Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

bastamag.net, Sophie Chapelle, Chris Jordan, le 25 novembre 2010

http://www.bastamag.net/article1145.html

Transition écologique – Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

Tout le monde n’attend pas que gouvernements et chefs d’État s’entendent sur un hypothétique accord pour sauver le climat. Loin de Cancún, où se tiendra le prochain sommet sur le réchauffement climatique, des réseaux associatifs et des municipalités se lancent dans d’ambitieux programmes pour libérer leurs villes de la dépendance pétrolière. Comment font ces « villes en transition » ? Exemple à Boulder, près de Denver, aux États-Unis.

Aux pieds des montagnes Rocheuses, dans le Colorado, la ville de Boulder, tente l’impossible : se libérer du pétrole au pays des road movies, des drive in, de l’essence peu chère… et des plus grosses émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde. L’objectif, pour les 300.000 résidents de ce bastion démocrate, est de passer d’une consommation annuelle de neuf barils de pétrole par personne, à un seul.

L’une des chevilles ouvrières de cette révolution locale s’appelle Michael Brownlee. Ancien journaliste, il a été chercher l’inspiration en Grande-Bretagne, là où est né un étrange mouvement, celui des « villes en transition ». Le concept est lancé en 2006 par un enseignant en permaculture, Rob Hopkins. Celui-ci demande à ses étudiants d’identifier les dépendances au pétrole de la ville de Kinsale, dans le Sud de l’Irlande. Dans la foulée, les chercheurs élaborent un scénario de descente énergétique ambitieux, mais réaliste, d’ici 2030. C’est de cette expérience qu’émerge le concept de « transition ». Le défi est majeur : éviter aux populations les dramatiques conséquences d’un pic pétrolier trop brutal (l’épuisement progressif des ressources pétrolières) et contribuer concrètement à la lutte contre les dérèglements climatiques, sans attendre d’hypothétiques accords internationaux. Le Manuel de Transition : De la dépendance au pétrole à la résilience locale de Rob Hopkins vient d’ailleurs d’être traduit en français (aux éditions Ecosociété avec la revue Silence).

Transition écologique rime avec processus démocratique

À son retour, Michael Brownlee lance le Transition Boulder County pour transformer cette agglomération moyenne en ville « décarbonée ». « Nous avions besoin de modèles à suivre. Le mouvement de la transition nous en fournit un », explique-t-il. Le terrain est favorable. La ville de Boulder et son comté sont déjà en pointe en matière environnementale. Dès 2002, la ville adopte la résolution dite « de Kyoto » pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre [1] puis adopte dans la foulée un plan action climat avec un budget annuel avoisinant un million de dollars. Chaque grande mesure est soumise par référendum à la population. Un premier amendement impose ainsi que 10% de l’énergie consommée provienne Lire la suite

Rapport Roussely : sauver le nucléaire français à coup de mesures scandaleuses

sortirdunucleaire.org, communiqué de presse, le 30 juillet 2010

http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=roussely&page=index

Nucléaire français : ça sent le Roussely…

Rapport Roussely : sauver le nucléaire français à coup de mesures scandaleuses

Les grandes lignes du rapport Roussely, remis au Président de la République en mai dernier et classé secret défense, ont été rendues publiques par l’Elysée, le mardi 27 juillet 2010.

Nucléaire français : un bilan économique et industriel désastreux

Le rapport Roussely reconnaît l’ampleur des déboires que rencontrent Areva et EDF sur les chantiers des réacteurs EPR en construction, en France et en Finlande : « la crédibilité du modèle EPR et de la capacité de l’industrie nucléaire française à réussir de nouvelles constructions de centrales ont été sérieusement ébranlées par les difficultés rencontrées sur le chantier finlandais d’Olkiluoto et sur celui de la troisième tranche de Flamanville« . En cause, « la complexité de l’EPR » qui « est certainement un handicap pour sa réalisation et donc ses coûts ».

Estimant que « la filière nucléaire doit atteindre une compétitivité attractive pour l’investissement privé« , Roussely reconnaît que le nucléaire n’a jusqu’ici jamais été compétitif ni économiquement efficace, contrairement à ce que clame le marchand de centrales Areva. Roussely pointe la contre-performance du parc nucléaire français : « alors que la disponibilité moyenne mondiale des centrales nucléaires a significativement augmenté au cours des 15 dernières années, la disponibilité des centrales nucléaires françaises diminue fortement depuis quelques années« .

La déroute de l’EPR est telle que, selon Roussely, « c’est la crédibilité, et donc l’existence même » de l’industrie nucléaire française qui est en jeu. Pour faire face, Roussely fait feu de tout bois, en préconisant des « mesures d’urgence » toutes plus scandaleuses les unes que les autres.

Faire payer le consommateur et détourner des financements publics

Roussely préconise « une hausse modérée mais régulière des tarifs de l’électricité afin de permettre la préparation du financement du renouvellement du parc« . Le nucléaire coûte trop cher? Qu’à cela ne tienne, il suffit de faire payer le consommateur. A force d’être « régulière », la hausse des tarifs risque de ne pas rester « modérée » très longtemps…

Roussely propose de détourner une partie des financements destinés aux énergies renouvelables, au profit de l’industrie nucléaire. L’uranium qui permet aux centrales de fonctionner est un minerai épuisable, non renouvelable : le nucléaire est une énergie fossile, au même titre que le pétrole et le charbon. Pourtant, Roussely propose de « poursuivre une action politique résolue pour obtenir que tous les financements multilatéraux destinés aux énergies renouvelables soient aussi Lire la suite

Energie solaire en Aquitaine : la course contre la montre

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La politique énergétique française vue par l’Agence Internationale de l’Energie : une analyse sourde, aveugle et muette !

Revue de l’AIE sur la politique énergétique française : une analyse sourde, aveugle et muette !

cdurable.info, le 27 juillet 2010.

http://www.cdurable.info/+Revue-de-l-AIE-sur-la-politique-energetique-francaise-une-analyse-sourde-aveugle-et-muette-pour-le-CLER,1766+.html

Tous les 4 ans, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) – organe de coopération entre les 28 pays membres de l’OCDE centré sur l’énergie – réalise une revue de la politique énergétique de chacun de ses pays membres.

Le rapport concernant la France publié le 26 Juillet 2010 se montre très décevant et même inquiétant. Les experts associatifs pointent les défauts du processus de concertation sur la forme et le manque d’analyse critique de la revue sur le fond.

Un rapport sourd aux ONG

Le processus d’élaboration du rapport comprend plusieurs phases de débat et de concertation entre les représentants des ministères des pays membres et le Secrétariat de l’AIE. Les autres acteurs concernés sont en principe eux aussi associés à la démarche.

Contrairement à ce qui se fait dans les autres pays, le Ministère du développement durable (MEEDDM), en l’occurrence la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), a refusé d’inclure les acteurs associatifs français de l’énergie et de l’environnement (si ce n’est ponctuellement la Fondation Nicolas Hulot) dans le programme de réunions consultatives.

Ce faisant, la DGEC a privé l’équipe de revue de toute possibilité de discussion directe avec des représentants de la société civile dont la connaissance et l’expertise – notamment en terme d’énergie durable – ont pourtant été largement reconnus durant tout le processus d’élaboration du Grenelle de l’environnement. L’ambitieuse future réglementation thermique RT 2012, dont se félicite l’AIE, est par exemple le fruit des propositions des associations.

Rappelons que le dialogue avec la société civile fait intégralement partie des engagements des pays membres de l’OCDE, ce qu’ont bien compris de nombreux pays membres qui ont pleinement intégré les associations dans le processus de concertation.

Un rapport aveugle vis à vis du nucléaire

Le processus de Grenelle avait été marqué par l’exclusion d’entrée du nucléaire – pourtant placé au centre de la politique énergétique française depuis 1973 – du champ des discussions. Si cette séparation artificielle a sans doute favorisé les avancées de la concertation sur les autres volets de la politique énergétique, elle ne saurait demeurer dans la mise en œuvre concrète des orientations correspondantes.

Les projections officielles « post-Grenelle » du gouvernement français prévoient explicitement, à la fois de stabiliser la consommation d’électricité et de développer la part de la production électrique d’origine renouvelable… tout en assurant le maintien voire l’augmentation de la capacité de production nucléaire. Pour « boucler » le scénario, le Gouvernement ne peut que parier sur une augmentation sans précédent des exportations d’électricité qui n’a aucune chance de se réaliser, ce qui ne peut en retour qu’entraver les progrès sur la demande ou les renouvelables sur un marché national saturé.

L’AIE ignore ou feint d’ignorer dans son analyse cette Lire la suite

Pour ERDF, le photovoltaïque serait dangereux

developpementdurable.com, Héloïm Sinclair, le 21 juillet 2010

http://www.developpementdurable.com/technologie/2010/07/U195/pour-erdf-le-photovoltaique-serait-dangereux.html

Pour ERDF, le photovoltaïque serait dangereux

Cette semaine du début de l’été 2010 nous vaut une parfaite illustration du tropisme français : une culture anti-énergies renouvelables héritée de l’atom’cratie. Ainsi, lors du congrès de l’Union Française de l’Electricité du 22 juin, Mme Bellon, présidente d’Electricité réseau de France (ERDF), a créé le buzz médiatique en affirmant que le développement du photovoltaïque en France pourrait dans les prochaines années, être cause de « black-out ». En clair, pour la présidente d’ERDF, le photovoltaïque va faire courir des risques de rupture de l’alimentation électrique aux Français, pour cause de surproduction d’électricité solaire.

Michèle Bellon, présidente du directoire d’ERDF, a mis en garde «contre la prolifération des panneaux photovoltaïques, qui pourrait se traduire par des coupures de courant… Je suis assez inquiète car tout cela va très vite. D’ici deux ou trois ans, on sera confronté à de vrais problèmes d’équilibre entre l’offre et la demande sur la boucle locale… ».

Quand j’ai lu cela, j’ai en premier lieu cru qu’il s’agissait d’une blague. La France cumulait moins de 300 MW connectés au réseau électrique fin 2009, l’Allemagne près de 10 000 MW. Alors que l’Allemagne a déjà atteint en 2010 l’objectif officiel français pour l’électricité solaire (1 % de la consommation) pour 2020, force est de constater que le réseau allemand se révèle robuste pour absorber la contribution solaire.

Le gestionnaire du réseau électrique français est-il parano ou juste de mauvaise foi ? L’un n’empêchant pas l’autre… Avec 1/30ème de la puissance solaire installée en Allemagne, la France a de quoi voir venir sans se faire peur… Qui plus est, les réseaux intelligents permettront d’accroître encore les possibilités de raccordement du solaire de nos pays.

Pour que Madame Bellon se rassure (et nous rassure), elle pourrait utilement consulter l’étude européenne « European Distributed EnErgy Partnership – Eu DEEP », regroupant toutes les parties prenantes (distributeurs, producteurs, fabricants, agences nationales de l’énergie et laboratoires de recherche,…). Cette initiative pour l’intégration de sources d’énergies décentralisées dans le système électrique est réellement crédible, de par ses 42 partenaires (RWE, Iberdrola, GDFSUEZ, SAFT, Siemens, …). Elle conclut que Lire la suite

Energie éolienne : la leçon danoise – Un mélange de volonté politique

lemonde.fr, Bertrand d’Armagnac, le 27 juillet 2010

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2010/07/27/energie-eolienne-la-lecon-danoise_1392444_3244.html

Energie éolienne : la leçon danoise

Le parc Horns Rev 1, au large du port d’Esbjerg sur la mer du Nord, dépoie 80 éoliennes d’une puissance de 160 MW.

A 30 km de la côte ouest du Danemark, au large du port d’Esbjerg, les 91 turbines du parc éolien de Horns Rev 2 tournent jour et nuit, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve. Au total, 209 MW sont déployés depuis septembre 2009 sur près de 35 km2. Un peu plus près de la côte, le parc Horns Rev 1, mis en place en 2002, déploie 80 machines d’une puissance de 160 MW. Cet ensemble constitue actuellement le plus grand parc offshore au monde. Il est aussi le plus récent exemple de la politique du Danemark en matière de promotion des énergies renouvelables.

Alors qu’en France l’adoption tumultueuse de la loi Grenelle 2 a ouvert une période d’incertitude pour l’éolien, les Danois affichent les résultats flatteurs d’un développement construit, depuis une trentaine d’années, sur un mélange de volonté politique, de simplification administrative et de coopération avec les populations locales.

Plus de 22 % de l’électricité produite au Danemark provient de l’éolien, terrestre ou marin, contre environ 1,5 % en France. Pour en arriver là, les Danois ont joué sur plusieurs leviers. Tout d’abord, cette énergie est ici un peu plus « l’affaire de tous » que dans d’autres pays. « Le mouvement pour les éoliennes est parti du terrain », explique Ann Pedersen Bouisset, du ministère des affaires étrangères, « les premières petites éoliennes ont été installées par des coopératives issues de communautés ou de municipalités ».

L’IMPLICATION DE LA POPULATION

Cette démarche participative est toujours présente dans l’accord de politique énergétique, élaboré en février 2008 par le gouvernement et le Parlement afin de tracer la stratégie énergétique du pays. Le texte permet aux citoyens de prendre des participations dans les projets de parcs éoliens proches de chez eux. Et un fonds aide les associations de propriétaires locaux de turbines à financer les études préliminaires sur les projets d’implantation.

Cette méthode a facilité l’acceptabilité sociale de l’éolien en garantissant aux populations qu’elles auraient voix au chapitre. Ainsi 90 % des Danois citent en priorité l’éolien pour le développement des énergies renouvelables, selon un récent sondage.

Pour les parcs Horns Rev 1 et 2, le dialogue avec les pêcheurs s’est aussi fait en amont. Les pêcheurs d’Esbjerg ne se sont pas opposés au projet, convaincus Lire la suite

Landes, une centrale solaire de 300 ha – Energie solaire : trouver l’équilibre

sudouest.fr, Bernard Broustet, le 10 juillet 2010

Energie solaire : trouver l’équilibre

Après la mise en service de l’immense centrale du Gabardan (40), seule une partie des projets régionaux devrait voir le jour.

La plus grande centrale photovoltaïque développée à ce jour en France a été inaugurée hier à Losse (Landes). Pour l’heure, cette centrale du Gabardan, nom du territoire où elle est installée, a une puissance installée d’une quarantaine de mégawatts (MW), dont 12 alimentent d’ores et déjà le réseau. D’ici au début 2011, les panneaux photovoltaïques devraient s’étendre sur une superficie de quelque 300 hectares, délivrant une puissance maximale de 44 MW, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 40 000 habitants.

L’entrée en service de la centrale marque l’aboutissement d’une démarche menée conjointement par EDF Énergies Nouvelles, filiale de l’électricien français, et par la Communauté de communes du Gabardan, qui s’efforce d’enrayer le déclin démographique de ce territoire de l’Est landais, où les tempêtes et le pernicieux champignon Fomes ont causé de graves dégâts au massif forestier.

Une usine à Blanquefort

L’opération s’est accompagnée de l’aide au reboisement d’une surface équivalente à celle de la centrale (environ 300 hectares) auprès d’une cinquantaine de propriétaires forestiers du canton. Par ailleurs, la création de la centrale a donné en quelque sorte le coup d’envoi du partenariat entre EDF Énergies Nouvelles et la société américaine First Solar, qui a équipé le site en panneaux. Ce partenariat va se concrétiser par la construction à Blanquefort d’une usine de First Solar, engendrant la création annoncée de quelque 400 emplois. Une opération dans laquelle EDF Énergies Nouvelles, dont le président Pâris Mouratoglou se trouvait hier à Losse, est fortement impliqué.

La réalisation du Gabardan ne constitue que le premier chapitre d’un feuilleton photovoltaïque régional à la fois fourni et incertain. Car l’Aquitaine, et notamment le massif forestier gascon, a été un véritable aimant pour les entreprises désireuses de développer des installations au sol. La présence de grandes disponibilités foncières, accrues par la tempête Klaus, a déclenché une véritable ruée. Selon le préfet des Landes Evence Richard, on compte quelque 110 projets dans le seul département, dont une bonne partie émane d’EDF Énergies Nouvelles. L’on sait par ailleurs que celle-ci a obtenu le feu vert pour une installation à Saint-Symphorien (Gironde), tandis qu’une enquête publique est en cours à Cestas pour un projet de First Solar, presque équivalent à celui du Gabardan.

Tarifs avantageux

Mais, comme l’a souligné hier Henri Emmanuelli, seule une fraction des multiples projets en gestation devrait aboutir. D’une part, en effet, il n’est pas sûr que le tarif de rachat Lire la suite

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde – Un déclin de la production pétrolière est probable à court ou moyen terme

petrole.blog.lemonde.fr, Matthieu Auzanneau, le 16 juin 2010

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde

« Un déclin de la production pétrolière est probable à court ou moyen terme. »

Deux institutions anglaises au combien prestigieuses viennent de rejoindre la liste déjà longue des lanceurs d’alerte sur le ‘peak oil’ (ou ‘pic pétrolier’, c’est-à-dire l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin irréversible).

Dans un rapport publié le 8 juin, la Lloyd’s, l’un des leaders mondiaux de l’assurance, et Chatham House, l’institut royal des affaires internationales, s’alarment à leur tour de l’éventualité d’un choc pétrolier imminent. Les auteurs, deux chercheurs de Chatham House, soulignent qu’un déclin de la production pétrolière est « probable à court ou moyen terme », et évoquent la nécessité d’une « troisième révolution industrielle ». Ils préviennent :

« Même avant que nous atteignions le pic pétrolier, nous pourrions assister à une pénurie de pétrole à cause de la hausse de la demande en Asie. »

Richard Ward, directeur général de la Lloyd’s, écrit : « Nous sommes entrés dans une période de profonde incertitude vis-à-vis de la façon dont nous nous fournirons en énergie pour produire de l’électricité, nous chauffer et nous déplacer, et sur le prix que nous devrons payer cette énergie. »

Le rapport met en cause l’analyse de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui compte sur le cartel de l’Opep pour compenser la baisse de la production hors-Opep, précise l’Agence France Presse dans une dépêche titrée : « Une pénurie de pétrole menace le monde ». Les auteurs du rapport indiquent :

« En comparant les prévisions et les chiffres actuels des capacités de production de l’Opep et de la production non-Opep, on voit que les attentes de l’AIE et les objectifs des pays producteurs n’ont pas été remplis. »

Cette critique fait écho à l’analyse historique publiée sur ce blog par Lionel Badal, un thésard du King’s College de Londres, selon laquelle l’AIE dissimule depuis 1998 le problème du peak oil.

La Grande-Bretagne est la pointe du débat sur le peak oil, depuis que Lord Hunt, ministre de l’énergie britannique, a accepté de répondre aux interrogations pressantes d’une Peak Oil Task Force fondée par le groupe Virgin et par d’autres industriels britanniques inquiets. David King, ex-principal conseiller scientifique des premiers ministres britanniques Tony Blair et Gordon Brown, affirme que les rapports officiels surestiment de 30 % le montant réel des réserves de pétrole conventionnel.

Chatham House, fondée en 1920, est le temple de la géopolitique (une invention d’outre-Manche) [DR]

La Lloyd’s et Chatham house, deux vénérables institutions (l’histoire de la Lloyd’s remonte au XVIIe siècle) rejoignent les nombreuses sources solides qui mezza vocce ou pas, sonnent l’alarme. Parmi ces sources figurent Lire la suite

« No impact man » de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective

Biosphère – INFO n° 240 : « No impact man »

Contact : biosphere@ouvaton.org

No impact man de Colin Beavan est un livre qui pose au fond le problème de l’articulation entre comportement individuel et décision collective. Ces deux aspects sont absolument complémentaires d’autant plus que nous agissons par mimétisme ou interaction spéculaire : tu fais parce que je fais parce que nous faisons tous. Colin Beaval espère une « réaction en chaîne » : plus nous serons nombreux à imiter le no impact man, plus la nécessité de faire de même se répandra dans la société. Mais dans une société bercée par le confort  et la sidération des masses, il n’est pas évident aujourd’hui de se diriger vers la simplicité volontaire et le refus de l’ascenseur quand il faut grimper 9 étages.

Pourtant, c’est possible, et la réduction des ressources naturelles nous incitera de toute façon à limiter notre empreinte écologique. Sauf régime autoritaire et inégalitaire, les politiques suivront alors l’exemple des objecteurs de croissance et seront eux-mêmes en nombre croissant à modifier leur mode de vie…

Voici quelques extraits du livre :

1/7) introduction

Pendant un an (en 2007), ma femme Michelle, ma fille Isabella et moi, qui habitons en plein cœur de New York, avons essayé de vivre sans causer d’impact sur l’environnement. Autrement dit, nous avons fait de notre mieux pour éviter de produire des déchets (finis les plats à emporter), réduire nos émissions de dioxyde de carbone (finis la voiture et l’avion), ne plus rejeter de substances toxiques dans l’eau (fini les détergents), arrêter d’acheter des denrées de contrées lointaines (finis les fruits de Nouvelle-Zélande). Evidemment, finis aussi : l’ascenseur, les aliments conditionnés, le plastique, la climatisation, la télé, les articles neufs…

Je n’avais pas l’intention de faire dans la demi-mesure, de me contenter d’utiliser des ampoules basse consommation ou de recycler à tout-va. L’idée était d’aller aussi loin que possible, d’atteindre le zéro impact environnemental. Je visais non seulement le zéro carbone mais aussi le zéro déchet, zéro pollution dans l’air, zéro toxine dans l’eau, zéro ressource pompée à la planète. Je ne voulais aucune empreinte écologique. J’avais décidé de contrebalancer tout impact négatif par un impact positif. J’avais conscience que ce serait dur. J’ai donc décidé que nous procéderions par étapes. Je ne tenais pas à ce que ma femme et ma fille me quittent. Mais en faisant du mal à ma famille pour ne pas faire du mal à la planète, j’ai mis le doigt sur des choses importantes.

2/7) les raisons d’un engagement

– Dans notre société, il est quasiment impossible d’assouvir ses besoins sans laisser derrière soir une traînée de détritus, de pollution et de gaz à effet de serre. Le jour où la planète ne pourra plus nous offrir cette abondance de ressources, l’humanité tout entière devra faire preuve d’une abstinence surhumaine.

– Evidemment que les Américains achètent des voitures ! L’industrie automobile a fait en sorte que Lire la suite

Éoliennes collectives sur le causse du Larzac : un projet dans la tourmente

midilibre.com, Patrick Nappez, le 4 avril 2010

Éoliennes collectives sur le causse du Larzac : un projet dans la tourmente

Parfum de paradoxe ! Le discours dominant promeut la nécessité absolue de développer des énergies alternatives pour le XXIe siècle. Via le fameux Grenelle de l’environnement, des objectifs ont été définis, dont celui de produire 10 % d’électricité éolienne en 2020 ! Or, tous les programmes éoliens en cours doivent faire face à mille obstacles, parfois encouragés par les mêmes qui fixent les objectifs. Un exemple parmi d’autres : un projet inédit porté par des habitants du Larzac est contesté localement. Au même moment, les pro et les anti-éolien s’affrontent par mission parlementaire interposée. Tout cela ne manque pas de souffle mais risque bien de sombrer dans la perte d’énergie.

Un plateau, c’est exposé à tous les vents ! Le causse du Larzac n’y échappe pas, souvent au désagrément de ses habitants. Pourtant, au pied de fantomatiques tours de calcaire et autour de discrètes dolines s’est insinuée dernièrement la promesse d’un vent meilleur. 

Il apporterait tout à la fois un début de réponse aux défis énergétiques du XXIe siècle, une source de revenus et une dynamique de développement en complément des activités agricoles, commerciales et artisanales, et encore une forme de citoyenneté et de lien social dont ici aussi on aurait bien besoin. 

Tout cela réside dans un projet éolien modeste par sa taille (trois machines de 800 kilowatts et une de 600 kilowatts) mais inédit par son montage et sa philosophie : l’opération n’est pas portée par un major du secteur éolien, mais par une centaine de co-actionnaires, représentant les forces vives des hauts cantons, à la frontière de l’Hérault et de l’Aveyron. 

« Des habitants ont décidé de s’approprier le développement économique et de diversifier les sources de revenus, notamment ceux d’une agriculture en plein bouleversement. Il s’agit de montrer aux jeunes qu’il y a des possibilités pour l’avenir… », s’enthousiasme Jean-Louis Vidal, éleveur au domaine de Tapié (sur la commune aveyronnaise de Cornus) et initiateur de ce projet éolien en propriété collective. 

Via un comité de développement agricole de la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, diverses associations et organismes, Jean-Louis Vidal et quelques pionniers ont construit le projet pas à pas, chaque fois surpris par l’engouement recueilli dans les villages concernés : Cornus en Aveyron, Le Caylar, Les Rives et Roqueredonde dans l’Hérault. 

« Le côté fédérateur a permis de surmonter les rivalités de clocher », estime Jean- Louis Vidal. Cependant, il n’a pas réussi à faire l’unanimité dans cette partie du Larzac. Comme partout, dès qu’il s’agit d’éoliennes, des particuliers ont intenté un recours administratif pour s’opposer au permis de construire délivré en décembre 2009, par le préfet de l’Aveyron, après un premier refus en juin 2007. 

Les motivations paysagères Lire la suite

L’abandon de la taxe carbone, une triple erreur

energie.lexpansion.com, Alain Grandjean, le mardi 30 mars 2010

L’abandon de la taxe carbone, une triple erreur

L’annonce de la taxe carbone au lendemain des régionales ne laisse pas de doute à l’interprétation : il s‘agit bien d’une décision politique qui vise à tenter de rassembler la majorité en supprimant un foyer de discorde.

Une erreur politique

Pour autant, c’est une erreur au plan politique : notre pays n’a jamais eu autant besoin de direction et de sens. Cet volte-face de plus est l’aveu d’un manque de vision. D’autant qu’il  a été annoncé par le premier ministre puis par le président de la République dans des  discours ne faisant pas la moindre allusion  à la nécessité de tenir compte des enjeux écologiques et énergétiques ni du développement durable, alors que le numéro 2 du gouvernement, Jean Louis Borloo également ministre d’Etat,  est toujours le ministre de l’Ecologie. Il est évident que le repli annoncé sur des valeurs traditionalistes ne constitue pas un cadre politique suffisant dans un monde aux incertitudes croissantes et confronté à des risques nouveaux qu’ils soient géopolitiques, sanitaires, énergétiques ou écologiques. Or il est difficile de croire que ces enjeux ne seront pas présents aux élections présidentielles de 2012. Il est encore plus difficile de croire à l’efficacité d’une politique qui ne serait pas fondée sur des processus d’écoute et de concertation permettant de tenir compte sérieusement de l’ensemble des informations disponibles.

Le gouvernement était divisé sur la manière de piloter le passage à une économie durable, avec des missions contradictoires (la relance de la croissance confiée à la commission Attali, la remise en cause du concept et de sa mesure confiée à la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi), avec des difficultés de communication et de coopération bien connues entre le MEEDM (Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer) et Bercy. Il était sans doute préférable de procéder un remaniement ministériel d’envergure, par exemple en réunissant  l’économie et le développement durable, pour impulser un nouveau souffle et un nouveau mode de travail, seul à même de redonner cette direction et  ce sens.

Une erreur économique et sociale

Au plan économique, le refus manifeste d’envoyer un « signal carbone », même limité et cantonné (du fait des exemptions du projet de loi),  est une grave erreur. Sans ce signal,  comment orienter les acteurs économiques vers une économie moins dépendante d’énergies fossiles dont le prix va augmenter inévitablement dans les très prochaines années ? Comment  inciter les entreprises à investir dans des produits et des services « bas carbone », dont les ménages et les entreprises auront le plus grand besoin ? Comment préparer les esprits à la grave menace, celle d’une hausse du prix des énergies,  qui pèse sur tous ? Rappelons qu’un « signal prix » est entendu par tous les agents économiques contrairement à des discours, et surtout dans une période de perte de confiance dans les autorités, notamment politiques. Ne rien faire sur ce plan c’est laisser les forces de marché décider de ce prix et de ces aléas. C’est laisser les plus précaires dans des difficultés croissantes. C’est ne pas se préparer à un prochain choc pétrolier (annoncé à horizon de 2 ou 3 ans par les entreprises du secteur et  par les économistes), dont les effets économiques et sociaux seront insupportables à beaucoup d’entreprises et de ménages.

Une erreur écologique

Inutile de dire qu’au plan écologique, c’est aussi une erreur. A supposer que l’Europe retrouve le chemin de la croissance, sans taxation progressivement plus forte du carbone dans les secteurs diffus, ce qui était l’objet de la taxe, cette expansion s’accompagnera Lire la suite

Positionnement de la SEPANSO sur les LGV

sepanso.org, Pierre Delacroix, Président d’Honneur de la SEPANSO, le 19 mars 2010

Positionnement de la SEPANSO sur les LGV

1.- Rappel historique

Le développement du système TGV date des années 70. A cette époque, le lancement du système avait un double but :

– D’abord, irriguer le territoire national par un réseau modernisé de chemin de fer, s’inscrivant dans une perspective volontariste d’Aménagement du Territoire.

– Ensuite, mettre ce réseau en position d’alternative à la tentation de développement d’un Réseau aérien qui aurait mis les principales métropoles du territoire national à quelques heures de la capitale. Comme on le voit, c’est une vision « hyper-centralisatrice », celle qui a dominé pendant le XIXe siècle et les trois quarts du XXe siècle.

Ces deux finalités ont eu pour effet, par leur logique de modernisation et d’aménagement du territoire, de conduire les écologistes des décennies 70-80 à juger « acceptable » le système TGV, malgré les problèmes déjà perceptibles et déjà analysés à l’époque.

Géographes et économistes discutent encore du résultat de la première option. Elle a été reconnue comme positive de façon générale, à partir des hypothèses de départ, et ce n’est que quelques décennies plus tard (disons en gros à partir de 2000) que le principal effet négatif a été mis en évidence, un effet lié très étroitement au facteur vitesse. Comme prévisible, le système a polarisé positivement les extrémités des lignes : en général, des métropoles régionales, aux dépens des pôles urbains intermédiaires sur lesquels les lignes, par définition, faisaient l’impasse.

Tout autant pour des raisons de capacité des lignes que de sécurité, la grande vitesse à la française (>250 km/h) ne supporte pas le partage des lignes avec des convois lents, malgré les affirmations de ses défenseurs. Il n’existe aucun cas de ce genre en France. Cela ne serait possible qu’avec des vitesses telles que celles pratiquées par nos voisins européens. Cette vitesse élevée impose également une distance de séparation des voies[1] un peu plus importante que sur les lignes classiques afin de limiter les effets de souffle lors des croisements. Ceci a conduit à vouloir créer systématiquement des lignes nouvelles dédiées à la grande vitesse plutôt que de réutiliser le réseau existant.

Compte tenu des contraintes de pente et de courbure imposées par la grande vitesse d’exploitation recherchée, la construction de lignes nouvelles à grande vitesse occasionne des dommages environnementaux très importants et totalement irréversibles sur leur tracé, et impose des contraintes très lourdes (altération des paysages, coupures de voirie, bruits et vibrations, dépréciation du foncier) aux nouveaux riverains qui, des lignes nouvelles, ne subissent que les inconvénients. En effet, non seulement ils ne bénéficient pas de la desserte par TGV qui sera réservée aux métropoles situées aux extrémités des lignes, mais encore ils perdent la qualité du service jusque là offert par le réseau classique puisque les efforts financiers très importants consentis en direction des lignes nouvelles se traduisent systématiquement par un abandon progressif des lignes qui assuraient la desserte fine des territoires.

Aujourd’hui, les Régions ont pris le relais pour les dessertes locales, Le système des TER s’efforce de compenser non sans difficultés la polarisation des villes extrêmes. Mais c’est une des raisons qui a soulevé peu à peu, et de plus en plus vigoureusement, une profonde remise en cause des LGV par les populations régionales, réduites à Lire la suite

ENERCOOP – Electricité verte : Soyez branché écologie !

enercoop.fr, communiqué, mars 2010

Soyez branché écologie !

Depuis le 1er juillet 2007, tout consommateur, qu’il soit particulier ou professionnel, locataire ou propriétaire, peut choisir son fournisseur d’électricité. Une chance ? Oui ! Celle de pouvoir choisir un fournisseur éthique et écologique, en accord avec ses valeurs.

Éthique et écologique ?

Enercoop (http://www.enercoop.fr/) est le seul fournisseur à s’approvisionner à 100% et directement auprès de producteurs d’énergies renouvelables : éolien, solaire, hydraulique, biogaz.

En plus de cela, Enercoop est une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Cela signifie :

un réinvestissement de ses bénéfices dans les énergies renouvelables et l’aide à la maîtrise de la consommation,

– la possibilité pour le consommateur de devenir sociétaire de la coopérative, et donc de voter lors des AG et élire des représentants au conseil d’administration.

Comment ça marche ?

Il existe un seul réseau de transport d’électricité, sur lequel les producteurs injectent leur électricité renouvelable et auprès duquel les clients la soutirent. Il n’y a pas d’électrons verts, Enercoop s’engage tout simplement à ce que ses producteurs injectent au moins autant d’électricité verte que vous en consommez. Votre facture vient rémunérer ces producteurs.

C’est super mais comment faire ?

C’est très simple, il suffit Lire la suite

Steven Vromman : L’homme à la faible empreinte écologique – Douze gestes pour la planète

lalibre.be, Samuel Hoste, le 09 février 2010

Douze gestes pour la planète

Au nord du pays vit un homme aux pieds légers pour l’environnement. Son exemple montre qu’il est possible de polluer moins. Tout est question de choix.

Figure atypique à la notoriété grandissante en Flandre, Steven Vromman, dynamique quadragénaire gantois, a décidé après une vingtaine d’années d’une vie professionnelle bien remplie de changer radicalement sa façon de vivre. Son objectif est simple: prouver qu’il est possible à notre époque de vivre bien et durable. Il se lance le défi de réduire un maximum son empreinte écologique pendant 6 mois – celle-ci est calculée en nombre d’hectares nécessaires pour produire ce que nous consommons – et de consigner son histoire dans un livre intitulé « Low impact man« . Cela fait maintenant presque deux ans que Steven poursuit l’expérience et apparemment, il n’a aucune intention de revenir en arrière.

« Bien plus que des gadgets technologiques, ce qui fait la différence dans la lutte pour l’environnement c’est un changement de comportement, explique-t-il. Nous vivons dans une société jetable, il faut toujours avoir plus et changer souvent; pourtant on n’a pas l’impression que les gens soient vraiment plus heureux. Les gens optent souvent pour des choses matérielles à la place de choses vraiment importantes telles que l’amitié, le contact social, un travail enrichissant, etc. » Steven affirme que son changement de mode de vie a augmenté sa qualité de vie, « j’ai moins de produits toxiques dans la maison, je mange plus sain et je fais plus d’exercice. »

Tirés de son expérience quotidienne, voici douze gestes que tout un chacun peut facilement mettre en pratique.

1. Consommer moins. « Pour produire de nouveaux objets il faut beaucoup d’énergie et de matières premières qu’il a fallu extraire ou fabriquer. Ensuite, il y a encore le transport. Tout cela pollue énormément. Or, il n’est pas toujours nécessaire de posséder quelque chose pour en profiter.  » Partant de ce principe, Steven s’est abonné à la bibliothèque et à la médiathèque. Il a ainsi accès à des centaines de livres, CD et DVD. Ces supports resteront dans le circuit du prêt et l’impact écologique que leur production a nécessité est ainsi divisé par le nombre d’emprunteurs.

2. Réutiliser. Dans le même état d’esprit, Steven achète presque exclusivement des articles de seconde main: vêtements, mobilier, vaisselle « On trouve de tout sur les brocantes et dans les magasins de seconde main. C’est aussi une façon d’acheter moins cher.  » Mais Steven concède que certaines choses s’achètent difficilement de seconde main, comme les chaussures par exemple. Dans ce cas, il privilégie des articles de bonne qualité qu’il gardera longtemps.

3. Réduire ses poubelles. Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas. Pour réduire ses poubelles, rien de tel que d’acheter un maximum de produits sans emballage, et quand ce n’est pas possible, il vaut mieux privilégier les emballages recyclables (verre, carton ) ou recyclés. Steven va plus loin: « je bois l’eau du robinet, donc pas de déchets. Quand je vais acheter du fromage, j’emporte ma boîte à fromage. Je réutilise les sachets à pain. Je fais aussi beaucoup mes courses sur le marché car les produits n’y sont pas préemballés. »

4. Manger moins de viande. « 18 % de la production mondiale de CO2 provient du bétail élevé pour nous nourrir.  » Dès lors, Steven a opté pour une alimentation végétarienne (dans son cas, sans viande ni poisson). « Si tous les Belges mangeaient végétarien un jour de la semaine, cela équivaudrait à Lire la suite

Dur de se mettre au vert ! – Pionnière en matière d’environnement, Boulder (Colorado) a bien du mal à réduire ses émissions de GES

courrierinternational.com, N° 1008, The Wall Street Journal, Stephanie Simon, le 25 février 2010

Dur de se mettre au vert !

Réputée pionnière en matière de respect de l’environnement, la ville universitaire de Boulder, dans le Colorado, a pourtant bien du mal à réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Au printemps 2010, des techniciens embauchés par la mairie seront déployés aux quatre coins de la ville pour remplacer, aux frais des contribuables, les ampoules électriques de milliers de foyers par des modèles basse consommation. Pourtant, lorsque les responsables municipaux ont décidé, en 2006, de faire de Boulder une ville pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique, ils ne s’imaginaient pas qu’ils devraient jouer les nounous. La cause semblait parfaitement correspondre aux idéaux des résidents, pour la plupart progressistes et passionnés de plein air. “Mais nous nous sommes rendu compte qu’il est extrêmement difficile de convaincre une majorité de personnes d’agir”, souligne Kevin Doran, chercheur à l’université du Colorado.

Les objectifs de Barack Obama en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont ambitieux. Pour les atteindre, le gouvernement compte notamment adopter des mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique. Le plan de relance de l’économie voté en 2009 prévoyait également des milliards de dollars pour l’isolation des bâtiments. Les autorités locales ont cependant découvert que les incitations financières et les campagnes de sensibilisation n’étaient pas suffisantes pour pousser les particuliers à agir. Boulder est pourtant l’une des villes les plus écolos du pays : on ne peut même pas acheter de chips à la buvette du stade parce que leur emballage n’est pas recyclable.

Les climatosceptiques ne se cachent plus

Prenez George Karakehian. Il se dit plutôt écolo. Il conduit une voiture hybride, recycle et utilise des ampoules basse consommation. Il refuse pourtant d’adopter les mesures d’efficacité énergétique les plus élémentaires et laisse la porte de sa galerie d’art ouverte même quand le chauffage ou l’air climatisé fonctionne. Il sait qu’il gaspille de l’énergie et s’en moque. “On m’a toujours dit que laisser les portes ouvertes incite les visiteurs à entrer”, explique-t-il. Et il n’est pas le seul dans ce cas. Depuis 2006, la ville de Boulder a accordé des subventions pour la réalisation d’audits énergétiques dans 750 foyers. Comme les propriétaires devaient tout de même débourser 200 dollars, seuls les plus motivés ont participé. Des études ont par la suite révélé que la moitié d’entre eux n’avaient pas suivi les recommandations, malgré de généreuses incitations. “Nous avons encore beaucoup de chemin à faire”, estime Paul Sheldon, consultant auprès des autorités municipales. Les habitants “devraient conduire des véhicules propres, mais ce n’est pas le cas. Ils devraient pratiquer le covoiturage, mais ils ne le font pas.” Et ils devraient changer eux-mêmes leurs ampoules, ajoute-t-il.

La validité scientifique du réchauffement climatique a récemment été contestée. Les auteurs d’un rapport phare sur le changement climatique, publié en 2007, ont admis certaines erreurs dans leurs travaux. Ils continuent cependant de penser que le réchauffement climatique est “sans équivoque” et “fort probablement” dû à l’activité humaine. Des experts britanniques du climat ont également fait l’objet de critiques à la suite de la publication d’extraits de leur correspondance électronique. Ceux-ci semblaient indiquer qu’ils cherchaient à étouffer les opinions divergentes. A Boulder, certains climatosceptiques ont commencé à exprimer leurs doutes en public. Les autorités municipales affirment cependant encore bénéficier du soutien de la majorité de la population, mais le plus difficile, c’est de pousser les citoyens à passer aux actes.

Située au pied des Rocheuses, cette ville de 100 000 habitants a souvent montré l’exemple en matière d’écologie. Elle a été l’une des premières à créer Lire la suite

Et si on s’unissait pour produire notre énergie renouvelable ?

rue89.com, Andrea Paracchini, le 21 février 2010 

Et si on s’unissait pour produire notre énergie renouvelable ?

Pas question de tapisser de panneaux photovoltaïques tous ses biens ou d’installer une éolienne sur sa casquette pour recharger la batterie du portable. Mieux vaudrait unir ses efforts à ceux des autres partisans des énergies renouvelables et financer la création d’installations de taille.

En effet, malgré une augmentation de 11% par rapport à 2007, notamment grâce à la progression de l’hydraulique, la production d’énergie issue de sources renouvelables (hydraulique, photovoltaïque et éolien) reste marginale. Elle ne représentait que 13% des 549 077 gigawatt heure (GWh) d’électricité produits en 2008.

L’idée

Mais pourquoi attendre que les gros acteurs nationaux du marché de l’électricité passent à la vitesse supérieure alors qu’il est d’ores et déjà possible de booster la croissance des énergies renouvelables ?

Le statut coopératif permet à tout particulier de financer la création de centrales hydrauliques, parcs éoliens ou solaires.

En Flandre (Belgique), la coopérative Ecopower a démarré en 1991 avec le financement de petites installations hydrauliques. « Aujourd’hui, notre parc génère 19 200 mégawatt heure (MWh), distribués à 21 000 clients », explique la directrice Relinde Baeten.

Entretemps, 200 panneaux photovoltaïques, cinq éoliennes, trois moulins hydrauliques et une centrale de cogénération ont fait leur apparition. Cela grâce aux 24 500 sociétaires qui ont cru dans la démarche, permettant à Ecopower d’atteindre un capital de 13 millions d’euros.

Et en France ?

Enercoop est la seule société coopérative d’intérêt collectif (Scic) présente sur l’ensemble du territoire métropolitain. Le principe : distribuer à ses 5 000 clients l’énergie issue de sources renouvelables générée par des producteurs indépendants.

Créée en 2004, lors de l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence, elle réinvestit une partie des bénéfices (s’il y en a) pour encourager la création de nouvelles centrales. Moins de la moitié des 19 000 MWh distribués en 2009 par la coopérative vient de ses membres producteurs (60 des 3 000 sociétaires). Patrick Behm, directeur général d’Enercoop admet : « Aujourd’hui, on est obligé d’acheter Lire la suite

La France veut des bâtiments plus sobres en énergie

lemonde.fr, Grégoire Allix, le 10février 2010

La France veut des bâtiments plus sobres en énergie

Nom de code : RT 2012. En France, l’élaboration par le ministère de l’écologie de la future réglementation thermique des bâtiments, avec l’ambition de les rendre plus sobres en énergie, fait l’objet de vifs débats. Elle est censée s’appliquer à partir du 1er janvier 2011 pour les édifices publics et le secteur tertiaire, le 1er janvier 2013 pour le secteur résidentiel.

L’enjeu est considérable. Cette réglementation déterminera largement la capacité de la France à réduire sa consommation énergétique et ses émissions de CO2 – le secteur du bâtiment engloutit 42 % de la première et rejette 25 % des secondes. Si le total des émissions de gaz à effet de serre en France a baissé de 0,6 % entre 2007 et 2008, celles liées au bâtiment ont augmenté (+ 7,7 %).

Dans le maquis de la future réglementation se joue aussi l’avenir de filières industrielles, qui déploient en coulisses un intense lobbying. « Le gaz et l’électricité ne pensent qu’à se détruire l’un l’autre. Quant aux fabricants de convecteurs et de ballons électriques, ils sont prêts à tout pour sauver leurs produits », observe le député (UMP) Claude Birraux, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), auteur en décembre 2009, avec Christian Bataille (PS), d’un rapport sur le sujet.

Prévue par le Grenelle de l’environnement pour remplacer l’actuelle RT 2005, la nouvelle bible de la performance énergétique marque une rupture décisive. Elle définit, pour la première fois, un plafond de consommation : 50 kWh/m2/an d’énergie primaire, contre une consommation de 150 kWh/m2/an pour les bâtiments neufs actuels et de 260 kWh/m2/an en moyenne pour le parc immobilier existant.

Une révolution qui nécessitera d’importants progrès dans les techniques d’isolation, de ventilation et de chauffage, selon ses promoteurs. Une occasion gâchée, plutôt, dénoncent les écologistes. « Le gouvernement n’a pas saisi cette opportunité pour réformer une comptabilité qui oublie, en moyenne, la moitié de la consommation réelle des bâtiments« , regrette Alain Bornarel, ingénieur au bureau technique Tribu et membre de l’Institut pour la conception environnementale du bâti (ICEB).

Traditionnellement, l’éclairage, le chauffage, l’eau chaude, la ventilation et la climatisation sont comptabilisés, mais pas l’électroménager, les parkings, les ascenseurs, la bureautique, l’informatique, les cuisines des restaurants, les plateaux techniques des hôpitaux… « Ce sont des consommations sur lesquelles le concepteur du bâtiment n’a qu’un impact réduit », justifie Jean-Christophe Visier, directeur de l’énergie, de la santé et de l’environnement au Centre scientifique et technique du bâtiment, le principal conseiller technique du ministère de l’écologie.

Autre point de discorde : les « coefficients de conversion« . Ceux-ci permettent de Lire la suite

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au pic du pétrole

internationalnews.fr, Megan QUINN, le 5 mars 2006

Comment Cuba a survécu au Peak Oil

Cuba Solidarity Project

L’énergie de la communauté : Comment Cuba a survécu au peak oil

Traduction « à Cuba, on n’a pas de pétrole, mais on a la Révolution » par CSP Diffusion autorisée et même encouragée Merci de mentionner les sources (de pétrole)

From TheWilderness.com 26 février 2006.

A l’Organiponico d’Alamar, un projet agricole communautaire, un collectif de travailleurs gère une grande ferme urbaine, un marché et un restaurant. Les outils manuels et la main d’œuvre ont replacé les machines consommatrices de pétrole. Les engrais sont produits par des vers de terre et le compostage. L’eau est économisée par un système irrigation au goutte-à-goutte et la communauté est approvisionnée par toute une variété de produits sains.

Dans d’autres communautés à la Havane, où la pénurie de terrains se fait sentir pour mener des projets d’une telle ampleur, les habitants ont crée des jardins sur des terrains de parking et ont planté des légumes sur les toits des maisons et dans les patios.

Depuis le début des années 90, le mouvement d’agriculture urbaine a balayé toute l’île, et la capitale est sur le point d’assurer son autosuffisance alimentaire.

Un petit groupe d’Australiens a participé à ces efforts et s’est rendu sur l’île en 1993 pour enseigner les techniques de permaculture, un système basé sur l’agriculture durable beaucoup plus économe en termes de consommation d’énergie.

Cette nécessité d’introduire l’agriculture au cœur des villes a commencé à la chute de l’Union Soviétique et la perte pour Cuba de plus de 50% des importations de pétrole, d’une bonne partie de ses aliments et de 85% de ses échanges économiques. Les transports furent paralysés, la faim fit son apparition et le cubain moyen perdit environ 15 kgs. (30 livres – ndt)

« En réalité, lorsque tout a commencé, ce fut par nécessité. Les gens ont commencé à cultiver des légumes là où ils pouvaient » explique un guide à l’équipe venue tourner un documentaire en 2004 pour montrer comment Cuba avait survécu à la pénurie de pétrole.

Cette équipe était composée, entre autres, de membres de The Community Solution (la Solution Communautaire), une ONG basée à Yellow Springs, Ohio, qui dispense des formations sur le pic pétrolier (peak oil) – le moment où la production mondiale de pétrole entamera son irréversible déclin. Certains analystes pensent que le phénomène pourrait se produire dans les dix prochaines années, ce qui donnerait à Cuba le statut d’un modèle à suivre.

« Nous voulions découvrir ce qu’il y avait chez le peuple cubain et la culture cubaine qui leur permettait de survire en ces temps si difficiles », dit Pat Murphy, directeur exécutif de Community Solution. « Cuba a beaucoup à nous montrer sur la manière de gérer la crise énergétique. »

La pénurie de pétrole n’a pas transformé uniquement l’agriculture cubaine. Le pays s’est aussi tourné vers de petites unités d’énergies renouvelables et a développé un système de transports publics économe, tout en préservant son système de santé par une politique de prévention et l’application de solutions locales qui permet d’économiser les faibles ressources.

L’époque qui a suivi la chute de l’Union Soviétique est connue à Cuba comme la Période Spéciale. Cuba perdit Lire la suite

Rapport de la Documentation française sur la précarité énergétique

La Documentation française, rapport, le 15 décembre 2009

ENVIRONNEMENT – Rapport de la Documentation française sur la précarité énergétique

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Laure Noualhat, journaliste à Libération le mardi 12 janvier à 18h chez Mollat : les déchets du nucléaire

ecoloinfo.com, Anne-Sophie, le 4 janvier 2010

Nous vous proposons de venir assister à la conférence que nous organisons avec la librairie MOLLAT mardi prochain, le 12 janvier, à 18h, autour de , auteur du documentaire diffusé sur ARTE en octobre dernier sur les déchets du nucléaire.

Voilà deux liens pour en savoir plus:

http://ecoloinfo.com/2009/10/13/verite-sur-les-dechets-nucleaires-parlons-en-enfin-noualhat-gueret

http://www.mollat.com/rendez-vous/laure_noualhat-27913.html

Ainsi que le petit pitch qui va avec:

Les experts nous disent que le nucléaire est propre, sûr et inépuisable. Et que le retraitement des déchets est maîtrisable. Qu’en est-il en réalité? Dans le domaine trop technique du nucléaire, difficile de se faire une idée : le secteur est généralement réservé aux experts. La compréhension de ses enjeux économiques, technologiques et environnementaux est pourtant cruciale. Le nucléaire est cher, et surtout la question des déchets n’est pas du tout réglée, jusqu’à être éludée dans beaucoup de pays. Aux États-Unis, Hanford, le berceau du nucléaire militaire – là où est née la bombe – est contaminé pour des milliers d’années. À Muslivo, en Russie, les populations vivent depuis plus de cinquante ans dans une poubelle radioactive à ciel ouvert. Nous avons toujours cru qu’il n’existait qu’un Tchernobyl, nous avons eu tort. 
Ce livre est une enquête, des Etats-Unis à la Russie, sur le retraitement de l’uranium et sur les risques environnementaux et sanitaires à long terme dus aux Lire la suite

La fragilité du réseau électrique serait due au chauffage

news.yahoo.com, Mathilde Cru, édité par Jean-Baptiste Vey, le 6 janvier 2010,

La fragilité du réseau électrique serait due au chauffage

L’importance du chauffage électrique en France explique en grande partie la fragilité du réseau en période de grand froid, selon Bernard Laponche, un expert en politiques énergétiques

Selon les chiffres publiés mercredi par le Réseau de transport d’électricité (RTE), la vague de froid que connait la France pourrait entraîner des records de consommation d’électricité.

Le président de RTE a toutefois écarté des risques de coupures généralisées dans l’immédiat.

Pour Bernard Laponche, « le chauffage électrique est responsable des difficultés rencontrées par le réseau d’électricité en hiver« .

« Sans le chauffage électrique, nous n’aurions pas de difficulté à passer la pointe (de consommation qui survient chaque jour vers 19h NDLR), ni de risque de coupures« , a-t-il ajouté.

La France, qui produit 80% de son électricité à partir du nucléaire, a une proportion de chauffage électrique beaucoup plus élevée que ses voisins européens.

En France, environ un quart des 25 millions de logements sont chauffés à l’électricité, une proportion qui passe à 70% dans les logements neufs, selon le ministère de l’Energie.

Or, souligne Bernard Laponche, les centrales nucléaires ne sont pas adaptées à la hausse rapide et ponctuelle de la demande, qui survient quand tout le monde allume son chauffage.

« C’est une aberration d’avoir voulu en même temps le ‘tout nucléaire’ et le ‘tout électrique’« , poursuit l’ancien directeur général de l’AFME, l’ancêtre de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), qui est membre du réseau de scientifiques et d’experts Global Chance.

Selon l’association Négawatt, qui promeut la réduction de la consommation d’énergie, le chauffage électrique a contribué à hauteur de 36% au record de consommation d’électricité établi le 7 janvier 2009, à 92.400 Mégawatts.

Renforcer les réseaux pour importer plus d’électricité n’est pas non plus une solution, estime Bernard Laponche, car ces investissements coûteux ne seraient utilisés que quelques jours par an.

« Modifier les modes de chauffage et réaliser des économies d’électricité (…) est une solution Lire la suite

Energie : Coup de solaire sur le Sud-Ouest

sudouest.com, Bernard Broustet, le 22 Décembre 2009

ENERGIE. Alors que le numéro un mondial des panneaux va investir en Gironde, les projets de fermes solaires pullulent dans la région.

Coup de solaire sur le Sud-Ouest

La région abrite déjà à Losse (Landes) ce qui sera la plus grande installation photovoltaïque de France. Et la plus grosse usine française de panneaux va être construite à Blanquefort (Gironde) par l’américain First Solar, numéro un mondial de la spécialité (cliquez ici pour lire l’article). Le chantier devrait débuter en septembre 2010, la production en 2012. Le contrat-cadre de cette opération a été signé hier entre le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Espace rural, Michel Mercier, les collectivités locales qui apportent leur contribution et le président de First Solar, Bruce Sohn. Ces deux opérations témoignent de l’ampleur de la fièvre solaire qui se manifeste dans l’Hexagone, et notamment en Aquitaine.

Incitations juteuses

Plus encore que l’éolien, le photovoltaïque était longtemps resté en France dans une situation de marginalité absolue, du fait de son coût et de la prépondérance du nucléaire. Mais la conférence de Kyoto, les directives européennes, les baisses de coûts progressives et le Grenelle de l’environnement ont changé la donne. Le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, a fixé pour objectif en 2020 un potentiel installé de 5 400 mégawatts, soit moins que la somme des puissances installées des centrales nucléaires de Golfech et de Braud-et-Saint-Louis, mais infiniment plus que les quelques dizaines de mégawatts aujourd’hui en service.

Une moitié ou plus de ce potentiel pourrait provenir des modules installés sur les toitures des maisons et des locaux professionnels (hangars agricoles, parkings), bénéficiant à ce jour au moins d’incitations juteuses (prix de rachat garanti sur vingt ans, crédit d’impôt, etc.). Mais une bonne partie de ce courant solaire devrait être fournie par des « fermes » regroupant des panneaux au sol.

Dans cette perspective, la forêt des Landes de Gascogne fait l’objet d’une sollicitude nourrie. Car si elle n’est pas la zone la plus chaude de France, elle n’est pas non plus la plus froide. Surtout, l’espace y est vaste et peu cher. Et, après les ravages de la tempête, le photovoltaïque apparaît, à tort ou à raison, comme une bouée de sauvetage.

Le massif a donc été prospecté en long et large par des opérateurs divers. Le plus puissant d’entre eux est EDF Énergies nouvelles. La filiale du géant français se taille la part du lion dans les projets aujourd’hui en cours de réalisation (Losse) ou de gestation (Saint-Symphorien, Cestas, etc.). La Compagnie du Vent, filiale de GDF-Suez, fait aussi partie des visiteurs du massif, au même titre que de plus petites entreprises comme Eosol ou Solarezo (voir ci-dessous).

Dans ce domaine, la discrétion est souvent de mise : parfois placés en concurrence, les communes et les propriétaires n’ont pas forcément envie de voir partir la poule aux oeufs d’or (les locations de surfaces) chez le voisin. « Le photovoltaïque est parfois devenu une obsession », constate Philippe Sartre, maire de Garein (Landes) et président de la commission urbanisme du Parc naturel des Landes de Gascogne, qui s’efforce de faire respecter le très riche patrimoine environnemental du massif.

La fièvre qui a frappé la région était sans doute d’autant plus forte que le paysage institutionnel et économique était plutôt favorable aux porteurs de projet. D’une part, EDF s’est engagée à Lire la suite

Climat : qui est responsable du Flopenhague ?

sciences.blogs.liberation.fr, sylvestre Huet, le 21 décembre 2009

Climat : qui est responsable du Flopenhague ?

Qui est responsable du Flopenhague ? La question est posée dans nombre d’éditoriaux depuis ce matin, après le résultat de la COP-15 de Copenhague, et la réponse est souvent naïve.

Les méchants gouvernements n’auraient pas écouté les gentilles ONG environnementalistes. La solution au problème serait de les écouter plus à l’avenir, dans un système de gouvernement mondial miraculeusement compétent, honnête et n’écoutant que les impératifs du développement durable et l’intérêt des générations futures.

Cette vision relève plus des bisounours au pays des négociations mondiales sur le climat que d’une analyse lucide des raisons de leur enlisement actuel.

Comme l’affiche ci-dessus le suggère, le plus gros lobby ayant conduit Obama à la position minimaliste adoptée à Copenhague, c’est tout simplement… celui de ses électeurs. Et c’est pourquoi il ne suffit pas de rompre avec la brutalité d’expression de Georges Bush – l’auteur de «American way of life is not negociable» – pour rejoindre le bal des bons sentiments et des Yaka professés par la plupart des ONG. La grande majorité du peuple américain ne veut pas bouleverser en profondeur un mode de vie énergivore, n’entend ne le négocier avec personne, et c’est cela le « problème » – si problème il y a – d’Obama.

Si Hu Jintao ne veut pas de contrôle sur les émissions de son pays et refuse d’aller plus loin qu’une croissance des émissions inférieure à celle de son PIB, c’est que 200 millions de chinois ont les moyens d’acquérir une voiture et ont bien l’intention de le faire. Et les deux milliards d’être humains qui n’ont pas d’électricité aimeraient bien en avoir… or, elle se fabrique à plus de 60% avec du charbon et du gaz. Toute approche du problème ne partant pas du fait suivant : 80% de l’énergie consommée dans le monde – pour se nourrir, se loger, se chauffer, se déplacer, travailler et commercer – provient de combustibles fossiles, n’a aucune chance de déboucher sur des solutions efficaces. Dénouer le noeud gordien climat/développement constitue le point de passage obligé d’une politique lucide.

Qu’avions nous à Copenhague ?

► Des gouvernements de pays industrialisés et démocratiques – USA, Canada, Europe de l’Ouest, Japon… – contraints de reconnaître la solidité du dossier scientifique des climatologues. Mais incapable de construire un programme économique, technologique, mais surtout social voire culturel, susceptible de conduire à l’objectif des 80% de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Le volet international d’un tel programme consisterait à une réorientation massive des investissements vers des activités peu ou pas carbonées, à l’aide d’encouragements (prêts à taux zéro….) pour ces derniers, et à des mécanismes défavorisants (prêts à taux élevés, taxes) les activités fortement carbonées. En l’absence de miracle technologique, un tel programme suppose en effet non seulement d’utiliser massivement toutes les technologies connues non ou peu émettrices de carbone, mais également de réduire des consommations, des activités, les importations massives d’objets fabriqués dans les nouvelles usines du monde, en Chine et ailleurs. Ou alors il faut remplacer les charters de retraités allant passer une semaine à Louxor ou Marrakech par des bateaux à voiles. Ces réductions d’activités ne seraient aujourd’hui pas acceptées par les électeurs, donc il faudrait choisir entre démocratie et bonne politique climatique si ce choix avait un sens.

La vérité, désagréable, c’est que même les leaders politiques ayant compris (si l’on en croit leurs discours) la direction à long terme, ne savent pas comment y parvenir… en restant au Lire la suite

« UFC – Que choisir » – Comparateur énergie : A éviter !

quechoisir.org, le 9 novembre 2009

Comparateur énergie : A éviter !

Le médiateur national de l’énergie et la Commission de régulation de l’énergie ont mis en ligne un outil pour comparer les tarifs des offres de gaz et d’électricité. Mais comme redouté, ce comparateur va surtout servir les fournisseurs d’énergie au détriment des consommateurs.

 « Que Choisir » avait prévenu ses lecteurs du piège qui les attendait (lire notre enquête) et avait vu juste : le comparateur d’offres d’énergie (1) élaboré par le médiateur national de l’énergie et la Commission de régulation de l’énergie est bel et bien « la machine à faire quitter les tarifs réglementés » que l’UFC-Que Choisir dénonçait. Le médiateur national de l’énergie a eu beau parler d’une information impartiale et indépendante en présentant ce nouvel outil à la presse, on est plus près de la propagande. Ce sont en effet les fournisseurs eux-mêmes qui entrent les données et leurs arguments marketing ! Le résultat est édifiant, une offre du tableau comparatif annonce par exemple « -10 % sur les tarifs réglementés ». C’est faux, ces -10 % concernent le prix du kWh, pas celui de l’abonnement.

Et les offres vertes sont bien le leurre annoncé par « Que Choisir ». Le comparateur mentionne selon les fournisseurs « 100 % d’électricité verte », « 100 % d’énergies renouvelables certifiées », ce qui paraît formidable. En réalité, ces offres portent sur une électricité renouvelable produite depuis des lustres et acheminée jusqu’à nos compteurs depuis longtemps. La transformer en offre commerciale environnementale est très simple, le fournisseur achète des certificats verts à un coût dérisoire et l’affaire est jouée ! La seule véritable offre d’électricité renouvelable qui peut être qualifiée de verte sans abuser le client, c’est celle d’Enercoop, mais la coopérative a refusé de participer au comparateur car il ne faisait pas la différence et on la comprend.

Quant au piège des tarifs réglementés, il est total. Le comparateur incite de fait à quitter les tarifs réglementés sans signaler de façon immédiate et compréhensible par les non-initiés que ce choix-là, compte tenu de la réglementation actuelle, sera irrévocable s’il est fait à partir du 31 décembre. Un comparateur impartial l’aurait Lire la suite

Allemagne : Rai-Breitenbach, village énergétiquement indépendant

novethic.fr, Claire Stam à Francfort (Allemagne), le 24 novembre 2009

Allemagne : Rai-Breitenbach, village énergétiquement indépendant

Autosuffisante, la commune de Rai-Breitenbach,produit électricité et chauffage à partir de copeaux de bois, sans émissions de carbone. Alors que les tractations diplomatiques précédant Copenhague s’avèrent difficiles, le concept des villages énergétiquement indépendants « Bioenergiedörfer », gagne toujours plus de terrain en Allemagne.

« Notre village ne fait plus parti du problème. Si la lutte contre le réchauffement climatique capote, nous n’y serons pour rien », déclare, non sans fierté, Horst Stapp, le maire de Rai-Breitenbach, un village situé au sud de Francfort. Cela fait maintenant plus d’un an que cette petite commune de 900 habitants, située dans l’Odenwald, la région forestière qui s’étend au sud de Francfort, se chauffe et s’éclaire grâce aux copeaux de bois de la région. Ce sont 600 000 litres de fuel et 1 200 tonnes de CO2 qui sont ainsi économisés chaque année.

Un projet qui part de la base

Cinq ans auront été nécessaires entre la visite à Jühnde, le premier village énergétiquement autosuffisant d’Allemagne, et la mise en service de la centrale à cogénération à Rai-Breitenbach en août 2008. Mais contrairement à Jühnde, le projet de Rai-Breitenbach « est parti du bas vers le haut », insiste Horst Stapp. De fait, Jühnde, devenu entre-temps une référence mondiale, est l’aboutissement d’un projet d’étude mené par l’université de Göttingen et encadré à l’époque par le Ministère de l’éducation et de la recherche. Le but de la démarche universitaire était de démontrer qu’il était possible de transformer un village classique en un village autosuffisant, en faisant de Jühnde un modèle à suivre. Un pari gagnant : « Ce qui est faisable à Jühnde l’est également à Rai-Breitenbach », conclut l’ingénieur. 

Or, si Jühnde a pu profiter des subsides de l’Etat prodigués dans le cadre du programme de recherche (environ deux millions d’euros), le village de Rai-Breitenbach n’a pas eu d’autre choix que de s’appuyer sur ses propres deniers. Première étape : convaincre les habitants du village de l’opportunité économique du projet, son coût total s’élevant à 3,5 millions d’euros. Le maire de la petite commune ne s’appesantit pas sur l’énergie qu’il a fallu déployer pour convaincre les 150 ménages… Toujours est-il qu’une coopérative a été créée, chaque ménage ayant versé 4500 euros – auxquels il a fallu ajouter les frais individuels de démontage des chaudières de fuel. Le Land de Hesse a participé à hauteur de 300 000 euros et le canton à 130 000 euros. Les 2,4 millions d’euros restant ont été financés via la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW), le pendant allemand de la Caisse des dépôts.

Un projet politique

La coopérative engendre actuellement un chiffre d’affaires de 500 000 euros et fixe elle-même ses tarifs à l’énergie. Pour le moment, le prix du kilowatt/heure est fixé à 11 centimes – contre une moyenne nationale oscillant autour des 20 centimes. « Nous travaillons de manière neutre : nous ne voulons pas Lire la suite

Tchernoblaye fête ses dix ans au cinéma Utopia de Bordeaux le dimanche 22 novembre 2009

tchernoblaye.free.fr, communiqué de presse, le 10 novembre 2009

Tchernoblaye fête ses dix ans au cinéma Utopia de Bordeaux le dimanche 22 novembre 2009

5 place Camille Jullian 33000 Bordeaux

1) Salle de la Cheminée

17h30 : Point presse

18h : Apéro offert par Tchernoblaye

19h : Buffet amenez de quoi partager – tartes, cakes, etc –  Tchernoblaye offre les boissons

2) Cinéma

20h30 : film « INELUCTABLE »

http://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/index.php?id=734&mode=film

Réservez vos places à Utopia à partir du 12 novembre

21h45 : Débat « Aurons-nous de l’électricité à Noël? »

Au pays du nucléaire, les vieux réacteurs sont malades, les nouveaux sont déjà périmés, les déchets s’accumulent et… il faut importer massivement de l’électricité de chez nos voisins, lesquels ne pourront pas nous sauver indéfiniment…

Tchernoblaye a dix ans !

Le 22 novembre 1999, cinéma Utopia de Bordeaux, fraîchement ouvert, accueillait sa toute première soirée « film-débat », consacrée au risque nucléaire, autour du film Raspad décrivant la catastrophe de Tchernobyl. Lors du débat, un appel était lancé pour la création d’un collectif antinucléaire en Gironde : Tchernoblaye était née !

Connu dans un premier temps sous le nom « Collectif girondin pour la sortie du nucléaire », ce regroupement citoyen se réunissait pour la première fois formellement le 15 décembre. Et, douze jours plus tard, au cours de la fameuse tempête des 27 et 28 décembre 1999, un million de litres d’eau de la Gironde pénétraient illégalement dans la centrale nucléaire du Blayais qui frôlait alors le désastre.

Tchernobyl à Blaye, cela donnait bien sûr Tchernoblaye, un nouveau nom tout naturel pour le collectif antinucléaire. Mais le maire de Blaye ne l’entendit pas de la même oreille et, Lire la suite

Les Français peuvent désormais comparer facilement les offres d’énergie

lemonde.fr, Rafaële Rivais, le 6 novembre 2009

Les Français peuvent désormais comparer facilement les offres d’énergie

Terminé, l’impossible addition, avec sa calculette, des prix du kilowatt en heures pleines et heures creuses, des coûts d’abonnement et des frais de résiliation des contrats ! Le médiateur national de l’énergie a mis en ligne, jeudi 5 novembre, un comparateur de prix des différents fournisseurs d’électricité et de gaz (energie-mediateur.fr). Il va enfin permettre de confronter les offres, deux ans après l’ouverture du marché de l’énergie.

Son utilisation est simple : pour l’électricité, par exemple, le consommateur inscrit son code postal (75013), la puissance souscrite (6 kVA, par exemple), son option tarifaire (base), et le montant de sa facture (63 euros hors taxe), ce qui lui donne la consommation annuelle correspondante (6 100 kWh). Il choisit alors le critère de comparaison qui l’intéresse : prix, pourcentage d’énergie verte ou évolution des tarifs (réglementés ou indexés).

En l’occurrence, le comparateur propose 15 résultats provenant de sept fournisseurs. L’offre la moins chère est faite par Direct Energie : 679 euros TTC, avec 20 % d’électricité verte. La plus chère provient d’EDF : 838 euros avec seulement 9 % d’énergie verte : mais il s’agit d’une offre de marché. EDF propose la même offre, au tarif réglementé, pour 743 euros seulement ! Le comparateur vient donc rappeler que l’opérateur historique, qui, seul, a le droit de proposer des tarifs réglementés, c’est-à-dire dont le montant est fixé par l’Etat, peut aussi vendre de l’énergie à un prix qu’il fixe librement.

Le comparateur de prix montre aussi que l’énergie verte n’est pas aussi chère qu’on peut le croire : Direct Energie, Planète Oui et Poweo ont ainsi trois offres assez similaires, affichant 100 % d’énergie verte, pour respectivement Lire la suite

La voiture électrique, dernier sursaut d’une chimère en déroute ?

actu-environnement.com, Agnès Sinaï, le 8 novembre 2009

La voiture électrique, dernier sursaut d’une chimère en déroute ?

Objet d’un engouement tardif de la part des industriels, la voiture électrique est présentée comme le remède aux maux du climat et comme une alternative écologique. Mais les performances annoncées ne sont-elles pas une manière de déplacer le problème

? »Who Killed the Electric Car ? ». C’est le titre d’un documentaire de l’Américain Chris Paine, qui retrace la fascinante épopée de l’automobile électrique EV-1 (Electric Vehicule 1), mise sur la route par General Motors en 1997 avant d’être envoyée à la casse. Quelque 10 ans plus tard, l’EV-1 a complètement disparu de la circulation et GM est en faillite. La voiture à essence n’est plus au goût du jour, mais l’industrie automobile, inféodée à l’industrie pétrolière, a raté le rendez-vous. Résultat : la voiture américaine électrique est passée dans les poubelles de l’histoire et la Prius Toyota a conquis les autoroutes californiennes. Aux Etats-Unis, General Motors a reçu quelque 50 milliards de dollars de la part de l’Etat américain qui a racheté 65% des parts de l’entreprise. Pour autant, les contreparties environnementales se font attendre. Certes GM a vendu en octobre dernier sa marque de gros 4×4 Hummer au groupe chinois Sichuan Tengzhong Heavy Industrial Machinery, le premier rachat par des intérêts chinois d’une filiale d’un constructeur automobile américain. Et la mise sur le marché de la berline hybride rechargeable de GM, la Chevrolet-Volt, est annoncée pour 2011. Entre temps, la Prius est devenue l’emblème du véhicule hybride. Et le géant automobile américain vacille. Dans son rapport annuel, remis aux autorités boursières en mars 2009, il a admis être au bord de la faillite.

Saturation de l’espace, des esprits et du marché

Pourtant, le mythe automobile demeure enraciné dans les imaginaires. Roland Barthes, dans un texte sur la DS paru dans ses fameuses Mythologies (1957), décrit l’automobile comme  »l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques ». L’imaginaire occidental mondialisé est façonné par le rêve de voiture individuelle toute puissante, à grand renfort de campagnes publicitaires. Sans scrupule de greenwashing, BMW, dans une campagne récente, fait l’apologie de la  »joie » procurée par ses surpuissants engins métalliques :  »la Joie est une énergie positive »,  »la Joie adore la technologie de récupération de l’énergie au freinage »,  »la Joie est généreuse en équipements, en financements, en avantages »… Tout un programme existentiel. Dont l’emprise est réelle. Ce fétiche moderne qu’est l’automobile est bel et bien parvenu à occulter d’autres manières d’envisager la mobilité. On ne relira jamais assez le texte phare d’Ivan Illich, Energie et équité (1973), où le penseur de l’écologie politique assimile les déplacements et la recherche de la vitesse à une manie qui aboutit à dessaisir l’usager de son autonomie, confondant liberté de mouvement et liberté d’être transporté, dont la  »perception traditionnelle de l’espace, du temps et du rythme propre a été déformée par l’industrie ». Dans le même ordre d’idées, l’historien des techniques Jean Robert distingue vitesse de circulation et vitesse généralisée d’un mode de transport, laquelle tient compte de la quantité de travail nécessaire pour acquérir le moyen d’être transporté. Si l’on considère la vitesse généralisée comme le résultat de la division du kilométrage annuel effectué par le temps passé dans ce mode de transport et, à l’extérieur, à gagner de quoi le payer, seuls les très riches gagnent du temps en auto. Les autres ne font qu’effectuer des transferts entre temps de travail et temps de transport. Résultat : les sociétés industrielles consacrent entre le quart et le tiers de leur budget-temps social à la production des conditions d’existence de la vitesse. C’est l’envers, encore largement impensé, de ce que le philosophe Peter Sloterdijk désigne comme  »l’automobilisation » complète de la société :  »Qui conduit une voiture s’approche du divin, il sent son petit moi s’élargir en un Soi supérieur qui lui donne en patrie le monde entier des voies rapides et qui lui fait prendre conscience du fait qu’il a vocation à une vie supérieure à l’existence semi-animale du piéton », ironise-t-il dans La Mobilisation infinie (1989).

 Entre célébration de la jouissance et projet d’émancipation métaphysique, les constructeurs tablent sur l’addiction des consommateurs, qui selon Lire la suite

Bassin d’Arcachon : Un exemple d’éco-construction exemplaire

sudouest.com, Chantal Roman, le 3 Novembre 2009

PYLA-SUR-MER. Dans le cadre des Journées de l’énergie organisées par le réseau des Espaces info énergie d’Aquitaine, visite d’une villa dite à « énergie positive »

Un exemple d’éco-construction exemplaire

Exemplaire, tel est le mot. À la fois au plan des ressources en énergie « positive » qu’au plan de la construction, bioclimatique. C’est ce que les visiteurs, nombreux, qui participaient à la semaine des Journées de l’énergie ont pu découvrir avec cette villa construite à Pyla-sur-Mer, avec vue sur les passes du Bassin.

« Il s’agissait pour nous de surélever une construction déjà existante, explique la propriétaire. Nous avions d’une part un budget serré et d’autre part la volonté de réaliser un projet entièrement bioclimatique, mais aussi porteur d’énergie positive ».

Excellente isolation

Le couple a fait appel à un architecte, Olivier Lehmans (cet architecte bordelais est spécialisé dans les démarches HQE-haute qualité environnementale, conceptions bioclimatiques, écoconstructions, etc.), et aux conseils du Creaq (Centre régional d’écoénergétique d’Aquitaine) pour la réalisation de la maison. L’architecte était d’ailleurs présent lors de la visite afin de guider les visiteurs, tandis que William Mazel représentant le Creaq, répondait aux questions des visiteurs. C’est donc une construction entièrement dirigée vers les économies d’énergie, une maison « passive », à très faible consommation énergétique, orientée sud et sud ouest, avec une façade entièrement vitrée. Tout a été conçu pour fonctionner sans chauffage conventionnel, mais avec un simple chauffage d’appoint, en l’occurrence une chaudière à condensation au gaz et une cheminée insert.

Ainsi, cette maison offre toute l’année une température ambiante agréable : « Sans chauffer, il fait 19°C tout le temps », annonce la propriétaire.

La construction a été réalisée avec des matériaux locaux : du bois de la forêt usagère coupé à la bonne lune pour la charpente, une isolation avec des fibres végétales, (du chanvre), du pin maritime des Landes pour les parquets et le bardage intérieur des pièces.

Un seul grand espace regroupe un vaste salon et une cuisine ouverte. Pas de cloison, ce qui permet à la lumière du jour d’entrer à plein… et donc d’économiser de l’électricité. Côté baies (avec double vitrage) un avant-toit protège du soleil durant l’été, mais le fait entrer l’hiver.

Du photovoltaïque sur le toit

sudouest.com

C’est une toiture végétalisée de 100 m² qui a été réalisée, et cette couche naturelle offre une meilleure isolation, surtout l’été. Elle permet aussi un stockage des eaux de pluie, lesquelles sont récupérées pour l’arrosage du jardin. Autre installation, celle de capteurs solaires et panneaux photovoltaïques thermiques. La propriétaire est d’ailleurs ravie du bilan économique : « C’est Lire la suite

Le Canard enchaîné : Dès demain, l’atomobile !

Le Canard enchaîné, Jean-Luc Porquet, le 14 octobre 2009

Dès demain, l’atomobile !

Ça serait génial, non ? Au lieu d’être sillonnées comme aujourd’hui par 30 millions de bagnoles polluantes recrachant chacune 2,5 kg de gaz carbonique pour chaque litre d’essence brûlée, les routes de notre beau pays ne verraient passer que des voitures électriques à pollution zéro, estampillées Renault ou Peugeot, fabriquées à Flins et à Montbéliard, du coup on en exporterait partout, y aurait plus de chômeurs en France, les rois du pétrole on leur rirait au nez vu que l’électricité serait fabriquée dans nos centrales nucléaires tricolores qu’on sait tellement gentilles pour la planète.

C’est au nom de ce doux rêve, un chouïa revu à la baisse (atteindre 10% de voitures électriques en 2020 sera déjà un exploit) que not’ président Sarkozy s’agite énormément ces temps-ci. La semaine dernière, il est allé en Moselle promettre des subventions à l’usine (allemande) qui fabriquera bientôt des Smart électriques. Quelques jours auparavant, ses ministres Borloo, Estrosi et Jouanno lançaient un grand plan volontariste destiné à faire de la France le champion européen de la bagnole électrique. Un superbonus de 5 000 euros par achat ! une commande groupée de 50 000 exemplaires pour les entreprises publiques ! 120 millions offerts à Renault pour qu’il fabrique avec le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) des batteries à Flins ! et 900 millions en rab pour commencer à installer un réseau mahousse de prises électriques ! Quatre millions de prises en 2020 ! Prix total : 4 milliards… Bref, l’argent va couler à flot pour la voiture « écolo », et on ne sentira rien puisque le Grand Emprunt y contribuera largement, qu’on remboursera à la saint-glinglin.

Mais il y a – au minimum – deux hic. D’abord, le point faible de cette bagnole : sa batterie, dite « lithium-ion ». elle est hors de prix, aussi chère que la voiture elle-même, soit dans les 120 000 euros, du coup, pour ne pas écoeurer l’automobiliste, on la lui louera (100 euros par mois). Non seulement sa durée de vie est brève, dans les 50 000 km, mais au bout de 200 km maxi, il faudra la recharger, ce qui prendra une nuit en mode normal, une heure trente en mode « semi-rapide », vingt minutes en très rapide (mais faudra raquer plus pour charger plus !). Mieux : Bolloré, le grand ami de Sarkozy, affirme qu’elle est tellement peu fiable qu’ « une voiture sur 5000 brûlera » (« Le Monde », 16/9). Et de jurer que la sienne, une batterie dite « sèche » qu’il fait fabriquer près de Quimper, sera sans risque. Bluff, ou vrai lézard ? Certains en ont déjà conclu qu’il vaudra mieux prendre le bus…

Autre hic : l’électricité vient de quelque part. Dans le monde, les deux tiers sont produits à partir du charbon, du fioul et du gaz. Bonjour le CO2 ! En France, 80 % de l’électricité viennent des centrales nucléaires, qu’on sait très propres : Tchernobyl ne se reproduira plus jamais, promis-juré ; les déchets, on trouvera bien une solution ; et pour les incidents à répétition, pas de panique, chacun a reçu ses comprimés d’iode. Que le doux rêve d’une France à 30 millions de voitures exige 20 réacteurs nucléaires en plus ne doit donc inquiéter personne. Subventionné à mort, l’automobile est en train de se transformer en Lire la suite

Bordeaux lac : La plus grande centrale solaire urbaine de France

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 15 Octobre 2009

BORDEAUX LAC. EDF Énergies nouvelles a confirmé hier la création de la station photovoltaïque de Bordeaux-Lac. Elle entrera en service dès de la fin de l’année 2010

La plus grande centrale solaire urbaine de France

L’annonce-révélation de ce projet dans ces mêmes colonnes, il y a un an, avait fait sourire. Comment une station aussi géante pourrait-elle voir le jour au sein de l’agglo ? Voilà la réponse.

Avant la fin 2010, le site de Bordeaux-lac abritera la plus grande centrale solaire crée en milieu urbain et celle-ci produira l’équivalent de la consommation annuelle de 5 700 foyers ou encore la moitié de la consommation, toujours sur 12 mois, de l’éclairage de la Ville de Bordeaux.

Les travaux en 2010

La construction de cette station photovoltaïque de 12 mégawatts a été annoncée lors du dernier conseil municipal de Bordeaux. Elle a été confirmée hier matin par Hugues Martin, adjoint au maire, président de la société bordelaise des équipements publics et de congrès (propriétaire du parc des expos) et Patrick Charignon, directeur du développement France d’EDF Énergies nouvelles, sur le site même de Bordeaux-Lac.

« Nous sommes prêts. Les travaux débuteront en début d’année prochaine », annonce Patrick Charignon, en précisant que le chantier sera mené par des entreprises aussi motivées qu’EDF par ce challenge : le cabinet d’architectes Cardete et Huet (conception), la Secotrap (maîtrise d’oeuvre), Fayat TP (travaux de voirie), Vilquin (charpente métallique), Marchegay (panneaux photovoltaïques) et Cegelec (travaux électriques).

60 millions d’euros

EDF Énergies nouvelles a décroché ce marché devant treize autres candidats. « La proposition d’EDF était la meilleure à tous points de vue », note Hugues Martin.

C’est effectivement le projet le plus ambitieux, celui aussi qui ne coûtera pas un euro aux collectivités locales (EDF prenant à sa charge la totalité de la dépense évaluée à 60 millions d’euros), celui enfin qui rapportera le plus. EDF Énergies nouvelles s’engageant à verser 1, 3 million d’euro par an à la Spebec en compensation.

Le parking relooké

Le projet s’annonce également exemplaire au niveau national car les architectes ne se sont pas bornés à aligner des panneaux photovoltaïques sur des supports, comme on peut en voir sur bien des centrales créées à ce jour. « Une vraie première. C’est l’architecture des centrales de demain. Celles qui ne gèlent pas les terrains et celles sous lesquelles on pourra venir vivre et habiter », note Francis Cardete, l’un des archis.

Les concepteurs « rhabillent » Lire la suite

Logement social : Des maisons passives en pin des Landes expérimentées

libebordeaux.fr, Stéphanie Lacaze, le 14 octobre 2009

Logement social : Des maisons passives en pin des Landes expérimentées

ENVIRONNEMENT – Si les constructions de logements passifs ne constituent plus une exception, la ville du Taillan-Médoc, la région Aquitaine et le bailleur social Gironde habitat, ont décidé d’aller encore un peu plus loin en concevant deux maisons extrêmement économes en énergie et construites en pin maritime des Landes. Autrement dit en privilégiant la filière locale.

Très en retard en matière de logements sociaux, la ville du Taillan-Médoc a du mettre les bouchées doubles depuis quelques années pour ne pas payer de trop fortes pénalités. Comme l’explique son maire, Ludovic Freygefond, sa commune « ne comptait que 1 % de logements sociaux en 2001 » lorsqu’il a été élu. Elle arrive aujourd’hui péniblement à 6, 5 %. Mais le chantier reste énorme. La résidence HQE (haute qualité environnementale) d’une quarantaine d’appartements qui est en cours de livraison répond à ces besoins. C’est dans ce cadre que les différents partenaires ont décidé d’expérimenter la mise au point de deux logements BBC (bâtiments basse consommation). Si un bâtiment isolé par l’extérieur permet en effet d’économiser 50 % d’énergie par rapport à un habitat traditionnel, ces maisons « passives » devraient permettre de diviser par quatre, la consommation.

Tout a été mis en œuvre par les architectes pour obtenir un résultat optimal. Le béton n’a été utilisé que pour les fondations et le dallage de ces logements. L’ossature est en bois, isolée par de la laine de verre. Un puits canadien a été installé pour récupérer de l’énergie et assurer le chauffage. La circulation de l’air a été facilitée. Enfin, des panneaux solaires ont été installés pour la production d’eau chaude. Malgré tout, ces deux logements restent raccordés au réseau électrique. Ils ne sont pas encore totalement autonome notamment en plein hiver mais selon le maire du Taillan-Médoc, « la facture d’électricité ne devrait pas dépasser les 30 euros par mois, abonnement inclus. »

Comme il s’agit d’une expérimentation, ces deux maisons vont faire l’objet d’une étude durant un an. « Des capteurs ont été installés pour vérifier la passivité des ces constructions » explique Ludovic Freygefond, « pour voir si on peut continuer à en construire malgré leur coût excessif. » Chacun de des logements revient en effet à Lire la suite

La centrale photovoltaïque du Gabardan dans les Landes : le difficile équilibre entre production énergétique et protection de l’environnement

aqui.fr, Solène Méric, le 12 octobre 2009

La centrale photovoltaïque du Gabardan dans les Landes : le difficile équilibre entre production énergétique et protection de l’environnement

En octobre 2007, la communauté de Commune du Gabardan, située à l’extrême Nord Est du département des Landes, signait avec EDF Energies Nouvelles, une promesse de bail portant sur la mise à disposition de 317 ha de terrain. Ici commençait l’aventure du chantier de la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe. Deux ans plus tard, alors que le chantier est bien avancé, Aqui! visite l’ouvrage, en compagnie de représentants d’EDF, d’EDF-EN ainsi que de la SEPANSO, association de protection de l’environnement reconnue d’utilité publique. Compte rendu d’une matinée entre conviction pour les uns et inquiétude pour les autres.

En quelques chiffres la future centrale photovoltaïque du Garbardan, ce sera 317 ha de superficie, 1 million de panneaux solaires, une production de 76 MWc, permettant l’alimentation électrique de quelques 33000 foyers par an. Le tout, pour un investissement financier global de 300 millions d’euros. Autant dire un projet d’envergure. D’envergure et d’innovation puisque 13 ha de sa surface sont réservés à l’implantation de panneaux solaires dits « trackers », produits par une jeune société de Martillac, en Gironde, Exosun. David Augeix, Directeur d’EDF EN pour la région sud nous explique que « la caractéristique de ces panneaux est de pouvoir suivre la course du soleil grâce à leur possible inclinaison sur deux axes. Cette technologie permet une production plus importante qu’avec des panneaux fixes, mais pour un investissement également plus élevé ». Le chantier de cette partie expérimentale est d’ailleurs pratiquement terminé et le raccordement à la centrale de Barbotan est prévu dés le mois de décembre prochain. Sur ces 13 ha, les panneaux trackers produiront 2MWc d’électricité.

Raccordement à partir de juin 2010

La deuxième partie du chantier, divisée en sept tranches, est uniquement composée de panneaux photovoltaïques fixes. Pour un meilleur rendement, « ils sont orientés plein sud avec une inclinaison de 25% ». Coté calendrier, « les cinq premières tranches seront raccordées à la centrale de Barbotan en décembre 2010, avec une première étape en juin où les deux premières tranches, actuellement presque achevées, seront raccordées les premières ». Pour les tranches 6 et 7, qui n’ont d’ailleurs pas encore été défrichées,les travaux auront lieu à une date ultérieure, non encore définie.

Un « paysage » étonnant

Coté « paysage », le spectacle est pour le moins étonnant. Sur des centaines de mètres, des rangées de 1200 mètres de panneaux, s’alignent les unes derrière les autres. Mais la nature s’invite déjà puisque de nombreuses fougères tapissent le sol, prémisse d’une adaptation future entre l’environnement et ces drôles de nouveaux hôtes. A la vue du spectacle, Philippe Barbedienne, Secrétaire général de la SEPANSO s’exclame : « ça me fait mal de voir ce genre de paysage. C’est malheureux d’avoir défriché 300 ha de forêt pour ça ! ». Antoine Cuerq, Directeur régional d’EDF en Aquitaine est, quant à lui, très satisfait de ce qu’il voit : « De l’énergie, il en faut et il continuera d’en falloir. Désormais, l’objectif est de la produire de la manière la moins impactante possible. Et cette centrale du Gabardan va tout à fait dans ce sens.»

Préserver autant que faire se peut le milieu naturel

D’autant plus que la Commune de Losse, en coordination avec les services de l’Etat et l’Office National des Forêts, s’est engagée sur un certain nombre de mesures visant à compenser le déboisement Lire la suite

Comment réduire sa consommation

lemonde.fr, Martine Picouët, le 7 octobre 2009

Comment réduire sa consommation

« Les ménages consomment 47 % de l’énergie produite en France pour leurs besoins domestiques« , selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Cette énergie consacrée à l’habitat est utilisée à 65 % pour le chauffage, à 16 % pour l’énergie spécifique (lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur, éclairage…), à 12 % pour l’eau chaude et à 7 % pour la cuisson.

« La consommation d’énergie varie de 1 à 4 selon le type d’habitat, explique Jean-Jacques Roux, enseignant-chercheur au Centre thermique de Lyon, CNRS. Les logements anciens consomment en moyenne 240 kilowattheures par mètre carré et par an (kWh/m2/an), contre 120 à 150 kWh/m2/an pour les plus récents et 60 kWh/m2/an pour les écologiques. »

Consommation : – 30 % dans l’habitat

Trois mesures permettent de réduire de près de 30 % la consommation d’électricité dans l’habitat.

Utiliser des ampoules basse consommation. Ces lampes consomment cinq à six fois moins d’énergie que les ampoules à incandescence et ont une durée de vie sept à dix fois plus longue. Plus onéreuses que les ampoules traditionnelles, elles produisent 80 % de lumière et 20 % de chaleur contre 5 % de lumière et 95 % de chaleur pour les lampes à incandescence. A proscrire, les lampes halogènes, 50 % plus énergivores que les lampes à incandescence.

Opter pour des équipements étiquetés A, A+ ou A++, qui consomment très peu d’énergie. Un peu plus chers à l’achat, ils sont plus économiques à long terme. Dix ans après le lancement de l’étiquette énergétique (qui va de A, la plus économe, à G), les classes inférieures E, F, G ont disparu et le D est quasiment absent des rayons. Un réfrigérateur ou un congélateur classé A permet de diviser par trois la consommation. Des discussions sont en cours au niveau européen pour supprimer, en 2014, tous les appareils de froid classés A au profit des appareils plus performants notés A+ et A++.

Eviter de laisser des appareils électriques en veille en utilisant des multiprises avec interrupteur. La fonction veille, qui permet de programmer la mise en route des équipements électroménagers et audiovisuels, et la commande à distance des appareils comme le téléviseur, la radio, la chaîne hi-fi… sont un gros poste de consommation. « Cette fonction consomme presque autant d’énergie que l’éclairage dans un logement« , selon une étude de Science & Décision, « Les économies d’énergie : choix ou nécessité ? », réalisée par l’université Evry-Val-d’Essonne et le Centre national de la recherche scientifique. « A l’échelle de la France, cela représente, chaque année, 0,5 % de la consommation totale d’énergie en France. »

Là aussi, une réflexion est menée au niveau européen pour obliger les constructeurs à prévoir une fonction arrêt sur tous les appareils électriques – sans perdre la programmation.

Géothermie et solaire

Inépuisable et non polluante, l’énergie solaire permet, grâce à des panneaux thermiques fixés sur le toit d’un bâtiment, d’assurer une bonne partie du chauffage de la maison et de l’eau chaude sanitaire (à ne pas confondre avec les panneaux photovoltaïques réservés à des bâtiments de grande taille et des surfaces de toit importantes).

Selon la région, le rendement varie entre Lire la suite

Les emplois de l' »après-pétrole »

lemonde.fr, Antoine Reverchon, le 5 octobre 2009

Les emplois de l' »après-pétrole »

Le Sénat a commencé, le 15 septembre, l’examen du projet de loi « portant engagement national pour l’environnement », dit « Grenelle 2 », qui détaille les modalités d’application des objectifs fixés par la loi « Grenelle 1« , adoptée le 23 juillet. Le but de toute cette agitation législative est de préparer la France à l’après-pétrole, en substituant graduellement à l’actuel bouquet énergétique, à base de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon), un bouquet comportant une part croissante de sources d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique). L’objectif étant que cette part atteigne 23 % en 2020.

Pour faire accepter les contraintes et les dépenses que cette mutation exige, Nicolas Sarkozy avait déclaré, le 22 juin, devant les députés et sénateurs réunis à Versailles, que le Grenelle engendrerait la création de 600 000 emplois dans la décennie à venir.

Il est impossible de savoir si ces chiffres seront atteints, mais il est certain que le changement de « modèle énergétique » aura des effets quantitatifs et qualitatifs sur les métiers, les emplois et les compétences. Dans le secteur de l’énergie bien sûr, mais aussi du transport, de l’automobile, de la sidérurgie, du ciment, du bâtiment, etc., et dans les services d’ingénierie et de conseil aux entreprises des secteurs concernés.

Ces mutations seront lentes, souligne Georges Servier, conseiller du président d’EDF et membre du conseil d’administration de la Fondation européenne pour les énergies de demain, créée par EDF. Selon lui, ces changements « prendront dix, vingt, trente ans ».

Dans le domaine de la production énergétique centralisée (centrales thermiques, à combustible fossile ou nucléaire, barrages hydrauliques), ajoute-t-il, les métiers ne vont guère changer, alors qu’il s’agit des plus gros bataillons de recrutement de l’électricien national. Sur les 3 000 recrutements effectués chaque année par EDF, 1 200 (dont 500 bac + 5) concernent le nucléaire, et ce rythme devrait demeurer stable dans les dix ans à venir. Il ne s’agit pas que de spécialistes de l’atome : mécaniciens, électroniciens, informaticiens sont de la partie.

Le secteur de l’hydraulique, avec la remise en état des grands barrages sur l’ensemble du territoire, devrait aussi être un gisement d’emplois. Sur les 30 000 salariés d’EDF, 5 000 travaillent dans la production hydraulique.

Du côté de la production « décentralisée » (solaire et éolien essentiellement), les besoins d’EDF sont moins volumineux : il s’agit de chefs de projet chargés de l’installation de parcs éoliens. Les gisements d’emplois se situent surtout chez les constructeurs d’équipements (éoliennes et panneaux photovoltaïques) ou chez les artisans et prestataires qui installent les matériels les plus légers chez les clients, particuliers ou entreprises.

Prévisionnistes météo

En revanche, les grands producteurs et distributeurs d’électricité devront maîtriser la cohabitation entre Lire la suite

Allemagne : La justice stoppe une centrale à charbon émettant trop de CO2

letemps.ch, Yves Petignat, le19 septembre 2009

Allemagne : La justice stoppe une centrale à charbon émettant trop de CO2

L’installation thermique de Datteln devait être la plus moderne et la plus puissante d’Europe. Les juges estiment qu’elle n’est pas conforme à l’environnement. Une première

C’est la victoire de David contre Goliath. Mais c’est aussi la première fois que les juges avancent des arguments de protection du climat, notamment les rejets de CO2, pour stopper un projet énergétique. Un coup dur pour E.ON et la politique «énergie mixte» préconisée par la chancelière Angela Merkel.

L’un des premiers producteurs d’électricité du monde, le géant allemand E.ON, 93 000 employés, 87,6 milliards de chiffre d’affaires, a dû cesser partiellement la construction de son plus grand projet de centrale thermique à charbon, à Datteln, une petite ville proche de Münster, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Un projet devisé à 1,2 milliard d’euros et qui pourrait être définitivement interrompu.

Retrait du permis

La tour de refroidissement de 180 m de hauteur est pratiquement achevée, alors que s’édifie à son pied l’une des plus puissantes centrales thermiques à charbon, une centrale monobloc de 1055 mégawatts, comparable aux centrales nucléaires. L’installation aurait dû livrer un tiers de sa production à Deutsche Bahn. Mais, vendredi, les travaux des dépôts d’ammoniaque, de charbon et de cendre, ainsi que des installations auxiliaires de machines à vapeur ont cessé, après le retrait d’un permis de construire par l’exécutif du district de Münster.

Depuis des années, un agriculteur voisin, Heinrich Greiwing, s’opposait au projet d’E.ON, trop proche de sa ferme. A ses côtés, les organisations écologistes, tels Greenpeace, Bund für Umwelt und Naturschutz (BUND) ou l’Alliance pour le climat, soutenues par de nombreux donateurs, dont le fonds d’investissement anglais TCI. Datteln était devenue la lutte phare contre les projets de ce type.

Multiples infractions

Au début du mois de septembre, les juges d’instance de Münster ont rendu un jugement dont les considérants ne laissaient pas d’autre choix aux autorités locales que de suspendre l’autorisation de travaux en cours. Infractions aux plans d’urbanisme, aux lois sur la protection de la faune et de la flore, aux directives contre le bruit, distances avec le voisinage non respectées, etc. Manifestement, les autorités locales s’étaient fiées les yeux fermés aux assurances d’E.ON, l’un des plus grands employeurs de la région. Mais surtout, relèvent les juges, la centrale, qui devait fonctionner grâce à du charbon importé, contrevient au plan de développement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, lequel précise que «de nouvelles centrales ne pourront être réalisées que si des progrès considérables sont obtenus dans le bilan de rejet du CO2 et d’autres substances touchant au climat».

Manque d’énergie

Or le projet de Datteln, qui multiplie par 350% la capacité de la centrale actuelle et devait émettre à elle seule l’équivalent de 0,73% de l’ensemble du contingent d’émission d’oxyde de carbone de l’Allemagne, ne peut Lire la suite

La voiture électrique n’est pas une voiture propre

liberation.fr, NC, le 17 septembre 2009

Les vices cachés de la fée électricité

Star du salon de Francfort, la voiture électrique n’est pas aussi propre qu’elle en a l’air. Revue de détails.

Cette voiture électrique, Nicolas Sarkozy la bichonne à coups d’annonces et de subventions. Un plan gouvernemental «véhicules propres» présenté mercredi prochain par Jean-Louis Borloo (on sait que l’Etat va commander 40 000 véhicules électriques). Des prêts de plusieurs centaines de millions d’euros déjà accordés pour la recherche des constructeurs français. Ou un bonus de 5 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique (VE). Les incitations sont nombreuses et le discours rodé.

A tel point que la moindre ombre au tableau a vite fait d’être évacuée, telle cette étude de l’Ademe retouchée avant diffusion (lire ci-contre). Il existe pourtant des interrogations sur la dimension écologique du véhicule électrique. Alors qu’au salon de Francfort les modèles se bousculent, revue des incertitudes.

L’électricité est-elle verte ?

«L’absence de pollution de la voiture électrique est une vue de l’esprit.» Cette assertion n’a pas été prononcée par un sourd au progrès, mais par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, spécialiste du réchauffement climatique, il y a près de dix ans déjà. Le rapport de l’Ademe (1) n’est pas si dur mais démontre que si le véhicule électrique permet d’éradiquer la pollution locale provenant du pot d’échappement, le bilan global n’est pas «systématiquement à [son] avantage par rapport au véhicule thermique». En clair, si vous rechargez vos véhicules avec de l’électricité qui provient de centrales à charbon, au fioul ou au gaz (les deux tiers de l’électricité mondiale) l’équation se renverse au profit du véhicule diesel ou essence. En Europe, le «mix électrique» est lui aussi carboné : «Le bilan du VE en émissions de CO2 est proche des voitures de classe B», affirme l’Ademe. Soit 126 grammes de CO2 au km. De quoi refroidir l’enthousiasme, quand on sait que la moyenne en 2008 se situait à 161 g/km, que les moteurs thermiques sont encore améliorables et qu’il existe déjà sur le marché une Peugeot 207 qui émet 99 g/km. Les partisans de l’autarcie évacueront le problème en arguant qu’en France, près de 80 % de l’énergie est nucléaire. Soit. Mais la France produit et importe de l’électricité carbonée dès qu’elle doit faire face à des pics de consommation. «En 2007, il y a eu cinquante jours où la consommation était si élevée qu’on a tout le temps été au-delà de la production hydraulique, éolienne et nucléaire, rappelle Eric Vidalenc, économiste à l’Ademe. Cela devrait s’accentuer d’année en année, principalement à cause du chauffage électrique.» Alors imaginons qu’en 2020, comme le prévoit Renault, 10 % du marché soit électrique et que, le soir, chacun recharge sa batterie… «On fera de la recharge carbonée», admet Vidalenc. Et si on se projetait dans un marché à 100 % électrique ? «Il faudrait 40 à 60 % de la production française actuelle pour électrifier 30 millions de véhicules», note Jancovici. Une vingtaine de réacteurs nucléaires de plus.

La batterie est-elle viable ?

C’est l’élément le moins abouti. D’abord, son prix reste prohibitif. Une étude du cabinet Oliver Wyman estime que le surcoût lié à la batterie s’élève à 20 000 euros pour une catégorie Golf Volkswagen. Même si on retranche les 5 000 euros de prime française, la différence reste dissuasive. Peugeot, qui va commercialiser sa iOn fin 2010, n’a pas encore défini de prix de vente. Mais on sait que sa jumelle i-Miev (Mitsubishi) coûte 35 000 euros au Japon. Autre incertitude, l’autonomie, qui oscille entre 100 et 200 kilomètres et la destine surtout aux zones urbaines et péri-urbaines. En outre, les batteries ont une durée de vie limitée : «10 000 à 50 000 km, note Frank Schwope, analyste auto pour la banque allemande Nord/LB. Si vous faites 50 km par jour durant deux cent vingt jours, la batterie tiendra un à cinq ans. C’est très peu.» Enfin, et surtout, le lithium (le matériau utilisé dans les batteries) n’est pas une ressource inépuisable. Les 10 à 20 millions de tonnes de réserves mondiales pourraient équiper 3 milliards de véhicules. De quoi laisser la pénurie venir, d’autant que le lithium se recycle. Mais son intérêt n’ayant échappé à personne (il est utilisé dans les téléphones et ordinateurs portables), le lithium a vu son prix exploser (de 350 à 3 000 euros la tonne entre 2003 et 2008).

Quel modèle économique ?

L’ère de l’électrique sera aussi celle des services à la mobilité : Renault envisage de Lire la suite

Climat : les Britanniques prennent le pas sur leurs leaders

 planette-terra.fr, Karine Le Loët, septembre 2009

Climat : les Britanniques prennent le pas sur leurs leaders

Marre d’attendre que les leaders se décident. Les Britanniques ont décidé de prendre les choses en mains en s’engageant individuellement à réduire leurs émissions de 10% dès 2010. Tiendront-ils leurs promesses ?

12 779 personnes, 416 entreprises et 133 institutions. Voilà à quoi ressemblait, hier, le flot de Britanniques engagés dans la campagne 10:10. Lancée le 1er septembre par une poignée d’activistes environnementaux et soutenue par le quotidien The Guardian, celle-ci a un objectif simple : pousser le maximum de Britanniques à réduire leurs émissions de 10% dès 2010 et s’ériger en exemple pour le reste du monde.

Tout a commencé par un « coup » médiatique. Le 1er septembre les Britanniques étaient appelés à se présenter en masse à la Tate Modern – l’ancienne centrale électrique de Londres reconvertie en musée d’art moderne. Là, contre une signature en bas d’une liste, les candidats à l’effort sont repartis avec un petit médaillon à l’effigie de la campagne et forgé dans la carcasse d’un boeing 747. Ils ont aussi reçus un petit carton rose mentionnant leur promesse : « Moins prendre l’avion », « Baisser le chauffage », « Manger moins de fromage »… Aux portes de la Tate Modern, deux groupes anglais portaient la fête sur les bords de la Tamise. « J’espère que vous allez tous atteindre votre engagement de 10%. Je vous achèterai une pinte, si vous arriverez à 20 ! », s’exclamait John McLure, le chanteur de Reverend and The Makers.

Westwood et McCartney

10% ? « Une broutille », soulignait dans les colonnes du Guardian, Franny Armstron, réalisatrice de L’Âge de la stupidité et initiatrice de la campagne. « Ça revient à changer des ampoules, baisser le chauffage, conduire un peu moins et isoler – avec des méthodes gratuites – sa maison. » La jeune femme a appelé le peuple britannique à prendre les devants à quelques mois du sommet sur le climat de Copenhague. Depuis, la mayonnaise médiatique a pris. Des stars – les stylistes Vivienne Westwood et Stella McCartney, l’acteur Colin Firth, l’humoriste Rory Bremner, le réalisateur Mike Figgis – ont ajouté leurs noms aux 12 milliers d’anonymes engagés dans la campagne.

Mais comment être sûr qu’ils tiendront bien leur promesse ? « Nous avons des partenariats avec la majorité des compagnies d’énergie britanniques, explique Daniel Vockins, l’un des organisateurs de la campagne. A partir de 2010, les Britanniques pourront voir en haut de leur facture leur baisse de consommation par rapport à 2009. » Mais comment estimer l’état de son gaspillage alimentaire ou de son taux de recyclage ? « C’est vrai que les efforts individuels sont difficiles à mesurer. Mais pour aider les gens à réduire leurs émissions, nous avons mis à leur disposition des conseils sur notre site », confie encore Daniel Vockins. Pas de quoi remplacer un bilan carbone individuel mais une chance de guider les Britanniques dans le sens de la sobriété. Exemple de conseils distillés sur le site : Lire la suite

Nocolas Hulot – Taxe carbone: «Ne rien faire est irresponsable»

liberation.fr, par Matthieu Ecoiffier et Guillaume Launay, le 7 septembre 2009

Taxe carbone : «Ne rien faire est irresponsable»

Pour Nicolas Hulot, la querelle politique sur la taxe carbone masque les enjeux. Il livre son mode d’emploi d’une fiscalité écologique et sociale.

Comme prévu, la taxe carbone et le cafouillage gouvernemental sur le dossier ont largement occupé le campus d’été de l’UMP, qui se déroulait ce week-end à Seignosse (Landes). Cafouillage ? Pas du tout, selon le conseiller élyséen Henri Guaino : «Il n’y a pas de cafouillage, il y a des discussions.» Mais rien d’anormal, officiellement, dans le désaveu infligé au Premier ministre sur les arbitrages. Les modalités de la taxe, les vraies, devraient être connues jeudi, selon Christine Lagarde. Sauf si les «discussions» s’éternisent…

Agacé par la tournure très politicienne prise par le débat, Nicolas Hulot, qui avec sa Fondation a porté et médiatisé la Contribution climat énergie (CCE) depuis le Grenelle, lance dans Libération un appel à la raison.

A entendre ses adversaires, Ségolène Royal en tête, la taxe carbone c’est 7 centimes de plus à la pompe et c’est inefficace…

C’est une présentation étriquée et simpliste des choses. Aucun expert objectif ne doute de l’efficacité du signal prix pour agir sur les comportements. Si, simple exemple inversé, le parc de diesel a tant augmenté en France, c’est parce que les gens ont intégré que le prix à la pompe du diesel serait durablement moins cher que celui du super. Si on veut créer de la vertu collective, que l’industrie propose des biens et des services de plus en plus sobres, il faut que chacun ait à l’esprit que le prix ne baissera plus jamais. Que l’horizon soit bien défini pour orienter ses investissements. Ceci dit, le contexte de la rentrée politique, a sans doute pesé notamment à gauche… Certains ont trouvé un point d’accroche, je ne trouve pas ça très adroit, ce n’est pas un sujet sur lequel il faut polémiquer. C’est trop grave, ne faisons pas de démagogie. C’est d’ailleurs contraire à l’esprit du Pacte Ecologique que tous avaient signé.

Quel est l’intérêt de la taxe carbone ?

Donner un prix au carbone fait consensus chez tous les économistes qui se sont penchés sur ces problématiques. Rappelons le contexte. Il y a deux contraintes majeures, le changement climatique et la raréfaction des ressources. Pour lutter contre le réchauffement, on s’est engagé à Kyoto à diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Ca ne se fera pas avec des petites corrections à la marge. Nous aurons tous des efforts très importants à faire et plus l’on ajourne la transition plus ce sera lourd voir insupportable notamment pour les plus démunis.

«Si on ne fait rien, les plus précaires subiront»

Et sur les ressources ?

On va vers la fin des énergies fossiles et notamment du pétrole. L’idée qu’on ait le choix entre faire ou ne rien faire est fausse. Soit on organise cette mutation, soit on la subit. Les choses vont changer de gré ou de force. Et si c’est de force, par la raréfaction, les prix vont augmenter très brutalement… et ce sont les plus précaires qui vont subir. Planifier la hausse c’est pouvoir aussi amortir les crises à venir. C’est bien une préoccupation éminemment sociale, ce n’est pas juste histoire d’embêter le monde.

Ne faut-il pas d’abord se concentrer sur l’industrie ?

Le marché des quotas existe déjà : il touche les émissions industrielles concentrées. Il faudra Lire la suite

A Bordeaux, Jouanno monte au feu

sudouest.com, Jean-Denis renard, le 5 septembre 2009

TAXE CARBONE. La secrétaire d’État à l’Écologie a balayé tous les sujets hier, notamment celui de la taxe carbone

A Bordeaux, Jouanno monte au feu

Chantal Jouanno doit commencer à prendre l’habitude. Il y a peu en Auvergne, la secrétaire d’État à l’Écologie a affronté la fournaise d’un débat passionné sur les éoliennes qui se multiplient sur les crêtes du Massif central. Hier à Bordeaux, la troisième levée de son tour de France du Grenelle de l’environnement a pris un tour orageux à propos du terminal méthanier du Verdon, à l’embouchure de la Gironde. En matière de développement durable, c’est en premier lieu sur les enjeux de proximité que l’intérêt se cristallise. CQFD.

Au moins la thématique ne décourage-t-elle personne. À preuve, la salle de l’Athénée municipal de Bordeaux était comble pour ce débat public « modéré » par Patrick Venries, le directeur de l’information de « Sud Ouest », et Alain Pagès, le rédacteur en chef de France Bleu Gironde.

Flanquée d’Alain Juppé, le maire de Bordeaux, et d’Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine, Chantal Jouanno entendait défendre la démarche du Grenelle de l’environnement, impulsée au printemps 2007 et sanctionnée par une première loi-cadre au début de cet été. « Nous ne sommes pas là pour en dresser le bilan. Nous ne sommes qu’au début de l’étape, il y a beaucoup de choses à construire », a-t-elle entamé.

Et arriva la taxe carbone…

Au milieu de ce « beaucoup de choses », il fallait bien revenir sur la désormais fameuse taxe carbone qui squatte tous les commentaires. Chantal Jouanno s’est engagée prudemment sur ce terrain miné pour donner les trois directions à emprunter : « Taxer moins le travail et plus la pollution, le faire à niveau de prélèvement constant, et redistribuer 100 % du produit de la contribution. On prendra en compte la distinction entre les ruraux et les urbains et celle entre les riches et les pauvres », a indiqué la secrétaire d’État.

La règle du jeu voulant que la salle intervienne, celle-ci l’a largement utilisée. À commencer par Stéphane Lhomme, le porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, qui s’est insurgé contre le fait que l’électricité d’origine nucléaire soit exclue du champ de la contribution climat-énergie. « En hiver, les pointes de consommation obligent à importer du courant d’Allemagne, du courant produit par des centrales thermiques au charbon. Mais on veut protéger le tout chauffage électrique », a-t-il lancé.

Chantal Jouanno ne l’a pas contré sur le constat. Elle a simplement plaidé pour une realpolitik énergétique à la française. « Je n’éprouve aucun amour pour le nucléaire, mais ça fait tourner la machine. Grâce à lui, nous émettons 20 % de gaz à effet de serre de moins que la moyenne européenne », a-t-elle rétorqué.

Bilbao et les OGM

Pour le reste, le débat a balayé à peu près tous les sujets environnementaux d’essence régionale. Alain Rousset a vigoureusement plaidé pour Lire la suite

Hulot à Bordeaux, évacuation du Titanic, taxe carbone, un monde devenu fou…

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 4 Septembre 2009

RENCONTRE. Il était en visite hier à « Sud Ouest » pour le lancement de la promotion du « Syndrome du Titanic ». L’occasion de réagir à la taxe carbone

Nicolas Hulot fait évacuer le « Titanic »

L’ouverture sur le monde commence à Bordeaux. La toute première présentation publique du « Syndrome du Titanic », le film de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre, qui sortira le 7 octobre, a eu lieu hier soir à l’UGC Ciné-Cité de la ville. Elle s’est tenue en présence des deux réalisateurs, qui ont d’abord été accueillis dans les locaux de « Sud Ouest » par Patrick Venries, le directeur de l’information, et Yves Harté, son adjoint. L’homme de télévision s’y est prêté au rituel de la conférence de presse, suivie d’un chat avec les internautes sur sudouest.com. Morceaux choisis.

Quatre ans de croisière

« On a commencé à parler de ce film il y a quatre ans. Depuis lors, le contexte a changé, le film est plus contemporain que mon livre éponyme, que je voulais adapter. Au final, je ne considère pas qu’il s’agit d’un film environnemental ou écologique. Il évoque plutôt la combinaison des crises, celle du modèle dans lequel nous vivons.

« Je dis au début du film que « longtemps, je me suis accommodé de la réalité ». C’est sa raison d’être. Le moment est venu où l’on ne peut plus faire de concessions avec la réalité ; elle est trop complexe et trop grave pour la tamiser. Elle est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Nos concitoyens du monde entier n’en ont pas vraiment conscience. Or tout se joue en ce moment. »

La philosophie du désespoir

« Je n’avais jamais pensé que mon combat devrait être aussi intense. Et, oui, je passe par des phases de désespoir parce que certains de mes interlocuteurs ne consentent à agir que pour me faire plaisir. Alors qu’on se situe sur un enjeu d’intérêt universel. Je vois bien l’inertie dans laquelle nous sommes. Le positivisme hérité du XIXe siècle est encore excessivement efficace. Mais je vois parallèlement que le génie humain ne fait jamais défaut quand on a besoin de lui.

« Nous avons remis dans le commentaire la fameuse phrase d’Einstein qui dit que « notre époque se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions ». Nos actions ont échappé à nos intentions. Nous avons une opportunité à un coup, c’est en l’espace de quelques années que ça va se jouer, pour redéfinir l’ambition du projet humain. »

Préserver pour partager

« Il y a deux priorités : préserver nos ressources au sens large du terme, et partager. La première conditionne la seconde. Quand on est dans la pénurie, quand l’essentiel vient à manquer, ce qui nous pend au nez pour beaucoup de choses, les valeurs liées à la démocratie ne résistent pas longtemps.

« C’est un appel à la mobilisation, un appel à l’action. Il faut que les citoyens valident, accompagnent, voire inventent un nouveau modèle. Même si on ne s’occupe pas de l’état de notre planète, il va se passer quelque chose. Sans notre consentement, la nature va procéder à des ajustements et ce sera excessivement violent. Je rappelle qu’il y a d’ores et déjà 300 000 morts par an dans le monde du fait des changements climatiques. »

La poudrière des inégalités

« Oui, je suis inquiet, parce que je n’ai pas simplement une vision livresque des événements. Pour ce qui concerne l’état de la nature, je fais partie de ceux qui ont pu voir l’accélération des phénomènes de manière très concrète. Depuis le temps que je voyage, j’ai aussi vu les inégalités se creuser. Elles deviennent d’autant plus obscènes que dans les endroits les plus reculés, il y a toujours une fenêtre sur le monde, qu’il s’agisse de la télévision ou d’Internet. Et les gens là-bas savent que, tout près, de l’autre côté du mur, d’autres se vautrent dans l’opulence et le gâchis. Ça crée des points de tension énormes, des frustrations et des humiliations. Où que j’aille, ce fossé nord-sud n’a jamais été aussi marqué.

« Il va bien falloir éliminer les gâchis et les excès, y compris dans Lire la suite

FNE – Contribution Climat Energie/Taxe carbone : le Gouvernement recule en donnant l’impression d’avancer

France Nature Environnement, Communiqué de presse, le 26 août 2009

Contribution Climat Energie/Taxe carbone : le Gouvernement recule en donnant l’impression d’avancer

La Ministre des Finances Christine Lagarde a déclaré ce matin que le montant de 15 euros par tonne de CO2 lui semblait un bon taux pour la future Contribution Climat Energie (CCE), qui devrait être mise en place dès janvier 2010. Pour FNE, les récentes déclarations ministérielles laissent craindre que le Gouvernement ne s’écarte de l’objectif initial de la CCE

Evitons les faux débats

Pour Sébastien Genest président de FNE, le Gouvernement commet une grave erreur s’il espère avancer sur le sujet en se focalisant sur le chiffre de 15 euros. « Une taxe carbone à 15 euros mais sans redistribution de son produit pèsera bien plus sur le pouvoir d’achat qu’une taxe à 32 euros mais avec redistribution. N’enterrons pas la Contribution climat énergie au profit d’une taxe carbone avec un simple vernis vert »

Arnaud Gossement, porte parole de FNE ajoute : « De plus ce taux de 32 euros correspond au taux d’une taxe carbone qui ne porterait pas sur l’électricité, ce qui est également une erreur. Il faut donc un taux qui garantisse le signal prix pour le consommateur, une assiette qui garantisse la baisse de la consommation d’énergie et un mécanisme de redistribution socialement incontestable. Il faut également que le Gouvernement précise sa position sur l’augmentation progressive dans le temps du taux de la taxe. C’est sur ces sujets que nous attendons le Gouvernement. »

FNE s’oppose à la création d’une taxe carbone qui ne serait pas, à la fois, un facteur de progrès et social et environnemental.

Le risque d’une CCE au rabais

Après les déclarations hier d’Eric Woerth et de Chantal Jouanno, qui affirmaient que 32 euros par tonne de CO2 étaient un montant trop élevé et lui préférait un taux compris entre 14 et 20 euros par tonne de CO2, Christine Lagarde confirme la tendance à la baisse des ambitions en se prononçant pour un taux de 15 euros.

Ces déclarations font craindre à FNE qu’on ne se dirige vers une CCE au rabais, bien en deçà du montant de 32 euros conseillé par le rapport de Michel Rocard à l’issue de la conférence d’experts. Ce taux est pourtant le minimum nécessaire pour atteindre Lire la suite

Eclairage public à la demande – Allemagne : une idée brillante

naturavox.fr, Philippe Ladame, le 7 août 2009

Allemagne : une idée brillante

Une petite commune allemande a fait le choix de l’éclairage public à la demande pour épargner les finances publiques et l’environnement.

Le magazine Time (parmi d’autres) consacre cette semaine un article à la commune de Dörentrup dans le centre de l’Allemagne.

Dans une situation budgétaire délicate le conseil municipal de Dörentrup a décidé, en 2006, de limiter l’éclairage public dans un souci d’économie.

L’un de ses habitants a eu l’idée de demander au service d’électricité de la ville voisine de Lemgo d’imaginer un système d’allumage par appel téléphonique.

Le système qu’ils ont mis au point fonctionne ainsi : un résident (abonné au service, gratuit) compose sur son téléphone un numéro indiqué sur un lampadaire. L’appel part vers un ordinateur de la compagnie d’électricité. L’appelant tape un numéro de code, lui aussi inscrit sur le lampadaire, ce qui provoque l’envoi par l’ordinateur d’un signal à un modem wifi qui allume les lampadaires de la zone. L’ensemble du processus prend deux secondes.

Avant l’installation de ce système, les lampadaires étaient éteints à 11 heures du soir et rallumés à 6 heures.

Depuis la mise en place de ’dial4light’, les lampadaires des rues les plus tranquilles sont éteints dès 9 heures. Et pendant les mois d’été, ils ne sont pas allumés du tout.

La municipalité pense parvenir à une économie annuelle de Lire la suite

Contre Allègre : une écologie qui émancipe

liberation.fr, Denis Baupin, adjoint au maire de Paris chargé de l’environnement, du développement durable et du plan climat, le 5 août 2009

Contre Allègre : une écologie qui émancipe

Fidèle à la stratégie de son nouveau maître – Nicolas Sarkozy -, Claude Allègre prétend, en s’appropriant indûment l’identité de ceux qu’il veut combattre – les écologistes -, se parer lui-même des habits de l’écologie, avec la création prochaine de sa Fondation pour l’écologie productive (Libération du 17 juillet).

Venant d’un des principaux négationnistes du dérèglement climatique, y compris au prix du tripatouillage de travaux scientifiques, le propos pourrait faire sourire. Mais on aurait tort de se contenter de ce premier réflexe. Claude Allègre n’est que la figure la plus caricaturale d’une entreprise plus globale visant à se réapproprier le succès des écologistes pour mieux le dénaturer. Cette entreprise utilise deux artifices.

Le premier est un grand classique : faire passer les écologistes pour des passéistes, des opposants au progrès, etc. Refrain connu chez les productivistes et les scientistes de droite et de gauche, depuis Robert Hue, qui refusait le retour à «la lampe à pétrole», à Martine Aubry, qui ne veut pas s’intéresser «aux radis», en passant par Luc Ferry, dont l’ouvrage le Nouvel Ordre écologique disait le mépris d’une certaine classe intellectuelle pour qui ne partageait pas sa vision du progrès humain.

Le second, plus nouveau, est devenu un passage obligé pour tout politique en panne de discours : repeindre en vert les politiques les plus productivistes et polluantes, afin de leur donner une nouvelle légitimité. En la matière, Claude Allègre ne craint personne. Après avoir été le héraut du lobby de l’amiante (qui continue de tuer chaque année plusieurs milliers de personnes), le voici en porteur de valise du nucléaire, des organismes génétiquement modifiés (OGM), voire du stockage de carbone comme réponse au dérèglement climatique.

Il y a pourtant un point sur lequel on peut être d’accord avec Claude Allègre : oui, l’écologie peut être productive, innovante, source de progrès pour l’humanité, créatrice d’emplois et aussi – même si cela l’intéresse sans doute moins – de justice sociale. Mais pour cela, pour être résolument moderne – car nous revendiquons la modernité -, l’écologie n’a pas besoin d’épouser une fuite en avant technoscientiste promue au rang d’idéologie. Notre écologie s’appuie sur l’innovation et les technologies modernes, mais en privilégiant celles qui accroissent l’autonomie des gens, qui émancipent au lieu d’asservir.

Reprenons les exemples de l’énergie, des OGM et du stockage de carbone pour en faire la démonstration.

Pour la production énergétique, peu importe à Claude Allègre que le nucléaire dit de quatrième génération – supposé recycler ses propres déchets – ne soit qu’une chimère dont les seuls exemples, à commencer par Superphénix, furent des échecs retentissants, si cela lui permet de justifier la fuite en avant franco-française dans l’industrie énergétique la plus dangereuse (par ses déchets, ses accidents et la prolifération qui lui est liée) et la plus coûteuse… Comme vient de le confirmer le PDG d’EDF en Lire la suite

Voiture à air comprimé, le bout du tunnel approche !

univers-nature.com, Pascal Farcy, le 29 juillet 2009

Voiture à air comprimé, le bout du tunnel approche !

Si jusqu’alors la voiture à air comprimé faisait office d’arlésienne, elle nous revient aujourd’hui dans une version différente, plus adaptée au marché auquel elle se destine et avec une appellation ‘tendance’ : AIRPod, qui n’est pas sans rappeler la dénomination des célèbres baladeurs MP3 d’Apple (1). A l’inverse des nombreux autres prototypes du fabricant MDI (Motor Development International), l’AIRPod est présenté dans une version d’ores et déjà fort aboutie, dont sept exemplaires vont être testés dès ce mois, par Air France et KLM sur les sites de Paris-Charles de Gaulle et Amsterdam-Schiphol.

Le concept de ce véhicule, initié par Guy Nègre (2), repose sur un moteur mono-énergie à air comprimé, sans aucun rejet polluant à l’utilisation. Alimenté par un réservoir de 200 litres, à une pression de 350 bars, l’AIRPod offre une autonomie variant entre 120 et 200 km selon l’utilisation qui en est faite (charge, vitesse, etc.). Affichant clairement sa vocation urbaine : 2,07 m de long, 1,60 m de large et 1,74 m de haut pour un rayon de braquage record de 1,90 m, la MDI AIRPod se limite à une vitesse maxi comprise entre 45 et 70 km/h selon sa version.
Reposant sur 4 roues, dont 2 jumelées à l’avant en position centrale, elle se présente sous un design étonnant, qui ne laissera personne indifférent. En accédant à l’intérieur, par le hayon situé à l’avant du véhicule, le conducteur trouve en lieu et place du traditionnel volant un simple levier se terminant par un joystick, tandis qu’au plancher les choses sont plus conventionnelles avec deux pédales (frein et accélérateur). Malgré son gabarit très réduit (60 cm de moins qu’une Smart !), son habitabilité est étonnante. En effet, selon la version, plus d’un mètre cube de marchandise ou deux adultes et un enfant peuvent y prendre place en plus du conducteur, le tout pour un poids en charge d’environ 500 kg.

Le plein d’air s’effectue à l’aide d’un compresseur électrique du commerce (entre 3 et 4 heures de charge), mais la mise en place de stations d’air à haute pression promet un remplissage en 3 minutes. Economiquement, le coût d’utilisation oscille entre 0,5 et 1 € d’électricité aux 100 km. Au niveau tarif, la facture d’achat devrait s’élever à environ 6 000 € selon MDI, un montant qui semble nettement plus réaliste que ceux des annonces précédentes.

Selon Guy Nègre, prévu pour une commercialisation en fin d’année 2009, début 2010, ce véhicule devrait essentiellement intéresser les flottes de location de véhicules urbains type Autolib’, et des structures aux besoins spécifiques de déplacement/livraison en milieu urbain ou en recherche d’image ‘propre’ comme des compagnies aériennes, par exemple. Une fois l’homologation obtenue, les premiers exemplaires destinés à la vente seront fabriqués en France à Lire la suite

France nature Environnement – Contribution Climat Energie : Un facteur de justice sociale et environnementale

FNE, Communiqué de presse, le 28 juillet 2009

Contribution Climat Energie : Un facteur de justice sociale et environnementale

A la suite de la conférence d’experts sur la Contribution Climat Energie, Michel Rocard, son président, rend son rapport cet après-midi. Réaction de FNE

« Pour contribuer à la réussite des négociations internationales sur le climat, la France doit être exemplaire. Pour cela, elle doit utiliser tous les leviers. La contribution climat énergie peut être un outil d’une justice à la fois sociale et environnementale. Le pire serait de ne rien faire. Dans ce cas, les plus pauvres seront les premières victimes de la crise écologique et économique. » déclare Sébastien Genest, président de France Nature Environnement.

Pourquoi une contribution climat énergie ?

Changer progressivement les équilibres économiques : tel est l’objectif d’une Contribution Climat Energie. Sa vocation première est de répondre à deux crises majeures, l’une environnementale, en l’occurrence les émissions diffuses de gaz à effet de serre, l’autre socio-économique, la crise de l’énergie. Par la mise en place d’un « signal-prix », la CCE permet d’orienter le comportement des agents économiques en les incitant à consommer des produits et services moins émetteurs et plus sobres en énergie. Notre société doit se désintoxiquer des produits carbonés et énergivores. La redistribution des recettes de la CCE permettra aux produits vertueux de gagner en compétitivité et de protéger les plus faibles.
Pour FNE, la CCE est un outil structurant essentiel pour amorcer la conversion écologique de l’économie.

Comment la mettre en place ?

Dans l’idéal, il faudrait établir une contribution sur la base du « poids carbone » et du « poids énergie » de chaque produit. Si cette solution est trop complexe à court terme, il serait plus réaliste d’envisager l’application de la CCE aux seules consommations énergétiques, notamment celles responsables d’émissions directes de GES. Sont donc concernées les consommations énergétiques des entreprises, des ménages et des administrations. Rappelons que les consommations énergétiques représentaient, en 2007 en France, 72,4% des émissions totales de gaz à effet de serre et 94,7% des émissions de CO2.
Les 27,6% restant, non liés aux consommations énergétiques, devraient faire l’objet d’une réflexion complémentaire afin que soient crées des incitations à leurs réductions. FNE souligne l’importance de ne pas oublier les autres GES, en particulier le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O).

La CCE est-elle nécessaire ? Est-elle efficace ? Est-elle suffisante ?

La CCE est nécessaire, mais pas suffisante.

• Elle est nécessaire : elle permet de compléter le système des quotas d’émissions négociables mis en place à l’échelle européenne. Celui-ci ne concerne en effet que les industries les plus polluantes, responsables de 40% des émissions européennes de GES. La CCE permet d’inciter à la réduction des émissions non régulées par quotas, en particulier les émissions diffuses. Et si la mise aux enchères des quotas ne conduit pas à un niveau suffisant du prix de la tonne de carbone émis, la CCE pourra fonctionner pour les secteurs concernés comme mécanisme financier d’ajustement d’une politique énergétique cohérente.

• Elle est efficace : Pratiquement personne ne conteste plus la réalité de « l’élasticité au prix » de la consommation d’énergie. De nombreux travaux économiques ont montré que le niveau des prix de l’énergie a un impact direct sur la consommation énergétique. Mais au niveau actuel des marchés de l’énergie, la sensibilité au prix est nettement plus marquée qu’avant la dernière crise pétrolière, et rend pleinement efficace une politique de « signal prix » envoyé à tous les agents économiques avec la CCE.

Ce constat, et la compréhension de l’urgence climatique, expliquent que tous les acteurs qui se sont exprimés lors de la conférence des experts, syndicats et industriels compris, soient favorables à la CCE.

• Elle n’est pas suffisante : Lire la suite

Tout ce qu’il faut savoir sur la taxe carbone

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le 26 juillet 2009 

Tout ce qu’il faut savoir sur la taxe carbone

Qui paiera ? Quel prix ? Où ira l’argent ? Rue89 décrypte les enjeux de cette future taxe, qui pourrait être appliquée dès janvier 2010.

Peut-être que si on l’appelait par son vrai nom, « contribution climat énergie  », ça passerait mieux. La commission Rocard, chargée d’y réfléchir, n’a pas encore rendu son rapport que les premières déclarations de l’ancien Premier ministre socialiste font déjà vivement réagir… Décryptage.

1. Donner un prix au carbone

Pour décourager l’usage des énergies fossiles, sources principales d’émissions de gaz à effets de serre, l’idée est de les taxer et avant cela de donner un prix au carbone (plus exactement aux émissions de CO2). Et ce afin d’encourager les ménages et les entreprises à adopter d’autres technologies (énergies renouvelables par exemple) ou à faire des économies d’énergie.

Comme le fait remarquer Jacques Le Cacheux, directeur du département des études de l’OFCE, la France est très en retard par rapport aux pays Scandinaves, où des taxes carbone existent depuis des années. De plus, en France toujours, « le prix du carburant relativement au coût de la vie n’est pas plus haut que dans les années 60 » (voir le graphique reproduit sur ce site).

Concrètement, un consensus semble se dégager pour facturer le CO2 à 32 euros la tonne aujourd’hui (certains vont jusqu’à 45), 100 euros en 2030, 150 à 350 en 2050.

Ce qui provoquerait une hausse des prix à la pompe : 8 centimes aujourd’hui, 25 centimes en 2030, 40 à 80 euro en 2050. Et une hausse de la facture de chauffage évaluée entre 60 euros (logement collectif au gaz) et 170 euros par an (maison individuelle au fioul).

2. Du prix du carbone pour quelques uns au prix du carbone pour tous

Le marché du carbone existe déjà pour les plus gros pollueurs, à travers la bourse d’échange d’émissions de CO2, qui concerne 1000 à 1200 sites industriels, qui représentent environ la moitié des émissions françaises et à qui l’Etat a attribué des quotas d’émissions autorisées. C’est pour mettre sous pression l’autre moitié des pollueurs français que le gouvernement souhaite que la taxe soit votée dans le prochain budget et soit applicable au 1er janvier 2010.

3. Quelle forme aura la taxe ?

La taxe carbone augmente le prix des énergies fossiles, pétrole, gaz, charbon (dont la combustion émet des gaz effet de serre), sur la base de ce prix de 32 euros la tonne de CO2. Ce qui représenterait un coût total pour les ménage de 300 euros par an.

Le gouvernement aurait pu choisir de taxer le carbone contenu dans chaque produit de consommation vendu, c’est-à-dire de rendre la « vérité des coûts en carbone », ce qui aurait été plus limpide pour le consommateur. Mais c’était Lire la suite

En Loire-Atlantique, des stages enseignent un mode de vie écologique, autonome et décroissant

lemonde.fr, Frédéric Potet, le 17 juillet 2009

En Loire-Atlantique, des stages enseignent un mode de vie écologique, autonome et décroissant

Pousser au maximum la logique écologique. Produire soi-même son électricité. Subvenir, grâce à la pluie, à l’ensemble de ses besoins en eau. Se nourrir à partir d’un simple potager. Diviser par huit ses achats de consommation courante… Cela fait trente-cinq ans que Patrick Baronnet et sa femme Brigitte font la démonstration que ce genre de vie proche de l’autonomie totale est possible.

A Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique), ces décroissants de la première heure ont également construit une maison passive tout en matériaux naturels (murs en paille doublés de brique en terre crue, isolation en laine de mouton, ossature en bois…) qui est aujourd’hui le clou des visites et autres stages qu’ils organisent sur place.

Mode écolo oblige, l’endroit ne désemplit pas depuis deux ans.  » Et la crise ne fait que renforcer cet engouement, indique Patrick Baronnet. L’autonomie est perçue à la fois comme un moyen de faire des économies et une manière de remettre en question son mode de vie, en réaction à la société malade qui nous entoure. « 

Liée ou non à la conjoncture, cette notion de  » mal-être  » est palpable dès les premières minutes du stage proposé, ce matin-là à Moisdon, sur le thème  » Projet de maison « . Une vingtaine de personnes a fait le déplacement en pensant trouver des réponses uniquement  » techniques  » à leurs interrogations ; elles se trouvent finalement invitées à expliquer pourquoi elles aspirent à  » vivre autrement « .

Lancé autour d’une tisane sarriette-thym, le tour de table tourne très vite au grand déballage. Une ancienne sérigraphiste  » usée par le travail  » manque de s’étouffer dans ses sanglots. Un apprenti charpentier fulmine contre sa famille qui ne comprend pas son rejet de la société de consommation. Un couple d’archéologues parisiens, radiesthésistes à leurs heures, décrit ses problèmes de voisinage dans le Perche où il a acheté une maison de campagne. Une kiné belge explique s’être essayée à la sophrologie, puis à la  » réharmonisation énergétique  » Et maintenant à l’écologie !

L’après-midi est consacré à la description détaillée des différentes installations du lieu : le chauffe-eau solaire autoconstruit, la citerne enterrée de 8 000 litres, l’éolienne de 18 mètres de haut, les bassins filtrants pour eaux usées…

Le stagiaire en a pour son argent (40 euros la journée) et a même la possibilité de  » passer à l’acte  » en testant les Lire la suite

Le marché des petites éoliennes veut devenir grand

planete-terra.fr, Julien Vinzent, juillet 2009

Le marché des petites éoliennes veut devenir grand

Une éolienne dans le jardin, ça vous tente ? Pas un monstre de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, mais une petite éolienne, qui produira juste de quoi vous alimenter en électricité. Le marché, qui explose aux États-Unis, émerge en France.

Le petit éolien, c’est un peu « l’éolienne des villes » : des installations d’une puissance comprise entre 1 et 25 kilowatts (kW), quand « l’éolienne des champs » affiche en moyenne 2 mégawatts (MW). Niveau taille, rien à voir non plus puisque les éoliennes de poche dépassent rarement 12 m, seuil à partir duquel il faut un permis de construire.

Pour l’instant, on ne dénombre que 650 mini-éoliennes en France, quand les les Américains en ont installé plus de 10 000 rien que l’année dernière. Outre-Atlantique, le marché a le vent dans le dos : +78% en 2008. Forcément, cela donne des idées. La société belge Windeo, a par exemple lancé en juin une offre de services tout-compris en France. Elle rejoint des installateurs plus anciens comme France Eoliennes, Weole et Krug.

L’éolien faiblement subventionné

Alors, le petit éolien a-t-il un avenir aussi prometteur que son compère le photovoltaïque ? A priori, rien d’évident. Avec une augmentation de 43% du nombre de raccordements au réseau, rien que dans les 3 premiers mois de 2009, le photovoltaïque règne sans conteste, notamment grâce à son tarif de rachat fixé à 60 centimes d’euros le kWh.

Le hic, c’est que l’éolien, lui, n’est racheté que 8 centimes d’euros par EDF, et encore, l’obligation ne vaut que dans les zones de développement de l’éolien, qui concernent surtout les grands parcs de plusieurs mégawatts. Loïc Péquignot, président de Windeo relativise en rappelant que la logique des particuliers et des entreprises est majoritairement celle de l’indépendance énergétique : pouvoir produire l’électricité que l’on consomme.

Autre problème, les petites éoliennes subissent les mêmes critiques que leurs grandes sœurs. Selon un sondage de l’Ifop, réalisé pour Windeo, 65% des personnes interrogées les trouvent inesthétiques et la moitié critiquent leur impact sur le paysage et leur niveau sonore. De plus, malgré le crédit d’impôts de 50% pour les particuliers, le coût de l’investissement est considéré comme un frein important.

Dernier point faible souvent évoqué : l’intérêt d’une installation est très fortement dépendant de la vitesse moyenne du vent. Il ne suffit donc pas de vouloir une éolienne, encore faut-il que les conditions soient réunies pour que le projet soit un minimum rentable.

Une technologie qui a évolué

Comment expliquer dans ce cas le boom de cette énergie aux États-Unis ? Tout simplement car la technologie est passée au niveau supérieur, gommant ainsi la plupart des faiblesses citées plus haut. « Il y a eu un gros effort de recherche et développement qui a abouti à une deuxième génération de petites éoliennes« , explique Loïc Péquignot. Plus performantes, les mini-éoliennes peuvent être installées dans un plus grand nombre d’endroits, notamment en zone urbaine. Certaines sont devenues quasiment silencieuses et affichent un aspect plus « design ».

Mais, si la technologie s’améliore, la réglementation reste la même. En clair, mieux vaut pouvoir fournir un dossier béton et convaincre ses voisins pour éviter que l’histoire se transforme en casse-tête. Si les installations de moins de 12 m s’affranchissent du permis de construire et de la déclaration de travaux, elles doivent quand même faire l’objet d’une notice d’impact (paysage, bruit, etc.) et respecter le code de l’environnement et du patrimoine.

Le petit éolien n’est donc pas accessible à tout le monde, partout, sans conditions. Un terrain dégagé de plusieurs centaines de mètres carrés Lire la suite

De la nécessité d’encadrer le développement des centrales solaires au sol

actu-environnement.com, S.Fabregat, le 09 juillet 2009

De la nécessité d’encadrer le développement des centrales solaires au sol

De nombreux acteurs s’inquiètent de l’engouement des investisseurs pour les centrales photovoltaïques au sol. Il est vrai qu’à l’heure de la lutte contre l’artificialisation des sols, cette nouvelle concurrence d’usage est encore peu encadrée.

Il pousse… des champs de cellules photovoltaïques. Encore limité, le déploiement de centrales solaires au sol devrait s’accélérer, à en croire l’engouement des investisseurs qui ont lancé une véritable course à l’acquisition de terres idéales.

Le plan Borloo sur les énergies renouvelables ne devrait que renforcer cette tendance. Il prévoit en effet l’installation d’au moins une centrale par région d’ici 2011. Deux installations de 10 MW dans les plus ensoleillées, une seule dans les moins bien pourvues. L’appel d’offre devrait aboutir en décembre 2009 mais déjà des projets se concrétisent. Ce plan s’accompagne d’un tarif de rachat de l’électricité incitatif (0,20 € le kWh)

Selon les calculs, l’objectif gouvernemental occuperait entre 10.000 et 15.000 hectares de terrain… Or, 10.000 hectares, c’est déjà trop quand on sait que chaque année 72.000 hectares disparaissent à cause de l’urbanisation, commente André Barbaraux, directeur de la Fédération Nationale des Safer (sociétés spécialisées dans la vente de biens fonciers ruraux).
Au moment de la lutte contre l’artificialisation des sols, il est vrai que le manque d’encadrement actuel de ce déploiement pose question. Nous ne sommes pas opposés au photovoltaïque. Nous disons juste que concernant les centrales au sol, il faut faire attention. Leur développement ne doit pas entrer en conflit avec la nécessaire préservation des terres agricoles, forestières et des espaces naturels. D’autant que les centrales photovoltaïques peuvent se déployer sur les toitures de bâtiments agricoles, industriels et commerciaux en prenant en compte les obligations relatives aux paysages et aux sites protégés. Dans ce cas, cela peut même entraîner un complément de revenu non négligeable pour les propriétaires concernées dont les agriculteurs.

L’impact environnement des centrales solaires au sol

Outre l’impact sur le paysage, les centrales photovoltaïques au sol peuvent avoir des conséquences directes sur l’environnement local. Modification des biotopes, érosion des sols, déplacement de la faune sauvage font partie des impacts que peut avoir ce type d’installation.
Mais la question qui préoccupe avant tout les associations environnementales et les agriculteurs concerne la concurrence des sols. En effet, au moment où la sécurité alimentaire devient une priorité et où le gouvernement s’engage à lutter contre l’artificialisation des sols, une nouvelle concurrence avec l’agriculture voit le jour au travers des centrales au sol.

On assiste à un engouement très fort des investisseurs dans certains départements comme les Alpes de Haute Provence, les Landes ou Lire la suite

Contribution de TACA à la conférence des experts de Michel Rocard du 2-3 juillet 2009

TACA, Communiqué, le 5 juillet 2009

CONTRIBUTION DE TACA à la conférence des experts de Michel Rocard du 2-3 juillet 2009

L’association TACA (TAxe CArbone) a pour objectif de mobiliser les citoyens contre le changement climatique et de promouvoir la mise en place d’un signal-prix.
Points qui nous paraissent importants pour que la CCE soit à la fois efficace et bien acceptée :

1. Envoyer un signal-prix fort, mais progressif.

Son niveau doit être basé sur le pouvoir d’incitation/dissuasion plutôt que sur une valeur de marché ou une valeur « tutélaire » arbitraire.

Remarque 1 : la TIPP actuelle sur le supercarburant est de 251 euros la tonne de CO2 (valeur de départ prévue de la CCE : 32 euros…). Comme le rappelle Michel Rocard, ce niveau de taxe a permis d’avoir en Europe des voitures beaucoup plus sobres qu’aux USA.

Remarque 2 : 32 €/tonne CO2, ce n’est que 20 $/baril. Les français ont supporté avec un certain fatalisme en 2007-2008 une envolée des cours du pétrole de l’ordre de 80 $/baril.

2. Redistribuer une part importante de la CCE aux ménages, sur une base égalitaire, au moins au démarrage.

Sans signal fort, pas de réduction notable des GES.

Pour qu’un signal prix fort soit accepté et ne pénalise pas le pouvoir d’achat des personnes aux faibles revenus, nous pensons qu’il faut redistribuer aux ménages une part importante des recettes de la CCE, au minimum la somme à laquelle ils auront contribué, voire plus.

La part redistribuée doit être importante au début, pour laisser le temps aux ménages de s’adapter à la nouvelle donne, pour ensuite diminuer en valeur relative.

Nous attirons l’attention sur le fait qu’une redistribution d’une partie de la CCE aux entreprises, comme cela est prévu dans le projet de la FNH, va atténuer ou neutraliser le signal prix sur un certain nombre de  produits et services. Ne vaut-il pas mieux laisser les entreprises ajuster leurs  prix et les ménages arbitrer entre une orientation différente de leurs achats et le paiement de la CCE au travers du prix payé ?

3. Créer un fonds spécial permettant d’aider les pays en développement, de financer de la R&D, etc.

Ce fonds pourrait être financé en réintégrant l’allocation universelle dans les revenus imposables, ce qui présenterait également l’avantage Lire la suite

Élections européennes : le réseau « Sortir du nucléaire » a évalué les candidats

mediapart.fr, Le Père Vert Pépère, le 01 Juin 2009

Élections européennes : le réseau « Sortir du nucléaire » a évalué les candidats

Europe écologie et le NPA prennent leur responsabilités face à l’urgence écologique

– L’UMP et le PS se contentent de vagues déclarations sur le « développement durable »

– La position officielle du Modem reste encore à découvrir…

– Le Parti de Gauche est « coincé » par son tête à tête avec le très pronucléaire PCF.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » a interrogé les principaux partis à propos de la politique énergétique qu’ils entendent promouvoir au niveau européen. Voici le bilan de cette consultation.

Europe Écologie et le NPA ont apporté des réponses très satisfaisantes. Il faut d’ailleurs rappeler que les Verts et le NPA sont adhérents du Réseau « Sortir du nucléaire ». Europe Écologie et le NPA se prononcent pour une sortie rapide du nucléaire, ont intégré la question des déchets radioactifs et des risques, mais aussi les enjeux démocratiques (passage en force du lobby nucléaire) et géostratégiques (prolifération nucléaire sous couvert du nucléaire civil), ainsi que les questions de l’emploi et du social (promotion des économies d’énergie et du développement des énergies renouvelables, qui sont de véritables gisements d’emplois).

Le Parti de Gauche a eu l’honnêteté de reconnaître que, dans le cadre du Front de gauche qui l’unit au PCF, il n’était pas possible d’avoir une position commune sur la question du nucléaire. Le Réseau « Sortir du nucléaire » est très attentif à l’évolution du Parti de Gauche, qui s’est déclaré favorable à la sortie du nucléaire, et appelle le PCF a reconsidérer sa position pronucléaire.

Lors de la campagne présidentielle de 2007, le Modem et François Bayrou n’ont pas pris position contre le nucléaire, en critiquant néanmoins l’opacité du lobby atomique. Pour ces élections européennes, seuls Corinne Lepage (CAP21, tête de liste Modem dans le Nord) et Jean-Luc Bennahmias (ancien Vert) ont répondu, se prononçant pour des alternatives au nucléaire, mais à moyen ou long terme. Finalement, la position « officielle » du Modem reste encore à découvrir !

Comme chacun a pu le constater, l’UMP et le PS ont repoussé au maximum le moment d’entrer en campagne et, qui plus est, évitent soigneusement tout débat pouvant remettre en cause l’énergie nucléaire, qui est pourtant un sujet de société crucial.

Le Parti Socialiste a répondu de façon ambiguë, voire hypocrite, se prononçant pour ITER (fusion nucléaire) et pour les réacteurs dits « de 4e génération », bien que ces deux technologies pour l’heure inexistantes absorbent plus de 80% des crédits européens pour la recherche énergétique. Ce positionnement vide de sa substance le soutien de principe que le PS exprime pour les énergies renouvelables et les économies d’énergie. Reconnaissant le problème que posent les déchets nucléaires, le PS soutient pourtant du rôle que la France entend jouer dans le déploiement international du nucléaire !

L’UMP n’ayant pas daigné répondre au questionnaire du Réseau « Sortir du nucléaire », le seul élément dont nous disposons est Lire la suite

317 ha : La plus grande centrale photovoltaïque d’Europe dans les Landes

sud-ouest.com, NC, le 22 Mai 2009

CENTRALE PHOTOVOLTAÏQUE. Ce sera la plus grande d’Europe et elle prend forme à vitesse grand V dans le nord-est dépeuplé du département. Comme une future référence

Sous le soleil du Gabardan

C’est au fin fond du « no man’s Landes ». À la frontière des communes de Losse et de Baudignan, 48 habitants, la plus petite du département. Tout s’y passe en silence, mais plus du tout en catimini. Là-bas, au beau milieu du joli Gabardan, un peu au milieu de nulle part donc, le soleil brille. Et dans l’océan de mauvaises nouvelles qui submergent le département, le pays, le monde, allez savoir, l’univers peut-être ? C’est comme un îlot d’optimisme qui jaillit d’un coup au milieu de la forêt.

Cette semaine, le préfet Étienne Guyot est venu dévoiler le panneau inaugural, aux côtés d’Yvon André, directeur d’EDF Énergies nouvelles (EN), et de Serge Jourdan, maire de Losse, président de la Communauté de communes du Gabardan et cheville ouvrière d’un projet que même lui n’imaginait pas prendre une telle ampleur.

Sens de l’histoire

« Quand on a commencé à y travailler, en septembre 2006, on savait être dans le sens de l’histoire. Mais de là à en arriver à une centrale de 317 ha, à un coût de 350 millions d’euros… » Ses yeux roulent, mais ses pieds restent sur terre. Et sa tête dans les nuages, où le soleil « diffus » (que personne ne s’offusque, c’est un terme technique) des Landes commence à cogner très fort sur les premiers panneaux qui paraissent avoir jailli du sol à la vitesse disons du son, pour laisser vivre sa vie à la lumière, dans ce coin reculé et désert où le voisinage ne risque pas d’intenter un procès.

En un temps record, donc, le projet de la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe est passé de l’imaginaire au très concret. L’avancée des travaux est même clairement spectaculaire. Un peu parce que le plan de relance du gouvernement en a fait un chantier prioritaire, beaucoup parce qu’EDF-EN a passé la surmultipliée, mais surtout parce que toutes les parties prenantes ont saisi l’aubaine.

L’État a ainsi vu dans ce chantier « emblématique » (Étienne Guyot) l’occasion d’établir une charte sur le développement de cette énergie providentielle qui en tenterait du coup tellement, qu’elle pourrait en conduire certains à faire n’importe quoi. « Il y a un équilibre à trouver et à respecter en terme environnemental. La forêt est notre richesse, tout projet de ce genre doit donc aller vers une logique de reboisement compensateur. »

Le préfet des Landes n’a pas fini de parler que Serge Jourdan rappelle à quel point ce chantier se veut « exemplaire. Chaque hectare déboisé sera replanté, Lire la suite

Emplois verts et sociaux : les Etats-Unis ouvrent (enfin ?) la voie

actu-environnement.com, Agnès Sinaï, le 24 avril 2009

Emplois verts et sociaux : les Etats-Unis ouvrent (enfin ?) la voie

Dans une banlieue sinistrée de la baie de San Francisco, une municipalité expérimente un programme de lutte contre le chômage par la création de « green jobs », financés notamment par un prélèvement sur une installation pétrolière locale de Chevron.
Reportage à Richmond, en Californie – 1er volet

Angela Greene porte bien son nom. Cette ancienne chômeuse est devenue l’ange-gardien des jeunes sans emploi de Richmond, une commune ouvrière de 103.000 habitants de la banlieue de San Francisco, réputée pour son taux de criminalité élevé, considérée comme l’une des plus dangereuses de la Californie. Ses chantiers navals en déroute ne créent plus d’emplois. La raffinerie de Chevron, la deuxième de Californie, d’une capacité de stockage de 15 millions de barils, sur le site du port, répand des dérivés toxiques, fuites de chlore et anhydride sulfureux. Les riverains souffrent d’asthme, des centaines de citoyens se sont mobilisés contre les projets d’extension de la raffinerie et réclament la justice environnementale, en compensation de cet éco-apartheid. Richmond souffre de la violence et de la pollution, plus que tout autre endroit de la baie de San Francisco, qui héberge aussi la mythique Silicon Valley, dont les promesses semblent ici des mirages. Alors que faire, se sont demandés quelques élus et travailleurs sociaux de Richmond ? Sous la houlette de la maire Gayle Mac Laughlin, élue en 2007, c’est ici que se crée un des tout premiers laboratoires des emplois verts et sociaux aux Etats-Unis. Face aux crises provoquées par la pauvreté, par la pénurie des ressources naturelles et par l’extinction des espèces, une économie verte est la seule manière de revigorer notre économie tout en répondant à la destruction de l’environnement et aux inégalités sociales. Les villes produisent 75% des émissions de carbone. C’est dans une ville telle que la nôtre que le problème doit être résolu.

Gayle Mac Loughlin a co-fondé Solar Richmond, une association qui travaille en partenariat avec Sunpower Corporation, fabriquant de panneaux solaires, dont l’usine de Richmond emploie 250 personnes. En partenariat avec l’agence municipale du bâtiment Richmond Build, l’objectif de Solar Richmond est de former dans ses ateliers une centaine d’installateurs locaux et d’atteindre une puissance de 5 megawatts d’énergie solaire dans la ville d’ici à 2010. Les installateurs formés par Richmond Built effectuent les travaux gratuitement. Les habitants bénéficient de prêts à taux zéro, couverts par les économies réalisées sur leur facture d’électricité. C’est dans le cadre d’un programme de formation à la construction de Richmond Build qu’Angela Greene, chômeuse et mère célibataire, a découvert Solar Richmond. Depuis lors, elle encadre les jeunes qui suivent les stages de formation de Solar Richmond et prodigue ses lumières solaires.

Justice environnementale

La maire de Richmond est déterminée à rendre sa fierté à sa ville. Elle compte en partie sur le plan de relance du président Obama, le Stimulus Package, voté en février dernier. Richmond a déjà reçu une subvention de près d’un million de dollars dans ce cadre, pour financer les énergies alternatives et la maîtrise de l’énergie, et tapisser les toits des bâtiments communaux de panneaux solaires. Mais c’est surtout vers Lire la suite

Energies et climat : les tendances sont insoutenables

contreinfo.info, NC, le18 novembre 2008 à partir de AIE, le 12 novembre 2008

Energies et climat : les tendances actuelles sont insoutenables, avertit l’AIE

[Nombreux graphiques sur le document d’origine]

 « Les tendances actuelles dans l’approvisionnement et la consommation d’énergie sont manifestement non soutenables – écologiquement, économiquement et socialement. Elles peuvent et doivent être modifiées », avertit Nobuo Tanaka, le directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie. Mettant en garde contre les tensions prévisibles en raison du déclin accéléré des gisements et de la hausse de la demande – il faudra mettre en production l’équivalent de 6 Arabie Saoudite d’ici 2030 – il estime que « l’ère du pétrole bon marché est terminée. » Sur le volet de la lutte contre le réchauffement climatique, les difficultés ne s’annoncent pas moindres. Même si les pays de l’OCDE réduisaient à rien leurs émissions, la limite des 450 ppm d’équivalents-CO2 serait malgré tout dépassée. Extraits du dernier rapport de l’Agence, voici les faits, les chiffres et les tableaux qui décrivent l’ampleur de la tâche.

Agence Internationale de l’Energie, 12 novembre 2008

« Nous ne pouvons pas laisser la crise financière et économique retarder l’action politique requise d’urgence pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique et réduire l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Nous devons effectuer une révolution mondiale dans le domaine de l’énergie, consistant en une amélioration de l’efficacité énergétique et l’augmentation de la mise en oeuvre d’énergies pauvres en carbone », a déclaré Nobuo Tanaka, directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) à Londres à l’occasion de la présentation du « World Energy Outlook (WEO) 2008 » – la nouvelle édition de la publication de l’agence qui dresse un tableau prospectif sur les questions énergétiques.

Projections

Dans le scénario de référence du WEO-2008, qui prend pour hypothèse la poursuite des politiques gouvernementales actuelles :

– la demande mondiale d’énergie primaire croît de 1,6% par an en moyenne entre 2006 et 2030 – soit une augmentation de 45%. Chiffre inférieur à celui prévu l’an dernier, principalement en raison de l’impact du ralentissement économique, de la perspective de prix plus élevés et de nouvelles initiatives politiques.

– La demande de pétrole augmente de 85 millions de barils par jour actuellement à 106 mb/j en 2030 – soit 10 mb/j de moins que prévu l’an dernier.

– La demande de charbon augmente plus que toute autre source d’énergie en termes absolus, représentant plus d’un tiers de l’augmentation de la consommation d’énergie.

– Les énergies renouvelables modernes croissent plus rapidement, dépassant le gaz, pour devenir la deuxième plus grande source d’électricité peu après 2010.

– La Chine et l’Inde représentent plus de la moitié de l’augmentation de la demande d’énergie à l’horizon 2030 alors que le Moyen-Orient apparaît comme une nouvelle région consommatrice.

– La part de l’énergie mondiale consommée dans les villes passe de deux tiers à près de trois-quarts en 2030. La quasi-totalité de l’augmentation de production d’énergie fossile se produit dans les pays en dehors de l’OCDE.

– Ces tendances impliquent une augmentation des investissements dans le secteur de l’énergie de 26 300 milliards de dollars d’ici 2030, soit plus de 1000 milliards par an. Pourtant, les tensions sur le crédit pourraient retarder ces dépenses, et potentiellement provoquer un effondrement de l’offre qui pourrait étouffer le redressement économique.

Tendances insoutenables

« Les tendances actuelles dans l’approvisionnement et la consommation d’énergie sont manifestement non soutenables – écologiquement, économiquement et socialement. Elles peuvent et doivent être modifiées Lire la suite

Appel pour une diversification urgente du bouquet énergétique

alecoso.fr, avril 2009, ATTAC, Global Chance, Les Amis de la Terre et Réseau « Sortir du nucléaire » 

APPEL D’INTÉRÊT PUBLIC POUR UNE DIVERSIFICATION URGENTE DU BOUQUET ÉLECTRIQUE FRANÇAIS

Depuis plusieurs années, de nombreux partis politiques, syndicats et associations, de sensibilités diverses, soulignent la nécessité d’une diversification des sources d’approvisionnement électrique en France, ne serait-ce que pour réduire les risques de black-out et d’interruptions de la fourniture de courant aux usagers, et garantir ainsi le maintien d’un service public de qualité.

Avec près de 80% de sa production électrique d’origine nucléaire (contre, respectivement, 30%, 20%, 15% et 2,2% pour le Japon, les États-Unis, la Russie et la Chine), la France est le seul pays au monde à dépendre autant de cette source d’électricité peu modulable et donc inadaptée aux pointes de consommation. L’extrême centralisation inhérente à la technologie nucléaire, outre qu’elle entraîne des pertes d’énergie sur le réseau, constitue une cause supplémentaire de vulnérabilité potentielle de l’approvisionnement électrique, dans un contexte de multiplication des incidents et accidents, notamment liés à l’âge du parc et à certaines erreurs de conception [1] mais aussi aux logiques de financiarisation et de privatisation qui touchent à la fois les secteurs du transport et de la production d’électricité – logiques dont on voit hélas mal comment les infléchir à très court terme.

D’une part, ses 58 réacteurs rendent notre pays notoirement excédentaire en moyens de production continue de courant (répondant aux besoins en base). La nécessité technique que ces installations fonctionnent jour et nuit – hors périodes d’arrêt pour maintenance – encourage chez nous la surconsommation électrique [2]. L’électricité ne pouvant se stocker, cette surproduction entraîne aussi des exportations à bas prix de courant à l’étranger, lesquelles ont, dans nombre de pays, un effet de dumping dissuasif sur le développement des énergies renouvelables, qu’elles soient thermiques (biogaz, biomasse…) ou autres. Par ailleurs, le surcroît de plutonium et de déchets radioactifs correspondant à ces exportations restera bien sûr, quant à lui, stocké sur le sol français.

D’autre part, les unités de production thermiques plus souples (utilisables en périodes de pics de demande électrique sans générer le reste du temps de gaspillages ni d’incitations à la surconsommation) commencent en revanche à faire cruellement défaut – d’où les difficultés croissantes de RTE (le Réseau de transport d’électricité) pour faire face à la demande sans discontinuité. Cela oblige, lors des pointes de consommation ou d’incidents sur le réseau, à de coûteuses importations d’électricité produite à l’étranger, y compris à partir de ressources fossiles particulièrement polluantes comme le lignite ; celles-ci sont en outre souvent brûlées dans des centrales de conception dépassée, à mauvais rendement énergétique et ne répondant pas aux normes environnementales les plus récentes.

Autrement dit, au lieu d’apporter au niveau planétaire des économies nettes d’émissions de gaz carbonique (CO2), notre parc électronucléaire surdimensionné amène en pratique la France à externaliser, vers des états comme l’Allemagne ou la Pologne, des émissions massives de CO2 et d’autres polluants liées à l’exploitation ponctuelle de centrales thermiques anciennes, ce qui retarde d’autant la fermeture des plus vieilles centrales étrangères… alors même que notre pays fut pionnier, y compris à l’exportation (vers la Chine, les États-Unis…), en matière de centrales dites « à charbon propre » (comme celle de Gardanne), filière qu’EDF a pour l’heure négligé de développer sur le territoire national.

Il faut aussi noter que le recours à Lire la suite

La croissance verte est un leurre

altermonde-sans-frontière.com, Weronika Zarachowicz, le 11 avril 2009

La croissance verte est un leurre

Par les temps (de crise) qui courent, l’économie mondiale se découvre une âme écolo. Mais derrière une certaine prise de conscience de l’urgence se cache surtout une stratégie opportuniste des industriels…

Les constructeurs automobiles se ruent sur la voiture électrique, Barack Obama propose un plan de relance « écologisé », le secteur des green techs ignore la crise et, information moins connue mais véritablement révolutionnaire, la Chine vote une loi écologique qui va bouleverser son modèle de développement [1]. Ces derniers mois, sous l’effet de la tourmente financière, l’économie mondiale se découvre une âme écologique et un nouveau mantra : la « croissance verte ». Simple effet de panique ou basculement profond de modèle ? A l’occasion de la Semaine du développement durable, Dominique Bourg, philosophe et conseiller rapproché de Nicolas Hulot, décrypte ce brusque « verdissement » des stratégies économiques et industrielles.

Pourquoi cet engouement soudain pour l’écologie ?

La crise financière et économique rend brutalement audibles des mots rejetés et méprisés par les décideurs : décroissance, écologie, pic pétrolier… L’écologie, qui était LA grande oubliée de l’économie, est en train d’en devenir un élément essentiel. Tous les économistes s’y convertissent, c’est plutôt drôle ! Et regardez l’industrie automobile, qui se découvre une identité « verte » après avoir freiné des deux pieds pendant des années ! Quel temps perdu ! En Californie, au début des années 1990, une loi a imposé qu’une partie du parc automobile fonctionne à l’énergie électrique. General Motors et d’au­tres constructeurs ont alors conçu – et vendu – des modèles électriques. Et puis la loi a changé, ils les ont détruits et en ont arrêté la production. S’ils avaient continué, ils auraient aujourd’hui une avance extraordinaire. Même chose en France : le patron de PSA, Jean-Martin Folz, avait lancé une hybride ; quand il a quitté son poste, son successeur, Christian Streiff, a suspendu le projet durant un an. C’est hallucinant. A l’époque, on disposait déjà de toutes les connaissances fondamentales sur le climat, sur les tensions en matière de ressources, sur la biodiversité ! Mais les constructeurs automobiles vivaient retranchés dans leur forteresse mentale, incapables d’intégrer les signaux faibles, tout comme les forts. Au mieux, c’était de la « mauvaise foi », au sens de Sartre : je sais ce que je ne veux pas voir, pour mieux me le cacher…

Pour la première fois, on comprend qu’il faut tenir compte du monde réel et de ses limites

Pourquoi a-t-il fallu une crise financière pour passer au vert ?

Le lien ne va pas de soi, et pourtant, les crises financières et écologiques témoignent d’une même logique. Pendant des années, nos systèmes ont fonctionné sur l’a priori absurde que le monde physique et vivant n’existait pas. Nous avons construit un univers artificiel d’accumulation sans limites et de déni de responsabilité. Les subprimes, la titrisation, comme la surconsommation de matières et d’énergie, tout cela supposait un processus de croissance indéfinie ne connaissant aucune contrainte. Or que se passe-t-il au­jour­d’hui ? Cette logique implose : pour la première fois, on comprend qu’il faut tenir compte du monde réel et de ses limites. Et puis, la crise financière « parle » aux constructeurs, qui sont avant tout des financiers. Tous leurs repères, tout leur monde s’effondrent brutalement. Et les voilà obligés de s’intéresser à un mode de pensée qu’ils rejetaient violemment : l’écologie, c’est-à-dire le fait qu’existe une réalité finie, contraignante… L’inverse du monde de l’accumulation infinie ! Lire la suite

Le nucléaire au Niger fait débat

lejdd.fr, Gaël Vaillant, le 25 Mars 2009

Le nucléaire au Niger fait débat

Vendredi, Nicolas Sarkozy sera au Niger pour défendre le contrat qui lie Areva, le géant du nucléaire français, et Niamey pour la création de la plus grand mine d’uranium au monde. Pour le réseau « Sortir du nucléaire » et plusieurs politiques comme Olivier Besancenot ou Corinne Lepage, il s’agit d’un déshonneur pour la France qui se rend complice du « matage » des Touaregs du nord du Niger.

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Ils ont presque tous répondu présents à l’appel de Stéphane Lhomme, héraut controversé du réseau « Sortir du nucléaire ». Même Olivier Besancenot, qui tenait le piquet de grève à la Poste, a pu grimper sur une moto et rejoindre la conférence de presse sur la politique nucléaire de Nicolas Sarkozy en Afrique. S’ils viennent d’horizons politiques différents, les participants – Corinne Lepage (Cap21), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Olivier Besancenot (NPA), Cécile Duflot et Hélène Flautre (Verts) – partagent une même conviction: la France prend un retard considérable en termes d’énergie et sa forte position actuelle sur le marché du nucléaire n’a aucun avenir.

Mais cette fois, l’actualité leur permet de dénoncer les dégâts causés à l’étranger par Areva, la multinationale française qui implante à force de contrats spectaculaires ses centrales et technologies dans le monde entier. Le cas du Niger reste toutefois particulier. L’entreprise veut créer dans le nord du pays la plus grande mine mondiale d’uranium, l’énergie fossile à la base du nucléaire. La mine d’Arlit devrait ainsi propulser Areva en leader planétaire de l’enrichissement d’uranium. Un projet qui « doit » réussir pour Nicolas Sarkozy, prêt à défendre en toute occasion les bienfaits de cette énergie. Pour cette raison, il fera étape vendredi à Niamey, capitale du Niger, pour superviser la signature d’un accord sur le site d’Arlit entre les autorités locales et Anne Lauvergeon, la patronne d’Areva. Une pratique présidentielle qui rappelle les grandes heures de la Françafrique, dans les années 80-90, quand l’Elysée usait de ses réseaux pour le bien-être des entreprises françaises sur le continent africain.
Les richesses minières, nerf de la guerre

Dans un souci de pédagogie, Stéphane Lhomme, qui a médiatisé le réseau « Sortir du nucléaire », a détaillé à la presse les conditions d’implantation d’Areva au Niger, un des pays les plus pauvres du monde. Pour mieux les comprendre, un peu de géopolitique s’impose. Le Niger peut grossièrement être divisé en deux zones: le Sud du pays, plus urbanisé, se concentre sur les rives du fleuve Niger et autour de la capitale Niamey ; le Nord du pays correspond à de vastes territoires peuplés de populations nomades ou semi-sédentaires – notamment des Touaregs. L’Etat nigérien mène une guerre qui s’est intensifiée ces dernières années contre les Touaregs considérés comme rebelles.

C’est alors que débarque Areva, fleuron industriel de la France, l’ancienne puissance coloniale du Niger. Très rapidement, le spécialiste de l’énergie jette son dévolu sur la zone d’Arlit, où des chercheurs ont détecté une certaine quantité – sous-estimée à l’époque – d’uranium. Après une décennie de tractations, un accord est enfin conclu. Le contrat, signé définitivement vendredi, permet à Areva d’exploiter les vastes terrains à condition de reverser « seulement » 33% des revenus du site à l’Etat du Niger. En parallèle, Paris Lire la suite

Grande Bretagne : Affrontement entre nucléaire et EnR

actualites-news-environnement.com, Nadja Nasdala, le 19 mars 2009

Affrontement entre nucléaire contre renouvelable

Affrontement entre nucléaire contre renouvelable. Afin de protéger ses projets nucléaires, EDF s’oppose aux renouvelables.

EDF a demandé au gouvernement britannique de revoir à la baisse ses objectifs de développement en matière d’énergies renouvelables, et notamment d’éolien, afin de ne pas compromettre ses projets de construction de réacteurs nucléaires EPR. Greenpeace accuse EDF de sacrifier le développement des renouvelables pour défendre ses intérêts nucléaires.

L’électricien français, qui prévoit de construire 2 à 4 EPR au Royaume-Uni, a fait part de ces remarques au ministère de l’Énergie et des changements climatiques dans le cadre d’une consultation nationale sur les renouvelables. Dans une synthèse des réponses rendue publique par le ministère la semaine dernière, EDF, soutenu par l’électricien allemand E.ON, s’est attaqué aux objectifs de développement de l’éolien du gouvernement britannique, qui ambitionne d’avoir 35 % d’électricité produite à partir de sources renouvelables d’ici à 2020.

Les deux promoteurs du nucléaire vont même jusqu’à préconiser un objectif réduit à 25 %. « EDF apporte ici là preuve que le nucléaire empêche le développement des énergies renouvelables et que son expansion porte atteinte aux efforts de lutte contre les changements climatique », dénonce Frédéric Marillier, en charge de la campagne Énergie/nucléaire de Greenpeace France.

La petite chanson que fredonne l’industrie nucléaire à longueur de campagne de pub, prétendant qu’il faut « un mix entre renouvelables et nucléaire », n’est qu’une pure hypocrisie. La vérité, c’est Lire la suite

Saint-Symphorien : 73 ha de panneaux photovoltaïques

Sud-Ouest, Axelle Maquin-Roy, le 23 Mars 2009

SAINT-SYMPHORIEN. La commune de Sud Gironde sera la première du département à accueillir en 2010 une centrale photovoltaïque au sol. Au coeur de la forêt landaise

Un champ de 73 hectares de panneaux photovoltaïques

Le projet est gigantesque. Imaginez en rase campagne, en plein milieu des pins, à Saint-Symphorien, sur la route du Tuzan, un champ de maïs laissera d’ici un an place à la première centrale photovoltaïque au sol de Gironde. 73,3 hectares de panneaux seront prochainement implantés sur une parcelle circulaire d’un diamètre d’un kilomètre. Ces panneaux, montés sur une structure fixe, inclinés à 25 degrés, orientés plein sud seront au nombre de 318 700 ! De quoi envisager la production de 24 mégawatts d’électricité, l’équivalent de la consommation de 24 000 foyers. Quand Saint-Symphorien ne compte que 1 600 habitants.

250 000 euros par an

N’allez cependant pas croire que la commune se lance là dans la production d’énergie. Elle n’est dans ce dossier qu’un intermédiaire. Même si, fut un temps, une délibération avait été prise en conseil municipal pour que la municipalité se porte acquéreur d’un terrain qui permettrait par la suite l’installation d’EDF.

Aujourd’hui, c’est en location, pour une durée de 25 ans, qu’EDF Énergies Nouvelles (EDF EN) s’installe chez un particulier de la commune. Quant à l’énergie produite sur le site, elle sera transformée sur place au moyen de deux onduleurs avant d’être acheminée au poste source d’Hostens et vendue à EDF.

Pour autant, la commune tirera un avantage non négligeable de cette installation. En l’espèce, sonnante et trébuchante, le versement de la taxe professionnelle (TP) et de la taxe foncière. Soit la bagatelle de 250 000 euros par an. « De quoi doubler notre produit fiscal », se réjouit le maire, Guy Dupiol, qui, quand bien même la TP est menacée, sait qu’il pourra compter sur une taxe « au moins équivalente », sur laquelle le Syndicat des énergies renouvelables travaille actuellement.

En plein Parc naturel

Installer un champ de panneaux photovoltaïques, au coeur du massif forestier, dans une commune de surcroît membre du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, deux mois seulement après le passage dévastateur de Klaus : L’annonce à de quoi susciter quelques interrogations. Même si, à l’heure de présenter le projet, pas plus de 60 habitants ont pris part à la réunion publique. Pour Guy Dupiol, il s’agit là d’un faux débat.

Premier argument du maire : « Il y a déjà plus d’un an que nous portons le projet avec EDF. » Deuxième point : ce n’est pas sur un espace forestier que le projet est porté mais sur une parcelle de maïs, dont la culture en plein sol landais peut apparaître tout aussi aberrante d’un point de vue environnemental.

Face « au vide juridique » qui entoure encore le photovoltaïque (contrairement à l’éolien), la directrice d’EDF EN de Toulouse, Séverine Pasquinet précise : « Pour ce projet nous avons pris un maximum de garantie. » Ainsi, le dépôt du permis de construire, d’ici à mi-avril, a-t-il été précédé d’une modification du PLU (Plan local d’urbanisme) de la commune. « Où, insiste le maire, nous précisons notre volonté de créer de nouvelles sources d’énergies renouvelables sans incidences sur la surface forestière. »

De son côté, EDF a commandé, auprès de cabinets indépendants, des études d’impact sur le milieu naturel, faunistique et floristique, ainsi que sur les ressources en eau. Des travaux qui concluent à Lire la suite

63 % des français opposés au nucléaire

enviro2b.com, NC, le18 mars 2009

De plus en plus de citoyens séduits par l’énergie nucléaire, à l’exception des européens

Plus de deux tiers des consommateurs à travers le monde pensent que leur pays devrait adopter ou utiliser davantage l’énergie nucléaire… mais seulement 37% en France. C’est ce que révèle une enquête internationale dont les résultats sont publiés aujourd’hui par le cabinet international Accenture.

Cette enquête, réalisée auprès de plus de 10 000 personnes dans 20 pays, indique que 29 % des consommateurs interrogés sont partisans sans réserve d’une adoption ou d’un renforcement du nucléaire, tandis que 40 % y seraient favorables si leurs inquiétudes à ce sujet étaient dissipées. Toutefois, et cela doit servir de mise en garde pour les producteurs d’énergie nucléaire et les responsables politiques, les avis se sont polarisés au cours des dernières années.

L’enquête constate que, globalement, l’opinion a basculé en faveur de l’énergie nucléaire : 29 % des personnes interrogées se disent plus favorables au lancement ou au renforcement d’un programme nucléaire dans leur pays qu’elles ne l’étaient il y a trois ans. Toutefois, près d’une sur cinq (19 %) déclare l’inverse.

« Les préoccupations quant à la sécurité énergétique, à la volatilité des cours des combustibles fossiles et au changement climatique font remonter la cote du nucléaire chez les consommateurs », observe Jean-Marc Ollagnier, Directeur Général Europe de l’activité Energie et Ressources d’Accenture. « Cependant, les responsables politiques et les producteurs d’énergie ne doivent pas considérer le consentement du public comme acquis. Les pouvoirs publics et le secteur énergétique doivent être conscients de la fragilité persistante de ce soutien au nucléaire. »

Alors que, dans leur grande majorité (88 %), les consommateurs estiment important pour leur pays de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, ils ne sont que 43 % à penser que les énergies renouvelables ne peuvent pas à elles seules pallier la pénurie de ces derniers, 39 % étant de l’avis contraire. Plus de quatre consommateurs sur dix (43 %) voient dans l’énergie nucléaire un moyen de réduire les émissions de carbone à l’avenir, parmi lesquels 9 % appellent exclusivement à une intensification des programmes nucléaires pour lutter contre la dépendance aux combustibles fossiles, tandis que 34 % souhaitent un panachage du nucléaire et des énergies renouvelables.

Les consommateurs demandent plus d’information

Parmi les opposants à la production d’énergie nucléaire dans leur pays, les trois principales motivations tiennent à des inquiétudes concernant l’efficacité des solutions de retraitement des déchets (91 %), la sécurité des centrales (90 %) et leur démantèlement (80 %). Dans chaque cas, près de la moitié (45 %) de ces opposants déclarent que, s’ils étaient davantage informés sur ces trois aspects, ils pourraient changer d’avis, du moins dans une certaine mesure.

Un peu plus d’un quart seulement (28 %) des personnes interrogées se jugent bien ou très bien informées sur la politique nucléaire de leur pays, alors que près de trois quarts d’entre elles (72 %) déplorent une insuffisance, voire une absence totale d’information.

Manque de transparence des pouvoirs publics

« La transparence de l’information est le facteur le plus important du soutien des consommateurs et les résultats de notre enquête montrent que l’opinion publique peut évoluer de manière significative en fonction des informations disponibles », Lire la suite

30 000 m² de panneaux solaires : 172 agriculteurs s’associent

lesechos.fr, Matthieu Quiret, le 17 mars 2009

Veaux, vaches, cochons et… électricité

Un regroupement de 172 fermes aveyronnaises mise sur le développement durable de leur filière depuis quinze ans. Un beau succès.

Depuis l’automne dernier, 30.000 mètres carrés de panneaux solaires ont habillé les toits des fermes adhérentes au projet. Les professionnels des départements voisins sont venus constater la « vague bleue ».

Je m’intéressais depuis longtemps aux énergies renouvelables sans oser franchir le pas individuellement. Grâce à notre action collective, c’est devenu bien moins compliqué. » Depuis un mois, Philippe Mouly est éleveur mais aussi producteur d’énergie. Pas grand-chose, une vingtaine de kilowattheures fournis par 175 mètres carrés de panneaux photovoltaïques installés sur le toit de sa grange. Mais l’agriculteur est conquis, il prévoit déjà de recouvrir une autre étable dans quelques mois. Son cas est loin d’être marginal, les panneaux poussent dru dans les beaux vallons bocageux de l’Aveyron. Depuis l’automne dernier, au total 172 fermes se sont drapées de 30.000 mètres carrés de bleu. Les plus prudents ont fait un bout d’essai d’une dizaine de kilowattheures, les plus ambitieux ont visé la centaine. L’affaire a fini par s’ébruiter. Le bourg de Rieupeyroux, d’où est partie la contagion, voit désormais défiler les agriculteurs des départements voisins, venus constater le phénomène. Et d’autres projets fleurissent à l’orée du printemps.

Déjà sensibilisés

« L’énergie renouvelable pourrait représenter une bonne part de nos revenus dans une douzaine d’années », espère Pierre Bastide, l’un des initiateurs de l’aventure. L’homme est tombé dans la marmite du développement durable depuis plus de quinze ans. A l’époque, les 680 éleveurs de veaux de la région se mobilisent pour enrayer la baisse de qualité de leur viande, qui menace de faire fuir les clients italiens. L’interprofession s’organise pour décrocher un Label Rouge qui récompense la qualité si particulière de cette chair rosée. Pierre Bastide propose alors à quelques centaines d’éleveurs d’aller encore plus loin dans le développement raisonné de la filière. Ils fondent la société SA4R et négocient un partenariat à long terme avec le responsable boucherie d’Auchan qui aujourd’hui satisfait toujours les deux parties. Les 158 actionnaires de la société (pour 289 éleveurs simplement fournisseurs) doivent s’engager à passer plus de deux journées par an dans un supermarché pour promouvoir leur viande au contact des consommateurs. « Les Français sont habitués à la viande blanche de veau, nous devions leur prouver l’attrait de notre viande rosée », explique Pierre Bastide. L’effort a payé, la SA4R comptabilise 21 millions d’euros de chiffre d’affaires et les éleveurs veulent approfondir la démarche.

Aide européenne

« C’est le contact permanent avec les consommateurs qui nous a incités à investir dans les énergies renouvelables. Nous pensons que ce sera un argument de vente supplémentaire très précieux quand l’escalope sera touchée par l’inflation », explique Pierre Bastide. Une réflexion qui a convaincu 70 actionnaires de SA4R de se lancer dans l’aventure du photovoltaïque. Ils fondent ainsi une structure de dette, la société Adder, pour porter un prêt sur quinze ans contracté auprès du Crédit Agricole. Il couvre 80 % de l’investissement de 16,6 millions d’euros. Le reste est apporté par un prêt de chaque éleveur sur douze ans. Les toits appartiennent à Adder qui touche le tarif subventionné d’EDF et reverse un fermage à ses actionnaires. « C’est sans risque pour nous, car le loyer couvre notre emprunt », précise Philippe Mouly. D’autant que la loi garantit un tarif de rachat d’EDF Lire la suite

Enerlandes, l’énergie verte du département des Landes

Sud-Ouest, Jean-Louis Hugon, le 27 Février 2009

CONSEIL GÉNÉRAL. La société d’économie mixte va se prononcer sur cinq premiers dossiers le 6 avril prochain

Enerlandes, l’énergie verte du département Une société à 1,4 million de capital

La production d’énergie renouvelable a, de façon incontestable, le vent dans le dos, surtout depuis que le Conseil général des Landes a créé Enerlandes. Devant l’avalanche des projets de centrales éoliennes et photovoltaïques qui fleurissent depuis quelques années, l’assemblée départementale a créé une société pour en surveiller et en harmoniser le développement.

« Nous sommes un véritable couteau suisse de l’énergie renouvelable, dit Laurent Civel, le jeune directeur d’Enerlandes. Et nous pouvons aider tous les projets des collectivités et des entreprises, (sauf les particuliers) pour toutes les formes d’énergie « verte » : le soleil, la géothermie, la biomasse ou le vent. Mais pour commencer, nous allons privilégier la production d’électricité par des panneaux solaires, notamment sur les toitures. À titre d’exemple, le simple patrimoine immobilier des collectivités landaises constitue plus de 300 000 m². Autant mobiliser tout de suite ce cinquième mur disponible, le plus facile à intégrer par du photovoltaïque. »

Il faut des capitaux

Il faut néanmoins des capitaux, puisque 500 m² de panneaux demandent un investissement de 300 000 euros. Pour l’instant, Enerlandes n’a pas encore choisi de sites, mais son premier conseil d’administration, le 6 avril prochain, aura à se prononcer sur cinq dossiers concernant des toitures. À noter que le prix du kilowattheure payé par EDF est financé par l’abonné, grâce à la ligne CSPE (Contribution au service public de l’électricité), figurant sur chaque facture.

Autre possibilité, la géothermie avec l’utilisation d’un ancien puits Esso à Biscarrosse (130 °C à 4 500 mètres de profondeur) ou d’un site où GDF voulait stocker du gaz à Meilhan (eau à 40 °C). Pour la biomasse, les effets de la tempête ont précipité à terre du bois qui pourrait être utilisé à produire de l’électricité. « Mais il faudrait que la CRE (Commission de régulation de l’énergie) qui attribue les dossiers, considère les Landes prioritaires. Un courrier a été adressé en ce sens au ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo », indique M.Civel.

Quant à l’éolien, surtout intéressant sur la côte, il aurait des conséquences importantes sur le tourisme. Pour l’instant, les projets en sont au stade de la réflexion.

Enerlandes est une Sem (société d’économie mixte) créée par le Conseil général des Landes après un vote du 25 juillet 2008, pour favoriser la création d’énergie renouvelable. Inscrite au registre du commerce depuis le 15 janvier dernier, elle dispose d’un capital de 1,4 million d’euros. Ses actionnaires sont Lire la suite

CdC de l’Estuaire (33) : Le projet de parc éolien sur les rails

Sud-Ouest, Étienne Beguin, le 27 février 2009

ESTUAIRE. Malgré ses opposants, le député Philippe Plisson reste ferme sur le projet du canton de Saint-Ciers

« Notre projet de parc éolien est bien sur les rails »

On le sait, la Communauté des communes de l’Estuaire a entamé une démarche visant à créer une zone de développement éolien à Reignac, non loin de l’autoroute. La Commissions des sites de la préfecture de Gironde a validé le dossier fin janvier, ce qui en faisait d’ailleurs le seul dossier de ce type déposé officiellement en Aquitaine.

Pour autant, l’horizon de l’éolien semble s’obscurcir quelque peu ces derniers temps. De plus en plus de voix s’élèvent notamment pour dire que le bilan carbone de l’éolien n’est finalement pas si élogieux que cela. Sur un plan plus local, l’annonce du projet porté par la CCE a généré la création d’une association, Vigi-éole, dont les membres s’opposent farouchement à la mise en place d’éolienne dans la région.

Lobby du nucléaire virulent

Philippe Plisson, président de la CCE et député, estime pourtant qu’il faut continuer à avancer dans le domaine des énergies renouvelables : « En ce moment, c’est vrai qu’il y a une espèce de curée contre l’éolien. Le lobby du nucléaire par exemple est très virulent. Et puis il y a ceux qui ont peur de voir leur paysage abîmé par la présence d’éoliennes. Mais jusqu’à preuve du contraire, les éoliennes sont recyclables, ce qui n’est pas le cas des panneaux solaires. » Philippe Plisson a décidé de s’en tenir au Grenelle de l’environnement qui prévoit un objectif d’au moins 20 % d’énergies renouvelables en 2020 dans la consommation globale d’énergie.

« Actuellement, on est loin du compte avec à peine 5 %. Si on veut maintenir un semblant de qualité de vie et ne pas revenir à la bougie, il faut de l’éolien. Pas partout et pas n’importe comment, mais il en faudra. »

Une manière de dire qu’il n’est pas question de laisser tomber le projet du canton de Saint-Ciers. « Notre projet est complètement sur les rails et on va lancer prochainement le choix du développeur », assure Philippe Plisson, qui estime, qu’en fait, il n’y a actuellement « pas d’arguments autres que passionnels ou irrationnels contre le développement de l’éolien ».

« Il faut penser aux générations futures. Certes, le bilan carbone du nucléaire est très bon, mais le bilan écologique nettement moins. Les déchets Lire la suite

Soustons (40) : Une ferme photovoltaïque de 23 ha en 2012

Sud-Ouest, Didier Piganeau, le 26 Février 2009

SOUSTONS. La commune aura sa ferme photovoltaïque en 2012. Des panneaux sur 23 ha

Champ d’énergie

Ce sera un vaste champ de 23 ou 24 hectares ou pousseront des dizaines de milliers de panneaux brillants et bleutés, posés sur des tables métalliques, tournés vers le ciel et légèrement inclinés vers le sud. La récolte, ce sera chaque année de 9,6 millions de kw/h, de quoi alimenter en électricité (hors chauffage) l’équivalent d’une ville de 9 000 habitants. L’esthétique sera certes un peu contestable, mais la ferme photovoltaïque – car il s’agit bien d’une ferme – sera à l’abri des regards, au fond de la forêt à quelques kilomètres de Soustons. Où exactement ? Le maire Jean-Yves Montus n’en sait trop rien pour l’instant. « Nous avions repéré un site communal boisé près de l’océan, il y a quelques mois, mais depuis, la tempête est passée par là. Maintenant il y a des terrains qui ont été dévastés par Klaus et qui conviendraient mieux… Ça évitera de couper des arbres, il y en a assez par terre comme ça ! »

La commune de Soustons a inscrit ce projet dans le cadre de sa politique de recherche d’énergies renouvelables. « Ce qui convient le mieux ici, c’est le photovoltaïque et la géothermie », résume le maire. « Pour la géothermie, nous travaillons sur une étude sur la future Zac de Port d’Albret ». En revanche, le projet photovoltaïque est nettement plus avancé et des contacts sont pris depuis longtemps avec un opérateur qui figure parmi les leaders dans les énergies renouvelables mais qui pour l’instant tient à rester discret. « Nous travaillons également ce projet avec Enerlandes, la nouvelle société d’économie mixte montée par le Département », précise Jean-Yves Montus.

100 000 panneaux

L’investissement total sera de 40 millions d’euros. La société louera le terrain à la commune de Soustons, procédera aux installations et à son financement. L’électricité produite ne sera pas destinée à la commune, mais sera revendue à EDF.

Mardi après-midi, Lire la suite

L’empreinte écologique de Google exposée

etopia.be, le 12 février 2009, publié sur Euractiv, le 14 janvier 2009, traduction pour Etopia, Valérie Watillon, Texte original sur : http://www.euractiv.com/en/energy-e…

L’empreinte écologique de Google exposée

Une étude récente, menée par le physicien Alex Wissner, démontre que les moteurs de recherche tel que Google génèrent des émissions massives de CO2. Expliquant sa recherche au Sunday Times, l’académicien de Harvard révèle que, malgré le secret sur l’empreinte écologique de Google, il a calculé, sur base d’informations disponibles publiquement, chaque recherche Google génère 5-10 grammes de CO2.

Le quotidien a reporté que 2 recherches libèrent 7 grammes de CO2 ; l’équivalent d’une bouilloire sifflant pour une tasse de thé. Wissner-Gross a dit plus tard que son travail était surtout axé sur l’ensemble du web et que l’exemple de la bouilloire n’était pas un des siens.

L’échelle de l’empreinte écologique du moteur de recherche provient du fait que la requête est envoyée vers des serveurs multiples autour du monde, mais uniquement les réponses les plus rapides atteignent l’utilisateur, selon Wissner Gross.

« Google n’est pas pire que les autres centres d’opération de données. Si vous voulez fournir un résultat vraiment excellent et rapide, cela va prendre de l’énergie supplémentaire pour y parvenir (ndtr : a dit Wissner Gross à la BBC).

Google, qui tient à promouvoir son image d’entreprise verte, rejeta ces chiffres comme « many times too high ». Il est déclaré sur son blog officiel que le retour des résultats d’une recherche type, en moins de 0.2 secondes, rejette à peu près 0.2 grammes de C02.

« Nous avons fait de grandes avancées pour réduire l’énergie utilisée par nos centres de données, mais nous voulons encore trouver des sources d’énergie propre et abordable,… ». Le géant internet fait allusion à l’investissement de $45 millions dans le domaine de la recherche dans les technologies d’énergie propre, en 2008.

En moyenne, chaque seconde de navigation sur le web produit 0.02 grammes de CO2, selon l’étude. Wissner-Gross fait remarqué aussi que, vu l’augmentation des animations et du contenu des vidéos, le nombre peut atteindre 0.03 grammes chaque seconde. Selon le physicien, la consommation électrique de l’ordinateur doit endosser plus la responsabilité de l’empreinte écologique induite par une « expérience internet type », en fonction de l’infrastructure du réseau qui transmet les site web. Les serveurs d’hébergement web sont les plus petits contributeurs. L’analyse du site du Bureau du Premier Ministre anglais, samedi 10 janvier dernier, montre qu’il était opérationnel à 64% de sa capacité énergétique, pendant que le rendement du site de la BBC était de seulement 49%. Gartner, une compagnie de recherches en technologie de l’information, estime, en 2007, que l’industrie IT a déjà causé 2% de l’émission totale de CO2, soit l’équivalent de l’empreinte écologique de toute l’industrie aérienne.

L’UE prévoit d’introduire des normes « énergie-efficacité » pour le secteur ICT afin de contrer le changement climatique et réduire le gaspillage énergétique (Euractiv 12/12/08)). La commission espère publier les recommandations politiques après un rapport industriel daté de juin 2008 argumentait que l’impact industriel sur le climat allait progresser plus que diminuer si des mesures n’étaient pas prises (Euractiv 27/06/08)

Réflexion sur l’exemple Facebook Lire la suite

Dordogne : Une centrale solaire à Savignac ?

Sud-Ouest,  Jérôme Glaize, le 11 Février 2009

SAVIGNAC-LES-ÉGLISES. Racheté au ministère de la Défense, le site de 400 hectares pourrait accueillir un parc photovoltaïque. C’est du moins ce que propose le maire de Sorges

Une centrale solaire sur le terrain militaire ?

L’ancien terrain militaire situé sur les communes de Savignac-les-Églises, Saint-Jory-las-Bloux, Mayac et Coulaures pourrait-il devenir, à terme, un porte-étendard du développement durable en Dordogne ? C’est en tout cas le sens du projet de vaste parc photovoltaïque imaginé pour une partie de ce site de plus de 400 hectares, racheté en décembre dernier par la Communauté de communes Causses et Rivières en Périgord (1) après plusieurs années de tractations avec le ministère de la Défense.

Récemment évoqué par Jean-Jacques Ratier, le maire de Sorges, devant ses collègues élus de la Communauté de communes des villages truffiers (2), ce projet semble en tout cas dans l’air du temps : « Il s’agirait d’installer un champ de panneaux photovoltaïques, qui permettent de transformer la lumière en électricité, comme il en existe déjà dans de nombreuses régions du monde, y compris en Europe du Nord », explique l’élu, qui voit là « une réelle opportunité de développement de tout un territoire ».

« Ni bruit ni fumée »

L’idée serait de n’utiliser que la partie centrale du terrain, compte tenu de son étendue, pour y installer les fameux panneaux solaires. Toute la couronne qui l’entoure serait consacrée aux différents projets liés à la protection de l’environnement qui ont motivé le rachat du site par les communes de Causses et Rivières. « La question de l’aspect visuel pourrait être réglée grâce à une ceinture végétale, assure Jean-Jacques Ratier. Qui plus est, ces installations ne produisent ni bruit, ni fumée et sont totalement neutres sur le plan écologique. »

Quel serait l’intérêt des communes concernées de voir s’installer un tel parc solaire sur leur territoire ? Pour le maire de Sorges, la réponse est évidente : « Ce serait un formidable moteur pour elles et pour tout ce secteur qui a tellement besoin de projets fédérateurs », estime-t-il. Et d’énumérer les retombées financières directes, grâce à la location du terrain et aux recettes fiscales, ou l’effet d’entraînement économique que cette infrastructure créerait autour de son activité : maintenance, services, commerce local, voire attractivité touristique.

Pour être mené à bien, un tel projet nécessiterait en tout cas l’engagement d’au moins trois acteurs principaux : l’État, des investisseurs et les collectivités locales. Du côté de l’État, la nouvelle préfète de la Dordogne connaît particulièrement bien le sujet puisque Béatrice Abollivier a été aux premières loges du plus grand projet de parc photovoltaïque en France, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence où elle était en poste jusqu’à la fin de l’an dernier.

Revente de l’électricité

Du côté des investisseurs, qui ne souhaitent pas encore se faire connaître, l’engagement financier que représente une telle opération est élevé (plusieurs dizaines de millions d’euros) mais les perspectives de rentabilité brillent au soleil, grâce à la revente de l’électricité produite. D’autant que la recherche scientifique a déjà considérablement accru le rendement des panneaux photovoltaïques…

Reste à convaincre les collectivités locales. Et c’est peut-être là que le dossier s’annonce le plus délicat. Lire la suite

Le pari mondial de la croissance verte

lemonde.fr, Antoine Reverchon, le 2 février 2009

Le pari mondial de la croissance verte

Aide fiscale aux énergies renouvelables et à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, rénovation du réseau électrique, subventions à la recherche et au développement de produits et de services moins polluants dans l’industrie et les transports, normes environnementales plus sévères… L’une, l’autre ou plusieurs de ces mesures se retrouvent dans le plan de relance de 819 milliards de dollars (639 milliards d’euros) voté par la Chambre des représentants américaine le mercredi 28 janvier, et dans le plan de relance de 26 milliards d’euros adopté par le Parlement français le lendemain, dont les mesures devaient être détailléees le 2 février par le premier ministre, François Fillon.

Mais au-delà des effets attendus à court terme sur l’emploi et l’activité, ce  » verdissement  » des plans de relance, que l’on retrouve en Chine, en Allemagne, au Japon, pose les jalons du basculement d’un modèle économique basé sur le pétrole et responsable du réchauffement climatique, vers un modèle gérant au mieux les ressources de la planète.

Barack Obama s’est inspiré du programme  » Repower America  » élaboré par Al Gore, l’ancien vice président de Bill Clinton, qui prévoit de mettre en place en dix ans un modèle énergétique rendant les Etats-Unis indépendants du pétrole, et donc des pays producteurs. La double signification de power (pouvoir et énergie) prend ici tout son sens. Il s’agit de changer de système économique et de résoudre un problème de sécurité nationale. En France, 35 % des investissements prévus par le plan  » anticipent sur l’application du Grenelle de l’environnement « actuellement discuté au Sénat, a affirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, l’ex-secrétaire d’Etat à l’environnement.

Mais le risque est alors de voir l’argent public s’engouffrer dans des secteurs ou des technologies non viables. Ceci simplement parce qu’ils bénéficient d’un meilleur lobbying ou d’un effet de mode, redoute l’économiste américain Robert Bell (City University of NewYork M. Bell a mis en évidence les gaspillages engendrés par certains choix technologiques à Washington. De même, ajoute-t-il, des incitations fiscales, couplées au comportement mimétique des marchés financiers, peuvent conduire les investisseurs à créer une nouvelle bulle financière sur la  » green tech ».

Pour que les pouvoirs publics, mais aussi les agents économiques – entreprises, investisseurs et consommateurs – ne s’égarent pas dans un maquis de promesses parées des vertus de l’écologie, les économistes estiment que les prix des biens et services consommés doivent intégrer le coût de leurs effets réels sur le climat, via un prix par tonne de CO2. Seul ce  » signal prix « , indique Cédric Philibert, économiste à l’Agence internationale de l’énergie, peut inciter les industriels à investir dans des technologies propres, les investisseurs à mesurer le risque de leurs choix, les ménages à adopter un mode de consommation plus durable.

L’économiste britannique Terry Barker(Cambridge) a même mis au point un modèle économique montrant que plus le prix du carbone est élevé, plus les investissements massifs que cette contrainte entraîne génèrent une croissance forte, explique son collègue Patrick Criqui (université de Grenoble) . Mais les économistes se divisent sur l’instrument le plus apte à émettre le signal prix : le marché, où entreprises et Etats échangent les tonnes de CO2 au-delà ou en deçà des quotas qu’ils sont autorisés à émettre ? Ou bien la fiscalité, qui taxerait les biens et les services au prorata de leur teneur en carbone ? Les risques de volatilité excessive du prix de la tonne de carbone sur un marché d’autant plus imparfait qu’il n’inclut pas les émissions de l’Inde ou de la Chine font préférer la solution de la taxe carbone à certains. Lire la suite

Le brillant avenir de l’énergie solaire

pourlascience.fr,  N°375, Daniel Lincot, janvier 2009

Le brillant avenir de l’énergie solaire

D’ici 10 à 15 ans – c’est-à-dire demain –, l’électricité photovoltaïque sera compétitive avec les autres sources d’électricité.

La découverte de l’effet photovoltaïque est attribuée à Edmond Becquerel, fils d’Antoine Becquerel et père de Henri, découvreur de la radioactivité. C’était en 1839. Il avait 19 ans et venait de constater que l’éclairement de lames métalliques corrodables au contact de solutions acides provoque l’apparition d’un courant. Ainsi la lumière était capable de faire apparaître un courant électrique, ce qui ouvrait la voie à la conversion de l’énergie lumineuse en énergie électrique. En 1869, l’ingénieur français Augustin Mouchot confirme le potentiel énergétique du rayonnement solaire, dont la puissance est déterminée quantitativement. Chaque mètre carré de sol reçoit entre 0,8 mégawattheure par an en Finlande et 2,9 au Sahara (1,3 en moyenne en France). Cela représente entre 80 et 290 litres d’équivalent pétrole : c’est considérable. L’énergie solaire reçue par la Terre chaque année représente environ 10 000 fois la consommation énergétique mondiale.

C’est cette ressource immense, renouvelable, accessible dans toutes les régions du monde, propre et sûre, qui suscite à nouveau aujourd’hui tous les espoirs pour répondre à la crise énergétique et les enjeux climatiques. Il a fallu attendre 1954 et les travaux sur les transistors à base de silicium, pour que naisse la première cellule solaire photovoltaïque au silicium. En l’espace de quatre ans, le rendement de conversion avait atteint 14 pour cent (le rendement est le rapport entre la puissance électrique produite et la puissance lumineuse incidente venant de l’éclairement solaire). Cela a permis le lancement du premier satellite alimenté par énergie photovoltaïque, Vanguard, en 1958. Ainsi le photovoltaïque fut et reste un élément clé de l’aventure spatiale. Il fallut attendre les années 1970 et le premier choc pétrolier pour que les applications terrestres du photovoltaïque commencent à être considérées, avant de repasser au second plan en raison de la baisse du prix du pétrole et du choix du nucléaire dans de nombreux pays. Ce fut une première occasion manquée, qui a ouvert une période d’environ 25 ans d’attentisme, voire d’opposition systématique, en particulier en France, qui après avoir été pionnière dans ce domaine, a sombré en queue de classement.

Heureusement, l’Europe a pris le relais et quelques pays, notamment le Japon et l’Allemagne, ont adopté des politiques volontaristes. En même temps, la recherche a continué à progresser, les technologies se sont améliorées. C’est à la fin des années 1990 et au début des années 2000 que s’amorce enfin le retournement de tendance en faveur des énergies renouvelables et en particulier du photovoltaïque, avec le renforcement du soutien public au Japon et en Allemagne, et l’introduction de la politique de rachat de l’électricité solaire : l’électricité produite par les particuliers qui disposent de panneaux solaires est rachetée par les compagnies d’électricité à un tarif supérieur (cinq fois, en France) au prix facturé. Grâce à cette politique, on assiste au décollage industriel, avec une augmentation de la production industrielle de modules proche de 40 pour cent par an. Peu à peu, d’autres pays mettent également en place des politiques de soutien, en particulier en France en 2006, qui rejoint enfin l’Allemagne sur ce terrain, après avoir vaincu de fortes oppositions au nom d’un dogme suivant lequel les énergies renouvelables devaient se développer initialement sans aides. C’est oublier les soutiens accordés aux autres secteurs énergétiques !

Soutenue par un cadre incitatif et pérenne, une forte demande des populations, des possibilités de développement quasi illimitées, une grande industrie de l’énergie solaire photovoltaïque prend maintenant son envol, autour de plusieurs compagnies de l’électronique. Près de 70 000 emplois ont été créés en Europe dans ce domaine en quelques années (dont 40 000 en 2007 !). Lire la suite

FNE « Création d’un deuxième EPR : une erreur historique »

France nature environnement, communiqué de presse, le 30 janvier 2009

Création d’un deuxième EPR : une erreur historique

Le Président de la République vient d’annoncer la création d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Penly en Seine Maritime. Réaction de FNE.

FNE exprime un sentiment de révolte à la suite de l’annonce par le Président de la République de la création d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Penly en Seine Maritime. Cette décision est sans doute conforme à l’intérêt du lobby nucléaire mais pas à l’intérêt général.
Une erreur historique. Lors de son discours de clôture du Grenelle de l’environnement, le 26 octobre 2007, le Président de la République avait déclaré : « je ne veux pas de nouveaux sites nucléaires ». Nicolas Sarkozy avait également déclaré : « Il y aura donc bien une réduction de la part du nucléaire dans notre consommation d’énergie ».

Pour Sébastien Genest, Président de FNE, « le développement du nucléaire est contraire à celui des énergies renouvelables. Il faut en finir avec un modèle énergétique centralisé, fragile en consommation de pointe, inadapté aux territoires et contraire à l’objectif premier de réduction de la consommation d’énergie, négocié lors du Grenelle de l’environnement. »

La relance par l’atome ? Le 19 décembre 2008, lors d’une réunion en présence des associations, Nicolas Sarkozy s’était engagé à ce que le plan de relance soit vert et pas gris. Sébastien Genest poursuit : « Nous sommes consternés par l’empilement de décisions à courte vue : relance de trois programmes autoroutiers, octroi d’aides d’Etat au secteur automobile ou aéronautique sans contreparties environnementales, assouplissement des conditions de création des installations classées, création d’un nouvel EPR ……autant de décisions contraires à l’impératif d’une relance à la fois économique et écologique. Ces décisions irrationnelles ne peuvent être compensées par des mesures de verdissement ».

Un grave recul de la démocratie écologique. FNE rappelle que le droit de l’environnement impose que le débat public soit organisé à un « moment où toutes les options sont encore ouvertes » et avant qu’une décision publique ne soit prise.

Arnaud Gossement, porte parole de FNE, déclare : « Le nucléaire ne se satisfait que de la politique du fait accompli. La décision de créer un nouvel EPR est une atteinte à la démocratie écologique puisque la concertation n’a eu lieu qu’avec le lobby nucléaire ! Désormais, pourquoi se donner la peine d’organiser un simulacre de débat public dès lors que les dés sont jetés ? ».

FNE rappelle que la décision de création du premier réacteur nucléaire EPR à Flamanville Lire la suite

Lepage : la mort programmée du Grenelle ?

latribune.fr, Corinne Lepage, le 28 janvier 2009

La mort programmée du Grenelle de l’environnement

La décision de relancer le nucléaire, sans concertation et sans évaluation, est contraire à l’esprit et à la lettre du Grenelle de l’environnement.

Elle risque de privilégier une consommation électrique tous azimuts, au détriment des objectifs communautaires en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables. Et de compromettre l’émergence d’une industrie « verte » en France, estime Corinne Lepage, ancienne ministre, présidente de Cap 21, vice-présidente du Modem.

L’annonce de la réalisation d’un deuxième réacteur nucléaire EPR, puis,  pour être agréable à GDF-Suez, d’un troisième, constituerait de facto l’avis de décès du Grenelle. Quelle est profondément la philosophie du Grenelle ?

Faire entrer, tout d’abord, la France dans l’économie de l’éco-efficacité en valorisant les bâtiments à faible consommation énergétique et les procédés industriels fondés sur le cycle de vie du produit permettant de réduire simultanément la consommation de matières premières, l’énergie et les déchets. Permettre, ensuite, à notre pays de récupérer un peu de son retard en matière d’énergies renouvelables pour se rapprocher des objectifs communautaires en la matière et développer un secteur industriel dans le domaine phare de l’économie du XXIème siècle. Changer, enfin, le mode de prise de décision en associant les acteurs de la société civile autour d’un projet de société qui s’inscrirait dans le  développement durable.

Or, le retour au tout nucléaire et à une politique du passage en force  qui a caractérisé la mise en place du programme électronucléaire dans les années 70 tourne en tout point le dos à cette politique et rend en réalité impossible la réalisation effective de la loi Grenelle. En effet,  construire trois réacteurs EPR aboutit à augmenter considérablement l’offre d’électricité et à répéter le scénario précédent: pas de politique de maîtrise de l’énergie, des coûts astronomiques pour les logements chauffés à l’électricité, pas d’industrie du renouvelable.
On pouvait espérer que nos dirigeants avaient compris que le monde avait changé et les faux-semblants avec. La réalisation de trois EPR rend totalement virtuel l’objectif de 23% d’énergies renouvelables en 2020 et de 20% d’efficacité énergétique à cette date. En effet, pour vendre son courant, qui ne se stocke pas, et amortir le coût faramineux de réalisation des EPR (le prototype finlandais avoisine les 5 milliards d’euros et EDF a dû lui-même reconnaître que le coût de revient du kilowattheure nucléaire serait compris entre 55 et 60 centimes d’euro), les exploitants, aidés bien entendu par des pouvoirs publics devenus schizophrènes, vont devoir favoriser la consommation électrique, c’est-à-dire continuer à promouvoir le chauffage électrique et lutter contre l’efficacité énergétique.

Ils ont d’ailleurs commencé très activement à le faire avec l’amendement Ollier, pour éviter que les objectifs d’efficacité énergétique dans les bâtiments soient applicables aux bâtiments chauffés à l’énergie électrique d’origine nucléaire. Ils vont continuer en essayant de dissuader le législateur d’abord, les consommateurs ensuite, de construire des bâtiments à énergie positive a fortiori à énergie passive et d’investir dans l’isolation, politique qui aboutirait à réduire la demande électrique.  C’est le secteur du BTP, celui des matériaux intelligents qui est menacé.

Et pour que l’énergie nucléaire soit vendue, il faut évidemment qu’elle n’ait pas de concurrents. Lire la suite

Chausset « Klaus, une catastrophe pas vraiment naturelle »

Sud-Ouest, Gérard Chausset, le 28 Janvier 2009

 « Klaus, une catastrophe pas vraiment naturelle »

Moins de dix ans après la tempête de 1999, qui sonnait comme un avertissement au moment où on changeait de millénaire, le Grand Sud-Ouest est touché en plein coeur. Ce n’est plus un avertissement mais un rappel à l’ordre : l’empreinte écologique de notre civilisation est devenue insupportable pour les lois de la nature !

Certes nous nous devons aujourd’hui de venir au secours des populations sinistrées, rétablir les réseaux, indemniser les victimes, sauver la part de forêt qui peut l’être, mais la tempête est venue nous rappeler que notre modèle actuel, basé sur le tout camion, le tout voiture, le tout électrique, le tout pétrolier, et surtout le tout libéral, nous a rendus esclaves d’un modèle de développement insoutenable, lourd de conséquences pour l’environnement, l’économie en général et le Sud-Ouest en particulier.

Oui, il y a toujours eu des tempêtes, des canicules, des inondations ou des sécheresses. Ce qui change, c’est leur violence, leur intensité, leur force, leur durée, et cela n’est qu’un début, il faut le dire.

Plus que jamais, la perspective des dérèglements climatiques doit nous conduire à accélérer le chantier des mutations économiques et celui de la conversion écologique.

Selon les scénarios du Giec, l’Aquitaine serait la première région touchée, avec notamment une augmentation des températures moyennes entre 4° et 6° (soit dans la fourchette haute des modélisations du Giec qui prévoient à l’horizon 2010 entre + 1,4 ° et + 5,8° par rapport à 1990).

Alors que l’urgence est là, le fameux Grenelle est long, lent, remis en cause en permanence, avec pour seule mesure concrète mettre les voitures anciennes à la casse pour en acheter de nouvelles.

Pendant ce temps, l’enfouissement des réseaux électriques ne suffira pas pour pallier la fragilité de notre production centralisée d’électricité nucléaire, qui nécessite de longues lignes, contrairement aux productions locales et renouvelables.

Pendant ce temps, peut-on accepter de perdre la moitié du massif forestier tous les dix ans ? C’est peut-être l’heure de rompre avec la monoculture du pin pour favoriser la biodiversité et diversifier la filière bois.

Dans cette guerre contre les changements climatiques, se cantonner à une politique curative serait illusoire.

Il faut investir dans le long terme, dans des process décentralisés que l’on maîtrise localement, initier des circuits courts de production, développer des solutions écologiques de proximité, investir sur les énergies propres comme l’éolien, le solaire et l’énergie bois, la biomasse, les transports collectifs, la rénovation du bâtiment.

Nous devons lancer un plan Marshall vert pour sauver ce qui peut l’être.

Ce plan Marshall doit également reposer sur un nouveau mode de gouvernance au niveau régional, national et européen. Il nous faut tirer les conséquences de la fragilité de notre organisation centralisée, verticalisée et notre manière de concevoir l’aménagement du territoire issue de l’après-guerre.

Les fortes crises appellent des réponses régionales axées sur le renforcement des solidarités locales, le développement de sources énergétiques de proximité, la préservation de la biodiversité et sans doute une remise en cause d’un système agricole basé sur la juxtaposition de monocultures qui en fait un colosse aux pieds d’argile.

La biodiversité n’est pas qu’une affaire de nature, c’est aussi un modèle de société qu’il faut organiser dès maintenant pour préserver l’avenir à moins de trente ans.

À situation exceptionnelle, Lire la suite

Europe : Mettre le paquet sur l’efficacité énergétique

journaldelenvironnement.net, Victor Roux-Goeken, le 23 janvier 2009

Les parlementaires européens veulent mettre le paquet sur l’efficacité énergétique

Pour aller plus loin dans le JDLE Quand les économies d’énergie disparaissent du paquet Climat et Directive 2006/32/CE

L’Union européenne parviendra-t-elle à rester dans les clous des objectifs climatique et énergétique qu’elle s’est fixés ? Sans doute, à condition que l’objectif de 20% de gains d’efficacité énergétique d’ici 2020 devienne juridiquement contraignant, affirme la commission parlementaire européenne Industrie dans un rapport de l’eurodéputé hongrois András Gyürk (PPE), adopté mercredi 21 janvier.

Plus de 20% de l’énergie consommée dans l’UE sont gaspillés en raison de l’inefficacité énergétique du continent. 400 millions de tonnes équivalent pétrole (MTep) pourraient être économisées, et 860 millions de tonnes d’émissions de CO2 évitées. Ne sont obligatoires «que» la baisse de 20% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, par rapport à leur niveau de 1990, et une part de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale (1).

La commission Industrie souhaite que les Etats membres adoptent des objectifs intermédiaires plus ambitieux que ceux fixés par la directive de 2006 relative à l’efficacité énergétique dans les utilisations finales et aux services énergétiques (2). Cette directive donne un objectif national minimum d’efficacité énergétique de 9% en 2016, insuffisant pour atteindre l’objectif final de 20% en 2020. Les députés souhaitent que la directive soit révisée à partir de 2012.

Le bâtiment contient un potentiel de gains d’efficacité énergétique d’environ 27%, selon le rapport. Un gisement qui devrait être exploité par les fonds structurels et de cohésion, surtout pour le bâtiment existant et social, où inefficacité énergétique rime avec précarité.
Enfin, les députés préconisent l’installation obligatoire de compteurs électriques «intelligents» –destinés à optimiser la consommation– dans tous les bâtiments Lire la suite

L’Allemagne, championne des énergies propres

Le Monde, Marie de Vergès, le 26 janvier 2009

L’Allemagne, championne des énergies propres

A Berlin, les bâtiments du Bundestag, le parlement allemand, se veulent un modèle en matière d’énergies propres. Une installation photovoltaïque de 3 600 m2 couvre la totalité des besoins en électricité. Des centrales de cogénération, alimentées en biodiesel, permettent de maintenir une température constante.

L’Allemagne se positionne aujourd’hui à l’avant-garde du développement des énergies renouvelables. Quasi inexistantes il y a une quinzaine d’années, celles-ci représentaient 15,3 % de l’approvisionnement en électricité en 2008. « Aucun pays ne connaît une expansion aussi rapide« , note Claudia Kemfert, experte à l’institut économique de Berlin (DIW).

Berlin a pris la tête du mouvement en instaurant, très tôt, un cadre législatif avantageux. Une loi pour la promotion des énergies renouvelables (EEG) a été adoptée dès 2000, à une époque où le parti vert était membre du gouvernement de coalition. Copiée par de nombreux pays, dont la France, elle garantit aux producteurs un prix minimal à la vente. Le texte est régulièrement révisé pour adapter les tarifs aux progrès technologiques.

En favorisant un retour sur investissement assez rapide, cet outil a donné un coup d’accélérateur au secteur. Les objectifs fixés par le gouvernement ont jusqu’à présent toujours été remplis avec un temps d’avance. En 2007, l’Allemagne a même contribué à plus de la moitié (52,7 %) de l’augmentation de la production d’électricité renouvelable de l’Union européenne (UE), selon l’Observatoire des énergies renouvelables.

La même année, les énergies propres ont permis de réduire de quelque 115 millions de tonnes les émissions de CO2. Un résultat essentiel pour respecter les objectifs climatiques de l’UE, car le pays, qui prévoit de sortir du nucléaire d’ici à 2020, projette de construire des centrales au charbon. Parallèlement, l’Allemagne s’est fixé un objectif de 30 % d’énergies vertes dans sa production électrique à l’horizon 2020.

L’environnement n’est qu’un aspect de l’engagement allemand. L’enjeu est aussi – voire surtout – économique : aujourd’hui, les énergies renouvelables font travailler plus de 250 000 personnes outre-Rhin, et le pays domine le marché mondial de l’éolien et du solaire, en termes de capacité. En pointe, l’industrie éolienne exporte près de 85 % de sa production.

« Le gouvernement tente d’accompagner le mouvement grâce à un soutien massif en faveur de la recherche sur les techniques », Lire la suite

Centrales photovoltaïques au sol : la crainte de la trame grise

journaldelenvironnement, Victor Roux-Goeken, le 21 janvier 2009 

Centrales photovoltaïques au sol : la crainte de la trame grise

Plusieurs associations environnementales s’inquiètent de l’essor des projets de centrales photovoltaïques au sol, et de l’apparition d’une «trame grise». Ces craintes, pour l’instant très locales, sont liées à l’impact sur l’environnement de ces projets et à leur non-intégration au bâti.

A l’instar de celle de Narbonne (Aude), occupant une surface de 23 hectares sur un site classé Seveso, les centrales solaires photovoltaïques auront-elles un faible impact sur l’environnement ? Rien n’est moins sûr, et l’inquiétude pointe chez certaines associations environnementales du sud-ouest de la France.

Ainsi, la centrale photovoltaïque de Gabardan, dans la commune de Losse (Landes) va nécessiter le déboisement de 320 hectares (ha) de forêt. Le secrétaire général de la Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-ouest (Sepanso), Georges Cingal, rapporte que pour l’Ademe, «les émissions évitées et celles liées au déboisement étaient du même ordre de grandeur». Mais le projet, déjà soumis à enquête publique, aura forcément un impact sur la biodiversité.

Un projet d’autant plus étonnant que «dans une nouvelle zone industrielle, située à Saint-Geours-de-Maremne [Aquitaine, moins de 150 kilomètres de Losse], une grosse entreprise de logistique a construit un bâtiment comportant 18.000 mètres carrés de toiture, sans le moindre panneau solaire», relève Georges Cingal.

A la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt (Draf) Aquitaine, on indique que la totalité des projets en cours nécessite le déboisement ou défrichage de 10.000 ha de forêt. «Théoriquement, la demande de compensation est de 1 pour 1. Cela implique un reboisement hors forêt, qui va concurrencer l’agriculture. Pour l’instant, nous n’avons pas encore de résultat du groupe de travail mis en place auprès du préfet des Landes et qui doit étudier les mesures à demander pour compenser le déboisement.»

Daniel Delestre, vice-président de la Sepanso Gironde, relève «une contradiction entre le développement du photovoltaïque et celui du bois-énergie». Et donne un autre exemple: le vote récent, par le conseil municipal de Cestas (Gironde), de deux centrales photovoltaïques sur des surfaces totalisant 320 ha, «alors que 800 ha viennent d’être rasés pour construire des entreprises logistiques le long de la nationale 10, à proximité.»

Il en va de même dans les Pyrénées orientales, où le président de la fédération départementale des associations de protection de l’environnement, Marc Maillet, estime à 300 ha la totalité des projets en cours.

Pourquoi ne pas intégrer les panneaux photovoltaïques au bâti, alors que le tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque est plus attractif dans ce cas ? «Il y a une sorte de mirage sur les toitures, censées représenter des millions de mètres carrés à recouvrir, relève Thierry Lepercq, président de Solar Direct. Sur un bâtiment logistique, une toiture «plate» est inapte [Note du web maître : apte ou inapte ?] au photovoltaïque : elle comporte tout de même de nombreux obstacles et il faut orienter les panneaux au sud avec une pente de 30° pour un rendement optimal. Les architectes doivent s’y mettre: actuellement, un bâtiment sur 100 au maximum est conçu pour accueillir du photovoltaïque.»
Selon lui, les professionnels s’accordent pour dire qu’une centrale au sol doit couvrir une surface d’au moins 8 ha (4 mégawatts) pour réaliser des économies d’échelle.

La compétition pour l’espace aboutira-t-elle à un rejet du photovoltaïque similaire à celui de l’éolien ? Lire la suite

Le système électrique français est terriblement inefficace

Libération, recueilli par Laure Noualhat, le 3 janvier 2009

«Le système électrique français est terriblement inefficace»

Avec l’hiver vient la saison du chauffage. Au bois, au gaz, au fioul, mais aussi au radiateur électrique, ce qui a le don de faire grimper les consommations en période de pointe. Comme chaque fois en cette période de l’année, ces pics de consommation imposent d’importer de l’électricité venue d’Europe. Et celle-ci, produite à partir d’énergies fossiles, n’est pas faiblement émettrice en CO2. Mycle Schneider est consultant international en matière d’énergie et de nucléaire. Il vient de rendre un rapport au Parlement européen sur le mythe de la politique énergétique française.

Quel est l’impact de la vague de froid sur les consommations électriques françaises ?

En hiver, la puissance électrique appelée est presque trois fois plus élevée le jour le plus chargé que le jour le moins chargé de l’été. On a donc besoin des vieilles centrales au fioul, dont EDF vient de remettre 2 600 mégawatts en service, parce qu’on manque cruellement d’électricité de pointe. Depuis 1990, la part des énergies fossiles dans l’électricité a crû de près de 25 %. En parallèle, les importations de courant, essentiellement à base d’énergies fossiles, ne cessent d’augmenter. La France est ainsi devenue importatrice nette de courant charbon allemand.

Mais l’électricité française est faiblement émettrice en gaz à effet de serre…

C’est vrai, les émissions totales par habitant de gaz à effet de serre en France sont – encore – plus faibles que chez nos voisins. Mais elles varient fortement d’une année à l’autre en fonction du climat et on n’identifie plus de baisse structurelle depuis longtemps. En fait, en 2005, les émissions de CO2 dues à la production publique d’électricité et de chaleur étaient de 5 % supérieures à 1990, pour se trouver en 2006 à 2 % en dessous du niveau de 1990. Le rôle du nucléaire y est complexe. Le système nucléaire, et les surcapacités qu’il a engendrées, a conduit à une perversion du système électrique. On a massivement introduit le chauffage électrique parce qu’EDF avait des kilowattheures à vendre, ce qui a conduit à une augmentation du recours aux combustibles fossiles. Le contenu en CO2 du kWh pour les besoins du chauffage électrique se situe entre 500 et 600 grammes, soit environ trois fois les émissions d’un chauffage central au gaz.

Le recours au nucléaire augmenterait les émissions de CO2 dans l’électricité ?

Indirectement, par effet systémique, surtout pour tout nouveau projet. L’investissement dans le nouveau réacteur EPR augmentera ainsi les émissions car si on investissait les 4 milliards d’euros nécessaires à sa construction dans l’isolation de l’habitat existant, on éviterait réellement des émissions.

Vous assurez qu’en dépit du nucléaire, la France n’est pas indépendante du point de vue énergétique. Pourquoi ?

En France, le premier programme électronucléaire massif a été lancé en 1974, après le premier choc pétrolier. Le but affiché était de rendre le pays indépendant vis-à-vis du pétrole. C’était déjà un mythe à l’époque car l’électricité ne représentait alors que 12 % de la consommation de pétrole en France. En 2007, après trente-cinq ans de nucléaire en France, la consommation de pétrole par habitant – 1,5 tonnes d’équivalent pétrole (tep) – était plus élevée que la moyenne de l’Union européenne, alors que la consommation en Italie, qui a arrêté le nucléaire, et en Allemagne, était de 1,4 tep. Les autres secteurs comme le résidentiel, et surtout les transports, consomment la plus grande partie du pétrole et cette consommation n’a pas cessé d’augmenter depuis 1973. Le système électrique est incroyablement inefficace : entre l’énergie primaire, contenue dans l’uranium ou le charbon, et l’énergie finale utilisée sous forme de kilowattheure, les trois quarts sont perdus dans le réseau de distribution.

Et alors ? Lire la suite

Le Syndicat des EnR réfute l’étude de l’Institut Montaigne

BâtiActu, le 18 septembre 2008

Le Syndicat des Energies Renouvelables réfute l’étude de l’Institut Montaigne

Suite à une étude publiée par l’Institut Montaigne, en juillet dernier, intitulée « Eoliennes : nouveau souffle ou vent de folie ? », le Syndicat des énergies renouvelables a rédigé un rapport, réfutant point par point l’argumentation de l’auteur, Vincent Le Biez. Selon le SER, celui-ci aurait fait preuve d’un exercice anti-éolien. Droit de réponse.

Le Syndicat des énergies renouvelables vient de publier un rapport, contestant point par point les arguments de Vincent Le Biez, auteur d’une étude sur l’impact du coût de l’éolien pour l’Institut Montaigne.

Le développement de l’énergie éolienne en France tel que l’a envisagé le Grenelle de l’environnement ne serait « pas la solution économique la plus appropriée », et ne répondrait « pas à un besoin étant donné la sobriété du parc de production électrique français en termes de CO2 ». Voilà les conclusions de Vincent Le Biez, auteur de l’étude « Eoliennes : nouveau souffle ou vent de folie ? ». Ainsi, l’homme évaluerait le surcoût du développement de l’éolien en France à 2.5 milliards d’euros par an à l’horizon 2020.

Surcoût ou économie ?

Le SER conteste la méthodologie et les hypothèses choisies par l’auteur pour arriver à ce résultat, affirmant même que l’étude « cache un parti pris anti-éolien ». Le syndicat tente donc d’apporter ses explications. En résumé, le SER a estimé que :

– Evaluer le surcoût du développement de l’éolien offshore à partir des seuls tarifs d’achat actuels (sachant que les progrès à venir seront susceptibles de faire baisser les coûts) n’est pas pour l’instant possible. Pour le SER, les chiffres de l’étude indiquerait un surcoût d’un peu plus d’1 milliard d’euros.

– La dégressivité du tarif d’achat Lire la suite

Echange la deuxième voiture contre vélo électrique

Sud-Ouest, le 18 septembre, Olivier Delhoumeau

TRANSPORT. Véritable institution, les Cycles Suire participent aux animations de la Semaine de la mobilité, qui s’achève dimanche

Les ventes de vélos à assistance électrique décollent

Les Cycles Suire. Le nom parle forcément aux adeptes de la petite reine. À Mérignac, le magasin a pignon sur rue, ou plutôt sur avenue. Celle du château d’eau, au cœur de Capeyron. Sa réputation doit beaucoup à la forte personnalité de son fondateur, Jacques Suire, ancien coureur pro, spécialiste de l’assemblage de A à Z. Une pratique tombée en désuétude, en raison de l’évolution du marché du cycle. « Les fabricants ont enrichi leurs gammes de sorte que le vélo à la carte existe quasiment en série », soutient Christophe Guiraud, le nouveau propriétaire des lieux.

Des initiations samedi. Responsable administratif et financier de formation, il s’est reconverti dans le vélo à la suite d’un licenciement. Il cherchait une affaire dotée d’un petit atelier sentant le pneu et le cambouis. « Mon père et mon grand-père possédaient un garage auto à Bordeaux, où j’ai passé mon enfance. »

À défaut de garage auto, il se tourne en 2005 vers l’acquisition des Cycles Suire. Atelier de réparation, vente de vélos et de deux-roues motorisés deviennent son quotidien. Sa clientèle : des amateurs de la CUB et du Médoc.

Sollicités pour la Semaine de la mobilité qui se déroule actuellement, les Cycles Suire proposent au public des tests de vélos à assistance électrique (VAE). Les initiations se dérouleront samedi au village de la mobilité, à côté du marché du centre-ville. Un gadget de plus dans la sphère verte ? Non, estime Xavier Chouet, employé, qui observe un intérêt grandissant pour le VAE. « Les ventes explosent depuis peu. La hausse du prix du carburant explique en partie cette tendance. Les clients sont souvent des familles propriétaires de deux automobiles, qui troquent une voiture contre le vélo électrique. » Évolution des modèles, efficacité croissante des batteries lithium ion et allégement des vélos soutiennent le marché. Lire la suite

Ecologie. Le B.a.-ba des gestes à adopter d’urgence

Paris-Match, le 3 Septembre 2008, Emilie Blachère

Ecologie. Le B.a.-ba des gestes à adopter d’urgence

Ecolo, la chasse au gaspi est ouverte. Au bureau, à la maison, au supermarché, vous ne savez par où commencer? Suivez le guide.

Match Art de Vivre

Je contrôle ma boulimie d’électricité

Passez un coup de chiffon sur les ampoules, cela améliore leur flux lumineux de 40 %. De plus, en privilégiant les ampoules fluorescentes à basse consommation, vous utiliserez 5 fois moins d’électricité. Autre avantage ? Elles durent 10 fois plus longtemps que les ampoules à incandescence. Alors, pour avoir bonne conscience, suivez ce conseil. Selon Nicolas Hulot, si chaque foyer participe, on fermera quatre centrales nucléaires.

www.fondation-nicolas-hulot.org, www.zone-ecolo.com.

Faites la chasse aux « lumières rouges » et économisez 10 % de votre budget électricité : le coût moyen des veilles est de 15 à 50 euros par ménage et par an. Par exemple, débranchez systématiquement le chargeur de votre téléphone. Une petite astuce pour gagner du temps et de l’argent : investissez dans des multiprises à interrupteur. En un seul geste, tout est éteint.

Je nettoie bio

Les lingettes, à la poubelle ! Leur emploi multiplie par 12 les dépenses et génère par an et par foyer 23 kilos de déchets. En comparaison, les nettoyants classiques en produisent 1,16 kilo. Le choix est vite fait.

Ressortez les trucs de grand-mère : décapez les surfaces émaillées au bicarbonate de soude. Faites briller les vitres avec du vinaigre, c’est efficace et le litre coûte moins de 1 euro.

En partie responsables du trou dans notre couche d’ozone et surtout dangereux pour la santé, les produits contenant des composés organiques volatils (COV) sont bannis des placards. On consulte la liste noire sur www.ademe.fr et on choisit des détachants verts sur www.toutallantvert.com.

Je deviens un pro du tri

Le mode d’emploi du tri est différent dans chaque municipalité. Au préalable, renseignez-vous Lire la suite

L’Europe veut privilégier l’éolien, le solaire et la biomasse

Le Figaro, Jean-Jacques Mével, correspondant à Bruxelles, 12 septembre 2008

L’Europe fait marche arrière sur les agrocarburants

Le Parlement européen veut privilégier l’éolien, le solaire et l’exploitation de la biomasse.

Le vote suit de peu une décision semblable des ambassadeurs des 27 pays de l’Union. Il permet d’attendre, comme l’espère la présidence française, l’approbation d’une «directive» pour la fin de l’année. Sur cette question, le Parlement et le Conseil européens «sont bien plus proches qu’on ne l’imagine», assure le Luxembourgeois Claude Turmes, rapporteur du texte et vice-président du groupe des Verts.

Les eurodéputés se montrent cependant plus exigeants, à la fois sur le calendrier et sur le contenu. Ils veulent fixer la barre des énergies renouvelables à 5 % dès 2015, objectif intérimaire jugé trop rigide dans beaucoup de capitales européennes.

Le Parlement européen entend surtout plafonner à 4 % en 2015 et 6 % en 2020 la part des agrocarburants actuels, au grand dam des producteurs de colza, de tournesol ou d’huile de palme. Les Européens en tirent aujourd’hui 3 % de ce qu’ils mettent dans leurs réservoirs. L’Assemblée leur préfère la voiture électrique dont l’horizon reste incertain. Ou encore les biocarburants dits de «seconde génération», tirés du bois et de la paille (filière cellulose), voire des algues. Ces filons sont prometteurs, mais encore largement expérimentaux.

Mauvaise publicité

Les agrocarburants traditionnels (biodiésel, bioéthanol), aujourd’hui dotés d’une capacité de production de 15 millions de tonnes, paient ainsi des mois de mauvaise publicité. Après s’être enthousiasmés pour ce pétrole «vert», les experts, les technocrates et même le grand public en sont largement revenus.

L’OCDE relevait cet été que leur viabilité économique est douteuse si l’on soustrait la masse des aides publiques dont les producteurs, européens notamment, ont fini par bénéficier. Longtemps jugés beaucoup moins néfastes à l’environnement que les carburants tirés du pétrole, ils voient aussi cette réputation battue en brèche par les scientifiques. L’envolée, surtout, des cours mondiaux des produits alimentaires pourrait leur avoir donné le coup de grâce en tant que solution alternative aux énergies fossiles.

Le tournant européen a été pris en juillet, lorsque le ministre français Jean-Louis Borloo a créé la surprise en précisant que le projet de directive européenne sur les énergies renouvelables n’incluait aucune obligation précise sur le recours aux agrocarburants. La France, présidente en exercice de l’Union européenne et soucieuse de faire avancer un chapitre essentiel de son «paquet climat», s’épargnait avec Bruxelles une solide controverse politico-écologique. Lire la suite

Le défi français des énergies vertes

Le Figaro, Gilles Bridier, 09/09/2008

Le défi français des énergies vertes 

L’an dernier, la production d’énergie provenant de la force du vent a bondi de 85 %. L’énergie renouvelable ne constitue encore que 6,6 % du total en France. Les Français vont-ils se convertir aux énergies vertes ? Les suites du « Grenelle de l’environnement » de l’automne 2007 poussent dans cette direction, mais il reste à faire. L’an dernier, les énergies renouvelables ont représenté 6,6 % de la consommation totale française d’énergie. Au premier abord, la France n’est pas un si mauvais élève : grâce notamment à ses ressources en bois et en hydroélectricité, sa production d’énergies renouvelables arrive en deuxième position dans l’Union européenne derrière l’Allemagne. Toutefois, on est encore loin des objectifs fixés par Bruxelles pour 2020, qui visent, entre autres, à parvenir à une part de 20 % de renouvelables dans le bouquet énergétique de l’Union.

Une autre échéance est fixée, en 2010 celle-là : elle concerne les renouvelables dans la production d’électricité, et fixe à la France une part de 21 %. D’ores et déjà inaccessible, cet objectif est repoussé à 2013. Et pour y parvenir, il faut commencer par inverser la tendance : par rapport aux années 1990, la proportion d’électricité verte dans la production totale d’électricité a reculé !

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. D’abord, la progression de la consommation d’électricité a été supérieure à l’augmentation des capacités de production d’énergie « verte ». Ensuite, le système hydroélectrique français constitue une véritable richesse, mais il a ses faiblesses. En 2007, il a fourni 88 % de l’électricité d’origine renouvelable (contre 6 % pour l’éolien, 2,5 % pour les déchets urbains, 2,2 % pour le bois et 0,8 % pour le biogaz et le photovoltaïque). Mais lorsque la pluviométrie est faible et que le niveau des retenues d’eau des barrages est bas, la production baisse. Ainsi, de 2002 à 2005, les turbines des barrages ont été moins mises à contribution.

Un virage amorcé Lire la suite

Dordogne : j’ai planté une éolienne dans mon jardin

Le Figaro, Camille Peyrache, le  8 septembre 2008

J’ai planté une éolienne dans mon jardin

Les petites éoliennes attirent de plus en plus les particuliers. Par souci écologique mais aussi pour réduire leur facture électrique, ils sont nombreux à se lancer dans l’aventure. A 86 ans, Robert Laurent est un retraité passionné par les énergies renouvelables. Il y a trois ans, il a fait installer une éolienne de 24 mètres sur le terrain d’une vieille ferme en Dordogne qu’il occupe depuis 1981. Pour un investissement total de 17 000 euros, comprenant le coût de l’éolienne et les travaux d’installation, il a bénéficié d’un crédit d’impôt de 3200 euros. Son éolienne d’une puissance de 1,3 KW alimente sa propriété qui fonctionne en tout électrique.

Installer une éolienne dans son jardin

Comme lui, de nombreux particuliers s’intéressent à l’éolien. «Nous avons énormément de demandes», confie Olivier Krug, le fondateur et gérant de Krug Sarl, une société spécialisée dans la vente et l’installation de petites éoliennes voit son chiffre d’affaires augmenter de 40% chaque année. Le coût total de l’installation d’une petite éolienne varie en fonction de la puissance du générateur et des travaux d’ancrage. Ainsi, pour une éolienne d’une puissance de 2kW sur un mât de 12 mètres, il faut investir entre 15 000 à 20 000 euros. En fonction de son exposition au vent, elle pourra produite entre 30 à 50% de la consommation annuelle d’électricité d’un foyer de quatre personnes soit environ 5000 Kw selon l’Ademe. «Cependant, prévient Olivier Krug, l’achat d’une éolienne ne se fait pas comme celui d’une piscine. Il y a de nombreux éléments à prendre en compte pour réaliser une installation performante.» L’élément le plus important est évidemment le vent. Certaines régions bénéficient de vents réguliers et forts, comme le long des côtes, la vallée du Rhône ou dans des sites de moyennes altitudes, d’autres n’ont pas de potentiel comme le nord-est de la France. «Il faut que le gisement de vent soit suffisant pour être exploitable, confirme Olivier Krug. La plupart des zones urbaines ou semi-urbaines ne sont, par exemple, pas propices à l’installation d’éoliennes au risque de décevoir les habitants de la région parisienne. Pour être certain du potentiel, il faut réaliser une étude de vents, ce que trop peu d’installateurs font aujourd’hui.»

Les vents réguliers se situent en hauteur

Ensuite, il faut disposer d’un environnement dégagé. Lire la suite

L’Europe veut favoriser l’arrivée des voitures à hydrogène

Univers Nature, 5 septembre 2008,

L’Europe veut favoriser l’arrivée des voitures à hydrogène

Utilisé comme carburant dans des moteurs à combustion ou des systèmes de piles à combustible, l’hydrogène ne produit aucune émission polluante en ne rejetant que de la vapeur d’eau. A ce titre, le concept de voiture à hydrogène est présenté par les instances européennes comme une solution à la pollution de l’air des villes.

Pour faciliter l’arrivée de ces voitures à hydrogène, la Commission Européenne entend uniformiser leur homologation. En effet, pour le moment, même si un de ces véhicules est homologué par un état membre, rien ne garantit que son immatriculation soit possible dans tous les autres pays européens. Dans ce cadre, le parlement européen vient de donner son feu vert à une proposition de texte définissant l’uniformisation du processus d’homologation des véhicules à hydrogène (1), laquelle devrait aboutir rapidement à l’adoption d’un texte officiel.

Globalement ce sont essentiellement la résistance du réservoir (l’hydrogène y est sous pression), son remplissage et la signalétique de ces véhicules à destination des services de secours qui sont visés par le texte. Néanmoins, au-delà de l’aspect sécurité, une étude de la Commission européenne montre que la simplification des procédures pourrait permettre aux constructeurs d’économiser jusqu’à 124 millions d’euros de frais d’homologation au cours de la période 2017-2025. Enfin, la démocratisation des voitures à hydrogène dans les villes serait également un bon moyen pour permettre aux zones urbanisées d’être en conformité avec la législation européenne sur l’air.

Alors que Günter Verheugen, vice-président de la Commission européenne et commissaire en charge des entreprises et de l’industrie, estime que ces véhicules peuvent « …rendre l’air européen plus propre et réduire notre dépendance à l’égard des combustibles fossiles », il convient de rappeler que l’hydrogène ne se trouve dans la nature qu’à l’état combiné, surtout dans l’eau et les hydrocarbures. Pour cette raison, à l’image de l’électricité, ce n’est pas à proprement parler une énergie mais plutôt un vecteur d’énergie qu’il faut produire… C’est hélas à ce niveau que les choses se gâtent, Lire la suite

Le solaire pourrait fournir de l’énergie à 4 milliards de person.

Blog Greenpeace, Energie / Climat, le 2 septembre 2008

Pour maintenir l’augmentation globale des températures en deçà de deux degrés, nous savons ce qu’il faut faire : réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment de dioxyde de carbone (CO2), d’ici à 2050. Pour Greenpeace, nous pouvons relever ce défi, à condition de mettre en œuvre une politique énergétique nouvelle, fondée sur l’efficacité énergétique et un développement massif des renouvelables

Le solaire pourrait fournir de l’énergie propre à plus de 4 milliards de personnes d’ici à 2030

L’électricité solaire peut assurer une grande partie des besoins énergétiques de deux tiers de la population mondiale – y compris dans des zones isolées – d’ici à 2030. C’est la conclusion principale tirée du rapport Génération solaire, publié le 1er septembre par Greenpeace, en partenariat avec l’association européenne de l’industrie photovoltaïque (Epia).

« Si des mesures appropriées sont mises en place dès aujourd’hui, l’énergie solaire photovoltaïque pourrait fournir de l’énergie à plus de 4 milliards de personnes d’ici à 2030 », Lire la suite

Histoire d’une coopérative verte et solidaire

Le 1er Juillet 2004, la France ouvre le marché de l’électricité à la concurrence. Les opérateurs historiques perdent leur monopole, tout nouvel entrant peut alors proposer de l’électricité à des structures professionnelles. On bascule ainsi d’un modèle réglementé dans lequel le service énergétique est assuré par une entreprise publique, vers un modèle libéral où des entreprises privées se partagent la fourniture d’électricité. La volonté d’Enercoop est de proposer une troisième voie, de forme privée mais d’intérêt public.

Ce bouleversement profond de l’économie de l’énergie intervient dans un contexte énergétique peu serein :

Le vaste programme nucléaire mis en place par les pouvoirs publics dans les années 1970 à la suite des chocs pétroliers a mis la France dans une situation de surcapacité. Pour écouler la production, les consommateurs sont encouragés à consommer; la France aborde le XXIe siècle dans un état d’ébriété énergétique.

La centralisation de l’électricité en France mène à des pertes liées au transport de l’électricité et gaspillages causé par l’inadéquation entre les moyens de production et les besoins de consommation.

Le programme d’investissement massif dans l’énergie nucléaire se fait aux dépens du développement des énergies renouvelables, qui souffrent d’un manque cruel d’investissement.

Les ressources fossiles (pétrole, gaz, charbon) se raréfient de plus en plus rapidement.

Cette situation mêlant ébriété énergétique, surproduction nucléaire et centralisation poussée favorise le dérèglement climatique et la prolifération nucléaire.

Le projet Enercoop

Face à l’urgence de la situation et à la libéralisation inéluctable du secteur de l’électricité, des acteurs de l’économie sociale et solidaire et des énergies renouvelables se réunissent Lire la suite

Eolien : quel vent l’emportera ?

Localtis le 28 août 2008

Saisi par deux associations anti-éolien (Vent de Colère et Vent du Bocage), le Conseil d’Etat a, par une décision du 6 août 2008, annulé pour une irrégularité de procédure l’arrêté du 10 juillet 2006 fixant les tarifs d’achat de l’électricité éolienne. En effet, le Conseil supérieur de l’électricité et du gaz avait été consulté en lieu et place du Conseil supérieur de l’énergie, dont l’installation le 13 juin 2006 (soit antérieurement à la publication de l’arrêté attaqué) a eu pour effet d’abroger le décret du 17 mai 1946 modifié relatif précisément au Conseil supérieur de l’électricité et du gaz.

La loi du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité (art. 10) prévoit que les installations qui utilisent des énergies renouvelables peuvent bénéficier de l’obligation d’achat, par EDF ou les distributeurs non nationalisés, de l’électricité qu’elles produisent. Chaque filière fait l’objet d’un arrêté tarifaire spécifique pris par les ministres chargés de l’Economie et de l’Energie, après avis du Conseil supérieur de l’énergie et de la Commission de régulation de l’énergie. Les arrêtés tarifaires initiaux ont été pris en 2001, 2002 et 2003 et de nouvelles conditions d’achat de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables ont été définies en 2006 notamment pour la filière de l’énergie éolienne.

Jean Louis Butré, président de la Fédération Environnement Durable, espérait que la décision du Conseil d’Etat entraîne l’arrêt des contrats de rachat d’électricité par EDF et la suspension du programme de construction des éoliennes. Toutefois, tirant les conséquences de cette annulation, le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire a indiqué que les contrats d’obligation d’achat signés avec EDF et les distributeurs non nationalisés sur le fondement de l’arrêté du 10 juillet 2006 ne seront pas remis en cause et des mesures devraient être rapidement prises pour les conforter.

Un nouvel arrêté reprendra sur le fond les termes de l’arrêté du 10 juillet 2006, Lire la suite

L’éolien à nouveau dans la tourmente

Actu Environnement le 20 août 2008

L’éolien à nouveau dans la tourmente avec l’annulation du décret fixant les tarifs de rachat

Après la publication de l’étude de l’institut Montaigne et le projet de classement des éoliennes en ICPE, le secteur de l’éolien est à nouveau chahuté suite à l’annulation par le Conseil d’Etat du décret fixant les tarifs de rachat de l’électricité.

Dans une décision rendue publique le 6 août dernier, le Conseil d’Etat a annulé le décret fixant les conditions d’achat de l’électricité produite par les éoliennes. Cette décision fait suite à une plainte déposée par l’association Vent du Bocage et se base sur un vice de procédure lors de la rédaction du texte. Le motif de cette annulation est en effet la consultation du conseil supérieur de l’électricité et du gaz en lieu et place du conseil supérieur de l’énergie.

Résultat, les projets de parcs éoliens qui devaient prochainement prendre forme sont suspendus, aucun contrat ne pouvant être signés, ce qui satisfait Jean-Louis Butré, président de l’association Vent du Bocage Lire la suite