En Pays basque, la campagne se cristallise sur la LGV

lefigaro.fr, Anne Rovan, le 15 février 2010

En Pays basque, la campagne se cristallise sur la LGV 

Le projet de ligne à grande vitesse est un dossier crucial en vue des négociations d’entre deux tours.

Début janvier, la tête de liste Europe Écologie en Aquitaine, Monique De Marco, avait donné le ton. Qualifiant le projet de ligne à grande vitesse (LGV) «d’inutile, ruineux et destructeur», elle envoyait ainsi un message clair à Alain Rousset. Car contrairement à elle, le président PS de la région Aquitaine est un ardent défenseur du projet de LGV de Bordeaux vers l’Espagne et Toulouse, deux nouvelles liaisons qui, à l’horizon 2020, doivent achever le grand projet Sud Europe-Atlantique.

Monique De Marco, favorable au réaménagement des lignes existantes, a participé le 23 janvier à Hendaye à une importante manifestation anti-LGV qui a réuni pas moins de 15 000 personnes. Elle a indiqué que la LGV serait «un dossier crucial» pour les discussions d’entre deux tours. Jean Lissar, vice-président (Verts) sortant du conseil régional, en troisième position sur la liste départementale Europe Écologie, affirme quant à lui qu’un accord est inconcevable, si «le PS campe sur ses positions».

On pourrait penser que cette dissonance à gauche serait de nature à donner du baume au cœur à Xavier Darcos. Il n’en est rien, car au moins au Pays basque, la LGV divise au sein même de l’UMP. Si la tête de liste départementale, Alain Lamassoure, affirme, bravache, qu’il n’a accepté à ses côtés «que des personnalités qui feront campagne pour la LGV», il est en permanence démenti par ses colistiers.

«Au détriment du trafic de proximité» 

Le maire de Saint-Jean-de-Luz, Peyuco Duhart, en position éligible à la 5e place, affirme ainsi que «les passagers doivent passer par la ligne actuelle, jusqu’à sa saturation». Une position que partage sa première adjointe, la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. Et il n’est pas acquis que la désignation récente par le premier ministre d’une médiatrice permette d’harmoniser les positions. D’ailleurs, les premiers propos publics de Marie-Line Meaux, qui a indiqué le 4 février à Bayonne que sa mission «n’était pas de revenir sur la question de l’opportunité d’une voie nouvelle», ont très clairement déçu.

Parallèlement, les anti-LGV ont depuis structuré leurs revendications dans un texte, la «Charte d’Hendaye». Ils dénoncent «la priorité octroyée aux LGV» «à un coût colossal et au détriment du trafic de proximité» et appellent la Commission européenne et le Parlement européen à une «réflexion sur l’absurdité et la non-nécessité de grandes infrastructures». Un discours qui séduit tout autant les autonomistes basques Abertzale que les principaux candidats du MoDem, comme le député Jean Lassalle ou le vice-président délégué du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Jacques Lasserre.

Le débat autour de la LGV ne devrait pas modifier les rapports de force en Aquitaine pour ces élections. Il va en revanche peser durablement sur Lire la suite

Alexandra Siarri, « l’inattendue » : Portrait de la N°2, peu connue et non encartée, de la liste Darcos (UMP)

sudouest.com, Julien Rousset, le 24 Novembre 2009

RÉGIONALES. Portrait de la numéro deux, peu connue et non encartée, de la liste Darcos (UMP)

Alexandra Siarri, « l’inattendue »

Elle est peu connue, et n’a sa carte dans aucun parti : Alexandra Siarri figurera, en Gironde, à la deuxième place de la liste UMP, entre Xavier Darcos, numéro un, et Nicolas Florian, numéro trois (1).

Une surprise ? Oui et non : il fallait, en vertu de la parité, une femme. Une femme bordelaise, pour représenter la ville-centre et Alain Juppé. Et une candidate jeune, pour incarner le renouveau dans une équipe dont les piliers sont plutôt… expérimentés – Xavier Darcos, ministre, Nicolas Florian, secrétaire départemental, Jean-Paul Garraud, député…

Une jeune élue bordelaise donc ? Le choix s’est vite orienté sur Alexandra Siarri, 37 ans, entrée en politique lors de la réélection, en 2008, d’Alain Juppé. Encore que la politique lui soit familière depuis l’enfance. « Ma famille compte beaucoup d’agriculteurs, de fibre gaulliste, qui se sont impliqués dans des mandats locaux. »

Internaute militante

À la mairie de Bordeaux, Alexandra Siarri est simple conseillère municipale déléguée, mais elle s’est bâtie une légitimité sur l’éco-habitat ou sur le développement durable. Et sur la forme, son sens du contact et son accent charentais, que certains prennent à tort pour un accent québécois, font mouche. Y compris parmi les opposants à la majorité municipale, qui saluent sa « pêche ». Dynamique, Alexandra Siarri l’est aussi sur le Net : elle a animé sur le web des croisades pour le boycott des fraises espagnoles, des annuaires papier, ou dénoncé dans un blog l’excès de marketing Nespresso…

C’est Alain Juppé qui a proposé son nom pour la deuxième place de la liste UMP. L’info a été rendue publique ce week-end, et, depuis, c’est l’emballement. « Mon portable ne cesse de sonner », confiait hier la candidate, dont la désignation devra toutefois être validée officiellement samedi par le conseil national du parti. Et si elle l’a eu au téléphone, Alexandra Siarri n’a pas encore rencontré son coéquipier Darcos. « Tout va se mettre en place : l’équipe, le projet, les thèmes de chacun… »

À la CUB comme Marie Bové

Ses envies la portent vers « l’aménagement du territoire », la « recherche », et le développement durable, dans une approche plus globale que la simple défense de l’environnement : « Le développement durable, c’est Lire la suite