Lettre ouverte – LGV: Les Conseillers Généraux de Gironde vont-ils signer un chèque en blanc ?

Information à faire circuler

Coordination des Associations Vigilance LGV, communiqué, le 21 juin 2010

BP 3 – 33720 LANDIRAS

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

LGV: Les Conseillers Généraux de Gironde vont-ils signer un chèque en blanc ?

Lors de la prochaine séance plénière du Conseil Général de la Gironde, le jeudi 24 juin , le Président Philippe Madrelle  doit  proposer aux Conseillers Généraux l’approbation, dans la plus totale opacité, du protocole d’intention pour la réalisation de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (Tours-Bordeaux, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne).

Extrêmement surprises par le soutien apporté par le Président du Conseil Général de la Gironde aux projets qui menacent de dévaster le territoire du département et contre lesquels se sont élevés de nombreux élus, les associations réunies au sein de la Coordination Vigilance LGV dénoncent :

– qu’il soit demandé aux collectivités territoriales de s’engager sur des pourcentages de montants de travaux dont les estimations sont approximatives selon les propres termes de Philippe Madrelle

– que les représentants des partenaires au financement, Etat, Régions, Conseils Généraux, CUB et Communautés d’agglomération aient signé une charte de confidentialité portant sur toutes les informations relatives à la préparation du contrat de concession,

– que dans ces conditions, il soit demandé aux Conseillers Généraux de voter l’approbation d’un protocole dans l’ignorance des informations essentielles à la formation de leur jugement.

– que le Président Philippe Madrelle, et lui seul, soit proposé pour signer la convention, sans que les Conseillers Généraux n’aient plus à se prononcer, portant ainsi une grave atteinte à leur représentation démocratique.

C’est pourquoi les associations  adressent une « LETTRE OUVERTE » à tous les Conseillers Généraux de la Gironde, leur demandant de refuser de signer ce protocole qui risque d’entraîner le département dans des difficultés financières sans précédent.

Contact Presse : Denise Cassou – Tél 05 56 62 99 57

LETTRE OUVERTE  

Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux de Gironde

Que diriez-vous d’un smicard ayant du mal à nourrir et à loger sa famille s’il décidait, un beau matin, de prendre un crédit sur cinquante ans pour s’acheter une rutilante voiture de sport vantée par la publicité et dont le prix, déjà excessif, peut encore doubler après la signature du contrat de vente ? Vous diriez, à juste titre, que cette personne est totalement irresponsable ! 

Et pourtant c’est ce qu’envisage de vous proposer votre président Philippe Madrelle puisque, lors de la séance plénière du 24 juin prochain, il va vous demander de Lire la suite

Feltesse critique l’État sur le terminal méthanier

sudouest.com, Jean-Bernard Gilles, le 2 Septembre 2009

BASSENS. Le président de la CUB s’inquiète de l’abandon du projet 4Gas pour l’avenir du port

Feltesse critique l’État sur le terminal méthanier

Vincent Feltesse, le président de la Communauté urbaine de Bordeaux, a pris l’initiative d’aller hier matin à Bassens à la rencontre des dirigeants, des représentants du personnel et des principaux opérateurs privés du Grand port maritime de Bordeaux.

L’unique objet de cette rencontre était d’évoquer l’abandon par l’État, au début du mois d’août, du projet de terminal méthanier alors que la société 4Gas demandait aux dirigeants du port de Bordeaux une prolongation, contractuelle, d’une convention foncière lui permettant de finaliser son investissement au Verdon de quelque 600 millions d’euros.

« Je pense qu’il faut relancer l’instruction officielle de ce dossier afin qu’elle puisse être menée à son terme », dit Vincent Feltesse qui se dit « très étonné » que l’on puisse interrompre de la sorte « un projet qui représente un vrai intérêt stratégique pour le port de Bordeaux ». Il rappelle que le projet de terminal méthanier pouvait représenter 2 millions de tonnes de trafic supplémentaire pour le port soit 20 % de son trafic global.

Vincent Feltesse ne prend pas expressément position en faveur du projet 4 Gas. Il connaît les réserves environnementales qu’il suscite. Mais il s’inquiète de l’impact de l’abandon du projet pour l’avenir du port. « L’attractivité du territoire de la métropole est ferroviaire, aérienne et maritime », a-t-il martelé au cours d’une conférence de presse rappelant ce que l’État, la Région et la CUB avaient investi pour le développement du port.

L’appel aux élus

Les acteurs de la communauté portuaire sont ressortis réconfortés de l’entretien avec le président de la CUB. « Le dossier n’est pas clos », affirme Vincent Amouroux directeur de l’Union maritime et portuaire, persuadé que l’arbitrage interministériel sur lequel s’est fondé Dominique Bussereau, le secrétaire d’État aux transports, pour imposer sa volonté début août à la direction du port « n’en était pas un ».

« Nous avons le sentiment d’avoir été écoutés mais Lire la suite

MEDEF : La bataille du grand contournement de Bordeaux

sudouest.com, Bernard Broustet, le 8 Juillet 2009

La bataille du grand contournement de Bordeaux

GIRONDE. Le Medef et les autres organisations du monde économique continuent à militer avec véhémence pour sortir de l’ornière le dossier du grand contournement

Les représentants du monde économique girondin ne veulent pas lâcher le morceau du grand contournement. Ainsi une nouvelle conférence de presse a-t-elle été organisée, hier, dans les locaux du Medef afin d’interpeller derechef les grands élus sur la congestion de la rocade. Selon Pierre Goguet, président départemental de l’organisation patronale, les quatre lettres adressées, il y a plusieurs mois, par ses soins à Vincent Feltesse, Philippe Madrelle, Alain Rousset, et Alain Juppé, sont restées sans réponse.

Pour tenter de sortir de l’ornière un dossier politiquement très sensible, les entrepreneurs girondins, tentent, si l’on peut dire, de jouer la stratégie du contournement. Le Medef s’efforce d’impliquer les syndicats de salariés dans sa démarche. Pierre Goguet, qui siège dans les instances nationales de l’organisation, ne désespère pas de pouvoir atteindre par ce biais le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, pour lui demander de revenir sur sa position.

Jusqu’à l’Élysée

Pour faire pièce aux associations environnementalistes hostiles au projet, le Medef s’appuie sur une autre association, qui le défend vigoureusement. Marie-Antoinette Paris, présidente de « Durable », qui milite depuis une décennie pour l’amélioration des liaisons entre le Cubzaguais et l’agglomération bordelaise, était hier aux côtés des responsables professionnels pour plaider avec véhémence la reprise. « Si rien n’est fait, on va vers l’asphyxie totale », a affirmé cette militante passionnée, qui est allée jusqu’à l’Élysée en octobre dernier pour plaider le dossier auprès de Christian Frémont, directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy, et ancien préfet de Gironde.

Les représentants du monde économique présents à la conférence de presse ont donné des exemples des incidences de l’engorgement de la rocade sur la vie des entreprises, de leurs dirigeants et de leurs salariés. « Un de nos ressortissants est embouteilleur, a ainsi relaté Yves Ratel, président de la CCI de Libourne. Une partie de ses marchés est en Médoc. Il arrive à ses salariés de mettre entre deux et trois heures pour faire Libourne-Margaux et retour. »

Pierre Goguet, qui dirige pour sa part à Mérignac un cabinet d’expertise comptable employant une cinquantaine de salariés, a évoqué les aménagements d’horaires demandés par certains d’entre-eux pour surmonter les conséquences des difficultés de circulation. « Trois de nos salariés, dit-il, commencent à travailler à 6 heures du matin, et finissent leur journée à 15 heures, pour éviter les embouteillages. J’en ai équipé trois autres pour qu’ils puissent faire du télétravail à domicile. »

Pas dans l’air du temps.

Si les représentants du monde de l’entreprise affirment vouloir souhaiter une baisse de la consommation des voitures, et le recours aussi fréquent que possible au report modal vers le fer ou la voie maritime, ils ne croient pas à un renversement des tendances observées depuis plusieurs décennies en termes de transport. À leurs yeux, l’augmentation de l’engorgement de la rocade est quasiment inéluctable. « Quand l’autoroute A 89 a été ouverte, dit Yves Ratel, elle déversait en moyenne quotidiennement 7 800 véhicules sur la rocade. Aujourd’hui, le chiffre est déjà passé à 10 000. »

De son côté, Loïc Geslin, président régional de l’UNAPL, n’y est pas allé avec le dos de la cuiller dans sa charge contre certains arguments hostiles à la route et à l’avion. « Il est facile Lire la suite

Evaluation de l’Agenda 21 du CG33

sudouest.com, Dominique Andrieux, le 15 Juin 2009

ARTIGUES-PRÈS-BORDEAUX, AGENDA 21. Une quarantaine de personnes ont participé à l’évaluation sur les actions du Conseil général. Ce dernier va devoir imaginer un moyen d’informer le plus grand nombre

Un besoin d’information

En venant à Artigues-près-Bordeaux, jeudi soir, Philippe Madrelle, président du Conseil général de la Gironde, n’a pas manqué de faire allusion aux élections européennes et au « score réalisé par le mouvement écologiste », témoignage d’« une véritable préoccupation du sort de la planète ».

Le lien était tout trouvé avec le motif de la rencontre. Le Conseil général poursuivait sa consultation, la troisième du genre, auprès du public pour savoir ce qu’il retire après deux années de la politique d’Agenda 21 qu’il a mise en place.

L’assistance, une quarantaine de personnes alors que tout le secteur de la rive droite était invité, est inversement proportionnelle à l’épaisseur des actions menées dans le sens du développement durable.

Le président se consolait en prenant à témoin Françoise Cartron, la sénatrice maire artiguaise, il rappelait que le Département est non seulement pionnier dans ce domaine mais aussi celui qui est le plus représentatif au niveau national (500 collectivités) avec 50 communes, intercommunalités ou Pays parties prenantes d’un Agenda 21.

Rencontre artiguaise

La rencontre artiguaise ne se distingue pas des deux précédentes, le public méconnaît la politique d’Agenda 21 qu’il réduit souvent au seul champ de « la protection de l’environnement ».

À sa décharge, elle est si vaste et complexe qu’elle en serait presque rébarbative. L’échange étant organisé sous forme d’ateliers, les huit participants à celui consacré au thème « territoire et participation » ont régulièrement séché quand on leur demandait s’il connaissait des actions menées, à propos de « dialoguer sur et avec les territoires », « aider à la décision », la « citoyenneté locale ».

« Vous n’avez pas peur que ça fasse gadget, que ça n’intéresse pas grand monde », Lire la suite

Transports : Région Aquitaine, CG 33, CUB ensemble

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 2 Mai 2009

TRAIN-TRAM-BUS. Les collectivités s’unissent au sein d’une conférence qui deviendra association pour réfléchir autrement sur la mobilité et développer les transports collectifs

Transports : Région, CUB, Conseil général ensemble

La CUB, le Département et la Région sont dorénavant unis pour réfléchir sur les transports en commun et bâtir pour les 10-15 ans à venir les meilleurs réseaux « train-bus-tram » qui soient.

Dans un premier temps, cette coopération se concrétisera au sein de la « conférence permanente des autorités organisatrices de transport de l’agglomération bordelaise », et dans un second temps, au sein de « Mouvable », une association loi 1901 avec un président, un bureau et un conseil d’administration.

Un bon mille-feuilles

Vincent Feltesse (CUB), Philippe Madrelle (Département) et Alain Rousset (Région) ont signé jeudi matin la convention officialisant la mise en route de cette réflexion commune.

« Nous travaillions déjà beaucoup ensemble mais compte tenu de l’enjeu des transports, il était nécessaire d’aller plus loin », souligne Vincent Feltesse. « C’est une nouvelle étape de collaboration », affirme lui aussi Philippe Madrelle qui pense « qu’il faut jouer encore mieux la carte de la complémentarité et mieux coordonner les réseaux ».

Alain Rousset n’est pas moins favorable à ce travail en commun. « Les collectivités locales vont encore montrer ce dont elles sont capables. On va peut-être encore nous parler de mille-feuilles mais, je pense, pour rester dans le culinaire, que celui-ci va être très bon. »

90 millions de voyageurs

L’objectif est naturellement d’offrir aux habitants de l’agglomération bordelaise et a fortiori, aux habitants de la Gironde, des réseaux de transport beaucoup plus performants et une bien meilleure intermodalité (train-bus-tram.) Pour cela, il est indispensable que les collectivités s’entendent à merveille car les TER sont de la compétence de la Région, les bus interurbains celle du Département, le tram et les bus urbains, celle de la CUB.

Ne pas travailler ensemble serait donc catastrophique et franchement dommage en Gironde où les transports en commun ont véritablement le vent en poupe.

Jamais, il n’y a eu autant de Lire la suite

Pont levant Bacalan-Bastide : la défaite des associations

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 20 Février 2009

BORDEAUX. Le tribunal administratif a rejeté le recours du front associatif. Les travaux démarreront à l’été

Partisans et opposants au projet ont livré bataille pendant près de dix ans

On ne sait plus trop dans quel sens le mot coup de théâtre doit être utilisé sur ce dossier du pont Bacalan-Bastide. Il faut dire que depuis dix ans (lire ci-contre) maintenant ce projet de franchissement défraie la chronique bordelaise. Mais une étape décisive a sans doute été franchie hier matin. Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté le recours du front associatif.

C’est une victoire pour les élus. Les travaux vont sans doute démarrer cet été. Ils dureront 33 mois. Et une défaite pour les associations. Aquitaine Alternatives, Transcub, l’association Garonne Avenir et plusieurs autres associations de riverains demandaient l’annulation de la délibération prise en conseil de Communauté urbaine.

Intérêt général en question

Le 21 septembre 2007, plus de 110 élus de l’agglomération déclaraient ce pont d’intérêt général. Les associations, qui militent depuis le début ouvertement pour un tunnel, contestaient le bien-fondé du projet de ce pont à travées levantes, la sincérité de la concertation, les procédures diligentées par le préfet sur les études d’impact et la loi sur l’eau, la non prise en compte par la CUB des conclusions de l’enquête publique, la sous-estimation financière du projet et l’absence de prise en compte des objections faites par les croisiéristes. Elles étaient, il faut le dire, assez sûres d’elles et de l’issue de ce recours. Et pouvaient l’être d’autant plus que le commissaire du gouvernement, Antoine Bec, devenu rapporteur publique avait demandé, le 15 janvier dernier, l’annulation de la délibération, semant ainsi le doute dans l’esprit des plus farouches partisans de ce projet. Le juge administratif a levé une à une ces objections.

Coût pas excessif

Il n’y a pas de vice de procédure dans la concertation au regard du code de l’urbanisme. Le préfet de la Gironde était fondé à lancer une enquête publique conjointe sur l’impact environnemental, d’une part, et sur le respect de la loi sur l’eau, d’autre part. Et le public disposait de l’information sur la nature du projet. Ni les arguments concernant le coût du projet et ses raccordements sur les deux rives, au total 227 millions d’euros, ni les conséquences du pont sur le milieu naturel, dénoncés par le front associatif, ne trouvent grâce aux yeux du juge.

« Il n’appartient pas au juge d’apprécier l’opportunité d’un pont levant par rapport à d’autres parties d’aménagement comme les associations l’y invitent », est-il enfin précisé dans le jugement rendu hier.

Les élus ne faisaient preuve d’aucun triomphalisme hier mais savouraient l’issue juridique de ce dossier. Alain Juppé et Vincent Feltesse étaient tous les deux dans l’avion à destination de Bordeaux lorsqu’ils ont appris la nouvelle. « Nous nous sommes congratulés », a indiqué le maire de Bordeaux. Les associations diront la semaine prochaine leur intention probable de se pourvoir en appel. Mais celui-ci ne sera pas suspensif. « Nous avons déjà perdu sur le dossier de l’eau et nous avions raison », rappelle Denis Teisseire de Transcub.

La décision de l’Unesco

« C’est un soulagement et nous serons prêts à attaquer les travaux dès cet été », Lire la suite

Castillon la Bataille veut sa déviation

Sud-Ouest, Jean-Paul Vigneaud, le 14 Février 2009

CASTILLON-LA-BATAILLE. Le Conseil municipal demande la remise en route rapide du dossier et de la concertation

Castillon veut sa déviation

 

On pensait les débats sur les projets routiers et autoroutiers en Gironde en sommeil pour longtemps. Eh bien non ! Voilà celui sur la déviation de Castillon-la-Bataille qui redémarre.

Cela fait vingt-cinq ans que l’on parle de cette voie de contournement sur la D 936 (Bordeaux-Bergerac), bientôt dix ans que l’on écrit qu’elle « va se réaliser » et aujourd’hui tout est remis en question. C’est Philippe Madrelle, lui-même, qui a annoncé l’arrêt des démarches aux élus du canton de Castillon, réunis à Sainte-Colombe, mi-décembre. « Nous ne pouvons pas aller à l’encontre des communes et des associations qui y sont opposées. » Les membres de la Sepanso et de l’association de défense de la vie et de l’environnement autour du pas de Rauzan ne pouvaient pas mieux espérer. Depuis des mois, ils ferraillent contre le projet. Avec deux recours devant le tribunal administratif à la clé.

Pour les élus, en revanche, l’annonce de Philippe Madrelle a eu l’effet d’une douche froide. « Abandonner le projet, ne serait-ce que quelques mois, c’est le condamner définitivement. Il faut absolument le relancer », déclare Michel Holmière, maire (proche de l’UMP) de Castillon-la-Bataille. Ce dernier en a marre de voir passer les voitures et camions dans Castillon. « 35 000 véhicules par jour, c’est non seulement un bruit insupportable mais aussi des risques d’accident permanents. »

Une motion

Aussi, a-t-il relancé le débat en faisant voter par l’ensemble du Conseil municipal une motion demandant au président du Conseil général « la reprise de la phase opérationnelle du projet » et réclamant « la mise en place d’un processus réel de concertation permettant des aménagements qualitatifs, de nature à satisfaire les communes riveraines du projet. »

Bien que de sensibilité politique différente, Guy Marty, le conseiller général PS du canton, partage ce point de vue. « Il faut nous remettre autour d’une table, préconise-t-il lui aussi. Pour revoir le projet, faire en sorte qu’il réponde aux souhaits de la population et colle mieux aux nouvelles règles en matière de protection de l’environnement. »

L’élu proche de Philippe Madrelle ne cache pas, toutefois, que la mise au placard momentanée du dossier ne découle pas seulement des oppositions rencontrées. Il y a également des contraintes budgétaires. Au vu de la situation actuelle, le Département a dû revoir ses priorités et donc faire de nouveaux choix.

Ainsi, la déviation de Castillon ne serait pas condamnée mais seulement remise à plus tard. « Plus tard oui, mais relativement vite », souligne Gérard César, conseiller général UMP et président de la Communauté de communes Castillon-Pujols. « Avec Guy Marty, nous sommes sur la même longueur d’onde concernant ce dossier. Nous nous sommes battus pour avoir cette déviation (comme pour celle de Sainte-Foy-la-Grande), nous nous battrons encore pour qu’elle se réalise. »

Pour le sénateur, cette route n’est pas seulement indispensable pour désengorger Castillon-la-Bataille, elle est tout aussi nécessaire pour son avenir. « Les entreprises ont besoin d’axes rapides pour travailler. En plus, en bordure de déviation, nous envisageons de créer une zone d’activité économique. »

Opposants : oui, mais

Francis Ruffié qui, avec Fabian Barnes, anime l’association des opposants de Mouliets, ne se dit pas hostile à une reprise de débat. À une condition tout de même Lire la suite

Bordeaux : Le pont levant en suspens

Sud-Ouest,  Jean-Bernard Gilles, le 15 Janvier 2009

BORDEAUX. Le tribunal administratif est saisi du cas du pont Bacalan-Bastide. Une annulation de la procédure est possible. Ce serait un nouveau coup dur pour la CUB

Le pont levant en suspens

Le tribunal administratif de la rue Tastet à Bordeaux va devenir l’endroit où se font et se défont les grands projets de l’agglomération (Keolis) et du département (grand contournement). On serait même tenté de conseiller aux élus de la Communauté urbaine de Bordeaux d’y tenir session avant de délibérer sur la future opération d’intérêt national Euratlantique. Cela permettra de gagner du temps.

Ce matin à 11 heures, l’audience portera sur le pont Bacalan-Bastide. Le tribunal est saisi d’un recours en annulation de la délibération de la CUB, votée à la quasi-unanimité en septembre 2007 : celle qui décidait de réaliser enfin ce franchissement et qui déclarait le pont à travées levantes d’intérêt général. Pas moins.

Le commissaire du gouvernement et les avocats de la collectivité s’exprimeront ce matin. La liste des griefs mise en avant par le front associatif, opposé de tout temps au projet de pont levant et qui préconise l’option tunnel, est longue. On n’oserait pas dire que le juge va se régaler, mais tout de même.

Erreurs non négligeables

Les leaders politiques de l’agglomération ne sont guère optimistes sur l’issue judiciaire de ce dossier, pourtant majeur pour le territoire. La requête, portée notamment par Aquitaine alternatives, Transcub et autres associations de défense de l’environnement, liste un nombre non négligeable d’erreurs dans la procédure managée par les services de la CUB.

L’insuffisante concertation, l’impossibilité pour des citoyens (jamais très mobilisés en ce genre de circonstances, il faut bien l’avouer) de pouvoir sérieusement comparer les alternatives au pont levant, pas plus que les projets concurrents à celui du groupement lauréat conduit par Vinci seront au centre de l’audience.

Également en débat, la procédure conjointe diligentée par le préfet pour l’étude d’impact au titre de la loi sur l’eau et l’enquête publique. Elles auraient dû être disjointes. Et, selon la jurisprudence, ce point suffirait à torpiller un projet de cette ampleur.

Les conclusions de l’enquête publique enfin seront débattues ce matin. Elles étaient favorables au projet de franchissement du fleuve mais demandaient expressément que « le projet de pont levant soit réexaminé » en y associant une quantité de considérations plus négatives les unes que les autres sur le coût du projet, son utilité, les conditions de trafic lorsque le pont est levé, sans parler de l’impossibilité de recevoir de gros bateaux. La CUB est passée outre.

Responsabilité politique

Cela fait plus de dix ans que les élus, Alain Juppé et Philippe Madrelle d’abord, ont décidé de faire un franchissement au droit de Lucien-Faure, après l’abandon du projet de pont fixe aux Quinconces. Alain Rousset a défendu ce projet et a même élargi le temps de la concertation lorsqu’il présidait la CUB.

Conscients des risques de recours qui deviennent aujourd’hui inévitables au point de poser de réels problèmes de réalisation de projet, Vincent Feltesse et Alain Juppé ont choisi de foncer à l’automne, suivis par 110 élus.

Seul Jean-Louis Joecklé avait plaidé le 6 septembre 2007 pour une relance de la procédure « trop risquée sur le plan juridique ». Il n’a été entendu, ni par les services de la Ville, de la CUB et de l’état, ni par les élus. Lire la suite

Le bois dont on se chauffe en Gironde

Sud-Ouest, Florence Graignon, le 4 septembre 2008

ENVIRONNEMENT. La création d’une filière bois-énergie sur le site de Massugas [Gironde], pionnier dans le département, va permettre de réaliser des économies collectives

«Nous sommes là dans la réalité, véritablement au cœur du développement durable, qui associe le respect de l’homme et de l’environnement au développement économique. Et ce n’est pas encore très commun en France », soulignait Philippe Madrelle, président du Conseil général, lors de l’inauguration, à Massugas, en présence de nombreux élus et techniciens girondins, des plates-formes de compostage et d’approvisionnement en bois énergie.

Cette dernière est, de fait, la première réalisation de ce type dans le département. C’est également un bel exemple de mutualisation de moyens entre l’Union des Syndicats pour le Traitement des ordures ménagères (Ustom) et le Syndicat interterritorial du Pays du Haut Entre-Deux Mers (Siphem). En effet, depuis quatre ans, ces deux organismes ont travaillé ensemble et réussi le pari de la mise en place d’un tel outil, à la fois performant et innovant.

La plate-forme bois énergie vient compléter les installations existantes par la construction d’un bâtiment de stockage et partagera avec l’Ustom de nombreux outils et matériels, notamment les camions de transport. En s’inspirant des exemples existants ailleurs en France, en s’appuyant sur un groupe de travail regroupant les exploitants forestiers, les collectivités, le Siphem et l’Ustom, la plate-forme de Massugas est devenue un outil essentiel pour maîtriser en quantité et en qualité l’approvisionnement des communes en bois énergie.

Neuf cents tonnes de plaquettes de bois, dès la première année, transiteront par le site et alimenteront dès cet hiver les chaudières des bâtiments communaux et privés des communes de Gironde-sur-Dropt et Pellegrue. Lire la suite