Patrick Viveret : Une Alliance civique pour l’humanité

mediascitoyens-diois_blogspot.com, septembre 2009, Claude Veyret

Une Alliance civique pour l’humanité

La conjonction de la crise écologique (dont la forme la plus reconnue est celle du dérèglement climatique) et de la crise financière, conséquence de la démesure du capitalisme financier, est grosse de risques de régression et même de guerre. Elle favorise la montée des courants autoritaires et de ce que Wilhelm Reich caractérisa dans les années trente comme une véritable « peste émotionnelle ».

Nous vivons ainsi un moment critique de l’histoire où l’humanité est confrontée à quatre rendez vous cruciaux où se joue son avenir :

– celui de son propre habitat écologique à travers notamment le réchauffement climatique et ses conséquences ;

– celui du risque d’une crise systémique provoquée ou au moins aggravée par la crise financière d’une économie casino vouée à l’alternance de cycles d’exubérance et de dépression irrationnelle des marchés financiers ;

– celui du cocktail explosif que constituent le couple de la misère et de l’humiliation d’une part, du terrorisme et des armes de destruction massive de l’autre ;

– celui de l’alternative entre guerre ou dialogue de civilisations.

L’humanité a besoin de paix, de coopération et d’intelligence collective pour faire face à ces défis. Elle doit organiser l’autodéfense contre tous ceux, quelque soient leurs fonctions et leurs motivations, qui cherchent à imposer la guerre, la compétition généralisée et des régressions inacceptables dans l’ordre de l’intelligence et de la culture.

Nous ne pouvons laisser se développer, sans réagir, ces logiques meurtrières.

Nous devons donner vie concrètement à la déclaration universelle des droits humains et construire ensemble cette citoyenneté mondiale qui doit permettre à l’humanité de s’affirmer en sujet positif de sa propre histoire.

Nous devons réorienter en profondeur nos modes de vie, de production de consommation afin de cesser de mettre en danger les écosystèmes qui nous font vivre.

Nous devons organiser partout des écoles de paix et construire une objection de conscience mondiale face aux logiques de guerre économiques, militaires ou religieuses dans lesquelles on voudrait nous enrôler.

Comme le soulignait Antonio Gramsci “le vieux tarde à disparaître, le neuf tarde à naître et dans ce clair obscur des monstres peuvent apparaître”.

Comment accompagner la fin d’un monde sans qu’il s’agisse de la fin Lire la suite

Ecologie : l’engagement de l’Eglise catholique se renforce de façon éclatante

plunkett.hautefort.com, NC, le 8 août 2009

Ecologie : l’engagement de l’Eglise catholique se renforce de façon éclatante

Nouvelle orientation forte de Benoît XVI – À Radio Vatican, le P. André Beauchamp condamne l’indifférence ou l’hostilité d’une partie des catholiques envers l’écologie chrétienne, Verbatim, de Rome :

CITE DU VATICAN, 29 JUL 2009 (VIS). « Protéger la création pour favoriser la paix », tel est le thème de la XLIII Journée mondiale de la paix (1er janvier 2010). Il a été choisi par le Saint-Père pour sensibiliser les fidèles au lien existant dans le monde globalisé entre la protection de la nature et la paix, « malheureusement de plus en plus menacé par la dégradation de l’environnement humain, la surexploitation des ressources naturelles, les changements climatiques, la surpopulation. Si l’humanité ne réagit pas correctement à ces menaces, dans la justice sociale et la solidarité internationale, le risque est grand de semer de nouvelles violences entre peuples et générations« . Se référant aux paragraphes 48 à 51 de l’encyclique Caritas in Veritate, le message souligne le caractère prioritaire pour l’humanité de sauvegarder l’environnement. « C’est un devoir collectif universel que de respecter le bien de tous et d’empêcher le libre usage des êtres« . Le communiqué conclut en rappelant que « la question écologique ne peut se réduire aux graves perspectives de la dégradation de l’environnement. Elle doit se traduire avant tout par un élan décisif en faveur de la paix« .

Commentant cet importante orientation ce matin sur Radio Vatican, le P. André Beauchamp, spécialiste des problèmes d’environnement [*], a précisé qu’il fallait développer d’urgence l’écologie chrétienne « car, dans l’inconscient catholique,  l’environnement est hors religion ».

Cette phrase est décisive. Il s’agit en effet d’une question d’inconscient collectif. Qu’il prenne la forme d’une phobie (dans certains clans) ou du lourd mépris (dans la bourgeoisie d’affaires qui vote UMP), le rejet de l’écologie par des catholiques français repose sur un socle d’ignorance religieuse.

C’est là le problème : y compris dans des cercles qui se targuent de « miltantisme catho ».

Le P. Beauchamp en parle avec sévérité : « La crise de l’environnement n’a rien d’accessoire et de passager. Il en va de l’avenir même de la planète. La crise n’est pas simplement à nos portes, elle se trouve déjà au milieu de nous. La crise écologique constitue la plus importante crise éthique de notre époque, et la cause environnementale se manifeste aussi comme le lieu d’émergence où se posent aujourd’hui les questions de Dieu, de l’expérience spirituelle et de l’engagement éthique. Dans un tel contexte, Lire la suite

L’Europe peut-elle promouvoir la paix et la démocratie sans répondre aux enjeux de la question alimentaire ?

alimentons-l-europe.eu, Communiqué, mai 2009

L’Europe peut-elle promouvoir la paix et la démocratie sans répondre aux enjeux de la question alimentaire ?

Des acteurs de la société civile interpellent les candidats aux élections européennes autour de questionnements que ces organisations jugent prioritaires.

Comment ne pas remettre en cause un modèle économique qui rend 1 milliard de personnes victimes de la faim et détruit la biodiversité animale et végétale ?

Et comment penser l’avenir quand la jeunesse européenne a de plus en plus de mal à rentrer dans le monde du travail tel qu’il est ?

La question alimentaire, sujet de ce siècle, est la priorité de la décennie. Il est primordial, notamment pour la jeunesse, que la réponse qui sera donnée remette en cause le système destructeur qui prévaut aujourd’hui et redonne du souffle à l’esprit européen en ravivant les fondements qui lui ont donné naissance : la paix et la promotion de la démocratie.

Tel est le sens de l’interpellation publique des candidats aux européennes du 7 juin prochain, lancée à l’initiative de MINGA et de « Nature&Progrès » soutenue notamment par Frères des Hommes, le réseau des AMAP d’Ile de France, de Rhône Alpes et de Provence, la Confédération Paysanne, Action consommation, Liamm An Douar (Terre de Liens Bretagne), Réseau Ecobatir, ASPAARI, Fruits oubliés, Jardins et Arômes au naturel, Pour l’Ortie, Mouvement d’actions pour le Tibet, L’arbre est dans la graine, Tibet Languedoc, Paysans.fr, Comité National de Liaison des Régies de Quartier (CNLRQ), Association Européenne des Réseaux et des Régies de Quartier (AERDQ), Amis de la Terre France, Terr’Eau, BEDE Biodiversité Echanges et Diffusion d’Expériences,…

Nous vous invitons à interpeller les candidats sur les thèmes de cette lettre ouverte. Nous publierons régulièrement les réponses qui nous seront parvenues.

Cette initiative engagée à l’occasion des européennes, se poursuivra au delà des élections.

Ils ont notamment signé la lettre :

Jean Gadrey (professeur d’économie), Lire la suite

Trois ans pour dire adieu à l’énergie pas chère

ouest-france.fr, Serge Poirot, le 28 avril 2009

Trois ans pour dire adieu à l’énergie pas chère

L’épuisement du pétrole est proche. Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean nous annoncent le repeuplement des campagnes, la fin des banlieues et le retour de la 2 CV !

Polytechnicien, expert en énergie, concepteur du bilan carbone et conseiller de Nicolas Hulot, Jean-Marc Jancovici lance un appel au changement urgent et radical dans C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde.

Pourquoi trois ans ?

Nous avons voulu insister sur le fait qu’il faut commencer à se secouer très sérieusement. Chaque année qui passe sans qu’on prenne le problème « énergie-climat » à bras le corps se paiera très cher. Grâce à l’énergie abondante et bon marché, l’humanité a connu une phase d’expansion sans précédent. Maintenant, on va devoir passer à la caisse. Ça va nécessiter des décennies d’efforts. Il faut dire la vérité aux gens : l’augmentation indéfinie du pouvoir d’achat n’aura pas lieu. Nous allons avoir à gérer une forme de sobriété matérielle.
Vous pensez que la crise actuelle est d’abord une crise énergétique ?
C’est le premier accès de fièvre. L’économie consiste essentiellement à transformer les ressources naturelles. Or, il n’y a pas de transformation sans énergie. Le point de départ de la crise, c’est la récession due à l’explosion du prix du pétrole entre 2002 et 2008. Beaucoup pensent que tout va repartir comme en 40. Nous pensons qu’une époque nouvelle commence.
Mais le prix du pétrole est en baisse.

Oui, c’est normal : on est en récession. L’effet du prix de l’énergie sur l’économie se manifeste sur le long terme. Le prix d’un service énergétique : se déplacer, laver son linge, avoir une réaction chimique donnée, etc… a été divisé par 30 depuis 1900. Le litre d’essence à 1 € procure une énergie mille fois moins chère que le travail humain qu’il remplace. Mais il y a une limite physique : le pétrole met 50 millions d’années à se former.
Il n’y a pas que le pétrole…

Tout le monde est persuadé qu’on va être sauvés par les éoliennes et le photovoltaïque. Dans les vingt ans qui viennent, ça ne fera aucune différence. C’est de l’argent dépensé en pure perte. Quant au nucléaire, que j’aime bien, il est limité par les besoins en capitaux et en compétences. Ce sont des solutions pour le long terme. Pour la période de transition, 80 % du problème va devoir être traité par des économies. La question est : est-ce qu’on les organise ou est-ce qu’on les subit ?

Vous voulez repeupler les campagnes…

Depuis un demi-siècle, on a remplacé les agriculteurs par des tracteurs et des camions. Lire la suite

L’Encyclopédie du Développement Durable

L’Encyclopédie du Développement Durable, avril 2009

S’engager dans le développement durable est le défi majeur de notre 21ième siècle. L’Encyclopédie du Développement Durable est un outil pour la compréhension des enjeux et la mobilisation.

Projet d’éducation populaire, elle se propose de vulgariser les connaissances scientifiques, de promouvoir une réflexion militante et de diffuser des repères pour l’action en faveur du développement durable. Le citoyen pourra appréhender les liens existant entre des champs apparemment divers (scientifiques, techniques, politiques, socio-économiques, culturels…), sans rester prisonnier des cloisonnements thématiques.

Pour accéder aux articles de l’Encyclopédie, il vous suffit de cliquer sur les titres des sous chapitres ci- dessous.

1. La prise de conscience, pour une politique mondiale

1.1 De l’éco-développement au développement durable (concepts, principes, valeurs) (10)

La nature

janvier 2009, par Flipo, Fabrice

Mots clefs associés : écologie, économie, environnement, philosophie, science et recherche, technologie

Ce qui est “nature” nous semble évident puisque… naturel. Pourtant ce qui est nature est difficile à définir : s’agit-il d’êtres, de normes ou de culture ? Selon les cas, la “protection de la nature” est à la fois absurde et évident, cet article tente d’en dénouer le (…)

Reconsidérer la richesse

novembre 2008, par Viveret, Patrick

Mots clefs associés : économie sociale et solidaire, crise écologique, crise financière, crise sociale, inégalité sociale, indicateurs de richesse, modes de vie, monnaies complémentaires

Notre paysage économique, social, écologique et culturel se bouleverse profondément et rapidement. Face à ce constat, les outils de mesure de nos activités,en particulier le PIB,ne sont plus adaptés. Pour répondre à la démesure de la crise que nous vivons, il est urgent d’inventer de nouveaux (…)

Les voies du Développement Durable

septembre 2007, par Ruellan, Alain

Mots clefs associés : gestion des ressources naturelles, participation, politique, stratégies pour le développement durable

La situation actuelle du Monde est inquiétante : les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres ; les modes de vie dégradent les écosystèmes, épuisent les ressources naturelles, déséquilibrent les grands systèmes mondiaux ; en conséquence, les violences humaines s’accentuent. Comment (…)

Naissance et formation du concept de développement durable : une approche historique

juin 2007, par Nicol Jean-Pierre

Mots clefs associés : activités humaines, écologie politique, conférences, croissance, politique

Face à l’idée, née de la révolution industrielle du XIXe siècle, selon laquelle le progrès technique assurera une croissance indéfinie et un progrès linéaire, on a assisté à une progressive prise de conscience, à partir des années 1920, relative aux effets négatifs de l’industrialisation sur les milieux (…)

Changer l’avenir – penser le temps long

mai 2007, par Flipo, Fabrice

Mots clefs Lire la suite

La grande catastrophe écologique est prévue pour 2030

 

libertesinternets.wordpress.com, Gregor Seither – IES News Service, le 21 mars 2009]

La grande catastrophe écologique est prévue pour 2030, dite le chef du conseil scientifique britannique

Si vos gosses vous demandent quel métier choisir quand ils seront grands, dites leur que paysan/marraicher c’est un métier d’avenir… Et commencez déjà à leur chercher un lopin de terre à exploiter…

Le directeur du conseil scientifique du gouvernement britannique, le Professeur John Beddington, tire la sonnette d’alarme : les effets combinés de la crise alimentaire, de la limitation d’accès à de l’eau potable et de la raréfaction des sources d’énergie risquent de provoquer des émeutes, des conflits transfrontaliers et une vague massive d’immigration de réfugiés cherchant à fuir les régions les plus affectées. Pour le professeur Beddington, ces crises deviendront aigues dès 2030.

Dans un discours devant les participants de la conférence Sustainable Development UK, organisée par le gouvernement britannique à Westminster, Beddington a expliqué que l’accroissement démographique, les succès des programmes d’amélioration de la santé et de lutte contre la pauvreté ainsi que la croissance économique des nations émergentes ont pour conséquence un accroissement exponentiel de la demande en nourriture, eau potable et ressources énergétiques. L’accroissement de cette demande, qui devrait aller en s’accélérant au cours des 20 prochaines années, survient à un moment où les pays de la planète sont confrontés à une autre urgence : modifier leurs comportements énergétiques et de consommation afin de lutter contre l’émission des gaz à effet de serre. (…)

Toujours selon le Prof. Beddington, si les prix alimentaires se sont à nouveau tassés après leur forte augmentation l’an dernier, la production mondiale de céréales telles que le blé ou le mais n’arrive toujours pas à suivre la demande. Aujourd’hui les réserves mondiales ne représentent que 14% de la demande annuelle, un taux tellement bas qu’il suffirait d’une sécheresse, d’une inondation ou d’une mauvaise récolte dans une région productrice majeure pour faire à nouveau exploser les prix.

“Une inondation comme celle qui a frappé les Etats-unis l’an dernier ou encore un été trop sec en Chine suffiraient à faire basculer la situation. Les prix grimperaient à nouveau, déclenchant des émeutes de la faim à travers le monde. Et cette fois ci la gouvernance mondiale alimentaire n’a plus les moyens de réguler les prix en mettant des réserves sur le marché” explique Beddington, “car la majorité des réserves ne sont pas stockées dans des hangars mais sont simplement des tonnages d’aliments actuellement en transit entre les différents ports“.

Nos réserves alimentaires n’ont jamais été aussi basses depuis 50 ans, alors que nous devons accroître notre production alimentaire de 50% d’ici à 2030. Et simultanément il va nous falloir 50% de plus d’énergie et 30% de plus d’eau potable.”

Cette situation explosive représente la plus grande menace pour la stabilité et la paix mondiale qui ait jamais existé. Des centaines de millions d’hommes et de femmes vivent dans les régions les plus exposées et n’auront pas d’autre choix que de partir pour tenter de survivre ailleurs. Les sources de conflits, d’épidémies, de guerres seront innombrables… et jusqu’à présent l’humanité n’a encore jamais apporté la preuve qu’elle savait gérer ce genre de situation.“

Avant d’occuper le poste de Conseil scientifique en chef du gouvernement, John Beddington était professeur de Biologie démographique appliquée (population biology) au Imperial College de Londres. Il est reconnu comme un expert mondial sur Lire la suite

Jean-Marc Jancovici « L’urgence est là ! »

rmc.fr, Jean-Marc Jancovici, le 13 mars 2009

« Trois ans pour sauver le Monde ! »

Un expert en énergie et climat décrypte les changements climatiques à venir… L’urgence est là !

Jean-Marc Jancovici expert en réchauffement climatique, ingénieur conseil énergie et climat, auteur de « C’est maintenant : trois ans pour sauver le monde » explique avec pédagogie l’urgence de la situation actuelle.

Souvent les gens, disent : « quel réchauffement climatique ? vu l’hiver qu’on vient de vivre… » mais ils confondent, c’est ça ? Entre climat et temps, il ya une différence à faire…
« La différence est la même qu’entre la note d’un élève à une composition donnée et la moyenne de l’établissement dans lequel il est scolarisé. C’est pas parce que la note d’un élève particulier monte ou descend, que la moyenne de l’établissement monte ou descend. Les moyennes sont des choses qui varient beaucoup plus lentement. Quand on parle de climat, on parle de moyenne, pas d’une mesure instantanée.

Je vais prendre l’exemple de l’hiver que nous venons de connaitre. La France, fait 0.1% de la surface de la terre, et le mois de janvier par exemple, c’est un 12e de l’année… Alors qu’en climat les périodes de référence, c’est au moins trente ans. Quand Météo France vous dit la « normale de saison » c’est en fait la moyenne des températures pour 30 ans sur la saison considérée. Un mois d’hiver, c’est un petit bout d’une année, qui est un petit bout de trente ans, période de référence pour le climat, et c’est juste pour 0.1% de la surface planétaire. On est en train de parler de deux choses différentes, quand on parle de l’hiver chez nous et du climat mondial. Pour finir là-dessus, pendant que nous avions un hiver froid, l’Australie, de l’autre côté de la planète connaissait un été absolument torride, le plus torride qu’ils aient jamais eu, le plus sec…  Il faut se garder de confondre ce qu’on voit devant sa porte et ce qu’il se passe réellement. Et dans cette affaire de réchauffement climatique… ce qui est ennuyeux, c’est pas ce qu’on voit maintenant, mais ce qu’on va voir plus tard. »

La crise financière, ce n’est rien par rapport à la crise climatique qu’on va vivre… C’est vrai ?

« C’est malheureusement vrai. Deux ou trois éléments. Le premier : l’économie ce n’est qu’une transformation de ressources naturelles. Toutes les activités économiques des hommes, ça consiste à prendre des ressources, du bois, des denrées alimentaires, des minerais et à les transformer pour en faire autre chose. Ce qui va se passer dans les décennies à venir, c’est que les ressources physiques qui permettent d’alimenter le système économique vont devenir de plus en plus contraintes. Une de ces ressources, c’est le climat. Le climat stable est une bonne affaire pour nos activités socio-économiques. Un climat qui se ballade de part et d’autre de manière rapide est un truc beaucoup plus mauvais pour nos activités économiques. Si on commence à avoir des problèmes de ressources graves, on aura des problèmes bien plus importants que la crise économique que nous sommes en train de vivre. Il sera question du maintien ou non de la démocratie, de la paix, du maintien d’une espérance de vie à 75 ans… Ce n’est pas juste le climat. D’une manière plus large, on a un problème aujourd’hui c’est que comme ces ressources naturelles, on ne les paye pas à la nature, la nature ne passe pas avec son tiroir caisse quand on lui prend du pétrole ou un poisson… On a rien prévu dans notre système économique pour voir arriver ce genre de choses.  Donc ça nous prendra au dépourvu si on ne change pas notre manière de voir le monde. »

Le secrétaire général de l’ONU estime que dans 20 ans, la pénurie en eaux pourra faire perdre à l’Inde et aux USA la totalité de leurs récoltes… Votre avis ?

« Je suis un peu perplexe. L’eau il en tombe tout les ans. Ce qui risque de se passer par contre, c’est qu’elle risque de tomber plus mal. Lire la suite