La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

vertigo.revues.org, volume 10, numéro 2, Emmanuel Pezrès, septembre 2010

http://vertigo.revues.org/9941

Volume 10 numéro 2 | septembre 2010

Dossier : L’agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le développement des villes et des communautés

La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

La permaculture est souvent considérée comme un procédé « alternatif » de production alimentaire écologique en ville ou à la campagne. Cependant, et bien que la définition et les principes de la permaculture soient en constante évolution, il apparaît que la permaculture n’est pas simplement une autre façon de jardiner, mais une autre façon de concevoir le monde. Considérant la place de la permaculture dans le processus de l’agriculture urbaine, nous remarquons que la conception permaculturelle est, bien entendu, différent de l’agriculture conventionnelle, mais nous observons également que le projet permaculturel est fondamentalement différente de l’urbanisme. De là, face à la crise écologique mondiale croissante, nous interrogeons la permaculture comme une possibilité de re-conception de la structure urbaine existante. Enfin, nous nous questionnons sur les bases épistémologiques de la permaculture en vue de susciter un changement philosophique et matériel global.

Plan

La permaculture : une définition en mouvement.

Permaculture versus urbanisme.

La permaculture et la culture de la ville.

Le travail permaculturel de l’urbain

Cultiver un paradigme alternatif.

1. Stimulée par une recherche contemporaine de relations environnementales et collectives plus harmonieuses, l’ambition d’une agriculture intégrée à des cycles écologiques durables rencontre un souhait citoyen de réinvestir la ville. Les expériences présentes de permaculture et leurs développements dans le mouvement des villes en transition tendent vers ces objectifs. Cet article, prolongeant les potentialités d’aménagement de l’agriculture urbaine au travers de la permaculture se propose de décrire les possibilités de mise en œuvre de production de « cultures alternatives » dans leurs sens le plus large. Pour cela, nous essayerons d’abord de définir la permaculture à partir d’elle-même. Puis, nous chercherons sa spécificité dans ses contrastes avec les disciplines qui travaillent l’agriculture urbaine : l’agriculture et l’urbanisme. Ensuite, nous envisagerons la permaculture, non plus comme seule méthode d’agriculture dans la ville, mais comme une méthode de conception de l’urbain. Enfin, la dernière partie exposera la possibilité de création d’une autre façon de vivre la ville et la mise en place d’une nouvelle urbanité qui pourrait être aussi un nouveau paradigme civilisationnel.

La permaculture : une définition en mouvement.

2. Afin d’éviter que la permaculture ne soit réduite à une simple modalité de l’agriculture urbaine, il nous faut d’abord essayer de définir ce qu’elle est et quel est son objet. Toutefois, fixer le concept de permaculture n’est pas forcément possible car sa définition est mouvante, elle varie selon les auteurs et évolue avec le temps. Du mot, on peut dire qu’il a été formé dans les années soixante-dix, par Mollison et Holmgren à partir de deux termes anglais : « permanent » et « agriculture ». Les créateurs du concept définissent en premier lieu la permaculture comme « (…) un système évolutif intégré, d’auto-perpétuation d’espèces végétales et animales utiles à l’homme. C’est, dans son essence, un écosystème agricole complet, façonné sur des exemples existants, mais plus simples » (1986 :15). Cependant au lieu de rester classiquement dans le domaine agricole comme pourrait le faire l’agriculture biologique, le premier et unique livre en commun des deux co-inventeurs du terme permaculture, lui donne tout de suite un champ d’action plus large : « Nous n’avons pas voulu établir un schéma fixe et dogmatique mais un modèle qui intègre plusieurs principes appartenant à de nombreuses disciplines l’écologie, la conservation de l’énergie, l’aménagement du paysage, la rénovation urbaine, l’architecture, l’agriculture (sous tous ses aspects) et les théories de localisation en géographie. » (1986 :16). De même, bien que l’élaboration du concept de permaculture et son étude, soit d’abord destinés à une population ayant Lire la suite

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

terrecooperative.ouvaton.org, Alain Marcom, le 13 avril 2008

http://terrecooperative.ouvaton.org/spip.php?article24

Ce texte fait partie du « Petit Précis d’Agroécologie » Nourriture, Autonomie, Paysannerie, sous la direction de Silvia Perez-Vitoria et Eduardo Sevilla Guzman, édité par La Ligne d’Horizon, 7 villa Bourgeois 92240 Malakoff et qu’on peut le commander pour la somme redoutable de 6 € + frais de port

Ecoconstruction et agroécologie : L’architecture de cueillette – Proto-histoire du bâtiment

Jusqu’en 1750, origine de la mécanisation, les maisons de la grande majorité de la population mondiale étaient forcément des maisons à faible impact environnemental. Elles étaient issues de matériaux de proximité, montés avec un savoir faire local et dans le cadre d’une économie faiblement marchande. Le travail de mise en oeuvre était basé sur la consommation d’une énergie métabolique humaine ou animale. On était parfois aidé par les cours d’eau ou le vent à fin de transport ou d’aide mécanique au sciage des arbres ou de taille des pierres, pour la très ténue minorité des puissants économiques, politiques ou religieux.

Mais pour l’immense majorité de l’humanité, c’était le contexte général de l’architecture de cueillette. Ce qui ne servait pas, voire ce qui gênait dans l’agriculture, était utilisé en construction. On gérait plus qu’on ne cultivait des matériaux comme le bois ou les roseaux. On construisait avec les pierres qui affleuraient à la surface du champ et avec la terre des coins les moins fertiles. L’impact environnemental principal était du à la cuisson de la terre pour les briques ou les tuiles, et à la cuisson de la chaux, dans les régions où ces cuissons étaient pratiquées. Mais ces derniers matériaux étaient utilisés avec une grande parcimonie, surtout que la population mondiale était bien inférieure à la population actuelle, puisqu’elle n’atteint son premier millard d’habitants qu’au début du 19 ème siécle….

Seuls les monuments, bâtiments des puissants, s’exonéraient de cette pratique par l’importation de matières venues de loin, quand les matériaux locaux n’étaient pas assez prestigieux et coûteux pour éblouir les passants. En effet les matières pour construire étaient, et restent encore aujourd’hui lourdes et leur transport avant le règne des camions, des autoroutes et du pétrole, avait un coût considérable. A partir de 1850, la machine thermique a peu à peu permis de transformer la matière, de la transporter plus facilement sur de plus grandes distances. Le train, l’acier, le bateau à vapeur, le ciment, les engins de carrière ont transformé les matériaux et les savoir faire dans les pays en voie d’industrialisation tout au long du 19 ème siècle.

La croissance des villes dans le « premier monde » a participé à la naissance d’un marché du travail dans le bâtiment. Un secteur important de l’économie est né à partir de la révolution industrielle. Alors que le ciment est inventé au début du 19 ème, c’est vers le milieu de ce siècle qu’est déposé le premier brevet du béton armé, et c’est dans la dernière décennie du 19 ème qu’on voit apparaître des chantiers de construction d’immeubles en béton armé en Belgique, chantiers effectués par des entreprises allemandes. A ce moment, nous sommes au début de l’« art nouveau », et ce sont les capacités plastiques du béton qui sont recherchées.

L’industrialisation du bâtiment en France

La reconstruction après la première guerre mondiale a vu la première tentative de bétonnisation dans le Nord Est de la France. Cette tentative parfaitement réussie du point de vue économique, fera du chemin, bien que la ligne Maginot ait peu convaincu. L’occupation allemande, avec le chantier du mur de l’Atlantique a confirmé le formidable potentiel du béton et la facilité de façonnage, aussi appelée formation, de la main d’oeuvre. C’est fort de ces réussites économiques et mécaniques resplendissantes que le gouvernement provisoire de 1944 va se lancer dans une stratégie d’industrialisation à outrance sous prétexte de « reconstruction ». Les écoles d’ingénieurs formatés à ce projet, et les recherches pour la modélisation de ce matériau emblématique de la modernité, vont fleurir un peu partout en France.

Les tâches de la chaîne de production du bâti vont être finement découpées et séparées, atomisées, taylorisées. C’est à l’aune de la flèche de la grue que vont se concevoir les cités de banlieue. De véritables usines de béton armé vont se monter à une extrémité du chemin de grue. Celle-ci distribuera les coffrages-tunnels ou les éléments préfabriqués au bout de sa flèche de chaque côté du rail, donnant naissance à deux barres parallèles. Sur ce process industriel de conception et de réalisation, un peu partout des cités des mille, deux mille, jusqu’à quatre mille logements vont être construites. La puissance publique ne va pas ménager ses commandes, en cités-dortoirs de banlieue, hôpitaux, écoles, bâtiment administratifs, barrages, ponts, etc… Le béton über alles établira de la sorte sa domination actuellement encore sans partage. Un hasard bien planifié fait donc que nous avons aujourd’hui en France les deux plus puissants groupes de bâtiment mondiaux, et le premier producteur mondial de ciment.

De l’autre côté du Rhin, la tradition fédéraliste a engagé l’Allemagne dans une autre stratégie. Le montant des destructions était bien supérieur là-bas qu’ici. Mais là bas on a investi les fonds du plan Marshall dans le redressement du capital industriel lourd. Les régions, avec de très faibles moyens, ont eu en charge la « reconstruction ». Ainsi, on a pu voir des techniques traditionnelles régionales normalisées, et des ouvrages pédagogiques de vulgarisation de techniques constructives simples à base de matériaux peu transformés et de proximité diffusés, favorisant l’autoconstruction, l’apprentissage et la reconstruction d’un tissu économique constitué essentiellement de petites entreprises. L’organisation politique a produit une forme de retour à l’architecture de cueillette. Les savoir faire locaux, Lire la suite

Echange sur La permaculture et l’Agriculture Paysanne à l’ENITA de Gradignan le mardi 30 novembre à 20h00

Association Girondine pour l’Agriculture Paysanne (AGAP), communiqué, novembre 2010

La permaculture et l’Agriculture Paysanne – Echange à partir des expériences menées à Cuba et en Aquitaine

Le mardi 30 novembre à 20h à l’ENITA (Gradignan –1 Cours Général de Gaulle – salle de l’Amphithéâtre)

Avec la participation de Maria Caridad CRUZ, responsable du Programme Développement Local de la Fondation Antonio Nuñez Jiménez la Nature et l’Homme (FANJ), ingénieur au département d’Urbanisme de la Havane, et de Bernard RICHARD, agriculteur et Président de l’AGAP

L’Association Girondine pour l’Agriculture Paysanne (AGAP) vous invite à une rencontre débat sur la permaculture et les pratiques dans les fermes en partenariat avec la fondation cubaine FNAJ et l’association France Amérique Latine 33. L’objectif est d’apprendre et d’échanger sur cette conception des systèmes agricoles et humains qui privilégie l’écologie et les savoir-faire traditionnels pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels, à partir des expériences menées dans les fermes cubaines et des pratiques d’Agriculture Paysanne.

La Fondation Antonio Núñez Jiménez (FANJ), institution civile cubaine non-gouvernementale a développé la permaculture à Cuba, et se consacre à la recherche scientifique et à la promotion de programmes et de projets pour la protection de l’environnement dans sa relation avec la culture et la société. Elle propose d’élargir la formation à la permaculture à de nouveaux territoires, et promouvoir l’échange et la mutualisation des savoirs et des expériences pratiques dans ce domaine. Le travail mené par FNAJ contribue à la  souveraineté alimentaire de Cuba tout en développant une agriculture durable, et s’appuie sur des projets dans 5 provinces du pays.

Programme

– Projection du film documentaire « Permaculture, pour un avenir durable à Cuba »

– Présentation de la permaculture – Maria Caridad CRUZ, responsable du programme de Développement Local Durable de la Fondation FANJ

– Rapprochement des pratiques de permaculture avec l’Agriculture Paysanne

– Echange Lire la suite

Preignac (Sauternais) le Samedi 25 septembre : Colloque sur la biodiversité du Ciron ainsi que sur la viticulture et les écosystèmes

http://www.domaine-de-la-chapelle.org/Colloque-de-Septembre.html

domaine-de-la-chapelle.org, communiqué, septembre 2010

Colloque de Septembre

Le Domaine de la Chapelle organise un colloque en deux volets, le samedi 25 septembre 2010 après-midi, sur la gestion de la biodiversité du Ciron, ainsi que sur la viticulture et les écosystèmes.

Invité d’Honneur : L’Espagne

Le colloque se tiendra sur le Domaine de la Chapelle dans le Sauternais (voir plan d’accès). L’accès au colloque est gratuit et, si vous désirez avoir le temps de faire plus de rencontres, il vous est possible de rester aux repas en l’échange d’une participation aux frais (voir plus bas). A noter que les vins cités dans la journée seront dégustés au repas du soir et présentés par leurs producteurs.

A noter que les personnes intéressées ayant une famille et des enfants en bas âges peuvent venir accompagnés. Une animatrice détenant le Brevet d’Animation délivré par Jeunesse & Sports prendra en charge les enfants à proximité immédiate et ceux-ci seront occupés intelligemment à des activités de découverte de la nature pendant que vous pourrez suivre tranquillement les échanges du colloque.

Programme

ACCES GRATUIT MAIS RESERVATION OBLIGATOIRE : Pour pouvoir entrer sur les lieux, réservation sur ce lien

La première présentation démarrera à 13h45 (Attention ! Accueil entre 13h00 et 13h30). Après une pause de 16h15 à 16h30, la deuxième partie durera jusqu’à l’apéritif à 18h00, offert par la Mairie de Preignac.

13h00 : Accueil

Plan d’accès voir cette page.

Contact téléphonique en cas d’urgence : 09 53 08 91 95.

RESERVATION OBLIGATOIRE SVP : Réservation sur ce lien

13h45 : « Deux décennies d’investissement dans les écosystèmes autour de la vigne, et description des retours sur investissement obtenus en échange. » (Cette présentation fera l’objet de plusieurs dégustations organisées au repas du soir), Par Monsieur Frances CAPAFONS, Celler Mas de Masos de Capafons Osso, AOC Priorat, Celler Masia Esplanes, AOC Montsant (Tarragona-Falset), Catalogne, Espagne, http://www.capafons-osso.com

14h30 : « Retours d’expérience sur l’usage des haies et des arbres comme soutien à la bonne santé des vignes et à la diminution des dépenses de traitement », par Monsieur le Vicomte Loïc de ROQUEFEUIL, Château de Castelneau, Entre-Deux-Mers, Bordeaux, France, http://www.chateaudecastelneau.com

15h00 : « Lutte intégrée et écologique contre les insectes ravageurs et les champignons de la vigne ; comment augmenter la qualité de son vin par les écosystèmes. Projets réalisés, en cours et à venir. », par Monsieur Xavier PLANTY, Maîtrise de Sciences et Oenologue, Directeur et copropriétaire du Château GUIRAUD, Sauternes, France, http://www.chateauguiraud.com

15h30 : « Techniques d’études et d’observations du sol d’un vignoble et applications sur la gestion des potentialités viticoles » (Cette présentation fera l’objet d’une démonstration sur coupe du sol en fosse creusée la veille au pied des vignes voisines), par Jérôme GOUIN, Pédologue, Consultant GéoSolEau, Président du Centre de Séjours Scientifiques Europe au sein de l’ONG Objectif Sciences International, Suisse, France, http://www.objectif-sciences-intern…

16h00 : Pause

Crême glacée « maison » offerte par le Domaine de la Chapelle

16h30 : « La vallée du Ciron : un ’hot-spot’ de la biodiversité en Aquitaine », par Alexis DUCOUSSO, ingénieur de recherche à l’Unité de Recherche de Génétique et d’Amélioration des Arbres Forestiers, Station de Recherche Forestière de Bordeaux-Cestas de l’INRA, France, http://www.inra.fr/

17h00 : « Les raisons économiques de protéger et augmenter la biodiversité, exemples et débats », en partenariat avec Lire la suite

La biodiversité remarquable en France : un diagnostic alarmant

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 3 mai 2010

http://www.journaldelenvironnement.net/article/la-biodiversite-remarquable-en-france-un-diagnostic-alarmant,17376

La biodiversité remarquable en France : un diagnostic alarmant

Plus de 50 % des espèces et près de 75 % des habitats, parmi les plus menacés d’Europe, ne sont pas en bon état de conservation en France, premier pays européen abritant cette biodiversité. C’est ce que révèle la première évaluation de la directive « Habitats » publiée par le Service d’observation et des statistiques de l’environnement (SOeS).

Les mauvaises nouvelles continuent de pleuvoir en cette année internationale de la biodiversité. Après la récente étude confirmant le recul des espèces et des écosystèmes de la planète depuis 40 ans (1), le premier bilan de santé de la directive « Habitats » ne se montre guère plus rassurant.

Seuls 1 habitat sur 6 et 1 espèce sur 5 d’intérêt communautaire sont en bon état de conservation en France, selon les résultats de cette première évaluation, publiés dans la lettre d’information du Commissariat général au développement durable, en avril. La directive de 1992 (2) à l’origine du réseau Natura 2000, vise à protéger 216 types d’habitats et 1.180 espèces considérés comme les plus menacés car en danger ou rares. Et elle oblige également les Etats membres à réaliser tous les 6 ans une évaluation de leur état de conservation. La première évaluation a porté sur la période 2001-2006.

Supervisé par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), le volet français a concerné 131 habitats et 290 espèces « remarquables », sur tout le territoire métropolitain et dans les zones Natura 2000. La France est le pays de l’UE le plus concerné, avec 962 évaluations réalisées sur 2.941 en Europe.

17 % des habitats en bon état

Trois quarts des habitats évalués étaient dans un état défavorable de conservation (41 % en «mauvais» état et 35 % classé en « inadéquat ») contre 17 % seulement dans un état favorable, valeur analogue à celle observée au niveau européen. Les 3 états de conservation -« favorable », « défavorable inadéquat », « défavorable mauvais » sont établis en fonction de paramètres comme la surface estimée et la viabilité à moyen terme des habitats, ou l’état de population et de leurs habitats pour les espèces.

La région « atlantique » -qui correspond grossièrement à la moitié ouest de notre pays- est la région biogéographique la plus mal classée, avec 53 % d’habitats en mauvais état. L’agriculture et l’urbanisation du littoral sont notamment pointées du doigt. La région alpine (Alpes et Pyrénées) est en revanche Lire la suite

Vient de paraître – Paul Ariès : La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance – Une grève générale de la consommation ?

nonfiction.fr, Fabrice Flipo, le 3 août 2010

http://www.nonfiction.fr/article-3669-p3-une_greve_generale_de_la_consommation_.htm

Vient de paraître – Paul Ariès : La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance – Une grève générale de la consommation ?

Résumé : Paul Ariès présente une réflexion intéressante sur l’écologie politique, la décroissance et la nécessité d’une « grève générale de la consommation ».

Paul Ariès est connu pour ses travaux et ses prises de position en faveur de la décroissance et de la gratuité. Il nous livre ici une réflexion sur la simplicité volontaire, qu’il oppose au mythe de l’abondance.

Ariès commence par résumer les enjeux du « capitalisme vert », dont il souligne à juste titre les risques, des risques qu’il juge gravement sous-estimés par les antiproductivistes (p13). Le capitalisme vert procède en cherchant à mettre en œuvre de nouvelles solutions techniques, telles que des tours géantes, plutôt que d’affronter la question des responsabilités politiques sous-jacentes à la dégradation des écosystèmes planétaires. Il entend adapter l’écologie au marché, ce qui se traduit notamment par l’apparition de « droits à polluer », dont les dérives sont largement avérées, bien avant qu’ils aient eu un quelconque effet positif sur la planète. Ariès liste dix « missiles » de « l’écologie capitaliste croissanciste » contre la possibilité même d’une pensée alternative. Ces missiles sont généralement appuyées sur des économistes, Nobel ou nobélisables, qui vont de Ronald Coase à Gary Becker en passant par Harold Hotelling. Ils ont tous en commun de chercher à démontrer que l’écologie est soluble dans le capitalisme. Ariès donne des arguments permettant de penser que tel n’est pas le cas, sauf à retourner le progrès technique contre l’humain. A ce titre les initiatives telles que Home, le film de Yann Arthus-Bertrand, sont de très mauvaises opérations pour l’écologie politique, car « ce parti-pris esthétique a une fonction : exonérer de toute responsabilité les grandes firmes »  . Home utilise ainsi une esthétique qui ne cherche qu’à transférer les responsabilités.

Ariès se demande ensuite si le productivisme n’est pas la « maladie honteuse des gauches ». Qu’est-ce que le productivisme ? Ariès s’appuie sur une définition d’Henri Lefebvre : le productivisme est le fétichisme de l’Etat et de la technicité. Que ce soit l’Association pour la taxation des transactions financières et l’aide au citoyen (Attac), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), la Fondation Copernic ou même Alain Accardo, aucune pensée se revendiquant « de gauche » ne semble avoir réellement rompu avec ce productivisme. Ariès rappelle l’ambiguïté d’André Gorz sur la question de la technique et notamment des technologies de l’information. « L’économie de l’immatériel et le capitalisme cognitif, loin de permettre de (re)gagner du terrain sur le capitalisme et le productivisme, entraînent l’occupation des derniers territoires qui demeuraient encore un peu autonomes »  . Les gauches ne s’intéressent guère à l’agression publicitaire, par exemple. Elles se n’offusquent pas d’une vie conçue comme une somme de petits plaisirs. En acceptant le progrès technique, elles laissent entrer par la fenêtre le capitalisme sauvage qu’elles ont essayé de chasser par la porte. Que faire pour réveiller la gauche ? Ariès a « longtemps cru à la thèse du retard avant de découvrir qu’elle ne tient pas. […] Nous avons besoin de mots neufs pour réveiller les forces émancipatrices »  . La décroissance, à laquelle Ariès a consacré de nombreux textes, fait partie de ce nouvel arsenal. Pour lui, l’impasse théorique de la gauche a deux visages : le « marxisme officiel optimiste mais productiviste ; […] gauches antiproductivistes mais pessimistes »  . A contrario « la droite est (re)devenue capable de penser […]. Le capitalisme vert lui redonne une seconde jeunesse. La gauche, elle, est moribonde »  . Pour lui la solution viendrait des courants présocialistes, socialismes chrétiens, libertaires, mouvements coopératifs, Proudhon, Bakounine, Gide, Marx. Un Marx « antiéconomiste [qui] permet de comprendre que, par-delà l’extorsion de la plus value, le capitalisme est déjà condamnable au regard de son « incapacité à faire société »  . La gauche aurait donc commis plusieurs « bévues », notamment avoir fait l’éloge du capitalisme, comme libérateur des forces productives, et avoir confondu ces forces productives avec l’émancipation humaine. Ariès montre que le pouvoir d’achat n’a guère augmenté pour les ouvriers, en 1968 un mois de salaire permettait de se payer 1777 baguettes contre 1065 aujourd’hui . Sa solution ? Troquer le pouvoir d’achat pour le pouvoir de vivre.

Un antiproductivisme optimiste est-il possible ?

Dans cette quatrième partie Ariès rappelle qu’il existe un antiproductivisme populaire spontané, par exemple chez les luddites. Cette tendance existe encore, il cite des cas de refus du Lire la suite

L’autre écologie : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives

cip-idf.org, 2010

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5220

L’autre écologie – Le Sabot, outil de liaison locale sur Rennes et ses environs

L’autre écologie

L’omniprésence de la « question » écologique ne fait maintenant plus de doute. D’une part, les données écologiques prennent une place centrale dans un « système-monde » en perpétuelle mutation et d’autre part, l’incapacité des états à établir des accords mondiaux sur les émissions de gaz à effets de serre marque un réel échec pour le capitalisme.

Cette incapacité chronique confirme qu’il n’y a rien à attendre d’une conversion verte du capitalisme, celle-ci signifiant généralement une accentuation des inégalités sociales et un écrasement de toutes expressions populaires, elle confirme également que l’écologie n’est pas l’apanage des nouveaux entrepreneurs de l’économie verte et des apprentis sorciers de la gestion écologique mondiale. Une autre idée de l’écologie persiste, une idée démocratique : l’écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives, mais aussi de ceux qui dans certaines luttes s’emparent de cette question alors qu’ils sont jugés a priori incompétents dans ce domaine.

1. L’écologie au cœur des mutations du capitalisme

L’émergence depuis quarante ans de la question écologique, du dérèglement climatique ou de la destruction des écosystèmes et des espèces vivantes a mis en cause les principes du capitalisme industriel. Sous l’influence d’un renouveau dans la théorie économique, les entreprises et les états sont en train d’opérer une modification de leurs modèles productifs sur la base d’une maîtrise des milieux complexes (1) et de la biosphère. Ce renouveau de la théorie économique et cette tentative de maîtrise signifient que l’économie va désormais intégrer des éléments occultés auparavant : les interactions non-économiques ; et analyser quels bénéfices ou pertes elles provoquent sur les échanges économiques. Ainsi la prise en compte et la maîtrise des ressources naturelles rares, des ressources énergétiques, ou des ressources en eau ou en matériaux nécessaires au processus de production, et qui sont le fruit de processus naturels longs de plusieurs millions d’années, deviennent des tâches primordiales pour l’économie et cela constitue une modification fondamentale du capitalisme, celui-ci reposant jusqu’à il y a peu sur un principe de non-limitation des ressources (2).

Si cette révolution écologique est pour le moment sans grandes conséquences visibles sur la destruction des écosystèmes ou sur le réchauffement climatique, c’est que comme le dirait Yann Moulier Boutang ou comme ne cessent de le répéter les cabinets de management : les entreprises et les états n’ont pas encore pris toute la mesure de la mutation qui leur est demandée. Pour ce faire, les états doivent adopter de nouvelles réglementations qui encouragent les entreprises à intégrer la protection de l’environnement et ainsi leur faire prendre conscience que cette question n’est pas réservée aux secteurs spécialisés mais qu’elle concerne toutes les entreprises et que cela constitue un potentiel de croissance important, les premières entreprises à prendre en compte la protection de l’environnement étant celles qui Lire la suite

Paul Virilio: « La Terre est devenue trop petite pour le progrès. »

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 5 juillet 2010

Paul Virilio: « La Terre est devenue trop petite pour le progrès. »

Paul Virilio est un urbaniste d’origine devenu peu à peu sociologue et philosophe à force de penser inlassablement la vitesse. Depuis 1977, date à laquelle il a publié Vitesse et politique, essai sur la dromologie, il réfléchit à l’accélération du monde et à ses conséquences sur l’homme, l’économie, l’environnement, la géopolitique. L’urbaniste a travaillé sur la ville et son territoire. Très vite, il lie le territoire aux technologies qui permettent de le parcourir et de le contrôler. TGV, pigeon voyageur ou internet, avion ou minitel, qu’il s’agisse des techniques de communication ou des techniques de déplacement, le territoire est défini, selon lui, comme un espace-temps qui, finalement, rapetisse.

Dans L’administration de la peur, vous soutenez que la peur est un moyen de gouverner utilisé sans cesse.

Dans nos sociétés, depuis l’origine monarchique jusqu’à nos sociétés démocratiques, la peur fait partie des moyens de gouverner. On le voit bien avec les politiques sécuritaires actuelles. Le pouvoir de la peur domine le pouvoir de la reconnaissance du bien public. Dans ce livre, ce qui parle à travers moi, c’est ma génération qui constate que la même situation revient sans cesse, celle de la peur continuée par d’autres moyens, d’abord atomiques, puis terroristes et écologistes. Ainsi, je réactualise la maxime de Clausewitz selon laquelle «la politique est la guerre continuée par d’autres moyens». Non, la politique, c’est la peur continuée par d’autres moyens. Les trois peurs que j’évoque dans mon livre sont les suivantes: l’équilibre de la terreur, le déséquilibre de la terreur et la peur écologique. L’équilibre de la terreur a cessé avec la chute du mur de Berlin, laissant place au déquilibre de la terreur qui correspond au terrorisme qui peut survenir à tout instant, partout, à Londres, New York ou Madrid. Puis aujourd’hui, nous vivons la dernière grande peur: la peur écologique.

Equilibrer nature et homme, une nouvelle façon de gouverner par la peur?

Oui, l’écologie arrive après et il faut absolument éviter qu’elle conduise aux mêmes paniques. Après la forme interétatique de la guerre froide, la forme plus complexe du terrorisme, la peur écologique me rappelle le Lebensraum, cette notion géopolitique de l’espace vital. Je l’ai bien connue lorsque je travaillais en Allemagne où je voyais des pancartes qui signalaient des « forêts interdites aux Juifs ». L’espace vital niait la présence d’une frange de la population dans un lieu considéré comme sacré… Et bien l’idéologie de l’espace vital peut se superposer à l’idéologie de l’écologie aujourd’hui. Mais attention, je ne suis pas contre l’écologie, il est évident qu’il faut préserver notre lieu de vie. Je dis qu’il faut fse méfier énormément l’idéologie de cet espace qui nous manquerait.

Sans aller jusqu’à qualifier l’écologie d’idéologie totalitaire, pourquoi fait-elle si peur?

Nous sommes mortels et tout ce qui menace notre vie fait peur. Notre survie en tant qu’espèce devient notre grande peur. Il ne faut pas avoir peur, mais faire face car la peur fait partie des questions ancestrales. Dans la crise écologique actuelle, domaine extrême s’il en est, la tentation est grande de vouloir vaincre plutôt que convaincre. Il faut toujours refuser le globalitarisme écologique imposé par la peur parce que c’est toujours au nom du bien que l’on terrorise. En cela, les écologistes ont la tentation de gouverner par la peur. Mais je préfère vous convaincre que vous contraindre. Or, la conviction n’est pas la provocation de la peur, c’est Lire la suite

Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 12 juin 2010

Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé

Un grand pas a été franchi, vendredi 11 juin, vers la création d’un réseau mondial d’expertise sur la biodiversité, à l’image de ce qui existe depuis 1988 pour le climat à travers le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). A l’issue de cinq jours de négociations, quelque 90 Etats, réunis à Pusan (Corée du Sud) sous l’égide des Nations unies, ont adopté à l’unanimité une recommandation favorable à la création d’une Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES en anglais).

Le faire-part de naissance ne pourra cependant être publié qu’après l’adoption de cette recommandation par l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre, à New York. Si le risque de rejet ne peut être exclu, il semble cependant très mince aux yeux des négociateurs qui, depuis cinq ans, bataillent pour que la préservation de la biodiversité planétaire, l’autre grand défi environnemental de ce siècle avec le changement climatique, puisse être appréhendée à partir des connaissances scientifiques les plus incontestables.

L’idée de cette plateforme, dont l’ambition est d’éclairer les décisions que doivent prendre les gouvernements à un moment où la nature disparaît à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité, est née en 2005, après la publication de l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire.

Ce rapport, réalisé sous l’égide des Nations unies grâce aux contributions de près de 1 400 scientifiques, offrait une vision globale et ô combien inquiétante de l’état des ressources naturelles dont dépendent les sociétés humaines pour leur survie : effondrement des stocks halieutiques, mortalité élevée des récifs coralliens, destruction des grandes forêts tropicales…

La France a été un des premiers pays – et pendant quelques années le seul – à défendre cette idée d’un GIEC de la biodiversité, avant que le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) n’endosse en 2008 le projet et ne réussisse à convaincre les plus réticents. Vendredi à Pusan, la délégation française ne cachait pas sa joie : « La communauté internationale a pris conscience que la préservation de la biodiversité est une pièce indispensable du bien-être de l’humanité », se félicitait Claude-Anne Gauthier de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

L’IPBES, comme le GIEC, sera donc une organisation intergouvernementale dont la mission première sera de fournir aux gouvernements des évaluations et des scénarios sur l’évolution à venir de la biodiversité mondiale. Les pays en développement, où se concentre la plus grande diversité naturelle, ont cependant exigé d’encadrer étroitement le mandat des scientifiques, afin que l’IPBES ne joue pas les donneuses de leçon à l’égard d’Etats peu respectueux de leur patrimoine naturel.

Le Brésil et la Chine se sont ainsi montrés particulièrement offensifs dans la défense de ce qu’ils considèrent comme relevant de la souveraineté nationale : l’IPBES ne pourra ainsi faire aucune recommandation de politique publique. De même, la feuille de route des scientifiques devra être approuvée par Lire la suite

Hervé Kempf : La vraie dette

reporterre.net, Hervé Kempf, le 5 mai 2010

La vraie dette

Nouvelles en vrac. On apprenait, le 30 avril, que deux membres du peuple surayaku, au sud de l’Equateur, avaient été blessés par un groupe d’hommes armés – les Surayaku s’opposent à l’exploitation du pétrole sur leur territoire.

Le 30 avril, des manifestants ont protesté à Madrid devant le siège du géant pétrolier hispano-argentin Repsol-YPF contre son projet de prospection pétrolière en Amazonie péruvienne.

Le 5 mai, l’organisation Friends of the Earth (Les Amis de la Terre) publie un rapport montrant que les compagnies européennes investissent massivement dans l’exploitation des sables bitumineux au Canada et ailleurs ; ces sables contiennent du pétrole, dont l’extraction est particulièrement polluante et destructrice de l’environnement.

Le 29 avril, la Norvège et la Russie ont passé un accord sur leur frontière en mer de Barents, afin de faciliter l’exploitation du pétrole dans cette mer arctique.

Le 4 mai, une marée noire provoquée par l’explosion d’une plate-forme pétrolière, le 22 avril, continue à faire sentir ses effets catastrophiques dans le golfe du Mexique.

Que se passe-t-il ? Le pic pétrolier commence à se manifester et de plus en plus de pays producteurs voient diminuer le volume de pétrole qu’ils peuvent extraire de leur territoire. Mais la demande de pétrole se maintient. Alors on cherche du pétrole ailleurs : en Amazonie, sous les mers, en Arctique. C’est-à-dire dans des écosystèmes fragiles, et dans des conditions de plus en plus difficiles. Cela promet des destructions écologiques quasi certaines, sans pour autant garantir de repousser le pic pétrolier global très longtemps.

Trois possibilités s’ouvrent alors : on continue en se disant qu’on verra ce qui arrivera ; on parie que la fée technologie résoudra les problèmes, que nucléaire et éoliennes prendront le relais dans quelques décennies ; on s’organise pour réduire la demande. Le chroniqueur ne croit pas exagérer en estimant que cette dernière possibilité suscite assez peu d’intérêt. C’est pourtant la seule qui permettra d’éviter la grande crise, sachant que le temps est compté. Elle n’exclut pas la technologie, mais elle pose que l’enjeu principal est celui du changement des modes de vie.

Nous avons développé une dette écologique énorme. Pour tenter d’éviter l’épreuve de vérité, nous inventons des « actifs écologiques pourris » : exploitation pétrolière en Arctique et offshore profond, multiplication des déchets et des risques nucléaires, banalisation des environnements. Mais toutes les bulles explosent un jour. Il faut payer la dette, dit-on aux Grecs. Quand paierons-nous la dette Lire la suite

Ville en transition, nouvelle initiative en Gironde

wikipedia.org, avril 2010

Ville en transition

(Une initiative de transition vient de débuter en Gironde, 2ème rencontre à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine 3 rue de Tauzia à Bordeaux le mardi 4 mai à 18h30. Il est proposé d’amener de quoi pique-niquer sur place. Ouvert à toutes et à tous.)

Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule une initiative de transition, c’est-à-dire un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

Ce processus a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture[1]. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume Uni. Depuis, le mouvement est devenu international et compte plus de 150 initiatives officielles[2].

L’originalité du mouvement des initiatives de transition sur les mouvements écologistes ou sociaux existants tient en plusieurs points. Tout d’abord, la vision de l’avenir est résolument optimiste, et les crises sont vues comme des opportunités de changer radicalement la société actuelle. La deuxième originalité est que le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c’est cette dernière qui doit porter le changement. L’action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation. C’est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apolitique et ne choisit pas les confrontations (manifestations, …). Ensuite, le mouvement a développé une théorie psychologique inspirée de celle des traitements des dépendances toxicologiques pour tenter de traduire le désespoir ou le déni souvent consécutifs à la découverte du pic pétrolier et de notre dépendance au pétrole, en actions concrètes. Cette originalité semble à la source du succès que connait le mouvement des villes en transition[2], mais elle suscite aussi des critiques, notamment sur le manque d’engagement politique.

Le double défi du pic pétrolier et du dérèglement climatique [modifier]

Le pic pétrolier [modifier]

Article détaillé : Pic pétrolier.

Courbe théorique du pic de production

La notion de pic pétrolier n’exprime pas la fin des réserves de pétrole, mais traduit la fin du pétrole conventionnel bon marché. À l’échelle d’une région, la production de pétrole suit une courbe de distribution normale (voir le cycle d’exploitation d’un gisement), c’est-à-dire que la production croît rapidement, avant de s’infléchir, de passer par un plateau de production, pour suivre le mouvement inverse. Le pic pétrolier est la date à laquelle la courbe de production mondiale n’augmentera plus, traduisant le maximum de production atteint. À ce moment-là, et pour la première fois, la demande excèdera durablement la production, provoquant une hausse des prix qui s’intensifiera à mesure que la production décroîtra.

L’estimation de la date du pic pétrolier varie suivant les compagnies pétrolières, les institutions officielles et les associations d’étude du pic. Ces différences peuvent provenir d’une vision différente (vision économiciste dans laquelle la production suit la demande), d’une divergence sur la théorie (la notion même de pic pétrolier), de l’incertitude sur l’estimation de certaines données (les réserves sont des données géostratégiques) ou sur différents modes opératoires de calcul (prise en compte ou non du pétrole non conventionnel). De plus, la consommation, autre variable affectant le pic, est soumise à des évènements (externes ou issus de rétroactions), par exemple politiques ou économiques. Les différents pronostiques vont donc du déni d’un pic pétrolier pour l’OPEP[3], à l’horizon 2020 pour Lire la suite

Fondation Nicolas Hulot, Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Fondation Nicolas Hulot, Cécile Ostria Directrice générale de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, lettre ouverte, le 30 mars 2010

Lettre ouverte aux citoyens signataires du pacte écologique

Cher-e-s ami-e-s,

En 2007, vous avez signé, comme 750 000 Français le Pacte écologique porté par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. Votre mobilisation sans précédent a permis d’obtenir l’engagement de Nicolas Sarkozy, de 9 autres candidats à la présidentielle, et de plus de 400 députés et sénateurs de faire de l’environnement une priorité de l’action publique. Des avancées concrètes ont été obtenues : création d’un n°2 du gouvernement en charge du développement durable, les conclusions du Grenelle de l’Environnement et le vote à l’unanimité de la loi Grenelle I… qui ont suscité beaucoup d’espoir.

Le Pacte Ecologique n’est plus respecté

Avec le Grenelle de l’Environnement, nous pensions le constat partagé, nous pensions pouvoir nous concentrer sur la recherche de solution, il n’en est rien. Les mots clefs des années à venir sont désormais exclusivement la compétitivité, l’emploi, la santé comme si toutes ces problématiques ne dépendaient pas profondément de l’état de notre environnement. Le développement durable n’est décidément pas l’axe structurant de l’ensemble des politiques publiques. C’est au mieux un axe parmi d’autres : l’économie, le social, l’agriculture, la culture. Au pire, un axe opposé aux autres. Le discours dominant redevient celui d’il y a plusieurs années : la réponse aux défis écologiques est de nouveau systématiquement opposée à la compétitivité économique et à la protection des emplois. L’environnement redevient un simple enjeu électoral, une variable d’ajustement. Ce n’est pas l’esprit du Pacte écologique.

Il nous faut changer de modèle économique, poser les bases d’une croissance sélective, ancrées sur la préservation et un meilleur partage des ressources naturelles. Les emplois, la compétitivité des entreprises, sont menacés par les crises environnementales. La raréfaction des ressources énergétiques, la destruction des écosystèmes vont accentuer la vulnérabilité des plus faibles d’entre nous, fragiliser nos économies et nos démocraties et générer de nouvelles sources d’affrontements. C’est ce que n’ont pas compris la plupart des responsables politiques et économiques.

Une suspension nécessaire pour plus d’efficacité

C’est pourquoi, la Fondation Nicolas Hulot décide de suspendre sa participation aux groupes de travail mis en place par le gouvernement jusqu’à ce que des décisions fortes remettent le développement durable au cœur des politiques publiques. Depuis 3 ans, Lire la suite

Education au développement durable : « Réinterroger la nature de nos rapports à l’environnement »

vousnousils.fr, Laura Houeix, le 24 février 2010

EDD : « Réinterroger la nature de nos rapports à l’environnement »

Ré-orienter la sensibilisation au développement durable vers une éducation à l’environnement, telle est la proposition d’Yves Girault, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle. Rencontre avec ce chercheur qui prône un retour à la nature.

Alors que les initiatives fleurissent pour éduquer les plus jeunes au développement durable, quel est votre avis, en tant que chercheur, sur la manière dont est abordé ce sujet ?

Je pense tout d’abord que nous avons beaucoup perdu en passant d’une éducation à l’environnement, à une éducation au développement durable. En effet l’éducation au développement durable s’inscrit exclusivement dans le cadre d’une éthique anthropocentrée pour laquelle la seule valeur attribuée aux entités naturelles est une valeur instrumentale. La nature devient un moyen pour parvenir aux fins fixées par les êtres humains. L’éducation relative à l’environnement était plus riche puisque cette approche anthopocentrée était complétée par trois autres : une approche biocentrée, permettant d’appréhender la faune et la flore ; écocentrée pour aborder le fonctionnement des écosystèmes et enfin sociocentrée pour inscrire la problématique de l’environnement dans un contexte social, économique et politique. Aujourd’hui, même si beaucoup d’initiatives prises dans le milieu scolaire et associatif sont tout à fait louables, il est difficile de nier le fait que de très nombreux projets éducatifs privilégient une approche comportementaliste (tris des déchets, économie d’énergie) parfois même moralisatrice au détriment d’un enseignement pluridisciplinaire, qui permettrait aux élèves de réinterroger la nature de nos rapports à l’environnement, tant sur des aspects éthiques que sociologiques, économiques…

Y a-t-il une ou des approches plus adaptées ?

Suite à la recommandation de l’ONU de promouvoir le développement durable, nous pouvons observer des positionnements entre deux pôles : l’un adoptant, comme en France, une stratégie autoritaire de généralisation et, à l’autre extrémité, des propositions nationales plus distantes de la prescription onusienne, au sein desquelles le rapport à l’environnement est envisagé dans une perspective socioécologique, plus ample que la seule utilisation rationnelle des ressources. Bien entendu, entre ces deux pôles, on trouve divers positionnements comme en Norvège où cohabitent une éducation à l’environnement et une éducation au développement durable. Les enseignants sont alors libres de s’inscrire dans l’une ou l’autre de ces approches. Quel que soit son propre positionnement par rapport à l’EDD, il semble bien difficile, et certainement prématuré, de proposer cet enseignement très complexe aux jeunes élèves des cycles 1 et 2 du primaire pour qui la notion de temps est déjà un obstacle. Il serait certainement plus pertinent à leur égard de revenir sur une éducation à l’environnement, par le biais des classes vertes, par l’apprentissage du cycle des saisons, par exemple, qui reposent sur le contact direct et l’interaction entre l’apprenant et son environnement pour acquérir des connaissances et surtout permettre de s’imprégner physiquement et affectivement de cet environnement.

Les enseignants ont-ils les ressources et les moyens suffisants pour mettre en œuvre ce projet de sensibilisation au développement durable ?

Il existe à ce jour de très nombreuses ressources sur l’EDD pour aider les enseignants. Cependant, au vu de la complexité de la tâche, la question est de savoir si celles-ci sont suffisantes. Le premier obstacle, Lire la suite

GIEC dénigré, Copenhague déraillé – Le message dérange, visez le messager

lemonde.fr, Alain Brunel, le 1er mars 2010

GIEC dénigré, Copenhague déraillé

Sociologue des organisations chez Technologia, à Paris, et cofondateur de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique

Pendant que la fonte des glaces s’accélère, les sceptiques, négateurs et manipulateurs de tout acabit font flèche de tout bois. Le message dérange, visez le messager. Piratage sophistiqué de dix ans de courriels des climatologues de l’université East Anglia (le prétendu « Climategate ») ; dénigrement du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) par l’Arabie saoudite dès le premier jour du sommet de Copenhague ; échec de ce sommet où, finalement, les Etats se fixent des objectifs insuffisants pour contenir le réchauffement moyen à + 2 °C et même, pour le Canada, en retrait sur ses précédents « engagements » (!) ; révélation d’une grossière erreur relative au rythme de fonte des glaciers himalayens dans le dernier rapport du GIEC et atteintes à la réputation de son président ; certains faiseurs d’opinion sautent sur l’occasion pour insinuer que tous les propos du GIEC seraient douteux, à l’instar de l’essayiste Guy Sorman, qui ose parler d' »idéologie réchauffiste » à l’émission « Vous aurez le dernier mot » de Franz-Olivier Giesbert. Et il suffit d’une accumulation de neige exceptionnelle sur Washington ou d’une vague de froid et de neige relativement rare en Europe et Adios Global Warming ! Les chacals borgnes sont lâchés…

Les négateurs font douter de plus en plus de gens de la menace climatique, tandis que la réalité des faits dépasse les pronostics scientifiques les plus pessimistes. On croirait rêver. Beau travail de propagande. Mission accomplie pour les agents du Climate Crash ?!

CES VÉRITÉS QUI DÉRANGENT

J’appelle « agents du Climate Crash », ou « climato-crashistes », ceux dont les actions ont pour but ou pour conséquence d’empêcher la mise en place d’un processus international efficace de réduction des gaz à effet de serre (GES) fondé sur les recommandations scientifiques. Soyons clair : des incertitudes subsistent bien évidemment dans la compréhension de dynamiques aussi complexes que celles du climat planétaire. Mais le déni des vérités scientifiques déjà acquises et le refus d’agir résolument dès maintenant aggraveront les bouleversements climatiques et biologiques annoncés aussi sûrement que le jour succède à la nuit et le printemps à l’hiver. C’est de la science dure.

Ainsi, la propriété physique dite d’effet de serre du dioxyde de carbone (CO2) est connue depuis le milieu du XIXe siècle. Toutes choses égales par ailleurs, il est parfaitement logique de penser que l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère finisse par la réchauffer. Selon le GIEC, le réchauffement constaté depuis quelques décennies ne peut s’expliquer sans l’action des GES. La dernière décennie a été l’une des plus chaudes jamais recensée, selon l’Organisation météorologique mondiale et, soulignons-le, pendant une période de basse activité du Soleil. Les mesures par satellite indiquent également que l’humidité atmosphérique a augmenté depuis 1998 dans cet air plus chaud, comme le prévoit la théorie. D’ailleurs, les chercheurs du programme Epica sur les glaces des calottes polaires ont établi que les variations de température de l’air sont corrélées avec le niveau de CO2 depuis 800 000 ans… Notez qu’aucune des teneurs en CO2 et en méthane enregistrées au cours des 800 000 ans passés n’a été aussi élevée que celles d’aujourd’hui… Où est l’idéologie ?

L’acidification de l’océan est une menace crainte même par le sceptique Claude Allègre. Elle résulte Lire la suite

Lettre ouverte aux élus et habitants du bassin d’Arcachon et du val de l’Eyre : Contrat de Pays, SCOT… Les élus à contre-courant

capferret.over-blog.com, communiqué, le jeudi 25 février,

Contrat de Pays, SCOT Les élus à contre-courant

Le Pays du Bassin d’Arcachon et du Val de Leyre constitue une entité écologique exceptionnelle du fait de l’étroite interdépendance du Bassin d’Arcachon d’une part avec l’Océan atlantique, d’autre part avec son arrière-pays abreuvé de zones humides et de précieux cours d’eau. L’extrême fragilité de ces milieux nécessite, de toute urgence, une attention particulière et une démarche protectrice liées à la protection de la biodiversité et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Aucun développement n’est concevable sans qu’une place centrale soit faite à la protection de l’intégrité des territoires naturels et à leur rôle pour la préservation du vivant.

CONTRAT DE PAYS Bassin d’Arcachon et Val de Leyre 2010-2012

Lors de la session du Conseil de Développement (CODEV) du 06 octobre 2009, en tant que représentants d’associations de protection de la Nature et de l’Environnement siégeant au CODEV, nous avons assistés au projet de contrat de Pays du Bassin d’Arcachon et du Val de Leyre 2010-2012, que nous devons désapprouver, tel qu’il nous a été présenté.

LETTRE OUVERTE AUX ELUS ET HABITANTS DU BASSIN D’ARCACHON ET DU VAL DE L’EYRE.

Depuis leur fondation, la Coordination Environnement du Bassin d’Arcachon (CEBA) et la SEPANSO regroupent les structures associatives qui ont, de par leurs statuts et leurs agréments, vocation sur le Bassin d`Arcachon et le Val de l’Eyre à être reconnues partenaires de l’Etat et des collectivités.

Depuis de nombreuses années, nous faisons prévaloir, tant auprès des services de l’Etat, des Communautés de communes et des collectivités territoriales que le Bassin d’Arcachon et le Val de l’Eyre sont identifiés au plan aquitain, national et auprès de la Communauté Européenne comme un territoire d’exception, aux caractéristiques géomorphologique et hydrogéologique très rares et pour lequel la préservation des écosystèmes, des milieux remarquables, sont à la base de la pérennité d’un extraordinaire patrimoine naturel au sein duquel les activités humaines doivent s’intégrer en respectant la biodiversité et les fonctions évolutives d’un gisement environnemental unique au bord du littoral Atlantique.

A l’issue d’une année de participation dans les commissions thématiques du SCOT, et après transmission de plusieurs rapports au SYBARVAL, nous observons que devant l’affirmation que ce territoire est quasiment unique en Europe du point de vue environnemental, les formulations, les concepts économiques, urbains, touristiques, démographiques, qui nous sont proposés ont tous pour dénominateur commun un projet de développement par lequel les choix et objectifs escomptés sont, à l’évidence, susceptibles de remettre en cause irréversiblement les équilibres fragiles des milieux, des paysages, des sites, dont l’état actuel est déjà profondément perturbé.

Au-delà de l’immense déception causée par l’observation des options qui n’ont cessé de jalonner les exposés fournis, nous sommes aujourd’hui consternés du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) que le cabinet A’urba ose présenter au nom du SYBARVAL, projet où à l’évidence les facteurs accélérateurs d’un aménagement voué à la reconnaissance d’une future super-agglomération ainsi que les aspects démographiques, d’évolution urbaine, touristiques basés sur une consommation « libérée » des espaces, vont profondément mutiler l’identité environnementale et patrimoniale du Pays Bassin d’Arcachon et Val de L’Eyre.

Dès lors, il nous parait primordial de souligner que Lire la suite

Jean Zin : Qu’est-ce que l’écologie politique ?

jeanzin.fr, Jean Zin, le 21 janvier 2010

Qu’est-ce que l’écologie politique ?

La question se pose d’autant plus de la nature de l’écologie-politique qu’il s’agit d’un mouvement émergent et non de l’application d’une doctrine préalable. On peut dire que son corps de doctrine s’est constitué en marchant, ce qui justifie l’approche historique qu’en donne Alain Lipietz dans son petit livre sur le sujet.

L’inconvénient de cette approche est cependant de ne pouvoir sortir de la confusion initiale et du volontarisme dont l’écologie-politique a tant de peine à se débarrasser, réduite à une aspiration morale, à une pure question de valeurs, un désir d’harmonie sinon d’amour des hommes et des bêtes, au lieu d’une responsabilité incontournable qui en fait plutôt un enjeu cognitif vital. Il ne s’agit pas de préférences personnelles : on n’a pas le choix ! La réduction de l’écologie-politique à l’amour de la nature est à la fois inévitable et intenable. Il faut l’affirmer haut et fort, on n’a pas besoin de faire de sentimentalisme pour prendre l’écologie-politique au sérieux, notamment sa dimension politique qui introduit dès lors la division entre les écologistes qu’on ne peut absolument pas rassembler en un seul courant qui irait de l’écologie profonde à l’écologie sociale.

Il y a nécessité d’une définition plus conceptuelle et critique de l’écologie-politique, certes moins habituelle, comme retour au réel et nouveau stade cognitif, celui de la post-modernité et de l’unification du monde dont on est devenu responsables, intégrant la contradiction entre nature et culture ainsi qu’en posant des limites aux possibles, à nos capacités techniques de transformation du monde comme de nous-mêmes.

Notre époque en quête de nouvelles spiritualités est imprégnée, depuis le mouvement hippie au moins, d’une idéologie écolo très naïve mais qui a toutes les raisons de perdurer auprès des jeunes urbains. Dès lors, les écologistes sont invariablement identifiés à ce retour à la nature de sortes de boy scouts qui restent pourtant plus que marginaux. Sans aller jusque là, on leur imputera au moins une forme ou une autre de primitivisme ou de régression. Il n’est certes pas si facile de s’en défaire quand on prétend défendre notre « monde vécu » ou quelque nature originaire, l’indispensable critique de la technique et du progrès glissant facilement à la technophobie comme au conservatisme le plus réactionnaire.

Pendant que les gentils écolos occupent héroïquement la scène, on voit arriver en coulisse une toute autre écologie en costard cravate, plus du tout utopique celle-là, et plutôt technophile, celle du capitalisme vert engagé dans un nouveau cycle de croissance. Ces divergences d’approche prouvent au moins que l’écologie ne se réduit pas à ce que ses partisans en font, mais elles témoignent surtout de l’absence de la dimension politique dans ces approches spirituelles ou marchandes.

De son côté, l’écologie-politique ne peut se limiter à l’environnementalisme au moins parce qu’elle est supposée remonter aux causes (humaines) et adopter un point de vue global (collectif), mais avant tout à cause de l’enjeu politique qui a été souligné par André Gorz dans son texte inaugural « leur écologie et la nôtre » que nous avions mis en exergue du premier EcoRev’. Non seulement ce texte introduit la division dans l’écologie, en particulier avec l’opposition à l’expertocratie, mais il se situe clairement dans la continuité des luttes d’émancipation et dans le camp de l’anti-capitalisme. Avec de grandes différences toutefois, qu’on peut caractériser comme Lire la suite

Le rendez-vous raté de la lutte contre le déclin de la biodiversité et six pistes pour trouver des solutions

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 19 février 2010

Le rendez-vous raté de la lutte contre le déclin de la biodiversité

Depuis 2002, les chefs d’Etat ou de gouvernement ont adopté, au moins à quinze reprises, l’objectif de « réduire fortement le rythme actuel de perte de la biodiversité d’ici à 2010 ». Ils ont aussi réaffirmé une cinquantaine de fois – dont lors de trois G8 – leur soutien à cet objectif et la nécessité de prendre des mesures pour l’atteindre, selon le décompte établi par Jean-Patrick Le Duc, du Muséum national d’histoire naturelle.

Pour inaugurer l’Année internationale de la biodiversité, les responsables de la Convention sur la biodiversité biologique (CBD) des Nations unies, chargés aujourd’hui de faire le bilan, n’ont pas sorti les flonflons. Il n’y a, en effet, pas de quoi pavoiser. Aucun pays n’est au rendez-vous.

Le bulletin de santé de la biodiversité mondiale, qui sera officiellement dévoilé au mois de mai, à l’occasion de la publication des « Perspectives mondiales de la biodiversité », montre que les cinq pressions majeures exercées sur la diversité biologique « sont restées constantes, voire ont augmenté » par rapport au diagnostic établi en 2006.

Ces pressions sont le changement d’affectation des sols qui transforme les espaces naturels en surfaces agricoles ou en villes, la surexploitation des ressources, les pollutions, la progression des espèces invasives et le changement climatique.

PRUDENCE ET DOUTE

Irréaliste ! Huit ans après avoir décrété cette urgence mondiale, les gouvernements ont beau jeu de dénoncer un objectif perdu d’avance, faute d’avoir été défini avec précision et de disposer des bons outils pour faire un véritable état des lieux et mesurer le chemin parcouru. Du côté des scientifiques, le discours est très semblable.

En 2010, il est néanmoins question de se fixer un nouveau rendez-vous pour freiner le rythme d’extinction des espèces et la destruction des écosystèmes que les scientifiques jugent aussi menaçants pour l’avenir de l’humanité que le changement climatique. Les deux sont au demeurant étroitement liés.

2020 est l’année souvent évoquée. Il en sera débattu lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, en septembre, puis à la conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique, en octobre, à Nagoya, au Japon.

Mais, au lendemain de l’échec de la conférence mondiale sur le climat à Copenhague (7-18 décembre), la prudence et le doute se sont immiscés dans les esprits. La directrice des biens publics mondiaux au ministère des affaires étrangères, Laurence Tubiana, s’interroge sur la stratégie : « Est-ce vraiment la bonne chose à faire ? Cela ne risque-t-il pas de décrédibiliser un peu plus le processus de gouvernance mondiale ? », demande-t-elle.

Les scientifiques continuent, eux, de se lamenter sur « cette maison qui brûle », pour reprendre la formule lancée par le président de la République, Jacques Chirac, à la tribune du Sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002, tout en reconnaissant qu’ils Lire la suite

Pierre Rabhi : L’Autonomie… Le temps de l’insécurité créative est venu

pierrerabhi.org, Pierre Rabhi, le 8 février 2008

L’Autonomie… Le temps de l’insécurité créative est venu.

L’écologie une grande leçon d’autonomie

Le terme « autonomie » suggère une organisation, une situation fondée sur la non dépendance. Celle ci nécessite une détermination, une volonté et des actes pour lui donner réalité. Elle concerne aussi bien un individu, qu’un groupe d’individus ; elle a trait également à un état intérieur, à la subjectivité humaine.

L’autonomie s’applique à des domaines très divers comme le territoire, la nation, la politique, l’économie… Traitée d’une façon exhaustive, cette question nous entraînerait trop loin. Pour éviter toute confusion, nous nous bornerons par conséquent à quelques considérations en rapport avec notre engagement pour la Terre et l’Humanisme. D’une façon générale, l’autonomie s’inscrit dans un contexte qui lui donne sa raison d’être, qui la détermine : on est autonome à l’égard de quelque chose. L’écologie bien comprise est, par excellence, une grande leçon d’autonomie. Elle est fondée sur l’interdépendance des règnes et des espèces. Chaque espèce garde sa spécificité propre mais ne peut survivre sans relation avec les autres espèces. La rupture de cette relation génère la sclérose, une dévitalisation qui, faute de la circulation des énergies vitales, peut aller jusqu’à la mort. Ainsi, paradoxalement, l’interdépendance des espèces a pour finalité et résultat l’autonomie de la totalité d’un écosystème. En préconisant, par exemple, la fertilisation de la terre par de la matière organique, issue des déchets végétaux et animaux habituellement gratuits et transformée en humus, l’agroécologie que nous essayons de propager le plus largement possible respecte le cycle des échanges entre la terre, le végétal, l’animal et l’humain, avec bien sûr tous les éléments et conformément aux règles établies par la vie depuis les origines. L’agroécologie concilie ainsi la nécessité de s’alimenter avec l’indispensable intégrité et pérennité de la dynamique du vivant. Elle est donc facteur d’autonomie. A contrario, l’usage des engrais chimiques, des pesticides de synthèse coûteux à produire (il faut environ trois tonnes de pétrole pour la production d’une tonne d’engrais), est facteur de dépendance ; par leur constitution, ces produits détruisent la dynamique en question. Car cela introduit dans le cycle comme des « corps étrangers » que le métabolisme du sol ne peut ni générer, ni recycler. Le principe élémentaire biologique s’applique à tous les domaines de la vie. La planète Terre est dans sa totalité régie par cette intelligence. Bien qu’elle fût à l’origine peuplée par des créatures innombrables, cela ne s’est jamais traduit sur la biosphère par l’épuisement des ressources. La sphère terrestre dépend bien entendu des énergies cosmiques directes et indirectes – soleil, énergies subtiles -, et probablement de cette mécanique céleste qui nous fascine tant. L’espace écologique est par conséquent infini et notre planète exalte en quelque sorte cette intelligence qui, avec la diversité, la complexité illimitée, crée de la vie et de l’autonomie dans la pérennité et la continuité. C’est une des raisons pour lesquelles la planète terre est un miracle et un prodige inégalable de l’intelligence de la vie. Il y a là un phénomène grandiose digne de toute notre admiration. L’autonomie de la planète se fonde également sur le non gaspillage. La nature n’a pas de poubelle parce qu’elle ne crée pas de déchets. Cette loi est exprimée par le fameux « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Cette logique inspire la réflexion de l’écologie d’aujourd’hui pour le durable et le reproductible. Cependant, on a tendance à confondre l’autonomie et l’autarcie. On peut définir cette dernière comme un système clos qui prétend suffire à tous ses besoins sans échange avec l’extérieur. Et cela va à l’encontre de l’autonomie telle que la nature nous en donne le principe. Il s’agit donc d’une enclave dans un ordre global, du rejet de tout le contexte dans laquelle elle s’inscrit. Cette option contre nature devient trop souvent le terreau du sectarisme avec le repliement sur une idéologie ou un principe métaphysique qui ne souffre aucun échange ni aucune remise en cause. Les extrémismes ne sont rien d’autre qu’une conviction pathologique de détenir la seule vérité qui soit. Biologiquement, l’autarcie poussée à l’extrême est facteur de dégénérescence. Les anthropologues ont parfois découvert des communautés humaines dites « isolats » qui, faute d’échange avec les populations extérieures, cumulaient les tares par consanguinité et avec un appauvrissement génétique chronique s’acheminaient vers l’extinction. Que ce soit dans l’espace psychique ou physique, il semble que tout confinement va à l’encontre de la dynamique de la vie. Toujours en référence à notre pratique agroécologique, nous faisons une grande distinction entre l’aérobie et l’anaérobie. Un compost aéré donne une matière humique, fermentée et bénéfique ; un compost confiné donne une matière putride et toxique. Les deux principes contraires, autonomie et autarcie, que nous avons essayé d’élucider, devraient nous éclairer pour construire un futur autonome qui s‘avère indispensable pour la survie de notre espèce.

Le hiatus du « pétrolitique »

Cependant, cette nécessité d’autonomie sera mise en échec si nous ne prenons pas en compte, pour nous en affranchir, certains mythes fondateurs de la modernité particulièrement destructeurs d’autonomie. Depuis la révolution industrielle nous avons affaire, pour le meilleur et le pire, à un modèle dominant hégémonique à l’échelle planétaire. Ce modèle, nous le constatons clairement aujourd’hui, repose sur l’option la plus absurde, dépendante et dispendieuse que l’humanité ait imaginé. Cela a donné une civilisation technico-scientifique productiviste et marchande, dont la survie dépend essentiellement d’une matière combustible nauséabonde exhumée des entrailles de la terre, où elle sommeillait depuis des millénaires. Compte tenu de la gigantesque chaotisation qu’elle a provoquée dans l’histoire de l’humanité et de la nature, nous aurions été plus avisés de la laisser où elle était. Car elle est responsable d’un hiatus gigantesque dans le processus de la vie. Avec la thermodynamique, nous sommes entre Prométhée et Vulcain dans la civilisation de la combustion énergique à des fins d’efficacité, de vitesse… La voiture comme l’un des symboles du miracle de la rationalité industrielle chargée de phantasmes – évasion, liberté, emblème social -, est justement l’une des inventions faite du cumul de critères irrationnels. Une analyse objective nous permet de constater que nous avons affaire avec la voiture à un outil qui pèse en moyenne une tonne et demi pour déplacer des individus de plus ou moins 80 kilos. 80% du combustible destiné à le faire se mouvoir servent à produire de la chaleur et à permettre aux usagers de se gazer mutuellement et d’intoxiquer l’atmosphère. Cet outil a inspiré un mode d’organisation de l’espace de vie basé sur la dispersion avec un habitat éloigné des lieux de travail, de commerce, d’éducation… qui ne peut plus fonctionner sans lui. Il pèse lourdement Lire la suite

« Pic général » – Une récession temporaire… ou la fin de la croissance ?

voltaire.net, Richard Heinberg, le 15 octobre 2009

«  Pic général » – Une récession temporaire… ou la fin de la croissance ?

Alors que la croyance dominante attribue la crise économique actuelle aux seuls désordres du système financier, Richard Heinberg affirme qu’elle est une conséquence systémique du pic pétrolier. Dans cet article de fond, le « pape de la décroissance » expose ses arguments. Nous le publions dans nos colonnes parce qu’il présente des éléments de réflexion indispensables à la compréhension des enjeux actuels, même si nous ne partageons pas la philosophie malthusienne qui sous-tend son exposé. Au demeurant, au delà de la question de savoir s’il a entièrement tort ou raison, il est nécessaire de connaître et de comprendre une pensée qui exerce désormais une influence considérable dans le monde anglo-saxon en général, et sur les administrations Obama et Brown en particulier. Tout le monde s’accorde sur ce fait : notre économie est mal en point. Les symptômes inévitables comprennent un déclin des dépenses et de la confiance des consommateurs, ainsi qu’un repli des échanges commerciaux mondiaux et du crédit disponible. Ajoutez à cela un effondrement des valeurs immobilières, un carnage dans les industries automobiles et le transport aérien, et vous obtenez effectivement un tableau très sombre.

Mais pourquoi l’économie états-unienne et, dans une perspective plus large, l’économie mondiale flanchent-elles toutes les deux ? Du côté des médias dominants, des dirigeants mondiaux et des économistes en chef états-uniens (Timothy Franz Geithner, le secrétaire au Trésor et Ben Shalom Bernanke, le directeur de la Réserve Fédérale) on observe une quasi-unanimité d’opinion : ces récents troubles s’expliqueraient principalement par la combinaison de mauvais prêts immobiliers et d’une règlementation insuffisante des produits dérivés de la finance.

Voilà pour le diagnostic conventionnel. S’il est correct, alors le traitement de notre maladie économique devrait logiquement inclure, d’une part, d’importantes sommes consacrées au renflouement des institutions financières, des banques de prêt immobilier et des constructeurs automobiles en déroute ; d’autre part, une meilleure règlementation des produits dérivés financiers et des marchés à terme ; et enfin des programmes de relance destinés à revigorer les dépenses de consommation.

Mais si ce diagnostic était erroné ? La métaphore ne nécessite guère d’explications : nous savons tous quelles tragédies peuvent résulter d’une erreur d’appréciation des symptômes de la part d’un médecin et de la confusion par celui-ci de plusieurs maladies.

Un phénomène semblable s’observe dans le cas de notre affection économique nationale et mondiale. Si nous ne comprenons pas pourquoi le métabolisme industriel et financier du monde souffre, il est peu probable que nous puissions appliquer le bon remède et nous risquons, au bout du compte, d’aggraver la situation bien au-delà de ce qu’il en serait autrement.

N’en doutons pas : le diagnostic conventionnel est certainement en partie pertinent. La relation causale entre les prêts à risque et les crises de Fannie Mae, Freddie Mac et Lehman Brothers a été largement examinée et ne fait plus guère de mystère. Clairement, au cours des quelques années passées, les bulles spéculatives dans les secteurs immobilier et financier furent gonflées à une échelle colossale, de sorte que leur éclatement était inévitable. Il semble difficile de contredire le point de vue du Premier ministre australien Kevin Rudd, dans sa tribune publiée par le Sydney Morning Herald : « Les racines de la crise s’enfoncent dans la décennie d’excès l’ayant précédée. Au cours de celle-ci, le monde a connu un boom extraordinaire[…]Cependant, comme nous l’apprîmes ultérieurement, le boom global reposait en grande partie[…]sur un château de cartes. Premièrement, dans de nombreux pays occidentaux le boom a été érigé sur une montagne de dette entre les mains des consommateurs, des entreprises et de certains gouvernements. Comme l’explique le magnat de la finance George Soros : “Pendant 25 ans [l’occident] a consommé davantage qu’il n’a produit… nous avons vécu au-dessus de nos moyens.” » [1] .

Néanmoins, afin de saisir pleinement les origines de l’effondrement économique mondial en cours, notre regard doit-il s’arrêter là ?

On peut arguer que les tragiques événements liés à l’immobilier, aux marchés de produits dérivés financiers, à l’industrie automobile et au transport aérien ne sont simplement eux-mêmes que des symptômes d’un dysfonctionnement systémique encore plus profond signifiant la fin de la croissance économique telle que nous l’avons connue. 

En bref, je propose là un diagnostic alternatif. Cette explication de la crise économique est déconseillée aux âmes sensibles car, si celle-ci est avérée, elle implique que le patient est beaucoup plus gravement atteint que ne l’affirment même les économistes les plus pessimistes. Mais si elle est correcte, alors l’ignorer nous fait encourir des périls bien plus importants.

Croissance économique, crise financière et pic pétrolier

Depuis plusieurs années, un mouvement de commentateurs (dont je fais partie) pronostiquait un crash financier en se basant sur la constatation d’un plafonnement imminent de la production pétrolière mondiale. [2] Notre raisonnement s’articulait comme ceci :

L’accroissement continu de la population et de la consommation ne peut se poursuivre indéfiniment sur une planète limitée. Il s’agit là d’une observation axiomatique sur laquelle tous ceux familiarisés avec les mathématiques de la croissance exponentielle ne peuvent que tomber d’accord, quand bien même Lire la suite

Le père Noël ne passera pas à Copenhague ! ou la gouvernance de l’échec

portaildurisque.over-blog.com, Michel Lesbats, le 23 décembre 2009

Le père Noël ne passera pas à Copenhague ! ou la gouvernance de l’échec

Dans les domaines de la gouvernance globale l’heure était à la remise en cause des modèles dominants : la « réalité » géopolitique, la force, l’économie devait être tempérées par l’écologie et le social au niveau mondial. De plus la crise financière récente  devrait nous inciter à prendre le virage. Le GIEC, MM. Gore et Obama ne venaient ils pas d’obtenir le prix Nobel de la Paix ?

Quelle occasion d’espérer que le monde progresse par « bifurcation » et se mette sur les rails du changement de mentalités et de comportements en se montrant exemplaire au niveau de la gouvernance mondiale. Même l’apparition récente des climato-sceptiques semblait être le dernier sursaut d’une société  « has been  » qui avait vécue et que tout le monde (en Europe) semblait vouloir abandonner.

Quelle erreur collective d’appréciation : il est d’actualité de dire que nous croyions tous au Père Noël– le sommet de Copenhague  a servi de plateforme géopolitique et économique aux hommes d’affaires et aux politiques qui les soutiennent… un G20  pour régler des petits problèmes entre amis, sans se préoccuper de l’intérêt général. Tout le monde, à quelques exceptions près, n’a vu que ses intérêts géostratégiques et s’est intéressé qu’à son « petit commerce » ! Les intérêts particuliers des Etats et/ou des marchands priment, une fois de plus, sur l’intérêt général : espérons que cela ne soit pas une fois de trop !

Quelle déception pour les peuples pragmatiques, quelle victoire pour les gouvernants et les affairistes dominants. La rationalité est désormais du coté des peuples éclairés puisque la diplomatie internationale (ONU) qui devait nous accompagner pour changer le monde a accouché d’une souris.

Les Grands de ce Monde ont désormais perdu toute crédibilité et attitude de rationalité aux yeux des Petits. Comment cela sera – il perçu et analysé dans quelques années par les peuples qui seront inévitablement touchés directement ou indirectement par le réchauffement climatique et ses cascades d’effets associés… cet échec va accentuer le nombre de morts et de réfugiés sur la planète… tout le monde le sait !

Le crime contre l’Humanité  pourrait se découvrir deux nouvelles modalités dans les années qui viennent : l’ « inconscience écologique » et la « délinquance écologique mondiale » qui va tuer des millions de personnes, des espèces de la biocénose et de nombreux écosystèmes qui les hébergent – cette modalité devrait permettre, à terme, de condamner les Grands de la  planète, y compris lorsqu’ils  «auront pêché par omission de prendre des décisions ».

Comment mobiliser et demander aux entreprises et aux citoyens français de consentir et d’accentuer les efforts en matière d’écologie sans les contraindre trop…  alors que d’autres vont ruiner ces efforts en quelques semaines aux Etats Unis, en Chine ou en Inde et que le comportement incontrôlé de ces derniers vont de toutes les façons nous précipiter vers la catastrophe ?

Pas mal d’argent et d’intelligence ont été gaspillé ces derniers temps pour mobiliser les « citoyens éclairés » et organiser le Sommet de Copenhague ; cela aurait été mieux utilisé à la prévention sur le terrain du drame humain qui se prépare.

Le Président Sarkozy lui même pensait que le sommet ne pouvait pas échouer parce que Lire la suite

Le Sud, première victime du réchauffement climatique

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 10 novembre 2009

Le Sud, première victime du réchauffement climatique

Plusieurs études confirment que les pays pauvres seront les premières victimes du changement climatique, alors même que, faibles émetteurs de gaz à effet de serre, ils en sont les moins responsables. Une étude publiée début septembre 2009 par Maplecroft, un cabinet britannique d’expertise des risques globaux, montre que les pays les plus vulnérables au réchauffement sont la Somalie, Haïti, l’Afghanistan et la Sierra Leone. Des vingt-huit pays exposés à un « risque extrême « , vingt-deux sont situés en Afrique subsaharienne.

A Manille, au même moment, la Banque asiatique de développement présentait les résultats d’une enquête concluant que la fonte des glaciers de l’Himalaya menace la sécurité alimentaire et la disponibilité en eau des 1,6 milliard d’habitants d’Asie du Sud. A New York, Rob Vos, directeur du département des affaires économiques et sociales de l’ONU, a jugé que, « si l’on ne réduit pas les émissions de GES de façon significative, les dommages causés à l’économie des pays pauvres seront dix fois supérieurs à ceux enregistrés dans les pays développés « . M. Vos commentait le rapport publié par son département. Selon les conclusions, il faudrait investir chaque année, dans l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets, de l’ordre de 1?% du produit intérieur brut (PIB) mondial, soit plus de 500 milliards de dollars.

Quelques mois plus tôt, en mai 2009, l’ONU avait publié un rapport issu de la Stratégie internationale de réduction des risques, lancée en 2000. Le document opère la première synthèse des connaissances sur les désastres naturels qui se sont produits entre 1975 et 2008. S’il reconnaît ne pas être exhaustif, le texte n’en représente pas moins une masse de connaissances unique.

Entre 1975 et 2008, il dénombre 8 866 désastres ayant tué 2 284 000 personnes. Concernant les inondations, le risque mortel a augmenté de 13 % entre 1990 et 2007. Le tableau n’est pas, si l’on ose dire, uniformément catastrophique. Certes, le nombre absolu des pertes humaines ou économiques augmente sur l’ensemble de la période, mais il reste proportionnellement stable, du fait de l’augmentation démographique et de celle du PIB mondial.

Mais, selon les experts de l’ONU, la situation devrait se dégrader, en raison du changement climatique et de la dégradation des écosystèmes. Celle-ci est un facteur trop ignoré. Or ces derniers parviennent à amortir l’impact des catastrophes d’origine naturelle. Quant au changement climatique, il va augmenter le risque des désastres. La vulnérabilité des populations est l’un des autres facteurs qui accentuent les risques. L’action des pouvoirs publics (normes antisismiques, etc.) devient cruciale : le Japon et les Philippines subissent à peu près le même nombre de typhons, mais ceux-ci provoquent 17 fois plus de morts aux Philippines qu’au Japon.

Le « Bilan Planète » 2009

L’article ci-contre est extrait d’un numéro hors-série du « Monde » intitulé « Bilan Planète », Lire la suite

Fabrice Nicolino : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille »

bastamag.net, Agnès Rousseaux, le 16 octobre 2009

Industrie de la viande

Fabrice Nicolino : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille »

Inquiétante pour la santé humaine, menaçante pour la diversité des espèces, dangereuse pour le climat, l’industrie de la viande a échoué à résoudre le problème de la faim. C’est ce que démontre le journaliste Fabrice Nicolino dans un essai intitulé Bidoche. Il aurait très bien pu s’intituler « barbaque » ou « charogne »… Les Français mangent en moyenne, chaque année, 92 kg de chair fraîche, congelée ou stérilisée, une carne produite presque exclusivement par l’industrie. Autant dire que les questions soulevées par cette antithèse d’un livre de cuisine nous concernent tous, en tant que consommateurs et citoyens. Attention, l’interview qui suit peut pousser à devenir végétarien.

Quels sont réellement les risques sanitaires concernant la consommation de viande ?

Il faudrait être bien naïf pour croire qu’il n’y a pas d’impact pour l’homme à farcir les animaux d’antibiotiques, d’hormones, de tranquillisants, de stimulateurs d’appétit, de tout ce qui passe dans les mains des industriels. Nous sommes juste derrière dans la chaîne alimentaire. Nous ingérons forcément ce que mange le cheptel, on ramasse tout. Depuis une dizaine d’années, des études de plus en plus nombreuses montrent d’importantes concordances entre la consommation de viande et les maladies, comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, le cancer. L’Institut national du cancer (INCa) a lancé une alerte en février 2009 et a publié des chiffres inquiétants sur les risques liés à la consommation de viande rouge et de charcuterie [1]. Un ensemble de faits s’accumulent. On peut clairement dire aujourd’hui que manger de la viande attire des ennuis de santé.

La plus vaste des études jamais menée sur la nutrition, dirigée par l’éminent nutritionniste T. Colin Campbell, impliquant 500.000 personnes en Chine et aux États-Unis, a montré que le meilleur régime est très largement végétarien. Cela va à l’encontre de ce qui est raconté depuis des décennies, toute cette propagande en faveur de la consommation de la viande. C’est profondément enraciné dans esprit humain : la viande serait bonne pour la santé. C’est surtout un signe extérieur de richesse, le symbole d’un statut social.

Les contrôles sanitaires ne permettent-ils pas de diminuer les risques liés aux manipulations génétiques, à l’injection de substances, à la transformation des animaux en produits industriels ?

Que veut dire « contrôle sanitaire » quand il y a des milliers de points de vente ? Le business fait la loi. Il n’y a qu’à voir comment George Bush, et Reagan avant lui, ont choisi des industriels comme conseillers. Même si les contrôles avaient montré quelque chose, il y aurait eu blocage au niveau politique. Regardez comment Bush a fait peu de cas de l’Agence de protection environnementale (EPA), comment il l’a censuré. L’industrie de la viande est une industrie reine, enracinée dans l’histoire américaine. On ne peut pas espérer la contrôler efficacement aux États-Unis. En France, le nombre de contrôleurs est ridicule, ça n’a aucun sens.

Le problème n’est pas tant le contrôle que la production. Quand on voit qu’on est capable Lire la suite

Aurélie Trouvé : «Notre modèle de consommation alimentaire n’est pas soutenable»

liberation.fr, Recueilli par Philippe Btochen,  le 25 septembre 2009

«Notre modèle de consommation alimentaire n’est pas soutenable»

Aurélie Trouvé, docteur en économie et ingénieur agronome, est enseignante-chercheuse à l’Agrosup Dijon et copréside la branche française d’Attac. Elle réagit aux déclarations de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) selon laquelle il y aura 2,3 milliards de bouches de plus à nourrir en 2050 – soit 9 milliards d’être humains – et qu’en conséquence une hausse de 70% de la production agricole est nécessaire.

Les chiffres fournis par la FAO vous étonnent-ils ?

Pour l’augmentation de la production agricole de 70%, non, il n’y a rien d’étonnant s’il n’y a pas de prise de conscience et de transformation de notre mode de consommation alimentaire, notamment dans les pays du Nord.

Pour des néophytes de la question il est difficile de comprendre qu’une augmentation de la population mondiale d’environ un tiers nécessite d’augmenter la production agricole de 70% pour pouvoir nourrir tout le monde.

Dans les pays du Sud, notamment en Asie et en Afrique, il y aura une augmentation des besoins pour des raisons démographiques et aussi parce qu’on assiste actuellement à une transformation du modèle alimentaire. Il tend notamment à imiter les pays du nord, notamment en ce qui concerne l’alimentation carnée. Et il ne faut pas oublier que pour produire une kilocalorie animale, il faut plusieurs plusieurs kilocalories végétales. C’est une des explications de la disproportion entre l’augmentation des besoins alimentaires de 70% et la hausse de la population qui n’est que d’un tiers.

Une telle augmentation de la production agricole en si peu d’années vous semble-t-elle possible ?

C’est une question qui fait couler beaucoup de salive et d’encre parmi les agronomes et les scientifiques. Cela doit surtout amener à une prise de conscience, parce qu’aujourd’hui le modèle de consommation alimentaire des pays du nord est non soutenable à une échelle mondiale. Si toute la population planétaire se nourissait comme un habitant des Etats-Unis, on ne pourrait nourrir que 2 milliards d’être humains au lieu des 6 qui peuplent actuellement la Terre.

Parmi les enjeux, il y a donc une question culturelle liée à la mondialisation, mais aussi des raisons politiques. Non ?

Evidemment, et ces raisons politiques ont induit des choix. Aujourd’hui, la plupart de l’alimentation animale vient d’Amérique à des prix qui sont artificiellement très bas. Parce que cette alimentation provient de très grandes exploitations qui produisent massivement et qui, pour beaucoup, ont des coûts sociaux et environnementaux très faibles. Notre alimentation très carnée s’appuie aussi sur une production qui induit un accaparement de plus en plus important des terres dans ces pays et concurrence directement l’agriculture vivrière. Au Brésil, il y a ainsi des millions de paysans sans terre.

L’UE est-t-elle aussi responsable de cette situation ?

En Europe, on a mis Lire la suite

Grenelle de l’environnement : le texte

citron-vert.info, Philippe Ladame, le 6 août 2009

Grenelle de l’environnement : le texte

La loi relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, adoptée par l’Assemblée, est publiée au Journal Officiel.

En voici le sommaire (avec l’indication des pages) :

TITRE I : Lutte contre le réchauffement climatique – p 3

CHAPITRE I : Réduction des consommations d’énergie des bâtiments – p 5

CHAPITRE II : Urbanisme – p 9

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 9

SECTION 2 : Disposition relatives à l’urbanisme et au patrimoine – p 10

CHAPITRE III : Transports – p 10

SECTION 1 : Disposition relatives aux objectifs – p 11

SECTION 2 : Dispositions modifiant la loi d’orientation des transports intérieurs – p 19

CHAPITRE IV : Energie – p 20

CHAPITRE V : La recherche dans le domaine du développement durable – p 22

TITRE II : Biodiversité, écosystèmes et milieux naturels – p 24

CHAPITRE I : Stopper la perte de biodiversité sauvage et domestique. Restaurer et maintenir ses capacités d’évolution – p 24

CHAPITRE II : Retrouver une bonne qualité écologique de l’eau et assurer son caractère renouvelable dans le milieu et abordable pour le citoyen – p 26

CHAPITRE III : Uune agriculture et une sylviculture diversifiées et de qualité, productive et durables – p 28

CHAPITRE IV : La gestion intégrée de la mer et du littoral – p 32

 TITRE III : Prévention des risques pour l’environnement et la santé, prévention des déchets – p 33

CHAPITRE IER : L’environnement et la santé – p 33

CHAPITRE II : Les déchets – p 37

TITRE IV : État exemplaire – p 40

TITRE V : Gouvernance, information et formation – p 42

TITRE VI : Dispositions propres à l’outre-mer – p 47

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Enquête sur les associations environnementales d’Aquitaine

La mobilisation des associations environnementales d’Aquitaine contre la crise écologique, MNE, Avril 2008

  • 500 associations environnementales en Aquitaine
  • 60 000 adhérents / 2 % des Aquitains
  • 5 000 administrateurs, cadres bénévoles
  • 850 salariés / 1 % de l’emploi associatif de la région
  • Des milliers d’actions directes ou indirectes de préservation de l’environnement
  • Quatre « grands » réseaux associatifs : la SEPANSO Aquitaine, le GRAINE Aquitaine, les Maisons de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine et de Pau

Les activités principales : Lire la suite

La Maison Blanche présente un rapport sur le changement climatique

toutsurle bio-nature.com, U.S. Global Change Research Program, date NC

La Maison Blanche présente un rapport sur le changement climatique

Lors d’une conférence de presse, la Maison Blanche a présenté le rapport sur le changement climatique intitulé « Global Climate Change Impacts in the United States » réalisé par le U.S. Global Change Research Program (USGCRP).

Le U.S. Global Change Research Program coordonne et intègre la recherche au niveau national sur les changements environnementaux et leurs impacts sur la société. Ce programme a démarré à la suite d’une initiative présidentielle en 1989 et a été mandaté par le Congrès en 1990 dans le Global Change Research Act qui avait pour objectif d’avoir « un programme de recherche globale et intégrée aux États-Unis qui aidera la nation et le monde entier à comprendre, évaluer, prévoir et répondre aux changement globaux induits par l’homme et de manière naturelle« .

Le rapport apporte une synthèse de la recherche et des impacts actuels à venir du changement climatique auxles Etats-Unis. En outre, il met l’accent sur les impacts dans différentes régions des États-Unis et sur les différents éléments de la société et de l’économie comme l’énergie, l’eau, l’agriculture et de la santé.

« Il est clair que les impacts  sont déjà en cours aux Etats-Unis et que ces impact vont augmenter à l’avenir, surtout si la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère continue d’augmenter« , peut on lire dans le rapport. Une affirmation qui fait suite à la reconnaissance par le gouvernement américain en avril dernier du lien entre les gaz a effet de serre et le changement climatique à la suite des conclusions de l’EPA (Environmental Protection Agency ) qui indiquaient que les GES (Gaz à Effet de Serre) doivent désormais être considérés comme des polluants responsables du réchauffement climatique et « menaçant la santé actuelle et le bien être des générations avenir ».

Le rapport souligne aussi notamment que l’élevage et l’agriculture seront de plus en plus affectés, « l’augmentation de la chaleur, les parasites, le stress hydrique, les maladies et les phénomènes météorologiques extrêmes posant des défis pour l’adaptation dans ces deux domaines » et que les menaces pour la santé de l’homme vont augmenter.

Les 10 éléments clés du rapport

1- Le réchauffement climatique est sans équivoque et surtout lié à l’activité de l’homme.

2- Les changements climatiques sont en cours aux États-Unis et vont s’accroitre dans le futur

3- Les impacts liés au climat se produisent d’ores et déjà vont augmenter à l’avenir

4- Le changement climatique aura un impact sur les réserves en eau

5- L’élevage et l’agriculture seront de plus en plus affectés

6- Les zones côtières sont de plus en plus face au risque de hausse du niveau des mers et des tempêtes

7- Les menaces pour la santé Lire la suite

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

actu-environnement.com, C.Seghier, le 11 juin 2009

La Commission Barroso épinglée par dix ONG environnementales

À quelques mois de la fin de son mandat, la Commission de José Manuel Barroso s’est vue décerner, par un groupe de dix ONG, une note globale de 4,4 sur 10 pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années. Explications.

4,4 sur 10 ! C’est l’évaluation donnée par un groupe de dix ONG environnementales (Green 10) qui représente l’union des dix plus grandes organisations environnementales européennes, à la Commission de José Manuel Barroso pour son action en faveur de l’environnement ces cinq dernières années.

À quelques mois de la fin de son mandat, le constat se veut sévère ! Le groupe d’associations qui regroupe notamment Greenpeace, le WWF, Bird Life ou le Climate Action Network, a noté l’action de la Commission Barroso, entrée en fonction en novembre 2004, dans douze domaines allant de la lutte contre le changement climatique, à la santé, en passant par les transports, l’agriculture, la transparence ou encore la biodiversité.

Sa politique de stratégie pour un développement durable obtient un 2/10. Son action en matière de transparence décroche un 3/10 tout comme son action dans la protection des ressources naturelles. La Commission n’obtient que la note de 4/10 en agriculture, dans le domaine de la biodiversité, du commerce extérieur et concernant le budget et la politique de cohésion de l’UE. Concernant l’agriculture notamment, le rapport des ONG reproche à la Commission d’avoir trop souvent cédé aux intérêts professionnels dans ses décisions concernant l’agriculture et les écosystèmes marins. Le bilan de santé de la Politique Agriculture Commune, en particulier, a été une opportunité ratée de réformer en profondeur la PAC , commente un communiqué de la coalition. Au sujet de la biodiversité, les ONG expliquent la mauvaise note attribuée par son soutien constant aux OGM, sa proposition initiale faible pour la nouvelle directive sur la stratégie marine qui n’a pas permis de répondre aux pressions sur l’environnement marin et son échec à trouver un financement adéquat au réseau Natura 2000.

Son action dans l’application des directives européennes est, elle, notée d’un 5/10, tout comme son action en matière de santé. Le résultat positif d’une interdiction totale du mercure et les propositions pour réduire la pollution de l’air ont été contrebalancés par les désaccords au sein de la Commission sur la législation visant à interdire les produits chimiques dangereux , expliquent les ONG.

Parmi les bonnes notes, grâce à l’action du commissaire à l’Environnement Stavros Dimas, Lire la suite

La grande oubliée de la campagne puis des élections européennes : l’alliance écologique indépendante

mei-fr.org, Communiqué, le 9 juin 2009

La grande oubliée de la campagne puis des élections européennes : l’alliance écologique indépendante

L’Alliance Ecologiste qui a  rassemblé pour la première fois 3 formations politiques écologistes (Génération Ecologie, La France en Action et le Mouvement Ecologiste Indépendant) a été systématiquement « oubliée »  dans les sondages, « oubliée » par les grands médias lors des débats précédents les élections et enfin complètement ignorée dans les comptes-rendus et commentaires politiques des résultats. Chose extraordinaire seul Jean Louis  Borloo a osé évoquer cette évidence que le vote écologiste devance nettement le score socialiste : «  L’Alliance Ecologiste Indépendante et Europe Ecologie représentent 20% des voix ».

Cette occultation aurait-elle pour objet d’éviter de mettre en évidence le fait qu’Europe Ecologie n’était pas le rassemblement écologiste annoncé ?

Ou alors  l’existence  de l’Alliance  rompt-elle  un des socles de la vie politique française à savoir la fracture Droite-Gauche qui n’existe plus qu’au niveau  du discours ?

Le fait  est que 3,5 % des électeurs écologistes refusent de laisser enfermer l’écologie politique dans le cadre de l’alternance Droite-Gauche. Ce qui expliquerait le « classement » du Ministère de l’Intérieur qui cite les 1,2 % de Lutte Ouvrière et occulte le score de l’Alliance Ecologique Indépendante (3,5 %)  en le faisant disparaître dans les  4 ,3 % de divers.

L’Alliance Ecologiste Indépendante réaffirme que Lire la suite

Appel pour une France durable : Interpellons les décideurs politiques et économiques

naturavox.fr, Gilles VANDERPOOTEN, Président de l’Association Vive la Terre (Etudiant, 23 ans) pour le collectif de l’Appel pour une France durable, le 25 mai 2009

Isabelle Autissier, Allain BOUGRAIN-DUBOURG, Robert BARBAULT, Dominique Belpomme, Dominique BOURG, Gilles ClÉment, Philippe Desbrosses, Jean-Pierre DOUSSIN, Caline JACONO, Jean Jouzel, Tristan Lecomte, Amélie Nothomb, Jéromine PASTEUR, Nicolas VANIER…

Appel pour une France durable

Interpellons les décideurs politiques et économiques

En 1987, le rapport Brundtland énonçait le « développement durable » et se préoccupait des « générations futures ». C’était il y a plus de vingt ans. Les « générations futures » sont là. Ne nous limitons pas à parler d’elles tout en continuant à accroître leur dette… Prenons garde au décalage entre les discours et les actes.

A l’heure de la crise économique, en période de Grenelle de l’environnement, et alors que partout l’on se réclame du « développement durable », exigeons des décideurs économiques et politiques qu’ils mettent résolument en œuvre des alternatives afin de répondre aux enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux qui engagent notre responsabilité collective et l’avenir des jeunes générations.

Pas un jour sans que les thèmes de la responsabilité sociale, environnementale et sociétale ne soient évoqués dans les déclarations des responsables et experts économiques et politiques, dans les médias, dans les conversations citoyennes.

L’ensemble des acteurs économiques se réclame aujourd’hui du « développement durable » – une expression qui trop souvent se limite à de bonnes intentions ou à des effets d’annonce, et peine à se traduire en actes. Au risque de se transformer en alibi pour continuer comme avant et poursuivre les atteintes portées à l’homme et à son environnement.

A force d’utiliser sans discernement cette expression commode mais ambiguë, on finit par la vider de son sens, par en réduire les exigences et les ambitions.

Le caractère durable d’une activité ne peut se résumer à l’accroissement de la richesse économique, et il est incompatible avec l’utilisation sans limite des ressources naturelles ; la responsabilité environnementale et sociétale de l’entreprise ne peut se réduire au respect minimal de la législation en vigueur.

En cette période de Grenelle de l’environnement et malgré les avancées, force est de constater la distance entre l’intérêt que suscitent les enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux dans l’ensemble de la nation, et la frilosité de bon nombre de décideurs économiques et politiques.

Prenons garde au Lire la suite

Le collectif CAP’Eau pour « une nouvelle politique de l’eau en Adour-Garonne »

lejpb.com, Sébastien Vaïsse, le 12 mai 2009

Le collectif CAP’Eau pour « une nouvelle politique de l’eau en Adour-Garonne »

Hier matin, la question sensible de la gestion de l’eau était au coeur du débat à l’occasion de la conférence de presse du collectif CAP’Eau, qui regroupe une cinquantaine d’associations et fédérations du bassin Adour Garonne. Un collectif dont la première initiative est de «sensibiliser l’opinion publique et les élus sur l’urgence à mettre en oeuvre une nouvelle politique de l’eau». Une urgence d’autant plus significative que «la situation du bassin Adour-Garonne en matière de préservation et de reconquête de la qualité des eaux et des milieux aquatiques est alarmante».

À noter que ce travail mené par le collectif CAP’Eau, se résume via «un kit de 13 fiches» rentre dans le cadre de la révision du SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) et souligne «qu’une nouvelle politique de l’eau est nécessaire et possible afin de se donner les moyens d’atteindre les objectifs affichés par la Directive Cadre sur l’eau en Adour-Garonne».

Objectif 2015 : pas atteint ?

Concrètement, si la DCE (Directive Cadre Européenne de 2000) et sa transcription sur le territoire français (Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006) ont fixé des objectifs écologiques ambitieux en matière de qualité des eaux d’ici 2015, force est de constater qu’on sait dès aujourd’hui «que le bon état des eaux risque de pas être atteint en 2015, alors que cet objectif ne concerne que 60 % des masses d’eau sur le bassin Adour-Garonne» explique Julien Iladoy du syndicat ELB, «le reste étant reporté à 2 021 et 2 027».

Un constat plutôt négatif qui s’explique notamment par l’absurdité de la politique actuelle : «on pollue, puis on traite pour répondre à des normes sanitaires. Il faut désormais sortir de cette situation, adopter une démarche ambitieuse de prévention» explique-t-on du côté du collectif.

L’eau «sous pression»

Pourtant, la pollution des eaux du territoire Adour-Garonne est une réalité. Des «écosystèmes montagnards fortement perturbés» aux «eaux souterraines et aux rivières durablement polluées par les pesticides et les nitrates, entraînant par la même occasion Lire la suite

13 au 17 mai : Cinq jours très nature en Aquitaine

sudouest.com, Jean-louis Hugon, le 11 Mai 2009

FÊTE DE LA NATURE. Du 13 au 17 mai, la Région propose de découvrir ou redécouvrir des sites naturels locaux

Cinq jours très nature en Aquitaine

Du 13 au 17 mai, l’Aquitaine fête la nature à travers un ensemble de manifestations mettant à l’honneur le caractère exceptionnel de la région. Pour la deuxième année, le Conseil régional et les conservateurs des espaces remarquables du réseau Aquitaine nature invitent à la découverte de plus de 30 sites naturels. Visites guidées, parcours d’initiation ou d’observation, contes, ateliers pour enfants, projections de films, tous prétextes à redécouvrir une faune et une flore emblématiques, des écosystèmes fragiles, un patrimoine géologique insoupçonné. « Tout ceci est le point d’orgue de l’action que nous menons dans l’année, explique Philippe Dorthe, vice-président du Conseil régional en charge du tourisme et du patrimoine. Avec les gestionnaires de ces 78 sites couvrant 16 000 hectares, nous avons noué des partenariats leur permettant de travailler toute l’année. Ces journées ne seront qu’un effet de loupe sur tout ce qui est fait durant douze mois. »

Neuf sites landais à visiter

Pour les Landes, l’effort est porté sur neuf sites naturels : la réserve nationale d’Arjuzanx, les barthes de l’Adour (Pontonx, Saint-Étienne-d’Orthe, Saint-Martin-de-Seignanx), la réserve du Marais d’Orx, la réserve du Courant d’Huchet, les saligues de l’Adour (Bordères-et-Lamensans, Cazères, Renung), la lagune de la Tapy (Vert), l’écomusée de Marquèze, l’étang de la Maillouèyre (Mimizan), la réserve de l’étang Noir (Seignosse). On y ajoutera les coteaux secs de Cagnotte, où l’on peut observer des orchidées sauvages.

À découvrir, parmi les balades naturalistes, Lire la suite

Appel à projet ANR : Changements Environnementaux Planétaires

agence-nationale-recherche.fr, appel à projet, mai 2009

Appel à projet ANR : Changements Environnementaux Planétaires (CEP)

Les changements environnementaux sont désormais perceptibles à l’échelle de la planète, d’où le terme « changements environnementaux planétaires » ou « changement global ». Un des enjeux majeurs de la recherche consiste à faire émerger une approche systémique, profondément multi- et trans-disciplinaire sur ce domaine, à l’interface des sciences humaines et sociales, des sciences de la vie et de la matière.

L’objectif de ce nouveau  programme est d’accélérer les recherches françaises ayant une approche intégrée de ces processus se développant à l’échelle de la planète mais générant des impacts d’ordres régionaux. Le programme visera à faire émerger des projets portant sur l’impact, la mitigation et/ou l’adaptation aux changements environnementaux planétaires.

Le programme est structuré en six axes :

Axe thématique 1 : Vulnérabilité et Adaptation des sociétés aux CEP

Axe thématique 2 : Aménagement des Territoires et Occupation Des Sols  dans le contexte des CEP

Axe thématique 3 : Rôle de la biodiversité sur le fonctionnement des écosystèmes dans le contexte des CEP

Axe thématique 4 : Ressources naturelles et sécurité alimentaire dans le contexte de CEP

Axe thématique 5 : Changements environnementaux planétaires et effets sur la santé

Axe thématique Transverse 6 : Outils et méthodes pour la science du système Terre

Date limite de soumission des dossiers Lire la suite

En Europe, la nature disparaît à un rythme inquiétant

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 5 mai 2009

Faire un bilan est toujours risqué. Stavros Dimas, le commissaire européen à l’environnement, s’est prêté à l’exercice à Athènes, les 27 et 28 avril, devant la fine fleur des experts de la biodiversité. Ce bilan ne s’imposait pas seulement parce que le mandat de la Commission arrive à échéance dans quelques semaines, mais aussi parce qu’il y a sept ans, la communauté internationale s’était fixé rendez-vous en 2010 – autant dire demain – pour mesurer les progrès accomplis en matière de lutte contre la disparition des espèces et la dégradation des écosystèmes constatées sur tous les continents.

L’objectif avait été adopté par les Nations unies, mais l’Union européenne (UE) avait choisi de se montrer encore plus ambitieuse en s’engageant à « stopper l’érosion de la biodiversité » à l’horizon 2010. L’état des lieux dressé par Jacqueline McGlade, la directrice exécutive de l’Agence européenne de l’environnement (AEE), montre qu’un peu de prudence aurait évité aux Européens de devoir assumer aujourd’hui un véritable échec. « L’objectif de 2010 ne sera pas atteint et la biodiversité européenne demeure très fortement menacée« , a-t-elle confirmé.

De 40 % à 70 % des espèces d’oiseaux et de 50 % à 85 % des habitats dans lesquels se déploient la faune et la flore européenne se trouvent ainsi dans « une situation de conservation critique« , selon les chiffres d’un rapport que l’AEE s’apprête à publier.

A-t-on au moins réussi à ralentir la cadence à laquelle la nature dépérit sous l’effet de la fragmentation du territoire, de l’extension des villes, des routes et de l’intensification de l’agriculture ? Le débat reste ouvert.

« Au niveau mondial, la moitié de la nature a disparu depuis l’ère préindustrielle et elle recule encore au rythme de 1 % par an. C’est peut-être moins en Europe depuis la création de Natura 2000« , avance Andrew Balmford, professeur à l’université de Cambridge (Royaume-Uni). Avec ses 25 000 sites couvrant 17 % du territoire européen, Natura 2000 constitue le premier réseau d’aires protégées au monde. Mais cette vitrine a surtout vocation à préserver les espèces dites « remarquables », pas la biodiversité que l’on pourrait qualifier d’ordinaire, sur laquelle repose l’essentiel des services rendus par les écosystèmes.

En 2006, l’UE a adopté un plan d’action pour la protection de la biodiversité. La mise en oeuvre n’a pas suivi. « Ce plan n’a aucun caractère contraignant. C’est sa grande faiblesse. Sans menaces de sanctions, il est illusoire de penser que les gouvernements ou les acteurs économiques prendront en compte la biodiversité« , remarque Tony Long, représentant du Fonds mondial de la nature (WWF).

Les scientifiques font aussi leur mea culpa : « Nous n’avons pas réussi à démontrer pourquoi la sauvegarde de la biodiversité est si importante« , a reconnu John Hutton, du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Alors que, grâce au travail du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), à celui de l’économiste britannique Nicholas Stern et à l’engagement de l’ancien vice-président américain Al Gore, le changement climatique s’est hissé au sommet de l’agenda mondial, la crise de la biodiversité reste dans l’ombre. Et peu d’hommes politiques en ont saisi la gravité.

« Nous n’avons pas un indicateur simple – Lire la suite

Le Titanic de l’économie carbonique

altermonde-sans-frontières.com, Yann Fiévet, le 30 avril 2009

For Le Peuple Breton, mai 2009

Le Titanic de l’économie carbonique

L’Histoire retiendra dans son œuvre d’établissement des faits aux conséquences gravissimes que le récent sommet du G20 est l’une des preuves les plus flagrantes de l’incurie actuelle des Maîtres du Monde. L’économie mondialisée est un navire démesuré aux multiples voies d’eau dont on a décidé de maintenir la route incertaine afin de sauver le plus longtemps possible les intérêts des occupants de la Première Classe. Le discours tenu aux passagers des classes subalternes n’affiche évidemment pas ce but cardinal ; on leur assure au contraire que pour sauver tout le monde il n’est qu’un seul cap à suivre. Mais, peu importent les paroles du Commandement : son attitude obstinée révèle une coupable sous-estimation du danger qui menace de dislocation le Titanic planétaire.

Ce Titanic-là est un trop vieux rafiot pour pouvoir tenir la mer démontée qui l’assaille de toute part. Il est d’un autre temps, celui où la prospérité économique provenait de l’abondance des sources d’énergie d’origine fossile. La première méprise du Commandement est de croire qu’il va pouvoir maintenir le coût de l’énergie à 5% du PIB, indicateur par ailleurs fièrement conservé comme référence de la richesse produite grâce à ce volume d’énergie. La vénération du mythe de la Croissance alors que les gisements de matières fossiles desquels elle dépend étroitement diminuent devrait imparablement apparaître absurde. Dans l’économie carbonique, produire va coûter de plus en plus cher à mesure que l’on va découvrir qu’aucune alternative crédible aux « fossiles » n’existe dans un avenir raisonnable. Ces considérations nous feraient presque oublier le désastreux bilan écologique de l’usage démentiel de ces sources d’énergie qui firent la fortune de l’ère industrielle. C’est la deuxième illusion du Commandement : croire qu’il va être possible de repeindre en vert la titanesque croissance.

L’abondance énergétique n’est pas le seul attribut de l’économie carbonique. Un autre attribut mortifère la condamne au regard de la nécessaire intelligence à (re)construire : elle s’est développée au mépris des limites qu’imposent la nature en général et le vivant en particulier. La transgression de ces limites, après avoir été longtemps prétendue inoffensive, est aujourd’hui payée au prix fort par les sociétés humaines. Les dérèglements climatiques, l’appauvrissement des sols, le dépérissement avancé de la biodiversité ou le développement exponentiel des maladies « environnementales » devraient nous imposer le réapprentissage des limites. La Croissance verte est toujours la Croissance, c’est-à-dire la poursuite du renoncement à prendre en considération impérative les limites physiques et biologiques. Les hommes devraient inventer l’économie biophysique. Cette économie « révolutionnaire » ne se préoccuperait pas seulement de connaître les limites de son emprise sur les écosystèmes, elle produirait surtout les conditions de son existence pérenne par l’équilibre des flux entre elle et la nature dans toutes ses dimensions. La Culture n’est pas supérieure à la Nature ; elles doivent marcher de front pour un dialogue permanent. Ici, la Croissance verte échouera encore : l’allègement de la domination de l’économique sur la nature ne remet pas en cause le caractère essentiel de cette domination. Adoucir le joug pour mieux le maintenir, telle est la nouvelle et dérisoire frontière offerte aux peuples par le Commandement aveugle du navire en perdition.

Le Commandement, régulièrement conforté par les analyses macro-économiques de ses nombreux conseillers, se méprend encore en ignorant superbement la contre productivité manifeste de la « société de marché ». L’archéologue américain Joseph Tainter a étudié le développement et le déclin de nombreuses civilisations pour mettre à jour les raisons communes de leurs destins fatals. Confrontées aux problèmes inhérents à leur fonctionnement, ces civilisations accroissent la complexité de celui-ci en augmentant encore les moyens qui ont permis leur développement. L’accroissement de la complexité signifie la diversification des rôles sociaux, économiques et politiques ainsi que l’essor des moyens de communication et la croissance de l’économie des services, tout cela étant soutenu par une consommation d’énergie sans cesse en augmentation. Il est incontestable qu’aujourd’hui la satisfaction sociale par habitant augmente de moins en moins vite, alors que les coûts écologiques croissent chaque jour davantage. La contre productivité globale de la société de marché est désormais palpable puisque son bénéfice net, différence entre la satisfaction sociale et les coûts conjoints de l’organisation sociale et de la crise écologique, diminue. L’effondrement de cette société interviendra quand son bénéfice net deviendra nul. Hérétique prédiction !

L’erreur majeure des économistes de la théorie orthodoxe est de raisonner exclusivement sur la combinaison de deux facteurs de production, le travail et le capital, et d’ignorer ainsi le moteur même de l’économie que constitue les matières minérales et énergétiques fournies par la nature. L’épuisement de ces richesses premières en amont de la production et les dégâts occasionnés à l’environnement naturel en aval de la consommation ne sont jamais sérieusement chiffrés économiquement. À cet égard, le développement durable, déclinaison publicitaire de la théorie économique dominante, ne résout rien. En dernière instance, c’est toujours l’économique qui l’emportera sur le social et l’environnemental. À la figure des trois cercles ne se chevauchant que sur une portion congrue, il nous faudrait substituer celle de trois cercles concentriques : le petit cercle de l’économie contenu dans celui plus large du social lui-même inscrit dans le vaste cercle de l’environnement naturel. Cela s’appelle reconstruire notre imaginaire.

À cette nécessité impérieuse, le Commandement préfère l’enthousiasme pour une prédiction minuscule érigée en chaloupe providentielle : la Chine devrait faire 8% de Croissance en 2009.

Imaginons une bio-Constitution pour servir la planète

lemonde.fr, Dominique Bourg, le 28 avril 2009

Imaginons une bio-Constitution pour servir la planète

Dominique Bourg est professeur de philosophie à l’université de Lausanne et membre du comité stratégique de la Fondation Nicolas Hulot.

Quelle que puisse être l’issue de la crise actuelle, le monde où nous entrons sera profondément différent de celui que nous quittons. Cela est acquis pour les environnementalistes, mais pas encore pour tout le monde.

L’expression « inversion des raretés » caractérise assez bien l’époque qui vient. A une population mondiale de 7 milliards d’individus – 9 au milieu du siècle – dotée d’un pouvoir d’achat et de capacités technologiques croissants, s’opposera une planète exsangue.

Il est probable que nous ne parvenions jamais à extraire plus de 100 millions de barils de pétrole par jour. A consommation constante, nous aurons épuisé au début du siècle prochain la dote fossile de l’humanité. Les réserves d’or, d’argent et de palladium s’élèvent, à consommation également constante, à une quinzaine d’années ; elles se situent entre 15 et 30 ans pour le plomb, le cuivre ou le zinc, etc. Nous provoquons la disparition de nombre d’espèces, les services écologiques que nous rendent les écosystèmes sont pour 60 % d’entre eux dégradés.

A quoi s’ajoute le changement climatique. Avec une hausse d’un degré de la température moyenne, c’est l’Ouest des Etats-Unis, du Texas au Dakota, qui pourrait redevenir ce qu’il fut il y a quelques millénaires : un immense désert de sable. Ce sont de longs épisodes de sécheresse affectant régulièrement l’Angleterre. Ce sont des ouragans touchant déjà l’Espagne qui pourraient s’étendre à la Méditerranée, etc.

On peut toujours croire que le génie humain permettra non seulement de continuer à honorer les promesses de la fête industrielle, mais de les étendre à des centaines de millions de consommateurs nouveaux.

Qu’on me permette d’en douter. Cette croyance repose sur un raisonnement par induction étroit. Certes, les exemples qui attestent de la capacité de sociétés à se sortir d’impasses ne manquent pas. Une déforestation précoce avait conduit la Londres du XIIIe siècle à se chauffer au charbon ; un ingénieur anglais avait calculé au seuil du XIXe siècle que le crottin de cheval devait atteindre à la fin du siècle le premier étage des immeubles londoniens ; les révolutions vertes successives n’ont cessé de contredire Malthus.

Ces exemples ne confirment qu’une chose : qu’il en est allé maintes fois ainsi, ce qui ne prouve nullement qu’il en ira toujours de la sorte. Le croire reviendrait à omettre trois choses. La première est qu’il existe de nombreux contre-exemples : l’abandon par les Anasazis du Chaco Canyon, la ruine de la civilisation des Mayas, la chute des établissements vikings de l’Est et de l’Ouest en terre groenlandaise, l’effondrement de la civilisation pascuane, etc.

La seconde raison est la systématique de la crise. Nous faisons face à la finitude sur quasiment tous les fronts. Enfin, les sociétés de marché modernes sont organisées pour satisfaire les désirs infinis d’un nombre d’hommes jamais égalé, et qui devrait encore croître.

Le recours à des instruments économiques comme les « politiques carbone » ne saurait à lui seul nous sauver. Ces politiques seront le vecteur de bouleversements plus profonds, touchant l’organisation même de nos sociétés. Il y a, en effet, une contradiction frontale Lire la suite

Climat : Les organisations humanitaires bientôt dépassées ?

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, 22 avril 2009

Climat : Les organisations humanitaires bientôt dépassées ?

L’ONG international Oxfam, qui regroupe treize associations à travers le monde, tire la sonnette d’alarme. Les organisations humanitaires risquent d’être submergées d’ici à 2015 par l’explosion du nombre de personnes frappées par des catastrophes climatiques. L’augmentation de 54% des victimes rendrait le système actuel inefficace, alerte l’ONG qui réclame le doublement des aides à travers le monde pour faire face à cette situation.

« Bien qu’on observe un accroissement constant des catastrophes liées au climat, ce sont toutefois la pauvreté et l’indifférence politique qui transforment une tempête en catastrophe », prévient Jeremy Hobbs, directeur général d’Oxfam International (Oxford Commitee for Famine Relief), confédération de treize ONG (dont Oxfam France – Agir ici) qui « lutte sur les terrains politique, économique et humanitaire contre la pauvreté et l’injustice » dans le monde. « L’actuel système d’aide humanitaire est désuet et injuste : il doit être réformé d’urgence ».

L’organisation internationale a déclaré hier, mardi 21 avril, que le nombre de personnes touchées par les crises climatiques pourrait atteindre les 375 millions de personnes d’ici les six prochaines années, soit une augmentation de 54%, « menaçant d’accabler lourdement le système d’aide humanitaire ». En septembre dernier, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait également jugé urgent de mieux se préparer aux catastrophes naturelles pour s’adapter au changement climatique. Il préconisait alors des mesures de prévention « tels que le contrôle des inondations, la conception de bâtiments résistant aux cyclones, et la protection des écosystèmes côtiers, dont les mangroves et les récifs coralliens ». 
« Le droit de survivre »

Les chiffres inquiétants avancés par Oxfam s’appuient sur les données du Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED) de l’université de Louvain en Belgique, qui a analysé plus de 6 500 catastrophes liées au climat depuis 1980. Il prend également en compte les effets « d’une pauvreté persistante et de la migration de personnes vers les bidonvilles surpeuplés » menacés « par un nombre croissant d’événements climatiques ». Ces prévisions pessimistes ne prendraient pas en compte les personnes touchées par d’autres catastrophes comme les guerres, les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques. « L’incapacité des leaders mondiaux à gérer ces risques ainsi qu’un système d’aide humanitaire inadapté à la situation actuelle, aggravent encore plus cette situation », commente l’ONG. Dans son rapport intitulé « Le droit de survivre », Oxfam affirme que « le monde doit repenser la manière avec laquelle il prévient les catastrophes, s’y prépare et y réagit ». 
25 milliards de dollars réclamés

Pour l’ONG, seule une réponse urgente adaptée peut contrecarrer ce scénario. « Le monde doit Lire la suite

Adaptation au changement climatique : l’UE doit se préparer

notre-planete.info, le 16 avril 2009, CEE

Adaptation au changement climatique: l’Union européenne doit se préparer aux conséquences

La Commission européenne a présenté début avril un livre blanc exposant les mesures nécessaires afin de renforcer la capacité de résilience de l’Union face au changement climatique. Selon des études récentes, les effets du changement climatique se feront sentir plus rapidement et seront plus graves que ne l’indiquait le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat dans son rapport de 2007. L‘Europe n’échappera pas à ces effets et doit donc se préparer à y faire face. Les conséquences du changement climatique seront différentes d’une région à l’autre, de sorte que la plupart des mesures d’adaptation devront être prises aux niveaux national et régional. Le cadre présenté par la Commission établit une approche stratégique en deux phases pour l’adaptation aux effets du changement climatique dans l’UE, qui vient compléter les mesures adoptées par les États membres au moyen d’une approche intégrée et coordonnée.

M. Stavros Dimas, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement, a déclaré à ce propos: «La gravité du changement climatique s’accentue et devient de plus en plus inquiétante au fil des ans. Nous devons tout mettre en œuvre pour réduire les émissions de carbone ; cependant, même avec les réductions d’émission que nous nous sommes engagés à réaliser, un certain degré de changement climatique est inévitable. Il est donc essentiel que nous commencions à travailler dès maintenant avec les gouvernements, les entreprises et les communautés locales afin de mettre en place une stratégie d’adaptation globale pour l’UE et de garantir l’intégration de l’adaptation dans les principales politiques de l’UE
Mme Mariann Fischer Boel, membre de la Commission européenne chargé de l’agriculture, a quant à elle déclaré: «L’agriculture européenne sera touchée de plein fouet par le changement climatique. Je veux que les agriculteurs soient totalement conscients des défis qui les attendent et je souhaite lancer un débat sur les mesures spécifiques susceptibles d’aider nos agriculteurs à s’adapter. En particulier, je voudrais que nous prenions des mesures dites «sans regret» qui engendrent des bénéfices sur les plans économique et environnemental, quelle que soit la façon dont le climat évolue. Ce sont les principaux éléments du document sur l’agriculture et le changement climatique qui a été adopté aujourd’hui en liaison avec le livre blanc

Mme Androulla Vassiliou, membre de la Commission européenne chargé de la santé, s’est exprimée en ces termes: «Face à l’évolution des modèles climatiques, il y a lieu d’accorder une attention particulière au renforcement de la surveillance sanitaire des personnes, des animaux et des plantes. En outre, l’intégration de programmes d’action sanitaire en cas de conditions météorologiques extrêmes dans les plans de préparation des autorités sanitaires est fondamentale. Nous devons également veiller à ce que les effets du changement climatique sur les catégories sociales vulnérables soient évalués. La collaboration internationale est essentielle pour atteindre ces objectifs

M. Joe Borg, membre de la Commission européenne chargé de la pêche et des affaires maritimes, a fait la déclaration suivante: «Les côtes et les zones marines de l’Europe se trouvent en première ligne face au changement climatique. Nous devons être prêts à relever les défis à venir, tels que la montée du niveau des mers, les inondations côtières, les incidences sur le tourisme côtier, sur les ports et le transport maritime, ainsi que sur les pêcheries. Nous ne pouvons pas nier l’importance des écosystèmes côtiers pour notre économie. Aujourd’hui, près de 50 % de la population européenne vit dans des zones côtières. C’est pourquoi il est primordial et urgent de Lire la suite

Montée des eaux : les Maldives cherchent des terres d’accueil

lemonde.fr, Frédéric Bobin, le 16 avril 2009

Face à la montée des eaux, les Maldives cherchent des terres d’accueil

Malé est comme un lourd plateau urbain posé à fleur d’océan Indien. Les vagues viennent mourir en gerbes d’écume sur la ceinture de blocs de béton qui entoure cette île d’à peine deux kilomètres carrés. Soixante-dix mille personnes s’y entassent. Pour l’heure, cette barrière artificielle tient bon. Elle a réussi à protéger la capitale de ce singulier Etat des Maldives, archipel aux vingt-six atolls et aux 1 200 îles dont les écrins de corail occupent une place de choix dans les catalogues du tourisme mondial. Mais pour combien de temps encore ?

Même cause, même réaction : face à la montée des eaux qui les menacent, les îles Kiribati, un archipel du Pacifique, envisagent de se lancer dans l’achat de nouvelles terres. « L’alternative, c’est de mourir, de disparaître« , a déclaré le président de cet Etat, Anote Tong.

Les Kiribati doivent faire face à une montée des eaux de 5 mm par an depuis 1991, qui entraîne notamment une salinisation de l’eau douce. Dans un premier temps, le gouvernement avait opté pour une politique de formation et d’émigration maîtrisée. Mais la crise économique l’a conduit à envisager cette solution plus radicale.

« Ne soyons pas naïfs et préparons-nous au scénario du pire« , avertit Mohammed Aslam, le ministre de l’environnement. Le pire, c’est l’engloutissement à venir de l’archipel sous l’effet de la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique. Cette angoisse taraude les dirigeants maldiviens depuis que certaines études, en particulier les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), ont commencé à tirer la sonnette d’alarme.

« C’est pour nous une question de survie« , précise Amjad Abdullah, le directeur général du ministère. Le nouveau président des Maldives, Mohamed Anni Nasheed, élu en octobre 2008, a annoncé, au lendemain de son investiture, la création d’un fonds souverain destiné à acheter des terres dans les Etats voisins. Cette annonce a deux objectifs : sensibiliser la communauté internationale et, surtout, trouver une terre d’accueil pour les réfugiés climatiques que risquent de devenir un jour les Maldiviens. L’idée a soulevé un certain scepticisme au regard de l’imbroglio juridique que constitueraient de telles acquisitions foncières sur un sol étranger.

Voilà plus de deux décennies que l’archipel vit au rythme d’inquiétants phénomènes « exceptionnels ». Il y eut d’abord le raz-de-marée de 1987, qui inonda une partie de Malé et causa un choc profond dans la population. Puis le phénomène climatique El Niño, qui provoqua, en 1998, un blanchissement massif des coraux : 90 % de ceux situés à moins de 15 mètres de profondeur périrent. Enfin, le tsunami de décembre 2004 frappa sévèrement l’archipel, détruisant deux îles, imposant l’évacuation de six autres, et le déplacement de près de 4 000 personnes (sur 280 000 habitants).

ANGOISSE EXISTENTIELLE

« Les événements extrêmes tendent à provoquer de plus en plus de dégâts », Lire la suite

L’Encyclopédie du Développement Durable

L’Encyclopédie du Développement Durable, avril 2009

S’engager dans le développement durable est le défi majeur de notre 21ième siècle. L’Encyclopédie du Développement Durable est un outil pour la compréhension des enjeux et la mobilisation.

Projet d’éducation populaire, elle se propose de vulgariser les connaissances scientifiques, de promouvoir une réflexion militante et de diffuser des repères pour l’action en faveur du développement durable. Le citoyen pourra appréhender les liens existant entre des champs apparemment divers (scientifiques, techniques, politiques, socio-économiques, culturels…), sans rester prisonnier des cloisonnements thématiques.

Pour accéder aux articles de l’Encyclopédie, il vous suffit de cliquer sur les titres des sous chapitres ci- dessous.

1. La prise de conscience, pour une politique mondiale

1.1 De l’éco-développement au développement durable (concepts, principes, valeurs) (10)

La nature

janvier 2009, par Flipo, Fabrice

Mots clefs associés : écologie, économie, environnement, philosophie, science et recherche, technologie

Ce qui est “nature” nous semble évident puisque… naturel. Pourtant ce qui est nature est difficile à définir : s’agit-il d’êtres, de normes ou de culture ? Selon les cas, la “protection de la nature” est à la fois absurde et évident, cet article tente d’en dénouer le (…)

Reconsidérer la richesse

novembre 2008, par Viveret, Patrick

Mots clefs associés : économie sociale et solidaire, crise écologique, crise financière, crise sociale, inégalité sociale, indicateurs de richesse, modes de vie, monnaies complémentaires

Notre paysage économique, social, écologique et culturel se bouleverse profondément et rapidement. Face à ce constat, les outils de mesure de nos activités,en particulier le PIB,ne sont plus adaptés. Pour répondre à la démesure de la crise que nous vivons, il est urgent d’inventer de nouveaux (…)

Les voies du Développement Durable

septembre 2007, par Ruellan, Alain

Mots clefs associés : gestion des ressources naturelles, participation, politique, stratégies pour le développement durable

La situation actuelle du Monde est inquiétante : les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres ; les modes de vie dégradent les écosystèmes, épuisent les ressources naturelles, déséquilibrent les grands systèmes mondiaux ; en conséquence, les violences humaines s’accentuent. Comment (…)

Naissance et formation du concept de développement durable : une approche historique

juin 2007, par Nicol Jean-Pierre

Mots clefs associés : activités humaines, écologie politique, conférences, croissance, politique

Face à l’idée, née de la révolution industrielle du XIXe siècle, selon laquelle le progrès technique assurera une croissance indéfinie et un progrès linéaire, on a assisté à une progressive prise de conscience, à partir des années 1920, relative aux effets négatifs de l’industrialisation sur les milieux (…)

Changer l’avenir – penser le temps long

mai 2007, par Flipo, Fabrice

Mots clefs Lire la suite

De l’empreinte écologique à la fin prochaine du PIB

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 14 avril 2009

Mathis Wackernagel, co-inventeur de l’empreinte écologique, veut croire à la fin prochaine du PIB

Mathis Wackernagel est tombé dans l’écologie quand il était petit : « Mon père avait été très frappé par le rapport réalisé en 1972 par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour le club de Rome sur « les limites de la croissance ». Quand j’avais à peu près 10 ans, il m’a montré les graphes de ce livre en m’expliquant ce qu’ils signifiaient. Cela a fondé mon intérêt pour la question. »

Un intérêt qui ne s’est jamais démenti et a conduit Mathis Wackernagel à devenir le co-inventeur de l’empreinte écologique, une méthode de mesure de l’activité humaine qui pourrait concurrencer le produit intérieur brut (PIB). Celui-ci ne prend pas en compte la dégradation environnementale causée par l’activité économique. Le principe de l’empreinte écologique vise au contraire à calculer la surface d’écosystèmes nécessaire pour fournir les éléments requis par l’activité d’un pays ou d’une région et absorber ses pollutions.

Basé à Oakland, en Californie, Mathis Wackernagel est venu à Paris au début du mois d’avril pour rencontrer des statisticiens du ministère de l’écologie, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que ceux de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, créée début 2008 à l’initiative de Nicolas Sarkozy et présidée par Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie. Mission de cette dernière ? Définir de nouveaux indicateurs capables de remédier aux lacunes du système statistique mondial actuel. Son rapport est attendu pour la mi-mai.

Mathis Wackernagel est-il entendu ? « De plus en plus par les experts, estime-t-il. Mais quand l’on regarde les dirigeants du G20, ils abordent tous la récession comme le simple recul du PIB et ne pensent qu’à trouver le moyen de le faire croître encore… » Un postulat que le gamin tombé dans la marmite du rapport au club de Rome s’est juré de mettre à bas.

SCIENTIFIQUE MILITANT

Né en Suisse, à Bâle, en 1962, le jeune Mathis étudie à l’Ecole polytechnique de Zürich, d’où il s’envole en 1990 pour préparer son doctorat au Canada, à Vancouver. Il vient étudier la capacité d’un environnement à supporter l’impact de l’aménagement des territoires. Des mots compliqués, que Mathis Wackernagel, avec son professeur David Rees, cherche à simplifier. « On discutait, une fois de plus, et un jour, David a dit : « Regarde cet ordinateur, il a une faible empreinte au sol ». » La remarque paraît simple mais elle sera féconde. Elle conduit les deux compères à formaliser le concept d’empreinte écologique. Après un premier article de David Rees, en 1992, l’idée devient une méthode de calcul validée par de nombreux articles scientifiques.

Mathis Wackernagel a adopté la stratégie d’un scientifique militant. « Le rapport de 1972 sur les limites de la croissance a été tué par le débat académique, faute de soutien populaire« , explique-t-il. Pour s’assurer que le milieu des statisticiens, par définition conservateur – « Ils doivent maintenir des séries de chiffres dans la durée » -, n’enterrera pas l’empreinte écologique, il fait alliance avec des associations puissantes, trouve son principal appui au Fonds mondial pour la nature (WWF) et fonde, en 2003, le Global Footprint Network (Réseau de l’empreinte écologique).

Un scientifique pressé ? « C’est une erreur de croire que Lire la suite

L’agriculture sans pesticides dérange les idées reçues

novethic.fr, Hélène Huteau, le 23 mars 2009

L’agriculture sans pesticides dérange les idées reçues

La « semaine sans pesticides », Richard Wallner la vit à l’année. En Charente, ce jeune agriculteur expérimente une « agriculture naturelle » sans pesticides, sans engrais et sans labours, avec une production à la surface meilleure qu’en monoculture industrielle, notamment grâce à la complémentarité des cultures.

Richard Wallner a banni de son exploitation agricole, depuis trois ans, les produits chimiques. Enthousiaste sur les résultats, il cite pour l’exemple : « le problème des limaces s’est réglé de lui-même, dès la seconde année, grâce aux carabes, crapauds et hérissons », des alliés naturels qu’il a su attirer par des bandes enherbées et conserver en s’abstenant de traiter ses salades et de labourer. Ce jeune agriculteur s’est installé en Charente, à Marsac, près d’Angoulême, pour mettre en pratique les principes d’une agriculture écologique, en totale rupture avec le modèle agricole intensif actuel. Sa ferme, Au Petit Colibri, qui est aussi un écolieu pédagogique, ressemble au premier abord à une friche. Pourtant, lorsqu’on pénètre, les choux, salades et autres légumes sont bien là, sur des buttes, calfeutrés dans de la paille.

« Principe du non agir »

Richard Wallner pratique une agriculture dite « naturelle », qui préconise le non labour, interdit tout pesticide, fongicide ou herbicide et évite même l’emploi de tout compost préparé, aussi naturel qu’il puisse être. Le concepteur de cette méthode, le Japonais microbiologiste des sols Masanobu Fukuoka, avait tant étudié la complexité des interactions au sein des écosystèmes, dans les années 1930, qu’il en était arrivé à la conclusion que toute intervention humaine causait plus de dégâts qu’elle n’en réparait. « La nature fonctionne très bien mais nous ne l’avons toujours pas comprise » résume Richard Wallner. Par exemple, ses plants de tomates, non taillés, résistent mieux aux maladies et donnent autant de fruits, même si ces derniers sont un peu plus petits. Il est rejoint dans ce principe par un chercheur contemporain de l’INRA, Jean-Marie Lespinasse, qui, après avoir tout essayé, conclut sur les arbres fruitiers : « il faut laisser l’arbre tranquille, avec de l’espace »… Pour autant, précise Richard Wallner, « le principe du non agir n’est pas l’agriculture du rien faire. Cette méthode nécessite beaucoup d’observation, de présence et de travail ». Surtout les premières années, où il faut arracher ou faucher les herbes indésirables. Ensuite, la couverture du sol, le fait de ne pas labourer et quelques autres techniques réduisent la repousse.

Locale, sobre et productive

Cette agriculture se pratique à petite échelle (moins de 10 ha la ferme) et sur la proximité. Rentable au plan économique, écologiquement et socialement viable. L’un des secrets de sa rentabilité, dès la première année, repose sur l’absence d’investissement lourd, puisqu’on se passe de tracteur et d’intrants. On évite au maximum les transports en organisant les terres autour de la ferme, selon les principes de la permaculture. La vente se fait aussi localement. Richard Wallner a vite fidélisé des familles avec ses paniers hebdomadaires.
Le concept d’organisation permaculturelle, qui fait des émules dans le monde entier, optimise toutes les énergies, humaines, fossiles et naturelles, du bâti aux cultures, en passant par la gestion de l’eau. Cette ferme idéale est non seulement sobre mais très productive grâce Lire la suite

Combattre la crise de l’eau, une urgence pour l’ONU

Le Monde, Gaëlle Dupont, le 11 mars 2009

Combattre la crise de l’eau, une urgence pour l’ONU

Une crise planétaire des ressources en eau menace. Si rien n’est fait, le développement humain, économique et la stabilité politique de nombreuses régions du monde seront en péril. Tel est en substance le message des Nations unies, qui publient, jeudi 12 mars, le troisième rapport mondial sur les ressources en eau, à quelques jours du Forum mondial de l’eau, qui rassemblera quelque 15 000 personnes à Istanbul, à partir du 16 mars.

Les pénuries à venir

2030 A cette date, 47 % de la population mondiale vivra dans des régions exposées aux pénuries.

Secteurs Agriculture : 70 % des volumes consommés (jusqu’à 90 % dans certains pays en développement). Energie et industrie : 20 % des besoins.

Eau potable : 10 %.

Inégalités Si la tendance se poursuit, 90 % de la population mondiale aura accès à l’eau potable en 2015, avec de très fortes disparités régionales. Quelque 340 millions d’Africains en sont privés. A la même échéance, 2,4 milliards de personnes ne disposeront pas d’un service d’assainissement minimal.

Dégradation Un dollar investi dans les infrastructures d’eau et d’assainissement rapporte de 4 à 12 dollars (de 3 à 9,5 euros).

Les pertes économiques dues au déficit d’infrastructures en Afrique sont estimées à 28,4 milliards de dollars par an (22,4 milliards d’euros). Celles liées à la dégradation des ressources en eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont évaluées à 9 milliards dollars par an (7 milliards d’euros).

Sous l’égide de l’Unesco, vingt-six agences de l’ONU ont travaillé sur ce document, publié tous les trois ans avant chaque forum. Pour la première fois, le ton est alarmant. « En dépit du caractère vital de l’eau, le secteur souffre d’un manque chronique d’intérêt politique, d’une mauvaise gouvernance, et de sous-investissement, affirme en préambule du texte Koïchiro Matssura, le directeur de l’Unesco. Il faut agir d’urgence pour éviter une crise globale. »

Démographie La croissance de la population mondiale, de 80 millions de personnes par an, augmente les besoins en eau de 64 milliards de mètres cubes chaque année. Facteur aggravant, cette croissance est concentrée dans les villes, dont l’approvisionnement sera l’un des grands défis à venir.

Besoins La part de l’eau potable dans les besoins reste cependant faible. C’est pour l’agriculture, la production d’énergie et le développement économique que les exigences sont les plus importantes. En matière agricole, l’évolution des habitudes alimentaires pèse lourdement. « La croissance économique dans les pays émergents conduit à l’apparition d’une classe moyenne consommatrice de lait, de pain, de viande« , relève le texte. La production d’un kilo de blé nécessite de 400 à 2 000 litres d’eau, selon les régions, et celle d’un kilo de viande de 1 000 à 20 000 litres.

Industrie L’énergie est le deuxième secteur utilisateur. La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre stimule le développement de l’hydroélectricité, qui assure aujourd’hui 20 % de la production électrique mondiale, et des agrocarburants. Or 2 500 litres d’eau sont nécessaires à la fabrication d’un litre de carburant « vert ». Une ressource abondante est aussi indispensable au refroidissement des centrales thermiques et nucléaires. Les entreprises, en particulier dans les secteurs du textile, de l’électronique, de l’agroalimentaire, des mines et de la métallurgie, ont elles aussi besoin de grandes quantités d’eau pour fonctionner.

Changement climatique Dans le même temps, les régimes hydrologiques sont déréglés par le réchauffement. Les modèles climatiques s’accordent à prévoir Lire la suite

Le plus noir des scénarios climatiques se profile

Le Monde, Laurence Caramel, le 13 mars 2009

Le plus noir des scénarios climatiques se profile

A neuf mois de la conférence de Copenhague, où la communauté internationale s’est fixé un ultime rendez-vous pour s’accorder sur un plan de réduction des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, rien ne garantit qu’un accord sera trouvé. C’est dans l’espoir de conjurer un possible échec que près de 2 000 scientifiques, parmi lesquels les plus éminents climatologues mondiaux, se sont réunis du 10 au 12 mars dans la capitale danoise.

« Imaginez un avion dont la probabilité d’arriver à destination est de 10 %. Monteriez-vous à bord ? Evidemment non... » Stefan Rahmstorf, de l’Institut de recherches de Potsdam sur le climat, aime bien cette métaphore pour expliquer ce qui est en train de se passer : depuis le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), publié en 2007, il est certain, à 90 %, que l’homme est à l’origine de la transformation du climat qui menace les grands équilibres planétaires.

Or tout se passe comme si les gouvernements s’interrogeaient encore sur la possibilité d’embarquer dans cet avion promis à la catastrophe. A Copenhague, la communauté scientifique a voulu démontrer une dernière fois, avant la fin des négociations, que le doute n’était plus permis. « Nous avons accumulé beaucoup de données depuis le dernier rapport du GIEC, en 2007. Nous voulons que les gouvernements décident en connaissance de cause », a expliqué Katherine Richardson, de l’université de Copenhague, l’une des neuf universités à l’origine de cette initiative.

Les conclusions du GIEC s’appuient sur des données datant au mieux de 2005. Compte tenu de la lourdeur de cette organisation, qui réunit 2 500 chercheurs de 130 pays et dont l’ensemble des publications est soumis au consensus, le prochain rapport ne paraîtra pas avant 2014. Or « les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Les émissions ont continué d’augmenter fortement et le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites« , a affirmé le comité scientifique de la conférence. Les prévisions du GIEC anticipent une hausse des températures comprises entre 1,1 °C et 6,4 °C à la fin du siècle par rapport à la période préindustrielle.

Stefan Rahmstorf a présenté une étude selon laquelle le niveau des océans pourrait augmenter dans une fourchette de 75 cm à 190 cm d’ici à 2100. Soit bien au-delà des prévisions du GIEC allant de 18 cm à 59 cm. Celles-ci – et le GIEC avait pris soin de le souligner – ne prenaient pas en compte l’évolution des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. Or leur rôle serait en réalité majeur, au travers de la fonte des glaces mais surtout de leur « écoulement » dans la mer. « Ce phénomène est beaucoup plus massif et beaucoup plus rapide que nous ne le pensions« , confirme Eric Rignot, professeur à l’UC Irvine en Californie.

Lucka Kajfez Bogataj, de l’université de Ljubljana (Slovénie), a épluché l’ensemble des études climatiques parues dernièrement. Elle conclut sans hésiter : « L’impact du réchauffement est plus précoce et plus rapide que prévu. » Entre 1990 et 2006, le monde a connu les treize années les plus chaudes depuis 1880, qui marque le début de l’ère industrielle, cite-t-elle en exemple.

Spécialiste des écosystèmes, Andreas Fischlin, de l’Institut fédéral de technologie de Zurich, va dans ce sens : « Les écosystèmes stockent 25 % des émissions mondiales de carbone. Cette capacité de stockage devrait culminer vers 2050, avant que les écosystèmes fragilisés par le réchauffement ne se mettent à leur tour à relâcher du CO2 dans l’atmosphère aggravant ainsi le phénomène. Ce problème est beaucoup plus important que nous ne le pensions il y a cinq ans. »

Ce que les scientifiques ont baptisé des tipping points, soit des seuils au-delà desquels les conséquences du réchauffement deviennent irréversibles et incontrôlables, pourraient être plus bas. Lire la suite

UICN : L’eau est au cœur du changement climatique

actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 3 mars 2009

L’eau est au cœur du changement climatique, selon l’UICN.

Le changement climatique se fera sentir en premier et principalement au travers de l’eau, que ce soit par des sécheresses, des inondations, des tempêtes, la fonte glaciaire ou l’élévation du niveau de la mer …

Alors que, selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et des ses ressources (UICN), deux tiers de la population mondiale subiront des pénuries d’eau d’ici 2025, l’eau est donc véritablement au cœur du changement climatique. Le Forum mondial de l’eau, qui se tient à Istanbul (Turquie) du 16 au 22 mars, réunit plus de 25 000 experts afin de trouver des solutions durables aux enjeux mondiaux de l’eau.

L’UICN demande aux décideurs présents au Forum de s’engager davantage pour protéger l’environnement naturel et de faire un meilleur usage des services offerts par la nature en faveur du développement et de la sécurité humaine.

Les cours d’eau et les zones humides assurent des services vitaux pour l’humanité : eau potable salubre, énergie, moyens de subsistance sains et durables. Pour l’UICN, il est indispensable d’investir dans une bonne gouvernance de l’eau afin d’assurer un avenir durable en la matière, tant pour les pays eux-mêmes que pour les 260 bassins transfrontaliers. 

Pour l’UICN, l’eau est au cœur du changement climatique. « Le changement climatique se fera sentir en premier et principalement au travers de l’eau, que ce soit par des sécheresses, des inondations, des tempêtes, la fonte glaciaire ou l’élévation du niveau de la mer, » explique Mark Smith, directeur du Programme de l’eau de l’UICN.

 « Des bassins hydrographiques et des littoraux intacts et en bon état de fonctionnement peuvent contribuer à répondre aux impacts du changement climatique. Ils emmagasinent l’eau, régulent les inondations et protègent les côtes. L’investissement consacré à la nature devrait faire partie des politiques d’adaptation au changement climatique. »

Des cours d’eau en bon état réduisent la pauvreté, estime l’UICN. « Afin de réduire la pauvreté de façon importante, nous avons besoin d’eau en quantité suffisante, pour répondre à de nombreux besoins, notamment ménagers, agricoles, industriels, énergétiques et environnementaux », a déclaré Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN.

 « Ceci veut dire qu’il faut réussir à affecter de l’eau à différents usages tout en restant dans les limites de ce qui est disponible. L’UICN aide à réaliser ces arbitrages, c’est l’une de ses tâches centrales. »

L’UICN prédit aussi qu’une crise mondiale de l’eau est en chemin. « La pression Lire la suite

Nourrir 9 milliards d’humains sans OGM, c’est possible

eco-life.fr, Diana Semaska, 16 février 2009. –

« Nourrir 9 milliards d’humains sans OGM, c’est possible »

– Spéciale Agriculture – Marc Dufumier –

Professeur d’agronomie au sein d’AgroParis Tech

2050 : la Terre porte 9 milliards d’humains. Pour que la planète supporte ce poids, prévu par les études démographiques, pas de solution miracle. Marc Dufumier, Professeur d’agronomie au sein d’AgroParis Tech (Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement), rappelle que seule l’intégration des écosystèmes dans l’agriculture, ou agroécologie, serait viable.

(ECOlife) Qu’est ce que l’agroécologie ?

(Marc Dufumier) Il s’agit de l’agronomie la plus efficace possible, basée sur nos savoirs scientifiques. C’est une agronomie savante et véritablement minutieuse, puisqu’elle doit tenir compte du fonctionnement global de l’écosystème. L’objet du travail n’est plus la plante seule, ni même le sol. C’est tout le travail conjoint par les cycles du phosphore, de l’eau, du carbone, de l’azote, sur lequel on va travailler afin d’optimiser la production, et nourrir 9 milliards de personnes en 2050.

Dans l’agroécologie, il faudra utiliser au mieux les ressources renouvelables : le soleil, mais aussi le carbone et l’azote de l’air. L’agriculture écologique utilisera moins de produits issus de l’exploitation des ressources non renouvelables comme le gaz ou le pétrole, c’est-à-dire les engrais chimiques et pesticides.

Pourquoi la modification du génome (OGM) ne serait-elle pas la solution?

Pour la simple et bonne raison que la génétique n’est pas le facteur déterminant de la culture d’une plante dans la nature. C’est l’écosystème tout entier qui détermine un rendement optimal, c’est-à-dire une production maximum pour des coûts minimums. Nous ne pouvons absolument pas prévoir quelles seront les conséquences des cultures en plein champ d’OGM. En revanche, nous avons la certitude que ces derniers constituent de très fortes pressions de sélection sur les autres êtres vivants.

Avez-vous un exemple concret ?

En Chine, pour éviter que les capsules du coton ne soient dévorées par les chenilles, on a cultivé du coton Bt [NDLR : composé d’un gène issu d’une bactérie produisant de la toxine botulique qui agit comme un insecticide]. Or, celui-ci a favorisé le développement d’une autre espèce de chenille, qui elle, mange les feuilles… mais a développé par ailleurs une résistance à la toxine. Résultat, les cultures ont été envahies par cette chenille qui mangeait à la fois feuille et capsule. Tout cela, malgré la modification génétique, pour en venir à l’épandage de nouveaux insecticides.

Dans la mesure où les écosystèmes sont extrêmement complexes et que nous sommes loin de les maîtriser, les OGM ne peuvent être cultivés en plein champ. C’est trop risqué. On ne peut donc compter sur ces cultures pour nourrir les futures générations.

Mais en quoi les OGM sont-ils tellement différents des variétés créées par l’homme depuis le Néolithique ?

En réalité, les OGM sont en totale continuité avec l’agriculture pratiquée dans les pays riches depuis un siècle et demi, et les pays en développement depuis un demi-siècle. C’est cette agriculture-là, qu’on appelle productiviste, qui a constitué une vraie rupture avec l’agriculture développée depuis le Néolithique.

Autrefois, le paysan était maître de ses créations variétales. Lire la suite

La biodiversité est-elle réellement en danger ?

notreplanète.info, Joaquim Da costa – Green-Ethic, le 04 février 2009

La biodiversité est-elle réellement en danger ?

Sur 41 000 espèces animales et végétales (parmi 3,9 millions recensées) qu’étudie l’Union internationale pour la conservation de la nature, 16 000 sont menacées d’extinction, estime–t-elle.
Une espèce d’animal ou de plante disparaît actuellement de la planète toutes les vingt minutes, principalement à cause des activités humaines. Un rythme ahurissant ! 100 fois plus rapide qu’avant la fin du XVIIIème siècle. Les zones vierges se raréfient et ne représenteraient plus que 17% de la surface du globe. Les conséquences d’un tel phénomène ? Très lourdes et inquiétantes : la faune et la flore encore plus vulnérables, l’équilibre de notre écosystème mis en péril et la recherche dans de nombreux domaines compromise (la moitié de nos médicaments proviennent de substances naturelles).
Voici quelques illustrations :

La déforestation et le braconnage ont eu des effets dévastateurs, notamment sur les chimpanzés africains. Ils ne seraient aujourd’hui plus que 100 000 dans toute l’Afrique, contre 1 million en 1960.

– Autre fléau, le trafic d’animaux sauvages. Malgré les protections officielles, le commerce illégal d’animaux sauvages avoisinerait aujourd’hui un chiffre d’affaires de 5 milliards de dollars par an (selon l’ONG Wildlife), et la demande ne cesse d’augmenter, que ce soit peaux de crocodiles, défenses d’éléphants, crinière de lions, ailerons de requins et la liste est longue… Les conséquences sont terribles, le nombre des éléphants d’Afrique est tombé de 10 millions à 500 000, celui des antilopes du Tibet de 1 million à 75 000.
Le réchauffement climatique menace entre autres les 25 000 ours polaires de l’Arctique. Entre braconnage et réchauffement climatique, ce sont 6 espèces d’ours sur 8 qui risquent de disparaître.

Sans oublier les poissons : à cause de la surpêche, les réserves s’épuisent et un tiers des espèces est en danger. Les réserves de cabillauds ont diminué de 97% en cinquante ans ! Les prises annuelles de thon rouge avoisinent les 60 000 tonnes soit le double des quotas imposés en Europe. Afin d’empêcher le dépeuplement des océans, il y aurait une solution selon les experts du monde entier réunis en Afrique du Sud en 2003 : il faudrait préserver 20 à 30% de la superficie des océans d’ici à 2012 pour permettre aux espèces décimées de se reconstituer. Mais, mauvaise nouvelle, les zones interdites de pêche ne couvrent pour l’instant que 2% des océans…

Sommes-nous devenus les pilleurs de notre planète ? Pourtant cette destruction très rapide nous fait perdre une partie de notre sécurité environnementale. Nous semblons ne pas prendre conscience que la biodiversité fournit des services vitaux à l’humanité tels que nettoyer l’eau, stabiliser l’atmosphère, créer des sols fertiles, fournir de nouveaux remèdes, etc.
Il y a quelque temps, l’IFAT (la Fédération Internationale du Commerce Equitable) lançait un slogan intéressant sur son site Internet. Il illustre très bien notre manque de discernement pour toutes les choses qui se rapportent à la nature : Lire la suite

Pays Basque : Laminak sensibilise à l’écosystème

Sud-Ouest,  Armelle Parion, Cathy Constant-Elissagaray, le 12 Février 2009

DES PROJETS PLEINS LA TÊTE, LAMINAK. L’association propose une découverte ludique pour comprendre et protéger la nature qui nous entoure, à travers des activités, destinées aux élèves et aux entreprises

Pédagogie verte par le jeu

La toute jeune association Laminak regroupe des enseignants, des chercheurs, et des salariés de tous les milieux… Au total, une soixantaine d’adhérents, tous amoureux de la nature, et surtout sensibles à sa préservation. Leur but, depuis le dépôt des statuts, il y a tout juste dix mois : sensibiliser le grand public à l’écosystème, marin et terrestre. Et les idées ne manquent pas pour développer la prévention et l’éducation. « Nous ne faisons pas d’actions directes, comme du ramassage de déchets par exemple. Nous travaillons en amont », explique Françoise Mouesca, la présidente.

Pédagogie et recherche

Pourtant, les activités pédagogiques mises en place par les deux animateurs scientifiques reposent avant tout sur la pratique. Ils organisent des sorties pêche « no kill » en eau douce ou eau de mer, où les poissons sont relâchés après avoir été mesurés, pesés et photographiés. Ils proposent aussi des ateliers-découverte (gestes écocitoyens, chaînes alimentaires, système respiratoire…) pour les comités d’entreprises et les scolaires, dès la maternelle.

Depuis juin dernier, 1 500 élèves y ont participé. « Nous privilégions l’aspect ludique. Nos ateliers pour les enfants mettent en avant le sens tactile. Il faut qu’ils voient et qu’ils touchent pour comprendre qu’ils ont sous les yeux des organismes vivants », explique Élodie Sarralde, l’animatrice de 25 ans.

Titulaire d’un master en dynamique des écosystèmes aquatiques, tout comme son collègue de 28 ans, Stéphane Connole, la jeune femme s’intéresse également à la botanique, et commente donc les espèces des bords de Nive, tandis que Stéphane, « 100 % maritime », gère le côté aquatique. En plus de l’aspect pédagogique qu’ils mettent en avant, les deux animateurs travaillent en partenariat avec le Musée de la mer de Biarritz, où ils organisent des visites.

Ils lanceront également, en avril, un projet de recherche sur la pollution chimique de l’eau avec l’Ifremer à Capbreton, sur l’embouchure de l’Adour, à Anglet, et à Guéthary. Sans oublier de faire participer les enfants à la construction des dispositifs de filtrage.

Informations Lire la suite

SOeS (Ex IFEN) : Les pesticides dans les eaux

SOeS (ex IFEN), février 2009

Les pesticides dans les eaux

Le terme pesticide désigne les substances ou les préparations utilisées pour la prévention, le contrôle ou l’élimination d’organismes jugés indésirables, qu’il s’agisse de plantes, d’animaux, de champignons ou de bactéries.

Les pesticides sont majoritairement utilisés en agriculture ; on parle alors de produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques. Ils font également l’objet d’un usage non agricole par les gestionnaires d’équipements ou de réseaux de transport, les collectivités locales ou les particuliers.

La plupart des substances actives contenues dans les pesticides sont des molécules organiques de synthèse. L’agriculture française en utilise environ cinq cents. Elles entrent dans la composition de plus de huit mille produits commercialisés. Ceux-ci bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par le ministre chargé de l’Agriculture, après une procédure d’évaluation du risque pour le consommateur, l’utilisateur et l’environnement.

En fonction des conditions d’utilisation et selon les caractéristiques du milieu, ces substances actives sont susceptibles de se retrouver dans les différents compartiments de l’environnement (air, sol, eau, sédiments, etc.) ainsi que dans les denrées alimentaires. Elles peuvent présenter, en plus de leurs effets intentionnels sur les parasites ou organismes visés, des dangers  variables pour l’homme et les écosystèmes, avec un impact immédiat ou sur le long terme.

Compte-tenu des risques qu’ils représentent tant pour les milieux aquatiques que pour la production d’eau potable, la présence de pesticides dans les cours d’eau et dans les eaux souterraines fait l’objet d’un suivi régulier qui n’a cessé de se renforcer lors de la dernière décennie.

Ces suivis mettent en évidence une dispersion importante et une présence généralisée des pesticides dans les milieux aquatiques. Si les niveaux de contamination sont très variables, ils sont cependant souvent significatifs. Les teneurs en pesticides issues des résultats d’analyse permettent de définir, pour chacun des points de mesure, une classe de qualité. Lire la suite

Ecole du Bouscat centre : Des naturalistes en herbe

Sud-Ouest, Pierre Pech,  le 6 Février 2009

LE BOUSCAT, ÉCOLE DU CENTRE 1. Toutes les classes sont engagées dans une démarche de découverte liée au développement durable et à la biodiversité

Des naturalistes en herbe

Dans les écoles, le développement durable occupe une place de plus en plus importante même s’il ne constitue pas une discipline à part entière. L’objectif est de favoriser la prise de conscience dans le milieu scolaire.

Au Bouscat, c’est la 3e année que l’école du Centre 1 conduit des actions en faveur de l’environnement. Après l’eau, le tri des déchets et le recyclage, le projet 2008-2009 concerne la biodiversité. Il est financé par une subvention de 1 600 euros par la Communauté urbaine de Bordeaux et pour 1 500 euros par la coopérative de l’école.

260 élèves concernés

Emmanuelle Angelini, la directrice de l’école Centre 1 précise que 260 élèves sont concernés par le dispositif pédagogique. Les classes de CP, CE1, CE2, CM1, CM2 et la CLIS ont chacune un projet. Le but commun : étudier différemment les écosystèmes, comprendre la diversité animale et végétale. Avec l’accompagnement de deux associations, Cistude Nature et Sepanso, les enfants ont exploré la mare du site naturel et protégé des sources au Haillan, la réserve des marais de Bruges.

La suite début mars

Ce thème de la biodiversité permet aux élèves de comprendre la chaîne alimentaire, de mieux respecter la nature, de savoir comment la protéger, d’observer l’environnement, (prairie humide, bocage, étang), de connaître les plantes aromatiques, (romarin, thym, lavande, sauge) et les espèces animales dont certaines à haute valeur patrimoniale.

Après les balades en forêt de l’automne, le printemps sera mis à profit, début mars, pour aller à la héronnière voir le reboisement, les chênes, (Les enfants ont planté des glands ), ainsi que le réaménagements des massifs, etc.

En ce qui concerne l’école Centre 1, les espaces verts Lire la suite

L’Ile-de-France agit pour préserver sa biodiversité

novethic.fr, Rouba Naaman, le 2 février 2009

L’Ile-de-France agit pour préserver sa biodiversité

La biodiversité d’Ile-de-France aussi est menacée. Soutenues par la Région qui a pris très rapidement conscience du danger, les collectivités locales lancent aujourd’hui des actions concrètes pour ralentir la dégradation de la biodiversité francilienne.

Près de 17 000 espèces sont menacées d’extinction dans le monde : l’éléphant d’Asie, le tigre du Bengale… mais aussi le lapin de Garenne, le râle des genêts et le milan royal en Ile-de-France. On ne sait pas toujours que la région francilienne recèle de nombreuses espèces animales et végétales, dont plusieurs sont en voie de disparition. Pourtant, l’impact, y compris financier, du recul de la biodiversité dans le monde est immense. « On sait aujourd’hui que, chaque année, la disparition de la faune et de la flore coûte 2 000 milliards de dollars » soit 6% du Produit national brut (PNB) mondial, avance Sebastian Winkler, responsable du Compte à rebours 2010 pour l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pour autant, peu d’instruments politiques et économiques ont été mis en œuvre pour préserver ces ressources. La France, qui abrite avec ses DOM TOM une part importante de la diversité biologique, a lancé en 2007 lors du Grenelle la création d’une “trame verte”, destinée à relier les espaces naturels et à les protéger, Nicolas Sarkozy ayant par ailleurs déclaré « que désormais, toutes les décisions publiques devront être arbitrées en intégrant le coût de la biodiversité ». Or, la question de l’évaluation de ces impacts et de leurs coûts commence tout juste à se poser.

Un impact climatique différent selon les régions

Selon le deuxième rapport de l’Observatoire des territoires, les différentes régions de France ne sont pas égales faces aux variations du climat. L’étude intitulée « Dynamiques et développement durable des territoires » note d’importantes disparités, qui dépendraient des populations, des espaces naturels, de l’urbanisation et des caractéristiques géographiques. Les conséquences sont variables, allant des vagues de chaleur aux inondations, en passant par des phénomènes météorologiques plus graves (cyclones et tempêtes). Si les régions les plus affectées sont situées dans le Sud-Est, l’Ile-de-France fait partie des zones à « risque naturel important » selon le rapport. L’Observatoire a également défini des disparités dans les émissions de gaz à effet de serre des régions, variables selon le nombre d’habitants, leurs modes de consommation et de transport, les secteurs industriels présents et les « différences de structure productives ».

Face à la dégradation de sa biodiversité, l’Ile-de-France a décidé d’agir. Après la création par la région, en juin 2008, de la première agence pour la biodiversité, Natureparif, ce sont aujourd’hui les collectivités locales* qui s’engagent pour ralentir le recul de la biodiversité, en signant, mardi 20 janvier, la Déclaration du Compte à rebours 2010 pour la biodiversité. Ce programme (Count-Down 2010) a été initié par l’UICN à la suite du Sommet mondial de la Terre à Johannesburg en 2002. Lors de la 5e Conférence ministérielle de 2003 à Kiev, les pays européens se sont engagés à stopper le recul de la biodiversité d’ici 2010. La Région Ile-de-France a été la première à signer la Déclaration du Count-Down 2010. « C’est un bon moyen de faire évoluer les choses, car rares sont les décisions qui émanent directement des gouvernements » affirme Sebastian Winkler, responsable international pour le Compte à rebours 2010.

Faire rimer urbanisation et biodiversité

Une prise de conscience de la disparition de la faune et la flore, dans la région la plus urbanisée de France, est-ce paradoxal ? Lire la suite

Après le climat, la biodiversité est notre plus grand défi

metrofrance.com, le 20 janvier 2009

«Après le climat, la biodiversité est notre plus grand défi»

Interview de Sébastian Winkler, responsable du « compte à rebours » pour la biodiversité au sein de l’IUCN (Union mondiale pour la nature). L’UICN est la principale ONG mondiale consacrée à la cause de la préservation de la biodiversité. Elle réunit 83 États, 114 agences gouvernementales, plus de 800 ONG et plus de 10 000 experts et de scientifiques de plus de 180 pays.  

Qu’est-ce que c’est le « Compte à rebours 2010 » ?

Le « compte à rebours 2010 » a été décidé premièrement en Europe en 2001 au sommet de Gothenburg où les chefs d’Etat  ont décidé d’arrêter la perte de biodiversité d’ici à 2010. Puis au sommet mondial de la Terre de Johannesburg en 2002. Je crois qu’après le réchauffement climatique,  la biodiversité est notre plus grand défi. Aujourd’hui, selon les statistiques, on perd 150 espèces par jour. Et au niveau européen, selon la Commission, il y a 80% des écosystèmes dans des conditions de préservation défavorables. C’est une grosse crise.

La perte de biodiversité qu’est ce que cela implique pour l’homme ?

La biodiversité est le fondement de tout développement économique. La nature nous rend d’innombrables services comme la filtration des eaux, de l’air, la pollinisation. On est en train de perdre cette richesse et des solutions potentielles de développement futur. Si on regarde par exemple le secteur de l’innovation technologique, ils s’inspirent souvent des mécanismes qu’on trouve dans la nature. Dans une étude globale réalisée par sir Nicolas Stern sur les conséquences économiques du réchauffement climatique, on estime que le coût de l’inaction vis-à-vis de la perte de biodiversité, nous serait de 6% de notre PIB.

On est en janvier 2009… il nous reste à peine deux ans pour agir. Comment arrêter la perte de biodiversité d’ici-là ?

Ce que le « compte à rebours » essaie de faire est de mobiliser tous les acteurs. Même si c’est une décision des Etats, ceux-ci ne peuvent pas atteindre ces objectifs tous seuls. Il faut donc fédérer les autorités locales, comme aujourd’hui à Paris. En signant la Déclaration du Compte-à-rebours 2010 pour la Biodiversité, des collectivités locales franciliennes s’engagent et témoignent de leur volonté d’enrayer la perte de la Biodiversité. Comme c’est le cas au Danemark où un maire sur cinq a signé la déclaration. Il faut sensibiliser et agir. Depuis 2007, plus de 50% de la population mondiale vit en ville. Ces populations se concentrent sur 2% de la superficie de la planète, mais en consomment 75% des ressources naturelles.  Lire la suite

L’agriculture en panne sèche

liberation.fr, Sylvestre Huet, le 13 janvier 2009

L’agriculture en panne sèche

Vision. Dans quelques décennies, les prévisions climatiques indiquent que les canicules passées devraient devenir la norme dans de nombreuses régions. Une grave menace pour l’alimentation mondiale.

Les étés plus chauds que nous promettent les climatologues menacent notre sécurité alimentaire. C’est l’avertissement, brutal, lancé par David Battisti et Rosamond Naylor (University of Washington, à Seattle et Stanford University, à Palo Alto) publié par Science (1). Un avertissement qui survient après la crise des années 2006-2008, où la chute de production dans quelques régions pour raisons climatiques, la croissance rapide de la demande, «boostée» par la démographie, l’essor économique et les débouchés non alimentaires de l’agriculture ont poussé les prix internationaux à des sommets. Or, expliquent les deux scientifiques, tout ceci n’est que de la petite bière à côté du risque de «crise alimentaire perpétuelle» que le changement climatique pourrait provoquer.

Triplement du prix. Pour étayer leur propos, les deux scientifiques se sont appuyés sur l’histoire et les projections climatiques de 23 modèles différents de la synthèse du Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) publiée en 2007.

Du côté du passé, ils se sont penchés sur trois cas exemplaires. D’abord, la chute de la production céréalière en URSS (Russie et Ukraine) lors de l’été caniculaire de 1972 qui avait stoppé net la tendance à la baisse du prix des grains depuis 1950 en provoquant un triplement du prix du blé en deux ans sur les marchés internationaux. Puis, la canicule de 2003 qui a frappé l’Europe de l’Ouest, avec des baisses de production drastiques (calculée par rapport à l’année précédente). Moins 36 % pour le maïs en Italie, moins 30 % en France où la récolte de blé a chuté de 21 % et celle des fruits de 25 %. Enfin, Le long épisode de sécheresse au Sahel, dans les années 70, n’a pas été choisi en raison de l’effet «température» dans cette crise – c’est la pénurie de précipitations qui a causé la rupture agricole -, mais comme exemple de région particulièrement vulnérable – population en croissance, agriculture fragile – et parce que les projections des climatologues prévoient qu’elle endure d’ici la fin du siècle des étés plus chauds qu’aujourd’hui.

Ces projections et les simulations sur ordinateurs du climat futur, soumis à un effet de serre renforcé par nos émissions de gaz du même nom, laissent peu de doute sur un point. Les températures des saisons de croissance végétale – printemps, été – des régions tropicales et subtropicales seront nettement plus élevées. Au point que la canicule de 2003 en Europe de l’Ouest – avec un écart à la moyenne climatique de plus 3,6 °C en France – deviendra… l’été moyen dès le mitan du siècle. De même en Ukraine – l’ex-grenier à blé de l’Union soviétique -, les étés les plus chauds des dernières décennies deviendront la norme à l’avenir. Autrement dit, la moitié des étés seront certes moins chauds, mais l’autre moitié le sera plus encore.

Même topo dans les régions tropicales, où les variations de températures d’une année sur l’autre sont nettement moins importantes. Les simulations climatiques montrent que dès 2050, l’été moyen sera plus chaud que le record actuel depuis 1900 dans ces régions où vivent 3 milliards d’êtres humains en croissance démographique. Dans ces conditions, avertissent les deux auteurs, il serait imprudent de compter sur de meilleurs rendements sous les plus hautes latitudes pour compenser ces pertes. Lire la suite