La maison écologique est-elle trop chère ?

sudouest.com, Thierry Magnol, le 5 juillet 2010

La maison écologique est-elle trop chère ?

Le logement à faible consommation d’énergie est en plein essor. Mais à quel prix et pour quelles économies ? Éléments de réponse et comparatif détaillé dans la région

BBC, HQE, RT 2012… Difficile de se repérer dans la forêt de ces sigles barbares (lire le lexique ci-contre) qui servent à identifier des labels ou des normes que bien souvent les professionnels du bâtiment sont les seuls à comprendre.

Ils traduisent en fait la révolution qui est en train de se dérouler en matière de construction de logements neufs. La nécessité de réduire notre facture énergétique et d’améliorer la qualité de notre environnement entraîne de profondes modifications traduites notamment par le Grenelle de l’environnement. Une nouvelle réglementation, la RT 2012, imposera à partir du 1er janvier… 2013 que la consommation énergétique d’une construction neuve ne dépasse pas 45 kWh/m²/an, hors appareils électriques. Sachant que la norme actuelle est de 100 kWh, il faudra donc parvenir à une division par deux. Ce n’est pas un exploit car cela correspond en fait à celle du bâtiment basse consommation (BBC). Toutefois, ces nouvelles exigences qui concerneront tous les types de logements ne sont pas forcément faciles à mettre en œuvre.

Traquer les kWh

« Ce qui va changer, c’est qu’il faudra traquer les kWh partout et cela demandera une réalisation parfaite, notamment au niveau des ponts thermiques, explique Éric Aufaure, animateur du pôle bâtiment durable à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Par ailleurs, il faudra sans doute utiliser de l’énergie renouvelable, au moins pour l’eau chaude. Nous sommes en effet sur un niveau de performances élevées qui nécessitera une formation de tous les acteurs du bâtiment. »

En revanche, il n’est pas forcément utile d’employer des matériaux d’un nouveau type. On peut très bien respecter la norme avec du traditionnel. Le Cerib (Centre d’études et de recherche de l’industrie du béton) propose par exemple une maison en blocs béton creux qui consomme moins de 45 kWh/m²/an.

Mais la première question que se pose l’acheteur potentiel, c’est de savoir si ce type de construction est économiquement rentable. Selon l’Ademe, le coût est en moyenne supérieur de 15 % à celui d’un logement construit selon les normes actuelles.

Pour être concret, une maison de 100 m² vendue 100 000 euros en construction classique (donc consommant 100 kWh/m²/an) reviendra à 115 000 euros avec une consommation réduite à 45 kWh/m²/an.

Les aides proposées par l’État, notamment le crédit d’impôt, permettent Lire la suite

NOBATEK. Le centre de ressources dédié à la construction durable s’est installé dans un bâtiment pilote à Anglet

sudouest.com, Philippe Hemmert, le 19 Novembre 2009

NOBATEK. Le centre de ressources dédié à la construction durable s’est installé dans un bâtiment pilote

L’habitat écologique expose sa nouvelle vitrine à Anglet

La côte basque accueille depuis cet été l’un des rares bâtiments aquitain labellisé HQE (haute qualité environnementale). Et d’ici quelques mois, cet équipement devrait être le premier de la région à décrocher la certification BBC (bâtiment basse consommation) très en vogue en Europe du nord, mais encore peu répandue en France.

C’est là une première réalisation très concrète de Nobatek, le centre de ressources technologiques dédié à la construction durable. Autrement dit un laboratoire d’idées – et de solutions – pour rendre notre habitat plus respectueux de l’environnement et plus économe en énergie. Depuis sa création, il y a cinq ans, cette émanation de la fondation espagnole Tecnalia, co-financée en France par la fédération des entreprises du BTP, a d’emblée été sollicitée sur des projets très divers.

Une approche globale

Recherche d’une optimisation thermique dans la rénovation de l’habitat social – une commande de la SEMSIB de Bègles -, valorisation des déchets industriels comme matériaux de remblai dans le BTP au Pays Basque, utilisation maximale du bois naturel dans les schémas de construction au Québec, etc… Ces pistes d’expérimentation ont été les pionnières. Mais la structure a entretemps considérablement étoffé sa panoplie.

Matériaux, systèmes, process, eau énergie, architecture, urbanisme ?.Le centre de recherches présente aujourd’hui une pluridisciplinarité qui lui permet de proposer une approche globale à ses clients. Présent sur de nombreux marchés d’aménagement en Aquitaine, Nobatek développe en cette année 2009 une activité de plus de 2 millions d’euros pour une centaine de projets traités.

« Le secteur du bâtiment absorbe 40 % des ressources énergétiques de la planète, il est donc urgent de réfléchir à des solutions alternatives » répète Jacques Tortos, le directeur de Nobateak, à la tête désormais forte d’une trentaine d’ingénieurs. L’équipe a en effet doublée ses effectifs en juillet dernier, après la fusion avec Ecocampus, une cellule de transfert de technologie de l’ENSAM de Bordeaux.

Innover, le maître mot

Du coup, Nobatek possède aussi un pôle relais dans la capitale girondine, même si son siège social reste à Anglet et offre dorénavant une formidable vitrine de son activité. Car le nouveau bâtiment du centre de recherche, dans les Landes de Juzan, entre Cantau et Montaury, constitue le parfait reflet de sa vocation.

Tout y est passé au crible de l’aménagement durable. L’orientation Lire la suite

Bordeaux : La maison verte sur les quais

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 26 Octobre 2009

RICHELIEU. L’ex-bureau de recrutement des dockers transformé en maison éco-citoyenne

La maison verte sur les quais

Les joggeurs ou promeneurs ont été les premiers à s’en apercevoir, les premiers aussi à devoir contourner les barrières. Quai Richelieu, l’ancien Bureau central de recrutement de main-d’œuvre (BCMO) commence à vibrer au rythme des marteaux-piqueurs. C’est le début du chantier de construction de la maison éco-citoyenne.

Le bâtiment concerné est l’un des derniers « vestiges » de la partie sud du port de Bordeaux. Ce bâtiment sans étage a été construit au début des années 50. Un lieu qui ne désemplissait pas. Il y avait 3 000 dockers à l’époque à Bordeaux et tous devaient passer par ce bureau de recrutement central. Selon les règles en vigueur, ils ne pouvaient pas décrocher plus de huit heures de boulot d’un coup (deux fois quatre heures) mais rien ne leur empêchait de revenir le lendemain, pour refaire la queue et s’il y avait des bateaux à quai, décrocher un nouveau contrat. C’est dire les bousculades qu’il y a eues en ces lieux, les coups de gueule aussi.

Du faux XVIIIe

Contrairement à ce que l’on pense en le voyant de loin, ce bâtiment ne date pas du XVIIIe. C’est du faux ! L’architecte d’alors a respecté le site mais il a tout réalisé en béton et recouvert l’ensemble avec de fausses pierres pour ne pas gâcher le paysage.

Aussi, Olivier Lehmans, l’architecte bordelais retenu pour construire la maison éco-citoyenne, ne se retrouve-t-il pas les mains liées devant un monument historique indéformable. Il a pu faire courir son imagination à la condition bien évidemment qu’il respecte à son tour l’environnement architectural immédiat.

La construction de cette maison éco-citoyenne entre dans le cadre de la démarche de développement durable et de la mise en route de l’Agenda 21 de la Ville de Bordeaux. Cette maison verte est sur rails depuis longtemps. « Pour créer une dynamique, nous avons déjà créé la maison éco-citoyenne mobile », explique Anne Walryck, adjointe au maire chargée de mettre en œuvre la politique de développement durable à la mairie.

Cette « maison » est allée de quartier en quartier et même participé à des événements « grand public » majeurs comme la foire internationale. Parallèlement, des débats ont été organisés avec des experts reconnus. Sur les thèmes forts du moment et mettant en avant la nécessité de se mobiliser pour défendre l’environnement et faire les bons choix pour sauver la planète.

Un lieu de vie

La future maison éco-citoyenne sera le top de ce que l’on peut faire en la matière. Sous un grand chapeau « développement durable », ce sera Lire la suite

Cantau : Le Centre de ressources technologiques spécialisé dans la construction durable Nobatek dans ses murs

sudouest.com, Philippe Hemmert, le 24 Juillet 2009

Nobatek dans ses murs

ENVIRONNEMENT. Le Centre de ressources technologiques spécialisé dans la construction durable vient d’investir son nouveau siège à proximité de Cantau

Ce devait être un bâtiment exemplaire et d’évidence, il l’est. Le nouveau siège de Nobatek, à l’arrière de Montaury et près de Cantau, est à l’image de la vocation de ce centre de ressources technologiques dédié, à la construction durable.

La quinzaine d’ingénieurs, actuellement opérationnels chez Nobatek, étaient jusque-là hébergés dans une petite bâtisse vétuste, voisine de Bernain. Ils viennent d’emménager dans un immeuble qui rompt avec les habitudes.

D’emblée, la grande verrière qui fait office de paroi sur le côté sud de l’immeuble frappe le regard. Elle est destinée à emmagasiner de la chaleur en saison froide, de manière à limiter les besoins en chauffage du bâtiment.

Se présentant sous la forme d’un cube compact, l’intérieur est un vaste milieu ouvert, très peu cloisonné, de manière, là aussi, à éviter la déperdition d’énergie. Les trois niveaux sont séparés par des dalles de béton volontairement apparent, car le matériau laissé brut conserve de la sorte une forte inertie thermique.

Innover est, on l’aura compris, le maître mot des lieux. On retrouve ce souci dans l’isolation du bâtiment, réalisée de l’extérieur. C’est en effet sur l’enveloppe externe des murs qu’a été posée la laine de verre. Celle-ci est ensuite recouverte d’un bardage en pin des Landes. Cette façade en bois attire d’emblée le regard et confère un aspect résolument moderne à l’ensemble.

« La conception du bâtiment traduit une nouvelle philosophie de vie », se réjouit Caroline Coste, ingénieur en charge du projet de construction de ce nouveau siège social. « Elle ne s’exprime pas au travers des matériaux, qui restent relativement classiques, mais par la recherche de nouveaux procédés et de nouvelles technologies. »

Économe en énergie

Nobatek mène, on le sait, de multiples projets, à l’échelle régionale, dans le domaine de l’aménagement durable. Il coulait donc de source que ses propres locaux soient remarquables en termes de qualité environnementale.

On retrouve cet objectif dans une multitude de parti pris innovants, loin de constituer des coquetteries. Ainsi le mobilier lui-même est-il entièrement réalisé en pin des Landes, tandis que les boiseries des passerelles et les escaliers sont en chêne. Du local et non de l’exotique.

Dans les espaces de travail, Lire la suite

CAPTIEUX – Le hameau recherche ses hôtes écolos

sudouest.com, Cécile Frechinos, le 21 Juillet 2009

CAPTIEUX – Le hameau recherche ses hôtes écolos

CAPTIEUX. La commune s’engage à abriter le premier éco-hameau du département. Pour les initiateurs de cet habitat alternatif, reste à trouver de futurs habitants

 «Captieux, ville d’accueil. » Hubert Bernard et Marc-Alexis Morelle ne vont certainement pas contredire les mots inscrits sur le panneau posté à l’entrée de la commune capsylvaine. À la recherche depuis deux ans d’une municipalité ouverte à leur projet d’éco-hameau, ils ont enfin obtenu une réponse favorable à Captieux.

Mais cela n’aura pas été sans mal. « Nous avons fait des demandes auprès de plus de 50 communes et n’avons reçu que quatre réponses positives », regrettent-ils. Mais aujourd’hui, ils ont oublié ces embûches, bien trop occupés à trouver de futurs habitants à leur hameau.

Éco-hameau, quèsaco ?

On connaissait les habitations HQE (pour haute qualité environnementale) mais le concept d’éco-hameau est, lui, encore chose rare. Et pour preuve, celui de Captieux sera une grande première dans le département.

Imaginez : un petit chemin qui sent la nature, au bout duquel, un parking pour y déposer les véhicules. Plus loin, un véritable musée de l’habitat écologique. Des maisons en bois, en paille ou en terre, coiffées de toitures végétales ou photovoltaïques. De part et d’autre des habitations, des bâtiments et terrains collectifs : vergers, laverie, atelier, salle de jeux. Mutualiser les équipements permet ainsi de réduire le coût environnemental. Mais ce n’est pas là tout l’intérêt de l’éco-hameau. « Notre démarche n’est pas seulement écologique, elle est également sociale et éducative », insiste Hubert Bernard.

Consensus et dialogue

Sociale ? Parce que l’éco-hameau doit être le fruit d’un consensus entre tous ses occupants. Pour Hubert et Marc-Alexis, pas question de livrer les maisons clé en main, à l’instar des promoteurs immobiliers. « Nous devons dialoguer, mettre en commun nos envies et nos connaissances pour construire l’éco-hameau qui nous ressemble », explique Marc-Alexis Morelle.

Pour l’heure, il n’existe donc aucun plan, ni même aucune esquisse de cette future bourgade alternative. Seule certitude : elle devra satisfaire des normes écologiques rigoureuses, fixées par une charte.

Utilisation de matériaux sains, récupération, autonomie énergétique… Aucune technique « propre » ne sera négligée.

Un véritable laboratoire

Au contraire. « Nous souhaitons faire de notre éco-hameau un véritable laboratoire, on y testera Lire la suite

L’économie mixte en pointe pour les éco-quartiers

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 11 mars 2009,

Aménagement : L’économie mixte en pointe pour les éco-quartiers

L’aménagement est un secteur qui peut accélérer une conception développement durable dans la vie économique. Réalisés par des sociétés d’économie mixte (Sem), des éco-quartiers commencent à voir le jour dans l’ensemble de l’hexagone. Nous ouvrons aujourd’hui le dossier qui se poursuivra jusqu’au mardi 17 mars avec des reportages à Frontignan, Angers, Rouen et Grenoble. En partenariat avec le journal des Entreprises publiques locales, servirlepublic.fr.

Concevoir un éco-quartier suppose de sortir des chemins habituels de la promotion immobilière et de l’aménagement. Une mission délicate qui demande d’intégrer de nouveaux paramètres comme l’utilisation des énergies renouvelables, la qualité environnementale ou encore la mixité sociale. C’est pourquoi les collectivités locales qui se fixent de telles orientations, très développement durable, préfèrent souvent les confier aux sociétés d’économie mixte (Sem), ces sociétés de droit privé dont elles contrôlent légalement la majorité du capital, associées à d’autres opérateurs privés.

Dans le domaine des éco-quartiers c’est une Sem, Val de Bourgogne, qui a joué les pionnières avec l’aménagement de l’éco-quartier de Saint-Jean des Jardins à Chalon-sur-Saône. Mais elles sont nombreuses à relever aujourd’hui le défi à travers l’hexagone comme Rouen Seine Aménagement, Hérault Aménagement (à Frontignan), la Sara (à Angers) ou encore la Sages (à Grenoble).

La création d’au moins un éco-quartier par ville d’ici à 2012 figure, il est vrai, parmi les propositions issues du « Grenelle de l’environnement ». C’est sans doute l’un des défis les plus complexes auxquels les Sem doivent faire face. Il ne s’agit pas d’aménagement classique et il faut prendre en compte de multiples paramètres, souvent innovants.
Des exigences environnementales, mais aussi sociales

L’éco-quartier doit minimiser son impact sur l’environnement, utiliser autant que possible les énergies renouvelables, réduire son empreinte écologique et renforcer l’efficacité énergétique de ses bâtiments. Le concept est d’ailleurs généralement lié à une approche HQE (Haute qualité environnementale). Mais, il doit aussi assurer une mixité sociale et urbaine et une intégration harmonieuse avec le reste de la ville. Nos voisins européens avaient ouvert la voie avec le quartier Vauban de Fribourg (Allemagne) en 1993 ou l’ensemble BedZed, à Sutton (Grande-Bretagne) en 2001. Les villes européennes s’étaient d’ailleurs engagées dès 1994, lors de la conférence sur les villes durables d’Aalborg, au Danemark, à mettre en oeuvre un urbanisme responsable.

Une démarche européenne

Sept ans plus tard, le PUCA (Plan, Urbanisme, Construction et Architecture) a été précurseur en France avec son programme « Villa urbaine durable » (VUD), lancé en 2001, en partenariat avec le ministère de l’Écologie et du développement durable, pour « un habitat urbain, mixte et écologique ». C’est dans ce cadre que Lire la suite

Reims vise 95 000 m2 de toits solaires

Greenunivers, NC, le 2 mars 2009

Reims vise 95 000 m2 de toits solaires

C’est le projet le plus ambitieux porté par une collectivité française à ce jour : l’agglomération de Reims (Marne) veut louer à un opérateur le droit d’exploiter 95 000 m2 de terrasses de bâtiments publics et de terrains municipaux et communautaires pour y installer des panneaux photovoltaïques.

Ce programme d’environ 10 MW devrait permettre de produire 10 millions de kw/h par an et rapporter 300 000 euros chaque année à la collectivité, selon la ville.

Plusieurs opérateurs auraient déjà manifesté leur intérêt. L’appel d’offres sera lancé en mai et la désignation de l’operateur est prévue pour septembre prochain.

Ce projet est l’action la plus spectaculaire de la nouvelle politique de développement durable présentée par Adeline Hazan, maire (PS) de Reims (188 000 habitants) et présidente de Reims Métropole. L’objectif est de diviser par quatre les émissions de CO2 de l’agglomération d’ici à 2050.

D’autres actions sont prévues. A partir de septembre prochain, Reims Métropole versera une aide aux taxis s’équipant de véhicules neufs faiblement émetteurs de CO 2, équivalente à la prime accordée aux particuliers par l’Etat pour l’achat d’un véhicule peu polluant.

La ville veut aussi encourager les bâtiments verts. Elle a établi un label « Reims Métropole Développement durable », avec l’aide de maîtres d’ouvrages et d’organismes de certification, qui comporte un volet HQE (Haute qualité environnementale) et un volet énergétique.  Il comporte quatre catégories Lire la suite