Sophie Rabhi-Bouquet : En Ardèche, des branchés de l’écologie construisent leur paradis

leprogres.fr, Christine Beranger, le 15.août 2009

En Ardèche, des branchés de l’écologie construisent leur paradis

Un village vert voit le jour dans le sud du département fait de bois, de paille, de terre… et d’une bonne dose d’utopie

 « Dis maman, elles sont en paille les maisons ? » « Oui, ma chérie, c’est comme celle des Trois petits cochons ! » Bravant la chaleur d’août, ils sont une vingtaine – vacanciers pour la plupart – à découvrir « Le Hameau des Buis », un village écologique en construction au cœur de l’Ardèche méridionale. Chaque vendredi après-midi, l’association à l’origine de ce projet un peu fou propose au public une visite du « lotissement » situé sur la commune de Casteljau à une quarantaine de kilomètres au sud d’Aubenas. Pour s’y rendre, mieux vaut cependant être bien informé car aucun panneau directionnel sur la D104 n’indique encore le futur paradis des écolos : un plateau clairsemé au milieu d’une forêt de chênes surplombant la rivière Chassezac.

Les constructions sont bâties autour des arbres qui étaient déjà présents sur cet hectare de terrain. Vingt logements – du T1 au T4 – sont prévus, principalement en habitat groupé. Esthétiquement, l’architecture de Pierre-Henry Gomez est plutôt séduisante – toitures végétalisées, façades alternant bardages en Douglas brut, enduits de plâtre ocré, verdure – et n’est pas sans rappeler, plus modestement, la maison en bois de l’altermondialiste José Bové.

Mais c’est surtout pour leurs qualités énergétiques et environnementales que ces habitations ont décroché le prix Prébat de la région Rhône-Alpes. D’abord, toutes sont orientées au sud afin de bénéficier du maximum de soleil dans cette partie d’Ardèche qui fleure déjà le Midi. Un mur dit « capteur » – en pierres ou parpaings remplis de sable, doublés d’un vitrage – doit amplifier la chaleur solaire pour réchauffer la maison pendant douze heures. Et quand le mercure affiche 40 degrés comme cet après-midi d’été où les cigales s’en donnent à cœur joie ? « Entrez et vous verrez comme il fait frais à l’intérieur », invite Sophie Rabhi-Bouquet, la fille de Pierre Rabhi, pionnier de l’écologie politique. C’est l’effet « bottes de paille » : un « excellent isolant », selon la jeune femme, initiatrice et responsable du projet. « Pour une maison chaude en hiver et fraîche en été, il faut de bonnes bottes et un bon chapeau car la paille craint l’humidité. Les bottes doivent aussi avoir une bonne étanchéité à l’air », explique-t-elle.

Concrètement, les murs extérieurs sont formés de Lire la suite