Changer de mode de vie

Changer de mode de vie

http://www.decroissance.ch/index.php/Changer_de_mode_de_vie

decroissance.ch. NC, le 17 juin 2011

Un article paru le MERCREDI, 15 JUIN, 2011 dans le Courrier, et qui a le très grand mérite de traduire en un texte court pourquoi il est temps de remettre en cause la croissance.

Merci à Philippe Roch*, son auteur (qui n’est pas un « petit agitateur altermondialiste » *…), et au Courrier pour ouvrir ses colonnes régulièrement à cette question souvent méprisée ailleurs.

ENVIRONNEMENT • La situation environnementale exige que les anciens pays industriels modifient profondément leurs modes de vie. Sans quoi, ce changement s’imposera de façon brutale. Dans cette perspective, une rencontre interdisciplinaire est organisée les 15 et 16 juin à l’UNIL.

Des exemples du passé montrent que des sociétés qui abusent des ressources disponibles finissent par s’effondrer dans la douleur. C’est ainsi qu’ont disparu la civilisation Maya vers l’an 900, celle de l’île de Pâques au XVIIe siècle, les colonies vikings du Groenland et bien d’autres2. Des exemples des crises plus actuelles, comme au Rwanda et en Haïti, montrent des mécanismes semblables. Ces effondrements font intervenir à chaque fois les mêmes facteurs: une augmentation de la population, la déforestation, une surconsommation des ressources disponibles, parfois accentuée par des pressions extérieures comme un changement climatique, des conflits pour l’accès aux dernières ressources, et une incapacité politique de prévoir les évènements et de prendre les décisions nécessaires au rétablissement d’un équilibre. Cette brève énumération suggère déjà que notre société pourrait bien se trouver elle-même au seuil d’un effondrement.

Un monde en rupture

En effet nos consommations excèdent la capacité de production de la nature. Pour l’ensemble de l’humanité, il faudrait aujourd’hui une planète et demie pour atteindre l’équilibre entre ce que produit la nature, et ce que nous consommons en énergie, aliments, et minerais. Malgré cela, la plus grande partie de l’humanité vit dans la pauvreté ou la misère, et plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau propre. Si tous vivaient au niveau européen, il faudrait trois planètes, et sept pour vivre au niveau des Américains du Nord. Cette situation fait suite à une forte croissance démographique –la population mondiale a été multipliée par douze depuis 1800, et par deux depuis 1960– et à une boulimie inextinguible de ressources et d’énergie. Les énergies non renouvelables polluent l’environnement et s’épuisent, le cycle de l’eau est perturbé à grande échelle, la déforestation continue à un rythme effréné, de nombreuses espèces et les écosystèmes régressent.

Des solutions techniques?

Beaucoup espèrent dans l’efficacité énergétique, l’amélioration des procédés de production et l’augmentation des taux de recyclage pour redresser la situation. Isolation des bâtiments, moteurs plus performants, appareils moins gourmands en énergie, collecte et recyclage des déchets, énergies renouvelables nous font rêver d’un nouveau monde, plus écologique, plus durable. Malheureusement tant que les politiques sociales et économiques de la plupart des pays du monde reposeront sur l’idée de croissance, le taux de consommation des ressources rattrapera l’amélioration de l’efficacité. Notre économie est devenue dépendante de la croissance, et il suffit qu’elle ralentisse quelque peu pour que l’ensemble de notre système se fragilise, que le chômage augmente, que l’équilibre financier des Etats soit rompu et que le filet social soit menacé. L’idéologie de la croissance est un mensonge et une absurdité: un mensonge parce que la croissance dont on parle est celle du PIB, c’est-à-dire du niveau d’activité économique et des flux financiers. Elle ne tient pas compte du capital le plus important, celui des ressources naturelles, qui décroît depuis une cinquantaine d’années, et qui n’entre pas dans les comptabilités nationales. La croissance est aussi une absurdité, car il est impossible de croître indéfiniment dans un monde limité. Pour ces deux raisons la croissance n’est pas possible dans la durée: elle nous confrontera forcément à des ruptures, qui seront d’autant plus sévères qu’elles interviendront tardivement. Plus nos sociétés seront dépendantes de ressources vouées à se raréfier ou à disparaître, plus la chute sera douloureuse.

De nouvelles valeurs

Le matérialisme a peu à peu instauré un système de valeurs fondé sur l’arrogance, la domination, la compétition, l’envie, la démesure, au détriment des valeurs écologistes et humanistes. Puisque le matérialisme ne parviendra jamais à combler les besoins profonds de l’humain, il engendre des frustrations, génératrices de nouveaux besoins et de nouvelles consommations. Pour sortir de ce cercle vicieux avant l’effondrement, et rétablir un équilibre entre l’humanité et la nature, il faut provoquer un sursaut moral et restaurer des valeurs collectives de respect, d’humilité, de solidarité, de sobriété, de partage et de coopération. C’est seulement si nous devenons plus sobres que le progrès technique pourra réellement nous aider à réduire notre pression sur la nature.

Ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, Philippe Roch est, avec le Pr Dominique Bourg, coorganisateur du colloque interdisciplinaire «Modes de vie», à l’Université de Lausanne, 15 et 16 juin 2011.

 

Note PAC des Parcs naturels régionaux de France : Réforme de la Politique agricole commune (PAC) 2014-2020 – L’approche territoriale, vecteur d’un développement agricole durable

http://www.cdurable.info/L-approche-territoriale-vecteur-d-un-developpement-agricole-durable,3230.html

Note PAC des Parcs naturels régionaux de France : Réforme de la Politique agricole commune (PAC) 2014-2020 – L’approche territoriale, vecteur d’un développement agricole durable

Cdurable.info, Cyrille Souche, le 3 février 2011

Européen à l’agriculture des propositions relatives à la réforme de la Politique agricole commune dans un document intitulé : « L’approche territoriale, vecteur d’un développement agricole durable ». Dans ce document, la Fédération, qui rassemble un réseau de 46 Parcs naturels en France, part d’un constat qu’elle connaît bien : la diversité de l’agriculture et de ses enjeux sur des territoires marqués par la diminution du nombre d’agriculteurs ; ses nouvelles chartes de Parcs répondant déjà aux grands objectifs de la réforme dans des domaines aussi essentiels que la sécurité alimentaire, la protection des ressources naturelles, la lutte contre le changement climatique, le développement rural et l’emploi. Elle propose donc d’accompagner une agriculture fondée sur la diversité des territoires et des ressources naturelles.

1. Introduction : la réforme de la dernière chance pour une agriculture durable ?

2. L’approche territoriale, gage d’une agriculture plus durable

3. Les Parcs naturels régionaux : une approche territoriale de l’agriculture qui va dans le sens des défis de la réforme de la PAC

4. Un Ier pilier à rapprocher de la dimension territoriale et à rééquilibrer en faveur du second pilier

5. Un second pilier outil d’une approche territoriale combinant les enjeux environnementaux, climatiques et de compétitivité

6. Les 3 options proposées par la Commission ; proposition d’une quatrième voie

7. Conclusion : un retour au bon sens agronomique, enrichi par l’innovation agro-écologique et une approche territoriale

L’agriculture doit en effet être soutenue pour répondre à une demande croissante de qualité des productions et pour développer les pratiques respectueuses de l’environnement. Il en va de même pour la protection et la valorisation des paysages qui vont bien au-delà d’un intérêt touristique évident.

Même si elle évolue dans le bon sens, la Politique agricole commune n’a pas toujours favorisé ces approches. En concentrant les aides sur certaines productions intensives, la PAC a entraîné la spécialisation des productions qui ont eu un impact désastreux sur l’environnement. Pour réussir le tournant environnemental de l’agriculture européenne, la PAC doit s’appuyer sur les ressources des territoires et les projets collectifs qui s’y développent en respectant les spécificités locales, comme le font depuis toujours les Parcs naturels régionaux.

La PAC doit être incitative sur le volet environnemental du premier pilier pour enclencher une évolution vers des pratiques durables qui Lire la suite

Edgar Morin, une voie pour éviter le désastre annoncé

rue89.com, Zineb Dryef et Pierre Haski, le 23 janvier 2011

http://www.rue89.com/entretien/2011/01/23/edgar-morin-une-voie-pour-eviter-le-desastre-annonce-187032

Edgar Morin, une voie pour éviter le désastre annoncé

A 89 ans, Edgar Morin continue de produire une réflexion riche et tournée vers l’avenir. Cet ancien résistant, ex-communiste, sociologue et philosophe, à qui, sans le savoir, Nicolas Sarkozy empruntait il y a quelques années le concept de « politique de civilisation », vient de produire un nouvel ouvrage, « La Voie », dans laquelle il fait à la fois un constat sévère et angoissant des maux de notre époque, et tente de donner quelques pistes pour l’avenir. Entretien avec Rue89.

Rue89 : Nous avons été frappés par votre pessimisme en lisant votre livre. Vous prédisez une catastrophe de l’humanité tout en disant que le pire n’est jamais sûr. La note d’espoir de la fin s’adresse à ceux qui survivront au cataclysme…

Edgar Morin : Ecrire 300 pages de propositions pour l’avenir n’est pas pessimiste. Si j’avais été pessimiste, j’aurais été Cioran, j’aurais écrit quelques maximes disant « tout est foutu ».

Je me place d’un point de vue qui est celui de la distinction entre le probable de l’improbable. Le probable, pour un observateur donné dans un lieu donné, consiste à se projeter dans le futur à partir des meilleures informations dont il dispose sur son temps.

Evidemment, si je projette dans le futur le cours actuel du devenir de la planète, il est extrêmement inquiétant. Pourquoi ?

Non seulement il y a la dégradation de la biosphère, la propagation de l’arme nucléaire mais il y a aussi une double crise : crise des civilisations traditionnelles sous le coup du développement et de la mondialisation, qui n’est rien d’autre que l’occidentalisation, et crise de notre civilisation occidentale qui produit ce devenir accéléré où la science et la technique ne sont pas contrôlées et où le profit est déchaîné.

La mort de l’hydre du totalitarisme communiste a provoqué le réveil de l’hydre du fanatisme religieux et la surexcitation de l’hydre du capital financier.

Ces processus semblent nous mener vers des catastrophes dont on ne sait pas si elles vont se succéder ou se combiner. Tous ces processus, c’est le probable.

Seulement, l’expérience de l’histoire nous montre que l’improbable bénéfique arrive. L’exemple formidable du monde méditerranéen cinq siècles avant notre ère : comment une petite cité minable, Athènes, a-t-elle pu résister deux fois à un gigantesque empire et donner naissance à la démocratie ?

J’ai vécu autre chose. En l’automne 1941, après avoir quasi détruit les armées soviétiques qu’il avait rencontrées, Hitler était arrivé aux portes de Leningrad et de Moscou. Or à Moscou, un hiver très précoce a congelé l’armée allemande. Les soviétiques étaient déjà partis de l’autre côté de l’Oural.

L’histoire aurait pu être différente si Hitler avait déclenché son offensive en mai comme il l’avait voulu et non pas en juin après que Mussolini lui eut demandé de l’aide, ou si Staline n’avait pas appris que le Japon n’attaquerait pas la Sibérie, ce qui lui a permis de nommer Joukov général sur le front du Moscou.

Le 5 décembre, la première contre-offensive soviétique a libéré Moscou sur 200 kilomètres et deux jours plus tard, les Américains sont entrés en guerre. Voilà un improbable qui se transforme en probable.

Aujourd’hui, quel est le nouvel improbable ? La vitalité de ce l’on appelle la Lire la suite

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

vertigo.revues.org, volume 10, numéro 2, Emmanuel Pezrès, septembre 2010

http://vertigo.revues.org/9941

Volume 10 numéro 2 | septembre 2010

Dossier : L’agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le développement des villes et des communautés

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

La permaculture est souvent considérée comme un procédé « alternatif » de production alimentaire écologique en ville ou à la campagne. Cependant, et bien que la définition et les principes de la permaculture soient en constante évolution, il apparaît que la permaculture n’est pas simplement une autre façon de jardiner, mais une autre façon de concevoir le monde. Considérant la place de la permaculture dans le processus de l’agriculture urbaine, nous remarquons que la conception permaculturelle est, bien entendu, différent de l’agriculture conventionnelle, mais nous observons également que le projet permaculturel est fondamentalement différente de l’urbanisme. De là, face à la crise écologique mondiale croissante, nous interrogeons la permaculture comme une possibilité de re-conception de la structure urbaine existante. Enfin, nous nous questionnons sur les bases épistémologiques de la permaculture en vue de susciter un changement philosophique et matériel global.

Plan

La permaculture : une définition en mouvement.

Permaculture versus urbanisme.

La permaculture et la culture de la ville.

Le travail permaculturel de l’urbain

Cultiver un paradigme alternatif.

1. Stimulée par une recherche contemporaine de relations environnementales et collectives plus harmonieuses, l’ambition d’une agriculture intégrée à des cycles écologiques durables rencontre un souhait citoyen de réinvestir la ville. Les expériences présentes de permaculture et leurs développements dans le mouvement des villes en transition tendent vers ces objectifs. Cet article, prolongeant les potentialités d’aménagement de l’agriculture urbaine au travers de la permaculture se propose de décrire les possibilités de mise en œuvre de production de « cultures alternatives » dans leurs sens le plus large. Pour cela, nous essayerons d’abord de définir la permaculture à partir d’elle-même. Puis, nous chercherons sa spécificité dans ses contrastes avec les disciplines qui travaillent l’agriculture urbaine : l’agriculture et l’urbanisme. Ensuite, nous envisagerons la permaculture, non plus comme seule méthode d’agriculture dans la ville, mais comme une méthode de conception de l’urbain. Enfin, la dernière partie exposera la possibilité de création d’une autre façon de vivre la ville et la mise en place d’une nouvelle urbanité qui pourrait être aussi un nouveau paradigme civilisationnel.

La permaculture : une définition en mouvement.

2. Afin d’éviter que la permaculture ne soit réduite à une simple modalité de l’agriculture urbaine, il nous faut d’abord essayer de définir ce qu’elle est et quel est son objet. Toutefois, fixer le concept de permaculture n’est pas forcément possible car sa définition est mouvante, elle varie selon les auteurs et évolue avec le temps. Du mot, on peut dire qu’il a été formé dans les années soixante-dix, par Mollison et Holmgren à partir de deux termes anglais : « permanent » et « agriculture ». Les créateurs du concept définissent en premier lieu la permaculture comme « (…) un système évolutif intégré, d’auto-perpétuation d’espèces végétales et animales utiles à l’homme. C’est, dans son essence, un écosystème agricole complet, façonné sur des exemples existants, mais plus simples » (1986 :15). Cependant au lieu de rester classiquement dans le domaine agricole comme pourrait le faire l’agriculture biologique, le premier et unique livre en commun des deux co-inventeurs du terme permaculture, lui donne tout de suite un champ d’action plus large : « Nous n’avons pas voulu établir un schéma fixe et dogmatique mais un modèle qui intègre plusieurs principes appartenant à de nombreuses disciplines l’écologie, la conservation de l’énergie, l’aménagement du paysage, la rénovation urbaine, l’architecture, l’agriculture (sous tous ses aspects) et les théories de localisation en géographie. » (1986 :16). De même, bien que l’élaboration du concept de permaculture et son étude, soit d’abord destinés à une population ayant Lire la suite

Bassin d’Arcachon écologie « entendue, mais pas suffisamment écoutée »

sudouest.fr, David Patsouris, le 22 décembre 2010

http://www.sudouest.fr/2010/12/22/entendue-mais-pas-suffisamment-ecoutee-273348-662.php

Bassin d’Arcachon écologie « entendue, mais pas suffisamment écoutée »

L’association Bassin d’Arcachon écologie a été très active en 2010, notamment sur le dossier du futur pôle de santé qui ouvrira en 2012 à La Teste-de-Buch.

Voilà presque vingt ans que l’association Bassin d’Arcachon écologie (BAE) travaille sur les dossiers environnementaux de la Petite Mer. Jeudi soir, elle dressait le bilan de l’année 2011.

1 Comment travaille l’association ?

Le bénévolat est aussi un sacrifice. Forte d’une grosse centaine de membres, BAE travaille sur des dossiers aussi sensibles que complexes. « Au sein du bureau, nous échangeons des mails tous les jours, explique Françoise Branger la présidente. Il n’y a ni vacances ni jours fériés. Certains membres de BAE sont spécialisés en droit. D’autres ont en main ponctuellement certains dossiers. On essaie de travailler sur les plus urgents. On est toujours sur la brèche. »

La reconnaissance a son revers. Peu à peu depuis 1989, BAE a gagné une réelle légitimité auprès des autorités du Bassin. Du coup, l’association est invitée dans bien des instances. Elle siège au conseil de développement du Pays du bassin d’Arcachon et Val de l’Eyre. Elle participe au comité de suivi du schéma de mise en valeur de la mer, au comité de concertation pour le projet de Parc naturel marin, collabore aux réflexions pour la gestion intégrée des zones côtières lancées par le Département. BAE est aussi membre du conseil de gestion de l’île aux Oiseaux et du comité de gestion des domaines de Certes et Graveyron…

2 Entendue sur le pôle de santé

« Nous sommes parfois écoutés, raconte Françoise Branger, mais pas toujours assez. Si nous l’avions été sur le futur pôle de santé, lorsque nous nous sommes exprimé au moment de l’enquête publique, nous n’aurions pas eu besoin de faire des recours. » Résultat, BAE a été au centre d’une polémique déclenchée par Yves Foulon, président du conseil d’administration de l’hôpital et maire UMP d’Arcachon qui avait jugé ce recours sur le permis « irresponsable ».

« Il fallait absolument préserver le corridor écologique sur ce site inondable et écosensible très proche du canal des Landes, insiste Françoise Branger. Les élus parlent d’environnement, mais les faits sont souvent loin des discours. Ce corridor était identifié par les services de l’état et il n’était pas respecté par ce projet qui aggravait les risques d’inondation et posait problème par rapport à la biodiversité. Notre recours a fait prendre conscience de ces risques. »

Ce fut du travail : « Il y a eu deux mois et demi de négociation, avec Lire la suite

Débat sur France Culture entre Yves Cochet et Pascal Bruckner – Le catastrophisme, maladie infantile de l’écologie politique ?

Tribune – Les controverses du progrès – Le catastrophisme, maladie infantile de l’écologie politique ?

liberation.fr, Politiques, débat animé par Max Armanet, retranscrit par Tania Kahn, émission réalisée par Luc-Jean Reynaud et diffusée sur France Culture de 18h20 à 19 heures, le  29 octobre 2010

http://www.liberation.fr/politiques/01012299105-le-catastrophisme-maladie-infantile-de-l-ecologie-politique

Après bien d’autres organismes, l’Académie des sciences vient de confirmer l’essentiel des thèses du Giec, l’instance de l’ONU chargée de synthétiser le savoir scientifique sur le climat. Les émissions de gaz à effet de serre modifient les conditions climatiques qui prévalent sur la planète. Il faut admettre que le modèle de développement posé par l’Occident a atteint des limites, qu’il faut en inventer un autre privilégiant un équilibre à long terme. Pour y parvenir, faut-il jouer sur la peur ? Le catastrophisme est devenu l’un des termes du débat politique porté par une partie du mouvement écologiste. Le pire est-il certain ? Agiter la menace de la catastrophe est-ce le meilleur moyen de mobiliser nos concitoyens ? Cela ne révèle-t-il pas un pessimisme viscéral quant à la nature humaine ?

Yves Cochet : Je récuse la connotation négative du catastrophisme. Il y a bien une maladie sénile, celle du productivisme, du gâchis des ressources naturelles et humaines, qui nous amène vers le pire. L’espèce humaine a depuis deux siècles une empreinte écologique c’est-à-dire un impact sur la nature. 80% de notre mode de vie vient du sous-sol, d’une dotation initiale en matières premières et en énergies fossiles. Or elles s’épuisent au fur et à mesure qu’on les consomme, sans possibilité d’être renouvelées. Ces richesses sont le système de sustentation de notre vie individuelle et collective et leur diminution se ressent au niveau de l’économie, du social et des relations internationales. Tout est lié. Il est probable que la catastrophe soit inévitable. La suite dépendra de la démocratie, des élections et des politiques publiques à tous les échelons. Pour l’instant, la différence entre le constat scientifique et les politiques publiques est accablante. Le but des écologistes politiques est de changer cela.

Pascal Bruckner : Le contexte actuel me rappelle cet album de Tintin, l’Île mystérieuse, dont l’histoire débute par l’arrivée d’une météorite à proximité de la terre. Il fait chaud, l’asphalte fond, le prophète Philippulus annonce la fin du monde et exhorte la population à se repentir. Bien sûr, Tintin s’y refuse et la météorite passe à 45 000 km de la terre. Les savants sont désespérés de s’être trompés et font de nouveaux calculs pour voir si la fin du monde ne serait tout de même pas proche. Cette attitude de catastrophisme contraste avec l’euphorie d’il y a vingt ans. Souvenez-vous de la bonne humeur des démocraties occidentales. On avait gagné contre le communisme, la démocratie allait s’étendre naturellement en même temps que l’économie de marché. Ce conte de fée ne s’est pas produit. L’écologie est devenue l’idéologie dominante, nous avons une vision négative du genre humain et vivons sous l’épée de Damoclès d’un désastre imminent. Il y a une crise du progrès, ce n’est plus l’expansion, la joie de vivre mais l’obsession de la survie et de la longévité. Depuis un siècle, la question que se sont posé nos sociétés est «qui est mon ennemi ?» Les marxistes ont répondu le capitalisme. Les tiers-mondistes ont désigné l’occident impérialiste. L’écologie politique a apporté une réponse tout à fait nouvelle : l’homme serait coupable par nature, il doit se racheter. C’est un retour au péché originel. La notion d’empreinte carbone que vous employez me dérange, elle induit qu’en vivant, en respirant, nous laissons une marque nuisible sur la terre. Ce pessimisme culturel me rappelle les hérésies millénaristes qui ont émaillé l’histoire du christianisme.

Y.C. : L’écologie politique n’est pas une secte millénariste annonçant la fin du monde. Nous ne sommes pas des obscurantistes s’opposant au siècle des lumières. Notre approche est scientifique et quantitative, dans la clarté et la raison. Vous faites une confusion entre des mouvements irrationnels et l’écologie qui tente d’analyser les déterminants de la vie individuelle et collective. Parmi ces déterminants, il y a des phénomènes naturels dont l’évolution est incontestable. Nous avons à cet égard, en tant qu’humanité organisée de manière industrielle, les citoyens de l’OCDE en particulier, une responsabilité différenciée mais commune. Dire que l’homme est coupable n’est pas un discours antihumaniste. Nous appelons simplement à une modération dans l’utilisation de tout ce qui est extrait de la terre, en particulier les ressources énergétiques. Je ne me réfère à aucune religion mais au travail d’Aristote sur le vice d’avidité, l’être humain aura toujours envie de plus. La planète étant finie, nos consommations et nos productions devront l’être également. Nous ne pourrons plus vivre de la même manière d’ici quelques décennies.

P.B. : Vous avez là un discours très rationnel mais l’idéologie politique n’emprunte pas toujours les voies de la raison. Je pense à toutes ces images de catastrophes naturelles diffusées à la télévision pour étayer la thèse du réchauffement climatique : la banquise qui s’effondre, la désertification… J’entends les médecins moliéresques du Malade imaginaire crier au poumon, aujourd’hui c’est le réchauffement climatique. Sans nier le réchauffement, je me demande Lire la suite

Chartier et Deléage – Ecologies politiques : crise, blocages et raisons d’agir

Écologie & Politique, n° 40, juin, 2010, Denis Chartier et Jean-Paul Deléage

http://www.ecologie-et-politique.info/?Introduction,577

Mise à jour des écologies politiques pour une politique de l’anthropocène

Crise, blocages et raisons d’agir

La crise est là, systémique. On la croit parfois seulement financière, économique, sociale ou écologique, mais elle est totale et globale. L’Université, le monde de l’éducation et de la santé, les hôpitaux sont touchés. Les mondes agricoles, les villes, nos lieux d’habitation le sont aussi. Les causes de cette crise ? Un modèle économique et social en faillite et des bouleversements majeurs de notre condition d’être humain, d’être au monde. En doublant au cours du siècle dernier, notre espérance de vie a changé notre rapport au corps et à la nature. Sous l’impulsion d’une croissance démographique accélérée et en déployant une puissance des techniques sans précédent historique, l’humanité s’est donné les outils pour muter en phénomène géobiologi­que. Est-il vraiment nécessaire de poursuivre ? Faut-il en rajouter tant les bouleversements qui nous touchent ont été abondamment décrits, analysés, voire théoriquement résolus ? Faut-il continuer à répéter ce que tout le monde sait désormais alors que rien ne bouge, le cap politique restant le même, droit sur les récifs ?

Ni les conférences internationales, ni les manifestations altermon­dialistes, ni les sempiternels discours du « sommet de la dernière chance pour la Terre et l’humanité » ne réussissent à modifier le cap. Pour­quoi ? Que peut-on y faire ? Existe-t-il un moyen d’adapter nos institutions, nos modèles politiques et économiques aux mutations en cours ? Peut-on inventer et construire une nouvelle vie politique, économique ou sociale ? Peut-on inventer de nouvelles relations au monde vivant et entre nous, un après-capitalisme ? Finalement, peut-on trancher le nœud gordien ? Peut-on sortir de cet état d’immobilisme, d’incapacité à prendre la mesure et les mesures, collectivement et individuellement, pour faire face aux dangers présents ?

C’est à ces questions que ce dossier s’efforce de répondre. Les penseurs de l’écologie politique ayant été parmi les premiers à dénoncer, comprendre et chercher des alternatives à la crise écologique et systé­mique qui touche le monde, nous avons la conviction que de cette pensée hétérogène et diverse émergent les solutions, trop souvent moquées. C’est pourquoi ce numéro initie une série consacrée à un panorama contemporain des différents domaines de ce qu’on peut appeler les écologies politiques, en portant une attention particulière aux spécificités locales, nationales, régionales ou continentales. Notre projet consiste à contribuer au rapprochement et au dialogue de ces différentes écologies politiques dans le but de déchiffrer, à travers ces échanges, les lignes de force et les perspectives futures d’une véritable politique de l’anthropo­cène. Ce projet éditorial qui se déroulera sur deux ans s’ouvre, avec ce numéro, par des contributions françaises.

Écologies politiques et communautés linguistiques

Nous pouvons nous interroger sur la pertinence d’un regroupement des auteurs par continent, par origine culturelle ou communauté linguistique. Pourquoi s’intéresser par exemple et spécifiquement aux contributions d’origine française ? Pas par chauvinisme, mais parce qu’il existe bel et bien une altérité des écologies politiques made in France, comme il peut en exister pour celles provenant du monde anglo-saxon. Comme l’exprime Kerry Whiteside dans son ouvrage Divided natures [1], les théoriciens de l’écologie politique de langue anglaise se lisent, se critiquent, se rencontrent dans des conférences et échanges leurs positions académiques. Il suffit d’analyser les bibliographies de ces différents auteurs pour constater à quel point les travaux des Anglais, des Américains du nord ou des Australiens se croisent et dialoguent les uns avec les autres. L’observation de cette bibliographie permet aussi de constater qu’à l’exception de quelques-uns d’entre eux, les théoriciens français sont rarement référencés, sont absents des débats [2]. Dans l’autre sens, cette constatation vaut aussi pour les travaux en langue française. À l’exception de quelques livres traitant abondamment de cette littérature anglo-saxonne, comme celui de Raphaël et Catherine Larrère, Du bon usage de la nature [3], et de quelques traductions qui ont pu donner lieu à des discussions, en particulier au sein de la revue Écologie & Politique [4], ces travaux n’ont eu en général qu’une faible résonance sur les écrits des théoriciens français. Ce quasi désert d’échange, qui se peuple tout de même depuis quelques années, a induit ce que Kerry Whiteside appelle un champ rhétorique spécifique. La facilité avec laquelle certains penseurs dialoguent les uns avec les autres implique en effet certains types d’argumentaires, une terminologie spécifique, un choix particulier des problèmes exemplaires et des partialités inintentionnées. Ainsi, les théoriciens français prennent pour acquis le rôle que doit jouer (ou pas) l’État-nation alors que cette question peut ailleurs être controversée. Dans un même ordre d’idées, ces théoriciens ont une conception très spécifique de la wilderness (la nature sauvage) ou de la pollution [5]. Par conséquent, dans le pays de Descartes, la question essentielle pour les Anglo-Saxons de l’anthropo­centrisme ou de l’écocentrisme est moins présente dans les débats. Elle n’est en tout cas pas centrale pour comprendre la variété des écologies politiques françaises [6]. Selon Whiteside, l’absence de cette question aurait même permis d’ouvrir un champ discursif permettant de développer ce qui fait une spécificité française, un attachement plus fort à une problématisation réciproque de la nature et de l’humanité qu’à l’affinage de leur distinction. En d’autres termes, un des objectifs communs aux théoriciens français serait de savoir comment les conceptions de la nature et de l’identité humaine s’entrelacent, ce qui les conduirait, au-delà de leurs différences, à concevoir l’écologie politique comme une forme d’humanisme renouvelé, un humanisme écologique [7]. C’est cette existence d’une communauté linguistique et culturelle en matière d’écologie politique qui a justifié de réaliser un diaporama actualisé et de mettre en dialogue ces différentes écologies politiques [8].

Diversité des écologies politiques, diversité des alternatives…

Si nous n’avons bien entendu pas réuni l’ensemble des auteurs qui comptent, tant la production scientifique en matière d’écologie politique est abondante en France depuis une cinquantaine d’années, ce dossier fait la part belle à la plupart des auteurs et des courants de pensées importants en présentant quelques-uns des axes forts de ces théories.

Au-delà des réflexions essentielles ayant trait à ce qu’est l’écologie politique et du constat généralisé de l’ampleur de la crise, la plupart des auteurs appellent et réfléchissent aux moyens nécessaires pour sortir de l’immobilisme et contre les stratégies actives de pérennisation de systèmes qui ont montré leurs limites. Aucun des auteurs n’élude la question : comment l’écologie politique peut-elle répondre aux défis posés par la synergie, inédite dans l’histoire, de la remise en cause des fondamentaux du vivant et de la crise systémique, économique et sociale, de la société productiviste industrielle ? Si le premier constat est celui de l’entrée dans une nouvelle ère géohistorique, l’anthropocène, c’est à la hauteur des enjeux qu’implique la reconnaissance de ce changement d’ère que doit désormais se situer toute pensée de l’écologie politique, ainsi que le précise Jean-Paul Deléage dans ce dossier. Cette société que Mathias Lefèvre persiste à qualifier d’industrielle est instituée à partir de l’improbable imaginaire d’une « expansion illimitée de la maîtrise rationnelle de la nature et des êtres humains », d’où l’importance de la visée d’autonomie afin d’en briser la clôture pour se libérer de solutions ne visant qu’à pérenniser des institutions et un système d’interprétation qui entravent la construction de véritables alternatives. D’où aussi la diversité des écologies analysée par Jean Zin qui insiste pour sa part sur la nécessité d’une écologie politique responsable et tournée vers l’avenir, « afin de continuer l’aventure humaine et l’his­toire de l’émancipation ».

La question posée par les « décroissants » est une question centrale et il doit bien s’agir d’une décroissance choisie plutôt que d’une décroissance subie imposée à des dizaines de millions d’êtres humains par la crise en cours du capitalisme mondialisé, comme le souligne le vigoureux plaidoyer de Serge Latouche. Ce théoricien de l’objection de croissance rappelle la formalisation de la rupture par un cercle vertueux de la sobriété choisie en huit « R » : « Réévaluer, Reconceptualiser, Res­tructurer, Réduire, Relocaliser, Redistribuer, Réutiliser, Recycler ». Avec ces objectifs interdépendants, « construction intellectuelle d’un fonctionnement idéal » retenue parce qu’elle paraît susceptible « d’enclencher une dynamique de décroissance sereine, conviviale et soutenable », l’auteur expose un plan massif de reconversions pour « tenter de construire un autre monde, une nouvelle civilisation ».

Avec son apologue des mille personnes, Denis Duclos analyse quant à lui le chaînage de propositions suivant : toute augmentation de productivité déséquilibre une société stable ; une augmentation forte de la productivité rend contestable la valeur de l’activité humaine ; les producteurs voient alors se dévaloriser leur statut social au profit de celui des improductifs ; plus l’activité des improductifs l’emporte, plus grandit la contestation réciproque des activités ; la promotion de l’État, du Marché et de la Technogestion est le résultat automatique de l’hégémonie des actifs improductifs. Cette suite conduit Denis Duclos à l’hypothèse d’une certaine partition des gigantesques populations du temps présent « dont on peut d’ailleurs se demander si le concept de “société” s’applique encore à elles ? »

Pour Bruno Latour, si l’écologie doit procéder à une redistribution du discutable et de l’indiscutable, le problème est de savoir « comment basculer de la question philosophique des politiques de la nature à l’instrumentation permettant d’équiper les citoyens dans les situations

Les écologies politiques aujourd’hui (1) de débat concernant les objets ci-devant naturels ? » Il faut selon lui inventer une rhétorique et des outils ajustés à un monde où il n’y aurait plus de séparations entre scientifiques et politiques. Sans cela, la politique est condamnée à échouer dans ses tentatives d’extériorisation des questions réputées naturelles, et la science dans sa volonté d’expulsion des questions de la politique.

Finalement, selon Bruno Villalba, l’écologie politique est sommée de réévaluer son projet, car ni l’urgence écologique ni l’urgence sociale ne sont plus à démontrer. L’écologie doit produire une proposition adaptée à cette difficulté de concilier temporalités politiques et écologiques et le cumul des urgences nous met face à la réalité d’une contraction du délai démocratique. La notion de délai, loin de constituer un renoncement, « propose au contraire une méthode pour débrider l’imagination politique », en réconciliant la nécessité de prendre sur le court terme des décisions majeures pour le long terme. C’est bien en cela que « l’écologie politique doit avant tout demeurer une pensée politique des conséquences ».

… mais pour quel engagement des intellectuels ?

Reste à savoir qui voudra bien ou pourra se charger de l’expérimentation ou de la mise en application des solutions évoquées. On peut tourner son regard du côté des mouvements résilients, on peut aussi l’orienter vers les tentatives originales de renouveau du politique qui semblent émerger de mouvements tels qu’Europe Écologie. Mais, sans présager du futur, une chose est certaine, les intellectuels au sens large (nous entendons par là les artistes, les écrivains, les savants qui s’engagent dans une action politique) doivent agir et « opposer les productions de réseaux critiques, rassemblant des “intellectuels spécifiques” (au sens de Foucault) dans un véritable intellectuel collectif capable de définir lui-même les objets et les fins de sa réflexion et de son action, bref, autonome [9] ». Pierre Bourdieu pensait ces réseaux critiques en miroir du rôle joué par les think tanks dans la production et l’imposition de l’idéologie néolibérale aujourd’hui dominante. L’intellectuel devait et doit pour lui « remplir […] des fonctions négatives, critiques, en travaillant à produire et à disséminer des instruments de défense contre la domination symbolique qui s’arme aujourd’hui, le plus souvent, de l’autorité de la science ; fort de la compétence et de l’autorité du collectif réuni, il peut soumettre le discours dominant à une critique logique qui s’en prend notamment au lexique (“mon­dialisation”, “flexibilité”, etc.), mais aussi à l’argumentation, et en particulier à l’usage des métaphores ; il peut aussi le soumettre à une critique sociologique, qui prolonge la première, en mettant au jour les déterminants qui pèsent sur les producteurs du discours dominant (à commencer par les journalistes, économiques notamment) et sur leurs produits ; il peut enfin opposer une critique proprement scientifique à l’autorité à prétention scientifique des experts, surtout économiques [10] ». Plus largement, et toujours selon les mots de Bourdieu, « il peut organiser ou orchestrer la recherche collective de nouvelles formes d’action politique, de nouvelles façons de mobiliser et de faire travailler ensemble les gens mobilisés, de nouvelles façons d’élaborer des projets et de les réaliser en commun [11] ». Il peut finalement contribuer à créer les conditions sociales d’une production collective d’utopies réalistes. Telle est notre ambition avec ce premier dossier en contribuant à ce que nous voulons être, au-delà du travail scientifique, un travail collectif d’invention politique de l’anthropocène.

 [1] K. H. Whiteside, Divided natures. French contributions to political ecology, The MIT Press, Cambridge, 2002.

[2] Mais cela est aussi valable pour les théoriciens italiens, allemands, espagnols, etc.

[3] C. et R. Larrère, Du bon usage de la nature. Pour une philosophie de l’environnement, Aubier, Paris, 1997.

[4] La revue a en effet réalisé depuis 1992 un gros travail de traduction et de discussion d’auteurs étrangers. Parmi eux, citons Barry Commoner, John Baird Callicott, Donald Worster, Richard Grove, Günther Anders, George P. Marsh, William Cronon, Paul J. Crutzen, Anil Agarwal, Isabel Do Carmo, Eduardo Galeano, Joan Martinez Alier, Frieder Otto Wolf, etc.

[5] K. Whiteside, op. cit., p. 5.

[6] Sauf peut-être pour Luc Ferry qui a tenté d’analyser les écologistes français à la lumière de l’écologisme anglo-saxon, tentative pour le moins maladroite et discutable que la revue Écologie & Politique a abondamment traité (B. Latour, « Arrachement ou attachement à la nature », Écologie Politique, n° 5, 1993, p. 15-26, J.-P. Deléage, « L’écologie, humanisme de notre temps, Écologie Politique, n° 5, 1993, p. 1-14, M. Saint-Upery, « L’anti-écologisme stérile de Luc Ferry ?, Écologie Politique, n° 2, 1992, p. 141-147).

[7] K. Whiteside, op. cit., p. 5.

[8] Ce panorama et cette mise en dialogue sont d’autant plus nécessaires que, si certaines traditions, anglo-saxonnes, allemandes ou françaises, sont relativement bien définies, d’autres ne le sont pas encore et méritent de l’être.

 [9] P. Bourdieu, Contre-feux 2, Raisons d’agir, Paris, 2001, p. 35-36.

[10] Ibid., p. 36.

[11] Ibid.

Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables

cdurable.info, David Naulin, le 17 octobre 2010

http://www.cdurable.info/Ecovillages-laboratoires-modes-de-vie-eco-responsables-Jonathan-DAWSON,2939.html

Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables

Déjà fortement implanté aux Etats-Unis, en Allemagne ou encore en Ecosse notamment à Findhorn, les écovillages – des communautés locales visant à réduire leur impact écologique tout en optimisant le bien-être et le bonheur des hommes – prolifèrent chaque jour un peu plus partout dans le monde. Voici un des premiers ouvrages publiés en français décrivant l’histoire ainsi que l’énorme potentiel que représente ce mouvement qui intègre une multitude d’idées et d’approches radicales qui remontent à Schumacher, Gandhi, l’éco-féminisme et le mouvement de l’éducation alternative.

Dans une période de pénuries et de crises multiples, ce livre examine les leçons que nous pouvons tirer d’ecovillages qui nous montrent comment vivre dans un monde plus écologique et durable :

– Tirer un apprentissage du meilleur des cultures traditionnelles et indigènes ;

– Économie alternative : banques et monnaies communautaires, simplicité volontaire ;

– Concevoir avec la nature : permaculture, éco-construction, production d’énergie à petite échelle, gestion des déchets, systèmes de transport à faible impact sur l’environnement, etc. ;

– Production et traitement de la nourriture biologique locale ;

– Renaissance de la gouvernance participative à petite échelle, facilitation des conflits, intégration sociale et communauté inter-générationnelle active ;

– Création d’une culture de la paix, et méthodes d’éducation alternatives.

Ce livre est une excellente introduction pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de la création d’un écovillage. Il comporte notamment de nombreuses ainsi qu’une liste des sites web d’écovillages à travers le monde.

L’auteur : Jonathan Dawson est auteur, éducateur et consultant sur le développement durable. Président du Réseau Mondial des Ecovillages (GEN) entre 2005 et 2008, il est actuellement consultant pour les Nations-Unies en Afrique de l’est, travaillant sur les initiatives qui promeuvent les petites et moyennes entreprises. Il est également fortement connu et reconnu pour ses nombreux travaux au sein de la communauté de Findhorn, écovillage que vous pourrez découvrir dans ce livre.

Références : Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables de Jonathan Dawson – Editeur : Yves Michel – Date de publication : 18 octobre 2010 – 168 pages – Prix public : 11 €. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

Je vous invite également à lire sur le même sujet « Ecovillages, écoquartiers, habitat groupé : vivre ensemble autrement » de Pascale D’Erm publié en 2009 chez Ulmer. Dans cet ouvrage préfacé par Pierre Rabhi, vous pourrez notamment découvrir le hameau coopératif Le viel Audon en Ardèche et le hameau écologique de Carapa dans les Cévennes. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Vous pouvez télécharger un extrait de l’ouvrage au format PDF en cliquant ici.

www.souffledor.fr

© LE SOUFFLE D’OR Editions Le Souffle d’Or – 5 allée du Torrent – 05000 GAP

04 92 65 52 24 – contact@souffledor.frhttp://www.souffledor.fr – wwww.yvesmichel.org

Les écovillages

Laboratoires de modes de vie éco-responsables

Jonathan DAWSON

Extrait Chapitre 2 : À quoi ressemblent les écovillages ? Six études de cas

Le mouvement visant à créer des écovillages est peut-être le meilleur antidote contre la dépendance à l’économie globale. Dans le monde entier, des gens construisent des communautés pour tourner le dos au gaspillage, à la pollution, à la concurrence et à la violence de la vie moderne.

Helena Norberg-Hodge, directrice de la Société internationale pour l’écologie et la culture

Les écovillages sont si hétérogènes qu’il est impossible de décrire un seul modèle englobant tous les cas. La définition des Gilman selon laquelle un écovillage est « un établissement de taille humaine, disposant de toutes les fonctions nécessaires à la vie, dans lequel les activités s’intègrent sans dommage à l’environnement naturel tout en soutenant le développement harmonieux des habitants et de manière à pouvoir se prolonger avec succès dans un futur indéfini » est trop imprécise pour faire office de définition stricte. De plus, il s’agit plus d’une aspiration que Lire la suite

Europe écologie : Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

europe-ecologie.fr, octobre 2010

http://www.europe-ecologie.fr/2010/09/20/manifeste-pour-un-nouveau-cours-ecologique-et-social/comment-page-6/#comments

Manifeste pour un nouveau cours écologique et social

L’humanité est aujourd’hui devant un choix qui détermine son avenir. Un choix à assumer collectivement et qui requiert, en outre, l’implication de chacune et de chacun. Sous l’impact d’un système aveuglément productiviste et violemment inégalitaire, le train du progrès s’égare. Il faut de toute urgence le remettre sur une autre voie. C’est le sens de l’engagement des écologistes et leur responsabilité, ici et maintenant : ils refusent d’assister passivement au scénario d’une nature qui s’épuise et de sociétés qui se désagrègent ; ils veulent, en association avec les forces vives de la société et les partenaires politiques susceptibles de partager l’essentiel de leur projet, tracer une nouvelle ligne d’horizon sur la base d’une démarche de transition réaliste.

Tel qu’il s’applique, le système de création et de redistribution des richesses ne fonctionne plus. Retournement inédit qui, d’un même mouvement, précipite prédations du vivant et déchirures sociales, déséquilibres et discriminations, pollutions et récessions. Ce bouleversement majeur épuise les ressources aussi bien qu’il creuse les inégalités et déprime les consciences, dressant la biosphère contre les êtres humains et les êtres humains entre eux. Au point que le spectre d’un collapsus historique sans précédent hante l’avenir : celui d’un déclin écologique, économique et social brutal et simultané.

Néanmoins, une aspiration grandissante à refuser la défaite de l’Homme émerge partout dans le monde.

Une multitude d’initiatives entame le modèle dominant et ouvre des voies nouvelles. C’est l’autre visage de la mondialisation et il concerne tous les peuples, toutes les cultures. De nombreux acteurs et actrices de la société et des communautés locales cherchent et trouvent des issues. Ils interviennent dans toutes les couches de la société. Ce sont souvent ceux et celles que la crise fragilise en premier. Ils résistent, s’organisent, innovent, multiplient les initiatives. Chacun et chacune à leur façon, dans leur discipline, leur quartier ou leur village, ils esquissent les contours d’une alternative globale porteuse d’avenir. Des hommes et des femmes luttent et s’engagent, et c’est le seul espoir tangible, le seul point d’appui pour inverser le cours des choses.

Un choc sans précédent

Car les crises n’ont plus de limites. Elles surgissent dans tous les domaines de l’environnement et des activités. Elles se cumulent et s’alimentent pour mettre à nu un système en déroute. Nous sommes parvenus à ce moment clé où la croissance, moteur de l’histoire moderne, a atteint la frontière du possible. L’insoutenable est là, inscrit dans les réalités physiques de la planète et les souffrances des populations : les modes de production et les standards de vie, indexés sur l’imaginaire de la démesure et la boulimie des privilégiés, soumis à la surenchère de la marchandisation et de l’endettement massif, entraînent une consommation de ressources excédant leurs capacités de renouvellement. Elles provoquent un déséquilibre majeur des fondamentaux de la vie et de la culture.

Les conséquences sont sans appel : les modèles économiques et les pactes sociaux d’hier ne résistent pas aux sols qui s’épuisent, aux fleuves et aux mers qui se dépeuplent, aux forêts qui reculent et aux déserts qui avancent, aux séquences brutales d’inondations et de sécheresses, à la disparition des biotopes et à l’érosion de la diversité des espèces, à l’empoisonnement des airs et des eaux.

Déjà, dans les prémisses du chaos énergétique, climatique, alimentaire et sanitaire, dans la mise à sac des biens communs et publics que les logiques financières et marchandes provoquent, un nouveau monde émerge avec Lire la suite

Le dimanche 10/10/10 – Retrouvons-nous à ALTERNATIVA à Cap Sciences Bordeaux de 10h10 à 19h

Le dimanche 10/10/10   Retrouvez-nous à ALTERNATIVA à Cap Sciences de 10h10 à 19h       

AlternativA, c’est un temps de rencontres et de débats, un événement festif organisé à  Bordeaux par le Collectif Climat Gironde, à Bayonne  par l’association Bizi !, à Pau par le collectif CocliPau, le dimanche 10 octobre, journée d’action mondiale en faveur du climat.

AlternativA, c’est le lieu où les alternatives s’exposent, se créent… c’est un espace de transition écologique et sociale vers le monde de demain…

Les effets du changement climatique se précisent et pourtant, le Sommet de Cancun prévu en décembre s’engage, comme celui de Copenhague, dans une impasse.  

Notre système économique, social et démocratique est profondément en crise. Il remet en cause aujourd’hui les conditions mêmes de survie de l’espèce humaine sur notre planète. Mais envisager cette crise comme un possible levier de changement, reprendre du pouvoir sur notre avenir, c’est le défi que nous voulons relever.

Place à l’action locale et au penser global, place à l’inventivité, à l’imagination, au travail solidaire et au plaisir de faire ensemble !

Rendez-vous à Cap Sciences le dimanche 10/10/10 à partir de 10h10

Collectif Climat Gironde : http://collectifgirondecopenhague.eklablog.net   

Contacts : alain.blanc22@orange-ftgroup.com  et brigthomas@free.fr

Le 10/10/10 : ce qui vous attend !

Le matin accueil-café : 10h10 rencontre avec les associations présentes, ateliers-débats  sur les quais : déambulation avec la Batucada Zumbi Rei    

12h30 Apéro-repas avec la fanfare rock  La Collectore  (buvette et brasserie bio sur place)

L’après-midi  rencontre avec les associations, atelier-débats récréation musicale avec Éric Brocard projection du film « The Story of stuff »

17 h Débat « Travailler plus pour (se) détruire plus ? » avec la participation du philosophe et sociologue Daniel Cerezuelle.

18h30 Et après ? Lire la suite

Lagraulet-du-Gers – Projet de centre d’accueil écologique

sudouest.fr, Franck Meslin, le  27 août 2010

http://www.sudouest.fr/2010/08/27/un-centre-ecologique-pour-retrouver-le-bonheur-dans-le-pre-170401-736.php

Un centre écologique pour retrouver le bonheur dans le prè

Anne Gouyon va construire un centre d’accueil pour développer l’écologie positive.

Après dix ans en Asie du Sud-Est à développer des projets d’agriculture durable, l’ingénieure agronome Anne Gouyon est arrivée dans le Gers, en octobre 2009, un peu par hasard. «Je recherchais un lieu dans le Sud où installer un centre d’expérimentation et de transmission du concept d’écologie positive, lorsque j’ai revu le film Le bonheur est dans le prè», raconte-t-elle amusée.

Séduite, la jeune femme pose ainsi ses valises à Lagraulet-du-Gers avec sa famille pour y réaliser son vieux projet. Le couple y achète 18 hectares de terres agricoles, dont 6ha de bois et 7 ha de surfaces constructibles pour y ériger un éco-centre. «L’ambition de ce lieu est avant tout de mettre mes recherches en pratique, de témoigner de ce qui est possible et d’y former ceux qui voudront y venir», explique la jeune femme.

Une maison positive

Dans un premier temps, le couple y construira sa propre maison à partir des quelques murs en ruine d’une bâtisse, selon les techniques d’éco construction. «Les bâtiments seront le premier témoignage d’une autre voie et devront produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment».

Le temps de ce premier chantier sera l’occasion pour Anne Gouyon d’affiner le contenu de son éco centre en rencontrant les acteurs locaux de l’environnement, l’artisanat, l’agriculture et le tourisme afin que son offre soit adaptée aux besoins. Déjà ses champs produisent du chanvre pour initier une filière locale d’isolation écologique des habitations. Un potager bio y donnent également de beaux légumes et pourra servir de lieux d’apprentissage des règles du jardinage bio.

Baptisé l’Orta Nou (le jardin neuf, en occitan), l’éco centre d’Anne Gouyon invite chacun à «cultiver son jardin» pour «tisser une relation positive avec notre environnement».

Des colos dès 2011

Déjà la Stéphanoise a tissé des liens avec des associations condomoises œuvrant dans la même direction, telle que Gascogna Terra ou le salon Bio Gascogne. D’autres sont en cours de réflexion, notamment avec l’équipe de l’ancien Carmel de Condom.

Spécialiste en agroforesterie, l’ingénieure agronome souhaite également démontrer dans ce centre son Lire la suite

Permaculture – Révolution permanente en Normandie

politis.fr, Philippe Chibani-Jacquot, le 26 août 2010

http://www.politis.fr/Revolution-permanente-en-Normandie,11302.html

Révolution permanente en Normandie

Depuis deux ans, la Ferme du Bec-Hellouin, dans l’Eure, expérimente la permaculture. Un modèle écologique fondé sur la régénération continue de la fertilité des sols, très peu pratiqué en Europe. Reportage.

Vu du ciel, le jardin principal de Charles et Perrine Hervé-Gruyer fait penser à un délire de paysagiste. Des dizaines de variétés de légumes et de plantes médicinales poussent dans un joyeux mélange apparent sur de longues buttes de terre disposées en cercles concentriques. Un lit de paille – le mulch – recouvre le sol d’une toison dorée qui contraste avec le vert charnu des salades, le bleu violacé des fleurs de bourrache ou le vert profond des courgettes et de la menthe poivrée. Accroupi au milieu de cette abondance estivale, Charles Hervé-Gruyer plonge une main dans la terre qui se cache sous son mulch : si moelleuse et fraîche qu’elle donne envie d’y enfoncer tout le bras. Il n’est pas onze heures du matin, la chaleur est déjà pesante. La canicule sévit depuis une dizaine de jours et pourtant le jardin de 800 m2 n’a eu besoin que d’un peu d’eau. « L’été dernier, nous n’avons pas arrosé du tout », se rappelle Charles. Le mulch fonctionne comme un manteau qui retient l’humidité dans le sol. En se décomposant, il le fertilisera. « Et ça sent la forêt. »

C’est plus qu’une sensation. La permaculture, technique agricole révolutionnaire que pratiquent les Hervé-Gruyer dans leur ferme biologique de l’Eure, consiste en premier lieu à redonner au sol le fonctionnement naturel d’une terre de forêt. Les végétaux en décomposition enrichissent l’humus en matières organiques. La faune du sol (lombrics, acariens…) remue et aère la terre en participant à cette décomposition. Point de labour, donc. « Chaque fois qu’on retourne une terre, on favorise l’oxydation de la matière organique, ce qui se traduit par une perte de carbone, explique Charles. Alors que notre pratique fonctionne comme un piège à carbone, qui entretient le taux de matière organique du sol, et sa fertilité avec. » Du coup, les tiges et feuilles des légumes récoltés sont souvent abandonnées au sol. « Elles seront boulottées par les lombrics, qui rapportent sous terre de quoi l’enrichir. » Le couple, depuis 2006, cultive 1,2 hectare de terres au Bec-Hellouin. Un village prisé des touristes pour son abbaye millénaire et ses maisons typiquement normandes. Installée de part et d’autre de la rivière le Bec, la ferme ne dépare pas le décor avec ses toits de chaume, son portail en bois et son four à pain qui exhale le parfum de miches craquantes tous les mardis. Séduisant comme un caprice de néoruraux qui auraient englouti leurs économies pour jouer aux paysans…

Mais les résultats sont là. Après deux années de tâtonnements, Charles et Perrine découvrent la permaculture au gré de leurs lectures : « une quasi-révélation » pour Perrine. En 2010, deuxième année de récolte depuis cette conversion, « nous atteignons quatre-vingts paniers [1] de fruits et légumes par semaine sur un demi-hectare effectivement cultivé », annonce Charles. Une productivité trois fois supérieure à celle communément constatée chez un maraîcher bio classique. Cela s’explique notamment par Lire la suite

Les revues écologistes françaises : S!lence, Ecorev, L’écologiste, La Revue durable et Entropia

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 11 août 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/08/11/les-ecologistes-c-est-le-bouquet_1397910_3232.html

27/30 Les écologistes, c’est le bouquet

Une revue écologiste, une seule ? Impossible. Cela ne peut être qu’un bouquet, une flore sauvage, des adventices poussant au bord des autoroutes de papier, des fleurs inattendues prospérant sur le compost de projets évanouis. Car depuis quelques années, la réflexion écologiste a refleuri et, si elle ne connaît ni gros tirages ni forte visibilité – les milieux dits intellectuels ne s’intéressant pas réellement à la thématique -, elle manifeste une vitalité revigorante. En même temps, aucune n’émerge réellement comme le donneur de ton du débat écologique. Elles composent ensemble un paysage chatoyant et assez cohérent, mais où aucun relief accusé n’émerge vraiment.

A mi-chemin entre le journal, la revue et l’expérience militante, S ! lence mérite la palme de la ténacité : lancée en 1982 au moment d’un vif reflux de l’écologisme en France, elle a toujours assuré une parution mensuelle marquée par un dossier thématique complété d’une multitude de petites informations. S ! lence a bien souvent été la première à repérer des thèmes émergents dans la communauté écologiste radicale avant de connaître une assez large fortune publique. Elle a ainsi lancé la thématique de la décroissance, en février 2002, reprise avec succès ensuite par le journal La Décroissance, lancé en 2004. S ! lence diffuse près de 5 000 exemplaires, surtout par abonnements. Issue, de son côté, de militants des Verts, Ecorev a publié son premier numéro en janvier 2000, sous le parrainage d’André Gorz, après un numéro zéro consacré à « Survivre au capitalisme ». Elle est née, selon Jérôme Gleizes, un de ses animateurs, d’un « refus de l’écologie d’accompagnement » incarnée par Dominique Voynet, lors de son passage dans le gouvernement de Lionel Jospin. « Nous allons des écologistes de gauche à des décroissants qui ne veulent pas se positionner à gauche. » La revue trimestrielle, animée par des normaliens ou des universitaires, se définit comme « revue critique de l’écologie politique« , selon son sous-titre, plutôt que théorique. Elle recherche – et obtient – une bonne lisibilité, par des articles concis, sans lourd appareil de notes, et souvent illustrés. Cette volonté pédagogique a fait d’Ecorev l’explorateur de thématiques transversales (le corps, la démocratie, la science, l’histoire de l’écologie, la mondialisation, la décroissance…). Mais ce choix rédactionnel l’a conduite à délaisser des interrogations plus concrètes du débat politique ou économique, si bien que la revue semble parfois en apesanteur par rapport au combat des idées. Ses scores sont modestes mais réguliers, avec une diffusion moyenne de plus de 500 exemplaires.

C’est aussi en 2000 qu’est né L’Ecologiste, version française du mensuel The Ecologist fondé par Teddy Goldsmith, en 1970. Trimestriel, L’Ecologiste a tout de suite pris, tout en se présentant comme un magazine (couverture en couleurs, format A4), une forme de revue centrée sur un dossier écrit par des auteurs souvent scientifiques, et intégrant nombre d’articles traduits de l’anglais. Animé par Thierry Jaccaud, L’Ecologiste a pris son autonomie par rapport à son parrain britannique, tout en restant sur la ligne d’une écologie naturaliste, portant une grande attention aux questions de biodiversité, de forêts, d’agriculture, mais aussi de santé ou de pesticides. Diffusant à plusieurs milliers d’exemplaires, la revue doit trouver un nouveau souffle après le décès de son fondateur et mécène, Teddy Goldsmith, en août 2009.

Fondée en 2002, à Genève, par Susana Jourdan et Jacques Mirenowicz, La Revue durable, sous une forme assez comparable à L’Ecologiste (aspect magazine, un dossier central par numéro), a progressivement gagné une visibilité en adoptant un angle axé sur la question de l’intégration des pratiques écologiques dans les sociétés modernes. S’intéressant davantage à l’économie qu’à la nature, La Revue durable cherche un équilibre entre le pragmatisme du « développement durable », honni par nombre d’écologistes comme un faux nez du capitalisme, et la radicalité des choix qu’impose la crise écologique. Cela compose des numéros intéressants et bien informés de l’état des questions traitées, mais où la dimension conflictuelle des choix sociaux semble évacuée.

Dernier venu dans le champ de la réflexion écologiste, Entropia est née, en novembre 2006, avec un premier numéro consacré à « Décroissance et politique ». La revue, lancée par Jean-Claude Besson-Girard, Serge Latouche, Alain Gras, Agnès Sinaï, et d’autres, affichait une ligne claire définie par son sous-titre : « Revue d’étude théorique et politique de la décroissance« . Editée par la maison d’édition Parangon à raison de deux numéros par an, Entropia assume l’austérité de sa présentation : « Les mots sont importants », résume son principal animateur, Jean-Claude Besson-Girard. Entropia poursuit son chemin avec ténacité, s’interrogeant au fil des numéros sur « Crise éthique, éthique de crise ? », « L’effondrement : et après ? » ou « Territoires de la décroissance », attirant parfois des signatures situées hors du champ de l’écologie comme Zygmunt Bauman ou Hervé Le Bras.

Si l’on en croit le paysage intellectuel dessiné par les revues, la réflexion écologique va à rebours des politiques concrètement mises en place par les gouvernements sous l’étendard du développement durable. Il n’y a guère pour défendre celui-ci que Terra Eco, sous-titré « mensuel du développement durable », qui se présente comme un magazine sans ambition intellectuelle. En ce sens, l’écologie reste une pensée du Lire la suite

Pourquoi le PS est incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

developpementdurable.com, Propos recueillis par Yann Cohignac, le 30 décembre 2009

http://www.developpementdurable.com/interview/2010/08/I72/eric-loiselet.html

Eric Loiselet, tête de liste Europe Ecologie en Champagne-Ardenne pour les régionales de 2010

Consultant expert dans le développement durable et la RSE, Eric Loiselet a longtemps bataillé au sein du PS pour intégrer l’écologie politique à gauche. Il fut cofondateur du Pôle écologique du parti puis secrétaire national adjoint à l’environnement. Avant de renoncer à son engagement socialiste, lassé par les atermoiements de la rue Solferino, pour rejoindre Europe Ecologie en octobre. Aujourd’hui, il est membre du CAP (Comité d’animation et de pilotage) national du rassemblement écologiste et tête de liste en Champagne-Ardenne pour les élections régionales de 2010. Sans concession avec le PS, il nous parle de son parcours politique, des raisons qui l’ont poussé à entrer chez Europe Ecologie, des actions du gouvernement, et de son programme pour les régionales.

Developpementdurable.com : Consultant expert dans le développement durable et la RSE, vous avez aussi décidé de mener une carrière en politique. Pourquoi cette décision ?

Eric Loiselet : C’est pour moi la poursuite d’un itinéraire citoyen : j’ai été assez jeune engagé politiquement. Ma première carte dans un parti, je l’ai prise en 1979, au PS, à l’époque où il était en pleine ascension puisque c’était deux ans avant la victoire historique de François Mitterrand aux élections présidentielles (mai 1981). J’y suis resté jusqu’en 1992-1993. J’ai ensuite quitté la vie politique militante pendant une dizaine d’années pour me consacrer à mon métier et pour fonder une famille. Avant de renouer avec l’engagement politique au travers d’un club, le Cercle Galilée. J’y ai travaillé sur une thématique qui correspondait à une mon expertise professionnelle : la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Ce club avait la vocation de réfléchir à la manière d’actualiser le logiciel intellectuel et socialiste en prenant en compte la question posée par les mouvements altermondialistes : comment envisager une nouvelle régulation de l’activité des entreprises en prenant plus largement en compte la question des impacts environnemental, social et sociétal de leur activité ? J’ai alors eu l’occasion de travailler sur la préparation de ce qui a été l’article 116 de la loi NRE, dans la zone grise qui précède la décision politique où des professionnels sont consultés pour affiner les projets. J’étais déjà donc à la charnière du professionnel et du citoyen. Comme beaucoup, je voulais donner un sens à ma vie professionnelle.

Puis en 2002, après l’échec de la gauche au premier tour de la présidentielle, j’ai décidé de ré-adhérer au PS pour rejoindre directement sa sensibilité rénovatrice : le Nouveau Parti Socialiste.

dd.com : Quand avez-vous commencé à tenter de « verdir le PS » ?

E. L. : A ce moment-là. Etant donné mon activité « d’expert » au sein du Club Galilée, j’étais devenu « Monsieur écologie » au NPS. J’ai alors essayé de convaincre les socialistes de voter pour la Charte de l’environnement, sans grand succès, et j’ai mené différents combats de cette nature parce que j’avais déjà la conviction que la promesse socialiste était essoufflée : l’élection de 2002 avait clairement montré le décrochage des catégories populaires. Pour moi, il était évident qu’il fallait intégrer au parti les apports de l’écologie politique.
Puis arrivent les présidentielles de 2007 : ayant rejoint Rénover Maintenant, je participe presque machinalement à la candidature, aux primaires, de Ségolène Royal. Pour une raison simple : parmi les trois candidats (avec Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius), je me suis dit qu’elle était celle qui avait le mieux compris les enjeux environnementaux. Elle avait en effet gardé un souvenir de son bref passage au ministère de l’Environnement. Le début de la campagne présidentielle m’avait d’ailleurs conforté dans ma décision : la nomination de Bruno Rebelle (ex-directeur de Greenpeace) comme conseiller à l’Environnement était un choix original. C’était la première fois qu’un ancien dirigeant d’ONG était intégré à ce point dans une équipe de campagne présidentielle. On assistait à une espèce d’ouverture à d’autres filières de recrutement que les grands corps de l’Etat, des filières en phase avec les changements importants et rapides de la société.

dd.com : Expliquez-nous comment vous vous êtes rendu compte que le PS était, selon vos propres mots, incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

E. L. : Cela a été un long processus : après l’échec de Ségolène Royal, je l’ai entendu dire qu’elle était pour le retour de la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante. Je me suis dit alors, avec quelques « écolos » du parti, que tout cela commençait à bien faire ! Nous n’avions, au sein de nos différentes sensibilités socialistes, jamais réussi à convaincre au-delà de la rédaction de quelques textes témoignant d’une ouverture intellectuelle. Dès qu’il s’agissait de prendre des décisions, l’écologie politique était exclue. Nous avons donc décidé de créer le Lire la suite

Pacte de solidarité écologique : Mardi 31 août à 9h30 à Bordeaux – Organisation d’un Forum sur les initiatives écologiques et solidaires

Mairie de Bordeaux, communiqué, le 26 juillet 2010

http://tr1.bp51.net/do?7DE7A357E64C4202C664308A23765FE9102BD607664D01B52A58856DE799876278CD1F60BAF58FF391A2D309FB97EFAD88C9B0D264BDFC8B

Pacte de solidarité écologique : Organisation d’un Forum sur les initiatives écologiques et solidaires

Alain Juppé, ancien Premier Ministre et maire de Bordeaux et Valérie Létard, secrétaire d’Etat au développement durable vous invitent à participer au Forum : « le développement durable, créateur de lien social« , qui se tiendra :

Le mardi 31 août 2010 de 9h30 à 12h30

Maison Polyvalente Bastide Queyries

13 allée Jean Giono

33100 Bordeaux

Ce Forum s’inscrit dans le cadre du pacte de solidarité écologique, lancé le 18 février dernier par Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat et Valérie Létard, Secrétaire d’Etat au développement durable. Ce pacte, conçu de manière concertée avec des associations de protection de l’environnement et du secteur de la solidarité, a pour ambition de concilier environnement et solidarité. Il comporte un important volet « mobilisation citoyenne et sociale« .

L’objectif du rendez-vous du 31 août est ainsi de donner la parole aux citoyens et aux associations ayant imaginé et réalisé des actions positives en faveur du développement durable et génératrices de lien social. Le Forum sera l’occasion de valoriser les bonnes pratiques, les difficultés rencontrées et les perspectives de diffusion de ces initiatives sur d’autres territoires.

9h30 – 11h : associations, élus et experts présenteront leurs Lire la suite

Du Vert dans le Rouge : renforcer la prise en compte de l’écologie mais rester à gauche.

legrandsoir.info, Christian Delarue, le 3 août 2010

http://www.legrandsoir.info/Du-Vert-dans-le-Rouge-renforcer-la-prise-en-compte-de-l-ecologie-mais-rester-a-gauche.html

Du Vert dans le Rouge : renforcer la prise en compte de l’écologie mais rester à gauche.

Pour des raisons de fond comme pour des raisons d’alliances politiques contre le sarkozysme en France il importe de relier l’écologie et le social. Pour ce faire, une maitrise politique et démocratique de l’économie est nécessaire au lieu de la laisser à la logique marchande (produire des marchandises) et capitaliste (faire du profit). Il n’y a pas de capitalisme vert dit Michel Husson (1) ! La question dépasse évidemment l’horizon national.

I – Avancer des positions théoriques conséquentes à gauche sur le respect de la nature.

1. QUELLE CROISSANCE ? QUELLE PRODUCTION ?

La gauche de gauche écologiste et socialiste (pas au sens de social-démocrate) pense qu’il faut sortir du dogme de la croissance infinie et de la production anarchique non pas pour tordre le bâton dans l’autre sens avec un dogme de la décroissance généralisée et du ne rien produire du tout mais en se posant des questions sur le contenu et les modalités de la production . Il y a toujours besoin de construire des écoles, des logements, des hôpitaux, et nombres de biens utiles. D’autres productions sont inutiles voire nuisibles. La production de voitures ne va pas baisser sans une politique sectorielle transitoire.

Pour avancer, il faut lier les deux questions celle du contenu et celle du mode de production : Si vous voulez construire moins de voitures, moins d’avions et plus de trains par exemple il faut, outre le changement d’imaginaire, surement changer le mode de production tellement les paramètres en jeux sont importants. On peut user de façon transitoire de certaines taxes pour interdire l’accès aux voitures mais cela ne portera que contre les moins solvables (qui sont nombreux) mais c’est un capitalisme dictatorial qui est alors en place ; clairement contre les intérêts du peuple. On s’en approche ceci dit. On peut aussi baisser beaucoup plus les tarifs de transport ferroviaire ce qui suppose une très forte réhabilitation des services publics et de la fiscalité pour les faire fonctionner. Même ainsi, cela ne résoudra pas toutes les questions.

En fait, il est fort peu probable que le mode de production capitaliste orienté vers a valeur d’échange et le profit sache aller vers cette orientation. Dépasser les régulations marginales suppose d’aller vers le socialisme et pour cela il faut mettre le politique et la démocratie au poste de commande, pas le marché et le capital même avec quelques régulations.

2. TOUS RICHES AU NORD ?

Faut-il faire ici la critique de l’empreinte écologique ou celle de son usage ? Si l’empreinte écologique est pertinente, il faut alors se garder d’une interprétation intégriste de cet outil d’analyse. En effet, à écouter certains écologistes, usant de l’empreinte écologique comme critère, la question de la répartition des richesses est mondiale et oppose le Nord surconsommateur au Sud insolvable. Pourtant disposer d’une automobile ne fait pas le riche dans le vécu ordinaire des travailleurs. Ce qui n’empêche pas qu’ une ville comme Londres a une empreinte écologique 120 fois supérieure à sa superficie . La répartition des richesses se pose aussi au Nord. Il faut continuer à défendre le bouclier social et fiscal des 3000 euros et moins par mois dans les pays comme la France. Cela n’empêche pas de vouloir une bonne répartition des revenus au plan mondial et un meilleur accès au services publics. Mieux, il y a tout lieu de penser que si l’égalité avance au Nord, la volonté de justice sociale grandira alors pour le Sud. Il faut enfin préciser aussi qu’il y a du nord au sud. Il y a dans de nombreux pays du sud une bourgeoisie compradores qui émarge à la mondialisation capitaliste et qui place ses fortunes en Suisse et dans les paradis fiscaux.

3. POUR UN DÉVELOPPEMENT SOCIALISTE SOUTENABLE

Le socialisme c’est la démocratisation de l’économie qui devient un moyen au lieu d’être une fin en soi, un fétiche au-dessus des humains. Le socialisme c’est Lire la suite

Vient de paraître – Paul Ariès : La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance – Une grève générale de la consommation ?

nonfiction.fr, Fabrice Flipo, le 3 août 2010

http://www.nonfiction.fr/article-3669-p3-une_greve_generale_de_la_consommation_.htm

Vient de paraître – Paul Ariès : La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance – Une grève générale de la consommation ?

Résumé : Paul Ariès présente une réflexion intéressante sur l’écologie politique, la décroissance et la nécessité d’une « grève générale de la consommation ».

Paul Ariès est connu pour ses travaux et ses prises de position en faveur de la décroissance et de la gratuité. Il nous livre ici une réflexion sur la simplicité volontaire, qu’il oppose au mythe de l’abondance.

Ariès commence par résumer les enjeux du « capitalisme vert », dont il souligne à juste titre les risques, des risques qu’il juge gravement sous-estimés par les antiproductivistes (p13). Le capitalisme vert procède en cherchant à mettre en œuvre de nouvelles solutions techniques, telles que des tours géantes, plutôt que d’affronter la question des responsabilités politiques sous-jacentes à la dégradation des écosystèmes planétaires. Il entend adapter l’écologie au marché, ce qui se traduit notamment par l’apparition de « droits à polluer », dont les dérives sont largement avérées, bien avant qu’ils aient eu un quelconque effet positif sur la planète. Ariès liste dix « missiles » de « l’écologie capitaliste croissanciste » contre la possibilité même d’une pensée alternative. Ces missiles sont généralement appuyées sur des économistes, Nobel ou nobélisables, qui vont de Ronald Coase à Gary Becker en passant par Harold Hotelling. Ils ont tous en commun de chercher à démontrer que l’écologie est soluble dans le capitalisme. Ariès donne des arguments permettant de penser que tel n’est pas le cas, sauf à retourner le progrès technique contre l’humain. A ce titre les initiatives telles que Home, le film de Yann Arthus-Bertrand, sont de très mauvaises opérations pour l’écologie politique, car « ce parti-pris esthétique a une fonction : exonérer de toute responsabilité les grandes firmes »  . Home utilise ainsi une esthétique qui ne cherche qu’à transférer les responsabilités.

Ariès se demande ensuite si le productivisme n’est pas la « maladie honteuse des gauches ». Qu’est-ce que le productivisme ? Ariès s’appuie sur une définition d’Henri Lefebvre : le productivisme est le fétichisme de l’Etat et de la technicité. Que ce soit l’Association pour la taxation des transactions financières et l’aide au citoyen (Attac), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), la Fondation Copernic ou même Alain Accardo, aucune pensée se revendiquant « de gauche » ne semble avoir réellement rompu avec ce productivisme. Ariès rappelle l’ambiguïté d’André Gorz sur la question de la technique et notamment des technologies de l’information. « L’économie de l’immatériel et le capitalisme cognitif, loin de permettre de (re)gagner du terrain sur le capitalisme et le productivisme, entraînent l’occupation des derniers territoires qui demeuraient encore un peu autonomes »  . Les gauches ne s’intéressent guère à l’agression publicitaire, par exemple. Elles se n’offusquent pas d’une vie conçue comme une somme de petits plaisirs. En acceptant le progrès technique, elles laissent entrer par la fenêtre le capitalisme sauvage qu’elles ont essayé de chasser par la porte. Que faire pour réveiller la gauche ? Ariès a « longtemps cru à la thèse du retard avant de découvrir qu’elle ne tient pas. […] Nous avons besoin de mots neufs pour réveiller les forces émancipatrices »  . La décroissance, à laquelle Ariès a consacré de nombreux textes, fait partie de ce nouvel arsenal. Pour lui, l’impasse théorique de la gauche a deux visages : le « marxisme officiel optimiste mais productiviste ; […] gauches antiproductivistes mais pessimistes »  . A contrario « la droite est (re)devenue capable de penser […]. Le capitalisme vert lui redonne une seconde jeunesse. La gauche, elle, est moribonde »  . Pour lui la solution viendrait des courants présocialistes, socialismes chrétiens, libertaires, mouvements coopératifs, Proudhon, Bakounine, Gide, Marx. Un Marx « antiéconomiste [qui] permet de comprendre que, par-delà l’extorsion de la plus value, le capitalisme est déjà condamnable au regard de son « incapacité à faire société »  . La gauche aurait donc commis plusieurs « bévues », notamment avoir fait l’éloge du capitalisme, comme libérateur des forces productives, et avoir confondu ces forces productives avec l’émancipation humaine. Ariès montre que le pouvoir d’achat n’a guère augmenté pour les ouvriers, en 1968 un mois de salaire permettait de se payer 1777 baguettes contre 1065 aujourd’hui . Sa solution ? Troquer le pouvoir d’achat pour le pouvoir de vivre.

Un antiproductivisme optimiste est-il possible ?

Dans cette quatrième partie Ariès rappelle qu’il existe un antiproductivisme populaire spontané, par exemple chez les luddites. Cette tendance existe encore, il cite des cas de refus du Lire la suite

LPO : Venez observer : Milans noirs, Bondrées, Busards, Faucons, Circaètes, Balbuzards, Cigognes, Pigeons, Laridés, Limicoles, Oies, Grues, Passereaux, Percnoptère, Aigle royal, Vautour fauve, Gypaète…

LPO Aquitaine, juillet 2010

Observatoire Régional de la Migration des Oiseaux en Aquitaine – Programme INTERREG Projet Lindux : Observatoire de la migration des oiseaux sur la voie atlantique Saison 2010

Ca y est, c’est reparti. Depuis le 15 juillet, deux équipes sont sur les cols pour le suivi de la migration postnutptiale. La coordination des sites du programme : Organbidexka, Lindux et Lizarrieta en Pays basque est assurée par la LPO Aquitaine dans le cadre de l’Observatoire, du 15 juillet au 15 novembre pour les deux premiers, du 15 septembre au 15 novembre pour le dernier. Déjà, près de 1 500 Milans noirs ont franchi les crêtes pour rejoindre l’Afrique via Gibraltar. Les résultats sont disponibles au jour le jour sur le site www.migraction.net . En quelques clics, vous serez au fait des derniers rebondissements sur les cols.

Nous avons rendez-vous avec plus deux cent cinquante espèces migratrices. Milans noirs, Bondrées, Busards, Faucons, Circaètes, Balbuzards,… Cigognes, Pigeons, Laridés, Limicoles, Oies, Grues et d’innombrables passereaux pourront être observés. Ce sera aussi l’occasion d’admirer le Percnoptère, l’Aigle royal, le Vautour fauve, le Gypaète…, symboles du Pays basque. Entre autres espèces étudiées, nous continuerons le suivi minutieux des Cigognes noires, Circaètes et Milans royaux. Et comme chaque automne, nous accorderons une attention particulière à la migration des Pigeons et à l’impact de la chasse sur leurs déplacements.

Année après année, votre participation au suivi de la migration permet d’accumuler de précieuses informations sur les tendances de certaines populations migratrices. Par exemple, le Milan royal dont on a détecté une baisse des effectifs transpyrénéens depuis 1989, corroborant ainsi les études menées sur certaines zones de reproduction semble aujourd’hui en un peu meilleure position depuis 2004, ou à l’inverse, le constat réjouissant de la hausse des populations de Cigognes, avec une année 2008 record pour la Cigogne noire et la Cigogne blanche. Le programme offre aussi l’opportunité d’accueillir un nombreux public, de l’informer sur la migration des oiseaux en Europe et en Aquitaine, et le sensibiliser sur les abus de la chasse et les dégradations infligées aux milieux montagnards et à la nature en général.

Mener à bien le suivi scientifique et l’information nous paraît essentiel pour que progresse la protection des espèces et des voies migratoires. Cet objectif ne peut être réalisé sans votre implication et ce, quel que soit votre niveau d’expérience car après quelques jours de terrain et d’échanges avec les permanents, les connaissances minimales sont acquises. Nous vous invitons de nouveau à collaborer, en nous rejoignant sur les sites d’étude. Se rencontrer ou se revoir pour partager la magie des grands mouvements migratoires survolant la mer de nuages, les soirées conviviales autour d’un feu et d’un plat.

Sans les bénévoles, la réussite du programme est impossible. Aussi, comme les années passées, nous vous invitons à y participer en vous inscrivant dès aujourd’hui auprès de la coordination par Lire la suite

L’écorésistance ?

voie-militante.com, Virginie, le 29 juillet 2010, Catégorie: Environnement

http://www.voie-militante.com/politique/environnement/lecoresistance/

L’écorésistance ?

L’écologie en aura fait des déçus tout au long de son histoire… l’attrape couillons qu’est – ou plutôt qu’a été – Europe Ecologie en est le dernier exemple, significatif !

Mais est-ce utile de s’apitoyer sur son sort ? Non ! Mieux vaut agir ou réagir !

Michel TARRIER, écologue et écosophe, notamment reconnu pour ses publications en tant qu’entomologiste, a ainsi poussé un cri d’alerte et a créé le groupe ECORESISTANCE !
Si cela vous intéresse, vous pouvez le rejoindre sur Facebook en cliquant ici.

Voici son argumentaire, tiré d’un article paru sur l’excellent site notre-planete.info et dont je ne partage pas l’intégralité des propos mais que je mets simplement à votre disposition :

Causes de cette prise de position

L’écocitoyen français est aujourd’hui plus que perplexe, dubitatif et écœuré. Au moins trois évènements, vécus comme d’irréparables désillusions ou outrages, ont fait de lui un insurgé.

1.- Le formidable dîner de cons qu’a constitué la mascarade du Grenelle de l’environnement ; On sait maintenant de quoi il s’agissait et où nous en sommes…

2.- L’impensable déception qui résulta de l’échec du Sommet de Copenhague dont le battage préalable, du type ultimatum, allait jusqu’à l’envisager comme une opération de dernière chance pour sauver la planète ; Depuis : rien, et les lanceurs de la méga alarme sont passés à autre chose ! Ne s’agissait-il donc qu’un effet d’annonce tout autant hyperbolique que gratuit  à l’échelle mondiale ?

3.- La création, sous l’impulsion de Claude Allègre, d’une fondation intitulée  « Écologie d’avenir », qui serait indûment hébergée par l’Institut de France (rien que ça !), rassemblant un cartel de grands prédateurs que sont des leaders mondiaux de la finance, d’industries de luxe, de l’énergie, de la chimie, de l’agroalimentaire, etc. (Alstom, EDF, Limagrain, Axa, groupe LVMH avec Moët & Chandon, Louis Vuitton, Christian Dior et autres marques prestigieuses…). « Même si l’homme casse et dégrade, la science peut toujours réparer. », tel est l’inacceptable précepte de C. Allègre.

En conséquence :

L’écologie comme confessionnal du consumérisme, ou pire comme caution verte du capitalisme, y’en a un peu-beaucoup marre !

La charte

Il s’agit tant d’entrer en dissidence qu’en résistance afin de pouvoir retrouver les marques principielles d’une écologie-sagesse, d’une écologie contre-culture, d’une écologie-conscience, tout à l’opposé de ce qu’est devenue l’écologie dévoyée, c’est à dire un Lire la suite

Abandon et artificialisation des sols agricoles en Aquitaine : la déprise s’accélère

agreste.agriculture.gouv.fr, Agreste Aquitaine, N° 38, juin 2010

Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt Aquitaine, Enquête Utilisation du territoire (TERUTI), Analyses et résultats

http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf_R7210A19.pdf

Abandon et artificialisation des sols agricoles : la déprise s’accélère

Le territoire aquitain ne cesse d’évoluer…

Sous une apparente stabilité, l’espace régional ne cesse de se modifier. Les évolutions des usages des sols aquitains résultent d’échanges mutuels entre ces différentes composantes. Entre 2006 et 2009, ce sont près de cent cinquante mille hectares, soit 4% du sol aquitain qui ont changé d‘orientation.

A cela, il convient d’y adjoindre les surfaces ayant changé d‘assolement, mais au sein d’une même famille. Ce phénomène est marqué en agriculture à l‘exemple de terres en jachères en 2006 cultivées en céréales en 2009. Au total en Aquitaine sur la période, près d’un hectare sur dix a connu au moins un changement de statut.

… selon des rythmes différents et différenciés

Les espaces naturels occupent en moyenne, en 2009, 91% du territoire régional. Ils comprennent les sols boisés (47%), les sols cultivés (23%) les sols toujours en herbe à usage agricole ou non (13%) ainsi que les espaces non valorisés tels que landes, friches, roches, dunes et zones humides (8%).

Les espaces artificialisés sont le complément dans le territoire des espaces naturels. Ils occupent donc 9% de l’espace aquitain. Ils regroupent les sols bâtis (maisons d’habitation, bureaux, usines,…) les sols de formes aréolaires (place, square, parking,…) et les sols linéaires (routes, ponts, voies ferrées,…).

Entre 2006 et 2009, les sols artificialisés progressent de 20 000 hectares. Avec 8% d’augmentation, les sols bâtis grignotent près de 5 000 hectares par rapport à 2006. Hausse identique pour les autres sols urbanisés mais non bâtis, mais cette fois, ce sont 15 000 hectares de plus qui viennent grossir leurs rangs.

Entre 1992 et 1999, l’urbanisation consommait près de 4 500 hectares de sols naturels chaque année, 5 500 hectares entre 2000 et 2004. Depuis 2006, ce sont 6 500 hectares qui sortent du giron des sols naturels annuellement.

Sans pour autant remettre en cause le caractère rural de l’Aquitaine, cette accélération l’entame.

20 000 hectares de sols urbanisés de plus entre 2006 et 2009, en Aquitaine. Ces derniers continuent de poursuivre leur extension. Démographie, habitat, transports et loisirs sont le moteur de cette croissance.

Les changements d’occupation des sols d’Aquitaine au cours des trois dernières années confirment la tendance observée entre 1992 et 2004. L’artificialisation progresse plus vite que la population.

Toutefois par rapport à la période précédente, de nouveaux éléments apparaissent. Les surfaces en sols boisés Lire la suite

L’autre écologie : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives

cip-idf.org, 2010

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5220

L’autre écologie – Le Sabot, outil de liaison locale sur Rennes et ses environs

L’autre écologie

L’omniprésence de la « question » écologique ne fait maintenant plus de doute. D’une part, les données écologiques prennent une place centrale dans un « système-monde » en perpétuelle mutation et d’autre part, l’incapacité des états à établir des accords mondiaux sur les émissions de gaz à effets de serre marque un réel échec pour le capitalisme.

Cette incapacité chronique confirme qu’il n’y a rien à attendre d’une conversion verte du capitalisme, celle-ci signifiant généralement une accentuation des inégalités sociales et un écrasement de toutes expressions populaires, elle confirme également que l’écologie n’est pas l’apanage des nouveaux entrepreneurs de l’économie verte et des apprentis sorciers de la gestion écologique mondiale. Une autre idée de l’écologie persiste, une idée démocratique : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives, mais aussi de ceux qui dans certaines luttes s’emparent de cette question alors qu’ils sont jugés a priori incompétents dans ce domaine.

1. L’écologie au cœur des mutations du capitalisme

L’émergence depuis quarante ans de la question écologique, du dérèglement climatique ou de la destruction des écosystèmes et des espèces vivantes a mis en cause les principes du capitalisme industriel. Sous l’influence d’un renouveau dans la théorie économique, les entreprises et les états sont en train d’opérer une modification de leurs modèles productifs sur la base d’une maîtrise des milieux complexes (1) et de la biosphère. Ce renouveau de la théorie économique et cette tentative de maîtrise signifient que l’économie va désormais intégrer des éléments occultés auparavant : les interactions non-économiques ; et analyser quels bénéfices ou pertes elles provoquent sur les échanges économiques. Ainsi la prise en compte et la maîtrise des ressources naturelles rares, des ressources énergétiques, ou des ressources en eau ou en matériaux nécessaires au processus de production, et qui sont le fruit de processus naturels longs de plusieurs millions d’années, deviennent des tâches primordiales pour l’économie et cela constitue une modification fondamentale du capitalisme, celui-ci reposant jusqu’à il y a peu sur un principe de non-limitation des ressources (2).

Si cette révolution écologique est pour le moment sans grandes conséquences visibles sur la destruction des écosystèmes ou sur le réchauffement climatique, c’est que comme le dirait Yann Moulier Boutang ou comme ne cessent de le répéter les cabinets de management : les entreprises et les états n’ont pas encore pris toute la mesure de la mutation qui leur est demandée. Pour ce faire, les états doivent adopter de nouvelles réglementations qui encouragent les entreprises à intégrer la protection de l’environnement et ainsi leur faire prendre conscience que cette question n’est pas réservée aux secteurs spécialisés mais qu’elle concerne toutes les entreprises et que cela constitue un potentiel de croissance important, les premières entreprises à prendre en compte la protection de l’environnement étant celles qui Lire la suite

Education nationale : La géographie, l’écologie, l’esprit critique et… les nouveaux programmes

lemonde.fr  (Point de vue), Aurélien Dupouey-Delezay, professeur d’histoire et géographie, le 13 juillet 2010

La géographie, l’écologie, l’esprit critique et… les nouveaux programmes

Certaines personnes se piquent d’esprit critique. On ne saurait trop s’en réjouir ; à condition pourtant de se souvenir que « de tous les animaux l’homme a le plus de pente à se porter dedans l’excès ». Eh oui ! Il est même possible de pécher par excès de vertu.

Ainsi, un esprit critique poussé à outrance peut facilement devenir borné : on tombe alors dans une attitude facile qui consiste à regarder de haut, avec condescendance et même dédain, tout ce qui est « à la mode », tout ce que transmettent « les médias », et plus généralement tout ce que le monde tient pour acquis. L’esprit critique oublie, paradoxalement, de faire son propre examen critique : il devient alors bien plus (ou bien moins) qu’un doute méthodique et raisonné : on affiche face à toute affirmation un scepticisme de principe d’autant plus fort qu’elle est davantage présentée comme une certitude.

Une telle attitude garantit le succès de celui qui l’adopte, car qui se démarque tend toujours à briller par sa différence si celle-ci se fonde sur un principe universellement reconnu comme positif. L’impression de ne pas tomber dans les mêmes pièges que le vulgaire fait le reste : c’est ainsi que l’on assiste, par exemple, au succès populaire de L’imposture climatique, de Claude Allègre, alors même que le livre se fonde sur de nombreuses approximations ou erreurs.

Mais ce genre de scepticisme ne se rencontre pas que parmi les géologues. Depuis plusieurs années, un certain nombre de géographes semble également s’être lancé sur cette voie.

Pour illustrer ce phénomène, l’application qui semble devoir être faite des nouveaux programmes de géographie en classe de seconde est éclairante. Précisons tout d’abord que le programme en lui-même semblait aller dans la bonne direction. Intitulé Sociétés et développement durable, il était certainement critiquable : qu’est-ce que le « développement durable » ? Est-ce un concept véritablement pertinent ? Dans quelle mesure un développement peut-il être durable ? Mais enfin, il avait au moins le mérite de se saisir de l’enjeu écologique, un des plus fondamentaux de notre temps.

Un programme n’est rien cependant à côté de la manière dont il est mis en œuvre. Face à la nécessité de traiter dès la rentrée prochaine des thèmes qu’ils n’auront encore jamais travaillés, les enseignants vont naturellement se ruer sur les spécimens des manuels qui ont déjà commencé à sortir, ainsi que sur leurs inséparables « livres du professeur ». Bien sûr, ils ne sont pas tous parus, et il est donc un peu tôt pour se faire une idée. On peut toutefois commencer avec les premiers.

Ainsi, prenons le Magnard. Le « livre du professeur » s’ouvre sur un interview d’Yvette Veyret, géographe spécialiste du développement durable, par Jacqueline Jalta, de l’équipe de coordination du manuel. On peut remarquer que nous sommes entre amis, les deux géographes ayant déjà travaillé ensemble. Mais c’est surtout le fond qui interpelle : on nous invite ainsi, au nom de l’esprit critique bien évidemment, à « ne pas faire du développement durable un dogme », à bannir les « solutions clés en main », à « éviter le catastrophisme », les discours « passéistes » et une « vision rousseauiste de la nature ». On vante la qualité de la vie en ville ; on qualifie d’inutiles, voire de néfastes, les « parcs et autres réserves » d’Afrique et de Madagascar ; on parle avec dédain des « ONG protectrices du panda ou de l’éléphant ». La ligne directrice est clairement posée.

Le manuel lui-même, le livre donc que nos élèves sont destinés à tenir en main, ne la trahit pas. La dernière « question en débat », par exemple, se demande si le réchauffement du climat constitue Lire la suite

Le Grenelle 2 confronte la droite et la gauche à leurs bilans

lemonde.fr, Gaëlle Dupont (Service Planète), le 9 juillet 2010

Le Grenelle 2 confronte la droite et la gauche à leurs bilans

A de multiples reprises, la scène s’est produite, lors des discussions au Parlement sur la loi Grenelle 2, définitivement adoptée fin juin. A chaque dénonciation d’un « recul » du gouvernement par l’opposition, le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo, a renvoyé la gauche dans ses buts d’une phrase : « Vous nous donnez des leçons, mais qu’avez-vous fait quand vous étiez au pouvoir ? »

Les vrais écologistes, c’est nous, disent aujourd’hui en substance les élus de la majorité. « Nous avons le seul bilan crédible », estime l’ancienne secrétaire d’Etat à l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. La droite peut revendiquer la création du premier ministère de l’environnement en 1971, la loi sur les déchets (1975), les lois fondatrices sur les installations classées et la protection de la nature (1976), la loi sur le renforcement de la protection de l’environnement (1995), la charte de l’environnement (2005), la création du grand ministère de l’écologie et le Grenelle de l’environnement (2007)…

« L’écologie est identifiée à la gauche, du fait de l’alliance politique entre les Verts et le Parti socialiste, analyse Michel Prieur, professeur de droit de l’environnement. Mais la production juridique en matière de protection de l’environnement a été, quantitativement et qualitativement, plus importante à droite. »

Le bilan des années Mitterrand et Jospin apparaît maigre, avec comme seuls textes majeurs les lois montagne et littoral (1985 et 1986). Géraud Guibert, le fondateur du pôle écologique du Parti socialiste, ne le nie pas. « La droite a su mieux marquer par des textes importants, estime l’élu. Je pense toujours que la gauche, qui est plus régulatrice, devrait être mieux placée sur ces questions, mais elle ne l’a pas encore démontré. »

Plusieurs facteurs relativisent toutefois l’avantage. Un bilan ne se limite pas au nombre de lois promulguées. La politique fiscale et budgétaire, l’application du droit sur le terrain, les tentatives de revenir sur des textes déjà votés, les mesures symboliques pèsent aussi, mais les comparaisons détaillées restent à faire.

Les politiques environnementales sont largement influencées par des facteurs extérieurs. « Le mouvement est impulsé par les Nations unies et l’Union européenne », estime M. Prieur. « 85 % de notre droit de l’environnement provient des politiques communautaires, souligne Arnaud Gossement, fondateur du Réseau environnement et droit. Et les deux camps ont traîné des pieds pour transposer les directives. »

Pour beaucoup d’observateurs, le facteur temps explique aussi le décalage. Le temps passé au pouvoir, mais aussi l’évolution des mentalités et de la sensibilité du public. « Entre le début des années 2000 et aujourd’hui, les époques ne sont pas comparables », estime Christophe Caresche, député PS de Paris, membre du pôle écologique. « Il faut reconnaître le culot et l’ambition de la démarche du Grenelle, juge Dominique Voynet, ministre (Verts) de l’environnement du gouvernement Jospin de 1997 à 2001. Mais il n’aurait pas pu avoir lieu il y a dix ans. Les esprits n’étaient pas prêts. » Il a été lancé en 2007, en pleine prise de conscience internationale de la gravité du changement climatique. Et après une campagne électorale marquée par la démarche de Nicolas Hulot, qui avait fait signer son pacte écologique à tous les candidats.

Mais les explications sont aussi politiques.  » Lionel Jospin Lire la suite

« Philosophie et écologie », ouvrage de Anne Dalsuet chez Gallimard

nonfiction.fr, Manola ANTONIOLI, le 1er juillet 2010

« Philosophie et écologie », ouvrage de Anne Dalsuet chez Gallimard

Résumé : Un ouvrage qui présente à un vaste public les enjeux éthiques et philosophiques des questions environnementales.

Dans un contexte planétaire marqué par le dérèglement climatique, la disparition de la biodiversité, les grandes catastrophes environnementales et la perspective de l’épuisement des ressources énergétiques, on commence à voir apparaître, depuis une quarantaine d’années, un vaste renouvellement conceptuel axé sur les multiples dimensions de l’urgence écologique. Dans le domaine philosophique, le souci de l’environnement dépasse largement les acquis de la science écologique et vise à repenser radicalement les échanges entre la nature, la culture et la technique, à poser un nouveau regard sur les environnements naturels, les environnements sociaux et les environnements techniques contemporains, au-delà de l’ambition exclusive de maîtrise et de domination de la nature qui s’est imposée en Occident au moins depuis la modernité. La réflexion philosophique peut proposer une alternative à l’approche dominante et purement technocratique des problèmes environnementaux et aider à concevoir une vision plus authentiquement démocratique des rapports entre les sociétés humaines et les environnements naturels. L’ouvrage d’Anne Dalsuet, qui a été conçu pour les classes de terminale mais qui s’adresse visiblement à un public plus large, constitue une excellente introduction à ce nouveau champ de la réflexion philosophique, notamment grâce aux analyses consacrées aux approches théoriques d’auteurs étrangers dont la pensée et les travaux ont été longtemps ignorés en France.

La nature en crise

L’ouverture de l’ouvrage (structuré selon six grandes « perspectives ») vise à définir les caractéristiques de la crise écologique contemporaine qui ne fait que traduire une crise plus profonde. S’appuyant sur l’excellent ouvrage d’Isabelle Stengers intitulé Au temps des catastrophes, résister à la barbarie qui vient  , Anne Dalsuet affirme en effet dès le début de sa réflexion que la crise écologique ne demande pas seulement des réponses scientifiques ou techniques (dans l’esprit du « Grenelle de l’environnement », du « développement durable » ou de la « croissance verte »), puisqu’elle implique également une crise morale, métaphysique, sociale et politique, dont il faudra constater l’ampleur et la gravité. Dans cette perspective, nous n’avons plus affaire à des problèmes isolés, puisque les catastrophes environnementales entraînent toujours des effets en cascade sur tous les êtres vivants et notamment « sur la manière même dont les hommes pourront “habiter” cette Terre, s’y nourrir, y travailler, s’y loger, s’y déplacer, s’y gouverner » (p. 8). Les limites de la planète et de ses ressources nous imposent désormais de repenser le rapport de l’homme à la technique : recourir au catastrophisme ou à la déploration mélancolique d’une nature perdue sont deux postures insuffisantes et politiquement dangereuses, qui nous empêchent de comprendre la portée authentiquement politique des questions environnementales.

Cette dimension essentielle du problème écologique est très présente dans les pages des « bilans » qui concluent le livre, où l’auteure interroge les perspectives d’une écologie politique, à la suite de Bruno Latour et de ses Politiques de la nature  . Les analyses de Latour, qui s’efforcent de modifier les termes classiques du débat en renouant différemment les liens entre sciences et politiques, sont ainsi définies « capitales, Lire la suite

Enchaînement des crises et moyens d’en sortir

politique.eu, François Houtart , septembre 2009

Enchaînement des crises et moyens d’en sortir

Prêtre, sociologue, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, co-fondateur du Forum social mondial, auteur de « L’agroénergie, solution pour le climat ou sortie de crise pour le (…)

L’effet de loupe médiatique sur les crises financière et climatique occulte d’autre crises en cours (alimentaire, sociale, énergétique), qui s’enchevêtrent. Cet empilement concouret à une crise générale de sens, de civilisation.

Quand 850 millions d’êtres humains vivent sous la barre de la pauvreté et que leur nombre augmente, quand chaque vingt quatre heures, des dizaines de milliers de gens meurent de faim, quand disparaissent jour après jour des ethnies, des modes de vie, des cultures, mettant en péril le patrimoine de l’humanité, quand le climat se détériore et que l’on se demande s’il vaut encore la peine de vivre à la Nouvelle Orléans, au Sahel, dans les Iles du Pacifique, en Asie centrale ou en bordure des océans, on ne peut se contenter seulement de parler de crise financière. Déjà les conséquences sociales de cette dernière sont ressenties bien au delà des frontières de sa propre origine : chômage, chèreté de la vie, exclusion des plus pauvres, vulnérabilité des classes moyennes et allongement dans le temps de la liste des victimes.

Soyons clairs, il ne s’agit pas seulement d’un accident de parcours ou d’abus commis par quelques acteurs économiques qu’il faudra sanctionner, nous sommes confrontés à une logique qui parcourt toute l’histoire économique des deux derniers siècles De crises en régulations, de dérégulations en crises, le déroulement des faits répond toujours à la pression des taux de profit : en hausse on dérégule, en baisse on régule, mais toujours en faveur de l’accumulation du capital, elle-même définie comme le moteur de la croissance. Ce que l’on vit aujourd’hui n’est donc pas nouveau. Ce n’est pas la première crise du système financier et certains disent que ce ne sera pas la dernière.

Cependant, la bulle financière créée au cours des dernières décennies, grâce, entre autres, au développement des nouvelles technologies de l’information et des communications, a surdimensionné toutes les données du problème. L’économie est devenue de plus en plus virtuelle et les différences de revenus ont explosé. Pour accélérer les taux de profits, une architecture complexe de produits dérivés fut mise en place et la spéculation s’est installée comme un mode opératoire du système économique. Cependant, ce qui est nouveau, c’est la convergence de logique entre les dérèglements que connaît aujourd’hui la situation mondiale.

La crise alimentaire en est un exemple. L’augmentation des prix ne fut pas d’abord le fruit d’une moindre production, mais bien le résultat combiné de la diminution des stocks, de manœuvres spéculatives et de l’extension de la production d’agrocarburants. La vie des personnes humaines a donc été soumise à la prise de bénéfices. Les chiffres de la bourse de Chicago en sont l’illustration.

Gaspillage énergétique

La crise énergétique, quant à elle, va bien au-delà de l’explosion conjoncturelle des prix du pétrole. Elle marque la fin du cycle de l’énergie fossile à bon marché (pétrole et gaz) dont le maintien à un prix inférieur provoqua une utilisation inconsidérée de l’énergie, favorable à un mode de croissance accéléré, qui permit une rapide accumulation du capital à court et moyen terme. La surexploitation des ressources naturelles et la libéralisation des échanges, surtout depuis les années 1970, multiplia le transport des marchandises et encouragea les moyens de déplacement individuels, sans considération des conséquences climatiques et sociales. L’utilisation de dérivés du pétrole comme fertilisants et pesticides se généralisa dans une agriculture productiviste. Le mode de vie des classes sociales supérieures et moyennes se construisit sur le gaspillage énergétique. Dans ce domaine aussi, la valeur d’échange prit le pas sur la valeur d’usage.

Aujourd’hui, cette crise risquant de nuire gravement à l’accumulation du capital, on découvre l’urgence de trouver des solutions. Elles doivent cependant, dans une telle perspective, respecter la logique de base : maintenir le niveau des taux de profit, sans prendre en compte les externalités, c’est-à-dire ce qui n’entre pas dans le calcul comptable du capital et dont le coût doit être supporté par les collectivités ou les individus. C’est le cas des agrocarburants et de leurs conséquences écologiques (destruction par la monoculture, de la biodiversité, des sols et des eaux souterraines) et sociales (expulsion de millions de petits paysans qui vont peupler les bidonvilles et aggraver la pression migratoire).

Crise de civilisation

La crise climatique, dont l’opinion publique mondiale n’a pas encore pris conscience de toute la gravité, est, selon les experts du Giec [1], le résultat de l’activité humaine. Nicolas Stern, ancien collaborateur de la Banque mondiale, n’hésite pas à dire que « les changements climatiques sont Lire la suite

Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 12 juin 2010

Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé

Un grand pas a été franchi, vendredi 11 juin, vers la création d’un réseau mondial d’expertise sur la biodiversité, à l’image de ce qui existe depuis 1988 pour le climat à travers le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). A l’issue de cinq jours de négociations, quelque 90 Etats, réunis à Pusan (Corée du Sud) sous l’égide des Nations unies, ont adopté à l’unanimité une recommandation favorable à la création d’une Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES en anglais).

Le faire-part de naissance ne pourra cependant être publié qu’après l’adoption de cette recommandation par l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre, à New York. Si le risque de rejet ne peut être exclu, il semble cependant très mince aux yeux des négociateurs qui, depuis cinq ans, bataillent pour que la préservation de la biodiversité planétaire, l’autre grand défi environnemental de ce siècle avec le changement climatique, puisse être appréhendée à partir des connaissances scientifiques les plus incontestables.

L’idée de cette plateforme, dont l’ambition est d’éclairer les décisions que doivent prendre les gouvernements à un moment où la nature disparaît à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité, est née en 2005, après la publication de l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire.

Ce rapport, réalisé sous l’égide des Nations unies grâce aux contributions de près de 1 400 scientifiques, offrait une vision globale et ô combien inquiétante de l’état des ressources naturelles dont dépendent les sociétés humaines pour leur survie : effondrement des stocks halieutiques, mortalité élevée des récifs coralliens, destruction des grandes forêts tropicales…

La France a été un des premiers pays – et pendant quelques années le seul – à défendre cette idée d’un GIEC de la biodiversité, avant que le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) n’endosse en 2008 le projet et ne réussisse à convaincre les plus réticents. Vendredi à Pusan, la délégation française ne cachait pas sa joie : « La communauté internationale a pris conscience que la préservation de la biodiversité est une pièce indispensable du bien-être de l’humanité », se félicitait Claude-Anne Gauthier de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

L’IPBES, comme le GIEC, sera donc une organisation intergouvernementale dont la mission première sera de fournir aux gouvernements des évaluations et des scénarios sur l’évolution à venir de la biodiversité mondiale. Les pays en développement, où se concentre la plus grande diversité naturelle, ont cependant exigé d’encadrer étroitement le mandat des scientifiques, afin que l’IPBES ne joue pas les donneuses de leçon à l’égard d’Etats peu respectueux de leur patrimoine naturel.

Le Brésil et la Chine se sont ainsi montrés particulièrement offensifs dans la défense de ce qu’ils considèrent comme relevant de la souveraineté nationale : l’IPBES ne pourra ainsi faire aucune recommandation de politique publique. De même, la feuille de route des scientifiques devra être approuvée par Lire la suite

Jardins solidaires à Saint Germain du Puch

sudouest.com, Isabelle Leparoux, le 14 juin 2010

Jardins solidaires à Saint Germain du Puch

L’association Solensemble diversifie ses actions, mais toujours dans l’esprit de solidarité qui la caractérise et qui en est le fondement.

La mise en place de jardins solidaires (et familiaux) en est le dernier exemple. Christine Bruand, présidente, Jean-Marc Briard, vice-président, et Didier Texier, secrétaire adjoint, se lancent dans l’aventure de la terre et mettent à disposition des parcelles à cultiver chemin de Claquin.

 « Nous proposons des parcelles à cultiver pour des personnes qui n’ont pas de jardin ou qui souhaitent un lieu spécifique à la culture. Outre l’idée de consommer sa propre production de fruits et légumes, le but est de créer un lieu d’échanges et de rencontres », soulignent-ils. Pour se retrouver, mais aussi pour partager des idées, échanger des conseils autour d’une culture raisonnée autant en terme d’écologie que de consommation d’eau. »

Des parcelles prêtes

Le terrain de 1 000 mètres carrés, qui appartient à Christine Bruand, est d’ores et déjà prêt à la culture. Des parcelles de 50, 100 ou 150 mètres carrés attendent leurs futurs jardiniers. « La priorité est aux Saint-Germanais mais dans l’esprit de l’association, nous restons ouverts à des gens extérieurs à la commune. »

L’eau est fournie par un puits, stockée dans une cuve de 1 000 litres et sera redistribuée vers des tonneaux individuels, ce qui permettra de raisonner sa consommation.

C’est Didier Texier qui suit le projet et proposera régulièrement des réunions de jardiniers pour se rencontrer, évoquer les difficultés ou tout simplement papoter au milieu de la nature. Un terrain adjacent de 6 000 mètres carrés permettra d’agrandir le potentiel des jardins si nécessaire, et les parcelles peuvent être occupées seul ou à plusieurs – une parcelle étant déjà travaillée par quatre copains.

Pour tous renseignements, Lire la suite

Landes : Le solaire des villes contre le solaire des champs

sud-ouest.fr, Thierry Magnol, le 6 juin 2010

Le solaire des villes contre le solaire des champs

La plus grande installation photovoltaïque de France est en cours de construction à Losse (Landes). En outre, la région pullule de projets du même type (nous avions consacré un long dossier à ce sujet en décembre dernier). Cet engouement pour l’énergie solaire devrait enchanter les défenseurs de l’environnement et les partisans d’un développement durable. Pourtant, c’est exactement le contraire qui se produit. Récemment, Jean-Claude Lefeuvre, président du Conseil national de la protection de la nature dont l’avis est en principe obligatoire, s’est étonné de ces projets « censés être verts et qui ne tiennent aucun compte de la nature ».

D’abord recouvrir les toits

Tout comme il existe une forte opposition à la prolifération des éoliennes, une vive contestation des fermes photovoltaïques est en train de naître. Toutefois, elle n’est pas de même nature car elle émane de partisans convaincus des énergies renouvelables.

La Sepanso (Fédération des sociétés pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest) appartient aux opposants de la première heure. « Mais nous restons de chauds partisans de l’énergie solaire, assure son président, Philippe Barbedienne. Nous pensons seulement qu’avant de s’implanter dans des espaces naturels, il vaut mieux occuper des espaces artificialisés. Tant que tous nos toits ne sont pas recouverts de panneaux, nous estimons inutile d’empiéter sur le foncier. »

Autre argument de la Sepanso : le solaire de plein champ n’aurait pas toutes les vertus qu’on lui prête. Alors que la centrale de Losse permettra d’économiser 16 000 tonnes de CO2 en vingt ans, la Fédération écologiste a calculé que dans le même temps, le défrichement et la masse non stockée de CO2 par la forêt aboutiront à 11 380 tonnes d’émissions. Le bénéfice serait donc moins important qu’on ne le prétend.

Chez les politiques, on commence aussi à s’interroger, à commencer par les Verts. « Le photovoltaïque en pleine nature, c’est un peu comme les biocarburants : une fausse bonne solution, tranche Michel Daverat, conseiller régional aquitain délégué aux associations environnementales. Lors des discussions sur le Grenelle, il avait été demandé de ne pas installer de panneaux sur les terres agricoles. Pour l’instant, il manque un plan d’ensemble, ce qui laisse le champ libre à des projets discutables. »

D’autant plus discutables que dans notre région, le passage de la tempête Klaus a ouvert de nouvelles perspectives. Plutôt que de replanter, les propriétaires sont facilement tentés par des propositions alléchantes d’aménagements photovoltaïques, ce qui ne manque pas d’inquiéter leur organisme représentatif, le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest. « Nous comprenons que la tentation est grande, explique leur secrétaire général, Christian Pinaudeau. Un hectare de pins rapporte en moyenne 100 euros par an sans tenir compte des aléas climatiques.

Aujourd’hui, on leur propose 2 à 3 000 euros par hectare pour installer des panneaux. Comment résister ? En Espagne, il s’est passé la même chose. La surenchère a été telle que le prix des terres agricoles a Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

lesechos.fr, Julie Chaveau, le 28 mai 2010

Grenelle de l’environnement : le bilan critique de Nicolas Hulot

La fondation Nicolas Hulot a publié un premier bilan à la fois positif et critique du Grenelle de l’environnement. Pour l’avenir, elle demande des moyens supplémentaires et souhaite élargir le débat à la politique agricole commune.

Il a pris le temps de la réflexion. Deux semaines après le vote par l’Assemblée du projet de loi Grenelle de l’environnement, Nicolas Hulot, président de la Fondation pour la nature et l’homme, est sorti du silence. Dans une tribune intitulée « Grenelle, merci et encore ! », et publiée dans « Le Figaro », l’animateur délivre une sorte de satisfecit au gouvernement, immédiatement modéré par des critiques sur ceux qui « s’obstinent à opposer les questions sociales, économiques et écologiques ». Simultanément, sa fondation a publié hier un premier bilan des engagements pris dans le cadre du Grenelle, assorti de propositions.

· Bâtiment et énergie.

Si les mesures en faveur du bâtiment sont les plus connues (relèvement des normes de construction dans le neuf, prêts à taux zéro), la Fondation considère que les moyens mis en oeuvre pour accompagner la rénovation thermique des logements anciens sont « limités ». Il préconise la création d’un éco-prêt à taux zéro spécifique pour les propriétaires modestes qui réaliseront des travaux d’isolation, leur permettant de ne rembourser que ce qu’ils auront économisé sur leur facture énergétique. Les experts de la fondation insistent également sur la nécessité de fixer, dès maintenant dans la loi, l’objectif de rendre obligatoire à partir de 2015 la rénovation d’un logement quand il est vendu. L’ONG demande par ailleurs l’annualisation du malus sur les véhicules dont les émissions de CO2 dépassent 130 grammes de CO2 à partir du 1 er janvier prochain.

· Biodiversité.

Si l’inscription de la « trame verte et bleue » (des corridors de nature) dans la loi est jugée positive, le rapport souligne qu’il manque toujours les plans d’action et des outils juridiques pour la mettre en place. En plein débat sur les niches fiscales, la fondation estime qu’il n’existe pas d’instrument économique pour inciter les collectivités locales à préserver la biodiversité alors que le système fiscal actuel pousse plutôt les élus à construire pour dégager des redevances locales nouvelles. Elle dénonce par ailleurs la manière dont le gouvernement a organisé la création de la future agence de la nature par le simple rapprochement de trois organismes publics spécialisés dans la protection des espaces protégés. « Un regroupement pourrait mener à des réductions de moyens dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, alors qu’au contraire il faudrait renforcer leurs moyens. Il y a là un vrai déficit de concertation », souligne le rapport.

· Gouvernance.

Le gouvernement a créé le Comité national du développement durable et du Grenelle de l’environnement. Composé de 80 personnes (dont 11 femmes), de représentants des élus, du patronat, des syndicats des ONG et des associations, il sera chargé de Lire la suite

Dimanches 30 mai et 13 juin : A la découverte des oiseaux nicheurs de la Réserve Naturelle du Banc d’Arguin…

sepanso.org, Communiqué, le 25 mai 2010

A la découverte des oiseaux nicheurs de la Réserve Naturelle du Banc d’Arguin…

La SEPANSO propose toute l’année des sorties nature sur les Réserves Naturelles dont elle assure la gestion. Ouvertes à tous, du naturaliste en herbe au simple amoureux de la nature, celles-ci ne nécessitent aucun effort physique important et se veulent avant tout conviviales et distrayantes.

Au printemps, le Banc d’Arguin s’anime du spectacle des milliers d’oiseaux nicheurs, en particulier l’une des plus grandes colonies de Sternes caugek d’Europe. Deux sorties sont programmées pour vous permettre de les découvrir… les dimanches 30 mai et 13 juin 2010

Horaires : 10 h à 15 h – Prévoir le pique-nique – Tarif : 20 € / 15 € (demandeurs d’emploi, étudiants, – 12 ans, adhérents SEPANSO)

Chèque d’inscription à envoyer à RN du Banc d’Arguin, chemin Petit Bordes, 33260 La-Teste-de-Buch (05.56.66.45.87)

Le programme complet est consultable ici Lire la suite

3e édition des Journées Aquitaine Nature a lieu du 19 au 23 mai. Quinze sites naturels sont à visiter en Gironde

sudouest.fr, Chantal Roman, le 13 mai 2010

Cinq jours pour découvrir la nature

La 3e édition des Journées Aquitaine Nature a lieu du 19 au 23 mai. Quinze sites naturels sont à visiter en Gironde.

Découvertes des dunes et marais d’Hourtin, la petite dernière des réserves naturelles de France, de l’étang de Cousseau, des marais de Bruges… Promenades à pied ou à vélo dans le Parc naturel des Landes de Gascogne, au parc ornithologique, sorties en bateau au banc d’Arguin, visite de la réserve naturelle de Saucats […].

La 3° édition des Journées Aquitaine Nature est proposée par le Conseil régional, du 19 au 23 mai : « Une opération qui cette année se renouvelle et s’enrichit, relève Monique de Marco, vice-présidente de la Région, chargée de l’environnement qui vient de présenter, dans un lieu symbolique, celui du parc ornithologique du Teich, la manifestation, aux côtés de Michel Daverat, conseiller régional.

Ces cinq journées, organisées sur tout le territoire régional vont en effet permettre au grand public, de découvrir, ou de redécouvrir les quatre-vingt sites naturels de l’Aquitaine, dont quinze situés sur le département de la Gironde.

Monique de Marco a justement insisté sur le travail collectif mené par le réseau Aquitaine Nature, créé en 2006-2007 fédérant tous les organismes chargés de préserver la nature. Les Journées Nature vont permettre au public d’entrer dans les secrets d’un patrimoine exceptionnel grâce à la mobilisation des gestionnaires et d’être sensibilisé à la préservation de ces écosystèmes fragiles. Pas moins de quarante animations sont proposées.

Sternes au banc d’Arguin

Cette année, parmi les initiatives, des boucles écotouristiques sont proposées, le temps d’un week-end : « Sur la Gironde, une boucle a été prévue sur le bassin d’Arcachon et le delta de la Leyre. Sur chaque site, nous proposons des visites – parc ornithologique du Teich, domaine de Certes à Audenge, centre du Graoux à Belin-Béliet – avec des étapes gourmandes et d’hébergement sous écolabel. »

Autre visite originale, celle Lire la suite

Vers la sobriété heureuse : interview exclusive de Pierre Rabhi pour la sortie de son livre

femininbio.com, Anne Ghesquière, le 30 avril 2010

Vers la sobriété heureuse : interview exclusive de Pierre Rabhi pour la sortie de son livre

A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi a accepté de nous rencontrer pour nous parler de ce concept enthousiasmant, qu’il applique au quotidien depuis longtemps.

AG – Comment en êtes-vous venu à développer le concept de sobriété heureuse ?

C’est pour moi une conviction ancienne. Quand en 1961, j’ai choisi de partir vivre en Ardèche, c’était déjà une démarche de sobriété. Mais je ne m’en étais pas encore rendu compte. J’agissais naturellement, et la sobriété était en fait incluse dans ma démarche de retour à la terre. C’est pour moi une conviction extrêmement profonde que de vivre simplement pour jouir de la vie et de la nature. J’ai découvert ensuite la décroissance, et ça a été un déclic. La décroissance démontre que l’on court à notre perte puisque nous voulons l’illimité alors que nous vivons dans un système limité. La Terre n’est pas extensible. Il y a donc incompatibilité entre le système et les idées que l’on veut lui appliquer. Les gens ont mal compris la décroissance et pensaient qu’il s’agissait d’un retour en arrière. Pas du tout ! Mais pour présenter l’idée sous un angle plus optimiste, j’ai pensé à la notion de « sobriété heureuse ».

AG – En quoi consiste-t-elle ?

Regardez autour de vous : les gens ne sont pas heureux, car ils veulent avoir toujours plus. C’est le système actuel qui créé cet état permanent de manque. Je pars du principe qu’avec la surabondance, nous ne sommes pas heureux. Aujourd’hui, il y a une performance à réaliser : satisfaire à nos besoins par les moyens les plus simples et les plus sains.

AG – Comment est-ce possible dans une société où nous sommes assaillis par la publicité ?

Il faut être convaincu que dans la sobriété, on trouve la libération. La sobriété est une délivrance par rapport au toujours plus. Il faut que chacun comprenne par soi-même qu’on ne peut pas atteindre la satisfaction permanente puisqu’il est fait en sorte que l’on ne soit jamais satisfait. Aujourd’hui, le superflu est immense, et déséquilibre tout. La sobriété permet de le repérer et de s’en séparer. Je pense que la décroissance est en route, il faut l’accepter et la voir comme une chance.

AG – Quelle place consacrez-vous à la nature dans la quête du bonheur ?

La nature est fondamentale dans la quête du bonheur. Quand on parle de la nature, il faut toujours penser à soi, car l’homme est un mammifère et dépend de la nature. Donc, être attentif à soi, c’est déjà découvrir la nature.

AG – C’est donc par là qu’il faut commencer ?

Disons qu’il faut au moins prendre en compte le fait que l’on comprend la nature en comprenant son corps. Le corps humain est une merveille ! Pensez aux cinq sens, à tout ce Lire la suite

« Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? »le Jeudi 20 mai à 20h30 au Centre Culturel de Créon

MNE Bordeaux-Aquitaine, communiqué, le 12 mai 2010

Le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à un cycle de deux conférences-débat sur le thème de « L’Entre-deux-Mers en 2030 ».

La deuxième de ces conférences-débat publique aura lieu : « Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? »

Avec la participation de deux architectes bordelais spécialistes de l’éco-construction

Marc Lasaygues et Olivier Lehmans

La conférence débat sera précédée de la diffusion d’un film documentaire de Matthieu Lietaert « Vivre en co-habitat »

La première conférence « La construction du paysage et de l’urbanisme dans l’Entre-deux-Mers » a eu lieu le 25 mars à Créon avec la participation de Jean-Claude Hinnewinkel, professeur honoraire de géographie de l’Université de Bordeaux 3 et François Gondran, Directeur du service départemental de l’architecture et du patrimoine de la Gironde. Elle a été précédée de la diffusion d’un film documentaire de Pierre Pommier, « La vigne de Montgirard » qui évoque la vie au fil des jours au cours de l’année 1977 à Cénac, village de l’Entre-deux-Mers à l’est de Bordeaux.

Ville et humanité

En 1800, environ 3 % de la population mondiale vivait en ville, en 1900 près de 14 % et pour une population totale de 6,4 milliard d’urbains, on table sur 70 % en 2030. Avec l’usage intensif des ressources énergétiques fossiles et suivant la formule de l’historien Lewis Mumford, le monde entier est « devenu une ville », ou plutôt, une constellation en réseau de pôles urbains démesurés. Ils forment les nœuds de l’espace économique mondialisé, avec pour finalité l’accélération permanente de la production et de la consommation de biens et de services.

Nous habitons désormais des milieux artificiels, hypersophistiqués, enveloppés d’outils, de claviers, de rues et de places, de réseaux et d’écrans qui, petit à petit, effacent de nos perceptions la présence de la nature et la consistance réelle de la planète. Les relations entre pôles urbains sont devenues aujourd’hui plus déterminantes que les relations entre ces pôles et leurs arrières pays. Cette évolution est en train de faire disparaitre les circuits économiques entre la ville centre et sa campagne périphérique.

Le cocktail que constituent : croissance démographique exponentielle, concentration urbaine, environnement techno-scientifique de plus en plus complexe et fragile, fin de l’énergie bon marché et de nombreuses ressources naturelles, incapacité à contrôler le changement climatique, incapacité à résoudre les injustices sociales (nord/sud comme nord/nord), incapacité à repenser la relation homme/nature… ne comprend-il pas les ingrédients d’une crise écologique et sociale majeure, qui assombrit très sérieusement notre avenir commun ? Pour ne citer que des exemples récents, l’analyse des causes et/ou des conséquences de la tempête Xhyntia, de l’irruption de l’Eyjafjöll ou de la marée noire dans le golf du Mexique ne révèle-t-elle pas les limites de ce modèle de développement ? L’espèce humaine ne serait-elle qu’une espèce invasive tropicale en train de détruire sa niche écologique !?

Flux et reflux des modèles d’urbanisation

Dans l’ensemble que constitue l’agglomération bordelaise, le bassin d’Arcachon, le libournais, le langonnais et le Médoc, il y a ici comme sur tous les territoires plusieurs Lire la suite

Izon : Le naturel revient au galop

sudouest.com, Jean-François Harribey, le 6 mai 2010

Le naturel revient au galop

Le site d’Anglade exploité par la Cemex devient un parc écologique. Il ouvrira ses portes au public à compter du 1er janvier 2011 avec des vaches et des abeilles.

La dernière usine de la Cemex destinée à concasser la grave extraite du site d’Anglade est partie à la ferraille en juin 2009. À sa place, l’exploitant a créé une zone de hauts fonds qui va favoriser la biodiversité de la faune et de la flore. Ses roselières fourniront en quelque sorte le gîte et le couvert à des espèces aussi variées que le héron cendré et l’aigrette garzette, ou le blongios nain, le râle d’eau et la rousserolle effarvatte.

Autrement dit, la gravière qui était exploitée depuis une quinzaine d’années a cessé de livrer son granulat (entre 3 et 4 millions de tonnes). Et aujourd’hui, la nature reprend ses droits. Avec la complicité de l’exploitant et de la mairie qui ont décidé de transformer le site en parc écologique pour recevoir du public.

Plus de 40 hectares

« Le réaménagement du site a été pensé dès sa mise en exploitation », explique Vincent Raynaud, directeur environnement et foncier régional de la Cemex. C’est ainsi que les premiers lieux d’extraction ont donné naissance à l’étang de pêche de Mandron, aujourd’hui loué à Veolia transports. « Au départ, conformément aux accords liés à son exploitation, le site devait être réaménagé en base de loisirs. C’était la mode il y a une dizaine d’années », poursuit Vincent Arnaud. Et puis il y a eu le Grenelle de l’environnement, l’année de la biodiversité et le changement de municipalité en 2008. Le projet initial qui nécessitait la prise en compte d’importants frais de fonctionnement, d’une réglementation draconienne sur la qualité des eaux et des contraintes liées à la sécurité et à la surveillance, a peu à peu dérivé sur l’idée d’un réaménagement plus naturel des 40 hectares du site compris entre la Dordogne et le bourg.

Des radeaux à sternes

Christian Robin, l’adjoint en charge de l’environnement et du développement urbain, porte aujourd’hui le dossier élaboré en étroite concertation avec les élus du nouveau Conseil municipal qui ont fait de l’environnement une de leurs priorités du mandat. Un projet également porté par la Cemex à la recherche de nouvelles aires d’extraction et qui entend laisser une trace positive de son passage à Izon, et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO Aquitaine) qui milite pour la sauvegarde de zones humides sur cet important couloir de migration. Rappelons que la Cemex a développé déjà avec le Muséum national d’histoire naturelle une méthode de suivi scientifique normalisé, dans le but d’évaluer statistiquement l’état initial et l’évolution des milieux, pendant et après l’exploitation de la carrière.

Outre la création de la zone de hauts fonds et de sa roselière, les aménagements en cours porteront sur Lire la suite

Biosphère INFO n° 241, urgence écologique, urgence démocratique

Biosphère INFO n° 241, urgence écologique, urgence démocratique

info à faire circuler sans modération

pour nous écrire, biosphere@ouvaton.org

Ecorev est une revue critique d’écologie politique qui mérite la lecture, d’autant plus que la multiplicité des intervenants permet toujours de trouver du grain à moudre. Voici quelques extraits du dernier numéro paru :

Bruno Latour : Remettre les non-humains au cœur de la politique

C’est quand la nature comme cadre extérieur a commencé à manquer, que l’écologie est devenue de plus en plus visible. L’idée que l’appel à la nature va simplifier ou réorienter la politique n’a donc pas grand sens. Mais par quelle étrangeté de l’histoire a-t-on pu penser que la politique, c’était une affaire d’humains entre eux, lorsque de tout  temps et dans tous les peuples on a toujours eu affaire simultanément aux humains et aux non-humains et que la politique a toujours été aussi une définition du cosmos, une façon de concevoir les liens entre les humains et les non-humains. Après Kyoto et maintenant Copenhague, tout le monde comprend maintenant que les non-humains sont entrés en politique par le truchement de leurs innombrables porte-parole.

Il faut bien comprendre cette idée de porte-parole : cela veut dire qu’il n’y a jamais de rapport simple et direct, mimétique entre celui qui parle et ce dont il parle. En politique classique, les humains parlent par l’intermédiaire de leurs représentants, directs ou indirects. Les scientifiques parlent pour les choses qu’ils sont chargés de représenter dans ces nombreux quasi-parlements qui se sont créés autour de tous les sujets de controverses – le climat, les antennes relais, les éoliennes, le thon rouge, le H1N1, les exemples ne manquent pas. Personne n’a jamais cru que quand les chercheurs disent « les faits parlent par eux-mêmes », ce soit littéralement vrai. Les faits parlent par leur intermédiaire, et les scientifiques sont souvent divisés. On est dans des parlements et c’est un peu la foire puisque tous les porte-parole disent ce que diraient les choses dont ils parlent si elles pouvaient parler !

Il faut donc repenser totalement la fonction politique pour retrouver des règles d’autorité, de procédure, de débats par lesquels nous pouvons décider, en fin de compte, dans quel monde commun nous voulons vivre. Il faut parvenir à clore les controverses tout en acceptant cette multiplication des porte-parole… la décision arrive à la fin, pas au début. Et même après, la discussion continue. Mais on a décidé et on doit pouvoir prendre des mesures, par exemple sur le réchauffement climatique.

Les systèmes autoritaires se préoccupent aussi peu des humains que des non-humains. La crainte d’un autoritarisme fondé sur l’écologie n’est agité que par ceux qui protègent leurs propres positions politiques de toute critique. Le danger ne serait réel que si les écologistes étaient liés à la Nature avec un grand N et qu’ils disaient : « La nature m’a parlé directement, elle veut ceci, donc faites-le ». mais la scène des controverses écologiques montrent exactement le contraire : c’est une extension formidable du « système délibératif » qui donne souvent le tournis. Il nous faut inventer les procédures, les instruments qui permettent de s’y orienter et de retrouver, en fin de compte, un principe d’autorité qui soit légitime.

Hervé Kempf : un capitalisme détaché de la démocratie

Afin de prévenir la réalisation de la catastrophe, Hans Jonas préconise de renoncer à la prospérité au bénéfice d’autres parties de l’humanité et d’adopter la fin nullement reluisante de l’auto modération de l’humanité. Comment, en démocratie, faire ce choix ? Des sacrifices ne sont imaginables que si l’on est inspiré par une vision du long terme. Jonas pensait que « seule une élite peut éthiquement et intellectuellement assumer la responsabilité pour l’avenir », mais il n’excluait pas l’option démocratique, à condition qu’elle soit animée par Lire la suite

Strasbourg va susciter la création de circuits agricoles courts et Les grandes villes soutiennent leur agriculture périurbaine

Les Echos, no. 20666, Didier Bonnet, Philippe Moreau, Emmanuel Guimard, Marie-Annik Depagneux, Paul Molga, le 28 avril 2010

Strasbourg va susciter la création de circuits agricoles courts

La Communauté urbaine de Strasbourg veut créer des circuits agricoles courts pour sauver quelque 200 exploitations et renouer les liens entre l’urbain et le rural.

Près de 10.000 hectares sont actuellement cultivés autour de Strasbourg, soit un tiers de la superficie de la Communauté urbaine (CUS), dont une bonne moitié consacrée à la culture du maïs. Cette agriculture extensive souffre d’une image dégradée, d’autant que les terres cultivables sont menacées par l’urbanisation. Dans le cadre d’une convention avec la chambre d’agriculture, la collectivité veut renverser ce mouvement. Principaux enjeux, sauver ce secteur économique et en assurer la pérennité en lui fournissant des débouchés économiquement viables. « Notre objectif est d’abord économique, indique Jacques Bigot, président PS de la CUS . Ici comme partout, les agriculteurs souffrent de la baisse des revenus, mais nous faisons aussi face à la distorsion de concurrence provoquée par le système social plus favorable aux agriculteurs allemands, nos voisins immédiats. »

Pour atteindre ces objectifs, l’agriculture locale et la collectivité doivent toutefois s’entendre. La convention passée entre la CUS et la chambre d’agriculture prévoit ainsi un changement d’attitude des pouvoirs publics vis-à-vis des terres en culture qu’on ne doit plus considérer comme de simples réserves foncières pour l’urbanisation. Charge à l’agriculture de proposer des cultures les plus favorables à l’environnement -les surfaces « bio » sont trois fois inférieures dans la CUS que la moyenne régionale –et de s’adapter à la demande urbaine de produits sains, locaux et abordables.

Prendre une place visible

Par exemple, le maraîchage et les cultures vivrières, devenues marginales sous l’effet de la PAC, doivent reprendre une place visible : « Nous prévoyons de les tripler d’ici à dix ans », annonce Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg chargée de l’environnement. Pour favoriser la distribution de ces produits, la CUS prévoit de favoriser leur vente directe via les marchés ainsi que dans un ou des lieux dédiés, au centre de l’agglomération, sans oublier la fourniture des cantines scolaires.

Grâce à ce partenariat avec le monde agricole, l’agglomération espère à la fois sauver un secteur économique en grande difficulté, alimenter les consommateurs avec des produits locaux, et modifier les abords de la ville pour en refaire un grand jardin débarrassé des pollutions agricoles, sans bannir pour autant les grandes productions céréalières. Si la convention entre la CUS et la chambre d’agriculture prévoit une feuille de route méthodique, restera à résoudre un souci majeur : les agriculteurs allemands gagnent des parts de marché considérables grâce à leurs tarifs bien plus bas et leur image bien plus verte qu’en France

Les grandes villes soutiennent leur agriculture périurbaine

La capitale alsacienne n’est pas la seule à se soucier de son environnement agricole proche. D’autres grandes villes se sont lancées dans des actions similaires.

« Il ne faut pas accepter de laisser la crise détruire des pans entiers de l’agriculture européenne au nom de la réalité du marché », déclarait en début de semaine à Copenhague le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos . Nombre de grandes villes françaises n’ont en tout cas pas attendu ce discours pour Lire la suite

L’Europe épingle la chasse dans les sites Natura 2000

sudouest.fr, Jean-Michel Desplos, le 30 avril 2010

L’Europe épingle la chasse dans les sites Natura 2000

Un arrêt de la Cour de justice européenne condamne la France pour avoir affirmé que la pêche et la chasse n’étaient pas des activités perturbantes.

L’inquiétude est forte chez les chasseurs. Dans les assemblées générales des fédérations qui se tiennent partout en France, le sujet revient sur toutes les lèvres. La semaine dernière, les spécialistes de la chasse au gibier d’eau de la Gironde se sont réunis dans la commune du Porge pour dénoncer la décision des « cravatés » de Luxembourg, siège de la Cour de justice européenne. En ligne de mire, les magistrats de l’Union européenne qui, le 4 mars 2010, ont condamné la France pour manquement de la directive 92/43 CEE, dite « habitats, faune, flore » sur les zones classées Natura 2000.

L’arrêt a mis le feu aux poudres. Parmi les griefs soulevés, la Cour estime que la France a affirmé, de manière un peu trop formelle au regard du Code de l’environnement, que « la chasse et la pêche et les autres activités aquacoles et cynégétiques ne constituent pas des activités perturbantes ou ayant de tels effets ».

La France, épinglée, est considérée hors de l’esprit Natura 2000. La copie est donc à revoir urgemment. À ce jour, les chasseurs, comme les pêcheurs, craignent pour leur avenir. « Une interdiction de la pratique sur ces zones serait prise comme une déclaration de guerre contre la chasse mais aussi contre la biodiversité entretenue par tous les acteurs que sont les chasseurs », assure Henri Sabarot, président de la fédération départementale des chasseurs de la Gironde. « Nous tiendrons le porte-plume dans les comités de pilotage où sont établis les documents d’objectifs, les fameux Docob », confie Jésus Veiga, directeur de la fédération girondine. Une fois approuvés, les Docob orientent la gestion des sites par les représentants des collectivités territoriales pour une durée de trois ans.

Pas d’interdiction

« L’exécution de cet arrêt ne remet en cause ni la pratique de la chasse, ni celle de la pêche dans les sites Natura 2000, ni les modalités de gestion du réseau Natura 2000 », s’empresse de préciser Gilbert Tarozzi, chef du bureau des milieux naturels et de la biodiversité à la Direction départementale des territoires et de la mer à la préfecture des Landes.

Tous les préfets ont, en effet, reçu la semaine dernière une instruction ministérielle d’Odile Gauthier, directrice de l’eau et de la biodiversité, stipulant que « si l’exécution de l’arrêt de la Cour impose de supprimer la phrase litigieuse à l’article L. 414-1 du Code de l’environnement, elle ne conduira aucunement à interdire la pratique de la pêche et de la chasse dans les sites Natura 2000 ».

Une réflexion interministérielle est d’ailleurs menée depuis quelques jours, en concertation avec la Fédération nationale des chasseurs, afin de déterminer Lire la suite

Dominique Bourg : « La nature est devenue abstraite pour l’homme »

terra-economica.info, Karen Bastien, avril 2010

Dominique Bourg : « La nature est devenue abstraite pour l’homme »

Interview – SERIE : QUEL AVENIR POUR LA BIODIVERSITE ? 1/5

Cela fait 2 000 ans que l’homme croit vivre dans un immense décor, où il peut puiser sur les ressources naturelles sans compter. Le philosophe Dominique Bourg nous explique les origines religieuses et culturelles de cette relation distanciée entre l’homme et la nature.

Si l’on vous dit que vous faites partie intégrante de la biodiversité au même titre que l’oursin, le pivert, le poisson-lune, la hyène, le géranium ou l’ortie, ça vous chiffonne, n’est-ce pas ? Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas le (la) seul(e). Cela fait plus de 2 000 ans que ça dure. La faute à l’Homo sapiens qui a toujours cherché à s’émanciper de la tutelle de la nature, en la dominant, en la domestiquant et en l’exploitant. L’homme a si bien réussi qu’il est aujourd’hui contraint de prendre en charge des régulations autrefois naturelles : tenir la comptabilité des gaz rejetés dans l’atmosphère, protéger la pureté des nappes phréatiques, sauvegarder des espèces animales et végétales… Il est devenu « comptable de ses propres conditions naturelles d’existence et du sort des générations futures », comme le souligne le philosophe Dominique Bourg. Comment en est-on arrivé là ? Réponses avec ce spécialiste des questions de philosophie politique et de durabilité, membre actif du comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot et ancien vice-président d’une commission du Grenelle de l’environnement.

Depuis janvier, la biodiversité agite colloques et sommets internationaux, s’invite à la une des journaux. Pourquoi faut-il décréter une année internationale pour s’intéresser à la nature ?

Car nous entretenons depuis longtemps une relation distanciée avec elle. Nous n’avons pas l’impression d’en dépendre, nous continuons à supporter l’image d’une nature décor. Ce n’est que lorsque le baril de pétrole atteindra des sommets ou que nous manquerons d’eau que nous réaliserons ce que signifie de piller les ressources naturelles. Les services écologiques que nous rendent les écosystèmes sont aujourd’hui dégradés pour 60 % d’entre eux. Et à consommation constante, les réserves connues d’or, d’argent et de palladium s’élèvent à une quinzaine d’années. Le mot « nature » est lui-même en crise. Que recouvre-t-il ? Le pétrole, l’eau, le renard, le changement climatique, la plage ? Dans nos têtes, c’est un kaléidoscope de tout cela. Des années de célébration comme 2010 ont le mérite de remettre cette nature au centre de nos préoccupations. C’est sûrement nécessaire car nous ne prenons jamais conscience des choses de façon progressive. Il faut choquer, bousculer. 

Selon les spécialistes, nous serions au tout début d’une extinction de masse provoquée par l’homme. Le taux d’extinction actuel est 10 000 fois supérieur au taux naturel. Mesurons-nous ce qui est en train de se dérouler ?

Difficile à dire car la nature est en partie devenue abstraite à nos yeux. Elle n’est plus de l’ordre du sensible. Nous sommes en effet incapables de percevoir par nos sens les grandes dégradations que nous lui infligeons, par exemple Lire la suite

Le réveil d’un volcan islandais : une poussière dans l’œil de la mondialisation et une occasion exceptionnelle pour la relocalisation !

mouvementutopia.org, communiqué, le 19 avril 2010

Le réveil d’un volcan islandais : une poussière dans l’œil de la mondialisation et une occasion exceptionnelle pour la relocalisation !

Un phénomène naturel aura montré la fragilité de l’organisation mondiale du système économique fondé sur les échanges internationaux.

Cette « crise » éphémère préfigure ce que nous promet la fragilité d’un système d’échanges reposant sur l’exploitation sans limite du pétrole, ressource naturelle pourtant limitée. Elle révèle une nouvelle fois l’aveuglement et le court termisme d’un modèle économique mondialisé dont le seul moteur est le profit immédiat en même temps qu’elle nous donne à réfléchir sur le sens de cette organisation productiviste.

Fabriquer et produire loin au moindre coût, dans un système d’échange fondé sur la délocalisation,  n’est possible qu’en sous évaluant le coût réel et global du transport, et en exploitant le déséquilibre économique et social entre pays producteur et pays consommateur.

Une part importante des échanges internationaux se fait par voie aérienne.

Il s’agit principalement des produits à forte obsolescence : les fruits, les légumes, les fleurs…

Sous l’effet de la suie, les roses et les haricots verts devront patienter au Kénya avant de retrouver nos étals de marchés.

Les conséquences mondiales d’un tel système sont désastreuses !

La délocalisation a totalement déstructuré les économies locales. Au delà de la casse industrielle dont sont victimes les ouvriers des bassins de production, elle est à l’origine de la paupérisation des peuples du sud privés volontairement de leurs moyens de subsistance.

70% des habitants de bidonvilles péri-urbains sont d’anciens paysans qui forment la masse corvéable des nouvelles usines ou champs de production agricoles du monde.

Plus, plus loin, moins cher, plus souvent, plus vite !

Un nuage de suie et ce sont plus de 16.000 vols qui sont annulés et 7 millions de passagers bloqués.

200 millions de dollars de pertes journalières pour les compagnies aériennes, et aussitôt une demande de soutien public autorisée par l’union européenne ! Face à ce constat nous ne soutiendrons pas les amoureux des safaris et autres plages exotiques qui auront dû « patienter » quelques jours avant de retrouver le soleil printanier de l’Europe. Un comble pour ces inconditionnels du consommer vite, loin, pas cher !

Cette logique est celle d’un système de croissance économique reposant sur la consommation et l’assouvissement immédiat de « désirs » devenus des « besoins » pour le seul bénéfice immédiat d’une minorité.

Ce volcan islandais pourrait ainsi être un bon augure.

Au delà du signal pédagogique qui préfigure l’ère de l’après pétrole, la pollution induite par ce phénomène naturel sera Lire la suite

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

MNE Bordeaux-Aquitaine, Communiqué, le 19 avril 2010

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

I. L’Université nomade d’Aquitaine

1.) 15 janvier – Une conférence-débat à l’IJBA (Institut de journalisme de Bordeaux) [150 participants] avec Marie Monique Robin, journaliste, cinéaste et écrivain sur le thème de « Ecologie et journalisme d’investigation » en partenariat avec Greenpeace Bordeaux et une diffusion du documentaire « Le Monde selon Monsanto » au cinéma l’Utopia de Bordeaux [180 participants] suivi d’un débat avec MM Robin

2.) 4 février et 4 mars – Deux ateliers pratiques écolo au Jardin botanique de Bordeaux [55 participants] sur le thème « Ecologie et numérique » avec Michel Lesbats, enseignant chercheur en biologie, et Anne-Sophie Novel, doctorante en économie politique

3.) 3 avril – Une conférence-débat au cinéma le Festival à Bègles [80 participants] en partenariat avec la municipalité sur le thème « L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ? » avec 4 universitaires : Dominique Prost, Enseignante-chercheuse en géographie, Martine Alcorta, enseignante-chercheuse en psychologie, Charlie Grandjeat, enseignant-chercheur en littérature nord-américaine et Catherine Thomas, enseignante-chercheuse en océanographie

4.) 20 mars, 10 et 24 avril Trois conférences-débats à Cap-Sciences Bordeaux « Changements climatiques et énergie » [80 participants] :

« Le changement climatique : pas plus de 2° C », par Jean-Yves Rossignol, Ingénieur-consultant

« Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 », par Gilles Drogou des Amis de la terre

« Crise climatique et énergétique : la taxe carbone peut-elle être une réponse appropriée ? », par Jean Sireyjol, association TACA

5.) 16 mai – Une conférence débat à Mérignac sur le thème « Environnement et nouvelles solidarités » [50 participants] en partenariat avec les associations des Amis Aquitains des semaines sociales de France et Pratiques et dialogues. Après une présentation des enjeux climatiques, énergétiques, écologiques et sociaux par Jean-Yves Rossignol, 4 ateliers ont travaillés sur les thèmes de agriculture / consommation, énergie/habitat, déplacements et formation/insertion avant une restitution des ateliers

6.) Quinze émissions de radio sur la Clé des ondes en partenariat avec Chiche ! Bordeaux [ 3 000 auditeurs cumulés estimés] :

La MNE Bx Aquitaine

AutoCool/L’autopartage

TACA/Changement climatique et taxe carbone

Greenpeace et Vigilance OGM/Les OGM

Droits du piéton 33/Journée de la courtoisie

CATA/Projet collectif d’achat de terre agricole

Débat Ecologie et libertés publiques

Maisons paysannes 33/L’habitat rural

Vélo Cité/Jeu concours mes courses à vélo

Récup’R/Projet de recyclerie / ressourcerie

ICARE/Le jardin d’inspiration médiévale de Gradignan

H’Nord/Le projet d’Ecoquartier de Bordeaux Bacalan

Séphir/La barre d’outil Ecolo-info

SEPANSO 33/Les nouveaux OGM

L’agenda 21 des familles de Bordeaux

7.)1er avril, 6 mai, 3 juin et 1er juillet – Quatre cours au Jardin botanique de Bordeaux « Petite écologie de l’homme et de ses techniques »  [80 participants] avec Michel Lesbats

La main de l’Homme et ses techniques – Evolution des risques techniques de l’Homme préhistorique à nos jours

Autopsie d’un accident / Les mots des maux, les mots du risque – Définitions et polysémie des termes du domaine des risques d’origine technique

Citoyenneté et culture du risque – La participation des citoyens à la Gestion des risques techniques

Table ronde et débat sur la concertation et la démocratie écologique : « Echanges entre les acteurs locaux du Grenelle » suivi d’un Apéros’Ecolos (ex GreenDrinks)

8.) 16 au 25 mai – Sept conférences-débats lors du Salon de l’environnement de Bordeaux [150 participants] :

Au fil des Séounes/Abeilles et frelons asiatiques

CREAQ/Les aides à l’éco-habitat (2 interventions)

AutoCool/L’auto-partage

Achillée et ciboulette/Le compost

Achillée et ciboulette/Le purin d’ortie

Le collectif réduisons nos déchets en Aquitaine/La prévention des déchets

La MNE Bordeaux-Aquitaine/L’Université populaire de l’environnement

9.) 27 mai –  Une conférence-débat à l’IJBA « Quelle Europe pour la planète ? » [50 participants] avec les représentants des principales listes aux Européennes : Europe écologie, Front de gauche, NPA, PS et UMP/NC (Le Modem n’avait pas répondu à l’invitation)

10.) 27 et 28 juin – Deux conférences-débats à Nérigean (Libournais) dans le cadre du marché paysan du Château  Fourton-La Garenne (vignoble en maraîchage biologique) [55 participants]

« Libournais 2020 : quelle agriculture et quelle alimentation voulons-nous ? » avec Philippe Roudié – Professeur émérite de géographie et Jean-Pierre Leroy – Syndicaliste – Confédération paysanne

« Crises climatique, écologique, énergétique… quel rôle pour les associations environnementales ? » avec CATA, Achillée et ciboulette, Auto Cool et la MNE Bordeaux-Aquitaine

11.) Du 24 septembre au 4 novembre, mise en place d’un « module d’appui au développement associatif et aux porteurs de projets », premier cours le jeudi 24 septembre à 18h15 à la MNE Bordeaux-Aquitaine : « Le suivi évaluation dans les projets associatifs ». 5 cours du jeudi 1er octobre au mercredi 4 novembre à 18h30 à l’Athénée : « L’amélioration des moyens de communication des associations ». Ouvert à tous et gratuit, sur réservation.

12.) Du vendredi 25 au dimanche 27 septembre, Salon Viv’Expo à Bordeaux Lac avec des conférences-débat et la participation de nombreuses associations environnementales : AutoCool, Greenpeace, H’Nord, ICARE/Jardin de Pierral, MNE Bordeaux-aquitaine, Réseau des mille-pattes, SEPANSO, Solar Rives de Garonne/Ecocentre de Gironde, Surfrider Foundation…

13.) 7 et 15 octobre et 4 novembre à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres – « Crise climatique, énergétique, écologique…, état des lieux » avec Gilbert Haumont, universitaire, « Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 » avec Gilles Drogou des Amis de la terre et « Vers une révolution des transports » avec Simon Charbonneau, Universitaire

14.) Le vendredi 9 octobre à 21h00, Salle du Foyer Municipal d’Arbis (7 km de Targon), « Crise climatique, écologique et des ressources naturelles : quelles conséquences pour l’Entre-deux-Mers ? » avec Gilbert Haumont, enseignant à la Faculté  de Pharmacie de l’Université de Bordeaux 2. Manifestation dans le cadre du Colloque 12 « De Benauge à Verdelais » organisée par les Amis du château de Benauge, l’Association des Amis du Musée de l’Art Religieux de Verdelais et le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers (CLEM) à Arbis, Benauge et Verdelais les 9, 10 et 11 octobre 2009

15.) Lundi 16 novembre – Conférence débat avec diffusion du film documentaire Live-bicycle sur « La mobilité urbaine » organisée par le PUMA (Pôle alternatif des Mobilités urbaines) : Vélo Cité, AutoCool, Droits du piéton 33, AIR…à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres

16.) Début 2010 une conférence débat sur « La transition » à la Communauté urbaine de Bordeaux jeudi 11 mars avec Pierre Radanne et Simon Charbonneau, deux conférences débat sur « Urbanisme, paysage, architecture dans l’Entre-deux-Mers… » la première à Créon le jeudi 25 mars, un Concert pour le climat à Bègles le jeudi 1er avril et une conférence sur « Climat et viticulture » à Montagne-Saint-Emilion le jeudi 6 mai

II. Soutien de l’UPE aux actions d’adhérents de la MNE et de partenaires

Du 12 au 27 septembre : Quinzaine de l’écologie en Agenais, Samedi 12 à 20h30  « Mieux comprendre les OGM » par Christian Vélot, Dimanche 13  à 10h30 « De jardin en jardin », Mercredi 16 à 20h00 « Nos enfants nous accuseront » Ciné/ débat, Vendredi 18 à 20h00 « Les papillons, indicateurs de bonne santé écologique », Dimanche 20 à partir de 8h30 « Ecorurale des Séounes » à la Sauvetat de Savères, Mercredi 23  à 19h30 « La taxe carbone » Conférence-débat avec TACA et Dimanche 27 à 14h00 « Visite d’une maison écolo » à Pennes d’Agenais.

Le mercredi 16 septembre à 19h30, Conférence-débat avec Hervé Le Treut, membre du GIEC, à l’Athénée municipale de Bordeaux organisée à l’occasion des 40 ans de la SEPANSO Aquitaine.

Du 28 septembre au 2 octobre 2009 « Stage chaux » et du 16 au 20 novembre « Formation à la restauration écologique dans le bâtiment ancien » organisé par l’Ecocentre de Gironde à Toulenne près de Langon.

Le vendredi 2 octobre manifestation du Collectif 33 Copenhague 09 à la gare Saint Jean de Bordeaux

Le dimanche 4 octobre « Picnic sans carbone » à partir de 12h sur les quais au Parc des Sports en face de St Michel (à coté du Pont de Pierre). Ce picnic doit nous permettre de rassembler le plus grand nombre de citoyens désireux d’agir pour protéger le climat. Ceux qui aiment Taca viendront en vélo et les rangeront en forme de 3 5 0 pour la traditionnelle photo, et cette fois nous l’espérons, l’objectif atteint de 350 vélos. Nous souhaitons organiser des vélo-bus, regroupement de cyclistes pédalant ensemble, convergeant  le dimanche matin depuis les 27 communes de la CUB vers le lieu du picnic à coté du Pont de Pierre.

Samedi 24 octobre – Manifestation du Collectif Copenhague au lion bleu sur la rive droite « 350 idées pour la planète »

Le vendredi 6 novembre un film-débat à l’Utopia de Bordeaux « Le syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot avec le Collectif associatif Gironde Copenhague 09

Jeudi 10 décembre à 19h00 à l’Athénée municipal de Bordeaux avec la Confédération Paysanne de Gironde Conférence-Débat sur le thème : Agriculture et changement climatique. Comment assurer une production agricole répondant aux besoins des populations, dans un climat bouleversé,  tout en minorant radicalement les dégagements de gaz à effet de serre ?

samedi 12 décembre – Manifestation « Ni nucléaire, ni effet de serre » de 11h00 à 12h00 au miroir d’eau sur les quais face à la Bourse à Bordeaux avec TchernoBlaye, à partir de 12h00 déambulation festive dans Bordeaux avec une Batucada, musique brésilienne, tout le monde habillé en bleu, avec chapeau et lunette de soleil, vers 14h00 arrivée de la vague bleue au grand théâtre, place de la comédie, ou l’association TACA sera présente du samedi de midi à minuit. Veillée climatique sur place : amenez des pots de yaourts en verre peints en bleu pour poser des loupiotes (fournies par TACA), musiciens et chanteurs bienvenus pour réchauffer ceux qui vont veiller pour le climat sur les marches du théâtre comme beaucoup d’autres groupes à travers le monde (350.org, tck tck tck, …). A 19h regroupement des jeûneurs volontaires en soutien des militants de Climate Justice Fast en grève de la faim pour le Climat depuis le 6 novembre.

II. Le blog de la MNE https://mneaquitaine.wordpress.com/

Il fonctionne depuis août 2008 et propose 2 200 articles et 230 adresses de Sites Internet et de blogs dont 120 Aquitains

En 20 mois, près de 300 000 pages ont été consultées par environ 120 000 visiteurs, nous estimons qu’environ 50 % des visiteurs sont Aquitains.

1. TOP 25 des articles depuis 20 mois

Thermographie aérienne infrarouge de la CUB                                10 351

Le tracé sud de la future LGV Bordeaux –                                        10 273

Thermographie aérienne des 27 communes de la CUB                 9 199

La MNE Bordeaux-Aquitaine                                                             7 894

Ligne grande vitesse en 33, 40, 47 et 64                                          4 277

Communauté urbaine de Bordeaux : Isolez                                                 2 630

Langon : ouverture d’un supermarché bio                                        2 549

Centrales photovoltaïques au sol : la crainte de la trame grise       1 998

PAC : La France redistribue et dévoile les aides                             1 679

Appel à la création d’une ressourcerie /                                           1 647

Eco-PTZ : l’éco-prêt à taux zéro pour éc                                         1 499

La grande distribution s’empare du commerce équitable                1 367

Liste des 12 marchés bio et 78 magasins bio d’aquitaine              1 193

EnR : développement de l’énergie solaire                                        1 176

UPE – L’Université nomade d’Aquitaine                                            1 148

Formation à l’agroécologie en Ardèche av                                                   1 065

Eco-prêt à taux zéro et crédit d’impôt «                                             1 051

NON aux LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeau                                1 020

Recycleries & Ressourceries : réseau                                            985

« Home » : Yann Arthus-Bertrand rend-il tr                              944

Soustons (40) : Une ferme photovoltaïque                                       904

Huitres du bassin : Du test de la souris                                            848

Bon ap’ avec l’Amap de Mérignac                                                    834

Transports de la CUB : Keolis préféré à                                          779

Toilettes sèches : soulagez l’environnem                                        747

2. Visite sur les sites et blogs des adhérents depuis le blog MNE depuis 20 mois

colibri33.fr                                                      429

collectif.terres.free.fr                                     427

maisons-paysannes.org                                418

recupr.org                                                      383

pagesperso-orange.fr/federation.sepan…    374

creaq.org                                                       284

lesptitsgratteurs.blogspot.com                      278

asso.burdivega.free.fr                                   269

itinerancesculturelles.asso.fr                        262

greenpeace.org/france                                  252

collectif-dechets-girondin.com                      246

sephir.org                                                      201

belcier.eco.quartier.free.fr/sommaire…        177

hnord.org/doku.php                                       169

velo-cite.org                                                   161

taca.asso-web.com                                      147

aramaquitaine.fr                                            141

autocool.fr1                                                    139

CNAR environnement : 9 fiches pratiques à destination des associations environnementales

CNAR environnement, avril 2010

En 2009, le CNAR Environnement a réalisé 9 fiches pratiques synthétiques. Vous y trouverez des conseils, des éclairages, des pistes à creuser, concernant la gestion de l’emploi et de l’activité des associations en environnement.

Les sujets traités dans ces fiches sont :

 Fiche 1 : « Une analyse du profil économique et financier d’une association d’éducation à l’environnement »

 Fiche 2 : « Mettre en place des outils de gestion au sein d’une association d’éducation à l’environnement »

 Fiche 3 : « Une démarche pour accompagner un réseau associatif dans la mise en place de référentiels communs de gestion »

 Fiche 4 : « Pour une gestion associative pérenne dans le secteur de l’environnement : l’enjeu de la constitution de fonds propres et de réserves »

 Fiche 5 : « La valorisation comptable du bénévolat associatif dans les associations de protection de la nature et de l’environnement »

 Fiche 6 : « Un test d’auto-évaluation pour évaluer des associations ou des projets de créations d’emploi dans le domaine de l’environnement »

 Fiche 7 : « Une démarche d’animation territoriale pour la création d’emplois dans l’environnement »

 Fiche 8 : « L’emploi associatif dans le secteur de l’énergie : enjeux, structures et activités »

 Fiche 9 : « L’analyse financière dans les associations de l’environnement : quelques repères et préconisations »

L’ensemble des acteurs de l’environnement, et notamment les associations de l’environnement, trouveront dans ces fiches de nombreuses informations et de nombreux conseils qui leur seront, nous l’espérons, fort utiles.

Le CNAR Environnement est animé par un collectif national d’organismes agissant dans le secteur de l’environnement :

• le Comité de Liaison Energies Renouvelables, www.cler.org

• France Nature Environnement, www.fne.asso.fr

• le Réseau Ecole et Nature, www.ecole-et-nature.org

• les Réseaux Territoires Environnement Emplois, www.reseau-tee.net

• l’Union nationale des Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement, structure porteuse du CNARE au nom du collectif coordinateur, www.cpie.fr

Ses missions ?

Mobiliser les acteurs de Lire la suite

Serge Orru – L’écologie va réinventer la politique et la politique va réinitialiser l’écologie.

lexpress.fr, Serge Orru, le 6 avril 2010

Flagrant état d’hybridité de l’écologie avec la politique

L’écologie va réinventer la politique et la politique va réinitialiser l’écologie.

La chronique de Serge Orru, du WWF.

Autrefois dédaignée et souvent raillée, l’écologie est aujourd’hui un argument électoral, un véritable sujet de société. L’écologie atterrit en politique et se retrouve tant aimée ou vilipendée. Elle butine à gauche, elle butine au centre et butine à droite. Elle est verte, rose, bleue. Chaque parti politique offre opportunément ses arguments environnementaux. Mais pourquoi ne reste-t-elle encore qu’une simple variable d’ajustement dans une France qui se hâte lentement vers sa transformation verte. L’écologie ne peut rester en ballottage car elle est la problématique d’émancipation de l’homme au XXIe siècle.

L’actualité montre que la politique et l’économie se sont engouffrées dans l’écologie. Car c’est un atout pour gagner des voix en proposant la prospérité verte.

L’écologie non politique, celle des naturalistes, ne dérange guère de monde, et est hélas ignorée. On aime les baleines et les pandas, mais dès que l’on évoque les émissions de gaz à effet de serre, les déchets nucléaires, les OGM, les incinérateurs, le tout-routier, l’agriculture intensive et ses pesticides, le lien environnement-santé, l’écologie devient alors trop visible voire agaçante et gênante. Car elle demande des changements rapides et radicaux. Face aux récents reculs, les écologistes restent déterminés et toujours impatients.

Les enjeux sont toujours là. Les enjeux, justement… le plus connu, le péril climatique, est remis en question malgré l’avis de milliers de scientifiques que d’aucuns transforment pernicieusement en comploteurs… Et quand bien même les écologistes se tromperaient-ils… serait-ce une raison pour continuer à dilapider notre patrimoine naturel et dévorer la biodiversité de notre unique planète bleue comme une orange ? Une raison pour éventrer les forêts boréales de la Colombie Britannique pour en extraire des sables chargés de pétrole ? D’applaudir des deux mains la fonte des glaces qui permettra d’aller puiser d’autres ressources ? Combien de temps resterons-nous fossiles dans ce monde fini à l’inconscience infinie…

Ce que propose l’écologie n’est pas une punition. Ni une contrition face à l’apocalypse. Il s’agit de revoir le sens du progrès, de nos vies et celles des générations futures. L’écologie politique connaîtra l’âge de raison. Aujourd’hui, c’est une période plus instable qui s’ouvre. Place à son adolescence et à sa créativité bouillonnante. Mais l’écologie est entrée dans la Cité et dans les consciences. Elle n’en sortira plus. N’en déplaise aux rois du carbone.

Progressivement, l’écologie politique sera intégrée dans les programmes des partis politiques avec la même force que Lire la suite

Fondation Nicolas Hulot, Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Fondation Nicolas Hulot, Cécile Ostria Directrice générale de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, lettre ouverte, le 30 mars 2010

Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Cher-e-s ami-e-s,

En 2007, vous avez signé, comme 750 000 Français le Pacte écologique porté par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. Votre mobilisation sans précédent a permis d’obtenir l’engagement de Nicolas Sarkozy, de 9 autres candidats à la présidentielle, et de plus de 400 députés et sénateurs de faire de l’environnement une priorité de l’action publique. Des avancées concrètes ont été obtenues : création d’un n°2 du gouvernement en charge du développement durable, les conclusions du Grenelle de l’Environnement et le vote à l’unanimité de la loi Grenelle I… qui ont suscité beaucoup d’espoir.

Le Pacte Ecologique n’est plus respecté

Avec le Grenelle de l’Environnement, nous pensions le constat partagé, nous pensions pouvoir nous concentrer sur la recherche de solution, il n’en est rien. Les mots clefs des années à venir sont désormais exclusivement la compétitivité, l’emploi, la santé comme si toutes ces problématiques ne dépendaient pas profondément de l’état de notre environnement. Le développement durable n’est décidément pas l’axe structurant de l’ensemble des politiques publiques. C’est au mieux un axe parmi d’autres : l’économie, le social, l’agriculture, la culture. Au pire, un axe opposé aux autres. Le discours dominant redevient celui d’il y a plusieurs années : la réponse aux défis écologiques est de nouveau systématiquement opposée à la compétitivité économique et à la protection des emplois. L’environnement redevient un simple enjeu électoral, une variable d’ajustement. Ce n’est pas l’esprit du Pacte écologique.

Il nous faut changer de modèle économique, poser les bases d’une croissance sélective, ancrées sur la préservation et un meilleur partage des ressources naturelles. Les emplois, la compétitivité des entreprises, sont menacés par les crises environnementales. La raréfaction des ressources énergétiques, la destruction des écosystèmes vont accentuer la vulnérabilité des plus faibles d’entre nous, fragiliser nos économies et nos démocraties et générer de nouvelles sources d’affrontements. C’est ce que n’ont pas compris la plupart des responsables politiques et économiques.

Une suspension nécessaire pour plus d’efficacité

C’est pourquoi, la Fondation Nicolas Hulot décide de suspendre sa participation aux groupes de travail mis en place par le gouvernement jusqu’à ce que des décisions fortes remettent le développement durable au cœur des politiques publiques. Depuis 3 ans, Lire la suite

Positionnement de la SEPANSO sur les LGV

sepanso.org, Pierre Delacroix, Président d’Honneur de la SEPANSO, le 19 mars 2010

Positionnement de la SEPANSO sur les LGV

1.- Rappel historique

Le développement du système TGV date des années 70. A cette époque, le lancement du système avait un double but :

– D’abord, irriguer le territoire national par un réseau modernisé de chemin de fer, s’inscrivant dans une perspective volontariste d’Aménagement du Territoire.

– Ensuite, mettre ce réseau en position d’alternative à la tentation de développement d’un Réseau aérien qui aurait mis les principales métropoles du territoire national à quelques heures de la capitale. Comme on le voit, c’est une vision « hyper-centralisatrice », celle qui a dominé pendant le XIXe siècle et les trois quarts du XXe siècle.

Ces deux finalités ont eu pour effet, par leur logique de modernisation et d’aménagement du territoire, de conduire les écologistes des décennies 70-80 à juger « acceptable » le système TGV, malgré les problèmes déjà perceptibles et déjà analysés à l’époque.

Géographes et économistes discutent encore du résultat de la première option. Elle a été reconnue comme positive de façon générale, à partir des hypothèses de départ, et ce n’est que quelques décennies plus tard (disons en gros à partir de 2000) que le principal effet négatif a été mis en évidence, un effet lié très étroitement au facteur vitesse. Comme prévisible, le système a polarisé positivement les extrémités des lignes : en général, des métropoles régionales, aux dépens des pôles urbains intermédiaires sur lesquels les lignes, par définition, faisaient l’impasse.

Tout autant pour des raisons de capacité des lignes que de sécurité, la grande vitesse à la française (>250 km/h) ne supporte pas le partage des lignes avec des convois lents, malgré les affirmations de ses défenseurs. Il n’existe aucun cas de ce genre en France. Cela ne serait possible qu’avec des vitesses telles que celles pratiquées par nos voisins européens. Cette vitesse élevée impose également une distance de séparation des voies[1] un peu plus importante que sur les lignes classiques afin de limiter les effets de souffle lors des croisements. Ceci a conduit à vouloir créer systématiquement des lignes nouvelles dédiées à la grande vitesse plutôt que de réutiliser le réseau existant.

Compte tenu des contraintes de pente et de courbure imposées par la grande vitesse d’exploitation recherchée, la construction de lignes nouvelles à grande vitesse occasionne des dommages environnementaux très importants et totalement irréversibles sur leur tracé, et impose des contraintes très lourdes (altération des paysages, coupures de voirie, bruits et vibrations, dépréciation du foncier) aux nouveaux riverains qui, des lignes nouvelles, ne subissent que les inconvénients. En effet, non seulement ils ne bénéficient pas de la desserte par TGV qui sera réservée aux métropoles situées aux extrémités des lignes, mais encore ils perdent la qualité du service jusque là offert par le réseau classique puisque les efforts financiers très importants consentis en direction des lignes nouvelles se traduisent systématiquement par un abandon progressif des lignes qui assuraient la desserte fine des territoires.

Aujourd’hui, les Régions ont pris le relais pour les dessertes locales, Le système des TER s’efforce de compenser non sans difficultés la polarisation des villes extrêmes. Mais c’est une des raisons qui a soulevé peu à peu, et de plus en plus vigoureusement, une profonde remise en cause des LGV par les populations régionales, réduites à Lire la suite

Dossier le Monde magazine sur les écolo-sceptiques – Les orphelins du progrès

lemonde.fr, Laurent Carpentier, le 26 mars 2010

Les orphelins du progrès

Dans sa petite bibliothèque des horreurs, Jean-Paul Krivine a rangé homéopathes, militants anti-OGM, agriculteurs biodynamiques, sourciers et chiropracteurs au même rayon que les anti-évolutionnistes à crucifix et les amateurs d’ovni. A la tête de l’AFIS, l’Association française pour l’information scientifique, cet « ingénieur en intelligence artificielle » est un rationaliste qui bataille contre le plus grand risque qui puisse, selon lui, nous frapper : la remise en question de sa sainte trinité, « progrès, humanisme et universalité ».

L’homme est nerveux. Il se demande ce que je lui veux. J’ai bien précisé au téléphone que la revue dont il est le rédacteur en chef, Science et pseudo-sciences, m’avait il y a deux ans étrillé pour un reportage en Suède à la rencontre de ces « électro-sensibles » qui fuient dans les forêts les ondes des portables et de la Wi-Fi. Crime de lèse-science : la revue expliqua comment je manipulais le lecteur, l’amenant à penser qu’une technologie inoffensive pouvait être un risque pour la santé. Disons-le simplement : je n’ai pas d’avis sur la dangerosité des ondes. Et je n’ai pas pris rendez-vous avec Jean-Paul Krivine pour régler des comptes mais pour tenter de comprendre d’où vient ce sentiment de citadelle assiégée qui l’anime.

« LE PRINCIPE D’INCERTITUDE »

« Nous sommes un lobby rationaliste raisonnable, explique-t-il scrupuleusement. Parce que je crois en la notion de progrès. Parce que je ne crois pas que la nature soit bonne. Parce que l’on vit aujourd’hui plus longtemps et en meilleure santé qu’autrefois et que, lorsque sa voiture est en panne, on ne va pas dans un garage alternatif. » Réponse tranchée ? Certes, mais expression d’un malaise qui traverse la recherche française, écartelée entre le primat de l’ingéniosité humaine promettant des lendemains toujours meilleurs et l’émergence, mise en lumière par la crise climatique, d’un sentiment nouveau de finitude du monde. Hors de la science, point de salut ?

Il aura suffi d’un hiver froid pour que les tenants de la suprématie du génie humain reprennent du poil de la bête. Le Mythe climatique, titre le mathématicien Benoît Rittaud (Le Seuil), L’Imposture climatique, confirme Claude Allègre (Plon), CO2 un mythe planétaire, ajoute Christian Gerondeau (Editions du Toucan). Et dans Libération, Pascal Bruckner, nouveau philosophe devenu néoconservateur, dénonce ces climatologues qui jettent le discrédit sur notre modèle de société : « Un nouvel obscurantisme se propage qui avance sous le masque de la science. (…) Sur le thème de l’effroi, une tribu de pythies, mages, utopistes, vaticine et menace. Il manque à ces prophètes de se soumettre aux bénéfices du doute et d’inclure dans leurs prédictions le principe d’incertitude. » Un simple renversement du baromètre et ce n’est pas seulement le spectre du réchauffement climatique qui repart aux oubliettes mais tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une critique de notre modèle de société.

AU COIN DU BON SENS

« Pourquoi voulez-vous un développement durable? Notre développement est durable« , s’amuse Christian Gerondeau, de ses mots toujours « frappés au coin du bon sens ». Ne croyez pas que ce robuste et charmant giscardien soit le représentant d’un lobby, ce n’est pas vrai. Oui, bon, d’accord, il reçoit dans ses bureaux à l’Automobile club, mais son livre, CO2 un mythe planétaire, n’est pas du tout le brûlot qu’il semble être, où Al Gore serait décrit comme un « charlatan » et les travaux de Nicholas Stern ne reposeraient « sur aucun chiffrage sérieux ». Non, Christian Gerondeau est un ingénieur, « c’est-à-dire quelqu’un qui regarde les faits et en tire des conclusions ». Son père, son grand-père avant lui, son fils, sa petite-fille après lui… Tous ont fait Polytechnique. Lui-même en est sorti en 1957 pour l’Ecole des ponts et chaussées. Un pedigree qui ne pousse pas à la remise en cause. « Les gens qui ont faim, qui logent dans des huttes et dont les enfants meurent, veulent tous se développer… », déclame-t-il, plein de sa propre sagesse.

Christian Gerondeau est le parangon de cette classe sociale d’ingénieurs née de la révolution industrielle, qui conquit d’abord le pouvoir technique, puis le pouvoir social et enfin politique. Et d’affirmer, dépositaire assumé d’une modernité prospère : « On sous-estime toujours la capacité du progrès technique! Ne nous posons pas aujourd’hui les problèmes de demain. »

« DES GENS DANGEREUX »

Aux gémonies, ces nostalgiques passéistes qui prônent le ferroutage, s’opposent au nucléaire ou firent interdire le DDT, causant, dit-il, Lire la suite

Vert pâle. Misère de l’écologie politique française

ecologie-solidaire-en-franche-comte.ouvaton.org, le 6 mars 2010

Article paru sur papier dans la revue Ecorev’ et ensuite en ligne dans la revue Multitudes.

Vert pâle. Misère de l’écologie politique française

En revenant aux sources de ce qui devrait fonder un imaginaire de l’écologie, l’activiste Laurence Guého-Neyrat et le philosophe Frédéric Neyrat en viennent à interroger la « misère » qui découle du manque de représentation de la nature dans notre pays, républicain et encore très peu réceptif aux formes décentralisées de gestion de l’espace dit « naturel ». Pour eux, la faiblesse des Verts peut aussi s’expliquer par cette incapacité à développer un imaginaire fondateur.

Le très mauvais score à la présidentielle 2007 n’est pas un effondrement des Verts, plutôt une évaporation, c’est-à-dire le signe d’un manque d’implantation « durable » de l’écologie politique en France. Cette évaporation est sans doute conjoncturelle, elle tient à la situation de 2007, la tenaille Royal/Sarkozy qui a piégé les électeurs ou bien dans le vote « utile » pour la candidate du PS, ou bien dans le vote pour une programmation néo-conservatrice du candidat libéral-sécuritaire rattaché à l’UMP. Mais cette conjoncture ne permet pas de comprendre sur le long cours l’absence de consistance de l’écologie politique que les Verts ont pour fonction de représenter. Comprendre la possibilité de cette évaporation, c’est s’engager dans une analyse de type généalogique, allant chercher les causes de cette inconsistance au niveau de ce qu’il est convenu d’appeler notre « exception française ». C’est sur ce fond que l’on pourra comprendre ce qui est arrivé en 2007, et risque de se reproduire – à supposer que les Verts survivent autrement que comme simple médiation parlementaire entre le PS et le MoDem… En effet, on aurait pu imaginer tout autre chose : après la canicule de 2003, le cyclone Katrina qui a ravagé la Louisiane, le succès du film de Al Gore sur les changements climatiques (Une vérité qui dérange) et les deux derniers rapports d’évaluation du GIEC, on aurait pu envisager un vote conséquent en faveur des Verts, adossé sur la lente maturation de la « conscience » écologique. Il n’en fut rien. La conscience écologiste française semble jetable, à consommer sur place, recyclable n’importe où. Pourquoi ?

La République contre nature

Pour le dire de façon brutale, il n’y a pas en France de représentation symbolique de la nature digne de ce nom. La nature est pour nous ou bien une ressource comptable et mathématisable, dont on peut calculer l’exploitation, ou bien le jardin quadrillé à la française. Entre les deux, rien. Pour que la nature puisse être représentée, il faut qu’il y ait un certain type de Grand Objet soumis à une certaine attention, un certain type de soin, et tenant une place dans l’histoire d’un espace et de ses habitants. Il faut que cet Objet soit présent et associé à des récits, des mythes, des films, et raconté à des enfants comme à des adultes. Or la France ne connaît pas ce genre de construction d’Artefact de Nature, comme la Forêt en Allemagne ou au Japon, la Mer pour certains pays du Nord. Ou la Wilderness aux Etats-Unis : de Melville aux simples récits des tribulations des trappeurs, les Grands Récits prenant place dans l’espace vierge nord-américain perdurent dans la littérature et le cinéma contemporains, et le trappeur devient même quelques fois le héros d’une certaine radicalité (Un ami de la terre de T.C. Boyle, Grizzly Man…). De même, la partition de l’espace à la japonaise, avec d’un coté les espaces d’ultra-urbanité dévolus aux humains et de l’autre les espaces de type « réserve totale », a donné lieu à divers courants poétiques et picturaux traditionnels et se retrouve sujet et questions des grands films d’animations des studios Ghibli (Princesse Mononoké, Pompoko, Mon voisin Totoro… de Myazaki ou Takahata). Il aura sans doute fallu aussi des Joseph Kessel et des John Boorman pour donner naissance en Angleterre aux grands mouvements végétariens ou anti-spécistes qui sont souvent l’assise d’autres mouvements écologistes plus radicaux et des Joseph Conrad afin que les Londoniens pensent la mer et le vent comme sources d’énergie infinies et acceptent un vaste parc éolien off-shore en face de leur ville. L’absence de la nature comme domaine symbolisé et Grand Objet vécu est traduite – et sur-compensée – depuis des siècles en France par un excès d’aménagement du territoire républicain au détriment Lire la suite

Education au développement durable : « Réinterroger la nature de nos rapports à l’environnement »

vousnousils.fr, Laura Houeix, le 24 février 2010

EDD : « Réinterroger la nature de nos rapports à l’environnement »

Ré-orienter la sensibilisation au développement durable vers une éducation à l’environnement, telle est la proposition d’Yves Girault, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle. Rencontre avec ce chercheur qui prône un retour à la nature.

Alors que les initiatives fleurissent pour éduquer les plus jeunes au développement durable, quel est votre avis, en tant que chercheur, sur la manière dont est abordé ce sujet ?

Je pense tout d’abord que nous avons beaucoup perdu en passant d’une éducation à l’environnement, à une éducation au développement durable. En effet l’éducation au développement durable s’inscrit exclusivement dans le cadre d’une éthique anthropocentrée pour laquelle la seule valeur attribuée aux entités naturelles est une valeur instrumentale. La nature devient un moyen pour parvenir aux fins fixées par les êtres humains. L’éducation relative à l’environnement était plus riche puisque cette approche anthopocentrée était complétée par trois autres : une approche biocentrée, permettant d’appréhender la faune et la flore ; écocentrée pour aborder le fonctionnement des écosystèmes et enfin sociocentrée pour inscrire la problématique de l’environnement dans un contexte social, économique et politique. Aujourd’hui, même si beaucoup d’initiatives prises dans le milieu scolaire et associatif sont tout à fait louables, il est difficile de nier le fait que de très nombreux projets éducatifs privilégient une approche comportementaliste (tris des déchets, économie d’énergie) parfois même moralisatrice au détriment d’un enseignement pluridisciplinaire, qui permettrait aux élèves de réinterroger la nature de nos rapports à l’environnement, tant sur des aspects éthiques que sociologiques, économiques…

Y a-t-il une ou des approches plus adaptées ?

Suite à la recommandation de l’ONU de promouvoir le développement durable, nous pouvons observer des positionnements entre deux pôles : l’un adoptant, comme en France, une stratégie autoritaire de généralisation et, à l’autre extrémité, des propositions nationales plus distantes de la prescription onusienne, au sein desquelles le rapport à l’environnement est envisagé dans une perspective socioécologique, plus ample que la seule utilisation rationnelle des ressources. Bien entendu, entre ces deux pôles, on trouve divers positionnements comme en Norvège où cohabitent une éducation à l’environnement et une éducation au développement durable. Les enseignants sont alors libres de s’inscrire dans l’une ou l’autre de ces approches. Quel que soit son propre positionnement par rapport à l’EDD, il semble bien difficile, et certainement prématuré, de proposer cet enseignement très complexe aux jeunes élèves des cycles 1 et 2 du primaire pour qui la notion de temps est déjà un obstacle. Il serait certainement plus pertinent à leur égard de revenir sur une éducation à l’environnement, par le biais des classes vertes, par l’apprentissage du cycle des saisons, par exemple, qui reposent sur le contact direct et l’interaction entre l’apprenant et son environnement pour acquérir des connaissances et surtout permettre de s’imprégner physiquement et affectivement de cet environnement.

Les enseignants ont-ils les ressources et les moyens suffisants pour mettre en œuvre ce projet de sensibilisation au développement durable ?

Il existe à ce jour de très nombreuses ressources sur l’EDD pour aider les enseignants. Cependant, au vu de la complexité de la tâche, la question est de savoir si celles-ci sont suffisantes. Le premier obstacle, Lire la suite

Sondage LH2 pour le Comite 21 : Pour vivre mieux et être plus heureux il faudrait …

comité21.org, Sondage LH2, le 21 février 2010

Sondage LH2 pour le Comite 21

Dans un contexte général anxiogène ou se mêlent incertitudes sociales, craintes environnementales et défiance vis-à-vis des institutions économiques, politiques ou scientifiques, les Français manifestent massivement a travers le sondage LH2 pour le Comite 21 leurs besoins d’authenticité et de repères.

Pour vivre mieux  et être plus heureux il faudrait …

· réinstaurer des règles de politesses et de savoir vivre pour 95% des Français et 64% qui sont tout à fait d’accord avec cette idée,

· avoir un projet clair pour la France pour les 20 prochaines années pour 82% des Français et 50% qui agréent tout a fait cette pensée,

· disposer d’un mode de vie plus en lien avec la nature pour 91% des Français et 42% qui sont tout a fait d’accord avec cette assertion,

· passer moins de temps a consommer  pour 65% des Français dont 28% qui se retrouvent tout a fait dans cette affirmation

Télécharger le sondage Lire la suite

Jean-Marie Pelt : Faire coïncider écologie et économie

lalibre.be, Charles Delhez, le 17 février 2010

Entretien avec Jean-Marie Pelt, président de l’Institut européen d’écologie.

Faire coïncider écologie et économie

Dossier « Notre planète »

Fils et petit-fils d’horticulteur, botaniste, Jean-Marie Pelt est un amoureux de la nature. Fondateur de l’Institut européen d’écologie à Metz, voici déjà quarante ans, il est de plus en plus préoccupé de l’avenir de notre la petite Planète bleue, riche jusqu’à présent, d’une étonnante biodiversité, véritable assurance-vie de l’humanité. Elle met en effet des ressources à notre disposition, que nous prélevons directement pour nous nourrir, nous vêtir Elle nous fait également bénéficier de sols fertiles, de forêts prospères, d’eau pure, d’insectes pollinisateurs Et, s’exclame Jean-Marie Pelt, ces services-là sont gratuits ! Rencontre à Metz, dans les bureaux de l’Institut, abrités dans le cloître des Récollets du XIVe siècle.

Jean-Marie Pelt, quel est donc votre vocabulaire actuel ? Parleriez-vous de développement durable, de modération joyeuse, de décroissance ?

Je ne parlerais pas de décroissance, car on reste alors dans le vocabulaire usuel. Or, il faut aujourd’hui percevoir les choses autrement. Je préfère donc parler d’économie durable, d’économie verte, d’économie en équilibre. L’économie doit devenir le mode ordinaire de production et de consommation des biens et services, et le lieu ordinaire où les gens trouvent un emploi. La croissance, elle, fait la part grande à la production de richesses, expression que je n’aime pas. En effet, en créant des richesses, on épuise les ressources qui serviraient aux suivants pour en produire eux-mêmes. Il faut repenser les axiomes de l’économie. Cette science s’est installée uniquement dans la société humaine et n’a pas du tout tenu compte des ressources de leurs limites. Economie et écologie doivent finir par coïncider, sinon l’économie sera une sorte de cancer se développant sur le monde des vivants, qui va finir par s’épuiser et tomber gravement malade.

Dans notre évaluation de la croissance des entreprises, par exemple, n’oublie-t-on pas la variable écologique et la variable humaine ? Sous cet angle, n’est-on pas en décroissance ?

Tout à fait ! Je vois que des gens souffrent au travail, à cause de la non-lisibilité des buts de l’entreprise, à cause de l’encadrement, de la pression au travail. Le bonheur intérieur brut n’y est pas. Il faut changer le fonctionnement de l’économie. Cette science récente repose sur des axiomes et des postulats qui n’ont jamais été démontrés, ainsi celui que plus on a de biens et de richesses, plus on est heureux. Côté écologie, rappelons-nous le procès Erika : on a évalué le prix des oiseaux mazoutés et la compagnie a dû payer. On a donné un prix à la nature pour qu’elle puisse entrer dans la mécanique économique. Mais en fait, c’est à la mécanique économique d’entrer dans la nature. L’économie est un sous-système de l’écologie et pas l’inverse.

Michel Serres reproche d’avoir pensé toujours les choses à deux termes, maîtres et esclaves, riches et pauvres, Nord et Sud… Il nous faudrait aujourd’hui les penser à trois termes, en donnant la parole à ce qu’il appelle la “Biogée”, la sphère des vivants. Serait-ce cela l’économie verte ?

Oui. Il s’agit de voir les choses en cohérence, de manière transversale (pluridisciplinaire aurait-on dit jadis). La vie, en effet, fonctionne en réseau. Les choses les plus lointaines peuvent avoir des rapports entre elles sans que le lien ne soit perceptible par nous. Au Canada, par exemple, les orques, qui sont carnivores, finissent par dévorer les loutres, parce qu’ils n’ont plus de poissons à manger. Du coup, les oursins – nourriture des loutres – se sont mis à proliférer, et le matelas d’algues, à diminuer. Mais c’est là que se logent les coquillages et les alvins. La population de poissons est donc menacée. Nous revoilà à la case départ : les orques dévorent désormais les loutres. C’est en interrelation subtile, avec des effets qui sont parfois éloignés de la cause première par un jeu de causes secondes, comme aux dominos.

L’écologie ne serait-elle pas aussi vieille que l’humanité, datant du jour où l’homme s’est distancé de la nature, tout en disant : et pourtant j’en fais partie ?

Justement, depuis quelques siècles, nous ne parlons plus ainsi en Occident. Les peuples premiers, eux, les Indiens, par exemple, ont un rapport fusionnel avec la nature. A la Renaissance, nous nous en sommes séparés. Cette dernière, devenue inerte, a perdu son sens. On en a fait un objet des sciences et de l’exploitation. C’est à tel point que Descartes Lire la suite

LPO Aquitaine avec Organbidexka Col Libre – Démarrage du suivi de la migration prénuptiale à la Pointe de Grave en Gironde

LPO Aquitaine avec Organbidexka Col Libre, Communiqué, le 1er mars 2010

Démarrage du suivi de la migration prénuptiale à la Pointe de Grave en Gironde

Depuis ce matin, 1er mars 2010, l’équipe de l’Observatoire Régional de la Migration des Oiseaux, Programme d’étude de la migration en Aquitaine coordonné par la LPO Aquitaine avec Organbidexka Col Libre, est à pied d’œuvre sur la dune de la Pointe de Grave au Verdon sur Mer afin de réaliser la 23ème saison d’étude de la migration prénuptiale.

Vous pouvez, bien entendu, leur rendre visite pour une heure, un jour, une semaine ou plus si affinités. Ils se feront un plaisir de vous renseigner ou de partager avec vous leurs observations.

Pour les plus mordus, un hébergement est mis à disposition. Pour cela, renseignez-vous auprès de Lire la suite

Lettre ouverte aux élus et habitants du bassin d’Arcachon et du val de l’Eyre : Contrat de Pays, SCOT… Les élus à contre-courant

capferret.over-blog.com, communiqué, le jeudi 25 février,

Contrat de Pays, SCOT Les élus à contre-courant

Le Pays du Bassin d’Arcachon et du Val de Leyre constitue une entité écologique exceptionnelle du fait de l’étroite interdépendance du Bassin d’Arcachon d’une part avec l’Océan atlantique, d’autre part avec son arrière-pays abreuvé de zones humides et de précieux cours d’eau. L’extrême fragilité de ces milieux nécessite, de toute urgence, une attention particulière et une démarche protectrice liées à la protection de la biodiversité et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Aucun développement n’est concevable sans qu’une place centrale soit faite à la protection de l’intégrité des territoires naturels et à leur rôle pour la préservation du vivant.

CONTRAT DE PAYS Bassin d’Arcachon et Val de Leyre 2010-2012

Lors de la session du Conseil de Développement (CODEV) du 06 octobre 2009, en tant que représentants d’associations de protection de la Nature et de l’Environnement siégeant au CODEV, nous avons assistés au projet de contrat de Pays du Bassin d’Arcachon et du Val de Leyre 2010-2012, que nous devons désapprouver, tel qu’il nous a été présenté.

LETTRE OUVERTE AUX ELUS ET HABITANTS DU BASSIN D’ARCACHON ET DU VAL DE L’EYRE.

Depuis leur fondation, la Coordination Environnement du Bassin d’Arcachon (CEBA) et la SEPANSO regroupent les structures associatives qui ont, de par leurs statuts et leurs agréments, vocation sur le Bassin d`Arcachon et le Val de l’Eyre à être reconnues partenaires de l’Etat et des collectivités.

Depuis de nombreuses années, nous faisons prévaloir, tant auprès des services de l’Etat, des Communautés de communes et des collectivités territoriales que le Bassin d’Arcachon et le Val de l’Eyre sont identifiés au plan aquitain, national et auprès de la Communauté Européenne comme un territoire d’exception, aux caractéristiques géomorphologique et hydrogéologique très rares et pour lequel la préservation des écosystèmes, des milieux remarquables, sont à la base de la pérennité d’un extraordinaire patrimoine naturel au sein duquel les activités humaines doivent s’intégrer en respectant la biodiversité et les fonctions évolutives d’un gisement environnemental unique au bord du littoral Atlantique.

A l’issue d’une année de participation dans les commissions thématiques du SCOT, et après transmission de plusieurs rapports au SYBARVAL, nous observons que devant l’affirmation que ce territoire est quasiment unique en Europe du point de vue environnemental, les formulations, les concepts économiques, urbains, touristiques, démographiques, qui nous sont proposés ont tous pour dénominateur commun un projet de développement par lequel les choix et objectifs escomptés sont, à l’évidence, susceptibles de remettre en cause irréversiblement les équilibres fragiles des milieux, des paysages, des sites, dont l’état actuel est déjà profondément perturbé.

Au-delà de l’immense déception causée par l’observation des options qui n’ont cessé de jalonner les exposés fournis, nous sommes aujourd’hui consternés du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) que le cabinet A’urba ose présenter au nom du SYBARVAL, projet où à l’évidence les facteurs accélérateurs d’un aménagement voué à la reconnaissance d’une future super-agglomération ainsi que les aspects démographiques, d’évolution urbaine, touristiques basés sur une consommation « libérée » des espaces, vont profondément mutiler l’identité environnementale et patrimoniale du Pays Bassin d’Arcachon et Val de L’Eyre.

Dès lors, il nous parait primordial de souligner que Lire la suite

Jean Zin : Qu’est-ce que l’écologie politique ?

jeanzin.fr, Jean Zin, le 21 janvier 2010

Qu’est-ce que l’écologie politique ?

La question se pose d’autant plus de la nature de l’écologie-politique qu’il s’agit d’un mouvement émergent et non de l’application d’une doctrine préalable. On peut dire que son corps de doctrine s’est constitué en marchant, ce qui justifie l’approche historique qu’en donne Alain Lipietz dans son petit livre sur le sujet.

L’inconvénient de cette approche est cependant de ne pouvoir sortir de la confusion initiale et du volontarisme dont l’écologie-politique a tant de peine à se débarrasser, réduite à une aspiration morale, à une pure question de valeurs, un désir d’harmonie sinon d’amour des hommes et des bêtes, au lieu d’une responsabilité incontournable qui en fait plutôt un enjeu cognitif vital. Il ne s’agit pas de préférences personnelles : on n’a pas le choix ! La réduction de l’écologie-politique à l’amour de la nature est à la fois inévitable et intenable. Il faut l’affirmer haut et fort, on n’a pas besoin de faire de sentimentalisme pour prendre l’écologie-politique au sérieux, notamment sa dimension politique qui introduit dès lors la division entre les écologistes qu’on ne peut absolument pas rassembler en un seul courant qui irait de l’écologie profonde à l’écologie sociale.

Il y a nécessité d’une définition plus conceptuelle et critique de l’écologie-politique, certes moins habituelle, comme retour au réel et nouveau stade cognitif, celui de la post-modernité et de l’unification du monde dont on est devenu responsables, intégrant la contradiction entre nature et culture ainsi qu’en posant des limites aux possibles, à nos capacités techniques de transformation du monde comme de nous-mêmes.

Notre époque en quête de nouvelles spiritualités est imprégnée, depuis le mouvement hippie au moins, d’une idéologie écolo très naïve mais qui a toutes les raisons de perdurer auprès des jeunes urbains. Dès lors, les écologistes sont invariablement identifiés à ce retour à la nature de sortes de boy scouts qui restent pourtant plus que marginaux. Sans aller jusque là, on leur imputera au moins une forme ou une autre de primitivisme ou de régression. Il n’est certes pas si facile de s’en défaire quand on prétend défendre notre « monde vécu » ou quelque nature originaire, l’indispensable critique de la technique et du progrès glissant facilement à la technophobie comme au conservatisme le plus réactionnaire.

Pendant que les gentils écolos occupent héroïquement la scène, on voit arriver en coulisse une toute autre écologie en costard cravate, plus du tout utopique celle-là, et plutôt technophile, celle du capitalisme vert engagé dans un nouveau cycle de croissance. Ces divergences d’approche prouvent au moins que l’écologie ne se réduit pas à ce que ses partisans en font, mais elles témoignent surtout de l’absence de la dimension politique dans ces approches spirituelles ou marchandes.

De son côté, l’écologie-politique ne peut se limiter à l’environnementalisme au moins parce qu’elle est supposée remonter aux causes (humaines) et adopter un point de vue global (collectif), mais avant tout à cause de l’enjeu politique qui a été souligné par André Gorz dans son texte inaugural « leur écologie et la nôtre » que nous avions mis en exergue du premier EcoRev’. Non seulement ce texte introduit la division dans l’écologie, en particulier avec l’opposition à l’expertocratie, mais il se situe clairement dans la continuité des luttes d’émancipation et dans le camp de l’anti-capitalisme. Avec de grandes différences toutefois, qu’on peut caractériser comme Lire la suite

Paléolithique, mais presque : Être permaculteur

madeinearth.wordpress.com, Nicollas, le 21 février 2010

Paléolithique, mais presque : Être permaculteur

Définir ce qu’est un permaculteur permet d’enrichir la compréhension que l’on a de la permaculture, puisque par définition, un permaculteur fait de la permaculture.

La permaculture s’est concentrée à l’origine sur la gestion, l’entretien et la restauration des terres et de la nature. Cette approche (de même que la naissance de la permaculture) est due à de multiples facteurs caractéristiques de l’Australie —aux niveaux géologique, climatique, historique, politique et économique— et a amené la permaculture à se focaliser sur les systèmes agricoles en vue de fournir de la nourriture, de l’énergie ou des matériaux pour les besoins locaux des populations. Cette représentation occupe une large part des bouquins de permaculture (surtout les plus anciens) et la figure dominante du permaculteur dans nos esprits devient celle du propriétaire terrien, paysan informel, qui fait son potager, élève des animaux et creuse des retenues d’eau au tractopelle. Cependant cela ne concerne qu’une petite fraction des domaines d’application de la permaculture, comme en témoigne la fleur de la permaculture imaginée par David Holmgren.

Il est évident que l’Australie et la vieille Europe se ressemblent peu en terme d’occupation du territoire. Peu de gens possèdent des terres, et les populations sont concentrées dans les villes (la population française est à plus des trois quarts urbaine*). La permaculture serait-elle réservée à une minorité de privilégiés ?

L’apport de la permaculture dans la conception des systèmes agricoles est inestimable, et sera une pièce majeure d’une société durable. À ce titre, le Designer’s Manual est un livre important, car il montre l’étendue de l’application des principes de design permacoles. La citation qui servira d’élargissement à cette réflexion en est d’ailleurs tirée :

Nous pouvons aussi prendre part à la production de nourriture. Cela ne veut pas dire que nous devons tous faire pousser nos propres pommes de terre, mais cela peut signifier que nous allons les acheter directement à une personne qui fait déjà pousser des patates de manière responsable. En fait, il serait probablement préférable d’organiser localement une coopérative d’achat aux producteurs plutôt que de faire pousser des pommes de terre.

Un permaculteur n’est pas un crocodile dundee capable de tout produire lui-même, mais une personne qui veille à ce que tous ses besoins soient satisfaits tout en respectant l’éthique de la permaculture (ce qui revient à dire qu’ils proviennent de systèmes conçus en permaculture). On peut classer les stratégies pour combler ses besoins en plusieurs niveaux :

Zones et secteurs — Les concepts de zones et secteurs permettent de voir l’application d’outils de conception aux différents niveaux cités. Ces outils sont un guide pour le placement d’éléments suivant l’attention qu’ils nécessitent ou la fréquence d’usage (de 1 très intensif, à 5 sauvage) et les énergies extérieures au site (vents, bruits, soleil …).
Au niveau 1, il suffit de regarder n’importe quel livre de permaculture, pour savoir à quelle zone correspond une production (z1: légumes, z2: volaille et fruitiers, z3: céréales, z4: pâtures et arbres, z5: zone naturelle). Les secteurs guident également le placement, pour se protéger ou utiliser le vent (dévier le froid, faciliter la pollinisation), éviter les risques d’incendies (lors du placement des pins pignons), etc.

Au niveau 2, on modifie l’échelle des zones et les secteurs d’influence. Pour la nourriture, on peut estimer que la zone 1 devient la ville (les légumes sont produits sur les balcons, toits, jardins partagés), la zone 2 Lire la suite

Le rendez-vous raté de la lutte contre le déclin de la biodiversité et six pistes pour trouver des solutions

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 19 février 2010

Le rendez-vous raté de la lutte contre le déclin de la biodiversité

Depuis 2002, les chefs d’Etat ou de gouvernement ont adopté, au moins à quinze reprises, l’objectif de « réduire fortement le rythme actuel de perte de la biodiversité d’ici à 2010 ». Ils ont aussi réaffirmé une cinquantaine de fois – dont lors de trois G8 – leur soutien à cet objectif et la nécessité de prendre des mesures pour l’atteindre, selon le décompte établi par Jean-Patrick Le Duc, du Muséum national d’histoire naturelle.

Pour inaugurer l’Année internationale de la biodiversité, les responsables de la Convention sur la biodiversité biologique (CBD) des Nations unies, chargés aujourd’hui de faire le bilan, n’ont pas sorti les flonflons. Il n’y a, en effet, pas de quoi pavoiser. Aucun pays n’est au rendez-vous.

Le bulletin de santé de la biodiversité mondiale, qui sera officiellement dévoilé au mois de mai, à l’occasion de la publication des « Perspectives mondiales de la biodiversité », montre que les cinq pressions majeures exercées sur la diversité biologique « sont restées constantes, voire ont augmenté » par rapport au diagnostic établi en 2006.

Ces pressions sont le changement d’affectation des sols qui transforme les espaces naturels en surfaces agricoles ou en villes, la surexploitation des ressources, les pollutions, la progression des espèces invasives et le changement climatique.

PRUDENCE ET DOUTE

Irréaliste ! Huit ans après avoir décrété cette urgence mondiale, les gouvernements ont beau jeu de dénoncer un objectif perdu d’avance, faute d’avoir été défini avec précision et de disposer des bons outils pour faire un véritable état des lieux et mesurer le chemin parcouru. Du côté des scientifiques, le discours est très semblable.

En 2010, il est néanmoins question de se fixer un nouveau rendez-vous pour freiner le rythme d’extinction des espèces et la destruction des écosystèmes que les scientifiques jugent aussi menaçants pour l’avenir de l’humanité que le changement climatique. Les deux sont au demeurant étroitement liés.

2020 est l’année souvent évoquée. Il en sera débattu lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, en septembre, puis à la conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique, en octobre, à Nagoya, au Japon.

Mais, au lendemain de l’échec de la conférence mondiale sur le climat à Copenhague (7-18 décembre), la prudence et le doute se sont immiscés dans les esprits. La directrice des biens publics mondiaux au ministère des affaires étrangères, Laurence Tubiana, s’interroge sur la stratégie : « Est-ce vraiment la bonne chose à faire ? Cela ne risque-t-il pas de décrédibiliser un peu plus le processus de gouvernance mondiale ? », demande-t-elle.

Les scientifiques continuent, eux, de se lamenter sur « cette maison qui brûle », pour reprendre la formule lancée par le président de la République, Jacques Chirac, à la tribune du Sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002, tout en reconnaissant qu’ils Lire la suite

Pierre Rabhi : « L’agriculture moderne est une catastrophe écologique »

corsematin.com, propos Recueillis par Julie Quilici, le 16 février 2010

Pierre Rabhi : « L’agriculture moderne est une catastrophe écologique »

L’écrivain, agriculteur et politicien Pierre Rabhi animera des conférences aujourd’hui à Bastia (salle polyvalente de Lupino) et demain à Ajaccio (C.C.A.S Porticcio) dans le cadre des IIIe Universita di l’Omu organisées par l’AFC Umani.

Véritable pionnier et défenseur d’une agriculture respectueuse de l’environnement, Pierre Rabhi sera l’invité des rencontres thématiques Università di l’omu organisées par l’AFC Umani. En grand expert de l’agroécologie et inventeur du concept « Oasis en tous lieux », il se présentera une fois de plus, aujourd’hui à Bastia et demain à Ajaccio, comme « un éveilleur des consciences convaincu que l’écologie doit être la priorité des propriétés ».

 « Se nourrir, un acte politique et de légitime défense ». Pourquoi avoir orienté le débat sur ce sujet ?

C’est une façon de tirer la sonnette d’alarme. Il s’agit d’un thème d’actualité qui n’occupe pas la place qu’il mérite.

Pourtant, lorsque j’observe l’évolution de la problématique de l’alimentation, je constate que tous les paramètres sont négatifs et à ce rythme, l’humanité ne va pas parvenir très longtemps à se nourrir. La France est déjà totalement dépendante des importations.

Est-ce votre façon d’attaquer le système de production moderne ?

Je ne fais pas que bavarder, j’agis et je démontre que c’est possible autrement.

Et un jour nous serons bien obligés de dresser un bilan de notre société marchande car l’agriculture moderne est une des grandes catastrophes écologiques du siècle.

En quoi consiste l’agroécologie que vous avez développée ?

Il s’agit d’une discipline qui permet de régénérer les sols, de se nourrir et d’améliorer notre patrimoine. Une méthode qui prend en compte tous les facteurs écologiques, notamment l’érosion et la gestion de l’eau.

Les consommateurs sont aujourd’hui friands des produits estampillés « bio ». Preuve que votre message a été entendu ?

Nous avons passé notre temps à hurler que l’alimentation est importante pour notre corps. Les consommateurs sont donc en quête de produits « bio », mais la demande est supérieure à l’offre.

Les industriels ricanent lorsque les écologistes montent au créneau car ils souhaitent avant tout rester des samouraïs de l’agriculture en cultivant un culte de puissance.

Ils n’ont pas conscience qu’ils sont en train de détruire Lire la suite

Peut-on être féministe et écolo ?

ecologie.blog.lemonde.fr, Audrey Garric, le 16 février 2010

Peut-on être féministe et écolo ?

Elisabeth Badinter a provoqué un grand raout médiatique avec la sortie de son dernier livre, Le Conflit. La Femme et la Mère (Flammarion, 270 p.). Allaitement, couches lavables, retour de l’accouchement à la maison ou encore pilule en retrait car considérée comme “artificielle” : la philosophe et essayiste dénonce l’influence du naturalisme, un courant d’écologie pure et dure qui, au nom de Mère Nature, irait à l’encontre de l’émancipation féminine. Une fausse opposition pour la chercheur Virginie Maris, spécialisée dans la philosophie de l’environnement au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (Cefe), qui a publié un article en octobre 2009 sur l’écoféminisme. Selon elle, écologie et féminisme sont deux combats qui doivent être menés de front.

 L’écologie a-t-elle sa part de responsabilité dans la régression de la situation des femmes que dénonce Elisabeth Badinter ?

Il y a une confusion entre les différents mouvements de pensée autour de l’écologie. Elisabeth Badinter parle d’écologie radicale lorsqu’elle cite Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, qui envisageait une taxe sur les couches jetables, et Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, qui faisait la promotion des couches lavables. Or, ces deux personnalités ne sont absolument pas représentatives de l’écologie radicale. La “deep ecology”, comme le disent les Anglais, prône une séparation presque totale avec la société de consommation. Ce mouvement, fondé par le philosophe norvégien Arne Næss, induit effectivement une régression par rapport à certains acquis, des hommes et surtout des femmes. Mais ces approches restent marginales et non représentatives du paysage écologique français.

Par ailleurs, Elisabeth Badinter s’est essentiellement prononcée sur trois gros enjeux de consommation liés à la maternité : le lait en poudre (alternative à l’allaitement), les couches jetables (alternatives aux couches lavables) et les petits pots (alternatives à une nourriture maison voire bio). Sa bataille pour le combat féministe s’apparente ici à une bataille contre la décroissance. En tant qu’actionnaire de l’agence de communication Publicis, elle devrait être plus prudente quand elle prend parti, indirectement, pour ces trois noeuds de la consommation de masse. D’autant que la sobriété en matière de consommation ne va pas forcément à l’encontre des droits des femmes. Par exemple, en réduisant leur dépendance à ces produits, les ménages réduisent aussi les importants budgets alloués au bébé, qui pèsent lourd sur les femmes ayant des bas salaires.

Mais certains discours écolos ne sont-ils pas culpabilisants pour les femmes ?

Pas plus que pour les hommes. Il est clair qu’il faut s’attaquer à une meilleure répartition des tâches domestiques au sein du couple mais la sobriété écologique n’est pas davantage un problème pour les femmes que pour les hommes. Par ailleurs, il y a d’autres critères de justice que ceux de l’égalité hommes/femmes tels que la nécessité de développer un rapport plus sain avec la nature. Prôner Lire la suite

La revue Entropia : Le laboratoire des objecteurs de croissance

lemonde.fr, Nicolas Truong, le 14 février 2010

Le laboratoire des objecteurs de croissance

Un spectre hante l’Occident : celui de l’effondrement. Du 11-Septembre à l’actuelle implosion de la bulle spéculative, l’ombre portée des Twin Towers effondrées ne cesse d’imprégner nos mentalités collectives. Du crash au krach, tout serait donc en voie d’effondrement : la banquise comme la social-démocratie, la Banque mondiale comme l’autorité parentale… Notre début de siècle semble s’apparenter au portrait dressé par le biogéographe américain Jared Diamond qui, dans Effondrement (Gallimard, 2006), compare notre situation à celle des habitants de l’île de Pâques, disparus après avoir détruit leur environnement, à force de vouloir ériger leurs mystérieuses statues.

Il n’est donc pas étonnant que les « objecteurs de croissance » se soient penchés sur la question. Car la religion du progrès a conduit les économies mondialisées droit dans le mur, constatent les partisans de la critique radicale du développement – durable ou non – réunis autour du septième numéro de la revue Entropia, publication semestrielle fondée en 2006.

Le député Vert Yves Cochet y explique que la crise des subprimes de l’été 2007, comme celle des « émeutes de la faim » du printemps 2008, sont des conséquences de la hausse des produits pétroliers. Car, d’un côté, l’explosion du cours du baril a empêché les ménages américains de rembourser leurs emprunts, et de l’autre, ruiné les Etats dépendant de cette matière première à cause du productivisme de leur industrie agroalimentaire. Il y a donc une corrélation entre crise économique et dépression écologique, explique le juriste Simon Charbonneau. D’où l’urgence de la décroissance, poursuit l’universitaire Serge Latouche, qui ironise : « Si la croissance engendrait mécaniquement le bien-être, nous devrions vivre aujourd’hui dans un vrai paradis. » Or, le pire est à venir, prévient-il, puisque les rapports internationaux annoncent de sombres scénarios : pénurie globale des ressources non renouvelables en 2030, pic de la pollution en 2040, crise de l’alimentation en 2070…

Mais comment décroître ? En se défaisant des « sortilèges de l’argent », assure l’économiste Bernard Guibert. De la « permaculture » (production agricole économe en énergie) aux « villes lentes » (agglomérations à basse consommation), des « initiatives de transition » s’inventent. Ainsi le polytechnicien Christian Araud relate l’expérience de la petite ville anglaise de Totnes (Devon) qui, dès 2005, a amorcé sa conversion vers une « économie soutenable », notamment grâce à une Bourse d’échange de surplus ou une monnaie du cru qui a revitalisé le commerce local.

Si la décroissance lui apparaît comme l’horizon indépassable de notre temps, Entropia souhaite cependant « ne pas confondre la conviction avec la certitude », indique Jean-Claude Besson-Girard, directeur de la publication. Ainsi a-t-elle invité à dialoguer l’économiste Jean-Marie Harribey, qui maintient l’idée d’un développement qualitatif afin de « démarchandiser nos sociétés ». La revue est consciente du risque que ferait également peser sur son projet une rhétorique de l’excès. Au point que Vincent Cheynet, rédacteur en chef du mensuel La Décroissance, rappelle que « les discours sur la fin du monde peuvent être pénibles et contre-productifs ».

Alors, décroissance ou barbarie ? Lorsqu’elle n’érige pas la nature en valeur, la décroissance peut se présenter comme Lire la suite

Photovoltaïque en Gironde : Panneaux très encadrés

sudouest.com, Julien Rousset, le 11 Février 2010

ÉNERGIE SOLAIRE. La préfecture veut mieux réglementer l’implantation de fermes photovoltaïques. Les promoteurs craignent un tour de vis

Panneaux très encadrés

Du photovoltaïque, oui… mais pas à tout prix. Confrontée, depuis l’an dernier, à une avalanche de projets, la préfecture est en train de préciser les règles encadrant l’implantation de fermes de panneaux solaires.

Ces règles étaient jusqu’ici assez floues. Et le phénomène marginal : il n’existe à ce jour pas, en Gironde, de ferme photovoltaïque à proprement parler.

Du « solaire » est apparu ici ou là, sur de menues échelles. Un site expérimental à la pépinière technopole Montesquieu de Martillac, une petite centrale récemment inaugurée au Barp… À part ça, rien. Rien, en tout cas, de concret. En revanche, que de projets ! « Plusieurs dizaines » de demandes ont afflué ces derniers mois à la préfecture. Pourquoi ? Parce que les projets validés avant le 31 décembre 2009 pouvaient bénéficier d’un rachat, par EDF, de l’énergie produite à un tarif préférentiel – tarif qui vient d’être révisé à la baisse (1).

En forêt ? Oui mais…

Cette aubaine a stimulé des projets partout en France. Face à cet appel d’air, un premier cadre a été posé : depuis le mois de novembre, toute installation de centrale photovoltaïque est soumise à permis de construire, enquête publique et étude d’impact.

De son côté, la préfecture est en train d’élaborer sa « doctrine » en la matière. Une doctrine qui varie selon trois catégories de site. Premier cas de figure, le plus consensuel : les sites dits « artificialisés » – zones industrielles, carrières, parkings… Installation facile, paysage neutre : ces lieux sont propices aux champs photovoltaïques. Deuxième option : des panneaux sur du bâti, en ville, sur des toits. Dans ce cas, gare au patrimoine et aux sites protégés (voir ci-contre)… Troisième et dernière option, la plus délicate : les surfaces naturelles – zones forestières, viticoles ou agricoles.

C’est sur ces terrains que fleurissent les demandes, et les polémiques. Bronca par exemple dans le Pays foyen, quand, en décembre dernier, un propriétaire de Saint-Quentin-du-Caplong envisage d’arracher 60 hectares de vigne pour les draper de panneaux solaires. Chasseurs, agriculteurs, viticulteurs… s’y opposent, estimant que cet équipement va blesser le paysage et contribuer à la baisse continue de la surface agricole dans le département. Pour l’instant, le maire, Rolland Grenouilleau, attend le permis de construire pour se prononcer (2).

« Quand il s’agit de zones naturelles, nous regardons avec beaucoup d’attention. Le risque, c’est Lire la suite

Biodiversité et territoires : la nature et la ville durable

projetdeterritoire.com, note ETD, le 26 janvier 2010

Biodiversité et territoires : la nature et la ville durable

La prise en compte croissante de l’environnement et de la biodiversité renouvelle les approches de l’aménagement et de l’urbanisme tout particulièrement au sein des territoires urbains. La place de la nature est devenue un enjeu central de la nouvelle ville durable.

Le Grenelle de l’Environnement est l’occasion de renouveler cette approche de la nature de la ville à travers l’engagement n°76 qui prévoit l’élaboration du « Plan restaurer et valoriser la nature en ville ». Le 5 févier 2010, le ministère de l’Ecologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM) organise la conférence de restitution des ateliers mis en place pour l’élaboration de ce plan qui sera présenté au printemps.

A la demande du MEEDDM Etd a réalisé une note de synthèse faisant un état des lieux des réflexions, des problématiques et des principales pistes formulées et explorées à l’occasion des rapports, articles et colloques récents sur la nature en ville. Ce travail a donné lieu à une importante exploration bibliographique. ETD participe également aux ateliers mis en place pour l’élaboration du plan.

Télécharger la note d’Etd Lire la suite

Communauté d’agglomération de Pau-Pyrénées et SEPANSO Béarn : Ça grince Porte des gaves

sudouest.com, Nicolas Rebière, Alain Babaud, le 21 Janvier 2010

COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION. Les critiques naissent autour des futurs aménagements des bords du gave

Ça grince Porte des gaves

Alors qu’ils sont actuellement à l’étude par la Communauté d’agglomération de Pau-Pyrénées, les projets d’aménagements des gaves, dévoilés depuis quelques semaines, ont déjà leurs détracteurs.

D’abord la Sepanso (Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest) Béarn, qui vient d’écrire à Martine Lignières-Cassou, la présidente de la CAPP, comme pour jeter un pavé dans la mare.

« Autant nous comprenons votre volonté de réaménager les friches industrielles et les abords de la gare SNCF, autant nous n’acceptons pas le grignotage des espaces naturels classés par étapes programmées », écrit la Sepanso. Juste avant les fêtes, les élus de la Communauté d’agglomération avaient en effet voté le principe d’un parc urbain sur 350 hectares autour de la rivière qui irrigue des communes de l’agglo. La semaine dernière, c’est le futur projet Porte des gaves, qui prévoit un réaménagement global des environs de la gare, autour duquel on discutait (lire par ailleurs).

C’est d’ailleurs le simple vocable de parc naturel urbain qui fait aussitôt bondir la Sepanso, qui y voit comme un oxymore. « Nous veillerons au respect du nouveau Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux et à la cartographie de Natura 2000 », prévient Michel Rodes, président de la Sepanso.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que la Sepanso entame un bras de fer avec l’Agglo de Pau autour de l’aménagement du gave. Voici deux ans, elle avait tenté de faire arrêter le chantier du stade d’eaux vives, estimant que son implantation, pour partie sur une zone Natura 2000, n’était pas compatible avec les obligations légales fixées par l’Union européenne pour ces espaces. La Sepanso vient d’ailleurs d’apprendre que son action sur le fond avait échoué devant le tribunal administratif de Pau.

« Laisser faire la nature »

Mais l’association de défense de l’environnement annonce déjà qu’elle fera appel de la décision. « En général, nous perdons à Pau, mais nous gagnons à Bordeaux », lance Michel Rodes, qui plaide contre « l’artificialisation » de ces zones Natura 2000. « Que l’on dépollue, que l’on enlève les gravats, que l’on remette le niveau normal du cours d’eau, d’accord. Mais laissons faire ensuite la nature », lance le président de la Sepanso.

« La Sepanso Béarn est pour la sanctuarisation de la nature. Nous n’avons pas la même conception », se défend Martine Lignières-Cassou. « Quand on a d’un côté la nature, de l’autre les activités humaines, la nature est plus que chahutée. Cela aboutit à la multiplication des dépôts sauvages le long du gave comme c’est le cas depuis des années. Il s’agit de rendre compatibles Lire la suite

Pierre Rabhi : L’Autonomie… Le temps de l’insécurité créative est venu

pierrerabhi.org, Pierre Rabhi, le 8 février 2008

L’Autonomie… Le temps de l’insécurité créative est venu.

L’écologie une grande leçon d’autonomie

Le terme « autonomie » suggère une organisation, une situation fondée sur la non dépendance. Celle ci nécessite une détermination, une volonté et des actes pour lui donner réalité. Elle concerne aussi bien un individu, qu’un groupe d’individus ; elle a trait également à un état intérieur, à la subjectivité humaine.

L’autonomie s’applique à des domaines très divers comme le territoire, la nation, la politique, l’économie… Traitée d’une façon exhaustive, cette question nous entraînerait trop loin. Pour éviter toute confusion, nous nous bornerons par conséquent à quelques considérations en rapport avec notre engagement pour la Terre et l’Humanisme. D’une façon générale, l’autonomie s’inscrit dans un contexte qui lui donne sa raison d’être, qui la détermine : on est autonome à l’égard de quelque chose. L’écologie bien comprise est, par excellence, une grande leçon d’autonomie. Elle est fondée sur l’interdépendance des règnes et des espèces. Chaque espèce garde sa spécificité propre mais ne peut survivre sans relation avec les autres espèces. La rupture de cette relation génère la sclérose, une dévitalisation qui, faute de la circulation des énergies vitales, peut aller jusqu’à la mort. Ainsi, paradoxalement, l’interdépendance des espèces a pour finalité et résultat l’autonomie de la totalité d’un écosystème. En préconisant, par exemple, la fertilisation de la terre par de la matière organique, issue des déchets végétaux et animaux habituellement gratuits et transformée en humus, l’agroécologie que nous essayons de propager le plus largement possible respecte le cycle des échanges entre la terre, le végétal, l’animal et l’humain, avec bien sûr tous les éléments et conformément aux règles établies par la vie depuis les origines. L’agroécologie concilie ainsi la nécessité de s’alimenter avec l’indispensable intégrité et pérennité de la dynamique du vivant. Elle est donc facteur d’autonomie. A contrario, l’usage des engrais chimiques, des pesticides de synthèse coûteux à produire (il faut environ trois tonnes de pétrole pour la production d’une tonne d’engrais), est facteur de dépendance ; par leur constitution, ces produits détruisent la dynamique en question. Car cela introduit dans le cycle comme des « corps étrangers » que le métabolisme du sol ne peut ni générer, ni recycler. Le principe élémentaire biologique s’applique à tous les domaines de la vie. La planète Terre est dans sa totalité régie par cette intelligence. Bien qu’elle fût à l’origine peuplée par des créatures innombrables, cela ne s’est jamais traduit sur la biosphère par l’épuisement des ressources. La sphère terrestre dépend bien entendu des énergies cosmiques directes et indirectes – soleil, énergies subtiles -, et probablement de cette mécanique céleste qui nous fascine tant. L’espace écologique est par conséquent infini et notre planète exalte en quelque sorte cette intelligence qui, avec la diversité, la complexité illimitée, crée de la vie et de l’autonomie dans la pérennité et la continuité. C’est une des raisons pour lesquelles la planète terre est un miracle et un prodige inégalable de l’intelligence de la vie. Il y a là un phénomène grandiose digne de toute notre admiration. L’autonomie de la planète se fonde également sur le non gaspillage. La nature n’a pas de poubelle parce qu’elle ne crée pas de déchets. Cette loi est exprimée par le fameux « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Cette logique inspire la réflexion de l’écologie d’aujourd’hui pour le durable et le reproductible. Cependant, on a tendance à confondre l’autonomie et l’autarcie. On peut définir cette dernière comme un système clos qui prétend suffire à tous ses besoins sans échange avec l’extérieur. Et cela va à l’encontre de l’autonomie telle que la nature nous en donne le principe. Il s’agit donc d’une enclave dans un ordre global, du rejet de tout le contexte dans laquelle elle s’inscrit. Cette option contre nature devient trop souvent le terreau du sectarisme avec le repliement sur une idéologie ou un principe métaphysique qui ne souffre aucun échange ni aucune remise en cause. Les extrémismes ne sont rien d’autre qu’une conviction pathologique de détenir la seule vérité qui soit. Biologiquement, l’autarcie poussée à l’extrême est facteur de dégénérescence. Les anthropologues ont parfois découvert des communautés humaines dites « isolats » qui, faute d’échange avec les populations extérieures, cumulaient les tares par consanguinité et avec un appauvrissement génétique chronique s’acheminaient vers l’extinction. Que ce soit dans l’espace psychique ou physique, il semble que tout confinement va à l’encontre de la dynamique de la vie. Toujours en référence à notre pratique agroécologique, nous faisons une grande distinction entre l’aérobie et l’anaérobie. Un compost aéré donne une matière humique, fermentée et bénéfique ; un compost confiné donne une matière putride et toxique. Les deux principes contraires, autonomie et autarcie, que nous avons essayé d’élucider, devraient nous éclairer pour construire un futur autonome qui s‘avère indispensable pour la survie de notre espèce.

Le hiatus du « pétrolitique »

Cependant, cette nécessité d’autonomie sera mise en échec si nous ne prenons pas en compte, pour nous en affranchir, certains mythes fondateurs de la modernité particulièrement destructeurs d’autonomie. Depuis la révolution industrielle nous avons affaire, pour le meilleur et le pire, à un modèle dominant hégémonique à l’échelle planétaire. Ce modèle, nous le constatons clairement aujourd’hui, repose sur l’option la plus absurde, dépendante et dispendieuse que l’humanité ait imaginé. Cela a donné une civilisation technico-scientifique productiviste et marchande, dont la survie dépend essentiellement d’une matière combustible nauséabonde exhumée des entrailles de la terre, où elle sommeillait depuis des millénaires. Compte tenu de la gigantesque chaotisation qu’elle a provoquée dans l’histoire de l’humanité et de la nature, nous aurions été plus avisés de la laisser où elle était. Car elle est responsable d’un hiatus gigantesque dans le processus de la vie. Avec la thermodynamique, nous sommes entre Prométhée et Vulcain dans la civilisation de la combustion énergique à des fins d’efficacité, de vitesse… La voiture comme l’un des symboles du miracle de la rationalité industrielle chargée de phantasmes – évasion, liberté, emblème social -, est justement l’une des inventions faite du cumul de critères irrationnels. Une analyse objective nous permet de constater que nous avons affaire avec la voiture à un outil qui pèse en moyenne une tonne et demi pour déplacer des individus de plus ou moins 80 kilos. 80% du combustible destiné à le faire se mouvoir servent à produire de la chaleur et à permettre aux usagers de se gazer mutuellement et d’intoxiquer l’atmosphère. Cet outil a inspiré un mode d’organisation de l’espace de vie basé sur la dispersion avec un habitat éloigné des lieux de travail, de commerce, d’éducation… qui ne peut plus fonctionner sans lui. Il pèse lourdement Lire la suite

Atelier des Bains Douches : mercredi 13 janvier à 18H30 , RdV pour construire l’avenir du quartier Belcier, salle Son Tay

Atelier des bains douches, Anne Sallenave, le 6 janvier 2010
Nous vous invitons à un nouveau rendez vous pour construire l’avenir du quartier Belcier à bordeaux le mercredi 13 janvier de 18H30 à 20H00, salle Son Tay.
Il y sera question de  Nature (espaces verts, espaces publics, fleurissement, eau, matériaux…). Quels espaces de nature faut-il pour la ville de demain ? Sous quelle forme? Comment ouvrir le quartier sur le fleuve….
Venez en discuter avec nous, avec  les urbanistes de la mairie de Bordeaux et de l’OIN Bordeaux Euratlantique. Un cahier des charges sera élaboré à partir des échanges avec les participants. Votre présence (habitants, usagers, commerçants, chefs  d’entreprise…) est importante. Nous sommes toujours plus créatifs à  plusieurs.
Un « livre d’or » est mis à votre disposition afin que vous puissiez faire vos  remarques, vos suggestions, critiques ou compliments (!). Nous avons besoin de vos réactions pour continuer à améliorer notre travail dans le quartier.
Nous finirons sur Lire la suite

Le pape donne sa feuille de route à l’écologie chrétienne

plunkett.hautetfort.com, Benoît 16, le 15 décembre 2009

Le pape donne sa feuille de route à l’écologie chrétienne (message du 1er janvier 2010)

Benoît XVI désigne les causes économiques  de la crise écologique et appelle à changer de modèle – L’écologie chrétienne est renforcée et encouragée –  Démarche de conversion – Débat de fond à ouvrir avec les écologistes non chrétiens et les altermondialistes –  Un message magistral, à lire entièrement : MESSAGE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI POUR LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX 1er JANVIER 2010 SI TU VEUX CONSTRUIRE LA PAIX, PROTEGE LA CREATION

1. Au début de cette nouvelle année, je désire adresser mes vœux de paix les plus fervents à toutes les communautés chrétiennes, aux responsables des Nations, aux hommes et aux femmes de bonne volonté du monde entier. J’ai choisi comme thème pour cette XLIIIème Journée Mondiale de la Paix: Si tu veux construire la paix, protège la création. Le respect de la création revêt une grande importance, car «la création est le début et le fondement de toutes les œuvres de Dieu»[1] et, aujourd’hui, sa sauvegarde devient essentielle pour la coexistence pacifique de l’humanité. Si, en effet, à cause de la cruauté de l’homme envers l’homme, nombreuses sont les menaces qui mettent en péril la paix et le développement intégral authentique de l’homme – guerres, conflits internationaux et régionaux, actes terroristes et violations des droits de l’homme – les menaces engendrées par le manque d’attention – voire même par les abus – vis-à-vis de la terre et des biens naturels, qui sont un don de Dieu, ne sont pas moins préoccupantes. C’est pour cette raison qu’il est indispensable que l’humanité renouvelle et renforce «l’alliance entre l’être humain et l’environnement, qui doit être le miroir de l’amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons».[2]

2. Dans l’Encyclique Caritas in veritate, j’ai souligné que le développement humain intégral est étroitement lié aux devoirs qui découlent du rapport de l’homme avec l’environnement naturel, considéré comme un don de Dieu fait à tous, dont l’exploitation comporte une commune responsabilité à l’égard de l’humanité tout entière, en particulier envers les pauvres et les générations à venir. J’ai noté, en outre, que lorsque la nature et, en premier lieu, l’être humain sont considérés simplement comme le fruit du hasard ou du déterminisme de l’évolution, la conscience de cette responsabilité risque de s’atténuer dans les esprits.[3] Au contraire, considérer la création comme un don de Dieu à l’humanité nous aide à comprendre la vocation et la valeur de l’homme. Avec le psalmiste, pleins d’émerveillement, nous pouvons proclamer en effet: «À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci?» (Ps 8, 4-5). Contempler la beauté de la création nous aide à reconnaître l’amour du Créateur, Amour qui, comme l’écrit Dante Alighieri, «meut le soleil et les autres étoiles».[4]

3. Il y a vingt ans, en consacrant le Message de la Journée Mondiale de la Paix au thème La paix avec Dieu créateur, la paix avec toute la création, le Pape Jean-Paul II attirait l’attention sur la relation que nous avons, en tant que créatures de Dieu, avec l’univers qui nous entoure. «À l’heure actuelle, on constate – écrivait-il – une plus vive conscience des menaces qui pèsent sur la paix mondiale […] à cause des atteintes au respect dû à la nature». Et il ajoutait que la conscience écologique ne doit pas être freinée, mais plutôt favorisée, «en sorte qu’elle se développe et mûrisse en trouvant dans des programmes et des initiatives concrets l’expression qui convient».[5] Auparavant, d’autres parmi mes Prédécesseurs avaient déjà fait allusion à la relation existant entre l’homme et l’environnement. Par exemple, en 1971, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de l’Encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, Paul VI avait souligné que «par une exploitation inconsidérée de la nature, (l’homme) risque de la détruire et d’être, à son tour, la victime de cette dégradation». Et il ajoutait qu’ainsi «non seulement l’environnement matériel devient une menace permanente: pollutions et déchets, nouvelles maladies, pouvoir destructeur absolu, mais c’est le cadre humain que l’homme ne maîtrise plus, créant ainsi pour demain un environnement qui pourra lui être intolérable : problème social d’envergure qui regarde Lire la suite

Michel Serres : « L’amorce d’un nouveau monde »

lejdd.fr, le 5 Décembre 2009, Michel Serres  

Michel Serres : « L’amorce d’un nouveau monde »

Le philosophe Michel Serres ne veut pas s’illusionner sur Copenhague. Sauf si les politiques admettent qu’ils ne sont pas à la hauteur…

Il a pensé l’écologie quand ce n’était pas à la mode, s’est fait vilipender en voulant introduire la nature dans le débat politique. Aujourd’hui que l’actualité lui donne raison, Michel Serres pense le Temps des crises (*) et se méfie d’un soulagement conjoncturel. Les politiques et les peuples sauront-ils retrouver un lien au monde? En dehors de cela, point de salut.

Copenhague commence, la planète est sauvée ?

Copenhague me passionne, mais méfions-nous de notre regard scotché à l’actualité. On ne rattrape pas si vite des années d’oubli. Les chefs d’Etat, les politiques, seront à Copenhague, chacun représentant leur Nation, leur peuple. Mais personne ne représente la terre; il n’y a pas de représentant des océans, de la banquise, des espèces menacées. Et nos gouvernants n’ont pas la culture nécessaire pour parler au nom de la planète. Elle, personne ne l’a invité au sommet…

Les politiques sont dépassés par la crise climatique ?

La crise climatique est un aspect d’une crise globale : l’homme, l’espèce humaine, a perdu son lien avec la terre, avec la planète, ses rythmes, ses limites et ses dangers. Cette crise-là, les politiques ne sont pas armés intellectuellement pour l’affronter. Depuis des millénaires, la politique, c’est l’art de gérer les relations humaines : les rapports de force, de pouvoir, de territoire, la liberté ou l’oppression.

Ce ne sont plus des sujets ?

Cela reste. Mais la terre, le monde, se dérobe à l’homme, et c’est le sujet politique majeur. Il y a vingt ans, j’ai écrit le Contrat naturel. J’y expliquais pourquoi la politique traditionnelle devait céder la place, puisque que la nature devenait l’enjeu. Tout le monde m’est tombé dessus. Réintroduire la nature dans le débat, c’était du fascisme! Je suis allé présenter ma thèse devant les députés à l’Assemblée nationale. Ils sortaient tous de sciences po, je leur disais qu’ils devaient apprendre la physique et l’écologie, sinon, ils ne s’en sortiraient pas. Ils ont éclaté de rire. Ils avaient un nouveau métier à apprendre, ils ne l’ont pas fait.

«Je tiens les philosophes pour responsables. Ils sont silencieux, pris par l’actualité immédiate»

Il n’y a donc plus d’espoir ?

Non, parce que la science est là. Les scientifiques appréhendent le risque climatique depuis un quart de siècle. La science est la clé, et ceux qui la portent. On le voit avec le GIEC, dont je partage l’optimisme de combat. Les politiques doivent écouter les scientifiques… Ils sont les seuls à avoir une expertise de ces questions complexes.

Mais où est la démocratie si les « sachants » mènent le monde ?

Je connais par cœur cet argument. Mais la clé de la démocratie, c’est le peuple, et le peuple bouge. La question, c’est d’établir un nouveau rapport entre le peuple et la science. Lire la suite

Bassin d’Arcachon : La Sepanso et les associations critiquent sévèrement le projet d’aménagement du territoire

sudouest.com, Bernadette Dubourg, le 2 Décembre 2009

SCOT. La Sepanso et les associations regroupées au sein du Ceba critiquent sévèrement le projet d’aménagement du territoire

« Un brouillon à réviser »

 «Nous sommes déçus par le projet de PADD et très mobilisés pour y apporter les modifications qui s’imposent », résument Jean Mazodier, président de la Ceba qui regroupe 17 associations du bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre, et René Serrano, au nom de la Sepanso.

« On a salué, en son temps, le travail remarquable de l’État et sa note d’enjeux, rappellent les deux associatifs.

Aujourd’hui, nous désapprouvons les orientations qui sont prises par le Sybarval (Syndicat mixte du bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre), et nous tenons à le faire savoir, car ce texte doit être revu ». Explications.

1 Ateliers et séminaires

« Nous avons demandé à participer aux différents ateliers et groupes de travail mis en place pour élaborer le projet d’aménagement et de développement durable, préfiguration du futur Scot (schéma de cohérence territoriale).

Il a fallu une forte pression pour qu’on nous accepte. Il faut reconnaître que nous avons été aidés par certains élus.

Nous avons également participé aux deux séminaires des 16 juin et 15 octobre. Nous avons, chaque fois, fait des observations orales et écrites mais n’avons pas reçu un seul mot d’observation sur nos commentaires. Le sous-préfet que nous avons longuement rencontré nous a cependant assuré que nous interviendrions lors de la consultation. Le Scot est un document fondamental, il ne doit pas être élaboré en vase clos. »

2 La population et l’eau

« Le projet, qui privilégie très clairement les aspects économiques et démographiques, va à l’encontre des exigences de l’État quant à la hiérarchisation des priorités et la prise en compte des enjeux écologiques. L’État incitait à limiter l’accroissement de la population à 35 000 habitants de plus d’ici à 2030. Avec le PADD, nous atteignons les 70 000 habitants, soit une augmentation de la population de 4 % par an, c’est de la folie.

On ne sait pas comment alimenter cette population en eau potable. Le Siba ne sera pas non plus en capacité de traiter les eaux usées. Sans parler des risques Lire la suite

Flipo et Gaudillière : Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.

mediapart.fr, Fabrice Flipo, Jean-Paul Gaudillière, le 23 Novembre 2009

Première publication par Mouvements

Inégalités écologiques, « croissance verte » et utopies technocratiques.

Les auteurs de ce texte, tout en définissant la notion de « décroissance », déclinent trois priorités : reconnaître une « valeur » et non un prix à la nature ; redistribuer et réduire les inégalités tant celles sous-jacentes à la crise écologique que celle induites par les mesures imaginées pour y remédier ; relocaliser et resocialiser l’économie pour démocratiser les choix.

La crise écologique et financière oblige les décideurs à se pencher sur les scénarios de sortie de crise verte. Mais cette prise de conscience court le risque de s’arrêter à mi-chemin. « Capitalisme vert », « croissance verte », « keynésianisme vert » et « technologies propres » constituent autant de confortables mirages destinés à nous épargner les nécessaires remises en cause liées aux limites écologiques d’une planète aux ressources finies. La prise en compte conséquente de ces limites amène à aborder de front la question des inégalités écologiques et sociales et à changer les modes de production, de consommation et donc les modes de vie les plus prédateurs. Sans autre échappatoire, dans cette redistribution des richesses à opérer, que la redéfinition collective du sens de ces richesses elles-mêmes.

Grenelle de l’environnement, succès aux élections européennes, invitation des leaders écologistes à l’Élysée, débat (difficile) sur une loi créant une taxe carbone…L’écologie politique semble avoir gagné un statut nouveau sur la scène politique française. La crise écologique et la dégradation de notre environnement ont apparemment cessé d’exister comme cette chose dont il faut parler en fin de discours pour faire bonne mesure pour devenir un enjeu à propos duquel il est bon de réfléchir, voire même d’inventer des événements.

Cette nouvelle donne doit beaucoup à la conjonction des deux crises : la crise climatique et la crise financière. La visibilité de la première tient bien sûr à l’agenda des négociations internationales, aux discussions sur l’après Kyoto. Au-delà de la conjoncture, en matière de climat, tous les signaux sont en effet au rouge. Les organisations internationales, du GIEC aux grandes ONG environnementales en passant par le PNUD, multiplient les mises en garde sur l’accélération du réchauffement, sur l’ampleur de ses effets à relativement court terme, sur la vulnérabilité phénoménale des pays d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Amérique Latine, sur les inégalités que le changement climatique va créer ou renforcer. Les médias européens et nord-américains relaient désormais le consensus des experts du climat sur la réalité du phénomène et font largement écho à la fonte des calottes glaciaires, aux migrations d’espèces ou encore aux nouvelles « guerres » de l’eau. Parallèlement, l’éclatement de la crise financière a rouvert un espace pour discuter des changements du capitalisme, du fonctionnement des marchés financiers, des effets « pervers » du déplacement de pouvoir vers l’actionnariat et les places boursières, des défauts de « l’auto-régulation » des marchés et du même coup signé le retour en grâce de l’intervention publique, ne serait-ce que pour sauver les banques et assurer la pérennité d’un régime d’accumulation (légèrement) amendé.

À gauche, cette conjonction des deux crises a paradoxalement des effets délétères. En rendant la question écologique plus visible et urgente, elle rend encore plus patente la difficulté à proposer des réponses autres que cosmétiques. La vivacité et surtout la nature des dénonciations venant tant du parti socialiste que de la gauche de la gauche d’un projet de taxe carbone présenté comme « anti-sociale » alors qu’il s’agit au contraire de le configurer pour en faire un outil liant redistribution et changement des façons de produire en a été un bien triste révélateur.

On n’aurait toutefois tort de considérer que les discours sur la sortie de crise « verte » ou le Green Deal ne sont que des temporaires, de simple effet de couverture médiatique grâce auxquels on découvre ces exotiques décroissants du midi de la France. Bénéficiant des acquis de l’expertise économico-climatique poursuivie depuis une dizaine d’années dans et autour du GIEC et des institutions en charge des politiques énergétiques, les propositions – voire les scénarios – liant réponse à la crise financière, re-régulation et investissements écologiques massifs tendent à faire référence, y compris du côté de la présidence américaine. Les registres varient, depuis la simple mise en avant d’un recours significatif aux sources d’énergie renouvelables dans le « bouquet » énergétique jusqu’à des argumentations plus fondamentales sur la nécessité d’une politique écologique globale faisant intervenir des transferts importants de ressources vers les pays du Sud. Dans un ouvrage récent, Lester Brown évoquait ainsi la perspective d’une « éco-écologie » Lire la suite

NON aux LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne : Manifestation à LANGON le Samedi 28 Novembre à 10 heures

coordination-asso-vigilance-lgv.fr, communiqué, le 12 novembre 2009

NON aux LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne

Manifestation à LANGON

Samedi 28 Novembre à 10 heures

Départ devant la gare de Langon

Agir maintenant

Manifestation organisée par les élus et les associations opposées aux projets de lignes nouvelles LGV Bordeaux-Espagne et Bordeaux-Toulouse

OUI à l’aménagement des voies existantes

NON aux nouvelles lignes LGV

15 000 000 000 € * pour détruire notre cadre de vie !

L’État, Réseau Ferré de France et certains grands élus veulent nous imposer le projet inutile et destructeur de deux nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse: Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. 

Ne vous laissez pas leurrer par la publicité pour les LGV

Non, la grande vitesse ferroviaire n’est pas une solution écologique, elle consomme beaucoup trop d’énergie.

Non, la construction d’infrastructures nouvelles ne respecte ni la nature ni ceux qui y vivent.

Non, les LGV n’enlèveront pas les camions de nos routes.

Non, les contribuables d’Aquitaine n’ont pas à payer les chantiers inutiles qui vont saccager leur cadre de vie.

Une alternative existe : l’aménagement des voies existantes

Oui, l’amélioration progressive des voies existantes permettra d’accueillir le trafic pendant au moins un demi-siècle.

Oui, la modernisation des voies existantes répond à l’urgent besoin de ferroviaire de proximité.

Oui, le réseau existant Lire la suite

Débat public à Léognan-Martillac : Le golf en balance

sudouest.com, Gilles Guitton, le 12 Novembre 2009

LÉOGNAN-MARTILLAC, DÉBAT PUBLIC. Vives discussions sur le projet de golf-lotissement des propriétaires de Smith Haut-Laffitte. Les élus Verts et le maire de Léognan divergent

Le golf en balance

Florence et Daniel Cathiard, les propriétaires du château Smith Haut-Laffitte et des Sources de Caudalie à Martillac, ont encore du pain sur la planche pour convaincre les Léognanais de leur accorder la constructibilité des terrains où ils veulent construire un golf et trente à quarante villas de luxe. Voire un hôtel (notre édition du 9 novembre), sur 75 hectares de forêt leur appartenant.

Mais ils ont peut-être marqué un point ces derniers jours, si on en juge par la position avancée par le maire PS Bernard Fath lors de la réunion publique organisée par les Verts mardi soir sur ce dossier.

Après deux heures et demi de débat, le premier magistrat a posé des conditions « non négociables ». Mais il a trouvé des avantages économiques suffisants au projet pour « étudier » la possibilité de modifier le Plan local d’urbanisme en faveur des Cathiard.

« Projet secret »

Le dossier passionne. La salle du foyer était pleine mardi soir. À la tribune, les élus Verts locaux Joël Lac, Jocelyne Pellet et Benoist Aulanier développent méthodiquement leurs arguments : incohérence avec les principes du PLU et les politiques de développement durable des collectivités, « cadeau » de « 10 millions d’euros » sans contrepartie, ou encore nouvelle atteinte contre la forêt léognanaise.

Deux chercheurs spécialistes de l’eau et membres du conseil consultatif citoyen de développement durable, Olivier Atteia et Frédéric Zahm, expliquent que « la question de la ressource en eau est essentielle » dans le débat. Tout en observant que faute de connaître le détail du projet, « secret », il leur est difficile de se prononcer précisément. « On ne peut pas donner d’autorisation à un projet dont on ne sait rien » dira-t-on plus tard.

« Pas d’arrosage avec de l’eau potable » est une condition posée par le maire. Mais le forage qui alimente les sources de Caudalie est-il classé comme « potable » ?

Il y a consensus sur les huit hectares de l’ancien parc du château du Thiol. Pas touche. C’est l’autre condition « non négociable » de Bernard Fath. Mais les accents naturalistes de Jocelyne Pellet, partie en forêt recenser les oiseaux et débusquer la salamandre, ne sont pas repris par le maire. Elle réclame un inventaire de la biodiversité.

« Ghetto de riches »

Il y a dans la salle comme un ressentiment à l’égard du « château ». On parle de « ghetto de riche ». On interroge Lire la suite

Le premier écogîte du département de la Gironde à Marsas

sudouest.com, Françoise Chouvac, le 4 Novembre 2009

MARSAS. Le premier écogîte du département

Une semaine à La Bernarde

Le calme, l’authenticité, un habitat préservé et respectueux de l’environnement, telle est la philosophie de l’écogîte selon les Gîtes de France. Cette philosophie est également celle des époux Gallet, qui possèdent depuis plus de trente ans la propriété La Bernarde. René a aménagé le parc paysager de 10 hectares, les 3 kilomètres d’allées forestières bordées d’arbres divers mais qui respectent tous la biodiversité du lieu. Point d’arbres exotiques mais uniquement ceux des régions tempérées et océaniques, deux étangs entièrement recouverts de nymphéas multicolores, des oiseaux, des canards, des tortues cistudes, une pisciculture de carpes, des champignons à la saison… Bref, un vrai paradis, qui est souvent le cadre de stages pour écologistes convaincus.

Bio, solaire, recyclable

René et Marie-France Gallet ont souhaité transformer une partie de leur maison en gîte rural et se sont engagés dans la démarche en proposant un hébergement rural touristique « écolo » : des panneaux solaires installés sur le toit chauffent l’eau des sanitaires mais également la maison, la peinture des murs est bio, le bois et d’autres matériaux naturels, locaux et recyclables, moins néfastes pour l’environnement, ont été choisis avec soin.

Tous les critères exigés par les Gîtes de France ont été scrupuleusement respectés, et c’est ainsi qu’au mois d’octobre La Bernarde est devenue le premier écogîte de la Gironde. Ce classement permet ainsi aux touristes et aux vacanciers désireux de vivre quelques jours dans un cadre écologique d’être sûrs de ne pas être déçus et de trouver une maison en accord avec leurs convictions.

Le gîte des Gallet est bien plus que cela, et René n’a de cesse de faire découvrir sa propriété avec enthousiasme et gentillesse. Il n’hésite pas à donner des conseils sur le recyclage, le tri sélectif, la façon de faire du compost, et plein d’autres recettes avec les plantes et les fleurs trouvées en parcourant le domaine.

Les vacanciers repartent heureux d’avoir passé un séjour agréable dans un cadre de verdure et de calme, et ravies des conseils éclairés des époux Gallet.

Céline et Fabien ont pu, les premiers, apprécier le charme de l’écogîte La Bernarde. Ces deux citadins avaient gagné un week-end dans cet endroit grâce à un jeu sur France Bleu, et les époux Gallet leur ont offert de rester toute la semaine gratuitement.

« Les propriétaires sont charmants et sympathiques, raconte Céline. Ils nous ont fait les honneurs de leur domaine, des quatre potagers, des parcs à moutons, des poulaillers. » Fabien, quant à lui, a admiré le travail de René dans le parc : « Les arbres, Lire la suite

France Nature Environnement imagine l’économie de demain

France Nature Environnement, Communiqué de presse, le 20 octobre

Congrès national 2010 : FNE imagine l’économie de demain

A l’heure où « l’économie verte » est dans tous les esprits, France Nature Environnement lance une réflexion pour faire émerger des propositions innovantes pour une économie plus respectueuse de l’homme et de l’environnement. Elles seront présentées lors du 34ème Congrès National de FNE, les 25 et 26 mars 2010 à Toulouse.

FNE s’engage dans une réflexion autour de l’économie de demain

L’exploitation des ressources naturelles a donné lieu à la création et au développement d’industries, de services et d’échanges commerciaux, mais cela a également contribué à la dégradation de l’environnement, en même temps que nombre de ces ressources arrivent aujourd’hui à des niveaux critiques de disponibilité.

Selon Sébastien Genest, Président de France Nature Environnement : « Ce constat doit nous amener à trouver des solutions pour éviter le gaspillage, produire et consommer autrement en générant moins de pollutions, en consommant moins de ressources. La mise en place d’une économie plus respectueuse de l’environnement représente un levier d’action essentiel pour avancer vers cet objectif ».

Conscients des possibilités envisageables dans ce domaine, médias, entreprises et acteurs publics évoquent de plus en plus souvent l’ « économie verte » ou la notion de « Green Deal ». Mais ces déclarations d’intention débouchent difficilement vers des solutions opérationnelles pour accorder notre économie avec les limites de la planète.

FNE a donc mis en place une réflexion afin de définir des pistes d’actions concrètes et cohérentes sur le plan économique, en prenant en compte les impacts sur l’environnement, le dynamisme économique, l’emploi et les aspects sociaux.

Une réflexion collective qui associe différents types de partenaires

Les 3 000 associations membres et affiliées de FNE participent déjà à cette réflexion menée par la fédération. Un premier travail a d’ores et déjà permis un recensement des actions innovantes au sein de la fédération.

Une réflexion globale sur une nouvelle économie acceptable par l’ensemble de la société civile nécessite également l’implication des parties prenantes de la production et de la consommation d’horizons variés. Objectif : confronter les points de vue, enrichir la réflexion initiée par la Mission économie de FNE et réagir à ses propositions. Des syndicats de travailleurs, des associations de consommateurs et d’élus mais aussi des entreprises et la presse économique prendront part à cette réflexion. A ce titre, les premiers partenaires de FNE engagés dans cette réflexion sont la CLCV (association nationale de consommateurs et d’usagers), la Caisse des Dépôts et BNP Paribas pour le secteur bancaire ; Lafarge pour le secteur de l’industrie ; Alternatives Economiques pour le secteur de la presse.

Bruno Genty, vice-président de FNE et Pilote de la mission Economie, confirme que « par cette démarche, nous voulons enclencher un débat multipartite et formuler des Lire la suite

Le Syndrome du Titanic : Nicolas Hulot renvoie aux poubelles de l’histoire la ringardise esthétisante du film de Yann Arthus-Bertrand

politis.fr, Claude-Marie Vadrot, le 8 octobre 2009

Le Syndrome du Titanic : Nicolas Hulot renvoie aux poubelles de l’histoire la ringardise esthétisante du film de Yann Arthus-Bertrand

Au début de son film, Nicolas Hulot explique « Je ne suis pas né écolo, je le suis devenu ». Une phrase qui efface les quelques maladresses du texte qui suit, texte qui s’appuie sur des images saisissantes et parfois terrifiantes. Comme celles de Lagos, la capitale du Nigeria, où une partie de la ville vit dans un mélange d’ordures et de voitures. Un télescopage de la plus extrême pauvreté et de la copie du modèle occidental. Le même modèle pour tous, hélas, appuie le commentaire en expliquant qu’il existe pourtant des voies différentes pour atteindre le bien être. A condition que l’éducation soit privilégiée. Avec cette interrogation constamment répétée et surtout illustrée, de Hong-Kong à Detroit en passant par Paris ou Los Angeles : « où est le progrès quand tout est marchandise ? ». Comme le montre une séquence saisissante, entre tourisme et consommation, filmée en Namibie. Le film n’apporte pas la réponse. Peut-être parce que l’auteur explique presque dés le début : « Je ne suis pas optimiste, je maintiens un espoir ». Il est vrai que les images sont souvent désespérantes.

On est loin de la ringardise esthétisante de Yann Arthus-Bertrand qui ne regarde jamais les hommes ; on est loin aussi, même si elle fut plus efficace, de la lourde pédagogie du film d’Al Gore conjuguant jusqu’à la nausée le thème « moi et le climat ». Yann Arthus-Bertrand, dans un mode encore plus mineur, fait de même en contemplant son nombril et celui de la planète. Pas étonnant que l’escrologiste du consortium Pinault ait reçu tant de louanges pour sa jolie bluette et que beaucoup de confrères fassent la moue sur le film de Hulot.

Le premier présente le monde comme nous voulons absolument encore croire qu’il est, comme si les beautés des paysages « vues du ciel » pouvaient masquer les horreurs des destructions, des pénuries, des gaspillages et des pauvretés.

Le second, ce qui peut paraître désespérant et sans analyse toujours directement perceptible, nous montre la terre telle qu’elle est. Ce qui devrait nous inciter à l’action et à la réaction plutôt qu’à nous barricader derrière des murs longuement décrits : celui qui isole les Palestiniens comme celui qui sépare le Mexique des Etats Unis. Insister sur la misère du monde plutôt que ce qui lui reste de beauté, a pour avantage, d’autant plus que c’est clairement expliqué, de rappeler, de marteler que les combat pour l’écologie ne peuvent pas être séparée des combats contre les inégalités ; et que pour préserver, il faut partager.

Résultat : même quand on sait tout cela, et encore plus quand on ne le sait pas ou que l’on veut l’oublier ou encore qu’on ne veut pas le savoir, on encaisse des coups de poings salutaires.

Rien à voir avec les caresses dans le sens du poil prodiguées par Yann Arthus-Bertrand : le monde il est beau il est gentil et si vous faites un petit effort, on va s’en tirer.

Rien de tel dans le Syndrome du Titanic. Hulot, même si le propos est parfois trop elliptique, nous demande d’arrêter la musique et de regarder, de réfléchir. Avec cet avertissement tiré des images Lire la suite

Jean-Pierre Dupuy : La menace écologique, un défi pour la démocratie

journaldumauss.net, Jean-Pierre Dupuy, le 14 octobre 2009

Pour citer cet article : Jean-Pierre Dupuy, « La menace écologique, un défi pour la démocratie », Revue du MAUSS permanente, [en ligne].

La menace écologique, un défi pour la démocratie

La menace écologique en vue ne pèse pas uniquement sur la survie de l’humanité. Elle pèse également sur ses valeurs, puisqu’en l’absence de réactions à la hauteur de l’enjeu, il est probable que la démocratie disparaîtra tout bonnement de la surface du globe, la menace sur la survie se transformant en lutte des uns contre les autres pour survivre. Dans l’objectif d’éviter ce sombre avenir, Jean-Pierre Dupuy propose ici de revisiter quelques fausses idées à propos de l’écologie politique, afin de la défendre – puisque c’est elle qui porte sur la place publique les inquiétudes que les scientifiques nourrissent dans le secret de leurs laboratoires : l’écologie politique n’est ni un anti-humanisme, ni l’ennemie de la science, de la technique et de la démocratie libérale, ni simple responsabilité vis-à-vis des générations futures. Elle n’est pas non plus régression des démocraties dans l’univers sacré et ses apocalypses, poursuit l’auteur, tout en assurant qu’un catastrophisme apocalyptique (qui peut être d’inspiration religieuse, et qui doit être laïc) est plus que jamais nécessaire : sans lui, les démocraties ne prendront pas à bras le corps la question écologique, de sorte qu’elles seront balayées par les catastrophes et les crises à venir. Le pessimisme, parfois, peut éviter que l’irréparable ne soit commis… (DA)

1. Le monde s’est rapproché de l’apocalypse de deux minutes

Le 17 janvier dernier, le physicien Stephen Hawking, le découvreur des trous noirs, et l’astronome royal Sir Martin Rees, qui occupe la chaire d’Isaac Newton à Cambridge, ont avancé l’aiguille des minutes de l’horloge de l’apocalypse de deux minutes. Nous ne sommes plus qu’à cinq minutes de minuit, minuit signifiant conventionnellement le moment où l’humanité se sera annihilée elle-même.

L’horloge de l’apocalypse (Doomsday clock) a été mise en place en 1947 par un groupe de physiciens atomiques qui, choqués par le largage des bombes sur Hiroshima et Nagasaki, avaient lancé en 1945 une revue, qui existe toujours, de réflexion sur l’arme de destruction massive par excellence, le Bulletin of Atomic Scientists. En 1947, ils fixèrent la grande aiguille à 7 minutes avant minuit. C’était le début de l’ère nucléaire. Depuis lors, l’aiguille a été avancée et retardée 17 fois. C’est en 1953, lorsque l’Amérique et l’Union soviétique testèrent la bombe à hydrogène à neuf mois d’intervalle l’une de l’autre que l’aiguille se rapprocha le plus de minuit, à 2 minutes seulement. Après l’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la guerre froide, elle s’éloigna à 17 minutes, pour revenir à 7 minutes de minuit en 2002, après les attentats terroristes du 11 septembre 2001.

Nous sommes aujourd’hui à 5 minutes de minuit, plus près donc qu’en 1947. Les arguments avancés par les physiciens pour justifier leur sinistre pronostic méritent réflexion. Il y a d’abord que nous sommes entrés dans un deuxième âge nucléaire, marqué par la prolifération et le terrorisme. Le tabou sur l’usage de la bombe qui s’établit après Hiroshima et Nagasaki est en train de perdre de sa force, le temps et l’oubli faisant leur œuvre. Mais, pour la première fois dans l’histoire de l’horloge de l’apocalypse, un argument qui n’a rien à voir avec la menace nucléaire est mis en avant : les risques liés au changement climatique.

Les plus grands scientifiques du moment reconnaissent donc que l’humanité peut recourir à deux types de méthode pour s’éliminer elle-même : la violence intestine, la guerre civile à l’échelle mondiale, mais aussi la destruction du milieu nécessaire à sa survie. Ces deux moyens ne sont évidemment pas indépendants. Les premières manifestations tragiques du réchauffement climatique, Lire la suite

La centrale photovoltaïque du Gabardan dans les Landes : le difficile équilibre entre production énergétique et protection de l’environnement

aqui.fr, Solène Méric, le 12 octobre 2009

La centrale photovoltaïque du Gabardan dans les Landes : le difficile équilibre entre production énergétique et protection de l’environnement

En octobre 2007, la communauté de Commune du Gabardan, située à l’extrême Nord Est du département des Landes, signait avec EDF Energies Nouvelles, une promesse de bail portant sur la mise à disposition de 317 ha de terrain. Ici commençait l’aventure du chantier de la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe. Deux ans plus tard, alors que le chantier est bien avancé, Aqui! visite l’ouvrage, en compagnie de représentants d’EDF, d’EDF-EN ainsi que de la SEPANSO, association de protection de l’environnement reconnue d’utilité publique. Compte rendu d’une matinée entre conviction pour les uns et inquiétude pour les autres.

En quelques chiffres la future centrale photovoltaïque du Garbardan, ce sera 317 ha de superficie, 1 million de panneaux solaires, une production de 76 MWc, permettant l’alimentation électrique de quelques 33000 foyers par an. Le tout, pour un investissement financier global de 300 millions d’euros. Autant dire un projet d’envergure. D’envergure et d’innovation puisque 13 ha de sa surface sont réservés à l’implantation de panneaux solaires dits « trackers », produits par une jeune société de Martillac, en Gironde, Exosun. David Augeix, Directeur d’EDF EN pour la région sud nous explique que « la caractéristique de ces panneaux est de pouvoir suivre la course du soleil grâce à leur possible inclinaison sur deux axes. Cette technologie permet une production plus importante qu’avec des panneaux fixes, mais pour un investissement également plus élevé ». Le chantier de cette partie expérimentale est d’ailleurs pratiquement terminé et le raccordement à la centrale de Barbotan est prévu dés le mois de décembre prochain. Sur ces 13 ha, les panneaux trackers produiront 2MWc d’électricité.

Raccordement à partir de juin 2010

La deuxième partie du chantier, divisée en sept tranches, est uniquement composée de panneaux photovoltaïques fixes. Pour un meilleur rendement, « ils sont orientés plein sud avec une inclinaison de 25% ». Coté calendrier, « les cinq premières tranches seront raccordées à la centrale de Barbotan en décembre 2010, avec une première étape en juin où les deux premières tranches, actuellement presque achevées, seront raccordées les premières ». Pour les tranches 6 et 7, qui n’ont d’ailleurs pas encore été défrichées,les travaux auront lieu à une date ultérieure, non encore définie.

Un « paysage » étonnant

Coté « paysage », le spectacle est pour le moins étonnant. Sur des centaines de mètres, des rangées de 1200 mètres de panneaux, s’alignent les unes derrière les autres. Mais la nature s’invite déjà puisque de nombreuses fougères tapissent le sol, prémisse d’une adaptation future entre l’environnement et ces drôles de nouveaux hôtes. A la vue du spectacle, Philippe Barbedienne, Secrétaire général de la SEPANSO s’exclame : « ça me fait mal de voir ce genre de paysage. C’est malheureux d’avoir défriché 300 ha de forêt pour ça ! ». Antoine Cuerq, Directeur régional d’EDF en Aquitaine est, quant à lui, très satisfait de ce qu’il voit : « De l’énergie, il en faut et il continuera d’en falloir. Désormais, l’objectif est de la produire de la manière la moins impactante possible. Et cette centrale du Gabardan va tout à fait dans ce sens.»

Préserver autant que faire se peut le milieu naturel

D’autant plus que la Commune de Losse, en coordination avec les services de l’Etat et l’Office National des Forêts, s’est engagée sur un certain nombre de mesures visant à compenser le déboisement Lire la suite

CUB – Vincent Feltesse lance un appel à la « guérilla… naturaliste »

sudouest.com, Michel Monteil, le 21 Septembre 2009

Que fleurissent 50 projets : l’appel à la « guérilla naturaliste » est lancé

Le tram tisse progressivement sa toile, les quais de Bordeaux sont rénovés, la LGV et Euratlantique pointent à l’horizon… Le béton aurait-il fait oublier la nature ? Samedi, au moment même où Alain Juppé répondait à la question « Écologie et urbanisation sont-elles compatibles ? », à Lyon lors d’un colloque organisé par « Libération », le président de la CUB en appelait à Bordeaux à un « projet d’agglomération structurant dans le mode de vie », à une « guérilla naturaliste ». Durant deux jours et demi, 70 architectes, urbanistes, écologues, paysagistes, juristes, ont planché sur « les natures des villes » à l’initiative de la CUB.

Avec quatre ateliers, une séance plénière et des visites sur le terrain pour voir l’agglo sous l’oeil de la nature, du fleuve, des espaces verts, des paysages. « Une partie de campagne », a résumé Claude Eveno, journaliste à France culture. Il a été question du bonheur, du « plaisir d’être ensemble » et de l’« art de l’étalement urbain ». Des hommes de l’art comme Michel Corajoud, Bernard Brunet, Alexandre Chemetoff, Jean Viard, tous impliqués dans des projets urbains sur la CUB, se sont pliés à l’exercice.

Des axes verts

Mener une politique cohérente des espaces naturels (la moitié du territoire de la CUB est classé espace naturel au PLU) exige la prise en compte de divers éléments. D’abord, concilier les positions parfois opposées entre aménageurs et défenseurs de l’environnement. Ensuite, se baser sur l’espace naturel existant. Et puis, tout en prenant acte d’une nostalgie urbaine de la campagne des années 1960 et du désir d’un retour aux racines illustré par le succès des Amap, tenir compte des divers usages : agriculture, tourisme, loisirs… Les maires doivent enfin en finir avec l’idée que la nature constitue « la réserve d’expansion de leurs villes ».

« Aujourd’hui, il y a nécessité de recadrer cet ensemble », note François Barré, président d’Arc en rêve. Alors que la plupart des communes portent des projets en matière d’espaces naturels (écosite du Bourgailh, parc des Coteaux, parc de l’Ermitage, parc des berges de Garonne…), François Barré propose des « axes structurants qui apportent une continuité visuelle de la nature ». Vincent Feltesse veut « faire vite et bien ». Les populations doivent y être associées. Une condition indispensable selon Patrick Bouchain, architecte.

Des appels à projets sont lancés : « Il faut expérimenter en permanence, avoir 10, 20, 50 projets », exhorte Vincent Feltesse. Les tables rondes ont en effet montré de la méfiance face à un grand projet emblématique. Les réalisations seront « mises en réseau », « données à voir aux habitants de l’agglomération ». À l’exemple des Journées du patrimoine, une grande manifestation annuelle ou biennale permettrait de Lire la suite

« Chat » avec Pierre Rabhi, expert international pour la lutte contre la désertification

latribune.fr, retranscription du « chat » du 14 septembre avec Pierre Rabhi, expert international pour la lutte contre la désertification, le 14 septembre 2009

Retrouvez l’intégralité du « chat » du 14 septembre avec Pierre RABHI, expert international pour la lutte contre la désertification, fondateur de Colibris, mouvement pour la terre et l’Humanisme,

Bonjour et bienvenue sur le chat de la Tribune.fr. Aujourd’hui nous avons le plaisir d’accueillir Pierre Rabhi, Fondateur de Colibri, mouvement pour la terre et l’Humanisme, qui répondra à toutes vos questions.

Bonjour à tous, très heureux de passer une petite heure avec vous…

Jeanne : Beaucoup de couverture médiatique sur le changement climatique, ne pensez vous pas que les journalistes en fassent trop sur ce sujet en le voyant toujours de manière dramatique ?

Il ne faut pas non plus le dédramatiser, car il s’agit d’une réalité qu’il faut bien prendre en compte, parce qu’elle a des conséquences extrêmement importantes pour le présent et l’avenir. Peut-être la presse dramatise-t-elle trop, mais en tout cas il ne faut surtout pas occulter ce problème…

Philippe Billon : Bonjour Mr Rabhi, Pensez- vous que les mesures telles que la taxe carbone soient aussi efficaces qu’on le laisse à penser ?

Ne serait-ce pas plutôt une manière de plus de ponctionner le contribuable, sous couvert d’une bonne conscience écologique du gouvernement ? Merci pour votre réponse et votre engagement pour la Nature.

Pour ma part, cela restera de toute façon un petit palliatif, car les enjeux actuels concernant l’environnement sont colossaux et nécessiteraient des dispositions et des dispositifs nationaux et internationaux à la hauteur du problème. J’ai beaucoup de mal à accepter que l’écologie soit traitée comme un paramètre parmi d’autres.

Il faut prendre des décisions internationales radicales. Par exemple, traiter des biens vitaux (eau, terre, biodiversité sauvage et domestique) comme des biens qui ne peuvent pas être soumis à la spéculation et doivent être gérés comme des biens inaliénables, dont la sauvegarde doit être absolue…

Véra : Qu’attendez-vous du sommet de Copenhague ?

J’ai peur que le sommet de Copenhague n’aboutisse pas plus à des décisions importantes, comme l’ont été ceux de Rio de Janeiro, de Johannesburg, Kyoto… Je suis très sceptique par rapport aux conclusions et surtout aux décisions fermes que je souhaite comme je l’ai déjà exprimé : l’écologie ne peut être traitée comme une question subsidiaire, mais comme une question fondamentale concernant la planète tout entière et qui nécessite des décisions urgentes dans un paradigme nouveau, qui mettrait l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations. Pour cela, il suffirait de transférer 4 ou 5% de ce qui est consacré aux armements et à la publicité pour déjà commencer la sauvegarde de notre merveilleuse planète et, par là, la sauvegarde de notre espèce…

Diana66 : L’agriculture biologique qui, selon vos mots, « prend en compte le rythme de la terre », n’est-elle pas applicable que dans les pays développés ? les pays en développement, qui vivent principalement de l’agriculture, n’ont certainement pas les moyens ni les possibilités de suivre ce mode d’agriculture pour nourrir tout le monde.

Détrompez-vous, l’agriculture biologique, qui est parfois accusée de produire des denrées alimentaires de luxe, est celle qui convient le mieux au paysan le plus démuni. Cette question là, Lire la suite

Dominique Bourg : Pour une démocratie écologique

laviedessciences.fr, Dominique Bourg & Kerry Whiteside, le 1er septembre 2009

Pour une démocratie écologique

Notre consommation ne cesse d’augmenter et la planète est exsangue. Confier notre salut au progrès technologique et à l’économie relève de l’illusion. Car la solution est politique : c’est à la refondation de notre démocratie représentative qu’il faut tendre.

Nous partirons d’une hypothèse acquise pour les environnementalistes, mais dont la réception est mitigée dès qu’on sort d’un cercle restreint, soit pour des raisons d’ignorance, soit au nom d’une autre posture. Quelle que puisse être l’issue de la crise financière et économique actuelle, le monde où nous entrons sera profondément différent de celui que nous quittons. L’expression « inversion des raretés », parfois évoquée, caractérise assez bien le monde qui vient. À une population mondiale massive, quasiment 7 milliards et 9 au milieu du siècle, dotée d’un pouvoir d’achat et de capacités technologiques croissants, s’opposera une planète exsangue.

Il est probable que nous ne parviendrons jamais à extraire plus de 100 millions de barils de pétrole par jour alors que l’Agence internationale de l’énergie estime à 120 millions la production nécessaire en 2020. Nous aurons épuisé au début du siècle prochain l’héritage fossile de l’humanité avec un taux de croissance de la consommation annuelle de 2 %, alors que le rythme était encore de plus de 3 % ces dernières années [1]. À consommation constante, les réserves d’or, d’argent et de palladium s’élèvent à une quinzaine d’années ; elles se situent entre 15 et 30 ans pour le plomb, le cuivre ou le zinc. Nous provoquons la disparition d’un grand nombre d’espèces, les services écologiques que nous rendent les écosystèmes sont pour 60 % d’entre eux dégradés [2].

À quoi s’ajoute le changement climatique en cours. Avec une hausse d’un degré de la température moyenne, que nous atteindrons avant le milieu du siècle, c’est par exemple l’Ouest des États-Unis, du Texas au Dakota, qui pourrait redevenir ce qu’il fut il y a quelques millénaires, un immense désert de sable. La prochaine disparition de la banquise estivale arctique, dans une ou deux décennies, déplacera le front polaire vers le Nord. Il en résultera un changement non moins perturbant du régime des pluies, asséchant par exemple régulièrement et sur de longs mois l’Angleterre. Les ouragans qui ont fait leur apparition sur les côtes du Brésil et au Sud de l’Europe seront plus nombreux et pourraient s’étendre à la Méditerranée [3].

On peut toujours croire que le génie humain permettra, en dépit de ces conditions nouvelles et hostiles, non seulement de continuer à honorer les promesses de la fête industrielle, mais de les étendre à des centaines de millions de convives nouveaux. Qu’on nous permette d’en douter, en dépit des capacités indéniables du génie en question. Cette croyance repose en effet sur un raisonnement par induction relativement étroit. Certes, les exemples qui attestent de la capacité de sociétés à se sortir d’impasses ne manquent pas. Une déforestation précoce avait conduit la Londres du XIIIe siècle à se chauffer déjà largement au charbon ; un ingénieur anglais avait calculé au seuil du XIXe que le crottin de cheval devait atteindre à la fin du siècle le 1er étage des immeubles londoniens ; les révolutions vertes successives n’ont cessé de contredire Malthus. Ces exemples ne confirment qu’une chose : qu’il en est allé maintes fois ainsi, ce qui ne prouve nullement qu’il en ira toujours et systématiquement de la sorte. Le croire reviendrait à omettre trois choses.

La première est qu’il existe de nombreux contre-exemples, Lire la suite

La chasse à l’épreuve de l’éthique

ecologie-radicale.org, Gérard Condorcet, président de Convention vie et nature pour une écologie radicale, le 6 septembre 2009

La chasse à l’épreuve de l’éthique

Mon livre « pour en finir avec la chasse », mes éditoriaux hebdomadaires, mes actions juridictionnelles contre la mort loisir me valent périodiquement les injures dérisoires de certains « cynégécrates » et des attaques personnelles, c’est-à-dire méprisables.

La modestie m’incite à reconnaître que je ne bénéficie d’aucune exclusivité et que madame VOYNET, en son temps, Monsieur Allain BOUGRAIN DUBOURG furent également gratifiés par ces personnages d’invectives bienvenues.

Pour ma part, viscéralement attaché à la liberté d’expression, incluant la liberté de délires, considérant que les injures de certains individus honorent, j’informe mes contempteurs de ce que je ne m’abaisserai jamais à les poursuivre en diffamation, procédure si souvent ridicule et traduisant chez les plaignants une incapacité de réfutation.

Car, au fond, ce qui vaut est la querelle des idées, des valeurs, des concepts, le dénigrement contre les personnes étant l’apanage des indigents de la pensée.

La chasse est un loisir contraire aux principes éthiques fondamentaux en ce qu’elle porte la négation du caractère sensible de sa victime.

Constatons, dès l’abord, qu’aucune considération vitale ne justifie le fait de traquer et de tuer un animal libre, en Europe, en notre temps, pas plus d’ailleurs qu’une nécessité impérieuse n’exige la torture d’un taureau dans une arène.

La chasse et la tauromachie sont des négations du caractère sensible de l’animal et un avilissement pour l’humain qui oublie sa capacité d’empathie.

Dans les abattoirs, dans certains laboratoires, dans les élevages concentrationnaires, des hommes « désensibilisés » finissent par ignorer que les animaux placés à leur merci ne sont pas des marchandises, du matériel, mais des êtres dotés, comme eux-mêmes, d’un système nerveux les exposant au stress et à la douleur, un système nerveux très similaire à celui de l’animal humain.

La mort devient leur métier.

A la chasse, à la corrida, la mort devient leur plaisir.

Sauf à retirer aux enfants en bas-âge, aux vieillards séniles et aux handicapés mentaux, privés de raison, tout droit à Lire la suite

Vive la forêt : Vingt ans au service de l’environnement

sudouest.com, Véronique Boscher, le 9 Septembre 2009

Vingt ans au service de l’environnement

LACANAU.

Il y a vingt ans, les forêts du Porge et de Lacanau prenaient feu, avant celles de Sainte-Hélène, Carcans et bien d’autres encore. Des années noires pour la nature, qui avaient toutefois fait prendre conscience de l’immense valeur mais aussi de la fragilité de notre patrimoine forestier.

Pour défendre celui-ci, oeuvrer pour son reboisement et agir contre la menace des promoteurs, nombre de citoyens se sont alors regroupés pour créer une association sous le nom de Vive la forêt (VLF). « Aujourd’hui, vingt ans plus tard, Vive la forêt est toujours présente, tout en ayant évolué, explique la présidente Dominique Gisson, ce qui est le signe de son dynamisme et de son adaptation permanente aux besoins. »

400 familles adhérentes

Au fil des ans, VLF a obtenu un agrément en tant qu’association de protection de l’environnement pour l’ensemble du département. Ainsi, elle est devenue incontournable pour tout ce qui touche à l’environnement en Gironde et compte actuellement près de 400 familles adhérentes.

Au-delà du risque d’incendie, qui reste toujours l’une des préoccupations majeures de l’association, VLF a évolué vers « une défense de l’environnement plus généraliste ». L’association part du constat suivant : « Là où passe le feu, la nature met 10 ans à reprendre ses droits mais là où passent les promoteurs bétonneurs, elle est définitivement détruite ». C’est donc tout naturellement vers « ce type de méfaits » que l’association a concentré ses actions, et cela de la pointe du Verdon jusqu’au bout du cap Ferret.

Sur la commune de Lacanau, VLF a surtout œuvré pour le respect de la loi littoral sur plusieurs sites et pour la préservation des sites remarquables et espaces boisés à conserver. Des actions qui ont souvent eu comme conséquence des relations plutôt tendues avec les élus en place.

Le dialogue

« Contrairement à une idée répandue », précise Dominique Gisson, « VLF n’est pas systématiquement contre tout. Nous ne faisons simplement pas la même lecture des dossiers. Nous savons faire des propositions mais il faut d’abord que le dialogue s’instaure en amont au lieu de tomber toujours dans l’opposition. Et quand il y a divergence d’opinion, Lire la suite

La Sepanso fête 40 ans d’action pour l’écologie, sans compromission aucune

sudouest.com, Patrick Faure, le 7 Septembre 2009

BORDEAUX. La Sepanso fête 40 ans d’action pour l’écologie, sans compromission aucune

Experts et indépendants

Quarante ans au service de la nature et de l’environnement : c’est en ces termes que la Sepanso définit son action en annonçant l’anniversaire de cette association incontournable en Aquitaine où elle fédère 50 autres structures écologistes. Pierre Davant, le président régional, et Daniel Delestre, président girondin, rappellent avant toute chose qu’ils ne sont inféodés à aucun parti politique : « C’est une responsabilité que de garder notre indépendance ! »

Fédération d’associations

En Gironde, la Sepanso ce sont 350 adhérents directs, chiffre qu’il convient de multiplier par trois avec l’apport des 16 associations membres. « Elles nous rejoignent parce que nous avons un potentiel de compétences, des professionnels qui apportent une expertise : chimistes, naturalistes, géographes, ingénieurs Inra, etc.. Sans oublier nos adhérents ayant une expérience de terrain. La Sepanso est une véritable famille. »

Seul l’acronyme de l’association reste usité, son nom complet constituant un défi aux règles élémentaires d’une communication qui n’avait pas une valeur primordiale en 1969 : Société d’étude, de protection et d’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest !

Active sur toutes les thématiques du développement durable, la Sepanso (Tél. 05 56 91 33 65) organise trois manifestations pour sa « 40e » : dimanche 20 septembre, visite des réserves naturelles ; mercredi 16 (19 h 30), conférence d’un climatologue du GIEC à l’Athénée municipal de Bordeaux et samedi 19 septembre, rencontre Lire la suite

Hulot à Bordeaux, évacuation du Titanic, taxe carbone, un monde devenu fou…

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 4 Septembre 2009

RENCONTRE. Il était en visite hier à « Sud Ouest » pour le lancement de la promotion du « Syndrome du Titanic ». L’occasion de réagir à la taxe carbone

Nicolas Hulot fait évacuer le « Titanic »

L’ouverture sur le monde commence à Bordeaux. La toute première présentation publique du « Syndrome du Titanic », le film de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre, qui sortira le 7 octobre, a eu lieu hier soir à l’UGC Ciné-Cité de la ville. Elle s’est tenue en présence des deux réalisateurs, qui ont d’abord été accueillis dans les locaux de « Sud Ouest » par Patrick Venries, le directeur de l’information, et Yves Harté, son adjoint. L’homme de télévision s’y est prêté au rituel de la conférence de presse, suivie d’un chat avec les internautes sur sudouest.com. Morceaux choisis.

Quatre ans de croisière

« On a commencé à parler de ce film il y a quatre ans. Depuis lors, le contexte a changé, le film est plus contemporain que mon livre éponyme, que je voulais adapter. Au final, je ne considère pas qu’il s’agit d’un film environnemental ou écologique. Il évoque plutôt la combinaison des crises, celle du modèle dans lequel nous vivons.

« Je dis au début du film que « longtemps, je me suis accommodé de la réalité ». C’est sa raison d’être. Le moment est venu où l’on ne peut plus faire de concessions avec la réalité ; elle est trop complexe et trop grave pour la tamiser. Elle est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Nos concitoyens du monde entier n’en ont pas vraiment conscience. Or tout se joue en ce moment. »

La philosophie du désespoir

« Je n’avais jamais pensé que mon combat devrait être aussi intense. Et, oui, je passe par des phases de désespoir parce que certains de mes interlocuteurs ne consentent à agir que pour me faire plaisir. Alors qu’on se situe sur un enjeu d’intérêt universel. Je vois bien l’inertie dans laquelle nous sommes. Le positivisme hérité du XIXe siècle est encore excessivement efficace. Mais je vois parallèlement que le génie humain ne fait jamais défaut quand on a besoin de lui.

« Nous avons remis dans le commentaire la fameuse phrase d’Einstein qui dit que « notre époque se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions ». Nos actions ont échappé à nos intentions. Nous avons une opportunité à un coup, c’est en l’espace de quelques années que ça va se jouer, pour redéfinir l’ambition du projet humain. »

Préserver pour partager

« Il y a deux priorités : préserver nos ressources au sens large du terme, et partager. La première conditionne la seconde. Quand on est dans la pénurie, quand l’essentiel vient à manquer, ce qui nous pend au nez pour beaucoup de choses, les valeurs liées à la démocratie ne résistent pas longtemps.

« C’est un appel à la mobilisation, un appel à l’action. Il faut que les citoyens valident, accompagnent, voire inventent un nouveau modèle. Même si on ne s’occupe pas de l’état de notre planète, il va se passer quelque chose. Sans notre consentement, la nature va procéder à des ajustements et ce sera excessivement violent. Je rappelle qu’il y a d’ores et déjà 300 000 morts par an dans le monde du fait des changements climatiques. »

La poudrière des inégalités

« Oui, je suis inquiet, parce que je n’ai pas simplement une vision livresque des événements. Pour ce qui concerne l’état de la nature, je fais partie de ceux qui ont pu voir l’accélération des phénomènes de manière très concrète. Depuis le temps que je voyage, j’ai aussi vu les inégalités se creuser. Elles deviennent d’autant plus obscènes que dans les endroits les plus reculés, il y a toujours une fenêtre sur le monde, qu’il s’agisse de la télévision ou d’Internet. Et les gens là-bas savent que, tout près, de l’autre côté du mur, d’autres se vautrent dans l’opulence et le gâchis. Ça crée des points de tension énormes, des frustrations et des humiliations. Où que j’aille, ce fossé nord-sud n’a jamais été aussi marqué.

« Il va bien falloir éliminer les gâchis et les excès, y compris dans Lire la suite

Le point de vue de Lutte Ouvrière et de l’UCI sur la décroissance.

revoltunited.canalblog.com, NC, le 16 août 2009

Le point de vue de Lutte Ouvrière et de l’UCI sur la décroissance.

Je connais assez mal l’idéologie de la décroissance, je ne peux donc que publier ce qu’en dise les camarades de LO. Pour ce que j’en sais, cela ressemble assez à l’idéologie des petits propriétaires terriens du début du XXème siècle vis à vis du capitalisme industriel naissant. Mais je vous laisse juger.

La décroissance, un point de vue parfaitement réactionnaire

Si les années quatre-vingt-dix ont vu émerger et se développer les idées de l’altermondialisme, ce courant est aujourd’hui concurrencé, chez un certain nombre de jeunes et moins jeunes plus ou moins contestataires, par un courant qui s’est baptisé : la décroissance. Refus de la croissance économique, « antiproductivisme », lutte contre la consommation, volonté de revenir à une économie locale, rejet du progrès technique, démarche de « sobriété » ou de « simplicité volontaire », sont les piliers de ce nouvel évangile.

Il est difficile de savoir si le relatif succès de ce courant sera un phénomène durable. Mais il est incontestable qu’il est, pour l’instant, à la mode. Certes, cela ne s’est pas vu lors des récentes élections européennes, où les listes Europe Décroissance n’ont recueilli que des scores insignifiants – entre 0,02 et 0,04 % suivant les circonscriptions. Mais la percée électorale des listes Europe-écologie reflète, en partie du moins, cette tendance, car nombre de partisans de la décroissance ont apporté leurs voix, au nom d’une sorte de « vote écologique utile », aux listes menées par Daniel Cohn-Bendit.

L’intérêt pour la décroissance d’une partie de la petite bourgeoisie intellectuelle, d’une frange de la jeunesse étudiante, paraît indéniable. En témoigne entre autres le relatif succès du journal La Décroissance, qui tire à quelque 50 000 exemplaires – ce qui est conséquent pour un journal politique.

Il est clair que le glissement vers la décroissance d’une partie des partisans de l’altermondialisme serait un recul, du point de vue des idées.

L’altermondialisme en effet, malgré ses limites et son caractère profondément réformiste, se situe au moins sur le terrain de la dénonciation des inégalités, et prétend vouloir mieux répartir les richesses entre les différentes régions de la planète.

La décroissance, elle, ou plutôt la nébuleuse d’organisations, de journaux et d’individus qui se réclament d’elle, se situe sur un tout autre terrain : celui des idées franchement réactionnaires. Ses partisans ne le nient d’ailleurs pas vraiment : Serge Latouche, le principal porte-parole de la décroissance en France, dénonce par exemple, dans l’introduction de son Petit traité de la décroissance sereine, « le totalitarisme développementiste et progressiste ». Le « totalitarisme progressiste » ! Il faut se pincer pour y croire. Il est peu probable que les femmes africaines qui font des dizaines de kilomètres à pied pour trouver un peu d’eau potable, ou les centaines de milliers de gens dans le tiers-monde qui meurent du sida faute de trithérapies, se réjouissent de ne pas être victimes du « totalitarisme progressiste ». On retrouve le même type de propagande anti-progrès dans un numéro de la revue décroissante Silences, qui a publié en Une un dessin montrant trois personnages monstrueux, mi-humains mi-reptiles, sous la légende : « Ils veulent détruire le monde ». Ces trois personnages étaient ainsi présentés : « La trilogie maléfique : croissance, consommation, progrès. »

Le décor est planté. Le courant décroissant affiche clairement non seulement son refus Lire la suite

Ecologie : l’engagement de l’Eglise catholique se renforce de façon éclatante

plunkett.hautefort.com, NC, le 8 août 2009

Ecologie : l’engagement de l’Eglise catholique se renforce de façon éclatante

Nouvelle orientation forte de Benoît XVI – À Radio Vatican, le P. André Beauchamp condamne l’indifférence ou l’hostilité d’une partie des catholiques envers l’écologie chrétienne, Verbatim, de Rome :

CITE DU VATICAN, 29 JUL 2009 (VIS). « Protéger la création pour favoriser la paix », tel est le thème de la XLIII Journée mondiale de la paix (1er janvier 2010). Il a été choisi par le Saint-Père pour sensibiliser les fidèles au lien existant dans le monde globalisé entre la protection de la nature et la paix, « malheureusement de plus en plus menacé par la dégradation de l’environnement humain, la surexploitation des ressources naturelles, les changements climatiques, la surpopulation. Si l’humanité ne réagit pas correctement à ces menaces, dans la justice sociale et la solidarité internationale, le risque est grand de semer de nouvelles violences entre peuples et générations« . Se référant aux paragraphes 48 à 51 de l’encyclique Caritas in Veritate, le message souligne le caractère prioritaire pour l’humanité de sauvegarder l’environnement. « C’est un devoir collectif universel que de respecter le bien de tous et d’empêcher le libre usage des êtres« . Le communiqué conclut en rappelant que « la question écologique ne peut se réduire aux graves perspectives de la dégradation de l’environnement. Elle doit se traduire avant tout par un élan décisif en faveur de la paix« .

Commentant cet importante orientation ce matin sur Radio Vatican, le P. André Beauchamp, spécialiste des problèmes d’environnement [*], a précisé qu’il fallait développer d’urgence l’écologie chrétienne « car, dans l’inconscient catholique,  l’environnement est hors religion ».

Cette phrase est décisive. Il s’agit en effet d’une question d’inconscient collectif. Qu’il prenne la forme d’une phobie (dans certains clans) ou du lourd mépris (dans la bourgeoisie d’affaires qui vote UMP), le rejet de l’écologie par des catholiques français repose sur un socle d’ignorance religieuse.

C’est là le problème : y compris dans des cercles qui se targuent de « miltantisme catho ».

Le P. Beauchamp en parle avec sévérité : « La crise de l’environnement n’a rien d’accessoire et de passager. Il en va de l’avenir même de la planète. La crise n’est pas simplement à nos portes, elle se trouve déjà au milieu de nous. La crise écologique constitue la plus importante crise éthique de notre époque, et la cause environnementale se manifeste aussi comme le lieu d’émergence où se posent aujourd’hui les questions de Dieu, de l’expérience spirituelle et de l’engagement éthique. Dans un tel contexte, Lire la suite

Résumé de l’article collectif de la revue Entropia n° 6 : Crise éthique, éthique de crise ?

biosphere.ouvaton.org, printemps 2009

Résumé de l’article collectif de la revue Entropia n° 6 : Crise éthique, éthique de crise ?

Entropia, terme grec signifiant « se retourner », a été introduit dans le vocabulaire scientifique en 1874 par le physicien Clausius pour désigner la dégradation de l’énergie, ce qui condamne l’humanité à limiter sa consommation aux capacités de régénération de la biosphère. Ce nom était donc tout indiqué pour désigner la muse inspiratrice d’une revue des objecteurs de croissance.

1/3) Résumé du chapitre Objections d’ici et d’ailleurs à l’éthique de la croissance de Pierre Charbonnier

Les étapes de la modernité sont bien connues : l’éthique anthropocentrée des religions du livre et le désenchantement de la nature qu’elle implique ; le mouvement d’objectivation de la nature au tournant du XVIIe siècle, ainsi que les révolutions techniques qu’il a suscitées ; la mise en place progressive d’institutions juridiques et économiques garantissant l’accès des individus aux espaces et ressources à exploiter ainsi qu’aux moyens de les échanger. Mais comme tout ce qui domine, l’éthique moderne de la croissance a dû gagner sa place contre des morales et des pratiques rebelles. L’ethnologie accumule depuis un bon siècle les témoignages d’hommes et de femmes qui ne regardent pas leur environnement comme un espace étranger à eux et offert à leur emprise. On a affaire à des éthiques et pratiques profondément marquées par l’idée de sobriété.

Le fait qu’une société donnée se reconnaisse une identité avec les non-humains en général, avec une partie d’entre eux, ou même avec aucun d’entre eux, comme c’est le cas de notre société, est le fait de l’arbitraire des constructions symboliques humaines. Autrement dit, chaque être humain dispose des aptitudes mentales qui peuvent faire de lui un Occidental, un Achuar (de l’ethnie Jivaro), ou un membre de n’importe quelle société. Une fois ces dispositions éduquées et spécialisées, l’individu perd son humanité générique pour endosser celle, plus restreinte, qui domine à l’endroit et au moment où il vit.

La neutralisation éthique du rapport à la nature dans l’Occident moderne, qu’Aldo Leopold identifie comme la raison principale de l’absence d’une véritable « éthique de la terre » dans notre société, doit s’inverser. Au modèle dualiste qui suppose l’extériorité réciproque entre le milieu exploité et la société qui l’exploite, doit succéder un modèle moniste, où les activités humaines prennent place comme un des aspects intégrés d’un ensemble plus vaste de relations. Informée et guidée par la science écologique, cette praxis socio-environnementale doit s’accompagner d’une représentation de l’homme où celui-ci n’est qu’un segment du cycle total des dons et contre-dons que se font entre eux les êtres naturels. La formule de communauté biotique est l’appui nécessaire d’une redéfinition radicale de ce qu’est la vie bonne, et cela à l’échelle collective.

 Mais que peut valoir ce manifeste pour reconnaître la valeur culturelle de la nature sauvage ? Entre l’expérience individuelle d’un écologue philosophe et la mutation historique qui se fait attendre, l’écart est immense. Que peut-on faire de l’écho que se renvoient anthropologie et éthique environnementale ? Le constat des crises environnementales présentes et à venir ne semble avoir pour l’instant fait son effet qu’au niveau des dispositions psychiques, suscitant un décalage ontologique. La justification écologique des choix individuels se répand aujourd’hui autour de nous sans que son corrélat institutionnel n’intègre ces représentations à une légitimité publique. Il est légitime d’espérer que de la culture moderne naîtra une autre culture, pour laquelle la responsabilité écologique sera toute autre chose qu’un compromis factice avec le système actuel.

2/3) Résumé du chapitre Vie et Lumière, Croissance et Décroissance de Philippe Leconte

Ernst Schumacher avait tiré la sonnette d’alarme : « Toute multiplication des besoins tend à augmenter la dépendance à l’égard des forces extérieures qui échappent à notre contrôle, et alimente par conséquent la peur existentielle. Ce n’est qu’en réduisant ses besoins que l’on peut encourager une authentique réduction des tensions fondamentalement responsables des luttes et des guerres (in Small is beautiful) ».

La nature a le pouvoir d’arrêter les processus de croissance. Chez l’animal supérieur par exemple, la croissance est très finement contrôlée. Seuls la peau, les ongles et les poils croissent sans cesse comme chez des végétaux. Après une blessure, une intense activité de division cellulaire reconstitue la peau. Puis une fois la plaie refermée, le processus cesse. Une cellule normale a constamment besoin que l’organisme lui envoie des signaux pour confirmer son utilité. Elle peut mourir sur ordre, c’est l’apoptose. Ainsi, la beauté de la vie s’épanouit à chaque instant dans un équilibre entre l’impulsion de croissance et sa retenue. De même, des peuples entiers ne sont pas entrés dans la course à la croissance. Et Pierre Rabhi pose justement la question de la décroissance en terme de sens : « Je préconise une réorganisation dans laquelle la satisfaction d’être et la satisfaction d’agir puissent avoir du sens. Ce qui a du sens, c’est d’avoir l’impression que notre vie n’est pas en train d’être gaspillée à faire des choses inutiles, voire du rebut et des déchets. »

Il est très difficile de dire ce que signifie le mot sens. Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le texte

citron-vert.info, Philippe Ladame, le 6 août 2009

Grenelle de l’environnement : le texte

La loi relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, adoptée par l’Assemblée, est publiée au Journal Officiel.

En voici le sommaire (avec l’indication des pages) :

TITRE I : Lutte contre le réchauffement climatique – p 3

CHAPITRE I : Réduction des consommations d’énergie des bâtiments – p 5

CHAPITRE II : Urbanisme – p 9

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 9

SECTION 2 : Disposition relatives à l’urbanisme et au patrimoine – p 10

CHAPITRE III : Transports – p 10

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 11

SECTION 2 : Dispositions modifiant la loi d’orientation des transports intérieurs – p 19

CHAPITRE IV : Energie – p 20

CHAPITRE V : La recherche dans le domaine du développement durable – p 22

TITRE II : Biodiversité, écosystèmes et milieux naturels – p 24

CHAPITRE I : Stopper la perte de biodiversité sauvage et domestique. Restaurer et maintenir ses capacités d’évolution – p 24

CHAPITRE II : Retrouver une bonne qualité écologique de l’eau et assurer son caractère renouvelable dans le milieu et abordable pour le citoyen – p 26

CHAPITRE III : Uune agriculture et une sylviculture diversifiées et de qualité, productive et durables – p 28

CHAPITRE IV : La gestion intégrée de la mer et du littoral – p 32

 TITRE III : Prévention des risques pour l’environnement et la santé, prévention des déchets – p 33

CHAPITRE IER : L’environnement et la santé – p 33

CHAPITRE II : Les déchets – p 37

TITRE IV : État exemplaire – p 40

TITRE V : Gouvernance, information et formation – p 42

TITRE VI : Dispositions propres à l’outre-mer – p 47

Télécharger le texte complet Lire la suite

Montpellier les 22 et 23 ocobre : Colloque sur les sciences citoyennes et la biodiversité

sciencescitoyennes.org, Communiqué, le 27 juillet 2009

Colloque sur les sciences citoyennes et la biodiversité

L’association Tela Botanica propose de réunir porteurs de projets, scientifiques et citoyens lors de deux journées inédites à Montpellier : la première édition du colloque «Sciences Citoyennes et Biodiversité» introduira l’année 2010 de la Biodiversité. L’événement se déroulera les 22 et 23 octobre prochains sur le site de l’Université Montpellier 2.

Au-delà de la présentation et de la valorisation des expériences, cette rencontre nationale permettra aussi d’engager une réflexion sur les enjeux d’une science citoyenne en rapport avec l’environnement en confrontant plusieurs champs disciplinaires (Écologie et Sciences de la Nature, Sciences Humaines et Sociales, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, …). Le grand public, les médias et les politiques seront également parties prenantes de l’événement.

Montpellier, première rencontre nationale

Vous êtes ici sur : http://colloquescb.tela-botanica.org

Pour toujours être informé de l’actualité, inscrivez-vous à notre liste de discussion ! Il vous suffit d’envoyer un mail vide à cette adresse : sciences-citoyennes-subscribe@tela-botanica.org.

Le livret Des réseaux et des sciences sur la biodiversité, dont la réalisation est soutenue par la Fondation Nicolas Hulot, présentera dans un même ouvrage l’ensemble des initiatives de sciences citoyennes dans le domaine de la biodiversité.

Vous êtes, vous-même, porteur ou partenaire d’un projet de sciences citoyennes ? Venez le faire découvrir sur notre carte des projets ou en téléchargeant ce formulaire. L’ensemble des informations que vous y inscrirez seront publiées dans le livret et diffusées auprès des participants du colloque.

Vous pouvez maintenant diffuser le Communiqué de presse.

Les inscriptions au colloque sont désormais ouvertes Lire la suite

Félix Guatarri : L’enjeu éthique de l’écologie

libération.fr, Félix Guatarri, philosophe (décédé le 29 août 1992), le 24 juillet 2009

L’enjeu éthique de l’écologie

Après le succès inattendu d’une vague verte aux élections européennes, voici un texte inédit, de Félix Guattari sur l’écologie – écrit il y a vingt ans – qui démontre, une fois de plus, les talents de visionnaire de ce psychanalyste, également philosophe.

L’écologie a ceci d’exceptionnel d’avoir été d’abord une science et de s’être ensuite transformée pour devenir un des principaux enjeux politiques et éthiques de notre époque. Certes, l’écologie scientifique continue de connaître un très grand développement, produisant chaque jour de nouvelles données sur les menaces qui pèsent sur la biosphère, mais il apparaît, corrélativement, que seule une prise de conscience globale de l’humanité, des problèmes qu’elle pose permettrait d’y apporter des solutions à une échelle convenable. A l’évidence, l’écologie environnementale, qui est entièrement tributaire de la capacité d’intervention de multiples sphères de décision, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, révèle une paralysie progressive, une incapacité à prendre des mesures d’envergure, allant à l’encontre des lobbies ou même de larges mouvements d’opinion. Il semble que la mondialisation de l’économie laisse de moins en moins d’initiative aux décideurs politiques et cela indépendamment du fait qu’ils soient de droite ou de gauche.

Ainsi la crise écologique renvoie à une crise plus générale du social et du politique. En fait, ce qui se trouve mis en cause c’est une sorte de révolution des mentalités qui cautionnent aujourd’hui un certain type de développement, un productivisme ayant perdu toute finalité, hors celle du profit et du pouvoir, un idéal de consommation qui confine à l’infantilisme. L’humanité sera-t-elle capable, dans ce contexte de prendre en main son destin ? Vue des pays du tiers-monde, la situation semble désespérée. Sous une pression démographique insoutenable, des centaines de millions d’individus sont condamnés à la famine, à la déchéance et à des dévastations écologiques effroyables, y compris sociales et mentales. Mais il serait tout à fait abusif d’incriminer de façon prioritaire le tiers-monde de tous nos maux écologiques ! Alain Lipietz a bien montré, à cet égard, les méfaits du mythe du «poumon amazonien». Ce sont les pays les plus développés qui sont les plus polluants et c’est à eux que revient la responsabilité des déséquilibres catastrophiques que connaît le tiers-monde d’un point de vue économique.

En principe, je veux dire, vu de Sirius, les solutions sont à portée de la main. Les révolutions technico-scientifiques fabuleuses qui caractérisent notre époque, dûment réorientées pourraient résoudre aussi bien les problèmes d’alimentation, de pollution, que d’expansion culturelle. Mais au lieu de cela, c’est l’immobilisme, l’expansion des régressions intégristes, le chacun pour soi au détriment de tous.

Modifier les mentalités

Alors, lancinante, la question revient : comment modifier les mentalités, comment réinventer des pratiques sociales qui redonneraient à l’humanité le sens de sa responsabilité, non seulement à l’égard de sa propre survie, mais également de l’avenir de toute la vie sur cette planète, celle des espèces animales et végétales comme celle des espèces incorporelles, si je puis dire, telles la musique, les arts, le rapport au temps, le sentiment de fusion au sein du cosmos.

Jusqu’à présent, les rapports politiques nationaux et les relations internationales sont restés polarisés par Lire la suite

L’écosophie selon Guattari

liberation.fr, Stéphane Nadeau, pédopsychiatre et philosophe, le 24 juillet 2009

L’écosophie selon Guattari

Nous posons la question comme Deleuze et Guattari se demandaient : Qu’est-ce que la philosophie ? L’écologie pour Félix Guattari ? Elle est avant tout pratiques – au pluriel. Entendons-nous bien : l’écologie n’est pas la mise en pratique d’un idéal qui lui préexisterait ; elle est plutôt expérimentation ; l’écologie est l’autre nom des pratiques humaines qui se soucient de l’homme justement. Lorsque Guattari s’intéresse dans les années 80 à l’écologie, c’est parce qu’il se soucie des pratiques humaines et qu’il cherche à les comprendre, à leur donner le plus de force politique possible.

On a coutume de croire que les pratiques écologiques ne sont qu’environnementales. Certes, mais pas seulement. En fait l’écologie, dit Guattari dans son livre les Trois Ecologies (1989, Galilée), doit être pensée selon trois types de pratiques.

Le premier est connu et évident pour tous : il s’agit, donc, des pratiques environnementales qui sont pratiques de l’homme dans son milieu entendu au sens le plus large, comme le monde dans lequel il évolue. Mais ces pratiques environnementales ne prennent du sens que si elles sont liées à deux autres types de pratiques. Elles sont sociales tout d’abord, en ce qu’elles sont pratiques des liens entre les hommes au sein de chaque société qu’ils créent et dont ils participent : de la famille à la planète en passant par la ville ou la communauté. Elles sont mentales ensuite, car il ne saurait y avoir de pensée de l’écologie sans les pratiques qu’est la construction de chaque subjectivité de chaque homme sur la planète appelée Terre : en me construisant comme sujet au milieu d’autres sujets, déjà je m’engage écologiquement. Cette écologie que construit Guattari échappe à la simplification d’une «bonne» écologie qui viserait à rappeler à l’homme des «bonnes» pratique pour retrouver une «bonne» nature – ce qui ferait de lui un «bon» homme.

Son ambition est infiniment plus grande : l’écologie telle qu’il la conçoit rappelle à l’homme que non seulement il n’est pas le centre du monde, mais plus encore qu’il n’existe pas de nature vierge de l’homme : l’homme, par son désir d’exister, participe de la nature, et ils sont aussi inséparables que, disons, le corps et l’âme. Que de culpabilité à attendre la fin du monde qui serait du seul fait de l’homme : quelle prétention ! Ne vient-il jamais à la tête des prédicateurs «apocalyptisant» que la nature qu’ils défendent comme une vierge effarouchée pourrait peut-être, elle aussi, vouloir sa fin et qu’elle est aussi active dans son devenir (quel qu’il soit), que l’est l’homme ? Comme si, déjà, l’écologie mentale (que Guattari emprunte à Bateson) ne démontrait pas que l’homme n’est même pas maître dans sa propre maison – son corps, son esprit -, qu’il est obligé de faire avec sa propre écologie. Alors, certes, l’homme agit sur son environnement, et il se doit d’être responsable de celui-ci, mais si son action écologique doit en tenir compte (en valorisant les «révolutions technico-scientifiques fabuleuses qui caractérisent notre époque» tout en ne se laissant pas soumettre à elles mais en les adaptant à ce qu’il croit nécessaire – question épineuse des OGM, des sources d’énergie plus ou moins polluantes, des influences de la technique humaine sur le climat -, elle ne se résume pas à cela. L’écologie n’est donc pas qu’environnementale : elle est et environnementale et sociale et mentale.

Pour mieux la cerner, Guattari lui préfère le terme d’«écosophie», autre mot pour articuler les trois types de pratiques qui permettent à l’homme d’être au monde, qui représentent Lire la suite

NPA : Intégrer la question de l’écologie dans le programme socialiste

porcieu-amblagnieu-municipales-2008.over-blog.com, Bruno Bajou, le 25 juillet 2009

NPA : Intégrer la question de l’écologie dans le programme socialiste

La question de l’écologie suscite de nombreux débats parmi tous ceux qui militent pour un projet de transformation révolutionnaire de la société.

S’il semble acquis pour tous que l’ampleur de la crise écologique en fait une question centrale, s’il est clair qu’il n’est plus possible de faire de l’écologie un supplément d’âme d’un programme socialiste… la discussion reste ouverte et nécessaire sur comment intégrer, en opposition à l’écologie moralisatrice des partis institutionnels, la critique écologique dans ce qu’elle à de plus subversif, à notre combat anticapitaliste, à notre perspective socialiste.

Pour certains camarades la nécessité de prendre en compte les conséquences de la crise écologique devrait conduire à une intégration de l’écologie politique au programme socialiste, en rejoignant le courant « écosocialiste ». C’est ce qui a été défendu au congrès de fondation du NPA dans le débat autour du mot même d’écosocialisme.

Le débat ne porte pas sur le fait de savoir s’il faut ou pas intégrer les données de l’écologie à notre critique du capitalisme. Rajouter le préfixe « éco » signifie rejoindre un courant politique, l’écosocialisme, qui a sa propre existence et qui se définit pour reprendre une formulation de Michael Löwy comme « un courant de pensée et d’action écologique qui fait siens les acquis fondamentaux du marxisme – tout en le débarrassant de ses scories productivistes. » 

Cela pose deux problèmes, d’une part le problème de définir ce qu’est réellement l’écologie politique en tant que courant et son apport et, d’autre part, le problème que certains camarades semblent confondre le bilan du socialisme réel, des régimes staliniens, des régimes nationalistes prétendument socialistes avec la critique marxiste du capitalisme.

« Ecosocialisme », actualisation du marxisme ou concession à l’écologie politique radicale ?

L’expression « écologie politique » a toujours été volontairement confuse. Utiliser le nom de ce qui est avant tout une science pour désigner un courant politique a toujours permis aux courants se revendiquant uniquement de l’écologie politique de prétendre se situer au-dessus des clivages politiques traditionnels et de ne pas se situer sur le terrain de la lutte des classes et de la critique du capitalisme. La grande majorité de ces courants et partis, souvent très institutionnels, acceptent globalement le cadre du capitalisme et n’ont d’autres perspectives que de s’en remettre aux bons vouloirs des dirigeants et de leurs administrations. Cela revient au final à s’aligner sur un « capitalisme vert » dont tous les gouvernements se font maintenant les champions.

Le courant écosocialiste est né, en réaction à cette écologie institutionnelle et bien pensante, de la volonté de lier le combat écologique et le combat social, démarche sur laquelle on ne peut que se retrouver. Mais quand ces camarades discutent de réactualiser notre projet d’émancipation en introduisant « à part égale » l’apport des courants écologiques et du celui du marxisme, ils introduisent en réalité beaucoup de confusion politique. Car plus qu’une actualisation du marxisme, cela revient avant tout à faire Lire la suite

Entropia n°6 « Crise éthique, éthique de Crise ? »

 entropia-la-revue.org, revue d’étude théorique et politique de la décroissance

Entropia n°6 « Crise éthique, éthique de Crise ? » 

Malgré les caricatures dont elle est l’objet, et face à la crise systémique sans précédent qui sévit partout en tout domaine, l’idée de décroissance a commencé à s’insinuer dans les charnières d’un système sans avenir. Dans un climat de désenchantement général, il se pourrait bien qu’elle puisse introduire un sursaut de conscience collective modifiant tout à la fois les mentalités et les actes, en particulier dans nos relations avec la nature qui sont inséparables de nos rapports avec les autres et avec nous-mêmes.

La voie étroite de la décroissance est une éthique générale. C’est une mobilisation contre l’absurdité, le cynisme et la déréliction dont souffrent la planète et ses habitants. Si elle n’est pas « le remède-miracle » et encore moins un projet normatif et moralisant, elle est bien un engagement qui invite impérativement à ne plus séparer pour dominer, à ne plus morceler pour humilier et qui convie à reconnaître les liens qui unissent fondamentalement la condition humaine localisée à l’espèce entière et à la totalité du vivant.

À ces relations d’« harmonie conflictuelle », l’histoire ne cesse de substituer l’inertie où les choses suivent leur cours, mais aussi les menaces de barbarie dont l’impérialisme de l’économie fait le lit. Comprendre comment nous en sommes arrivés là peut aider à inventer une éthique de la décroissance. Et c’est aussi un appel à retrouver un art de vivre, la joie de la connaissance, la gratuité et la beauté, sans lesquels disparaît le monde commun.

Alors que nous participions à l’assemblée réunie par Entropia, le 29 mars 2008 en un séminaire intitulé « André Gorz, Décroissance, Utopie« , nous vous avions diffusé en quatre documents sonores originaux et en différé, les tribunes de Thierry Paquot, Alain Gras,  Serge Latouche et Edgar Morin :

– Thierry Paquot Lire la suite

FNE, LPO, ligue ROC : Loi Grenelle I…. et maintenant ?!

FNE, LPO, ligue ROC, Communiqué de presse, le 22 Juillet 2009

Loi Grenelle I…. et maintenant ?!

La loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement dite « loi Grenelle 1 » sera votée demain. Réaction des associations.

Fin de l’acte I. La loi « Grenelle I » signe la fin d’un premier cycle du Grenelle qui a débuté en juillet 2007. Son intérêt premier est d’avoir créé les conditions d’un nouveau dialogue environnemental. C’était un progrès indispensable, un passage obligé pour permettre la prise de conscience du plus grand nombre et pour avancer sur la voie des réponses à construire pour faire face à la crise écologique.

Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « Seul point commun entre les deux Grenelle : si le Grenelle de 1968 a créé un nouveau dialogue social, celui de 2007 a créé un nouveau dialogue environnemental. La loi le consacre en donnant une valeur juridique et politique à la gouvernance à 5. Le Grenelle est désormais derrière nous et il faut maintenant faire vivre le dialogue environnemental. Mieux : la rencontre des partenaires sociaux et environnementaux doit permettre d’articuler dialogue social et environnemental ».

Une loi importante. Pour les associations, cette loi correspond à un compromis, celui qui a été négocié lors du Grenelle. Deux ans après, les parlementaires auraient sans doute pu aller plus loin. Malgré cela et malgré des pertes en ligne, cette loi demeure importante. Elle constitue une feuille de route de ce qui reste à faire et c’est sans doute le plus dur qui reste à faire.

Pour Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO : « Nous saluons l’adhésion des parlementaires aux engagements conclus par les acteurs du Grenelle. Nous regrettons dans le même temps qu’ils n’aient pas su aller plus loin, deux ans après ! Cette loi n’est pas une révolution mais elle ouvre la voie. Ni naïveté, ni défaitisme : nous savons que le plus dur est encore devant nous. »

Pour Christophe Aubel, directeur de la Ligue ROC « La loi ouvre la voie d’une prise en compte globale de la biodiversité avec la création de la trame verte et bleue qui doit permettre de sortir la protection de la nature de sa confidentialité ».

Et maintenant ? La réponse à l’urgence écologique ne se résume pas à la loi. Cette réponse implique maintenant qu’une vague se soulève dans toute la société française pour Lire la suite

Appel des peuples indigènes face à la crise de civilisation : Déclaration sur la crise du capitalisme et de la civilisation occidentale

openfsm.net, communiqué, mars 2009

Appel des peuples indigènes face à la crise de civilisation : Déclaration sur la crise du capitalisme et de la civilisation occidentale

Vers un Forum thématique en 2010 qui articule les paradigmes alternatifs : La décolonisation, la démarchandisation de la vie, le bien-vivre et les droits collectifs
Le capitalisme colonial moderne a commencé il y a plusieurs siècles et a imposé au continent américain l’invasion du 12 Octobre 1492. Cela a commencé par le pillage et l’invention des théories globales de la « race » pour justifier l’ethnocide américain, l’invasion de l’Afrique pour la traite des esclaves et le pillage des autres continents. Ces génocides se sont poursuivis et ont été maintenus par le capital transnational et ses appuis militaires. Cette exploitation et oppression capitaliste globale produisent le réchauffement de la planète qui entraîne le suicide planétaire.

La crise du modèle de développement capitaliste, eurocentrique, sexiste et raciste, est totale et conduit à la plus grande crise socio-environnementale de l’histoire humaine. La crise financière, économique, de l’énergie, augmente la production d’un chômage structurel, l’exclusion sociale, la violence, les propos racistes, sexistes et le fanatisme religieux, tout à la fois. La crise est si profonde qu’elle constitue une véritable crise de civilisation capitaliste, la crise du développement capitaliste et de la « modernité » qui menacent toutes les formes de vie.

Mais certains continuent à rêver d’amender ce modèle et ne veulent pas assumer que ce qui est en crise, c’est le capitalisme, l’eurocentrisme, avec son modèle d’État uni-national, d’homogénéité culturelle, de droit positif occidental, le développementisme et la marchandisation de la vie.

La crise de la civilisation capitaliste, nous oblige à reconstruire et à réinventer de nouvelles options pour la coexistence entre la nature et de la société, la démocratie, l’état de consommation. Il est urgent de trouver des nouveaux paradigmes de la civilisation et, dans ce contexte, « d’autres mondes sont possibles » mais urgents, et, d’ailleurs, ils sont déjà en cours de construction par les premières victimes des formes les plus barbares de la violence capitaliste / coloniale / moderne : les peuples et les communautés indigènes, paysannes, côtières, Quilombolas, Afro-descendantes, Garifunas, Caboclos, Dalits, entre autres, et leurs enfants qui ont émigré dans les bidonvilles et favelas, et tous les autres exclus et invisibles  » intouchables » dans le monde, qui continuent de résister, d’actualiser et de renforcer d’autres formes de civilisation et d’organisation sociale, technique, éthique, politique, économique, culturelle et spirituelle de l’existence humaine.

Les peuples autochtones pratiquent et proposent l’unité de la Terre Mère, de la société et de la culture.

Nourrir la Terre-Mère et se laisser nourrir par elle. Protéger l’eau comme un droit humain fondamental et s’opposer à sa marchandisation. Décoloniser le pouvoir par le principe de « commander en obéissant », développer l’autogestion communautaire, l’auto-détermination, l’unité dans la diversité comme autres formes de l’autorité collective ; Promouvoir l’unité, la dualité, la complémentarité et l’égalité entre les sexes, la spiritualité de la vie quotidienne et la diversité ; Se libérer de toute domination ou discrimination raciste, ethnique ou sexiste ;

Développer les décisions collectives sur la production, les marchés et l’économie ;

Décoloniser la science et la technologie ; Lire la suite

G8 du climat, un échec ?

actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le10 juillet 2009

G8 du climat, un échec ?

Alors que le G8 qui avait notamment comme thème central la question du climat à l’approche, fin décembre, du sommet de Copenhague touche à sa fin, les associations dénoncent les effets de manche des dirigeants réunis à l’Aquila en Italie.

Greenpeace occupe depuis aujourd’hui une 5ème centrale à charbon en Italie, celle de Civitavecchia près de Rome, alors que le Sommet du G8 s’est élargi pour accueillir les pays émergents comme l’Inde, la Chine, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Chine dans le cadre du MEF, le Forum des Grandes Economies, qui regroupe les 17 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète.

 « Les espoirs de progrès significatifs lors du Forum des grandes économies ont été torpillés par le manque de leadership manifesté hier par les Chefs d’Etat du G8 », a commenté Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace France.

« L’obligation de faire les premiers pas, décisifs pour progresser, appartenait clairement aux leaders des pays industrialisés les plus riches : il est clair que malgré la reconnaissance du consensus scientifique sur la barre fatidique des 2°c, le G8 n’a pas fait preuve de leadership. Le Secrétaire d’Etat des Nations Unies Ban Ki Moon lui-même a souligné cet échec aujourd’hui ».

Le MEF est construit sur l’idée de restaurer la confiance entre les pays industrialisés et les pays en développement et sur l’idée que la protection du climat se fonde sur une responsabilité partagée mais proportionnée entre pays pollueurs. « Quand les leaders mondiaux des pays industrialisés les plus puissants n’adoptent pas d’objectifs de réduction de leurs émissions à moyen terme, et ne mettent pas d’argent sur la table pour aider les plus démunis à faire face à la crise climatique, ils torpillent toute chance d’un résultat ambitieux du Forum des grandes économies », a poursuivi Phil Radford, Directeur exécutif de Greenpeace Etats-Unis.

 « Quand ils essaient d’accuser la Chine et l’Inde de l’échec du MEF, leur excuse sonne faux. L’échec revient au leadership des pays du G8. Il est difficile de croire qu’un seul des dirigeants du G8 a eu l’audace de regarder les leaders des pays en développement lors du MEF dans les yeux, et de parler d’action commune pour protéger le climat », a ajouté Phil Radford.

Le G5 – Chine, Brésil, Inde, Mexique et Afrique du Sud – a appelé hier les pays industrialisés à réduire leurs émissions de 40% d’ici à 2020. Cet appel met en lumière – comme le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon l’a souligné aujourd’hui – que l’absence d’objectifs ambitieux de réduction à moyen terme des émissions des pays du G8 et des autres pays industrialisés bloque tout progrès des négociations internationales. Ils doivent s’engager sur clairement sur les 10 prochaines années, afin de réparer le déficit de confiance qui s’est creusé ces dernières années, au fur et à mesure de leur inaction.

Pour augmenter la pression sur le G8, Greenpeace a investi depuis quelques heures une 5e centrale à charbon. Depuis mardi soir, une centaine d’activistes occupaient quatre centrales à charbon pour demander aux Chefs d’Etat des pays les plus riches de prendre des engagements concrets en vue du Sommet de Copenhague : l’arrêt de l’utilisation des énergies fossiles comme le charbon, responsable de 30% des émissions mondiales de CO2, véritable matière première du changement climatique ; un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020, pour agir sur le court terme ;  un engagement chiffré à soutenir les pays les plus vulnérables face à la crise climatique.

 « L’accord du G8 sur le climat ne peut pas être Lire la suite

Salon Viv’expo Bordeaux les 25, 26 et 27 septembre 2009

Viv’expo, Communiqué, le 15 juillet 2009

Viv’expo Bordeaux les 25, 26 et 27 septembre 2009

Parc des Expositions de Bordeaux Lac

Le salon Viv’expo a été conçu pour sensibiliser le grand public à de nouveaux modes de vie et de consommation plus sains et plus respectueux de l’environnement.

Parce que chaque geste compte, Viv’expo vous apporte des réponses et des solutions concrètes afin de :

–          mieux s’alimenter tout en protégeant l’environnement

–          prendre soin de son corps grâce aux produits naturels

–          se remettre en forme

–          faire des économies d’énergies tout en bénéficiant de crédits d’impôts

–          construire une maison saine

–          pratiquer des sports de plein air…

–          découvrir de nouvelles destinations nature

–          voyager en citoyen responsable

3 salons complémentaires, 250 exposants sur 7 000 m² d’exposition

Salon Santé, Bien-être et Alimentation

–          Alimentation et diététique : Producteurs, transformateurs, distributeurs de produits alimentaires Compléments alimentaires Matériel culinaire.

–          Médecines douces : Produits naturels et de confort Soins naturels (aromathérapie, phytothérapie…).
Cosmétique naturelle : Produits d’hygiène et de soins…

–          Remise en forme : Lire la suite

La SEPANSO propose une sortie à vélo pour découvrir la réserve du Cousseau

sudouest.com, Julien Lestage, le 15 Juillet 2009

NATURE. Durant l’été, les gardes de la Sepanso proposent une sortie à vélo pour découvrir la réserve du Cousseau

Le Cousseau à vélo depuis la maison du Pont du canal

Tout un symbole. Dès aujourd’hui, au départ de la maison du Pont du canal à Lacanau, un site fermé depuis 1998, la Sepanso lance une balade à vélo. La sortie a pour but de faire découvrir la réserve naturelle de l’étang du Cousseau. Dans le fond, rien de très original, sinon une démarche qui vise à favoriser l’accès de la réserve par les pistes cyclables. Cet effort d’animation, de communication, s’inscrit aussi autour de la réouverture prochaine de la maison, propriété du Conservatoire du littoral.

Des bureaux bien placés

Entre Lacanau ville et océan, posée le long de la route et d’une piste cyclable, située au pied du canal et au sud de la réserve de l’étang du Cousseau, la maison du Pont du canal devrait ouvrir ses portes dans le courant de l’année 2010.

La Sepanso, gestionnaire de la réserve du Cousseau, y installera ses bureaux et un logement. C’est en tout cas ce que prévoit la délégation Aquitaine du Conservatoire du littoral (voir notre édition du 25 novembre 2008).

Outre la mise en place d’un laboratoire, une partie de la maison sera consacrée à un projet en lien avec la nature. Dans ce sens, la collectivité locale devrait être sollicitée.

La bonne période

En attendant de s’installer dans les bâtiments, la direction de la Sepanso a donc décidé de commencer à faire vivre le site. C’est bien dans ce cadre que s’inscrit la sortie vélo, qui est déjà pratiquée, sans accompagnement, par nombre de touristes.

Cette fois, encadré par des gardes et des animateurs, le public pourra bénéficier Lire la suite

Bilan quantitatif des 2 actions de l’Université populaire de l’environnement : Université nomade d’Aquitaine et blog MNE

MNE Bordeaux-Aquitaine, Communiqué, le 30 juin 2009

Bilan quantitatif des 2 actions de l’Université populaire de l’environnement : Université nomade d’Aquitaine et blog MNE

I. L’Université nomade d’Aquitaine

A. BILAN 2008/2009

Elle a mobilisé une quarantaine d’intervenants dont beaucoup d’universitaires et assuré une quarantaine d’actions qui ont rassemblé environ 1 130 participants et 3 000 auditeurs.

1.) Trois cours à Sciences-Po Pessac, en partenariat avec l’association étudiante Echo’logik [200 participants cumulés] :

« La nature mise à prix », par Julien Milanési, Docteur en économie

« La place nouvelle de la nature dans la ville », par Dominique Prost, Enseignant-chercheur en géographie

« La naissance de la question environnementale », par Simon Charbonneau, Enseignant-chercheur en droit

2.) Une conférence-débat à l’IJBA (Institut de journalisme de Bordeaux) [150 participants] avec Marie Monique Robin, journaliste, cinéaste et écrivain sur le thème de « Ecologie et journalisme d’investigation » en partenariat avec Greenpeace Bordeaux

3.) Une diffusion du documentaire au cinéma l’Utopia de Bordeaux [180 participants] « Le Monde selon Monsanto » suivi d’un débat avec Marie Monique Robin,

4.) Deux ateliers pratiques écolo au Jardin botanique de Bordeaux [55 participants] sur le thème « Ecologie et numérique » avec Michel Lesbats, enseignant chercheur en biologie, et Anne-Sophie Novel, doctorante en économie politique

5.) Une conférence-débat au cinéma le Festival à Bègles [80 participants] en partenariat avec la municipalité sur le thème « L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ? » avec 4 universitaires : Dominique Prost, Enseignante-chercheuse en géographie, Martine Alcorta, enseignante-chercheuse en psychologie, Charlie Grandjeat, enseignant-chercheur en littérature nord-américaine et Catherine Thomas, enseignante-chercheuse en océanographie

5.) Trois conférences-débats à Cap-Sciences Bordeaux « Changements climatiques et énergie » [80 participants] :

« Le changement climatique : pas plus de 2° C », par Lire la suite

Ekopedia nouvelle encyclopédie pratique traitant des techniques alternatives de vie.

Ekopedia, Cette page a pour objectif de mieux vous faire comprendre ce projet, juillet 2009

Un article de Ekopedia, l’encyclopédie pratique.

Ekopedia est un projet d’encyclopédie pratique traitant des techniques alternatives de vie.

[modifier] Encyclopédie

Une encyclopédie est un ouvrage où l’on tente de traiter de façon exhaustive l’ensemble du savoir humain. Par extension, le terme encyclopédie désigne également un ouvrage qui traite systématiquement d’un domaine de connaissance particulier (ex. : encyclopédie médicale). Source sous licence GFDL

[modifier] Technique

Une technique est une méthode, dans les métiers manuels, souvent associée à un tour de main professionnel. La technique couvre l’ensemble des procédés de fabrication, de maintenance, de gestion, de recyclage et, même d’élimination des déchets, utilisant des méthodes issues de connaissances scientifiques ou simplement dictées par la pratique de certains métiers.
La technique est souvent sous-estimée, mais c’est l’une des grandes composantes du savoir-faire artisanal et industriel. Elle est le produit de l’ensemble de l’histoire de l’humanité, chaque peuple et chaque époque ayant apporté ses compétences. Source sous licence GFDL

[modifier] Alternative

Par alternative nous indiquons que nous souhaitons changer. Changer de mode de vie, de mode de consommation. L’objectif étant d’atteindre un mode de vie respectueux de la vie, de la nature, de l’environnement.

[modifier] Autonomie

Ensemble des habiletés permettant à une personne de se gouverner par ses propres moyens, de s’administrer et de subvenir à ses besoins personnels. Source : Conseil de la santé et des services sociaux de la région de Trois-Rivières. Lexique des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle. Trois-Rivières : CRSSS, 1988. 37 p., p. 9.

[modifier] Pratique

Par ce mot, nous entendons accessible à tous – en tout cas à un maximum – aussi bien financièrement qu’intellectuellement.

Un minimum de moyens financiers seront nécessaire pour réaliser les diverses techniques.

Privilégier l’utilisation de ressources naturelles (renouvelables) ou de matériaux de récupération.

Possibilité de réaliser avec peu d’outils.

Quand nous écrivons accessible intellectuellement, nous entendons par là que les connaissances devront être vulgarisées.

[modifier] Copyleft

Nous utilisons la Licence Art Libre qui autorise tout tiers (personne physique ou morale), ayant accepté ses conditions, à procéder à la copie, la diffusion et la transformation d’une œuvre, comme à son exploitation gratuite ou onéreuse, à condition qu’il soit toujours possible d’accéder à sa source pour la copier, la diffuser ou la transformer.

[modifier] Donc Ekopedia est une encyclopédie spécialisée

Quand nous écrivons encyclopédie pratique traitant des techniques alternatives de vie, nous souhaitons donc exprimer le fait que Lire la suite

Un rythme d’extinction du vivant, de 100 à 1000 fois plus rapide qu’aux cours des temps géologiques anciens

liberation.fr, Eliane Patriarca, le 3 juillet 2009

Espèces in extremis

Un rapport alerte sur le rythme d’extinction du vivant, de 100 à 1000 fois plus rapide qu’aux cours des temps géologiques anciens

A la lecture du rapport de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), publié hier, qui dresse l’état des lieux de la biodiversité mondiale, ce sont les mots de René Char qui reviennent en tête :«La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.» «Wildlife in a Changing World» («Les espèces sauvages dans un monde en mutation»), ce sont 180 pages plutôt déprimantes mais indispensables, pour savoir, comprendre et agir.

L’UICN, qui compte plus de 1 000 membres, gouvernements et ONG, y montre que l’objectif que s’était fixé en 2002 la communauté internationale («stopper l’érosion de la biodiversité en 2010»), ne sera pas atteint. «Lorsque les Etats prennent des mesures pour réduire la perte de biodiversité, il y a quelques avancées, mais nous sommes loin de pouvoir inverser la tendance», déplore Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du Programme de l’UICN pour les espèces et rédacteur principal de la publication. Surtout, le rapport souligne que le déclin continue à une vitesse fulgurante : les espèces animales et végétales s’éteignent à un rythme 100 à 1 000 fois plus rapide qu’au cours des temps géologiques anciens. Un rythme qui ressemble à celui des cinq grandes crises d’extinctions dont celle qui a vu disparaître les dinosaures il y a 60 000 ans.

Aucune espèce indemne

L’étude analyse les données de quelque 45 000 espèces recensées dans la Liste rouge, un inventaire qui au fil des années est devenue la référence mondiale sur l’état de conservation du vivant. L’UICN répertorie 869 espèces éteintes et 16 928 menacées d’extinction. C’est un nombre très sous-estimé puisque «l’analyse ne porte que sur la Liste rouge, rappelle Florian Kirchner, chargé de programmes Espèces pour le comité français de l’UICN, soit 2,7 % des 1,8 million d’espèces décrites dans le monde, mais il représente un instantané utile de ce qui arrive à l’ensemble du vivant.»

Toutes les espèces sont touchées mais certaines plus que d’autres : près d’un tiers des amphibiens, plus d’un oiseau sur huit et près d’un quart des mammifères risquent de disparaître. Pour certaines catégories de végétaux, comme les conifères et les cycadacées, un groupe de plantes qui existe depuis très longtemps, la situation est encore pire, avec respectivement 28 % et 52 % d’espèces menacées.

Dans les océans, dont les fonds sont encore très méconnus, la surpêche, les espèces envahissantes, l’urbanisation du littoral et la pollution sont les principales calamités. Un tiers des espèces de requins et de raies de haute mer (dont le grand requin blanc et le requin-marteau) sont menacés : ils sont pêchés essentiellement pour la viande mais aussi pour leurs ailerons, en particulier en Asie, où ils sont servis en soupe. De plus, six des sept espèces de tortues marines risquent d’être anéanties.

Autres victimes Lire la suite

Comité 21 : Tirer les leçons de la crise

actu-environnement.com, S Fabregat, le 29 juin 2009

Tirer les leçons de la crise

Le Comité 21 a présenté un rapport sur la crise, ses enjeux, contradictions et opportunités :

Une occasion de transformer en profondeur l’économie et les questions de gouvernance. Pour autant le green business constitue-il La solution ? Pas si sûr !

Le Comité 21, comité français pour l’environnement et le développement durable, créé au lendemain du sommet de Rio, a présenté un rapport rédigé par son comité de prospective sur les crises financière, économique, écologique et sociale. Pour sa présidente, Bettina Laville, le temps de crise est un catalyseur qui révèle que derrière ces différentes crises, il y a une crise de civilisation. Si l’ensemble de ces crises n’ont pas forcément la même origine pour les observateurs, le Comité 21 juge néanmoins qu’elles sont la conséquence d’un système qui n’évalue pas les risques que son fonctionnement génère, qui ne tient pas compte du fait qu’il peut aboutir à une destruction supérieure au bénéfice immédiat qu’il procure. L’ubris, c’est-à-dire la démesure, est à l’origine du contexte actuel. Nous ne sommes pas les premiers à le dire mais ce discours reste encore original aujourd’hui. Pourtant, il y a un problème d’immoralité dans notre système, dont il faut complètement refonder les bases, analyse Bettina Laville. Aujourd’hui pourtant, la première réponse apportée à la crise ne suggère pas une transformation du système mais une adaptation :

L’économie de marché n’est pas remise en cause. Pour le comité 21, ce n’est pas le capitalisme qu’il faut refonder mais le fonctionnement entier de nos sociétés. Stimuler et sauvegarder l’économie, comme on l’entend actuellement, revient trop souvent à repousser l’échéance du changement requis, pour être contraint finalement à laisser se produire sans contrôle le nécessaire processus de destruction créatrice.

Une autre voie propose l’abandon des règles économiques actuelles et des comportements des agents économiques pour une société de la décroissance, de la sobriété. Pour le Comité 21, cette proposition est davantage une aspiration éthique qu’une proposition économique et n’est pas assortie d’un appareil théorique et instrumental à l’échelle internationale. S’il faut refonder une doctrine économique qui assoie la richesse sur les valeurs des réseaux tant immatériels que solidaires, l’environnement peut-il être le nouveau moteur de croissance et de compétitivité ?

Le mythe de la croissance verte

Si la lutte contre le changement climatique constitue un véritable vivier d’emplois (le green business est un marché mondial déjà supérieur à 1.000 milliards d’euros soit l’équivalent de l’industrie aéronautique ou pharmaceutique), le Comité 21 reste prudent quant à l’idée qu’une croissance verte constitue la solution à la crise. Une telle présentation est positive en ce qu’elle montre que le monde économique a enfin compris les effets dévastateurs de la croissance carbonée et la nécessité de changer la structure des investissements. Mais elle peut aussi, lorsqu’elle ne s’accompagne pas de vraies transformations, illustrer la confiance abusive à perdurer au moyen de simples adaptations techniques qui semble ainsi aller dans le sens des propos récents tenus par Nicolas Hulot. L’écologiste a rappelé Lire la suite

VIENT DE PARAITRE : La nature et la norme. La philosophie politique contemporaine face aux questions écologiques

nonfiction.fr, Hicham-Stéphane Afeissa, le 4 juillet 2009

L’écologie est-elle soluble dans la démocratie ?

La nature et la norme. La philosophie politique contemporaine face aux questions écologiques

Nicolas de Longeaux, Éditeur : L’Harmattan

Résumé : Un livre de philosophie politique exceptionnellement riche, dont les conclusions ne semblent toutefois pas réellement démonstratives.  

Hans Jonas a longtemps été conspué pour avoir osé douter de la capacité de la démocratie, dans son fonctionnement actuel, à prendre en charge les enjeux écologiques. Selon lui, le changement radical de mode de vie et de consommation, ainsi que le contrôle drastique de l’innovation scientifique, ne pouvaient être réalisés que s’ils étaient imposés d’en haut par « une tyrannie bienveillante, bien informée et animée par la juste compréhension des choses »  . « Seule une élite », poursuivait-il, « peut éthiquement et intellectuellement assumer la responsabilité pour l’avenir », en sorte que, à tout prendre, le centralisme socialiste lui semblait encore préférable au complexe « capitaliste-démocratique-libéral »  .

Le risque d’établir par là une sorte d’expertocratie a été largement dénoncé, mais l’on s’est sans doute mépris sur le statut exact de cette proposition par laquelle Hans Jonas ne visait assurément pas à exprimer un idéal politique personnel, mais bien plutôt à avancer un diagnostic sur le fonctionnement des démocraties libérales et sur leur incapacité structurelle à répondre efficacement aux problèmes environnementaux. Dans quelle mesure le système politique moderne est-il capable de comprendre et de traiter les questions écologiques qui se posent à la société ? Tel était le sens de l’interrogation de Hans Jonas.

C’est cette interrogation essentielle que reprend à son compte Nicolas de Longeaux dans ce livre de philosophie politique important et, à de nombreux égards, tout à fait exceptionnel, sans restreindre son champ de réflexion à la seule philosophie environnementale de Jonas, mais en s’efforçant au contraire de prendre en considération presque toutes les philosophies politiques contemporaines susceptibles d’apporter un éclairage sur les questions écologiques, du saint-simonisme à John Rawls, en passant par Karl Marx, Max Weber, Hannah Arendt, André Gorz, Ivan Illich, Jean-Pierre Dupuy, quelques penseurs clés de l’éthique environnementale, Michael Walzer, Felix Guattari, Cornélius Castoriadis, Etienne Tassin et surtout Jürgen Habermas, qui joue dans cette étude un rôle absolument central.      

Objectifs de l’enquête et thèses principales

L’entreprise de Nicolas de Longeaux poursuit deux objectifs principaux. Elle se présente tout d’abord comme une enquête portant sur les conditions théoriques générales de fonctionnement des institutions politiques actuelles, et sur les contraintes principielles qui déterminent les marges d’action des démocraties modernes confrontées aux phénomènes de crise environnementale. 

La thèse qu’il défend à ce niveau est que le système politique contemporain est inadapté à la résolution des questions écologiques, et qu’il est condamné à les aborder avec des ressources et des structures qui ont été mises en place pour répondre à des problèmes politiques totalement différents.

L’enquête se poursuit alors en direction de la réflexion politique contemporaine, en cherchant successivement dans la pensée écologiste (en entendant par là les élaborations théoriques des penseurs de l’écologie sociale, de l’éthique environnementale, de la deep ecology et de Hans Jonas lui-même), puis dans la philosophie politique actuelle Lire la suite

L’Europe accélère le développement en Aquitaine

sudouest.com, Publi-info, le 30 Juin 2009

L’Europe accélère le développement en Aquitaine

Relayée par des acteurs locaux, la politique régionale de l’Union a une traduction concrète en termes de projets. Le point sur une stratégie qui fait la part belle à l’innovation et au développement durable

Lire aussi

 » Priorité à l’énergie et à l’environnement

 » Un tremplin pour la reconversion

 » Alain Rousset, Président du conseil régional d’Aquitaine

 » Dominique Schmitt, Préfet de la région Aquitaine

 » Coup de pouce aux projets ruraux innovants

 » Vous avez un projet?

Souvent jugée complexe et éloignée des préoccupations des citoyens, l’Europe fait peut-être l’objet d’un procès abusif si on l’observe dans le détail de ses actions locales. Eloignée des citoyens, rien de moins sûr dès lors qu’il s’agit de sa politique d’intervention dans les régions.

Sans être d’une simplicité ébouriffante, cette politique régionale peut néanmoins se résumer en quelques lignes : elle vise à assurer un développement solidaire, équilibré et cohérent de l’ensemble du territoire européen. A cette fin, des programmes encadrent la mise en place d’une stratégie concernant toutes les régions. Ils sont définis pour une période de sept ans afin de permettre une action dans la durée. Le dernier programme (2000-2006) s’était fixé pour objectif d’apporter un soutien financier aux territoires les plus fragiles. A sa suite, l’actuel programme, qui court jusqu’en 2013, entend appuyer les stratégies régionales fondées sur l’innovation et le développement durable, en vue notamment de favoriser la compétitivité et l’emploi. Pas de distinction territoriale donc, mais une volonté de valoriser les projets les plus performants où qu’ils se trouvent, à la condition qu’ils relèvent de l’innovation et du développement durable et soient ainsi en accord avec la stratégie européenne de Lisbonne pour la croissance et l’emploi.

Contribuer à la création de 9 000 emplois

Voilà pour les principes. Mais quelle est leur traduction concrète en Aquitaine ? Lire la suite

Les abeilles sentinelles de l’environnement

rhones-alpes-auvergne.france3.fr, Coralie, date NC

Les abeilles sentinelles

L’abeille féconde plus de 80 % de notre environnement végétal, et dont dépend directement 40 % de notre alimentation.

Sans cet insecte plus de pommes, de prunes, de cerises, de kiwis, de tomates, de courgettes, de melon. Aujourd’hui, hommage au monde ouvrier ou du moins au monde des z’ouvrières, les z’abeilles Apis mellifera.

Sylvain installe une nouvelle ruche Warré, c’est une ruche sans cadre qui nécessite très peu de matériel, et d’investissement. Il faut surtout de la curiosité. Les éléments sont très simples à fabriquer, pas besoin de panoplie sophistiquée, d’extracteur, de cire. La ruche Warré est idéale pour se lancer dans l’aventure apicole.

Les ruches sont installées au cœur du jardin. Verger, fleurs, potager, prairie, points d’eau multiples, le jardin des balmes est ici un lieu de travail paradisiaque pour les abeilles. Elles sont disposées dans un endroit abrité des vents dominants, l’entrée est orientée Sud-Est. Chaque ruche est surélevée pour éviter l’humidité, posées sur un sol dégagé, à l’écart du passage et des chemins. 

La ruche Warré est composée de modules de taille identique, elle est évolutive et extensible, il n’y a pas de cadres.

Sa particularité : 8 lattes avec des amorces de cire, en haut de chaque élément : elles permettent aux abeilles de réaliser leurs rayons et d’organiser leur espace. Le développement de la colonie va se faire par le bas, en descendant tout comme les essaims sauvages dans la nature. Lorsque les rayons du haut sont pleins au rajoute un sous étage, les rayons vont s’étendre  dans ce nouvel étage inférieur et la récolte se fera par le dessus.

La ruche Warré est plus compacte que la ruche classique, les abeilles s’y installent naturellement, confortablement, y travaillent aisément,  et maintiennent très facilement une bonne température l’hiver, condition indispensable à la survie de la colonie (qui peut aller jusqu’à 50 000 habitants). Et quand on a de bonnes conditions de travail, on est en forme, et on produit plus ! Résultat vous avez une ruche Warré très facile à conduire, en excellent état sanitaire, avec des colonies vigoureuses et bien sûr de bonnes récoltes.

Les meilleures mellifères du jardin

Je continue à donner le droit d’antenne aux insectes. Car, sur notre planète aujourd’hui, les abeilles disparaissent à une allure alarmante et chaque jardinier est concerné. Il peut et doit agir pour protéger les abeilles, voici les premiers gestes d’urgence.

– L’abeille est un insecte, dès que si vous utilisez un insecticide, Lire la suite

Hubert Reeves : Cultiver une «positive attitude» dans une association

2.canoe.com, Hubert Reeves, le 28 juin 2009

Ni optimiste, ni pessimiste : déterminé

Depuis que je me suis plongé dans la recherche de renseignements crédibles pour écrire Mal de Terre, depuis que je fais part, dans mes conférences, des préoccupations qui sont devenues les miennes, on me demande souvent: «Êtes-vous optimiste? Êtes-vous pessimiste?»

Mes interlocuteurs ne sont pas loin de penser que «nous n’y arriverons jamais».

Certains ont peut-être envie de renoncer avant même d’avoir essayé de changer quelque chose.

Il est vrai que, dans l’histoire de l’humanité, l’espèce humaine n’a jamais connu pareille époque. Jamais nos ancêtres n’ont pu mesurer à quel point la pérennité de notre espèce est tributaire de l’existence des autres espèces, végétale et animale, et des «bons et loyaux services» de la nature…

Imaginons qu’un «dictateur éclairé», prenant conscience que l’avenir de l’humanité passe par un changement radical des comportements, donne l’ordre de tout changer: tout le monde obéit au doigt et à l’œil. Les voitures restent au garage, les bus et les trams se multiplient, les friches industrielles deviennent des jardins potagers de proximité et les habitants, des planteurs d’arbres. Ils planteraient même des pavots si le dictateur le leur imposait…

Heureusement, nous sommes en démocratie et nous échappons à ces oukases.

Mais échapperons-nous au péril si nous tardons à faire de nous-mêmes, et de bonne grâce, ce que ce «dictateur éclairé» promulguerait sans plus attendre ? Et si le dictateur en question n’était pas tout simplement le péril qui nous menace ? Alors, prenant conscience de l’urgence, nous devrions nous-mêmes décréter les oukases. Le faisons-nous ? C’est tellement humain de remettre à demain ce que nous pourrions faire dès aujourd’hui ! Vais-je devenir pessimiste ?

Cultiver une «positive attitude» dans une association

Si je m’interroge sur mon passé, je n’ai été pessimiste que fort brièvement, me jurant de ne pas récidiver. Pourtant, je ne suis pas naturellement optimiste, du moins ne l’étais-je pas au siècle dernier.

Ce n’est pas le passage à l’an 2001 qui m’a miraculeusement entraîné vers un «optimisme volontaire». Encore que c’est cette année-là que je me suis lancé dans l’aventure associative et que, depuis, je suis au cœur de l’action. Et ça a tout changé.

Les changements d’habitude ne sont pas évidents, mais leur possibilité n’est pas nulle et, surtout, elle est facilitée si l’on ne reste pas seul dans son coin à se lamenter sur le sort de l’humanité. Rejoindre les pionniers associatifs est une excellente démarche. Elle renforce la représentativité de l’association auprès du public et des décideurs. Et elle vous entraîne dans une spirale vertueuse.

Rester à l’écart n’est pas stimulant

Bien sûr, on ne deviendra pas des saints du jour au lendemain, ni même à moyen terme, mais Lire la suite

Yves Cochet : Anti-manuel d’écologie

actu-environnement.com, Camille Saïsset, le19 juin 2009

Anti-manuel d’écologie

Dans la série Anti-manuels, les éditions Bréal publient l’Anti-manuel d’écologie d’Yves Cochet. Un ouvrage entre science, philosophie et politique, qui offre au lecteur une fenêtre grande ouverte sur l’écologie politique.

AE : En librairie, on trouve votre ouvrage dans la rubrique d’écologie scientifique, le qualifiez-vous comme tel ?

YC : Non, c’est un livre qui expose toutes les facettes de l’écologie, pas exclusivement la science écologique. Il serait mieux dans la rubrique d’écologie politique, mais elle n’apparaît pas en librairie. Ce courant de pensée existe pourtant depuis longtemps. Quand René Dumont évoquait le changement climatique pendant la campagne présidentielle de 1974, les gens se demandaient de quoi il parlait. Il fait partie de ceux que je considère comme des déclencheurs de mon amour pour l’écologie, de même qu’Ivan Illich, André Gorz et Alexandre Grothendieck. Ce dernier était un mathématicien brillant de l’Institut des Hautes études scientifiques de Bures-sur-Yvette. Il a publié le bulletin écologiste « Survivre et Vivre » avant de décider de se retirer, en 1970.

AE : Au centre de votre réflexion, on perçoit une dimension particulière de la nature.

YC : En effet, dans la pensée occidentale et cartésienne, on a tendance à placer l’homme en surplomb de l’écosphère. Au contraire d’autres civilisations, il existe pour nous une différence et une distance incommensurable entre l’humanité et le reste, entre les activités et préoccupations humaines et la Terre que nous habitons. Or, en méprisant la nature en amont et en aval de l’économie, en l’évacuant de son domaine de pensée exceptée comme source de matières premières ou réceptacle des déchets et des pollutions, l’humanité sape les bases de sa propre vie. La base matérielle de notre richesse est fournie par la prodigalité de la nature, mais les décideurs politiques ne le comprennent pas. J’en fais l’expérience tous les jours à l’Hémicycle. La crise que nous vivons aujourd’hui est une catastrophe écologique née du déni de la nature.

AE : A la fin de votre ouvrage, vous projetez le lecteur à l’horizon 2022, pourquoi ?

YC : Cette année-là marquera le 50ème anniversaire du 1er sommet de la Terre qui s’est déroulé à Stockholm en 1972. Depuis, Lire la suite

Simon Charbonneau : Résister pour sortir du développement

Sang de la terre, 23 juin 2009

Résister pour sortir du développement – Le droit entre nature et liberté

Charbonneau, Simon

Collection La pensée écologique

L’avenir de notre planète ne peut faire l’économie d’une remise en question radicale. Spécialiste du droit de l’environnement, l’auteur analyse l’impact politique du développement et les conditions de la définition de nouveaux droits fondamentaux, relatifs aux technosciences et à la protection de la nature.

La logique ultime d’un système comme le nôtre est d’instaurer progressivement, au nom de la survie de l’humanité, un État mondial imperméable à toute exigence démocratique. La crise écologique et économique actuelle pousse d’ailleurs à rendre cette perspective crédible, car seules des mesures prises à l’échelle de la planète peuvent aujourd’hui prétendre à être efficaces.

L’humanité ne s’en sortira pas sans s’engager dans une voie opposée à celle empruntée jusqu’à présent car les mesures qui ont été prises ne feront, tout au plus, que repousser les échéances douloureuses auxquelles nous ne pourrons pas échapper et contribuer à entretenir l’illusion collective d’une issue de secours constituée par un recours accru à la technoscience et au management international des risques majeurs.

L’avenir de notre planète ne peut faire l’économie d’une remise en question radicale, à la fois de ses pratiques et de son imaginaire. Aujourd’hui, nous ne sommes qu’au début Lire la suite

Crise écologique : L’Homme est il coupable ?

croissance-verte.com, Olivier Bazin, le 12 juin 2009

Crise écologique : L’Homme est il coupable ?

Le débat qui s’est installé sur Croissance Verte à la suite de l’article «  Home, et après ? » a permis de soulever une question qui dépasse largement le sujet du film évoqué.  L’Homme est-il  coupable ou victime de la crise écologique actuelle ? Pour répondre à cette question, il faut sortir du simple cadre économique habituel auquel les polémiques autour de l’écologie sont trop souvent réduites. Il s’agit ni plus ni moins que de confronter deux « visions » différentes de ce qu’est l’humanité.

Plaçons nous d’un strict point de vue scientifique… c’est à dire ici de biologiste. Reconnaissons alors que l’espèce humaine se comporte effectivement comme toute espèce animale. Ses actions n’auraient d’autre but que d’assurer sa survie par la recherche d’une maîtrise de son environnement. Au même titre que les sauterelles, l’espèce humaine n’aurait d’autre choix que de s’adapter à une Nature avide de conserver son propre équilibre. La sélection naturelle à laquelle il est ainsi fait référence entrainerait, par son efficacité,  un renforcement des inégalités entre espèces du vivant. Au final, la domination extrême d’une espèce sur son milieu finit par provoquer sa perte. Jared Diamond parle d’ « Effondrement « . S’il vient un jour à disparaître, l’Homme ne sera en définitive que la victime d’un processus de rééquilibrage que la Nature impose à tout ce qui est « trop dominant » pour assurer l’équilibre entropique du système. La Nature se charge seule de trouver ce point d’équilibre …et le fait à son rythme. L’Homme est donc dans son rôle. C’est sa nature même qui explique (justifie ?) son comportement. L’ampleur de ses destructions sur son environnement ne serait qu’une question de degré et pas de nature. Le problème semble donc résolu car, un animal peut il être coupable ?

La réponse est dans la question : l’Homme est-il vraiment un animal comme les autres ? Répondre relève d’un choix éthique et philosophique. Quels que soient les arguments invoqués, la réponse est clairement négative. Ce qui fait la grande différence entre l’animal et l’Homme c’est que ce dernier a conscience de lui-même. Il est capable de mesurer les conséquences de ses actes d’un point de vue moral. Il a la capacité de décider. C’est le fameux « libre arbitre »… cadeau empoisonné qui place sur ses épaules son plus lourd fardeau : la responsabilité. 

L’Homme serait coupable car responsable ? L’Homme s’est en effet tellement convaincu de sa spécificité (Le fameux « cogito » de Descartes) qu’il a estimé pouvoir quitter sa place dans l’ordre naturel. Pire, il a fini par se considérer « Comme maître et possesseur » de la Nature. La faculté de penser serait son seul mais puissant moyen pour s’émanciper de son état de nature. L’état actuel du monde est le résultat de cette erreur sur laquelle s’est appuyée toute la pensée Occidentale depuis le XVIIème Siècle. Non content de se considérer au « centre du monde », l’Homme se déclare au dessus de lui. S’il est coupable de quelque chose, c’est avant tout d’avoir limité sa vision du monde à un anthropocentrisme radical. L’humanité a tellement bien « travaillé » que la question de la survie de l’espèce ne s’est plus posée. Elle est même devenue secondaire face à la satisfaction de ses plaisirs. Le renforcement de la  crise écologique amène heureusement à s’y intéresser à nouveau.

Pour autant, une erreur ne doit pas en appeler une autre. Si l’Homme ne doit pas oublier sa place au sein de la Nature, il ne s’y réduit pas non plus. Il ne faudrait pas tomber dans le piège qui Lire la suite

Changer le rapport de l’homme à la nature n’est qu’un début

lemonde.fr, Edgar Morin, le 12 juin 2009

Changer le rapport de l’homme à la nature n’est qu’un début

Le succès Vert, en France, aux élections européennes ne doit être ni surestimé ni sous-estimé. Il ne doit pas être surestimé, car il résulte en partie de la carence du Parti socialiste, de la faible crédibilité du MoDem et des petites formations de gauche. Il ne doit pas être sous-estimé, car il témoigne aussi du progrès politique de la conscience écologique dans notre pays.

Mais ce qui demeure insuffisant, c’est la conscience de la relation entre politique et écologie. Certes, très justement, Daniel Cohn-Bendit parle au nom d’une écologie politique. Mais il ne suffit pas d’introduire la politique dans l’écologie ; il faut aussi introduire l’écologie dans la politique. En effet, les problèmes de la justice, de l’Etat, de l’égalité, des relations sociales, échappent à l’écologie. Une politique qui n’engloberait pas l’écologie serait mutilée, mais une politique qui se réduirait à l’écologie serait également mutilée.

L’écologie a le mérite de nous amener à modifier notre pensée et notre action sur la nature. Certes, cette modification est loin d’être accomplie. A la vision d’un univers d’objets que l’homme est destiné à manipuler et à asservir ne s’est pas encore vraiment substituée la vision d’une nature vivante dont il faut respecter les régulations et les diversités.

A la vision d’un homme « sur-naturel » ne s’est pas encore substituée la vision de notre interdépendance complexe avec le monde vivant, dont la mort signifierait notre mort. L’écologie politique a de plus le mérite de nous amener à modifier notre pensée et notre action sur la société et sur nous-mêmes.

En effet, toute politique écologique a deux faces, l’une tournée vers la nature, l’autre vers la société. Ainsi, la politique qui vise à remplacer les énergies fossiles polluantes par des énergies propres est en même temps un aspect d’une politique de santé, d’hygiène, de qualité de la vie. La politique des économies d’énergie est en même temps un aspect d’une politique évitant les dilapidations et luttant contre les intoxications consuméristes des classes moyennes.

La politique faisant régresser l’agriculture et l’élevage industrialisés, et par là dépolluant les nappes phréatiques, détoxiquant l’alimentation animale viciée d’hormones et d’antibiotiques, l’alimentation végétale imprégnée de pesticides et d’herbicides, serait en même temps une politique d’hygiène et de santé publiques, de qualité des aliments et de qualité de la vie. La politique visant à dépolluer les villes, les enveloppant d’une ceinture de parkings, développant les transports publics électriques, piétonnisant les centres historiques, contribuerait fortement à une réhumanisation des villes, laquelle comporterait en outre la réintroduction de la mixité sociale en supprimant les ghettos sociaux, y compris les ghettos de luxe pour privilégiés.

En fait, il y a déjà dans la deuxième face de l’écologie politique une part économique et sociale (dont les grands travaux nécessaires au développement d’une économie verte, y compris la construction de parkings autour des villes). Il y a aussi quelque chose de plus profond, qui ne se trouve encore dans un aucun programme politique, c’est la nécessité positive de changer nos vies, non seulement dans le sens de la sobriété, mais surtout dans le sens de la qualité et de la poésie de la vie.

Mais cette deuxième face n’est pas Lire la suite

La vie d’un… Flamand vert : L’homme sans empreinte

telerama.fr, Nicolas Delesalle, n° 3099, le 9 juin 2009

La vie d’un… Flamand vert : L’homme sans empreinte

LE MONDE BOUGE – On le surnomme “Low Impact Man”. Steven Vromman, belge, 48 ans, est en pleine décroissance. C’est-à-dire qu’il prouve qu’on peut bien vivre sans épuiser la nature. En réduisant sa consommation, et donc son empreinte écologique. Nous avons rendu une petite visite à ce citoyen de la Terre. Tiens, il a pas la télé…

Entre Bruxelles et Gand, le train ballotte et nous aussi. Quelque part, dans le quartier de Sint-Amandsberg, Steven Vromman, 48 ans, connu sous le nom de « Low Impact Man », innove à sa manière. Depuis un an, ce Flamand vert délarde joyeusement son existence pour réduire son impact écologique. A quoi ressemble-t-il ? A un ours tapi dans une caverne éclairée à la bougie ? Un néohippie ? Un écologiste high-tech entouré de chanvre et d’éoliennes, qui se soulage dignement dans la litière de ses toilettes sèches ?

Voilà l’antre. L’immeuble est bas, sans âme. Porte anonyme. On toque, toque, toque. Boucles blondes, teint rose, visage sportif de petit prince du plat pays monté sur baskets, Steven Vromman nous accueille avec un sourire, mais sans tongs, ni pancho, ni barbe fleurie. Loft dénudé de mâle célibataire, avec plafond, toit, murs et rien d’autre à rapporter, sauf un piano demi-queue curieusement recouvert d’un drap. Au premier coup d’oeil, aucune innovation écologique. Vromman a peu de ressources. Locataire, il se dépouille avec les moyens du bord.

« Café ? ». Il tutoie d’emblée et conte son histoire belge avec un accent des Flandres qui persille la langue de Proust d’intonations bataves. Avant de décroître, il bûchait pour l’ONG Ecolife. Un jour, à bout de cernes, il se pose la question risquée du quadra surmené : « Qu’est-ce que je suis en train de faire de ma vie ? » Le 1er mai 2008, il s’invente une réponse frugale : dorénavant, il marchera le plus délicatement possible sur la planète pour réduire au minimum son empreinte écologique. L’empreinte écologique ? Un outil inventé au début des années 90 pour mesurer l’impact de nos activités de primates évolués sur la nature. Elle se conjugue en « hectare global » et correspond à la surface nécessaire au mode de vie d’une personne pour produire sa nourriture, les biens qu’elle consomme et pour absorber ses déchets. Le Belge moyen, comme le Français, a besoin de 5,1 hectares pour vivre d’iPhones, de viandes rouges et de vols longs courriers. Or il n’y a sur Terre que 1,8 hectare de terre disponible par tête de pipe. Aujourd’hui, après quatre saisons spartiates, Vromman a atteint son but et réduit son empreinte à 1,6 hectare ! « Tout le monde peut le faire, dit-il. Deux milliards de personnes vivent déjà ainsi en Afrique et en Asie. »

Vromman a réinventé l’eau froide.

Mais il avoue deux bains en un an.

Après le marathon de Bruxelles et un voyage de 14 heures en bus.

Vromman s’est d’abord débarrassé des objets gourmands : télé, aspirateur, micro-ondes, bouilloire électrique. Ensuite, il a réinventé l’eau froide. Pendant un an, Lire la suite

Appel à propositions Life + 2009

projetdeterritoire.com, Welcomeurope, le 27 mai 2009

Appel à propositions Life + 2009

L’appel à projets du programme LIFE+ pour 2009 est lancé. Cet appel vise à financer des projets autour de 3 volets : la protection de la nature et de la biodiversité (protéger, conserver, restaurer, surveiller et faciliter le fonctionnement des systèmes naturels, des habitats naturels et de la faune et de la flore sauvages), la politique et la gouvernance en matière d’environnement (enrayer le changement climatique, meilleure gestion des ressources naturelles et déchets, protection de la qualité de l’air, de l’eau et des sols, des forêts, gestion des risques posés par les substances chimiques) et la diffusion de l’information sur les questions environnementales.

Actions éligibles

Cet appel s’adresse à tout porteur de projets situé dans un des Etats-membres de l’UE, qu’il s’agisse d’institutions ou d’organismes publics et/ou privés tels que des autorités locales et régionales, des entreprises privées, des associations, des centres de recherche, des ONG, des universités etc.

Il financera à une hauteur maximale de 50% des coûts éligibles les projets sélectionnés. A noter qu’un taux maximal de cofinancement de 75% est exceptionnellement applicable aux propositions qui ciblent les habitats/espèces prioritaires des directives « Oiseaux » et « Habitats ».

Le budget global pour les subventions d’aide aux projets au titre de LIFE+ en 2009 s’élève à 250 000 000 euros. 50% au moins de ce montant sera alloué à des mesures en faveur de la protection de la nature et de la biodiversité. En effet, les projets portant sur la biodiversité et sur le changement climatique seront considérés comme prioritaires pour cette année.

Les propositions de projets doivent être remises aux autorités nationales compétentes avant le 15 septembre 2009. Elles seront transmises aux Lire la suite

Européennes : les programmes en environnement

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, 29/05/2009

Européennes : les programmes en environnement

Le 7 juin, la veille pour l’Outre-mer, les Français ont rendez-vous dans les isoloirs pour élire 72 eurodéputés dans 8 circonscriptions électorales. Pour ce troisième volet de son dossier consacré aux élections européennes, le JDLE passe en revue les programmes nationaux en matière d’environnement des principales listes.

Evaluer

Rares sont les listes candidates à ne pas afficher un volet environnemental à leur programme pour les européennes. Il faut dire qu’en la matière, le Parlement européen (PE) dispose d’un pouvoir important (1), et que les électeurs européens placent la lutte contre le changement climatique comme la troisième priorité à promouvoir par leur assemblée (2). Si certains candidats font des propositions concrètes, d’autres préfèrent présenter leurs idées de façon plus générale, le Parlement européen n’ayant pas vocation à faire des propositions de loi, mais plutôt à s’exprimer sur celles de la Commission européenne. Voici donc, pour les principales listes présentes dans plusieurs circonscriptions, les volets écologiques des programmes (3).

Alliance Ecologiste Indépendante

La liste d’Antoine Waechter, Francis Lalanne ou encore Patrice Drevet se veut «indépendante, positionnée au-delà du clivage gauche/droite contrairement à Europe-Ecologie», indique Jean-Marc Governatori, tête de liste en Ile-de-France. «Les Verts existent depuis longtemps, et ils ont échoué», estime-t-il. Ses membres militent pour l’accès, via des subventions, à une agriculture européenne 100% biologique d’ici 15 à 20 ans ainsi qu’à un «rétablissement de la ruralité» grâce à une modification de l’orientation des fonds publics. Côté énergies, ils s’opposent à une taxe carbone et souhaitent privilégier en priorité une réduction de la consommation d’énergie. Ils prônent également une sortie du nucléaire d’ici 25 ans et le développement des énergies renouvelables. Enfin, ils souhaitent que «la législation européenne intègre le fait que les animaux sont des êtres sensibles à la douleur physique ou psychique».

Debout la République

Les listes gaullistes, emmenées par Nicolas Dupont-Aignan, sont plus qu’avares en propositions environnementales. Seul un chapitre du programme, sur la qualité de vie, y fait référence, à propos des OGM. «Nous souhaitons privilégier la qualité de nos aliments plutôt que le principe de libre concurrence, en laissant aux Etats la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir, s’ils le souhaitent, mettre en œuvre leur droit de veto», indique Debout la Réublique, qui précise aussi vouloir en finir avec la comitologie, «qui vide de sa substance le débat démocratique».

Europe Ecologie

Rassemblés autour de Daniel Cohn-Bendit, José Bové, ou encore Eva Joly, pour ne citer que quelques-unes des figures les plus connues, la liste des Verts européens se mobilise autour d’une idée phare : «la transformation écologique de l’économie est la clé de la solution à la crise actuelle», comme Lire la suite

Le Parlement européen, un poids lourd en environnement

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 22 mai 2009

Le Parlement européen, un poids lourd en environnement

Boudé par les électeurs si l’on en croit les prévisions d’abstention record pour les élections européennes du 7 juin, le Parlement européen est pourtant le meilleur allié des citoyens en matière d’environnement. L’Assemblée sortante, bien que conservatrice, a ainsi démontré sa capacité à renforcer plusieurs textes dans ce domaine. Premier volet d’un dossier du JDLE consacré aux élections européennes.

«La protection de l’environnement et de la santé est l’un des domaine sur lequel le Parlement européen est le plus mobilisé», souligne Yves Bertoncini, enseignant à Sciences-Po et à l’Ecole nationale d’administration (Ena), expert des questions européennes (1). De fait, un tiers des directives adoptées par le Parlement durant la dernière législature (2004-2009) concernaient ce secteur. A l’échelle nationale, «70% de la réglementation en matière de pollution urbaine et industrielle, d’eau et de protection de la nature depuis 10 ans est d’essence communautaire», indique Raphaël Romi, professeur de droit à l’université de Nantes et titulaire d’une chaire Jean Monnet de droit européen de l’environnement.
Depuis le Traité de Maastricht de 1992, le Parlement européen a vu ses compétences environnementales renforcées par l’instauration de la procédure de co-décision (2). «Cela signifie que le Parlement ni le Conseil ne peuvent adopter de législation sans l’assentiment de l’autre», précise Françoise Grossetête, eurodéputée française, membre du groupe du Parti populaire européen (PEE) et de la commission Environnement. Avant cette date, les textes en environnement -dont plus de 800 ont été adoptés depuis 1973- relevaient uniquement du Conseil. «Dans le cadre de la co-décision, le Parlement européen et le Conseil donnent tour à tour leur avis sur le projet de la Commission. Entre 2004 et 2007, 64% des textes ont ainsi été adoptés en première lecture, contre 30% sur la période 1999-2004», explique Yves Bertoncini. En cas de désaccord, les deux instances tentent de trouver un compromis en deuxième lecture. Lors d’un nouvel échec, est mise en place une procédure de conciliation au cours de laquelle les représentants du Parlement et du Conseil tentent de trouver un ultime accord ou rejettent le texte. Ce qui a été le cas très récemment pour la directive sur le temps de travail (2). «Le rejet du texte par le Parlement en raison d’un différend avec le Conseil démontre son véritable pouvoir», souligne Anne Ferreira, eurodéputée française membre du Parti socialiste européen (PSE) et de la commission Environnement.
Plusieurs textes ont été renforcés par les eurodéputés durant la période 2004-2009. «Sur le paquet Energie-climat, les eurodéputés ont, pour la première fois, radicalisé l’objectif politique du texte, alors que leur rôle se limite souvent à apporter une amélioration technique», juge Raphaël Romi. «Le Parlement a renforcé les objectifs de promotion des énergies renouvelables [20% d’ici 2020]», confirme Mark Breddy, responsable de la communication de Greenpeace Europe. Françoise Grossetête cite le règlement Reach: «Nous nous sommes battus pour conserver le principe selon lequel les substances extrêmement préoccupantes devaient être remplacées par des substances alternatives plus sûres». Raphaël Romi a un avis plus mitigé: «Même s’il représente une avancée considérable, Reach est issu d’un compromis avec le Conseil». Greenpeace Europe estime toutefois que le Parlement a renforcé la position de la Commission.

Le Parlement, bien que sensible à l’opinion publique, est aussi influencé par des lobbys économiques. «Sur le paquet Pesticides, le lobby agricole Lire la suite

DD : la croissance verte, comment ? Bordeaux du 2 au 22 juin

u-bordeaux2.fr, communiqué, mai 2009

Développement durable : la croissance verte, comment ?

Conférence / Débat

Du mardi 2 juin 2009 au lundi 22 juin 2009 de 18h30 à 19h45

L’Université de tous les savoirs, en partenariat avec la ville de Bordeaux et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), présente un cycle de conférences sur le thème de la croissance verte. Des architectes, des philosophes et des acteurs du secteur public comme privé viennent à la rencontre du public.

Thème : La croissance verte, comment ?

Programme :

Mardi 2 juin : « Ecologie et modes de vie » Par François Moisan, directeur scientifique de l’Ademe.

Mercredi 3 juin : « Consommation durable et responsable » Par Jean-Louis Bergey, directeur régional de l’Ademe.

Jeudi 4 juin : « L’économie verte : un nouveau modèle pour l’entreprise » Par Benoît de Guillebon, Collège des hautes études de l’environnement et du développement durable.

Mardi 9 juin « Construire avec la nature » Par Duncan Lewis, architecte.

Jeudi 11 juin : « Les enjeux de l’habitat de demain : en quoi l’innovation peut y répondre ? » Par Didier Roux, directeur du développement et de la recherche de la société Saint-Gobain.

Vendredi 12 juin : « Substances pharmaceutiques : nouveaux contaminants du système aquatique » Par le docteur Hélène Budzinski, Laboratoire de physico- et toxico-chimie de l’environnement (LPTC) – Université Bordeaux 1.

Lundi 22 juin « Face à la crise : développement durable et mondialisation » Par Luc Lire la suite

Nicolas Hulot : L’enjeu crucial des élections européennes

lemonde.fr, Nicolas Hulot, le 13 mai 2009

Nicolas Hulot est président de la Fondation pour la nature et l’homme.

L’enjeu crucial des élections européennes

Il en est de l’Europe comme de la politique : si on ne s’occupe pas d’elle, elle s’occupe de vous. Un seul exemple, en France, 80 % de la législation environnementale provient du droit communautaire. A l’approche des élections européennes, l’intérêt pour cette échéance me semble inversement proportionnel à l’importance du rôle crucial que cet espace politique et géographique peut et doit jouer, pour sortir le moins mal possible de ce carrefour de crises où nous sommes englués. Que l’on soit peu, pro ou anti-européen, l’Europe est une réalité en marche qui détermine et conditionne notre avenir, et l’ignorer, c’est se livrer sans contrôle à son pouvoir et à sa puissance.

C’est à Strasbourg et à Bruxelles que se joue une grande partie de notre avenir. La responsabilité de celles et ceux que nous enverrons nous y représenter est immense. C’est dans ce périmètre que peuvent émerger les prémices d’une société réconciliée avec sa planète et donc avec elle-même. Encore faut-il que ceux que nous aurons élus ne se trompent pas sur l’origine du mal contre lequel nous luttons.

Chacun doit s’astreindre à un diagnostic rigoureux pour clairement trancher sur la question de savoir s’il faut changer le système ou de système. Si dorénavant c’est bien l’épanouissement du genre humain qui doit cristalliser toutes les décisions politiques et non plus le profit, l’accumulation et le toujours-plus.

Au moment où l’humanité affronte, notamment avec les changements climatiques et la perte de son capital naturel qui s’ajoutent et se mêlent aux autres crises, la situation la plus critique et complexe qu’elle ait jamais connue, quelles réponses proposent les uns et les autres ? Sommes-nous toujours dans l’épaisseur du trait ?

Au-delà des dogmes et des filiations idéologiques qu’il me semble presque indécent d’agiter, tant les contraintes majeures imposent de fait une certaine radicalité dans les options, nous devons être intransigeants dans nos questionnements et nos choix à l’approche de ces élections. La pyramide de complexité et la gravité des menaces nous obligent à ne pas nous accommoder de recettes éculées, de vulgaires corrections de trajectoire, de solutions pensées dans des moules périmés. Il nous faut nous déconditionner et envisager tout de suite qu’un autre modèle est non seulement possible, mais incontournable.

Une question centrale, la croissance est-elle la solution ou le problème ? Lire la suite

13 au 17 mai : Cinq jours très nature en Aquitaine

sudouest.com, Jean-louis Hugon, le 11 Mai 2009

FÊTE DE LA NATURE. Du 13 au 17 mai, la Région propose de découvrir ou redécouvrir des sites naturels locaux

Cinq jours très nature en Aquitaine

Du 13 au 17 mai, l’Aquitaine fête la nature à travers un ensemble de manifestations mettant à l’honneur le caractère exceptionnel de la région. Pour la deuxième année, le Conseil régional et les conservateurs des espaces remarquables du réseau Aquitaine nature invitent à la découverte de plus de 30 sites naturels. Visites guidées, parcours d’initiation ou d’observation, contes, ateliers pour enfants, projections de films, tous prétextes à redécouvrir une faune et une flore emblématiques, des écosystèmes fragiles, un patrimoine géologique insoupçonné. « Tout ceci est le point d’orgue de l’action que nous menons dans l’année, explique Philippe Dorthe, vice-président du Conseil régional en charge du tourisme et du patrimoine. Avec les gestionnaires de ces 78 sites couvrant 16 000 hectares, nous avons noué des partenariats leur permettant de travailler toute l’année. Ces journées ne seront qu’un effet de loupe sur tout ce qui est fait durant douze mois. »

Neuf sites landais à visiter

Pour les Landes, l’effort est porté sur neuf sites naturels : la réserve nationale d’Arjuzanx, les barthes de l’Adour (Pontonx, Saint-Étienne-d’Orthe, Saint-Martin-de-Seignanx), la réserve du Marais d’Orx, la réserve du Courant d’Huchet, les saligues de l’Adour (Bordères-et-Lamensans, Cazères, Renung), la lagune de la Tapy (Vert), l’écomusée de Marquèze, l’étang de la Maillouèyre (Mimizan), la réserve de l’étang Noir (Seignosse). On y ajoutera les coteaux secs de Cagnotte, où l’on peut observer des orchidées sauvages.

À découvrir, parmi les balades naturalistes, Lire la suite

Soule : La LPO reste au col d’Organbidexka

sudouest.com, Marcel Bedaxagar, le 11 Mai 2009

COLS DE CHASSE. Les ornithologues de la LPO restent au col d’Organbidexka, en Soule

Enchères en hausse

Plus de 200 000 euros pour les cols, 15 000 euros pour les palombières : la Commission syndicale de Soule s’en est plutôt bien sortie, hier matin, à Tardets, pour les adjudications triennales de ses cabanes et cols de chasse.

Le syndic Pepela Mirande ne cachait pas sa satisfaction : « C’est surprenant par rapport à ce contexte de crise, mais la palombe a repris les couloirs de migration d’Iraty », commentait-il à l’issue de ces enchères. « La tempête Klaus nous a peut-être un peu aidés, car il se peut que des chasseurs des Landes aient intégré des équipes qui louent ces cols », pensait-il.

Organbidexka pour la LPO

Organisées aux enchères descendantes, ces adjudications des cols de chasse ont en effet réservé quelques surprises. La première est arrivée du col d’Organbidexka, lorsqu’un inconnu a levé la main dès que la mise à prix a été annoncée. Un chasseur qui ne voulait plus y voir d’écologistes, a-t-on pensé alors. Mais dès que l’enchérisseur est venu signer les documents appropriés, le doute a été levé.

« LPO, Ligue pour la protection des oiseaux », a annoncé Olivier Le Gall, président de cette LPO en Aquitaine. En acquérant ce col à 23 000 euros, l’homme n’a pas voulu prendre de risques. « Il y a trente ans qu’il y a un suivi naturaliste à Organbidexka et nous avons des données d’une valeur inestimable. La LPO reprend les activités d’observation des oiseaux initiées par Organbidexka col libre. Le ministère de l’Environnement ne nous a plus accordé de subvention pour cette location, nous avons donc pris nos responsabilités. » La LPO va poursuivre son programme dans son poste privilégié, en fournissant des données à l’Observatoire régional de la migration des oiseaux (Ormo). « Nous allons oeuvrer pour le développement de ce site », a annoncé Olivier Le Gall.

« C’est positif pour la Commission syndicale et pour la fréquentation du site », commentait le syndic, tout heureux de ce dénouement.

Les mêmes postes

Pour le reste, la plupart des grands cols de chasse situés sur les crêtes d’Iraty ou près du pic des Escaliers ont trouvé preneur. Lire la suite

Il faut que la France adopte le « capitalisme naturel »

lemonde.fr, Amory Lovins et Lionel Bony, le 9 mai 2009

Il faut que la France adopte le « capitalisme naturel »

La prochaine révolution industrielle devra gérer la rareté de l’écosystème

La crise économique actuelle montre les limites d’une approche centrée sur les gains financiers à court terme au détriment de la prospérité à long terme. Le capitalisme traditionnel n’attribue de valeur qu’à deux sortes de capital, l’argent et les biens produits, mais ignore la valeur de deux autres formes de capital, les hommes et la nature. Or utiliser et faire fructifier les quatre types de capital (l’argent, les biens produits, les hommes et la nature) permet aux entreprises de gagner plus d’argent tout en contribuant au bien-être général, présent et futur.

Ce changement d’approche peut passer par l’adoption du « capitalisme naturel » (Natural Capitalism), un concept proposé il y a dix ans par Hunter Lovins, Paul Hawken et l’auteur de ces lignes. La transition vers le capitalisme naturel implique quatre mutations dans nos pratiques industrielles et commerciales :

1. Une augmentation drastique de la productivité des ressources naturelles : réduire le gaspillage qui caractérise les flux de matières premières, depuis leur extraction ou leur récolte jusqu’à la fin de vie des biens de consommation représente une opportunité économique importante. Les entreprises qui repensent fondamentalement la manière dont elles conçoivent leur système d’approvisionnement et leur modèle de production peuvent améliorer la productivité des ressources naturelles qu’elles utilisent 5, 10, voire 100 fois, par rapport à leurs concurrents.

Un projet récent du Rocky Mountain Institute pour une entreprise gérant des centres de données illustre cette idée. Le nouveau centre de données que nous avons conçu consomme 75 % d’électricité en moins, coûte 10 % de moins à construire et bien sûr beaucoup moins en fonctionnement ; il générera plus de revenus par serveur et par unité de surface qu’un centre de données classique. Inauguré en septembre prochain, ce centre permettra à l’entreprise de répondre à la demande de ses clients de manière plus rentable ; il lui servira de modèle pour la rénovation de ses centres existants ; il lui permettra de réduire son empreinte carbone.

2. Une transition vers des modèles de production inspirés par la nature : le capitalisme naturel ne vise pas simplement à réduire les déchets, il propose d’éliminer la notion même de déchets. Cette ambition peut être réalisée par la mise en place des systèmes de production « circulaires », calqués sur ce qui se fait dans la nature, où tout produit en fin de vie devient un élément nutritif pour l’écosystème, ou pour la fabrication d’un autre produit.

Un bon exemple de ce concept est celui de Patagonia, un des leaders des vêtements de montagne aux Etats-Unis. En 2005, la société a lancé en collaboration avec Teijin, un fabricant japonais de tissus et fibres, un programme qui Lire la suite

Festival Philisophia, Saint-Emilion, 30 et 31 mai, le « mondial » et l’universel »

festival-philosophia.com, mai 2009

Philosophia – 3ème édition les 30 et 31 mai 2009 à Saint-Émilion sur le thème du « mondial » et de « l’universel »

« Philosophia » est d’abord une « fête de la philosophie ». Pendant un long week-end, on y célèbre le plaisir d’apprendre et de comprendre. Le public peut assister à des conférences philosophiques, participer à des ateliers, à des expériences sensorielles, dans différents lieux emblématiques d’une prestigieuse cité viticole classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Simultanément, la ville sera animée par des débats, des interventions œnologiques et gastronomiques, des lectures publiques, des expositions, des spectacles…

Saint-Émilion fêtera en 2009 le dixième anniversaire de son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco au titre de l’architecture mais aussi du paysage. Cet anniversaire a éveillé en nous des nombreuses questions spontanées et intuitives. Un paysage mondial, quel paysage, quel monde ? Sommes-nous les acteurs malhabiles d’un monde qui nivelle et gomme inexorablement les identités et les différences ? Nos vins – et nos pensées – doivent-elles se ranger dans des flacons identiques, les yeux de nos enfants s’émouvoir aux mêmes spectacles ? A l’heure d’Internet et des échanges planétaires, comment la pensée philosophique appréhende-t-elle cette mondialisation galopante ? Pouvons-nous encore résister ? Après les deux premiers festivals consacrés respectivement aux thèmes des  » sens  » et du  » bonheur « , les notions de  » mondial  » et  » d’universel  » seront les points de départ de notre manifestation cette année.

SAMEDI 30 MAI

14h00 – 15h00

CARMEN ANóN FÉLIU, Paysagiste, professeur à l’Université Polytechnique de Madrid, membre et expert évaluateur du Comité du Patrimoine Mondial (UNESCO)

Patrimoine mondial, valeur universelle ?

L’UNESCO encourage l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel à travers le monde. Le patrimoine est l’héritage du passé que nous transmettons aux générations à venir. Ce qui rend exceptionnel le concept de patrimoine mondial est son application universelle : les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, quel que soit le territoire sur lequel ils sont situés.

Conférence parrainée par la Ville de Saint-Émilion – Spécial 10ème anniversaire classement UNESCO.
Cloître de la Collégiale

PIERRE-HENRI TAVOILLOT – Maître de conférences en philosophie à l’Université de Paris IV et chargé de cours à l’IEP, Président du Collège de Philosophie et membre du Conseil d’Analyse de la Société.

• Une leçon particulière sur l’universel : les lumières Impérialisme ou communautarisme ?

Universalisme ou différentialisme ? Entre deux maux lequel choisir ? Face à ce dilemme, Lire la suite

En Europe, la nature disparaît à un rythme inquiétant

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 5 mai 2009

Faire un bilan est toujours risqué. Stavros Dimas, le commissaire européen à l’environnement, s’est prêté à l’exercice à Athènes, les 27 et 28 avril, devant la fine fleur des experts de la biodiversité. Ce bilan ne s’imposait pas seulement parce que le mandat de la Commission arrive à échéance dans quelques semaines, mais aussi parce qu’il y a sept ans, la communauté internationale s’était fixé rendez-vous en 2010 – autant dire demain – pour mesurer les progrès accomplis en matière de lutte contre la disparition des espèces et la dégradation des écosystèmes constatées sur tous les continents.

L’objectif avait été adopté par les Nations unies, mais l’Union européenne (UE) avait choisi de se montrer encore plus ambitieuse en s’engageant à « stopper l’érosion de la biodiversité » à l’horizon 2010. L’état des lieux dressé par Jacqueline McGlade, la directrice exécutive de l’Agence européenne de l’environnement (AEE), montre qu’un peu de prudence aurait évité aux Européens de devoir assumer aujourd’hui un véritable échec. « L’objectif de 2010 ne sera pas atteint et la biodiversité européenne demeure très fortement menacée« , a-t-elle confirmé.

De 40 % à 70 % des espèces d’oiseaux et de 50 % à 85 % des habitats dans lesquels se déploient la faune et la flore européenne se trouvent ainsi dans « une situation de conservation critique« , selon les chiffres d’un rapport que l’AEE s’apprête à publier.

A-t-on au moins réussi à ralentir la cadence à laquelle la nature dépérit sous l’effet de la fragmentation du territoire, de l’extension des villes, des routes et de l’intensification de l’agriculture ? Le débat reste ouvert.

« Au niveau mondial, la moitié de la nature a disparu depuis l’ère préindustrielle et elle recule encore au rythme de 1 % par an. C’est peut-être moins en Europe depuis la création de Natura 2000« , avance Andrew Balmford, professeur à l’université de Cambridge (Royaume-Uni). Avec ses 25 000 sites couvrant 17 % du territoire européen, Natura 2000 constitue le premier réseau d’aires protégées au monde. Mais cette vitrine a surtout vocation à préserver les espèces dites « remarquables », pas la biodiversité que l’on pourrait qualifier d’ordinaire, sur laquelle repose l’essentiel des services rendus par les écosystèmes.

En 2006, l’UE a adopté un plan d’action pour la protection de la biodiversité. La mise en oeuvre n’a pas suivi. « Ce plan n’a aucun caractère contraignant. C’est sa grande faiblesse. Sans menaces de sanctions, il est illusoire de penser que les gouvernements ou les acteurs économiques prendront en compte la biodiversité« , remarque Tony Long, représentant du Fonds mondial de la nature (WWF).

Les scientifiques font aussi leur mea culpa : « Nous n’avons pas réussi à démontrer pourquoi la sauvegarde de la biodiversité est si importante« , a reconnu John Hutton, du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Alors que, grâce au travail du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), à celui de l’économiste britannique Nicholas Stern et à l’engagement de l’ancien vice-président américain Al Gore, le changement climatique s’est hissé au sommet de l’agenda mondial, la crise de la biodiversité reste dans l’ombre. Et peu d’hommes politiques en ont saisi la gravité.

« Nous n’avons pas un indicateur simple – Lire la suite

Critique de Corcuff (NPA) sur l’ouvrage de Kempf

reporterre.net, Philippe Corcuff et Hervé Kempf , le 1er mai 2009

Ecologie, productivisme, et post-capitalisme

L’économie de marché est-elle le capitalisme ? Quand l’individualisme n’est-il plus émancipateur ? Comment réintroduire la démocratie dans le travail lui-même ? Des questions au cœur de la nouvelle écologie radicale. Un débat.

En mars, Philippe Corcuff a eu l’amabilité de m’envoyer le texte qu’il comptait présenter lors du Contre Grenelle, à Lyon, le 2 mai (info : http://www.contre-grenelle.org/ Gre…). Il posait des questions intéressantes, qui m’ont conduit à lui adresser les précisions nécessaires. Voici les deux textes.

Anticapitalisme et antiproductivisme à l’aube du XXIe siècle – Autour des analyses d’Hervé Kempf

Par Philippe Corcuff (sociologue, membre des Verts en 1994-1997, militant du Nouveau Parti Anticapitaliste)

Le mythe d’un « capitalisme vert » semble faire des ravages rhétoriques, dans la droite sarkozyste ainsi que dans un PS et chez des Verts social-libéralisés, comme réponse magique à la double crise financière et climatique qui affecte aujourd’hui le capitalisme. C’est l’occasion de réfléchir aux liens entre la critique écologiste du productivisme et la critique du capitalisme par la gauche radicale. Car la période appelle une nouvelle convergence entre les courants radicaux de l’écologie et les anticapitalistes. Le dernier livre d’Hervé Kempf, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, constitue un support intéressant pour amorcer cette démarche.

Le livre d’Hervé Kempf nous propose une série de pistes intéressantes, qui ont le grand avantage, dès le titre de l’ouvrage, de réarrimer prise de conscience écologiste et critique du capitalisme.

Or c’est quelque chose qui a été perdue de vue par certains écologistes, dans la double logique de l’institutionnalisation-professionnalisation des élites politiques vertes et de l’hégémonie de « la pensée unique » néolibérale. Les aspirations anticapitalistes de Mai 68 ont alors progressivement été oubliées par des militants éminents des Verts européens, comme Daniel Cohn-Bendit, passé du Dany le Rouge d’hier au Dany le Vert pâle d’aujourd’hui. Ce dernier proclame même dans un livre de 1998 : « Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché ». Un exemple significatif, pour les centaines de milliers de personnes qui se sont opposés et s’opposent aux réformes néomanagériales de Sarkozy-Darcos-Pécresse, appliquant, de la maternelle à l’université, les recettes des entreprises privées : « Naturellement, l’industrie participerait aussi à la définition des contenus de l’enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968 » …

Or, justement, le troisième chapitre du livre de Kempf est consacré au « mirage de la croissance verte ». Pour lui, le capitalisme aborde de manière inadéquate la question du changement climatique, en tentant de faire croire « que l’on pourra pérenniser le système économique actuel sans en changer les déterminants » (p.84). Un exemple ? « L’effet pervers de la hausse des prix de l’énergie dans le système capitaliste est qu’elle Lire la suite

Edgar Morin : Il faut débureaucratiser les sociétés

leprogres.fr, Fabrice Roussel, le 2 mai 2009

« Je milite pour une déclaration d’interdépendance des peuples »

Edgar Morin était l’invité d’honneur du festival de la culture Soufie à Fès au Maroc. Un grand penseur dans un petit festival niché au cœur d’une capitale millénaire de l’Islam. L’image peut intriguer. Et pourtant, le coup de foudre a bien eu lieu. Une conférence-débat donnée loin des cénacles officiels de la pensée où le très vert Edgar Morin, à l’ombre d’un chêne millénaire et à la lumière de ses 87 printemps a pu, pendant près de deux heures, donner sa vision de la mondialisation et esquisser quelques pistes pour surmonter « la crise de civilisation » à laquelle le monde occidental est confronté. Morceaux choisis.

Comment surmonter l’impasse d’une société occidentale dont le modèle consumériste met en péril l’avenir même de la planète ?

« Je milite pour une déclaration d’interdépendance des peuples, des nations et des cultures. L’ONU pourrait porter cette démarche. Nous devons être conscients aujourd’hui que nous sommes reliés par une communauté de destin. L’occident a beaucoup de leçons à apprendre des pays du Sud. Jusqu’à présent, l’occidentalisation a dégradé les solidarités traditionnelles. L’antidote se trouve autant dans cet occident créateur des droits de l’Homme, que dans d’autres cultures.

Les plans anti-crise des nations, des organisations mondiales et du G20 vous semblent suffisants pour sortir de cette crise ?

Bien sûr que non. Il faudra aussi réformer les consciences, inventer une nouvelle approche de la connaissance moins ethnocentrée sur l’occident, décloisonner les savoirs et le système éducatif pour réussir à changer nos modes de vie. Notre savoir fait de nous des aveugles. Nous vivons dans une utopie que j’appellerais « l’utopie concrète des week-ends ». Deux jours de respiration pour encaisser les cinq jours de la semaine. Il faut changer ce rapport au temps. Réhumaniser les villes et revitaliser les campagnes.

Beaucoup de penseurs ou d’hommes politiques tirent ce signal d’alarme. Pourtant, on a l’impression de se confronter à un mur d’impuissance. Alors, changer de voie, est-ce possible ?

Je peux répondre en terme de probabilité. Ce qui est probable, c’est que si nous ne changeons rien nous allons vers des catastrophes naturelles, nucléaires et géopolitiques que nous ne pouvons même pas imaginer.

Comment interdire à des pays en voie de développement de ne pas accéder à ce niveau de développement et donc de pollution ?

Il ne s’agit pas d’interdire à la Chine de se développer. Mais, que ceux qui ont déjà le confort commencent à se limiter. Je ne parle pas de privation, mais Lire la suite

Biosphere-hebdo : spécial « oxymores »

biosphere.ouvaton.org, biosphere-hebdo n° 17.2009 (spécial « oxymores  »), le 2 mai 2009

(Extraits de La politique de l’oxymore de Bertrand Méheust)

La pression de confort (techniques imbéciles)

La pression du confort est une notion décisive. Il est sous-entendu (hors discussion, sauf dans les milieux encore marginaux de la décroissance), que le confort moderne, au sens large où nous l’entendons aujourd’hui, est un acquis irréversible. Cette façon de penser est largement due au fait que les générations nées depuis les années 1970 n’ont pas connu d’autres conditions de vie et ne dispose pas d’éléments de comparaison. Un jeune des banlieues déshéritées, aujourd’hui, dispose de moyens de confort que n’avait pas le roi Louis XIV, notamment l’eau chaude au robinet, les WC et le chauffage. Cette révolution du confort est le premier moteur de la pression sur la nature entraînée par nos gestes quotidiens.

Or un univers psychique qui n’admet par principe aucune limitation, aucun interdit, court vers l’abîme. Pendant la Seconde guerre mondiale, la vitesse des voitures aux Etats-Unis a été plafonnée à 55 km/h pour économiser le carburant. Il a fallu une menace extérieure pour mettre en place cette mesure qui devrait s’imposer aujourd’hui. Le danger du système libéral, c’est que, ayant disqualifié tous ses concurrents, il n’a plus d’extérieur et ne peut se contraindre lui-même dans des délais utiles. Aucun effort méthodique pour prévoir le futur et organiser le décrochage du pétrole n’a été conduit : si c’était le cas, cela se saurait, des voitures ultralégères seraient déjà disponibles depuis longtemps sur le marché, leurs moteurs seraient bridés, etc.

Les Hikikomoris, ces jeunes japonais gavés d’informatique qui ne sortent plus de leur chambre, sont un des premiers symptômes de l’épuisement vital vers lequel nous tendons. En moins d’un siècle, le marché, couplé à la technologie, en instrumentalisant et en artificialisant les désirs, aura stérilisé tout ce qui donnait aux hommes le goût de vivre depuis des millénaires. La publicité, cette forme moderne, insidieuse et inédite de contrôle des esprits, que l’on devrait débaptiser et nommer une fois pour toutes propagande, va bien au-delà de tous ce qu’on pouvait imaginer dans les débuts optimistes et naïfs de la « réclame » d’après guerre.

La pression démocratique (écologie appliquée/action politique)

Il se trouve qu’aucun système démocratique ne semble pouvoir fonctionner aujourd’hui en dessous d’une certaine pression de confort. Si une Sparte démocratique existe quelque part dans le monde contemporain, je demande qu’on me la montre. Inéluctablement, la démocratie moderne, c’est-à-dire la démocratie libérale où l’individu prime sur le collectif, démultiplie les besoins des hommes et augmente la