Bordeaux : La maison verte sur les quais

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 26 Octobre 2009

RICHELIEU. L’ex-bureau de recrutement des dockers transformé en maison éco-citoyenne

La maison verte sur les quais

Les joggeurs ou promeneurs ont été les premiers à s’en apercevoir, les premiers aussi à devoir contourner les barrières. Quai Richelieu, l’ancien Bureau central de recrutement de main-d’œuvre (BCMO) commence à vibrer au rythme des marteaux-piqueurs. C’est le début du chantier de construction de la maison éco-citoyenne.

Le bâtiment concerné est l’un des derniers « vestiges » de la partie sud du port de Bordeaux. Ce bâtiment sans étage a été construit au début des années 50. Un lieu qui ne désemplissait pas. Il y avait 3 000 dockers à l’époque à Bordeaux et tous devaient passer par ce bureau de recrutement central. Selon les règles en vigueur, ils ne pouvaient pas décrocher plus de huit heures de boulot d’un coup (deux fois quatre heures) mais rien ne leur empêchait de revenir le lendemain, pour refaire la queue et s’il y avait des bateaux à quai, décrocher un nouveau contrat. C’est dire les bousculades qu’il y a eues en ces lieux, les coups de gueule aussi.

Du faux XVIIIe

Contrairement à ce que l’on pense en le voyant de loin, ce bâtiment ne date pas du XVIIIe. C’est du faux ! L’architecte d’alors a respecté le site mais il a tout réalisé en béton et recouvert l’ensemble avec de fausses pierres pour ne pas gâcher le paysage.

Aussi, Olivier Lehmans, l’architecte bordelais retenu pour construire la maison éco-citoyenne, ne se retrouve-t-il pas les mains liées devant un monument historique indéformable. Il a pu faire courir son imagination à la condition bien évidemment qu’il respecte à son tour l’environnement architectural immédiat.

La construction de cette maison éco-citoyenne entre dans le cadre de la démarche de développement durable et de la mise en route de l’Agenda 21 de la Ville de Bordeaux. Cette maison verte est sur rails depuis longtemps. « Pour créer une dynamique, nous avons déjà créé la maison éco-citoyenne mobile », explique Anne Walryck, adjointe au maire chargée de mettre en œuvre la politique de développement durable à la mairie.

Cette « maison » est allée de quartier en quartier et même participé à des événements « grand public » majeurs comme la foire internationale. Parallèlement, des débats ont été organisés avec des experts reconnus. Sur les thèmes forts du moment et mettant en avant la nécessité de se mobiliser pour défendre l’environnement et faire les bons choix pour sauver la planète.

Un lieu de vie

La future maison éco-citoyenne sera le top de ce que l’on peut faire en la matière. Sous un grand chapeau « développement durable », ce sera Lire la suite

La future maison éco-citoyenne de Bordeaux

Sud-Ouest, le 15 septembre 2008, Léa Outier

QUAI RICHELIEU. L’ancien centre d’embauche des dockers doit être transformé en maison écocitoyenne. Retour sur un vestige du port miraculeusement conservé

Durablement sauvé

Les initiés l’appellent le BCMO. Pour Bureau central de recrutement de la main-d’œuvre. Au pied du pont de pierre, les joggers passent devant lui sans le regarder. Sans savoir qu’au beau milieu des quais désormais rénovés trône ce vestige de l’histoire portuaire de Bordeaux.

Ce bâtiment sera reconverti en 2009 en maison écocitoyenne. Là où les dockers venaient, deux fois par jour, chercher du travail pour la journée, les Bordelais trouveront expositions et conférences sur le développement durable.

Dans les bistrots. Une transformation, pour ce bâtiment construit dans les années 50 sur le quai Richelieu. « À l’époque, les dockers devaient être près de 3 000 à Bordeaux, se souvient Robert Chevet, ancien capitaine au long cours et auteur de plusieurs livres sur l’histoire du port de Bordeaux (1). L’embauche se faisait dans les bistrots rive droite et rive gauche. » En 1947, une loi nationale officialise le statut des ouvriers des quais. Et entraîne une réorganisation à Bordeaux : deux points d’embauche sont créés sur chacune des rives.

Les autorités portuaires ont alors un souhait : centraliser le recrutement des dockers. D’où la construction, vers 1952, du local du quai Richelieu. Les ingénieurs s’appliquent à respecter l’architecture qui l’entoure : un profil horizontal, du béton, et de la pierre artificielle. Une allure faussement XVIIIe, qui trompe encore certains passants. Lire la suite