Pourquoi le PS est incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

developpementdurable.com, Propos recueillis par Yann Cohignac, le 30 décembre 2009

http://www.developpementdurable.com/interview/2010/08/I72/eric-loiselet.html

Eric Loiselet, tête de liste Europe Ecologie en Champagne-Ardenne pour les régionales de 2010

Consultant expert dans le développement durable et la RSE, Eric Loiselet a longtemps bataillé au sein du PS pour intégrer l’écologie politique à gauche. Il fut cofondateur du Pôle écologique du parti puis secrétaire national adjoint à l’environnement. Avant de renoncer à son engagement socialiste, lassé par les atermoiements de la rue Solferino, pour rejoindre Europe Ecologie en octobre. Aujourd’hui, il est membre du CAP (Comité d’animation et de pilotage) national du rassemblement écologiste et tête de liste en Champagne-Ardenne pour les élections régionales de 2010. Sans concession avec le PS, il nous parle de son parcours politique, des raisons qui l’ont poussé à entrer chez Europe Ecologie, des actions du gouvernement, et de son programme pour les régionales.

Developpementdurable.com : Consultant expert dans le développement durable et la RSE, vous avez aussi décidé de mener une carrière en politique. Pourquoi cette décision ?

Eric Loiselet : C’est pour moi la poursuite d’un itinéraire citoyen : j’ai été assez jeune engagé politiquement. Ma première carte dans un parti, je l’ai prise en 1979, au PS, à l’époque où il était en pleine ascension puisque c’était deux ans avant la victoire historique de François Mitterrand aux élections présidentielles (mai 1981). J’y suis resté jusqu’en 1992-1993. J’ai ensuite quitté la vie politique militante pendant une dizaine d’années pour me consacrer à mon métier et pour fonder une famille. Avant de renouer avec l’engagement politique au travers d’un club, le Cercle Galilée. J’y ai travaillé sur une thématique qui correspondait à une mon expertise professionnelle : la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Ce club avait la vocation de réfléchir à la manière d’actualiser le logiciel intellectuel et socialiste en prenant en compte la question posée par les mouvements altermondialistes : comment envisager une nouvelle régulation de l’activité des entreprises en prenant plus largement en compte la question des impacts environnemental, social et sociétal de leur activité ? J’ai alors eu l’occasion de travailler sur la préparation de ce qui a été l’article 116 de la loi NRE, dans la zone grise qui précède la décision politique où des professionnels sont consultés pour affiner les projets. J’étais déjà donc à la charnière du professionnel et du citoyen. Comme beaucoup, je voulais donner un sens à ma vie professionnelle.

Puis en 2002, après l’échec de la gauche au premier tour de la présidentielle, j’ai décidé de ré-adhérer au PS pour rejoindre directement sa sensibilité rénovatrice : le Nouveau Parti Socialiste.

dd.com : Quand avez-vous commencé à tenter de « verdir le PS » ?

E. L. : A ce moment-là. Etant donné mon activité « d’expert » au sein du Club Galilée, j’étais devenu « Monsieur écologie » au NPS. J’ai alors essayé de convaincre les socialistes de voter pour la Charte de l’environnement, sans grand succès, et j’ai mené différents combats de cette nature parce que j’avais déjà la conviction que la promesse socialiste était essoufflée : l’élection de 2002 avait clairement montré le décrochage des catégories populaires. Pour moi, il était évident qu’il fallait intégrer au parti les apports de l’écologie politique.
Puis arrivent les présidentielles de 2007 : ayant rejoint Rénover Maintenant, je participe presque machinalement à la candidature, aux primaires, de Ségolène Royal. Pour une raison simple : parmi les trois candidats (avec Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius), je me suis dit qu’elle était celle qui avait le mieux compris les enjeux environnementaux. Elle avait en effet gardé un souvenir de son bref passage au ministère de l’Environnement. Le début de la campagne présidentielle m’avait d’ailleurs conforté dans ma décision : la nomination de Bruno Rebelle (ex-directeur de Greenpeace) comme conseiller à l’Environnement était un choix original. C’était la première fois qu’un ancien dirigeant d’ONG était intégré à ce point dans une équipe de campagne présidentielle. On assistait à une espèce d’ouverture à d’autres filières de recrutement que les grands corps de l’Etat, des filières en phase avec les changements importants et rapides de la société.

dd.com : Expliquez-nous comment vous vous êtes rendu compte que le PS était, selon vos propres mots, incapable de comprendre les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés ?

E. L. : Cela a été un long processus : après l’échec de Ségolène Royal, je l’ai entendu dire qu’elle était pour le retour de la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante. Je me suis dit alors, avec quelques « écolos » du parti, que tout cela commençait à bien faire ! Nous n’avions, au sein de nos différentes sensibilités socialistes, jamais réussi à convaincre au-delà de la rédaction de quelques textes témoignant d’une ouverture intellectuelle. Dès qu’il s’agissait de prendre des décisions, l’écologie politique était exclue. Nous avons donc décidé de créer le Lire la suite

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ? et Des motifs de discorde subsistent dans la plupart des exécutifs régionaux

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

lemonde.fr, Béatrice Jérôme avec Yan Gauchard (Nantes), Luc Leroux (Marseille), Claudia Courtois (Bordeaux) et Jacques Boucaud (Lyon), le 3 août 2010

Les écologistes ont-ils « verdi » les régions qu’ils dirigent avec le PS ?

Quatre mois après les élections régionales, l’heure est au bilan pour les écologistes. A Nantes, du 19 au 21 août, leurs Journées d’été auront pour thème « L’écologie à l’épreuve du pouvoir ». Pour l’heure, leurs victoires sont encore modestes.

Pour sceller l’alliance des listes Europe Ecologie avec celles menées par le Parti socialiste, entre les deux tours du scrutin de mars, ils ont dû accepter des compromis sur des dossiers emblématiques pour eux : aéroport Notre-Dame-des-Landes, en Pays de la Loire, projet ITER en Provence-Alpes-Côte d’Azur… Au-delà de l’environnement, ils s’attachent à imposer une « nouvelle offre politique », singulièrement en matière économique. Mais derrière ce qu’ils appellent le « greenwashing » (récupération ou dévoiement des idées écologistes) des exécutifs de gauche, ils peinent à infléchir le modèle du PS, « productiviste » à leurs yeux.

AGENTS D’UN NOUVEAU CLIMAT

Avec 12,4 % des votes au premier tour des régionales, le 14 mars, les écologistes ont pu négocier 58 vice-présidences dans l’exécutif des 19 régions qu’ils gouvernent aux côtés du PS. Contrairement à la précédente mandature, ils occupent des postes stratégiques. Ils ont obtenu la responsabilité des transports, des lycées ou de l’emploi dans quelques régions. Par petites touches, ils s’efforcent de se démarquer du PS par un exercice, à leurs yeux, moins « notabilisé » du pouvoir. « Nous sommes les « sans-cravate » », plaisante Philippe Meirieu, chef de file d’Europe Ecologie, en Rhône-Alpes. Son groupe a déclaré la guerre aux « petits fours » et demandé la réduction du parc de voitures de fonction des élus.

A Paris, Cécile Duflot a d’emblée renoncé à la sienne. A la tête des troupes écologistes d’Ile-de-France, la patronne des Verts a demandé et obtenu le remboursement des frais de garde d’enfant pour les élus qui siègent en séances de nuit. Un acquis féministe, selon elle. La requête a suscité une colère noire du président (PS) Jean-Paul Huchon, qui y a vu une simple mesure de « confort ». Une alliance de revers entre écologistes et UMP a finalement permis que la mesure soit votée. En Aquitaine, Alain Rousset, patron (PS) de la région, a fait modifier le règlement intérieur pour lutter contre l’absentéisme dans les commissions, une demande des Verts qui remontait à la précédente mandature.

PETITS CLASHES ENTRE « AMIS »

Les sortants Verts avaient pris le pli de la cogestion dans les régions de gauche. Avec les nouveaux entrants, les relations avec le PS sont plus tendues. Et les bras de fer plus fréquents. « On s’est rendu compte qu’on n’obtient rien sans établir un rapport de forces », assume un proche de Mme Duflot. Encore, n’est-il pas toujours suffisant. Le 8 juillet, la région Ile-de-France a donné son accord à la construction d’un « village nature » de 8 000 résidences près d’Euro Disney, en Seine-et-Marne. Les écologistes ont voté contre, en commission permanente, hostiles au principe d’une nature « clôturée, tarifée et réservée à des touristes européens aisés« . En vain. Un accord PS-UMP a permis l’adoption du projet.

Les écologistes ne vont pas pour autant jusqu’à remettre en cause les accords de gouvernement passés avec le PS. Dans les dix régions où ils disposent d’une minorité de blocage, Lire la suite

L’écorésistance ?

voie-militante.com, Virginie, le 29 juillet 2010, Catégorie: Environnement

http://www.voie-militante.com/politique/environnement/lecoresistance/

L’écorésistance ?

L’écologie en aura fait des déçus tout au long de son histoire… l’attrape couillons qu’est – ou plutôt qu’a été – Europe Ecologie en est le dernier exemple, significatif !

Mais est-ce utile de s’apitoyer sur son sort ? Non ! Mieux vaut agir ou réagir !

Michel TARRIER, écologue et écosophe, notamment reconnu pour ses publications en tant qu’entomologiste, a ainsi poussé un cri d’alerte et a créé le groupe ECORESISTANCE !
Si cela vous intéresse, vous pouvez le rejoindre sur Facebook en cliquant ici.

Voici son argumentaire, tiré d’un article paru sur l’excellent site notre-planete.info et dont je ne partage pas l’intégralité des propos mais que je mets simplement à votre disposition :

Causes de cette prise de position

L’écocitoyen français est aujourd’hui plus que perplexe, dubitatif et écœuré. Au moins trois évènements, vécus comme d’irréparables désillusions ou outrages, ont fait de lui un insurgé.

1.- Le formidable dîner de cons qu’a constitué la mascarade du Grenelle de l’environnement ; On sait maintenant de quoi il s’agissait et où nous en sommes…

2.- L’impensable déception qui résulta de l’échec du Sommet de Copenhague dont le battage préalable, du type ultimatum, allait jusqu’à l’envisager comme une opération de dernière chance pour sauver la planète ; Depuis : rien, et les lanceurs de la méga alarme sont passés à autre chose ! Ne s’agissait-il donc qu’un effet d’annonce tout autant hyperbolique que gratuit  à l’échelle mondiale ?

3.- La création, sous l’impulsion de Claude Allègre, d’une fondation intitulée  « Écologie d’avenir », qui serait indûment hébergée par l’Institut de France (rien que ça !), rassemblant un cartel de grands prédateurs que sont des leaders mondiaux de la finance, d’industries de luxe, de l’énergie, de la chimie, de l’agroalimentaire, etc. (Alstom, EDF, Limagrain, Axa, groupe LVMH avec Moët & Chandon, Louis Vuitton, Christian Dior et autres marques prestigieuses…). « Même si l’homme casse et dégrade, la science peut toujours réparer. », tel est l’inacceptable précepte de C. Allègre.

En conséquence :

L’écologie comme confessionnal du consumérisme, ou pire comme caution verte du capitalisme, y’en a un peu-beaucoup marre !

La charte

Il s’agit tant d’entrer en dissidence qu’en résistance afin de pouvoir retrouver les marques principielles d’une écologie-sagesse, d’une écologie contre-culture, d’une écologie-conscience, tout à l’opposé de ce qu’est devenue l’écologie dévoyée, c’est à dire un Lire la suite

Izon : Le naturel revient au galop

sudouest.com, Jean-François Harribey, le 6 mai 2010

Le naturel revient au galop

Le site d’Anglade exploité par la Cemex devient un parc écologique. Il ouvrira ses portes au public à compter du 1er janvier 2011 avec des vaches et des abeilles.

La dernière usine de la Cemex destinée à concasser la grave extraite du site d’Anglade est partie à la ferraille en juin 2009. À sa place, l’exploitant a créé une zone de hauts fonds qui va favoriser la biodiversité de la faune et de la flore. Ses roselières fourniront en quelque sorte le gîte et le couvert à des espèces aussi variées que le héron cendré et l’aigrette garzette, ou le blongios nain, le râle d’eau et la rousserolle effarvatte.

Autrement dit, la gravière qui était exploitée depuis une quinzaine d’années a cessé de livrer son granulat (entre 3 et 4 millions de tonnes). Et aujourd’hui, la nature reprend ses droits. Avec la complicité de l’exploitant et de la mairie qui ont décidé de transformer le site en parc écologique pour recevoir du public.

Plus de 40 hectares

« Le réaménagement du site a été pensé dès sa mise en exploitation », explique Vincent Raynaud, directeur environnement et foncier régional de la Cemex. C’est ainsi que les premiers lieux d’extraction ont donné naissance à l’étang de pêche de Mandron, aujourd’hui loué à Veolia transports. « Au départ, conformément aux accords liés à son exploitation, le site devait être réaménagé en base de loisirs. C’était la mode il y a une dizaine d’années », poursuit Vincent Arnaud. Et puis il y a eu le Grenelle de l’environnement, l’année de la biodiversité et le changement de municipalité en 2008. Le projet initial qui nécessitait la prise en compte d’importants frais de fonctionnement, d’une réglementation draconienne sur la qualité des eaux et des contraintes liées à la sécurité et à la surveillance, a peu à peu dérivé sur l’idée d’un réaménagement plus naturel des 40 hectares du site compris entre la Dordogne et le bourg.

Des radeaux à sternes

Christian Robin, l’adjoint en charge de l’environnement et du développement urbain, porte aujourd’hui le dossier élaboré en étroite concertation avec les élus du nouveau Conseil municipal qui ont fait de l’environnement une de leurs priorités du mandat. Un projet également porté par la Cemex à la recherche de nouvelles aires d’extraction et qui entend laisser une trace positive de son passage à Izon, et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO Aquitaine) qui milite pour la sauvegarde de zones humides sur cet important couloir de migration. Rappelons que la Cemex a développé déjà avec le Muséum national d’histoire naturelle une méthode de suivi scientifique normalisé, dans le but d’évaluer statistiquement l’état initial et l’évolution des milieux, pendant et après l’exploitation de la carrière.

Outre la création de la zone de hauts fonds et de sa roselière, les aménagements en cours porteront sur Lire la suite

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

prix-pinocchio.org, communiqué, le 25 novembre 2009

Et les lauréats des Prix Pinocchio du développement durable 2009 sont…

Les Amis de la Terre ont décerné hier soir à Paris les prix Pinocchio du développement durable 2009, sur la base des votes des internautes. Cette année, les lauréats sont Bolloré dans la catégorie « droits humains », Total dans la catégorie « environnement » et EDF dans la catégorie « greenwashing ».

Dans la catégorie « droits humains », c’est le groupe Bolloré qui a reçu le prix avec 35 % des votes pour les conditions de travail déplorables des travailleurs dans les plantations d’huile de palme de sa filiale Socapalm (Cameroun), dont elle est actionnaire majoritaire.

Le groupe Total a quant à lui reçu le prix Pinocchio dans la catégorie « environnement » avec 29 % des votes de cette même catégorie. Les internautes condamnent la multinationale française pour son implication dans le méga-projet pétrolier Kashagan (Kazakhstan), qui s’annonce comme une catastrophe environnementale et sanitaire. Ce cas illustre le double discours du groupe qui, loin de l’image moderne et éthique qu’il cherche désespérément à se donner, continue à investir massivement dans des projets fossiles polluants et archaïques.

Pour le « greenwashing » enfin, c’est EDF qui remporte le prix avec 42 % des votes de cette catégorie pour sa récente campagne de communication « Changer d’énergie ensemble » qui a coûté plus cher que les dépenses du groupe en recherche et développement dans les énergies renouvelables. Ces dernières ne représentent elles-mêmes qu’une part infime du chiffre d’affaires du groupe par rapport au nucléaire.

Les Amis de la Terre organisent chaque année les Prix Pinocchio du développement durable pour dénoncer le bilan désastreux de grandes multinationales, en termes économiques, environnementaux ou sociaux. Les multinationales, toujours aussi peu encadrées, ont de plus bénéficié de financements publics sans précédent pour éviter de pâtir de la crise et ce sont les contribuables et les salariés qui doivent assumer les coûts.

Pour Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, « malgré les beaux discours, les multinationales continuent à faire ce qu’elles veulent sans être inquiétées, en s’en tenant à des accords volontaires dont l’inefficacité est flagrante. Dans la crise systémique actuelle, il est plus que jamais temps que les décideurs prennent leurs responsabilités et mettent enfin en place des lois contraignantes. Il n’est plus admissible que les intérêts privés des multinationales continuent à primer sur l’intérêt général, l’avenir de la planète et le bien-être de ses habitants ».

Les résultats des votes détaillés par catégorie sont accessibles sur Lire la suite

Dur, dur, d’être écolo

lexpress.fr, Eric Lecluyse, Richard De Vendeuil, le 09 novembre 2009

Dur, dur, d’être écolo

Se soucier de l’état de la planète, c’est bien. Sauf quand le quotidien du citoyen « vert » devient un parcours du combattant. Et vire au stress, voire à la parano.

Depuis quelques semaines, avec la disparition des ampoules à filament de 100 watts et plus, un étrange spectacle se répète au rayon luminaires des grands magasins. Des grappes de clients hagards tentent désespérément de décrypter les étiquettes des lampes basse consommation ou d’accrocher un vendeur qui les sauvera (peut-être) de l’enfer. Certains transpirent même carrément d’angoisse, depuis qu’ils ont vu la vidéo alarmiste postée sur DailyMotion par Annie Lobé, une journaliste indépendante. La dame -dont on n’entend que la voix off- y compare les champs électromagnétiques émis par les ampoules classiques et par les fluo-compactes, très inférieurs. Les fréquences basses « sont des cancérogènes possibles pour l’homme », affirme-t-elle, citant un rapport de l’Agence internationale de recherche sur le cancer. Le tout sans apporter d’autre preuve scientifique que son « gaussmètre », un boîtier mesurant les fameux champs, filmé en gros plan. Panique chez les internautes. Au point que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a dû publier un avis pour rassurer le public. Annie Lobé, elle, se défend : « J’apporte des élements scientifiques et j’émets des hypothèses ».

conso verte: des sites utiles

Pour mieux choisir, Mescoursespourlaplanete.com : un guide soutenu par l’Ademe, avec de nombreuses fiches produit, de l’épicerie aux vacances équitables.

Pour repérer ceux qui abusent, Observatoiredelapublicite.fr : les pires marques du greenwashing (ou « écoblanchiment », procédé qui consiste à faire passer pour vert ce qui ne l’est pas) sont épinglées par ce site qui émane de l’Alliance pour la planète (groupement d’associations écologistes).

Pour échanger, Planete-attitude.fr: édité par le WWF-France, ce réseau social est un lieu d’échanges et de débats, de la meilleure façon d’introduire le bio dans les cantines à la préservation du loup…

N’empêche. Réchauffement climatique, famine, désertification, taxe carbone : les nerfs sont à vif. Même les gosses s’y mettent. « Maman, tu aurais dû jeter ce papier dans la poubelle à recycler », lance Grégoire, 6 ans, à sa mère, débordée. Et Nicolas Hulot qui enfonce le clou, avec son documentaire Le Syndrome du Titanic, tour d’horizon affolant de notre amie la Terre martyrisée par l’Homme. Certes, il faut bien donner l’alerte, puisqu’il y a urgence, mais comment empêcher qu’une affreuse angoisse ne submerge ceux qui ont capté le message ? L’autre jour, j’ai lu un article sur la qualité de l’eau potable dans certains coins de Paris, ça m’a fait flipper », confie la jeune actrice Sara Forestier au magazine Elle. Et flipper peut mener loin. « Les piles, ça ne se jette jamais, c’est quand même pas compliqué d’aller dans un centre de tri en un coup de Noctambus ! » hurle Valérie Lemercier dans son dernier spectacle, en écolo givrée tellement préoccupée de l’état de la planète qu’elle harcèle ses voisins jusqu’à pas d’heure pour qu’ils trient leurs déchets.

« A force de voir la vie comme une série de nuisances, une source d’émissions de carbone et de pollutions diverses, on tombe dans l’anxiogène, confirme la géographe Sylvie Brunel, auteure de A qui profite le développement durable ? (Larousse). Hélas, donner mauvaise conscience et demander aux gens de se repentir est au cœur du discours écolo! C’est même le nerf de la guerre. L’empreinte écologique -l’impact des activités humaines sur les écosystèmes- est une façon de nous dire: ‘Combien de bonnes terres gaspillées par votre train de vie!' »

Des labels trompeurs…

Le citoyen « vert » a compris qu’il devait changer de comportement. Oui, mais Lire la suite

Prix Pinocchio 2009 : le vote est lancé !

amisdela terre.org, communiqué, le 8 octobre 2009

Prix Pinocchio 2009 : le vote est lancé ! 

Les Amis de la Terre, en partenariat avec Peuples Solidaires, lancent aujourd’hui le vote public des internautes pour l’élection des Prix Pinocchio 2009. Douze entreprises françaises sont été nominées et concourent dans trois catégories : environnement, droits humains et greenwashing. Toutes se disent en faveur du « développement durable » alors que leurs impacts réels sont lourds et négatifs pour l’environnement ou les populations locales. A l’issue du vote, une cérémonie publique de remise des prix sera organisée le 24 novembre 2009 à Paris.

 Bientôt un an après la première édition des prix Pinocchio du développement durable, qui avait récompensé Areva dans les catégories « environnement » et « greenwashing » et le groupe Louis Dreyfus dans la catégorie « droits humains », les Amis de la Terre lancent l’édition 2009 des Prix Pinocchio. Les entreprises nominées sont les suivantes : Total, Michelin, BNP Paribas, EDF, Bolloré, Accor, Peugeot, Crédit Agricole, Perenco, Herta, Société Générale, et France Betteraves.

Gwenael Wasse, chargé de campagne Responsabilité des entreprises aux Amis de la Terre, explique : « Cette seconde édition promet malheureusement d’être à nouveau un « grand cru ». Violation des droits sociaux, destruction de forêts, pollution locale, émission de gaz à effet de serre, communication biaisée, publicité trompeuse, etc : les doubles discours des multinationales n’ont pas cessé avec la crise et les promesses de réforme. Les citoyens vont pouvoir choisir leurs pires entreprises françaises de l’année 2009 ! »

Pour Fanny Gallois, chargée de campagne Droits de l’Homme au travail à Peuples Solidaires, « cet événement est également un moyen de donner une voix et une visibilité aux femmes et aux hommes qui se battent au quotidien contre les impacts négatifs des entreprises sur leur environnement de travail et de vie, pour faire valoir leurs droits ».

Les Prix Pinocchio mettent en lumière de nombreux abus concrets. Dans le cadre de leur campagne sur la responsabilité des entreprises, les Amis de la Terre demandent un encadrement juridique des impacts environnementaux et sociaux des multinationales, pour que cesse leur quasi-impunité de fait dans les pays du Sud.

Les résultats seront annoncés le 24 novembre, avec une cérémonie de remise des prix le soir même par les Amis de la Terre et Peuples Solidaires à Paris. Les journalistes intéressés pour y participer sont d’ores-et-déjà invités à contacter les Amis de la Terre.

La présentation des 12 cas et des Prix Pinocchio est accessible sur le site suivant Lire la suite

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

cdurable.info, Dorothée Briaumont, le 4 octobre 2009.

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

Rapports développement durable : vers une standardisation ? Comme chaque année, le Comité 21 passe au crible les rapports de développement durable de ses entreprises adhérentes afin de mieux valoriser leurs initiatives. Le cru 2008 se distingue de celui de 2007 à la fois sur la forme et sur le fond.

Sur la forme, les rapports sont mieux structurés. Un certain nombre d’enjeux clés, pour la plupart déjà présents dans les rapports 2007 (achats durables, sécurité, mobilisation des équipes, biodiversité, dialogue avec les parties prenantes, etc.), se distinguent plus clairement, rendant les comparaisons plus aisées entre rapports. Cela est évidement lié à la pénétration des standards de reporting comme la GRI 3 [1], qui tendent à les harmoniser.

Par ailleurs, les entreprises font de plus en plus appel à un cabinet d’audit pour faire certifier les informations délivrées dans leur rapport. Cela peut s’interpréter comme la mise au même niveau stratégique des informations financières et extra-financières ou comme une garantie contre l’accusation de greenwashing.

D’une manière générale, le dialogue avec les parties prenantes se renforce et s’affiche. Il peut prendre plusieurs formes : panel de citoyens, consultation, concertation avec des parties prenantes. Le Comité 21 vient de publier une note méthodologique assortie de retours d’expérience. Les entreprises traduisent par ces démarches leur volonté d’écouter leurs attentes, ce qui se traduit par la prise en compte de nouveaux enjeux.

Parmi les domaines mis en avant figure la biodiversité qui s’affirme comme un enjeu de plus en plus stratégique et un terrain propice aux partenariats avec les associations. Par ailleurs, le contexte de crise explique sans doute la mise en oeuvre d’actions BOP [2] visant des populations précaires (accès à l’énergie, à l’eau, par exemple). L’éducation au développement durable se développe à travers des sites internet, des brochures, des conférences. Le thème de la diversité a pris de l’importance avec la création en 2008 par l’Etat d’un Label dédié. Enfin, le marketing durable fait une timide percée dans certains rapports.

Le projet de loi Grenelle 2 prévoit l’extension de l’obligation de fournir des informations en matière de développement durable à toutes les entreprises, sauf les PME, et aux collectivités locales. Anticipant sans doute ces futures dispositions, quelques collectivités publient déjà un rapport développement durable.

De grands témoins viennent compléter ces éléments d’analyse et nous apportent leur vision d’experts : Michèle Pappalardo, Lire la suite

Entreprises – Développement durable: entre discours et stratégie

novethic.fr, Béatrice Héraud, le 18 septembre 2009

Développement durable: entre discours et stratégie

Toutes les grandes entreprises ou presque déclarent aujourd’hui avoir une stratégie de développement durable. Mais si le sujet est largement au cœur de leur communication, leurs pratiques doivent encore s’améliorer.

« Traité de manière plus mâture, le développement durable devient désormais stratégique pour  les entreprises ». Luc Laurentin, fondateur de Limelight consulting, voit dans la deuxième édition de l’Observatoire de la communication et du marketing responsables, toutes les raisons de se réjouir. Preuve en est selon lui : son étude* menée début septembre montre que 90% des entreprises affirment avoir une stratégie de développement durable contre 76% en 2008. Et pour celles qui avouent être à la traîne, ce ne serait qu’une question de temps. L’obligation prochaine pour les entreprises de plus de 500 salariés de produire un bilan social et environnemental, inscrite dans le « Grenelle 2 », n’y est peut-être pas étrangère… Le sujet devient si important que le comité de direction est aujourd’hui autant ou presque à l’initiative des actions de développement durable que le service spécifiquement dédié. Service d’ailleurs de plus en plus courant dans les entreprises, puisque 62% des interviewés déclarent en disposer contre 55% l’an dernier.

« Il y a deux ans, le développement durable était la jolie danseuse de la communication, aujourd’hui, il s’agit d’un sujet débattu au moins une fois par mois dans les comités de direction », confirme Fabio Brusa, responsable de la communication pour Nestlé Waters France. Et tous les services sont aujourd’hui sollicités, de la communication, aux RH en passant par les achats et le juridique. Les résultats se feraient donc sentir dans la communication et le développement de produits responsables: « Nous sommes passés d’une communication corporate faite de grandes déclarations généreuses à une communication plus axée produits, basée sur des preuves factuelles et donc plus efficace », estime ainsi Dominique Candellier, directrice communication et développement durable de l’Union des annonceurs (UDA). Exemple : La Poste qui communique sur son parc de vélos et de voitures électriques ou IBM qui présente ses solutions pour permettre aux entreprises de faire des économies d’énergie. Une « preuve de maturité », selon Luc Laurentin, rendue possible par le développement tout azimut de nouveaux produits ou services intégrants les enjeux de développement durable.

Et dans les faits ?

Même la crise n’aurait finalement aucun impact sur les stratégies de responsabilité sociale des entreprises (RSE). « Le développement durable est justement une réponse à la crise », s’enthousiasme Fabio Brusa. Jusqu’ici donc, tout irait bien. Pourtant, peut-on réduire la stratégie RSE au développement de produits et à un marketing plus « responsables » ? Certainement pas. Et c’est bien là les limites de l’étude, qui semble parfois confondre stratégie et communication. Car communiquer sur des produits verts et des éco-gestes est une chose, mais intégrer une politique développement durable à sa stratégie implique aussi des critères sociaux et de gouvernance en interne… Ainsi, les engagements Lire la suite

Technologies de l’information : quels impacts environnementaux et sociétaux ?

novethic.fr, Anne Farthouat, le 24 juillet 2009

Technologies de l’information : quels impacts environnementaux et sociétaux ?

Fabrice Flipo est Maître de conférences en philosophie à l’école Télécom et Management, où il anime également le groupe de recherche « l’ambivalence des TIC numériques dans la globalisation ». Il revient sur l’impact environnemental et sociétal des TIC.

Peut-on quantifier l’impact environnemental des technologies de l’information et de la communication (TIC) ?

Fabrice Flipo. Le cabinet de consulting américain Gartner l’a fait en 2007. Il affirmait à l’époque que le secteur représentait 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) mais cela dépend du périmètre que l’on étudie. Si l’on s’en tient aux strictes télécoms, que sont Internet et la téléphonie, c’est un chiffre certainement valable. Mais aujourd’hui, les TIC sont partout. On trouve des puces électroniques dans nos voitures par exemple. En élargissant le périmètre à l’ensemble des TIC, je pense que l’on peut atteindre facilement les 53 ou 54% !

Concrètement, comment cela se traduit-il ?

Fabrice Flipo. L’impact des TIC sur l’environnement provient essentiellement de la forte consommation d’énergie du secteur. D’après un rapport du Conseil général des technologies de l’information, les TIC pèsent 13,5% de la consommation électrique française. Cette consommation implique des  émissions de CO2 mais ce n’est pas le seul impact. Il faut également considérer les matériaux utilisés pour leur fabrication. Ce sont surtout des matériaux épuisables, comme le lithium qui entre dans la composition des batteries. Sa raréfaction a d’ailleurs entraîné une flambée des prix sur le marché.

La question des déchets électroniques et de leur gestion devient donc primordiale. En France, nous sommes très en retard sur le sujet. A vrai dire, on ne sait pas trop où nos déchets finissent. Il faut savoir que nous produisons chaque année 16 kg de déchets électriques et électroniques ménagers par habitant, même si les TIC représentent une petite partie seulement de ce total. Au final, cela représente environ un million de tonnes annuelles. Or, dans le cadre de la directive européenne DEEE, il nous était imposé d’en recycler au moins 4 kg/hab/an fin 2006. Aujourd’hui, nous arrivons à peine à en traiter 2,5. C’est dire si cette directive a été bien transposée en France !

Le secteur semble pourtant s’engager dans la voie du développement durable, notamment en investissant dans les Green IT, ces technologies vertes que l’on qualifie souvent d’informatique « écologique ». Cet engagement est-il réel et global ?

Fabrice Flipo. Effectivement, quand Gartner a sorti son rapport, les constructeurs l’ont vécu comme une sorte d’électrochoc. Le consultant mondial le plus reconnu dans le domaine leur annonçait quand même que les TIC émettaient autant de GES que le transport aérien ! Du coup, certains ont réellement intégré les enjeux du développement durable dans leur stratégie. C’est le cas du Lire la suite

Entretien croisé : Nicolas Hulot et Pascal Picq

madame.lefigaro.fr, Dalila Kerchouche et Laurence Negroni-Nikitine, le 29 mai 2009

Entretien croisé : Nicolas Hulot et Pascal Picq

Comment parler d’écologie sans donner des leçons ? Responsabiliser sans culpabiliser ? C’est l’objet de ce débat entre Nicolas Hulot et le paléoanthropologue Pascal Picq, une réflexion éthique et pratique pour les générations à venir. L’occasion d’une remise en cause salutaire pour la planète.

Madame Figaro. – Aujourd’hui, le discours écologique se moralise. Être vert, c’est bien, c’est juste. Qu’est-ce que la morale a à voir avec le réchauffement de la planète ?

Nicolas Hulot (1). Je préfère parler de responsabilité. Il ne suffit plus de se dédouaner avec deux ou trois petits gestes écolos. Mais de nous montrer plus exigeants dans nos choix individuels. Le dérèglement climatique nous oblige à une prise de conscience. À essayer de comprendre pourquoi, involontairement, nos actions ont échappé à nos intentions. En disant cela, je ne fais pas la morale, car je suis aussi de ceux qui ont, sans le vouloir, participé à tous ces désordres écologiques. Mais j’explique simplement que nous sommes à un carrefour de civilisation. Nous ne pouvons pas nous désolidariser des générations futures et les livrer en pâture à des problèmes quasiment insolubles. Je n’y vois aucune morale, mais la possibilité d’édifier ensemble un nouveau capital de valeurs.

Pascal Picq (2). Je suis scandalisé par les pubs et les promos qui, en ce moment, poussent à la surconsommation. Évidemment, il n’est pas question de donner des leçons, mais d’expliquer que nos habitudes ne sont bénéfiques ni pour notre santé ni pour notre confort de vie. Mais attention, aussi, à la fausse bonne conscience ! Car certaines entreprises pratiquent le greenwashing et utilisent le développement durable comme vitrine publicitaire. Cette démarche est très ambiguë, car elle ne part pas d’une réflexion éthique sur le produit. Entre mauvaises habitudes et prétextes fallacieux, il y a d’autres voies.

Pour agir au quotidien, quels gestes vous semblent essentiels ?

Nicolas Hulot. Il y en a beaucoup. Par quoi commencer ? On recharge ses cartouches d’imprimante, on chauffe sa maison à 18 °C, on récupère l’eau de pluie, on trie ses déchets, on éteint ses appareils en veille, on achète des produits de saison et de proximité, on évite les sacs plastique aux caisses des supermarchés, on choisit son mode de transport intelligemment, on optimise également sa machine à laver, on prend une douche plutôt qu’un bain… Les possibilités qui s’offrent à nous sont sans limites et nullement insignifiantes ! Si on possède plus de moyens, on peut rouler à scooter électrique, équiper sa maison de panneaux solaires… Mais à partir de là, c’est aussi à la société de permettre au plus grand nombre d’accéder à ces techniques en en baissant les coûts.

Pascal Picq. Soyons clairs : dans nos actes quotidiens, nous sommes impliqués avec tout ce qui se passe dans le monde. Cet été, par exemple, certaines personnes vont acquérir des salons pour leur jardin. Et en ce moment, c’est la mode des salons en teck. Or, lorsque nous achetons des meubles qui ne viennent pas d’une forêt gérée de manière durable, nous tuons des orangs-outangs. Cela n’est pas un discours moralisateur, c’est un fait.

Mais comment se responsabiliser sans culpabiliser ?

Nicolas Hulot. Si je suis dans une impasse, car je dois prendre ma voiture pour aller travailler, je n’ai aucune raison de me sentir coupable. Car la société ne me donne pas le choix de faire autrement. C’est de l’ordre de la responsabilité collective, et non individuelle. En revanche, dès qu’un choix personnel est possible, je dois essayer de briser mes automatismes consuméristes, c’est-à-dire évaluer et trier entre l’essentiel et le superflu. C’est un véritable Lire la suite

Appel pour une France durable : Interpellons les décideurs politiques et économiques

naturavox.fr, Gilles VANDERPOOTEN, Président de l’Association Vive la Terre (Etudiant, 23 ans) pour le collectif de l’Appel pour une France durable, le 25 mai 2009

Isabelle Autissier, Allain BOUGRAIN-DUBOURG, Robert BARBAULT, Dominique Belpomme, Dominique BOURG, Gilles ClÉment, Philippe Desbrosses, Jean-Pierre DOUSSIN, Caline JACONO, Jean Jouzel, Tristan Lecomte, Amélie Nothomb, Jéromine PASTEUR, Nicolas VANIER…

Appel pour une France durable

Interpellons les décideurs politiques et économiques

En 1987, le rapport Brundtland énonçait le « développement durable » et se préoccupait des « générations futures ». C’était il y a plus de vingt ans. Les « générations futures » sont là. Ne nous limitons pas à parler d’elles tout en continuant à accroître leur dette… Prenons garde au décalage entre les discours et les actes.

A l’heure de la crise économique, en période de Grenelle de l’environnement, et alors que partout l’on se réclame du « développement durable », exigeons des décideurs économiques et politiques qu’ils mettent résolument en œuvre des alternatives afin de répondre aux enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux qui engagent notre responsabilité collective et l’avenir des jeunes générations.

Pas un jour sans que les thèmes de la responsabilité sociale, environnementale et sociétale ne soient évoqués dans les déclarations des responsables et experts économiques et politiques, dans les médias, dans les conversations citoyennes.

L’ensemble des acteurs économiques se réclame aujourd’hui du « développement durable » – une expression qui trop souvent se limite à de bonnes intentions ou à des effets d’annonce, et peine à se traduire en actes. Au risque de se transformer en alibi pour continuer comme avant et poursuivre les atteintes portées à l’homme et à son environnement.

A force d’utiliser sans discernement cette expression commode mais ambiguë, on finit par la vider de son sens, par en réduire les exigences et les ambitions.

Le caractère durable d’une activité ne peut se résumer à l’accroissement de la richesse économique, et il est incompatible avec l’utilisation sans limite des ressources naturelles ; la responsabilité environnementale et sociétale de l’entreprise ne peut se réduire au respect minimal de la législation en vigueur.

En cette période de Grenelle de l’environnement et malgré les avancées, force est de constater la distance entre l’intérêt que suscitent les enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux dans l’ensemble de la nation, et la frilosité de bon nombre de décideurs économiques et politiques.

Prenons garde au Lire la suite

Entreprises et ONG : des relations parfois ambiguës

actu-environnement.com , R. Boughriet, le 27 mai 2009

Entreprises et ONG : des relations parfois ambiguës

Si elles inspirent le plus souvent la confiance, certaines ONG collaborent avec les entreprises pour les inciter à réduire leurs impacts. Se pose alors la question de l’indépendance vis-à-vis de leurs donateurs. A fortiori en temps de crise !

Alors que de plus en plus d’entreprises misent sur la responsabilité sociale (RSE) pour  »verdir » leur image, certaines organisations non gouvernementales (ONG) nouent des partenariats avec les sociétés pour les accompagner dans une démarche de réduction de leur empreinte écologique.

C’est le cas par exemple du WWF qui a d’ailleurs commandé un sondage à l’Ifop1 pour évaluer le jugement des Français sur les partenariats ONG / entreprises. Publiés le 13 mai, les résultats du sondage montrent que 92% des Français jugent ces partenariats  »légitimes », 44% les estimant même  »tout à fait légitimes ». 78% des Français jugent que la politique de partenariat est une méthode  »efficace » pour inciter les entreprises à réduire leurs impacts sur l’environnement. Ils montrent également une préférence pour une logique de partenariat sur le long terme entre associations écologistes et entreprises privées (78%), au détriment d’autres pratiques, notamment l’appel au boycott (55%) ou la réparation des dégâts environnementaux grâce à la collecte de dons auprès des entreprises (47%). Un résultat qui semble donc conforter la stratégie adoptée par le WWF, engagé depuis plus de 11 ans dans une relation partenariale avec le secteur privé et qui servira de toute évidence à renforcer le discours de l’ONG vis-à-vis de ses interlocuteurs Entreprises pour conclure de nouveaux partenariats.
Les ONG indépendantes ?

Car pour le WWF, le monde de l’entreprise est à la fois au coeur des enjeux environnementaux et porteur de solutions. Son capital humain, financier et sa réactivité peuvent lui permettre de modifier rapidement ses pratiques et contribuer à la réduction de l’empreinte écologique.

Néanmoins, le risque de perte d’indépendance est non nul. Il est d’ailleurs appréhendé par 63% des sondés. Ils sont même 49% des personnes interrogées à penser que les partenariats entre entreprises et associations environnementales  »ne sont pas crédibles » et dénoncent  »une stratégie de communication ». Si les actions de terrain de l’organisation ont bonne presse auprès du grand public, la politique du WWF peut donc parfois être jugée ambiguë ou contestable dans ses relations avec les entreprises qui alimenteraient un quart du budget de l’organisation. Rappelons que la problématique de financement des associations de protection de l’Environnement par des entreprises revient régulièrement sur la table. La Fondation Nicolas Hulot est par exemple régulièrement taxée, y compris par ses paires, d’adopter une position conciliante vis-à-vis du nucléaire du fait qu’EDF compte parmi ses partenaires donateurs. Son fondateur, initiateur du Grenelle, a beau s’en défendre, le doute subsiste inlassablement.

La  »perte d’indépendance » concerne donc le WWF International mais pas seulement si l’on en croit l’ouvrage  »Green Inc. »2, publié en septembre 2008 par la journaliste américaine Christine MacDonald et qui cite d’autres ONG environnementales telles que Lire la suite

Opinion : Un monde vert d’inquiétude

developpementdurablelejournal.com, Pierre Magnetto, le 1er avril 2009,

Opinion : Un monde vert d’inquiétude

Selon « Our green world », une étude internationale menée par TNS Sofres et présentée hier dans le cadre des rencontres professionnelles du Monde, 78% des personnes trouvent la situation environnementale de la planète mauvaise. En France, cette opinion touche 92% des sondés, mais les consommateurs n’en tirent pas encore majoritairement de conséquences dans leurs achats. En question aussi, l’image des entreprises ou des leaders d’opinion communiquant sur le thème de l’environnement.

Comment va le monde ? A en croire « Our green world », étude de TNS Sofres présentée hier dans le cadre des Rencontres professionnelles du Monde, sur le plan environnemental il pourrait aller mieux. L’institut a réalisé en juin dernier une enquête internationale dans 17 pays(1) au cours de laquelle 13 000 personnes ont été interrogées via internet sur leurs « attitudes, perceptions et comportements d’achat face aux problématiques environnementales ». « Le sentiment que la situation de l’environnement se dégrade au niveau mondial est assez homogène », a expliqué Dominique Lévy (78% des sondés trouvent très mauvaises les conditions environnementales au niveau mondial). La directrice associée de TNS Sofres relève cependant un « paradoxe » puisque les sondés estiment majoritairement, mais dans des proportions moindres, que la situation est moins critique dans leur propre pays (62%), sauf en France où s’exprime un pessimisme certain avec 92% des personnes interrogées qui n’ont pas une bonne opinion « des conditions naturelles environnementales » du pays.

Etats-Unis et Chine montrés du doigt

Avec des disparités parfois importantes selon les pays, les problématiques qui inquiètent le plus sont la pollution de l’air, qui constitue la principale atteinte à l’environnement pour 28% des personnes interrogées, avant la déforestation (19%), la pollution de l’eau (16%), le surdéveloppement (16%), les déchets toxiques (10%) ou nucléaires (6%). Si l’environnement ne va pas bien, à qui est-ce la faute ? ont encore demandé les sondeurs. Les pays montrés du doigt sont principalement les Etats-Unis et la Chine. De manière implicite, cette perception désigne « l’hyperconsommation et les mauvais systèmes de production » comme premières sources de nuisances environnementales, commente Dominique Lévy.

Sur le plan des comportements d’achat, l’enquête de TNS souligne que 59% des personnes interrogées se disent prêtes à payer plus cher pour des produits verts. Mais seulement 26% affirment être « très influencées » (6%) ou « influencées » (20%) par l’environnement lors du choix de leurs achats quotidiens, la France présentant des résultats sensiblement similaires. L’étude montre encore que les éco-gestes semblent s’installer dans la vie quotidienne : 46% des sondés éteignent leur ordinateur quand il est inutilisé (idem pour la France), 39% pratiquent le tri sélectif (65% dans l’hexagone), 39% font réviser leur voiture une fois par an (44% des sondés français)…

Méfiance envers les entreprises et les politiques

TNS a encore cherché à comprendre ce que les perceptions de la situation environnementale et les comportements pouvaient induire sur le plan des stratégies de communication. Le moins que l’on puisse dire est que, face au « greenwashing », la stratégie utilisée par une entreprise pour donner d’elle-même une image écologiquement responsable, la méfiance est de mise. Pour 72% des sondés en effet, les entreprises mènent des actions en faveur de l’environnement pour répondre à des enjeux de marketing ou pour améliorer leur image auprès de l’opinion publique. Lire la suite

Les Français : Conso., les économies avant l’écologie

naturavox.fr, Pauline (consoglobe.com), le 10 février 2009

Consommation. Les économies avant l’écologie

Les dernières études d’opinion le montrent : la préoccupation des Français en matière d’écologie est en retrait dans un contexte de crise économique mais aussi de méfiance envers à l’égard des discours environnementaux.

S’ils ont bien conscience des enjeux écologiques et sont prêts à faire des efforts pour la planète, cela ne pourra se faire au détriment de leur portefeuille…

Entreprise, discours, et écologie : la méfiance des Français

Deux études menées courant 2008 sont en accord avec les résultats de notre dernier Baromètre Ethique et environnement : les Français sont de plus en plus prudents envers les discours écolo tenus par les entreprises, voir même conscients du Greenwashing exercé par certaines d’entre-elles.

Selon l’étude de TNS Global (décembre 2008), si 25% des Français se disent influencés dans leurs décisions d’achat par le « marketing vert » des entreprises, 50% pensent néanmoins que ces tendances écolo des entreprises ont pour unique objectif de valoriser leur image auprès du public, 36% pensent que c’est pour vendre plus de produits alors que seuls 4% pensent que c’est parce que les entreprises sont vraiment préoccupées par l’environnement !

Le 17ème numéro de « Stratégie & Études » publié par l’Ademe (janvier 2009) avance qu’il y aurait une certaine « saturation de la communication sur l’environnement » chez les Français dans un contexte de crise économique ; ces derniers « manifesteraient un sentiment de prudence, voire de méfiance à l’égard des émetteurs de discours environnementaux« . Cette méfiance est devenue telle que le réchauffement climatique est un phénomène certain pour 65% des sondés contre 72% en 2007 !

Les prix, un frein à la consommation écolo ?

Nous le savons économie peut rimer avec écologie, beaucoup de produits « verts » étant désormais synonymes d’économies d’énergie, donc, sur le long terme, d’économies financières. Mais les Français en doutent encore et / ou ne se rendent peut-être pas toujours compte de la rentabilité de ces produits.

Ainsi, toujours selon l’enquête de la TNS Global, seuls 48% des consommateurs français seraient prêts à payer plus cher pour des produits écolo contre 94% pour la Thaïlande ou 83% pour le Brésil ! Les Français arrivent ainsi en avant dernière position devant les Britanniques (45%) …

Et le « surplus » payé doit rester très raisonnable : 68% des consommateurs français seraient prêts à payer 5% de plus pour un produit écolo, 27% accepteraient de payer 10% de plus ; ce chiffre tombe à 4% pour des produits verts 15% plus chers, et à 1% pour des produits 20% plus chers.

Les considérations strictement économiques semblent prendre encore le dessus sur l’écologie quand on regarde de plus près ce sondage :

– 56% des Français affirment être influencés par des questions écologiques dans les décisions d’achat de leur voiture.

– Ce chiffre est de 44% en ce qui concerne l’achat de nourriture (seuls les USA et la Grande-Bretagne sont derrières).

– Ainsi, 37% des Français sondés déclarent avoir récemment changé leur comportement au bénéfice de l’environnement. Nous sommes donc loin d’être exemplaires…

Travaux d’économies d’énergie : la prise de conscience

Mais ne soyons pas si négatifs : il y a du mieux tout de même, surtout en ce qui concerne les travaux d’économies d’énergie dans le logement. Selon l’Ademe, 75% des Français ont véritablement pris conscience de la responsabilité du chauffage des bâtiment dans l’aggravation de l’effet de serre (contre 39% en 2000) et sont donc prêts à faire des efforts.

Et ils joignent les gestes à la parole : Lire la suite

Voeu de FNE : 2009…année écologique ?

France nature environnement, communiqué de presse, le 5 janvier 2009

Projet de loi Grenelle 2 + Projet de loi de relance : Mercredi 7 janvier, Jean-Louis Borloo présentera, en Conseil des ministres, le projet de loi « Grenelle 2 » qui décline en mesures concrètes les engagements du Grenelle de l’environnement, Le même jour, l’Assemblée nationale débat du projet de loi de relance qui comporte un volet environnement. Les attentes de FNE.

Le vœu de FNE pour 2009 : une relance verte.  Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « Après avoir injecté des milliards dans l’économie financière, l’Etat s’apprête à faire de même dans l’économie réelle. Pour nous, le plan de relance ne peut réussir que s’il porte un nouveau projet économique et de société qui soit à la fois fédérateur et en phase avec les limites de la planète. Ce projet c’est celui d’une relance verte qui réponde efficacement à la double crise écologique et économique que nous subissons. »

Les trois piliers d’un plan de relance verte. Pour FNE, pour réaliser une relance économique verte, le Grenelle de l’environnement doit servir de feuille de route. Concrètement, les projets de loi Grenelle 1 et 2 devraient être votés rapidement et constituer le troisième pilier du plan de relance en plus des lois de finances pour 2009 et le projet de loi de simplification administrative qui sera débattu à compter du 7 janvier à l’Assemblée nationale.

L’instrument d’une relance verte : investir sur l’existant. Pour FNE, une relance verte doit permettre un investissement public sur l’existant pour créer des emplois rapidement tout en limitant la consommation d’espace et de ressources naturelles : rénovation du réseau ferroviaire existant et relance du fret, adaptation du réseau routier existant, adaptation de l’outil industriel pour la production de biens éco conçus, orientation vers une agriculture durable etc…

Grenelle 2 : une boite à outils pour une relance verte ? Sébastien Genest, Président de FNE, déclare : «ce texte est une boite à outils intéressante pour appliquer les engagements du Grenelle de l’environnement et rattraper le retard de la France dans le respect du droit européen. Mais c’est une boite à outils incomplète pour verdir le plan de relance. A titre d’exemple, il faut revoir les dispositions relatives à la gouvernance verte des entreprises : bilans carbone, information environnementale, responsabilité des sociétés mères, lutte contre le « greenwashing », etc… ».

Arnaud Gossement, porte parole de FNE, ajoute : « le projet de loi Grenelle 2 devrait constituer le troisième pilier du plan de relance, en plus des lois de finances et du projet de loi de relance. Pour cela, il est important mais pas suffisant que le Grenelle 2 soit globalement conforme aux engagements du Grenelle. Le Grenelle date d’octobre 2007 et depuis, la crise économique est passée par là. Conclusion : il faut doper le Grenelle 2 pour verdir le plan de relance ».

Grenelle 2 : points faibles/points forts. Les forces et faiblesses de ce texte reflètent celles des engagements du Grenelle qui constituaient, non un idéal mais un compromis.

·        A l’actif du Grenelle 2, on citera notamment : l’amélioration de la performance énergétique du bâtiment, l’intégration de l’environnement dans la planification territoriale, la création d’un label agricole HVE, l’encadrement de la publicité et du recours aux phytosanitaires, la création d’une trame verte et bleue, la création d’une stratégie nationale pour la mer, l’éco labellisation des produits de la pêche…

·        Au passif, on citera notamment : l’absence de référence à l’agriculture biologique pour les périmètres de protection des captages d’eau, l’absence de mesure pour encadrer l’implantation des antennes relais de téléphonie mobile, la création d’un cadre juridique pour les projets de capture et de stockage de carbone, la faiblesse des dispositions relatives à la gouvernance verte des entreprises (responsabilité des sociétés mères, information environnementale..), la faiblesse des dispositions relatives à la protection des sols….

Risque industriel : une réforme inutile. Lire la suite