Alsace : des programmes toujours plus verts

journaldelenvironnement.net,  Valréy Laramée de Tanneberg, le 12 mars 2010

Alsace : des programmes toujours plus verts

L’Alsace est l’une des rares régions françaises où l’écologie a toujours fait partie du débat politique. Les associations écologistes y sont influentes depuis longtemps. Pour preuve: 6 des principales formations en lice accordent à l’environnement une large place dans leur programme.

1.827.248 habitants – Densité 221 hab./km² – Superficie 8.280 km² – Président sortant: André Reichardt (UMP) – Nombre de listes en présence: 9 – Nombre de conseillers régionaux: 47 – Résultats au 1er tour des listes se réclamant de l’écologie en 2004 : 4,17%

Créditée de 18% d’intentions de vote dans le sondage Opinion Way publié le 8 mars dans le Figaro, Europe Ecologie espère, à la faveur d’une alliance avec le PS, emporter la région. Le programme est donc ciselé pour répondre aux attentes des Alsaciens : aide à l’industrie automobile pour développer les véhicules sobres, soutien massif aux transports collectifs (création d’une carte orange régionale et développement des trains régionaux), application de critères environnementaux à l’octroi d’aides publiques, développement des énergies renouvelables, plan de réhabilitation des logements, application de la taxe poids lourds. Un programme auquel ont également souscrit Cap 21 (l’organisation de Corinne Lepage, vice-présidente du Modem!) et le mouvement des écologistes indépendants d’Antoine Waechter.

Le Front de gauche l’annonce clairement: il se bat pour une «Alsace écologique». Ce qui passe, pour la liste créditée de 1% d’intention de vote, par la gratuité des transports publics pour les chômeurs, les bénéficiaires des minima sociaux, les étudiants et les salariés. Ce rassemblement de partis d’extrême gauche entend aussi ouvrir des maisons de l’eau «afin d’inciter les collectivités à gérer ce bien commun en régie publique».

L’UMP veut faire entrer l’Alsace dans l’ère de l’après-pétrole. Un comble dans une région où fut construite la première raffinerie de France ! Plus sérieusement, la formation majoritaire (36% d’intentions de vote) veut implanter localement une industrie des énergies renouvelables: photovoltaïque à couche mince, géothermie. Anticipant l’adaptation des lois Grenelle I et II, le parti du président de la République propose le lancement d’un vaste plan de rénovation des bâtiments régionaux. La mobilité n’est pas oubliée. L’UMP veut multiplier les plates-formes multimodales. Plus original, la formation sortante propose que la région soit chargée de la coordination des schémas régionaux de transport, ferroviaires, fluviaux, mais aussi routiers.

Affaibli par la défection de sa vice-présidente, le Modem présente un programme environnemental bien plus consistant que son crédit d’intentions de vote: 5%. Pesant 47 pages, le projet du parti centriste est très riche. Dans le domaine industriel, Lire la suite

Déclinaison alsacienne pour le Grenelle de l’environnement

libestrasbourg.fr, T.C., le 14 mai 2009

Déclinaison alsacienne pour le Grenelle de l’environnement

ECO-TERRE – Le Grenelle de l’environnement ? « Rassurez-vous, il n’est pas mort. Il est en marche. » C’est la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, qui le dit. Mercredi, elle était à Strasbourg pour signer avec la région Alsace la première « convention » d’application du Grenelle. Ce « pacte écologique », baptisé « Réussir la transition énergétique en Alsace« , court sur la période 2009-2012.

Les objectifs sont triples : réduire fortement les consommations énergétiques des constructions neuves, accélérer la rénovation du parc de logements actuel et développer les énergies renouvelables. Les moyens sont incitatifs. La région offre ainsi en plus des aides de l’Etat une prime de 3000 euros, dans la limite de 200 dossiers par an, pour les particuliers qui acquièrent un logement neuf répondant aux normes « bâtiment basse consommation » (moins de 50 kWh/m2/an). Elle prévoit aussi des aides aux bailleurs pour le logement social neuf ou issu d’opérations d’acquisition-amélioration (jusqu’à 50 euros par m2). Pour la rénovation du parc social actuel, la région lance un appel à projets de 500 logements par an pour lesquels elle apportera une aide permettant de ramener le taux d’intérêt des prêts à 0 % (contre 1,9 % dans le dispositif prévu par l’Etat).

Le conseil régional prévoit également de « sensibiliser et mobiliser » les acteurs locaux dans le cadre des appels à projets pour la construction de centrales de cogénération alimentées à partir de biomasse et « d’accompagner cinq projets de géothermie profonde à l’horizon 2015« . Elle compte encore lancer un programme d’équipement des lycées en solaire photovoltaïque, là où « ce sera possible ».

Pour l’appui financier de cette convention, l’Ademe et le conseil régional bénéficieront en Alsace d’un budget annuel de 19,2 millions d’euros. Au plan national, le Grenelle de l’environnement dispose de « 19 milliards d’euros sur trois ans auxquels s’ajoutent 5 milliards du plan de relance », précise Chantal Jouanno.

« Territorialiser » le Grenelle par le biais de ces conventions régionales est la clé de sa réussite, argumente le président UMP du conseil régional, Adrien Zeller, partisan d’une plus large décentralisation : « Le développement durable est en train d’imprégner tout notre développement régional. La croissance verte est un élément majeur de la sortie de crise que nous préparons. Chaque convention sera adaptée au contexte, au terrain, à la nature des acteurs. Ici, on n’a pas d’éolien, mais on a la géothermie« .

Certains restent cependant dubitatifs. A l’image du conseiller régional Vert Jacques Fernique, qui s’interroge sur le sort de la taxe expérimentale alsacienne sur la circulation des poids lourds, évoquée et débattue depuis longtemps mais toujours pas appliquée. « Cette inertie annonce-t-elle Lire la suite