LPO : Venez observer : Milans noirs, Bondrées, Busards, Faucons, Circaètes, Balbuzards, Cigognes, Pigeons, Laridés, Limicoles, Oies, Grues, Passereaux, Percnoptère, Aigle royal, Vautour fauve, Gypaète…

LPO Aquitaine, juillet 2010

Observatoire Régional de la Migration des Oiseaux en Aquitaine – Programme INTERREG Projet Lindux : Observatoire de la migration des oiseaux sur la voie atlantique Saison 2010

Ca y est, c’est reparti. Depuis le 15 juillet, deux équipes sont sur les cols pour le suivi de la migration postnutptiale. La coordination des sites du programme : Organbidexka, Lindux et Lizarrieta en Pays basque est assurée par la LPO Aquitaine dans le cadre de l’Observatoire, du 15 juillet au 15 novembre pour les deux premiers, du 15 septembre au 15 novembre pour le dernier. Déjà, près de 1 500 Milans noirs ont franchi les crêtes pour rejoindre l’Afrique via Gibraltar. Les résultats sont disponibles au jour le jour sur le site www.migraction.net . En quelques clics, vous serez au fait des derniers rebondissements sur les cols.

Nous avons rendez-vous avec plus deux cent cinquante espèces migratrices. Milans noirs, Bondrées, Busards, Faucons, Circaètes, Balbuzards,… Cigognes, Pigeons, Laridés, Limicoles, Oies, Grues et d’innombrables passereaux pourront être observés. Ce sera aussi l’occasion d’admirer le Percnoptère, l’Aigle royal, le Vautour fauve, le Gypaète…, symboles du Pays basque. Entre autres espèces étudiées, nous continuerons le suivi minutieux des Cigognes noires, Circaètes et Milans royaux. Et comme chaque automne, nous accorderons une attention particulière à la migration des Pigeons et à l’impact de la chasse sur leurs déplacements.

Année après année, votre participation au suivi de la migration permet d’accumuler de précieuses informations sur les tendances de certaines populations migratrices. Par exemple, le Milan royal dont on a détecté une baisse des effectifs transpyrénéens depuis 1989, corroborant ainsi les études menées sur certaines zones de reproduction semble aujourd’hui en un peu meilleure position depuis 2004, ou à l’inverse, le constat réjouissant de la hausse des populations de Cigognes, avec une année 2008 record pour la Cigogne noire et la Cigogne blanche. Le programme offre aussi l’opportunité d’accueillir un nombreux public, de l’informer sur la migration des oiseaux en Europe et en Aquitaine, et le sensibiliser sur les abus de la chasse et les dégradations infligées aux milieux montagnards et à la nature en général.

Mener à bien le suivi scientifique et l’information nous paraît essentiel pour que progresse la protection des espèces et des voies migratoires. Cet objectif ne peut être réalisé sans votre implication et ce, quel que soit votre niveau d’expérience car après quelques jours de terrain et d’échanges avec les permanents, les connaissances minimales sont acquises. Nous vous invitons de nouveau à collaborer, en nous rejoignant sur les sites d’étude. Se rencontrer ou se revoir pour partager la magie des grands mouvements migratoires survolant la mer de nuages, les soirées conviviales autour d’un feu et d’un plat.

Sans les bénévoles, la réussite du programme est impossible. Aussi, comme les années passées, nous vous invitons à y participer en vous inscrivant dès aujourd’hui auprès de la coordination par Lire la suite

Grenelle 2 : Les trames de bitume préférées aux trames vertes et bleues

fne.asso.fr, communiqué, le 18 juin 2010

Les trames de bitume préférées aux trames vertes et bleues

Le projet de loi Grenelle 2, examiné avant hier par les députés et sénateurs réunis en Commission mixte paritaire*, a été marqué par un affaiblissement important du poids juridique d’un de ses outils clefs : la trame verte et bleue. France Nature Environnement, la Ligue ROC, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme dénoncent ce recul par rapport au vote en séance.

Les trames de bitume préférées aux trames vertes et bleues par la Commission mixte paritaire

La trame verte et bleue (TVB) est un des outils-clés du projet de loi Grenelle 2 pour rétablir un bon état de biodiversité. Elle doit permettre la préservation et la restauration d’un maillage d’espaces et de milieux vitaux pour la faune et la flore sauvages, contribuant ainsi à l’équilibre des territoires pour le bénéfice de tous. Or, la portée juridique de cet outil a été affaiblie par la Commission mixte paritaire qui s’est réunie le mercredi 16 juin et qui rassemblait sept députés et sept sénateurs.

En effet, les parlementaires ont supprimé la disposition du projet de loi retranscrivant un des engagements du Grenelle qui prévoyait que les infrastructures linéaires de l’Etat devaient être compatibles avec le schéma régional de cohérence écologique, outil de mise en œuvre de la TVB en région. Cette disposition aurait grandement contribué à la mise en place cohérente de la TVB sur l’ensemble du territoire. En effet, l’obligation de compatibilité signifiait que la construction d’une ligne à grande vitesse ou d’une autoroute aurait du respecter les continuités écologiques.

On pouvait, ainsi, espérer une évolution dans la manière de concevoir les infrastructures afin de mieux respecter la biodiversité et ainsi contribuer à répondre à l’article 1er de la loi Grenelle 1 qui prévoit que « pour les décisions publiques susceptibles d’avoir une incidence significative sur l’environnement, les procédures de décision seront révisées pour privilégier les solutions respectueuses de l’environnement en apportant la preuve qu’une décision alternative plus favorable à l’environnement est impossible à un coût raisonnable ».

Députés et sénateurs de la CMP ont donc amoindri, sur cet aspect, la capacité de la loi Grenelle 2 à traduire la loi grenelle 1.

Un recul très regrettable juste avant le vote définitif de la loi Grenelle 2.

France Nature Environnement, la Ligue ROC, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme dénoncent ce recul de la Commission mixte paritaire par rapport au vote en séance.

Alors que 2010 est l’Année internationale de la biodiversité, nos organisations regrettent que Lire la suite

Dans le cadre de l’Observatoire Régional de la Migration des Oiseaux en Aquitaine, la LPO recrute des observateurs de la migration postnuptiale et un animateur et lance un appel au bénévolat/volontariat

LPO Aquitaine, communiqué, le 1er avril 2010

Dans le cadre de l’Observatoire Régional de la Migration des Oiseaux en Aquitaine, programme d’étude de la migration des oiseaux, la LPO Aquitaine recrute des observateurs de la migration postnuptiale et un animateur et lance un appel au bénévolat/volontariat

Offres d’emploi

Missions 

Recherche, identification et comptage des oiseaux migrateurs (Rapaces, cigognes, grues, pigeons, limicoles, laridés, passereaux)

Caractérisation du contexte météorologique

Saisie des données

Accueil du public 

Profil  

Coordinateur et observateurs 

Très bonne connaissance dans l’identification en vol des oiseaux migrateurs (jizz, cris)

Capacité à décrire un contexte météorologique

Capacité à appliquer un protocole strict

Connaissance de l’outil informatique

Bonne résistance physique (soleil, vent, pluie, froid, chaud)

Aptitude à la vie en groupe

Autonomie dans le travail

Connaissance théorique du phénomène migratoire  

Animateur 

Sens du contact

Bonne résistance physique (soleil, vent, pluie, froid, chaud)

Aptitude à la vie en groupe

Autonomie dans le travail

Connaissance théorique du phénomène migratoire

Titulaire d’un diplôme dans le domaine de l’Education à l’Environnement 

Postes à pourvoir 

Col d’Organbidexka, Larrau, Pyrénées-Atlantiques 

un coordinateur de sites du 15 juillet au 15 novembre 2010

un observateur du 15 juillet au 15 novembre 2010

un animateur du 1er août au 30 septembre 2010 

Redoute de Lindux, Banca, Pyrénées-Atlantiques 

Un observateur du 15 juillet au 15 novembre 2010

Un observateur du 15 septembre au 15 novembre 2010-03-30 

Col de Lizarrieta, Sare, Pyrénées-Atlantiques 

Deux observateurs du 15 septembre au 15 novembre 2010

Un animateur du 1er octobre au 31 octobre 2010 

Cap Ferret, Lège-Cap-Ferret, Gironde 

Deux observateurs du 1er septembre au 15 novembre 

Conditions financières 

Contrats saisonniers.  

Coordinateur : 1630 euros brut/mois

Observateur : 1530 euros brut/mois

Animateur : 1530 euros brut/mois 

Les frais de déplacements entre le lieu d’hébergement fourni et les sites d’étude sont pris en charge dans la mesure des budgets impartis 

Conditions particulières 

Hébergement fourni

Pour le poste de quatre mois à Lindux, pratique orale de l’espagnol ou de l’euskara indispensable

Pour le poste d’animateur, priorité sera donnée à une personne disponible sur la période de trois mois (deux mois à Organbidexka, un à Lizarrieta)

Date limite de réception des offres : 23 avril 2010

Sélection à partir du 15 mai 2010

Permis B et véhicule personnel appréciés

Les embauches seront soumises à un entretien préalable au siège de la LPO Aquitaine à Bègles, courant juin.

Envoyer CV et lettre de motivation de préférence par courriel à 

Jean-Paul URCUN

Observatoire Régional de la Migration des Oiseaux

LPO Aquitaine

Erdoia
64120 LUXE-SUMBERRAUTE

05 59 65 97 13

Offre de bénévolat 

Mission 

Soutien aux postes décrits ci-dessus

Saisie de données

Participation aux tâches collectives  

Profil 

Aucune connaissance ornithologique exigée

Bonne résistance physique (soleil, vent, pluie, froid, chaud)

Aptitude à la vie en groupe

Majeur 

Conditions 

Hébergement fourni

Formation initiale au phénomène migratoire et à l’étude de la migration par les Observateurs salariés

Aide à la reconnaissance des oiseaux migrateurs par les observateurs salariés

Nourriture et entretien à la charge des participants

Durée au choix de participants

Pas de date limite d’inscription 

Conditions particulières 

Sur la Redoute de Lindux, dans le cadre du Camp International d’Etude de la Migration des places d’écovolontaires sont proposées incluant l’hébergement, la nourriture et l’encadrement. Fonctionnement par période de dix jours à compter du 3 août et jusqu’au 27 septembre 2010.  

Le Camp International de Lindux reste ouvert aux bénévoles dans le cadre des conditions générales en dehors et pendant la période où l’écovolontariat est possible. 

Le camp d’étude de la migration de la Pointe de Grave au Verdon/Mer, Gironde est ouvert jusqu’au 31 mai 2010 aux conditions générales du programme ORMO 

Pour toute correspondance, joindre le coordinateur du programme ORMO, Jean-Paul URCUN, de préférence par courriel à

Observatoire Régional de la Migration des Oiseaux

LPO Aquitaine 

Erdoia
64120 LUXE-SUMBERRAUTE

05 59 65 97 13 

http://www.migraction.net/pdffiles/news/dossier_participation_ORMO-6698.pdf jeanpaulurcun.lpo@neuf.fr ou à défaut par courrier à : Jean-Paul URCUNjeanpaulurcun.lpo@neuf.fr

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 22 janvier 2010

Le Grenelle de l’environnement est-il enlisé ?

Ambiance morose que celle dans laquelle s’est déroulé, vendredi 22 janvier, le comité de suivi du Grenelle de l’environnement, qui réunit tous les trois mois les cinq collèges participant au processus (ONG, syndicats, patronat, collectivités locales, Etat).

Echec de la négociation sur le climat à Copenhague ; censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel ; report après les élections régionales (14-21 mars) de l’examen de la loi Grenelle II par l’Assemblée nationale, alors qu’il était initialement prévu en janvier ; regain de l’affrontement entre lobbies patronaux et écologistes… L’élan consensuel qui avait abouti, en octobre 2007, aux 273 engagements censés impliquer la France dans une « évolution écologique » semble bien loin. Deux ans et demi plus tard, le Grenelle est-il en panne ? Si l’impatience monte dans les syndicats et les ONG, certains acteurs soulignent, eux, les premiers progrès accomplis.

Les commentaires les plus acerbes viennent des associations écologistes de terrain. « C’est comme si le Grenelle n’avait pas existé, affirme Gilles Huet, délégué général d’Eaux et rivières de Bretagne. Il n’a pas eu de traduction concrète sur le terrain. La dynamique n’est pas portée au niveau régional, notamment par les fonctionnaires. » Même son de cloche chez Alsace Nature. « Ça n’a pas changé la face du monde, dit son directeur, Stéphane Giraud. L’autoroute de contournement de Strasbourg a été maintenue. Dans le dossier du grand hamster, une espèce au bord de l’extinction, c’est la Commission européenne qui pousse le gouvernement à réagir, pas le Grenelle. »

Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, ONG écologiste du Sud-Ouest, est sévère, lui aussi. « Seuls les discours ont changé, affirme le militant. Les projets sont badigeonnés en vert, comme la ligne à grande vitesse qui va passer dans notre région. On continue à grignoter la biodiversité. »

Nombreuses sont les associations qui se battent contre les projets d’aménagement jugés « contraires » au Grenelle, souvent portés par des élus locaux.

« Le Grenelle n’a pas été territorialisé, analyse Arnaud Gossement, ancien porte-parole de France nature Eevironnement (FNE), qui fédère ces associations. L’Etat n’a pas non plus donné les moyens de fonctionner aux ONG locales, qui sont dans une situation financière extrêmement difficile. La déclinaison dans les territoires doit avoir lieu rapidement, sinon le processus sera en grand danger. »

Mais au niveau national aussi, un malaise est perceptible, ravivé par le débat sur l’assiette de la taxe carbone. « L’argument de la compétitivité revient très fort de la part du patronat, constate Jean-Pierre Sotura, à la CGT. Les intérêts pèsent pour éviter que les choses se mettent en place ». « On sent très bien que plus le Grenelle s’éloigne dans le temps, plus le ton se durcit, confirme François Veillerette, président de l’association écologiste Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF). Le rapport de forces entre les ONG et l’industrie reprend du poil de la bête. »

Dans le même temps, il devient « plus difficile » de parler de développement durable aux salariés, selon Jean-Pierre Bompard, à la CFDT. « Le Grenelle remonte à 2007, il a perdu une partie de son attractivité, la crise économique est passée par là, estime le syndicaliste. Aujourd’hui les salariés sont confrontés à une crise de l’emploi, et ont en même temps le sentiment que Copenhague a été un échec. L’idée qu’il faut d’abord résoudre les problèmes urgents progresse. »

Le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo sent le danger. Il a Lire la suite

La trajectoire verte de Nicolas Sarkozy

lefigaro.fr, Charles Jaigu, le 16 décembre 2009

La trajectoire verte de Nicolas Sarkozy 

Le chef de l’État arrive ce jeudi à Copenhague, où se tient la conférence sur le climat. Depuis 2002, il s’est progressivement rallié aux idées écologistes.

C’était pendant la traversée du désert de Nicolas Sarkozy, il y a plus de dix ans. Sonné par la défaite de Balladur, le quadra du RPR avait du temps. Et, comme il le dira plus tard, il «prend conscience de ses manques». Un jour, il croise dans un mariage à Neuilly Allain Bougrain-Dubourg, le fondateur de la Ligue pour la protection des oiseaux. Le maire de la ville le salue d’un «vous savez je ne suis pas chasseur !» «Ça tombe bien, moi non plus», répond l’ancien compagnon de Brigitte Bardot et militant antichasse. Ce dernier lui explique que l’écologie n’a pas vocation à être le monopole de la gauche. Le propos intéresse Nicolas Sarkozy, qui lui demande de venir le voir. «Nous avons eu depuis de nombreuses réunions de travail.» Au menu : biodiversité, règne animal en péril. Nicolas Sarkozy papillonne autour de ces sujets désertés par la droite, mais il est loin, très loin d’avoir accompli sa mue. Il se montre simplement conscient que la droite doit élargir son spectre vers les sujets plus sociétaux.

En 2002, Claude Guéant devient son directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur, et il demande à la toute jeune Chantal Jouanno de suivre les dossiers environnementaux. «J’étais l’emmerdeuse qui travaille sur les sujets considérés comme risibles», se souvient-elle. Ancien haut fonctionnaire au ministère de l’Environnement, Guillaume Sainteny se souvient d’ailleurs que le ministère de l’Intérieur restait «totalement indifférent à ces problématiques». Aujourd’hui Chantal Jouanno est devenue secrétaire d’État chargée de l’Écologie. Elle a été la première issue du cabinet de Nicolas Sarkozy à entrer au gouvernement. Quand elle se retourne sur la trajectoire verte du président, elle indique une date : le début du mois de janvier 2007, quand Nicolas Sarkozy, qui a accepté de signer le pacte de Nicolas Hulot, se présente devant un parterre de militants associatifs au Musée de l’homme, pour y lire un texte dont la durée a été limitée à dix minutes précises. Mais le candidat dépasse d’une minute le temps prescrit : il est sifflé par une partie de la salle. Il ressort ulcéré de ces mauvaises manières. Pourtant, selon Jouanno, ce fut un moment décisif : «Nicolas Sarkozy avait mal vécu la pression exercée par Hulot pour signer le pacte. Dans les coulisses ils se sont expliqués franchement, mais il a apprécié des vrais pros qui connaissaient leur sujet», explique la secrétaire d’État.

Sarkozy endosse donc le combat de Hulot, qui fut si longtemps celui de Chirac. Il y voit un intérêt politique – ne pas laisser Ségolène Royal coloniser cet espace politique. Et il y est sans cesse encouragé par une partie de son cabinet, dont Claude Guéant et Emmanuelle Mignon.

La rencontre avec Al Gore

Dans l’intervalle, Sarkozy fait la connaissance de Yann Arthus-Bertrand, lors d’un déplacement resté fameux en Guyane, où il est accompagné de Cécilia Sarkozy. Survol en hélicoptère de la marée verte des huit millions d’hectares de la forêt guyanaise. Le photographe lui parle beaucoup de l’importance capitale des forêts primaires. Message reçu : c’est devenu, au fil des rencontres, l’un des sujets de prédilection du chef de l’État. Le jour de son arrivée à l’Élysée, le 18 mai 2007, le premier hôte de Nicolas Sarkozy sera d’ailleurs Arthus-Bertrand. «On a découvert ensemble son bureau de président», avoue le photographe qui a renoncé au vote vert pour voter Sarkozy, encore tout étonné de voir le tout nouveau chef d’État essayer devant lui le fauteuil de Chirac, et ouvrir la fenêtre pour admirer la vue.

Dès les premières semaines de son quinquennat, Nicolas Sarkozy reçoit les grands experts en matière d’écologie, avant de lancer le Grenelle de l’environnement. Il voit l’économiste Nicholas Stern, auteur d’un rapport sur le péril climatique commandé par Tony Blair, ou Al Gore, alors en tournée de présentation de son film, Une vérité qui dérange, qu’il rencontre trois fois en 2007. «C’est à ce moment-là qu’il s’est forgé une vraie conviction», raconte Chantal Jouanno : «Il était devant des experts de renommée internationale, ce qui le sortait du débat politicien avec les Verts.» Ils lui expliquent alors, diagrammes à l’appui, que le réchauffement climatique actuel – plusieurs degrés en trente ans – n’a rien à voir avec le cycle interglaciaire classique qui s’étale sur 150.000 ans, objection classique des «climato-sceptiques de droite devenus aujourd’hui pro-Allègre», résume l’un de ses collaborateurs. «Sur l’environnement, Sarkozy est à 50% sincère et à 50% dans la stratégie politique», conclut Nicolas Hulot. «C’est lui qui a porté le paquet climat en Europe, c’est lui qui Lire la suite

LPO – Au royaume des rapaces : vautour fauve, gypaète barbu, vautour percnoptère, aigle royal…

sudouest.com, Olivier Plagnol, le 12 Novembre 2009

GWÉNAËLLE PLET. Salariée de la LPO, elle évoque le programme Pyrénées vivantes et parle longuement des grands rapaces, oiseaux emblématiques du massif pyrénéen

Au royaume des rapaces

Gwénaëlle Plet travaille depuis 2004 au sein de la Ligue pour la protection des oiseaux, après des études sans le domaine du développement en espace rural. À la LPO, elle est notamment chargée de communication pour le programme Pyrénées vivantes. Gwénaëlle Plet, 39 ans, vit à Aucun dans les Hautes-Pyrénées.

Qu’est-ce que le programme Pyrénées vivantes ?

C’est un programme transfrontalier qui s’est déroulé entre 2002 et 2006 sur la préservation du gypaète barbu. Il comprenait trois volets. Un volet environnemental, afin de mieux connaître le gypaète barbu, un volet conservation, et un volet éducation et pédagogie.

Entre 2006 et 2009, période intermédiaire, le programme qui n’était plus transfrontalier s’est étoffé avec des actions sur le versant français : notamment un plan national de restauration du vautour percnoptère, un autre pour le milan royal, et un inventaire des couples nicheurs de vautours fauves. Ces plans nationaux de restauration sont lancés à l’initiative de l’État, coordonnés par la Diren Aquitaine et confiés pour leur mise en œuvre à la LPO. Nous coordonnons ensuite les actions de la cinquantaine de partenaires.

Un nouveau programme transfrontalier Pyrénées vivantes est actuellement à l’étude. La décision finale devrait intervenir en fin d’année ou en début d’année prochaine.

Quelle est la spécificité de la population des grands rapaces dans les Pyrénées ?

Grâce à une présence encore forte du pastoralisme, les Pyrénées sont d’une richesse incroyable dans le domaine des grands rapaces nécrophages. Ils sont emblématiques du patrimoine et de l’identité des Pyrénées.

Avec le vautour fauve, le gypaète barbu, le vautour percnoptère, trois grands charognards, et si l’on y ajoute l’aigle royal, il n’y a pas, dans le cortège de ces trois espèces, d’équivalent sur le territoire français. C’est un atout que l’on essaie de mettre en avant auprès des acteurs du territoire pyrénéen. Un atout écologique mais aussi pour l’écotourisme. C’est à la base des actions de conservation que l’on peut mener en partenariat. Un exemple : celui de Sainte-Engrâce, en Soule. Nous avons passé une convention avec les chasseurs, les éleveurs, les forestiers, les adeptes de sport en pleine nature, les élus locaux. Tous ces acteurs se sont engagés à prendre en compte dans leurs activités la présence du gypaète. Et cela marche. Même si on ne peut pas être certain du lien de cause à effet, nous avons eu deux reproductions lors des deux années de suite.

De notre côté, nous avons financé un sentier découverte sur la biodiversité dans les gorges de Kakouetta. Et nous avons l’intention de mettre en place d’autres actions en faveur du développement écotouristique.

Vous évoquez beaucoup le gypaète barbu. Est-ce le rapace le plus menacé ?

C’est effectivement le rapace le plus menacé en Europe. En France, il n’est présent que dans les Pyrénées, avec 32 couples sur le versant français, en Corse (neuf couples) et dans les Alpes où il a été réintroduit.

En Europe, il ne reste que 150 couples. Nous avons donc une importante responsabilité dans la préservation de cette espèce classée espèce menacée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Depuis le lancement en 1997 d’un plan national de restauration, le nombre de couples augmente d’environ une unité par an.C’est encourageant mais le statut du gypaète, espèce protégée comme tous les rapaces, reste encore précaire. C’est pourquoi la perte d’un adulte est à chaque fois très préjudiciable. Il faut savoir que le gypaète barbu met environ dix ans avant d’être en mesure de réussir une reproduction. Il ne peut donner naissance qu’à un seul jeune par cycle, sachant qu’une fois sur trois la reproduction échoue. Et lorsqu’un jeune s’envole, il possède là aussi une chance sur trois d’arriver à l’âge adulte.

C’est aussi un oiseau extrêmement sensible aux dérangements. Les pertes sont dues à des causes naturelles mais aussi à des causes d’origines humaines : collisions contre des câbles, tirs de plomb (on a encore eu un cas l’an passé en Béarn), empoisonnement, etc.

Qu’en est-il de la situation des autres grands rapaces ?

On compte 66 couples de vautours percnoptère dans les Pyrénées dont les trois-quarts sont situés dans les Pyrénées-Atlantiques. En Espagne, ils sont environ un millier. En France, la population de cette espèce migratrice est en légère augmentation ces dernières années.

Pour le milan royal, on estime qu’environ 5 000 nicheurs, soit le quart de la population sur l’ensemble de la France, hiverne dans les Pyrénées.

Ce sont des effectifs encore importants, mais en nette baisse en Europe. Et on ne parvient pas à endiguer cette baisse. Lui aussi bénéficie d’un plan national de restauration. Dans ce cas précis, l’État anticipe pour éviter un effondrement complet des populations.

Et où en est la population de vautours fauves ?

L’État a demandé à la LPO de réaliser un inventaire. En 2006, 580 couples ont été comptabilisés sur le versant français, dont 90 % dans les Pyrénées-Atlantiques En 2007, ils n’étaient plus que 525. Nous n’avons pas de chiffres pour les années suivantes. Depuis les années 70, où le nombre de couples était descendu très bas, la population a cru de façon importante, surtout en Espagne. Ce n’est pas une espèce menacée, même si nous devons toujours rester vigilants.

Votre avis sur le problème des vautours fauves qui attaqueraient le bétail vivant ?

Nous prenons cette problématique au sérieux et nous participons d’ailleurs au comité interdépartemental de suivi du vautour fauve. Le fait que le vautour fauve puisse être à l’origine de la mort de bétail domestique est attesté. Mais ces cas restent exceptionnels. Il intervient parfois comme facteur aggravant d’une situation déjà critique : une mise à bas qui se passe mal, une bête coincée dans des barbelés, un animal blessé… Il n’y a que quelques rares cas inexpliqués où on sait que le vautour est intervenu mais pas dans quelles conditions. Mais je tiens à souligner que le vautour fauve n’est pas devenu un prédateur. Il n’est d’ailleurs pas équipé pour cela.

En revanche, ses comportements ont évolué. Il est plus présent dans les environnements des fermes et sa rapidité d’intervention est plus grande. Une étude menée récemment par des sociologues montre que le vautour fauve est toujours considéré par les éleveurs comme un auxiliaire indispensable pour l’équarrissage, et qu’il a bien une utilité sociale. Son intervention est naturelle, rapide, gratuite, sans risques sanitaires. Et puis que seraient les Pyrénées sans vautours fauves ?

 

FNE, LPO, ligue ROC : Loi Grenelle I…. et maintenant ?!

FNE, LPO, ligue ROC, Communiqué de presse, le 22 Juillet 2009

Loi Grenelle I…. et maintenant ?!

La loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement dite « loi Grenelle 1 » sera votée demain. Réaction des associations.

Fin de l’acte I. La loi « Grenelle I » signe la fin d’un premier cycle du Grenelle qui a débuté en juillet 2007. Son intérêt premier est d’avoir créé les conditions d’un nouveau dialogue environnemental. C’était un progrès indispensable, un passage obligé pour permettre la prise de conscience du plus grand nombre et pour avancer sur la voie des réponses à construire pour faire face à la crise écologique.

Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « Seul point commun entre les deux Grenelle : si le Grenelle de 1968 a créé un nouveau dialogue social, celui de 2007 a créé un nouveau dialogue environnemental. La loi le consacre en donnant une valeur juridique et politique à la gouvernance à 5. Le Grenelle est désormais derrière nous et il faut maintenant faire vivre le dialogue environnemental. Mieux : la rencontre des partenaires sociaux et environnementaux doit permettre d’articuler dialogue social et environnemental ».

Une loi importante. Pour les associations, cette loi correspond à un compromis, celui qui a été négocié lors du Grenelle. Deux ans après, les parlementaires auraient sans doute pu aller plus loin. Malgré cela et malgré des pertes en ligne, cette loi demeure importante. Elle constitue une feuille de route de ce qui reste à faire et c’est sans doute le plus dur qui reste à faire.

Pour Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO : « Nous saluons l’adhésion des parlementaires aux engagements conclus par les acteurs du Grenelle. Nous regrettons dans le même temps qu’ils n’aient pas su aller plus loin, deux ans après ! Cette loi n’est pas une révolution mais elle ouvre la voie. Ni naïveté, ni défaitisme : nous savons que le plus dur est encore devant nous. »

Pour Christophe Aubel, directeur de la Ligue ROC « La loi ouvre la voie d’une prise en compte globale de la biodiversité avec la création de la trame verte et bleue qui doit permettre de sortir la protection de la nature de sa confidentialité ».

Et maintenant ? La réponse à l’urgence écologique ne se résume pas à la loi. Cette réponse implique maintenant qu’une vague se soulève dans toute la société française pour Lire la suite