien que les 10 000 visiteurs qu’ils accueillent sur deux jours, s’accompagnent de quelques voitures. « On en est conscient, c’est pourquoi à l’occasion de cette 5e édition, nous avons voulu réduire l’impact », explique Dominique Dumont, présidente de l’association Ecosite du Bourgailh. Et de mettre le doigt sur la quatrième de couverture de la plaquette. Les renseignements pratiques et les moyens de se rendre sur le site ont droit à une mention spéciale.

« Pour un geste écocitoyen, rendez-vous au Bourgailh, en bus, en tramway, à vélo (1) », peut-on y lire. Exit la traditionnelle référence à la rocade, pourtant proche, sauf sur le plan (sorties 12 et 13). À noter qu’à bicyclette, on peut s’offrir en prime une belle balade en forêt d’un côté (Magonty) comme de l’autre (Monbalon).

Marché aux plantes

Nouveauté de cette année, ce supplément d’écocitoyenneté se retrouve jusqu’aux toilettes (sèches) en passant par le tri des déchets et une consommation électrique économe via le transformateur du biogaz : « On évite ainsi le recours à un groupe électrogène, qui fonctionne avec un moteur, donc polluant », explique Laurent Rousserie, chargé de mission de l’association. « Il en restera un seul pour le marché aux plantes, juste pour cette année. »

Le marché aux plantes Lire la suite

Pellegrue : Marché biologique, concerts, écohabitat…

Sud-Ouest, NC, le 17 Avril 2009

Marché biologique, concerts, écohabitat…

La seconde édition des rencontres écocitoyennes baptisées, cette année, « Vers un rêve de Terre » commence samedi, à partir de 10 heures et se poursuit jusqu’au dimanche à 2 heures du matin, dans tout le village de Pellegrue de la salle des fêtes à l’église, en présence de 90 exposants.

Voici l’essentiel du programme

Dès 10 heures : marché biologique et local, artisanat écologique, traditionnel, local, et équitable, informations diverses sur la santé alternative, les transports propres, l’écohabitat, les énergies renouvelables, la récupération des eaux de pluie, la valorisation des déchets, l’enseignement alternatif, la presse spécialisée, les soins aux tout-petits, l’économie éthique et solidaire.

Des artistes de rues (marionnettistes, comédiens, jongleurs, conteurs, musiciens…) inviteront toute la journée petits et grands à émettre leurs vœux, à l’occasion d’un jeu citoyen « Vers un rêve de Terre ».

Buvette et restauration biologiques avec notamment la tente berbère de Semia et son thé à la menthe. Des concerts sont également programmés en soirée sous la halle.

L’entrée est gratuite. Possibilité Lire la suite

Gironde : La maison passive est chaleureuse

Sud-Ouest, Jean-Denis Renard, le 17 Avril 2009

HABITAT. À Tabanac, en Gironde, les Régnier prennent leurs aises dans une maison en bois dépourvue de tout radiateur. Ils y conservent les calories avec un soin maniaque

La maison passive est chaleureuse

C’est une matinée à la couleur gris sale. 8 °C dehors, sensation de froid humide. Chez Julie et David Régnier, le thermomètre campe fermement sur ses 18 °C. Aussi loin que porte le regard sur l’élégante dalle de béton quartz du rez-de-chaussée, on ne trouve pourtant pas trace du moindre radiateur. Le seul dispositif de chauffage qui a survécu à l’extermination est un modeste poêle à bois, éteint. Mais il n’y a pas de miracle non plus. Bienvenue dans le monde enchanteur de la maison passive.

La famille y a emménagé à la sortie de l’hiver. C’est une maison au dessin extérieur volontairement simple et à ossature bois, érigée dans la campagne à mi-chemin de Tabanac et de Saint-Caprais-de-Bordeaux, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Bordeaux. Une vaste maison sans signe distinctif évident – 169 m2 sur deux niveaux – si ce n’est que l’isolation et l’étanchéité y sont travaillées avec un soin maniaque. « On a fabriqué un vrai Thermos. Il ne faut pas confondre une maison basse consommation et une maison passive », expose Sirine Touzani, l’architecte bordelais qui a piloté le projet.

Concept allemand

Il ne faut pas non plus y voir une maison forcément « écolo ». La famille Régnier ayant les idées vertes, elle a opté pour du bois et de l’isolant en ouate de cellulose. « Mais une maison pourrait tout aussi bien être passive avec du béton, du polystyrène et de la laine de verre, des techniques qui génèrent bien plus de CO2. On parle avant tout de bilan thermique », souligne David Régnier.

Né en Allemagne, le concept de la maison passive désigne, comme son nom l’indique, une maison qui parvient (presque) à se chauffer toute seule. La consommation y est inférieure à 15 kilowattheures par mètre carré et par an pour les seuls besoins du chauffage. Autant dire quasi nulle, les logements habituels dévorant de 10 à 30 fois plus d’énergie. « On a fait une flambée dans le poêle juste après le déménagement et on en ressentait encore les effets deux jours plus tard. À la même période, après une journée ensoleillée à 6 °C dehors, il y avait 24 °C à l’intérieur », relève David Régnier.

Ce différentiel résulte de la capacité du bâtiment à conserver en hiver la moindre calorie qui vient s’y égarer. Grâce au soleil, qui se fraie un chemin au travers des feuillages déplumés et vient taper par le double vitrage. À la chaleur de la cuisson et à celle des appareils électroménagers. Aux 37,2 °C le matin des humains normalement constitués. Si d’aventure les Régnier invitent votre équipe de rugby corpo pour l’apéro, vous allez tous finir en T-shirt. L’une des clés de la réussite, c’est la VMC (ventilation mécanique contrôlée) à double flux qui renouvelle 30 m3 d’air par heure et par occupant. Refoulé, l’air vicié de la maison réchauffe l’air pur qui y entre sans s’y mélanger.

À l’épreuve de l’été

La maison passive de Tabanac a répondu aux attentes de ses occupants sur la fin de la période hivernale. Elle va maintenant passer au révélateur de l’été, ce qui est au moins aussi important. « N’oublions pas qu’il s’agit d’un principe allemand adapté à un climat allemand. Des tentatives en Espagne ont montré que les problèmes concernaient plus la surchauffe du bâtiment en été que le froid en hiver. Il va être intéressant de voir comment cette maison à ossature bois va se comporter », ajoute Sirine Touzani.

L’architecte a ainsi Lire la suite

Ne tuons pas la beauté du monde

aufil.ulaval.ca, Yvon Larose, le 16 avril 2009

Ne tuons pas la beauté du monde

Geoffrey Garver propose un nouveau modèle économique qui respecterait les limites écologiques de la biosphère ainsi que le principe fondamental d’équité

 «Le système économique vise une croissance sans fin malgré les limites biophysiques de notre planète et les limites de sa capacité à soutenir la vie. Or, l’économie mondiale est devenue trop grosse. La nature ne peut plus assimiler les déchets que l’on rejette dans l’environnement
Ce commentaire de Geoffrey Garver, chargé de cours à la Faculté de droit et consultant en politiques et droits de l’environnement, a donné le ton à la conférence qu’il prononçait, le mardi 7 avril au pavillon Charles-De Koninck, sur son livre Right Relationship, sous-titré Building a Whole Earth Economy. Cet ouvrage, qu’il a écrit en collaboration avec quatre spécialistes, dont Peter G. Brown, professeur à l’Université McGill, est paru en janvier dernier aux États-Unis aux éditions Berrett-Koehler. «L’idée du livre, explique-t-il, consistait à trouver une éthique globale capable d’amener l’humanité dans une autre direction face à la crise écologique actuelle. Nous avons choisi le concept de “right relationship”. Ce concept est très fort dans la religion quaker. Il consiste à interagir de manière respectueuse avec les humains et la nature pour le bien commun

Les auteurs de Right Relationship proposent de revoir nos rapports avec la nature et de refonder ceux-ci sur un nouveau modèle économique. Ce modèle serait plus respectueux de l’intégrité, de la résilience et de la beauté de la Terre. Il tiendrait compte aussi du principe fondamental d’équité à une époque où plusieurs centaines de millions d’individus n’ont pas accès à une nourriture suffisante. Pour cela, quatre étapes s’avèrent nécessaires. Il faut notamment être habité par un sentiment d’émerveillement face au cosmos. Il faut dès maintenant mettre au point les procédés «verts» qui répondront à une demande croissante. Et il faut être prêt collectivement à entreprendre des actions non violentes dans le but d’amener des réformes.

Selon Geoffrey Garver, quatre institutions de gouvernance mondiale sont nécessaires, notamment une fédération d’États capable d’adopter et d’administrer des lois internationales contraignantes. Ces lois établiraient les limites et l’attribution des ressources de la Terre dans un esprit d’équité. «L’Union européenne, indique-t-il, est à l’heure actuelle l’un des meilleurs exemples de ce type de fédération.» Selon lui, un nouveau système judiciaire indépendant permettrait l’application efficace des mesures adoptées. Une autre institution agirait comme guide de la nouvelle économie, entre autres en faisant le suivi des actions entreprises. «Cette sorte de banque centrale ferait une distribution juste, non pas d’argent mais de la capacité écologique de la biosphère», poursuit-il. Enfin, Lire la suite

Fin de parcours

dedefensa.org, NC, le 16 avril 2009

Fin de parcours

William S. Lind nous est connu. Il fait partie d’un groupe de stratèges essentiellement US dont le réformisme radical conduirait plutôt, pour une définition, au mot de “révolutionnaire”. C’est un des paradoxes où conduit le contexte actuel de crise du système, qui conjugue lui-même le paradoxe central d’être une crise systémique fondamentale caractérisée par la paralysie et l’enfermement; paradoxe complet puisqu’une crise, qui devrait donner le mouvement très rapide et désordonné jusqu’au mouvement du désordre complet qu’est l’hystérie, est ici définie par son exact contraire: l’immobilisme jusqu’à la paralysie. Fort logiquement, William Lind est conduit à être un “réformiste révolutionnaire”, – une expression qui est presque un oxymore de type politique, – dont l’enseignement n’a aucune chance d’être entendu bien qu’il soit notablement écouté.

Dans un article (ce 15 avril 2009, sur Defense & the National Interest, ce 16 avril 2009 sur Antiwar.com), qui est le 300ème d’une série de commentaires qu’il a baptisée “On War”, Lind fait une sorte de bilan en s’essayant à une sorte de prospective.

Il nous parle donc des générations successives de la guerre, jusqu’à sa fameuse “guerre de 4ème génération” (G4G). La définition de la G4G est en constante évolution et devrait finalement s’avérer, à notre sens, comme le type de guerre caractérisant la crise systémique en cours, ou crise de notre civilisation; c’est-à-dire, la “guerre” (guillemets ô combien nécessaires) caractérisant la résistance des situations et des dynamiques structurantes contre l’action des forces déstructurantes, qui est la marque de l’activisme prédateur du système. Dans ce cadre, l’enjeu est la légitimité et non la “victoire”, – un de ces termes militaires qui, avec l’autre terme militaire de “défaite”, est en train de se vider totalement de sa substance, – ou mieux encore, ou pire c’est selon, un terme qui est d’ores et déjà totalement vidé de sa substance avec une crise qui interdit désormais de raisonner en termes de conquête, de compétitions et d’affrontements identifiés.

(On pourrait dire que si tel ou tel dirigeant, – Obama pour ne pas le nommer puisque cette référence est actuellement à l’esprit de tous, après d’autres et peut-être avant une autre, – se révoltait d’une façon ou l’autre contre le système, s’il tentait de devenir un “American Gorbatchev” pour suivre notre suggestion, il s’agirait selon notre interprétation d’une phase caractéristique de la G4G. On comprend bien les enjeux: cela n’impliquerait nullement une “victoire”, – Gorbatchev a échoué par rapport à ce qu’il voulait réaliser; peu nous importerait “victoire” ou “défaite” de l’homme, de ses idées, de ses conceptions, etc.; il nous importe seulement de savoir si son acte, voulu ou pas, volontaire ou non qu’importe, participerait ou non, d’une manière importante, voire décisive, à la poussée décisive vers la déstabilisation et la déstructuration du système. Dans ce cas, l’homme aurait, par inadvertance, contribué à une dynamique qui lui est vastement supérieur. C’est ce qu’il faut attendre et espérer d’Obama, et nullement qu’il “sauve” le système, – avec FDR, on a déjà donné, et l’on voit le résultat…)

Quelle est la perspective de Lind? Pour lui, l’establishment US, qui est au cœur de la crise, sinon le cœur même de la crise par sa position de serviteur privilégié du système, n’a aucune chance ni aucune volonté de changer. L’observation de Lind emprunte aux termes militaires qu’il affectionne, mais nous croyons qu’il ne faut les considérer ici que comme des moyens décrits par un expert militaire (un autre emploierait d’autres termes, peu importe, – compte seule, ici, la description de la dynamique).

«There is no chance America will adopt a defensive grand strategy or reform its military to move from the Second to the Third Generation – a necessary though not sufficient step in confronting 4GW – so long as the current Washington Establishment remains in power. That Establishment is drunk on hubris, cut off from the world beyond court politics and thoroughly corrupted by Pentagon “business as usual,” which knows how to buy whatever political support it needs. Like all establishments, it sees any real change as a threat, to be avoided. So long as it reigns, nothing will change.»

Lind prévoit toutes les issues les plus sombres possibles dans tous les désordres en cours Lire la suite

Appel pour une diversification urgente du bouquet énergétique

alecoso.fr, avril 2009, ATTAC, Global Chance, Les Amis de la Terre et Réseau « Sortir du nucléaire » 

APPEL D’INTÉRÊT PUBLIC POUR UNE DIVERSIFICATION URGENTE DU BOUQUET ÉLECTRIQUE FRANÇAIS

Depuis plusieurs années, de nombreux partis politiques, syndicats et associations, de sensibilités diverses, soulignent la nécessité d’une diversification des sources d’approvisionnement électrique en France, ne serait-ce que pour réduire les risques de black-out et d’interruptions de la fourniture de courant aux usagers, et garantir ainsi le maintien d’un service public de qualité.

Avec près de 80% de sa production électrique d’origine nucléaire (contre, respectivement, 30%, 20%, 15% et 2,2% pour le Japon, les États-Unis, la Russie et la Chine), la France est le seul pays au monde à dépendre autant de cette source d’électricité peu modulable et donc inadaptée aux pointes de consommation. L’extrême centralisation inhérente à la technologie nucléaire, outre qu’elle entraîne des pertes d’énergie sur le réseau, constitue une cause supplémentaire de vulnérabilité potentielle de l’approvisionnement électrique, dans un contexte de multiplication des incidents et accidents, notamment liés à l’âge du parc et à certaines erreurs de conception [1] mais aussi aux logiques de financiarisation et de privatisation qui touchent à la fois les secteurs du transport et de la production d’électricité – logiques dont on voit hélas mal comment les infléchir à très court terme.

D’une part, ses 58 réacteurs rendent notre pays notoirement excédentaire en moyens de production continue de courant (répondant aux besoins en base). La nécessité technique que ces installations fonctionnent jour et nuit – hors périodes d’arrêt pour maintenance – encourage chez nous la surconsommation électrique [2]. L’électricité ne pouvant se stocker, cette surproduction entraîne aussi des exportations à bas prix de courant à l’étranger, lesquelles ont, dans nombre de pays, un effet de dumping dissuasif sur le développement des énergies renouvelables, qu’elles soient thermiques (biogaz, biomasse…) ou autres. Par ailleurs, le surcroît de plutonium et de déchets radioactifs correspondant à ces exportations restera bien sûr, quant à lui, stocké sur le sol français.

D’autre part, les unités de production thermiques plus souples (utilisables en périodes de pics de demande électrique sans générer le reste du temps de gaspillages ni d’incitations à la surconsommation) commencent en revanche à faire cruellement défaut – d’où les difficultés croissantes de RTE (le Réseau de transport d’électricité) pour faire face à la demande sans discontinuité. Cela oblige, lors des pointes de consommation ou d’incidents sur le réseau, à de coûteuses importations d’électricité produite à l’étranger, y compris à partir de ressources fossiles particulièrement polluantes comme le lignite ; celles-ci sont en outre souvent brûlées dans des centrales de conception dépassée, à mauvais rendement énergétique et ne répondant pas aux normes environnementales les plus récentes.

Autrement dit, au lieu d’apporter au niveau planétaire des économies nettes d’émissions de gaz carbonique (CO2), notre parc électronucléaire surdimensionné amène en pratique la France à externaliser, vers des états comme l’Allemagne ou la Pologne, des émissions massives de CO2 et d’autres polluants liées à l’exploitation ponctuelle de centrales thermiques anciennes, ce qui retarde d’autant la fermeture des plus vieilles centrales étrangères… alors même que notre pays fut pionnier, y compris à l’exportation (vers la Chine, les États-Unis…), en matière de centrales dites « à charbon propre » (comme celle de Gardanne), filière qu’EDF a pour l’heure négligé de développer sur le territoire national.

Il faut aussi noter que le recours à Lire la suite

Penser le monde de l’après-crise

lemonde.fr, Thérèse Delpech et François Heisbourg, le 15 avril 2009

Penser le monde de l’après-crise

Notre intention est de nous projeter dans les années qui vont suivre la crise économique, d’imaginer ses répercussions stratégiques. Est-ce qu’on peut imaginer que, après la crise, une fois la confiance financière et la croissance retrouvées, la puissance politique sera répartie de la même manière qu’aujourd’hui ?

François Heisbourg. La réponse courte, c’est évidemment non.

Cadrons tout de même nos ambitions analytiques. Quelqu’un qui aurait prétendu se projeter dans l’après-crise en 1931 pour en évaluer l’impact géostratégique n’aurait pu que se tromper, parce que la crise a duré longtemps, qu’elle a été très profonde et que, par définition, elle accroissait les probabilités déjà importantes de rupture stratégique.

Nous ne savons pas si la crise sera aussi longue et aussi dure que celle des années 1930, mais on sait déjà qu’elle sera la plus longue et la plus dure depuis les années 1930. Nous avons, pour la première fois depuis soixante-dix ans, une crise qui n’est pas mono-causale, qui est systémique et qui est mondiale.

Nous sommes aujourd’hui dans un de ces grands moments historiques où énormément de choses basculent et, par définition, nous ne savons pas quel sera le point de repos final des plaques tectoniques qui auront été ainsi bousculées.

Thérèse Delpech. Dans ses grandes lignes, il n’est pas impossible que la répartition de la puissance politique soit comparable à ce qu’elle est actuellement, même si l’idée contraire est souvent avancée. Il faut se garder de prédire des effets stratégiques majeurs de cette crise, malgré sa dimension mondiale.

Je ne suis pas sûre non plus que la bonne référence soit la crise de 1929, où le produit intérieur brut (PIB) américain avait fondu de 50 % en trois ans. Il y avait, en outre, en 1929, des données politiques, stratégiques et militaires qui ont permis à la crise économique de jouer un rôle accélérateur dans la course vers la seconde guerre mondiale. Enfin, de nombreuses incitations à la coopération économique existent aujourd’hui – on a pu le voir avec le G20 – qui n’existaient pas en 1929.

Pour moi, la crise actuelle est plutôt un symptôme parmi d’autres d’un monde en plein bouleversement qu’une cause à proprement parler. Et dans cette crise, ce qui frappe, c’est l’excès, le rôle du virtuel et la religion de l’immédiat. Ces éléments – excès, virtuel, courte vue voire aveuglement – constituent une assez bonne définition du monde contemporain dans ce qu’il a d’inquiétant.

François Heisbourg. Je rejoins ce qu’a dit Thérèse Delpech sur la crise liée au court-termisme et à l’économie virtuelle, une crise du modèle de croissance. A savoir, dans le contexte actuel, le réchauffement climatique, l’incapacité pour la planète à soutenir un mode de croissance comme celui que les Européens et les Américains ont connu pendant une bonne partie du XIXe et du XXe siècles.

Ce modèle de croissance n’est tout simplement pas soutenable. La notion que la Chine ou l’Inde soient aussi motorisées que les Etats-Unis voudrait dire que nous n’aurions plus d’air pour respirer, que l’air serait de toute façon trop chaud pour pouvoir être supporté, et ainsi de suite.

Quelles peuvent être les conséquences de cette crise pour les Etats-Unis et la Chine ?

François Heisbourg. Cette crise est liée très directement à la synergie économique, financière et commerciale qui s’était établie entre la Chine et les Etats-Unis au cours des dernières décennies. Ce modèle économique peut se résumer par une formule très simple : la Chine exporte et épargne, les Etats-Unis s’endettent et achètent.

Cette synergie entre les Etats-Unis et la Chine a duré parce qu’elle Lire la suite

Eau potable en Gironde : le dessous des cartes

Sud-Ouest, Alain Montanguon, Jeudi 16 Avril 2009

Eau potable : le dessous des cartes

ENVIRONNEMENT. Un débat sur la gestion de l’eau potable, organisé par les Verts, s’est tenu à la salle des fêtes. Une nouvelle fois, le passage en régie a été défendu

A l’initiative des Verts du Libournais et de leur représentant Joël Rousset, s’est tenue une réunion publique sur l’eau, à la salle des fêtes, en présence de Gérard Chausset, secrétaire départemental du parti, président du groupe à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), et adjoint à la mairie de Mérignac. Au-delà de son intitulé, « Pour une politique départementale de l’eau en Gironde », ce débat s’inscrit parfaitement dans la problématique locale.

Car la Ville doit, fin mai, déterminer le mode de gestion qu’elle va adopter dans les prochaines années : un retour en régie comme avant 1986 lorsque les socialistes étaient dans l’opposition, ou la poursuite de la délégation publique (DSP) contre laquelle ils votèrent cette année-là. Une troisième voie (un compromis ?) serait envisagée qui mêlerait les deux gestions. Deux idéologies s’affrontent en ce moment au sein de la commission. Qu’en sortira-t-il ? On en saura un peu plus le 5 mai où elle doit se réunir.

En attendant des positions claires ont été prises par Claudine Chapron (Parti de gauche) et Jean-Louis Arcaraz (Parti communiste). D’autres, comme Patrick Nivet (Mouvement républicain des citoyens) et Joël Rousset, personnellement favorables à la régie, réservent encore leur décision finale.

Gérard Chausset, l’autre soir, réaffirmait fermement la position des Verts en faveur de la gestion en régie de l’eau potable (rappelons que concernant l’assainissement la majorité municipale a d’ores et déjà choisi la DSP).

Des écarts importants

Dans son intervention, l’élu écologiste de la CUB plaçait le débat dans un contexte général avant d’aborder la question du prix de l’eau. La dégradation des nappes tant éocène qu’oligocène dans lesquelles nous puisons oblige les collectivités à trouver, d’ici 2013, des investissements lourds, estimés à 80 millions d’euros, afin d’exploiter et rechercher de nouvelles ressources de substitution. En résumé, il faut économiser 30 millions de m³ par an d’ici cinq ans selon les préconisations du SAGE nappes profondes (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux).

Concernant le prix de l’eau potable, il s’appuyait sur deux cartes, l’une montrant la diversité des prix, l’autre le prix global de l’eau assainie et révélant des écarts importants d’une collectivité à l’autre (source Agence de l’eau Adour Garonne 2007). Son étude comparative montre ainsi que le prix moyen de l’alimentation en eau potable en Gironde, pondéré par la population, est de 1,07 € en régie municipale et de 1,36 € en DSP.

L’exemple de Guîtres

Cent douze contrats régissent l’eau dans le département dont 50 % par la Lyonnaise des eaux (1). Une disparité des prix et un « monopole », selon Gérard Chausset, qui rendent opaques sa compréhension aux yeux du public. Face à ces remarques, Bruno Cammas, cadre bordelais de l’entreprise, présent ce soir-là, remettait en cause Lire la suite

L’Encyclopédie du Développement Durable

L’Encyclopédie du Développement Durable, avril 2009

S’engager dans le développement durable est le défi majeur de notre 21ième siècle. L’Encyclopédie du Développement Durable est un outil pour la compréhension des enjeux et la mobilisation.

Projet d’éducation populaire, elle se propose de vulgariser les connaissances scientifiques, de promouvoir une réflexion militante et de diffuser des repères pour l’action en faveur du développement durable. Le citoyen pourra appréhender les liens existant entre des champs apparemment divers (scientifiques, techniques, politiques, socio-économiques, culturels…), sans rester prisonnier des cloisonnements thématiques.

Pour accéder aux articles de l’Encyclopédie, il vous suffit de cliquer sur les titres des sous chapitres ci- dessous.

1. La prise de conscience, pour une politique mondiale

1.1 De l’éco-développement au développement durable (concepts, principes, valeurs) (10)

La nature

janvier 2009, par Flipo, Fabrice

Mots clefs associés : écologie, économie, environnement, philosophie, science et recherche, technologie

Ce qui est “nature” nous semble évident puisque… naturel. Pourtant ce qui est nature est difficile à définir : s’agit-il d’êtres, de normes ou de culture ? Selon les cas, la “protection de la nature” est à la fois absurde et évident, cet article tente d’en dénouer le (…)

Reconsidérer la richesse

novembre 2008, par Viveret, Patrick

Mots clefs associés : économie sociale et solidaire, crise écologique, crise financière, crise sociale, inégalité sociale, indicateurs de richesse, modes de vie, monnaies complémentaires

Notre paysage économique, social, écologique et culturel se bouleverse profondément et rapidement. Face à ce constat, les outils de mesure de nos activités,en particulier le PIB,ne sont plus adaptés. Pour répondre à la démesure de la crise que nous vivons, il est urgent d’inventer de nouveaux (…)

Les voies du Développement Durable

septembre 2007, par Ruellan, Alain

Mots clefs associés : gestion des ressources naturelles, participation, politique, stratégies pour le développement durable

La situation actuelle du Monde est inquiétante : les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres ; les modes de vie dégradent les écosystèmes, épuisent les ressources naturelles, déséquilibrent les grands systèmes mondiaux ; en conséquence, les violences humaines s’accentuent. Comment (…)

Naissance et formation du concept de développement durable : une approche historique

juin 2007, par Nicol Jean-Pierre

Mots clefs associés : activités humaines, écologie politique, conférences, croissance, politique

Face à l’idée, née de la révolution industrielle du XIXe siècle, selon laquelle le progrès technique assurera une croissance indéfinie et un progrès linéaire, on a assisté à une progressive prise de conscience, à partir des années 1920, relative aux effets négatifs de l’industrialisation sur les milieux (…)

Changer l’avenir – penser le temps long

mai 2007, par Flipo, Fabrice

Mots clefs Lire la suite

L’habitat groupé séduit à nouveau les Français

novethic.fr, Anne Farthouat, le 14 avril 2009

L’habitat groupé séduit à nouveau les Français

L’habitat groupé séduit de plus en plus les partisans du « vivre autrement ». Le principe ? Rassembler un groupe de particuliers qui souhaitent investir dans un projet immobilier commun, respectueux de l’environnement et surtout, centré sur l’épanouissement social de ses habitants.

La tendance n’est ni nouvelle, ni franco-française. Le concept est apparu dans les pays nordiques, au milieu des années soixante, et s’est peu à peu propagé jusqu’en Belgique. Christian La Grange, architecte belge, auteur du livre Habitat Groupé (éditions Terre vivante), observe que depuis quelques mois, le concept attire de plus en plus de Français. « Je reçois de nombreux messages de groupes qui se constituent dans l’hexagone, et qui s’étonnent du nombre d’habitats groupés en Belgique. Je dirais que chez nous, on en recense un tous les cinq kilomètres ! » Effectivement, les pays d’Europe du Nord ont désormais intégré ce type de logements dans leur paysage urbain. En Allemagne, par exemple, les habitats groupés autogérés représentent près de 25% des logements neufs. Et  à Fribourg, ville « éco-exemplaire », on recense plus de 150 projets réalisés.

Pour autant, la France n’est pas restée hermétique au phénomène. « Dans les années 70, un certain nombre de Français se sont lancés dans ce type de projets, c’était dans l’air du temps. Au point qu’à la fin des années 80, on comptait une centaine d’habitats groupés. Et puis les années 90 ont vu naître le culte de l’individualisme, et le mouvement s’est estompé. » Pour Michel Broutin, président de l’association Ecohabitat Groupé, le regain d’intérêt que l’on observe aujourd’hui en Bretagne, en Alsace, dans le Midi ou encore en Gironde, s’explique par deux raisons.  « Les modèles individualistes et libéraux ont montré leurs limites, et la prise en compte de la question environnementale, qui devient centrale dans l’habitat, se généralise. » Aujourd’hui, une cinquantaine de projets sont en cours en France.

Avantage économique et épanouissement social

D’autant que le concept permet des économies d’échelles considérables. Ne serait-ce que sur le foncier, dont le coût de revient est 20% moins cher en autopromotion. La construction de bâtiments à haute performance énergétique est également moins coûteuse, puisque les habitants achètent en gros. Mais ce ne sont pas seulement ces économies qui poussent les groupes de particuliers à investir ensemble. Au contraire, la motivation première reste l’envie de partager un environnement et des valeurs communes. Si chacun investit selon l’espace qu’il occupe, les « habitants groupés » partagent buanderie, atelier, bibliothèque, voire même salle polyvalente. Parfois, ils peuvent accueillir des associations dans leurs locaux, et participer ainsi activement à la vie locale. L’intérêt est aussi de s’organiser pour les gardes d’enfants, l’aide aux personnes âgées, le covoiturage. Ils créent ainsi une mixité et des échanges sociaux qui profitent à tous, et en particulier aux plus jeunes. C’est d’ailleurs autant l’envie de créer des relations intergénérationnelles que leur conscience écologique qui ont poussé Raphaël Rousseau et Servane Paccoud à initier un projet près de Colmar. Aujourd’hui en recherche d’un terrain, ils ont constitué un groupe d’une dizaine de familles avec qui ils élaborent leur futur mode de vie.

Les collectivités locales à séduire

Mais la réalisation de tels projets relève souvent du parcours du combattant. Questions juridiques, gestion du fonctionnement du groupe, projet de construction demandent l’investissement de tous sur de sujets qu’ils Lire la suite

Le réchauffement climatique dépassera le seuil des 2°C

actualites-news-environnement.com, Sandra Besson, le 8 avril 2009

Le réchauffement climatique dépassera le seuil des 2°C selon des scientifiques du GIEC

D’après certains scientifiques du Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC), le réchauffement climatique sera plus rapide que prévu et pourrait dépasser le seuil 2°C, considéré comme un seuil dangereux par l’Union Européenne notamment.

Le réchauffement climatique est susceptible de dépasser une augmentation de 2°C, qui est considérée par l’Union Européenne et de nombreuses autres nations en développement comme un seuil « dangereux », d’après ce qu’un sondage réalisé par Reuters auprès de plusieurs scientifiques a montré mardi.

Parmi un groupe de onze experts, qui faisaient partie des auteurs du rapport final publié par le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC) en 2007, ont également déclaré que les preuves montrant que le genre humain était à l’origine du changement climatique étaient de plus en plus nombreuses ces deux dernières années.

En donnant leur interprétation personnelle de recherches récentes, la plupart ont prévu en moyenne une fonte plus rapide de la glace en Arctique et une augmentation accélérée du niveau de la mer par rapport à ce que prévoit le rapport de 2007, qui est le fruit du travail de 2500 experts du GIEC.

 « Un grand nombre des impacts que nous voyons actuellement vont bien au-delà de ce à quoi nous nous attendions » a déclaré William Hare de l’Institut Postdam pour la Recherche sur l’impact climatique.

Dix des onze experts interrogés ont indiqué qu’il était « improbable » -c’est-à-dire avec moins d’une chance sur trois- que le monde arrive à limiter le réchauffement climatique à 2°C (par rapport aux niveaux préindustriels).

 « Scientifiquement, c’est possible. Mais c’est improbable étant donné le niveau de volonté politique actuel » a déclaré Salemeel Huq de l’Institut International pour l’Environnement et le Développement à Londres.

De son côté David Karoly, de l’Université de Melbourne, a déclaré qu’il était « très improbable » que le monde atteigne cet objectif.

 « La concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est déjà assez importante pour provoquer un réchauffement de plus de 2°C au niveau des niveaux préindustriels et nous continuons à émettre toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère » a-t-il déclaré.

Les responsables de 175 nations sont réunies à Bonn en Allemagne, pour onze jours de négociations qui s’achèveront le 8 avril, et qui concernent un nouveau traité climatique des Nations Unies qui devrait être conclu en décembre à Copenhague.

L’Union Européenne, de nombreuses nations en développement et les groupes de défense de l’environnement, affirment qu’une augmentation de 2°C au dessus des niveaux préindustriels est le maximum que le monde puisse se permettre s’il veut éviter les pires conséquences du réchauffement climatique, dont une augmentation du niveau des mers, des inondations, des sécheresses ou encore des canicules.

Les températures ont déjà augmenté de 0,7°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Une alliance de 43 petites îles-états, qui craignent d’être rayées de la carte par l’augmentation du niveau de la mer, demande que les températures soient limitées à une augmentation de 1,5°C. Elles affirment que les nations riches pourraient réduire considérablement leurs émissions de gaz à effet de serre, qui proviennent principalement de la combustion des carburants fossiles.

Le GIEC a déclaré en 2007 Lire la suite

Le G20 veut une « croissance durable »

actualités-news-environnement.com, Mathieu Lepoivre, le 8 avril 2009

Le G20 veut une croissance durable

Face aux urgences des crises environnementales, que penser de la déclaration des chefs d’états et de gouvernements à l’issue du G20, publiée le 2 avril 2009 ? D’environnement, il n’en est question la première fois qu’en fin de préambule.

Cette déclaration du G20 en 28 points (8 pages dans la version en français diffusée par l’Elysée), comporte un préambule (les 5 premiers points) et cinq parties :

Rétablir la croissance et l’emploi (6-12)

Renforcer la supervision et la régulation financières (13-16)

Renforcer nos institutions financières internationales (17-21)

Résister au protectionnisme et promouvoir le commerce et l’investissement mondial (22-24)

Favoriser une relance équitable et durable pour tous (25-28)

A la lecture de ces intitulés, comme du détail de ce document, il est clair que les préoccupations des dirigeants des pays du G20 sont clairement centrées sur l’assainissement de la finance mondiale, la relance de l’économie et de la croissance, ce qui entraînera selon eux l’amélioration sociale.

D’environnement, il n’en est question la première fois qu’en fin de préambule, dans le 4e point alors qu’il s’agit de s’engager « à faire tout ce qui sera nécessaire pour bâtir une reprise durable, profitant aÌ tous et respectueuse de l’environnement ».

 Vient ensuite le terme de « transition vers une économie verte » au point 6 que les déclarants souhaitent accélérer par les emplois sauvés ou créés grâce aux mesures budgétaires prises au G20. Ce sont enfin dans les tous derniers points du communiqué (27 et 28) que l’environnement est abordé directement : les dirigeants du G20 nous parlent d’« une reprise respectueuse de l’environnement », « des technologies et infrastructures vertes, innovantes, économes et sobres en carbone », et affirment leur « volonté de faire face a la menace d’un changement climatique irréversible ».

 Dans ce genre d’exercice de communication diplomatique, il est troublant de noter que les termes « durable » et « soutenable » sont utilisés de façon récurrente. A croire que le développement durable est entré dans le langage courant de nos dirigeants de pays les plus riches, ce qui serait encourageant.

Mais il serait plus prudent de penser à une mode sémantique, voire à une occultation de leur sens moderne, puisque ces adjectifs qualifient en fait la « croissance » et autre « reprise », « relance », « économie » ou « activité économique » que les déclarants souhaitent tout bonnement inscrire dans la durée, et nullement dans un développement durable.

On voit également apparaître les termes énigmatiques de « soutenabilité budgétaire » (points 10 et 11) et « rémunération soutenable » (point 15). Du travail pour les linguistes en perspective !

Dans le fond, on constate que l’effort financier des dirigeants du G20 pour « rétablir le crédit, la croissance et l’emploi dans l’économie mondiale » est sans commune mesure avec leur intention de résoudre les questions environnementales.

En effet, il n’est pas sûr que la totalité des plans en faveur de l’environnement (réduction des émissions de gaz à effet de serre, compensation carbone, préservation de la biodiversité, gestion de l’eau,…) des pays membres du G20 représentent plus du dixième (centième ?) des 1 100 milliards de dollars dont il est question.

Ainsi, malgré les termes employés dans les points 27 et 28, on est en droit de se demander si ces milliards seront réellement efficaces pour remettre le monde en état de marche puisque les ressources naturelles sur lesquelles toute notre économie est basée montrent depuis plusieurs années des signes de faiblesse voire d’épuisement. La récente étude commandée par le WWF Lire la suite

De l’empreinte écologique à la fin prochaine du PIB

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 14 avril 2009

Mathis Wackernagel, co-inventeur de l’empreinte écologique, veut croire à la fin prochaine du PIB

Mathis Wackernagel est tombé dans l’écologie quand il était petit : « Mon père avait été très frappé par le rapport réalisé en 1972 par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour le club de Rome sur « les limites de la croissance ». Quand j’avais à peu près 10 ans, il m’a montré les graphes de ce livre en m’expliquant ce qu’ils signifiaient. Cela a fondé mon intérêt pour la question. »

Un intérêt qui ne s’est jamais démenti et a conduit Mathis Wackernagel à devenir le co-inventeur de l’empreinte écologique, une méthode de mesure de l’activité humaine qui pourrait concurrencer le produit intérieur brut (PIB). Celui-ci ne prend pas en compte la dégradation environnementale causée par l’activité économique. Le principe de l’empreinte écologique vise au contraire à calculer la surface d’écosystèmes nécessaire pour fournir les éléments requis par l’activité d’un pays ou d’une région et absorber ses pollutions.

Basé à Oakland, en Californie, Mathis Wackernagel est venu à Paris au début du mois d’avril pour rencontrer des statisticiens du ministère de l’écologie, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que ceux de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, créée début 2008 à l’initiative de Nicolas Sarkozy et présidée par Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie. Mission de cette dernière ? Définir de nouveaux indicateurs capables de remédier aux lacunes du système statistique mondial actuel. Son rapport est attendu pour la mi-mai.

Mathis Wackernagel est-il entendu ? « De plus en plus par les experts, estime-t-il. Mais quand l’on regarde les dirigeants du G20, ils abordent tous la récession comme le simple recul du PIB et ne pensent qu’à trouver le moyen de le faire croître encore… » Un postulat que le gamin tombé dans la marmite du rapport au club de Rome s’est juré de mettre à bas.

SCIENTIFIQUE MILITANT

Né en Suisse, à Bâle, en 1962, le jeune Mathis étudie à l’Ecole polytechnique de Zürich, d’où il s’envole en 1990 pour préparer son doctorat au Canada, à Vancouver. Il vient étudier la capacité d’un environnement à supporter l’impact de l’aménagement des territoires. Des mots compliqués, que Mathis Wackernagel, avec son professeur David Rees, cherche à simplifier. « On discutait, une fois de plus, et un jour, David a dit : « Regarde cet ordinateur, il a une faible empreinte au sol ». » La remarque paraît simple mais elle sera féconde. Elle conduit les deux compères à formaliser le concept d’empreinte écologique. Après un premier article de David Rees, en 1992, l’idée devient une méthode de calcul validée par de nombreux articles scientifiques.

Mathis Wackernagel a adopté la stratégie d’un scientifique militant. « Le rapport de 1972 sur les limites de la croissance a été tué par le débat académique, faute de soutien populaire« , explique-t-il. Pour s’assurer que le milieu des statisticiens, par définition conservateur – « Ils doivent maintenir des séries de chiffres dans la durée » -, n’enterrera pas l’empreinte écologique, il fait alliance avec des associations puissantes, trouve son principal appui au Fonds mondial pour la nature (WWF) et fonde, en 2003, le Global Footprint Network (Réseau de l’empreinte écologique).

Un scientifique pressé ? « C’est une erreur de croire que Lire la suite

Le Bugue : La scierie refait parler d’elle

Sud-Ouest, NL, le 14 Avril 2009

LE BUGUE. L’entreprise a repris son activité le 1er avril. La Sepanso s’y oppose fermement

La scierie refait parler d’elle

À croire que cette histoire n’en finira jamais. Cela pourrait être le Dallas de la Dordogne, certes moins ancien mais tout aussi fourni en épisodes et rebondissements.

La scierie du Bugue, qui appartient désormais au groupe Gascogne dont l’ancien patron Jean-Luc Imberty est actionnaire à hauteur de 5 %, semble avoir repris son activité depuis le 1er avril. « À cette date, la Sepanso (1) a été informée que la scierie avait repris son activité de sciage de billes de pins », explique Michel André, vice-président de l’association écologiste, pour la Dordogne. « Sur place, le lendemain, nous avons constaté que la scierie était en fonctionnement ». Et il poursuit : « Les services de l’État et le maire du Bugue nous ont informés qu’une demande d’autorisation de reprise d’activité avait été adressée à la préfecture par le groupe Gascogne à la mi-mars 2009. »

« Autorisation illégale »

En fait, selon la Sepanso, il semblerait que la Direction régionale de l’industrie de la recherche et de l’environnement (Drire) ait émis une autorisation acceptée par la préfecture « pour permettre à l’exploitant de faire des essais afin d’évaluer les émergences de bruit ». Une autorisation que la Sepanso juge « totalement illégale et contraire à l’arrêté préfectoral du 16 juin 2003, refusant la demande d’autorisation d’exploiter ».

Nouvelle bataille judiciaire ?

Le 30 mai 2006, la cour d’appel de Bordeaux condamnait Jean-Luc Imberty à 6 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour exploitation d’installations classées sans autorisation.

« Il a pollué en toute impunité l’environnement, détérioré la qualité de vie des riverains et des sportifs », remarque Michel André. Il ajoute : « Qu’ils veuillent maintenir et préserver leurs activités dans la filière bois, nous n’y sommes pas opposés. Mais, Lire la suite

Créonnais : L’appel de la nature

Sud-Ouest, Éric Latouche, le 14 Avril 2009

SADIRAC, MAISON DU PATRIMOINE. Un programme riche en événements attend les amateurs de nature quel que soit leur âge

L’appel de la nature

Saison 4 pour la Maison du patrimoine naturel en Créonnais (MPNC). Laurence Candon, médiatrice à Océan, chapeaute les activités de l’ancienne gare reconvertie en un lieu dédié à l’environnement : « l’endroit est stratégiquement bien implanté, partagé entre coteaux calcaires, rivière, prairie et végétation abondante ». Et le programme de l’année va de pair tant avec la richesse écologique alentour qu’avec la volonté de l’association Océan de permettre aux citoyens lambdas de s’initier aux charmes d’une nature sans cesse en éveil.

Succès d’envergure

À compter du 18 avril, et jusqu’à la mi-octobre, la MPNC propose de partir à la découverte du patrimoine naturel de la vallée de la Pimpine. Tous les samedis et dimanches de 14 h 30 à 18 heures, un thème différent est décliné autour de balades, ateliers et projections. Seront ainsi à l’honneur : fossiles, libellules, préhistoire, insectes entre autres. Ouvertes au grand public, toutes ces activités sont gratuites.

« Chaque sortie est unique et réserve son lot de surprises. Elle permet, accompagnée d’un géologue ou d’un naturaliste, de mieux appréhender les interactions entre les animaux et végétaux, mais également de développer le sens de l’observation et de voir la nature autrement » reconnaît Laurence Candon.

Ateliers vacances

Autre corde à son arc, la structure intercommunale propose durant les vacances de Pâques Lire la suite

Et si les écoles se mettaient au développement durable ?

rue89.com, Magdeleine Walger, Reporters d’espoirs, le 26 mars 2009 

Et si les écoles se mettaient au développement durable ?

L’éducation au développement durable (EDD) semble être devenue l’une des priorités du ministère de l’Education nationale qui multiplie, depuis plusieurs années, les circulaires et directives allant dans le sens de sa généralisation. Le but : faire des écoliers d’aujourd’hui, les vrais « éco-citoyens » de demain.

Mais au final, sur les 67 000 établissements scolaires recensés en France, la grande majorité n’a pas encore adopté de moyens significatifs allant dans ce sens. Et pour cause : s’investir dans l’EDD n’est pas de tout repos.

L’idée : La « démarche E3D » une tendance difficile à mesurer

Dès 2004, l’Education nationale demande aux écoles, collèges et lycées d’intégrer progressivement les différentes notions du développement durable dans les contenus pédagogiques. Depuis 2007, elle les encourage également à se lancer dans des démarches globales appelées « démarches E3D » (établissement en démarche de développement durable), qui visent à faire changer en profondeur les comportements et pratiques de l’ensemble de la communauté scolaire.

Trier ses déchets, réduire sa consommation d’énergie ou de papier, mais aussi savoir faire preuve de solidarité et d’esprit de coopération avec ses camarades ou ses collègues, sont autant de thèmes que l’école du XXIe veut pouvoir favoriser tout au long de l’apprentissage scolaire.

Cette irruption du DD dans le domaine scolaire ne date pas d’hier. Depuis une dizaine d’années déjà, des établissements ont commencé, seuls ou avec l’appui de leur région ou de leur académie, des expériences pilotes en matière de ce que l’on appelle aussi « Agenda 21 scolaires ».

Parmi les organisations qui soutiennent et accompagnent la mise œuvre de ce type de projets, le Comité 21 et l’Office français de l »éducation à l’environnement en Europe (OF-FEEE) recensent à elles deux environ 1 200 initiatives en France. Mais toutes ne sont pas égales : cela peut aller de la création d’un jardin potager dans la cours d’école ou de la mise en place d’une cantine bio, à la réalisation d’un plus vaste plan d’actions agissant sur tous les aspects du développement durable (environnementaux, sociaux et économiques).

Des chiffres à relativiser donc, d’autant plus que l’Education nationale n’a pas à ce jour de réelle visibilité sur le nombre global d’établissements engagés en démarche E3D.

Les modes d’enseignement classiques sont bouleversés

« Une démarche E3D est un processus long qui nécessite au minimum deux ans pour donner les premiers résultats et qui repose sur la mobilisation de tous les acteurs d’un établissement : direction, enseignants, élèves, intendance, mais aussi personnels techniques (cantinières, personnel d’entretien) », précise Michel Valentin, haut fonctionnaire au développement durable au sein du ministère de l’Education.

C’est pourquoi, elle pose de réelles questions en termes d’engagement, de méthodologie mais aussi de coût. Sur la question de la pédagogie par exemple, Lire la suite

CNRS : Lettre de l’Institut écologie et environnement

CNRS, Communiqué, La lettre de l’Institut écologie et environnement, N°1, avril 2009

Lettre de l’INEE

Nouveau support créé par l’Institut écologie et environnement, La lettre de l’INEE s’adresse à l’ensemble des personnels des unités de recherche et proposera un état des lieux régulier du projet d’Institut, ses actualités…

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Environnement : comment choisir sa banque ?

finansol.org, Communiqué, avril 2009

Environnement : comment choisir sa banque ? 

L’association Les Amis de la Terre publie la 2ème édition de leur guide éco-citoyen sur les  banques françaises, qui explique le fonctionnement des banques et les impacts sociaux et environnementaux de leurs activités.

En sachant comment fonctionnent les banques, vous pourrez décider de celle qui vous convient le mieux !

Pour juger des impacts de votre banque sur l’environnement Lire la suite

Hervé Kempf : Le plafond des avions

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 11 avril 2009

Le plafond des avions

Le pic pétrolier ne fait plus vraiment débat : à une échéance indéterminée, la production de pétrole atteindra un pic au-delà duquel elle n’augmentera plus. La seule question, en fait, est : quand ? Mais un des meilleurs experts du pic pétrolier, Richard Heinberg, pousse la réflexion plus loin dans son dernier livre, Peak Everything (New society publishers, 2008) : nous pouvons appliquer le concept de pic de production à beaucoup d’autres domaines ; gaz, charbon, matières premières, ressources d’eau, production alimentaire vont atteindre à un moment donné du XXIe siècle un pic de production. Plutôt que d’ignorer avec constance cet horizon limité, mieux vaut tout de suite s’y préparer, dit-il.

On ne saurait trop approuver ce point de vue. On peut même généraliser la problématique du pic à d’autres domaines. Par exemple, ne pourrait-on pas imaginer que la chute du trafic aérien de passagers, qui devrait atteindre 5,7 % en 2009, selon l’Association internationale du transport aérien, se poursuive, et que ce trafic ait dépassé un pic ? Ou que, si ce trafic rebondit un jour, il ne soit amené à diminuer durablement ensuite ?

Cette idée au fond évidente s’impose quand on lit un échange de courriels au sein d’une grande entreprise aéronautique de Toulouse entre membres d’un groupe de discussion sur l’environnement. Ils commentent un rapport interne consacré aux liens entre « développement durable » et transport aérien. « Le transport aérien (3 % à 4 % de la consommation de pétrole) est-il réellement très concerné ?, lit-on dans le rapport. Son utilité évidente et la modestie de ses exigences semblent devoir justifier qu’on lui laisse certains privilèges. »

« Utilité pas évidente pour moi« , commente T., qui précise : « On peut vivre heureux sans chercher la fuite en avant, quand on sait que cette fuite nous mène vers un précipice. » P. rétorque : « Si vous remettez l’existence du transport aérien en cause, vous partez sur de très mauvaises bases. (…) Plutôt que de dire « il faut empêcher les voitures de rouler », pourquoi ne pas trouver une solution qui permette aux voitures de rouler plus de 600 km sans polluer ? »

T. répond : « Si une voiture avec une autonomie de 600 km, qui ne pollue pas, existe un jour, je veux bien l’utiliser (encore que cela ne réglerait pas le problème de la construction et de l’entretien des routes). En attendant que ça existe, je me limite. » G. intervient : « L’industrie aéronautique ne va pas s’écrouler car, Lire la suite

Les multinationales se goinfrent de PME au goût éthique

liberation.fr, Laure Noualhat, le 10 avril 2009

Les multinationales se goinfrent de PME au goût éthique

A l’instar de Coca-Cola qui s’invite chez Innocent pour 33 millions d’euros, les géants s’offrent des «alter-entreprises».

Un chèque de 33 millions d’euros, voilà un confortable cadeau pour fêter un anniversaire. En l’encaissant, la société britannique Innocent, spécialisée dans les fruits à boire (smoothie) pourra s’offrir une jolie fête pour ses dix ans, qu’elle célébrera le 28 avril. Et elle pourra inviter celui qui l’a signé : Coca-Cola. En début de semaine, le limonadier américain a pris une participation de moins de 20 % dans le capital du roi du smoothie britannique.

«Depuis six mois, nous cherchions de nouveaux investisseurs pour développer notre potentiel de croissance, confie Philippe Cantet, patron de la branche française d’Innocent. Nous ne nous attendions pas à Coca, mais c’est plutôt confortable.» Depuis peu, Innocent, qui affiche un chiffre d’affaires de 116 millions d’euros en 2008, voit grand. Après le mixage des fruits, cette entreprise, qui s’est développée selon des principes éco-responsables (bilan carbone, suivi des filières, commerce équitable, etc.), veut «devenir une marque d’aliments ayant en commun d’être sains, bons, de rester complices avec nos clients et éthiques dans notre fabrication», estime Philippe Cantet. Tout un programme.

Greffe. Le coup du rachat de la petite boîte éthique par la multinationale tentaculaire a été joué moult fois. Au début des années 2000, Unilever a englouti les glaces Ben & Jerry’s ; Danone a avalé Stonyfield Farm, le spécialiste du yaourt bio américain fondé par un militant de la première heure, Gary Hirshberg. Plus modestement, en juillet 2008, Monoprix a déboursé 45 millions d’euros pour racheter les magasins bio Naturalia.

Parfois, les greffes ne prennent pas. Quand, en 2006, le géant L’Oréal a croqué la marque d’huiles essentielles biologiques Sanoflore, installée dans la Drôme depuis 1986, elle s’est surtout offert le leader de la cosmétique bio en France. «Depuis ce rachat, Sanoflore est en chute libre», analyse Pierre Cabane, patron de Kibio, lui-même dévoré par Clarins. «Ils ont oublié qu’avant d’être des produits, la cosmétique bio, c’est une éthique.» Peu après le rachat, les tarifs des produits Sanoflore ont augmenté… Mais L’Oréal s’est aussi offert The Body Shop (lire ci-contre) à l’activité stagnante. Yves Rocher a pris 30 % de Fytosan, producteur d’extraits végétaux bio pour les produits cosmétiques. Quelques mois après sa création, la société Kibio a séduit Clarins qui a acquis 10 %, puis 60 % du capital de la société fondée par un ancien de L’Oréal.

Quand une multinationale achète une entreprise bio, elle compte bien tremper un orteil dans l’éthique, se refaire une virginité. Et son arrivée chamboule tout. Surtout dans la bio où la production peine à répondre à une demande explosive. Quand Danone a sorti ses yaourts Les deux vaches en 2006, le secteur de l’élevage biologique a vacillé même si cette gamme ne représente qu’une infinitésimale portion des marchandises du groupe. «Environ 2 % des produits laitiers sont bio», explique Anne Thevenet-Abitbol, qui a développé Les deux vaches pour Danone.

«Période d’essai». Quelle perspective ouvre à Innocent l’adossement au géant du soda ? Lire la suite

Rétablir la croissance ? Qu’en pense la planète !

actualites-news-environnement.com, Mathieu Lepoivre, le 1er avril 2009

Rétablir la croissance ? Qu’en pense la planète !

Face à la crise, citoyens, chefs d’entreprises, élus, et gouvernements n’ont d’yeux que pour l’économie. Et la planète, qu’en dit-elle ? La crise climatique et celle des ressources naturelles nous semble aujourd’hui plutôt secondaire face aux milliers de nouveaux chômeurs quotidiens.

Comment va la crise ? Bien merci ! Au vue de certains chiffres évocateurs, elle se porte bien. La récession s’installe dans de nombreux états, leur dette atteignent des records, les résultats d’entreprises négatifs se multiplient, et les taux de chômage suivent ces évolutions inquiétantes.

Face à la crise, citoyens, chefs d’entreprises, élus, et gouvernements n’ont d’yeux que pour l’économie. Tous nourrissent le même espoir, que chacun formule à sa manière : augmenter son pouvoir d’achat, remplir son carnet de commandes, rétablir la croissance de son pays, accessoirement des autres pays partenaires. Tous attendent le redémarrage de la consommation par la baisse des prix, l’augmentation du pouvoir d’achat, et ainsi dépenser, vendre, construire, agrandir, développer, produire, en un mot : faire du PIB.

Et la planète, qu’en dit-elle ? La crise climatique et celle des ressources naturelles nous semble aujourd’hui plutôt secondaire face aux milliers de nouveaux chômeurs quotidiens, aux foyers modestes qui peinent à manger en fin de mois, ou aux entreprises qui ne parviennent plus à équilibrer leurs comptes. Pourtant, ces crises environnementales ont toutes les chances de compromettre « notre » fin de crise, puisqu’elles concernent les ressources naturelles et le climat, qui sont le carburant de notre économie.

En effet, comme l’indique JM Jancovici (conférence à la Cité des Sciences le 24 mars 2009), 80% de l’énergie utilisée pour le fonctionnement des sociétés humaines vient des énergies fossiles – pétrole, charbon et gaz -, c’est à dire de ressources naturelles présentes en quantités finies.

Or tout étudiant en mathématique sait que le prélèvement d’une ressource puisée dans un stock fini passe inexorablement par un maximum et décroît pour tendre vers zéro. C’est le cas des énergies fossiles, et cela concerne aujourd’hui certains stocks qui perdent leur caractère renouvelable à force de sur-exploitation (réserves halieutiques notamment). De plus, nos prélèvement n’ont jamais été aussi importants chaque jour depuis ces dernières décennies et augmentent même de jour en jour – certes aujourd’hui un peu moins vite du fait de la crise ! La conséquence est encore une fois mathématique : on va manquer.

Manquer de poissons par exemple, ou d’eau potable, et bien sûr de pétrole. Par ricochet, il faudra également se passer de certains services que ces ressources nous rendaient : les forêts disloquent le CO2, les océans le piègent, les sols retiennent l’eau, les zones humides la filtrent.

Ces petites choses qui importent peu l’homme des villes (80% des habitants des pays industrialisés vivent en ville) et qui vont devenir quelque peu préoccupantes lorsqu’elles vont s’arrêter d’elles-mêmes. L’eau sera impropre à la consommation de plus en plus souvent, et les crues seront plus violentes, pour ne citer que cela L’homme des villes constatera également que la rareté des énergies fossiles augmentera leur prix, et ce sans commune mesure avec les yoyos de l’été 2008.

Pourtant, la crise mondiale n’engendre que des réflexes de relance par l’investissement, qui n’est qu’une relance de l’exploitation des ressources limitées. En France, le plan de relance du gouvernement vanté par François Fillon lors de son récent déplacement à Marseille le 27 mars dernier (A lire) est explicitement concentré sur « les investissements pour alimenter notre moteur économique et pour renforcer la compétitivité de notre pays ».

Au niveau international, le même aveuglement est de rigueur. Les principales mesures qui seront discutées au sommet du G20 Lire la suite

La croissance verte est un leurre

altermonde-sans-frontière.com, Weronika Zarachowicz, le 11 avril 2009

La croissance verte est un leurre

Par les temps (de crise) qui courent, l’économie mondiale se découvre une âme écolo. Mais derrière une certaine prise de conscience de l’urgence se cache surtout une stratégie opportuniste des industriels…

Les constructeurs automobiles se ruent sur la voiture électrique, Barack Obama propose un plan de relance « écologisé », le secteur des green techs ignore la crise et, information moins connue mais véritablement révolutionnaire, la Chine vote une loi écologique qui va bouleverser son modèle de développement [1]. Ces derniers mois, sous l’effet de la tourmente financière, l’économie mondiale se découvre une âme écologique et un nouveau mantra : la « croissance verte ». Simple effet de panique ou basculement profond de modèle ? A l’occasion de la Semaine du développement durable, Dominique Bourg, philosophe et conseiller rapproché de Nicolas Hulot, décrypte ce brusque « verdissement » des stratégies économiques et industrielles.

Pourquoi cet engouement soudain pour l’écologie ?

La crise financière et économique rend brutalement audibles des mots rejetés et méprisés par les décideurs : décroissance, écologie, pic pétrolier… L’écologie, qui était LA grande oubliée de l’économie, est en train d’en devenir un élément essentiel. Tous les économistes s’y convertissent, c’est plutôt drôle ! Et regardez l’industrie automobile, qui se découvre une identité « verte » après avoir freiné des deux pieds pendant des années ! Quel temps perdu ! En Californie, au début des années 1990, une loi a imposé qu’une partie du parc automobile fonctionne à l’énergie électrique. General Motors et d’au­tres constructeurs ont alors conçu – et vendu – des modèles électriques. Et puis la loi a changé, ils les ont détruits et en ont arrêté la production. S’ils avaient continué, ils auraient aujourd’hui une avance extraordinaire. Même chose en France : le patron de PSA, Jean-Martin Folz, avait lancé une hybride ; quand il a quitté son poste, son successeur, Christian Streiff, a suspendu le projet durant un an. C’est hallucinant. A l’époque, on disposait déjà de toutes les connaissances fondamentales sur le climat, sur les tensions en matière de ressources, sur la biodiversité ! Mais les constructeurs automobiles vivaient retranchés dans leur forteresse mentale, incapables d’intégrer les signaux faibles, tout comme les forts. Au mieux, c’était de la « mauvaise foi », au sens de Sartre : je sais ce que je ne veux pas voir, pour mieux me le cacher…

Pour la première fois, on comprend qu’il faut tenir compte du monde réel et de ses limites

Pourquoi a-t-il fallu une crise financière pour passer au vert ?

Le lien ne va pas de soi, et pourtant, les crises financières et écologiques témoignent d’une même logique. Pendant des années, nos systèmes ont fonctionné sur l’a priori absurde que le monde physique et vivant n’existait pas. Nous avons construit un univers artificiel d’accumulation sans limites et de déni de responsabilité. Les subprimes, la titrisation, comme la surconsommation de matières et d’énergie, tout cela supposait un processus de croissance indéfinie ne connaissant aucune contrainte. Or que se passe-t-il au­jour­d’hui ? Cette logique implose : pour la première fois, on comprend qu’il faut tenir compte du monde réel et de ses limites. Et puis, la crise financière « parle » aux constructeurs, qui sont avant tout des financiers. Tous leurs repères, tout leur monde s’effondrent brutalement. Et les voilà obligés de s’intéresser à un mode de pensée qu’ils rejetaient violemment : l’écologie, c’est-à-dire le fait qu’existe une réalité finie, contraignante… L’inverse du monde de l’accumulation infinie ! Lire la suite

Océans : il reste 5 ans pour sauver nos poissons habituels

lalsace.fr, Raymond Couraud, le 11 avril 2009

Océans : il reste cinq ans pour sauver nos poissons habituels

Nos petits-enfants mangeront-ils du poisson ? De plus en plus d’espèces sont en voie de disparition. La surpêche est mise en cause.

La question des pêches excessives n’est pas seulement posée par quelque écologiste. Les rapports officiels consacrés au phénomène de la surpêche sont de plus en plus alarmistes.
Dans la présentation du Grenelle de la mer, qui vient de débuter, on peut ainsi lire que « les mers et océans fournissent chaque année 85 millions de tonnes de protéines pour l’alimentation humaine et, dans une moindre mesure animale. Cette capacité est menacée, car selon la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture de l’ONU), 28 % des stocks mondiaux sont surexploités ou épuisés. 52 % connaissent un niveau d’exploitation proche du maximum soutenable, les 20 % des réserves halieutiques restantes étant exploitées en dessous de leur potentiel ».

2048, année cruciale

Selon ce texte, il faudrait parvenir d’ici 2015 à un taux d’exploitation soutenable pour l’ensemble des stocks.

Lors du sommet consacré à la nourriture issue de la mer, à Barcelone, l’an dernier, les experts ont tiré la sonnette d’alarme : si rien n’est fait, « la plupart des espèces aujourd’hui consommées dans le monde auront disparu d’ici 2048 ». Pour Élisabeth Vallet, responsable de l’Alliance Produits de la Mer en Europe, il y avait de bonnes raisons d’organiser ce sommet en Europe, et plus particulièrement en Espagne : « Avec plus de 7,1 millions de tonnes de poisson fournis chaque année, l’Union européenne est actuellement la troisième puissance de pêche au monde et le plus grand importateur mondial. L’Espagne est le premier pays producteur européen et s’interroge, tout comme beaucoup d’autres, sur ses pratiques et sa gestion de la pêche pour garantir le développement durable de sa filière. Il est aujourd’hui indispensable pour les professionnels du secteur, tout comme pour les associations environnementales, de trouver des solutions locales à ces défis mondiaux. »
Le défi à relever a Lire la suite

M6 : A 65 l’autoroute destructrice

M6, le 5 avril 2009

La chaine M6 a diffusé dimanche soir, un reportage décapant sur le projet d’autoroute A65, première autoroute verte de l’après-grenelle.

Chapitre 3 : A65, l’autoroute destructrice – Chapitre 7 : les verdicts

Pour visionner l’émission sur internet, âmes fragiles Lire la suite

Collectif Antipub bordelais : Athénée de Bx le 10 avril

Collectif Antipub bordelais, Communiqué, le 6 avril 2009

Collectif Antipub bordelais : Les mutins de la réclame

Les mutins de la réclame est un collectif contre l’agression publicitaire. Il s’est formé sur le territoire de l’agglomération bordelaise au mois de mars 2009. Il est engagé politiquement dans la vie de la cité, mais ne se revendique d’aucune affiliation politique, syndicale ou économique.

Nous agissons en faveur :

– d’un environnement urbain sans affichage publicitaire

– d’un cadre de vie embelli et non agressif

– d’un affichage public strictement informatif de taille réduite et pour une extension de l’espace consacré à l’expression libre.

Pour mener notre lutte contre la publicité, nous mettons en place des opérations de désobéissance civile non violente la ciblant, ainsi que des opérations de sensibilisation de l’opinion publique sur les dangers de la publicité.

Nos actions

Le 16 mars nous avons organisons une conférence sur « la publicité et ses nuisances » dans l’amphi 700 de Bordeaux III. A cette occasion un atelier détournement de publicités a été proposé. Le fruit de ce travail a d’abord été exposé à Bordeaux III avant d’enrichir la décoration de Bordeaux II (encore actuellement).

Nous avons détourné des publicités sur les quais (publicité IKEA) et collé des autocollants contre la pub sur de nombreux panneaux de l’agglomération bordelaise.

A l’occasion de la manifestation du 19 mars nous avons diffusé nos revendications sous forme de tracts et barbouillé une affiche à l’arrêt de tram Palais de justice

Un atelier détournement de publicités a été proposé à Sciences Po Bordeaux pendant son blocage vendredi 3 avril.

A l’occasion de la semaine du développement durable et de la journée sans achats, un recouvrement systématique des panneaux de publicités bordelais a été effectué avec des messages antipub de format A4. Nous estimons que notre action a touché l’essentiel des publicités de la ville Bordeaux (environ 80 % d’après nous). Ces affiches comportent le message « Non à la pub » avec trois citations différentes :

– « Soixante-quatre mille répétitions font la vérité » (Aldous Huxley)

Un seul panneau déroulant lumineux engloutit la consommation électrique de 2 à 3 foyers. (Source Agir pour l’environnement)

– « Celui qui voit un problème et qui ne fait rien fait parti du problème » (Gandhi).

Le premier message, le plus récurrent, manifeste bien la finalité du matraquage publicitaire, finalité que la répétition de nos messages rend apparente.

Nos perspectives à court et moyen terme ?

Une réunion publique se tiendra Lire la suite

Bordeaux du 5 au 7 juin : Festival Changement d’Ere

Changement d’ère, communiqué, avril 2009

Changement d’ère. Le 2ème festival du développement durable, Bordeaux, du 5 au 7 juin 2009

Réunissant tous les acteurs sur le thème du développement durable, Changement d’Ere propose d’y voir plus clair et de familiariser la population avec les nouvelles solutions qui lui sont proposées. Entre conférences, activités pédagogiques, et programmation artistique, le festival met en scène entreprises, élus, personnalités, institutions, associations et artistes. Ce carrefour de rencontres a pour ambition de construire les relations interprofessionnelles et grand public de demain… En savoir plus : Lire la suite

18 avril à Pellegrue, 2èmes rencontres eco-citoyennes

L’atelier Zef, Communiqué, le 30 mars 2009

Ecofestival de Pellegrue

2èmes rencontres éco-citoyennes

Samedi 18 avril 2009

Actions locales vers une simplicité choisie

Chers zamis, chères zamies, belles zâmes,

Le programme nouveau est arrivé !!!

La journée s’organise et le temps d’imprimer un pré-programme que déjà d’autres énergies se joignent à nous !

C’est le cas de Céline Bosc de la Compagnie « Le Temps des Gens » qui viendra se suspendre dans son tissu pour quelques acrobaties très, très poétiques.
C’est le cas également de Nonukatall qui sera présent pour présenter une vidéo explosive sur l’habituation à vivre dans la catastrophe : « Ceci est une simulation ».

Puis de Caroline Biard avec « Les contes en tissus ». Une animation sous la tente berbère de Sémia pour les bouts de choux de 1 à 6 ans.

Et nous attendons avec impatience l’accord d’Alexandre Jollien pour projeter une vidéo percutante sur la richesse potentielle d’une plus grande visibilité du handicap dans notre société.

Bref, déjà en chemin, plus que jamais ensemble, faisons tous écho à l’Ecofestival !

Si toi, si toi, si toi yen …

…Le 18 avril, à Pellegrue, viens !

Plus d’infos : Lire la suite

Toulouse 18, 19 avril : biodiversité, résistances et alternatives

ogm31.org, Communiqué, le 28 mars 2009

ÉTATS GÉNÉRAUX TOULOUSE

18 – 19 avril 2009

OGM & BIODIVERSITE – RÉSISTANCES & ALTERNATIVES

Produire et consommer sans OGM

Semer la biodiversité et les résistances

Premiers signataires :

ATTAC – Collectif 66 sans OGM – Amis de la Terre – Semeurs de Biodiversité 34 – Confédération Paysanne – Edmonds Institute (USA) – Ecobâtir – Action Consommation – Collectif anti ogm 09 – Réseaux Citoyens de Saint-Etienne – Transp’ART en CE – Zerogm 42 – FNAB – Nature et Progrès – Amis de la Conf’- collectif 34 sans OGM
Centre Info Environnement – Adéquations – Collectif Vosges Terre sans OGM – Collectif anti OGM 31 – Faucheurs Volontaires – Greenpeace – collectif 28 sans OGM – Confédération Paysanne 31 – Confédération Paysanne 83 – Confédération Paysanne 81 – Vigilance OGM 81 – Réseau Semences Paysannes – Vigilance OGM 33 – Université nomade

Cultures et importations d’OGM – OGM cachés – Nouveaux OGM – Privatisation du vivant – Fichage génétique – Semences paysannes – Maisons de la semence – Droits des paysans – Cantines sans OGM – Souveraineté alimentaire…
Tels sont les principaux thèmes qui seront abordés lors de ces Etats Généraux. Ils se tiendront à Tournefeuille (périphérie toulousaine) les 18 et 19 avril.

Cet événement a vocation nationale a été lancé le 30 janvier par le collectif de personnes et d’associations qui a poursuivi le travail entamé lors des journées « Semons la Biodiversité » des 28 et 29 octobre dernier à Paris, ainsi que par les partenaires de la campagne « Stop-OGM 2007-2008 ».

Il est organisé localement par le collectif anti-OGM31. Il comportera des plénières, des ateliers et une table ronde avec des personnalités politiques.

Les Etats Généraux : pour qui ?

Ces Etats Généraux devraient rassembler plusieurs centaines de militant-e-s avec pour objectifs l’appropriation des connaissances indispensables et l’élaboration collective des argumentaires et outils pour engager les actions à venir.

Mais il a aussi pour objectif d’alerter et d’informer les citoyen-ne-s, paysan-ne-s et décideurs politiques sur ces enjeux. Ainsi les plénières et la table ronde seront largement ouvertes. Les ateliers seront davantage destinés aux militant-e-s mais resteront ouverts à toute personne souhaitant s’informer ou s’engager dans ce mouvement.

Plus d’infos et Inscription individuelle directement en ligne sur Lire la suite

Rapport : TIC et DD

Conseil général de l’environnement et du développement durable, décembre 2008

Publication du rapport du Conseil général et du DD sur les technologies de l’information, pour le télécharger Lire la suite

Prog. Université populaire de l’environnement de mars à mai

Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, Coimmuniqué, le 16 mars 2009

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT

L’Université nomade d’Aquitaine

Mise en oeuvre par la MNE Bordeaux-Aquitaine en partenariat avec des universitaires, des associations et des collectivités locales

Renseignements et inscription à la lettre d’information de l’Université populaire de l’environnement mnebxaquitaine@aol.com

PROGRAMME au 16 mars 2009, susceptible d’être modifié

Toutes les manifestations sont gratuites et à entrée libre

MERCI DE DIFFUSER LARGEMENT L’INFORMATION DANS VOS RESEAUX

Nouvel outil pour l’UPE, la radio, avec la Clé des Ondes <http://www.lacdo.org/> et l’émission Zone d’Ecologie Populaire les lundis vers 21h15 (attention l’émission débute souvent vers 21h30) animée par l’association Chiche ! Bordeaux, jeunes écolo alternatifs et solidaires, <www.chicheweb.org> Les  21 associations environnementales adhérentes de la MNE sont invitées à venir présenter leurs actions, activités ainsi que les enjeux environnementaux locaux. A écouter sur 90.1 ou directement sur Internet : <http://lacdo.org/>

Possibilité de réécouter les émissions anciennes comme celle du lundi 23 février 09.02.23 ZEP avec MNE.mp3 avec la présentation de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, de ses adhérents, son projet associatif, ses actions (blog MNE, Université populaire…) et ses projets (Site Internet et Centre ressource documentaire sur l’environnement…).

Nouvel outil encore, le LivrEcolo du Jour, pas beaucoup de succès pour celui du mercredi 11 mars consacré à un débat en petit groupe sur « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », le dernier ouvrage du journaliste environnement du Monde Hervé Kempf. Nous réfléchissons pour faire évoluer la formule vers un ArticlEcolo du jour, formule plus légère. A noter qu’Hervé Kempf présentera son ouvrage le 26 mars à la Machine à lire à Bordeaux.

Ne ratez-pas le cycle de 3 Cours sur « Changement climatique et énergie » à Cap Sciences, le début du cycle de 4 cours sur la « Petite écologie de l’Homme et de ses techniques » au jardin botanique de Bordeaux et la Conférence-débat « L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ? » à Bègles.

A coté de l’Université populaire de l’environnement – L’Université nomade d’Aquitaine, la Maison de la nature et de l’environnement assure sur son blog https://mneaquitaine.wordpress.com/ une revue de presse (1 200 articles, 600 pages vues/jour), du local au global, de l’économie verte à la décroissance, du DD à l’écologie profonde qui vous propose des articles sur l’agriculture, la biodiversité, le changement climatique, l’éco-consommation, les déchets, la pollution, la santé, les sciences, l’urbanisme, les associations environnementales, la gouvernance…

Quelques exemples d’articles Lire la suite

PICNIC sans carbone, 17 mai à Bègles Plage

TACA, communiqué, le 26 mars 2009

PICNIC sans carbone, dimanche 17 mai 2009 à partir de 12h à Bègles Plage

Sur la route entre Kyoto (1997) et Copenhague (Décembre 2009) venez avec votre famille et vos amis pour affirmer avec l’association TACA. Notre climat, c’est nos oignons !

En plus du picnic et de la photo évènement, avec au moins 350 vélos, différents stands présenteront des façons concrètes de réduire nos émissions de CO2, pour aller vers l’objectif de la division par 4 nécessaire pour la France

Pour vous informer et participer à la mobilisation de ce picnic Lire la suite

Pierre Rabhi : « Je préconise la sobriété heureuse »

toogezer.com, Marie Ernoult, avril 2009

Pierre Rabhi : « Je préconise la sobriété heureuse »

Depuis plus de quarante ans, Pierre Rabhi consacre sa vie à alerter l’opinion publique sur la tragédie alimentaire mondiale qui se profile. Originaire d’Algérie et installé depuis 1960 en Ardèche où il a opéré un retour à la terre, Pierre Rabhi est un pionnier de l’agro-écologie en France. Ses idées et ses valeurs sont le reflet d’une vie qu’il a voulu simple, en harmonie avec la nature, loin du tumulte d’une société de consommation guidée par une économie de marché qui nous mènera, selon lui, sans une rapide insurrection des consciences, à notre perte…

Comment est né votre intérêt pour l’écologie ?

Dans les années 50, ma femme et moi avions la volonté de fonder une famille, mais de la fonder en assurant son destin. Nous avons donc fait un retour à la terre, bien que je n’aie aucune qualification en agriculture. Il a fallu que j’acquière ces connaissances. Nous étions en plein dans la crise de l’agriculture moderne, c’est donc là que j’ai pu observer qu’elle était terrifiante : usage massif d’engrais, de produits de synthèse, mécanisation de plus en plus en violente, tout cela pour produire, mais produire en détruisant. C’est le défaut de l’agriculture moderne, elle produit beaucoup mais elle produit mal. J’ai compris qu’il y a avait une problématique du rapport de l’être humain avec la terre et la nature. C’est de là qu’est née petit à petit en moi, une nouvelle protestation qui m’a amené à essayer de réfléchir : savoir si on était condamné à cette agronomie destructrice ou bien s’il existait d’autres solutions. Et c’est comme ça que j’ai découvert que ces questions là, des gens plus compétents se l’étaient posée, et qu’il existait des solutions qui associent la nécessité de produire avec celle de respecter les milieux naturels, ayant des effets positifs collatéraux. C’est  donc par l’agriculture que je suis devenu écologiste.

Le mode de production agro-écologique pourrait-il nourrir la planète ?

C’est une question qui n’a pas de sens. L’agriculture moderne a eu les coudées franches pendant des décennies, elle a été préconisée comme étant la solution au problème de la famine. Et, ce que  l’on constate aujourd’hui, c’est qu’elle na pas résolu les problèmes de famine, mais qu’elle les a aggravés par une surproduction qui a anéanti l’autonomie des populations locales. J’affirme avoir préconisé l’agriculture écologique dans les pays du tiers monde et les paysans ont déclaré que cela leur convenait, elle leur permettait de nourrir sans se ruiner avec des intrants, des pesticides… L’agriculture écologique est la mieux adaptée à la résolution des problèmes alimentaires.

Quelle serait selon vous un mode de consommation alimentaire durable et équilibré ?

Pendant des millénaires, les êtres humains, et c’est ce que l’on a appelé la révolution néolithique, ont pratiqué l’agriculture et ont vécu de l’agriculture. Ils sont rentrés dans une forme de durabilité. Ils n’ont pas attendu le XIXème siècle pour résoudre ce problème millénaire, mais ils étaient dans le cadre d’une civilisation agraire, où les gens étaient proches de la source de leur survie. On n’était pas des salariés allant travailler, donner notre temps dans les entreprises et ensuite recevoir de l’argent pour acheter notre nourriture. Cet ordre là a modifié énormément notre comportement avec la terre qui nous nourrit, il nous en a éloigné et a provoqué une civilisation hors-sol, fondée sur la combustion énergétique. La révolution industrielle a tout désorganisé. Désormais, vous avez une masse de gens concentrés dans les villes qu’il faut nourrir, et sans qu’ils participent à la production de leur nourriture. Il y a un énorme déséquilibre entre les sociétés agraires où tout le monde était mobilisé pour produire et se nourrir, et un système où une minorité nourrit une majorité. Cela amène à des déséquilibres énormes. La nourriture est devenue insalubre, les produits toxiques Lire la suite

Aquitaine : Des TER à flux tendu

Sud-Ouest, Hervé Mathurin, le 10 Avril 2009

TRAINS EXPRESS RÉGIONAUX. Neuf mois après la mise en service du cadencement, le bilan montre une nette hausse de fréquentation, malgré quelques défaillances hivernales

Des TER à flux tendu

Voilà maintenant neuf mois que le cadencement des Trains express régionaux est mis en oeuvre. Rappelons d’abord la définition du cadencement : c’est un train qui part, passe et s’arrête à la même heure, respecte les mêmes arrêts et se caractérise par sa ponctualité et sa régularité. Une véritable révolution ferroviaire, même si elle exclut pour le moment les lignes en provenance du nord de la Garonne.

Si l’on en croit Philippe Buisson, vice-président régional chargé des TER, le bilan est d’ores et déjà positif : « De juillet à décembre 2008, nous avons enregistré une hausse de 30 % sur les lignes concernées alors qu’elle est restée à + 10 % sur les non cadencées », indique-t-il.

La fréquentation des gares a suivi la même courbe. La palme revient à celle de Pessac, première gare TER avec une hausse de 100 % en six mois. Il est vrai qu’elle accueille à la fois les lignes de Mont-de-Marsan, Pau, Hendaye et Arcachon, sans oublier l’intermodalité avec la ligne B du tram. La gare de Marcheprime, rouverte au mois de mai, est devenue un rendez-vous de voyageurs important avec ses 44 arrêts quotidiens. Quant à la nouvelle station de Ravesies à Bordeaux-Nord, qui relie la ligne SNCF du Verdon à la C du tram, son affluence a augmenté de 11 % : « Mais ce pourcentage ne tient pas compte de la navette de Macau qui a été ajoutée », explique Fabienne Cala, directrice adjointe des infrastructures à la Région, chargée des TER.

Moins spectaculaires mais tout aussi signifiantes sont les fréquentations des gares de Bruges (de 3 voyageurs par jour à 25) et de Parempuyre (de 6 à 60) : autant de voitures en moins sur la rocade…

Problèmes d’effectifs

Après avoir considéré que le cadencement « s’est mieux passé au début que dans d’autres régions parce que les cheminots aquitains ont joué le jeu », Philippe Buisson reconnaît que la révolution ferroviaire a connu quelques couacs : « La période hivernale reste compliquée à la SNCF où les effectifs sont à flux tendu ; il suffit qu’il y ait plusieurs malades chez les conducteurs pour que le système se dérègle ; nous sortons à peine de la crise après avoir connu une période difficile à partir de début décembre. »

Cette appréciation est corroborée par un cadre syndiqué à la CGT, Bruno Tourtoy : « Du fait que nous évoluons dans une entreprise très cloisonnée, il est difficile de réunir en temps et en heure le contrôleur, le mécanicien et le conducteur, comme si nous avions du mal à travailler ensemble, comme si chacun restait dans son coin. »

Le cadencement, qui ne souffre pas la moindre défaillance, a mis en évidence ces défauts structurels, mais il faudra sans doute faire avec quelque temps encore.

400 millions de matériel

Néanmoins, les sondages de satisfaction, menés conjointement par l’intersyndicale de la SNCF, les associations et la Région elle-même laissent apparaître, selon Philippe Buisson, « un taux de satisfaction de Lire la suite

‘Borloo « Le Grenelle : un nouveau modèle de croissance »

Actu-Environnement.com,Carine Seghier, le 1er avril 2009

 »Le Grenelle permet surtout de fonder un nouveau modèle de croissance »

Alors que s’ouvre la semaine du Développement Durable, Jean-Louis Borloo, revient pour Actu-Environnement sur la croissance des éco-activités et leur potentiel de recrutement dans un contexte de crise économique et financière. Une opportunité de poser les bases de la croissance verte ?

AE : Les secteurs de l’Environnement pourront-ils, à votre avis, contribuer à amortir les effets de la crise économique et financière actuelle ?

Jean-Louis Borloo : Bien entendu ! Le Grenelle Environnement, ce sont près de 400 milliards d’euros d’investissement et plus de 550.000 emplois selon les professionnels, dans tous les domaines de la croissance verte : la construction, la rénovation thermique, les transports, les énergies renouvelables… Je rappelle d’ailleurs que 35% des investissements du Plan de relance sont directement consacrés à l’accélération des chantiers du Grenelle Environnement. Grâce à ces investissements programmés sur plusieurs années, nous donnons de la visibilité à nos industriels et à leurs milliers de sous-traitants. Quant aux Français, c’est l’occasion ou jamais de faire des économies sur leurs factures énergétiques en profitant dès maintenant de toutes les mesures fiscales du Grenelle Environnement comme par exemple le cumul exceptionnel entre « crédit d’impôt développement durable » et « éco-prêt taux zéro ». Selon une étude récente du Boston Consulting Group, la rénovation d’un appartement de 100 m2 en mauvais état permet d’économiser jusqu’à 1 400 euros par an ! C’est un vrai « plus » en termes de pouvoir d’achat. Mais au-delà, ces mesures illustrent, au fond, une double réalité : le Grenelle Environnement participe, certes, pleinement de la relance mais il permet surtout de fonder un nouveau modèle de croissance pour les dix ou quinze années à venir.

AE : Des projections annonçant la création de centaines de milliers d’emplois sur les métiers de l’environnement, de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables ont été établies à l’issue du Grenelle Environnement, c’est-à-dire avant la crise. Doit-on s’attendre à un recadrage de ces chiffres ?

JL-B : Absolument pas ! Et si vous voulez mon avis, s’il y a recadrage, ce sera plutôt à la hausse car tous les chantiers du Grenelle Environnement vont rapidement monter en puissance. Grâce à l’éco-prêt à taux zéro et à l’enveloppe exceptionnelle de 1,2 milliards d’euros de prêts à taux bonifié de la Caisse des Dépôts pour financer la réhabilitation de 100.000 logements sociaux sur la période 2009/2010, le seul secteur de la rénovation thermique permettra de créer près de 115.000 emplois. De plus, le Plan de relance prévoit d’accélérer les acquisitions foncières et les travaux préparatoires de nombreux projets : LGV Bretagne/Pays-de-la-Loire, seconde phase du TGV Est, Canal Seine-Nord-Europe… Ces opérations donneront du travail à nos entreprises dès 2009. J’ajoute enfin que 710 millions d’euros seront consacrés dès cette année à la réalisation de nouvelles lignes de transports urbains dans les grandes villes de France. Tous ces projets ont été programmés et financés depuis plusieurs mois. D’une certaine façon, le Grenelle Environnement, participe à la relance et permet d’en accélérer sa mise en œuvre.
AE : Si l’éco-prêt à taux zéro soutiendra sans nul doute les filières de la rénovation des bâtiments et de travaux à destination des particuliers, certains projets comme ceux de l’éolien et des grandes centrales solaires notamment, semblent aujourd’hui souffrir d’une timidité des investisseurs. Votre Ministère s’est-il penché sur la question ?
JL-B : Très honnêtement, je ne vois pas pourquoi les acteurs hésiteraient à investir dans des secteurs qui connaissent une croissance annuelle comprise entre 60%, pour l’éolien, et 130%, pour le solaire photovoltaïque ! J’ai ainsi Lire la suite

De la couche-culotte à la micro entreprise écolo et solidaire

liberation.fr, Philippe Brochen, le 31 mars 2009

La Scop bretonne créée par deux sœurs compte une salariée. Toutes trois fabriquent dans le Finistère des couches culottes – lavables – en coton bio, qu’elles commercialisent dans la France entière. Une réussite exemplaire.

C’est une prise de conscience qui a nourri leur esprit d’entreprise, jusque-là somnolent. Un idéal d’économie écologique et solidaire. Il y a bientôt deux ans, Clémentine et Rose-Anne, deux soeurs habitant Plouégat-Guérand (Finistère), sont enceintes. Et elles prennent leur calculette: «De la naissance à la propreté, le coût des couches jetables pour un bébé revient à 1.300 euros, raconte Clémentine Page, 23 ans, costumière de formation. Et cela représente une tonne de déchets non-renouvelables pour un enfant.»

Il n’en faut pas plus pour que les deux Bretonnes, alors au chômage, réalisent leur première couche en tissu. Un prototype qui va les convaincre du bien-fondé de leur démarche.

«Participatif»

En juillet 2008, la société Doujañ (respecter, en breton) voit le jour. Une Scop (société coopérative de production, anciennement société coopérative ouvrière de production), plus exactement. «Cela a les fondements d’une Sarl, mais en plus démocratique, précise Clémentine. Mais le but, c’est que les salariés rentrent dans le capital. Et les bénéfices de la société sont reversés aux employés. C’est participatif

Pour créer leur Scop, les deux soeurs ont reçu le soutien d’une structure bretonne, les Cigales (club d’investisseurs pour la gestion alternative et locale de l’épargne solidaire). «On a aussi été soutenues par Garrigue, une société à capital risque solidaire, rappelle Clémentine. C’est grâce à eux qu’on a pu emprunter 50.000 euros en total aux banques.» Car lorsqu’elles décident de se lancer dans cette aventure, les deux soeurs disposent royalement d’une mise de 2.500 euros.

«Haute qualité»

Le volet financier bouclé, l’autre ambition de Doujañ est d’être écologiquement irréprochable. «On a réellement démarré en novembre, quand le tissu, tout en coton bio, est arrivé de Turquie.» Mais pourquoi ne pas faire fabriquer leurs couches dans des lieux de production moins chers ? «L’idée d’une production de proximité a paru cohérente avec l’exigence d’une haute qualité

Quatre mois plus tard, leurs couches toutes douces à boutons pression connaissent un succès inespéré, et leur petite entreprise ne connaît pas la crise. «On n’arrête pas. On a des commandes quasiment tous les jours… Là, on revient du salon Vivre autrement où on a rencontré plein de monde, des exposants et des visiteurs.» Les grosses commandes commencent à arriver, notamment des crèches. «La dernière était de 100 couches

La réussite est telle que l Lire la suite

Cyrulnik à Bordeaux le 22 avril : Biologie de la honte

Ordre des médecins de la Gironde, communiqué, mars 2009

Conférence avec Boris Cyrulnik

L’ordre des médecins de la Gironde organise une conférence publique et gratuite avec le Dr B. Cyrulnik et le Pr. G. Ostermann (Professeur de médecine interne et psychanalyste à Bordeaux)

à l’Athénée St Christoly le 22 Avril 2009 à 19H45

sur le thème :  » Biologie de la Honte ».

B. Cyrulnik, Lire la suite

L’éco prêt à taux zéro : le dispositif au crible

Greenunivers, Arnaud Gossement, le 4 avril 2009

L’éco prêt à taux zéro : le dispositif au crible

L’éco prêt à taux zéro vient d’entrer en application le 1er avril. Cette mesure phare du Grenelle de l’Environnement va favoriser la rénovation thermique des logements. L’analyse d’Arnaud Gossement, avocat associé en droit de l’environnement au Cabinet Huglo-Lepage & Associés. Docteur en droit, il enseigne cette discipline à l’Université Paris I et à Sciences Po Paris et tient une chronique juridique de l’actualité environnementale dans l’émission « Green Business » sur BFM radio (*).

” Le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a lancé, le 1er avril, l’éco prêt à taux zéro. De quoi s’agit-il ? De l’une des mesures phares du Grenelle de l’Environnement, relative à la rénovation thermique des logements privés. Sa mise en place était l’une des principales recommandations du Comité opérationnel du Grenelle chargé de la rénovation du bâtiment.

Ainsi que le précise le projet de loi « Grenelle 1 », le secteur du bâtiment, qui consomme plus de 40 % de l’énergie finale, contribue pour près du quart aux émissions nationales de gaz à effet de serre. Telle est d’ailleurs la raison pour laquelle ce même texte prévoit que « toutes les constructions neuves faisant l’objet d’une demande de permis de construire déposée à compter de la fin 2012 et, par anticipation à compter de la fin 2010, s’il s’agit de bâtiments publics et de bâtiments affectés au secteur tertiaire, présentent une consommation d’énergie primaire inférieure à un seuil de 50 kilowattheures par mètre carré et par an en moyenne ».

L’objectif de performance énergétique dans le secteur de la construction et de l’immobilier.

Le 26 février 2009, les ministres Jean-Louis Borloo (Ecologie) et Christine Boutin (Logement) ont signé une convention avec les établissements de crédits, les professionnels du bâtiment et de l’immobilier, et l’Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), qui détaille les modalités pratiques de mise en œuvre de « l’éco prêt à taux zéro ». Ce mardi, trois décrets et un arrêté ont été publiés au Journal officiel pour préciser les caractéristiques exactes de l’éco prêt. Trois mois après le vote de la mesure par le Parlement, les banques sont désormais autorisées à distribuer ce produit, dès ce mois d’avril.

L’éco-prêt à taux zéro est attendu comme un outil majeur dans le secteur de la construction et de l’immobilier pour créer une relance verte. Il doit permettre un financement complet de la rénovation thermique d’un logement ainsi que la réalisation de l’ensemble des travaux visant à une meilleure performance énergétique des logements privés.

Un mécanisme de consommation durable

Pour traduire dans les faits, les objectifs du Grenelle, des mesures spécifiques de prévention des risques pour l’environnement sont prises pour les constructions existantes (le crédit d’impôt « développement durable » par exemple), par le biais d’incitations financières et fiscales. C’est dans cet objectif qu’a été lancé l’éco prêt à taux zéro, et il est d’ailleurs cumulable avec ces autres dispositifs de soutien.

Conformément à ce que prévoit la loi de finances 2009, tous les particuliers peuvent désormais en bénéficier pour financer des travaux d’isolation et de rénovation thermique dans leurs résidences principales. Ils peuvent notamment contacter les entreprises du bâtiment pour obtenir des conseils sur les travaux à réaliser, au moyen des formulaires disponibles sur les sites internet du ministère et de l’Ademe.

Le prêt, aidé par l’Etat, est accordé par les établissements de crédit. C’est donc un prêt à 0%, accordé sans exigence de ressources, mais à condition que l Lire la suite

Ecoconstruction : De la paille dans les murs

lepoint.fr, Béatrice Parrino, le 2 avril 2009

De la paille dans les murs

Isolants. Rencontre avec Jean-Baptiste Thévard, conseiller en écoconstruction.

Pourtant il y avait un lac, des bâtisses de charme et une verdure chatoyante. Mais rien, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, à 400 kilomètres au nord de Montréal, ne séduit, en cet été 2001, l’Orléanais Jean-Baptiste Thévard. Pas question pour lui de prolonger son séjour canadien. Il n’est pas là pour s’installer mais simplement pour aider un oncle et une tante à construire une maison en paille. Ou plus précisément pour donner naissance à un « écohameau » où vit désormais sa famille québécoise, membre du Groupe de recherches écologiques de la batture (GREB). Rien de hippie dans tout ça, juste un projet scientifique-teinté certes d’un brin d’idéalisme- « afin de prouver que la nature peut être gagnante après le passage de l’homme ». Pour Jean-Baptiste Thévard, qui, à l’époque, ne pensait qu’à être éducateur spécialisé, « le déclic n’est venu que bien après. En 2002, aidé de mon beau-frère, j’ai participé à l’agrandissement d’une maison à Saint-Denis-de-L’Hôtel, dans le Loiret. Nous avons utilisé la technique du GREB ». Quelques années plus tard, une association le sollicite pour en savoir plus sur cette méthode. Thévard et son beau-frère accouchent alors d’un livre (1), enfanté par la passion, qui devient profession pour le premier. Si vous souhaitez construire une maison 100 % écolo, c’est à lui qu’il faut vous adresser. Améliorer la ventilation de votre intérieur sans nuire à la température, c’est encore lui. Choisir des matériaux naturels pour le gros oeuvre de votre future habitation, c’est toujours lui. Depuis 2007, parallèlement à son activité d’éducateur, Thévard est aussi conseiller en écoconstruction : « J’organise des stages. Des artisans me sollicitent parce qu’ils ont besoin d’informations, voire de formations, sur les matériaux et comment s’approvisionner. Les architectes, eux, sont soucieux de savoir s’ils peuvent décrocher des devis dans leur budget. Pour les particuliers, il s’agit surtout de se renseigner pour se lancer seuls dans l’aventure de l’écoconstruction . » Chaque année, une cinquantaine de couples français franchissent le pas, alors qu’il est possible, assure Thévard, de construire une maison à 15 euros par jour dans les règles du développement durable.

« fraîche en été, chaude en hiver »

Depuis peu, avec Laurent Boulain, un ex-stagiaire, Jean-Baptiste Thévard dirige une entreprise d’écomaçonnerie, Ac-ces, qui compte 10 salariés. Et la paille, héritage canadien oblige, est leur produit d’appel, à l’instar d’une quinzaine d’autres constructeurs français. Dans son bureau d’Orléans, Thévard convoque l’Histoire pour convaincre des avantages de ce matériau. « Fraîche en été, chaude en hiver », s’enthousiasme, dans un reportage consacré à la première demeure française de paille, La Science et la vie , en 1921. La paille est insérée dans les murs comme isolant à la place de la traditionnelle laine de verre, et l’ossature est en bois. « Les risques que la paille pourrisse sont minimes. Et une botte se change simplement », dit Thévard. Pourtant, si cette technique rencontre du succès auprès des écologistes ou des alternatifs, seules 1 000 maisons de paille existent aujourd’hui en France. Et Ac-ces n’a lancé que deux projets en 2009. « Les blocages sont encore nombreux pour que la paille prospère. Très peu d’artisans connaissent cette technique. Et la garantie décennale ne s’applique pas sur de telles constructions. Mais surtout, il y a toujours un blocage culturel : dans l’inconscient subsiste l’image du feu de paille, sans parler de l’histoire des « Trois petits cochons », parue en 1933 . » Des tests Lire la suite

Crise : Reconstruire autrement

alternatives-économiques.fr, Sandra Moatti, avril 2009

Reconstruire autrement

La pire crise depuis les années 1930″. Le parallèle n’est plus un épouvantail pour journaliste en quête de sensationnel, c’est une prévision officielle. En janvier dernier, le Fonds monétaire international (FMI) annonçait que les pays avancés devraient connaître en 2009 « leur pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale ». Dans cette mauvaise passe, nous aurions néanmoins une chance: les leçons de l’histoire sont là pour nous prévenir des erreurs du passé.

Vraiment ? Quelle leçon a été retenue ? Pas celle de l’instabilité chronique de la finance en tout cas. En juillet 2007, le FMI revoyait à la hausse ses prévisions de croissance. On parlait pourtant déjà depuis quelques mois de crise des subprime, mais le Fonds ne doutait pas que les grands établissements financiers américains, passés maîtres dans les techniques de gestion et de transfert des risques, seraient suffisamment solides pour y résister.

Ce système financier allait pourtant s’effondrer dans les mois qui suivirent. Autant que l’appétit de gain des banquiers, cette crise révèle les déséquilibres accumulés dans l’économie mondiale depuis une décennie. La finance, à travers ses montages hypersophistiqués, a surtout capté les excédents d’épargne des exportateurs du Sud pour nourrir l’endettement croissant des ménages américains. De quoi maintenir un temps un niveau de vie auquel la stagnation de leurs revenus ne leur permettait plus d’accéder.

Que faire maintenant que ce mécanisme est cassé ? Réguler la finance certainement, mais cela ne suffira pas à redonner du travail aux chômeurs. Si l’augmentation de la dette privée n’est plus le carburant de la croissance, qu’est-ce qui la remplacera ? Dans l’urgence, une réponse s’impose: la dette publique! Partout, les gouvernements volent au secours des banques et de l’activité. Un soutien temporaire, disent-ils, comme s’il s’agissait d’un creux de cycle à passer pour que tout reparte « comme avant ». Le précédent de la Grande Crise rappelle pourtant qu’en 1938, l’économie américaine n’était pas encore remise de la dépression. Il faudra la mobilisation de toute l’économie dans l’effort de guerre, puis dans la reconstruction, pour clôturer ce chapitre.

C’est une autre guerre qu’il nous faudrait livrer aujourd’hui. Afin de réorienter notre système productif vers la qualité des services rendus plutôt que vers la quantité de biens produits, vers des activités plus intenses en travail et plus économes en ressources naturelles : un changement Lire la suite

Economie verte : comment réinventer un modèle ?

Actu-Environnement.com, Agnès SINAI, le 3 avril 2009

Economie verte : comment réinventer un modèle ?

Organisée à l’initiative du quotidien Le Monde, une conférence sur le « green business » a présenté les résultats d’un sondage réalisé dans 17 pays qui révèle un certain scepticisme des opinions vis-à-vis des stratégies « vertes » des entreprises…Apparue dans les années 90 à la faveur du Sommet de la Terre de Rio (Brésil), la notion d’économie verte s’est d’abord manifestée à travers l’intérêt porté au développement durable par une centaine de firmes internationales rassemblées, dès 1992, au sein du World Business Council for Sustainable Development. La vocation de ce réseau est, depuis sa création, d’impliquer les entreprises, notamment les plus polluantes, dans des initiatives volontaires de développement durable, les firmes étant désormais présentées comme « parties de la solution » à la crise écologique.

Près de vingt ans plus tard, quel bilan tirer de l’engouement pour ces stratégies vertes, célébrées chaque année à l’occasion de la semaine du développement durable ? A en croire une étude internationale réalisée en juillet 2008 par l’institut TNS Sofres, la réponse à la crise écologique est jugée insuffisante par les quelques 13.000 personnes interrogées dans dix-sept pays, industrialisés ou « émergents ». Or, l’état de la planète est perçu comme « mauvais » par 93% des sondés japonais, 92% des Français, 90% des Russes et 64% des Américains.
Scepticisme des citoyens

Diffusés le 31 mars 2009 à l’occasion de la conférence sur le Green business organisée par Le Monde, les résultats de ce sondage traduisent un scepticisme largement partagé quant aux engagements « verts » des entreprises. Une grande majorité des citoyens interrogés dans les 17 pays, du Brésil à la Corée du Sud, ont le sentiment que les entreprises prennent des initiatives vertes soit pour vendre plus, soit pour améliorer leur image. En France et en Allemagne, seules 4% des personnes interrogées pensent que les entreprises sont animées par une réelle motivation en faveur de la protection de l’environnement, aux Etats-Unis 16%, et au Japon 38%. C’est à se demander si le développement durable n’est pas, fondamentalement, une valeur vouée à demeurer étrangère au « business ».

Selon Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS, les résultats de ce sondage sont liés à la diversité de l’insertion de l’entreprise dans son environnement. En France, par exemple, l’idée d’éthique est vue comme de la « com » par les salariés. Alors qu’aux Etats-Unis, l’entreprise est perçue autant comme un business que comme un membre de la communauté, en France l’initiative éthique est mise en doute par la prétention de l’entreprise à faire le bien autour d’elle, à se mettre au-dessus de ses sujets.

Alors, le business vert peut-il convaincre ? Selon Yves Cochet, député (Verts) de Paris, invité par Le Monde à alimenter le débat, une entreprise devrait d’abord mettre en cohérence non seulement ses modes de production, mais surtout les objets qu’elle produit, avec les finalités du développement durable : « Quel est l’objet que je vends ? Est-ce qu’il est d’intérêt général ? ». Evoquant comme exemple le Koléos, modèle de 4×4 lancé par Renault en 2008, le député interroge : Est-ce un objet socialement, citoyennement et écologiquement utile ?. Ce questionnement rejoint celui de près d’un quart des Américains et de 30% des Brésiliens, pour qui le surdéveloppement apparaît comme un facteur majeur de la crise écologique, après la pollution de l’air, la déforestation, et à égalité avec la pollution de l’eau. Selon le sondage TNS-Sofres, l’hyperconsommation et les modes de production sont clairement identifiés parmi les grands maux de la crise écologique. Et l’imagerie « verte » des entreprises ne suffit plus à occulter le problème. Les citoyens attendent des preuves. La communication ne peut plus être séparée de l’action. Lire la suite

Le développement soutenable est-il le grand perdant du G20 ?

Actu-Environnement.com, Corinne Lepage, Avocate, ancien Ministre de l’Environnement, Présidente de Cap21, le 7 avril 2009

Le développement soutenable est-il le grand perdant du G20 ?

Préoccupant ! Le fait qu’à aucun moment du G20 il n’ait été question de l’aggravation de la crise écologique et énergétique du fait du dumping environnemental, ni même de l’ébauche de nouvelles règles du jeu pour favoriser l’actionnariat stable est préoccupant. Plus généralement, on regrettera que c’est encore le court terme qui a été privilégié au G20.
Le G20 aura incontestablement marqué les esprits en termes de communication.

En effet, les portes des avions des chefs d’Etat n’étaient pas refermées que la presse européenne et la presse française, en particulier, se réjouissaient de l’immense succès du G20.
Il est incontestable que les chefs d’Etat réunis à Londres n’avaient pas le droit d’échouer, c’est-à-dire de ne pas trouver d’accord. Ils ont donc réussi. Reste à savoir la valeur réelle et l’efficacité future de l’accord. Cette efficacité s’appréciera dans le temps, mais elle peut d’ores et déjà s’évaluer en fonction des sujets traités et de l’ampleur des réformes proposées.
Mais, comme le rappelle très justement Paul Jorion (contreinfo du 7 avril 2009) « ceux qui sont responsables de la crise font partie du problème, pas de sa solution » en pensant d’abord aux représentants du monde de la finance mais aussi aux régulateurs et aux politiques qui leur avaient signé un chèque en blanc. Or, ils ne sont pas sortis du système ; ils l’ont prolongé en essayant simplement de réduire les effets trop pervers qui se sont manifestés à l’origine de la crise.

Dès lors, si on peut se réjouir que le G20 ait succédé au G8 et qu’il ait été enfin question officiellement des paradis fiscaux ou encore que les fonds du FMI aient été accrus, on ne peut que regretter la timidité des mesures tant dans les sujets traités que dans l’ampleur des réformes engagées.

D’une part, certains sujets ont été totalement évacués comme celui de la monnaie qui est pourtant central. Il va de soi que la mise en chantier, comme l’avait proposé la Chine (et très modestement comme je l’ai écrit dans mon dernier ouvrage) d’une devise mondiale, construite à partir d’un panier de monnaies, aurait été de nature à réduire la spéculation sur les changes et à rééquilibrer les économies. S’agissant du sujet phare du G20 – les paradis fiscaux – la liste arrêtée prête plus qu’à sourire dans la mesure où les principaux ne figurent pas sur la liste noire, ni même du reste sur la liste grise. Cela signifie que Jersey, Guernesey, Delaware par exemple pourront continuer comme par le passé.

De plus, force est de constater qu’il ne s’agit que d’inscrire les paradis fiscaux non coopératifs sur une liste pour réduire les transactions. Il s’agit incontestablement d’un grand progrès à condition que les mesures rigoureuses suivent et que la liste corresponde à la réalité. L’efficacité de la mesure est conditionnée à cette réalité. Mais, en revanche, il n’est question ni de dumping fiscal ni de dumping social et environnemental ni de compétition entre États qui sont précisément à l’origine de l’intérêt des paradis fiscaux. Il n’est pas davantage question de la faculté de réaliser des opérations fictives ou des opérations de surfacturation dans ces paradis fiscaux.

De plus, si l’on vise à assurer une meilleure transparence pour les hedge funds, ils ne sont pas interdits voire, ils sont aidés pour pouvoir acheter dans de meilleures conditions les créances pourries.

Ainsi, sur la question purement financière malheureusement, la déception apparaît grande même si les esprits optimistes pourraient penser qu’il ne s’agit que d’une étape vers une réelle transformation du système financier.

Au moins, ces mesures s’inscrivent-elles dans une perspective d’économie soutenable ? une réponse négative est inévitable.

D’une part, le fait qu’à aucun moment il n’ait été question de l’aggravation de la crise écologique et énergétique du fait du dumping environnemental, ni Lire la suite

Les principaux sites Internet écolo

novethic.fr, Béatrice Héraud, le 8 avril 2009

L’info.fr en mode durable

Fin mars, Yann Arthus Bertrand lançait « Goodplanet.info », un site d’information sur le développement durable destiné au grand public. Un de plus dans une toile française qui verdit à vue d’œil, dopée par le Grenelle, les nouvelles opportunités de business et l’actualité. Panorama des principaux sites à consulter pour s’y retrouver.

Alors que les sites d’information générale lancent tour à tour leurs rubriques vertes, les sites spécialisés se développent de leur côté. En témoigne le nouveau portail Good Planet lancé le 31 mars dernier. 

Les généralistes 

Primeur au dernier né donc : GoodPlanet. Fondé par Yann Arthus Bertrand, ce site est pensé comme une vaste encyclopédie interactive. Il poursuit l’objectif de l’association dont il est le dérivé en permettant à l’internaute de « comprendre l’environnement et ses enjeux». Destiné au grand public donc, Good Planet dissèque chaque sujet avec une analyse des enjeux, des tribunes d’experts, les chiffres clés, une riche iconographie et des actualités. Ne disposant que d’une équipe restreinte (3 personnes), les informations sont essentiellement fournies par un réseau de partenaires : CNRS, Ecole normale de Lyon, AFP, Green TV, New Scientist et les universités de Toulouse et de Plymouth ainsi que par la reprise d’articles. Le site, à but non lucratif, est financé par BNP Paribas qui soutient l’association Good Planet depuis ses débuts.

Autre site grand public : Terra eco dont le but est de vulgariser l’économie et les enjeux du développement durable. Jusqu’à cette année réservé aux seuls abonnés à l’exception de quelques articles, le site s’est enrichi en même temps que la formule papier qui a fait son apparition dans les kiosques le 2 mars dernier. Terra eco et son pendant collaboratif gratuit Planète terra cumulent aujourd’hui 300 000 visiteurs par mois et fournissent  quelques articles « d’appel », issus du magazine, en libre accès. Des news quotidiennes sur l’économie, la politique, la société, l’environnement… sont alimentées par un réseau de 70 journalistes et correspondants dans le monde ainsi que des internautes. Indépendant, Terra eco tire ses revenus de ses lecteurs (abonnements et ventes aux numéros), de la revente de contenus et de la publicité.

Quotidien, Développement durable le journal émane de  l’agence de presse Naja fondée en 1987. Depuis deux ans, le site balaie l’ensemble de l’actualité du développement durable avec des rubriques -économie, social, technologie, politique et initiatives– alimentées par une vingtaine de journalistes et des correspondants à l’étranger. Gratuit, il compte aujourd’hui plus de 165 000 visiteurs par mois.

Sur l’environnement 

Plus spécialisés sur l’environnement, actu-environnement, Enviro2b, et Actualités news environnement se disputent le créneau en proposant en plus des services emplois. Créé en 2003 par l’entreprise de presse Cogiterra, Actu-environnement vise un public de professionnels : ingénieurs, techniciens, chercheurs, responsables communications et marketing voire le grand public averti avec des informations techniques, règlementaires et économiques. Le site revendique 133 000 abonnés à sa newsletter hebdomadaire.
En ligne depuis 2000 et édité par la société rennaise, le site Web2B, Enviro2b diffuse lui aussi une information sur l’actualité par filière (eau, air, énergie, etc) aux professionnels par le biais d’informations quotidiennes et d’une newsletter. Mélange de d’articles, de tribunes et de communiqués, il dispose surtout d’une large base règlementaire et propose une revue de presse.
Dans la même veine, Actualités news environnement est un site Lire la suite

Lacq : opposition au projet de captage du CO2 de Total

novethic.fr, Alain Chauveau, le 2 avril 2009

Lacq : opposition au projet de captage du CO2 de Total

Total se prépare à tester dans le bassin de Lacq un projet de captage et de stockage géologique du CO2. Les enjeux sont énormes, tant du point de vue technologique, qu’économique. Mais l’acceptation locale ne va pas de soi et les riverains les plus exposés restent opposés au projet.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE),  le captage et le stockage géologique du CO2 (CSC) pourrait contribuer à diminuer de près de 20 % les émissions de CO2 mondiales d’ici 2050. De nombreux projets pilotes de CSC sont déjà développés, dans le monde entier, par les multinationales du pétrole (ExxonMobil, Shell, Statoil, Total…). Mais, le CSC est une technique qui devra surmonter de nombreuses difficultés pour être opérationnelle : en particulier, l’acceptation locale de ce procédé mal connu sera déterminant.
Le projet pilote de Lacq et la concertation

Annoncé officiellement en février 2008, le projet de captage du CO2 piloté par Total sur le site béarnais de Lacq est une première en France.  Total va tester sur ce site une nouvelle technologie, dite de l’oxycombustion, développée avec Air Liquide. Le CO2 sera ensuite transporté sur 27 km par gazoduc. Enfin, le stockage sera réalisé dans un champ de gaz existant, aujourd’hui déplété (c’est-à-dire où la majorité du gaz a déjà été produit) à Jurançon. L’investissement est de 60 millions d’euros pour ce projet, qui doit permettre à Total d’acquérir un savoir-faire unique en matière de captage de CO2…et d’exporter cette compétence.
Mais pour certains riverains proches du lieu de stockage, le  puits de Rousse, situé  dans les vignes de Jurançon, ce choix est une « aberration ». Alain Castinel, coordinateur développement durable chez Total s’en défend : « Devant une nouveauté technologique et réglementaire, il fallait que nous mettions en place des moyens de concertation qui permettent à tout le monde de comprendre le projet. Nous avons commencé par une étude de contexte pour identifier les parties-prenantes, entendre ce qu’elles attendaient, leur craintes et leur expliquer le projet. Puis nous avons formé les responsables techniques du projet sur le site à la concertation. Nous avons également, et c’est une nouveauté, édité une Charte de concertation« . La phase de concertation proprement dite a commencé en novembre 2007, avec trois réunions publiques d’informations organisées par Total à Jurançon, Pau et Mourenx.

Questions sans réponses

En avril 2008, une commission locale d’information et de suivi du projet (Clis), née de la concertation, est créée par le préfet. Composée d’élus, de représentants de l’administration, d’associations, de Total et de personnalités qualifiées, elle a été présidée par le professeur Claude Miqueu, élu des Hautes-Pyrénées. De juillet à septembre 2008, une enquête publique est lancée sur le projet et donne son accord en octobre. Selon Claude Miqueu : « Le travail fait dans la CLIS a permis d’apaiser les tensions, de faire circuler l’information et  d’être dans la transparence« . De plus, ajoute-t-il : « N’oubliez pas que le territoire a une culture du risque, que la prospérité locale est née du sous-sol « . L’acceptation sociétale et administrative lui semble donc probable.

Mais deux associations environnementales, Coteaux de Jurançon Environnement et la SEPANSO, soutenues par France Nature Environnement, écrivent au Président de la République pour demander un débat public sur la technique du CSC, et mandatent le cabinet d’avocats Huglo-Lepage, au cas où l’autorisation préfectorale était donnée, pour l’attaquer devant le tribunal administratif. Elles dénoncent en effet Lire la suite

Stéphane Lhomme sous surveillance d’EDF et des RG de Bx

Le canard enchaîné, Jérome Canard, le 8 avril 2009

Des atomes crochus pour traquer les antinucléaires

« EDF et les RG de Bordeaux ont travaillé main dans la main à la surveillance de Stéphane Lhomme« . C’est la confidence faite par l’un des mis en examen aux enquêteurs. Normal, si l’on ose dire, c’est en Gironde que ce militant bordelais a mené l’essentiel de ses actions : contre le transport de déchets nucléaires, les dangers de la centrale du Blayais, de l’EPR, etc.
Or, EDF, comme AREVA, compte dans ses effectifs des fonctionnaires de police détachés, mais toujours en liaison avec le Ministère de l’Intérieur. Rien de plus facile, donc que d’harmoniser leurs efforts contre des individus jugés dangereux pour la sûreté de l’Etat. « Aux RG, se souvient un ancien, la section « Contestation et violence » comprenait cinq personnes. Il y avait un collègue qui ne s’occupait que des « antinucs« .

La parano d’Etat atteint parfois des sommets quand, par exemple, Didier Anger (ex-conseiller régional Vert dans la Manche) se voit épié dans ses moindres mouvements. « Un jour, raconte-t-il, se sachant écoutés, on s’est donné un rendez-vous par téléphone sur le site de la centrale de Flamanville. Les gendarmes y sont arrivés en masse. Pendant ce temps, on a occupé la préfecture… »

EDF avait plus d’une opération d’espionnage au compteur

Ses protestations indignées n’y feront rien : le groupe EDF est bien le héros de l’affaire de piratage informatique de Greenpeace relatée le 18 mars dernier, par le Canard et relancée par Médiapart. Mieux, de nouveaux éléments, découverts par les enquêteurs viennent aggraver son cas.

Ils ont notamment trouvé, chez EDF, dans l’armoire du numéro 2 de la sécurité, Pierre François, un CD-Rom contenant des captures d’écran et des copies de fichiers provenant de l’ordinateur de Yannick Jadot, responsable des campagnes nucléaires de Greenpeace. Et ils disposent de témoignages sur les rencontres de Pierre François avec un représentant de Kargus Consultants, exécutant de cette opération de basse police.

Une officine très au courant

Difficile, dès lors, d’invoquer l’excès de zèle d’un sous traitant, agissant hors de tout contrôle. D’autant que Kargus Consultats a signé, entre 2004 et 2006, des contrats avec EDF, d’un montant total d’environ 50 000 euros.  L’un des acteurs de l’affaire a aussi évoqué d’autres opérations d’espionnage notamment sur le site breton de Couëron, où Greenpeace entrepose du matériel « militant » et dispense des formations à ses « activistes », comme ils les surnomment eux-mêmes.

Les enquêteurs viennent de découvrir un nouvel exploit à l’actif d’EDF. En 2006, le géant de l’électricité avait placé sous surveillance le très remuant porte parole de l’association Sortir du nucléaire, Stéphane Lhomme. C’est l’entreprise suisse Securewyse qui, durant plusieurs mois, avait assuré cette mission. Patron de cette officine, Michel Arditti jure toutefois au « Canard » qu’aucune action illégale n’a été menée.

Pourquoi cette insatiable curiosité ? Parce que Lhomme avait réussi à se procurer un rapport classé « confidentiel défense » consacré à l’EPR, le réacteur nucléaire de nouvelle génération que EDF et Areva espèrent vendre au monde entier. Daté de février 2003 et rédigé par le patron de la branche Energie du groupe, ce document émettait d’embarrassantes réserves – en contradiction avec le discours officiel – sur la solidité du réacteur en cas d’attaque, type 11 septembre, par un avion gros porteur. Parallèlement à l’enquête d’EDF, la DST a mené ses investigations et a placé en garde à vue, à deux reprises (en 2006 puis en 2008), le militant écolo Stéphane Lhomme. Apparemment sans arriver à découvrir le nom de son informateur.

Alerte aux extraterrestres

« Voilà des années qu’EDF est une maison de coups tordus », affirme au « Canard » un cadre du groupe. « Cela tient peut être au nombre d’anciens militaires, agents de renseignement et autres flics qui viennent y travailler après leur retraite. » Et de citer une affaire de Lire la suite

SEPANSO 40 : Il faut appliquer le principe pollueur-payeur

Sud-Ouest, Emma Saint-Genez, le Mercredi 8 Avril 2009

NVIRONNEMENT. Avec Cap’Eau, collectif d’associations pour la gestion de l’eau en Adour-Garonne, la Sepanso (1) des Landes se mobilise pour améliorer le schéma en gestation

« Il faut appliquer le principe pollueur-payeur »

« Sud Ouest ». Quels sont les dossiers qui vous occupent en ce moment ?

Georges Cingal. Le gros dossier de l’année 2008 a été la préparation du Schéma directeur d’aménagement et gestion de l’eau (SAGE) en Adour-Garonne. Nous arrivons à la dernière étape et comme l’union fait la force, nous avons produit un document important avec CAP’Eau, un collectif d’associations pour la gestion de l’eau qui regroupe aussi bien des associations de protection de la nature, que l’UFC Que choisir ou des fédérations d’agriculteurs. Nous remettrons ce document à toutes les parties prenantes : élus, chambres consulaires, fédérations de pêche… Une remise officielle aura lieu le 26 avril à Mont-de-Marsan.

Quelles sont vos préconisations ?

D’abord l’application rigoureuse du principe pollueur-payeur. Les gens qui consomment de l’eau et pénalisent l’environnement, les agriculteurs notamment, demandent toujours plus sans être prêts à payer. Ces arrosages s’accompagnent de produits chimiques que l’on retrouve dans les cours d’eau superficiels. Nous demandons une meilleure gestion des sols parce que séparer la gestion de l’eau de celle de la terre est anti-écologique.

Nous ne sommes pas du tout d’accord avec le projet tel que présenté par l’agence de l’eau Adour-Garonne. J’affirme même que nous avons là le plus mauvais SDAG de France ! Cela va se terminer au tribunal administratif s’ils restent sourds à nos demandes.

La Semaine du développement durable vient de s’achever.

Un concept à la mode selon vous, ou le symbole d’une réelle prise de conscience ?

Nous travaillons sur ce concept depuis les années 70. Le développement durable est une religion. Il y a ceux qui la pratiquent parce qu’ils croient en ses fondamentaux, et les autres qui la pratiquent aussi parce que cela les arrange et que cela leur poserait des problèmes économiques de ne pas s’en soucier. En ce moment, nous sommes en train de nous bagarrer sur les fausses publicités qui vendent des produits écologiques, alors qu’ils ne le sont pas ! Des voitures, des détergents… Un petit coup de peinture « développement durable » et ça roule !

Or l’écologie suppose une analyse du produit de son berceau à sa tombe. C’est pour cela que lorsque nous entendons Nicolas Sarkozy dire que le nucléaire fait partie du développement durable, nous lui adressons un carton rouge !

Quels autres dossiers vous occuperont cette année ?

La dépollution des paysages landais. Nous voulons éliminer toutes ces affiches redondantes et dégradantes. Là encore, c’est une affaire de gros sous. Le problème en France est que si l’on regarde de près, 90 % des lois prévoient une dérogation. Les publicités autorisées à partir du panneau d’agglomération voient souvent le périmètre réglementaire agrandi parce qu’elles permettent aux communes d’encaisser des redevances locales.

Vous estimez que la crise n’épargne pas votre action.

C’est-à-dire ? Lire la suite

« Ecologie et Liberté » d’André Gorz le 8 avril à Bx

MNE Bx-Aquitaine, communiqué, le 6 avril 2009

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT

L’Université nomade d’Aquitaine

Le LivrEcolo du mois

Mercredi 8 avril à 20h00

Maison de la Nature et de l’Environnement

Bordeaux-Aquitaine – 3 rue de Tauzia à Bordeaux.

Animation : Chiche ! Bordeaux

Jeunes écolos alternatifs et solidaires

Ouvert à tous, entrée libre et gratuite

Organisation : Maison de la nature et de l’environnement (MNE) Bordeaux-Aquitaine https://mneaquitaine.wordpress.com/, renseignements mnebxaquitaine@aol.com 

 « L’utopie ne consiste pas, aujourd’hui, à préconiser le bien-être par la décroissance et la subversion du mode de vie actuel ; l’utopie consiste à croire que la croissance de la production sociale peut encore apporter le mieux-être, et qu’elle est matériellement possible »

Crise du capitalisme, impératif de croissance, surconsommation, tentation d’un écofascisme… les textes et analyses d’André Gorz restent d’une actualité étonnante (et un peu déprimante).

Chiche ! Bordeaux vous invite à (re)-découvrir « Ecologie et Liberté », écrit en 1977, lors du prochain « LivrEcolo du mois » de l’Université Populaire de l’Environnement.
Venez écouter et discuter de quelques extraits choisis, partager vos impressions, vos avis, vos lectures

Chiche Bordeaux ! Jeunes écolos alternatifs et solidaires

Contact Lire la suite

Code de la rue de Bx : Encore les cyclistes ivres !

Sud-Ouest, Catherine Darfay, le 7 Avril 2009

CODE DE LA RUE. La réunion d’actualisation de ce mode d’emploi partagé de la chaussée a remis le couvert, hier, à la mairie, sur les cyclistes éméchés et leur mise en garde à vue

Encore les cyclistes ivres !

Vélos, rollers, piétons, deux roues motorisés, handicapés en fauteuil ou avec canne blanche… le code de la rue en vigueur à Bordeaux concerne tous les moyens de déplacements. Si ce code n’a pas (pas encore ?) d’existence légale, il invite les usagers à partager la chaussée en bonne entente et mérite donc tous les ans une réactualisation.

Se tenant après la fameuse polémique sur la mise en garde à vue de cyclistes éméchés, la semaine dernière, la réunion d’hier avec les élus, les associations concernées, les représentants de la CUB chargés des déplacements et les services de police a essentiellement roulé sur… les vélos.

Michel Duchène, l’adjoint chargé de la circulation donne le « la » : certes, les cyclistes sont tenus à respecter le code de la route, certes des policiers nantais ont été poursuivis après avoir laissé partir un piéton ivre qui a fini par tomber dans un canal, mais la mairie réclame « du discernement » dans les sanctions, faute de quoi la popularité du vélo serait perdue.

Michel Baillard (Vélocité) regrette que les PV dressés aux cyclistes ne tiennent pas compte du danger réel. Ainsi, la rue Fondaudège serait risquée pour des vélos roulant de front alors que c’est à un carrefour sans danger du cours d’Albret qu’un agent se poste souvent avec succès.

Du discernement

L’élu vert Pierre Hurmic en rajoute une couche en regrettant la « stigmatisation » dont sont victimes les deux roues sans moteur et la vice-procureur Isabelle Gentil en appelle dans la foulée au « discernement », maître mot de la réunion.

Olivier Le Gouestre, directeur adjoint à la sécurité publique, est chargé de la réponse. Ferme bien sûr : « Il faut arrêter de parler de stigmatisation. Les opérations de contrôle du mois de mars ont concerné Lire la suite

Bio : La recherche française à la traîne

univers-nature.com, Elisabeth Leciak, le 2 avril 2009

Du bio dans les labos ? La recherche française à la traîne

76 % des français pensent que l’agriculture bio est une solution d’avenir. Pourtant, malgré la confiance du public et les ambitions affichées par le gouvernement, une récente analyse scientométrique vient de montrer que les efforts de la recherche française en la matière restent faibles.

En 2007, l’Agence Bio recensait 11 978 exploitations engagées dans la production biologique, couvrant 2 % de la SAU (surface agricole utile) française. Le nombre d’agriculteurs investis dans ce mode de production est en augmentation, répondant à une demande qui, elle aussi, progresse. Le marché de l’alimentation bio croît de 10 % par an depuis les cinq dernières années et le pays, pourtant première puissance agricole européenne, doit importer plus de la moitié de sa consommation en bio. Devant cette situation, en février 2008, Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture, annonçait sa volonté de tripler les surfaces à l’horizon 2012.

Alors, à l’instar de ce que connut l’agriculture productiviste, on s’attendrait à ce que la recherche scientifique, qui joue un rôle majeur dans nombre d’orientations sociétales, s’investisse dans le domaine, favorisant l’optimisation et le développement des techniques. Mais les efforts sont-ils effectivement à la hauteur des enjeux ? Pour répondre à cette question, la Fondation Sciences Citoyennes (1) s’est penchée de plus près sur les travaux scientifiques.
Mesures de l’activité scientifique : le bio  » orphelin  »

Le monde scientifique considère que le nombre des publications donne une image de l’activité scientifique. Ainsi, pour un domaine donné, l’analyse bibliométique déploie des indices qui permettent de mesurer et évaluer l’intensité des recherches. Ces indices déterminent alors si un domaine est considéré comme important. Ils reflètent les priorités décidées au niveau des politiques nationales et, en interne, dans des institutions comme l’INRA, donnent un aperçu des moyens alloués, humains et financiers.

Pour l’Union Européenne des 27,  » l’indice de spécialisation « , qui illustre la part des recherches toutes disciplines confondues, est de 1,52 pour l’agriculture biologique. Il n’est que de 0,68 aux USA et de 0,18 pour la Chine. Cet indice, largement supérieur à 1 en Europe, montre que l’agriculture biologique est un domaine dans lequel la recherche est active et soutenue. Mais, il ne s’agit là que d’une moyenne. Dans le détail, la France est très loin derrière : elle affiche un indice de spécialisation de 0,47. En s’intéressant à la production scientifique au sein des disciplines mères (agriculture, biologie, écologie, agroalimentaire),  » l’indice de priorisation  » français ne dépasse jamais les 0,6. Avec des valeurs aussi faibles, ces deux chiffres démontrent que l’agriculture biologique est un domaine  » orphelin  » en France.
Pourquoi un tel retard de la recherche française ?

Dans leur analyse, E. Gall, G. Millot et C. Neubauer, de la Fondation Sciences Citoyennes, expliquent que ce déficit dépend de plusieurs facteurs. En termes de moyens, ces auteurs estiment que le soutien politique et financier reste très faible. L’illustre la ressource humaine. Sur les 9 000 personnes travaillant à l’INRA, les projets d’agriculture bio impliquaient, en 2007, 35 équivalents plein temps. Tous instituts confondus, on en recense seulement 50. D’après Sciences Citoyennes, il y aurait en France un contexte très particulier porteur de ce sous-investissement :  » le rôle d’un syndicalisme agricole converti au productivisme, puissant et largement majoritaire du fait du mode de scrutin des élections en chambre d’agriculture, et l’influence de l’industrie de la chimie depuis la seconde guerre mondiale sur la décision publique, y compris sur l’organisation de la recherche « . Mais les analystes y voient aussi des facteurs culturels. La prévalence des approches scientistes Lire la suite

Bègles le 8 avril : Agenda 21 et Plan climat énergie

Bègles, Communiqué, le 6 avril 2009

RDV mercredi 8 avril à partir de 18 h 30 au complexe Langevin, 131 rue  de Lauriol, salle n°1.

1ères RENCONTRES DE L’AGENDA 21 ET DU PLAN CLIMAT ÉNERGIE

Prenons le temps de construire ensemble

Nous vous invitons à débattre et échanger lors des ateliers portant  sur les thématiques suivantes :

• Atelier 1 : Urbanisme, logement et habitat – Biodiversité

• Atelier 2 : Développement économique – Emploi et insertion –  Solidarité

• Atelier 3 : Culture, sports et loisirs – Santé – Accès à la  connaissance

• Atelier 4 : Energie – Eclairage public

• Atelier 5 : Déplacements – Transport – Achats/Déchets

Ces débats permettront de nourrir le diagnostic de notre ville.

RDV mercredi 8 avril à partir de 18 h 30 au complexe Langevin, 131 rue  de Lauriol, salle n°1.

Un Questionnaire : http://mairie-begles.veloce-it.net/

Consistant en une série de 14 questions, celui-ci permettra de  recueillir votre avis sur un certain nombre de thèmes liés au  développement durable : biodiversité, développement économique, accès  à la connaissance, etc. Ne sous-estimez pas l’importance de ce  document et des réponses que vous y apporterez : ils représenteront  une base de travail essentielle pour les ateliers, lors des 1ÈRES  RENCONTRES DE L’AGENDA 21 ET DU PLAN CLIMAT ÉNERGIE mercredi 8 avril à  partir de 18 h 30 au complexe Langevin, 131 rue de Lauriol, salle n°1.

DÉFINITIONS
Développement Durable ?

C’est «un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans  compromettre la capacité des générations futures de répondre aux  leurs». Un enjeu majeur pour aujourd’hui et pour demain !

Agenda 21, qu’est-ce que c’est ?

– Agenda : un carnet où l’on inscrit ce que l’on doit faire

– 21, comme XXIème siècle.

Notre Agenda 21 doit nous permettre de définir ensemble un programme  d’actions «développement durable» pour ce siècle.

Notre objectif : assurer le développement harmonieux de notre  territoire pour une plus grande qualité de vie pour tous.

Un Plan Climat, pourquoi ? Lire la suite

Chercheurs et associatifs, partenaires de recherche…

sciencescitoyennes.org, Christine Audoux-Lemoine, Doctorante Laboratoire interdisciplinaire de Sociologie Economique (LISE), CNAM-CNRS, Paris, le 6 avril 2009

Chercheurs et acteurs associatifs, partenaires de recherche : vers une (re)connaissance mutuelle ?

Longtemps réservée aux seuls « savants », la recherche académique en France s’ouvre depuis peu (2005) à d’autres acteurs de la société civile grâce à des appels d’offre publics dédiés. En effet, sous l’impulsion d’une organisation non gouvernementale (La Fondation Sciences Citoyennes) et d’un élu convaincu, une institution comme le Conseil Régional d’Ile de France a mis en place un appel annuel à projet partenarial entre chercheurs et acteurs associatifs : les Partenariats Institutions-Citoyens pour la Recherche et l’Innovation (PICRI). La Région de Bretagne a suivi l’exemple en mettant en place son propre appel d’offre [1].

Si le Québec a ouvert la voie en 1999 avec les Alliances Recherche Université-Communauté (ARUC) et a ainsi modifié la physionomie des laboratoires par un va-et-vient constant avec la société considérée comme partenaire, on peut se demander si une telle démarche peut trouver écho dans le paysage institutionnel et sociétal français.

La recherche publique française est fortement secouée depuis une à deux décennies par des injonctions à une ouverture au monde socio-économique. Mais le but le plus souvent recherché par les politiques successives – et auquel la communauté scientifique tente de résister – consiste principalement en une percée du monde marchand dans la recherche publique : elle devrait ainsi davantage se consacrer à des intérêts économiques particuliers tout en étant assignée à produire des biens publics au bénéfice de tous. L’intention de ces partenariats de recherche est autre. En favorisant une co-construction entre scientifiques et acteurs de la société civile, elle vise à introduire une nouvelle régulation de la recherche. Aux côtés de l’Etat, des intérêts marchands et de la communauté scientifique, la société pourrait faire valoir directement ses intérêts en participant au processus de recherche lui-même. De quoi s’agit-il ? Devenant partenaires, acteurs et chercheurs ont à définir une question commune issue des préoccupations et des connaissances des uns et des autres, puis une méthodologie de recherche qu’ils mettent en œuvre conjointement. Pour exemple, les membres d’une organisation agréée pour l’adoption internationale et des anthropologues de la famille se sont engagés ensemble dans ce processus afin d’identifier les impacts pour la famille et pour l’enfant des adoptions réalisées depuis une quinzaine d’années par l’ONG.

Mais à quelles conditions de tels partenariats peuvent-ils s’établir ? Acteurs et chercheurs n’ayant a priori ni les mêmes intérêts ni les mêmes connaissances de la réalité ou de la démarche scientifique, une réelle « co-production » est-elle possible ? Que signifie pour les scientifiques de partager un processus de connaissance avec des non-scientifiques ? Que signifie pour les acteurs de s’engager dans une démarche complexe éloignée de l’opérationnalité ?
Pour répondre à ces questions, un détour historique semble nécessaire pour comprendre comment le processus de production de connaissance scientifique en France peut rendre difficile le dialogue entre chercheurs et acteurs.

Dès la fin du XVIIème siècle, une nouvelle forme de compréhension du monde émerge : la rationalité. Il s’agit de connaître les choses, non plus par des ressemblances, des images ou des croyances, mais par des systèmes d’analyse comme la classification et la mesure. De cet ordre nouveau qui s’impose à l’Occident naîtront de nouveaux domaines de connaissance telles Lire la suite

Kempf : Poisson d’avril à la camomille

Le Monde, Hervé Kempf, le 4 avril 2009

Poisson d’avril à la camomille

Le poisson d’avril de l’année dure sept jours : commencé le 1er avril, il se prolonge jusqu’au 7. Il est si gros que personne ne semble encore s’être rendu compte que c’était une plaisanterie. Car sous le doux nom de « Semaine du développement durable », les bons maîtres qui font profession de nous gouverner prétendent répondre à la crise écologique. Enfin, crise écologique, c’est un gros mot, veuillez m’excuser.

Informons-nous auprès d’un ministère au long nom : le bon, le glorieux, l’excellent ministère de l’écologie, du développement durable, de l’énergie et de l’aménagement du territoire. Il hésite : écologie, ou développement durable ? Donc, selon lui, la semaine « a pour objectifs d’expliciter auprès du grand public la notion de développement durable ; d’inciter le grand public à adopter des comportements quotidiens favorables au développement durable ; d’apporter au grand public des solutions concrètes ; de valoriser le Grenelle de l’environnement et les mesures qui en sont issues« .

En fait, si l’on regarde attentivement les actions et discours rangés sous la bannière du développement durable, on constate : beaucoup de bonne volonté des citoyens (citoyens, pas « grand public ») ; une idéologie tendant à faire croire que le problème est une « consommation responsable » et non la logique même de la société de consommation ; l’évacuation des enjeux sociaux liés à la crise écologique ; et la promotion sordide de l’industrie nucléaire. « L’EPR et la voiture électrique sont les deux mamelles du développement durable« , écrivait en novembre 2008 Nicolas Baverez, un zélateur du capitalisme.

On saura gré à Nicolas Hulot d’avoir, avec prudence, mis les choses au clair à propos du développement durable : « J’ai parfois l’impression qu’il ne s’agit plus que d’une camomille mielleuse destinée à nous faire ingérer nos excès« , dit-il au site terra-economica.info. « Mielleuse » signifie « d’une douceur hypocrite ». On ne saurait mieux dire.

Résumons. Le développement durable a pour fonction d’envelopper la conscience écologique de plus en plus vive de nos concitoyens pour les empêcher de pousser la réflexion plus loin : à savoir que le mode de vie dans les pays les plus riches doit radicalement changer. Et que, dans un système capitaliste incapable d’exister sans gaspillage, la crise économique est malheureusement mais logiquement le moyen le plus efficace pour protéger l’environnement : ainsi, selon l’institut Point Carbon, les émissions de CO2 en Europe ont reculé de 6 %, en 2008, du fait de la récession.

Pour résoudre la crise écologique sans s’enliser dans la dépression, il ne faut pas de la camomille, mais Lire la suite

AMAP : La ruée sur les paniers qui sentent le frais

Sud-Ouest, Jean-Denis Renard, le 6 Avril 2009

AMAP. De plus en plus de groupes de consommateurs s’abonnent au système des paniers hebdomadaires auprès des maraîchers. La production locale a du mal à suivre

La ruée sur les paniers qui sentent le frais

La première est née en Provence, au tournant des années 2000. Il y en a plus de 800 en France aujourd’hui, selon Philippe Desbrosses, un des pionniers de l’agriculture biologique et des circuits courts de commercialisation (1). Les Amap, ou Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, connaissent un développement foudroyant qui n’oublie pas la région. En l’espace d’une demi-douzaine d’années, plus de 4 000 familles aquitaines ont adhéré à une Amap. Soit 12 000 consommateurs environ, qui ont pris l’initiative de s’agréger en petits groupes – il y a environ 80 Amap en Aquitaine – pour s’approvisionner principalement en fruits et légumes auprès de 250 producteurs locaux. Ceci sur la base d’un contrat de longue durée, et sans intermédiaires.

En est issu le système des paniers. Une fois par semaine, en général, les adhérents passent prendre leur panier de fruits ou de légumes (voire les deux) en un lieu de distribution donné. Ils ont déboursé à l’avance, en une ou plusieurs fois, le montant qui correspond à ce service. En face, un maraîcher du cru s’est engagé sur le volume, la variété des produits et leur qualité. La plupart du temps, tout le monde est content. Le consommateur, qui déguste des produits qui tendent vers le bio – mais ne le sont pas forcément – à des prix compétitifs, et des producteurs qui sont assurés d’un débouché.

« Je n’y trouve que des avantages. Je vends au prix de détail, à l’abri de la fluctuation des cours, les commandes me font de la trésorerie, je ne cueille que ce dont j’ai besoin et je n’attends pas des matinées entières comme sur les marchés », résume Grégory Hullot, un jeune maraîcher installé à Naujac-sur-Mer, dans le Médoc. Il fournit toute l’année trois groupes, à Villenave-d’Ornon, à Montalivet-les-Bains et à Lacanau, pour un total de 120 paniers de légumes de saison par semaine.

On sort du baba-bobo

Comme d’autres producteurs, celui-ci était présent hier à Belin-Béliet, en Gironde, où était organisée la cinquième rencontre des Amap d’Aquitaine. Où l’on pouvait se rendre compte que l’adhérent échappe à la typologie baba-bobo dans laquelle l’idée reçue voudrait la cantonner. « On est sur un profil d’employé ou de cadre, en milieu urbain et périurbain principalement. Viennent aujourd’hui des gens moins militants, en particulier de jeunes couples avec enfants. Mais on a aussi des gens sans gros revenus qui ont des convictions sur leur alimentation. Rendre ces circuits accessibles à des publics en état de précarité fait partie des enjeux pour l’avenir », analyse Frank Meymerit, coordinateur à la Fédération régionale des Civam (2) d’Aquitaine, dont le siège est à Pau.

Devenir nouvel adhérent Amap relève plus que jamais d’un acte de foi. « On a l’équivalent des deux tiers des adhérents en liste d’attente », note Gaëlle Bertonèche, qui anime le relais Amap Gironde. Il y avait neuf Amap dans le département il y a deux ans, on en dénombre 29 aujourd’hui, et 10 autres sont en gestation.

Mais on manque cruellement de maraîchers pour satisfaire une demande en croissance à deux ou trois chiffres.

Ceci s’explique pour partie par la démographie agricole. « Nous avons 1 400 actifs agricoles de moins par an en Aquitaine en l’espace de sept ans, soit la disparition silencieuse d’un Ford Blanquefort par an. Pour nous, il était stratégique de s’attaquer à la ceinture verte de Bordeaux. Il n’est pas possible d’y voir des maraîchers crever la dalle avec un million d’habitants à leurs portes », Lire la suite

Changement climatique en Midi-Pyrénées le 8 avril

projetdeterritoire.com, Communiqué, le 8 avril 2009

Changement climatique en Midi-Pyrénées, ARPE-Toulouse

L’Agence Régionale Pour l’Environnement de Midi-Pyrénées organise le 8 avril 2009 un séminaire consacré au changement climatique en Midi-Pyrénées. Quels sont les enjeux liés au réchauffement climatique dans la région ? Quelles données sont aujourd’hui disponibles pour caractériser les impacts du réchauffement sur la biodiversité, la production agricole, la ressource en eau ? Comment le climat est-il susceptible de continuer à évoluer dans le Sud-Ouest de la France, et quels secteurs économiques doivent prioritairement préparer leur adaptation ? C’est à ces questions que cette journée de travail, avec la participation d’Emmanuel LE ROY LADURIE, du glaciologue Pierre RENE et de Marc GILLET, directeur de l’ONERC.

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Gironde : un guide pour des manifestations responsables

projetdeterritoire.com, Annabelle Boutet, 1er avril 2009

Gironde : un guide pour des manifestations responsables

Signes du dynamisme des acteurs locaux, les manifestations culturelles, sportives ou professionnelles engendrent néanmoins souvent des impacts non négligeables sur l’environnement, du fait du regroupement de plusieurs milliers de personnes sur un espace réduit et pendant un temps restreint.

Après un an de travail collectif, de formation des acteurs, d’accompagnement et d’évaluation de manifestations locales, le conseil départemental des agendas 21 locaux de la Gironde*, l’association Meduli Nature et l’ADEME éditent un guide pour des manifestations responsables.

Destiné aux organisateurs de manifestations ce guide s’organise en quatre parties : les questions à se poser avant de se lancer dans une démarche responsable, des préconisations d’actions, des retours d’expériences et des ressources (contacts et documents). Les préconisations sont organisées en 7 catégories (communication et promotion ; politiques d’achats, de choix des équipements et de prestations ; transport et hébergement ; maîtrise des consommations et gestion des déchets ; sensibilisation et information au développement durable ; citoyenneté locale et solidarité ; bilan de la démarche responsable) et déclinées en 43 fiches actions. Chaque fiche précise les objectifs de l’action, ses conditions de mise en place, les services concernés, les partenaires, le coût, des indicateurs et son niveau de difficulté.

Pour aider les organisateurs de manifestations à mettre en pratique les recommandations du guide, le conseil départemental des agendas 21 propose, en mars et avril, cinq ateliers de sensibilisation aux éco-manifestations, Lire la suite

Mise en oeuvre de Natura 2000 sur le Ciron

Ciron nature, Communiqué, le 22 mars 2009

Mise en oeuvre de Natura 2000 

Ciron Nature, association qui a eu la charge de réaliser le document d’objectif permettant la mise en oeuvre de la Directives Européenne de protection des espèces et des habitats  » Natura 2000″ sur la  Vallée du Ciron est désormais habilitée pour l’étude, la proposition et la mise en place de projets environnementaux.

A cet effet est engagé un chargé de mission scientifique, M. Vincent Coquillas.

Dans ce but deux réunions de concertation avec les forces vives présentes dans cette vallée ont eu lieu :

– le 6 mars 2009 à Beaulac en présence d’une vingtaine de personnes  sur le thème de l’eau

– le 12 suivant à Préchac sur la forêt et milieux associés.

Le vendredi 06 mars 2009  à  Bernos Beaulac : L’eau.

A la séance sur l’eau nous avons appris une bonne nouvelle, les eaux du Ciron sont de bonne qualité. Il paraît même qu’à certains endroits des vairons sont régulièrement observés, c’est un petit poisson très sensible à la pollution.

Autre bonne nouvelle deux autres points de mesure seront établis à  Lubbon (source) et Barsac (confluent) en sus de celui de Préchac. Il est à souhaiter que ces mesures soient mises à la disposition des personnes intéressées.

Par contre les débits du Ciron n’ont pas été mentionnés, s’ils sont connus.  Cela semble pourtant un paramètre important pour apprécier la santé de la rivière. 

Autre constatation, les zones concernées par Natura 2000 se situent sur le lit supérieur de la rivière avec quelques débordements sur ses affluents. Sauf de sources sises dans son lit, toute l’eau provient des zones hors de son champ d’application. En particulier des stations d’épuration, déversements agricoles ou industriels.

A ce sujet, le géologue présent, indique sa préférence pour un assainissement dispersé, ou la nature digère les rejets, en opposition à l’assainissement collectif qui concentre les nuisances et ne peut évacuer les rejets, naturellement, que dans les cours d’eau.

Les possibilités d’intervention sur la qualité des eaux semblent donc limitées au regard de Natura 2000, sauf que 53 des 58 communes du bassin versant du Ciron adhèrent à un SAGE, (syndicat d’aménagement et gestion des eaux) animé par M. Sébastien IROLA. Celui-ci pourrait éventuellement relayer les préconisations de Ciron Nature sur l’ensemble du bassin.

Il reste que la population se densifie continuellement, certes en périphérie de la zone Natura 2000 mais avec des conséquences sur celle-ci.

Les industriels établis sur la rivière, papeterie et piscicultures sont soumises à des règles de plus en plus contraignantes et onéreuses qui risque à terme, de signer leur arrêt de mort.

Natura 2000 est destinée à protéger les habitats, sauf celui des bipèdes … !

Le 12 mars 2009 à  Préchac : La forêt et les milieux associés : 

Ciron Nature est donc habilitée à mettre en oeuvre les dispositions confirmées du document d’objectif sur des zones précisées.

Me Guizard, coordinateur, présente la démarche envisagée :

Le document administratif de mise en œuvre recueille les dernières signatures.

Les maires des communes concernées sont appelés à donner leur avis, espéré favorable.

En vue de la protection dynamique des habitats et des espèces Lire la suite

La boîte à outils climat-énergie de l’Observatoire est en ligne !

Observatoire national des agendas 21 locaux et pratiques territoriales de développement durable, Communiqué, le 20 mars 2009

La boîte à outils climat-énergie de l’Observatoire est en ligne !

La boîte à outils Climat-Energie de l’Observatoire propose une sélection de sites ressources, de documents de référence, d’outils méthodologiques et de recueils d’expériences, en France et en Europe. Cet espace est destiné aux territoires qui souhaitent renforcer le volet climat – énergie de leur agenda 21, s’engager dans une plan climat-énergie territorial, ou, orienter leur politique énergétique en vue de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux changements climatiques.

La boîte à outils est évolutive, faites nous part de vos contributions !Courriel : observatoire@association4d.org  

Accéder à la boîte à outils Lire la suite

Morin, Gonod, Paskua : Manifeste pour la métamorphose du monde

paskua.net, Edgar Morin, Pierre F. Gonod et Paskua, le 21 Mars 2009

LE MANIFESTE POUR LA METAMORPHOSE DU MONDE

dit « L’Appel de Bora Bora »

Adresse aux artistes

Chers amis,

Permettez nous de vous saluer et de vous féliciter pour votre initiative de former le groupe « Métamorphose ». Nous ne nous étonnons pas que les premiers à s’engager dans ce combat pour le futur soient des artistes. Ils ressentent plus profondément et  plus vite que les autres la souffrance et les espérances du monde, leurs œuvres libèrent des forces génératrices – créatives. Nous vous invitons à mettre vos talents au service du vaste mouvement pour la métamorphose du monde dont vous serez les pionniers. L’œuvre singulière de notre ami Paskua en incarne l’avant-garde.

Vous êtes témoins et acteurs de la crise du monde qui affecte toutes les sphères. Une analyse systémique montre  qu’elle est le résultat de  l’enchevêtrement de multiples composants, des relations et rétroactions innombrables qui se tissent entre des processus extrêmement divers ayant pour sièges les systèmes économiques, sociaux, démographiques, politiques, idéologiques, religieux, l’éthique, la pensée, le mode de vie, l’écosystème, tous en crise.

Le vaisseau spatial terre n’a pas de pilote. Ses quatre moteurs, la science, la technique, l’économie, le profit, sont, chacun incontrôlé. En l’absence d’une gouvernance mondiale, le vaisseau va vers la catastrophe. C’est l’hypothèse la plus probable.

L’improbable c’est la capacité d’une guidance en temps utile pour suivre un autre itinéraire permettant de traiter les problèmes vitaux pour l’humanité, en premier lieu la dégradation de la biosphère sans oublier les menaces nucléaires qui ne sont pas disparues.

Il faudrait une métamorphose, qui dans l’état de conscience actuelle est une hypothèse improbable, quoique non nulle. Mais qu’est, au fait, une métamorphose ? Sinon le changement d’une forme en une autre, et, en biologie, une transformation importante du corps et du mode vie au cours du développement de certains animaux comme les batraciens et certains insectes. Ainsi on parle des métamorphoses du papillon ou des grenouilles. Ici l’auto-destruction est en même temps auto-construction, une identité maintenue  dans l’altérité.

Plus généralement la naissance de la vie est une métamorphose d’une organisation chimico-physique. Les sociétés historiques le sont devenues à partir d’un agrégat de sociétés archaïques. Vie et société sont le produit de métamorphoses. Elles sont en danger. L’histoire c’est aussi l’issue tragique du développement d’une capacité à détruire l’humanité. Il y a donc la nécessité vitale d’une meta-histoire. Il n’a pas de fin de l’histoire, contrairement à la thèse de Fukuyama qui avait tiré du triomphe du capitalisme la conclusion de sa pérennité. Les capacités créatrices ne sont pas épuisées. Une autre histoire est possible.

Il y a des raisons d’espérer.

L’Homme Générique  de Marx exprime ses vertus génératrices et créatrices inhérentes à l’humanité. Il y a toujours en lui  ces capacités. On peut user de la métaphore des cellules souches dormantes dans l’organisme adulte et que la biologie moderne  a révélées. De même, il y a dans les sociétés normalisées, stabilisées, rigidifiées, des forces génératrices-créatrices qui se manifestent. : « International art movement for the metamorphosis of the world » en est la preuve.

La crise financière et économique pousse actuellement nombre de dirigeants et d’économistes réveillés de leur torpeur à « réformer le capitalisme ». C’est une nécessité que certains considèrent encore comme une contrainte conjoncturelle. Mais il s’agit d’une crise systémique, beaucoup plus large et profonde, la crise planétaire multidimensionnelle. Et avec elle est concerné l’ensemble des peuples. C’est dans leur sein que vont s’éveiller des forces créatrices et une volonté transformatrice. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, des signes forts sont apparus.

Ainsi, de Seattle à Porto Alegre s’est manifestée une volonté de répondre à la mondialisation techno-économique par le développement d’autres formes de mondialisation, allant vers l’élaboration d’une véritable « politique de l’humanité », qui devrait dépasser l’idée de développement.

Nul ne peut faire l’impasse sur l’aspiration multimillénaire de l’humanité à l’harmonie, Lire la suite

Ecoquartier : Petit frère de H Nord, H Bruges est né

Sud-Ouest, Laure Bosdecher, le 6 avril 2009

BRUGES, INITIATIVE. Petit frère de H Nord, H Bruges est né. Un collectif porte ce projet d’écoquartier et cherche un terrain pour l’implanter

Leur quartier idéal

H Bruges, c’est le nom du projet. « Il s’inspire de H Nord à Bordeaux », dit François Harasse. Cet habitant brugeais fait partie de l’association qui planche depuis trois ans sur la création d’un écoquartier de 80 logements dans l’îlot Dupaty, au nord des Chartrons. Une nouvelle forme d’habitat encore inexistante en France mais qui a vu le jour depuis quelques années en Allemagne, aux Pays-Bas ou en anglet

À Bruges, le projet, soutenu par un collectif d’une dizaine de personnes, est bien plus petit. Il porte sur la réalisation de sept à huit logements, « ce qui est plus facile à mettre en oeuvre », souligne-t-il.

« Implication citoyenne »

L’idée a germé au printemps dernier suite à des contacts établis entre plusieurs familles qui se fournissent en légumes, fromages et miel à l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Elles se réunissent en collectif. Leur but : construire des maisons en bois et paille, très peu gourmandes en énergie et équipées de récupérateur de pluie, de toilettes sèches, bref exemplaires pour le respect de l’environnement. Les foyers ne vivront pas dans des maisons individuelles mais dans deux bâtisses à un étage afin d’optimiser l’espace.

Si chacun vivra bien chez soi, des espaces seront communs comme le potager, la buanderie ou la cave. Le souhait est aussi de faire cohabiter dans cet écoquartier plusieurs générations : étudiants, familles, personnes âgées. Les voitures y seront partagées. « Vivre dans ce type d’habitat exige forcément une implication citoyenne. Cela demande une forme d’autogestion », explique Grégory Stoll. Quatre familles se disent déjà intéressées pour y vivre.

Premier projet avorté

Reste le plus dur à trouver : un terrain. Lire la suite

Méduli Nature : Chercheur d’une planète plus saine

Sud-Ouest, Laurie Bosdecher, le 5 Avril 2009

BLANQUEFORT. Samuel Moktar, 29 ans, préside Meduli Nature, association pilote pour les écomanifestations

Chercheur d’une planète plus saine

Dans une autre vie, il aurait pu être chercheur, prof, la tête plongée dans les bouquins de sciences naturelles. Samuel Moktar, 29 ans, enfant de Margaux dans le Médoc, a arrêté ses études au stade du DEA.

Il est assistant d’éducation. Un job de vingt heures par semaine. Le reste du temps, il s’occupe de son bébé : Meduli Nature. « Notre bébé », corrige-t-il. Une association de sensibilisation et de protection de l’environnement fondée avec deux amis de lycée, Axel Crepey et Cédric Rebora, Médocains eux aussi. C’était il y a quatre ans.

« Nous étions des convaincus de la première heure et on ne comprenait pas que tout le monde autour de nous s’en fiche. La politique ne nous intéressait pas. Une association permet de toucher le public le plus large possible. »

Un début au Reggae Sun Ska

Peut-être pris pour de doux rêveurs par certains, la structure, outre ses activités de sensibilisation en milieu scolaire et auprès du grand public, est devenue pilote pour l’organisation de manifestations respectueuses de l’environnement, déjà appelées écomanifestations ou manifestations écoresponsables. « Dans les loisirs, on oublie souvent cette notion. Ils sont des lieux de beaucoup de gaspillage alors qu’ils peuvent servir pour donner l’exemple », relève le président de l’association. Désormais, quand Meduli Nature – la terre du milieu en latin, qui est à l’origine du mot Médoc -, mêle son nez aux festivals ou aux compétitions sportives, on ne jette plus ses gobelets en plastique partout, on mange local, des navettes sont organisées pour amener le public sur le site et les milliers de flyers imprimés ne sont plus inutilement jetés à la poubelle.

L’histoire a débuté sur le site du festival du Reggae Sun Ska à Cissac-Médoc en 2005. « Les deux premières années, ça n’a pas vraiment marché. Les gens s’en foutaient et on avait des objectifs trop ambitieux », se souvient-il. Il faut souvent essuyer des plâtres pour s’améliorer. Leur initiative essaime aujourd’hui dans toute la région. Garorock ce week-end à Marmande devient plus vert. L’an dernier, on a déjà trié les déchets sur L’Échappée belle à Blanquefort, aux Vibrations urbaines à Pessac ou à Musique à la rue à Luxey.

« Du chemin à faire »

L’association de copains, qui compte désormais deux salariés et a pignon sur rue à Blanquefort, est logiquement à la mode aujourd’hui. Le développement durable est devenu le dada des collectivités locales, est cité dans tous les plans de communication des entreprises et se déguste du matin au soir depuis quelques jours. Ne demandez pas à Samuel Moktar ce qu’il pense de la semaine dédiée à la cause. Cela l’énerve. « Le développement durable, c’est 52 semaines par an. On a dénaturé le concept en le réduisant au côté environnemental. Au-delà des mots, c’est avant tout une philosophie : vivre ensemble en préservant nos ressources naturelles pour les générations futures. »

Dans l’idéal, leur association, 90 adhérents aujourd’hui, soutenue par le Conseil général de Gironde, la Région, l’Ademe, devrait disparaître. « Dans l’idéal, oui. Si aujourd’hui les organisateurs de manifestations s’engouffrent dans ce créneau, c’est parce que dans quelque temps, faire des manifestations durables sera indispensable pour obtenir des subventions. Mais il y a encore pas mal de boulot. »

Utopiste, Samuel Moktar le reste. Pragmatique, il l’est. « Quand les bénévoles d’une manifestation ne veulent pas s’impliquer, cela ne marche pas », dit-il. Sceptique, il avoue l’être aussi. « Changer les mentalités et les comportements va prendre du temps. On est déjà Lire la suite

La planète Terre bientôt climatisée ?

univers-nature.com, NC, avril 2009

La planète Terre bientôt climatisée ?

Toutes les études importantes publiées récemment prévoient que le changement climatique – annoncé voici plus de trente ans par plusieurs rapports officiels, des personnalités et des associations écologistes – est inéluctable et qu’il sera beaucoup plus rapide que prévu précédemment.

Pour contrer une catastrophe imminente, des équipes de scientifiques renommés, appuyés par des politiciens, ont conçu des projets de refroidissement artificiel de la Terre dignes de la science fiction, qui inquiètent de nombreux climatologues. L’expérimentation de certaines de ces nouvelles technologies pourrait avoir déjà commencé.

Le changement climatique s’emballe et deviendra bientôt incontrôlable.

Selon le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC – IPCC en anglais) (1), le premier organisme de surveillance du climat, le réchauffement global au cours du XXIe siècle sera compris entre 2 et 5° selon les scenarii. Il pourrait atteindre 8°, voire 11°, selon une équipe de chercheurs de l’université d’Oxford. Un changement radical pourrait survenir en une seule décennie. Cette éventualité est au centre des problèmes de sécurité aux USA. Le rapport pour le Pentagone « Le scénario d’un changement climatique brutal et ses implications pour la sécurité nationale des Etats-Unis » élaboré en 2003 par Peter Schwartz, consultant à la CIA, et Doug Randall, du réseau Global Business Network, prévoit des famines, des pandémies, des émeutes et des guerres civiles et inter-étatiques pour l’appropriation des dernières ressources naturelles.

« Le réchauffement global est proche du point de non-retour », avertit le président du GIEC, qui ajoute qu’« il n’y a plus une minute à perdre… c’est l’avenir de l’humanité qui est en jeu ». Onze des douze années les plus chaudes se situent au cours des douze dernières années, et 2007 pourrait battre tous les records de températures enregistrés. Selon James Hansen, directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA à New York, « les températures actuelles sont dans la fourchette haute de celles qui prévalent depuis le début de l’Holocène, il y a 12 000 ans ». Il poursuit : « Si le réchauffement atteint au total deux ou trois degrés Celsius, nous verrons probablement des changements qui feront de la Terre une planète différente de celle que nous connaissons. (…) La dernière fois que la planète était aussi chaude au milieu du Pliocène, il y a environ trois millions d’années, le niveau des océans était environ de 25 mètres au-dessus de celui d’aujourd’hui, selon les estimations. » (Le Monde, 29 septembre 2006).

Le premier rapport de l’Observatoire national du réchauffement climatique (ONERC), paru en 2005, montre que le réchauffement est 50% plus important dans l’Hexagone que le réchauffement moyen global, ce qui devrait entraîner des « conséquences colossales » pour notre pays. La multiplication des phénomènes extrêmes apporterait « des changements profonds sur le mode de vie des Français. »

Nous n’avons subi jusqu’ici que les prémices des catastrophes environnementales qui devraient se produire à grande échelle : inondations rayant de la carte de nombreuses îles et certains pays, multiplication des cyclones, grosses pénuries d’eau potable, famines consécutives à une aggravation des sécheresses et de la désertification, diminution drastique de la biodiversité (au moins un quart des espèces animales terrestres et des plantes serait condamné à disparaître d’ici 2050), poussée vers le nord des maladies tropicales, pandémies… Selon le 4e rapport du GIEC (février 2007), ces événements conduiraient à la migration de centaines de millions de personnes dans le monde. Ces réfugiés climatiques viendront surtout des régions les plus pauvres et les plus vulnérables, comme les zones côtières (où vit la moitié de la population mondiale) et l’Afrique subsaharienne.

Le réchauffement climatique pourrait s’auto alimenter, en raison Lire la suite

Jancovici, écolo nouveau genre

lejdd.fr, Soazig Quémener, le 28 Mars 2009

Jancovici, écolo nouveau genre

Jean-Marc Jancovici, polytechnicien, proche de Nicolas Hulot avec qui il rédiger le fameux Pacte écologique, sensibilise patrons et politiques, jusqu’à Nicolas Sarkozy, à l’urgence du développement durable. Avec un style rentre-dedans. Un tiers des entreprises du CAC 40 ont déjà fait appel à ce consultant de 46 ans, inventeur du bilan carbone, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

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Jean-Marc Jancovici: Les dates-clés

Regard d’airain, cravate bariolée et mèche indocile à la Harrison Ford, Jean-Marc Jancovici aurait pu devenir patron de Vodaphone Europe ou même de la Société Générale. Comme ses camarades de la promo 1981 de la prestigieuse Ecole polytechnique, il causerait aujourd’hui stock-options et parachutes dorés. Oui mais voilà, sous ce visage de premier de la classe se cache l’un des plus brillants cerveaux verts de France. L’une des trois personnes que Nicolas Sarkozy convie à sa table lorsqu’il faut préparer la conférence de l’ONU sur les changements climatiques en décembre prochain.

Un tiers des entreprises du CAC 40 ont déjà fait appel à ce consultant âgé de 46 ans, fils d’un physicien et d’une documentaliste, inventeur du bilan carbone, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Au tableau de chasse de cet homme qui donne une centaine de conférences par an, Veolia, Bouygues, Unibail, et plusieurs entités de LVMH. Activité qu’il étend sur Internet en animant manicore.com, un site tentaculaire fort de ses 3 000 visiteurs quotidiens.

Galaxie Hulot

« C’est sûr, il n’a pas le profil de l’écolo traditionnel, protestataire de gauche avec un système pileux hors de contrôle et un pull jacquard tricoté par maman », sourit Ronald Blunden, directeur de la communication d’Hachette Livres. Ces deux-là se sont croisés dans la galaxie Hulot. Membres de ce premier cercle qui soutient l’animateur de TF1 dans son intense activité de lobbying vert. Blunden, à l’époque chez Calmann-Lévy, a publié en 2004 Le Syndrome du Titanic, livre-manifeste du visionnaire de Saint-Lunaire. Membre actif depuis 2000 du comité de veille de la Fondation Nicolas Hulot, Jancovici a été l’un des rédacteurs du fameux Pacte écologique. Le texte qui a donné le ton des premiers mois de la campagne présidentielle de 2007 et largement inspiré le Grenelle de l’Environnement.

« Il a pour moi l’une des vues sur le sujet les plus justes et les plus complètes de France et même au-delà », assure son ami Jean-Louis Caffier, rédacteur en chef à LCI, notamment en charge des sciences et de l’environnement. « Quand il est entré chez nous, il était connu dans les milieux intéressés par la problématique, ajoute Cécile Ostria, directrice de la Fondation Nicolas Hulot. Il s’est ensuite imposé grâce à ses capacités de communication. »

Un vulgarisateur à qui l’amour des chiffres et de leur analyse ainsi qu’un inimitable ton de père Fouettard ont ouvert très grandes les portes de l’arène médiatique. Le discours de Jean-Marc Jancovici sonne en effet péniblement aux oreilles: soit, graphiques d’évolution de la production à l’appui, l’épuisement du pétrole est programmé; soit le charbon rejette trop de CO2 pour pouvoir être envisagé comme une énergie de repli… Jancovici n’est-il pas un oiseau de mauvais augure? « Non, à présent, nous comprenons collectivement que nous sommes à l’origine d’un changement mais nous avons une grande difficulté à appréhender ce que cela signifie », scande celui qui admet lui-même avoir mis plusieurs années à comprendre l’ampleur du défi.

« Un discours très radical »

Dans son dernier livre, C’est maintenant! Trois Ans pour sauver le monde (Seuil), écrit avec l’économiste Alain Grandjean, il annonce rien de moins qu’une « tempête d’une brutalité inouïe » si les hommes ne réajustent pas leur mode de vie. « Il est probable que rarement dans l’histoire de l’humanité nous aurons disposé d’une telle quantité d’informations sur un désastre à venir. » L’élévation des températures moyennes du globe, et son corollaire, la montée des océans, n’est plus un secret pour personne. Jean-Marc Jancovici, lui, fait entrer l’urgence dans les esprits: « Nous avons tous en tête l’image de la marée qui monte doucement. Au moment où l’eau va commencer à me lécher le gros orteil, je déplace la serviette, et le problème est réglé. Mais il faut remplacer la serviette par des ports, des centrales électriques, des villes. La mer ne va pas monter de manière continue mais va nous jouer des tours comme à La Nouvelle-Orléans. » Sonnez, trompettes de l’Apocalypse !

« Il tient, c’est vrai, un discours très radical, reconnaît Cécile Ostria, mais il fait cela pour interpeller. Cette brutalité intrigue, suscite la curiosité et l’attention. A la Fondation, nous n’avons pas forcément la même manière d’exprimer les choses, nous essayons de ne pas décourager le public. » Un refus des concessions qui atteint son paroxysme lorsqu’il évoque les relais d’opinion de notre société. « On peut être agacé par la persévérance de leur ignorance », lâche-t-il en visant, pèle-mêle, « élus, décideurs économiques et journalistes ». Journalistes « ignares » ou « nuls », selon l’inspiration du moment, mais peut-être pas irrécupérables puisqu’il organise avec Jean-Louis Caffier tous les ans à leur intention une session de formation intensive au pied du mont Blanc, les désormais fameux Entretiens de Combloux.
Des stars de l’info comme « élèves »

Ski le matin, énergie et climat l’après-midi. Parmi les participants des éditions passées, quelques stars de l’info comme Catherine Laborde, Audrey Pulvar et Christine Kelly. Mais impossible de prendre Jancovici en flagrant délit de « fayotage ». « Pujadas aussi est venu, mais de manière trop brève pour qu’il en retire quelque chose », assène-t-il, en se consolant avec la participation de la directrice pédagogique de l’Ecole de journalistes de Lille: « Elle va former les générations futures. » Le consultant à la cravate jaune est reçu sous les ors de l’Elysée. Certains s’en griseraient, lui n’hésite pas à balancer: « Nicolas Sarkozy ne semble toujours pas avoir compris que la croissance dans un environnement dégradé, cela n’existe pas. »
« Jancovici sait qu’il faut reconsidérer ce monde bâti sur une énergie abondante et pas chère. Alors, avec la rigueur du polytechnicien et l’enthousiasme de l’adolescent qui le caractérisent, il considère que l’on est en train de dormir », explique Jean-Louis Caffier. Une intransigeance qu’il s’applique à lui-même. Jean-Marc Jancovici n’a pas mis les pieds dans un avion depuis plus de dix ans. « Il a participé à la conférence de l’ONU sur le changement climatique en Pologne, mais il s’y est rendu en train. Et il ne serait jamais allé à Bali », note-t-on à la Fondation Nicolas Hulot. L’intéressé qui réside en banlieue parisienne, « à 300 mètres du RER » n’est pas non plus un intégriste. Sa femme possède une voiture, et ce père de deux filles accepterait de reprendre l’avion « à condition que l’intérêt du déplacement soit plus important que le préjudice environnemental ».

 

Après Kyoto : Et si Copenhague échouait

developpementdurablelejournal.com, Pierre Magnetto, 3 avril 2009

Après Kyoto : Et si Copenhague échouait

L’hypothèse d’un échec du sommet de Copenhague qui en décembre devrait permettre à la communauté internationale de sceller un accord pour l’après-Protocole de Kyoto n’est pas exclue, en tout cas pas en France où le gouvernement pourrait instaurer une taxe carbone aux frontières en absence d’accord.

Et si Copenhague s‘achevait sur un échec ? Le risque de voir échouer la conférence internationale sur le climat qui se déroule au mois de décembre au Danemark n’est pas une hypothèse complètement exclue pour le gouvernement français. Mardi, Chantal Jouanno a indiqué que si tel était le cas, « il n’y aurait pas d’autre solution pour compenser le différentiel de compétitivité que d’établir une taxe carbone aux frontières ». La secrétaire d’Etat à l’écologie faisait bien entendu la comparaison entre les entreprises qui seraient soumises à des réductions d’émission des gaz à effet de serre en France ou dans l’Union européenne, et celles domiciliées dans des pays qui ne s’engageraient pas sur des objectifs similaires.
Depuis les conclusions des travaux du GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur le climat) qui désignaient les activités humaines comme cause principale du réchauffement climatique, processus jugé irréversible si rien ne change, les discussions internationales vont bon train. A Accra au Ghana en juillet dernier, puis à Poznan en décembre, les dirigeants de la planète ont tenté de préparer le terrain. L’enjeu est simple, il s’agit de conclure un accord international qui entrera en application lorsque s’achèvera le Protocole de Kyoto en 2012. Mais les moyens d’y parvenir semblent bien plus compliqués.

Le vent nouveau de l’Amérique

L’élection de Barak Obama à la présidence des Etats-unis le 6 novembre dernier a fait souffler un vent nouveau sur la planète climat, le 44e président des USA ayant promis d’engager son pays dans une politique énergétique et environnementale radicalement opposée à celle de son prédécesseur. De leur côté, en décembre, les Européens ont dit oui au Paquet climat proposé par la présidence française de l’Union européenne, validant ainsi la stratégie du trois fois vingt qui fixe trois objectifs à 2020 : augmenter de 20% l’efficacité énergétique dans l’espace européen, augmenter de 20% la production d’énergies renouvelables et réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, ce dernier objectif pouvant être porté à 30% si les autres pays présents à Copenhague s’engagent aussi.
Début mars, le commissaire européen en charge de l’environnement, Stravos Dimas a enfoncé le clou. « Copenhague est la dernière opportunité pour le monde de faire cesser le changement climatique avant d’atteindre le point de non retour », a-t-il déclaré. « Conclure un accord est non seulement possible, mais c’est impératif et nous allons conclure » a-t-il ajouté optimiste, précisant qu’un consensus pourrait être trouvé « si nos partenaires des pays industrialisés s’engagent à faire des efforts comparables, et si les pays en développement sont d’accord pour prendre des mesures en accord avec leurs capacités ».Pourtant, le doute semble s’être emparé du gouvernement français et les raisons ne manquent pas.

La place des pays émergents

Barak Obama qui a fait sa première véritable sortie internationale hier et avant-hier à Londres, n’a pas encore pris d’engagement concret en matière de réchauffement climatique, si ce n’est, fin janvier, celui de réduire les émissions de GES des véhicules aux Etats-Unis. Mais à l’échelle planétaire, il a simplement Lire la suite

Aquitaine : Le bio dans les industries agroalimentaires

CRCI Aquitaine, Situation Aquitaine n° 70, Janvier 2009

Le bio dans les industries agroalimentaires 

Premier employeur industriel régional en 2007, l’industrie agro-alimentaire emploie  29 750 salariés dans plus de 4 250 entreprises.

A télécharger ici Lire la suite

Greenpeace France : La double vie de Robert Lion

terra-economica.com, Emmanuelle Walter, Léa Crespi, le 30/03/2009

La double vie de Robert Lion

Cet ancien inspecteur des Finances et ex-patron de la Caisse des dépôts et consignations a été élu en novembre président de Greenpeace France. Un revirement ? Plutôt une voie parallèle, patiemment construite, qui fait cependant grincer quelques dents.

Katia Kanas est une authentique « eco-warrior ». A tout juste 15 ans, en 1977, elle traquait les chasseurs de baleines et cofondait Greenpeace France. Le 22 novembre dernier, la guerrière a quitté son poste de présidente du conseil d’administration de l’ONG et c’est un tout autre profil qui la remplace : Robert Lion, 74 ans, énarque distingué issu du corps prestigieux de l’Inspection des finances et reconverti dans l’environnement. « Le monde et Greenpeace changent à tel point qu’un jour, un Robert Lion embarque avec Greenpeace, note Katia Kanas sur un forum Internet. Je ne sais pas ce que ça donnera, mais je trouve que c’est en soi une rencontre extraordinaire, si improbable, porteuse de tant de surprises. Bref, je trouve ça rigolo. » Le calme et courtois Robert Lion était jusqu’alors président d’ONG plus confidentielles : Agrisud international, qui soutient la création de petites entreprises en Afrique et en Asie, et Energy 21, qui sensibilise au développemet durable.

Sans doute, cet ex-grand commis de l’Etat espérait, via Greenpeace, donner une visibilité plus importante à sa deuxième vie, celle de militant écologiste entamée en 1992. Un rapprochement « rigolo » ? Etonnant. Même pour lui. « Je n’ai pas eu l’unanimité lors de l’élection et c’est normal. Si j’avais été un militant de base, membre de l’assemblée statutaire, je ne suis pas sûr que j’aurais voté pour moi. Je me serais méfié ! » Mais de remous, il n’y en eut point, ou si peu. Seuls 2 adhérents sur 117 000 ont rendu leur carte. « Un énarque ? Oui, bon et alors ?, s’agace une salariée de l’ONG. Il y a de tout chez nous. Des chefs d’entreprise, des militants très militants, des journalistes, notre directeur qui a travaillé dans la finance… Où est la révolution ? »

Un CV à deux colonnes

Attention, Robert Lion n’est pas le nouveau chef de Greenpeace France. Le patron, le vrai, c’est le directeur général, Pascal Husting. Le président du conseil d’administration, lui, joue le rôle d’interface entre les instances internationales et la branche française. Un Big brother bienveillant, en somme. Comment Robert Lion et Greenpeace ont-ils fusionné ? « Nous avons rencontré Robert pendant le Grenelle de l’environnement en 2007, raconte François Veillerette, qui fut aussi président de l’ONG. Il était là au nom d’Agrisud international. Il avait une écoute, une hauteur de vue, des compétences économiques et une certaine surface. » Pascal Husting, lui, loue « sa grande connaissance des institutions et des entreprises ».

Tout pour énerver le journaliste et militant Fabrice Nicolino, ex-membre de l’assemblée statutaire de Greenpeace et partisan d’une écologie radicale. Son blog d’écorché vif fut le lieu d’une passionnante discussion sur Robert Lion (1). Pour lui, « la stratégie de Greenpeace et de l’ensemble du mouvement écologiste français consiste à se rapprocher des pouvoirs publics et économiques pour peser davantage. Je pense qu’il faut faire exactement le contraire. » Deux proches de la direction de l’ONG regrettent cette élection : « ça donne l’impression que Greenpeace s’institutionnalise, ce qui est faux. L’association est rigoureusement indépendante, ne bénéficie d’aucune aide d’Etat. C’est un message erroné qui est envoyé vers l’extérieur. » Lire la suite

La sobriété heureuse de Pierre Rabhi

lavie.fr, Olivier Nouaillas, le 2 avril 2009

La sobriété heureuse de Pierre Rabhi

Depuis 1963, dans sa ferme ardéchoise, cet écolo atypique démontre que l’être est plus important que l’avoir.

Pour rencontrer Pierre Rabhi, il faut d’abord ralentir. Oublier les trois heures de TGV à 300 km/h pour aller à Montélimar, l’heure de voiture à 70 km/h sur les routes qui montent dans les monts d’Ardèche, puis, après le village de Lablachère, le trajet à 20 km/h sur un chemin caillouteux et escarpé qui dessert sa ferme de Montchamp. Une belle bâtisse en pierre, dans un paysage magnifique et aride, avec, au fond, la ligne bleue des Cévennes et sur le pas de la porte, pieds nus dans des san­dales malgré le froid hivernal de cette journée ensoleillée, Pierre Rabhi.

Curieux petit homme – « à peine 1,60 m et 50 kg tout mouillé », se décrit-il avec humour – qui vit la plupart du temps retiré du monde, mais dont les thèses aujourd’hui sont débattues, bien au-delà des seuls milieux écologistes. Ses conférences, une cinquantaine par an, aux quatre coins de la France, remplissent des salles par le seul bouche-à-oreille, et la presse, intriguée par le succès de cet écologiste atypique qui parle aussi bien de spiritualité, de jardinage bio que d’insurrection des consciences, multiplie les qualificatifs énigmatiques : « prophète terrien » (Le Nouvel Observateur), « apôtre de l’écologie » (Témoignage chrétien), « jardinier planétaire » (Télérama), « jardinier des ­consciences » (La Croix). À La Vie même, sa présence lors de la dernière université d’été de notre association de lecteurs, à Strasbourg, en juillet 2008, avait attiré la foule des grands jours. À ma gauche, René Valette, ancien président du CCFD et militant passionné de la notion de « développement durable et humain ». À ma droite, Pierre Rabhi, étiqueté partisan de « la décroissance », presque une provocation en ces temps de récession imposée. Et voilà nos deux hommes, encouragés par nos lecteurs, de tomber presque d’accord sur une synthèse hardie : la sobriété heureuse… Quèsaco ?

« C’est la recherche de la modération dans une société globalisée fondée, elle, sur l’avidité, répond-il dans sa ferme de Montchamp. Aujourd’hui encore, en pleine crise économique, on s’acharne à perfuser des milliards pour faire croire que seule la consommation peut sauver le monde. C’est un leurre. Depuis des années, nous avons fondé notre système économique sur des principes erronés : l’“avoir” plus que l’“être”, l’accumulation de biens plus que le partage avec les hommes. Alors que les besoins naturels de la majorité des habitants de la planète ne sont pas satisfaits – se vêtir, se nourrir, se loger –, une minorité a érigé son mode de vie – le luxe, le gaspillage, le superflu – en un idéal de société. Ce “modèle” occidental, dont le capitalisme n’est que l’émanation, est tout simplement impossible à atteindre. Si nous nous mettions tous à consommer comme les Américains, il faudrait six à sept planètes ! » Et de développer ce qui est le thème du livre qu’il est train d’écrire : « La sobriété, c’est d’abord un état intérieur. Moi, ici, en Ardèche, je suis heureux de ne pas être possédé par les choses que je possède. »

Tout a commencé sur ces terres caillouteuses, en 1963, bien avant la vogue du retour à la terre : « Le Crédit agricole ne voulait même pas me prêter les 15 000 F nécessaires à l’achat de cette vieille bâtisse. “C’est pour vous empêcher de courir au suicide”, me disait-il. Il n’y avait ni eau, ni électricité. Avec Michèle, ma femme, nous avons tout construit de nos propres mains, en élevant cinq enfants.» Lui, l’ancien enfant du bled du Sud algérien, devenu ouvrier dans une usine de machines agri­coles de la banlieue parisienne, s’est découvert paysan. « Avant de venir ici, je n’avais jamais entendu parler d’écologie. C’est en évaluant le biotope Lire la suite

Espèces d’oiseaux menacées et « canaris dans la mine »

bulletins-electroniques.com, NC, le 27 mars 2009

Les espèces d’oiseaux menacées aux Etats-Unis incarnent les « canaris dans la mine »

Un tiers des espèces d’oiseaux serait en danger selon le rapport « State of the Birds 2009 Report » présenté le 19 Mars 2009 par le secrétaire du Department of Interior (DOI) Ken Salazar. Ce rapport, basé sur une étude inédite par son ampleur, par regroupe des données collectées par des volontaires et par différentes organisations de protection de la nature (American Bird Conservancy, Cornell Laboratoy of Ornithology…). Il intègre également les informations recueillies par des agences fédérales (Fish and Wildlife Services, United States Geological Survey – USGS). L’analyse de ces données dresse un bilan alarmant concernant le déclin de nombreuses populations aviaires.

Parmi les 800 espèces d’oiseaux présentes sur le territoire américain, 67 sont actuellement listées sous l’ « Endangered Species Act », loi réglementant les espèces en danger à l’échelle fédérale. A cela s’ajoutent 184 espèces dont les populations sont fragilisées par leur réduction en nombre et la précarité de leur habitat. Ainsi, les oiseaux vivant dans les prairies ont vu leur population diminuer de 40% au cours de ces 40 dernières années contre 30% pour les espèces vivant en milieu aride. Par ailleurs, l’étude suscite de fortes inquiétudes concernant les espèces littorales, un déclin de 39% ayant été enregistré pour les oiseaux dépendant du milieu océanique. Selon David Ziolkowski, de l’USGS, ces dégradations d’habitat sont principalement le résultat du développement urbain et de l’accroissement du nombre de rongeurs.

Si la situation est certes préoccupante sur le continent, elle frise le véritable désastre écologique sur les îles Hawaiiennes. Sur les 113 espèces d’oiseaux présentes uniquement sur ces îles avant l’arrivée de l’homme, 71 se seraient éteintes et 31 sont actuellement listées comme espèces en danger. Selon les biologistes, ces extinctions massives seraient la conséquence de l’introduction par l’homme d’espèces exotiques ayant peu à peu modifié l’habitat des espèces endémiques.

Certains milieux semblent cependant préservés, les oiseaux vivant dans les zones humides (marais…) ayant vu leur population augmenter de 60% au cours des 40 dernières années. En effet, ces populations aviaires ont indirectement bénéficié de plusieurs programmes de restauration des zones humides entrepris au fil des ans.

Le rapport « State of the Birds » liste également un certain nombre d’espèces pour lesquelles les populations ont récupéré suite à des programmes de préservation. Ainsi, le Pyrargue à tête blanche (« Haliaeetus Leucocephalus » – symbole des Etats-Unis) ou encore le faucon (Falco Peregrinus), menacés d’extinction dans les années 60, voient actuellement leurs populations croître suite à la mise en oeuvre de programmes de protection tel que l’interdiction de l’usage du pesticide DDT en 1989, qui serait en partie à l’origine du succès obtenus pour le Pyrargue à tète blanche.

Par conséquent, si le rapport dresse un état des lieux inquiétant concernant la survie d’un certain nombre d’oiseaux endémiques aux Etats-Unis, il met néanmoins en lumière la capacité indéniable de l’environnement à réagir rapidement à des programmes de restauration. Les causes de détérioration des écosystèmes telles que l’agriculture, la production d’énergie, la pollution, les espèces invasives, le développement urbain étant maintenant des variables connues, des programmes de préservation adaptés peuvent être mis en place pour chaque milieu. De plus amples études seront cependant nécessaires pour qualifier les risques de dégradation de l’environnement ou de modification des habitats liés au changement climatique.

En conclusion Lire la suite

Samedi 4 Avril, c’est la Vélorution à Bordeaux

Vélorution, Communiqué, le 1er avril 2009

Merci de prendre le temps de faire passer l’info dans vos réseaux :

Début du rendez-vous : 14 h à Pey-berland pour un atelier déco-réparations.

Départ à 15 h pour une déambulation festive.

A samedi !!!

Appel à tous les motivés à roulettes : vélos, trottinettes, tricycles, fauteuils, rosalies, skates, rollers, brouettes, etc.

Si on veut fêter le printemps sans odeurs de gazole dans les narines, la vélorution s’impose !

SAMEDI 4 AVRIL : Vélorution dans les rues bordelaises

C’est le printemps, laissez nous sentir les fleurs !!!

et si on décorait les vélos aux couleurs de la nature qui renaît ?

et si on insistait en même temps sur le danger des voitures qui nous frôlent en installant des écarteurs sur nos montures ?

Rendez-vous à Pey Berland, côté mairie :

14h : atelier déco, réparations et papotages

15h : départ de la vélorution

Pensez à amener 2-3 babioles : Lire la suite

Inauguration d’un Pedibus à Bordeaux le 3 avril

Mille-pattes de Saint-Augustin, Communiqué, le 1er avril 2009

Inauguration du pedibus de Saint-Augustin ( Bordeaux) le vendredi 3 avril à 16h45 place de l’église : ceux qui sont intéressés sont cordialement invités…

Semaine du DD à Pessac

Pessac Agenda 21, Communiqué, le 1er avril 2009

La Mission Agenda 21, dans le cadre de son programme partenarial 2009 de la Semaine du Développement Durable, organise ce soir  de 18h30 à 20h30 – Salle R Cohé (3ème étage cinéma J Eustache, entrée par la rue des Poilus) un Forum public gratuit « Habitat sain, les clefs pour agir » : vous y découvrirez tous les trucs et astuces pour nettoyer et décorer son intérieur sans (se) polluer ! Venez nombreux assister à cette rencontre animée par les scientifiques de l’association HSEN (Habitat Santé Environnement).

 A ne pas manquer également :
– le 2 avril à 20h au Galet : spectacle musical gratuit Humus, pour enfants de 7 à 99 ans, suivi d’un débat sur les jardins en ville
– le 4 avril de 14h à 18h au Bourgailh : Grande Fête du Développement durable, avec stands, animations, ballades musicales-nature,  et concert gratuit des Gosses de la rue (jazz manouche- à 17h)
– le 6 avril à 20h30 au Jean Eustache : Ciné-débat « Réservoirs pleins, assiettes vides »

Et bien d’autres animations, à télécharger sur Lire la suite

Prochaine réunion du collectif déchets 33 jeudi 2 avril

Collectif déchets Girondin, OJ réunion du 2 avril 2009, le 28 mars 2009

Message adressé aux 60 correspondants associatifs du collectif déchets Girondin, « Réduisons nos déchets en Gironde », associations pour la réduction des déchets ménagers et assimilés, le recyclage avec bilan écologique et social correct, la prévention et les traitements sans nuisances.

Bonjour à toutes et à tous,

La prochaine réunion de notre collectif CdG aura lieu

Jeudi  2 avril 2009 de 19h à 21h30 à Bordeaux

Maison de la Nature et de l’Environnement

3 rue de Tauzia (gare St Jean, tramway ligne C arrêt Tauzia)

Attention, horaire modifié, avancé à 19h. Apportez un sandwich…

Cordialement,

Philippe Mora, coordinateur.

Réunion du Collectif déchets Girondin (Collectif réduisons nos déchets en Gironde)  

Ordre du jour :

GIRONDE

Validation de notre notice technique (à nouveau en pièce jointe, après quelques corrections minimes) de recherche de sites CSDU (stockage) avec PTMB (tri mécanique avant stockage). Nous avions lancé une consultation des associations le 12 février par mail, concernant cette notice technique. Les associations qui n’ont pas encore validé ou critiqué ce document sont invitées à le faire en répondant à ce mail. Si nous disposons des réponses avant le 2 avril, nous gagnerions du temps pour le déroulement de notre réunion. Merci par avance.

Actions de vigilance afin que les projets de sites soient conformes à cette notice technique. Rencontre avec le président de la Commission Consultative déchets du Conseil Général, le 28 mars.

GIRONDE

Politiques de gestion écologique des déchets en Gironde ayant pour but de diminuer significativement les déchets à la source.

CENON

En 2004 il était question que l’incinérateur de Cenon ferme à dix ans d’échéance, c’est-à-dire en 2014. Un projet alors exprimé était de le remplacer par un méthaniseur, c’est-à-dire une installation davantage conforme au développement durable. Cependant il semble fort que la durée de vie de cet incinérateur va connaître une importante prolongation, les élus s’en remettant à la facilité apparente de cette solution.

GIRONDE

Halte incinération ! Les sirènes de l’incinération sifflant à nouveau afin de séduire nos élus, une information semble urgente à redonner sur ce mode de traitement déchets, qui est dangereux, qui incite au gaspillage des matières premières et s’oppose au développement durable, à la préservation de notre santé et de la planète, qui déresponsabilise et coûte très cher.

PAILLET (Entre-Deux-Mers)

Essai de pesée embarquée pour dix mois. Intérêt et limites de cette expérience menée par le Semoctom.

CARDAN

Action spectaculaire des mamies poubelles pour réclamer Lire la suite

Bègles le 3 avril « L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ? »

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT

L’Université nomade d’Aquitaine

Dans le cadre du Campus solidaire et de l’Agenda 21 de Bègles

 « CONFERENCE-DEBAT »

L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ?

Vendredi 3 avril à 20h30

Cinéma « Le Festival » à Bègles

(tram station les Terres neuves)

Catherine Thomas – Enseignante-chercheuse en Océanographie

Charlie Grandjeat – Enseignant-chercheur en Littérature nord-américaine

Martine Alcorta – Enseignante-chercheuse en Psychologie

Dominique Prost – Enseignante-chercheuse en Géographie

Animation du débat – Michel Lesbats

Ouvert à tous – Entrée libre et gratuite

Organisation : Maison de la nature et de l’environnement (MNE) Bordeaux-Aquitaine https://mneaquitaine.wordpress.com/, renseignements mnebxaquitaine@aol.com en partenariat avec la ville de Bègles, renseignements developpement.durable@mairie-begles.fr

A un moment de l’histoire où l’on parle de plus en plus de « crise écologique », où nous sommes confrontés à une perte de sens. Il nous semble intéressant d’organiser un débat public autour du thème de la relation entre l’homme et la nature.

A partir de leurs expériences personnelles et professionnelles les intervenants, avec des propos accessibles à tous, nous feront partager leurs perceptions de l’évolution de cette relation entre l’homme et la nature.

Puis nous échangerons avec eux sur ce thème, par exemple :

–       Certains d’entre nous, amoureux de l’environnement, marcheurs, jardiniers, ruraux d’origine… n’ont-ils pas su préserver ce lien avec la nature ?

–       Plutôt que d’être perdu, celui-ci n’a-t-il pas plutôt évolué ?

–       Faut-il le réinventer, ou serait-il devenu superflu ?

–       Comment concrètement un habitant de l’agglomération bordelaise peut-il agir aujourd’hui pour retrouver ce lien ?

L’HOMME ET LA NATURE

Pour les Aborigènes d’Australie, la terre ne nous appartient pas, c’est nous qui appartenons à la terre. Vivre en harmonie avec l’environnement naturel et les lois de la nature, c’est encore le quotidien de quelques peuples premiers.  

Il n’existe pas dans leur relation au monde, de différenciation entre l’espèce humaine et la nature. Simplement parce que la nature, c’est-à-dire les éléments naturels, les espèces animales et végétales, font parties d’une certaine façon de leur famille. C’est avec tout ces éléments de parenté qu’il leur faut « négocier » pour pouvoir se nourrir, boire, utiliser le bois pour faire le feu…

Plutôt que d’harmonie il faudrait parler d’équilibre dynamique : écologiquement, un territoire donné ne peut pas porter plus d’individus que ne le permettent ses ressources. Nos ancêtres chasseurs cueilleurs Lire la suite

Projet 4Gas Médoc : Manifestation à Bordeaux le 4 avril

medocpourtous.org, Communiqué, le 27 mars 2009

Manifestation à Bordeaux le samedi 4 avril

L’association appelle tous ses adhérents et sympathisants à manifester le samedi 4 avril.

Actuellement, les lobbies bordelais appuient le projet malgré le rejet unanime des populations et élus riverains. Ne nous laissons pas endormir : c’est en ce moment que se décide l’avenir de notre territoire. Car, qu’on se le dise, rien n’est terminé : l’industriel agit dans l’ombre et déposera dans les semaines à venir une nouvelle demande. Ses soutiens sont actifs comme le montre la récente publication d’une étude du BRA. C’est maintenant, tant que la machine administrative est en attente, qu’il faut montrer notre rejet définitif.

Nous avons besoin de TOUS pour montrer la mobilisation populaire contre cet absurde projet. Ne regrettons pas demain de n’avoir pas su nous mobiliser aujourd’hui. Cette fois-ci, nous nous rendons à Bordeaux, siège des autorités administratives et de quelques soutiens au projet 4Gas. Il nous faut être nombreux.

Avec les élus, nous vous donnons rendez-vous pour dire que nous ne voulons pas vendre notre territoire :

SAMEDI 4 AVRIL à 10h30,

Place de la Bourse (quais),

BORDEAUX

Pour ceux qui le souhaitent, Lire la suite

Stage CRIIRAD : dimanche 5 avril 2009 à Bordeaux

CRIIRAD, Communiqué, le 20 mars 2009

Stage CRIIRAD

Le dimanche 5 avril 2009 à Bordeaux

La CRIIRAD organise un stage pratique pour découvrir et mesurer la radioactivité et ses effets sur la santé. Ouvert à tous les publics : aucune connaissance scientifique particulière n’est requise.

Animateur: Roland Desbordes (président de la CRIIRAD).

Frais d’inscription : 40 euros (sans le repas du midi)

Horaires: 10-13h, 14-18h au cinéma Utopia à Bordeaux (attention, journée sans voiture)

PROGRAMME :

Qu’est-ce que la Radioactivité

Les moyens de détection

Effets des rayonnements ionisants sur la santé

Renseignements et inscriptions : Lire la suite

L’écoprêt à taux zéro arrive dans les banques

Le Monde, NC, le 1er avril 2009

L’écoprêt à taux zéro arrive dans les banques

Une des mesures phare du Grenelle de l’environnement, l’écoprêt à taux zéro, se concrétise. Les textes publiés mardi 31 mars au Journal Officiel autorisent les banques à distribuer ces prêts destinés à la rénovation thermique « lourde » des logements des particuliers.

Qui peut en bénéficier ? Tous les particuliers propriétaires peuvent bénéficier de ce prêts sans intérêts, « sans conditions de ressources », pour financer des travaux d’isolation et de rénovation thermique dans leur logement ou celui qu’ils louent à quelqu’un d’autre, à condition qu’il constitue une résidence principale et qu’il ait été construit avant le 1er janvier 1990. En copropriété, chaque copropriétaire peut faire la demande pour des travaux réalisés par la copropriété.

Selon le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo, « les propriétaires qui contracteront un écoprêt pour changer leurs fenêtres ou isoler leur toiture s’y retrouveront à terme, car leur investissement sera peu ou prou amorti par les économies qu’ils feront. »

Comment l’obtenir ? Il faut faire des travaux dans au moins deux des catégories suivantes : isolation de la toiture, des murs donnant sur l’extérieur, des fenêtres et/ou des portes, remplacement d’un chauffage, installation d’un chauffage ou d’un chauffe-eau plus performant ou utilisant les énergies renouvelables »; ou alors effectuer des travaux permettant, selon une étude thermique, une réduction significative de la consommation en énergie du logement. Dans les deux cas, avant de demander le prêt à l’une des banques signataires de la convention avec l’Etat, il faut faire remplir par un professionnel un devis-type, à télécharger sur le site de l’Ademe.

Quels sont la durée et le montant du financement ? D’une durée de dix ans, pouvant être étendue jusqu’à quinze ans par la banque, l’écoprêt à taux zéro permet de financer jusqu’à 30 000 euros de travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique du logement.

Plus d’infos Lire la suite

Opinion : Un monde vert d’inquiétude

developpementdurablelejournal.com, Pierre Magnetto, le 1er avril 2009,

Opinion : Un monde vert d’inquiétude

Selon « Our green world », une étude internationale menée par TNS Sofres et présentée hier dans le cadre des rencontres professionnelles du Monde, 78% des personnes trouvent la situation environnementale de la planète mauvaise. En France, cette opinion touche 92% des sondés, mais les consommateurs n’en tirent pas encore majoritairement de conséquences dans leurs achats. En question aussi, l’image des entreprises ou des leaders d’opinion communiquant sur le thème de l’environnement.

Comment va le monde ? A en croire « Our green world », étude de TNS Sofres présentée hier dans le cadre des Rencontres professionnelles du Monde, sur le plan environnemental il pourrait aller mieux. L’institut a réalisé en juin dernier une enquête internationale dans 17 pays(1) au cours de laquelle 13 000 personnes ont été interrogées via internet sur leurs « attitudes, perceptions et comportements d’achat face aux problématiques environnementales ». « Le sentiment que la situation de l’environnement se dégrade au niveau mondial est assez homogène », a expliqué Dominique Lévy (78% des sondés trouvent très mauvaises les conditions environnementales au niveau mondial). La directrice associée de TNS Sofres relève cependant un « paradoxe » puisque les sondés estiment majoritairement, mais dans des proportions moindres, que la situation est moins critique dans leur propre pays (62%), sauf en France où s’exprime un pessimisme certain avec 92% des personnes interrogées qui n’ont pas une bonne opinion « des conditions naturelles environnementales » du pays.

Etats-Unis et Chine montrés du doigt

Avec des disparités parfois importantes selon les pays, les problématiques qui inquiètent le plus sont la pollution de l’air, qui constitue la principale atteinte à l’environnement pour 28% des personnes interrogées, avant la déforestation (19%), la pollution de l’eau (16%), le surdéveloppement (16%), les déchets toxiques (10%) ou nucléaires (6%). Si l’environnement ne va pas bien, à qui est-ce la faute ? ont encore demandé les sondeurs. Les pays montrés du doigt sont principalement les Etats-Unis et la Chine. De manière implicite, cette perception désigne « l’hyperconsommation et les mauvais systèmes de production » comme premières sources de nuisances environnementales, commente Dominique Lévy.

Sur le plan des comportements d’achat, l’enquête de TNS souligne que 59% des personnes interrogées se disent prêtes à payer plus cher pour des produits verts. Mais seulement 26% affirment être « très influencées » (6%) ou « influencées » (20%) par l’environnement lors du choix de leurs achats quotidiens, la France présentant des résultats sensiblement similaires. L’étude montre encore que les éco-gestes semblent s’installer dans la vie quotidienne : 46% des sondés éteignent leur ordinateur quand il est inutilisé (idem pour la France), 39% pratiquent le tri sélectif (65% dans l’hexagone), 39% font réviser leur voiture une fois par an (44% des sondés français)…

Méfiance envers les entreprises et les politiques

TNS a encore cherché à comprendre ce que les perceptions de la situation environnementale et les comportements pouvaient induire sur le plan des stratégies de communication. Le moins que l’on puisse dire est que, face au « greenwashing », la stratégie utilisée par une entreprise pour donner d’elle-même une image écologiquement responsable, la méfiance est de mise. Pour 72% des sondés en effet, les entreprises mènent des actions en faveur de l’environnement pour répondre à des enjeux de marketing ou pour améliorer leur image auprès de l’opinion publique. Lire la suite

Taxe carbone : un outil majeur contre le réchauffement

notre-planete.info, René Trégouet, le 24 mars 2009

Taxe carbone : un outil majeur contre le réchauffement et pour une croissance durable

Dans le projet de budget des Etats-Unis transmis le 26 février au Congrès, sous le titre ’A new era of responsibility’, la Maison Blanche, dans une annonce qui marque un tournant historique, a décidé que la lutte contre le changement climatique financera l’aide sociale et les énergies renouvelables. Concrètement, le Président Obama souhaite la création en 2012 d’un marché des émissions de gaz carbonique de type « Cap and Trad », pénalisant les gros pollueurs, qui devrait générera 80 milliards de dollars chaque année, dont 65 seront affectés aux foyers modestes et aux entreprises pour aider à la transition vers une économie fondée sur l’énergie propre ; les 15 autres iront aux « technologies pour une énergie propre ».

En France, il y a quelques semaines, à l’occasion de l’annonce récente d’une réforme de la Taxe Professionnelle, l’idée d’une « taxe carbone », déjà évoquée au cours du « Grenelle » de l’environnement, a ressurgi dans les propos du chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy a en effet évoqué cette taxe carbone comme outil possible de substitution à la Taxe Professionnelle. Le principe est de taxer ce qui pollue et à l’inverse de moins taxer le travail et les investissements.
La taxe carbone – baptisée « contribution climat-énergie » – s’appliquerait à tous les produits en fonction de leur contenu en CO2 (dioxyde de carbone, principal responsable du réchauffement climatique), notamment aux carburants fossiles (pétrole, gaz, charbon). En faisant payer la pollution et les émissions de CO2 – sans augmenter la fiscalité globale – on espère induire progressivement un changement de comportement de la société, de nouveaux modes de consommation et de production « propres ».

L’idée de la contribution climat-énergie fait lentement mais sûrement son chemin : elle fera ainsi l’objet dès mars d’une conférence d’experts chargée d’étudier sa faisabilité sans altérer le pouvoir d’achat des ménages ni attenter à la compétitivité des entreprises. Ils remettront leurs conclusions au Premier ministre dans les six mois.

« Sur la base d’une tonne de CO2 à 32 euros – et en exonérant les secteurs déjà soumis aux quotas européens de CO2 – la taxe carbone rapporterait 8 milliards par an – 3 mds des ménages (taxés sur leur consommation directe et indirecte d’énergies polluantes) et 5 mds des entreprises« , indique Alain Grandjean, économiste de la fondation Nicolas Hulot et l’un des experts de la taxe carbone en France. Il reste que, sous l’effet de la crise financière et économique, le prix de la tonne de CO2 est tombé en quelques mois à moins de 10 euros.

Pour essayer de stabiliser ce marché du carbone, l’Union européenne a prévu de nouveaux mécanismes de régulation dans le paquet climat énergie adopté en décembre dernier. Par exemple, si pendant plus de six mois consécutifs, Lire la suite

Bègles le 2 avril : Débat TACA « Climat à vendre ? »

Communiqué, TACA, le 28 mars 2009

En novembre 2008, lorsque nous préparions notre 1er picnic sans carbone, vous nous avez indiqué votre intérêt sur le réchauffement climatique et les actions proposées par l’association Taca.

Aujourd’hui, nous vous invitons à nous retrouver pour un débat Climat à vendre?

Le jeudi 2 avril à 18h30 au bar P’tit Monde Urbain (barrière de Bègles).

Ce débat est organisée avec la municipalité de Bègles dans le cadre de la semaine nationale du développement durable, et sera suivi à 20h par un pot de l’amitié.

C’est donc une excellente occasion de se retrouver pour échanger sur les dernières actualités du réchauffement climatique, discuter sur les propositions de Taca et s’organiser pour agir ensemble.

Si vous ne pouvez venir à ce débat, je vous invite à Lire la suite

Institut d’Etudes … pour la Décroissance Soutenable

Institut d’Etudes Economiques et Sociales pour la Décroissance Soutenable, Communiqué, le 27 mars 2009

Notre site vous relaie ce communiqué de Casseurs de pub.

I – LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 1er AVRIL 2009

II – EXPEDITION DE LA DECROISSANCE LE 30 MARS 2009

III – 20 AU 26 AVRIL 2009 : SEMAINE INTERNATIONALE SANS ECRANS

IV – 2 MAI : TOUS AU CONTRE-GRENELLE 2

V – APPEL A PARTICIPER A L’ACTION INTERNATIONALE « CHERNOBYL DAY »

VI – REGIS MARDON (M6) AUSSI BETE QUE SOPHIE ROMILLAT ET DAVID GEOFFRION

FRANCE 2). UN EXPLOIT !

VII – QUELQUES SITES AMIS ANTIPUB

I – LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 1er AVRIL 2009

Le numéro d’avril de La Décroissance « Le piège Internet » sera en kiosque le 1er avril 2009.
http://www.ladecroissance.net
II – EXPEDITION DE LA DECROISSANCE LE 30 MARS 2009

Le numéro 58 de La Décroissance sera expédié le Lundi 30 mars 2009 de 14h à 20h dans le local de Casseurs de pub-La Décroissance : la Fondation Nicolas Bertrand, 52 rue Crillon, Lyon 6e. Nous expédions le journal sous bande papier grâce à votre aide, ce qui évite l’emballage plastique. N’hésitez pas à passer nous prêter main-forte, de quelques minutes à toute la soirée. Un repas ensemble clôture la soirée.

Fondation Nicolas Bertrand, 52, rue Crillon, Lyon 6e. Métro Masséna.

http://www.ladecroissance.net/
III – 20 AU 26 AVRIL 2009 : SEMAINE INTERNATIONALE SANS ECRANS

Adbusters, revue canadienne initiatrice de la semaine sans télé a récemment transformé celle-ci en semaine de la désintoxication mentale – « Mental Detox week » – ou semaine sans écran. Nous nous joignons à eux dans cette mutation. A vous de lancer des actions dans votre ville ou dans votre village lors de cette semaine et tenez-nous au courant.
http://www.casseursdepub.org/
IV – 2 MAI : TOUS AU CONTRE-GRENELLE 2

La Décroissance donne rendez-vous à tous ses lecteurs à Lyon le 2 mai pour fêter ensemble le Contre-Grenelle 2. Pour dire « Non au capitalisme vert » parce que la solution n’est pas la monnaie carbone ni les pseudo-remèdes technoscientistes comme les puits de carbone, la voiture électrique et le tout-nucléaire. Parce que la troisième voie écolo-libérale est tout aussi dangereuse que la troisième voie socialo-libérale et le sarkozysme réunis. Parce que nous ne pouvons accepter que ceux qui ont bousillé la planète en s’enrichissant fassent aujourd’hui des profits en adaptant la Terre et les humains aux besoins du productivisme. Nous serons aussi à Lyon le 2 mai pour construire ensemble des alternatives politiques et pour dire qu’il est possible de vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins.
http://www.contre-grenelle.org/
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OCDE : L’année 2009 sera cauchemardesque

liberation.fr, Christian Losson, le 31 mars 2009

L’année 2009 sera cauchemardesque, selon l’OCDE

Les économistes du club des pays riches annoncent un effondrement de la croissance et une explosion du chômage.

«Le monde est en proie à une hémorragie économique.» Ce constat, c’est l’OCDE — l’Organisation de coopération et de développement économiques, club des 30 pays les plus riches — qui le dresse. Et risque de faire se dresser le poil sur l’échine des médecins du G20, qui se penche, jeudi à Londres, sur l’état de la planète économique et financière.

Il faut dire que les prévisions de croissance divulguées aujourd’hui par l’OCDE, qui n’a rien d’un repaire de Cassandre, font froid dans le dos. Un paysage à venir jamais vu (sauf pendant la dernière guerre) depuis la Grande dépression. «Il s’agit de la récession la plus profonde et la plus étendue depuis plus de 50 ans», note le rapport. Conséquence de l’effet domino des crises (subprimes, bancaire, financière, économique et social), le produit intérieur brut (PIB) cumulé du club des 30 devrait réduire (se «jivariser» serait plus juste) de 4,3% en 2009.

Pour mesurer l’ampleur du séisme, rappelons que l’OCDE tablait, en novembre, sur une baisse de 0,4%. Le commerce mondial, lui, pourrait plonger de 13% (l’OMC tablait il y a quelques jours sur 9%). Et le chômage, lui, va exploser. 10,1% en zone euro en 2008, 11,7% l’an prochain; 9,1% au Etats-Unis cette année, 10,3 en 2009. «Le chômage doublera quasiment par rapport à son niveau de 2007 dans les pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume Uni, France, Italie, Canada, ndlr)», note le rapport.

Certains pays, comme le Japon, vont dès cette année refaire connaissance avec le cauchemar des économistes et des politiques. La déflation. L’antichambre de la dépression généralisée… «L’économie mondiale est en proie à sa récession la plus profonde et la plus synchronisée depuis des décennies», constate Klaus Schmidt-Hebbel, économiste en chef de l’OCDE. Lequel, il y a moins d’un mois, confiait à Libération que «le pire des scénarios est en train de se matérialiser».

On l’interrogeait sur les prévisions du FMI qui évoquait, fin janvier, une récession de 2%…. «On vit des temps extraordinaires, version négative, soufflait-il. Oui, cette crise d’une gravité sans précédent depuis plusieurs générations sera bien plus profonde et plus longue que ce que prévoyait le FMI en janvier, à tous les niveaux

La seule petite lueur d’espoir vient de Pékin. La Chine, avec son économie centralisée et son capitalisme maison devrait s’en sortir avec une croissance à 6,3% en 2009.

Pour le reste, les partisans de la décroissance peuvent sourire. La décroissance subie sera un mot tendance en 2009. Et la relance keynésienne massive ? Lire la suite