Simon Charbonneau : Le prix de la démesure

Simon Charbonneau, mai 2010

A propos de la crise – Le prix de la démesure

La cigale ayant chanté tout l’été ……… Il semble que La Fontaine ait anticipé la crise actuelle qui frappe les économies des pays surdéveloppés dont les peuples ont vécu depuis près de cinquante ans au-dessus de leurs moyens en tirant toujours plus de chèques sans provision sur l’avenir tout en provoquant une empreinte écologique démesurée. Et aujourd’hui, ce qui est en train de se passer démontre que nous nous heurtons aux limites socio-économiques d’un système fondé sur l’utopie d’une croissance éternelle. Le cas de la Grèce est certes révélateur, mais il ne fait qu’illustrer la situation des autres pays de la zone euro, comme l’ont bien compris les dirigeants pompiers de la crise. Car, par delà la spéculation financière, la question des causes économiques structurelles qui en sont à l’origine est rarement posée.

Dans le cas de la Grèce, ce sont les dépenses pharaoniques engagées par ce pays pour les jeux olympiques (9 milliards d’euros selon un article du Figaro) aggravées par un énorme budget militaire causé par le vieux contentieux avec la Turquie. D’où un déficit public important (23 milliards d’euros) entraînant un endettement insupportable pour un petit pays. Mais d’autres pays européens sont aussi concernés par de tels déficits comme l’Angleterre (179 milliards) qui était jadis montré en exemple pour l’efficacité de son économie, suivie par la France (144 milliards). A l’origine de tels déficits, il y a souvent des programmes technologiques d’infrastructures de transport (autoroutes, LGV etc…), ou de grands aménagements urbains (Grand Paris et métropoles régionales) fondés sur l’idéologie de la performance qui, dans le cas d’un pays comme la France, sont aggravés par un budget militaire surdimensionné (force de frappe avec le laser mégajoule du CEA et présence dans plusieurs régions du monde). L’Europe, elle-même, a encouragé cet endettement par l’intervention des fonds structurels (FEDER, Fond de Cohésion) destinés à faire rattraper leur retard économique à un certain nombre de pays du sud comme l’Espagne et le Portugal. Elle est aussi engagée dans le financement du projet ITER, fondé sur l’utopie techno-scientifique d’une production d’énergie inépuisable, dont le budget a récemment explosé (15 milliards d’euros).

Cet endettement public se combine avec un endettement privé des ménages piégés par la surconsommation, mais également des entreprises auprès des banques d’affaires qui, elles mêmes, sont obligées d’emprunter auprès d’autres banques. De là résulte une pyramide de dettes fondée sur de l’argent virtuel et dont la solidité repose sur la confiance dans l’avenir, une croyance collective qui peut parfaitement s’effondrer d’un jour à l’autre, comme l’a parfaitement montré la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2008. Pour alimenter cette confiance ébranlée par la défiance croissante des opinions en l’avenir, contrairement à la période des trente glorieuses, les Etats sont alors obligés d’injecter massivement d’énormes sommes d’argent (750 milliards d’euros alimentant un Fond Européen) pour pérenniser le système. Or en agissant ainsi, les Etats s’endettent bien sûr un plus pour alimenter une croissance  de plus en hypothétique. Le cercle vicieux est alors complètement bouclé par une accumulation les dettes au fil des ans pouvant provoquer un effondrement économique comme celui de Dubaï dont la tour inachevée de 1 km en est le symbole. C’est ainsi que la cigale se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue !

A l’origine de cette situation pourtant prévisible, il y a la course à l’investissement, tant privé que public qui est au cœur de l’idéologie de la croissance. Alors que les dépenses de fonctionnement sont toujours Lire la suite

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

MNE Bordeaux-Aquitaine, Communiqué, le 19 avril 2010

Bilan 2009 de Université populaire de l’environnement – Université nomade d’Aquitaine de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine

I. L’Université nomade d’Aquitaine

1.) 15 janvier – Une conférence-débat à l’IJBA (Institut de journalisme de Bordeaux) [150 participants] avec Marie Monique Robin, journaliste, cinéaste et écrivain sur le thème de « Ecologie et journalisme d’investigation » en partenariat avec Greenpeace Bordeaux et une diffusion du documentaire « Le Monde selon Monsanto » au cinéma l’Utopia de Bordeaux [180 participants] suivi d’un débat avec MM Robin

2.) 4 février et 4 mars – Deux ateliers pratiques écolo au Jardin botanique de Bordeaux [55 participants] sur le thème « Ecologie et numérique » avec Michel Lesbats, enseignant chercheur en biologie, et Anne-Sophie Novel, doctorante en économie politique

3.) 3 avril – Une conférence-débat au cinéma le Festival à Bègles [80 participants] en partenariat avec la municipalité sur le thème « L’homme a-t-il perdu le lien avec la nature ? » avec 4 universitaires : Dominique Prost, Enseignante-chercheuse en géographie, Martine Alcorta, enseignante-chercheuse en psychologie, Charlie Grandjeat, enseignant-chercheur en littérature nord-américaine et Catherine Thomas, enseignante-chercheuse en océanographie

4.) 20 mars, 10 et 24 avril Trois conférences-débats à Cap-Sciences Bordeaux « Changements climatiques et énergie » [80 participants] :

« Le changement climatique : pas plus de 2° C », par Jean-Yves Rossignol, Ingénieur-consultant

« Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 », par Gilles Drogou des Amis de la terre

« Crise climatique et énergétique : la taxe carbone peut-elle être une réponse appropriée ? », par Jean Sireyjol, association TACA

5.) 16 mai – Une conférence débat à Mérignac sur le thème « Environnement et nouvelles solidarités » [50 participants] en partenariat avec les associations des Amis Aquitains des semaines sociales de France et Pratiques et dialogues. Après une présentation des enjeux climatiques, énergétiques, écologiques et sociaux par Jean-Yves Rossignol, 4 ateliers ont travaillés sur les thèmes de agriculture / consommation, énergie/habitat, déplacements et formation/insertion avant une restitution des ateliers

6.) Quinze émissions de radio sur la Clé des ondes en partenariat avec Chiche ! Bordeaux [ 3 000 auditeurs cumulés estimés] :

La MNE Bx Aquitaine

AutoCool/L’autopartage

TACA/Changement climatique et taxe carbone

Greenpeace et Vigilance OGM/Les OGM

Droits du piéton 33/Journée de la courtoisie

CATA/Projet collectif d’achat de terre agricole

Débat Ecologie et libertés publiques

Maisons paysannes 33/L’habitat rural

Vélo Cité/Jeu concours mes courses à vélo

Récup’R/Projet de recyclerie / ressourcerie

ICARE/Le jardin d’inspiration médiévale de Gradignan

H’Nord/Le projet d’Ecoquartier de Bordeaux Bacalan

Séphir/La barre d’outil Ecolo-info

SEPANSO 33/Les nouveaux OGM

L’agenda 21 des familles de Bordeaux

7.)1er avril, 6 mai, 3 juin et 1er juillet – Quatre cours au Jardin botanique de Bordeaux « Petite écologie de l’homme et de ses techniques »  [80 participants] avec Michel Lesbats

La main de l’Homme et ses techniques – Evolution des risques techniques de l’Homme préhistorique à nos jours

Autopsie d’un accident / Les mots des maux, les mots du risque – Définitions et polysémie des termes du domaine des risques d’origine technique

Citoyenneté et culture du risque – La participation des citoyens à la Gestion des risques techniques

Table ronde et débat sur la concertation et la démocratie écologique : « Echanges entre les acteurs locaux du Grenelle » suivi d’un Apéros’Ecolos (ex GreenDrinks)

8.) 16 au 25 mai – Sept conférences-débats lors du Salon de l’environnement de Bordeaux [150 participants] :

Au fil des Séounes/Abeilles et frelons asiatiques

CREAQ/Les aides à l’éco-habitat (2 interventions)

AutoCool/L’auto-partage

Achillée et ciboulette/Le compost

Achillée et ciboulette/Le purin d’ortie

Le collectif réduisons nos déchets en Aquitaine/La prévention des déchets

La MNE Bordeaux-Aquitaine/L’Université populaire de l’environnement

9.) 27 mai –  Une conférence-débat à l’IJBA « Quelle Europe pour la planète ? » [50 participants] avec les représentants des principales listes aux Européennes : Europe écologie, Front de gauche, NPA, PS et UMP/NC (Le Modem n’avait pas répondu à l’invitation)

10.) 27 et 28 juin – Deux conférences-débats à Nérigean (Libournais) dans le cadre du marché paysan du Château  Fourton-La Garenne (vignoble en maraîchage biologique) [55 participants]

« Libournais 2020 : quelle agriculture et quelle alimentation voulons-nous ? » avec Philippe Roudié – Professeur émérite de géographie et Jean-Pierre Leroy – Syndicaliste – Confédération paysanne

« Crises climatique, écologique, énergétique… quel rôle pour les associations environnementales ? » avec CATA, Achillée et ciboulette, Auto Cool et la MNE Bordeaux-Aquitaine

11.) Du 24 septembre au 4 novembre, mise en place d’un « module d’appui au développement associatif et aux porteurs de projets », premier cours le jeudi 24 septembre à 18h15 à la MNE Bordeaux-Aquitaine : « Le suivi évaluation dans les projets associatifs ». 5 cours du jeudi 1er octobre au mercredi 4 novembre à 18h30 à l’Athénée : « L’amélioration des moyens de communication des associations ». Ouvert à tous et gratuit, sur réservation.

12.) Du vendredi 25 au dimanche 27 septembre, Salon Viv’Expo à Bordeaux Lac avec des conférences-débat et la participation de nombreuses associations environnementales : AutoCool, Greenpeace, H’Nord, ICARE/Jardin de Pierral, MNE Bordeaux-aquitaine, Réseau des mille-pattes, SEPANSO, Solar Rives de Garonne/Ecocentre de Gironde, Surfrider Foundation…

13.) 7 et 15 octobre et 4 novembre à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres – « Crise climatique, énergétique, écologique…, état des lieux » avec Gilbert Haumont, universitaire, « Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 » avec Gilles Drogou des Amis de la terre et « Vers une révolution des transports » avec Simon Charbonneau, Universitaire

14.) Le vendredi 9 octobre à 21h00, Salle du Foyer Municipal d’Arbis (7 km de Targon), « Crise climatique, écologique et des ressources naturelles : quelles conséquences pour l’Entre-deux-Mers ? » avec Gilbert Haumont, enseignant à la Faculté  de Pharmacie de l’Université de Bordeaux 2. Manifestation dans le cadre du Colloque 12 « De Benauge à Verdelais » organisée par les Amis du château de Benauge, l’Association des Amis du Musée de l’Art Religieux de Verdelais et le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers (CLEM) à Arbis, Benauge et Verdelais les 9, 10 et 11 octobre 2009

15.) Lundi 16 novembre – Conférence débat avec diffusion du film documentaire Live-bicycle sur « La mobilité urbaine » organisée par le PUMA (Pôle alternatif des Mobilités urbaines) : Vélo Cité, AutoCool, Droits du piéton 33, AIR…à l’Université Bordeaux 2 Victoire amphithéâtre Pitres

16.) Début 2010 une conférence débat sur « La transition » à la Communauté urbaine de Bordeaux jeudi 11 mars avec Pierre Radanne et Simon Charbonneau, deux conférences débat sur « Urbanisme, paysage, architecture dans l’Entre-deux-Mers… » la première à Créon le jeudi 25 mars, un Concert pour le climat à Bègles le jeudi 1er avril et une conférence sur « Climat et viticulture » à Montagne-Saint-Emilion le jeudi 6 mai

II. Soutien de l’UPE aux actions d’adhérents de la MNE et de partenaires

Du 12 au 27 septembre : Quinzaine de l’écologie en Agenais, Samedi 12 à 20h30  « Mieux comprendre les OGM » par Christian Vélot, Dimanche 13  à 10h30 « De jardin en jardin », Mercredi 16 à 20h00 « Nos enfants nous accuseront » Ciné/ débat, Vendredi 18 à 20h00 « Les papillons, indicateurs de bonne santé écologique », Dimanche 20 à partir de 8h30 « Ecorurale des Séounes » à la Sauvetat de Savères, Mercredi 23  à 19h30 « La taxe carbone » Conférence-débat avec TACA et Dimanche 27 à 14h00 « Visite d’une maison écolo » à Pennes d’Agenais.

Le mercredi 16 septembre à 19h30, Conférence-débat avec Hervé Le Treut, membre du GIEC, à l’Athénée municipale de Bordeaux organisée à l’occasion des 40 ans de la SEPANSO Aquitaine.

Du 28 septembre au 2 octobre 2009 « Stage chaux » et du 16 au 20 novembre « Formation à la restauration écologique dans le bâtiment ancien » organisé par l’Ecocentre de Gironde à Toulenne près de Langon.

Le vendredi 2 octobre manifestation du Collectif 33 Copenhague 09 à la gare Saint Jean de Bordeaux

Le dimanche 4 octobre « Picnic sans carbone » à partir de 12h sur les quais au Parc des Sports en face de St Michel (à coté du Pont de Pierre). Ce picnic doit nous permettre de rassembler le plus grand nombre de citoyens désireux d’agir pour protéger le climat. Ceux qui aiment Taca viendront en vélo et les rangeront en forme de 3 5 0 pour la traditionnelle photo, et cette fois nous l’espérons, l’objectif atteint de 350 vélos. Nous souhaitons organiser des vélo-bus, regroupement de cyclistes pédalant ensemble, convergeant  le dimanche matin depuis les 27 communes de la CUB vers le lieu du picnic à coté du Pont de Pierre.

Samedi 24 octobre – Manifestation du Collectif Copenhague au lion bleu sur la rive droite « 350 idées pour la planète »

Le vendredi 6 novembre un film-débat à l’Utopia de Bordeaux « Le syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot avec le Collectif associatif Gironde Copenhague 09

Jeudi 10 décembre à 19h00 à l’Athénée municipal de Bordeaux avec la Confédération Paysanne de Gironde Conférence-Débat sur le thème : Agriculture et changement climatique. Comment assurer une production agricole répondant aux besoins des populations, dans un climat bouleversé,  tout en minorant radicalement les dégagements de gaz à effet de serre ?

samedi 12 décembre – Manifestation « Ni nucléaire, ni effet de serre » de 11h00 à 12h00 au miroir d’eau sur les quais face à la Bourse à Bordeaux avec TchernoBlaye, à partir de 12h00 déambulation festive dans Bordeaux avec une Batucada, musique brésilienne, tout le monde habillé en bleu, avec chapeau et lunette de soleil, vers 14h00 arrivée de la vague bleue au grand théâtre, place de la comédie, ou l’association TACA sera présente du samedi de midi à minuit. Veillée climatique sur place : amenez des pots de yaourts en verre peints en bleu pour poser des loupiotes (fournies par TACA), musiciens et chanteurs bienvenus pour réchauffer ceux qui vont veiller pour le climat sur les marches du théâtre comme beaucoup d’autres groupes à travers le monde (350.org, tck tck tck, …). A 19h regroupement des jeûneurs volontaires en soutien des militants de Climate Justice Fast en grève de la faim pour le Climat depuis le 6 novembre.

II. Le blog de la MNE https://mneaquitaine.wordpress.com/

Il fonctionne depuis août 2008 et propose 2 200 articles et 230 adresses de Sites Internet et de blogs dont 120 Aquitains

En 20 mois, près de 300 000 pages ont été consultées par environ 120 000 visiteurs, nous estimons qu’environ 50 % des visiteurs sont Aquitains.

1. TOP 25 des articles depuis 20 mois

Thermographie aérienne infrarouge de la CUB                                10 351

Le tracé sud de la future LGV Bordeaux –                                        10 273

Thermographie aérienne des 27 communes de la CUB                 9 199

La MNE Bordeaux-Aquitaine                                                             7 894

Ligne grande vitesse en 33, 40, 47 et 64                                          4 277

Communauté urbaine de Bordeaux : Isolez                                                 2 630

Langon : ouverture d’un supermarché bio                                        2 549

Centrales photovoltaïques au sol : la crainte de la trame grise       1 998

PAC : La France redistribue et dévoile les aides                             1 679

Appel à la création d’une ressourcerie /                                           1 647

Eco-PTZ : l’éco-prêt à taux zéro pour éc                                         1 499

La grande distribution s’empare du commerce équitable                1 367

Liste des 12 marchés bio et 78 magasins bio d’aquitaine              1 193

EnR : développement de l’énergie solaire                                        1 176

UPE – L’Université nomade d’Aquitaine                                            1 148

Formation à l’agroécologie en Ardèche av                                                   1 065

Eco-prêt à taux zéro et crédit d’impôt «                                             1 051

NON aux LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeau                                1 020

Recycleries & Ressourceries : réseau                                            985

« Home » : Yann Arthus-Bertrand rend-il tr                              944

Soustons (40) : Une ferme photovoltaïque                                       904

Huitres du bassin : Du test de la souris                                            848

Bon ap’ avec l’Amap de Mérignac                                                    834

Transports de la CUB : Keolis préféré à                                          779

Toilettes sèches : soulagez l’environnem                                        747

2. Visite sur les sites et blogs des adhérents depuis le blog MNE depuis 20 mois

colibri33.fr                                                      429

collectif.terres.free.fr                                     427

maisons-paysannes.org                                418

recupr.org                                                      383

pagesperso-orange.fr/federation.sepan…    374

creaq.org                                                       284

lesptitsgratteurs.blogspot.com                      278

asso.burdivega.free.fr                                   269

itinerancesculturelles.asso.fr                        262

greenpeace.org/france                                  252

collectif-dechets-girondin.com                      246

sephir.org                                                      201

belcier.eco.quartier.free.fr/sommaire…        177

hnord.org/doku.php                                       169

velo-cite.org                                                   161

taca.asso-web.com                                      147

aramaquitaine.fr                                            141

autocool.fr1                                                    139

Simon Charbonneau : Y a-t-il encore un avenir humain possible ?

mediapart.fr, N. Fabre, le 16 Avril 2010

Edition : Le Parlement du Futur

Y a-t-il encore un avenir humain possible ?

Un taux d’abstention-record (53,6%) au premier tour des élections régionales de mars dernier. Des militants écologistes déçus après l’échec du somment de Copenhague. Des professions en grève, pour dénoncer des conditions de travail difficiles. Les signaux de malaise social ne sont pas nouveaux : déjà, le 20 février dernier, le médiateur de la République Jean-Paul Delevoye dénonçait dans son rapport « l’usure psychologique » de la société, ballottée par d’incessants changements censés l’avantager. Aujourd’hui, Simon Charbonneau, spécialiste en droit de l’environnement, militant associatif à Bordeaux et défenseur du mouvement pour la décroissance, nous livre ses analyses de la situation.

Comment percevez-vous le sentiment actuel de « malaise social » ?

Il y a un désarroi complet des gens face à l’accumulation des questions posées par le développement : la multiplication des catastrophes écologiques et sociales a conduit à l’effondrement de l’idéologie du progrès. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec l’héritage des Trente glorieuses et le sentiment que « la kermesse est finie » : les gens se rendent compte que les discours optimistes concernant l’avenir ne tiennent plus.

Le problème, c’est que cette angoisse de l’avenir ne trouve aucune réponse politique : les personnes qui nous dirigent continuent à pratiquer la politique du déni, en refusant de se poser les questions de fond, comme celle du bien-fondé des développements. En fait, il y a un décalage complet entre les préoccupations de la population et les discours tenus par l’oligarchie au pouvoir. Les politiques, complètement azimutés et perdus, continuent à appliquer de vieilles recettes inadaptées, faute de vouloir regarder en face les problèmes.

Et vous, comment percevez-vous l’avenir ?

Pour moi, aucun doute, nous allons droit dans le mur : on a mis en marche une machine infernale que l’on est incapable de maîtriser et aujourd’hui on laisse le système aller jusqu’au bout de sa logique absurde et destructrice. Le programme de ligne à grande vitesse à Bordeaux illustre bien cette absurdité : on met en place un programme qui aura un impact écologique considérable et impliquera un endettement important, pour des gains de temps assez ridicules (passer de plus de 200 Km/h à 350 Km/h). Ce projet est typique de l’attitude du « toujours plus » de nos politiques, qui refusent de se poser la question des multiples limites : financières, sociales, écologiques. Cette attitude, focalisée sur le court-terme, est dangereuse, car c’est comme si le cycliste conduisait en regardant uniquement sa roue avant, sans voir venir les obstacles… Cette logique de fuite en avant ne mène à aucun avenir humain. A terme, avec l’accumulation des problèmes, nous risquons d’assister à une implosion différée du système.

Les politiques sont-ils les seuls responsables de cette situation ?

La responsabilité est aussi du côté des intellectuels, car il y a aujourd’hui un déficit de pensée : il manque d’intellectuels pour Lire la suite

Conférence débat le jeudi 11 mars : « Crise climatique, énergétique, écologique… : l’approche des territoires en transition est-elle adaptée à l’agglomération bordelaise » ?

MNE Bordeaux-Aquitaine – Université populaire de l’environnement, Communiqué, le 4 mars 2010

La Communauté Urbaine de Bordeaux et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre du Plan climat de la CUB et de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à une conférence-débat publique : le jeudi 11 mars de 18h00 à 20h00

Hôtel de la Cub (Esplanade Charles de Gaulle) – salle des commissions réunies 

« Crise climatique, énergétique, écologique… : l’approche des territoires en transition est-elle adaptée à l’agglomération bordelaise » ? 

Assurer la transition d’un mode de vie qui repose sur une énergie disponible et bon marché, à un mode de vie plus sobre, avec une énergie rare et chère, pourrait bien être une des priorités de cette nouvelle décennie. 

Avec Pierre Radanne (consultant, ancien président de l’ADEME)

et Simon Charbonneau (juriste en droit de l’environnement, militant associatif). 

En présence de Laure Curvale, Vice Présidente de la Cub en charge du plan climat.

Nous vous invitons, en amont de cette conférence, à découvrir plusieurs initiatives qui se mettent en place en Europe :

Lors des négociations de Copenhague en décembre 2009 un collectif de communautés locales a adopté Une déclaration des peuples au Klimaforum09 – Changeons le système ! Pas le climat ! Parmi les revendications : trouver de vraies solutions à la crise climatique basées sur une utilisation sécurisée, propre, renouvelable et durable des ressources naturelles, ainsi qu’une transition vers une souveraineté alimentaire et énergétique, foncière et sur les ressources en eau.

http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Declaration_des_Peuples_au_Klimaforum_-_Changeons_le_Systeme_Pas_le_Climat_Ultimate_Version.pdf

Le Parlement Wallon a adopté à l’unanimité le 18 juillet 2008 une Résolution sur les pics du pétrole et du gaz. Elle manifeste la prise de conscience du défi majeur que représente le pic pétrolier, tout en prenant en considération le changement climatique. En effet, si les experts ne s’entendent pas sur la date du pic, ils conviennent qu’il est inéluctable et qu’il n’y a pas d’alternative unique au pétrole. Il est donc urgent pour les députés wallons d’adopter des mesures de transition.

http://www.weblex.irisnet.be/data/crb/Doc/2008-09/113709/images.pdf

Une petite ville du Sud-Ouest de l’Angleterre s’est mobilisée depuis septembre 2006, pour vivre sans dépendre des apports extérieurs. L’objectif : réduire la consommation de produits transportés qui ont une lourde empreinte carbone. Il s’agit de la ville en transition [transition town] la plus avancée du monde, pionnière d’un mouvement qui, face au double défi du changement climatique et de la fin prochaine du pétrole à bon marché, a pour objectif de réduire sa consommation énergétique et son empreinte carbone

Le site francophone des villes et communautés en transition http://www.villesentransition.net/

Les sites des territoires français en transition Lire la suite

La revue Entropia : Le laboratoire des objecteurs de croissance

lemonde.fr, Nicolas Truong, le 14 février 2010

Le laboratoire des objecteurs de croissance

Un spectre hante l’Occident : celui de l’effondrement. Du 11-Septembre à l’actuelle implosion de la bulle spéculative, l’ombre portée des Twin Towers effondrées ne cesse d’imprégner nos mentalités collectives. Du crash au krach, tout serait donc en voie d’effondrement : la banquise comme la social-démocratie, la Banque mondiale comme l’autorité parentale… Notre début de siècle semble s’apparenter au portrait dressé par le biogéographe américain Jared Diamond qui, dans Effondrement (Gallimard, 2006), compare notre situation à celle des habitants de l’île de Pâques, disparus après avoir détruit leur environnement, à force de vouloir ériger leurs mystérieuses statues.

Il n’est donc pas étonnant que les « objecteurs de croissance » se soient penchés sur la question. Car la religion du progrès a conduit les économies mondialisées droit dans le mur, constatent les partisans de la critique radicale du développement – durable ou non – réunis autour du septième numéro de la revue Entropia, publication semestrielle fondée en 2006.

Le député Vert Yves Cochet y explique que la crise des subprimes de l’été 2007, comme celle des « émeutes de la faim » du printemps 2008, sont des conséquences de la hausse des produits pétroliers. Car, d’un côté, l’explosion du cours du baril a empêché les ménages américains de rembourser leurs emprunts, et de l’autre, ruiné les Etats dépendant de cette matière première à cause du productivisme de leur industrie agroalimentaire. Il y a donc une corrélation entre crise économique et dépression écologique, explique le juriste Simon Charbonneau. D’où l’urgence de la décroissance, poursuit l’universitaire Serge Latouche, qui ironise : « Si la croissance engendrait mécaniquement le bien-être, nous devrions vivre aujourd’hui dans un vrai paradis. » Or, le pire est à venir, prévient-il, puisque les rapports internationaux annoncent de sombres scénarios : pénurie globale des ressources non renouvelables en 2030, pic de la pollution en 2040, crise de l’alimentation en 2070…

Mais comment décroître ? En se défaisant des « sortilèges de l’argent », assure l’économiste Bernard Guibert. De la « permaculture » (production agricole économe en énergie) aux « villes lentes » (agglomérations à basse consommation), des « initiatives de transition » s’inventent. Ainsi le polytechnicien Christian Araud relate l’expérience de la petite ville anglaise de Totnes (Devon) qui, dès 2005, a amorcé sa conversion vers une « économie soutenable », notamment grâce à une Bourse d’échange de surplus ou une monnaie du cru qui a revitalisé le commerce local.

Si la décroissance lui apparaît comme l’horizon indépassable de notre temps, Entropia souhaite cependant « ne pas confondre la conviction avec la certitude », indique Jean-Claude Besson-Girard, directeur de la publication. Ainsi a-t-elle invité à dialoguer l’économiste Jean-Marie Harribey, qui maintient l’idée d’un développement qualitatif afin de « démarchandiser nos sociétés ». La revue est consciente du risque que ferait également peser sur son projet une rhétorique de l’excès. Au point que Vincent Cheynet, rédacteur en chef du mensuel La Décroissance, rappelle que « les discours sur la fin du monde peuvent être pénibles et contre-productifs ».

Alors, décroissance ou barbarie ? Lorsqu’elle n’érige pas la nature en valeur, la décroissance peut se présenter comme Lire la suite

LGV : Des voix contre les nouvelles voies

sudouest.com, Jacky Sanudo, le 13 Novembre 2009

TRANSPORTS. Qui sont ces militants qui s’opposent farouchement à la ligne grande vitesse du tracé sud ? Ils ne désarment pas et font des élections régionales un cheval de bataille

LGV : Des voix contre les nouvelles voies

L’été dernier a été avalisé par le gouvernement le schéma de développement, proposé par le Grenelle de l’environnement, de nouvelles lignes à grande vitesse. 2 000 kilomètres de voies neuves sont concernés, dont une grande partie dans notre région. Et, presque à la surprise générale, des voix se sont élevées pour s’opposer à ce projet censé dégager le ciel et les routes. Qui sont ces anti-LGV ? Il y a quinze jours, ils étaient plus de 10 000 à manifester dans les rues de Bayonne. Du jamais-vu dans la ville du roi Léon. Et les réunions publiques dans le Sud-Gironde font toujours le plein.

Certains ne voient en eux que des « nimbys », ces « ronchons » qui ont adopté la position éthique et politique qui consiste à ne pas tolérer de nuisances dans leur environnement proche. D’autres les soupçonnent de vouloir revenir à l’âge des diligences, d’être des apôtres de la décroissance, des altermondialistes allant à l’encontre de la modernité…

« Ces qualificatifs utilisés par ceux qu’on gêne sont un moyen d’éluder le débat. Je ne suis pas technophobe mais technocritique. Il y a des limites au progrès si on ne fait plus cas de l’humain. Il faut savoir s’arrêter. Trois heures entre Paris et Bordeaux, c’est bien suffisant. Pourquoi lancer un projet pharaonique et ruineux pour gagner 50 minutes ? » s’interroge le chercheur Simon Charbonneau, un des chefs de file du mouvement.

« Machine arrière »

L’auteur de « Résister pour sortir du développement » avance un coût de 15 milliards d’euros pour la totalité du projet. « Je sais bien qu’il a été acté, mais cela ne signifie pas que c’est fait. La mobilisation continue contre ces cabinets d’études qui marchent à fond et ces ingénieurs et politiques qui manquent de bon sens. On espère que l’État fera machine arrière, car la banqueroute le guette », affirme-t-il.

Victor Pachon, instituteur à la retraite de Mouguerre, est à la pointe du combat en Pays basque. Là, peut-être plus qu’ailleurs, ils sont nombreux à espérer que tout n’est pas joué. « Que les choses soient claires : nous ne sommes pas hostiles au ferroviaire. Le fret et les TER (merci la Région) tissent du lien social, pas les TGV. Ces derniers sont un plus pour les grandes villes qui ont pour rêve l’Eurocité. Elles veulent attirer toutes la matière grise avec leurs aéroports, autoroutes et gares TGV. Ces cités du tertiaire grandissent en nous aspirant. Bref, le TGV assèche la province », clame-t-il.

Depuis 1992, il est à la tête du Cade (Coordination des associations de défense de l’environnement), qui regroupe 43 associations. Sa connaissance des dossiers en fait un adversaire convaincant et redouté. La majorité des rapports sur le sujet, français et européens, sont passés entre ses mains. « C’est simple, lors des réunions dans les villages, 90 % des documents que j’utilise pour mon diaporama proviennent de RFF (Réseau ferré de France) et de la SNCF », assure le bretteur. Des documents qui le confortent dans l’idée que « la priorité n’est pas de créer de nouvelles voies mais de moderniser l’existant ».

Selon lui, la LGV est source Lire la suite

Débat public : Il ne faut pas prendre les nanoparticules à la légère

sudouest.com, Bernard Broustet, le 4 Novembre 2009

DÉBAT PUBLIC. La rencontre organisée hier, à Bordeaux, a révélé d’importantes inconnues

Il ne faut pas prendre les nanoparticules à la légère

Il ne faut pas prendre les nanoparticules à la légère. C’est ce qui ressort de la rencontre organisée hier à Bordeaux par la commission nationale du débat public sur les nanotechnologies. Suivie par plusieurs centaines de personnes, dans une ambiance quasiment exempte d’invectives et de démagogie, la rencontre a permis de pointer les opportunités, mais aussi les inconnues et les risques entourant ces particules dont la taille est comprise entre 1 et 100 milliardièmes de mètre, et dont les applications industrielles présentes et plus encore futures paraissent potentiellement considérables (électronique, santé, aéronautique, énergie).

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’exposé délivré par Patrick Brochard, professeur d’épidémiologie à l’université Victor-Segalen, incite pour le moins à la prudence. Évoquant les publications scientifiques sur le sujet, Patrick Brochard a rappelé que l’impact des nanoparticules sur les cellules semblait d’autant plus important que ces substances et ces matériaux étaient de petite taille. Autrement dit, plus on se rapproche du nanomètre (milliardième de mètre) et plus les nanoparticules peuvent résister à l’offensive des cellules macrophages, qui sont en quelque sorte des chiens de garde de l’organisme chargés d’avaler (phagocyter) les éléments étrangers éventuellement toxiques. D’où, dans certains cas, un risque potentiel de pénétration des nanoparticules jusqu’aux alvéoles pulmonaires, puis, par là, au sang. Le risque est d’autant plus important lorsque les particules ont une forme allongée, ce qui est, par exemple, le cas des nanotubes de carbone, qui font l’objet, en Aquitaine, de gros travaux de recherche et préindustrialisation.

Risques pris en compte

Patrice Gaillard, responsable de ce projet au sein du GRL (Groupe de recherche de Lacq), dépendant de l’entreprise chimique Arkema, a souligné que les risques potentiels des nanotubes de carbone avaient été pris en compte par la société : « 50 % des dépenses jusqu’ici engagées dans l’opération, a-t-il affirmé, concernent la toxicité, l’écotoxicité et la protection des travailleurs. »

D’autres intervenants, comme un médecin du travail du CEA, et Patrick Levy, de l’Union des industries chimiques, ont souligné que divers procédés permettaient de protéger les travailleurs. Mais Pierre-Yves Menteleon, syndicaliste CFTC du CEA, fait valoir que les dangers potentiels existent tout au long de la chaîne, qui va de la production des nanoparticules à leur utilisation par d’autres industries, puis aux possibilités d’exposition éventuelle du consommateur et, enfin, à la mise en décharge.

Le précédent de l’amiante

Dans ces conditions, Simon Charbonneau, porte-parole de l’association environnementaliste Sepanso, estime que l’État et les institutions (Conseil régional…) ne respectent pas le principe de précaution en Lire la suite

Université Bordeaux 2 Victoire : 3 conférences-débat « Climat, énergie et transports » les 7, 15 octobre et 4 novembre

MNE Bordeaux-Aquitaine, communiqué, le 7 octobre 2009

3 conférences-débat « Climat, énergie et transports »

Université populaire de l’environnement – L’Université nomade d’Aquitaine en partenariat avec le Collectif Gironde Copenhague 09

Université Bordeaux 2 Victoire – Place de la Victoire – Amphithéâtre Pitres – Bordeaux
Le mercredi 7 octobre à 18h00 : « Crise climatique, énergétique, écologique…, état des lieux » avec Gilbert Haumont – Universitaire

Le jeudi 15 octobre à 18h00 : « Les énergies : une division par 4 d’ici 2050 » avec Gilles Drogou – Les Amis de la terre

Le mercredi 4 novembre à 18h00 : « Vers une révolution des transports ? » avec Simon Charbonneau – Universitaire

Ouvert à tous – Entrée libre et gratuite

Contact : Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine et Université populaire de l’environnement : mnebxquitaine@aol.com

D’après le Commissaire européen à l’environnement Stavros Dimas, le sommet de Copenhague qui aura lieu en décembre prochain sera la dernière chance du monde pour éviter un changement climatique fatal et engager une lutte sérieuse contre les émissions de gaz à effet de serre. Le monde fera face à sa dernière chance de se mettre d’accord sur une réponse mondiale appropriée au changement climatique.  

Les dirigeants d’environ 190 pays se rencontreront pour essayer de se mettre d’accord sur une convention mondiale pour remplacer le Protocole de Kyoto et lutter contre le changement climatique. Le Protocole de Kyoto, qui engage 37 nations industrialisées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en moyenne entre 2008 et 2012, expirera en 2012.  « Cela fait maintenant douze ans que Kyoto a été créé. Cela signifie que Copenhague est la dernière opportunité pour le monde de faire cesser le changement climatique avant qu’il ne dépasse un point de non retour » a déclaré le Commissaire européen à l’environnement, Stavros Dimas. « Conclure un accord à Copenhague est non seulement possible, mais c’est impératif et nous allons le conclure ».

Les émissions de gaz à effet de serre mondiales augmentant plus rapidement que prévu, Stavros Dimas a déclaré qu’il était essentiel que les principaux pollueurs tels que les Etats-Unis et les pays émergents du Moyen-Orient et de l’Amérique du sud signent également le nouveau traité. Stavros Dimas a déclaré qu’un accord à Copenhague devrait viser à limiter le changement climatique en maintenant l’augmentation des températures au dessous du seuil critique des 2°C par rapport à la période préindustrielle, soit moins de 1,2°C au-dessus des températures actuelles.

Pour cela il faudra au moins diviser par deux les émissions mondiales d’ici Lire la suite

Simon Charbonneau présentera son ouvrage : « Résister pour sortir du développement » librairie Mollat à Bordeaux le 11 septembre

Simon Charbonneau présentera son ouvrage : « Résister pour sortir du développement » Le droit entre nature et liberté – Editions Sang de la Terre

Vendredi 11 septembre 2008 à 18 h

Salons Albert Mollat, 11, rue vital-carles, Bordeaux

Le débat sera animé par Noël Mamère

La logique ultime d’un système comme le notre, d’instaurer progressivement, au nom de la survie de l’humanité, un État mondial imperméable à toute exigence démocratique. La crise écologique et économique actuelle pousse d’ailleurs à rendre cette perspective crédible, car seules des mesures prises à l’échelle de la planète peuvent aujourd’hui prétendre à être efficaces. Pourtant il existe un décalage phénoménal entre l’intégration technico-économique à l’échelle mondiale et les moyens de gouvernance et de régulation qui restent nationaux.

L’humanité ne s’en sortira pas sans s’engager dans une voie opposée à celle empruntée jusqu’à présent car les mesures qui ont été prises ne feront, tout au plus, que repousser les échéances douloureuses auxquelles nous ne pourrons pas échapper et contribuer à entretenir l’illusion collective d’une issue de secours constituée par un recours accru à la techno science et au management international des risques majeurs. L’avenir de notre planète ne peut faire l’économie d’une remise en question radicale, à la fois de ses pratiques et de son imaginaire. Aujourd’hui, on n’est qu’au début de ce dur labeur.

De combats menés de l’échelle individuelle à celle globale des instances internationales pourrait alors naître l’espoir Lire la suite

Des écologistes critiquent le développement du train à grande vitesse

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 22 Août 2009

Des écologistes critiquent le développement du train à grande vitesse

Des écologistes contre les TGV ? L’hypothèse semblait improbable il y a peu. Les trains à grande vitesse apparaissaient comme le symbole d’une victoire environnementale sur les avions et les voitures. Et c’est sans difficulté que le Grenelle de l’environnement a produit un schéma de développement de nouvelles lignes à grande vitesse (LGV) de près de 2 000 km, avalisé par le Parlement, en juillet, puis par le gouvernement (Le Monde du 11 août).

Mais, dans plusieurs régions, les projets suscitent une vive contestation. Et des écologistes estiment que la modernisation du réseau existant, beaucoup moins coûteuse et sans impact environnemental, doit être étudiée beaucoup plus attentivement.

« Toute création de nouvelle ligne est pénalisante pour l’environnement« , reconnaît Jean Sivardière, président de la Fédération nationale des associations d’usagers de transport (FNAUT), pourtant favorable au développement des TGV. Dans la Bresse, région de bocage et de zones humides, le projet Dijon-Lyon aurait « des conséquences irrémédiables sur des espèces protégées, car entraînant la destruction de zones naturelles classées (ZNIEFF) et rendant impossibles des corridors écologiques« , écrit Thierry Grosjean, président de la CAPEN, une des associations de Saône-et-Loire qui se battent contre le projet.

Dans le Sud-Ouest, on redoute la répétition des destructions occasionnées par l’autoroute Pau-Langon, en cours de construction : « La LGV Bordeaux-Hendaye est aussi inutile et destructrice que l’A 65« , affirme Denise Cassou, de Landes Environnement Attitude. Sur le tracé Tours-Bordeaux, « l’atteinte à l’environnement est énorme, affirme Patrick Lantrès, du Comité TGV Réaction Citoyenne, dans le Poitou. Le projet a été conçu pour minimiser les dépenses de protection de l’environnement ».

La création de gares en rase campagne est aussi dénoncée : « Nous y sommes radicalement opposés, explique M. Sivardière. Soit elles rendent nécessaire pour s’y rendre de prendre la voiture, et l’on perd le gain environnemental du TGV, soit elles sont desservies par car, mais alors on perd le gain de temps. »

Ces nuisances sont d’autant moins acceptées que l’utilité des lignes nouvelles est souvent contestée. « Un record de vitesse a été battu en 1955 sur la ligne Bordeaux-Dax, à 300 km/h, ironise Simon Charbonneau, de Landes Graves Palus Environnement. Cela signifie que, si on l’ajustait, des trains classiques pourraient y rouler à 250 km/h. »

Le député Vert de Gironde, Noël Mamère, complète l’argument : « Compte tenu des coûts financiers et environnementaux entraînés par la création de ces voies nouvelles, la grande vitesse ne peut se réaliser qu’au détriment du réseau ferroviaire existant. Mieux vaut se contenter d’utiliser les voies existantes, en les modernisant. »

« Le problème, poursuit M. Sivardière, est que pendant qu’on investit pour faire de nouvelles lignes de TGV, on ne fait rien sur le réseau classique. La FNAUT a fait une étude, concluant que Lire la suite

Noël Mamère : Écologie ou barbarie

ecolosphere.net, Noël Mamère, le 14 août 2009

Écologie ou barbarie

L’actualité récente vient de nous apporter de nouvelles preuves des liens indissociables entre les questions que soulèvent les écologistes et les droits de l’Homme : la dernière condamnation de Aung San Suu Khuy, par la junte Birmane et le coup d’État institutionnel du président du Niger qui vient de trafiquer sa Constitution pour rester plus longtemps au pouvoir. Quel rapport avec l’écologie ? Regardons d’un peu plus près : ces deux pays sont riches de matières premières qui intéressent les pays du Nord au plus haut point et la France en particulier ; le bois et le pétrole en Birmanie, l’uranium au Niger. Deux sociétés françaises sont concernées au premier chef : Total, l’un des plus gros investisseurs en Birmanie, pour l’exploitation des hydrocarbures ; Areva au Niger, pour l’extraction de l’uranium nécessaire à l’alimentation des centrales nucléaires. Selon la fédération internationale des droits de l’Homme, Total verse chaque année 140 millions d’euros de royalties à la junte qui fait aujourd’hui l’objet de l’indignation mondiale. Quant à Areva, elle remplit les caisses d’un régime qui opprime ses opposants et mène une répression sanglante contre les populations Touaregs, là où se trouvent justement les gisements d’uranium.

Voilà qui explique sans doute la tartufferie du président Français qui, au lendemain de la condamnation de la « dame de Rangoon », appelait à des sanctions « tout particulièrement dans le domaine de l’exploitation du bois et des rubis »… Mais qui s’empressait d’oublier le pétrole, pour mieux protéger Total et nos approvisionnements en hydrocarbures si nécessaires à notre société de consommation à outrance. Après le référendum truqué du 4 août au Niger, silence radio. Le président Tandja peut tricher tranquillement, torturer ses opposants, nous avons trop besoin de son uranium pour nos centrales nucléaires et pour affirmer haut et fort, sans craindre le mensonge d’État, que grâce à elles, nous sommes indépendants.

Autrement dit, pour poursuivre un mode de vie et de consommation, pour assumer des choix -comme le nucléaire-, qui n’ont jamais été débattus démocratiquement par la société, nous nourrissons des dictateurs sanguinaires, qui tuent des moines, enferment un prix Nobel, font travailler des enfants et conduisent des guerres contre leurs minorités ; nous sacrifions la liberté des peuples à nos intérêts mercantiles et à notre mode de développement. Au nom de la préservation de notre confort, nous sommes prêts à sacrifier les idéaux des Lumières. L’égoïsme est devenue la valeur dominante qui efface toutes les autres. Et c’est ainsi que progresse l’apartheid planétaire qui ruine les sociétés et menace la Terre elle-même, soumise à l’appétit insatiable des prédateurs sans foi ni loi. C’est pourtant dans ce monde que nous vivons, où les plus pauvres, les « damnés de la terre », voient leurs libertés de plus en plus menacées et leur survie de plus en plus incertaine ; où les victimes des injustices sociales et les plus démunis sont aussi les premières victimes des injustices environnementales ; où 20% des habitants de la planète consomment 80% de ses ressources. À cause de ces inégalités de plus en plus insupportables, de plus en plus révoltantes, la vulnérabilité du monde prospère et, avec elle, la montée des incertitudes, des peurs, des violences, symboles de la fragilité d’une puissance que nous pensions capable de tout maîtriser.

Ce monde-là est en faillite. Si nous tentons de le préserver tel qu’il est, nous courons tous à notre perte, riches comme pauvres ; l’avenir radieux que nous promettaient les Trente Glorieuses et, aujourd’hui la « croissance verte » – nouveau logo du capitalisme aux abois – virera au cauchemar. On ne peut donc s’accommoder de « bricolages » sur une maison lézardée ou de pansements verts appliqués à un grand corps malade. Le rétablissement d’un monde plus juste pour nos générations et celles qui vont nous suivre est au prix d’une Lire la suite

Bègles le 3 juillet : réunion publique LGV

Coordination des associations de vigilance LGV, Communiqué, le 2 juillet 2009

Vigilance LGV : Projet ferroviaire Sud-Europe Atlantique

Les LGVs font l’unanimité contre elles !

Prochaine réunion publique (environnement, tracé, financements…) :

VENDREDI 3 JUILLET à 20h00 à la salle Jean Lurçat à BÈGLES

Noël Mamère – député et maire, 

Victor Pachon – CADE – Collectif d’associations du Pays Basque et du sud des Landes

Simon Charbonneau – Lire la suite

Simon Charbonneau : Résister pour sortir du développement

Sang de la terre, 23 juin 2009

Résister pour sortir du développement – Le droit entre nature et liberté

Charbonneau, Simon

Collection La pensée écologique

L’avenir de notre planète ne peut faire l’économie d’une remise en question radicale. Spécialiste du droit de l’environnement, l’auteur analyse l’impact politique du développement et les conditions de la définition de nouveaux droits fondamentaux, relatifs aux technosciences et à la protection de la nature.

La logique ultime d’un système comme le nôtre est d’instaurer progressivement, au nom de la survie de l’humanité, un État mondial imperméable à toute exigence démocratique. La crise écologique et économique actuelle pousse d’ailleurs à rendre cette perspective crédible, car seules des mesures prises à l’échelle de la planète peuvent aujourd’hui prétendre à être efficaces.

L’humanité ne s’en sortira pas sans s’engager dans une voie opposée à celle empruntée jusqu’à présent car les mesures qui ont été prises ne feront, tout au plus, que repousser les échéances douloureuses auxquelles nous ne pourrons pas échapper et contribuer à entretenir l’illusion collective d’une issue de secours constituée par un recours accru à la technoscience et au management international des risques majeurs.

L’avenir de notre planète ne peut faire l’économie d’une remise en question radicale, à la fois de ses pratiques et de son imaginaire. Aujourd’hui, nous ne sommes qu’au début Lire la suite

Sud-Ouest : Le train des reproches et la grande vitesse

sudouest.com, Patrick Berthomeau, La chronique du médiateur, le 20 Juin 2009

Le train des reproches et la grande vitesse

Il n’a échappé à aucun de nos lecteurs qu’un des grands chantiers européens à venir concerne notre région : la ligne à grande vitesse (LGV), qui doit relier Paris à Bordeaux et se prolonger vers Toulouse et l’Espagne, bute depuis des années sur des problèmes de financement puisque les collectivités territoriales doivent mettre la main au porte-monnaie. Mais elle bute aussi sur des obstacles écologiques qui vont de la protection de notre proche environnement à une question encore plus fondamentale : est-il nécessaire et raisonnable de développer les transports à grande vitesse, projet conçu en période de croissance continue, alors que l’heure de la décroissance a peut-être sonné ?

Ce n’est pas ici que nous trancherons cet épineux débat. La question pour nous est de savoir si l’information que nous délivrons au jour le jour ou à l’occasion de synthèses comme celle que nous vous avons présentée les 10, 11 et 12 juin dernier dans nos pages consacrées à la région est bien de nature à rendre compte de la complexité des enjeux et de la valeur des arguments développés par les partisans et les opposants au projet.

Ces derniers ne le pensent pas et nous le reprochent parfois avec vigueur. À titre d’exemple (et de résumé), ce courriel qui nous est adressé par Simon Charbonneau, juriste, universitaire et partisan déclaré de la décroissance, assez remonté contre la ligne éditoriale de « Sud Ouest » concernant les projets pharaoniques de LGV. « L’information diffusée sur ce dossier est complètement déséquilibrée dans la mesure où seuls les défenseurs institutionnels d’un projet digne des Trente Glorieuses apparaissent en première page. Aucune information n’est publiée à page équivalente sur l’existence d’une opposition citoyenne à ce projet ruineux pour la collectivité dans le sud du département de la Gironde et en Pays basque. Ce déséquilibre donne l’impression d’une pure et simple opération de propagande en faveur du projet défendu par les grands élus et les Chambres de commerce au nom d’une idéologie obsolète du progrès technique. » De son côté, Philippe Barbedienne, de la Sepanso, nous reproche vertement de minorer la contestation girondine : « Manifestement, pour « Sud Ouest », les LGV intéressent toute la région mais le tracé girondin fait exception, puisque ce qui se passe autour de lui, surtout si ça ne va pas dans le sens de la pensée dominante, ne concerne plus que les pages Sud-Gironde. »

Directeur de l’information de « Sud Ouest », Patrick Venries reconnaît que « l’expression directe des opposants peut paraître limitée dans son volume par rapport aux informations que nous donnons régulièrement sur le projet. Toutefois, fait-il remarquer, jamais l’opposition n’a été ignorée et ses motivations ont été clairement exposées. Dans la série que nous avons proposée la semaine dernière, il en a été question chaque jour. Cependant, il est vrai aussi que le journal s’est effectivement engagé derrière ce projet qui, entre autres effets, propose une alternative intéressante au tout routier. Et n’oublions pas qu’il y a à « Sud Ouest » une tradition de fort intérêt pour les questions d’aménagement et d’équipement. Toutefois, il faut admettre que tous ne présentent pas le même intérêt et je comprends que l’on soit plus circonspect sur un dossier comme celui de l’A 65. »

La polémique instaurée autour de la LGV n’est pas vaine. Au-delà de ses aspects technique et économique, elle pointe Lire la suite

De l’écologie politique dans la perspective de l’effondrement de civilisation

agoravox.fr, Hans Lefebvre, le 20 juin 2009

De l’écologie politique dans la perspective de l’effondrement de civilisation

Incontestablement, si le grand vainqueur des dernières élections européennes n’est autre que le parti des abstentionnistes, fait par ailleurs toujours inquiétant pour un processus démocratique, il nous faut constater que le score réalisé par la liste Europe Ecologie a permis de remettre en perspective l’écologie politique. Cette percée historique nous vaudra la formule opportune prononcée par l’ex-leader du mouvement de 1968 : « c’est le D-Day de l’écologie politique » ! Pour autant, est-ce à dire que les français d’une part, et les européens dans leur ensemble d’autre part tendent à devenir des écologistes convaincus, s’appropriant valablement l’engagement dans la voie de l’écologie politique ? À l’évidence, si la réponse reste complexe, n’est-il pas plus pertinent de nous questionner quant à l’avenir de cette proposition alternative vitale pour l’avenir de l’humanité, et cela plus particulièrement à la lumière de cet effondrement de civilisation annoncé.

Sans toutefois remonter aux philosophes de l’antiquité qui avaient pourtant déjà défini l’homme comme un être vivant parmi un ensemble complexe, c’est à l’aube de notre société industrielle que le philosophe Allemand Ernst von Haeckel définissait la notion d’écologie (1866) , posant ainsi les bases d’un concept qui allait devenir un enjeu majeur de notre société contemporaine.

Un siècle plus tard, le début des années soixante-dix marquait un tournant essentiel dans l’histoire [1] de la prise de conscience écologiste avec notamment la création du mouvement les amis de la terre (1969) et le fameux « appel de Menton » lancé aux Nations Unies par 2200 personnalités inquiètes des dangers induits par la société industrielle ( mai 1971). Puis, en 1972, sous l’impulsion du Club de Rome, créé en 1968, paraîtra le rapport Meadows & al (1972) [2] dont le propos était de définir l’impact du modèle productiviste sur le devenir de monde en posant déjà la question fondamentale des limites de la croissance avec, en point de mire, la problématique déjà pertinente de l’effondrement de ce modèle. Ce travail essentiel de modélisation, très contesté à l’époque notamment dans à sa proposition principale de « croissance zéro », mériterait selon certains contemporains d’être actualisé tant le propos était novateur, d’autant que les moyens informatiques actuels permettent d’envisager de nouveaux calculs bien plus vertigineux [3]. Cette même année eu lieu à Stockholm la première conférence des Nations Unies consacrée à l’environnement humain dont l’intelligente devise était « une seule Terre ».

En ces temps là, l’écologie politique faisait ses premiers pas audibles pour se répandre peu à peu dans le champ d’une certaine pensée politique engagée, marquant ainsi le début d’une lutte citoyenne active, comme un indispensable contrepoids à la dictature des deux idéologies productivistes dominantes (capitalisme et communisme).

En 1974, René Dumont faisait acte de candidature à l’élection présidentielle au nom de ce combat qu’il pressentait comme indispensable, affirmant avec la plus grande conviction que « la politique n ’appartient pas aux spécialistes. La politique vous appartient ». Avec à peine 1,3% des voix exprimées, l’auteur de « l’utopie ou la mort » [4] donnait corps à l’écologie politique, portant à la connaissance de la conscience collective ce choix désormais possible. Mais il était en avance sur son temps ce diable d’empêcheur de produire en rond, alors que la société issue des trente glorieuses était au plus loin de ce types de préoccupations. Agronome de formation, l’homme fut un des pionniers de ce combat politique avant-gardiste (il fut aussi un tiers-mondiste convaincu), dénonçant avec force le productivisme acharné du monde occidental hégémonique et sa quête absurde du toujours plus. La lucidité de son analyse était telle qu’elle vaut encore à ce-jour par son acuité remarquable, imprégnant largement tous les discours écologistes d’aujourd’hui.

Mais il ne fut pas le seul à s’inscrire dans cette perspective de l’écologie politique, puisque Ellul et son compatriote Charbonneau furent eux aussi des militants de la première heure de cette cause. Véritables précurseurs de cette préoccupation du vivre en harmonie avec notre support terrestre, alors que leurs contemporains n’entrevoyaient absolument pas les perspectives posées par ces intelligences précocement éveillées aux problématiques qui sont aujourd’hui en passe de s’imposer à l’ensemble de la société humaine. Ainsi, ils appartiennent à jamais à cette communauté de pensée qui n’a eu de cesse de croire à la possibilité d’un autre monde. Jacques Ellul, cet apôtre du développement local et néanmoins disciple de la frugalité, mesurait déjà le danger de l’automobile, cet objet technologique qui incarne à lui seul la révolution industrielle, devenu aujourd’hui ce véritable petit temple des vanités dont la sacralisation est synonyme d’asservissement. Loin de dénoncer le progrès technique, c’est surtout le rapport de l’homme à cette notion que le penseur émérite n’a eu de cesse de dénoncer car, en sacralisant la production de ce savoir technologique il se soumet. Quelle fulgurante réflexion nous confiait-il alors !

Aussi, par delà la critique du modèle productiviste industriel, le discours et la pensée écologiste ne manquent pas de remettre fondamentalement en cause le fonctionnement de nos systèmes démocratiques centralisateurs et bureaucratiques dont les effets pervers peuvent-être perceptibles par chacun. Ce tout (pouvoir économique, politique et technologique) qui mène le monde est parfaitement imbriqué et son entropie galopante pose la question encore une fois centrale de son effondrement sur lui-même. Certains intellectuels ont déjà théorisé cet effondrement de civilisation inévitable dont les contours apparaissent de plus en plus nettement. Mais, entre « l’inquiétante » rhétorique menée avec un certain talent par Jared Diamond dans son désormais célèbre ouvrage paru en 2006 [5], qualifié par ailleurs de néo-malthusianisme par certains contradicteurs [6], et une globalisation inévitablement inscrite dans le mouvement du monde, il est bien évident que l’humanité se trouve aujourd’hui dans une situation sans équivalent dans le déroulement de son histoire. Le point de rupture n’a jamais été aussi proche et nul catastrophisme ou autre millénarisme dans cette affirmation, point d’idéologie, mais juste un constat évident, incontestable, si prégnant qu’il a pénétré une part importante de la population au point de générer certaines évolutions notables, même si parfaitement insuffisantes. Parmi les quelques signes lisibles, il y a notamment le vote qui a eu lieu lors des élections du parlement européen, les sommets internationaux au chevet de la planète qui se multiplient, mais surtout une cohorte de mouvements citoyens engagés qui aspirent à construire un autre monde autour de ce que l’on nomme aujourd’hui l’altermondialisme. De fait, ce vaste « mouvement des mouvements », opposé à la mercantile mondialisation imposée par le capitalisme triomphant de la fin des années 90 [7], ne fait que capitaliser un héritage constitué de ces multiples pensées qui ont tenté d’éveiller le monde à son devenir forcément problématique au regard du chemin emprunté. Tout cela est maintenant absolument incontournable, et il n’est qu’à constater l’empressement de certains de nos décideurs à se convertir à la pensée verte pour mesurer combien l’écologie politique se fait indispensable.

Pour autant, le problème majeur des inégalités « nord-sud » demeure si prééminent que le fossé considérable qui sépare ces deux mondes doit s’inscrire comme la toute première urgence à prendre en considération tant l’équilibre global dépend de cette prémisse. Dans ce sens, il est de toute première urgence que l’avenir de ces régions du monde s’inscrive dans la logique du développement soutenable. Nos erreurs doivent ne pas être reproduites au risque d’amplifier les déséquilibres écologiques majeurs qui se dessinent à l’horizon. Ainsi, le continent africain doit se définir comme le laboratoire du seul modèle viable, il en va de l’intérêt général du monde. A titre d’exemple, le monde agricole africain devrait se construire sur les critères imposés par le cahier des charges de l’agriculture biologique comme l’exprime parfaitement le journaliste burundais Alexis Sinduhije dans un article récent consacré à la démocratie dans son pays [8]. Et cela n’est pas utopique, car l’utopie, pour reprendre une idée fondamentale émise par Jean Zin c’est de croire que notre mode de civilisation peut continuer ainsi ! Dans la droite ligne de la pensée d’André Gorz, dont il se veut porteur, cet auteur a commis un petit ouvrage diablement intelligent, parfaitement didactique et pragmatique, donc dépourvu de toute idéologie, consacré à l’écologie politique à l’ère de l’information [9]. Ce travail lumineux, diamétralement opposé aux démonstrations télévisuelles stériles et lénifiantes des tartuffes de l’écologie, contient nombre de solutions de bon sens qui, à terme, devraient logiquement s’imposer à cette nouvelle globalité humaine qui prend forme. Certes, l’exercice n’est pas si simple, mais gageons que le sens du vivant, dans sa totalité pleine [1O], finira bien par s’imposer à nous car il est ce mouvement perpétuel qui buissonne et tâtonne afin de perdurer [11]. Nul dessein intelligent derrière cela, nulle vision anthropique, mais juste la hantise du vide. A l’échelle individuelle, en décidant de combler ses vacuités au moyen de son ego surdimensionné, la consommation en bandoulière, l’homme a cessé de se projeter en choisissant de se réaliser dans l’instant, ne se résumant qu’à ce qu’il consomme égoïstement. Avec l’hégémonie du capitalisme, cette tendance est devenue loi, puis dogme.

S’il ne manquera pas à terme d’infléchir le basculement du monde vers une répartition plus juste du bien commun, le nouvel ordre mondial ne pourra naître que de l’effondrement total de l’ordre présent tant la vitesse dynamique acquise semble incontrôlable. De ce grand fracas chaotique devrait émerger la conscience globale de demain qui prononcera l’abolition de tous les principes qui menaient l’humanité jusque-là. Le local s’articulera au global, alors que les notions de profit, de spéculation et autre propriété privée seront consignées au rayon des archaïsmes dans les manuels d’histoire virtualisés. Dans un vaste mouvement de dématérialisation/déconsumérisation, l’humain deviendra ce véritable jardinier du vivant à jamais décentré, principalement préoccupé par la préservation/répartition du bien commun. Si d’aventure tel n’était pas le cas (selon une perspective pessimiste), et quoi qu’il advienne de notre espèce, la planète continuera sa ronde féconde autour de son étoile jusqu’à effondrement final, car pour cela nul besoin d’humain.

[1] Jean-paul Deléage, Une histoire de l’écologie, éditions du Seuil, 1994

[2] Donnela & Denis Meadows, Jorgen Randers, William Berhens, The Limits to Growth, Universe Books, 1972.

Version française : Halte à la croissance ? Rapport sur les limites de la croissance, éditions Fayard 1973.

[3] Jean-Marc Jancovici, Qu’y-a-t-il donc dans le rapport du « Club de Rome » ?

[4] René Dumont, L’utopie ou la mort, Le Seuil, 1973.

[5] Jared Diamond, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, 2006.

[6] Daniel Tanuro, L’inquiétante pensée du mentor écologiste de M. Sarkozy, Le Monde Diplomatique, décembre 2007.

Lire la controverse suscitée par cet article.

[7] Emmanuel Allait, L’altermondialisme – Mouvance ou mouvement ? Editions Ellipses, 2007

[8]Alexis Sinduhije, Burundi, les tambours de la démocratie, Libération du 16 juin 2009.

[9] Jean Zin, L’écologie politique à l’ère de l’information, édition Ére, 2006.

[10] Christian Godin, La totalité, 6 volumes, éditions Champ Vallon, 2003

[11] Edgar Morin, La méthode, éditions du Seuil, 1977.

Libourne débat le 17 juin – Simon Charbonneau « La décroissance entre nécessité et liberté »

Les Amis du Monde diplomatique Bordeaux, communiqué, le 10 juin 2009

Mercredi 17 juin à 20h00

Réunion débat « La décroissance entre nécessité et liberté »

Face à la crise quelle vie allons-nous construire ?

Avec Simon  Charbonneau, spécialiste en droit de l’environnement

Grand café de l’Orient, Esplanade François Mitterrand, Libourne Lire la suite

Home : l’argent tombé du ciel ?

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 4 juin 2009

Home : l’argent tombé du ciel ?

Home est un film qui ne coûtera pas un Kopeck à ses téléspectateurs. Home présente au plus grand nombre les grands défis écologiques actuels. Home a le mérite d’exister. Home promet d’être un blockbuster mondial en moins de temps qu’il n’en faut pour pinailler. Home doit éveiller les consciences, nous dit-on, mais seul le temps nous dira ce que Home peut et ne peut pas.

En attendant, soulevons le voile de son montage financier. Dix des douze millions d’euros qu’a coûté le film provient du groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute). Ce groupe de distribution présentait un chiffre d’affaires de plus de 20 milliards d’euros en 2008, dont près de 1 milliard de bénéfices. PPR abrite des marques aussi diverses que La Redoute, la Fnac, Puma, … et toute une farandole de marques de luxe (Gucci, Balenciaga, YSL, Alexander McQueen, …).

Le luxe, son univers, est une invitation perpétuelle à la (sur)consommation, souvent inutile et superficielle, une assertion très bien démontrée dans le livre d’Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète. On objectera que, de la même façon qu’ils pilotent les désirs des moins riches, les riches peuvent devenir les prescripteurs d’une consommation responsable, durable et équitable. Alors Gucci et YSL proposent des t-shirts en coton bio à 140 euros, Alexander McQueen sort 200 foulards en coton bio également pour 185 euros pièce, le chausseur Sergio Rossi propose des escarpins de 370 euros en bois liquide (?), … Si au moins le film avait été l’occasion de réviser les circuits d’approvisionnement et les méthodes de travail de ces maisons, on applaudirait. Mais ces t-shirts, sacs et autres foulards ne sont que des produits « merchandisés » pour le 5 juin. Au-delà, business as usual.

Les bénéfices de ces ventes seront presque intégralement versés à l’association d’Arthus-Bertrand, Good Planet, qui finance des projets de compensation dans le monde entier et qui soutient les autres projets du photographe, comme l’expo Six milliards d’autres, … Saluons au passage le talent de YAB à aller chercher l’argent là où il est, au risque d’absoudre certains des contributeurs au cauchemar actuel (1), pour financer des opérations artistico-écolos destinées au plus grand nombre. Après tout, il fait mieux que nous tous réunis.

Dans ses argumentaires, PPR se garde bien de se positionner comme un groupe irréprochable, mais il insiste sur ses récentes actions en faveur d’un amoindrissement de son empreinte écologique: bilan carbone et autres gâteries. « En effet, l’enjeu n’est pas de consommer moins mais de consommer différemment », m’a-t-on répondu lors d’une interview. Consommer autrement ne suffira pas, loin s’en faut, il faudra consommer moins. Comment demander alors à PPR et consorts de se tirer une balle dans le pied?

Pour finir, je vous livre de quoi méditer. En 1980, le philosophe Bernard Charbonneau dénonçait dans une autocritique prémonitoire, le mouvement écologique… « Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au Lire la suite

De la relocalisation à la décroissance… ou au DD ?

neocampagne.wordpress.com, Emmanuelle Mayer, février 2009

De la relocalisation à la décroissance… ou au développement durable ?

J’ai déjà évoqué l’importance de relocaliser l’économie ou plutôt de créer une économie localisée pour favoriser le développement des territoires ruraux mais aussi pour inventer un nouveau modèle de société, plus écologique et sociale. J’ai aussi abordé la question de l’autonomie (vie en auto-suffisance). Il est donc logique que je m’aventure sur le terrain de la décroissance, ce mot-qui-fait-peur mais qui, pourtant, sous-tend une idéologie moins négative qu’elle ne paraît et ouvre différentes perspectives en terme de projet de société.

Pour cela, je vous propose un petit compte-rendu d’une conférence de Serge Latouche, l’économiste le plus prolixe sur la question, qui s’est tenue cette automne à Paris, organisée par les JNE (journalistes pour la nature et l’écologie, dont je suis membre).

Origine du concept de décroissance

La décroissance vient de la rencontre de deux courants de pensées :

– l’écologie politique : le Club de Rome, les intellectuels comme André Gorz ou Bernard Charbonneau, le scientifique Georgescu Roegen, à qui l’on attribue la paternité du mot décroissance (en fait, c’est à son traducteur que l’on doit le terme). Pour ces penseurs, seule la sobriété peut permettre de résoudre la crise écologique puisque la seconde option, la foi en la techno-science (scientisme), conduit à une crise sociale et déshumanise

la critique du développement : des penseurs comme Ivan Illich et François Partant, pour qui l’idéologie du développement n’est que la poursuite des pratiques colonialistes et reflète une velléité d’occidentaliser le monde. En toile de fond, la critique de la société de consommation et de ses 3 piliers : la publicité, l’obsolescence programmée et le crédit.

Au début des années 2000, le développement durable fait son entrée et La Ligne d’Horizon (l’association des amis de François Partant) s’inquiète de ce concept qui leur semble n’être que le nouveau visage de l’idéologie du développement qu’ils critiquent. Cette association organise donc en mars 2002 un colloque international à l’Unesco sur le thème de l’après-développement. Là, ça a fait “tilt” : la décroissance a permis la convergence de ces deux courants.

Un mot communiquant

Le mot “décroissance” a été choisi pour son côté communiquant, plus parlant que la notion d”après développement”. Dans un monde de communication, il fallait un mot un peu slogan, qui puisse susciter des réactions. C’était important face à l’inertie actuelle. Avec le mot décroissance, on se focalise sur la base des problèmes : la croissance à l’infini n’est pas soutenable car les ressources de la planète sont limitées, et elle n’est pas souhaitable d’un point de vue social. Pour le reste, les divergences sont nombreuses car la décroissance a donné naissance à plusieurs courants de pensée.

Trois contre-sens à propose de la décroissance

Où les sceptiques se rendent compte qu’il ne s’agit pas du tout de revenir à la bougie

1) la décroissance n’est pas la récession ni la croissance négative, ni la croissance zéro.
La crise actuelle n’a rien à voir avec la décroissance. Et pour cause, il n’y a rien de pire qu’une croissance négative dans une société bâtie sur la croissance, c’est que nous vivons en ce moment (nous et nos portes-monnaies !). La décroissance, c’est une invitation à créer un nouveau projet de société qui Lire la suite

France Culture « André Gorz : précurseur ou prophète ? »

radiofrance.fr, le 3 mars 2009

André Gorz : précurseur ou prophète ?

« André Gorz est mort volontairement en 2007 mais, aujourd’hui, alors que nous vivons le difficile passage d’une société à une autre, nous avons plus que jamais besoin de son œuvre. » Voilà ce qu’écrivait Alain Touraine, en décembre dernier, dans Le Nouvel Observateur. Et, en effet, la crise que nous traversons n’est pas seulement économique, elle est aussi culturelle et morale. La question des effets de notre système de production sur les ressources de la planète et sur son climat, André Gorz y réfléchissait déjà il y une quarantaine d’années. Raison pour laquelle, avec Bernard Charbonneau ou encore Jacques Ellul, il peut être tenu pour l’un des fondateurs de l’écologie politique en France. Mais si les chrétiens Charbonneau et Ellul sont arrivés à l’écologie par une critique radicale de la logique technicienne, le chemin de Gorz, lui, passe par la confrontation de toute une vie avec le marxisme.

Son analyse des rapports sociaux s’énonce selon les catégories « d’aliénation » et de « conscience de classe ». Sa critique du capitalisme vise l’émancipation, l’autonomie, la réappropriation, par les acteurs, du sens de ce qu’ils produisent. Ses analyses des métamorphoses du travail et du salariat avaient une longueur d’avance, notamment lorsqu’il réfléchissait sur la montée de cette « non-classe » de chômeurs et de sous-employés, que Robert Castel définira comme « désaffiliée ».

Gorz, qui avait le souci de l’analyse concrète des situations concrètes autant que de la théorie, s’est aussi intéressé à l’économie de l’immatériel et à ses conséquences. Ses réflexions ont débouché sur des propositions concernant, par exemple, la durée du travail ou la création d’un revenu social universel.

Bref, la pensée d’André Gorz est de celles qui peuvent nous aider à penser la crise – ce à quoi nous nous employons chaque mardi dans le cadre de cette émission.
Sabine Hérold.  Présidente d’Alternatives Libérale

Christophe Fourel.  Directeur Général de l’Agence Nouvelle des Solidarités Actives

Arno Münster.  Maître de conférence de l’université de Picardie

Ecoutez l’émission Lire la suite

Réforme de la législation en matière de publicité extérieure

Actu-Environnement.com, Agnès Sinai, le 14 janvier 2009

Réforme de la législation en matière de publicité extérieure : le débat s’annonce houleux

À la croisée de tous les secteurs, la sauvegarde des paysages incite à les intégrer dans des démarches repensées en fonction de critères écologiques, sociaux et esthétiques. A commencer par la réglementation de la publicité aux entrées de villes.

L’urbanisation des territoires a provoqué ce que le précurseur de l’écologie politique, Bernard Charbonneau, a appelé la fin du paysage, la perte de nombreux repères partagés et l’isolement de l’individu. Menacés par l’étalement urbain et les infrastructures routières, les paysages sont au cœur de la plupart des thématiques abordées par le Grenelle de l’environnement : limitation de l’étalement urbain, trames vertes et écologiques, intégration des éoliennes, éco-quartiers et densification des périphéries, circuits courts pour une économie qui reconsidère les modes de production et d’acheminement… C’est dans cet esprit que la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a réactivé, le 20 novembre 2008, le Conseil national du paysage, dont la composition a été renouvelée selon la méthode du Grenelle, sur la base d’une plus grande représentativité de la société civile, à travers notamment les syndicats et le milieu associatif.

Entrées de ville et panneaux publicitaires

Après bientôt trois décennies de mise en œuvre, la loi du 29 décembre 1979 affiche un bilan nuancé : la pression publicitaire continue d’entamer la protection des paysages, en particulier en raison des pré-enseignes dérogatoires, ces panneaux de 1,50 m de long qui se multiplient aux entrées de ville, et des enseignes scellées sur les aires des grandes surfaces, qui ne sont soumises à aucune déclaration préalable.

D’après Pierre-Jean Delahousse, vice-président de Paysages de France, association qui milite activement pour un strict encadrement de l’affichage publicitaire et assiste les communes d’un point de vue juridique, la propension des syndicats de la publicité est de violer systématiquement le code de l’environnement et d’attaquer les règlements locaux dont les communes peuvent se doter. Lorsque ces règlements leur déplaisent, ils excluent l’association qui les gêne du groupe de travail, au nom du fait que le code de l’environnement sollicite la présence dans ces groupes des associations locales d’usagers, mais pas des associations environnementales… Du coup, Paysages de France les dérange beaucoup, et le Syndicat national de la publicité extérieure a tout fait pour nous écarter, en menant des actions en justice contre les Préfets qui admettent Paysages de France dans les groupes de travail.

Aujourd’hui encore, de nombreux préfets refusent de donner suite aux demandes de Paysages de France et font ainsi preuve de complicité avec les auteurs d’infractions, parfois de nature délictuelle. Selon l’association, c’est le cas notamment de Paul-Henri Trollé, préfet du Val-d’Oise, de François Philizot, préfet du Tarn, mais également des préfets de la Seine-et-Marne, de l’Essonne, de l’Isère, des Côtes-d’Armor, du Gard, des Alpes-de-Haute-Provence, du Cher, de l’Aisne… Le 5 juin 2008 sur LCI, la secrétaire d’État chargée de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet avait dénoncé la pression exercée par les afficheurs sur les élus et un vrai problème de sensibilisation au niveau des préfecture, en expliquant que c’est très difficile d’obtenir des procès verbaux […], et même quand il y a des procès verbaux, c’est très difficile derrière d’obtenir le démontage, donc à tous les niveaux ça bloque.
Absence de sanctions

En effet, cette réglementation nécessite, du fait de sa complexité, des agents formés et dédiés tant à l’élaboration des règlements locaux qu’à l’exercice de la police, qui constitue un point majeur de l’efficience de l’ensemble du dispositif. Lire la suite

Université populaire de l’environnement Aquitaine 2009

MNE Bx Aquitaine, Pascal Bourgois, le 17 décembre 2008

Université populaire de l’environnement en préparation pour 2009

§   3 nouveaux cycles de « Cours tout public » :

– « L’homme et le risque » avec Michel Lesbats, une fois par mois de mars à juillet 2009 au Jardin botanique de Bordeaux.

– « Crise(s) et perspectives » qui ciblerait sur les crises écologique, climatique, énergétique… en travaillant sur les constats et les hypothèses de sortie.

– « Les précurseurs de l’écologie » Ellul, Charbonneau, Jonas, Moscovici, Passet, Guattari, Gorz, Illich, Castoriadis, Morin, Passet… ont développé dans les années 60/70 des analyses qui retrouvent une grande modernité. Nous tenterons de relire leurs travaux au travers de la nouvelle prise de conscience écologique de cette fin de décennie.

§   En projet, la réalisation mensuelle d’une Conférence-débat avec un « Grand témoin » :

– Réservez le jeudi 15 janvier 2009 à 18h00 à Bordeaux pour une Conférence-débat à l’IJBA (IUT de journalisme)sur le thème « Ecologie et journalisme d’investigation » avec Marie Monique Robin et en soirée à l’Utopia la diffusion du « Le monde selon Monsanto » suivi d’un débat.

– A confirmer pour février et mars Hervé Kempf, journaliste environnement au Monde, et Serge Latouche, économiste spécialiste de la décroissance.

§   En projet, tous les deux mois un « Forum » :

Nous envisageons de réaliser le premier sur le thème de « Déplacements intelligents – Mobilité de demain ». Il s’agirait à partir des expériences émergeantes d’auto-partage, site de co-voiturage, plan de déplacement d‘entreprise, accompagnement scolaire à pied ou à vélo, zone 30…, d’imaginer ce que sera la mobilité urbaine de demain.

§   En projet, des « Ateliers pratiques écolo » :

Il s’agirait de « cours » très pratico-pratique, valorisant les initiatives, ce qui se fait dans les familles, intégrant le côté féminin, permettant peut-être l’accueil des enfants… Les thèmes abordés pourraient être : les déplacements, le logement, la santé, les vacances, l’alimentation, le jardin/la biodiversité, les économies d’énergie, l’éco-construction…

§   En projet, le « Site Internet de référence sur la nature, l’environnement et l’écologie en Aquitaine » :

–    les activités de l’Université populaire (programme, accès aux vidéos, dossiers thématiques…)

–    l’actualité et les grands enjeux locaux, régionaux, nationaux, internationaux de l’environnement

–    le calendrier régional des manifestations, animations, rencontres, formations, salons… liés à l’environnement

–    un annuaire des associations environnementales d’Aquitaine et des autres acteurs régionaux de l’environnement

 Dans l’attente du Site, Lire la suite

Figures de l’écologie politique

Figures de l’écologie politique

Pour fêter ses cinq ans, la revue EcoRev’ a préparé un dossier exceptionnel de 112 pages, une galerie de portraits des femmes, des hommes, des mouvements et événements qui ont fait avancer la cause et les idées de l’écologie. Dont le Larzac.

Ce numéro 21 d’EcoRev’ de 112 pages, intitulé « Figures de l’écologie politique », est constitué de textes fondateurs ou inédits et d’entretiens….

EcoRev’ n°21 est en vente au prix exceptionnel lui aussi de 8 euros. Un numéro disponible en librairie (voir les adresses sur notre site http://ecorev.org/article.php3?id_a…), auprès de notre diffuseur Co-errances (01 40 05 04 24, http://www.co-errances.org) ou directement à EcoRev’ (08 73 61 85 39, 22 villa des Sizerins, 75019 Paris).

L’abonnement (un an 4 numéros) est toujours au prix dérisoire de 20 euros (12 pour les fauché-e-s, 30 à l’étranger).

Au sommaire (http://ecorev.org) …

Petite préhistoire discutable de l’écologie politique, La force révolutionnaire de l’écologie ­ Cornélius Castoriadis, Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, L’histoire des besoins – Ivan Illich , Rachel Carson, Hans Jonas, L’utopie de la science et des techniques – Herbert Marcuse, Ralph Nader, Ni bête, ni méchant : l’aventure de Hara Kiri, Charlie Hebdo et la Gueule Ouverte – Entretien avec Cavanna, Serge Moscovici, La Hulotte, canard des terriers, Les Amis de la Terre, René Dumont, Actuel, Solange Fernex & Didier Anger, Plogoff, René Passet, Portrait d’A. Lipietz par Alain L., De Marx à la décroissance – Entretien avec Serge Latouche, Pierre Rabhi, Le mouvement anti-nucléaire en Allemagne et en France – Photos H.Schultze, Murray Bookchin, La Confédération paysanne, Larzac-Millau, Les faucheurs volontaires, Anti-castors & Reclaim the streets, Bhopal, Greenpeace, La nuit de Kyoto, De l’amiante à REACH, Vandana Shiva, Wangari Maathai, Pour une spiritualité militante ­ Starhawk, Qu’est ce que l’écosophie ? – Félix Guattari, L’écologie, une éthique de la libération – Entretien avec André Gorz, Marées noires – Photothèque LPO

Revue écologiste de réflexion et de débats fondée en 1999, EcoRev’ est un outil au service des acteurs et actrices des luttes pour la transformation sociale et écologiste à l’échelle planétaire, Lire la suite