Pour ERDF, le photovoltaïque serait dangereux

developpementdurable.com, Héloïm Sinclair, le 21 juillet 2010

http://www.developpementdurable.com/technologie/2010/07/U195/pour-erdf-le-photovoltaique-serait-dangereux.html

Pour ERDF, le photovoltaïque serait dangereux

Cette semaine du début de l’été 2010 nous vaut une parfaite illustration du tropisme français : une culture anti-énergies renouvelables héritée de l’atom’cratie. Ainsi, lors du congrès de l’Union Française de l’Electricité du 22 juin, Mme Bellon, présidente d’Electricité réseau de France (ERDF), a créé le buzz médiatique en affirmant que le développement du photovoltaïque en France pourrait dans les prochaines années, être cause de « black-out ». En clair, pour la présidente d’ERDF, le photovoltaïque va faire courir des risques de rupture de l’alimentation électrique aux Français, pour cause de surproduction d’électricité solaire.

Michèle Bellon, présidente du directoire d’ERDF, a mis en garde «contre la prolifération des panneaux photovoltaïques, qui pourrait se traduire par des coupures de courant… Je suis assez inquiète car tout cela va très vite. D’ici deux ou trois ans, on sera confronté à de vrais problèmes d’équilibre entre l’offre et la demande sur la boucle locale… ».

Quand j’ai lu cela, j’ai en premier lieu cru qu’il s’agissait d’une blague. La France cumulait moins de 300 MW connectés au réseau électrique fin 2009, l’Allemagne près de 10 000 MW. Alors que l’Allemagne a déjà atteint en 2010 l’objectif officiel français pour l’électricité solaire (1 % de la consommation) pour 2020, force est de constater que le réseau allemand se révèle robuste pour absorber la contribution solaire.

Le gestionnaire du réseau électrique français est-il parano ou juste de mauvaise foi ? L’un n’empêchant pas l’autre… Avec 1/30ème de la puissance solaire installée en Allemagne, la France a de quoi voir venir sans se faire peur… Qui plus est, les réseaux intelligents permettront d’accroître encore les possibilités de raccordement du solaire de nos pays.

Pour que Madame Bellon se rassure (et nous rassure), elle pourrait utilement consulter l’étude européenne « European Distributed EnErgy Partnership – Eu DEEP », regroupant toutes les parties prenantes (distributeurs, producteurs, fabricants, agences nationales de l’énergie et laboratoires de recherche,…). Cette initiative pour l’intégration de sources d’énergies décentralisées dans le système électrique est réellement crédible, de par ses 42 partenaires (RWE, Iberdrola, GDFSUEZ, SAFT, Siemens, …). Elle conclut que Lire la suite

30 000 m² de panneaux solaires : 172 agriculteurs s’associent

lesechos.fr, Matthieu Quiret, le 17 mars 2009

Veaux, vaches, cochons et… électricité

Un regroupement de 172 fermes aveyronnaises mise sur le développement durable de leur filière depuis quinze ans. Un beau succès.

Depuis l’automne dernier, 30.000 mètres carrés de panneaux solaires ont habillé les toits des fermes adhérentes au projet. Les professionnels des départements voisins sont venus constater la « vague bleue ».

Je m’intéressais depuis longtemps aux énergies renouvelables sans oser franchir le pas individuellement. Grâce à notre action collective, c’est devenu bien moins compliqué. » Depuis un mois, Philippe Mouly est éleveur mais aussi producteur d’énergie. Pas grand-chose, une vingtaine de kilowattheures fournis par 175 mètres carrés de panneaux photovoltaïques installés sur le toit de sa grange. Mais l’agriculteur est conquis, il prévoit déjà de recouvrir une autre étable dans quelques mois. Son cas est loin d’être marginal, les panneaux poussent dru dans les beaux vallons bocageux de l’Aveyron. Depuis l’automne dernier, au total 172 fermes se sont drapées de 30.000 mètres carrés de bleu. Les plus prudents ont fait un bout d’essai d’une dizaine de kilowattheures, les plus ambitieux ont visé la centaine. L’affaire a fini par s’ébruiter. Le bourg de Rieupeyroux, d’où est partie la contagion, voit désormais défiler les agriculteurs des départements voisins, venus constater le phénomène. Et d’autres projets fleurissent à l’orée du printemps.

Déjà sensibilisés

« L’énergie renouvelable pourrait représenter une bonne part de nos revenus dans une douzaine d’années », espère Pierre Bastide, l’un des initiateurs de l’aventure. L’homme est tombé dans la marmite du développement durable depuis plus de quinze ans. A l’époque, les 680 éleveurs de veaux de la région se mobilisent pour enrayer la baisse de qualité de leur viande, qui menace de faire fuir les clients italiens. L’interprofession s’organise pour décrocher un Label Rouge qui récompense la qualité si particulière de cette chair rosée. Pierre Bastide propose alors à quelques centaines d’éleveurs d’aller encore plus loin dans le développement raisonné de la filière. Ils fondent la société SA4R et négocient un partenariat à long terme avec le responsable boucherie d’Auchan qui aujourd’hui satisfait toujours les deux parties. Les 158 actionnaires de la société (pour 289 éleveurs simplement fournisseurs) doivent s’engager à passer plus de deux journées par an dans un supermarché pour promouvoir leur viande au contact des consommateurs. « Les Français sont habitués à la viande blanche de veau, nous devions leur prouver l’attrait de notre viande rosée », explique Pierre Bastide. L’effort a payé, la SA4R comptabilise 21 millions d’euros de chiffre d’affaires et les éleveurs veulent approfondir la démarche.

Aide européenne

« C’est le contact permanent avec les consommateurs qui nous a incités à investir dans les énergies renouvelables. Nous pensons que ce sera un argument de vente supplémentaire très précieux quand l’escalope sera touchée par l’inflation », explique Pierre Bastide. Une réflexion qui a convaincu 70 actionnaires de SA4R de se lancer dans l’aventure du photovoltaïque. Ils fondent ainsi une structure de dette, la société Adder, pour porter un prêt sur quinze ans contracté auprès du Crédit Agricole. Il couvre 80 % de l’investissement de 16,6 millions d’euros. Le reste est apporté par un prêt de chaque éleveur sur douze ans. Les toits appartiennent à Adder qui touche le tarif subventionné d’EDF et reverse un fermage à ses actionnaires. « C’est sans risque pour nous, car le loyer couvre notre emprunt », précise Philippe Mouly. D’autant que la loi garantit un tarif de rachat d’EDF Lire la suite