Avis défavorable du commissaire enquêteur à Mérignac : L’aéroport entre deux eaux

sudouest.com, Olivier Delhoumeau, le 3 décembre 2009

MERIGNAC. Le commissaire enquêteur rend un avis défavorable concernant un dossier de rejet des eaux pluviales

L’aéroport entre deux eaux

Coup de tonnerre dans le ciel de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Le commissaire enquêteur chargé du dossier d’autorisation de rejet des eaux pluviales de l’aéroport dans les eaux du bassin-versant n° 3 vient de livrer son avis : défavorable (1). De quoi refroidir les projets de développement de l’aéroport.

D’autant que dans son analyse, Jean-Jacques Ducout porte le fer à plusieurs niveaux. Il estime ainsi d’entrée que les observations relatives au transport aérien en général et au low-cost en particulier et qui justifient la demande sont « hors sujet ». « Les aménagements projetés sont liés à une croissance du trafic qui, actuellement, n’est pas démontrée », détaille-t-il. Pourtant, la construction d’une aérogare à services simplifiés est l’élément déterminant dans la stratégie de l’aéroport pour faire face à la menace TGV. Selon les prévisions affichées, le nombre de passagers low-cost à Bordeaux devrait passer de 500 000 en 2008 à 1,2 million à l’horizon 2015. Et les projections portent ce segment à 40 % du trafic total en 2017.

Qualité des eaux

Le commissaire enquêteur s’avoue aussi dubitatif quant à la maîtrise du rejet des eaux pluviales. Le dossier expose la nécessité de travaux s’appuyant sur des données anciennes. « Des événements climatiques particuliers actuels, mettant en cause ces données, ne sont pas pris en compte. » Pire, Jean-Jacques Ducout estime que l’arrêté préfectoral d’autorisation de 1997 (voir ci-contre) formulait des exigences sur les retenues d’eau qui n’ont pas été suivies d’effet.

Côté pollution, il relève les carences dans la qualité des eaux rejetées. Qui seraient dues à la présence de micropolluants minéraux dont l’origine n’est pas déterminée. L’aéroport ne nie pas cet aspect des choses. « Toutefois, dans son mémoire en réponse, il ne donne aucune réponse claire sur la résolution du problème. Des actions de sensibilisation sont en cours. Est-ce suffisant ? L’ambition de qualité des eaux affichée par l’aéroport reste faible », assène Jean-Jacques Ducout. Sur ce point, Pascal Houbre, chargé des relations territoriales et de l’environnement à l’aéroport, plaide qu’il n’existe dans les textes aucun objectif de qualité des eaux de la Devèze sud, ce ruisseau où se déversent les eaux pluviales. Il souligne, par ailleurs, que toutes les préconisations techniques relatives au décret préfectoral de 1997 ont été respectées : création d’un bassin de stockage de 10 000 mètres cubes à côté de Météo France, régulation à 2 mètres cubes par seconde pour le rejet des eaux pluviales, mise en place d’un dispositif de traitement assurant la séparation des hydrocarbures… « On est même allé au-delà, en prenant en compte les autres micropolluants. Malgré notre transparence, on est pénalisé. Ce n’est pas très cohérent », regrette le représentant de l’aéroport.

En première ligne sur le front de l’attaque, les Verts de Mérignac se sont signalés début octobre en votant contre cette autorisation de rejet au conseil municipal.

Métaux lourds

Ils avaient formulé divers griefs : pollution par les métaux lourds (cuivre et zinc) et les pesticides, insuffisance de capacité du bassin de rétention pouvant générer Lire la suite

Transports : Région Aquitaine, CG 33, CUB ensemble

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 2 Mai 2009

TRAIN-TRAM-BUS. Les collectivités s’unissent au sein d’une conférence qui deviendra association pour réfléchir autrement sur la mobilité et développer les transports collectifs

Transports : Région, CUB, Conseil général ensemble

La CUB, le Département et la Région sont dorénavant unis pour réfléchir sur les transports en commun et bâtir pour les 10-15 ans à venir les meilleurs réseaux « train-bus-tram » qui soient.

Dans un premier temps, cette coopération se concrétisera au sein de la « conférence permanente des autorités organisatrices de transport de l’agglomération bordelaise », et dans un second temps, au sein de « Mouvable », une association loi 1901 avec un président, un bureau et un conseil d’administration.

Un bon mille-feuilles

Vincent Feltesse (CUB), Philippe Madrelle (Département) et Alain Rousset (Région) ont signé jeudi matin la convention officialisant la mise en route de cette réflexion commune.

« Nous travaillions déjà beaucoup ensemble mais compte tenu de l’enjeu des transports, il était nécessaire d’aller plus loin », souligne Vincent Feltesse. « C’est une nouvelle étape de collaboration », affirme lui aussi Philippe Madrelle qui pense « qu’il faut jouer encore mieux la carte de la complémentarité et mieux coordonner les réseaux ».

Alain Rousset n’est pas moins favorable à ce travail en commun. « Les collectivités locales vont encore montrer ce dont elles sont capables. On va peut-être encore nous parler de mille-feuilles mais, je pense, pour rester dans le culinaire, que celui-ci va être très bon. »

90 millions de voyageurs

L’objectif est naturellement d’offrir aux habitants de l’agglomération bordelaise et a fortiori, aux habitants de la Gironde, des réseaux de transport beaucoup plus performants et une bien meilleure intermodalité (train-bus-tram.) Pour cela, il est indispensable que les collectivités s’entendent à merveille car les TER sont de la compétence de la Région, les bus interurbains celle du Département, le tram et les bus urbains, celle de la CUB.

Ne pas travailler ensemble serait donc catastrophique et franchement dommage en Gironde où les transports en commun ont véritablement le vent en poupe.

Jamais, il n’y a eu autant de Lire la suite

Eau potable en Gironde : le dessous des cartes

Sud-Ouest, Alain Montanguon, Jeudi 16 Avril 2009

Eau potable : le dessous des cartes

ENVIRONNEMENT. Un débat sur la gestion de l’eau potable, organisé par les Verts, s’est tenu à la salle des fêtes. Une nouvelle fois, le passage en régie a été défendu

A l’initiative des Verts du Libournais et de leur représentant Joël Rousset, s’est tenue une réunion publique sur l’eau, à la salle des fêtes, en présence de Gérard Chausset, secrétaire départemental du parti, président du groupe à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), et adjoint à la mairie de Mérignac. Au-delà de son intitulé, « Pour une politique départementale de l’eau en Gironde », ce débat s’inscrit parfaitement dans la problématique locale.

Car la Ville doit, fin mai, déterminer le mode de gestion qu’elle va adopter dans les prochaines années : un retour en régie comme avant 1986 lorsque les socialistes étaient dans l’opposition, ou la poursuite de la délégation publique (DSP) contre laquelle ils votèrent cette année-là. Une troisième voie (un compromis ?) serait envisagée qui mêlerait les deux gestions. Deux idéologies s’affrontent en ce moment au sein de la commission. Qu’en sortira-t-il ? On en saura un peu plus le 5 mai où elle doit se réunir.

En attendant des positions claires ont été prises par Claudine Chapron (Parti de gauche) et Jean-Louis Arcaraz (Parti communiste). D’autres, comme Patrick Nivet (Mouvement républicain des citoyens) et Joël Rousset, personnellement favorables à la régie, réservent encore leur décision finale.

Gérard Chausset, l’autre soir, réaffirmait fermement la position des Verts en faveur de la gestion en régie de l’eau potable (rappelons que concernant l’assainissement la majorité municipale a d’ores et déjà choisi la DSP).

Des écarts importants

Dans son intervention, l’élu écologiste de la CUB plaçait le débat dans un contexte général avant d’aborder la question du prix de l’eau. La dégradation des nappes tant éocène qu’oligocène dans lesquelles nous puisons oblige les collectivités à trouver, d’ici 2013, des investissements lourds, estimés à 80 millions d’euros, afin d’exploiter et rechercher de nouvelles ressources de substitution. En résumé, il faut économiser 30 millions de m³ par an d’ici cinq ans selon les préconisations du SAGE nappes profondes (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux).

Concernant le prix de l’eau potable, il s’appuyait sur deux cartes, l’une montrant la diversité des prix, l’autre le prix global de l’eau assainie et révélant des écarts importants d’une collectivité à l’autre (source Agence de l’eau Adour Garonne 2007). Son étude comparative montre ainsi que le prix moyen de l’alimentation en eau potable en Gironde, pondéré par la population, est de 1,07 € en régie municipale et de 1,36 € en DSP.

L’exemple de Guîtres

Cent douze contrats régissent l’eau dans le département dont 50 % par la Lyonnaise des eaux (1). Une disparité des prix et un « monopole », selon Gérard Chausset, qui rendent opaques sa compréhension aux yeux du public. Face à ces remarques, Bruno Cammas, cadre bordelais de l’entreprise, présent ce soir-là, remettait en cause Lire la suite

Chausset « Klaus, une catastrophe pas vraiment naturelle »

Sud-Ouest, Gérard Chausset, le 28 Janvier 2009

 « Klaus, une catastrophe pas vraiment naturelle »

Moins de dix ans après la tempête de 1999, qui sonnait comme un avertissement au moment où on changeait de millénaire, le Grand Sud-Ouest est touché en plein coeur. Ce n’est plus un avertissement mais un rappel à l’ordre : l’empreinte écologique de notre civilisation est devenue insupportable pour les lois de la nature !

Certes nous nous devons aujourd’hui de venir au secours des populations sinistrées, rétablir les réseaux, indemniser les victimes, sauver la part de forêt qui peut l’être, mais la tempête est venue nous rappeler que notre modèle actuel, basé sur le tout camion, le tout voiture, le tout électrique, le tout pétrolier, et surtout le tout libéral, nous a rendus esclaves d’un modèle de développement insoutenable, lourd de conséquences pour l’environnement, l’économie en général et le Sud-Ouest en particulier.

Oui, il y a toujours eu des tempêtes, des canicules, des inondations ou des sécheresses. Ce qui change, c’est leur violence, leur intensité, leur force, leur durée, et cela n’est qu’un début, il faut le dire.

Plus que jamais, la perspective des dérèglements climatiques doit nous conduire à accélérer le chantier des mutations économiques et celui de la conversion écologique.

Selon les scénarios du Giec, l’Aquitaine serait la première région touchée, avec notamment une augmentation des températures moyennes entre 4° et 6° (soit dans la fourchette haute des modélisations du Giec qui prévoient à l’horizon 2010 entre + 1,4 ° et + 5,8° par rapport à 1990).

Alors que l’urgence est là, le fameux Grenelle est long, lent, remis en cause en permanence, avec pour seule mesure concrète mettre les voitures anciennes à la casse pour en acheter de nouvelles.

Pendant ce temps, l’enfouissement des réseaux électriques ne suffira pas pour pallier la fragilité de notre production centralisée d’électricité nucléaire, qui nécessite de longues lignes, contrairement aux productions locales et renouvelables.

Pendant ce temps, peut-on accepter de perdre la moitié du massif forestier tous les dix ans ? C’est peut-être l’heure de rompre avec la monoculture du pin pour favoriser la biodiversité et diversifier la filière bois.

Dans cette guerre contre les changements climatiques, se cantonner à une politique curative serait illusoire.

Il faut investir dans le long terme, dans des process décentralisés que l’on maîtrise localement, initier des circuits courts de production, développer des solutions écologiques de proximité, investir sur les énergies propres comme l’éolien, le solaire et l’énergie bois, la biomasse, les transports collectifs, la rénovation du bâtiment.

Nous devons lancer un plan Marshall vert pour sauver ce qui peut l’être.

Ce plan Marshall doit également reposer sur un nouveau mode de gouvernance au niveau régional, national et européen. Il nous faut tirer les conséquences de la fragilité de notre organisation centralisée, verticalisée et notre manière de concevoir l’aménagement du territoire issue de l’après-guerre.

Les fortes crises appellent des réponses régionales axées sur le renforcement des solidarités locales, le développement de sources énergétiques de proximité, la préservation de la biodiversité et sans doute une remise en cause d’un système agricole basé sur la juxtaposition de monocultures qui en fait un colosse aux pieds d’argile.

La biodiversité n’est pas qu’une affaire de nature, c’est aussi un modèle de société qu’il faut organiser dès maintenant pour préserver l’avenir à moins de trente ans.

À situation exceptionnelle, Lire la suite

Bon ap’ avec l’Amap de Mérignac

Sud-Ouest, Olivier Delhoumeau, le 20 Janvier 2009

MÉRIGNAC, ALIMENTATION. Une association pour le maintien de l’agriculture paysanne va voir le jour, samedi. Les Verts locaux attendent que des volontaires s’emparent du projet

Bon ap’ avec l’Amap

Le Vert est dans le fruit, et le projet en route. Samedi, si tout va bien, la ville de Mérignac aura son Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) comme de nombreuses autres villes de l’agglo.

Initiateur de la démarche, le groupe local des Verts organise la réunion fondatrice le samedi 24 janvier. « La relation entre l’alimentaire la santé et l’environnement est un sujet qui nous préoccupe », affirme Gérard Chausset, adjoint (Vert) à l’environnement et aux déplacements.

À ce titre, les écologistes mérignacais avaient été à l’origine d’un débat, le 2 décembre dernier, sur le thème de la relation entre certaines maladies chroniques et les pollutions environnementales. André Ciccollela, chercheur en santé environnementale et militant de la cause verte, était intervenu à cette occasion sur la question du lien entre des formes de cancer et l’utilisation de pesticides. « On a beaucoup oeuvré par ailleurs pour la mise en oeuvre d’un Plan santé à l’échelle de la ville. C’était un élément pivot de notre volonté politique au moment des élections », relate l’élu écologiste.

Formation d’un bureau

Après avoir joué le rôle de catalyseur, la section politique affirme désormais sa volonté de transmettre le bébé à la société civile. « Ce ne sera pas l’Amap des Verts. Les gens inscrits doivent se l’approprier. » La réunion de samedi fixera justement les premiers jalons, à savoir la formation du bureau associatif. Ceux qui en auront les rênes devront en déterminer l’organisation.

Rappelons à ce stade qu’une Amap se caractérise par le regroupement d’un ou plusieurs producteurs de fruits et légumes, qui vend directement au consommateur final en faisant l’impasse sur les intermédiaires classiques du commerce.

Selon le mode de fonctionnement habituel, le client verse à l’avance une somme qui lui donne droit, chaque semaine, à un panier de fruits et légumes de saison.

« Reste à trouver les personnes qui auront la disponibilité suffisante pour aller démarcher des producteurs », assure Sylvie Cassou-Schotte, adjointe à la cohésion sociale et urbaine.

Appui du Relais Amap 33

Problème, Mérignac ne compte pas actuellement de maraîcher sur ses terres. Pour assurer le circuit le plus court possible, l’Amap mérignacaise devra donc, au minimum, négocier avec les agriculteurs des communes voisines comme Bruges, Blanquefort… L’association bénéficiera néanmoins de l’appui du Relais Amap Gironde, lequel possède une base de données détaillée sur les producteurs locaux.

Tout en souhaitant passer le témoin, le groupe Vert se veut vigilant sur la qualité des produits. « On peut difficilement imposer le label bio, trop onéreux, mais les produits devront évidemment être naturels », assure Gérard Chausset.

Prix du panier étudié

Le bureau de l’association devra encore veiller à une certaine équité sociale. L’Amap devra être la plus ouverte possible aux différentes catégories sociales. Reprenant un titre paru dans la presse il y a quelque temps, « le bio, ça n’est pas que pour les bobos », Lire la suite